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Symbolisme « Jardin de Vienne » de Mylène

Posté par francesca7 le 17 février 2013

symbolisme de « Jardin de Vienne »

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

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Symbolisme

C’est le live 1989 qui a sauvé cette superbe chanson de la catégorie « chanson mineure ». Son côté morbide aurait pu l’assimiler aux premières « gothiques » de l’artiste, style « au bout de la nuit », alors qu’elle porte en elle un message bien plus puissant.
Comme de nombreuses oeuvres de cette époque, « Jardin de Vienne », à la première écoute, laisse l’auditeur troublé comme après une croisière houleuse, voire perturbé comme après un cross hard ! C’est l’histoire, mythique, d’un amoureux qui se pend, semble-t-il, de désespoir. Le rôle de Mylène n’est pas évident. Elle peut être l’amante qui le découvre au crépuscule ou, comme le type de voix choisi l’indique, la fille du défunt. Tout est raconté avec un nombre minimal de mots : tant mieux! Cette restriction volontaire donne à chaque mot sa force de frappe et contribue à l’aspect pudique du texte.

« Jardin de Vienne » s’ouvre par un extrait symphonique de Malher (d’ailleurs utilisé dans le film « Mort à Venise »). Puis, elle prend la forme d’une comptine plus ou moins légère qui tourne à la vertigineuse psalmodie. L’ouverture a l’avantage de planter le décor : on est dans une sorte de marche funèbre. On entrevoit déjà la procession, les robes noires, le cercueil… Mais, coup de génie, au lieu de poursuivre sur un morbide kitsch à la « Agnus Dei », la musique glisse sur une atmosphère plus trouble, quand la voix de Mylène apparaît, prenant le timbre enfant mignon de « Plus grandir ». 

Le contraste grandit, mené de main de maître, la chanson se déchire, nous avec, et s’ouvre sur les états d’âme de la chanteuse comme un écrin sur un diamant pur. Le contraste, comme une lumière obscure, est d’abord musical. Tandis que les synthés et les guitares martèlent nerveusement, que le vent siffle, la corde grince à en mettre nos nerfs à vif, la voix de Mylène se fait douce, oscillant entre l’étonnement et la compassion. Il faut attendre la phrase qui tue (« ce soir, j’ai de la peine… ») pour comprendre qu’elle est affectée par la mort. Le regard de Mylène est peut-être celui d’une femme qui, choquée par un drame que les mots ne peuvent décrire, semble retomber en enfance, avec sa naïveté et son ignorance devant la réalité de la mort. Ainsi, elle cache son insondable tristesse derrière des expression gamines, genre « petit bonhomme », « monte sur l’arbre ». Mylène compare la descente du corps à la cueillette d’une pomme! Plus l’interrogation simplette (« est-ce pour me voir? ») pour se préserver de la cruauté de la vérité. C’est la musique qui révèle la douleur de Mylène, renforcée par l’apparition des batteries militaires (elles-mêmes adoucies par la flûte de Pan!) : il y a donc un parfait équilibre entre le tragique exacerbé de la musique et la pudeur du texte.

La mort, le suicide, thème-clé, est assez « soft ». D’abord, aucun mot du champ lexical du funèbre n’est prononcé jusqu’à l’aveu (quand Mylène se rend enfin compte de la vérité!). Ainsi, l’homme « s’est endormi », « ne sourit plus », il dit « au revoir », il fait « l’oiseau ». Mort soft qui se balance entre la douce amertume du « vent du soir » et l’ironie grinçante de l’auteur. C’est du macabre à la Baudelaire, à la « Gaspard de la Nuit » qui nous ramène dans cette Vienne romantique où on allait se pendre parce que la demoiselle avait refusé la dernière valse! A noter que Mahler était un compositeur romantique… viennois! Mylène retrouve en elle cette sensibilité du XIX siècle, et « Jardin de Vienne » contribue à la moderniser, la ressusciter dans notre actualité.

Mais le refrain prend le pas sur le macabre lorsqu’il est répété, psalmodié jusqu’à la fin (6 fois!). c’est lui qui doit nous marquer.

L’histoire banale de l’amoureux qui se pend n’est pas choisi au hasard. Mylène utilise la mythologie du romantisme pour cacher son message derrière divers symboles. 

D’abord, il y a le Jardin. En général, c’est plus un lieu de détente qu’un cimetière, et on y trouve plus de couples qui s’emballent que de suicidaires. Or, justement, dans notre histoire, c’est l’amour qui cause la mort : on retombe sur notre contraste. On est face à un rituel de purification. Le gars meurt d’ amour, ce qui permet à son âme de « monter plus haut », de libérer son âme. Voilà comment le contraste s’explique : c’est celui du corps qui souffre, qui meurt, qui se déchire pour que l’âme puisse s’envoler. La mort est donc dépassée par l’espoir d’une vie nouvelle et mystérieuse, loin des souffrances du corps dont on peut bien se moquer puisqu’il ne sert à rien!

219_image-264x300 dans Mylène et SYMBOLISMELe jardin s’intègre aussi puisqu’il participe au rituel en tant que temple, idée de sanctuaire de l’amour. Même s’il se donne la mort, l’homme (dont l’anonymat indique qu’il peut s’agir de chacun d’entre nous) est purifié car il agit par l’amour. Amour que Mylène ne semble pouvoir partager puisqu’elle doit rester sur terre, avec les souffrances de son corps. Ce n’est pas l’homme qui souffre, mais elle. Elle a perdu son amant. 

« Jardin de Vienne » est la comédie d’une mort, le drame d’une séparation et l’espoir d’une délivrance.
Par sa richesse, sa beauté au-delà du macabre, elle mériterait une place dans un best of. Elle ne l’a pas obtenue, soit parce qu’elle apparaît sur un CD truffé de candidates à best of, soit parce que, comme toutes les chansons de Mylène Farmer, elle porte un danger : un certain phénomène d’accoutumance…

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Symbolique de A qui je sers de Mylène

Posté par francesca7 le 24 juillet 2012

 

Symboles suicidaires du premier achèvement d’une oeuvre et d’une première vie d’artiste.

    Tournés dans un noir et blanc granuleux au lac de Grandlieu, à Passay (Loire-Atlantique) en août 1989, la chanson et le clip se trouvent justifiés par les conditions dans lesquelles leurs auteurs les ont écrits. Pour promouvoir la grande tournée que Mylène Farmer s’apprête à faire, elle écrit avec Laurent Boutonnat une chanson évoquant la fin d’un cycle : le leur. Si la Symbolique de A qui je sers de Mylène dans Mylène et SYMBOLISME 2005-Robin-004b-225x300critique a souvent qualifié le duo de nihiliste, c’est bien à cause de ce petit court-métrage, qui semble rejeter toute forme de croyance et de respect religieux. C’est bien d’autodestruction qu’il s’agit ici, en « suicidant » les héros de Laurent Boutonnat, Mylène Farmer achève leur première oeuvre, la plus noire. En brûlant quelques mois plus tard le décor de leur tournée dans un champ irréel, Laurent Boutonnat terminera cette destruction. même Mylène regardera le décor flamber, signature macabre de leur autodestruction.

 En pleine tournée, est intégrée au milieu exact du spectacle une chanson inédite simultanément à sa sortie dans le commerce en 45 tours. A quoi je sers est une chanson au rythme dansant mais aux paroles désespérées. Elle fut écrite un soir de blues, ce qu’on pense assez rare chez Mylène Farmer. Dans ce contexte de sortie, entre les salles de concert remplies et les loges vides, ce n’est bien évidemment pas par hasard que le texte de la chanson parle ouvertement de suicide  :

«Chaque heure demande pour qui, pour quoi se redresser / Pourquoi ces larmes ? A quoi bon vivre / Je divague, j’ai peur du vide, je tourne des pages, mais des pages vides / J’avoue ne plus savoir à quoi je sers, sans doute à rien du tout / à présent je peux me taire si tout devient dégoût. »

    Sans album à promouvoir, et ainsi débarrassé d’obligations promotionnelles, Laurent Boutonnat se sent donc une liberté totale pour la mise en images du clip. Il fera le choix d’aller vers une sorte d’abstraction en noir et blanc, remplie de langueurs et de symboles. Évoquant sous un angle biblique et symbolique le suicide (artistique) de la chanteuse, le clip représente sa longue et calme traversée d’un fleuve avec pour seul accessoire une valise dont le contenu nous restera inconnu.

    937_001-209x300 dans Mylène et SYMBOLISMELe brouillard envahi tout. Une pirogue avance, guidée par un vieux passeur, vêtu de noir et défiguré par le temps. Mylène Farmer monte dans cette barque-cercueil qui la fera traverser ce qu’on imagine être le Styx, le plus grand fleuve des enfers, en direction d’un autre affluant, qui sépare les vivants des morts. Selon cette lecture du clip, le passeur est Caron, chargé de faire passer les défunts dans l’autre monde. Leur embarcation traverse les roseaux que le vent fait plier, symbolisant selon la science des rêves le tourment et les problèmes existentiels. L’interprète, elle, ne pose son regard sur rien. Le passeur aux yeux cernés conduit la chanteuse dans les marais monochromes non loin de la rive gauche du Léthé, qui mène celui qui y arrive à l’oubli de sa vie. Mylène Farmer se retourne enfin, peut-être sur son passé, acceptant la propre mort de son personnage et reconnaissant les héros des clips de Laurent Boutonnat, ayant eux, déjà trépassé antérieurement. Ceux avec qui elle a débuté sa carrière sont présents.

En rendant sa cohérence à l’ensemble des clips qu’il a produit, Laurent Boutonnat en fait une œuvre homogène et ne filme là rien d’autre que la fin de cette époque. Son public sait dorénavant que ni Libertine ni sa rivale ne renaîtront une nouvelle fois de leurs cendres, et constate que Mylène Farmer et son mentor posent le voile de l’oubli sur un style qui leur fut si personnel. Poussant l’idée un cran plus loin pour bien que son public les comprenne, la face B du 45 Tours est une chanson titrée La Veuve noire qui reprend en boucle la mélodie d’introduction de A quoi je sers. La Veuve noire semble évoquer la mort artistique de la chanteuse le soir de la date de son premier concert :  

« Toi veuve noire tu périras ce soir de mai »  

  Mais peut-être que le tableau n’est pas si noir, peut-être qu’une renaissance est possible… En tout cas, à l’époque, nombreux sont les fans qui se sont demandés si la carrière de Mylène Farmer ne se terminait pas ici.

 Signé J.S.M http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

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Mylène Farmer – Coma extatique

Posté par francesca7 le 21 juillet 2012

Mylène Farmer - Coma extatique dans Mylène et SYMBOLISME autographes_ptitgenie_07-296x300Certainement que certains d’entres-vous se sont posés la question de savoir pourquoi Francesca aime autant Mylène Farmer non ? et bien tout simplement parce que Mylène Farmer est pour moi le Mysticisme parfait, son langage que parfois personne ne comprends et critique même est une moi source de méditation… Mylène est une grande Spiritualiste, eh oui !

     Préparez-vous à ce grand scoop : il paraîtrait que depuis ses débuts dans la chanson, Mylène Farmer apprécie le symbolisme, la philosophie et l’art ambigu. En 2009, là où certains s’adonnent à tergiverser, à l’aide de toute l’objectivité requise pour un sujet aussi percutant, sur le nouveau brushing de Mylène, il semblerait pourtant que son clip C’est dans l’air ait davantage de messages à exprimer.

     Pour son approche personnelle de la spiritualité et d’une certaine anticipation de l’apocalypse, la vidéo de C’est dans l’air, réalisée par Alain Escalle et diffusée depuis peu sur les chaînes télévisées, semble mélanger certains prophéties Mayas, les énergies inversées et les quatre symboles géométriques fondamentaux. Explications.

 PAR Arno Mothra 

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Regrets – Mylène et l’Au-delà

Posté par francesca7 le 8 juillet 2012

 

Dans Regrets aucune référence biblique ni d’apparition de personnages déjà morts ne peuvent guider le spectateur vers une lecture d’un au-delà. Ici Boutonnat semble faire confiance aux paroles explicites de la chanson et à la capacité de double lecture de son public pour que celui-ci trouve ce que représente le décor. La piste sonore de Regrets est un duo avec Mylène Farmer et Jean-Louis Murat remixé et bruité.

Regrets - Mylène et l'Au-delà dans Mylène et SYMBOLISME 2000-Claude-Gassian-029b-184x300Dans le générique de début, qui se compose des deux noms des interprètes et du titre du clip, le positionnement sur l’écran renvoie chacun des deux héros à son état dans le clip. Ce n’est pas innocemment que le nom de la chanteuse apparaît en haut à gauche de l’écran, élevé vers le ciel et du côté du cimetière. Ce n’est pas non plus dans un pur souci de composition d’image que celui du chanteur reste planté au bas de l’écran à droite, comme s’il avait les pieds sur terre. Suite à l’apparition des deux noms, le titre du clip apparaît au centre de l’image simultanément et au même endroit que le wagon sortant de la fumée, désignant le plus simplement possible les sentiments de l’homme présent dans le train : des Regrets. Le clip fourmille ainsi de détails à la cohérence implacable avec l’histoire racontée. Par exemple, l’apparition d’un daim solitaire lors de l’entrée de l’homme au bouquet dans le cimetière évoque Bambi (Walt Disney – 1946) qui perd sa mère dans le long-métrage d’animation du même nom. Alors perdu dans la neige, Bambi est recueilli par son père qui est le seul de ses parents encore vivant. Fils symbolique des deux protagonistes de Regrets, de la mère morte et du père venant le recueillir, le daim comme tous les autres éléments du clip fait une apparition en totale cohérence avec le contenu du récit.

L’aspect poétique des paroles comme la difficulté de décodage de la symbolique du clip ne laissent pas une grande place pour une lecture claire de l’histoire racontée. Rien n’y est clairement dit et tout est montré figurativement de manière plus ou moins décryptable. Ici c’est le bouquet tenu à la main par l’homme et refusé par la femme qui symbolise l’amour qu’il devra garder pour lui.

 

Le voyage dans l’au-delà de cet homme n’est pas figuré par le passage pompier d’un tunnel ou d’un pont mais par l’emprunt d’un wagon sur des rails menant nulle part. Le plus souvent dans les vidéo-clips, les symboles utilisés sont relatifs à l’image que l’interprète veut donner de lui, au titre de sa chanson ou à certaines paroles, mais ils sont rarement utilisés au service d’une histoire construite. Dans les autres cas, l’usage du symbole dans un clip est dû à la volonté du réalisateur de transposer visuellement un texte relevant d’éléments abstraits. Le récit de Regrets reproduit au contraire fidèlement l’histoire contenue dans le texte de la chanson sans l’enrichir d’autres actions. Ici la symbolique intervient seulement pour fixer quelques éléments narratifs et diégétiques d’une manière romantique cohérente avec la sobriété voulue par l’auteur.

Ce qui fait de Regrets, comme d’autres clips de Boutonnat, une œuvre aux attributs cinématographiques est l’usage d’une même langue pour se faire comprendre, qui est celle du cinéma classique. En ce sens Laurent Boutonnat s’éloigne du reste de la production de clip contemporaine utilisant les outils du langage cinématographique (raccords, échelle de plans) et des figures de style dans le but unique de produire chez le spectateur de la sensation brute. En cela nous rejoignons ce que nous expliquions au début de notre première partie sur le cinéma post-moderne. Regrets se lit comme ce que Christian Metz appelle un « long-métrage de fiction romanesque ». Afin probablement d’accentuer la magie de la rencontre entre l’homme et sa femme, Boutonnat applique un fort ralenti à chaque plan où ils figurent tous les deux dans l’image ; comme si par la grâce de leur proximité retrouvée le temps ralentissait, devenait élastique et ne comptait plus. Ces ralentis commencent dès l’entrée de l’homme dans le cimetière et s’arrêtent lorsque sa femme lui rend le bouquet.  

Toutefois, le spectateur pourra être aiguillé par la différence de décor selon les plans : si le plan situé avant le raccord en surimpression représente les mêmes personnages que le deuxième mais dans des positions et des lieux différents, même sans avoir précédemment appris ou déduit la signification du fondu enchaîné, le spectateur comprendra le hiatus sans que sa lecture du film n’en soit troublée. 

 

Jodel Saint-Marc, le 11 novembre 2003.

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Mylène Farmer et Laurent avec les défunts

Posté par francesca7 le 23 juin 2012


 Mylène Farmer et Laurent avec les défunts dans Mylène et SYMBOLISME DSCF0017-225x300                  Deux des clips de Laurent Boutonnat mettent en scène leur héroïne en tant que personnage défunt : A quoi je sers et Regrets. La diégèse des clips en question se situe dans un au-delà rendu d’une manière stylistique assez identique : un noir et blanc surexposé et des paysages déserts. Pour rendre l’aspect irréel et post-mortem de l’au-delà de A quoi je sers, Laurent Boutonnat use d’une symbolique biblique, qui met en scène un mystérieux passeur sur un fleuve qu’on reconnaîtra comme étant le Styx, fleuve des enfers. La venue de personnages morts dans les précédents clips, comme le capitaine de Libertine II, sa rivale ou le toréador de Sans logique accentue le statut de défunte de l’interprète à laquelle ils se joignent. Dix ans plus tard dans Parler tout bas (1999) Boutonnat s’attache à décrire, à nouveau dans un monde mi-réel mi-imaginaire, le passage d’une jeune fille à l’âge adulte. Loin de la poésie dont il avait fait précédemment preuve avec l’usage d’une symbolique relativement juste et discrète, Laurent Boutonnat quelques années après s’être illustré avec les clips de Mylène Farmer fait avec Parler tout bas (2000) un clip uniquement peuplé de symboles. Ici aucun d’eux n’est au service d’une histoire et seul le basculement de l’enfance vers l’âge adulte justifie leur emploi. Du point de vue des éléments filmés, on pourrait lire ce clip comme une suite du précédent réalisé par Boutonnat : Moi…Lolita (1999).

 Le jeune homme amoureux d’elle dans le premier opus revient dans celui-ci, et alors qu’elle le rejetait à l’époque, le garçon trouve à présent devant lui les bras grands ouverts de la protagoniste ; preuve du passage de la jeune fille à l’âge adulte. On peut remarquer aussi que Parler tout bas commence dans une maison en ruines jonchée de jouets cassés et de boue, probablement celle qu’habitait la jeune femme alors enfant dans Moi…lolita. Le champ désert et boueux qu’elle traverse pour enterrer sa vie d’enfant ressemble lui aussi aux champs d’orge du premier « épisode ». Mais ici la reprise de ces éléments se fait dans un contexte plus onirique qui rappelle celui de Plus Grandir (1985). Parler tout bas ressemble justement à un rêve ; ou plutôt à un cauchemar de petite fille qui ne voudrait pas devenir grande, tout comme Plus grandir. Les lieux que traversait la jeune fille dans Moi…Lolita étaient autant peuplés, ensoleillés et vivants que ceux qui leurs correspondent dans Parler tout bas sont déserts, pluvieux et désolés. Après avoir enterré son ours en peluche sur lequel elle plante une croix de bois, la jeune fille rejoint une dizaine de poupées géantes symbolisant on l’imagine l’accompagnement éternel de l’âme d’enfant dans sa vie d’adulte. La grossièreté des symboles de Boutonnat dans cette période non-assumée de sa carrière a pour mérite de justifier l’emploi que le réalisateur faisait d’une symbolique qu’il a toujours dit ignorer.

 Signé J.S.M http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

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Mylène F. pour Paris Match

Posté par francesca7 le 26 mai 2012

Jérôme Béglé (Journaliste)
Intervieweur de Mylène pour Paris Match en 2008

 

Retranscription de l’entretien vidéo du journaliste ayant interviewé Mylène pour « Paris Match »…

Mylène Farmer c’est une star, incontestablement. Si il y a dix stars en France, elle est de toute façon dedans. Elle est intéressante dans la mesure où elle ne parle pour ainsi dire jamais, et donc quand elle arrive quelque part, elle suscite la curiosité. Même moi qui la connais un petit peu, quand je la vois ce n’est pas anodin, ce n’est pas innocent. En revanche ce qui est très différent de ce que les gens pensent d’elle, c’est qu’elle est beaucoup plus marrante, elle est très accessible, drôle, un rien la fait rire, elle est vraiment… Quand j’entends certains témoignages qui parlent d’une fille complètement renfermée sur son monde, presque autiste, elle est vraiment à l’opposé de ça !

Mylène F. pour Paris Match  dans Mylène en INTERVIEW MF80_170aMylène Farmer préserve énormément sa vie privée. Qu’a-t-elle de si important à cacher ?
Moi je crois qu’elle est totalement paniquée à l’idée de parler d’elle ou à l’idée d’apparaître dans les médias. C’est d’ailleurs très cohérent avec son travail : si elle fait des clips aussi formidables, aussi bien travaillés, c’est qu’elle veut que ce travail suffise à la représenter. Elle veut pas se livrer à un jeu de promo où on va lui demander sa couleur préférée, ou quelle marque de parfum elle porte, ou pourquoi elle va chez le coiffeur deux fois par semaine ou quatre fois par mois… Donc elle a une aversion qui provient, je pense, de son être profond, pour la communication, pour les interviews, mais à partir du moment où elle avait décidé de donner une interview, elle s’est livrée, j’allais dire tout à fait normalement et classiquement.

Est-elle aussi mystique en privé que sur scène ?
C’est vrai qu’elle porte souvent sur elle des symboles religieux, ou en tout cas des symboles spirituels au sens large. Elle dit dans l’interview qu’elle a chez elle des objets, des tableaux, des bibelots qui rappellent un peu la Mort, l’au-delà, ou la religion ou les religions, mais c’est autant une posture esthétique, un goût pour ces choses-là, pour ces formes-là qui sont effectivement très belles, que, effectivement, une volonté de se dire qu’après la Mort il y a quelque chose…

L’idée de la fin la hante, même quand il s’agit de ses concerts…
Dans l’interview, on laisse planer le doute sur le fait qu’elle pourrait ne plus remonter sur scène après ce Stade de France de 2009. Elle le dit elle-même, ça va dépendre de sa volonté, ça va dépendre… Moi, ce qui me frappe un peu chez elle, c’est que… C’est un peu comme des actrices américaines dans les années 40 – 50, lorsque Greta Garbo ou lorsque Marlene Dietrich avaient senti que le physique n’était plus là, eh bien Marlene Dietrich s’est repliée dans son appartement de l’avenue Montaigne et n’en est pas sortie. Elle ne voulait pas montrer une image « dégradée » de ce qu’elle était aux gens qui l’avaient adoré et qui avaient fantasmé sur elle. 

Dans une moindre mesure, Mylène Farmer je pense que c’est un peu ça. Elle veut paraître comme parfaite, elle veut se montrer, devant son public, devait ses fans, comme parfaite, avec des shows extrêmement bien rodés, avec des lumières incroyables, avec une présence scénique magnifique, mais cette présence scénique, à soixante ans, ou à soixante-cinq ans, effectivement elle ne sera pas la même que celle qu’on peut avoir à trente, quarante ou cinquante ans. Donc aujourd’hui la question se pose effectivement. Elle a quarante-sept ans bientôt, donc effectivement c’est une question qui commence un peu à la travailler. 

Elle fera d’autres albums, c’est absolument certain, mais peut-être – peut-être – que ce Stade de France sera l’une de ses dernières apparitions sur scène. 

 

Site internet de Paris Match – 2008

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Mylène dans Ouest-France

Posté par francesca7 le 19 mai 2012

Voir l’article paru ce jeudi dans le quotidien Ouest-France.

 

Cette interview exclusive de Mylène Farmer a été réalisée lundi 4 mai, au lendemain de son deuxième concert niçois, dans l’hôtel où elle séjournait, à Saint-Paul-de-Vence, près de Nice.

Comment vous sentez-vous après ces deux premiers concerts niçois ?

Mylène dans Ouest-France dans Mylène en INTERVIEW MFBercy2006_25aFatiguée et soulagée. Le plus dur, c’est le premier spectacle. Avant, la peur m’habite. C’est une grosse machinerie qui impose que les choses soient, au départ, bridées. Il faut ensuite passer de la répétition à la légèreté, dépasser le côté robotisé. Il y a un gros travail sur l’image, sur chaque tableau, avec toujours l’objectif d’offrir du rêve.

C’est un défi physique important ?

Six mois d’entraînement, avec un coach, mon coach. Essentiellement de l’endurance. C’est fondamental avec une telle énergie. Chanter et danser à la fois n’est pas simple.

A la moitié du spectacle, on entre dans une phase intimiste, avec des ballades. Un moment qui semble vous procurer de l’émotion, vous embrumer les yeux…

Ceux qui ne m’aiment pas vont forcément trouver ça forcé. Mais même en répétition, ça me prend. Car nous sommes dans un moment de dépouillement, dans la fragilité de l’âme. Un moment de partage avec le public (qui chante beaucoup à ce moment là, N.D.L.R.). Je crois que l’émotion passe à travers le piano d’Yvan Cassar, qui est un grand pianiste, et dans les mots. On raconte sa propre histoire et chacun peut inventer la sienne à travers les mots.


Le public est, en quelque sorte, plongé dans un tourbillon sonore et visuel quasi hypnotique. Vous l’avez voulu ainsi ?

J’espère ne pas en avoir trop fait. L’idée, sans vouloir être prétentieuse, est de titiller l’imaginaire, l’inconscient.

Quelle est la base de départ de ce spectacle ?

Vous savez, nous sommes réceptifs à ce qui nous marque profondément, dans la littérature, le cinéma, l’art. Outre des désirs picturaux, je voulais arriver à quelque chose de contemporain, avec des symboles forts. Après, ça se construit comme un collier de perles.

Ce qui domine, dans le décor, ce sont deux grands squelettes…

Les squelettes, ce sont mes écorchés, inspirés par une sculpture du XVe siècle, qui existe dans une église en France. Après nous avoir écouté, Laurent (Boutonnat) et moi, Mark Fisher (concepteur du décor) nous a présenté cette œuvre, appelée « Le transit ». On lui a dit, il nous la faut, en immense… L’écorché, c’est le passage entre l’homme et le squelette, c’est la mort dans une certaine légèreté.


Il y a aussi un tableau animé, qui apparaît à la fin de « Ainsi sois-je », impressionnant et lugubre…

Il nous a été proposé par Alain Escalle (concepteur des décors). Une errance de personnages sur une plage. Une image très retravaillée par Alain de manière à le rendre, comment dire, fantomatique.

On va encore vous reprocher de tirer vers le lugubre, voire le morbide…

L’idée d’expliquer cela m’est difficile. Comment dire ? Pour moi, ce n’est pas morbide. Je veux simplement faire appel, encore une fois, à l’imaginaire, à l’inconscient. Bien sûr, cela draine des symboles. Mais, à chacun de se les approprier comme il l’entend. Ce n’est pas un passage en force. L’envie de choquer ne fait pas partie de moi. Mais l’envie de faire réagir, si ! C’est une manière de se sentir vivant. Dans mon dernier clip, la danse des squelettes est ludique.

Et c’est vrai, qu’en tenue d’écorché, vous êtes plutôt sexy…

(Elle sourit). Autant qu’à être terrifié par la mort, parce qu’elle est inéluctable, autant le prendre avec légèreté, autant en rire. Même si ce n’est pas tous les jours faciles…

Est-ce que vous vous censurez parfois ?

Je crois qu’il y a toujours un peu d’auto-censure. Mais chez moi, cela arrive plutôt dans mes mots. Je vous donne un exemple. Dans « C’est une belle journée », je chante « C’est une belle journée/Je vais me coucher. » J’avais d’abord écrit, avec cynisme et dérision : « C’est une belle journée/Je vais me tuer. » Je me suis dit que cela allait peut-être trop loin, qu’il y avait des vies fragiles, que cela pouvait avoir des incidences. Donc, j’ai changé mon texte. Par contre, un sexe peut apparaître sur un écran, s’il n’est pas obscène, il n’y a aucun problème, cela fait partie de la vie.

Il y a beaucoup de représentations du corps dans votre spectacle. Par exemple, les images d’un couple qui s’attire et se repousse. Et surtout la trentaine de poupées nues, grandeur humaine, qui vous ressemblent, exposées dans une immense bibliothèque en fond de décor…

Le corps dans sa plénitude, puis dans sa décomposition avec l’écorché. Le vie faite de contorsions… Le couple en images que vous évoquez, ce sont deux danseurs. Ils expriment des sentiments d’amour et des expressions de douleur. Parce que l’amour intègre aussi le sentiment de douleur.


Pour résumer, votre univers est beaucoup un univers d’amour et de fantastique, non ?

J’adore le fantastique, dans le sens magique du terme, c’est-à-dire qui nous transporte hors de la réalité. J’ai été bercée par Edgar Poe et je continue à le lire et à le relire. Comme Stefan Zweig, comme Kafka. J’ai aussi adoré une série que j’ai découverte il y a peu, qui s’appelle, en français, La caravane de l’étrange. Sur un cirque itinérant, bizarroïde. Cela pullule de symboles, avec ce qui fait un cirque, un côté hyper-sensible et effrayant. C’est très bien réalisé. Un vrai voyage, métaphysique à souhait. J’aime ces univers.

Pour revenir concrètement au concert, aujourd’hui n’avez pas l’impression de plus créer l’événement avec vos spectacles qu’avec vos disques ?

MFBercy2006_36a dans Mylène en INTERVIEWD’abord, la scène est la création ultime. Personne n’entrave quoique ce soit. Quant à l’émotion, elle est d’abord générée par le concert, par ce qui se passe avec le public. Ensuite, il ne faut pas être dupe. C’est une évidence que l’économie du disque s’écroule. C’est une réalité avec laquelle il faut composer.


A ce propos, vous remplissez deux Stade de France en quelques heures et abordez une tournée de 32 concerts tous complets ou presque. L’engouement ne faiblit pas. Impressionnant, non ?

Cela m’émeut. En toute humilité, je me dis pourquoi moi ? Mais je n’ai jamais pensé que le public était acquis. Ce serait une erreur totale. Il peut être déçu. Il peut y avoir des hauts et des bas. Bien sûr, on a envie de durer, c’est humain, mais ça ne me hante pas. On ne peut pas forcer les choses. On peut engendrer. On peut décourager. Mais on est pas maître de sa vie. Par contre, pour durer, la chose fondamentale, c’est le travail. C’est une certitude. Cela se passe parfois dans la souffrance. Mais ça vaut le coup.

Même si cela peut vous valoir de vivre dans un « Paradis inanimé », comme vous le chantez dans votre dernier album. En quelques mots, être une star, c’est être seul ?

J’aurais pu choisir, un moment, une autre carrière, à l’international. J’ai souhaité rester sur la France, même si la Russie s’est offerte à moi un peu plus tard. Donc, j’aurais pu encore aller plus loin. Cela dit, je crois avoir toujours été un être solitaire avec, en même temps, une grande envie et un grand besoin de l’autre. Il faut juste bien choisir. Quoiqu’il en soit, je crois que les êtres humains ont un peu tous les mêmes appréhensions, les mêmes démons.

L’une des principales surprises de votre dernier album, c’est le côté révolutionnaire dans deux-trois titres comme « Réveiller le monde » où vous chantez : « Réveiller le monde/Rêver d’un autre été (…)/Révolus les mondes/Sans une révolution. » Surprenant ?

Je ne suis pas sûre de vouloir porter ce chapeau… Mais j’aime l’idée de la révolution, d’un peuple qui se soulève. J’aime le mouvement de masse. C’est une envie. Une espèce de cri de bête. Pas un message politique. Un regroupement est une force incroyable alors que parfois l’homme dans son individualité me terrifie.

On ne peut finir cette interview sans se rappeler que vous avez du sang breton, par votre mère, qui vit en Bretagne. Que pensez-vous avoir de breton en vous ?

(Elle sourit) La ténacité, le sens des valeurs profondes de la terre. Et puis… j’adore les crêpes ! Ma mère vit du côté de Pleyben. Enfant, j’ai passé mes vacances en Bretagne, à la ferme. J’adore les paysages tourmentés de la Bretagne.

Propos recueillis par Michel TROADEC. 

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Interview Mylène pour le Tour Niçois

Posté par francesca7 le 13 mai 2012

interview Mylène Farmer Tour 2009 dans Ouest France jeudi

en mai 2009 : Cette interview exclusive de Mylène Farmer a été réalisée lundi 4 mai, au lendemain de son deuxième concert niçois, dans l’hôtel où elle séjournait, à Saint-Paul-de-Vence, près de Nice.

Source OUEST FRANCE  /

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDetFdj_-Mylene-Farmer-la-scene-c-est-la-creation-ultime_39382-924419_actu.Htm

Comment vous sentez-vous après ces deux premiers concerts niçois ?

Interview Mylène pour le Tour Niçois dans Mylène en INTERVIEW FanDaniel1Fatiguée et soulagée. Le plus dur, c’est le premier spectacle. Avant, la peur m’habite. C’est une grosse machinerie qui impose que les choses soient, au départ, bridées. Il faut ensuite passer de la répétition à la légèreté, dépasser le côté robotisé. Il y a un gros travail sur l’image, sur chaque tableau, avec toujours l’objectif d’offrir du rêve.

C’est un défi physique important ?

Six mois d’entraînement, avec un coach, mon coach. Essentiellement de l’endurance. C’est fondamental avec une telle énergie. Chanter et danser à la fois n’est pas simple.

A la moitié du spectacle, on entre dans une phase intimiste, avec des ballades. Un moment qui semble vous procurer de l’émotion, vous embrumer les yeux…

Ceux qui ne m’aiment pas vont forcément trouver ça forcé. Mais même en répétition, ça me prend. Car nous sommes dans un moment de dépouillement, dans la fragilité de l’âme. Un moment de partage avec le public (qui chante beaucoup à ce moment là, N.D.L.R.). Je crois que l’émotion passe à travers le piano d’Yvan Cassar, qui est un grand pianiste, et dans les mots. On raconte sa propre histoire et chacun peut inventer la sienne à travers les mots.


Le public est, en quelque sorte, plongé dans un tourbillon sonore et visuel quasi hypnotique. Vous l’avez voulu ainsi ?

J’espère ne pas en avoir trop fait. L’idée, sans vouloir être prétentieuse, est de titiller l’imaginaire, l’inconscient.

Quelle est la base de départ de ce spectacle ?

Vous savez, nous sommes réceptifs à ce qui nous marque profondément, dans la littérature, le cinéma, l’art. Outre des désirs picturaux, je voulais arriver à quelque chose de contemporain, avec des symboles forts. Après, ça se construit comme un collier de perles.

Ce qui domine, dans le décor, ce sont deux grands squelettes…

FanElodieAngeline1 dans Mylène en INTERVIEWLes squelettes, ce sont mes écorchés, inspirés par une sculpture du XVe siècle, qui existe dans une église en France. Après nous avoir écouté, Laurent (Boutonnat) et moi, Mark Fisher (concepteur du décor) nous a présenté cette œuvre, appelée « Le transit ». On lui a dit, il nous la faut, en immense… L’écorché, c’est le passage entre l’homme et le squelette, c’est la mort dans une certaine légèreté

Il y a aussi un tableau animé, qui apparaît à la fin de « Ainsi sois-je », impressionnant et lugubre…

Il nous a été proposé par Alain Escalle (concepteur des décors). Une errance de personnages sur une plage. Une image très retravaillée par Alain de manière à le rendre, comment dire, fantomatique.

On va encore vous reprocher de tirer vers le lugubre, voire le morbide…

L’idée d’expliquer cela m’est difficile. Comment dire ? Pour moi, ce n’est pas morbide. Je veux simplement faire appel, encore une fois, à l’imaginaire, à l’inconscient. Bien sûr, cela draine des symboles. Mais, à chacun de se les approprier comme il l’entend. Ce n’est pas un passage en force. L’envie de choquer ne fait pas partie de moi. Mais l’envie de faire réagir, si ! C’est une manière de se sentir vivant. Dans mon dernier clip, la danse des squelettes est ludique.

Et c’est vrai, qu’en tenue d’écorché, vous êtes plutôt sexy…

(Elle sourit). Autant qu’à être terrifié par la mort, parce qu’elle est inéluctable, autant le prendre avec légèreté, autant en rire. Même si ce n’est pas tous les jours facile…

Est-ce que vous vous censurez parfois ?

Je crois qu’il y a toujours un peu d’auto-censure. Mais chez moi, cela arrive plutôt dans mes mots. Je vous donne un exemple. Dans « C’est une belle journée », je chante « C’est une belle journée/Je vais me coucher. » J’avais d’abord écrit, avec cynisme et dérision : « C’est une belle journée/Je vais me tuer. » Je me suis dit que cela allait peut-être trop loin, qu’il y avait des vies fragiles, que cela pouvait avoir des incidences. Donc, j’ai changé mon texte. Par contre, un sexe peut apparaître sur un écran, s’il n’est pas obscène, il n’y a aucun problème, cela fait partie de la vie.

Il y a beaucoup de représentations du corps dans votre spectacle. Par exemple, les images d’un couple qui s’attire et se repousse. Et surtout la trentaine de poupées nues, grandeur humaine, qui vous ressemblent, exposées dans une immense bibliothèque en fond de décor…

Le corps dans sa plénitude, puis dans sa décomposition avec l’écorché. Le vie faite de contorsions… Le couple en images que vous évoquez, ce sont deux danseurs. Ils expriment des sentiments d’amour et des expressions de douleur. Parce que l’amour intègre aussi le sentiment de douleur.


Pour résumer, votre univers est beaucoup un univers d’amour et de fantastique, non ?

FanMarina1J’adore le fantastique, dans le sens magique du terme, c’est-à-dire qui nous transporte hors de la réalité. J’ai été bercée par Edgar Poe et je continue à le lire et à le relire. Comme Stefan Zweig, comme Kafka. J’ai aussi adoré une série que j’ai découverte il y a peu, qui s’appelle, en français, La caravane de l’étrange. Sur un cirque itinérant, bizarroïde. Cela pullule de symboles, avec ce qui fait un cirque, un côté hyper-sensible et effrayant. C’est très bien réalisé. Un vrai voyage, métaphysique à souhait. J’aime ces univers.

Pour revenir concrètement au concert, aujourd’hui n’avez pas l’impression de plus créer l’événement avec vos spectacles qu’avec vos disques ?

D’abord, la scène est la création ultime. Personne n’entrave quoique ce soit. Quant à l’émotion, elle est d’abord générée par le concert, par ce qui se passe avec le public. Ensuite, il ne faut pas être dupe. C’est une évidence que l’économie du disque s’écroule. C’est une réalité avec laquelle il faut composer.


A ce propos, vous remplissez deux Stade de France en quelques heures et abordez une tournée de 32 concerts tous complets ou presque. L’engouement ne faiblit pas. Impressionnant, non ?

Cela m’émeut. En toute humilité, je me dis pourquoi moi ? Mais je n’ai jamais pensé que le public était acquis. Ce serait une erreur totale. Il peut être déçu. Il peut y avoir des hauts et des bas. Bien sûr, on a envie de durer, c’est humain, mais ça ne me hante pas. On ne peut pas forcer les choses. On peut engendrer. On peut décourager. Mais on est pas maître de sa vie. Par contre, pour durer, la chose fondamentale, c’est le travail. C’est une certitude. Cela se passe parfois dans la souffrance. Mais ça vaut le coup

Même si cela peut vous valoir de vivre dans un « Paradis inanimé », comme vous le chantez dans votre dernier album. En quelques mots, être une star, c’est être seul ?

J’aurais pu choisir, un moment, une autre carrière, à l’international. J’ai souhaité rester sur la France, même si la Russie s’est offerte à moi un peu plus tard. Donc, j’aurais pu encore aller plus loin. Cela dit, je crois avoir toujours été un être solitaire avec, en même temps, une grande envie et un grand besoin de l’autre. Il faut juste bien choisir. Quoiqu’il en soit, je crois que les êtres humains ont un peu tous les mêmes appréhensions, les mêmes démons.

L’une des principales surprises de votre dernier album, c’est le côté révolutionnaire dans deux-trois titres comme « Réveiller le monde » où vous chantez : « Réveiller le monde/Rêver d’un autre été (…)/Révolus les mondes/Sans une révolution. » Surprenant ?

Je ne suis pas sûre de vouloir porter ce chapeau… Mais j’aime l’idée de la révolution, d’un peuple qui se soulève. J’aime le mouvement de masse. C’est une envie. Une espèce de cri de bête. Pas un message politique. Un regroupement est une force incroyable alors que parfois l’homme dans son individualité me terrifie.

FanCarole1
On ne peut finir cette interview sans se rappeler que vous avez du sang breton, par votre mère, qui vit en Bretagne. Que pensez-vous avoir de breton en vous ?

(Elle sourit) La ténacité, le sens des valeurs profondes de la terre. Et puis… j’adore les crêpes ! Ma mère vit du côté de Pleyben. Enfant, j’ai passé mes vacances en Bretagne, à la ferme. J’adore les paysages tourmentés de la Bretagne.

Propos recueillis par Michel TROADEC.

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L’honnêteté de Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 12 avril 2012

 

L'honnêteté de Mylène FARMER dans Mylène et SYMBOLISME MF80_191aEn 2005, à la sortie de Fuck Them All, la quarantaine dépassée, Mylène Gautier montre enfin le bout de son nez et zappe une Mylène FARMER devenue caricaturale. Le personnage intemporel et finalement peu crédible disparaît au profit de la femme hédoniste qui vit au présent, sans amertume ni remord, délestée de tout son passé et indifférente de son futur. Sur le fon d, la suite logique et cohérente d’Innamoramento, qui amorçait déjà un retour à la vie. 

Mylène FARMER, après avoir discouru sur des thèmes emphatiques et peu maniables devient enfin le témoin de sa propre vie, en l’aimant, en la connaissant, sans la prendre au sérieux. Le seul point de perspective à tout ce témoignage reste la solitude, voulue, paradoxale pour une personne qu’on imagine si bien entourée. En ce sens, la séance de photographie qui illustre le livret tombe en plein dans l’homogénéité des Ballades fluides qui le composent. Reprise des même clichés comme des instantanés d’un quotidien enfin supportable qui se répète, sourire apaisé devant la simplicité de vire enfin trouvée, Mylène Gautier comme elle se voit vraiment, en intérieur, en logis, libérée des studios et de toute forme de symboles ou de mise en scène. Il y a cette pochette simple, mais finalement mystérieuse où le canapé recueillant le corps de la chanteuse apaisée rappelle le velours d’un cercueil qui garde un être dont l’avenir appartient au passé. Mylène est dans son monde, pas celui qu’on connaît ; proche de sa vraie nature intrinsèque, et finalement assez neutre. 

Il y a ce crucifix de pacotille, mais lourd de sens, celui du pardon, de l’amour, des amours et surtout de cette spiritualité débarrassée des pollutions bouddhiques et de ses Lamas à l’optimisme béat. Mylène FARMER aime. Et pour l’instant ? Rien d’autre. 

Pas même les grands auteurs dont elle se désintéresse. On se tourne avec bien plus de désinvolture vers des références légères, comme Dorothée à laquelle elle empreinte le mélodique refrain de Hou la menteuse pour les couplets de l’Amour n’est rien. Bien sûr cette franchise et cette épaisseur certaine se créent au détriment de l’efficacité « tubesque » ou des émotions brutes dont on nous avait habitués avec tant de délices. Le grand public pourra facilement s’ennuyer là où le passionné tombera de nouveau en amour devant la femme et l’(les) artiste(s). 

Lascive, mais dépassée par une vulgarité inappropriée encore récente, elle est proche de toutes les formes de sensualité, mais éloignée de toute idée masturbatoire. L’évocation sexuelle, pourtant crue, est purement intellectuelle, entièrement décomplexée et désinhibée. L’idée de sexe prévaut, mais l’homme en lui-même semble lasser. Le toucher reste important. C’est sans doute pourquoi elle renoue aussi avec la sensualité de l’objet (le CD imite brillamment le vinyle). Mylène FARMER aime les plaisirs de la vie, et Aime finalement cette vie qui les lui permet. Mylène FARMER est morte, vive Mylène Gautier.

 

Signé J.S.M http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

 

 

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La Presse FARMER 1989

Posté par francesca7 le 20 mars 2012

La Presse FARMER 1989 dans Mylène dans la PRESSEEn février 1989, la sortie de Sans Logique ne passe pas inaperçue. Là où les artistes de l’époque tentaient de se sortir des années 80, en produisant des clips les plus modernes possibles, Laurent Boutonnat sort un mélange démoniaque entre une musique de discothèque et des images baroques, intemporel.

Quant un nouveau clip de MYLENE FARMER est annoncé, on s’attend toujours à une nouvelle surprise et le fait est que l’on est jamais déçu. Sans Logique est tout aussi surprenant, étrange et déroutant que les précédents et l’on a beau se dire qu’il ne passera cette fois encore quelque chose d’inhabituel, le résultat dépasse toutes les espérances. L’univers de MYLENE FARMER ne nous a sans doute pas révélé tous ses mystères mais nous en aurons une tranche encore plus riche sur la scène dont on dit que les décors morbides en défriseront plus d’un, mais comment marier la mort, le lugubre, le tragique avec la musique de discothèque ? Sans logique est la réponse.

A force de symboles, de décors sophistiqués et de l’union subtile du beau et du malsain. Et nous assistons ainsi à la corrida meurtrière qui met fin à la seule note de beauté et de douceur dans une lande déserte et maudite, l’amour entre un bel hidalgo et une jeune femme rousse. « Fixée à vos yeux si tendres, je pourrais bien par mégarde, d’un ciseau les fendre », dit la chanson, et de « taureau » a raison de son matador sur des rythmes qui, sans être House, n’en sont pas moins ultra-modernes.

Paru au Top 50 de 1989.

 

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Interview Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 25 février 2012

Mylène Farmer: « la scène c’est la création ultime »

Interview du vendredi 08 mai 2009

Cette interview exclusive de Mylène Farmer a été réalisée lundi 4 mai 2009, au lendemain de son deuxième concert niçois, dans l’hôtel où elle séjournait, à Saint-Paul-de-Vence, près de Nice.

Comment vous sentez-vous après ces deux premiers concerts niçois ?

Fatiguée et soulagée. Le plus dur, c’est le premier spectacle. Avant, la peur m’habite. C’est une grosse machinerie qui impose que les choses soient, au départ, bridées. Il faut ensuite passer de la répétition à la légèreté, dépasser le côté robotisé. Il y a un gros travail sur l’image, sur chaque tableau, avec toujours l’objectif d’offrir du rêve.

Interview Mylène Farmer dans Mylène en INTERVIEW MF90_156aC’est un défi physique important ?

Six mois d’entraînement, avec un coach, mon coach. Essentiellement de l’endurance. C’est fondamental avec une telle énergie. Chanter et danser à la fois n’est pas simple.

A la moitié du spectacle, on entre dans une phase intimiste, avec des ballades. Un moment qui semble vous procurer de l’émotion, vous embrumer les yeux…

Ceux qui ne m’aiment pas vont forcément trouver ça forcé. Mais même en répétition, ça me prend. Car nous sommes dans un moment de dépouillement, dans la fragilité de l’âme. Un moment de partage avec le public (qui chante beaucoup à ce moment là, N.D.L.R.). Je crois que l’émotion passe à travers le piano d’Yvan Cassar, qui est un grand pianiste, et dans les mots. On raconte sa propre histoire et chacun peut inventer la sienne à travers les mots.


Le public est, en quelque sorte, plongé dans un tourbillon sonore et visuel quasi hypnotique. Vous l’avez voulu ainsi ?

J’espère ne pas en avoir trop fait. L’idée, sans vouloir être prétentieuse, est de titiller l’imaginaire, l’inconscient.

Quelle est la base de départ de ce spectacle ?

Vous savez, nous sommes réceptifs à ce qui nous marque profondément, dans la littérature, le cinéma, l’art. Outre des désirs picturaux, je voulais arriver à quelque chose de contemporain, avec des symboles forts. Après, ça se construit comme un collier de perles.

Ce qui domine, dans le décor, ce sont deux grands squelettes…

Les squelettes, ce sont mes écorchés, inspirés par une sculpture du XVe siècle, qui existe dans une église en France. Après nous avoir écouté, Laurent (Boutonnat) et moi, Mark Fisher (concepteur du décor) nous a présenté cette œuvre, appelée « Le transit ». On lui a dit, il nous la faut, en immense… L’écorché, c’est le passage entre l’homme et le squelette, c’est la mort dans une certaine légèreté.


Il y a aussi un tableau animé, qui apparaît à la fin de « Ainsi sois-je », impressionnant et lugubre…

Il nous a été proposé par Alain Escalle (concepteur des décors). Une errance de personnages sur une plage. Une image très retravaillée par Alain de manière à le rendre, comment dire, fantomatique.

MF90_155a dans Mylène en INTERVIEWOn va encore vous reprocher de tirer vers le lugubre, voire le morbide…

L’idée d’expliquer cela m’est difficile. Comment dire ? Pour moi, ce n’est pas morbide. Je veux simplement faire appel, encore une fois, à l’imaginaire, à l’inconscient. Bien sûr, cela draine des symboles. Mais, à chacun de se les approprier comme il l’entend. Ce n’est pas un passage en force. L’envie de choquer ne fait pas partie de moi. Mais l’envie de faire réagir, si ! C’est une manière de se sentir vivant. Dans mon dernier clip, la danse des squelettes est ludique.

Et c’est vrai, qu’en tenue d’écorché, vous êtes plutôt sexy…

(Elle sourit). Autant qu’à être terrifié par la mort, parce qu’elle est inéluctable, autant le prendre avec légèreté, autant en rire. Même si ce n’est pas tous les jours facile…

Est-ce que vous vous censurez parfois ?

Je crois qu’il y a toujours un peu d’auto-censure. Mais chez moi, cela arrive plutôt dans mes mots. Je vous donne un exemple. Dans « C’est une belle journée », je chante « C’est une belle journée/Je vais me coucher. » J’avais d’abord écrit, avec cynisme et dérision : « C’est une belle journée/Je vais me tuer. » Je me suis dit que cela allait peut-être trop loin, qu’il y avait des vies fragiles, que cela pouvait avoir des incidences. Donc, j’ai changé mon texte. Par contre, un sexe peut apparaître sur un écran, s’il n’est pas obscène, il n’y a aucun problème, cela fait partie de la vie.

Il y a beaucoup de représentations du corps dans votre spectacle. Par exemple, les images d’un couple qui s’attire et se repousse. Et surtout la trentaine de poupées nues, grandeur humaine, qui vous ressemblent, exposées dans une immense bibliothèque en fond de décor…

Le corps dans sa plénitude, puis dans sa décomposition avec l’écorché. Le vie faite de contorsions… Le couple en images que vous évoquez, ce sont deux danseurs. Ils expriment des sentiments d’amour et des expressions de douleur. Parce que l’amour intègre aussi le sentiment de douleur.


Pour résumer, votre univers est beaucoup un univers d’amour et de fantastique, non ?

J’adore le fantastique, dans le sens magique du terme, c’est-à-dire qui nous transporte hors de la réalité. J’ai été bercée par Edgar Poe et je continue à le lire et à le relire. Comme Stefan Zweig, comme Kafka. J’ai aussi adoré une série que j’ai découverte il y a peu, qui s’appelle, en français, La caravane de l’étrange. Sur un cirque itinérant, bizarroïde. Cela pullule de symboles, avec ce qui fait un cirque, un côté hyper-sensible et effrayant. C’est très bien réalisé. Un vrai voyage, métaphysique à souhait. J’aime ces univers.

Pour revenir concrètement au concert, aujourd’hui n’avez pas l’impression de plus créer l’événement avec vos spectacles qu’avec vos disques ?

D’abord, la scène est la création ultime. Personne n’entrave quoique ce soit. Quant à l’émotion, elle est d’abord générée par le concert, par ce qui se passe avec le public. Ensuite, il ne faut pas être dupe. C’est une évidence que l’économie du disque s’écroule. C’est une réalité avec laquelle il faut composer.


A ce propos, vous remplissez deux Stade de France en quelques heures et abordez une tournée de 32 concerts tous complets ou presque. L’engouement ne faiblit pas. Impressionnant, non ?

Cela m’émeut. En toute humilité, je me dis pourquoi moi ? Mais je n’ai jamais pensé que le public était acquis. Ce serait une erreur totale. Il peut être déçu. Il peut y avoir des hauts et des bas. Bien sûr, on a envie de durer, c’est humain, mais ça ne me hante pas. On ne peut pas forcer les choses. On peut engendrer. On peut décourager. Mais on est pas maître de sa vie. Par contre, pour durer, la chose fondamentale, c’est le travail. C’est une certitude. Cela se passe parfois dans la souffrance. Mais ça vaut le coup.

Même si cela peut vous valoir de vivre dans un « Paradis inanimé », comme vous le chantez dans votre dernier album. En quelques mots, être une star, c’est être seul ?

J’aurais pu choisir, un moment, une autre carrière, à l’international. J’ai souhaité rester sur la France, même si la Russie s’est offerte à moi un peu plus tard. Donc, j’aurais pu encore aller plus loin. Cela dit, je crois avoir toujours été un être solitaire avec, en même temps, une grande envie et un grand besoin de l’autre. Il faut juste bien choisir. Quoiqu’il en soit, je crois que les êtres humains ont un peu tous les mêmes appréhensions, les mêmes démons.

L’une des principales surprises de votre dernier album, c’est le côté révolutionnaire dans deux-trois titres comme « Réveiller le monde » où vous chantez : « Réveiller le monde/Rêver d’un autre été (…)/Révolus les mondes/Sans une révolution. » Surprenant ?

Je ne suis pas sûre de vouloir porter ce chapeau… Mais j’aime l’idée de la révolution, d’un peuple qui se soulève. J’aime le mouvement de masse. C’est une envie. Une espèce de cri de bête. Pas un message politique. Un regroupement est une force incroyable alors que parfois l’homme dans son individualité me terrifie.

On ne peut finir cette interview sans se rappeler que vous avez du sang breton, par votre mère, qui vit en Bretagne. Que pensez-vous avoir de breton en vous ?

(Elle sourit) La ténacité, le sens des valeurs profondes de la terre. Et puis… j’adore les crêpes ! Ma mère vit du côté de Pleyben. Enfant, j’ai passé mes vacances en Bretagne, à la ferme. J’adore les paysages tourmentés de la Bretagne.

Voir l’article paru ce jeudi dans le quotidien Ouest-France.

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Renommée de Mylène

Posté par francesca7 le 6 février 2012

Renommée de Mylène dans CONCERTS DE MYLENE MF2000_111aDiscrète dans les médias, Mylène Farmer l’est également sur scène : en 27 ans de carrière, elle n’a effectué que 5 séries de concerts, dont la dernière l’a menée sur la scène du Stade de France, en 2009.

Dignes des grands shows américains et n’utilisant jamais de playback, ses spectacles sont devenus de véritables références dans le paysage musical français. Assistée de Laurent Boutonnat (sauf pour le Mylenium Tour), Mylène Farmer réserve une place prépondérante aux symboles et à sa relation avec son public.

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1989 : Tour 89 (en savoir plus…)Budget : environ 6 millions d’euros

  • Nombre de spectateurs : environ 300 000
  • Produit par Laurent Boutonnat et Thierry Suc
  • Conçu par Mylène Farmer, Gilles Laurent et Laurent Boutonnat
  • Costumes : Thierry Mugler
  • Album live vendu à 600 000 exemplaires – Double disque de Platine
  • Vidéo live vendue à 150 000 exemplaires (K7 vidéo / CD vidéo / CD interactif) – Vidéo de Diamant

 

 

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1996 : Tour 1996 (en savoir plus…)Budget : environ 12 millions d’euros

  • Nombre de spectateurs : environ 300 000
  • Produit par Tuxedo Tour en accord avec Thierry Suc
  • Conçu par Mylène Farmer et Laurent Boutonnat
  • Costumes : Paco Rabanne
  • Album live vendu à 900 000 exemplaires
  • Vidéo live vendue à 350 000 exemplaires (DVD / K7 vidéo / CD vidéo) – DVD & Vidéo de Diamant

 

 

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1999 : Mylenium Tour (en savoir plus…)Budget : 20 millions d’euros

  • Nombre de spectateurs : environ 460 000
  • Produit par Thierry Suc
  • Conçu par Mylène Farmer
  • Conception du décor : Guy-Claude François (décor de scène créé à partir du tableau # 218 © 1973 H. R. Giger)
  • Costumes : Dominique Borg
  • Album live vendu à 700 000 exemplaires – Double Disque de Platine
  • Vidéo live vendue à 400 000 exemplaires (DVD / Vidéo) – DVD & Vidéo de Diamant

 

 

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2006 : Avant que l’ombre… à Bercy (en savoir plus…)Note : Le spectacle a été réalisé spécifiquement pour l’infrastructure de la salle de Bercy et n’a donc pas été présenté ailleurs.

  • Budget : 10 millions d’euros
  • Nombre de spectateurs : 170 000
  • Produit par Thierry Suc pour TS3
  • Conception et direction artistique : Mylène Farmer et Laurent Boutonnat
  • Conception des décors : Mark Fisher
  • Première partie et conception des images de scène : Alain Escalle
  • Costumes : Franck Sorbier
  • Album live vendu à 250 000 exemplaires – Disque d’or en 2 semaines
  • Vidéo live vendue à 500 000 exemplaires – DVD de Diamant

 

 

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2009 : Tour 2009 (en savoir plus…)Costumes : Jean-Paul Gaultier

  • Budget : 30 millions d’euros
  • Nombre de spectateurs : 632 000
  • Produit par Laurent Boutonnat et Thierry Suc
  • Conçu par Mylène Farmer et Laurent Boutonnat
  • Conception des décors : Mark Fisher
  • Conception des images de scène : Alain Escalle
  • Première partie au Stade de Genève et au Stade de France : Balé de Rua

 

 

                                                                        MF2000_124a dans CONCERTS DE MYLENE

 

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quelques Interviews Mylène

Posté par francesca7 le 27 septembre 2011

 

quelques Interviews Mylène  dans Mylène 2009 - 2010 MF2000_02a Pour la première fois de sa carrière, Mylène Farmer a donné deux concerts au Stade de France les 11 et 12 septembre 2009, devenant ainsi la première chanteuse française à se produire dans un tel lieu. La mise en vente des places pour le 12 septembre vit une affluence si importante qu’elle provoqua un bogue informatique sur tous les sites de réservations. Le spectacle affichant complet en moins de deux heures, la date du 11 septembre fut ajoutée et afficha à son tour complet en 1 h 15. 

 

Une tournée a également été présentée dans différents stades et Zéniths de province au printemps 2009, ainsi qu’en Russie durant l’été 2009. Un an avant le début de sa tournée, c’est un nouveau record en France : plus de 100 000 places sont vendues en une seule journée de commercialisation et, en quelques mois, la tournée affiche rapidement complet. Au final, plus de 630 000 spectateurs l’ont applaudie. 

 

L’album live No5 on Tour, reprenant la setlist des concerts de province, paraîtra le 7 décembre 2009. Classé en tête des ventes dès sa sortie, il est certifié Double Disque…… 

 

Mylène va accorder deux nouvelles interviews.

le 07 mai 2009 au quotidien « Ouest France » : 

 

Cette interview exclusive de Mylène Farmer a été réalisée lundi 4 mai 2009, au lendemain de son deuxième concert niçois, dans l’hôtel où elle séjournait, à Saint-Paul-de-Vence, près de Nice. 

 

Comment vous sentez-vous après ces deux premiers concerts niçois ?

Fatiguée et soulagée. Le plus dur, c’est le premier spectacle. Avant, la peur m’habite. C’est une grosse machinerie qui impose que les choses soient, au départ, bridées. Il faut ensuite passer de la répétition à la légèreté, dépasser le côté robotisé. Il y a un gros travail sur l’image, sur chaque tableau, avec toujours l’objectif d’offrir du rêve.

C’est un défi physique important ?

Six mois d’entraînement, avec un coach, mon coach. Essentiellement de l’endurance. C’est fondamental avec une telle énergie. Chanter et danser à la fois n’est pas simple.

A la moitié du spectacle, on entre dans une phase intimiste, avec des ballades. Un moment qui semble vous procurer de l’émotion, vous embrumer les yeux…

Ceux qui ne m’aiment pas vont forcément trouver ça forcé. Mais même en répétition, ça me prend. Car nous sommes dans un moment de dépouillement, dans la fragilité de l’âme. Un moment de partage avec le public (qui chante beaucoup à ce moment là, N.D.L.R.). Je crois que l’émotion passe à travers le piano d’Yvan Cassar, qui est un grand pianiste, et dans les mots. On raconte sa propre histoire et chacun peut inventer la sienne à travers les mots.


Le public est, en quelque sorte, plongé dans un tourbillon sonore et visuel quasi hypnotique. Vous l’avez voulu ainsi ?

J’espère ne pas en avoir trop fait. L’idée, sans vouloir être prétentieuse, est de titiller l’imaginaire, l’inconscient.

Quelle est la base de départ de ce spectacle ?

Vous savez, nous sommes réceptifs à ce qui nous marque profondément, dans la littérature, le cinéma, l’art. Outre des désirs picturaux, je voulais arriver à quelque chose de contemporain, avec des symboles forts. Après, ça se construit comme un collier de perles.

Ce qui domine, dans le décor, ce sont deux grands squelettes…

Les squelettes, ce sont mes écorchés, inspirés par une sculpture du XVe siècle, qui existe dans une église en France. Après nous avoir écouté, Laurent (Boutonnat) et moi, Mark Fisher (concepteur du décor) nous a présenté cette œuvre, appelée « Le transit ». On lui a dit, il nous la faut, en immense… L’écorché, c’est le passage entre l’homme et le squelette, c’est la mort dans une certaine légèreté.

 

 Même si cela peut vous valoir de vivre dans un « Paradis inanimé », comme vous le chantez dans votre dernier album. En quelques mots, être une star, c’est être seul ?

J’aurais pu choisir, un moment, une autre carrière, à l’international. J’ai souhaité rester sur la France, même si la Russie s’est offerte à moi un peu plus tard. Donc, j’aurais pu encore aller plus loin. Cela dit, je crois avoir toujours été un être solitaire avec, en même temps, une grande envie et un grand besoin de l’autre. Il faut juste bien choisir. Quoiqu’il en soit, je crois que les êtres humains ont un peu tous les mêmes appréhensions, les mêmes démons.

[….] 


L’une des principales surprises de votre dernier album, c’est le côté révolutionnaire dans deux-trois titres comme « Réveiller le monde » où vous chantez : « Réveiller le monde/Rêver d’un autre été (…)/Révolus les mondes/Sans une révolution. » Surprenant ?

2645885948_1 dans Mylène 2009 - 2010Je ne suis pas sûre de vouloir porter ce chapeau… Mais j’aime l’idée de la révolution, d’un peuple qui se soulève. J’aime le mouvement de masse. C’est une envie. Une espèce de cri de bête. Pas un message politique. Un regroupement est une force incroyable alors que parfois l’homme dans son individualité me terrifie.

On ne peut finir cette interview sans se rappeler que vous avez du sang breton, par votre mère, qui vit en Bretagne. Que pensez-vous avoir de breton en vous ?

(Elle sourit) La ténacité, le sens des valeurs profondes de la terre. Et puis… j’adore les crêpes ! Ma mère vit du côté de Pleyben. Enfant, j’ai passé mes vacances en Bretagne, à la ferme. J’adore les paysages tourmentés de la Bretagne. 

 

Voir l’article paru ce jeudi dans le quotidien Ouest-France. 

 


Et elle est présente le 14 juin 2009 en direct sur le plateau du JT de 20 heures de France 2 de Laurent Delahousse (
regarder la vidéo ici

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2009 – CLIP C’EST DANS L’AIR

Posté par francesca7 le 19 septembre 2011

 Réalisateur: Alain Escalle 

Lieux de tournage: Studios Saint-Ouen et Paris 

Date: février 2009 

Durée: 03’49 

Vidéo : 

 Image de prévisualisation YouTube

 

 

C’est début février que le concept du clip a été décidé, Mylène ayant été intéressée par les visuels créés par Alain Escalle pour la chanson C’est dans l’air pour les futurs concerts: « des matières expérimentales très graphiques sur le thème de l’électricité statique et le crâne, tête de mort de Mylène, qui chante C’est dans l’air sur l’écran principal. »

A partir de ces images du crâne qui chante, Mylène a eu envie de chorégraphies avec des squelettes.
Ont été intégrées des images d’archives sur des essais et explosions nucléaires apportant un aspect plus sérieux « contrebalançant » le second degré des chorégraphies.

2009 – CLIP C’EST DANS L’AIR dans Les Clips de Mylène 2412444133_small_1Le tournage du clip s’est déroulé en deux parties.
En février 2009, à Saint-Ouen pendant une longue journée pour les images avec Mylène enregistrées sur fond vert afin d’intégrer dans un deuxième temps les images de synthèse.
Dans la même journée ont été tournées des images pour le concert puis celles pour le clip (jusqu’à 04 heures du matin !).
A Paris, pour « enregistrer la chorégraphie pour la motion capture (traitement informatique) », ce sont des mouvements de Mylène mais aussi de Christophe Danchaud qui ont été enregistrés.
Le travail sur le clip a duré plus d’un mois, clip qui aura été achevé le 07 avril 2009 quelques jours avant sa première diffusion en télévision le 15 avril.

C’est Mylène qui a décidé que les visuels des différents supports promos ou commerce de C’est dans l’air proposeraient des captures du clip afin de probablement  « imposer le style graphique du clip en cohésion aux images du concert ».

source: Interview d’Alain Escalle – IAO Eté 2009 N°3


Dans le classement des clips les plus diffusés sur les chaînes musicales en France en 2009, C’est dans l’air est 47ème
(le meilleur résulat pour un clip de Mylène depuis C’est une belle journée, 40ème en 2002).

 

Barre de Séparation

Analyse du clip

« Mylène Farmer: Coma Extatique » par Arno Mothra 

 

   Préparez-vous à ce grand scoop : il paraîtrait que depuis ses débuts dans la chanson, Mylène Farmer apprécie le symbolisme, la philosophie et l’art ambigu. En 2009, là où certains s’adonnent à tergiverser, à l’aide de toute l’objectivité requise pour un sujet aussi percutant, sur le nouveau brushing de Mylène, il semblerait pourtant que son clip C’est dans l’air ait davantage de messages à exprimer.

     Pour son approche personnelle de la spiritualité et d’une certaine anticipation de l’apocalypse, la vidéo de C’est dans l’air, réalisée par Alain Escalle et diffusée depuis peu sur les chaînes télévisées, semble mélanger certains prophéties Mayas, les énergies inversées et les quatre symboles géométriques fondamentaux. Explications. 

2411199457_1 dans Les Clips de MylèneCivilisation mexicaine, mystique et mystérieuse disparue inexplicablement au quinzième siècle, les Mayas du Nouvel Empire sont principalement connus pour leur architecture aussi méticuleuse que somptueuse quant à leurs temples et leurs pyramides, ainsi que pour leurs sciences troublantes de l’astronomie et leur système mathématique vigésimal (base de vingt dans la numérotation). Point culminant de leur savoir : leur calendrier (le Tzolkin, almanach sacré, basé sur un cycle de treize fois vingt jours, soit deux cent soixante jours).

     Convaincus de l’influence du cosmos comme activateur de l’esprit humain, les Mayas créèrent des cycles récurrents, dont le nôtre qui aurait commencé en 3114 avant Jésus-Christ (création du monde ou naissance de certaines divinités) pour se terminer en 2012. Cette année 2012 marquerait la fin du cinquième soleil, d’un cycle de cinq mille cent vingt-cinq ans et d’un cycle de treize ans, donnant ainsi lieu à un moment de transition décisif et de transformation importante. Non synonyme de chaos à proprement parler dixit les plus grands spécialistes de l’astrologie Maya, cette fin de cycle correspondrait à une entrée de l’Homme dans une nouvelle ère, une nouvelle dimension demandant une transformation personnelle de chacun d’entre nous. Le cycle de 2012, à priori, ne serait pas le dernier puisque sonnant le glas du cinquième mais impliquant un nouveau à venir en 2013, d’une durée de cinq mille cent vingt-cinq ans, après l’inversion des pôles magnétiques de la planète ; un cycle avant lequel l’Homme devra prendre conscience de la spiritualité, et vaincre les religions.
     S’il ne s’agit ici en aucun cas de porter ou non du crédit à ces théories catastrophiques (très en vogue et, comme par hasard, pendant ce lavage de cerveau insupportable concernant la Crise : admirez la coïncidence), il parait probable que la charmante rousse ait tenté d’établir un parallèle entre son nihilisme assumé (quoique flou) et la fin du dix-septième calendrier des Mayas 

  Points communs avec la vidéo d’Alain Escalle : un aperçu de l’alignement des planètes sur certains plans, la retranscription de la violence des hommes (guerres) avant le véritable chaos (explosion de la Terre), un soleil influent (semblant, paradoxalement, n’éclairer que très peu les entités dans le clip, noyé dans le noir et blanc), un mouvement flou mais effrayant du système solaire. Dans le refrain de la chanson, Mylène Farmer évoque l’emprise dangereuse du nucléaire et la passivité des hommes à entreprendre une prise de position majeure afin de limiter les dégâts (« On s’en fout, on est tout, on finira au fond du trou »). En se basant sur des messagers du temps et des traducteurs des pensées Mayas, l’Homme pourrait préparer le chaos, voire le surmonter, dans la mesure où l’Univers lui fournirait des informations quant à son devenir, et à celui du cosmos. Le procédé de régénération servirait également à se débarrasser des poubelles religieuses. 

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     La force de l’esprit collective, Mylène ne semble pas y croire, si l’on se réfère aux couplets des paroles de C’est dans l’air (énumération de vanités, puis surtout « Que faire des ruses, que fait le vent ? »). Tout ceci renvoie évidemment au constat de statisme dans la chanson Dégénération (et sa mise en image). « Les fous sont des anges » : des indicateurs ? Des sauveurs ? Qui sont ces fous, ces anges ? Des prophètes ? Dans ce cas de figure, la chanteuse appellerait à écouter les mises en garde (« C’est nécessaire, prendre l’air… », « c’est salutaire, sauf qu’ici loin sont les cieux »)… 

Remarquons enfin la prépondérance du squelette (et plus particulièrement de la boîte crânienne) au sein du film. Selon la légende Maya, il existerait treize artefacts de crânes de cristal (datant de plus de cinq mille ans). Cette même légende indique qu’il faudrait regrouper et aligner les treize crânes ensemble, le 21 décembre 2012, afin d’appeler Gaia (divinité primordiale identifiée à la Terre-Mère) à empêcher le basculement de notre planète. Créés pour des rites divers, ou pour de la magie blanche et noire, les spéculations les plus folles autour de ces sculptures ne permettent toujours pas à l’heure actuelle d’émettre une définition claire sur la signification exacte de ces objets. Cinq à six crânes de cristal retrouvés parmi les douze existants (selon les sources) seraient authentiques ; petite coïncidence avec le nombre de « danseurs » accompagnant Mylène, ne servant pas à grand-chose puisque assistant à l’explosion ? Mylène n’aurait-elle pas pu représenter Gaia dans la divinité perdue de The Farmer Project ? 

Autre parallèle important : les quatre symboles – géométriques – fondamentaux qui sont le carré, le centre, le cercle et la croix. Description rapide de la chose :
     Réel absolu et premier symbole fondamental, le centre se définit comme foyer d’intensité dynamique, le centre des centres étant Dieu. Dans la civilisation Maya (encore), le centre de la croix des points cardinaux correspond au cinquième soleil, époque à laquelle nous vivons.
     Point étendu et deuxième symbole fondamental, le cercle symbolise l’homogénéité, le temps, voire, chez les babyloniens, le cosmos.
     Troisième des quatre symboles fondamentaux, la croix connecte le cercle et le carré entre eux par l’intersection de ses deux droites coïncidant avec le centre. Symbole de la Terre, de l’union des contraires (terre et ciel), des quatre points cardinaux et de la totalité du cosmos, la croix se distingue également par l’essence qu’en ont faite certaines religions. Anecdote amusante : en Chine, le chiffre de la croix est le cinq ; les danseurs morts aux côtés de Mylène se comptent également au nombre de cinq (six à la fin de la vidéo). 

Enfin, le carré représente la Terre, l’opposition au ciel et au créateur. Le cercle exprime les quatre phases du mouvement cyclique, alors que la Terre mesurée par ses quatre horizons est carrée. La croix jumelée au carré indique l’expression dynamique du quaternaire (ce qui n’est pas suggéré dans la vidéo). Si la définition du cube pourrait se révéler plus complexe, elle définirait en revanche d’autant plus la logique des images de C’est dans l’air, puisque symbolisant l’arrêt du développement cyclique car déterminant l’Espace en ses trois dimensions.
     Dans C’est dans l’air, le carré, le cercle et la croix gravitent au centre.
     Pas nécessairement facile de s’y retrouver à premier abord, mais au bout du compte, le message est plutôt simple.

     En usant d’autodérision et de nihilisme, Mylène se moque ouvertement des dérives sectaires de l’interprétation des religions – et prophéties – ou de l’évolution néfaste des hommes, se permettant carrément de leur ricaner au nez (« L’infamie, c’est laid aussi »). La chanteuse est déjà morte, se transformant en cadavre (ou crâne de cristal, c’est selon) le temps de quelques plans et dansant sur une planète éteinte avec de vieux restes, des squelettes, sans identité : une petite fête organisée sur les décombres servant de socle éphémère. 

Pas aussi moralisateur qu’il ne le prétendrait en apparence, le texte de C’est dans l’air expose une réflexion personnelle sur une évolution vaine puisque parée à aucune donne salvatrice de l’Homme. C’est laid ? Tout à fait, autant s’en amuser puisque aucun discours ou monologue narcissique n’y changeront quelque chose. 

    mini-wallpapers-mylene-farmer-766 Ce texte et son vidéo-clip se perçoivent alors de plusieurs façons possibles. Mylène pourrait évoquer un espoir d’évolution positive, puisque utilisant l’humour et l’autodérision (les squelettes, le rire) et surtout, souriant sur les dernières images, avant le désastre. L’on pourrait accoler à ce (joli) sourire une non croyance aux prophéties apocalyptiques, une marque de je-m’en-foutisme très narquois ou un signe de libération ; les images d’archives correspondraient alors à une vision de perpétuation. Les évènements se reproduisent toujours, sans que chacun n’en prenne note et conscience.

     Dans une suite logique au pessimisme, Mylène quittait la Terre à la fin du Farmer Project, pour finalement la retrouver dans C’est dans l’air, en plein ordre de chaos. Difficile de croire au hasard sur l’œuvre de Mylène Farmer, puisque avec C’est dans l’air, tout un concept se développe autour de Point de suture : l’appel au rassemblement des troupes et de l’esprit (Dégénération, « je suis coma là mais faut qu’ça bouge », Réveiller le monde), l’idée du chaos (C’est dans l’air) ou d’échappatoire (Paradis inanimé), l’affiche de la tournée montrant une Mylène déchue, telle une météorite (très en vogue cette obsession pour les météorites cette année dans le milieu du spectacle) et, en dernier lieu, ce terme de rupture évoqué dans le titre de l’album, en lien avec cette poupée morte de la pochette, écartelée, à laquelle il ne reste probablement que l’esprit. 

Petit aparté en conclusion : il devient difficile de ne pas s’étonner quant aux prétendus plagiats d’Alain Escalle, artiste de talent s’il en est, sur le clip du groupe indus Laibach Tanz mit Laibach et celui, d’autant plus banal, d’Indochine avec le récent Little Dolls. Quelques petites précisions à se mettre en tête :

 Laibach a, depuis ses débuts et tel Rammstein quelques années après, toujours misé sur une image provocatrice ; de ce fait, un éventuel clin d’œil à ce groupe à travers C’est dans l’air ne paraîtrait pas fortuit. Rappelons aussi que, en dehors du fait indéniable que cette vidéo ne soit ni d’une grande qualité ni d’une subtilité épatante (quelles belles chaussures !), Tanz mit Laibach ne semble pas spécialement éloignée de ce qu’avait proposé Madonna à travers sa deuxième version d’American Life, quelques mois plus tôt.

_ Indochine, et malgré le talent que l’on accorde ou non à sa musique, n’a strictement rien inventé à travers son clip Little Dolls. Petit rappel de bon aloi : Mylène Farmer et Laurent Boutonnat utilisaient régulièrement ce genre d’effets dans leurs vidéos tournées dans les années 80. Ainsi, était incorporée une photo de Freud dans le clip Maman a tort, voire des images d’archives dans celui de Tristana (d’ailleurs sorti quelques mois avant Les Tzars d’Indo).

   mylene-farmer-oh-my-god1_mini  Mylène Farmer et Laurent Boutonnat ont toujours évoqué des références. Cela constitue l’œuvre, puisque dresser des influences est propre à tous les artistes dotés d’un minimum de sens et de culture (pour les autres, on retrouve sans peine la génération Liane Foly), car comme le soulignait l’auteur expérimental Chloé Delaume, tout art n’ayant comme unique but celui de divertir se révèle telle une propagande du vide, une lobotomisation ou une éponge vaseuse. Il s’agit de ramollir le cerveau humain. Car l’art sert aussi à cultiver, à apprendre, à approfondir certains sujets en renvoyant à des sources diverses (procédé appelé argumentation). Cette richesse culturelle a toujours différencié Mylène de la majorité, dans une œuvre parfois difficile à cerner mais souvent fascinante, ambiguë, unique. C’est aussi pourquoi, en dehors d’une évolution musicale pas toujours présente, elle nous passionne, et pourquoi nous l’aimons.
     En 1999, Mylène regrettait lors d’une interview que l’on titre sur elle : « Mylène Farmer, les jambes les plus belles de la chanson française. » Peut-être doit-elle bien rire en constatant qu’aujourd’hui, certains ne trouvent rien de plus constructif que de débattre sur sa coupe de cheveux, même si toutes les hypothèses et explications de textes ne relèvent que de la pure subjectivité. L’artiste a évolué, le public aussi. Ainsi soit-il.

Arno Mothra (le 29/04/2009 pour localhost/mylene

 

 

30e07fcLe réalisateur du clip de C’est dans l’air est Alain Escalle7. Il était le réalisateur du court-métrage Le conte du monde flottant proposé en première partie des concerts de Mylène Farmer sur Avant que l’ombre… à Bercy en 2006 et des images de scène que l’on pouvait apercevoir sur les écrans géants et sur la croix centrale. 

Le clip illustrant C’est dans l’air est diffusé depuis le 15 avril 2009 sur les chaînes musicales. Des images d’archives d’explosions évoquant la destruction à grande échelle sont diffusées tout au long du clip. On y note, par alternance avec les dites images, la présence de squelettes (images 3D réalisées par Alain Escalle) qui dansent autour d’une Mylène Farmer vêtue d’un blouson de cuir, d’un mini-short et d’une ceinture dont la boucle représente une tête de mort. À la fin du clip, la Terre explose. 203083351_smallLes éléments visuels du clip qui reposent sur le souffle nucléaire s’entrechoquent comme un collage violent. Les éléments graphiques du clip sont fabriqués à partir des éléments visuels utilisés pour le spectacle sur scène et font référence à l’universalité du monde au travers des primitives géométriques. Nous y retrouvons la thématique de la destruction chère au réalisateur et déjà présente dans son film Le conte du monde flottant, ainsi que la référence affirmée de Rage net (1988), Mothlight (1963), Dark tower de Stan Brakhage, et le travail du photographe primitif Charles Winter (Éclair de l’appareil de Rhumkorff). Alain Escalle utilise aussi un élément visuel abordé dans l’une de ses précédentes installations (Fantôme d’amour en 2005) où l’on peut retrouver les éléments de flashs et d’éclairs autour de la silhouette d’une femme qui danse sur ciel étoilé. Le tout est en noir et blanc. Et la technique mélange encore une fois des sources mixtes : 3D, images du Soleil, de la planète Terre tournoyante, de branches d’arbres et de forêts en noir et blanc puis en négatif, retraitées puis déformées au travers de filtres numériques dont la particularité est de générer des images aléatoires d’éclairs. Ce mélange trouve sa touche finale dans l’utilisation de peinture sur la pellicule qui donne au clip son aspect vieilli et usé par le temp 

Ce dernier document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/C%27est_dans_l%27air ». 

 

  

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Fuck them all – clip 2005

Posté par francesca7 le 9 septembre 2011

VIDEO 

Image de prévisualisation YouTube

Date de tournage:  Février 2005 

Réalisateur: Agustin Villaronga 

Lieu de tournage: Roumanie 

Durée: 05’04 

 

 

 fuck them all 

 Fuck them all – clip  2005 dans Les Clips de Mylène fuck-them-all1Dans un paysage enneigé, une femme sur son cheval, les cheveux au vent, galope à grande vitesse à travers les arbres. Elle s’approche peu à peu d’une sorte d’usine désaffectée. A l’intérieur de celle-ci, une cage est suspendue par des chaînes autour de laquelle veillent des corbeaux. On y retrouve une seconde Mylène aux cheveux courts et au visage tailladé prisonnière de celle-ci. La première femme s’aventure dans le bâtiment et s’arrête bientôt en dessous de cette cage qui est vide en la regardant fixement. Le clip est entrecoupé d’images des deux femmes à deux moments différents. Elle ramasse alors une pierre qu’elle jette contre un mur de l’usine qui se brise comme une glace. Elle se retrouve alors dehors, face à un corps couvert d’une couverture sur lequel règne un corbeau. Elle s’approche de la couverture, pousse le corbeau, la soulève et découvre la seconde femme aux cheveux courts, inanimée et glacée. Un passage de la main sur ses yeux les lui refermera. On comprend alors que la Mylène prisonnière attendait que sa sœur jumelle vienne la libérer. Trop tard ! 


Elle met alors sa main dans le corps de sa sœur et en ressort un sabre. Elle se dirige dans la forêt d’où s’envolent des dizaines de corbeaux et se retrouve sur une plaine enneigée sur laquelle résident de drôles d’épouvantails : une sorte de crâne d’oiseau et des voiles noirs déchirés qui flottent dans le vent comme habits. Bientôt Mylène commence à s’en prendre à eux, comme pour venger sa sœur jumelle décédée. A l’aide de son sabre, elle déchire les voiles des épouvantails et les décapite. Du sang noir sort de leurs yeux. Des plumes volent et la cadence s’accélère. Un corbeau renaît du sang noir. 


On revoit alors par saccades sa sœur prisonnière. Le « plafond » de sa cage qui est orné de longues piques commence à se baisser sur elle : son destin est tout tracé.
La première Mylène plante alors son sabre dans la neige puis se morcelle et se volatilise dans l’air. 

 


Budget estimé: environ 150 000 euros

Scénario de Mylène Farmer

Clip tourné en Roumanie début février 2005.
L’équipe qui logeait à l’Athénée Palace Hilton de Bucarest est restée une semaine sur place.
François Hanss était présent pour le tournage du making of du clip et Claude Gassian pour des photos du tournage.

Le clip est diffusé à partir du 09 mars 2005 d’abord dès 08 heures sur M6 puis sur toutes les chaînes musicales.

 

 


ANALYSE :

Après
California et L’Âme-Stram-Gram, Fuck them all est le troisième clip dans lequel on retrouve « deux Mylène« .

mylene-farmer-20050415-35170 dans Les Clips de MylèneUne Mylène aux cheveux courts est enfermée dans une cage qui deviendra son tombeau.
En parallèle, une seconde Mylène, cheveux longs, entièrement vêtue de noir arrive à cheval dans une usine désaffectée dans laquelle elle découvre la cage vide puis le corps sans vie de son « double ». Elle suivra alors des corbeaux qui la mèneront à des épouvantails qu’elle détruira avec un sabre trouvé planté dans le corps de la morte.

On retrouve dans ce clip de nombreux éléments si caractéristiques de l’univers de Mylène : les espaces enneigés (Tristana, Giorgino), les chevauchées à cheval  (Pourvu qu’elles soient douces), les chevaux noirs (Pourvu qu’elle soient douces, Pardonne-moi), la présence de deux Mylène (California, L’Âme-Stram-Gram), les corbeaux (Libertine, Sans logique).

Il s’agit d’un clip assez court mais probablement l’un des plus complexes et riches en symboles de toute la carrière de Mylène et qui soulève de nombreuses interrogations. 

 

Le personnage aux cheveux longs que l’on voit dès le début du clip est probablement l’âme vengeresse qui revient sur les lieux de souffrance et de mort. Toutes les séquences avec le personnage aux cheveux courts correspondent donc à des flash-back. Cette dernière représentation de Mylène rappelle bien évidemment la Mylène juvénile du clip Désenchantée. Doit-on y voir une suite?  

Le personnage enfermé dans une cage porte donc des cheveux courts mais aussi une tenue sexy. Probablement l’image de la femme moderne martyrisée jusqu’à la mort…mais par qui???, par ce que l’ Humain comporte de pire en lui ou tout simplement par les hommes ce qui nous rapprocherait alors des paroles de la chanson.

Ce personnage meurt écrasé par la partie supérieure de la cage qui s’abaisse progressivement sur elle. Cette cage semble donc être le symbole de cette oppression insupportable et mortelle. Les corbeaux, symboles de la mort ou plus précisément de ceux qui ont causé la mort sont très présents dans ce clip: ils ont écorché le visage de la morte alors qu’ils ne semblent pas voir l’autre Mylène dans l’usine confirmant qu’il ne s’agit que d’un « fantôme », qu’ils guideront  vers les épouvantails.

Le sabre avec lequel Mylène combattra les épouvantails est-il réel ou un symbole matérialisant l’arme de la haine qui a conduit à la mort de la femme et qui servira à présent pour la vengeance.

Mylène détruira les épouvantails à coups de sabre. De leurs yeux s’écouleront des larmes noires donnant naissance à de nouveaux corbeaux. Mylène plantera alors le sabre dans une tâche noire au sol inhibant alors la naissance d’un nouveau corbeau. On peut y voir la destruction de la genèse de cette haine qui avait abouti à sa mort. La vengeance semble avoir été accomplie et Mylène se transforme alors en poussière ou redevient simplement un esprit qu’emporte le vent. 

Les épouvantails de Martial Leiter

Martial Leiter est né à Fleurier (Suisse), en 1952. Il commença sa carrière comme dessinateur de presse dans divers journaux suisses, de 1974 à 1990. 


Depuis 1991, il collabore avec le Tagesanzeiger à Zurich, Le Temps à Genève, Die Wochenzeitung à Zurich, Die Zeit à Hambourg, Le Monde Diplomatique et Le Monde à Paris. Il expose depuis 1970 son travail de peintre-dessinateur dans des musées, centres culturels et très nombreuses galeries, en Suisse et à l’étranger. Il remporta de nombreux prix : Prix Alice Bailly, Lausanne (1979), Prix de la 9e Triennale Internationale pour gravures originales, Granges (1982), Prix de la Fondation pour les arts graphiques en Suisse, E.T.H, Zurich (1983), Prix culturel de l’Union Syndicale Suisse (1994). Il illustra des livres et publia certaines de ses œuvres, en particulier : Figures séquestrées, éditions Clin d’OEil (1981) ; Parodies, suite de 50 dessins tirés en mylene-farmer-2004-robin015-bigsérigraphie, éditions du Carabe (1983) ; Du monde moderne (1989) et Une autre planète (1993) aux éditions d’En Bas, Lausanne, et éditions Limmat Verlag, Zürich (pour la version en allemand). Il fut également créateur de décors de théâtre, entre autres : En attendant Godot de Samuel Beckett, Théâtre Populaire Romand, La Chaux-de-Fonds ; Le Faiseur de Balzac, Théâtre Populaire Romand, La Chaux-de-Fonds ; Jardin d’hiver de René Zahnd, Espace 2.21, Lausanne.

Martial Leiter est un talent hors du commun, aux multiples facettes, observateur aigu des failles de l’Histoire. Sa présence dans les grands journaux européens, « Le Monde », « Die Zeit » et bien d’autres, le propulse aux regards d’un public international par son trait, miroir sans complaisance, qui capte et traduit en virtuose une pensée d’une rare lucidité. Mais Leiter est aussi un poète inspiré, nourri de ressources infinies, émouvantes ou drolatiques. Il est attentif aux reflets infimes qui jalonnent la vie de chacun mais que si peu voient ; l’imaginaire de cet artiste déborde souvent le quotidien pour le sublimer, lui imprimer une fantaisie, une folie joyeuse et communicative qui nous embarque vers le rêvé. 


C’est de cette facette-là, rarement accessible au public, qu’est né le vol d’Epouvantails, que Martial Leiter a posé au milieu des blés dans le paysage du Val-de-Ruz et qui y vivra un cycle de saisons, de Juin 2004 à Mars 2005. 


sources: editions-du-heron.com; .sitedecernier.ch  

 

 

 

PORTRAIT DU REALISATEUR 

 

Agusti Villaronga est un réalisateur espagnol né en 1953.  

 

afb115e69ed1b8f2518bd756d2187ef7Il a débuté par la réalisation de trois court-métrages « Anta Mujer » (1975), « Al Mayurka » (1976) et « Laberint » (1980) qui ont reçu des récompenses notamment du ministère de la culture espagnol. 

 

Il réalise en 1985 son premier long-métrage, un thriller psycho-sexuel, « Tras el cristal/ In a Glass Cage » qui a la réputation d’être l’un des films les plus dérangeants des années 80 qui a choqué et divisé le public et aujourd’hui devenu culte. 

 

Le synopsis du film

« Klaus est un médecin nazi. Son plaisir est de torturer et tuer des enfants. Un jour, lors d’une crise de démence, il se jette d’un toit et en ressort handicapé, obligé de vivre dans une cage de verre qui lui sert de poumon. Quelques années plus tard, sa femme Griselda, n’arrivant plus à assumer les soins nécessaire, engage le jeune Angelo comme infirmier. Ce dernier découvre alors le journal de Klaus et se prend de passion pour ces pratiques de cet ancien SS. Il tue Griselda, s’habille en officier nazi et amène dans la chambre des enfants qu’il torture puis tue sadiquement… » 

 

A noter la fascination du réalisateur pour les gros plans anatomiques sur des torses, des mains ou des yeux. On retrouvera dans le clip Fuck them all un plan célèbre sur l’oeil de Mylène. 

« In a glass cage » recevra le Grand Prix du Festival de Barcelone. 

 

 (plus de détails sur ce film: http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1118).  

En 1989, il réalise « El niño de la Luna » / « Moon child », une histoire d’enfants doués de pouvoirs surnaturels et tenus prisonniers dans un centre de recherches par des scientifiques qui essaieront d’utiliser leurs dons pour servir leurs propres desseins. 

 

 

Mylène et Agusti Villaronga

 

 

villaronga%2BmyleneLe clip Fuck them all est à ce jour la seule collaboration de Mylène Farmer et Agusti Villaronga.  On apprend dans le making-of du clip que c’est Mylène qui a contacté Agusti Villaronga, à sa grande surprise puisqu’il n’avait jamais réalisé de clips auparavant (et n’en a d’ailleurs pas réalisé d’autre depuis).

 

 Elle avait proposé les idées de la cage qui devient plus petite et des épouvantails. 

On peut découvrir dans ce making-of des dessins, petit story-board du clip. 

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L’Ame Stram-Gram – 1999

Posté par francesca7 le 9 septembre 2011

Réalisation : Ching Siu Tung
Année : 1999
Durée : 7’50 mn
Acteurs : Mylène Farmer. Valérie Bony (son double)… 

 

Vidéo : Image de prévisualisation YouTube 


L’un des plus beaux clips de notre ange roux commence par un cliché. Pas au sens négatif, certes, mais un cliché quand même. Lequel ? Si je vous évoque la majestueuse muraille de Chine baignée des lueurs orangées de l’aurore, ça ne réveille pas vos souvenirs ? Mais comme tous les choix esthétiques de Mylène ou presque, ce cliché est loin d’être innocent, puisqu’il fait écho à l’image qui clôture le clip. Quelle signification à ce parallélisme, allez-vous me dire ? Eh bien, peut-être est-ce simplement une manière de résumer l’histoire qui va nous être présenter. De comparer la course du soleil au déroulement d’une vie. L’aurore serait ainsi l’éveil des deux âmes que sont les jumelles interprétées par Mylène et le coucher du soleil, la fusion de ces âmes dans le royaume de la mort.

Mais ce n’est pas là le dernier symbole dont Mylène est toujours si friande. Bien au contraire, l’Ame-Stram-Gram regorge de symboles, tous au service du thème principale du clip : la communion totale de deux âmes représentées par les jumelles. Il y a des symboles très simples à interpréter, comme le fait que Mylène joue le double rôle de deux sœurs jumelles, ou encore le pouvoir et la puissance magique qui naissent de l’union des fameuses langues de serpents de ces deux sœurs. Et puis il y a l’idée d’une réelle communion, totale, extraordinaire, qui passe notamment par une litanie proche d’une incantation rituelle. Par cet « Ame-Stram-Gram… » qui donne son nom et sa profondeur à la chanson. Les jumelles le murmurent au début, dans cette scène particulièrement belle, rythmée par une musique douce, où elles jouent, rient et s’enlacent au milieu d’un ballet de voiles aériens aux couleurs pastelles. Cette litanie est également le départ du refrain qui ponctue à chaque fois la réunion des langues de serpent pour terrasser l’Ennemi. 

L’Ame Stram-Gram - 1999 dans Les Clips de Mylène ClipASG02


La communion totale se passe même de mots. D’un simple regard, Mylène et son âme sœur communiquent et se comprennent. L’importance des regards magnétise ainsi tout le clip, lui offrant une intensité troublante, instillée dès la première scène. Cette compréhension silencieuse est aussi à l’origine de l’un des plus bouleversants moments du clip. Lorsque l’une des jumelles est enlevée et malmenée par une troupe d’assaillants brutaux et cruels, on voit se former sur ses lèvres son propre nom « Mylène ». Et ce cri est entendu par son âme sœur, qui pourtant est encore loin du lieu des tortures. Cet appel désespéré entraîne ainsi un acte désespéré. Lorsqu’il est entendu, l’autre jumelle, blessée pendant l’enlèvement de sa sœur, comprend qu’elle ne parviendra pas à temps à rejoindre sa sœur. Epuisée et vacillante, elle lève son visage vers le ciel pâle, ferme les yeux et se jette en arrière, dévalant les marches de l’escalier qu’elle tentait difficilement de gravir. Son âme s’élève doucement au-dessus du corps désormais sans vie et va secourir sa sœur, l’aidant à venir à bout des brutes qui la détiennent. 



A cette scène agitée, pleine de violence et de douleurs silencieuses, succède une scène plus paisible, presque magique. Les âmes sœurs réunies entrelacent leurs doigts et virevoltent dans le ciel pâle d’une aube qui s’achève. Cette communion exceptionnelle est soudain brisée par l’éblouissement d’un premier rayon de soleil. La mort reprend ses droits, les deux sœurs son séparés. L’une rejoint les cieux où elle se dissout, l’autre retombe brutalement sur terre. Mais deux âmes sœurs ne sauraient être séparées. Après avoir appelé en vain sa jumelle, Mylène monte sur la muraille de Chine. Au bord du précipice, elle ferme les yeux. Des sons flûtés accompagnent les souvenirs doux-amers de jeux et de rires qui semblent encore tellement proches. Le corps bascule. Mylène se suicide. Pour rejoindre son double, elle se mue en colombe.

Elles s’éteindront de la même façon, trouvant leur communion jusque dans la mort. Vêtues de blanc, leurs mains se retrouvent et s’agrippent. Elles sont cette fois unies dans l’infini de la mort et de l’éternité. « En moi, en moi, toi que j’aime… ». 

 

 

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JE TE RENDS TON AMOUR – 1999

Posté par francesca7 le 9 septembre 2011

Réalisation : François Hanss
Année : 1999
Durée : 5’08 mn
Acteurs : Mylène Farmer… 

 

 

Vidéo : 

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Phrases sibyllines, images ambiguës nimbées d’un léger parfum de soufre, accueil controversé et censuré… Je te rends ton amour n’a laissé et ne laisse encore personne indifférent. Eveillant les extrêmes, du rejet violent proche de la haine à cet amour admiratif que nous lui portons (nous les fans), Mylène a une nouvelle fois choqué la foule des biens-pensants. Et que l’on soit croyant ou résolument athée, impossible d’ignorer la vague iconoclaste qui secoue le clip, et qui offre à des paroles troubles un éclairage d’une profondeur particulière qu’il convient de savourer. Et d’interroger ? 

 

Cette fois, notre ange roux se fait ange aveugle, silhouette vacillante émergeant d’un tunnel obscur et noyé d’un voile de brume. Femme d’un autre temps, dans une longue robe rosée, elle s’aventure dans une forêt irisée d’ombre et de lumière. Et sous l’œil maléfique d’un homme vêtu de noir, elle se dirige en hésitant vers une église ancienne, abandonnée au silence et aux ballets de poussières virevoltantes. C’est dans cette abbaye délaissée, dans un confessionnal ou les confidences ne sont plus recueillies que par des statues muettes, que Mylène vient déposer un fardeau devenu trop lourd pour elle. Les mains posées à côté d’un missel ouvert dont elle a effleuré les inscriptions en braille du bout des doigts, elle s’offre sans le savoir, paumes ouvertes, au Malin qui l’a suivie jusque dans le lieu sacré. 

 

JE TE RENDS TON AMOUR - 1999 dans Les Clips de Mylène ClipJTRTA02


Avant de prendre la place du prêtre absent, l’homme caché sous une longue cape sombre bafoue un à un les symboles d’une foi ici trop longtemps oubliée. Il trouble d’une main l’eau bénite qui s’abîme dans un soupir de fumée. Il balaye d’un geste la flamme pure des cierges qui veillaient sur le repos des êtres disparus. Il renverse les chaises sur lesquelles plus aucun fidèle n’est venu prier depuis bien longtemps. « Je te rends ton amour… » laisse fuser Mylène dans un murmure triste, en déposant avec douceur son anneau de communion sur son missel. Se doute-t-elle qu’en rejetant Dieu elle s’abandonne au Diable ? A cet homme silencieux qui la fixe de ses yeux rouges à travers les grilles ouvragées du confessionnal où elle avait trouvé refuge ? 


C’est ce même confessionnal qui signera la fin de son innocence. Tel Jésus sur sa croix, une perle pourpre naît sur son poignet et glisse entre ses doigts. Suivie d’un autre stigmate, d’une autre goutte de sang, symbole douloureux dessinant la courbe d’une jambe nue. Mylène, les yeux grands ouverts sur une nuit qu’elle ne peut combattre, tente les desseins du Diable par son air fragile. 

 

L’apprivoisant de ses caresses, il la prend dans son propre sang, mare visqueuse qui s’étale lentement aux pieds du confessionnal. Mylène s’abandonne. Elle cesse de lutter. Et la longue et inévitable chute d’une statue sacrée dont le visage se brise sur le sol à l’instant même où Mylène ferme les yeux, incarne sa défaite. 

 

 

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Signe de sa foi brisée, le socle dénudé où reposait la sculpture révèle dans un souffle des inscriptions sataniques enfouies sous la pierre. Demonas… « Je te rends ton amour… » répète notre ange roux alors que la caméra survole l’église dévastée pour s’immobiliser sur la statue de Jésus crucifié. Puis sur Mylène, crucifiée à son tour. Nue, couverte de son sang, elle s’offre aux caresses du Malin. Elle est sienne, désormais. Il a profité de son désarroi, et il est parti. L’eau bénite s’est muée en une mare de sang. Seule, dans la position du fœtus, sa nudité entièrement maculée de sang séché, Mylène a droit à une nouvelle naissance.

Délivrée de sa foi, à jamais transformée par un viol qu’il n’a pas su empêcher (« Tu m’as laissée me compromettre… »), Mylène se baigne dans son sang. Puis, le regard fixe et tourmenté, elle pose son alliance dans la flaque pourpre, aveu définitif de la mort d’un amour et d’une foi trop souvent trahis. Et, vêtue d’une robe aussi noire que la cape de cet homme qui l’a attirée vers le néant, elle quitte l’église. Eglise qui restera à jamais le tombeau de son innocence. Et peut-être aussi celui de nos illusions. 

 

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Clip BEYOND MY CONTROL – 1992

Posté par francesca7 le 2 septembre 2011

Date de tournage: 1992 

Lieu de tournage: Studios Sets à Stains  (France) Réalisateur: Laurent Boutonnat 

Durée: 05’05 

L’adultère en tant que trahison. Vengeance successives ..

VIDEO CLIP

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Déjà très occupé par la préparation du tournage de Giorgino, qui lui prend tout son temps, Laurent Boutonnat prend tout de même quelques jours pour réaliser un dernier court-métrage avec Mylène Farmer

Clip BEYOND MY CONTROL - 1992 dans Les Clips de Mylène fbefb0caMettre en images Pas de doute initialement prévu (suite de Libertine et Pourvu qu’elles soient douces) aurait nécessité beaucoup plus de préparation de temps, et donc d’argent, que celui-ci. Il tournera donc Beyond my Control en deux jours, aux studios de Stains avec Frédéric Lagache, le marionnettiste de Sans Contrefaçon, Christophe Danchaud en doublure masculine et  une danseuse. Le réalisateur dévie de sa narratologie filmique habituelle pour se concentrer sur des images syncopées, montées achronologiquement, mais contant tout de même, si ce n’est une histoire, du moins un « rassemblement thématique ». Dans un monde sur fond noir, dénué de décors, Boutonnat fait évoluer ses personnages autour d’objets et d’éléments forts de son univers. 

Le peu d’accessoires qui sont montrés sont en rapport avec un des deux thèmes de la chanson et du film ; soit le sexe, soit le sang. On y voit un lit à baldaquin, une meute de loups, une proie déchiquetée, un bûcher, un baiser sanguinolent et le vent, omniprésent dans l’œuvre de Laurent. Tous ces symboles mis côte à côte, juxtaposés, mélangés peuvent être interprétés de différentes façons. L’incinération en elle-même et la proie des loups peuvent être lues de manières différentes. Le bûcher et le vent qui ne s’arrête jamais de souffler évoque à nouveau un des films de chevet de Boutonnat :  Les Diables, de Ken Russel (1970). 

Pour la première fois après Plus Grandir (1985) Laurent Boutonnat est attaqué par la censure française. Ouvertement bâillonné par la chaîne M6, par Michel Drucker (alors sur TF1) et par le C.SA : Beyond my Control ne passera que très peu à la télévision française. Malgré la promesse des chaînes M6 et MCM de le diffuser après minuit, seule Canal Plus osera le programmer à n’importe quelle heure de la journée. On rappellera pour mémoire l’immortel verdict du C.S.A (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) : « Ce nouveau clip de Mylène Farmer n’est qu’un cocktail de sexe et de sang à la puissance mille ». 

Laurent Boutonnat oublie les adaptations cinématographiques de Roger Vadim (1959), Stephen Frears (1988) ou Milos Forman (1989) pour s’attacher au roman lui seul. Dans un décor épuré, seuls un bûcher et un lit à baldaquin se détachent d’un fond noir. Dans un mélange d’images sanguinolentes et parfois vaguement érotiques, deux amants se trompent et se vengent. Dans le rôle du mari, on reconnaîtra Frédéric Lagache

Comme pour brouiller une historie que tout le monde connaît ou a vécu, le réalisateur préfère la raconter en livrant certaines images mentales. On pense au symbole de la femme trompée, à cette image d’une Mylène Farmer ligotée sur un bûcher qui crie la douleur de la trahison dont elle est victime. 

Parallèlement à cela, une scène montrera l’époux volage dévoré par deux loups. On comprendra plus tard qu’ils étaient les outils de la vengeance de la femme trompée. L’histoire racontée de manière anachronique fait écho aux paroles de la chanson qui elles non plus, ne suivent pas l’ordre chronologique de l’action. Le texte lui-même commence par les pensées de la femme venant d’accomplir sa vengeance : 

            «  Je ne comprend plus pourquoi j’ai du sang sur les doigts. Dors en paix, je t’assure, je veillerai ta sépulture mon amour ». 

C’est bien plus tard dans le clip qu’on découvrira la cause de tout cela, dans les ébats crus d’une femme blonde dans les bras de l’homme infidèle. Surpris par la femme trompée, ils se font promettre des représailles, pourtant paradoxales ! 

            « Lâche. C’est plus fort que toi. Toujours en cavale, tu nous fais du mal. Ne t’éloigne pas de mes bras ». 

3a10cbe6 dans Les Clips de MylèneElle lâchera une meute de loups sur le mari volage, qui finira dévoré. Il réapparaîtra plus tard dans une image forte de sens. Un long baiser fougueux avec Mylène Farmer se transformera peu à peu en étreinte cannibale. Le sang sortant de la bouche des deux amants se répand sur leurs visages, matérialisant la passion malsaine qui les lie. Les images dans le désordre le plus complet se succèdent. Alors qu’un loup court en leur direction, tel un vampire la chanteuse embrasse l’épaule de son concubin, de laquelle perle une goutte de sang. Les flammes du bûcher petit à petit baissent d’intensité, alors que les loups s’acharnent sur une carcasse encore sanguinolente. 

Seule, derrière la fumée du brasier qui s’est éteint, Mylène Farmer est là, encore vivante. Maintenant vengée, les tourments de la trahison sont devenus cendres, tout est fini. Mais comme un poison qui ronge, les loups qu’elle avait lâchés l’attendent au bas de son piédestal. Bientôt dévorée par son propre objet de vengeance, la chanteuse encore ficelée regarde droit devant elle. Les loups en contrebas tournent autour d’elle en la fixant du regard. Par la solitude et la mort, voici comment Laurent Boutonnat décide de clore momentanément sa collaboration avec Mylène Farmer. Il ne réalisera plus de clip pour elle pendant dix ans. 

En savoir plus sur Beyond my Control 

860d4a04« Beyond my control » est le quatrième extrait de l’album « L’autre » (qui est déjà disque de diamant pour 1 000 000 d’exemplaires). La chanson « Pas de doute » était pourtant fortement pressentie comme nouveau single par les fans. Avec ce titre, bien que peu connu du grand public, Mylène Farmer va marquer les esprits avec un clip scandale ! En 1992, la chanteuse enchaîne succès sur succès : elle passe à l’état de mythe.Il est question dans ce texte de contrôle de soi, de dérision face à la lâcheté d’un homme mais aussi d’amour et de mort. Mylène veut régler ses comptes avec la gent masculine en tuant son amant volage : « Lâche ! C’est plus fort que toi« . 


La voix que l’on entend dans le refrain de la chanson « It’s beyond my control » est un sample de la voix de John Malkovich dans le film Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears.
Le single sort avec les supports habituels (45T, maxi 45T et maxi CD). Mais ce titre est aussi l’occasion de présenter le premier CD single 2 titres, qui aujourd’hui est très recherché par les collectionneurs.

Mylène Farmer n’enregistre aucune télé pour promouvoir le titre : il faut dire qu’avec le clip qui a été préparé, la promotion se fera à son détriment ! 

Deux jours de tournage seront nécessaires au Studio Sets à Stains, lieu où avait été tourné le clip de « Plus grandir » en 1985. Mylène habillée d’une robe longue et ample marche en regardant loin devant elle. Le clip est entrecoupé par des ébats amoureux presque pornographiques, de Mylène qui brûle sur le bûcher, qui marche en chantant, les mains ensanglantées. Pour les scènes hot du clip, c’est Christophe Danchaud (danseur de ses 3 premières tournées) qui fait la doublure de l’homme infidèle Frédéric Lagache (déjà présent sur le clip de « Sans contrefaçon » dans le rôle du marionnettiste). A noter que ce sera le dernier clip de Laurent Boutonnat avant une longue période. Il faut qu’il prépare activement son long métrage « Giorgino » dans lequel Mylène joue le rôle principal.Le clip est envoyé aux télés et leur réaction ne se fait pas attendre : c’est la censure pure et dure ! Trop de sexe, trop de sang, trop de violence ! Toutes les chaînes refusent de le diffuser (hormis Canal + et MCM). La presse s’empare du scandale et diffuse allègrement les « premières images du clip scandale » !

A l’occasion de la sortie de ce titre, la radio NRJ prépare une surprise : un maxi 45T picture-disc collector édité à quelques 50 exemplaires ! Un vrai objet de convoitise pour les fans qui s’arrache à prix d’or, malgré les nombreux pirates qui circulent !

Au final, le single se vendra tout de même à quelques 200 000 exemplaires. Il clôturera également l’exploitation de « L’autre », à ce jour l’album le plus vendu de la chanteuse avec 1 800 000 exemplaires !

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CLIP PLUS GRANDIR – 1985

Posté par francesca7 le 23 août 2011

VIDEO  :  Image de prévisualisation YouTube

Réalisateur: Laurent Boutonnat. 

Année: 1985. 

Durée: 7’32. 

Scénario: Laurent Boutonnat. 

Production: Movie Box, Laurent Boutonnat, Polydor. 

Budget: environ 45 000 euros. 

Temps de tournage: 4 jours. 

Lieux de tournage: Studios Sets à Stains et cimetière de Saint-Denis. 

Personnages: Mylène, deux naines nonnes, un violeur, une poupée. 

Animaux: un rat, des colombes. 

Thèmes principaux: Enfance, fuite du temps, déchéance physique, mort, sexe, religion.    

Pour la sortie du film, deux premières sont organisées le mercredi 13 novembre 1985 dans deux cinémas différents :  le Kinopanora (75015) et le club 70 (75016). Des invitations sont envoyées à la presse. 

CONTEXTE :

Une jeune femme venue se recueillir sur sa propre tombe revoit sa vie peuplée par l’obsession de ne pas vieillir.

CLIP PLUS GRANDIR - 1985 dans Les Clips de Mylène 98872117La narration de Plus grandir, premier des clips de Laurent Boutonnat subissant le traitement cinématographique du réalisateur, se trouve dans un certains prolongement de celle utilisée dans la vidéoclip Maman  a tort. Les différents thèmes abordés par le texte de la chanson ne le sont pas de manière allégorique, c’est leur adaptation visuelle qui en fera des cènes à l’imagerie fort et symbolique. La structure de la chanson est adaptée dans le clip en autant de scènes que de couplets, tandis que le sujet général de chacun d’eux est évoqué parallèlement à leur passage par la mise en scène de symboles s’ rapportant. Par rapport à la succession de plans statiques dans Maman a tort, le fait de découper plus Grandir en scènes et de les faire correspondre avec la structure mélodique de la chanson se rapproche du traitement narratif d’un clip traditionnel. La particularité du cinéma de Laurent Boutonnat ne se situe pas ou plus à ce niveau, mais dans l’utilisation d’une grammaire cinématographique pour la réalisation de clips. Empruntant la logique de ses raccords au cinéma classique, une partie de son esthétique et sa thématique aux cinéastes anglais, son imagerie à la littérature du XVIIIè siècle, la démarche Boutonnat n’a réellement d’originale que sa destination vers une forme aux possibilités juge-t-il inexploitées.

plus_g10 dans Les Clips de MylèneDans un cimetière envahi par les feuilles mortes, une jeune fille poussant landau vide (le deuil de la jeunesse) se dirige vers sa propre tombe. Elle contemple sa sépulture mais n’a pas l’air de se recueillir, on dirait même qu’elle éprouve du dédain. Tenant un petit bouquet, elle passe sa main derrière son oreille. C’est sans doute ce qui la fera entrer dans une phase où elle se verra ensauvagée, assise dans une aile de château, la bouche écorchée. Elle est dans une vaste chambre vide aux fenêtres ouvertes qui laisse entrer un vent puissant. La pièce est faite d’une architecture baroque (la forme triangulaire de la porte d’entrée) à l’intérieur de laquelle grouillent des rats. Au milieu trône une statue de sainte vierge devant laquelle Mylène Farmer prie en pleurant. Pendant un orage, lorsqu’un individu entre dans la chambre pendant son sommeil, Laurent Boutonnat va offrir à son public la première scène de nudité de son œuvre…

L’homme (Hervé Lewis, alias Rambo Kowalski, le duelliste de Libertine I, et futur entraîneur de la chanteuse) est un violeur, il s’acharnera à déchirer le pyjama rouge-sang de la jeune fille et lui caressera le corps jusqu’à ce qu’elle se laisse faire. Le visage de l’homme s’approche du sein lentement, ils se regardent et la jeune fille se préparera à être embrassée par son agresseur en y éprouve un plaisir certain; ça y est, le passage à l’âge adulte est consommé, la virginité est irrémédiablement perdue, et la statue de la vierge se retourne en se cachant le visage dans ses mains. Apparition onirique, deux bonnes sœurs naines volantes sont derrière une fenêtre et regardent toute la scène. Le fait qu’elles soient naines est le sens propre de ne pas grandir, non pas par volonté, mais par obligation. Comme une vengeance, même si elles flagelleront la jeune fille perverse ensuite à coups de bâtons, elles n’en sont pas moins voyeuses. Lors de sa punition, Mylène expliquera pourtant ses souhaits récurrents : « Plus grandir, j’veux plus grandir pour pas mourir, pas souffrir« . Elle souffre donc grandit. La fille blessée s’est alors réfugiée dans le coin de la pièce pour vivre sa douleur en silence. Elle s’acharnera aussi à vouloir supprimer sa poupée de chiffon, qui elle ne vieillira pas. Elle tente en vain de la noyer, de la mutiler. L’expression de la poupée change, du mécontentement au sourire sadique. Si l’on doit trouver la métaphore du temps dans ce film, ce sera forcément elle et c’est lorsqu’en voulant la couper en deux avec un couperet, que la poupée cachera son visage avec son bras qui sera mutilé et tournoiera en l’air. Mylène  Farmer comprendra alors, que la poupée ne vieillira jamais, elle si. Elle sourira donc pour la première fois du film en tournant sur elle-même dans sa chambre, les bras déployés, heurtant meubles et toiles d’araignées. Les rides couvent peu à peu son visage et son cou, le sourire se transforme en une expression qui rappelle l’incompréhension d’avoir perdu ce qu’on était, d’avoir perdu sa jeunesse et sa vie. Elle finira accoudée à la fenêtre et regardera expression une colombe se poser sur la bordure de la fenêtre devant elle, comme une communion, comme la paix avec soi-même.

1035268456_smallPlus Grandir (1985) et son arrière-plan biblique permettent de voir un clip de Boutonnat de deux façons différentes. A la fois récit d’une déchéance physique et critique d’une religion aveugle et impuissante, Boutonnat met en scène dans Plus Grandir des éléments détenant un sens pour chacun des deux niveaux de lecture. Il prend parti d’opposer au lent vieillissement du personnage des images du catholicisme comme par exemple la statue de la sainte vierge ou deux nonnes violentes et vindicatives. On peut lire la présence et l’action de ces éléments comme les signes avant coureurs d’une sérénité relative à la vieillesse prochaine du personnage, voire à sa mort inéluctable, mais également comme l’omniprésence d’une religion qui bannit de manière systématique les agissements déviants de ce même personnage. Ainsi dans le clip, la statue de pierre s’anime pour se cacher les yeux devant une prière vaine, et les nonnes punissent sévèrement par les coups la perte de virginité de l’héroïne : passage symbolique violent à l’âge adulte qui la précipitera rapidement dans la déchéance physique la plus totale.

On retrouve dans le cimetière qui a ouvert le film, Mylène Farmer a toujours la même expression sur son visage, on ne peut plus neutre. Elle jettera son petit bouquet sur sa tombe et s’en ira sans se retourner. Mylène Farmer vient d’entrer dans une phase onirique dont elle ne sort pas intacte, puisque malgré le fait qu’elle reparte vers la sortie avec son landau vide, elle extrait de son cauchemar la poupée qui s’installe définitivement dans le réel.

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L’album L’Autre…

Posté par francesca7 le 20 août 2011

Pochette de l’album « L’Autre… » 

 

 

 

-          J’aime bien ce paradoxe. Le corbeau étant un oiseau de malheur ou de mauvais augure et moi, j’ai chois plutôt quelqu’un de protecteur, ce pourrait être l’Autre, et j’aime le contraste du noir et du blanc… mais il y a de multiples symboles dans le corbeau…

 

 

L'album L'Autre… dans Mylène 1991 - 1992 mylene-farmer-plv-lautreSi la pochette de ce troisième album est différente, les thèmes sont les mêmes et l’image de l’artiste reste toujours intacte, une beauté figée et intemporelle. C’est ainsi qu’au fil de ses nouvelles chansons, Mylène tisse sa propre légende. L’album s’ouvre sur un Agnus Dei dans lequel la jeune femme retrouve ses réflexes masochistes tout en lançant un regard interrogateur vers l’Autre, vers Dieu ou tout simplement celui vers qui elle voudrait tant se diriger. Hélas, comme La fille de Ryan de David Lean qu’elle chante dans Il n’y pas d’ailleurs, la jeune femme, au regard désespéré, attend toujours les réponses à ses questions.

 

Si après avoir rencontré son propre public, Mylène souhaite se tourner à présent vers l’autre, il semble que le paradoxe soit encore présent… car enfin, l’autre ne serait-il finalement pas son propre reflet ? Je suis ici pour toi et toi c’est moi…

 

-          « Je ne peux pas lui donner de définition très précise. L’Autre suggère tellement de choses ! Cela peut être l’autre moi ; l’autre le compagnon. J’ai pris ce mot pour évoquer beaucoup de choses dont certaines ne sont pas visibles et planent au-dessus de nous. »

 

L’Autre… a un impact exceptionnel, restant classé pendant six longs mois numéro UN des ventes d’albums atteignant, au final, plus de 1 800 000 albums vendus. Un record de ventes pour Mylène. Et pourtant quand nous interrogeons tous ceux qui ont acheté cet album, la réponse est quasiment toujours la même :

 

« C’est le moins réussi de ses albums« .

 

Ce qui est le plus souvent reproché à la Mylène de cette époque, c’est essentiellement que ses textes sont trop tristes et son regard top fuyant. Il manque cette nuance, cet équilibre entre la joie de vivre et le désespoir ! Et puis, nombreux sont les fans de la première heure, les plus gothiques ou les plus rocks qui ont abandonné la partie, trouvant la musique trop synthétique.

 

ClipDesenchantee14 dans Mylène 1991 - 1992

 

 

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J.Paul Gaultier et Mylène

Posté par francesca7 le 20 août 2011

Jean-Paul Gaultier.jpgJean-Paul Gaultier, né le 24 avril 1952 à Arcueil (Val-de-Marne), est un styliste français, fondateur de la société Jean Paul Gaultier, membre de la Chambre de la Haute couture.

fils unique d’une mère caissière et d’un père comptable. Ses parents déménagent pour habiter la ville voisine d’Arcueil. Il est entouré de parents affectueux et d’une grand-mère bien-aimée qui l’initie à la couture, alors qu’il est très jeune. C’est ce milieu qui sera une des sources d’inspiration de ses futures créations. Le jeune Jean-Paul faisait déjà, alors qu’il n’avait que six ans, des expériences « stylistiques » sur son ours en peluche, après avoir découvert des corsets, dans une malle de sa grand-mère, qui deviendront les symboles de sa future marque. A 15 ans, il dessine les esquisses d’une collection de vêtements pour enfants.

C’est après avoir vu le film Falbalas, de Jacques Becker, qu’il se décide à faire de la couture sa profession. Il envoie ses croquis à Pierre Cardin. Le jour même de ses dix-huit ans, il intègre la prestigieuse maison de couture, où il restera un peu moins d’un an avant de rejoindre Jacques Esterel, puis, en 1971 l’équipe de Jean Patou.

  

J.Paul Gaultier et Mylène dans Mylène 1991 - 1992 SHEILA-ET-JEAN-PAUL-GAUTHIERSheila sera la première chanteuse habillée par Jean-Paul Gaultier pour son Zénith en 1985 et le sera encore en 2004, avant Yvette Horner avec sa robe Tour Eiffel. Puis Madonna qu’il a habillée lors de ses deux tournées Confessions Tour en 2006 et le Blond Ambition Tour en 1990à qui il fera porter ses mythiques « seins pointus ». Un soupçon de provocation s’ajoutera dès lors aux collections.

jean-paul-gaultier-apportant-un-bouquet-de-roses-noires-a-mylene-farmer-a-la-fin-de-son-defile_90621_w250 dans Mylène 1991 - 1992Jean-Paul Gaultier a aussi créé, entre autres, des tenues pour Mylène Farmer dans les années 1990 ; il signera les tenues sexy que la chanteuse porte sur le shooting de son album Anamorphosée, dans le clip Je t’aime mélancolie ainsi que la robe semi-transparente du clip L’instant X et dans le clip « Lonely Lisa » en 2011. Il l’habille à nouveau lors de sa tournée « No5 on Tour » de 2009. Il a également habillé Kylie Minogue pour sa tournée de 2008.

Il a lancé également des parfums à son nom.

En 1995, il a présenté les MTV Europe Music Awards à Paris.

En mai 2011, Jean-Paul Gaultier réalise un reportage intitulé « Gaga by Gaultier où il interview la chanteuse Lady Gaga sur sa vie intime..

Du 17 juin au 2 octobre 2011, il fera l’objet d’une exposition au MBAM (Musée des Beaux-Arts de Montréal). Elle étalera les 35 ans de travail du designer avec quelque 120 pièces de Haute-couture et certaines de prêt-à-porter.

Ouvertement homosexuel, il est considéré comme un symbole de la culture gay française et internationale.

Le 06 juillet 2011 défilé haute-couture automne/hiver 2011/2012 avec comme pour invité « exceptionnel » Mylène Farmer qui a clôturé le défilé. Elle présentait ainsi une robe de mariée noire faite de plumes comme la plupart des créations de cette collection. Cette robe prédestinée pour la chanteuse a été nommée par le créateur : Libertine Swan.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Gaultier 

 

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Sans contrefaçon

Posté par francesca7 le 17 août 2011

un clip truffé de symboles 

 

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Sans contrefaçon est évidemment un clip truffé de symboles et chacun y va de son explication. Certains y voient le mythe de Pygmalion (le marionnettiste et sa créature), alors que d’autres gardent plus simplement le souvenir de la dernière apparition officielle d’une grande dame, Zouc

 

Malgré l’attirance que Mylène éprouve pour ce personnage à l’univers si particulier, Zouc est une femme instable que beaucoup pensent folle. En 1980, elle était sortie d’une très grave dépression, avant son retour sur le devant de la scène, en 1987, avec son spectacle L’Alboum. Après le tournage de Sans contrefaçon, Zouc aurait rechuté. Personne, depuis, ne sait ce qu’elle est devenue. Certaines rumeurs affirment qu’elle serait en hôpital psychiatrique depuis 1988. Interrogée à ce sujet en 1996 par Paul Amar, Mylène avoue ne pas être au courant de son sort. Elle se rappelle seulement de son « comportement étrange pendant le tournage« . 

 

Plus de vingt ans après, dans un spectacle intitulé Zouc par Zouc, Nathalie Baye rendra hommage à cette artiste suisse et à son co-auteur préféré, l’écrivain Hervé Guilbert mort du sida à 36 ans et à qui l’on doit le troublant roman A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie

 

Au final, le single Sans contrefaçon (qui sera le premier 45 tours à sortir en CD single et maxi avec le Boy et le Girl Remix) reste classé durant vingt-trois semaines au Top 50 en atteignant la deuxième place ! 

 

Quelque temps auparavant, en novembre 1987, Laurent Boutonnat crée sa société, Toutankhamon, qui doit lui permettre de produire plus facilement les prochains albums et les clips de Mylène Farmer

 

Le deuxième album institué Ainsi soit je est précédé de la sortie du single du même nom le 14 mars 1988

 

Sans contrefaçon dans Mylène 1987 - 1988 ClipSansContrefacon12

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