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Salman Rushdie rencontre Mylène F.

Posté par francesca7 le 4 mai 2016

Mylène était conviée au mariage de l’écrivain qui a eu lieu le 17 avril 2004 à New York (Etats-Unis). Mais on sait qu’ils se connaissent depuis au moins 2000, année à laquelle on les a vus ensemble à un cocktail new-yorkais 

 

En 2002 : photo de Mylène et le fils de Salman

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Salman Rush­die: un poète contre les anathèmes – Article paru dans Gala

Comment je fais connaître les sites patriotes aux fans de Mylène Farmer 

Salman RushdieContrairement à l’imam de Brest, je pense qu’il faut s’enivrer de musique et je ne me prive pas pour le faire. La musique adoucit les mœurs et j’apprécie particulièrement la chanteuse française Mylène Farmer. J’entends déjà grincer des dents, notamment parce que son pseudonyme est anglo-saxon, mais c’est une célébrité qui, de mon point de vue, incarne très bien les valeurs de la France et de la civilisation occidentale. 

Je n’aurais sans doute pas les mêmes opinions politiques si je n’étais pas un admirateur de celle qui interpréta, entre autres, « Libertine », dans un clip évoquant le libertinage du XVIIIème siècle. Elle a su, tout au long de sa carrière, incarner une femme libre, provoquer avec une élégance que j’apprécie, contribuer à lever des tabous – il est vrai que le terrain était bien préparé depuis mai 1968 et l’œuvre féministe, notamment – et proposer des références culturelles de qualité, tout en visant un large public et en utilisant les media. Pour cette raison, elle est généralement méprisée par les «bobos», comme les Inrocks qui ne la loupent jamais à chaque sortie d’album (mais sa musique se vend extrêmement bien depuis trente ans).

J’en parle ici aussi parce que la récompense pour la fatwa contre Salman Rushdie a été augmentée très récemment par l’Iran ; or, la chanteuse est connue pour s’être liée d’amitié avec l’écrivain depuis fort longtemps. Alors, je suis allé sur un site non officiel (elle est l’une – voire la seule – chanteuse française médiatique à ne pas avoir de site officiel) pour partager l’information relative à l’auteur des Versets sataniques. En effet, les admirateurs de la chanteuse ont l’habitude de relayer l’actualité de Salman Rushdie, quoique Mylène Farmer n’ait jamais pris de position politique à ce sujet. J’avais alors décidé de partager un lien vers l’article que Riposte laïque a consacré très récemment à Salman Rushdie (http://ripostelaique.com/liran-offre-39-millions-de-dollars-futur-tueur-de-salman-rushdie.html), mais j’ai été censuré…

Ne baissant pas les bras et convaincu de ne pas être d’extrême-droite, j’ai relancé le débat en publiant sur le même site un message où j’expliquais ceci, entre autres : « la liberté d’expression, les valeurs républicaines, la libération des interdits religieux sont des idéaux élevés et tous ceux qui connaissent Mylène Farmer comme artiste, ses paroles et actions comme femme publique, aussi discrète soit-elle, doivent DEFENDRE cela. Les ténèbres progressent dans le monde, revoyez le clip de Leila*, par exemple, réécoutez la Poupée qui dit non, dans toute sa carrière Mylène Farmer a incarné la femme insoumise. Les horreurs de l’Etat islamique et le recul de ce qui fait notre civilisation, celle dans laquelle Mylène Farmer a puisé pour construire son univers, ne peuvent plus vous laisser indifférents. On ne peut plus tolérer qu’un imam à Brest prétende que la musique est la créature du diable et que celui qui écoute régulièrement de la musique court le risque d’être transformé en singe ou en porc par Allah ». * extraite de l’album « Bleu Noir », cette chanson évoque une fille du Shah d’Iran, qui s’était engagé dans la construction d’un Etat laïque, jusqu’à ce que la Révolution islamique de 1979 l’écarte du pouvoir.

J’en ai alors profité pour glisser une petite publicité pour Résistance républicaine, que j’ai décrite comme un mouvement « apolitique de lutte pour que la liberté ne meure pas en France » et en terminant ainsi mon message : « apprenez à vous poser les vraies questions et à défendre l’héritage des lumières. On a besoin de toutes les forces vives pour lutter contre le recul de la liberté ».

Description de cette image, également commentée ci-aprèsQuand elle était un peu au creux de la vague, cette chanteuse a fait un duo très marginal dans sa carrière avec un Algérien (Khaled) dont la vie familiale avait été par la suite médiatisée pour des raisons peu réjouissantes (sa femme avait porté plainte contre lui pour violences conjugales et il fut condamné pour abandon de famille ; sources :http://www.liberation.fr/france-archive/1997/06/14/khaled-traine-devant-le-juge-par-sa-femme_207001 et http://www.leparisien.fr/faits-divers/deux-mois-de-prison-avec-sursis-pour-khaled-08-05-2001-2002152994.phpet voici ce qu’il dit de l’islam… :

 

 

 

 

 

Image de prévisualisation YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=yGXdb_aQl8k  

Toutefois, ce duo aux accents « raï » était une reprise de la chanson de Polnareff « La poupée qui dit non », ce qui me semble plein de sens à présent ! Interpréter avec ce chanteur alors en vogue – c’était l’époque où on nous bassinait de raï – une chanson qui parle de la libération sexuelle des jeunes filles en incarnant « la poupée qui dit non », c’était ne pas manquer de toupet.

On peut penser ce qu’on veut de Mylène Farmer – s’il vous plaît, Christine, ne lui faites pas un portrait à la Michel Delpech, je vous en voudrais beaucoup. Loin de moi de prétendre que, contrairement au reste du « show business », elle serait indifférente au dieu Ploutos, auquel Aristophane consacra une pièce quelques millénaires avant que nous naissions… Cependant, sans jamais prendre de position politique, contrairement à moult artistes « bobo » – si ce n’est le mariage homosexuel, auquel elle a reconnu qu’elle n’avait aucun motif de s’opposer, mais sans se livrer à aucun militantisme – elle sait, par ses textes, clips, inspirations et choix artistiques poser des questions essentielles à notre temps. Pour toutes ces raisons, Michel Onfray, il y a quelques années – c’était à l’époque je l’appréciais bien, jusqu’à ce que je lise la critique qu’Eva lui a consacré à propos des Evangiles – avait expliqué qu’il l’appréciait particulièrement.

Il n’est pas étonnant qu’elle ait indiqué que Georges Bataille ou Stefan Zweig, entre autres, ont inspiré ses textes. Elle a su mettre en musique mieux que quiconque les sombres poèmes de l’ermite de Solesmes, Pierre Reverdy. Je connais assez son travail pour dire qu’elle ne mérite aucun reproche de la part des patriotes !

Qui plus est, elle est l’une des rares chanteuses françaises à être très connue et appréciée des Russes, au point que la Russie est, à chacune de ses dernières tournées, un passage obligé, chacune de ses dates de concert faisant alors le plein là-bas. Fait remarquable, alors qu’un journaliste l’interrogeait très récemment sur la Russie en raison des lois récentes sur l’homosexualité, elle a affirmé, contrairement à certains chanteurs qui refusent de se rendre en Russie pour des raisons politiques, qu’elle n’a jamais été ennuyée en Russie pour ses concerts (elle est réputée pour ses tenues très sensuelles voire provocantes) et ses chansons (certains textes étant aussi sulfureux).

J’ai apprécié de l’apprendre, car, ne parlant pas le russe, je ne sais quelle opinion me faire sur ces textes ainsi que sur les lois réprimant les offenses aux sentiments religieux (http://www.lesechos.fr/12/06/2013/LesEchos/21455-067-ECH_russie—vote-d-une-loi-reprimant-les—offenses-aux-sentiments-religieux–.htm).

Il est vrai que la Russie nous intéresse, nous, Français, avant tout pour sa politique internationale. Je ne sais pas ce qui se passe exactement en Russie quant aux mœurs, s’agissant de leur politique interne, mais les évolutions du droit russe sont bien loin de la folie des interdits de la charia. Mylène Farmer ne pourrait pas faire en Arabie Saoudite les concerts qu’elle propose en Russie !

Posté par Maxime dans http://resistancerepublicaine.eu/2016/03/02/comment-je-fais-connaitre-les-sites-patriotes-aux-fans-de-mylene-farmer/

 

Publié dans Mylène 2001 - 2002, Mylène AU FIL DES MOTS, Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaires »

MYLENE ou Naissance d’une femme

Posté par francesca7 le 25 septembre 2015

 

 

68320« On ne naît pas femme, on le devient. » Le mot de Beauvoir a beau avoir été galvaudé, il s’applique à merveille au parcours de Mylène Farmer. Sa féminité ne s’est révélée qu’au fil du temps, et c’est presque sous nos yeux que, telle un  insecte sortant peu à peu de son cocon, la chanteuse a opéré sa mue. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas un hasard si un de ses clips, celui de Comme j’ai mal, met en scène la secrète métamorphose d’une petite fille en magnifique libellule. De la jeune femme androgyne des débuts à l’icône glamour d’aujourd’hui, l’écart est tellement spectaculaire qu’on n’a pas l’impression d’avoir affaire à la même personne. Et pourtant…

 

Femme. Le mot lui a longtemps fait peur. À quinze ans, Mylène est mal dans sa peau, comme si elle refusait d’assumer le sexe que la nature lui a donné. « Adolescente, je rejetais toute féminité », dit-elle. L’androgynie affichée constitue alors une solution bien pratique, un moyen de créer l’illusion qu’on possède les deux sexes. À la limite, être un garçon la gênerait moins. « Je crois avoir une force de caractère masculine », avoue-t-elle, associant sans doute  inconsciemment le tempérament féminin à une forme de passivité, voire de mollesse. Si être une femme consiste à attendre que la vie vous comble de bonheur, alors quel est l’intérêt ?

 

À l’époque, les choix vestimentaires de Mylène vont traduire ce malaise. Bannissant tout ce qui pourrait souligner des courbes qu’elle n’assume pas, elle opte pour des habits trop grands pour elle. Au début de sa carrière, rien n’est encore totalement réglé. Si la chanteuse débutante ne se rêve plus en garçon, elle ne se sent pas davantage de l’autre sexe. Et regarde les autres femmes comme un horizon inaccessible. En 1985, elle s’en explique avec simplicité.

 

« J’ai un  complexe, c’est vrai : je me trouve trop maigre. Contrairement à la plupart des filles qui ne pensent qu’à maigrir, à perdre des kilos, moi je ne rêve que d’une chose : grossir. C’est pour ça que je porte des vêtements souvent assez larges. Je les achète régulièrement d’une ou deux tailles supérieures à la mienne. Moralité : je ne porte jamais (ou presque) de manches courtes, afin de ne pas montrer mes coudes que je trouve trop saillants. De même, je ne porte jamais de décolletés, car je n’ai pas le buste assez “pulpeux”. Heureusement pour moi, à part ça, j’ai la chance d’être relativement bien proportionnée, de ne pas avoir de défaut physique particulier. » 

Effectivement, à l’époque, Mylène porte des chemisiers épaulés, des pulls immenses, des jupes informes. Bref, elle joue à cache-cache avec elle-même. Accepter son sexe ne pourra se réaliser qu’à travers une série d’épreuves initiatiques. Étrangement, d’ailleurs, le vêtement va jouer un rôle essentiel dans cette acceptation progressive de sa féminité. 

Lorsque le couturier Jean Paul Gaultier habille Mylène en guêpière et top sexy sur le ring de boxe où elle s’adonne à la chorégraphie énergique de Je t’aime mélancolie, en 1991, un pas énorme est franchi. Le symbole est fort : chacun sait que le couturier a créé pour Madonna les fameux bustiers en forme d’obus, lui permettant d’afficher sur scène une féminité provocante. Encore timide, un peu garçon manqué avec ses cheveux courts en bataille, Mylène ne semble pourtant pas assumer pleinement cette panoplie qui souligne ses formes. L’habit ne suffit pas, mais il donne l’impulsion, permet à la chanteuse de se jeter à l’eau. 

Le tournant est pris avec Anamorphosée, l’album de toutes les ruptures. En découvrant Mylène en figure de proue de ce train des années 1920 dans cette robe vaporeuse griffée Thierry Mugler, on sent que le déclic s’est opéré. Jamais elle n’avait semblé si glamour. Pour la première fois, également, le message de sa chanson n’est pas universel : lorsqu’elle fredonne XXL, c’est aux femmes qu’elle s’adresse, au risque de se couper de la moitié de son public. Dans ce besoin d’amour qu’elle clame avec la force d’une prière, elle inclut la totalité du genre féminin : « Négatives ou positives / Toutes les filles. » Celles qui étaient naguère des étrangères sont devenues des sœurs. Bien sûr, la séance de photos signée Herb Ritts pour le livret est révélatrice de cette évolution. « Ses photos me montrent plus “femme”. C’est un mot qui ne me fait plus peur et que j’accepte totalement. » 

Sans que sa silhouette ait changé d’un iota, sa gestuelle est devenue plus féline, plus sensuelle. Décomplexée, elle veut désormais mettre en avant ses nouveaux atouts en osant des décolletés sexy, notamment dans le clip de California réalisé par Abel Ferrara. « Je préfère l’image de la femme qui a des formes. Mais la bonne évolution, dans tout cela, est que j’ai pris le parti de m’accepter comme je suis », dit-elle à l’époque. L’acceptation de soi, c’est ce qui fait toute la différence : en exhibant ses courbes au lieu de les cacher, Mylène montre qu’elle est devenue une autre. 

Cette femme, née sous nos yeux, va continuer à explorer cette voie comme une aventure passionnante dont elle ne sortira plus. Ainsi, il ne sera plus question pour Mylène de sacrifier ses longs cheveux comme elle l’avait fait à l’époque de l’album L’Autre. Un look qui se situe aux antipodes de celle qu’elle est devenue. Depuis, elle a compris que sa longue chevelure était un attribut à part entière de son identité. Avec l’album Innamoramento, on assiste à une nouvelle étape : la chanteuse sexy exhibant son corps comme pour se prouver qu’elle était capable de susciter le désir a laissé la place à une figure de la féminité plus intérieure, plus spirituelle. Et lorsqu’elle chante Méfie-toi, un titre dont elle signe paroles et musique, elle semble prendre possession de ce pouvoir si subtil qui caractérise son sexe. « Au jeu du corps à corps / L’esprit est bien plus fort », répète-t-elle dans le refrain, avant de lâcher, comme si elle s’adressait à un homme sûr de sa supériorité physique : « La force est féminine. » Qu’on n’évoque jamais devant elle l’idée que les femmes puissent être faibles : Mylène est la preuve du contraire.  

Mylène femmeIl semble loin, alors, le temps où elle chantait Sans contrefaçon. Au détour d’une interview, la chanteuse mesure d’ailleurs parfaitement la distance accomplie. « Si vous me posez la question : “Est-ce qu’aujourd’hui vous avez toujours envie de mettre un mouchoir dans votre pantalon ?”, je vais vous dire non, c’est du passé. Maintenant, je l’ai exprimé, ce moment-là. Mais cela ne veut pas dire pour autant que je doive véhiculer cette image et ce sentiment toute ma vie. » Changer signifie nullement se renier, juste se donner la possibilité d’évoluer pour vivre le présent avec la seule qualité qu’il exige de nous : l’intégrité. 

Sur l’album Avant que l’ombre… , un autre paramètre va approfondir cette quête par Mylène de sa propre féminité : le regard de l’homme. Le sentiment amoureux, dont elle pressentait l’impact « révolutionnaire » dans sa vie, selon le mot d’Alberoni, elle l’éprouve enfin : « Avant que l’ombre, je sais / Ne s’abatte à mes pieds / Pour voir l’autre côté / Je sais que… je sais que… j’ai aimé. » Une forme de renaissance qui irradie tout l’album. La chanteuse semble enfin accepter le risque de l’amour qu’elle redoutait tant, avec tout ce que cela suppose de confiance en l’autre. Et même si cet engagement ne vaut que dans l’instant, sans promesses d’éternité ni même de certitude pour demain, on découvre une Mylène inédite, manifestement éprise. « J’attends qu’il frappe à ma porte », chante-t-elle dans un titre bouleversant, J’attends, qui montre l’étendue du chemin parcouru. Attendre, n’est-ce pas précisément renoncer au contrôle, pour oser s’abandonner à la seule forme de dépendance acceptable, celle du sentiment amoureux ? 

Malgré tout, la chanteuse ne peut s’empêcher de redistribuer les rôles dans Fuck Them All, dont le refrain s’adresse à la gent masculine : « Faites l’amour / Nous la guerre / Nos vies à l’envers. » Une chanson qui n’a pas manqué d’interpeller les ligues féministes, avides de recruter de nouvelles porte-parole. La romancière Catherine Breillat aurait également adressé quelques appels du pied à la chanteuse, après avoir été impressionnée par le clip. Mais Mylène ne mange pas de ce pain-là. Lorsqu’elle appelle de ses vœux un monde où la femme prendrait sa revanche, il ne s’agit pas d’un projet politique, mais d’une utopie artistique. Certes, elle convoque l’histoire pour la renverser, prône une certaine inversion des genres. Si on la suit bien, les hommes sont devenus capables de « lâchetés » et les femmes « guerrières ». Mais elle ne parle qu’en son nom propre. Et le clip montre précisément cette dimension personnelle : écrasée dans sa cage, la victime agonise, tandis que triomphe l’autre Mylène qui, maniant l’épée, a fini par terrasser ses fantômes intérieurs. 

Un symbole fort. Une image triomphante de la féminité. On est loin des clips de la première période. Ici, le message est clair : Mylène veut se débarrasser de ses oripeaux de victime expiatoire. Brûler sur un bûcher n’est plus d’actualité. Nul besoin pour autant d’adhérer à un dogme féministe. Par sa carrière exceptionnelle et ce parcours si singulier pour incarner pleinement le sexe qui l’a vue naître, Mylène a indéniablement fait avancer la cause des femmes. Et ce n’est pas le moindre des paradoxes quand on a débuté en chantant : « Je suis un garçon. » 

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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Dieu ou l’angoisse du vide pour Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 25 septembre 2015

 

 

mylene-farmer_clipUne croix chrétienne composée de deux allumettes entrecroisées. Mylène la porte autour du cou sur la pochette de l’album Avant que l’ombre… Elle semble protéger son sommeil, à moins qu’elle ne veille une morte. C’est toute l’ambiguïté de cette image : le velours capitonné fait songer à l’intérieur d’un cercueil. Le symbole est fort. Il marque en même temps la puissance et la fragilité de l’empreinte religieuse. Élevée chez les sœurs au collège Sainte-Marcelline de Pierrefonds, Mylène a reçu une éducation catholique. Elle a suivi avec assiduité les cours de catéchisme. Pour autant, si Dieu est une référence dans son imaginaire, elle ne lui voue aucune révérence. « Je ne crois pas en Dieu, mais j’aime ce mot », confesse-t-elle, citant aussitôt un mot de Cioran : « Le vide s’appelle Dieu. » 

Tout juste consent-elle à jeter un de ces pavés qui frôlent le blasphème. « Mon fantasme, c’est le prêtre. Je n’avais de cesse de séduire le prêtre qui enseignait le catéchisme. Ça n’est jamais arrivé. Mais avec lui, ça pouvait aller jusqu’au fantasme sexuel. » De ce souvenir pour le moins subversif, elle fera une chanson, Agnus Dei, qui inaugure superbement l’album L’Autre. « Te voir en chair / J’en perds la tête », lance-t-elle au prêtre, dont la voix grave récite la prière rituelle de l’Agnus Dei destinée à laver les fautes des hommes. Peine perdue ! Ce fantasme lui vaudra d’être excommuniée… 

En réponse à un journaliste, qui se montre intrigué par le sens des paroles, où il est question de « génuflexion » et d’« extrême-onction », autant de termes qui dénotent les traces indélébiles d’une éducation religieuse, la chanteuse lâche cette formule lapidaire : « Dieu, je ne connais pas. Peut-être que c’est ça ma mutilation. » Mylène « l’impie » a pris ses distances avec le Grand Ordonnateur : « Je suis loin de vous… », murmure-t-elle à la toute fin de la chanson. 

Comme si la cassure n’avait pas été assez franche, la chanteuse tord le cou à la religion de son enfance dans Je te rends ton amour. Filant la métaphore picturale, le titre ressemble fort à une rupture définitive et sans appel de son interprète avec Dieu. Les images du clip de François Hanss, devenues mythiques grâce à l’extraordinaire foisonnement de symboles qu’elles charrient, confirment ce scénario d’un divorce en règle. Une aveugle entre dans une église, trouvant refuge dans un confessionnal. Après avoir lu en braille un extrait de la Bible, elle retire l’alliance qui scellait son union avec Dieu. Sans doute parce qu’elle n’y voit pas, elle ne se rend pas compte que l’être qui s’installe de l’autre côté de la paroi de bois n’est pas un prêtre bienveillant, mais le Malin lui-même, reconnaissable à ses yeux rouges et aux griffes qui prolongent ses doigts. 

L’attirant à elle, il l’hypnotise et finit par briser toute résistance. Ensuite, c’est le chaos. Tandis qu’un ange de pierre tombe et se fracasse sur le sol, l’innocente jeune femme va subir les derniers outrages : violée et crucifiée par le Malin, elle s’offre à lui lors de noces barbares. Avant de se relever, nue comme au premier jour, dans une marre de sang qui symbolise la perte de sa virginité. S’agit-il d’un rituel satanique ?

 

Certains n’ont pas hésité à l’affirmer en découvrant ce clip très dérangeant, qui n’est pas sans rappeler le climat de Rosemary’s baby , de Roman Polanski. En piétinant ainsi les fondements mêmes de notre culture judéo-chrétienne, Mylène s’est d’ailleurs attiré les foudres de la censure. Toutefois, il serait absurde de voir dans cette petite bombe de subversion le signe de quelque pacte diabolique contracté. Non, la star n’est pas tombée, comme son héroïne, entre les mains des forces du mal. En réalité, le clip de Je te rends ton amour doit beaucoup à la thèse de Georges Bataille, l’un des auteurs favoris de Mylène, qui décrit paradoxalement le sentiment religieux comme la racine même du Mal. En voulant nous baigner de pureté, le dogme catholique nous fait entrevoir l’attrait des ténèbres : car la lumière ne va pas sans l’ombre. Ériger le Bien en valeur absolue, quand l’homme est incapable d’atteindre un tel horizon, n’est-ce pas dans le même temps engendrer le Mal ?

 

Ce partage de l’être en deux faces opposées, la chanteuse l’avait déjà abordé avec force dans le titre Sans logique, dès 1988. « Si Dieu nous fait à son image / Si c’était sa volonté / Il aurait dû prendre ombrage / Du malin mal habité », lance-t-elle comme pour se dédouaner d’être une simple pécheresse. 

Pourtant, si Dieu est banni de l’univers farmerien, comme Adam et Ève du paradis terrestre, cela ne signifie pas pour autant que toute spiritualité se soit évaporée. Ainsi, la figure de l’ange conserve-t-elle une place de choix dans le répertoire de la star. « Quand je suis seule au plus profond d’un spleen, je sais qu’il est là. C’est peut-être mon double, meilleur. En tout cas, c’est une présence amie. » 

De fait, le mot est un de ceux qui reviennent le plus souvent dans ses chansons. « Les anges sont las de nous veiller », fredonne-t-elle dans Rêver. Sur l’album Avant que l’ombre…, Mylène consacre un titre, Ange, parle-moi, à cet autre auquel elle lance un appel au secours. Car cette voix qui la guide, cette présence qui l’aide à affronter la solitude existentielle, il lui arrive aussi parfois de se taire. « Parle-moi, parle-moi / Dis-moi si tu es là ? », clame alors la chanteuse pour briser un silence soudain angoissant. 

Tout le malheur de l’humanité, écrit en substance Pascal, provient de ce que l’homme serait incapable de rester seul avec lui-même dans une chambre. Mylène a beau s’isoler, elle se sent mieux lorsqu’elle peut entendre cette voix amicale. Elle abordait déjà cette question dans la chanson L’Autre : « C’est la solitude de l’espace / Qui résonne en nous / On est si seul, parfois / Je veux croire alors qu’un ange passe / Qu’il nous dit tout bas / Je suis ici pour toi / Et toi c’est moi. » On le voit, il s’agit d’une forme de dédoublement de la personne : l’ange, c’est l’écho de la conscience, un guide qui encourage, alerte ou dissuade. Tant qu’il entretient ce dialogue avec l’être, la solitude demeure supportable. 

tv-01-aLorsqu’elle chante Il n’y a pas d’ailleurs, un cri déchirant qui semble nier toute perspective d’un au-delà, Mylène ne sait pas encore que la lecture du Livre tibétain de la vie et de la mort, dans les années 1990, va modifier la donne. « Je crois avoir découvert l’idée d’une vie après la mort, dit-elle alors. Et cette acceptation est un changement assez bouleversant dans ma vie. » À cet instant-là, la sincérité du propos est indiscutable. Pourtant, sans doute en raison de l’« impermanence » dont parle Sogyal Rinpoché, cette consolation ne sera que provisoire. En 1999, Mylène n’hésite pas à faire machine arrière. « Au jour d’aujourd’hui, je ne suis plus habitée par cette philosophie. Les pansements se sont envolés »

 

Malgré tout, et même si, en raison de ce revirement, la chanteuse reprend Il n’y a pas d’ailleurs sur scène, son imaginaire continue d’être traversé par les questions spirituelles. De ce point de vue, la chanson Méfie-toi constitue à elle seule une véritable déclaration de foi dans la puissance de la pensée. « L’esprit fort est le roi / Il règne ainsi sur la matière. », chante Mylène, qui  l’autoproclame « vierge iconoclaste ». Au fond, les pensées sont comme les rayons d’un soleil intérieur qui est notre esprit. Une fois émises, elles ont une réalité, un pouvoir, une efficacité, exactement comme les choses matérielles. 

Pour s’être intéressée de près à l’astrologie, notamment au contact de Bertrand Le Page, Mylène n’ignore rien non plus de la révolution que constitue l’entrée imminente de notre planète dans l’ère du Verseau. Durant l’Ère des Poissons, les hommes ont beaucoup exploré le domaine de la navigation, qui témoigne de l’influence de l’Eau. Désormais, c’est l’Air qui va être à l’honneur. Certes, l’homme d’aujourd’hui vit déjà par l’Air : l’avion, les fusées et les télécommunications en témoignent. Mais Internet n’est qu’un brouillon de ce que seront demain les grands réseaux d’informations internationaux. En fait, ce que l’ère du Verseau nous réserve, c’est une communication puissance dix. 

Mylène l’a parfaitement compris : c’est l’artiste française dont les supports sont le plus téléchargés. En outre, plus de soixante-dix sites non officiels lui sont consacrés sur la Toile. Après avoir brûlé Dieu de façon spectaculaire, tout comme l’avait fait Frances Farmer dans sa dissertation, Mylène s’est donc inventé une nouvelle religion toute personnelle. L’ange gardien y occupe une place de choix, mais cette croyance singulière intègre également des puissances invisibles. « Quelle solitude / D’ignorer / Ce que les yeux ne peuvent pas voir » chante-t-elle dans Dessine-moi un mouton. 

Avec son regard d’enfant qui dissèque le monde, Mylène sait combien les mots ont de poids. Elle sait aussi combien une chanson peut s’avérer la plus efficace des prières. La vie lui a montré que, pour qu’un vœu se réalise, il fallait demander beaucoup, quitte à supplier parfois. Le ciel l’a exaucée en lui offrant un destin XXL. 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008


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Mylène Farmer, La lectrice cannibale

Posté par francesca7 le 14 septembre 2015

 

 

Moscou, mars 2000. Cheveux hérissés, jupe en soie brodée de motifs indiens et blouson en jeans, Mylène répond aux questions d’un journaliste russe. « Comment avez-vous fêté la venue du nouveau millénaire ? » La belle hésite : « Je ne me rappelle pas. » Puis se lance : « Probablement avec un livre dans les mains. Le soir du 31 décembre n’est pas spécialement une fête pour moi… Oui, c’est ça, je lisais. Je ne me souviens plus quel livre, mais ce devait probablement être une œuvre de Henry James ou Edgar Poe, mes écrivains préférés. »

 Mylene-Farmer

Une réponse qui détonne. Dans le paysage de la variété française, peu d’artistes évoquent leurs lectures avec autant d’enthousiasme. Au début de sa carrière, c’est d’ailleurs du bout des lèvres que Mylène révèle son goût pour les livres, de peur de passer pour « une intellectuelle pimbêche ». Par la suite, elle n’hésitera pas à évoquer ses coups de cœur en interview. Une jolie parade pour éviter de trop parler d’elle-même ? Pas seulement. D’abord parce que citer les ouvrages qu’on aime est sans doute la façon la plus intime qui soit de se dévoiler. Ensuite, parce que Mylène n’a jamais caché que c’est dans les livres qu’elle puise son inspiration. 

Comme une étudiante, elle lit avec un crayon à portée de main. Comme une étudiante, elle note les mots, les phrases qui l’interpellent. Elle n’est pas de ces lectrices passives qui se laissent entraîner sans réagir. Elle veut extraire une nourriture de ses lectures. Sinon, à quoi bon ? Le crayon lui garantit qu’elle gardera le contrôle, qu’elle ne se laissera pas submerger par le discours d’un autre, fût-il séduisant. 

Lorsqu’elle se trouve en période de promotion, elle sait qu’elle n’aura pas l’énergie d’écrire, alors la lecture lui semble une solution de repli salutaire. « Tout ce que je peux faire, c’est extraire des phrases de mes lectures ou des pensées », dit-elle. Ainsi elle collecte des bouts de phrases, comme des feuilles qu’elle glisserait dans un herbier, et qui, un jour peut-être, au contact de son imaginaire, formeront des chansons.

 Il serait fastidieux de recenser toutes les citations d’auteurs présentes dans le répertoire de Mylène, même si le sujet mériterait à coup sûr de faire l’objet d’un mémoire universitaire. Mots empruntés en forme d’hommage ou reformulés, fondus dans la chanson qui les accueille, ils sont souvent parfaitement identifiables. Parmi les exemples les plus connus, un vers d’Allan, qui figure sur l’album Ainsi soit je, reprend in extenso une phrase d’Edgar Poe extraite de Ligeia : « Pauvres poupées qui vont et viennent. » Mais quoi de plus naturel, puisque la chanson est un hommage à l’auteur des Histoires extraordinaires , un des livres de chevet de la chanteuse ? « Elle m’en lisait des passages tous les soirs avant d’aller se coucher», me raconte Elsa Trillat, qui a partagé des vacances avec la chanteuse durant l’été 1987. 

Autre référence explicite, Baudelaire, qui fut aussi, on le sait moins, le traducteur d’Edgar Poe. Comment Mylène la sulfureuse pourrait-elle ne pas vouer une adoration sans borne à l’auteur des Fleurs du Mal, recueil condamné en 1857 « pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs » ? Très en verve, Laurent Boutonnat mettra en musique L’Horloge, le dernier poème de la section « Spleen et idéal », qui introduit brillamment l’album Ainsi soit je. Hommage appuyé, encore, mais cette fois à Virginia Woolf, grâce au titre Dans les rues de Londres, sur l’album Avant que l’ombre … Une évocation subtile des pérégrinations de Mrs Dalloway, l’une des héroïnes les plus emblématiques de la romancière anglaise, dans la capitale de l’Angleterre. Le destin de cette écrivain proche de la folie, qui se suicidera par noyade, ne pouvait pas laisser Mylène indifférente. 

Rendre à César ce qui est à César, c’est la moindre des choses. Et la chanteuse se plie à cette exigence de bonne grâce. Ainsi, Sogyal Rinpoché, dont la sagesse bouddhiste plane sur l’album Anamorphosée, est-il remercié dans le livret. De même, Mylène ne cache pas que la thématique de Innamoramento est fortement inspirée d’un essai de Francesco Alberoni, Le Choc amoureux 196, publié en 1979. Une citation de l’auteur ouvre d’ailleurs le livret de l’album : « L’amour naissant, l’innamoramento italien. L’étincelle dans la grisaille quotidienne. Le bonheur mêlé d’inquiétude parce qu’on ignore si ce sentiment est partagé. Un état transitoire qui débouche parfois sur l’Amour. Un phénomène comparable aux mouvements collectifs révolutionnaires. »

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D’une manière générale, d’ailleurs, ce cinquième opus est une véritable mine d’or pour tous ceux qui traquent les références littéraires dans le répertoire farmerien. Ainsi le titre Souviens-toi du jour est- il une allusion directe à Si c’est un homme, le témoignage bouleversant de Primo Levi sur l’Holocauste. Le clip, qui montre la chanteuse sexy en diable au milieu d’un incendie, semble lui-même avoir été inspiré d’un poème d’Apollinaire, Le brasier. « Et pour toujours je suis assis dans un fauteuil [...] / Les flammes ont poussé sur moi comme des feuilles », écrit le poète. Quant à Dessine-moi un mouton, tout le monde aura reconnu l’hommage au Petit Prince de Saint-Exupéry, que Mylène apprécie tellement qu’elle aurait envisagé de lui consacrer un spectacle musical. Si l’on ajoute les références cinématographiques (L’Amour naissant renvoie à La Fille de Ryan de David Lean) et picturales (Je te rends ton amour au peintre Egon Schiele), on voit combien l’album  Innamoramento constitue une foisonnante aventure pour l’esprit. 

Mais ce que certains reprochent à Mylène, ce ne sont pas tant ces hommages explicites que l’inspiration non avouée qui peut laisser penser qu’elle serait l’auteur de mots qui, en réalité, lui ont été suggérés par d’autres. Ainsi, l’écrivain Luc Dietrich, que la chanteuse a dévoré sur la recommandation de Bertrand Le Page, va lui offrir sur un plateau l’expression « poussière vivante », qui ouvre si joliment À quoi je sers. Le thème de la chanson semble lui-même inspiré de deux vers de L’Apprentissage de la ville : « Si je ne sers à rien, ce n’était pas / La peine de m’empêcher de mourir. » Fascinée par cet auteur, sans doute parce qu’il n’a « jamais perdu ses yeux d’enfant », comme l’écrira son ami Lanza del Vasto, Mylène a puisé chez lui d’autres pépites. « Et même si je parvenais à me redresser, pour quoi, pour qui ? », trouve-t-on chez Dietrich. Des mots que la chanteuse reprend à sa façon, toujours dans À quoi je sers : « Chaque heure demande / Pour qui, pour quoi se redresser. » 

Dans son tube Rêver, la star s’inspire du poète Pierre Reverdy. « Nous ne marcherons plus ensemble » correspond au dernier vers d’un poème intitulé Dans le monde étranger. « Dansent les flammes, les bras se lèvent » rappelle le poème Esprit pesant, où l’on trouve ces mots : « À droite dansent quelques flammes qui n’iront pas plus haut, et si les bras se lèvent ils touchent le plafond. » Quant aux paroles « Le monde comme une pendule / Qui s’est arrêtée », elles font écho au poème Toujours là ,extrait du recueil La Lucarne ovale. « Le monde comme une pendule s’est arrêté / Les gens sont suspendus pour l’éternité », y écrit Reverdy. Encore une fois, la belle image chantonnée par Mylène est le fruit de ses lectures. 

L’œuvre d’Emily Dickinson constitue également une source d’inspiration. Ainsi, dans Les Mots, plusieurs vers en anglais traduisent cette filiation. Lorsque Seal, qui partage le duo avec la chanteuse, fredonne « I will tell you how the sun rose », sait-il qu’il s’agit du titre du poème de Dickinson ? Certes, on peut y voir un hommage appuyé à la poétesse américaine. Mais alors, pourquoi avoir omis de citer ne serait-ce que son nom ? 

Mylène s’amuserait-elle à semer derrière elle des mots dont seuls quelques fins limiers sauront reconnaître l’origine ? Cette hypothèse n’est pas exclue, surtout lorsqu’on sait combien elle invite ceux qui veulent savoir qui elle est vraiment à écouter avec attention les paroles de ses chansons. 

Reste qu’il faut poser sans détour la question de ces emprunts nombreux et tacites. Si les auteurs cités appartiennent tous au domaine public, peut-on pour autant s’en abreuver sans prêter le flanc à la critique ?

 

Les détracteurs de la star n’hésitent pas à répondre par l’affirmative. Pour eux, un artiste doit puiser son inspiration en lui-même, et non dans les mots des autres. Une position de principe qui ne résiste pas, toutefois, à un fait incontestable : l’histoire de la littérature consiste en une relecture permanente par les jeunes générations des œuvres de leurs aînés. Comme tous ceux qui ont quitté l’école un peu tôt, Mylène éprouve un appétit féroce face à tout ce qu’elle n’a pas pu apprendre à cause du besoin urgent qu’elle ressentait de faire ses preuves. Sans diagnostiquer de complexe à proprement parler, il est évident qu’elle a tenu à cultiver ce goût des livres auquel son tempérament réservé la prédisposait. Ce qu’elle cherche dans la lecture, ce sont des mots qui répondent à ses états d’âme, les reformulent mieux qu’elle ne l’aurait fait elle-même. 

Où est le crime ? Où sont les victimes ? Au pire, la chanteuse invite son public à la suivre dans ses pérégrinations livresques. Combien de ses fans ont lu La Mort intime de Marie de Hennezel ou Le Choc amoureux de Francesco Alberoni, simplement parce qu’elle avait évoqué son plaisir de les découvrir ? 

Qui d’autre, dans le paysage de la variété, pourrait se targuer d’un tel exploit ? « Pour lire, j’ai besoin de temps, de repos, comme un recueillement », dit-elle. Par son attitude, qui sacralise la chose écrite, Mylène montre qu’on peut encore, à l’époque de l’Internet triomphant, être bouleversé par un livre. L’élitisme qui l’anime passe aussi par là, par cette volonté de tirer son public vers le haut. Ce qui lui vaut le statut inédit de chanteuse littéraire. Une singularité dont elle aurait tort de rougir. 

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008


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MYLENE SUR ROCK FM

Posté par francesca7 le 19 juin 2015

 

ROCK FM de JUILLET 1986 – BERTRAND DELCOUR ET YVES COUPRIE

MYLENE FARMERCommençons par le commencement…

-J’ai suivi des cours de théâtre pendant deux ans, et après j’ai rencontré deux personnes qui ont écrit « Maman a Tort », je suis rentrée en studio et cette chanson a très bien marché.

Chez toi on a vu un petit singe dans une cage. A côté il y a une télévision sur un magnétoscope. Qu’est-ce que tu préfères regarder ?

-Le singe qui vit.

Même pas tes clips ?

-Je déteste me regarder. On avance quand on s’observe mais le regard sur soi n’est pas le meilleur.

Tu te moques des parents avec « Maman a Tort ». Et avec « Libertine » tu dois complètement terroriser le MLF quand il écoute les paroles !

-Hou la la ! Moi je suis terrorisée par ce mouvement là, alors…

Tu es bien dans ta peau ?

-Déjà pour faire ce métier je pense qu’il faut pas être très bien, mais je prends énormément de plaisir à chanter « Libertine », par exemple.

Demain c’est la Saint Donatien, c’est la fête du Marquis de Sade. En plus, cette nuit, c’est la pleine lune… Tu lis Sade ?

-J’ai lu en long, en large et en travers « Justine ». C’est assez attirant, j’avoue.

Puisque tu as envie de faire du cinéma, on ne t’a pas proposé de scénarii bien sombres qui changeraient des productions actuelles ?

-Pour l’instant non, j’aimerais bien tourner avec Roman Polanski. Faire « Le locataire », ça m’aurait fait plaisir.

(au magnéto) Je n’aime pas cette petite machine !

C’est un piège ?

-C’est un viol !

Heu… en fait, tu n’as pas l’air de trop t’intéresser à la mode.

-Non, ça implique des connotations ennuyeuses. Il y a des époques, comme celle du libertinage, par exemple, qui sont attirantes. Mais j’ai été programmée pour 1986.

 

Tu te sens bien entre Le Pen, Le sida, Tchernobyl, Kadhafi, et toutes ces choses ?

-(rires) Et vous ?!

Si on te proposait de participer à une messe noire, tu accepterais ?

-Evidemment ! Il y a « Vieux bouc » pour ça. Si j’avais une scène à faire, j’utiliserai ce genre de chose. Le prochain clip, « Libertine », sera très beau. On va s’inspirer de toute l’ambiance de « Barry Lyndon ». (à la parution de cet entretien, le clip sera déjà tourné et programmé en télévision, nda)

En classe, tu étais au fond ? Toute seule dans un coin…

-J’ai eu cette période. Et puis j’ai eu la période révolutionnaire.

Marxiste ? Punk ?

-(rires) Non, non, non ! Du tout ! Ca s’est traduit d’une autre façon.

Comment ?

-Oh… c’était un peu de paranoïa, certainement. A chaque réflexion de la maîtresse je me disais ‘C’est pour moi’. Et puis un refus de tout.

Ca ne s’est pas mal terminé ?

-Non, non. Toute mon adolescence, je la déteste.

On a l’impression que tu as peur de tout…

-Je me méfie un peu. Et puis je voudrais comprendre !

On ne sait même pas quel âge tu as…

-J’ai 24 ans.

Qu’est-ce que tu as pu faire en 23 ans avant de chanter…?!

-Heeuuu…

Et si c’était à refaire, tu le referais ?

-Pendant 23 ans j’ai maudit ma mère de m’avoir mis au monde, et puis après je l’ai adorée. J’ai certainement rêvé très longtemps.

Tu rêvais à quoi ?

-C’est indiscret !

Tu voulais devenir roi de France ? Maître du monde ? Catin ?

-Catin, certainement !

Quand tu chantes ça, c’est parce que c’est vrai !

-C’est de bonne guerre ! Je suis la prostituée du show-business et de beaucoup d’autres choses.

Mylène Farmer, quel est le secret de ta réussite ?

-Je n’en sais rien ! (rires) Qu’est-ce que vous avez contre moi ? Arrêtez ! (rires)

Bon. Quand tu étais petite tu savais que tu allais devenir ce que tu es ?

-De toute façon, c’était ou ça, ou dans un autre monde…

L’hôpital psychiatrique, tu n’y a jamais pensé ?

-Mon Dieu ! Quelle image ils vont avoir de moi ?! Vous avez bu ?

Donc t’es pas bien sur Terre ?

-Si, si. Très bien.

On t’a jamais proposé des drogues ?

-Je n’ai jamais fait appel à ça.

Alors qu’est ce que tu vas faire des royalties de « Libertine » ?

-Je m’achèterai un château et j’y mettrai des milliers de singes. Voilà !

Un château du XVIIIème siècle ?

-En Bavière, pour être à côté de mon ami Louis.

…?

-Avec Gilles de Rais, Louis II est un des mes personnages préférés.

Il a mal fini, Gilles de Rais ! Mais lui au moins a sauvé son âme à la fin parce qu’il s’était repenti. Si on te proposait le repentir et la vie éternelle, tu accepterais de renier ton personnage démoniaque ?

-(long silence flippant) C’est vous qui êtes démoniaques !!

Quelles déclarations tu as à faire à la presse française ?

-Ah… je n’ai rien à leur dire. Je suis heureuse d’être là. Et… tant pis pour eux !

Bon, ben on peut couper ici ?

-(s’approchant dangereusement de la touche STOP) Je peux avoir le plaisir d’ARRÊTER CETTE MACHINE ?!!

Clic !

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Comprendre le message de Myléne du TIMELESS 2013

Posté par francesca7 le 10 mai 2015

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Les premières paroles chantées par Mylène Farmer lors de son dernier spectacle Timeless 2013 ne sont-elles pas « à l’envers cette terre », comme la dystopie est une utopie inversée, c’est à dire une représentation du monde souvent futuriste, toujours infernale, cauchemardesque ?

Comment installer cette dystopie ? D’abord par le lieu de ce voyage à travers les étoiles, vers un univers loin, très loin de notre monde, à des années-lumière, du moins en apparence, et l’arrivée d’un personnage énigmatique qui va changer cet univers. Après le noir, au bout de la nuit, les étoiles au début du spectacle qui finissent par former le visage de Mylène tel qu’il apparaît sur l’affiche de la tournée constitue peut-être un effet d’annonce. Une entrée stellaire, un bouillonnement d’étoiles fixes et filantes qui se rejoignent pour former peu à peu un tunnel rectiligne, puis en spirales, un tourbillon évoquant le Tartare grec. Les étoiles semblent elles-mêmes voyager dans le temps et l’espace. Ce passage entre les dimensions débouche sur un vaisseau qui évoque un cratère dans lequel on s’engouffre pour accéder à l’un de ses couloirs qui semble infini, labyrinthique, un dédale spatial, avec déjà le mélange des imaginaires mythologiques et futuristes : au tunnel stellaire succède un tunnel métallique mais toujours virtuel car ces plans sont des images de scène présentées sur un écran gigagéant, qui occupe tout le « mur » du fond de scène.

Sur cette même chanson, les images de scène semblent évoquer le processus de constitution de l’univers depuis le big bang : naissance et mort d’étoiles, explosions et reconstruction de matières nouvelles à partir d’éléments épars. 

Est-ce une façon d’annoncer l’absurdité du monde dystopique, sur lequel l’héroïne vient d’atterrir, qui tourne à vide sur lui-même ou simplement d’évoquer le cœur, l’âme du vaisseau sans lequel il ne pourrait fonctionner ?

Ce monde lui, on le verra, a trahi son pacte avec la nature à l’image des représentations habituelles de planètes lointaines sur le déclin qui se meurent de la surexploitation de leurs ressources .

téléchargement (2)A ce titre, le crâne nu de Moby, filmé de derrière au début du tableau « Slipping away » et bleuté, ressemble étrangement à la surface d’une planète. La voix stellaire de Mylène sur « A force de » vient donner un nouvel éclairage au thème de la chanson : savoir et vouloir espérer et donner l’espoir à l’autre quelque soit le situation, et ce en contemplant la beauté et la force de la nature : « La force des rapides, des vents qui se déchirent, me donnent l’envie de vivre, donner l’envie de vivre ; à force d’étincelles, que la nature est belle ». MF semble ici apporter au sein de la dystopie la voix salutaire d’un ailleurs, d’une nature qui existe encore bien qu’elle soit perdue ici, et qui va renaître au contact de ce personnage féminin, en tenue de voyage, encapée, entourée d’éclairs bleus à son arrivée sur scène comme l’écran derrière elle.

La voilà prête à réveiller le monde…

Cependant sur le titre suivant, « Comme j’ai mal », le soleil naissant d’ « A force de » semble décliner. Ici-bas, la vie se fragilise. La reconcentration, et non plus le déploiement, de ces lignes lumineuses, voire leur repli, qui plus est sur une musique inquiétante, s’opère autour d’une porte des étoiles mauve sombre qui rappelle un soleil noir ou un trou noir – avec le jeu de mots sur le trou noir psychique puisqu’elle chante « ma mémoire se fond dans l’espace ». Ici, la voix stellaire de Mylène devient gutturale, étrange, comme malade, à l’image de l’étoile déclinante dont les rayons, instables, se formant et se déformant, paraissent chavirer, tanguer dans un sens puis dans l’autre : « ma pensée se fige, animale ». Elle qui vient d’un ciel bleu pur, est comme étouffée par ce lieu étrange, dystopique, où elle vient d’atterrir : « je ressens ce qui nous sépare », ici il s’agit sans doute d’elle et du monde où elle pénètre. Elle est animalisée. Sa faculté à ressentir des émotions ou à penser rationnellement est comme absorbée . Elle décide pourtant de continuer son chemin. Et c’est là qu’elle va rencontrer les robots du tableau de « C’est une belle journée »

Nous voilà entrés au sein du monde dystopique. Et qui croisons-nous en premier ? De bien étranges robots, dès l’introduction du 3ème titre du spectacle « C’est une belle journée ». Tels des têtes chercheuses effrayantes, leurs yeux et à leurs bouches mués en lampes torches semblent traquer tout ce qui sortirait d’une « normalité » érigée en dogme non transgressible et en dehors de laquelle il est impossible de vivre dans une anti-utopie.

Or, ces robots soudain s’humanisent, joyeux, dansants, au contact de la seule femme « souveraine » (Mylène) qui subsisterait dans ce monde ou qui venue d’ailleurs sur son vaisseau spatial découvre un monde où les filles sont des robots : « voir des anges à mes pieds ». La simple présence de cette voyageuse semble leur donner l’envie d’aimer , « de paix », puis de s’aimer mutuellement, comme le montrera l’interlude centré sur eux. On peut y voir une explication de la présence dans ce spectacle de danseurs hommes uniquement autour de Mylène, d’où également l’attitude protectrice des mêmes danseurs très proches autour d’elle pendant le pont de « C’est une belle journée », en particulier des deux danseurs de devant (Raphaël Sergio Baptista, Aziz Baki) qui l’entourent de leurs bras : la rareté se doit d’être protégée. Elle dit d’ailleurs à ce moment-là : « comme un aile qu’on ne doit froisser ».

Ces robots sont l’un des épicentres du spectacle si bien qu’un interlude très original leur est consacré. Ils semblent se toiser du regard, se méfier les uns des autres, peut-être se découvrir comme « êtres vivants ». En tous les cas, ces robots irradient, dans un univers bleu froid, une lumière rouge. Celle-ci rappelle les opérations de détection de la chaleur corporelle qui apparaît souvent « rouge » pour ceux qui la traquent, dans certains univers de science-fiction. Les robots sont alors les seuls signes de vie.

On pourrait dès lors y voir l’interlude d’une autre rencontre amoureuse qui a lieu cette fois entre deux être humains : Mylène F. et Gary Jules sur la chanson suivante : « Mad world ». Pour en revenir aux robots, certes ils semblent méfiants mais ils sont surtout curieux, ils s’apprivoisent et quand l’amour est là, conscient et mutuellement ressenti, ils dansent soudainement la joie d’être aimé, malgré cette surveillance, sur une musique dont les arrangements évoquent des bruits « robotiques ». Ils changent de couleur au gré de leurs émotions : heureux de cet innamoramento, ils sont multicolores de même que les faisceaux de lumière les entourant, de plus en plus nombreux qui jaillisent de toutes parts. A cet instant, même les yeux de surveillance semblent entrer dans la danse et oublier leur mission orginelle pour partager un moment de joie.

images (2)L’animal est-il là au sein de la dystopie ? Sur le tableau « Monkey me », il génère cependant un moment de joie, en liaison avec thème de la chanson qui évoque une rencontre entre un animal prisonnier (en attente d’être adopté dans une animalerie) et une femme, et le sentiment quand leurs regards se croisent. Elle semble se reconnaître en lui, éprouver de l’empathie pour sa souffrance, se sentir elle-même prisonnière, d’où la nécessité d’adopter l’animal pour le libérer. Sur le tableau « Monkey me » du concert, on peut observer sur l’écran des pointillés disposés en cercles concentriques qui rappellent une cible : moment de jeu ou représentation du système solaire ? Les guitares couvertes de leds sur ce titre, donc lumineuses, symbolisent la joie associée au singe dans la mythologie japonaise, la chaleur, la vie au sein de la dystopie comme le marquent les couleurs chatoyantes, solaires (rouge, jaune or) du tableau. Sur certaines dates, 3 guitares sont équipées de leds lumineux : pour symboliser chacune un des trois singes de la sagesse ?

Lorsqu’il est fait de chair et de sang, l’homme est l’objet d’un spectacle-défouloir, objet de désir, sur « Oui mais non », où la chorégraphie virile et les costumes des danseurs semblent évoquer l’esclave ou le gladiateur désarmé ou le lutteur, jeté dans l’arène d’un jeu du cirque équivalent à celui de l’Antiquité romaine. On y développe la même martialité quitte ou double : comme on levait la main pour décider de la mort de quelqu’un, MF sur son fauteuil décide qui elle garde et qui elle rejette parmi ces hommes qui paraissent se lover autour d’elle.

A ce titre, les ombres chinoises, tour à tour noires ou blanches (ou les deux) au détour des portes de l’arène qui s’ouvrent et se ferment, sans cesse renaissantes, semblent signifier la multiplicité des peuples (conquis) réunis comme objet de spectacle au sein des Ludi. Leur forme et leurs mouvements rappellent dans leur agencement les amphores grecques ou les frises de l’Egypte antique. D’ailleurs, les doubles blancs des personnages, évanescents, qui volent, en arrière plan, d’une frise à l’autre, de corps en corps, de réincarnation en réincarnation, rappellent les « kâ », doubles spirituels de chacun être humain, naissant en même temps que lui, dans la mythologie égyptienne.

En contraste, l’homme venu d’ailleurs est l’objet de l’amour véritable dans Timeless. Amour d’adultes en un premier temps sur la partie « piano/voix » du concert. La seule relation humaine pour Mylène est passagère : Gary Jules apparaît sur scène dans l’obscurité et surplombé de faisceaux formant une colonne (un tunnel ?) de lumière vertical et blanc qui le transforme d’emblée en homme-ovni. Comme Mylène, il vient d’ailleurs, il n’appartient pas à ce monde dystopique, d’où le fait qu’il le qualifie de « mad world » et qu’il enjoigne ceux qui l’écoutent à s’ouvrir l’esprit : « enlarge your world ». Il devient dès lors le seul amour possible pour celle qui elle non plus « n’[est] pas de ce monde ». thématique si mylénienne de l’ami imaginaire et du voyage à travers le temps futur et passé et les dimensions (au centre du spectacle Timeless) serait dès lors le moment de la rencontre amoureuse, L’amour naissant…

En effet, en commençant le refrain par « si d’aventure je quittais terre », elle permet au doute de s’installer. Elle projette de quitter cet univers (parce qu’il la rend malade ?) comme elle le fera à la fin du concert, en laissant Gary qui n’est déjà plus présent : elle fait sa déclaration d’amour à un absent. Belle résonance avec le thème originel de la chanson, interprétable comme l’aveu d’amour à un enfant tant voulu mais qu’on a jamais eu, peut-être parce qu’il est mort-né , peut-être parce que l’enfantement tel qu’il se fait normalement est interdit dans certains univers dystopiques, pour contrôler les naissances, éviter la profusion des classes miséreuses, laborieuses, dangereuses. Cet enfant perdu est-il la raison de l’absence de Gary ? Le déploiement de l’amour sur « Les mots » occupait l’ensemble de la scène ; ici, point de suture, noir sur la scène (au début) pour accentuer l’absence, traversé de sept rayons blancs protecteurs, et repli de Mylène avec son pianiste sur la partie droite de la scène, comme si la musique sauvait de tout. « Et pourtant » signe la rupture de la relation – à cause de cet enfant non né ? : « mais tes lèvres ont fait de moi un éclat de toi », dit-elle à Gary, toujours absent – et ce même si l’amour persiste, signant la nécessité du départ. A ce moment, l’outro de « Et pourtant » confié à Yvan Cassar seul sur scène semble signifier que si l’amour est terminé, la musique survit et fait renaître. Alors que la musique gagne progressivement en intensité et en beauté, la scène sombre fait place à une lumière de plus en plus intense, statique puis mobile, qui éclaire la pianiste seul puis l’ensemble de la scène. La vie nous est redonnée par la musique.

images (3)Si l’amour d’adultes n’a pu donner lieu à la naissance d’un enfant, celui-ci apparaît tout de même, venu du public, donc d’en dehors de ce monde représenté sur scène : sur « A l’ombre » pour annoncer le renouveau à venir ou « XXL », chanson centrée sur le besoin d’amour de la femme, quelque soit le monde d’où elle vient. Les vaisseaux projetant des rayons formant des X, des images de MF et de ses guitaristes, de leur complicité, marquent à nouveau les moment de joie apportés par l’amour et la musique là encore – comme sur « Et pourtant », mais cette fois le musicien n’est plus seul. Le moment est idéal pour faire entrer sur scène, dans son univers, un enfant, par exemple celui, très mignon, du 11 septembre 2013. Ce contact amoureux avec le hors scène est élargi à l’ensemble du public dans le tableau « Bleu noir » où Mylène chante sur une nacelle mobile qui traverse l’ensemble de la fosse, et ce en liaison avec la thématique de la chanson, ici la vie vaut la peine d’être vécue pour les relations profondes que l’on y noue : « mais la vie qui m’entoure et me baigne me dit quand même ça vaut la peine » « la bataille est belle, celle de l’amour disperce tout ». Faire chanter au public le premier couplet du titre « Maman a tort » participe du même élan : « deux, c’est beau l’amour » « huit, j’m'amuse ».

Dans la même mouvance, mais plus clairement, « Désenchantée » permet de se focaliser sur les marginaux, les révoltés, les prisonniers politiques, les dissidents de cette dystopie : « tous mes idéaux, des mots abîmés ». Ceux-ci sont figurés par les danseurs. Avec la sorcière Mylène, ils sont enfermés hors du regard des « normaux », sur une planète hostile, rouge, peuplés d’insectes menaçants, veuves noires, gardiens lugubres des prisonniers exilés ….

Cette sorcière de « Désenchantée », nous la retrouvons sur « Diabolique mon ange ». Si la croix sur la nuque de Moby (« Slipping away ») semble renvoyer l’idée de religion, de spiritualité, elle aussi, à un lointain passé, de même que sur la partie piano-voix du concert, la croix très discrète sur l’échancrure de la robe pailletée d’étoiles de MF, elle signe surtout définitivement le rejet de la religion dans cet univers, en dehors de ceux qui tiennent encore quelque chose du passé :? D’ailleurs, les cinq soleils de « Bleu noir » reviennent à ce moment précis, non plus blancs, mais jaunes or, plus puissants, regaillardis par cette renaissance dans un tableau faisant référence au pays du Soleil levant, donc naissant ou renaissant et qui accueille, après « Sans contrefaçon », le tout premier titre de la carrière de Mylène, celle qui la fait naître en tant que chanteuse : « Maman a tort ».

« Sans contrefaçon » ? Des dystopies toujours… « Dans ce monde qui n’a ni queue ni tête », apparaissent des simili samouraï, guerriers rouges de la planète Mars, au double sens du dieu grec de la guerre et du sang versé au combat et de la planète rouge : « prenez garde à mes soldats de plomb, c’est eux qui vont tueront ». 

Dans le même ordre d’idées, toujours sur « Je t’aime mélancolie », l’industrialisation effrénée n’aboutit à rien puisqu’elle sert à construire des engins de mort : machine ambulante qui évoque un lieu de pendaison par couperet avec suspendus serpes et marteaux – symboles du communisme soviétique. Elle permet de mettre au point des engins de répression (gants de boxe sur ressort avec aussi une allusion au clip de la chanson de ce tableau) ou encore des machines occupées à un travail vain et inutile : machines à roues dotées de ciseaux géants mobiles servant à la culture d’une terre aride, bateau au sein d’une mer rougeâtre vide ou peuplée de squelettes de poisson, allusion au travail à la chaîne tayloriste (et à sa symbolique chaplinesque) avec ces bouteilles fabriquées en série qui explosent avant même d’être terminées. Plus loin, les visages humains eux-mêmes toujours indéfinissables semblent être produits en série. A noter que les premières dystopies sont nées avec l’industrialisation – destructrice parce qu’irrespectueuse – du XIXème siècle, révolutions industrielles dont l’une a été marquée par une découverte essentielle : l’électricité, ici représentée par une ampoule qui s’allume et s’éteint au milieu d’un visage vaguement défini. 

Vient « Rêver », le moment du départ, où il faut « changer de ciel », l’ultime chanson du concert, l’hymne à la tolérance, mais qui signale tout de même la fragilité du nouveau monde créé et la nécessité d’un agir ensemble pour le préserver.

Pour terminer, sur l’ensemble du spectacle, il faut souligner que, pas de doute, c’est un spectacle très réussi. Chaque membre de l’équipe sur scène a son moment privilégié, où l’attention est concentrée sur lui, marque de partage et de respect infini pour tous les acteurs du show : Gary Jules chante presque seul sa chanson « Mad world », le public chante presque seul le 1er couplet de « Maman a tort » ; il y a l’intro musical de « Et pourtant » qui met en valeur le pianiste Y. Cassar, l’intro de « Je t’aime mélancolie » pour les danseurs, l’intro de « Diabolique, mon ange » pour tous les musiciens et les choristes, la mise en avant des guitaristes sur « Monkey me » et « XXL » (et de l’un d’entre eux sur l’écran au milieu des « soleils » de « Bleu noir ») et bien sûr l’interlude robots. 

images (4)Et la joie présente du début à la fin du concert, en particulier autour de son héroïne toujours souriante, comme un contrepoint à la dystopie et le signe d’un espoir toujours vivant. Qui a dit qu’elle, Laurent B. et toute leur équipe n’étaient pas capables de se renouveler tout en gardant leur identité ? Où s’arrêtera le pinceau d’écume ? Jamais, puisqu’elle est éternelle… 


SOURCE : Cyril H. – à retrouver sur le site originel :  
http://roadmaster-087.skyrock.com

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MYLENE HEROINE DANS TRISTANA

Posté par francesca7 le 28 juillet 2014

 

 

Adapté du premier long-métrage d’animation de l’histoire du cinéma Blanche-Neige et les sept nains (1946), Tristana (1987) subit par son traitement la modification supplémentaire d’une transposition. Alors que le dessin-animé original avait pour lieu un royaume imaginaire, peuplé d’honnêtes travailleurs et de sorcières maléfiques, l’action de Tristana est placée dans la campagne russe de 1917. Tristana, qui recycle visiblement le personnage de Blanche-Neige, s’énamoure de Rasoukine un paysan russe, mais est jalousée par une espèce de sorcière qui prend les traits d’une sévère tsarine sous les ordres de laquelle obéit un moine soumis. Cette tsarine, comme pour se venger de la beauté insolente de Tristana, l’empoisonnera avec une pomme de sa conception pendant l’absence de Rasoukine, qui participe à la révolution de Pétrograd.

tristana-mourthe

 

Lors de son retour auprès de Tristana, il la retrouve à demi-morte, avec sept petits paysans à son chevet. Au delà de la double lecture qu’impose le traitement de l’adaptation de Blanche-Neige, à la fois selon le contexte du conte original puis celui un peu différent de la diégèse du clip, Laurent Boutonnat nourri son film d’un troisième degré de compréhension. Le réalisateur a dit plusieurs fois dans des interviews s’être nourri de cinéma soviétique et russe, d’Eisenstein et de Tarkovski notamment. Ceci peut sans doute expliquer en partie le statut symbolique particulier de tous personnages du clip. En ancrant d’une telle manière sa diégèse dans le climat révolutionnaire bolchevik, Boutonnat a voulu faire de son clip un film proche d’un certain cinéma soviétique par son discours, sans que cela ne se remarque forcément. Aucune morale politique apparente ni propagande ne figure ouvertement dans le clip qui reste, du début à la fin, fidèle au genre du conte. L’héroïne à laquelle le spectateur s’identifie est persécutée par la bourgeoisie que représente la tsarine surpuissante, le moine asservi à la tsarine exécute bêtement le moindre de ses désirs. On remarque d’ailleurs que son combat contre le bolchevik qu’est Rasoukine est une interprétation des ordres de cette tsarine, qui ne voulait à la base que l’anéantissement de la beauté angélique de Tristana, qu’on identifiera comme une personne du peuple prolétaire présentée au début du clip comme vivant seule. Les sept petits paysans quant à eux sont un exemple parfait du communisme, travaillant ensemble et partageant leurs biens.

 

L’image de leurs mains posées les unes sur les autres, au-dessus desquelles se posera celle d’une Tristana convertie le montre bien. Sous la bénédiction du portrait de Karl Marx accroché au mur, Tristana est la bienvenue dans la maison des paysans, et profite des bienfaits de la mise en commun des richesses du groupe. Toujours avec un pessimisme et un fatalisme certain, Laurent Boutonnat met en scène le récit du déclin d’un communisme voué à l’échec. La tsarine, entre temps muée en bourgeoise aveugle et sanguinaire, n’arrive pas à ses fins en ce qui concerne l’anéantissement de sa rivale, et finit dévorée par les loups, suivie par un moine corrompu qui mourra gelé de n’avoir pu savoir vers qui se tourner. Tristana, prolétaire à demi-morte finira portée par le bolchevik Rasoukine dans la procession d’un cortège de paysans communistes en deuil vers une résurrection incertaine.

tristana_marx

 

Alors que les paroles de la chanson ne s’y prêtent absolument pas, le clip Tristana peut être lu comme un film de propagande communiste qui donne à chaque personnage une fonction symbolisante. Alors figurés, les acteurs de la révolution russe d’octobre 1917 peuvent être manipulés afin de faire correspondre leur action et leur destin en fonction du conte régissant le récit. Tristana est un peu une synthèse de l’histoire du communisme, évoquant successivement ses origines, ses participants, et son déclin. Alors que toute trace de la bourgeoisie symbolisée par la tsarine et son moine a disparue, la victoire des communistes figurée par Rasoukine et les nains est nuancée par la mort en suspend de Tristana, qui avait aux yeux de tous la couleur d’un idéal. De là à penser à la mort de l’idéal communiste il n’y a qu’un pas. Idéal que personne n’a pu ni atteindre ni irrémédiablement supprimer. La fin onirique du clip figure la dualité entre la victoire des bolcheviks au lendemain de la révolution, et le futur tragique qui accompagnera la dictature du prolétariat les années suivantes.

 

Une piste est cependant laissée par Laurent Boutonnat pour que le spectateur s’oriente vers la voie du film de propagande soviétique. Lors du départ de Rasoukine, la révolution est montrée à l’écran durant une petite minute par de vraies images tournées à l’époque pendant la manifestation de juillet 1917 le long de la Volga. Ces images d’archives ont été remontées par Laurent Boutonnat à la manière de Serguei Eisenstein tout en opposition de masses. Comme le réalisateur soviétique l’avait fait pour Octobre (1927), Boutonnat donne un sens à son montage en alternant par exemple plusieurs plans d’échelle et de contextes différents. Ainsi les gros plans d’un discours de Lénine frappant du poing sur la table sont montés avec les plans larges des manifestants fuyant de tel ou tel côté du cadre, et des plans montrant les tirs de l’armée en direction de la foule paniquée.

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 Avec un soucis de composition évident, Boutonnat donne à cette minute d’archives documentaires la couleur du cinéma de propagande soviétique, et laisse entrevoir la nécessité de voir le reste du clip selon une lecture différente. Au-delà de l’adaptation d’un conte pour enfants accessible à tous, Laurent Boutonnat adapte le récit dans un contexte politique afin non pas de tenir un discours, mais de placer malicieusement son film dans un genre particulier qu’on ne lui attribuerait pas à la première vision. S’apparentant à la fois à l’adaptation d’un conte pour enfants, mais appartenant à la fois au cinéma d’aventure et au cinéma de propagande, Tristana par ses trois niveaux d’interprétation devient au niveau du sens une espèce de « film-labyrinthe » qui supporte l’analyse approfondie par le spectateur averti et la vision répétée.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

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Les aides Associatives de la part de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 24 mai 2014

 

CMylène Farmer reste très discrète quand il s’agit d’apporter sa renommée pour l’aide d’association. Pourtant, sans être médiatique, son action reste néanmoins présente et très concrète. Toutes les sommes d’argent qu’elle touche en dommages et intérêts suite à ses procès contre la presse people sont reversées à des associations. Régulièrement, les Enfoirés reprennent les tubes de Mylène Farmer. Sans participer à ces soirées caritatives, Mylène cède ses droits sur ses titres : Libertine et Sans contrefaçon en 2002,Moi… Lolita et Rêver en 2002, C’est une belle journée en 2003, Désenchantée en 2005 et Pourvu qu’elles soient douces en 2006.

D’aucune manière, Mylène ne cherche à tirer profit de ses actions caritatives.

 

Eventail Amour de Soie – mai 2009

mylene farmerPour sa tournée 2009, Mylène Farmer a proposé à la vente, comme merchandising, un éventail fabriqué par les artisans d’un village du Vietnam. L’éventail est en papier et tous les bénéfices de la vente sont reversés au profit de l’Association Amour de soie… et des autres. Grâce à cette assiocation de nombreux enfants seront scolarisés, avec en prime une vélo offert.
Responsabiliser et valoriser les femmes par le travail, leur donner accès à l’éducation, leur permettre de sortir du cycle de la pauvreté, c’est le défi que se propose de relever humblement Amour de soie… et des autres.

 

 

AIDES – décembre 2008

mylene farmerSamedi 13 décembre 2008 était organisé à l’hôtel Intercontinental une vente aux enchères au profit de AIDES, association contre le Sida. De nombreux créateurs et personnalités ont offert à la vente des objets personnels. Carla Bruni a fait don d’une magnifique robe Dior et Mylène Farmer a proposé une illustration originale de Lonely Lisa. Son dessin s’est envolé à 1500 euros.

 

Autistes sans frontières – mai 2006

Mylène Farmer et Franck Sorbier ont signé un t-shirt mis en vente au profit de l’Association Autistes Sans Frontières. Ce t-shirt tiré à 40.000 exemplaires a été vendu dans les 200 boutiques Sephora en France au prix de 15 euros.
mylene farmer
Il s’agit d’une création de Franck Sorbier et Mylène Farmer, puisque le t-shirt représente un dessin d’une des tenues du dernier spectacle de Mylène Farmer.

Communiqué de presse
Il était une fois, une belle histoire pour une belle cause. Mylène Farmer et Franck Sorbier réunis à nouveau pour l’Association Autistes Sans Frontières, ont illustré un tee-shirt qui sera mis en vente au profit de l’association dans les boutiques Séphora en mai 2006. Dans un univers graphique ludique noir et blanc, une figurine habillée d’un costume conçu et réalisé par Franck Sorbier pour le dernier concert de Mylène Farmer, Avant que l’ombre… à Bercy 2006, apportera un moment de bonheur et de douceur pour l’Association Autistes Sans Frontières.
Le site : Autiste sans frontière.

Autistes Sans Frontières finance des dispositifs d’accompagnement permettant d’intégrer des enfants autistes à l’écoleordinaire.

 

AFIPA – avril 2006

L’AFIPA (Association Française et Internationale de Protection Animale) a mis aux enchères, du 30 mars au 8 avril 2006, sur le site www.aucland.fr, des objets ayant appartenu à des célébrités. Mylène, qui mettait aux enchères un morceau du décor des concerts Avant que l’ombre… (ainsi qu’un programme dédicacé) a été la grande gagnante de ce Trophées de star, puisque l’objet a été adjugé à 5850 euros ! Bravo à FRED1969 l’heureux gagnant.

mylene farmer

L’AFIPA (Association Française et Internationale de Protection Animale) est née en 2001. Initialement défendant la cause animale, l’Association se spécialise très rapidement dans la lutte contre la fourrure d’animaux domestiques, à savoir la fourrure de chien et de chat.
Les autres donateurs

Dépèche AFP
Des célébrités mettent des objets personnels aux enchères pour lutter contre la fourrure – Isabelle Adjani, Nathalie Baye, Mylène Farmer ou Arielle Dombasle : une quinzaine de personnalités offrent aux enchères des effets personnels sur le site aucland.fr, à partir de ce jeudi et jusqu’au 30 avril, au profit de l’Association internationale de protection animale (AFIPA).
Nous avons rencontré beaucoup de sympathie de la part de personnalités, hommes et femmes de coeur, qui ont soutenu notre action contre la commercialisation de fourrures de chats et de chiens ou qui nous suivent plus généralement dans notre combat contre la fourrure explique Nicolas Biscaye, directeur de l’AFIPA.
L’association entend faire pression auprès du gouvernement pour qu’il modifie le décret relatif à l’étiquetage de la fourrure et plus particulièrement auprès de Thierry Breton afin que soient mentionnés sur les étiquettes le nom commercial, le nom scientifique, la méthode d’abattage et le pays de provenance de l’animal abattu.
- Isabelle Adjani propose la robe du soir en mousseline de soie rouge signée Tom Ford pour Yves Saint Laurent, portée dans le film La Repentie.
- Tina Arena se sépare du double disque d’or 500 choristes qu’elle a reçu en 2005.
- Mylène Farmer offre un élément du décor de son dernier spectacle à Bercy, authentifié, ainsi qu’un programme dédicacé.
Les fonds récoltés permettront de financer la prochaine campagne des bénévoles de l’AFIPA. Michel Drucker, Paul Belmondo, Patrick Bouchitey, Michel Fugain, Philippe Gelück, Franck Sorbier, Françoise Fabian ou Patrick Fiori participent aussi à l’opération.

mylene farmer
Voici le visuel du morceau des portes colossales (1 x 2 mètres) que Mylène Farmer a offert à l’association AFIPA.

 

Télévie – avril 2006

Le 1er avril, de 9h15 à 13h00, sur Bel RTL et RTL TVI (télévision belge), la mise en vente aux enchères des récompenses des meilleurs albums de l’année 2005 a rapporté 137 600 euros au Télévie.
L’émission belge Télévie est un programme caritatif qui a pour objectif de recueillir des fonds afin de venir en aide aux victimes de la leucémie.
A cette occasion, le disque d’or belge décerné à Mylène Farmer pour son album Avant que l’ombre… a été mis en vente. Grâce à ce geste et à l’ensemble de tous les autres dons, les fonds récoltés sont une fois de plus en hausse par rapport à l’année dernière. Merci pour eux !

televie 2006 Mylène Farmer
Johnny Hallyday
Chimène Badi
Calogero
Celine Dion
Patrick Bruel
Madonna
Le roi soleil
Raphaël
Alain Souchon
Robbie Williams
Frédéric François
Avant que l’ombre…
Ma vérité
Dis-moi que tu m’aimes
Live 1.0
On ne change pas
Des souvenirs devant
Confessions on a dance floor

Caravane
La vie Théodore
Intensive care
Et si on parlait d’amour

12 000 euros
25 000 euros
6 100 euros
6 200 euros
9 000 euros
13 000 euros
8 500 euros
5 600 euros
11 100 euros
6 200 euros
10 000 euros
8 500 euros

 

Rêves – 20 janvier 2006

L’association Rêves agit pour réaliser les rêves des enfants malades. Le 20 janvier 2006, 3 enfants ont pu rejoindre Mylène dans sa loge à la fin du spectacle de Bercy : Laetitia de l’Aveyron, Laetitia du Puy-de-Dôme et Betty du Rhône.

Le site de Rêves reves

 

Solidarité Enfants Roumains Abandonnés – mars 2005

Bonjour je suis Mylène Farmer. Un jour, j’ai découvert dans un reportage, qui m’a profondément bouleversée, la souffrance de milliers d’enfants abandonnés chaque année et enfermés dans des orphelinats en Roumanie.
J’ai rencontré une association qui s’appelle S.E.R.A : Solidarité Enfants Roumains Abandonnés. S.E.R.A sort les enfants des orphelinats pour les rendre à leurs familles ou pour leur trouver une famille d’accueil. S.E.R.A ferme les orphelinats mouroirs, où les enfants sont traités de manière inhumaine. Ces enfants ont besoin de nous.
seraTel est le message que l’on a pu entendre sur les radios Chérie FMet RFM en mars 2005.
Un beau geste de Mylène Farmer pour soutenir cette association venant en aide aux orphelins roumains.

Message audio :    ||  Le site de SERA

 

Solidarité Asie – janvier 2005

Le 17 janvier 2005 est sorti une compilation des artistes du label Universal en faveur des victimes du raz-de-marée meurtrier du 26 décembre 2004 en Asie. Mylène y est présente avec Rêver, un titre qu’elle avait déjà repris lors d’une émission caritative destinée aux enfants de la guerre.
Ce titre est en passe de devenir un hymne, triste et désenchanté… Le track-listing de l’album est le suivant :

1. Io le canto per te – Florent Pagny
2. La rivière de notre enfance – Garou et Michel Sardou
3. Tout au bout de nos peines – Isabelle Boulay et     johnny Hallyday
4. Je ne sais pas son nom – Chimène Badi
5. Si seulement je pouvais lui manquer – Calogero
6. Elle danse seule – Gérald De palmas
7. Rodéo – Zazie
8. Rêver – Mylène Farmer
9. Tu es mon autre – Lara Fabian et Maurane
10. L’été – Bernard lavilliers
11. Sur la route 66 – Eddy Mitchell
12. Pourtant – Vanessa Paradis
13. Osez Joséphine – Alain Bashung
14. Le défi – David Hallyday
15. Ma révolution – Jenifer
16. Tu seras – Emma Daumas
17. Du courage – La Grande Sophie
18. Showbiz – M. Pokora
19. N 10 – Booba
20. Dis-moi que l’amour – Marc Lavoine et Bambou
21. Suivre une étoile – Nolwenn Leroy
22. Né quelque part – Maxime Le Forestier
Universal Music et les artistes se mobilisent
au profit d’Action Contre la Faim

solidarite asie

 

Peinture d’autistes, parole d’artistes… – avril 2004

L’autisme, grave trouble du comportement mental dont on cherche encore l’origine, limite la communication et la relation aux autres. 100 000 personnes en France sont concernés par cet handicap. Les moyens manquent cruellement pour que chaque autiste bénéficie d’une prise en charge adaptée.
Le 29 avril 2004 est sorti en librairie Peintures d’autistes, paroles d’artistes, un recueil de 124 pages contenant 56 regards d’artistes posés sur des tableaux d’autistes. Face à cet univers de couleurs cabossées, les émotions se sont révélées avec spontanéité et générosité. Le résultat est étonnant !, précise l’éditeur Neyret Michele.
autistes artistesEcrivains, peintres, poètes, musiciens, sportifs, chanteurs, acteurs… ils ont tous accepté sans hésiter d’accompagner de leurs mots et de leurs impressions les couleurs et les silences des artistes autistes. Ce livre vous permettra d’approcher ce monde étrange de l’autisme et ses talents peu ordinaires.
Parmi eux, on trouve Zazie, que l’on savait déjà sensible à cette cause, mais aussi : Annequin et Jullian – J.Philippe Aubanel – Charles Auburtin – Ayerdhal – Luc Besson – Pierre Bordage – François Bourgeon – Marie Thérèse Bourrat – Howard Buten – Charlelie Couture – Sylvie Chausse – Franck Emmanuel-Comte – Guy Darmet – Renée David – Eric Dexheimer – Jean Philippe Dubor – Driss El Kesri - Mylène Farmer - Faudel – Philippe Favier – François Frappa – Pierre Gagnaire – Patrice Giorda – Alex Godard – I Muvrini – Jeff (Têtedoie) – André Julliard – Daniel Kawka – Kent – Keren Ann – Yves Loude – Michel Maly – Maguy Marin – Marino (Théry) – Marthe Martinez – Sophie Mestrallet Sauzay – Geneviève Metge – Nelson Montfort – Gilles Moretton – Yannick Noah – Séverine Piraud – Philippe Piroud – Claire Rengade – Rufus – Camille Saint Jacques – Cristina Tavares – Gérard Teilhol – Bernard Tétu – Bruno Théry – Murielle Thévenet – Claire Truche – Martin Winckler – Michaël Youn – Zenzila.
L’intégralité de la vente du livre est dédiée à l’équipement d’un nouveau centre pour personnes autistes dont l’ouverture est prévue dans la région lyonnaise courant 2005.

 

Cent Titres (l’ARC) – octobre 2003

mylene farmer arcDu 23 au 30 octobre 2003, Mylène expose à l’espace Artcurial un tableau intitulé Cent titres qu’elle a dessiné l’été. Le tableau est vendu aux enchères le 30 octobre 2003 pour un montant de 6500 euros. La somme ainsi récoltée va pour une assocation de lutte contre le cancer du sein (l’ARC). L’heureux gagnant n’est autre que Jean-François Kovalski rédacteur en chef du magazineInstant Mag.
arc

Le site internet

 

Zidane ELA – mai 2002

mylene farmerLe 19 mai 2002 Michel Drucker présente sur France 2 l’émission Zidane ELA, zidanepour soutenir l’Association Européenne contre les Leucodystrophie dont le parrain en France estZinédine Zidane. Mylène interprète C’est une belle journée dans un passage ampexé. Mylène n’est pas présente sur le plateau.
A noter que Mylène participe à la bande annonce de l’émission en compagnie des autres invités et techniciens en second plan. Tous reprennent en cœur Zidane ELA.

 

SIDACTION – juillet 1999

mylene farmerJe te rends ton amour paraît le 8 juin 1999. Ce n’est pas la chanson qui fait scandale mais le clip tourné à l’abbaye de Mériel par François Hanss. On y voit la chanteuse baignant dans une mare de sang après avoir été confessé par un prêtre satanique Un comité de censure jugeant le clip trop violent et blasphématoire pouvant heurter la sensibilité des téléspectateurs demande aux chaînes de repousser tard dans la soirée diffusion du clip et demande à Mylène de le modifier. En réaction, Mylène accepte un nouveau montage du clip mais sort en kiosque la version intégrale le 6 juillet. La cassette VHS du clip est accompagné d’un fascicule. La médiatisation est telle que le succès dépasse les espérances avec 30 000 exemplaires vendus. Pour faire un pied de nez à la censure, Mylène offre la totalité des bénéfices à l’association Sidaction.

 

Urgence 27 artistes pour la recherche contre le sida – juin 1992

urgence

Mylène Farmer participe à une action contre le sida pour la première fois en 1992. Pour Urgence, un double album de reprises acoustiques, sur une idée d’Etienne Daho, Mylène offre une version nouvelle du titre Dernier sourire, alors qu’au départ, Que mon cœur lâche était destiné à figurer sur la compilation, puisque le titre évoque clairement le port des préservatifs.

 

Une soirée pour les Restos – décembre 1988
restos du coeur

La première action caritative publique de Mylème se déroule lors de l’émission de TF1 animée par Jean-Pierre Foucault le 17 décembre 1988 Une soirée pour les Restos. Cette soirée est organisée en faveur des Restos du Cœur et elle coïncide avec l’arrêt de la fabrication du Solex. Jean-Pierre Foucault met aux enchères le Solex présent sur le plateau et dédicacé par Mylène. L’enchère dure le temps pour Mylène d’interpréter Pourvu qu’elles soient douceset est remporté par un certain Samir T. qui propose la somme de 120 000 francs (18 300 Euros). Lors de cette annonce, Mylène sort de derrière son dos un chèque qu’elle remet à l’animateur. Jean-Pierre Foucault, surpris et ému, remercie vivement Mylène sous les applaudissements du public.

 

Contre le sida, les stars se mobilisent – avril 1987

VSD SidaLe 09 avril 1987, on retrouve Mylène associée à 25 autres personnalités à la Une d’un numéro exceptionnel de VSD consacré à la lutte et la prévention contre le Sida. Chacun tient à la main un préservatif.
VSD SidaMylène sera fidèle à son engagement contre le sida tout au long de sa carrière. Toujours en juin 1987, au travers d’une photo de Catherine Cabrol dans le magazine Photo.
En 1995, Mylène est invitée de l’émissionDéjà le retour sur France 2. Elle porte discrètement le pin’s du sidaction. 

 

Concert pour SOS Racisme – juillet 1987

SOS racismeLe 15 juillet 1987, un grand spectacle est organisé au profit de SOS Racisme. SOS racismeLe concert est retransmis par La Cinq. En extérieur, des dizaines d’artistes viennent interpréter en direct leur tube du moment. Mylène interprète Tristaneaccompagné de ses deux danseuses.

 

La chanson pour la vie – Care France – mars 1986

chanson de la vieDepuis 1985, des réunions d’artistes proposent des chansons caritatives au profit de divers causes : Band Aid, USA for Africa, Chanteurs sans frontières. U2, avec 10 artistes chante Sun City contre l’apartheid en Afrique du Sud. La France ne reste pas inactive. Jean-Jacque Goldman créé la chanson des Restos du Cœur. Eté 1985, Alice Donna lance le projet Femmes du monde en réunissant 25 chanteuses au profit de l’association Care France. Claude Lemesle écrit le texte de la chanson, tandis que Alice Dona compose la musique. chanson de la vieLa chanson s’appelleLa chanson de la vie et est interprétée lors de l’émissionChamps Elysées sur Antenne 2 le 15 mars 1986. Malheureusement, Linda de Suza, Marie Myriam, Isabelle Aubrey, Jane Birkin et Dorothée n’ont pu être présentes (malades ou en tournées). Heureusement, Mylène Farmer accepte d’être une remplaçante pour une soir. A noter que toutes les chanteuses appartiennent au label Polydor, label où est sortie quelques jours auparavant le 45 tours. 

 

 

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ROCK FM avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 février 2014

 

JUILLET 1986 - Entretien avec Bertrand DELCOUR et Yves COUPRIE

1986-07-bCommençons par le commencement.

- J’ai suivi des cours de théâtre pendant deux ans, et après j’ai rencontré deux personnes qui ont écrit

« Maman a tort », je suis rentrée en studio et cette chanson a très bien marché.

Chez toi on a vu un petit singe dans une cage. A côté il y a une télévision sur un magnétoscope.

Qu’est-ce que tu préfères regarder ?

- Le singe qui vit.

Même pas tes clips ?

- Je déteste me regarder. On avance quand on s’observe mais le regard sur soi n’est pas le meilleur.

Tu te moques des parents avec « M aman a tort ». Et avec « Libertine » tu dois complètement terroriser le M LF quand il écoute les paroles.

- Hou la la ! Moi je suis terrorisée par ce mouvement là, alors…

Tu es bien dans ta peau ?

- Déjà pour faire ce métier je pense qu’il faut pas être très bien, mais je prends énormément de plaisir à chanter « Libertine », par exemple.

Demain c’est la Saint Donatien, c’est la fête du Marquis de Sade. En plus, cette nuit, c’est la pleine lune… Tu lis Sade ?

- J’ai lu en long, en large et en travers « Justine ». C’est assez attirant, j’avoue.

Puisque tu as envie de faire du cinéma, on ne t’a pas proposé de scénarii bien sombres qui changeraient des productions actuelles ?

- Pour l’instant non, j’aimerais bien tourner avec Roman Polanski. Faire « Le locataire », ça m’aurait fait plaisir.  (au magnéto) Je n’aime pas cette petite machine.

C’est un piège.

- C’est un viol.

Heu… en fait, tu n’as pas l’air de trop t’intéresser à la mode.

- Non, ça implique des connotations ennuyeuses. Il y a des époques, comme celle du libertinage, par exemple, qui sont attirantes. Mais j’ai été programmée pour 1986.

Tu te sens bien entre Le Pen, Le sida, Tchernobyl, Kadhafi, et toutes ces choses ?

- (rires) Et vous ?!

Si on te proposait de participer à une messe noire, tu accepterais ?

- Evidemment ! Il y a « Vieux bouc » pour ça. Si j’avais une scène à faire, j’utiliserai ce genre de chose. Le prochain clip, « Libertine », sera très beau. On va s’inspirer de toute l’ambiance de « Barry Lyndon ».

En classe, tu étais au fond ? Toute seule dans un coin…

- J’ai eu cette période. Et puis j’ai eu la période révolutionnaire.

Marxiste ! Punk !

- (rires) Non, non, non ! Du tout ! Ca s’est traduit d’une autre façon.

Comment ?

- Oh… c’était un peu de paranoïa, certainement. A chaque réflexion de la maîtresse je me disais ‘C’est pour moi’. Et puis un refus de tout.

Ça  ne s’est pas mal terminé ?

- Non, non. Toute mon adolescence, je la déteste.

On a l’impression que tu as peur de tout.

- Je me méfie un peu. Et puis je voudrais comprendre !

On ne sait même pas quel âge tu as…

- J’ai 24 ans.

Qu’est-ce que tu as pu faire en 23 ans ? Avant de chanter…

- Heeuuu…

Et si c’était à refaire, tu le referais ?

- Pendant 23 ans j’ai maudit ma mère de m’avoir mis au monde, et puis après je l’ai adorée. J’ai certainement rêvé très longtemps.

Tu rêvais à quoi ?

- C’est indiscret !

Tu voulais devenir roi de France ? M aître du monde ? Catin ?

- Catin, certainement !

Quand tu chantes ça, c’est parce que c’est vrai !

- C’est de bonne guerre. Je suis la prostituée du show bizness et de beaucoup d’autres choses.

Mylène Farmer, quel est le secret de ta réussite ?

- Je n’en sais rien ! (rires) Qu’est-ce que vous avez contre moi ? Arrêtez ! (rires)

Bon. Quand tu étais petite tu savais que tu allais devenir ce que tu es ?

- De toute façon, c’était ou ça, ou dans un autre monde…

L’hôpital psychiatrique, tu n’y a jamais pensé ?

- Mon dieu ! Quel image ils vont avoir de moi. Vous avez bu ?

Donc t’es pas bien sur Terre ?

- Si, si. Très bien.

On t’a jamais proposé des drogues ?

- Je n’ai jamais fait appel à ça.

Alors qu’est ce que tu vas faire des royalties de « Libertine » ?

- Je m’achèterai un château et j’y mettrais des milliers de singes. Voilà !

Un château du XVIIIème siècle.

- En Bavière, pour être à côté de mon ami Louis.

?

1986-07-a-          Avec Gilles de Rais, Louis II est un des mes personnages préférés.

Il a mal fini, Gilles de Rai. M ais lui au moins a sauvé son âme à la fin parce qu’il s’était repenti. Si on te proposait le repentir et la vie éternelle, tu accepterais de renier ton personnage démoniaque ?

- (long silence flippant) C’est vous qui êtes démoniaques !!

Quelles déclarations tu as à faire à la presse française ?

- Ah… je n’ai rien à leur dire. Je suis heureuse d’être là. Et… tant pis pour eux.

Bon, ben on peut couper ici ?

-          (S’approchant dangereusement de la touche STOP)

-          Je peux avoir le plaisir d’ARRÊTER CETTE MACHINE ?

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Mylène est tombée 7 fois

Posté par francesca7 le 2 mai 2013

 

Mylène est tombée 7 fois dans Mylène AU FIL DES MOTS e-foisTomber 7 fois… est en France la première chanson écrite et composée par Mylène. Pour ce titre, elle se fait rockeuse. Accompagnée de la chorale du Lycée français de Los Angeles dans les refrains, l’artiste délivre ici un message d’espoir : « Mais toujours vouloir pour soi / La lune, la lune / Même pour un nirvana / De fortune, la lune / Et si tu tombes 7 fois / Et si tu tombes 7 fois / Toujours se relever 8.

Aimant la formule, Mylène s’inspire ici d’un proverbe japonais, « Tomber sept fois et se relever huit fois », qui implique le non-renoncement, la volonté totale face à l’adversité ; « Faire les 400 coups / Se prendre des coups / Plutôt que la tiède », « Pas faire les choses à moitié / Mieux même si le prix à payer / Vaut être atypiques même si / L’un vous tire vers le bas / Vertébrés excentriques / Qu’un fossile usé ».

Mylène elle-même le confirme dans une interview du 31 octobre 1995 pour le magazine belge 7 Extra : « Je ne me donne pas le droit de tomber, en tout cas plus bas que terre. De plus, j’ai toujours cette volonté de relever la tête. « Tomber sept fois, se relever huit », c’es tune belle image. Cette notion de résurrection, cette envie de repartir. »

Un texte plein d’espoir donc et qui appelle même à la révolution avec ce vers ; « Et c’est un peuple qui se soulève ». Un écho à la chanson Désenchantée, mais sans le désespoir de cette dernière. Bien au contraire, ici la grande lucidité de Mylène sur notre inévitable fin semble laisser la place à la combativité propre à la vie !

A noter l’influence de Pierre Reverdy et de son poème P.O Midi (Quelques poèmes, 1916 : « Tout ceux qui ont peur sont debout / Les autres dorment ») dans ces vers de la chanson de Mylène : « Ceux / Qui ont peur sont debout / Les autres dorment mou / Se battre pour ses rêves… »

Si nous disons plus haut que Tomber 7 fois est la première composition de Mylène éditée en France, c’est que la chanteuse a déjà composé des titres. Pas pour elle certes, mais pour un album de rap-hip-hop qu’elle coproduit avec Henry Biggs (un étudiant américain qui donnait des cours d’anglais à Mylène à Los Angeles) et coréalise avec Thierry Rogen en 1994 (donc avant Anamorphosée). Il s’agit d’un EP de six titres écrits par Henry Biggs et cocomposés par Mylène ; Rhythmry, Third World, Hell et Hunger, Ain’t No Rhyme, Madeleine et To Builld a Harmony. Dans le magazine Mylène Farmer et vous, en 2006, Henry Biggs évoque ce projet :

« L’idée était celle d’une fusion entre la musique et les paroles qui seraient alternatives ; des messages profonds mêlés à une approche différente de la musique, ou alors des chansons composées comme des puzzles. En fait, c’est intéressant pour vos lecteurs d voir s’ils sont capables de « résoudre » l’énigme de chacune des chansons… Plusieurs paroles sont inspirées directement par des auteurs français comme Proust, Perec ou le mouvement Oulipo, par exemple. »

Une idée qui avait de quoi séduire Mylène en effet… Ce n’est qu’en 2006 que ce mini-album fut découvert en France via le label CD Baby, soit douze ans après sa création…. A noter également que Mylène assure les chœurs sur deux titres (même si elle n’est pas mentionnée comme choriste dans les crédits) : Ain’t No Rhyme et To Build a Harmony.

Dernière particularité : Mylène reprendra la musique de Madeleine pour en faire Et si vieillir m’était conté… en 1999 sur l’album Innamoramento.

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 97/220

 

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Souviens-toi du Jour où Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 21 avril 2013

 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

 

Le sujet :
Pour Souviens-toi du jour, Mylène s’est inspirée de la vie d’un auteur cher à ses yeux, Primo Levi, et évoque une de ces oeuvres dont le titre est « Et si c’est un homme ». Primo Levi fut arrêté en février 1944 puis déporté à Auschwitz où il resta presque un an. Il fera partie des rares survivants des camps de concentration. Selon lui, sa survie est due au fait qu’il fut déporté sur la fin de la guerre alors que les Allemands manquaient de main-d’œuvre. C’est après sa libération qu’il décide d’écrire pour dénoncer les atrocités qu’un homme est capable de faire à un autre.

SI C’ EST UN HOMME

Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c’est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c’est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu’à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N’oubliez pas que cela fut,
Non, ne l’oubliez pas:
Gravez ces mots dans votre cœur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants.
Ou que votre maison s’écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.

Souviens-toi du Jour où Mylène Farmer dans Mylène et SYMBOLISME souviens-toi

Primo Levi
Dans son récit, Primo Levi prépare son lecteur à réfléchir sur les horreurs qu’ont subi les victimes des nazis. Il dénonce la déshumanisation de ces êtres prisonniers et forcés de travailler dans des conditions épouvantables. Peut-on encore appeler « homme » ou « femme » une personne qui souffre aussi bien sur le plan physique que moral, quelqu’un qui a perdu son identité et qui doit supporter les atrocités qui lui sont infligées. Primo Levi tient à ce que le lecteur prenne conscience qu’il faut toujours les garder en mémoire, ne pas les oublier et transmettre le message aux futures générations pour qu’il n’y ait « plus jamais ça ».

L’analyse :
SOUVIENS-TOI DU JOUR…
Sortie : 2 septembre 1999
Mylène Farmer/Laurent Boutonnat
Durée : 4’55 (version single)
Maison de disque : Polydor
Editions : Requiem Publishing

Dans sa chanson, Mylène nous demande de garder en mémoire ce crime contre l’humanité que fut le massacre des Juifs dans les camps de la mort (« Souviens-toi »). Tout ce qu’il restait d’eux n’étaient que des cendres qui furent emportés par le vent (« Quand le vent a tout dispersé »). Elle nous demande de rappeler à ceux qui oublient, de leur remettre se souvenir en tête puisqu’il il est trop affreux pour être oublié (« Quand la mémoire a oublié »). L’idée contenue dans le texte est parfaitement résumée dans le titre de la chanson : Souviens-toi du jour!

« Souviens-toi que l’on peut tout donner », c’est la solution proposée par Mylène pour aider ceux qui en ont besoin, ceux qui souffrent, en leur tendant la main et en leur offrant notre soutien moral. On peut les aider à se reconstruire pour rendre leur vie meilleure. Mais, si nous sommes capables de reconstruire, nous pouvons aussi, à l’inverse, détruire toutes choses qui nous assurent paix et bonheur (« Souviens-toi que l’on peut tout briser »). Mylène nous demande d’être attentifs à nous et aux autres pour éviter le malheur.

Comme Primo Levi, elle veut nous faire prendre conscience que chaque personne souffrant et/ou victime d’une injustice est un être humain comme nous et que ce qu’il endure est indigne de lui (« Et si c’est un homme… »). Cette prise de conscience une fois faite (« Si c’est un homme »), il nous faut l’aider et la première chose à faire sera de l’aimer pour l’aider à faire face à son malheur. « Lui parler d’amour à volonté » pour qu’il réalise que cet amour est l’unique chose qui compte sur cette terre et qu’il faut le diffuser afin de s’accepter les un les autres.

Ensuite, Mylène reprend les paroles précédentes pour prouver ce qu’elle avance, pour les expliquer.
« Souviens-toi que l’on peut tout donner, quand on veut qu’on se rassemble ». Ici, elle nous explique que tout est une question de volonté, nous devons nous réunir, nous entraider pour mieux aider les autres. Primo Levi nous explique dans son livre que dans les camps régnait la politique du « chacun pour soi » et que s’il a pu rester humain, c’est parce qu’il a pu se lier avec certains déportés, ce qui a créé une certaine entraide grâce à laquelle il a pu faire face. « L’union fait la force », c’est le message à faire passer.

« Souviens-toi que l’on peut tout briser, les destins sont liés » . En effet, elle nous dit de ne pas fermer les yeux sur le malheur d’autrui car si on laisse faire les choses, elle peuvent nous entraîner aussi, ce qui nous rendrait encore plus coupable de n’avoir pas agi. Primo Levi. Dés le début du livre, nous dit avoir été « incrédule » vis-à-vis des camps. Mais quand il fut déporté, il était trop tard pour agir. Ils étaient impuissants face aux nazis et n’avaient d’autres solutions que de se soumettre. Et puis, si les camps de la mort ont existé aussi longtemps, c’est parce qu’on a fermé les yeux sur eux. Les autres peuples sont donc aussi coupables d’une certaine façon.

Pour Mylène, l’homme est capable du meilleur comme du pire mais, elle nous conseille de se battre pour qu’il ne fasse que le meilleur (« Lui parler d’amour à volonté, d’amour à volonté »). Tout le monde mérite de vivre dans un monde de paix où chacun peut garder sa dignité (« Et si c’est un homme, si c’est homme »).

Le refrain revient à l’idée générale du texte : se souvenir de ce cruel épisode des camps d’extermination pour ne plus qu’ils réapparaissent. Ainsi donc, Mylène choisit d’énumérer différents moment de détresse vécus par Primo Levi, plusieurs interprétations des paroles de ce refrain sont possible.

souv dans Mylène et SYMBOLISME« Le souffle à peine échappé » les déportés doivent subir quelque chose d’horrible et ce chaque fois qu’un souffle s’échappe de leur bouche. A peine arrivés aux camps, les voilà débarqués du train puis, séparés des leurs, ils vont subir diverses « examinassions » pour ensuite aller faire un travail des plus épuisant (et le mot est encore trop faible) et en recommencer un autre tout aussi pénible.

« Les yeux sont mouillés », la séparation, l’épuisement, ne pas savoir ce qui les attend et comment tout cela va se finir ne manque pas de faire couler des larmes. « Et ces visages serrés » des Juifs entassés dans les fourgons du train les menant à Auschwitz. Primo Levi nous raconte qu’il ne crut jamais voir le bout de ce terrible voyage (« Pour une éternité »). mais, ces « visages serrés » peuvent aussi se référer au moment de l’arrivée au camp où pendant des heures, dénudés et dans le froid, entassés dans la même pièce, ils ont attendu qu’on vienne les chercher. Enfin, on peut encore y associer l’instant de la sélection où les SS vont décider de la vie ou de la mise à mort des prisonniers sur le simple fait de les voir devant eux pendant quelques secondes (cf « Qui meurt pour un oui, pour un non » du poème). A nouveau, les prisonniers attendent nus et entassés dans une minuscule pièce (Primo Levi ressent même de la chaleur au contact des corps). Même si cette fois, leur attente est courte (« Pour une minute »), le stress qu’elle amène donne l’impression qu’elle dure des heure et l’attente du verdict où les prisonniers sont dans le même état semble durer éternellement (« Pour une éternité »). Beaucoup ont prié (« Les mains se sont élevées ») pour retrouver leurs proches ou pour être déclarés « en bonne santé pour travailler » et ainsi donc pouvoir échapper à la mort. « Les voix sont nouées » aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des camps. En effet, les prisonniers avaient interdiction de communiquer entre eux dès leur arrivée aux camps et, à l’extérieur, personne n’osait parler de ce qui s’y passait ni n’avait le courage de s’élever contre les camps de la mort. Il semblerait que quelque chose ait retenu le monde pour l’empêcher de tout découvrir et de réagir pour empêcher ce massacre (« Comme une étreinte du monde »). A la fin du refrain Mylène nous donne la solution pour éviter que ces horreurs se reproduisent : nous devons toutes les garder en mémoire (« A l’unisson ») afin que les générations à venir vivent avec nous une vie digne de l’Homme (« A l’homme que nous serons »). Pour triompher du mal, nous devons être ouverts, altruistes, tolérants et aimants.

Ensuite, Mylène nous dit « Souviens-toi que le monde à changé ». En effet, l’extermination des Juifs par les nazis fut à l’origine de la Seconde Guerre Mondiale qui bouleversa le monde au point de le réduire à un chaos et l’entacha à tout jamais de cette blessure. Ce sont les soldats SS qui ont plongé le monde dans la terreur, le « bruit des pas qui résonnent » représente la marche militaire des SS. Comme chez Primo Levi, le bruit de leurs pas précède l’arrivée des soldats chargés de désigner, lors du premier passage du narrateur à l’infirmerie, qui sera envoyé aux crématoires. Ce petit bruit de pas était le début de l’enfer.

« Souviens-toi des jours désenchantés, aux destins muets ». Les « jours désenchantés » sont bien entendu ceux des prisonniers d’Auschwitz. Eux qui n’ont connu que la souffrance dans ces camps et qui savaient qu’ils n’en ressortiraient pas vivants. Le mot « muet » peut se comprendre comme on sait que les déportés n’avaient pas le droit de communiquer entre eux. Mais, on peut y voir aussi une autre signification : dans les camps, les déportés n’avaient pas le droit de parler et devaient exécuter toutes les tâches qu’on leur demandait sans prononcer un seul mot. On les forçait à rester muet. De plus, même vers le chemin de la mort, lorsqu’ils devaient se rendre dans les chambres à gaz, ils allaient « mourir en silence », pour ne pas avoir a être torturé puis tué mais aussi pour ne pas « effrayer » les enfants.

Mylène répète inlassablement « Lui parler d’amour à volonté, d’amour à volonté » pour que l’on comprenne que la seule solution est de répandre l’amour autour de soi, de donner de l’amour à tous ceux qui le méritent et qui en ont besoin. « Et si c’est un homme, si c’est un homme », toujours dans sa recherche de l’autre, Mylène nous rappelle que nous devons l’aimer puisqu’il est comme nous : un être humain. Pour s’épanouir l’homme n’a besoin que d’une seule chose… aimer et être aimé à son tour.

Dans le pont musical, Mylène répète le titre de la chanson en hébreux pour rendre un hommage direct aux juifs déportés. Elle conclut sa chanson en reprenant les premières phrases de celle-ci en espérant que l’on ait compris son message : se souvenir pour ne plus que de telles atrocités se reproduisent.

Le clip :
Toute la symbolique du clip est de représenter les chambres à gaz. Mylène, comme les victimes des camps, « évolue » dans une maison qui brûle. A la fin, tout est réduit en cendres, comme les corps des prisonniers.
Mais aussi, le feu est une allégorie des camps de concentration, d’abord réduit à un foyer, Mylène ne s’en soucie pas. Le feu, comme le nazisme, prend de l’ampleur et la piège comme les camps ont piégé Primo Levi. Sans espoir, elle ne peut que subir les choses en chantant jusqu’au bout. On peut remarquer les références comme l’horloge brûlée rappelant que les prisonniers n’avaient plus aucune notion du temps ou les livres calcinés montrant qu’ils avaient comme oublié leur passé et leur culture.

Un texte référence pour le clip :
ABAT-JOUR
Autour de la table
Au bord de l’ombre
Aucun d’eux ne remue beaucoup
Et quelqu’un parle tout à coup
Il fait froid dehors 
Mais là c’est le calme
Et la lumière les unit
Le feu pétille
Une étincelle
Les mains se sont posées
Plus bleues sur le tapis
Derrière le rayon une tête qui lit
Un souffle qui s’échappe à peine
Tout s’endort 
Le silence traîne
Mais il faut encore rester
La vitre reproduit le tableau
La famille
De loin toutes les lèvres ont l’air d’être ferventes et de prier.

Pierre Reverdy

Dans ce poème, nous pouvons remarquer différents éléments contenus dans la chanson de Mylène et dans le clip.

Les références dans l’œuvre de Mylène :

« Souviens-toi des jours désenchantés » : Comme dans la chanson Désenchantée, Mylène n’a pas vu ou n’a pas voulu voir le malheur qui s’abattait sur elle (« je n’ai trouvé de repos que dans l’indifférence »). Quand finalement elle se rend compte de la situation dans laquelle elle se trouve, elle est désarmée dans un monde où « tout est chaos ». Souviens-toi du jour serait-il un souvipetit clin d’œil à Désenchantée? En tout cas, elle souhaite que nous réagissions pour ne pas que nous nous retrouvions dans la même situation.

« Lui parler d’amour à volonté, d’amour à volonté » : En 1995, Mylène nous disait déjà dans la chanson « Rêver » : « J’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer ». L’amour est selon elle la plus belle des choses qui puisse exister dans ce monde mais, à la fin, elle se rend compte que l’amour ne ressort pas toujours vainqueur (« J’avais rêvé du mot aimer »). Dans Souviens-toi du jour elle nous répète encore que la seule façon d’être sauvé du malheur c’est d’aimer l’autre quoi qu’il arrive. Ainsi on peut considérer le fait d’aimer comme une aide pour mieux s’en sortir.

Souviens-toi du jour est un texte qui reprend tous les thèmes que l’on peut retrouver dans « l’univers Farmer », c’est-à-dire l’amour, la mort est la religion. Vous retrouverez facilement ces thèmes et la façon dont ils sont abordés dans la chanson puisque nous les avons tous évoqués dans l’analyse.

Sa place sur « Innamoramento » :
Voici ce qu’on peut lire sur la pochette de l’album :
« L’amour naissant, « L’innamoramento » italien. L’étincelle dans la grisaille quotidienne. Le bonheur mêlé d’inquiétude parce qu’on ignore si ce sentiment est partagé. Un état transitoire qui débouche parfois sur L’Amour. Un phénomène comparable aux mouvements collectifs révolutionnaires ».
Francesco Alberoni

Une citation qui colle parfaitement bien à la chanson de Mylène. En effet, la « grisaille quotidienne » pourrait se référer à la vie dans les camps, une vie misérable et tuante avec un « gris » symbole de la tristesse et du désespoir. « L’amour naissant… un phénomène comparable aux mouvements collectifs révolutionnaires », si les peuples s’étaient élevés contre ces camps la situation n’aurait sûrement pas été la même. Il faut se battre pour l’amour, nous sommes tous des êtres humains et le meilleur que nous savons faire c’est aimer. Aimer pour une vie meilleure, pour un monde meilleur.

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Désenchantée et symbolisme

Posté par francesca7 le 16 mars 2013

Analyse de « Désenchantée »

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

+ d’infos sur cette chanson

Désenchantée et symbolisme dans Mylène et SYMBOLISME desenchantee0« Voilà la mauvaise nouvelle qu’il nous faut entendre à la veille du troisième millénaire : il n’y a pas ici-bas de paradis passé à retrouver, pas de paradis futur à édifier (…) sur la Terre comme au Ciel, pas de Messie présent ou à venir. » (« La Méthode » II, p.451, E.Morin)

Le tube des tubes de Mylène Farmer commence par une série d’accords parfaits, passant de mi bémol mineur à ses tonalités voisines, fa mineur et fa dièse mineur. 

Majesté. Solennité. Le ton de l’affirmation. On sent tout de suite que l’on pénètre dans quelque chose de bien plus grand que « Chloé ». Les deux dynamiques qui structurent la chanson interviennent immédiatement après, emportant l’auditeur dans un trip ininterrompu jusqu’à la fin : le rythme implacable de la batterie et le thème épique des synthés (judicieusement confié aux cuivres dans le « live à Bercy »). Puis, la voix de Mylène entre en scène, avec sa familière dose de mélancolie et de douceur. Mais ce n’est plus la voix d’ « Ainsi soit je ». C’est la voix d’une femme qui commence à s’assumer, qui est devenue plus forte parce qu’elle a survécu aux épreuves de la vie. D’où ces notes tenues avec fierté, ce timbre éclatant dans le refrain, mais qui parvient à restituer les échos intacts de cette fragilité foncière : c’est avec tendresse que Mylène prononce le second « désenchantée » du refrain… 

Un dilemme est mis en place dès les deux premiers vers. « Nager dans les eaux troubles des lendemains », c’est imaginer, mais sans aucune certitude, ce que sera demain. Ou « attendre ici la fin » : vivre chaque jour tant qu’il y en a, sachant que cela durera toujours trop peu de temps. Les deux vers suivants reprennent la même idée de liquide (« flotter »), qui est une image claire de ce que vit Mylène. Pour survivre, elle doit nager sans s’arrêter. Il y a bien une idée de courant (reprise dans les « vents contraires ») qui nous emporte, si on ne lutte pas, là où on ne veut pas aller, qui nous éloigne des gens près de qui on voudrait rester. Il faut toujours se battre pour se maintenir à la surface et c’est de cette bataille que Mylène est fatiguée.

« L’air trop lourd ». Un air qui est difficile à respirer, une atmosphère dans laquelle on ne peut s’élever parce que les « presque riens » nous oppressent, les petites humiliations de la vie nous empêchent de grandir, d’élever nos pensées à des domaines plus beaux et plus importants. Mylène adore ce genre d’expressions doubles, comme le verre à moitié vide, ces nuances de « presque » qui révèlent la complexité, la dualité de tout sentiment.

On rentre dans le vif du sujet avec l’expression « tomber de haut ». C’est l’exacte expression qu’on emploie pour désigner quelqu’un qui espérait beaucoup de la vie, qui même vivait en fonction de cet espoir mais dont tous les rêves, toutes les valeurs, les certitudes vont se briser brutalement. Le désenchantement suit la cassure. L’être se blinde, mais s’insensibilise. C’est à mettre en relation avec le clip, dont le climat fait référence à la fois à la période de l’après-guerre mondiale, quand la civilisation se remettait en question, et aux utopies communautaristes, qui vont conduire au totalitarisme. Deux exemples frappants où des millions d’hommes vont « tomber de haut », de toute la hauteur de leurs rêves… Ensuite, Mylène ne demande même pas de ne pas tomber, mais que cette chute, soit la plus lente possible, comme pour en goûter l’ivresse jusqu’au bout. Et parce qu’elle sait qu’elle doit tomber. Deuxième aspect du désenchantement : elle sait que tout est périssable, même sa vie.

Alors à quoi bon se battre ? 

desenchantee dans Mylène et SYMBOLISME« Nager », « flotter », « tomber », la chanteuse semble être ballottée d’un élément à l’autre, sans aucune logique.

Elle ne trouve le repos que « dans l’indifférence ». Vraie fatalité. Description d’une profonde lassitude après une vie d’implication, d’orage permanent, de lutte stérile. La bataille n’est pas héroïque, elle ne se termine pas par un bouquet final et glorieux à la Seigneur des Anneaux. Non, cette partie de la vie de Mylène se finit quelque part entre gris clair et gris foncé. « Je voudrais retrouver l’innocence » est une phrase de désir, de regret, qui montre bien qu’elle ne quitte ses illusions qu’à contre cœur, qu’elle ne jouit en rien de sa situation de désenchantée. Elle aimerait pouvoir s’engager pour des causes ou des religions mais elle a vu où menaient le fanatisme et le goût de la lutte. Elle sait. Elle connaît le drame qui achève les utopies, le mur infranchissable entre rêve et réalité. Et elle en souffre. Un savoir qui l’inhibe. Ce sont des choses que les enfants ignorent. Mais Mylène, âgée de 29 ans, sait qu’elle devra se soumettre au comportement de la maturité et quitter ses idéaux de jeunesse…mais pas avant de leur adresser un adieu. 

Et nous arrivons au refrain. C’est d’abord une extraordinaire polyphonie de mots. Les voyelles impriment un rythme solide : « é-a-o-a-o-é » puis « a-i-é », apportant au morceau son ouverture vocale, soutenue par l’allitération de dentales « t » et « k », puis « d » et « b ». Ces consonnes se doublent à la batterie, agissant et inspirant une irrésistible impulsion à notre cœur (au sens propre). Le tout, en mode majeur, sonne comme un hymne. C’est l’Internationale mylénienne. 

« Rien n’a de sens », « tout est chaos », c’est bien l’uniformisation absolue, caractéristique idéologique du XX siècle qui ramène toutes les valeurs et les religions au même degré, avant de les supprimer. Ça ressemble à une profession de foi de nihiliste, la peste blanche du siècle, corrompant tous les domaines de la vie. En fait l’aboutissement, la phase terminale de l’idéalisme fondé par Platon, qui nourrissait l’illusion d’un rachat de la vie par l’idée. La réalité devait triompher…

Les idéaux ne sont plus que des mots. Ils n’ont plus le pouvoir unificateur qui renversait les murs, bouleversait les sociétés. Mylène a identifié le mal de sa génération, née, rappelons-le, au moment des chocs pétroliers et de la fin des Trente Glorieuses. Ce mal, c’est l’incapacité de s’engager, comme avait pu le faire la génération de 68 (née, elle, au début des Trente Glorieuses). Le pessimisme, le défaitisme, comme si les jeunes de cette génération étaient matures avant l’heure. Je veux dire par là que cet état d’esprit est plutôt celui de quinquagénaires insensibilisés par les malheurs de la vie ; le fait qu’il anesthésie aussi les jeunes est dramatique, va causer la perte d’une génération. Ces jeunes ont grandi avec des parents frustrés, qui croyaient que la troisième révolution industrielle allait rendre le monde meilleur et qui en subissent les effets pervers.
Ce qui est marquant dans « Désenchantée », c’est aussi le manque, l’absence. 

Mylène est totalement seule, comme l’indiquent le nombre d’infinitifs (donc impersonnels), la nature des sujets (« je », « la mort », « le ciel », « tout », « rien ») et les pronoms relatifs vides de matière humaine (« Qui pourrait m’empêcher ? » « Qui peut prétendre ? »). C’est cette solitude de l’espace qui obsède Mylène, seule à philosopher sur le destin alors que chacun court à sa perte. C’est donc un manque évident de parents, et de leur rôle protecteur. On reconnaît les effets de l’individualisme et de l’éclatement de la bulle familiale-religieuse, typiques d’une génération qui brisa les cadres traditionnels, mais ne les remplaça pas, laissant leurs enfants livrés à eux-mêmes. D’où l’absence de « sein/saint » et de « ventre », symbole de la chaleur maternelle…et originelle. 

desenchantee1-300x128Avec le second couplet, on retrouve la thématique du savoir qui tue l’espoir et la foi (elle voudrait ne plus « entendre »). La meilleure illustration de cette idée est dans la Genèse biblique : c’est l’épisode du « Péché » originel. Adam et Eve choisirent de croquer la pomme de la science. Ils découvrirent qu’on pouvait aussi bien faire le mal que du bien, et même faire le mal avec le bien. Et ils perdirent l’innocence de leur pensée et de leur imagination. Ce morceau est à relier avec « Sans logique ». Justement, Mylène entend la raison qui « s’effondre ». Peut-être parce qu’il suffit d’allumer la radio pour connaître les dernières folies des hommes. 

Le XX siècle est aussi le siècle de la remise en question de la raison divinisée des Lumières par des philosophes comme Cioran et Freud, dont on perçoit l’influence dans l’album « L’autre ». Ce siècle n’a-t-il pas commencé par une démonstration de barbarisme (la première guerre mondiale) de la part d’hommes soi-disant civilisés ? La guerre est un acte d’illogisme pur. Pourtant, c’est un acte typique de l’homme. C’est peut-être pour ça que Boutonnat choisit une musique héroïque pour scander « Désenchantée ». Histoire de mettre en valeur l’illogisme.

Les derniers vers du second couplet montrent pourquoi Mylène est condamnée à rester sur place. Ayant perdu tous ses repères religieux, elle n’a rien à espérer de l’au-delà. Mais la vie elle-même ne la réjouit pas. « Si le ciel a un enfer… » : le pessimisme fait dire à la chanteuse que, si quelque chose l’attend après la mort, ce ne peut être que le châtiment, la condamnation. Les hommes ont tué Dieu. Reste l’Enfer. Le mot « attendre » renvoie au premier mot de la chanson, refermant le cercle, achevant l’impasse, immobilisant Mylène dans cette attente. Encore une caractéristique de la génération de Mylène, également une caractéristique de la mienne. Attente d’une idée nouvelle, d’un nouveau leader qui permettrait de donner une raison, un sens à l’action de la jeunesse. « Je cherche une âme qui pourra m’aider ». Un homme dont la bravoure, l’honnêteté et la franchise pourraient servir de modèles. Un homme qui comblerait le vide des pronoms de cette chanson, qui redonnerait un sens à l’existence. Car, sans cause à défendre, sans choix qui nous définissent, comment répondre à la question : qui suis-je ?
Peut-on dire que Mitterrand, Arafat ou Bush sont des leaders de la carrure de de Gaulle ou de Martin Luther King ? Bien sûr que non, et on leur préfèrera même Néo ou Luke Skywalker, parfaits héros avec un seul défaut : celui de ne pas exister…
La génération de Mylène attendait un Elu. 

Aujourd’hui, il n’est toujours pas venu.

Analyse réalisée par MisterFix que je remercie !

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Mini album de Mylène F avec H.Biggs

Posté par francesca7 le 4 août 2012

 

CONDIDENCES de Henry Biggs (Professeur d’anglais)

 

 

Rencontre exclusive avec le premier artiste (et seul à ce jour) pour lequel Mylène a composé tout un mini-album. Révélations de ce mister Biggs, visiblement fan transi de littérature française et déjanté à ses heures perdues !

Pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore, pouvez-vous nous parler de votre travail artistique ?
Mini album de Mylène F avec H.Biggs dans Mylène en CONFIDENCES 2000-Claude-Gassian-029b-184x300Le projet « Headmess » a vu le jour en 1996 (ndlr : 1994 en fait !). Mylène et moi commencions à travailler sur le premier CD et je crois bien que c’était aux alentours de 1996, je ne suis pas très bon dès qu’il s’agit des dates. L’idée était celle d’une fusion entre la musique et les paroles qui seraient alternatives ; des messages profonds mêlés à une approche différente de la musique, ou alors des chansons composées comme des puzzles. En fait, c’est intéressant pour vos lecteurs de voir s’ils sont capables de « résoudre » l’énigme de chacune des chansons… Plusieurs paroles sont inspirées directement par des auteurs français comme Proust, Perec ou le mouvement Oulipo, par exemple. Si je me souviens bien, c’était une lutte pour nous d’être joués en radio puisque les paroles ont été écrites en anglais, mais les lois françaises sur les quotas en anglais étaient passées en même temps. Plus brièvement, le second CD « Puzzle » a été réalisé en 2003. Il est plus complexe, peut-être encore plus inspiré par les français que le premier, avec cette chanson, « Wrap », qui est un titre puzzle inspiré par le style de l’acrostiche de François Villon ou « Check me out » qui est une chanson puzzle inspirée par le livre « La disparition » de Perec et par l’Oulipo. Encore une fois, je pense que c’est compliqué de comprendre totalement ces chansons sans les indices laissés sur le CD, mais essayez, je vous en prie ! Actuellement, le premier single du prochain CD, « X marks the spot », sortira le mois prochain. Ce sera une chanson anti-guerre et qui a déjà été décrite comme trop pittoresque et explicite par les radios. Eh oui, il y a beaucoup d’aliénation de la part des gouvernements ! Je pense qu’être banni des radios signifie que je ne suis pas très loin de la vérité… Vos pouvez toujours voir la vidéo de ce CD sur le site www.getheadmess.com.  Cependant, pour finir sur une note humoristique, une de mes plus grandes qualités, c’est mon corps, et pour vos lecteurs qui préfèrent les hommes, il est entendu qu’ils préfèreront me voir nu plutôt que Mylène. Si la demande devient trop pressante, dites-le moi ! Je posterai mes jambes pour commencer pour vous le prouver sur mon site à l’adresse déjà donnée !

Comment avez-vous rencontré Mylène Farmer et Thierry Rogen ?
J’ai rencontré Mylène à Los Angeles. J’étais étudiant en langues à l’UCLA et elle m’a demandé de travailler avec elle afin de développer son anglais, et spécifiquement de perfectionner tout ce qui concernait son accent américain quand elle s’exprimait. Elle avait une très bonne oreille, mais elle m’a raconté que quelques années plus tard, les anglais étaient horrifiés par son accent et qu’ils essayaient de le lui corriger. Ils sont fous ces britanniques ! J’ai rencontré Thierry à travers Mylène et il m’a beaucoup impressionné. Je n’ai rien d’autre que d’excellents souvenirs. Thierry était un « professionnel de la profession », un vrai maître dans son domaine.

Le magazine « Instant-Mag » avait interviewé Thierry Rogen il y a quelques années, et il nous avait raconté à demi-mot l’élaboration de votre disque, dont personne n’avait entendu parler. Pouvez-vous nous conter cette aventure ?
Mylène a fait venir Thierry parce que le projet comportait du rap et du hip-hop et je pense qu’elle avait une confiance totale en ses capacités de travailler avec beaucoup de rythmiques complexes et de leur conférer la nature exacte que nous recherchions. Encore une fois, il a fait un travail incroyable.

Comment compose Mylène Farmer ?
Je pense qu’il est important de respecter la personne privée, donc je ne vous donnerai aucun détail précis, mais je tiens à dire que Mylène est une instinctive. Elle est très talentueuse et sait souvent instantanément ce qui peut fonctionner ou non et réagit en conséquence. Cela ne sera sûrement pas très surprenant pour ses fans, mais Mylène compose très souvent à n’importe quel moment, dans sa vie privée. Je la respecte pour cela, car c’est aussi dans le privé que je préfère composer.

Que pensez-vous de la musique qu’elle a composée pour vous ?
C’était extraordinaire. Je me souviens de la première fois qu’elle m’a joué ce qu’elle avait composé pour moi sur « Hell and hunger ». J’étais vraiment sans voix, c’était excellent. Cette musique était si bonne, avec un tel appel à la méditation, que c’en était vraiment honteux ! Je pense que si le gouvernement n’avait pas imposé ses règles, ce style et cette approche de la musique auraient pu révolutionner le monde musical (ndlr : modeste !).

Artistiquement, comment se passait votre travail avec Mylène et Thierry Rogen ?
Court et doux. Nous avons travaillé fiévreusement pendant une semaine. Je me souviens avoir écrit dans le vestibule d’un hôtel jusqu’à quatre heures du matin, réécrivant et reconsidérant mon travail, incessamment, à chaque heure. Je voudrais simplement dire que chaque personne avait son espace. Mylène comprenait totalement comment devait être travaillée la chanson, ajoutant des mélodies quand c’était nécessaire, et Thierry avait le contrôle total de la production. Mylène m’a donné plusieurs fois un coup de main sur mes paroles et elle avait souvent raison !

1996-Marianne-Rosenstiehl-001b-205x300 dans Mylène en CONFIDENCESEst-ce que Laurent Boutonnat, le compositeur officiel de Mylène, a participé au disque ?
J’aime beaucoup Laurent et j’apprécie son travail, mais à ma connaissance, il n’a pas été impliqué en quoi que ce soit sur ce projet.

Saviez-vous que la mélodie de « Madeleine » a servi de base à la chanson « Et si vieillir m’était conté » en 1999 ?
Mylène me l’avait mentionné, mais j’avais oublié le titre exact de la chanson. C’est une mélodie vraiment formidable. J’aime beaucoup l’idée originale de « Madeleine » qui était une nouvelle considération de mauvais goût des fameux gâteaux de Proust.

La plupart des fans de Mylène n’ont entendu parler de ce disque que tout récemment. Comment expliquez-vous que l’on n’apprenne son existence qu’en 2006 ?
Croyez-le ou non, mais les universitaires américains se sont montrés très intéressés par les paroles de six des chansons, dont « Madeleine » et « Ain’t no rythm ». Nous les avons incluses pour une collection dédiée à la distribution universitaire. Il y a dix chansons en tout et pour tout. Cependant, les six chansons ont été éditées par CD Baby en 2006 et ce label est commercialisé en France. Le monde en est devenu fou et cela s’est transformé en un véritable phénomène ! C’est incroyable, surtout dix ans après !

Êtes-vous toujours en contact avec Mylène et suivez-vous sa carrière ?
Je rencontre souvent des personnes qui veulent avoir des informations concernant Mylène, lui demander des choses, etc. Je ne veux rien ajouter de plus, je ne veux pas passer pour un importun ou un pique-assiette, alors j’essaye de respecter son espace. Cela dit, c’est toujours un plaisir de la revoir.

Quels sont vos projets actuels ?
Le prochain CD « Headmess » sortira en octobre et s’intitulera « Pop Lit » et quelques-unes des chansons et vidéos se trouvent à l’adresse donnée plus haut. Nous essayons aussi de voir ce qu’il est possible de faire pour une tournée en Europe et au Japon l’été prochain pour promouvoir le CD. Nous sommes en train de réfléchir aux endroits où nous produire. 

Issu de Mylène Farmer et vous de 2006

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Mylène, Kazuchika Kise et Shuichi Hirata

Posté par francesca7 le 23 juillet 2012



réalisateurs et producteur du
clip de Mylène, « Peut-être toi »,

Mylène, Kazuchika Kise et Shuichi Hirata dans Mylène et L'ENTOURAGE Clipo_37_PeutetretoiDates de production : avril 2006 (2 mois) Lieu de production : les studios IG au Japon . Le Clip est une petite révolution à lui tout seul. C’est la première fois que la chanteuse s’essaye au genre manga, en faisant appel à trois maîtres du genre. Entretien exclusif avec le porte-parole des studios IG.

Confidences et interviews des Studios IG (Réalisateurs) : Le clip Peut-être toi

Quand le studio « Production IG » a-t-il été créé ?
En 1987, par Mitsuhisa Ishikawa (le I de IG) et Takayuki Goto (le G de IG), qui étaient alors respectivement chef de produit et réalisateur d’animations. A l’époque, le studio s’appelait IG Tatsunoko, il a changé de nom en 1990 pour devenir « Production IG ». Parmi nos titres, nous comptons « Patlabor the movie » (1989), « Please save my earth » (1990), « Ghost in the shell » (1995), « Blood the last vampire » (2000), « Jin-Roh » (1999), les animations dans « Kill Bill : Vol. 1 » de Quentin Tarantino (2003), « Innocence » (2004). Plus récemment, nous avons réalisé la série télé « Le chevalier d’Eon » (2006), « xxxHolic » (2006), et le dernier film de Mamoru Oshii, « The amazing lives of the fast food gifters » (2006).

Pouvez-vous nous présenter rapidement les réalisateurs du clip « Peut-être toi », Naoko Kusumi, Kazuchika Kise et Shuichi Hirata ?

3-172x300 dans Mylène et L'ENTOURAGENaoko Kusumi est metteur en scène. Elle a longtemps travaillé pour le prestigieux studio Madhouse, comme assistante à la mise en scène sur des films aussi célèbres que « Kamui no Ken de Rintaro (Dagger of Kamui) » en 1985, ou encore « Yoju Toshi » de Yoshiaki Kawajiri (« Demon Beast City », « La cité interdite » en français, en 1987). Elle a retrouvé Rintaro en 2001 pour « Metropolis » et en 2004, elle a dirigé les séquences en trois dimensions dans « Innocence » de Mamoru Oshii. Kazuchika Kise est dessinateur et responsable des animations. Après avoir travaillé chez Anime R, il a rejoint IG Tatsunoko au début de notre aventure. Sa filmographie inclut la série télé « Blue seed » et les longs-métrages « Patlabor the movie » et sa suite, « Ghost in the shell », « Jin-Roh », « Blood the last vampire », « Innocence »… Shuichi Hirata est directeur artistique. Il a collaboré à un grand nombre de films de qualité, travaillant avec Mamoru Oshii sur « Patlabor the movie » et sa suite, ou encore « Ghost in the shell », pour lequel il s’est occupé du fond sonore. Il a été le directeur artistique de Rintaro pour « Metropolis », tiré du manga de Osamu Tezuka. Il a également travaillé avec Isao Takahata pour « Grave of the fireflies » (1988) et avec Rintaro pour « X » (1996). Pour Production IG, il a participé à « Innocence » et « xxxHolic » et en 2005 à « A midsummer night’s dream ».

Quand Mylène Farmer vous a-t-elle contacté pour la vidéo de « Peut-être toi » ? L’avez-vous rencontrée personnellement ?

Tout a commencé aux alentours d’avril dernier (ndlr : il s’agit donc d’avril 2006), quand les agents de Mylène ont pris contact avec Geneon Entertainment (USA) Inc. (ndlr : Geneon est une société de production est de distribution spécialisée dans l’animation japonaise). Malheureusement, il nous a été impossible de la rencontrer pour deux raisons : la distance considérable entre la France et le Japon, et le peu de temps dont nous disposions pour réaliser le clip.

Aviez-vous déjà travaillé avec d’autres artistes ?

Notre studio a fait un clip pour la chanteuse russe Linda. Nous avons également réalisé des séquences pour le spectacle de Yuzu, un célèbre duo japonais.

Mylène Farmer a-t-elle participé à la conception du story-board ? Comment avez-vous imaginé l’histoire ?

Nous savions qu’elle admirait « Ghost in the shell », et qu’elle était fascinée par l’atmosphère sombre et la qualité esthétique du film. Mylène nous a dressé quelques indications de base. Ensuite, lorsque nous lui avons présenté le story-board, nous avons discuté de certains détails que nous avons fait évoluer en conséquence, mais sans modifications radicales. On nous a en effet laissé une très grande liberté créatrice. Il était clair, du côté de Mylène, qu’elle avait dès le départ tout à fait confiance en notre équipe.

Vous a-t-elle donné des instructions particulières ? A-t-elle fait part de désirs concernant la mise en scène, par exemple ?

Nous avons reçu des instructions détaillées pour le personnage animé en ce qui concernait sa coiffure, les couleurs et l’image d’ensemble. Pour la mise en scène, on nous a expressément demandé de créer un style cinématographique, comme dans un long-métrage.

A combien se montait votre budget ?

Ah ça… C’est un petit secret !

Avez-vous traduit les paroles avant de faire le clip ?

Nous avons reçu la traduction des paroles et l’élément d’espoir qu’elles contenaient a été crucial dans la création du story-board. Mais la musique et le rythme se sont également révélés une source d’inspiration capitale pour l’équipe.

Combien de temps a-t-il fallu pour réaliser le clip ?

Environ deux mois.

Comment le sujet et le décor ont-ils été choisis ? Êtes-vous partis d’une héroïne de manga particulière pour créer le personnage de Mylène Farmer ?

L’image a été décidée par Mylène et nous avons travaillé à sa mise au point. Il n’y avait pas de modèle spécial, que ce soit de manga ou d’anime (ndlr : l’anime est le terme employé pour désigner le dessin animé, par opposition au mange, réservé à la bande dessinée).

Avez-vous utilisé des photos ou des vidéos de la chanteuse ?

Nous avons pris comme point de départ des vidéos et des photos de plateau puis nous avons soumis notre projet à l’équipe de Mylène et procédé à quelques ajustements en suivant leurs instructions. Il est toujours délicat de reproduire des personnes réelles dans une animation.

L’absence de dialogues a-t-elle été une difficulté supplémentaire ?

Non, car d’un point de vue pratique, cela veut dire pour le réalisateur qu’il n’y a pas besoin de se préoccuper du mouvement des lèvres !

Au montage, vos a-t-il fallu couper des scènes que vous auriez aimé conserver ?

Non, nous en avons seulement raccourci quelques-unes.

Comment Mylène a-t-elle réagi à la version finale du clip ?
Elle a été… enchantée !

Interview émanant de Mylène Farmer et vous – 2006

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Double lecture des clips de Mylène

Posté par francesca7 le 7 mai 2012

    Destinés à être “multi-diffusés” à la télévision, à être projetés en salles de cinéma en avant-programme de long-métrage de Double lecture des clips de Mylène dans Mylène et SYMBOLISME MF80_41afiction, ainsi qu’à être vendus plus tard sur support vidéo dans le commerce, les clips de Laurent Boutonnat doivent non seulement supporter sans problème la vision répétée par le spectateur, mais aussi la susciter ; c’est pourquoi le réalisateur intègre plusieurs niveaux de lectures à certains de ses films. Relevant de la forme du clip, donc avec un régime de diffusion l’ouvrant à public assez large, la grande majorité des clips de Boutonnat est tout à fait abordable en tant que simples films de divertissement. Afin de répondre aux attentes d’un public plus averti qui lira ou relira les clips avec une grille d’analyse un peu différente de celle du grand public, et par goût de la parabole du symbole et parfois de la subversion, le réalisateur niche dans quelques-uns uns de ses clips des thématiques qui ne sont pas clairement revendiquées à l’écran. Dès Maman à tort (1984), les paroles pourraient prêter à la « sur-interprétation » tant elles sont floues, et certains des détails apparaissant dans les plans statiques du clip laissent évoquer à la fois l’infanticide, la rébellion, ou encore l’enfance maltraitée.

    Sans cohérence ni réel lien, cette suite d’images ne tient pourtant pas encore de réel discours sur les sujets que l’on croit entrevoir. Il faut attendre Plus Grandir (1985) et son arrière-plan biblique pour réellement avoir l’occasion de voir un clip de Boutonnat de deux façons différentes. A la fois récit d’une déchéance physique et critique d’une religion aveugle et impuissante, Boutonnat met en scène dans Plus Grandir des éléments détenant un sens pour chacun des deux niveaux de lecture. Il prend parti d’opposer au lent vieillissement du personnage des images du catholicisme comme par exemple la statue de la sainte vierge ou deux nonnes violentes et vindicatives. On peut lire la présence et l’action de ces éléments comme les signes avant coureurs d’une sérénité relative à la vieillesse prochaine du personnage, voire à sa mort inéluctable, mais également comme l’omniprésence d’une religion qui bannit de manière systématique les agissements de ce même personnage. Ainsi dans le clip, la statue de pierre s’anime pour se cacher les yeux devant une prière vaine, et les nonnes punissent sévèrement par les coups la perte de virginité de l’héroïne : passage symbolique violent à l’âge adulte qui la précipitera rapidement dans la déchéance physique la plus totale.

MF80_16a dans Mylène et SYMBOLISME      En 1987 les doubles lectures sont plus clairement affichées chez Laurent Boutonnat. Tristana affiche au moins trois degrés de compréhension, dont deux clairement revendiqués par l’emploi des références à Blanche-Neige et les sept nains (Walt Disney – 1937). Sans Contrefaçon  joue quant à lui sur la seule transposition des Aventures de Pinocchio de Mario Collodi, histoire largement inspirée d’un conte très populaire qui impose par son traitement le décryptage par n’importe quel spectateur des deux niveaux de lecture qu’elle comporte. L’action du clip trouve précisément son intérêt dans sa référence perpétuelle au célèbre roman de Collodi ; c’est par le processus de l’adaptation que Boutonnat guide le spectateur vers un raisonnement ludique qui le mène à suivre l’histoire selon deux optiques : celle de la diégèse du clip, et celle du célèbre roman original. Boutonnat réutilisera ce système pour plusieurs clips dont nous parlerons plus tard, comme Sans Logique (1989) ou Moi …Lolita (1999).

    Laurent Boutonnat rend hommage dans Tristana au film Octobre de S.M. Eisenstein, oeuvre grandiose de propagande soviétique, qui retrace les journées de juillet et la révolution bolchevik de 1917. On y retrouve les mêmes thèmes comme celui du montage signifiant, des figures de Lénine, de l’amour sous-jacent, de la bourgeoisie et celui de la révolte envers les Tsars.

écrit par Jodel St marc http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

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Lonely Lisa

Posté par francesca7 le 8 octobre 2011

PAROLES et MUSIQUE de LONELY LISA 

 

VIDEO 

 

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PAROLES de Lonely Lisa 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : RedOne
 

 

 

Elle est libre
Elle a deux vies,
Mais pas de chance

Pas d’équilibre
Mais elle fait de son mieux
Elle penche

Aimer
Et fondre l’or
Faire de la mort
Une immortelle

Rêver
Jusqu’à l’aurore
Aimer encore
Aimer le ciel

Lonely Lisa !
C’est bien ça
Un peu de déraison
Lonely Lisa !
Devisée
Et tous à l’unisson

Lonely Lisa !
C’est bien ça
Un peu de déraison
Plus d’à quoi bon !
Des mots libres
Des maux
Démolition

Mélancolie
Par la porte opposée elle voit
Sa folie
Qu’elle va jeter plus loin
De toi

Rêver
Et fondre l’or
Faire de nos morts
Des immortelles

Aimer
Jusqu’à l’aurore
Aimer encore
Gagner le ciel

Lonely Lisa !
C’est bien ça,
Un peu de déraison
Lonely Lisa !
Devisée
Et tous à l’unisson

Lonely Lisa !
C’est bien ça
Un peu de déraison
Plus d’à quoi bon !
Des mots libres
Des maux
Démolition

Une révolution
Tous pour la même même partition
Et la routine pas que du bon
À moins de rêver

Il nous faut une révolution
Pour créer l’envie
L’âme est ainsi
Y a pas de génie sans grain de fo…
Sans grain de folie !

Aimer
Et fondre l’or
Faire de nos morts
Une immortelle

Rêver
Jusqu’à l’aurore
Aimer encore
Aimer le ciel

Lonely Lisa !
C’est bien ça
Un peu de déraison
Lonely Lisa !
Devisée
Et tous à l’unisson

Lonely Lisa !
C’est bien ça
Un peu de déraison
Des à quoi bon !
Des mots libres
Des maux
Révolution

 

Lonely Lisa dans Les Chansons de Mylène mylene-farmer_lonely-lisa_mp3-promo_001

 

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Mylène Farmer dévoile le clip « Leila »

Posté par francesca7 le 20 septembre 2011

Le désert et les dunes de sable chaud sont à l’honneur pour le nouveau clip de Mylène Farmer : « Leila ». Nouveau single ou simple vidéo pour illustrer l’un des futurs titres phares de son prochain album « Bleu noir », ce clip n’en est pas moins original pour sa conception épurée où images d’archives et images animées se côtoient. 

 

Mylène Farmer dévoile le clip Suite et fin du feuilleton « Bleu noir ». Il y a quelques semaines, la chanteuse Mylène Farmer ouvrait les portes d’un site Internet officiel portant le nom de son huitième opus à paraître le 6 décembre prochain : « Bleu noir ». 

Suivant le nombre de visiteurs qui venaient cliquer sur ce site, des petites surprises étaient dévoilées aux fans de la chanteuse. Si c’est ainsi que le clip de son nouveau single « Oui mais… non » a été présenté la semaine dernière, c’est ainsi que celui de la chanson « Leila » vient d’être mis en ligne. C’est une chanson dont un très court extrait avait été diffusé sur le site il y a quelques jours. Vous pouvez désormais l’écouter en intégralité et visionner les images où l’artiste n’apparaît étrangement pas. Ce morceau, dont les mots sont comme habituellement de la plume de Mylène Farmer, est en revanche produit par le groupe britannique Archive. Tout comme RedOne et Moby, ce groupe a travaillé sur cet opus qui s’annonce très électro. Au niveau du texte, si les paroles n’ont pas encore été divulguées, on comprend que la chanteuse évoque le destin torturé d’une certaine « Leila », fille d’Iran. Loin d’en proposer une interprétation, ce titre nous a d’emblée fait penser à l’actrice Leila Forouhar. Cette dernière avait quitté son pays à cause de la Révolution iranienne des années 80 qui voulait étendre son contrôle sur toutes les formes d’art. La jeune femme quitta alors son pays pour la France.

 

 

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Clip LEILA – 2010

Posté par francesca7 le 19 septembre 2011

Nouveau clip de Mylène Farmer : Leila ! 

 

Réalisé par : Alain Escalle
Diffusé le : 22 Novembre 2010
Durée : 4’06 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Darius Keeler
Editions : Stuffed Monkey / Darius Keeler
 

 

 

 

Vidéo 

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Clip LEILA - 2010 dans Les Clips de Mylène LeilaLeila est un prénom féminin arabe qui signifie nuit, thème récurrent de la poésie arabe, synonyme de magnificence et de douceur. Toutefois, selon Britannica, l’histoire de l’Iran, Perse, Leïla est un prénom laïc perse consacré au IVè siècle par l’historien d’une jeune femme. Belle épouse d’un riche marchant plus âgé quelle, Leïla collectionnait les amants, son époux ne pouvant l’honorer sexuellement. L’un des amants s’est permis d’assassiner le mari voulant Leïla pour lui seul. Bouleversée, elle se met à haïr les hommes et tua un à un ses amants pour être enfin lapidée n place publique par la population. Elle fut reconnus martyre au XIIè siècle. Leïla n’est pas la nuit, mais le crépuscule, le moment où la nuit survient, où les sensualités s’échauffent, où la musique emplit les âmes… Leïla est certes la douceur, mais aussi la dureté, elle est tenace, on trouve parfois « peau de vache » en ce sens qu’elle est aussi genreuse dans on amour que dans ses colères. 

 

Pour son grand retour sur le devant de la scène, on pensait que Mylène Farmer, comme à son habitude, se ferait rare et offrirait ses clips au compte-goutte. Eh bien, c’est l’effet inverse qui se produit pour la sortie de son album Bleu noir à paraître le 29 novembre 2010 prochain.

VIDEO-Mylene-Farmer-rassure-ses-fans-avec-le-clip-de-Leila_image_article_paysage_new dans Les Clips de MylèneEn effet, après l’arrivée en fanfare la semaine passée de Oui mais non, la célèbre rouquine offre déjà une seconde vidéo à ses fans ! Leila sera donc le second single de l’album. Une chanson très douce et envoûtante, à laquelle se rajoute des très belles images.

Il ne manque qu’une seule chose, une apparition de la star dans la vidéo… 

Leila Pahlavi, née le 27 mars 1970 à Téhéran et morte le 10 juin 2001 à Londres, est la fille cadette du shah Mohammad Reza Pahlavi et de sa troisième femme l’impératrice Farah Diba.

Source Wikipédia. 

Le désert et les dunes de sable chaud sont à l’honneur pour le nouveau clip de Mylène Farmer : « Leila ». Nouveau single ou simple vidéo pour illustrer l’un des futurs titres phares de son prochain album « Bleu noir », ce clip n’en est pas moins original pour sa conception épurée où images d’archives et images animées se côtoient. 

Suivant le nombre de visiteurs qui venaient cliquer sur ce site, des petites surprises étaient dévoilées aux fans de la chanteuse. Si c’est ainsi que le clip de son nouveau single « Oui mais… non » a été présenté la semaine dernière, c’est ainsi que celui de la chanson « Leila » , un très court extrait avait été diffusé sur le site . Ce morceau, dont les mots sont comme habituellement de la plume de Mylène Farmer, est en revanche produit par le groupe britannique Archive. Tout comme RedOne et Moby, ce 592763-0-592763-514220-avec-le-clip-de-leila-signe-alain-orig-2-jpg-8300622groupe a travaillé sur cet opus qui s’annonce très électro. 

 

Au niveau du texte, si les paroles n’ont pas encore été divulguées, on comprend que la chanteuse évoque le destin torturé d’une certaine « Leila », fille d’Iran. Loin d’en proposer une interprétation, ce titre nous a d’emblée fait penser à l’actrice Leila Forouhar. Cette dernière avait quitté son pays à cause de la Révolution iranienne des années 80 qui voulait étendre son contrôle sur toutes les formes d’art. La jeune femme quitta alors son pays pour la France. 

 

Quoi qu’il en soit, ce clip a été réalisé par Alain Escalle. Il a déjà travaillé avec Mylène Farmer sur plusieurs projets, notamment sur toute l’imagerie des concerts en 2006 (« Avant que l’ombre… à Bercy ») et 2009, pour sa dernière tournée qui avait fait escale au Stade de France les 11 et 12 septembre 2009. Par ailleurs, Mylène Farmer avait proposé l’un des courts métrages de ce réalisateur en guise de première partie lors de ses treize concerts événementiels à Bercy en 2006.

 


  Dans son album Bleu Noir Mylène propose une chanson, Leila, dont le texte lui a été inspiré par le destin  tragique de Leila Pahlavi.
Mylène expliquait dans le
JT de France du 12 décembre 2010


1058751746« C’est une rencontre. J’ai rencontré la maman de Leila, je ne la connaissais pas. J’ai rencontré une femme d’une grande dignité, une femme très belle. Et, la personne qui m’a présenté cette femme m’avait dit que sa fille Leila qui est décédée écoutait beaucoup ma musique ce qui m’a évidemment touché. Sans narcissisme aucun, son histoire m’a touchée: le fait qu’elle ait du partir de son pays. Et, j’ai rencontré à nouveau une deuxième fois cette femme et je lui ai présentée et la chanson et le clip qui illustrait cette chanson. C’était un moment qui était incroyable d’émotion, de pudeur aussi. Et là, actuellement, je lis la biographie de sa maman qui semble être extrêmement et touchante, et intéressante. Passionnant ! «  

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CLIP PEUT-ETRE TOI – 2006

Posté par francesca7 le 18 septembre 2011

 

Réalisé par : Naoko Kusumi
Diffusé le : Août 2006
Durée : 4’04 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat
Editions : Requiem Publishing 

Dates de production : avril 2006 (2 mois)
Lieu de production : studios IG au Japon 

 

VIDEO 

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Ce clip est un anime japonais réalisé par les célèbres studios IG. Mylène, captive, est libérée de sa prison par un mystérieux homme blond. Ils s’enfuient tous deux, courant dans les couloirs, jusqu’à être stoppés net par des robots meurtriers. Le combat s’engage, et Mylène est une nouvelle fois sauvées par son compagnon. Le plan suivant nous la montre en train de marcher lentement dans la nuit, au milieu d’une ville dévastée. Une énorme lune brille derrière elle. Puis nous sommes replongés en plein combat. Mylène et son compagnon se retrouvent confrontés à toute une armée de robots, au bord d’une falaise. Celle-ci se brise, est Mylène tombe. Elle est plongée dans l’eau, au milieu d’une ancienne cité maintenant inondée. L’homme blond vient une nouvelle fois la secourir. Ils fuient à nouveau. Mylène ouvre une trappe située au plafond. Ils se retrouvent au sommet d’une falaise, visiblement à l’abri. Ils s’étreignent. Une flèche mortelle les transperce, alors qu’ils sont dans les bras l’un de l’autre. Ils se transforment alors petit à petit en pierre, figés à jamais ensemble sur cette falaise. 

 

Le saviez-vous ? 

- Les Studios IG ont été contacté en avril 2006 pour la réalisation d’un clip animé pour Peut-être toi. Ce qu’on sait moins, c’est qu’on leur a demandé de réadapter les animations qu’ils avaient réalisées un peu plus d’un an avant, pour un autre projet de clip : Fuck them all ! D’ailleurs, dans le livret du DVD Music Videos IV, le copyright de production date bien de 2005 ! 



Confidences – Interviews 

Studios IG / Réalisateurs – 2006 – Mylène Farmer et vous 

 

 

 CLIP PEUT-ETRE TOI – 2006 dans Les Clips de Mylène 640382951_smallLe dernier clip de Mylène, « Peut-être toi », est une petite révolution à lui tout seul. C’est la première fois que la chanteuse s’essaye au genre manga, en faisant appel à trois maîtres du genre. Entretien exclusif avec le porte-parole des studios IG. 

 


Quand le studio « Production IG » a-t-il été créé ? 


En 1987, par Mitsuhisa Ishikawa (le I de IG) et Takayuki Goto (le G de IG), qui étaient alors respectivement chef de produit et réalisateur d’animations. A l’époque, le studio s’appelait IG Tatsunoko, il a changé de nom en 1990 pour devenir « Production IG ».
Parmi nos titres, nous comptons « Patlabor the movie » (1989), « Please save my earth » (1990), « Ghost in the shell » (1995), « Blood the last vampire » (2000), « Jin-Roh » (1999), les animations dans « Kill Bill : Vol. 1 » de Quentin Tarantino (2003), « Innocence » (2004). Plus récemment, nous avons réalisé la série télé « Le chevalier d’Eon » (2006), « xxxHolic » (2006), et le dernier film de Mamoru Oshii, « The amazing lives of the fast food gifters » (2006). 


Pouvez-vous nous présenter rapidement les réalisateurs du clip « Peut-être toi », Naoko Kusumi, Kazuchika Kise et Shuichi Hirata ? 


Naoko Kusumi est metteur en scène. Elle a longtemps travaillé pour le prestigieux studio Madhouse, comme assistante à la mise en scène sur des films aussi célèbres que « Kamui no Ken de Rintaro (Dagger of Kamui) » en 1985, ou encore « Yoju Toshi » de Yoshiaki Kawajiri (« Demon Beast City », « La cité interdite » en français, en 1987). Elle a retrouvé Rintaro en 2001 pour « Metropolis » et en 2004, elle a dirigé les séquences en trois dimensions dans « Innocence » de Mamoru Oshii. 


Kazuchika Kise est dessinateur et responsable des animations. Après avoir travaillé chez Anime R, il a rejoint IG Tatsunoko au début de notre aventure. Sa filmographie inclut la série télé « Blue seed » et les longs-métrages « Patlabor the movie » et sa suite, « Ghost in the shell », « Jin-Roh », « Blood the last vampire », « Innocence »… 


Shuichi Hirata est directeur artistique. Il a collaboré à un grand nombre de films de qualité, travaillant avec Mamoru Oshii sur « Patlabor the movie » et sa suite, ou encore « Ghost in the shell », pour lequel il s’est occupé du fond sonore. Il a été le directeur artistique de Rintaro pour « Metropolis », tiré du manga de Osamu Tezuka. Il a également travaillé avec Isao Takahata pour « Grave of the fireflies » (1988) et avec Rintaro pour « X » (1996). Pour Production IG, il a participé à « Innocence » et « xxxHolic » et en 2005 à « A midsummer night’s dream ». 

 


Quand Mylène Farmer vous a-t-elle contacté pour la vidéo de « Peut-être toi » ? L’avez-vous rencontrée personnellement ? 


croquis_peut-etre-toi_02 dans Les Clips de MylèneTout a commencé aux alentours d’avril dernier (ndlr : il s’agit donc d’avril 2006), quand les agents de Mylène ont pris contact avec Geneon Entertainment (USA) Inc. (ndlr : Geneon est une société de production est de distribution spécialisée dans l’animation japonaise). Malheureusement, il nous a été impossible de la rencontrer pour deux raisons : la distance considérable entre la France et le Japon, et le peu de temps dont nous disposions pour réaliser le clip. 


Aviez-vous déjà travaillé avec d’autres artistes ? 


Notre studio a fait un clip pour la chanteuse russe Linda. Nous avons également réalisé des séquences pour le spectacle de Yuzu, un célèbre duo  japonais. 


Mylène Farmer a-t-elle participé à la conception du story-board ? Comment avez-vous imaginé l’histoire ? 


Nous savions qu’elle admirait « Ghost in the shell », et qu’elle était fascinée par l’atmosphère sombre et la qualité esthétique du film. Mylène nous a dressé quelques indications de base. Ensuite, lorsque nous lui avons présenté le story-board, nous avons discuté de certains détails que nous avons fait évoluer en conséquence, mais sans modifications radicales. On nous a en effet laissé une très grande liberté créatrice. Il était clair, du côté de Mylène, qu’elle avait dès le départ tout à fait confiance en notre équipe. 


Vous a-t-elle donné des instructions particulières ? A-t-elle fait part de désirs concernant la mise en scène, par exemple ? 


Nous avons reçu des instructions détaillées pour le personnage animé en ce qui concernait sa coiffure, les couleurs et l’image d’ensemble. Pour la mise en scène, on nous a expressément demandé de créer un style cinématographique, comme dans un long-métrage. 


A combien se montait votre budget ? 


Ah ça… C’est un petit secret ! 


Avez-vous traduit les paroles avant de faire le clip ? 


Nous avons reçu la traduction des paroles et l’élément d’espoir qu’elles contenaient a été crucial dans la création du story-board. Mais la musique et le rythme se sont également révélés une source d’inspiration capitale pour l’équipe. 


Combien de temps a-t-il fallu pour réaliser le clip ? 


Environ deux mois. 


Comment le sujet et le décor ont-ils été choisis ? 

Êtes-vous partis d’une héroïne de manga particulière pour créer le personnage de Mylène Farmer ? 


L’image a été décidée par Mylène et nous avons travaillé à sa mise au point. Il n’y avait pas de modèle spécial, que ce soit de manga ou d’anime (ndlr : l’anime est le terme employé pour désigner le dessin animé, par opposition au mange, réservé à la bande dessinée). 


Avez-vous utilisé des photos ou des vidéos de la chanteuse ? 


MYLENE-FARMER-MININous avons pris comme point de départ des vidéos et des photos de plateau puis nous avons soumis notre projet à l’équipe de Mylène et procédé à quelques ajustements en suivant leurs instructions. Il est toujours délicat de reproduire des personnes réelles dans une animation. 


L’absence de dialogues a-t-elle été une difficulté supplémentaire ? 


Non, car d’un point de vue pratique, cela veut dire pour le réalisateur qu’il n’y a pas besoin de se préoccuper du mouvement des lèvres ! 


Au montage, vos a-t-il fallu couper des scènes que vous auriez aimé conserver ? 


Non, nous en avons seulement raccourci quelques-unes. 


Comment Mylène a-t-elle réagi à la version finale du clip ? 


Elle a été… enchantée ! 

 

 

Mylène Farmer et vous – 2006 

 

 

 

Histoire de la chanson « Peut-être toi »

0602498420706Nous sommes début juin 2006. Le single « Dans les rues de Londres » est murmuré comme nouveau single extrait de l’album « Avant que l’ombre ». 


Finalement, mi-juin, le single « Peut-être toi » est annoncé, après maintes réflexions du staff Farmer, ce qui ravit les fans : enfin une chanson commerciale !

Le 20 juin est diffusé pour la première fois le nouveau single en radio. Et surprise, ce n’est pas la chanson que l’on connaît mais une version remixée avec des sons de cloches, plus de synthés et de batterie… 


Le CD promo montre quelques coups de crayons noir sur fond blanc d’une Mylène manganisée. Fait rarissime, il contient un remix, le « Miss Farmer’s remix », par the Bionix, remix plutôt affreux aux tonalités R’n'B. 


A noter que la maison de disque aurait décidé d’arrêter les promos de luxe.
La sortie du single est alors annoncée pour le 21 août 2006, soit plus de 2 mois après la première diffusion radio !!!

Des rumeurs de duo avec un artiste international commencent à naître. Le nom de Moby est suggéré. Du côté des fans du chanteur, aucune info.

Début juillet, des rumeurs de clip commencent à naître : il s’agirait d’un clip manga. Les premières images sont mises en téléchargement sur I-mode. 


Il est diffusé mi juillet. Effectivement c’est un manga réalisé par Kusumi Naoko, Kazuchika Kise (également responsable du dessin du CD promo) et Shuichi Hirata . Mylène et son compagnon tentent d’échapper à des robots maléfiques. Les fans sont ravis de voir Mylène croquée en manga mais un peu déçus par le scénario assez pauvre.

Les rumeurs de duo avec Moby semblent se confirmer. Ce serait un titre inédit qui figurerait sur le best-of à venir du chanteur. Un clip aurait même été tourné par l’artiste lui-même donnant une image nouvelle de la chanteuse… (On parle même de 2 duos enregistrés et que le prochain album de Mylène serait composé par Moby !) 


Mi aout le duo devient quasi officiel : ce serait donc une reprise de « Slipping away », extrait du dernier album du chanteur.

On parle également du titre live « Avant que l’ombre » annoncé pour novembre… Le clip aurait même été tourné ! 


Niveau rumeur, on murmure également un duo avec Madonna. En effet les deux chanteuses ont un point commun : elles vont doubler toutes les deux la princesse de Selenia dans la dernière production de Luc Besson : « Arthur et les Minimoys ».

Au final, les rumeurs vont bon train et le nouveau single est presque oublié.
Il sort en single digipak, CD Maxi digipak et Maxi vinyle. Deux remixes efficaces de Chris Cox s’ajoutent à celui présent sur le promo. 

Comme toujours depuis le single « Redonne-moi », le single est édité en version limitée. (on parle de 50 000).

Réflexion d’une fan :

 

 lestatlevampire-vip-blog-com-2967168.23En effet, un clip qui nous fait nous souvenir des dessins animés des années 80,avec maints clins d’œil ,les « ennemis » de Mylène par exemple, qui sont ,à défaut d’être semblables en tous points, « copiés »( je ne parle point de plagiat…) quant à l’aspect. Un petit côté « jeu vidéo » aussi avec les personnages( le cellshading de 2004/2005).L’image dernière me fait songer à un Final Fantasy ( pas le jeu toutefois) ou un Golden Sun de par les couleurs et le dessin (il y a des dizaines d’autres références, je le concède, je songe à ceux-ci en premier et ne songe point faire travailler mes méninges pour trouver les autres, même si la facilité est).
Et ce côté funeste qui refait surface après que Mylène l’ait délaissé… 


Il ne demeurera point en ma mémoire tel « un excellent » clip (ou « superbe » comme le mentionne zegilbos) mais il est plaisant à regarder. Les « standarts » sont en majorité conservés, tels les yeux, qui ne sont (comme pour le manga ou hentai) nullement bridés.
un bon clip qui,s’il est le premier se voulant enlacer le manga ou hentai, ne me surprend point contrairement à  » c’est une belle journée » qui nous emmenait alors dans la nouveauté, Mylène prenant réellement part dans les dessins et faisant preuve d’innovation.
Déçue, je le suis quelque peu. Je le songeai autre, d’inspiration plus profonde, un clip moins superflu, tant au niveau dessins qu’histoire. Ce n’est point le cas. Dommage. Mylène nous fit savoir mieux. ( bah..c’est l’été et même s’il fut conçu avant, je pardonne Mylène quant à ce « laxisme » compréhensible…). 

 

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Réveiller le monde…

Posté par francesca7 le 16 septembre 2011

PAROLES ET MUSIQUE de REVEILLER LE MONDE 

 

Vidéo 

Image de prévisualisation YouTube 

 

PAROLES de REVEILLER LE MONDE 

 

Fragile abîme
Pâle horizon
Son Être se fige
C’est l’abandon
Les eaux qui s’ouvrent en nous
Sont dérisions
Devant le souffle démon
De la soumission

Mettre en danger
Tous nos secrets
Ouvrir les portes
Diminuer l’obscurité
Si ce n’est vain
Pourquoi demain

(Refrain)
Réveiller le monde
Rêver d’un autre « été »
Être doit répondre
Réveiller l’humanité
Révolus les mondes
Sans une révolution
J’appelle au grand nombre
Le droit d’aimer

C’est le tumulte, je sais
Je n’y vois plus
Que des anges aux pieds
Qui s’aiment
Aux cÂœurs cousus

Je suis un nom
Sommes légion…
Et de lumière
Sur les pavés
Coule le ré
De rébellion
De nos prières

(Refrain)
Réveiller le monde
Rêver d’un autre « été »
Être doit répondre
Réveiller l’humanité
Révolus les mondes
Sans une révolution
J’appelle au grand nombre
Le droit d’aimer

(Refrain)
Réveiller le monde
Rêver d’un autre « été »
Être doit répondre
Réveiller l’humanité
Révolus les mondes
Sans une révolution
J’appelle au grand nombre
Le droit d’aimer

(Refrain)
Réveiller le monde
Rêver d’un autre « été »
Être doit répondre
Réveiller l’humanité
Révolus les mondes
Sans une révolution
J’appelle au grand nombre
Le droit d’aimer.

Réveiller le monde... dans Les Chansons de Mylène mylene-farmer-reveiller-monde_196d6_122b23

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Rencontre avec Nathalie Cardonne

Posté par francesca7 le 27 août 2011

 

 

Rencontre avec Nathalie Cardonne dans Mylène 1997 - 1998 Nathalie%2BCardone%2BNathalieCardone1240903219Alors que Mylène s’est envolée vers d’autres cieux pus ensoleillés et peut-être plus sereins, Laurent Boutonnat reste à Paris pour reprendre son travail. 

 

En juin 1997, il crée une société de production, Calliphora. Elle a pour objectif de produire une nouvelle chanteuse qui sera chargée de reprendre un titre en espagnol qu’il affectionne par-dessus tout, Hasta sempre, le mythique chant révolutionnaire cubain en hommage à Che Guevara, interprété à l’origine par Carlos Puebla. Et pour la réalisation de ce projet, il recherche une jeune femme qui puisse chanter en espagnol

 

Justement, une jeune actrice traverse la période la plus sombre de sa vie. C’est la rebelle Nathalie Cardonne qui, malgré quelques petits rôles au cinéma, (La petite voleuse ou Drôle d’endroit pour une rencontre) n’a jamais réussi à percer. C’est Annie, une amie de Laurent Boutonnat, qui lui présente la jeune femme à la terrasse d’un café. C’est le coup de foudre immédiat ! Avec son teint mal et ses grands cheveux noirs hérités de sa mère espagnole et de son père sicilien, elle est très différente de Mylène. Laurent Boutonnat est au moins rassuré sur une chose : personne ne pourra l’accuser de vouloir cloner la star ! 

 

Mais Nathalie Cardonne n’est pas rassurée et reste très impressionnée par Laurent Boutonnat, par son côté mystérieux et aussi par tout ce qu’il représente à ses yeux ; un dinosaure du show-biz ! Il réussit toutefois à l’amadouer et, immédiatement, le nouveau couple se lance dans le travail de ce futur single. Laurent Boutonnat accélère le rythme de Hasta siempre pour transformer cette complainte en un titre presque dance qui devient l’un des tubes de l’été 1997. 

 

 

nathalie_cardonne-4532 dans Mylène 1997 - 1998et comme un bonheur n’arrive jamais seul, Laurent Boutonnat fait enfin la paix avec ses caméras qu’il reprend pour filmer la jeune chanteuse à Cuba. De son côté, la charnelle Nathalie Cardonne souhaite que son univers soit différent de celui de Mylène

 

-          Travaille sur d’autres cordes que Mylène. Disons qu’elle est bergmanienne et moi fellinienne

 

Et pourtant, la séquence finale où la chanteuse est seule guidant son peuple vers un horizon incertain n’est pas sans rappeler celle de Désenchantée. Toutefois, et malgré ses premières craintes, Nathalie Cardonne est ravie de la collaboration. La chanson est un énorme succès, près d’un million de disques sont vendus en France et dans les pays latins. 

 

Toutefois sous la houlette de Laurent Boutonnat, Nathalie Cardonne signera, en 1999, un contrat chez Columbia pour un album qui mettra énormément de temps à sortir et qui, finalement, sera un échec commercial. Le mariage Nathalie Cardonne et Laurent Boutonnat n’a tout simplement pas fonctionné. Nathalie Cardonne est une jeune femme blessée qui cherche à fuir les démons de son passé est sans doute n’était-elle pas prête à se laisser guider par un accoucheur de talent comme Laurent Boutonnat. Elle n’a peut-être pas voulu se laisser modeler comme Mylène l’avait fait quelques années plus tôt. 

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