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Mylène Farmer sur PULSE (Russie)

Posté par francesca7 le 17 décembre 2014

 

MARS 2000

1999-01-eEntretien avec Konstantin SOLOVUKH et Nadezhda KOZHEVNIKOVA

Pulse est un mensuel russe qui présente la particularité d’être publié en deux éditions : l’une russophone et l’autre anglophone. La traduction qui suit a été réalisée à partir de la version en  anglais. A la lecture de l’entretien, il paraît évident que celui­ci a été largement réécrit et que de nombreux éléments descriptifs et d’explication ont été ajoutés ici et là et attribués à la chanteuse. Néanmoins, la traduction est fidèle à la publication. L’article qui accompagne l’interview nous apprend que celle­ci a été réalisée à Paris le 21 février 2000.

Pourquoi votre Mylenium Tour est­il un événement du nouveau millénaire ? En quoi est­il différent de vos tournées précédentes ?

­ Je suis désormais plus tournée vers la poésie. Ce spectacle est plus romantique et lyrique et j’y chante plus de chansons lentes que d’habitude. D’un autre côté, il ne présente pas qu’un concept unique et cohérent : il met en scène deux héroïnes, moi­même et cette déesse qui me protège. Le célèbre artiste suisse Giger m’a offert cette gigantesque statue qui se trouve sur la scène et dont la tête et le bras sont articulés. A ce propos, si vous aimez le cinéma, vous associerez probablement Giger à des films fantastiques tels que « Stranger », « Dune », « Poltergeist 2 » et « Batman Forever ». Sa création rappelle la déesse égyptienne Isis qui représente la féminité et la fertilité. Elle est bien plus qu’un accessoire gadget, un décor impressionnant. C’est une actrice cruciale de mon barnum, cette messe païenne qui prend la forme d’un concert typique de ce qui se fait dans le show­business : la scène est recouverte de glace (sic !), des lumières multicolores clignotent et des confettis argentés tombent sur le public. Des effets de lumières artistiques et mystiques, crées par cinq tonnes d’équipement luminaire, insufflent la vie à la statue.

Apparemment, les critiques vous ont reproché votre goût pour le gigantisme. Vous amenez avec vous dix tonnes d’installation sonore et au total seize semi­remorques remplis d’équipements divers.

Est­ce ce qu’il vous faut pour être à la hauteur ?

­ C’est mon choix, mais gardez bien à l’esprit que la valeur humaine d’un spectacle n’a rien à voir avec le nombre de musiciens, de techniciens ou avec une montagne d’équipement. C’est l’artiste qui fait tout. Si l’artiste n’a rien à dire au public et manque de charisme, une accumulation d’effets sonores ou d’astuces diverses ne sauvera pas la mise. Vous n’êtes pas d’accord ?

Avez­vous des choses nouvelles à dire à travers ce spectacle ?

­ Je pense, oui. Il n’y a pas que ma coiffure ou mes costumes de scène qui ont changé ! J’ai vraiment changé, dernièrement. Je dois entrer dans une nouvelle phase de ma vie. Je ne peux pas vous confier plus de détails : j’ai pour principe de garder ma vie privée à l’écart de la scène. Tout le monde passe par diverses phases dans sa vie, vous savez. J’ai eu une période où j’étais très peu sûre de moi­même, mais maintenant je suis une personne différente : je garde plus la tête froide et je suis plus équilibrée.

Comment expliquez­vous cette transformation ?

­ Je ne sais vraiment pas. Plutôt que de tenter d’apprivoiser mon passé –j’ai eu une enfance relativement solitaire­ j’ai appris à ne garder que les souvenirs agréables, porteurs d’énergie. Une fois, en cours de catéchisme à l’école primaire, on nous a emmenés dans un hôpital pour enfants handicapés. Ce que j’y ai vu m’a marquée à vie. Je suis incapable de faire du mal à un être vivant, pas même à un insecte. Je ne mange pas de viande. Je ne me vante pas : chacun a ses forces et ses faiblesses et j’ai les miennes moi aussi.

Y a­t­il quelque chose que vous n’aimez pas particulièrement dans le show­business ?

­ Je déteste par­dessus tous les stéréotypes, je veux dire cette façon qu’on a de créer des stars formatées à la chaîne. La presse est à blâmer, également. Les paparazzis ne prennent jamais le temps de se renseigner sur ce qu’il y a autour d’un artiste, ils ne s’intéressent qu’aux plus bas détails : qui sort avec qui, combien d’argent gagnent les gens etc. C’est humiliant. Il y a une vie entière d’émotion derrière chacune de mes chansons. Ca me rend furieuse quand on titre ‘Mylène Farmer : les plus belles jambes de la chanson française’ !

Que pensez­vous de la scène rock et de la variété française ? Pensez­vous qu’elle est à la hauteur ?

Tient­elle la comparaison avec, disons, la scène américaine ?

­ Il faut que je vous dise que je me tiens peu au courant de ce que font mes confrères. Je suis d’un naturel plutôt conservateur. Je préfère la chanson française traditionnelle, comme Serge Gainsbourg ou Barbara.

J’aime écouter Jacques Dutronc et Serge Reggiani. Contrairement à la pop française, peu, sinon aucune, chanson américaine n’a de paroles inspirées ni dérangeantes. J’ai deux passeports, l’un français et l’autre canadien, et je me sens parfaitement bien des deux côtés de l’Atlantique. Je connais aussi bien le rock européen que le rock américain et je peux vous dire qu’il n’y a pratiquement pas de différences entre les deux : il y a des bons artistes et des mauvais artistes, c’est tout. Quant à être à la hauteur, si jamais cette notion peut s’appliquer à la musique, ça dépend énormément des circonstances. Il y a des artistes de langue française qui ont du succès aux Etats­Unis, comme Charles Aznavour, Céline Dion ou Lara Fabian là où de grandes icônes américaines ont totalement échoué en Europe. Si l’on se fie aux critiques, le grand temps fort musical de l’année dernière en France et au Canada a été « Notre­Dame de Paris », une comédie musicale de Luc Plamondon et Richard Cocciante, mais je ne l’ai pas encore vue. La chanson québécoise repose à la fois sur son héritage musical et sur une créativité apparemment sans limites : il suffit de nommer des canadiens –mes compatriotes­ aussi célèbres tels que Robert Charlebois, Daniel Lavoie, Diane Dufresne, Fabienne Thibault, Bruno Pelletier ou Garou. Je mets à part Félix Leclerc, que je place sur un pied d’égalité avec Georges Brassens et Jacques Brel. La variété française est internationale, aussi bien que la variété anglo­saxonne.

1999-01-aDans l’une de vos interviews, vous avez déclaré que ‘les hasards de la vie sont primordiaux : quand tout est dit et fait, c’est le hasard qui forge la vie’. Quels sont les hasards qui ont eu une incidence sur la vôtre ?

­ En vérité, je ne me souviens absolument pas d’avoir dit quelque chose de la sorte, mais bon… Le hasard principal dans ma vie a été la rencontre avec le compositeur et réalisateur Laurent Boutonnat. Vous savez, j’ai une formation d’actrice, j’ai fait une école de théâtre et si on m’avait dit que je ferai une carrière professionnelle dans la chanson avant que je ne le rencontre, jamais je ne l’aurais cru ! Laurent a vu en moi des talents cachés et à partir de ce moment, ma vie a pris un tournant radical. Il a également réalisé mes premiers clips, de vrais courts­métrages, en réalité. J’ai ensuite tenu l’affiche dans son long­métrage, mais malheureusement ça n’a pas été un grand succès public.

Autre chose en référence à une de vos déclarations passées : pensez­vous toujours que les animaux sont ‘plus humains que les humains’ ?

­ Cela dépend à la fois des animaux et des humains. Je suis introvertie, solitaire de nature, je sors rarement de chez moi. A la différence de beaucoup de gens, je n’ai pas besoin de beaucoup de rapports sociaux. Je ne regarde pas énormément la télévision, je lis beaucoup de livres en revanche.

Vous citez souvent Montaigne, Edgar Allan Poe et Baudelaire parmi vos auteurs préférés. Avez­vous lu des auteurs plus modernes ?

­ Vous savez, je ne suis pas focalisée sur un auteur ou un genre bien précis. Je suis une lectrice  omnivore, avec une nette préférence pour la poésie et les romans français.

Quel est votre avis sur la culture punk ?

­ Cela a été un moyen de bousculer les conventions. J’ai moi­même vécu d’une certaine façon comme ces punks, je ressemblais à un garçon jusqu’à mes quatorze ans : j’étais grande, très maigre et je ne portais que des pantalons. Plus tard, lorsque la nature a repris ses droits, je suis devenue plus en harmonie avec moi-même, même si parfois j’ai encore du mal à assimiler le fait que je suis une femme ! Mais si vous faites référence aux punks en rapport avec mes cheveux roux, ils sont naturels, ils ne sont pas teints. (sic !) Il en va de même pour mes tenues de scène : je fais la distinction entre ce que je porte sur scène et ce que je mets pour une réception ou pour aller au restaurant. La scène est un fossé insurmontable entre l’artiste et le public.

Je ne sais pas être provocante, je suis quelqu’un de très timide.

Vous aimez l’humour noir ?

­ L’humour noir est synonyme d’humour britannique pour moi. Cela m’évoque Winston Churchill. Il aimait le whisky et une fois, lors d’une réception officielle, il était plutôt éméché. Une femme de la haute société aux charmes douteux l’aborda alors et lui dit du haut de sa vertu ‘Mais comment osez­vous vous présenter dans cet état ?’, ce à quoi il répondit ‘Demain matin, j’aurai désaoûlé alors  que vous, vous serez toujours laide !’.

C’est la première fois que vous faites une tournée en Russie. Quel est votre rapport à notre pays, son histoire et sa culture ?

­ Si on regarde une carte, la Russie et le Canada ont manifestement beaucoup en commun. Vos hivers sont rudes et enneigés, comme le sont les hivers à Montréal, au Canada. J’ai toujours voulu en savoir plus sur votre pays. J’ai même appris le russe pendant trois ans au collège. Je me suis rendue en Russie une fois en tant que touriste : je suis allée à Moscou et à Saint­Pétersbourg, et c’est cette dernière ville que j’ai préféré. J’ai très hâte de m’y rendre à nouveau. Je suis toujours très impatiente avec mes concerts. J’espère que ma bonne étoile ne va pas m’abandonner !

Publié dans Mylène 1999 - 2000, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

JE T’AIME MELANCOLIE : clip représentatif du Boutonnat des années 90

Posté par francesca7 le 29 août 2014

 

 

téléchargement (16) Réalisé à Los Angeles parce que le casting de Giorgino retenait Laurent Boutonnat aux U.S.A, le tournage de Je t’aime mélancolie se situe avant les repérages définitifs du long métrage dont les prises de vue débuteront un an plus tard. Comme pour laisser la voie libre à l’ambition, pour ne pas dire la mégalomanie de la production de Giorgino, Boutonnat semble avoir mis un frein sur les moyens qu’il mettait en oeuvre jusqu’à présent. Le tournage du clip se résume à quatre jours et la mise en scène fut en grande partie improvisée. La structure narrative de Je t’aime mélancolie se calque sur un dispositif très répandu dans la forme du clip : 

Il se compose de deux scènes montées alternativement ; l’une abritant le récit d’un combat, l’autre représentant une chorégraphie non-diégétisée. Au sein de celle-ci, la chanteuse interprète la chanson en question. L’avantage de cette structure est à la fois de mettre l’artiste en avant, de justifier tous les avantages scéniques qui lui sont attribués (éclairages, maquillages parfois outranciers, accessoires et danseurs) sans que cela nuise pour autant au récit éventuel monté en parallèle, puis à la fois de se rapprocher du cinéma de fiction en y intégrant une histoire, qui implique une intrigue auquel le spectateur pourra se rattacher, voire s’identifier. La visibilité de l’artiste interprète dans les séquences narratives n’est pas primordiale dans le sens où les autres scènes consacrées à sa seule personne la lui assurent.

Ce dispositif lui seul ne permettant pas à Laurent Boutonnat de se distinguer des autres productions de vidéo-clips comme il l’avait fait jusqu’à présent, le montage alterné se voit encadré de deux saynètes d’introduction puis de conclusion injectant la dose “boutonnienne” nécessaire de mystère et de pessimisme. Avant que les deux combattants ne montent sur la scène et que commence le combat, une minute introductive au clip est consacrée aux vestiaires où, plongés dans la pénombre, les deux adversaires s’échauffant s’adressent des regards noirs sur le fond sonore d’un public qui s’impatiente (ô métaphore d’un téléspectateur qui attend que le spectacle promis commence enfin). Le coup d’envoi du combat, comme l’arrivée de la images (22)musique se fait par le plan d’un coup de poing sur une flamme de bougie ; l’écran devenu sombre se rallume sur un ring géant sur lequel montent les combattants. La fin du clip, elle, voit non seulement la victoire prévisible de l’artiste-interprète sur l’homme, mais Boutonnat ne peut conclure sur une victoire sans la nuancer. Il prolonge la scène au delà de la fin de la chanson avec un plan ralenti, alors qu’un clip “traditionnel” se serait probablement arrêté au triomphe de l’artiste. Après que l’homme vaincu ai sombré dans les abysses qui entourent le ring, la femme vainqueur, dont on voit le poing éteindre à nouveau la flamme de la bougie, tourne quelques secondes sur elle-même tête baissée, se laisse tomber à terre et sombre elle-même dans les ténèbres d’un lent fondu au noir. Avant de disparaître, elle basculera exténuée sa tête en arrière, adoptant curieusement le comportement d’une perdante. Les nouvelles caractéristiques des clips de Laurent Boutonnat présentes dans Je t’aime mélancolie n’auront pas éclipsé l’aspect mi-bourreau – mi-victime sans cesse récurrent de ses personnages principaux. Sur une longue nappe grave et un lointain hurlement de loup, on ne peut que se rendre compte du seul objectif du clip : montrer que cette victoire est vaine et qu’elle mène tôt ou tard aux même désespoir que la victoire. A cela vient s’ajouter une vision d’ensemble qui va dans le même sens. Chacun des derniers clips de Laurent Boutonnat se termine sur cette certaine idée du néant, résultant successivement soit d’une victoire soit d’un échec ; que ce soit la victoire libératrice des prisonniers de Désenchantée, la fin du désespoir amoureux de Regrets ou la vengeance réussie de Beyond my control. En ce sens le ton du plan final de Je t’aime mélancolie rend lisible l’unité de sens qui ressort des quatre clips de Boutonnat réalisés à cette même époque. Les quatre clips pré-cités discourent également en sous-texte sur le thème de l’album dont ils sont extraits : L’Autre, déclinant en quatre points les manières de s’en sortir avec cet « Autre » : soit on le sauve dans Désenchantée, on l’aime dans Regrets, on le combat dans Je t’aime mélancolie ou on le trahi dans Beyond my control.

 

 En somme, le problème que pose Je t’aime mélancolie est sur plusieurs plans un problème de limites : En se séparant des attributs que lui-même avait créé, comment Laurent Boutonnat peut-il continuer de se faire remarquer de créer l’évènement, la longueur en moins ?

 

images (23)Même s’il étend son clip de quelques secondes à ses extrémités, le réalisateur sait probablement que la nouvelle génération de clips courts, très montés et remplis d’effets spéciaux numériques ne permettent plus les longueurs qu’il s’autorisait auparavant, et tout ce qu’elles impliquaient ou permettaient. Afin de masquer cette carence, Boutonnat joue précisément sur le changement quasi radical au lieu d’adapter, de raccourcir, et de modifier par touches parcimonieuses ce qu’il savait faire et qu’il appliquait sans cesse depuis sept ans ; le réalisateur s’est visiblement décidé à se battre avec les mêmes armes que ses confrères, au lieu d’en chercher de nouvelles. Puisque c’est finalement bien de promotion dont il s’agit ici, c’est précisément le « format-chanson », avec une histoire simple (pour ne pas dire simpliste), une imagerie plus légère, des costumes et maquillages plus actuels, et sans génériques, sans suite ou préquel, que les clips postérieurs à Désenchantée ont pu compter sur une exposition plus large dès leur sortie. Jusqu’à Je t’aime mélancolie, Boutonnat disait en effet prendre le soin de ne pas laisser au spectateur d’indices permettant de dater l’histoire, sans doute pour que ses films puissent supporter d’être revus quelques années plus tard sans qu’on les identifie à l’époque de leur sortie. Dans Je t’aime mélancolie il n’a plus peur des tenues de son époque, faisant même appel à Jean-Paul Gaultier pour la guêpière des plans de ballets, prenant le risque de démoder son clip relativement rapidement. Tandis que le réalisateur misait depuis longtemps sur l’effet événementiel en faisant projeter ses clips jusqu’à lors dans des salles de cinéma parisiennes, la concision nouvelle qu’il venait de s’appliquer pour Je t’aime mélancolie lui a permis par deux fois de diffuser ses clips dans des émissions télévisées de prime time. C’est ainsi que la masse de public qu’ont pu avoir les sorties de Libertine ou Plus Grandir en salle fut bien moins supérieur aux millions de spectateurs à qui l’animateur Michel Drucker offrit en avant-première le clip de Regrets dans son émission Stars 90 en septembre 1991, et Patrick Sabatier Je t’aime mélancolie en décembre 1991 dans Avis de Recherche. Ces émissions de TF1, alors première chaîne française, qui ne passaient que très occasionnellement des extraits de clips ont réservé à Boutonnat leurs seules diffusions en intégralité. La diffusion officielle ne commençait sur les autres chaînes que le lendemain de la première télévisée. En bénéficiant ainsi d’une visibilité sans précédant, ces deux diffusions eurent comme effet une entrée des chansons directement dans les cinq meilleures ventes

françaises dès leur sortie. Le disque était disponible dans le commerce la semaine même de la première diffusion du clip à la télévision. Mais le naturel chassé revenant si vite au galop, la diffusion annoncée du clip subséquent à Je t’aime mélancolie fut annulée. Beyond my control (avril 1992) devait en effet lui aussi passer dans l’émission Stars 90 avant que successivement le C.S.A, la critique télévisuelle, puis l’animateur Michel Drucker et sa programmatrice Françoise Coquet n’eurent vu la cassette en refusant sa diffusion. Le clip fut censuré sur recommandation du C.S.A, les chaînes hertziennes l’interdirent entièrement tandis que la chaîne câblée musicale MCM le passa régulièrement après minuit. Le C.S.A. dénonçant « un cocktail de sexe et de sang à la puissance mille », la diffusion du clip à n’importe quelle heure de la journée fut pourtant effective un an plus tard, sans bizarrement qu’aucune note de qui que ce soit ne vint modifier celle qui fut écrite lors de la sortie.

 

 Nous disions donc que Je t’aime mélancolie révélait d’un problème de limites. Il semblerait que c’est de ce tâtonnement que Laurent Boutonnat a voulu parler : L’auteur qui cherche les nouvelles limites auxquelles se raccrocher, les deux combattants ne sachant pas jusqu’où il peuvent aller. C’est à cause de ce combat contre la routine que Boutonnat “enfile les gants” pour ce clip, qu’il met en scène un combat qui ne peut que dégénérer. Sans cesse les deux protagonistes jouent avec les règles, et comme une parabole sur la manière de travailler du cinéaste, ils sortent tous deux des limites auxquelles les règles les cantonnaient. C’est par exemple une première fois le cas lors des “coups bas” portés par l’un ou par l’autre, coups sanctionnés par un arbitre qui finira lui aussi au tapis. Toute autorité désormais absente, les règles disparaissent également ; et c’est alors que les gants de boxe sont mis de côté, que les arts martiaux prennent place avant que le duel ne se transforme en vengeance personnelle et que l’homme soit envoyé par-dessus les filets ; hors limites. Le jeu auquel se livre Laurent Boutonnat réside avant tout dans la structure qu’il a donnée à son clip, si différente du reste de sa production. La cohérence qui caractérise si bien l’ensemble de son œuvre ne se retrouve pas du tout dans le contenu intrinsèque de Je t’aime mélancolie, les scènes de combat se déroulent sur le même ring où est exécutée la chorégraphie, et montage alterné oblige, on a successivement droit à l’interprète qui souffre en se battant, avant de la voir sourire, danser et chanter sans qu’aucune des deux scènes ne soit située chronologiquement l’une par rapport à l’autre. On a bien à faire ici à un montage post-moderne de vidéo-clip, laissant la part belle à la sensation brute, sans discours ou recherche de sens.

De plus le public que l’on entend bruisser depuis les vestiaires lors de l’introduction du clip ne se trouve pas autour du ring. Espace plongé dans l’obscurité, on ne remarque qu’une grande toile de fond nuageuse qui sert d’arrière plan. Omission d’une assistance inutile à l’action et qui confirme que Boutonnat se situe pour ce clip là dans le seul domaine de la sensation. Les correspondances entre les deux scènes principales (le combat et les ballets) sont nombreuses et injustifiables diégétiquement. Si la tenue vestimentaire de l’interprète diffère d’une scène à l’autre, laissant penser que les personnages respectifs aux deux scènes se situent dans deux univers différents, les accessoires eux ne suivent pas cette règle. Lorsque le combat dégénère suite à l’éjection de l’arbitre, les danseuses se trouvent affublées elles aussi de gants de boxe, accélérant leur chorégraphie. L’univers représenté dans cette scène relève donc bien du domaine de la boxe, ring et gants à l’appui, mais le combat n’est pas figuré. Les plans de danse, où l’ont voit parfois la chanteuse sourire alors qu’elle se prend des coups dans les plans adjacents, se veulent finalement comme un commentaire symbolique facétieux et dédramatisant des plans de combats qu’ils entrecoupent. On note dans ce sens que les gants disparaîtront comme par magie entre deux plans, conjointement aux même gants dans les autres plans, et dont les boxeurs se débarrasseront à l’image.

 

 Peut-être orientés par les paroles de la chanson, certains critiques ont lu le clip comme une métaphore d’un combat de l’interprète contre eux. Dans cette optique, les images peuvent être vues comme l’adaptation de certaines phrases de la chanson dont elles s’inspirent :

 

« Une sauvage née vaut bien d’être estimée, elle fait souvent la nique aux

“trop bien cultivés” […] Pour plaire aux jaloux il faut être ignorée. »

 

Ce rapport avec la réalité du métier que subissent Laurent Boutonnat et sa muse au quotidien, le réalisateur ira jusqu’à le figurer dans son casting : il fera appel à un vrai boxeur poids-léger yougoslave et à un arbitre français professionnel : Gérard Boutonet. Au delà de cette simple figuration d’un vécu connu de lui seul, Je t’aime mélancolie soulève pourtant plusieurs thèmes sans en exploiter vraiment aucun. Là où Plus Grandir parle ouvertement de déchéance physique, Libertine de libération sexuelle ou A Quoi je sers de suicide, ce clip lui pourrait évoquer plusieurs sujets. On pense avant tout au duel homme-femme, thématique déjà utilisée dans les “épisodes” de Libertine, ou dans Sans Logique, mis en avant ici par le dispositif du ring où la parité est d’habitude rarement respectée ! La tenue de l’interprète pour les plans de chorégraphie (une guêpière en cuir ornée de clous soutenant des porte-jarretelles noirs) laisse penser à un arrière plan sado-masochiste, appuyé par l’isolement de l’homme et de la femme sur un espace scénique (le ring) et soumis au regard d’un public voyeur ; ils seraient venus sur ce ring pour se faire mal physiquement avec le consentement de l’autre. Seulement ces pistes ne mènent guère très loin par rapport au texte de la chanson, même extrapolé ; la seule suivie à l’époque fut comme nous le disions celle de l’hyperbole sur la critique. Cette dernière a pour elle le mérite de la cohérence.

 images (24)

Le match de boxe figurant une prestation artistique, le public que l’on entend mais qui reste invisible serait ce “goût du spectateur qui ne compterait pas” pour les critiques. L’homme sur le ring, symbolisant la critique au sens large, perd le match ; et la phrase titre reprise régulièrement comme un leitmotiv: « Je t’aime mélancolie », résonnerait comme une revendication face à ceux qui avaient reproché au “couple” Boutonnat-Farmer leur imagerie négative. Après le retrait symbolique de la critique face aux coups portés par la chanteuse à la fin du clip, celle-ci se retrouve plus seule que jamais, désormais livrée à elle-même, coupée du regard extérieur, près de ce public plus silencieux que jamais devant lequel elle devra tôt ou tard livrer un nouveau combat pour le distraire. Le silence de glace qui clos le clip fait pourtant bien comprendre que la gagnante a eu ce qu’elle a voulu, que libérée « des jaloux », elle est à présent « ignorée ». L’ennemi battu, elle n’est pourtant libérée de rien, prisonnière de la scène et écrasée par les faisceaux de ces projecteurs qui l’exposent peut-être davantage qu’elle ne l’aurait voulu.

 

 EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

Journal d’un tournage de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 9 mars 2014

Avant que l’ombre…à Bercy, journal d’un tournage

Dans le magazine de cinéma Actions paru en septembre 2006, François Hanss s’exprime sur le tournage de Avant que l’ombre…à Bercy au cours d’une longue interview documentée, à laquelle participeront entre autres Dominique Fausset, le directeur de la photographie, et Paul van Parys, le producteur collaborateur de Laurent Boutonnat.

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    Sous les hurlements d’un public récompensé de sa longue patience, un sarcophage transparent descend très lentement du plafond de Bercy et vient se poser sur la scène en forme de croix de Malte qu occupe une bonne partie de la fosse. A l’intérieur, on devine la silhouette de la star allongée, comme morte. L’entrée est saisissante en même temps que  » signifiante « . Fidèle aux symboles et aux mystères, aux signes et aux messages, Mylène Farmer a transformé pour l’occasion l’immense salle de concert en vaste temple oriental. Sur la scène traditionnelle où la chanteuse accède par un pont amovible, deux portes monumentales renvoient à la  » porte d’or  » du Dôme de Florence. Ce décor monumental et évidemment intransportable est l’œuvre du scénographe Mark Fisher, concepteur des tournées de  » U2  » et des Rolling Stones. Rien que cela. Produit par Thierry Suc, le spectacle est  » à la mesure de sa démesure « .

    Après la tournée 1989, le Tour 96 et le  » Mylenium Tour « ,  « c’est le quatrième spectacle que nous filmons « , explique Paul Van Parys, directeur de la société  » Stuffed monkey « , société de Mylène Farmer productrice de la captation filmée.  » Bercy est une salle difficile. Aux contraintes qui concernent le public et la sécurité, il faut ajouter une jauge de poids à ne pas dépasser. Ce concert est tellement énorme que la moindre caméra supplémentaire devient vite un problème… «  » Filmer un concert de Mylène Farmer revient à se poser dès le départ une mul- titude de questions « , intervient le cinéaste François Hanss pourtant rompu à ce genre de  » performance « . D’abord assistant-réalisateur de Laurent Boutonnat (réalisateur, et compositeur attitré de la star) sur la captation des deux premières séries de concerts, il avait déjà fini seul dans  » l’arène  » au moment du   » Mylenium Tour «  en 1999 (450.000 spectateurs à l’époque).  » Les spectacles de Mylène priment par leur scénographie, poursuit-il. Par définition, le  » live  » est synonyme de liberté. Il n’exclut donc jamais les impondérables. Avec elle, la mise en scène, la lumière, la gestuelle et la chorégraphie sont toujours intéressantes. C’est vraiment quelqu’un qui apporte sans arrêt des choses nouvel- les. Elle a beau multiplier les filages, les mises en place et les répétitions, c’est seulement le jour où elle entre en scène face au public qu’on découvre son spectacle. Filmer un concert de Mylène Farmer, c’est chercher à traduire sa personnalité. Il faut aimer son expression, aimer sa plastique et son visage, aimer la suivre dans des choses intimes. C’est là où le terme de  » captation  » devient peut-être impropre « .

téléchargement (2)     » Certains endroits étaient inaccessibles et il ne fallait pas gêner le public, reprend Paul Van Parys. Il a donc fallu à François une longue observation des répétitions pour savoir comment filmer le mieux possible tous les instants du concert avec le maximum d’axes capables d’offrir un vrai montage de qualité. Avec un réalisateur, le producteur se pose la question des moyens, mais aussi de la manière de les utiliser « .  » Même si au fil des années, la culture du spectacle filmé fait que les spectateurs comprennent et acceptent mieux la présence d’une Louma dans la salle ou d’une caméra dans la fosse, dit François Hanss, on n’avait pas le droit de parasiter la perception du concert par les spectateurs. Cela a toujours été notre credo avec Laurent Boutonnat et Mylène Farmer. Il n’y a ainsi jamais de caméra sur scène, jamais non plus un cadreur ne vient près de l’artiste ou des danseurs. En revanche, comme Mylène l’a toujours pratiqué dans ses films précédents, on va chercher le regard du public sur elle. Ce contrechamp est intéressant, il permet d’échapper au point de vue frontal et ajoute de la dynamique et de l’émotion. Une guitare, une expression ou un mouvement de bras sont des plans sporadiques qui insufflent de la valeur ajoutée au montage. Pour les obtenir, il faut des positions de caméra très précises. Mon cahier des charges est de faire monter en puissance ce qui se passe dans la salle tout en respectant scrupuleusement la logique du déroulement du concert, la logique de la découverte des tableaux et des lumières telle qu’elle est conçue. Chaque chanson étant en soi un tableau de lumière et de chorégraphie, mon défi le plus important est de rendre logique et compréhensible ces chorégraphies dans leur déroulement sans jamais perdre de vue l’artiste, sans jamais la faire disparaître derrière les lumières ou le public. Je procède avec un découpage prévisionnel réparti sur l’ensemble du planning des concerts. Il ne s’agit jamais pour nous de  » filmer pour filmer « . Ma difficulté supplémentaire ici, c’est la présence des deux scènes. Après, on ajoute toujours quelques points de vue un peu spectaculaires et très utiles. Sur un ou deux titres, nous avons ainsi une caméra télécommandée en totale plongée. Les caméras à l’épaule, c’est plus pour l’ambiance, se retrouver à l’intérieur du public ou utiliser des amorces de mains. La vraie structure du film répond forcément aussi à des nécessités de plans beauté sur Mylène. L’esthétique est importante « .

    Huit mois avant le début des représentations parisiennes, la quatrième série de concerts donnée par l’artiste en dix-sept ans de carrière affichait déjà complet. Son titre ?  » Avant que l’ombre… à Bercy « . Revêtue d’une tenue d’amazone lamée or surmontée d’une cape à frange, Mylène Farmer y mélange chansons nouvelles et grands classiques ( » Libertine « , «  Désenchantée « …).  » Au total, nous avons filmé les dix premiers concerts à deux ou trois caméras, précise le producteur Paul Van Parys. Une fois le spectacle bien rodé, nous sommes passés à cinq ou six caméras pour les deux derniers « .  » Nous avons principalement travaillé avec des Aaton, précise de son côté le directeur de la photographie Dominique Fausset. Mais nous avions aussi une Arriflex pour varier la vitesse et l’obturation et une A- Minima, L’ouverture était plutôt agréable, entre 4 et 5.6 avec des profondeurs de champ intéressantes. Un concert est un spectacle vivant extrêmement parti- culier dans la mesure où on doit s’adapter à une multitude de lumières et d’axes différents avec obligation de cohérence au final. (La création lumière est l’œuvre de Frédérique Peveri qui aura toujours été à l’écoute de la fabrication du film).

    Les lumières de  » live  » comme on les appelle, ont de grandes variations de couleurs, de teintes, de mélanges et de puissance d’éclairage. Qui plus est, c’est un type de lumière très particulier. Dans ce contexte, l’idée est d’être le moins intervenant possible et de tout utiliser, jusqu’aux extinctions de lumière qui font partie du show. Le problème de Bercy, c’est qu’on a parfois des distances de caméra extrêmement éloignées – jusqu’à 80 mètres – ce qui crée des présences très différentes à l’image. C’est dire combien le choix du support est prépondérant « . Avec François Hanss, réalisateur de cinéma ( » Corps à corps «  en 2003 co réalisé par Arthur-Emmanuel Pierre), Laurent Boutonnat, (deux longs métrages à son palmarès avec «  Giorgino  » en 1994 et  » Jacquou le Croquant «  cette année) et Mylène Farmer en personne dont les clips ont révolutionné le genre (de vrais courts-métrages, certains en cinémascope), le support de captation ne pouvait évidemment qu’être… argentique.  » Il est évident que Mylène Farmer, Laurent Boutonnat et François Hanss sont des gens culturellement très attachés au cinéma, constate Paul Van Parys. Avec eux, la captation d’un concert équivaut, et tant mieux, à la réalisation d’un véritable film de cinéma, pas à l’enregistrement multi-caméras d’une émission de télévision. L’orientation film faisant partie de leur culture à tous les trois, l’alternative d’un tournage en HD a été très rapidement abandonnée. Au vision- nage de tests suivis d’un télécinéma sur HD, on s’est rendu compte, notamment au niveau de la colorimétrie, que le film apportait beaucoup par rapport à la HD « .  » Dès ses débuts, l’univers musical de Mylène s’est beaucoup imposé par l’image cinéma, souligne François Hanss. Il y a une part de comédienne en elle, elle a le goût de l’image. Dans un souci de beauté autant que de respect vis-à-vis du spectateur, elle a toujours défendu l’image film.

    téléchargement (3)A une époque où la vidéo pouvait se poser comme alter- native, tous ses clips étaient tournés en film. Elle a toujours recherché l’exception, elle a toujours revendiqué une production artistique ambitieuse « . Sur scène ou juchée sur une nacelle en forme de chandelier, Mylène Farmer enchaîne les costumes au fil des numéros, portant justaucorps noir et chapeau haut de forme ou robe violette à cuissardes. Dans un spectacle qui mêle la sensualité et le sacré, l’amour, la mort et la spiritualité, des danseurs habillés de noir se produisent entre deux chansons dans des chorégraphies inspirées du flamenco. De chaque côté de la scène traditionnelle, deux écrans retransmettent les images du spectacle en train de se produire.  » Peut-être mon regard est-il déformé par mon goût du cinéma, mais si nous avions tourné en vidéo, reprend François Hanss j’aurais eu l’impression d’assis- ter à une super émission de télévision. Pour moi, il était impensable de monter ou pré-monter le film dans un car-régie et de le finaliser dans la foulée. C’est au montage que le film va se mettre en place « .  » Techniquement, le support film est de toute façon ce qui se fait de mieux, ajoute le chef-opérateur Dominique Fausset.

    Dans le genre d’exercice où l’on doit retranscrire au plus près possible les sensations du  » live « , la maniabilité de la pellicule est imbattable. L’argentique offre, qui plus est, un choix très intéressant d’outils de post-production. L’avantage de tourner en film, c’est aussi de pouvoir utiliser  des caméras complètement autonomes avec pour seule contrainte l’utilisation d’un code Aaton destiné à synchroniser les rushes. Cela laisse une grande liberté au cadreur qui, sur ce type de films, doit avoir beaucoup de rigueur. C’est ce qui nourrit la qualité de lumière, la qualité de présence des artistes et la cohérence indispensable pour le montage « .  » L’argentique, explique Gilles Gaillard, directeur technique chez Mikros Image, agit comme un pur capteur. En dynamique, la base captée ainsi obtenue est plus large que celle d’un support numérique. C’est un cliché de dire que la capture numérique est plus sensible que la capture argentique. On voit bien que ce n’est pas vrai dès lors que les émulsions deviennent de plus en plus fines. En tirant parti des capacités de captations de la pellicule, les choix créatifs de post- production sont donc forcément plus prononcés, ce qui était nécessaire avec un projet comme celui-ci qui requiert beaucoup de travail en aval. En faveur du film, on cite souvent un plus grand rapport de contraste toléré et une captation différente des couleurs. Mais la captation film permet aussi de repousser l’étape de numérisation sans être gênée par le filtrage quasi-obligatoire de la captation numérique. 

    En numérique, on est contraint de choisir la balance des blancs et le tronçon sur lequel on va travailler au définitif (encore que certaines caméras commencent à mettre de côté ce type de réglages) et du coup, les choix d’image proviennent à 90% de la prise de vues. Ce n’est pas le cas en argentique. Avec une capture argentique, on peut faire des choix différents en post-production, privilégier les ombres ou les hautes lumières. En choisissant le spectre sur lequel on va travailler, on a davantage de liberté sur le rendu de l’image définitive. Si le placement des acteurs est relativement défini quand il s’agit d’un concert, l’emplacement des caméras définit aussi des gammes de rapports de contraste différents. Un personnage qui passe de l’ombre à la lumière se trouve dans une configuration qui fait que le contrôle des rapports de surexposition varie énormément. La latitude étant plus grande au moment de la prise de vues, il devient intéressant de pouvoir effectuer un travail sur le télécinéma au moment de la numérisation pour aller chercher des détails sur l’image plutôt que d’avoir un rendu homogène qui placerait systématique- ment des gens dans l’ombre. Cela permet de placer le spectateur entre  » back- stage  » et pur concert « .

    Au service de la captation, Dominique Fausset a choisi d’expérimenter la toute nouvelle (à l’époque) pellicule Kodak Vision2 7299.  » C’est une pellicule qui va plus loin que ses consœurs de la gamme Vision2 dans les contrastes et les saturations de couleurs, précise-t-il. Pour le type de lumière et la configuration de tournage d’un concert, c’est une pellicule parfaite. Très malléable, elle emmagasine beaucoup d’informations. Il faut simplement la poser le plus  » plat  » possible dans la courbe pour obtenir un maximum de rendu dans les hautes et basses lumières. Le plus surprenant, ce sont les détails qu’elle conserve dans les basses lumières. C’était d’autant plus important pour nous que le stylisme comportait pas mal de noir (certaines tenues, beaucoup de chapeaux…). Malgré ce noir qui présentait parfois des densités très fortes, elle a en permanence continué de faire preuve de finesse. C’est une pellicule qui, malgré des mélanges de textures de néon et de lumière traditionnelle, valorise les natures d’arrière-plans et la profondeur de champ « .  » C’est une pellicule qui pré- sente un possible écart de contraste spectaculaire que les supports numériques ont encore du mal à posséder « , ponctue Gilles Gaillard.  » Quand on filme un concert, il n’est pas question de trouver tel ou tel tableau trop  » sombre  » ou trop  » lumineux « , explique encore le réalisateur. La grande force de l’argentique, c’est de  » capter  » les nuances d’ouverture de lumière et de ne trahir ni les carnations ni la dynamique des couleurs dont la palette est différente pour chaque tableau. Grâce à la latitude d’acceptation de cette pellicule, on peut  » partir  » assez loin et garantir au public la cohérence du spectacle. Sur la performance ou le côté spectral de la Vision2 7299, on voit bien qu’au standard de ce qu’on obtient, on possède déjà une image très douce et très défi- nie. On garde le chatoyant du stylisme de Mylène, il n’y a rien d’ingrat ou de parasite, rien n’est  » cramé  » dans les hautes lumières. Le tableau final par exemple se devait de ressortir magnifiquement. Derrière un rideau de pluie, on découvre un escalier éclairé par différentes sources de lumière qui mettent en trompe-l’œil une perspective. Quand je vois le résultat en film, j’ai l’impression de me trouver devant un rendu technicolor. C’est plein de finesse et de demi-teintes « .  » Sur ce type de tournage, l’utilisation d’une seule émulsion permet aussi d’avoir une continuité de profondeur, de grain et de texture d’image, approfondit Dominique Fausset. Il en résulte une cohérence entre les places de caméra, leurs distances et les variétés d’objectifs utilisés. En accord avec la post-production, j’avais ainsi décidé de ne rien filtrer même si avec ce type de lumière de concert, on récupère beaucoup de  » flair « . Pour moi, cela donne de la vie aux images.

téléchargement (4)

    Une lumière de concert, ça change tout le temps, on passe régulièrement du  » chaud  » au  » froid  » et en intensité, on va de très hautes lumières à des lumières éteintes. Cette Vision2 est une pellicule qui tient très bien les montées de grain, les surexpositions comme les sous-expositions. C’est une pellicule que j’aurais vraiment envie d’utiliser maintenant avec des lumières modernes, de travailler dans la douceur sur des clips ou en publicité. Sur ce tour- nage, elle a été pour moi un véritable confort dans ma collaboration avec le coloriste Jacky Dufresne de chez Mikros Image, lequel m’a accompagné dans ce travail depuis le démarrage des tests jusqu’à la finalisation du master au lustre « .  » Son bémol, intervient Gilles Gaillard, c’est que malgré une émulsion plus douce, on se retrouve vite avec une texture de grain comparable à  » l’ancienne  » 500. (La montée de grain n’était pas encore traitée par la boîte Kodak au moment où nous l’avons essayée). Nous n’avons pas utilisé directement la boîte Kodak pour ce qui est de la fabrication de l’image définitive mais pendant toutes les étapes de recherche créative. En faisant des combinaisons Vision2 7299 + boîte Kodak, on s’aperçoit que si la boîte est un peu stricte en terme de rendu, elle fournit quand même des indications qui permettent de déterminer des ambiances et d’offrir davantage de propositions « .

    Avec un marché du CD en chute libre un peu partout, quelle sera l’exploitation principale du film ?  » Le DVD est devenu un support très important, termine Paul Van Parys, c’est la trace du travail que l’artiste a fourni, un témoignage dans sa carrière, un point de repère dans l’évolution de ses concerts. L’exploitation du DVD est notre objectif aujourd’hui avec éventuellement celle du HD DVD dans la mesure où, quand nous sortirons ce film fin 2006, les lecteurs DVD HD commenceront à se mettre en place. Le fait que le film utilise la pellicule HD Vision2 et le fait qu’on dispose d’une post-production en HD peut nous permettre d’envisager une exploitation salles… même si tout le monde sait qu’elle est difficile à obtenir. Avec la définition d’image dont le film peut aujourd’hui s’enorgueillir, c’est en tout cas une chose possible en privilégiant délibérément la qualité « .

Dominique Maillet, Actions, n°27, Automne 2006.

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Fat come back de Boutonnat

Posté par francesca7 le 26 février 2014

BoutonnatPhoto03

Laurent Boutonnat est aux commandes du nouvel album de Mylène Farmer, Monkey me, sorti le 3 décembre 2013. Il en a composé toutes les musiques, dirigé les arrangements, et écrit les paroles d’une chanson « Nuit d’Hiver », reprises de « Chloé » (1986).

320px-ChateauPron_(3)Laurent boutonnat dévoile sa vie privée

C’est le site russe mfarmer.nu  qui a sorti le premier l’info. Laurent Boutonnat qu’on pensait secret et très soucieux du respect de sa vie privée pose avec sa compagne actuelle, Ilona Orel, dans leur maison pour la version russe du magazine britannique Tatler.nu pour son numéro de juillet 2012. L’article laisse nombre d’indications sur la demeure où le couple vit. Il s’agit d’un manoir de style rustique construit au XVIème siècle que Laurent Boutonnat a acquis en 2000 à Pronloroy, 70 km de Paris, dans l’Oise. Laurent Boutonnat habitait auparavant sur la commune d’Elincourt-Sainte-Marguerite, à 20 km plus à l’est. L’article raconte qu’il en est parti à cause des admirateurs qui battaient le pavé devant chez lui. Sa décision de révéler sa vie privée à la presse est d’autant plus surprenante.

Plusieurs sites, dont innamoramento.net et mylene.net ont traduit et compilé es différentes informations contenues dans les six pages de l’article :

-          dans l’une des chambres du château, se trouve un cheval de bois présent dans une chambre d’orphelin dans le film Giogino (il est visible sur la page photo)

-          Laurent Boutonnat garde les éléments des décors de ses films dans le grenier du château

-          le parc du château abrite lièvre et cerfs

-          dans le château, une salle de cinéma avec écran géant et un studio de musique ont été aménagés.

Puisque Laurent Boutonna a lui-même décidé de révéler là où il vit, nous aurons donc, pour la première fois, moins de réticence à aller un peu plus loin dans l’enquête.

Le manoir que l’on voit dans l’article est bien le château principal de Pronleroy (400 habitants), au 9 rue du Général mangin. Le bâtiment principal bâti au lieu des « dix huit mines » date en effet du XVIème siècle, mais il contient des éléments de l’ancienne demeure du XIIIème siècle. Les ailes latérales ont été ajoutées par la suite. Le tout est classé aux « Immeubles des Monument  Historiques » depuis 1949. Il contient un château à trois ailes et plusieurs dépendances classées, comme l’avenue centrale, les bâtiments des communs et le pigeonnier. Il est facilement situable par photo satellite, au cœur d’un grand parc boisé.

Si on ne voit pas bien les limites du bois attenant à la propriété, les relevés cadastraux de la commune de Pronleroy dévoilent l’étendue exacte du domaine. Il est composé de plusieurs parcelles : les communs et le pigeonnier sont à gauche du château et sont disposés en carré, tandis qu’une parcelle abrite un vieux château  d’eau qui alimentait le village.

Comment être sûr qu’il s’agisse bien de ce château, et que l’article russe ne veuille pas nous induire en erreur sur demande d’un Laurent Boutonnat soucieux de sa tranquillité ?

En comparant la phot de la première page de l’article aux clichés d’époque du château (par Philippe Bonnet Laborderie), on remarque que l’aile droite du bâtiment a exactement le même style (rustique, en pierres de tailles et coins fortifiés) la même toiture (avec les lucarnes de toit arrondies et aux toitures triangulaires), le même nombre de fenêtres (même nombre de séparation par le s petits-bois) et surtout le détail qu ne peut tromper : le vestige de colonne caractéristique qui fait l’angle du bâtiment. On devine de surcroît le toit du bâtiment principal poindre derrière l’aie photographiée.

On peut d’ailleurs voir plusieurs autres photos d’époque sur le site de la ville de Pronleroy.

A la vérité, la situation précise de la demeure du cinéaste n’est pas un scoop. Un article du quotidien « le Courrier Picard », daté du 23 décembre 2011 révélait déjà noir sur blanc l’identité du propriétaire de cette éblouissante demeure :

« A Pronleroy, le château caché de Laurent Boutonnat

Le château de Pronleroy est mal connu. Les recherches menées par la commune à l’occasion d’une célébration ne sont pas allées bien loin, en dépit de ses efforts, et la Société historique de Saint Just en Chaussée (dans l’Oise) n’en sait pas davantage sur le sujet qui relève de ses compétences. Si sa documentation est rare, l’édifice n’offre lui-même aucun indice au passant, dissimulé qu’il est derrière la végétation persistante.

Son propriétaire est en revanche fort connu. Il est l’auteur de « Jacquou le Croquant », le film adapté de l’histoire d’Eugène Le Roy sorti au mois de janvier 2007, dont il a écrit également la musique. Laurent Boutonnat a plusieurs cordes à son arc, réalisateur de cinéma, il compose surtout pour la chanson depuis sa rencontre avec Mylène Farmer en  1984. Pour le château, il faut donc se fier pour le moment aux photographies prises il y a quelques années par Philippe Bonnet-Laborderine, regretté historien de Beauvaisis. C’est un beau bâtiment de pierre de la fin du XVIIè sicèle, dont la façade arrière est plus pure, plus majestueuse que la façade principale, quelque peu alourdie par les ailes en retour édifiées par la suite. Une belle grille flanquée Fat come back de Boutonnat dans Mylène 2013 - 2014de deux pavillons d’entrée, un pigeonnier, des communs, dont l’un d’eau remonte au XVIè siècle, complètent cet ensemble secret ».

                                                                                                              « le Courrier Picard », le 23 décembre 2011.

Trois semaines seulement après sa parution, un site communautaire consacré à Mylène Farmer, myleneobsessions.forumpro.fr   relayait déjà l’information sur son forum en faisant état de l’article. L’adresse ne s’était toutefois pas davantage ébruitée sur le web, et tout le monde respecta la tranquillité du propriétaire. Depuis, l’article initial a été effacé des archives web du journal.

Il ne est aujourd’hui ce reportage voulu par Laurent boutonnat exposant sa compagne, l’intérieur et l’extérieur de sa demeure, et la localisant assez précisément (il n’y a qu’un seul château à Pronleroy). Courageux.

 

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Le space-opéra de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 20 février 2014

 

    téléchargement (4)L’image frappe dès l’entrée en salle : un énorme coffre, une porte ornée monumentale interdit l’accès à un temple (très boutonnesque j’oserais) on ne peut plus mystérieux. Mur aveugle qui fait monter progressivement une excitation que rien ne peut contenir. C’est après un court-métrage d’Alain Lescalle (mélange confus de guirlandes japonisantes sur une esthétique de jeu vidéo des années 90) que le scaphandre cybernétique renfermant la chanteuse attirera les regards au centre du plafond de Bercy. Et c’est après une descente et un parcours qui le mène au pied du temple que le ton esthétique du show est donné : coiffure pour le moins inattendue composée de marguerites improbables, tenues multicolores de robes lamées et de corsais surchargés, soupiraux de pierre et escaliers vertigineux, le temple dans lequel nous entrons est celui du délire visuel …et textuel. L’entrée en scène se fait au son scratché de chœurs scandant « shut up Farmer » (« Ta gueule Farmer »), ce qui promet pour les 2h30 de show qui suivent.

    De quoi être bousculé. On ne peut qu’être déçu par l’enchaînement mollasson des toutes premières chansons (XXL sans envie, California lassant, Dans les rues de Londres au minimum syndical). Mais c’est avec la chorégraphie percutante (et sans danseuses) de Pornographique que le spectacle démarre vraiment. La suite assez rythmée (ouf!) fait étrangement l’impasse sur 2 albums (Cendres de lune, et Innamoramento), et reste à l’image de l’entrée en scène : un certain futurisme des années 80 sur des décors de « La Belle et la bête ». Chapeaux haut-de-forme sur Sans ContrefaçonJe t’aime mélancolie en altitude sous des voiles rétractables, Q.I. et sa chorégraphie hispanisante reprenant les gestes du clip, et à la surprise générale Les Mots en duo avec l’imposant (et charmeur!) batteur, Abraham Laboriel Jr. (quand on vous dit que c’est dans le délire !).

    Un chandelier aux allures du pieuvre pose la chanteuse sur une scène centrale en forme de croix de malte (symbole du secourisme) pour un tableau marquant le milieu du spectacle. La proximité de tout le public donne une force indéniable à un long tableau composé de chansons acoustiques (Redonne-moiRêver, Ainsi soit-je…) accompagnées par Yvan Cassar sur un piano noir collé à une plateforme réversible. Fin de la partie avec LA réussite du spectacle : un Désenchantée ultra dansant en formation restreinte (Abraham sur une mini-batterie pas plus grande qu’un guéridon, une simple guitare, une unique percussion et Yvan fidèle au piano), et une Mylène tournoyante avec ses danseuses pour que chacun des spectateurs tout autour d’elle n’en perde pas une miette. C’est, avec Sans Contrefaçon, les deux moments forts du show …car peut-être les deux seuls vrais tubes. 

  téléchargement (5)  Avant que l’ombre la bien nommée clôturera un spectacle foisonnant en entrouvrant un rideau d’eau sur un Mylène Farmer d’une neutralité retrouvée, qui disparaîtra symboliquement nue au sommet d’un escalier féerique orné de lustres suspendus à une autre planète. Rappel du rideau d’eau, le mot « passé » écrit en retombées pluvieuses (première technique mondiale) s’écrasera au sol à plusieurs reprises. De loin le final le plus réussi, le plus émouvant aussi. Le final suicidaire du concert de 1989 (que décidément rien ne vaut) n’est pas très loin dans cette grille du cimetière remplacée par le monumental coffre dont la résonance de la clôture résonne encore à nos oreilles.

    A chaud, un spectacle incroyablement délirant et forcément jouissif, tant le retour de la vraie audace du duo Farmer-Boutonnat était attendu.

Dr. Jodel, le 14 janvier 2006.

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FR3 GRAND EST – MÉLANGE 3 TEMPS Avec Mylène F.

Posté par francesca7 le 18 décembre 2013

 

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Émission du 6 NOVEMBRE 1984 – Présenté par Yannick PENAGOS

Mylène est présente sur le plateau de cette émission musicale avec un jeune groupe de rock local, Crisis.

Après que celui-ci se soit exprimé, l’animateur fait intervenir Mylène, vêtue d’une tenue jamais vue alors pour la promotion de « Maman a Tort » : un haut violet à col roulé vert surmonté d’une veste jaune.

Yannick Penagos : M ylène, en ce qui vous concerne, ça se passe très, très bien pour un premier disque : c’est un énorme succès !

Mylène Farmer : Ca va !

YP : Ca a changé beaucoup de choses pour vous, ce succès ?

MF : Ha, question difficile ! (rires) ‘Changé beaucoup de choses’, oui dans la mesure où c’est un métier qui n’a pas vraiment de structure : on se lève pas à huit heures, on ne se couche pas à dix heures. Ca change forcément des choses, oui.

YP : Et cette chanson (« Maman a Tort », nda), on peut la situer à quelle époque, cette histoire ? C’est une histoire donc qu’on peut situer à quelle époque dans une vie ? On choisit ?

MF : Heu…Oui, je vous laisse choisir, mais ça peut se situer en 1984 par exemple, ça peut se situer dans un hôpital psychiatrique aussi avec…

YP : Un enfant ?

MF : Avec un enfant, une adolescente même, pourquoi pas une jeune fille qui peut être sensibilisée par une infirmière…

YP : Je voudrais qu’on parle un peu du look (Yannick Penagos se tourne d’abord vers le chanteur du groupe Crisis, au look typique des années 1980 avant de se tourner à nouveau vers Mylène).

 M ylène, en ce qui vous concerne, vous choisissez ou vous êtes conseillée ? C’est un travail d’équipe ? Comment ça se passe pour adopter un look ?

MF : Pour l’instant, c’est un travail d’équipe. C’est-à-dire, je ne prends pas tout seule l’initiative, je propose et puis mes producteurs donnent leur accord. Voilà !

YP : M ais alors, il y a tout : il y a la coiffure, il y a les vêtements, les couleurs…

MF : Non, la coiffure, j’ai toujours eu cette coiffure et ça, j’y tenais. Et quant aux vêtements, ben j’ai répondu, c’est…

YP : Dans les projets assez proches, je crois savoir qu’il y a une version anglaise de « Maman a Tort »…

MF : Oui, là je travaille en studio actuellement pour sortir une version anglaise pour qu’elle soit aussi exportable dans différents pays comme l’Italie, comme l’Allemagne ou la Suède… (« My Mum mis Wrong » ne sera finalement curieusement distribué qu’en France en cette fin d’année 1984, nda)

YP : Et puis des projets un peu plus éloignés, un 45-tours je crois ?

1984-05-aMF : Voilà, je vais sortir un prochain 45-tours je pense aux alentours de décembre, janvier sur lequel il y aura deux chansons. (« On est Tous des Imbéciles », dont l’enregistrement sera finalisé en décembre 1984, sortira finalement dans le commerce en février 1985 avec effectivement une face B originale, nda)

YP : Toujours la même équipe de travail ?

MF : La même équipe, oui !

YP : Quand ça marche, faut pas changer, vous avez raison ! En tout cas, promettez-moi ce soir de venir nous présenter votre nouvelle chanson ou vos nouvelles chansons !

MF : C’est promis ! (cette promesse ne fût malheureusement a priori pas honorée, nda)

YP : C’est avec plaisir qu’on vous accueillera. Vous pouvez vous mettre en place et on se quitte donc avec M ylène Farmer, « M aman a Tort ».

Pour conclure l’émission, Mylène chante « Maman a Tort » en en effectuant la chorégraphie.

 

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Sacrée soirée avec Mylène

Posté par francesca7 le 27 mars 2013

 

Le 18 mai 1988 sur TF1 dans l’émission SACREE SOIREE, animée par Jean-Pierre FOUCAULT

L’invitée d’honneur de la célèbre émission de Jean-Pierre Foucault, Mylène offre ici une prestation qui deviendra culte. Elle se verra en effet offrir par l’animateur, différentes surprises qui lui feront verser quelques larmes, au nombre desquelles on compte des images rares de l’enfance de Mylène au Québec.

Sacrée soirée avec Mylène dans Mylène en INTERVIEW rmymi-adio-02-c-261x300Dans sa grande robe de velours vert et les cheveux lâchés, Mylène interprète « ainsi soit Je… » La chanson terminée, elle garde la pose, t^te rejetée en arrière et bras en l’air puis salue le public. Sous les applaudissements de celui-ci, elle rejoint Jean-Pierre Foucault sur le canapé.

Jean-Pierre Foucault : Venez, chère Mylène. Bonsoir, Mylène Farmer. Vous allez pouvoir vous asseoir ? Vous avez une robe superbe ! C’est vous qui choisissez vos tenues, Mylène, non ?
Mylène Farmer : Absolument, oui. Je travaille avec une styliste qui s’appelle Marie-Pierre Tattarachi, avec qui j’ai beaucoup de plaisir de travailler avec elle (sic).

JPF : Et pour chaque chanson, chaque clip, vous prévoyez une tenue différente ? Est-ce que ça fait partie du complet, comme on dit ? On fait la chanson, on l’interprète, et plus on va jusqu’au bout des choses…
MF : … et on la déguise, on l’habille,oui.

JPF : Alors, là pour cette chanson, vous allez être – c’est vous qui avez dit le verbe, hein – déguisée comme ça à chaque fois qu’on vous verra à la télévision ?
MF : (rires) Je ne sais pas i c’est déguisé, mais en tout cas avoir plaisir que de s’habiller.

JPF : C’est vous qui l’avez dit, hein ! Très bien, Mylène, vous parlez très peu, je sais, et tout le monde m’a dit : « Tu verras » : c’est encore pire que Françoise Hardy ! » (…) Non, je plaisante ! C’est vrai que vous parlez peu. Vous cultivez ce look (…) de femme réservée, timide, secrète..
MF : C’est quelque chose qui est incultivable ! Je suis réservée, secrète. C’est vrai que j’ai du mal.. (elle cherche ses mots).

JPF : Mais lorsqu’on est réservée et secrète, choisir le métier de la chanson c’est pas simple du tout, dites-moi !
MF : Non, mais c’est un paradoxe. Et j’accepte le paradoxe !

JPF : Vous êtes la femme des paradoxes ! On va commencer par regarder, chère Mylène Farmer les numéros de votre vis (il s’agit d’un des jeux traditionnels de l’émission où les téléspectateurs devaient reconstituer une date présentée dans le désordre, en l’occurrence ici la date de naissance de Mylène) et vous n’allez pas faillir à la tradition : cous à vous de nous raconter quelque chose, un événement, une anecdote concernant votre vie ou votre carrière, Mylène.
MF : J’ai un événement qui est marquant, et qui sera probablement le plus marquant de ma vie ; c’est la perte de quelqu’un… Et paradoxalement, c’est une absence qui me donne et qui m’insuffle une force énorme pour continuer, et c’est probablement pour quoi je suis là ce soir. Donc voilà, c’est un hommage à cette personne.

JPF : Vous ne direz- pas qui ?
MF : Non, je préfère être secrète aussi là-dessus ! (sourire).

JPF : Bon, c’est un bel hommage, en tout cas, que vous lui rendez, à cette personne.
MF : Oui, parce que c’est vraiment la toute première fois.

JPF : Et je suis sûr que cette personne, comme on dit d’une façon un peu simpliste, de là-haut, vous regarde et vous aide.
MF : Toutes les télévisions que je fais, en tout cas, je pense à cette personne.

JPF : Voilà, je sais, moi, mais je ne dirai pas, pour respecter ce que vous venez de me dire, je sais de qui vous parler. J’aimerais quand même qu’on applaudisse cette personne, si vous voulez bien, pour lui rendre un vibrant hommage (Applaudissement du public) C’est difficile de faire les surprises. Vous savez ! Toute l’équipe de « Sacrée Soirée » qui cherche, qui fouille, qui viole un peu la vie des vedettes, se donne beaucoup de mal. Et le hasard fait que ce soir, par deux fois, nous allons revivre des situations sympathiques, chaleureuses, voire même familiale : vous avez peut-être vu la séquence qui précédait avec Sim, où il a revu des personnes qui lui étaient très chères…
MF : Je n’ai pas vu la séquence, j’étais dans ma loge (rires)

JPF : Alors je regrette, mais là vous allez voir : on va essayer de mieux vous connaître, on va essayer de mieux connaître Mylène Farmer dès le plus jeune âge. Vous voulez bien ?
MF : Oui ! (rires)

JPF : Alors regardez, vous allez voir : on est allés chez vous, on a ouvert le fameux tiroir et voici ce qui s’y trouvait. Regardez !

Diffusion d’une séquence d’images d’archives personnelles de Mylène à l’âge d’environ 6 ans entourée de sa sœur et son frère, d’abord dans une petit piscine, ensuite avec un chien, puis dans des manges de fête foraine, sur le dos d’un chameau et pour finir à nouveau dans l’eau avec une bouée, le tout sur fond musical de « Plus Grandir ». Au retour plateau, Mylène est particulièrement émue.

JPF : Je fais pas ça pour faire de la peine, Mylène !
MF : On peut pas maîtriser ses larmes !

JPF : Ce sont des images qui vous font plaisir ?
MF : Oui, parce que c’est les premières années de mon enfance, au Canada. C’est toujours émouvant.

JPF : On m’a dit que vous étiez très émotive, on vient de le voir, mais y avait surtout et c’est peut-être un souvenir d’enfance, y avait un personnage qui vous faisait pleurer à coup sûr. Vous savez de qui je veux parler ?
MF : Je pense !

JPF : De qui ?
MF : de Bambi (rires)

JPF : De Bambi ! C’est curieux, parce que Bambi fait pleurer Mylène Farmer. Et comme moi je suis vraiment maso, j’ai demandé à nos amis de Walt Disney de nous montrer quelques images de la belle aventure de Bambi. Regardez !
MF : C’est magnifique ! (sourire)

JPF : C’est pour vous !
MF : Merci beaucoup !

JPF : je voulais vous offrir un des héros que ovus avez vu dans ce dessin ainmé, qui est là, spécialement offert pour vous par Walt Disney… (Jean-Pierre Foucault offre à Mylène une peluche du lapin Pan Pan)
MF : C’est Pan Pan !

JPF : et puis il est venu spécialement des Etats-Unis car la peluche n’existe pas en France, voici pour vous Bambi ! (il sort de derrière le canapé une peluche de Bambi en même temps que Mylène laisse échapper un cri de surprise. On la voit alors à l’image et son visage marque un réel ravissement). Vous n’allez pas pleurer ? (Mylène prend les peluches et les serre contre elle. A partir de ce moment, elle les gardera précieusement contre elle jusqu’à la fin de la séquence) Alors, ça c’est l’émotion, là j’ai d’autres cadeaux professionnels, mais on va peut-être un peu les oublier ce soir, mais enfin c’est quand même très important dans la vie d’un artiste…
MF : (elle l’interrompt en désignant ses peluches) c’est vraiment un cadeau magnifique, vraiment, je tiens à vous le dire !

JPF : Attendez, c’est pas tout ! Vous êtes contente d’avoir Bambi (Mylène hoche la tête) (…) alors voici deux disques d’or que je vous offre également, mais ç a, ça n’a rien à voir avec Walt Disney ! On vous applaudit pour ces disques d’or qui sont la consécration de votre succès, chère Mylène Farmer. (alors que le public applaudit, on voir à l’image, aux côtés de Jean-Pierre Foucault, un disque d’or pour l’album « Cendres de lune » et un autre pour l’album « ainsi soit-Je… » ) Et puis la surprise n’aurait pas été complète, vous vous demandez ce qui va se passer – hein ! sans la complicité de nos amis de Walt Disney France et de Pierre Sisman, qui est son directeur général.

Jean-Pierre Foucault accueille alors sur le plateau Pierre Sisman, accompagné de quelques enfants tenant un grand panier rempli de peluches Disney, suivis des personnages de Mickey et Minnie.

Pierre Sisman : (…) Je suis très touché de savoir que Mylène est très sensible à Bambi.
MF : Pour moi c’est le plus beau dessin animé qu’il m’ait été donné de voir. Je vais encore aller le revoir, parce que…

PS : Mais en tout cas, je veux pas que Bambi vous fasse pleurer, parce que Bambi ne fait pas pleurer les petits enfants : Bambi les émeut.
MF : Il y a un passage un petit peu violent, il y a une mort.

PS : oui, mais ç se termine bine.
MF : Oui oui, mais il y a toutes les choses fondamentales de la vie. C’est magnifique, vraiment, et d’une grande simplicité en plus.

Mickey, Minnie et les enfants passent parmi les rangées du public pour distribuer des peluches aux spectateurs présents, pendant que Pierre Sisman explique cette initiative.

JPF : Et puis, notre ami Pierre Sisman va vous faire un superbe cadeau. Voilà de quoi il s’agit, regardez (Il présente alors un cadre contenant un celluloïd original du film « Bambi ») De quoi s’agit-il Pierre exactement ?

PS : Il s’agit d’un document original qui a servi au film, qui est une des scènes de « Bambi ». vous voyez, c’est peint sur celluloïd. C’est un document qui vient des Etats-Unis qui est arrivé par avion hier matin (…) Voilà j’espère que ça vous fait plaisir.
MF : (visiblement comblée). Est-ce que je peux me permettre de vous faire la bise ? (Ils s’embrassent) Merci infiniment.

Jean-Pierre Foucault évoque ensuite avec Pierre Sisman le futur chantier de ce qui sera Disneyland Paris.

foucault dans Mylène en INTERVIEWJPF : J’espère que vous êtes ravie, chère Mylène Farmer.
MF : Je suis comblée, réellement !
PS : Et merci à Mylène pour une merveilleuse chanson, parce que c’est une chanson pleine d’émotion. C’est évidemment un tube, mais c’est surtout très, très beau !

Jean-Pierre Foucault annonce ensuite Nina SIMONE !

A la fin de l’émission, lors du traditionnel jeu de la date de naissance ? on retrouve Mylène aux côtés de Jean-Pierre Foucault et Sim.

JPF : Mylène Farmer va vite venir nous rejoindre parce qu’elle a un petit merci à dire, elle a oublié de le faire et c’est quand même important, m’a-t-elle dit (Mylène arrive, ses peluches toujours dans les mains) (…) Vous vouliez remercier quelqu’un ?
MF : Je voudrais remercier ce soir Bertrand Lepage, avec qui vous avez travaillé pour cette émission et toutes ces surprises, et qui est mon compagnon de route, voilà.

A la demande de Jean-Pierre Foucault, Mylène presse ensuite la touche qui lance l’ordinateur qui sélectionne une date de naissance pour le jeu traditionnel de l’émission. On retrouve pour finir Mylène parmi les autres participants de l’émission lors du générique de fin.

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Mylène Farmer apprécie Emily Dickinson

Posté par francesca7 le 16 décembre 2012

 

Emily Elizabeth Dickinson, née le 10 décembre 1830 et morte le 15 mai 1886, est une poétesse américaine. Née à Amherst dans leMassachusetts, dans une famille aisée ayant des liens communautaires forts, elle a vécu une vie introvertie et recluse. Après avoir étudié dans sa jeunesse, durant sept ans à l’académie d’Amherst, elle vit un moment au séminaire féminin du mont Holyoke avant de retourner dans la maison familiale à Amherst. Considérée comme une excentrique par le voisinage, on la connaît pour son penchant pour les vêtements blancs et pour sa répugnance à recevoir des visiteurs voire, plus tard, à sortir de sa chambre. La plupart de ses amitiés seront donc entretenues par correspondance.

Description de cette image, également commentée ci-après

Bien qu’ayant été un auteur prolifique, moins d’une douzaine de ses presque mille huit cents poèmes ont été publiés de son vivant. Ceux qui furent publiés étaient généralement modifiés par les éditeurs afin de se conformer aux règles poétiques de l’époque. Les poèmes de Dickinson sont uniques pour leur époque : ils sont constitués de vers très courts, n’ont pas de titres et utilisent fréquemment des rimes imparfaites et des majuscules et une ponctuation non conventionnelle1. Un grand nombre de ses poèmes traitent de la mort et de l’immortalité, des sujets récurrents dans sa correspondance avec ses amis.

Même si la plupart de ses connaissances devaient savoir qu’Emily Dickinson écrivait, l’étendue de son œuvre ne fut connue qu’après sa mort, en 1886, quand Lavinia, sa plus jeune sœur, découvre sa cachette de poèmes. Son premier recueil est publié en 1890 par des relations personnelles, Thomas Wentworth Higginson et Mabel Loomis Todd, qui en altéreront fortement le contenu. Ce n’est qu’avec l’édition de Thomas H. Johnson en 1955, Les poèmes d’Emily Dickinson (The Poems of Emily Dickinson), que paraît pour la première fois un recueil complet et pratiquement intact de son travail. Malgré des critiques défavorables et un grand scepticisme vis-à-vis de ses performances littéraires de la fin du xixe siècle au début du xxe siècle, les critiques considèrent à présent Emily Dickinson comme un poète américain majeur.

 

Emily Dickinson naît dans la période précédant la guerre de Sécession, à un moment où de forts courants idéologiques et politiques s’affrontaient dans la haute et moyenne bourgeoisie américaine.

Même les familles les plus aisées n’ont alors ni eau chaude ni salle de bains. Les tâches ménagères représentent une charge énorme pour les femmes (même dans la famille Dickinson qui, en raison de sa position économique confortable, dispose d’une servante irlandaise). De ce fait la préoccupation d’Emily d’obtenir une bonne éducation constitue une exception dans la société rurale de la Nouvelle-Angleterre de son époque.

La chorale de l’église est pratiquement la seule expression artistique acceptée par la sévère religion puritaine partout présente. L’orthodoxie protestante de 1830 considère les romans comme une « littérature dissipée » et interdit les jeux de cartes et la danse. Il n’existe pas plus de concerts de musique classique que de représentations théâtrales. Pâques et Noël ne sont pas célébrés jusqu’en 1864, année où la première Église épiscopale, qui y introduit ses coutumes, est établie à Amherst. Les réunions de femmes seules, autres que le thé quotidien entre voisines, ne sont pas tolérées non plus.

Mylène Farmer apprécie Emily Dickinson dans Mylène et les AUTEURS fannicolas3-246x300Une fois l’Amherst College fondé par le grand-père et le père d’Emily, l’union entre celui-ci et l’église commence à former des missionnaires qui partent d’Amherst pour propager les idéaux protestants dans les recoins les plus reculés du monde. Le retour occasionnel de certains de ces religieux aboutit à l’introduction de concepts, d’idées et de visions nouvelles dans la société conservatrice du village qui commence alors à établir un contact avec le monde extérieur et tend à abandonner les coutumes et croyances d’antan plus rapidement que dans les autres endroits de la région.

Après la mort d’Emily, Lavinia tient sa promesse et brule une grande partie de sa correspondance. Cependant, elle n’avait laissé aucune instruction au sujet des quarante livrets et feuilles volantes rassemblés dans un coffre fermé à clé. Lavinia reconnait la valeur des poèmes et devient obsédée par leur publication. Elle demande alors de l’aide à la femme de son frère, Susan, puis à sa maîtresse, Mabel Loomis Todd. Une querelle s’ensuit, divisant les manuscrits entre les maison de Mabel et de Sue, et empêchant la publication des œuvres complètes d’Emily pendant plus d’un demi siècle.

Le premier volume des Poèmes d’Emily Dickinson, édité conjointement par Mabel Loomis Todd et T. W. Higginson, parait en novembre 1890. Même si Mabel Todd prétend que seuls des changements essentiels ont été faits, les poèmes ont été largement modifiés pour convenir aux standards de ponctuation et de majuscule de la fin du xixe siècle, se permettant des réécritures occasionnelles pour diminuer les circonvolutions d’Emily. Le premier volume, rassemblant 115 poèmes, est un succès critique et financier, et sera réédité onze fois pendant deux ans. Poems: Second Series suit en 1891, déjà réédité cinq fois en 1893; une troisième série parait en 1896. En 1892, un critique écrit : « Le monde ne sera pas satisfait tant que la moindre bribe de ses écrits, lettre ou œuvre littéraire n’aura pas été publié ». Deux ans plus tard, deux volumes paraissent rassemblant des lettres d’Emily Dickinson fortement modifiées. En parallèle, Susan Dickinson place quelques poèmes d’Emily dans des magazines littéraires commeScribner’s Magazine ou The Independent.

Entre 1914 et 1929, la nièce d’Emily, Martha Dickinson Bianchi, publie une nouvelle série de recueils, incluant de nombreux poèmes inédits, mais toujours avec une ponctuation et des majuscules normalisées. D’autres volumes suivront dans les années trente, édités par Mabel Todd et Martha Dickinson, rendant progressivement disponibles des poèmes inconnus jusque là.

La première publication critique a lieu en 1955 sous la forme de trois nouveaux volumes publiés par Thomas H. Johnson. Ils seront la base de toute étude ultérieure de l’œuvre d’Emily Dickinson. Pour la première fois, les poèmes sont imprimés quasiment sous leur forme originale. Ils n’ont pas de titre, sont classés dans un ordre chronologique approximatif, parsemés de tirets et de majuscules irrégulières, et souvent extrêmement elliptiques. Trois ans plus tard, Thomas Johnson et Theodora Ward éditent et publient un recueil complet des lettres d’Emily.

Œuvre 

Éditions anglaises

  • (en) Thomas H. Johnson (ed), The Complete Poems of Emily Dickinson, Boston: Little, Brown & Co., 1960 (ISBN 0316184136)
  • The Poems of Emily Dickinson, présenté par R. W. Franklin, Cambridge: Belknap Press. (ISBN 0674676246), 1999

Éditions françaises

  • Vingt poèmes, Minard, 1963
  • Quarante-sept poèmes, traduction de Philippe Denis, Genève, La Dogana, 1987
  • Poèmes, Belin, 1989
  • Vivre avant l’éveil, Arfuyen, 1989
  • Une âme en incandescence, traduction et présentation de Claire Malroux, collection « Domaine romantique», José Corti, 1998
  • excuses dans Mylène et les AUTEURSAutoportrait au roitelet, Hatier, 1990
  • Lettre au monde, Limon, 1991
  • Escarmouches, La Différence, 1992
  • Lettres au maître, à l’ami, au précepteur, à l’amant, traduction et présentation de Claire Malroux, collection « Domaine romantique », José Corti, 1999
  • Avec amour, Emily, traduction et présentation de Claire Malroux, collection « Domaine romantique », José Corti, 2001
  • Y aura-t-il pour de vrai un matin, traduction et présentation de Claire Malroux, collection « Domaine romantique », José Corti, 2008
  • Quatrains et autres poèmes brefs, traduction et présentation de Claire Malroux, édition bilingue, Gallimard, coll. poésie, 2000
  • Car l’adieu, c’est la nuit, édition bilingue français-anglais, traduction et présentation de Claire Malroux, collection NRFGallimard, 2007
  • Lieu-dit, l’éternité : Poèmes choisis, édition bilingue français-anglais, traduction et présentation de Patrick Remaux, collection Points, Seuil, 2007
  • Poésies complètes, édition bilingue, traduction de Françoise Delphy, Flammarion, 2009

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Mylène Farmer et Ph.Combes

Posté par francesca7 le 11 décembre 2012

Philippe Combes,directeur de la compagnie de danse Cave Canem

 

Mylène Farmer et Ph.Combes dans Mylène et L'ENTOURAGE combes-109x300Philippe Combes Après avoir dansé aux côtés de Régine Chopinot et Angelin Preljocaj, Philippe Combes poursuit un travail personnel en plaçant la question de la responsabilité de l’interprète au centre de sa démarche. La création de la Compagnie Cave Canem en 2001 et ses rencontres avec Susan Buirge lui permettent d’approfondir sa recherche axée sur le geste, sur le lien entre danse écrite et dans d’état.

Il compose en 1999 « La balade des acolytes », un trio pour une femme et deux hommes. Cette première pièce est la mise en scène, par un huis clos, d’un questionnement sur l’indépendance et l’interdépendance des individus. À l’issue de ce premier travail, il développe avec Cave Canem, groupe constitué en 2000, une recherche dont les dramaturgies puisent régulièrement leurs sources dans des problématiques d’existence commune.

Cette dynamique confère à la démarche artistique une appréhension particulière puisque chaque thématique de référence peut nourrir plusieurs propositions composant ainsi un cycle. C’est ainsi le cas du mythe grec du Minotaure visité par quatre fois lors des pièces « Minotaure » en 2000, « Asterios » et « Minotaur-Ex » (court-métrage en collaboration avec le réalisateur Bruno Aveillan), et « Sur les traces… » en 2002. Cette exploration volontairement étirée dans le temps lui permet de considérer à chaque fois différemment un propos qui prend corps dans des espaces et sur des supports distincts selon les pièces.

En 2003 il participe aux ateliers proposés par Susan Buirge à la Fondation Royaumont. Cette première rencontre est importante dans le parcours de Philippe Combes car Susan Buirge pose la question de l’interprétation du mouvement, succession de gestes, approche à laquelle il est particulièrement sensible. Entre danse bâtie et danse habitée, quelles sont les notions nécessaires à l’abstraction tout en permettant à l’individu d’exister pleinement dans sa singularité.

De 2003 à 2005, deuxième cycle, c’est la mise en scène de la responsabilité individuelle dans un ensemble qui alimente la recherche artistique. « L-dopa », duo 2003, « Magma », quintette 2004, et « X », performance 2005 pour des espaces particuliers, portent cette réflexion. À partir de 2006, année du deuxième atelier auprès de Susan Buirge, « Dromos » démarre un nouveau cycle axé sur la considération du corps comme substance première de la danse. Ce solo, forme picturale verticale tourné vers le multimédia, inclut une composition originale de Cécile Babiole, vidéaste. La deuxième partie, en rupture, composée sur un plan horizontal, sera présentée début 2007 à Toulouse.

canem2 dans Mylène et L'ENTOURAGELa compagnie Cave Canem, implantée à Toulouse depuis août 2000, porte les travaux de Philippe Combes. Elle est subventionnée par le Ministère de la Culture/Direction Régionale des Affaires Culturelles Midi-Pyrénées (Aide à la compagnie), le Conseil Régional Midi-Pyrénées, le Conseil Général de Haute-Garonne. Ses projets culturels sont soutenus par la ville de Toulouse (2006 à 2008). La compagnie est en résidence à Colomiers (31) depuis 2005. Ses travaux sont soutenus par la Fondation BNP Paribas par le biais d’une convention de partenariat (2002/2006). Le Centre de Développement Chorégraphique de Toulouse Midi-Pyrénées accompagne la compagnie sur deux saisons (2005 à 2007).

The Farmer Project : Divers (00h15min) De Bruno Aveillan Avec Mylène Farmer, Martin Hub

Dans un pays imaginaire, au milieu de la nuit, deux policiers véreux sont surpris par l’apparition soudaine d’une créature luminescente. Alors que celle-ci prend une apparence humaine, les deux comparses paniquent et neutralisent violemment l’humanoïde…

464774399_small-300x251En tant qu’artiste plasticien, Aveillan développe un parcours singulier, dense et syncrétique, sous la forme de films expérimentaux et de photographies, au centre desquels les thèmes récurrents de l’effacement, de la mémoire et du corps humain jouent des rôles majeurs. Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions et a été primé lors de nombreux festivals. Il a notamment régulièrement collaboré avec le chorégraphe Philippe Combes (Compagnie Cave Canem) en réalisant plusieurs films expérimentaux autour de la danse, du geste et du corps. On peut citer « Minotaur-Ex » avec une musique originale de Laurent Garnier et le projet « Morpholab » avec le compositeur Raphael Ibanez de Garrayo Raphaël.

Raphaël est né en France en 1966 de père espagnol et de mère française. il commence l’étude de la guitare classique et flamenco à 10 ans, et suite à un rapide passage à la Schola Cantorum de Paris, se lance directement dans la compositon électronique et clasSique à l’adolescence, accompagné par de petites formations. Occupé ensuite par des études à l’ESSEC et par un début de carrière dans le marketing, Raphaël Ibanez de Garayo ne reprendra une activité musicale soutenue qu’à 26 ans, âge auquel il décide ne plus avoir d’autre occupation que la composition.

A partir de 1995, il rencontre différents créateurs et producteurs de musique intéressés par ses compositons classiques et électroniqes, dans ce qu’elles ont de très compatibles avec l’image et le mouvement. Ces rencontres, dont le réalisateur Bruno Aveillan et le chorégraphe Philippe Combes, l’amèneront à beaucoup travailler pour la publicité, la danse contemporaine et la télévision, aussi bien en France qu’à l’étranger.

Julien Webmaster a écrit sur un forum:

IAO paline a écrit : apparement ca serait donc : Raphaël Ibanez de Garayo le site :
http://www.raphaelibanez.com/

c’est également à lui que l’on doit les petits jingles de pubs de France 3, et pleins d’autres musique de pub (rasoir électrique Robotskin de Philips entre autres )… bref, un compositeur plein de talent…

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Mylène Farmer et le mariage….

Posté par francesca7 le 16 novembre 2012

Mylène Farmer prend position sur le mariage gay

Icône gay par excellence, Mylène Farmer est interpelée par un de ses fans au sujet du mariage pour tous. Mais l’artiste n’a-t-elle pas déjà pris position ?

 

Depuis ses débuts dans les années 1980, Mylène Farmer a toujours été particulièrement soutenue par la communauté homosexuelle. Plus que DalidaCher, ou même Madonna, l’interprète de Sans contrefaçon est l’icône gay par excellence en France. Il suffit de compter les nombreux drapeaux « rainbow » qui flottent au dessus du public lors de ses concerts pour s’en convaincre. La chanteuse elle-même ne s’est jamais cachée de son statut d’égérie. En 2008, elle était ainsi en couverture du magazine Têtu qui titrait pour l’occasion : « Mylène Farmer : Les gays et moi »« J’ai le sentiment d’être privilégiée. C’est un public pointu, sensible et avant-gardiste, déclare-t-elle alors. Je pense aussi que je partage avec le public gay le sentiment d’être différent… »

vidéo

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Mais, en 2010, celle dont le single Lonely Lisa a été élu « tube gay » de l’été 2011 surprend en apparaissant sur le perron de l’Elysée, à l’occasion d’un diner organisé en l’honneur du Président Dimitri Medvedev. Certains s’étaient alors émus que la star consacre l’une de ses rares apparitions publiques au président d’un pays où les gay prides sont systématiquement réprimées.

Aujourd’hui, c’est sur le sujet brûlant du mariage gay que l’auteure-interprète est interpelée. « Mylène Farmer, prenez position ! », l’exhorte un fan, relayé sur le site de l’Express« Votre silence légendaire devient assourdissant, devient ahurissant, écrit-il.Alors qu’une majorité de votre public est mis à l’index, nous ne vous entendons pas, nous qui avons fait votre succès… Ne nous décevez pas, ne faites pas comme Sylvie Vartan qui, elle aussi, nous doit tout et qui aujourd’hui dénonce le mariage gay. »

Rappelons cependant que la chanteuse s’est déjà exprimée sur le sujet. Au cours du même entretien publié par Têtu, elle répondait sans détour à une question concernant le mariage et l’adoption pour les couples du même sexe : « C’est un sujet de société que certains voudraient traiter sous l’angle moral. Pour moi, cela pose la question de l’égalité des droits. Au 21e siècle, il serait temps de traiter le sujet !« 

BARRE

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Mylène Farmer et Martial Leiter

Posté par francesca7 le 14 septembre 2012

 

Mylène Farmer et Martial Leiter dans Mylène et L'ENTOURAGE sriimg20080618_9234262_2Martial Leiter, né le 14 avril 1952 à Fleurier, est un dessinateur suisse.

D’abord dessinateur en machines à Yverdon-les-Bains, il participe à de nombreux fanzines de ses amis. Puis peu à peu ses dessins en noir et blanc, généralement sombres et sans texte, sont demandés par les principaux journaux suisses et parisiens.

Après avoir fini l’école obligatoire, Martial Leiter se lance dans un apprentissage de dessinateur en machines, métier qu’il exercera pendant six mois. A 17 ans, il loue une salle dans le Jura et y expose ses dessins. La même année, il se voit proposer une bande dessinée. Dans les deux cas, il remporte un grand succès. Marial Leiter donne aussi bien dans le décor de théâtre, dans la sculpture et dans le dessin que dans le dessin de presse.


En 2003, Martial Leiter collabore à la revue d’art « TROU » avec un travail sur les désastres des guerres; pour l’édition de tête (100 exemplaires numérotés et signés) il a créé une estampe. De juin 2004 à mars 2005, ses 300 épouvantails hantaient en pleine nature à Cernier. Mylène Farmer s’inspirera de cette œuvre pour son clip Fuck them all.

 Dans son clip Fuck them all, Mylène Farmer s’est inspirée de l’exposition d’épouvantails de l’artiste suisse Martial Leiter sensés représenter l’âme humaine dans ses pires états. Le sombre et brillant Martial Leiter est doublement mis en vedette à Neuchâtel, à travers une double exposition au Musée d’art et d’histoire et au Centre Dürrenmatt. Visite guidée à travers le regard d’un complice de longue date, l’ancien éditeur Rolf Kesselring

 Martial Leiter, fait remarquable, ne peut restituer sa sensibilité que par le noir. Il en a besoin. Est-ce à dire qu’il souffre d’une affection de la vue? Serait-ce son esprit qui ne peut redonner qu’à travers l’encre noire la face souvent obscure de notre vie? En définitive, Martial Leiter serait-il comme un alchimiste cherchant la voie au noir afin de parfaire et de finaliser sa quête? Difficile à dire avec certitude.

Pourtant, par moment, l’utilisation de fonds de soutien aux teintes falotes, insignifiantes, presque anodines, où les déclinaisons de ces nuances grises qui deviennent bleutées à force, pourraient faire penser que la tentation de la couleur est présente. Mais ces touche sont si subtiles, tellement ténues, que là encore rien n’est certain.

1996-Marianne-Rosenstiehl-006b-211x300 dans Mylène et L'ENTOURAGELa seule chose qui éclaire le spectateur, c’est la netteté de la critique. Dans chaque dessin, chaque illustration, Leiter nous met en face de nous comme un miroir, un réflecteur, sans indulgence, presque brutal. Ce que je peux dire de tout ce travail, c’est qu’à travers cette apparente dureté, Martial Leiter propose, au genre humain, une immense tendresse, un cri fraternel et à la limite du désespoir, le cri d’un homme qui veut attirer l’attention de ses semblables. Il fait penser à un enfant gesticulant pour nous signaler nos erreurs, nos excès, nos crimes.

Si, apparemment, son œuvre est noire, elle demeure pleine d’une espérance. De l’idée d’un monde meilleur ou en tout cas différent. Plus que bien des êtres savants qui tentent de nous montrer les chemins à suivre, il est celui qui nous permet, a contrario et si on sait lire et comprendre son travail, toutes les voies encore possibles dans ce monde de plus en plus dément et brutal.

Courez à Neuchâtel! C’est un conseil d’ami. Visitez les deux expositions qui lui sont consacrées. Pour votre plus grand plaisir, vous n’en reviendrez pas totalement indemnes.

 

Les Éditions du Héron feront paraître ses dessins récents, sous le titre Leiter, dans la collection « arts graphiques ».

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Rappel du Mylène Tour 2009

Posté par francesca7 le 13 août 2012

 

Rappel du Mylène Tour 2009 dans Mylène et mes BLABLAS contrefaçon-300x300Le Stade de France a été envisagé par le staff de Mylène dès janvier 2006 (lors des 13 concerts à Bercy). Tous comme les 13 concerts en question, Mylène pensait qu’elle ne le remplirait pas.

Alain Escalle a été appelé personnellement par Mylène le vendredi 19 septembre 2008 pour travailler sur la tournée 2009.

A la fin de l’année 2008, il se murmurait que Mylène n’appréciait pas plus que ça la chanson C’est dans l’air, et qu’elle envisageait même de ne pas chanter le titre lors de la Tournée 2009 qui approchait. Si tel a bien été le cas, elle a heureusement changé d’avis et a réalisé que la chanson était unanimement plébiscitée. Aujourd’hui, maintenant que les concerts sont passés, la chanson fait clairement partie des titres-phares de Mylène.

Des images ont été tournées par Alain Escalle mais n’ont pas été retenues par Mylène : des mises en scène de bougies et une scène sur une montagne de coussins.

Comme on peut le voir sur un croquis dans les bonus du film Stade de France, la colonne dorée qui entoure Mylène lors de son entrée en scène devait au départ être différente, évoquant plus une sorte de chrysalyde…
On sait également que le final du spectacle ’indoor’ devait être différent : il était prévu que Mylène porte une longue robe sur laquelle des images auraient été projetées. Mais l’idée a été abandonnée, le rendu étant jugé insuffisant.

Parmi les excellentes surprises dans la setlist de la Tournée 2009 figure A quoi je sers…. Mais une autre chanson a été un temps envisagée à la place : We’ll never die ! Les bonus du concert nous apprennent également que L’histoire d’une fée, c’est… a été envisagée pour être chantée dans les stades.

mylene-farmer-entete-300x225 dans Mylène et mes BLABLASC’est une belle journée aurait du faire partie du spectacle ’outdoor’ (dans les stades) de la Tournée 2009. La chanson bénéficiait d’un habillage vidéo (avec notamment des ballons rouges qui éclatent à la fin de la chanson), et a été répétée plusieurs fois à Genève, juste après Dégénération. Mais à quelques heures seulement de la première, Mylène et Laurent ont décidé de faire disparaitre la chanson, jugeant qu’elle s’intégrait mal au reste du spectacle.

Tout comme pour le ’Mylènium Tour’, Rêver n’était pas prévu initialement pour la Tournée 2009 et a été ajouté une fois toute l’équipe sur place à Nice pour la première date.

Contrairement à d’habitude, pour le merchandising de la Tournée 2009, Mylène a principalement travaillé avec Charmandising (filiale merchandising d’Universal) et non pas exclusivement avec Henry Neu. C’est donc Charmandising qui a proposé beaucoup d’idées de produits à Mylène qui les a validées ou non (parapluie, porte-clés, t-shirts…). Il en est de même pour le coffret collector du film live, qui a été fabriqué par Charmandising en étroite collaboration avec Mylène. Précisons également que Mylène participe financièrement à la production de tout ça, du coup elle a une marge plus importante que n’importe quel autre artiste là-dessus.

Le vibromasseur Sextonik vendu lors de la tournée a été fabriqué par la même entreprise sarthoise (Le Mans) que la statuette présente dans le coffret collector du film live du concert. Pour l’anecdote, les statuettes ont été importées de Chine. Arrivées à la douane, elles ont été bloquées car les douaniers ont cru à un trafic d’oeuvres d’art et ont attendu les « papiers » de la part du fabricant pour les laisser passer.

On sait le contrôle que Mylène exerce sur toutes les photos d’elle. A ses yeux, le moindre détail compte. Par exemple, certaines photos prises lors du montage de la scène et des répétitions au Stade de Genève n’ont pas été validées parce qu’on voyait des cartons sur la pelouse.

D’après un technicien son, les problèmes de coupures du son en stades sont intervenues à cause de trop grandes secousses de la scène. 

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Mylène Farmer Space Bercy

Posté par francesca7 le 27 mai 2012

 

Mylène Farmer Space Bercy dans Mylène et SYMBOLISME MFBercy96_22aL’image frappe dès l’entrée en salle : un énorme coffre, une porte ornée monumentale interdit l’accès à un temple (très boutonnesque) on ne peut plus mystérieux. Mur aveugle qui fait monter progressivement une excitation que rien ne peut contenir. C’est après un court-métrage d’Alain Lescalle (mélange confus de guirlandes japonisantes sur une esthétique de jeu vidéo des années 90) que le scaphandre cybernétique renfermant la chanteuse attirera les regards au centre du plafond de Bercy  Et c’est après une descente et un parcours qui le mène au pied du temple que le ton esthétique du show est donné : coiffure pour le moins inattendue composée de marguerites improbables, tenues multicolores de robes lamées et de corsais surchargés, soupiraux de pierre et escaliers vertigineux, le temple dans lequel nous entrons est celui du délire visuel.. et textuel. L’entrée en scène se fait au son scratché de chœurs scandant « shut up Farmer » (« Ta gueule Farmer ») ce qui promet pour les 2 h 30 de show qui suivent.

De quoi être bousculé. On ne peut qu’être déçu par l’enchainement mollasson des toutes premières chansons (XXL sans envie, California lassant, Dans les rue de Londres eu minimum syndical). Mais c’est avec la chorégraphie percutante (et sans danseuse) de Pornographique que le spectacle démarre vraiment. La suite assez rythmée fait étrangement l’impasse sur 2 albums (Cendres de lune, et Innamoramento), et reste à l’image de l’entrée en scène : un certain futurisme des années 80 sur des décors de « La Belle et la bête ». Chapeaux haut-de-forme sur Sans Contrefaçon, Je t’aime mélancolie en altitude sous des voiles rétractables, QI et sa chorégraphie hispanisante reprenant les gestes du clip, et à la surprise générale Les Mots en duo avec l’imposant et charmeur batteur Abraham Laboriel Jr.

Un chandelier aux allures de pieuvre pose la chanteuse sur une scène centrale en forme de croix de malte (symbole du secourisme) pour un tableau marquant le milieu du spectacle. La proximité de tout le public donne une force indéniable à un long tableau composé de chansons acoustiques, accompagnées par Yvan Cassar sur un piano noir collé à une plateforme réversible. Fin de la partie avec La réussite du spectacle : un Désenchantée ultra dansant en formation restreinte (Abraham sur une mini-batterie pas plus grande qu’un guéridon, une simple guitare, une unique percussion et Yvan fidèle au piano) et une Mylène tournoyante avec ses danseuses pour que chacun des spectateurs tout autour d’elle n’en perde pas une miette. C’est, avec Sans Contrefaçon, les deux moments forts du show… car peut-être les deux seuls vrais tubes.

 Avant que l’ombre, la bien nommée clôturera un spectacle foisonnant en entrouvrant un rideau d’eau sur une Mylène FARMER d’une neutralité retrouvée, qui disparaîtra symboliquement nue au sommet d’un escalier féérique orné de lustres suspendus à une autre planète. Rappel du rideau d’eau, le mot « passé » écrit en retombées pluvieuses s’écrasera au sol à plusieurs reprises. De loin le final le plus réussi, le plus émouvant aussi. Le final suicidaire du concert de 1989 n’est pas très loin dans cette grille du cimetière remplacée par le monumental coffre dont la résonnance de la clôture résonne encore à nos oreilles.

 Un spectacle incroyablement délirant et forcément jouissif, tant de retour de la vraie audace du duo FARMER-BOUTONNAT était attendu.

 

Signé J.S.M http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

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Mylène Farmer et son attachée de Presse

Posté par francesca7 le 4 mai 2012

Danyèle Fouché, attachée de presse de Farmer

 

Danyele Fouché est l’ex-Attachée de presse de Mylène FARMER durant la Période 1987-1988

 

Mylène Farmer et son attachée de Presse dans Mylène et L'ENTOURAGEDanyele Fouché a été l’attachée de presse de Mylène Farmer pendant plus d’un an et demi, de « Tristana » à « Ainsi soit je… ». Aujourd’hui retirée du métier, elle a accepté de revenir sur cette période de sa vie.

Comment êtes-vous devenue l’attachée de presse de Mylène ?
On s’était rencontrées sur un plateau de télévision. J’étais très amie avec Bertrand Le Page (ndlr : le manager de Mylène à l’époque). Et Mylène a exigé auprès de Polydor qu’ils m’engagent pour être son attachée de presse.

Vous étiez donc dans le service presse de Polydor, sa maison de disques ?
Non. J’étais payée par Polydor, mais je m’occupais exclusivement de Mylène Farmer. Et uniquement pour ce qui concernait les télés et les radios. La presse écrite, c’était surtout Bertrand qui s’en chargeait.

Sur quelle émission vous êtes-vous rencontrées ?
Je m’occupais de Guy Béart à l’époque. Une émission lui était consacrée ; elle était tournée chez lui. Mylène faisait partie des invités. Elle a chanté « Mon cher Frantz » en duo avec lui. (ndlr : c’était sur Antenne 2, devenue France 2 en 1987 ; Mylène avait aussi chanté « Au bout de la nuit »). Et sur le ton de la plaisanterie, Mylène m’avait dit « Mais quand vas-tu t’occuper de moi ? ». Je lui ai répondu « Quand tu veux » (rires).

De qui vous êtes-vous occupée à part Mylène ?
De beaucoup d’artistes. Bernard Lavilliers, Daniel Balavoine, Patrick Juvet, Michel Delpech, Claude Nougaro, Marie-Paule Belle, Dorothée, Léo Ferré, Sheila…

Mylène se mélangeait-elle aisément aux gens du show-business ?
Pas du tout. Ce n’était pas son truc. Elle n’allait pas dans les soirées people. Hormis quand on en était les organisateurs, comme pour le lancement du clip de « Tristana » au Privilège, en dessous du Palace. Je me souviens de cette soirée car en me levant de table, j’ai glissé sur le marbre avec mes chaussures neuves et je me suis cassé la jambe (rires). J’ai été dans le plâtre pendant un mois. Mylène a d’ailleurs été très présente et très gentille avec moi pendant cette période.

Donc Mylène n’était pas de toutes les soirées parisiennes ?
Ah non ! Elle détestait ça. Comme moi d’ailleurs. On allait par contre dans les restos à la mode car Bertrand adorait ça.

Que pensait le milieu de cette jeune chanteuse qui restait à l’écart ?
C’était assez mitigé. Certains ne l’aimaient pas bien sûr. Elle avait un peu une image d’emmerdeuse, mais sans excès car elle était très sympa. Mylène a fait carrière dans un milieu qu’elle a toujours fuit : pour moi, c’est la réussite suprême.

1987-08-d dans Mylène et L'ENTOURAGEA l’époque, elle faisait à peu près toutes les émissions possibles et imaginables, des grivoiseries de Collaro aux confessions intimes de « Sexy folies ». Était-elle facile à travailler pour une attachée de presse ?
Oui. Elle faisait tout avec plaisir. Mais il fallait que Bertrand et moi soyons en régie pour surveiller les lumières et le cadrage. Elle était très exigeante, très perfectionniste. A ce point-là, c’est admirable. C’est une énorme qualité.

C’est à vous que l’on doit le cultissime « Mon zénith à moi » ?
Oui. C’était une émission merveilleuse. Mylène avait très envie de la faire. Elle avait donc tout accepté et s’y était énormément investie. Tout était pesé, choisi et pensé. Cette émission avait fait scandale à l’époque. Mylène avait été pas mal critiquée pour ses choix – elle voulait parler de la sexualité des prêtres, voir des hommes exécutés, des têtes coupées. C’était assez gratiné (rires).

Cette émission a définitivement installé son personnage. Était-elle comme ça dans la vie ou jouait-elle un rôle ?
Elle en a rajouté un peu. Elle n’était pas aussi tordue que ça (rires). Ceci dit, elle était vraiment secrète ; une introvertie absolue. Je me souviens qu’elle ne parlait pas de sa famille, ni de son enfance ; c’étaient des sujets tabous. Je crois que c’était vraiment sa nature profonde d’être à part. Et il est vrai qu’elle vivait avec deux singes… et Laurent (rires).

Et son intérieur était-il conforme à l’image gothique qu’on a pu s’en faire ?
Je ne suis jamais entrée chez Mylène. Très peu de gens y allaient.

Pourquoi cela ?
Mylène était tellement bordélique qu’elle avait honte (rires).

« Mon zénith à moi », c’était aussi la rencontre avec Zouc…
Oui. On était allées la voir ensemble au Bataclan, et on avait été séduites par son univers. Je n’ai pas pu assister au tournage du clip de « Sans contrefaçon » car j’étais prise par ailleurs, mais Mylène m’a raconté que Zouc était arrivée en ambulance pour pouvoir être cochée pendant le voyage (rires). Elle avait demandé un cachet énorme pour tourner le clip (rires).

Pourquoi ne plus avoir travaillé avec Mylène après « Ainsi soit je… » ?
Parce que je l’ai quittée. Je me suis fâchée un jour… bêtement. Pourtant je m’entendais très bien avec elle ; je l’aimais tendrement. Et même si ça peut paraître étonnant, j’ai beaucoup ri avec Mylène. Et Bertrand ! Surtout quand on partait en équipée sauvage en province, pour des galas ou des tournages d’émissions. On a passé des soirées de rigolade intenses, légèrement arrosées de Champagne rosé (rires).

C’était un vrai déménagement j’imagine…
Oui. Je me souviens notamment d’un déplacement au Festival du film de Cognac pour « Tristana » dans une émission présentée par Patrick Poivre d’Arvor. On est partis, Bertrand, Mylène et moi, avec les deux danseuses, et une malle en osier immense pour les robes. Je me rappelle qu’on s’est un peu disputés avec la productrice de l’émission qui ne voulait pas de ces tenues. Au final, on est tombées d’accord pour les porter quand même, et pour se faire pardonner, elle nous a fait monter une bouteille de Cognac dans une des chambres du château dans lequel l’émission se tournait. On a entamé la bouteille avec Mylène en attendant le tournage. On a été rapidement très gaies (rires).

Vous parcouriez les routes de France en voiture ?
En train ou en avion. Pas en voiture car c’était Bertrand qui conduisait, et nous étions terrorisées par sa façon de conduire. D’autant que c’était le plus souvent après avoir consommé pas mal de Champagne (rires).

Vous semblez avoir eu beaucoup de tendresse pour lui ?
Oui. C’était mon ami. C’est quelqu’un que j’aimais profondément et que je défendrai jusqu’au bout.

Vous êtes restée en contact avec lui ?
Jusqu’à la fin. Je lui ai même laissé un message sur son répondeur deux jours avant sa mort.

Pourquoi s’est-il tué selon vous ?
Il a vécu des périodes très difficiles. Il a essayé de faire une nouvelle Mylène, mais il n’est jamais tombé sur l’équivalent. Il n’y a qu’une seule Mylène…

Il a travaillé pour Ysa Ferrer, puis les productions AB…
Oui. Il s’est aussi occupé d’un restaurant, La Cloche d’Or, à Pigalle. Il s’est rapidement retrouvé sans un centime, pourchassé par les huissiers. Il est passé d’un superbe appartement, dans les beaux quartiers parisiens, à un petit studio à Toulon où il faisait dans la voyance. C’est là qu’il s’est donné la mort, avec de l’alcool et des médicaments.

Certains ont attribué son suicide à sa séparation d’avec Mylène. C’était quand même dix-neuf ans après !
Oui, mais il ne s’en est jamais remis.

Vous croyez donc que c’est lié et que ce n’est pas un hasard s’il s’est donné la mort à quelques jours de la sortie de l’album « Innamoramento » ?
Je n’en sais rien. Je ne crois pas beaucoup aux coïncidences (silence). Leur séparation a été un drame absolu pour Bertrand (silence).

Vous estimez que Mylène n’aurait pas du s’en séparer ?
Je ne sais pas. Bertrand s’est donné corps et âme pour elle. Ceci dit, il est vrai qu’il n’était pas facile à gérer. Il se mettait souvent dans des états épouvantables ; il consommait beaucoup d’alcool et de cocaïne. Mylène a accepté ça pendant longtemps, jusqu’au jour où elle ne pouvait plus. Il faut savoir aussi que Bertrand se comportait assez mal, dans les restaurants par exemple ; il parlait très mal aux gens, il était très hautain, très exigeant. Il était insupportable. Mais je l’adorais !

Quelle est sa part de responsabilité dans le succès de Mylène, selon vous ?
Il était son manager, son éditeur. C’est lui qui a fait Mylène.

Il y avait Laurent Boutonnat aussi…
Oui bien sûr. Le trio Bertrand, Laurent, Mylène était d’ailleurs très compliqué. Il y en avait toujours deux contre le troisième.

Qui contre qui ?
Ca dépendait des fois. Mais toujours deux contre un. Et moi il fallait que je gère tout ça ; ce n’était pas facile.

Mylène vous semblait-elle être une marionnette entre les mains de Bertrand et Laurent ?
Ah non ! Ce n’est pas du tout l’idée que je me fais d’une marionnette. Elle savait écouter les conseils des uns et des autres, mais elle a toujours eu beaucoup d’idées et beaucoup de goût. Elle n’a jamais été aux ordres de personne.

Pourquoi vous êtes-vous fâchée avec elle ?
C’était sur le plateau de « Jacky Show » sur TF1. Mylène est arrivée et elle a refusé de dire bonjour à Jacky. Ca m’a beaucoup énervée.

Ils étaient pourtant amis à l’époque, non ?
Visiblement pas ce jour-là. J’ai dit à Mylène « J’en ai assez de tes caprices ». Et je suis partie en plein milieu de l’émission. Elle m’a demandé : « Tu reviens ? ». J’ai dit « Non ! ». Et je suis allée chez le coiffeur me faire une couleur, puis chez Flo m’acheter du caviar (rires).

Vous estimez que Mylène était capricieuse ?
Oui. Disons qu’elle était assez exclusive. Par exemple, elle voulait que Bertrand ne s’occupe que d’elle. J’ai en mémoire aussi une émission des Carpentier en Tunisie. Des journalistes nous suivaient pendant le voyage parce qu’ils voulaient faire un sujet sur Mylène. Lors de l’escale à Tunis, elle a refusé qu’ils se mettent à notre table parce qu’elle voulait qu’on soit toutes les deux pour le dîner. Le reportage commençait bien (rires) ! Je me souviens aussi qu’elle m’avait fait une scène parce que, lors d’une émission, la chanteuse Patti Layne, dont je m’occupais aussi, reprenait « Déshabillez-moi ». Mylène, qui devait chanter ce titre, a dû changer de chanson et m’en a voulu, alors que je n’y étais pour rien.

Donc vous ne l’avez pas quittée pour une simple histoire de « bonjour » ?
Non. Disons que c’était la goutte d’eau… Le fait est que, à l’époque en tout cas, Mylène n’accordait pas facilement sa confiance, et ne déléguait pas à n’importe qui. J’imagine que c’est toujours pareil aujourd’hui. Elle cherchait donc toujours à me prendre en faute, et moi je ne peux pas supporter ce genre de choses.

Quel regard avez-vous sur cette séparation aujourd’hui ?
C’était une pulsion toute bête. Et un entêtement idiot : j’ai refusé de revenir quant elle me l’a demandé. C’est un de mes plus grands regrets.

Parce que vous avez vu le chemin qu’elle a fait depuis, ou parce que vous teniez à elle ?
Les deux. Je l’aime encore aujourd’hui. Et je l’aimerais toujours. Elle avait des attentions. Je me souviens qu’elle m’avait rapporté une montre d’un voyage en Orient par exemple.

Aimeriez-vous vous occuper de Mylène aujourd’hui ?
Je n’aurais pas beaucoup de travail (rires) ! Elle ne fait aucune émission.

Qu’en pensez-vous ?
Je crois qu’elle déteste ça.

2flmobdzCertes, mais elle pourrait faire un petit effort ne serait-ce que pour saluer le public, non ?
(Silence). Très sincèrement, je pense qu’elle s’en fout. Je crois qu’elle ne se sent redevable de rien envers son public.

Quelle relation aviez-vous avec ses premiers fans à l’époque ?
Elle suscitait des réactions pas très saines dans le public. Je me souviens d’une histoire terrible. Un week-end, j’ai reçu un coup de fil d’un policier. La fille de son cousin, une fan de Mylène, avait fait une fugue pour aller se suicider sur le paillasson de son idole. Au final, la jeune fille est venue chez Mylène, et sa famille l’a récupérée. Mais quel week-end pour Mylène et moi (rires) !

Et lorsque vous faisiez toutes ces télés à l’époque, comment réagissait-elle aux demandes d’autographe ?
Ca l’embêtait. Elle s’y pliait quand Bertrand et moi la poussions à être un peu plus sociable (rires).

Comprenez-vous qu’elle n’ait pas de fan-club officiel ?
De mon temps, elle en refusait déjà totalement l’idée. Parce que crois que cela impliquait un certain nombre de contraintes dont elle ne voulait pas. Et puis je pense que les fans, ça la mettait mal à l’aise. Ce n’était pas quelque chose qu’elle vivait très bien.

Vous suivez sa carrière ?
Oui bien sûr. Je trouve qu’elle ne s’est pas beaucoup trompée. Mais je ne l’ai jamais vue en concert.

Pourquoi ?
Je ne sais pas (silence). Ca me ferait bizarre. Mais j’ai vu des DVD, et c’est extraordinaire ce qu’elle fait. C’est d’autant plus incroyable qu’elle est partie avec de tout petits moyens : elle ne maîtrisait pas tellement le chant. Mais elle a fait son chemin, sans aucune compromission.

Au moment où vous vous occupiez d’elle, sentiez-vous qu’elle allait devenir ce qu’elle est aujourd’hui ?
Non. Je pensais qu’elle allait faire une carrière formidable. Mais à ce point-là, c’était difficilement imaginable. Quelle autre chanteuse des années 80 a fait un tel parcours ?!

L’avez-vous revue depuis que vous avez arrêté de travailler ensemble ?
Oui, une fois. On a essayé de remettre ça, mais la magie était passée.

C’était quand ?
Je ne sais plus. Je n’ai pas la mémoire des dates.

Issu du magazine IAO (spécial Mylène) de 2005

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Mylène… titre le Figaro

Posté par francesca7 le 26 février 2012

Mylène Farmer, un album massif et discret : je cite..


« Quelques jours avant sa sortie « physique », ‘Point du suture’, son septième disque, est disponible depuis hier en téléchargement. Sans surprise, dix chansons pour préparer la tournée 2009.

Mylène... titre le Figaro dans Mylène et des CRITIQUES MF80_142aPeut-on faire aussi massif et aussi discret, aussi commercial et aussi secret ? Depuis hier, ‘Point de Suture’, le nouvel album de Mylène Farmer, est disponible au téléchargement légal, avant l’arrivée du disque « physique » dans les magasins lundi prochain. Et cette sortie ne ressemble guère à ce que l’on attend de la sortie de l’album donnant le signal de la rentrée : la chanteuse est plus absente que jamais du paysage médiatique, n’ayant pour parlé qu’au magazine ‘Têtu’, et le secret sur son album ayant jalousement été conservé jusqu’à hier. Et encore n’a-t-on que le disque, puisque la chanteuse et son entourage n’ont diffusé aucune photo et aucun des outils habituels de promotion, la maison de disques ayant été tenue hors du cercle du secret jusqu’au dernier moment et le management de la chanteuse étant même encore en vacances…

Il est vrai que, si ce silence est d’une perfection inédite, Mylène Farmer a toujours été particulièrement chiche de ses interviews. Et qu’elle peut être rassurée sur sa popularité : en mars dernier, tous les billets de son concert au Stade de France du samedi 12 septembre 2009 ont été vendus en deux heures. Quelques jours plus tard, les billets du 11 septembre 2009 ont été écoulés en à peine plus longtemps. Un double recors que en dit long sur la fidélité de ses fans et sur sa capacité à les mobiliser en confiance.

Ni révolution ni révélation
Car on ne savait rien, alors, de sa tournée du printemps 2009 ni de son septième album. Le très commercial single ‘Dégénération’ avait donné depuis quelques jours la tonalité du disque : rythmique puissante, voix très en avant, texte imperturbablement farmerien (« Coma t’ex sexe, t’es Styx, extatique / Coma t’es sexe, t’es Styx, test, test statique ») L’écoute des neuf autres titres du disque le confirme : il semble bien que Mylène Farmer n’envisage plus de révolution ni même de révélation. Ecriture autarcique avec Laurent Boutonnat qui compose et produit une matière électro-pop qui pourra fournir la matière d’un grand spectacle, l’année prochaine. Au passage, Moby lui rend la politesse avec le duo ‘Looking for my name’, après qu’elle eut chanté ‘Slipping Away (Crier la vie)’ pour un best of paru fin 2006.

Quant au fond de l’album et à l’écriture, on pourra ricaner, si l’on veut, de la naïveté de certains textes (« Vanité c’est laid / Trahison c’est laid / Lâcheté c’est laid / Délation c’est laid » dans ‘C’est dans l’air’) comme de son goût pour l’abstraction (« D’ivoire ou de jade / Au verre aimable / Un simulacre / Stimule de nacre / Dis-moi comme / J’extase » dans ‘Sextonik’), mais l’essentiel est là : la sexualité et le malaise, les mantras et les calembours codés. L’impression qui se dégage de ‘Point de suture’ est que Mylène Farmer a été d’une conformité méthodique à son cahier des charges. L’enjeu semble être surtout de préparer une tournée, de fournir des tableaux visuels aux vastes scènes à venir. De ce point de vue-là, c’est bien parti.

Il n’y a qu’une seule chose en retard : le merchandising. Hier soir, sur le site de la Fnac, on vendait encore toute la gamme Bercy 2006 – sweat-shirt homme à 50€, programme à 30€, briquet à 3€. »

Propos de Bertrand DICALE / Le Figaro (21.08.08)

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Mylène a gagné les NRJ Music Awards 2012

Posté par francesca7 le 29 janvier 2012

Des Diamants NRJ Music Awards 2012 à Mylène

J’étais devant mon poste TV hier soir au passage de Mylène vers 21 h 45 …. Et vous ?

Elle se fait si particulièrement rare à la télévision. Mais quand on peut l’y voir, c’est toujours une réussite…

 Cette année encore, Mylène Farmer a choisi les NRJ Music Awards pour faire son retour sur le petit écran. Une apparition remarquée faut dire…Mylène a gagné les NRJ Music Awards 2012 dans Mylène 2011 - 2012 PHOTOS-Mylene-Farmer-defile-en-mariee-pour-Jean-Paul-Gaultier_news_289x198

Vous avez remarqué vous aussi hier soir sur TF1 la Chorégraphie endiablée, le slim rouge, jupette à carreaux et petite veste noire… sublime, j’ai adoré cette tenue !

Mylène Farmer n’a toujours pas pris une ride. Comment fait-elle ? J’ai le même âge et ça fait pas pareil hein !!

Sur le plateau des NRJ Music Awards, elle offre l’un de ses derniers tubes « Le Temps » au public qui la soutient depuis de si longues années et dont je fais partie d’ailleurs.

Alors qu’elle a gagné pas moins de 8 prix aux NRJ Music Awars, un record, cette année encore Mylène Farmer a été honorée mais cette fois-ci, exeptionnel, d’un « Award de diamant« . Une récompense inouïe…du diamant, du jamais vu encore et c’est son ami Jean-Paul Gaultier a tenu à lui remettre en personne, lui soufflant au passage : « Mon diamant, c’est toi ».

A VOIR : http://videos.tf1.fr/nrj-music-awards/exclu-montee-des-marches-et-tapis-rouge-cote-coulisses-nrj-music-6958011.html

 

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Mylène des débuts baroques

Posté par francesca7 le 3 novembre 2011

 

Mylène des débuts baroques dans Mylène et mes BLABLAS MF80_176aBien avant Lady Gaga, notre Mylène Farmer nationale osait déjà les looks extravagants et a su se construire un univers bien particulier. Une atmosphère ambigüe et noire qu’elle a créée en duo avec l’auteur-compositeur Laurent Boutonnat. Le 22 janvier prochain la star sera aux NRJ Music Awards. Un évènement très attendu quand on sait que la chanteuse se montre peu en public. L’occasion pour nous de revenir sur son look si unique…

Au début de sa carrière, Mylène Farmer sort quelques singles passés inaperçus. Puis vient ensuite la sortie de Libertine, single pour lequel elle choisit de se teindre en rousse afin de se démarquer du flot des chanteuses populaires des années 80. Grâce à un clip inspiré du film Barry Lyndon et une coiffure peu glamour (les cheveux courts au-dessus et longs derrière), Mylene Farmer explose et restera au top 50 durant 6 mois. Les cheveux attachés par une queue de cheval, la jolie rousse joue sur l’ambigüité en portant des vêtements masculins inspirés du 18è siècle. Ses matières favorites ? Le velours et la flanelle. La Farmermania peut commencer.

Des concerts explosifs

Si à la ville la chanteuse reste discrète, la scène est un de terrain de jeu pour l’interprète de Sans Contrefaçon. Mylène Farmer est l’une des premières chanteuses françaises à développer ses concerts avec des costumes de scène élaborés. Après son retour des États-Unis, la chanteuse aux 26 millions d’albums vendus, se fait plus sexy. Combinaison moulante, talons XXL ou tout simplement en soutien-gorge, l’artiste laisse exploser son côté sensuel tout en restant énigmatique. Elle n’a pas peur de porter des cuissardes vêtue simplement d’un manteau. Des tenues appuyées par un maquillage irisé aux couleurs froides comme le blanc et le bleu pâle. Dans les années 2000, l’artiste se laisse pousser les cheveux et joue avec ses longueurs. Elle devient la reine des chignons « pic à glace ».

Un style affirmé

MF80_60a dans Mylène et mes BLABLASCelle qui se fait rare dans les médias revient pour son nouvel album Bleu Noir, avec un look qui colle aux tendances d’aujourd’hui. Pantalon en cuir, talons aiguilles et top moulant, tel est l’uniforme de la chanteuse dans son nouveau clip Oui mais…Non. Ses streets looks se font très rares et étonnamment sobres avec de longs manteaux dans des couleurs neutres. Au fil des années, Mylène Farmer a su développer son look affirmé et lancer ses propres tendances depuis maintenant 25 ans

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Histoire du clip de Moi… Lolita

Posté par francesca7 le 16 octobre 2011

 

 

Histoire du clip de Moi… Lolita dans Mylène et ALIZEE 1126-5s-430x360-Croppedc’est la première fois en huit ans que Laurent Boutonnat a pour mission de coller des images et une histoire sur un texte de Mylène Farmer. Après avoir composé la musique de Moi… Lolita et lui avoir laissé le soin d’écrire les paroles, Laurent Boutonnat réalise  assez tardivement ce clip très attendu. Bien qu’il tourne comme à sa grande époque, en pellicule 35 mn, il ne travaille plus avec la même bande de copains tels Carine Sarfati pour les costumes ou Jean-Pierre Sauvaire pour la lumière. 

 

 

Ce clip est bien sûr éloigné de ceux que Laurent Boutonnat réalisait pour Mylène Farmer il y a huit ans. Ce qui est étrange en revanche, c’est qu’il est aussi éloigné de ceux qu’il faisait pour Nathalie Cardone il n’a pas encore si longtemps…. Pour elle il avait soit renoué avec ses mises en scène à grand spectacle, soit donné dans le laconique qui jouait essentiellement sur une certaine image de la chanteuse ou le ciel nuageux de Mon Ange (1999). 

 

En rase campagne, un homme d’une trentaine d’année court après une jeune fille de quinze ans. Elle s’arrête. L’homme est gêné, visiblement très impressionné par la jeune Lolita. Il lui déclare sa flamme et il veut juste savoir si elle l’aime. Les regards sont tendres, la déclaration sincère. La réponse de Lolita est celle-ci : « T’as pas 200 francs ? Merci, je te les rendrai ? ». Dans cette introduction de clip, Laurent Boutonnat vient de nous présenter le personnage de Lolita. En une phrase on sait à qui a à faire. Tout le reste du film ne sera qu’une longue confirmation. Les 200 francs en poche, Lolita rentre chez elle sans un regard pour le garçon amoureux. Il restera sur la route, attendant un nouveau signe de vie de la mineur dont il est tombé amoureux. Se prostitue-telle ? Lui a-t-elle laissé croire un possible amour ? Lolita est tout simplement une fille qu’o aime regarder, et à qui on donnerait tout. On reconnaît à son arrivée dans la cours de sa maison le vocabulaire de Laurent Boutonnat. Le léger travelling avant latéral qu’il utilise pour introduire un lieu rappelle ceux de l’orphelinat de Giorgino (1994) ou celui de la maison cubaine d’Hasta Siempre (1997). Sa mère lave le linge et sa petite sœur de 6 ans est assise sur les marches de la maison (telle « poulette » dans l’auberge de Giorgino). La mère s’avance de Lolita pour l’insulter, lui faire de violentes remontrances quand à sa tenue et son retard. Lolita prend sa sœur, se change et part à travers les champs avec elle. Elles rejoindront le bus qui les amènera en ville. L’homme aura beau courir, il ne parviendra pas à le rejoindre avant son départ. Il pourra juste apercevoir la jeune fille partir dans son bus, par les vitres arrières. 

 

alizee_-_moi_lolita dans Mylène et ALIZEELe soir même, elle est dans une discothèque où, au milieu des filles sur-maquillées et très peu vêtues, elle danse sans se cacher d’être la plus jeune en ce lieu. Peu à peu tous les regards convergeront vers elle. Qu’elle danse au milieu de la piste ou qu’elle se remaquille dans les toilettes, autant les hommes que les femmes tombent sous le charme, dans sa petite robe légère, on ne peu t rien faire d’autre que de l’aimer. Lolita a posé sa petite sœur sur un tabouret de bar où elle regarde sa grande sœur devenir un phénomène. 

 

L’homme de la campagne est là. Il vient d’entrer dans la discothèque où il regarde médusé Lolita qui danse au milieu des gens âgés de dix ans de plus qu’elle. Lolita n’y prête pas attention, le principal pour elle semble être le nombre de regards qu’elle attire, et non pas leur identité. La petite sœur se met maintenant elle aussi à danser sur son tabouret en regardant Lolita sur la piste. On verra finalement les deux sœurs rentrer au petit matin, main dans la main, sur une route de campagne. C’est cette petite l’unique objet de son attention. La petite dira juste à sa sœur : « Moi, je suis un peu fatiguée ». Pas de réponse ; elles s’en vont toutes deux au loin, l’homme amoureux est encore là derrière qui suit Lolita, et qui la suivra probablement longtemps… 

 

 

hqdefaultOutre les mouvements de caméra et des images rappellent Giorgino, on peut aisément pousser le raisonnement beaucoup plus loin en ayant pour ligne de mire la comparaison entre ce titre et le film. Tout d’abord, les paroles ne peuvent que recréer une certaine paranoïa qui nous rappelle celle de Catherine : »C’est pas ma faute ». On peut aussi étendre certaines phrases à l’autisme dont elle était victime : « Quand je donne ma langue au chat, ils sont tous prêt à se jeter sur moi ». C’est aussi Lolita qui « rêve de loups », alors que c’est précisément ce qu’on reprochait à Catherine ; qui aurait rêvé aux loups lors de la noyade des orphelins. Quant à l’intro du titre, au violon, il rappelle le thème de la bande originale de Giorgino qui passerait en boucle ; au tout début du clip, on assiste d’ailleurs à une scène figurant, dans la mise en scène et dans la réalisation à une séquence de Giorgino, qui correspond à la véritable première apparition de Mylène Farmer dans le film… Nous évoquons ici la scène où Giorgio vient de sortir de l’auberge, traverse la place du village et rattrape par le bras Catherine qui s’enfuit. Elle se retourne alors pour lui demander de réclamer de le payer… dans Lolita, c’est elle qui demande au jeune homme la même chose. 

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Le Mylénium Tour de Mylène

Posté par francesca7 le 11 octobre 2011

« Quel vertige s’empare de nos souffles à présent……. «  

 

Source : IAO n°7 - avril 2006 – spécial Live 

 

 

Le Mylénium Tour de Mylène dans CONCERTS DE MYLENE MF2000_144a

 

le Mylenium Tour est la tournée de Mylène Farmer. C’est aussi la plus grandiose, et sans doute la plus fatigante pour toute la troupe (sur les routes de septembre à mars 2000, avec un petit mois de relâche). 

 

Flash-back sur l’événement avec Guy-Claude François, au décor, Laurent Buisson, au son et deux habilleuses, Nelly Giraud et Corinne Blandet. 

 

 

 

01150276-photo-pochette-mylenium-tour dans Mylène MYLENIUM TOUR« Mylenium Tour« , un jeu de mots comme un clin d’œil à l’an 2000, tant espéré, tant redouté, et qui n’a finalement rien changé à nos vies – comment aurait-il pu en être autrement de toute façon ? « Mylenium« , la contraction de « Mylène «  et de « Millénaire« . Il n’en faut pas plus à certains pour crier à la mégalomanie. Et si c’était justement ce qu’on aimait chez Mylène….. 

 

Irions-nous l’applaudir à tout rompre si elle ne nous offrait qu’un tour de chant avec guitare et piano, sans artifices, sans mise en scène, dans une Cigale ou un Bataclan ? Nous aurait-elle fait tant rêver sans des courts métrages en guise de clips ? L’aimerions-nous tant si ses tenues de scène ou de télé s’étaient résumées à des jeans, des sweats et des t-shirts ? 

 

Il faut être clair : l’univers Farmerien est né et ne peut perdurer que dans la démesure. C’est aussi ce qu’on aime chez Mylène. Une ambition que certains font rimer avec prétention. Tant pis pour eux s’ils n’ont rien compris. Il est clair que du côté de fans, le nom donné à la tournée laisse espérer le plus grand des shows pour célébrer le changement de siècle. 

 

Tout commence à Marseille – comme d’habitude, Mylène lance son show en province. Et ce n’est pas sans mal. Même si le concert est un succès, les problèmes sont nombreux. Mylène cafouille sur quelques paroles (la palme revenant à « Beyond my control« ). Christophe Danchaud, danseur et chorégraphe, chute sur « Désenchantée » (chaque danseur est sur un socle mouvant lui permettant de se pencher sur les côtés, en déviant les lois de la gravité, et Christophe semble avoir des problèmes avec le sien ce soir-là). Enfin, en présentant Abraham à la batterie, Mylène trébuche, manque de tomber et se rattrape en donnant un coup dans une des grandes cymbales. Heureusement, le reste de la tournée sera plus calme …   

 

 

318116069_smallUne tournée marathon. Jamais Mylène n’aura été sur les routes aussi longtemps. Elle passe l’automne et l’hiver 1999/2000 en tournée, avec une pause en janvier, le temps d’aller rafler trois récompenses à Cannes aux premiers NRJ Music Awards. De fin septembre au début du mois de mars, Mylène traverse toute la France, passe par la Belgique, la Suisse, s’arrête cinq fois à Bercy et termine par trois concerts évènementiels en Russie. Là-bas, « Beyond my control « , « Pas le temps de vivre«  et « Il n’y a pas d’ailleurs «  sont supprimés du tracklisting et remplacés par des tubes sans doute plus connus du public russe, « Je taime mélancolie « , « Que mon cœur lâche «  et « Sans contrefaçon« 

 

Le Mylenium Tour marque par l’énormité de son décor et par une entrée et une sortie de scène féériques. On déplore néanmoins la cruelle absence des années 80 – la genèse du mythe Farmer – dans le choix des chansons, qui se révèle par ailleurs très agréablement inattendu (« Mylène is calling« , « Il n’y a pas d’ailleurs« , « Dernier sourire« …) On regrette aussi le punch des réorchestrations du Tour 96. Le spectacle est beau, mais un peu trop linéaire. 

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Interview Mylénium Tour

Posté par francesca7 le 11 octobre 2011

Interview exclusive de NELLY GIRAUD et CORINNE BLANDEL – Habilleuses « Mylène paniquait souvent pendant les changements de tenue » 

Interview Mylénium Tour dans CONCERTS DE MYLENE Mylenium-Tour

QUESTION / REPONSES  

Source : IAO 7 avril 2006 – spécial Live     

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A -  Nelly Giraud 

En quoi consiste votre métier ? 

Je m’occupe des costumes. A savoir les changements, pendant le spectacle, et l’entretien, entre deux concerts. Je m’occupe aussi de l’artiste, en préparant sa loge. 

C’est-à-dire ? 

Je mets en place ce qu’il faut dans la loge. Mylène est une grande consommatrice de thé et de miel. 

Vous faites cela depuis longtemps ? 

Oui, une trentaine d’années. J’ai beaucoup travaillé avec Sylvie Vartan, Johnny, Yves Montand, Barbara. 

Et vous avez fait les tournées de 96 et 99 avec Mylène… 

Oui, et le dernier spectacle de cette année aussi. 

Est-ce que vous assistez aussi aux essayages des costumes en amont de la tournée ? 

Pas tout le temps, ça dépend. Pour le « Mylenium Tour », oui, car elle avait besoin de moi, car je suis aussi couturière. Pour le spectacle « Avant que l’Ombre », on a commencé à travailler fin décembre. 

Vous avez suivi Mylène sur toutes les dates, même jusqu’en Russie ? 

Oui. Mais je n’étais pas toute seule. On était quatre habilleuses, dont deux pour Mylène 

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vous l’habilliez combien de temps avant le début du concert ? 

une demie heure avant. Trois quarts d’heures maxi. 

Parte-t-elle dans les dernières minutes qui précèdent le spectacle ? 

Non, pas du tout.   

Et s’il y a un vêtement qui s’abime ? 

Nous sommes là pour le réparer avant le concert d’après. 

C’est arrivé ? 

Oui. Surtout le voile avec lequel Mylène entre en scène. Il était souvent troué après le concert car elle s’accrochait régulièrement dans la main de la statue. 

Et le faux cul de « Optimistique-moi » ? 

Ah c’était très beau ça ! Mais il ne nous a posé aucun problème d’entretien. Par contre, c’était très compliqué à mettre. On a trouvé une astuce pour l’enfiler à Mylène : on se mettait à deux et on accrochait les chaps (surpantalon façon cow-boy) sur la guêpière et Mylène l’enfilait presque comme un pantalon. 

En fin de tournée, Mylène réunit-elle toute l’équipe pour vous remercier ? 

Oui, on fait un grand repas. Tout le monde se retrouve. On reçoit généralement des cadeaux. Pour le « Mylenium Tour », chacun a eu un blouson de cuir Redskin. 

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B – Corinne Blandel 

Avez-vous travaillé avec Mylène avant le « Mylenium Tour » ? 

fond7A vrai dire, oui, il y a très longtemps, à l’époque de « Maman a tort ». je suis styliste à la base, et je dois avouer que la première fois que j’ai vu cette fille à la télé, je me suis dit que tout ce que je faisais depuis quelques années lui correspondrait tout à fait. Elle aimait les tenues qui soient à la fois portables à la ville et en même temps empreintes de théâtralité. J’avais tout un book comme ça, avec notamment des redingotes. 

Donc vous êtes entrée en contact avec elle à cette époque ? 

Oui, mais j’ai mis longtemps à y parvenir ; elle était déjà difficilement approchable… ça m’a pris un an je crois. 

Et comment y êtes-vous parvenue ? 

Par hasard. En fait il s’avère que, un jour j’ai rencontré Pierre Perrin, qui était le photographe de Mylène à ses tous débuts, mais aussi son ancien compagnon, avant Laurent Boutonnat ; il m’avait d’ailleurs raconté qu’il n’avait pas cru au potentiel commercial de « Maman a tort » et que c’est un peu ça qui avait conduit à une rupture. Il m’a donné les coordonnées de Mylène et je l’ai contactée. Mais même avec ses coordonnées priées, j’ai eu du mal à l’atteindre. 

Mais vous l’avez vue ? 

Oui. Je lui ai montré mon book et ça lui a plu. Mais la difficulté pour moi, c’était qu’elle avait déjà une costumière, Carine Sarfati, qui m’a visiblement prise pour une rivale potentielle. Moi, je démarrais dans le métier, alors je n’ai pas insisté. Mais Mylène a tout de même porté une de mes tenues en télé. C’était un chemisier un peu particulier, avec des manches pointues qui se terminaient par un anneau sur les mains. 

C’était pour quelle émission et quelle chanson ? 

Je crois que c’était « On est tous des imbéciles » dans une émission du matin sur FR3 (devenue France 3 depuis, MDLR). 

MyleneFarmerMyleniumTourvous aviez quand même accès à sa loge non ? 

oui mais parfois certaines personnes la mettaient vraiment sous cloche. Et le pire, c’est que je ne suis même pas sûre que ce soit sa volonté. Je me souviens que parfois, je l’entendais dire : « mais laisse la entrer, c’est Corinne, ca fait trois mois qu’elle me voit nue tous les jours ! » (rires) 

Combien de tenues Mylène a-t-elle délaissées alors ? 

Deux ou trois. Je me souviens notamment d’une tenue en résine chair, avec comme des gouttes de corail ou des flammes dessus. C’était une pure merveille. Elle valait bien 10 000 euros d’ailleurs. Mais c’était un vêtement tellement délicat qu’il était impossible de l’enfiler rapidement. Mylène ne l’a donc pas porté pendant le « Mylenium Tour ». En revanche, elle a fait une télé avec. 

Mylène parlait-elle pendant les changements de tenue ? 

Non, pour la simple raison qu’elle avait encore ses micros. On faisait tout par gestes. Par exemple, on lui tapait sur le mollet pour qu’elle lève le pied gauche (rires). Tout était très bien organisé. 

Et il y a déjà eu des cafouillages ? 

Oui. Je me souviens qu’un soir, lorsqu’on lui a enfilé la tenue du final, un superbe vêtement monté sur tulles, elle a paniqué quand son micro s’est pris dans le dos du vêtement. Elle était prête à l’arracher au ciseau. On a juste eu le temps de l’arrêter car comme elle remettait la tenue le lendemain ou le surlendemain, ça aurait été la catastrophe. Elle paniquait souvent pendant les changements rapides, à deux ou trois moments du concert. 

Pourquoi cela ? 

Je ne sais pas. Il faut reconnaître que certaines personnes de son entourage étaient assez stressantes. Je me rappelle d’une d’entre-elles en particulier qui venait parfois la voir entre deux chansons pour lui dire qu’elle avait oublié tel mot dans les paroles ou qu’elle avait fait telle erreur dans les as de danse. C’était assez déplacé, je trouve. 

Vous aviez des relations avec elle en dehors du spectacle ? 

Oui, un peu. Mais elle avait besoin de beaucoup de calme. Elle arrivait souvent à la Michael Jackson, l’écharpe au raz du nez et le bonnet jusqu’aux yeux. En même temps, elle pouvait se montrer totalement disponible ; elle venait discuter un peu avec nous au catering. Je n’ai pas le sentiment que c’est quelqu’un qui refuse la communication. Elle ne fait pas sa star. Je pense qu’elle est simplement surprotégée. 

Et en sortant de scène, elle parlait aussitôt ou elle restait un peu ? 

Elle partait. C’était un tel délire. Je me rappelle d’ailleurs que certains fans qui l’attendaient dehors me prenaient parfois pour elle quand je passais devant des espaces vitrés car, à l’époque  j’étais rousse avec les cheveux un peu en pétard. Et ils criaient !!! J’étais obligée de sortir pour leur dire que je n’étais pas Mylène et qu’elle était déjà partie. 

Mais elle partait avec sa tenue de scène ? 

Non, elle se changeait pour enfiler des choses plus confortables, et partait rapidement.

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Le casting du Bercy 2006 de Mylène

Posté par francesca7 le 10 septembre 2011

 

 

Le casting du Bercy 2006 de Mylène dans Mylène 2005 - 2006 868296Dès le début de l’année 2005, le casting des futurs danseurs commençait. C’est à New York que Mylène déniche huit jeunes femmes qu’elle surnomme d’une façon poétique ses « petites abeilles ». Quant aux Los Vivancos, ce groupe connu à travers le monde entier pour ses flamencos acrobatiques, Mylène les découvre grâce à un plateau télévisé français, Le plus grand cabaret du monde. Aussitôt, Thierry Suc contacte le groupe espagnol. La première rencontre avec la star a lieu le 26 Janvier 2005 et la troupe hispanique accepte sans hésiter l’invitation de Mylène. Puis, Hervé Lewis est à son tour approché pour redonner du peps au corps de la chanteuse. 

 

 

Le « Rambo de la gymnastique » lui refait ainsi découvrir les joies du footing, pour que ses abdominaux redeviennent aussi fermes que de l’acier ! Car Mylène devra une nouvelle fois revêtir des tenues sexy… 

 

Pour ce qui est des costumes justement, c’est Franck Sorbier qui en est chargé, Mylène étant tombée sous le charme de ce créateur à l’univers baroque et coloré. Les deux artistes se rencontrent pour la première fois en juillet 2005. Franck Sorbier lui montre le book de ses créations haute couture, qui pourraient correspondre à l’univers particulier de la chanteuse, tandis que Mylène lui dévoile les futurs décors du spectacle. Le deuxième rendez-vous a lieu directement chez Franck Sorbier dans le XIè arrondissement. Suivent alors des discussions, des dessins et des essayages sans fin. Parallèlement, le styliste doit aussi s’occuper des tenues des danseurs, des musiciens et des choristes ! Un réel travail de fourmi à raison de deux rendez-vous par semaine pendant quatre mois car tout est taillé sur mesure. 

 

Ainsi, le fameux manteau rouge du final, brodé d’or et de perles de Tahiti, demandera plus de 400 heures de travail. Et puis, chaque costume est réalisé en double, au cas où le moindre accroc se produirait – à l’exception de quatre costumes de la chanteuse impossibles à dupliquer. 

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Mylène et Edwige Chandelier

Posté par francesca7 le 10 septembre 2011

Interview exclusive de EDWIGE CHANDELIER – Danseuse 

 

« Une scène a été coupée pour le clip de Allan » 

 

 

QUESTION / REPONSES 

Source IAO7 avril 2006 – spécial Live 

 

Mylène et Edwige Chandelier dans CONCERTS DE MYLENE barreClients

 

 

Comment est-vous arrivée sur cette tournée ? 

 

je connaissais Sophie Tellier l’éternelle rivale de « Libertine », NDLR). On avait travaillé ensemble sur plusieurs spectacles, comme « l’Amérique, de Fred Astaire à nos jours », une sorte de rétrospective des comédies musicales. Sophie y était surtout chanteuse, et moi danseuse. C’était entre 1987 et 1989. 

 

Elle vous a donc pistonnée auprès de Mylène ? 

 

Non. Elle m’a simplement informée qu’on recherchait des danseurs pour le premier spectacle de Mylène Farmer. J’ai donc donné photos et CV. Au départ, ce devait être une audition in peu privée parce que Mylène ne voulait pas se retrouver avec des milliers de personnes. Finalement, il y avait au moins 500 personnes ! C’était LA grande audition de l’année car on savait que ceux qui seraient choisis auraient du boulot pour un an. De surcroît, Mylène était la seule à proposer un spectacle très théâtralisé et très chorégraphié, donc c’était très intéressant pour les danseurs. 

 

Vous vous intéressiez à son travail avant cette tournée ? 

 

Ah oui, j’adorais ! J’aimais bien ses chansons, ses clips, son univers

 

Où et quand a eu lieu l’audition ? 

 

Je crois que c’était en février 1989. Et ça se déroulait dans les grands studios de répétition du Théâtre des Champs Elysées. 

 

Mylène était-elle là ? 

 

Oui, elle regardait beaucoup, mais intervenait très peu. 

 

Comment s’est passé le casting ? 

 

mr89jg dans Mylène TOUR 1989Sophie avait préparé une petite chorégraphie… sur « Sans logique » je crois. On passait par groupes de dix filles devant Mylène et Sophie. Il me semble que Bertrand Le Page, le manager de Mylène, était là aussi. Ça a duré des heures ! Après une première audition, assez peu de filles sont restées. Mylène a alors demandé à nous revoir. On a passé une seconde audition, quelques jours plus tard. Trois filles et quatre garçons ont été sélectionnés. 

 

Les danseurs ont été les mêmes tout au long de la tournée ? 

 

Non. Car un garçon et une fille nous ont lâchés au moment de la tournée en province, à l’automne 89 ; ils ont juste fait le Palais des Sports au mois de mai. 

 

Pourquoi cela ? 

 

Je crois qu’ils avaient des engagements par ailleurs. 

 

 

Mais vous n’êtes pas tenus par contrat d’aller jusqu’au bout de la tournée ? 

 

Si, bien sûr. Je ne sais pas comment ça s’est passé avec la production. Peut-être ont-ils trouvé un arrangement à l’amiable. 

 

Qui est parti ? 

 

Mariane Filali a prévenu deux ou trois jours avant le début de la tournée. Elle a été remplacée au pied levé par Dominique Martinelli qui avait déjà fait quelques télés avec Mylène. Chez les garçons, c’est Pascal Montrouge qui a quitté le navire ; il a été remplacé par Yann Jonas. 

 

 

Quand ont commencé les répétitions ? 

 

Deux ou trois semaines après les dernières auditions. Dans un premier temps, on a répété près d’un mois, dans ces mêmes studios du Théâtre des Champs Elysées. Puis on est parti répéter dix jours à St Etienne où l’on a donné un concert avant de faire le Palais des Sports. 

 

Comment était Mylène pendant les répétitions ? 

 

Elle était très gentille, très agréable. Mais ce n’était pas évident pour elle, dans la mesure où elle n’avait pas de formation de danseuse. Elle a énormément bossé. 

 

C’était de longues journées ? 

 

On répétait six ou sept heures par jour. Et Mylène avait, en outre, des répétitions avec les musiciens et les choristes. 

 

Au même endroit ? 

 

Non. Je crois me souvenir que c’était aux studios Hocco, à Vitry sur Seine. 

 

Y a-t-il eu d’autres imprévus ? 

 

Oui ! Lors de notre premier filage, les fermetures éclair des costumes ont éclaté à cause des chorégraphies. Du coup, il a fallu faire descendre tout l’atelier de Thierry Mugler à St Etienne pour refaire une partie des costumes afin qu’on puisse bouger dedans. C’était la grosse panique car on était à quelques jours de la première. 

 

1989_MarianneRosenstiehl_2-1_006Comment était l’ambiance pendant la tournée ? 

 

C’était très agréable. C’est vrai que les musiciens restaient de leur côté, et nous, danseurs, du nôtre. Mais ça marchait très bien comme ça. 

 

 

Mylène participait à cette vie de groupe ? 

 

Oui. On dînait souvent ensemble. Du moins quand elle était dans le même hôtel que nous car parfois, à cause de fans qui la pistaient, elle allait dans un autre hôtel. 

 

Elle faisait la route avec vous, dans le bus de la tournée ? 

 

Non. Elle était en voiture avec Bertrand Le Page, son manager, et Thierry Suc, le tourneur. Il est arrivé qu’elle prenne un ou deux danseurs avec elle en voiture. Et elle est venue deux ou trois fois  avec nous dans le car. 

 

Vous la sentiez porche de vous ? 

 

Oui. Même si nos rapports restaient essentiellement professionnels. Elle avait un certain charisme qui imposait le respect ; elle n’inspirait pas la tape dans le dos. Mais ça ne nous empêchait pas d’avoir des discussions très intéressantes. Elle venait parfois avec nous dans les loges, elle nous coiffait, elle nous offrait des petits cadeaux. Je me rappelle par exemple qu’on avait fait un peu de promo à la télé pour le spectacle – même s’il n’en avait pas vraiment besoin puisqu’ils ‘est rempli très vite – et Mylène nous a offert les tenues qui avaient été créées pour l’occasion par Plein Sud. Et à la fin de la tournée, on a tous eu un stylo Bulgari, et un peignoir griffé « Mylène Farmer – Tour 89 ». 

 

Et en comité plus restreint ? 

 

file_42_92Après la tournée, pour les besoins d’un clip, Laurent voulait brûler le décor. Il l’a donc fait reconstitué dans un champ à La Ferté Alais, en région parisienne. Et après le tournage, on a fait un grand repas tous ensemble – Mylène, Laurent, les musiciens, la production et les danseurs. 

 

Quelle relation avez-vous eu avec les fans de Mylène ? 

 

Dans la mesure où Mylène partait rapidement après sa sortie de scène, on servait souvent de palliatif aux fans qui l’attendaient après le concert. On en retrouvait à l’hôtel, au restaurant ; ils nous suivaient partout. Même après la tournée, je recevais des lettres et des coups de fil chez moi – je ne sais pas comment ils faisaient pour avoir mes coordonnées. Mais je n’ai pas donné suite parce que ça me faisait assez peur ce fanatisme. 

 

Pourquoi ? les fans étaient violents ? 

 

Non, pas du tout. Mais ils étaient souvent dans un état émotionnel qui me perturbait car j’ai du mal à comprendre le fanatisme à ce point. 

 

Vous n’avez jamais collaboré à nouveau avec Mylène après le Tour 89 ? 

 

Si, une seule fois. C’était juste après la tournée, pour les besoins du clip de « Allan ». 

 

Mylène a assisté au tournage ? 

 

Oui. Elle est même venue nous aider après car on peinait à se débarrasser de cette boue qui nous collait à la peau. Elle nous a séché les cheveux et nous a coiffées. 

 

Qu’avez-vous fait depuis cette tournée ? 

 

J’ai arrêté la danse presque aussitôt après. Je me suis lancée dans les relations presse. Puis dans le chant. Aujourd’hui, je chante (des chœurs pour Serge Lama, Hervé Vilard, Disney…) et j’enseigne le chant dans les écoles de formation.

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Fuck them all – clip 2005

Posté par francesca7 le 9 septembre 2011

VIDEO 

Image de prévisualisation YouTube

Date de tournage:  Février 2005 

Réalisateur: Agustin Villaronga 

Lieu de tournage: Roumanie 

Durée: 05’04 

 

 

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 Fuck them all – clip  2005 dans Les Clips de Mylène fuck-them-all1Dans un paysage enneigé, une femme sur son cheval, les cheveux au vent, galope à grande vitesse à travers les arbres. Elle s’approche peu à peu d’une sorte d’usine désaffectée. A l’intérieur de celle-ci, une cage est suspendue par des chaînes autour de laquelle veillent des corbeaux. On y retrouve une seconde Mylène aux cheveux courts et au visage tailladé prisonnière de celle-ci. La première femme s’aventure dans le bâtiment et s’arrête bientôt en dessous de cette cage qui est vide en la regardant fixement. Le clip est entrecoupé d’images des deux femmes à deux moments différents. Elle ramasse alors une pierre qu’elle jette contre un mur de l’usine qui se brise comme une glace. Elle se retrouve alors dehors, face à un corps couvert d’une couverture sur lequel règne un corbeau. Elle s’approche de la couverture, pousse le corbeau, la soulève et découvre la seconde femme aux cheveux courts, inanimée et glacée. Un passage de la main sur ses yeux les lui refermera. On comprend alors que la Mylène prisonnière attendait que sa sœur jumelle vienne la libérer. Trop tard ! 


Elle met alors sa main dans le corps de sa sœur et en ressort un sabre. Elle se dirige dans la forêt d’où s’envolent des dizaines de corbeaux et se retrouve sur une plaine enneigée sur laquelle résident de drôles d’épouvantails : une sorte de crâne d’oiseau et des voiles noirs déchirés qui flottent dans le vent comme habits. Bientôt Mylène commence à s’en prendre à eux, comme pour venger sa sœur jumelle décédée. A l’aide de son sabre, elle déchire les voiles des épouvantails et les décapite. Du sang noir sort de leurs yeux. Des plumes volent et la cadence s’accélère. Un corbeau renaît du sang noir. 


On revoit alors par saccades sa sœur prisonnière. Le « plafond » de sa cage qui est orné de longues piques commence à se baisser sur elle : son destin est tout tracé.
La première Mylène plante alors son sabre dans la neige puis se morcelle et se volatilise dans l’air. 

 


Budget estimé: environ 150 000 euros

Scénario de Mylène Farmer

Clip tourné en Roumanie début février 2005.
L’équipe qui logeait à l’Athénée Palace Hilton de Bucarest est restée une semaine sur place.
François Hanss était présent pour le tournage du making of du clip et Claude Gassian pour des photos du tournage.

Le clip est diffusé à partir du 09 mars 2005 d’abord dès 08 heures sur M6 puis sur toutes les chaînes musicales.

 

 


ANALYSE :

Après
California et L’Âme-Stram-Gram, Fuck them all est le troisième clip dans lequel on retrouve « deux Mylène« .

mylene-farmer-20050415-35170 dans Les Clips de MylèneUne Mylène aux cheveux courts est enfermée dans une cage qui deviendra son tombeau.
En parallèle, une seconde Mylène, cheveux longs, entièrement vêtue de noir arrive à cheval dans une usine désaffectée dans laquelle elle découvre la cage vide puis le corps sans vie de son « double ». Elle suivra alors des corbeaux qui la mèneront à des épouvantails qu’elle détruira avec un sabre trouvé planté dans le corps de la morte.

On retrouve dans ce clip de nombreux éléments si caractéristiques de l’univers de Mylène : les espaces enneigés (Tristana, Giorgino), les chevauchées à cheval  (Pourvu qu’elles soient douces), les chevaux noirs (Pourvu qu’elle soient douces, Pardonne-moi), la présence de deux Mylène (California, L’Âme-Stram-Gram), les corbeaux (Libertine, Sans logique).

Il s’agit d’un clip assez court mais probablement l’un des plus complexes et riches en symboles de toute la carrière de Mylène et qui soulève de nombreuses interrogations. 

 

Le personnage aux cheveux longs que l’on voit dès le début du clip est probablement l’âme vengeresse qui revient sur les lieux de souffrance et de mort. Toutes les séquences avec le personnage aux cheveux courts correspondent donc à des flash-back. Cette dernière représentation de Mylène rappelle bien évidemment la Mylène juvénile du clip Désenchantée. Doit-on y voir une suite?  

Le personnage enfermé dans une cage porte donc des cheveux courts mais aussi une tenue sexy. Probablement l’image de la femme moderne martyrisée jusqu’à la mort…mais par qui???, par ce que l’ Humain comporte de pire en lui ou tout simplement par les hommes ce qui nous rapprocherait alors des paroles de la chanson.

Ce personnage meurt écrasé par la partie supérieure de la cage qui s’abaisse progressivement sur elle. Cette cage semble donc être le symbole de cette oppression insupportable et mortelle. Les corbeaux, symboles de la mort ou plus précisément de ceux qui ont causé la mort sont très présents dans ce clip: ils ont écorché le visage de la morte alors qu’ils ne semblent pas voir l’autre Mylène dans l’usine confirmant qu’il ne s’agit que d’un « fantôme », qu’ils guideront  vers les épouvantails.

Le sabre avec lequel Mylène combattra les épouvantails est-il réel ou un symbole matérialisant l’arme de la haine qui a conduit à la mort de la femme et qui servira à présent pour la vengeance.

Mylène détruira les épouvantails à coups de sabre. De leurs yeux s’écouleront des larmes noires donnant naissance à de nouveaux corbeaux. Mylène plantera alors le sabre dans une tâche noire au sol inhibant alors la naissance d’un nouveau corbeau. On peut y voir la destruction de la genèse de cette haine qui avait abouti à sa mort. La vengeance semble avoir été accomplie et Mylène se transforme alors en poussière ou redevient simplement un esprit qu’emporte le vent. 

Les épouvantails de Martial Leiter

Martial Leiter est né à Fleurier (Suisse), en 1952. Il commença sa carrière comme dessinateur de presse dans divers journaux suisses, de 1974 à 1990. 


Depuis 1991, il collabore avec le Tagesanzeiger à Zurich, Le Temps à Genève, Die Wochenzeitung à Zurich, Die Zeit à Hambourg, Le Monde Diplomatique et Le Monde à Paris. Il expose depuis 1970 son travail de peintre-dessinateur dans des musées, centres culturels et très nombreuses galeries, en Suisse et à l’étranger. Il remporta de nombreux prix : Prix Alice Bailly, Lausanne (1979), Prix de la 9e Triennale Internationale pour gravures originales, Granges (1982), Prix de la Fondation pour les arts graphiques en Suisse, E.T.H, Zurich (1983), Prix culturel de l’Union Syndicale Suisse (1994). Il illustra des livres et publia certaines de ses œuvres, en particulier : Figures séquestrées, éditions Clin d’OEil (1981) ; Parodies, suite de 50 dessins tirés en mylene-farmer-2004-robin015-bigsérigraphie, éditions du Carabe (1983) ; Du monde moderne (1989) et Une autre planète (1993) aux éditions d’En Bas, Lausanne, et éditions Limmat Verlag, Zürich (pour la version en allemand). Il fut également créateur de décors de théâtre, entre autres : En attendant Godot de Samuel Beckett, Théâtre Populaire Romand, La Chaux-de-Fonds ; Le Faiseur de Balzac, Théâtre Populaire Romand, La Chaux-de-Fonds ; Jardin d’hiver de René Zahnd, Espace 2.21, Lausanne.

Martial Leiter est un talent hors du commun, aux multiples facettes, observateur aigu des failles de l’Histoire. Sa présence dans les grands journaux européens, « Le Monde », « Die Zeit » et bien d’autres, le propulse aux regards d’un public international par son trait, miroir sans complaisance, qui capte et traduit en virtuose une pensée d’une rare lucidité. Mais Leiter est aussi un poète inspiré, nourri de ressources infinies, émouvantes ou drolatiques. Il est attentif aux reflets infimes qui jalonnent la vie de chacun mais que si peu voient ; l’imaginaire de cet artiste déborde souvent le quotidien pour le sublimer, lui imprimer une fantaisie, une folie joyeuse et communicative qui nous embarque vers le rêvé. 


C’est de cette facette-là, rarement accessible au public, qu’est né le vol d’Epouvantails, que Martial Leiter a posé au milieu des blés dans le paysage du Val-de-Ruz et qui y vivra un cycle de saisons, de Juin 2004 à Mars 2005. 


sources: editions-du-heron.com; .sitedecernier.ch  

 

 

 

PORTRAIT DU REALISATEUR 

 

Agusti Villaronga est un réalisateur espagnol né en 1953.  

 

afb115e69ed1b8f2518bd756d2187ef7Il a débuté par la réalisation de trois court-métrages « Anta Mujer » (1975), « Al Mayurka » (1976) et « Laberint » (1980) qui ont reçu des récompenses notamment du ministère de la culture espagnol. 

 

Il réalise en 1985 son premier long-métrage, un thriller psycho-sexuel, « Tras el cristal/ In a Glass Cage » qui a la réputation d’être l’un des films les plus dérangeants des années 80 qui a choqué et divisé le public et aujourd’hui devenu culte. 

 

Le synopsis du film

« Klaus est un médecin nazi. Son plaisir est de torturer et tuer des enfants. Un jour, lors d’une crise de démence, il se jette d’un toit et en ressort handicapé, obligé de vivre dans une cage de verre qui lui sert de poumon. Quelques années plus tard, sa femme Griselda, n’arrivant plus à assumer les soins nécessaire, engage le jeune Angelo comme infirmier. Ce dernier découvre alors le journal de Klaus et se prend de passion pour ces pratiques de cet ancien SS. Il tue Griselda, s’habille en officier nazi et amène dans la chambre des enfants qu’il torture puis tue sadiquement… » 

 

A noter la fascination du réalisateur pour les gros plans anatomiques sur des torses, des mains ou des yeux. On retrouvera dans le clip Fuck them all un plan célèbre sur l’oeil de Mylène. 

« In a glass cage » recevra le Grand Prix du Festival de Barcelone. 

 

 (plus de détails sur ce film: http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1118).  

En 1989, il réalise « El niño de la Luna » / « Moon child », une histoire d’enfants doués de pouvoirs surnaturels et tenus prisonniers dans un centre de recherches par des scientifiques qui essaieront d’utiliser leurs dons pour servir leurs propres desseins. 

 

 

Mylène et Agusti Villaronga

 

 

villaronga%2BmyleneLe clip Fuck them all est à ce jour la seule collaboration de Mylène Farmer et Agusti Villaronga.  On apprend dans le making-of du clip que c’est Mylène qui a contacté Agusti Villaronga, à sa grande surprise puisqu’il n’avait jamais réalisé de clips auparavant (et n’en a d’ailleurs pas réalisé d’autre depuis).

 

 Elle avait proposé les idées de la cage qui devient plus petite et des épouvantails. 

On peut découvrir dans ce making-of des dessins, petit story-board du clip. 

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Clip CALIFORNIA – 1996

Posté par francesca7 le 2 septembre 2011

Réalisation : Abel Ferrara
Année : 1996
Durée : 5’18 mn
Acteurs : Mylène Farmer (La prostituée/la femme du monde). Giancarlo Esposito (Le maquereau/l’homme du monde)… 

 

 

Vidéo : Image de prévisualisation YouTube 

 

Analyse

Los Angeles… Quelques secondes seulement pour nous plonger dans l’atmosphère moite et bruyante des nuits de celle que l’on surnomme  » La cité des Anges « . 


Une voix, une langue étrangère crépitant à travers une radio de police, l’éblouissement furtif d’immenses panneaux publicitaires, le rugissement furieux d’un moteur… en quelques flashs, Mylène vient de nous transporter dans le tourbillon fou des heures sombres de la ville. 


Le titre se dessine devant nos yeux grands ouverts : les lettres sont pâles, comme déchirées, presque effacées, symbole, peut-être, de la vie de Mylène dans ce clip.

Clip CALIFORNIA - 1996 dans Les Clips de Mylène ClipCalifornia3Les premières paroles résonnent et semblent donner vie à Mylène qui nous apparaît soudain, enveloppée d’une lumière chaude. 

Pour  » California  » elle reprend, non sans délice, un rôle qu’elle affectionne particulièrement : la voilà femme des rues, femme perdue. La voilà  » prostituée « . De luxe, évoluant dans la soie et la lueur froide des diamants, mais aussi prostituée des bas-fonds, arpentant les trottoirs et se vendant au plus offrant. Nouveau parallélisme entre deux vies si éloignées et pourtant si semblables…

 

 

La violence s’immisce dès les premières images du clip. Mylène s’accroche avec l’homme du monde dont elle dépend et à qui elle est soumise : il cherche à lui imposer une tenue, et à travers ce choix, à s’imposer lui-même. 


Mylène se révolte contre cette domination, la rejette avec une brutalité teintée de haine. Mais le choix est un mot étranger au monde dans lequel elle vit. 


Prostituée et femme entretenue s’abandonnent à leurs faiblesses, cèdent aux exigences de leurs proxénètes, se vendent pour quelques secondes de plaisirs. 


Et c’est là, au cœur d’un acte sans amour, mosaïque de gestes passionnés, que le parallélisme prend tout son sens. Strass et argent ne sont qu’habiles apparences. Quand le désir devient maître, le proxénète et l’homme du monde révèlent le même goût de la possession et de la domination. Et Mylène, alors, n’est plus que soumission.

ClipCalifornia7 dans Les Clips de MylènePuis vient la confrontation, la rupture, la faille, celle qui prend corps dans l’échange bref mais si intense d’un seul et unique regard. 


L’une contemple sa vie dans sa lumière la plus crue, à travers cette prostituée égarée, campée sur le trottoir d’une rue malfamée : elle se voit telle qu’elle est vraiment et, par contraste, comprend ce qu’aurait pu être sa vie. 


L’autre est surtout frappée par cette femme belle et lointaine, ce regard hanté et torturé si semblable au sien… 


Cela n’a duré qu’une fraction de seconde dans une vie qui, lentement, est en train de s’achever. Le proxénète et l’homme du monde ne permettent pas à leur chose d’ouvrir les yeux. La brillance et la menace d’une lame d’un côté, une main arrêtant un geste de l’autre, suffisent à briser ce lien ténu mais définitif qui s’est tissé entre les deux femmes. 


Impuissante, Mylène s’éloigne dans la luxueuse voiture, alors même qu’en elle, intimement, se glisse la conviction que ce sosie inattendu s’apprête à rendre l’âme.

Sa conscience la torture alors et ne tarde pas à la rattraper. Contemplant son visage triste dans un miroir, Mylène voit sa vie, la futilité de ce luxe et de cette domination contre laquelle tout son être se rebelle. La décision qu’elle prend soudain ne fait que puiser dans les racines de la haine et du désenchantement profondément ancrés en elle. Sur le trottoir, ce n’est plus une rouquine aux cheveux courts et au regard fatigué, mais notre Mylène en veste de tailleur et porte-jarretelles. Elle provoque le proxénète et l’entraîne dans une joute amoureuse et fatale. Le regard douloureux mais décidé, elle le poignarde sauvagement, sans remords. Dans sa tête, des images de sa vie et de celui dont elle se venge secrètement se mélangent à celles de cette prostituée dont le corps sans vie gît sur une civière.

C’est une partie d’elle qu’elle vient d’assassiner, celle-là même qu’elle ne supportait plus, cette femme soumise à un homme qui la meurtrissait et la tuait à petit feu. Tout ça s’efface et disparaît sous les coups hargneusement portés. Son ancienne vie se déchire et se meurt dans la violence et le sang. 

Mylène peut partir maintenant. Elle est libre enfin de commencer une nouvelle vie.
 » Aéroport, Aérogare, mais pour tout l’or m’en aller… « 

ClipCalifornia8

 

 

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Préparation du Mylénium Tour

Posté par francesca7 le 1 septembre 2011

 

Comme pour ses deux premiers concerts, c’est Thierry Suc, à la tête de sa société TS3, qui est à la production de Mylenium Tour  . Mais cette fois-ci, c’est Mylène qui s’occupe de la conception de la tournée, sans Laurent Boutonnat

 

-          « Cela s’est fait comme ça. Il avait des projets, il suit sa voie et moi la mienne« . 

 

Préparation du Mylénium Tour dans Mylène 1999 - 2000 0Toujours prêt à l’épauler, Thierry Suc contacte, par l’intermédiaire de Roger Abriol, le directeur de production, Guy-Claude François  , un chef décorateur pour le cinéma et scénographe pour le théâtre et l’opéra, un artiste polyvalent qui s’est aussi chargé de la scénographie de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques d’hiver d’Albertville en 1992. C’est lui qui a le privilège de concevoir la création de la partie scénique du Mylenium Tour. Même s’il connaît très peu l’univers de la chanteuse, si ce n’est son nom et quelques-uns de ses clips, il accepte avec enthousiasme de participer à l’aventure

 

Et c’est après avoir visionné la vidéo du concert de Bercy de 1996 qu’il réalise de quelle manière Mylène, cette femme publique, a pris au cours de ces dernières années, une dimension mythique ! Il réalise alors une première esquisse d’une statue grandiose qui représente la déesse Isis sous les traits de Mylène en s’inspirant du style de Ginger, un peintre dessinateur surréaliste des années 1970. Un artiste dont Mylène appréciait énormément son travail et qu’ils rencontreront tous les deux à Zürich quelques mois plus tard. 

 

Ce visage, cette entrée grandiose que Mylène offrira à son public est une idée de la chanteuse qui en a suivi de très près la conception. Mais après réflexion, elle recule devant l’idée que son visage soit représenté. Sans doute par crante d’exacerber le fétichisme dont elle est devenue l’objet ces dernières années. Au final, le décor est conçu avec un budget estimé à 300 000 €. Mais Guy-Claude François ne semble pas étonné : 

 

-          « Mylène a tout compris ! L’entrée et la sortie doivent être des éléments primordiaux, c’est une règle de base dans le spectacle ! Déjà, le théâtre grec était très attentif à cet usage. » 

 

f_5932951 dans Mylène 1999 - 2000Un autre homme indispensable, Fred Pévéri, est appelé pour s’occuper des lumières afin d’éviter que cet énorme décor ne vampirise tout le spectacle. Sa mission sera de faire en sorte que ses lumières réussissent aussi bien à mettre en valeur qu’à atténuer les éléments du décor. 

 

 

Durant ce long été, tout le monde attend impatiemment ce rendez-vous en recherchant la moindre information sur le futur show. Le magazine Voici semble détenir un scoop et de taille ! En effet, il annonce qu’il sera question d’un décor abritant une immense statue aussi haute qu’un immeuble de quatre ou cinq étages tout en évoquant un budget pharaonique. La pression monte et Mylène travaille d’arrache-pied…. 

Publié dans Mylène 1999 - 2000 | Pas de Commentaires »

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