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PARDONNE MOI – clip 2002

Posté par francesca7 le 9 septembre 2011

Date de tournage2002

Lieu de tournage: Studios Sets à Stains 

Réalisateur: Laurent Boutonnat 

Durée: 04’13 

 

 

Le clip a été intégralement tourné en studio sur deux jours.

Budget estimé environ 40 000 euros.

Dernier clip réalisé par Laurent Boutonnat pour Mylène à ce jour. 

 

 

vidéo CLIP PARDONNE MOI 

Image de prévisualisation YouTube 

« L’erreur du cinéma, c’est le scénario » (Fernand Léger) 

 

 

Laurent Boutonnat est décidément un réalisateur insaisissable, tournant des clips insaisissables. Après son retour derrière la caméra pour filmer Mylène Farmer dans Les morts, le cinéaste montre plus que jamais que ce sont ses muses qui s’adaptent à son cinéma et pas l’inverse. Alors que tout le monde attendait le retour de Mylène Farmer devant la caméra interprétant des personnages, grimée et surexploitée, Boutonnat se fond de plus en plus dans l’intimisme qu’il semble ne plus quitter depuis les clips de Nathalie Cardone de 1997-1998 : Laurent Boutonnat a changé, finies les grosses productions. Qu’il filme telle ou telle artiste, sa direction restera la même (MoiLolita formant une exception que nous détaillons à la rubrique correspondante). Mais justement quelle est cette direction ? 

 

Autant le dire, pour n’importe quel public ayant vécu le doux enthousiasme que chaque nouvelle sortie de clip suscitait jusqu’en 1992, Pardonne-moi ne peut-être que décevant. Tout ce qui faisait de chaque clip une œuvre de divertissement à part entière disparaît ici : plus de figurants, ni de personnages, ni de dialogues, ni d’action. La question la plus évidente alors à se poser est de savoir ce qu’il y a à gagner à se défaire de tout cela ? On remarque juste que tout ce que Boutonnat supprime depuis Mon ange (1998) a trait à la narration, au fait de s’attacher à d’autres structures que celle de l’image et de son discours. 

 

 

Laurent Boutonnat serait-il moins cinéaste qu’avant parce qu’il ne s’attache plus au narratif, dans le sens diégétique du terme ? 

 

Ceci expliquerait pourtant l’absence de troisième long-métrage après Ballade de la féconductrice et Giorgino. Pourquoi faire un long-métrage en s’encombrant de contraintes facultatives alors que seule l’image compte ? on peut bien sur tergiverser sur le bien fondé de cette démarche ; mais si on peut critiquer volontiers Pardonne-moi sur le divertissement et l’ambition, on ne peut lui reprocher son manque d’images. 

 

Certains seront peut-être déçus de ne pas voir apparaître ici d’analyse symbolique, pragmatique, énonciative ou même syntagmatique. Mais les clips de Laurent Boutonnat ne s’y prêtent plus. Laurent Boutonnat ne raconte plus (mis à part les clips réalisés pour Alizée, quelques maigres « histoires prétextes » comme celle de Les Mots et d’éventuels futurs clips diégétisés). Il serait en effet totalement vain de chercher les sous-traitances avec les paroles de la chanson, de trouver la fonction de l’homme à cheval, du serpent, ou de la poussière. La seule chose analysable dans Pardonne-moi est son réalisateur, ses goûts pour les images syncopées, l’esthétique à tout prix, et les ambiances inédites. 

 

 

PARDONNE MOI - clip 2002 dans Les Clips de Mylène mylene_farmer_pardonne-moi

 

Si les éléments que choisi Laurent Boutonnat pour chaque nouveau clip rappel les anciens, il apporte en outre à chaque fois un élément qui vient enrichir ce qu’il avait déjà mis en place et qui présente l’interprète sous un jour à chaque fois un peu différent. Dans cette optique, l’image la plus frappante n’est pas celle des yeux blancs, ou noirs (simple effet de frayeur par l’emploi des sensations descendantes) mais cette espèce de danse tribale au ralenti et au noir et blanc très contrasté et granulé, avec une Mylène Farmer qu’on imagine plongée dans la poussière de l’au-delà. 

 

Sur un fond très noir, les particules de cendres s’échappent des cheveux et donnent à la silhouette de la chanteuse en la suivant la très étrange allure d’un spectre. Dans ces plans magnifiques, l’interprète reste les yeux fermés, totalement inexpressive, comme si quelque chose de surhumain la guidait, l’avait sortie de la poussière où elle reposait depuis la nuit des temps. Seuls deux plans quasi-subliminaux surexposés la montreront hilare, la tête basculée en arrière, rendant du même coup l’ensemble de la dans et du clip dénués de sens et de logique. Reste ce chevalier mystérieux, lui aussi sur fond noir, qui galope sans fin et qui rythme la chanson. On peut sur ce point remarquer deux choses ; ses apparitions se font à des moments de la chanson où la répétition est aussi musicale, ce qui accroît l’idée d’un galop sans fin du cheval et la course de ce prince qui jamais n’arrivera à destination. 

 

0 dans Les Clips de MylènePour renforcer cette idée on peut remarquer aussi que le cheval n’avance pas, mais fait du sur place (la fumée en arrière plan reste immobile). La caméra n’est donc pas en travelling latéral mais en plan fixe, et amorce même à un moment un zoom arrière. Ainsi non seulement on ne peut que ressentir la quête vaine du prince, mais également jouir de la fluidité de sa cours, de la beauté de cette image irréelle en contre-plongée. Grâce à tout cela, Laurent Boutonnat côtoie au plus près ce qu’est le cinéma expérimental ; la prise de vue d’éléments à demi réels afin de les employer dans de nouvelles formes plastiques, et inventer du même coup une grammaire cinématographique différente qui provoque chez le spectateur des sensations nouvelles qu’il ne peut éprouver par le biais du cinéma traditionnel. 

 

Dans Pardonne-moi, plus que jamais, l’image ne peut être présente à l’écran que parce que c’est cette chanson qui est illustrée, alors qu’on peut aisément imaginer les images de LibertineSans Contrefaçon et même Ainsi soit je sur une autre musique de couleur approximativement équivalente. Ces images n’ont été inventées que parce qu’il y avait tel ou tel son dans la chanson, ces images sonnent juste par rapport aux effets musicaux tout simplement et ceci pour la première fois chez Boutonnat. Tout ceci pour dire que Laurent Boutonnat a continué d’évoluer dans sa manière d’appréhender le vidéo-clip, même si ça n’est pas dans la même direction que le public « pour lequel » il travaille. 

 

36934178Depuis 1997, de Mon Ange à Pardonne-moi en passant par Baïla Si et Les Mots, Laurent Boutonnat n’a cessé de tâtonner pour trouver ce qu’était vraiment un clip, ce qu’était vraiment une image, et donc ce qu’est réellement le cinéma. 

 

Pardonne-moi aurait pu être le seul vrai clip de Laurent Boutonnat, donc le dernier. Et si ce n’est pas le cas, un cap a de toute façon été franchi en le réalisant : se désintéresser intégralement de tout fonctionnement narratif pour ne se concentrer que sur l’image, quitte à ce qu’elle rende ivre tellement sa beauté ne renvoie à rien de connu. 

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