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Les Questions que se pose Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 décembre 2015

 

mylene farmerMylène Farmer vient de vivre sa première tournée en 1989. Trois cent mille spectateurs, plus de 40 dates et 3 pays (France, Suisse et Belgique). Elle s’achève le 8 décembre 1989 à Paris-Bercy. La tension retombée, la chanteuse s’est posé beaucoup de questions.

« C’est un moment de vide, et non pas de doute. Une absence d’idées quant à une écriture pour un autre album. C’est pour cela que j’ai laissé passer un peu de temps avant d e me remettre à écrire. C’est difficile d’envisager d’écrire après un moment pareil….

Le retour au quotidien a été un peu à l’image d’une dépression, mais j’étais quand même relativement entourée. Mais tous ces états de choses très puissantes et puis rien, c’est presque inhumain. Tout artiste est amené à vivre cela heureusement ou malheureusement…« . déclare-t-elle.

L’année 1990 est calme pour Mylène. Début 1991, les 11 et 12 janvier, elle « change de tête » et confie sa nouvelle coupe de cheveux au célèbre coiffeur Jean-Marc Maniais. Un nouveau look très androgyne. En février, Mylène et Laurent Boutonnat sont à Budapest en Hongrie pour le tournage des deux premiers clips du prochain album. En mars 1991, c’est le grand retour avec la sortie de Désenchantée, premier extrait de l’album L’autre…

C’est une véritable tornade. Les supports sont en vente le 18 mars. Désenchantée va devenir le plus gros tube de Mylène avec neuf semaines consécutives à la première place du TOP 50 français, mais aussi en pôle position en Belgique. Plus de 800 000 exemplaires vendus et deux disques d’or. Le succès va encore se confirmer avec la sortie du clip le 3 avril de la même année. La promotion de l’album débute le Dimanche 7 avril 1991 avec la diffusion sur M6 de l’émission Pour un clip avec toi. Laurent Boyer a eu l’honneur de pouvoir filmer le tournage du clip et d’interviewer Mylène et Laurent en Hongrie, une première, et il n’y a d’ailleurs pas eu de nouvelle initiative identique depuis.

Le lundi 8 avril 1991, Mylène est aussi pour la première fois l’invitée d’un journal télévisé de 20 heures, celui de Patrick Poivre d’Arvor sur TF1, l’album L’autre…. est disponible en magasin le même jour ; Pour Désenchantée, Mylène propose cinq prestations télévisées très travaillées, chorégraphiées, dans une à l’étranger, en Italie. La promotion se fait aussi en radios avec de longues interviews (NRJ, RTL…) et surtout dans la presse. L’autre… entre directement à la première place du TOP albums français, place à laquelle il restera pendant vingt  semaines consécutives, établissant alors un record. L’album est certifié disque de diamant pour plus d’un million d’exemplaires vendus et les ventes totales en France sont estimées à plus de 1 800 000 exemplaire. Beau succès aussi à l’étranger. L’autre… est n° 1 et disque de platine en Belgique francophone et album d’Or en Suisse.

Pour succéder au tube Désenchantée, le choix se porte sur le duo (le premier) avec Jean-Louis Muras, Regrets. C’est Mylène qui aurait proposé ce duo après avoir écouté et aimé l’album Cheyenne Autumn du chanteur ; Alors même que Désenchantée est toujours intensément diffusée sur les ondes, Regrets est envoyée en radio dès le début de l’été et l’accueil est excellent.

Belle audace que de lancer cette ballade mélancolique, qui sera de surcroît illustrée par un clip en noir et blanc et enneigé, à une saison habituellement dévolue aux tubes dansants et sentant bon le soleil et la plage. Le single est disponible le 19 Juillet 1991 et plusieurs supports sont proposés : un 45 Tours, un CD maxi (dont une édition limitée avec un pin’s), un maxi 45 tours et une cassette single ; Les ventes en France sont estimées à plus de 250 000 exemplaires, le single est donc certifié disque d’or. Le clip est réalisé par Laurent Boutonnat à Budapest fin février 1991, en même temps que celui de Désenchantée et diffusé pour la première fois à la télévision le 9 septembre dans l’émission Stars 90 animée par Michel Drucker sur TF1.

Mylène est également présente sur le plateau pour évoquer son voyage avec Luc Besson en Arctique pendant l’été.

Pour le troisième single extrait de l’album L’autre…, e choix de Mylène se porte sur Je t’aime mélancolie, un titre très différent des précédents. Avec des consonances rap, il est plus rythmé et plus dansant ; Fait très rare, c’est une nouvelle version ixée par Laurent Boutonnat et Thierry Rogen qui est proposée aux radios, une version plus brève (introduction raccourcie), plus dynamique et encore plus efficace que celle de l’album. Les couplets de cette chanson sont plus parlés que chantés.

Début novembre 1991, un CD promo est envoyé aux radios. Et, pour la première fois pour un single de Mylène, un « promo luxe » est créé par Henry Neu : une pyramide en 3D. En choisissant ce titre, Mylène semble vouloir s’éloigner transitoirement des textes uniquement sombres et mettre en avant non seulement une autre facette de son personnage, mais aussi la richesse de sa plume.

Beaucoup d’humour dans ces paroles, avec une évidente référence aux médias, notamment à la presse qui ne lui a pas épargné les rumeurs infondées ou critiques souvent gratuitement assassines depuis des années.

Mylène déclare en septembre 1991 :

« Il est vrai que la mélancolie fait partie de mes thèmes de prédilection. L’état de mélancolie est quelque chose d’aigre-doux. J’ai essayé de développer cette idée… J’aime bien ces états même s’ils sont parfois un peu douloureux. On peut se laisser un peu bercer dans ces états même si cela mène sur les larmes. Mais les larmes j’aime ça aussi« 

MylèneLe 19 novembre, quatre supports sont proposés : un 45 tours, un maxi 45 tours, un CD maxi et une cassette audio. La photo utilisée pour illustrer les pochettes de ces différents supports est de Marianne Rosenstiehl, Les supports offrent des contenus assez variés, ce qui fera le bonheur des collectionneurs déjà très nombreux ; Les fans ont également la joie de découvrir un titre inédit, Mylène is calling, uniquement sur le CD Maxi France. Cette chanson qui fait partie des titres les plus « expérimentaux » du duo Farmer-Boutonnat passe en boucle un message qu’airait laissé Mylène sur le répondeur de Laurent. Je t’aime mélancolie est également l’un des singles de Mylène à bénéficier du plus grand nombre de supports destinés à l’étranger.

Malheureusement, le titre y passera plutôt inaperçu, même en Allemagne ou Mylène effectuera pourtant une prestation télévisée : il se classera tout de même à la 79è du TOP single allemand. Le single entre à la 15è place du TOP50 français. Il atteindra la 3è positon quelques semaines plus tard et s’écoulera au total à environ 300 000 exemplaires.

S’ensuit un très joli succès à peu près équivalent à celui du single précédents, Regrets. Mylène interprète le titre lors de quatre prestations télévisées :

 Sacrée Soirée le 11 décembre 1991 sur TF1,

Tous à la Une le 27 décembre 1991 sur TF1 Ein Kessel Buntes sur la chaîne allemande MDR.

Le clip est réalisé aux Studio Sets à Stains en novembre 1991. Le tournage dure quatre jours (deux jours pour les scènes de combats et deux jours pour les cènes chorégraphiées avec dix danseuses). Un tournage intensif, l’équipe travaillant chaque jour de 7 heures 30  à 20 heurs 30. Le photographe de plateau est Claude Gassian, il s’agit d’une première collaboration.

La chorégraphie a été conçue par Mylène. Pour les scènes de combats, Mylène s’est entraînée durant six jours avant le tournage avec un coach professionnel. Le boxeur présent dans le clip est un boxeur professionnel yougoslave ; Mylène est vêtue d’un porte-jarretelle cuir, d’une guêpière et d’une ceinture également en cuir, le tout créé par Jean-Paul Gaultier ; Le clip est diffusé pour la première fois à la télévision le 15 décembre 1991.

extrait de Mylène Farmer Ses mots, Ses clips aux Editions Chapitre.com 2014

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PPDA et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 11 décembre 2012

 

 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsPatrick Poivre d’Arvor (souvent surnommé « PPDA »), né Patrick Poivre, est un journaliste et écrivain français né le 20 septembre 1947 à Reims dans la Marne.

Présentateur du journal de 20 heures d’Antenne 2 de 1976 à 1983, il est le présentateur-vedette du journal de 20 heures de TF1 de 1987 à 2008 et, depuis cette période, est considéré comme une personnalité importante du paysage audiovisuel français, que ce soit en tant qu’interviewer ou animateur d’émissions littéraires. Il inspire la création en 1988 du personnage de PPD, la marionnette centrale de l’émission de Canal+, Les Guignols de l’info.

Également écrivain, PPDA a publié une soixantaine d’ouvrages.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Poivre_d’Arvor

 

Patrick Poivre d’Arvor est le fils d’une mère née à Nantes de parents auvergnats et d’un père d’origine bretonne, représentant en chaussures. Il a une sœur, Catherine, et un frère, Olivier (né en 1958, écrivain et responsable culturel).

Dès l’âge de deux ans et durant toute son enfance, il passe toutes les vacances à Trégastel, en Bretagne, lieu auquel il est très attaché depuis.

À 13 ans, il est atteint d’« un début de leucémie » et se fait soigner en Alsace. Cette maladie lui inspire à 17 ans l’écriture de son premier roman Les Enfants de l’aube publié bien plus tard, en 1982.

Dès les années 1970, il ajoute à son nom – « Poivre » – un pseudonyme – « d’Arvor » – emprunté à son grand-père maternel, Jean-Baptiste Jeuge, relieur et poète connu sous le nom d’auteur de Jean d’Arvor, qui l’avait initié à l’écriture.

En 1962, Patrick Poivre est bachelier à 15 ans.

Il poursuit ses études à l’Institut d’études politiques de Strasbourg, où il effectue sa première année, profitant ensuite des procédures en place à l’époque pour aller à l’Institut d’études politiques de Paris dont il sort diplômé. Jack Lang, son professeur de droit, se souvient plus tard d’un étudiant « très brillant ».

Il est alors militant des Républicains indépendants (favorables à Valéry Giscard d’Estaing), et responsable régional de son mouvement de jeunesse, les Jeunes républicains indépendants (JRI) dont il avait intégré le bureau national avant d’en devenir le vice-président. Il figure d’ailleurs à la une du mensuel France Moderne n°350 de mars 1970, le journal de la Fédération nationale des républicains indépendants.

Il étudie le russe et le serbo-croate à Langues O dont il ne sort pas diplômé. Il est par ailleurs licencié en droit de la faculté de Reims.

En 1970, âgé de 22 ans, il intègre finalement le Centre de formation des journalistes (CFJ) pour devenir journaliste. Il en sera diplômé l’année suivante.

Il quitte en 1972 les Jeunes républicains indépendants.

PATRICK POIVRE D’ARVOR, a dit de Mylène en  1988 :

PPDA et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE 1996-marianne-rosenstiehl-001b-205x300«Mylène Farmer est quelqu’un que j’aime beaucoup. (…) J’admire tellement ses spectacles :
c’est une des rares artistes en France qui fait de vrais shows.
Elle se donne et je trouve ça très bien.»

 

Mylène Farmer en Interview au JT de 20h avec PPDA sur TF1

Patrick Poivre d’Arvor : Nous avons le plaisir de recevoir Mylène Farmer dont l’actualité est florissante en ce moment: le DVD de son spectacle à Bercy vient tout juste de sortir, et, on la retrouvera demain au cinéma dans « Arthur et les Minimoys » de Luc Besson, où elle a prêté sa voix à la Princesse Sélénia.
Patrick Poivre d’Arvor: Mylène Farmer, bonsoir.
Mylène Farmer : Bonsoir.

Patrick Poivre d’Arvor: La dernière fois que je vous avais reçue, c’était d’ailleurs la dernière fois que vous vous étiez exprimée en direct, c’était il y a douze ans. Pourquoi ce mystère? Est-ce qu’il est cultivé? Est-ce qu’il est entretenu? Est-ce que c’est de la timidité?
Mylène Farmer: Vous m’avez observée depuis dix minutes, je crois, et je suis paniquée à l’idée que de parler de moi, de… C’est un exercice très difficile pour moi. Donc, il n’y a pas de marketing dans le mystère. Ma nature profonde est, je crois, la discrétion et l’humilité. C’est un exercice, je me répète, mais vraiment difficile.


Patrick Poivre d’Arvor: Mais il n’y a pas d’agoraphobie, en revanche. Chanter devant 15 000 personnes, ça ne vous gêne pas…

Mylène Farmer: Il y a ce fameux paradoxe. Je suis, je crois, plus à l’aise sur scène que sur un plateau de télévision (rires).

Patrick Poivre d’Arvor: Alors, j’ai remarqué, aussi bien sur scène -je suis allé à Bercy – que là, à l’instant, vous fermez souvent les yeux.
Mylène Farmer: Oui. C’est une manière de me replier sur moi-même probablement, de me concentrer également.

Patrick Poivre d’Arvor: Alors, Bercy, on va pouvoir voir, on voit déjà un petit peu sur nos écrans et, grâce notamment à ce DVD qui vient de sortir, qui vous ressemble d’ailleurs, puisqu’il faut l’ouvrir, c’est comme une sorte de petit tabernacle, « avant que l’ombre » etc, etc… Et puis, il y a la possibilité de vous découvrir sur les écrans, les grands écrans aujourd’hui, à travers une voix: celle d’une Princesse évidemment, il fallait évidemment que ça soit une princesse…

Mylène Farmer: Oui, j’ai un joli cadeau. Luc Besson m’a proposé de faire, donc, la voix de la Princesse Sélénia. Et, j’ai pris un très, très grand plaisir

 

Patrick Poivre d’Arvor: Et, avec Luc Besson, il n’est pas impossible que vous continuiez à travailler, car c’est aussi un producteur…

Mylène Farmer: Je l’espère. Et, j’ai eu la chance de rencontrer Nathalie Rheims qui est un auteur que vous connaissez également et qui a écrit ce très, très, très beau livre, très, très joli personnage pour moi qui est le personnage de Tess et, « L’ombre des autres »; et puis, l’ultime cadeau de Noël, c’est un scénario de Claude Berri. Donc, j’avoue que je suis comblée; plus un DVD qui a un accueil formidable.

Patrick Poivre d’Arvor: Donc, au fond, l’ombre, ça vous va bien? Plus que la lumière…
Mylène Farmer: J’aime l’ombre et la lumière. J’aime le silence et, parfois, le chant plus que la parole, probablement.

 

Patrick Poivre d’Arvor: Alors, votre concert, c’était archi-plein. Il y a beaucoup de gens qui auraient aimé vous voir, notamment, en province. C’est pas possible que vous créiez une tournée.
Mylène Farmer: Non, malheureusement, ça a été quelque chose d’assez difficile, aussi bien pour le producteur Thierry Suc qui m’a accompagné dans cette très, très belle aventure. Et, malheureusement, parce que c’était un spectacle intransportable, on ne pouvait pas aller en province. Donc, là cette fois, dans un manque d’humilité, j’ai demandé aux personnes de venir à moi.

Patrick Poivre d’Arvor: On ne peut pas faire une resucée à Paris quand même, parce qu’il y avait beaucoup de monde qui aurait bien aimé… Non?
Mylène Farmer: C’est fini et, j’espère remonter sur scène une autre fois, un autre jour.

Patrick Poivre d’Arvor: Ce n’est pas pour l’instant prévu…
Mylène Farmer: Non. Ce spectacle est vraiment dans sa boîte (en désignant de la tête le DVD, ndlr), fermé, scellé.

Patrick Poivre d’Arvor: D’accord. Il est fermé. On va le refermer. Et, on va mettre fin à votre supplice.
Mylène Farmer: Non, tout va bien. Merci à vous.

Patrick Poivre d’Arvor: Merci beaucoup Mylène.

 

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Mylène Farmer et son attachée de Presse

Posté par francesca7 le 4 mai 2012

Danyèle Fouché, attachée de presse de Farmer

 

Danyele Fouché est l’ex-Attachée de presse de Mylène FARMER durant la Période 1987-1988

 

Mylène Farmer et son attachée de Presse dans Mylène et L'ENTOURAGEDanyele Fouché a été l’attachée de presse de Mylène Farmer pendant plus d’un an et demi, de « Tristana » à « Ainsi soit je… ». Aujourd’hui retirée du métier, elle a accepté de revenir sur cette période de sa vie.

Comment êtes-vous devenue l’attachée de presse de Mylène ?
On s’était rencontrées sur un plateau de télévision. J’étais très amie avec Bertrand Le Page (ndlr : le manager de Mylène à l’époque). Et Mylène a exigé auprès de Polydor qu’ils m’engagent pour être son attachée de presse.

Vous étiez donc dans le service presse de Polydor, sa maison de disques ?
Non. J’étais payée par Polydor, mais je m’occupais exclusivement de Mylène Farmer. Et uniquement pour ce qui concernait les télés et les radios. La presse écrite, c’était surtout Bertrand qui s’en chargeait.

Sur quelle émission vous êtes-vous rencontrées ?
Je m’occupais de Guy Béart à l’époque. Une émission lui était consacrée ; elle était tournée chez lui. Mylène faisait partie des invités. Elle a chanté « Mon cher Frantz » en duo avec lui. (ndlr : c’était sur Antenne 2, devenue France 2 en 1987 ; Mylène avait aussi chanté « Au bout de la nuit »). Et sur le ton de la plaisanterie, Mylène m’avait dit « Mais quand vas-tu t’occuper de moi ? ». Je lui ai répondu « Quand tu veux » (rires).

De qui vous êtes-vous occupée à part Mylène ?
De beaucoup d’artistes. Bernard Lavilliers, Daniel Balavoine, Patrick Juvet, Michel Delpech, Claude Nougaro, Marie-Paule Belle, Dorothée, Léo Ferré, Sheila…

Mylène se mélangeait-elle aisément aux gens du show-business ?
Pas du tout. Ce n’était pas son truc. Elle n’allait pas dans les soirées people. Hormis quand on en était les organisateurs, comme pour le lancement du clip de « Tristana » au Privilège, en dessous du Palace. Je me souviens de cette soirée car en me levant de table, j’ai glissé sur le marbre avec mes chaussures neuves et je me suis cassé la jambe (rires). J’ai été dans le plâtre pendant un mois. Mylène a d’ailleurs été très présente et très gentille avec moi pendant cette période.

Donc Mylène n’était pas de toutes les soirées parisiennes ?
Ah non ! Elle détestait ça. Comme moi d’ailleurs. On allait par contre dans les restos à la mode car Bertrand adorait ça.

Que pensait le milieu de cette jeune chanteuse qui restait à l’écart ?
C’était assez mitigé. Certains ne l’aimaient pas bien sûr. Elle avait un peu une image d’emmerdeuse, mais sans excès car elle était très sympa. Mylène a fait carrière dans un milieu qu’elle a toujours fuit : pour moi, c’est la réussite suprême.

1987-08-d dans Mylène et L'ENTOURAGEA l’époque, elle faisait à peu près toutes les émissions possibles et imaginables, des grivoiseries de Collaro aux confessions intimes de « Sexy folies ». Était-elle facile à travailler pour une attachée de presse ?
Oui. Elle faisait tout avec plaisir. Mais il fallait que Bertrand et moi soyons en régie pour surveiller les lumières et le cadrage. Elle était très exigeante, très perfectionniste. A ce point-là, c’est admirable. C’est une énorme qualité.

C’est à vous que l’on doit le cultissime « Mon zénith à moi » ?
Oui. C’était une émission merveilleuse. Mylène avait très envie de la faire. Elle avait donc tout accepté et s’y était énormément investie. Tout était pesé, choisi et pensé. Cette émission avait fait scandale à l’époque. Mylène avait été pas mal critiquée pour ses choix – elle voulait parler de la sexualité des prêtres, voir des hommes exécutés, des têtes coupées. C’était assez gratiné (rires).

Cette émission a définitivement installé son personnage. Était-elle comme ça dans la vie ou jouait-elle un rôle ?
Elle en a rajouté un peu. Elle n’était pas aussi tordue que ça (rires). Ceci dit, elle était vraiment secrète ; une introvertie absolue. Je me souviens qu’elle ne parlait pas de sa famille, ni de son enfance ; c’étaient des sujets tabous. Je crois que c’était vraiment sa nature profonde d’être à part. Et il est vrai qu’elle vivait avec deux singes… et Laurent (rires).

Et son intérieur était-il conforme à l’image gothique qu’on a pu s’en faire ?
Je ne suis jamais entrée chez Mylène. Très peu de gens y allaient.

Pourquoi cela ?
Mylène était tellement bordélique qu’elle avait honte (rires).

« Mon zénith à moi », c’était aussi la rencontre avec Zouc…
Oui. On était allées la voir ensemble au Bataclan, et on avait été séduites par son univers. Je n’ai pas pu assister au tournage du clip de « Sans contrefaçon » car j’étais prise par ailleurs, mais Mylène m’a raconté que Zouc était arrivée en ambulance pour pouvoir être cochée pendant le voyage (rires). Elle avait demandé un cachet énorme pour tourner le clip (rires).

Pourquoi ne plus avoir travaillé avec Mylène après « Ainsi soit je… » ?
Parce que je l’ai quittée. Je me suis fâchée un jour… bêtement. Pourtant je m’entendais très bien avec elle ; je l’aimais tendrement. Et même si ça peut paraître étonnant, j’ai beaucoup ri avec Mylène. Et Bertrand ! Surtout quand on partait en équipée sauvage en province, pour des galas ou des tournages d’émissions. On a passé des soirées de rigolade intenses, légèrement arrosées de Champagne rosé (rires).

C’était un vrai déménagement j’imagine…
Oui. Je me souviens notamment d’un déplacement au Festival du film de Cognac pour « Tristana » dans une émission présentée par Patrick Poivre d’Arvor. On est partis, Bertrand, Mylène et moi, avec les deux danseuses, et une malle en osier immense pour les robes. Je me rappelle qu’on s’est un peu disputés avec la productrice de l’émission qui ne voulait pas de ces tenues. Au final, on est tombées d’accord pour les porter quand même, et pour se faire pardonner, elle nous a fait monter une bouteille de Cognac dans une des chambres du château dans lequel l’émission se tournait. On a entamé la bouteille avec Mylène en attendant le tournage. On a été rapidement très gaies (rires).

Vous parcouriez les routes de France en voiture ?
En train ou en avion. Pas en voiture car c’était Bertrand qui conduisait, et nous étions terrorisées par sa façon de conduire. D’autant que c’était le plus souvent après avoir consommé pas mal de Champagne (rires).

Vous semblez avoir eu beaucoup de tendresse pour lui ?
Oui. C’était mon ami. C’est quelqu’un que j’aimais profondément et que je défendrai jusqu’au bout.

Vous êtes restée en contact avec lui ?
Jusqu’à la fin. Je lui ai même laissé un message sur son répondeur deux jours avant sa mort.

Pourquoi s’est-il tué selon vous ?
Il a vécu des périodes très difficiles. Il a essayé de faire une nouvelle Mylène, mais il n’est jamais tombé sur l’équivalent. Il n’y a qu’une seule Mylène…

Il a travaillé pour Ysa Ferrer, puis les productions AB…
Oui. Il s’est aussi occupé d’un restaurant, La Cloche d’Or, à Pigalle. Il s’est rapidement retrouvé sans un centime, pourchassé par les huissiers. Il est passé d’un superbe appartement, dans les beaux quartiers parisiens, à un petit studio à Toulon où il faisait dans la voyance. C’est là qu’il s’est donné la mort, avec de l’alcool et des médicaments.

Certains ont attribué son suicide à sa séparation d’avec Mylène. C’était quand même dix-neuf ans après !
Oui, mais il ne s’en est jamais remis.

Vous croyez donc que c’est lié et que ce n’est pas un hasard s’il s’est donné la mort à quelques jours de la sortie de l’album « Innamoramento » ?
Je n’en sais rien. Je ne crois pas beaucoup aux coïncidences (silence). Leur séparation a été un drame absolu pour Bertrand (silence).

Vous estimez que Mylène n’aurait pas du s’en séparer ?
Je ne sais pas. Bertrand s’est donné corps et âme pour elle. Ceci dit, il est vrai qu’il n’était pas facile à gérer. Il se mettait souvent dans des états épouvantables ; il consommait beaucoup d’alcool et de cocaïne. Mylène a accepté ça pendant longtemps, jusqu’au jour où elle ne pouvait plus. Il faut savoir aussi que Bertrand se comportait assez mal, dans les restaurants par exemple ; il parlait très mal aux gens, il était très hautain, très exigeant. Il était insupportable. Mais je l’adorais !

Quelle est sa part de responsabilité dans le succès de Mylène, selon vous ?
Il était son manager, son éditeur. C’est lui qui a fait Mylène.

Il y avait Laurent Boutonnat aussi…
Oui bien sûr. Le trio Bertrand, Laurent, Mylène était d’ailleurs très compliqué. Il y en avait toujours deux contre le troisième.

Qui contre qui ?
Ca dépendait des fois. Mais toujours deux contre un. Et moi il fallait que je gère tout ça ; ce n’était pas facile.

Mylène vous semblait-elle être une marionnette entre les mains de Bertrand et Laurent ?
Ah non ! Ce n’est pas du tout l’idée que je me fais d’une marionnette. Elle savait écouter les conseils des uns et des autres, mais elle a toujours eu beaucoup d’idées et beaucoup de goût. Elle n’a jamais été aux ordres de personne.

Pourquoi vous êtes-vous fâchée avec elle ?
C’était sur le plateau de « Jacky Show » sur TF1. Mylène est arrivée et elle a refusé de dire bonjour à Jacky. Ca m’a beaucoup énervée.

Ils étaient pourtant amis à l’époque, non ?
Visiblement pas ce jour-là. J’ai dit à Mylène « J’en ai assez de tes caprices ». Et je suis partie en plein milieu de l’émission. Elle m’a demandé : « Tu reviens ? ». J’ai dit « Non ! ». Et je suis allée chez le coiffeur me faire une couleur, puis chez Flo m’acheter du caviar (rires).

Vous estimez que Mylène était capricieuse ?
Oui. Disons qu’elle était assez exclusive. Par exemple, elle voulait que Bertrand ne s’occupe que d’elle. J’ai en mémoire aussi une émission des Carpentier en Tunisie. Des journalistes nous suivaient pendant le voyage parce qu’ils voulaient faire un sujet sur Mylène. Lors de l’escale à Tunis, elle a refusé qu’ils se mettent à notre table parce qu’elle voulait qu’on soit toutes les deux pour le dîner. Le reportage commençait bien (rires) ! Je me souviens aussi qu’elle m’avait fait une scène parce que, lors d’une émission, la chanteuse Patti Layne, dont je m’occupais aussi, reprenait « Déshabillez-moi ». Mylène, qui devait chanter ce titre, a dû changer de chanson et m’en a voulu, alors que je n’y étais pour rien.

Donc vous ne l’avez pas quittée pour une simple histoire de « bonjour » ?
Non. Disons que c’était la goutte d’eau… Le fait est que, à l’époque en tout cas, Mylène n’accordait pas facilement sa confiance, et ne déléguait pas à n’importe qui. J’imagine que c’est toujours pareil aujourd’hui. Elle cherchait donc toujours à me prendre en faute, et moi je ne peux pas supporter ce genre de choses.

Quel regard avez-vous sur cette séparation aujourd’hui ?
C’était une pulsion toute bête. Et un entêtement idiot : j’ai refusé de revenir quant elle me l’a demandé. C’est un de mes plus grands regrets.

Parce que vous avez vu le chemin qu’elle a fait depuis, ou parce que vous teniez à elle ?
Les deux. Je l’aime encore aujourd’hui. Et je l’aimerais toujours. Elle avait des attentions. Je me souviens qu’elle m’avait rapporté une montre d’un voyage en Orient par exemple.

Aimeriez-vous vous occuper de Mylène aujourd’hui ?
Je n’aurais pas beaucoup de travail (rires) ! Elle ne fait aucune émission.

Qu’en pensez-vous ?
Je crois qu’elle déteste ça.

2flmobdzCertes, mais elle pourrait faire un petit effort ne serait-ce que pour saluer le public, non ?
(Silence). Très sincèrement, je pense qu’elle s’en fout. Je crois qu’elle ne se sent redevable de rien envers son public.

Quelle relation aviez-vous avec ses premiers fans à l’époque ?
Elle suscitait des réactions pas très saines dans le public. Je me souviens d’une histoire terrible. Un week-end, j’ai reçu un coup de fil d’un policier. La fille de son cousin, une fan de Mylène, avait fait une fugue pour aller se suicider sur le paillasson de son idole. Au final, la jeune fille est venue chez Mylène, et sa famille l’a récupérée. Mais quel week-end pour Mylène et moi (rires) !

Et lorsque vous faisiez toutes ces télés à l’époque, comment réagissait-elle aux demandes d’autographe ?
Ca l’embêtait. Elle s’y pliait quand Bertrand et moi la poussions à être un peu plus sociable (rires).

Comprenez-vous qu’elle n’ait pas de fan-club officiel ?
De mon temps, elle en refusait déjà totalement l’idée. Parce que crois que cela impliquait un certain nombre de contraintes dont elle ne voulait pas. Et puis je pense que les fans, ça la mettait mal à l’aise. Ce n’était pas quelque chose qu’elle vivait très bien.

Vous suivez sa carrière ?
Oui bien sûr. Je trouve qu’elle ne s’est pas beaucoup trompée. Mais je ne l’ai jamais vue en concert.

Pourquoi ?
Je ne sais pas (silence). Ca me ferait bizarre. Mais j’ai vu des DVD, et c’est extraordinaire ce qu’elle fait. C’est d’autant plus incroyable qu’elle est partie avec de tout petits moyens : elle ne maîtrisait pas tellement le chant. Mais elle a fait son chemin, sans aucune compromission.

Au moment où vous vous occupiez d’elle, sentiez-vous qu’elle allait devenir ce qu’elle est aujourd’hui ?
Non. Je pensais qu’elle allait faire une carrière formidable. Mais à ce point-là, c’était difficilement imaginable. Quelle autre chanteuse des années 80 a fait un tel parcours ?!

L’avez-vous revue depuis que vous avez arrêté de travailler ensemble ?
Oui, une fois. On a essayé de remettre ça, mais la magie était passée.

C’était quand ?
Je ne sais plus. Je n’ai pas la mémoire des dates.

Issu du magazine IAO (spécial Mylène) de 2005

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