• Accueil
  • > Recherche : mylene farmer tour 89

Résultats de votre recherche

UN MONDE ARTISTIQUE ET UNE CRITIQUE DISTANTES

Posté par francesca7 le 22 août 2014

 

jacquou_makof43

 

   Le relais essentiel de Laurent Boutonnat a toujours été la presse, qu’elle soit musicale, quotidienne ou de télévision. Rarement des magazines ou des revues cinématographiques se pencheront sur notre réalisateur pendant ses dix années de réalisation de clips. En revanche, comme un concepteur de films qui grandissent dans l’âme, Boutonnat sera souvent cité dans des critiques d’autres films comme une inspiration auxquels les cinéastes se seraient fiés. Ainsi certains critiques cinématographiques verront dans l’imagerie du Pacte des loups (Christophe Gance – 2001) une référence à Tristana (1987), souligneront les similitudes de traitement du scénario entre Firelight (William Nicholson – 1997) avec Sophie Marceau et celui de Giorgino (1994). D’après ces remarques on peut retirer une inspiration d’ordre imagière plus que narrative ou esthétique. 

Ce qui reste de Laurent Boutonnat pour la presse et le monde artistique semble être avant tout certains éléments graphiques. On n’a jamais vu Boutonnat se vanter de la nouveauté de sa narration ou de compositions d’images inédites ; la particularité de son cinéma réside simplement dans l’assemblage d’imageries décrites dans notre deuxième partie, de sa faculté à en tirer des atmosphères désespérées, des scénarios romantiques que peuplent des séquences oniriques. Les films d’autres auteurs, parmi lesquels les deux pré-cités, reprendraient de Boutonnat certaines de ses images, comme l’omniprésence des loups qui rodent dans la neige, la mythe de la femme enfant, l’utilisation dramatique de la glace se formant à la surface d’un lac et des jeux d’acteurs tout en nuances de Giorgino, et surtout d’une atmosphère, d’un climat lourd mêlé de désespoir dont le cinéaste ne s’est jamais séparé. Le premier article ayant pour seul objet Laurent Boutonnat est tiré du quotidien Le Matin de Paris181. L’accent de l’article est porté avant tout sur le budget exceptionnel qui sera en passe d’être alloué pour la première fois à un clip français (10 500 Euros) et au soin cinématographique porté à la réalisation. 

Laurent Boutonnat qui avait sans doute vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué se vit refuser les crédits relatifs au tournage de la deuxième version de Maman à tort une semaine après la parution de l’article. 

Les motifs invoqués par la maison de disque parlent d’un précédent vidéo-clip déjà tourné en catastrophe par Boutonnat sur un plateau de télévision en cinq jours et déjà en forte diffusion dans les émissions spécialisées. Pour une somme de 116 Euros seulement, il avait réalisé, avant même que le 45 Tours ne sorte dans le commerce, une vidéo interprétant les paroles de la chanson en plans fixes, à la mise en scène immobile. Le long clip sur lequel le réalisateur travaillait était, à en croire son story-board, proche de qui allait devenir son style mais mettait malheureusement de côté l’expérimentation narrative dont le premier essai faisait preuve. Dès la première sortie dans le commerce d’une de ses compositions, Boutonnat par cet article fait déjà parler de lui avant tout par son clip. C’est grâce à cette opportunité de mettre en scène perpétuellement la chanson et son interprète de manière ludique que Boutonnat reste si longtemps loin de ce qui est considéré comme le “vrai” cinéma de salles obscures. Il le confirmera lors de la sortie de Libertine : « Finalement une chanson c’est quelque chose d’assez simple. Mais travailler autour de la chanson, ça c’est réellement passionnant. » Les articles suivants relatifs à Boutonnat se consacrent davantage à son travail de composition et surtout d’arrangement de chanson, comme l’article élogieux de Rock & Folk début 1986. 

On trouve à cette époque les articles relatifs à son travail de cinéaste dans les magazines musicaux, où il est souvent l’objet des pages consacrées aux nouveaux clips. C’est à un magazine traitant de musique autant que de cinéma ou de culture contemporaine qu’il donne sa première interview en avril 1986 pour le clip de Plus Grandir183. Boutonnat avait pour l’occasion organisé deux premières dans deux cinémas de la capitale à laquelle il avait invité la presse cinématographique et musicale. Seule la première catégorie aura répondu présente et se sera fait le relais de cette nouvelle initiative pour un réalisateur de clip. Le milieu cinématographique, lui, reste muet. 

Starfix offre quelques mois plus tard sur deux pages un compte rendu du tournage de Libertine en l’intitulant : «Clip ou film? Les deux. Mylène Farmer inaugure le genre». Le futur assistant réalisateur François Hanss analyse pour la première fois les moyens inhabituels mis à disposition d’un clip et les attributs cinématographiques qu’il adopte. Laurent Boutonnat aura sans soute compris par la suite la nécessité d’insister sur l’aspect cinématographique de ses clips afin de faire de leur sortie à chaque fois un nouvel évènement médiatique. La diffusion télévisée en exclusivité à des horaires exceptionnels de chaque nouvelle production servira à en faire des purs spectacles de divertissements familiaux et non plus destinés au public d’un genre musical particulier. Malgré cette exposition totalement nouvelle pour des clips, la presse et le milieu cinématographiques ne trouveront toujours pas en 1988 de bien fondé à l’analyse d’un tel phénomène.

 

ptg02164000 Peu enclins à tisser d’étroites relations avec le milieu musical français, Laurent Boutonnat et Mylène Farmer, lauréate de la remise de la victoire de la musique de l’interprète féminine de l’année 1988, refusent l’interprétation sur scène de leur succès du moment, comme c’est pourtant la coutume dans cette soirée. Interrogé le lendemain par la presse, Bertrand LePage  expliquera le refus d’une phrase laconique et provocante : « Mylène Farmer ne chante pas avec un orchestre de bal ». Par la suite souvent renommés, notamment en 1991 pour le clip de Désenchantée et en 1996 pour le concert, Laurent Boutonnat et Mylène Farmer ne recevront plus de trophées des mains de la profession, raflant pratiquement tous ceux remis dans d’autres soirées par des votes de public. Depuis sa jeunesse, la volonté de Boutonnat a toujours été de faire du cinéma, ou du moins avoir l’occasion d’en faire. Le clip s’est alors présenté comme une opportunité de porter à l’écran un imaginaire qu’il n’avait pas la possibilité de transmettre par d’autres médiums. Que les milieux respectifs auxquels ont pu toucher le clip, c’est à dire la musique, la télévision et le cinéma, répondent plus ou moins fort à son travail semble importer peu au cinéaste. Jean-Louis Murat qui travaille sous sa direction en 1991 pour Regrets dira de lui plus tard qu’il « filme du morbide pour s’amuser. Lui-même est les premier étonné que ça marche. » Laurent Boutonnat bénéficie donc dès 1888 d’une place à part chez les réalisateurs de clip, ses productions étant diffusées à de grands horaires d’écoute et en étant intégrées dans des shows de divertissements populaires. 

Sans doute par peur d’être considéré comme un réalisateur de télévision qui, après avoir transgressé avec succès les lois de sa forme devait à nouveau subir des règles strictes de diffusion, Laurent Boutonnat délaisse ses récits en forme de contes pour revenir à des images moins admises à la télévision et à des sujets moins “familiaux”. Laurent Boutonnat se lance donc dans des clips plus violents comme Sans Logique, et surtout Pourvu qu’elles soient douces. Ce dernier fut censuré à la télévision de la moitié de sa longueur pour plusieurs causes : la raison officielle invoquée était l’apparition à plusieurs reprises de l’interprète de la chanson entièrement nue. A cela s’ajoutait une longue bataille très sanglante occupant la moitié de la durée. Longue période pendant laquelle la chanson pourtant objet central du clip, était totalement absente de la bande sonore et laissait la place à une musique militaire accompagnant la représentation de la mort de dizaines de soldats français et anglais.

jacquou_makof35Inutile de préciser que la durée exceptionnelle de ce clip le rendait invendable en télévision. Signature d’une volonté évidente d’être associé davantage à la liberté du grand écran qu’à l’asservissement du petit, le cinéma de Boutonnat s’étire, se teinte de violence et de thèmes subversifs. Plus que jamais il se veut en auteur se passant de l’unanimité du public et de sa profession, et non plus en réalisateur de clips consensuels, cantonné aux émissions marginales destinées aux jeunes consommateurs. C’est parallèlement à Pourvu qu’elles soient douces qu’il entreprend la préparation du film du spectacle qui aura lieu un an plus tard. Là encore, le métrage long qui en sortira ne sera pas destiné à la télévision et le soin apporté à sa réalisation et à son scénario témoignera d’une grande envie de sortie sur grand écran. Alors que les revues de cinéma continuent de se cantonner aux films sortant officiellement en salles, la presse télé couvre largement dans ses pages les censures des clips de Laurent Boutonnat en montrant des photographies de plateau en extrait. Les mêmes causes produiront les mêmes effets en 1992 lors de la censure très commentée dans la presse de Beyond my control. Laurent Boutonnat se sera servi du média télévisuel autant pour promouvoir les chansons qu’il composait que les clips qu’il réalisait. Le fait de s’en éloigner de manière régulière a eu pour effet de placer le réalisateur dans un flou entre la télévision et le cinéma. Mélangeant les formes, les genres, les institutions et les moyens de diffusion, Boutonnat est resté un cinéaste insituable durant de nombreuses années. Et si la presse musicale et télévisuelle a reconnu quelquefois en lui un auteur à part entière renouvelant partiellement la forme du clip, le monde cinématographique a continué d’ignorer non seulement son travail, mais aussi l’entièreté d’une forme filmique chez laquelle bon nombre de nouveautés narratives, esthétiques et plastiques continuent régulièrement d’apparaître.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

Publié dans Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

UN PUBLIC FIDELE

Posté par francesca7 le 18 août 2014

 

 En associant au clip des attributs et une esthétique cinématographiques, Laurent Boutonnat a contribué à familiariser une partie du public de chansons de variété, surtout très jeune, à certains éléments constituant une œuvre de cinéma. Alors rythmé par la chanson dont ils sont le public, le film s’ouvre à eux comme une sorte de court-métrage musical mettant en scène leur idole. En ce sens on peut admettre que consciemment ou pas, Laurent Boutonnat a utilisé ses chanteuses comme des vitrines. Ce sont elles et leurs chansons qui ont fait connaître son cinéma, qui ont attiré les spectateurs vers son vocabulaire, sa grammaire. Comme un magasin mettant le plus « vendeur » en tête de gondole, Boutonnat a finalement usé du clip comme d’une publicité pour son interprète alors que ce qui était en jeu pour lui relevait de son univers, sa réalisation, ses atmosphères. C’est bel et bien son cinéma qui était l’objet de cette promotion ; et si c’est l’attachement d’un public à la chanteuse plus qu’à lui qui a sans doute causé l’échec de Giorgino, cette vitrine lui a quand même ouvert les portes qui lui ont permis de faire ses films, et de surcroît avec beaucoup de liberté.

jacquou-le-croquant-2006-tou-02-g

 

Le public de Laurent Boutonnat a dans un premier temps été celui de ses chanteuses. Dans les années 80, le silence du réalisateur aidant, tout ce qui touchait à sa thématique et à ses éléments graphiques était d’emblée associé à la chanteuse produite. Elle seule se faisait alors le relais d’explications de texte et de justifications à la presse.

 

L’éloignement en 1995 de Boutonnat de son égérie et le tournant artistique de la chanteuse par la suite ne laissait plus de doute quand à l’appartenance de toute cette imagerie au réalisateur. C’est à ce moment qu’un autre public est venu se joindre à ceux qui l’avaient découvert lors de la sortie de Giorgino. Boutonnat qui avait déjà figé son œuvre en n’y ajoutant que quelques clips approximatifs trouve vers 1997 un statut auprès d’un public particulier, composé d’anciens admirateurs de ses interprètes, d’amateurs de la forme du clip, de quelques membres de courants alternatifs comme les gothiques, puis de quelques cinéphiles. C’est pourtant à partir de 1998, alors que des video-cassettes de ses clips et son film de concert sont en vente qu’une demande se fait sentir pour une reprise de leur projection en salles. Alors que tous ses clips sont sur des supports de pellicule faciles à projeter en salles de cinéma, ceux-ci n’entraient malheureusement pas dans le circuit classique de diffusion de films. L’absence de distributeur prive toute projection de copies dans les salles obscures. Les négatifs et pellicules ayant servi aux quelques projections et au transfert vidéo demeurent en possession du réalisateur qui refuse depuis 1994 de les mettre à disposition de son public ou des salles. 

Alors que pour les clips et le film de concert les cassettes sont en vente libre, Ballade de la féconductrice et Giorgino n’ont alors pas été montrées à un autre moment que leur projection en salle en exclusivité. Pourtant, sur initiative de Zik et Toile, une association de cinéphiles de la région de Montpellier, une projection de la copie d’archive de Ballade de la féconductrice est organisée à la Cinémathèque Française en 1998. Contre l’avis de Laurent Boutonnat, cette même association se procure la même année une copie de Giorgino, récupérée lors de la sortie par un collectionneur, pour une unique projection dans un cinéma de Montpellier. Ce sont les dernières fois où un passage d’un long-métrage a été fait en salle de cinéma. Par la suite, les tentatives seront stoppées par l’intermédiaire de Paul Van Parys, associé de Boutonnat, qui ne tolérera que la diffusion en salles de films déjà en vente dans le circuit vidéo traditionnel. 

Depuis l’année 2000, le cinéma Max Linder à Paris organise une fois par an une nuit où sont diffusés tous les clips réalisés par Laurent Boutonnat pour Mylène Farmer, ainsi que le film de son concert de 1989 et celui qu’il a co-réalisé en 1996. La soirée qui affiche chaque année complet remplie sur réservation les six cent sièges que compte la salle. Visiblement bien décidé à ne plus faire de son œuvre celle d’un auteur de cinéma, il refuse de se mêler de ces projections qui se font à l’aide d’enregistrements vidéos de plus ou moins bonnes qualités. La présence dans ses clips de refrains chantés, mais aussi de séquences fortes et divertissantes, de duels et de dialogues laconiques ont une efficacité interactive qu’il est facile d’imaginer lorsqu’ils sont diffusés simplement à la télévision. Manifestement bon public du cinéma de Laurent Boutonnat, les spectateurs le voient en salle comme un divertissement complet, agrémenté d’une ambiance commune à tout événement public à caractère exceptionnel. Plutôt que de découvrir confortablement et en silence de nouveaux films de leur réalisateur, ces soirées restent avant tout un moyen pour les inconditionnels de Laurent Boutonnat de revoir ses films dans un contexte festif, même si la qualité d’image et du son reste proche de celle qu’ils ont chez eux. L’absence de festival de cinéma ou de cycle ponctuel pour les vidéo-clips empêche toute autre moyen de diffusion en salles des films de Boutonnat, comme des autres clips d’ailleurs.

téléchargement (3)

D’une manière purement technique, cela peut s’expliquer par l’incommodité à projeter une image vidéo sur un grand écran, les clips étant généralement fixés jusqu’à un temps récent sur support Betacam. Celle ci devrait à lors être agrandie au détriment de sa qualité ou kinéscopée, qui est une opération assez coûteuse. Le statut particulier de Boutonnat chez les réalisateurs de vidéo-clips ne suffit pas à un traitement de faveur par rapport à ses confrères et consœurs. Seules ces quelques soirées annuelles, entreprise d’une certaine partie de son public, font de Laurent Boutonnat un réalisateur encore vu après son retrait. On peut noter que la connaissance de ces soirées auprès du public se fait entre autres par le biais de fan-clubs non-officiels des chanteuses qu’il a produit, et que nombreux est le public de l’interprète qui se déplace à cette occasion pour la voir sur grand écran, exposition exceptionnelle pour une chanteuse de variétés. 

On peut relativiser la portée de Laurent Boutonnat et imaginer que sans sa présence sur l’écran, ces soirées au Max Linder n’attireraient pas forcément autant de monde. Suite à de longues négociations entre Paul Van Parys et les organisateurs de la soirée parisienne, un accord est donné en septembre 2001 pour projeter en début de soirée la première bobine de Ballade de la féconducrice. Le choix de cet extrait de huit minutes comprenant le pré-générique et le générique de début du film fait passer cette introduction pour un étrange court-métrage dépourvu de sens. D’autres négociations pour le passage de Giorgino dans son intégralité restent vaines. Le réalisateur, toujours par le biais de son collaborateur, n’aura de cesse de refuser toute projection. 

Malgré la rareté des projections de ses « courts-métrages » au cinéma, Laurent Boutonnat demeure le seul réalisateur de clips dont les films sont passés en salle dans des soirées qui lui sont consacrées. En créant une œuvre particulière, cohérente, s’étalant sur dix ans et reposant sur une même interprète, Boutonnat s’est attiré un public fidèle, toujours présent même dans les années sans actualité professionnelle. Il fait en ce sens figure d’exception autant dans le domaine musical où les phénomènes de mode sont omniprésents, mais aussi dans le domaine cinématographique où, pour sans doute une des premières fois, un réalisateur veut gommer toute trace de son travail esthétique en bloquant obstinément toute copie de se films. Le phénomène inhabituel que nous venons de décrire nous laisse penser que les inconditionnels de Boutonnat restent plus proches du public d’un auteur de cinéma que de celui adepte de chansons de variété. 

Il est en effet capable de pérenniser une œuvre au delà de sa sortie en première exclusivité, la ré-exposant à un public des années après.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

Publié dans Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

PRESENCE DE LA CHANTEUSE DANS GIORGINO

Posté par francesca7 le 15 août 2014

 

 

Sur divers plans, même s’il développe une intrigue bien particulière, Giorgino recycle bon nombre d’éléments des clips tournés par un même cinéaste. On y reconnaît une même dynamique, le même style sur le regard au monde, et peut-être une même ambiance générale oppressante, quasi-malsaine, illustrant la reprise des mêmes thèmes de l’amour et la mort mêlés. 

Ce qui peut faire les qualités de ce long-métrage peut aussi être à la base de ses défauts : ce recyclage de thèmes et d’éléments plastiques peut aussi bien passer pour une recherche de cohérence générale de l’œuvre que pour de la redite, ce qui fait la presse le qualifier à plusieurs reprises de « long clip »169. Jugement court et définitif, cette épure de critique pourrait être pertinente si Giorgino reprenait l’espèce de « dogme » que le clip s’était lui-même dicté, ou s’il l’avait transposé au long-métrage.

jacquou_makof35

 

Or Giorgino n’applique aucune règle, sinon celle de la « mégalomanie » systématique de son auteur, il n’est bridé par aucune exigence de courte durée (le film dure trois heures trois minutes, qui est une durée assez longue pour ne pas la trouver « formatée » pour le public de courts), il ne s’inspire pas d’une musique déjà écrite, pas même d’un texte (Laurent Boutonnat signe l’idée, le scénario et l’adaptation avec Gille Laurent) et n’a pour but, à priori, de promouvoir qui que ce soit. Qu’est ce qu’on peut alors entendre par « long clip » ? Question légitime car un magazine comme Télérama ne se contente comme critique que de ce commentaire laconique :

 

« Le réalisateur des clips de Mylène Farmer réalise… un clip avec Mylène Farmer. »

Auteur inconnu, Télérama n°2335, octobre 1994, p.42. 

La présence de la chanteuse dans le film et son rôle quasi-muet entretiennent probablement cette idée de prolongement des clips, qui y exhibe son égérie de la même façon, qui l’entoure d’une même aura savamment orchestrée, qui l’habille d’un pseudo-mystère de Greta Garbo de variétés. Certes tout cela peut ne pas fonctionner, mais on ne peut pas reprocher à Giorgino de tendre vers une autre forme filmique que celle du « long-métrage de fiction romanesque ».

notes_giorgino

Giorgino appartient à la même famille que Tristana (1987), ou Pourvu qu’elles soient douces (1988), celle des « films » se déroulant en période de guerre. Elle est toutefois traitée différemment à chaque fois, dans le clip de 1988 on est sur le front de la guerre de sept ans aux côtés de l’héroïne qui assiste aux combats entre Anglais et Français, dans les deux autres on est loin de la bataille, dans la campagne et on assiste à un autre affrontement intimiste, beaucoup plus froid. Ce qui faisait auparavant la particularité des clips de Boutonnat rappelle ici ses propres productions, mais on est très loin d’y retrouver les caractéristiques du clip-type. Outre l’actrice principale, certaines figures présentes dans Giorgino nous sont connues, telle la femme enfant, elle aussi raillée par la presse :

 

« Matériel (pour réaliser le film) : Les fiches Monsieur Cinéma de La fille de

Ryan, Bambi, Dracula, Les Hauts de Hurlevent, toute la collection des Série rose

sur M6 (cf. la scène où Mylène, endormie, un pouce dans la bouche, dévoile une

cuisse de nymphe). »

 

Même si le village de Chanteloup où se déroule la plupart de l’action est imaginaire, on a peu de mal à le placer dans les Vosges ou dans un massif des Alpes, la neige omniprésente tout au long du film rappelle celle de Tristana, de Désenchantée ou de Regrets. Le premier avait été filmé dans le Vercors mais était censé se passer dans les pleines de Russie, alors que les deux suivants étaient volontairement insituables (Boutonnat disait171 vouloir Désenchantée intemporel, par le choix des costumes notamment). Ces deux clips tendent vers le même onirisme des décors voulu par le cinéaste, tant la platitude de ces étendues désertes semble irréelle :

 

« La Hongrie est un pays plat, où il n’y a que des plaines. Et tout le centre de la

Hongrie, c’est ça : des centaines et des centaines de kilomètres avec rien. C’est

très impressionnant. Surtout avec la neige, on a l’impression que le ciel et la

terre se rejoignent […] c’est le néant. »

 

On retrouve dans Giorgino nombre d’éléments chers à Laurent Boutonnat : même si le cimetière y sera pour la première fois utilisé de manière réaliste, il nous renverra au surréalisme des scènes encadrant Plus Grandir (1985), à la topographie scénique de En concert (1989) ou à l’onirisme du décor de Regrets (1991). La religion quant à elle toujours omniprésente et impuissante a un rôle clé dans l’intrigue, prédisant la mort des hommes au combat, et obligeant la dissimulation à Catherine des véritables circonstances de la mort de son père.

  L’imagerie Laurent Boutonnat telle que nous la décrivions dans un chapitre précédent souffre t-elle du passage au long-métrage ? La forme du vidéo-clip, sa durée et le contenu de sa bande sonore permettent de développer un thème unique, une imagerie précise et connotée dans une géographie réduite ; le but (et quelquefois la limite) étant même la plupart du temps de fournir à la rétine du téléspectateur le maximum d’angles de vue autour d’un même sujet, d’une même situation ou d’un même décor. Même enrichi, la reprise de ce principe pour un long métrage de trois heures peut rester indigeste. 

Laurent Boutonnat dans Giorgino prend le prétexte d’une quête d’enfants par le docteur qui s’en occupait avant-guerre pour raconter la lente régression de son héros vers son stade infantile. Cette recherche le mènera tour à tour dans un village de montagne peuplé de femmes hostiles, dans un asile aux pratiques barbares, puis dans une église habitée par un abbé généreux mais borné. Le fait de connaître le travail de Laurent Boutonnat ne joue pas en faveur de Giorgino, les parallèles entre deux formes si différentes que le clip et le long-métrage se faisant malgré tout. Basant (on l’imagine volontairement) son film sur la splendeur des images, sur le travail de composition et sur le recyclage de l’imagerie qui a fait sa gloire dans le clip, il est facile de reprocher à Laurent Boutonnat l’indigence de son intrigue, alors que des films au principe comparable (intrigue simple, géographie limitée, onirisme récurrent et utilisation d’une imagerie) comme Le Locataire (Roman Polanski – 1976) fonctionnent à meveille. Plus que le film en lui-même, la réception de Giorgino par le public et la critique souffre avant tout de son imagerie, renvoyant trop vite à ce qui faisait la particularité (et la popularité) de Laurent Boutonnat lorsqu’il officiait dans le clip. 

livret2

Il serait pourtant rapide de réduire Giorgino à sa plastique, tant la fonction symbolique des personnages et des lieux est importante. Pendant la première partie du film, Boutonnat s’attache à montrer le peu de fiabilité qu’il faille accorder aux propos des personnages, démontant leurs mensonges, perturbant son spectateur. Le discours est mis en doute tout comme la paroles de chacun des personnages, et il est déformé, comme la vérité elle, est cachée. La face sombre des êtres et des choses est taboue tout comme ce qui échappe aux normes de l’époque est interdit. On note que c’est dans l’orphelinat du docteur Degrâce que tous les interdits sont franchis, ceux de l’homosexualité, contrainte ou non (Catherine-Marie, Giorgio-Sébastien), du viol, et ceux en filigrane de l’inceste et de la nécrophilie. A l’extérieur, malades mentaux, meurtriers, dissidents, tous sont enfermés dans l’asile Sainte-Lucie et soumis à des thérapies barbares. Le mode de communication (de non-communication devrait-on dire) dans le village de Chanteloup est la rumeur; par conséquent la question que tout le monde se pose « que sont réellement devenus les enfants ? » restera partiellement irrésolue à force de réponses contradictoires et d’un final ne confirmant réellement aucune des hypothèses des personnages. 

Les versions se succèdent pour s’annuler réciproquement : la tenancière de l’auberge et l’abbé Glaise (à demi-mots) soupçonnent Catherine d’avoir précipité les enfants dans les marais tandis que d’autres accusent le docteur Degrâce de les avoir piqués. Mais on le sait, « la vérité sort de la bouche des enfants ». C’est en tout cas ce que pense Laurent Boutonnat ici, qui dit lui-même avoir signé un film sur l’enfance. Comme à genoux devant sa propre enfance, il donne à ses personnages jeunes le don de la vérité ultime. Catherine raconte à celui qui veut l’épouser « pour de vrai » que « c’est les loups » (sic) les coupables. Seulement cette Catherine est la seule à les avoir vus. Giorgio incrédule (et à travers lui le spectateur) imagine mal que l’explication soit si simple et si rapide, d’où le grand sentiment de frustration que génère le film (frustration due aussi au jeu d’acteur impressionniste des rôles principaux, et au montage qui prive à plusieurs reprises le spectateur de ce qu’il attend) lorsque finalement on s’apercevra que ces loups, existent effectivement (ce qui d’ailleurs, ne prouve en rien leur culpabilité). 

 On comprend enfin, mais trop tard, que les loups n’étaient qu’une métaphore : seuls les enfants, parce qu’ils sont purs et innocents, peuvent accéder à la vérité, autrement dit voir les loups. Les orphelins (âges d’une petite dizaine d’années) les voyaient, ils les ont d’ailleurs immortalisés sur les dessins qu’ils envoyaient à Giorgio. Dessins que ce dernier ne pouvait pas voir, tant au front il était de plein pied dans le monde adulte, avant qu’il n’entame son long chemin vers le retour à l’enfance. Les enfants du village voient aussi les loups, à l’horizon. A ce moment du film Giorgio qui est pourtant à leurs côtés ne peut pas les voir ; tout simplement parce qu’à ce moment-là du film il n’est pas encore arrivé au bout de son chemin vers l’enfance. C’est parce que Catherine est restée une enfant qu’elle en a toujours eu connaissance, et c’est parce qu’elle a quand même l’âge adulte qu’elle aurait pu faire fi de leur présence pour éventuellement tuer les enfants. Ceci nous est plus ou moins démontré dans la scène finale où on découvre Catherine et Giorgio enlacés au milieu du cimetière, tandis qu’à l’horizon une horde de loups s’approche en silence, comme la vérité qui devient une évidence pour ces deux enfants orphelins retrouvés.

Aucun des adultes ne croit à l’existence des loups, à commencer par le curé qui explique à Giorgio que les hurlements qu’il entend ne sont que le bruit du vent dans les collines (ce n’est pas la vérité… c’est du vent). Les illustrations de cette idée ne manquent pas, comme la scène où les femmes elles aussi en état de frustration (sexuelle cette fois) traitent le prêtre de menteur tandis qu’il donne l’ultime bénédiction aux hommes du village morts au combat (prétendument mutilés justement par des loups). Le refus de la mort vient encore enfoncer le clou de la métaphore : une vérité fondamentale qu’on ne veut pas accepter, que seuls les adultes refusent de voir et de croire. La mort où la fuite s’avèrent donc au terme de l’histoire, être les seules issues possibles : Mort donnée ou provoquée : le suicide de Mme Degrâce qui avait elle même fini son histoire avec la mort des enfants alors que Giorgio la commençait, la mort à demi-volontaire de Giorgio, celle probable de Catherine, et la noyade des enfants. Les autres personnages ne meurent pas mais fuient géographiquement ou mentalement : l’exil du prêtre, de Marie, des femmes du village, l’univers de l’enfance comme dernier refuge pour Catherine et enfin l’asile Sainte Lucie, premier endroit où elle veut mourir. Si de manière évidente Giorgino fonctionne par symboles, la vérité est matérialisée par les loups et Chanteloup, le village maudit, caractérise le point de non-retour où la vérité chante trop fort pour ceux qui ne sont plus des enfants.

 

Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique : le Cas Laurent Boutonnat    livre de Jodel Saint-Marc en format .pdf de 142 pages, en téléchargement libre.

 

Publié dans Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

SUICIDE BOUTONNAT-MYLENE DANS A quoi je sers (1989)

Posté par francesca7 le 7 août 2014

 

C’est en septembre 1989, en plein milieu de la tournée que sort dans le commerce A quoi je sers. Dans ce contexte de sortie, ce n’est bien évidemment pas par hasard que le texte de la chanson parle ouvertement de suicide :

 

 « Poussière vivante je n’ai pas su me diriger. Chaque heure demande pour

qui, pour quoi se redresser. Je divague, j’ai peur du vide, je tourne des pages,

mais des pages vides. […] J’avoue ne plus savoir à quoi je sers, sans doute à

rien du tout, à présent je peux me taire si tout devient dégoût. Poussière

brûlante la fièvre a eu raison de moi, je ris sans rire, je vis, je fais n’importe

quoi. Et je divague, j’ai peur du vide, pourquoi ces larmes ? A quoi bon

vivre. »

 confidences_30_02

Sitôt intégrée au milieu exact du spectacle, A quoi je sers appuie le sens que Laurent Boutonnat veut donner avec obstination à son concert. Le clip quant à lui est réalisé au milieu du mois d’août143 dans les environs de Cherbourg. Ne promouvant aucun album en vente à cette période, les ventes de ce 45 Tours n’engageront pas de lourdes sommes d’argent, si ce n’est la publicité qu’il pourra éventuellement faire pour le spectacle. Tournée qui aura repris les routes de France lors de la sortie du disque. Débarrassé d’obligations esthétiques purement promotionnelles, Laurent Boutonnat se sent donc une liberté totale pour la mise en images du clip. Il fera le choix d’aller vers une sorte d’abstraction remplie de longueurs et de symboles. 

Evoquant sous un angle biblique et symbolique le suicide (artistique) de la chanteuse, le clip représente sa longue et calme traversée en pirogue d’un fleuve144 avec pour seul accessoire une valise dont le contenu restera inconnu. Le passeur aux yeux cernés conduit la chanteuse vers une terre où l’attendent la majeure partie des personnages de ces anciens clips : sont présents Rasoukine le révolutionnaire de Tristana, la rivale de Libertine, le capitaine de Pourvu qu’elles soient douces, le marionnettiste de Sans Contrefaçon et le toréador de Sans Logique. Après les avoir rejoint, la chanteuse entreprend avec eux une marche dans les eaux boueuses, les yeux rivés vers l’horizon en direction d’une rive lointaine que l’on distingue à peine. makdes16Laurent Boutonnat supprime tous ses personnages vus de dos en introduisant leur noyade par un long plan-séquence final. Il ne filme là rien d’autre que la fin d’une époque. Son public sait dorénavant que ni Libertine ni sa rivale ne renaîtront une nouvelle fois de leurs cendres, que la chanteuse Mylène Farmer pose le voile de l’oubli sur un style qui lui fut si personnel mais qui ne sera plus jamais le même, et que la tournée qui joue alors à guichets fermés dans toute la France signe l’arrêt de mort d’une saga : celle d’un réalisateur qui se faisait une haute idée du clip et de ce qu’il pouvait véhiculer.

Poussant l’idée un cran plus loin pour bien que son public la comprenne, la face B du 45 Tours est une chanson titrée La Veuve noire qui reprend la mélodie d’introduction de la Face A A quoi je sers. Cette chanson proche par sa mélodie du ton suicidaire d’A quoi je sers parle du statut de défunte que le personnage de la chanteuse endossa dès que la date du premier concert de la tournée fut passé : « Toi veuve noire tu périras ce soir de mai ».

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

Publié dans Mylène 1989 - 1990, Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

BOUTONNAT, L’identification DES CONCERTS DE MYLENE

Posté par francesca7 le 3 août 2014

 

sddefault

On analysera ces choix de placements sonores en partie par un processus voulu d’identification au public du concert, en particulier pour la scène d’introduction. Alors que le spectateur du film s’attache pendant les plans d’extérieurs à la musique de fond comme à une musique extra-diégétique, il s’aperçoit lors des premiers plans de la salle de concert que cette bande musicale est bel et bien jouée on stage par les musiciens, les acclamations en rythme du public le lui faisant facilement comprendre. Les premiers plans en caméra-épaule embarqués dans le public du concert accroissent ce processus d’identification, le spectateur du film se trouvant au même niveau que les autres spectateurs. Le choix de Laurent Boutonnat de porter l’identification du spectateur sur le public du concert est sans nul doute le plus judicieux, car les deux parties assistent au spectacle et n’en sont pas acteurs. Ceci explique l’absence d’images de coulisses de l’interprète à laquelle on ne doit surtout pas s’identifier, tant sur elle repose tout le spectaculaire de la mise en scène et une grande partie de l’effet charismatique que veut donner le show. 

Lors du passage précédant Ainsi soit-je, la scène d’extérieur de visite du cimetière n’a pas le son intra-diégétique qu’on pourrait en attendre, qui pourrait par exemple être composé des bruits de pas dans les feuilles mortes des allées. Si seuls les bruits de concert sont audibles, c’est justement parce que c’est sur la scène que va se passer l’action, que se place la diégèse, et non pas dans ces plans qui n’ont ici qu’une fonction d’image mentale quasi-onirique et symbolique. Plus que jamais à cet instant le spectateur du film doit se situer par rapport au concert et non pas aux plans additionnels extérieurs à la salle de spectacle. En ce qui concerne la fin du film, alors qu’à l’image se mêlent dans les mêmes plans visages du public du concert et décor en extérieur, le son reproduit cette ambiguïté en ne représentant que le son musical du concert sans celui du public mais néanmoins en y ajoutant les bruits d’extérieurs. C’est peut-être ce moment précis que Laurent Boutonnat choisi pour mettre en évidence le désarroi du public désormais muet qui se recueille devant les cendres encore rouges de la scène. Public alors confondu avec les spectateurs du film, chacun placé symboliquement par Boutonnat devant la scène dans la salle de concert, et devant le décor transplanté dans la nature. On ne peut que se rendre compte de l’extrême cohérence à la fois de la structure scénique à priori hasardeuse et du processus d’identification voulus par Boutonnat : situer le spectateur de son film face au décor de son spectacle, de la même manière dont il a traité les spectateurs du concert par rapport à la scène qui leur faisait eux aussi face.

 

Une structure fictionnalisante

 Décidé à faire de En Concert un film complet, écrit, pourvu d’une diégèse, Laurent Boutonnat s’est sans doute rendu compte que ce qu’il avait appliqué au court-métrage pour réaliser ses clips, il pouvait le réinventer pour le film de son concert en s’inspirant des attributs du long-métrage. Le dispositif du concert permet d’emblée d’appliquer au film qui en sera tiré certaines de ses caractéristiques : le changement de costumes (voire de décors ou de coiffures), le découpage par séquences, la justification de la musique, et avant tout une mise en scène.

 41012310

Si Laurent Boutonnat a interprété la présence d’un public comme faisant du concert un spectacle hybride entre le théâtre et le clip, il a sans doute envisagé son film comme un long-métrage dont le genre serait renouvelé. Investissant les mêmes moyens dans la réalisation de ce film qu’au tournage de ces petites réalisation, Laurent Boutonnat veut faire de son long-métrage une partie intégrante de son œuvre de clips, décomplexée du dispositif scénique qui bride malgré tout de manière importante la portée de la mise en scène des actions. Boutonnat dévie cet inconvénient en composant sa scène comme il le ferait pour son cadre lors de la réalisation d’un clip ; d’où l’importance d’identifier le spectateur du film au spectateur de la salle, à la différence près que le second peut, s’il le désire, profiter du hors champ du premier.

 

Le film de concert est vu en général comme un documentaire, retraçant en temps réel les actions contenues dans le spectacle afin d’en donner le compte rendu le plus fidèle. Il y a dans ces films bel et bien une notion de mise en scène, même de scénario, mais ceux-ci sont conçus en amont et n’ont pas pour objet le film, mais son relatifs à la conception du concert en question. Pour prendre une comparaison, le film de concert pourrait s’apparenter au documentaire sur un groupe (une tribu, une association, des amis) qui donne un spectacle à un public ; le documentariste tentant de rendre au mieux la vérité par un effet de réalité. Ces films se veulent généralement le témoignage d’un spectacle, n’interférant pas dans les choix esthétiques et narratifs de celui qui l’a conçu, et livrant simplement, quitte à la commenter et y appuyer un regard, la vision que l’on doit avoir de ce qui s’est passé lors de la prise de vue. 

Laurent Boutonnat étant à la fois l’unique concepteur du concert et le réalisateur du film qui en est tiré, il a choisi d’enrichir le premier par le second, en les éloignant néanmoins l’un de l’autre dans leur forme. Les moyens de tournage mis en œuvre son bel et bien ceux offerts à la majorité des films de fiction ayant un budget comparable : pellicule 35 mm; caméras Steady-cam, ralentis débrayables et loumas à l’appui. 

Mais Laurent Boutonnat a avant tout modifié les plans qu’il avait pris du concert pour les inclure dans une structure fictionnalisante en direction d’un support cinématographique. Non seulement il y a inclus des scènes d’extérieur, situant la scène de concert dans un autre lieu spatial que la salle de spectacle ; mais il a aussi “mutilé” le concert de deux chansons (Plus grandir et Allan) lors du montage du film. L’objet du film n’est pas le même que celui du concert. Si lors du spectacle la pièce principale reste l’artiste qui apparaît sur scène et interprète son répertoire, le film, lui, tourne autour de l’idée du concert, c’est lui l’objet capital du long-métrage. Alors reléguée par le truchement de la caméra au rang de participante au film du concert, la chanteuse n’apparaît plus en tant qu’artiste, mais en tant que personnage jouant un rôle fictionnel. L’abondance d’artifices comme les plans ralentis sur sa personne vont dans le sens de la composition d’un personnage par l’interprète, irréalisant parfois outrageusement sa prestation.

 

mylene-farmer-fans-rencontre-dexception-L-DGI_mk

Le choix d’enlever deux parties du concert, à la présence pourtant justifiée dans le spectacle, s’explique de deux façons. Tout d’abord l’enjeu promotionnel étant toujours présent en 1989, deux 45 tours sortiront en extrait de l’album live du concert afin de le promouvoir. 

Plus grandir et Allan sont présents dans le disque qui sort dans le commerce le dernier jour de la tournée. Or le film du concert ne sortira qu’un an plus tard, Laurent Boutonnat qui a suivi de très près l’ensemble de la tournée ne se consacra au montage qu’une fois qu’elle fut terminée. 

Un an de montage et de mixage fut nécessaire et le film sorti en septembre 1990 simultanément en salles et en cassettes vidéo. Les passages du concert concernant les deux chansons furent utilisés à l’époque de leur sortie respective dans le commerce. Alors remontés pour en faire deux clips “live“ présentant eux aussi des scènes extérieures, des ajouts de bruitages et d’effets spéciaux vinrent accompagner les plans filmés pendant le concert (voire chapitre suivant). 

Eux-mêmes vendus en vidéocassette peu après leur diffusion télévisée, l’idée de leur absence sur la cassette du concert sera sans doute venue du souhait d’encourager les acheteurs à se procurer les deux vidéos pour pouvoir jouir de l’intégralité du spectacle. La deuxième raison de “l’amputation” de Plus grandir et Allan relève du simple confort de visionnage du long métrage. Les films de concert, déjà peu nombreux en 1989, ne sortent jamais en salles, excepté quelques-uns uns anglo-saxons réalisés sur pellicule à la fin des années 70. Afin de rapprocher En Concert d’un long-métrage habituel, le fait pour Laurent Boutonnat de retirer ses deux chansons ainsi que tous les temps morts situés entre elles (silences, certaines intros, outros, reprises et rappels…) , le ramena à une durée de une heure et trente minutes, en opposition aux deux heures un peu lourdes qu’aurait duré l’intégralité de la capture du spectacle. La question du choix des chansons à retirer se pose inévitablement. Nous noterons que les deux parties soustraites à l’ensemble ont de maigres chorégraphies, Plus grandir mettant en scène deux danseuses et Allan une seule. 

Si pendant le concert la fadeur relative des deux chansons (pourtant assez rythmées) par rapport au reste ne choqua pas, leur présence dans le film n’eut pas été assez spectaculaire ou même suffisamment distrayante. Boutonnat ne pensa pas frustrer excessivement son public en omettant volontairement ces deux chansons. Celles-ci sont peu connues, et même si Plus Grandir fut un 45 Tours quatre ans auparavant. Celle-ci ne connut alors qu’un succès d’estime et ne restait pas dans la mémoire collective comme une chanson très populaire.

 

La cohérence entre la mise en scène du concert et les ajouts de Laurent Boutonnat, tant au niveau de l’image que celui du son, donne une autre dimension au film. On ne peut le situer que par rapport au décor perdu dans une plaine désolée, et non pas au Forest National de Bruxelles avec des coulisses, des billets d’entrée et des gradins. C’est ici que réside aussi la fiction, dans l’anonymat d’un lieu qu’on remplace par un espace imaginaire. Le concert se découpe en tableaux, chacun regroupant une chanson, parfois deux.

téléchargement (3)

 A chaque tableau correspond un dispositif d’éclairages, une panoplie de costumes, d’accessoires, et avant tout une façon de filmer. On peut comparer chacun des tableaux de ce film à une séquence dans un long-métrage de fiction, la ponctuation délimitant chacune d’elle étant ici un plan sur le public, une scène d’extérieur ou un noir. Tout au long du film le spectateur (tout comme le public dans la salle) est assujetti à la mise en scène du spectacle. Alors que Laurent Boutonnat aurait pu utiliser les plans sur certaines personnes du public comme de simples plans documentaires sur la réception émotionnelle du spectacle par le public, il les manipule pour les fictionnaliser et les replacer dans des contextes discursifs. Les ralentis qui leur sont appliqués fait ressortir leur utilisation purement sensationnelle et esthétique ; et on mettra par exemple en évidence que le moment où les personnes en question sont filmées est différent de l’endroit où leur plan est monté dans le film. C’est ainsi que la fin du concert fait de surimpressions crée l’impression de personnes se lamentant sur les décombres du décor qui s’enflamme, alors qu’elles n’ont jamais assisté à cet embrasement et ne faisaient que réagir à une des sorties de scène de leur artiste.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 

Publié dans Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

PERSONNAGES ET JEU DE L’ACTEUR POUR MYLENE

Posté par francesca7 le 23 juillet 2014

 

 

En opposition à la convivialité des vidéoclips traditionnels de chansons de variété où les interprètes et les musiciens sourient parfois exagérément, Boutonnat crée un monde dur, peuplé de personnages misanthropes. Mis à part un ami que le héros du film réussira éventuellement à  avoir près de lui, les personnages qu’il rencontre lors de ses aventures lui veulent le plus souvent le plus grand mal. Par exemple la jeune femme de Plus Grandir ne trouvera de compagnie qu’avec une colombe venue se poser devant elle avant sa mort.

giorgino9

 

 Le reste de ses rencontres sera fait d’individus la maltraitant jusqu’à ce que la paranoïa s’empare d’elle et qu’elle se venge sur son innocente poupée de chiffons. Elle aura auparavant dû affronter un homme venu la violer pendant son sommeil, et des nones venues la battre pour la punir de ce viol. Le marionnettiste de Sans Contrefaçon aura pour seule compagnie son pantin de bois une fois que la dame en noir aura repris la vie de sa bien-aimée, la femme-Centaure de Sans Logique restera seule devant son amant agonisant, alors que la famille venue assister à leur union leur tourne le dos. Généralement des clips, l’interprète de la chanson est souvent l’objet des maltraitances subies. Laurent Boutonnat utilise comme une actrice fétiche la chanteuse qui apparaît, bien entendu, dans tous les clips illustrant ses chansons ; il lui offre des rôles différents mais jamais de psychologies de personnages contradictoires d’un film à un autre. 

La mission principale du clip étant de promouvoir la chanson aussi bien que son interprète, Boutonnat a fait de Mylène Farmer un personnage fantasmatique propice à l’admiration du spectateur. La multiplicité des rôles principaux en rapport à chacun des clips impose à la chanteuse des changements fréquents de rôles, comme le ferait une comédienne travaillant sur des projets différents. Tour à tour femme enfant, séductrice ou dominatrice, elle revêt plusieurs casquettes de son image publique selon les rôles qu’elle endosse. Alors que des clips comme Libertine, Désenchantée, Hasta Siempre ou Moi…Lolita imposent aux chanteuses respectives un jeu réaliste, des clips plus féeriques comme Sans Contrefaçon ou encore plus oniriques comme Regrets, A quoi je sers ou Parler tout bas exigent un jeu de l’acteur différent.

59868

 

Pour ces derniers, Laurent Boutonnat a sans doute demandé un jeu tout en nuances, proche de l’inexpression qui contrastent avec le jeu parfois outrancier des personnages de rivales. En étroite collaboration avec ses interprètes, Boutonnat les emploie dans des rôles différents d’un clip à l’autre, leur permettant la démonstration d’une palette d’émotions et de composition plus ou moins large. La similitude du travail sur un clip de Boutonnat avec celui qu’elles devraient accomplir sur un plateau de cinéma donne aux interprètes l’occasion de communiquer médiatiquement sur leurs performances de comédiennes, élément utilisé dans plusieurs interviews en vue de la promotion de leur personnage public.

 Nous parlons aussi de Mylène sur  » La Vie Devant Soi « 

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 

 

Publié dans Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

GRAND INTERVIEW DE MYLENE FARMER SUR LAZER

Posté par francesca7 le 20 juillet 2014

 

MAI 1987 Présenté par Mady TRAN sur M6

Première apparition de Mylène sur la toute jeune chaîne M6, où elle vient présenter à la télévision son tout nouveau clip, celui de « Tristana ». Mylène se retrouve en face de Mady Tran, journaliste passionnée et par conséquent passionnante.

Toutes sont assises face à face. Mylène est habillée sobrement d’un tailleur blanc et ses cheveux sont coiffés en catogan avec un ruban, blanc également.

1

Mady Tran : (…) Sur le plateau de « Lazer » aujourd’hui est tombée comme par magie une poussière de cendres de lune : j’ai avec moi Mylène Farmer. Je suis très excitée à l’idée de recevoir ce personnage, car c’est vrai, dans la production actuelle en France c’est un personnage, c’est une image tout à fait à part. Merci

Mylène d’être venue nous voir !

Mylène Farmer : Bonjour !

MT : Comment vas-tu ?

MF : Très, très bien, merci !

MT : Je suis très contente de te recevoir, d’autant que ce dernier 45 tours que tu es venue nous présenter nous plaît. Alors j’espère que je vais le faire aimer à tout le monde parce que ça, c’est un genre de challenge qui me plaît et qui m’intéresse. Je voudrais tout simplement pendant une heure et demie faire connaissance avec toi et te proposer de la musique, et parler de toi pour tous ceux qui nous regardent.

MF : (un peu impressionnée) D’accord !

MT : D’où viens-tu, Mylène ?

MF : Je suis née à Montréal, donc au Canada, et je vis en France depuis l’âge de 9 ans. Que dire d’autre ? Je ne sais pas !

MT : Ce que je voudrais, moi, dire, c’est rappeler un petit peu les chansons qui nous ont marqués. Le premier

45 tours…

MF : Le premier 45 tours s’intitulait « Maman a Tort »…

MT : Et là vraiment, genre de flash, quand même, pour nous tous car c’était très particulier. On se demande toujours quand on te regarde évoluer si c’est un vrai personnage sorti d’une légende ou si c’est quelque chose que tu as eu envie de fabriquer, d’élaborer au fil des années et de ton travail.

MF : C’est vrai que ce mot de ‘fabrication’ est quelque chose qui me dérange, mais chacun pense ce qui lui plaît, comme on dit. Non, c’est certainement mon personnage qui est illustré par des chansons, par des clips, par plein de choses.

MT : Des clips qui marquent eux aussi, et on parlera un petit peu plus tard de la projection que tu donnes de toi dans ces clips. On parle de toi en terme de libertine, et c’est pas un doublon par rapport à la chanson : c’est vrai qu’on y a pensé dès le départ ! (rires de Mylène) « Maman a tort » c’est quoi, en fait ? C’est un SOS ?

C’est un cri ? C’est quoi ?!

MF : « Maman a Tort », c’était une façon de parler d’amours étranges qu’on peut avoir quand on est adolescente ou adolescent, rencontrer une personne…Et c’est vrai que là, c’était un domaine hospitalier avec une infirmière, c’est une projection, comme ça, de la mère. C’est un amour interdit qu’on peut avoir avec une personnalité féminine, pourquoi pas.

MT : Mais tout dans tes chansons suggère l’interdit, mais d’une manière très magique.

MF : Tant mieux ! Mais j’aime les interdits.

MT : Alors, je voudrais qu’on reparle du deuxième 45 tours, qui là aussi…

MF : Qui était « On est tous des imbéciles »

MT : « On est tous des imbéciles », et là c’est déjà beaucoup plus agressif dans le titre.

MF : Je sais pas si c’est réellement agressif…C’est certainement provocateur. Et moi j’aime bien mettre en exergue cette phrase qui disait : « On est tous des imbéciles, mais ce qui nous sauve c’est le style ». Et je pense que c’est vrai ! (rires)

MT : C’est pas dénué d’humour, de toutes façons !

MF : Non, de toutes façons.

MT : Alors, tu es venue nous présenter ce 45 tours, mais avec aussi un clip fabuleux. J’aimerais que tu nous

racontes, après la chanson, le tournage. Régalez-vous : plus de 11mn de rêve et de magie ! Mylène Farmer, « Tristana ».

Le clip « Tristana » est diffusé dans son intégralité, générique de fin compris.

MT : Difficile de faire mieux dans la beauté et dans la magie ! Il suffit de la regarder pendant que nous découvrions ce clip –parce que je crois qu’à chaque fois que vous le verrez, vous le redécouvrirez, c’est du vrai scope- et pendant qu’on regardait ce clip, Mylène avait la tête penchée. On a l’impression que c’est quelque part un peu comme le message de Prince –Dieu sait s’il y a pas vraiment de corrélation entre vous deux !- que quelque part tu livres quelque chose et que ça ne t’appartient plus et que c’est aux autres de le recevoir. Je suis très, très émue devant ce clip !

MF : Je le suis aussi ! C’est-à-dire que moi, c’est toujours le générique aussi, de prendre le parti de passer le générique…Le générique lui-même, c’est tellement une histoire ! C’est la concentration de tout un tournage. Et je trouve très beau un générique en Cinémascope !

MT : C’est magique, tout à fait. Y a plein de choses à souligner dans ce clip. La première chose qui m’a frappée, hormis la beauté et hormis la merveilleuse lumière, c’est la dédicace : « A Papa ». Elle vient de toi ou elle vient du réalisateur ?

MF : Non, je pense qu’elle ne peut venir que de moi !

MT : Bien sûr.

MF : Je préfère taire les circonstances parce que là, j’ai beaucoup de pudeur à cet égard. C’est vrai que de mettre ça sur un écran, « A Papa », c’est un paradoxe mais j’avais envie de le faire.

MT : Mais le personnage est bourré de paradoxes. Il suffisait simplement de souligner cette dédicace et ça suffit, je crois. Alors le tournage : est-ce que c’est toi qui parles en russe, d’abord ?!

MF : C’est moi qui parle en russe. J’ai appris le russe en seconde langue, donc, à l’école. J’en ai oublié quasiment la totalité, si ce n’est les bases : j’arrive à relire le russe, donc l’alphabet. Et donc c’était un… Comment dire ?

MT : Retour aux sources ?

MF : Un peu un retour aux sources. J’adore cette langue, j’aime ce pays et c’était une façon, comme ça, de rendre hommage à ce pays et de retrouver des personnages qui sont réellement russes dans ce clip.

MT : Alors, vu le titre de la chanson, j’ai pensé bien évidemment…

MF : A Buñuel ? (rires)

MT : …au film de Buñuel.

MF : Que je n’ai pas vu, je rassure tout le monde ! (rires)

MT : Mais je suis sûre qu’il te plaira car il y a vraiment tout, quoi, je veux dire, toute la palette des sentiments…

MF : C’est vrai que Tristana est plus un nom espagnol et moi quand je pensais Tristana, je pensais russe, mais en fait il faudrait dire ‘Tristania’ ! Donc c’est un petit peu plus complexe à retenir.

MT : Alors je te rassure : Deneuve y est perverse à souhait et vachement séduisante ! (rires) Donc, je pensais à ce film et je découvre en regardant ce clip que c’est davantage plus proche du conte de fées, avec tout ce que ça peut avoir de cruel.

2MF : C’est ça, c’est un doux mélange. C’est « Blanche-Neige et les sept nains » transposé en Russie, avec de la violence, avec un romantisme poussé à l’extrême. C’est tout ce que j’aime.

MT : Et des paysages d’une région de France qui est le Vercors…

MF : Que vous connaissez, je crois !

MT : …que je connais bien !

MF : Que moi je connaissais absolument pas. C’est vrai que j’ai découvert des paysages magnifiques ! On a eu beaucoup de neige, alors que partout ailleurs la neige avait fondu et ça, y a de ça un mois, et c’était prodigieux comme tournage.

MT : Alors tu nous donnes beaucoup de joie avec cette chanson et ce clip et ça, je crois qu’il faut le dire car c’est pas toujours le cas, et je t’en donne en retour avec cette chanson de U2 (…) : « With or without you ».

Diffusion du clip de U2. Au retour plateau, Mady Tran lance la séquence du clip de la semaine, où parmi les clips qu’elle a sélectionné, les téléspectateurs doivent élire leur préféré.

images (9)

MT : (…) Je me tourne vers mon invitée d’aujourd’hui, Mylène Farmer, qui est venue nous présenter son 45 tours « Tristana », et j’ai envie de aire un petit retour en arrière encore une fois avec « Libertine ». Alors, tous les clips de Mylène Farmer sont très particuliers, y a une ambiance, y a un climat. Ils sont même pour certains osés, pour d’autres intéressants. Quelle a été la réaction des gens par rapport au fait que d’une part tu te dénudes dans tes clips, et toi comment tu le vis, ça ? Est-ce qu’il y a une raison de se dénuder dans un clip ?

MF : Y a une raison à partir du moment où c’est quelque chose que le réalisateur et moi-même avons déterminé. En l’occurrence, c’était dans une histoire avec des libertins, un salon libertin, une histoire romantique, une rivale, un amoureux, une amante donc…

MT : …un duel !

MF : Un duel. C’était un moment qu’on avait envie de privilégier. Que moi, ça me dérange d’être nue à l’écran, je l’ai fait dans ce clip parce que c’était une volonté. Jamais je n’irai me mettre nue ni dans un journal, ni ailleurs.

C’est quelque chose qu’on décide.

MT : Et qu’on ressent.

MF : Certainement. C’est difficile, c’est vrai, de se mettre nue à l’écran mais pas plus difficile finalement que de venir faire un interview !

MT : Est-ce que tu te sens à l’aise dans cette époque-ci ?

MF : 87 ?

MT : Oui, les années 80, l’an 2000 qui arrive…

MF : J’avoue que je ne sais pas si je suis à l’aise ou mal à l’aise. Je crois qu’il y a des hauts et qu’il y a des bas, mais dans n’importe quelle époque.

MT : Et ce métier d’artiste, est-ce que c’était ça ou rien, ou est-ce qu’il y avait d’autres tentations dans la vie, à savoir la création dans le stylisme ou dans la mode ?

MF : Non. Je crois que ma vraie naissance c’était le jour où j’ai enregistré « Maman a tort ». C’est le jour où j’ai rencontré cette personne qui est Laurent Boutonnat, qui est donc également le réalisateur de ces clips, qui est également compositeur. C’est le jour où j’ai pu naître, oui, c’était une naissance.

MT : Alors, on parlera plus avant de ton équipe, parce que je sais que tu es quelqu’un qui fonctionne en équipe, malgré que tu aies l’air comme ça très solitaire et très mystérieuse. (…)

Diffusion du clip « Demain c’est toi » de François Feldman.

images (10)

MT : (…) Aujourd’hui sur le plateau de « Lazer », c’est Mylène Farmer, énigmatique et très mystérieuse. C’est difficile d’essayer de cerner un personnage sans le déflorer, mais on va quand même essayer de le faire parce que je crois que ce qui fait tout l’intérêt du tien personnage, de ton personnage, c’est justement ce côté mystérieux. Alors, bon on en est restés au tournage de tes clips, qui passent pas inaperçus, et je voudrais savoir comment tu vis ton quotidien dans ce métier. Est-ce qu’il est difficile d’évoluer dans la production française aujourd’hui en ayant une telle personnalité et en étant quelque part tellement typée que ça t’isole probablement du système ?

MF : Oui, mais je crois que c’est un isolement qu’on s’impose un peu. Je veux dire, je ne suis pas réellement tout ça. C’est vrai que quelquefois je ressens un divorce énorme d’avec cette famille soi-disant du showbusiness, que quelquefois je suis profondément déçue de l’attitude de ces personnes qui font le show – business, que cette famille a essayé d’installer une dite loi et que eux-mêmes ne respectent pas cette loi. Et ça, c’est quelque chose, c’est un manque d’intégrité, c’est peut-être la chose qui me choque le plus. Maintenant, depuis « Maman a tort », je fais à peu près ce que je veux, je crois, avec le plus de passion possible et de plaisir. Quelquefois, on se heurte à des murs mais ça ne m’empêche pas moi de continuer et d’aimer ça, et c’est le principal je crois.

Diffusion du clip « Carrie » de Europe.

téléchargement (3)

MT : Voilà. Mylène est avec moi sur le plateau de « Lazer » sur M6, Mylène Farmer. On parlait tout à l’heure de ce métier et je voudrais moi développer cette notion d’équipe qui semble t’être chère, quand même. Tu travailles avec beaucoup de monde ?

MF : Non, très peu, avec essentiellement Laurent Boutonnat. J’ai une personne qui est avec moi depuis pratiquement le début, la fin de « Maman a tort », qui est Bertrand Le Page, qui fait office de manager, qui a un statut plus important. Et puis une attachée de presse qui travaille avec moi, qui est Danyele Fouché.

MT : Qui est là !

MF : Et puis bien sûr la maison de disques. Mais j’ai réellement trois personnes à côté de moi.

MT : Et ce sont des gens qui ont compris les subtilités de ton personnage et qui t’ont aidée à l’enrichir ou tu es complètement responsable de tes choix ?

MF : Responsable, je sais pas ! Cette rencontre avec Laurent, moi je la qualifie du domaine de l’exceptionnel, c’est-à-dire les rencontres qu’on a très peu dans sa vie, qu’on doit privilégier. C’est vrai que cette rencontre avec Laurent, c’était extraordinaire pour moi parce que c’est quelqu’un qui a énormément de talent dans beaucoup de domaines, qui a des choses qui l’attirent qui moi m’attirent, des choses qu’on a en commun. Et c’est vrai que c’est fascinant de trouver un personnage comme ça. Voilà, donc Mylène Farmer c’est un peu de moi, c’est certainement un peu de Laurent Boutonnat, c’est beaucoup de choses.

MT : Tu penses que dans ce métier il est indispensable qu’il y ait une osmose entre un auteur, une interprète, un musicien ?

MF : Pour la longévité, oui, je crois. C’est-à-dire pour un léger équilibre qu’on peut avoir, parce que c’est difficile de l’avoir, c’est fondamental, oui, pour moi.

MT : Est-ce qu’on peut fonctionner longtemps avec la même personne, toujours dans un cadre très professionnel ?

MF : Ca, c’est des choses qu’on ne peut pas dire. Je ne sais pas.

Diffusion du clip « Les envahisseurs » de Arnold Turboust.

MT : (…) Aujourd’hui j’ai une sorte de personnage magique sur le plateau de « Lazer ». J’aime bien appuyer sur cette notion…

MF : C’est gentil ! (rires)

MT : …car c’est comme ça que je te reçois, et peut-être que les autres te reçoivent différemment, et donc, pour reprendre cette image de toi qui est presque irréelle et venue d’une autre époque, de par le look, de par les couleurs et la gestuelle aussi, ça on oublie trop souvent d’en parler ! C’est vrai que quand on te regarde à la télévision, y a des gestes, y a une manière de bouger et de se mouvoir qui est tout à fait particulière. Alors Mylène Farmer, elle fait son marché comment le matin ? En jogging baskets ou en queue de pie ?! (rires)

MF : Elle fait rarement son marché ! (rires)

MT : Tu manges comment ?

MF : Je mange n’importe quoi, je n’aime que le sucré ! J’ai très peu de goût culinaire, malheureusement.

MT : Tes goûts sont exotiques dans tous les domaines ?

MF : Je ne sais pas si on peut qualifier ça d’exotique, mais ils sont certainement étranges, oui ! (rires)

MT : Tes références -on va pas citer le mot de ‘culture’ parce que c’est très souvent galvaudé- tes références en matière de cinéma, de littérature : tout ce qui fait tes clichés à toi, c’est quoi ?

MF : Je cite toujours un auteur, mais parce que je l’aime réellement, ce serait presque un livre de chevet, c’est Edgar Poe. J’aime le fantastique, j’aime l’imaginaire, j’aime l’étrange, le morbide. J’aime bien Maupassant…En ce moment, je lis plutôt du Strinberg, que j’avais effleuré, mais côté théâtre. Là, je lis plutôt les nouvelles. Mais y a énormément d’auteurs dont je ne connais pas d’ailleurs la totalité de leur œuvre.

MT : Et dans le cinéma ?

MF : Dans le cinéma, y a un film que j’ai vu récemment, mais j’ai surtout lu le livre, qui est donc « Dracula » et qui est un livre fantastique et qui n’a jamais été porté à l’écran de la même façon, avec autant de talent que l’écriture elle-même. Sinon le cinéma, j’aime beaucoup Roman Polanski, spécifiquement « Le locataire », j’aime bien « Tess ». J’aime bien Zulaw ski, Kubrick…

MT : Des gens qui son….

MF : J’aime beaucoup le cinéma russe, également, Tarkow ski. J’aime bien Bergman…

Diffusion du clip « Nothing gonna stop us » de Starship.

téléchargement (4)

MT: (…) Sur les plateaux de télévision, il y a des gens qui travaillent, il y a des gens qui participent à l’élaboration, à la réalisation d’une émission et puis de temps en temps, on voit des visages inconnus. C’est le cas aujourd’hui sur ce plateau de « Lazer » et sur M6 : il y a quelqu’un qui suit Mylène Farmer partout où elle se déplace, et je crois que je ne dévoile pas un secret en disant qu’il y a une jeune fille qui te suit, qui t’aime (…)

MF : Oui, je viens de l’apercevoir ! Je crois que chaque artiste a une ou deux personnes, c’est vrai, qui suivent quotidiennement sa carrière, ses prestations de télévision. Et c’est vrai que cette jeune fille qui s’appelle donc Nathalie, pour lui donner une identité, est une personne qui me suit depuis le début et qui est très, très opiniâtre !

MT : Au-delà de ça, au-delà de l’affection et de l’admiration que peuvent porter des gens à un artiste, est-ce que de n’avoir qu’une fan, qu’une admiratrice qui vous suit partout, je troue ça très, très étrange mais est-ce que c’est une sorte de miroir pour vous ? Est-ce que c’est réflecteur de quelque chose ? Est-ce que vous en avez besoin ? Je dis ‘vous’ parce que je pense qu’il y a d’autres gens comme toi qui ont une admiratrice ou un admirateur qui les suit.

MF : Besoin, je ne sais pas. C’est quelque chose moi qui m’émeut, mais également qui, je dirais pas qui m’étonne, mais c’est un peu une interrogation que j’ai par rapport à ce genre de personnes. C’est vrai que c’est assez étonnant cette assiduité, cet amour comme ça que vous recevez, mais c’est vrai qu’un artiste a besoin de ça, que ce soit l’artiste de variété, que ce soit dans le cinéma, tous les artistes.

MT : A propos Mylène, tu te situes où dans la musique, aujourd’hui ? On parle de rock, on parle de new -w ave, on parle de musique pop, on parle de…

MF : J’en sais rien. J’ai du mal moi-même à mettre des étiquettes et des références. Je ne sais pas. C’est de la chanson française ! (sourire)

MT : Est-ce que tu situes ton public ? Est-ce que tu sais qui t’aime, qui achète tes disques et qui te suit ?

MF : Je crois que c’est probablement la chose la plus difficile à définir. Quand on voit ce fameux Top 50, qui est cette Bible et qui va vous donner un peu la couleur du public, des envies du public, c’est quelque chose qui est quasiment impossible, si ce n’est par le courrier : ça c’est quelque chose que j’arrive un peu à déterminer, et j’ai du courrier qui est assez fantastique, des personnes qui sont très, très souvent un peu désespérées, qui ont besoin de communiquer, comme toutes les personnes qui écrivent, mais qui disent des choses assez profondes et assez troublantes.

Une nouvelle pause musicale avec le clip « Coûte que coûte » de Gangster d’amour.

téléchargement (5)

MT : (…) On parlait de diversité dans la musique en France, aujourd’hui. Alors c’est vrai qu’il y a un retour par exemple aux années 60 avec des reprises, y a aussi les artistes qui se fabriquent un personnage à partir d’autres personnages connus de la BD, comme Lio ou même Gangster d’amour. Toi, on a l’impression que tu n’imites rien ! Je veux dire, tu proposes quelque chose de tout à fait original.

MF : J’espère ! C’est vrai que je n’aime pas l’imitation, que je préfère être une personne à part entière, une personnalité à part entière.

MT : Tu disais aussi que tu savais pas mettre d’étiquette sur la musique que tu proposes et ce que tu crées…

MF : Non, parce que je pense que c’est pas très intéressant. Une fois de plus, le principal c’est de faire ce qu’on aime.

MT : Et pourtant avec « Maman a tort », ça a été quand même un démarrage bien évident. A quel moment on sent qu’on touche les gens et que ça marche ?

MF : Je crois qu’on a besoin d’un…ce qu’on appelle le succès commercial, pour avoir ce qu’on appelle un peu le coup de pouce parce que c’est vrai que quand j’ai eu « Maman a tort », « On est tous des imbéciles » ensuite « Plus grandir », que j’ai eu ce gain de popularité sur « Libertine » et…

MT : Mais si tu avais commencé par « Libertine », est-ce que tu penses que les choses auraient été aussi évidentes ?

MF : Je pense que c’est fatalement différent puisqu’on ne vit pas les mêmes choses au même moment.

Maintenant, si je puis dire, dans la colonne vertébrale c’est la même chose !

MT : Et dans l’album que tu vas préparer cet été, est-ce qu’il y aura des choses très différentes et surprenantes ?

MF : J’espère différentes, mais ça sera de la même veine donc c’est forcément un peu le même univers.

Maintenant, c’est à moi et à Laurent de trouver chaque fois des choses nouvelles et j’espère étonnantes.

Diffusion du clip « Everything I own » de Boy George.

téléchargement (6)

MT : (elle évoque les déboires de Boy George liés à la drogue qui avaient été très médiatisés à cette période) (…) Est-ce que tu es d’accord pour qu’on étale comme ça les problèmes des gens et que les gens viennent eux-mêmes témoigner sur leurs problèmes en télévision ou en radio ?

MF : Lui, en prenant son exemple, c’est devenu un phénomène médiatique. Son actualité, c’était ses faux-pas vers la drogue donc je pense qu’il y a un moment donné où oui, il faut être présent et puis parler, s’expliquer.

Mais d’ordinaire, je préfère c’est vrai qu’on se taise et qu’on dise le moins de choses possibles sur soi, parce que je pense que le silence est quelque chose de bien.

MT : Parce que quand même, on est en 87, y a plus rien qui ne soit inavouable et on a l’impression qu’il suffit d’un problème de drogue autour d’une star, on a l’impression que l’opinion publique est restée finalement très puritaine, parce qu’aussi on se souvient des Who…

MF : (elle l’interrompt) Nous sommes dans un pays puritain, mais je crois que l’Angleterre est un pays excessivement puritain également.

MT : Parce que le problème de drogue ou de sexe dans le rock, c’est pas nouveau ! Et ça n’a jamais empêché les gens d’êtres des stars et d’être des…

MF : C’est parce que la drogue c’est quelque chose qui fait très, très peur et qui est aussi assez terrifiant. Je crois qu’il faut pas occulter ces sujets-là. Ce ne sont pas des sujets tabous mais ce sont des sujets qui effraient, je crois, la masse populaire.

Diffusion du clip « Duel au soleil » d’Etienne Daho, que Mylène qualifie de ‘belle chanson’.

MT : (…) Mylène, je suis très, très contente de t’avoir reçue sur ce plateau de « Lazer ». J’espère simplement qu’on a amené quelque chose de supplémentaire au personnage sans l’avoir défloré, sans avoir touché à son secret, à son mystère.

MF : (dans un sourire) Non, aucun problème ! C’était un réel plaisir aussi !

3MT : Tu fais beaucoup de promotion, beaucoup d’interview s de radio, de télévision…

MF : Non, peu d’interview s ! Et le maximum, oui, de promotion, des prestations télévisées. Pratiquement pas de galas, parce que j’en ai fait sur « Libertine » et puis chaque chose en son temps !

MT : Et peut-être un projet de scène à Paris un jour ?

MF : Nous en aurons un.

MT : Et je suis sûre qu’on aura un climat et un décor très particuliers !

MF : Si Laurent Boutonnat reste avec moi, certainement ! (sourire)

MT : Je crois qu’il en meurt d’envie, entre nous ! Merci, Mylène !

MF : Merci à vous.

Fin de l’émission.

 

Publié dans Mylène en CONFIDENCES, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

UN FINANCEMENT PERSONNEL DE BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 11 juillet 2014

 

Mylene-Farmer-Libertine

 

Grâce aux royalties qu’il touche depuis trois ans avec ses compositions et productions discographiques, Laurent Boutonnat crée en 1987 Toutankhamon S.A; société produisant à la fois les disques qui sortiront désormais, et les clips qu’il tournera. C’est avec ce label que l’album Ainsi soit-je sortira dans le commerce ainsi que les chansons extraites et le clip du même nom. En 1988 la production grandiose de la suite de Libertine, Pourvu qu’elles soient douces nécessite un apport de deux millions de francs que Laurent Boutonnat seul ne peut pas apporter. C’est pourquoi il s’associera pour l’occasion au producteur François Casamayou. C’est la dernière fois que Boutonnat aura besoin d’une co-production pour un de ses clips. Afin de rentabiliser sa production, plusieurs tentatives seront faites par le réalisateur afin de placer Pourvu qu’elles soient douces en avant-programme de long-métrage au cinéma. Conjointement au clip, Boutonnat a déjà pour projet la conception d’une longue tournée pour son interprète, ainsi qu’un film de long-métrage sur le spectacle. C’est pour cela qu’il crée le 19 janvier 1989 la société Heathcliff S.A.82 dont il se servira dorénavant pour produire tous ses clips, dont Sans Logique et A quoi je Sers (1989), mais aussi son prochain long-métrage : Giorgino (1994). 

Laurent Boutonnat est alors un vrai producteur indépendant à la tête de deux sociétés s’illustrant dans l’industrie musicale, que ce soit par des supports discographiques ou cinématographiques.

Domaine inconnu dans lequel il n’est pas très à l’aise, il ne s’occupera pas de la production de la tournée de 1989 qu’il confiera à la société spécialisée Tuxedo Tour. En revanche la sortie dans le commerce du double album du concert marquera la naissance le 26 octobre 1989 de Requiem Publishing, sa société d’édition phonographique qu’il détient à parité avec la chanteuse Mylène Farmer et qui éditera pendant plus d’une décennie la totalité des chansons écrites par les deux collègues.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

LE CAS POURVU QU’ELLES SOIENT DOUCES

Posté par francesca7 le 9 juillet 2014

 

 pourvu-quelles-soient-douces1

 

 De toute la clipographie de Laurent Boutonnat, Pourvu qu’elles soient douces (1988) est le clip qui rassemble le plus de caractéristiques renvoyant à ce qu’on admet appartenir au long-métrage de cinéma, ce film étant particulièrement représentatif du soin cinématographique apporté par le réalisateur à tous ses clips. Le signe particulier de P.Q.S.D est d’être le seul à avoir une première partie, indépendante de l’autre clip. Deux ans auparavant, la sortie de Libertine (1986) avait eu un large retentissement médiatique notamment grâce à son exploitation en salles de cinéma, pourtant brève. Fort de cette exposition inespérée, Laurent Boutonnat décide lors de l’écriture de l’album suivant d’écrire une chanson permettant d’en tirer un clip du même ton. 

Pourvu qu’elles soient douces, aussi nommé Libertine II à l’écran durant le générique, commence à l’instant même où se termine son préquelle (premier opus d’une série de films tourné antérieurement à sa suite), c’est à dire à l’aube d’une journée d’août 1757 dans la campagne française. Libertine, l’héroïne laissée morte fusillée à la dernière image est découverte gisant dans l’herbe par le petit tambour d’un bataillon anglais, âgé d’une dizaine d’années. 

Récupérée et soignée par le campement britannique, elle s’énamourera de son capitaine avant qu’une troupe française ne passe à l’attaque. Bataille déclenchée grâce aux renseignements des « ribaudes-espionnes » françaises venues divertir les soldats anglais pendant la nuit.  Se déroulant à la même époque, les deux clips appartiennent pourtant à des genres différents. Là où Libertine appartenait pleinement au film en costumes, plutôt référencé à Barry Lyndon (Stanley Kubrick – 1975), P.Q.S.D paraît revendiquer une franche appartenance au film de guerre. Alors que la première partie montre les tactiques anglaise et la trahison française des bataillons, toute la seconde moitié du clip retrace le déroulement d’une bataille entre les deux camps. A l’intérieur de cette partie, un montage parallèle montre un duel à mains nues entre le personnage de Libertine et celui de la rivale conjointement au combat militaire. L’intrigue en elle-même renvoie davantage à celle d’une fiction cinématographique qu’à celle d’un vidéo-clip.

 Loin sont les play-backs et les saynètes au fil conducteur ténu. Ici il est ouvertement question de thèmes souvent exploités au cinéma : entre autres la trahison, l’affrontement guerrier, la passion destructrice. P.Q.S.D se voulant avant tout comme une suite parfaitement cohérente faisant partie d’une oeuvre à l’homogénéité implacable, nombre de caractéristiques de Libertine y sont reprises. Outre le même style de réalisation et de mise en scène, facilement identifiables à l’ensemble des clips de Boutonnat, la même place est faite à l’affrontement entre l’héroïne et sa rivale, qu’on retrouve l’une comme l’autre dans les deux opus. On retrouve également une séquence « érotisante » dans chacun des deux épisodes, mettant en scène l’héroïne sur une musique additionnelle particulière, qui ne reprend pas le thème de la chanson-titre mais est plutôt adaptée à la tonalité de la séquence. Ces éléments récurrents d’un film à l’autre (l’amour mêlé à la mort, à la violence) approchent les deux clips pour en faire deux épisodes indissociables l’un de l’autre, et offrent au tout formé une innovation dans une forme qui n’avait encore jamais eu recours en 1988 à la suite. Au delà même des genres inhérents à ces films, Laurent Boutonnat peuple ses deux clips des mêmes éléments graphiques et narratifs, comme des scènes de duel récurrentes une même mise en scène des introductions respectives. Les deux diégèses l’une comme l’autre envoient sans cesse le spectateur d’un opus à l’autre et lui donnant l’impression d’une espèce de « saga » qu’une diffusion télévisée aurait scindée en plusieurs parties. 

4627398224_996707ebc9

A cela s’ajoute l’emploi des mêmes personnages principaux d’un clip à l’autre. On retrouve en 1988 la même rivale de Libertine que deux ans plus tôt, à la différence près que celle qui était présentée

comme une prostituée dans le premier épisode n’est pas la même que dans le deuxième : le personnage principal a gagné en vertu lors du passage au second volet de ses aventures ! Outre le risque d’enfermer la chanteuse à l’écran dans un rôle peu flatteur, le changement de fonction de son personnage peut en partie s’expliquer par l’évolution que lui fait subir le scénario. Libertine qui disparaît à l’issue de l’affrontement avec la rivale réapparaît à la fin de P.Q.S.D comme une personnification de la mort, rendant difficile le double emploi avec son ancien personnage de prostituée. La rareté de cette incarnation à l’écran d’un personnage si éloigné de son interprète explique l’exception que constitue le clip de P.Q.S.D à ce niveau. 

Les video-clips que nous appelons ici « à suite » trouvent leur continuation dans la pérennisation d’une imagerie, de costumes ou de décors, mais rarement dans la reprise d’un personnage fictionnel particulier. Les deux vidéoclips successifs illustrant deux chansons de la chanteuse Hélène Séguara en 1999 (Il y a trop de gens qui t’aiment ; Au nom d’une femme) sont représentatifs d’une suite donnée à deux clips, caractérisés par l’emploi de mêmes éléments graphiques, et d’un même ton romantique relatif à l’interprète de la chanson. L’exemple de vidéoclip ayant été manifestement le plus grand nombre de fois décliné en suites est One more time, premier extrait de l’album de musique électronique française Discovery (Daft Punk – 2001). 

 Chacune des chansons exploitées indépendamment dans le commerce est illustrée par un court film d’animation inspiré de dessins animés japonais du milieu des années 80. Quatre chansons ont ainsi été « clipées », mais chacune des parties ne se suffit pas à elle-même. Débutant et terminant chaque vidéoclip sans aucune transition ni résumé, la suite de l’intrigue du clip précédent prend place, nécessitant pour une bonne compréhension la présence en mémoire des épisodes antérieurs. L’histoire de cette suite de clips, qui est celle d’une conquête spatiale ne peut être lue que dans une vision d’ensemble chronologique des quatre vidéo-clips, One more time, Aerodynamic, Digital Love, et le titre Harder, better, faster, stronger qui utilisent, comme P.Q.S.D, les mêmes personnages dont on peut suivre l’évolution tout au long de la série. Aux quatre extraits seront ajoutés une suite reprenant les autres morceaux de l’album Discovery et le prolongement des aventures des personnages pour donner au final le long-métrage Interstella  (Leiji Matsumoto, Daft Punk – 2003). On précisera que l’aspect technologique quasiment sans paroles de cette musique entretient un lien purement formel avec l’image qui l’illustre. A aucun moment il n’est question d’établir de relation de sens entre l’image et la chanson qu’elle illustre. Comme pour One more time, l’emploi pourtant rare des suites pour les vidéoclips intervient habituellement pour des chansons figurant sur un même album, le but étant de véhiculer par une même imagerie et une même esthétique, les visuels des clips extraits d’un album où les chansons sont sensées former un tout homogène. 

pourvu-quelles-soient-douces2

Le cinéma que veut faire Laurent Boutonnat ne peut s’accommoder d’un simple budget de clip. Grâce à la co-production de Jean-François Casamayou et sa société CasaFilms, il finance P.Q.S.D qui coûtera au total 300 000 Euros. La somme des moyens mis en œuvre pour le tournage reste exceptionnelle pour un clip français de 1988. Entièrement tourné en extérieur dans la forêt de Rambouillet, le clip aura nécessité neuf jours de tournage, six cents figurants costumés, la participation de l’armée française et de nombreux effets pyrotechniques. Boutonnat réalise son clip comme d’autres construisent un film de cinéma : en employant un co scénariste, en story-boardant certaines séquences et en passant du temps en repérages et autres castings. Destiné à être « multi-diffusé » à la télévision, à être projeté dans les salles de cinéma en avant-programme et à être vendu plus tard sur support vidéo dans le commerce, P.Q.S.D doit supporter sans problème la vision répétée, et même la susciter. C’est pourquoi Boutonnat peuple son clip d’un second degré de lecture, et d’une thématique qui n’est pas clairement affichée. Le contenu sexuel du film n’est pas intégralement montré à l’écran alors que des dizaines de sous entendus dans la narration, dans les dialogues, et dans l’action véhiculent discrètement cette idée. 

Evoquée à demi-mots dans les paroles de la chanson Pourvu qu’elles soient douces comprise dans le clip, la thématique ayant trait à certaines pratiques sexuelles oblige le spectateur à écouter les dialogues en les interprétant, à chercher des éléments dans l’image pouvant discourir sur le sujet. 

P.Q.S.D, comme d’autres clips de Boutonnat peuvent se lire sur un plan référentiel renvoyant à l’Histoire du cinéma. Cet emploi ludique tisse des liens entre les deux formes que sont le long-métrage et le clip, et pousse à déterminer le deuxième comme un commentaire du premier. Alors que nombre de vidéo-clips ne se construisent que sur la citation avouée d’un ou plusieurs films connus du plus grand nombre, formant ainsi une sorte de « cinéma musical post moderne », les clips de Laurent Boutonnat recyclent ces éléments de films de répertoire pour les intégrer dans une perspective nouvelle d’auteur, et les enrichir parfois d’un emploi différent. Par exemple la bataille finale de P.Q.S.D opposant français et anglais rappelle celle de Barry Lyndon précédemment citée. L’emploi de cette séquence n’est pas la même dans P.Q.S.D et trouve ici sa justification avec son alternance au combat entre Libertine et la rivale bien plus important pour l’intrigue, qui symbolisent chacune dans le clip un certain type de relation d’amour ou de trahison avec leur armée respective.

article_512

  Outre les attributs relatifs au long-métrage cités dans un chapitre précédent, comme la présence de génériques ou celle de supports et de formats conçus pour la projection en salles, certains clips de Laurent Boutonnat mêlent dialogues et musiques additionnelles à la chanson qui couvre habituellement tout le champ sonore. P.Q.S.D est en ce domaine le clip-type de Laurent Boutonnat car les dialogues, la chanson, les bruitages et les musiques additionnelles se succèdent, s’entrecroisent et se superposent. Après une courte séquence dialoguée et une introduction du narrateur en voix off, une version remixée de la chanson commence simultanément au générique du clip. Cette nouvelle version de la chanson est parfois recouverte de bruitages mais jamais de dialogues, pour n’être interrompue totalement qu’une fois : lorsque Libertine rejoint le capitaine sous sa tente. Ici la chanson est identifiée au clip, elle apparaît conjointement à l’apparition de son titre sur l’écran vers le début du film. 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 

Publié dans Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

Mylène, à quoi je sers ?

Posté par francesca7 le 29 juin 2014

1 

Symboles suicidaires du premier achèvement d’une oeuvre et d’une première vie d’artiste.

    Tournés dans un noir & blanc granuleux au lac de Grandlieu, à Passay (Loire-Atlantique) en août 1989, la chanson et le clip se trouvent justifiés par les conditions dans lesquelles leurs auteurs les ont écrits. Pour promouvoir la grande tournée que Mylène Farmer s’apprête à faire, elle écrit avec Laurent Boutonnat une chanson évoquant la fin d’un cycle : le leur. Si la critique a souvent qualifié le duo de nihiliste, c’est bien à cause de ce petit court-métrage, qui semble rejeter toute forme de croyance et de respect religieux. C’est bien d’autodestruction qu’il s’agit ici, en « suicidant » les héros de Laurent Boutonnat, Mylène Farmer achève leur première oeuvre, la plus noire. En brûlant quelques mois plus tard le décor de leur tournée dans un champ irréel, Laurent Boutonnat terminera cette destruction. même Mylène regardera le décor flamber, signature macabre de leur autodestruction.

  

En pleine tournée, est intégrée au milieu exact du spectacle une chanson inédite simultanément à sa sortie dans le commerce en 45 tours. A quoi je sers est une chanson au rythme dansant mais aux paroles désespérées. Elle fut écrite un soir de blues, ce qu’on pense assez rare chez Mylène Farmer. Dans ce contexte de sortie, entre les salles de concert remplies et les loges vides, ce n’est bien évidemment pas par hasard que le texte de la chanson parle ouvertement de suicide  :

«Chaque heure demande pour qui, pour quoi se redresser / Pourquoi ces larmes ? A quoi bon vivre / Je divague, j’ai peur du vide, je tourne des pages, mais des pages vides / J’avoue ne plus savoir à quoi je sers, sans doute à rien du tout / à présent je peux me taire si tout devient dégoût. » 

 

    Sans album à promouvoir, et ainsi débarrassé d’obligations promotionnelles, Laurent Boutonnat se sent donc une liberté totale pour la mise en images du clip. Il fera le choix d’aller vers une sorte d’abstraction en noir et blanc, remplie de langueurs et de symboles. Évoquant sous un angle biblique et symbolique le suicide (artistique) de la chanteuse, le clip représente sa longue et calme traversée d’un fleuve avec pour seul accessoire une valise dont le contenu nous restera inconnu.

 

    Un bruit sourd de vent glacial, un fleuve sombre, un ciel nuageux. Le brouillard envahi tout. Une pirogue avance, guidée par un vieux passeur, vêtu de noir et défiguré par le temps. Mylène Farmer monte dans cette barque-cercueil qui la fera traverser ce qu’on imagine être le Styx, le plus grand fleuve des enfers, en direction d’un autre affluant, qui sépare les vivants des morts. Selon cette lecture du clip, le passeur est Caron, chargé de faire passer les défunts dans l’autre monde. Leur embarcation traverse les roseaux que le vent fait plier, symbolisant selon la science des rêves le tourment et les problèmes existentiels. L’interprète, elle, ne pose son regard sur rien. Le passeur aux yeux cernés conduit la chanteuse dans les marais monochromes non loins de la rive gauche du Léthé, qui mène celui qui y arrive à l’oubli de sa vie. Mylène Farmer se retourne enfin, peut-être sur son passé, acceptant la propre mort de son personnage et reconnaissant les héros des clips de Laurent Boutonnat, ayant eux, déjà trépassé antérieurement. Ceux avec qui elle a débuté sa carrière sont présents.

 

   Elle balaie son regard, comme une façon de revoir sa vie d’artiste en un instant. Le clip se termine par un long plan-séquence ralenti de tous les personnages de dos, entraînant Mylène Farmer dans les eaux profondes, sans doute pour se noyer ensemble. Départ en électrochoc d’un processus d’autodestruction qui s’achèveraquelques mois plus tard, par l’incinération du décor de la tournée pendant le générique final du film du concert. En rendant sa cohérence à l’ensemble des clips qu’il a produit, Laurent Boutonnat en fait une œuvre homogène et ne filme là rien d’autre que la fin de cette époque. Son public sait dorénavant que ni Libertine ni sa rivale ne renaîtront une nouvelle fois de leurs cendres, et constate que Mylène Farmer et son mentor posent le voile de l’oubli sur un style qui leur fut si personnel. Poussant l’idée un cran plus loin pour bien que son public les comprenne, la face B du 45 Tours est une chanson titrée La Veuve noire qui reprend en boucle la mélodie d’introduction de A quoi je sersLa Veuve noire semble évoquer la mort artistique de la chanteuse le soir de la date de son premier concert :

 

« Toi veuve noire tu périras ce soir de mai »  

tournage_aqjs 

    

 Mais peut-être que le tableau n’est pas si noir, peut-être qu’une renaissance est possible… En tout cas, à l’époque, nombreux sont les fans qui se sont demandés si la carrière de Mylène Farmer ne se terminait pas ici.

Dr. Jodel

Publié dans Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

Mylène Farmer et COIFFURE BEAUTÉ INTERNATIONAL

Posté par francesca7 le 19 juin 2014

 

DÉCEMBRE 1989 : Un sourire au bord de la fêlure

Entretien avec Valérie le MOUËL

Ce métier est plein de facettes. Avez-vous une préférence : sortir un disque, être sur scène…?

- J’ai besoin de tout. J’aime écrire les textes de mes chansons mais j’ai également besoin de retrouver l’émotion que l’on éprouve en étant sur scène. C’est pour moi un véritable combat. Je suis plutôt discrète, mais dans ces moments-là tout est décuplé : sentiments, impressions, capacités…On est à la fois conscient et complètement inconscient. Il est difficile d’exprimer ce que l’on vit, mais c’est une émotion énorme. J’aime aussi faire des clips.

L’histoire vient d’abord du texte de la chanson, mais également du dialogue que j’ai avec les gens qui m’entourent. En fait, j’ai toujours besoin de plus et d’aller plus loin.

Mylène Farmer et COIFFURE BEAUTÉ INTERNATIONAL dans Mylène 1989 - 1990 2

N’aimeriez-vous pas faire du cinéma ?

- Le cinéma est effectivement un projet. J’ai eu quelques propositions depuis deux ans, mais je n’ai pas le temps d’y songer sérieusement. Mon film culte est « La fille de Ryan », j’ai adoré aussi « L’important c’est d’aimer ». Je trouve les films de Bergman, de Spielberg et les anciennes productions splendides, certainement parce que j’ai du mal à me projeter dans notre époque. J’aime l’ambiance de ces films et l’élégance des vêtements d’autrefois. Il me semble qu’il y avait une histoire dans chacun d’eux, alors que ceux que l’on fait actuellement n’ont pas d’âme.

Qui crée vos costumes de scène ?

- Thierry Mugler a créé les costumes du spectacle du Palais des Sports en mai dernier et ceux de Bercy. Nous lui présentons le projet de la scène, et lui propose ses idées. Il a une démesure étonnante et sait faire abstraction de la mode. Le spectacle de Bercy sera exactement le même que celui de ma tournée en province.

Nous avons essayé de créer un personnage qui évolue dans le temps en jonglant avec les ambiances et les saisons. Il y a en tout sept changements de costume.

Et vos cheveux ?

- Ma coiffure reste très simple, je n’aime pas être sophistiquée. Je n’aime même pas l’envisager, cela ne va pas du tout avec mon caractère. Je préfère le dépouillement. Vous voyez : pas de vernis, pas de boucles d’oreilles, sinon j’ai l’impression d’être travestie. Si je porte un bijou, il est toujours très sobre.

Vos créateurs préférés ?

- J’apprécie beaucoup ce que fait Roméo Gilli, Thierry Mugler bien entendu, Azzedine Alaïa et Fayçal Amor. Mais je vais voir peu de défilés car je n’aime pas l’effervescence et je n’aime pas être prise en photo. Donc plutôt que de me trouver dans une situation de conflit, j’évite de me rendre dans les lieux où je vais rencontrer journalistes et photographes. Je me promène de temps en temps dans le Marais et vers la place des Victoires, où il y a de très belles boutiques.

Il paraît que vous collectionnez les chaussures…

- En effet, je voue une véritable passion aux chaussures ! Pour les bottines très fines et les chaussures plates. Je vais souvent chez Stéphane Kélian, Philippe Model et Charles Kamer. Je ne suis pas  conservatrice, sauf pour les chaussures dont je n’arrive pas à me défaire et pour mes costumes de scène. Cela me plairait de constituer un petit musée à titre privé !

Comment vivez-vous la mode au quotidien ?

- La silhouette que je préfère est celle de Katherine Hepburn : chemise, gilet et pantalon. Une apparence masculine qui est en fait extrêmement féminine. J’ai complètement banni jupes et robes, je m’habille de façon décontractée. Cela ne veut pas dire blue-jean / baskets, disons plutôt faussement décontractée, car j’aime l’élégance. Je porte des vêtements aux formes et aux couleurs sobres. Je trouve le pourpre très beau mais je n’en porte pas souvent, simplement parce que l’on n’en trouve pas. J’adore le blanc cassé, le noir et les tons pastel. Je préfère les vêtements d’hiver à cause de l’atmosphère de cette saison. Un grand bonheur serait d’aller faire un jour un reportage sur la banquise !

Vous devez aimez les matières confortables…

- Je suis fascinée par le cashmere, le velours de soie et par la soie d’une façon générale. En Inde, j’ai vu des tissus fabuleux…

Vous avez beaucoup voyagé ?

- Non, très peu. Avant, je n’en éprouvais pas l’envie. Maintenant si, mais je ne trouve pas le temps ! J’aimerais retourner en Inde pour y faire quelque chose d’utile. Je n’ai pas un tempérament à apprécier le farniente, je m’ennuie très vite en vacances. En plus de découvrir un pays, il me faut un but. La Russie m’attire, mais je ne veux pas m’y rendre en tant que touriste puisque l’on ne voit rien. Je veux être en contact avec les gens des campagnes et approcher des choses fondamentales.

Vous ne parlez pas du Canada…

- Je n’ai pas envie de retourner au Canada, ce pays me semble trop calme. Par contre aller aux Etats-Unis, ça, oui ! Pour moi, c’est un pays de gagnants, un pays qui bouge. J’ai une vie très remplie, le mode de vie des américains me plairait certainement.

1-300x252 dans Mylène en INTERVIEWLes américains sont fervents de sport, vous pratiquez une activité sportive régulièrement ?

-Je fais du jogging dans la forêt du bois de Boulogne. Au départ, je courais pour avoir de l’endurance, pour être en forme sur scène, et puis j’ai continué. C’est un bienfait extraordinaire. Je suis très persévérante, un peu bornée, même ! Je vais au parc Monceau quand j’en ai l’occasion, mais pour m’y promener simplement.

Faites-vous attention à votre image ?

- Je ne fais pas une fixation sur mon image, mais j’ai un minimum d’hygiène de vie, bien sûr. Par contre, je ne fais pas très attention à ce que je mange, c’est trop triste de se priver ! Pour les photos, c’est vrai que je suis vigilante. J’ai un droit de regard. Ce que je ne peux hélas contrôler, ce sont les tournages télé. Je trouve la lumière rarement belle, l’ambiance est peu propice à de belles images.

Vous avez une peau magnifique : un tel atout ça s’entretient par des soins en institut, des crèmes…

- Je ne fréquente absolument pas les instituts ! Cela me dérange et je ne m’y sens vraiment pas à l’aise. J’utilise une crème pour mon visage, c’est tout. Je ne suis pas du style à essayer les dernières crèmes qui sortent sur le marché, ça ne m’intéresse pas.

Etes-vous également fidèle à un seul parfum ?

- J’adore les parfums. Je porte Shalimar qui est pour moi l’évocation du passé, Heure bleue, Chloé et Femme de Rochas.

Je crois que c’est Alain Divert qui vous a transformée en rousse. L’idée vient de qui ?

- Bertrand LePage m’a donné l’idée de changer de couleur. D’ailleurs, maman est rousse. Alain Divert m’a fait ma première coloration, un roux plus électrique que maintenant. Nous avions de très bonnes relations mais à présent, je vais dans un petit salon où l’ambiance est presque familiale. Je m’y sens mieux que chez un grand coiffeur. Je me rends une fois par mois chez Margaux. Elle me coiffe de façon très naturelle : catogan ou  cheveux défaits, parfois relevés mais cela n’a rien d’habituel. Chez moi : shampooing Phytosolba et après shampooing. Ah, je vais peut-être couper mes cheveux ! La décision n’est pas facile à prendre mais j’aime beaucoup le style garçonne qu’avait Jane Birkin au temps de « Je t’aime moi non plus ». Vous me verrez avec des cheveux courts, mais pas avant un an. (Mylène se fera effectivement couper les cheveux très courts par Jean-Marc Maniatis en janvier 1991, nda)

C’est vous qui avez lancé la mode du catogan. Cet hiver, les deux points d’orgue de la coiffure sont les rousses et les coupes boule. Vous lisez les magazines de mode ?

- Je lis n’importe comment, je ne suis pas attachée à un magazine. De temps en temps, il m’arrive d’avoir de  véritables boulimies de magazines !

Publié dans Mylène 1989 - 1990, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

Mylène F. et analyse de Mon Ange

Posté par francesca7 le 13 juin 2014

Splendeur d’une sensualité moite

Mylène F. et analyse de Mon Ange dans Les Clips de Mylène monange06    L’éternel ciel orageux qui semble plomber la création de Laurent Boutonnat depuis l’échec de Giorgino est on-ne-peut-plus-présent. Cette fois un vent humide emporte avec lui une pluie fine et des feuillages. Il n’y a pas de sol, juste un ciel devant lequel se dresse une silhouette illuminée d’éclairs, une femme encapuchonnée d’une longue cap rouge dont elle se défait. On devine le soleil derrière les nuages, on le voit ce rayon blanc qui éclaire le visage renversé de la femme aux cheveux longs. Avant Parler tout bas et Pardonne-moi Boutonnat use déjà de pellicule noir & blanc à de courts moments pour parcourir le corps de son égérie avec un grain fort sur le support argentique, il le fera par la suite sur les poupées du clip d’Alizée puis sur le corps dansant dans la poussière de Mylène Farmer.

 

 

monange15 dans Mylène et SYMBOLISME

 

« Malgré les doutes et les médisances
Malgré la peur, malgré les souffrances
Je pense que l’on avait rendez-vous »
 

« Alors cette fois je veux rester
Ne plus croire que si j’aime
On va m’abandonner »

 

    On est proche ici du Saudade d’Etienne Daho réalisé par Philippe Gautier (1991), dans la fusion de la nature, là bas du jeune homme étendu dans la rosée au milieu des insectes, ici de la femme généreuse évoluant dans une humidité omniprésente où s’accouplent des chevaux trempés jusqu’aux os. Les éléments naturels chez Laurent Boutonnat, et plus particulièrement la pluie, jouent des rôles centraux. Non seulement la pluie agit toujours en personnage propre, influant les agissements des personnages,  mais elle est souvent teinte d’une couleur divine, si bien que  les héros de Boutonnat ne s’en protègent même pas, et la subissent comme ils se feraient à une malédiction qu’ils mériteraient. Le marionnettiste de Sans Contrefaçon (1987) ne se protège pas de l’averse torrentielle qui s’abat sur lui, il n’aura de regard que pour son pantin tombé dans la boue. Si les vieux de Sans Logique (1989) font semblant de se retirer à cause des gouttes de pluie qui commencent à tomber, c’est pour mieux cacher leur déception devant l’échec de leur rejeton, agonisant sous leurs yeux. La pluie sur Marie à la fin de Giorgino (1994) a même un effet révélateur, c’est en divagant pieds nus sous l’orage qu’elle tombera entièrement et définitivement dans sapropre folie. La pluie encore dans Parler tout bas (2001) où Alizée reste dans sa chambre d’enfant éventrée et abandonnée à l’eau qui tombe du ciel. On la retrouvera plus tard sous la même averse lorsqu’elle enterrera son ours en peluche. La pluie enfin dans Hasta Siempre (1997) où déjà Nathalie Cardone ne faisait qu’un avec l’élément pluie pour porter à la révoltion tout un peuple qui emmène avec sa colère les tourments du ciel. 

 

monange50

   Ici le réalisme n’est pas à propos, et ne le sera d’ailleurs plus jusqu’à Moi…Lolita trois ans plus tard. Boutonnat se met déjà à parler avec sa propre langue, avec ses propres références (les chevaux piétinant deAllan, la robe de Beyond my control, le climat de Sans Logique). Rien de nouveau en somme, c’est vrai. Mais quelles images ! Images naturalistes de cheveux qui ondulent au vent alors que la pluie les humidifie et les alourdie peu à peu, images d’une femme dans son élément, dont la sensualité ne peut que s’exprimer dans un environnement aussi violent.

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène et SYMBOLISME | Pas de Commentaires »

LES RECORDS DE MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 13 juin 2014

 B

Mylène Farmer est l’artiste ayant classé le plus de singles dans le Top 10 français :
(43 titres) Libertine, Tristana, Sans contrefaçon, Pourvu qu’elles soient douces, Sans logique, Désenchantée, Regrets, Je t’aime mélancolie, Beyond my control, Que mon coeur lâche, XXL, L’Instant X, California, Rêver, La poupée qui fait non, L’Âme-stram-gram, Je te rends ton amour, Souviens-toi du jour, Optimistique-moi, Innamoramento, Dessine-moi un mouton, L’histoire d’une fée, c’est…, Les mots, C’est une belle journée, Pardonne-moi, Fuck them all, Q.I, Redonne-moi, L’amour n’est rien…, Peut-être toi, Slipping away (Crier la vie), Avant que l’ombre… Live, Déshabillez-moi Live, Dégénération, Appelle mon numéro, Si j’avais au moins…, C’est dans l’air, Sextonik, Oui mais… non, Bleu noir, Lonely Lisa, Du temps, À l’ombre.

 

Record de singles classés n°1 dans le Top 50 des meilleures ventes de singles en France :
(13 titres) Pourvu qu’elles soient douces, Désenchantée, XXL, Slipping away (Crier la vie), Dégénération, Appelle mon numéro, Si j’avais au moins…, C’est dans l’air, Sextonik, Oui mais… non, Bleu noir, Lonely Lisa, À l’ombre.

 

Record de singles consécutifs classés n°1 dans le Top 50 des meilleures ventes de singles en France :
(8 titres) Dégénération, Appelle mon numéro, Si j’avais au moins…, C’est dans l’air, Sextonik, Oui mais… non, Bleu noir, Lonely Lisa.

 

Record de singles classés simultanément dans le Top 50 des meilleures ventes de singles en France :
(4 titres) Dégénération, Appelle mon numéro, Si j’avais au moins…, C’est dans l’air.

 

Records de singles d’un même album classés n°1 dans le Top 50 des meilleures ventes de singles en France :
Album Point de Suture : (5 singles, soit tous les extraits) Dégénération, Appelle mon numéro, Si j’avais au moins…, C’est dans l’air, Sextonik.
Album Bleu Noir : (3 singles, soit tous les extraits) Oui mais… non, Bleu noir, Lonely Lisa.

 

Record de ventes de DVD musicaux :
Mylenium Tour, environ 300’000 ventes.
Puis quelques années plus tard Avant que l’ombre… à Bercy, avec 450’000 ventes.

 

Record de ventes de Best of :
Les Mots vendu à près d’1’700’000 d’exemplaires.

 

Record de ventes de double album Live :
Live à Bercy pour plus de 900’000 exemplaires vendus.

 

Records de budget pour un clip français :
Pourvu qu’elles soient douces : 450’000 €, California : 600’000 €, L’Âme-Stram-Gram : 900’000 €.

 

Record de budget pour une tournée française :
Mylenium Tour qui a coûté plus de 120 millions de francs.

 

Record de durée pour un clip français :
Pourvu qu’elles soient douces : 17mn.

 

Record du nombre de Disques de Diamant pour une chanteuse française :
(7 albums) Ainsi soit je…, L’autre…, Anamorphosée, Innamoramento, Les mots, Bleu Noir, Monkey Me.

 

Record du nombre de trophées NRJ Music Awards :
(8 récompenses) Trois en 2000, un en 2001, un en 2002, un en 2003, un en 2006 et un en 2009.

 

Record de revenus engrangés par une artiste française :
10,4 M€ en 2001 (selon Le Figaro).

 

Record de l’artiste française la plus exportée en 2005 :
avec Désenchantée, selon la SACEM (basé sur les diffusions et copies enregistrées en 2004).

 

Record de rapidité de remplissage du Stade de France
Concert du 12 septembre 2009 complet en 2h (vendredi 28 mars 2008 à 10h).
Concert du 11 septembre 2009 complet en 1h15 (mardi 1er avril 2008 à 10h).

 

Record de rapidité de ventes d’une tournée
100’000 places vendues de sa tournée 2009 en une journée de commercialisation (vendredi 23 mai 2008).

 

Record de ventes digitales :
En 2008, le single Dégénération est n°1 du Top des titres achetés sur Internet, avec 4’998 téléchargements, en trois jours de mise en vente.
En 2008, l’album Point de Suture est l’album le plus téléchargé en France (depuis la création des ventes digitales), avec 5’121 téléchargements en quatre jours de mise en vente.
En 2010, l’album Bleu Noir est l’album le plus téléchargé en France (depuis la création des ventes digitales), avec 9’129 téléchargements en première semaine de vente. (MAJ : record battu par David Guetta en septembre 2011)

 

Record de ventes physiques en une semaine :
En 2010, l’album Bleu Noir est l’album qui réalise le plus fort démarrage en France (pour cette année-là), avec 139’000 exemplaires vendus en première semaine d’exploitation.

 

Record de présence dans le Top 50 sur quatre décennies :
Elle est la seule artiste à avoir classée n°1 du Top 50 un single dans les années ’80s, ’90s, ’00s et ’10s.

 GALA 2

Publié dans Mylène Autrement | Pas de Commentaires »

MYLENE FARMER DANS LE TIMELESS des MEDIAS

Posté par francesca7 le 28 mai 2014

 

 

AVEC LES RADIOS

Mylène n’accordé aucune interview radio pour la promotion de Timeless 2013.

 

NRJ étant la radio partenaire des concerts de Mylène en France : comme elle l’a été pour tous ses précédents spectacles depuis le premier, le Tour 89, elle est donc la seule radio à avoir diffusé des spots publicitaires pour Timeless 2013 ; à partir du 1er octobre 2012 pour l’ouverture de la billetterie, puis lors d’une seconde campagne, à partir du 3 juin 2013, annonçant les dernières places disponibles.

cinema_gaumont_opera_capucines

 

Par ailleurs, pendant la tournée, RFM, MFM, ainsi que de nombreuses radios régionales ou locales ont proposé des concours avec des billets de concerts à la clé, mais aussi des reportages s’intéressant le plus souvent au phénomène des fans qui campaient devant les salles plusieurs jours, voire semaines, avant les concerts. Enfin, pour la première fois depuis le début de sa carrière, Mylène s’est tournée vers une autre radio que NRJ pour un partenariat officiel sur un événement ; c’est ainsi RFM qui a été choisie pour accompagner la diffusion de « Mylène Farmer – Timeless 2013 Le film » au cinéma. Cette station a également proposé de faire gagner des places pour une projection privée en avant première du film le 16 mars au Gaumont Capucines à Paris.

 

AVEC LA TELEVISION

TF1 fut la chaîne de télévision partenaire des concerts de Timeless 2013 en France (à l’instar du Mylenium Tour, Avant que l’ombre ;.. à Bercy, et le Tour 2009) Elle est la seule chaîne à avoir diffusé des spots publicitaires pour l’ouverture de la billetterie à partir du 2 octobre 2012, puis pour l’album live en décembre 2013, mais aussi une publicité, le soir de la première date, le 7 septembre (vers 20 H 45). En Belgique, c’est la chaîne RTL TV1 qui a assuré la promotion télévisée des concerts de Bruxelles.

 

Si Mylène est apparue aux NRJ Music Awards (diffusé le 26 janvier 2013 sur TF1) où elle a chanté « Je te dis tout », le deuxième single extrait de « Monkey Me », elle n’y a, cependant, nullement évoqué sa tournée. En revanche, elle a parlé de Timeless 2013 à l’occasion de deux interviews télévisées :

 

le 2 décembre 2013 – JT DE 20 H (TF1) – Présenté par Claire Chazal

Mylène est présente en direct à la fin du journal de Claire Chazal. L’interview est plutôt centrée sur l’album « Monkey Me », mais Mylène est cependant interrogée sur ses futurs concerts et sur le sens à donner au mot « Timeless » : « Timeless » c’était juste pour suggérer l’intemporalité. Et je serais bien incapable de dire si c’est la dernière (tournée), si il y en aura une prochaine .. je ne sais pas. Je n’arrive pas à me projeter dans l’avenir. C’est quelque chose qui m’angoisse terriblement, donc je vis, autant que faire se peut, dans le moment présent etc… on verra » !  Quant au contenu du spectacle, voici les seules informations que Mylène dévoile : « Des surprises, certainement. Quant aux duos, je ne sais pas. Là, nous sommes à une phase de création et je ne peux pas répondre à cette question ».

 

Sans titre

 

le 8 septembre 2013 – JT DE 20 H (France 2) – Présenté par Laurent Delahousse.

Nous sommes au lendemain de la première de Timeless 2013 à Bercy. L’entretien a été enregistré dans l’après-midi, Mylène étant en concert à Bercy ce dimanche soir.

 

L’occasion pour la chanteuse, d’évoquer ses retrouvailles avec son public après quatre ans d’absence sur scène : « Très émouvant pour moi .. C’est long pour moi. Pour eux probablement, mais pour moi aussi, beaucoup … C’est une fidélité mais qui est réciproque. La mienne aussi… Je ne sais pas si on entretient une fidélité. En tout cas, c’est quelque chose qui m’est offert. Et j’en suis consciente, et j’en sui heureuse… C’est probablement le moment, effectivement, où j’ai un vrai sentiment de liberté. Pas d’entrave, pas de… pas de tabou. Riens. Liberté »

 

Mylène met également en avant le travail colossal que constituent les préparatifs des concerts : « ça fait à peu près un an que nous travaillons sur ce spectacle avec Laurent Boutonnat qui travaille à mes côtés. Et il y a tellement, tellement, tellement de métiers tout autour. Aussi bien les lumières, les chorégraphies, etc… Le diable est dans le détail. Il faut veiller. C’est pour ça qu’on est obligés de travailler, travailler, de ressasser et.. pour enfin trouver une liberté ».

 

Toujours à propos des concerts, Mylène parle de son voyage prochain en Russie, et de la longue histoire qui la lie à ce public : « Je ne peux pas l’expliquer ; Je pense que c’est venu… Je vais dire .. spontanément…. On m’a beaucoup parlé, au début, des clips à l’époque de « Tristana » qu’on avait joué en langue russe justement. Et puis après, je crois qu’il y a quelque chose de commun qui est peut-être une âme, une âme tourmentée ; On dit « l’âme slave ». Et j’avoue qu’ils m’accueillent merveilleusement. J’ai hâte d’y aller » !

 

Enfin, elle est interrogée sur l’intemporalité évoquée par le nom de la tournée : « Je ne sais pas si c’est important ou non. En tout cas pour moi… dans 2000 ans, qui va se soucier de ma personne et de mes mots et de ma musique ? Non, ce n’est pas important. C’est le moment présent qui est important, c’est la scène et c’est ce que je vis actuellement ».

 

extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 54

 

Publié dans Mylène dans la PRESSE, Mylène TIMELESS 2013 | Pas de Commentaires »

MEHDI BAKI danseur DE MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 23 mai 2014

 

 60362Date de naissance : 02/03/1985 

 

Mehdi est né à Epinay sur Seine (93), il vécu aux côtés de son frère et sa sœur.
Il commença la Danse à l’âge de 12 ans inspiré de son frère et de son cousin, mais c’est vers l’âge de 15-16 ans qu’il décida d’en faire son métier.
Par la suite il suivit donc une formation à l’A.I.D (Académie Internationale de la Danse) en Jazz, classique, et Contemporain et s’entraina tout seul au Hip Hop.
Mehdi Baki (le frère d’Aziz) a pu danser avec le chanteur Christophe Willem, décroche un rôle dans les comédies musicale Cléopâtre, la dernière reine d’Egypte (2009), et 1789, les amants de la bastille (2012), et figure dans le clip « A l’ombre » pour lequel il est également assistant chorégraphe.

 

Il rêve de danser pour des artistes tels que Madonna, Justin Timberlake, Janet Jackson et « a vrai dire tout les artistes qui mettent en avant la danse et leur danseurs. »

Lien(s) avec la carrière de Mylène

Danseur et assistant chorégraphe sur le clip « A l’ombre » (2012).
Danseur sur la tournée « Timeless 2013″. 

Sources / Sites Web

Facebook
Twitter 

 

Publié dans Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaires »

LUC FROEHLICHER et sa collaboration avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 12 mai 2014

 

ban3

Luc Froehlicher est superviseur et responsable du département 3D de LAMAISON. Il a  notamment contribué  à l’élaboration de la célèbre publicité Dolce vita » mêlant effets numériques à des décors réels, créés pour Gaz de France. On lui doit l’araignée de « Désenchantée » sur Timeless 2013, ainsi que les effets miroirs de Moby sur la vidéo de « Slipping Away (Crier la vie) », réalisés en collaboration avec Eric Delmotte. 

C’est avec un talent hors pair que le studio La Maison a su s’imposer, en à peine deux ans, comme l’une des pointures de l’industrie des effets spéciaux français. Créée en 2001, l’entreprise se spécialise dans l’incrustation d’éléments numériques dans des décors réels. Tout le monde se souvient des somptueuses réalisations telles que le spot Symphony pour Nintendo ou Dolce Vita pour la société Gaz de France.

Nous vous proposons une entrevue en compagnie de Luc Froehlicher, superviseur des effets 3d de ce dernier spot publicitaire Gaz de France; il nous parle de son parcours et du travail réalisé par l’équipe La Maison sur ce projet.

 FarmerBercy13

3DVF : Luc, peux-tu nous parler de ton parcours personnel et de ton travail à La Maison ?

Luc : J’ai un diplôme d’ingénieur Arts et Métiers. J’ai ensuite fait un DEA « Traitement d’images Traitement graphique » à l’université de Strasbourg. Je suis alors rentré en stage chez Captain Video en 1987. Là-bas, c’était une Américaine qui s’occupait de la 3D. Elle en a eu assez de la France et quelques mois plus tard j’étais aux manettes. En 1989 j’ai démarré le département 3D de Videosystem qui est devenu Medialab en 1990. J’y suis resté jusqu’en 2001 quand on a démarre La Maison.

A La Maison je suis responsable du département 3D. Sur les productions, quand mon planning le permet, je m’occupe en général de la lumière sur les plans. 

3DVF : Quelles ont été tes directives pour réaliser les effets spéciaux de Dolce Vita ?

Luc : Le spot était divisé en 3 parties bien distinctes et indépendantes : boules , plumes et eau.

On s’est réparti le travail en 3 équipes de 2 personnes. Matthieu et Vincent pour les boules, Ahmidou et Guy pour les plumes, Bénédicte et moi-même pour l’eau. On a ensuite divisé le parc de calcul en 3 et tout a roulé comme ça. 
3DVF : Peux-tu nous parler de la phase d’élaboration des différents plans ? 

Luc : Quand on travaille avec de l’image réelle, on ne peut commencer le travail sur les plans qu’à la fin du montage. On commence toujours par faire le matchmoving et dans le cas de GDF, la roto 3D des personnages. Après, l’animation, puis le rendu et enfin le compositing. 

3DVF : Comment s’est déroulée la collaboration entre l’équipe de tournage et l’équipe d’infographistes ? 

Luc : Nous avons l’habitude d’être systématiquement présents lors des tournages. Pour GDF c’est François Dumoulin (graphiste Inferno) et Pierre Pilard qui ont supervisé le tournage. Pierre s’est assuré d’avoir toutes les infos et éléments nécessaires à la fabrication de la 3D. Focales, markers, boules chromées pour l’environnement, photos et mesures des acteurs, emplacement des lumières etc. C’est Pierre qui s’est chargé de tout le matchmoving et de la roto 3D , assisté de Bénédicte Robert.

3DVF : Chacun de vos projets demande une approche différente ou cette logistique est-elle systématique ? 

Luc : Chaque Projet est radicalement différent, pourtant la méthodologie reste à peu près toujours identique. Préparation (modelling, rigging, texturing), tournage, montage, matchmoving, animation, rendu, compositing. Chacune des phases peut être plus ou moins lourde suivant le type d’effets ou se chevaucher plus ou moins suivant les plannings. L’important étant qu’aucune des phases ne soit bâclée.

lire la suite de l’Interview sur le site d’origine : http://www.3dvf.com/article-209-2-luc-froehlicher-spot-gdf-lamaison-2-4.html 

extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 42

 

Publié dans Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaires »

Le MOMENTS CLES de Mylène Farmer à STRABOURG en 2013

Posté par francesca7 le 5 mai 2014

 

Que vous ayez ou non assisté à l’un des concerts de la tournée Timeless 2013, cette rubrique s’adresse à vous… Nous revenons ici sur les trente-neufs dates qui l’ont composée et sur tous ces instants qui ont donné, à chacune de ces soirées une saveur particulière : les « petits ratés » (bourdes, chutes, erreurs de paroles…), mais aussi les mots de Mylène, ses larmes, et ses instants d’émotion partagés avec son public….

DU 18 AU 19 OCTOBRE 2013 :  GENEVE (SUISSE) - PALEXPO ARENA.

Le MOMENTS CLES de Mylène Farmer à STRABOURG en 2013 dans Mylène Autrement 946913_414706798637855_1573553449_n

photo du site Hugues Royer

Le vendredi 18 octobre 2013 : Après « Sans contrefaçon » Mylène a dit : « Merci beaucoup, merci beaucoup. Vous allez bien ? C’est une salle ma-gni-fi-que ». Puis pour lancer « Maman a tort » elle a dit : « Il y a quelques années, nous nous sommes rencontrés, il y avait une chanson, la toute première chanson… Il s’agit de celle-ci ! Charlie ? Après que le public a chanté une première fois le premier couplet, une petite fille est montée sur scène. Elle s’est jetée dans les bras de Mylène, qui l’a portée pendant que le public chantait, une deuxième fois, le premier couplet. Mylène a ensuite dansé avec la petite fille dans les bras, qui a déposé un gros bisou sur sa joue. Pendant que la petite fille retournait dans la salle, Yvan Cassar a improvisé une petite berceuse au synthétiseur. Enfin, le public a repris une troisième fois le premier couplet avec Mylène.

 

Le samedi 19 octobre 2013 : Pour la première fois depuis le début du spectacle Timeless, Mylène a f ait chanter une reprise du refrain de « Sans contrefaçon » au public. Elle le refera sur certaines dates de la tournée. Durant cette reprise, Mylène a dit ; « Merci beaucoup (ires) J’en profite« .

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 26

 

Publié dans Mylène Autrement, Mylène TIMELESS 2013 | Pas de Commentaires »

REVIEW DU CONCERT TIMELESS 2013 (partie 4)

Posté par francesca7 le 29 avril 2014

 

A partir du 7 septembre 2013, Mylène a brassé large pour la Tournée TIMELESS, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres, repris ici sur ce blog, de  chacun de ses albums et enchaînant les surprises, voici la suite de sa sélection au Timeless 2013:

ET POURTANT….

Si le public pouvait d’attendre à « Rêve ou « Ainsi soit je… » comme quatrième titre de ce piano-voix, il n’en fut rien puisque, encore une fois, Mylène a préféré la surprise en nous proposant la ballade qui clôt officiellement l’album « Avant que l’ombre… », sorti en 2005 : « Et pourtant … » . Lors de ce Timeless 2013, c’est celle avec laquelle la chanteuse a choisi de terminer la séquence piano-voix de son show

Une chanson qui met à l’épreuve la fragilité de sa voix lorsqu’elle monte dans les aigus et se brise, sur des paroles chantant l’espoir en l’amour malgré la peine, les doutes et les déceptions. A la fin, Mylène s’en va en coulisses, laissant Yvan Cassar nous offrir une envolée lyrique au piano. Un peu d e calme avant la tempête qui va de nouveau déferler sur scène quelques instants plus tard….

timeless-2013_backdrops_desenchantee_02

DESENCHANTEE

L’écran géant se remplit d’une pluie d’étoiles blanches défilant à toute vitesse puis est entièrement envahi de rouge lorsque les premières mesures de « Désenchantée » se font entendre. Dans la salle, c’est l’effervescence. Depuis le Tour 1996, le public attend toujours avec autant de ferveur ce qui reste à ce jour le plus grand tube de la chanteuse. Indétrônable « Désenchantée », aux paroles si pessimistes et malheureusement toujours d’actualité (vingt-deux ans après avoir été écrites), mais dont le rythme et la mélodie si efficaces réussissent toujours à soulever les foules, chaque soir de concert…

Tout de noir vêtue, Mylène marche seule vers son public, arrivant du fond de lala scène pour entamer la chanson, tandis que ses danseurs, d’abord recroquevillés dans leur camisole blanche, l’attendent pour se lever et se balancer, comme des pantins avant de s’agiter et se libérer de leurs liens durant le premier refrain. Sur l’écran géant, plusieurs araignées métalliques ont fait leur apparition (« araignée du matin, chagrin, araignées du soir, espoir » ?). C’est l’une d’elles qui accompagnera ensuite majoritairement la chanson en se promenant sur sa toile, semblant presque s’amuser à suivre le rythme du titre. Sur scène, le deuxième couplet est l’occasion de découvrir à quel point la chorégraphie, très revisitée, est devenue sportive, bien que reprenant des pas de l’originale, lors des refrains et du pont musical. Le cocktail est efficace et le public conquis. « Désenchantée » version 2013 est une belle réussite visuelle, soutenue par une réorchestration intéressante.

 

BLEU NOIR / ELLE A DIT

Outre le concert du 27 octobre 2013 à Minsk, en Biélorussie, où ce titre a été remplacé par « Elle a dit » (chanté sur scène sans bras métallique ni nacelle, comme en France), « Bleu noir » deuxième single extrait de l’album du même nom sortie en 2010, était présent dans la setlist de chaque concert de la tournée. Sa mise en scène en était tout à fait remarquable, puisque Mylène rejoignait tous les soirs la gauche de la scène et montait sur une plate-forme attachée à un bras métallique qui, durant la chanson, survolait le public de la fosse. L’occasion pour la star de voir ses fans « d’en haut » et de connaître un véritable moment d’osmose avec eux.

Cet élément de décor rappelle quelque peu celui du Tour 1996, lorsque sur la chanson finale, « XXL », Mylène montait sur une petite plate-forme qui se situaient en avancée de scène et s’élevait dans les airs durant la chanson. Il évoque également celui de la série de concerts Avant que l’ombre… A Bercy, où pour le titre « Ange parle-moi » la chanteuse arrivait d’en haut à gauche de Bercy, dans une nacelle reliée à des rails cachés dans les plafonds de la salle et qui survolait tout le public jusqu’à la déposer sur la deuxième scène cruciforme occupant une partie de la fosse.

desenchantee_master_mix_1_130909_41

DIABOLIQUE MON ANGE

« Diabolique mon Ange » est l’une des chansons les plus marquantes de l’album « Bleu noir ». La musique, à la fois mélancolique et tragique – signée Darius Keeler et Danny Griffiths du groupe Archives- habille des paroles particulièrement sombres semblant évoquer le suicide par défenestration après une déception amoureuse. Si ce titre ne fut pas un single extrait de « Bleu noir », il aura connu une existence sur scène lui permettant de devenir le premier extrait de l’album live « Timeless 2013″. Une belle revanche !

Alors que l’introduction débute, la salle est soudainement plongée dans des ténèbres aux teintes bleutées. Seuls deux spots envoient des rais de lumière formant une croix au-dessus de Mylène qui est là, debout, au milieu de la scène, ne nous offrant d’abord que sa silhouette. Ce n’est que vers la moitié du titre que d’autres éléments de décor interviennent : ainsi les trapèzes de l’accélérateur de particules se couvrent-ils de rouge feu pour descendre ensuite, telle une menace, au-dessus des musiciens, avant de se redresser et de lancer des éclairs de lumière vers Mylène. Par la suite, tandis que la chanteuse part rejoindre les coulisses, ils retrouvent les hauteurs de la salle pendant que d’immenses flammes vertes envahissent l’écran géant et que les musiciens rejouent les mesures du refrain. Le point final de la chanson est donné lorsque la musique s’arrête et que ne reste que la croix formée par les deux jets de lumière. Une mise en scène qui va crescendo et qui accompagne parfaitement la montée en puissance de texte, dont Mylène nous offre ici une interprétation poignante.

 

SANS CONTREFACON

Autre grand classique et incontournable tube que Mylène nous propose systématiquement sur scène depuis le début de sa carrière (excepté lors du Mylenium Tour où seule une partie de la chanson était glissée dans un medley), « Sans contrefaçon » s’invite à cet instant-là du show, apportant un peu de légèreté après « Diabolique mon ange ».

Sur l’écran géant, une boule rouge de lumière s’installe tandis que, sur la scène éclairée de lumières dorées, des danseurs prennent place, armés d’un bâton et habillés d’une robe rouge façon samouraï laissant entrevoir leur torse et leurs épaules. Ils débutent une chorégraphie très martiale alors que les premières notes de la chanson se font entendre. Mylène arrive sur scène, elle aussi habillée d’une robe rouge, et rejoint ses danseurs dont la chorégraphie mélange désormais des éléments de l’originale à des gestes plus guerriers. Pour cette tournée, la chanteuse a énormément simplifié et restreint ses pas sur cette chanson… nous sommes ben loin de l’énergie du Tour 2009. Cependant, la réorchestration est de mise et, comme un rappel du « Libertine » version 2009, les choristes se laissent aller à quelques « Ya ya hi yé oh » pour agrémenter le pont musical, pendant que Mylène se fait porter par ses danseurs ayant formé une assise avec leur bâton.

MAMAN A TORT (EXTRAIT)

Voici l’une des surprises les plus sympathiques de ce Timeless 2013 : le retour de « Maman a trot » sur scène. Un titre qui s’inscrit directement dans la lignée de « Sans contrefaçon » tant il y est question d’ambiguïté sexuelle. Mais à l’instar du Mylenium Tour, durant lequel la chanson était glissée au milieu d’un medley et donc tronquée, le titre ne fut pas, encore une fois, proposé en entier. Mylène amorçant en effet le premier couplet pour inviter ensuite le public à le chanter, avant de s’arrêter là, comme « amusée » de laisser ses fans quelque peu frustrés de ne pouvoir continuer sur le refrain… notons cependant que mises à part les premières dates de la tournée, Mylène a systématiquement chanté une deuxième (voire une troisième) fois ce premier couplet avec les spectateurs, à la fin duquel elle se libérait de la partie « jupe » de son costume, laissant alors davantage voir ses jambes habillées de cuissardes rouges.

maxresdefault

Excepté le Tour 1989 donc, jamais « Maman a tort » n’aura connu une interprétation intégrale sur scène. Un fait étonnant, tant cette chanson, qui lança la carrière de Mylène en 1984, semble être l’une de celles que son public apprécie tout particulièrement … Mais un joli clin d’œil quand même, auquel n’eurent cependant pas droit les spectateur de Minsk (le 27 octobre 2013), Moscou (le 1er novembre 2013) et Saint-Pétersbourg (le 4 novembre 2013).

JE T’AIME MELANCOLIE

Après ce petite aparté très eighties, retour à un titre des années 90 avec « Je t’aime mélancolie ». Outre les concerts russes du Mylenium Tour et celui du 28 juin 2009 à Saint-Pétersbourg (lors du Tour 2009), durant lesquels Mylène l’a chanté, ce single extrait de l’album « l’autre… » (1991) n’a été repris que deux fois sur scène : pendant le Tour 1996, et durant la série de concerts Avant que l’ombre… à Bercy, en 2006. Lors de cette dernière prestation d’ailleurs, la star dansait relativement peu, comparativement à celle du Tour 1996 dont la chorégraphie était très proche de ce qui était proposé pour les passages télévisés en 1991 et 1992 afin de défendre le titre.

Si Timeless 2013 nous offre de nouveau une version chorégraphiée, quelques changements sont néanmoins notables ; alors que nous retrouvons ben les pas d’origine durant les refrains et le deuxième couplet (à part le bras d’honneur qui a été remplacé par un doigt d’honneur exécuté uniquement par les danseurs), l’introduction, le premier couplet, et la fin de la chanson sont, en revanche, l’occasion de quelques nouveautés. Quant au pont musical, Mylène le dansait, selon les soirs, en entier, partiellement ou pas du tout, pendant que ses danseurs, eux, reprenaient systématiquement les pas et mouvements de la célèbre chorégraphie. Sur l’écran géant, majoritairement rempli de rouge, apparaissent des paires de ciseaux, des roues de vélo, des gants de box (un petit clin d’oeil au clip ) ou encore des engrenages d’horloge que l’on retrouve ensuite dans un cerveau proche d’exploser : une manière comme une autre d’illustrer la « prise de tête ». A la toute fin de la chanson, Mylène s’évade en coulisses, laissant ses musiciens jouer un outro sur lequel les danseurs se présentent au public à travers une prestation très hip-hop.

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 10

Publié dans Mylène TIMELESS 2013 | Pas de Commentaires »

Mylène FARMER, plus discrète que jamais sur Timeless

Posté par francesca7 le 27 avril 2014

 

AVANT LA TOURNEE : Près de trois ans après la fin du Tour 2009, Mylène Farmer prépare, dans l’ombre son grand retour pour annoncer la sortie de son neuvième album studio, « Monkey Me », ainsi qu’une nouvelle tournée, Timeless 2013. Rétrospective des événements précédant cette nouvelle série de shows.

timeless-2013-usb-01

L’art de se démarquer….

MERCREDI 26 SEPTEMBRE 2012 : ce jour-là, les fans ne le savent pas encore, mais Mylène Farmer prépare depuis quelque temps son come-back. Et pour créer les buzz, ce sont les médias qui vont directement être mis à contribution. Le jeudi 27 septembre en effet, quarante-huit rédactions – presse, radios et télévisions confondues – reçoivent, à la première heure, un coffret en plexiglas transparent renfermant une clé USB décorée d’un mécanisme d’horlogerie. Du jamais bu ! Plutôt que d’envoyer un simple communiqué de presse, Mylène Farmer se démarque à l’aide d’un support numérique annonçant ses futurs concerts, dont les places seront mises en vente dès le 4 octobre 2012. Y est également révélé que la star sera à Paris-Bercy à partir du 7 septembre 2013 pour un nombre de représentations encore inconnu, et que suivra une tournée passant par Lyon, Montpellier, Nantes, Strasbourg, Genève, Moscou, Saint-Pétersbourg, Bruxelles, Douai et Toulouse.

A ses informations, sont joints un teaser vidéo reprenant des images tirées du DVD « Stade de France » sorti en 2010, ainsi que l’affiche de la tournée, dont le cliché, signé Hervé Lewis, laisse apparaître la chanteuse portant une perruque peroxydée : un choc pour les fans qui y voient immédiatement un changement radical d’image. Et qui dit tournée dit nouvel album ! Le neuvième opus de Mylène est annoncé à cette occasion : « Monkey Me » sera en vente le 3 décembre 2012 après l’envoi en radio d’un premier extrait le 22 octobre 2012, dont le nom n’est cependant pas communiqué.

300 000 places vendues un an à l’avance ; un nouveau record.

Le 1er octobre 2012 débute la promotion de la tournée avec une campagne d’affichage en France et en Suisses, ainsi que la diffusion d’une publicité sur la radio NRJ. Le même jour, une campagne de pub réalisée à partir d’images du Tour 2009, arrive sur la chaîne RTL, TVI (Belgique) et dès le lendemain sur TF1, en seconde partie de soirée.

 BELGIQUE

Le 3 octobre 2012, le public apprend que six concerts à Bercy sont prévus, soit l’équivalent de 90 000 places en vente dès le lendemain pour Paris. Sans oublier que dans chaque ville où la star passera, seules deux représentations sont prévues, excepté à Moscou et Saint-Pétersbourg, où une seule date par ville est envisagée. Trop peu pour les fans qui prennent littéralement d’assaut les points de vente dès l’ouverture de la billetterie, el 4 octobre. A tel point que tous ne sont pas servis. Le lendemain, un communiqué de TS3 annonce que 189 734 places sont déjà vendues. Et ce malgré des tarifs en légère hausse par rapport à Tour 2009, oscillant entre 65 et 140 euros.

Face à autant de ferveur, TS3 annonce, le 5 octobre, deux concerts de plus à Paris-Bercy, ainsi qu’un concert supplémentaire à Lyon, Nantes, Bruxelles et Douai. Le 15 novembre 2012, une date est également ajoutée à Toulouse. Enfin, le 3 décembre, jour de la sortie du nouvel album de Mylène, deux autres dates sont proposées à la vente à Bercy, une à Lyon et une autre à Montpellier. Et ce même jour, trois nouvelles villes sont intégrées à la tournée : Clermont-Ferrand, Nice et Minsk, en Biélorussie (dont la mise en vente des places ne se fera que le 6 mars 2013), chacune bénéficiant d’une seule représentation. Le soir même, TS3 en profite pour annoncer que 300 000 places ont été vendues un an à l’avance pour cette tournée… Un nouveau record pour Mylène !!!

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 4

Publié dans Mylène TIMELESS 2013 | Pas de Commentaires »

Moments de tournage de DESENCHANTEE de Mylène F.

Posté par francesca7 le 25 avril 2014

Voici les documents de tournage utilisés pour préparer la venue de l’équipe française, puis ceux utilisés lors du tournage. Certains viennent des régisseurs hongrois de l’époque et d’autre viennent de l’équipe française et certains sont même rédigés de la main même de Laurent Boutonnat. C’est ici la première fois qu’ils sont publiés.

Moments de tournage de DESENCHANTEE de Mylène F. dans Mylène et Boutonnat alearule

l'équpie française (44020 octets)1. Détail de l’équipe française. On remarquera une équipe très réduite de 7 personnes, sans maquilleuse. Tout ce qui ne concerne pas les commandes créatives (directeur de la photographie, décorateur…) et financières (production pour Heathcliff S.A.) étant du ressort de l’équipe hongroise. D’autres français viendront plus tard, juste pour le tournage (photographes) n’ayant pas besoin d’assister aux travaux de préparation.

 

l'équpie hongroise (20620 octets)2. Détail de l’équipe hongroise. On remarque l’équipe de MAFILM, la plus grande firme de production cinématographique hongroise. Avec Imre Bodo (fournisseur de ces archives) on note un deuxième régisseur, dont le rôle était plus de s’occuper de l’hébergement et des transports de la centaine de figurants. Ceux qui ici sont nommés 1er et 2eme assistants-réalisateurs sont en réalité les machinistes dont Laurent Boutonnat et Vincent Canaple se servaient pour pour diriger les scènes avec mouvements de figurants. Certains statuts sont en double de l’équipe française car MAFILM a eu pour mission de concevoir une équipe de tournage propre. On note en bas de document deux interprètes différentes pour Laurent Boutonnat et l’autre pour Mylène Farmer.

 

l'hôtel (75840 octets)3. Le régisseur a pour fonction de préparer matériellement tout le tournage t ses abords. Ici les arrivées échelonnées de l’équipe française sont répertoriées afin de réserver les chambres d’hôtel. Les 16 français sont logés à l’hôtel Intercontinental. On notera qu’après le chef de casting, les premiers qui arriveront (le 12/02/91) sont Laurent Boutonnat et son assistant, la costumière, et la post-productrice. Ils seront suivis deux jours plus tard de la directrice de production, puis le lendemain de Georges Lechaptois. Mylène Farmer elle ne viendra que le 15/02/91 en même temps que le chef opérateur, le manager Thierry Suc et les autres membres de l’équipe de tournage (dont Marianne Resensthiel la photographe de plateau). On notera que la présence du mixeur Thierry Rogen a été rajoutée, probablement pas prévue au départ, car il ne devait initialement pas avoir de prise de son (seulement des bruitages ajoutés lors de la post production). Ce n’est qu’une semaine plus tard que viendront Jean-Louis Murat pour le tournage du clip de Regrets et Paul Van Parys (de Heathcliff S.A.) probablement pour régler les factures des prestataires et pour le développement de la pellicule sur place.

 

feuille de tournage(138174 octets)4. Feuille annotée de la main même de Laurent Boutonnat. Feuille originale de tournage destinée à Cathy Lemeslif (également responsable de la production de Giorgino) repérant les acteurs et prestataires utilisés pour chacun des jours de tournage. On remarquera les annotations météorologiques de Laurent Boutonnat connu pour adapter son tournage au conditions du ciel. On peut se rassurer de la mention à la 1ere date de la feuille qui précise que les cailloux du début de clip sont faux. On remarque que la totalité des cent enfants n’est utilisée que pour la scène finale, les jours précédents seuls 50 ou 60 d’entre eux ont suffit. On peut remarquer que pour la scène finale Laurent Boutonnat avait commandé 4 chevaux qu’il lançait au triple galop, et sur lesquels étaient fixés des squelettes pour une scène impressionnante qui n’a pu être entièrement tournée (voir document suivant). Les notations concernant le monstre se rapporte à l’acteur grimaçant la corde au cou que Mylène libère au milieu du clip. On note pour finir que les lundi 25 et mardi 26 février sont consacrés au tournage de Regrets et que le tramway a été réservé pour les deux jours.

photo de tournage de la scène non terminée5. Photo de tournage par Marianne Rosensthiel. Scène additionnelle à la séquence finale dont le tournage n’a pas été terminé.

 

 

feuille de reperage6. Feuille de service de l’équipe hongroise, à l’époque du projet du film (l’album L’Autre est encore en mixage) 1 mois avant le tournage. Une première partie de l’équipe française est sur place pour les négociations plus les décorateurs producteurs et opérateurs hongrois + les interprètes. On remarque que les lieux repérés sont ceux utilisés finalement mais ceux mentionnés « à confirmer » n’ont pas été utilisées, comme les entrepôts des abattoirs hongrois et les studios de télévision de la chaîne FDI. Pour Désenchantée tout a été filmé dan l’usine de la rue Mariassy. En revanche on peut noter que l’option sur le cimetière juif n’était pas encore confirmée car Il n’était pas encore confirmé que Regrets sortirai en single. On peut d’ailleurs se demander si certains plans du cimetière juif ne seraient pas tournés au studios FDI, comme celui où J.L. Murat et M. Farmer sont couchés sur les tombes, les gardiens du cimetière (ayant supervisé le tournage)  interdisant de toucher les tombes. De plus la fameuse tombe noire où sont assis le couple est introuvable sur les lieux du tournage.

 

feuill des figurants (1005729 octets)7. Feuille des figurants où on en dénombre 119 (au dessus de ce qui était prévu à la préparation). On remarque qu’il y a des frères et des sœurs, que sont mentionnés les foyers d’où ils proviennent et leur noms et prénoms. Le document a été rédigé par l’équipe hongroise.

 

 

 

réservation du cimetière (69680 octets)8. Feuille relative au tournage de Regrets. Résultat des négociations avec le cimetière juif abandonné de la rue Salgótarjáni dans le VIIIe arrondissement.

 

 

 

des201 dans Mylène et Boutonnat    des202

des200    des207    des208

 

 

l'usine (121094 octets)9. Sur les lieux du tournage en 2001 : l’usine depuis longtemps désaffectée a été rasée et à son emplacement actuel est posé un monument aux morts.

 

 

l'usine (135891 octets)10. L’emplacementd e cette usine se trouve rue Mariassy dans le VIIIe arrondissement de Budapest, non loin du cimetière où à été tourné Regrets. Les train du début du clip sont en fait les lignes de tramway Budapest-banlieue de l’époque, toujours présentes mais avec des wagons jaunes plus modernes.

 

 

SOURCE : Jodel Saint-Marc.

(documents fournis grâce au régisseur Imré bodo et János Janurik)

Publié dans Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

perpétuelle résurrection de Mylène par Boutonnat

Posté par francesca7 le 23 avril 2014

1988-1991 : La perpétuelle résurrection

 sanslogique118           Battues, souillées, humiliées, transpercées mais toujours vivantes, les personnages que donne Laurent Boutonnat à interpréter à son égérie continuent de subir la violence de l’Homme. Après avoir montré clairement la mort de son héroïne, l’avoir imagée, le réalisateur qui entreprend un réel processus de fin de carrière de la chanteuse la met en scène selon une optique différente. En l’identifiant à la mort elle-même plutôt qu’à une mourante, Boutonnat trouve un juste compromis entre les différents statuts de mortelle qu’endossait son héroïne dans ses précédents clips. Pour lui le personnage ne subit plus la mort, elle l’incarne. Ambition difficilement compatible avec la forme du clip, Boutonnat se sert du dispositif qu’il a mis en place afin d’introduire, de mettre en scène dans la longueur, sur plusieurs films courts, la personnification de la mort.

 

C’est dans Pourvu qu’elles soient douces que cette incarnation est la plus évidente. Le long duel qui oppose Libertine à sa rivale est monté alternativement avec une bataille sanglante opposant Français et Anglais pendant la guerre de sept ans. Alors empalée par un sabre, la rivale succombe sans que le spectateur n’ai pu voir si la lance qu’elle tendait en direction de Libertine l’avait atteinte. La rivale montrée comme morte en champ, aucun contre-champ ne vient montrer le personnage principal dont l’état nous est alors inconnu. C’est bien plus tard, lorsque le petit tambour anglais sera en ligne de mire de la dernière troupe française qu’elle fera sa réapparition pour le sauver, et que le clip basculera dans l’onirisme. Vêtue d’une longue cape noire sur un cheval au pas, Libertine revient. Est-elle morte ? Tout nous laissera penser qu’elle est la mort, qu’en fauchant le petit tambour devant les yeux médusés des français elle frappe une dernière fois et tétanise ceux qui la voient. Vivante ou pas, peu importe. Pour la première fois un clip de Boutonnat conclue sur autre chose que l’état mortel ou vivant de son héros, ici tout cela est largement dépassé. La voix off adulte du petit tambour se souvient de ce passage qui ressemblait pourtant à un trépas :

« -Mon père m’avait prévenu : tu reconnaîtra la mort à son grand cheval noir. Et si par malheur un jour elle s’arrête devant toi, surtout, ne la regarde pas. […] Je ne l’ai jamais revue, mais jamais je n’oublierai l’odeur de son parfum et la douceur de sa peau, tandis qu’elle m’emportait vers la vie. » 

 sanslogique200

Plutôt qu’une mise à mort, c’est justement un sauvetage que Libertine sur son cheval noir opère sur le petit tambour. Alors destiné à l’exécution par la troupe française, c’est la mort, pour une fois bienfaitrice, qui contredira ce que disait autrefois son père en venant le prendre pour l’emmener vers des lieux plus sécurisants. Bien que toujours riche en violences de toutes sortes, l’année qui suit Pourvu qu’elles soient douces est celle de l’immortalité. C’est dansSans Logique (1989) que l’aspect victime de l’héroïne est la plus en adéquation avec l’aspect bourreau. La reproduction du dispositif de la corrida compte beaucoup dans cette dualité. Adepte du retournement de situation, Boutonnat mue pour l’occasion son héroïne en taureau inmaîtrisable. Tour à tour saignée, attachée, bousculée, et même transpercée par le picador, elle trouvera la force de se relever pour l’empaler de ses cornes de fer. Présentée comme une victime jusqu’à la séquence finale du clip, cette femme-taureau humiliée aura fait fi des coups de lames tel un Saint Sébastien résistait aux impacts de flèches.

  

 

Le personnage “clipesque” de Mylène Farmer est présenté à plusieurs reprises comme immortel à l’image, revenant inlassablement de ses aventures tragiques. Boutonnat utilisera de nouvelles fois cette crédibilité qu’il a installée pour évoquer par le truchement de ce personnage la thématique de la mort. Dans le symbolique A quoi je sersla chanteuse sera omniprésente à l’image alors que le propos du clip est précisément une mise en scène de sa mort, ou du moins celui de son personnage public. Une disparition volontaire qui prend des allures de suicide si on s’attache aux paroles de la chanson et à l’action du clip. Thèse confortée par les adieux lisibles du long-métrage En Concert, ce qui pourrait facilement être pris pour un retrait dû à un échec commercial n’est étrangement pas interprété dans la presse. Celle-ci voit essentiellement ces productions de la fin des années 80 comme la fascination morbide et sadique d’un réalisateur pour son égérie qu’il maltraite à l’écran. Jugement en parti exact, tant le réalisateur s’amuse de l’impact qu’a sa différence de ton par rapport au climat ambiant de la promotion de disque et de clip à cette époque. Impact amplifié par le silence du cinéaste dans les médias auxquels il refuse tout entretien entre le spectacle itinérant de 1989 et la promotion de Girogino (1994). Lors d’une rare interview donnée à un magazine à l’occasion des premières dates de la tournée en mai 1989, il aura d’ailleurs cette phrase souvent reprise montrant aussi bien son état d’esprit de l’époque que sa lucidité : « Nous n’allons pas continuer à faire ceci impunément. Un jour on va le payer très cher. Car nous perdons conscience de la violence, de la noirceur, de la morbidité. » C’est précisément parce que Laurent Boutonnat n’avait pas connu d’échec commercial dans le disque depuis Libertine qu’il a pu jouer à ce point sur une thématique aussi négative sans qu’elle ne se soit retournée médiatiquement contre lui.

 

Les quatre clips postérieurs à la tournée pérenniseront l’image du personnage créé pour la chanteuse. Présentée comme un personnage mort, elle sera pourtant toujours énormément présente à l’image, notamment dans Regrets où elle incarne cette sorte de fantôme prisonnier de son cimetière, auquel le bien aimé vivant vient rendre visite. Les deux derniers films réalisés par Boutonnat pour elle à cette époque se démarqueront de cette thématique qui pourtant leur était chère pour adopter une esthétique de clip plus traditionnelle. Le réalisateur alors en pleine préparation de Giorginoquittera tout de même sa “caméra de clip”  avec une dernière disparition de la chanteuse (Beyond my Control – 1992), cette fois ligotée et brûlée sur un bûcher. Elle qu’il fit mourir une première fois sur scène, dont il fit incendier le décor, il l’incinère ici comme pour exorciser la forme du clip dont il fut si longtemps consentant prisonnier, avant de passer au long-métrage. Métaphore prémonitoire du prochain terrible échec que sera Giorgino, la chanteuse survit aux flammes et relève la tête alors que le feu a cessé ; comme pour rappeler qu’on n’efface pas en un clip un personnage publique qu’on a mit si longtemps à rendre immortel. C’est peut-être après tout sans calcul, un peu par hasard que Laurent Boutonnat a osé donner cette morbidité à la forme du clip. Lui qui s’était apprêté à déverser son pessimisme dans d’autres domaines fut guidé vers une forme filmique qui n’attendait pas et n’avait à priori pas besoin de cinéaste-auteur. Autrefois éloigné des milieux auxquels il avait tenté d’appartenir, comme la littérature ou le long-métrage, Boutonnat s’est investit dans le clip où, en reversant ses anciens déboires et les fictionnalisant, il a su y placer un style propre.

Jodel SaintMarc, le 21 mai 2002

Publié dans Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

Laurent Boutonnat et Mylène Farmer en interview

Posté par francesca7 le 19 avril 2014

 

Laurent Boutonnat et Mylène Farmer en interview dans Mylène et Boutonnat lb1INTERVIEW DE LAURENT BOUTONNAT

Qu’est-ce que vous préparez ici ?

    Il y a une scène avec tout les figurants, avec Mylène et le petit môme qui est avec elle. C’est un raccord en fait sur ce petit monticule. Nous, nous sommes derrière avec la caméra et on va faire brûler des pneus pour avoir une grosse fumée noire pour être raccord avec l’usine d’hier où il y avait le feu. Ils sont sensés s’échapper de l’usine, et ils vont descende de cette petite colline pour courir dans cette immense plaine.

l'équipe du film dans la plaine. on remarque les cars transportant les figurants et les camions de materiel.

Ce sera le dernier plan du clip ça ?

Laurent donne ses instructions à Mylène    C’est l’amorce des dernier plans en fait. C’est le premier plan où ils s’échappent de cette « prison-usine » pour partir dans la plaine. Et après on a plusieurs plans à faire de leurs visages qui courent…

Ca a été un bonheur pour vous d’avoir eu cent figurants ? Des jeunes hongrois comme ça ? C’est pas tropLaurent Boutonnat difficile à gérer ?…

    Non, il y a une équipe très solide qui tient bien tout ce monde là, et ils ont des têtes extraordinaires en plus. Il y a une chose qui est formidable ici, c’est qu’ils jouent bien. Ce n’est même pas jouer d’ailleurs, parce que ça leur plait de faire ça. C’est presque naturel.

 

pendant le travelling latéral de l'arrêt dans dans la plaineOui, c’est peut-être mieux que des comédiens.

    Ah, c’est impossible des comédiens. Mais ils ont quelque chose de naturel; et en fait comme ils n’ont jamais fait ça de leur vie, ils ont une espèce de maladresse qui est formidable. Ca devient quelque chose qui donne l’impression qu’ils ont fait ça toute leur vie, que se sont de grands professionnels.

 

Laurent met en place le repère qui montrera à Mylène où s'arrêter

Laurent supervise la pose du travelling latéralVous avez voulu tourner ici, ça s’appelle la Puszta, c’est la plaine hongroise…

    Absolument, c’est à dire que la Hongrie est un pays plat, où il n’y a que des plaines. Et tout le centre de la Hongrie c’est ça : sur des centaines et des centaines de kilomètres avec : Rien. C’est très impressionnant. Surtout avec la neige, on a l’impression que le ciel et la terre se rejoignent et que…

 

Laurent vient de placer les figurants qui ne s'étaient pas assez espacé en largeurC’est une fuite.

    Il n’y a rien quoi. C’est le néant et… c’est beau.

 

Fréquenstar - Pour un clip avec toi - M6 - Février 1991.

 

alearule dans Mylène et Boutonnat

INTERVIEW DE MYLÈNE FARMER

répétition du 1er plan du clipC’est le cinquième jour de tournage, ça fait combien de temps que vous êtes installée ici Mylène ?

    Ca fait à peu près huit jour.

Il y a des conditions climatiques qui ne sont pas évidentes, je sais qu’il a fait très froid la semaine dernière…

    Oui, beaucoup plus froid qu’aujourd’hui.

tournage du gros plan "blatte" avec MylèneEt vous vous levez très tôt et vous tournez toute la journée, c’est ça ?

    Nous avons des horaires un peu différents chaque jour mais ce matin nous nous sommes levé à cinq heure.

 

makdes3

 

extrait du casting des figurantsIl y a à peu près une centaine de figurants ici. Pourquoi avoir choisi des enfants, et des enfants hongrois, ici à Budapest ? Il y a une raison particulière ?

instructions à Adil Med Mehjirou    Oui, il y a plusieurs raisons pour le choix de la Hongrie. Il y a d’abord la neige, on voulait un paysage de neige. D’autre part on voulait beaucoup de figurants emakdes8t surtout des enfants qui portent quelque chose de grave dans le visage et dans le regard. Et c’est vrai que les pays de l’Est pour ça c’est fabuleux. D’autre part il y a beaucoup de techniciens en Hongrie qui sont performant et professionnels. Et enfin une des dernières raisons c’est que c’est beaucoup moins chère, et qu’on peut faire des choses grandioses avec peu de moyen finalement.

Laurent Boutonnat donne ses indications à AdilEst-ce que ça veut dire que ça va être dans la lignée de l’imagerie Mylène FARMER ? Parce qu’on vous associe aux clips scénarisés qui sont en fait des films. Est-ce que ça s’inscrit toujours dans cette veine scénarisée et à grand spectacle ?

    Ce sera la même chose. C’est la même écriture et le même réalisateur, et pratiquement la même équipe à chaque fois sur chaque tournage.

le traducteur hongrois entre Laurent Boutonnat et Vincent Canaple (assistant réalisateur)

 

Laurent Boutonnat ne filme pas ce plan mais contrôle le cadreEst-ce qu’on peut dire aussi que si vous venez tourner ici en Hongrie ou à Budapest -on y pense souvent quand à toi- c’est pour tes ambitions cinématographiques et celles de Laurent ? On sait que Cyrano De Bergerac a été tourné ici, on peut dire aussi qu’il y a les prémices d’un futur long métrage ou le moyen aussi de repérer pour un long métrage…

    Ca c’est quelque chose d’envisageable ou qui a été envisagé, mais j’avoue que pour l’instant c’est quelque chose qui n’existe pas. Et c’est quelque chose qui appartient à Laurent pour l’instant. Je ne puis rien dire, mais ce que je sais c’est qu’il avait fait effectivement des repérages avant d’envisager le clip en Hongrie pour un long-métrage.

 

makdes10

Vous êtes un peu avares d’images sur le travail que vous faites en équipe sur le tournage d’un clip comme en ce moment.

Laurent répete avec Adil la scène de la cigarette    Je ne sais pas si nous sommes avares mais c’est assez difficile qu’une autre équipe intervienne. Parce qu’un tournage comme celui-ci c’est une grosse machinerie. Donc s’il y a perturbation, quelque fois cela peut perturber le metteur en scène et tout le monde. Et c’est vrai qu’on a un soucis de garder les choses secrètes, mais parce que je suis probablement comme les enfants, j’aime encore les surprises. Donc j’aime bien l’effet de surprise quand on a un nouveau clip ou de nouvelles chansons. C’est pour ça que je fais très peu écouter l’album avant qu’il ne sorte. C’est une manière de préserver la chose.

 

sencha1

 

mise en place des éclairagesDans le clip on voit une centaine de jeunes enfants avec des têtes très particulières, grimées, masquées, habillés un peu comme toi…

    Oui, tout à fait. Encore plus sales même !

…Assez minimalistes dans la tenue. D’où a été l’inspiration de ce choix ?

    Là j’avoue qu’il est né d’un amour commun de Laurent et moi- même pour ce qui est DICKENS, Oliver TWIST. On aime beaucoup tout les deux David LEAN, qui avait réalisé Oliver TWIST, un de ses premiers longs-métrages. Et c’est surtout cette approche du conte qui est permanente.

Laurent Boutonnat et son 1er assistant réalisateur

Dans Désenchantée c’est quoi ? On dirait un univers carcéral mais particulier…

Laurent lui-même filme Mylène appelant à la révolution sur les tables    On a essayé d’avoir quelque chose d’intemporel. Ce qui explique aussi le choix de ces costumes, parce qu’on ne peut pas tout à fait situer l’époque. Ca se situe en effet dans un milieu carcéral, il y a une autorité autour de ces enfants, et que ces enfants n’ont plus rien à perdre donc il leur reste comme solution la révolte. Et c’est ce qui va se passer dans le clip.

instructions à Mylène    Il y a dans le clip de jeunes enfants qui sont handicapés. Il y a une anecdote magnifique, un handicapés qui est sur le tournage s’y est adapté en quatre jours. Son éducatrice nous a dit qu’en quatre jours il avait fait des progrès de six mois. Donc c’est une jolie récompense…

 

desenchComment tu échanges avec tous ces jeunes hongrois qu’on voit ?

    C’est un échange uniquement de regards puisque nous n’avons pas la même langue. Les interprètes ne sont pas toujours là pour traduire. Ce sont des regards et tous ces figurants sont très justes, ils jouent mais en aucun cas ne sur-jouent et c’est ce qui est fascinant. Ils ont une spontanéité et on a l’impression qu’ils sont nés dans ces costumes dans cette époque et c’est un plus pour le tournage.

makdes21J’ai eu l’occasion de discuter avec ce qu’on appelle un casting-producer, qui me disait que dans le choix des gens, il y avait peu de comédiens hors-mis la matonne. Il y a des délinquants, des jeunes enfants d’écoles.

La chute du mirador est en fait protegée par des cartons    Oui, il y a de tout. Ce sont des gamins de la rue…

 

…Avec leurs réactions. Quand on vit à Budapest, avec la vie qu’on a eu, avec l’histoire qu’on a vécu, il y a une âme mais une pression.

    En tout cas habitée. Il y a une dureté réelle.

 

lors des scènes extérieures, deux équipes de tournages s'activent autour des figurants, tournant le double de plans dans la même durée

 

lors des scènes extérieures, deux équipes de tournages s’activent autour des figurants, tournant le double de plans dans la même durée >

 

 

 

 

Mylène et Adil s'enfuyant devant le décor de l'unsine en flammesIl y a une infrastructure, une équipe très importante sur ce tournage…

    Il y a à peu près 120 personnes et 12 personnes dans l’équipe technique qui viennent de Paris.

Des français avec qui vous avez l’habitude de travailler. 

    Oui, j’ai Jean-Pierre SAUVAIRE qui est chef-opérateur, Carine SARFATI qui est aux costumes et beaucoup d’autres. Je m’excuse de ne pas pouvoir tous les citer.

extinction de l'entrepot en flammes par les pompiers de Budapest

C’est une équipe de copains, on a l’impression que c’est presque une famille.

    Oh oui, ce sont des gens de grande qualité humaine et professionnelle. C’est vrai que c’est un plaisir de les réunir chaque fois à nouveau.

 

Fréquenstar - Pour un clip avec toi - M6 – Février 1991.

 

Publié dans Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

Le pygmalion de Mylène F.

Posté par francesca7 le 19 avril 2014

Pygmalion de Mylène Farmer et réalisateur des plus beaux clips jamais réalisés dans l’hexagone (Tristana, Désenchantée, ou encore le monumental Pourvu qu’elles soient douces et ses 17 minutes de film), Laurent Boutonnat s’est essayé pour la première fois au long-métrage en 1994 avec le magnifique Giorgino, échec public, critique, et catastrophe financière absolue pour un film pourtant sublime. Profondément atteint, Boutonnat restera plus de 10 ans loin des plateaux de cinéma.

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=KqbmjqgSkEY

C’est en 2005 que le metteur en scène revint sur le devant de la scène cinématographique avec l’adaptation du roman d’Eugène Le Roy, déjà adapté à la télévision en 1969,Jacquou le croquant.

Le film raconte l’histoire de Jacquou, jeune garçon issu de la paysannerie française du début du 19ème siècle, un croquant (ou pouilleux), qui voit son père envoyé au bagne pour un crime commis en position de légitime défense pour protéger sa famille. Devenu rapidement orphelin suite à la mort de son père et de sa mère, Jacquou deviendra le fer de lance d’une révolte contre les ultraroyalistes, tout en fomentant sa vengeance contre le cruel comte de Nansac, responsable de la mort de ses parents.

 Le pygmalion de Mylène F. dans Mylène et Boutonnat 3671587mqttt 

Loin, très loin du film d’atmosphère et d’ambiance que constituait Giorgino, Boutonnat s’est affranchi (partiellement) de ses obsessions visuelles et poétiques, en livrant avec Jacquou le croquant une oeuvre beaucoup plus facile d’accès, film d’aventures familial de très bonne facture, malgré quelques flottements et des scènes à la limite du surjeu.

Ainsi, la séquence de la falaise, dans laquelle le personnage incarné par la sublime Marie-Josée Croze hurle sa haine face au château du comte de Nansac souffre d’un jeu outrancier de la part de l’actrice d’habitude irréprochable, et manque de peu de faire tomber la scène dans le ridicule. Par ailleurs, le film piétine dans son troisième quart, et aurait mérité un bon quart d’heure de moins.jacqou dans Mylène FILMOGRAPHIE

Ces réserves posées, le film constitue un excellent divertissement, magnifiquement filmé, et doté de scènes véritablement émouvantes (voir à ce titre la séquence du retour à la vie du jeune Jacquou au pied d’un arbre, dans les bras de la jeune fille dont il est amoureux). La mise en scène de Boutonnat, portée par une photographie de toute beauté (la gestion de la lumière, y compris dans les scènes de nuit, est d’une clarté remarquable), témoigne de l’admirable maîtrise technique et du sens visuel extrêmement personnel du réalisateur, le style de sa mise en scène étant décelable au premier coup d’oeil.

 Par ailleurs, et même si elles ne sont pas aussi nombreuses que dansGiorgino, l’on retrouve le goût du metteur en scène pour les images de paysages enneigés, les cimetières, les loups…Les scènes dans lesquelles ces éléments apparaissent sont les plus belles du film, et confèrent à ce dernier une force évocatrice immédiate, ainsi qu’une réelle puissance poétique.

Jacquou_le_Croquant_14_1024x768

S’agissant de la distribution, Laurent Boutonnat s’offre un casting 4 étoiles: le fidèle Albert Dupontel (déjà présent dans Giorgino et ami proche du couple Boutonnat/Farmer), le regretté Jocelyn Quivrin, Marie-Josée Croze, Tcheky Karyo, Olivier Gourmet, et le plutôt fade Gaspard Ulliel dans le rôle de Jacquou adulte.

 

Au final, et même s’il reste assez caricatural dans sa thématique des forts contre les faibles, Jacquou le croquant constitue un film romanesque de très bonne facture, pétri d’émotion, doté d’une mise en scène de grande classe et parsemé de plans véritablement poétiques.

Publié dans Mylène et Boutonnat, Mylène FILMOGRAPHIE | Pas de Commentaires »

La réussite Laurent Boutonnat et Mylène

Posté par francesca7 le 11 avril 2014

 

Bio5Laurent Boutonnat, de son état-civil complet Laurent Pierre Marie Boutonnat, est un musicien, auteur-compositeur,producteur et réalisateur français né le 14 juin 1961 à Paris.

Son premier long métrage, La Ballade de la féconductrice, un film fantastique comportant des scènes d’une rare violence, n’est diffusé que deux semaines dans une salle parisienne. Le film est interdit aux moins de 18 ans — son auteur n’en a alors que 17 — mais est néanmoins projeté au marché du film de Cannes.

La rencontre avec Mylène Farmer

À 20 ans, il compose avec Jérôme Dahan la musique de Maman a tort et cherche une chanteuse pour l’interpréter. Il pense d’abord à Lio, mais le projet n’aboutira pas. Ensuite, il repère une jeune fille d’une quinzaine d’années mais y aurait finalement renoncé pour des raisons juridiques. Lors d’un casting, il tombe alors sous le charme d’une comédienne en herbe, séduit immédiatement par son « air psychotique ». « C’était elle. On ne l’avait pas encore entendue chanter mais je savais que c’était elle ». Mylène Farmer sort alors son premier 45 tours en mars 1984. La chanson bénéficie d’un vidéo-clip tourné pour la modique somme de 5 000 FRF. Depuis lors, le tandem Farmer-Boutonnat est inséparable.

Fort du succès de ce premier single, Laurent Boutonnat écrit et compose la majorité des chansons du premier album de la chanteuse, Cendres de lune, paru en 1986. Le second extrait, Plus grandir, introduit ce qui fera en partie le succès de la chanteuse : les vidéo-clips, que Laurent Boutonnat réalisera désormais en 35 mm, comme de véritables petits films avec génériques, bandes originales et avant-premières.

Le succès

La consécration n’intervient réellement qu’en 1986 avec le troisième extrait de Cendres de luneLibertine et son vidéo-clip inspiré de Barry Lyndon, succès confirmé par le single suivant, Tristana dont le clip est nommé aux Victoires de la musique. Laurent Boutonnat et Mylène Farmer, qui forment alors un couple à la ville, créent la société Toutankhamon SA.

Au printemps 1988, sort l’album Ainsi soit je…, entièrement composé par Boutonnat qui délaisse l’écriture au profit de Mylène Farmer. L’album est un triomphe (1 800 000 ventes). Ils tournent les clips de Sans contrefaçon (avec Zouc), Ainsi soit je…Pourvu qu’elles soient douces ([Libertine II], qui sera le plus long vidéo-clip scénarisé français : 17 min),Sans logique et À quoi je sers, qui entérinent le personnage de la chanteuse. Il met également en scène sa première tournée en 1989, et réalise le film En concert, toujours en 35 mm, qui sort l’année suivante.

En 1991, Boutonnat compose les musiques de L’Autre, le troisième album de Mylène Farmer, et réalise les clips de DésenchantéeRegrets et Je t’aime mélancolieDésenchantéeconnaît un énorme succès, et permettra à l’album de dépasser les deux millions de copies. Elle a également été la chanson française la plus diffusée dans le monde en 2004 selon la SACEM. Le vidéo-clip de Beyond my control (1992), censuré pour son contenu trop explicite, est le dernier réalisé par Laurent Boutonnat pour Mylène Farmer jusqu’en2001.

La réussite Laurent Boutonnat et Mylène dans Les Clips de Mylène Giorgino4Giorgino

En 1994, il réalise son rêve en tournant Giorgino (avec Mylène Farmer dans le rôle principal). L’atmosphère très sombre et la durée du film (3 heures) n’attirent pas les spectateurs, qui lui préfèrent Forrest GumpPulp Fiction ou encore Léon. Blessé par l’échec de son film, le réalisateur en rachète les droits et en empêchera toute diffusion. Il finira cependant par céder à la pression d’un public fidèle à son univers (des pétitions pour la sortie du film circulaient sur Internet) et, fortifié par le succès de Jacquou le Croquant, décidera d’éditer Giorgino en DVD, 13 ans après sa sortie en salles.

Retour musical

Début 1995, il participe à la composition de l’album Anamorphosée de Mylène Farmer, au son plus rock. Il travaille également à la conception de la tournée qui suit, et qu’il immortalise dans Live à Bercy (1997).

En 1997, il devient le producteur et compositeur de Nathalie Cardone, qui connaît un grand succès avec sa reprise de Hasta Siempre. Il participe à son premier album éponyme, et réalise les clips des singles PopulaireMon ange et Baila si.

En 1999, sort Innamoramento de Mylène Farmer, album qu’il compose en grande partie. Cependant, il ne participe pas à la conception du Mylenium Tour qui suit la sortie de l’album.

En 2000, il coproduit avec Mylène Farmer la jeune chanteuse Alizée, compose pour elle la musique de Moi… Lolita et réalise le clip. La chanson est un succès mondial (plus de2 millions de ventes), suivie par un album triomphal, Gourmandises, lui aussi signé Farmer/Boutonnat.

En 2001, il reprend la caméra pour Mylène Farmer et réalise les clips de Les Mots et Pardonne-moi. Il réalise également les clips d’Alizée Parler tout bas et J’ai pas vingt ans ainsi que son second album, Mes courants électriques. En 2003, il met en scène le spectacle de la jeune corse et reçoit la même année le Grand Prix de l’Auteur-Réalisateur de l’Audiovisuel, décerné par la SACEM. Il réalise l’année suivante un clip pour un jeune chanteur, Kamal Kacet, Ifkis. Laurent produit par ailleurs l’album de ce dernier, « Larmes noires ».

Troisième film

AlbumAvantQueLombreSmall dans Mylène AutrementEn 2005, sort Avant que l’ombre…, le sixième album de Mylène Farmer dont il compose la quasi-totalité des musiques. Il participe aussi, en association avec la chanteuse, à la mise en scène du spectacle Avant que l’ombre… À Bercy. Parallèlement, il entame le tournage de son nouveau long-métrage, une adaptation du roman d’Eugène Le Roy Jacquou le croquant, qui sortira en France le 17 janvier 2007. Moins sombre que Giorgino, le film reçoit un accueil plus chaleureux, et atteint le million d’entrées.

En 2008, il compose les musiques de Point de Suture, le septième album de Mylène Farmer, et participe à la direction artistique de son Tour 2009 (qui passera notamment par le Stade de France).

En 2011, il compose les musiques des deux inédits de 2001-2011 Du temps et Sois moi-be me, le deuxième best of de Mylène Farmer, ainsi que le clip du premier single inédit Du temps.

En 2012, il compose les musiques de Monkey Me, neuvième album de Mylène Farmer.

Filmographie

Clips

1984 : Mylène Farmer - Maman a tort

Concerts - Composition

Il est en outre l’arrangeur musical de tous les albums.

Compositions annexes pour Mylène Farmer : L’annonciation (1985), Puisque… (1988), Dernier Sourire (1989), À quoi je sers… (1989), La veuve noire (1989), Mylène is calling(1991), Que mon cœur lâche (1992), Effets secondaires (1999), L’histoire d’une fée, c’est… (2000), Devant soi (2007) (Bande originale de Jacquou le Croquant), C’est pas l’heure(2010) (en duo avec Line Renaud).

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène Autrement, Mylène FILMOGRAPHIE | Pas de Commentaires »

Apparitions Mylène Farmer au Cinéma

Posté par francesca7 le 30 mars 2014

 

 

1Le saviez-vous ? 

- La véritable première apparition de Mylène Farmer au cinéma n’est pas dans Giorgino mais dans Le Dernier Combat de Luc Besson, sorti en 1982. Elle y est figurante et prête ses jambes ravissantes au cinéaste le temps de quelques secondes. Le début d’une longue amitié et de plusieurs collaborations.

 

 

2- En 1989, Nicole Garcia est à la recherche d’une actrice pour jouer dans son premier long-métrage en tant que réalisatrice, Un week-end sur deux. Mylène Farmer se voit proposer le premier rôle, mais le refuse car elle est en pleine préparation de sa première tournée : »C’est vrai que j’ai rencontré Nicole Garcia. J’ai vraiment souhaité la rencontrer. J’avais ce projet de scène donc il a fallu choisir » indique-t-elle à Laurent Boyer dans l’émission Pour Un clip avec toi. C’est finalement Nathalie Baye qui est choisie. Elle est nommée pour le César de la Meilleure Actrice. Dans le même programme, la chanteuse avoue « J’ai l’impression que le cinéma français, en tout cas celui d’aujourd’hui me touche moins qu’un autre cinéma, le cinéma russe, le cinéma américain parfois, le cinéma anglais.« 

 

- En 2002, l’écrivain Marc Lévy, qui est alors le compagnon de la chanteuse, annonce qu’il a écrit son premier scénario pour le cinéma dans lequel elle est censée jouer. A deux pas de chez toi doit entrer en tournage en 2004, le temps de réunir les fonds nécessaires et une distribution. L’histoire est centrée sur la relation entre un vieux monsieur et son infirmière. Pour le premier rôle masculin, les noms de Jean Rochefort et Michel Serrault circulent. Mylène rencontre le premier à cette occasion et déclare en 2010 à Paris Match qu’il est « un acteur unique, un homme d’une classe folle, un charme renversant. Je suis sensible à sa grande délicatesse, c’est un être totalement décalé, si émouvant aussi. Bref…magnifique. » Malheureusement, le film ne se fait pas. 

 

3- Les Césars ne sont décidément pas passés loin de Mylène Farmer. En 2006, Jacques Audiardrecevait celui du Meilleur Film pour De battre mon coeur s’est arrêté. Avant le tournage, il avait offert un rôle à la chanteuse. Mais elle n’était pas disponible, elle préparait à cette époque son nouvel album « Avant que l’ombre…« , ainsi que les concerts « intransportables » qui lui ont fait suite. En 2010, le magazine Serge annonçait une interview croisée du réalisateur et de Mylène Farmer. Cela ne s’est pas fait non plus…

- Lorsqu’un projet d’adaptation au cinéma du roman de Salman Rushdie La Terre sous les pieds (2011), est développé, le romancier, que la chanteuse admire beaucoup, lui propose de participer à la bande-originale. Mais le film ne voit jamais le jour.

 

 

téléchargement (14)- Depuis 2006, Mylène Farmer est annoncée dans le film L’Ombre des autres, adapté du roman éponyme de Nathalie Rheims, qui est sa meilleure amie dans la vie. Elle y jouerait le rôle de Tess, une chercheuse en médecine de la fin du 19ème siècle, emportée dans le monde de la magie et du spiritisme. Le scénario a été écrit par Claude Berri, mais son décès en janvier 2009 a retardé le projet. La réalisation a été confiée à Bruno Aveillan, avec qui la star a déjà travaillé sur The Farmer Project, et la production à Stéphane Celerier de Mars Distribution. Le film devait entrer en tournage en 2009, après la tournée des stades de la chanteuse, mais cela ne s’est pas fait. L’auteure a déclaré sur son blog : « Il s’agit d’un film de genre, ce qui n’est pas aisé en France et c’est la raison pour laquelle nous nous orientons vers une distribution anglo-saxonne. Le cinéma est un art qui implique beaucoup de moyens et des partenaires qui accompagnent le montage financier, mais nous travaillons de toutes nos forces avec l’espoir que le film verra le jour dans les deux ans qui viennent. » Nous sommes en 2013, les deux ans sont passés. Le film n’a toujours pas vu le jour. La malédiction qui entoure Mylène Farmer et le cinéma va-t-elle encore frapper ?

 

vue sur http://www.allocine.fr/article

Publié dans Mylène et les AUTEURS, Mylène et mes BLABLAS, Mylène FILMOGRAPHIE | Pas de Commentaires »

123456...14
 

linergeek |
give to eat by eating |
ecouteconseil |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hé ! lecteurs à Saint Marti...
| parlons-en!
| Je me SOUVIENS...