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MYLENE FARMER est beaucoup moins libertine

Posté par francesca7 le 24 novembre 2016

 

A propos de son rapport aux autres : ­

Les gens qui m’attirent sont ceux qui prennent des coups dans la gueule, ceux qui sont à la fois les plus brillants et les plus meurtris. Je n’ai aucune aigreur : le succès est venu si tôt.

 Chez francesca 1

Mais aujourd’hui j’ai les moyens d’envoyer paître la vulgarité !

J’ai toujours considéré que j’avais tous les droits. Maintenant, j’ai les moyens de mes convictions. Ce ne sont pas des caprices de star. Je me suis tracé un chemin, il ne me fait pas peur. Personne ne m’obligera à m’allonger sur une peau de panthère devant les caméras de télévision. Je ne l’acceptais pas quand j’avais besoin d’eux.

‘Pour qui elle se prend celle­-là ?’

 Je l’ai souvent entendu ! C’est encore plus facile de le refuser maintenant qu’ils ont besoin de moi.

A propos de sa passion pour l’art : ­

Je m’ouvre doucement, instinctivement à l’art moderne et contemporain. J’aime la peinture abstraite parce que j’y lis ce que je veux. On ne m’impose rien. C’est comme tomber amoureux de quelqu’un : on ne sait pas qui est vraiment l’autre mais on a soudain envie de le connaître, de percer son mystère tout en sachant qu’on n’y arrivera jamais complètement.

J’ai une fascination pour les abstractions de Michaux et les toiles surréalistes de Marx Ernst. Je retrouve l’enfance, la magie du secret et de l’indéfini à travers leurs oeuvres.

La peinture est un viol, on s’y ouvre ou pas. Lorsque le viol se transforme en amour, c’est magnifique. J’aime aussi passionnément la peinture d’Egon Schiele. J’aurais pu être son modèle.

Lorsque je me regarde dans un miroir, j’ai l’impression d’être une de ses rousses écorchées. Il a tout compris, jusque dans la manière de signer ses toiles. Il y a sans cesse, en lui, un mélange de vie et de mort, comme s’il avait été conscient qu’il disparaîtrait à vingt-­huit ans.

La peinture synthétise la vraie folie, l’exaltation la plus intime.

 chez francesca

Curieusement, j’ai connu quelque chose qui se rapproche dans mon esprit de cette exaltation créatrice lorsqu’il y a deux ans je suis montée pour la première fois sur une scène. C’est la plus belle expérience de ma vie, la plus déstabilisante aussi. Mais les mots restent l’essentiel pour moi.

Écrire mes chansons, c’est ma raison de vivre. Peut-­être parce que, dans mes textes, je ne parle que de moi ! C’est de l’égocentrisme artistique…

MADAME FIGARO 1er NOVEMBRE 1991 Mylène Farmer Rencontre avec Danièle THOMPSON

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MYLENE FARMER : UNE QUETE D’IDENTITE

Posté par francesca7 le 20 novembre 2016

 

Vous avez pleuré hier soir sur scène à deux reprises alors qu’on vous voyait en gros plan sur l’écran géant derrière vous. Pourquoi ? ­ C’est une réaction incontrôlable à ce qui se passe entre le public et moi, une sorte d’alchimie. La scène est un moment hors du commun, les émotions que j’y ressens me nourrissent. J’en ai besoin, pourtant, par peur de me lasser, je m’y suis confrontée deux fois seulement : la première en 1989, la deuxième aujourd’hui.

Cela correspond à la sortie d’un album et à mon retour en France après quatre ans d’absence.

chez francesca 

Que s’est­-il passé en quatre ans ? ­

MF : Je suis sortie de mon cocon. Grâce à des voyages et à mon séjour à Los Angeles, j’ai fait un second apprentissage de la vie. Je me sens plus libre et en accord avec de nouvelles valeurs, comme le sens du partage : l’autre prend plus d’importance qu’auparavant. C’en est fini de la Mylène Farmer si exhibitionniste qu’on vous surnommait la ‘clip­toridienne’ ? ­ Je ne veux pas me renier, mais j’ai quand même vécu une période très destructrice.

Pour quelles raisons ? ­

MF :  Je pense que j’étais malade de mon enfance : jusqu’à l’âge de dix ans, c’est le noir total dans mes souvenirs, un gouffre. Je ne veux pas jeter la pierre à mes parents, mais j’étais en manque affectif. C’est l’origine de mon traumatisme. Par la suite, mes problèmes n’ont fait que s’amplifier, la fracture s’est élargie. J’étais devenue une étrangère à mes propres yeux, et en même temps, ces problèmes m’enivraient. Un cercle vicieux. J’étais en pleine ambiguïté et c’est de cela dont j’ai joué. Les clips que je tournais ont augmenté mon trouble, or même si je le chantais, même si cet univers me fascine toujours, je ne suis ni une libertine, ni une catin !

 

 francesca blog

L’essentiel est de ne pas être prisonnière des images. Aujourd’hui j’ai changé, je suis libérée de mon passé. Ce qui m’importe, c’est de vivre dans l’instant et je voudrais que le public accepte l’idée que j’ai évolué, au point de ne pas reprendre une chanson comme « Plus Grandir », qui ne correspond plus à mon état d’esprit.

Une rencontre es-t-­elle à la base de cette transformation ?

MF : Un journal vous a montrée avec votre guitariste… ­ Je trouve cela très dérangeant, surtout pour mon entourage. Je ne peux rien contre ce genre de choses, ce sont les risques du métier mais je refuse d’en parler. Je vous dirai que j’ai effectivement fait une rencontre décisive…avec un recueil de textes sacrés bouddhistes : « Le livre des morts tibétain », un vrai détonateur. En le lisant, j’étais émue jusqu’aux larmes car auparavant la mort m’obsédait : l’idée qu’un être disparaisse me donnait un vertige qui m’attirait vers le bas. Je me dis aujourd’hui que la vie n’est pas vaine, qu’il y a peut­-être un passage, un au­-delà qui justifie notre combat. On vous a connue plus cynique, admiratrice du philosophe Cioran, par exemple… ­ J’en suis toujours une lectrice, mais je porte désormais sur la vie un autre regard où l’humour a sa place.

Peut-­on dire que le fiasco de « Giorgino » vous a mûrie ? ­

MF ;  C’est une période qui a contribué à ce changement, en ce sens que je ne suis pas du tout du genre à m’apitoyer sur mes échecs. L’échec fait partie de la vie, c’est une donne que j’assume dans tous mes projets. Je n’ai ni amertume, ni désir de revanche et j’ai toujours autant envie de jouer devant la caméra.

On a dit que depuis, vos relations avec Laurent Boutonnat se sont tendues… ­ Je démens tout à fait ! Aujourd’hui que vous avez retrouvé votre public grâce au disque et à la scène, où avez­-vous envie de vivre ? ­

MF :  Mon adresse, c’est toujours Paris mais avec l’idée de pouvoir m’en échapper quand je le veux. J’ai trop aimé vivre à Los Angeles !

Pour quelles raisons ? ­

MF : L’espace ­ même s’il est parfois étouffant ­ et le soleil, mais surtout le plaisir de pouvoir perdre son identité et ses points de repère dans cette ville immense où personne ne me connaît. En comparaison, je trouve Paris bien morose : ici, tout est noir d’encre, plombé et déprimant. En somme, le contraire de votre nouvelle nature… ­ J’ai, moi aussi, encore des moments noirs, des instants de dépression, mais je suis désormais attirée vers le haut et la lumière.

Beaucoup d’artistes français refusent de se produire à Toulon parce que le maire de cette ville fait partie du Front National. Cela ne vous gêne pas d’y avoir travaillé pendant dix jours et d’y avoir fait le premier concert de votre tournée ? ­

MF : Je ne vais pas me lancer dans une suite de banalités, même si mes convictions me portent à détester le racisme et à juger détestable ce qui se passe dans cette ville, mais je n’ai pas envie d’avoir le rôle d’une artiste qui délivre des messages. C’est une manière de me protéger.

NB : cette interview a été donnée dans un salon du Zénith de Toulon, au lendemain de la première date du Tour 96, lors d’une rencontre avec plusieurs journalistes.

GALA 30 MAI 1996 Entretien avec Loïc SELLIN

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MUSIC NEWS des années 1996 avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 15 octobre 2016

 

 Entretien avec Eric JEANJEAN

 Comme à chaque sortie d’album (jusqu’en 1999), Mylène Farmer accorde un entretien à NRJ, mais celui-­ci diffère des précédents dans sa forme, puisqu’il est diffusé en plusieurs parties diffusées tout au long de la journée et accompagnées à chaque fois d’une chanson du nouvel album.

Lors du week-­end spécial Mylène Farmer du 31 mai au 2 juin 1996, cet entretien est rediffusé en partie avec quelques passages qui n’avaient pas été diffusés en octobre 1995. Vous retrouvez donc ici la retranscription intégrale reconstituée.

Eric Jeanjan : Lorsque Mylène Farmer sort un nouvel album, c’est sur NRJ qu’on le découvre avant tout le monde, et quand Mylène Farmer parle, c’est sur NRJ qu’elle le fait. Journée spéciale Mylène Farmer en exclusivité sur NRJ. Donc, « Anamorphosée », c’est le nom du tout nouvel album de Mylène Farmer.

Un album qui nous procure un double plaisir : d’abord celui de réentendre Mylène Farmer avec de nouvelles chansons sur les ondes radios, et puis un vrai plaisir, celui de vous rencontrer aujourd’hui.

Bonjour !

 mylène

 

 Mylène Farmer : Bonjour. EJ : Merci une nouvelle fois d’avoir accepté notre invitation. Une invitation d’autant plus précieuse que les interviews que vous donnez sont rares. Ce sera d’ailleurs ma première question : comment se fait-­il que vous soyez si rare chez nous, les médias français ? Est­ce que c’est parce que vous n’avez pas envie de vous dévoilez, que vous craignez pour votre tranquillité ? Ou simplement parce que vous pensez que le média, c’est un mets à savourer avec parcimonie pour éviter l’indigestion ?

MF : Un peu tout ça, je dois dire, mais surtout parce que c’est un exercice qui est difficile pour moi et parce que je redoute la justification en général.

EJ : On revient encore une fois sur cet album, qui a été enregistré à Los Angeles. C’est la première fois que vous enregistrez à Los Angeles ?

MF : Oui.

EJ : D’accord. Qu’est­-ce qui s’est passé ?  Vous en aviez marre de la France, marre d’être en France ? Peut-être aussi du statut de star, qui parfois peut être lourd à porter…

 MF : J’avais envie effectivement de…toujours cette idée du voyage. Auparavant, je redoutais l’idée de prendre une valise, un avion et de partir vers l’inconnu, et aujourd’hui j’avoue que c’est quelque chose qui m’enchante ! Est­-ce que j’en avais marre de la France, comme vous dites : non.

Peut­-être que j’en avais marre de moi, quelque part, et ce quelque part se rétrécissait au fur et à mesure donc j’ai senti pour moi une urgence que de m’envoler. Il se trouve que c’était Los Angeles parce que j’y connais quelques personnes, donc c’est plus facile et que c’est une ville qui offre une qualité de vie assez étonnante –si tant est qu’on puisse se l’offrir, j’en suis consciente. Mais…voilà !

 mylène0

EJ : Vous aviez envie de partir, de vous exiler, ou vivre quelques temps là-­bas, ou vous aviez vraiment décidé d’écrire l’album là-­bas ? Ou c’est une fois que vous étiez là-­bas que vous avez fait l’album ?

 MF : Non, ça n’était pas prémédité. Je suis partie là-­bas, j’y suis restée et après, effectivement, j’ai demandé à Laurent de m’y rejoindre.

 EJ : C’est là que vous avez écrit cette belle chanson, qui est la première de l’album : « California ». J’ai relevé quelques phrases que j’aime bien ­ c’est assez significatif d’ailleurs de ce que vous avez dit, vous allez confirmer ou infirmer : « Aéroport, aérogare mais pour tout l’or m’en aller / C’est le blues, le coup d’cafard / Changer d’optique, prendre l’exit / M’envoyer l’Amérique »… (sic)

MF : Voilà, c’est le résumé de ce que je viens de dire ! (rires)

EJ : C’est exactement ça ! (Mylène acquiesce d’un murmure)

Diffusion de « California »

Image de prévisualisation YouTube

https://youtu.be/JAS2XAvINtc

 

EJ : On va parler d’ « Anamorphosée », maintenant. C’est donc le nom du nouvel album (Mylène acquiesce). Alors, je me suis amusé ­ on le disait tout à l’heure hors antenne­ à regarder dans le dictionnaire, donc la définition du mot ‘anamorphose’, d’ailleurs puisque le mot réel c’est ‘anamorphose’­ dans le Larousse 1995 : ‘Image déformée d’un objet donnée par certains systèmes optiques, ou bien représentation volontairement déformée d’une forme ou d’un objet et dont l’apparence réelle ne peut être distinguée qu’en regardant l’image sous un angle particulier ou au moyen d’un miroir courbe’. Alors, est­-ce que je dois m’attarder à ce titre ? Ca veut dire que vous avez choisi ce titre parce que les gens ont une image déformée de vous, ou bien est­-ce que c’est simplement un titre qui fait joli ?

MF : Non. Moi, j’y ai trouvé une autre définition : ma perception du monde, j’ai ce sentiment, s’est élargie, s’est agrandie. L’idée de l’anamorphose, pour moi, c’est le moyen de tout re-concentrer, de tout rassembler pour n’en faire qu’une. Voilà.

EJ : Qu’est-­ce qui a fait que votre vision du monde s’élargisse ?

MF : J’ai l’impression que le voyage m’a donné une clé, et puis ça fait partie de l’apprentissage de la vie, j’imagine. Je pense avoir changé, je pense avoir découvert des choses que je ne connaissais pas auparavant, avoir accepté surtout beaucoup de choses.

 EJ : Qu’est­-ce qui a changé chez vous ?

MF : Quelque chose d’assez fondamental, à savoir que je n’appréhende plus la mort de la même façon, à savoir j’ai peut-­être aujourd’hui accepté la mort, j’ai probablement accepté une vie après la mort, ce qui me permet aujourd’hui, moi, de vivre et d’accepter la vie, tout simplement. Donc je pense que c’est le vrai changement en moi.

EJ : Ca veut dire que pendant toutes ces années où on vous a découverte, vous aviez une espèce d’angoisse permanente ­ j’allais dire une angoisse résiduelle­ qui a toujours été au milieu de ce que vous faisiez ?

 MF : Une hantise de la mort, oui, absolument. Oui.

EJ : Et ça s’est traduit par quoi ? Vous avez découvert Dieu, ou vous avez découvert un… ?

MF : Non. C’est au travers de, je dirais, de réflexions. Il y a des choses qui sont venues spontanément à moi. Je considère que j’ai eu de la chance. Et puis c’est au travers de lectures, également.

EJ : Vous avez peur de l’autre ? Ou des autres, en général ?

MF : Non.

EJ : Non ?

MF : Non. Il ne m’effraie plus ! (rires)

 

Diffusion de « XXL »

Image de prévisualisation YouTube

https://youtu.be/itT1IzQW82o

 

EJ : Est­-ce que vous êtes susceptible de vous engager, de mettre votre notoriété au bénéfice d’une cause quelle qu’elle soit ? D’abord, est-­ce que vous l’avez déjà fait et est­-ce que vous pensez que c’est important de le faire et de profiter justement de cette notoriété et du fait que vous soyez un vrai vecteur de communication, puisque vous avez des gens qui vous écoutent et qui vous aiment ?

MF : Je crois que c’est important de le faire dès l’instant qu’on sait le faire et qu’on a envie effectivement de s’y prêter. Maintenant, je l’ai fait et…

EJ : (la coupant) Vous l’avez fait pour quoi ?

MF : C’était pour la recherche contre le sida (sur l’album « Urgence » sorti en juin 1992, nda). Maintenant c’est vrai que des choses publiques, j’ai un petit peu plus de mal à le faire. Je préfère que ça se fasse dans le privé. Qu’on le sache ou qu’on ne le sache pas, ça n’a pas grande importance du moment que je peux le faire.

EJ : Parlons de « Eaunanisme ». Alors là, c’est une chanson qui m’a beaucoup amusé de par l’orthographe d’ « Eaunanisme » : vous avez écrit ‘eaunanisme’ (il épelle le mot). Le vrai mot, c’est onanisme, qui vient ­ j’ai cherché encore dans le dictionnaire, je me suis beaucoup amusé avec vous dans le dictionnaire !

(rires de Mylène) ­ qui vient du personnage biblique de Onan, et ça veut dire masturbation. Alors, qu’est­-ce que je dois comprendre, là ?! Eau : c’est une relation particulière avec l’océan ? Un texte très sexe, enfin me semble-­t-­il !

MF : Plus sensuel que sexe, je pense ! J’avais envie de l’élément eau, maintenant l’onanisme c’est effectivement la recherche du plaisir par soi­-même. Moi, quand j’ai écrit cette chanson, je pensais à l’écriture, donc je pense qu’il y aura des milliers de lectures quant à cette chanson. J’ai essayé d’évoquer l’écriture : l’écriture est aussi un plaisir solitaire, en tout cas dans un premier temps, et j’avais envie d’écrire comme un petit conte, en évoquant un personnage. Voilà !

 mylène1

EJ : Est-­ce que ça veut dire que vous écrivez pour vous faire du bien ? Est­ce que c’est une forme, je dirais, de thérapie ?

MF : Je crois que c’en est une. Maintenant, c’est aussi, je pense, un intérêt pour l’autre, une fois de plus. Diffusion de « Eaunanisme »

EJ : C’est important, pour vous, l’image ? Je me rappelle de clips fantastiques. D’ailleurs, pratiquement tous les clips sont des mini films extraordinaires : « Pourvu qu’elles soient Douces » était génial ; « Libertine », c’était génial ; le clip de Besson, effectivement je me rappelais plus que c’était lui qui l’avait fait, mais c’était vachement bien ! C’est très important, pour vous, l’image que vous donnez ?

MF : C’est important, et l’image tout simplement pour moi est importante dans ma vie. J’adore le cinéma, j’adore la photo, oui.

EJ : On parlait cinéma justement avec le film de Laurent Boutonnat, « Giorgino ». Moi j’ai eu l’impression d’une petite cabale. On va pas polémiquer là­-dessus, moi je suis pas d’accord, simplement c’est un film qui nous a permis de découvrir un vrai talent : le vôtre, en tant que comédienne. Est­-ce que c’est une expérience que vous retenterez, le cinéma ?

MF : Probablement ! Je me le souhaite. Maintenant, c’est vrai que ça ne fait pas partie, ou plus partie, de l’état obsessionnel. C’est vrai qu’avant…

EJ : (la coupant) Ca l’a été ?

 MF : Ca l’était, parce que c’est vrai que j’ai eu ce désir il y a très, très longtemps que de faire ou du cinéma, ou du théâtre et que j’ai eu cette rencontre avec Laurent Boutonnat, et que nous sommes nés tous les deux d’une chanson toujours avec cette envie que de pouvoir faire un film, lui le réaliser et moi l’interpréter. Pendant ces dix années, c’est vrai qu’on a pensé à ce film, à un film, et voilà nous l’avons fait !

EJ : Vous avez des propositions au cinéma ? MF : J’en ai quelques-­unes, oui. EJ : Et pour l’instant, pas de réponse positive ?

MF : Pas pour l’instant, non.

EJ : On parlait justement, puisqu’on reste dans les médias, on parlait de la télé tout à l’heure, hors antenne. Quelle est votre opinion justement face à la télé telle qu’elle existe aujourd’hui en France et puis aux Etats­-Unis que vous connaissez bien maintenant ?

 MF : Oui. La télévision en France, d’abord je la regarde très, très, très peu, si ce n’est que le peu d’émissions que j’ai vues c’est vrai qu’il y avait cette idée de répétition aujourd’hui, de banalisation de tout, et surtout ce ton qui se veut sarcastique, cynique et tout le monde n’a pas le talent pour ça ! Donc j’ai l’impression que ça n’a dans le fond pas grande importance, la télévision, en tout cas la façon dont ils la font. Diffusion de « XXL » à nouveau

EJ : On va parler des chansons, maintenant. Il y en a une qui m’a marqué, c’est peut­-être celle que j’ai le plus écouté, qui s’appelle « L’Instant X ». C’est autobiographique, ça ?!

MF : D’une certaine manière. C’est­-à­-dire qu’il est toujours difficile de s’extraire de son texte, maintenant je parle de moi et je peux parler aussi de l’autre dans ces moments-­là…

EJ : Avec le jeu de mot sur ‘zoprack’…

MF : J’ai été obligée ! (rires)

EJ : Ha bon ?! Pourquoi ? Pourquoi vous avez pas dit Prozac ?

MF : Parce que c’est interdit.

EJ : Ha oui ? Dans une chanson vous n’avez pas le droit ?

MF : On n’a pas le droit de faire la publicité d’un médicament, donc plutôt que de l’enlever et de le tuer, j’ai préféré le mutiler et m’en amuser ! (rires)

EJ : En changeant deux lettres, d’accord ! Une chanson, je dirais, un peu spleen, c’est-­à-­dire je raconte l’histoire pour ceux qui l’ont pas encore écoutée –mais on va l’écouter tout à l’heure, de toute façon­ on ne peut plus vivre sans cette fameuse petite pilule qui va nous rendre heureux. Qu’est­-ce que vous pensez, vous, de cette, je dirais, façon de vivre-­là qui est très américaine, d’ailleurs ?

MF : C’est vrai. La dépendance est une notion qui n’est pas agréable, maintenant si ça peut aider des gens, pourquoi pas ? Si c’est pas dangereux, si les effets secondaires ne sont pas…

 EJ : C’est un vrai débat, le Prozac, quand même…

MF : Oui. Est­-ce qu’il est fondé ? J’avoue que je n’en sais rien. Je ne connais pas bien le sujet, si ce n’est que je connais beaucoup de personnes qui l’ont utilisé, ou continué de l’utiliser…

EJ : Pas vous ?

MF : J’ai essayé. J’ai abandonné très vite, mais plus parce que c’est l’idée que d’être justement dépendant de quelque chose qui m’est insupportable, donc c’est vrai que parfois quand on va très, très bas ­ et je crois qu’on a tous dans sa vie une période comme ça, période parfois répétée ­ on fait appel à quelque chose de l’extérieur…

EJ : Qui peut nous aider à nous en sortir…

 MF : Oui, mais c’est vrai que ça fait réellement partie de notre société aujourd’hui. EJ : Vous, vous préférez vous battre ! MF : J’ai ça en moi, donc j’ai de la chance, je pense.

Diffusion de « L’Instant X »

Image de prévisualisation YouTube

https://youtu.be/D4xaUXQ4wEE

 

 EJ : On va parler de vos projets maintenant, si vous le voulez bien. Un album, en règle générale, c’est suivi d’une tournée. Est­-ce qu’il va y en avoir une ?

 MF : Je ne sais pas.

EJ : Ha bon ? Vous n’êtes pas sûre ?

MF : Je n’ai pas la réponse.

EJ : D’accord ! C’est difficile de monter sur scène quand on est timide ?

MF : Oui et non. C’est quelque chose que je peux tout à fait surmonter, puisque je l’ai fait. Et puis il y a toujours ce sentiment de dédoublement…

EJ : C’est pas vous…

MF : C’est moi ! Bien sûr que c’est moi, mais là on parlait plus de l’appréhension et de la peur. Ca fait partie des paradoxes que l’on a en soi. J’ai toujours cette idée de l’ombre et de rester dans l’ombre, et puis avoir cette faculté que de pouvoir aller sous la lumière dès l’instant que l’on décide de le faire. Voilà. Et à ce moment-là, c’est vrai que là, la réflexion n’existe plus. C’est plus quelque chose d’animal, je dirais, plus d’instinctif que la réflexion.

EJ : C’est quoi, c’est un besoin d’amour le fait de monter sur scène ? Ou besoin de donner aux gens qui vous aiment, justement, et qui font l’effort de venir vous voir ?

MF : Je crois que c’est un partage. C’est donner et puis c’est recevoir. L’un ne peut pas aller sans l’autre.

EJ : Vous avez un message à donner à ces gens-­là ?

MF : C’est toujours difficile ! Je n’aime pas cette idée de porter un message, mais…

EJ : Ne serait­-ce que dans vos chansons, est-­ce qu’il y a un message, au final ?

 MF : Je ne sais pas. Je ne sais pas, c’est plus un témoignage, je dirais, qu’un message. Maintenant, je pense à ces personnes qui ont du mal à vivre et j’aimerais qu’elles puissent rencontrer la personne ou la lecture ou qu’il se passe un moment, comme ça, dans leur vie qui va les aider. Voilà, si je puis souhaiter ça, je le souhaite !

EJ : Et si vous, vous pouvez être ça, c’est bien !

MF : Je n’aurai pas cette prétention.

EJ : Oui, mais vous l’êtes quand même, je veux dire. A partir du moment où il y a des gens qui vous aiment aussi fort, c’est que quelque part vous leur faites du bien…

MF : Je l’espère !

EJ : Est-­ce que vous avez, après la promotion de cet album et après cet album-­là, d’autres projets ?

MF : Non, parce que je ne pense pas de cette façon-­là, c’est-­à-­dire que j’essaye ­ et je crois j’arrive­ de vivre l’instant présent. Et c’est ce qui est important pour moi, dans ma vie : c’est de ne pas ni faire appel aujourd’hui au passé, ni me projeter dans l’avenir mais avoir cette attention sur ce moment présent. Et je crois, puisqu’on a évoqué plusieurs fois ­ en tout cas, moi ­ cette idée du changement, je crois qu’elle réside exactement ici.

EJ : Sur scène, justement, tant d’amour, ça doit faire du bien pour l’ego, ne serait-­ce que de savoir qu’il y a des gens qui font vraiment l’effort d’être là, qui arrivent des heures avant…

MF : Oui, c’est vrai. C’est une belle déclaration.

EJ : Qu’est-­ce qui vous blesse le plus, en général ?

MF : L’absence de générosité, je crois.

EJ : Est-­ce qu’il y a quelque chose qui ne vous touche pas du tout, ou plus du tout ? MF : Oui : le qu’en dira-­t­-on. (rires) EJ : C’est vrai ?

MF : Oui.

EJ : Ca a été important pour vous ? Ca vous a un peu pourri la vie ?

MF : Ca n’a jamais été important pour moi. Jamais. Si ce n’est qu’aujourd’hui c’est encore moins important, parce qu’une fois de plus j’ai…Non, je me moque des qu’en dira-­t­-on, oui.

EJ : Qu’est-­ce qui…Oui, vous voulez rajouter quelque chose ?

MF : Non, je pensais que quand on n’a plus peur du regard de l’autre, quand c’est un regard qui ne vous agresse plus, l’autre n’est plus un ennemi donc il n’y a plus ce sentiment de peur.

EJ : Oui, je comprends. Qu’est-­ce que je dois faire si je veux devenir votre ami ?

MF : (silence) Vous êtes sérieux ?! (rires) Nous en parlerons plus tard !

EJ : D’accord ! Je regardais votre biographie : pratiquement trois millions d’albums vendus maintenant, des milliers de fans…Est-­ce que, justement, les fans, les gens qui vous aiment et qui parfois passent dans votre vie, c’est difficile à gérer ? Parce que des fois, il y a tellement d’amour que c’est maladroit…

MF : Là encore, je ne ferai pas de grande littérature quant à ce sujet. Je crois que ça fait partie de ce métier. Mieux vaut être appréciée que le contraire !

EJ : Bien sûr…

MF : Et d’autre part, je crois que je n’ai jamais eu réellement d’agression. Au contraire. Maintenant, c’est vrai que…Mais c’est pas par rapport à moi, dans le fond, c’est plus par rapport à la personne qui passe beaucoup, beaucoup de temps, qui attend des heures et parfois la nuit, et c’est vrai que dans le fond c’est une idée qui me dérange.

EJ : Pourquoi ça vous dérange ?

MF : Mais parce que c’est pas normal selon moi, et surtout par rapport à moi, de savoir que quelqu’un m’attend et attend quoi, dans le fond ? Je ne sais pas…

EJ : On a l’impression justement que les gens, les fans, n’aiment pas peut­-être ce que vous êtes réellement et n’aiment que l’image que vous donnez de vous, l’image professionnelle…

MF : Là encore, je ne me pose pas ce genre de question. C’est quelque chose de spontané chez eux. C’est parfois obsessionnel, maintenant dans le fond, ça les regarde…

 EJ : Je vous remercie mille fois d’abord pour cet album, « Anamorphosée », et puis ensuite d’avoir été avec nous, et je sais une nouvelle fois, je le répète mais c’est vrai, vos interviews sont rares donc précieuses.

MF : Merci à vous.

EJ : Merci beaucoup, Mylène Farmer. Au revoir.

MF : Merci, au revoir.

parution NRJ 16 OCTOBRE 1995

 

Publié dans Mylène 1995 - 1996, Mylène AU FIL DES MOTS, Mylène dans la PRESSE, Mylène en CONFIDENCES, Mylène en VIDEOS | Pas de Commentaires »

A l’époque du DIRECT avec Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 3 septembre 2016

 

 

 

Philippe Gildas reçoit Mylène Farmer sur le plateau de son « Direct », sorte de première version de ce qui deviendra « Nulle Part Ailleurs ». Mylène, dans un tailleur gris beige, prend place aux côtés de la comédienne Marie-Christine Barrault pour répondre aux questions de l’animateur.

mylène

Philippe Gildas : Bonjour Mylène ! Est-ce que le clip est fini ?
Mylène Farmer : Il est terminé, oui. 

PG : Ca sortira bientôt ?
MF : Il est en montage actuellement pendant une semaine, une semaine de mixage et la troisième semaine sera la bonne !

PG : Je voudrais bien voir « Libertine » au milieu des loups !
MF : Oui, ça va être très, très beau je pense !

PG : Vous l’avez vraiment fait avec des loups ?
MF : On a fait avec un loup, et puis sinon y a des…Je vous donne pas le secret, quand même ! (rires)

PG : Mais je savais depuis le début qu’elle voulait à tout prix faire son clip dès la sortie, avant même la sortie de « Tristana », d’ailleurs ! 
MF : Oui !

PG : Et vous l’avez tourné en Ardèche, non ?
MF : Non, non, non, on l’a tourné dans le Vercors, avec des plaines enneigées…Un très, très beau décor !

PG : « Tristana », c’est votre combien, cinquième 45 tours ?
MF : Oui. 

PG : C’est une carrière qui est partie à cent à l’heure, alors ! Y a combien de temps ? Trois ans ?
MF : Ca fait, depuis « Maman a tort », trois ans, oui. Avec un album, entre !

PG : Et « Maman a tort », c’était pas hasard !
MF : Rien n’est un hasard, mais c’est vrai que j’ai eu la chance de rencontrer deux personnes qui…

PG : (il l’interrompt) Boutonnat ?
MF : Boutonnat, oui, Laurent Boutonnat avec qui je continue, compositeur donc qui m’a composé la première chanson. 

PG : Il a eu, enfin je sais pas qui a voulu cette rencontre mais c’était bien puisque trois ans après un album est sorti…
MF : Oui.

PG : …qui a combien ? Six mois ?
MF : A peu près, oui. (l’album est pourtant sorti un an pile auparavant, ndlr)

PG : (…) Et voilà maintenant le nouveau 45 tours, « Tristana », on l’écoutera chanter dans un instant !

Philippe Gildas se tourne alors vers Marie-Christine Barrault, qui parle des films en costumes.

PG : (…) Mylène elle adore les déguisements !
MF : (rires) C’est vrai, j’aime bien les costumes, oui, les époques.
Marie-Christine Barrault : Les robes sont très, très lourdes ! (…) Pour chanter, je suis pas sûre que ce soit bien ! (rires)

PG : (se tournant à nouveau vers Mylène) Alors, « Tristana », l’histoire de « Tristana » ?
MF : Que voulez-vous savoir ?!

PG : Après « Libertine », il fallait le trouver quand même !
MF : Oui! C’est la dure reconversion de « Libertine » ! C’est une histoire simple, « Tristana », c’est un peu la mélancolie, un peu le désespoir. Voilà, c’est un peu la couleur de cette chanson. 

PG : Pourquoi chaque fois, vous qui avez une vie professionnelle parfaitement réussie apparemment une vie privée aussi dont vous n’avez pas à vous plaindre, la petite québécoise…non c’est pas Québec, vous hein ?
MF : C’est Montréal. 

PG : …venue en France, non pas pour chanter mais bien avant déjà ! Vous aviez quel âge ? 10 ans, 12 ans ?
MF : Oui c’est ça, 9, 10 ans. 

PG : Quand vous voulez retravailler, vous allez au Canada sans problèmes : ils vous connaissent bien !
MF : Ils me connaissent pas du tout au Canada, non ! Non, non ! L’album est sorti, « Libertine » est en train de sortir mais je n’ai rien fait dans ce pays. 

PG : Mais ils vous connaissent quand même ? Ils savent…
MF : Certainement. Depuis « Maman a tort », oui, ils s’intéressent un peu à ce que je fais.

PG : Sinon vous n’envoieriez pas vos disques en priorité là-bas, après la France !
MF : Ce n’est pas en priorité, c’est eux qui font appel à vous s’ils sont intéressés. 

PG : Mais ça sert pas d’être canadienne ?
MF : Je ne crois pas. En ce qui me concerne, non parce que…

PG : Ils vous considèrent pas du tout comme canadienne ?
MF : Ben j’avoue que j’y suis jamais retournée, que je n’ai jamais re-rencontré donc des canadiens. Il était question que j’y aille là, en mai donc c’est en pourparlers. Donc je pourrai vous répondre après ! (Mylène ira finalement au Canada un an plus tard, ndlr)

PG : La carrière de mannequin, vous l’avez complètement abandonnée ?
MF : Oui, j’avais fait ça vraiment en dilettante, c’était pour gagner ma vie. Donc j’ai complètement abandonné parce que inintéressant et pas du tout ce à quoi j’aspirais. 

PG : Alors qu’est-ce que vous ferez après la chanson ?
MF : Probablement élever des singes !

PG : (rires) Et pourquoi ?
MF : Parce que j’ai une passion de cet animal, des animaux en général, mais c’est vrai des singes spécialement. 

PG : Mais qu’est-ce que vous en ferez ?
MF : Bah écoutez, un élevage probablement !

PG : Mais des grands ? Des petits ?
MF : Plutôt des gros. 

PG : Oui, mais ça se reproduit ! (rires)
MF : Oui. Vous avez peur des familles nombreuses ?! (rires)

PG : De singes, oui !
MF : Y a plein de choses à faire : l’éducation…Enfin, je sais pas, y a plein de découvertes à faire certainement avec ces animaux. 

PG : Enfin pour l’instant vous continuez la chanson ?
MF : Pour l’instant, je suis ravie de chanter ! (rires)

mylène

Philippe Gildas demande ensuite à Mylène d’interpréter « Tristana », ce qu’elle fait, entourée de ses deux danseuses. A l’écran apparaît parfois un trucage vidéo entourant Mylène de fausses flammes. Après la chanson, Mylène retrouve sa place face à l’animateur.

PG : Le dernier 45 tours de Mylène Farmer, « Tristana ». Alors en attendant la surprise du clip, parce que si j’insiste tellement sur le clip c’est…elle devrait faire du cinéma ! « Libertine » faisait combien de temps, le clip ?
MF : Je crois que c’était onze minutes. 

PG : Un vrai film, en plus !
MF : Oui. Celui-là (« Tristana », ndlr) est parti pour être un peu plus long, d’ailleurs !

PG : Ha, vous allez faire encore plus long ?! Mais faut faire du cinéma carrément !
MF : Bah écoutez, peut-être un jour ! (rires)

PG : « Libertine », vous l’aviez tourné dans un château ?
MF : On l’a tourné dans un château…heu qu’est-ce qu’on a fait d’autre ?! (sourire) On a fait de l’extérieur également. Et là, c’est essentiellement extérieur et un peu studio. 

MCB : Vous avez combien de temps pour tourner un clip ?
MF : Il y a la préparation -je vous laisse juge, vous connaissez le métier ! Sinon de tournage, c’était à peu près cinq jours. Cinq, six jours mais vraiment à temps complet, c’est-à-dire c’était de 5h du matin à 11h du soir !

PG : Mais pourquoi est-ce que par rapport à une chanson vous faites un clip aussi long par exemple, et qui est une autre aventure ?
MF : Oui, par plaisir. 

MCB : Mais alors vous changez la musique, vous l’allongez ? Comment vous faites ?
MF : C’est-à-dire qu’on met ou de la musique additionnelle, dans « Libertine » c’est ce qui s’est produit, y a des moments sans musique, y a des moments avec voix-off, enfin y a plein de possibilités ! Et là en l’occurrence, on va mettre probablement la version du maxi 45 tours, donc qui est un peu plus longue que le 45 tours lui-même, avec une musique additionnelle et autre. 

PG : Vous préférez passer beaucoup de temps par exemple à tourner ces clips, à les préparer, les tourner ou bien faire de la scène ? Ce sont deux choses très différentes…
MF : Cette question est très pernicieuse, je le sens ! (rires)

PG : Vous avez fait le podium Europe 1 ? (tournée des boites de nuit à l’été 1986 avec Catherine Lara en tête d’affiche, ndlr)
MF : J’ai fait effectivement le podium Europe 1 et…

PG : C’est une sacrée école, hein ?
MF : Oui, tout à fait, oui. Très intéressant et très agréable. Je préparerai certainement une scène, mais je vais attendre déjà d’enregistrer un autre album. Quant aux tournages, c’est vrai que le cinéma me passionne, les tournages me passionnent. Et tourner avec Laurent c’est aussi quelque chose que j’aime beaucoup. 

MCB : Comment on fait ? C’est tout en play-back ? Vous écoutez la musique quand vous tournez ?
MF : Non, du tout. C’est-à-dire que chacun procède de façon différente. Nous, c’est vrai qu’on fait complètement abstraction de la chanson, du texte et de la musique pendant le tournage, et ce sera effectivement en play-back derrière. 

MCB : Comme un vrai film, quoi. 
MF : Oui, oui.

Philippe Gildas se tourne ensuite vers ses autres invités et Mylène n’intervient plus jusqu’à la fin.

 

SOURCE : DIRECT  AVRIL 1987
Présenté par Philippe GILDAS sur CANAL +

 

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Mylène F. a tous les charmes du libertinage

Posté par francesca7 le 25 juillet 2016

                                                                                                                                                                                                                                                                              

Mylène Farmer, l’image que vous reflétez est celle d’une libertine. Est-ce une profession de foi ?      

- C’est un état. (rires) Profession de foi, non ! Il ne faut pas trop se prendre au sérieux ! Mais c’est un plaisir, en tout cas. 

Vous donnez également dans vos chansons l’image d’une ingénue…                    

Francesca0                    

- D’habitude, on me dit perverse. Je ne sais pas si c’est compatible… Ingénue, non. Plutôt lucide. Pour moi, libertine est l’alliage de coquine et de putain. 

Vous vous sentez des affinités avec les libertines du XVIIIème siècle ?                        

- Dois-je le dire ? C’est une époque qui me fascine, qui m’attire… Oui, j’aurais pu être libertine.            

Vous savez qu’à l’époque, ces gens là étaient considérés comme les premiers révolutionnaires dans la mesure où ils démolissaient l’ordre établi, qu’il soit religieux ou moral. Ils se moquaient des vierges…  

- C’est ce que j’aurai aimé faire aujourd’hui, mais c’est un peu difficile…                                                                    

Pensez-vous qu’à notre époque la provocation érotique ait encore une fonction de perturbation sociale ?     

- Bien sûr. Ce sont des choses qui certes évoluent un peu, mais qui font toujours partie de l’interdit, c’est évident.  

Pensez-vous que la religion a encore une fonction importante dans notre société ?   

- Personnellement, je ne lui trouve aucune fonction mais je pense que c’est une chose présente, même omniprésente.         

Dans notre système actuel où l’on est entouré par l’érotisme et le sexe – que ce soit dans les films, à la télévision ou dans la pub – pensez-vous qu’il peut y avoir encore de la provocation maintenant qu’elle fait partie des choses normales et quotidiennes ?          

- Je pense que oui… Mes chansons provoquent encore des réactions. Rien n’est acquis !         

Vos costumes de scène sont très originaux par rapport à ce qu’on voit actuellement : ils sont très raffinés, coquins et très recherchés. Est-ce que vous vous habillez de cette manière provocante dans votre privée ? 

- J’adore rester toute nue chez moi ! Mais la lingerie, non, ce n’est pas quelque chose que je cultive à la maison. J’aime, mais c’est plus amusant de la présenter en public !                                                                                                     

Quel type d’homme vous attire ?                                                                                                   

- Je vais vous dire une banalité : les hommes intelligents.                                                                                      

Que faut-il faire, ou ne pas faire, pour séduire Mylène Farmer ?            

- Il y a plus de choses à ne pas faire qu’à faire ! (rires) Certainement me séduire intellectuellement…                           

Il vous arrive de ‘flasher’ sur un physique uniquement avant que l’homme ne parle ?     

- Oui, ça peut m’arriver, mais je préfère que l’homme me parle. En fait, je n’en rencontre pas souvent, des hommes. Je suis très protégée dans ma maison. J’aime bien les hommes d’un certain âge, d’une certaine expérience. C’est vrai que j’aime bien le côté papa, le côté protecteur…           

Francesca1Pensez-vous qu’à l’heure actuelle la sexualité féminine, qui est très mise en avant dans tous les domaines, est toujours dépendante de l’homme ? Existe t-elle toujours à travers les yeux de l’homme ? 

- Oui, je le pense. La femme est en représentation : c’est l’homme qui, quoi qu’il arrive, impose. Ca ne me dérange en aucun cas.          

Pour revenir aux libertins du XVIIIème avec lesquels vous avez des atomes crochus, quelle a été la première lecture érotique qui vous a troublée ?                                           

- « Justine » de Sade, et après, j’ai continué. Je l’ai lu à quinze ans.                       

Ca vous a vraiment troublée de façon érotique, ou était-ce un phénomène de curiosité ?       

- Vous êtes bien indiscrètes ! Les deux…D’autant plus que mes parents ne m’avaient jamais parlé de ‘ces choses- là’. Ce sont des choses que l’on découvre soi-même, et c’est beaucoup plus drôle de les découvrir ainsi. Il faut garder certains tabous, certains interdits pour les transgresser. C’est bien, les interdits ! 

Dans la littérature pornographique féminine, genre Xaniera Hollander ou Sylvia Bourdon, est-ce que ces femmes vous fascinent quelque part par leur attitude, par leur violence ?                                  

- Elles ont plutôt tendance à me dégoûter…                                            

Pourquoi ? Parce qu’elles en font trop ?                                                                                                     

- Oui, c’est de l’illustration bâtarde et malsaine. Moi, j’aime les choses raffinées. Je trouve que Sade est très raffiné donc c’est ça que j’aime.      

Pouvons-nous vous demander quel est votre meilleur souvenir érotique ?       

- Ca ne va pas du tout là ! Euh… mon petit singe ! Vous n’en saurez pas plus !        

Paru sur DOMINA de mai-89              

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MYLENE FARMER : Elle ose, elle choque et elle charme

Posté par francesca7 le 25 juillet 2016

Mylène chez Francesca

Entretien avec Cécile TESSEYRE                                                                                                             

De « Libertine » à « Pourvu qu’elles soient Douces », vos chansons ont toujours été un peu osées. Jusqu’où irez-vous ?  

MF : – Je ne m’autorise pas de limites. En ce moment, je n’écris pas, la question ne se pose donc pas…      

Certains trouvent vos paroles choquantes…                                                                                                                                                        

- Dans « Sans Contrefaçon » je dis ‘je me fous du qu’en dira-t-on’. C’est vrai. Malgré tout, je pense avoir beaucoup d’interlocuteurs favorables puisque le 33-Trs « Ainsi Soit Je… » approche déjà les 600.000 exemplaires vendus.                      

Et vos parents, votre famille…                                                                                                                                                       

- Nous n’avons aucun dialogue sur ce sujet. Nous sommes une famille de longs silences, mais qui ne sont pas pour autant de longs creux…    

L’amour, le couple sont-ils importants pour vous ?               

- Pour moi, l’amour est fondamental pour la créativité. J’aime beaucoup cette phrase du romancier Luc Dietrich qui dit que ‘l’amour est un grand courage inutile’. Je suis comme mes chansons : libertine, douce et fidèle. Très fidèle.                            

Êtes-vous heureuse ?                                                                                                                                                           

- Je suis incapable de répondre. Une fois de plus, c’est un paradoxe. Pour moi, l’amour doit être grandeur et décadence.  

Lio vient de poser nue pour ‘Lui’. Vous apparaissez dénudée dans certains de vos clips. Vous imiteriez Lio pour des photos ?     

- Non. On me l’a déjà proposé, pour une somme d’ailleurs très rondelette. Je ne le ferai jamais car je n’éprouve aucun plaisir à cela. La seule motivation de ceux qui acceptent est l’argent. Quant à Lio, je me garderai bien de la juger, car c’est une artiste que je respecte beaucoup.

- Je reçois de plus en plus de lettres, et j’ai de moins en moins le temps d’y répondre, car je ne veux déléguer ce bonheur à personne. Je reçois de longues lettres de gens qui ont le mal de vivre et qui cherchent un dialogue ou une consolation. Ma meilleure façon de leur répondre, c’est à travers les chansons. Je n’ai jamais reçu de lettre d’insultes !                                                                                                       

Mylène et FrancescaEn allant chercher votre trophée aux Victoires de la musique, vous avez dit être à la fois très heureuse et très triste.          

- C’était un grand moment d’émotion. J’ai toujours eu du mal à distinguer le bonheur de la tristesse. Chez moi, ils se conjuguent parfaitement. En prenant ma récompense, j’ai vu défiler les plus belles images de ma vie et les plus cruelles aussi. On dit bien que la jouissance est une petite mort. Je n’ai pas voulu chasser le naturel, je n’avais préparé aucun texte, j’ai tout dit spontanément. D’autres choses sont également intervenues, mais je tiens à les garder secrètes.     

Comment avez-vous célébré cette Victoire ?         

- Dans le silence. Dans la voiture, en quittant le Zénith, avec mon manager Bertrand LePage, nous n’avons échangé aucun mot. J’étais assise à serrer très fort entre mes mains cet objet très lourd. C’est ma manière de vivre les choses. Mon sens de la fête est le repli sur soi, sans occulter le bonheur. Chez moi, j’ai placé la Victoire dans mon salon, sur un haut-parleur. Comme beaucoup d’artistes, j’ai été étonnée. Je ne vois aucune inscription sur le trophée, pas même la catégorie. Tout juste ‘Victoires de la Musique 1988’. Je regrette cet anonymat.           

Et le lendemain ?                                                                                                                                                                         

- Je suis redescendue sur terre en me plongeant dans le travail, qui est surtout une préparation physique en vue du Palais des Sports, en mai 1989.                                                                                                                                                            

En quoi consiste cette préparation ?                                                                                                            

- Du sport. Pour l’instant, je le pratique à la dose minimale de quatre fois par semaine pendant environ quatre heures et demie. Ensuite, je m’entraînerai tous les jours. Par exemple, je commence le matin, à dix heures, par une séance de jogging. Le mot a été un peu galvaudé, mais disons qu’il s’agit de courir en ayant de belles foulées et en obtenant un rythme cardiaque en harmonie avec la course. Le résultat doit être de pouvoir courir une heure sans s’arrêter, sans fatigue, et en récupérant son souffle rapidement. C’est un travail de haute précision, dirigé par mon entraîneur, Hervé Lewis.

mylène et francesca1

Et ensuite ?                                                                                                                                                    

- Nous retournons à son appartement, où Rambo a installé une salle de sport. Un travail comparable à celui d’une danseuse. Après vient le moment du repas. Une bonne alimentation est indissociable d’un bon entraînement physique. Mes repas sont établis par un cuisinier diététicien, Emmanuel Engrand. Il m’a enseigné des menus variés et équilibrés -du poisson et des légumes-crudités- et surtout à manger lentement et à boire peu pendant les repas. Le plus dur a été d’arrêter la cigarette, même si je ne fumais pas vraiment.                                            

Cet entraînement vous a-t-il changée ?                                                                                                                                                                 

- Mon corps a changé. Pendant vingt-quatre ans, je n’ai pas fait de sport, hormis l’équitation et les cours de gym à l’école. Avant, j’avais l’impression qu’après trois ou quatre séances, je serais épuisée. Or, mon énergie est décuplée. Dès le début, mon entraîneur a fait en sorte que je ne souffre pas de courbatures. Quant à ma manière de travailler, elle a gagné en rigueur…                                                                                                                          

Parution sur TÉLÉ 7 JOURS du 10-déc-88                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

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La douce MYLENE F. a fait danser les chevaux

Posté par francesca7 le 25 juillet 2016

Francesca1

Entretien avec Catherine DELMAS                                        

A propos des chevaux dressés par Mario Luraschi pour le clip « Pourvu qu’elles soient douces » :                                                                                                                                   

- Ils savent galoper au ralenti, c’est extraordinaire. J’ai eu l’impression d’être une véritable dresseuse.          

A propos du point de départ de l’histoire du clip :                                                                                                                                                     

- Les anglais veulent aller en Prusse, se trompent de chemin et découvrent Libertine couchée par terre. Les prostituées, envoyées par l’armée, rivalisent avec la jeune Libertine, et chut ! On ne dit pas la suite…

A propos des cinquante techniciens qui ont participé à la réalisation du clip :                        

- Ils n’hésitaient pas à travailler la nuit et le jour.                                                                                                      

A propos de la présence permanente d’un conseiller historique sur le tournage :            

- Tous les détails ont leur importance. Quelqu’un a dit ‘On peut violer l’histoire à condition de lui faire un enfant.’    

A propos du tournage en lui-même :                                                                                                                                                

- Je suis prête à tourner le troisième volet ! Je me suis battue dans la boue contre d’autres femmes. Quel plaisir !        

A propos de son premier spectacle au Palais des Sports, en mai 1989 :                                                                

- Sans rien dramatiser, je joue ma vie.                                                                                                                                            

Parution sur FRANCE SOIR 05-oct-88     

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LE CHEVAL : le meilleur ami de MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 16 juillet 2016

                                                                                                                                                                                                                                                                                              

« Cheval, mon ami »      -              Entretien avec Cécile TESSEYRE                                                                                                                          

A propos de son amour des chevaux :                                                       

- Le plaisir d’être à cheval est immense. Les angoisses disparaissent, plus rien n’a d’importance… C’est une discipline que je conseille à tous, même si moi je dois m’en priver pour éviter tout accident. J’ai découvert les chevaux à l’âge de dix ans. J’ai même voulu faire de l’équitation mon métier mais, au moment de passer mon diplôme d’institutrice, j’ai tout abandonné.

blog francesca                                                                                                                                                                         

A propos de la participation du dresseur Mario Luraschi au clip « Pourvu qu’elles soient douces » :     

- J’ai découvert Mario Luraschi en le voyant à la télévision. Quand les producteurs de mon clip l’ont contacté, j’ai eu la chance de le rencontrer. Les chevaux de Mario sont si bien dressés qu’on a l’impression d’être le meilleur cavalier du monde. Mario leur parle comme à une femme…Dans mon clip, Mario a exécuté toutes les cascades dangereuses. Autrement, c’est moi qui joue mon rôle, comme dans les précédents clips.                                                                                                                                                          

A propos du tournage du clip et de son histoire :                               

- Il nous a fallu huit jours de tournage en forêt de Rambouillet, cent cinquante figurants, et une équipe technique renforcée. L’action se déroule en 1759, au beau milieu de la guerre de Sept ans qui opposait les armées française et anglaise. Les français envoient un bataillon de prostituées espionnes semer le trouble dans le camp britannique. C’est là qu’intervient Libertine, dont un capitaine anglais est tombé éperdument amoureux… Nous avons eu un conseiller historique pour éviter les anachronismes.                                                                                                                                                          

A propos du goût limité de Mylène pour l’Histoire :                          

- A l’école, elle me passait au-dessus de la tête. Mon caractère rebelle me faisait refuser l’enseignement des professeurs. Plus tard, j’ai découvert les plaisirs de la littérature et je me suis instruite toute seule.                                                                                                                                                                                         

A propos de sa nudité affichée dans le clip :                         

- C’est le paradoxe de l’artiste. On peut accepter des scènes de nu si elles ont un intérêt, et si on a l’assurance d’un travail bien fait. J’ai confiance en Laurent Boutonnat. Pourtant, j’appréhendais un peu ces scènes. Ce sont les regards, ou les commentaires des personnes sur le plateau qui peuvent rendre la situation embarrassante. Là, tout s’est très bien passé. Malgré tout, me déshabiller dans mes clips ne va pas devenir systématique.     

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A propos d’un éventuel troisième volet mettant en scène le personnage de Libertine :                                  

- Peut-être même un long métrage sur ce personnage qui me ressemble un peu. Comme elle, je suis une insoumise permanente, et mon caractère est comme le sien, très féminin, avec en plus le côté intrépide des garçons.                                                                                                                                                       

A propos des paroles de « Pourvu qu’elles soient douces » qui peuvent choquer certaines oreilles :           

- Disons que la perversité des uns peut être la normalité des autres. C’est une question de tolérance. Avec le temps, je suis moi-même devenue bien plus tolérante à l’égard d’autrui. Mon pardon est plus facile. 

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A propos de sa collaboration avec Laurent Boutonnat :                                 

- Il y a des rencontres qui marquent. Laurent apporte tant de réponses à mes demandes ! Je crois que, dans une vie, on ne trouve qu’une fois une relation créative aussi forte que la nôtre.                                                                                                                                                                                                                         

A propos de la préparation de son spectacle au Palais des Sports, en mai 1989 :                              

- Tous les jours, un professeur vient m’entraîner. Cela demande des sacrifices et une rigueur alimentaire. Fini, les folies Coca-cola ! Je prends aussi des cours de chant pour donner plus d’assurance à ma voix. Je ne m’étais jamais rendue compte à quel point la respiration est importante.                                                                                                                                                                                                                                                               

PARUTION DANS TÉLÉ 7 JOURS                DU 29-oct-88                                      

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RECIT DE L’ADOLESCENCE DE Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 16 juillet 2016

 

‘Mon adolescence’, par Mylène Farmer  paru dans OK du 25-janv-1988                                                                                                                                        

« Nous sommes entrés, à mon avis, dans une ère de désintéressement.                                     

Notre époque a perdu son âme. »  

blog francesca                                          

Mon caractère : l’envie d’être à part.                                                                                

- Quelque part, j’étais peut-être un peu comme l’héroïne de ma dernière chanson : « Sans contrefaçon…je suis un garçon… ». Je n’étais pas un garçon manqué mais une fille manquée ! Depuis ma plus tendre enfance, je n’ai jamais aimé jouer à la poupée, à la dînette… J’ai toujours préférée la compagnie et les jeux des garçons. Certainement cela a dû influencer mon caractère… Jusqu’à l’âge de dix ans, j’ai vécu au Canada une enfance heureuse. J’étais très ouverte, bavarde… Et mon arrivée en France a été un véritable choc. J’ai eu du mal à m’intégrer à l’époque. Mais je n’ai pas souffert de cette période de transition qu’on appelle l’adolescence, disons que j’ai commencé à exister réellement il y a peu de temps, quand j’ai commencé à me réaliser dans le métier que j’ai choisi. Avant j’étais mal à l’aise. Sûrement un peu déracinée… En fait, je n’avais qu’une envie déjà : être à part, être la personne élue. Ce que je ne supportais pas, adolescente, c’est d’être perdue parmi 30.000 fourmis. Et c’est justement ce qu’on vous demande lorsqu’on est adolescent : ne pas être marginal, bien se noyer dans la masse. De cela oui, j’ai souffert !                                                                                                                          

Mes études : incolores et inodores.                                                          

- Je me souviens d’une chose étonnante : j’ai toujours refusé d’arriver en retard au cours. Hiver comme été, je me retrouvais seule à 7h30 devant la porte alors que nous ne commencions qu’à 8h… En revanche, je ne portais aucun intérêt quant à la suite de la journée. C’est un paradoxe bizarre que je n’ai jamais pu m’expliquer. Peut-être est-ce dû à mon signe zodiacal : Vierge ascendant Vierge, cause de conflit, de dualité ? En dehors de ça, j’ai vécu une scolarité que je qualifierai d’incolore, d’inodore. J’adorais le français, mais hélas, il m’a été enseigné par des profs qui le détestaient. J’aimais bien aussi le dessin, le théâtre et les sciences naturelles. Quant aux maths, j’étais archi nulle. En fait, mon esprit anti-cartésien ne pouvait pas s’accommoder de la logique mathématique.                                                                                                                                                                                                                         

Mes parents : je leur dis merci.                                                                                                       

- J’ai eu la chance d’avoir des parents intelligents, ouverts, généreux dans l’âme. Si je voulais leur parler, je pouvais le faire sans problème, mais mon caractère d’adolescente introvertie me poussait plutôt à me taire. En fait, à part notre ‘exode’ difficile pour moi au début, j’ai vécu dans un univers plutôt agréable, entouré de frères et de soeurs, comme la plupart des autres familles. En tout cas, je ne remercierai jamais assez mes parents d’avoir su régler parfaitement le problème de l’argent de poche. J’en avais un peu, mais pas trop. Dans des limites raisonnables qui font qu’on apprécie toujours les choses, qu’il vous reste les désirs. J’avoue que j’avais été choquée par les sommes exorbitantes que recevaient certains élèves.                                     

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Mon look : Maman n’avait pas tort.                                                                                                             

- Ma mère  a toujours adoré s’habiller et de ce fait elle m’a forcément influencée, je m’en inspirais plus ou moins, fatalement. Mais à 14-15 ans, le budget alors était limité en ce qui concerne les vêtements, aussi je recherchais avant tout à bien marier les couleurs plutôt que de trouver des formes originales. J’etais déjà définitivement pantalons et je me souviens en particulier d’une tenue bordeaux – j’ai craqué un moment pour cette couleur – pull et pantalons assortis que je trouvais du plus bel effet ! J’avais les cheveux très courts et je n’ai jamais eu les cheveux plus longs que ma coupe actuelle. Et jusqu’à « Maman à tort » ils étaient bruns. Ce n’est qu’à partir de « Libertine » qu’ils sont devenus roux.                                                                                   

Mes loisirs : l’équitation, déjà…                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  

- La lecture, c’est venu assez tard. Non, vers 15 ans, j’étais surtout très dessin. Et puis déjà une passion pour les animaux et les zoos. J’avais essayé le piano, la danse classique (une seule séance, car à la fin la tête me tournait), puis j’ai tenté l’équitation et là mes parents ont dû se dire « Encore un de ses caprices ! ». Maman a vraiment eu tort car là, j’ai vraiment craqué. Au point de monter trois fois par semaine, de partir en stage l’été… Bien sûr, il y a eu aussi la musique. A la maison on était plutôt musique classique et côté variétés c’était Serge Reggiani, Gréco, Brel, Brassens, Barbara… Serge Reggiani, j’ai beaucoup aimé, je suis même allée le voir deux fois sur scène. Et puis, il y a eu Dutronc. Je n’ose pas dire mon idole, car j’ai horreur de ce mot, mais comme je n’en vois pas d’autres… J’avais tous ses albums, des petits joyaux, musiques et textes sublimes. Et quand il me restait un peu de temps, j’allais au cinéma. J’ai toujours été fascinée par le cinéma, par l’image. Et ses stars mythiques : Marilyn et James Dean, bien sûr mais aussi et surtout, Greta Garbo. Une comédienne, un personnage et un destin hors du commun…                                                                                                  

Mes premières amours : elles étaient impossibles et platoniques.                                                                         

- C’est venu vraiment très tard ! Adolescente, je n’étais pas du tout branchée boums par exemple. J’y suis bien allée deux, trois fois, pour voir, mais c’était pas mon truc. Malaise. Plutôt que des amours, j’ai eu des intimités intellectuelles avec des garçons, des relations platoniques, évidemment sans contact physique… Mais mes copines, elles, avaient plein de flirts et, bizarrement, j’en ai souffert. Quelque part, je jalousais leurs succès auprès des garçons. Encore un paradoxe de ma part. Mais j’avais trop d’appréhension pour franchir le pas… En fait, à l’époque je ‘fantasmais’ sur des amours impossibles avec tel ou tel comédien. Quelque part je devais trouver ça moins difficile qu’une idylle ‘en chair et en os’…                                                                         

En conclusion.                                                                                                                                                                                                                                                

- Nous sommes entrés, à mon avis, dans une ère de désintéressement. On se dit que la vie est difficile d’entrée de jeu – et c’est vrai qu’elle l’est, difficile – car d’entrée de jeu aussi, il y a le chômage. Notre époque a perdu son âme. Nous avons une crise bien plus grave que les problèmes boursiers. La vraie crise, elle est mentale, c’est dans nos têtes qu’elle se passe. Cela dit, je reste optimiste car en période de crise, il se passe toujours des choses qui font avancer le monde, un renouveau, un regain de création, d’énergies…                   

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Le TOUR 96 de MYLENE FARMER en Belgique, on en parle

Posté par francesca7 le 9 juillet 2016

                                                                                                                    

BEL RTL (Belgique)     07-déc-96                                                                                                                                                                                                                                                           

A l’occasion du deuxième passage du Tour 96 en Belgique le soir même, la station belge consacre une heure à Mylène Farmer faite d’extraits lives et de bribes d’une interview donnée par la chanteuse lors de la première représentation belge, en juin précédent.                              

Le programme commence par une longue sélection d’extraits lives tirés des deux Bercy du 31.05.1996 et du 01.06.1996. Nous sommes six mois avant la sortie de l’album live et le mixage de ce qui nous est donné à entendre lors de ces extraits est parfois différent du résultat final. Ces extraits sont suivis de « A Quoi je Sers… » live 1989.          

                                                        CHEZ FRANCESCA

A propos de son implication dans la conception du spectacle :                                                                                                       

- Totalement impliquée dans tous les postes. Ca, j’ai tenu réellement sur cette tournée à non pas contrôler, parce que c’est pas un très joli mot, mais en tout cas être absolument dans tous les départements, à savoir les images, par exemple, le choix de l’équipe qui s’occupe de ces images sur l’écran, aussi bien, bien évidemment, le casting des danseurs – le casting des musiciens, je l’ai laissé à Laurent Boutonnat parce que j’avais d’autres choses à faire, de toute façon ! Ma foi, toute la conception artistique j’y suis vraiment impliquée. Je me suis prise très, très tard quant à me décider de monter sur scène : je crois qu’on a travaillé près de deux mois, mais très intensivement ! Je vise pas la perfection, mais essayer de donner le maximum de plaisir, aussi bien visuel qu’émotionnel, chorégraphique : c’est comme ça que moi j’envisage les shows. Maintenant, je suis capable d’apprécier un show beaucoup plus ‘simple’, plus modeste dans sa structure mais quant à moi, c’est ce que j’aime. Si le public continue de venir, c’est qu’il trouve quelque chose ou bien dans les textes, ou bien dans la musique et qu’il y a forcément une communication.                                                                                                                       

Diffusion de « Tristana » live 1989                                                                                                                                             

A propos de ses voyages qui ont nourri l’album « Anamorphosée » :                            

- Pour parler de moi, c’est toujours un exercice qui est difficile pour moi et je me méfie de la justification en général. La justification est un exercice difficile, parfois vain et puis, ma foi, on change -parfois naturellement, parfois avec des rencontres- donc j’ai eu, moi, dans ma vie cette chance que de pouvoir avoir d’abord le temps, prendre le temps, ce qui n’est pas donné à tout le monde, ça c’est un privilège. Et puis, de retrouver le sourire c’est plutôt agréable ! (sourire) Je suis allée à Bali, pour répondre à votre question, qui est un pays magnifique. Maintenant, les Etats-Unis, c’est parce que j’avais envie d’une ville – même si celle-ci est étrange -, j’avais envie de retrouver certaines personnes que j’avais rencontrées là-bas et parce que j’avais en tête d’enregistrer l’album et que ou New York ou Los Angeles vous offrent des studios et des musiciens qui sont très performants. Los Angeles n’est peut-être pas la ville de quiétude – on peut en trouver. Je lui préfère New York de beaucoup : New York, parce qu’il y a un vrai métissage, parce qu’il y a une culture qui est bouillonnante là-bas, parce qu’il y a une vraie vie. Los Angeles est beaucoup plus difficile, beaucoup plus sourd mais j’aimais bien aussi l’aspect vaste étendue, pour ça c’était agréable.                                                                                                                                                           

Diffusion de « Je voudrais tant que tu comprennes » live 1989                                  

CHEZ FRANCESCA1A propos de son entraînement physique pour le spectacle :                             

- J’ai fait appel à un entraîneur, avec qui j’avais travaillé sur la scène précédente (Hervé Lewis, nda). C’est quelqu’un d’abord de sérieux, de très généreux. Quant à l’exercice lui-même, c’est beaucoup d’endurance, de course à pied et puis un peu de musculation. La nourriture, on est obligé d’être sérieux, là aussi donc c’est oublier le Coca Cola et prendre beaucoup de sucres lents ! (rires)            

A propos de son look du moment :                                                   

- J’aime les habits, j’aime les créateurs, j’aime les maquilleurs, les coiffeurs. J’ai eu la chance de rencontrer, là, depuis en fait le début de l’album, une personne avec qui je travaille maintenant tout le temps (Pierre Vinuesa, nda) et qui a créée cette coiffure. C’est autant de choses que je trouve importantes pour un artiste, donc voilà, j’aime m’habiller ! Là, pour le spectacle, j’ai fait appel à Paco Rabanne.               

Diffusion de « Libertine » live 1989 puis de « Allan », live 1989                                                                                                                                                 

Pour conclure l’émission, l’animateur commet deux belles ‘perles’ : il présume tout d’abord que Mylène Farmer présentera une troisième fois son Tour 96 à Bruxelles en 1997 puis il affirme que Laurent Boutonnat a décidé que la tournée ne serait pas immortalisée sous forme d’album live !        

CHEZ FRANCESCA2 

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LA VIE À PLEIN TEMPS pour MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 9 juillet 2016

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

Présenté par Marc BESSOU        -                                                                                                                           

FR3 MIDI-PYRÉNÉES07-avr-87                                                                                                                                                                                 

Marc Bessou énonce ses différents invités. Lorsqu’il présente Mylène, on découvre celle-ci, cheveux lâchés et habillée d’un smoking beige volontairement trop grand.                                                    

Marc Bessou : (…) En bout de rangée, c’est Mylène Farmer. Bonjour !                      

Mylène Farmer : Bonjour.                       

CHEZ FRANCESCA

MB : On écoutera « Tristana », bien sûr (Mylène acquiesce) et puis également, on vous passera à tabac ! C’est l’expression, enfin ça va pas très loin hein !                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

MF : Oui, j’aime beaucoup (rires)                                                                                                                                                   

Une séquence où Mylène chante « Tristana » sur le plateau accompagnée évidemment de ses deux danseuses est alors diffusée. Au retour plateau, l’animateur interviewe Mylène.           

MB : Voilà, « Tristana », Mylène Farmer. Je sais pas pourquoi, mais ça amuse beaucoup vos petites danseuses qui sont là (il désigne un endroit hors champ) et qui regardaient le tournage.    

MF : Elles sont indisciplinées, ça ne va pas ! (rires)      

MB : C’est incroyable, ça ! Comment s’appellent-elles ?          

MF : Alors il y a Sophie Tellier et Dominique (Martinelli, ndlr) qui sont danseuses, qui sont choristes, qui aiment le cinéma…Beaucoup de choses !                                                                                             

MB : D’accord. C’est la première fois que vous faites une chanson avec elles ?      

MF : Absolument, oui, oui. C’est la première fois que j’ai des danseuses derrière moi.              

MB : Et pourquoi ? Ca correspond à quoi ? C’est pour habiller, pour étoffer ?      

MF : Non, c’était une envie parce que c’est un bel ensemble. Par plaisir, tout simplement !            

MB : Ce qui a beaucoup marqué dans ce que vous avez fait, c’est les clips, on vous l’a dit souvent, notamment « Libertine ».                                                                                    

MF : Oui…    

CHEZ FRANCESCA1                                                          

MB : Là, pour « Tristana », vous gardez cette présentation plus scénique ? Vous avez pas envie de faire une histoire ?         

MF : Si, si ! C’est en préparation : on va tourner le clip dans une semaine, maintenant. On va aller dans le Vercors, puis y aura du studio près de Paris, donc encore…                                                                   

MB : (il l’interrompt) Y aura vos petites copines qui sont là ? (les danseuses, ndlr)                                                                 

MF : Y aura une des deux – malheureusement, il n’y a pas deux rôles – qui est Sophie, donc, qui était la rivale dans « Libertine »…                                                                                                                                                                                                                                             

MB : Ha d’accord ! La méchante !                             

MF : …et qui sera là une tsarine très méchante, encore ! (rires)                  

MB : Dites-moi, si j’ai bien compté, si j’ai bien tout compris, ça fait cinq 45 tours, non ?    

MB : Hein, quelque chose comme ça ?                                                                                                                                                               

MF : Oui.                                    

MB : Et puis un album !     

MF : Et un album ! Et le prochain, on le prépare, là.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

MB : J’ai lu, j’ai appris ça, je suis un peu embêté de l’apprendre qu’aujourd’hui d’ailleurs, que vous étiez née au Canada.             

MF : Absolument. A Montréal.                                              

MB : Mais vous êtes française !                                                                                                                                                                              

MF : (sourire) J’ai les deux nationalités.                             

MB : Ha c’est vrai ?! On le dit jamais, ça !                                                                                                                                                           

MF : (soupir) Ca n’a pas grand intérêt, peut être, je ne sais pas ! (rires)                                                                                                           

MB : (il imite l’accent québécois) Parce que généralement, les canadiens, c’est quand même très typique si vous voulez, l’accent…        

MF : Oui, mais je préfère laisser mon accent de côté ! Que je n’ai jamais eu d’ailleurs !                                                                       

MB : Bon. Et ces cinq 45 tours qui se sont succédés en quoi ? Deux ans et demi, à peu près ?                                                                  

MF : Oui, c’est ça. Deux, trois ans.                                                                   

MB : Comment vous vous êtes lancée là-dedans ? C’est toujours la même question, mais c’est toujours amusant de savoir ce qui amène les gens à s’exhiber, en quelques sortes.                                                                                                                                                                                           

MF : Oui. Moi je réponds c’est une bonne étoile au-dessus de ma tête, c’est une rencontre avec deux personnes, qui sont donc…enfin, qui étaient, puisque maintenant je n’ai plus qu’un producteur et compositeur, et puis ma foi après, c’est du travail, du plaisir et puis la chance              

MB : Quand on fait une chanson qu’on a beaucoup aimée, beaucoup vue, donc « Libertine », avant, est-ce que c’est à la fois plus facile pour produire autre chose, mais y a toujours le danger que ça plonge après, non ?                                                                                                                     

MF : C’est-à-dire la fameuse expression « On vous attend au tournant », effectivement. Cela dit, c’est aussi quelque chose d’agréable de proposer quelque chose de nouveau et de différent. Je sais pas bien quoi vous répondre ! (sourire)                                     

MB : Mais y a une chose que vous devriez faire, à mon avis…                                                                                                                                 

MF : Dites-moi !                                               

MB : …c’est : vous devriez avec vos disques mettre une notice explicative parce qu’on ne comprend pas toujours, c’est toujours assez allusif, vous voyez ce que je veux dire ?                                   

MF : (son visage se ferme) Moui…                                                                                                                                   

MB : Par exemple la première chanson, y a des générations de gens qui se sont essuyé le front pour essayer de comprendre ce que vous disiez dans « Maman a tort », ce que vous vouliez dire.           

MF : Dans « Maman a tort » ?               

MB : Et là, « Tristana » c’est un peu mystérieux, aussi. Mais c’est exprès, j’imagine.                                    

MF : Je sais pas si c’est important d’avoir la notice d’emploi d’une chanson. Je crois qu’il y a des personnes sur « Maman a tort », ce dont vous parliez, les personnes ont pris le refrain, « J’aime les plaisirs impolis », d’autres « J’aime ce qu’on m’interdit » et puis sinon c’était la petite comptine : « 1, maman a tort… » et puis à chaque fois on prend des éléments…     

CHEZ FRANCESCA2

MB : Et donc on en fait ce qu’on en veut, finalement. C’est self-service alors ?!                      

MF : On en fait ce qu’on en veut, absolument. Et c’est pour ça aussi que l’apport de l’image pour les vidéoclips c’est encore quelque chose de nouveau, c’est agrémenter une histoire.                                                                                                          

MB : C’est ce qui illustre et c’est finalement à travers ça qu’on comprend le but.                   

MF : Qu’on peut comprendre oui, absolument.                                                                          

MB : Ces vidéoclips, vous les réalisez, enfin le mot n’est pas exact, vous y participez…           

MF : …activement, bien sûr.                                                                                     

MB : …et vous jouez un rôle vraiment décisif dans l’illustration de l’histoire ?                         

MF : Oui, oui. Être extérieure, ça je ne peux pas. Je travaille avec Laurent quant au scénario, et puis après ma foi, c’est lui qui fait…      

MB : Vous dites : Laurent… ?                                                                                                            

MF : Laurent Boutonnat, donc. Excusez-moi, je suis habituée de dire Laurent ! (rires)            

MB : C’est si vous voulez qu’on comprenne, parce qu’on ne sait pas tous : Laurent Boutonnat.         

MF : Voilà, et puis après c’est lui qui s’occupe du cinéma, à proprement parler. Et puis après, c’est un travail d’équipe.       

MB : OK. C’est tout à fait gentil d’être venue. D’ailleurs, vous savez que vous restez ?! Parce que tout à l’heure y a les questions du minitel qui sont posées. 

MF : Oui, absolument ! (rires)                                                                                                                                     

Marc Bessou se tourne alors vers l’invité suivant, l’écrivain Pierre Péan, venu parler de son nouveau livre « Les chapelières », dont l’action se situe à la Révolution. L’occasion pour Marc Bessou de se tourner à nouveau vers Mylène.                                             

MB : (…) Le lien me paraît amusant Mylène. « Libertine », c’est datable de quand, ces costumes, ces décors ? C’est un peu avant la Révolution ?   

MF : C’est le XVIIIème siècle, oui, un peu avant la Révolution.                             

MB : C’est pas très loin, quand même, ce climat de luxure qu’il y avait dans ce film-là et qui précédait l’ouragan.      

MF : Non…                                                                          

L’entretien avec l’écrivain continue. S’ensuit une chronique animalière portant sur les poissons rouges.                                                 

MB : (il s’adresse à tous les invités sur le plateau) Je voudrais savoir si, les uns et les autres, vous avez des poissons rouges ! (…)         

MF : Moi je peux vous raconter une histoire sur deux petits poissons !        

MB : Ha oui, oui, allez-y ! Racontez l’histoire !                 

MF : Alors, c’est deux petits poissons, rouges ou verts comme vous voulez, qui sont dans un bocal et y a un petit poisson qui demande à son voisin : « Dieu existe-t-il ? » Le petit poisson qui réfléchit, qui fait trois bulles et qui dit : « Et si Dieu n’existait pas, qui nous changerait l’eau du bocal ? ». Voilà ! (rires)  

MB : Oh comme c’est touchant ! Vous en avez pas, vous, de poissons, malgré l’histoire ?!                                                                 

MF : Non. Je n’aime pas particulièrement les poissons !                   

MB : Ha ! C’est franc !                                                                                                                                                

La chronique animalière. Après d’autres entretiens, Marc Bessou passe aux questions posées par minitel par les téléspectateurs.      

MB : On va revenir à Mylène Farmer, donc, pour la passer à tabac (d’après le nom de la rubrique, ndlr). Je prends la matraque ! « Passage à tabac », Mylène Farmer ! C’est une façon de parler, hein, parce que c’est pas si brutal que ça ! Ce sont donc les gens qui ont posé des questions sur minitel (…) et je me fais leur porte-voix. Alors, une première question : on vous demande pourquoi dans vos clips vous êtes toujours si provocatrice, s’il vous plaît !

MF : Par goût de la provocation. Voilà une phrase bien courte et très pertinente! (rires)    

MB : C’est pas mal !                                                                                                      

MF : Parce que j’aime provoquer et que ce n’est pas mon seul but, mais c’est vrai que j’ai un goût pour la provocation, comme certainement Pierre Péan, enfin le goût des choses un peu choc.                       

MB : Donc c’est réussi, alors !                                                                                   

MF : Merci !                                                                             

MB : (il continue à lire les questions des téléspectateurs) « Et-tu mariée ? », nous demande Tom.     

MF : Non, je suis célibataire et je vis avec un capucin, qui n’est pas un moine mais un petit singe !           

MB : Quelle drôle d’idée ! Et ça fait quelle taille, ça ?!                                                                                       

MF : Ce capucin est grand comme ça (elle désigne la taille avec ses mains), une très longue queue et à peu près le ton de vos chaussures…                                                                                                                                    

MB : Ha je vous remercie ! Mais quand elles sont cirées, plutôt !                      

MF : …qui ne sont pas cirées, d’ailleurs ! (rires)                                                      

Marc Bessou se tourne vers le chroniqueur animalier pour lui demander s’il connaît les capucins. Celui-ci répond que ce sont des petits singes délicieux, ce que Mylène confirme avec bonheur.                                        

MB : (…) D’autres questions ! Alors, on nous demande, ça c’est peut-être un peu plus sévère : « Avez-vous l’impression qu’il restera quelque chose, qu’on se souviendra des chansons de Mylène Farmer dans quelques années ? » 

MF : Ca, c’est une question à laquelle je ne saurais pas répondre.                                                                        

MB : Mais est-ce que ça vous importe qu’il en reste quelque chose ?                                        

MF : A votre avis ? Si on fait ce métier, c’est qu’on a envie d’y laisser quelques plumes et quelques traces. Bien sûr ça m’importe ! Je vais tout faire pour qu’on ne m’oublie pas ! (sourire)                

MB : C’est bien ! Remarquez, la provocation est un peu liée, d’ailleurs.                   

MF : Oui !                                                                                                                         

MB : Bon. On vous demande, ha ça je suppose que c’est un homme, c’est dommage il a pas laissé son nom ! Il vous demande quel type d’homme vous appréciez dans la vie.                               

MF : Quel type d’homme ? Je ne pense pas avoir un type…                                                                                                 

MB : Les capucins ?                                                                                                    

MF : Les capucins ! (rires) Oui, j’aurais pu répondre ça ! C’est encore une question très difficile…J’aime plutôt, je crois, les hommes dits intellectuels, entre guillemets.                                                                  

MB : Nous sommes tout un groupe ici d’ailleurs qui correspond parfaitement !         

MF : Je veux dire par là, c’est vrai que je suis fascinée par les métiers d’écrivain, journaliste…Mais c’est idiot comme portrait. Je ne sais pas, je ne sais pas bien.                                                                                            

MB : Mais je crois qu’en réalité c’était plus terre à terre, c’était physiquement.             

MF : Physiquement ? Alors, plutôt grand, plutôt des cheveux longs et fournis…            

MB : D’accord. Comme Bernard-Henri Lévy, alors par exemple ?                                                                    

MF : Cela n’engage que vous ! (rires)                  

CHEZ FRANCESCA3                                                                                                       

MB : Très bien ! On vous demande si vous avez fait des études.                 

MF : Oh, j’ai fait des études, je suis allée jusqu’en fin de 1ère. Après, j’ai abandonné et j’ai commencé l’équitation avec assiduité. Et puis ensuite, je me suis tournée vers le théâtre.                           

MB : OK. La toute dernière question : « Est-ce qu’on voit de vous c’est vous, ou est-ce que vous n’êtes pas un peu préfabriquée ? », vous demande Laurence.                                                      

MF : Encore une question qui est très étrange. Préfabriquée, c’est difficile vous savez. Je pense qu’on peut être préfabriqué sur un disque. Sur cinq disques plus un album, c’est très difficile. Moi j’aime ce que je fais et j’aime ce que je propose et j’essaye d’aimer ce que je suis. Donc au diable la préfabrication ! (sourire)          

MB : Parfait, belle conclusion ! Merci !                                                                         

MF : Merci à vous. C’était pas trop dur quand même ! (rires)                                   

Marc Bessou lance ensuite un reportage. Avant de conclure l’émission et juste après avoir évoqué une exposition de peinture, il se tourne une dernière fois vers Mylène.                                                                                                                              

MB : Vous peignez pas un petit peu, vous Mylène Farmer ?                                

MF : Un petit peu…Peindre, non. Je dessine volontiers avec des pastels.             

MB : Qu’est-ce que vous faites alors pendant les périodes d’inactivité ?               

MF : Des choses très étranges. Dans le domaine du dessin, vous parlez ?        

MB : Oui, oui !                                                                                         

MF : Oui, des choses étranges… (elle soupire) Ca, c’est encore plus difficile pour moi à exprimer.    

MB : Bien sûr, oui. Y a des personnages, par contre ?                                                                        

MF : Moi j’ai une fascination pour les insectes, donc y a des insectes un peu bizarres. Sinon, des choses qui ne veulent rien dire !                    

MB : Bon. Enfin qui veulent sûrement dire quelque chose, faudrait peut-être s’y pencher…On n’a pas le temps, là…                            

MF : Nous n’avons pas le temps ! (sourire)                                                       

MB : (…) Au fait, quand est-ce qu’on vous voit sur scène avec les danseuses ?                                                                                                 

MF : Pas encore. Je vais préparer un prochain album pour septembre, octobre (1987, ndlr) et puis après, nous penserons scène.                         

MB : Qui vivra, verra !                                                                                                                                                   

MF : Absolument.                                                                                            

Marc Bessou conclut l’émission en saluant les différents invités puis les téléspectateurs.     

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Mylène Farmer : atouts de stars

Posté par francesca7 le 29 juin 2016

 

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LA CHARENTE LIBRE   du 25-mai-87                                                                                                                                 

Entretien avec Gérard LASNIER                                                                                                                                             

« Libertine », « Tristana » : vous collectionnez les succès, mais on ne connaît de vous qu’une image. Qu’est-ce qui vous a amené à la chanson ?                                                                                                      

- Depuis mon plus jeune âge, la musique est importante dans ma vie, mais je me destinais à une carrière de comédienne de théâtre et de cinéma. Or, le hasard qui fait bien les choses m’a mise en présence d’un jeune auteur, Laurent Boutonnat, qui partageait absolument les mêmes préoccupations que moi. Forts de notre entente, la chanson s’est imposée naturellement, comme une opportunité à saisir. Rien ne dit que d’ici quelques années je ne me tournerai pas vers le cinéma, mais actuellement ma carrière de chanteuse prime. Il n’est pas possible de se disperser, ni de faire les choses en dilettante !             

Comment s’effectue votre collaboration ?                                                                                      

- Dans la mesure où Laurent et moi les mêmes centres d’intérêts dans la vie, les thèmes des chansons et l’écriture elle-même ne sont pas l’apanage de l’un ou de l’autre. Laurent compose seul les musiques mais nous discutons ensemble des textes : nous échangeons des idées, des mots. C’est réellement une collaboration à deux, et lorsqu’une chanson est réussie c’est grâce à cette parfaite alchimie !                                                                                                                                                             

Certains vous reprochent d’interpréter des textes ‘osés’…     

- Je n’ai jamais envie de choquer gratuitement ! Avant « Libertine » et dans les années à venir, il est clair que des personnes se sont senties et se sentiront choquées par des textes, des images. Les mentalités n’ont pas vraiment évolué, il existera toujours des tabous, chacun ayant d’ailleurs les siens ! Je n’ai pas à me situer par rapport à cet état de fait, je continuerai de toute façon à faire ce qui m’intéresse.                          

Vous soignez la chorégraphie, les costumes…                                                    

- Parce que c’est indispensable et que je ressens du plaisir à porter de beaux vêtements. Je ne me vois pas interpréter une chanson plantée derrière un micro. Je trouve que la danse, la manière de se vêtir, apportent un plus nécessaire. Le spectacle, du moins celui qui m’attire, doit faire rêver les gens.                            

Vous utilisez également beaucoup la vidéo, et ce depuis votre premier titre. Le clip est-il une nécessité commerciale aujourd’hui ?                                                              

- Mis à part l’ ‘outil promotionnel’ évident, l’image apporte une part de rêve supplémentaire, complémentaire des mots. Ce qui me gêne, en revanche, c’est la vulgarité, la médiocrité de nombreuses vidéos ! Laurent et moi écrivons les scénarios de ces clips, en mettant la chanson au service de l’image, en créant des situations nouvelles qui vont éventuellement parvenir à apporter une magie. Trop souvent, les clips se contentent d’être des explications de texte, comme si le public n’était pas capable de comprendre directement la chanson. Pour ma part, je préfère le détournement du texte, qui seul engendre des émotions.                                                                                                                   

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La scène ne vous attire pas ?                                                                                     

- Bien sûr que si, mais un spectacle ne s’improvise pas ! Je ne me sens pas prête pour le moment à l’affronter, il est nécessaire de s’y consacrer entièrement afin de présenter au public un travail abouti. Actuellement, je préfère présenter des vidéos et assurer de bonnes prestations à la TV ! Sans oublier que je dispose d’un répertoire limité : je n’ai qu’un seul album derrière moi. Une carrière cela se construit pierre par pierre, surtout dans l’état actuel du marché. La seconde pierre, mon second album sera pressé en octobre prochain. Ecrire des chansons cela prend du temps. Le droit à l’erreur n’existe pas pour un artiste et l’amateurisme ne paie pas!

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MYLENE ET DES TUBES A SCANDALE

Posté par francesca7 le 24 juin 2016

                                                                                                                                     

GAI PIED / 12-janv-87  

                                                                                                                                                                                                                    

Mylène Farmer, la libertine zarbi –       Entretien avec Pablo ROUY                                                                                                                                                                                                                    

                                                                                               1                                                                                                                     

Pourquoi ce premier tube à scandale : « Un, maman à tort, deux, l’infirmière est belle, trois, je l’aime… » ?                                                                                                                                                                                                  

- (Evasive) J’aime toujours les plaisirs impolis… Le texte a été un handicap au départ, mais ce côté sulfureux existe même s’il dérange. J’aime ce qu’on m’interdit !                                                                                                                                               

Mylène, je trouve superbe ton premier 30 cm « Cendres de lune ». Tu y abordes surtout la sexualité féminine…                                                                                                                  

- Non, pas la sexualité, mais la sensualité. Ce mot se rapproche plus de moi… Je ne pense pas être une bombe sexuelle ! (Elle rit)                                                                                                                                                                                                               

Disons alors les émotions, les vibrations physiques. Pourtant « Vieux bouc » est une espèce de messe noire.                                                                                                                                                      

- (Après un long silence) Il m’arrive d’avoir le feu dans les veines. De temps en temps, je suis le Diable !        

Alors tu jettes des sorts ?                                                                                                                                                                            

- Non, non, rassurez-vous ! Mais quand j’étais petite, je modelais des poupées aux effigies de quelques personnes. Je ne les ai jamais percées avec des épingles.                                                                                                                                                    

Dans « Chloé », on trouve encore l’enfance !                                                                                                                         

- C’est ma comptine… et aussi l’innocence et la cruauté des enfants. C’est diabolique ! Une petite fille aux yeux bleus et au sourire angélique qui vient vous dire qu’elle a tué sa petite copine…              

2                                                                            

Est-ce de la sororité ou de la lesbianité ?                                                                                              

- Non, ce n’est pas mon propos. Il serait plus intéressant de poser cette question à l’auteur qui a écrit cette chanson, car c’est un homme. Il a projeté ses fantasmes sur moi.                                                                                                                         

Parle-moi de toi.                                                                                                                                            

- On peut chanter « Je suis libertine, je suis une catin », et avoir beaucoup  de pudeur. Il faut savoir garder des choses qui n’intéressent que vous. Il ne faut pas faire de vivisection de l’artiste. Je n’ai pas à ouvrir mon ventre. S’il y a quelque chose à dire de moi, c’est que je suis une personne très nerveuse, en aucun cas passive. Voilà ! (rires)                                     

Tu crois aux valeurs individuelles comme la sincérité, l’intégrité ?              

- Oh la la ! J’ai horreur de ces mots ! Faire ce métier, c’est un manque de sincérité.                                                             

Tu aimerais que ton homme reste à la maison ?                                

- Non, pas du tout ! Je préfère rester avec mon petit singe E.T. qui est déjà suffisamment caractériel…                   

Si un homme t’agresse sexuellement dans la rue, que fais-tu ?                                                              

- Ma main dans la figure ! Je tape ! Vous connaissez l’histoire de cette femme violée par trois hommes ? Ensuite elle a laissé son adresse et son téléphone en leur assurant que ça lui avait bien plu. Elle leur a donné rendez-vous chez elle, les a endormis et castrés. C’est le genre de choses que je pourrais faire !                                                                                        

Si c’est une femme ?                                                                                                                   

- Je lui réponds « Je ne suis pas celle que vous croyez ».                                                                                                                 

Tu es une fille à pédés ?                                                                      

- Non. J’aime les gens que j’ai envie d’aimer. Peu importe leur sexualité. Les homosexuels m’ont toujours porté un grand intérêt et de la chaleur. J’en suis ravie, mais je ne vis pas dans leur monde. Il est vrai que je travaille avec des homosexuels et que je m’en porte bien ! (Rires) J’ai très faim. C’est bientôt fini ?   

3                                                                                            

A l’église, tu te marierais comment ?                                                                                                                                                                                                                                 

- Toute nue !                                                                                                                                                                                              

Ton héroïne favorite de roman ?                                                                             

- Justine, de Sade, évidemment.                                                                                                           

Comme pâtisserie, que serais-tu ?                                                   

- (sans hésitation) Une religieuse !                                                                                                                                                   

Comme fleur ?                                                 

Une tulipe noire.                                                                                                                                                                                     

Si tu étais un poisson ?                                                       

- Je déteste les poissons. J’adore le foie gras.                                                                                                                                 

Sur une île, tu emmènes un seul livre. Lequel ?                                                          

- J’hésite. Disons : la moitié des oeuvres de sainte Thérèse d’Avila et la moitié des écrits du marquis de Sade.                                                                                                                                                                                                                                   

La dernière fois que tu as fait l’amour ?                                                                                       

- (faussement offusquée) Je ne réponds pas !                                                                                                                                 

Ton homme idéal ?                                                                                       

- Mickey Rourke.                                                                                                                                                                                                     

Avec qui ferais-tu du cinéma ?                                        

- Stanley Kubrick.                                     

Et ta réincarnation ?                                                                          

- J’étais un petit rongeur et je redeviendrai rongeur !                                                                                                                   

Tu as déjà fait l’amour dans une sanisette ?                                                             

- Non, jamais ! Je vous le jure.                                                                                                                                                            

La première fois qu’un garçon t’a dit je t’aime, c’était comment ?                                                                                    

- Il ne me l’a pas dit.                                                                                                                                                                      

Comment tu dors ?                                                               

- Toute nue. J’ai trop faim. C’est fini !                                                                                                                                                                                                                                

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La GRANDE PREMIÈRE de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 24 juin 2016

                                                                                                                            1                                   

Présenté par Stéphane NICOLAS       _                                                                                                                                                                                                                             

FR3 – 02-août-86                                                                                                                                                                                                                                                                                                            

Stéphane Nicolas : Ca fait un carton depuis quelques semaines et c’est tant mieux : ça s’appelle « Libertine » et celle qui chante c’est Mylène Farmer. Elle est là, bonsoir Mylène !                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

Mylène Farmer : Bonsoir !                                                                                                                                                                                                                                                 

SN : Alors, Mylène passe un peu pour quelqu’un qui prend le public à rebrousse-poil depuis un peu plus de deux ans ! Y avait eu « Maman a Tort » (…), après elle avait déclaré qu’on était tous des imbéciles, et puis là c’est une catin, c’est une libertine ! C’est un peu ça, non, la démarche ?                                                                                                                                                          

MF : La démarche, heu…                                                                                                                                                                                                                                                                                          

SP : C’est prendre les gens à rebrousse-poil ?                                                                                                                                                                                                                                                               2                                                                                                                                                                                                             

MF : Oui, vous faites allusion au ton provocateur de mes chansons ?                                                                                                                                                                                                                                                

SP : Voilà !                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

MF : C’est avant tout un plaisir !

SP : Bon tant mieux ! Et le plaisir va être prolongé puisqu’à la rentrée, il est prévu un film sur « Libertine ».                                                                                                                                                                      

MF : Absolument, il y aura un clip qui va illustrer  « Libertine » qui va sortir à la télévision et également au cinéma (ce projet de sortie cinéma sera finalement abandonné, ndlr).                                                                                                                                                                                         

SP : Un grand clip d’une dizaine de minutes. Nous on vous propose pas encore ça puisque ça sortira à la rentrée (le clip était pourtant déjà diffusé en télévision, ndlr), ce que je vous propose, c’est justement l’air que tout le monde a sur les lèvres, et tant mieux c’est un tube : « Libertine », Mylène Farmer !                                                                                                                                                                                                                                                                                  

L’animateur pose son micro et quitte le plateau pendant que Mylène se met en place sur l’introduction de « Libertine ».    

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Les programmes TV préférés de MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 19 juin 2016

                                                                                                                                                    

 

Entretien avec Florence TREDEZ                                                        1                                                                                        

Lundi                                                                                                                                                                                                  

• A2 15h55                                                                                                                                                                                        

C’est encore mieux l’après-midi                                                                                                                                                                                                                                

C’est encore mieux avec Dechavanne, ce ‘voyou’ aux manières de gentleman, ou le contraire. Une émission dynamique en diable.                                                                                                                                                                                                 

• FR3 13h30                                                                                                                                                                                      

Muppets Show                                                                                                                                                                               

Formidable ! Je caresse l’idée, insensée peut-être, d’être un jour l’invitée des « Muppets ». A propos de marionnettes, je voudrai en profiter pour dénoncer l’un des scandales de la télévision française. Qu’on nous rende Bart et Ernest, ces deux présentateurs-marionnettes de « 1, rue Sésame », qu’une censure imbécile a envoyés au placard ! Je pleure surtout Bart, mon préféré, quoique, à la réflexion, Ernest et Bart soient indissociables.                                                                                                                                                            

• La 5 19h35                                                                                                                                                                                     

Star Trek                                                                                                                                                                                            

À chaque fois que je regarde la 5, je tombe sur les oreilles en chou-fleur de M. Spock ! Horreur ! « Star Trek », c’est tellement idiot et abêtissant qu’à côté Bart et Ernest passent pour des philosophes ! A cause de « Star Trek », je n’aurai jamais d’enfants, car je ne veux pas qu’ils voient ça !                                                                                                    

Mercredi                                                                                                                                                                                           

• A2 21h55                                                                                                                                                                                        

Le Dossier d’Alain Decaux                                                                                            

J’aurais aimé avoir un prof d’Histoire comme Alain Decaux, j’aurais peut-être appris plus de choses. Thème du dossier : ‘150 millions de fausses livres sterling pour Hitler’. Tout ce qui a trait à Hitler, comme à tous les personnages extraordinaires (Louis II de Bavière, Gilles de Rais, Néron, le chevalier d’Eon, …le Diable) me passionne. Je déteste l’ordinaire.                                                                                                    

• FR3 20h35                                                                                                                                                                                      

Embarquement Immédiat                                        

J’ai une profonde sympathie pour Gilbert et Maritie Carpentier. Je déplore qu’on ne leur ait pas assez fourni de moyens pour cette émission. C’est une bonne émission de variétés, présentée par notre comique national, Boujenah. A part ça, j’ai tourné tout l’après-midi dans un restaurant italien, le lac d’Annecy est très beau, j’y ai vu des cygnes et un message…                                                                                      

Jeudi                                                                                                                                                                                                   

• TF1 20h30                                                                                                                                                                                      

Columbo                                                                                                                                                                                           

Columbo, ton univers impitoyable, ton imperméable mal repassé, ta mine triste me plaisent. A priori, tu n’as rien d’attirant mais c’est ce que j’aime en toi. Si je te rencontrais, je te proposerais illico un rôle dans le « Muppets Show ». Ta série vaut tous les téléfilms français réunis.                                                                                                                                                                                                 

• A2 15h00                                                                                                                                                                                        

Sergent Anderson                                                                                                                                                                                    

Je ne connais pas cette série, mais Angie Dickinson est une comédienne que j’adore. « Cinéma, cinémas » lui avait consacré une séquence où elle expliquait, avec humour, qu’elle avait ‘raté le coche’ d’une certaine façon, et qu’elle ne serait jamais une Jane Fonda ou un Meryl Streep. « Cinéma, cinémas » ! Le générique est génial. Disons que c’est une émission qu’on regarde plus facilement quand on a bu un verre de trop de champagne que celle de Mitterrand.                                                                                                                                                                                        

Vendredi                                                                                                                                                                                          

• A2 21h25                                                                                                                                                                                        

Apostrophes                                                                                                                                                                                   

Comment, au cours des siècles, a-t-on regardé le corps nu de son voisin, ou son propre corps ? Quels sont les rapports entre pudeur corporelle et pudeur des sentiments ? Autant de questions qui tentent de définir ce qu’est le sentiment complexe de la pudeur. ‘Je suis libertine, je suis une catin…’ J’aurais aimé avoir une présence physique, le clip de « Libertine » par exemple, sur le plateau d’ « Apostrophes ».                   

Samedi                                                                                                                                                                                              

• A2 22h25                            

Les Enfants du Rock                                                                                                                                                                                                 

Un spécial très spécial avec Frankie goes to Hollywood…                                                                                                                                                                                                                                                      

Les dessins animés                                                                                                                                                                                                  

J’ai vingt-cinq ans, et pourtant quand je vois ce pitoyable Caliméro avec sa coquille d’œuf sur le crâne, j’ai envie de pleurer !                                                                                                                                                                                                            

Dimanche                                                                                                                                                                                         

• TF1 16h30                                                                                                                                                                                      

Les Animaux du Monde                                                                                                                                                                                                                           

L’émission que ET et moi attendons chaque semaine !                                                                                                       

Source/ FRANCE SOIR 06-oct-86                                                          

 

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Six questions à Mylène Farmer en 1986

Posté par francesca7 le 19 juin 2016

 

                                                                                                                                                                                                           

1TOP 50 : 03-nov-86                                                                                                                                                                  

La chanson « Libertine » a décollé grâce à son vidéo-clip. Que penses-tu de l’impact de cette forme de promo ?                                                                                                                                                                                    

- Pour moi, les clips d’Axel Bauer et celui des Rita Mitsouko ont vraiment été déterminants pour le succès de ces chansons, comme pour le clip de « Libertine » a été déterminant pour le succès de cette chanson. Quant à l’impact, il y a toujours impact quand il y a surprise et originalité. Quant aux vidéos, les gens ont l’impression que c’est à la portée de tout le monde parce que d’autres ont ouvert la voie. Les gens ne vont pas à la simplicité…                                                                                                                                                                                   

As-tu l’intention de mener une carrière à l’étranger ?                      

- Oui, l’adaptation de « Libertine » est en cours. Il est question que l’on aille en studio en Grande-Bretagne pour bénéficier de l’équipe et d’une dynamique anglo-saxonnes.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

Le texte de « Libertine » en français est osé mais sous couvert poétique. Les textes en anglais sont toujours très ‘hard’. Va-t–il être dans cet esprit-là pour la version anglaise ?                                                 

- On ne peut pas faire de traduction littérale, mais quelqu’un a traduit « Libertine » de façon habile, c’est-à-dire en respectant l’esprit de la chanson.                                                                                                                                               

Tu as rencontré récemment Depeche Mode. Comment les as-tu trouvés ? Aimerais-tu travailler avec eux ?                                                                             

- Le terme d’idole est un terme que je n’emploie jamais. J’avais envie de les rencontrer parce que j’aime beaucoup leur univers. Il serait intéressant de voir le résultat d’une collaboration entre le réalisateur du vidéo-clip de « Libertine » et du groupe Depeche Mode.                                                                                                                                                          

                                                                                                                                                                                                           

Ton succès a-t-il changé ta vie ? Te sens-tu différente par rapport aux autres, et comment penses-tu aborder la suite ?                                                                                                                                                              

- Oui, depuis que je fais ce métier, je peux boire : au lieu du sempiternel Coca-cola, je m’offre du champagne millésimé. Je pense que ce sont les gens qui évoluent autour d’un ‘personnage public’ qui ont un comportement parfois plus excentrique que celui de la personne elle-même.                                                                                                                                         

A ton avis, quelle a été la tête de ta Mère Supérieure lorsqu’elle a entendu ta chanson pour la première fois ?                                                                                                                                                         

- A mon avis, comme « c’est nu qu’on apprend la vertu », elle a laissé sa soutane pour des bas résille et des talons hauts. Où est le bien, où est le mal ?!   

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MYLENE FARMER dans TÉLÉ 7 JOURS 1994

Posté par francesca7 le 15 juin 2016

                                                                                                                                                                                                        

Depuis deux ans, vous avez disparu. On disait ‘Mylène fait son film’ : le film, c’est « Giorgino », film romantique en pleine guerre de 14-18 où vous jouez le rôle d’une jeune fille un peu autiste, élevée au milieu d’orphelins rejetés du monde. Ce film était-il si important pour que vous lui sacrifiez deux grandes années de votre carrière ?                                                                                                              

- Le cinéma était devenu essentiel pour moi. On m’a même entendue dire « Si je ne fais pas de cinéma, j’en mourrai ». C’était sans doute un peu exagéré, mais cela traduisait ce que je ressentais à ce moment-là. La nécessité de sortir de moi-même, de me regarder vivre à travers un autre personnage…                                             

francescamylène                                                                  

Par lassitude d’être devenue un personnage dont on attendait trop ?                                           

- D’être un personnage qui ne parvenait toujours pas à s’aimer, malgré tout l’amour que j’ai reçu du public. Cette envie de cinéma, c’était très ancien : à seize ans, quand j’ai admis que l’équitation -que je pratiquais avec passion- ne serait pas mon métier, j’ai voulu me lancer dans le théâtre, par un besoin de sortir du lot peut-être, plus sûrement par envie de me regarder dans le regard des autres.                                                                                                                                     

La chanson est venue un peu par hasard…                                                                                           

- Quand j’ai rencontré Laurent Boutonnat, il avait écrit avec un ami « Maman a Tort ». Il m’a proposé de chanter cette chanson, j’ai accepté comme un rôle d’actrice. C’est plus tard que je me suis aperçue que j’aimais écrire et m’exprimer par des chansons. Tout s’est enchaîné. Le désir de jouer, lui, était toujours là.                                                                    

Auriez-vous accepté de débuter au cinéma dirigée par un autre que Laurent Boutonnat ?       

- Cela a failli ! Hélas, pour des raisons de date, je n’ai pas pu accepter. Ensuite, le film de Laurent a été tellement long à monter… Finalement, cela me rassurait un peu de tourner mon premier film sous la direction de Laurent. J’avais confiance en son talent, en son amitié. Je savais qu’il ne laisserait rien passer, qu’il ne me permettrait pas de l’à peu près.

Avec quelqu’un que l’on aime beaucoup, on peut avoir peur de blesser par des réticences, on peut craindre de décevoir…                                                                                                                                                                                                          

- D’autant plus qu’avec Laurent, nous nous connaissons si bien qu’il n’est pas nécessaire de nous dire les choses clairement pour savoir ce qu’en pense l’autre. Ce tournage a été terriblement pénible…                                                

En raison des conditions de tournage ? Cinq mois en ex-Tchécoslovaquie, dont une bonne partie l’hiver dans les montagnes de Slovaquie…                                                                                             

- C’était assez rude. Courir des après-midi entiers par moins vingt degrés dans la neige ou sur la glace avec des petites robes serrées… Mais ça n’est pas le côté physique du tournage qui a été le plus dur : le plus pénible, ce sont ces sentiments de doute, de solitude que j’ai éprouvés. Parce qu’il avait à porter sur ses seules épaules toute la responsabilité du tournage, Laurent se protégeait du dialogue. Il me donnait des indications pour la scène et me laissait seule avec mes angoisses, exigeant beaucoup plus de moi que des autres. A certains moments, ma tension était telle que j’ai violement explosé, ce qui m’arrive rarement quand je travaille ! 

                                                                    francescamylène1                                            

Quelles ont été les scènes les plus difficiles ?                                                                                           

- Celle où mon partenaire s’efforce de me ranimer, celle où je me pends. Jouer des scènes où l’on mime sa mort est très éprouvant. Ce sont les seules scènes que j’ai demandé à voir sur la petite télévision de contrôle où le réalisateur regarde la scène qu’il vient de tourner.                                                                                                                                                  

Vous refusiez de regarder au fur et à mesure ?                                                                                    

- Après les scènes, je n’avais plus qu’une envie : aller me cacher ! Quand on sort de soi ce que l’on ne s’autorise pas à laisser voir dans la vie de tous les jours, il faut un moment pour se reprendre, pour ne pas imposer aux autres une fois le mot « Coupez » prononcé l’indécences de ses pulsions secrètes. C’est très fatigant aussi, cette extériorisation de soi, très violent…

Catherine, votre personnage, est à moitié autiste. Comment vous êtes-vous préparée pour ce personnage ?                                                                                                                                                                                                                

- J’ai demandé à un ami psychiatre l’autorisation d’assister à des consultations de malades mentaux pour saisir, par exemple, leur façon de se mouvoir : ces mains qui s’agitent pendant que le regard vous traverse sans vous voir…                                                                                                                                                                                                             

C’est un monde que vous découvriez ?                                                                                                    

- Celui de la maladie mentale, oui. En revanche, les hôpitaux d’enfants, je connaissais. Quand j’avais onze, douze ans, dans le cadre du catéchisme, je me suis rendue avec ma classe au chevet d’enfants lourdement handicapés. J’y suis ensuite retournée assez longtemps.                                                                                                                                                                           

C’est une expérience qui vous a marquée…                                                                                     

- C’est à cette expérience que je dois mon impossibilité à jamais de me sentir complètement heureuse. Le sort de ces enfants condamnés a fait naître en moi une colère dont je ne me débarrasserai, je crois, jamais. Il m’a rendue irrémédiablement pessimiste.                                                                                                                                                                                    

Vous avez en tournant ce film réalisé un de vos plus chers désirs et ça ne s’arrange pas !       

- J’ai honte de le dire, mais j’ai l’impression que plus j’avance, plus j’ai peur. C’est comme une spirale qui m’aspire…

francescamylène2

                                                                                                                                                                                                          

Vous avez pourtant des projets…                      

- J’ai très envie de travailler de nouveau sur un album. J’en ressens impérieusement la nécessité. Je sais qu’au début de l’an prochain, je me retrouverai en studio et je piaffe d’impatience ! Comme toujours : plus l’échéance approche, plus j’ai de doutes sur la validité de mon désir de rechanter…                                                                                                              

Et la scène ?                                                                                           

- On ne peut pas chanter sans penser à la scène. Un moment, j’ai songé que je n’y remonterais plus jamais. Le plaisir avait été si violent que je ne voyais pas comment je pourrais renouveler ce plaisir une autre fois. Le désir m’en est revenu. Là encore, je me dis « Ce sera la dernière fois » – c’est du moins ce que je pense aujourd’hui, je ne suis sûre de rien. J’ai du mal à me projeter dans le futur.                                                                                    

Le cinéma, vous y goûterez de nouveau ?                                                                                    

- Je l’espère, car ce dont je suis certaine c’est que je l’aime définitivement !                                                                

En dépit de la souffrance ?                                                                                                         

- Avant de jouer, c’est l’horreur, et en même temps c’est une jouissance que de surmonter l’insurmontable. La peur est mon moteur. Je vis très mal les moments comme celui-ci où je ne fais rien.                                                                       

Comment vivez-vous votre oisiveté ?                                                              

- Je ne la vis pas, je la subis. Je n’en peux plus d’attendre ! Pendant le montage du film, l’attente m’était devenue si insupportable que j’ai fui. Je ne trouve le repos qu’en voyage. Je suis allée passer un mois à Bali. Je rêve de Bornéo, de Madagascar. Sous des cieux très différents, au milieu de gens, au contact de cultures à l’opposé de la mienne je m’oublie un peu, je vis moins mal.                                                                                                                                                                

Qu’attendez-vous de la sortie de ce film ?                                                                                                  

- Je n’attends rien. J’aimerais que les gens l’aiment, parce que je trouve que c’est un beau film, mais pour moi je n’attends rien de précis. Simplement, je suis heureuse de ce film. Vous avez remarqué le mot ?! « Heureuse », j’ai dit « heureuse » ! Ce n’est pas exactement le mot, mais vous pouvez l’écrire…

       francescamylène3

Questions / Réponses aux débuts de MYLENE FARMER

  

A propos de son singe, E.T :                                                                             

- Je l’ai trouvé que les quais. Il est extraordinaire et nous communiquons très bien ensemble.                                   

Aime-t-il la musique ?                                                                                                                                                

- Oui, beaucoup mais il est très triste quand je pars, ce qui m’arrive de plus en plus avec des télés, les galas, la tournée d’été avec le podium d’Europe 1.                                                                                                 

                                                                                                                                                                                                                  

Il semble que vous réalisiez aujourd’hui vos rêves d’enfant ?                                                                 

- Oui, j’ai toujours aimé chanter. A 10 ans j’ai remporté un premier prix de chant, mais je ne pensais pas alors faire ce métier. Je suis surtout venue en France pour faire du théâtre, mais c’est la mode qui m’a tout de suite accaparée, puisque je suis devenue mannequin. En 1983, au cours d’un casting, j’ai rencontré Laurent Boutonnat qui m’a proposé une chanson, « Maman a tort ». Le côté innocent-pervers de cette chanson a plu au public et depuis, je compose avec Laurent, devenu aussi mon producteur.                                                                                                                                                                                 

francescamylène4A propos des thèmes de ses chansons :                                                                        

- Le piquant de la vie pour moi, est de provoquer, quitte à être censurée, ce qui arriva avec mon premier disque « Maman a tort ». Subversive, je le fus encore avec « On est tous des Imbéciles ». Maintenant je ne veux « Plus grandir », titre d’une de mes nouvelles chansons. Je n’ai jamais quitté mon adolescence et je ne compte pas l’abandonner. La vieillesse me traumatise. Cette fois, je crois que le sujet touche tout le monde. Quant à « Libertine », c’est la chanson choisie par les radios. Mais je ne cherche pas à faire des tubes. On me dit souvent qu’il est difficile de durer dans ce métier, moi je mise sur une carrière et je préfère y croire, je mise sur la continuité.                                                                                       

A propos du clip de « Libertine » :                                                                           

- Dans le gigantesque salon XVII siècle, nous avons retrouvé l’ambiance de cette époque décadente. Avec des perruques et des grimages outranciers, nous avons donné le look libertin aux personnages de notre histoire qui se veut un véritable petit film avec une héroïne –moi, en l’occurrence), des duellistes, une rivale vengeresse, un marquis, des débauchés, une horde de paysans mercenaires. Laurent s’est beaucoup amusé à écrire ce scénario mêlant romantisme et érotisme.                                                                                                                                                                                                                  

                                                                        Entretien avec Martine BOURRILLON 08-oct-94      

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Mylène Farmer va tourner un film d’horreur

Posté par francesca7 le 8 juin 2016

 

 

Un peu plus de vingt après Giorgino, drame gothique de Laurent Boutonnat, la chanteuse française s’apprête à rejouer une terrible tragédie devant la caméra. Cette fois-ci sous la direction du maître de l’épouvante au cinéma.

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Son tournage promet déjà d’être effroyable. Vingt-deux ans après son mystérieux rôle dans GiorginoMylène Farmer renoue avec ses premiers amours et se prépare à combattre des spectres malfaisants devant la caméra de Pascal Laugier, spécialiste de l’horreur. Selon les informations du site américain Blood Disguting, les premières prises de vues du film d’épouvante devraient débuter cet été à New York et à Toronto.

Digne héritière du roman gothique, tout droit sortie de l’univers d’un Aloysius Bertrand ou d’un Edgar Allan Poe, Mylène Farmer est sans contrefaçon l’une des plus grandes héroïnes romantiques de son temps. Révolutionnaire saturnienne (Désenchantée) et poupée athée (Libertine), la chanteuse a toujours inervé ses chants et ses performances de références noires et mélancoliques.

Présences maléfiques

Aussi n’est-il pas étonnant que l’artiste à la voix de cristal et aux yeux de velours ait décidé de jouer dans un film d’épouvante. Qui plus est, réalisé par Pascal Laugier, un maître du fantastique qui a d’ailleurs exécuté son dernier clip, City of Love, une vidéo notamment inspirée de l’univers de Tim Burton et du Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro

Dans Incident in a ghost land, la chanteuse aux cheveux de feu renouera avec l’esprit noir et monstrueux de ses précédents courts-métrages pour incarner une mère de famille, quelque peu déphasée, confrontée à des manifestations maléfiques. Seule avec ses deux petites filles, Crystal Reed (Teen Wolf) et Anastasia Philipps (Skins), elle devra tout faire pour protéger sa petite famille des monstres qui parcourent la maison, dont elle vient d’hériter.

Pour l’heure aucune date n’a filtré quant à la future sortie du long-métrage dans les salles obscures. Mais, à l’image de la très mystérieuse carrière de Mylène Farmer, il reste fort à parier que le tournage de Incident in a ghost land, se fera dans le plus grand secret…

 

Info de Figaro magazine

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Portrait de la Fée Mylène

Posté par francesca7 le 1 juin 2016

 

Mylène Farmer séduit, c’est indéniable. Par ses mots, par sa voix, par sa beauté, son univers également. Il n’y a qu’à interroger les fans pour se rendre compte que les raisons varient. Parfois, il n’y a pas de raisons à donner : Mylène n’est pas à définir : chez elle, la grâce émeut et ne laisse pas indifférent.

Mylène représente bien un subtil mélange de beauté, d’enchantement et de distinction.

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Beauté : Mylène est une chanteuse ; c’est là un lieu commun. Pourtant, les photos qu’elle réalise régulièrement sont dignes des plus grands mannequins. Les clichés, réalisés par les photographes les plus talentueux, la dévoilent sous des aspects toujours plus différents. Celle qui avoue ne pas s’aimer plaît indéniablement par son physique, si bien que cet aveu  n’est pas sans avoir déconcerter journalistes et autres chroniqueurs. Mais la beauté n’est pas que physique, et nous reviendrons par la suite sur cet aspect ; il y a bien chez Mylène une beauté émotionnelle, toute poétique…

Enchantement : on trouve dans l’univers Farmer quelque chose propre au sortilège et à l’incantation. Les fans avouent être subjugués par ce mélange savamment dosé des pulsions qui composent l’être humain, tendances macabres et érotiques entre autres. Mylène aime à déjouer les tabous en évoquant les thèmes défendus : « pas de doute, (…) c’est illicite. » Et ses admirateurs aiment cette originalité : tout se passe comme si les choses trop vite jugées « indécentes » aux yeux de la morale judéo-chrétienne ne l’étaient plus, le temps d’un clip, le temps d’une chanson. La fée Mylène n’est pas « tout le temps douce », comme elle le dit elle-même.

Distinction. Il n’y a qu’à regarder la vidéo de Fuck them all pour se rendre compte que même lorsque elle entame le pont vulgaire « Hey bitch… », Mylène nous surprend par son élégance et son charisme. Il y a bien en Mylène, cette femme de quarante-cinq ans, de la petite fille, de la poupée « désarticulée » qui peut se permettre les fantaisies les plus osées sans pour autant choquer outre mesure.

Mylène Farmer a-t-elle des projets ? La femme avoue jouir du plaisir de sortir un album quand elle en ressent l’envie. Mais quelle est donc la frontière entre Mylène, la femme, et Farmer, le personnage ?

Essayons de cerner celle que nous connaissons au travers de son œuvre : Mylène…Farmer tout simplement.

Un rien l’amuse, le jeu est pour elle une manière de vivre, de se perdre un peu plus. « Les choses enfantines me font rire ». La légèreté physique qui la compose entre en résonance avec l’attitude mentale. Mylène Farmer ou la fraîcheur non altérée.

Mylène est une fée : c’est sans doute l’aspect le plus créatif et charmant du personnage. Elle aime en tout cas se blottir dans ce monde, cet aspect impalpable propre au surnaturel… Dans les contes de Perrault, on rencontre généralement deux types de fées : les unes sont fragiles, les autres puissantes. Mylène, elle, semble ne rentrer dans aucune de ces cases… « Même si parfois je vacille, j’ai en moi une force qui me permet de rebondir ». La Fée Farmer est tout en nuances. Mylène, sexy, sensuelle, « attrayante » pour reprendre son mot, ne reflète pourtant pas un idéal féminin académique : le tout fait mouche chez Mouchette : (je suis sûr que vous ne l’aviez encore jamais vu, ce surnom !) l’émotion des sens naît d’une certaine qualité d’imaginaire rendue par l’attitude raffinée, le décor élaboré, le sens du détail. Mylène a l’allure d’une créature. Le clip Innamoramento nous la présente en divinité sylvestre, en parfaite communion avec la nature qui l’environne.

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Si de la fée elle a la distinction, elle en a aussi la capacité de métamorphose : sophistiquée un jour, sobre un autre. Mylène évoque Mélusine, au point de l’être, le temps d’un titre : « Quand on est Mélusine » nous dit-elle dans L’histoire d’une fée, c’est… Mélusine est cette fée du Moyen-Âge, qui se transforme les samedis en serpent : sortilège ou pouvoir, nul ne le sait…

Ajoutons que le caractère féerique de Mylène n’est pas seulement physique : ses personnages sont dotés de réels pouvoirs : Mylène vole dans l’Ame-stram-gram, recouvre la vue dans Je te rends ton amour, se transforme en créature surnaturelle dans Comme j’ai mal. Mylène évolue dans un monde qui lui est définitivement propre et sa présence même change son environnement. Surtout, Mylène suscite des réactions dignes d’une fée : ses apparitions (rares, donc magiques !) mettent en émoi ses admirateurs; elle attire par ailleurs les regards. Ses concerts reflètent à la perfection cet aspect: magiques et fantasmagoriques, ils sont le théâtre d’un autre monde, l’espace de quelques heures: un rêve éveillé, ou la frontière entre rêve et réalité n’est pas toujours palpable: des moments salvateurs, somme toute, pour l’artiste comme pour son public.

Ce pôle électrique communique avec les êtres et avec le monde de façon non pas rationnelle, mais véritablement intuitive, et affective. « Je ne suis pas sûre d’être l’incarnation de la parfaite cartésienne »… « J’aime ceux qui m’aiment » avoue-t-elle lors de la première soirée des Nrj Music Awards, en 2000. Mylène joue aussi pour ses aimants un rôle d’initiatrice : d’aucuns lui savent gré de les avoir éveillés à l’Art ou à l’émotion tout simplement. L’âme poétique de Mylène les touche car Mylène dépasse l’aspect prosaïque de la vie. Mylène n’évoque pas dans ses chansons le désespoir ressenti quand on se cogne contre une porte ou qu’on a un chat dans la gorge. Ça ne l’intéresse pas. Elle laisse ces thèmes passionnants à ses consoeurs, les Ségara ou les Kaas.

Amélie Nothomb dit « qu’elle est. ». Mylène, quant à elle, « attend tout d’être ». Elle est, sans intention. Notre héroïne favorite se meut naturellement dans l’univers qu’elle a façonné, un univers en perpétuelle évolution, comme le montrent les audaces visuelles que sont Libertine, XXL, C’est une belle journée, ou plus récemment Q.I. Mylène ne propose jamais la même chose, ses productions déstabilisent en appuyant toujours sur des registres différents : l’épique, l’esthétique, le dessin naïf, la sensualité empreinte d’humour. Notre fée conductrice a des fulgurances dans son discours. A qui lui demande comment on doit la qualifier, libertine ou garçonne, elle répond « Je préfère qu’on ne me qualifie pas ». Et toc !

Eluard nous dit « Le Poète inspire bien plus qu’il n’est inspiré ». Mylène puise son inspiration entre autres, dans son vécu, dans la mélancholia des poètes maudits du XIXe siècle, des surréalistes et dans bien d’autres domaines artistiques… Quant à l’inspiration qu’elle génère, il n’y a pour ainsi dire qu’à consulter les mots des fans pour se rendre compte que Mylène est un véritable pilier dans leur quotidien. La dualité du personnage Farmer est un élément à mettre en exergue. Il y a en Mylène une souffrance. Mylène semble vivre à la frontière de deux mondes, la poésie et le tourbillon de la vie. Elle s’arrache de la médiocrité pour vivre sur un mode qui n’est définitivement pas celui de la banalité. Avec Mylène, la vie s’acide de dynamite, pour reprendre ses termes dans L’amour n’est rien. Rien n’est évident, le suspense est permanent, le doute toujours présent quant à ses apparitions. Mylène n’aime pas le calibré, sa « nature profonde est le mystère ».

Le tout a opéré et opère encore… « Comment feront les fans quand Mylène va mourir ? ». Contrairement à Mylène Gautier, Mylène Farmer ne mourra jamais. Le sillage qu’elle creuse est celui d’une étoile qui a encore de nombreux siècles de lumière devant elle. Pourquoi ? Parce qu’au-delà de ses tubes mélodieux et unificateurs, Mylène, c’est l’anticonformisme absolu : la femme vaporeuse avec une dimension humaine primordiale. Mylène est bien plus qu’un personnage attachant et atypique. Mylène est un mythe.

SOURCE http://parcequecestelle.pagesperso-orange.fr/fee.htm

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Christophe Dechavanne apprécie Mylène F.

Posté par francesca7 le 18 mai 2016

    
Dans les années 80, Mylène s’est rendue à de très nombreuses reprises dans les émissions présentées par Christophe Dechavanne. Mylène Farmer s’est en effet rendue dans ses émissions pas moins de 18 fois ! Toujours avec beaucoup de bonne humeur et une complicité évidente – et parfois ambigüe – avec monsieur Dechavanne.

Le plus mémorable de ces passages a eu lieu le 11 septembre 1986 dans l’émission « C’est encore mieux l’après-midi ».

 christophe et mylène

En plein promotion de Libertine, Mylène s’amuse beaucoup avec l’animateur, lui lançant des regards de braise et des déclarations séductrices. La réaction de Dechavanne, visiblement très troublé, vaut le détour ! Depuis lors, la rumeur d’une liaison Farmer / Dechavanne ayant eu lieu dans les années 80 est tenace.

 

Il y a encore quelques mois, cette séquence précise a été rediffusée dans une émission de bêtisier présentée par… Christophe Dechavanne. 

L’ensemble de ses chroniqueurs et des invités de l’émission s’en sont donnés à coeur joie, et face à la réaction de Dechavanne qui les amusait grandement, la séquence a été repassée plusieurs fois tout au long de l’émission. Visiblement troublé (encore, 25 ans après !), Christophe a refusé d’en dire plus sur cette histoire, se contentant de saluer Mylène et de lui redire sa sympathie, chose qu’il a d’ailleurs continué à faire régulièrement tout au long de ses nombreuses années de télévision depuis lors. 

Christophe Dechavanne était l’un des invités de Laurent Ruquier. L’occasion pour lui de mettre les points sur les « i » concernant son métier, et de semer le doute quant à une éventuelle aventure avec Mylène Farmer…

 mylène et christophe

Samedi soir, en deuxième partie de soirée, Laurent Ruquier a fait un véritable carton avec son émission On n’est pas couché sur France 2 en rassemblant presque deux millions de téléspectateurs. L’un des invités, à qui il doit ce succès est bien évidement l’animateur de TF1, Christophe Dechavanne. Si le présentateur d’Une famille en or était surtout venu parler de la campagne « sortez couvert » à l’occasion de la journée de mobilisation contre le SIDA, Aymeric Caron et Natacha Polony n’ont pas oublié de le questionner sur son avenir à la télévision.Car, oui, Christophe Dechavanne a encore des idées et des projets pour la télévision, mais de là à ce que ceux-ci se retrouvent à l’antenne, il faut du temps selon lui. « J’ai des projets mais il faut trouver le diffuseur (…) Je ne vais pas à reculons faire un jeu, et quand je suis avec les candidats, je m’amuse beaucoup. J’essaie de mettre ma patte dans la mesure du possible » explique l’animateur. Il continue en mettant les choses au claires :

« Y’a des couillons sur des chaînes de télévision qui disent que je n’aime pas ce que je fais et que je n’aime pas les candidats parce que j’ai dit que je ne mourrai pas animateur de jeu. »

Une réponse à certains chroniqueurs de Touche pas à mon poste qui avaient vivement critiqué l’animateur en octobre dernier.Beaucoup trouvent que Christophe Dechavanne est de moins en moins spontané dans ce qu’il fait. L’animateur ne dément pas être cadré, mais il a une explication : « T’as vu ce que je prends dans la tronche quand je me lâche ? » répond t-il aux chroniqueurs, « Il y a un an et demi, j’ai fait un numéro des 100 plus grands, où je me suis lâché, on a fait 3h40 de direct. J’ai été roulé dans la boue par internet : j’étais drogué, alcoolisé… Alors que je faisais juste mon boulot d’animateur !« .Et bien sûr, pour finir, la vie privée du présentateur de TF1 n’a pas été épargnée.

Aurait-il eu une aventure avec la chanteuse Mylène Farmer, il y a des années ?

C’est en tout cas ce que sous-entend Aymeric Caron, après avoir visionné un extrait de C’est encore mieux l’après-midi de 1986, où Christophe Dechavanne recevait la chanteuse pour la sortie de son titre « libertine ». Dans cette émission, elle avait eu une attitude très séductrice envers un Christophe Dechavanne un peu (beaucoup) troublé. Et aujourd’hui encore, son attitude laisse un doute… On vous laisse juger !Redécouvrez l’extrait de C’est encore mieux l’après-midi avec Mylène Farmer. 

 

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Mylène photographiée par Christophe Mourthé

Posté par francesca7 le 13 mai 2016

        

En 2003, le photographe Christophe Mourthé a raconté dans la presse avoir eu une histoire d’amour avec Mylène au début de sa carrière. Ils se sont rencontrés en 1984, et ont collaboré ensemble quelques temps, avant la rupture affective et artistique en 1987.

 

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Textes de Christophe MOURTHÉ 

- Mylène Farmer 

Tout d’abord il y a eu Jean Marais, Line Renaud, l’équipe des Bronzés, Thierry Le Luron et Yves Mourousi. Puis Fellini, Zeffirelli, Dario Fo, Gassman, Strehler, les filles du Crazy Horse – J’avais 19 ans à peine. Il n’y a pas d’âge pour photographier des stars. Des vraies stars. Par la suite, il y a eu Arielle Dombasle pour Playboy, Jean-Marie Bigard en Penseur de Rodin, Renaud, les adieux de Sheila, Pétula Clark pour un Olympia, les Bee Gees à Paris, César ou Nougaro, Leslie Caron et Michèle Morgan, Zizi Jeanmaire et son truc en plumes, Amanda Lear et Marie Laforêt, Patricia Kaas, Hélène Ségara, Lio ou Patrick Juvet.

Qui d’autres encore ? Combien sont-ils ? 

Mais c’est surtout pour Mylène Farmer que je reçois encore des lettres de fans, 15 ans après. Une courte histoire qui allait marquer l’histoire d’un photographe et de son modèle. Cette collaboration tellement forte qu’on peut même qualifier de fusion me colle à la peau depuis toujours, depuis que nous nous étions rencontrés chez Bertrand Le Page. Nous étions intimidés, étonnés,distants. Bertrand prit les choses en main, et confirma le bien fondé de notre rencontre. Celui-ci avait un grand talent, c’était de découvrir des talents – Et de les faire fusionner. Avec Mylène, nous devions nous apprivoiser, mais nous savions déjà aussi que notre rencontre était une bonne rencontre. 

Notre première séance de photo eut lieu dans un fameux studio de la rue des Acacias à Paris. 

Tout le show business et tout le cinéma sont passés dans cette rue. La grande époque de Salut les Copains et tout ceux qui font rêver les fans. J’y ai moi même déshabillé Arielle Dombasle pour Playboy et réalisé la plupart de mes portraits de vedettes. 

Mylène dû se satisfaire d’une toute petite cabine de maquillage non chauffée et Denis Menendez travailla sur son teint de porcelaine. Elle m’apparut dans la lumière tel un ange. 

Malgré l’intense activité qui régnait dans le studio, elle fût douce, complice déjà, extravertie pour cette fois, et avait compris que nous ferions vraiment un bout de chemin important ensemble. Elle vit ma façon d’éclairer une femme et elle comprit qu’en m’ayant choisi, elle avait trouvé en moi le parfait complément à son univers. Nous nous sommes revus beaucoup, avons partagé des instants de tous les jours, appris à nous connaître. Manger une glace ou des bonbons, aller au zoo ensemble, faire les magasins, c’était simple mais c’était important. 

Nous sommes des artistes à l’âme fragile avec un univers si singulier à fleur de peau. 

Je lui fis connaître mon monde et elle me fit comprendre le sien. Nous nous comprenions si bien que l’osmose était parfaite. 

Mon travail d’images plaisait à Mylène. Pour notre bien à tous deux. Mylène a pu s’abandonner totalement au regard d’un objectif qui ne la mitraillait pas, qui la considérait en douceur. 

Involontairement, j’ai apposé quant à moi sur ma muse une griffe, une patte, et surtout une couleur, celle de cette fameuse chevelure qui fit sa marque de fabrique. 

Quand j’ai connu Mylène, elle venait d’obtenir un succès populaire avec la chanson « Libertine ». les cheveux était d’une couleur rousse mais assez mal définie. 

Trois ans auparavant, c’est le maquilleur et coiffeur de génie Denis Menendez, mon ami, qui avait créé pour moi une couleur de cheveux inhabituelle. 

J’avais réalisé en 1984, pour ma série, les fameux « Casanovas » une image de ma soeur Virginie dans un château très connu de la région de Blois. Cette image présentée avait séduit Mylène, comme toutes les autres photos de la série. C’est ce travail photographique qui a déclenché chez elle le désir de travailler avec moi. La couleur de la perruque que portait virginie est – car personne ne le sait à ce jour – abricot. Comme le rouge que l’on trouve sur un abricot un peu mur. Sur les indications de Denis, les ateliers Poulain, célèbres perruquiers de théâtre des années 80, ont réalisé cette couleur insensée. 

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Nous étions au printemps de l’année 1987.

Personne n’a décidé cela en particulier ou tout le monde indirectement. 

En tous les cas, Mylène avait toujours une reproduction de la photographie de Virginie sur une étagère bien en évidence pour mémoire. Elle y réfléchissait sans doute. 

C’est donc tout d’abord un simple de coiffeur de la rue Jean Mermoz à Paris qui a reproduit cette teinture sur les indications de Mylène, photo en main. 

Aujourd’hui, il est aisé de comprendre l’importance de cette période pour l’image de Mylène. Seul Michel Polnareff en France avait compris avant elle l’importance du look pour un artiste et de nos jours, une simple paire de lunettes blanches est synonyme de Polnareff. La couleur abricot sera toujours associée au mythe Farmer. 

Je n’avais pas encore à l’époque de statut de photographe. Seul le N et B fige à jamais sur du papier un Cocteau, une Marilyn, une Piaf, un Zorro ou un Steve McQueen  et renvoie cette personne au rang de Star immortelle. 

Elle permet à son auteur de rentrer dans la cour des grands tel un Newton ou un Doisneau.

Elle était ma star et je me devais de l’immortaliser comme telle. Je désirais lui prouver que j’étais le meilleur pour elle, pour nous.

Il s’agissait de mes premières grandes photos en N et B.

Je connaissais le travail d’Alekan, le meilleur directeur photo des grandes années du cinéma,les films d’Hitchcock ou ceux d’Eric Von Stroheim. Que seraient aujourd’hui une Grâce Kelly, un Harry Baur ou un Gabin sans ses talents inouïs? Je pris aussi exemple sur Harcourt, le studio de photos des Stars mythiques. J’y ai ajouté une touche personnelle à base de réflexion de miroirs et je tenais le cadeau parfait pour ma muse. J’étais heureux. 

Elle est devenue une Star de l’image. J’en suis très fier. 

Le noir et blanc figeait ainsi Mylène à jamais.

Je l’ai ressenti si fort en faisant ces images qu’aujourd’hui elles restent uniques et pour longtemps encore.

Le regard et toute cette sensualité qui s’en dégagent sont incroyables. 

Peu de fois, Mylène a tant donné dans une photo, invitation au rêve, au désir, instants magiques d’une intimité partagée qu’elle ne donnera plus que dans ses chansons. 

Mylène reste gravée en moi. 

Elle m’écrivit un jour cette dédicace intime mais tellement vraie: « tu es un petit diable qui me prends mon âme. Etre photographiée par toi est un plaisir et un honneur. » 

La vie nous a éloigné, Mylène et moi, mais cela devait être ainsi.

L’histoire est close.

 Mylène

Les casanovas 

Les casanovas, c’est tout d’abord une rencontre. Celle d’un photographe et d’un maquilleur en quête de création.

Tout deux à la recherche d’émotions vraies et de magie. 

Au début des années 80, je me fixe entre Paris et Venise et rencontre Denis Menendez, génie authentique du maquillage et de la coiffure. 

De notre complicité naîtront les fameux « Casanovas », personnages androgynes d’un 17/18ème siècle finissant, mis en scène dans des Palais vénitiens sous des lumières crépusculaires. Les « Casanovas » imposent alors un style novateur et audacieux. Une imagerie irréelle proche des plus grands peintres. 

Pour ma part, j’ai toujours été fasciné par l’ univers de splendeur décadente de cette période. 

Le théâtre italien que m’avait fait découvrir mon père Claude Mourthé, les fabuleuses rencontres en Italie avec Fellini et Zeffirelli, la lecture de Goldoni de façon plus studieuse, la commedia dell Arte, Arlequin, les masques, le mystère, puis la séduction cachée, l’ambiguïté de cette époque chez les protagonistes amoureux. 

J’en étais tellement passionné qu’il fallait que je réalise en photo un travail qui touche cette période de frivolité et d’aventures romanesques. 

J’avais en tête le Casanova de Fellini, la version particulière du Casanova de Comencini (la jeunesse de Casanova à Venise) et surtout le Barry Lindon de Stanley Kubrick, ce film merveilleux qui raconte l’ascension et la décadence d’un aventurier au travers de la société d’une fin 17/18 ème. 

Et puis Venise… 

Ca me semblait évident puisque tout à Venise évoque le théâtre, avec une espèce de grandiloquence pleine de références au passé. 

Cette ville est hors du temps et il y règne une atmosphère d’illusion comme dans les décors. 

Il semble qu’elle renvoie aux désirs de chacun, à de profonds fantasmes. Je l’ai aimé et je l’aime toujours. Elle est l’imaginaire de chacun. 

Nous avions 2O ans et nous étions dans un état de grâce pour réaliser ces images aujourd’hui reconnues mondialement. 

Depuis, nous en avons réalisé de nombreuses autres selon notre envie. 

Denis nous quitta en 1994 me laissant le soin de transmettre notre passion et de créer la suite de notre histoire.

Venise est un théâtre. La magie ne meurt jamais.

 

Dita 

Photographier Dita est toujours un vrai bonheur doublé d’un honneur. 

Elle me fait une confiance aveugle depuis presque dix années et me reste très fidèle malgré les nombreuses sollicitations du monde entier. 

Elle est l’incarnation de la Femme et du Fantasme dans toute sa beauté. 

Chaque image est magique et je la découvre un peu plus à chaque instant.

Elle est devenue une autre muse pour moi et succède aujourd’hui à la plupart de mes modèles avec une classe et une élégance inégalée.

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Chaque photographie devient culte et notre travail est toujours d’une grande beauté et d’une sensualité inouïe. 

Merci Dita d’être une Femme pour moi. 

Christophe MOURTHÉ dans un article paru sur http://www.chezhiggins.com/crbst_204.html

 

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Salman Rushdie rencontre Mylène F.

Posté par francesca7 le 4 mai 2016

Mylène était conviée au mariage de l’écrivain qui a eu lieu le 17 avril 2004 à New York (Etats-Unis). Mais on sait qu’ils se connaissent depuis au moins 2000, année à laquelle on les a vus ensemble à un cocktail new-yorkais 

 

En 2002 : photo de Mylène et le fils de Salman

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Salman Rush­die: un poète contre les anathèmes – Article paru dans Gala

Comment je fais connaître les sites patriotes aux fans de Mylène Farmer 

Salman RushdieContrairement à l’imam de Brest, je pense qu’il faut s’enivrer de musique et je ne me prive pas pour le faire. La musique adoucit les mœurs et j’apprécie particulièrement la chanteuse française Mylène Farmer. J’entends déjà grincer des dents, notamment parce que son pseudonyme est anglo-saxon, mais c’est une célébrité qui, de mon point de vue, incarne très bien les valeurs de la France et de la civilisation occidentale. 

Je n’aurais sans doute pas les mêmes opinions politiques si je n’étais pas un admirateur de celle qui interpréta, entre autres, « Libertine », dans un clip évoquant le libertinage du XVIIIème siècle. Elle a su, tout au long de sa carrière, incarner une femme libre, provoquer avec une élégance que j’apprécie, contribuer à lever des tabous – il est vrai que le terrain était bien préparé depuis mai 1968 et l’œuvre féministe, notamment – et proposer des références culturelles de qualité, tout en visant un large public et en utilisant les media. Pour cette raison, elle est généralement méprisée par les «bobos», comme les Inrocks qui ne la loupent jamais à chaque sortie d’album (mais sa musique se vend extrêmement bien depuis trente ans).

J’en parle ici aussi parce que la récompense pour la fatwa contre Salman Rushdie a été augmentée très récemment par l’Iran ; or, la chanteuse est connue pour s’être liée d’amitié avec l’écrivain depuis fort longtemps. Alors, je suis allé sur un site non officiel (elle est l’une – voire la seule – chanteuse française médiatique à ne pas avoir de site officiel) pour partager l’information relative à l’auteur des Versets sataniques. En effet, les admirateurs de la chanteuse ont l’habitude de relayer l’actualité de Salman Rushdie, quoique Mylène Farmer n’ait jamais pris de position politique à ce sujet. J’avais alors décidé de partager un lien vers l’article que Riposte laïque a consacré très récemment à Salman Rushdie (http://ripostelaique.com/liran-offre-39-millions-de-dollars-futur-tueur-de-salman-rushdie.html), mais j’ai été censuré…

Ne baissant pas les bras et convaincu de ne pas être d’extrême-droite, j’ai relancé le débat en publiant sur le même site un message où j’expliquais ceci, entre autres : « la liberté d’expression, les valeurs républicaines, la libération des interdits religieux sont des idéaux élevés et tous ceux qui connaissent Mylène Farmer comme artiste, ses paroles et actions comme femme publique, aussi discrète soit-elle, doivent DEFENDRE cela. Les ténèbres progressent dans le monde, revoyez le clip de Leila*, par exemple, réécoutez la Poupée qui dit non, dans toute sa carrière Mylène Farmer a incarné la femme insoumise. Les horreurs de l’Etat islamique et le recul de ce qui fait notre civilisation, celle dans laquelle Mylène Farmer a puisé pour construire son univers, ne peuvent plus vous laisser indifférents. On ne peut plus tolérer qu’un imam à Brest prétende que la musique est la créature du diable et que celui qui écoute régulièrement de la musique court le risque d’être transformé en singe ou en porc par Allah ». * extraite de l’album « Bleu Noir », cette chanson évoque une fille du Shah d’Iran, qui s’était engagé dans la construction d’un Etat laïque, jusqu’à ce que la Révolution islamique de 1979 l’écarte du pouvoir.

J’en ai alors profité pour glisser une petite publicité pour Résistance républicaine, que j’ai décrite comme un mouvement « apolitique de lutte pour que la liberté ne meure pas en France » et en terminant ainsi mon message : « apprenez à vous poser les vraies questions et à défendre l’héritage des lumières. On a besoin de toutes les forces vives pour lutter contre le recul de la liberté ».

Description de cette image, également commentée ci-aprèsQuand elle était un peu au creux de la vague, cette chanteuse a fait un duo très marginal dans sa carrière avec un Algérien (Khaled) dont la vie familiale avait été par la suite médiatisée pour des raisons peu réjouissantes (sa femme avait porté plainte contre lui pour violences conjugales et il fut condamné pour abandon de famille ; sources :http://www.liberation.fr/france-archive/1997/06/14/khaled-traine-devant-le-juge-par-sa-femme_207001 et http://www.leparisien.fr/faits-divers/deux-mois-de-prison-avec-sursis-pour-khaled-08-05-2001-2002152994.phpet voici ce qu’il dit de l’islam… :

 

 

 

 

 

Image de prévisualisation YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=yGXdb_aQl8k  

Toutefois, ce duo aux accents « raï » était une reprise de la chanson de Polnareff « La poupée qui dit non », ce qui me semble plein de sens à présent ! Interpréter avec ce chanteur alors en vogue – c’était l’époque où on nous bassinait de raï – une chanson qui parle de la libération sexuelle des jeunes filles en incarnant « la poupée qui dit non », c’était ne pas manquer de toupet.

On peut penser ce qu’on veut de Mylène Farmer – s’il vous plaît, Christine, ne lui faites pas un portrait à la Michel Delpech, je vous en voudrais beaucoup. Loin de moi de prétendre que, contrairement au reste du « show business », elle serait indifférente au dieu Ploutos, auquel Aristophane consacra une pièce quelques millénaires avant que nous naissions… Cependant, sans jamais prendre de position politique, contrairement à moult artistes « bobo » – si ce n’est le mariage homosexuel, auquel elle a reconnu qu’elle n’avait aucun motif de s’opposer, mais sans se livrer à aucun militantisme – elle sait, par ses textes, clips, inspirations et choix artistiques poser des questions essentielles à notre temps. Pour toutes ces raisons, Michel Onfray, il y a quelques années – c’était à l’époque je l’appréciais bien, jusqu’à ce que je lise la critique qu’Eva lui a consacré à propos des Evangiles – avait expliqué qu’il l’appréciait particulièrement.

Il n’est pas étonnant qu’elle ait indiqué que Georges Bataille ou Stefan Zweig, entre autres, ont inspiré ses textes. Elle a su mettre en musique mieux que quiconque les sombres poèmes de l’ermite de Solesmes, Pierre Reverdy. Je connais assez son travail pour dire qu’elle ne mérite aucun reproche de la part des patriotes !

Qui plus est, elle est l’une des rares chanteuses françaises à être très connue et appréciée des Russes, au point que la Russie est, à chacune de ses dernières tournées, un passage obligé, chacune de ses dates de concert faisant alors le plein là-bas. Fait remarquable, alors qu’un journaliste l’interrogeait très récemment sur la Russie en raison des lois récentes sur l’homosexualité, elle a affirmé, contrairement à certains chanteurs qui refusent de se rendre en Russie pour des raisons politiques, qu’elle n’a jamais été ennuyée en Russie pour ses concerts (elle est réputée pour ses tenues très sensuelles voire provocantes) et ses chansons (certains textes étant aussi sulfureux).

J’ai apprécié de l’apprendre, car, ne parlant pas le russe, je ne sais quelle opinion me faire sur ces textes ainsi que sur les lois réprimant les offenses aux sentiments religieux (http://www.lesechos.fr/12/06/2013/LesEchos/21455-067-ECH_russie—vote-d-une-loi-reprimant-les—offenses-aux-sentiments-religieux–.htm).

Il est vrai que la Russie nous intéresse, nous, Français, avant tout pour sa politique internationale. Je ne sais pas ce qui se passe exactement en Russie quant aux mœurs, s’agissant de leur politique interne, mais les évolutions du droit russe sont bien loin de la folie des interdits de la charia. Mylène Farmer ne pourrait pas faire en Arabie Saoudite les concerts qu’elle propose en Russie !

Posté par Maxime dans http://resistancerepublicaine.eu/2016/03/02/comment-je-fais-connaitre-les-sites-patriotes-aux-fans-de-mylene-farmer/

 

Publié dans Mylène 2001 - 2002, Mylène AU FIL DES MOTS, Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaires »

Régis Wargnier rencontre Mylène

Posté par francesca7 le 19 avril 2016

        festival

Le réalisateur est un ami de Mylène, comme nous l’a appris le magazine people « Voici », qui a publié en 2009 des photos volées de Mylène et Régis dans la rue.

 

On en parle dans la Dépêche.fr  

 EXCLUSIF

 

Une jeune femme, aux longs cheveux roux et aux pouvoirs surnaturels, provoque une véritable orgie autour d’elle. Dans son dernier clip, Mylène Farmer revient aux fondamentaux.

Pour « Dégénération », elle se met en scène, dans un rôle extrêmement sensuel, qui n’est pas sans rappeler « Libertine » ou « Pourvu qu’elles soient douces », qui ont fait son succès dans les années quatre-vingt.

« Point de suture », son nouvel album, est véritablement l’événement musical de la rentrée. Un passage à la télévision, trois concerts au Stade de France – tous complets en moins de deux heures -, Mylène Farmer sait toujours, après près de 20 ans de carrière, mobiliser ses fans.

Il faut dire que la mode pour cette rentrée musicale, est aux chanteuses des années quatre-vingt. Le succès de Mylène Farmer laisse présager le meilleur aux autres icônes de cette décennie, qui se préparent à déferler sur les rayons des disquaires.

Très attendue aussi, Vanessa Paradis. Après le succès l’an dernier de son « Divinidylle », l’album live qui débarquera le 15 septembre prochain devrait s’arracher. Au menu, le meilleur de l’éternelle chanteuse de « Joe le taxi », plus rock que jamais, à l’image du premier extrait de l’album, « Les piles », un duo avec M.

Et puis les amateurs de voix douces et suaves attendront lundi prochain pour se jeter sur le nouvel album d’Elsa. Dorénavant affublée de son nom de famille, Lunghini, l’ancienne gamine qui chantait « T’en vas pas » dans le film de Régis Wargnier, s’est alliée à Da Silva pour livrer un disque à la simplicité toute travaillée.

Alors, oui, c’est vrai, elles ne sont plus toutes jeunes. Oui, aussi, les critiques ne sont pas forcément très tendres . Mais à l’heure des succès éphémères, 20 ans de longévité, ça se salue. Chapeau bas !

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Non, Mylène Farmer n’est pas toujours à poil

Posté par francesca7 le 19 avril 2016

Contrairement à une idée apparemment répandue chez les non fans de la Belle, Mylène n’est (encore) jamais apparue offerte sous les yeux d’un photographe, (j’entends offerte: dévoiler l’ensemble de ses charmes: poitrine et compagnie) exception faite de la séance qui a servi à illustrer la pochette de Rêver, où l’on découvre une Mylène ayant pour unique tenue un maquillage efficace, mais sans qu’aucune partie intime ne soit dévoilée :

Mylène est en effet recroquevillée sur elle-même, à l’instar de Je te rends ton amour. Mylène a toujours refusé les séances photos nues, qui sont selon elle définitivement motivées par la cupidité. (elle s’en explique après le clip Libertine, indiquant le nombre impressionnant de personnes qui ont voulu exploiter ce filon de nudité).

mylene31

En revanche, Mylène se dévoile totalement dans Libertine ou l’amour n’est rien. Quand un interviewer lui demande si elle est au courant des clichés qui circulent sur le net, Mylène avoue qu’il serait inutile de les interdire, puisqu’il est très facile de faire des arrêts sur image. Si Mylène n’est apparue de façon totalement suggestive qu’à une seule reprise, et ce pour les besoins de Libertine, elle n’a jamais rechigné à se montrer dans des poses sensuelles ou érotiques. Un journaliste n’a pas hésité à qualifier les photos illustrant le best of Les mots, réalisées par Ellen Von Unverth, de « porno chic. ».

La chanteuse s’en était offusquée « La pornographie n’a, à ma connaissance, jamais été chic. » en ajoutant qu’aucune « nudité apparente » ne s’y trouve proposée, avant de reprendre l’expression dans Porno Graphique: « je dis qu’il n’y a pas de porno chic »: cette expression l’a apparemment vraiment choqué.

Il est évident que comparée à une Hélène Ségara, Mylène Farmer fait figure de scandaleuse. Signalons que Mylène Farmer, contrairement à Madonna, ne se dénude jamais gratuitement.

Et puis, remercions de façon triviale Mylène : elle a un beau corps, et elle a la générosité de nous en faire profiter… (dois-je préciser qu’il s’agit d’humour, au risque de passer pour un fan aveuglé par sa passion ? )

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Elsa Trillat ET Mylène

Posté par francesca7 le 7 avril 2016

  

Mylène et la photographe Elsa Trillat se rencontrent en 1987. Les deux femmes se lient alors d’une très forte amitié – Elsa Trillat participant même à la création du titre culte Sans contrefaçon – jusqu’à la rupture à l’été 1988. Retrouvez les confidences d’Elsa Trillat ici.

Les autres amis Ainsi soit je… est le huitième single de Mylène Farmer, et le deuxième extrait de l’album du même nom, sorti deux semaines plus tôt.

Mylène

        Elsa Trillat, photographe et amie de Mylène en 1987-1988, raconta des années plus tard que ce texte fut écrit par Mylène en une nuit. C’est la première chanson lente de Mylène à sortir dans le commerce, l’occasion de proposer un nouveau ‘personnage’ au public : celui d’une femme mélancolique. La chanteuse apparait ainsi vêtue de magnifiques robes de princesse, ses cheveux lâchés ou en chignon entourant son visage de porcelaine. A huit reprises, elle entonne la chanson sur des plateaux de télévision. Déjà, alors qu’elle n’est qu’au début de sa carrière, Mylène réduit sensiblement ses apparitions dans les médias (prestations télévisées et interviews), signe tangible de son succès grandissant. On notera un passage télé absolument culte : Jean-Pierre Foucault reçoit Mylène dans ‘Sacrée soirée’ le 18 mai 1988, et la fait pleurer à plusieurs reprises en lui montrant des images de son enfance au Canada, et en lui offrant… une peluche de ‘Bambi’ !

        Pour la première fois, le clip qui illustre la chanson n’est pas scénarisé, le thème ne s’y prêtant pas d’après Mylène. Elle apparait dans un univers onirique aux tons sépia, se réveillant sous la pleine lune aux côtés d’une biche et d’une chouette. Le clip se termine par une scène de noyade…

        C’est un nouveau succès pour Mylène, non seulement parce que le single se vend très honorablement (plus de 180.000 exemplaires), mais surtout parce qu’il perdure à travers les années, faisant aujourd’hui partie des classiques de Mylène fortement connus du grand public. On note en tout cas que Mylène semble beaucoup tenir à cette chanson : elle est présente sur quatre de ses cinq spectacles (pas forcément sur toutes les dates de chaque tournée cela dit), et Mylène l’a rechantée à deux reprises en télévision bien des années après sa sortie : en 1997, et en 2010. La chanson est même ressortie en single live en 1997.

Pour dire à quel point leur complicité est totale : Elsa Trillat est souvent invitée chez la mère de Mylène pour l’accompagner à des réunions familiales, un privilège extrêmement rare car, pour pénétrer au sein du clan Farmer, il faut montrer patte blanche ! 

Elsa Trillat (Photographe) entre autre pour La pochette d’Ainsi soit je…

 ELLE NOUS DIT : Mylène Farmer aime l’exclusivité. Lorsqu’elle travaille avec un photographe, c’est avec celui-ci et aucun autre. Il y a dont eu les années Christophe Mourthé (1986 / 1987) puis les années Marianne Rosenstiehl (1989 / 1996). Entre les deux, la star se faisait shooter par Elsa Trillat. C’est à cette photographe que l’on doit notamment les clichés aussi magnifiques que légendaires de l’album « Ainsi soit je… ». Au-delà de cette collaboration professionnelle est née une vrai amitié complice entre les deux jeunes femmes, sensiblement du même âge. Elsa Trillat nous en raconte ici les grandes lignes.

Comme beaucoup de gens, je découvre Mylène Farmer avec « Libertine », en 1986. L’univers est hyper intéressant et le clip est grandiose. C’est tellement novateur ! J’ai alors vraiment très envie de la rencontrer. Un ami commun, Frédéric Dayan, alors attaché de presse au Palace, célèbre boîte de nuit parisienne, organise un dîner au Privilège, le restaurant du rez-de-chaussée. Quelques stars du moment sont là – Carlos Sotto Mayos, Wadeck Stanczack – mais aussi Richard Anconina et Mylène, accompagnée de Bertrand Le Page, son manager de l’époque. Nous sommes en octobre 1986. Vraisemblablement intimidée, Mylène passe le dîner tête baissée, elle ne dit pratiquement pas un mot. A la toute fin de la soirée, je vais vers elle. On discute un peu, mais je ne sens pas de feeling particulier. Elle reste tellement timide

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