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Mylène photographiée par Christophe Mourthé

Posté par francesca7 le 13 mai 2016

        

En 2003, le photographe Christophe Mourthé a raconté dans la presse avoir eu une histoire d’amour avec Mylène au début de sa carrière. Ils se sont rencontrés en 1984, et ont collaboré ensemble quelques temps, avant la rupture affective et artistique en 1987.

 

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Textes de Christophe MOURTHÉ 

- Mylène Farmer 

Tout d’abord il y a eu Jean Marais, Line Renaud, l’équipe des Bronzés, Thierry Le Luron et Yves Mourousi. Puis Fellini, Zeffirelli, Dario Fo, Gassman, Strehler, les filles du Crazy Horse – J’avais 19 ans à peine. Il n’y a pas d’âge pour photographier des stars. Des vraies stars. Par la suite, il y a eu Arielle Dombasle pour Playboy, Jean-Marie Bigard en Penseur de Rodin, Renaud, les adieux de Sheila, Pétula Clark pour un Olympia, les Bee Gees à Paris, César ou Nougaro, Leslie Caron et Michèle Morgan, Zizi Jeanmaire et son truc en plumes, Amanda Lear et Marie Laforêt, Patricia Kaas, Hélène Ségara, Lio ou Patrick Juvet.

Qui d’autres encore ? Combien sont-ils ? 

Mais c’est surtout pour Mylène Farmer que je reçois encore des lettres de fans, 15 ans après. Une courte histoire qui allait marquer l’histoire d’un photographe et de son modèle. Cette collaboration tellement forte qu’on peut même qualifier de fusion me colle à la peau depuis toujours, depuis que nous nous étions rencontrés chez Bertrand Le Page. Nous étions intimidés, étonnés,distants. Bertrand prit les choses en main, et confirma le bien fondé de notre rencontre. Celui-ci avait un grand talent, c’était de découvrir des talents – Et de les faire fusionner. Avec Mylène, nous devions nous apprivoiser, mais nous savions déjà aussi que notre rencontre était une bonne rencontre. 

Notre première séance de photo eut lieu dans un fameux studio de la rue des Acacias à Paris. 

Tout le show business et tout le cinéma sont passés dans cette rue. La grande époque de Salut les Copains et tout ceux qui font rêver les fans. J’y ai moi même déshabillé Arielle Dombasle pour Playboy et réalisé la plupart de mes portraits de vedettes. 

Mylène dû se satisfaire d’une toute petite cabine de maquillage non chauffée et Denis Menendez travailla sur son teint de porcelaine. Elle m’apparut dans la lumière tel un ange. 

Malgré l’intense activité qui régnait dans le studio, elle fût douce, complice déjà, extravertie pour cette fois, et avait compris que nous ferions vraiment un bout de chemin important ensemble. Elle vit ma façon d’éclairer une femme et elle comprit qu’en m’ayant choisi, elle avait trouvé en moi le parfait complément à son univers. Nous nous sommes revus beaucoup, avons partagé des instants de tous les jours, appris à nous connaître. Manger une glace ou des bonbons, aller au zoo ensemble, faire les magasins, c’était simple mais c’était important. 

Nous sommes des artistes à l’âme fragile avec un univers si singulier à fleur de peau. 

Je lui fis connaître mon monde et elle me fit comprendre le sien. Nous nous comprenions si bien que l’osmose était parfaite. 

Mon travail d’images plaisait à Mylène. Pour notre bien à tous deux. Mylène a pu s’abandonner totalement au regard d’un objectif qui ne la mitraillait pas, qui la considérait en douceur. 

Involontairement, j’ai apposé quant à moi sur ma muse une griffe, une patte, et surtout une couleur, celle de cette fameuse chevelure qui fit sa marque de fabrique. 

Quand j’ai connu Mylène, elle venait d’obtenir un succès populaire avec la chanson « Libertine ». les cheveux était d’une couleur rousse mais assez mal définie. 

Trois ans auparavant, c’est le maquilleur et coiffeur de génie Denis Menendez, mon ami, qui avait créé pour moi une couleur de cheveux inhabituelle. 

J’avais réalisé en 1984, pour ma série, les fameux « Casanovas » une image de ma soeur Virginie dans un château très connu de la région de Blois. Cette image présentée avait séduit Mylène, comme toutes les autres photos de la série. C’est ce travail photographique qui a déclenché chez elle le désir de travailler avec moi. La couleur de la perruque que portait virginie est – car personne ne le sait à ce jour – abricot. Comme le rouge que l’on trouve sur un abricot un peu mur. Sur les indications de Denis, les ateliers Poulain, célèbres perruquiers de théâtre des années 80, ont réalisé cette couleur insensée. 

vernissage1

Nous étions au printemps de l’année 1987.

Personne n’a décidé cela en particulier ou tout le monde indirectement. 

En tous les cas, Mylène avait toujours une reproduction de la photographie de Virginie sur une étagère bien en évidence pour mémoire. Elle y réfléchissait sans doute. 

C’est donc tout d’abord un simple de coiffeur de la rue Jean Mermoz à Paris qui a reproduit cette teinture sur les indications de Mylène, photo en main. 

Aujourd’hui, il est aisé de comprendre l’importance de cette période pour l’image de Mylène. Seul Michel Polnareff en France avait compris avant elle l’importance du look pour un artiste et de nos jours, une simple paire de lunettes blanches est synonyme de Polnareff. La couleur abricot sera toujours associée au mythe Farmer. 

Je n’avais pas encore à l’époque de statut de photographe. Seul le N et B fige à jamais sur du papier un Cocteau, une Marilyn, une Piaf, un Zorro ou un Steve McQueen  et renvoie cette personne au rang de Star immortelle. 

Elle permet à son auteur de rentrer dans la cour des grands tel un Newton ou un Doisneau.

Elle était ma star et je me devais de l’immortaliser comme telle. Je désirais lui prouver que j’étais le meilleur pour elle, pour nous.

Il s’agissait de mes premières grandes photos en N et B.

Je connaissais le travail d’Alekan, le meilleur directeur photo des grandes années du cinéma,les films d’Hitchcock ou ceux d’Eric Von Stroheim. Que seraient aujourd’hui une Grâce Kelly, un Harry Baur ou un Gabin sans ses talents inouïs? Je pris aussi exemple sur Harcourt, le studio de photos des Stars mythiques. J’y ai ajouté une touche personnelle à base de réflexion de miroirs et je tenais le cadeau parfait pour ma muse. J’étais heureux. 

Elle est devenue une Star de l’image. J’en suis très fier. 

Le noir et blanc figeait ainsi Mylène à jamais.

Je l’ai ressenti si fort en faisant ces images qu’aujourd’hui elles restent uniques et pour longtemps encore.

Le regard et toute cette sensualité qui s’en dégagent sont incroyables. 

Peu de fois, Mylène a tant donné dans une photo, invitation au rêve, au désir, instants magiques d’une intimité partagée qu’elle ne donnera plus que dans ses chansons. 

Mylène reste gravée en moi. 

Elle m’écrivit un jour cette dédicace intime mais tellement vraie: « tu es un petit diable qui me prends mon âme. Etre photographiée par toi est un plaisir et un honneur. » 

La vie nous a éloigné, Mylène et moi, mais cela devait être ainsi.

L’histoire est close.

 Mylène

Les casanovas 

Les casanovas, c’est tout d’abord une rencontre. Celle d’un photographe et d’un maquilleur en quête de création.

Tout deux à la recherche d’émotions vraies et de magie. 

Au début des années 80, je me fixe entre Paris et Venise et rencontre Denis Menendez, génie authentique du maquillage et de la coiffure. 

De notre complicité naîtront les fameux « Casanovas », personnages androgynes d’un 17/18ème siècle finissant, mis en scène dans des Palais vénitiens sous des lumières crépusculaires. Les « Casanovas » imposent alors un style novateur et audacieux. Une imagerie irréelle proche des plus grands peintres. 

Pour ma part, j’ai toujours été fasciné par l’ univers de splendeur décadente de cette période. 

Le théâtre italien que m’avait fait découvrir mon père Claude Mourthé, les fabuleuses rencontres en Italie avec Fellini et Zeffirelli, la lecture de Goldoni de façon plus studieuse, la commedia dell Arte, Arlequin, les masques, le mystère, puis la séduction cachée, l’ambiguïté de cette époque chez les protagonistes amoureux. 

J’en étais tellement passionné qu’il fallait que je réalise en photo un travail qui touche cette période de frivolité et d’aventures romanesques. 

J’avais en tête le Casanova de Fellini, la version particulière du Casanova de Comencini (la jeunesse de Casanova à Venise) et surtout le Barry Lindon de Stanley Kubrick, ce film merveilleux qui raconte l’ascension et la décadence d’un aventurier au travers de la société d’une fin 17/18 ème. 

Et puis Venise… 

Ca me semblait évident puisque tout à Venise évoque le théâtre, avec une espèce de grandiloquence pleine de références au passé. 

Cette ville est hors du temps et il y règne une atmosphère d’illusion comme dans les décors. 

Il semble qu’elle renvoie aux désirs de chacun, à de profonds fantasmes. Je l’ai aimé et je l’aime toujours. Elle est l’imaginaire de chacun. 

Nous avions 2O ans et nous étions dans un état de grâce pour réaliser ces images aujourd’hui reconnues mondialement. 

Depuis, nous en avons réalisé de nombreuses autres selon notre envie. 

Denis nous quitta en 1994 me laissant le soin de transmettre notre passion et de créer la suite de notre histoire.

Venise est un théâtre. La magie ne meurt jamais.

 

Dita 

Photographier Dita est toujours un vrai bonheur doublé d’un honneur. 

Elle me fait une confiance aveugle depuis presque dix années et me reste très fidèle malgré les nombreuses sollicitations du monde entier. 

Elle est l’incarnation de la Femme et du Fantasme dans toute sa beauté. 

Chaque image est magique et je la découvre un peu plus à chaque instant.

Elle est devenue une autre muse pour moi et succède aujourd’hui à la plupart de mes modèles avec une classe et une élégance inégalée.

 1995-07-d

Chaque photographie devient culte et notre travail est toujours d’une grande beauté et d’une sensualité inouïe. 

Merci Dita d’être une Femme pour moi. 

Christophe MOURTHÉ dans un article paru sur http://www.chezhiggins.com/crbst_204.html

 

Publié dans Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaires »

L’exil américain de MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 12 septembre 2015

 

 

images (1)Une piscine inondée de soleil. Les cheveux relevés en chignon désordonné, Mylène s’y baigne nue. Elle s’est délestée du deux-pièces noir qu’elle portait en arrivant. Il fait trop chaud pour supporter une étoffe. Une caméra la filme, indiscrète. Après quelques mouvements de brasse, elle rejoint le bord de la piscine. Aveuglée par la lumière, elle plisse les yeux. On devine l’arrondi d’un sein lorsqu’elle attrape la serviette qu’une main lui tend – l’homme à la caméra, sans doute. 

Voilà plusieurs semaines qu’elle s’est exilée à Los Angeles, comme pour oublier Paris et fuir le plus loin possible l’échec de Giorgino. Elle y restera neuf mois, le temps d’accoucher d’un nouvel album. Et aussi de passer son permis de conduire – indispensable pour ne pas mourir d’ennui en Californie. Elle a choisi un hôtel réservé à une clientèle huppée, le Sunset Marquis, sur Alta Loma Road – fréquenté notamment par Steven Spielberg. Loué une villa à six cent cinquante euros la nuit avec garage, parc, Jacuzzi, salle de sport et, donc, piscine privée. Ici, aucun risque pour elle d’être dérangée : caméras de surveillance et vigiles veillent à la tranquillité des clients. Chaque jour, aux alentours de midi, un garçon en livrée apporte une bouteille de champagne dans sa chambre pour un brunch pétillant, qu’elle déguste avec Jeff Dahlgren, devenu un partenaire musical privilégié. Guitariste de talent et membre du groupe punk Wasted Youth, il a été invité par la chanteuse à habiller ses nouvelles chansons d’une couleur rock. 

Dans les premiers temps, en débarquant en Californie, au tout début de l’année 2005, Mylène a troqué sa chevelure rousse contre un blond platine qui la rend méconnaissable. Changer de tête pour exprimer ce qui est en train de bouger en elle. Quitter le costume désormais trop lourd à porter de cette rousse mélancolique pour devenir une autre.

Qui ? Elle ne le sait pas encore. Mais le soleil californien, si exotique pour cette enfant du Canada, lui apporte cette brûlure dont elle a besoin pour changer de peau. 

Désarçonnée par le passage à vide que traverse Laurent, elle a songé, un temps, voler de ses propres ailes. Anéanti par l’échec, il n’est plus là pour personne, se terre dans son appartement parisien. Alors elle a songé qu’il lui faudrait peut-être s’inventer un avenir sans lui. Avant de se raviser. Si elle souhaite prendre un virage musical, réaliser un album sans son mentor lui semble un projet insurmontable. Aux dires des musiciens qui ont travaillé à ses côtés, Boutonnat n’est pas seulement un compositeur inspiré capable de s’installer au piano et d’écrire une mélodie en quelques minutes : c’est aussi un véritable chef d’orchestre, fixant la partition de chaque instrument tout en supervisant l’harmonie d’ensemble. Comment Mylène pourrait-elle se passer de lui ? 

Aussi, lorsque Laurent prend enfin l’avion pour Los Angeles, au printemps, toute l’équipe est rassurée. Appelé à la rescousse, l’arrangeur Thierry Rogen débarque lui aussi, orientant Boutonnat et sa muse vers les studios Ocean Way, où enregistre notamment Michael Jackson. Pour autant, l’ambiance ne sera pas des plus décontractée : Boutonnat n’adresse guère la parole à Jeff Dahlgren, ce qui ne facilite pas l’avancée du travail. « Anamorphosée a été très difficile à faire, parce que Laurent était toujours dans l’état d’esprit de l’“après Giorgino”, et qu’il allait très mal », confiera Thierry Rogen. Peu à l’aise dans ce climat destructeur, le mixeur historique de la chanteuse finira par jeter l’éponge, remplacé  au pied levé par Bertrand Châtenet. 

Fuyant au maximum les tensions, Mylène s’isole dans sa villa pour écrire les paroles de ses chansons à partir des premières mélodies qu’elle écoute en boucle sur son baladeur. Au bord de la piscine, elle semble retrouver l’inspiration. Ces derniers temps, un livre ne la quitte pas. Un pavé de sept cent cinquante pages, sa Bible à elle : Le Livre tibétain de la vie et de la mort, de Sogyal Rinpoché. 

« Un vrai détonateur, dira-t-elle. En le lisant, j’étais émue jusqu’aux larmes, car auparavant la mort m’obsédait. L’idée qu’un être disparaisse me donnait un vertige qui m’attirait vers le bas. Je me dis aujourd’hui que la vie n’est pas vaine. Qu’il y a peut-être un passage. Un au-delà qui justifie notre combat. »       

1987-05-aUn chapitre retient particulièrement son attention, celui consacré à l’« impermanence ». « Les amis avec lesquels nous avons grandi, les lieux de notre enfance, les points de vue et opinions que nous défendions autrefois avec tant d’opiniâtreté : tout cela, nous l’avons laissé derrière nous », y écrit l’auteur. Une forme de sagesse libératrice pour Mylène qui, à cet instant précis, veut croire qu’elle peut renaître sous une autre forme. « Ce que nous considérons comme notre caractère fondamental, explique Rinpoché, n’est rien de plus qu’un “courant de pensée”. » La formule a de quoi intriguer Mylène : depuis l’enfance, elle éprouve un mal-être dont elle n’arrive pas à se dépouiller. Plusieurs chansons de l’album, notamment Vertige ou Comme j’ai mal, porteront la trace de cet espoir de changement, de voyage pour l’esprit et le corps. 

Dès le matin, elle se rend aux studios Ocean Way, où elle rejoint les musiciens et l’équipe technique. Laurent Boutonnat règne en maître absolu sur les tables de mixage, barbe fournie et pipe aux lèvres. Jeff Dahlgren, cheveux longs et rebelles, répète quelques accords. Au dernier moment, juste avant d’enregistrer, très concentrée, Mylène corrige les paroles avec un feutre noir, en lettres capitales. Pour la première fois, la chanteuse s’implique également dans les choix musicaux – elle signera même la partition d’un titre, Tomber 7 fois . 

« Le côté rock d’Anamorphosée, témoigne Thierry Rogen, c’est Mylène et Jeff Dahlgren qui l’ont amené et l’ont souhaité. Cette évolution nette a vraiment été le fait de la volonté de Mylène. Elle était très présente dans la production, ce qui n’était pas le cas auparavant. »

 

Si la chanteuse veut un son plus lourd, plus américain, laissant la part belle aux guitares électriques, ce n’est pas seulement pour laisser s’exprimer le talent de Jeff Dahlgren : c’est aussi pour se donner les moyens d’une renaissance artistique. Le miracle, d’ailleurs, c’est que cette atmosphère tendue va générer l’album le plus atypique de Mylène. Au fond, cet exil américain, qui se poursuivra par un séjour d’un mois à New York, permet à la chanteuse de prendre la distance nécessaire pour revenir en force. Le pari n’est pas gagné, mais elle va se battre pour s’imposer à nouveau, tournant la page de ses dix premières années de carrière afin de montrer un nouveau visage, sexy et lumineux. 

Histoire de faire table rase de son image de poupée torturée, Mylène décide de se passer de la caméra de Laurent Boutonnat. La sanction est sévère, mais l’avenir même du duo en dépend. Elle choisit Marcus Niespel, qui a notamment travaillé avec Janet Jackson ou Elton John, pour réaliser le clip de son retour : filmée en noir et blanc, cheveux aux vents, figure de proue d’une locomotive à vapeur des années 1920, elle est méconnaissable. Dans la vidéo comme dans le livret de l’album, on en oublierait même que Mylène est rousse… D’ailleurs, sur la pochette de l’album, elle a pris soin de ne pas exposer son visage : seul son corps apparaît, dans un ensemble noir des plus sexy. 

Par superstition sans doute, ignorant tout de la façon dont elle va être accueillie, elle brille par son absence lors de la sortie du premier single de l’album, XXL. Ce qui lui vaut d’être envoyée en première ligne, sur les plateaux de télévision, par sa maison de disques, qui s’inquiète du démarrage moyen de l’album, pour défendre le deuxième single, L’Instant X. Sortie peu avant Noël, cette chanson de circonstance permettra à la chanteuse de renouer avec le succès et de fixer les bases d’un retour sur scène, qui réamorcera l’amour du public. 

Invitée à s’exprimer, Mylène évoque alors son nouvel état d’esprit, afin que tout le monde puisse constater qu’elle n’est plus la même. « J’ai encore des moments noirs, des instants de dépression. Mais je suis désormais attirée vers le haut et la lumière. » La lumière : le maître mot pour qualifier son retour. Il inspirera une chanson résolument optimiste, Et tournoie…, où la chanteuse semble inviter l’autre à s’extraire des maux qui le rongent pour s’élever vers l’astre solaire : « Sous ton âme ta plainte amère / Panse-la, donne-le / Mets ton âme de lumière. » Là encore, on sent l’influence de Sogyal Rinpoché. 

« Je cesse de me concentrer sur moi-même et mes idées sombres », dit-elle encore. Le discours est bien rodé, d’une grande cohérence. Une opération marketing parfaitement orchestrée ? Pas seulement. Car si Mylène omet de préciser dans quel climat elle a préparé son retour depuis Los Angeles, elle répond toujours avec sincérité lorsqu’on l’interroge sur son attrait pour les États-Unis. Confie son besoin de « se régénérer », de « se ressourcer », son goût des immenses étendues qui ouvrent l’horizon : « J’aime bien cette notion d’espace, de grandeur. » Et puis, elle évoque le plaisir de l’anonymat retrouvé, dans un pays où elle n’est pas une star, ce qui permet un ancrage salutaire dans la réalité. « Ne pas être connue, c’est pour moi une grande liberté. Je peux vivre comme tout le monde. » 

1995-01-bUne chanson sera le symbole de cette renaissance par l’exil : California. Un morceau d’anthologie, un petit bijou musical tout en subtilité, où Mylène mêle avec bonheur références à Apollinaire et anglicismes. « Changer d’optique, prendre l’exit / Et m’envoyer en Amérique », fredonne-t-elle comme une invitation au voyage – dépaysement garanti. C’est là aussi qu’elle emploie le mot qui sert de titre à l’album : l’anamorphose, terme scientifique utilisé en optique, et auquel elle insuffle une seconde vie, poétique cette fois. « Ma perception de la vie s’est élargie », lâche-t-elle, coupant court à toute justification barbante. 

Son histoire d’amour avec les États-Unis est loin d’être terminée. L’horizon élargi que Mylène a découvert va nourrir son imaginaire scénique et accentuer son goût pour les spectacles grandioses. 

L’Amérique sera donc son point d’ancrage lorsqu’elle concevra la tournée de 1996. C’est à New York qu’elle sélectionne la troupe de danseurs, hormis Christophe Danchaud, chargé d’enseigner les chorégraphies. Elle se paye aussi le luxe de débaucher Donna de Lory, la choriste de Madonna. Le nouveau spectacle sera aussi lumineux que celui de 1989 était sombre : avec son écran géant, ses paillettes, ses costumes sexy en diable et ses chorégraphies léchées, il va imposer la nouvelle Mylène, seule chanteuse française à pouvoir rivaliser avec la démesure des stars américaines. C’est à partir de cette période que la presse, bluffée, commence à la surnommer la « french Madonna ». 

En 1999, afin de préparer le « Mylenium Tour », une tournée pharaonique qui s’arrêtera dans quarante-trois villes, Mylène repasse encore par les cases New York, pour le travail avec les danseurs, et Los Angeles, pour les répétitions avec les musiciens. Entre-temps, elle a appris à apprécier New York et se nourrir de cette énergie à la puissance dix qui galvanise les artistes. Une ville dont l’atmosphère lui semble beaucoup plus stimulante que celle de Los Angeles. Vêtue d’un débardeur et d’un pantalon blanc, on la voit se glisser, joyeuse et silencieuse, au centre des danseurs et observer le tableau en mouvement dans le miroir. 

« Plus loin plus haut / L’extase de l’immensité », chante Mylène dans Vertige, qui aborde le thème de l’impermanence cher à Sogyal Rinpoché. Si l’ouvrage du sage bouddhiste lui a ouvert l’esprit dans une direction qui semble, du moins provisoirement, apaiser son âme, le continent américain va durablement s’imposer comme une destination privilégiée. Loin de l’Hexagone, la star ira, chaque fois qu’elle en aura l’occasion, s’aérer la tête. Surtout, elle n’oubliera jamais que c’est là-bas qu’elle a repris en mains sa vie et sa carrière. Une décision qui a tout changé. 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

Publié dans MYLENE par H.ROYER | Pas de Commentaires »

Heureux qui comme Mylène a fait un long voyage

Posté par francesca7 le 2 mai 2015

 

 

35401 … Confes­sions de Mylène.

Gala: Vous venez d’ache­ver votre tour­née Time­less 2013. Reve­nir à la vie normale se révèle-t-il plus verti­gi­neux que de se lancer dans une pareille aven­ture?

Mylène Farmer:La fin d’une tour­née est toujours un moment extrê­me­ment brutal. C’est un peu comme la fin d’un voyage astral, il faut réin­té­grer son corps. Le choc est à la mesure des émotions parta­gées avec le public… Mais aussi avec les musi­ciens, les danseurs, les équipes, les proches… Il faut du temps pour reprendre le rythme du quoti­dien. Pour autant, je suis consciente de ne pas vivre une vie tout à fait «normale». Le mot qui me vient à l’es­prit, c’est «réap­pri­voi­ser» le temps, juste­ment. On ne s’ha­bi­tue jamais à une telle charge d’émo­tion. Pendant une tour­née, le corps et l’es­prit déploient des trésors d’in­gé­nio­sité pour trou­ver la force. A présent, le moment est venu pour moi de lâcher prise… Et ce n’est pas simple…  

Gala: Le senti­ment de soli­tude, à la fin d’une tour­née, est donc plus une peine qu’un besoin?

Mylène Farmer: Ce n’est ni une peine, ni un besoin, mais une réalité. Après le dernier spec­tacle, il faut accep­ter de ne plus avoir rendez-vous avec des milliers de personnes. C’est ainsi. Mais l’éphé­mère rend aussi la scène magique et les échanges avec le public excep­tion­nels. Le senti­ment de soli­tude qui s’en suit est le prix à payer.  

Gala: Vous avez pris les routes de France, de Belgique, de Suisse et même de Russie. Le dépay­se­ment, la remise en ques­tion de vos habi­tudes pari­siennes: cela vous demande-t-il un effort ou est-ce une attente?

M.F.: J’aime l’idée de rendez-vous. Aller au devant des autres avec sincé­rité et être reçue de cette façon si extra­or­di­nai­re… C’est un bonheur et une chance. Je suppose que, comme tout le monde, j’ai des habi­tudes, mais ce n’est vrai­ment pas ma spécia­lité. Je m’ennuie vite. La norma­lité me fait peur.  

Gala: Vous n’êtes pas de ces artistes qui se créent des rituels en tour­née?

M.F.: Je vais vous déce­voir! Il n’y a ni rituels mystiques, ni incan­ta­tions vaudous! (Rires) Mais pour être tout à fait honnê­te… Je me surprends à tout ranger, tout remettre droit dans ma loge, avant de la quit­ter. Pour le reste, il est ques­tion de concen­tra­tion, de travail, de répé­ti­tions, de sport, de repos et, plus fonda­men­tal encore, de m’en­tou­rer d’esprits bien­veillants qui essaient de me soute­nir comme si j’al­lais courir un mara­thon.  

Gala: Sur scène, vous étiez entou­rée de six musi­ciens, deux choristes et six danseurs. Avez-vous l’im­pres­sion de recréer une famille à chaque tour­née?

M.F.: Une famille recom­po­sée, en quelque sorte. C’est l’occa­sion de retrou­ver les siens et de décou­vrir les nouveaux venus. Le lien entre tous ces talents est clé.L’esprit d’équipe m’aide beau­coup. Comme dans toute famille, on se redé­couvre aussi avec le temps. C’est une source d’inspi­ra­tion. Une tour­née est une cara­vane qui vit à huis clos des moments intenses. On se sépare à la fin du voyage avec la promesse de se revoir…  

Gala: Quels étaient les défis de ce sixième spec­tacle?

M.F.:J’ai une pensée toute parti­cu­lière pour Mark Fisher qui a imaginé le décor. Il nous a malheu­reu­se­ment quit­tés avant de voir le spec­tacle. C’était un homme discret, créa­tif et élégant. Je l’ai remer­cié chaque soir… Le prin­ci­pal défi artis­tique était de créer de l’inti­mité dans la déme­sure. Huma­ni­ser la tech­no­lo­gie. Faire danser des robots sur une musique de Schu­bert… Les inté­grer dans le spec­tacle non comme des « machines excep­tion­nelles », mais comme des parte­naires de jeux… Philippe Stege­mann, leur créa­teur, a aussi réussi cet exploit… Je ne remer­cie­rai jamais assez Jean-Paul Gaul­tier pour sa géné­ro­sité, sa folie, son humi­lité. Ainsi que toutes les équipes pour leurs talents. Quant à l’ef­fort physique, je remer­cie mes muscles d’avoir encaissé toutes ces cour­ba­tures!  

Gala: On a pu remarquer que vous mettiez désor­mais en avant votre voix.

FanFrancoise3M.F.: C’est un long travail sur soi. La voix est un révé­la­teur de l’âme. Brel confes­sait que pour lui, chan­ter devant un public est anor­mal. Terri­ble­ment impu­dique. J’ai toujours partagé ce senti­ment… Et pour­tant… Cela passe par l’accep­ta­tion de soi et il faut au moins une vie pour s’accep­ter, ne serait-ce qu’un peu. Je ne suis pas encore tota­le­ment en paix avec cela, mais les pour­par­lers ont bien avan­cé…   

Gala: L’amour, comme une irré­pres­sible «force qui va» selon la formule hugo­lienne, impré­gnait très clai­re­ment la tour­née. C’était un parti pris?

M.F.: Pour Victor Hugo, l’amour est une descente abys­sale qui se termine dans le sang. L’homme amou­reux qui détruit tout sur son chemin est mû par une force surna­tu­relle. Cela ne laisse pas beau­coup d’espoir. J’aime à penser que ce grand monsieur a aussi écrit Stella (poème sur la renais­sance du monde, après sa destruc­tion, ndlr). Une lueur peut-être? Reste à savoir si l’amour est de nature à détruire systé­ma­tique­ment. Je commence à comprendre pourquoi je préfé­rais dispa­raître à la fin du spec­tacle dans un nuage de fumée! (Rires) 

Gala: En amour, le plus brûlant, pour vous, c’est: l’es­pé­rer, le vivre ou le pleu­rer?

M.F.: Le faire! Quand l’amour se conjugue au présent, les sens prennent le pouvoir. Au passé ou au futur, il laisse place à la raison et à son cortège de doutes qui exercent leur dicta­ture impi­toyable. 

Gala: Sur cette tour­née, on vous a décou­verte souriante, non dénuée d’hu­mour, voir même presque volu­bi­le…

M.F.: Les clowns tristes ne sont un mystère pour personne. Mais appa­rem­ment, les téné­breux drôles restent une énigme! L’humour est une anti­dote précieuse. Je n’ai jamais cessé de me le rappe­ler, même dans les moments les plus sombres. Un instinct de survie, je suppo­se…  

Gala: Le plai­sir pour vous, aujourd’­hui, c’est…

M.F.: Etre libre de parta­ger les émotions simples du quoti­dien avec ceux que j’aime ou dans ma soli­tude appri­voi­sée … C’est dans cette liberté-là que je recon­nais le plai­sir. Entre l’ombre et la lumière, j’ai choisi la lumière. J’ai choisi une vie de liberté. Avant que l’ombre, je sais, ne s’abatte à mes pieds… 

Gala: La formule Time­less n’était pas sans évoquer l’idée d’im­mor­ta­lité. Est-ce pour vous: une ambi­tion? Un espoir?

M.F.: L’im­mor­ta­lité?  Très peu pour moi. Time­less évoque plutôt l’in­tem­po­ra­lité. S’ex­traire du sablier permet d’en­vi­sa­ger la vie avec plus de séré­nité, de recul. Dans un monde qui accé­lère, c’est un luxe aussi.L’immor­ta­lité est la promesse d’un ennui éter­nel, non? Je laisse cela aux dieux ou aux fous… Pour ma part, je vis chaque instant comme il vient. 

Gala: Le show inspi­rait un voyage dans le temps. Si vous le pouviez, revien­driez-vous dans le passé ou vous projet­te­riez-vous dans le futur?

M.F.: Le temps est une obses­sion humaine. Proba­ble­ment le plus grand péché d’orgueil de l’homme. La vie d’un être est une paren­thèse enchan­tée, avec de longues périodes de désen­chan­te­ments. Le temps est un repère qui permet d’accu­mu­ler des souve­nirs et donne une impres­sion de cohé­rence à ce que l’on vit. Si les amné­siques dérangent, ils n’en sont pas moins vivants. Le bonheur se cache proba­ble­ment dans le droit à l’oubli. 

Gala: Sont-ce vos souve­nirs ou vos rêves à réali­ser qui vous tour­mentent le plus?

M.F.:Nous n’avons aucun pouvoir sur les rêves, même éveillés, ils sont intru­sifs… Ils ne faci­litent pas le bonheur… Mes souve­nirs me laissent en paix, puisque pour la plupart, je les ai oubliés… Enfouis… Égarés. 

1fGala: Etes-vous capable d’in­dul­gence et de pardon pour les proches qui vous auraient déçus?

M.F.: D’in­dul­gence, je ne crois pas… Pour moi, il s’agit d’une posture, d’un renon­ce­ment à son instinct. J’ai le senti­ment qu’a­vec l’in­dul­gence, l’autre n’existe pas…  Le pardon, lui, me semble une néces­sité.Pardon­ner, c’est prendre le chemin de la remise en ques­tion de l’autre et de soi. Chemin certes plus long, mais indis­pen­sable au bonheur. Pour les  boud­dhistes, le pardon permet de savoir que rien ne sera plus jamais comme avant, unique condi­tion pour progres­ser. 

Gala: A plusieurs reprises, durant la tour­née, vous avez fait monter de jeunes enfants sur scène. Vous semblez extrê­me­ment à l’aise avec eux. 

M.F.: Quand je croise leurs regards, ils me boule­ver­sent… Une petite fille, dans mes bras au milieu de cette scène immense, émue aux larmes, est un moment fragile et fort.  

Gala: Vous avez fréquenté le Cours Florent. Si vous aviez le choix: à quel acteur donne­riez-vous la réplique, devant la caméra de quel réali­sa­teur?

M.F.: Si j’avais le choix? Steve McQueen dans un film de David Lean… Ou… Idris Elba dans un film de Jane Campion

Gala: Votre vie a déjà fait l’objet de biogra­phies plutôt «roma­nesques». Etes-vous flat­tée, amusée ou irri­tée d’être «l’hé­roïne» de certains écrits?

M.F.:Je ne lis aucune biogra­phie me concer­nant, mais je suis plutôt amusée par les extra­va­gances qui circulent. Certains ont horreur du vide, alors ils donnent libre cours à leur imagi­na­tion. C’est du fantasme, pas de l’infor­ma­tion. Un signe de notre temps.

 Gala: Un singe capuçin, prénom­mée E.T., a partagé votre quoti­dien pendant près de trente ans. Depuis plus d’un an, c’est au tour d’un berger suisse blanc, Liloup, aux allures de louve. Qu’est-ce que ces deux compa­gnons révèlent de vous? 

M.F.: Je les consi­dère comme des intimes. Ce sont des êtres sensibles pour qui seul le regard suffit. Ils sont la preuve que l’on peut aimer au-delà des mots. 

Gala: A la fin de chacun de vos concerts, vous avez disparu dans un nuage de fumée. Vous quit­te­rez le métier avec autant de douceur?

M.F.: « S’il te plaît prends ma main, ne te fais plus attendre, il est temps de s’étreindre, il est temps de s’éteindre, une dernière ciga­rette ». Comme le chante si bien Saez… Je ne sais que vous répondre puisque… Je n’ai moi-même la réponse. Partir en fumée… De toutes façons… C’est inéluc­table.  

Gala: Mylène Farmer est-elle une insa­tiable?

M.F.:« Souviens-toi que le Temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup! C’est la loi. » (elle cite le poème L’Hor­loge, de Baude­laire, ndlr) Jouons encore un peu... En atten­dant la fin de la partie.

source : http://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars

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LE HAVRE PRESSE RECOIT MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 17 février 2015

 

Entretien avec Gilles GLEVAREC 18 OCTOBRE 1994

giorgi-14-aQu’est­-ce qui vous a séduite dans le scénario de Laurent, et tout particulièrement dans le rôle de Catherine que vous interprétez ? ­

L’histoire de ce jeune médecin démobilisé un moi avant l’armistice de 1918 qui, enquêtant sur la mort suspecte d’enfants dit retardés, va rencontrer l’amour en la personne de cette jeune fille solitaire, réfugiée dans l’enfance et d’une fragilité psychique que certains n’hésitent pas à qualifier de folie, est un sujet qui m’a immédiatement attirée par son étrangeté et son originalité. Quant au personnage lui­-même, j’ai tout de suite senti qu’il pourrait me permettre de faire passer beaucoup d’émotions, car Laurent y avait indiscutablement intégré plusieurs facettes de ma personnalité.

Qui est­ elle vraiment, cette femme­ enfant mystérieuse que les gens disent folle ? ­

Catherine est assurément différente des autres et elle paiera cette différence, surtout en raison du conformisme du microcosme que constitue ce petit village de montagne où elle vit. Je crois que c’est avant tout sa fragilité qui m’a émue. Par ailleurs, j’aime beaucoup les aspects enfantins de son comportement que sont l’innocence et la violence intérieure. Les enfants ont ça en eux : naïveté, pureté et colère. En fait, je suis très sensible à son incapacité malgré son âge à s’intégrer au monde des adultes.

Vous interprétez ce personnage que l’on perçoit errer parfois aux limites de la folie d’une façon très mesurée. Vos gestes et vos regards sont certes intenses mais ne versent jamais dans le registre expressionniste.  Est-­ce une volonté imposée par Laurent Boutonnat, ou la façon dont vous teniez absolument à incarner Catherine ? ­

Me connaissant très intimement, Laurent savait que c’était de cette façon que j’aurais les meilleures chances de m’investir totalement dans le personnage. Donc, quand je lui ai suggéré cette approche, il a immédiatement accepté. En fait, je préfère les paroles murmurées aux mots criés : je n’aime pas imposer, je préfère proposer. Cela vient d’une pudeur et d’une timidité qui font partie de moi. C’est ma personnalité profonde et sans doute que mon jeu s’en ressent. Par ailleurs, dans cet univers qui un peu celui du conte où il y a un constant va­-et-vient entre le réel et l’irréel, la compréhension du personnage ne devait bien sûr pas, pour ménager un maximum d’ambiguïté, être trop évidente

Vous venez d’insister sur votre timidité et votre pudeur : ne pensez-vous pas que cette confidence peut paraître pour le moins sujette à caution, quand on sait que vous montez des spectacles durant lesquels vous devez nécessairement éprouver un immense plaisir à vous exposer aux regards de milliers de spectateurs ? ­

C’est vrai que cela peut paraître paradoxal. Mais en ce qui me concerne, il s’agit sans doute d’un plaisir masochiste car j’éprouve tout à la fois un désir névrotique à m’exhiber sous les projecteurs et une folle envie de me cacher. Je bascule constamment entre ce désir et ce refus et quand je fais de la scène, il est vrai que je suis angoissée par la perspective du rendez-­vous avec le public. Mais d’un autre côté, j’en ai besoin pour vivre car je préfère les choses brûlantes, même dangereuses, aux choses tièdes.

On le sait, vous manifestez depuis longtemps de l’intérêt pour le cinéma. Mais quels sont les films et les cinéastes qui ont le plus fortement marqué votre imaginaire ? ­

Côté films, le premier est indiscutablement « M le Maudit » de Fritz Lang. Plus récemment, je citerais « Witness » de Peter Weir que je trouve en tous points parfait, et « La leçon de piano » de Jane Campion, que je n’hésite pas à qualifier de chef­-d’œuvre. Pour ce qui est des réalisateurs, il y en a beaucoup, mais ceux qui me viennent spontanément à l’esprit sont David giorgi-14-cLean, notamment pour « La fille de Ryan », Ingmar Bergman, David Lynch, Steven Spielberg et Oliver Stone. En fait, j’aime les projets ambitieux, les metteurs en scène qui ont une démesure, une folie, comme celui que j’ai gardé pour la bonne bouche, c’est-­à­-dire Stanley Kubrick.

Pour conclure, pouvez-­vous nous parler de votre prochain projet ? ­

Sans doute un album, ou alors un nouveau film. Mais franchement, après ces longs mois de préparation et de tournage, au demeurant totalement passionnants, j’aimerais chanter de nouveau et refaire de la scène. Mais pour cela, il faut attendre que le réalisateur veuille bien délaisser sa caméra pour que le compositeur puisse retourner à son piano !

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Mylène Farmer de A à Z dans OK

Posté par francesca7 le 18 octobre 2014

 

20 JUILLET 1987 – Entretien avec Véronique DOKAN

1987-13-aA comme Animaux

- Je vis avec un singe nommé E.T. de race capucine depuis trois ans. J’aime les animaux en général car ils sont d’un grand réconfort et ne vous saoulent pas la tête. Outre les singes, j’ai une vénération pour les souris qui sont des êtres intelligents et discrets. Lors d’un reportage photo, il m’est arrivé de poser avec des panthères, une noire et une tigrée. Celles-ci n’étaient que partiellement dressées et conservaient intacts leurs crocs et leurs griffes. La preuve, j’en garde un petit souvenir à la cuisse.

B comme Boutonnat Laurent

- Il tient une caméra depuis son plus jeune âge. Il a même réalisé son premier long métrage présenté au festival de Cannes. Pour l’anecdote, sachez que la commission de censure en a interdit la projection aux moins de dix-huit ans. Rigolo quand on sait qu’à l’époque, Laurent n’avait que seize ans ! Depuis le début, c’est lui qui réalise mes clips et écrit également certaines de mes chansons. Selon moi, et selon beaucoup d’autres, c’est un futur grand metteur en scène.

C comme Cinémascope

- C’est pour moi le plus beau format au cinéma. J’ai une passion pour cet art. Voir des films, cela m’est carrément vital. Récemment j’ai adoré « Le silence » de Bergman et « Le sacrifice » de Tarkovsky. Malheureusement, je n’ai pas trop le temps d’aller au cinéma. En revanche, je regarde beaucoup de films en vidéo mais ça ne procure pas le même plaisir. Mon rêve : installer chez moi une grande salle de projection. J’aime certains films qu’on peut juger austères mais je craque aussi pour les dessins animés de Walt Disney. A chaque fois que je vois « Bambi », je pleure à chaudes larmes.

D comme Diable ou Démon

- J’ai lu « Un bon petit diable » de la Comtesse de Ségur lorsque j’étais petite. Et depuis je me demande s’il n’y a pas toujours un bon petit diable qui sommeille en moi…

E comme E.T.

- Donc mon fameux petit singe capucin. Ou encore le film prodigieux de Steven Spielberg.

F comme Fesses

- Rondes et rosées.

G comme Gorille, Guenon, Gibbon…

- Vous avez dit primates ? Je ne sais pas encore quand, mais je passerai une partie de ma vie avec ces animaux-là. J’ai l’intention un jour de faire un élevage de singes et de vivre entourée d’eux dans un grand espace. Je ne rate jamais les reportages qui parlent d’eux et lorsqu’ils passent à la télévision, je les enregistre.

H comme … Eléphant

- Je fais ce que je veux ! En classe, j’étais plutôt douée en français mais avec quelquefois une orthographe un peu anarchique. Il faut dire que je n’ai jamais été passionnée par les études car dès mon enfance, je rêvais d’un métier artistique. A l’époque, moi qui faisais beaucoup d’équitation, je me voyais bien faire des concours hippiques et puis il y a eu l’aventure de la chanson…

I comme Imagination

- J’en manque pour cette voyelle mais je n’en manque pas par ailleurs. C’est essentiel à ma vie et je la trouve surtout à travers les livres et les films que je vois. J’aime bien parfois me couper du monde et de sa réalité à travers les histoires qu’un bouquin ou qu’un long métrage me propose.

J comme Jeaneton, larirette, larirette !

- J’ai toujours eu une aversion pour ces chansons qu’on entonnait tous en choeur dans les cars scolaires. En réalité je n’ai jamais aimé les choses collectives. A onze ans, j’ai voulu partir en Angleterre, faire un stage d’équitation mais j’ai vite déchanté en voyant les dortoirs avec quinze lits superposés, la discipline… On nous obligeait à ne parler qu’en anglais, chaque mot en français était pénalisé. Alors, je parlais en russe pour contrarier la femme qui nous hébergeait.

K comme Katherine Hepburn

- Aussi belle jeune qu’âgée… Je l’aime beaucoup et j’adorerais vieillir comme cette femme. Elle a une personnalité pleine de mystères et j’aime bien ça.

L comme Lombric

- Je faisais des élevages de vers de terre quand j’étais petite. J’ai toujours aimé enfouir mes mains dans la terre. J’ai été élevée au Canada, dans de grands espaces avec la nature tout autour, et enfant cela me plaisait beaucoup. Aujourd’hui je suis fascinée par Paris. Et la nuit, je trouve que c’est l’une des plus belles villes du monde. Si j’avais le choix (et les sous) j’aimerais bien acheter une vieille et vaste demeure ou un château pour y loger tout un troupeau d’animaux.

M comme Mutisme

- Un état que je connais bien. Il m’arrive très fréquemment et très facilement de ne plus parler pendant un long moment. En règle générale, je ne suis pas quelqu’un qui parle beaucoup, même pas à mes amis les plus intimes. A la limite, j’ai l’impression que je pourrais me confier plus facilement à quelqu’un que je ne connais pas. En fait, j’ai toujours peur qu’on ne me comprenne pas bien.

N comme Noyade

- J’ai la phobie de l’élément liquide. Je sais nager mais je crois que je ne suis allée qu’une seule fois de ma vie à plus de dix mètres de la côte dans la mer. J’ai très, très peur de l’eau. J’aime bien la mer mais plus pour le regarder que pour y barboter. Pourtant, j’ai longtemps rêvé la nuit que je vivais dans l’eau et que j’arrivais parfaitement à respirer. Allez y comprendre quelque chose…

O comme Eau, Haut…

P comme Paroles

- Avant d’être connue, j’avais toujours l’impression que les gens parlaient de moi dans mon dos, se moquaient. Et je prenais toujours toutes les réflexions à mon compte même lorsqu’elles ne m’étaient pas destinées. Aujourd’hui je n’ai pas beaucoup changé et j’avoue avoir du mal à me promener toute seule dans la rue. Cela me terrifie.

Q comme …

- Voir la lettre F

R comme Race

- J’aimerais beaucoup adopter un enfant qui aurait du sang indien. En disant cela, je pense en particulier aux Peaux Rouges du Canada, à un petit sauvage. Je trouve qu’il y a des races d’une beauté rare. Je suis allée en voyage à Bangkok, en Thaïlande, et je crois y avoir vu les plus beaux enfants 

S comme Saucisson

- Je déteste le saucisson. Ca vient du porc, c’est gras et c’est à l’image d’une certaine chanson actuelle dont je préfère oublier le titre… (nb : Mylène évoque « Viens boire un p’tit coup à la maison »)

T comme Tristana

- Ne le dites pas, Tristana c’est moi !

U comme Ubu

- Et je n’en peux plus ! Je ne bois que du Coca mais cela dès le matin au réveil.

V comme Vésicule

- Ca me fait penser à l’anatomie, matière dans laquelle j’excellais. Plus pour les croquis qu’on y faisait que pour la matière elle-même.

W comme Winston Churchill

1987-13-c- Au cours d’une soirée mondaine, Winston Churchill, quelque peu éméché, héla une femme. Celle-ci, excédée, lui tint ce propos : « Monsieur, vous êtes ivre ! ». Celui-ci de rétorquer : « Et vous, madame vous êtes laide, et moi demain j’aurai dessoûlé… »

X comme…

- Je porte plainte contre lui.

Y

- En russe, cette lettre se prononce ‘ou’. C’est une langue que j’ai apprise en classe mais je ne la parle pas.

Je déchiffre uniquement quelques phrases, c’est plutôt dur…

Z comme Zygomatique

- L’apophyse zygomatique, c’est un muscle de la joue du cheval. Ceux qui connaissent comprendront… Les autres, rendez-vous dans le dictionnaire le plus proche !

 

un forum : http://devantsoi.forumgratuit.org/

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EVE RAMBOZ et sa collaboration avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 12 mai 2014

 

 

270px-Eve-Ramboz-rAprès des études aux Beaux-Arts de Bergen, en Norvège puis à l’Insas, en Belgique, EVE RAMBOZ travaille dans le monde entier (Japon, USA, Europe). Elle se consacre aujourd’hui à la réalisation et la supervision d’effets visuels numériques pour le cinéma et la télévision.

Eve RAMBOZ est infographiste et réalisatrice spécialisée dans les effets visuels numériques depuis 1988. Elle st la créatrice, entre autres, des courts-métrages d’animation « Métamorphose » et « Le Jardin des délices ». Elle travaille également pour le cinéma (« Mécaniques célestes » de Fina Torres) et la publicité (« Le fantôme » de la Citroën Saxo en 1997). Elle habille quatre chansons de Timeless 2013 : « Oui mais… non », « Je t’aime mélancolie », « A l’ombre » et « Inséparables/Inseparables ».

Au cinéma, elle apporte sa précieuse collaboration à Peter Greenaway pour Prospero’s book, Les Morts de la Seine et M for man, à Fina Torres pour Mécaniques célestes ou Woman on the top, Roland Joffe sur Good Bye lover et Vatel, Brian De Palma sur Mission Impossible, Steve Baron (Pinochio).

 

Auteur et réalisatrice depuis 1989, elle crée des films d’animation « L’excision de la pierre de folie », « l’Escamoteur », des installations, « E.I , Lumière » et en 1994, Métamorphose, film d’art sur les travaux du Grand Louvre.

Elle fait partie des membres fondateurs de « La Maison », lieu dédié aux effets visuels.

Filmographie

Réalisatrice

  • 1988, L’excision de la Pierre de Folie (3 mn, animation à partir de l’oeuvre de Jérôme Bosch)
  • 1991, L’escamoteur (13 mn, animation à partir de l’oeuvre de Jérôme Bosch ; 2e prix Pixel-INA Animation 2D 1991)
  • 1994, Métamorphose (sur les travaux du Grand Louvre)
  • 1991 Les morts de la Seine de Peter Greenaway
  • 1991 Prospero’s book de Peter Greenaway
  • 1991 M Is for Man, Music, Mozart de Peter Greenaway
  • 1992 Mirage illimité (générique) de Maurice Benayoun et Alain Escalle (1er prix Pixel-INA Génériques 1993 et sélection SIGGRAPH 1994)
  • 1992 Cité antérieures : Sienne de Christian Boustani
  • 1997, Publicité Citroën Saxo « Le Fantôme » (sélection SIGGRAPH 1998)
  • 2000, Arabian nights (Les mille et une nuits) de Steve Barron

 

 

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À l’ombre de Tony Romera Club Remix

Posté par francesca7 le 6 mai 2014

Le Tony Romera Club Remix de Mylène Farmer   

 

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=AAxRXZMb99A

 

Nommé comme « deuxième meilleur espoir français en 2012» par le magazine français « Only For DJ », Tony Romera est un DJ français, producteur et remixeur né dans le début des années 90. 

tony-romeraAprès une série de succès EP de sur 17:44 Records et Strictly Rhythm de  » Wasted Youth « , sur la base de Lyon-la a recueilli le soutien de certains des le plus grand DJ comme Tiësto, Roger Sanchez, Chuckie, Fedde Le Grand, Fatboy Slim, Tristan Garner, DBN, Gregori Klosman, Joachim Garraud, Ron Carroll, Steve Aoki et beaucoup plus. 
En plus de ses productions, Tony est un DJ qualifié avec des performances régulières dans très propre « César Palace » de Lyon et de nombreux autres concerts tout autour de la France, la Belgique, la Suisse, etc …

Tony ROMERA vient de signer des remixes et productions sur le label prestigieux Enregistrements subliminaux, RUN DBN, Xtra Life etc Gardez un oeil sur ce jeune artiste prometteur, car il y a beaucoup de nouvelles productions, remixes et collab dans le pipeline!

 

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Mylène Farmer aime être LIBRE

Posté par francesca7 le 7 janvier 2014

 

 

Exclu Gala – Mylène Farmer: « J’ai choisi une vie de liberté »

source http://www.gala.fr/

GALA 1

Heureux qui comme Mylène a fait un long voyage, avec la tournée Timeless 2013. Mais l’odyssée n’est pas finie. Après les sourires, le fragile équilibre d’être soi… Confessions.

Gala: Vous venez d’achever votre tournée Timeless 2013. Revenir à la vie normale se révèle-t-il plus vertigineux que de se lancer dans une pareille aventure?

Mylène Farmer: La fin d’une tournée est toujours un moment extrêmement brutal. C’est un peu comme la fin d’un voyage astral, il faut réintégrer son corps. Le choc est à la mesure des émotions partagées avec le public… Mais aussi avec les musiciens, les danseurs, les équipes, les proches… Il faut du temps pour reprendre le rythme du quotidien. Pour autant, je suis consciente de ne pas vivre une vie tout à fait «normale». Le mot qui me vient à l’esprit, c’est «réapprivoiser» le temps, justement. On ne s’habitue jamais à une telle charge d’émotion. Pendant une tournée, le corps et l’esprit déploient des trésors d’ingéniosité pour trouver la force. A présent, le moment est venu pour moi de lâcher prise… Et ce n’est pas simple…  

Gala: Le sentiment de solitude, à la fin d’une tournée, est donc plus une peine qu’un besoin?

Mylène Farmer: Ce n’est ni une peine, ni un besoin, mais une réalité. Après le dernier spectacle, il faut accepter de ne plus avoir rendez-vous avec des milliers de personnes. C’est ainsi. Mais l’éphémère rend aussi la scène magique et les échanges avec le public exceptionnels. Le sentiment de solitude qui s’en suit est le prix à payer.  

Gala: Vous avez pris les routes de France, de Belgique, de Suisse et même de Russie. Le dépaysement, la remise en question de vos habitudes parisiennes: cela vous demande-t-il un effort ou est-ce une attente?

M.F.: J’aime l’idée de rendez-vous. Aller au devant des autres avec sincérité et être reçue de cette façon si extraordinaire… C’est un bonheur et une chance. Je suppose que, comme tout le monde, j’ai des habitudes, mais ce n’est vraiment pas ma spécialité. Je m’ennuie vite. La normalité me fait peur. 

Gala: Vous n’êtes pas de ces artistes qui se créent des rituels en tournée?

M.F.: Je vais vous décevoir! Il n’y a ni rituels mystiques, ni incantations vaudous! (Rires) Mais pour être tout à fait honnête… Je me surprends à tout ranger, tout remettre droit dans ma loge, avant de la quitter. Pour le reste, il est question de concentration, de travail, de répétitions, de sport, de repos et, plus fondamental encore, de m’entourer d’esprits bienveillants qui essaient de me soutenir comme si j’allais courir un marathon. 

 GALA 2

Gala: Sur scène, vous étiez entourée de six musiciens, deux choristes et six danseurs. Avez-vous l’impression de recréer une famille à chaque tournée?

M.F.: Une famille recomposée, en quelque sorte. C’est l’occasion de retrouver les siens et de découvrir les nouveaux venus. Le lien entre tous ces talents est clé. L’esprit d’équipe m’aide beaucoup. Comme dans toute famille, on se redécouvre aussi avec le temps. C’est une source d’inspiration. Une tournée est une caravane qui vit à huis clos des moments intenses. On se sépare à la fin du voyage avec la promesse de se revoir…  

Gala: Quels étaient les défis de ce sixième spectacle?

M.F.: J’ai une pensée toute particulière pour Mark Fisher qui a imaginé le décor. Il nous a malheureusement quittés avant de voir le spectacle. C’était un homme discret, créatif et élégant. Je l’ai remercié chaque soir… Le principal défi artistique était de créer de l’intimité dans la démesure. Humaniser la technologie. Faire danser des robots sur une musique de Schubert… Les intégrer dans le spectacle non comme des « machines exceptionnelles », mais comme des partenaires de jeux… Philippe Stegemann, leur créateur, a aussi réussi cet exploit… Je ne remercierai jamais assez Jean-Paul Gaultier pour sa générosité, sa folie, son humilité. Ainsi que toutes les équipes pour leurs talents. Quant à l’effort physique, je remercie mes muscles d’avoir encaissé toutes ces courbatures!  

Gala: On a pu remarquer que vous mettiez désormais en avant votre voix.

M.F.: C’est un long travail sur soi. La voix est un révélateur de l’âme. Brel confessait que pour lui, chanter devant un public est anormal. Terriblement impudique. J’ai toujours partagé ce sentiment… Et pourtant… Cela passe par l’acceptation de soi et il faut au moins une vie pour s’accepter, ne serait-ce qu’un peu. Je ne suis pas encore totalement en paix avec cela, mais les pourparlers ont bien avancé…   

Gala: L’amour, comme une irrépressible «force qui va» selon la formule hugolienne, imprégnait très clairement la tournée. C’était un parti pris?

M.F.: Pour Victor Hugo, l’amour est une descente abyssale qui se termine dans le sang. L’homme amoureux qui détruit tout sur son chemin est mû par une force surnaturelle. Cela ne laisse pas beaucoup d’espoir. J’aime à penser que ce grand monsieur a aussi écrit Stella (poème sur la renaissance du monde, après sa destruction, ndlr). Une lueur peut-être? Reste à savoir si l’amour est de nature à détruire systématiquement. Je commence à comprendre pourquoi je préférais disparaître à la fin du spectacle dans un nuage de fumée! (Rires) 

Gala: En amour, le plus brûlant, pour vous, c’est: l’espérer, le vivre ou le pleurer?

M.F.: Le faire! Quand l’amour se conjugue au présent, les sens prennent le pouvoir.Au passé ou au futur, il laisse place à la raison et à son cortège de doutes qui exercent leur dictature impitoyable. 

Gala: Sur cette tournée, on vous a découverte souriante, non dénuée d’humour, voir même presque volubile…

M.F.: Les clowns tristes ne sont un mystère pour personne. Mais apparemment, les ténébreux drôles restent une énigme! L’humour est une antidote précieuse. Je n’ai jamais cessé de me le rappeler, même dans les moments les plus sombres. Un instinct de survie, je suppose…  

Gala: Le plaisir pour vous, aujourd’hui, c’est…

M.F.: Etre libre de partager les émotions simples du quotidien avec ceux que j’aime ou dans ma solitude apprivoisée … C’est dans cette liberté-là que je reconnais le plaisir. Entre l’ombre et la lumière, j’ai choisi la lumière. J’ai choisi une vie de liberté. Avant que l’ombre, je sais, ne s’abatte à mes pieds… 

Gala: La formule Timeless n’était pas sans évoquer l’idée d’immortalité. Est-ce pour vous: une ambition? Un espoir?

M.F.: L’immortalité?  Très peu pour moi. Timeless évoque plutôt l’intemporalité. S’extraire du sablier permet d’envisager la vie avec plus de sérénité, de recul. Dans un monde qui accélère, c’est un luxe aussi. L’immortalité est la promesse d’un ennui éternel, non? Je laisse cela aux dieux ou aux fous… Pour ma part, je vis chaque instant comme il vient. 

Gala: Le show inspirait un voyage dans le temps. Si vous le pouviez, reviendriez-vous dans le passé ou vous projetteriez-vous dans le futur?

M.F.: Le temps est une obsession humaine. Probablement le plus grand péché d’orgueil de l’homme. La vie d’un être est une parenthèse enchantée, avec de longues périodes de désenchantements. Le temps est un repère qui permet d’accumuler des souvenirs et donne une impression de cohérence à ce que l’on vit. Si les amnésiques dérangent, ils n’en sont pas moins vivants. Le bonheur se cache probablement dans le droit à l’oubli. 

Gala: Sont-ce vos souvenirs ou vos rêves à réaliser qui vous tourmentent le plus?

M.F.: Nous n’avons aucun pouvoir sur les rêves, même éveillés, ils sont intrusifs… Ils ne facilitent pas le bonheur… Mes souvenirs me laissent en paix, puisque pour la plupart, je les ai oubliés… Enfouis…. Égarés. 

Gala: Etes-vous capable d’indulgence et de pardon pour les proches qui vous auraient déçus?

M.F.: D’indulgence, je ne crois pas… Pour moi, il s’agit d’une posture, d’un renoncement à son instinct. J’ai le sentiment qu’avec l’indulgence, l’autre n’existe pas…  Le pardon, lui, me semble une nécessité. Pardonner, c’est prendre le chemin de la remise en question de l’autre et de soi. Chemin certes plus long, mais indispensable au bonheur. Pour les  bouddhistes, le pardon permet de savoir que rien ne sera plus jamais comme avant, unique condition pour progresser. 

Gala: A plusieurs reprises, durant la tournée, vous avez fait monter de jeunes enfants sur scène. Vous semblez extrêmement à l’aise avec eux. 

M.F.: Quand je croise leurs regards, ils me bouleversent… Une petite fille, dans mes bras au milieu de cette scène immense, émue aux larmes, est un moment fragile et fort.  

Gala: Vous avez fréquenté le Cours Florent. Si vous aviez le choix: à quel acteur donneriez-vous la réplique, devant la caméra de quel réalisateur?

M.F.: Si j’avais le choix? Steve McQueen dans un film de David Lean… Ou… Idris Elba dans un film de Jane Campion! 

Gala: Votre vie a déjà fait l’objet de biographies plutôt «romanesques». Etes-vous flattée, amusée ou irritée d’être «l’héroïne» de certains écrits?

M.F.: Je ne lis aucune biographie me concernant, mais je suis plutôt amusée par les extravagances qui circulent. Certains ont horreur du vide, alors ils donnent libre cours à leur imagination. C’est du fantasme, pas de l’information. Un signe de notre temps.

GALA à la une 

Gala: Un singe capuçin, prénommée E.T., a partagé votre quotidien pendant près de trente ans. Depuis plus d’un an, c’est au tour d’un berger suisse blanc, Liloup, aux allures de louve. Qu’est-ce que ces deux compagnons révèlent de vous? 

M.F.: Je les considère comme des intimes. Ce sont des êtres sensibles pour qui seul le regard suffit.Ils sont la preuve que l’on peut aimer au-delà des mots. 

Gala: A la fin de chacun de vos concerts, vous avez disparu dans un nuage de fumée. Vous quitterez le métier avec autant de douceur?

M.F.:  »S’il te plaît prends ma main, ne te fais plus attendre, il est temps de s’étreindre, il est temps de s’éteindre, une dernière cigarette ». Comme le chante si bien Saez… Je ne sais que vous répondre puisque… Je n’ai moi-même la réponse. Partir en fumée… De toutes façons… C’est inéluctable.  

Gala: Mylène Farmer est-elle une insatiable?

M.F.: « Souviens-toi que le Temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup! C’est la loi. » (elle cite le poème L’Horloge, de Baudelaire, ndlr) Jouons encore un peu... En attendant la fin de la partie.

 

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Stéphane Célérier et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 15 juin 2013

 un forum : http://devantsoi.forumgratuit.org/ 

Stéphane Célérier et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE cellerier-300x133

 

Stéphane Célérier est un distributeur de film de cinéma français. Il dirige le distributeur de film français Mars Distribution, qui a notamment diffusé 8 Femmes et Mon idole.

par Christophe Carrière (L’Express)

Alors comme ça, L’Express serait un journal docile ? Si, si, je l’ai lu. Ici, dans un article de Rue89, à travers les propos d’un journaliste offusqué de ne pas avoir été invité à une projection de presse de La Vérité si je mens 3 : « Ils [distributeur, attaché de presse, etc.] ont décidé de le montrer [le film] à quelques journaux dociles. » Or, à L’Express, nous avons vu La Vérité si je mens 3 à une projection de presse. Donc, nous sommes dociles.

Bon, soyons sérieux. Certes, la comédie de Thomas Gilou a été montrée, comme on dit, à la carte. Comprendre : le distributeur, Stéphane Célérier, de Mars Films, a décidé de choisir les journalistes à inviter. Il ne s’en cache pas. Il me l’a même dit les yeux dans les yeux. Ben oui, parce que quand, arrivé début janvier, je n’ai rien vu venir dans mes boîtes aux lettres, mail et vocale, j’ai un peu pris les devants et me suis fendu d’un rendez-vous avec ledit Stéphane Célérier.

Qui m’a expliqué ce qu’on peut lire ici ou là : quand on signe un chèque de 11 millions d’euros pour acquérir un long-métrage attendu par des millions de spectateurs, on fait en sorte de ne pas se mettre de bâtons dans les roues –c’est nous, les bâtons, oui. Ce à quoi je lui ai répondu ce que mes collègues ont dit, toujours ici ou là : cacher un film si attendu, c’est tout bonnement bloquer l’info. Je vous passe le détail des argumentations (qu’on retrouve en synthèse encore et toujours ici et là, oui), il a fini par me lâcher une date de projection. A laquelle je pouvais me rendre avec Eric Libiot. Et c’est là que je ris, quand je lis « journaux dociles ».

Parce que le Libiot, dans le genre incorruptible mal léché, il se pose là. D’ailleurs, à l’idée qu’il vienne voir le film (condition sine qua non posée par mes soins), il était effrayé le Stéphane Célérier. Parce qu’il savait bien, justement, que si le rédac’ chef n’aimait pas, le film se prendrait une méchante claque derrière les oreilles.

Et puis finalement, il a mollement aimé. Et il l’a écrit ici. Une notule, cela s’appelle. Quant à moi, j’ai trouvé ça honnête sans plus. Je l’ai également écrit là.

Beaucoup moins mous ont été nos collègues écartés, bafoués, muselés. D’un coup, l’étendard intègre élevé, ils ont crié au scandale, dénoncé la promotion télé systématique, le matraquage publicitaire incessant. Il y en a même un, journaliste depuis vingt ans pourtant, qui a dit ici même (sur lexpress.fr, donc) que Hollywoo, comédie sortie à la fin de l’année dernière dans les mêmes conditions, était « le premier signe de cette dérive inquiétante ».

Journaliste depuis vingt ans, dit-il ? Mais où ? A la rédaction des Bisounours ? Au quotidien de Oui-Oui ? Voilà plus de dix ans que moult gros films sont dissimulés à la presse. Et je ne parle pas des Belmondo-Delon-De Funès qui, eux, n’ont jamais fait une projection de presse de leurs films, sinon pour les animateurs de plateau télé qui les recevaient. C’est injuste, mais ce n’est pas nouveau.

11-114x150 dans Mylène et L'ENTOURAGEEt si on dénonce les dérives, alors allons-y carrément ! On arrête d’aller aux junkets sur les tournages, organisés par des tour-operator de la communication –je l’ai fait une fois dans ma vie, sur le tournage de Cheval de guerre de Steven Spielberg, et je l’ai raconté là. Et puis on arrête d’accepter des interviews en table ronde, où on se retrouve de cinq à dix journalistes à interviewer la même personne pendant 30 minutes (je vous laisse calculer le temps de parole de chacun pour poser sa question…). Et puis on refuse d’aller voir un montage promo de vingt minutes d’un blockbuster pour ensuite rencontrer le metteur en scène et peut-être ses comédiens principaux (en table ronde, souvent).

Le jour où toutes ces bonnes résolutions seront prises, les distributeurs seront sans doute moins arrogants et reconsidéreront alors notre profession, celle de journaliste et non pas de faire-valoir marketing.

Adaptation cinématographique

  • rheinsL’Ombre des autres sera porté à l’écran par Bruno Aveillan, avec Mylène Farmer dans le rôle principal. Le film sera produit par la société de Natalie Rheims créée après la mort de Claude Berry et Stéphane Célérier de Mars Films.
  • Le tournage commencera au deuxième semestre 2011, selon les dires de Nathalie Rheims.

Dans le monde du spiritisme et de la magie commence une étrange histoire d’amour. Survivra-t-elle à la menace des Autres ?

Fin du XIXe siècle. Le vieux monde disparaît, emporté par les progrès fulgurants des sciences et des techniques. Une ère de promesses et d’incertitude s’ouvre. Les valeurs, les croyances sont réinventées, dans une quête de plus en plus intense. Au rationalisme se mêle un engouement pour le paranormal, pour l’exploration de l’esprit humain et le dialogue avec l’au-delà. Tess est une jeune chercheuse en médecine à la Salpêtrière, auprès du professeur Charcot. Une lettre va l’arracher à son univers familier et l’entraîner dans un tourbillon où toutes ses certitudes seront bouleversées : son oncle, Émile, lui demande de le rejoindre dans le Nord de l’Angleterre, pour s’occuper de sa tante, Blanche, atteinte de troubles étranges. Mais ses connaissances scientifiques se révèlent bientôt insuffisantes. Les phénomènes inexplicables se multiplient. Autour du manoir, dans l’ombre, des groupes spirites et religieux tissent leur toile, où Tess pourrait bien se retrouver prisonnière. Pourquoi s’intéressent-ils tant à elle ? Et pourquoi, finalement, Émile l’a-t-il fait venir ? Lui a-t-il dit toute la vérité ? C’est ce que le lecteur, en même temps qu’elle, et gagné par le même envoûtement, découvrira peu à peu, au fil de ce roman initiatique. Il l’emmènera aux confins de la vie et de la mort, où attendent les Autres. L’amour est au bout. Mais que peut-on savoir de leur amour ? En lui se tient peut-être le secret ultime, la dernière étape de la traversée des apparences.

 Stéphane Levallois a créé le story-board du « Farmer Project 

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Steve Cabus et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 17 août 2012

Steve Cabus

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Mylène Farmer : The Single File (anglais) (Édition à compte d’auteur)     

 

“Après la tournée et les concerts au Stade de France, comme le dit Mylène Farmer dans Paris Match, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque.”  Plus que cela encore, une angoisse terrible et des pulsions auto-destructrices, si l’on en croit les nouvelles chansons de la chanteuse. “Tu reviens toujours / Mélancolie”, dit-elle dans Moi je veux. Dans M’effondre, elle indique avec une sincérité bouleversante ces instants où l’âme sombre dans une peur irrépressible. La répétition finale de “Jusque là tout va bien” résonne d’ailleurs comme un cri déchirant en forme d’autosuggestion, une manière de se rassurer quand tout est incertain. Dans Light Me Up, elle évoque ses insomnies, la douleur brûlante de la solitude : “It’s so cold in my song”.  Avec Diabolique mon ange, elle va encore plus loin, caressant l’idée de la défenestration : “A tout jamais de celles / Qui entrouvrent fenêtre / Qui parlent et puis se jettent”. 

Seul l’amour représente l’espoir, ce qu’on ne peut retirer à ceux qui le partagent. “Car l’amour / Est à nous / Pour toujours”, chante Mylène dans Toi l’amour, qui mériterait d’être un single, tant l’intro signée Moby est magistrale.  C’est l’être aimé que Mylène appelle au secours, c’est à lui qu’elle demande de la réanimer dans Light Me Up.  Parce que, malgré tout, “La bataille est belle / Celle de l’amour / Disperse tout”.

Extrait du site de Hugues ROYER : commentaire de Steve Cabus  http://huguesroyer.wordpress.com/2010/12/03/bleu-noir-plus-noir-que-bleu/

  1. Je m’appelle Steve Cabus, je suis un français de 41 ans qui vit a Londres depuis 23 ans.

Je me permets de vous écrire aujourd’hui pour vous dire que je viens tout juste de compléter une traduction intégrale en anglais de votre biographie “Mylène”. Je ne sais pas si vous parlez bien l’anglais, ou même du tout, mais je me suis dit que cela pourrait vous intéresser quand même!

J’espère sincèrement que je ne vais pas m’attirer des poursuites judiciaires avec tout cela, je réalise bien que, même si c’est dans une autre langue, j’ai recopié votre oeuvre, et cela sans votre permission. Je vous en demande pardon d’avance. Je tiens a préciser que, bien sur, je n’en retire absolument aucun bénéfice financier, même s’il est vrai que par contre j’ai profité d’une immense joie d’être capable de pouvoir faire partager avec les fans non seulement anglais et américains, mais aussi d’ailleurs dans le monde, une oeuvre de qualité et très informative, en bref quelque chose de substantiel pour les fans non-francophones, et ils sont très grand nombre, a se mettre sous la dent.

deprime dans Mylène et L'ENTOURAGESi vous désirez jeter un oeil, la traduction est sur le site “MF International”, dans la catégorie “Mylene Farmer translations”.

Finalement, et c’est un peu sans honte mais j’imagine que c’est bien la première et dernière fois que j’aurai l’occasion de vous écrire: je suis “l’auteur”, enfin j’utilise le terme légèrement car je suis loin d’être a un niveau tel que le votre, d’une collection d’une douzaine d’histoires courtes, “Les aventures insolites de Mylene Farmer”. Sans vouloir chanter mes propres éloges, des fans m’ont dit que c’était “génial”, et d’autres trucs dans le genre, et en tout cas, en tant que fan de Mylène, ca vous fera peut-être sourire.

Si vous désirez jeter un oeil là-dessus aussi, c’est ici:

http://aventuresdemylenefarmer.skyrock.com/

 

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Mylène F. et Luc Besson

Posté par francesca7 le 1 août 2012

 

 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsLuc Besson est un réalisateur, producteur et scénariste français, né le 18 mars 1959 à Paris (France).

En tant que réalisateur, il s’est démarqué avec les films Le Grand Bleu, Nikita, Léon, Le Cinquième Élément et Jeanne d’Arc. En tant que producteur avec sa société de production Europa Corp, il est surtout connu pour la série des films Taxi. C’est la 238e fortune de France en 2009, avec 103 millions d’euros.

 

En 2000, Luc Besson fonde sa société de production et de distribution, EuropaCorp, dont l’objectif est de développer un nouveau courant du cinéma grand public en s’appuyant sur des films à succès comme la série des quatre Taxi, Yamakasi, Le Transporteur ou encore Danny the dog. Il est souvent le scénariste des films qu’il produit, privilégiant la distraction et l’action. Cette orientation lui vaut la désaffection et même le mépris de la critique, qui lui reproche d’avoir fondé un empire où il règnerait sans partage. Le « système Besson », ainsi nommé, consisterait à produire et distribuer à la chaîne des films dont le but premier est la rentabilité financière et non la qualité artistique. On déplore aussi la faiblesse, le simplisme voire la démagogie de ses scénarios qui appliqueraient toujours la même recette — pouvant être résumée de la manière suivante : un homme « costaud » est chargé de protéger une jeune femme, « jolie » de préférence, dont il va tomber amoureux avant d’éradiquer les méchants. Les Guignols de l’info se sont même emparés du phénomène, mettant en scène le cinéaste dans un sketch où il distribuait des scripts à de jeunes réalisateurs comme s’il s’agissait de plats de fast-food.

En réalité, Besson connaît en France une situation comparable à celle de Steven Spielberg aux États-Unis. Tous deux sont accusés de mettre à mort le septième art par la constitution d’un empire financier qui réduirait le cinéma à une question d’argent et à un fonctionnement industriel. Il n’est donc pas anodin que Besson soit parfois surnommé le « Spielberg français »[7]. Mais le personnage ne pourrait être réduit à sa caricature, comme le suggérait Aurélien Ferenczi, journaliste à Télérama (journal qui n’a pas toujours été très tendre avec le cinéaste) : « Bien sûr, les films qu’il écrit ne nous passionnent que rarement – et on l’aimait mieux en réalisateur du Cinquième Élément qu’en inventeur d’Angel-A ou des Minimoys. Mais sa société, EuropaCorp, investit (comme coproducteur ou distributeur) dans des films très différents, de Trois Enterrements, de Tommy Lee Jones, à Villa Amalia de Benoît Jacquot. », rajoutant que le cinéaste se tient généralement « à la bonne distance du monde politique, pourtant indispensable à la mise en œuvre de ses grands travaux tels que la Cité du cinéma. »

Mylène Farmer : premier rôle d’un film produit par Luc Besson

 

Mylène F. et Luc Besson  dans Mylène et L'ENTOURAGE mylene_farmer-STYLISTE-300x207La chanteuse Mylène Farmer, qui sera la première chanteuse française à se produire au Stade de France, a confirmé sur RTL un projet de long métrage initié par Claude Berri et dont elle aura pour la première fois aussi le rôle principal.

« J’ai le projet d’un long métrage initié par Claude Berri que j’aimais profondément, tiré d’un ouvrage de Nathalie Reims, dont le metteur en scène sera Bruno Availlan. Et ça sera pour moi un premier rôle, un deuxième film, et j’espère une rencontre avec le public », a confié la mystérieuse rousse dans un rare entretien accordé à la radio partenaire de sa tournée 2009, le premier depuis 10 ans.

Mylène Farmer devrait interpréter l’héroïne d’un roman de Nathalie Reims, L’ombre des autres. Produit par Luc Besson, le film devrait être tourné en 2010. La chanteuse sera Tess, une jeune chercheuse en médecine, assistante du professeur Charcot, à la Pitié-Salpétrière au IXXe siècle, et qui sera confrontée à des phénomènes étranges lors d’un séjour en Grande-Bretagne.

Mylène Farmer avait été dirigée au cinéma en 1994 par Laurent Boutonnat, son compositeur, dans un long métrage, Girogino, avec Jean-Pierre Aumont. Elle a aussi prêté sa voix à un personnage du film Arthur et les Minimoys, de Luc Besson.

L’intégralité de l’entretien sera diffusée sur RTL samedi, jour où Mylène Farmer fêtera son 48e anniversaire devant 80.000 spectateurs au Stade de France. La chanteuse sera en concert au Stade Roi Baudouin, à Bruxelles, le samedi suivant. (afp/7sur7)

 

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Mylène Farmer et Chr. Mourthé

Posté par francesca7 le 1 mai 2012

 

Mylène Farmer et Chr. Mourthé dans Mylène et L'ENTOURAGE 35Christophe Mourthé (né le 29 avril 1959 à Bordeaux) est un photographe français vivant à Paris et ayant notamment travaillé sur le thème du fétichisme. Il est le fils de l’écrivain et réalisateur Claude Mourthé

Christophe Mourthé a débuté comme photographe de théâtre et de music-hall à l’âge de 19 ans. Il a collaboré également à divers magazines, comme Playboy, Vogue ou Newlook, et réalisé des commandes pour le monde de la publicité et pour des maisons de disques.

L’industrie de la mode fait également appel à lui. Il collabore avec les plus grands magazines (Playboy– à 22 ans, il est l’un des principaux photographes du magazine-, Newlook, Lui, Vogue, Max…), pour lesquels il photographie les modèles.

Arrivent ensuite des commandes pour le monde la publicité (Dim, Rosy…), les grandes agences de presse (Stills, Sipa, Sygma…) et les maisons de disques (pochettes, affiches…).

Il réalise des travaux photographiques sur le thème du fétichisme depuis les années 1990 et est associé au mouvement Fashion Fetish.Il devient rapidement un précurseur de l’école des ‘fétichistes’. Le fétichisme de Christophe Mourthé devient un style à part entière, annonciateur d’une tendance de la mode dont s’emparera plus tard la haute couture. Ses photos sont enracinées tout à la fois dans la période tumultueuse des libertés des années 70 et dans la période du « safe sex » qui allait donner un coup de frein à l’élan de cette décennie. De nouvelles manières de vivre l’amour voient le jour, et le fétichisme est l’une d’entre elles. Christophe Mourthé appartient aussi et surtout à la génération « Palace », de 1978 à 83, tout comme Mugler, Gaultier, Chantal Thomass, Nina Hagen, Louboutin, Blondie, Ardisson, Paolo Calia, Pacadis, Kenzo, Houellebecq, Pierre et Gilles … dont Fabrice Emaer fut le père spirituel. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages photo sur le sujet.

Textes de Christophe MOURTHÉ  - Mylène Farmer

 

Tout d’abord il y a eu Jean Marais, Line Renaud, l’équipe des Bronzés, Thierry Le Luron et Yves Mourousi. Puis Fellini, Zeffirelli, Dario Fo, Gassman, Strehler, les filles du Crazy Horse – J’avais 19 ans à peine. Il n’y a pas d’âge pour photographier des stars. Des vraies stars. Par la suite, il y a eu Arielle Dombasle pour Playboy, Jean-Marie Bigard en Penseur de Rodin, Renaud, les adieux de Sheila, Pétula Clark pour un Olympia, les Bee Gees à Paris, César ou Nougaro, Leslie Caron et Michèle Morgan, Zizi Jeanmaire et son truc en plumes, Amanda Lear et Marie Laforêt, Patricia Kaas, Hélène Ségara, Lio ou Patrick Juvet.

 

Qui d’autres encore ? Combien sont-ils ?

Mylouxetnoux-vip-blog-com-2592801987ChristopheMourthe213 dans Mylène et L'ENTOURAGE Mais c’est surtout pour Mylène Farmer que je reçois encore des lettres de fans, 15 ans après. Une courte histoire qui allait marquer l’histoire d’un photographe et de son modèle. Cette collaboration tellement forte qu’on peut même qualifier de fusion me colle à la peau depuis toujours, depuis que nous nous étions rencontrés chez Bertrand Le Page. Nous étions intimidés, étonnés, distants. Bertrand prit les choses en main, et confirma le bien fondé de notre rencontre. Celui-ci avait un grand talent, c’était de découvrir des talents – Et de les faire fusionner. Avec Mylène, nous devions nous apprivoiser, mais nous savions déjà aussi que notre rencontre était une bonne rencontre.

 Notre première séance de photo eut lieu dans un fameux studio de la rue des Acacias à Paris.

 Tout le show business et tout le cinéma sont passés dans cette rue. La grande époque de Salut les Copains et tous ceux qui font rêver les fans. J’y ai moi même déshabillé Arielle Dombasle pour Playboy et réalisé la plupart de mes portraits de vedettes.

 

Mylène dû se satisfaire d’une toute petite cabine de maquillage non chauffée et Denis Menendez travailla sur son teint de porcelaine. Elle m’apparut dans la lumière tel un ange.

 Malgré l’intense activité qui régnait dans le studio, elle fût douce, complice déjà, extravertie pour cette fois, et avait compris que nous ferions vraiment un bout de chemin important ensemble. Elle vit ma façon d’éclairer une femme et elle comprit qu’en m’ayant choisi, elle avait trouvé en moi le parfait complément à son univers. Nous nous sommes revus beaucoup, avons partagé des instants de tous les jours, appris à nous connaître. Manger une glace ou des bonbons, aller au zoo ensemble, faire les magasins, c’était simple mais c’était important.

 Nous sommes des artistes à l’âme fragile avec un univers si singulier à fleur de peau.

 Je lui fis connaître mon monde et elle me fit comprendre le sien. Nous nous comprenions si bien que l’osmose était parfaite.

 Mon travail d’images plaisait à Mylène. Pour notre bien à tous deux. Mylène a pu s’abandonner totalement au regard d’un objectif qui ne la mitraillait pas, qui la considérait en douceur.

 Involontairement, j’ai apposé quant à moi sur ma muse une griffe, une patte, et surtout une couleur, celle de cette fameuse chevelure qui fit sa marque de fabrique.

Quand j’ai connu Mylène, elle venait d’obtenir un succès populaire avec la chanson « Libertine ». les cheveux étaient d’une couleur rousse mais assez mal définie.

Trois ans auparavant, c’est le maquilleur et coiffeur de génie Denis Menendez, mon ami, qui avait créé pour moi une couleur de cheveux inhabituelle.

 J’avais réalisé en 1984, pour ma série, les fameux « Casanovas » une image de ma soeur Virginie dans un château très connu de la région de Blois. Cette image présentée avait séduit Mylène, comme toutes les autres photos de la série. C’est ce travail photographique qui a déclenché chez elle le désir de travailler avec moi. La couleur de la perruque que portait virginie est – car personne ne le sait à ce jour – abricot. Comme le rouge que l’on trouve sur un abricot un peu mur. Sur les indications de Denis, les ateliers Poulain, célèbres perruquiers de théâtre des années 80, ont réalisé cette couleur insensée.

 Nous étions au printemps de l’année 1987.

Personne n’a décidé cela en particulier ou tout le monde indirectement.

 En tous les cas, Mylène avait toujours une reproduction de la photographie de Virginie sur une étagère bien en évidence pour mémoire. Elle y réfléchissait sans doute.

 C’est donc tout d’abord un simple de coiffeur de la rue Jean Mermoz à Paris qui a reproduit cette teinture sur les indications de Mylène, photo en main.

 Mylouxetnoux-vip-blog-com-5924041987ChristopheMourthe210Aujourd’hui, il est aisé de comprendre l’importance de cette période pour l’image de Mylène. Seul Michel Polnareff en France avait compris avant elle l’importance du look pour un artiste et de nos jours, une simple paire de lunettes blanches est synonyme de Polnareff. La couleur abricot sera toujours associée au mythe Farmer.

 Je n’avais pas encore à l’époque de statut de photographe. Seul le N et B fige à jamais sur du papier un Cocteau, une Marilyn, une Piaf, un Zorro ou un Steve McQueen  et renvoie cette personne au rang de Star immortelle.

 Elle permet à son auteur de rentrer dans la cour des grands tel un Newton ou un Doisneau.

Elle était ma star et je me devais de l’immortaliser comme telle. Je désirais lui prouver que j’étais le meilleur pour elle, pour nous.Il s’agissait de mes premières grandes photos en N et B.

Je connaissais le travail d’Alekan, le meilleur directeur photo des grandes années du cinéma, les films d’Hitchcock ou ceux d’Eric Von Stroheim. Que seraient aujourd’hui une Grâce Kelly, un Harry Baur ou un Gabin sans ses talents inouïs? Je pris aussi exemple sur Harcourt, le studio de photos des Stars mythiques. J’y ai ajouté une touche personnelle à base de réflexion de miroirs et je tenais le cadeau parfait pour ma muse. J’étais heureux.

 Elle est devenue une Star de l’image. J’en suis très fier.

 Le noir et blanc figeait ainsi Mylène à jamais.

Je l’ai ressenti si fort en faisant ces images qu’aujourd’hui elles restent uniques et pour longtemps encore. Le regard et toute cette sensualité qui s’en dégagent sont incroyables.

 Peu de fois, Mylène a tant donné dans une photo, invitation au rêve, au désir, instants magiques d’une intimité partagée qu’elle ne donnera plus que dans ses chansons.

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Interview Mylène Farmer – rôle de Catherine

Posté par francesca7 le 8 avril 2012


Propos recueillis par Gaillarc-Morgue dans Dossier de Presse – Bonne Question d’octobre 1994. (Film Giorgino )

Voilà un désir enfin réalisé, le cinéma vous y pensiez bien avant la chanson ?

Notre rencontre avec Laurent Boutonnat est né d’un même désir ; faire du cinéma. Pourtant, nous avons existé tous les eux, grâce à la chanson ; un cadeau que la vie m’a fait, même si cela n’a pas été toujours facile. Cette envie de faire du cinéma, cette envie de faire ce film, a mûri près de dix ans ; c’est long dix ans…

Quelles ont été vos premières impressions à la lecture du scénario ?

 Interview Mylène Farmer - rôle de Catherine dans Mylène en INTERVIEW GiorginoPremiereLe sujet de Giorgio m’a attiré par son étrangeté, son originalité. Pour parler plus précisément du personnage de Catherine, j’ai senti que je pouvais y mettre beaucoup d’émotions. Je crois que Laurent a puisé certaines choses de ma personnalité pour l’écriture du personnage de Catherine. Nous n’en avons jamais parlé.. Je n’ai pas réellement connu la magie de la découverte du scénario parce que j’ai suivi pratiquement 24 h sur 24, l’élaboration de ce projet : j’ai aussi vécu les difficultés d’écriture qu’ont rencontré  Laurent Boutonnat et Gilles Laurent (le coscénariste) ainsi que tous les problèmes inhérents au montage d’un tel projet. C’est malgré tout, passionnant d’apprendre tous les à côtés d’un film. Giorgino a été un accouchement dans la douleur, mais nous vivons, Laurent et moi-même, dans ce climat depuis que l’on travaille ensemble, rien ne se fait dans la facilité. Peut-être ressentirons-nous un peu de bonheur ou plutôt de soulagement, quand nous nous déposséderons totalement du film, c’st à dire le jour de sa sortie sur les écrans.

Qui est Catherine, cette femme-enfant mystérieuse que les gens disent folle ?

Catherine est différente des autres et elle pariera cette différence.. C’est avant tout sa fragilité qui m’a émue, j’aime son innocence et sa violence intérieure. Les enfants ont ça en eux : naïveté, pureté et colère… J’aime son incapacité à être dans le monde des adultes.

Quels sont selon vous, les blessures profondes de Catherine, qu’est-ce qui a provoqué cette fragilité ?

Catherine n’est pas intellectuellement de son âge, ce n’est pas un jeune fille « retardée » mais simplement colle le dit le prêtre : « elle a l’esprit d’un enfant ». Elle est restée isolé du monde extérieur, probablement protégée par ses parents, s’occupent elle-même d’enfants retardés. Pour Catherine, le noyau de sa famille pourrait représenter la beauté, et le reste du monde la laideur… Catherine n’est pas armée pour le monde extérieur et sa violence… La disparition des enfants, de sa mère, puis de son père, sont autant de traumatismes, de blessures irréversibles. Et puis, un très jeune personnage capable de dire : « Et si c’était la douleur qui faisait chanter les oiseaux ?… » n’est-ce pas suffisamment éloquent ?

GiorginoPhotos10 dans Mylène en INTERVIEWOn a l’impression que vous êtes complètement pénétrée par cette jeune fille. Comment s’est faite l’approche de ce personnage étrange ?

J’ai une très grande liberté par rapport au personnage de Catherine, c’est étrange, mais il n’y a pas eu de grande difficulté quant à savoir comment aborder ce rôle. Pour l’approche du personnage, j’ai simplement eu renvie de m’informer un peu sur l’univers psychiatrique ; j’ai pu assister à quelques entretiens entre ce qu’on appelle des « malades » et leurs docteurs, sachant que Catherine basculait dans une dite « folie », en tout cas dans un retrait d’avec une dite « réalité », j’ai écouté puis j’ai regardé la gestuelle « particulière » de ces personnes très habituées, angoissées et sous médicament pour la plupart… Vous dire que je m’en suis servie pour Catherine, je ne sais pas vraiment. J’ai abordé sa personnalité à la lecture du scénario et je savais ce que je pouvais donner au personnage. D’autre part, un costume, un décor et une envie d’incarner quelqu’un d’autre que soit, sont autant de facteurs importants pour l’approche d’un rôle comme celui-ci.

Vous vous étiez auparavant intéressée aux enfants autistes. Cette observation vous a-t-elle aidée pour le rôle de Catherine.

Aidée, je ne sais, mais avoir envie de comprendre, de percer les mystères de ce silence, de ce repliement sur soi… Catherine a un trouble profondément enfoui en elle. Le comportement des enfants autistes est tellement intrigant, leur retrait du monde est inexplicable, on ne sait pas.. Oui, j’ai peut-être la sensation d’être proche d’eux. Une communion dans le silence avec ces personnes-là me paraît plus enrichissante parfois qu’une conversation.

 

Dans votre interprétation, vous faites passer la « folie » de Catherine de façon très subtile, les gestes, les regards sont à peine esquissés, intenses mais sans excès, sans débordement. Le trouble est plus fort encore.

Je préfère les paroles murmurées aux mots cirés. En fait, je n’aime pas imposer, je préfère proposer ; cela tient d’une pudeur et d’une timidité qui font partie de moi ; C’est ma personnalité, et mon jeu s’en ressent certainement. D’autre part, Catherine me semblait plus proche de « l’introvertie » que de son contraire… Je n’avais donc pas envie, quand Catherine bascule irrémédiablement, de passer soudainement à un état épileptique et voyant. Dans cet univers de conte où l’on bascule constamment entre le vrai et le faux, le réel et l’irréel, la lecture ne doit pas être trop évidente. La présence des loups, les comportements ambigus des personnages… pendant toute l’histoire on ne sait pas, et c’est pour moi toute la magie de ce film.

Ce doit être troublant pour une comédienne d’approcher la folie…

GiorginoPhotos01En effet, troublant, attirant… Catherine semble tellement apaisée, presque sereine, dès l’instant où le monde environnant n’a plus d’empreinte sur elle. J’ai parfois le sentiment, dans des moments d’anéantissements, de frôler cette frontière « normalité-folie », mais ceci est tellement intime. Peut-on parler de traumatisme ?… Tout dépend de ce que l’on donne de soi dans une scène. Pour arriver à exprimer ses sentiments extrêmes, il faut puiser dans ses propre s névroses, faire resurgir ses plus grandes craintes, douleurs. Puis on décide que le personnage que l’on interprète n’est pas exactement comme soi ; c’est à ce moment-là que le métier d’acteur devient passionnant. Ce serait un peu comme façonner une sculpture ; il y a la matière brute (qui est soi-même avec son univers personnel) et il ya le personnage, la création, l’imagination, enlever un peu de terre ici, en rajouter là…

Quelles ont été pour vous les scènes les plus délicates à tourner ?

Il est toujours délicat de dévoiler des émotions devant plus de cinquante personnes (l’équipe) qui sont en fait cinquante étrangers. C’est d’une impudeur totale, et l’on se déteste pour ça, mais on est engagée pour le faire et le besoin de tourner, jouer, l’emporte sur le reste.

Vous éprouvez pourtant du plaisir quand vous montez sur scène, exposée à des milliers de regards !

C’est un plaisir suicidaire me concernant. Pourtant cela me manque terriblement, la scène, l’autre. Ce paradoxe de l’artiste est très réel ; avoir un désir névrotique de lumière et cette envie de se cacher. Je bascule constamment entre ce désir et ce refus. L’un ne peut pas exister sans l’autre. L’un nourrit l’autre… La notion de plaisir semble totalement abstraite pour moi. J’ai besoin du regard de l’autre, besoin de ces deux métiers pour vivre, c’est ma vie. Je refus la tricherie. Le jour où j’aurai la sensation de ne plus ressentir, de ne plus être capable de donner, je m’effacerai.

On retrouve dans Giorgino un univers qui est, semble-t-il très cher à Laurent Boutonnat et à vous-même ? Comment décrirez-vous cet imaginaire ?

C’est un monde troublé et troublant et j’espère, plein de poésie. Avec Laurent, nous aimons les paysages enneigés (je suis née au Canada). Je suis attirée par les relations, les sentiments difficiles. Tous les deux, nous sommes instinctivement attirés par les contes cruels, par l’irrationnel. Tous deux, nous refusons dans le fon, le monde des adultes. J’aime les animaux, j’aime la folie, par exemple celle des paysages fracassés, où le regard ne peut pas se promener calmement. J’ai me aussi la mouvance permanente, l’énergie sans repos possible. J’aime tout ce qui porte au rêve.

Quels sont les cinéastes qui ont parqués votre imagination ?

David Lean reste mon préféré, ou l’un de mes préférés, le personnage de Catherine m’a fait parfois penser à celui de la fille de Ryan. Jane Campion a fait un chef-d’œuvre, La Leçon de Piano, ses premiers films sont magnifiques aussi, David Lynch, Witness de Peter Weir, un film parfait, le sujet, sa façon de filmer, son choix d’acteurs, tout.. J’adore le cinéma de Bergman, j’adore Oliver Stone. Dans un tout autre genre Batman II, Steven Spielberg bien sûr… et tant d’autres… J’aime les projets ambitieux, les metteurs en scène qui ont une démesure, une folie comme Kubrick, j’aime les fous…

En littérature, vous appréciez Cioran ?

GiorginoPhotos02C’est un homme qui parle si bien « des inconvénients d’être » et qui par son cynisme arrive à nous faire rire. J »‘aime son auto-dérision. Tout ce qu’il exprime est bien au-delà du désespoir, c’est si justement formulé, cruellement drôle, si bien écrit. Il a enlevé toute poésie, tout romantisme à la « dépression », à « l’anéantissement de l’être », ce qui rend tout plus violent encore. C’est aussi un homme très séduisant.

Comment Laurent Boutonnat vous a-t-il dirigé ?

Sur le plateau, il donne des précisions techniques, en ce qui concerne le jeu, il m’a laissée une grande liberté. Il m’a donné des indications ponctuelles. Laurent sait installer un certain climat utile pour les scènes à jouer. il n’y a pas eu réellement de discussion sur le personnage. J’ai lu le scénario et je pense qu’il savait que je savais ce qu’il souhait pour Catherine. Sur le tournage, c’était « moteur ! Action! » et on parlait après. Après la prise, il donnait son jugement  » va » ou « ce n’est pas tout à fait ça. On la refait ». Cela tient au fit que nous nous connaissons parfaitement. Avec les autres acteurs, Laurent était plus volubile, je crois…

A vos yeux, quelles sont les principales qualités de Laurent Boutonnat ?

Sa démesure, sa perception du sentiment en général. Avec sa caméra et ses mots, il arrive à exprimer les troubles que l’on a en soi. Il est poétique. Pour moi qui ai suivi cet accouchement, je  peux dire que Laurent va au bout, vraiment au bout des choses. Il travaille comme un acharné, bien sûr, c’est pour lui qu’il le fait, mais il refuse de baisser les bras quitte à en payer le prix. J’aime ça. Et puis cette manière de filer, il y en a si peu qui ont ce vrai talent, cette maîtrise… Laurent fera partie, je crois, de ces quelques metteurs en scène qui ne laisseront jamais indifférent.

Que pensez-vous de Jeff Dahlgren ? Quels ont été vos rapports sur le tournage ?

Magnifiques. Le choix qua fait Laurent me paraît tellement juste. C’était lui et personne d’autre. J’aime sa façon de jouer, très économe, il me faisait parfois penser à James Dean ; et puis, il est devenu mon meilleur ami.

Après Giorgio, quel sera votre prochain rendez-vous avec le public ?

Probablement un album. Ou peut-être un autre film. J’attends que le réalisateur veuille bien délaisser ses caméras pour reprendre son piano.

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

DISCOGRAPHIE Mylène

Posté par francesca7 le 5 octobre 2011

Le Top 50 n’a été créé qu’en novembre 1984. 

Mylène Farmer est l’interprète de 8 albums studio, 5 albums enregistrés en concert (un pour chacune de ses tournées), 2 compilations de remixes et 1 compilation « best of ». 50 chansons ont fait office de single.

 Singles promo, non sortis dans le commerce 

DISCOGRAPHIE Mylène Mylene%20Farmer

Singles particuliers 

Singles non sortis en France 

Singles sortis uniquement en vinyles très limités et destinés aux DJ 

  • Août 2003 : Sans contrefaçon (JCA Remix), extrait de RemixeS 

  • Novembre 2003 : Je t’aime mélancolie (Felix da Housecat Remix), extrait de RemixeS 

  • Janvier 2004 : L’instant X (One-T Remix), extrait de RemixeS 

Faces B inédites 

La plupart des faces B de Mylène Farmer correspondent à des versions de la chanson faisant office de single (remix, instrumental…), mais il est arrivé parfois que ces faces B soient des chansons inédites : 

Coopérations 

Duos 

Autres 

1994 : productrice de l’EP Shade : Underbelly de Headmess (sorti aux  États-Unis) pour lequel elle a aussi composé les musiques, dont celle du titre Madeleine (qu’elle réutilisera pour le titre Et si vieillir m’était conté sur l’album Innamoramento). 

  • 2000 : auteur des paroles de l’album Gourmandises d’Alizée

  • 2001 : productrice du single I’m not a boy de Christia Mantzke. 

  • 2003 : auteur des paroles de l’album Mes courants électriques d’Alizée. 

  • 2003 : productrice des singles I want your wife et You du groupe Good Sex Valdes. 

  • 2008 : auteur des paroles du single Drôle de Creepie interprété par Lisa

Apparitions 

Musiques de films 

Ses deux dernières apparitions sur une bande originale ont joui d’un titre inédit chacun. 

Disques des autres artistes 

  • 2004 : Les mots en duo avec Seal sur le Best of de ce dernier, Best 1991 – 2004 

  • 2006 : Slipping Away (Crier la vie) en duo avec Moby sur le best of de ce dernier, Go – The Very Best of Moby 

  • 2009 : Les mots en duo avec Seal sur le Best of de ce dernier, Hits 

  • 2010 : C’est pas l’heure en duo avec Line Renaud sur l’album Rue Washington de cette dernière 

  • 2010 : Never tear us apart en duo avec Ben Harper sur le disque Original Sin de INXS 

Compilations 

Les apparitions des chansons de Mylène Farmer sur des compilations sont assez rares pour être remarquées, souvent associées à une cause. 

  • 1986 : Libertine sur la cassette et vinyle « Polystar 2 » 

  • 1986 : Libertine sur le vinyle « Hit-Parade 86 » sorti en  Belgique 

  • 1987 : Tristana sur la cassette et vinyle « Le cadeau de la vie » (Lutte contre le cancer

  • 1989 : Sans Logique sur le vinyle « La plus belle compilation NRJ – volume 2 » 

  • 1992 : Dernier Sourire sur le CD et vinyle « Urgence, 27 artistes pour la recherche contre le SIDA » (Lutte contre le SIDA) (réenregistré pour l’occassion) 

  • 1992 : Je t’aime mélancolie sur le CD « Life Aids: Love is the answer » (Lutte contre le SIDA) sorti en  Allemagne 

  • 2005 : Rêver sur le CD « Solidarité Asie » (Fonds reversés à Action contre la faim pour les victimes du tsunami

Compilations de remixes 

  • 1990 : Pourvu qu’elles soient douces (Razormaid Remix – Joseph Watt) sur le double vinyle du label « Razormaid », « Maid! How slow can you go? »  États-Unis 

  • 1990 : Pourvu qu’elles soient douces (Razormaid Remix – Joseph Watt) sur le CD du label « Razormaid », « Maid! How slow can you go? Volume 7 »  États-Unis 

  • 1991 : Desenchantee (Digital Mix by Art Maharg) sur le double vinyle et le CD du label « Razormaid », « Gridlock! 2 »  États-Unis 

  • 1991 : Psychiatric (Digital Mix) Mixed by Chris Cox sur le double vinyle du label « Razormaid », « Seismic Sound Three »  États-Unis 

  • 1993 : Beyond My Control by Joseph Watt sur le CD du label « Razormaid », « Maid! How slow can you go? »  États-Unis 

  • 1993 : Regrets (Digital Mix) by Joseph Watt sur le CD du label « Razormaid », « Maid! How slow can you go? »  États-Unis 

  • 1997 : La poupée qui fait non (Say it like you used to Club Remix) sur le triple vinyle « Summer Party ’97 » 

  • 2006 : Slipping Away (Crier la Vie) (Manhatten Clique Club Remix) en duo avec Moby sur la version remixée du best of de ce dernier, Go – The Very Best of Moby (Remixed) 

  • 2006 : Slipping Away (Crier la Vie) (Axwell Remix) en duo avec Moby sur le double CD « Discomix 4 » sorti en Russie 

  • 2007 : Slipping Away (Crier la Vie) (Axwell Remix) en duo avec Moby sur le CD « Taneční Liga vol. 94 » sorti en  République tchèque 

  • 2008 : Je te rends ton amour (Redemption/Perky Park Mix) sur le triple CD de D.J. S.E.A.L.K., In The M.I.X. sorti en  Europe 

  • 2009 : L’Ame-Stram-Gram (Perky Park pique d’âme Dub Mix), C’est dans l’air (Fat Phaze Remix), Je te rends ton amour (illumination – Perky Park Dub Mix) sur le CD promo du label « Melting Sound Studio », « Sanya’s Night on the Club vol. 001 In The Mix » sorti en  Russie

 

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