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Carole Fredericks Denise et la MYLENE

Posté par francesca7 le 11 février 2016

Carole Fredericks Denise était un chanteur américain le plus célèbre pour ses enregistrements en France. Carole sortit de l’ombre de son frère, le blues légendaires musicologue Taj Mahal , pour atteindre la gloire et la popularité en Europe et dans le monde de langue française. Depuis plus de deux décennies de Paris, France , a été adopté sa maison et à Dakar, au Sénégal, était son lieu de vacances favori. Bien que Fredericks a quitté son pays de mère, elle n’a jamais quitté ses racines.

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Ancré dans les traditions musicales fertiles de ses parents, luttant professionnels des Carolines et les Antilles, elle est apparue comme un chanteur puissant qui tisse les fils passionnés de blues, jazz, gospel et R & B dans une tapisserie à la française

Carole est arrivée en France avec l’espoir de poursuivre une carrière de chanteuse en Janvier 1979. Elle ne connaissait personne. Dans une rencontre fortuite, Carole a rencontré le propriétaire de La Belle Hélène à l’aéroport.

« Il a appelé ses amis et je me suis retrouvé à travailler presque immédiatement. Je commençais à chanter partout. Il était à peine trois semaines après mon arrivée que je a été signé avec Carla Musique d’enregistrer un album disco intitulé Black Orchid . « 

L’un des auteurs-compositeurs pour Black Orchid est une autre chanteuse américaine, Ann Calvert. Grâce à Calvert, Fredericks a rencontré Baltimore natif Yvonne Jones. Ensemble, ils forment un trio de choristes qui étaient en demande par les plus grands artistes d’enregistrement - Dalida , Johnny Hallyday , Hugues Aufray , Carlos et Sylvie Vartan .

Fredericks était déterminé à apprendre le français le plus rapidement possible. Comme sa maîtrise de la langue améliorée, engagements étendus du studio à la scène. En 1985, Fredericks gagnait un salaire confortable en tant que chanteur et en donnant des concerts avecLaurent Voulzy , Michel Berger , France Gall et Eddy Mitchell . En 1981, elle a été choriste pour Jean-Claude Pascal sur le Luxembourge ntrée au concours de l’Eurovision , à égalité au onzième place.

1985 En 1985, Carole a été présenté dans le Gilbert Bécaud spectaculaire. Plus tard cette année, elle part en tournée en Scandinavie avec Mireille Mathieu . Elle a été coulée dans Je vous aime par Claude Berri et Roman Polanski s ‘ Pirates opposés Walter Matthau . D’autres rôles de films suivies.

1986 la détermination de Fredericks à maîtriser la langue française a grandement contribué à son succès. Non seulement la langue viennent facilement à elle, elle a compris ses nuances qui lui a permis de chanter en français comme si elle était sa première langue. En maintenant Fredericks chantait avec les principaux artistes francophones - Johnny Hallyday , Mylène Farmer , François Feldman , Patricia Kaas , Julien Clerc , et Liane Foly .

Sa réputation en tant que chanteur doué disposé à prêter son talent musical à l’appui d’un autre artiste et les compétences bilingues désireux apporté son nom à l’attention du compositeur de la musique pop Jean-Jacques Goldman .

Populaire en France et en Europe depuis plus de deux décennies, Carole Fredericks était relativement inconnu aux États-Unis. Au cours des dix dernières années, ses frères et sœurs survivants avec l’aide d’éducateurs français ont fait prendre conscience de sa carrière en utilisant la musique de Carole pour enseigner la langue française.

En mai 2002, un an après sa mort, la famille Fredericks (Connie Fredericks-Malone et ses frères, le blues icône, Taj Mahal, Edward Fredericks, Richard Fredericks et Osborne Williams) a établi CDF Musique Legacy, LLC , une entreprise familiale dédiée à la préservation de leur L’héritage de soeur défunte. CDF Musique héritage obtenu les droits mondiaux à l’ensemble des enregistrements en solo Carole Fredericks en France.

En 2003, CDF Musique héritage fixé la permission de créer des matériaux d’enseignement du français qui utilisaient le catalogue de Mme Fredericks de la musique, y compris les chansons enregistrées avec le groupe, Fredericks Goldman Jones . En hommage à sa mémoire, biographie, chansons et musique et clips de Carole Fredericks ont été transformés en livres d’activités que formellement combinés de la musique populaire française et de la méthodologie de l’enseignement. Tant Qu’Elle Chante, Elle Vit! Apprendre le français Grâce à l’héritage de Carole Fredericks a été introduit pour les éducateurs à l’ Association américaine des professeurs de français conférence en Martinique.

En 2004 ses albums solo, Springfield et Couleurs et parfums étaient disponibles pour la première fois aux États-Unis. Plus tard cette même année, CDF Musique hérités uni leurs forces avec les services éducatifs Tralco (Hamilton, Ontario, Canada) pour développer une deuxième activité livre basé sur l’album de langue française de Fredericks. En 2005 Couleurs et parfums: Apprendre le français Grâce à l’héritage de Carole Fredericks a été dévoilé au Québec, au Canada, à l’Association américaine des professeurs de français Conférence.

Carole-Fredericks1À compter d’aujourd’hui, à la fois Tant Qu’Elle Chante, Elle Vit! et Couleurs et parfums Livres d’activité sont utilisés par les professeurs de français dans plus de 2000 écoles K-12 et 65 collèges et universités à travers les États-Unis, le Canada et d’aussi loin que Singapour.

Le 18 Août 2006, la famille et une équipe d’éducateurs de langue française ont établi la Fondation Carole D. Fredericks, Inc. , un but non lucratif 501 (c) (3) organisme de bienfaisance voué à la promotion de l’étude du français comme langue seconde, la étude des cultures francophones et de la préservation de l’héritage musical Carole Fredericks. La Fondation publie les livres d’activités, et développe des méthodes connexes qui emploient sa musique.

Toujours en 2006, la vie et la contribution à l’étude du français Carole Fredericks ont été reconnus à titre posthume par la Conférence Nord-Est sur ​​l’enseignement des langues étrangères . Carole et Taj Mahal ont reçu le prix James W. avocat Dodge Memorial langue étrangère en reconnaissance de l’honneur qu’ils brillent sur ​​le vaste potentiel de la musique pour favoriser une véritable communication interculturelle et de maintenir les héritages culturels.

Jean-Jacques Goldman a écrit les commentaires suivants dans une note qui a été lu lors de la cérémonie NECTFL.

«Je suis particulièrement touché par ce prix décerné à notre ami Carole.

Carole est né fois aux États-Unis, la terre de ses parents, de son enfance, de sa préparation, de sa culture musicale. Elle est née une seconde fois en France, le pays de sa reconnaissance artistique, l’aime et les amis, de ses plaisirs, de sa maison. Pourtant, une troisième fois, elle est née au Sénégal, la terre de ses racines, de son cœur, peut-être l’endroit où elle se sentait mieux, la terre de son départ, ainsi.  »

Bien que Carole était profondément américaine, elle était le symbole du mélange des cultures qu’elle représentait dans la plus belle des manières: par sa voix, par le biais de la musique. Merci pour ce geste qui honore sa mémoire. Elle vit toujours en France, à travers ses chansons et dans de nombreux cœurs. Grâce à elle, il est l’Amérique que nous aimons « .

 

Publié dans Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaires »

Rentrez chez vous, il fait froid

Posté par francesca7 le 10 octobre 2015

 

 

     Mars 2000. Ce soir-là, une centaine de Français sont venus applaudir Mylène à Moscou, où elle donne deux concerts exceptionnels. L’initiative en revient à Jean-Rémy Gaudin-Bridet, le fondateur du Mylène Farmer International Fan Club. Le management de la star a accordé une suite favorable à la proposition du jeune homme. Ignorant quel accueil elle recevrait en Russie, la chanteuse a sans doute  pensé que la présence, dans la salle, de quelques-uns de ses fans les plus inconditionnels réchaufferait l’ambiance – le public local, surveillé par la police, a la réputation d’être peu expansif. Après le show, certains ont regagné leur hôtel, comblés par la magie du spectacle. D’autres ont décidé d’explorer la ville jusqu’au bout de la nuit. Jean-Rémy accompagne quelques amis dans une discothèque branchée de la capitale russe.

     Soudain, alors que le groupe est tranquillement assis à une table en train de boire un verre, Mylène et son staff font leur entrée dans l’établissement. Heureuse, détendue, très maquillée, comme si elle avait voulu conserver son masque de scène, la chanteuse ne met pas longtemps avant de se déhancher sur les notes de Desert Rose de Sting. À quelques mètres de là, Jean-Rémy l’observe. Elle lui sourit. Il se rapproche peu à peu de son idole, la regarde avec l’intensité de ses yeux verts. Tout paraît irréel. Elle est radieuse, se lâche avec bonheur. Après la pression du spectacle, elle semble avoir besoin de décompresser. Tous deux sont maintenant proches l’un de l’autre lorsque, brusquement, Jean-Rémy voit un garde du corps fondre sur lui, refermer ses bras autour de sa taille et l’écarter brusquement de l’icône rousse. En un éclair, il se retrouve à une dizaine de mètres sans avoir compris ce qui se passait. Et, levant les yeux vers Mylène, il la voit éclater de rire.

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      L’anecdote illustre bien la difficulté à être fan. Dans cette forme d’amour inconditionnel subsiste, malgré tout, l’espoir secret d’un retour. Un signe, un mot suffisent à faire le bonheur de celles et ceux qui structurent parfois leur existence autour du culte de leur idole. C’est un fait indéniable, Mylène est l’artiste française qui compte le plus d’admirateurs. Plusieurs dizaines de milliers probablement, même si les fans extrêmes se résument sans doute à quelques centaines. « Je n’en connais pas le nombre, mais je ressens leur énergie. Ils m’aident à vivre, me stimulent jour après jour », a récemment confié la chanteuse. Une déclaration d’affection qui met un terme définitif à une polémique née au début des années 2000. 

      Un malentendu, sans aucun doute, causé par la timidité maladive de la star. Difficile pour elle, en effet, de recevoir l’amour de ces visages inconnus. À ses débuts, Mylène est intriguée par ces témoignages d’affection. Et montre une curiosité sincère à la lecture du courrier, de plus en plus nombreux, qu’elle reçoit. « Je ne parle pas des demandes d’autographes, mais des lettres qui font deux ou trois pages et qui vous disent des choses sur vous, sur la manière dont les gens vous perçoivent. Plus ça va, plus ce courrier contient des choses importantes qui me touchent réellement. » Toutefois, si ces missives maintiennent une distance rassurante, le contact réel avec les admirateurs s’avère nettement plus problématique.

 

      Rapidement, lorsque vient le succès, son adresse est connue de certains fans, qui l’attendent à sa porte. Elsa Trillat me raconte combien Mylène devient paralysée dès qu’un inconnu l’aborde. « Un jour, pour lui faire une surprise, je l’ai suivie avec ma voiture et j’ai freiné à son niveau. Elle ne bougeait plus.

Elle était livide. » Agnès Mouchel, responsable du montage des clips réalisés par Laurent Boutonnat, confirme ces réactions de panique. « Je sais que Mylène avait un peu peur d’être envahie par certains fans. Elle était harcelée, sans arrêt, des gens dormaient en bas de chez elle. Il y avait tout le temps du monde, jour et nuit, c’était assez pesant. » Une méfiance qui pourrait sembler excessive. Pourtant, quelques années plus tard, un incident lui donnera raison.

  

      x240-IK3Mercredi 13 novembre 1991. Un Nancéen de trente-sept ans, employé des postes, décide de rouler non-stop jusqu’à Paris. Sur un bout de papier, il a noté une adresse, 2 rue Cavallotti. Dans son véhicule, il fulmine. Il a envoyé de nombreuses lettres à son idole, mais soupçonne Polydor de ne pas les lui avoir transmises ; sinon, il aurait forcément reçu une réponse. Furieux, il veut se venger des employés de la maison de disques. Dans son coffre, un fusil de guerre acheté par correspondance plusieurs années auparavant. Dans sa poche, une cinquantaine de cartouches. Rien ne l’arrêtera : il est déterminé à « faire un carnage ».  

      À peine arrivé, il met son plan à exécution. Demande à voir Mylène d’urgence. « J’ai un cadeau pour elle », hurle-t-il. « Elle n’est pas là », lui répond le réceptionniste alors qu’il braque son arme sur lui. Un coup part, l’homme s’effondre. Mortellement blessé, il décédera dans la nuit, à vingt-sept ans. Mais ce n’est pas fini. Au milieu des cris qui résonnent dans le hall, le tireur gravit rapidement les étages en quête de nouvelles victimes. Deux jeunes femmes, effrayées, tremblent devant lui. Il décide de les abattre à leur tour. Il recharge son arme, les vise et appuie sur la gâchette. Mais aucun coup ne part.  

Par miracle, le fusil s’est enrayé. Pris de panique, le forcené tente alors de s’échapper. La police, alertée, finira par le retrouver, réfugié dans un bureau vide, hagard, replié sur lui-même. Depuis l’âge de douze ans, il suivait une analyse chez un thérapeute. Aujourd’hui, il est soigné en hôpital psychiatrique. 

      Cette tragédie va assombrir le moral de Mylène pour longtemps. « Devant un tel drame, on se sent totalement dépossédée de mots et de moyens. On culpabilise forcément. Cette mort est tellement injuste. » Dès lors, l’entourage de la chanteuse prend peur pour elle. On lui conseille d’être accompagnée par un agent chargé de sa sécurité. Par respect pour le jeune réceptionniste disparu, elle dit non. « On m’a proposé de me protéger, j’ai refusé. Dans ces cas-là, on ne pense pas à soi, à ce qui aurait pu vous arriver, mais à la famille en deuil, à cet homme qui est mort et qui n’y était pour rien. » 

      Une preuve de courage, qui n’exclut pas non plus une extrême vigilance. Ainsi, deux fans réputés inquiétants sont surveillés de près par les proches de la chanteuse. L’un d’eux, barbu, connu des services de police, s’est vu notifier une interdiction formelle d’approcher la star. L’autre, surnommé « ongles jaunes », en raison semble-t-il d’une hygiène approximative, s’est attiré une réputation de déséquilibré, y compris parmi les fans, en allant dormir sur le palier de son idole quand elle partait en vacances. 

     On comprend, dès lors, que Mylène s’envole parfois pour une escapade à New York, où seuls les touristes la reconnaissent. À Paris, elle le sait, il lui faut rester prudente, même si cette distance peut être mal ressentie par ses admirateurs bienveillants et équilibrés. À partir de ce drame, la chanteuse prend conscience que, lorsqu’on a affaire à un détraqué, le silence vaut sans doute mieux que le moindre mot susceptible d’être interprété comme un encouragement. « Je ne réponds pas au courrier, en ce sens que je n’entretiens pas de correspondance, dit-elle. Je renvoie une dédicace à ceux qui me le demandent. »  

      Il lui faut apprendre à gérer cette incroyable vague d’amour sans être pour autant submergée. Alors, c’est vrai, certains comportements vont être mal compris. Ainsi, le 27 octobre 1996, lors de l’enregistrement des « Enfants de la guerre », émission à laquelle Mylène est invitée, Jean Rémy Gaudin-Bridet, sur une consigne de TF1, rassemble une centaine de fans venus de France et de Belgique. Il pleut, mais les admirateurs de la chanteuse vont devoir attendre plusieurs heures dehors. « Finalement, en fin d’après-midi, on nous fait entrer sur le plateau et on nous apprend que Mylène a enregistré Rêver sans public. Elle prononce quelques mots, ça dure à peine trois minutes, puis disparaît. Tout le monde est furieux. Je l’interpelle dans un couloir pour lui faire savoir notre déception, mais elle est fuyante. Elle me répond : “Ce n’est pas ma faute, je ne suis pas responsable de l’organisation.” »

 

      Cet accroc sera largement commenté dans la presse qui, privée d’informations sur la chanteuse, y trouve un angle d’approche providentiel : la détresse des fans. Le magazine Entrevue s’engouffre dans la brèche, et toute la presse people lui emboîte le pas. Mylène se voit décrite comme une femme d’affaires cynique exploitant la fragilité de ses admirateurs qui se ruinent pour acheter tous les supports qu’elle met sur le marché. Une polémique qui aurait pu la faire vaciller si le grand public avait adhéré à cette caricature. Concernant l’attitude de la chanteuse le jour de l’enregistrement du show de TF1, sans doute faut-il tenir compte aussi d’un élément déterminant : la veille, elle a appris la mort de son frère Jean-Loup. 

      Pour le reste, son habitude d’enregistrer ses prestations n’a rien à voir avec la question du respect ou non de son public. On l’a vu, c’est une manière d’exercer un contrôle sur son image. Afin de mettre les choses au point, la chanteuse profite d’ailleurs d’un entretien à Paris Match pour renvoyer chacun à sa liberté, et donc à sa responsabilité. « Je veux qu’on sache que je n’ai jamais été à l’initiative d’un fan-club, ni officieux ni officiel. Je n’adhère pas au culte de ma personnalité. Si quelqu’un ou quelques-uns ont décidé de leur plein gré de créer un fan-club, c’est sous leur entière responsabilité. » 

     1996-05-cUn avertissement adressé à tous ceux qui lancent sur le marché les fanzines qui lui sont consacrés. Pas question pour eux d’utiliser des photographies qu’elle n’aurait pas approuvées ! Une exigence sur laquelle transiger serait se renier. Après les plaquettes luxueuses du Mylène Farmer International Fan-Club, plusieurs autres magazines vont en effet voir le jour : MF magazine, trimestriel disponible en kiosques, L’Instant-Mag, publication élégante et décapante, à laquelle va succéder Mylène Farmer et vous, un support donnant une large place aux témoignages des fans. Rien d’officiel, mais rien ne sortira non plus sans l’assentiment du management de la chanteuse. 

     Ce n’est donc pas avec la base de ses admirateurs que la star s’est montrée intraitable, mais avec ceux qui exploitent sa notoriété pour lancer des magazines sur le marché. La nuance mérite d’être précisée. S’agissant de son comportement vis-à-vis des fans, un témoignage signé Christophe-Ange Papini, Deux ans à l’attendre, permet de comprendre qu’il est, au contraire, dicté par une énorme tendresse. Avoir passé de longs mois sur un banc situé en face de l’immeuble de son idole a d’abord permis à ce jeune adolescent d’apprécier les qualités humaines de Mylène. 

     Le 28 octobre 2003, il note que la chanteuse, vêtue d’une jupe rose bonbon ultracourte, malgré lesrigueurs de l’hiver, est attendue par les paparazzi lorsqu’elle regagne son domicile. C’est alors que le petit groupe de fans présents s’interpose, formant un barrage pour déjouer le piège des photographes. Mylène les remercie gentiment, avant de pénétrer dans le hall. Pourtant, elle réapparaît quelques secondes plus tard et leur adresse un message maternel : « Il fait froid, rentrez chez vous ! » Il y a dans ces mots-là quelque chose de rare, une douce attention à l’autre. 

      Parfois, elle se livre aussi à une touchante cérémonie : elle serre les fans présents dans ses bras, doucement, à tour de rôle, dans une forme de communion silencieuse. Ce jour-là, elle porte un tailleur beige et d’imposantes lunettes de soleil. Christophe-Ange en garde un souvenir émerveillé : « Elle me prend dans ses bras. Je suis contre elle, je prends le temps de sentir son parfum, de la sentir contre moi.

J’ai ma tête dans ses cheveux, dans son cou. Je me sens léger, je me sens bien, je me dis que j’ai atteint un but, mon désir ultime. » Bien sûr, on peut sourire de l’attachement d’un garçon de dix-neuf ans, mais on retiendra surtout de cet épisode combien la star sait se montrer disponible et tendre avec ceux qui l’aiment.

 

      En outre, un soir sur deux environ, lorsqu’elle revient de ses bureaux, aux alentours de dix-neuf heures trente, elle consent à signer des autographes selon un rituel bien rodé : tandis qu’elle entre dans le hall de l’immeuble, son chauffeur s’approche des fans présents à l’extérieur et leur demande poliment s’ils souhaitent des signatures. Puis il ramasse tous les supports (disques, photos, magazines…), pénètre dans le bâtiment et en ressort, quelques minutes plus tard, pour faire la distribution d’autographes. Variante de ce cérémonial, Laurent Boutonnat, ou encore un proche de la star, joue le rôle du messager, tandis que Mylène attend dans la voiture. Au milieu des années 1990, dit-on, il arrivait parfois à la chanteuse de venir discuter de tout et de rien, au retour d’une soirée, avec les admirateurs présents. 

     Le récit de Christophe-Ange Papini, en plus de donner un visage profondément humain à cette star prétendument inaccessible, permet de dépasser les clichés sur le portrait-robot des fans de Mylène :

« Nous ne sommes pas tous des homosexuels dépressifs dépensant des mille et des cents pour leur idole. » Bien sûr, certains inconditionnels, avides de se procurer les quelque deux cents pièces présentes sur le marché, sont prêts à débourser plusieurs milliers d’euros afin d’acquérir un collector. Dans les conventions du disque, les collectionneurs se disputent les objets les plus rares, comme la statuette d’Isis, réplique du décor du « Mylenium Tour », ou encore la poupée de trente centimètres de Sans contrefaçon. 

Toutefois, même si le phénomène touche environ dix mille adeptes, il demeure heureusement possible d’apprécier la chanteuse sans pour autant transformer son appartement en temple farmerien. 

     Quel regard la star porte-t-elle sur cette surenchère qui, rappelons-le, résulte des lois du marché ? Comme juge-t-elle l’amour parfois excessif que certains lui portent ? « Dès l’instant où ces personnes ne gâchent pas leur vie pour moi, alors je suis en paix. Mais si j’ai le sentiment qu’elles passent à côté de quelque chose parce que je deviens l’élément essentiel, là, ça me perturbe beaucoup. » Pour elle, qui a tenu si fort à tracer un chemin singulier, il n’existe pas, en effet, de pire errance que de passer à côté de soi-même. 

     Ce n’est pas un hasard si nombre des fans de Mylène le sont devenus à l’adolescence. Une période  de transition tourmentée, l’heure où les choix sont cruels puisqu’ils exigent un renoncement qui semble insupportable – révoltant, même. L’enfance, c’est le monde de tous les possibles, l’imaginaire infiniment ouvert. L’adolescence nous pousse à devenir adultes presque malgré nous, comme si les transformations du corps voulaient forcer l’esprit à accepter cette réalité qui rend l’horizon plus étroit. Changer de peau, c’est forcément passer par un moment où la chair est à vif – le fameux complexe du homard dont parle Françoise Dolto. En chantant sa souffrance, Mylène pose des mots sur la nôtre. « J’ai une fêlure en moi, avoue-t-elle. C’est peut-être ce qui me relie aux fans. Un certain mal de vivre. »

 

      En affichant sa liberté comme un étendard, elle incarne également l’espoir d’une existence plus exaltante, qui donne le vertige. « La vie n’est rien… / Quand elle est tiède ! » dit-elle dans L’Amour n’est rien… Ses chansons nous poussent à aller au bout de nous-mêmes : « Toujours vouloir pour soi / La lune, la lune » (Tomber 7 fois ). À rechercher l’amour absolu : « Si nos matins / Semblent poussière / Alors renie-moi… là » (Peut-être toi). A expérimenter la sexualité sans interdits : « Ton goût du revers / N’a rien de pervers » (Pourvu qu’elles soient douces). Autant de messages qui fédèrent les adolescents parce que Mylène y revendique la force du désir face à la loi du réel. « Les jeunes, souvent encombrés de tabous, ont tellement besoin d’être compris… Moi, j’ai le sentiment de leur dire, comme Brel dans sa chanson : “Non, Jeff, t’es pas tout seul.” Sans aucune prétention, je sais à présent que c’est à cela que je sers. À leur dire qu’il n’y a pas à avoir honte du sexe. Tout est normal dans l’amour. »

 

      Après avoir été accusée d’indifférence vis-à-vis de ceux qui l’idolâtrent, la chanteuse a tenu à donner un signe fort. Le 28 mars 2005, elle a réuni deux cent cinquante fans, heureux gagnants d’un concours organisé par NRJ, pour leur permettre d’écouter en exclusivité son nouvel album. Ce jour-là, au Théâtre du Palais-Royal, les admirateurs de la chanteuse ont même pu la voir apparaître dans la salle, vêtue de cuissardes noires, et manifestement émue. Penser que Mylène méprise ceux qui l’adulent revient à lui faire un bien mauvais procès. Au contraire, il lui suffit de ressentir l’amour de ses fans pour en être aussitôt bouleversée.

  

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

Publié dans MYLENE par H.ROYER | 1 Commentaire »

Dernier sourire de LEPAGE à Mylène

Posté par francesca7 le 9 septembre 2015

 
 
lepage-platine-02     11 juillet 1986. 
Dans la famille Gautier, personne n’oubliera cette date funeste. Mylène se trouve 
chez Bertrand Le Page lorsque le téléphone sonne, 
porteur d’une terrible nouvelle. Son père vient de mourir
des suites d’une longue maladie, à soixante et un ans. 
Et même si toute la famille s’y était préparée, 
le choc est brutal. Au début de l’été, Max a été transporté
 dans un hôpital de Bobigny. 

Depuis plusieurs mois, il se sait atteint d’un mal incurable. 
C’est pourquoi il a tenu à se rendre une dernière fois au Québec, où il conserve ses plus
 beaux souvenirs. 
En revoyant l’ancienne demeure de Pierrefonds, il ne laisse guère d’illusions sur son
 état de santé au couple d’amis qui a racheté sa maison. On le presse de questions sur
 sa fille, qui fait parler d’elle jusque dans la Belle Province. Et il se montre assez 
fier des débuts prometteurs de Mylène, qui vient de sortir Libertine. 
Oui, lui, l’ingénieur des ponts et chaussées, est plutôt 
impressionné par la réussite de sa cadette qui, pour avoir renoncé à ses études, n’en semble 
pas moins tracer sa route avec détermination. 
     Mylène est anéantie. Tout est allé si vite. En l’espace de quelques mois, 
l’homme qui comptait le plus à ses yeux a quitté la terre des vivants. 
Elle l’a tant admiré. Tant attendu aussi, petite fille, quand il travaillait, la semaine,
 sur les rivages du Saint-Laurent, à plus de mille kilomètres de Pierrefonds, 
où il venait retrouver sa famille le week-end. Des quatre enfants Gautier, 
Mylène est celle qui lui  ressemble le plus. Et pas seulement sur le plan physique. 
Outre le même regard intense, le même nez fier, elle possède un mélange de réserve 
et de détermination dont son père a toujours fait preuve dans son parcours professionnel. 
     Conformément à ses vœux, Max Gautier sera incinéré. Désormais, une place 
restera vide dans son cœur. À mots couverts, avec cette pudeur qu’on lui connaît, 
la chanteuse confiera, deux ans plus tard, sur le plateau d’une émission de variétés,
 que c’est en hommage à un être
 disparu qu’elle exerce ce métier. Sans citer l’absent. 
    MYLENE et LEPAGE Pour l’heure, plutôt que de se morfondre,
 Mylène va redoubler d’efforts afin de faire 
décoller sa carrière. 
Sa manière à elle, plutôt guerrière, 
d’honorer la mémoire de son papa. 
Ce qu’elle n’a pas eu le temps de lui dire,
 parce que le dialogue n’a pas toujours été 
aisé entre ces deux grands
 timides, elle va l’écrire dans une chanson,
 Dernier sourire – sans doute la plus 
poignante de son répertoire. Elle y relate
 la lente agonie  d’un homme qui se tord de
 douleur dans une chambre d’hôpital et sa 
révolte face à l’injustice qui le frappe. 
« Mais qui s’acharne  à souffler tes bougies ? »
 lance-t-elle comme pour dénoncer la cruauté 
du destin. 
Avant de murmurer des mots qui donnent le frisson :
 « Si c’est ton souhait, je peux t’accompagner », 
prête à suivre dans la mort l’être cher dont elle
 n’arrive pas à lâcher la main. 
Durant le « Mylenium Tour », la chanteuse interprétera
 Dernier sourire lors du premier 
 appel, accompagnée d’un simple piano. 
Des minutes bouleversantes. 
     Par la suite, la mémoire de son père ne va 
cesser de hanter son œuvre. 
Des années après ce jour sinistre de 1986, 
elle écrit une autre chanson apparemment dédiée au disparu, 
Laisse le vent emporter tout, qui clôture l’album 
Anamorphosée. Une manière de tourner la page en douceur, en 
laissant le temps faire son œuvre. D’évoquer aussi l’envie de 
revoir l’absent : « Là j’irais bien
 te chercher / J’ai tellement changé. »
 
      Le 17 décembre 1995, invitée de l’émission « Déjà le retour », animée par
 Jean-Luc Delarue, sur France 2, Mylène fait venir sur le plateau Marie de
 Hennezel, auteur de La Mort intime – un livre qui rencontre un grand succès
 cette année-là. Le témoignage poignant d’une psychologue qui, au sein d’hôpitaux,
 aide les patients en fin de vie et leurs proches à appréhender au mieux 
leurs derniers  instants. Loin de toute morbidité, l’auteur y aborde la mort
 dans sa dimension humaine. 
« Ceux qui vont mourir, explique-t-elle, sont des vivants qui peuvent 
encore sentir 
la vie jusqu’au bout, aimer, être aimés, et c’est notre responsabilité
 d’humain de ne pas les enterrer avant l’heure et de continuer à mettre
 de la vie autour d’eux. » 
      Sur le plateau, Mylène écoute. Ses jambes sont croisées avec élégance, 
les cheveux relevés en un chignon vaporeux, son bras appuyé sur le canapé où 
siège également l’acteur François Cluzet. 
Pudique, elle choisit de ne pas se mettre en avant, de laisser la parole à cette
 femme dont chaque
 phrase résonne comme une formidable leçon d’espoir. Ce n’est pas la première 
fois que les deux femmes se voient. 
 
« Nous nous sommes rencontrées, Mylène et moi, il y a quelques années, en déjeuner en tête à tête
 qui m’a permis d’apprécier la sensibilité et la profondeur de cette jeune femme », révélera par
 la suite Marie de Hennezel. 
      Comment dire l’importance d’un père dans le cœur de sa fille ? Un livre n’y suffirait sans
 doute pas. Dans le répertoire farmerien, une chanson retiendra l’attention des fans, 
Optimistique-moi, dont Mylène a signé paroles et musique. Dans le clip, signé Michael Haussman,
 on découvre une Mylène emprisonnée dans l’univers du cirque, qui ne pourra gagner sa liberté 
qu’au terme d’une série d’épreuves, bravant un climat d’hostilité générale. Funambule, elle doit
 ainsi tenir en équilibre sur un fil alors que des cracheurs de feu, au sol, tentent de la 
déstabiliser. Discret mais attentif, un homme lui parle, la rassure, la guide, l’attire à lui. 
Il est jeune et séduisant. C’est un magicien, vêtu de noir, le seul être qui semble la comprendre.
 
      Mais le supplice de la jeune femme n’est pas terminé : alors qu’un trio de comédiens, 
composé de Pierrot, Arlequin et Colombine, théâtralise sa détresse, elle doit, en outre,
 évoluer sur un énorme ballon au milieu de la piste. Cette fois, sa progression est 
interrompue par un lanceur de  couteaux qui, d’un geste précis, crève le ballon. 
Le personnage incarné par Mylène est à nouveau humilié. 
Heureusement, le magicien va mettre un terme à ce calvaire. Après avoir enfermé la jeune
 femme dans un coffre rouge capitonné, il la transperce d’épées. Le temps d’ôter les lames, 
lorsqu’il ouvre la boîte, l’oiseau s’est envolé... 
On retrouve Mylène à l’arrière d’une camionnette bleue, debout au milieu de ballots 
de paille, affichant un sourire radieux. Libre, enfin. 
À l’extrême fin du clip, tout s’éclaire : sous les traits du magicien apparaissent 
ceux d’un homme  aux cheveux gris. Derrière ce visage rassurant se dissimulait en fait
 la figure paternelle. 
Un père qui est le seul à déceler la détresse de sa fille. Un père dont le regard 
aimant permet 
à la funambule, en proie au doute, de garder l’équilibre.
 
      Que signifie exactement Optimistique-moi, ce barbarisme inventé par Mylène ? 
Rien qui doive être figé, bien sûr, dans une définition aux contours rigides. 
Mais l’on peut projeter sur ce verbe bien des connotations. Le père n’est-il pas, 
dans les théories freudiennes, celui qui est chargé de transmettre à son enfant 
l’énergie nécessaire pour affronter le monde ? Communiquer un optimisme qui galvanise,
 tel semble le rôle dévolu au papa de la chanson.
 Lorsque le single est sorti, certaines paroles ont suscité bien des interrogations. 
L’image, développée dans le refrain, d’un baiser déposé sur un « petit bouton de rose 
pétales humides »  évoque en effet un geste plutôt ambigu lorsqu’il est perpétré par
 un père sur sa fille.
 
       En outre, deux vers de la chanson – « Qu’aussitôt tes câlins/ Cessent toute ecchymose »
 – dissimulent à peine le mot « inceste ». Impossible de penser qu’il puisse s’agir d’un hasard 
quand on sait la précision chirurgicale dont Mylène fait preuve dans le choix des mots. Bien sûr,
 en déduire que la chanteuse aurait été victime d’un inceste serait une extrapolation des plus 
hasardeuse. On le sait, dans la psychanalyse, la tentation de l’inceste, 
nichée au cœur du complexe d’Œdipe, constitue une étape nécessaire dans le 
développement de l’enfant. Ce que Mylène met en scène dans sa chanson est d’abord
 un inceste symbolique, même si elle prend un malin plaisir à 
laisser planer un parfum de soufre qui marque sa signature. 
       Une fois de plus, en tout cas, elle fait mouche. En évoquant à nouveau ce « papa » 
qu’elle a tant aimé, et dont le souvenir ne cesse de lui insuffler l’énergie de 
battante qui nourrit sa carrière, elle aborde une symbolique universelle, où chacun 
peut puiser ce dont il a besoin.
 De la mort d’un être cher, elle a tiré une force.
 
Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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Auteur de la biographie Ainsi soit-elle nous dévoile

Posté par francesca7 le 20 août 2015

 

 

100_2045J’ai un parcours un peu atypique. A la base, je suis docteur en histoire. En même temps, j’ai été comédien professionnel pendant 9 ans. Le destin a fait que j’ai arrêté mon métier d’acteur, que j’adorais, et que je me suis dit « qu’est-ce que je peux faire maintenant que je ne suis plus comédien : écrire ». J’ai donc commencé à piger à droite à gauche, et à rencontrer des gens qui m’ont donné la possibilité de le faire. Parmi ces gens, j’ai rencontré grâce à une amie comédienne Sylvie Devillette, qui à l’époque était quasiment rédactrice en chef de plusieurs magazines de variété. Je parlais très souvent de Mylène, parce qu’à l’époque, elle faisait Libertine. Etant spécialiste du XVIIIème siècle, j’avais adoré la manière dont Mylène abordait le XVIIIème. On a une tendance un peu ridicule de considérer le XVIIIème siècle comme un siècle gentillet, de jolis rubans et de moutons, alors que c’est un siècle extrêmement cruel, très dur. Les liaisons dangereuses ne sont pas loin, et surtout, la Révolution n’est pas loin. C’est un siècle où le sang coule et dieu sait, pour revenir à Mylène, que le sang est un élément important de ses problématiques. Je parlais donc assez souvent de Mylène Farmer à cette amie comédienne, qui m’a dit que je devrais écrire sur elle. Je lui ai répondu que ça n’intéresserait personne. Sans me le dire, elle en a parlé à Sylvie Devilette qui m’a commandé un article pour Rocknews. Je m’en souviens très bien, puisque j’avais trois jours pour le faire ! Je ne dis pas que j’ai fait un chef d’œuvre, mais j’ai fait mon papier. Deuxième hasard, Bertrand Le Page, qui était à l’époque manager de Mylène, a vu ce papier. Mylène l’a également lu et m’a envoyé un mot adorable de félicitations. Il y a donc eu un premier article, un deuxième article, un troisième article et le groupe de presse qui produisait Rocknews a décidé de consacrer un numéro spécial à Mylène. J’ai écrit la quasi-totalité des textes, avec toujours cette frustration d’être calibré par un magazine.

Genèse
C’était le moment où Mylène se plaçait dans le Top 50, où les ventes explosaient, après l’album Ainsi soit je… On sentait de la part du public une curiosité, qui ressemblait déjà à de l’amour. On n’était pas encore dans le domaine du sacre, mais il y avait quelque chose qui était du domaine de l’affectif, très intense. Puis Mylène a débuté sa tournée en 1989, et il y a eu un dîner organisé dans les Jardins de Bagatelle (ndlr : après la première au Palais des sports). Au cours de ce dîner, Sylvie Devilette, qui connaissait personnellement Laurent Boutonnat, m’a d’abord présenté à Laurent, ensuite à Mylène, et enfin à Bertrand. J’ai parlé quelques minutes avec Mylène, le contact a été très bon. C’est en revenant à ma table avec Sylvie que j’ai eu l’idée d’un livre sur Mylène qui me permettrait de donner davantage de profondeur. Bertrand Le Page a été le premier à être d’accord pour un livre. Celui qui allait devenir le mari de Sylvie, François, a réalisé la maquette. On était tous les trois extrêmement d’accord pour faire un livre qui plaise tout d’abord à Mylène, ensuite à nous, et bien évidemment à ceux qui nous feraient la grâce de bien vouloir l’acheter. Nous avons eu tout d’abord contact avec trois éditeurs. Comme les gens voyaient que le livre allait certainement coûter beaucoup d’argent, ce qui a d’ailleurs été le cas, il y a eu plusieurs désistements.

Bertrand
Bertrand Le Page était un personnage extrêmement particulier, très douloureux, pour des raisons personnelles, remarquablement cultivé et intelligent. C’est un personnage qui envoûtait et qui en même temps faisait peur à tous ceux qui l’approchaient. Il portait cette espèce de brisure, de fêle en lui, qui étaient très intenses. Mylène est une femme qui est à la fois fascinée par cet aspect morbide, mais qui, en même temps, a un tempérament de vie très fort. Je crois que, pour arriver 100_2048à écrire sur la mort comme elle le fait, il faut avoir un goût de la vie certainement beaucoup plus important qu’on ne veut bien vous le laisser croire. C’est ma version des choses. Bertrand avait compris ça, que Mylène montait, qu’elle était dans l’ascension, et que lui était progressivement dans la chute. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Il avait également un désir d’exigence terrible. Il disait que la couleur rousse des cheveux de Mylène, c’était lui. Il m’a dit au moins dix fois : « Vous comprenez, Philippe, une chanteuse, ce n’est pas châtain. C’est blond, brun ou roux. Il faut trancher, il faut donner une couleur, une marque, une griffe. » Pour en revenir au livre, Bertrand avait évidemment tenu à voir le texte, Mylène aussi, puisque je l’ai vraiment rencontrée à ce moment-là, et qu’on a travaillé ensemble. Dès que Bertrand s’est intéressé au projet, l’accord de Mylène m’était acquis. Il a organisé des séances d’interview, au Crillon si je m’en souviens bien. J’ai aussi interviewé Laurent.

Dîner aux Beaux Arts
Le livre est sorti en 1991, et en 1989, il y a eu ce drame sombre. Mylène, à l’issue de sa tournée, a donné un autre dîner à l’école des Beaux-arts, que Bertrand avait encore une fois entièrement organisé. J’étais en train de parler avec Mylène, car ma table était voisine de la sienne, et j’ai vu son regard se figer complètement. Je me souviens qu’il y avait dans la salle des chaises Napoléon III. Bertrand a pris une chaise et l’a jetée contre une autre chaise. Laurent, lui, n’avait pas quitté son manteau, il sentait la soirée très mal, il passait de table en table avec un regard assez figé, assez dur. Et là, Mylène m’a dit quelque chose du genre « excusez-moi Philippe, mais Bertrand est en train de faire n’importe quoi ». Et la rupture était faite. C’est moi qui ait du dire à Bertrand que le chapitre du livre qui lui était consacré sautait… Après la rupture, Bertrand n’était plus rien. Il a essayé de travailler avec d’autres artistes, Sheila, ou Corinne Hermès, qui l’a d’ailleurs assez mal vécu car il était très dur. J’ai continué à garder contact avec lui, pour des raisons strictement personnelles. Il m’a raconté une histoire atroce. Un jour, il conduisait la Mercedes, au moment du concert. Il était extrêmement fatigué, il a du déraper et la voiture a basculé légèrement de son ornière, mais il l’a rapidement redressée. Mylène a du avoir peur je pense, et lui a dit « écoute, si tu veux te suicider, fais-le sans nous »… C’est une femme qui peut être dure. On ne fait pas la carrière qu’elle a faite sans être dure. Alors, qu’est-ce que veut dire la dureté ? Si la dureté veut exigence, elle est dure. Si la dureté veut dire cruauté, alors elle n’est pas dure.

Mylène au travail
La préparation du livre a donc duré assez longtemps. Je me souviens de la rencontre avec Sylvie Devilette, où Mylène a découvert mes textes. J’étais dans une autre pièce avec Bertrand, c’est Sylvie qui me l’a raconté. Elle me disait que Laurent passait à Mylène les feuilles les unes après les autres, en lui soulignant les passages de son doigt, et qu’elle manifestait quand même une certaines émotion. On passait de l’article au livre, et pour une jeune artiste évidemment, ça n’a rien à voir, le mécanisme est différent. Lorsque je l’interviewais, c’était une femme qui me parlait assez spontanément. Il n’y a pas eu de corrections de sa part, par exemple. Elle parlait toujours avec une grande précision. Cela m’énerve d’ailleurs un peu lorsque je lis des interviews publiées dans la presse, et où quelque part, je ne la retrouve pas. Alors bien évidemment, les années sont passées, les choses évoluent. Mais on sent bien parfois que les journalistes n’ont pas entendu ou n’ont pas voulu entendre. Le son « Farmer » est très particulier. Mylène est une femme intelligente, qui s’exprime très bien, et ce son part, parfois, un peu en vrille dans la presse.

Cadeaux
J’ai aussi eu contact avec Thierry Suc, c’est d’ailleurs lui qui m’a emmené la première fois en voiture chez l’éditeur du livre, Jean-Pierre Taillandier. Pour la petite histoire, dans la voiture, Thierry me faisait écouter un single de Mylène qui allait sortir. Et moi, je visualisais tous les feux pour qu’ils passent au rouge, et que j’aie la possibilité d’en entendre le plus possible ! Thierry m’avait d’ailleurs proposé de m’arrêter, si je voulais ! C’est un garçon exquis, un très grand professionnel. Mylène m’a fourni des dessins pour ce livre. Je voulais qu’elle me donne des choses qui lui soient extrêmement personnelles. Au départ, il était même question qu’elle me donne des lettres qu’elle écrivait quand elle était petite. J’ai vu ces lettres, elle les signait à l’américaine, avec les croix qui symbolisent les bisous. Et dans l’une de ses lettres, c’était absolument adorable, elle disait à sa grand-mère : « j’ai été très gentille, je n’ai pas fait pipi au lit, j’ai été vraiment mignonne, alors fais ce que tu m’as promis, emmène-moi au cimetière ». Cette adoration pour les cimetières n’est pas du tout une invention marketing, pas plus que celle pour le sang. Des années avant Je te rends ton amour, Mylène me disait « le sang est une belle matière ». Mais il ne faut pas la limiter à « ça ne va pas bien, c’est horrible ». Mylène est une femme qui aime la vie. Je n’ai pas gardé contact avec Mylène après le livre. Et ce n’était pas fait pour. Elle a tourné la page, j’ai tourné la page. Je suis passé sur d’autres projets. Je suis romancier, et j’ai d’autres livres qui sont sortis depuis.

100_2050Mylène la séductrice
A un moment donné, Mylène avait dit de moi « j’aurais préféré ne jamais le connaître ». C’était balzacien, bien sûr à notre niveau, entendons-nous. Quand madame Anska tombe éperdument amoureuse de Balzac, elle tombe d’abord amoureuse de l’auteur et d’un homme qui écrit comme un Dieu et qui la fascine, elle, la petite aristocrate polonaise. Avec Mylène, il y a eu une séduction qui est passée par les mots. Elle m’a donné ses mots, j’en ai fait un livre et je lui ai donné mes mots. Ma manière d’écrire est très tactile, très cinématographique. J’ai besoin d’un regard, d’une présence, d’une silhouette. J’ai besoin de quelque chose qui s’incarne. Mylène m’a donné une émotion, et c’est sur cette émotion que j’ai travaillé. Ce parfum, cette façon de s’habiller, cette façon d’enrouler ses membres sur elle-même, ce côté chrysalide qu’elle peut avoir, cette grâce extraordinaire… tout ça, j’en avais besoin. Vous savez, quelqu’un qui génère votre magazine, qui offre une réflexion au niveau du texte, au niveau de la maquette, c’est quelqu’un qui mérite le respect. C’est une belle carrière, c’est une carrière longue, c’est la première star de France, c’est quelqu’un qui mouille sa chemise, qui donne… Mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui m’a dit « je suis un ami intime de Mylène, je la connais très bien ». A-t-elle des amis proches ? Je n’en sais rien. Quel rapport a-t-elle vraiment avec sa famille ? Je l’ignore. Elle m’a raconté qu’elle avait un jour évoqué avec sa mère, comme toutes les adolescentes, l’idée du suicide. Sa mère lui a répondu : « Ma petite, tu es comme la mauvaise herbe, et la mauvaise herbe ne meurt jamais ». Cela m’a amusé de constater que, quelques années plus tard, Mylène reprenait la formule sans problème aucun.

 

source Instant-Mag – 2004

 

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POUR MYLENE L’IMPORTANT C’EST D’AIMER

Posté par francesca7 le 4 juillet 2015

 

PARIS MATCH : 2 DÉCEMBRE 2010 – NATHALIE RHEIMS

 

mylene-farmer-giorgino_18-imgPour sa seule interview à la presse à l’occasion de la sortie de l’album « Bleu Noir », Mylène Farmer fait pour la première fois de sa carrière la une de Paris Match pour cette interview menée par son amie intime, l’auteur Nathalie Rheims. L’entretien est illustré d’une séance photo inédite réalisée à Londres quelques semaines plus tôt par Nathalie Delépine.

Tu n’as jamais été aussi belle et épanouie. As-tu des secrets de beauté ?

-La seule chose importante est d’aimer et d’être aimée. C’est bien la seule certitude que j’ai aujourd’hui. Et la beauté dépend du regard que l’on porte sur les gens : quand ce regard est celui de l’être aimé, ou tout simplement celui de la bienveillance, il agit comme un baume enchanteur. La chance qui m’est donnée de vivre en harmonie avec ce que je fais est alors mon secret de beauté, c’est un lien fragile que je m’efforce à la fois de remettre en cause et de protéger.

Qu’es-tu capable de faire aujourd’hui et que tu n’aurais pas pu faire hier ?

-Affronter des regards quand j’entre dans un lieu public sans vouloir fuir l’endroit dans la fraction de seconde ! Souffrir d’un manque de confiance en soi, d’une timidité qui vous fait passer parfois pour quelqu’un de distant, de froid, n’est pas un atout majeur pour faire un métier public. Pourtant, depuis longtemps déjà, je n’ai eu d’autre choix que de dépasser mes peurs, les surmonter, n’en être pas –ou plus- l’otage. Quand j’y pense, c’est d’une violence inouïe de dépasser ce handicap ! Seules les personnes qui sont de vraies timides peuvent comprendre ce par quoi l’on passe pour y parvenir.

« Bleu Noir » est le premier album que tu fais sans Laurent Boutonnat. Pourquoi t’es-tu éloignée de lui ?

-Je ne me suis en aucun cas éloignée de lui ! Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque : vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité. Nous nous retrouverons pour le prochain album !

As-tu conscience que cet album est plus sombre que les précédents ?

-Non, pas vraiment. Cet album –comme son titre, « Bleu Noir » l’indique- passe de la lumière au sombre puis à l’obscurité. Ou l’inverse, je ne sais plus !

On te dit solitaire, voire recluse. Travailler avec une nouvelle équipe fût-il un travail compliqué ?

-Je m’adapte à de nouvelles manières de travailler si tant est que l’on respecte ma ‘bulle’, mes silences autant que je respecte moi-même l’autre. Je suis quelqu’un de solitaire, mais j’ai aussi un grand besoin de l’autre et je réfute le terme ‘recluse’ ! Quand j’étouffe, je prends un train, un avion et vais voir d’autres cieux. C’est une liberté, une chance inestimable de pouvoir voyager quand j’en ressens le désir ou la nécessité. Face à un paysage de neige, je suis émue : j’ai grandi au Canada, je suis certaine que cette attirance pour les paysages immaculés vient de là-bas. Le grand froid a un parfum très particulier, un son qui lui est propre. J’ai retrouvé cette même émotion quand je suis allée en Russie découvrir Saint-Pétersbourg en plein hiver : au bord de la Neva, ses canaux gelés, on guette Catherine II de Russie…

D’autres endroits que tu aimes ?

-La Corse est mon refuge. Le jour venu, la tentation pourrait être la Toscane : m’apaiser devant des collines d’oliviers et de vignes…

Tes biographes écrivent les mêmes clichés sur toi. Qu’as-tu à cacher ?

-Je n’ai pas de biographe, c’est pourquoi ce sont sans doute les mêmes clichés.

Dans ce qui a été écrit à propos de toi, qu’est-ce qui t’a fait le plus sourire ?

-J’ai entendu parler de bain de jus de tomate, qui m’aurait conduite à une ‘phobie attractive’ du sang (Mylène fait référence à une anecdote relatée par Bernard Violet dans sa biographie publiée en 2004 à partir de laquelle il tire effectivement cette conclusion, nda) et de lit-cercueil (à ce jour, jamais une biographie ou un article n’a pourtant prétendu cela, nda). Je crois que tous les fantasmes me font rire quand il ne s’agit pas de mes proches ou de ma vie privée. Pourtant, quand on me rapporte les médisances d’un animateur de jeu télévisé quant à mon prétendu play-back sur scène(Mylène évoque sans le nommer Nagui qui, en effet, prend régulièrement pour cible depuis quelques années dans ses émissions la chanteuse, soit en se moquant de sa voix, soit en prétendant qu’elle ne chante pas en direct lors de ses concerts, nda), je finis par me demander si je ne préfère pas l’histoire tout aussi fausse du jus de tomate. C’est impressionnant de voir à quel point certaines personnes se sentent grandies en dénigrant, en tentant de blesser… Il s’agit bien souvent de personnes qui rêveraient d’une vie meilleure. Encore faut-il en être à la hauteur. Je crois à la vertu de la décence. La critique est nécessaire ; la grossièreté, inutile.

Es-tu obsédée par l’idée de laisser une trace de toi après ta mort ?

-Obsédée, non. Le moment présent m’importe. Laisser une trace…dans le cœur de quelques personnes, j’espère que oui.

Qu’aimerais-tu que l’on dise de toi ?

-« C’était une grande astronaute ». (sic !)

Quel regard portes-tu sur la variété française ? Y a-t-il des artistes qui t’intéressent ?

-J’ai découvert Stromae, ce jeune artiste vraiment original. J’aime beaucoup son titre « Alors on danse », sa silhouette, son phrasé et son timbre de voix si particuliers. Il dit des choses graves sur un ton léger.

Pourquoi as-tu enregistré un duo avec Line Renaud ? (« C’est pas l’Heure », paru sur l’album « Rue Washington » de Line Renaud sorti un mois tout juste avant la publication de cet entretien, nda)

-Je l’ai rencontrée lors d’un dîner et, comme chacun semble le dire, quand on croise le regard bleu de Line… une magie s’opère ! C’est une femme belle, décalée et charmeuse. Je suis instinctive, le désir l’emporte dans ces moments-là. Son énergie vitale est impressionnante. Mais c’est aussi quelqu’un qui doute : c’est imperceptible, mais touchant.

Tu navigues continuellement entre Eros et Thanatos. L’amour et la mort sont-ils tes deux seules sources d’inspiration ?

-Il y a aussi la solitude, l’isolement. J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !

La politique t’intéresse-t-elle ? As-tu de l’estime pour ceux qui nous gouvernent ?

-J’ai de l’estime pour le courage de tous ceux qui acceptent cette lourde responsabilité sans abuser de leur pouvoir.

Quelle est ton image idéale du couple ?

-Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre : l’intelligence complice.

Comment t’imagines-tu dans dix ans ?

-Ailleurs…

Ta dernière tournée a été un triomphe. Envisages-tu de remonter sur scène ?

-Oui… au moins une dernière fois !

Pourrais-tu un jour renoncer à la chanson ? A la scène ?

-Comment renoncer à ce et ceux qu’on aime ? Mais je vais devoir apprendre…

Lors de tes concerts, tu attaches une importance particulière aux créateurs de mode : recherches-tu de nouveaux talents, de nouvelles marques, de nouvelles inspirations ?

-34427851Quand il s’agit de préparer un spectacle, oui. Ce choix est toujours délicat. Il ne suffit pas de faire du ‘couture’, ce n’est pas un défilé de mode. Le créateur doit être aussi capable de transposer les costumes pour une scène, qui devront s’intégrer aussi à un décor, à des lumières, à un univers afin de rendre le tout homogène. Il faut rencontrer alors des stylistes inspirés et qui acceptent de se fondre dans l’univers de l’artiste afin que celui-ci ne disparaisse pas derrière le costume, justement, mais se sente comme dans un écrin. Je ne suis pas certaine que tous les créateurs de mode en soient capables : il faut beaucoup d’humilité.

Ton livre de chevet ?

-Tous les livres de Stefan Zweig, le dernier lu étant « La Guérison par l’Esprit », une réflexion sur les pouvoirs de l’esprit et le besoin vital de croire. C’est passionnant.

Ton film culte ?

-Choix difficile, il y en a plus d’un… Mais je vais choisir « L’Important c’est d’Aimer » d’Andrzej Zulawski : c’est sans doute un des films qui m’ont le plus troublée. Romy Schneider y est magnifique, sans fard, fragile, tragique.

Ton personnage préféré de l’Histoire ?

-Padre Pio, un moine capucin qui a eu une vie extraordinaire. Il me fascine ! Il a été canonisé en 2002, je crois (le 16 juin 2002 par le pape Jean-Paul II, nda). Durant sa vie, il a reçu les stigmates de la Passion du Christ, a dû affronter le Diable… Ca me renvoie a quelque chose de profond chez moi : l’inexplicable, qui me bouleverse.

Une émission de télé que tu ne rates pas ?

-« Un Jour, un Destin », parce que j’aime les histoires vraies, les biographies, les destins hors du commun. J’aime connaitre l’histoire des gens, tout simplement. Je trouve que tout y est remarquablement traité à travers des reconstitutions de vies qui évitent le piège facile du ‘jugement’. Le fond comme la forme sont vraiment réussis et les sujets souvent passionnants, émouvants. J’aime aussi l’habillage de ces documentaires. Et puis rien n’est laissé au hasard : cette finesse est rare dans le paysage audiovisuel. Et je regarde très souvent « Faites Entrer l’Accusé ». Les faits divers m’ont toujours fascinée. C’est peut-être une forme de voyeurisme, même si je ne le ressens pas comme ça : je suis saisie par l’horreur que m’inspirent ces criminels, mais aussi submergée par l’évidente compassion que j’ai pour les victimes et leurs proches. Qui peut un jour penser finir son destin si tragiquement ? L’horreur et la perversité sans limite de certains –parfois même sans remords- glacent le sang. Si cette émission m’intéresse, c’est parce que j’ai besoin de comprendre ‘l’inhumain’.

La femme que tu pourrais prendre comme modèle ?

-Une comtesse âgée et discrète qui vit non loin de chez moi et recueille tous les chats errants. J’ai moi-même adopté il y a quelques années une chatte qui a élu domicile chez moi pour finir sa vie.

 

Ton idéal masculin ?

-Jean Rochefort. Un acteur unique, un homme d’une classe folle, un charme renversant. Je suis sensible à sa grande délicatesse : c’est un être totalement décalé, si émouvant, aussi. Bref… magnifique !

L’œuvre d’art que tu pourrais voler dans un musée ?

-Une œuvre de Giacometti !

Le disque que tu emporterais sur une île déserte ?

-Mais il n’est pas question que j’aille sur une île déserte !

La soirée de tes rêves ?

-En Corse, en Sicile ou en Irlande. Un feu de cheminée, l’hiver, la neige qui tombe -bien qu’il n’y ait pas beaucoup de neige en Corse et en Sicile ! Le vent souffle dehors, un verre de côte-rôtie et s’enivrer doucement en écoutant la musique du film « Mission » par Ennio Morricone. Le reste est top secret !

Une épitaphe ?

-Quel souci ! Ici gît ‘Je’.

Publié dans Mylène 2009 - 2010, Mylène en INTERVIEW, Mylène et ses longs discours | Pas de Commentaires »

COIFFURE BEAUTÉ INTERNATIONAL interroge Mylène

Posté par francesca7 le 21 mars 2015

 

French Singer Mylène FarmerCe métier est plein de facettes. Avez­vous une préférence : sortir un disque, être sur scène…?

­ J’ai besoin de tout. J’aime écrire les textes de mes chansons mais j’ai également besoin de retrouver l’émotion que l’on éprouve en étant sur scène. C’est pour moi un véritable combat. Je suis plutôt discrète, mais dans ces moments­là tout est décuplé : sentiments, impressions, capacités…On est à la fois conscient et complètement inconscient. Il est difficile d’exprimer ce que l’on vit, mais c’est une émotion énorme. J’aime aussi faire des clips. L’histoire vient d’abord du texte de la chanson, mais également du dialogue que j’ai avec les gens qui m’entourent. En fait, j’ai toujours besoin de plus et d’aller plus loin.

N’aimeriez­vous pas faire du cinéma ?

­ Le cinéma est effectivement un projet. J’ai eu quelques propositions depuis deux ans, mais je n’ai pas le temps d’y songer sérieusement. Mon film culte est « La fille de Ryan », j’ai adoré aussi « L’important c’est d’aimer ». Je trouve les films de Bergman, de Spielberg et les anciennes productions splendides, certainement parce que j’ai du mal à me projeter dans notre époque. J’aime l’ambiance de ces films et l’élégance des vêtements d’autrefois. Il me semble qu’il y avait une histoire dans chacun d’eux, alors que ceux que l’on fait actuellement n’ont pas d’âme.

Qui crée vos costumes de scène ?

­ Thierry Mugler a créé les costumes du spectacle du Palais des Sports en mai dernier et ceux de Bercy.

Nous lui présentons le projet de la scène, et lui propose ses idées. Il a une démesure étonnante et sait faire abstraction de la mode. Le spectacle de Bercy sera exactement le même que celui de ma tournée en province. Nous avons essayé de créer un personnage qui évolue dans le temps en jonglant avec les ambiances et les saisons. Il y a en tout sept changements de costume.

Et vos cheveux ?

­ Ma coiffure reste très simple, je n’aime pas être sophistiquée. Je n’aime même pas l’envisager, cela ne va pas du tout avec mon caractère. Je préfère le dépouillement. Vous voyez : pas de vernis, pas de boucles d’oreilles, sinon j’ai l’impression d’être travestie. Si je porte un bijou, il est toujours très sobre.

Vos créateurs préférés ?

­ J’apprécie beaucoup ce que fait Roméo Gilli, Thierry Mugler bien entendu, Azzedine Alaïa et Fayçal Amor.

Mais je vais voir peu de défilés car je n’aime pas l’effervescence et je n’aime pas être prise en photo. Donc plutôt que de me trouver dans une situation de conflit, j’évite de me rendre dans les lieux où je vais rencontrer journalistes et photographes. Je me promène de temps en temps dans le Marais et vers la place des Victoires, où il y a de très belles boutiques.

Il paraît que vous collectionnez les chaussures…

­ En effet, je voue une véritable passion aux chaussures ! Pour les bottines très fines et les chaussures plates. Je vais souvent chez Stéphane Kélian, Philippe Model et Charles Kamer. Je ne suis pas conservatrice, sauf pour les chaussures dont je n’arrive pas à me défaire et pour mes costumes de scène. Cela me plairait de constituer un petit musée à titre privé !

Comment vivez­-vous la mode au quotidien ?

­ La silhouette que je préfère est celle de Katherine Hepburn : chemise, gilet et pantalon. Une apparence masculine qui est en fait extrêmement féminine. J’ai complètement banni jupes et robes, je m’habille de façon décontractée. Cela ne veut pas dire blue­jean / baskets, disons plutôt faussement décontractée, car j’aime l’élégance. Je porte des vêtements aux formes et aux couleurs sobres. Je trouve le pourpre très beau mais je n’en porte pas souvent, simplement parce que l’on n’en trouve pas. J’adore le blanc cassé, le noir et les tons pastel. Je préfère les vêtements d’hiver à cause de l’atmosphère de cette saison. Un grand bonheur serait d’aller faire un jour un reportage sur la banquise !

Vous devez aimez les matières confortables…

­ Je suis fascinée par le cashmere, le velours de soie et par la soie d’une façon générale. En Inde, j’ai vu des tissus fabuleux…

Vous avez beaucoup voyagé ?

­ 1989-17-bNon, très peu. Avant, je n’en éprouvais pas l’envie. Maintenant si, mais je ne trouve pas le temps ! J’aimerais retourner en Inde pour y faire quelque chose d’utile. Je n’ai pas un tempérament à apprécier le farniente, je m’ennuie très vite en vacances. En plus de découvrir un pays, il me faut un but. La Russie m’attire, mais je ne veux pas m’y rendre en tant que touriste puisque l’on ne voit rien. Je veux être en contact avec les gens des campagnes et approcher des choses fondamentales.

Vous ne parlez pas du Canada…

­ Je n’ai pas envie de retourner au Canada, ce pays me semble trop calme. Par contre aller aux Etats­Unis, ça, oui ! Pour moi, c’est un pays de gagnants, un pays qui bouge. J’ai une vie très remplie, le mode de vie des américains me plairait certainement.

Les américains sont fervents de sport, vous pratiquez une activité sportive régulièrement ?

­Je fais du jogging dans la forêt du bois de Boulogne. Au départ, je courais pour avoir de l’endurance, pour être en forme sur scène, et puis j’ai continué. C’est un bienfait extraordinaire. Je suis très persévérante, un peu bornée, même ! Je vais au parc Monceau quand j’en ai l’occasion, mais pour m’y promener simplement.

Faites­vous attention à votre image ?

­ Je ne fais pas une fixation sur mon image, mais j’ai un minimum d’hygiène de vie, bien sûr. Par contre, je ne fais pas très attention à ce que je mange, c’est trop triste de se priver ! Pour les photos, c’est vrai que je suis vigilante. J’ai un droit de regard. Ce que je ne peux hélas contrôler, ce sont les tournages télé. Je trouve la lumière rarement belle, l’ambiance est peu propice à de belles images.

Vous avez une peau magnifique : un tel atout ça s’entretient par des soins en institut, des crèmes…

­ Je ne fréquente absolument pas les instituts ! Cela me dérange et je ne m’y sens vraiment pas à l’aise. J’utilise une crème pour mon visage, c’est tout. Je ne suis pas du style à essayer les dernières crèmes qui sortent sur le marché, ça ne m’intéresse pas.

Etes­vous également fidèle à un seul parfum ?

­ J’adore les parfums. Je porte Shalimar qui est pour moi l’évocation du passé, Heure bleue, Chloé et Femme de Rochas.

Je crois que c’est Alain Divert qui vous a transformée en rousse. L’idée vient de qui ?

­ Bertrand LePage m’a donné l’idée de changer de couleur. D’ailleurs, maman est rousse. Alain Divert m’a fait ma première coloration, un roux plus électrique que maintenant. Nous avions de très bonnes relations mais à présent, je vais dans un petit salon où l’ambiance est presque familiale. Je m’y sens mieux que chez un grand coiffeur. Je me rends une fois par mois chez Margaux. Elle me coiffe de façon très naturelle : catogan ou cheveux défaits, parfois relevés mais cela n’a rien d’habituel. Chez moi : shampooing Phytosolba et après-shampooing.

Ah, je vais peut­être couper mes cheveux ! La décision n’est pas facile à prendre mais j’aime beaucoup le style garçonne qu’avait Jane Birkin au temps de « Je t’aime moi non plus ». Vous me verrez avec des cheveux courts, mais pas avant un an. (Mylène se fera effectivement couper les cheveux très courts par Jean­Marc Maniatis en janvier 1991, nda)

C’est vous qui avez lancé la mode du catogan. Cet hiver, les deux points d’orgue de la coiffure sont les rousses et les coupes boule. Vous lisez les magazines de mode ?

­ Je lis n’importe comment, je ne suis pas attachée à un magazine. De temps en temps, il m’arrive d’avoir de véritables boulimies de magazines !

 

source : DÉCEMBRE 1989 – Un sourire au bord de la fêlure – Entretien avec Valérie le MOUËL

Publié dans Mylène 1989 - 1990, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaires »

Mylène aime trop la chanson pour l’abandonner

Posté par francesca7 le 23 septembre 2014

 

12 OCTOBRE 1989 LE SOIR (Belgique)

A quoi sert Mylène Farmer ?

Entretien avec Thierry COLJON

« J’aime trop la chanson pour l’abandonner… Mais si j’arrête, ce sera net ! »

Pourquoi ne voulez-vous pas que vos propos soient enregistrés ?

1 - née le 12-09-1961- Ca me perturbe et m’angoisse. Je n’aime pas les interview s qui, pour moi, sont de la nature d’un viol. Mais ça dépend des périodes. J’aime préserver plein de choses.

Que pensez-vous du livre de Patrick M ilo ? (Tout juste sorti lors de cet entretien, l’ouvrage sera retiré de la vente les jours suivants par décision de justice, suite à une plainte de Mylène Farmer, nda)

- On ne m’a pas demandé mon autorisation, ni quoi que ce soit. Ca me dérange que des gens achètent ça, parce que la mise en page est nulle. Le contenu est plutôt sympathique à mon égard, il n’y a pas trop d’erreurs, sauf peut-être quand il prétend que je me complais dans un bain de sang. Je ne suis tout de même pas encore tout à fait folle !

Je n’en veux pas au journaliste qui a écrit ce livre mais plutôt à l’éditeur, Albin Michel, qui aurait pu tout de même me demander mon avis. Mais un autre livre va sortir avec ma caution même si l’auteur ne m’aura pas rencontrée (« Ainsi Soit-Elle » de Philippe Séguy sortira en effet un an plus tard, en revanche il sera le fruit de conversations entre l’auteur et Mylène, nda). Je n’aime pas parler de ma vie privée. Ma vie artistique est connue et c’est suffisant.

Si on s’intéresse tant à votre vie privée, peut-être est-ce parce qu’elle semble très impliquée dans vos textes…

- Oui, on peut l’imaginer. Mais il y aura toujours des points de suspension. Ca reste très scolaire, dans le fond. C’est vrai que j’aimerais aller plus loin…

La presse dite ‘sérieuse’ n’a jamais été très tendre avec vous, refusant d’avaliser de tels penchants…

- Je n’ai pas à m’en plaindre, ça fait partie du jeu. Quand je refuse de rencontrer Libé, ça me fait une pub énorme. Et en réponse, leur vengeance est tellement méchante que ça en devient risible ! (lors des représentations du spectacle au Palais des Sports, en mai 1989, le quotidien consacra une page entière à Mylène pour un article retraçant sa carrière de façon particulièrement méprisante et négative, nda)

Le plus dérangeant est finalement tout l’aspect marketing du produit Farmer…

- C’est vrai que par rapport à la moyenne qui fait le travail en dépit du bon sens, nous – c’est-à-dire trois personnes, Laurent, Bertrand et moi – ne laissons aucune faille. Ca dérange peut-être la profession. Je subis des agressions constantes de ce milieu parce qu’il n’admet pas la réussite.

Ce que j’ai vu dans les coulisses de la remise des Victoires de la Musique m’a dégoûtée. J’étais prête à partir. Si je suis restée, ce n’est que pour le public à qui je devais cette Victoire et sûrement pas au métier qui s’est senti obligé, sous la pression populaire, de me remettre cette distinction.

La scène, c’est une manière de mettre les points sur les i ?

- J’ai toujours refusé de chanter en direct à la télé, n’en déplaise à la Sacem, mais j’ai mes raisons. Je savais que si je montais sur scène, c’était pour faire ce que je voulais. C’est un lieu où l’on ne peut pas tricher. Il fallait que je mette ça au point. J’ai attendu d’avoir des albums pour le faire, l’affection d’un public. C’était aussi un contrat avec moi-même : me prouver qu’avec un mètre soixante-sept et une petite voix, j’étais capable de le faire !

Le plus étonnant dans votre rencontre avec Laurent, c’était que lui se destinait au cinéma et vous au théâtre ?

- Je n’attribue pas cela au hasard, mais à la destinée. Tout de même, j’avais pensé avant à la chanson. J’ai apprécié des chanteurs. C’est la découverte de l’écriture qui m’a fait aimé ce que je fais. Pour le premier album, c’était par inhibition, j’avais en moi des démons à combattre. J’étais frustrée, et à la fois, l’écriture était pour moi un viol intérieur. J’utilise souvent ce mot mais il explique beaucoup de choses…

Dans la chanson « A Quoi je Sers… », vous dites : ‘Je sers à rien du tout / (…) A présent, je peux me taire’. Comment faut-il interpréter cela ?

- C’est vrai que je termine un cycle de sept ans. Je crois en cela. Le clip a un parfum de fin de cycle. J’aime trop la chanson pour l’abandonner, mais faire ce métier autrement peut-être…Mais si j’arrête, ce sera net !

Et le cinéma ?

- C’est une obsession, mais ça me fait peur aussi. C’est autre chose, mais je veux que cela soit aussi fort.

Laurent a déjà écrit un long métrage. Y jouerez-vous un rôle ?

- Je crois, oui, mais je ne peux pas en parler…

Vous acceptez les termes de ‘Pygmalion’ ou de ‘mentor’ le concernant ?

- Pour lui, je crois que c’est mieux d’aller voir plus loin. Notre succès vient de la réunion et du conflit de deux personnes qui débouchent sur une osmose, une adéquation parfaite. Je suis très possessive, et lui aussi ! Il y a une force de deux personnes, deux créations, il y a un don. Si c’est pour ne rien recevoir, cela ne sert à rien…

Vous sentez-vous réellement différente de tout le monde ? Ne croyez-vous pas que les gens ont les mêmes obsessions et fantasmes que vous, raison pour laquelle ils aiment ce que vous faites ?

- Je ne me sens pas fondamentalement différente de tout le monde, mais d’exprimer ces pulsions dans des chansons fait que je suis un être à part parce que les sujets que je traite ne se retrouvent pas habituellement dans les hit-parades. Mais un analyste ne ferait qu’une bouchée de moi ! Je refuse aussi l’étiquette de Top 50 des angoisses et des névroses…

On en revient toujours au mot ‘fantasme’…

- Disons que c’est le plus tapageur…Je ne l’ai pas voulu dans ce sens-là. Quand on cloisonne les mots, on les rend plus violents. On pourrait parler d’autre chose que de la mort, je suis d’accord.

M ais chanter les tabous, n’est-ce pas les désacraliser ?

- C’est vrai qu’on sera très malheureux le jour où plus rien ne sera tabou, mais je crois que c’est universel et intemporel. Les tabous ne mourront jamais. Il y a des millions de mots pour exprimer tout cela. Mais il faut savoir aussi les délaisser, j’en suis consciente.

Ce qui paraît étrange dans ce que j’écris, c’est d’avoir rendu populaire ces tabous : il y avait une demande par rapport à ces sujets-là. J’ai été une sorte de porte-parole, mais aussi d’objet de ces tabous. Ca me fait un peupeur… Je ressens une très grande détresse chez ceux qui s’emparent de cela.

Vous pensez que vos textes peuvent soulager cette détresse ?

- Parfois, on a l’impression que tout cela n’est pas réellement important. Des fois, je me dis : ‘Qu’est-ce qu’on attend de moi ?’. Tous ces personnages que je chante sont proches de moi mais pas dans l’imaginaire. Je ne pourrais jamais camper quelqu’un d’autre que moi.

M ais vous cultivez cela aussi en élevant des singes ou, dans le passé, en jouant sur l’androgynie…

- C’est l’ignorance qui entraîne ces mythes. J’adore les singes, il faut s’en occuper autant que des enfants. Je ne le fais pas pour faire parler de moi. Et l’androgynie, il ne faut pas oublier, comme le reste, qu’il ne s’agit que de fractions de vie. Quand j’écris, c’est la nature des sentiments du moment. Je ne suis pas une grande calculatrice. J’ai besoin de vivre autre chose pour parler d’autre chose…

 

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Mylène Farmer et COIFFURE BEAUTÉ INTERNATIONAL

Posté par francesca7 le 19 juin 2014

 

DÉCEMBRE 1989 : Un sourire au bord de la fêlure

Entretien avec Valérie le MOUËL

Ce métier est plein de facettes. Avez-vous une préférence : sortir un disque, être sur scène…?

- J’ai besoin de tout. J’aime écrire les textes de mes chansons mais j’ai également besoin de retrouver l’émotion que l’on éprouve en étant sur scène. C’est pour moi un véritable combat. Je suis plutôt discrète, mais dans ces moments-là tout est décuplé : sentiments, impressions, capacités…On est à la fois conscient et complètement inconscient. Il est difficile d’exprimer ce que l’on vit, mais c’est une émotion énorme. J’aime aussi faire des clips.

L’histoire vient d’abord du texte de la chanson, mais également du dialogue que j’ai avec les gens qui m’entourent. En fait, j’ai toujours besoin de plus et d’aller plus loin.

Mylène Farmer et COIFFURE BEAUTÉ INTERNATIONAL dans Mylène 1989 - 1990 2

N’aimeriez-vous pas faire du cinéma ?

- Le cinéma est effectivement un projet. J’ai eu quelques propositions depuis deux ans, mais je n’ai pas le temps d’y songer sérieusement. Mon film culte est « La fille de Ryan », j’ai adoré aussi « L’important c’est d’aimer ». Je trouve les films de Bergman, de Spielberg et les anciennes productions splendides, certainement parce que j’ai du mal à me projeter dans notre époque. J’aime l’ambiance de ces films et l’élégance des vêtements d’autrefois. Il me semble qu’il y avait une histoire dans chacun d’eux, alors que ceux que l’on fait actuellement n’ont pas d’âme.

Qui crée vos costumes de scène ?

- Thierry Mugler a créé les costumes du spectacle du Palais des Sports en mai dernier et ceux de Bercy. Nous lui présentons le projet de la scène, et lui propose ses idées. Il a une démesure étonnante et sait faire abstraction de la mode. Le spectacle de Bercy sera exactement le même que celui de ma tournée en province.

Nous avons essayé de créer un personnage qui évolue dans le temps en jonglant avec les ambiances et les saisons. Il y a en tout sept changements de costume.

Et vos cheveux ?

- Ma coiffure reste très simple, je n’aime pas être sophistiquée. Je n’aime même pas l’envisager, cela ne va pas du tout avec mon caractère. Je préfère le dépouillement. Vous voyez : pas de vernis, pas de boucles d’oreilles, sinon j’ai l’impression d’être travestie. Si je porte un bijou, il est toujours très sobre.

Vos créateurs préférés ?

- J’apprécie beaucoup ce que fait Roméo Gilli, Thierry Mugler bien entendu, Azzedine Alaïa et Fayçal Amor. Mais je vais voir peu de défilés car je n’aime pas l’effervescence et je n’aime pas être prise en photo. Donc plutôt que de me trouver dans une situation de conflit, j’évite de me rendre dans les lieux où je vais rencontrer journalistes et photographes. Je me promène de temps en temps dans le Marais et vers la place des Victoires, où il y a de très belles boutiques.

Il paraît que vous collectionnez les chaussures…

- En effet, je voue une véritable passion aux chaussures ! Pour les bottines très fines et les chaussures plates. Je vais souvent chez Stéphane Kélian, Philippe Model et Charles Kamer. Je ne suis pas  conservatrice, sauf pour les chaussures dont je n’arrive pas à me défaire et pour mes costumes de scène. Cela me plairait de constituer un petit musée à titre privé !

Comment vivez-vous la mode au quotidien ?

- La silhouette que je préfère est celle de Katherine Hepburn : chemise, gilet et pantalon. Une apparence masculine qui est en fait extrêmement féminine. J’ai complètement banni jupes et robes, je m’habille de façon décontractée. Cela ne veut pas dire blue-jean / baskets, disons plutôt faussement décontractée, car j’aime l’élégance. Je porte des vêtements aux formes et aux couleurs sobres. Je trouve le pourpre très beau mais je n’en porte pas souvent, simplement parce que l’on n’en trouve pas. J’adore le blanc cassé, le noir et les tons pastel. Je préfère les vêtements d’hiver à cause de l’atmosphère de cette saison. Un grand bonheur serait d’aller faire un jour un reportage sur la banquise !

Vous devez aimez les matières confortables…

- Je suis fascinée par le cashmere, le velours de soie et par la soie d’une façon générale. En Inde, j’ai vu des tissus fabuleux…

Vous avez beaucoup voyagé ?

- Non, très peu. Avant, je n’en éprouvais pas l’envie. Maintenant si, mais je ne trouve pas le temps ! J’aimerais retourner en Inde pour y faire quelque chose d’utile. Je n’ai pas un tempérament à apprécier le farniente, je m’ennuie très vite en vacances. En plus de découvrir un pays, il me faut un but. La Russie m’attire, mais je ne veux pas m’y rendre en tant que touriste puisque l’on ne voit rien. Je veux être en contact avec les gens des campagnes et approcher des choses fondamentales.

Vous ne parlez pas du Canada…

- Je n’ai pas envie de retourner au Canada, ce pays me semble trop calme. Par contre aller aux Etats-Unis, ça, oui ! Pour moi, c’est un pays de gagnants, un pays qui bouge. J’ai une vie très remplie, le mode de vie des américains me plairait certainement.

1-300x252 dans Mylène en INTERVIEWLes américains sont fervents de sport, vous pratiquez une activité sportive régulièrement ?

-Je fais du jogging dans la forêt du bois de Boulogne. Au départ, je courais pour avoir de l’endurance, pour être en forme sur scène, et puis j’ai continué. C’est un bienfait extraordinaire. Je suis très persévérante, un peu bornée, même ! Je vais au parc Monceau quand j’en ai l’occasion, mais pour m’y promener simplement.

Faites-vous attention à votre image ?

- Je ne fais pas une fixation sur mon image, mais j’ai un minimum d’hygiène de vie, bien sûr. Par contre, je ne fais pas très attention à ce que je mange, c’est trop triste de se priver ! Pour les photos, c’est vrai que je suis vigilante. J’ai un droit de regard. Ce que je ne peux hélas contrôler, ce sont les tournages télé. Je trouve la lumière rarement belle, l’ambiance est peu propice à de belles images.

Vous avez une peau magnifique : un tel atout ça s’entretient par des soins en institut, des crèmes…

- Je ne fréquente absolument pas les instituts ! Cela me dérange et je ne m’y sens vraiment pas à l’aise. J’utilise une crème pour mon visage, c’est tout. Je ne suis pas du style à essayer les dernières crèmes qui sortent sur le marché, ça ne m’intéresse pas.

Etes-vous également fidèle à un seul parfum ?

- J’adore les parfums. Je porte Shalimar qui est pour moi l’évocation du passé, Heure bleue, Chloé et Femme de Rochas.

Je crois que c’est Alain Divert qui vous a transformée en rousse. L’idée vient de qui ?

- Bertrand LePage m’a donné l’idée de changer de couleur. D’ailleurs, maman est rousse. Alain Divert m’a fait ma première coloration, un roux plus électrique que maintenant. Nous avions de très bonnes relations mais à présent, je vais dans un petit salon où l’ambiance est presque familiale. Je m’y sens mieux que chez un grand coiffeur. Je me rends une fois par mois chez Margaux. Elle me coiffe de façon très naturelle : catogan ou  cheveux défaits, parfois relevés mais cela n’a rien d’habituel. Chez moi : shampooing Phytosolba et après shampooing. Ah, je vais peut-être couper mes cheveux ! La décision n’est pas facile à prendre mais j’aime beaucoup le style garçonne qu’avait Jane Birkin au temps de « Je t’aime moi non plus ». Vous me verrez avec des cheveux courts, mais pas avant un an. (Mylène se fera effectivement couper les cheveux très courts par Jean-Marc Maniatis en janvier 1991, nda)

C’est vous qui avez lancé la mode du catogan. Cet hiver, les deux points d’orgue de la coiffure sont les rousses et les coupes boule. Vous lisez les magazines de mode ?

- Je lis n’importe comment, je ne suis pas attachée à un magazine. De temps en temps, il m’arrive d’avoir de  véritables boulimies de magazines !

Publié dans Mylène 1989 - 1990, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

perpétuelle résurrection de Mylène par Boutonnat

Posté par francesca7 le 23 avril 2014

1988-1991 : La perpétuelle résurrection

 sanslogique118           Battues, souillées, humiliées, transpercées mais toujours vivantes, les personnages que donne Laurent Boutonnat à interpréter à son égérie continuent de subir la violence de l’Homme. Après avoir montré clairement la mort de son héroïne, l’avoir imagée, le réalisateur qui entreprend un réel processus de fin de carrière de la chanteuse la met en scène selon une optique différente. En l’identifiant à la mort elle-même plutôt qu’à une mourante, Boutonnat trouve un juste compromis entre les différents statuts de mortelle qu’endossait son héroïne dans ses précédents clips. Pour lui le personnage ne subit plus la mort, elle l’incarne. Ambition difficilement compatible avec la forme du clip, Boutonnat se sert du dispositif qu’il a mis en place afin d’introduire, de mettre en scène dans la longueur, sur plusieurs films courts, la personnification de la mort.

 

C’est dans Pourvu qu’elles soient douces que cette incarnation est la plus évidente. Le long duel qui oppose Libertine à sa rivale est monté alternativement avec une bataille sanglante opposant Français et Anglais pendant la guerre de sept ans. Alors empalée par un sabre, la rivale succombe sans que le spectateur n’ai pu voir si la lance qu’elle tendait en direction de Libertine l’avait atteinte. La rivale montrée comme morte en champ, aucun contre-champ ne vient montrer le personnage principal dont l’état nous est alors inconnu. C’est bien plus tard, lorsque le petit tambour anglais sera en ligne de mire de la dernière troupe française qu’elle fera sa réapparition pour le sauver, et que le clip basculera dans l’onirisme. Vêtue d’une longue cape noire sur un cheval au pas, Libertine revient. Est-elle morte ? Tout nous laissera penser qu’elle est la mort, qu’en fauchant le petit tambour devant les yeux médusés des français elle frappe une dernière fois et tétanise ceux qui la voient. Vivante ou pas, peu importe. Pour la première fois un clip de Boutonnat conclue sur autre chose que l’état mortel ou vivant de son héros, ici tout cela est largement dépassé. La voix off adulte du petit tambour se souvient de ce passage qui ressemblait pourtant à un trépas :

« -Mon père m’avait prévenu : tu reconnaîtra la mort à son grand cheval noir. Et si par malheur un jour elle s’arrête devant toi, surtout, ne la regarde pas. […] Je ne l’ai jamais revue, mais jamais je n’oublierai l’odeur de son parfum et la douceur de sa peau, tandis qu’elle m’emportait vers la vie. » 

 sanslogique200

Plutôt qu’une mise à mort, c’est justement un sauvetage que Libertine sur son cheval noir opère sur le petit tambour. Alors destiné à l’exécution par la troupe française, c’est la mort, pour une fois bienfaitrice, qui contredira ce que disait autrefois son père en venant le prendre pour l’emmener vers des lieux plus sécurisants. Bien que toujours riche en violences de toutes sortes, l’année qui suit Pourvu qu’elles soient douces est celle de l’immortalité. C’est dansSans Logique (1989) que l’aspect victime de l’héroïne est la plus en adéquation avec l’aspect bourreau. La reproduction du dispositif de la corrida compte beaucoup dans cette dualité. Adepte du retournement de situation, Boutonnat mue pour l’occasion son héroïne en taureau inmaîtrisable. Tour à tour saignée, attachée, bousculée, et même transpercée par le picador, elle trouvera la force de se relever pour l’empaler de ses cornes de fer. Présentée comme une victime jusqu’à la séquence finale du clip, cette femme-taureau humiliée aura fait fi des coups de lames tel un Saint Sébastien résistait aux impacts de flèches.

  

 

Le personnage “clipesque” de Mylène Farmer est présenté à plusieurs reprises comme immortel à l’image, revenant inlassablement de ses aventures tragiques. Boutonnat utilisera de nouvelles fois cette crédibilité qu’il a installée pour évoquer par le truchement de ce personnage la thématique de la mort. Dans le symbolique A quoi je sersla chanteuse sera omniprésente à l’image alors que le propos du clip est précisément une mise en scène de sa mort, ou du moins celui de son personnage public. Une disparition volontaire qui prend des allures de suicide si on s’attache aux paroles de la chanson et à l’action du clip. Thèse confortée par les adieux lisibles du long-métrage En Concert, ce qui pourrait facilement être pris pour un retrait dû à un échec commercial n’est étrangement pas interprété dans la presse. Celle-ci voit essentiellement ces productions de la fin des années 80 comme la fascination morbide et sadique d’un réalisateur pour son égérie qu’il maltraite à l’écran. Jugement en parti exact, tant le réalisateur s’amuse de l’impact qu’a sa différence de ton par rapport au climat ambiant de la promotion de disque et de clip à cette époque. Impact amplifié par le silence du cinéaste dans les médias auxquels il refuse tout entretien entre le spectacle itinérant de 1989 et la promotion de Girogino (1994). Lors d’une rare interview donnée à un magazine à l’occasion des premières dates de la tournée en mai 1989, il aura d’ailleurs cette phrase souvent reprise montrant aussi bien son état d’esprit de l’époque que sa lucidité : « Nous n’allons pas continuer à faire ceci impunément. Un jour on va le payer très cher. Car nous perdons conscience de la violence, de la noirceur, de la morbidité. » C’est précisément parce que Laurent Boutonnat n’avait pas connu d’échec commercial dans le disque depuis Libertine qu’il a pu jouer à ce point sur une thématique aussi négative sans qu’elle ne se soit retournée médiatiquement contre lui.

 

Les quatre clips postérieurs à la tournée pérenniseront l’image du personnage créé pour la chanteuse. Présentée comme un personnage mort, elle sera pourtant toujours énormément présente à l’image, notamment dans Regrets où elle incarne cette sorte de fantôme prisonnier de son cimetière, auquel le bien aimé vivant vient rendre visite. Les deux derniers films réalisés par Boutonnat pour elle à cette époque se démarqueront de cette thématique qui pourtant leur était chère pour adopter une esthétique de clip plus traditionnelle. Le réalisateur alors en pleine préparation de Giorginoquittera tout de même sa “caméra de clip”  avec une dernière disparition de la chanteuse (Beyond my Control – 1992), cette fois ligotée et brûlée sur un bûcher. Elle qu’il fit mourir une première fois sur scène, dont il fit incendier le décor, il l’incinère ici comme pour exorciser la forme du clip dont il fut si longtemps consentant prisonnier, avant de passer au long-métrage. Métaphore prémonitoire du prochain terrible échec que sera Giorgino, la chanteuse survit aux flammes et relève la tête alors que le feu a cessé ; comme pour rappeler qu’on n’efface pas en un clip un personnage publique qu’on a mit si longtemps à rendre immortel. C’est peut-être après tout sans calcul, un peu par hasard que Laurent Boutonnat a osé donner cette morbidité à la forme du clip. Lui qui s’était apprêté à déverser son pessimisme dans d’autres domaines fut guidé vers une forme filmique qui n’attendait pas et n’avait à priori pas besoin de cinéaste-auteur. Autrefois éloigné des milieux auxquels il avait tenté d’appartenir, comme la littérature ou le long-métrage, Boutonnat s’est investit dans le clip où, en reversant ses anciens déboires et les fictionnalisant, il a su y placer un style propre.

Jodel SaintMarc, le 21 mai 2002

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Zouc et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 20 mars 2014

 

 

ZOUC : « Y’a d’la merde dans le tuyau ! » 

Zouc et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE alearule

 

 

le café-théâtre de la vieille grille , dans le IVe arrondissement    Zouc (de son vrai nom Isabelle von ALLMEN, née en 1950 à Saignelégier, dans le Jura suisse), débarque à Paris au cours de Tania Balachova, où elle fait sensation avec sa dégaine et sa démesure impayables. Elle ne tarde pas, durant la saison 69-70, à être engagée au Café-Théâtre de la Vieille Grille où Maurice Alezra offre une première chance aux jeunes talent singuliers de l’époque. En une semaine, Zouc est révélée. 

 

 

     Mylène FARMER avait rencontré la comédienne « comique » Zouc sur le plateau de Mon Zénith à moi… mais toute seule quelques mois auparavant. De leur fascination mutuelle est née l’envie de partager l’écran dans ce conte étrange, d’une grande tristesse. La production avait traité Zouc comme une reine, sa participation au clip était inespérée. Il lui ont même mis à disposition une voiture pour elle seule avec chauffeur pour parcourir la distance entre son hôtel et les lieux de tournage. Zouc était une femme instable, que beaucoup disaient folle. Elle était sortie d’une très grave dépression au début des années 1980, avant son retour sur le devant de la scène, en 1987 avec son spectacle L’Alboum. Après le tournage du clip, Zouc aurait visiblement rechuté…

« Je suis un steak haché suspendu à une corde à linge par jour de grand vent »

contrefa

 

contrer dans Mylène et L'ENTOURAGE    De 1988 et pendant 18 ans personne ne sait ce  qu’elle est devenue. On dit qu’elle a été depuis fin 1988 déplacée d’hôpitaux en hôpitaux psychiatriques… Interrogée à ce sujet en 1996 par Paul AMAR, Mylène FARMER avouera ne pas savoir non plus ce qu’est devenue Zouc. Elle se  rappellera seulement lors de cette émission de son « comportement étrange lors du tournage ». Mais Zouc n’est pas folle, et ne fait rien pour démentir. Elle avait juste passé 18 mois à l’âge de 16 ans dans un hôpital psychiatrique : 

« Après, j’ai abordé le monde différemment. J’ai compris qu’il fallait savoir faire mal pour vraiment aider quelqu’un, et qu’il faut toujours dire ce qu’on ressent, surtout aux gens perdus. »

    On avait noté quand même son apparition dans un film : Roi blanc, dame rouge, de Sergueï Bodrov (1993). Puis plus rien. Ce n’est que 13 ans plus tard qu’on apprendra qu’en 1997, Zouc a été opérée d’un cancer du sternum. Malheureusement, elle contracte à cette occasion une infection nosocomiale. Elle passe neuf fois de suite sur la table d’opération. On lui enlève les côtes. La nuit sous assistance respiratoire, le jour sous morphine, pouvant à peine marcher, elle est alors très diminuée physiquement. Elle réapprend à vivre lentement dans son Jura natal, avec un appareil respiratoire harnaché. Zouc ne remontra plus jamais sur scène.

« je suis encore là. Oh, pas dans un bon état, mais enfin, je suis
là, et je peux voir mon cœur battre sous ma peau. Je le vois d’autant
mieux qu’on m’a enlevé des côtes et que je n’ai plus de sternum. »

    Jérôme Garcin a interviewé Zouc en septembre 2006, on lit dans son article qu’elle réapprend doucement à vivre, retrouve son passé, malgré le harnais et l’assistance respiratoire :

« J’ai été frappée par la maladie. Le verbe «frapper» dit exactement ce qui m’est arrivé. Ça fait très peur, la maladie. Et puis je suis entrée dans un long tunnel. On m’a mise tout au fond d’un tiroir. J’aurais dû y rester. C’était fini. Je l’avais accepté. J’étais dans les bras de tout en haut, et j’ai tout lâché. Je vis aujourd’hui une expérience étrange : pendant dix ans, j’ai fait le chemin pour partir, et je suis encore là. »

« Je redécouvre tout comme si je venais au monde, chaque jour, je grandis un peu plus. Ce matin, j’ai humé les parfums d’un potager, c’était extraordinaire, presque enivrant. Lire près d’un feu de cheminée, prendre une douche seule, pour moi, ça tient du miracle. J’ai encore du mal à m’y faire. Tout revient peu à peu, mais c’est lent. Vivre, voyez-vous, est un très long apprentissage. »

« C’est au moment où la vie me pousse à retrouver mon passé à petits pas que je suis frappée par la dureté de mes souvenirs. Trente ans plus tard, malgré la maladie, peut-être à cause de la maladie, il me semble que je suis aussi violente, et même peut-être plus. »

 

    Jusqu’en décembre 2006 Nathalie Baye joua « Zouc par Zouc » au théâtre du Rond Point à Paris. Pièce tirée du livre du même nom où Hervé Guibert avait réussi à recueillir ses confidences. Bien que passant la plupart de ses journées à Paris, Zouc ne sera pas allé voir « sa » pièce : elle évite les lieux publics par peur des germes, et par ce mystère pourtant non entretenu, entre dans la légende.

Jodel Saint-Marc, décembre 2006.

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Bruno Aveillan et Mylène farmer

Posté par francesca7 le 5 août 2013

 

Diplômé de l’École supérieure des Beaux-Arts de Toulouse, Bruno Aveillan rejoint la société de production QUAD en tant que réalisateur. Il a notamment réalisé de nombreux films publicitaires pour des marques telles que Cartier, Orange, Perrier, Louis Vuitton, Audi, Nike, Paco Rabanne, Quézac, Lanvin, Nissan, Christian Lacroix, Rochas, Lexus, Chanel, Time Warner, Lacoste, Miller,Nintendo1, Gaz de France, Toyota, BMW, etc.

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Une des premières réalisation de Bruno Aveillan fut le spot Perrier La Foule mettant en scène une pléiade de personnages colorés sortant de leur affiche respective. Outre une avalanche de prix internationaux, le film fut élu « Film préféré des Français » suite à un sondage IPSOS/Stratégie.

En 1999, succédant aux réalisateurs Lars von Trier et Roland Joffé, Bruno Aveillan réalise un nouvel épisode de la saga publicitaire CNP. Il fut également le metteur en scène du film pour le lancement du parfum Oxygène de Lanvin. Considéré comme l’un des plus beaux films de parfum jamais réalisé, il met en scène, pour la première fois à l’écran, Gisèle Bündchen. Il a également filmé un grand nombre de célébrités parmi lesquelles on peut citer : Monica Bellucci, Claudia Schiffer, Amy Smart, Mélanie Thierry, Olga Sherer, Shalom Harlow, Sharon Stone, Milla Jovovich, Jessica Stam, Inna Zobova, Morgane Dubled, Virginie Ledoyen, Mylène Farmer, Daiane Conterato, Vlada Roslyakova, Elsa Benitez, Julia Stegner, Rachel Weisz, Freida Pinto, Leila Bekhti, etc.

Il a ensuite réalisé le film Anthem pour la marque Infiniti qui fut présenté en avant-première lors de la cérémonie des oscars 2002. La même année, il signe un des quatre films de lancement de la marque Orange, aux côtés des réalisateurs Martin Scorsece et Oliver Stone. Il a également travaillé avec le Land artiste Nils Udo pour concevoir l’univers visuel du Parfum Mahora de Guerlain. On peut également citer le film Magnum 5 senses, réalisé avec une approche expérimentale, proche de l’art vidéo.

En 2008, l’entreprise Louis Vuitton fait appel à Bruno Aveillan pour réaliser le premier film publicitaire de son histoire, intitulé Where will life take you. D’un format de 90 secondes et traduit en 14 langues, ce film a remporté de nombreux prix dont un Gold Clio Award, un Gold Award aux London International Awards, un Epica Award, un Cristal. La musique de ce film est signée Gustavo Santaolalla.

En 2010, il réalise une campagne mondiale pour Shangri-La, dont il signe les films et les photos, qui raconte l’histoire d’un homme sauvé par des loups. Plébiscitée par le public et les médias, La campagne a reçu de nombreuses distinctions dont Adfest, Spike Awards, ADstars, et un Lion.

En 2011, Swarovski propose à Bruno Aveillan une collaboration artistique par le biais de la réalisation d’un film court, symbolisant l’héritage de la marque. Le film a été présentée en avant première à Time Square et au Rockfeller Center à New York, au début de l’année 2011.

En 2012, Bruno Aveillan réalise le film L’Odyssée pour Cartier. D’une durée exceptionnelle de trois minutes trente, ce film illustre les grands moments de l’histoire de la marque en mettant en scène le voyage surréaliste d’une panthère, animal symbole de Cartier. Après avoir été présenté en avant première au MOMA de New York et au Grand Palais à Paris12. En trois mois, il a été vu par plus de 160 millions de spectateurs dans le monde

Bruno Aveillan soutient également l’action d’ONG telles que Reporters sans frontières ou la Banque alimentaire pour lesquelles il a réalisé plusieurs films.

Bruno Aveillan (Toulouse, 24 février 1968) est un réalisateur, un photographe et un artiste multimédia français.

Il réalisa The Farmer Project : un court-métrage de plus de 15’ générique compris, pour Mylène Farmer et réunissant les clips de la belle : Dégénération et Si j’avais au moins

Ce clip The Farmer Project sera diffusé pour la première fois sur M6 le 17 Janvier 2009 (une semaine plus tôt sur le Net). Chronologiquement, Universal choisit de découper ce court-métrage en deux et d’en taire l’existence. La partie Dégénération (le début) est ainsi diffusée telle quelle le 10 juillet 2008, sans que personne ne se doute qu ‘il y aura une suite (tournée en même temps) en janvier…. Il s’agira donc du clip de Si j’avais au moins   …., les deux s’enchaînant parfaite pour former un tout, le Farmer Project

Sa Dernière réalisation pour : Orange « The Little Finger »

 

Image de prévisualisation YouTube

Dans sa démarche de plasticien, Bruno Aveillan entend s’éloigner d’une représentation illusoirement réaliste pour privilégier une approche plus impressionniste, fragmentaire et certainement poétique. « Mon travail touche à l’intime, parfois aux frontières de l’abstraction. C’est un panorama mental qui ouvre plus qu’il ne ferme, déploie l’imaginaire du spectateur. » confie l’artiste. Dans un interview récent, il précise au journaliste Stephen Whelan : “Il s‘agit pour moi de proposer des espaces d’incertitudes qui offrent à l’esprit la possibilité de se réapproprier l’instant, à la manière d’un carnet de voyage intuitif et sensoriel. ». La journaliste et critique Zoé Balthus souligne également le “talent affirmé, à l’imagination vive et puissante  de Bruno Aveillan (…), poète en harmonie avec l’invisible, en intelligence avec le sacré, de cette trempe d’hommes en profonde communion avec leur art, qui explore des territoires où il laisse son regard hypersensible apprivoiser l’infime mouvement de la matière, s’immiscer au cœur du mystère des éléments, assister aux subtiles mutations alchimiques de la vie, guetter la grâce indomptable de la lumière… »


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L’important c’est d’aimer pour Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 5 août 2013


Mystérieuse, elle craint le désir des autres mais, pour la sortie de « Bleu Noir », Mylène Farmer s’est confiée à Nathalie Rheims.

L’important c’est d’aimer pour Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES images-25Paris Match. Tu n’as jamais été aussi belle et épanouie. As-tu des ­secrets de beauté ?
Mylène Farmer. La seule chose importante est d’aimer et d’être ­aimée. C’est bien la seule certitude que j’ai aujourd’hui. Et la beauté ­dépend du regard que l’on pose sur les gens. Quand ce regard est celui de l’être aimé ou tout simplement celui de la bienveillance, il agit comme un baume enchanteur. La chance qui m’est donnée de vivre en harmonie avec ce que je fais est alors mon secret de beauté, c’est un lien fragile que je m’efforce à la fois de remettre en cause et de protéger.

Qu’es-tu capable de faire aujourd’hui et que tu n’aurais pas pu faire hier ?
Affronter des regards quand j’entre dans un lieu public sans ­vouloir fuir l’endroit dans la fraction de seconde. Souffrir d’un manque de confiance en soi, d’une timidité qui vous fait parfois passer pour quelqu’un de distant, de froid, n’est pas un atout majeur pour faire un métier public. Pourtant, depuis longtemps déjà, je n’ai eu d’autre choix que de dépasser mes peurs, les surmonter, n’en être pas – ou plus – l’otage. Quand j’y pense, c’est d’une violence inouïe de dépasser ce handicap… Seules les personnes qui sont de vraies timides peuvent ­comprendre ce par quoi l’on passe pour y parvenir.

“Bleu noir” est le premier album que tu fais sans Laurent Boutonnat. Pourquoi t’es-tu éloignée de lui ?
Je ne me suis en aucun cas ­éloignée de lui. Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque. Vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie… d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité. Nous nous retrouverons pour le prochain ­album.

As-tu conscience que cet album est plus sombre que les précédents ?
Non… pas vraiment… Cet ­album, comme son titre, “Bleu noir”, l’indique, passe de la lumière au sombre puis à l’obscurité. Ou l’inverse, je ne sais plus.

« La Corse est mon refuge »

On te dit solitaire, voire recluse. ­Travailler avec une nouvelle équipe fut-il un travail compliqué ?
Je m’adapte à de nouvelles ­manières de travailler si tant est que l’on respecte ma “bulle”, mes ­silences, autant que je respecte moi-même l’autre. Je suis quelqu’un de solitaire. Mais j’ai aussi un grand ­besoin de l’autre et je réfute le terme “recluse”… Quand j’étouffe, je prends un train, un avion, et vais voir d’autres cieux… C’est une ­liberté, une chance inestimable de pouvoir voyager quand j’en ressens le désir ou la nécessité. Face à un paysage de neige, je suis émue. J’ai grandi au ­Canada, je suis certaine que cette ­attirance pour les paysages immaculés vient de là-bas. Le grand froid a un parfum très particulier, un son qui lui est propre. J’ai retrouvé cette même émotion quand je suis allée en Russie découvrir Saint-Pétersbourg, en plein hiver. Au bord de la Neva, ses canaux gelés… on guette Catherine II de Russie…

D’autres endroits que tu aimes ?
La Corse est mon refuge. Le jour venu, la tentation pourrait être la Toscane. M’apaiser devant des ­collines d’oliviers et de vignes…

Tes biographes écrivent les mêmes clichés sur toi. Qu’as-tu à cacher ?
Je n’ai pas de biographe, c’est certainement pourquoi ce sont les mêmes clichés.

Dans ce qui a été écrit à propos de toi, qu’est-ce qui t’a fait le plus ­sourire ?
J’ai entendu parler de bain de jus de tomate, qui m’aurait conduite à une “phobie attractive” du sang, et de lit-cercueil. Je crois que tous les fantasmes me font ­sourire quand il ne s’agit pas de mes proches ou de ma vie privée. Pourtant, quand on me rapporte les médisances d’un animateur de jeu télévisé, quant à mon prétendu play-back sur scène, je finis par me demander si je ne préfère pas l’histoire tout aussi fausse du jus de ­tomate. C’est ­impressionnant de voir à quel point certaines ­personnes se sentent grandies en dénigrant, en tentant de blesser… Il s’agit bien souvent de gens qui rêveraientd’une vie ­meilleure. Encore faut-il en être à la hauteur. Je crois à la vertu de la décence. La critique est nécessaire ; la grossièreté, inutile.

Es-tu obsédée par l’idée de laisser une trace de toi après ta mort ?
Obsédée, non. Le moment ­présent m’importe. Laisser une trace… dans le cœur de quelques personnes, j’espère que oui.

Qu’aimerais-tu que l’on dise de toi ?
“C’était une grande astronaute.”

Quel regard portes-tu sur la variété française ? Y a-t-il des artistes qui t’intéressent ?
J’ai découvert Stromae, ce jeune artiste vraiment original. J’aime beaucoup son titre “Alors on danse”, sa silhouette, son phrasé et son timbre de voix si particuliers. Il dit des choses graves sur un ton léger.

Pourquoi as-tu enregistré un duo avec Line Renaud ?
Je l’ai rencontrée lors d’un dîner et, comme chacun semble le dire, quand on croise le regard bleu de Line… une magie s’opère. C’est une femme belle, décalée et ­charmeuse. Je suis instinctive, le désir l’emporte dans ces moments-là. Son énergie ­vitale est impressionnante. Mais c’est aussi quelqu’un qui doute, c’est imperceptible mais touchant.

Tu navigues continuellement entre Eros et Thanatos. L’amour et la mort sont-ils tes deux seules sources d’inspiration ?
Il y a aussi la solitude. L’isolement. J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !

La politique t’intéresse-t-elle ? As-tu de l’estime pour ceux qui nous ­gouvernent ?
J’ai de l’estime pour le courage de tous ceux qui acceptent cette lourde responsabilité sans abuser de leur pouvoir.

Quelle est ton image idéale du couple ?
Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre : l’intelligence complice.

Comment t’imagines-tu dans dix ans ?
Ailleurs…

« Remonter sur scène au moins une dernière fois »

Ta dernière tournée a été un triomphe, envisages-tu de remonter sur scène ?
Oui… au moins une dernière fois !

Pourrais-tu renoncer un jour à la chanson ? A la scène ?
Comment renoncer à ce et ceux qu’on aime ? Mais je vais devoir ­apprendre…

images-26 dans Mylène en CONFIDENCESLors de tes concerts, tu attaches une importance particulière aux ­créateurs de mode : recherches-tu de nouveaux talents, de nouvelles marques, de nouvelles inspirations ?
Quand il s’agit de préparer un spectacle, oui. Ce choix est toujours délicat. Il ne suffit pas de faire du “couture”, ce n’est pas un défilé 
de mode. Le créateur doit être aussi ­capable de transposer les costumes pour une scène, qui devront s’intégrer aussi à un décor, à des ­lumières, à un univers afin de rendre le tout homogène. Il faut rencontrer alors des stylistes inspirés et qui ­acceptent de se fondre dans l’univers de l’artiste, afin que celui-ci ne disparaisse pas derrière le costume, justement, mais se sente comme dans un écrin… Je ne suis pas ­certaine que tous les créateurs de mode en soient capables, il faut beaucoup d’humilité…

« Bleu noir » (Polydor/Universal).

Retrouvez l’intégralité de notre reportage et toutes les photos de Mylène Farmer dans Paris Match n°3211 en vente en kiosque. Un numéro à ne pas manquer.

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Olivier Theyskens et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 25 mai 2013

Venez me rejoindre sur le forum  http://devantsoi.forumgratuit.org/ 

Olivier Theyskens et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE rmymi-adio-02-cOlivier Theyskens est né en 1977 d’un père belge ingénieur en chimie et d’une mère française. Enfant, doué pour le dessin et doté d’un sens précis du détail, il veut « être une fille », car il est« jaloux que les filles deviennent des princesses et portent des jupes, ça m’a tourmenté ».

Ses parents ont encouragé son intérêt pour la couture apparu très jeune : à sept ans il déclare déjà qu’il souhaite « faire de la haute couture ».

En octobre 1995, à l’âge de 18 ans, il entre à l’école de École Nationale Supérieure des Arts Visuels de la Cambre pour étudier la couture. Il la quitte dès 1997 pour lancer sa propre marque. Ses premières collections sont souvent qualifiées d’« extravagances gothiques » ; il n’hésite pas à utiliser de simples draps de lits réclamés à sa grand-mère. Mais disposant de peu de moyens financiers, l’expérience tourne court, malgré un certain succès commercial. Son amie Laetitia Crahay, assistante-designer chez Chanel dira « je ne m’inquiète jamais pour Olivier, c’est un gagnant ».

Olivier Theyskens poursuit alors son expérience en créant les costumes du Théâtre de la Monnaie. Mais il continue à dessiner des vêtements comme un passe-temps. Il se fait remarquer à seulement 21 ans quand la chanteuse Madonna, en 1998, porte l’une de ses robes en satin noir aux Academy Awards. Viendra également Mylène Farmer qui apparait alors dans JE TE REND TON AMOUR lorsqu’elle entre dans un confessionnal, vêtue d’une superbe robe rose et blanche du couturier Olivier Theyskens.

Depuis trois saisons, le créateur belge Olivier Theyskens, qui défile à la Fashion Week de New York ce lundi 10 septembre 2012, triomphe chez Theory. Portrait. 

S’il ressemble à Jésus, Olivier Theyskens est surtout, depuis peu, le visage du « middle luxury », concept qui associe un design créatif et de jolies matières à des prix franchement raisonnables. Voilà trois saisons, ce beau page au teint d’albâtre encadré de baguettes noires soyeuses choisissait en effet de donner un virage tout à fait iconoclaste à sa carrière couture. Après avoir enchanté -et parfois étonné- comme directeur artistique de Rochas (de 2002 à 2006) puis de Nina Ricci (2006-2009), il quittait Paris pour New York, et les salons ouatés du VIIIe arrondissement pour une entreprise plus mass market: Theory, une griffe lancée en 1997. 

Les vêtements y sont contemporains mais ni trop pointus ni trop chers, afin de toucher l’Amérique moyenne. La marque est entrée en 2004 dans le giron de Fast Retailing, le groupe japonais propriétaire d’Uniqlo ou deComptoir des cotonniers. En même temps qu’il a l’oeil sur l’ensemble de Theory, le créateur signe Theyskens’ Theory (TT), sa ligne dotée d’une touche plus personnelle et plus affûtée. Où l’on retrouve les tocades de ce trentenaire exigeant: des lignes pures, une allure urbaine et néanmoins enchanteresse, un romantisme aux tonalités sombres. En somme, avec TT, on s’offre du Theyskens démocratisé, de la même manière qu’on s’achète désormais du Felipe Oliveira Baptista à prix accessible chez Lacoste

« Je suis heureux de dessiner de « vrais » vêtements »

« Je ne pense pas être sorti du luxe », assure Theyskens, qui s’appuie sur une équipe de six stylistes et un atelier d’une centaine de personnes, installé à Meatpacking, à New York. « Cette notion m’habite depuis mes débuts, mais je ne voulais pas m’emprisonner dans ce privilège. Je suis heureux de dessiner de « vrais » vêtements, qui vont aller à la rencontre de femmes réelles dans la rue, confie-t-il. Cela me convient parfaitement, car je n’ai jamais travaillé à partir d’un fantasme ou d’une muse. De plus en plus, quand je dessine, je me dis : « Si j’étais une fille, aurais-je envie de porter cela ? » ou « Au-delà du délire esthétique, est-ce flatteur ? »" 

Un sens du réel assez nouveau pour Theyskens, Belge diplômé en 1997 de l’Ecole nationale supérieure des arts visuels de la Cambre, à Bruxelles, à la sortie de laquelle il fit sensation en lançant sa griffe, d’une grâce folle et nourrie de références oniriques. Dès 1998, alors qu’il n’a que 21 ans, Madonna porte aux Oscars une de ses fameuses robes éthérées en satin noir, suivie par d’autres reines des red carpets, Nicole KidmanReese Witherspoon. Ses premiers défilés parisiens restent dans les mémoires des cérémonies à la grâce planante, emplie de robes d’héroïnes tourmentées façon épopée XVIIIe siècle, une esthétique qu’empruntera Riccardo Tisci quelques années plus tard chez Givenchy

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« On m’a traité de gothique, je ne savais même pas ce qu’était ce courant ! »

« Beaucoup de clichés ont circulé sur moi à la suite de ces collections assez « dark », mélancoliques. On m’a traité de gothique, je ne savais même pas ce qu’était ce courant ! » En mars 2009, il est congédié de Nina Ricci par le propriétaire, le groupe Puig, sept mois avant l’expiration de son contrat, prétendument parce que ses collections coûtent trop cher à produire commercialement. Dans l’édition d’avril du VogueaméricainAnna Wintour, l’un de ses plus fervents soutiens, écrit que « le rôle vital du talent artistique a été dissous dans le climat économique actuel. Nous avons été choquées, mon équipe et moi, d’apprendre que le contrat de Theyskens ne serait pas renouvelé ».  

C’est peu après qu’Andrew Rosen, président et fondateur de Theory, parfois présenté comme le « Bernard Arnault de l’alternatif » depuis ses investissements récents dans Proenza Schouler, lui fait les yeux doux. « Il y a de brillants créateurs aux Etats-Unis mais je cherchais quelqu’un doté d’une sensibilité européenne, pour ne pas dire couture, explique Rosen. J’adore l’idée que quelqu’un comme Olivier veuille faire des vêtements démocratiques. Sa force vient du fait qu’il suit le design d’aussi près que le business. » 

La féminité que Theyskens esquisse aujourd’hui chez TT est moins empruntée, plus ambiguë et androgyne. Il y mêle des classiques urbains (vestes, jeans, shorts et tee-shirts), quelques pièces luxueuses (cuir, manteaux en fourrure), et toujours une poignée de robes longues à la gravité trouble. « La fille theyskénienne n’a jamais été premier degré, trop sexy, trop fatale. Mais, avant, j’étais dans une quête de perfection absolue, explique le créateur. Maintenant, j’apprécie au contraire une pointe de laisser-aller, quelque chose de plus cool. » Une nouvelle dégaine immédiatement désirable, un glamour street cousu de pantalons loose et de vestes masculines collant bien à New York, ville où il compte ses plus grandes fans, Anna Wintour, donc, mais aussi Sarah Jessica Parker ou Julia Restoin-Roitfeld.  

« Theyskens traduit en version américaine son style poétique et rock’n'roll, analyse Agnès Barret, fondatrice d’Agent Secret, agence de conseil en luxe. Il réalise avec Theory un produit moderne adapté au marché, très réaliste, portable et abordable, sans pour autant rien renier de son immense talent. Il apporte un coup de frais et de poésie urbaine sur ce que l’on appelle aux Etats-Unis le « contemporary market » (les vêtements destinés aux femmes actives). Il a gagné en maturité, et, fort de ce succès notamment commercial, je le vois bien revenir un jour vers une grande maison de luxe. » Ayant fait preuve de sa capacité de vendre, Theyskens est lui-même devenu plus « bankable » sur l’échiquier des créateurs. 

« Je n’ai pas oublié qu’il y a encore quelques années je n’aurais jamais osé entrer dans une boutique de luxe. »

Lui semble plus détaché que jamais du jeu des ego couture. « Je prends mes distances par rapport à la mode ; je me suis surpris à ne pas aimer quand les gens sont trop modeux. Je déteste les désirs de consommation liés à un affichage social. Beaucoup de gens réfléchissent à trois fois avant d’acheter un vêtement à 500 dollars. Même moi, d’ailleurs ! Je n’ai pas oublié qu’il y a encore quelques années je n’aurais jamais osé entrer dans une boutique de luxe. » Theyskens a grandi en Belgique au côté d’une mère « qui était la première à dire qu’elle n’était pas sapée », et d’un père ingénieur chimiste. Petit, il révèle un talent hors du commun pour le dessin et le sens méticuleux du détail : « J’ai vite compris, enfant, que je pouvais me faire aimer en donnant mes dessins », se souvient ce grand admirateur d’Yves Saint Laurent. Il griffonne toujours énormément, des croquis de mode et de voyage, des peintures à l’huile ou des aquarelles esquissées au Chili ou en Asie. 

L’homme est plus instinctif que cérébral. « Je laisse parler mes petites voix intérieures et ne perds pas trop de temps à tergiverser. En règle générale, j’ai assez confiance en moi. Je ne suis jamais nerveux même si je ne suis pas exempt de doutes. » Seule la vision d’un chat noir peut déclencher, chez ce superstitieux assumé, une « crise de nerfs ». « J’ai toujours aimé les contrastes dans les caractères, comme les limites entre bonheur et tristesse. La fragilité émotionnelle m’intéresse. La délicatesse, aussi », poursuit ce lecteur de Stefan Zweig. L’Antechrist de la mode ajoute : « Melancholia, de Lars von Trier, c’est moi en film. » On ne lui souhaite pas la même fin. 

http://www.lexpress.fr/

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Mylène Farmer et Ph.Seguy

Posté par francesca7 le 14 mars 2013

 

Philippe Séguy est grand reporter à Point de Vue. Il est l’auteur de biographies – Mylène Farmer, Fabiola, reine des Belges ou François Bayrou -, et de romans : Le Vent du Sud et Portrait de Claire en bleu marine.

Confidences et interviews

Philippe Séguy (Écrivain)
Auteur de la biographie Ainsi soit-elle

 Mylène Farmer et Ph.Seguy dans Mylène et L'ENTOURAGE 12

J’ai un parcours un peu atypique. A la base, je suis docteur en histoire. En même temps, j’ai été comédien professionnel pendant 9 ans. Le destin a fait que j’ai arrêté mon métier d’acteur, que j’adorais, et que je me suis dit « qu’est-ce que je peux faire maintenant que je ne suis plus comédien : écrire ». J’ai donc commencé à piger à droite à gauche, et à rencontrer des gens qui m’ont donné la possibilité de le faire. Parmi ces gens, j’ai rencontré grâce à une amie comédienne Sylvie Devillette, qui à l’époque était quasiment rédactrice en chef de plusieurs magazines de variété. Je parlais très souvent de Mylène, parce qu’à l’époque, elle faisait Libertine. Etant spécialiste du XVIIIème siècle, j’avais adoré la manière dont Mylène abordait le XVIIIème. On a une tendance un peu ridicule de considérer le XVIIIème siècle comme un siècle gentillet, de jolis rubans et de moutons, alors que c’est un siècle extrêmement cruel, très dur. Les liaisons dangereuses ne sont pas loin, et surtout, la Révolution n’est pas loin. C’est un siècle où le sang coule et dieu sait, pour revenir à Mylène, que le sang est un élément important de ses problématiques. Je parlais donc assez souvent de Mylène Farmer à cette amie comédienne, qui m’a dit que je devrais écrire sur elle. Je lui ai répondu que ça n’intéresserait personne. Sans me le dire, elle en a parlé à Sylvie Devilette qui m’a commandé un article pour Rocknews. Je m’en souviens très bien, puisque j’avais trois jours pour le faire ! Je ne dis pas que j’ai fait un chef d’œuvre, mais j’ai fait mon papier. Deuxième hasard, Bertrand Le Page, qui était à l’époque manager de Mylène, a vu ce papier. Mylène l’a également lu et m’a envoyé un mot adorable de félicitations. Il y a donc eu un premier article, un deuxième article, un troisième article et le groupe de presse qui produisait Rocknews a décidé de consacrer un numéro spécial à Mylène. J’ai écrit la quasi-totalité des textes, avec toujours cette frustration d’être calibré par un magazine.

1988-07-b-300x224 dans Mylène et L'ENTOURAGEGenèse
C’était le moment où Mylène se plaçait dans le Top 50, où les ventes explosaient, après l’album Ainsi soit je… On sentait de la part du public une curiosité, qui ressemblait déjà à de l’amour. On n’était pas encore dans le domaine du sacre, mais il y avait quelque chose qui était du domaine de l’affectif, très intense. Puis Mylène a débuté sa tournée en 1989, et il y a eu un dîner organisé dans les Jardins de Bagatelle (ndlr : après la première au Palais des sports). Au cours de ce dîner, Sylvie Devilette, qui connaissait personnellement Laurent Boutonnat, m’a d’abord présenté à Laurent, ensuite à Mylène, et enfin à Bertrand. J’ai parlé quelques minutes avec Mylène, le contact a été très bon. C’est en revenant à ma table avec Sylvie que j’ai eu l’idée d’un livre sur Mylène qui me permettrait de donner davantage de profondeur. Bertrand Le Page a été le premier à être d’accord pour un livre. Celui qui allait devenir le mari de Sylvie, François, a réalisé la maquette. On était tous les trois extrêmement d’accord pour faire un livre qui plaise tout d’abord à Mylène, ensuite à nous, et bien évidemment à ceux qui nous feraient la grâce de bien vouloir l’acheter. Nous avons eu tout d’abord contact avec trois éditeurs. Comme les gens voyaient que le livre allait certainement coûter beaucoup d’argent, ce qui a d’ailleurs été le cas, il y a eu plusieurs désistements.

Bertrand Le Page
Bertrand Le Page était un personnage extrêmement particulier, très douloureux, pour des raisons personnelles, remarquablement cultivé et intelligent. C’est un personnage qui envoûtait et qui en même temps faisait peur à tous ceux qui l’approchaient. Il portait cette espèce de brisure, de fêle en lui, qui étaient très intenses. Mylène est une femme qui est à la fois fascinée par cet aspect morbide, mais qui, en même temps, a un tempérament de vie très fort. Je crois que, pour arriver à écrire sur la mort comme elle le fait, il faut avoir un goût de la vie certainement beaucoup plus important qu’on ne veut bien vous le laisser croire. C’est ma version des choses. Bertrand avait compris ça, que Mylène montait, qu’elle était dans l’ascension, et que lui était progressivement dans la chute. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Il avait également un désir d’exigence terrible. Il disait que la couleur rousse des cheveux de Mylène, c’était lui. Il m’a dit au moins dix fois : « Vous comprenez, Philippe, une chanteuse, ce n’est pas châtain. C’est blond, brun ou roux. Il faut trancher, il faut donner une couleur, une marque, une griffe. » Pour en revenir au livre, Bertrand avait évidemment tenu à voir le texte, Mylène aussi, puisque je l’ai vraiment rencontrée à ce moment-là, et qu’on a travaillé ensemble. Dès que Bertrand s’est intéressé au projet, l’accord de Mylène m’était acquis. Il a organisé des séances d’interview, au Crillon si je m’en souviens bien. J’ai aussi interviewé Laurent.

Dîner aux Beaux Arts
1996-marianne-rosenstiehl-012b-217x300Le livre est sorti en 1991, et en 1989, il y a eu ce drame sombre. Mylène, à l’issue de sa tournée, a donné un autre dîner à l’école des Beaux-arts, que Bertrand avait encore une fois entièrement organisé. J’étais en train de parler avec Mylène, car ma table était voisine de la sienne, et j’ai vu son regard se figer complètement. Je me souviens qu’il y avait dans la salle des chaises Napoléon III. Bertrand a pris une chaise et l’a jetée contre une autre chaise. Laurent, lui, n’avait pas quitté son manteau, il sentait la soirée très mal, il passait de table en table avec un regard assez figé, assez dur. Et là, Mylène m’a dit quelque chose du genre « excusez-moi Philippe, mais Bertrand est en train de faire n’importe quoi ». Et la rupture était faite. C’est moi qui ait du dire à Bertrand que le chapitre du livre qui lui était consacré sautait… Après la rupture, Bertrand n’était plus rien. Il a essayé de travailler avec d’autres artistes, Sheila, ou Corinne Hermès, qui l’a d’ailleurs assez mal vécu car il était très dur. J’ai continué à garder contact avec lui, pour des raisons strictement personnelles. Il m’a raconté une histoire atroce. Un jour, il conduisait la Mercedes, au moment du concert. Il était extrêmement fatigué, il a du déraper et la voiture a basculé légèrement de son ornière, mais il l’a rapidement redressée. Mylène a du avoir peur je pense, et lui a dit « écoute, si tu veux te suicider, fais-le sans nous »… C’est une femme qui peut être dure. On ne fait pas la carrière qu’elle a faite sans être dure. Alors, qu’est-ce que veut dire la dureté ? Si la dureté veut exigence, elle est dure. Si la dureté veut dire cruauté, alors elle n’est pas dure.

Mylène au travail
La préparation du livre a donc duré assez longtemps. Je me souviens de la rencontre avec Sylvie Devilette, où Mylène a découvert mes textes. J’étais dans une autre pièce avec Bertrand, c’est Sylvie qui me l’a raconté. Elle me disait que Laurent passait à Mylène les feuilles les unes après les autres, en lui soulignant les passages de son doigt, et qu’elle manifestait quand même une certaines émotion. On passait de l’article au livre, et pour une jeune artiste évidemment, ça n’a rien à voir, le mécanisme est différent. Lorsque je l’interviewais, c’était une femme qui me parlait assez spontanément. Il n’y a pas eu de corrections de sa part, par exemple. Elle parlait toujours avec une grande précision. Cela m’énerve d’ailleurs un peu lorsque je lis des interviews publiées dans la presse, et où quelque part, je ne la retrouve pas. Alors bien évidemment, les années sont passées, les choses évoluent. Mais on sent bien parfois que les journalistes n’ont pas entendu ou n’ont pas voulu entendre. Le son « Farmer » est très particulier. Mylène est une femme intelligente, qui s’exprime très bien, et ce son part, parfois, un peu en vrille dans la presse.

Cadeaux
J’ai aussi eu contact avec Thierry Suc, c’est d’ailleurs lui qui m’a emmené la première fois en voiture chez l’éditeur du livre, Jean-Pierre Taillandier. Pour la petite histoire, dans la voiture, Thierry me faisait écouter un single de Mylène qui allait sortir. Et moi, je visualisais tous les feux pour qu’ils passent au rouge, et que j’aie la possibilité d’en entendre le plus possible ! Thierry m’avait d’ailleurs proposé de m’arrêter, si je voulais ! C’est un garçon exquis, un très grand professionnel. Mylène m’a fourni des dessins pour ce livre. Je voulais qu’elle me donne des choses qui lui soient extrêmement personnelles. Au départ, il était même question qu’elle me donne des lettres qu’elle écrivait quand elle était petite. J’ai vu ces lettres, elle les signait à l’américaine, avec les croix qui symbolisent les bisous. Et dans l’une de ses lettres, c’était absolument adorable, elle disait à sa grand-mère : « j’ai été très gentille, je n’ai pas fait pipi au lit, j’ai été vraiment mignonne, alors fais ce que tu m’as promis, emmène-moi au cimetière ». Cette adoration pour les cimetières n’est pas du tout une invention marketing, pas plus que celle pour le sang. Des années avant Je te rends ton amour, Mylène me disait « le sang est une belle matière ». Mais il ne faut pas la limiter à « ça ne va pas bien, c’est horrible ». Mylène est une femme qui aime la vie. Je n’ai pas gardé contact avec Mylène après le livre. Et ce n’était pas fait pour. Elle a tourné la page, j’ai tourné la page. Je suis passé sur d’autres projets. Je suis romancier, et j’ai d’autres livres qui sont sortis depuis.

Mylène la séductrice
2003_septembre2A un moment donné, Mylène avait dit de moi « j’aurais préféré ne jamais le connaître ». C’était balzacien, bien sûr à notre niveau, entendons-nous. Quand madame Anska tombe éperdument amoureuse de Balzac, elle tombe d’abord amoureuse de l’auteur et d’un homme qui écrit comme un Dieu et qui la fascine, elle, la petite aristocrate polonaise. Avec Mylène, il y a eu une séduction qui est passée par les mots. Elle m’a donné ses mots, j’en ai fait un livre et je lui ai donné mes mots. Ma manière d’écrire est très tactile, très cinématographique. J’ai besoin d’un regard, d’une présence, d’une silhouette. J’ai besoin de quelque chose qui s’incarne. Mylène m’a donné une émotion, et c’est sur cette émotion que j’ai travaillé. Ce parfum, cette façon de s’habiller, cette façon d’enrouler ses membres sur elle-même, ce côté chrysalide qu’elle peut avoir, cette grâce extraordinaire… tout ça, j’en avais besoin. Vous savez, quelqu’un qui génère votre magazine, qui offre une réflexion au niveau du texte, au niveau de la maquette, c’est quelqu’un qui mérite le respect. C’est une belle carrière, c’est une carrière longue, c’est la première star de France, c’est quelqu’un qui mouille sa chemise, qui donne… Mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui m’a dit « je suis un ami intime de Mylène, je la connais très bien ». A-t-elle des amis proches ? Je n’en sais rien. Quel rapport a-t-elle vraiment avec sa famille ? Je l’ignore. Elle m’a raconté qu’elle avait un jour évoqué avec sa mère, comme toutes les adolescentes, l’idée du suicide. Sa mère lui a répondu : « Ma petite, tu es comme la mauvaise herbe, et la mauvaise herbe ne meurt jamais ». Cela m’a amusé de constater que, quelques années plus tard, Mylène reprenait la formule sans problème aucun.

Article de Instant-Mag – 2004

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Dans le sac de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 17 janvier 2013


Paru dans POSTER MAGAZINE de NOVEMBRE1984

Dans le sac de Mylène Farmer dans Mylène 1982 - 1984 f6-148x300Cassette : C’est la cassette de ma prochaine chanson. Ce n’est que la maquette, elle n’est pas complètement terminée mais je l’écoute très souvent. Elle commence comme cela : « Bip be bou rock’n roll, l’amour au téléphone ».

Parfum : Je ne me parfume jamais dans la journée. Je le fais le matin et le soir avant de me coucher. Mais je préfère avoir le flacon dans mon sac, on ne sait jamais…

Broche : Elle représente un chat noir. Je la porte souvent sur moi. C’est pour ma future réincarnation.

Livre : C’est mon livre préféré : « La nuit des assassins » de José Triana. Je l’ai déjà lu quatre ou cinq fois. Je trouve le temps de lire en attendant sur les plateaux de télé ou avant les galas.

Paquet de cigarettes : Je fume des Stuyvesant menthol. J’en fume assez peu et je n’ai jamais de feu sur moi. Cela me permet de faire des rencontres.

Clef : C’est ma clef « Barbe bleu », la clef de ma porte interdite. Je peux en avoir besoin à n’importe quel moment, car je sais qu’il y a toujours des choses à découvrir.

Courrier : Je reçois beaucoup de lettres – la plus lointaine venait du Cameroun. Ce sont surtout des filles qui m’écrivent, quelques infirmières, de nombreuses mamans… Je réponds à toutes les lettres.

Chaussettes : Cette paire de chaussettes n’est pas pour moi, c’est pour… car je déteste les hommes qui transpirent des pieds.

Bombe : C’est une bombe paralysante anti-agression. Je pourrais l’utiliser si j’étais attaquée par des mamans qui en ont assez d’entendre ma chanson « Maman a tort ». Je ne l’ai pas encore fait mais j’ai hâte !

 

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Zouc et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 29 octobre 2012


 

Zouc et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE zouc-300x179« Y’a d’la merde dans le tuyau ! » 

    Zouc (de son vrai nom Isabelle von ALLMEN, née en 1950 à Saignelégier, dans le Jura suisse), débarque à Paris au cours de Tania Balachova, où elle fait sensation avec sa dégaine et sa démesure impayables. Elle ne tarde pas, durant la saison 69-70, à être engagée au Café-Théâtre de la Vieille Grille où Maurice Alezra offre une première chance aux jeunes talent singuliers de l’époque. En une semaine, Zouc est révélée. 

     Mylène FARMER avait rencontré la comédienne « comique » Zouc sur le plateau de Mon Zénith à moi… mais toute seule quelques mois auparavant. De leur fascination mutuelle est née l’envie de partager l’écran dans ce conte étrange, d’une grande tristesse. La production avait traité Zouc comme une reine, sa participation au clip était inespérée. Il lui ont même mis à disposition une voiture pour elle seule avec chauffeur pour parcourir la distance entre son hôtel et les lieux de tournage. Zouc était une femme instable, que beaucoup disaient folle. Elle était sortie d’une très grave dépression au début des années 1980, avant son retour sur le devant de la scène, en 1987 avec son spectacle L’Alboum. Après le tournage du clip, Zouc aurait visiblement rechuté…

« Je suis un steak haché suspendu à une corde à linge par jour de grand vent »

 

    De 1988 et pendant 18 ans personne ne sait ce  qu’elle est devenue. On dit qu’elle a été depuis fin 1988 déplacée d’hôpitaux en hôpitaux psychiatriques… Interrogée à ce sujet en 1996 par Paul AMAR, Mylène FARMER avouera ne pas savoir non plus ce qu’est devenue Zouc. Elle se  rappellera seulement lors de cette émission de son « comportement étrange lors du tournage ». Mais Zouc n’est pas folle, et ne fait rien pour démentir. Elle avait juste passé 18 mois à l’âge de 16 ans dans un hôpital psychiatrique : 

« Après, j’ai abordé le monde différemment. J’ai compris qu’il fallait savoir faire mal pour vraiment aider quelqu’un, et qu’il faut toujours dire ce qu’on ressent, surtout aux gens perdus. »

zouc-and- dans Mylène et L'ENTOURAGE    On avait noté quand même son apparition dans un film : Roi blanc, dame rouge, de Sergueï Bodrov (1993). Puis plus rien. Ce n’est que 13 ans plus tard qu’on apprendra qu’en 1997, Zouc a été opérée d’un cancer du sternum. Malheureusement, elle contracte à cette occasion une infection nosocomiale. Elle passe neuf fois de suite sur la table d’opération. On lui enlève les côtes. La nuit sous assistance respiratoire, le jour sous morphine, pouvant à peine marcher, elle est alors très diminuée physiquement. Elle réapprend à vivre lentement dans son Jura natal, avec un appareil respiratoire harnaché. Zouc ne remontra plus jamais sur scène.

« je suis encore là. Oh, pas dans un bon état, mais enfin, je suis
là, et je peux voir mon cœur battre sous ma peau. Je le vois d’autant
mieux qu’on m’a enlevé des côtes et que je n’ai plus de sternum. »

    Jérôme Garcin a interviewé Zouc en septembre 2006, on lit dans son
article qu’elle réapprend doucement à vivre, retrouve son passé, malgré le harnais et l’assistance respiratoire :

« J’ai été frappée par la maladie. Le verbe «frapper» dit exactement ce qui m’est arrivé. Ça fait très peur, la maladie. Et puis je suis entrée dans un long tunnel. On m’a mise tout au fond d’un tiroir. J’aurais dû y rester. C’était fini. Je l’avais accepté. J’étais dans les bras de tout en haut, et j’ai tout lâché. Je vis aujourd’hui une expérience étrange : pendant dix ans, j’ai fait le chemin pour partir, et je suis encore là. »

« Je redécouvre tout comme si je venais au monde, chaque jour, je grandis un peu plus. Ce matin, j’ai humé les parfums d’un potager, c’était extraordinaire, presque enivrant. Lire près d’un feu de cheminée, prendre une douche seule, pour moi, ça tient du miracle. J’ai encore du mal à m’y faire. Tout revient peu à peu, mais c’est lent. Vivre, voyez-vous, est un très long apprentissage. »

« C’est au moment où la vie me pousse à retrouver mon passé à petits pas que je suis frappée par la dureté de mes souvenirs. Trente ans plus tard, malgré la maladie, peut-être à cause de la maladie, il me semble que je suis aussi violente, et même peut-être plus. »

    Jusqu’en décembre 2006 Nathalie Baye joua « Zouc par Zouc » au théâtre du Rond Point à Paris. Pièce tirée du livre du même nom où Hervé Guibert avait réussi à recueillir ses confidences. Bien que passant la plupart de ses journées à Paris, Zouc ne sera pas allé voir « sa » pièce : elle évite les lieux publics par peur des germes, et par ce mystère pourtant non entretenu, entre dans la légende.

Jodel Saint-Marc, décembre 2006.

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Résurrection chez Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 27 octobre 2012

1988-1991 : La perpétuelle résurrection

         Battues, souillées, humiliées, transpercées mais toujours vivantes, les personnages que donne Laurent Boutonnat à Résurrection chez Mylène Farmer dans Mylène et SYMBOLISME m9908h-218x300interpréter à son égérie continuent de subir la violence de l’Homme. Après avoir montré clairement la mort de son héroïne, l’avoir imagée, le réalisateur qui entreprend un réel processus de fin de carrière de la chanteuse la met en scène selon une optique différente. En l’identifiant à la mort elle-même plutôt qu’à une mourante, Boutonnat trouve un juste compromis entre les différents statuts de mortelle qu’endossait son héroïne dans ses précédents clips. Pour lui le personnage ne subit plus la mort, elle l’incarne. Ambition difficilement compatible avec la forme du clip, Boutonnat se sert du dispositif qu’il a mis en place afin d’introduire, de mettre en scène dans la longueur, sur plusieurs films courts, la personnification de la mort.

  C’est dans Pourvu qu’elles soient douces que cette incarnation est la plus évidente. Le long duel qui oppose Libertine à sa rivale est monté alternativement avec une bataille sanglante opposant Français et Anglais pendant la guerre de sept ans. Alors empalée par un sabre, la rivale succombe sans que le spectateur n’ai pu voir si la lance qu’elle tendait en direction de Libertine l’avait atteinte. La rivale montrée comme morte en champ, aucun contre-champ ne vient montrer le personnage principal dont l’état nous est alors inconnu. C’est bien plus tard, lorsque le petit tambour anglais sera en ligne de mire de la dernière troupe française qu’elle fera sa réapparition pour le sauver, et que le clip basculera dans l’onirisme. Vêtue d’une longue cape noire sur un cheval au pas, Libertine revient. Est-elle morte ? Tout nous laissera penser qu’elle est la mort, qu’en fauchant le petit tambour devant les yeux médusés des français elle frappe une dernière fois et tétanise ceux qui la voient. Vivante ou pas, peu importe. Pour la première fois un clip de Boutonnat conclue sur autre chose que l’état mortel ou vivant de son héros, ici tout cela est largement dépassé. La voix off adulte du petit tambour se souvient de ce passage qui ressemblait pourtant à un trépas :

« -Mon père m’avait prévenu : tu reconnaîtra la mort à son grand cheval noir. Et si par malheur un jour elle s’arrête devant toi, surtout, ne la regarde pas. […] Je ne l’ai jamais revue, mais jamais je n’oublierai l’odeur de son parfum et la douceur de sa peau, tandis qu’elle m’emportait vers la vie. »


 

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PARIS MATCH parle de Mylène

Posté par francesca7 le 4 septembre 2012

 

Mystérieuse, elle craint le désir des autres mais, pour la sortie de « Bleu Noir », Mylène Farmer s’est confiée à Nathalie Rheims.

Paris Match. Tu n’as jamais été aussi belle et épanouie. As-tu des ­secrets de beauté ?
Mylène Farmer. La seule chose importante est d’aimer et d’être ­aimée. C’est bien la seule certitude que j’ai aujourd’hui. Et la beauté ­dépend du regard que l’on pose sur les gens. Quand ce regard est celui de l’être aimé ou tout simplement celui de la bienveillance, il agit comme un baume enchanteur. La chance qui m’est donnée de vivre en harmonie avec ce que je fais est alors mon secret de beauté, c’est un lien fragile que je m’efforce à la fois de remettre en cause et de protéger.

Qu’es-tu capable de faire aujourd’hui et que tu n’aurais pas pu faire hier ?
MF : Affronter des regards quand j’entre dans un lieu public sans ­vouloir fuir l’endroit dans la fraction de seconde. Souffrir d’un manque de confiance en soi, d’une timidité qui vous fait parfois passer pour quelqu’un de distant, de froid, n’est pas un atout majeur pour faire un métier public. Pourtant, depuis longtemps déjà, je n’ai eu d’autre choix que de dépasser mes peurs, les surmonter, n’en être pas – ou plus – l’otage. Quand j’y pense, c’est d’une violence inouïe de dépasser ce handicap… Seules les personnes qui sont de vraies timides peuvent ­comprendre ce par quoi l’on passe pour y parvenir.

“Bleu noir” est le premier album que tu fais sans Laurent Boutonnat. Pourquoi t’es-tu éloignée de lui ?
MF :Je ne me suis en aucun cas ­éloignée de lui. Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque. Vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie… d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité. Nous nous retrouverons pour le prochain ­album.

As-tu conscience que cet album est plus sombre que les précédents ?
MF :Non… pas vraiment… Cet ­album, comme son titre, “Bleu noir”, l’indique, passe de la lumière au sombre puis à l’obscurité. Ou l’inverse, je ne sais plus.

 

PARIS MATCH parle de Mylène dans Mylène dans la PRESSE benoitmylenecorse2-300x198

                                »La Corse est mon refuge »

On te dit solitaire, voire recluse. ­Travailler avec une nouvelle équipe fut-il un travail compliqué ?

MF : Je m’adapte à de nouvelles ­manières de travailler si tant est que l’on respecte ma “bulle”, mes ­silences, autant que je respecte moi-même l’autre. Je suis quelqu’un de solitaire. Mais j’ai aussi un grand ­besoin de l’autre et je réfute le terme “recluse”… Quand j’étouffe, je prends un train, un avion, et vais voir d’autres cieux… C’est une ­liberté, une chance inestimable de pouvoir voyager quand j’en ressens le désir ou la nécessité. Face à un paysage de neige, je suis émue. J’ai grandi au ­Canada, je suis certaine que cette ­attirance pour les paysages immaculés vient de là-bas. Le grand froid a un parfum très particulier, un son qui lui est propre. J’ai retrouvé cette même émotion quand je suis allée en Russie découvrir Saint-Pétersbourg, en plein hiver. Au bord de la Neva, ses canaux gelés… on guette Catherine II de Russie…

D’autres endroits que tu aimes ?
La Corse est mon refuge. Le jour venu, la tentation pourrait être la Toscane. M’apaiser devant des ­collines d’oliviers et de vignes…

Tes biographes écrivent les mêmes clichés sur toi. Qu’as-tu à cacher ?
Je n’ai pas de biographe, c’est certainement pourquoi ce sont les mêmes clichés.

mylene-farmer_1987_christophe-mourthe_tournage-clip-tristana_151t-220x300 dans Mylène en INTERVIEWDans ce qui a été écrit à propos de toi, qu’est-ce qui t’a fait le plus ­sourire ?
J’ai entendu parler de bain de jus de tomate, qui m’aurait conduite à une “phobie attractive” du sang, et de lit-cercueil. Je crois que tous les fantasmes me font ­sourire quand il ne s’agit pas de mes proches ou de ma vie privée. Pourtant, quand on me rapporte les médisances d’un animateur de jeu télévisé, quant à mon prétendu play-back sur scène, je finis par me demander si je ne préfère pas l’histoire tout aussi fausse du jus de ­tomate. C’est ­impressionnant de voir à quel point certaines ­personnes se sentent grandies en dénigrant, en tentant de blesser… Il s’agit bien souvent de gens qui rêveraientd’une vie ­meilleure. Encore faut-il en être à la hauteur. Je crois à la vertu de la décence. La critique est nécessaire ; la grossièreté, inutile.

Es-tu obsédée par l’idée de laisser une trace de toi après ta mort ?
Obsédée, non. Le moment ­présent m’importe. Laisser une trace… dans le cœur de quelques personnes, j’espère que oui.

Qu’aimerais-tu que l’on dise de toi ?
“C’était une grande astronaute.”

Quel regard portes-tu sur la variété française ? Y a-t-il des artistes qui t’intéressent ?
J’ai découvert Stromae, ce jeune artiste vraiment original. J’aime beaucoup son titre “Alors on danse”, sa silhouette, son phrasé et son timbre de voix si particuliers. Il dit des choses graves sur un ton léger.

Pourquoi as-tu enregistré un duo avec Line Renaud ?
Je l’ai rencontrée lors d’un dîner et, comme chacun semble le dire, quand on croise le regard bleu de Line… une magie s’opère. C’est une femme belle, décalée et ­charmeuse. Je suis instinctive, le désir l’emporte dans ces moments-là. Son énergie ­vitale est impressionnante. Mais c’est aussi quelqu’un qui doute, c’est imperceptible mais touchant.

Tu navigues continuellement entre Eros et Thanatos. L’amour et la mort sont-ils tes deux seules sources d’inspiration ?
Il y a aussi la solitude. L’isolement. J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !

La politique t’intéresse-t-elle ? As-tu de l’estime pour ceux qui nous ­gouvernent ?
J’ai de l’estime pour le courage de tous ceux qui acceptent cette lourde responsabilité sans abuser de leur pouvoir.

Quelle est ton image idéale du couple ?
Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre : l’intelligence complice.

Comment t’imagines-tu dans dix ans ?
Ailleurs…

Interview de Nathalie Rheims – Paris Match 

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50 Ans, Mylène Farmer !

Posté par francesca7 le 6 juillet 2012

Mylène Farmer fête, en ce lundi 12 septembre, son 50e anniversaire. Le scandaleuse rousse a débuté sa carrière sur un parfum de scandale (Maman a tort, en 1984) et cultivé une aura de mystère où se mêlent douleur, hédonisme, sexe et poésie. Le dernier album de la star, Bleu Noir, s’est écoulé à plus de 500 000 exemplaires prouvant que la chanteuse n’a rien perdu de son pouvoir alors que l’industrie musicale se lamente.

50 Ans, Mylène Farmer ! dans Mylène dans la PRESSEEn l’honneur de ce bel anniversaire, qui doit être couronné par la sortie d’un nouveau best of selon France-Soir, Purepeople.com a décidé de se replonger dans la discographie passionnante de Mylène Farmer et d’en extraire ses apparitions les plus osées. Farmer est sans doute la star de la chanson qui s’est le plus dénudée dans ses clips.

Libertine et Pourvu qu’elles soient douces, 1986 et 1988

Dans ce diptyque, Laurent Boutonnat et Mylène Farmer rendent un hommage à peine déguisé au sublime Barry Lyndon de Stanley Kubrick. Réchappée d’un duel dans Libertine, Mylène se réfugie dans une maison (close ?) et batifole dans une baignoire avec des soubrettes avant de rencontrer le maître de maison. Deux ans plus tard, dans Pourvu qu’elles soient douces, on la retrouve prisonnière d’un général de l’armée anglaise qui décide d’en faire sa maîtresse. Le petit soldat Farmer cul nul ou l’image de sa carrière la plus célèbre de la pop culture.

Melancol2 dans Mylène dans la PRESSEJe t’aime mélancolie, 1991

Toujours réalisé par Laurent Boutonnat, ce clip met en scène Mylène Farmer dans la peau d’une boxeuse. En porte-jarretelles et gants de boxe, un look terriblement sexy, elle affronte un homme qui lui met une belle raclée. Ses images sont entrecoupées d’une chorégraphie sur le ring… Mylène Farmer se fait décidément bien malmener par la gent masculine.

Que mon coeur lâche, 1992

Mylène Farmer fait équipe avec Luc Besson pour ce clip assez trash. Elle est un ange envoyé sur terre par Dieu pour découvrir ce qu’il advient des humains. Elle découvre qu’ils se shootent à l’amour de synthèse disponible sous forme de gaz à inhaler. L’ange y goûte, se laisse aller dans une maison de plaisir, et revient plus sexy que jamais au paradis. Le plan final sur cette bulle de chewing-gum qui lui éclate au bord de lèvres résume à elle seule le pouvoir sensuel de Farmer : à la fois innocente et brûlante.

Californ2California, 1996

La chanteuse fait équipe avec un autre cinéaste de talent : Abel Ferrara. L’Américain confronte deux Mylène, l’une prostituée revêche et l’autre épouse soumise. Leur rencontre, par hasard, sur le boulevard, conduira la première à la morgue, et la seconde probablement en taule. Mylène Farmer sur l’idée de double et utilise une imagerie très sexe.

Je te rends mon amour, 1999

Le 27e single de Mylène Farmer fera du bruit, beaucoup de bruit. Nue dans une église, elle chante Je te rends mon amour et semble évidemment s’adresser à Dieu. Cette vidéo provoquera la colère de l’église catholique – il faut dire qu’elle est recouverte de sang évoquant ainsi le martyr du Christ. Furax de voir son clip interdit d’antenne avant minuit, la chanteuse décide de le sortir en VHS chez les marchands de journaux. Les bénéfices ont été reversés à Sidaction.

SingleLamourNestRienL’amour n’est rien, 2006

Après quelques années plus sages, Mylène Farmer décide, à bientôt 45 ans, de nous faire le coup du strip-tease. Pur et simple. Sur un fond noir, la chanteuse danse langoureusement, en lançant des regards espiègles à la caméra, et se déshabille. Comme à la grande époque Libertine, Farmer n’a pas peur de dévoiler ses fesses ravissantes. Derrière la caméra, on retrouve Benoît Di Sabatino, qui n’est autre que le compagnon de la star.

Dégénération, 2008

SingleDegenerationDernier clip de notre sélection, Dégénération, signé du réalisateur Bruno Aveillan. Clairement inspiré par la scène finale du Parfum de Patrick Süskind et le Cinquième élément de Luc Besson (pour le look), ce clip voit une Mylène Farmer extraterrestre faite prisonnière par des soldats. Ces derniers la livrent à des scientifiques qui s’apprêtent à l’ausculter. Sur la table d’opération, l’alien Mylène se réveille et son énergie provoque autour d’elle une vague d’amour quasi insupportable… chacun se sent alors obligé de grimper sur son petit voisin pour se soulager.

On espère que cette petite sélection vous a plu. On souhaite une nouvelle fois un bel anniversaire à Mylène Farmer.

http://www.purepeople.com/

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Interview de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 30 mai 2012

« La Corse est mon refuge »

ON TE DIT SOLITAIRE, VOIRE RECLUSE. ­TRAVAILLER AVEC UNE NOUVELLE ÉQUIPE FUT-IL UN TRAVAIL COMPLIQUÉ ?

Interview de Mylène Farmer dans Mylène en INTERVIEW Exclu-Public-Mylene-Farmer-en-mode-detente-a-Porto-Vecchio_portrait_w674Je m’adapte à de nouvelles ­manières de travailler si tant est que l’on respecte ma “bulle”, mes ­silences, autant que je respecte moi-même l’autre. Je suis quelqu’un de solitaire. Mais j’ai aussi un grand ­besoin de l’autre et je réfute le terme “recluse”… Quand j’étouffe, je prends un train, un avion, et vais voir d’autres cieux… C’est une ­liberté, une chance inestimable de pouvoir voyager quand j’en ressens le désir ou la nécessité. Face à un paysage de neige, je suis émue. J’ai grandi au ­Canada, je suis certaine que cette ­attirance pour les paysages immaculés vient de là-bas. Le grand froid a un parfum très particulier, un son qui lui est propre. J’ai retrouvé cette même émotion quand je suis allée en Russie découvrir Saint-Pétersbourg, en plein hiver. Au bord de la Neva, ses canaux gelés… on guette Catherine II de Russie…

D’AUTRES ENDROITS QUE TU AIMES ?

La Corse est mon refuge. Le jour venu, la tentation pourrait être la Toscane. M’apaiser devant des ­collines d’oliviers et de vignes…

TES BIOGRAPHES ÉCRIVENT LES MÊMES CLICHÉS SUR TOI. QU’AS-TU À CACHER ?

Je n’ai pas de biographe, c’est certainement pourquoi ce sont les mêmes clichés.

DANS CE QUI A ÉTÉ ÉCRIT À PROPOS DE TOI, QU’EST-CE QUI T’A FAIT LE PLUS ­SOURIRE ?

J’ai entendu parler de bain de jus de tomate, qui m’aurait conduite à une “phobie attractive” du sang, et de lit-cercueil. Je crois que tous les fantasmes me font ­sourire quand il ne s’agit pas de mes proches ou de ma vie privée. Pourtant, quand on me rapporte les médisances d’un animateur de jeu télévisé, quant à mon prétendu play-back sur scène, je finis par me demander si je ne préfère pas l’histoire tout aussi fausse du jus de ­tomate. C’est ­impressionnant de voir à quel point certaines ­personnes se sentent grandies en dénigrant, en tentant de blesser… Il s’agit bien souvent de gens qui rêveraient d’une vie ­meilleure. Encore faut-il en être à la hauteur. Je crois à la vertu de la décence. La critique est nécessaire ; la grossièreté, inutile.

2004Corse60 dans Mylène en INTERVIEWES-TU OBSÉDÉE PAR L’IDÉE DE LAISSER UNE TRACE DE TOI APRÈS TA MORT ?

Obsédée, non. Le moment ­présent m’importe. Laisser une trace… dans le cœur de quelques personnes, j’espère que oui.

QU’AIMERAIS-TU QUE L’ON DISE DE TOI ?

“C’était une grande astronaute.”

QUEL REGARD PORTES-TU SUR LA VARIÉTÉ FRANÇAISE ? Y A-T-IL DES ARTISTES QUI T’INTÉRESSENT ?

J’ai découvert Stromae, ce jeune artiste vraiment original. J’aime beaucoup son titre “Alors on danse”, sa silhouette, son phrasé et son timbre de voix si particuliers. Il dit des choses graves sur un ton léger.

POURQUOI AS-TU ENREGISTRÉ UN DUO AVEC LINE RENAUD ?

Je l’ai rencontrée lors d’un dîner et, comme chacun semble le dire, quand on croise le regard bleu de Line… une magie s’opère. C’est une femme belle, décalée et ­charmeuse. Je suis instinctive, le désir l’emporte dans ces moments-là. Son énergie ­vitale est impressionnante. Mais c’est aussi quelqu’un qui doute, c’est imperceptible mais touchant.

TU NAVIGUES CONTINUELLEMENT ENTRE EROS ET THANATOS. L’AMOUR ET LA MORT SONT-ILS TES DEUX SEULES SOURCES D’INSPIRATION ?

Il y a aussi la solitude. L’isolement. J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !

LA POLITIQUE T’INTÉRESSE-T-ELLE ? AS-TU DE L’ESTIME POUR CEUX QUI NOUS ­GOUVERNENT ?

J’ai de l’estime pour le courage de tous ceux qui acceptent cette lourde responsabilité sans abuser de leur pouvoir.

QUELLE EST TON IMAGE IDÉALE DU COUPLE ?

Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre : l’intelligence complice.

COMMENT T’IMAGINES-TU DANS DIX ANS ?

Ailleurs…

 

INTERVIEW PAR NATHALIE RHEIMS :pour Paris match

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Mylène F. pour Paris Match

Posté par francesca7 le 26 mai 2012

Jérôme Béglé (Journaliste)
Intervieweur de Mylène pour Paris Match en 2008

 

Retranscription de l’entretien vidéo du journaliste ayant interviewé Mylène pour « Paris Match »…

Mylène Farmer c’est une star, incontestablement. Si il y a dix stars en France, elle est de toute façon dedans. Elle est intéressante dans la mesure où elle ne parle pour ainsi dire jamais, et donc quand elle arrive quelque part, elle suscite la curiosité. Même moi qui la connais un petit peu, quand je la vois ce n’est pas anodin, ce n’est pas innocent. En revanche ce qui est très différent de ce que les gens pensent d’elle, c’est qu’elle est beaucoup plus marrante, elle est très accessible, drôle, un rien la fait rire, elle est vraiment… Quand j’entends certains témoignages qui parlent d’une fille complètement renfermée sur son monde, presque autiste, elle est vraiment à l’opposé de ça !

Mylène F. pour Paris Match  dans Mylène en INTERVIEW MF80_170aMylène Farmer préserve énormément sa vie privée. Qu’a-t-elle de si important à cacher ?
Moi je crois qu’elle est totalement paniquée à l’idée de parler d’elle ou à l’idée d’apparaître dans les médias. C’est d’ailleurs très cohérent avec son travail : si elle fait des clips aussi formidables, aussi bien travaillés, c’est qu’elle veut que ce travail suffise à la représenter. Elle veut pas se livrer à un jeu de promo où on va lui demander sa couleur préférée, ou quelle marque de parfum elle porte, ou pourquoi elle va chez le coiffeur deux fois par semaine ou quatre fois par mois… Donc elle a une aversion qui provient, je pense, de son être profond, pour la communication, pour les interviews, mais à partir du moment où elle avait décidé de donner une interview, elle s’est livrée, j’allais dire tout à fait normalement et classiquement.

Est-elle aussi mystique en privé que sur scène ?
C’est vrai qu’elle porte souvent sur elle des symboles religieux, ou en tout cas des symboles spirituels au sens large. Elle dit dans l’interview qu’elle a chez elle des objets, des tableaux, des bibelots qui rappellent un peu la Mort, l’au-delà, ou la religion ou les religions, mais c’est autant une posture esthétique, un goût pour ces choses-là, pour ces formes-là qui sont effectivement très belles, que, effectivement, une volonté de se dire qu’après la Mort il y a quelque chose…

L’idée de la fin la hante, même quand il s’agit de ses concerts…
Dans l’interview, on laisse planer le doute sur le fait qu’elle pourrait ne plus remonter sur scène après ce Stade de France de 2009. Elle le dit elle-même, ça va dépendre de sa volonté, ça va dépendre… Moi, ce qui me frappe un peu chez elle, c’est que… C’est un peu comme des actrices américaines dans les années 40 – 50, lorsque Greta Garbo ou lorsque Marlene Dietrich avaient senti que le physique n’était plus là, eh bien Marlene Dietrich s’est repliée dans son appartement de l’avenue Montaigne et n’en est pas sortie. Elle ne voulait pas montrer une image « dégradée » de ce qu’elle était aux gens qui l’avaient adoré et qui avaient fantasmé sur elle. 

Dans une moindre mesure, Mylène Farmer je pense que c’est un peu ça. Elle veut paraître comme parfaite, elle veut se montrer, devant son public, devait ses fans, comme parfaite, avec des shows extrêmement bien rodés, avec des lumières incroyables, avec une présence scénique magnifique, mais cette présence scénique, à soixante ans, ou à soixante-cinq ans, effectivement elle ne sera pas la même que celle qu’on peut avoir à trente, quarante ou cinquante ans. Donc aujourd’hui la question se pose effectivement. Elle a quarante-sept ans bientôt, donc effectivement c’est une question qui commence un peu à la travailler. 

Elle fera d’autres albums, c’est absolument certain, mais peut-être – peut-être – que ce Stade de France sera l’une de ses dernières apparitions sur scène. 

 

Site internet de Paris Match – 2008

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Mylène et J.Paul Gaultier

Posté par francesca7 le 9 mars 2012

 

Jean-Paul Gaultier les a habillées, corsetées, travesties, transformées, sublimées… Mais son amour des stars n’avait jamais été jusqu’à demander la main de l’une d’elle. C’est désormais chose faite avec Mylène Farmer.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsOn a tout eu : le mariage gotha avec Charlène et Albert, le mariage princier avec Kate et William, le mariage rock avec Kate et Jamie, le mariage discret avec Daniel et Rachel…Nous manquait un mariage un peu haute couture pour finir en beauté cette saison des unions. Et visiblement cet automne hiver 2011-2012, la tendance en matière de mariée est à la rousse arty.

C’est le futur marié qui a tenu a tweeter lui-même l’heureuse nouvelle : « J’ai demandé sa main à mon amie Mylène Farmer & notre union sera célébrée demain à l’issue du défilé Couture… 325 rue Saint-Martin à 14h30 ». Jean-Paul Gaultier, pas franchement connu pour aimer les femmes, uni à Mylène Farmer ? Non, c’était juste une jolie façon pour le créateur de nous faire comprendre que demain, la chanteuse fera sans doute la clôture de son défilé Haute Couture vêtue de la traditionnelle robe de mariée. Demain, c’est à l’union de deux univers artistiques riches et uniques que les fans de mode vont avoir la chance d’assister.

Juste un conseil, au moment où la « mariée » va dire oui sur le catwalk, montez le son.

Il a réalisé bon nombre de ses costumes et a toujours veillé à ce qu’elle soit la plus belle et la plus spectaculaire sur scène, Jean-Paul Gaultier est un fervent admirateur de la chanteuse Mylène Farmer. Et cela fait des années que ces deux là font une collaboration exemplaire. En 2009 déjà, c’était lui qui avait confectionné toutes les tenues de scène de la star, et en tant que créateur de génie, il a l’habitude d’habiller les plus grands. Comme la prestigieuse Madonna par exemple !

Pour la collection automne-hiver 2011-2012, Mr Gaultier a décidé de viser grand, et surtout d’adopter la rousse attitude ! Il vient tout juste de demander la main de la chanteuse Mylène Farmer

Outre la présence de la  « catin » la plus célèbre de France, on murmure déjà que le défilé Jean Paul Gaultier fait partie des plus aboutis de cette saison Haute Couture Automne Hiver 2011-2012. Avec pas moins d’une soixantaine de modèles conçus dans un tourbillon de plumes de coqs, perroquets, pintades et autruches, le show célébrait aussi le nouveau parfum masculin du créateur, Kokorico. Pas sûre que l’appellation emballe les foules, mais au moins, on ne pourra pas lui reprocher d’être en plein dans son thème !

On le sait, il n’est pas rare pour les créateurs de faire appel à des personnalités pour défiler en période de fashion week. Dernière en date à avoir joué les « guest star des podiums« , la très mystérieuse chanteuse Mylène Farmer.

Mylène et J.Paul Gaultier dans Mylène et L'ENTOURAGE jean-paul-gaultier-demande-mylene-farmer-en-mariage-3061855En effet, c’est avec surprise que les invités du défilé Haute Couture automne/hiver 2011-2012 Jean-Paul Gaultier, ont pu voir apparaître l’interprète de « Sans contrefaçons » sur le catwalk. Et le créateur n’a pas fait les choses à moitié puisqu’il lui a confié le rôle de la mariée, une silhouette majeure dans une collection.

Il fallait bien une femme au style aussi atypique que la chanteuse pour arborer la création imaginée par le couturier. Courte et en cuir, la pièce se dote non seulement d’une traîne asymétrique mais joue également les rebelles puisque cette saison, la mariée est en noir chez Gaultier.

Un style qui correspond bien à celui cultivé par Mylène Farmer, prenant toujours le contre-pied du dress code avec impertinence lors de ses rares apparitions. Costume noir sur red carpet, shorty et veste de smoking à traîne aux NRJ Music Awards ou encore robe hybride à l’Élysée, la rouquine crée toujours la surprise. C’était une nouvelle fois le cas hier soir. Et puis c’est Mylène, on lui excuse tout. Elle fut aux années 90, ce qu’était Mireille Mathieu aux années 70

C’est donc cette fois-ci à Mylène Farmer, après Valérie Lemercier, Beth Ditto et beaucoup d’autres, qu’est revenu le privilège de fermer, ce mercredi 6 juillet, le défilé de son ami depuis près d’une vingtaine d’années maintenant. Une apparition rarissime pour la rouquine en pleine tournée promo de son nouvel album. On t’en remet une couche ? Oui mais… Non, ça ira bien merci (pardon).

Jean Paul s’étant inspiré du film Black Swan (ben tiens) pour sa nouvelle ligne Haute Couture, c’est en robe de mariée noire, plumée et vêtue de cuir qu’est apparue la chanteuse sur l’air de Libertine. Un show qui s’est concrétisé, comme annoncé, par une demande en mariage, genou en terre, avant le baiser final. Amis, amants, amours ? Jean Paul n’a pas de limites.

                                                    mylene-d%C3%A9fil%C3%A9-gaultier dans Mylène et L'ENTOURAGE
Des ballerines en tutu, chapeautées de plumes avec Jean-Paul Gaultier …  

Le défilé Jean-Paul Gaultier a séduit tout l’univers de la mode et les passants. Des mannequins métamorphisés en danseuses, vêtus de tutus et de plumes multicolores façon aigrette en guise chapeau.

Jean Paul Gaultier revisite ses pièces maîtresses, comme la marinière relookée avec de larges rayures de fourrure sur les jupons

La plus célèbre des libertines, Mylène Farmer avec sa chevelure rousse (merci Christophe Mourthé), crée la surprise à la fin du défilé avec une superbe veste en cuir lacée dans le dos, ajustée sur un tutu avec traîne.

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Sainte Mylène… Priez pour moi !

Posté par francesca7 le 28 janvier 2012

Sainte Mylène… Priez pour moi !

 Sainte Mylène, Priez pour Moi!

Parution : 15 Juin 2007
Auteur : Erwan Chuberre
Editeur : Editeur indépendant
Genre : Roman

Description : Sainte Mylène, une passion pour Mylène Farmer, Erwan est à la recherche de sa vie. Entre des aspirations ratées, des carrières avortées et des histoires d’amour bancales, il décide de quitter Paris pour Montpellier à la recherche de nouvelles aventures. Ce déménagement se révèlera lourd de conséquences, autant pour sa vie privée que professionnelle !

Présentation de l’éditeur

Gay, la trentaine, un corps travaillé, une passion pour Mylène Farmer, Erwan

 

Un avis: Gay ou hétéro, tout un chacun partage les mêmes rêves de réussite et d’amour, des amis pittoresques et attachants et un don pour les situations irréelles. Erwan Chuberre ne fait pas exception à la règle, et s’il se sert de son héros pour nous faire découvrir le milieu gay, nous raconte la quête du bonheur de tout être humain. » Anne Roger-Bérubet, membre du comité de lecture.

Biographie de l’auteur

Né dans un foyer d’amour, Erwan Chuberre voit le jour dans le pays de Heidi. Les années s’écoulent, pareilles aux flocons de neige qui tombent inlassablement sur les sapins de ses forêts d’enfance. Il grandit sur Mylène Farmer, Dorian Gray, Boy George et Louis II de Bavière. Adolescent, il veut devenir une rock star. Premier bide car sa voix a lamentablement mué et si elle reste aussi suave que le froissement d’un oreiller de soie, dès qu’il tente d’émettre le moindre son mélodieux, c’est la cacophonie. La Star Academy n’existant pas encore, il se dit : « d’accord, dans la vie, je Sainte Mylène... Priez pour moi ! dans Mylène et BIOGRAPHIES jpg_Erwan7serai un homme objet, ou plutôt un comédien. » Acteur ? Le nouveau rêve. Alors, pourquoi passer le bac si cet éphèbe veut briller sur les bancs du  Cours Florent ? Julien Sorel, c’est lui. Paris, le voilà ! Jeune et insouciant, il y brûle ses ailes et Paris vire très vite au cauchemar. Zapping ! 20 ans. Acteur dans une troupe de théâtre amateur et étudiant en Lettres Modernes à Orléans, il rencontre l’une des femmes de sa vie, l’écrivaine Colette. Le seul rayon de soleil dans ces années à étudier d’un œil et à panser ces blessures… bref à réapprendre à sourire. Refusant de devenir prof, ses rêves d’artiste reviennent à la surface. C’est à cette période qu’il rencontre l’écriture : « La Folle de Louis II », « Le Retour d’Antigone », des pièces de théâtre inachevées. Mais le comédien doit se taire car le drapeau français le réclame. « Allons, enfants de la patrie… » Il s’envole sous le soleil de l’île de La Réunion pour dix mois dans la peau d’un adjoint aux Relations Publiques des Forces Armées de la Zone Sud de l’Océan Indien. Sourire. 1996. Mylène Farmer chante « XXL » et Erwan Chuberre se fait discret pour laisser parler Yan, le nouvel animateur vedette de Fun Radio Réunion. Une période dorée…Un an plus tard, Paris lui manque. Aéroport, aérogare mais pour tout l’or s’envoler… Paris. Le revoilà ! Commencent alors des salons en tant que hôte d’accueil pour travailler deux années dans l’événementiel. Une deuxième porte claquée. Diable, n’est-il pas fait pour être comédien ? 1999. Les Cours Florent, le retour. Pot de fleur à « La Chance aux Chansons », le quartier de la Bastille, les casting échoués, CRS pour « Largo Winch », pote de virée pour Patrick Timsit, habitué des soirées parisiennes. Un tourbillon. Il maîtrise à présent Paris même s’il sent qu’il lui manque un truc… Mais quoi ? Nouveau millénaire, nouveau départ dans le sud de la France. Trop orgueilleux pour courir après des rôles, il s’installe au soleil. La renaissance dans l’écriture de romans… Et puis, le retour à Paris en 2003. D’autres boulots et des piges pour certains magazines. En 2004, ses deux premiers romans sont édités : « Vierge ascendant désordres » chez Parfum d’Encre Editions et « Le Rôle de ma vie » chez Cylibris. Entre temps, il intègre une billetterie de spectacles tout en poursuivant l’écriture. En 2006, un nouveau roman paraît aux Editions Mic Mac « Les Lèvres de Sylvie Vartan » et une biographie chez City Editions « Mylène Farmer Phénoménale ». A l’heure de la sortie de « Sainte Mylène… Priez pour moi ! », l’auteur travaille sur différents projets dont « Mylène Farmer : L’intégrale » chez City Editions qui sera disponible en cette fin d’année. « Sainte Mylène… Priez pour moi ! » est certainement son roman le plus autobiographique. La preuve, il n’a même pas souhaité changer le nom de ses personnages ! Une suite est d’ailleurs prévue retraçant le parcours chaotique d’un écrivain en herbe…

                                                           qzwskiam dans Mylène et BIOGRAPHIES

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A. et B. Reval pour Mylène

Posté par francesca7 le 6 janvier 2012

 

Mylène Farmer : De chair et de sangAuteurs de la biographie Mylène Farmer, de chair et de sang, Annie et Bernard Réval ont eu la gentillesse de m’accorder un peu de leur temps pour répondre à mes questions. Leur biographie, parue en 2004, a reçu un accueil enthousiaste de la part du public. Ouvrage documenté, précis et respectueux de l’artiste, il comporte en outre de nombreux témoignages inédits d’artistes, de proches, qui ont côtoyé Mylène Farmer tout au long de sa carrière. Somme toute, une biographie de référence pour tous les fans. 

Interview réalisée fin août 2006 

« CV:  Annie et Bernard Réval, bonjour.

J’aurais aimé vous poser quelques questions. Tout d’abord, près de deux ans après la sortie de votre biographie, MYLENE FARMER, de chair et de sang, force est de constater que le pari est réussi: Biographie tolérée par la star, et surtout biographie qui fait l’unanimité chez les fans et le public. Est-ce que vous tirez une certaine satisfaction, une fierté, de ce pari réussi? Et vous attendiez-vous à recevoir un accueil aussi positif ?  

Bernard Réval : « Vos propos très sympathiques nous vont droit au cœur. Nous avons en effet ressenti une réelle adhésion de la part des lecteurs qui ont bien voulu discuter avec nous après la parution du livre. C’est toujours agréable de sentir qu’on a été compris… Mylène nous a permis d’entrer dans une sphère qui nous était étrangère. Son originalité nous séduisait et nous donnait envie d’explorer cet univers si différent de celui de Nougaro ou d’Aznavour. Ses fans nous ont suivis, et c’est tant mieux, nous avons fait un travail de bonne foi, c’est une jolie récompense.»

 CV: Écrire une biographie est un exercice difficile mais qui vous est familier, en témoignent vos productions sur les artistes phares de la chanson française. Est-ce que cet exercice vous a paru plus délicat encore, avec cette contrainte de l’interdit farouche qui pèse sur la vie privée de la star? Comment avez-vous appréhendé cette difficulté, avant l’élaboration du livre?

 Annie Réval : « Il y a toujours une notion d’interdit, de « terrain miné » à propos de toute vie privée. Nous essayons d’aller le plus loin possible, en faisant notre propre auto censure. Tout ne peut être dit, bien entendu, mais le lecteur sait lire entre les lignes…

A. et B. Reval pour Mylène dans Mylène dans la PRESSEPour Mylène, nous n’avons pas rencontré de difficultés majeures lors de nos investigations. Certains artistes comme Gilbert Bécaud ou Claude Nougaro ont largement collaboré, d’autres nous ont laissé faire. Chacun réagit différemment, avec généralement la crainte d’être surexposé. Tous ont des « jardins secrets », professionnels ou privés, et nous tentons de les respecter, avec malgré tout une volonté constante de liberté dans notre écriture. Bécaud, par exemple (le premier chanteur à qui nous avons consacré une biographie) a souhaité lire notre manuscrit, par curiosité. Il  fonctionnait à l’instinct : lorsqu’il vous accordait sa confiance, c’était d’un seul bloc et vous ne pouviez pas le décevoir..

En ce qui concerne Mylène Farmer, nous ne lui avons pas soumis le résultat de notre travail avant la parution du livre. Cependant, France Empire (notre éditeur) et Thierry Suc (son producteur) ont eu des contacts au niveau du choix de la photo de couverture et nous avons ainsi pu disposer d’un magnifique cliché, récent.

Pour l’enfance de Mylène, nous sommes partis au Québec afin de mettre nos pas dans les siens, à Pierrefonds, notamment au collège de Sainte-Marcelline (la sœur directrice et l’amicale des anciens élèves nous ont ouvert des pistes intéressantes). Pour les années-lycée à Sèvres et les stages au Centre Equestre à Conches, nous avons retrouvé les camarades de Mylène. Tous, visiblement, étaient ravis de participer, mais pour répondre à votre question avec précision, il ne nous a pas semblé plus compliqué d’aborder Mylène Farmer. Paradoxalement, nos investigations à propos de Jean-Jacques Goldman ont été plus ardues, car c’est un personnage très linéaire, donc plus difficile à saisir. »

  CV: De nombreux fans s’interrogent: y’aura-t-il une version de poche de votre biographie? Une version mise à jour, comme c’est parfois le cas, sera-t-elle mise en place?

 Annie Réval : « Un livre de poche ? Je ne sais pas… C’est encore trop tôt pour le dire – ça ne dépend pas de nous. Quant à une version mise à jour, pourquoi pas, mais pas tout de suite. Après onze livres en dix ans sur Bécaud, Barbara, Aznavour, Nougaro, Goldman, Farmer, Obispo… (notre prochain petit « dernier » paraît en novembre 2006), les mises à jour seraient un vrai travail de forçat ! Nous marquons une pause, histoire de laisser reposer les neurones ! »

 CV: Le seul nom de « Farmer » fait vendre. Pourtant, on ressent, à la lecture de votre travail, mais aussi des témoignages recueillis, un profond respect pour l’artiste, et même, un intérêt sincère pour sa musique et son univers. J’aurais aimé savoir si, après la publication de cet ouvrage, vous avez continué, à vous intéresser aux nouvelles productions de l’artiste, à savoir son nouvel opus, et sa série de treize concerts à Bercy, non plus en tant que biographes, mais en tant que public? Et recueillir vos impressions sur ces « nouveautés ». 

 dans Mylène dans la PRESSEBernard Réval : « Nous étions à l’étranger au moment des concerts de Bercy, en janvier 2006,  pour l’un de nos prochains livres, mais nous avons suivi cette actualité avec curiosité et intérêt. Bien entendu, nous ne manquerons pas de découvrir  le show à la sortie du DVD. Ceci dit, lorsque nous décidons de nous lancer sur un nouveau sujet, il faut que nous ayons pour sa carrière du respect et de l’intérêt. Il en reste toujours quelque chose, un « cousinage ». Annie dit que c’est comme une histoire d’amour qu’on aurait un peu oubliée, mais dont le parfum reste vivace. »

 CV: Enfin, pourriez-vous dévoiler à tous les visiteurs du site vos projets pour les prochains mois?

 Annie Réval : « Ils sont multiples, toutefois notre actualité immédiate, c’est le livre Michel Sardou, l’ombre et la lumière, une biographie co-signée Annie Réval et Caroline Réali. Nous avons déjà écrit ensemble deux ouvrages publiés chez France Empire (Gérard Depardieu voleur d’âmes, et L’aventure des Bronzés trente ans d’amitié),. Entre Mylène et Michel…, nous avons planché sur deux univers aux antipodes, mais pour chaque livre, l’aventure est excitante et la passion aussi vive que  si c’était la première fois ! »

CV: Encore merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. « 

                                                  Barre mexicain musicien

 

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N.Rheims interviewe Mylène

Posté par francesca7 le 27 décembre 2011

N.Rheims interviewe Mylène dans Mylène dans la PRESSE 220px-Nathalie_Rheims-Nancy_2011Mystérieuse, elle craint le désir des autres mais, pour la sortie de « Bleu Noir », Mylène Farmer s’est confiée à Nathalie Rheims.

Nathalie Rheims – Paris Match

Paris Match. Tu n’as jamais été aussi belle et épanouie. As-tu des ­secrets de beauté ?

Mylène Farmer. La seule chose importante est d’aimer et d’être ­aimée. C’est bien la seule certitude que j’ai aujourd’hui. Et la beauté ­dépend du regard que l’on pose sur les gens. Quand ce regard est celui de l’être aimé ou tout simplement celui de la bienveillance, il agit comme un baume enchanteur. La chance qui m’est donnée de vivre en harmonie avec ce que je fais est alors mon secret de beauté, c’est un lien fragile que je m’efforce à la fois de remettre en cause et de protéger.

Qu’es-tu capable de faire aujourd’hui et que tu n’aurais pas pu faire hier ?
Affronter des regards quand j’entre dans un lieu public sans ­vouloir fuir l’endroit dans la fraction de seconde. Souffrir d’un manque de confiance en soi, d’une timidité qui vous fait parfois passer pour quelqu’un de distant, de froid, n’est pas un atout majeur pour faire un métier public. Pourtant, depuis longtemps déjà, je n’ai eu d’autre choix que de dépasser mes peurs, les surmonter, n’en être pas – ou plus – l’otage. Quand j’y pense, c’est d’une violence inouïe de dépasser ce handicap… Seules les personnes qui sont de vraies timides peuvent ­comprendre ce par quoi l’on passe pour y parvenir.

“Bleu noir” est le premier album que tu fais sans Laurent Boutonnat. Pourquoi t’es-tu éloignée de lui ?
Je ne me suis en aucun cas ­éloignée de lui. Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque. Vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie… d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité. Nous nous retrouverons pour le prochain ­album.

As-tu conscience que cet album est plus sombre que les précédents ?
Non… pas vraiment… Cet ­album, comme son titre, “Bleu noir”, l’indique, passe de la lumière au sombre puis à l’obscurité. Ou l’inverse, je ne sais plus.

« La Corse est mon refuge »

On te dit solitaire, voire recluse. ­Travailler avec une nouvelle équipe fut-il un travai dans Mylène dans la PRESSEl compliqué ?
Je m’adapte à de nouvelles ­manières de travailler si tant est que l’on respecte ma “bulle”, mes ­silences, autant que je respecte moi-même l’autre. Je suis quelqu’un de solitaire. Mais j’ai aussi un grand ­besoin de l’autre et je réfute le terme “recluse”… Quand j’étouffe, je prends un train, un avion, et vais voir d’autres cieux… C’est une ­liberté, une chance inestimable de pouvoir voyager quand j’en ressens le désir ou la nécessité. Face à un paysage de neige, je suis émue. J’ai grandi au ­Canada, je suis certaine que cette ­attirance pour les paysages immaculés vient de là-bas. Le grand froid a un parfum très particulier, un son qui lui est propre. J’ai retrouvé cette même émotion quand je suis allée en Russie découvrir Saint-Pétersbourg, en plein hiver. Au bord de la Neva, ses canaux gelés… on guette Catherine II de Russie…

D’autres endroits que tu aimes ?
La Corse est mon refuge. Le jour venu, la tentation pourrait être la Toscane. M’apaiser devant des ­collines d’oliviers et de vignes…

Tes biographes écrivent les mêmes clichés sur toi. Qu’as-tu à cacher ?
Je n’ai pas de biographe, c’est certainement pourquoi ce sont les mêmes clichés.

Dans ce qui a été écrit à propos de toi, qu’est-ce qui t’a fait le plus ­sourire ?
J’ai entendu parler de bain de jus de tomate, qui m’aurait conduite à une “phobie attractive” du sang, et de lit-cercueil. Je crois que tous les fantasmes me font ­sourire quand il ne s’agit pas de mes proches ou de ma vie privée. Pourtant, quand on me rapporte les médisances d’un animateur de jeu télévisé, quant à mon prétendu play-back sur scène, je finis par me demander si je ne préfère pas l’histoire tout aussi fausse du jus de ­tomate. C’est ­impressionnant de voir à quel point certaines ­personnes se sentent grandies en dénigrant, en tentant de blesser… Il s’agit bien souvent de gens qui rêveraientd’une vie ­meilleure. Encore faut-il en être à la hauteur. Je crois à la vertu de la décence. La critique est nécessaire ; la grossièreté, inutile.

Es-tu obsédée par l’idée de laisser une trace de toi après ta mort ?
Obsédée, non. Le moment ­présent m’importe. Laisser une trace… dans le cœur de quelques personnes, j’espère que oui.

Qu’aimerais-tu que l’on dise de toi ?
“C’était une grande astronaute.”

Quel regard portes-tu sur la variété française ? Y a-t-il des artistes qui t’intéressent ?
J’ai découvert Stromae, ce jeune artiste vraiment original. J’aime beaucoup son titre “Alors on danse”, sa silhouette, son phrasé et son timbre de voix si particuliers. Il dit des choses graves sur un ton léger.

Pourquoi as-tu enregistré un duo avec Line Renaud ?
Je l’ai rencontrée lors d’un dîner et, comme chacun semble le dire, quand on croise le regard bleu de Line… une magie s’opère. C’est une femme belle, décalée et ­charmeuse. Je suis instinctive, le désir l’emporte dans ces moments-là. Son énergie ­vitale est impressionnante. Mais c’est aussi quelqu’un qui doute, c’est imperceptible mais touchant.

Tu navigues continuellement entre Eros et Thanatos. L’amour et la mort sont-ils tes deux seules sources d’inspiration ?
Il y a aussi la solitude. L’isolement. J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !

La politique t’intéresse-t-elle ? As-tu de l’estime pour ceux qui nous ­gouvernent ?
J’ai de l’estime pour le courage de tous ceux qui acceptent cette lourde responsabilité sans abuser de leur pouvoir.

Quelle est ton image idéale du couple ?
Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre : l’intelligence complice.

Comment t’imagines-tu dans dix ans ?
Ailleurs…

« Remonter sur scène aumoins une dernière fois »

Ta dernière tournée a été un triomphe, envisages-tu de remonter sur scène ?
Oui… au moins une dernière fois !

Pourrais-tu renoncer un jour à la chanson ? A la scène ?
Comment renoncer à ce et ceux qu’on aime ? Mais je vais devoir ­apprendre…

Lors de tes concerts, tu attaches une importance particulière aux ­créateurs de mode : recherches-tu de nouveaux talents, de nouvelles marques, de nouvelles inspirations ?
Quand il s’agit de préparer un spectacle, oui. Ce choix est toujours délicat. Il ne suffit pas de faire du “couture”, ce n’est pas un défilé de mode. Le créateur doit être aussi ­capable de transposer les costumes pour une scène, qui devront s’intégrer aussi à un décor, à des ­lumières, à un univers afin de rendre le tout homogène. Il faut rencontrer alors des stylistes inspirés et qui ­acceptent de se fondre dans l’univers de l’artiste, afin que celui-ci ne disparaisse pas derrière le costume, justement, mais se sente comme dans un écrin… Je ne suis pas ­certaine que tous les créateurs de mode en soient capables, il faut beaucoup d’humilité…

« Bleu noir » (Polydor/Universal).

 

 

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