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MUSIC NEWS des années 1996 avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 15 octobre 2016

 

 Entretien avec Eric JEANJEAN

 Comme à chaque sortie d’album (jusqu’en 1999), Mylène Farmer accorde un entretien à NRJ, mais celui-­ci diffère des précédents dans sa forme, puisqu’il est diffusé en plusieurs parties diffusées tout au long de la journée et accompagnées à chaque fois d’une chanson du nouvel album.

Lors du week-­end spécial Mylène Farmer du 31 mai au 2 juin 1996, cet entretien est rediffusé en partie avec quelques passages qui n’avaient pas été diffusés en octobre 1995. Vous retrouvez donc ici la retranscription intégrale reconstituée.

Eric Jeanjan : Lorsque Mylène Farmer sort un nouvel album, c’est sur NRJ qu’on le découvre avant tout le monde, et quand Mylène Farmer parle, c’est sur NRJ qu’elle le fait. Journée spéciale Mylène Farmer en exclusivité sur NRJ. Donc, « Anamorphosée », c’est le nom du tout nouvel album de Mylène Farmer.

Un album qui nous procure un double plaisir : d’abord celui de réentendre Mylène Farmer avec de nouvelles chansons sur les ondes radios, et puis un vrai plaisir, celui de vous rencontrer aujourd’hui.

Bonjour !

 mylène

 

 Mylène Farmer : Bonjour. EJ : Merci une nouvelle fois d’avoir accepté notre invitation. Une invitation d’autant plus précieuse que les interviews que vous donnez sont rares. Ce sera d’ailleurs ma première question : comment se fait-­il que vous soyez si rare chez nous, les médias français ? Est­ce que c’est parce que vous n’avez pas envie de vous dévoilez, que vous craignez pour votre tranquillité ? Ou simplement parce que vous pensez que le média, c’est un mets à savourer avec parcimonie pour éviter l’indigestion ?

MF : Un peu tout ça, je dois dire, mais surtout parce que c’est un exercice qui est difficile pour moi et parce que je redoute la justification en général.

EJ : On revient encore une fois sur cet album, qui a été enregistré à Los Angeles. C’est la première fois que vous enregistrez à Los Angeles ?

MF : Oui.

EJ : D’accord. Qu’est­-ce qui s’est passé ?  Vous en aviez marre de la France, marre d’être en France ? Peut-être aussi du statut de star, qui parfois peut être lourd à porter…

 MF : J’avais envie effectivement de…toujours cette idée du voyage. Auparavant, je redoutais l’idée de prendre une valise, un avion et de partir vers l’inconnu, et aujourd’hui j’avoue que c’est quelque chose qui m’enchante ! Est­-ce que j’en avais marre de la France, comme vous dites : non.

Peut­-être que j’en avais marre de moi, quelque part, et ce quelque part se rétrécissait au fur et à mesure donc j’ai senti pour moi une urgence que de m’envoler. Il se trouve que c’était Los Angeles parce que j’y connais quelques personnes, donc c’est plus facile et que c’est une ville qui offre une qualité de vie assez étonnante –si tant est qu’on puisse se l’offrir, j’en suis consciente. Mais…voilà !

 mylène0

EJ : Vous aviez envie de partir, de vous exiler, ou vivre quelques temps là-­bas, ou vous aviez vraiment décidé d’écrire l’album là-­bas ? Ou c’est une fois que vous étiez là-­bas que vous avez fait l’album ?

 MF : Non, ça n’était pas prémédité. Je suis partie là-­bas, j’y suis restée et après, effectivement, j’ai demandé à Laurent de m’y rejoindre.

 EJ : C’est là que vous avez écrit cette belle chanson, qui est la première de l’album : « California ». J’ai relevé quelques phrases que j’aime bien ­ c’est assez significatif d’ailleurs de ce que vous avez dit, vous allez confirmer ou infirmer : « Aéroport, aérogare mais pour tout l’or m’en aller / C’est le blues, le coup d’cafard / Changer d’optique, prendre l’exit / M’envoyer l’Amérique »… (sic)

MF : Voilà, c’est le résumé de ce que je viens de dire ! (rires)

EJ : C’est exactement ça ! (Mylène acquiesce d’un murmure)

Diffusion de « California »

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https://youtu.be/JAS2XAvINtc

 

EJ : On va parler d’ « Anamorphosée », maintenant. C’est donc le nom du nouvel album (Mylène acquiesce). Alors, je me suis amusé ­ on le disait tout à l’heure hors antenne­ à regarder dans le dictionnaire, donc la définition du mot ‘anamorphose’, d’ailleurs puisque le mot réel c’est ‘anamorphose’­ dans le Larousse 1995 : ‘Image déformée d’un objet donnée par certains systèmes optiques, ou bien représentation volontairement déformée d’une forme ou d’un objet et dont l’apparence réelle ne peut être distinguée qu’en regardant l’image sous un angle particulier ou au moyen d’un miroir courbe’. Alors, est­-ce que je dois m’attarder à ce titre ? Ca veut dire que vous avez choisi ce titre parce que les gens ont une image déformée de vous, ou bien est­-ce que c’est simplement un titre qui fait joli ?

MF : Non. Moi, j’y ai trouvé une autre définition : ma perception du monde, j’ai ce sentiment, s’est élargie, s’est agrandie. L’idée de l’anamorphose, pour moi, c’est le moyen de tout re-concentrer, de tout rassembler pour n’en faire qu’une. Voilà.

EJ : Qu’est-­ce qui a fait que votre vision du monde s’élargisse ?

MF : J’ai l’impression que le voyage m’a donné une clé, et puis ça fait partie de l’apprentissage de la vie, j’imagine. Je pense avoir changé, je pense avoir découvert des choses que je ne connaissais pas auparavant, avoir accepté surtout beaucoup de choses.

 EJ : Qu’est­-ce qui a changé chez vous ?

MF : Quelque chose d’assez fondamental, à savoir que je n’appréhende plus la mort de la même façon, à savoir j’ai peut-­être aujourd’hui accepté la mort, j’ai probablement accepté une vie après la mort, ce qui me permet aujourd’hui, moi, de vivre et d’accepter la vie, tout simplement. Donc je pense que c’est le vrai changement en moi.

EJ : Ca veut dire que pendant toutes ces années où on vous a découverte, vous aviez une espèce d’angoisse permanente ­ j’allais dire une angoisse résiduelle­ qui a toujours été au milieu de ce que vous faisiez ?

 MF : Une hantise de la mort, oui, absolument. Oui.

EJ : Et ça s’est traduit par quoi ? Vous avez découvert Dieu, ou vous avez découvert un… ?

MF : Non. C’est au travers de, je dirais, de réflexions. Il y a des choses qui sont venues spontanément à moi. Je considère que j’ai eu de la chance. Et puis c’est au travers de lectures, également.

EJ : Vous avez peur de l’autre ? Ou des autres, en général ?

MF : Non.

EJ : Non ?

MF : Non. Il ne m’effraie plus ! (rires)

 

Diffusion de « XXL »

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https://youtu.be/itT1IzQW82o

 

EJ : Est­-ce que vous êtes susceptible de vous engager, de mettre votre notoriété au bénéfice d’une cause quelle qu’elle soit ? D’abord, est-­ce que vous l’avez déjà fait et est­-ce que vous pensez que c’est important de le faire et de profiter justement de cette notoriété et du fait que vous soyez un vrai vecteur de communication, puisque vous avez des gens qui vous écoutent et qui vous aiment ?

MF : Je crois que c’est important de le faire dès l’instant qu’on sait le faire et qu’on a envie effectivement de s’y prêter. Maintenant, je l’ai fait et…

EJ : (la coupant) Vous l’avez fait pour quoi ?

MF : C’était pour la recherche contre le sida (sur l’album « Urgence » sorti en juin 1992, nda). Maintenant c’est vrai que des choses publiques, j’ai un petit peu plus de mal à le faire. Je préfère que ça se fasse dans le privé. Qu’on le sache ou qu’on ne le sache pas, ça n’a pas grande importance du moment que je peux le faire.

EJ : Parlons de « Eaunanisme ». Alors là, c’est une chanson qui m’a beaucoup amusé de par l’orthographe d’ « Eaunanisme » : vous avez écrit ‘eaunanisme’ (il épelle le mot). Le vrai mot, c’est onanisme, qui vient ­ j’ai cherché encore dans le dictionnaire, je me suis beaucoup amusé avec vous dans le dictionnaire !

(rires de Mylène) ­ qui vient du personnage biblique de Onan, et ça veut dire masturbation. Alors, qu’est­-ce que je dois comprendre, là ?! Eau : c’est une relation particulière avec l’océan ? Un texte très sexe, enfin me semble-­t-­il !

MF : Plus sensuel que sexe, je pense ! J’avais envie de l’élément eau, maintenant l’onanisme c’est effectivement la recherche du plaisir par soi­-même. Moi, quand j’ai écrit cette chanson, je pensais à l’écriture, donc je pense qu’il y aura des milliers de lectures quant à cette chanson. J’ai essayé d’évoquer l’écriture : l’écriture est aussi un plaisir solitaire, en tout cas dans un premier temps, et j’avais envie d’écrire comme un petit conte, en évoquant un personnage. Voilà !

 mylène1

EJ : Est-­ce que ça veut dire que vous écrivez pour vous faire du bien ? Est­ce que c’est une forme, je dirais, de thérapie ?

MF : Je crois que c’en est une. Maintenant, c’est aussi, je pense, un intérêt pour l’autre, une fois de plus. Diffusion de « Eaunanisme »

EJ : C’est important, pour vous, l’image ? Je me rappelle de clips fantastiques. D’ailleurs, pratiquement tous les clips sont des mini films extraordinaires : « Pourvu qu’elles soient Douces » était génial ; « Libertine », c’était génial ; le clip de Besson, effectivement je me rappelais plus que c’était lui qui l’avait fait, mais c’était vachement bien ! C’est très important, pour vous, l’image que vous donnez ?

MF : C’est important, et l’image tout simplement pour moi est importante dans ma vie. J’adore le cinéma, j’adore la photo, oui.

EJ : On parlait cinéma justement avec le film de Laurent Boutonnat, « Giorgino ». Moi j’ai eu l’impression d’une petite cabale. On va pas polémiquer là­-dessus, moi je suis pas d’accord, simplement c’est un film qui nous a permis de découvrir un vrai talent : le vôtre, en tant que comédienne. Est­-ce que c’est une expérience que vous retenterez, le cinéma ?

MF : Probablement ! Je me le souhaite. Maintenant, c’est vrai que ça ne fait pas partie, ou plus partie, de l’état obsessionnel. C’est vrai qu’avant…

EJ : (la coupant) Ca l’a été ?

 MF : Ca l’était, parce que c’est vrai que j’ai eu ce désir il y a très, très longtemps que de faire ou du cinéma, ou du théâtre et que j’ai eu cette rencontre avec Laurent Boutonnat, et que nous sommes nés tous les deux d’une chanson toujours avec cette envie que de pouvoir faire un film, lui le réaliser et moi l’interpréter. Pendant ces dix années, c’est vrai qu’on a pensé à ce film, à un film, et voilà nous l’avons fait !

EJ : Vous avez des propositions au cinéma ? MF : J’en ai quelques-­unes, oui. EJ : Et pour l’instant, pas de réponse positive ?

MF : Pas pour l’instant, non.

EJ : On parlait justement, puisqu’on reste dans les médias, on parlait de la télé tout à l’heure, hors antenne. Quelle est votre opinion justement face à la télé telle qu’elle existe aujourd’hui en France et puis aux Etats­-Unis que vous connaissez bien maintenant ?

 MF : Oui. La télévision en France, d’abord je la regarde très, très, très peu, si ce n’est que le peu d’émissions que j’ai vues c’est vrai qu’il y avait cette idée de répétition aujourd’hui, de banalisation de tout, et surtout ce ton qui se veut sarcastique, cynique et tout le monde n’a pas le talent pour ça ! Donc j’ai l’impression que ça n’a dans le fond pas grande importance, la télévision, en tout cas la façon dont ils la font. Diffusion de « XXL » à nouveau

EJ : On va parler des chansons, maintenant. Il y en a une qui m’a marqué, c’est peut­-être celle que j’ai le plus écouté, qui s’appelle « L’Instant X ». C’est autobiographique, ça ?!

MF : D’une certaine manière. C’est­-à­-dire qu’il est toujours difficile de s’extraire de son texte, maintenant je parle de moi et je peux parler aussi de l’autre dans ces moments-­là…

EJ : Avec le jeu de mot sur ‘zoprack’…

MF : J’ai été obligée ! (rires)

EJ : Ha bon ?! Pourquoi ? Pourquoi vous avez pas dit Prozac ?

MF : Parce que c’est interdit.

EJ : Ha oui ? Dans une chanson vous n’avez pas le droit ?

MF : On n’a pas le droit de faire la publicité d’un médicament, donc plutôt que de l’enlever et de le tuer, j’ai préféré le mutiler et m’en amuser ! (rires)

EJ : En changeant deux lettres, d’accord ! Une chanson, je dirais, un peu spleen, c’est-­à-­dire je raconte l’histoire pour ceux qui l’ont pas encore écoutée –mais on va l’écouter tout à l’heure, de toute façon­ on ne peut plus vivre sans cette fameuse petite pilule qui va nous rendre heureux. Qu’est­-ce que vous pensez, vous, de cette, je dirais, façon de vivre-­là qui est très américaine, d’ailleurs ?

MF : C’est vrai. La dépendance est une notion qui n’est pas agréable, maintenant si ça peut aider des gens, pourquoi pas ? Si c’est pas dangereux, si les effets secondaires ne sont pas…

 EJ : C’est un vrai débat, le Prozac, quand même…

MF : Oui. Est­-ce qu’il est fondé ? J’avoue que je n’en sais rien. Je ne connais pas bien le sujet, si ce n’est que je connais beaucoup de personnes qui l’ont utilisé, ou continué de l’utiliser…

EJ : Pas vous ?

MF : J’ai essayé. J’ai abandonné très vite, mais plus parce que c’est l’idée que d’être justement dépendant de quelque chose qui m’est insupportable, donc c’est vrai que parfois quand on va très, très bas ­ et je crois qu’on a tous dans sa vie une période comme ça, période parfois répétée ­ on fait appel à quelque chose de l’extérieur…

EJ : Qui peut nous aider à nous en sortir…

 MF : Oui, mais c’est vrai que ça fait réellement partie de notre société aujourd’hui. EJ : Vous, vous préférez vous battre ! MF : J’ai ça en moi, donc j’ai de la chance, je pense.

Diffusion de « L’Instant X »

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https://youtu.be/D4xaUXQ4wEE

 

 EJ : On va parler de vos projets maintenant, si vous le voulez bien. Un album, en règle générale, c’est suivi d’une tournée. Est­-ce qu’il va y en avoir une ?

 MF : Je ne sais pas.

EJ : Ha bon ? Vous n’êtes pas sûre ?

MF : Je n’ai pas la réponse.

EJ : D’accord ! C’est difficile de monter sur scène quand on est timide ?

MF : Oui et non. C’est quelque chose que je peux tout à fait surmonter, puisque je l’ai fait. Et puis il y a toujours ce sentiment de dédoublement…

EJ : C’est pas vous…

MF : C’est moi ! Bien sûr que c’est moi, mais là on parlait plus de l’appréhension et de la peur. Ca fait partie des paradoxes que l’on a en soi. J’ai toujours cette idée de l’ombre et de rester dans l’ombre, et puis avoir cette faculté que de pouvoir aller sous la lumière dès l’instant que l’on décide de le faire. Voilà. Et à ce moment-là, c’est vrai que là, la réflexion n’existe plus. C’est plus quelque chose d’animal, je dirais, plus d’instinctif que la réflexion.

EJ : C’est quoi, c’est un besoin d’amour le fait de monter sur scène ? Ou besoin de donner aux gens qui vous aiment, justement, et qui font l’effort de venir vous voir ?

MF : Je crois que c’est un partage. C’est donner et puis c’est recevoir. L’un ne peut pas aller sans l’autre.

EJ : Vous avez un message à donner à ces gens-­là ?

MF : C’est toujours difficile ! Je n’aime pas cette idée de porter un message, mais…

EJ : Ne serait­-ce que dans vos chansons, est-­ce qu’il y a un message, au final ?

 MF : Je ne sais pas. Je ne sais pas, c’est plus un témoignage, je dirais, qu’un message. Maintenant, je pense à ces personnes qui ont du mal à vivre et j’aimerais qu’elles puissent rencontrer la personne ou la lecture ou qu’il se passe un moment, comme ça, dans leur vie qui va les aider. Voilà, si je puis souhaiter ça, je le souhaite !

EJ : Et si vous, vous pouvez être ça, c’est bien !

MF : Je n’aurai pas cette prétention.

EJ : Oui, mais vous l’êtes quand même, je veux dire. A partir du moment où il y a des gens qui vous aiment aussi fort, c’est que quelque part vous leur faites du bien…

MF : Je l’espère !

EJ : Est-­ce que vous avez, après la promotion de cet album et après cet album-­là, d’autres projets ?

MF : Non, parce que je ne pense pas de cette façon-­là, c’est-­à-­dire que j’essaye ­ et je crois j’arrive­ de vivre l’instant présent. Et c’est ce qui est important pour moi, dans ma vie : c’est de ne pas ni faire appel aujourd’hui au passé, ni me projeter dans l’avenir mais avoir cette attention sur ce moment présent. Et je crois, puisqu’on a évoqué plusieurs fois ­ en tout cas, moi ­ cette idée du changement, je crois qu’elle réside exactement ici.

EJ : Sur scène, justement, tant d’amour, ça doit faire du bien pour l’ego, ne serait-­ce que de savoir qu’il y a des gens qui font vraiment l’effort d’être là, qui arrivent des heures avant…

MF : Oui, c’est vrai. C’est une belle déclaration.

EJ : Qu’est-­ce qui vous blesse le plus, en général ?

MF : L’absence de générosité, je crois.

EJ : Est-­ce qu’il y a quelque chose qui ne vous touche pas du tout, ou plus du tout ? MF : Oui : le qu’en dira-­t­-on. (rires) EJ : C’est vrai ?

MF : Oui.

EJ : Ca a été important pour vous ? Ca vous a un peu pourri la vie ?

MF : Ca n’a jamais été important pour moi. Jamais. Si ce n’est qu’aujourd’hui c’est encore moins important, parce qu’une fois de plus j’ai…Non, je me moque des qu’en dira-­t­-on, oui.

EJ : Qu’est-­ce qui…Oui, vous voulez rajouter quelque chose ?

MF : Non, je pensais que quand on n’a plus peur du regard de l’autre, quand c’est un regard qui ne vous agresse plus, l’autre n’est plus un ennemi donc il n’y a plus ce sentiment de peur.

EJ : Oui, je comprends. Qu’est-­ce que je dois faire si je veux devenir votre ami ?

MF : (silence) Vous êtes sérieux ?! (rires) Nous en parlerons plus tard !

EJ : D’accord ! Je regardais votre biographie : pratiquement trois millions d’albums vendus maintenant, des milliers de fans…Est-­ce que, justement, les fans, les gens qui vous aiment et qui parfois passent dans votre vie, c’est difficile à gérer ? Parce que des fois, il y a tellement d’amour que c’est maladroit…

MF : Là encore, je ne ferai pas de grande littérature quant à ce sujet. Je crois que ça fait partie de ce métier. Mieux vaut être appréciée que le contraire !

EJ : Bien sûr…

MF : Et d’autre part, je crois que je n’ai jamais eu réellement d’agression. Au contraire. Maintenant, c’est vrai que…Mais c’est pas par rapport à moi, dans le fond, c’est plus par rapport à la personne qui passe beaucoup, beaucoup de temps, qui attend des heures et parfois la nuit, et c’est vrai que dans le fond c’est une idée qui me dérange.

EJ : Pourquoi ça vous dérange ?

MF : Mais parce que c’est pas normal selon moi, et surtout par rapport à moi, de savoir que quelqu’un m’attend et attend quoi, dans le fond ? Je ne sais pas…

EJ : On a l’impression justement que les gens, les fans, n’aiment pas peut­-être ce que vous êtes réellement et n’aiment que l’image que vous donnez de vous, l’image professionnelle…

MF : Là encore, je ne me pose pas ce genre de question. C’est quelque chose de spontané chez eux. C’est parfois obsessionnel, maintenant dans le fond, ça les regarde…

 EJ : Je vous remercie mille fois d’abord pour cet album, « Anamorphosée », et puis ensuite d’avoir été avec nous, et je sais une nouvelle fois, je le répète mais c’est vrai, vos interviews sont rares donc précieuses.

MF : Merci à vous.

EJ : Merci beaucoup, Mylène Farmer. Au revoir.

MF : Merci, au revoir.

parution NRJ 16 OCTOBRE 1995

 

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Rentrez chez vous, il fait froid

Posté par francesca7 le 10 octobre 2015

 

 

     Mars 2000. Ce soir-là, une centaine de Français sont venus applaudir Mylène à Moscou, où elle donne deux concerts exceptionnels. L’initiative en revient à Jean-Rémy Gaudin-Bridet, le fondateur du Mylène Farmer International Fan Club. Le management de la star a accordé une suite favorable à la proposition du jeune homme. Ignorant quel accueil elle recevrait en Russie, la chanteuse a sans doute  pensé que la présence, dans la salle, de quelques-uns de ses fans les plus inconditionnels réchaufferait l’ambiance – le public local, surveillé par la police, a la réputation d’être peu expansif. Après le show, certains ont regagné leur hôtel, comblés par la magie du spectacle. D’autres ont décidé d’explorer la ville jusqu’au bout de la nuit. Jean-Rémy accompagne quelques amis dans une discothèque branchée de la capitale russe.

     Soudain, alors que le groupe est tranquillement assis à une table en train de boire un verre, Mylène et son staff font leur entrée dans l’établissement. Heureuse, détendue, très maquillée, comme si elle avait voulu conserver son masque de scène, la chanteuse ne met pas longtemps avant de se déhancher sur les notes de Desert Rose de Sting. À quelques mètres de là, Jean-Rémy l’observe. Elle lui sourit. Il se rapproche peu à peu de son idole, la regarde avec l’intensité de ses yeux verts. Tout paraît irréel. Elle est radieuse, se lâche avec bonheur. Après la pression du spectacle, elle semble avoir besoin de décompresser. Tous deux sont maintenant proches l’un de l’autre lorsque, brusquement, Jean-Rémy voit un garde du corps fondre sur lui, refermer ses bras autour de sa taille et l’écarter brusquement de l’icône rousse. En un éclair, il se retrouve à une dizaine de mètres sans avoir compris ce qui se passait. Et, levant les yeux vers Mylène, il la voit éclater de rire.

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      L’anecdote illustre bien la difficulté à être fan. Dans cette forme d’amour inconditionnel subsiste, malgré tout, l’espoir secret d’un retour. Un signe, un mot suffisent à faire le bonheur de celles et ceux qui structurent parfois leur existence autour du culte de leur idole. C’est un fait indéniable, Mylène est l’artiste française qui compte le plus d’admirateurs. Plusieurs dizaines de milliers probablement, même si les fans extrêmes se résument sans doute à quelques centaines. « Je n’en connais pas le nombre, mais je ressens leur énergie. Ils m’aident à vivre, me stimulent jour après jour », a récemment confié la chanteuse. Une déclaration d’affection qui met un terme définitif à une polémique née au début des années 2000. 

      Un malentendu, sans aucun doute, causé par la timidité maladive de la star. Difficile pour elle, en effet, de recevoir l’amour de ces visages inconnus. À ses débuts, Mylène est intriguée par ces témoignages d’affection. Et montre une curiosité sincère à la lecture du courrier, de plus en plus nombreux, qu’elle reçoit. « Je ne parle pas des demandes d’autographes, mais des lettres qui font deux ou trois pages et qui vous disent des choses sur vous, sur la manière dont les gens vous perçoivent. Plus ça va, plus ce courrier contient des choses importantes qui me touchent réellement. » Toutefois, si ces missives maintiennent une distance rassurante, le contact réel avec les admirateurs s’avère nettement plus problématique.

 

      Rapidement, lorsque vient le succès, son adresse est connue de certains fans, qui l’attendent à sa porte. Elsa Trillat me raconte combien Mylène devient paralysée dès qu’un inconnu l’aborde. « Un jour, pour lui faire une surprise, je l’ai suivie avec ma voiture et j’ai freiné à son niveau. Elle ne bougeait plus.

Elle était livide. » Agnès Mouchel, responsable du montage des clips réalisés par Laurent Boutonnat, confirme ces réactions de panique. « Je sais que Mylène avait un peu peur d’être envahie par certains fans. Elle était harcelée, sans arrêt, des gens dormaient en bas de chez elle. Il y avait tout le temps du monde, jour et nuit, c’était assez pesant. » Une méfiance qui pourrait sembler excessive. Pourtant, quelques années plus tard, un incident lui donnera raison.

  

      x240-IK3Mercredi 13 novembre 1991. Un Nancéen de trente-sept ans, employé des postes, décide de rouler non-stop jusqu’à Paris. Sur un bout de papier, il a noté une adresse, 2 rue Cavallotti. Dans son véhicule, il fulmine. Il a envoyé de nombreuses lettres à son idole, mais soupçonne Polydor de ne pas les lui avoir transmises ; sinon, il aurait forcément reçu une réponse. Furieux, il veut se venger des employés de la maison de disques. Dans son coffre, un fusil de guerre acheté par correspondance plusieurs années auparavant. Dans sa poche, une cinquantaine de cartouches. Rien ne l’arrêtera : il est déterminé à « faire un carnage ».  

      À peine arrivé, il met son plan à exécution. Demande à voir Mylène d’urgence. « J’ai un cadeau pour elle », hurle-t-il. « Elle n’est pas là », lui répond le réceptionniste alors qu’il braque son arme sur lui. Un coup part, l’homme s’effondre. Mortellement blessé, il décédera dans la nuit, à vingt-sept ans. Mais ce n’est pas fini. Au milieu des cris qui résonnent dans le hall, le tireur gravit rapidement les étages en quête de nouvelles victimes. Deux jeunes femmes, effrayées, tremblent devant lui. Il décide de les abattre à leur tour. Il recharge son arme, les vise et appuie sur la gâchette. Mais aucun coup ne part.  

Par miracle, le fusil s’est enrayé. Pris de panique, le forcené tente alors de s’échapper. La police, alertée, finira par le retrouver, réfugié dans un bureau vide, hagard, replié sur lui-même. Depuis l’âge de douze ans, il suivait une analyse chez un thérapeute. Aujourd’hui, il est soigné en hôpital psychiatrique. 

      Cette tragédie va assombrir le moral de Mylène pour longtemps. « Devant un tel drame, on se sent totalement dépossédée de mots et de moyens. On culpabilise forcément. Cette mort est tellement injuste. » Dès lors, l’entourage de la chanteuse prend peur pour elle. On lui conseille d’être accompagnée par un agent chargé de sa sécurité. Par respect pour le jeune réceptionniste disparu, elle dit non. « On m’a proposé de me protéger, j’ai refusé. Dans ces cas-là, on ne pense pas à soi, à ce qui aurait pu vous arriver, mais à la famille en deuil, à cet homme qui est mort et qui n’y était pour rien. » 

      Une preuve de courage, qui n’exclut pas non plus une extrême vigilance. Ainsi, deux fans réputés inquiétants sont surveillés de près par les proches de la chanteuse. L’un d’eux, barbu, connu des services de police, s’est vu notifier une interdiction formelle d’approcher la star. L’autre, surnommé « ongles jaunes », en raison semble-t-il d’une hygiène approximative, s’est attiré une réputation de déséquilibré, y compris parmi les fans, en allant dormir sur le palier de son idole quand elle partait en vacances. 

     On comprend, dès lors, que Mylène s’envole parfois pour une escapade à New York, où seuls les touristes la reconnaissent. À Paris, elle le sait, il lui faut rester prudente, même si cette distance peut être mal ressentie par ses admirateurs bienveillants et équilibrés. À partir de ce drame, la chanteuse prend conscience que, lorsqu’on a affaire à un détraqué, le silence vaut sans doute mieux que le moindre mot susceptible d’être interprété comme un encouragement. « Je ne réponds pas au courrier, en ce sens que je n’entretiens pas de correspondance, dit-elle. Je renvoie une dédicace à ceux qui me le demandent. »  

      Il lui faut apprendre à gérer cette incroyable vague d’amour sans être pour autant submergée. Alors, c’est vrai, certains comportements vont être mal compris. Ainsi, le 27 octobre 1996, lors de l’enregistrement des « Enfants de la guerre », émission à laquelle Mylène est invitée, Jean Rémy Gaudin-Bridet, sur une consigne de TF1, rassemble une centaine de fans venus de France et de Belgique. Il pleut, mais les admirateurs de la chanteuse vont devoir attendre plusieurs heures dehors. « Finalement, en fin d’après-midi, on nous fait entrer sur le plateau et on nous apprend que Mylène a enregistré Rêver sans public. Elle prononce quelques mots, ça dure à peine trois minutes, puis disparaît. Tout le monde est furieux. Je l’interpelle dans un couloir pour lui faire savoir notre déception, mais elle est fuyante. Elle me répond : “Ce n’est pas ma faute, je ne suis pas responsable de l’organisation.” »

 

      Cet accroc sera largement commenté dans la presse qui, privée d’informations sur la chanteuse, y trouve un angle d’approche providentiel : la détresse des fans. Le magazine Entrevue s’engouffre dans la brèche, et toute la presse people lui emboîte le pas. Mylène se voit décrite comme une femme d’affaires cynique exploitant la fragilité de ses admirateurs qui se ruinent pour acheter tous les supports qu’elle met sur le marché. Une polémique qui aurait pu la faire vaciller si le grand public avait adhéré à cette caricature. Concernant l’attitude de la chanteuse le jour de l’enregistrement du show de TF1, sans doute faut-il tenir compte aussi d’un élément déterminant : la veille, elle a appris la mort de son frère Jean-Loup. 

      Pour le reste, son habitude d’enregistrer ses prestations n’a rien à voir avec la question du respect ou non de son public. On l’a vu, c’est une manière d’exercer un contrôle sur son image. Afin de mettre les choses au point, la chanteuse profite d’ailleurs d’un entretien à Paris Match pour renvoyer chacun à sa liberté, et donc à sa responsabilité. « Je veux qu’on sache que je n’ai jamais été à l’initiative d’un fan-club, ni officieux ni officiel. Je n’adhère pas au culte de ma personnalité. Si quelqu’un ou quelques-uns ont décidé de leur plein gré de créer un fan-club, c’est sous leur entière responsabilité. » 

     1996-05-cUn avertissement adressé à tous ceux qui lancent sur le marché les fanzines qui lui sont consacrés. Pas question pour eux d’utiliser des photographies qu’elle n’aurait pas approuvées ! Une exigence sur laquelle transiger serait se renier. Après les plaquettes luxueuses du Mylène Farmer International Fan-Club, plusieurs autres magazines vont en effet voir le jour : MF magazine, trimestriel disponible en kiosques, L’Instant-Mag, publication élégante et décapante, à laquelle va succéder Mylène Farmer et vous, un support donnant une large place aux témoignages des fans. Rien d’officiel, mais rien ne sortira non plus sans l’assentiment du management de la chanteuse. 

     Ce n’est donc pas avec la base de ses admirateurs que la star s’est montrée intraitable, mais avec ceux qui exploitent sa notoriété pour lancer des magazines sur le marché. La nuance mérite d’être précisée. S’agissant de son comportement vis-à-vis des fans, un témoignage signé Christophe-Ange Papini, Deux ans à l’attendre, permet de comprendre qu’il est, au contraire, dicté par une énorme tendresse. Avoir passé de longs mois sur un banc situé en face de l’immeuble de son idole a d’abord permis à ce jeune adolescent d’apprécier les qualités humaines de Mylène. 

     Le 28 octobre 2003, il note que la chanteuse, vêtue d’une jupe rose bonbon ultracourte, malgré lesrigueurs de l’hiver, est attendue par les paparazzi lorsqu’elle regagne son domicile. C’est alors que le petit groupe de fans présents s’interpose, formant un barrage pour déjouer le piège des photographes. Mylène les remercie gentiment, avant de pénétrer dans le hall. Pourtant, elle réapparaît quelques secondes plus tard et leur adresse un message maternel : « Il fait froid, rentrez chez vous ! » Il y a dans ces mots-là quelque chose de rare, une douce attention à l’autre. 

      Parfois, elle se livre aussi à une touchante cérémonie : elle serre les fans présents dans ses bras, doucement, à tour de rôle, dans une forme de communion silencieuse. Ce jour-là, elle porte un tailleur beige et d’imposantes lunettes de soleil. Christophe-Ange en garde un souvenir émerveillé : « Elle me prend dans ses bras. Je suis contre elle, je prends le temps de sentir son parfum, de la sentir contre moi.

J’ai ma tête dans ses cheveux, dans son cou. Je me sens léger, je me sens bien, je me dis que j’ai atteint un but, mon désir ultime. » Bien sûr, on peut sourire de l’attachement d’un garçon de dix-neuf ans, mais on retiendra surtout de cet épisode combien la star sait se montrer disponible et tendre avec ceux qui l’aiment.

 

      En outre, un soir sur deux environ, lorsqu’elle revient de ses bureaux, aux alentours de dix-neuf heures trente, elle consent à signer des autographes selon un rituel bien rodé : tandis qu’elle entre dans le hall de l’immeuble, son chauffeur s’approche des fans présents à l’extérieur et leur demande poliment s’ils souhaitent des signatures. Puis il ramasse tous les supports (disques, photos, magazines…), pénètre dans le bâtiment et en ressort, quelques minutes plus tard, pour faire la distribution d’autographes. Variante de ce cérémonial, Laurent Boutonnat, ou encore un proche de la star, joue le rôle du messager, tandis que Mylène attend dans la voiture. Au milieu des années 1990, dit-on, il arrivait parfois à la chanteuse de venir discuter de tout et de rien, au retour d’une soirée, avec les admirateurs présents. 

     Le récit de Christophe-Ange Papini, en plus de donner un visage profondément humain à cette star prétendument inaccessible, permet de dépasser les clichés sur le portrait-robot des fans de Mylène :

« Nous ne sommes pas tous des homosexuels dépressifs dépensant des mille et des cents pour leur idole. » Bien sûr, certains inconditionnels, avides de se procurer les quelque deux cents pièces présentes sur le marché, sont prêts à débourser plusieurs milliers d’euros afin d’acquérir un collector. Dans les conventions du disque, les collectionneurs se disputent les objets les plus rares, comme la statuette d’Isis, réplique du décor du « Mylenium Tour », ou encore la poupée de trente centimètres de Sans contrefaçon. 

Toutefois, même si le phénomène touche environ dix mille adeptes, il demeure heureusement possible d’apprécier la chanteuse sans pour autant transformer son appartement en temple farmerien. 

     Quel regard la star porte-t-elle sur cette surenchère qui, rappelons-le, résulte des lois du marché ? Comme juge-t-elle l’amour parfois excessif que certains lui portent ? « Dès l’instant où ces personnes ne gâchent pas leur vie pour moi, alors je suis en paix. Mais si j’ai le sentiment qu’elles passent à côté de quelque chose parce que je deviens l’élément essentiel, là, ça me perturbe beaucoup. » Pour elle, qui a tenu si fort à tracer un chemin singulier, il n’existe pas, en effet, de pire errance que de passer à côté de soi-même. 

     Ce n’est pas un hasard si nombre des fans de Mylène le sont devenus à l’adolescence. Une période  de transition tourmentée, l’heure où les choix sont cruels puisqu’ils exigent un renoncement qui semble insupportable – révoltant, même. L’enfance, c’est le monde de tous les possibles, l’imaginaire infiniment ouvert. L’adolescence nous pousse à devenir adultes presque malgré nous, comme si les transformations du corps voulaient forcer l’esprit à accepter cette réalité qui rend l’horizon plus étroit. Changer de peau, c’est forcément passer par un moment où la chair est à vif – le fameux complexe du homard dont parle Françoise Dolto. En chantant sa souffrance, Mylène pose des mots sur la nôtre. « J’ai une fêlure en moi, avoue-t-elle. C’est peut-être ce qui me relie aux fans. Un certain mal de vivre. »

 

      En affichant sa liberté comme un étendard, elle incarne également l’espoir d’une existence plus exaltante, qui donne le vertige. « La vie n’est rien… / Quand elle est tiède ! » dit-elle dans L’Amour n’est rien… Ses chansons nous poussent à aller au bout de nous-mêmes : « Toujours vouloir pour soi / La lune, la lune » (Tomber 7 fois ). À rechercher l’amour absolu : « Si nos matins / Semblent poussière / Alors renie-moi… là » (Peut-être toi). A expérimenter la sexualité sans interdits : « Ton goût du revers / N’a rien de pervers » (Pourvu qu’elles soient douces). Autant de messages qui fédèrent les adolescents parce que Mylène y revendique la force du désir face à la loi du réel. « Les jeunes, souvent encombrés de tabous, ont tellement besoin d’être compris… Moi, j’ai le sentiment de leur dire, comme Brel dans sa chanson : “Non, Jeff, t’es pas tout seul.” Sans aucune prétention, je sais à présent que c’est à cela que je sers. À leur dire qu’il n’y a pas à avoir honte du sexe. Tout est normal dans l’amour. »

 

      Après avoir été accusée d’indifférence vis-à-vis de ceux qui l’idolâtrent, la chanteuse a tenu à donner un signe fort. Le 28 mars 2005, elle a réuni deux cent cinquante fans, heureux gagnants d’un concours organisé par NRJ, pour leur permettre d’écouter en exclusivité son nouvel album. Ce jour-là, au Théâtre du Palais-Royal, les admirateurs de la chanteuse ont même pu la voir apparaître dans la salle, vêtue de cuissardes noires, et manifestement émue. Penser que Mylène méprise ceux qui l’adulent revient à lui faire un bien mauvais procès. Au contraire, il lui suffit de ressentir l’amour de ses fans pour en être aussitôt bouleversée.

  

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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Sodomique de corps et d’esprit

Posté par francesca7 le 6 septembre 2014

 

Mylène Farmer sur le tournage   Égérie clipée, sculpturale, allure rousse comme les interdits, Mylène la Farmer, sur laquelle on fantasme, a réussi la galipette majuscule d’accéder au trône de la renommée sans douleur… Révélation 1988, elle a supplanté ses consœurs, ne leur laissant que le choix des larmes. Sulfureuse, diabolique, corrompue au champ du sexe, la libertine  qu’elle ose paraître, a récidivé dans le sens, d’un empire des sens non recommandé par l’office catholique… « Sodomique de corps et d’esprit… 

Dans Pourvu Qu’elles Soient Douces, telle une chevalière sans honte et sans reproche, Mylène a posé sous toutes sas coutures, et via cette violence romanesque, digne des épopées d’antan, elle a flirté avec les fleurs du mâle… Androgyne, l’ambiguïté calquée à son « Moi-je », Farmer pourchasse les bonnes manières, fouette les tabous et coupe l’herbe sous le pied des lignes « bien pensantes ». Iconoclaste et révoltée, l’âme entre deux désespoirs, Mylène joue dans ses clips celle qui n’est ni tout à fait elle, ni tout à fait une autre. Incandescente, irréelle et décadente. 

Farmer chuchote les mots et montre les images. Laurent Boutonnat, son frère d’émotion vénère sa muse. Il lui fait chanter des notes d’auteur et lui taille des portraits à travers des clips cinématographiques. Mes chers frères prions pour elle : la pécheresse officielle de cette fin de siècle. N’est-il pas vrai qu’il y a du « Marie-madeleine » en elle, mais en doutiez-vous ? Après les mots, les photos tournées en forêt de Rambouillet avec décors et costumes… S’il vous plait… quel faste !

Graffiti, Décembre 1988. pp. 74-75.

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Résumé de la vie de Mylène Farmer entre 1990 à 1995

Posté par francesca7 le 5 mars 2014

 

1538721_10151818781862273_2045186177_nMYLENE FARMER … 1990-1995

Aprés sa tournée, débute alors une période transition : sa rencontre avec le public a été trés éprouvante autant physiquement que moralement. Elle abandonne désormais son enveloppe égocentrique pour devenir toujours plus proche de son public … de l’autre. Dans cette perspective, sort au début 1991, aprés 16 mois d’absence audiovisuel, son nouvel album : L’autre. Durant cette même année, plusieurs titres tirés de cet album envahiront les ondes hertziennes : le premier, Désanchanté restera l’une de ses meilleures ventes voire la meilleure, avec plus de 800 000 exemplaires vendus ; le clip est d’ailleurs à la hauteur de son succés : tourné en Hongrie, dans la plaine de la Pousta, il a occupé 120 personnes dont 100 figurants hongrois ; c’est par un duo qu’elle continue cette année placée sous le signe de la belle rousse : elle interpréte ainsi en compagnie de Jean-Louis Murat son premier duo, Regrets ; pour finir l’année en beauté, Je t’aime mélancolie s’avére devenir un autre grand succés.Le 12 Novembre 1991, le succés de notre star nationale prend une tournure dramatique : un homme pénêtre les locaux de Polydor afin de voir Myléne ; mais celui-ci est armé d’un fusil et il abat le standardiste-réceptionniste. Mylène Farmer culpabilise mais refuse toute protection : « Dans ces cas-là, on ne pense pas à soi, à ce qui aurait pu nous arriver mais à la famille en deuil, à cet homme qui est mort et qui n’y était pour rien … »L’année suivante, en avril, Beyond my control boulverse les médias : le clip fait un scandale et est censuré par la plupart des chaines de télévision ; bien que Canal+ accepte de le diffuser peu aprés 20h, ce n’est qu’à partir de minuit qu’on peut espérer le voir sur M6 : sont en cause l’excés de sexe et de violence, et suite aux événements précédents, la modération est de rigueur ; « Ce vidéo-clip est extrémement sanglant ; c’est du Mylène Farmer à la puissance 100″ déclare un programmateur de M6. Mylène continue de nous étonner avec son single suivant, Que mon cœur lache. Ce titre qui a pour sujet le SIDA est proposé pour l’élaboration d’un album, ‘Urgence’, pour la recherche contre le SIDA ; mais ce sera finalement Dernier sourir qui sera retenu. Ce single est une mise en avant à la nouveauté : tout d’abord, il abandonne le format vynil pour laisser place au Compact-Disc ; ensuite, c’est le premier titre sur lequel n’est pas adapté un clip réalisé par Laurent Boutonnat : en effet, celui-ci travaillant sur un long-métrage céde la place à Luc Besson qui donne un aspect plus réjouissant au style farmerien. Mylène Farmer vise désormais le 7ème art : en effet, le long-métrage dont s’occupait Laurent est bel et bien à l’intention de sa protégée. Le cinéma est un rêve que Mylène couve depuis toujours et ‘Giorgino’ est un scénario que Laurent pense et repense depuis son adolescence. Malheureusement, le film est loin des espérances de nos deux stars ; on peut même le désigner comme un échec total … C’est un échec publique mais aussi un échec personnel car il a célé l’amitié intense qui existait entre les deux compéres.Jeff Dahlgren, son partenaire dans ‘Giogino’, étant désormais son seul ami trés proche, elle décide de le suivre en Californie, Etats-Unis, où elle va apprécier retrouver l’anonymat.

 

Parution sur http://www.melty.fr

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Les 13 confidences de Mylène Farmer dans magazine SUPER

Posté par francesca7 le 2 décembre 2013

 

Entretien avec ‘Izzy Pop’ de MAI 1988

« Le mystère fait partie intégrante de ma personnalité. Je ne le cultive pas. »

Mylène réagit à une liste d’adjectifs qu’on lui a soumis :

MF90_58aEnigmatique

- Le mystère fait partie intégrante de ma personnalité. Je ne le cultive pas. Même pour les intimes, je pense être énigmatique dans la mesure où je ne leur dévoile pas toutes mes réflexions.

Egocentrique

- Ca, c’est à cause du titre de mon dernier album, « Ainsi Soit Je… ». Il ne faut pas se méprendre, j’ai voulu faire un constat. C’est comme si je disais ‘Voilà, je me présente, je suis comme ça’. Au collège, je passais peut-être pour une égocentrique, je voulais être le centre d’intérêt, c’était pour être reconnue. J’ai un souvenir épouvantable de l’école. Le pouvoir des professeurs me révoltait, leur pouvoir de dire qu’une rédaction est bonne ou mauvaise. Ce n’était pas les notes qui me scandalisaient, c’était surtout les appréciations.

Invulnérable

- Non, je ne suis pas invulnérable. Maintenant, si c’est par rapport à un travail effectué, comme l’album, là je suis sûre de moi, parce que j’ai une équipe très, très bien. La même que pour mon premier trente centimètres. Tout le monde sait que Laurent Boutonnat est à mes côtés, qu’il compose mes chansons et réalise mes clips.

C’est la personne qui me connaît le mieux, plus que ma mère certainement.

Impudique

- Quand j’apparais nue dans un clip, moi, je n’appelle pas ça de l’impudeur, parce que c’est dans un contexte précis. Si je vais dans un magasin essayer des dessous féminins, je suis très pudique. J’ai beaucoup de mal si la vendeuse reste derrière moi, je préfère être seule. Avec l’écriture, on peut peut-être parler d’impudeur. Sur mon premier album, je chantais des textes écrits par Laurent. C’était comme si je chantais mes propres mots, mais les écrire soi-même, c’est différent. Avant, ce qui me bloquait, c’était l’idée de dévoiler des choses trop personnelles. Je suis arrivée à maîtriser ça sur mon dernier album. Les textes de mes chansons sont tous de ma plume, à deux exceptions près. L’une, c’est la reprise de « Déshabillez-Moi  », l’autre c’est l’adaptation d’un texte de Charles Baudelaire.

Observation

- J’aime bien observer les gens, sans forcément faire de commentaires. C’est un plaisir. Il y a sur l’album une chanson qui m’a été inspirée en regardant les autres. C’est celle qui s’appelle « Jardin de Vienne  ». C’est l’histoire d’une personne que j’ai connue. Un garçon français qui a fini par se pendre dans un jardin public à Vienne. J’ai trouvé son geste extrêmement romantique.

Enfantine

- C’est vrai que j’ai du mal à m’extraire de l’enfance. Je crois que je ne le pourrai jamais d’ailleurs. Ce que j’aime chez les enfants, c’est leur cruauté, qui est très dérangeante. On leur pardonne, parce qu’on dit qu’un enfant est innocent. Je ne le crois pas.

Maternelle

- Avoir des enfants, je n’en ai ni l’envie, ni le souci. Mais j’ai la fibre maternelle pour mes proches, mes amis, mes animaux. J’ai deux singes. L’un s’appelle E.T., il est trapu et rondelet. L’autre, Léon, est un bébé de la même race, mais pas du même pays. Il est un peu plus fou que E.T.

Drôle

- Je ne pense pas être quelqu’un de drôle. Je préfère les choses tristes, que ce soit au cinéma ou dans la littérature. Je n’avais pas du tout le sens de l’humour avant. Maintenant, je dirais que je l’ai un peu, ou plus exactement que je suis cynique. Il y a des choses qui me font rire. Pas Zouc , qui apparaissait dans le clip de « Sans Contrefaçon ». J’ai vu trois fois son spectacle. Elle me ferait plutôt grincer des dents et pleurer, mais elle est fascinante. Non, ce qui me fait rire, ce sont mes singes.

Dépensière

-Pas vraiment. C’est peut-être dû à mon éducation et au fait que je n’ai jamais manqué d’argent. Je n’aime pas jeter l’argent par les fenêtres. La seule chose pour laquelle je pourrais faire des folies, ce sont les chaussures. J’en ai une vingtaine de paires – toutes avec des talons plats, parce que je ne sais pas marcher avec des hauts talons – mais si je m’écoutais, j’en aurais cinquante paires !

Androgyne

- Je ne joue pas sur l’androgynie. C’est une question de physique. A un moment de ma vie, j’ai pensé être entre deux sexes. Quand j’étais plus jeune, on me prenait toujours pour un petit garçon. On me disait que Mylène était un joli prénom pour un petit garçon.

Sexy

- Je ne sais pas. Si je vous laissais le choix, pour une fois !

Gourmande

- Oui ! Je me nourris de bonbons, de sucreries et de gâteaux. Les bonbons que je préfère sont ceux qui sont chimiques. On n’en fait plus d’aussi chimique que dans mon enfance. Quand j’étais petite, je me rappelle que j’achetais des trucs épouvantables, rouges, roses et qui piquaient !

Rousse

- Ma maman est rousse, donc que je passe du brun au roux, ce n’était pas contre nature. Blonde ? Sûrement pas ! Par pure lucidité, je n’aurai jamais les cheveux blonds ! Mais roses, qui sait ?! Peut-être…

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Mylène, un panel de critiques

Posté par francesca7 le 30 juillet 2013


Mylène, un panel de critiques dans Mylène et des CRITIQUES images-24C’est en 1984 que le public découvre, à l’occasion de la sortie de son premier single « Maman a tort », les allures timides et complexées d’une certaine Mylène Gautier. Laurent Boutonnat, son Pygmalion, n’a pas encore fait de cette jeune fille de vingt-trois ans l’implacable machine commerciale qui fera sa fortune. Nulle ambition calculatrice ne semble pouvoir être décelée chez cette jeune fille fragile à la voix chancelante. Mylène Gautier n’a pas encore chaussé les cothurnes de Mylène Farmer, et pourtant elle a déjà de quoi attirer l’attention. Car elle cultive le goût de la surprise, et son premier single provoque le malaise. À l’écoute de « Maman a tort », vous aviez d’abord souri aux tons frais de la comptine d’enfant. Ce n’est qu’après que vous avez commencé à ressentir la gêne.

C’est la victoire de l’opéra italien sur l’opéra français, le piège de la domination de l’harmonie sur la signification : vous aviez cru que la gaieté de la comptine suffisait à établir le sens de la chanson, et vous vous êtes confronté à la noirceur des paroles. L’enfant, malade, chante seule dans sa chambre d’hôpital, prenant à parti l’auditeur, devenu l’ami imaginaire inventé pour tromper la solitude. Pour finir de choquer, la petite fille est amoureuse de son infirmière à la voix douce, substitut d’une mère rejetée pour n’avoir pas accepté le désir homosexuel de sa fille. La première pierre de l’édifice Farmer est à l’image du futur palais : la légèreté d’une voix frêle jusqu’à la cassure dissimulant un sens caché et provocateur.

La griffe Mylène Farmer s’affirme d’emblée dans cette superposition artificielle d’une voix claire et d’une parole sombre. 

Mylène Farmer invite donc son auditeur à la distance. Elle creuse en ses chansons un double fossé que le prétendant doit franchir pour clore sa quête herméneutique et accéder au rang d’initié. Le premier écart consiste à se défier de la forme – voix, tonalité, rythme –, le second à percer le chiffre poétique. Car le style de Mylène Farmer se veut énigmatique et codé. Et qu’est-ce qui mérite d’être ainsi caché, sinon ce que l’on ne peut montrer sans danger ? La quête de sens de l’auditeur sera résolument amoureuse, tout entière tendue vers le désir de l’interdit et de l’indicible. La chanteuse a alors l’habileté d’offrir à l’énigme une réponse spéculaire. Car ce que l’auditeur désire, le but de sa quête, c’est le désir lui-même. Toutes les chansons de la première Mylène Farmer finissent en effet par dévoiler un troublant désir sexuel et un envoûtant désir de mort. Après le provocant « je suis une catin » du quatrième single « Libertine », les chansons du premier album Cendres de Lune (1986) composent avec art un univers à la fois sexuel et morbide.

 L’on ne pourrait parler d’une double thématique, tant la mort est inextricablement liée, chez Mylène Farmer, au désir sexuel. Mêlant deux interdits, les chansons de ce premier album célèbrent la jouissance dans la mort et la décomposition. C’est à l’hôpital que la petite fille de « Maman a tort » découvre son désir homosexuel, c’est auprès d’un vieux lubrique que l’héroïne de « Vieux bouc » connaît le plaisir, et c’est « Au bout de la nuit », « où tout meurt sans cri », que l’on peut connaître la plus grande jouissance.

Le désir est d’autant plus trouble que les chansons brouillent les cartes de la différenciation sexuelle : si « Libertine » et « Vieux bouc » mettent en scène des relations hétérosexuelles, « Maman a tort », « Greta » et « Tristana » sont trois odes au désir exclusivement féminin. Enfin, en recréant l’inconfort du premier single, l’album Cendres de Lune profite de la juvénilité de la voix de la chanteuse pour installer l’auditeur dans un univers enfantin sans cesse déniaisé par l’horreur de la mort. Plus grandir est la prière d’une adolescente qui ne veut pas mourir, et le mystérieux « Chloé » est une comptine chantée par une enfant qui vient de voir sa sœur mourir noyée, le crâne fendu. 

Le second album est à l’image du premier. L’on pourrait presque dire qu’il en est sa réalisation aboutie. Le formidable succès commercial d’Ainsi soit je (1988) installe Mylène Farmer dans son personnage de chanteuse névrosée. La provocation sexuelle mène la danse : « Pourvu qu’elles soient douces » célèbre les fesses, et chante à demi-mots les délices de la sodomie, la reprise de « Déshabillez-moi » est languissante à souhait [et accessoirement catastrophique, NDLR], et le fameux « Sans contrefaçon » joue une nouvelle fois avec l’indifférenciation sexuelle en mettant en scène une femme qui se sent homme. Mais le désir de mort n’est pas en reste. Si la référence à Baudelaire eût suffi en elle-même à inscrire les chansons de Mylène Farmer dans une filiation poétique morbide, le choix du poème « L’horloge », dans sa description du temps anthropophage, ne peut que renforcer l’importance du thème. « Allan » et la « Ronde triste » évoquent des fantômes, comme l’on invoque les esprits, et « Jardin de Vienne » rend hommage à un pendu. Cependant, dans cette thématique apparaît un nouvel ingrédient : « Ainsi soit je » et « Sans logique » laissent transparaître des accents religieux. Mylène Farmer donne libre cours à une éducation chrétienne où, si le désir de mort est encouragé, le désir sexuel achoppe sur la culpabilisation. 

Le thème religieux sera central dans le troisième album L’autre (1991). En effet, Mylène Farmer laisse désormais de côté la provocation sexuelle, pour révéler son versant le plus sombre. Si « Je t’aime mélancolie » et » Psychiatric » jouent avec son image de chanteuse aimant aborder les contours de la folie morbide, et si « Désenchantée » se veut l’étendard d’une génération sacrifiée, « Agnus Dei » et « Beyond my control » s’amusent avec le thème du sacrifice christique sur fond de prières liturgiques. Foulant aux pieds l’interdit religieux, Mylène Farmer devient une Ève tentatrice cultivant le péché en pleine connaissance de cause, une sorte de Bossuet pervers adepte de l’auto-flagellation. La chevelure rousse de la chanteuse commence décidément à sentir le soufre. 

C’est ce désir de l’interdit qui s’éteint avec le quatrième album Anamorphosée (1995). La carrière « américaine » de Mylène Farmer commence, comme l’annonce le titre « California ». Adieu les accents mélancoliques, c’est le retour en force du sexe. Mais cette fois, plus de quête désirante : le sexe s’offre sans chiffre codé, sans savoureux détour, sans voile de Poppée. L’auditeur n’est plus un décrypteur des sens seconds : il doit accueillir la crudité désarmante du premier degré. « L’instant X », « Eaunanisme », « XXL », autant de titres révélateurs du tournant de la chanteuse. Du désir de l’interdit à la provocation bien franche, celle qui fait vendre. Quant à « Rêver », c’est une célébration de l’amour et de la tolérance : décoiffant, non ? L’on ne s’étonne plus que les Enfoirés aient pu reprendre la chanson. Il ne manquait plus que les chœurs d’enfants de « Tomber sept fois » pour que le tableau soit complet. 

Les deux albums suivants, Innamoramento (1999) et Avant que l’ombre (2005), ont repris la recette. Il est désormais plus vendeur de vanter les pouvoirs de l’amour (« L’amour naissant », « Innamoramento », et dans le dernier album « Avant que l’ombre », « Aime », « L’amour n’est rien », « Peut-être toi »), que le troublant désir du suicide et de l’homosexualité. Ajouter à cela un zeste de cul porno-chic (le « prends-moi, prends-moi » de « L’Âme-stram-gram », l’inceste dans « Optimistique-moi », le récent « j’en ai vu des culs » de « QI » ou encore le bien nommé « Porno-graphique »). Insérer entre les trois derniers albums pas moins de quatre collectors commerciaux, concerts ou compilations (Live à Bercy,Mylénium tourLes MotsRemixes 2003). Adapter cette recette à une jeune lolita du nom d’Alizée (dont la petite culotte blanche émoustillera le papy), et vous images-25 dans Mylène et des CRITIQUESobtiendrez le pactole. La machine est désormais huilée. 

Mylène Farmer est passée du « jouir dans la mort » au « jouir de l’amour avant que la mort nous sépare ». En tout bien, tout honneur. Le problème, c’est que la poésie de l’interdit s’est envolée, et avec elle tout le désir de l’initié. En passant du sens voilé à la tautologie du premier degré, la chanteuse a transformé son auditeur en fan. Le fanatique de Mylène Farmer ne pense plus, ne cultive plus la distance : il achète, un point c’est tout. Et il célèbre avec Mylène Farmer, en chœur avec tous les enfants et les petits oiseaux de la Terre, la beauté de l’amour. Il fut un temps où les comiques Les Inconnus se moquaient de Mylène Farmer en lui faisant dire « J’écris des paroles que vous ne comprenez pas, d’ailleurs moi non plus ». Désormais, malheureusement, l’on ne comprend que trop bien.

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Mylène et Fuck Them All de 2005

Posté par francesca7 le 28 juin 2013

 

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c’est le 14 mars 2005 (soit trois semaines avant la sortie de l’album) que les admirateurs de Mylène peuvent enfin se procurer le premier extrait du sixième album studio de la chanteuse. Un single dont le titre sonne comme un coup de poing : Fuck Them All (littéralement « Qu’ils aillent tous se faire foutre »). Déjà en rotation sur toutes les radios depuis le 9 février, le singe va très bien démarrer et atteindre assez rapidement les 100 000 ventes. Tout va donc bien, même s’il ne s’agit pas non plus d’un très gros succès pour Mylène. La raison de ce résultat mitigé réside peut-être dans les paroles de la chanson, qui apparaissent très obscures à bon nombre d’auditeurs. « Mais qu’est-ce qu’elle raconte ? » reste en effet une réflexion assez courant quand cette chanson est évoquée..

 Mylène et Fuck Them All de 2005 dans Mylène AU FIL DES MOTS fock

une lecture précise des paroles nous donne néanmoins quelques clés ; la chanson parle de la guerre des sexes qui oppose depuis toujours les hommes et les femmes. Ici, Mylène s’amuse à prendre les clichés à rebrousse-poil et fait des femmes des guerrières. Elle récapitule pour commencer leur rôle dans l’histoire : « Au temps des « favorites » / Autant de réussites / Pour l’homme qui derrière a ;.. / Une « belle » qui s’affaire à… / Faire… d leur vie un empire ». Et, en effet, tous les grands hommes ont eu à leur côté une femme pour les soutenir, les épauler et, souvent, les conseiller ;.. Très vite, la chanteuse précise que tout cela s’est fait au détriment des femmes et prend pour exemple Marie, mère de Jésus, symbole du martyre et de l’abnégation : « Blood and tears ! [du sang et des larmes] / Faire l’amour à Marie / Blood and tears !/ Et « Marie » est martyr ». Avec ironie, Mylène dénonce ici l’hypocrisie et le bavardage des hommes, qui ne pensent qu’au pouvoir et au sexe. De façon vindicative, elle conseille aux femmes de prendre les armes (le glaive) et d’envoyer promener les mâles ;. Qu’ils fassent l’amour, les femmes feront alors la guerre ! Un texte féministe donc que l’on peut rapprocher de XXL, mais qui s’en détache complètement par son vocabulaire et sa violence.

  La musique de Boutonnat est particulièrement efficace et propose un pont où Mylène se fait rappeuse ;.. Un passage qui permet, encore une fois, de rapprocher l’univers de Mylène et celui de Madonna. Comment ne pas les associer en écoutant ce Fuck Them All et l’album American Life (2003) de L’américaine ? uand Mylène chante « Hey bitch, you’re not on the liste [hé garce, tu n’es pas dans le coup] / You vitch, you suck, you bitch [espèce de sorcière, tu crains, garce »] They said… [ils disent] / Hey bitch, you’re not on the list [hé garce, tu n’es pas dans le coup]  etc…. on pense au pont des chansons Amercan Life et Hollywood de Madonna. Alors que Madonna sera censurée pour ses « paroles explicites », Mylène n’essuie pas les foudres de la censure en France. A noter tout de même que le titre sortira en maxi en Europe sous le titre F… k them all.

 

issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 154/220

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Mylène, sodomique de corps et d’esprit

Posté par francesca7 le 21 décembre 2012

Pourvu Qu’elles Soient Douces a intégralement été tourné au sud de la ville de Rambouillet (Yvelines), dans le parc régional de la Haute Vallée de Chevreuse, en bordure du bois de la Droue (appelé aussi « bois Saint-Benoît »). La séquence de la bagarre dans l’eau avec la rivale a été tournée au même endroit, dans une rivière nommée « La Drouette ».

Mylène, sodomique de corps et d'esprit dans Mylène dans la PRESSE clippqsdmini07S’il est bien un film qui ai valu à Laurent Boutonnat le qualificatif de « mégalo » que lui a attribué la presse, c’est bien Pourvu Qu’elles Soient Douces. Un clip de  18 mn, avec cinq jours de tournage (nuit et jour), six cent figurants et un budget de 1,5 millions de francs (et non 3 comme annoncés à l’époque) peut il être encore appelé un clip ? Au delà des moyens mis en oeuvre, reconnaissons au réalisateur d’utiliser les méthodes et le matériel d’une production cinématographique. Laurent Boutonnat utilise de la pellicule 35 mm, couleur ou noir & blanc, il use des travellings sur rail, des grues, des loumas et des steady-cam. Son cinéma est identifiable, par son vocabulaire et encore plus par la grammaire qu’il applique à l’agencement de ses plans. En ce sens, Libertine II est l’exemple type du cinéma de Laurent Boutonnat qu’il faudrait montrer à quelqu’un qui ne connaîtrait pas encore sa façon de le concevoir. PQSD obéit à une structure chère au cinéaste : on y retrouve l’héroïne, comme toujours Mylène Farmer, moitié bourreau moitié victime, on y retrouve aussi un contexte historique, daté ou non. La fin du film touche souvent à l’onirisme (Tristana, Sans Contrefaçon). L’armée de terre a mis a disposition de Laurent Boutonnat six cent hommes pour jouer les troupes anglaises et françaises. Les costumes sont confectionnés par l’équipe de Carinne Sarfati et les chevaux utiles aux cascades proviennent de l’écurie de Mario Lurashi (auquel Boutonnat refera appel pour le cheval noir de Giorgino). C’est d’ailleurs le célèbre dresseur qui tiens le rôle du lieutenant français qui achète les ribaudes. Pour mener la troupe de prostituées, Sophie Tellier est rappelée pour tenir le rôle qu’elle jouait dans Libertine I.

Contrairement à Libertine I qui a été entièrement story-boardé, cet épisode à été lui conçu sur un découpage technique  complet (méthode favorite de Laurent Boutonnat ). Voici les    commentaires de la presse « jeune » de l’époque qui retracent le travail de Laurent Boutonnat.

    Égérie clipée, sculpturale, allure rousse comme les interdits, Mylène la Farmer, sur laquelle on fantasme, a réussi la galipette majuscule d’accéder au trône de la renommée sans douleur… Révélation 1988, elle a supplanté ses consœurs, ne leur laissant que le choix des larmes. Sulfureuse, diabolique, corrompue au champ du sexe, la libertine  qu’elle ose paraître, a récidivé dans le sens, d’un empire des sens non recommandé par l’office catholique… « Sodomique de corps et d’esprit… 

clippqsdmini20 dans Mylène et des CRITIQUESDans Pourvu Qu’elles Soient Douces, telle une chevalière sans honte et sans reproche, Mylène a posé sous toutes ses coutures, et via cette violence romanesque, digne des épopées d’antan, elle a flirté avec les fleurs du mâle… Androgyne, l’ambiguïté calquée à son « Moi-je », Farmer pourchasse les bonnes manières, fouette les tabous et coupe l’herbe sous le pied des lignes « bien pensantes ». Iconoclaste et révoltée, l’âme entre deux désespoirs, Mylène joue dans ses clips celle qui n’est ni tout à fait elle, ni tout à fait une autre. Incandescente, irréelle et décadente. 

Farmer chuchote les mots et montre les images. Laurent Boutonnat, son frère d’émotion vénère sa muse. Il lui fait chanter des notes d’auteur et lui taille des portraits à travers des clips cinématographiques. Mes chers frères prions pour elle : la pécheresse officielle de cette fin de siècle. N’est-il pas vrai qu’il y a du « Marie-madeleine » en elle, mais en doutiez-vous ? Après les mots, les photos tournées en forêt de Rambouillet avec décors et costumes… S’il vous plait… quel faste !

Graffiti, Décembre 1988. 

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Mylène Farmer – Avril 1986

Posté par francesca7 le 19 décembre 2012

 

CENDRE DE LUNE : le titre donne son nom au premier album de Mylène. Sorti le 1er avril 1986, et album fait suite aux sigles Maman a tort, My Mum Is Wrong, On est tous des imbéciles et Plus grandir. Entre son premier 45 tours et ce premier album, l’artiste a changé de maison de disques : exit RCA et bonjour Polydor, pour un contrat de deux albums.

 

Ce premier 33 tours est donc un vrai pari, d’autant que Polydor ne rachète à RCA que les droits de Maman a tort (My Mum Is Wrong, On est tous des imbéciles et L’Annonciation sont toujours inédits sur CD aujourd’hui).

Mylène Farmer - Avril 1986 dans Mylène AU FIL DES MOTS fanethae4-300x225 Restent les titres Plus grandir et sa face B, Chloée, déjà sortis dans la nouvelle maison de disques de Mylène. Trois anciens titres donc, accompagnés de six nouveauté (c’est peu) : Libertine, Au bout de la nuit, Vieux bouc, Wee’ll Never Die, Greta et Cendres de lune (un instrumental). Neuf titres en tout, produits , arrangés et réalisé par Laurent Boutonnat, qui s’occupe également des claviers acoustiques et des synthétiseurs. C’est même une de ses photos que l’on voit sur le recto de la pochette ; un cliché en noir et blanc de profil où Mylène (encore brune) se coiffe d’un canotier. Elle apparaît songeuse, et son nom s’inscrit en lettres rouges. L’univers Farmer prend donc ici sa forme.

Et que dire des textes ! Encore et toujours Boutonnat pour cinq chanson, un titre de Jérôme Dahan et deux de Mylène. Mais qu’on ne s’y trompe pas ; si les textes ne sont pas tous de Mylène, son inspiration se ressent dans les vers de chaque chanson – mort, enfance torturée, sang, violence, suicide, sexe, peur de vieillir…. Ne manque que l’influence religieuse pour que toutes les grandes thématiques farméreinnes soient au rendez-vous ! Les musiques, quant à elles, sont toutes de Boutonnat, hormis celle de Maman a tort (cosignée avec Jérôme Dahan) et Libertine (de Jean-Claude Dequéant).

 Pour accompagner la sortie de cet album, il faut un titre fort qui puisse être édité en SP ; ce sera Libertine. Le succès est immédiat (même foudroyant) et permettra à l’album d’atteindre les 700 000 ventes au total, grâce, notamment, à sa ressorties CD en 1987 comprenant douze titres au lieu de neuf (l’album était déjà sortie en CD, mais de façon très confidentielle, en 1986). En effet, pour l’occasion, Cendres de Lune s’est vu agrémenter d’une nouvelle chanson, Tristana, accompagnée de son remix (Tristana Remix Club). La carrière de Mylène est ici lancée et bien lancée ! Plus rien n’empêchera la désormais rousse chanteuse de gravir les marches du succès et de squatter systématiquement les hit-parades. Une artiste est née avec ce Cendres de Lune.

 

 

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issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 23/220

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Les ventes de Mylène F. Chutent

Posté par francesca7 le 27 août 2012

 

Ne vous posez plus de question, les ventes de CD ne cessent de chuter. Ne blâmez pas le piratage, nous on sait pourquoi… (http://www.avoir-alire.com/ de 2010)

 

Les ventes de Mylène F. Chutent dans Mylène et mes BLABLAS illogical-rayons1Universal vient de dévoiler le nouveau clip de Mylène Farmer. Après beaucoup de redites visuelles, la chanteuse aux chorégraphies très limitées qui remplit tout de même bien des stades, se voit une fois de plus taxée de sous Gaga par le sacro-saint magazine gay Têtu. Est-ce parce que le collaborateur musical de ce morceau est RedOne, l’un des producteurs de la Gaga soûlante ? En tout cas la chanson, simplette et sans génie, mais bien à elle, reprend les ritournelles entêtantes que la fermière rousse ressasse depuis plus de vingt ans avec un air techno-trance assez pauvre qui sonne finalement peu Gaga !

Quant à la vidéo, oserons-nous une fois de plus y voir du Gaga quand il n’y a qu’un simple copié-collé de ce qui se fait dans le domaine de la vidéo depuis 25 ans. Une nana qui se trémousse contre un mur (Britney et Madonna dans leur duo Me against the Music), des garçons à moitié à poil pour titiller la libido fatiguée des fans gays, une ambiance torrido-crade façon Madonna de l’époque Hard Candy, le fauteuil où trône Farmer rappelle encore une fois l’ouverture du show de la madone et pire son clip Human nature où l’idole des années 80-90-00 s’amusait de façon lascive.

Pas étonnant dans cette montagne de clichés que les ventes d’albums globales ne cessent de décliner (-5.5% en 2010 en France !). A moins d’avoir entre 12 et 15 ans et de n’avoir rien vécu ou d’être quadra qui rêve d’une nouvelle jeunesse qu’aucune chanteuse autocollante ne saura offrir, le constat est patent : qu’est-ce qu’on s’emmerde en musique pop variétoche ! Aujourd’hui dans le domaine, l’évènement, c’est l’apparition du répertoire des Beatles sur Itunes ! On en est arrivé là !

Aussi mesdames, rhabillez-vous toutes, arrêtez le body sur scène, le sexe à deux balles et révolutionnez l’univers du clip par la créativité. Racontez des histoires (la Gaga de Téléphone, ça c’était bon), faites nous rire (la Gaga de Bad romance et ses seins en flammes, c’était pas mal aussi), mais par pitié arrêtez de jouer aux sexy ladies. On sait que le commerce du sexe fait vendre, mais tout de même ! Pour mémoire, cela fait vingt ans que Mariah Carey s’y essaie à grand renfort de Photoshop et nous on n’en peut plus !

 Le clip :ICI

 

 

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Les Incontournables de Mylène F.

Posté par francesca7 le 8 août 2012

Les 20 clips incontournables de Mylène Farmer

Suite des articles spécialement dédiés aux farmer-maniaques, à l’occasion des deux concerts événement de la chanteuse au Stade de France. TÊTU vous propose de revoir aujourd’hui quelques-uns de ses meilleurs clips. Et vous, lequel préférez-vous?

Les Incontournables de Mylène F. dans Mylène dans la PRESSE 2007-mars2Mylène Farmer a toujours accordé une place considérable à l’image – pour ne pas dire à son image. Dès ses débuts dans les années 80, la star s’est créé un personnage de femme libre, inaccessible, prête à tenir tête aux garçons, une héroïne des temps modernes, à l’aise avec le sexe, jouant volontiers sur l’ambiguïté. Elle fut aussi une pionnière en France dans l’utilisation de la vidéo pour assurer sa promotion. Alors que toutes les autres chanteuses de sa génération courraient les émission de variété pour aller gesticuler sur des playbacks mal synchronisés, Mylène Farmer écrivait déjà sa légende…

Des clips plus spectaculaires les uns que les autres
Nous sommes en avril 1986. Mylène n’a alors que 25 ans quand elle apparaît en garçonne dans le clip de Libertine. Plus qu’un clip, il s’agit en réalité d’un véritable court-métrage réalisé par son complice de toujours, Laurent Boutonnat. Dès les premières secondes de cette étrange histoire qui se déroule au XVIIIe siècle, Mylène Farmer marque les esprits. Tout le monde connaît désormais la belle rousse.

Son ascension est ensuite vertigineuse. Libertine ne fera pas d’elle une chanteuse à succès mais une star, une icône pour certains. D’autres clips suivront, tous plus spectaculaires les uns que les autres. Les plus grands réalisateurs travailleront avec l’artiste: Luc Besson, Abel Ferrara… De 1986 à aujourd’hui, d’innombrables images de Mylène se sont accumulées dans la mémoire collective. Libertine, Pourvu qu’elles soient douces, Désenchantée, California… Autant de clips inoubliables qu’on ne se lasse pas de visionner encore et encore…

TÊTU.COM vous propose de revoir LES 20 vidéos cultes de Mylène Farmer:

A vous de partager vos impressions, et vos souvenirs… rejoignez ce site : http://www.tetu.com/actualites/culture/les-20-clips-incontournables-de-mylene-farmer-15430

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50 Ans, Mylène Farmer !

Posté par francesca7 le 6 juillet 2012

Mylène Farmer fête, en ce lundi 12 septembre, son 50e anniversaire. Le scandaleuse rousse a débuté sa carrière sur un parfum de scandale (Maman a tort, en 1984) et cultivé une aura de mystère où se mêlent douleur, hédonisme, sexe et poésie. Le dernier album de la star, Bleu Noir, s’est écoulé à plus de 500 000 exemplaires prouvant que la chanteuse n’a rien perdu de son pouvoir alors que l’industrie musicale se lamente.

50 Ans, Mylène Farmer ! dans Mylène dans la PRESSEEn l’honneur de ce bel anniversaire, qui doit être couronné par la sortie d’un nouveau best of selon France-Soir, Purepeople.com a décidé de se replonger dans la discographie passionnante de Mylène Farmer et d’en extraire ses apparitions les plus osées. Farmer est sans doute la star de la chanson qui s’est le plus dénudée dans ses clips.

Libertine et Pourvu qu’elles soient douces, 1986 et 1988

Dans ce diptyque, Laurent Boutonnat et Mylène Farmer rendent un hommage à peine déguisé au sublime Barry Lyndon de Stanley Kubrick. Réchappée d’un duel dans Libertine, Mylène se réfugie dans une maison (close ?) et batifole dans une baignoire avec des soubrettes avant de rencontrer le maître de maison. Deux ans plus tard, dans Pourvu qu’elles soient douces, on la retrouve prisonnière d’un général de l’armée anglaise qui décide d’en faire sa maîtresse. Le petit soldat Farmer cul nul ou l’image de sa carrière la plus célèbre de la pop culture.

Melancol2 dans Mylène dans la PRESSEJe t’aime mélancolie, 1991

Toujours réalisé par Laurent Boutonnat, ce clip met en scène Mylène Farmer dans la peau d’une boxeuse. En porte-jarretelles et gants de boxe, un look terriblement sexy, elle affronte un homme qui lui met une belle raclée. Ses images sont entrecoupées d’une chorégraphie sur le ring… Mylène Farmer se fait décidément bien malmener par la gent masculine.

Que mon coeur lâche, 1992

Mylène Farmer fait équipe avec Luc Besson pour ce clip assez trash. Elle est un ange envoyé sur terre par Dieu pour découvrir ce qu’il advient des humains. Elle découvre qu’ils se shootent à l’amour de synthèse disponible sous forme de gaz à inhaler. L’ange y goûte, se laisse aller dans une maison de plaisir, et revient plus sexy que jamais au paradis. Le plan final sur cette bulle de chewing-gum qui lui éclate au bord de lèvres résume à elle seule le pouvoir sensuel de Farmer : à la fois innocente et brûlante.

Californ2California, 1996

La chanteuse fait équipe avec un autre cinéaste de talent : Abel Ferrara. L’Américain confronte deux Mylène, l’une prostituée revêche et l’autre épouse soumise. Leur rencontre, par hasard, sur le boulevard, conduira la première à la morgue, et la seconde probablement en taule. Mylène Farmer sur l’idée de double et utilise une imagerie très sexe.

Je te rends mon amour, 1999

Le 27e single de Mylène Farmer fera du bruit, beaucoup de bruit. Nue dans une église, elle chante Je te rends mon amour et semble évidemment s’adresser à Dieu. Cette vidéo provoquera la colère de l’église catholique – il faut dire qu’elle est recouverte de sang évoquant ainsi le martyr du Christ. Furax de voir son clip interdit d’antenne avant minuit, la chanteuse décide de le sortir en VHS chez les marchands de journaux. Les bénéfices ont été reversés à Sidaction.

SingleLamourNestRienL’amour n’est rien, 2006

Après quelques années plus sages, Mylène Farmer décide, à bientôt 45 ans, de nous faire le coup du strip-tease. Pur et simple. Sur un fond noir, la chanteuse danse langoureusement, en lançant des regards espiègles à la caméra, et se déshabille. Comme à la grande époque Libertine, Farmer n’a pas peur de dévoiler ses fesses ravissantes. Derrière la caméra, on retrouve Benoît Di Sabatino, qui n’est autre que le compagnon de la star.

Dégénération, 2008

SingleDegenerationDernier clip de notre sélection, Dégénération, signé du réalisateur Bruno Aveillan. Clairement inspiré par la scène finale du Parfum de Patrick Süskind et le Cinquième élément de Luc Besson (pour le look), ce clip voit une Mylène Farmer extraterrestre faite prisonnière par des soldats. Ces derniers la livrent à des scientifiques qui s’apprêtent à l’ausculter. Sur la table d’opération, l’alien Mylène se réveille et son énergie provoque autour d’elle une vague d’amour quasi insupportable… chacun se sent alors obligé de grimper sur son petit voisin pour se soulager.

On espère que cette petite sélection vous a plu. On souhaite une nouvelle fois un bel anniversaire à Mylène Farmer.

http://www.purepeople.com/

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Chrysanthèmes pour Mylène

Posté par francesca7 le 15 janvier 2012

cliparts fleurs« Dans mes draps de chrysanthèmes, l’aube peine à me glisser doucement son requiem… », chante Mylène Farmer sur « Paradis Inanimé ». Clairement, la rousse canadienne n’a pas changé. Depuis 2001 et son best-of « Les Mots », les fans attendent pourtant avec impatience que leur idole se réveille. Mais après la déception « Avant que l’ombre », « Point de suture » ne leur apportera ni révolution, ni même évolution.

Heureusement, si « Point de suture » innove peu, Mylène et son fidèle collaborateur Laurent Boutonnat ont eu la bonne idée de laisser derrière eux les titres midtempo de son précédent album pour des titres qui bougent, et qui bougent bien. « Je M’ennuie », « C’est dans l’air » et « Sextonik » sont clairement dance, et Mylène revient au rock d’ [musique:108382 "Anamorphosée"] sur « Paradis Inanimé ». Du côté des thèmes, sans surprise, on prend les mêmes et on recommence : ça parle de spleen, de sexe, et un peu de mort aussi (« on finira au fond du trou »). On oubliera juste le duo avec Moby sur « Looking for My Name », véritable non-événement, et le premier single [musique:280720 "Dégénération"]. Côté ballades, « Point de Suture » remporte la palme, faute de mieux.

Et c’est un peu le sentiment qui prévaut sur l’album. Après [musique:280720 "Dégénération"], « Point de Suture » rassure, et on adhère, faute de mieux. Dommage, on aurait tout de même bien aimé que Mylène Farmer se creuse un peu plus, quitte à attendre un an ou deux.

                                                        Chrysanthèmes pour Mylène dans Mylène dans la PRESSE MF2000_27a

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Petit mot sur Sextonik

Posté par francesca7 le 15 septembre 2011

 

 

Sextonik est le cinquième extrait du septième album studio de Mylène Farmer, Point de Suture. Texte le plus sexuel de l’opus, il est une ode aux  sextoys sur une musique électro

Parmi les goodies de la tournée 2009, un objet attire particulièrement mon attention : le sextoy « Sextonik » et son boîtier de rangement (cercueil) noir. 

 

Image vidéo : 

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Un vibromasseur « sobrement » présenté dans un petit cercueil de carton noir, voici la dernière trouvaille merchandising de Mylène Farmer

 

Ce gadget, en édition limitée est en vente uniquement sur la tournée de la chanteuse aux côtés des T-shirts et autres affiches et CD de la « Libertine » rousse. Il faut dire que Mylène Farmer n’est pas avare de ses charmes ou d’un vocabulaire imagé qui ponctue bon nombre de ses tubes. On se souvient du mini « scandale » du clip « Libertine » où elle apparaissait plus que dévêtue pendant une bonne partie de la vidéo

 

mylene farmer Le sexe, un thème phare, donc pour la jolie rouquine qui a baptisé son sextoys « Sextonik » du nom de la chanson éponyme qu’elle reprend dans ses concerts. Mais pour obtenir cet objet de tous les désirs il vous faudra rassembler trois conditions essentielles : aller à l’un de ses prochains concerts, être rapide car 1 000 exemplaires seulement seront commercialisés, mais aussi être prêt à débourser la « bagatelle » de 100 euros… 

 

Le single est paru le 31 août 2009 et se classe numéro un des ventes dès sa sortie et ce sans aucune promotion, sans aucun clip et avec très peu de diffusions en radio. 

 

Nouveau record pour Mylène Farmer classant ainsi neuf singles no 1 du Top 50. Elle établit aussi un autre record : elle est la seule artiste à ce jour à avoir classé tous les singles d’un seul et même album à la première place du Top 50. 

 

Malgré tout, ce titre est le single de Mylène Farmer le moins vendu de sa carrière avec 15 000 exemplaires vendus environ

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Album « Gourmandises »

Posté par francesca7 le 28 août 2011

 

 

Album Ce n’est véritablement qu’en septembre que les Français découvrent enfin cette Lolita qui les a tant fait danser tout l’été. Et ils ne sont pas déçus, car cette brunette est carrément à croquer ! Jolie et sexy à souhait. 

 

Et quel éclat dans ses yeux rieurs ! Voilà qui est surprenant car cette adolescente semble plus appartenir à la famille de Lio version Banana Split qu’à celle de sa tourmentée marraine ! 

 

Mettant en pratique le vieil adage : « il faut battre le fer tant qu’il est chaud », le deuxième single sort quelques semaines après le début de l’automne : L’Alizée.  Il est accompagné d’un clip sans grand intérêt, qui montre la jeune fille dans un décor rose bonbon ! La chanson se vend tout de même à 700 000 exemplaires et, dans la foulée, son premier album intitulé Gourmandises sort dans les bacs le 28 novembre 2000. Un album entièrement composé par Mylène et Laurent Boutonnat qui franchit très vite la barre des 500 000 ventes

 

Requiem Publishing édite pour la première fois une autre chanteuse que Mylène. Différente peut-être… mais n’est-ce pas notre chanteuse rousse qui confirme son talent à travers l’adolescente ? Dédoublement de personnalité

 

t_86LNgTXkVfYTZVu dans Mylène 1999 - 2000On sent bien que Mylène s’est énormément amusée en abordant des thèmes comme la découverte de l’amour, du sexe et la perte de l’enfance…. A croire que Mylène est désormais lassée de broyer du noir et pleurer des litres de larmes ! Enfin, l’album Gourmandises  reprend la même stratégie que celle utilisée pour les disques de Mylène Farmer : un objet promotionnel est conçu avec attention, constitué d’un coussin en plastique transparent dans lequel se trouvent l’album et une poignée de Chamallows ! 

Publié dans Mylène 1999 - 2000 | Pas de Commentaires »

CLIP SANS CONTREFACON – 1987

Posté par francesca7 le 23 août 2011

Video : Image de prévisualisation YouTube 

 

Réalisation : Laurent Boutonnat
Année : 1987
Durée : 8’43 mn
Acteurs : Mylène FARMER, Frédéric LAGACHE

et la participation exceptionnelle de « ZOUC ». 

IntroductionAlors que son premier album met tout particulièrement sa féminité en avant, le premier single extrait du second opus, implique une ambiguïté tant sur le plan sexuel que physique. Tourné en décembre 1987 dans La Hague, non loin de Cherbourg, le tandem FARMER/BOUTONNAT utilise un cirque ambulant et glauque sur une plage triste pour illustrer le tube. Ce clip n’est autre qu’une libre adaptation du célèbre conte  » Pinocchio  » avec pour seul bémol, une fin moins heureuse que les studios DISNEY…

CLIP SANS CONTREFACON - 1987 dans Les Clips de Mylène ClipSansContrefacon04


L’atmosphère du clip
Quelques notes sombres, une marionnette, des applaudissements… on se croirait presque dans une représentation théâtrale. Nous retrouverons, quelques années plus tard, le même style de représentation avec  » Optimistique-moi  » sauf que l’on passe de l’OMBRE à la LUMIERE ; Rapidement l’atmosphère est dès plus inquiétante et tous les personnages utilisés : Travestis, Clowns, Ballerine, Magicien et Saltimbanques… sont aussi lugubres que le clip. Parmi la noirceur du décor et celle des âmes tristes accentuées par un maquillage grossier, Boutonnat nous conte l’histoire d’un marionnettiste accompagné d’un morceau de bois articulé. En quelques sortes un compagnon d’infortune avec qu’il partage bonheur, peine et secrets. 

 


Les personnages
Dans le cirque de Boutonnat, nous sommes loin de ceux qui sont riches en couleurs où retentissent des cris de joie. Les personnages grimaçants aux figures blafardes sont agressifs et reflètent la tristesse de vivre. Pourtant et malgré son apparence, un personnage se dénotera du lot : ZOUC. Elle incarne dans le clip une femme se tenant à l’écart du reste de la troupe de saltimbanques. Tout de noir vêtue, au regard fuyant, elle reste fondamentalement seule et ne semble rien partager. Nous verrons que son rôle n’est pas anodin !
 

 

ClipSansContrefacon12 dans Les Clips de Mylène

Il était une fois… 

Le décor est ainsi planté.  » Sans contrefaçon  » est le numéro d’un marionnettiste ambulant. Alors que sous la pluie, il vient de se faire jeter dehors par des Travestis, on constate de suite que le personnage principal, le créateur de la poupée de bois, est un personnage solitaire. Si solitaire, qu’il voue à sa tendre compagne de bois une affection sans limite. Tout le clip repose alors sur le sort de ces  » inséparables « .

 

Livré à lui-même, il quitte le village et poursuit son chemin sans savoir où aller, où manger, où dormir…Traversant les paysages froids où les épouvantails sont rois et les corbeaux croassent leur douce mélodie inquiétante, notre marionnettiste va faire une curieuse rencontre. Il s’agit d’un cirque ambulant nommé  » GIORGINO CIRCUS « . Un nom qui ne nous est pas inconnu ; C’est alors que les regards se croisent et se défient. Seul celui de ZOUC retiendra l’attention. Elle regarde la poupée avec la tendresse d’une mère qui n’a pas bercé d’enfant, et l’on devine un sourire timide sur son visage inquiétant. Elle s’approche et offre sa gamelle au marionnettiste qui accepte.  Une infime complicité voit le jour entre la marionnette et ZOUC. En échange de son repas, elle reçoit l’objet (convoité en secret). L’instant de bonheur est toutefois de courte durée car ses compagnons de route arrachent la poupée de ses mains. ZOUC panique car la petite figure de bois vole autour d’elle et passe de mains en mains…Elle s’écrie à plusieurs reprises  » Ma poupée, ma poupée  » et parvient à la reprendre pour s’enfuir…

Lorsque le marionnettiste les rejoint, il découvre que l’objet qu’il croyait de bois est en réalité de chair et d’os : une jeune femme !!! On pense donc que ZOUC est une fée.


 

Subjugué par cette découverte, il s’approche des deux femmes qui jouent et entretiennent presque une relation mère/fille. Surprise, la jeune femme tente de d’enfuir à son tour et trébuche sur le sable fin. 

Le marionnettiste l’observe, saisit son visage et tente l’irréparable après l’avoir étreint contre son corps, sous le regard triste de ZOUC, et lui vole un tendre baiser. 
Jusque là, nous pourrions croire qu’il s’agit d’un conte de fée mais c’est exactement l’inverse qui se produit. La jeune femme s’éteint pour redevenir marionnette à jamais. 


 

- Quant au désir du marionnettiste d’être avec une femme, il s’envole pour toujours… 

- Pour ZOUC, c’est la cassure, on lui enlève son enfant. Déprimée, elle quitte les lieux, emportant par la même occasion son pouvoir de donner vie. 

Le marionnettiste garde sa marionnette et ainsi s’achève sa triste histoire…  

« Dis maman, pourquoi je suis pas un garçon ? »

 

Avec cette question devenue légendaire dans la carrière de Mylène, le public homosexuel s’identifie à l’icône et rejoint les autres fans. Plusieurs éléments dans le texte démontrent que notre divine rousse semble jouer sur la confusion des sexes. D’une part, le chevalier d’Eon n’est autre qu’un agent secret employé par le roi LOUIS XV. Cet agent avantagé par un physique efféminé, se transformera en femme pour mieux approcher et corrompre l’ennemi de son roi. D’autre part, la marionnette vêtue tel un garçon demande pourquoi elle n’est pas un garçon. Cela signifie que pour elle, avoir l’apparence d’un garçon ne suffit pas. Elle veut devenir garçon jusque dans la sexualité. On pourrait dire aussi que lorsque Mylène redevient poupée, cela peut dire aussi qu’elle refuse d’assumer la loi sociale qui veut qu’une fille aille avec un garçon. 

                                                                                                                                                                   

ClipSansContrefacon01

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