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PREMIER PASSAGE TV de Mylène Farmer, raconté dans son livre

Posté par francesca7 le 20 décembre 2015

 

reine du clipLe premier passage TV de Mylène Farmer en tant que chanteuse a lieu sur TF1 dans l’émission Jour J en mars 1984.

La chanson connaître une première censure dans l’émission Salut les Mickey, le co-producteur américain l’ayant trouvée un peu trop « perverse ». Mais la chance semble enfin tourner.Mylène est invitée par Michel Drucker dans Champs Elysées sur Antenne 2, le 22 septembre 1984. On peut donc dire que la stratégie de Bertrand Le Page a été payante. Maman a tort sera de plus en plus diffusée par les radios durant l’été. Le 45 Tours se vendra à environ 100 000 exemplaires.

Désormais, il est temps de réfléchir à la suite ; Lors d’une interview, Mylène dit avoir prévu de sortir un deuxième 45 Tours à l’automne 1984, puis repousse le projet à janvier 1985. C’est le titre Bip be bo qui est annoncé. La chanteuse aurait également enregistré à cette période une chanson intitulée I do love you, mais finalement c’est le titre On est tous des Imbéciles qui verra le jour.

Les paroles et la musique ont été écrites par Jérôme Dahan. La chanson évoque le monde cruel du show-business. Sur la face B, autre titre inédit. L’annonciation, écrit par Laurent Boutonnat. Le vinyle est dédié à « Papa et sainte Thérèse d’Avila ». Ayant vécu une éducation religieuse, Mylène Farmer a toujours été fascinée par sainte Thérèse, dont on raconte qu’elle aurait plusieurs fois rencontré et parlé avec Dieu. A la sortie du titre, les citriques se montrent moyennement favorables et les radios le programment rarement. Pourtant, Mylène l’interprète quatorze fois à la télévision. On est tous des imbéciles ne rencontre pas le succès du public, ne rentre pas au TOP 50 des meilleurs ventes en France (il ne s’est vendu qu’à 40 000 exemplaires), ce qui a pour conséquence qu’aucun clip n’est envisagé.

Cet échec signe la fin du contrat avec RCA. Mais la roue tourne encore ; Alain Lévy propose à Mylène Farmer un nouveau contrat pour trois albums chez Polydor.

Nous sommes en 1985 et Mylène Farmer n’est toujours pas une star. Sa carrière est maigre ; Maman a tort a connu un petit succès, mais pour On est tous des imbéciles et My mu mis wrong on peut clairement parler de fiascos.

Plus grandir est le premier disque chez Polydor. C’est aussi la première fois que Mylène écrit une chanson. Il s’agit d’un texte largement autobiographique dans lequel la chanteuse parle de sa phobie de vieillir. Il n’y a pas d’âge pour avoir peur… Le 45 Tours sera proposé au public le 25 septembre 1985 et, sur la face B, on découvre une nouvelle comptine, plutôt sombre et tragique, Chloé, écrite par Laurent Boutonnat. Mais de nouveau, même si le titre est accueilli de façon convenable par la critique, ce n’est pas un grand succès. Il ne va pas se classer parmi les 50 meilleures ventes et ne se vendra qu’à 70 000 exemplaires, ce qui pour l’époque est assez faible 

Pour le clip vidéo, Laurent Boutonnat, dans le rôle du réalisateur, va voir grand. Le budget est de 330 000 francs, soit 50 300 euros. Il s’agit du premier « véritable » clip de Mylène Farmer. Il comporte un scénario et dure plus de sept minutes (pour Maman a tort, les fans parlent plus aujourd’hui d’une vidéo amateur). Tourné principalement dans les Studios Sets à Stains, en région parisienne, et au cimetière de Saint Denis, c’est un court métrage ambitieux. Il est réalisé en cinémascope et diffusé en avant-première au Kinoparanorama à Paris le 13 novembre 1985. Le clip passera régulièrement à la télévision malgré une censure dans certaines émissions ( à cause d’une scène suggérant un viol).

Mais cette vidéo, c’est surtout la création de l »univers » Mylène Farmer, symbolisé par la mort, le sexe et le désespoir. C’est Rambo Kowalski qui est chargé d’ »agresser » Mylène. Il est aujourd’hui connu sous le nom d’Hervé Lewis en tant que photographe et coach physique de la chanteuse. Pour la réalisation, Laurent Boutonnat obtiendra une subvention de Polydor. Le tournage durera cinq jours et, pour l’anecdote, trois heurs de maquillage et trois maquilleurs professionnels seront nécessaires afin de vieillir Mylène de cinquante ans. Le clip est diffusé pour la première fois à la télévision dans l’émission de Jacky, Super >Platine, sur Antenne 2, le 21 Décembre 1985.

extrait de Mylène Farmer Ses mots, Ses clips aux Editions Chapitre.com 2014

 

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Un monde irréel, mais assez proche du réel

Posté par francesca7 le 13 octobre 2015

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Mylène Farmer est une personne qui donne l’impression de vivre dans un monde irréel – elle dira « un paradis inanimé » –, aérien, atemporel, éternel, tels les pantins d’un magasin de jouets ou les personnes violées amnésiques. Avec elle, on oscille entre la magie et l’horreur, les paillettes et la boue, le conte et les milieux despotiques, le kitsch et camp. Autrement dit, on est plongé dans l’univers du viol dénié.

Comme toutes les divas qui plaisent aux personnes homos, Farmer est la reine du mélodrame, la fausse vierge effarouchée, la Drama Queen qui va rejouer inlassablement la scène du viol en laissant au spectateur le choix de savoir s’il est vrai ou faux. La Mylène-personnage cinématographique symbolise le fantasme de viol à elle toute seule (je vous renvoie aux chansons abordant explicitement le viol dans son œuvre : « Plus grandir », « Ange parle-moi », « L’Annonciation », « Comme j’ai mal », « Beyond my control », « Libertine », « Je te rends ton amour », etc.).

Elle incarne la féminité sensuelle, dangereuse et vengeresse, à laquelle la majorité des personnes homosexuelles s’identifient (à différents degrés bien sûr), la femme cinématographique violée qui revient à la charge pour détruire ceux qui ont/auraient abusé d’elle : pensez au fouet de la sentence qui se retourne élégamment dans le clip « Pourvu qu’elles soient douces », à la prostituée qui tue son mac dans « California », à la jumelle venant venger sa sœur dans « L’Âme-stram-gram », à la femme-Frankenstein de « Dégénération » qui, après avoir été réifiée et disséquée, se réveille pour manipuler ses bourreaux ; etc..

extrait des propos de Philippe Ariño

 

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BOUTONNAT EST PEUT ETRE NE D’UNE ERREUR

Posté par francesca7 le 25 août 2014

 

 

Laurent Boutonnat réalisateur de clips est né curieusement d’un échec cinématographique, son arrivée dans le domaine musical est purement fortuite. D’abord destiné à la réalisation de longs-métrages, c’est à la suite de l’insuccès de son premier film qu’il se redirigera vers la littérature, puis la musique. Il se servira alors de son double statut de compositeur-producteur auprès de sa première maison de disque pour négocier avec elle la réalisation des vidéo-clips promotionnels. Ce sera pour lui ce fameux « moyen détourné de faire du cinéma ».

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Laurent Boutonnat est né le 14 juin 1961 rue Auguste Blanqui, dans le XIVe arrondissement de Paris, aîné d’une famille de cinq enfants, il se servira adolescent de certains de ses frères et sœurs pour monter ses sociétés d’éditions phonographiques et aussi de son petit frère Dominique dans son premier long métrage Ballade de la Féconductrice en 1978. Auparavant, Laurent Boutonnat a déjà réalisé dans son enfance de nombreux courts-métrages amateurs avec la caméra Super 8 de ses parents. Un de ses premiers essais date de 1971 où il transpose Bambi de Walt Disney (1942). Sur ses films d’adolescent, il voulait déjà tout maîtriser : de la mise en scène à la musique, du maquillage à l’interprétation elle-même. Parallèlement, il étudie la musique et le piano sur initiative de ses parents dès l’age de cinq ans. Laurent Boutonnat suit sa scolarité de second degré chez les jésuites. Il s’y déplait, n’est doué qu’en littérature et se retrouve plusieurs fois renvoyé. C’est à quinze ans qu’autodidacte, il décide d’abandonner ses études pour aller chercher du travail ; et c’est aussi l’âge à partir duquel il abandonne l’apprentissage musical que lui faisaient suivre ses parents. Parallèlement aux « petits boulots » qu’il cherche, Laurent prend des cours de théâtre durant trois ans et écrit chez lui avec un professeur de philosophie. Il déclarera plus tard « avoir pris goût à cela ». A 16 ans Laurent Boutonnat a la volonté de diriger ses recherches d’emploi vers le secteur audiovisuel, et commence à développer dans son imagination plusieurs projets de longs-métrages dont un film déjà nommé Giorgino ; scripte qu’il reprendra dix ans plus tard. L’histoire de cette première version n’a cependant rien à voir avec le long-métrage qui sortira dix sept ans plus tard. Ce scénario racontait le huis-clos d’un couple dont l’homme aime de plus en plus son épouse, alors que cette dernière prend une peur de plus en plus panique de lui. L’incertitude sur les intentions de l’un et de l’autre débouchait sur un duel final tragique entre les deux époux.

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Boutonnat réalisera finalement Ballade de la Féconductrice en 16 mm. à l’âge de seize ans, qu’il produira à l’aide de son père, et des Films du Marais pour sept mille six cents euros. Il tournera entre Paris et Etretat en fonction des conditions météorologiques. Après avoir été présenté et sifflé au marché du film de Cannes en 1979, Laurent Boutonnat tente de l’exploiter dans une unique petite salle : « Le Marais » à Paris, à partir du 15 mai 1980. Le film qui passe d’abord en comité de censure obtient une interdiction aux mineurs de moins de dix huit ans. Laurent Boutonnat en a alors dix sept. Le dossier de censure retrouvé dans les archives du C.N.C. comporte un court synopsis écrit de la main du jeune réalisateur :

 

« La balade (sic) d’une fleur du mal dans un monde fantasque et allégorique où se mêlent humour noir et horreur. »

 

 Tous les avis convergent vers une interdiction aux mineurs, et Henri Dolbois qui dirige la commission plénière conclue le dossier comme suit : 

« Une anthologie de Hara-Kiri et Charlie-Hebdo. Castration, mutilations d’enfants, torture d’un mongolien adulte en petite voiture roulante. Faces tuméfiées et sanguinolentes. Une femme accouche dans sa cuisine d’un teckel, elle fait l’amour avec lui etc… Le film me paraît justifiable d’une interdiction aux mineurs en raison de l’exhibitionnisme grand-guignolesque ce film attentatoire à la dignité de la personne humaine. Cette interdiction me paraît justifiée bien qu’il s’agisse d’un 16 mm. à faibles objectifs commerciaux. »

Henri Dolbois

  Le film ne restera que deux semaines à l’affiche et totalisera quatre cents cinquante neuf entrées. Plutôt que de retourner à l’école, Laurent Boutonnat, déçu, ne fait plus rien jusqu’à sa rencontre avec Jean-François Chauvel. Ce grand reporter de télévision mort en 1986 avait alors en préparation le tournage d’une série de reportages scientifiques sur le nucléaire : Les Energies Nouvelles. Laurent Boutonnat saisit sa chance et postule comme caméraman pour toute la série d’émissions. Il avouera plus tard: « J’avais prétendu m’y connaître en technique pour qu’il me prenne, et j’ai dû potasser le manuel comme un fou ». Il part donc pendant un an dans les quatre coins de la France pour tourner les images de ces reportages, « La meilleure école » se souviendra t-il en 1990.

  Laurent Boutonnat qui a alors vingt ans se lance dans une nouvelle aventure où il utilisera ses facultés d’écriture et son expérience récente dans le journalisme. C’est l’époque où, remis de l’échec de Ballade de la féconductrice, il multiplie les projets. Toujours avec le sens du subversif et son goût du morbide, il entreprend des recherches pour l’écriture un livre sur l’infanticide. Un ami, Jérôme Dahan fait partie du projet. Parallèlement à cela il réalise des publicités télévisées. Laurent tourne plusieurs spots et s’associe à un producteur du circuit Parafrance. Celui-ci lui proposera de tourner un film d’horreur en deux semaines pour un budget de deux cents trente mille Euros. Suite à des désaccords du fait du producteur, le projet ne verra jamais le jour. C’est à cette période que Boutonnat reprend le script de Giorgino à zéro. Un soir, alors qu’il est accompagné de son ami Jérôme Dahan, il décide d’écrire avec lui les paroles d’une chanson ayant trait à cette enfance qui le hante tant. Le lendemain Jérôme Dahan écrit la musique et le résultat ne leur déplait pas. Ils viennent d’écrire Maman à tort, qui deviendra un petit succès de l’été 1984. Laurent Boutonnat laisse peu à peu de côté le sulfureux livre sur l’infanticide qui ne verra finalement jamais le jour. Les paroles de la chanson fraîchement écrite qui évoquent la folie, l’abandon et le saphisme seraient encore plus explosives dans la bouche d’une enfant. Après une tentative avec une jeune fille de quinze ans qui pose trop de problèmes juridiques avec la D.D.A.S.S, Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat organisent un casting où se présentent une cinquantaine de jeunes filles majeures dont la future chanteuse Mylène Farmer, alors âgée de vingt et un ans. Laurent Boutonnat la choisie immédiatement, sans même l’avoir entendue chanter, à cause de son air « psychotique ». C’est suite aux problèmes se posant pour monter le clip de Maman à tort (1984) que Laurent Boutonnat envisage le clip comme seul moyen à court terme de faire du cinéma. Il sait aussi qu’il lui faudra financer lui-même ses projets s’il veut avoir les moyens nécessaires pour les réaliser. Durant la promotion de Maman à tort, Laurent Boutonnat retourne ponctuellement au documentaire en réalisant pour l’Education Nationale Parents… si vous saviez, reportage fictionnalisant de douze minutes sur le rôle de la parentalité. Le duo Dahan-Boutonnat écrira 10 mois plus tard deux autres chansons : On est tous des Imbéciles ne se fera remarquer que grâce à la morbidité de sa face B. Signée Boutonnat, L’Annonciation évoque le viol par le truchement d’une imagerie évangélique.

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 Décidément abonné à l’insuccès systématique de ce qu’il entreprend, Laurent Boutonnat se voit renvoyé de la maison de disques R.C.A. pour laquelle il avait pourtant fini de préparer un album. Laurent Boutonnat se sépare de Jérôme Dahan avec lequel il est en désaccord sur la suite à donner à la carrière de la chanteuse dont ils s’occupaient. Comme rattrapé par la chance, Boutonnat est contacté par Alain Levy qui vient de créer la maison de disque Polydor. Ce label français appartenant à l’Américain Polygram veut tout miser sur la chanson française et signe directement Mylène Farmer et Laurent Boutonnat pour trois albums, alors qu’ils n’assurent pas encore de réels succès commerciaux fiables. Le premier d’entre eux est Cendres de Lune en 1986, entièrement conçu, produit et arrangé par Boutonnat. Il en signe la composition, presque toutes les paroles et la pochette, pour poser les bases d’un climat. Cendres de lune est un laboratoire de boites à rythme, d’échantillonnages194, avec des inserts de chants grégoriens, et dont l’originalité a été saluée par le magazine musical Rock & Folk car il fait cohabiter morceaux avant-gardistes et variété populaire :

 

« Si les paroles sont plutôt du genre la Comtesse de Ségur qui aurait enfin décidé de parler de ce que font vraiment les petites filles modèles, la musique est elle aussi bien ficelée […] Cendres de Lune très court morceau à la limite de l’expérimental et du franchement morbide. Enfin, Vieux Bouc […] suit la même direction, avec ses voix sataniques ricanant en contrepoint qui évoquent une version musicale du Tour d’Ecrou sur fond de messe noire et d’âme en peine et de Lolitas grimaçantes. Tout cela est assez rare et original »

  C’est alors que Boutonnat se décide à monter son deuxième long-métrage à partir du script de Giorgino. Il en commence la préparation, mais son récent succès inattendu dans la production musicale l’occupera trop pour finaliser ce projet. En 1987 Laurent Boutonnat entame l’écriture du deuxième album Ainsi soit-je qui sortira à la fin de la même année. Il crée pour l’occasion sa première société de production discographique: Toutankhamon S.A. Le clip du premier extrait Sans Contrefaçon passera en exclusivité à la télévision le soir du réveillon 1988. Suivront le clip d’Ainsi soit-je et surtout Pourvu qu’elles soient douces. Le clip, qui a coûté deux millions de Francs sera d’ailleurs nommé aux Victoires de la musique de 1988. Il en co-écrit l’histoire avec le scénariste Gilles Laurent, auquel il présentera le synopsis de Giorgino ébauché à dix-huit ans. Tous deux travailleront  sa réécriture pendant quatre ans. C’est avec Gilles Laurent que Boutonnat écrira le scénario de Sans Logique, et surtout concevra le spectacle dont la tournée et le film sont déjà en projet en 1988. 

Depuis que le cinéaste produit lui-même ses courts-métrages, il peut se permettre des budgets colossaux, comme celui nécessaire à la réalisation de Sans Logique (1989) qui aura nécessité un aménagement coûteux des studios d’Arpajon. C’est avec le même système de financement qu’il produira la tournée qui va lui permettre de sublimer son univers en l’extrapolant sur une scène. C’est notamment pour cela qu’il crée le 19 janvier 1989 la société Heathcliff S.A. qui lui permettra de produire la tournée et ses prochains films. Après un essai transformé à Saint-Étienne puis deux semaines au Palais Des Sports de Paris, le spectacle parcourra la France en 60 dates dont deux au Palais Omnisports de Paris-Bercy. Laurent Boutonnat, au delà de la mise en scène et des arrangements, pense au film qu’il tirera de cette tournée. Il crée le 26 octobre 1989 à l’occasion de la sortie du double album En concert une société d’édition phonographique « Requiem Publishing » qui édite depuis, toutes les productions de Boutonnat sans exception. La sortie en salles et sur vidéo du film du spectacle se fera finalement le 25 septembre 1990. Suite à la sortie de En concert, Laurent Boutonnat écrit les dix musiques du prochain album de Mylène Farmer: L’Autre. Il profite du tournage de Désenchantée et de Regrets en Hongrie en février 1991 pour faire des repérages pour Giorgino avec le décorateur Pierre Guffroy. Se consacrant essentiellement à la préparation du long-métrage, les années 1992 et 1993 verront débuter le tournage des scènes d’extérieur du film dans le parc slovaque des Tatras auxquelles suivront les plans d’intérieur aux studios Barrendov de Prague.

 

En mai 1993, le montage et l’écriture de la musique succèderont au tournage. Laurent retournera pour l’occasion dans l’État Tchèque pour en enregistrer la musique. L’exceptionnelle longueur de la post-production due en partie au perfectionnisme de son auteur s’achèvera en août 1994. Après 8 années de travail, Giorgino sort enfin sur les écrans le 5 octobre 1994. Abattu par la critique et sorti au mauvais moment, le film est un échec.

 

 Décidément décisif dans la carrière de Boutonnat, l’échec le conduit à des revirements complets. Celui de Giorgino sera de trop, plongeant son auteur dans le désespoir le plus profond. Après un an sans nouvelle production, qu’elle soit musicale ou audiovisuelle, la suite de son travail montrera une absence totale de continuité. Laurent Boutonnat composera onze musiques pour l’album Anamorphosée annonçant le retour de son interprète fétiche. Suite à ça il co réalisera un autre film de concert Live à Bercy avec François Hanss, son assistant de longue date. 

Le succès commercial de ce film (pourtant uniquement exploité en circuit de cassettes vidéos) n’aura d’égal que l’échec artistique que nous seront forcés de constater. Les nombreux faux raccords involontaires et la superficialité affichée de l’imagerie renient outrageusement le perfectionnisme dont Boutonnat était autrefois capable. Laurent Boutonnat refuse depuis toute interview et toute diffusion de Giorgino, voulant visiblement faire de son long métrage un film maudit. Le film sera tout de même contractuellement diffusé en novembre 1995 sur la chaîne Canal Plus, qui participa à sa production. Boutonnat attendra 1997 avant de reprendre réellement la caméra pour l’ancienne actrice Nathalie Cardone, sa nouvelle égérie avec laquelle il réalisera quatre clips. Il crée pour elle une société de production le 19 juin 1997 : « Calliphora S.A. » et laisse peu à peu en désuétude les sociétés Heathcliff S.A. et Toutankhamon qui cessera même ses activités en 1997. En mai 1999 sort l’album de Mylène Farmer Innamoramento comportant treize titres dont neuf composés par Laurent Boutonnat, mais il n’en signera aucun clip. Le 10 mai 2000 il étend toutefois ses activités financières en fondant LB Société Civile Immobilière qui s’occupe d’achat et de location de biens immobiliers.

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 L’échec qui accompagna toute la carrière de Boutonnat provoqua chez lui deux réactions contraires selon les époques. Alors que son insuccès dans le cinéma l’incita dans sa jeunesse à persévérer dans la voie cinématographique, il ne put se remettre du fiasco commercial de Giorgino qui le fit stopper toute réalisation ambitieuse. Aujourd’hui  Mylène Farmer et Laurent Boutonnat dirigent toujours la société d’éditions phonographiques Requiem Publishing qui produira en mai 2000 une nouvelle chanteuse pour adolescents : Alizée. Laurent Boutonnat écrira pour elle les chansons de ses deux albums et tournera trois clips : Moi… Lolita, Parler tout bas et J’ai pas vingt ans. Ayant cessé sa collaboration avec Nathalie Cardone, il continue néanmoins la composition des chansons de Farmer et réalisera même pour elle deux derniers clips Les Mots et Pardonne-moi, renouant une dernière fois avec leur univers des années 80. En mars 2001 sortent pour la seconde fois sur support numérique l’intégrale des clips que Laurent Boutonnat a tournés pour elle.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 

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La réussite Laurent Boutonnat et Mylène

Posté par francesca7 le 11 avril 2014

 

Bio5Laurent Boutonnat, de son état-civil complet Laurent Pierre Marie Boutonnat, est un musicien, auteur-compositeur,producteur et réalisateur français né le 14 juin 1961 à Paris.

Son premier long métrage, La Ballade de la féconductrice, un film fantastique comportant des scènes d’une rare violence, n’est diffusé que deux semaines dans une salle parisienne. Le film est interdit aux moins de 18 ans — son auteur n’en a alors que 17 — mais est néanmoins projeté au marché du film de Cannes.

La rencontre avec Mylène Farmer

À 20 ans, il compose avec Jérôme Dahan la musique de Maman a tort et cherche une chanteuse pour l’interpréter. Il pense d’abord à Lio, mais le projet n’aboutira pas. Ensuite, il repère une jeune fille d’une quinzaine d’années mais y aurait finalement renoncé pour des raisons juridiques. Lors d’un casting, il tombe alors sous le charme d’une comédienne en herbe, séduit immédiatement par son « air psychotique ». « C’était elle. On ne l’avait pas encore entendue chanter mais je savais que c’était elle ». Mylène Farmer sort alors son premier 45 tours en mars 1984. La chanson bénéficie d’un vidéo-clip tourné pour la modique somme de 5 000 FRF. Depuis lors, le tandem Farmer-Boutonnat est inséparable.

Fort du succès de ce premier single, Laurent Boutonnat écrit et compose la majorité des chansons du premier album de la chanteuse, Cendres de lune, paru en 1986. Le second extrait, Plus grandir, introduit ce qui fera en partie le succès de la chanteuse : les vidéo-clips, que Laurent Boutonnat réalisera désormais en 35 mm, comme de véritables petits films avec génériques, bandes originales et avant-premières.

Le succès

La consécration n’intervient réellement qu’en 1986 avec le troisième extrait de Cendres de luneLibertine et son vidéo-clip inspiré de Barry Lyndon, succès confirmé par le single suivant, Tristana dont le clip est nommé aux Victoires de la musique. Laurent Boutonnat et Mylène Farmer, qui forment alors un couple à la ville, créent la société Toutankhamon SA.

Au printemps 1988, sort l’album Ainsi soit je…, entièrement composé par Boutonnat qui délaisse l’écriture au profit de Mylène Farmer. L’album est un triomphe (1 800 000 ventes). Ils tournent les clips de Sans contrefaçon (avec Zouc), Ainsi soit je…Pourvu qu’elles soient douces ([Libertine II], qui sera le plus long vidéo-clip scénarisé français : 17 min),Sans logique et À quoi je sers, qui entérinent le personnage de la chanteuse. Il met également en scène sa première tournée en 1989, et réalise le film En concert, toujours en 35 mm, qui sort l’année suivante.

En 1991, Boutonnat compose les musiques de L’Autre, le troisième album de Mylène Farmer, et réalise les clips de DésenchantéeRegrets et Je t’aime mélancolieDésenchantéeconnaît un énorme succès, et permettra à l’album de dépasser les deux millions de copies. Elle a également été la chanson française la plus diffusée dans le monde en 2004 selon la SACEM. Le vidéo-clip de Beyond my control (1992), censuré pour son contenu trop explicite, est le dernier réalisé par Laurent Boutonnat pour Mylène Farmer jusqu’en2001.

La réussite Laurent Boutonnat et Mylène dans Les Clips de Mylène Giorgino4Giorgino

En 1994, il réalise son rêve en tournant Giorgino (avec Mylène Farmer dans le rôle principal). L’atmosphère très sombre et la durée du film (3 heures) n’attirent pas les spectateurs, qui lui préfèrent Forrest GumpPulp Fiction ou encore Léon. Blessé par l’échec de son film, le réalisateur en rachète les droits et en empêchera toute diffusion. Il finira cependant par céder à la pression d’un public fidèle à son univers (des pétitions pour la sortie du film circulaient sur Internet) et, fortifié par le succès de Jacquou le Croquant, décidera d’éditer Giorgino en DVD, 13 ans après sa sortie en salles.

Retour musical

Début 1995, il participe à la composition de l’album Anamorphosée de Mylène Farmer, au son plus rock. Il travaille également à la conception de la tournée qui suit, et qu’il immortalise dans Live à Bercy (1997).

En 1997, il devient le producteur et compositeur de Nathalie Cardone, qui connaît un grand succès avec sa reprise de Hasta Siempre. Il participe à son premier album éponyme, et réalise les clips des singles PopulaireMon ange et Baila si.

En 1999, sort Innamoramento de Mylène Farmer, album qu’il compose en grande partie. Cependant, il ne participe pas à la conception du Mylenium Tour qui suit la sortie de l’album.

En 2000, il coproduit avec Mylène Farmer la jeune chanteuse Alizée, compose pour elle la musique de Moi… Lolita et réalise le clip. La chanson est un succès mondial (plus de2 millions de ventes), suivie par un album triomphal, Gourmandises, lui aussi signé Farmer/Boutonnat.

En 2001, il reprend la caméra pour Mylène Farmer et réalise les clips de Les Mots et Pardonne-moi. Il réalise également les clips d’Alizée Parler tout bas et J’ai pas vingt ans ainsi que son second album, Mes courants électriques. En 2003, il met en scène le spectacle de la jeune corse et reçoit la même année le Grand Prix de l’Auteur-Réalisateur de l’Audiovisuel, décerné par la SACEM. Il réalise l’année suivante un clip pour un jeune chanteur, Kamal Kacet, Ifkis. Laurent produit par ailleurs l’album de ce dernier, « Larmes noires ».

Troisième film

AlbumAvantQueLombreSmall dans Mylène AutrementEn 2005, sort Avant que l’ombre…, le sixième album de Mylène Farmer dont il compose la quasi-totalité des musiques. Il participe aussi, en association avec la chanteuse, à la mise en scène du spectacle Avant que l’ombre… À Bercy. Parallèlement, il entame le tournage de son nouveau long-métrage, une adaptation du roman d’Eugène Le Roy Jacquou le croquant, qui sortira en France le 17 janvier 2007. Moins sombre que Giorgino, le film reçoit un accueil plus chaleureux, et atteint le million d’entrées.

En 2008, il compose les musiques de Point de Suture, le septième album de Mylène Farmer, et participe à la direction artistique de son Tour 2009 (qui passera notamment par le Stade de France).

En 2011, il compose les musiques des deux inédits de 2001-2011 Du temps et Sois moi-be me, le deuxième best of de Mylène Farmer, ainsi que le clip du premier single inédit Du temps.

En 2012, il compose les musiques de Monkey Me, neuvième album de Mylène Farmer.

Filmographie

Clips

1984 : Mylène Farmer - Maman a tort

Concerts - Composition

Il est en outre l’arrangeur musical de tous les albums.

Compositions annexes pour Mylène Farmer : L’annonciation (1985), Puisque… (1988), Dernier Sourire (1989), À quoi je sers… (1989), La veuve noire (1989), Mylène is calling(1991), Que mon cœur lâche (1992), Effets secondaires (1999), L’histoire d’une fée, c’est… (2000), Devant soi (2007) (Bande originale de Jacquou le Croquant), C’est pas l’heure(2010) (en duo avec Line Renaud).

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Mylène Farmer chez Christian Ouvrier

Posté par francesca7 le 23 janvier 2014

NUMÉROS 1 pour Mylène Farmer 85

MAI 1985 – Entretien avec Christian OUVRIER

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Quelles sont tes espérances avec ce deuxième 45-Tours ?

- Mes espérances c’est de créer un style, le style Mylène Farmer, mais c’est un travail de longue haleine. Avec mon nouveau titre je pense aller dans ce sens.

Maman a tort eu diverses interprétations, peux-tu m’en parler ?

- C’est vrai et je trouve ça assez extraordinaire pour une même chanson. Je pense que les plus jeunes ont aimé le côté comptine et qu’ils ont utilisé un peu comme slogan ‘Maman a tort’. A l’opposé, d’autres ont aimé ce titre pour son côté tabou « j’aime ce qu’on m’interdit, j’aime les plaisirs impolis ». Enfin, j’imagine que certains ont pu encore avoir une autre interprétation du texte…

Y a-t-il eu des réactions négatives ?

- C’est vrai que « Maman a tort » a quand même eu quelques problèmes. Je ne sais pas si c’est au niveau de la compréhension, mais le texte a choqué quelques personnes. Je trouve ça assez stupide d’ailleurs. Jacques Dutronc dit bien ‘Merde in France’ et tout le monde s’extasie. Moi je me suis contenté de dire que j’aimais les plaisirs impolis…

Cette version anglaise de « M aman a tort » que tu as enregistrée, que devient-elle ?

- On s’en occupe, ou plutôt c’est en cours… Le disque qui est sorti en France, devrait sortir au Canada dans les deux langues. Il devrait également sortir en Allemagne. Après je ne sais pas, c’est plutôt difficile de s’imposer dans les autres pays. Quand à l’Angleterre et les Etats-unis ce n’est même pas la peine d’y penser !

J’ai entendu quelqu’un dire un jour que les Américains ne nous attendaient pas. C’est monstrueux de dire ça, mais c’est vrai que les Américains ont tout ce qu’il faut. Ils ont un professionnalisme que les Français sont loind’avoir… Je trouve qu’il est un peu utopique de vouloir aller dans ces pays, mais pourquoi pas ?

Parle-moi de ton équipe ?

- L’équipe se résume à trois personnes : Jérôme Dahan, Laurent Boutonnat et moi. Jérôme est dans la musique depuis sa plus tendre enfance, Laurent est plus orienté vers le cinéma. C’est intéressant, car c’est un peu ce que j’aimerais refléter. Un côté chanson c’est évident puisque je chante, et un côté cinéma obtenu par le visuel (ma façon de bouger, d’interpréter, etc…). Jérôme et Laurent ont écrit « Maman a tort » ensemble. Pour ce qui concerne le nouveau 45-trs, « On est tous des imbéciles » est l’oeuvre de Jérôme Dahan et la face B, « L’annonciation », celle de Laurent Boutonnat.

Et toi dans tout ça ?

- Moi, je chante ! (rires). Pour l’instant je dis oui ou non, lorsque l’on me propose une chanson. Je dis pratiquement toujours oui d’ailleurs, car j’aime bien ce qu’ils font. En studio, j’ai le droit de lever le doigt et de poser des questions ! Cela dit, c’est vrai qu’en musique je ne m’y connais pas, je ne peux qu’instinctivement dire que j’aime ou pas. La partie où j’interviens surtout, c’est dans l’interprétation des chansons, le visuel pour la télévision, les galas… Le travaille se fait en équipe et personne n’est tenu à l’écart…

Comment réagis-tu face au succès de « M aman a tort » ?

- Plutôt bien ! (rires). Je ne pense pas avoir la grosse tête, et puis peu importe, c’est le cadet de mes soucis…

Chanter est à la fois un métier passionnant, mais aussi un métier de dérision. C’est un peu ce que je dis dans « On est tous des imbéciles ». Ce qui est surprenant par rapport au succès, c’est que du jour au lendemain on est propulsé, et que l’on se retrouve avec une nouvelle image, que les gens vont s’arracher. (Enfin pas pour moi, il ne faut rien exagérer !). Ils vont te demander des autographes, et le moindre bout de papier ou de tissu, aura de l’importance. C’est ça que je trouve quand même drôle et dérisoire. Personnellement, j’aurai plus d’estime pour un chercheur en médecine qu’un chanteur.

As-tu des projets ?

- Logiquement nous devons faire le clip sur « On est tous des imbéciles », le scénario du clip a été écrit. Tout est terminé, il ne manque plus maintenant que le tour de manivelle et les sous… Obtenir l’argent devient un gros problème, car avec ce qui vient de se passer au Midem, les maisons de disques ne sont plus prêtes à avancer de grosses sommes d’argent pour la réalisation des clips. C’est l’avenir du clip qui est en suspend. Dans les semaines à venir je vais faire des galas comme tous mes amis chanteurs…

 

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FR3 Normandie avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 janvier 2014

HÉ, LES COPAINS ! C’EST MON ANNIVERSAIRE – Mylène Farmer

Émission FR3 NORMANDIE du 3 AVRIL 1985

Présenté par Dominique

1985-08-a

Le contexte de cette émission est pour le moins insolite puisque Mylène est rien moins que le cadeau d’anniversaire d’Ingrid, qui fête ses dix ans sur le plateau de FR3 Normandie.

Le principe de cette émission est en effet d’accueillir un enfant qui fête son anniversaire, accompagné de ses amis. Ils participent ensemble à différentes rubriques, en compagnie d’un invité spécial. C’est donc Mylène qui est présente ce jour-là, vêtue de sa grenouillère verte surmontée d’une petite veste noire.

Cette émission propose également la singularité de voir Mylène répondre aux questions des enfants, aidés par la présentatrice, qui s’adresse à Mylène sur le même ton qu’aux enfants (sic !)

Dominique : Alors dites-moi, je sais que dans les ventes de 45-trs de notre région il y a surtout, surtout Mylène Farmer. Hein ? (les enfants confirment à l’unisson) On l’entend sans arrêt ! On l’entend sans arrêt chez nous, sur les radios ! Et puis, je me suis un petit peu renseignée, c’est une des plus grosses ventes de 45-trs de notre région, et cet après-midi Mylène Farmer, elle est avec nous en direct sur FR3 Normandie !

Mylène Farmer : Bonjour ! (les enfants lui répondent à l’unisson)

D : Bonjour M ylène ! (aux enfants) Alors, dites-moi : vous êtes contente de la voir ? (ils confirment tous d’une seule voix) Vous avez préparé des questions pour elle ? Oui ? On commence tout de suite ? M ais pas des questions trop méchantes, hein ! Des gentilles ! Alors, qu’est-ce que tu voudrais demander, Ingrid ?

 Ingrid : Vous avez déjà fait des tournées ?

MF : Non. Ce qu’on appelle des tournées, je n’en ai pas encore faites pour la bonne raison que je n’ai à chanter pour l’instant que trois chansons (« Maman a Tort », « On est Tous des Imbéciles » et « L’Annonciation », nda) et pour faire des tournées, il faut au moins un album derrière soi. Par contre, je participe de temps en temps à des galas : c’est-à-dire, c’est un plateau, ça va de cinq à dix-sept chanteurs et on passe, comme ça, en rang d’oignon, à la file ! (large sourire)

 Ingrid : Autrement, est-ce que vous comptez en faire ?

MF : Bien sûr ! J’espère que j’en ferai ! Je sortirai, je pense, l’album aux alentours de septembre (1985, mais suite à sa rupture de contrat avec RCA et son arrivée chez Polydor, les plans de Mylène seront bouleversés, nda) donc après, si ça marche toujours, j’y penserai !

D : L’album, ça veut dire donc qu’en ce moment vous enregistrez d’autres chansons, que vous préparez d’autres chansons…

MF : Voilà. Pour l’instant, je travaille à cet album qui comportera, je pense, dix chansons maximum. Donc c’est un travail de studio –et un travail chez soi aussi !

D : Bon alors, justement, on va parler des chansons. Est-ce que vous allez rester dans ce style de chansons ? (aux enfants) Parce que c’est quand même un petit peu particulier : si vous avez bien écouté les paroles des ses chansons, elles sont quand même un petit peu provocantes, hein ! Dans une première chanson, elle nous dit carrément qu’elle aime l’infirmière, et dans une seconde chanson elle nous traite d’imbéciles, et on aime ça ! On aime bien ! (rires de Mylène) N’importe qui te traiterait d’imbécile dans la rue, je sais pas ce que tu dirais ! Alors elle, elle nous le chante et on aime bien ! (à Mylène) Alors, est-ce que c’est un choix ? Est-ce que vous allez continuer dans ce style de paroles ?

MF : Je pense qu’on continuera. Il ne s’agit pas de faire le plagiat à chaque fois des premières chansons, mais ce qui est important pour se démarquer des autres, c’est de créer un style, justement, donc je pense qu’on a commencé avec « Maman a Tort », qu’on continue avec « On est Tous des Imbéciles », donc c’est un créneau que je vais essayer de prendre, oui, d’installer.

D : Alors le parolier, c’est toujours le même ?

MF : Ce sont toujours les mêmes, c’est-à-dire il y a deux paroliers. Il faut citer les noms ?! (rires)

D : Bien sûr, bien sûr !

MF : Alors : Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat, voilà, qui seront j’espère fidèles.

D : Bien sûr, parce que c’est chouette quand même ! (à un des enfants présents) Qu’est-ce que tu en penses, toi ?!

 L’enfant : Ben heu…oui ! C’est super ! (rires collectifs)

D : C’est super ! M oi je pense la même chose que toi ! Bon dites-moi, M ylène : quand vous étiez petite comme Ingrid, qu’est-ce que vous vouliez faire ?

MF : Quand j’étais toute petite, je voulais être gendarme ! Vous voyez ! (rires)

D : Intéressant ! Gendarme !

MF : Gendarme ! Et après, étant un peu plus grande, je voulais me tourner vers le métier de monitrice d’équitation –parce que j’ai pratiqué l’équitation assez longtemps. Et puis après, comme j’étais un peu un pitre en classe, je me suis orientée dans le théâtre et dans la chanson.

D : Ha, on en apprend, des choses ! On apprend plein de choses, cet après-midi, hein ? D’abord elle voulait être gendarme, elle était un peu pitre en classe (rires de Mylène) et puis, bon, ça a l’air de pas trop mal tourner puisqu’elle est devenue une grande chanteuse, là maintenant ! Bon alors, et votre carrière, alors, ça s’est passé comment ? Ca a débuté il y a combien de temps ?

MF : Hé bien maintenant il y a un an, et elle a démarré un peu par hasard et avec beaucoup de chance. J’ai rencontré donc ces deux personnes que j’ai cités tout à l’heure –qui sont et mes producteurs et compositeur – et qui avaient composé « Maman a Tort » et puis voilà…je les ai rencontrés et ils m’ont proposé cette chanson et puis après, ça fait boule de neige !

D : Et là, ça n’arrête plus ! (aux enfants) C’est chouette, une carrière comme ça, hein ? Parce qu’on a reçu sur ce plateau des chanteurs qui nous disaient ‘M oi, ça fait dix ans que j’essaie de me produire, que je galère, en quelques sortes, et ça se passe pas toujours bien’. Je crois qu’il faut effectivement trouver le bon style. Ce qui nous sauve un peu, c’est vrai, c’est le style ! (en référence au refrain de « On est Tous des Imbéciles », nda)

MF : Je le pense aussi ! (rires)

D : Il faut trouver son style et il faut que ça marche, il faut que ça plaise ! Bon dites-moi, M ylène, vous aimez les dessins animés ?

MF : (elle s’illumine) Oui ! Oui, oui ! J’aime bien Droopy ! C’est le seul dont je me rappelle ! (rires)

D : Hé bien là, ça sera pas Droopy, ça sera Donald !

MF : D’accord ! C’est très bien aussi ! Diffusion du cartoon de Donald « Nettoyeurs de carreaux »

D : Bon alors, dites-moi M ylène, vous allez interpréter une première chanson, c’était le premier 45- tours…

MF : Oui.

D : …et ça s’appelle… ?

MF : « Maman a Tort »

D : (alors que l’introduction de la chanson démarre et que Mylène, surprise, se lève d’un bond pour se mettre en place) Je vous rappelle que c’est Mylène Farmer, qu’elle est en direct dans le studio pour FR3 Normandie !

A coté du cube sur lequel elle était assise jusqu’à présent, Mylène chante « Maman a Tort » en ajoutant de nombreuses mimiques à ses pas de danse. Détail amusant : un petit garçon présent sur le plateau passe toute la chanson à se boucher les oreilles en faisant la moue, visiblement gêné par le volume sonore pendant qu’une petite fille passe la chanson à compter sur ses doigts au rythme des couplets.

D : Bravo ! Alors M ylène, vous venez nous rejoindre. (Mylène reprend en effet sa place sur le plateau) Combien de 45-trs vendus avec « M aman a Tort » ?

MF : C’est la question ! Hé bien, je pense que nous avons vendu à peu près 160.000 45-trs.

D : M oi je trouve que c’est beaucoup quand même pour un premier 45-trs ! (les enfants acquiescent)

Et puis alors pour le second dont on parlera tout à l’heure, là je crois que ça va battre des records ! (sic !) Je suis persuadée !

1985-08-d

Diffusion d’un extrait du long-métrage de Disney « La Belle et le Clochard »

Après la rubrique « Un métier pour demain », Ingrid se voit offrir un gâteau d’anniversaire et quelques cadeaux au nombre desquels le 45-tours « On est Tous des Imbéciles » sous le regard amusé de Mylène.

La présentatrice propose ensuite à Ingrid de saluer ses proches qui sont devant la télévision, puis demande aux autres enfants sur le plateau de faire de même…mais c’est Mylène qui saisit l’opportunité la première !

MF : Moi aussi !

D : Toi aussi tu as un bonjour à dire ? A qui ? A ta grand-mère ?!

MF : Non, je voudrais dire bonjour à mon papa et puis à ma maman !

D : A ton papa et ta maman ? Ils nous regardent, là, en ce moment ton papa et ta maman ?

MF : Non. Ils ne peuvent pas, non.

D : Bon, on leur enverra la cassette, écoute ! Qu’à cela ne tienne !

Ingrid prend à nouveau la parole :

Ingrid : Je voulais aussi remercie Mylène pour son disque !

D : Je crois qu’elle va te le dédicacer, alors ça ça va être un super disque après !

MF : Bien sûr ! (grand sourire d’Ingrid en direction de Mylène)

Mylène se lève pour chanter « On est Tous des Imbéciles » avant de retourner s’asseoir parmi les enfants.

L’animatrice se met alors en tête de faire chanter le refrain du titre aux enfants. L’un d’eux s’y colle avec plus ou moins de bonheur.

L’émission s’achève enfin par un extrait de « Pinocchio »

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LE 12/13 FR3 AQUITAINE avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 18 janvier 2014

 

Émission du  6 MARS 1985 – Présentée par Michel ANDRÉ

« La provocation je crois qu’on en a besoin pour sortir un peu de la masse. »

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Cette émission régionale de la mi-journée mélange informations locales, variétés et chroniques. Les deux invités du jour sont le comédien Jean Richard, venu présenter son autobiographie, et Mylène Farmer en pleine promotion de « On est Tous des Imbéciles ». Elle interprète le titre en tout début d’émission et revient sur le plateau plus tard pour une interview croisée avec Jean Richard face à un présentateur qui ne la prend guère au sérieux…

Michel André : (il s’adresse à Jean Richard) Alors je voudrais vous demander : vous connaissiez Mylène Farmer ?

Jean Richard : Pas du tout ! (Mylène éclate de rire) Mais j’ai eu énormément de plaisir à l’entendre tout à l’heure !

MA : Vous avez entendu ce qu’elle a chanté ?!

JR : Ha oui !

MA : Nous sommes tous des imbéciles !

JR : Tous des imbéciles ! Elle a l’air de s’y connaître ! (Mylène éclate de rire à nouveau)

MA : D’où vient ce titre ?

Mylène Farmer : D’où vient ce titre ? Ben je vais vous dire surtout qu’il est très bien accueilli en général.

MA : Ha oui, mais ça c’est un autre problème ! C’est une provocation systématique ? Parce qu’une autre chanson, c’était « Maman a tort ».

MF : De la provocation, certainement. Agressive, je ne pense pas…

MA : Non, j’ai pas parlé d’agressivité !

MF : Non, on m’a déjà parlé d’agression, c’est pour ça que je tiens à préciser !

MA : Ha oui mais attention, moi je suis pas responsable de ce qu’on a pu vous poser comme questions ailleurs qu’ici !

MF : Oui, de la provocation je crois qu’on en a besoin pour sortir un peu de la masse.

MA : Alors vous êtes née à Montréal…

MF : Oui, au Canada.

MA : (Sarcastique) Ha c’est au Canada ? Dites donc ! Et vous aimez les voyages, vous y retournez ?

MF : Non, je n’y suis jamais retournée. Je voyage dans la France pour l’instant et j’avoue que je ne suis pas retournée au Canada, non.

MA : Mais qu’est-ce qui vous pèse le plus dans cette France d’aujourd’hui, dans ce métier que vous faites ?  Vous êtes quand même, je dirais pas débutante, mais vous êtes une toute jeune chanteuse.

MF : Oui…Qu’est-ce qui me pèse le plus ?

MA : Oui. Et qu’est-ce qui vous fait aussi le plus plaisir ?

MF : Si je pense à mon métier, je pense que c’est un métier difficile et pesant quotidiennement, mais qui est aussi à la fois essentiel pour moi et plein de réjouissances. Enfin, c’est…

MA : Vous aviez des raisons spéciales de vous lancer dans la chanson : une famille d’artistes ou de musiciens, un entourage… ?

MF : Non, du tout. J’avoue que j’ai eu beaucoup de chance et c’est un peu par hasard. Moi je m’orientais plutôt vers une carrière d’actrice, si elle m’était proposée. Et puis la chanson est arrivée très, très vite.

MA : En ce moment, on passe de l’un à l’autre assez facilement, alors la carrière d’artiste ça sera peut-être dans quelques années !

MF : Absolument, et je pense qu’il est plus intéressant de commencer, enfin en ce qui me concerne, de commencer par la chanson pour accéder au cinéma, parce que souvent l’inverse est beaucoup plus médiocre !

Le présentateur se tourne alors vers Jean Richard et revient longuement sur sa carrière. Ils parlent notamment de son célèbre cirque et fait réagir Mylène à ce sujet.

MA : Je demanderai en même temps à Mylène Farmer est-ce que le cirque vous paraît toujours un grand moment de la vie artistique ?

MF : (peu inspirée) Heu, je…Moi, j’avoue que le cirque ne m’a jamais beaucoup attirée ! Peut-être les…

MA : Ca vous fait peur ?

MF : Non ! J’ai l’impression que c’est toujours un peu la même représentation qui se fait. Donc on va une fois au cirque, j’ai l’impression que ça n’évolue pas beaucoup.

Jean Richard répond à Mylène en lui donnant sa vision du cirque traditionnel et de l’avenir qu’il espère pour celui-ci.

MF : Mais je veux bien, j’avoue que de toute façon je suis profane en la matière donc c’est vrai que j’ai pas vraiment à porter de jugement. Mais ce sont des gens que je respecte en tout cas parce qu’ils font un métier très dur et assez beau.

La conversation sur le cirque continue, notamment à propos des écoles de cirque dont Jean Richard désapprouve certaines méthodes. De nouveau, l’animateur demande son avis à Mylène.

MF : Moi j’avoue que je préfère les personnes qui apprennent sur le tas. Je crois que c’est plus intéressant pour un artiste. Je pense pas qu’on apprend le talent, d’une part…

MA : Oui mais y a pas un moment où, par exemple sur la composition, ou autres, y a des besoins qui se font sentir ?

MF : Mais non, c’est justement un peu le propos de la chanson (« On est Tous des Imbéciles », ndlr), c’est que effectivement y a la musique, qui est quand même un art très large, moi c’est plutôt variété, et je suis interprète donc très peu musicienne, et je le reconnais et à la limite je le revendique. Donc c’est vrai que les notes de musique pour moi n’évoquent pas grand-chose. J’ai pas besoin d’un…comment dire ? D ’une éducation musicale pour faire ce métier.

MA : Mais comment en dehors de ça vous dialoguez, vous rencontrez le parolier, le compositeur, il y a une préparation qui se fait en commun, ou ils vous amènent tout ça tout prêt et vous prenez ça ?

MF : Non ! Bien sûr, il y a une préparation, cela dit moi j’interviens sur les terrains que je connais un petit peu, à savoir sur le texte, je peux intervenir, sur l’interprétation ça c’est moi qui suis le maître, et puis les prestations…

Mais en ce qui concerne la musique, je peux donner des indications ou donner mon avis, mais c’est difficile de s’installer et de dire « Voilà, je veux ça, ça, ça ! » quand on ne connaît pas !

MA : Vous ne vous mettez pas au piano en préparant une chanson ?

MF : Non, j’avoue que j’ai jamais joué de piano. Un peu de guitare, mais…La conversation continue avec Jean Richard qui porte un regard très critique sur le cinéma français en ce début des années 1980.

MA : Vous allez au cinéma, Mylène Farmer ?

MF : Oui. Moi si j’ai un jugement à porter, je dirais qu’il y a une carence effectivement dans le cinéma, mais français surtout. A savoir que je pense que…

JR : Ca en fait partie ce que je viens de dire là…le cinéma français en fait partie.

MF : Je pense qu’il y a suffisamment de metteurs en scène de talent, y a beaucoup de moyens, beaucoup plus qu’avant, et finalement ça rattrape pas effectivement le cinéma de…

JR : … « de papa » !

MF : …d’avant, qui était de qualité. Le « cinéma de papa », oui !

MA : Et quel est le genre qui vous intéresse le plus ? Le style fantastique ?

MF : (spontanément) Non ! J’aime pas du tout ! J’avoue que la science-fiction, j’ai beaucoup de mal ! J’aime bien les films qui ont des thèmes…

JR : Moi j’étale mes regrets sur la comédie américaine.

MA : Mais hier soir, FR3 a diffusé « Dracula »…

MF : Voilà, ça je veux ! Tout à fait, oui !

1985-06-a

L’émission est sur le point de se terminer. L’animateur présente à nouveau les mémoires de Jean Richard et enchaîne sur l’actualité de Mylène.

MA : Alors, il faut écouter les chansons de Mylène Farmer ! Le prochain titre, vous l’avez déjà choisi ?

MF : Non. Le prochain, non, c’est en cours de préparation. Là, on prépare un album, et je vous dirai ça dans quelques temps !

MA : Ca sera du même style que les deux (45-Tours, ndlr) précédents ?

MF : Ben, ça sera un peu de « Maman a Tort », un peu de « On est Tous des Imbéciles », un peu de la face B, je crois qu’on essaye de…

MA : Ha oui, alors la face B on n’a pas eu le temps de l’écouter mais… « L’Annonciation » !

MF : Ca s’appelle « L’Annonciation », oui, ce qui est encore assez provocant, je crois ! (rires)

MA : Oui…Dédicacé à Sainte Thérèse d’Avila et à Papa !

MF : Sainte-Thérèse d’Avila, et à Papa oui ! C’était pour la rime. Et pour le plaisir aussi (rires)

MA : Bien ! Bonne route à Mylène Farmer avec ce nouveau disque.

MF : Merci…

MA : Vous le reconnaîtrez, elle a une robe rouge sur le disque. Elle a voulu faire le contraste sur notre plateau ! (Mylène porte en effet une large grenouillère verte)

MF : (Elle montre sa grenouillère) Non, j’ai pris mon habit de clown pour Mr Maigret ! (le commissaire incarné par Jean Richard, ndlr)

JR : (rire attendri) L’habit de clow n pour Mr Maigret ! C’est très gentil comme idée, en tout cas !

L’émission se termine avec l’annonce des programmes à suivre.

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PLATINE 45 / JACKY et MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 21 décembre 2013

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Présenté par JACKY – 27 FÉVRIER 1985 – ANTENNE 2

Invitée de cette émission mythique des années 80, Mylène co-présente carrément l’émission en compagnie de Jacky. Le courant passe bien entre eux deux et le ton est à la plaisanterie tout au long de l’émission.

Jacky : Bonjour Mylène ! Ca va ?

Mylène Farmer : Bonjour Jacky, ça va. (elle lui fait un bisou sur la joue)

J : Oh un petit bisou !

MF : (sur un ton enfantin) : Voui !

J : Je peux t’en faire un aussi ?

MF : Voui ! (Ils se font la bise.)

J : Au fait, dis-moi : tu es majeure pour venir à Platine 45 ? Tu as le droit, ou quoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ?

MF : (toujours avec un ton enfantin) Non, mais j’ai demandé l’autorisation à mon papa et il a dit oui.

J : C’est vrai ?

MF : Oui. Bonjour Papa ! (elle fait coucou à la caméra)

J : Bonjour le papa de Mylène ! (…) Alors, qu’est-ce qui s’est passé, Mylène, avant ton premier disque ?

Raconte-nous un peu !

MF : Avant mon premier disque, j’étais mannequin junior.

J : Mannequin pour les petits, ça veut dire ça ? Non ?!

MF : Non…

J : Mannequin parce que tu es petite.

MF : (un silence, puis faussement vexée) Bon, allez au revoir.

J : Non non, mais pars pas tout de suite quand même ! Tu es vexée ou quoi ?

MF : Oui !

J : Non, sans plus !

MF : Mais si ! Je fais de la chanson parce que je suis petite.

J : C’est par dépit ?

MF : Oui !

J : Ou par amour ?

MF : Un peu des deux.

J : C’est par amour pour moi, non ?

MF : (elle arrête de faire la fâchée) Bon, allez !

J : Allez, allez ! Alors ta deuxième chanson, elle s’appelle comment ?

MF : Elle s’appelle « On est tous des imbéciles ».

J : Ca veut dire tout le monde, sans exception ?

MF : Sauf toi Jacky, bien sûr.

J : Et sauf toi ?

MF : Et puis un petit peu moi, quand même !

J : Et sauf eux ! (les téléspectateurs ndlr)

MF : (avec un grand sourire) Sauf eux !

J : Personne n’est imbécile, donc du coup alors !

MF : Non, ben je vais peut-être pas le chanter alors !

1985-05-d

J : Si, moi j’aimerais bien que tu chantes !

MF : On le fait quand même ?

J : On va faire ton clip et tu reviens tout de suite avec moi ?

MF : Oui, d’accord.

Diffusion d’une séquence où Mylène chante « On est Tous des Imbéciles » sur un fond qui est tantôt noir, tantôt blanc.

Retour plateau. Mylène fait un bisou à Jacky sur le front.

J : Je pourrai plus poser de questions, là ! Qu’est-ce qui se passe ?

MF : Je sais pas !

J : T’embrasse alors ?

MF : Coup de cœur…

J : Bon, alors est-ce que ça a été vite pour toi Mylène, avant ton premier disque ? Tu as fait beaucoup de maisons de disques ? Ca a été rapidement ?

MF : On a cherché pas mal…

J : Tu t’es fait refuser, rejeter ?

MF : Heu…On s’est fait rejeter ? Y a des gens qui disaient « Génial ! », et puis ils attendaient, ils attendaient, ils attendaient…Et puis finalement, c’est RCA qui a signé.

J : Ils ont eu raison, non ?

MF : Je crois…

J : Ha ben moi aussi ! Alors, « Maman a tort » : explique-moi un peu ça. Le texte, d’abord, c’est pour toutes les mamans du monde ?

MF : C’est pour toutes les mamans du monde, mais il faut pas trop leur dire parce qu’elles vont finir par m’agresser dans la rue !

J : Pourquoi ?!

MF : Ben, parce que « Maman a tort », elles aiment pas !

J : C’est vrai, ça, ce que tu dis ?

MF : Oui, oui !

J : Et pourquoi ? Par rapport à leurs enfants ?

MF : Non, parce qu’on touche pas aux mamans. On touche pas à ces choses là.

J : Ha oui, c’est un conflit de générations, quoi.

MF : Ben oui…Excuse-moi, Maman !

J : Même la tienne a tort ? Non !

MF : Si !

J : Bon…Est-ce que tu connais le Blitz ? Si je te dis le Blitz ?

MF : Heu…C’est un gâteau russe. (Mylène ne confondrait-elle pas avec le blinis ? ndlr)

J : C’est un gâteau russe, mais ça veut dire « éclair » en allemand, aussi, « blitz ».

MF : D’accord…

J : Et c’est un mec, aussi, qui chante.

MF : …connais pas !

Diffusion du clip de ce groupe. Retour plateau. Jacky et Mylène sont en train de danser un slow.

MF : Jacky ?

J : Oui ?

MF : Tais-toi !

J : (faussement dépité) Bon…Et à part ça ?

MF : Je peux faire quelque chose ?

J : Ouais !

MF : Tu peux te baisse un peu ? Parce que je suis petite, tu sais bien.

Il se baisse et Mylène lui fait une grosse bise sonore sur le front et laisse une marque de rouge à lèvres.

J : Ca va comme ça ? Oh lala ! Mais je vais être obligé de me taire, maintenant non ?

MF : Non, non vas-y !

J : Bon…Mylène ?

MF : Jacky ?

J : Qu’entends-tu par « On est tous des imbéciles » ?

MF : Je sais pas ! Tu veux bien la reposer ?

J : Oui : Mylène, qu’entends-tu par « On est tous des imbéciles » ?

MF : Hé bien, c’est une chanson qui est écrite pour le métier, peut-être, un petit peu…

J : Le métier de chanteur, le show -business ?

MF : Le show -business, peut-être le métier en général. C’est que on a tort de se prendre au sérieux. Il faut faire les choses sérieusement, mais pas se prendre au sérieux.

J : C’est un peu ce que je pense, Mylène. Et la face B s’appelle « L’Annonciation », c’est ça ?

MF : Oui, c’est une très belle chanson, même que j’ai pleuré tout le temps quand je l’ai chantée !

J : Ha bon !

MF : Oui.

J : Tu composes…

MF : (elle l’interrompt) Est-ce que je peux raconter une histoire ?

J : Vas-y !

MF : Voilà, alors y a deux petits poissons qui sont dans un bocal…

J : Oui…

MF : Et puis y a petit poisson qui dit à son autre copain petit poisson : « Mais, si Dieu n’existait pas, qui nous changerait l’eau du bocal ? »

J : C’est vrai. Peut-être Ivan, non, qu’est-ce que tu en penses ?

MF : Ivan…ohé ! (décidemment très blagueuse !)

J : Ohé Ivan, viens changer l’eau du bocal ! (…) Ivan, c’est un espagnol. C’est pas grave ?

MF : Non, j’aime bien les espagnols.

Le clip de Ivan est diffusé. Au retour plateau, Mylène chantonne.

MF : Un, maman a tort…

J : Deux, c’est quoi ?

MF : C’est beau l’amour…

J : Et trois ?

MF : L’infirmière pleure…

J : Ha bon ! Tu veux chanter encore « Maman a tort » ?

MF : Non, non…Je peux faire quelque chose ?

J : Ouais, mais c’est la dernière fois, hein !

MF : Oh, y en a encore huit ! (elle fait 3 avec ses doigts !)

J : Bon, d’accord…

Mylène embrasse de nouveau Jacky sur la joue de façon très sonore et laisse une grosse marque de rouge à lèvres de plus.

MF : Ca va Jacky ?

J : Ouais, ça va. Là je commence un peu à… (Il semble étourdi et Mylène rit de manière attendrie)

MF : Tu sais que je prends des cours de danse ?

J : Oh !

MF : Tu veux que je te montre un petit pas de danse ?

J : Fais-moi une démonstration !

Mylène met ses bras au dessus de sa tête et fais un tour sur elle-même, comme les petites ballerines.

J : Ha ouais…Et tu prends des cours pour ça ?!

MF : (toute fière d’elle) Oui !

J : Ha, c’est bien…

MF : Tu viens avec moi la prochaine fois ?

1985-05-a

J : Quand tu veux ! On sort de l’émission, et puis…Voilà !

MF : Ca s’appelle « Stayin’ Alive » !

J : Ha oui ? « La Fièvre du Samedi Soir », c’est ça?

MF : Mais là, on est mercredi, non ?

J : On est mercredi, mais on peut être samedi aussi, parce qu’on est rediffusé le samedi matin ! C’est au choix, si tu veux !

MF : Super !

J : C’est super, non ? Qu’est-ce que tu en penses ?

MF : Ouais ! Très bien !

J : Alors tu prépares un album, ou quoi ? Parce que tu vas pas en rester là, toi.

MF : Non ! Après ce 45-Tours, s’il marche bien, on va sortir un 30-centimètres, et les chansons sont presque toutes finies.

J : C’est vrai ?

Mylène acquiesce

J : Mais tu n’es qu’interprète, toi : tu composes pas.

MF : Ca te dérange ?

J : Non, au contraire ça m’arrange !

MF : Moi je trouve ça déjà pas mal, hein ?

J : Moi je trouve ça énorme ! C’est mieux, même, non ?

MF : Oui, oui…

J : Parce que tu es au devant, quoi.

MF : Absolument.

J : Au lieu d’être derrière.

MF : Oui, c’est ça…

J : C’est sympa. Qu’est-ce que tu écoutes, en musique, à part ça ?

MF : Heu…

J : A part toi !

MF : J’aime Julio « Des Eglises » ! Et j’aime que lui !

J : C’est vrai ?

MF : Oui. (Mylène imite Julio Iglesias en faisant un regard langoureux) « Je te donne mon cœur… »

J : Vas-y, continue !

MF : (elle chante) « Méva, méva, méva, mévaaaaaaaaaa »

J : Bon, ben écoute, je vais te laisser, Mylène. OK ?

MF : Voui.

J : C’était très gentil d’être restée à « Platine 45 ».

Mylène fait au revoir avec la main à la caméra.

J : Je te demande pas de m’embrasser, parce que tu l’as déjà fait de nombreuses fois. Quoique…

Mylène prend Jacky par le cou et lui couvre le visage de nombreux baisers !

J : Bon, ben au revoir, Mylène !

MF : Salut !

J : Je peux t’embrasser aussi ?

MF : Oh oui, bien sûr !

J : OK.

Mylène l’embrasse maintenant dans le cou, sur le menton, partout…

J : (…) Salut, au revoir !

Mylène se tourne vers la caméra en riant de bon cœur et en faisant au revoir.

 

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Interviews de Mylène Farmer dans les journaux régionaux

Posté par francesca7 le 23 novembre 2013

 

L’EST RÉPUBLICAIN – 9 MAI 1985

Entretien avec Jean-Paul GERMONVILLE

1985-08

A propos de son passage au Cours Florent :

- J’ai arrêté le théâtre parce que ce monde ne correspondait vraiment pas à ce que j’attendais. J’ai été déçue.

A propos du texte de « On est tous des Imbéciles » :

- L’idée est de mon parolier. Le sujet m’a plu. Je vois le métier avec cet oeil, reste la classe pour sauver l’image.

A propos de « L’Annonciation » :

- Il ne faut pas toucher à la maternité, encore moins à la religion. C’est un choix.

A propos de la dédicace sur le 45-trs (nb : ‘A Papa / A Ste Thérèse d’Avila’) :

- La dédicace à mon père est très personnelle. J’ai eu une éducation religieuse poussée. J’ai longtemps été

fascinée pas Sainte Thérèse en entretenant d’elle une vision réduite à une image populaire. Je voulais en

savoir plus et je me suis penché sur sa vie. Elle a vu Dieu à plusieurs reprises, a parlé avec lui. La fin de

l’histoire est censurée.

A propos du saxophone qu’elle pratique :

- L’esthétique de cet instrument me fascine, c’est freudien. Et puis le saxophone a un son magnifique.

A propos de ses projets :

- J’espère ensuite avoir la chance de faire de la scène.

ICI PARIS  – 4 MAI 1985

Entretien avec Claude CORSEA propos de sa passion de l’équitation :

1985-09- Le cheval, c’est mon truc, je suis fan des courses, des concours. Je monte depuis des années et le jour où

j’ai décroché mon deuxième mon deuxième degré, j’étais folle de joie. Je voulais devenir monitrice d’équitation

quand, un jour, j’ai vu ma jument, Julia, qui s’était cassé un postérieur au cours d’un entraînement, mourir sous

mes yeux. C’était terrible et j’ai décidé de laisser tomber.

A propos de ses projets :

- Après le succès de mes deux premiers disques, je prépare un album qui sortira en septembre. Mais attention,

j’y vais mollo, je ne veux pas devenir un bourreau de travail.

A propos de ses paradoxes :

- J’adore le calme, et je cours les boites de nuit ; la mer me fascine, et j’ai peur de l’eau ; je suis une fille de la

ville, et seule la nature me séduit ; je suis une piètre marcheuse et je parcours des kilomètres avec mon

chien…

A propos du show-business :

- Je n’ai rien d’une femme d’affaires !

 

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les bases du Mythe Farmer

Posté par francesca7 le 30 juillet 2013


les bases du Mythe Farmer dans Mylène et des CRITIQUES images-26En 1985, Mylène Farmer déclarait à la presse « Délirer, il n’y a que ça de vrai ! », des propos qu’on a du mal à imaginer sortant de la bouche de la chanteuse aujourd’hui. Pourtant au début de sa carrière la jeune femme encore brune n’est pas avare de paroles et son personnage de diva secrète et mystérieuse pas encore bien défini.

Mais les bases du mythe qui ont construit la star d’aujourd’hui sont pourtant déjà là. En effet son tout premier single, « Maman a tort« , dérange déjà par ses paroles faussement innocentes et l’on parle ici ou là dans la presse de « censure ». Le titre écrit et composé par Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat n’était pourtant pas spécifiquement dédié à Mylène puisqu’ils écrivent la chanson sans avoir encore d’interprète. La suite on la connaît, Mylène Farmer enregistre le titre et en fera un petit succès durant l’été 84.

Mais l’enchaînement sur un deuxième single n’est pas chose aisée, surtout lorsque le premier essai a reçu des échos positifs de la presse et du public. Mylène, qui n’a signé que pour deux singles chez RCA, annonce différents titres qu’elle serait en train d’enregistrer mais c’est finalement « On est tous des imbéciles » qui se retrouve dans les bacs des disquaires début 1985. Jérôme Dahan a écrit le titre avant de sélectionner Mylène et il s’imaginait d’ailleurs l’interpréter lui-même. La chanson, qui détonne dans la discographie de la chanteuse par sa composition très variété, et plutôt enjouée, et ses paroles très terre à terre, évoque selon Mylène l’univers du show business qui se prend trop au sérieux. Comme une provocation, le disque est envoyé aux médias accompagné du message suivant : « Mylène Farmer est une imbécile, et vous ? ».

Si « Maman a tort » avait bénéficié d’un clip à petit budget, le premier réalisé par Laurent Boutonnat, « On est tous des imbéciles » n’aura, quant à lui, pas cette opportunité. Ce format audiovisuel qui explose en 1984 est en effet le fruit d’un conflit dès l’année suivante. Les maisons de disques demandent aux chaînes de télévision de payer pour pouvoir diffuser les clips de leurs artistes et il faut quasiment un an pour qu’un accord entre les deux parties soit trouvé.

Qu’importe, Mylène fait le tour des télés et interprètera son single plus d’une dizaine de fois sur TF1, Antenne 2 et les locales de FR3. Elle co-anime même, avec beaucoup d’humour et le temps d’une émission, Platine 45 avec Jacky. Chorégraphie décomplexée, grimaces et costumes (pas toujours du meilleur effet) accompagneront la promotion du single sur les plateaux. Malgré cela et une présence importante dans la presse, « On est tous des imbéciles » ne suit pas le chemin de son prédécesseur (on parle de 40 000 disques vendus). Le single sera tout de même édité en maxi 45t incluant une version longue du titre.

A noter qu’au dos de la pochette du 45t une double dédicace est inscrite : « A Ste Thérèse d’Avila. A Papa. » A cette époque Mylène Farmer se dit fascinée par cette Sainte, figure de la spiritualité chrétienne. Un thème religieux que l’on retrouve en face B du 45t. « L’annonciation« , un titre écrit et composé par Laurent Boutonnat, entraîne l’auditeur dans un univers en total décalage avec l’ambiance du titre avec lequel il est couplé. « L’annonciation » fait clairement référence à l’événement biblique éponyme où l’archange Gabriel vient visiter la Vierge Marie. Les prémices d’un univers qui fera la part belle à des thématiques fortes qui colleront à l’image de la chanteuse.

L’échec de ce deuxième 45t signe la fin de la collaboration entre Mylène Farmer et RCA, tout comme celle avec Jérôme Dahan qui avait une vision de carrière trop éloignée de ce qu’envisageait la jeune chanteuse à l’époque. Mylène Farmer et Laurent Boutonnat deviendront alors un duo quasi exclusif et fidèle à qui l’on devra très rapidement de nombreux tubes lors des décennies suivantes. Elle signe la même année un nouveau contrat chez Polydor pour une collaboration qui s’avèrera bien plus fructueuse par la suite.

Si l’on retrouve « Maman a tort » sur les albums et DVD de la chanteuse, « On est tous des imbéciles » par contre n’a jamais connu de réédition en CD et le titre ainsi que sa face B font partie des raretés du catalogue de la star.

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Mylène Farmer – Avril 1986

Posté par francesca7 le 19 décembre 2012

 

CENDRE DE LUNE : le titre donne son nom au premier album de Mylène. Sorti le 1er avril 1986, et album fait suite aux sigles Maman a tort, My Mum Is Wrong, On est tous des imbéciles et Plus grandir. Entre son premier 45 tours et ce premier album, l’artiste a changé de maison de disques : exit RCA et bonjour Polydor, pour un contrat de deux albums.

 

Ce premier 33 tours est donc un vrai pari, d’autant que Polydor ne rachète à RCA que les droits de Maman a tort (My Mum Is Wrong, On est tous des imbéciles et L’Annonciation sont toujours inédits sur CD aujourd’hui).

Mylène Farmer - Avril 1986 dans Mylène AU FIL DES MOTS fanethae4-300x225 Restent les titres Plus grandir et sa face B, Chloée, déjà sortis dans la nouvelle maison de disques de Mylène. Trois anciens titres donc, accompagnés de six nouveauté (c’est peu) : Libertine, Au bout de la nuit, Vieux bouc, Wee’ll Never Die, Greta et Cendres de lune (un instrumental). Neuf titres en tout, produits , arrangés et réalisé par Laurent Boutonnat, qui s’occupe également des claviers acoustiques et des synthétiseurs. C’est même une de ses photos que l’on voit sur le recto de la pochette ; un cliché en noir et blanc de profil où Mylène (encore brune) se coiffe d’un canotier. Elle apparaît songeuse, et son nom s’inscrit en lettres rouges. L’univers Farmer prend donc ici sa forme.

Et que dire des textes ! Encore et toujours Boutonnat pour cinq chanson, un titre de Jérôme Dahan et deux de Mylène. Mais qu’on ne s’y trompe pas ; si les textes ne sont pas tous de Mylène, son inspiration se ressent dans les vers de chaque chanson – mort, enfance torturée, sang, violence, suicide, sexe, peur de vieillir…. Ne manque que l’influence religieuse pour que toutes les grandes thématiques farméreinnes soient au rendez-vous ! Les musiques, quant à elles, sont toutes de Boutonnat, hormis celle de Maman a tort (cosignée avec Jérôme Dahan) et Libertine (de Jean-Claude Dequéant).

 Pour accompagner la sortie de cet album, il faut un titre fort qui puisse être édité en SP ; ce sera Libertine. Le succès est immédiat (même foudroyant) et permettra à l’album d’atteindre les 700 000 ventes au total, grâce, notamment, à sa ressorties CD en 1987 comprenant douze titres au lieu de neuf (l’album était déjà sortie en CD, mais de façon très confidentielle, en 1986). En effet, pour l’occasion, Cendres de Lune s’est vu agrémenter d’une nouvelle chanson, Tristana, accompagnée de son remix (Tristana Remix Club). La carrière de Mylène est ici lancée et bien lancée ! Plus rien n’empêchera la désormais rousse chanteuse de gravir les marches du succès et de squatter systématiquement les hit-parades. Une artiste est née avec ce Cendres de Lune.

 

 

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issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 23/220

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L’Annonciation de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 18 décembre 2012

 

Seule façon d’entendre l’Annonciation   : se procurer (à prix d’or !) le SP ou le maxi d’On est tous des imbéciles, où le titre est gravé en face B. en effet, sitôt éditée, cette chanson semble avoir disparu de la mémoire de Mylène (Polydor laissant les droits à RCA, à la différence de ceux de Maman à tort, rachetés par la maison de disques actuelle de Mylène). Jamais chantée à la télévision, sur scène ou reprise en spectacle, l’Annonciation n’en est pas moins un titre intéressant. D’abord parce que c’est le premier titre entièrement écrit par Laurent Boutonnat. En effet, alors que la musique de Maman à tort fut cosignée avec Jérôme Dahan, l’Annonciation est l’œuvre de Boutonnat seul (la face A, On est tous des imbéciles   , étant confiées entièrement à Dahan). Et pour cette première chanson, Boutonnat explore déjà tous les thèmes chers à lui-même et à sa chanteuse. Le titre d’abord nous fait pénétrer dans l’univers farmérien : L’Annonciation.

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Et ce titre est à prendre au premier degré, puisqu’il fait référence à l’ange Gabriel qui vient révéler à Marie qu’elle est enceinte. En effet, selon la Bible, Jésus n’est pas né d’une union charnelle ; c’est le Saint Esprit qui a conçu Jésus. L’Eglise a choisi de célébrer l’événement neuf mois avant Noël (soit le 25 mars). Cependant, la Bible ne nous dit pas si cette grossesse extraordinaire a effectivement duré neuf mois comme pour le commun des mortels… Quoi qu’il en soit, le ton est donné, et la chanson reprend la notion de visite (« Il est entré dans mon lit / Sans un bruit »), du Saint-Esprit (« Dans mon sein je l’ai maudit / Ce saint esprit »), de l’ange Gabriel (« L’ange m’a fait croie au bonheur ») et de Dieu (« Et moi je sais que Dieu existe »). Mais il est bien évident que Boutonnat ne se contente pas ici d’une mise en chanson de l’Annonciation. Il fait de cette « visite » un épisode douloureux : « Une larme en frisson c’est l’heure / Celle qui sonne la douleur / Celle où seule on sent son cœur / Qui s’affleure », ou encore « La vie pour moi c’est fini ». Et l’on comprend vite à travers les mots de Boutonnat que l’héroïne de sa chanson vient de subir un avortement par un faiseur d’anges : « L’ange m’a fait croire au bonheur / C’est un faiseur », « Mon sauveur / Mon petit baigneur / Sans toi je meurs » ou « Et moi je sais que Dieu est triste / Car dans mon ventre / ça nait ça meurt ».

Nous sommes bien ici en présence de la genèse de l’œuvre de Mylène dans ce premier texte annonçant son premier album, avec Plus grandir ou  Au bout de la nuit ; a noter la musique de l’Annonciation, qui est particulièrement mélancolique, avec uniquement des cordes (violoncelles et violons tziganes).

issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 19/220

 

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Laurent Boutonnat

Posté par francesca7 le 1 août 2012


Laurent Boutonnat dans Mylène et L'ENTOURAGE jt12

Laurent Boutonnat, de son état-civil complet Laurent Pierre Marie Boutonnat, est un musicien, auteur-compositeur et réalisateur français né le 14 juin 1961 à Paris.

A 20 ans, suivant sa fascination pour le morbide et ses facilités en écriture, Laurent entame l’écriture d’un livre sur l’infanticide. Dans le même temps, Laurent réalise quelques publicités pour se faire un peu d’argent.

Un soir, accompagné d’un ami, Jérôme Dahan, il commence l’écriture d’une chanson ayant pour sujet l’enfance. Le lendemain, Jérôme Dahan a écrit la musique. Ils viennent alors de faire naître Maman a tort.
Laurent délaisse peu à peu son projet de livre sulfureux qui ne sera finalement jamais achevé. Les deux compères se lancent alors à la recherche de leur chanteuse. Mais il leur faut quelqu’un de bien particulier, les paroles de la chanson n’étant pas familières au paysage musical de l’époque.
La folie, l’abandon, le saphisme, autant de sujets peu abordés et plutôt tabous en ces temps, qui feront le succès de cette chanson.

MF99_45a-225x300 dans Mylène et L'ENTOURAGELes deux compères auditionnent une cinquantaine de jeunes filles et tomberont finalement sur Mylène. Laurent la choisira immédiatement, sans même l’avoir entendue chanter, à cause de son « air psychotique », comme il leur confessera plus tard dans une interview pour un journal télévisé. Le clip de « Maman a tort » sera tourné avec un budget de 5 000 Francs (460 €). La chanson sortira dans le commerce en mars 1984, et connaîtra un succès honorable, grâce à la promotion organisée par Bertrand Lepage, le manager de Mylène à l’époque.

Le duo Dahan-Boutonnat écrira plus tard deux autres chansons pour Mylène. « On est tous des imbéciles », qui sortira en 45 tours avec pour face B « L’annonciation », (chanson beaucoup plus Bouto-Farmerienne que la face A de ce vinyle) qui sera un échec. Déçu par l’accueil que reçu la chanson, et RCA (la maison de disques de l’époque) ne renouvelant pas le contrat avec le duo, Laurent se sépare de Jérôme Dahan, avec qui il est en désaccord sur la suite à donner à la carrière de Miss Farmer.

Un peu au hasard, Mylène écrit les paroles de Plus grandir, sur une musique de Laurent. Polydor (racheté par Universal) décide de miser sur Mylène et Laurent pour trois albums (et ils ont bien fait !), alors même que le duo n’a pour l’instant aucun véritable succès à son actif. Cela viendra très vite avec le 1er album de la rousse, « Cendres de Lune », sorti en 1986, conçu quasi-entièrement par Laurent Boutonnat.

Il signe la musique, presque toutes les paroles, et la pochette. Avec les photos de l’album, il commence à créer le « mythe Farmer« . Dans le livret de ce premier album, Laurent commence à se créer un délire (qu’il n’a toujours pas cessé !), en inventant des pseudonymes pour certains instruments, qui sont en réalité des samples ou des sons synthétiques. Il crée notamment pour cet album « Les Moines fous du Tibet », pour nommer des chants Grégoriens !

Sur les albums qui suivirent, un certain Pol Ramirez Del Piu fait son apparition. Il s’agit en fait des sons crées par Laurent, mais cet homme sera crédité pour les flûtes, les percussions, la harpe (sur L’Autre), les bagpipes ( ?!) et cymbalum (sur Innamoramento), le xylophone (sur Avant que l’Ombre…), etc…
Mieux, alors que c’est toujours Laurent lui-même qui s’occupe de programmer ses claviers, il s’invente un programmateur imaginaire sur l’album « L’Autre », qu’il appellera Patrice Rouillon Tsernoff de Gironville !!! Sûrement un délire qui fait beaucoup rire Laurent…

C’est pendant la promo de Cendres de Lune que Laurent veut monter son 2e long métrage dont il a écrit le script deux ans plus tôt. Il commence donc sa préparation, mais le succès inattendu de sa collaboration avec Mylène l’occupera trop pour finaliser ce projet.
« Cendres de Lune » contient quand même d’énormes tubes comme « Libertine » (et son clip inoubliable ; le 45 tours sortira en même temps que l’album), ainsi que d’autres chansons moins connues mais tout aussi notables, telles « Vieux bouc » et « Chloé ».

L’album sera applaudi par les critiques, « le décor Farmer-Boutonnat » est désormais planté.
La deuxième édition de l’album sortira 1 an plus tard, en 1987, avec cette fois « Tristana ». Laurent sera nominé cette même année aux Victoires de la Musique pour le clip de « Tristana ».
« Cendres de Lune » sorti dans le commerce, Mylène et Laurent s’attèlent déjà à l’écriture du second album « Ainsi soit je… » qui sortira fin 1987. Laurent crée pour l’occasion sa première société de production discographique, Toutankhamon S.A. (qui a cessé depuis ses activités).                                                                                                                                          

Le clip de « Sans Contrefaçon » créera l’évènement, suivront ensuite Ainsi soit je…, puis le mythique clip « Pourvu qu’elles soient douces » (racontant la suite du clip de Libertine). Véritable petit film (il est le 2e clip le plus long du monde !), le clip sera nominé aux Victoires de la Musique.
Le scénario du clip fût écrit avec Gilles Laurent, à qui Boutonnat présentera le synopsis du film ébauché lorsqu’il avait 18 ans : « Giorgino ». Ils travailleront dessus durant 4 ans. Une proposition de financement pour le film eut lieu, finalement abandonnée. Laurent décide alors de remanier l’histoire du film.
Pendant que Mylène effectue la promotion de l’album, Laurent prépare sa future scène. Il crée alors Heathcliff S.A. , ce qui lui permettra de produire la tournée et ses prochains films. Pendant 2 semaines le Tour 89 se jouera à guichets fermés au Palais des Sports à Paris. Le spectacle se déplacera ensuite pour 60 dates, dont 2 à Bercy, compte tenu du succès parisien.

1-196x300Laurent quant à lui, filmera durant deux soirs (à Bruxelles) le spectacle, avec de gros moyens. D’autres scènes seront tournées dans les environs d’Arpajon, qui seront plus tard intégrées au film du concert. Le montage durera 1 an.

Le 26 octobre 1989, Laurent et Mylène créent (à l’occasion de la sortie du CD et de la VHS En Concert) une société d’éditions phonographiques : Requiem Publishing. Cette société édite depuis tous les disques de Mylène… Parallèlement à la sortie du « En Concert », Laurent écrit déjà les musiques du prochain album, L’Autre. Pendant les tournages de Désenchantée et Regrets en Hongrie (en février 91), il prend des repérages pour son prochain long métrage Giorgino. Le réalisateur sera nominé pour la 3e fois aux Victoires de la Musique pour le clip de Désenchantée.  

 

En 1992, Laurent se consacrera majoritairement à la préparation de Giorgino (décors, casting, etc…). Il tournera néanmoins « Je t’aime mélancolie » et « Beyond my control », qui sera son dernier clip pour Mylène avant de nombreuses années.

En décembre 92 débute le tournage de Giorgino (d’abord les scènes d’extérieur en Hongrie, puis les plans d’intérieur en Slovaquie). Mars 93, montage et écriture de la musique, après un tournage éprouvant. Laurent retourne justement en Europe de l’est, afin d’enregistrer la musique avec l’orchestre philharmonique de Prague. La post-production de Giorgino se terminera en août 1994, soit plus d’un an après la fin du tournage. Laurent, sans doute trop perfectionniste se perdra dans les méandres. Après 2 années de travail, « Giorgino » sort enfin en salles le 5 octobre 1994. Laurent, tout comme le film, seront littéralement descendus par la critique et échoueront auprès du public. Un film trop long, et sans doute trop sombre pour le grand public, mais esthétiquement magnifique, du pur Boutonnat !

L’accueil réservé à « Giorgino » blesse profondément Laurent et la relation qu’il entretient avec Mylène a également souffert durant le tournage. Le duo décide alors de stopper pour l’instant leur collaboration cinématographique, mais en maintenant bien sûr le côté musical.

Mylène s’exile alors en Californie, seule, et commence à écrire quelques chansons. Laurent viendra la rejoindre en mars 1995 et lui composera la musique du futur album : « Anamorphosée ». Laurent ne réalisera pas les clips de l’album (dommage, devoir « subir » ceux de Marcus Nispel, merci bien…), ne revenant à la réalisation pour Mylène qu’en 1996, pour le Live à Bercy, dont le film fût conçu avec François Hanss, son assistant depuis longtemps.

En 1998, le cascadeur Mario Lurashi (qui a souvent collaboré avec le duo Farmer-Boutonnat), fait appel à Laurent pour composer la musique de son premier long métrage, « Le Pèlerin ». Le résultat se rapproche de la B.O de « Giorgino », avec des sons empruntés à « Vertige », qu’il a composé quelques mois auparavant pour Mylène. Laurent refuse les interviews et la diffusion de Giorgino, voulant visiblement oublier ce film. Il rachète même les droits, afin, et il le dira lui-même 10 ans plus tard, de mettre dans un tiroir cette histoire et ne plus jamais en entendre parler. Le film a tout de même été diffusé en novembre 1995 sur Canal +, avant que Laurent ne rachète les droits de diffusion. Boutonnat ne reprendra vraiment la caméra qu’en 1997 pour réaliser quelques clips pour Nathalie Cardone (Hasta Siempre, Populaire, etc..).         

Laurent a semble t-il à ce moment là, privilégié sa carrière d’homme d’affaires, plutôt que son côté artistique. En effet, il fondera une société de production pour Nathalie Cardone (Calliphora S.A.), le 19 juin 1997. Il délaisse peu à peu Heathcliff S.A. et Toutankhamon, qui cessera ses activités en 1997. Mylène produira désormais elle-même ses disques, via sa société de production Stuffed Monkey.

En mai 1999 sort « Innamoramento« , le 5e album studio de Mylène Farmer. Laurent composera 9 titres pour cet opus. L’album est, comme les 4 premiers, un succès, et s’écoulera à plus d’un million d’exemplaires. Laurent ne réalisera là encore aucun clip de l’album, et se révèlera absent de la tournée Mylenium Tour. Il ne réalisera donc pas le film du concert, laissé aux mains de François Hanss.

Le 10 mai 2000, Laurent étend ses activités financières en créant LB Société Civile Immobilière, qui s’occupe de la vente de biens immobiliers. Strictement rien à voir avec le penchant artistique de Laurent !!!

 

En mai 2000, Mylène et Laurent produisent la petite Alizée, via leur société Requiem Publishing. Mylène écrira les textes d’Alizée et Laurent se chargera de la musique. Il réalisera également le clip de « Moi…Lolita ». Le disque sortira le 4 juillet 2000, soit deux semaines avant la sortie d’ »Innamoramento ».

En mars 2001 sortent pour la seconde fois en numérique, l’intégrale des clips de Mylène Farmer, avec un meilleur son et une meilleure image que les supports édités auparavant. En revanche, le « Tour 89″ n’a toujours pas le droit à une sortie DVD, et « Giorgino » reste introuvable dans le commerce.

Laurent reprend la caméra pour Mylène en 2001, afin de réaliser le clip « Les Mots » et celui de « Pardonne-moi ». Il s’occupe aussi des clips d’Alizée (« Parler tout bas », « J’ai pas vingt ans »). La mise en scène du spectacle d’Alizée à l’automne 2003 sera également signée par Laurent. En novembre de la même année, Mylène et Laurent auraient eu d’assez grosses difficultés financières avec leurs sociétés immobilières et leurs sociétés de production, le « Pôle de Européen de gestion et d’économie » mettant son nez dans les comptes des entreprises.

 

En 2004, un peu de nouveau pour Laurent… Il produit l’artiste kabyle Kamal Kacet et son nouvel album.

mylene-du-temps-300x195Il part ensuite en tournage pour son nouveau film, une adaptation du roman Jacquou le Croquant. La sortie du film en salles est prévue pour le 12 octobre 2006. Gageons que Laurent sera enfin reconnu par le grand public et par la profession… Un si grand talent ne peut rester dans l’ombre !!! Toujours en 2004, Laurent fait également entrer Mylène en studio pour son nouvel album, Avant que l’Ombre…  Il assurera également la conception du spectacle et la régie, pendant les 13 concerts de janvier 2006, au Palais Omnisports de Paris-Bercy. C’est d’ailleurs là qu’un journaliste du quotidien Libération a observé minutieusement l’attitude de Laurent : « Le compositeur Laurent Boutonnat, entouré d’une armée d’ingénieurs du son et d’informaticiens avec ordinateurs portables, fait soudain des gestes sur une partition imaginaire. Dansotte, prend des notes, prend des notes, rallume sa pipe, descend une énième bouteille d’eau. Puis, derrière sa console, redevient aussi imperturbable qu’un ingénieur de Kraftwerk. Le Pygmalion observe sa créature. Arrivé à ce point du concert, on a toujours pas saisi le phénomène.[…]« 

En 2005, sort Avant que l’ombre…, le sixième album de Mylène Farmer dont il compose la quasi-totalité des musiques. Il participe aussi, en association avec la chanteuse, à la mise en scène du spectacle Avant que l’ombre… À Bercy. Parallèlement, il entame le tournage de son nouveau long-métrage, une adaptation du roman d’Eugène Le Roy Jacquou le croquant, qui sortira en France le 17 janvier 2007. Moins sombre que Giorgino, le film reçoit un accueil plus chaleureux, et atteint le million d’entrées.

En 2008, il compose les musiques de Point de Suture, le septième album de Mylène Farmer, et participe à la direction artistique de son Tour 2009 (qui passera notamment par le Stade de France).

En 2011, il compose les musiques des deux inédits de 2001-2011 Du temps et Sois moi-be me, le deuxième best of de Mylène Farmer, ainsi que le clip du premier single inédit Du temps.

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Mylène Farmer et l’Annonciation

Posté par francesca7 le 7 mars 2012

 l’AnnonciationLa grossesse d’un enfant au père incertain. Un premier texte choc… rédigé par Jodel St marc.

 

Mylène Farmer et l'Annonciation dans Mylène et SYMBOLISMEEntièrement écrit et composé par Laurent Boutonnat, L’Annonciation est la chanson figurant en face B de On est tous des imbéciles, chanson écrite par Jérôme Dahan au début 1985, par ailleurs auteur des paroles de Maman à tort. L’Annonciation est la première chanson de Laurent Boutonnat (qui avait jusque là seulement co-signé la composition de Maman a tort). Une entrée fracassante dans le petit monde de la variété française avec cette chanson très triste faisant un rapport étrange entre ‘histoire de la bible et celle de la jeune fille, qui pleure pour la première fois derrière un micro : Mylène FARMER, alors âgée de 24 ans.

 

L’Annonciation est un des titres de tableau baroque les plus usités par la peinture européenne, notamment au XIVème et XVème siècle. Elle retranscrit le plus souvent l’archange Gabriel annonçant à Marie sa grossesse et la prochaine naissance de Jésus (alors que ce 25 mars, elle n’a que 15 ans) par Yahvé (Dieu). Ce qui explique entre autre l’emploi du « saint esprit » et « l’ange m’a fait croire au bonheur » par l’auteur dans le premier couplet. Ici, l’annonciation qu’entend la jeune fille à l’air de venir de l’enfant qu’elle porte et dont la provenance nous échappe. Cependant, certains indices nous renvoient au viol, à l’amour paradoxal pour le père biologique de cet enfant, mais aussi aux conséquences de la perte de la virginité et aussi à la fausse-couche, et à l’enfant mort-né. Enfin, les dernières lignes renvoient au suicide, inéluctable, de la mère incapable d’aimer un enfant probablement héritier de tant de névroses.

 

MF80_153a dans Mylène et SYMBOLISMEUne recherche importante à noter, c’est que dans la plupart des Annonciations de la Renaissance, Marie est en train de filer de la laine pour le voile du temple de Jérusalem lors de l’arrivée de l’archange (voile qui se déchirera lors de la crucifixion de Jésus). Le thème du voile et du fil qui se casse provient des trois parques de la mythologie grecque : Cotho, Lachesis, et Atropos, autrement appelée les moires. C’est donc probablement pour évoquer une nouvelle fois cette idée que Mylène FARMER avait initialement décidé de nommer son album sorti en 1999 Mes Moires au lieu de Innamoramento.

 

(Les moires symbolisant la naissance, la vie et la mort : avec celle qui fabrique le fil, celle qui le tisse et la dernière… qui le casse).

 

La chanson n’est jamais reparue, ni dans un best-of ni dans un Live, étant l’entière propriété du label RCA sous lequel travaillait Laurent Boutonnat. Depuis le rachat du catalogue par Polydor, la seule chanson rachetée à été Maman a tort. Ce qui fait de l’Annonciationune chanson rarissime très difficile à se procurer vu le faible nombre de pressages et de ventes du 45 tours en 1985. Cote approximative : 700 f. de l’époque. (environ 100 €uros)/

Signé J.S.M http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

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Mylène Farmer de 1985 à 1989

Posté par francesca7 le 28 décembre 2011

MYLENE FARMER … 1985-1989

Mylène Farmer de 1985 à 1989 dans Mylène dans la PRESSE MF80_142aEn mars 1984 et aprés un an de recherche d’une maison de disque, Maman à tort sort chez RCA. La première édition du 45 tours montre un manque de budget visible ; Bertrand Lepage reprend en main le single et lui fournit une pochette en couleur, une version anglaise destinée à l’export, My mum is wrong ainsi qu’une version maxi. Le succés arrive, bien que modéré avec 100 000 exemplaires vendus. Le prochain single se prépare dès novembre 1984 et devrait s’intituler ‘Bip Be Bou Rock’n'Roll / L’Amour au Téléphone’ ; malheureusement, il ne paraîtra jamais. Dès février 1985, un nouveau single est en préparation : On est tous des imbeciles , écrit par Jérôme Dahan, tandis que Laurent Boutonnat signe la face B : l’annonciation. L’échec de ce dernier titre avec seulement 40 000 ventes provoque la fin de la collaboration avec RCA et le départ de Jérôme Dahan. Polydor reprend le duo et leur fournit de meilleurs moyens. Le 25 septembre 1985, Plus grandire sort dans les bacs. Mylène en a écrit le texte ainsi que celui de la face B : Chloé et désormais les textes de tous les singles suivants. Bien que ce single n’est pas un véritable succés commercial, le clip permet de marquer l’empreinte du duo dans le métier artistique. Mais ce n’est vraiment qu’en mars 1986, avec la sortie de Libertine couplé à Greta que la carrière de Mylène Farmer se lance. Le style du duo se forge dans le succés : Mylène a désormais une couleur rousse dans les cheveux et le clip en cinémascope de 11minutes montre les talents de réalisateur de Laurent ; et 370 000 exemplaires vendus. Arrive finalement le premier album, Cendres de lune, le 1er avril 1986, qui contient alors seulement 9 titres.

Tristana émerge en février 1987 (face B : Au bout de la nuit ); le clip, tourné dans le Vercors, est encore grandiose et définie désormais l’univers farmerien. Ce nouveau titre sera réinséré dans l’album Cendres de lune pour relancer les ventes. Le single suivant, Sans contrefaçon (face B : La ronde triste) est immédiatement un succés avec 500 000 exemplaires vendus : le clip qui ne sera fini que quelques temps aprés, mettra en scéne la commédienne Zouc. Ainsi sois-je… marque un contraste de ton avec les anciens singles ; il fera l’objet d’un couplage expérimental d’une nouvelle technologie : CDV-maxi. Le deuxième album, Ainsi sois je… voit le jour en avril 1988. Avec 1 700 000 ventes, il permettra à Mylène de recevoir son premier disque de diamant le 14 novembre 1989. Pourvu qu’elles soient douces sort le jour de son 27e anniversaire, le 12 septembre 1988. Le single reste l’une de ses plus grosses ventes avec 700 000 exemplaires et le clip est l’un des plus impressionnants par sa réalisation. Alors, le 19 novembre 1988, la récompense qu’elle reçoit lors des 4e Victoires de la Musique comme meilleure interpréte féminine de l’année la propulse au sommet. Suit Sans logique qui s’accompagne du magnifique Dernier sourir, puis un autre superbe single, A quoi je sers accompagné de La veuve noire.

 Attendu depuis décembre 1988, le tour 89 de 40 dates est un succés : débuté au Palais des Sports de Paris du 18 au 25 mai 1989, il s’interrompt pour un voyage de repos en Inde puis continue de septembre à décembre et termine le 7-8 décembre au Palais Omnisport de Paris-Bercy. A peine le tour fini, sort En concert, la vidéo du tour qui sera primée par le Prix Européen de la Vidéo Musicale. Allan live et Plus grandire live sont tiré de cet album live.

Parution sur http://www.melty.fr

 

                                                                      Gif fleurs tournesol

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DISCOGRAPHIE Mylène

Posté par francesca7 le 5 octobre 2011

Le Top 50 n’a été créé qu’en novembre 1984. 

Mylène Farmer est l’interprète de 8 albums studio, 5 albums enregistrés en concert (un pour chacune de ses tournées), 2 compilations de remixes et 1 compilation « best of ». 50 chansons ont fait office de single.

 Singles promo, non sortis dans le commerce 

DISCOGRAPHIE Mylène Mylene%20Farmer

Singles particuliers 

Singles non sortis en France 

Singles sortis uniquement en vinyles très limités et destinés aux DJ 

  • Août 2003 : Sans contrefaçon (JCA Remix), extrait de RemixeS 

  • Novembre 2003 : Je t’aime mélancolie (Felix da Housecat Remix), extrait de RemixeS 

  • Janvier 2004 : L’instant X (One-T Remix), extrait de RemixeS 

Faces B inédites 

La plupart des faces B de Mylène Farmer correspondent à des versions de la chanson faisant office de single (remix, instrumental…), mais il est arrivé parfois que ces faces B soient des chansons inédites : 

Coopérations 

Duos 

Autres 

1994 : productrice de l’EP Shade : Underbelly de Headmess (sorti aux  États-Unis) pour lequel elle a aussi composé les musiques, dont celle du titre Madeleine (qu’elle réutilisera pour le titre Et si vieillir m’était conté sur l’album Innamoramento). 

  • 2000 : auteur des paroles de l’album Gourmandises d’Alizée

  • 2001 : productrice du single I’m not a boy de Christia Mantzke. 

  • 2003 : auteur des paroles de l’album Mes courants électriques d’Alizée. 

  • 2003 : productrice des singles I want your wife et You du groupe Good Sex Valdes. 

  • 2008 : auteur des paroles du single Drôle de Creepie interprété par Lisa

Apparitions 

Musiques de films 

Ses deux dernières apparitions sur une bande originale ont joui d’un titre inédit chacun. 

Disques des autres artistes 

  • 2004 : Les mots en duo avec Seal sur le Best of de ce dernier, Best 1991 – 2004 

  • 2006 : Slipping Away (Crier la vie) en duo avec Moby sur le best of de ce dernier, Go – The Very Best of Moby 

  • 2009 : Les mots en duo avec Seal sur le Best of de ce dernier, Hits 

  • 2010 : C’est pas l’heure en duo avec Line Renaud sur l’album Rue Washington de cette dernière 

  • 2010 : Never tear us apart en duo avec Ben Harper sur le disque Original Sin de INXS 

Compilations 

Les apparitions des chansons de Mylène Farmer sur des compilations sont assez rares pour être remarquées, souvent associées à une cause. 

  • 1986 : Libertine sur la cassette et vinyle « Polystar 2 » 

  • 1986 : Libertine sur le vinyle « Hit-Parade 86 » sorti en  Belgique 

  • 1987 : Tristana sur la cassette et vinyle « Le cadeau de la vie » (Lutte contre le cancer

  • 1989 : Sans Logique sur le vinyle « La plus belle compilation NRJ – volume 2 » 

  • 1992 : Dernier Sourire sur le CD et vinyle « Urgence, 27 artistes pour la recherche contre le SIDA » (Lutte contre le SIDA) (réenregistré pour l’occassion) 

  • 1992 : Je t’aime mélancolie sur le CD « Life Aids: Love is the answer » (Lutte contre le SIDA) sorti en  Allemagne 

  • 2005 : Rêver sur le CD « Solidarité Asie » (Fonds reversés à Action contre la faim pour les victimes du tsunami

Compilations de remixes 

  • 1990 : Pourvu qu’elles soient douces (Razormaid Remix – Joseph Watt) sur le double vinyle du label « Razormaid », « Maid! How slow can you go? »  États-Unis 

  • 1990 : Pourvu qu’elles soient douces (Razormaid Remix – Joseph Watt) sur le CD du label « Razormaid », « Maid! How slow can you go? Volume 7 »  États-Unis 

  • 1991 : Desenchantee (Digital Mix by Art Maharg) sur le double vinyle et le CD du label « Razormaid », « Gridlock! 2 »  États-Unis 

  • 1991 : Psychiatric (Digital Mix) Mixed by Chris Cox sur le double vinyle du label « Razormaid », « Seismic Sound Three »  États-Unis 

  • 1993 : Beyond My Control by Joseph Watt sur le CD du label « Razormaid », « Maid! How slow can you go? »  États-Unis 

  • 1993 : Regrets (Digital Mix) by Joseph Watt sur le CD du label « Razormaid », « Maid! How slow can you go? »  États-Unis 

  • 1997 : La poupée qui fait non (Say it like you used to Club Remix) sur le triple vinyle « Summer Party ’97 » 

  • 2006 : Slipping Away (Crier la Vie) (Manhatten Clique Club Remix) en duo avec Moby sur la version remixée du best of de ce dernier, Go – The Very Best of Moby (Remixed) 

  • 2006 : Slipping Away (Crier la Vie) (Axwell Remix) en duo avec Moby sur le double CD « Discomix 4 » sorti en Russie 

  • 2007 : Slipping Away (Crier la Vie) (Axwell Remix) en duo avec Moby sur le CD « Taneční Liga vol. 94 » sorti en  République tchèque 

  • 2008 : Je te rends ton amour (Redemption/Perky Park Mix) sur le triple CD de D.J. S.E.A.L.K., In The M.I.X. sorti en  Europe 

  • 2009 : L’Ame-Stram-Gram (Perky Park pique d’âme Dub Mix), C’est dans l’air (Fat Phaze Remix), Je te rends ton amour (illumination – Perky Park Dub Mix) sur le CD promo du label « Melting Sound Studio », « Sanya’s Night on the Club vol. 001 In The Mix » sorti en  Russie

 

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JEROME DAHAN

Posté par francesca7 le 21 août 2011

JEROME DAHAN jerome-dahan-profile

Jérôme Dahan, est un auteur-compositeur français, né en 1962 et décédé le 11 octobre 2010. Il est le premier à avoir composé pour la chanteuse Mylène Farmer  au début de sa carrière avec Laurent Boutonnat.  

 

Interview du co-auteur de Maman à tort, parue le 4 février 1994.
issu du Magazine I.A.O Mylène Farmer 

 

 

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QUESTIONS / REPONSES 

 

Jérôme Dahan

A l’époque de Mylène Farmer, j’étais très complice avec Laurent Boutonnat. (…) Je n’ai jamais travaillé avec des interprètes expérimentés. J’ai commencé avec Mylène qui débutait aussi. Ensuite je n’ai travaillé qu’avec des débutants, qui savaient que j’avais été dans l’aventure Farmer, et qui n’osaient rien apporter à mes chansons. Mon passé les impressionnait et ils me laissaient les diriger, avides de mes conseils. 

 

 

1150821104Parlons de Mylène. Quand l’as-tu rencontrée ?  

 

Au début des années 80. Je l’ai connu avant qu’elle ne rencontre Laurent Boutonnat. C’était une copine. Ensuite, j’ai rencontré Laurent Boutonnat dans une boite de production cinématographique où j’étais assistant-régisseur. Laurent est venu nous montrer un scénario car il voulait faire un film. On a sympathisé en deux jours, je lui ai dit que je faisais de la musique. Avec un troisième copain, on a monté une boite d’édition et on a présenté une chanson à Lio, qui lui a plu. Malheureusement, notre troisième associé voulant garder la totalité des droits éditoriaux, Lio n’a pas pu enregistrer la chanson. Avec Laurent, on travaillait tous les deux dans ma cave. J’avais quitté la boite de prod et, pour vivre, je touchais les assedics. Un jour, on a écrit ensemble une chanson qu’on a intitulé Maman a tort, on a tout de suite senti qu’on tenait un tube, mais il nous fallait quelqu’un pour la chanter. On a d’abord trouvé une jeune fille de quinze ans dont l’âge posait tellement de problèmes juridiques qu’on a du abandonner avec elle, alors qu’on avait déjà été en studio. Avec Laurent, on a décidé d’organiser un casting, comme des pros. Quelques jeunes filles sont venues auditionner, les copines des copines, accompagnées par les parents : c’était très folklo… 

  

Mylène y était ?  

Oui, mais on la connaissait déjà. C’était une copine depuis quelques temps. On a préféré travailler avec elle, surtout qu’ont avait rencontré personne d’extraordinaire dans les dix filles qui s’étaient présentées. 

  

 

Vous n’avez pas osé lui dire non ? Ou était-elle mieux que les autres ?  

 

Je ne veux pas dire de mal de Mylène. Honnêtement, elle correspondait à ce que Laurent et moi, nous recherchions. En plus, cela m’aurait blessé de lui dire non. Quand elle a su qu’on organisait le casting, elle était déjà sur les rangs. Pourtant, elle a été humble et discrète, ne cherchant pas à s’imposer à tout prix. 

  

Une fois « Maman a tort » terminé, comment avez-vous fait pour signer chez RCA ? 

Cela a été très difficile. Personne ne voulait de Mylène. On a fait un premier tour des maisons de disques et comme toutes les réponses étaient négatives, on a prétexté qu’on avait refait le mix pour retourner les voir. En fait, c’était faux. Ils nous ont reçu une deuxième fois, mais les réponses sont tombées à nouveau. Le « Non » était unanime. On s’est accrochés, on a repris le même stratagème du « On a refait le mix », pour obtenir un troisième rendez-vous. C’était cependant toujours la même cassette. Et là, s’est produit le miracle : un an après le début de nos démarches, François Dacla a décidé de nous signer chez RCA en licence (Mylène n’était pas une artiste maison). Nous étions soulagés, mais le disque est sorti tel quel timidement, avec un instrumental en face B, car nous n’avions pas de budget pour faire un autre titre. La promo RCA n’y croyait pas beaucoup, pour eux on était des OVNI, notre production n’étant pas dans l’esprit de l’époque. Chez RCA, Michel Elmosnino, qui avait paraphé le contrat, a cependant été très sympa avec nous. 

  

 

La galère était finie ?  

 

Non, pas du tout. Car une fois qu’on a fait la pochette, tout le monde chez RCA a oublié que le disque devait sortir. On a du donner une partie des éditions à Bertrand Lepage pour qu’il défende le titre auprès des médias, et une autre partie à l’éditeur Frédérick Leibovitz. C’est à la suite de cela qu’on a fait une deuxième pochette de « Maman a tort », un maxi, et la version anglaise, My mum is wrong, qui est une idée de Leibovitz. Si on s’était écoutés, avec Mylène et Laurent, on aurait fait des versions en toutes les langues, y compris en chinois. Le disque n’est malheureusement sorti qu’en France et au Canada, puisque j’ai une copie de ce dernier pays. 

  

 

Combien de temps Maman a tort a t’elle mit  pour exploser ?  

 

Le disque n’a jamais vraiment explosé. On a du faire, à terme, 100 000 exemplaires, ce qui, pour l’époque (NDLR : l’année 1983 est l’année où le nombre de 45 tours vendus en France a atteint son record historique), n’était pas terrible, comparé au million d’exemplaires atteint par les disques de Jeanne Mas ou d’Axel Bauer. On était cependant bien exposés. 

  

 

Le disque suivant On est tous des imbéciles était aussi le fruit d’une collaboration entre Laurent et toi ?  

 

Non. Pour le premier disque, j’avais fait les textes seul et on avait fait la musique ensemble. En revanche, pour le second, j’ai fait la face A, On est tous des imbéciles, et Laurent a signé la face B L’annonciation. On est tous des imbéciles, comme Maman a tort a d’ailleurs été écrite avant que Mylène ne soit sélectionnée pour chanter. En un mot, Mylène m’a chanté, mais je n’ai jamais écrit en fonction de sa personnalité. Quand j’ai fait On est tous des imbéciles, je me disais que l’interprète ce serait moi. Aujourd’hui, je referais volontiers cette chanson dans un disque ou sur scène. C’est une belle chanson. Quand j’ai fait mon show-case à Bercy, j’y ai pensé très fortement. Mais en 1984, ce disque de Mylène n’a pas du tout marché, je dirais même que ce fut un échec, puisqu’on en a vendu 40 000. Contrairement à Maman a tort, il n’y a même pas eu de clip, car c’était une époque où la télévision n’était pas d’accord avec les producteurs de disques pour les droits sur les diffusions. En revanche, on a fait pas mal de radios. Un jour, Laurent et moi avions accompagné Mylène à RMC. Dès notre arrivée, on a entendu « Tiens, voilà les Gentleman Farmer ! ». Je dois donner toujours une impression très british, car j’ai lu sur moi dans la presse, il y a quelques mois : « Dahan, le Dandy déliquescent ». C’est une belle image, mais je ne sais pas si c’est vraiment moi

  

 

L’échec de On est tous des imbéciles, c’est ce qui a causé la fin de ta collaboration avec Mylène ?  

 

Non. On avait un contrat pour deux simples chez RCA. C’est à ce moment là qu’Alain Lévy décide de créer Polygram nouvelle version. On l’a rencontré et on a signé Mylène chez Polydor pour plusieurs albums. C’est là que les problèmes relationnels ont commencé. Pour moi, je voyais plus Mylène comme une nouvelle Françoise Hardy que comme une Jeanne Mas puissance 10. Mais tout le monde, que ce soit Laurent ou les gens de Polydor ne voyaient qu’à travers Jeanne Mas. Elle était la référence suprême. Je n’étais pas d’accord, elle ne me fascinait qu’à moitié avec sa gestuelle, sa production, son look… J’ai donc repris mes chansons que Mylène s’apprêtait à enregistrer et je suis parti. 

  

 

En 1985 sort Plus grandir et en 1986 Libertine, tu n’étais plus là ?  

 

Non. Mais je dois avouer que Laurent et Mylène ont eu raison d’aller dans cette direction. Plus grandir n’a pas marché. En revanche, Libertine a été un gros succès. J’ai été content pour eux sans comprendre qu’un phénomène était en train de naître. Il m’a fallu des mois pour réaliser ce qui se passait. Je voyais des beaux clips, des images grandioses, mais pour moi qui connaissait la petite Mylène, fragile, sensible, ça ne sonnait pas, ça ne fonctionnait pas. Je ne me rendais pas compte qu’elle allait marquer aussi fort son époque. Aujourd’hui, quand je la vois, je ne juge plus, car je ne sais pas qui elle est devenue. Je ne peux plus savoir si l’image qu’elle donne est le reflet de ce qu’elle est ou pas. 

 

 

Ça rapporte beaucoup de droits d’auteur Mylène ?  

 

Les deux singles de l’époque m’ont rapporté peu de choses. En revanche, comme elle en chante les chansons sur scène, ils sont dans son « Live », qui lui s’est très bien vendu. Je n’ai pas vu le concert, mais la version de Maman a tort que j’entends dans le disque me plait beaucoup. Je trouve cela très bien fait et puis, pour moi, c’est une énorme émotion que de l’écouter, surtout qu’elle démarrait ses concerts avec cette chanson. 

 

C’est difficile d’écrire une chanson « historique » comme celle-là ?  

 

Je ne sais pas. Il y avait une espèce de grâce sur cette chanson. Il y avait quelque chose qui nous dépassait, je le sentais à l’époque. Je ne me disais pas « Je suis génial d’avoir écrit ça », mais « Ce truc là est génial », comme si ma main avait été guidée par une force supérieure. C’est très curieux. 

 

  

Depuis Mylène vous a t’elle aidé ? Renvoyé l’ascenseur ? 

 

Quelquefois. Je tombe souvent sur des articles où elle raconte son passé de façon honnête. D’autres fois, ses propos sont moins objectifs. Mais là, je me dis que ce sont peut-être les journalistes qui ont transformé ses propos. Comme j’en souffre beaucoup, je préfère cette solution. Je ne voudrais pas que mes propos soient déformés et que Mylène ou Laurent lisent des trucs horribles sur notre passé commun, qu’en plus, je n’aurais pas dit. 

  

 

Tu as des souvenirs sympas avec eux ? 

 

2338036563_small_1Des milliers. Je me souviens quand, avec Laurent, Mylène venait chez ma mère, qui avait un grand appartement. Il y avait une grande pièce avec un piano, et on y répétait la « mise en scène » des chansons. Mylène avait du mal à appréhender tout cela, et on devait, Laurent et moi, lui apprendre les chorégraphies. Mylène n’avait pas du tout de vision, de conscience de son corps. On se mettait tous à danser sur Maman a tort ou On est tous des imbéciles et ma mère nous regardait un peu amusée. Ça ne devait pas ressembler à quelque chose de très pro. C’était tellement sympa, tellement sincère que c’est peut-être aussi grâce à cela que ça a marché. La perfection est toujours la chose la plus redoutable. Aujourd’hui, quand je la vois danser, je suis très étonné. Je n’aurais jamais imaginé qu’elle puisse arriver au niveau où elle en est

 

 

  

Pas de regrets ? 

 

Quand on me dit aujourd’hui que j’ai raté l’occasion de ma vie, je ne sais que répondre. Qui aurait pensé qu’elle aurait cette carrière ? Depuis cette époque de ma vie, la plupart des gens que j’ai rencontrés ont été fascinés par ma collaboration avec Mylène. Bien sûr que je suis flatté d’avoir participé à cette réussite, mais maintenant je ne veux pas faire ma promo à travers Mylène, je veux surtout exister par moi-même. 

 

 

ON EN PARLE …. 

 

MUSIQUE – Jérôme DAHAN  était le parolier de Mylène Farmer à ses débuts… 

 

richedahanOn lui doit le premier tube de Mylène Farmer, «Maman a tort», en 1984. Jérôme Dahan, 48 ans, est mort le 11 octobre dernier, annonce lundi Charts in France. Il a succombé à «une longue maladie qu’il combattait depuis des années et a été enterré quatre jours plus tard dans l’intimité, en présence de sa famille et de ses amis les plus proches», rapporte le site dédié à la chanson française. L’annonce de sa mort a été officialisé par Hugues Royer, auteur d’une biographie sur la chanteuse, samedi. 

 

Jérôme Dahan avait ensuite signé les paroles et la musique de la chanson «On est tous des imbéciles», le premier échec commercial de Mylène Farmer. Cette collaboration sera la dernière. Jérôme Dahan prend ensuite ses distances avec le duo Mylène Farmer-Laurent Boutonnat à cause de désaccords sur la suite à donner à la carrière de la chanteuse. Celle-ci et son pygmalion s’étaient toutefois pressés au chevet de leur ancien parolier, en février 2009, lorsque Jérôme Dahan avait été hospitalisé. 

 

 

Jérôme Dahan s’est éteint le 11 octobre 2010. 

 

Pure People 

  a publié : Le Lundi 18 Octobre 2010 à 13:48 

 

« Jérôme Dahan est l’un des artisans qui ont révélé la plus mystérieuse des stars françaises : Mylène Farmer. En 1984, avec Laurent Boutonnat, Dahan lui écrit et compose son premier tube, Maman a tort, écoulé à 100 000 exemplaires. 

 

Charts in France vient d’annoncer le décès du musicien, survenu le 11 octobre dernier, à l’âge de 48 ans. Il a « succombé à une longue maladie qu’il combattait depuis des années et a été enterré quatre jours plus tard dans l’intimité, en présence de sa famille et de ses amis les plus proches. » L’annonce de ce décès a été officialisée par Hugues Royer, auteur d’une biographie de Mylène Farmer

 

On doit également à Jérôme Dahan le second single de Farmer, On est tous des imbéciles, un échec qui marque la fin de leur collaboration, peu avant l’ascension fulgurante de la star. Pourtant, en février 2009, la chanteuse s’est rendue à plusieurs reprises au chevet de Dahan suite à son hospitalisation. 

 

 

 

JeromeDahan

 

 

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LAURENT BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 21 août 2011

 

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En 1979, il réalise avec les moyens du bord, c’est-à-dire en piochant dans le porte-monnaie de ses parents, sa troublante première fiction nommée La Ballade de la fée conductrice mettant en scène l’histoire d’une tueuse en série qui se déguise en clown avant de commettre chaque meurtre. Absolument ravi du résultat de son premier film, et espérant qu’il soit projeté balladefeeconductriceaffen salles, il propose son œuvre à la Commission de contrôle des films, qui n’en croit pas ses yeux. Tout cet amas d’images de castration et de nouveau-nés jetés dans un vide-ordures pousse l’institution à interdire le film aux mineurs.

 

Un comble pour le metteur en scène qui n’a même pas 18 ans !

 

Malgré cette censure, le film est projeté le 14 mai 1980 lors du Festival de Cannes et sort ensuite dans divers petites salles parisiennes d’art et d’essai. Mais à cause de l’obscurité du scénario et de la violence des images, La Ballade de la fée conductrice ne tient que deux semaines à l’affiche !

 

 

Après cet échec, plutôt que de retourner sur les bancs du lycée, le jeune homme se laisse vivre au gré de ses envies jusqu’à sa rencontre avec Jean-François Chauve, un grand reporter de télévision qui soit tourné plusieurs reportages scientifiques sur les énergies nucléaires. Laurent Boutonnat saisit sa chance et postule comme cameraman pour cette série d’émissions. Il avouera plus tard avoir prétendu s’y connaître en technique pour être engagé. 

Une fois embauché, il dut potasser le manuel pour que sa supercherie ne soit pas découverte par son nouvel employeur. Il part donc pour un an aux quatre coins de la France afin de tourner les images de ces reportages. Pour le jeune homme, être sur le terrain, la caméra sur les épaules, est de loin la meilleure des écoles !

 

 

 

 

Laurent Boutonnat a 20 ans quand il se lance dans une nouvelle aventure qui l’amène à conjuguer ses facultés d’écriture à son expérience récente dans le journalisme. Toujours avec le sens du subversif et le goût du morbide qu’on lui connaît, il débute des recherches pour rédiger un livre sur l’infanticide, mais le sulfureux bouquin ne verra finalement jamais le jour.

 

En attendant, il réalise des publicités télévisées, non pas par vocation, mais tout simplement pour gagner un peu d’argent. Il tourne plusieurs spots en s’associant à un producteur travaillant pour le circuit Parafrance. Ce producteur, emballé par l’énergie qui émane du jeune homme, lui propose de tourner un film d’horreur en deux semaines pour un budget de 225 000 €, qui, hélas, ne verra jamais le jour non plus.

 

 

C’est également à cette époque que le jeune réalisateur rédige réellement la première version du scénario de Giorgino.

 

 

 

 

 

trio2Mais l’aventure Mylène Farmer commence pour Laurent Boutonnat le jour où il décide avec son copain Jérôme Dahan et un troisième ami de monter sa propre boîte d’édition avec le « modeste » projet de donner naissance à des tubes !

 

Ils écrivent alors leur première chanson …. Maman a tort !

 

Et grâce à Bertrand Le Page font émerger de l’ombre la jeune Mylène

 

 

 

 

 

1356832008_smallLaurent Boutonnat. Un nom familier, surtout des admirateurs de « l’ange roux » et du milieu du spectacle, mais qui se fait de plus en plus connaître du grand public, notamment, grâce à la sortie de la super-production « Jacquou le Croquant« . Laurent-Mylène/Mylène-Laurent, un duo artistique qui dure depuis vingt-deux ans maintenant et qui n’a de cesse de nous apporter joie, bonheur, spectacles grandioses… Rappelons que selon Mylène (et il est vrai qu’elle a sûrement raison sur ce point !), si son chemin n’avait pas croisé celui de Laurent, elle n’en serait sûrement pas là où elle en est aujourd’hui… Alors merci Laurent ! Je vais tenter de vous faire découvrir un peu plus (avec le peu d’informations qui circulent à son sujet !), cet homme qui partage, comme Mylène, le goût du secret… 

 

 

Grâce à la promotion organisée par Bertrand Le Page, le manager de Mylène à l’époque, le duo Dahan-Boutonnat écrira plus tard deux autres chansons pour Mylène. « On est tous des imbéciles« , qui sortira en 45 tours avec pour face B « L’annonciation« , (chanson beaucoup plus Bouto-Farmerienne que la face A de ce vinyle) qui sera un échec. Déçu par l’accueil que reçu la chanson, et RCA (la maison de disques de l’époque) ne renouvelant pas le contrat avec le duo, Laurent se sépare de Jérôme Dahan, avec qui il est en désaccord sur la suite à donner à la carrière de Miss Farmer.

 

 

 

Un peu au hasard, Mylène écrit les paroles de Plus grandir, sur une musique de Laurent. Polydor (racheté par Universal) décide de miser sur Mylène et Laurent pour trois albums (et ils ont bien fait !), alors même que le duo n’a pour l’instant aucun véritable succès à son actif. Cela viendra très vite avec le 1er album de la rousse, « Cendres de Lune« , sorti en 1986, conçu quasi-entièrement par Laurent Boutonnat. 


Il signe la musique, presque toutes les paroles, et la pochette. Avec les photos de l’album, il commence à créer le « mythe Farmer« . Dans le livret de ce premier album, Laurent commence à se créer un délire (qu’il n’a toujours pas cessé !), en inventant des pseudonymes pour certains instruments, qui sont en réalité des samples ou des sons synthétiques. Il crée notamment pour cet album « Les Moines fous du Tibet« , pour nommer des chants Grégoriens ! 

 

 

Sur les albums qui suivirent, un certain Pol Ramirez Del Piu fait son apparition. Il s’agit en fait des sons crées par Laurent, mais cet homme sera crédité pour les flûtes, les percussions, la harpe (sur L’Autre), les bagpipes ( ?!) et cymbalum (sur Innamoramento), le xylophone (sur Avant que l’Ombre…), etc… 

 


Mieux, alors que c’est toujours Laurent lui-même qui s’occupe de programmer ses claviers, il s’invente un programmateur imaginaire sur l’album « L’Autre« , qu’il appellera Patrice Rouillon Tsernoff de Gironville !!! Sûrement un délire qui fait beaucoup rire Laurent… 


C’est pendant la promo de Cendres de Lune que Laurent veut monter son 2e long métrage dont il a écrit le script deux ans plus tôt. Il commence donc sa préparation, mais le succès inattendu de sa collaboration avec Mylène l’occupera trop pour finaliser ce projet. 


« Cendres de Lune » contient quand même d’énormes tubes comme « Libertine » (et son clip inoubliable ; le 45 tours sortira en même temps que l’album), ainsi que d’autres chansons moins connues mais tout aussi notables, telles « Vieux bouc » et « Chloé ». 


L’album sera applaudi par les critiques, « le décor Farmer-Boutonnat » est désormais planté.
La deuxième édition de l’album sortira 1 an plus tard, en 1987, avec cette fois « Tristana« . Laurent sera nominé cette même année aux Victoires de la Musique pour le clip de « Tristana« . 


« Cendres de Lune » sorti dans le commerce, Mylène et Laurent s’attèlent déjà à l’écriture du second album « Ainsi soit je… » qui sortira fin 1987. Laurent crée pour l’occasion sa première société de production discographique, Toutankhamon S.A. (qui a cessé depuis ses activités). 

 

 

Le clip de « Sans Contrefaçon » créera l’évènement, suivront ensuite Ainsi soit je…, puis le mythique clip « Pourvu qu’elles soient douces » (racontant la suite du clip de Libertine). Véritable petit film (il est le 2e clip le plus long du monde !), le clip sera nominé aux Victoires de la Musique


mfloloLe scénario du clip fût écrit avec Gilles Laurent, à qui Boutonnat présentera le synopsis du film ébauché lorsqu’il avait 18 ans : « Giorgino« . Ils travailleront dessus durant 4 ans. Une proposition de financement pour le film eut lieu, finalement abandonnée. Laurent décide alors de remanier l’histoire du film. 


Pendant que Mylène effectue la promotion de l’album, Laurent prépare sa future scène. Il crée alors Heathcliff S.A. (du nom du héros des Hauts du Hurlevent) , ce qui lui permettra de produire la tournée et ses prochains films. Pendant 2 semaines le Tour 89 se jouera à guichets fermés au Palais des Sports à Paris. Le spectacle se déplacera ensuite pour 60 dates, dont 2 à Bercy, compte tenu du succès parisien. 

 

Laurent quant à lui, filmera durant deux soirs (à Bruxelles) le spectacle, avec de gros moyens. D’autres scènes seront tournées dans les environs d’Arpajon, qui seront plus tard intégrées au film du concert. Le montage durera 1 an

Le 26 octobre 1989, Laurent et Mylène créent (à l’occasion de la sortie du CD et de la VHS En Concert) une société d’éditions phonographiques : Requiem Publishing. Cette société édite depuis tous les disques de Mylène… 


Parallèlement à la sortie du « En Concert« , Laurent écrit déjà les musiques du prochain album, L’Autre. Pendant les tournages de Désenchantée et Regrets en Hongrie (en février 91), il prend des repérages pour son prochain long métrage Giorgino. Le réalisateur sera nominé pour la 3e fois aux Victoires de la Musique pour le clip de Désenchantée

 

 

En 1992, Laurent se consacrera majoritairement à la préparation de Giorgino (décors, casting, etc…). Il tournera néanmoins « Je t’aime mélancolie » et « Beyond my control », qui sera son dernier clip pour Mylène avant de nombreuses années


En décembre 92 débute le tournage de Giorgino (d’abord les scènes d’extérieur en Hongrie, puis les plans d’intérieur en Slovaquie). 


Mars 93, montage et écriture de la musique, après un tournage éprouvant. Laurent retourne justement en Europe de l’est, afin d’enregistrer la musique avec l’orchestre philharmonique de Prague. 


La post-production de Giorgino se terminera en août 1994, soit plus d’un an après la fin du tournage. Laurent, sans doute trop perfectionniste se perdra dans les méandres. Après 2 années de travail, « Giorgino » sort enfin en salles le 5 octobre 1994. Laurent, tout comme le film, seront littéralement descendus par la critique et échoueront auprès du public. Un film trop long, et sans doute trop sombre pour le grand public, mais esthétiquement magnifique, du pur Boutonnat


L’accueil réservé à « Giorgino » blesse profondément Laurent et la relation qu’il entretient avec Mylène a également souffert durant le tournage. Le duo décide alors de stopper pour l’instant leur collaboration cinématographique, mais en maintenant bien sûr le côté musical. 

 


Mylène s’exile alors en Californie, seule, et commence à écrire quelques chansons. Laurent viendra la rejoindre en mars 1995 et lui composera la musique du futur album : « Anamorphosée ». Laurent ne réalisera pas les clips de l’album (dommage, devoir « subir » ceux de Marcus Nispel, merci bien…), ne revenant à la réalisation pour Mylène qu’en 1996, pour le Live à Bercy, dont le film fût conçu avec François Hanss, son assistant depuis longtemps. 


En 1998, le cascadeur Mario Lurashi (qui a souvent collaboré avec le duo Farmer-Boutonnat), fait appel à Laurent pour composer la musique de son premier long métrage, « Le Pèlerin« . Le résultat se rapproche de la B.O de « Giorgino« , avec des sons empruntés à « Vertige« , qu’il a composé quelques mois auparavant pour Mylène


Laurent refuse les interviews et la diffusion de Giorgino, voulant visiblement oublier ce film. Il rachète même les droits, afin, et il le dira lui-même 10 ans plus tard, de mettre dans un tiroir cette histoire et ne plus jamais en entendre parler. Le film a tout de même été diffusé en novembre 1995 sur Canal +, avant que Laurent ne rachète les droits de diffusion. Boutonnat ne reprendra vraiment la caméra qu’en 1997 pour réaliser quelques clips pour Nathalie Cardone (Hasta Siempre, Populaire, etc..). 

 

 

 

 

BoutonnatPhoto03Laurent a semble t-il à ce moment là, privilégié sa carrière d’homme d’affaires, plutôt que son côté artistique. En effet, il fondera une société de production pour Nathalie Cardone (Calliphora S.A.), le 19 juin 1997. Il délaisse peu à peu Heathcliff S.A. et Toutankhamon, qui cessera ses activités en 1997. Mylène produira désormais elle-même ses disques, via sa société de production Stuffed Monkey


En mai 1999 sort « Innamoramento », le 5e album studio de Mylène Farmer. Laurent composera 9 titres pour cet opus. L’album est, comme les 4 premiers, un succès, et s’écoulera à plus d’un million d’exemplaires. Laurent ne réalisera là encore aucun clip de l’album, et se révèlera absent de la tournée Mylenium Tour. Il ne réalisera donc pas le film du concert, laissé aux mains de François Hanss. 


Le 10 mai 2000, Laurent étend ses activités financières en créant LB Société Civile Immobilière, qui s’occupe de la vente de biens immobiliers. Strictement rien à voir avec le penchant artistique de Laurent !!! 

 

 

En mai 2000, Mylène et Laurent produisent la petite Alizée, via leur société Requiem Publishing. Mylène écrira les textes d’Alizée et Laurent se chargera de la musique. Il réalisera également le clip de « Moi…Lolita« . Le disque sortira le 4 juillet 2000, soit deux semaines avant la sortie d’ »Innamoramento« . 


En mars 2001 sortent pour la seconde fois en numérique, l’intégrale des clips de Mylène Farmer, avec un meilleur son et une meilleure image que les supports édités auparavant. 

 


En revanche, le « Tour 89 » n’a toujours pas le droit à une sortie DVD, et « Giorgino » reste introuvable dans le commerce. 


Laurent reprend la caméra pour Mylène en 2001, afin de réaliser le clip « Les Mots » et celui de « Pardonne-moi« . Il s’occupe aussi des clips d’Alizée (« Parler tout bas« , « J’ai pas vingt ans« ). La mise en scène du spectacle d’Alizée à l’automne 2003 sera également signée par Laurent


En novembre de la même année, Mylène et Laurent auraient eu d’assez grosses difficultés financières avec leurs sociétés immobilières et leurs sociétés de production, le « Pôle de Européen de gestion et d’économie » mettant son nez dans les comptes des entreprises. 

 

 

 

En 2004, un peu de nouveau pour Laurent… Il produit l’artiste kabyle Kamal Kacet et son nouvel album

 

Il part ensuite en tournage pour son nouveau film, une adaptation du roman Jacquou le Croquant. La sortie du film en salles est prévue pour le 12 octobre 2006. Gageons que Laurent sera enfin reconnu par le grand public et par la profession… Un si grand talent ne peut rester dans l’ombre !!! Toujours en 2004, Laurent fait également entrer Mylène en studio pour son nouvel album, Avant que l’Ombre… 


Il assurera également la conception du spectacle et la régie, pendant les 13 concerts de janvier 2006, au Palais Omnisports de Paris-Bercy. 


boutbout2004C’est d’ailleurs là qu’un journaliste du quotidien Libération a observé minutieusement l’attitude de Laurent : « Le compositeur Laurent Boutonnat, entouré d’une armée d’ingénieurs du son et d’informaticiens avec ordinateurs portables, fait soudain des gestes sur une partition imaginaire. Dansotte, prend des notes, prend des notes, rallume sa pipe, descend une énième bouteille d’eau. Puis, derrière sa console, redevient aussi imperturbable qu’un ingénieur de Kraftwerk. Le Pygmalion observe sa créature. Arrivé à ce point du concert, on a toujours pas saisi le phénomène.[…]«  

 

 

A ce jour, Jacquou le Croquant doit sortir le 17 Janvier 2007… Souhaitons grandement bonne chance à Laurent (même s’il y a fort à parier que son nouveau film marchera très bien !), car un autre échec, pourrait cette fois être beaucoup plus dur à supporter pour lui… Laurent Boutonnat… un TRES grand monsieur… une très belle œuvre… 

 

 

 

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Filmographie

 

1er Film 1978 : La Ballade de la féconductrice

  • 1994 : Giorgino
  • 2007 : Jacquou le Croquant

 

1er Clip 1984 : Mylène Farmer – Maman a tort

  • 1985 : Mylène Farmer – Plus grandir
  • 1986 : Mylène Farmer – Libertine
  • 1987 : Mylène Farmer – Tristana
  • 1987 : Mylène Farmer – Sans contrefaçon
  • 1988 : Mylène Farmer – Ainsi soit je…
  • 1988 : Mylène Farmer – Pourvu qu’elles soient douces
  • 1989 : Mylène Farmer – Sans logique
  • 1989 : Mylène Farmer – À quoi je sers
  • 1990 : Mylène Farmer – Allan (live)
  • 1991 : Mylène Farmer – Désenchantée
  • 1991 : Mylène Farmer – Regrets
  • 1991 : Mylène Farmer – Je t’aime mélancolie
  • 1992 : Mylène Farmer – Beyond my control  
  • 1997 : Nathalie Cardone – Hasta siempre
  • 1998 : Nathalie Cardone – Populaire
  • 1999 : Nathalie Cardone – Mon ange
  • 2000 : Nathalie Cardone – Baïla si
  • 2000 : Alizée – Moi… Lolita
  • 2001 : Alizée – Parler tout bas
  • 2001 : Mylène Farmer – Les Mots
  • 2003 : Alizée – J’ai pas vingt ans
  • 2002 : Mylène Farmer – Pardonne-moi
  • 2004 : Kamal KacetIfkis

 

barre coeurs

 

 

Concerts

 

Composition de Laurent

  • Mylène Farmer – Cendres de Lune (1986) – Produit et compose 9 des 10 titres de l’album (assisté de Jérôme Dahan sur Maman a tort), en écrit 5
  • Mylène Farmer – Ainsi soit je… (1988) – Produit et compose 9 des 10 titres de l’album

  • Mylène Farmer – L’autre… (1991) – Produit et compose l’album dans son intégralité

  • Mylène Farmer – Dance Remixes (1992) – Compilation de remixes réalisés par Laurent Boutonnat et Thierry Rogen pour les maxi-singles – Produit par Laurent Boutonnat

  • Mylène Farmer – Anamorphosée (1995) – Produit et compose 11 des 12 titres de l’album

  • Nathalie Cardone – Album éponyme (1999) – Produit et compose 4 des 12 titres de l’album (assisté de Nathalie Cardone sur Antonio et L’homme qui saura pleurer)

  • Mylène Farmer – Innamoramento (1999) – Produit et compose 8 des 13 titres de l’album
  • Alizée – Gourmandises (2000) – Produit et compose les 10 titres de l’album
  • Mylène Farmer – Les mots (2001) – Best-of, produit et compose les 3 titres inédits
  • Alizée – Mes courants électriques… (2003) – Produit et compose les 11 titres de l’album
  • Mylène Farmer – Avant que l’ombre… (2005) – Produit et compose l’album dans son intégralité (assisté de Mylène Farmer sur L’amour n’est rien…)

  • Mylène Farmer – Point de Suture (2008) – Produit et compose 10 des 11 titres de l’album

Il est en outre l’arrangeur musical de tous les albums.

Compositions annexes : L’annonciation (1985), Dernier Sourire (1989), À quoi je sers (1989), La veuve noire (1989), Puisque (1989), Mylène is calling (1991), Que mon cœur lâche (1992), Effets secondaires (1999), L’histoire d’une fée, c’est… (Bande originale du film Les Razmokets à Paris) (2000), Devant-soi (2007) Bande originale du film Jacquou le Croquant.

 

 

 

 

 

 

 

 

VIDEO LAURENT BOUTONNAT ET MYLENE FARMER

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Que sait-on de Laurent Boutonnat ? 

 

Finalement peu de choses, tant ses interviews sont rares ; qu’il a été dans les années 80/90 le réalisateur de clips dont a le plus parlé sans jamais le voir ; ceux de Mylène Farmer. L’écrivain Philippe Séguy évoque le mieux, en peu de mots, le mieux le réalisateur :

 

« Laurent Boutonnat fonctionne par odeurs. Celles de la neige, du vent, du froid et celle acide de la misanthropie. L’œuvre est souvent tragique et affiche une douleur, une solitude et un univers qui lui sont propres. Ses films qui n’ont pas d’âge nous parlent d’un monde mélancolique qui a le couleur de la fatalité« .

 

 

hqdefaultMylène s’exprime sur l’absence de Laurent Boutonnat – décembre 2010 

Pour son prochain opus, intitulé « Bleu noir » qui sortira ce lundi en métropole, Mylène Farmer s’est passée des services de son compère LaurentBoutonnat pour la première fois dans sa carrière. Cette nouvelle avait fait poser beaucoup de questions chez les fans de la rousse, mais elle a tenu à rassurer ses fans.  

  

Dans une interview accordée à Paris match, elle déclare : «  Je ne me suis en aucun cas éloignée de lui. Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque. Vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie… d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité  ». 

  

L’album Bleu Noir a été concocté par Mylène en personne en collaboration avec le roi de l’électro Moby, le duo anglais Archive et le producteur à succès RedOne à qui l’on doit Poker Face et Bad Romance de Lady GaGa

  

Ce nouvel opus est toujours aussi sombre et rythmé à l’instar de ces prédécesseurs. Mylène explique d’ailleurs : «  J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !  »Elle parle d’inspiration bien sûr et non de sa manière de vivre. 

 

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Si ce blog existe, c’est aussi parce que : 

Pour moi, Mylène Farmer rime également avec la Spiritualité  voir ici : http://devantsoi.forumgratuit.org/

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la voix de Mylène

Posté par francesca7 le 18 août 2011

 

 

Laurent Boutonnat excelle dans l’art de créer des refrains diablement entêtants. Cela tient certainement au fait que la plupart des mélodies se limitent à seulement quelques notes qui s’enchaînent pour former un ensemble marquant et difficile à se retirer de la tête. Le deuxième couplet reprend, le refrain est répété, puis vient le pont, encore un des points forts de Laurent. la voix de Mylène dans Mylène 1989 - 1990 a1y3otfrIl introduit généralement dans cette partie instrumentale au milieu d’un morceau un nouveau gimmick instrumental, ultra entêtant donc ultra efficace, qui sera répété en boucle jusqu’à la fin de la chanson. Parmi les ponts les plus magistraux de Laurent, on notera le synthé de « Sans contrefaçon », les fausses trompettes de « Désenchantée », la guitare de « California », la fausse flute d’« Innamoramento », le clavier de « Je t’aime mélancolie », les guitares électriques de « Que mon cœur lâche »… Beaucoup de ponts bénéficient également de chœurs, de Mylène ou d’autres, comme sur « L’amour naissant » et ses chœurs africains. Pour Mylène, on retiendra les ponts de « Sans logique », « Optimistique-moi », « L’amour n’est rien… » et beaucoup d’autres. 


Après ce pont, les refrains reprennent, répétés en boucle avec ce fameux gimmick musical. La chanson se termine éventuellement par une fin instrumentale, appelée outro, comme « Avant que l’ombre… », « Innamoramento », « L’histoire d’une fée, c’est… », « Ainsi soit je… »… 

 

Tout cela est diablement efficace donc. Mais la musique de Laurent ne se limite heureusement pas à cet aspect commercial et plus formaté. Il lui arrive parfois de se lâcher totalement et d’offrir de véritables bijoux, originaux, décalés, de véritables OVNI dans la production française. Chaque album dispose d’au moins un titre de ce genre. « Chloé », « La ronde triste », « Psychiatric », « Alice », « Mylenium », « Porno Graphique », mais encore « Vieux bouc », « The Farmer’s conclusion », « Nobody knows ». Beaucoup de faces B inédites sont des titres de cette teneur, comme « L’annonciation », « Mylène is calling » ou « Effets secondaires ». Ces titres n’obéissent à aucune règle, sont un festival expérimental de sons étranges, de voix déformées, de samples… Ainsi les couplets d’« Alice » sont chuchotés, la voix de Mylène déformée rythme toute la chanson « Psychiatric », « Mylene is calling » réutilise – selon la légende – un message que Mylène aurait laissé sur le répondeur de Laurent… Ces titres, méconnus du grand public, sont des merveilles d’originalité.

 

 

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On est tous des imbéciles

Posté par francesca7 le 16 août 2011

 

On est tous des imbéciles dans Mylène 1985 - 1986 114421207On est tous des imbéciles est le deuxième single de la carrière de Mylène Farmer sorti en janvier 1985. Il propose L’Annonciation (écrite et composée par Laurent Boutonnat) en face B. Ce single, qui s’avère être un échec (à peine 40 000 exemplaires vendus) marque la fin du contrat qui lie Mylène Farmer et Laurent Boutonnat à la maison de disques RCA. En effet, François Dacla, alors directeur artistique de la firme, accepte cette chanson après de nombreuses errances pour les deux artistes, dans un contrat n’incluant que deux quarante-cinq tours avec obligation de succès. Cette chanson, qui ne dispose pas d’un vidéo-clip, n’apparaît dès lors sur aucun album ou compilation et n’est jamais reprise.

Cet échec marque également la fin de la collaboration entre le duo artistique et Jérôme Dahan. En effet, ce dernier est en désaccord avec l’orientation avec Laurent Boutonnat quant à l’orientation à donner à la carrière de la jeune chanteuse : si celui-là désire qu’elle emboîte le pas à Françoise Hardy, celui-ci a davantage pour modèle Jeanne Mas, dont le succès est alors considérable.

Single par Mylène Farmer

 

 

Face A 

On est tous des imbéciles 

 

Single par Mylène Farmer

Publié dans Mylène 1985 - 1986 | Pas de Commentaires »

L’Annonciation – Face B

Posté par francesca7 le 16 août 2011

  

L’Annonciation - Face B dans Mylène 1985 - 1986 photos-diverses24Si contrairement au titre Maman a tort, On est tous des imbéciles bénéficie d’une face B, aucun vidéo-clip n’est tourné et la durée de la vie de la chanson ne dépasse guère une saison. Néanmoins, et ce, encore aujourd’hui, ce disque restera le symbole du nouveau virage que va amorcer la chanteuse avec sa face B, L’Annonciation, le premier titre entièrement composé par Laurent Boutonnat.

L’Annonciation est une chanson sombre et sensuelle à la mélodie tzigane et classique, dont le texte évoque un viol suivi d’un avortement. Une chanson qui dévoile un aspect plus sombre de la personnalité de Mylène que bien peu auraient pu déceler jusqu’alors. Comme quand la chanteuse avoue sur un plateau de télévision à l’animateur Jacky, d’une voix mijaurée et enfantine de celle qu’on vient de prendre la main dans le sac après une grosse bêtise :

-          « J’ai pleuré durant tout l’enregistrement de cette chanson  »!…

Vidéo images….

Image de prévisualisation YouTube 

au cours de cet été 1985, même si On est tous des imbéciles n’est pas le tube tant espéré, Mylène est néanmoins très présente dans la presse jeune. Elle y côtoie ses nouveaux collègues, comme la pétillante Douchka, la Canadienne Patti Layne, la charmante Corinne Charby et le sexy Axel Bauer. En bonus, nous apprenons qu’elle adore l’émission Téléchat, qu’elle a adopté un singe capucin baptisé E.T, acheté sur les quais de Saine, qu’elle aime les animaux et qu’elle raffole des fraises Tagada, une passion qu’elle confirmera dans un sourire malicieux lors de son 7 à 8, vingt deux ans plus tard.

MF80_193a dans Mylène 1985 - 1986

Si la jeune fille se montre souriante et épanouie devant tous ces journalistes qui la prennent de haut, un mini drame est néanmoins en train de naître entre les deux « gentlemen Farmer  ». En effet, face à l’échec commercial de On est tous des imbéciles, Jérôme Dahan est sérieusement montré du doigt. Le contrat avec RCA, qui était prévu pour deux disques, s’achève et les jeunes artistes sont contraints de se trouver une nouvelle maison de disques s’ils ne veulent pas que Mylène soit une étoile filante de plus dans cet univers si propice au « Je fais un tube et je disparais aussi vite  » !

Publié dans Mylène 1985 - 1986 | Pas de Commentaires »

Mylène cherche un style

Posté par francesca7 le 15 août 2011

 

Parallèlement à la promo, en plus de devenir le véritable conseiller de la jeune vedette en herbe, Bertrand Le Page lui fait aussi partager et découvrir sa passion de la littérature en la conseillant sur des oeuvres d’un univers poétique dont elle pourrait s’inspirer pour se créer son propre univers… toutes les futures références de la chanteuse sur Edgard Poe ou sur Baudelaire viennent de lui

 

C’est à cette époque que la fougueuse et volcanique Sophie Tellier, une jeune danseuse diplômée de l’Académie internationale de la danse, sachant tout maîtriser (de la danse classique à la danse moderne, en passant par le jazz) rencontre pour la première fois la petite équipe ! 

 

  

Mylène cherche un style dans Mylène 1982 - 1984 s_1544374valerie_mairesseen fait, c’est grâce à l’actrice Valérie Mairesse, qui vient de sortir un 45 tours Bombe atomique, que Sophie Tellier fait la connaissance de Mylène lors du premier Festival des clips à Juan-les Pins, où Bertrand Le Page a réussi à faire inviter sa protégée. 

 

Sophie Tellier garde de cette première rencontre avec Mylène, le souvenir d’une jeune femme extrêmement timide, sans cesse en retrait comme si elle avait toujours le sentiment de gêner les autres, tout le contraire de sa personnalité expansive. Et irrémédiablement, comme les contraires s’attirent, les deux femmes deviennent très vite amies. Une amitié qui durera plusieurs années avant de se distendre comme cela arrive souvent…. 

 

 

Pour ce qui est de Maman a tort, tous les efforts de promotion ne font pas vraiment exploser le titre, qui se vend à peine à 100 000 exemplaires, un faible score face aux tubes de Jeanne mas ou d’Axel Bauer qui s’écoulent à plus d’un million de disques… 

 

Et pourtant, Mylène est bien exposée et le public sait maintenant qu’il existe une petite brunette un peu étrange dans le paysage de la variété française ! C’est déjà un combat de remporté… 

 

34581 dans Mylène 1982 - 1984Grace au succès d’estime de Maman a tort, Mylène peut enregistrer son deuxième 45 tours qui manque de s’appeler Bip Bey you Rock’nRolll’Amour au téléphone ou même I Do Love you, pour finalement s’intituler On est tous des imbéciles, un deuxième titre surfant toujours sur la vague de la provocation. 

 

 Si Jérôme Dahan avait écrit le texte de Maman a tort et composé la musique avec Laurent Boutonnat, pour ce deuxième 45 tours, chacun des deux garçons compose son propre titre car On est tous des imbéciles bénéficie d’une face B, intitulée l’Annonciation

 

 

BARRE

 

  • Pour la petite histoire, cette chanson était prévue tout comme « On est tous des imbéciles » dans la tracklist de « Cendres de lune » donc de 1985-1986, mais les deux chansons n’ont pu être intégrées car Laurent et Mylène n’avaient plus les droits d’auteur avec le départ de Jérome Dahan … affaire à suivre !!!!

 

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L’annonciation

Posté par francesca7 le 15 août 2011

 Paroles et Musique de L’Annonciation 

VIDEO : Mylène Farmer – L’Annonciation + Sous-titres Image de prévisualisation YouTube

L’ANNONCIATION 
Paroles : Jérôme Dahan
Musique : Laurent Boutonnat 

Il est entré dans mon lit
Sans un bruit
Sans même troubler la nuit
En moi il a fait son lit
Petite pluie, oublier entre deux cris
Dans mon sein je l’ai maudit
Ce saint esprit.
Une larme un frisson c’est l’heure
Celle qui sonne la douleur
Celle où seule on sent son cœur
Qui affleure
Qui se gonfle de sang et meurt
L’ange m’a fait croire au bonheur
C’est un faiseur.
Et moi je sais que Dieu existe
Et ça me donne bien du malheur
Et moi je sais que Dieu est triste
Car dans mon ventre
Ça naît ça meurt.

Il a traversé mon lit
Comme on fuit
Sans même déranger la vie
Un caillau il m’a trahi
Sans un cri
La vie pour moi c’est fini
Mon sauveur
Mon petit baigneur
Sans toi je meurs. 


 

L'annonciation dans Les Chansons de Mylène t-mfg71

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