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Axel Bauer un retour vers Mylène

Posté par francesca7 le 18 mai 2016

                   

 

 

On le sait peu, mais Mylène Farmer a eu une histoire sentimentale avec Axel Bauer au tout début de sa carrière. A la vérité, elle l’a un peu piqué à Jeanne Mas !… D’où la discorde et la grande rivalité entre les deux femmes dans les années 80.
Quoi qu’il en soit, l’histoire de Mylène et Axel ne dure pas très longtemps. Mais pour la petite histoire, des années plus tard, Axel Bauer a été en couple avec… Nathalie Cardone, petite protégée de Laurent Boutonnat (voir plus bas sur la page à ce sujet). Que de protagonistes familiers qui se rejoignent…

 alex bauer

Après avoir éteint la lumière sur sa carrière, le capitaine de Cargo de Nuit la rallume avec une autobiographie et un nouvel album attendu

 

Axel Bauer : « Je suis toujours là ! » dans un article paru dans CORSE.MATIN.com

Pour beaucoup, Axel Bauer restera à jamais cette jeune gouape à la belle gueule de Marlon Brando jeune, qui pose en casquette de marin et tee-shirt à résilles sur la pochette d’un 45 tours de 1983 inspirée de Querelle de Brest (Jean Genet) : Cargo de Nuit. Le titre évoque encore ces soirées où l’on mixait Indochine (L’Aventurier), les Rita Mitsouko (Marcia Baïla) et Mylène Farmer (Maman a tort) en les faisant descendre à coup de tequila rapido. Il y eut bien ensuite (1992) Éteins la lumière, rock d’inspiration Nirvanesque et surtout A ma place, son duo avec Zazie, vendu à 600 000 exemplaires avant la crise du disque (2000). Mais avouons que l’on avait un peu perdu de vue le bel Axel. Lui-même avoue d’ailleurs s’être un peu perdu après l’incroyable succès de Cargo. « Si j’avais composé un Cargo 2, je crois bien que j’en serais mort », confie-t-il, alors qu’on le retrouve quinquagénaire dans un restaurant parisien pour parler de Maintenant tu es seul, autobiographie bien rock’n'roll que publient les éditions Michel Lafon.

« J’avais 22 ans et, du jour au lendemain, je suis devenu riche et célèbre. J’étais encore un gamin et je n’avais aucun plan de carrière. J’ai été atomisé. »

« My Generation »

Refusant d’écrire le Paquebot de jour qu’attendait sa maison de disques, Axel part en vrille, revient, repart, n’arrive pas à se fixer, ni à fixer l’attention durablement sur lui. A la différence d’un Etienne Daho qui lui a peut-être fauché la place : « Son succès a démarré plus doucement. Il a eu le temps de s’y préparer et d’installer sa personnalité », analyse le chanteur, qui raconte avec une belle sincérité son exil londonien, la défonce, les expériences psychédéliques, l’ésotérisme, le shamanisme et la découverte étonnante de ses dons de guérisseur.

Des confidences qui pourraient le faire passer pour le doux illuminé qu’il n’est pas : « J’ai fait le parcours d’un ado des années soixante-dix, biberonné au rock et à la Petite fumée de Castaneda, ni plus, ni moins », estime-t-il.

Du coup, son livre est plus qu’une bio de chanteur : c’est le portrait d’une époque et d’une génération, qui commence et se termine avec un concert des Who, où l’amena son père ancien speaker de Radio Londres et où il prononça la phrase fatidique qui donne son titre au livre : Maintenant, tu es seul.

En 2012, Axel Bauer pourrait se sentir moins seul puisque, outre le livre, il connaît à nouveau le succès avec la BO de la comédie musicale Dracula, où figure Éteins la lumière et pour laquelle il a écrit En transe… ylvanie avec le chanteur des BB Brunes. Les maisons de disques lui font à nouveau les yeux doux pour l’album qu’il a enregistré avec Gérard Manset, Brigitte Fontaine, Marcel Kanche et quelques jeunots. Il y a dessus un « duo mystère » (Mister ?) qui pourrait, dit-on, connaître le même succès que celui avec Zazie. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Publié dans Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaires »

LE SOIR de 9 OCTOBRE 1999 en Belgique

Posté par francesca7 le 12 décembre 2014

 

Entretien avec Thierry COLJON

1999-03-cPourquoi refusez­-vous que les journalistes enregistrent l’interview ?

­ C’est un tout. Je n’aime pas l’idée qu’on emmène ma voix quelque part.

Votre entrée en scène est assez réussie : vous semblez léviter, telle une cariatide sortie de la bouche d’une divinité…

­ Ce sentiment de magie ainsi crée et que le spectateur ressent, moi aussi je le vis ainsi. Je l’ai fantasmé, ce moment, mais je ne l’ai encore jamais vu !

La statue du décor, la divinité, quel sens lui donnez­vous ?

­ Quand j’ai demandé à Giger de pouvoir utiliser et transformer son œuvre, je voulais une entité. J’ai remplacé le visage, qui était celui de sa femme, par celui d’Isis et j’ai ajouté des bras. J’ai choisi Isis car elle a plusieurs visages. J’ai donné naissance à une créature qui, pour moi, est la mère de la nature vivante : elle évoque les quatre éléments naturels, elle est le cinquième.

La position de ses mains fait penser à l’hindouisme et au bouddhisme…

­ Ce serait mentir de dire que je suis une adepte du bouddhisme, mais cette pensée m’a intéressée et m’a aidée. Cette divinité donne en fait naissance à une personne qui reste très humaine. Ca procède de la magie, je pense. Ca reste très impalpable. J’aime la poésie et la magie.

Vous riez, vous pleurez…

­ Dans ce spectacle, plus que dans les deux premiers sans doute, j’accepte l’idée que je peux recevoir du public et pas seulement lui donner, mais c’est difficile pour moi de m’analyser comme ça. Quand je pleure, j’ai les mots pour moi : ça me touche, ce sont mes textes. L’évocation de ces mots plus l’émotion née du regard des gens me font cet effet. C’est une telle concentration d’amour, ce concert ! Il y a aussi la théâtralisation des chansons, au travers des costumes, de la mise en scène…

C’est la première fois que Laurent Boutonnat, votre partenaire de composition attitré, ne supervise pas un de vos spectacles. Il a entièrement produit l’album de Nathalie Cardone. Peut­on parler de rupture ?

­ Non. Ca s’est fait comme ça. Il avait des projets, il suit sa voie et moi la mienne. Nathalie et Laurent, ce n’est pas mon problème. Je leur souhaite seulement de faire quelque chose de différent. Ce spectacle, je le porte dorénavant seule sur mes épaules. C’est un travail énorme, c’est vrai, mais je suis très bien entourée.

Le fait de tirer en longueur les chansons pour plaire au public vous attire de mauvaises critiques. Peu importe ?

­ Je suis quelqu’un d’ouvert aux critiques, mais quand je suis sur scène, peu m’importe ce qu’on peut en dire !

Vous avez une fois de plus été très loin avec votre dernier clip (« Je te rends ton Amour », nda) que la plupart des TV refusent de passer aux heures de forte écoute…

­ On ne se lève pas un jour en se disant ‘Aujourd’hui, je vais choquer’ ! Il se fait que j’ai voulu évoquer Dieu et le diable et que je savais que j’allais avec un tel sujet au devant de problèmes périlleux. Dois­je m’autocensurer ? J’en mourrais ! La réaction des TV, c’est dommage, mais le clip s’est très bien vendu en cassette et les bénéfices ont été reversés pour la lutte contre le Sida.

1999-03-aCette tournée ne dure pas très longtemps (elle sera prolongée quelques semaines plus tard, nda) alors que l’investissement est énorme…

­ La scène n’a jamais eu un but lucratif pour moi. Une tournée, c’est fatigant mais peu importe, j’ai suffisamment d’énergie mais comme je veux préserver l’émotion et le plaisir de ces moments rares, je m’arrête avant d’angoisser. Je ne veux pas tricher, je refuse que s’installe la routine : j’arrête donc avant. C’est un choix que j’ai toujours fait, sinon, en allant au­delà de mes limites, je me consumerais. Après la tournée, il y  a évidemment ce trou noir à gérer tant bien que mal. C’est un moment difficile à vivre. Sinon, je n’ai pas de projets pour la suite…

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L’ŒUVRE « CLIPESQUE » DE BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 1 septembre 2014

 

 

images (2)En 2002, Laurent Boutonnat réalise le clip Pardonne-moi pour Mylène Farmer. Non seulement ici Laurent Boutonnat signe son détachement du film de genre dans lequel il s’était illustré des années durant, mais se dégage pour la première fois de ses modes narratifs et de sa symbolique. Boutonnat, depuis qu’il a repris la caméra pour la réalisation de clips en 2000, se fond de plus en plus dans l’intimisme qu’il semble ne plus quitter depuis les clips de Nathalie Cardone de 1997 et 1998. Tout ce qui faisait dans les années 80 et même 90 de chaque clip un oeuvre de divertissement à part entière disparaît ici : plus de figurants, ni de personnages, ni de dialogues, ni d’action. La question la plus évidente alors à se poser est de savoir ce que son cinéma a gagné à se défaire de tout cela ? On remarque justement que tout ce que Boutonnat supprime depuis Mon ange (1998) a trait à la narration, au fait de s’attacher à d’autres structure que celle de l’image. Fernand Léger disait que « l’erreur du cinéma, c’est le scénario ». La solution du problème se trouve peut-être bien ici : Laurent Boutonnat serait-il moins cinéaste qu’avant parce qu’il ne s’attache plus au narratif, dans le sens diégétique tu terme ? Ceci expliquerait pourtant l’absence de troisième long-métrage après les échecs de Ballade de la féconductrice et Giorgino. Pourquoi faire un long-métrage en s’encombrant de contraintes « facultatives » (dont l’histoire) alors que « seule l’image compte » ? On peut bien sûr tergiverser sur le bien fondé de cette démarche; mais si on peut critiquer volontiers Pardonne-moi sur le divertissement et l’ambition, on ne peut lui reprocher son manque d’images. Depuis le début de sa carrière, le vocabulaire de Laurent Boutonnat reste pourtant d’une implacable cohérence. Dans Pardonne moi il va même jusqu’à reproduire en grande partie les cadrages de Maman à tort (1984), comme si ce coup d’essai datant de février 1984 n’en n’avait pas été un et que tout avait été pensé,

réfléchi, approuvé et que tout était resté depuis inamovible dans son cinéma. La répétition des travellings avants sur le visage sont les mêmes, et cette silhouette à robe courte à demi dans l’obscurité qui avance face à la caméra est toujours la même. Bien sûr l’image, la photographie, elle, a évolué, Laurent Boutonnat n’arrêtera jamais d’apprendre, offrant d’année en année des images de plus en plus rares, mais de plus en plus travaillées.

 

téléchargement (2) Si jusqu’à présent les analyses symboliques étaient pertinentes dans le travail de Laurent Boutonnat, elles le sont beaucoup moins depuis 1997. On remarque que dans Pardonne moi elles ne mènent nulle part. Il serait en effet totalement vain de chercher les sous-traitances avec les paroles de la chanson, de trouver la fonction d’éléments graphiques comme l’homme à cheval, le serpent, ou la poussière. Pour la première fois un clip de Boutonnat n’est pas narratif, on pourrait bien sûr analyser le montage, l’énonciation mais ce qu’il est le plus intéressant de voir à travers Pardonne-moi est son réalisateur, ses goûts pour les images syncopées, l’esthétique à tout prix, et les ambiances qu’il souhaite inédites. Si les éléments que choisi Boutonnat pour chaque nouveau clip rappelle les anciens, il apporte en outre à chaque fois un ou plusieurs éléments qui viennent enrichir ce qu’il avait déjà mis en place et qui présentent l’interprète (puisque c’est elle qui est promue) sous un jour à chaque fois un peu différent.

Dans cette optique, l’image la plus frappante n’est pas celle des yeux remplis de blanc, ou de noir (simple effet de frayeur) mais cette espèce de danse tribale au ralenti et au noir et blanc très contrasté et granulé, avec une femme qu’on imagine plongée dans la poussière de l’au-delà. Sur un fond très noir, les particules de cendres s’échappent des cheveux et donnent à la silhouette de la chanteuse en la suivant l’étrange allure d’un spectre. Dans ces plans, l’interprète reste les yeux fermés, totalement inexpressive, comme si quelque chose de surhumain la guidait dans sa danse, l’avait sortie de la poussière où elle reposait depuis la nuit des temps. Seuls deux plans quasi subliminaux surexposés la montreront hilare, la tête basculée en arrière, rendant du même coup l’ensemble de la danse et du clip dénués de logique. Reste ce chevalier mystérieux, lui aussi sur fond noir, qui galope sans fin et qui rythme la chanson. On peut sur ce point remarquer deux choses : Ses apparitions se font à des moments de la chanson où la répétition est aussi musicale, ce qui accroît l’idée d’un galop sans fin du cheval et la course de ce prince qui jamais n’arrivera à destination. Pour renforcer cette idée on peut deviner aussi que le cheval n’avance pas, mais fait du sur place (la fumée en arrière plan reste immobile).

La caméra n’est donc pas en travelling latéral mais en plan fixe, et amorce d’ailleurs à un moment un zoom arrière. Ainsi non seulement on ne peut que ressentir la quête vaine du prince, mais également jouir de la fluidité de sa course, de cette image irréelle en contre-plongée. Les symboles qui autrefois semblaient donner un grande part de leur sens aux réalisations de Boutonnat n’ont même plus leur place dans ce cinéma « de l’image seule ». Il n’y a pas de symbole dans Pardonne-moi. Il serait pourtant facile d’approcher le serpent du pêcher originel et les yeux blancs de la cécité. Mais comment expliquer alors d’autres éléments du clip tels les yeux noirs de la fin du clip, le rapport au texte et la présence du prince sur son cheval ? Chacun de ces éléments n’est ici au service de rien, si ce n’est de lui-même. Quant à l’origine de leur choix, il faut encore s’en retourner vers ce qu’est réellement un vidéo-clip. Chacun des éléments est montré dans le clip à un endroit précis de la bande son. Ainsi le serpent ne peut apparaître que sur le violoncelle du pont musical, tant les sinusoïdes dessinées par son corps matérialisent plastiquement et simultanément la musicalité sonore; les saccades de batterie ne peuvent également correspondre qu’à la danse tribale de la chanteuse les cheveux remplis de poussière, éclairées par des flashs lumineux qui la images (3)laissent deviner par le spectateur plus qu’ils ne la montrent. Même chose pour le travelling sur la chanteuse qui laisse découvrir en levant la tête des yeux vides : dans un cadrage identique, les violons graves dénoncent musicalement parfaitement la monstruosité de ce visage, alors que le piano du début en glorifiait la beauté.

 

 Ce que nous voulons démontrer ici est que Laurent Boutonnat, de 1985 à 1992, n’a pas fait de vidéo-clips. Il a fait des films de fiction romanesque, référencés à des genres ou des sous genres. Mais à aucun moment, ni même pour Ainsi soit-je (1988) ni pour Je t’aime mélancolie (1992), nous avons eu à faire à un vidéo-clip stricto-sensus. A l’origine, le principe du vidéo-clip consiste à illustrer une chanson par des images, rien de plus. Laurent Boutonnat a toujours apposé à cette règle sans cesse davantage d’artifices, d’histoires, de symboles, et de moyens. De Pardonne-moi en revanche, il fait un clip dans le pur sens du terme : une musique avec des images à son service, qui l’illustrent. Le sens des images, leur teneur discursive, tout ceci n’a aucune importance face à leur musicalité intrinsèque et l’effet qu’elles produisent quand on les appose à la bande-son en question. Dans Pardonne-moi plus que jamais, l’image ne peut être présente à l’écran que parce que c’est cette chanson qui est illustrée, alors qu’on peut très aisément imaginer les images de Libertine, Sans Contrefaçon et même Ainsi soit-je sur une autre musique de couleur approximativement équivalente. Les images de Pardonne-moi ne semblent avoir été inventées que parce qu’il y avait tel ou tel son dans la chanson, ces images sonnent juste par rapport aux effets musicaux tout simplement, et ceci pour la première fois chez Boutonnat.

 

Le seul travail du réalisateur en 2002 ne concerne plus que l’image, et rien qu’elle, Boutonnat n’est pas un romancier, pas plus qu’un conteur. Depuis 1997, de Mon Ange à Pardonne-moi en passant par Baïla Si et Les Mots, il n’a cessé de tâtonner pour trouver ce qu’était vraiment un clip, ce qu’était vraiment une image, et donc finalement ce qu’est réellement le cinéma. 

 

Pourquoi alors se cantonner au même type d’image, aux mêmes éléments alors que le réalisateur a su pourtant diversifier ses inspirations en une décennie de clips autrement plus riches visuellement ? Puisque visiblement Laurent Boutonnat s’est détaché du cinéma de fiction romanesque pour se concentrer entièrement à ce qu’est un clip, le réalisateur peut-être lassé images (4)désire faire le meilleur clip, le clip ultime. Laurent Boutonnat rétrécit ainsi de clip en clip le champ d’application de son univers afin visiblement de trouver l’image juste, celle qui broiera la chair de celui qui la regardera. De plus en plus on peut avoir l’idée de ce à quoi ressemblera le clip de Laurent Boutonnat : de longs plans contemplatifs représentant des éléments immobiles, un ciel nuageux, du vent, des fantômes pas encore entrés dans l’au delà et se frottant encore aux humains, une quête sans fin accompagnant une errance éternelle de personnages perdus et auxquels il ne reste que le recueillement. Seulement nous pouvons penser que rien ne distinguera particulièrement le dernier clip de Laurent Boutonnat des autres, que ce sera juste celui sur lequel le cinéaste voudra s’arrêter, estimant achevée la recherche qu’il fait sur l’image et avant tout sur ses propres fantasmes graphiques. Pardonne-moi aurait pu être celui-ci, le seul vrai clip, donc le dernier. Et si ce n’est pas le cas, un cap a de toute façon été franchi en le réalisant : se désintéresser intégralement de tout fonctionnement narratif pour ne se concentrer que sur l’image, quitte à ce qu’elle rende ivre tellement sa splendeur incompréhensible ne renvoie à rien de connu.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

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BOUTONNAT EST PEUT ETRE NE D’UNE ERREUR

Posté par francesca7 le 25 août 2014

 

 

Laurent Boutonnat réalisateur de clips est né curieusement d’un échec cinématographique, son arrivée dans le domaine musical est purement fortuite. D’abord destiné à la réalisation de longs-métrages, c’est à la suite de l’insuccès de son premier film qu’il se redirigera vers la littérature, puis la musique. Il se servira alors de son double statut de compositeur-producteur auprès de sa première maison de disque pour négocier avec elle la réalisation des vidéo-clips promotionnels. Ce sera pour lui ce fameux « moyen détourné de faire du cinéma ».

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Laurent Boutonnat est né le 14 juin 1961 rue Auguste Blanqui, dans le XIVe arrondissement de Paris, aîné d’une famille de cinq enfants, il se servira adolescent de certains de ses frères et sœurs pour monter ses sociétés d’éditions phonographiques et aussi de son petit frère Dominique dans son premier long métrage Ballade de la Féconductrice en 1978. Auparavant, Laurent Boutonnat a déjà réalisé dans son enfance de nombreux courts-métrages amateurs avec la caméra Super 8 de ses parents. Un de ses premiers essais date de 1971 où il transpose Bambi de Walt Disney (1942). Sur ses films d’adolescent, il voulait déjà tout maîtriser : de la mise en scène à la musique, du maquillage à l’interprétation elle-même. Parallèlement, il étudie la musique et le piano sur initiative de ses parents dès l’age de cinq ans. Laurent Boutonnat suit sa scolarité de second degré chez les jésuites. Il s’y déplait, n’est doué qu’en littérature et se retrouve plusieurs fois renvoyé. C’est à quinze ans qu’autodidacte, il décide d’abandonner ses études pour aller chercher du travail ; et c’est aussi l’âge à partir duquel il abandonne l’apprentissage musical que lui faisaient suivre ses parents. Parallèlement aux « petits boulots » qu’il cherche, Laurent prend des cours de théâtre durant trois ans et écrit chez lui avec un professeur de philosophie. Il déclarera plus tard « avoir pris goût à cela ». A 16 ans Laurent Boutonnat a la volonté de diriger ses recherches d’emploi vers le secteur audiovisuel, et commence à développer dans son imagination plusieurs projets de longs-métrages dont un film déjà nommé Giorgino ; scripte qu’il reprendra dix ans plus tard. L’histoire de cette première version n’a cependant rien à voir avec le long-métrage qui sortira dix sept ans plus tard. Ce scénario racontait le huis-clos d’un couple dont l’homme aime de plus en plus son épouse, alors que cette dernière prend une peur de plus en plus panique de lui. L’incertitude sur les intentions de l’un et de l’autre débouchait sur un duel final tragique entre les deux époux.

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Boutonnat réalisera finalement Ballade de la Féconductrice en 16 mm. à l’âge de seize ans, qu’il produira à l’aide de son père, et des Films du Marais pour sept mille six cents euros. Il tournera entre Paris et Etretat en fonction des conditions météorologiques. Après avoir été présenté et sifflé au marché du film de Cannes en 1979, Laurent Boutonnat tente de l’exploiter dans une unique petite salle : « Le Marais » à Paris, à partir du 15 mai 1980. Le film qui passe d’abord en comité de censure obtient une interdiction aux mineurs de moins de dix huit ans. Laurent Boutonnat en a alors dix sept. Le dossier de censure retrouvé dans les archives du C.N.C. comporte un court synopsis écrit de la main du jeune réalisateur :

 

« La balade (sic) d’une fleur du mal dans un monde fantasque et allégorique où se mêlent humour noir et horreur. »

 

 Tous les avis convergent vers une interdiction aux mineurs, et Henri Dolbois qui dirige la commission plénière conclue le dossier comme suit : 

« Une anthologie de Hara-Kiri et Charlie-Hebdo. Castration, mutilations d’enfants, torture d’un mongolien adulte en petite voiture roulante. Faces tuméfiées et sanguinolentes. Une femme accouche dans sa cuisine d’un teckel, elle fait l’amour avec lui etc… Le film me paraît justifiable d’une interdiction aux mineurs en raison de l’exhibitionnisme grand-guignolesque ce film attentatoire à la dignité de la personne humaine. Cette interdiction me paraît justifiée bien qu’il s’agisse d’un 16 mm. à faibles objectifs commerciaux. »

Henri Dolbois

  Le film ne restera que deux semaines à l’affiche et totalisera quatre cents cinquante neuf entrées. Plutôt que de retourner à l’école, Laurent Boutonnat, déçu, ne fait plus rien jusqu’à sa rencontre avec Jean-François Chauvel. Ce grand reporter de télévision mort en 1986 avait alors en préparation le tournage d’une série de reportages scientifiques sur le nucléaire : Les Energies Nouvelles. Laurent Boutonnat saisit sa chance et postule comme caméraman pour toute la série d’émissions. Il avouera plus tard: « J’avais prétendu m’y connaître en technique pour qu’il me prenne, et j’ai dû potasser le manuel comme un fou ». Il part donc pendant un an dans les quatre coins de la France pour tourner les images de ces reportages, « La meilleure école » se souviendra t-il en 1990.

  Laurent Boutonnat qui a alors vingt ans se lance dans une nouvelle aventure où il utilisera ses facultés d’écriture et son expérience récente dans le journalisme. C’est l’époque où, remis de l’échec de Ballade de la féconductrice, il multiplie les projets. Toujours avec le sens du subversif et son goût du morbide, il entreprend des recherches pour l’écriture un livre sur l’infanticide. Un ami, Jérôme Dahan fait partie du projet. Parallèlement à cela il réalise des publicités télévisées. Laurent tourne plusieurs spots et s’associe à un producteur du circuit Parafrance. Celui-ci lui proposera de tourner un film d’horreur en deux semaines pour un budget de deux cents trente mille Euros. Suite à des désaccords du fait du producteur, le projet ne verra jamais le jour. C’est à cette période que Boutonnat reprend le script de Giorgino à zéro. Un soir, alors qu’il est accompagné de son ami Jérôme Dahan, il décide d’écrire avec lui les paroles d’une chanson ayant trait à cette enfance qui le hante tant. Le lendemain Jérôme Dahan écrit la musique et le résultat ne leur déplait pas. Ils viennent d’écrire Maman à tort, qui deviendra un petit succès de l’été 1984. Laurent Boutonnat laisse peu à peu de côté le sulfureux livre sur l’infanticide qui ne verra finalement jamais le jour. Les paroles de la chanson fraîchement écrite qui évoquent la folie, l’abandon et le saphisme seraient encore plus explosives dans la bouche d’une enfant. Après une tentative avec une jeune fille de quinze ans qui pose trop de problèmes juridiques avec la D.D.A.S.S, Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat organisent un casting où se présentent une cinquantaine de jeunes filles majeures dont la future chanteuse Mylène Farmer, alors âgée de vingt et un ans. Laurent Boutonnat la choisie immédiatement, sans même l’avoir entendue chanter, à cause de son air « psychotique ». C’est suite aux problèmes se posant pour monter le clip de Maman à tort (1984) que Laurent Boutonnat envisage le clip comme seul moyen à court terme de faire du cinéma. Il sait aussi qu’il lui faudra financer lui-même ses projets s’il veut avoir les moyens nécessaires pour les réaliser. Durant la promotion de Maman à tort, Laurent Boutonnat retourne ponctuellement au documentaire en réalisant pour l’Education Nationale Parents… si vous saviez, reportage fictionnalisant de douze minutes sur le rôle de la parentalité. Le duo Dahan-Boutonnat écrira 10 mois plus tard deux autres chansons : On est tous des Imbéciles ne se fera remarquer que grâce à la morbidité de sa face B. Signée Boutonnat, L’Annonciation évoque le viol par le truchement d’une imagerie évangélique.

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 Décidément abonné à l’insuccès systématique de ce qu’il entreprend, Laurent Boutonnat se voit renvoyé de la maison de disques R.C.A. pour laquelle il avait pourtant fini de préparer un album. Laurent Boutonnat se sépare de Jérôme Dahan avec lequel il est en désaccord sur la suite à donner à la carrière de la chanteuse dont ils s’occupaient. Comme rattrapé par la chance, Boutonnat est contacté par Alain Levy qui vient de créer la maison de disque Polydor. Ce label français appartenant à l’Américain Polygram veut tout miser sur la chanson française et signe directement Mylène Farmer et Laurent Boutonnat pour trois albums, alors qu’ils n’assurent pas encore de réels succès commerciaux fiables. Le premier d’entre eux est Cendres de Lune en 1986, entièrement conçu, produit et arrangé par Boutonnat. Il en signe la composition, presque toutes les paroles et la pochette, pour poser les bases d’un climat. Cendres de lune est un laboratoire de boites à rythme, d’échantillonnages194, avec des inserts de chants grégoriens, et dont l’originalité a été saluée par le magazine musical Rock & Folk car il fait cohabiter morceaux avant-gardistes et variété populaire :

 

« Si les paroles sont plutôt du genre la Comtesse de Ségur qui aurait enfin décidé de parler de ce que font vraiment les petites filles modèles, la musique est elle aussi bien ficelée […] Cendres de Lune très court morceau à la limite de l’expérimental et du franchement morbide. Enfin, Vieux Bouc […] suit la même direction, avec ses voix sataniques ricanant en contrepoint qui évoquent une version musicale du Tour d’Ecrou sur fond de messe noire et d’âme en peine et de Lolitas grimaçantes. Tout cela est assez rare et original »

  C’est alors que Boutonnat se décide à monter son deuxième long-métrage à partir du script de Giorgino. Il en commence la préparation, mais son récent succès inattendu dans la production musicale l’occupera trop pour finaliser ce projet. En 1987 Laurent Boutonnat entame l’écriture du deuxième album Ainsi soit-je qui sortira à la fin de la même année. Il crée pour l’occasion sa première société de production discographique: Toutankhamon S.A. Le clip du premier extrait Sans Contrefaçon passera en exclusivité à la télévision le soir du réveillon 1988. Suivront le clip d’Ainsi soit-je et surtout Pourvu qu’elles soient douces. Le clip, qui a coûté deux millions de Francs sera d’ailleurs nommé aux Victoires de la musique de 1988. Il en co-écrit l’histoire avec le scénariste Gilles Laurent, auquel il présentera le synopsis de Giorgino ébauché à dix-huit ans. Tous deux travailleront  sa réécriture pendant quatre ans. C’est avec Gilles Laurent que Boutonnat écrira le scénario de Sans Logique, et surtout concevra le spectacle dont la tournée et le film sont déjà en projet en 1988. 

Depuis que le cinéaste produit lui-même ses courts-métrages, il peut se permettre des budgets colossaux, comme celui nécessaire à la réalisation de Sans Logique (1989) qui aura nécessité un aménagement coûteux des studios d’Arpajon. C’est avec le même système de financement qu’il produira la tournée qui va lui permettre de sublimer son univers en l’extrapolant sur une scène. C’est notamment pour cela qu’il crée le 19 janvier 1989 la société Heathcliff S.A. qui lui permettra de produire la tournée et ses prochains films. Après un essai transformé à Saint-Étienne puis deux semaines au Palais Des Sports de Paris, le spectacle parcourra la France en 60 dates dont deux au Palais Omnisports de Paris-Bercy. Laurent Boutonnat, au delà de la mise en scène et des arrangements, pense au film qu’il tirera de cette tournée. Il crée le 26 octobre 1989 à l’occasion de la sortie du double album En concert une société d’édition phonographique « Requiem Publishing » qui édite depuis, toutes les productions de Boutonnat sans exception. La sortie en salles et sur vidéo du film du spectacle se fera finalement le 25 septembre 1990. Suite à la sortie de En concert, Laurent Boutonnat écrit les dix musiques du prochain album de Mylène Farmer: L’Autre. Il profite du tournage de Désenchantée et de Regrets en Hongrie en février 1991 pour faire des repérages pour Giorgino avec le décorateur Pierre Guffroy. Se consacrant essentiellement à la préparation du long-métrage, les années 1992 et 1993 verront débuter le tournage des scènes d’extérieur du film dans le parc slovaque des Tatras auxquelles suivront les plans d’intérieur aux studios Barrendov de Prague.

 

En mai 1993, le montage et l’écriture de la musique succèderont au tournage. Laurent retournera pour l’occasion dans l’État Tchèque pour en enregistrer la musique. L’exceptionnelle longueur de la post-production due en partie au perfectionnisme de son auteur s’achèvera en août 1994. Après 8 années de travail, Giorgino sort enfin sur les écrans le 5 octobre 1994. Abattu par la critique et sorti au mauvais moment, le film est un échec.

 

 Décidément décisif dans la carrière de Boutonnat, l’échec le conduit à des revirements complets. Celui de Giorgino sera de trop, plongeant son auteur dans le désespoir le plus profond. Après un an sans nouvelle production, qu’elle soit musicale ou audiovisuelle, la suite de son travail montrera une absence totale de continuité. Laurent Boutonnat composera onze musiques pour l’album Anamorphosée annonçant le retour de son interprète fétiche. Suite à ça il co réalisera un autre film de concert Live à Bercy avec François Hanss, son assistant de longue date. 

Le succès commercial de ce film (pourtant uniquement exploité en circuit de cassettes vidéos) n’aura d’égal que l’échec artistique que nous seront forcés de constater. Les nombreux faux raccords involontaires et la superficialité affichée de l’imagerie renient outrageusement le perfectionnisme dont Boutonnat était autrefois capable. Laurent Boutonnat refuse depuis toute interview et toute diffusion de Giorgino, voulant visiblement faire de son long métrage un film maudit. Le film sera tout de même contractuellement diffusé en novembre 1995 sur la chaîne Canal Plus, qui participa à sa production. Boutonnat attendra 1997 avant de reprendre réellement la caméra pour l’ancienne actrice Nathalie Cardone, sa nouvelle égérie avec laquelle il réalisera quatre clips. Il crée pour elle une société de production le 19 juin 1997 : « Calliphora S.A. » et laisse peu à peu en désuétude les sociétés Heathcliff S.A. et Toutankhamon qui cessera même ses activités en 1997. En mai 1999 sort l’album de Mylène Farmer Innamoramento comportant treize titres dont neuf composés par Laurent Boutonnat, mais il n’en signera aucun clip. Le 10 mai 2000 il étend toutefois ses activités financières en fondant LB Société Civile Immobilière qui s’occupe d’achat et de location de biens immobiliers.

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 L’échec qui accompagna toute la carrière de Boutonnat provoqua chez lui deux réactions contraires selon les époques. Alors que son insuccès dans le cinéma l’incita dans sa jeunesse à persévérer dans la voie cinématographique, il ne put se remettre du fiasco commercial de Giorgino qui le fit stopper toute réalisation ambitieuse. Aujourd’hui  Mylène Farmer et Laurent Boutonnat dirigent toujours la société d’éditions phonographiques Requiem Publishing qui produira en mai 2000 une nouvelle chanteuse pour adolescents : Alizée. Laurent Boutonnat écrira pour elle les chansons de ses deux albums et tournera trois clips : Moi… Lolita, Parler tout bas et J’ai pas vingt ans. Ayant cessé sa collaboration avec Nathalie Cardone, il continue néanmoins la composition des chansons de Farmer et réalisera même pour elle deux derniers clips Les Mots et Pardonne-moi, renouant une dernière fois avec leur univers des années 80. En mars 2001 sortent pour la seconde fois sur support numérique l’intégrale des clips que Laurent Boutonnat a tournés pour elle.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 

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Vagues adaptations de ROMANS dans les chansons de Mylène

Posté par francesca7 le 31 juillet 2014

 

 Outres les deux adaptations de contes que sont Tristana et Sans Contrefaçon, clips respectivement transposés de Blanche-Neige et les sept nains et Pinocchio, Laurent Boutonnat se sert de certains classiques littéraires comme base de récit de certains de ses clips. Le réalisateur est un habitué de la transposition et aucune histoire venue de ses références littéraires n’est donc traitée dans l’époque ni dans les lieux originaux. La sortie du clip Beyond my control en 1992 est présentée par la presse comme une adaptation des Liaisons Dangereuses (Choldernos De Laclos – 1782). On notera que Boutonnat fait visiblement abstraction de l’adaptation cinématographique par Stephen Frears (1988) pour s’attacher au roman lui seul. Dans un décor épuré, seuls un bûcher et un lit à baldaquins ressortent d’un fond noir.

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Dans un mélange a-chronologique d’images sanguinolentes et parfois érotiques, le récit d’un homme trompant sa femme puis la vengeance de celle-ci est montré en alternance par des scènes réalistes et des allégories éloignées du roman d’origine. 

Par exemple lorsque la femme s’aperçoit qu’elle est trompée, la trahison dont elle se sent victime est imagée par son incinération sur un bûcher au-dessus duquel elle est ligotée telle une sorcière au temps de l’inquisition. Une scène montrera l’époux volage dévoré par deux loups, dont on comprendra qu’ils étaient les outils de la vengeance de la femme trompée. L’histoire racontée de manière anachronique fait écho aux paroles de la chanson qui, elles non plus, ne suivent pas l’ordre chronologique de l’action. Le texte lui-même commence par les pensées de la femme venant d’accomplir sa vengeance :

 

« Je ne comprends plus pourquoi j’ai du sang sur les doigts. Dors en paix je

t’assure, je veillerais ta sépulture mon amour. »

 

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Une fois l’homme mort, la femme vengée échappera aux flammes du bûcher à présent éteint, mais sera l’objet de sa propre vengeance en s’apercevant que les loups qu’elle avait lâchés sont encore affamés et l’attendent au bas de son piédestal. Depuis très longtemps absent dans les clips de Boutonnat, le play-back fait ici une courte réapparition lorsque le personnage de la chanteuse, découvrant une femme blonde dans les bras de son mari, le regarde pour lui promettre sa terrible vengeance : « Lâche. C’est plus fort que toi. Toujours en cavale, tu nous fais du mal. Ne t’éloigne pas de mes bras. » 

En 1999 Laurent Boutonnat écrit Moi…Lolita pour sa nouvelle égérie. Alors qu’il n’avait pas reconstruit de personnage particulier pour les clips de Nathalie Cardone dont il s’est occupé de 1997 à 1998, il crée pour Alizée un rôle de jeune fille proche de la Lolita de Vladimir Nabokov (1955). Le clip commence sur une scène significative : un homme d’environ vingt-cinq ans court après une fille d’à peu près quinze sur une route de rase campagne. Le plan filmé caméra à l’épaule donne d’emblée l’impression d’une course poursuite d’un violeur après sa victime. 

Or l’homme qui finit par rattraper Lolita lui déclare timidement sa flamme. En réponse la jeune fille lui demande « deux cents Francs » et plante aussitôt son personnage, entre une enfant innocente qui plait à ses aînés et une fillette vénale profitant de l’atout de sa jeunesse. Dans le clip, l’enfant fugue en compagnie de sa petite sœur de leur foyer où règne une mère tyrannique. Après avoir traversé les champs d’orge pour rejoindre le bus qui les emmène à la ville, Lolita fait usage des deux cents Francs gagnés plus tôt pour entrer dans une discothèque. A l’intérieur elle deviendra l’objet de tous les regards grâce à une danse suggestive. La fin du clip verra l’arrivée dans la discothèque du garçon du début du clip, qui suivra Lolita et sa sœur à leur sortie au petit jour, jusqu’à la route de campagne qui les reconduira chez elles. Comme pour Beyond my control, le réalisateur fait ici aussi abstraction du film de Kubrick pour s’attacher au roman. Il ira même jusqu’à reprendre la diction décrite dans le livre lorsqu’il est question du prénom de l’enfant et de ses surnoms « Lo ou bien lola, du pareil au même », puis lui fait plusieurs fois épeler son nom, en décomposant : « Lo, Li, Ta ». Références évidentes à un passage célèbre du roman original :

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« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta : le

bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour venir, à trois, cogner

contre les dents. Lo. Li. Ta. Elle était Lo le matin, Lo tout court, un mètre

quarante-huit en chaussettes, debout sur un seul pied. Elle était Lola en pantalon.

Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolorès sur le pointillé des formulaires. Mais

entre mes bras, c’était toujours Lolita. »

 

   Rejoindre  » La Vie Devant Soi  » pour parler de Mylène

 

 EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

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Mylène F. et analyse de Mon Ange

Posté par francesca7 le 13 juin 2014

Splendeur d’une sensualité moite

Mylène F. et analyse de Mon Ange dans Les Clips de Mylène monange06    L’éternel ciel orageux qui semble plomber la création de Laurent Boutonnat depuis l’échec de Giorgino est on-ne-peut-plus-présent. Cette fois un vent humide emporte avec lui une pluie fine et des feuillages. Il n’y a pas de sol, juste un ciel devant lequel se dresse une silhouette illuminée d’éclairs, une femme encapuchonnée d’une longue cap rouge dont elle se défait. On devine le soleil derrière les nuages, on le voit ce rayon blanc qui éclaire le visage renversé de la femme aux cheveux longs. Avant Parler tout bas et Pardonne-moi Boutonnat use déjà de pellicule noir & blanc à de courts moments pour parcourir le corps de son égérie avec un grain fort sur le support argentique, il le fera par la suite sur les poupées du clip d’Alizée puis sur le corps dansant dans la poussière de Mylène Farmer.

 

 

monange15 dans Mylène et SYMBOLISME

 

« Malgré les doutes et les médisances
Malgré la peur, malgré les souffrances
Je pense que l’on avait rendez-vous »
 

« Alors cette fois je veux rester
Ne plus croire que si j’aime
On va m’abandonner »

 

    On est proche ici du Saudade d’Etienne Daho réalisé par Philippe Gautier (1991), dans la fusion de la nature, là bas du jeune homme étendu dans la rosée au milieu des insectes, ici de la femme généreuse évoluant dans une humidité omniprésente où s’accouplent des chevaux trempés jusqu’aux os. Les éléments naturels chez Laurent Boutonnat, et plus particulièrement la pluie, jouent des rôles centraux. Non seulement la pluie agit toujours en personnage propre, influant les agissements des personnages,  mais elle est souvent teinte d’une couleur divine, si bien que  les héros de Boutonnat ne s’en protègent même pas, et la subissent comme ils se feraient à une malédiction qu’ils mériteraient. Le marionnettiste de Sans Contrefaçon (1987) ne se protège pas de l’averse torrentielle qui s’abat sur lui, il n’aura de regard que pour son pantin tombé dans la boue. Si les vieux de Sans Logique (1989) font semblant de se retirer à cause des gouttes de pluie qui commencent à tomber, c’est pour mieux cacher leur déception devant l’échec de leur rejeton, agonisant sous leurs yeux. La pluie sur Marie à la fin de Giorgino (1994) a même un effet révélateur, c’est en divagant pieds nus sous l’orage qu’elle tombera entièrement et définitivement dans sapropre folie. La pluie encore dans Parler tout bas (2001) où Alizée reste dans sa chambre d’enfant éventrée et abandonnée à l’eau qui tombe du ciel. On la retrouvera plus tard sous la même averse lorsqu’elle enterrera son ours en peluche. La pluie enfin dans Hasta Siempre (1997) où déjà Nathalie Cardone ne faisait qu’un avec l’élément pluie pour porter à la révoltion tout un peuple qui emmène avec sa colère les tourments du ciel. 

 

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   Ici le réalisme n’est pas à propos, et ne le sera d’ailleurs plus jusqu’à Moi…Lolita trois ans plus tard. Boutonnat se met déjà à parler avec sa propre langue, avec ses propres références (les chevaux piétinant deAllan, la robe de Beyond my control, le climat de Sans Logique). Rien de nouveau en somme, c’est vrai. Mais quelles images ! Images naturalistes de cheveux qui ondulent au vent alors que la pluie les humidifie et les alourdie peu à peu, images d’une femme dans son élément, dont la sensualité ne peut que s’exprimer dans un environnement aussi violent.

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La réussite Laurent Boutonnat et Mylène

Posté par francesca7 le 11 avril 2014

 

Bio5Laurent Boutonnat, de son état-civil complet Laurent Pierre Marie Boutonnat, est un musicien, auteur-compositeur,producteur et réalisateur français né le 14 juin 1961 à Paris.

Son premier long métrage, La Ballade de la féconductrice, un film fantastique comportant des scènes d’une rare violence, n’est diffusé que deux semaines dans une salle parisienne. Le film est interdit aux moins de 18 ans — son auteur n’en a alors que 17 — mais est néanmoins projeté au marché du film de Cannes.

La rencontre avec Mylène Farmer

À 20 ans, il compose avec Jérôme Dahan la musique de Maman a tort et cherche une chanteuse pour l’interpréter. Il pense d’abord à Lio, mais le projet n’aboutira pas. Ensuite, il repère une jeune fille d’une quinzaine d’années mais y aurait finalement renoncé pour des raisons juridiques. Lors d’un casting, il tombe alors sous le charme d’une comédienne en herbe, séduit immédiatement par son « air psychotique ». « C’était elle. On ne l’avait pas encore entendue chanter mais je savais que c’était elle ». Mylène Farmer sort alors son premier 45 tours en mars 1984. La chanson bénéficie d’un vidéo-clip tourné pour la modique somme de 5 000 FRF. Depuis lors, le tandem Farmer-Boutonnat est inséparable.

Fort du succès de ce premier single, Laurent Boutonnat écrit et compose la majorité des chansons du premier album de la chanteuse, Cendres de lune, paru en 1986. Le second extrait, Plus grandir, introduit ce qui fera en partie le succès de la chanteuse : les vidéo-clips, que Laurent Boutonnat réalisera désormais en 35 mm, comme de véritables petits films avec génériques, bandes originales et avant-premières.

Le succès

La consécration n’intervient réellement qu’en 1986 avec le troisième extrait de Cendres de luneLibertine et son vidéo-clip inspiré de Barry Lyndon, succès confirmé par le single suivant, Tristana dont le clip est nommé aux Victoires de la musique. Laurent Boutonnat et Mylène Farmer, qui forment alors un couple à la ville, créent la société Toutankhamon SA.

Au printemps 1988, sort l’album Ainsi soit je…, entièrement composé par Boutonnat qui délaisse l’écriture au profit de Mylène Farmer. L’album est un triomphe (1 800 000 ventes). Ils tournent les clips de Sans contrefaçon (avec Zouc), Ainsi soit je…Pourvu qu’elles soient douces ([Libertine II], qui sera le plus long vidéo-clip scénarisé français : 17 min),Sans logique et À quoi je sers, qui entérinent le personnage de la chanteuse. Il met également en scène sa première tournée en 1989, et réalise le film En concert, toujours en 35 mm, qui sort l’année suivante.

En 1991, Boutonnat compose les musiques de L’Autre, le troisième album de Mylène Farmer, et réalise les clips de DésenchantéeRegrets et Je t’aime mélancolieDésenchantéeconnaît un énorme succès, et permettra à l’album de dépasser les deux millions de copies. Elle a également été la chanson française la plus diffusée dans le monde en 2004 selon la SACEM. Le vidéo-clip de Beyond my control (1992), censuré pour son contenu trop explicite, est le dernier réalisé par Laurent Boutonnat pour Mylène Farmer jusqu’en2001.

La réussite Laurent Boutonnat et Mylène dans Les Clips de Mylène Giorgino4Giorgino

En 1994, il réalise son rêve en tournant Giorgino (avec Mylène Farmer dans le rôle principal). L’atmosphère très sombre et la durée du film (3 heures) n’attirent pas les spectateurs, qui lui préfèrent Forrest GumpPulp Fiction ou encore Léon. Blessé par l’échec de son film, le réalisateur en rachète les droits et en empêchera toute diffusion. Il finira cependant par céder à la pression d’un public fidèle à son univers (des pétitions pour la sortie du film circulaient sur Internet) et, fortifié par le succès de Jacquou le Croquant, décidera d’éditer Giorgino en DVD, 13 ans après sa sortie en salles.

Retour musical

Début 1995, il participe à la composition de l’album Anamorphosée de Mylène Farmer, au son plus rock. Il travaille également à la conception de la tournée qui suit, et qu’il immortalise dans Live à Bercy (1997).

En 1997, il devient le producteur et compositeur de Nathalie Cardone, qui connaît un grand succès avec sa reprise de Hasta Siempre. Il participe à son premier album éponyme, et réalise les clips des singles PopulaireMon ange et Baila si.

En 1999, sort Innamoramento de Mylène Farmer, album qu’il compose en grande partie. Cependant, il ne participe pas à la conception du Mylenium Tour qui suit la sortie de l’album.

En 2000, il coproduit avec Mylène Farmer la jeune chanteuse Alizée, compose pour elle la musique de Moi… Lolita et réalise le clip. La chanson est un succès mondial (plus de2 millions de ventes), suivie par un album triomphal, Gourmandises, lui aussi signé Farmer/Boutonnat.

En 2001, il reprend la caméra pour Mylène Farmer et réalise les clips de Les Mots et Pardonne-moi. Il réalise également les clips d’Alizée Parler tout bas et J’ai pas vingt ans ainsi que son second album, Mes courants électriques. En 2003, il met en scène le spectacle de la jeune corse et reçoit la même année le Grand Prix de l’Auteur-Réalisateur de l’Audiovisuel, décerné par la SACEM. Il réalise l’année suivante un clip pour un jeune chanteur, Kamal Kacet, Ifkis. Laurent produit par ailleurs l’album de ce dernier, « Larmes noires ».

Troisième film

AlbumAvantQueLombreSmall dans Mylène AutrementEn 2005, sort Avant que l’ombre…, le sixième album de Mylène Farmer dont il compose la quasi-totalité des musiques. Il participe aussi, en association avec la chanteuse, à la mise en scène du spectacle Avant que l’ombre… À Bercy. Parallèlement, il entame le tournage de son nouveau long-métrage, une adaptation du roman d’Eugène Le Roy Jacquou le croquant, qui sortira en France le 17 janvier 2007. Moins sombre que Giorgino, le film reçoit un accueil plus chaleureux, et atteint le million d’entrées.

En 2008, il compose les musiques de Point de Suture, le septième album de Mylène Farmer, et participe à la direction artistique de son Tour 2009 (qui passera notamment par le Stade de France).

En 2011, il compose les musiques des deux inédits de 2001-2011 Du temps et Sois moi-be me, le deuxième best of de Mylène Farmer, ainsi que le clip du premier single inédit Du temps.

En 2012, il compose les musiques de Monkey Me, neuvième album de Mylène Farmer.

Filmographie

Clips

1984 : Mylène Farmer - Maman a tort

Concerts - Composition

Il est en outre l’arrangeur musical de tous les albums.

Compositions annexes pour Mylène Farmer : L’annonciation (1985), Puisque… (1988), Dernier Sourire (1989), À quoi je sers… (1989), La veuve noire (1989), Mylène is calling(1991), Que mon cœur lâche (1992), Effets secondaires (1999), L’histoire d’une fée, c’est… (2000), Devant soi (2007) (Bande originale de Jacquou le Croquant), C’est pas l’heure(2010) (en duo avec Line Renaud).

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Une séparation des 2 compères FARMER/BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 20 février 2014

 

« Nous n’allons pas continuer à faire ceci impunément. Un jour on va le payer très cher, parce que nous perdons conscience de la violence, de la noirceur, de la morbidité ».

Citation Laurent BOUTONNAT – mai 1989

téléchargement (3)Après le mauvais moment de la sortie de Giorgino, Laurent Boutonna aurait vécu une période très dure sur laquelle nous ne nous attarderons pas. Les tournages du film s’étant mal passé avec Mylène Farmer (un technicien ayant révélé à la presse les violentes prises de bec entre les deux acolytes), Laurent Boutonnat décide en accord avec la chanteuse de mettre un terme à leur collaboration cinématographique. Laurent Boutonnat déclarera 13 ans plus tard (en décembre 2007) par une phrase insérée dans le livret du DVD : « A un moment donné, vous n’écoutez pas ce que vous devriez entendre, de l’extérieur, de certaines personnes. Peut-être foncez-vous avec des œillères… Comme j’étais très volontaire, mon entourage était sans doute impressionné et laissait faire. ce que j’ai compris avec Giorgino c’est aussi à entendre, à écouter ».

MYLENE Farmer s’exile alors seule à Los  Angeles et commence à écrie quelques chansons. Laurent boutonnat viendra la rejoindre en mars 1995 et lui composera 11 musiques qui lui serviront pour l’album Anamorphosée. Ils ont depuis visiblement décidé de travailler conjointement (par la composition) mais sans renouer avec l’épreuve des tournages. Laurent Boutonnat ne réalisera plus aucun clip pour Mylène Farmer jusqu’en 2001, se contentant en 1996 de co-réaliser Live à Bercy avec François Hanss, son assistant de longue date. Mylène Farmer travaillera avec des réalisateurs qui tourneront pour elle des clips plus laconiques. Marcus Nispec et Abel Ferrara se démarqueront totalement du « style Boutonnat » tandis que François Hanss , Mickaël Haussman et Shing Siu-Thung s’inspireront ouvertement de certains des courts-métrages de Laurent comme plus Grandir, sans Contrefaçon ou Tristana. Le cascadeur Mario Luraschi, qui a souvent collaboré avec Laurent boutonnat fait appel à lui pour composer la musique de son premier long métrage (le Pèlerin) en  1998, qu’a produit Luc Besson. Le résultat s’approche un peu de la musique de Giorgino, avec aussi des sons empruntés au Vertige qu’il a composé pour Mylène Farmer quelques mois auparavant.

Laurent Boutonnat refus toute interview et diffusion de Giorgino, voulant visiblement faire de son long métrage un film maudit. Le film sera tout de même contractuellement diffusé en novembre 1995 sur Canal Plus. Boutonna attendra 1997 avant de reprendre réellement la caméra pour l’ancienne actrice Nathalie Cardone pour laquelle il réalisera 4 clips. Ils ne sont pas mauvais mais ne feront pas beaucoup parler d’eux, car n’apportant rien de plus à son œuvre et à son univers déjà complet. Le succès international que connaître Hasta Siempre ne se répercutera ni sur les singles suivants, ni sur l’album sorti en mars 2000.

« Giorgino n’est pas sorti en DVD car c’est une histoire qui a été assez difficile à vivre. Ce film n’a pas marché du tout. A l’époque, j’avais presque financé moi-même 80 % de ce film donc i a fallu rebondir. J’ai pu en fait récupérer les droits de ce film, d’exploitation vidéo etc… et à ce moment-là, je n’avais qu’une envie, c’était de prendre les droits, les mettre dans un tiroir et ne plus jamais en entendre parler. C’est aussi simple que ça. Peut-être qu’un jour, je le sortirai en DVD. Peut-être après un autre fils… Voilà »

déclaration de  Laurent Boutonnat, conférence de presse, décembre 2004.

 

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Décor Boutonnat-Farmer

Posté par francesca7 le 11 février 2014

 

images (19)Mylène écrit le texte de Plus Grandir sur une musique de Laurent. Celui-ci réalisera le clip dans lequel ont retrouvera des traces de sont éducation religieuse chez les jésuites. C’est Polydor, fraîchement racheté par le mastodonte Universal, qui décide de miser sur Mylène et Laurent alors qu’ils n’ont encore aucun succès à leur actif. La confiance est là et il en faut un minimum pour pouvoir progresser. Justement, cela viendra très vite avec le premier album de Mylène Farmer Cendres de lune sorti en 1986, presque entièrement conçu par Laurent. Il signe la pochette, la musique et quasiment toutes les paroles. Le clip phare de l’album réalisé également par ses soins est bien sur Libertine. Sa diffusion est favorisée par l’arrivée récente des nouvelles chaînes privées française comme la musicale TV6 (ancêtre d’M6). C’est sur TV6 que le grand public a pu découvrir les images sulfureuses du clip. Le titre fait la meilleure entrée dans le top 50 télévisé par Canal + en se plaçant directement 43ème. D’autres chansons moins connues telles Vieux bouc ou Chloé restent inoubliables. Le truc de Laurent vient des instruments et notamment des samplers. Il leur donne d’ailleurs des petits noms comme « Les moines fous du Tibet » pour désigner des chants grégoriens ou plus tard « Paul Ramirez del piu » représentant sur les prochains albums des sons créés par Laurent (flûtes, harpes, percussions, bagpipes). Les albums se suivent, Ainsi soit je… puis l’autre… Laurent qui instruit lui-même ses claviers un a nouveau programmateur: Patrice Rouillon-Tersoff de Gironville. C’est homme au pseudonyme à coucher dehors sort en fait de l’imagination de Laurent car c’est lui seul qui est au commandes. Ce délire fait peut-être rire Laurent uniquement mais si ça lui plaît…  

 

Le décor Boutonnat-Farmer est désormais planté. Fin 1987 marque la sortie du second album Ainsi soit je… et Laurent profite de l’occasion pour créer sa propre société de production discographique, Toutankhamon SA (qui a cessé depuis toute activité). TV6 est défunte mais le clip Sans contrefaçon fait bien plus que son bonhomme de chemin sur d’autres chaînes. Ainsi soit je crée également l’événement. Puis vient le tour de Pourvu qu’elles soient douces. C’est la consécration avec un film durant pas moins de 17 »52. Ce clip écrit par Gilles Laurent  sera nominé aux victoires de la musique. C’est ce même Gilles Laurent qui travaillera sur les ébauches du film Giorgino que Laurent Boutonnat lui présente. Ils collaboreront ensemble sur le long métrage pendant quatre ans. Une proposition de financement du film eut lieu puis vite abandonnée. Laurent décide alors de remanier l’histoire du film. Il prépare ensuite la future scène de Mylène pendant qu’elle s’occupe de la promotion de l’album. Laurent Crée la société Heahtcliff SA qui lui permettra de produire la tournée ainsi que ses prochains films. Le Tour 89 est lancé et pendant deux semaines se joue à guichets fermés au Palais des Sports de Paris. Le spectacle se déplacera ensuite pour soixante dates dont deux à Bercy compte tenu du succès parisien rencontré à la porte de Versailles. Laurent emploie les grands moyens et filme le spectacle durant deux soirs à Bruxelles. D’autres scènes seront ajoutées plus tard au film du concert.

6 octobre 1989 : Laurent et Mylène lancent la société Requiem Publishing qui édite depuis tous les disques de Mylène. L’album L’autre… est justement en préparation. Puis vient le temps des tournages comme Désanchantée en dans le froid hongrois du mois de février 1991. Laurent y prend des repérages pour son prochain film Giorgino. C’est Laurent Boyer qui réservera à Mylène et à l’album un accueil promotionnel chaleureux dans son « Fréquenstar »sur M6. Laurent sera nominé pour la troisième fois aux victoires de la musique en tant que réalisateur pour le clip Désanchantée. Dans cet album, il y a un duo inattendu avec Jean-Louis Murat pour le titre Regrets, qui fait l’objet d’un clip.

images (20)1992 : Laurent se consacre principalement à son film Giorgino. Il tournera néanmoins les clip Je t’aime mélancolie et Beyond my control. Ce dernier sera le dernier clip pour Mylène pendant quelques années. Le tournage de Giorgino débute en décembre 92. Mars 1993 marque le montage et l’écriture de la musique, après un tournage éprouvant et épuisant. Laurent retourne en Europe de l’est afin d’enregistrer la musique avec l’orchestre philharmonique de Pragues. La post production de Giorgino se terminera en août 1994. Après deux ans de travail, le film au cinéma le 5 octobre 94. Le film et Laurent sont littéralement descendus par la critique. Le succès, lui, est plus obscure que les salles et ne se présente pas au rendez-vous. Laurent est profondément blessé et cela va se ressentir dans la relation professionnelle qu’il entretien avec Mylène. Le duo décide d’arrêter leur collaboration cinématographique en préservant le côté musical. Mylène part seule en Californie et Los Angeles devient sont nouveau lieu d’inspiration.

 

Mars 1995 : Départ de Laurent pour la cité des anges. Il rejoint Mylène et lui compose la musique du futur album Anamorphosée. Laurent ne réalisera pas les clips. Trève de commentaires sur l’esthétisme et la collaboration avec Marcus Nispel (nous avons évidemment été habitués à mieux) il y a quand-même la griffe humoritique de Luc Besson qui mettra Que mon cœur lâche en images.

 

1997 : Laurent Boutonnat, qui privilégie un temps son côtéaffairiste à  sa carrière artistique, fonde Caliphora S.A, une société de production dédiée à sa nouvelle égérie Nathalie Cardone. Une décision professionnelle qui n’a pas manqué de froisser Mylène. Une crise s’installe entre les deux compères. Par ailleurs, exit les autres sociétés de Laurent Boutonnat, Heathcliff et Toutankhamon qui cesse leurs activités. C’est la valse des créations d’entreprises puisque Mylène produit désormais ses disques via Stuffed Monkey. 

 

1999 : Innamoramento sort, c’est le cinquième album studio de Mylène. Laurent y compose neuf titres. L’album est comme pour les quatre premiers un succès et sécoule à plus d’un million d’exemplaires. Laurent ne réalisera là encore aucun clip de l’album et se révèlera absent de la tournée le Mylenium Tour. Il ne réalisera donc pas le film du concert laissé aux bons soins de François Hanss. L’entourage proche ainsi que des fans se posent des questions concernant la continuité de leur relation.

 

2000: Laurent étend ses activités d’homme d’affaires en créant L.B Société Civile Immobilière qui gère la vente de biens immobiliers. Laurent souhaiterait-il tourner la page artistique? Cela pourrait le laisser penser car c’est quand-même un tournent radical! Rien à craindre car Laurent et Mylène produisent en mai la toute jeune Alizée via la société Requiem Publishing. Mylène écrit les textes et Laurent se charge de la musique. L’albumGourmandises sort en juillet soit deux semaines avant Innamoramento.

 

2004 : Laurent est de retour sous un nouveau jour, il produit le nouvel album de Kamal Kacet, un artiste kabile. Puis c’est le grand départ pour le tournage de son dernier long métrage, une adaptation du roman d’Eugène Le Roy, Jacqou le Croquant dont la sortie en salles est prévue pour le 12 octobre 2006. C’est un défi et une quête de reconnaissance pour laurent, après l’échec cuisant de Giorgino. Il a un talent atypique certes mais qui doit sortir de l’ombre. Justement, Avant que l’ombre… est le prochain album de mylène et laurent travaille avec elle en studio. Il assurera également la conception et la régie des concerts de janvier 2006 à Paris-Bercy. La scène sera si grandiose qu’elle ne pourra être transportable et restera donc plusieurs dates  au même endroit. C’est l’effervescence, Laurent, frénétique, se trouve au milieu d’une armée d’ingénieurs du son et dansotte, prend des notes, rallume sa pipe parmi les ordinateurs, les consoles et la technique digne d’un épisode de Star Wars.

 

2007 : Le 17 janvier marque la sortie de Jacqou le Croquant, avec un peu de retard mais il faut bien ça pour Laurent l’alchimiste perfectionniste. Ce film est une très belle œuvre et la consécration est cette fois au rendez-vous.

  

Mylène Farmer incarne la plus belle rencontre de Laurent Boutonnat. Leur relation, très intense, a donné lieu à de nombreuses rumeurs sur une éventuelle liaison amoureuse. Celle-ci n’a cependant jamais été confirmée. Il s’agirait plutôt d’un affectif « frère – sœur ».

 

Si Laurent Boutonnat est incontestablement un grand réalisateur français et un compositeur exceptionnel, il n’a pas obtenu une place de choix auprès des médias, de la profession et du grand public. Mais désire-t-il vraiment être acclamé et adulé comme certaines mégastars du show biz ? Bien sur que non, ce n’est pas dans son tempérament. Laurent a gardé son âme d’adolescent prodige et il a besoin qu’on comprenne ses créations, juste d’un peu de reconnaissance.

 

extrait d’un article de Stéphane Pichet sur http://www.myleniumarte.eu/

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La rencontre avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 7 février 2014

 

La rencontre avec Mylène Farmer dans Mylène Autrement BoutonnatPhoto03À 20 ans, il compose avec Jérôme Dahan la musique de Maman a tort et cherche une chanteuse pour l’interpréter. Il pense d’abord à Lio, mais le projet n’aboutira pas. Ensuite, il repère une jeune fille d’une quinzaine d’années mais y aurait finalement renoncé pour des raisons juridiques. Lors d’un casting, il tombe alors sous le charme d’une comédienne en herbe, séduit immédiatement par son « air psychotique ». « C’était elle. On ne l’avait pas encore entendue chanter mais je savais que c’était elle ». Mylène Farmer sort alors son premier 45 tours en mars 1984. La chanson bénéficie d’un vidéo-clip tourné pour la modique somme de 5 000 FRF. Depuis lors, le tandem Farmer-Boutonnat est inséparable.

Fort du succès de ce premier single, Laurent Boutonnat écrit et compose la majorité des chansons du premier album de la chanteuse, Cendres de lune, paru en 1986. Le second extrait, Plus grandir, introduit ce qui fera en partie le succès de la chanteuse : les vidéo-clips, que Laurent Boutonnat réalisera désormais en 35 mm, comme de véritables petits films avec génériques, bandes originales et avant-premières.

La consécration n’intervient réellement qu’en 1986 avec le troisième extrait de Cendres de luneLibertine et son vidéo-clip inspiré de Barry Lyndon, succès confirmé par le single suivant, Tristana dont le clip est nommé aux Victoires de la musique. Laurent Boutonnat et Mylène Farmer, qui forment alors un couple à la ville, créent la société Toutankhamon SA.

Au printemps 1988, sort l’album Ainsi soit je…, entièrement composé par Boutonnat qui délaisse l’écriture au profit de Mylène Farmer. L’album est un triomphe (1 800 000 ventes). Ils tournent les clips de Sans contrefaçon (avec Zouc), Ainsi soit je…Pourvu qu’elles soient douces ([Libertine II], qui sera le plus long vidéo-clip scénarisé français : 17 min), Sans logique et À quoi je sers, qui entérinent le personnage de la chanteuse. Il met également en scène sa première tournée en 1989, et réalise le film En concert, toujours en 35 mm, qui sort l’année suivante.

En 1991, Boutonnat compose les musiques de L’Autre, le troisième album de Mylène Farmer, et réalise les clips de DésenchantéeRegrets et Je t’aime mélancolieDésenchantée connaît un énorme succès, et permettra à l’album de dépasser les deux millions de copies. Elle a également été la chanson française la plus diffusée dans le monde en 2004 selon la SACEM. Le vidéo-clip de Beyond my control (1992), censuré pour son contenu trop explicite, est le dernier réalisé par Laurent Boutonnat pour Mylène Farmer jusqu’en 2001.

Début 1995, il participe à la composition de l’album Anamorphosée de Mylène Farmer, au son plus rock. Il travaille également à la conception de la tournée qui suit, et qu’il immortalise dans Live à Bercy (1997).

En 1997, il devient le producteur et compositeur de Nathalie Cardone, qui connaît un grand succès avec sa reprise de Hasta Siempre. Il participe à son premier album éponyme, et réalise les clips des singles PopulaireMon ange et Baila si.

En 1999, sort Innamoramento de Mylène Farmer, album qu’il compose en grande partie. Cependant, il ne participe pas à la conception du Mylenium Tour qui suit la sortie de l’album.

En 2000, il coproduit avec Mylène Farmer la jeune chanteuse Alizée, compose pour elle la musique de Moi… Lolita et réalise le clip. La chanson est un succès mondial (plus de 2 millions de ventes), suivie par un album triomphal, Gourmandises, lui aussi signé Farmer/Boutonnat.

En 2001, il reprend la caméra pour Mylène Farmer et réalise les clips de Les Mots et Pardonne-moi. Il réalise également les clips d’Alizée Parler tout bas et J’ai pas vingt ans ainsi que son second album, Mes courants électriques. En 2003, il met en scène le spectacle de la jeune corse et reçoit la même année le Grand Prix de l’Auteur-Réalisateur de l’Audiovisuel, décerné par laSACEM. Il réalise l’année suivante un clip pour un jeune chanteur, Kamal Kacet, Ifkis. Laurent produit par ailleurs l’album de ce dernier, « Larmes noires ».

En 2005, sort Avant que l’ombre…, le sixième album de Mylène Farmer dont il compose la quasi-totalité des musiques. Il participe aussi, en association avec la chanteuse, à la mise en scène du spectacle Avant que l’ombre… À Bercy. Parallèlement, il entame le tournage de son nouveau long-métrage, une adaptation du roman d’Eugène Le Roy Jacquou le croquant, qui sortira en France le 17 janvier 2007. Moins sombre que Giorgino, le film reçoit un accueil plus chaleureux, et atteint le million d’entrées.

MONKEY 2913En 2008, il compose les musiques de Point de Suture, le septième album de Mylène Farmer, et participe à la direction artistique de son Tour 2009 (qui passera notamment par le Stade de France).

En 2011, il compose les musiques des deux inédits de 2001-2011 Du temps et Sois moi-be me, le deuxième best of de Mylène Farmer, ainsi que le clip du premier single inédit Du temps.

En 2012, il compose les musiques de Monkey Me, neuvième album de Mylène Farmer.

 

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Mylène et Boutonnat

Posté par francesca7 le 26 février 2013

Mylène et Boutonnat dans Mylène AU FIL DES MOTS 4Laurent Boutonnat
S’il est sans aucun doute LA rencontre de la vie de Mylène Farmer, jamais une histoire amoureuse entre Mylène Farmer et Laurent Boutonnat, son complice de toujours, n’a été confirmée par qui que ce soit. On sait pourtant qu’ils ont vécu ensemble vers les années fin 80 – début 90. On sait aussi que leur relation a connu une petite « crise » en 1997, lorsque Laurent Boutonnat a produit la chanteuse Nathalie Cardone, et accessoirement… s’est mis en couple avec ! Mylène, qui disait dans les années 80 : « Si un jour Laurent composait pour une autre, je ne lui pardonnerais pas », n’apprécie pas du tout… En 1999, elle prépare sa troisième tournée (Mylenium Tour) sans Laurent, qui du coup boude le spectacle pendant les premières représentations. Il n’est venu le voir qu’après 3 mois de tournée, lorsque Mylène est passée à Paris-Bercy le 13 décembre 1999. Il se dit qu’il aurait été très impressionné par le spectacle que sa complice de toujours avait concocté sans lui, et qu’il serait allé la voir dans sa loge après le concert, pour des retrouvailles très intenses… 

Suite à cela, Mylène et Laurent ont continué leurs collaborations artistiques main dans la main, totalement en phase l’un avec l’autre. Au-delà de la complicité artistique tout à fait unique qui lie les deux personnages (et sur laquelle nous ne reviendrons pas en détails ici – nous nous invitons plutôt à consulter tout le reste du site !), on peut dire aujourd’hui qu’ils continuent à développer des liens d’affection particulièrement forts, parlant régulièrement et jusqu’à aujourd’hui, l’un comme l’autre, de « soeur » et « frère jumeau ».

2 dans Mylène en CONFIDENCES

Voyez comme ils parlent l’un de l’autre sur notre page qui y est consacrée ici :

Quand Laurent parle de Mylène… 

« On recherchait quelqu’’un au moment où on avait fait cette chanson avec un ami, qui était « Maman à tort ». Et le jour où Mylène est arrivée, elle était parfaite quoi ! C’était le personnage. [Elle avait pas tellement l’air] pervers, c’est plutôt… psychotique, je dirais. Quelqu’’un d’un peu renfermé, comme ça… …. ça a été elle tout de suite, quoi. Avant même de l’entendre chanter. »

Antenne 2 Midi (Antenne 2), le 01.09.1986

« C’est un vrai bonheur [de travailler avec Mylène en tant qu’actrice] parce qu’elle se laisse guider, ce qui n’est pas souvent le cas de tous les acteurs qui ont un peu peur de se laisser guider. »

Le journal du cinéma (Canal+), le 05.10.1994

« Avec Mylène, j’ai l’habitude de dire qu’on est nés ensemble. Aujourd’hui, elle est devenue pour moi comme une sœur, tant sur le plan artistique qu’affectif. »

Propos recueillis par Jean-Rémy Gaudin-Bridet pour Télé Star, 2007.

 

5 dans Mylène et des CRITIQUESQuand Mylène parle de Laurent…


  « [Il] a fait […] ses premiers pas dans le cinéma à seize ans. Il a réalisé un long-métrage qui était parti à Cannes et […] qui avait eu quelques petits déboires et maintenant réalise […] des films publicitaires. C’est plus alimentairement, et puis c’est vrai que c’est un bon exercice de toute façon. »

Azimut (FR3 Lorraine), le 25.06.1986

« On s’est rencontrés et lui est compositeur, donc, a une passion pour la musique, pour le cinéma également, […] et donc m’a proposé avec une autre personne la première chanson, qui était « Maman à tort ». Et puis, voilà, nous travaillons ensemble. […] Vous parliez de mentor tout à l’heure, pour moi c’est surtout un admirable metteur en scène, dans toute sa généralité. »

Antenne 2 Midi (Antenne 2), le 01.09.1986

« C’est vrai que je travaille en permanence avec [Laurent] pour le meilleur et pour le pire ! »

Top 50 (Canal+), le 06.09.1986

« Être extérieure [au processus de fabrication d’un clip], ça je ne peux pas. Je travaille avec Laurent quant au scénario, et puis après ma foi, c’est lui qui [s’occupe] du cinéma à proprement parler. Et puis après, c’est un travail d’équipe »

La vie à plein temps (FR3 Pyrénées), le 07.04.1987

« Je crois que ma vraie naissance c’était le jour où j’ai enregistré « Maman à tort ». C’est le jour où j’ai rencontré cette personne qui est Laurent Boutonnat, qui est donc également le réalisateur de mes clips, qui est également compositeur. C’est le jour où j’ai pu naître, oui, c’était une naissance. […] Cette rencontre avec Laurent, moi je la qualifie du domaine de l’exceptionnel, c’est-à-dire les rencontres qu’on a très peu dans sa vie, qu’on doit privilégier. C’est vrai que cette rencontre avec Laurent, c’était extraordinaire pour moi parce que c’est quelqu’un qui a énormément de talent dans beaucoup de domaines, qui a des choses qui l’attirent, qui moi m’attirent, des choses qu’on a en commun. Et c’est fascinant de trouver un personnage comme ça. Voilà, donc Mylène Farmer c’est un peu de moi, c’est certainement un peu de Laurent Boutonnat, c’est beaucoup de choses. »

Lazer (M6), en 05.1987

« [Laurent] aime l’hémoglobine, oui. »

Panique sur le 16 (TF1), le 19.11.1987

  « Laurent Boutonnat travaille pour des films publicitaires, et tout spécialement pour l’étranger. Il a des commandes surtout par les Etats-Unis. […] En France, […] il en a fait quelques-unes, mais j’ai oublié d’ailleurs. [C’est lui qui a fait tous les clips] depuis le début. »

Nulle part ailleurs (Canal+), le 23.11.1987

« On a dit Pygmalion, mentor… et je ne sais…  Je crois qu’’il y a une complicité énorme et une complémentarité, surtout. […] J’ai suivi des cours de théâtre, donc je voulais être actrice. Et puis j’ai rencontré Laurent Boutonnat. Moi j’appelle ça la chance des rencontres. Y a peu de rencontres dans sa vie…   C’est beaucoup plus tard qu’il m’a présenté son premier film qu’’il avait réalisé à l’âge de seize ans qui s’appelait « Le voyage de la féconductrice » (ndlr : il s’agit d’une erreur de Mylène, le véritable titre étant « La ballade… ») et qui était même passé à Cannes, je crois.   Il avait pillé des fonds, je crois, le porte-monnaie de son papa et de sa maman !   C’est vrai qu’’en France, on vous demande toujours des références. C’est vrai que le premier que je citerai, c’est Laurent Boutonnat, c’est normal parce que c’est vraiment quelqu’’un que j’aime et je pense qu’’il sera un des grands, grands, grands réalisateurs de demain. »

Nulle part ailleurs (Canal+), le 07.10.1988

1

« Je sais pas si on peut parler de hasard. Ce sont des rencontres comme ça qui existent. C’est en tout cas une bonne étoile, en ce qui me concerne ! »

Clip Dédicace (M6) le 08.10.1988

« C’est un homme qui a un physique romantique, c’est un homme qui a ses névroses, qui a, je crois, beaucoup de talent et qui aime particulièrement la musique et le cinéma, je crois, et qui aurait envie et qui va réaliser un premier long-métrage. »

Fréquenstar (M6) le 22.03.1989

« C’est une bonne étoile. Ce sont des rencontres dans la vie comme on en a peu, certainement. Pour moi, c’est une rencontre magique par rapport à bien évidemment plein de choses, mais également par rapport au cinéma et à l’image, à sa façon de l’imaginer, de la créer. »

J.T. de 20 Heures (M6) le 18.05.1989

 
« Tous les deux, nous sommes nés de la même chose. Donc c’est quelque chose de très fort et très beau, en tout cas pour ma vie. »

Pour un clip avec toi (M6) le 07.04.1991

« Il est vrai qu’’il est certainement plus rassurant pour moi que de commencer [au cinéma] avec Laurent Boutonnat puisque je connais sa caméra, et que j’aime définitivement son univers, sa façon de filmer, sa poésie […]. Et je crois que je suis heureuse que d’avoir commencé avec lui pour un premier long-métrage. »

Ciné 6 (M6) le 02.10.1994

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« Notre rencontre a quand même été très très forte et capitale dans notre vie. Donc il est difficile, non pas d’envisager un autre univers, [mais de] ne pas prolonger cet univers. »

19/20 (France 3) le 04.10.1994

« Je crois que c’est la rencontre d’avec Laurent Boutonnat qui a été fondamentale pour ma vie et, je le suppose, pour la sienne. Et donc, c’est la rencontre d’un univers qui est le même dans le fond – des passions communes, des goûts communs. »

J.T. de 20 Heures (TF1) le 04.10.1994

« C’est un excellent réalisateur. C’est quelqu’’un qui aime l’image, […] qui a une jolie narration. J’aime son travail en tout cas. »

Mylène Farmer XXELLE (Musique Plus – Québec) le 05.10.1996

« Je voudrais remercier Laurent Boutonnat. Si ma route n’avait pas croisé la [sienne], je crois que je ne serais pas là, j’en suis même sûre. »

NRJ Music Awards 2000 (TF1) le 22.01.2000

6

 

 

 

 

 

 

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Monkey Me, critique de l’album

Posté par francesca7 le 21 décembre 2012

Mylène Farmer : ’Monkey Me’, critique de l’album

Le nouvel album de Mylène Farmer, Monkey Me, vient de sortir. N’écoutant que notre conscience professionnelle, nous nous sommes attelés à son écoute pour en faire une critique titre par titre, la plus objective possible… Nous avons également donné la parole à David, un fan de la première heure, gage de pluralisme et occasion d’une chronique à 4 mains.

Elle a dit :

 Monkey Me, critique de l'album dans Mylène et des CRITIQUES illogical-nobody-knowsL’avis d’Evous : Pour nous, l’un des meilleurs titres de l’album. Une jolie mélodie, rehaussée d’un sautillant piano sur le refrain. Une dance de facture classique, au rythme mid-tempo. Côté texte, Mylène évoque l’amour lesbien : « Elle a dit qu’elle aime, elle a dit aussi le monde est tel que l’on fuit le bruit et les sarcasmes (…) Mais Quoiqu’elle en dise, elle aime une fille. » 

A l’ombre

 L’avis d’Evous : Passons sur l’intro, atroce. Le beat appuyé et lourd apporte un certain charme à ce single. Les couplets sont prometteurs, mais le refrain manque malheureusement d’entrain et le tout peine à s’envoler. Une déception, comme l’avait été Dégénération en son époque. 

 L’avis du fan : Bon premier single, même si je regrette encore une fois le synthé. Le clip est superbe. La signature Boutonnat ne fait aucun doute.

Monkey Me

 L’avis d’Evous : La chanson-titre du disque. Une direction très pop-rock à la Instant X et des paroles tournant autour de la double identité : « Là, c’est un autre moi, c’est Monkey Me. L’animal-là, je connaissais pas un Monkey moi… » Pas désagréable mais pas un tube non plus. 

 L’avis du fan : Une intro qui ressemble fort à Devant soi, chanson issue de la B.O. de Jacquou le croquant. Mais cela reste un des très bons morceaux de l’album. 

Tu ne le dis pas

 L’avis d’Evous : « Mais où va le monde ? », se demande la chanteuse sur un refrain 100% boutonnesque. La composition se rapproche en effet de Appelle mon numéro, en un peu plus dansant. On en passerait presque à côté de la noirceur du texte, rempli de « naufrage », de « tombe »et de monde qui « s’écroule »

 L’avis du fan : C’est du 100% Farmer. Tout ce qu’aime un fan de la première heure. Cela ne s’explique pas. 

Love Dance

 L’avis d’Evous : Les petits chanceux qui avaient pu écouter l’album en avant-première nous avaient prévenus : Love Dancen’a guère d’intérêt. La création de Laurent Boutonnat s’inscrit dans le genre dance 90’s qu’il semble affectionner. Mais ce sont surtout les paroles qui font lever les yeux au ciel. « Love me do. Me do love you. Me too / If you say so… La la la la la. Won’t let me go ! Lupo lupo, mon meli melo… » 

 L’avis du fan : Le gros bémol et ce qui reste un mystère : les quelques sons qu’utilise parfois Boutonnat. Les sons des années 80 sont loin ou bien changez de synthé ! On dirait du Alizée. Mais le pire dans tout ça, c’est qu’on l’imagine bien en single ! 

Quand

 L’avis d’Evous : La lenteur de ce titre et l’incursion du saxophone sur son bridge donnent un côté plus adulte et « qualitatif » à un album dominé par la dance music. Un temps de respiration bienvenu. A noter qu’ici aussi, la rythmique peut évoquer certaines ballades enregistrées pendant les années 1990. 

 L’avis du fan : Touchante, simple, efficace, musique excellente. Je pense que Boutonnat excelle surtout dans les balades.

J’ai essayé de vivre…

a-lombre1-300x200 dans Mylène et mes BLABLAS L’avis d’Evous : Le duo Farmer / Boutonnat dans ce qu’il a de plus caractéristique. Le compositeur livre une piste pop-dance, avec un refrain propice aux envolées de l’interprète. Cette dernière signe un texte obscur et mystérieux, sur lequel bon nombre de fans se perdront en conjectures. 

 L’avis du fan : Les riffs de guitares sont superflus mais j’aime beaucoup.

Ici bas

 L’avis d’Evous : Encore une production musicale sans surprise. En revanche, les paroles s’avèrent plus intéressantes. L’auteure s’y présente avec une sincérité désarmante, évoquant l’absence douloureuse de l’être aimé : « Je rentre chez moi, tu n’es pas là. Que suis-je sans toi ? (…) Drôle de vie qui fait, pauvre de moi, un pantin de bois. » Mais la star n’y parlerait-elle pas plutôt de la relation qui l’unit à son public ? « J’existe pour qu’on m’aime », confesse-t-elle finalement. 

 L’avis du fan : Nathalie Cardone, sors de ce corps ! Attention, insulte !

http://www.evous.fr/Mylene-Farmer-Monkey   

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Symbolique de Mon Ange de Mylène F.

Posté par francesca7 le 1 septembre 2012

 

Splendeur d’une sensualité moite

Symbolique de Mon Ange de Mylène F. dans Mylène et SYMBOLISME mylene-farmer-diabolique-mon-ange-400x300    L’éternel ciel orageux qui semble plomber la création de Laurent Boutonnat depuis l’échec de Giorgino est on-ne-peut-plus-présent. Cette fois un vent humide emporte avec lui une pluie fine et des feuillages. Il n’y a pas de sol, juste un ciel devant lequel se dresse une silhouette illuminée d’éclairs, une femme encapuchonnée d’une longue cap rouge dont elle se défait. On devine le soleil derrière les nuages, on le voit ce rayon blanc qui éclaire le visage renversé de la femme aux cheveux longs. Avant Parler tout bas et Pardonne-moi Boutonnat use déjà de pellicule noir et blanc à de courts moments pour parcourir le corps de son égérie avec un grain fort sur le support argentique, il le fera par la suite sur les poupées du clip d’Alizée puis sur le corps dansant dans la poussière de Mylène Farmer.  

« Malgré les doutes et les médisances
Malgré la peur, malgré les souffrances
Je pense que l’on avait rendez-vous »

« Alors cette fois je veux rester
Ne plus croire que si j’aime
On va m’abandonner »

 

     On est proche ici du Saudade d’Etienne Daho réalisé par Philippe Gautier (1991), dans la fusion de la nature, là bas du jeune homme étendu dans la rosée au milieu des insectes, ici de la femme généreuse évoluant dans une humidité omniprésente où s’accouplent des chevaux trempés jusqu’aux os. Les éléments naturels chez Laurent Boutonnat, et plus particulièrement la pluie, jouent des rôles centraux. Non seulement la pluie agit toujours en personnage propre, influant les MF2000_141a-300x199 dans Mylène et SYMBOLISMEagissements des personnages,  mais elle est souvent teinte d’une couleur divine, si bien que les héros de Boutonnat ne s’en protègent même pas, et la subissent comme ils se feraient à une malédiction qu’ils mériteraient. Le marionnettiste de Sans Contrefaçon (1987) ne se protège pas de l’averse torrentielle qui s’abat sur lui, il n’aura de regard que pour son pantin tombé dans la boue. Si les vieux de Sans Logique (1989) font semblant de se retirer à cause des gouttes de pluie qui commencent à tomber, c’est pour mieux cacher leur déception devant l’échec de leur rejeton, agonisant sous leurs yeux. La pluie sur Marie à la fin de Giorgino (1994) a même un effet révélateur, c’est en divagant pieds nus sous l’orage qu’elle tombera entièrement et définitivement dans sa propre folie. La pluie encore dans Parler tout bas (2001) où Alizée reste dans sa chambre d’enfant éventrée et abandonnée à l’eau qui tombe du ciel. On la retrouvera plus tard sous la même averse lorsqu’elle enterrera son ours en peluche. La pluie enfin dans Hasta Siempre (1997) où déjà Nathalie Cardone ne faisait qu’un avec l’élément pluie pour porter à la révolution tout un peuple qui emmène avec sa colère les tourments du ciel.  

    Ici le réalisme n’est pas à propos, et ne le sera d’ailleurs plus jusqu’à Moi…Lolita trois ans plus tard. Boutonnat se met déjà à parler avec sa propre langue, avec ses propres références (les chevaux piétinant de Allan, la robe de Beyond my control, le climat de Sans Logique). Rien de nouveau en somme, c’est vrai. Mais quelles images ! Images naturalistes de cheveux qui ondulent au vent alors que la pluie les humidifie et les alourdie peu à peu, images d’une femme dans son élément, dont la sensualité ne peut que s’exprimer dans un environnement aussi violent.  

  Le clip de Mon Ange reste méconnu, peut-être le plus secret avec celui de Populaire. Peu de passages télévisés malgré un bon succès commercial et aucun support en vente si ce n’est la vidéo promotionnelle destinée aux chaînes télévisées, qu’on peut d’ailleurs encore trouver dans quelques magasins de collectionneurs. L’ensemble des quatre clips que Laurent Boutonnat aura réalisé pour Nathalie Cardone vont pourtant dans une même direction, ont une homogénéité qui fait de cette petite oeuvre de quatre films le testament d’une sensualité de femme. Une femme qui tour à tour se bat, se débat, puis s’abandonne.

 

Signé J.S.M http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

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Laurent Boutonnat

Posté par francesca7 le 1 août 2012


Laurent Boutonnat dans Mylène et L'ENTOURAGE jt12

Laurent Boutonnat, de son état-civil complet Laurent Pierre Marie Boutonnat, est un musicien, auteur-compositeur et réalisateur français né le 14 juin 1961 à Paris.

A 20 ans, suivant sa fascination pour le morbide et ses facilités en écriture, Laurent entame l’écriture d’un livre sur l’infanticide. Dans le même temps, Laurent réalise quelques publicités pour se faire un peu d’argent.

Un soir, accompagné d’un ami, Jérôme Dahan, il commence l’écriture d’une chanson ayant pour sujet l’enfance. Le lendemain, Jérôme Dahan a écrit la musique. Ils viennent alors de faire naître Maman a tort.
Laurent délaisse peu à peu son projet de livre sulfureux qui ne sera finalement jamais achevé. Les deux compères se lancent alors à la recherche de leur chanteuse. Mais il leur faut quelqu’un de bien particulier, les paroles de la chanson n’étant pas familières au paysage musical de l’époque.
La folie, l’abandon, le saphisme, autant de sujets peu abordés et plutôt tabous en ces temps, qui feront le succès de cette chanson.

MF99_45a-225x300 dans Mylène et L'ENTOURAGELes deux compères auditionnent une cinquantaine de jeunes filles et tomberont finalement sur Mylène. Laurent la choisira immédiatement, sans même l’avoir entendue chanter, à cause de son « air psychotique », comme il leur confessera plus tard dans une interview pour un journal télévisé. Le clip de « Maman a tort » sera tourné avec un budget de 5 000 Francs (460 €). La chanson sortira dans le commerce en mars 1984, et connaîtra un succès honorable, grâce à la promotion organisée par Bertrand Lepage, le manager de Mylène à l’époque.

Le duo Dahan-Boutonnat écrira plus tard deux autres chansons pour Mylène. « On est tous des imbéciles », qui sortira en 45 tours avec pour face B « L’annonciation », (chanson beaucoup plus Bouto-Farmerienne que la face A de ce vinyle) qui sera un échec. Déçu par l’accueil que reçu la chanson, et RCA (la maison de disques de l’époque) ne renouvelant pas le contrat avec le duo, Laurent se sépare de Jérôme Dahan, avec qui il est en désaccord sur la suite à donner à la carrière de Miss Farmer.

Un peu au hasard, Mylène écrit les paroles de Plus grandir, sur une musique de Laurent. Polydor (racheté par Universal) décide de miser sur Mylène et Laurent pour trois albums (et ils ont bien fait !), alors même que le duo n’a pour l’instant aucun véritable succès à son actif. Cela viendra très vite avec le 1er album de la rousse, « Cendres de Lune », sorti en 1986, conçu quasi-entièrement par Laurent Boutonnat.

Il signe la musique, presque toutes les paroles, et la pochette. Avec les photos de l’album, il commence à créer le « mythe Farmer« . Dans le livret de ce premier album, Laurent commence à se créer un délire (qu’il n’a toujours pas cessé !), en inventant des pseudonymes pour certains instruments, qui sont en réalité des samples ou des sons synthétiques. Il crée notamment pour cet album « Les Moines fous du Tibet », pour nommer des chants Grégoriens !

Sur les albums qui suivirent, un certain Pol Ramirez Del Piu fait son apparition. Il s’agit en fait des sons crées par Laurent, mais cet homme sera crédité pour les flûtes, les percussions, la harpe (sur L’Autre), les bagpipes ( ?!) et cymbalum (sur Innamoramento), le xylophone (sur Avant que l’Ombre…), etc…
Mieux, alors que c’est toujours Laurent lui-même qui s’occupe de programmer ses claviers, il s’invente un programmateur imaginaire sur l’album « L’Autre », qu’il appellera Patrice Rouillon Tsernoff de Gironville !!! Sûrement un délire qui fait beaucoup rire Laurent…

C’est pendant la promo de Cendres de Lune que Laurent veut monter son 2e long métrage dont il a écrit le script deux ans plus tôt. Il commence donc sa préparation, mais le succès inattendu de sa collaboration avec Mylène l’occupera trop pour finaliser ce projet.
« Cendres de Lune » contient quand même d’énormes tubes comme « Libertine » (et son clip inoubliable ; le 45 tours sortira en même temps que l’album), ainsi que d’autres chansons moins connues mais tout aussi notables, telles « Vieux bouc » et « Chloé ».

L’album sera applaudi par les critiques, « le décor Farmer-Boutonnat » est désormais planté.
La deuxième édition de l’album sortira 1 an plus tard, en 1987, avec cette fois « Tristana ». Laurent sera nominé cette même année aux Victoires de la Musique pour le clip de « Tristana ».
« Cendres de Lune » sorti dans le commerce, Mylène et Laurent s’attèlent déjà à l’écriture du second album « Ainsi soit je… » qui sortira fin 1987. Laurent crée pour l’occasion sa première société de production discographique, Toutankhamon S.A. (qui a cessé depuis ses activités).                                                                                                                                          

Le clip de « Sans Contrefaçon » créera l’évènement, suivront ensuite Ainsi soit je…, puis le mythique clip « Pourvu qu’elles soient douces » (racontant la suite du clip de Libertine). Véritable petit film (il est le 2e clip le plus long du monde !), le clip sera nominé aux Victoires de la Musique.
Le scénario du clip fût écrit avec Gilles Laurent, à qui Boutonnat présentera le synopsis du film ébauché lorsqu’il avait 18 ans : « Giorgino ». Ils travailleront dessus durant 4 ans. Une proposition de financement pour le film eut lieu, finalement abandonnée. Laurent décide alors de remanier l’histoire du film.
Pendant que Mylène effectue la promotion de l’album, Laurent prépare sa future scène. Il crée alors Heathcliff S.A. , ce qui lui permettra de produire la tournée et ses prochains films. Pendant 2 semaines le Tour 89 se jouera à guichets fermés au Palais des Sports à Paris. Le spectacle se déplacera ensuite pour 60 dates, dont 2 à Bercy, compte tenu du succès parisien.

1-196x300Laurent quant à lui, filmera durant deux soirs (à Bruxelles) le spectacle, avec de gros moyens. D’autres scènes seront tournées dans les environs d’Arpajon, qui seront plus tard intégrées au film du concert. Le montage durera 1 an.

Le 26 octobre 1989, Laurent et Mylène créent (à l’occasion de la sortie du CD et de la VHS En Concert) une société d’éditions phonographiques : Requiem Publishing. Cette société édite depuis tous les disques de Mylène… Parallèlement à la sortie du « En Concert », Laurent écrit déjà les musiques du prochain album, L’Autre. Pendant les tournages de Désenchantée et Regrets en Hongrie (en février 91), il prend des repérages pour son prochain long métrage Giorgino. Le réalisateur sera nominé pour la 3e fois aux Victoires de la Musique pour le clip de Désenchantée.  

 

En 1992, Laurent se consacrera majoritairement à la préparation de Giorgino (décors, casting, etc…). Il tournera néanmoins « Je t’aime mélancolie » et « Beyond my control », qui sera son dernier clip pour Mylène avant de nombreuses années.

En décembre 92 débute le tournage de Giorgino (d’abord les scènes d’extérieur en Hongrie, puis les plans d’intérieur en Slovaquie). Mars 93, montage et écriture de la musique, après un tournage éprouvant. Laurent retourne justement en Europe de l’est, afin d’enregistrer la musique avec l’orchestre philharmonique de Prague. La post-production de Giorgino se terminera en août 1994, soit plus d’un an après la fin du tournage. Laurent, sans doute trop perfectionniste se perdra dans les méandres. Après 2 années de travail, « Giorgino » sort enfin en salles le 5 octobre 1994. Laurent, tout comme le film, seront littéralement descendus par la critique et échoueront auprès du public. Un film trop long, et sans doute trop sombre pour le grand public, mais esthétiquement magnifique, du pur Boutonnat !

L’accueil réservé à « Giorgino » blesse profondément Laurent et la relation qu’il entretient avec Mylène a également souffert durant le tournage. Le duo décide alors de stopper pour l’instant leur collaboration cinématographique, mais en maintenant bien sûr le côté musical.

Mylène s’exile alors en Californie, seule, et commence à écrire quelques chansons. Laurent viendra la rejoindre en mars 1995 et lui composera la musique du futur album : « Anamorphosée ». Laurent ne réalisera pas les clips de l’album (dommage, devoir « subir » ceux de Marcus Nispel, merci bien…), ne revenant à la réalisation pour Mylène qu’en 1996, pour le Live à Bercy, dont le film fût conçu avec François Hanss, son assistant depuis longtemps.

En 1998, le cascadeur Mario Lurashi (qui a souvent collaboré avec le duo Farmer-Boutonnat), fait appel à Laurent pour composer la musique de son premier long métrage, « Le Pèlerin ». Le résultat se rapproche de la B.O de « Giorgino », avec des sons empruntés à « Vertige », qu’il a composé quelques mois auparavant pour Mylène. Laurent refuse les interviews et la diffusion de Giorgino, voulant visiblement oublier ce film. Il rachète même les droits, afin, et il le dira lui-même 10 ans plus tard, de mettre dans un tiroir cette histoire et ne plus jamais en entendre parler. Le film a tout de même été diffusé en novembre 1995 sur Canal +, avant que Laurent ne rachète les droits de diffusion. Boutonnat ne reprendra vraiment la caméra qu’en 1997 pour réaliser quelques clips pour Nathalie Cardone (Hasta Siempre, Populaire, etc..).         

Laurent a semble t-il à ce moment là, privilégié sa carrière d’homme d’affaires, plutôt que son côté artistique. En effet, il fondera une société de production pour Nathalie Cardone (Calliphora S.A.), le 19 juin 1997. Il délaisse peu à peu Heathcliff S.A. et Toutankhamon, qui cessera ses activités en 1997. Mylène produira désormais elle-même ses disques, via sa société de production Stuffed Monkey.

En mai 1999 sort « Innamoramento« , le 5e album studio de Mylène Farmer. Laurent composera 9 titres pour cet opus. L’album est, comme les 4 premiers, un succès, et s’écoulera à plus d’un million d’exemplaires. Laurent ne réalisera là encore aucun clip de l’album, et se révèlera absent de la tournée Mylenium Tour. Il ne réalisera donc pas le film du concert, laissé aux mains de François Hanss.

Le 10 mai 2000, Laurent étend ses activités financières en créant LB Société Civile Immobilière, qui s’occupe de la vente de biens immobiliers. Strictement rien à voir avec le penchant artistique de Laurent !!!

 

En mai 2000, Mylène et Laurent produisent la petite Alizée, via leur société Requiem Publishing. Mylène écrira les textes d’Alizée et Laurent se chargera de la musique. Il réalisera également le clip de « Moi…Lolita ». Le disque sortira le 4 juillet 2000, soit deux semaines avant la sortie d’ »Innamoramento ».

En mars 2001 sortent pour la seconde fois en numérique, l’intégrale des clips de Mylène Farmer, avec un meilleur son et une meilleure image que les supports édités auparavant. En revanche, le « Tour 89″ n’a toujours pas le droit à une sortie DVD, et « Giorgino » reste introuvable dans le commerce.

Laurent reprend la caméra pour Mylène en 2001, afin de réaliser le clip « Les Mots » et celui de « Pardonne-moi ». Il s’occupe aussi des clips d’Alizée (« Parler tout bas », « J’ai pas vingt ans »). La mise en scène du spectacle d’Alizée à l’automne 2003 sera également signée par Laurent. En novembre de la même année, Mylène et Laurent auraient eu d’assez grosses difficultés financières avec leurs sociétés immobilières et leurs sociétés de production, le « Pôle de Européen de gestion et d’économie » mettant son nez dans les comptes des entreprises.

 

En 2004, un peu de nouveau pour Laurent… Il produit l’artiste kabyle Kamal Kacet et son nouvel album.

mylene-du-temps-300x195Il part ensuite en tournage pour son nouveau film, une adaptation du roman Jacquou le Croquant. La sortie du film en salles est prévue pour le 12 octobre 2006. Gageons que Laurent sera enfin reconnu par le grand public et par la profession… Un si grand talent ne peut rester dans l’ombre !!! Toujours en 2004, Laurent fait également entrer Mylène en studio pour son nouvel album, Avant que l’Ombre…  Il assurera également la conception du spectacle et la régie, pendant les 13 concerts de janvier 2006, au Palais Omnisports de Paris-Bercy. C’est d’ailleurs là qu’un journaliste du quotidien Libération a observé minutieusement l’attitude de Laurent : « Le compositeur Laurent Boutonnat, entouré d’une armée d’ingénieurs du son et d’informaticiens avec ordinateurs portables, fait soudain des gestes sur une partition imaginaire. Dansotte, prend des notes, prend des notes, rallume sa pipe, descend une énième bouteille d’eau. Puis, derrière sa console, redevient aussi imperturbable qu’un ingénieur de Kraftwerk. Le Pygmalion observe sa créature. Arrivé à ce point du concert, on a toujours pas saisi le phénomène.[…]« 

En 2005, sort Avant que l’ombre…, le sixième album de Mylène Farmer dont il compose la quasi-totalité des musiques. Il participe aussi, en association avec la chanteuse, à la mise en scène du spectacle Avant que l’ombre… À Bercy. Parallèlement, il entame le tournage de son nouveau long-métrage, une adaptation du roman d’Eugène Le Roy Jacquou le croquant, qui sortira en France le 17 janvier 2007. Moins sombre que Giorgino, le film reçoit un accueil plus chaleureux, et atteint le million d’entrées.

En 2008, il compose les musiques de Point de Suture, le septième album de Mylène Farmer, et participe à la direction artistique de son Tour 2009 (qui passera notamment par le Stade de France).

En 2011, il compose les musiques des deux inédits de 2001-2011 Du temps et Sois moi-be me, le deuxième best of de Mylène Farmer, ainsi que le clip du premier single inédit Du temps.

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Mylène, De Chair et de Sang

Posté par francesca7 le 31 décembre 2011

Livre Mylène Farmer, De chair et de sang

 Mylène Farmer : De chair et de sang

Titre: De chair et de sang

Auteur: Annie et Bernard Reval

Édition: France-Empire

Type de livre: Biographie

Aspect physique: Livre Broché

Poids: 388 g

Dimensions: 16 cm x 24 cm

Date de parution: 06 septembre 2004

Prix Fnac: 19 €


De chair et de sang – Biographie d’Annie et Bernard Reval

Pour écrire la biographie Mylène Farmer, De chair et de sang, Annie et Bernard Reval (biographes de vedettes de la chanson) ont rencontré de nombreuses personnes de l’entourage de Mylène Farmer : professionnel, amis d’enfance et même d’autres vedettes.

 

Présentation de l’éditeur

Une chanson à nulle autre pareille marque l’année 1984. Maman a tort est le premier succès d’une jeune femme qui va bientôt se hisser au sommet des hits : Avec Libertine, Plus grandir, Tristana, Sans contrefaçon, Pourvu qu’elles soient douces, Désenchantée, Ainsi soit Je…,  » Mylène la flamboyante « ,  » Mylène la sulfureuse « , a bâti une des plus belles carrières de la chanson française. Sa réussite est due au travail et au talent, mais aussi à son Pygmalion, Laurent Boutonnat. Cultivant le secret, contrôlant de très près la communication, le couple construit au fil des ans, hors des sentiers battus, un personnage auréolé de mystère qui atteint, pour ses fans, la dimension d’un mythe. Jusqu’à ce jour, aucun livre n’avait retracé avec autant de précision la vie et la carrière de la chanteuse. Pour la première fois ses amis retrouvés ont accepté de raconter  » Mylène Gautier « , la jeune fille simple et rieuse qu’ils ont côtoyée avant sa gloire, bien éloignée de l’icône qu’elle est devenue. Confidences originales également de ceux qui ont croisé ou partagé sa route et qui parlent enfin, longuement : Jean-Louis Murat, Sophie Tellier, Christophe Mourthé, Nathalie Cardone et tant d’autres… musiciens, photographes, techniciens qui l’ont accompagnée dans sa  » jeune carrière  » de vingt ans. Annie et Bernard Réval ont reconstitué l’histoire, foisonnante de détails, d’une artiste pas comme les autres dont ils livrent la face cachée l’enregistrement des premières chansons, les coulisses des concerts, la réalisation des clips, le tournage du film Giorgino… Première biographie complète, l’ouvrage présente, au-delà des apparences, une Mylène Farmer de chair et de sang.

Biographie de l’auteur

Enfants du spectacle, passionnés par la chanson française, Annie et Bernard Réval sont déjà les auteurs, aux éditions France-Empire, de Barbara une si belle histoire, Aznavour le roi de cœur, Gilbert Bécaud jardins secrets, Claude Nougaro états d’âmes, Jean-Jacques Goldman tout simplement.

 

http://www.amazon.fr/Myl%C3%A8ne-Farmer-chair-Annie-R%C3%A9val/dp/2704809852

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Histoire du clip de Moi… Lolita

Posté par francesca7 le 16 octobre 2011

 

 

Histoire du clip de Moi… Lolita dans Mylène et ALIZEE 1126-5s-430x360-Croppedc’est la première fois en huit ans que Laurent Boutonnat a pour mission de coller des images et une histoire sur un texte de Mylène Farmer. Après avoir composé la musique de Moi… Lolita et lui avoir laissé le soin d’écrire les paroles, Laurent Boutonnat réalise  assez tardivement ce clip très attendu. Bien qu’il tourne comme à sa grande époque, en pellicule 35 mn, il ne travaille plus avec la même bande de copains tels Carine Sarfati pour les costumes ou Jean-Pierre Sauvaire pour la lumière. 

 

 

Ce clip est bien sûr éloigné de ceux que Laurent Boutonnat réalisait pour Mylène Farmer il y a huit ans. Ce qui est étrange en revanche, c’est qu’il est aussi éloigné de ceux qu’il faisait pour Nathalie Cardone il n’a pas encore si longtemps…. Pour elle il avait soit renoué avec ses mises en scène à grand spectacle, soit donné dans le laconique qui jouait essentiellement sur une certaine image de la chanteuse ou le ciel nuageux de Mon Ange (1999). 

 

En rase campagne, un homme d’une trentaine d’année court après une jeune fille de quinze ans. Elle s’arrête. L’homme est gêné, visiblement très impressionné par la jeune Lolita. Il lui déclare sa flamme et il veut juste savoir si elle l’aime. Les regards sont tendres, la déclaration sincère. La réponse de Lolita est celle-ci : « T’as pas 200 francs ? Merci, je te les rendrai ? ». Dans cette introduction de clip, Laurent Boutonnat vient de nous présenter le personnage de Lolita. En une phrase on sait à qui a à faire. Tout le reste du film ne sera qu’une longue confirmation. Les 200 francs en poche, Lolita rentre chez elle sans un regard pour le garçon amoureux. Il restera sur la route, attendant un nouveau signe de vie de la mineur dont il est tombé amoureux. Se prostitue-telle ? Lui a-t-elle laissé croire un possible amour ? Lolita est tout simplement une fille qu’o aime regarder, et à qui on donnerait tout. On reconnaît à son arrivée dans la cours de sa maison le vocabulaire de Laurent Boutonnat. Le léger travelling avant latéral qu’il utilise pour introduire un lieu rappelle ceux de l’orphelinat de Giorgino (1994) ou celui de la maison cubaine d’Hasta Siempre (1997). Sa mère lave le linge et sa petite sœur de 6 ans est assise sur les marches de la maison (telle « poulette » dans l’auberge de Giorgino). La mère s’avance de Lolita pour l’insulter, lui faire de violentes remontrances quand à sa tenue et son retard. Lolita prend sa sœur, se change et part à travers les champs avec elle. Elles rejoindront le bus qui les amènera en ville. L’homme aura beau courir, il ne parviendra pas à le rejoindre avant son départ. Il pourra juste apercevoir la jeune fille partir dans son bus, par les vitres arrières. 

 

alizee_-_moi_lolita dans Mylène et ALIZEELe soir même, elle est dans une discothèque où, au milieu des filles sur-maquillées et très peu vêtues, elle danse sans se cacher d’être la plus jeune en ce lieu. Peu à peu tous les regards convergeront vers elle. Qu’elle danse au milieu de la piste ou qu’elle se remaquille dans les toilettes, autant les hommes que les femmes tombent sous le charme, dans sa petite robe légère, on ne peu t rien faire d’autre que de l’aimer. Lolita a posé sa petite sœur sur un tabouret de bar où elle regarde sa grande sœur devenir un phénomène. 

 

L’homme de la campagne est là. Il vient d’entrer dans la discothèque où il regarde médusé Lolita qui danse au milieu des gens âgés de dix ans de plus qu’elle. Lolita n’y prête pas attention, le principal pour elle semble être le nombre de regards qu’elle attire, et non pas leur identité. La petite sœur se met maintenant elle aussi à danser sur son tabouret en regardant Lolita sur la piste. On verra finalement les deux sœurs rentrer au petit matin, main dans la main, sur une route de campagne. C’est cette petite l’unique objet de son attention. La petite dira juste à sa sœur : « Moi, je suis un peu fatiguée ». Pas de réponse ; elles s’en vont toutes deux au loin, l’homme amoureux est encore là derrière qui suit Lolita, et qui la suivra probablement longtemps… 

 

 

hqdefaultOutre les mouvements de caméra et des images rappellent Giorgino, on peut aisément pousser le raisonnement beaucoup plus loin en ayant pour ligne de mire la comparaison entre ce titre et le film. Tout d’abord, les paroles ne peuvent que recréer une certaine paranoïa qui nous rappelle celle de Catherine : »C’est pas ma faute ». On peut aussi étendre certaines phrases à l’autisme dont elle était victime : « Quand je donne ma langue au chat, ils sont tous prêt à se jeter sur moi ». C’est aussi Lolita qui « rêve de loups », alors que c’est précisément ce qu’on reprochait à Catherine ; qui aurait rêvé aux loups lors de la noyade des orphelins. Quant à l’intro du titre, au violon, il rappelle le thème de la bande originale de Giorgino qui passerait en boucle ; au tout début du clip, on assiste d’ailleurs à une scène figurant, dans la mise en scène et dans la réalisation à une séquence de Giorgino, qui correspond à la véritable première apparition de Mylène Farmer dans le film… Nous évoquons ici la scène où Giorgio vient de sortir de l’auberge, traverse la place du village et rattrape par le bras Catherine qui s’enfuit. Elle se retourne alors pour lui demander de réclamer de le payer… dans Lolita, c’est elle qui demande au jeune homme la même chose. 

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HISTOIRE DU CLIP L’ALIZEE

Posté par francesca7 le 16 octobre 2011

 

 

HISTOIRE DU CLIP L’ALIZEE dans Mylène et ALIZEE 35763772L’Alizé, le second single de Alizée n’avait pas été lcipé par Laurent Boutonnat. Non pas qu’il n’ait pas été inspiré par la chanson, mais celui-ci était trop occupé par le mixage de l’album « Gourmandises ». Comme Laurent Boutonnat est impliqué dans la carrière d’Alizée il prend volontiers la caméra pour des essais clipesques quand même, toujours très éloignés de ses réalisations d’antan. Ici, Laurent Boutonnat a l’idée de la suite, comme il l’a fait une quinzaine d’années auparavant avec Mylène Farmer. On pouvait prédire au clip de Moi… Lolita une suite dans les mois qui viendraient. Tout se prêtait à suivre le destin de cette fille, à laquelle le réalisateur avait tout donné pour que le spectateur s’y intéresse. La caméra toujours en contre plongée accentue la taille « réduite » de Alizée et la rend charismatique, la prenant plastiquement pour une star alors qu’elle était alors inconnue du public. 

 

 

 

Pour ce clip, 10 jeunes filles ont été sélectionnées pour interpréter les poupées vivantes. On peut remarquer que certaines bougent les bras alors que d’autres ont leurs membres raidis, les bras pliés, comme les poupées anciennes, en porcelaine. Des masques thermoformés et peints à la main ont été fabriqués sur mesure. Ils sont en fait, faits d’un plastique spécial, qui a pris la forme des têtes de poupées sous l’effet de la chaleur et d’un même moule appliqué pendant la cuisson. Les robes qu’elles portent ont été confectionnées en s’inspirant des robes qui habillaient les poupées anciennes. Tous les décors, eux sont naturels. Grande faculté de Laurent Boutonnat de s’adapter au milieu, à prendre ce que l’environnement lui donne. On se souvent du cimetière de Regrets auquel il n’avait rien changé, dont il s’était servi des recoins, des couleurs, des défauts. 

 

L’acteur qui joue le jeune homme amoureux de Alizée est Jérôme Devoise, l’assistant mixeur du studio Guillaume Tell complice de Laurent Boutonnat depuis 4 ans ; il a travaillé sur l’album de Nathalie Cardone et évidemment sur celui d’alizée. C’est sans doute en se rendant compte de la photogénie évidente de cet ingénieur du son que Laurent Boutonnat lui donna sa chance en interprétant cet homme aux attirances troubles, à la fragilité non-dissimulée. 

 

alizee_-_l%b4_alize dans Mylène et ALIZEECes vieilles poupées aux cheveux arrachés, aux moins mal positionnées, ces baignoires miniatures, une table de nuit en bois, un coffre à jouets ouvert et vide tout cela est baigné dans cette pluie millénaire qui ne s’arrêtera qu’à la fin de la crise de l’adolescence. Les jouets sont baignés dans cette boue insipide. On peut remarquer à droite du lit de Lolita un autre lit vide, probablement celui de sa petite soeur présente dans Moi… Lolita. Les murs de la maison sont encore debout. Les fondations acquises à l’enfance restent indestructibles, mais c’est l’intérieur qu’il faut combler, alors que tout a été vidé par l’adolescence. Dans tout ce bazar post-enfantin, une poupée attire toutefois notre attention. Elle est d’une blancheur terrifiante, regarde nulle part car ses yeux sont creux. Elle est posée sur une chaise à bébé, immobile. Elle est de porcelaine et vêtue d’une combinaison bleue ciel. Cette poupée parfait, à la conception maîtrisée, n’est pas ici symbole d’enfance, c’est l’image de Lolita, ce qui restera d’elle après ses tourments. L’enfance, elle c’est l’ours en peluche maladroitement cousu que Lolita ne veut pas lâcher. C’est lui qui la quittera prochainement, pas la poupée. 

 

 

1199696566_smallComme souvent dans les films de Laurent Boutonnat, il ne se passe rien pendant la première moitié. C’est seulement lorsqu’on devient familier avec l’univers formel, les lieux et les personnages qu’il nous entraîne dans la seconde partie de son univers teint d’onirisme…. 

 

Enfin bref, là où on pouvait voir la superficialité dans Moi… Lolita, avec son cortège de discothèque, de billets de banque et de maquillage, ici tout semble intérieur, plus rien n’est matériel. Du Boutonnat éloigné et léger on arrive à du « sur-Boutonnat », comme on en avait encore jamais vu, comme un Regrets animé, un Mon Ange diégétisé. 

 

Le thème de l’enfance qui ne nous quitte jamais n’est pas d’une grande originalité, mais jamais réalisateur n’aura véhiculé cette idée sur ce mode onirique et autant poétique. 

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Histoire du clip d’Alizée

Posté par francesca7 le 16 octobre 2011

 

Histoire du clip d'Alizée dans Mylène et ALIZEE alizee_-_j-ai_pas_20_ansAu petit matin, Alizée qu’on reconnaît à ses cheveux mi-longs et à sa silhouette longiligne regarde le soleil qui se lève à l’horizon, alors que ses premiers rayons n’éclairent encore que les nuages supérieurs… Elle est assise sur un banc public, immobile, bercée par le son de ces oiseaux qui ne chantent qu’à l’aube. Nostalgie de temps qui passe ? Ode lancinante à la vingtaine qui approche ? Calme avant la tempête ?

 

Cette aube devant laquelle Alizée est en admiration est bien sûr celle de la vie qui commence, et ces oiseaux qu’on entendra plus de la journée sont ceux qui résonnent encore à dix huit ans, mais plus à vingt. C’est parce qu’on « est vieux à vingt ans » qu’Alizée les écoute une dernière fois et regarde ce ciel illuminé, avant que le soleil ne l’aveugle et ne la marque trop. Alisée a le temps.

 

 

On reconnaît une fois de plus l’épure vers laquelle semble vouloir tendre Laurent Boutonnat si ce n’est dans son cinéma, mais au moins dans ses clips. Tout est dit une fois de plus en un plan, sans fioriture, sans décors, sans figurants ni costumes ni intrique. Le bas du cadre correspond au sol dont la matière est inconnue, le hors champ est inexistant, Alizée dans e plan n’est nulle part puisque son propos n’a aucun besoin d’être situé.

 

Aucun besoin alors de s’attarder sur ce pauvre banc public qui n’intéressera désormais plus personne, au-delà de l’enfant qui se meut en adolescente dans Parler tout bas, c’est ici l’adolescente qui devient adulte, propulsée dans la course au vieillissement, délaissée par la paix qui veillait jusqu’alors sur elle, placée dans la nouvelle position qui la marquera à vie : la scène.

 

 

hqdefault dans Mylène et ALIZEEC’est ici aussi qu’on bascule dans le clip à proprement parler, Alizée trône au milieu d’une immense scène toute à la gloire, entrée de douze danseuses, de quatre musiciens et d’un impressionnant dispositif d’éclairage digne d’un concert au Stade de France. Seul élément commun ; le ciel qu’alizée pouvait voir lorsqu’elle était assise sur son banc est toujours là. Laurent Boutonnat glisse une particularité, une trouvaille qui se remarque. Dans Je t’aime Mélancolie, Laurent Boutonnat alternait astucieusement les plans de combat avec les ballets et pendant ceux-ci, Mylène Farmer ne regardait jamais la caméra, reprenant peut-être sans le savoir la structure du métaclip. Dans Baïla Si les danseurs et danseuses étaient torses nus sans distinction de sexe, et Nathalie Cardone en regards-caméra était montrée à grands renforts de travellings latéraux ultrarapides. Dans J’ai pas vingt ans, Alizée est la seule à être éclairée, toutes les danseuses et les musiciens restent dans l’ombre, ou du moins dans un contre-jour qui les aplatit et ne nous fait distinguer que leurs cheveux long, éléments assez faible pour déterminer si la chanteuse est entourée exclusivement de garçons ou de filles. Détail sans importance lorsqu’on imagine toute une génération dans ces silhouettes sveltes et anonymes.

 

35763772Inutile donc de poursuivre cette analyse tant le reste devient prévisible, la chorégraphie se calme pendant le pont, puis reprend de plus belle, le cadrage devient oblique, Farmer en coulisses appuie sur l’interrupteur du stroboscope, Alizée est décoiffée, et côté musiciens, ça devient carrément hard-core, on se croirait pendant une impro de Slopkonot. Ensuite, il sera difficile pour Laurent Boutonnat de trouver à l’Olympia le pendant de son effet de fin de clip ; les projecteurs explosent un à un faisant retomber sur la scène des centaines d’étincelles rougeoyantes. C’est finalement là que les barrières se brisent le mieux ; lorsque Laurent Boutonnat se décide enfin à casser ses jouets, à se foutre des rè qu’il aurait dû se fixer ; un peu à l’image de ses débuts en 1985 quand il mettait un grand coup de pied dans la fourmilière du vidéo-clip mondial.

 

C’est dans le concert futuriste qu’il se sent davantage à l’aise (il est co-responsable de la tournée 1996 de Mylène Farmer) et se dépêche donc en accélérant le montage de nous exposer son dépliant-test de l’Olympia 2003 de la petite. C’est alléchant certes, mais à part les 53 premières secondes du clip, le reste ne revêt guère d’intérêt si ce n’est pour les cinquantenaires amateurs de la plastique des copines de l’âge de leurs filles.

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PARDONNE MOI – clip 2002

Posté par francesca7 le 9 septembre 2011

Date de tournage2002

Lieu de tournage: Studios Sets à Stains 

Réalisateur: Laurent Boutonnat 

Durée: 04’13 

 

 

Le clip a été intégralement tourné en studio sur deux jours.

Budget estimé environ 40 000 euros.

Dernier clip réalisé par Laurent Boutonnat pour Mylène à ce jour. 

 

 

vidéo CLIP PARDONNE MOI 

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« L’erreur du cinéma, c’est le scénario » (Fernand Léger) 

 

 

Laurent Boutonnat est décidément un réalisateur insaisissable, tournant des clips insaisissables. Après son retour derrière la caméra pour filmer Mylène Farmer dans Les morts, le cinéaste montre plus que jamais que ce sont ses muses qui s’adaptent à son cinéma et pas l’inverse. Alors que tout le monde attendait le retour de Mylène Farmer devant la caméra interprétant des personnages, grimée et surexploitée, Boutonnat se fond de plus en plus dans l’intimisme qu’il semble ne plus quitter depuis les clips de Nathalie Cardone de 1997-1998 : Laurent Boutonnat a changé, finies les grosses productions. Qu’il filme telle ou telle artiste, sa direction restera la même (MoiLolita formant une exception que nous détaillons à la rubrique correspondante). Mais justement quelle est cette direction ? 

 

Autant le dire, pour n’importe quel public ayant vécu le doux enthousiasme que chaque nouvelle sortie de clip suscitait jusqu’en 1992, Pardonne-moi ne peut-être que décevant. Tout ce qui faisait de chaque clip une œuvre de divertissement à part entière disparaît ici : plus de figurants, ni de personnages, ni de dialogues, ni d’action. La question la plus évidente alors à se poser est de savoir ce qu’il y a à gagner à se défaire de tout cela ? On remarque juste que tout ce que Boutonnat supprime depuis Mon ange (1998) a trait à la narration, au fait de s’attacher à d’autres structures que celle de l’image et de son discours. 

 

 

Laurent Boutonnat serait-il moins cinéaste qu’avant parce qu’il ne s’attache plus au narratif, dans le sens diégétique du terme ? 

 

Ceci expliquerait pourtant l’absence de troisième long-métrage après Ballade de la féconductrice et Giorgino. Pourquoi faire un long-métrage en s’encombrant de contraintes facultatives alors que seule l’image compte ? on peut bien sur tergiverser sur le bien fondé de cette démarche ; mais si on peut critiquer volontiers Pardonne-moi sur le divertissement et l’ambition, on ne peut lui reprocher son manque d’images. 

 

Certains seront peut-être déçus de ne pas voir apparaître ici d’analyse symbolique, pragmatique, énonciative ou même syntagmatique. Mais les clips de Laurent Boutonnat ne s’y prêtent plus. Laurent Boutonnat ne raconte plus (mis à part les clips réalisés pour Alizée, quelques maigres « histoires prétextes » comme celle de Les Mots et d’éventuels futurs clips diégétisés). Il serait en effet totalement vain de chercher les sous-traitances avec les paroles de la chanson, de trouver la fonction de l’homme à cheval, du serpent, ou de la poussière. La seule chose analysable dans Pardonne-moi est son réalisateur, ses goûts pour les images syncopées, l’esthétique à tout prix, et les ambiances inédites. 

 

 

PARDONNE MOI - clip 2002 dans Les Clips de Mylène mylene_farmer_pardonne-moi

 

Si les éléments que choisi Laurent Boutonnat pour chaque nouveau clip rappel les anciens, il apporte en outre à chaque fois un élément qui vient enrichir ce qu’il avait déjà mis en place et qui présente l’interprète sous un jour à chaque fois un peu différent. Dans cette optique, l’image la plus frappante n’est pas celle des yeux blancs, ou noirs (simple effet de frayeur par l’emploi des sensations descendantes) mais cette espèce de danse tribale au ralenti et au noir et blanc très contrasté et granulé, avec une Mylène Farmer qu’on imagine plongée dans la poussière de l’au-delà. 

 

Sur un fond très noir, les particules de cendres s’échappent des cheveux et donnent à la silhouette de la chanteuse en la suivant la très étrange allure d’un spectre. Dans ces plans magnifiques, l’interprète reste les yeux fermés, totalement inexpressive, comme si quelque chose de surhumain la guidait, l’avait sortie de la poussière où elle reposait depuis la nuit des temps. Seuls deux plans quasi-subliminaux surexposés la montreront hilare, la tête basculée en arrière, rendant du même coup l’ensemble de la dans et du clip dénués de sens et de logique. Reste ce chevalier mystérieux, lui aussi sur fond noir, qui galope sans fin et qui rythme la chanson. On peut sur ce point remarquer deux choses ; ses apparitions se font à des moments de la chanson où la répétition est aussi musicale, ce qui accroît l’idée d’un galop sans fin du cheval et la course de ce prince qui jamais n’arrivera à destination. 

 

0 dans Les Clips de MylènePour renforcer cette idée on peut remarquer aussi que le cheval n’avance pas, mais fait du sur place (la fumée en arrière plan reste immobile). La caméra n’est donc pas en travelling latéral mais en plan fixe, et amorce même à un moment un zoom arrière. Ainsi non seulement on ne peut que ressentir la quête vaine du prince, mais également jouir de la fluidité de sa cours, de la beauté de cette image irréelle en contre-plongée. Grâce à tout cela, Laurent Boutonnat côtoie au plus près ce qu’est le cinéma expérimental ; la prise de vue d’éléments à demi réels afin de les employer dans de nouvelles formes plastiques, et inventer du même coup une grammaire cinématographique différente qui provoque chez le spectateur des sensations nouvelles qu’il ne peut éprouver par le biais du cinéma traditionnel. 

 

Dans Pardonne-moi, plus que jamais, l’image ne peut être présente à l’écran que parce que c’est cette chanson qui est illustrée, alors qu’on peut aisément imaginer les images de LibertineSans Contrefaçon et même Ainsi soit je sur une autre musique de couleur approximativement équivalente. Ces images n’ont été inventées que parce qu’il y avait tel ou tel son dans la chanson, ces images sonnent juste par rapport aux effets musicaux tout simplement et ceci pour la première fois chez Boutonnat. Tout ceci pour dire que Laurent Boutonnat a continué d’évoluer dans sa manière d’appréhender le vidéo-clip, même si ça n’est pas dans la même direction que le public « pour lequel » il travaille. 

 

36934178Depuis 1997, de Mon Ange à Pardonne-moi en passant par Baïla Si et Les Mots, Laurent Boutonnat n’a cessé de tâtonner pour trouver ce qu’était vraiment un clip, ce qu’était vraiment une image, et donc ce qu’est réellement le cinéma. 

 

Pardonne-moi aurait pu être le seul vrai clip de Laurent Boutonnat, donc le dernier. Et si ce n’est pas le cas, un cap a de toute façon été franchi en le réalisant : se désintéresser intégralement de tout fonctionnement narratif pour ne se concentrer que sur l’image, quitte à ce qu’elle rende ivre tellement sa beauté ne renvoie à rien de connu. 

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LES MOTS – clip 2001

Posté par francesca7 le 9 septembre 2011

 Date de tournage:  octobre 2001 

Lieu de tournage: Studios d’Arpajon (Île-de-France

Réalisateur: Laurent Boutonnat 

Durée: 04’45 

 

 

Le clip Les mots a été intégralement tourné en studio les 08 et 09 octobre 2001.

Retour de Laurent Boutonnat derrière la caméra. Il n’avait plus réalisé de clip pour Mylène depuis Beyond my control en 1992.

D’autres clips de Mylène avaient déjà été tournés dans les studios d’Arpajon dans le passé dont Sans logique en 1989.

C’est Mylène qui aurait demandé à Laurent Boutonnat de réaliser ce clip. 

 

 

Vidéo clip LES MOTS 

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Faux naufrage criminel, craie errance nihiliste. Dix ans après Regrets, Laurent Boutonnat remet en scène la disparation du thème de l’Autre

 

LES MOTS - clip 2001 dans Les Clips de Mylène motssinglemaxi45Retour tant attendu de Laurent Boutonnat, derrière la caméra pour le 1er clip avec Mylène Farmer depuis Beyond my Contrôle il y a bientôt 10 ans, Les Mots renoue enfin avec les thèmes romanesques exploités par le réalisateur dans les années 80, ne serait-ce par les éléments graphiques familiers (lune, neige, vent, noyade..). 

 

Le tournage de Les Mots s’est déroulé lundi 8 et mardi 9 octobre 2001 dans les immenses studios de cinéma d’Arpajon, là même où avait été tourné Sans Logique en 1989 avec ses tonnes de terre. Rares sont les studios français dotés d’emblée, de grandes surfaces de jets plafonniers puissants capables d’imiter la pluie, les studios de la région parisienne étant consacrés essentiellement à la télévision. Seuls les studios de Boulogne et d’Arpajon permettent aisément la mise en place d’équipements de décors nécessités par des clips comme Sans Logique ou Les mots. Seulement deux jours de tournage pour le clip, comme les récents tournages des clips d’Alizée. Mais aussi comme la durée de tournage de clips plus prestigieux comme Regrets ou Beyond my Control…. On ne s’avancera pas trop en comparant cet opus aux clips de la grande époque. 

 

La rumeur qui circulait depuis quelques semaines avant la première projection laissait entendre que Les Mots serait une transposition de Othello de Sheakspeare… si on peut en effet trouver quelques points de convergences, la démarche de Laurent Boutonnat semble s’en éloigner. 

 

18 dans Les Clips de MylèneIl ne serait cependant pas étonnant que le réalisateur se soit plongé dans la pièce de théâtre anglaise pour l’écriture du film, quand on se rappelle que le clip de Sans Logique était pour sa part, une adaptation de Carmen… Aux côtés de Mylène Farmer, l’homme noir n’est pas Seal, mais un modèle, embauché pour prendre la place du chanteur. En effet, le premier jour de tournage fut le jeudi 11 octobre 2001, soit un mois jour pour jour après l’attentat meurtrier du World Trade Center à New-York. Seal, terrifié par l’idée de prendre l’avion, refusa de se rendre en France pour le tournage. Comme la délocalisation du clip aurait été pour le moins compliquée vu sa mise en scène, c’est la productrice qui assura le tournage des plans de Seal aux Etats-Unis selon les indications de Laurent Boutonnat resté en France . 

 

Mylène Farmer et Seal chanteront toutefois la chanson ensemble, en France, en janvier 2002 aux NRJ Music Awards à Cannes. Certains plans complémentaires ont été utilisés, tel le plan des vagues lors de la tempête et ceux du ciel pluvieux, ensuite retouchés par infographie. La toile représentant les nuages faisant fond au radeau a été retravaillée sur certains plans. Notamment lorsque l’âme de Seal est debout face à la tempête dans la mer, les éclairs ont été ajoutés, ainsi que les mouvements de nuages. Et avant tout les icebergs qui, on aurait pu le croire, font partie du décor, ont été incrustés par ordinateur par la société Mikros qui s’est occupée de tous les effets spéciaux. Une première pour Laurent Boutonnat qui n’a pas l’habitude d’utiliser les effets spéciaux dans ses clips. (Seule le long-métrage Giorgino avait nécessité des effets numériques pour l’apparition des loups à la fin du film et pour les plans lointains de la calèche de Giorgio dans la vallée). 

 

Le clip est passé en exclusivité sur M6 dans le Morning live le mercredi 7 novembre 2001 à 8 h 15. 

 

Il a été multidiffusé très amplement sur les chaînes câblées (MCM) à partir de la demi-heure qui suivi. Pour la première fois un DVD single sera édité pour fêter le retour événementiel de Laurent Boutonnat derrière la caméra et sera compris dans le coffret de la compilation de Mylène Farmer

 

 

260578910_smallA la vision de Les Mots, on peut à priori remarquer le peu d’évolution dans le cinéma de Laurent Boutonnat, ce serait sans compter les éléments présents qui ne tiennent pourtant pas du genre du clip. Par exemple ces idées plastiques de ces derniers clips pour Nathalie Cardone et Alizée, ces combinaisons d’objets, de situations et d’icônes connus de tous, qui à eux-mêmes invitent au discours. Ceci est inédit chez un réalisateur de clip. Depuis quelques années l’interprète est devenue facultative dans le cinéma de Boutonnat, l’importance est donnée non pas à l’histoire mais à la diérèse, c’est-à-dire à l’univers de l’histoire racontée, aux éléments filmés avec de plus en plus de distance, voir de recul, -et malgré tout avec une esthétique toujours autant maîtrisée- et qui suggèrent à présent plus qu’ils ne montraient auparavant. L’échec de Giorgino sembla voir fait de Laurent Boutonnat un cinéaste de l’abstrait. 

 

Donc, dans Les Mots, Mylène navigue avec un mort. Et si elle en est parfaitement consciente, ce sont malgré tout ces ténèbres qui lui donnent la force de ramer. Seule, cela ne l’intéresse pas, elle ne ramera qu’accompagnée. Seule rescapée sur un radeau d’un naufrage inconnu, om échappée sur une construction de fortune d’une ile déserte où on l’avait enfermée, Mylène Farmer fait semblant de s’intéresser à l’autre : si elle reste volontiers lovée dans les bras de cet homme sans tête, elle ne se « jettera pas à l’eau » pour lui, pour le sauver, et on pourrait même la suspectée d’être à l’origine de sa noyade. C’est peut-être d’ailleurs cet autre qui l’a frappé précédemment ce qui expliquerait son hématome au front. De là à prendre cette séquence pour l’allégorie de dix ans pendant lesquels la chanteuse a fait semble de s’intéresser à l’Autre… il n’y a qu’un pas. 

 

On pense bien sûr à la terrible tempête de La Fille de Ryan (David Lean – 1976), on pense à l’allégorie du jeu de l’acteur, par le personnage de Mylène, qui est obligée de jouer celle qui veut sauver son amant alors qu’elle lui lâche la main intentionnellement. Un peu comme Catherine qui aurait tendu la main à Giorgino qui se noyait sans vouloir vraiment le sauver. Laurent Boutonnat révèle une fois de plus un homicide qui n’en est pas un, un crime qui est difficile à définir comme tel. En une envolée lyrique, Laurent Boutonnat symbolise tout cela en montrant, sur une volée de violons, Mylène Farmer qui, la main tendue cers le corps englouti baisse la tête, comme si elle n’avait pas su sauver Seal, mais aussi comme si elle avait eu honte d’elle. 

 

Réfugiée contre le mât dans une tempête sombre allumée d’éclairs et de bourrasques, Mylène Farmer sourit. Visiblement heureuse, débarrassée, elle se laissera guider vers les terres de son enfance, à présent dégagée d’un Autre devenu une absence. Elle prend à ce moment là, les jambes recroquevillées, l’étrangement de la pose du phœnix, cet oiseau ayant le don de renaissance. Est-fortuit ? … C’est ici que réside l’errance, l’absence totale de croyance ; après avoir tué l’autre là où il aurait été le plus tuile (sur le radeau) on se laisse aller avec sérénité à une perdition assurée, à un nihilisme abstrait : C’est ce sentiment auquel on arrive durant la dernière minute du film, celle où on ressent à nouveau cette légendaire émotion boutonnesque d’être heureux alors que tout est perdu, d’être en paix alors que le néant nous entoure. L’âme de Seal, elle prend les traits d’un Dieu qui meurt, d’une silhouette noire à demi enfoncée dans les eaux tourmentées. Les éclairs donnent à cette silhouette des allures d’un adieu surpuissant. Plus que la disparition de Seal, c’est la disparition de l’Autre remise en scène ici. Cet autre qui s’offre aux éléments naturels qui s’emparent de lui, l’Autre boutonnien qui est né du néant (la provenance blanche du tramway de Regrets) et qui retourne au néant, qui se fond. 

 

mylene-farmer-300x300Seulement voilà, l’allumette se meurt sous le souffle immédiat de la rousse. Comme un retour du thème du paradoxe (le pôle Nord atteint, on gaspille la dernière chaleur qui aurait pu nous réchauffer, nous sauver). Comme une idée éphémère du retour de Boutonnat derrière la caméra tout ceci n’était finalement qu’une rencontre, rien ne dure, tout n’est que passage. Seul l’avenir dira si cette flamme ne s’est rallumée que pour ces cinq minutes qui nous ont replongées, avec délice, dans des sensations mélancoliques oubliées. 

 

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Rencontre avec Nathalie Cardonne

Posté par francesca7 le 27 août 2011

 

 

Rencontre avec Nathalie Cardonne dans Mylène 1997 - 1998 Nathalie%2BCardone%2BNathalieCardone1240903219Alors que Mylène s’est envolée vers d’autres cieux pus ensoleillés et peut-être plus sereins, Laurent Boutonnat reste à Paris pour reprendre son travail. 

 

En juin 1997, il crée une société de production, Calliphora. Elle a pour objectif de produire une nouvelle chanteuse qui sera chargée de reprendre un titre en espagnol qu’il affectionne par-dessus tout, Hasta sempre, le mythique chant révolutionnaire cubain en hommage à Che Guevara, interprété à l’origine par Carlos Puebla. Et pour la réalisation de ce projet, il recherche une jeune femme qui puisse chanter en espagnol

 

Justement, une jeune actrice traverse la période la plus sombre de sa vie. C’est la rebelle Nathalie Cardonne qui, malgré quelques petits rôles au cinéma, (La petite voleuse ou Drôle d’endroit pour une rencontre) n’a jamais réussi à percer. C’est Annie, une amie de Laurent Boutonnat, qui lui présente la jeune femme à la terrasse d’un café. C’est le coup de foudre immédiat ! Avec son teint mal et ses grands cheveux noirs hérités de sa mère espagnole et de son père sicilien, elle est très différente de Mylène. Laurent Boutonnat est au moins rassuré sur une chose : personne ne pourra l’accuser de vouloir cloner la star ! 

 

Mais Nathalie Cardonne n’est pas rassurée et reste très impressionnée par Laurent Boutonnat, par son côté mystérieux et aussi par tout ce qu’il représente à ses yeux ; un dinosaure du show-biz ! Il réussit toutefois à l’amadouer et, immédiatement, le nouveau couple se lance dans le travail de ce futur single. Laurent Boutonnat accélère le rythme de Hasta siempre pour transformer cette complainte en un titre presque dance qui devient l’un des tubes de l’été 1997. 

 

 

nathalie_cardonne-4532 dans Mylène 1997 - 1998et comme un bonheur n’arrive jamais seul, Laurent Boutonnat fait enfin la paix avec ses caméras qu’il reprend pour filmer la jeune chanteuse à Cuba. De son côté, la charnelle Nathalie Cardonne souhaite que son univers soit différent de celui de Mylène

 

-          Travaille sur d’autres cordes que Mylène. Disons qu’elle est bergmanienne et moi fellinienne

 

Et pourtant, la séquence finale où la chanteuse est seule guidant son peuple vers un horizon incertain n’est pas sans rappeler celle de Désenchantée. Toutefois, et malgré ses premières craintes, Nathalie Cardonne est ravie de la collaboration. La chanson est un énorme succès, près d’un million de disques sont vendus en France et dans les pays latins. 

 

Toutefois sous la houlette de Laurent Boutonnat, Nathalie Cardonne signera, en 1999, un contrat chez Columbia pour un album qui mettra énormément de temps à sortir et qui, finalement, sera un échec commercial. Le mariage Nathalie Cardonne et Laurent Boutonnat n’a tout simplement pas fonctionné. Nathalie Cardonne est une jeune femme blessée qui cherche à fuir les démons de son passé est sans doute n’était-elle pas prête à se laisser guider par un accoucheur de talent comme Laurent Boutonnat. Elle n’a peut-être pas voulu se laisser modeler comme Mylène l’avait fait quelques années plus tôt. 

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Nathalie Cardonne et Boutonnat

Posté par francesca7 le 27 août 2011

Nathalie Cardonne et Boutonnat dans Mylène 1997 - 1998Nathalie Cardone est une actrice et chanteuse française née le 29 mars 1967 à Pau (Pyrénées-Atlantiques) d’un père sicilien et d’une mère espagnole.

Elle apparaît pour la première fois sur les écrans français en 1988 dans le film Drôle d’endroit pour une rencontre aux côtés de Gérard Depardieu et de Catherine Deneuve. Ce premier essai lui vaudra d’ailleurs une nomination pour le César du meilleur espoir féminin en 1989.

Sa carrière est lancée et, après un petit rôle dans La Petite Voleuse, Nathalie partage l’affiche avec Smaïn dans J’aurais jamais dû croiser son regard.

Les rôles s’enchaînent jusqu’en 1997 où Nathalie rencontre Laurent Boutonnat à l’origine du succès de Mylène Farmer. Ce dernier cherche une interprète hispanophone pour reprendre Hasta siempre, le célèbre hymne de Carlos Puebla. La chanson est enregistrée et fait un carton en 1997, se classant deuxième du palmarès en France (certifié disque de platine pour plus de sept cent cinquante mille ventes).

Forte de ce succès, Nathalie compose elle-même son deuxième titre, Populaire, dans un style rock très différent du premier, celui-ci ne rencontre pas le succès escompté.

En 1999 sort un troisième titre intitulé … Mon ange ; cette ballade composée par Nathalie se classe huitième et lui vaut un disque d’argent. Son premier album sort dans la foulée.

Un clip est tourné pour Baila si, le quatrième extrait de l’album mais celui-ci ne sort pas en single en France. Nathalie enregistre une version internationale de son album avec de nombreuses chansons rechantées en anglais. Elle participe ensuite au single collectif des Voix de l’espoir, celui du Cœur des femmes et fait des concerts.

Après plusieurs années d’absence Nathalie revient en 2008 avec un single, Yo soy rebelde. Le titre est resté vingt-deux semaines dans le top cent des ventes des singles et s’est classé à la vingt-quatrième place des ventes de singles dès sa sortie.

Son nouvel album intitulé Servir le beau sort le 3 novembre 2008. Il est composé d »onze titres aux influences musicales riches et variées (pop, rock, tango, ballade…). Le single Ma sœur accompagne la sortie de ce nouvel et deuxième opus.

 

 

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LAURENT BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 21 août 2011

 

LAURENT BOUTONNAT 380810000000000000                       beijing3

 

 

En 1979, il réalise avec les moyens du bord, c’est-à-dire en piochant dans le porte-monnaie de ses parents, sa troublante première fiction nommée La Ballade de la fée conductrice mettant en scène l’histoire d’une tueuse en série qui se déguise en clown avant de commettre chaque meurtre. Absolument ravi du résultat de son premier film, et espérant qu’il soit projeté balladefeeconductriceaffen salles, il propose son œuvre à la Commission de contrôle des films, qui n’en croit pas ses yeux. Tout cet amas d’images de castration et de nouveau-nés jetés dans un vide-ordures pousse l’institution à interdire le film aux mineurs.

 

Un comble pour le metteur en scène qui n’a même pas 18 ans !

 

Malgré cette censure, le film est projeté le 14 mai 1980 lors du Festival de Cannes et sort ensuite dans divers petites salles parisiennes d’art et d’essai. Mais à cause de l’obscurité du scénario et de la violence des images, La Ballade de la fée conductrice ne tient que deux semaines à l’affiche !

 

 

Après cet échec, plutôt que de retourner sur les bancs du lycée, le jeune homme se laisse vivre au gré de ses envies jusqu’à sa rencontre avec Jean-François Chauve, un grand reporter de télévision qui soit tourné plusieurs reportages scientifiques sur les énergies nucléaires. Laurent Boutonnat saisit sa chance et postule comme cameraman pour cette série d’émissions. Il avouera plus tard avoir prétendu s’y connaître en technique pour être engagé. 

Une fois embauché, il dut potasser le manuel pour que sa supercherie ne soit pas découverte par son nouvel employeur. Il part donc pour un an aux quatre coins de la France afin de tourner les images de ces reportages. Pour le jeune homme, être sur le terrain, la caméra sur les épaules, est de loin la meilleure des écoles !

 

 

 

 

Laurent Boutonnat a 20 ans quand il se lance dans une nouvelle aventure qui l’amène à conjuguer ses facultés d’écriture à son expérience récente dans le journalisme. Toujours avec le sens du subversif et le goût du morbide qu’on lui connaît, il débute des recherches pour rédiger un livre sur l’infanticide, mais le sulfureux bouquin ne verra finalement jamais le jour.

 

En attendant, il réalise des publicités télévisées, non pas par vocation, mais tout simplement pour gagner un peu d’argent. Il tourne plusieurs spots en s’associant à un producteur travaillant pour le circuit Parafrance. Ce producteur, emballé par l’énergie qui émane du jeune homme, lui propose de tourner un film d’horreur en deux semaines pour un budget de 225 000 €, qui, hélas, ne verra jamais le jour non plus.

 

 

C’est également à cette époque que le jeune réalisateur rédige réellement la première version du scénario de Giorgino.

 

 

 

 

 

trio2Mais l’aventure Mylène Farmer commence pour Laurent Boutonnat le jour où il décide avec son copain Jérôme Dahan et un troisième ami de monter sa propre boîte d’édition avec le « modeste » projet de donner naissance à des tubes !

 

Ils écrivent alors leur première chanson …. Maman a tort !

 

Et grâce à Bertrand Le Page font émerger de l’ombre la jeune Mylène

 

 

 

 

 

1356832008_smallLaurent Boutonnat. Un nom familier, surtout des admirateurs de « l’ange roux » et du milieu du spectacle, mais qui se fait de plus en plus connaître du grand public, notamment, grâce à la sortie de la super-production « Jacquou le Croquant« . Laurent-Mylène/Mylène-Laurent, un duo artistique qui dure depuis vingt-deux ans maintenant et qui n’a de cesse de nous apporter joie, bonheur, spectacles grandioses… Rappelons que selon Mylène (et il est vrai qu’elle a sûrement raison sur ce point !), si son chemin n’avait pas croisé celui de Laurent, elle n’en serait sûrement pas là où elle en est aujourd’hui… Alors merci Laurent ! Je vais tenter de vous faire découvrir un peu plus (avec le peu d’informations qui circulent à son sujet !), cet homme qui partage, comme Mylène, le goût du secret… 

 

 

Grâce à la promotion organisée par Bertrand Le Page, le manager de Mylène à l’époque, le duo Dahan-Boutonnat écrira plus tard deux autres chansons pour Mylène. « On est tous des imbéciles« , qui sortira en 45 tours avec pour face B « L’annonciation« , (chanson beaucoup plus Bouto-Farmerienne que la face A de ce vinyle) qui sera un échec. Déçu par l’accueil que reçu la chanson, et RCA (la maison de disques de l’époque) ne renouvelant pas le contrat avec le duo, Laurent se sépare de Jérôme Dahan, avec qui il est en désaccord sur la suite à donner à la carrière de Miss Farmer.

 

 

 

Un peu au hasard, Mylène écrit les paroles de Plus grandir, sur une musique de Laurent. Polydor (racheté par Universal) décide de miser sur Mylène et Laurent pour trois albums (et ils ont bien fait !), alors même que le duo n’a pour l’instant aucun véritable succès à son actif. Cela viendra très vite avec le 1er album de la rousse, « Cendres de Lune« , sorti en 1986, conçu quasi-entièrement par Laurent Boutonnat. 


Il signe la musique, presque toutes les paroles, et la pochette. Avec les photos de l’album, il commence à créer le « mythe Farmer« . Dans le livret de ce premier album, Laurent commence à se créer un délire (qu’il n’a toujours pas cessé !), en inventant des pseudonymes pour certains instruments, qui sont en réalité des samples ou des sons synthétiques. Il crée notamment pour cet album « Les Moines fous du Tibet« , pour nommer des chants Grégoriens ! 

 

 

Sur les albums qui suivirent, un certain Pol Ramirez Del Piu fait son apparition. Il s’agit en fait des sons crées par Laurent, mais cet homme sera crédité pour les flûtes, les percussions, la harpe (sur L’Autre), les bagpipes ( ?!) et cymbalum (sur Innamoramento), le xylophone (sur Avant que l’Ombre…), etc… 

 


Mieux, alors que c’est toujours Laurent lui-même qui s’occupe de programmer ses claviers, il s’invente un programmateur imaginaire sur l’album « L’Autre« , qu’il appellera Patrice Rouillon Tsernoff de Gironville !!! Sûrement un délire qui fait beaucoup rire Laurent… 


C’est pendant la promo de Cendres de Lune que Laurent veut monter son 2e long métrage dont il a écrit le script deux ans plus tôt. Il commence donc sa préparation, mais le succès inattendu de sa collaboration avec Mylène l’occupera trop pour finaliser ce projet. 


« Cendres de Lune » contient quand même d’énormes tubes comme « Libertine » (et son clip inoubliable ; le 45 tours sortira en même temps que l’album), ainsi que d’autres chansons moins connues mais tout aussi notables, telles « Vieux bouc » et « Chloé ». 


L’album sera applaudi par les critiques, « le décor Farmer-Boutonnat » est désormais planté.
La deuxième édition de l’album sortira 1 an plus tard, en 1987, avec cette fois « Tristana« . Laurent sera nominé cette même année aux Victoires de la Musique pour le clip de « Tristana« . 


« Cendres de Lune » sorti dans le commerce, Mylène et Laurent s’attèlent déjà à l’écriture du second album « Ainsi soit je… » qui sortira fin 1987. Laurent crée pour l’occasion sa première société de production discographique, Toutankhamon S.A. (qui a cessé depuis ses activités). 

 

 

Le clip de « Sans Contrefaçon » créera l’évènement, suivront ensuite Ainsi soit je…, puis le mythique clip « Pourvu qu’elles soient douces » (racontant la suite du clip de Libertine). Véritable petit film (il est le 2e clip le plus long du monde !), le clip sera nominé aux Victoires de la Musique


mfloloLe scénario du clip fût écrit avec Gilles Laurent, à qui Boutonnat présentera le synopsis du film ébauché lorsqu’il avait 18 ans : « Giorgino« . Ils travailleront dessus durant 4 ans. Une proposition de financement pour le film eut lieu, finalement abandonnée. Laurent décide alors de remanier l’histoire du film. 


Pendant que Mylène effectue la promotion de l’album, Laurent prépare sa future scène. Il crée alors Heathcliff S.A. (du nom du héros des Hauts du Hurlevent) , ce qui lui permettra de produire la tournée et ses prochains films. Pendant 2 semaines le Tour 89 se jouera à guichets fermés au Palais des Sports à Paris. Le spectacle se déplacera ensuite pour 60 dates, dont 2 à Bercy, compte tenu du succès parisien. 

 

Laurent quant à lui, filmera durant deux soirs (à Bruxelles) le spectacle, avec de gros moyens. D’autres scènes seront tournées dans les environs d’Arpajon, qui seront plus tard intégrées au film du concert. Le montage durera 1 an

Le 26 octobre 1989, Laurent et Mylène créent (à l’occasion de la sortie du CD et de la VHS En Concert) une société d’éditions phonographiques : Requiem Publishing. Cette société édite depuis tous les disques de Mylène… 


Parallèlement à la sortie du « En Concert« , Laurent écrit déjà les musiques du prochain album, L’Autre. Pendant les tournages de Désenchantée et Regrets en Hongrie (en février 91), il prend des repérages pour son prochain long métrage Giorgino. Le réalisateur sera nominé pour la 3e fois aux Victoires de la Musique pour le clip de Désenchantée

 

 

En 1992, Laurent se consacrera majoritairement à la préparation de Giorgino (décors, casting, etc…). Il tournera néanmoins « Je t’aime mélancolie » et « Beyond my control », qui sera son dernier clip pour Mylène avant de nombreuses années


En décembre 92 débute le tournage de Giorgino (d’abord les scènes d’extérieur en Hongrie, puis les plans d’intérieur en Slovaquie). 


Mars 93, montage et écriture de la musique, après un tournage éprouvant. Laurent retourne justement en Europe de l’est, afin d’enregistrer la musique avec l’orchestre philharmonique de Prague. 


La post-production de Giorgino se terminera en août 1994, soit plus d’un an après la fin du tournage. Laurent, sans doute trop perfectionniste se perdra dans les méandres. Après 2 années de travail, « Giorgino » sort enfin en salles le 5 octobre 1994. Laurent, tout comme le film, seront littéralement descendus par la critique et échoueront auprès du public. Un film trop long, et sans doute trop sombre pour le grand public, mais esthétiquement magnifique, du pur Boutonnat


L’accueil réservé à « Giorgino » blesse profondément Laurent et la relation qu’il entretient avec Mylène a également souffert durant le tournage. Le duo décide alors de stopper pour l’instant leur collaboration cinématographique, mais en maintenant bien sûr le côté musical. 

 


Mylène s’exile alors en Californie, seule, et commence à écrire quelques chansons. Laurent viendra la rejoindre en mars 1995 et lui composera la musique du futur album : « Anamorphosée ». Laurent ne réalisera pas les clips de l’album (dommage, devoir « subir » ceux de Marcus Nispel, merci bien…), ne revenant à la réalisation pour Mylène qu’en 1996, pour le Live à Bercy, dont le film fût conçu avec François Hanss, son assistant depuis longtemps. 


En 1998, le cascadeur Mario Lurashi (qui a souvent collaboré avec le duo Farmer-Boutonnat), fait appel à Laurent pour composer la musique de son premier long métrage, « Le Pèlerin« . Le résultat se rapproche de la B.O de « Giorgino« , avec des sons empruntés à « Vertige« , qu’il a composé quelques mois auparavant pour Mylène


Laurent refuse les interviews et la diffusion de Giorgino, voulant visiblement oublier ce film. Il rachète même les droits, afin, et il le dira lui-même 10 ans plus tard, de mettre dans un tiroir cette histoire et ne plus jamais en entendre parler. Le film a tout de même été diffusé en novembre 1995 sur Canal +, avant que Laurent ne rachète les droits de diffusion. Boutonnat ne reprendra vraiment la caméra qu’en 1997 pour réaliser quelques clips pour Nathalie Cardone (Hasta Siempre, Populaire, etc..). 

 

 

 

 

BoutonnatPhoto03Laurent a semble t-il à ce moment là, privilégié sa carrière d’homme d’affaires, plutôt que son côté artistique. En effet, il fondera une société de production pour Nathalie Cardone (Calliphora S.A.), le 19 juin 1997. Il délaisse peu à peu Heathcliff S.A. et Toutankhamon, qui cessera ses activités en 1997. Mylène produira désormais elle-même ses disques, via sa société de production Stuffed Monkey


En mai 1999 sort « Innamoramento », le 5e album studio de Mylène Farmer. Laurent composera 9 titres pour cet opus. L’album est, comme les 4 premiers, un succès, et s’écoulera à plus d’un million d’exemplaires. Laurent ne réalisera là encore aucun clip de l’album, et se révèlera absent de la tournée Mylenium Tour. Il ne réalisera donc pas le film du concert, laissé aux mains de François Hanss. 


Le 10 mai 2000, Laurent étend ses activités financières en créant LB Société Civile Immobilière, qui s’occupe de la vente de biens immobiliers. Strictement rien à voir avec le penchant artistique de Laurent !!! 

 

 

En mai 2000, Mylène et Laurent produisent la petite Alizée, via leur société Requiem Publishing. Mylène écrira les textes d’Alizée et Laurent se chargera de la musique. Il réalisera également le clip de « Moi…Lolita« . Le disque sortira le 4 juillet 2000, soit deux semaines avant la sortie d’ »Innamoramento« . 


En mars 2001 sortent pour la seconde fois en numérique, l’intégrale des clips de Mylène Farmer, avec un meilleur son et une meilleure image que les supports édités auparavant. 

 


En revanche, le « Tour 89 » n’a toujours pas le droit à une sortie DVD, et « Giorgino » reste introuvable dans le commerce. 


Laurent reprend la caméra pour Mylène en 2001, afin de réaliser le clip « Les Mots » et celui de « Pardonne-moi« . Il s’occupe aussi des clips d’Alizée (« Parler tout bas« , « J’ai pas vingt ans« ). La mise en scène du spectacle d’Alizée à l’automne 2003 sera également signée par Laurent


En novembre de la même année, Mylène et Laurent auraient eu d’assez grosses difficultés financières avec leurs sociétés immobilières et leurs sociétés de production, le « Pôle de Européen de gestion et d’économie » mettant son nez dans les comptes des entreprises. 

 

 

 

En 2004, un peu de nouveau pour Laurent… Il produit l’artiste kabyle Kamal Kacet et son nouvel album

 

Il part ensuite en tournage pour son nouveau film, une adaptation du roman Jacquou le Croquant. La sortie du film en salles est prévue pour le 12 octobre 2006. Gageons que Laurent sera enfin reconnu par le grand public et par la profession… Un si grand talent ne peut rester dans l’ombre !!! Toujours en 2004, Laurent fait également entrer Mylène en studio pour son nouvel album, Avant que l’Ombre… 


Il assurera également la conception du spectacle et la régie, pendant les 13 concerts de janvier 2006, au Palais Omnisports de Paris-Bercy. 


boutbout2004C’est d’ailleurs là qu’un journaliste du quotidien Libération a observé minutieusement l’attitude de Laurent : « Le compositeur Laurent Boutonnat, entouré d’une armée d’ingénieurs du son et d’informaticiens avec ordinateurs portables, fait soudain des gestes sur une partition imaginaire. Dansotte, prend des notes, prend des notes, rallume sa pipe, descend une énième bouteille d’eau. Puis, derrière sa console, redevient aussi imperturbable qu’un ingénieur de Kraftwerk. Le Pygmalion observe sa créature. Arrivé à ce point du concert, on a toujours pas saisi le phénomène.[…]«  

 

 

A ce jour, Jacquou le Croquant doit sortir le 17 Janvier 2007… Souhaitons grandement bonne chance à Laurent (même s’il y a fort à parier que son nouveau film marchera très bien !), car un autre échec, pourrait cette fois être beaucoup plus dur à supporter pour lui… Laurent Boutonnat… un TRES grand monsieur… une très belle œuvre… 

 

 

 

barre étoile

 

 

Filmographie

 

1er Film 1978 : La Ballade de la féconductrice

  • 1994 : Giorgino
  • 2007 : Jacquou le Croquant

 

1er Clip 1984 : Mylène Farmer – Maman a tort

  • 1985 : Mylène Farmer – Plus grandir
  • 1986 : Mylène Farmer – Libertine
  • 1987 : Mylène Farmer – Tristana
  • 1987 : Mylène Farmer – Sans contrefaçon
  • 1988 : Mylène Farmer – Ainsi soit je…
  • 1988 : Mylène Farmer – Pourvu qu’elles soient douces
  • 1989 : Mylène Farmer – Sans logique
  • 1989 : Mylène Farmer – À quoi je sers
  • 1990 : Mylène Farmer – Allan (live)
  • 1991 : Mylène Farmer – Désenchantée
  • 1991 : Mylène Farmer – Regrets
  • 1991 : Mylène Farmer – Je t’aime mélancolie
  • 1992 : Mylène Farmer – Beyond my control  
  • 1997 : Nathalie Cardone – Hasta siempre
  • 1998 : Nathalie Cardone – Populaire
  • 1999 : Nathalie Cardone – Mon ange
  • 2000 : Nathalie Cardone – Baïla si
  • 2000 : Alizée – Moi… Lolita
  • 2001 : Alizée – Parler tout bas
  • 2001 : Mylène Farmer – Les Mots
  • 2003 : Alizée – J’ai pas vingt ans
  • 2002 : Mylène Farmer – Pardonne-moi
  • 2004 : Kamal KacetIfkis

 

barre coeurs

 

 

Concerts

 

Composition de Laurent

  • Mylène Farmer – Cendres de Lune (1986) – Produit et compose 9 des 10 titres de l’album (assisté de Jérôme Dahan sur Maman a tort), en écrit 5
  • Mylène Farmer – Ainsi soit je… (1988) – Produit et compose 9 des 10 titres de l’album

  • Mylène Farmer – L’autre… (1991) – Produit et compose l’album dans son intégralité

  • Mylène Farmer – Dance Remixes (1992) – Compilation de remixes réalisés par Laurent Boutonnat et Thierry Rogen pour les maxi-singles – Produit par Laurent Boutonnat

  • Mylène Farmer – Anamorphosée (1995) – Produit et compose 11 des 12 titres de l’album

  • Nathalie Cardone – Album éponyme (1999) – Produit et compose 4 des 12 titres de l’album (assisté de Nathalie Cardone sur Antonio et L’homme qui saura pleurer)

  • Mylène Farmer – Innamoramento (1999) – Produit et compose 8 des 13 titres de l’album
  • Alizée – Gourmandises (2000) – Produit et compose les 10 titres de l’album
  • Mylène Farmer – Les mots (2001) – Best-of, produit et compose les 3 titres inédits
  • Alizée – Mes courants électriques… (2003) – Produit et compose les 11 titres de l’album
  • Mylène Farmer – Avant que l’ombre… (2005) – Produit et compose l’album dans son intégralité (assisté de Mylène Farmer sur L’amour n’est rien…)

  • Mylène Farmer – Point de Suture (2008) – Produit et compose 10 des 11 titres de l’album

Il est en outre l’arrangeur musical de tous les albums.

Compositions annexes : L’annonciation (1985), Dernier Sourire (1989), À quoi je sers (1989), La veuve noire (1989), Puisque (1989), Mylène is calling (1991), Que mon cœur lâche (1992), Effets secondaires (1999), L’histoire d’une fée, c’est… (Bande originale du film Les Razmokets à Paris) (2000), Devant-soi (2007) Bande originale du film Jacquou le Croquant.

 

 

 

 

 

 

 

 

VIDEO LAURENT BOUTONNAT ET MYLENE FARMER

Image de prévisualisation YouTube 

 

 

 

 

Que sait-on de Laurent Boutonnat ? 

 

Finalement peu de choses, tant ses interviews sont rares ; qu’il a été dans les années 80/90 le réalisateur de clips dont a le plus parlé sans jamais le voir ; ceux de Mylène Farmer. L’écrivain Philippe Séguy évoque le mieux, en peu de mots, le mieux le réalisateur :

 

« Laurent Boutonnat fonctionne par odeurs. Celles de la neige, du vent, du froid et celle acide de la misanthropie. L’œuvre est souvent tragique et affiche une douleur, une solitude et un univers qui lui sont propres. Ses films qui n’ont pas d’âge nous parlent d’un monde mélancolique qui a le couleur de la fatalité« .

 

 

hqdefaultMylène s’exprime sur l’absence de Laurent Boutonnat – décembre 2010 

Pour son prochain opus, intitulé « Bleu noir » qui sortira ce lundi en métropole, Mylène Farmer s’est passée des services de son compère LaurentBoutonnat pour la première fois dans sa carrière. Cette nouvelle avait fait poser beaucoup de questions chez les fans de la rousse, mais elle a tenu à rassurer ses fans.  

  

Dans une interview accordée à Paris match, elle déclare : «  Je ne me suis en aucun cas éloignée de lui. Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque. Vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie… d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité  ». 

  

L’album Bleu Noir a été concocté par Mylène en personne en collaboration avec le roi de l’électro Moby, le duo anglais Archive et le producteur à succès RedOne à qui l’on doit Poker Face et Bad Romance de Lady GaGa

  

Ce nouvel opus est toujours aussi sombre et rythmé à l’instar de ces prédécesseurs. Mylène explique d’ailleurs : «  J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !  »Elle parle d’inspiration bien sûr et non de sa manière de vivre. 

 

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Si ce blog existe, c’est aussi parce que : 

Pour moi, Mylène Farmer rime également avec la Spiritualité  voir ici : http://devantsoi.forumgratuit.org/

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