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Mylène Farmer pour TV Magazine 2013

Posté par francesca7 le 26 novembre 2013

 

INTERVIEW -À l’occasion de la sortie de son album Monkey Me et de sa tournée, la chanteuse française se confie. (Avec TV Magazine)

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Son nouvel album, Monkey Me, sortira le 3 décembre. Douze titres composés par Laurent Boutonnat sur des textes de Mylène Farmer. Un mélange éclectique où cohabitent des morceaux pop-rock émergeant d’une base électrique, de sons de batterie, de guitares et de saxo. Les paroles manient les thèmes chers à l’interprète, mais teintés d’une fraîcheur et d’une poésie qu’on ne lui connaissait pas. En exclusivité pour TV Magazine, Mylène Farmer se livre à un exercice rare pour elle: l’interview-confession. Voici la star comme vous ne la lirez jamais.

TV MAGAZINE – Mylène Farmer, votre dernier album remonte à deux ans. Vous nous aviez habitués à des intervalles plus longs…

Mylène Farmer- Oui. Je ne m’en rends pas compte. Deux ans dans un monde chronophage, où chaque jour engloutit le temps, cela paraît une éternité. Il s’agit probablement d’un manque et de l’envie de remonter sur scène.

Monkey Me marque la reformation de votre tandem artistique avec Laurent Boutonnat. Qu’est-ce que votre «infidélité» vous a apporté?

Il ne s’agit pas d’infidélité! Mon précédent album, Bleu noir, n’était autre que le fruit de rencontres avec Moby, Archive et RedOne. Ils m’ont proposé des chansons qui ont provoqué mon désir et l’envie d’écrire… C’est aussi simple que ça. En outre, Laurent Boutonnat travaillait de son côté sur d’autres projets.

On vous connaissait rousse et vous vous montrez blonde platine sur l’album et les affiches de votre tournée. Que s’est-il passé?

Moi aussi, je me connaissais rousse! (Rires.) Mais sous le roux se cachent d’autres couleurs. Ne sommes-nous pas tous constitués de mille facettes? Celle-ci avait envie de vivre…

Quel look allez-vous adopter pour votre tournée? Et quelles surprises avez-vous concoctées pour ces concerts?

Je ne peux y répondre maintenant. Mais, puisque vous l’évoquez, le mot surprise sera bien au rendez-vous.

Une nouvelle fois, vous avez battu le record de réservations en un minimum de temps. Cela vous touche-t-il encore?

Je suis bouleversée à chaque fois! Tellement bouleversée… Et, quelques instants plus tard, totalement affolée! Il est impensable d’être blasée par un geste d’amour comme celui-ci. C’est un véritable cadeau et une responsabilité aussi. On ne veut pas décevoir ni se décevoir. On a donc un an pour se préparer à embrasser le regard de tous ceux qui ont la générosité d’attendre.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui écoutent vos chansons pour garder de l’espoir dans un monde aussi dur?

Le monde a toujours été dur. Sous certains aspects, il l’est peut-être moins aujourd’hui, même s’il est autrement cruel. Moins solidaire, plus solitaire aussi. Je ne peux que penser à ceux qui sont bien plus malheureux, dans le besoin ou cloués sur un lit d’hôpital, et me dire qu’il faut affronter la vie et trouver des pépites dans des moments simples, ces moments qui sont souvent à portée de soi, mais qu’on ne voit plus. Être aimé de quelqu’un ou d’un plus grand nombre reste l’essentiel de la vie. Se préoccuper d’autrui rend meilleur.

On vous dit solitaire. Pouvez-vous nous décrire une de vos journées quand vous ne travaillez pas?

Vous voulez dire quand je ne travaille pas comme une personne qui doit se rendre quotidiennement à son bureau? (Sourire.) C’est un grand privilège de n’avoir pas le sentiment de travailler, même lorsque je finis une séance de studio à 2 heures du matin ou lorsque je sors de scène exsangue. C’est du travail, mais je ne le vis pas comme un poids ni comme une obligation. C’est un choix et une immense chance. Je dois certainement partager ce sentiment avec toutes les personnes passionnées par ce qu’elles font. Mais je suis, c’est vrai, d’une nature solitaire. J’ai besoin de m’occuper de mes animaux, de dessiner, de nager, de regarder des films et je retrouve mes amis avec d’autant plus de plaisir…

Quels sont les journaux et les émissions de télévision que vous suivez régulièrement?

Je ne regarde pas beaucoup la télévision finalement, surtout en période de travail. Mais j’ai toujours aimé les débats, quand les points de vue sont exprimés avec respect. La télévision est un média parfois trop pressé pour traiter le fond des choses. Je n’aime pas le cynisme systématique et la télévision bruyante. Il m’arrive de dévorer des séries comme Downton AbbeyDexter ou Les Tudorset je regarde toujours avec autant de bonheur Un jour, un destin. Dans le fond, je ne recherche pas l’information à tout prix… Je la laisse me cueillir au détour d’un article, d’un reportage.

L’industrie musicale souffre et les ventes de CD ne cessent de baisser. Imaginez-vous un jour ne plus pouvoir sortir de disques?

Chaque époque a connu la disparition d’un support. Il y aura toujours des disques physiques, même si le digital annonce une ère nouvelle. En tout cas, il y aura toujours un rapport affectif à l’objet quel qu’il soit. Les albums ou une autre forme restant à inventer rencontreront toujours un public. La musique existait dès la naissance de l’humanité.

Que pensez-vous des télé-crochets? Est-ce un miroir aux alouettes, un mal nécessaire ou le seul moyen aujourd’hui d’être découvert?

Je ne peux pas juger cette génération d’émissions puisque je ne les connais pas bien. Mais je suis toujours un peu gênée quand l’art devient un concours.

Le Québec, où vous êtes née, est en proie à de violents mouvements protestataires. Avez-vous conservé des attaches là-bas?

La violence m’a surprise dans ce pays, à la réputation modérée. Je n’y ai conservé malheureusement aucune attache… Si ce n’est l’envie d’y retourner pour ses paysages de neige et peut-être transporter le prochain spectacle là-bas…

Quels artistes récents vous semblent dignes d’intérêt?

Je suis impressionnée par Muse. Et par Matthew Bellamy, qui est aussi fascinant que Freddie Mercury!

Que pensez-vous des réseaux sociaux et des sites si nombreux qui vous sont consacrés?

Je suis fascinée par la vitesse de l’information et la possibilité pour de nombreuses personnes de partager instantanément des sujets communs. Je pense aussi à ceux qui n’y ont pas accès. Avec qui partagent-ils leurs passions? Aussi, je ne m’attarde pas sur les sites qui me sont consacrés. J’aurais l’impression d’entrer, sans y avoir été invitée, dans une pièce où les gens parlent de moi.

Une photo vous montre avec un gibbon. Est-ce celui que vous avez adopté il y a plusieurs années?

Non. E.T. était un singe capucin, plus menu. Elle a partagé ma vie pendant plus de vingt-cinq ans. Il s’agit ici de Betty, une demoiselle de 4 ans, qui a été volée lorsqu’elle avait 3 mois et retrouvée huit mois plus tard. J’ai croisé son chemin grâce à Vincent Lindon, qui m’a un jour envoyé une petite vidéo d’elle sur le tournage de son film Augustine . J’ai immédiatement contacté le parc zoologique du bois d’Attilly, où elle vivait. C’est une rencontre inoubliable, une émotion tellement forte. Elle était d’une douceur incroyable. Quant à E.T., elle me manque terriblement…

L’avez-vous remplacée?

Non. Elle restera l’unique.

Avez-vous déjà décidé d’une date à laquelle vous arrêteriez de vous produire sur scène ou d’enregistrer des disques?

C’est, semble-t-il, une question qui taraude beaucoup les médias, mais, vous savez, il y a dix ans déjà, on me demandait: «Quand saurez-vous que ce n’est pas le combat de trop?». Je ne me projette pas dans l’avenir. Trop angoissant. Quand le désir n’existera plus, alors je me volatiliserai.

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Mylène pour un monde d’Initiés

Posté par francesca7 le 17 novembre 2013

 

Toujours aussi insaisissable, la star française est au Palais 12 pour trois soirs.

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Grâce à Mylène Farmer, ses fans découvrent du pays, ça c’est sûr. Au propre comme au figuré. Au propre, parce qu’on a croisé, mercredi soir, au Palais 12 de Bruxelles, des Québécois, des Français et des Suisses qui suivent presque à la trace les déplacements de leur préférée. Le matin même, certains arpentaient les pavés de Bruges avant de se rendre à Anvers au lendemain du concert. Au figuré, puisque « Timeless », nom de la dernière tournée de la star française est un grand spectacle de 2 heures, intergalactique, interstellaire, intersidéral – pour ne pas dire sidérant. « Timeless » (éternel) porte bien son nom qui voit Mylène Farmer, 53 ans, en paraître, sur scène, une bonne dizaine de moins.

« Timeless » est la sixième tournée de Mylène Farmer (sur la place depuis 1984) entamée début septembre à Paris et qui devrait prendre fin le 6 décembre. Côté chiffres, très parlants : 39 concerts, 450 000 exemplaires écoulés de son 9e album studio « Monkey Me », 420 000 places vendues dont trois Palais 12 (45 000 spectateurs).

Sur le coup de 21 h, Mylène Farmer fait son apparition après une longue, très longue intro dans des tunnels angoissants et claustrophobes. Le voyage semble interminable, c’est sans doute le prix à payer pour rallier l’univers si particulier de l’artiste. Celle qu’en son temps on surnommait la rousse la plus tourmentée de la variété française semble aujourd’hui quelque peu apaisée. Elle arbore un sourire angélique, façon Julie Andrews de « La Mélodie du bonheur ».

Un monde pour initiés

Premier morceau : « A force de » (« mourir, je n’ai pas su te dire/Que j’ai envie de vivre/Donner envie de vivre »). L’on comprend assez bien les paroles (dans le sens auditif ; pour leur signification, c’est une autre affaire, disons que sa poésie laisse la porte ouverte à toutes les fenêtres). Bonne nouvelle pour l’acoustique de cette tout fraîche salle de grande capacité sise à Bruxelles. Le show mis en scène par le fidèle Laurent Boutonnat et scénographié par Mark Fisher a tout l’heur de s’y déployer. A chaque fin de morceau, les lumières s’éteignent, le temps de mettre en place un nouveau décor, une nouvelle chorégraphie, parfois, aussi, de changer de toilette et peut-être, pour la chanteuse, de reprendre son souffle – même si elle ne se meut pas de façon démesurée. Ci et là, on la sent presque mal à l’aise. Surprenant pour celle qui se révèle si bonne actrice. Depuis le début, elle pleure sur les mêmes chansons – foi de ces fans qui, pour certains, en sont à leur cinquième date (sur la même tournée !). Ceci explique peut-être cela : il faut être initié pour pénétrer le monde de Mylène, pas étonnant dès lors que l’on soit resté complètement hermétique. On ne frissonne même pas quand elle laisse le chanteur californien Gary Jules (Tears for Fears) poser sa noble voix sur un dépouillé « Mad World » (1982) et l’accompagner sur « A-t-on jamais », avec l’unique piano d’Yvan Cassar (cela nous change, quand elles sont mises en avant, des caricaturales batterie et guitares voire de la pop techno). Etonnamment, ce sont les robots qui, émergeant de temps à autre du plancher, dégagent quelque humanité.

La chanteuse s’entoure aussi, régulièrement, de six danseurs bodybuildés au corps luisant. Mais c’est le public masculin qui se montre le plus démonstratif. Ainsi quand la belle souffle « pose une main/sur mon front/sur mes seins » (« Je te dis tout »), c’est un « oh oui » qui surgit du milieu de l’assemblée. Une assemblée à la rencontre de laquelle elle ne manquera pas de partir plus tard, grâce à un bras télescopique intégré, lui aussi, dans le dispositif scénique. La voilà transportée. C’est ce qu’elle voulait, non ?

article paru sur http://www.lalibre.be/culture/musique

 

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Mylène Farmer : « Je me volatiliserai quand le désir n’existera plus »

Posté par francesca7 le 16 novembre 2013

 

1aLe 3 décembre 2012, Mylène Farmer fera son retour dans les bacs avec un neuvième album, « Monkey Me », devancé par un premier single (« A l’ombre ») dont le clip devrait bientôt être dévoilé. Après plusieurs mois de retrait, la chanteuse sort de son silence et se confie à « TV Magazine » au sujet de ses nouveaux morceaux, son prochain spectacle « Timeless 2013″ et de sa nouvelle amie Betty.

Rarement l’attente entre deux disques de Mylène Farmer aura été aussi brève. Deux ans à peine après avoir publié l’album « Bleu noir », succès en bacs grâce à des collaborations efficaces avec Moby, Archive et RedOne, l’interprète de « Libertine » est de retour avec le single « A l’ombre », qui devance la sortie le 3 décembre de son neuvième opus. Intitulé « Monkey Me », ce disque est à nouveau le fruit d’un travail commun réalisé avec Laurent Boutonnat, qui avant « Bleu noir » avait signé toutes les musiques de la chanteuse. Le compositeur a travaillé sur un disque voulu « éclectique », sur douze morceaux « pop-rock émergeant d’une base électrique, de sons de batteries, de guitares et de saxo ». Toujours auteure, Mylène Farmer signe pour « Monkey Me » des textes « d’une fraîcheur et d’une poésie qu’on ne lui connaissait pas » selon TV Magazine, qui a eu l’exclusivité de la première interview de la chanteuse pour son grand retour.

« On a un an pour se préparer »
C’est avec beaucoup de simplicité et visiblement de franchise que Mylène Farmer s’est confiée au magazine, dans son numéro du 25 novembre à paraître. L’artiste revient sur la parenthèse « Bleu noir », en affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une infidélité à Laurent Boutonnat, avec qui elle forme un tandem solide depuis bientôt trente ans, et évoque « un manque » et « une envie de remonter sur scène » pour expliquer son retour si rapide. La chanteuse a récemment annoncé une tournée pour l’an prochain, « Timeless 2013″, dont les places se sont arrachées en quelques heures.

http://www.chartsinfrance.net

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Mylène Farmer à la UNE de Le Progrès (Lyon)

Posté par francesca7 le 10 octobre 2013

 

  • le journal titrait :  Concert. Mylène Farmer : un show abracadabrantesque et poétique en date du 25/09/2013 , voici le contenu :

Mylène Farmer à la UNE de Le Progrès (Lyon) dans Mylène 2013 - 2014 en-rouge

Hier soir. Dans un déluge d’effets, le show de Mylène Farmer n’oublie pas l’intimité. Moments forts et moments de grâce devant près de 12 000 personnes.

Des tourbillons de lumières sur des écrans géants. Des milliers de téléphones portables scintillants dans l’ombre de la fosse. Mylène Farmer arrive au milieu d’un big-bang, comme une extraterrestre débarquant d’un vaisseau spatial. Objectif Lyon !

La mélodie de « A force de » est déjà lancée, la diva rousse et gracile apparaît, au centre d’une débauche d’effets. Elle se tient droit comme un « I », comme un défi lancé aux 12 000 spectateurs de la Halle.

Le public est chaud comme du métal en fusion. Une simple question de la chanteuse : « Vous allez bien ? » et la réponse ressemble à une éruption. Une clameur qui accompagne le premier changement de tenue de la soirée. La longue cape blanche s’est transformée en ensemble près du corps. Mylène lance « Comme j’ai mal », en s’approchant de la fosse. Le son est parfait, comme un CD posé sur une platine de bonne facture. On distingue tous les instruments, à défaut de voir les musiciens, encore en retrait, laissant Mylène Farmer un peu seule en piste.

Heureusement, elle est rejointe par deux amis. Deux robots dégingandés aux yeux lumineux qui ondulent aux rythme de « C’est une belle journée ». Musiciens et danseurs ont rejoint la fête, et le tableau est saisissant, entre la grâce animale des corps et la mécanique domptée des robots blancs…

C’est « Monkey Me » qui prend la suite, portée par un riff de guitare. Une mélodie sinueuse, calibrée pour la voix de Mylène Farmer. Après « Oui mais non », retour des robots pour un interlude plein de poésie, qui permet à Mylène de revenir avec un invité et une surprise.

Gary Jules à ses côtés, le duo enchaîne « Mad World » de Tears for Fears. « Les Mots » profitent du même traitement épuré et intimiste, transformant la halle en un cabaret enchanté par le piano de Yvan Cassar.

« Elle est quand même incroyable. Quel autre artiste propose un spectacle aussi ambitieux et pourtant populaire ? », s’enflamme Denis, un dentiste venu du pays de Gex, passer la semaine à Lyon et applaudir les quatre shows de son idole.

Après « Et Pourtant », arrive «Désenchantée » qui ramène beaucoup à leur prime jeunesse, tout comme «Sans contrefaçon » ou « XXL », des tubes anthologiques. « Le show s’appelle Timeless » et elle est vraiment intemporelle », conclut le fan dentiste.

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Peut-on connaître Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 25 septembre 2013

Peut-on connaître Mylène Farmer dans Mylène 2013 - 2014 images-3

Qu’est-ce que Mylène Farmer dit d’elle dans ses chansons ? Que confie-t-elle de sa personnalité ?

A peu près rien. Et pourtant, les gens ont l’impression qu’elle parle d’elle à travers ses textes. Mais en y regardant de plus près, elle reste dans le général. Elle parle de l’amour en général, de la mort. Mais ce n’est jamais abordé personnellement. C’est cela qui touche aussi le public finalement. C’est parce que ses paroles ne sont pas personnalisées que son public s’identifie beaucoup à elle. C’est sa grande force. Elle construit de l’intime à travers son œuvre alors même que celui-ci est très universel. Contrairement à d’autres chanteurs, il y a des éléments de sa vie personnelle, de mise en relief de sa propre histoire à l’intérieur de son univers. Par exemple, elle est capable de parler de la naissance d’un enfant ou de l’enfance en général sans jamais que l’on arrive à savoir exactement de quoi il en ressort pour elle. Si on prend Désenchantée, c’est un hymne à la révolte et à l’enfance mais à aucun moment elle ne fait appel à sa propre enfance. C’est toute l’ambigüité du personnage. Elle arrive à construire un propos autour de l’intime sans jamais livrer quelque chose de personnel. Mais elle évoque suffisamment bien les problèmes pour que son public se sente concerné, s’y reconnaît. Mylène Farmer, entretient-elle quelque chose de commercial autour de sa part de mystère où n’arrive-t-elle pas à se confier ? Je ne crois pas du tout à une forme de réserve. Malgré ce qu’elle dit ce n’est pas dans sa nature profonde d’être éloignée des médias. Souvenez-vous, dans les années 1980, elle faisait le Jacky show par exemple. Elle arrive en réalité à se mettre en scène dans des shows pharaoniques comme peuvent le faire les grands timides. Mais elle arrive à le faire car le lien au public n’est pas un lien où il y a un vrai contact. Elle perçoit le public comme une masse en face d’elle. Mais il y a aussi une dimension marketing. Ce n’est pas non plus un ange Mylène Farmer, c’est une femme d’affaires. Du coup, cela fait partie de son univers. Elle en joue. 

images-4 dans Mylène et des CRITIQUESMylène Farmer a-t-elle plus tendance à se confier en interview ou dans ses textes ?

Quand elle est en interview, elle est souvent mal à l’aise. Du coup, elle y va en sachant qu’elle ne voudra rien dire. Mais il faut essayer de comprendre son univers comme une tentative de poésie. C’est-à-dire qu’elle essaye de créer de l’émotion. L’enchevêtrement des phrases et des mots qu’elle emploie est très rythmique. C’est certainement son ambition : arriver à évoquer des  thèmes qui procurent de l’émotion à son public tout en en livrant le moins possible d’elle-même. Elle ne se confie pas, ni en interview, ni dans ses textes, en revanche elle donne une forme d’émotion à ses fans et cela au-delà des histoires qu’elle pourrait raconter. Elle faisait de même dans ses clips ultra-scénarisés. Les fans campent depuis le début de la semaine devant la salle de Bercy, les places se sont arrachées en quelques heures seulement. Que vont chercher les fans dans cette personnalité si particulière ?

Etre fan de Mylène Farmer, est-ce une façon de se démarquer et d’exprimer sa singularité ?

Être fan est avant tout une façon de trouver sa singularité. Au contact – même imaginaire – de celle que l’on apprécie, on apprend à se connaître soi-même. Premier temps, on s’identifie à la star au travers du personnage et de son imaginaire, puis on apprend à découvrir l’artiste pour ce qu’elle est et non seulement pour ce qu’elle donne, à mesure que l’on se découvre soi, différent et unique à la fois. Mais la grande force de Mylène Farmer c’est de faire du lien entre les individus. Par exemple, ceux que vous citez ne campent pas que pour leur star : ils se connaissent entre eux, se retrouvent, lient pour certains des liens amicaux d’une grande force, parfois plus ! Au travers de leur star, les fans vivent des émotions fortes, et cela aussi est important.  

Pourquoi touche-t-elle un public si large et si éclectique ? On pourrait voir Mylène Farmer comme un écran de projection : elle est le support de tous les fantasmes car incarne des visages très différents au fil des histoires qu’elle déroule dans ses clips, sur scène, etc. Son talent scénique en fait également une performeuse hors pair qui explique aussi que certaines personnes qui n’apprécient pas totalement ses titres viennent la voir pour les show qu’elle propose. Ces derniers sont unanimement reconnus pour la qualité de la direction artistique et la grande générosité de ce qui est offert au public. A la fois grandiose, intime, authentique et d’une maîtrise très pensée. C’est tout cela à la fois, Mylène Farmer. 

source : http://www.atlantico.fr/

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Mylène farmer dans Podium – novembre 1984

Posté par francesca7 le 1 septembre 2013

Mylène farmer dans Podium – novembre  1984 dans Mylène en INTERVIEW 1984-05

A propos de son enfance et sa scolarité :

- J’ai passé mes onze premières années au Canada, à Montréal, et j’ai d’ailleurs les deux nationalités, française et canadienne. Puis le travail de mon père nous a amenés à Paris. J’ai donc fait mes études ici, jusqu’au bac

. En classe, j’étais très douée pour la poésie, la lecture.

A propos des circonstances qui l’ont amenée au casting de « Maman a Tort » et au sujet de celui-ci :

- Je prenais des cours d’équitation, parce que j’adore les chevaux, en vue de faire de la compétition.

Malheureusement, j’ai raté le concours de formation au monitorat, ce qui m’a complètement dégoûtée. Il faut dire que j’avais dix-sept ans et les autres candidats, vingt-cinq en moyenne ! La chanson c’est un coup de chance dans ma vie. J’ai rencontré Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat, qui sont les auteurs et producteurs de mon disque. Leur chanson était déjà écrite, ils me l’ont proposée. C’est un peu magique, tout ça !

A propos du thème de « Maman a Tort » : est-ce éloigne de son vécu ?

- Oh ! Pas vraiment… Ce n’est pas complètement éloigné de moi, c’est vrai, mais je n’ai pas vraiment eu de problème avec mes parents.

A propos de ses débuts dans le métier :

- Il a été relativement facile de faire ce premier disque. Maintenant, je voudrais progresser, devenir une artiste à part entière. L’aisance sur scène ou sur un plateau de télé, ça ne s’improvise pas.

A propos de ses goûts et ses envies :

- Je lis énormément, ou j’écoute Marvin Gaye, Reggiani et Brel. J’habite Paris, mais j’aimerais bien pouvoir m’installer en banlieue, dans une grande maison pleine d’animaux. Impossible pour le moment : je bouge trop !

 

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Mylène, un panel de critiques

Posté par francesca7 le 30 juillet 2013


Mylène, un panel de critiques dans Mylène et des CRITIQUES images-24C’est en 1984 que le public découvre, à l’occasion de la sortie de son premier single « Maman a tort », les allures timides et complexées d’une certaine Mylène Gautier. Laurent Boutonnat, son Pygmalion, n’a pas encore fait de cette jeune fille de vingt-trois ans l’implacable machine commerciale qui fera sa fortune. Nulle ambition calculatrice ne semble pouvoir être décelée chez cette jeune fille fragile à la voix chancelante. Mylène Gautier n’a pas encore chaussé les cothurnes de Mylène Farmer, et pourtant elle a déjà de quoi attirer l’attention. Car elle cultive le goût de la surprise, et son premier single provoque le malaise. À l’écoute de « Maman a tort », vous aviez d’abord souri aux tons frais de la comptine d’enfant. Ce n’est qu’après que vous avez commencé à ressentir la gêne.

C’est la victoire de l’opéra italien sur l’opéra français, le piège de la domination de l’harmonie sur la signification : vous aviez cru que la gaieté de la comptine suffisait à établir le sens de la chanson, et vous vous êtes confronté à la noirceur des paroles. L’enfant, malade, chante seule dans sa chambre d’hôpital, prenant à parti l’auditeur, devenu l’ami imaginaire inventé pour tromper la solitude. Pour finir de choquer, la petite fille est amoureuse de son infirmière à la voix douce, substitut d’une mère rejetée pour n’avoir pas accepté le désir homosexuel de sa fille. La première pierre de l’édifice Farmer est à l’image du futur palais : la légèreté d’une voix frêle jusqu’à la cassure dissimulant un sens caché et provocateur.

La griffe Mylène Farmer s’affirme d’emblée dans cette superposition artificielle d’une voix claire et d’une parole sombre. 

Mylène Farmer invite donc son auditeur à la distance. Elle creuse en ses chansons un double fossé que le prétendant doit franchir pour clore sa quête herméneutique et accéder au rang d’initié. Le premier écart consiste à se défier de la forme – voix, tonalité, rythme –, le second à percer le chiffre poétique. Car le style de Mylène Farmer se veut énigmatique et codé. Et qu’est-ce qui mérite d’être ainsi caché, sinon ce que l’on ne peut montrer sans danger ? La quête de sens de l’auditeur sera résolument amoureuse, tout entière tendue vers le désir de l’interdit et de l’indicible. La chanteuse a alors l’habileté d’offrir à l’énigme une réponse spéculaire. Car ce que l’auditeur désire, le but de sa quête, c’est le désir lui-même. Toutes les chansons de la première Mylène Farmer finissent en effet par dévoiler un troublant désir sexuel et un envoûtant désir de mort. Après le provocant « je suis une catin » du quatrième single « Libertine », les chansons du premier album Cendres de Lune (1986) composent avec art un univers à la fois sexuel et morbide.

 L’on ne pourrait parler d’une double thématique, tant la mort est inextricablement liée, chez Mylène Farmer, au désir sexuel. Mêlant deux interdits, les chansons de ce premier album célèbrent la jouissance dans la mort et la décomposition. C’est à l’hôpital que la petite fille de « Maman a tort » découvre son désir homosexuel, c’est auprès d’un vieux lubrique que l’héroïne de « Vieux bouc » connaît le plaisir, et c’est « Au bout de la nuit », « où tout meurt sans cri », que l’on peut connaître la plus grande jouissance.

Le désir est d’autant plus trouble que les chansons brouillent les cartes de la différenciation sexuelle : si « Libertine » et « Vieux bouc » mettent en scène des relations hétérosexuelles, « Maman a tort », « Greta » et « Tristana » sont trois odes au désir exclusivement féminin. Enfin, en recréant l’inconfort du premier single, l’album Cendres de Lune profite de la juvénilité de la voix de la chanteuse pour installer l’auditeur dans un univers enfantin sans cesse déniaisé par l’horreur de la mort. Plus grandir est la prière d’une adolescente qui ne veut pas mourir, et le mystérieux « Chloé » est une comptine chantée par une enfant qui vient de voir sa sœur mourir noyée, le crâne fendu. 

Le second album est à l’image du premier. L’on pourrait presque dire qu’il en est sa réalisation aboutie. Le formidable succès commercial d’Ainsi soit je (1988) installe Mylène Farmer dans son personnage de chanteuse névrosée. La provocation sexuelle mène la danse : « Pourvu qu’elles soient douces » célèbre les fesses, et chante à demi-mots les délices de la sodomie, la reprise de « Déshabillez-moi » est languissante à souhait [et accessoirement catastrophique, NDLR], et le fameux « Sans contrefaçon » joue une nouvelle fois avec l’indifférenciation sexuelle en mettant en scène une femme qui se sent homme. Mais le désir de mort n’est pas en reste. Si la référence à Baudelaire eût suffi en elle-même à inscrire les chansons de Mylène Farmer dans une filiation poétique morbide, le choix du poème « L’horloge », dans sa description du temps anthropophage, ne peut que renforcer l’importance du thème. « Allan » et la « Ronde triste » évoquent des fantômes, comme l’on invoque les esprits, et « Jardin de Vienne » rend hommage à un pendu. Cependant, dans cette thématique apparaît un nouvel ingrédient : « Ainsi soit je » et « Sans logique » laissent transparaître des accents religieux. Mylène Farmer donne libre cours à une éducation chrétienne où, si le désir de mort est encouragé, le désir sexuel achoppe sur la culpabilisation. 

Le thème religieux sera central dans le troisième album L’autre (1991). En effet, Mylène Farmer laisse désormais de côté la provocation sexuelle, pour révéler son versant le plus sombre. Si « Je t’aime mélancolie » et » Psychiatric » jouent avec son image de chanteuse aimant aborder les contours de la folie morbide, et si « Désenchantée » se veut l’étendard d’une génération sacrifiée, « Agnus Dei » et « Beyond my control » s’amusent avec le thème du sacrifice christique sur fond de prières liturgiques. Foulant aux pieds l’interdit religieux, Mylène Farmer devient une Ève tentatrice cultivant le péché en pleine connaissance de cause, une sorte de Bossuet pervers adepte de l’auto-flagellation. La chevelure rousse de la chanteuse commence décidément à sentir le soufre. 

C’est ce désir de l’interdit qui s’éteint avec le quatrième album Anamorphosée (1995). La carrière « américaine » de Mylène Farmer commence, comme l’annonce le titre « California ». Adieu les accents mélancoliques, c’est le retour en force du sexe. Mais cette fois, plus de quête désirante : le sexe s’offre sans chiffre codé, sans savoureux détour, sans voile de Poppée. L’auditeur n’est plus un décrypteur des sens seconds : il doit accueillir la crudité désarmante du premier degré. « L’instant X », « Eaunanisme », « XXL », autant de titres révélateurs du tournant de la chanteuse. Du désir de l’interdit à la provocation bien franche, celle qui fait vendre. Quant à « Rêver », c’est une célébration de l’amour et de la tolérance : décoiffant, non ? L’on ne s’étonne plus que les Enfoirés aient pu reprendre la chanson. Il ne manquait plus que les chœurs d’enfants de « Tomber sept fois » pour que le tableau soit complet. 

Les deux albums suivants, Innamoramento (1999) et Avant que l’ombre (2005), ont repris la recette. Il est désormais plus vendeur de vanter les pouvoirs de l’amour (« L’amour naissant », « Innamoramento », et dans le dernier album « Avant que l’ombre », « Aime », « L’amour n’est rien », « Peut-être toi »), que le troublant désir du suicide et de l’homosexualité. Ajouter à cela un zeste de cul porno-chic (le « prends-moi, prends-moi » de « L’Âme-stram-gram », l’inceste dans « Optimistique-moi », le récent « j’en ai vu des culs » de « QI » ou encore le bien nommé « Porno-graphique »). Insérer entre les trois derniers albums pas moins de quatre collectors commerciaux, concerts ou compilations (Live à Bercy,Mylénium tourLes MotsRemixes 2003). Adapter cette recette à une jeune lolita du nom d’Alizée (dont la petite culotte blanche émoustillera le papy), et vous images-25 dans Mylène et des CRITIQUESobtiendrez le pactole. La machine est désormais huilée. 

Mylène Farmer est passée du « jouir dans la mort » au « jouir de l’amour avant que la mort nous sépare ». En tout bien, tout honneur. Le problème, c’est que la poésie de l’interdit s’est envolée, et avec elle tout le désir de l’initié. En passant du sens voilé à la tautologie du premier degré, la chanteuse a transformé son auditeur en fan. Le fanatique de Mylène Farmer ne pense plus, ne cultive plus la distance : il achète, un point c’est tout. Et il célèbre avec Mylène Farmer, en chœur avec tous les enfants et les petits oiseaux de la Terre, la beauté de l’amour. Il fut un temps où les comiques Les Inconnus se moquaient de Mylène Farmer en lui faisant dire « J’écris des paroles que vous ne comprenez pas, d’ailleurs moi non plus ». Désormais, malheureusement, l’on ne comprend que trop bien.

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INTERVIEW / CONFIDENCES DE MYLENE F.

Posté par francesca7 le 30 juin 2013


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INTERVIEW INTÉGRALE POUR TÉLÉ-STAR (dans presse et dans confidence aussi)

En MARS 1988 : Entretien avec Michael de MONTZLOV

INTERVIEW / CONFIDENCES DE MYLENE F. dans Mylène en INTERVIEW mimi1

Le 11 avril 1988, Télé Star publie un article consacré au nouvel album de Mylène Farmer, agrémenté de quelques déclarations de l’artiste, recueillie par un journaliste de l’hebdo télé.

Ce qui suit est totalement inédit : il s’agit de la retranscription de l’interview intégrale de Mylène Farmer pour le magazine, dont l’enregistrement dure dix-sept minutes.

On peut s’amuser à comparer l’entretien brut et la façon dont seulement quelques déclarations seront retenues pour illustrer l’article du magazine : suivant la façon dont elles sont mises en forme et parfois reformulées, sorties de leur contexte, l’intention change du tout au tout et l’on se rend compte que la déclaration qui donne son titre à l’article (« Mylène Farmer reconnaît qu’elle fait des caprices de stars ») est purement et simplement inventée de toutes pièces !

Mylène Farmer , Vous parler de cet album (« Ainsi Soit Je… », nda), c’est pas difficile. Ce que je peux en dire, c’est que c’est de la même veine. Là, j’ai participé beaucoup plus à l’écriture des textes que sur le précédent, qui ne comportait donc que trois chansons écrites par moi-même. Celui-ci, peut-être dans son intégralité, est écrit par moi. C’est une continuité. C’est une image : un premier album, c’est un premier jet, et un deuxième album, c’est une autre nourriture. C’est en ça que je dis que c’est une continuité.

- Je pars d’une musique. Donc Laurent, lui, compose avant l’entrée en studio et puis on voit ça ensemble, et après vient se greffer effectivement le texte – enfin, le travail de l’écriture. Mais toujours partant d’une base musicale. Que vous dire d’autre ?! Après, c’est le chemin normal du studio. Pour l’écriture, il y a pas de moment défini, à savoir que ça peut être aussi bien le matin que l’après-midi, le soir ou même la nuit. C’est vrai que c’est un moment, de toute façon, d’isolement. C’est très dur – en tout cas, moi je n’y arrive pas – d’écrire entourée de personnes. Ça m’est impossible. Donc ce sont des moments de recueillement, à savoir ou ça peut être des moments d’angoisse ou des moments de…je sais pas, de bonheur. J’ai toujours été enclin à l’autocensure me concernant, donc c’est vrai qu’écrire, j’en ai eu quelques fois l’envie quand j’étais plus petite mais j’ai jamais fait de ce qu’on appelait les journaux intimes, non. Mais c’est vrai que là, c’est quelque chose que j’avais découvert sur les premières chansons, qui étaient donc « Plus Grandir », « Tristana » et « Au Bout de la Nuit » et que là, vraiment, c’est devenu un plaisir et presque un besoin, que je perdrai certainement aussi, parce que je pense qu’on s’essouffle. Mais là, c’est vraiment quelque chose que j’ai découvert et c’est vraiment bien.

- Quand Laurent, puisque c’est le seul compositeur qui travaille avec moi, écrit une chanson, c’est un peu comme si moi, je l’écrivais. Ce sont peut-être simplement des formules différentes, mais on a des mondes qui sont très parallèles. Il n’y a pas de trahison. Et puis, je pense qu’à partir du moment où quand on ne compose pas soi-même et qu’on accepte une chanson, c’est qu’on est complètement prêt à mettre son enveloppe charnelle, si on peut dire ! (rires)

- Je suis quelqu’un, c’est vrai, qui parle peu de plus en plus, parce que maintenant, étant un personnage public, il y a des gens qui s’y intéressent, et donc des interview s. Mais c’est vrai que j’aime le mutisme plutôt qu’autre chose. Oui, je parle toujours aussi peu. Ce n’est pas que je n’aime pas écrire sur moi, c’est que je pense que moi j’ai eu besoin, et chacun à sa manière et à un temps déterminé, de nourriture intellectuelle, enfin dite intellectuelle. A savoir que j’ai besoin de lire les autres, besoin de découvrir les autres. Pas l’écriture des autres, comment dire ? Peut-être s’intéresser, si je lis du Edgar Poe ou si je lis du Maupassant ou si je lis du Strindberg, certainement ça m’a donne envie, moi, de m’exprimer. Ce sont des écrivains qui m’attirent, oui, mais il y en a beaucoup d’autres. C’est vrai que c’est toujours ceux que je cite, parce que c’est ceux qui me viennent à l’esprit en premier.

- J’aime bien lire de la poésie Quelque chose qui repasse en ce moment, c’était « Pinocchio » de Comencini. Heu, qu’est-ce que j’ai pu aimer ?! J’aimais bien aussi « David Copperfield ». C’est pas un manque d’intérêt, pour l’instant – et de plus en plus, d’ailleurs, depuis quatre ans, cinq ans – c’est un manque de temps. Mais bien sûr que j’aime la poésie. Récemment, j’ai quand même rouvert des poèmes de Rimbaud. Sur ce chapitre, je ne tricherai pas : je n’en ai pas lu énormément.

- J’ai passé huit années au Canada, le Canada français, et puis après, l’arrivée en France, que je n’ai plus quittée ! C’était une période plutôt agréable. J’en ai malgré tout très peu de souvenirs. L’arrivée en France a été un moment un peu difficile. Sans parler de choc de cultures, parce que ça n’a pas lieu d’être, c’est un comportement qui est totalement différent, un mode de vie qui est radicalement différent. C’est assez choquant quand on est enfant. Ça se traduit par une forme d’agression, des rapports plus durs, plus froids. C’est vrai que là-bas, et même maintenant, les personnes qui vont au Canada sont toujours étonnées par l’accueil de ce peuple, parce que c’est quelque chose qu’ils ont comme en eux. Voilà. Ca a été un choc assez violent. De toute façon, les enfants en général n’ont pas trop de mal à s’intégrer. J’ai jamais eu beaucoup d’amis.

C’est vrai que, par contre, au Canada, quand il y avait un anniversaire par exemple, c’était pas en petit comité : y avait près de cent enfants. C’est assez étonnant. Alors qu’ici, c’est beaucoup plus concis. Donc certainement des amitiés beaucoup plus sélectives.

- J’avais envie de faire tout ce que les autres ne faisaient pas. C’était valable aussi bien dans une classe ou à la maison ou dans la rue, à savoir cette peur panique de ressembler au commun des mortels. Il y a des personnes qui sont faites pour accepter. Accepter la vie, sans trop se faire violence. Et puis, il y en a d’autres, je pense comme moi, où tout devient un combat d’arène. On a envie éternellement de dire qu’on est là. C’est cette fameuse envie d’exister.

- ‘Jouer un personnage’, c’est pour tous les métiers publics. Aussi bien des écrivains qui vont défendre un livre en télévision : ils auront leurs moments d’acteur. C’est normal. Mais c’est moi qui suis dans le rôle.

- Ce que je peux dire sur tout le travail que j’ai effectué avec Laurent Boutonnat, qui est quand même bien présent, c’est que depuis le début et jusqu’à maintenant on n’a fait aucune concession. Pour moi, la qualité principale chez l’homme que j’apprécie, c’est l’intégrité. Cette envie de suivre son chemin et de ne faire vraiment aucune concession. Et je remercie la vie, parce qu’aujourd’hui, ça marche plutôt bien et que je suis heureuse de ne pas avoir fait ces concessions que quelques fois on m’a demandées, parce que c’est vrai que les personnalités peuvent être parfois dérangeantes dans ce métier –et heureusement !

Si je n’avais pas rencontré Laurent Boutonnat…Malheureusement, je ne peux pas répondre ! Peut-être aurais je rencontré une autre personne qui m’aurait indiqué ce chemin. J’aurais été certainement différente, oui.

Maintenant, je le dis, c’est un vrai don du ciel. Il y a des rencontres dans sa vie qui sont merveilleuses, et cette rencontre-là a été fondamentale. Ca, j’en suis consciente et heureuse.

- Je peux jouer d’un peu de guitare, j’ai essayé un petit peu le saxophone mais là, j’ai pas du tout persévéré. Mais c’est un instrument que je pourrais approcher. De là à composer, non. Il ne faut pas tout mélanger. De même que je ne réaliserai jamais ni les vidéoclips, ni un long-métrage ! Chacun son métier, et chacun son talent, surtout !

- Le goût pour les clips, je crois que c’est quelque chose qui est commun à Laurent et moi-même. C’est toujours ces mondes parallèles : on a, je crois, les mêmes goûts cinématographiques, pratiquement les mêmes goûts littéraires. C’est vrai qu’on est tous les deux très attirés par ça. Lui-même doit être un de ceux qu’on appelait les romantiques, dans sa totalité, c’est-à-dire avec tous ses extrêmes.

- Je ne me donne aucun rôle, ou en tout cas dans l’intimité. C’est quelque chose que je ne dirai jamais. Maintenant, je pense effectivement qu’on est dans une ère de dépression qui amène fatalement à la décadence. Je suis une enfant effectivement de cette génération. C’est vrai que c’est un mélange pour la jeunesse actuelle de désespoir et d’envie de hurler quelques fois. Enfin, ‘une décadence’, méfions-nous quand même du terme parce que très souvent, c’est un peu usurpé. C’est une envie de toute façon de tout dire, à savoir de dire certainement des choses qui ont été occultées en d’autres temps. Je ne suis ni bien, ni mal dans cette époque. Je ne peux pas être agacée dans la mesure où, maintenant, il y a un dialogue entre ce public et ce que moi je peux faire artistiquement. Et ça, ça a été une progression. C’est-à-dire qu’on ne peut pas imposer ça. En quatre ans, c’est vrai que là, je suis parvenue à me dire ‘Oui, certaines personnes sont sur la même longueur d’ondes, comprennent ou acceptent, tolèrent’. Il n’y a plus ce divorce qu’il pouvait y avoir. C’est-à-dire que de toute façon, il y a une éducation dans tout, et ça c’est une forme aussi d’éducation. C’est ça, c’est cette progression, d’avancer comme ça, lentement mais sûrement.

- Le cinéma reste le cinéma. C’est pas la chanson, même s’il y a, c’est vrai, le support vidéoclip. C’est quand même une autre aventure, un long-métrage. Et puis c’est une écriture quand même de personnages, ça va beaucoup plus loin, c’est plus approfondi. Je pense que l’idéal serait, oui, de commencer avec Laurent.

Maintenant, il y a beaucoup d’autres metteurs en scène, je pense, avec qui j’aimerais tourner. Mais tout ça aussi se fait…il faut croire en la vie, donc j’essaie d’y croire.

- Avant même de penser à la chanson, je crois que c’est quelque chose que j’avais décidé : être comédienne. Si je peux faire une sobre analyse de tout ça, je pense que mon bonheur a été de commencer par la chanson – enfin, de faire ce que je fais actuellement- et que maintenant, aujourd’hui, je puisse éventuellement penser au cinéma, parce que j’ai eu besoin de ça réellement, d’abord moi-même pour me nourrir, et qu’aujourd’hui je me dis ‘Oui, là, je peux’. Voilà. Quatre, cinq ans…Si j’avais fait un film, je pense que c’était une erreur pour moi.

- Si vous parlez de ventes de disques, c’est vrai que j’aime bien savoir jour par jour quelle a été la vente de la journée. Mais ça, c’est plus dans un souci, je sais pas, c’est comme les enfants qui ont –je sais pas quelle métaphore je peux faire, je sais pas- un jouet dans la main, qui ont quelque chose de beau et qui en plus marche, là actuellement. On n’a pas envie de nous le reprendre ! C’est en ça, ce souci de regarder les ventes chaque jour. Ce n’est que ça. Moi, les notions d’argent et tout ça, je suis pas réellement et fondamentalement comme ça, non. Mais j’ai parfois moins la tête dans les nuages, vers les étoiles, que ce qu’il peut paraître…

- Je fais salon avec mes deux capucins et je leur lis Baudelaire ! (rires) Je crois que les animaux aiment vraiment la musique, aiment qu’on leur parle, aiment ces choses là. Ils sont très sensibles à ça. Là en l’occurrence, c’est vrai que les singes c’est quelque chose qui fait partie de ma vie. Je ne peux plus concevoir maintenant de rentrer chez moi et de ne pas voir ces animaux-là. Je pense qu’ils sont heureux. De toute façon, c’est vrai que c’est monstrueux de voir ces magasins qui sont sur les quais, voir ce trafic d’animaux. Il y a ou supporter ou avoir une phobie. Moi, j’ai une phobie des insectes : il ne faut pas me mettre un insecte à portée, parce que ça me met très mal à l’aise ! Ne pas aimer foncièrement les animaux, c’est bizarre. De même que dire ‘Je déteste les enfants’, c’est grave, je pense, pour une personne. Ne pas avoir envie d’en élever, c’est autre chose.

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mylène et Tous ces combats

Posté par francesca7 le 28 juin 2013

 

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mylène et Tous ces combats dans Mylène AU FIL DES MOTS combats

Tous ces combats…. est une très belle chanson au thème simple : Mylène parle ici de ces combats intérieurs avec son âme qui l’empêchent d’être parfaitement heureuse. Par chance il reste l’amour, que Mylène semble attendre ici comme dans une autre chanson du même album (J’attends)…

Ce texte, particulièrement réussi, nous renvoie directement à un autre angoissé célèbre, Paul Verlaine. En effet, dans son recueil Poème s saturniens, paru en 1866, Verlaine intitule une section « Mélancholia ». Huit poèmes composent cette section, dont l’Angoisse.

Le dernier tercet du sonnet évoque ceci : « Lasse de vivre, ayant peu de mourir, paille / Au brick perdu jouet du flux et du reflux, / Mon âme pour d’affreux naufrages appareille ». Comme un hommage, Mylène dans le refrain évoque la « mélancholia » (J’ai la mélancholia / Qui rend l’âme à nue / Qui me constitue ») et parle également de naufrage, comme Verlaine : « Alors que la rage / Que tout fait naufrage / J’ai dans mon autre moi / Un désir d’aimer / Comme un boulier ». Une nette différence cependant avec le poète, qui lui, déclare « L’amour, je voudrais bien qu’on ne m’en parlât plus ».

La presse est comme souvent divisée vis-à-vis de l’album, mais certaines critiques sont très favorables, notamment celle du Monde qui souligne « la voix de la chanteuse, qui passe par une palette étendue (…) une assurance que le mixage renforce. Elle a pu parfois être noyée dans un orchestre, elle est ici conquérante, pleine. Il y a bien sûr quelques fragilités – l’une des marques de Mylène Farmer -, mais l’ensemble tend vers une puissance lumineuse » ou celle de Rolling Stone qui pense que la chanteuse a atteint « la maturité, une maturité qui se traduit par une aspiration au bonheur et un petit côté donneur de leçons assez surprenants », qui en fait « un disque d’une grande douceur » dont le seul défaut serait d’être « le sixième album studio d’une chanteuse dont tout le monde attend trop ». Le Journal du dimanche reconnait que l’album contient « une poignée de belles chansons » dans lesquelles Mylène Farmer est « au meilleur de son inspiration » avec « des textes touchants » et des « mélodies évocatrices », mais que le reste demeure de la « variété banale (…) enrobée d’une poésie un rien prétentieuse, limite pompière ».

Contrairement à Anamorphosée et Innamoramento qui ont été enregistrés aux États-Unis, l’album Avant que l’ombre… a été enregistré en France, au Studio Guillaume Tell. Parmi les musiciens figurent Philippe Paradis, collaborateur de Zazie, Loïc Pontieux et Philippe Caleb, qui ont travaillé avec Alizée, ainsi qu’Yvan Cassar et Pol Ramirez del Piu, qui n’est autre qu’un nom inventé par Laurent Boutonnat. Tous les textes ont été écrits par Mylène Farmer, sur des musiques de Laurent Boutonnat.

L’album sort le 4 avril en digipack et coffret collector, dès minuit au Virgin Megastore et à la Fnac des Champs-Élysées. Il entre directement à la première place du top albums et se vend à environ 100 000 exemplaires en une semaine.

 

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Olivier Theyskens et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 25 mai 2013

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Olivier Theyskens et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE rmymi-adio-02-cOlivier Theyskens est né en 1977 d’un père belge ingénieur en chimie et d’une mère française. Enfant, doué pour le dessin et doté d’un sens précis du détail, il veut « être une fille », car il est« jaloux que les filles deviennent des princesses et portent des jupes, ça m’a tourmenté ».

Ses parents ont encouragé son intérêt pour la couture apparu très jeune : à sept ans il déclare déjà qu’il souhaite « faire de la haute couture ».

En octobre 1995, à l’âge de 18 ans, il entre à l’école de École Nationale Supérieure des Arts Visuels de la Cambre pour étudier la couture. Il la quitte dès 1997 pour lancer sa propre marque. Ses premières collections sont souvent qualifiées d’« extravagances gothiques » ; il n’hésite pas à utiliser de simples draps de lits réclamés à sa grand-mère. Mais disposant de peu de moyens financiers, l’expérience tourne court, malgré un certain succès commercial. Son amie Laetitia Crahay, assistante-designer chez Chanel dira « je ne m’inquiète jamais pour Olivier, c’est un gagnant ».

Olivier Theyskens poursuit alors son expérience en créant les costumes du Théâtre de la Monnaie. Mais il continue à dessiner des vêtements comme un passe-temps. Il se fait remarquer à seulement 21 ans quand la chanteuse Madonna, en 1998, porte l’une de ses robes en satin noir aux Academy Awards. Viendra également Mylène Farmer qui apparait alors dans JE TE REND TON AMOUR lorsqu’elle entre dans un confessionnal, vêtue d’une superbe robe rose et blanche du couturier Olivier Theyskens.

Depuis trois saisons, le créateur belge Olivier Theyskens, qui défile à la Fashion Week de New York ce lundi 10 septembre 2012, triomphe chez Theory. Portrait. 

S’il ressemble à Jésus, Olivier Theyskens est surtout, depuis peu, le visage du « middle luxury », concept qui associe un design créatif et de jolies matières à des prix franchement raisonnables. Voilà trois saisons, ce beau page au teint d’albâtre encadré de baguettes noires soyeuses choisissait en effet de donner un virage tout à fait iconoclaste à sa carrière couture. Après avoir enchanté -et parfois étonné- comme directeur artistique de Rochas (de 2002 à 2006) puis de Nina Ricci (2006-2009), il quittait Paris pour New York, et les salons ouatés du VIIIe arrondissement pour une entreprise plus mass market: Theory, une griffe lancée en 1997. 

Les vêtements y sont contemporains mais ni trop pointus ni trop chers, afin de toucher l’Amérique moyenne. La marque est entrée en 2004 dans le giron de Fast Retailing, le groupe japonais propriétaire d’Uniqlo ou deComptoir des cotonniers. En même temps qu’il a l’oeil sur l’ensemble de Theory, le créateur signe Theyskens’ Theory (TT), sa ligne dotée d’une touche plus personnelle et plus affûtée. Où l’on retrouve les tocades de ce trentenaire exigeant: des lignes pures, une allure urbaine et néanmoins enchanteresse, un romantisme aux tonalités sombres. En somme, avec TT, on s’offre du Theyskens démocratisé, de la même manière qu’on s’achète désormais du Felipe Oliveira Baptista à prix accessible chez Lacoste

« Je suis heureux de dessiner de « vrais » vêtements »

« Je ne pense pas être sorti du luxe », assure Theyskens, qui s’appuie sur une équipe de six stylistes et un atelier d’une centaine de personnes, installé à Meatpacking, à New York. « Cette notion m’habite depuis mes débuts, mais je ne voulais pas m’emprisonner dans ce privilège. Je suis heureux de dessiner de « vrais » vêtements, qui vont aller à la rencontre de femmes réelles dans la rue, confie-t-il. Cela me convient parfaitement, car je n’ai jamais travaillé à partir d’un fantasme ou d’une muse. De plus en plus, quand je dessine, je me dis : « Si j’étais une fille, aurais-je envie de porter cela ? » ou « Au-delà du délire esthétique, est-ce flatteur ? »" 

Un sens du réel assez nouveau pour Theyskens, Belge diplômé en 1997 de l’Ecole nationale supérieure des arts visuels de la Cambre, à Bruxelles, à la sortie de laquelle il fit sensation en lançant sa griffe, d’une grâce folle et nourrie de références oniriques. Dès 1998, alors qu’il n’a que 21 ans, Madonna porte aux Oscars une de ses fameuses robes éthérées en satin noir, suivie par d’autres reines des red carpets, Nicole KidmanReese Witherspoon. Ses premiers défilés parisiens restent dans les mémoires des cérémonies à la grâce planante, emplie de robes d’héroïnes tourmentées façon épopée XVIIIe siècle, une esthétique qu’empruntera Riccardo Tisci quelques années plus tard chez Givenchy

olivier-theyskens dans Mylène et L'ENTOURAGE

« On m’a traité de gothique, je ne savais même pas ce qu’était ce courant ! »

« Beaucoup de clichés ont circulé sur moi à la suite de ces collections assez « dark », mélancoliques. On m’a traité de gothique, je ne savais même pas ce qu’était ce courant ! » En mars 2009, il est congédié de Nina Ricci par le propriétaire, le groupe Puig, sept mois avant l’expiration de son contrat, prétendument parce que ses collections coûtent trop cher à produire commercialement. Dans l’édition d’avril du VogueaméricainAnna Wintour, l’un de ses plus fervents soutiens, écrit que « le rôle vital du talent artistique a été dissous dans le climat économique actuel. Nous avons été choquées, mon équipe et moi, d’apprendre que le contrat de Theyskens ne serait pas renouvelé ».  

C’est peu après qu’Andrew Rosen, président et fondateur de Theory, parfois présenté comme le « Bernard Arnault de l’alternatif » depuis ses investissements récents dans Proenza Schouler, lui fait les yeux doux. « Il y a de brillants créateurs aux Etats-Unis mais je cherchais quelqu’un doté d’une sensibilité européenne, pour ne pas dire couture, explique Rosen. J’adore l’idée que quelqu’un comme Olivier veuille faire des vêtements démocratiques. Sa force vient du fait qu’il suit le design d’aussi près que le business. » 

La féminité que Theyskens esquisse aujourd’hui chez TT est moins empruntée, plus ambiguë et androgyne. Il y mêle des classiques urbains (vestes, jeans, shorts et tee-shirts), quelques pièces luxueuses (cuir, manteaux en fourrure), et toujours une poignée de robes longues à la gravité trouble. « La fille theyskénienne n’a jamais été premier degré, trop sexy, trop fatale. Mais, avant, j’étais dans une quête de perfection absolue, explique le créateur. Maintenant, j’apprécie au contraire une pointe de laisser-aller, quelque chose de plus cool. » Une nouvelle dégaine immédiatement désirable, un glamour street cousu de pantalons loose et de vestes masculines collant bien à New York, ville où il compte ses plus grandes fans, Anna Wintour, donc, mais aussi Sarah Jessica Parker ou Julia Restoin-Roitfeld.  

« Theyskens traduit en version américaine son style poétique et rock’n'roll, analyse Agnès Barret, fondatrice d’Agent Secret, agence de conseil en luxe. Il réalise avec Theory un produit moderne adapté au marché, très réaliste, portable et abordable, sans pour autant rien renier de son immense talent. Il apporte un coup de frais et de poésie urbaine sur ce que l’on appelle aux Etats-Unis le « contemporary market » (les vêtements destinés aux femmes actives). Il a gagné en maturité, et, fort de ce succès notamment commercial, je le vois bien revenir un jour vers une grande maison de luxe. » Ayant fait preuve de sa capacité de vendre, Theyskens est lui-même devenu plus « bankable » sur l’échiquier des créateurs. 

« Je n’ai pas oublié qu’il y a encore quelques années je n’aurais jamais osé entrer dans une boutique de luxe. »

Lui semble plus détaché que jamais du jeu des ego couture. « Je prends mes distances par rapport à la mode ; je me suis surpris à ne pas aimer quand les gens sont trop modeux. Je déteste les désirs de consommation liés à un affichage social. Beaucoup de gens réfléchissent à trois fois avant d’acheter un vêtement à 500 dollars. Même moi, d’ailleurs ! Je n’ai pas oublié qu’il y a encore quelques années je n’aurais jamais osé entrer dans une boutique de luxe. » Theyskens a grandi en Belgique au côté d’une mère « qui était la première à dire qu’elle n’était pas sapée », et d’un père ingénieur chimiste. Petit, il révèle un talent hors du commun pour le dessin et le sens méticuleux du détail : « J’ai vite compris, enfant, que je pouvais me faire aimer en donnant mes dessins », se souvient ce grand admirateur d’Yves Saint Laurent. Il griffonne toujours énormément, des croquis de mode et de voyage, des peintures à l’huile ou des aquarelles esquissées au Chili ou en Asie. 

L’homme est plus instinctif que cérébral. « Je laisse parler mes petites voix intérieures et ne perds pas trop de temps à tergiverser. En règle générale, j’ai assez confiance en moi. Je ne suis jamais nerveux même si je ne suis pas exempt de doutes. » Seule la vision d’un chat noir peut déclencher, chez ce superstitieux assumé, une « crise de nerfs ». « J’ai toujours aimé les contrastes dans les caractères, comme les limites entre bonheur et tristesse. La fragilité émotionnelle m’intéresse. La délicatesse, aussi », poursuit ce lecteur de Stefan Zweig. L’Antechrist de la mode ajoute : « Melancholia, de Lars von Trier, c’est moi en film. » On ne lui souhaite pas la même fin. 

http://www.lexpress.fr/

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PAS LE TEMPS DE VIVRE, à Mylène

Posté par francesca7 le 19 mai 2013

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C’est une très belle chanson que ce Pas le temps de vivre.

Un texte fort qui permet à Mylène d’évoquer la mort d’un être cher. Elle a dédié son album à « JL » ; dans la version collector c’est Pas le temps de vivre qui lui sera directement dédicacée.

« JL » c’est le frère de Mylène, Jean-Loup, décédé le 26 octobre 1996 ;

PAS LE TEMPS DE VIVRE, à Mylène dans Mylène AU FIL DES MOTS mylene-farmer-sexy-3008249995_1_3_nijswm00-img-214x300« Si j’avais pu voir qu’un jour / Je serais qui tu hantes / Qu’il me faudrait là, ton souffle / Pou vaincre l’incertitude / Ecrouer ma solitude » lui confie Mylène, ou plus loin encore dans la chanson : « Je erre comme une lumière / Que le vent a éteinte / Mes nuits n’ont plus de paupières / Pour soulager une à une mes peurs de n’être plus qu’une ». Une chanson bien mélancolique donc sur la solitude mais aussi le regret, comme la confirme le refrain : « Je n’ai pas le temps de vivre – Quand s’enfui mon équilibre – Je n’ai pas le temps de vivre – Aimes-moi, entre en moi – Dis-moi les mots qui rendent ivre – Dis-moi que la nuit se déguise…. »

Le texte, aussi personnel et sensible que celui d’Ainsi soit-je..  est particulièrement poétique, et Mylène utilise beaucoup d’images et des néologisme (Quand l’être s’invincible – L’être se monacale) pour construire son texte. Et quand elle chante « Il est des heures où – Mes pensées sont si faibles – Un marbre sans veines », elle semble se souvenir du poème de Pierre Reverdy, Epine, issu du recueil Sources du vent (1929) où le poète écrit : « Mon mouvement à moi s’étend sans aucun lien – Cette pensée sculptée dans le marbre sans veines… » Poésie également dans la musique, composée par Mylène elle-même, et qui s’ouvre sur des bruits d’eau, la mer qui se retire .. A noter que, le 20 janvier 2001, Mylène est présente à la cérémonie des NRJ Music Awards, retransmise sur TF1. Elle vient recevoir le prix de l’artiste francophone de l’année 200. Elle en profite pour gratifier son public d’une interprétation de Pas le temps de vivre. Ce sera d’ailleurs sa seule interprétation de ce titre à la télévision.

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 115/220

 

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Un album onirique pour Mylène

Posté par francesca7 le 22 avril 2013

« Onirique », le titre d’un prochain album 

Un album onirique pour Mylène dans Mylène et mes BLABLAS onirMylène Farmer serait actuellement en train d’enregistrer son nouvel album, pour une sortie « en grande pompe » qui serait prévue pour la rentrée 2008, c’est à dire aux alentours de septembre-octobre. Un retour surprenant… Dans le sens ou Laurent et Mylène nous livreraient là le meilleur album de tous les temps, qui conquerrait un très large public.

Le titre de l’album serait déjà arrêté, ainsi que les 12 chansons qui le composent. Ce 7ème opus s’intitulerait « Onirique ». Evidemment à prendre avec de grandes pincettes… D’autant que cela ne confirmerait pas la règle imposée depuis l’album « Anamorphosée » : « Le titre de l’album contient autant de lettres que de pistes sur le CD ».

Par ailleurs, Mylène Farmer entamerait une tournée gigantesque, à partir de mai 2009, qui s’acheverait par 3 représentations à Paris-Bercy en décembre 2009. Ce show passerait par la Suisse, la Belgique, et par 8 soirées au Palais des Sports de Paris. Les billets seraient mis en vente dès le mois de décembre 2008.

Voici l’hypothétique tracklist :


Onirisme
Faire… et défaire
Dans ton antre
Ma nature est…
Excaliburia
Who’s Mylène ?
Aux points cardinaux
Je m’expose et m’impose
Poésie visuelle
The witch of dreams
Voyage au bout de tes sens
Rêver « Je rêve en acoustique »

Evidemment tout ceci est à intégrer avec précautions…

Source : Optimystic

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Mylène Farmer Interview 2013

Posté par francesca7 le 13 avril 2013

INTERVIEW Mylène 2013 -À l’occasion de la sortie de son album Monkey Me et de sa tournée, la chanteuse française se confie. (Avec TV Magazine)

Son nouvel album, Monkey Me, sortira le 3 décembre. Douze titres composés par Laurent Boutonnat sur des textes de Mylène Farmer. Un mélange éclectique où cohabitent des morceaux pop-rock émergeant d’une base électrique, de sons de batterie, de guitares et de saxo. Les paroles manient les thèmes chers à l’interprète, mais teintés d’une fraîcheur et d’une poésie qu’on ne lui connaissait pas. En exclusivité pour TV Magazine, Mylène Farmer se livre à un exercice rare pour elle: l’interview-confession. Voici la star comme vous ne la lirez jamais.

TV MAGAZINE – Mylène Farmer, votre dernier album remonte à deux ans. Vous nous aviez habitués à des intervalles plus longs…

Mylène Farmer Interview 2013 dans Mylène 2013 - 2014 a1

Mylène Farmer- Oui. Je ne m’en rends pas compte. Deux ans dans un monde chronophage, où chaque jour engloutit le temps, cela paraît une éternité. Il s’agit probablement d’un manque et de l’envie de remonter sur scène.

Monkey Me marque la reformation de votre tandem artistique avec Laurent Boutonnat. Qu’est-ce que votre «infidélité» vous a apporté?

Il ne s’agit pas d’infidélité! Mon précédent album, Bleu noir, n’était autre que le fruit de rencontres avec Moby, Archive et RedOne. Ils m’ont proposé des chansons qui ont provoqué mon désir et l’envie d’écrire… C’est aussi simple que ça. En outre, Laurent Boutonnat travaillait de son côté sur d’autres projets.

On vous connaissait rousse et vous vous montrez blonde platine sur l’album et les affiches de votre tournée. Que s’est-il passé?

Moi aussi, je me connaissais rousse! (Rires.) Mais sous le roux se cachent d’autres couleurs. Ne sommes-nous pas tous constitués de mille facettes? Celle-ci avait envie de vivre…

Quel look allez-vous adopter pour votre tournée? Et quelles surprises avez-vous concoctées pour ces concerts?

Je ne peux y répondre maintenant. Mais, puisque vous l’évoquez, le mot surprise sera bien au rendez-vous.

Une nouvelle fois, vous avez battu le record de réservations en un minimum de temps. Cela vous touche-t-il encore?

Je suis bouleversée à chaque fois! Tellement bouleversée… Et, quelques instants plus tard, totalement affolée! Il est impensable d’être blasée par un geste d’amour comme celui-ci. C’est un véritable cadeau et une responsabilité aussi. On ne veut pas décevoir ni se décevoir. On a donc un an pour se préparer à embrasser le regard de tous ceux qui ont la générosité d’attendre.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui écoutent vos chansons pour garder de l’espoir dans un monde aussi dur?

Le monde a toujours été dur. Sous certains aspects, il l’est peut-être moins aujourd’hui, même s’il est autrement cruel. Moins solidaire, plus solitaire aussi. Je ne peux que penser à ceux qui sont bien plus malheureux, dans le besoin ou cloués sur un lit d’hôpital, et me dire qu’il faut affronter la vie et trouver des pépites dans des moments simples, ces moments qui sont souvent à portée de soi, mais qu’on ne voit plus. Être aimé de quelqu’un ou d’un plus grand nombre reste l’essentiel de la vie. Se préoccuper d’autrui rend meilleur.

On vous dit solitaire. Pouvez-vous nous décrire une de vos journées quand vous ne travaillez pas?

Vous voulez dire quand je ne travaille pas comme une personne qui doit se rendre quotidiennement à son bureau? (Sourire.) C’est un grand privilège de n’avoir pas le sentiment de travailler, même lorsque je finis une séance de studio à 2 heures du matin ou lorsque je sors de scène exsangue. C’est du travail, mais je ne le vis pas comme un poids ni comme une obligation. C’est un choix et une immense chance. Je dois certainement partager ce sentiment avec toutes les personnes passionnées par ce qu’elles font. Mais je suis, c’est vrai, d’une nature solitaire. J’ai besoin de m’occuper de mes animaux, de dessiner, de nager, de regarder des films et je retrouve mes amis avec d’autant plus de plaisir…

Quels sont les journaux et les émissions de télévision que vous suivez régulièrement?

Je ne regarde pas beaucoup la télévision finalement, surtout en période de travail. Mais j’ai toujours aimé les débats, quand les points de vue sont exprimés avec respect. La télévision est un média parfois trop pressé pour traiter le fond des choses. Je n’aime pas le cynisme systématique et la télévision bruyante. Il m’arrive de dévorer des séries comme Downton AbbeyDexter ou Les Tudors et je regarde toujours avec autant de bonheur Un jour, un destin. Dans le fond, je ne recherche pas l’information à tout prix… Je la laisse me cueillir au détour d’un article, d’un reportage.

L’industrie musicale souffre et les ventes de CD ne cessent de baisser. Imaginez-vous un jour ne plus pouvoir sortir de disques?

Chaque époque a connu la disparition d’un support. Il y aura toujours des disques physiques, même si le digital annonce une ère nouvelle. En tout cas, il y aura toujours un rapport affectif à l’objet quel qu’il soit. Les albums ou une autre forme restant à inventer rencontreront toujours un public. La musique existait dès la naissance de l’humanité.

Que pensez-vous des télé-crochets? Est-ce un miroir aux alouettes, un mal nécessaire ou le seul moyen aujourd’hui d’être découvert?

Je ne peux pas juger cette génération d’émissions puisque je ne les connais pas bien. Mais je suis toujours un peu gênée quand l’art devient un concours.

Le Québec, où vous êtes née, est en proie à de violents mouvements protestataires. Avez-vous conservé des attaches là-bas?

La violence m’a surprise dans ce pays, à la réputation modérée. Je n’y ai conservé malheureusement aucune attache… Si ce n’est l’envie d’y retourner pour ses paysages de neige et peut-être transporter le prochain spectacle là-bas…

Quels artistes récents vous semblent dignes d’intérêt?

Je suis impressionnée par Muse. Et par Matthew Bellamy, qui est aussi fascinant que Freddie Mercury !

Que pensez-vous des réseaux sociaux et des sites si nombreux qui vous sont consacrés?

Je suis fascinée par la vitesse de l’information et la possibilité pour de nombreuses personnes de partager instantanément des sujets communs. Je pense aussi à ceux qui n’y ont pas accès. Avec qui partagent-ils leurs passions? Aussi, je ne m’attarde pas sur les sites qui me sont consacrés. J’aurais l’impression d’entrer, sans y avoir été invitée, dans une pièce où les gens parlent de moi.

mylene2-199x300 dans Mylène en CONFIDENCESUne photo vous montre avec un gibbon. Est-ce celui que vous avez adopté il y a plusieurs années?

Non. E.T. était un singe capucin, plus menu. Elle a partagé ma vie pendant plus de vingt-cinq ans. Il s’agit ici de Betty, une demoiselle de 4 ans, qui a été volée lorsqu’elle avait 3 mois et retrouvée huit mois plus tard. J’ai croisé son chemin grâce à Vincent Lindon, qui m’a un jour envoyé une petite vidéo d’elle sur le tournage de son film Augustine . J’ai immédiatement contacté le parc zoologique du bois d’Attilly, où elle vivait. C’est une rencontre inoubliable, une émotion tellement forte. Elle était d’une douceur incroyable. Quant à E.T., elle me manque terriblement…

L’avez-vous remplacée?

Non. Elle restera l’unique.

Avez-vous déjà décidé d’une date à laquelle vous arrêteriez de vous produire sur scène ou d’enregistrer des disques?

C’est, semble-t-il, une question qui taraude beaucoup les médias, mais, vous savez, il y a dix ans déjà, on me demandait: «Quand saurez-vous que ce n’est pas le combat de trop?». Je ne me projette pas dans l’avenir. Trop angoissant. Quand le désir n’existera plus, alors je me volatiliserai.

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Symbolisme de Beyond my Control

Posté par francesca7 le 8 mars 2013

BEYOND MY CONTROL

Analyse de « Beyond my control »

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

La conception du clip par Laurent Boutonnat 

Symbolisme de Beyond my Control dans Mylène et SYMBOLISME myleBien loin des structures habituelles qui régissent le clip, ceux dont nous parlons ici pourraient résulter d’un mélange inédit entre plusieurs formes filmiques, plus ou moins éloignées les unes des autres : Le film musical, le film de divertissement, le film expérimental, le film publicitaire, le film muet. Laurent Boutonnat, comme écartelé entre deux pôles opposés du cinéma (le pôle du divertissement et celui du cinéma expérimental) choisi deux axes d’approche pour ses clips. On peut aisément se rendre compte que les deux conceptions du vidéo-clip par ce réalisateur se départagent selon la durée de chacune de ses productions. Sur les vingt-cinq clips que Laurent Boutonnat a tournés, six d’entre eux durent plus de sept minutes, comportent des musiques additionnelles, sont encadrés par un générique de début puis de fin, et contiennent parfois des dialogues. La durée de la majorité des autres clips restent approximativement autour de celle de la chanson qu’ils illustrent et explorent une imagerie plutôt qu’un récit à proprement dit.

Quoiqu’on en dise, cette chanson reste un zénith du duo Farmer-Boutonnat. 
Il y a dans la musique d’hier et d’aujourd’hui quelques œuvres, quelques chansons où l’on sent qu’on est enfin arrivé au bout d’un chemin, qu’un sommet a été atteint au-delà duquel il est presque impossible d’aller, qu’un artiste a accompli sa mission d’artiste. 

Dans « Beyond my control », il y a un peu de l’excitation du volet final d’une grande trilogie, de la fièvre de l’ultime duel avec son plus puissant adversaire, du goût du dernier chamallow du dernier paquet, et tout cela sans les battages publicitaires et les opérations de merchandising et de bandes-annonces qui polluent de beaux morceaux de l’art.

Ici, Mylène a atteint la dernière étape de son voyage au pays de la souffrance. Là où règnent sang, feu et larmes. Un monde où l’amour est dans les chaînes de la mort, où il y est perverti et recomposé pour devenir un serviteur de la destruction. C’est aussi une impasse, et une prise de conscience qu’un autre chemin doit être emprunté. 

« Beyond my control » est l’histoire de la défaite totale d’une liaison amoureuse. Mais c’est surtout un choix de Mylène de ne pas se voiler la face devant le mal, de le ressentir jusqu’au bout, en vue d’une rédemption ultérieure. Démonstration. 

La violence est immédiatement introduite avec la phrase abrupte, « it’s beyond my control ». Puis, sans la moindre transition, on enchaîne avec une mélodie de ballade, comme si Mylène fredonnait en toute simplicité. Mais la répétition du même dessin musical va se révéler être un élément de la création d’un climat de folie. Puis, dans le refrain, la longue plainte du synthé va se conjuguer aux sonneries de cuivres, à la flûte et aux guitares nerveuses pour créer une atmosphère de noire passion.

beyond2 dans Mylène et SYMBOLISMELa voix de Mylène distille ce qu’il faut de fièvre et de fragilité, mais conserve encore dans la folie un timbre « noble ». Jamais Mylène n’a crié sur ses fans, facilité à laquelle les trois quarts des chanteuses modernes cèdent. Elle n’essaye même pas de gonfler sa voix, préférant souffler au creux de notre oreille tant les secrets qu’elle nous révèle sont intimes et brûlants.
Le texte, s’il n’est pas, au niveau de la poésie, le plus brillant que Mylène ait écrit, ne manque pourtant pas d’atouts pour être à la hauteur de la musique. 

Il raconte donc la tragédie d’une sorte de Médée moderne, trompée par son amant, et le tuant dans un accès de folie. Mais Mylène choisit de prendre l’instant suivant immédiatement le carnage, juste cet instant où les dernières ombres du délire se confondent aux affres de la lucidité et de l’angoisse. Ce moment crucial où l’on prend conscience que le sang répandu partout macule aussi ses propres mains, et que ce n’est pas l’autre qui l’a fait couler, mais bien soi-même. 

La prise de conscience se fait en fait en deux temps. Mylène, au début du couplet, n’a pas encore compris que son geste était le type même du geste irréversible. Elle parle encore au cadavre de l’homme, peut-être encore chaud sous ses mains, elle tente de le « rassurer » (mais qui veut-elle rassurer, sinon elle-même ?), qu’elle va « soigner ses blessures ». Elle essaye de se convaincre qu’elle peut encore revenir en arrière, qu’il n’est pas trop tard pour réparer le mal qu’elle a causé, que la vie (et sa relation avec l’homme) ne s’arrête pas là. 

Vaine tentative. On peut déjà comprendre pourquoi, dans le clip, on voit Mylène passer par toutes sortes de torture, pourquoi ce n’est pas du sado-maso-cuir gratuit : parce que c’est l’expression de sa souffrance intérieure, la brûlure du remord.
Au fur et à mesure qu’elle se rend compte de l’absence de portes de sortie à cette situation, la voix de la chanteuse trahit de plus en plus d’affolement, un trouble grandissant, jusqu’au moment où éclate le refrain. 

« Tu n’as plus vraiment le choix ». L’absence de choix est criante, quel que soit l’aspect du récit que l’on prenne. La mort est vraiment la barrière qui sépare toute chose. 
Mylène rêve encore d’une improbable « aube », quand l’homme va se réveiller, comme chaque matin, lui faire l’amour pour se faire pardonner, et ils seront à nouveau réunis. 

Mais, cette fois, pour retrouver son amant, Mylène devra verser le sang une seconde fois : « je te rejoindrais peut-être ». Et, bien sûr, elle nous laisse à la fin du deuxième couplet sur cette éventualité angoissante.
Le premier couplet s’achève sur un gros plan sur les yeux de l’homme. Ils sont ouverts, fixes et froids. Mais, pour la chanteuse, ce sont ceux « d’un ange » : ça lui rappelle peut-être ces statues dans les églises aux yeux d’ivoire, reflétant un mystérieux au-delà. En tout cas, elle a compris que l’homme n’était plus de ce monde. 

On sent le fantasme dans les deux couplets : lorsque Mylène emploie les temps futures pour désigner le plaisir et le présent pour désigner la douleur. En fait, pour limiter les désastres causés par la souffrance, elle imagine un plaisir qui en découlerait, comme une revanche contre le mal qui engendrerait alors le bien. C’est la même idée que dans « Je t’aime, mélancolie », mais elle n’empêchera pas Mylène de succomber au mal. 

En fait, c’est surtout une acceptation du mal qui est en Mylène, qui est une condition à une rédemption dans l’avenir. Cela se conjugue avec le mythe de la Californie messianique, que l’on verra dans « Anamorphosée ».

« Lâche ». Alors là, l’ambiguïté plane. Ça peut vouloir dire : « espèce de lâche ! » ou « lâche-moi ! ». Dans la première solution, Mylène lui reproche de ne pas avoir résisté à la tentation de la tromper (voir le clip) avec un autre, voire même de ne pas s’être défendu contre Mylène et de s’être laissé massacrer comme un agneau…voire même de s’être enfui dans la mort et le repos éternel, la laissant seule avec ses souffrances ! Dans la deuxième solution, c’est l’aspect du remord qui prime, de la présence de l’homme, même mort, dans son esprit, une sorte de fantôme…

« Toujours en cavale » rappelle les frasques amoureuses du libertin, courant les filles mais revenant toujours à sa Mylène (« tu dis : j’ai besoin de tes bras »). On imagine bien la scène du fautif se jetant aux pieds de la belle pour lui implorer son pardon, avec pour seul et éternel prétexte que c’est plus fort que lui, qu’il ne peut maîtriser ses pulsions sexuelles.

Mylène répond de ces mots terribles : « Ne t’éloignes pas de mes bras ». Cette fois, tu ne me quitteras plus jamais ! Puisque tu jures de m’aimer vraiment et éternellement, je t’obligerais à tenir cette promesse… 

« C’est plus fort que toi » fait écho à « it’s beyond my control ». Cette dernière phrase a été inspirée à Mylène par une adaptation américaine filmée des « Liaisons dangereuses » avec des acteurs très prestigieux comme Glenn Close ou John Malkovitch. C’est d’ailleurs ce dernier, avec son accoutumée « froideur passionnée », qui prononce la phrase reprise par Mylène dans un passage assez touchant où il rompt avec sa maîtresse, sans pouvoir lui cacher son amour. 

Mylène reprend en fait le même dessin en l’exacerbant, puisqu’elle provoque une rupture absolue avec son amant, tout en étant éprise de lui plus que jamais. 

Dans le deuxième couplet, si Mylène n’a pas encore nettoyé le sang sur ses doigts, elle a enfin compris que son amant était mort : « je veillerais ta sépulture ». Dérisoires promesses que l’on peut faire dans un tel cas. Le caractère faible de Mylène redevenue humaine s’oppose à sa force destructrice, lorsqu’elle a cédé à ses pulsions de mort. Il est toujours bien plus facile de détruire que de créer. Mais pourquoi l’homme est-il doué d’une si grande capacité de mort, face à sa si petite force créatrice ? 
« Beyond my control » s’appuie aussi sur le mythe (inspiré encore des « Liaisons dangereuses ») de la femme carnassière, devenant par sa violence plus forte que l’homme, le battant sur son propre terrain. Mais elle a son point faible. Si les garçons se jettent à ses genoux, elle ne peut supporter qu’ils aillent chez une autre vamp. Alors, la passion qu’elle utilisait pour maîtriser les hommes se retourne subitement contre elle : elle y succombe, et paye sa lourde dette à l’amour. Elle s’aperçoit qu’elle ne peut se passer de son amant.

Revenons à la pulsion. Freud est l’incontournable du domaine. Ainsi, comme ce psychologue, Mylène montre à quel point nous sommes dominés par ces deux pôles qui nous déchirent et mènent nos vies : amour et haine, création et destruction. De même, Mylène est partagée entre ses sentiments pour l’homme et sa haine parce qu’il l’a trahi. 

Cela rappelle la tragédie grecque d’Euripide : « les Bacchantes ». Ces femmes sont sous l’emprise d’un plaisir intense (symbolisé par le dieu Bacchus) et cause la mort autour d’elles. Elles s’éprennent du chanteur Orphée, et finissent par le couper en morceaux dans un accès de folie. Les fans extrémistes ne datent pas d’hier.

mf90_12a-225x300Tout ce qu’on a l’habitude de refouler explose dans le clip. Le sexe, la violence, la possession, et avec tellement de sensualité, tellement de beauté et de profondeur dans les couleurs qu’on ne peut qu’y adhérer. La violence avec laquelle les deux amants font l’amour, la sensualité avec laquelle Mylène tue l’homme, les loups déchirant des lambeaux de corps, est-ce cela le malsain ? Je ne crois pas. Ce clip est fait pour nous montrer que nous sommes tous des loups. 

Ce qui compte le plus pour nous ? Sexe et nourriture. Consommation. Les loups valent plus que nous. Ils sont aussi sauvages et moins gratuitement violents. Alors, à chacun de voir comment il se comporte dans sa vie : comme un homme ou comme un loup.

Mylène finit brûlée. De même qu’au Moyen-Âge, on jetait sur le bûcher tout ce qui ressemblait à une sorcière ou à un loup-garou. Ici, il est possible que Mylène prévoie que tous les bien-pensants, et même les hommes « normaux », la condamneront pour cette chanson déviante. L’étrange fait peur, on tente de le purifier par le feu. Nous avons toujours des mentalités moyenâgeuses. 

Mais la question est lancée, et, même si on n’aime pas ce genre de chanson, il faut réfléchir à ce qui motive notre vie. Et si l’on aime uniquement pour consommer ou pour procurer du bonheur à celui ou celle qu’on aime.

Source : http://www.sans-logique.com/mylene-farmer/analyses/

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Mylène dans TV Magazine

Posté par francesca7 le 1 mars 2013

 

A la sortie de son single QUAND :

Le compositeur a travaillé sur un disque voulu « éclectique », sur douze morceaux « pop-rock émergeant d’une base électrique, de sons de batteries, de guitares et de saxo ». Toujours auteure, Mylène Farmer signe pour « Monkey Me » des textes « d’une fraîcheur et d’une poésie qu’on ne lui connaissait pas » selon TV Magazine, qui a eu l’exclusivité de la première interview de la chanteuse pour son grand retour.

C’est avec beaucoup de simplicité et visiblement de franchise que Mylène Farmer s’est confiée au magazine, dans son numéro du 25 novembre à paraître. L’artiste revient sur la parenthèse « Bleu noir », en affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une infidélité à Laurent Boutonnat, avec qui elle forme un tandem solide depuis bientôt trente ans, et évoque « un manque » et « une envie de remonter sur scène » pour expliquer son retour si rapide.

Mylène dans TV Magazine dans Mylène 2013 - 2014 quand

« Je suis bouleversée [...] Et, quelques instants plus tard, tellement affolée. Il m’est impossible d’être blasée par un geste d’amour comme celui-ci », explique-t-elle pour décrire sa réaction suite à l’annonce des 160.000 billets écoulés en l’espace de quelques heures

« Le mot surprise sera bien au rendez-vous [...] On ne veut pas décevoir ni se décevoir. On a donc un an pour se préparer à embrasser le regard de tous ceux qui ont la générosité d’attendre »

Mylène Farmer « dévore des séries comme « Downton Abbey », « Dexter » » et regarde volontiers la télévision (« Un jour, un destin »), « un média parfois trop pressé pour traîner le fond des choses ». « Je suis, c’est vrai, d’une nature solitaire » réaffirme-t-elle, avant d’expliquer qu’elle mène une vie normale : « J’ai besoin de m’occuper de mes animaux, de dessiner, de nager, de regarder des films ». Dans cet entretien, Mylène Farmer revient furtivement sur le décès son singe capucin « E.T. », qui lui « manque terriblement », et ne devient pas muette lorsqu’il s’agit de présenter sa nouvelle amie Betty, un gibbon rencontré grâce à Vincent Lindon : « Betty, une demoiselle de quatre ans, qui a été volée lorsqu’elle avait trois mois et retrouvée huit mois plus tard ».

Mylène Farmer explique à TV Magazine qu’elle n’a pas prévu de mettre un terme à sa carrière après sa tournée « Timeless 2013″, même si c’est « une question qui taraude beaucoup les médias » : « Je ne me projette pas trop dans l’avenir. Quand je désir n’existera plus, je me volatiliserai » affirme-t-elle. D’ici là, ne comptez pas la voir participer à un quelconque télé-crochet comme The Voice ou Danse avec les stars, car Mylène Farmer se dit « un peu gênée quand l’art devient un concours ».

 

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La tournée 2013 de Mylène

Posté par francesca7 le 28 février 2013

 Mylène Farmer, Timeless

Mylène Farmer dévoile le clip de son nouveau titre,  » A l’ombre ». Une vidéo empreinte de poésie, où la nature est reine. Elle a été réalisée par l’acolyte de toujours de la chanteuse, Laurent Boutonnat. Découvrez-le sans plus attendre !

La tournée 2013 de Mylène dans Mylène 2013 - 2014 mf_timeless_2013-f5df41-202x300

Aujourd’hui, lundi 3 décembre, sort le nouvel album de Mylène Farmer, Monkey Me. Deux ans après Bleu Noir, la chanteuse nous présente un album aux sonorités pop-rock avec une forte base électrique, on y retrouve aussi des sons de batterie, de saxophone et de guitare. Ce nouvel album est réalisé en partenariat avec l’auteur compositeur Laurent Boutonnat, son collaborateur de toujoursDécouvrez les nouvelles dates de la tournée de Mylène Farmer, Timeless 2013, et achetez vos places dès maintenant ! La chanteuse sillonnera les routes de France, de Belgique, de Suisse mais aussi de Russie. Une multitude de dates qui satisferont ses fans, Timeless débutera à Paris Bercy, le 7 septembre 2013. En attendant le début de la tournée, découvrez le nouveau clip de la chanteuse.

3-2 dans Mylène dans la PRESSELe nouveau clip de Mylène Farmer, « A l’ombre » a un côté mystique et étrange. Il est réalisé par Laurent Boutonnat, l’acolyte de toujours de Mylène Farmer. Elle l’a dévoilé en exclusivité sur le site de TF1, le titre est d’ores et déjà disponible sur les plateformes de téléchargement légal. Dans une ambiance mystique, on découvre des danseurs torses nus, qui entament une danse énigmatique, un mélange entre de la danse tribale et de la danse contemporaine. Ils sont entrecoupés par des images de loups courant dans le brouillard. Une ode à la nature, au retour aux sources, avec comme éléments principaux la terre et la glaise. Mylène Farmer apparaît naturelle, sans artifice, avec un costume noir cintré, une chemise blanche et une cravate noire. Elle se cache derrière un masque de glaise, qui déforme son visage, mais elle finit par s’en défaire et à sortir de l’ombre. Le clip est un hommage au travail du plasticien et sculpteur Olivier de Sagazan. Il est connu pour son travail sur le corps et sa déformation.Retrouvez la réaction des fans de Mylène Farmer pour son nouveau titre A l’ombre, sur melty.fr.  

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Mylène et Boutonnat

Posté par francesca7 le 26 février 2013

Mylène et Boutonnat dans Mylène AU FIL DES MOTS 4Laurent Boutonnat
S’il est sans aucun doute LA rencontre de la vie de Mylène Farmer, jamais une histoire amoureuse entre Mylène Farmer et Laurent Boutonnat, son complice de toujours, n’a été confirmée par qui que ce soit. On sait pourtant qu’ils ont vécu ensemble vers les années fin 80 – début 90. On sait aussi que leur relation a connu une petite « crise » en 1997, lorsque Laurent Boutonnat a produit la chanteuse Nathalie Cardone, et accessoirement… s’est mis en couple avec ! Mylène, qui disait dans les années 80 : « Si un jour Laurent composait pour une autre, je ne lui pardonnerais pas », n’apprécie pas du tout… En 1999, elle prépare sa troisième tournée (Mylenium Tour) sans Laurent, qui du coup boude le spectacle pendant les premières représentations. Il n’est venu le voir qu’après 3 mois de tournée, lorsque Mylène est passée à Paris-Bercy le 13 décembre 1999. Il se dit qu’il aurait été très impressionné par le spectacle que sa complice de toujours avait concocté sans lui, et qu’il serait allé la voir dans sa loge après le concert, pour des retrouvailles très intenses… 

Suite à cela, Mylène et Laurent ont continué leurs collaborations artistiques main dans la main, totalement en phase l’un avec l’autre. Au-delà de la complicité artistique tout à fait unique qui lie les deux personnages (et sur laquelle nous ne reviendrons pas en détails ici – nous nous invitons plutôt à consulter tout le reste du site !), on peut dire aujourd’hui qu’ils continuent à développer des liens d’affection particulièrement forts, parlant régulièrement et jusqu’à aujourd’hui, l’un comme l’autre, de « soeur » et « frère jumeau ».

2 dans Mylène en CONFIDENCES

Voyez comme ils parlent l’un de l’autre sur notre page qui y est consacrée ici :

Quand Laurent parle de Mylène… 

« On recherchait quelqu’’un au moment où on avait fait cette chanson avec un ami, qui était « Maman à tort ». Et le jour où Mylène est arrivée, elle était parfaite quoi ! C’était le personnage. [Elle avait pas tellement l’air] pervers, c’est plutôt… psychotique, je dirais. Quelqu’’un d’un peu renfermé, comme ça… …. ça a été elle tout de suite, quoi. Avant même de l’entendre chanter. »

Antenne 2 Midi (Antenne 2), le 01.09.1986

« C’est un vrai bonheur [de travailler avec Mylène en tant qu’actrice] parce qu’elle se laisse guider, ce qui n’est pas souvent le cas de tous les acteurs qui ont un peu peur de se laisser guider. »

Le journal du cinéma (Canal+), le 05.10.1994

« Avec Mylène, j’ai l’habitude de dire qu’on est nés ensemble. Aujourd’hui, elle est devenue pour moi comme une sœur, tant sur le plan artistique qu’affectif. »

Propos recueillis par Jean-Rémy Gaudin-Bridet pour Télé Star, 2007.

 

5 dans Mylène et des CRITIQUESQuand Mylène parle de Laurent…


  « [Il] a fait […] ses premiers pas dans le cinéma à seize ans. Il a réalisé un long-métrage qui était parti à Cannes et […] qui avait eu quelques petits déboires et maintenant réalise […] des films publicitaires. C’est plus alimentairement, et puis c’est vrai que c’est un bon exercice de toute façon. »

Azimut (FR3 Lorraine), le 25.06.1986

« On s’est rencontrés et lui est compositeur, donc, a une passion pour la musique, pour le cinéma également, […] et donc m’a proposé avec une autre personne la première chanson, qui était « Maman à tort ». Et puis, voilà, nous travaillons ensemble. […] Vous parliez de mentor tout à l’heure, pour moi c’est surtout un admirable metteur en scène, dans toute sa généralité. »

Antenne 2 Midi (Antenne 2), le 01.09.1986

« C’est vrai que je travaille en permanence avec [Laurent] pour le meilleur et pour le pire ! »

Top 50 (Canal+), le 06.09.1986

« Être extérieure [au processus de fabrication d’un clip], ça je ne peux pas. Je travaille avec Laurent quant au scénario, et puis après ma foi, c’est lui qui [s’occupe] du cinéma à proprement parler. Et puis après, c’est un travail d’équipe »

La vie à plein temps (FR3 Pyrénées), le 07.04.1987

« Je crois que ma vraie naissance c’était le jour où j’ai enregistré « Maman à tort ». C’est le jour où j’ai rencontré cette personne qui est Laurent Boutonnat, qui est donc également le réalisateur de mes clips, qui est également compositeur. C’est le jour où j’ai pu naître, oui, c’était une naissance. […] Cette rencontre avec Laurent, moi je la qualifie du domaine de l’exceptionnel, c’est-à-dire les rencontres qu’on a très peu dans sa vie, qu’on doit privilégier. C’est vrai que cette rencontre avec Laurent, c’était extraordinaire pour moi parce que c’est quelqu’un qui a énormément de talent dans beaucoup de domaines, qui a des choses qui l’attirent, qui moi m’attirent, des choses qu’on a en commun. Et c’est fascinant de trouver un personnage comme ça. Voilà, donc Mylène Farmer c’est un peu de moi, c’est certainement un peu de Laurent Boutonnat, c’est beaucoup de choses. »

Lazer (M6), en 05.1987

« [Laurent] aime l’hémoglobine, oui. »

Panique sur le 16 (TF1), le 19.11.1987

  « Laurent Boutonnat travaille pour des films publicitaires, et tout spécialement pour l’étranger. Il a des commandes surtout par les Etats-Unis. […] En France, […] il en a fait quelques-unes, mais j’ai oublié d’ailleurs. [C’est lui qui a fait tous les clips] depuis le début. »

Nulle part ailleurs (Canal+), le 23.11.1987

« On a dit Pygmalion, mentor… et je ne sais…  Je crois qu’’il y a une complicité énorme et une complémentarité, surtout. […] J’ai suivi des cours de théâtre, donc je voulais être actrice. Et puis j’ai rencontré Laurent Boutonnat. Moi j’appelle ça la chance des rencontres. Y a peu de rencontres dans sa vie…   C’est beaucoup plus tard qu’il m’a présenté son premier film qu’’il avait réalisé à l’âge de seize ans qui s’appelait « Le voyage de la féconductrice » (ndlr : il s’agit d’une erreur de Mylène, le véritable titre étant « La ballade… ») et qui était même passé à Cannes, je crois.   Il avait pillé des fonds, je crois, le porte-monnaie de son papa et de sa maman !   C’est vrai qu’’en France, on vous demande toujours des références. C’est vrai que le premier que je citerai, c’est Laurent Boutonnat, c’est normal parce que c’est vraiment quelqu’’un que j’aime et je pense qu’’il sera un des grands, grands, grands réalisateurs de demain. »

Nulle part ailleurs (Canal+), le 07.10.1988

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« Je sais pas si on peut parler de hasard. Ce sont des rencontres comme ça qui existent. C’est en tout cas une bonne étoile, en ce qui me concerne ! »

Clip Dédicace (M6) le 08.10.1988

« C’est un homme qui a un physique romantique, c’est un homme qui a ses névroses, qui a, je crois, beaucoup de talent et qui aime particulièrement la musique et le cinéma, je crois, et qui aurait envie et qui va réaliser un premier long-métrage. »

Fréquenstar (M6) le 22.03.1989

« C’est une bonne étoile. Ce sont des rencontres dans la vie comme on en a peu, certainement. Pour moi, c’est une rencontre magique par rapport à bien évidemment plein de choses, mais également par rapport au cinéma et à l’image, à sa façon de l’imaginer, de la créer. »

J.T. de 20 Heures (M6) le 18.05.1989

 
« Tous les deux, nous sommes nés de la même chose. Donc c’est quelque chose de très fort et très beau, en tout cas pour ma vie. »

Pour un clip avec toi (M6) le 07.04.1991

« Il est vrai qu’’il est certainement plus rassurant pour moi que de commencer [au cinéma] avec Laurent Boutonnat puisque je connais sa caméra, et que j’aime définitivement son univers, sa façon de filmer, sa poésie […]. Et je crois que je suis heureuse que d’avoir commencé avec lui pour un premier long-métrage. »

Ciné 6 (M6) le 02.10.1994

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« Notre rencontre a quand même été très très forte et capitale dans notre vie. Donc il est difficile, non pas d’envisager un autre univers, [mais de] ne pas prolonger cet univers. »

19/20 (France 3) le 04.10.1994

« Je crois que c’est la rencontre d’avec Laurent Boutonnat qui a été fondamentale pour ma vie et, je le suppose, pour la sienne. Et donc, c’est la rencontre d’un univers qui est le même dans le fond – des passions communes, des goûts communs. »

J.T. de 20 Heures (TF1) le 04.10.1994

« C’est un excellent réalisateur. C’est quelqu’’un qui aime l’image, […] qui a une jolie narration. J’aime son travail en tout cas. »

Mylène Farmer XXELLE (Musique Plus – Québec) le 05.10.1996

« Je voudrais remercier Laurent Boutonnat. Si ma route n’avait pas croisé la [sienne], je crois que je ne serais pas là, j’en suis même sûre. »

NRJ Music Awards 2000 (TF1) le 22.01.2000

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Symbolisme de l’Horloge de Mylène

Posté par francesca7 le 17 février 2013

Analyse de « L’horloge »

Paroles : Charles Baudelaire
Musique : Laurent Boutonnat

+ d’infos sur cette chanson

Mylène Farmer a cette originalité d’allier dans ses chansons une expression puissante de sa personnalité indépendante et une inspiration importante et avouée de sources diverses. Le poète Charles Baudelaire en fait partie. 

Dans la famille des écrivains hallucinés, dépressifs, macabres et aussi géniaux que démodés, Baudelaire est le patriarche. On ne s’étonnera donc pas qu’il ne soit guère lu par les publics de Paul-Loup Sulitzer ou de J.K.Rowling, ce qui fait, en les additionnant, la majorité des consommateurs. 

Symbolisme de l'Horloge de Mylène dans Mylène et SYMBOLISME capturedcran2012-06-06162552-300x174

L’homme qui a enterré les vieillissantes doctrines romantiques a eu ce tragique destin de finir sur les mêmes étagères que ceux auxquels il s’opposait. A quelques exceptions près, la poussière semble être l’avenir fatal de toute œuvre dépassant les trente-quarante années d’existence. 

L’espérance de vie d’un livre devient inférieure à celle d’une cannette de bière !
Grâce à Mylène, il y aura au moins un auteur de sauvé (avec Poe dans « Allan »). Reprenant le texte original d’un poème de Baudelaire, Boutonnat et Mylène ont réussi à lui coudre un « habillage » contemporain à peu près à sa taille. 
Mais le choix de Baudelaire et de « L’Horloge » est plus qu’une opération de sauvetage par nostalgiques décalés. C’est une partie importante de l’œuvre mylénienne complète.

Rendons à chacun ce qui est à chacun : les textes de Baudelaire, au niveau du pur jeu poétique, sont supérieurs à beaucoup de textes de Mylène. C’est la différence entre le maître et l’apprentie. Mais, au niveau de la réflexion, Mylène ne se borne pas à copier Baudelaire. Elle veut le dépasser, ou plutôt passer par lui pour suivre un autre chemin, un chemin qui n’est pas loin de celui des « Fleurs du Mal », mais qui mène à d’autres lieux et d’autres paysages. 
Pour preuve, le fait que Mylène commence son premier « grand » album avec le poème qui finit le grand recueil de Baudelaire : la quatre-vingt-cinquième fleur du Mal. Une petite ambition de poursuivre sur la voie du maître ? En tout cas, de lui rendre un hommage musical.

D’ailleurs, Baudelaire lui-même était un grand amateur de musique, et il fut l’un des premiers à rechercher une musique dans les mots, les vers et les rimes, ce qui inspirera Verlaine. Baudelaire fut l’explorateur des correspondances entre mondes visible et invisible, sensible et matériel, poétique et musical. Il n’aurait donc peut-être pas craché sur une adaptation de ses poèmes en musique. Mais il aura dû attendre plus d’un siècle…

Sans se lancer dans une analyse détaillée du poème, il faut faire quelques remarques sur sa forme. 
D’abord, « L’Horloge », c’est six strophes de quatre alexandrins, ce qui fait vingt-quatre vers. Autant que de chiffres sur un cadran. Les strophes sont des quatrains : quatre vers. Autant de quarts d’heure. 
Ensuite, c’est un système, qui marquera Mylène durant toute sa carrière de poète, d’allitération et de jeux de sonorités construisant un rythme, donnant un tempo. 

Et Baudelaire a ce pouvoir d’utiliser les mots pour peindre le temps.
Vous pouvez vérifier. Les deux premiers vers et le dernier ver de chaque strophe comportent toutes au moins deux sifflantes par vers : en début ou en fin de vers. La consonne semble revenir inlassablement : « sinistre/impassible, menace/souviens-toi, cible ». Et c’est ainsi dans chaque strophe ! Impressionnant.

On ne sera pas étonné de trouver dans la partition de Boutonnat un même rythme implacable, presque conquérant, accompagné d’un thème descendant lentement. De même, Mylène alterne les passages parlés et chantés, graves et plus aigus, tel un perpétuel mouvement de balancier.

Le goût de Boutonnat pour l’étrange trouve en Baudelaire un prétexte pour se déchaîner. Et le musicien n’hésite pas à employer les effets attendus du genre : cris de bébé, résonances d’aéroports, voix de Jugement Dernier (« Souviens-toi », « Remember ») qui annoncent « Beyond my control », mystérieux arrangements au synthé, ruisselantes sonorités. 
Le rôle de Mylène paraît assez réduit, sa voix devant se conformer à un rythme particulièrement précis. Elle parvient pourtant à joindre une forte émotion à une sorte d’automatisme machinal. 

images-111 dans Mylène et SYMBOLISME« L’Horloge » rassemble plusieurs thèmes baudelairiens. 
Par exemple, ce n’est pas son seul poème qui parle du Temps, incarné par l’horripilant tic-tac de l’horloge, comme l’ennemi de l’homme. On en sent l’universalité dans la quatrième strophe, quand l’horloge dit « parler toutes les langues ». Avec malice, Mylène dit ce vers en imitant la voix d’un enfant, provoquant en nous un sentiment particulier quand on se rappelle combien on était heureux quand on était gamin et combien ce temps nous paraît loin.

C’est à cause de ce temps qui nous file entre les doigts que la vie nous apparaît comme un supplice, balançant jusqu’à la fin entre l’amertume de l’ennui (quand le temps est trop long) et les affres de la vieillesse (quand le temps nous trahit). 
C’est exprimé dans le poème dans le déroulement des strophes. D’abord, la deuxième strophe fait référence à l’âge des plaisirs, où l’on essaie de profiter de la vie tant elle est courte, puis c’est le temps de la paresse (« mortel folâtre »), juste avant de s’apercevoir qu’on a dépensé sa vie à ne rien produire. Les regrets d’avoir oublié de cultiver les valeurs humaines apparaissent trop tard. « L’auguste Vertu » reste « vierge », sans qu’on ait cherché ni à la toucher ni à l’aimer…

L’homme est soumis au Temps (« qui gagne sans tricher à tous coups ») comme à une « loi ». En effet, Dieu l’a créé périssable, il nous a déterminé en nous imposant le temps. C’est pourquoi l’horloge est un dieu « sinistre ». L’étymologie de ce mot est sinister : qui peut dire l’avenir. C’est cet avenir tragique que Baudelaire ne comprend pas. Pourquoi avoir créé la nature et ses merveilles (« la sylphide ») si on meurt avant d’en avoir réellement profité ? Absurde. 

La situation décrite dans le poème est terrible, parce qu’elle se situe juste avant la mort : non pas durant la nuit, mais au moment du crépuscule (« le jour décroît, la nuit augmente »). On ressent donc pleinement la menace de la mort, dont on ne sait vraiment qu’une seule et unique chose : elle viendra. 

Et, à ce moment, le temps qu’on avait cru gagner nous fera défaut, la chance qu’on croyait à nos côtés nous abandonnera, bref, toutes ces forces que l’humanité ne peut contrôler se retourneront contre elle. Et il sera trop tard pour demander pardon, car on n’efface pas le passé et la culpabilité reviendra nous tourmenter. C’est la signification de l’obsédant « souviens-toi ».
Reste à savoir en quoi Mylène se sent-elle interpellée par ce message. Elle est jeune, jolie, intelligente, sans complexe avec les hommes. N’a-t-elle pas le temps ?

mylMais n’est-ce pas ce que tout le monde croie, en se laissant berner par l’apparente longueur de la vie, alors qu’il manquera toujours de l’eau dans la clepsydre ? 
Deux éléments expliquent l’angoisse de Mylène. D’abord, la maturité de sa réflexion, qui la vieillit intérieurement et prématurément : elle le sentait déjà dans « Plus grandir ». Et puis, la proximité qu’elle entretient avec la mort. 
C’est surtout le caractère inconnu de la mort qui attire Mylène. Qu’en savons-nous, après tout ? Elle est omniprésente, omnipotente, frappe par surprise aussi bien que sans surprise. C’est un ennemi invisible qui détruit irréversiblement ceux qu’on aime et finit par nous prendre aussi. Elle est aussi bien adorée (il faut voir le nombre de films au cinéma qui magnifient la mort) qu’abhorrée, et universellement crainte. 

Mais, le pire, c’est qu’on ne sait pas ce que l’on craint. 
Bien sûr, il y a la souffrance. Mais, au bout de quelques années de vie sur cette planète, on y est vite habitué, même si, dans notre société, elle apparaît plus sous sa forme de souffrance morale que physique. 
Tenter de percer cet inconnu implique forcément de braver un interdit. Ce sera un facteur déterminant dans la poésie de Mylène. D’où la position en ouverture d’album de « L’Horloge ».

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Mylène, de nature solitaire

Posté par francesca7 le 14 février 2013

Mylène Farmer : «Je suis d’une nature solitaire»

INTERVIEW -À l’occasion de la sortie de son album Monkey Me et de sa tournée, la chanteuse française se confie. (Avec TV Magazine)

 

Mylène, de nature solitaire dans Mylène en INTERVIEW monkey-myleneSon nouvel album, Monkey Me, sortira le 3 décembre. Douze titres composés par Laurent Boutonnat sur des textes de Mylène Farmer. Un mélange éclectique où cohabitent des morceaux pop-rock émergeant d’une base électrique, de sons de batterie, de guitares et de saxo. Les paroles manient les thèmes chers à l’interprète, mais teintés d’une fraîcheur et d’une poésie qu’on ne lui connaissait pas. En exclusivité pour TV Magazine, Mylène Farmer se livre à un exercice rare pour elle: l’interview-confession. Voici la star comme vous ne la lirez jamais.

TV MAGAZINE – Mylène Farmer, votre dernier album remonte à deux ans. Vous nous aviez habitués à des intervalles plus longs…

Mylène Farmer- Oui. Je ne m’en rends pas compte. Deux ans dans un monde chronophage, où chaque jour engloutit le temps, cela paraît une éternité. Il s’agit probablement d’un manque et de l’envie de remonter sur scène.

Monkey Me marque la reformation de votre tandem artistique avec Laurent Boutonnat. Qu’est-ce que votre «infidélité» vous a apporté?

Il ne s’agit pas d’infidélité! Mon précédent album, Bleu noir, n’était autre que le fruit de rencontres avec Moby, Archive et RedOne. Ils m’ont proposé des chansons qui ont provoqué mon désir et l’envie d’écrire… C’est aussi simple que ça. En outre, Laurent Boutonnat travaillait de son côté sur d’autres projets.

On vous connaissait rousse et vous vous montrez blonde platine sur l’album et les affiches de votre tournée. Que s’est-il passé?

Moi aussi, je me connaissais rousse! (Rires.) Mais sous le roux se cachent d’autres couleurs. Ne sommes-nous pas tous constitués de mille facettes? Celle-ci avait envie de vivre…

Quel look allez-vous adopter pour votre tournée? Et quelles surprises avez-vous concoctées pour ces concerts?

Je ne peux y répondre maintenant. Mais, puisque vous l’évoquez, le mot surprise sera bien au rendez-vous.

Une nouvelle fois, vous avez battu le record de réservations en un minimum de temps. Cela vous touche-t-il encore?

Je suis bouleversée à chaque fois! Tellement bouleversée… Et, quelques instants plus tard, totalement affolée! Il est impensable d’être blasée par un geste d’amour comme celui-ci. C’est un véritable cadeau et une responsabilité aussi. On ne veut pas décevoir ni se décevoir. On a donc un an pour se préparer à embrasser le regard de tous ceux qui ont la générosité d’attendre.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui écoutent vos chansons pour garder de l’espoir dans un monde aussi dur?

Le monde a toujours été dur. Sous certains aspects, il l’est peut-être moins aujourd’hui, même s’il est autrement cruel. Moins solidaire, plus solitaire aussi. Je ne peux que penser à ceux qui sont bien plus malheureux, dans le besoin ou cloués sur un lit d’hôpital, et me dire qu’il faut affronter la vie et trouver des pépites dans des moments simples, ces moments qui sont souvent à portée de soi, mais qu’on ne voit plus. Être aimé de quelqu’un ou d’un plus grand nombre reste l’essentiel de la vie. Se préoccuper d’autrui rend meilleur.

monkey-me-mylene dans Mylène en INTERVIEWOn vous dit solitaire. Pouvez-vous nous décrire une de vos journées quand vous ne travaillez pas?

Vous voulez dire quand je ne travaille pas comme une personne qui doit se rendre quotidiennement à son bureau? (Sourire.) C’est un grand privilège de n’avoir pas le sentiment de travailler, même lorsque je finis une séance de studio à 2 heures du matin ou lorsque je sors de scène exsangue. C’est du travail, mais je ne le vis pas comme un poids ni comme une obligation. C’est un choix et une immense chance. Je dois certainement partager ce sentiment avec toutes les personnes passionnées par ce qu’elles font. Mais je suis, c’est vrai, d’une nature solitaire. J’ai besoin de m’occuper de mes animaux, de dessiner, de nager, de regarder des films et je retrouve mes amis avec d’autant plus de plaisir…

Quels sont les journaux et les émissions de télévision que vous suivez régulièrement?

Je ne regarde pas beaucoup la télévision finalement, surtout en période de travail. Mais j’ai toujours aimé les débats, quand les points de vue sont exprimés avec respect. La télévision est un média parfois trop pressé pour traiter le fond des choses. Je n’aime pas le cynisme systématique et la télévision bruyante. Il m’arrive de dévorer des séries comme Downton Abbey,Dexter ou Les Tudors et je regarde toujours avec autant de bonheur Un jour, un destin. Dans le fond, je ne recherche pas l’information à tout prix… Je la laisse me cueillir au détour d’un article, d’un reportage.

L’industrie musicale souffre et les ventes de CD ne cessent de baisser. Imaginez-vous un jour ne plus pouvoir sortir de disques?

Chaque époque a connu la disparition d’un support. Il y aura toujours des disques physiques, même si le digital annonce une ère nouvelle. En tout cas, il y aura toujours un rapport affectif à l’objet quel qu’il soit. Les albums ou une autre forme restant à inventer rencontreront toujours un public. La musique existait dès la naissance de l’humanité.

Que pensez-vous des télé-crochets? Est-ce un miroir aux alouettes, un mal nécessaire ou le seul moyen aujourd’hui d’être découvert?

Je ne peux pas juger cette génération d’émissions puisque je ne les connais pas bien. Mais je suis toujours un peu gênée quand l’art devient un concours.

Le Québec, où vous êtes née, est en proie à de violents mouvements protestataires. Avez-vous conservé des attaches là-bas?

La violence m’a surprise dans ce pays, à la réputation modérée. Je n’y ai conservé malheureusement aucune attache… Si ce n’est l’envie d’y retourner pour ses paysages de neige et peut-être transporter le prochain spectacle là-bas…

Quels artistes récents vous semblent dignes d’intérêt?

Je suis impressionnée par Muse. Et par Matthew Bellamy, qui est aussi fascinant que Freddie Mercury!

Que pensez-vous des réseaux sociaux et des sites si nombreux qui vous sont consacrés?

Je suis fascinée par la vitesse de l’information et la possibilité pour de nombreuses personnes de partager instantanément des sujets communs. Je pense aussi à ceux qui n’y ont pas accès. Avec qui partagent-ils leurs passions? Aussi, je ne m’attarde pas sur les sites qui me sont consacrés. J’aurais l’impression d’entrer, sans y avoir été invitée, dans une pièce où les gens parlent de moi.

Une photo vous montre avec un gibbon. Est-ce celui que vous avez adopté il y a plusieurs années?

m-de-je-te-dis-tout1Non. E.T. était un singe capucin, plus menu. Elle a partagé ma vie pendant plus de vingt-cinq ans. Il s’agit ici de Betty, une demoiselle de 4 ans, qui a été volée lorsqu’elle avait 3 mois et retrouvée huit mois plus tard. J’ai croisé son chemin grâce à Vincent Lindon, qui m’a un jour envoyé une petite vidéo d’elle sur le tournage de son film Augustine . J’ai immédiatement contacté le parc zoologique du bois d’Attilly, où elle vivait. C’est une rencontre inoubliable, une émotion tellement forte. Elle était d’une douceur incroyable. Quant à E.T., elle me manque terriblement…

L’avez-vous remplacée?

Non. Elle restera l’unique.

Avez-vous déjà décidé d’une date à laquelle vous arrêteriez de vous produire sur scène ou d’enregistrer des disques?

C’est, semble-t-il, une question qui taraude beaucoup les médias, mais, vous savez, il y a dix ans déjà, on me demandait: «Quand saurez-vous que ce n’est pas le combat de trop?». Je ne me projette pas dans l’avenir. Trop angoissant. Quand le désir n’existera plus, alors je me volatiliserai.

 

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Symbolisme de QUAND !

Posté par francesca7 le 12 février 2013

QUAND de MYLÈNE FARMER

Symbolisme de QUAND ! dans Mylène et SYMBOLISME 71644_306_people-136x300Deuxième extrait du nouvel album MONKEY MEQUAND est un titre pour lequel MYLÈNE FARMER s’est surpassé.

Un véritable enchantement pour les amoureux de la langue française, un raffinement dans les rimes qui dépasse même celui des trouvailles de Bénabar.

Quel plaisir d’écouter en boucle les paroles de QUAND où Mylène Farmer, inventive, fait débuter ses phrases en échos par « Toi », « Moi », « Vois », et fait se répondre « Quand » et   »Grand ».

Ah! Et puis il y a de véritables morceaux de bravoure, comme celui-ci:

« Les étoiles tombent une à une
Les bougies sont de fortune
Et ces vagues de nausée
Tu vois j’ai l’âme enserrée »

On dirait du Shakespeare, non?

Oh! Et cet enchaînement digne des plus beaux passages de la poésie française (les trois petits points marquent les pauses de la chanteuse):

« Comm… ent t’y prends-tu
Au moins le sais-tu
Pour mener ta… vie?
Dans… le vent j’entends
Tes renoncements
La… mélodie dure se répand. »

Tout y est: rimes en « tu », répétitions des « en »… Du grand art je vous dis!

Venez rejoindre le forum de Francesca http://devantsoi.forumgratuit.org/

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Mylène Farmer en Interview Déc.2012

Posté par francesca7 le 11 janvier 2013

 

Mylène Farmer : « Je me volatiliserai quand le désir n’existera plus »

Le 3 décembre 2012, Mylène Farmer fera son retour dans les bacs avec un neuvième album, « Monkey Me », devancé par un premier single (« A l’ombre ») dont le clip devrait bientôt être dévoilé. Après plusieurs mois de retrait, la chanteuse sort de son silence et se confie à « TV Magazine » au sujet de ses nouveaux morceaux, son prochain spectacle « Timeless 2013″ et de sa nouvelle amie Betty.

Rarement l’attente entre deux disques de Mylène Farmer aura été aussi brève. Deux ans à peine après avoir publié l’album « Bleu noir », succès en bacs grâce à des collaborations efficaces avec Moby, Archive et RedOne, l’interprète de « Libertine » est de retour avec le single « A l’ombre », qui devance la sortie le 3 décembre de son neuvième opus. Intitulé « Monkey Me », ce disque est à nouveau le fruit d’un travail commun réalisé avec Laurent Boutonnat, qui avant « Bleu noir » avait signé toutes les musiques de la chanteuse. Le compositeur a travaillé sur un disque voulu « éclectique », sur douze morceaux « pop-rock émergeant d’une base électrique, de sons de batteries, de guitares et de saxo ». Toujours auteure, Mylène Farmer signe pour « Monkey Me » des textes « d’une fraîcheur et d’une poésie qu’on ne lui connaissait pas » selon TV Magazine, qui a eu l’exclusivité de la première interview de la chanteuse pour son grand retour.

« On a un an pour se préparer »

Mylène Farmer en Interview Déc.2012 dans Mylène en INTERVIEW 2C’est avec beaucoup de simplicité et visiblement de franchise que Mylène Farmer s’est confiée au magazine, dans son numéro du 25 novembre à paraître. L’artiste revient sur la parenthèse « Bleu noir », en affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une infidélité à Laurent Boutonnat, avec qui elle forme un tandem solide depuis bientôt trente ans, et évoque « un manque » et « une envie de remonter sur scène » pour expliquer son retour si rapide. La chanteuse a récemment annoncé une tournée pour l’an prochain, « Timeless 2013″, dont les places se sont arrachées en quelques heures.

« Je suis bouleversée [...] Et, quelques instants plus tard, tellement affolée. Il m’est impossible d’être blasée par un geste d’amour comme celui-ci », explique-t-elle pour décrire sa réaction suite à l’annonce des 160.000 billets écoulés en l’espace de quelques heures le 4 octobre. Mais ne comptez pas sur la (très) discrète chanteuse pour dévoiler quelques secrets au sujet de son prochain spectacle qu’elle aimerait transporter dans son Canada d’origine : « Le mot surprise sera bien au rendez-vous [...] On ne veut pas décevoir ni se décevoir. On a donc un an pour se préparer à embrasser le regard de tous ceux qui ont la générosité d’attendre ».

Alors que beaucoup l’imaginent encore dormir dans un cercueil, Mylène Farmer « dévore des séries comme « Downton Abbey », « Dexter » » et regarde volontiers la télévision (« Un jour, un destin »), « un média parfois trop pressé pour traîner le fond des choses ». « Je suis, c’est vrai, d’une nature solitaire » réaffirme-t-elle, avant d’expliquer qu’elle mène une vie normale : « J’ai besoin de m’occuper de mes animaux, de dessiner, de nager, de regarder des films ». Dans cet entretien, Mylène Farmer revient furtivement sur le décès de son singe capucin « E.T. », qui lui « manque terriblement », et ne devient pas muette lorsqu’il s’agit de présenter sa nouvelle amie Betty, un gibbon rencontré grâce à Vincent Lindon : « Betty, une demoiselle de quatre ans, qui a été volée lorsqu’elle avait trois mois et retrouvée huit mois plus tard ».

« Je suis impressionnée par Muse »

31 dans Mylène en INTERVIEWPeu habituée à évoquer sa vie personnelle, la chanteuse se prononce sur l’évolution du marché du disque, citant Muse, qui cartonne avec l’album « The 2nd Law », comme une référence : « Matthew Bellamy est aussi fascinant que Freddie Mercury ! ». Et si le format physique du single disparaît progressivement des rayons chez les disquaires, la chanteuse qui proposera le 26 novembre différents supports de son nouveau single « A l’ombre », estime qu’« il y aura toujours des disques physiques, même si le digital annonce une nouvelle ère [...] Il y aura toujours un rapport affectif à l’objet quel qu’il soit. Les albums ou une autre forme restant à inventer rencontreront toujours un public ».

Comme le dit si bien la chanteuse, « chaque époque a connu la disparition d’un support ». Mais de disparition, il n’est visiblement pas question pour le moment : Mylène Farmer explique à TV Magazinequ’elle n’a pas prévu de mettre un terme à sa carrière après sa tournée « Timeless 2013″, même si c’est «une question qui taraude beaucoup les médias » : « Je ne me projette pas trop dans l’avenir. Quand le désir n’existera plus, je me volatiliserai » affirme-t-elle. D’ici là, ne comptez pas la voir participer à un quelconque télé-crochet comme The Voice ou Danse avec les stars, car Mylène Farmer se dit « un peu gênée quand l’art devient un concours ».

Article paru chez http://www.chartsinfrance.net 

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Mylène Farmer apprécie Sylvia Plath

Posté par francesca7 le 25 décembre 2012

 

Mylène Farmer apprécie Sylvia Plath dans Mylène et les AUTEURS 220px-sylvia_plathSylvia Plath, née le 27 octobre 1932 à Jamaica Plain, dans la banlieue de Boston, et morte le 11 février 1963 à Londres, est une écrivaine américaine ayant produit essentiellement des poèmes, mais aussi un roman, des nouvelles, des livres pour enfants et des essais. Si elle est surtout connue en tant que poète, elle tire également sa notoriété de The Bell Jar (en français, La Cloche de détresse), roman d’inspiration autobiographique qui décrit en détail les circonstances de sa première dépression, au début de sa vie d’adulte.

Depuis son suicide en 1963, Sylvia Plath est devenue une figure emblématique dans les pays anglo-saxons, les féministes voyant dans son œuvre l’archétype du génie féminin écrasé par une société dominée par les hommes, les autres voyant en elle une icône dont la poésie, en grande partie publiée après sa mort, fascine comme la bouleversante chronique d’un suicide annoncé.

Née d’un père émigré allemand et d’une mère d’origine autrichienne, Sylvia Plath est une enfant douée qui publie son premier poème à l’âge de huit ans. La même année, le 5 octobre 1940, son père, Otto Plath, universitaire renommé dans le domaine de l’entomologie, meurt brutalement des suites de l’amputation d’une jambe gangrenée. Un de ses amis étant décédé d’un cancer du poumon, il s’était persuadé qu’il avait la même maladie et ne s’était pas occupé de soigner son diabète avant qu’il ne soit trop tard. À la mort de son père, elle a ce mot : « je ne parlerai plus jamais à Dieu ». Ce premier drame la marque au fer rouge, et ce père mythique hante ensuite nombre de ses poèmes. Issue d’une famille cultivant l’ambition et le culte du travail, elle s’avère souvent trop exigeante avec elle-même comme avec les autres. Brillante élève, très précoce en poésie, Sylvia décide dès l’adolescence de devenir écrivain.

Tout au long de sa vie d’adulte, Sylvia Plath souffre de troubles bipolaires graves[réf. nécessaire] (autrefois appelés maniaco-dépression). Grâce à l’octroi d’une bourse d’étude, elle intègre en 1950 l’une des plus grandes et prestigieuses universités américaines réservées aux femmes, Smith College, située à proximité de Boston.Elle y fait sa toute première tentative de suicide. Plus tard, en 1963, elle décrit dans son roman autobiographiqueLa Cloche de détresse, l’épisode dépressif qu’elle a ainsi traversé en 1953. À ce moment-là, elle est admise dans une institution psychiatrique et semble montrer des signes de guérison satisfaisants, puisqu’elle termine brillamment ses études à Smith College, obtenant en 1955 son diplôme avec les félicitations du jury (summa cum laude).

Au cours de ses années universitaires, elle publie des poèmes, s’occupe d’une revue, participe aux fêtes et aux bals de la vie étudiante. Sa beauté et son humour lui valent d’être unanimement appréciée. Elle est toutefois constamment dubitative quant à son avenir et sa vocation, son humeur oscillant de la plus grande joie au plus profond découragement : c’est à ce stade de sa vie qu’elle s’aperçoit à quelle point elle est prise en étau entre le conformisme ambiant et l’impérieux besoin de liberté et d’indépendance qui l’anime.

En 1956, Sylvia Plath obtient une bourse Fulbright pour étudier en Angleterre, au Newnham College de l’université de Cambridge où elle va faire la connaissance de Ted Hughes, un jeune poète anglais. Rencontre fulgurante s’il en est, ils se marient quelques mois plus tard. Ted et Sylvia vivent alors à Londres. Sa vie d’épouse, les tâches ménagères, les soucis financiers et la dactylographie des manuscrits de Ted occupent Sylvia davantage que sa propre carrière.

220px-Smith_College dans Mylène et les AUTEURSLe couple décide alors d’aller vivre deux ans aux États-Unis, de 1957 à 1959, les deux poètes tentant de subsister de leur plume, mais Sylvia doit occuper de petits emplois temporaires, notamment dans un hôpital psychiatrique. Elle obtient toutefois aussi un poste d’enseignante dans son ancienne université, Smith College. Parallèlement, elle assiste à des conférences données par le poète américain Robert Lowell, au cours desquelles elle rencontre la poétesse Anne Sexton. Ces cours auront une influence capitale sur son œuvre. Sylvia étant enceinte, en octobre 1959, le couple décide de retourner à Londres, où ils vivent en symbiose et s’aident mutuellement dans leur travail. Frieda, leur premier enfant, naît en 1960, et leur fils Nicholas en 1962.

Très vite, Sylvia et Ted quittent Londres pour s’installer dans la campagne anglaise, dans le comté de Devon. Elle publie son premier recueil de poèmes, The Colossus, en Angleterre en 1960. En février 1961, elle fait une fausse couche, événement qui hantera par la suite bon nombre de ses poèmes. Le couple Ted et Sylvia bat de l’aile, et ils se séparent moins de deux ans après la naissance de leur premier enfant. Cette séparation s’explique principalement du fait des troubles psychiatriques de Sylvia, et de la liaison de Ted Hughes avec l’épouse d’un ami poète. Sylvia brûle alors des lettres et des manuscrits de Ted. Paradoxalement, cette période de colère et de désespoir constitue la plus productive de sa vie d’écrivain.

En 1962, Sylvia Plath retourne s’installer à Londres avec ses enfants, Frieda et Nicholas. Elle loue un appartement dans une maison autrefois occupée par le poète irlandais William Butler Yeats : elle en est extrêmement heureuse et considère cela comme un bon présage dans le contexte du début de sa procédure de divorce. Mais l’hiver 1962/1963 est l’un des plus rudes du siècle à Londres et, le 11 février 1963, au petit matin, malade et dépressive, Sylvia place un torchon dans le four de la gazinière, ouvre le gaz, et attend sa fin. Auparavant, elle a calfeutré la porte de la cuisine, et préparé sur la table des biscuits et du lait pour ses enfants, qui dorment à l’étage supérieur et qui échapperont à l’empoisonnement par le gaz. Son dernier poème connu, intitulé Edge (en français, Le Bord) fait figure de testament prémonitoire. Sylvia Plath est enterrée au cimetière de Heptonstall, dans le comté anglais du Yorkshire de l’Ouest. Sa mort fut une tragédie non seulement pour ses enfants, mais aussi pour son mari, Ted Hughes, et sa mère, Aurelia Plath, qui ne s’en sont jamais remis.

Le fils du couple de poètes, Nicholas Hughes, souffrant de dépression, s’est suicidé par pendaison à son domicile en Alaska, le 16 mars 2009, à l’âge de 47 ans.

Œuvres

fanauroremylaurore3-273x300N.B : Les dates indiquées sont les dates de première publication. Les œuvres de Sylvia Plath sont constamment rééditées, en anglais comme en français.

Poésie En français

  • Trois femmes : poème à trois voix (1975)
  • Ariel (1978)
  • Arbres d’hiver (1999)
  • Choix de poèmes suivi de Le Livre des lits, traduction française et préface de Jean-Pierre Vallotton (1999)

Prose

En français

  • La Cloche de détresse (1972), roman
  • Lettres aux siens (1988), lettres à sa mère
  • Le Jour où M. Prescott est mort (1990), nouvelles
  • Carnets intimes (1997), journal
  • Journaux 1950-1962 (1999), journal

Littérature enfantine

En français

  • L’histoire qu’on lit au bord du lit (1997)
  • Ça ne fait rien ! (1998)

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Monkey Me : critiques suite

Posté par francesca7 le 21 décembre 2012

Mylène Farmer : ’Monkey Me’, critique de l’album SUITE.

A-t-on jamais

 L’avis d’Evous : Peu d’intérêt à ce titre sans surprise. Mis à part le refrain (Alléluia… yeah yeah) qui pourrait s’imposer comme un des prochains hymnes live de la chanteuse, c’est bien plat. 

 L’avis du fan : Sans grand intérêt.

Nuit d’hiver

Monkey Me : critiques suite dans Mylène et des CRITIQUES 31 L’avis d’Evous : Ambiance sombre et inquiétante pour cette reprise du texte de Chloé, dont la version originale figure sur l’album Cendres de Lune (1986). Une étrange expérience que certains fans goûteront sans doute. 

 L’avis du fan : Un retour aux sources…enfin. Elle ne peut être comprise que par ses fans.

A force de…

 L’avis d’Evous : Cette fois, les voix vocodées s’ajoutent aux synthés Bontempi. Un parti pris audacieux et pas franchement heureux. A part ça, rien à signaler : c’est toujours le même registre, réservé aux fans du tandem. 

        L’avis du fan : Ma chouchoute de cet album. Une nouvelle Mylène, de l’optimisme à 100% sans demi-teinte. En boucle !

Je te dis tout

          L’avis d’Evous : Laurent Boutonnat retrouve un peu d’inspiration sur cette ballade. Du coup, Mylène s’en retrouve revigorée et nous balance l’un des plus beaux textes de l’album. « Et sur ton pull, je broderais M pour que nos sangs se mêlent au vent. Mon ADN… » Un single en puissance. 

 L’avis du fan : Je voulais écrire un pavé sur cette chanson et là, le vide, l’absence de mots devant ce texte et cette musique qui me touchent au plus profond. Pour moi, l’une des plus belle chanson de sa carrière. Tout simplement parfait… magique.

En résumé

mf-300x167 dans Mylène et mes BLABLAS L’avis d’Evous : Un album en forme d’hommage aux années 90. Pour le meilleur et pour le pire. Certains arrangements datent terriblement. Côté texte aussi, Mylène alterne paroles fades ou sans intérêt et belles réussites. Difficile de trouver dans Monkey Me un vrai tube radio. A réserver donc aux fans. 5/10

 L’avis du fan : Le retour de Boutonnat. On peut croire que c’est la seule chose que l’on retiendra de ce 9ème opus de Farmer. Mais en fait, il est plein de surprises. C’est un album coloré, du blanc, du pastel, comme bon vous semblera mais un album plus optimiste ! Tout d’abord des textes plus recherchés, une poésie plus limpide moins alambiquée qu’elle a l’habitude de nous servir. Elle s’engage un peu plus, ouvre d’autres horizons, « elle veut donner l’envie de vivre » ! C’est bien de Farmer dont on parle !!

Et puis, il y a la voix. Une voix claire, un peu plus travaillée sur un ou deux morceaux mais dans l’ensemble on comprend ce qu’elle dit à la première écoute.

Enfin, c’est un album à tubes. Beaucoup de chansons sont entêtantes, bien réalisées. Il est un mix d’Anamorphosée et surtout d’Innamoramento. On pourra juste regretter que la cohérence de tous les titres (excepté l’OVNI Nuit d’hiver) fait que l’on retrouve beaucoup de mid-tempos alors que ce qui marque le plus, ici, ce sont les ballades.
Bref un bon album qui va réconcilier les anciens fans. Une véritable bouffée d’air frais !

Un grand merci à David pour sa participation à cette critique ! 

http://www.evous.fr/Mylene-Farmer-Monkey   

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Mylène Farmer apprécie Emily Dickinson

Posté par francesca7 le 16 décembre 2012

 

Emily Elizabeth Dickinson, née le 10 décembre 1830 et morte le 15 mai 1886, est une poétesse américaine. Née à Amherst dans leMassachusetts, dans une famille aisée ayant des liens communautaires forts, elle a vécu une vie introvertie et recluse. Après avoir étudié dans sa jeunesse, durant sept ans à l’académie d’Amherst, elle vit un moment au séminaire féminin du mont Holyoke avant de retourner dans la maison familiale à Amherst. Considérée comme une excentrique par le voisinage, on la connaît pour son penchant pour les vêtements blancs et pour sa répugnance à recevoir des visiteurs voire, plus tard, à sortir de sa chambre. La plupart de ses amitiés seront donc entretenues par correspondance.

Description de cette image, également commentée ci-après

Bien qu’ayant été un auteur prolifique, moins d’une douzaine de ses presque mille huit cents poèmes ont été publiés de son vivant. Ceux qui furent publiés étaient généralement modifiés par les éditeurs afin de se conformer aux règles poétiques de l’époque. Les poèmes de Dickinson sont uniques pour leur époque : ils sont constitués de vers très courts, n’ont pas de titres et utilisent fréquemment des rimes imparfaites et des majuscules et une ponctuation non conventionnelle1. Un grand nombre de ses poèmes traitent de la mort et de l’immortalité, des sujets récurrents dans sa correspondance avec ses amis.

Même si la plupart de ses connaissances devaient savoir qu’Emily Dickinson écrivait, l’étendue de son œuvre ne fut connue qu’après sa mort, en 1886, quand Lavinia, sa plus jeune sœur, découvre sa cachette de poèmes. Son premier recueil est publié en 1890 par des relations personnelles, Thomas Wentworth Higginson et Mabel Loomis Todd, qui en altéreront fortement le contenu. Ce n’est qu’avec l’édition de Thomas H. Johnson en 1955, Les poèmes d’Emily Dickinson (The Poems of Emily Dickinson), que paraît pour la première fois un recueil complet et pratiquement intact de son travail. Malgré des critiques défavorables et un grand scepticisme vis-à-vis de ses performances littéraires de la fin du xixe siècle au début du xxe siècle, les critiques considèrent à présent Emily Dickinson comme un poète américain majeur.

 

Emily Dickinson naît dans la période précédant la guerre de Sécession, à un moment où de forts courants idéologiques et politiques s’affrontaient dans la haute et moyenne bourgeoisie américaine.

Même les familles les plus aisées n’ont alors ni eau chaude ni salle de bains. Les tâches ménagères représentent une charge énorme pour les femmes (même dans la famille Dickinson qui, en raison de sa position économique confortable, dispose d’une servante irlandaise). De ce fait la préoccupation d’Emily d’obtenir une bonne éducation constitue une exception dans la société rurale de la Nouvelle-Angleterre de son époque.

La chorale de l’église est pratiquement la seule expression artistique acceptée par la sévère religion puritaine partout présente. L’orthodoxie protestante de 1830 considère les romans comme une « littérature dissipée » et interdit les jeux de cartes et la danse. Il n’existe pas plus de concerts de musique classique que de représentations théâtrales. Pâques et Noël ne sont pas célébrés jusqu’en 1864, année où la première Église épiscopale, qui y introduit ses coutumes, est établie à Amherst. Les réunions de femmes seules, autres que le thé quotidien entre voisines, ne sont pas tolérées non plus.

Mylène Farmer apprécie Emily Dickinson dans Mylène et les AUTEURS fannicolas3-246x300Une fois l’Amherst College fondé par le grand-père et le père d’Emily, l’union entre celui-ci et l’église commence à former des missionnaires qui partent d’Amherst pour propager les idéaux protestants dans les recoins les plus reculés du monde. Le retour occasionnel de certains de ces religieux aboutit à l’introduction de concepts, d’idées et de visions nouvelles dans la société conservatrice du village qui commence alors à établir un contact avec le monde extérieur et tend à abandonner les coutumes et croyances d’antan plus rapidement que dans les autres endroits de la région.

Après la mort d’Emily, Lavinia tient sa promesse et brule une grande partie de sa correspondance. Cependant, elle n’avait laissé aucune instruction au sujet des quarante livrets et feuilles volantes rassemblés dans un coffre fermé à clé. Lavinia reconnait la valeur des poèmes et devient obsédée par leur publication. Elle demande alors de l’aide à la femme de son frère, Susan, puis à sa maîtresse, Mabel Loomis Todd. Une querelle s’ensuit, divisant les manuscrits entre les maison de Mabel et de Sue, et empêchant la publication des œuvres complètes d’Emily pendant plus d’un demi siècle.

Le premier volume des Poèmes d’Emily Dickinson, édité conjointement par Mabel Loomis Todd et T. W. Higginson, parait en novembre 1890. Même si Mabel Todd prétend que seuls des changements essentiels ont été faits, les poèmes ont été largement modifiés pour convenir aux standards de ponctuation et de majuscule de la fin du xixe siècle, se permettant des réécritures occasionnelles pour diminuer les circonvolutions d’Emily. Le premier volume, rassemblant 115 poèmes, est un succès critique et financier, et sera réédité onze fois pendant deux ans. Poems: Second Series suit en 1891, déjà réédité cinq fois en 1893; une troisième série parait en 1896. En 1892, un critique écrit : « Le monde ne sera pas satisfait tant que la moindre bribe de ses écrits, lettre ou œuvre littéraire n’aura pas été publié ». Deux ans plus tard, deux volumes paraissent rassemblant des lettres d’Emily Dickinson fortement modifiées. En parallèle, Susan Dickinson place quelques poèmes d’Emily dans des magazines littéraires commeScribner’s Magazine ou The Independent.

Entre 1914 et 1929, la nièce d’Emily, Martha Dickinson Bianchi, publie une nouvelle série de recueils, incluant de nombreux poèmes inédits, mais toujours avec une ponctuation et des majuscules normalisées. D’autres volumes suivront dans les années trente, édités par Mabel Todd et Martha Dickinson, rendant progressivement disponibles des poèmes inconnus jusque là.

La première publication critique a lieu en 1955 sous la forme de trois nouveaux volumes publiés par Thomas H. Johnson. Ils seront la base de toute étude ultérieure de l’œuvre d’Emily Dickinson. Pour la première fois, les poèmes sont imprimés quasiment sous leur forme originale. Ils n’ont pas de titre, sont classés dans un ordre chronologique approximatif, parsemés de tirets et de majuscules irrégulières, et souvent extrêmement elliptiques. Trois ans plus tard, Thomas Johnson et Theodora Ward éditent et publient un recueil complet des lettres d’Emily.

Œuvre 

Éditions anglaises

  • (en) Thomas H. Johnson (ed), The Complete Poems of Emily Dickinson, Boston: Little, Brown & Co., 1960 (ISBN 0316184136)
  • The Poems of Emily Dickinson, présenté par R. W. Franklin, Cambridge: Belknap Press. (ISBN 0674676246), 1999

Éditions françaises

  • Vingt poèmes, Minard, 1963
  • Quarante-sept poèmes, traduction de Philippe Denis, Genève, La Dogana, 1987
  • Poèmes, Belin, 1989
  • Vivre avant l’éveil, Arfuyen, 1989
  • Une âme en incandescence, traduction et présentation de Claire Malroux, collection « Domaine romantique», José Corti, 1998
  • excuses dans Mylène et les AUTEURSAutoportrait au roitelet, Hatier, 1990
  • Lettre au monde, Limon, 1991
  • Escarmouches, La Différence, 1992
  • Lettres au maître, à l’ami, au précepteur, à l’amant, traduction et présentation de Claire Malroux, collection « Domaine romantique », José Corti, 1999
  • Avec amour, Emily, traduction et présentation de Claire Malroux, collection « Domaine romantique », José Corti, 2001
  • Y aura-t-il pour de vrai un matin, traduction et présentation de Claire Malroux, collection « Domaine romantique », José Corti, 2008
  • Quatrains et autres poèmes brefs, traduction et présentation de Claire Malroux, édition bilingue, Gallimard, coll. poésie, 2000
  • Car l’adieu, c’est la nuit, édition bilingue français-anglais, traduction et présentation de Claire Malroux, collection NRFGallimard, 2007
  • Lieu-dit, l’éternité : Poèmes choisis, édition bilingue français-anglais, traduction et présentation de Patrick Remaux, collection Points, Seuil, 2007
  • Poésies complètes, édition bilingue, traduction de Françoise Delphy, Flammarion, 2009

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Mylène Farmer apprécie Choderlos Laclos

Posté par francesca7 le 16 décembre 2012

 

Description de cette image, également commentée ci-après

Pierre Ambroise François Choderlos de Laclos, né à Amiens le 18 octobre 1741 et mort à Tarente le 5 septembre 1803, militaire français et un franc-maçon, il a été longtemps considéré comme un écrivain scandaleux.

Fils d’un secrétaire à l’intendance, Choderlos Laclos est admis à l’école de la Fère, en 1760. Il occupe la double fonction d’écrivain et d’officier militaire spécialisé dans l’artillerie. Il devient sous lieutenant à l’âge de 19 ans. En 1777, il est chargé de créer une école d’artillerie à Valence, qui recevra notamment Napoléon. Il est nommé maréchal de camp, mais est emprisonné pendant la trahison de Dumouriez pour Orléanisme. Libéré lors du 9 Therminador, il est réintégré dans l’armée par Carnot, qui l’affecte au rang de général de brigade. Il est de retour à Besançon en 1778. En 1781, il demande un congé de six mois et se lance dans l’écriture des Liaisons dangereuses, roman épistolaire sulfureux où Madame de Merteuil et Valmont se livrent à des libertinages. En 1785, il rédige un essai intitulé De l’éducation des femmes, appelant à une révolte pour l’égalité de sexes. En 1789, il est secrétaire du Duc d’Orléans et en 1800, il est nommé général de brigade dans l’artillerie, par Bonaparte. Il meurt à Tarente en 1803.

 

 Mylène Farmer apprécie Choderlos Laclos dans Mylène et les AUTEURS 3052808095_1_5_hfm4ipev-213x300Sa principale oeuvre sera portée au cinéma à plusieurs reprises et fera l’objet de nombreuses critiques.

 

Bibliographie :

  • « Souvenirs », dans Almanach des Muses, 1773
  • « Epîtres à Eglé », dans Almanach des Muses, 1773
  • La Procession (conte en vers)
  • Le Bon choix (conte en vers)
  • Ernestine (livret d’opéra), 1777
  • La Matrone (livret d’opéra), 1780
  • Les Liaisons dangereuses, 1782
  • Cecilia ou les mémoires d’une héritière, théorie du roman, 1784
  • De l’éducation des femmes, 1785
  • Considérations sur l’influence du génie de Vauban, 1786
  • Pièces fugitives, 1787
  • Les Vertus de Louis XVI, 1787
  • Correspondance avec Madame Riccoboni, 1787
  • De la guerre et de la paix, 1795
  • Lettres (posthumes), 1904
  • Poésies (posthumes), 1904

 

 

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