• Accueil
  • > Recherche : mylene farmer pied

Résultats de votre recherche

Interview de Mylène sur EUROPE 1

Posté par francesca7 le 9 novembre 2013

EUROPE 1 – 4 DÉCEMBRE 1988

TOP DES TOPS – Entretien avec Laurent BOYER

Laurent Boyer : Bonjour, Mylène Farmer !

Mylène Farmer : Bonjour.

 Interview de Mylène sur EUROPE 1 dans Mylène en INTERVIEW images-11

LB : Ca va bien ?

MF : Très bien.

LB : Bon, je sais que ce matin ça va, parce que pour un dimanche matin, c’est quand même une belle surprise !

MF : D’habitude, je cours !

LB : C’est pas vrai ?! Tu fais du sport d’habitude ? Ha bon ?! Tu courses à pied à cette heure là ?

MF : (elle acquiesce d’un murmure) Mais ça, c’est la dernière question, je crois !

LB : Ca sera dans ton ‘Top des tops Sport’, mais on sait déjà maintenant qu’il y a la course. Parce que je sais qu’en plus le nouvel album – enfin le dernier album – de Mylène Farmer se porte plutôt bien en ce moment : il a une énorme vente.

MF : Ha oui ! C’est magnifique, c’est le plus beau cadeau que j’ai en ce moment, c’est vrai que c’est cette vented’albums.

LB : Je sais que ça dépasse…c’est bientôt, non c’est déjà un disque d’or on peut presque le dire, un album d’or.

MF : C’est je crois beaucoup plus, c’est un double platine ! (rires)

LB : C’est un double platine, rendez vous compte ! Heureusement qu’il n’y a pas de disque en tungstène sinon tu l’aurais peut-être déjà ! Ca veut dire que c’est des ventes absolument énormes et que ça, c’est assez rare, surtout en ce moment au niveau des 30cm. Alors Mylène, moi, je voudrais te poser une question. C’est que on se souvient tous de Mylène Farmer à l’époque de ses débuts, et puis il s’est passé tellement de choses, tellement de titres classés au Top. Mais à l’époque, on pouvait lire, par exemple, que Marc Toesca du fameux Top 50 disait à propos de Mylène Farmer qui arrivait : ‘Elle est réservée, mièvre et prude’. Est-ce que tu penses que c’est une image que tu as donnée, au début ?

MF : Mièvre ?! C’est très agréable de sa part… Réservée, je pense que je le suis. Et prude, je renie tout à fait !

LB : Oui, c’était pas l’image que tu voulais donner avec « Maman à Tort », parce que déjà le sujet était dedans et un petit peu intrigant pour l’époque…

MF : Oui, mais…peu importe !

LB : Alors lui, il dit, parce qu’après il y a eu le deuxième 45-trs, « On est Tous des Imbéciles »…

MF : (sarcastique) Il en dit des choses…

LB : Il est incroyable, hein ?! Et puis, il arrive à « Plus Grandir » et il dit : ‘A l’époque, Mylène Farmer était trouble et crue’…Non plus ?

MF : Trouble, oui. Crue, parfois. Cruelle, aussi.

LB : Et cruelle aussi… Alors, est-ce que c’est l’image qu’on peut dire maintenant et qu’on peut donner à Mylène Farmer, cette image un petit peu crue, avec tout ce qu’il y a eu par la suite, « Libertine »…

MF : Je ne sais pas… Chacun donne l’image qu’il veut bien me donner. Quant à moi, je suis ce que je suis dans la vie, et puis j’écris et c’est au travers de mes chansons, de mes interview s…Je suis, je pense, relativement naturelle.

LB : Alors, c’est justement quoi, la vie de Mylène Farmer ? Une vie au quotidien de Mylène Farmer ?

MF : Celle d’aujourd’hui, c’est la préparation spécialement du Palais des Sports, donc c’est beaucoup de course pour le souffle. C’est tout spécialement une préparation physique.

LB : Alors justement, ce Palais des Sports, ça va être une nouveauté, parce que c’est la première fois qu’on va te découvrir sur scène…

MF : Absolument, une première fois pour moi et pour les téléspectateurs – (elle se reprend) les spectateurs.

LB : Alors là on à l’habitude, on te connaît un petit peu à travers des films – parce qu’on peut appeler ça des films- , les réalisations de Boutonnat et les tiennes. Qu’est-ce que tu as envie de faire sur scène ? Tu veux t’exprimer comment ? Tu veux aller jusqu’où ?

MF : Je ne me donne pas de limites. Je ne peux en aucun cas dévoiler le spectacle et le thème du spectacle, mais ce sera avant tout quelque chose de visuel, j’espère émouvant et qui comportera au moins quatorze chansons. (le spectacle en comprendra finalement quinze, nda)

LB : Conceptuel ou pas ?

MF : Je dirais bien évidemment, ça fait partie de la façon dont on travaille depuis le début.

LB : Est-ce que tu as envie d’écrire, à un moment donné ? C’est-à-dire d’aller plus loin, d’attaquer le roman par exemple…

MF : C’est quelque chose que j’aimerais beaucoup. Maintenant, faut-il en avoir le talent, et je crois que j’ai besoin encore de beaucoup d’années de vie, et l’apprentissage de la vie…

LB : On en parlera dans un instant peut-être avec ton ‘Top des tops’. Alors, Mylène est avec nous bien sûr pour nous présenter sont ‘Top des tops Cinéma / Musique / Littérature’ comme d’habitude. Donc, on se retrouve dans quelques instants, Mylène, avec ton ‘Top des tops Musique’.

Après une pause, Laurent Boyer lance un jeu pour les auditeurs avec une question qu’il demande à Mylène de lire.

LB : Ecoute Mylène, non, non… Si, si, c’est toi qui pose la question ! Vas-y, présente la question ! (rires)

MF : (d’un ton exagérément sensuel) Je vous présente la question : A quoi je pense quand je sussure à vos oreilles « Pourvu qu’elles soient Douces » ? (rires)

Après une nouvelle pause, Laurent Boyer prend un auditeur, Laurent, en ligne pour participer au jeu.

LB : (…) Alors à quoi pense-t-elle quand elle dit « Pourvu qu’elles soient Douces » ?

Laurent : Je peux le dire ?

LB : Ah ben tu le dis !

L : Je le dis : ses fesses.

LB : Elle pense à ses fesses ?

L : A mon avis, oui.

LB : Elle pense à ses fesses ! Tu l’as dit, hein Laurent ?!

L : J’assume.

LB : Bon, Mylène, écoute vas-y !

MF : Je donne la réponse maintenant : elles sont deux, roses de préférence, et bientôt musclées, il s’agit bien sûr des petites fesses ! (énorme fou rire partagé dans le studio)

LB : (…) Alors Mylène, ce ‘Top des tops Musique’, quel est-il ? Est-ce que c’est plutôt dans le Top 50 ? Est-ce qu’on va chercher très loin dans les racines musicales ? Qu’est-ce que tu écoutes chez toi ?

MF : J’écoute de préférence Kate Bush. Je ne sais pas si elle figure dans le Top 50…

LB : De temps en temps…

 

MF : J’ai un album préféré, c’est « Babooshka ». Que dire de cette femme ? Que je l’aime beaucoup, c’est une femme qui est aussi très proche du cinéma, qui chante merveilleusement bien, qui a des textes qui sont beaux, intelligents. Sinon, j’aime beaucoup Peter Gabriel, qui a fait une chanson avec elle, très, très belle aussi.

LB : C’est un peu le même style tout ça, hein ?

MF : Oui… Sinon j’écoute beaucoup, beaucoup de musique de films. Une musique qui me vient tout de suite à l’esprit c’est celle de « Mission ». Sinon j’aime bien en France Delerue, j’aime bien Goldschmidt, Morricone…

LB : C’est marrant, parce que tous ce que tu viens de dire, là, Goldschmidt, Delerue et tout ça, souvent c’est plein de lyrisme, c’est-à-dire que c’est des grandes envolées, c’est très conceptuel et puis ça laisse l’imagination galoper. T’as besoin d’une musique qui te laisse partir comme ça, ou imaginer ?

 

MF : Ben, je crois que nous avons tous besoin, oui, d’un imaginaire, de se le créer et le développer, oui.

LB : Justement, le film tu y penses, non ?

MF : C’est dans ma mémoire, dans mon esprit mais c’est pas pour l’instant. J’ai un projet, là, qui est bien plus immédiat, c’est le Palais des Sports une fois de plus, mais c’est vrai que je ne peux penser qu’à ça en ce moment.

LB : Ok. On se retrouve tout de suite avec ton ‘Top des tops bouquins’…

Pause musicale

LB : Mylène Farmer est avec nous…Alors, Mylène : ton ‘Top des tops Livres’. Tu es venue ce matin, tu es carrément venue avec une brouette de livres. (rires de Mylène) Mais lequel choisir dans tous ces livres ? Qu’est-ce que tu prends, Mylène ?

MF : Il y a un livre que j’ai découvert qui s’appelle « L’apprentissage de la ville », qui est de Luc Dietrich, que je me permets de conseiller à beaucoup de personnes. Voilà…Ce que j’aurais peut-être aimé faire, c’était lire peut-être la préface. Il y a une préface qui est magnifique, et je vais prendre un petit passage au hasard : ‘Faire passer ses souvenirs pour une histoire qu’on invente, se décrire tel quel sous un nom d’emprunt, entrer en scène sous un masque n’est pas un mensonge. C’est le plus souvent le seul moyen de tout dire sans offenser la pudeur, ni trahir les secrets qu’il faut respecter. Faire passer des fictions pour ses propres mémoires, se prendre et se faire prendre pour un personnage de son choix, c’est mentir. Pourquoi ?’ Je vous le demande…pourquoi ?! (Cette citation sera reprise en partie dans le programme du Tour 89, nda)

LB : C’est Mylène Farmer, ça !

MF : Je ne sais pas. C’est vrai qu’on se reconnaît quand on aime, de toute façon, quand on aime une œuvre, c’est qu’on s’y identifie, peut-être oui…

LB : Tu peux nous parler justement de ce bouquin de Luc Derlich (sic !), jusqu’où ça va ?

MF : (elle le corrige) De Luc Dietrich. C’est un bouquin, c’est presque son histoire. Ca, il faut le lire entre les lignes, ce n’est pas dit. Mais c’est quelqu’un, ce serait plus l’apprentissage de la vie dans la ville, et donc c’est quelqu’un qui va passer de… qui parle de la souffrance, qui parle de mille choses…Enfin, c’est très, très difficile de résumer ce bouquin.

LB : Tu aimes beaucoup le domaine du non-dit, aussi.

MF : Oui, j’aime l’interdit, le non-dit, le silence. Mais j’aime la parole aussi, quelquefois !

LB : Et tu aimes l’image, c’est pour ça qu’on va te retrouver tout de suite avec ton ‘Top des tops Cinéma’

Coupure musicale

LB : Mylène Farmer reste avec nous jusqu’à 12h30, je vous le rappelle, aujourd’hui c’est l’invitée, avec son ‘Top des tops Cinéma’, elle passe sa matinée sur Europe 1. Mylène on a eu le ‘Top des tops Musique’, le ‘Top des tops Livres’ (…) Mais là bon, on va parler un petit peu de cinéma, enfin du cinéma et encore du cinéma. On pourrait parler indéfiniment de cinéma avec toi, c’est étonnant. Mais est-ce que tu as une toile préférée, Mylène ?

MF : Oui. Du chapeau je ressors très, très vite un film de David Lean, qui est un de mes metteurs en scène préférés, qui s’appelle « La fille de Ryan ». C’est ce même auteur qui a fait « Lawrence d’Arabie », qui a fait « Docteur Jivago », et puis j’en oublie beaucoup…

LB : Oui, c’est du grand spectacle, quand même, « Jivago », « Lawrence d’Arabie »…

MF : C’est toujours très, très romantique. C’est grandeur et décadence, c’est plein de choses. Et « La fille de Ryan » c’est peut-être le rôle que j’aurais voulu interpréter en premier.

LB : Appel du pied peut-être, non, qui sait ?!

MF : Non, parce que ce monsieur fait son dernier film – je crois d’ailleurs une coproduction française – mais ce sera son tout dernier film…

LB : Est-ce qu’il y en a un autre, est-ce qu’il y a d’autres genres de films qui te tentent

de temps en temps ?

MF : Je vais changer complètement d’univers et parler de Spielberg. C’est quelqu’un qui me touche

énormément, alors je vais parler de « E.T. » par exemple, « Rencontre du Troisième Type » qui est une merveille. Et puis, je peux encore retomber dans un autre univers qui est celui de Bergman, qui est là très, très intimiste. Et puis je vais en oublier plein comme d’habitude !

LB : C’est marrant, parce que dans tout ça il y a une sensibilité exacerbée. Que ce soit chez Spielberg, par exemple : c’est plein de sensibilité, en fait c’est très fort en émotion.

MF : C’est un regard d’enfant éternellement, oui, retourné vers le passé…

LB : Merci Mylène, on se retrouve tout de suite avec le ‘Top des tops Sport’.

Nouvelle coupure musicale

LB : (…) Alors Mylène, on va finir avec le ‘Top des tops Sport’, peut-être du moins parce que je sais déjà qu’il y a la course à pied, mais parmi ces trois domaines – le sport, les hobbies ou la peinture -quel est ton top ? Qu’est-ce que tu préfères en fait ?

MF : J’en ai déjà parlé, mais là je vous parlerai du sport. Courir, ce n’est pas quelque chose que je fais avec affection, parce que j’ai plutôt du mal. Mais là, c’est la carotte, comme on dit, qui est au bout, qui est donc cette scène que je vais entreprendre. Sinon, des hobbies, j’en ai, oui : c’est la lecture, bien évidemment. J’ai eu une petite folie de peinture, ou plutôt de dessin, que j’ai très vite abandonnée, parce que là il faut…enfin, je me donne trop de maîtrise que je n’ai pas, quoi. Donc, j’ai abandonné. Que puis-je dire d’autre ? M’occuper de mes singes…

LB : Tu as des singes ?

MF : Oui, j’ai deux singes.

LB : Tu passes beaucoup de temps avec eux ?

MF : Oui, beaucoup de temps. Je pense que si j’avais des enfants, je m’en occuperais autant, avec le même amour et…

LB : Tu voudrais en avoir, des enfants ? Tu penses en avoir ?

MF : J’ai l’impression que j’ai remplacé les singes par les enfants (elle réalise sa confusion et bafouille)

LB : (il corrige) Les enfants par les singes !

MF : Les enfants par les singes, oui. Vous voyez le lapsus ! (rires)

LB : On est des grands singes vivants, alors !

MF : Oui.

LB : (…) Mais je suis sûr que, quelque part, tu penses en avoir. Tu aimerais avoir un jardin d’enfants, ou t’occuper d’enfants…

MF : Un jardin secret, mais pas un jardin d’enfants. Pas pour l’instant.

LB : OK. Le sport donc, c’est vraiment une contrainte ?

MF : Non, n’exagérons pas. Ca peut-être quelque chose de très agréable. Mais c’est vrai qu’au début, on se fait un petit peu violence, et puis nous avons des corps en repos, et ça c’est terrible de le bousculer.

LB : Mais tu vas continuer probablement, quoi. Tu vas pas t’arrêter là…

MF : Je pense qu’on ne peut pas s’arrêter à partir du moment où on y a pris goût. Après c’est quelque chose dont on a besoin aussi.

LB : Est-ce que tu as une hygiène de vie ?

MF : Lié à cet entraînement, j’ai fatalement effectivement une alimentation qui est rigoureuse. Dire que c’est macrobiotique, c’est faux. C’est simplement quelque chose de réfléchi, de ‘sain’. C’est vrai que j’ai arrêté et abandonné totalement le Coca-cola. Ca a été très difficile ! (rires) Il faut abandonner les gâteaux, faire quelques concessions, là, que j’accepte.

LB : Pour ce spectacle…Alors les dates du spectacle, on peut en parler ?

MF : Le démarrage, je ne peux donner que le début, ce sera le 18 mai. Et puis après, on verra. Mais c’est le 18 mai au Palais des Sports

LB : La scène, tu avais vraiment envie, hein ?

MF : Ah oui, j’en ai très, très envie. Et de plus en plus !

LB : Merci Mylène Farmer d’avoir passé ce dimanche matin avec nous. Et alors, tu sais que la récompense, c’est justement qu’on va t’écouter là, tout de suite, et que cette semaine tu es quand même numéro un du Top 50. C’est la première fois que ça arrive ?

MF : (dans un sourire) C’est la toute première fois !

LB : Ca fait du bien ?

MF : Ca fait du bien !

LB : Jeanne Mas avait dit la même chose : ‘C’est la toute, toute première fois’. Merci, Mylène Farmer.

Mylène rit alors que débute « Pourvu qu’elles soient Douces ».

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

L’histoire Désenchantée de Mylène F.

Posté par francesca7 le 1 novembre 2013

 Désenchantée est une chanson de Mylène Farmer, écrite par Mylène Farmer et composée par Laurent Boutonnat, sortie en 1991.

Histoire

L'histoire Désenchantée de Mylène F. dans Mylène AU FIL DES MOTS images-3En 1990, Mylène Farmer poursuit l’exploitation de l’album En concert ainsi que de la VHS. La fin de la tournée a été une période déstabilisante pour l’artiste : « C’est un moment de vide, et non pas de doute. Une absence d’idées quant à une écriture pour un autre album. C’est pour cela que j’ai laissé passer un peu de temps avant de me remettre à écrire. C’est difficile d’envisager d’écrire après un moment pareil…Le retour au quotidien a été un peu à l’image d’une dépression, mais j’étais quand même relativement entourée. Mais tous ces états de choses très puissantes et puis rien, c’est presque inhumain. Tout artiste est amené à vivre cela heureusement -ou malheureusement… »

Mylène Farmer profite de cette période pour lire, apprendre à conduire et perfectionner son anglais. S’ensuit l’écriture et l’enregistrement de son nouvel album pendant cinq mois. « Désenchantée » a connu quatre versions différentes, Laurent Boutonnat et Thierry Rogen ne parvenant pas à l’arranger comme ils le souhaitaient. Laurent Boutonnat a même envisagé d’abandonner cette chanson.

Le single est disponible le 18 mars 1991 et entre à la douzième place du top 50 pour atteindre la première place dès la troisième semaine. Il restera numéro 1 pendant neuf semaines consécutives.

Le 7 avril, une interview de Mylène Farmer par Laurent Boyer sur le plateau du tournage du clip de « Désenchantée » est diffusée. Les premières images de ce clip avaient été diffusées une semaine avant dans Télé 7 Jours.

En 2005, elle a également été la chanson française la plus diffusée dans le monde.C’est le premier single extrait de l’album L’autre…, le second n°1 en France pour Mylène Farmer et son plus gros succès single, qui dépassa les frontières françaises (n°1 en Belgique, n°3 aux Pays-Bas, n°16 en Autriche…). Restée 9 semaines N°1, « Désenchantée » a été la chanson la plus diffusée en 1991, et celle qui a rapporté le plus de droits d’auteur. Elle s’est vendue à plus de 1 300 000 exemplaires.

Désenchantée a été repris par la chanteuse belge Kate Ryan en 2002.

Le clip a été réalisé par Laurent Boutonnat et tourné à Budapest, dans une usine désaffectée (aujourd’hui détruite) et dans la plaine Apaj Puszta, du 18 au 23 février 1991. Cent dix neuf figurant ont été employés, dont des enfants venant d’écoles de Budapest, mais aussi de foyers d’handicapés, ou encore de foyers de réinsertion : « On voulait beaucoup de figurants et on voulait surtout des enfants qui portent quelque chose de grave dans le visage, dans le regard. ». Une grande partie de l’équipe technique est hongroise, seules douze personnes viennent de France. Le montage a été effectué en France et Laurent Boutonnat a composé une musique spécialement pour le générique de fin. Mylène Farmer est habillée par Thierry Mugler. Le 23 février 1991, le chanteur Jean-Louis Murat a rejoint l’équipe afin de tourner le clip du prochain single, « Regrets ». Des scènes avec des squelettes ont été tournées mais n’ont pas été retenues lors du montage.

La première diffusion du clip a eu lieu sur Antenne 2 le 3 avril, dans le cadre de l’émission NRJ-A2.

Le clip a été nommé aux Victoires de la musique en 1992. Cette victoire a été remportée cette année-là par Les Inconnus avec le clip « Auteuil, Neuilly, Passy ».

Synopsis

telechargement-4 dans Mylène AU FIL DES MOTS

Un garde revêche traîne Mylène Farmer, cheveux courts et casquette sur la tête, dans un camp de travail. La jeune femme est accueillie comme il se doit par ses congénères : jets de pierres et de boules de neige, puis ils prennent la fuite. Au passage, un petit garçon (Adil Med Mejrhirrou,11 ans, un élève d’une école française de Budapest) jette la casquette de Mylène par terre et lui donne un coup de pied. Un garde vient la relever et l’accompagne au dortoir. Mylène y retrouve le petit garçon, qui partage une cigarette avec elle… La scène suivante nous montre tous ces captifs au travail, sous le contrôle des gardes, en train de transporter des sacs qui semblent bien lourds. Si lourds que le petit perd l’équilibre et tombe au sol. Un garde vient le relever et l’emmène avec lui. Au moment du repas, Mylène croise son regard. Il a un œil tuméfié par les coups… La soupe servie est plutôt misérable. Mylène y trouve un cafard, qu’elle contemple d’un air dégoûté, avant que son voisin ne lui prenne et l’engloutisse. Révoltée, elle se lève et se rend devant le garde pour se plaindre de la nourriture. Sous le regard ravi de la matonne (Erika Francz Jánofné), il lui décoche un grand coup au visage. Mylène se retourne alors et monte sur les tables, envoie valser les lampes, et retire le bois qui cloisonne les fenêtres. Peu à peu, les autres prisonniers la suivent et se mettent à taper sur les tables, à crier, à se révolter. Mylène assomme le garde, tout le monde se déchaîne. Tous les captifs courent et s’échappent. Ils prennent leur vengeance en rouant de coups les gardes qui ont le malheur de les croiser, ou même en les mitraillant. Mylène est à la tête du groupe de révoltés, qui s’enfuient en courant. Ils arrivent devant une grande étendue de neige. Ils courent, courent… Puis ils s’arrêtent. Devant eux, la neige s’étend à perte de vue. Ils n’ont aucun endroit où aller. La fuite ne mène nulle part.

Versions

Deux versions du clip seront proposées aux télévisions. Une version courte d’environ six minutes et une version intégale de 10’12. Il est très intéressant de comparer les fins de ses deux versions qui offrent deux visions totalement divergentes du clip. La version courte se termine sur des images de prisonniers victorieux de leurs bourreaux et recouvrant la liberté. La version intégrale montre Mylène et ses compagnons faisant face à un paysage enneigé, désolé semblant infini et ne leur offrir aucun avenir. Ils choisissent de poursuivre leur marche vers cette liberté tant désirée mais qui semble à présent rimer avec la mort.

Analyse

Nombreux seront ceux qui attribueront un sens politique à la chanson. En effet, le titre sort dans une période de grande morosité en France. On parle beaucoup des déçus du mitterrandisme, François Mitterrand ayant été réélu président de la République en 1988 suite à une campagne qui avait particulièrement séduit les jeunes, campagne portée par le slogan « Génération Mitterrand ». Pour Mylène Farmer, qui se situe « hors du temps, hors de l’histoire » il n’y a pas de revendication politique dans ce texte : « Cela n’implique que moi. Je ne dis pas que l’époque est « désenchantée ». Mais que mon regard sur la vie, sur les choses l’est. C’est Mylène Farmer qui est désenchantée. Ma demande est fondamentalement narcissique, égotiste. Je ne peux pas prôner le négativisme, en l’affirmant. Ce n’est pas pessimisme que de penser qu’on est en 91 devenu plus lucide, davantage conscient de ses désillusions qu’auparavant. Dès sa naissance, je crois que l’on subit sa vie, sa mort. En la matière, on ne peut être fondamentalement interventionniste. J’ai un problème avec la vie, mais je vis, alors tout ne va pas si mal que l’on croit. »  Pour Laurent Boutonnat, la chanson est « un coup de projecteur sur une génération en mal de futur ».

Interprétation en direct

Mylène Farmer a interprété ce titre cinq fois à la télévision, dont une fois en Italie. En concert, la chanson a été interprétée lors des tournées de 1996, 1999-2000 et 2009 (où elle fait office de final pour les concerts en stade), ainsi que lors des treize concerts à Bercy en 2006.

Anecdotes

  • Désenchantée aurait inspiré le titre Disappointed du groupe Electronic.

Publié dans Mylène AU FIL DES MOTS | Pas de Commentaires »

vidéos officielles de la tournée « Timeless 2013″

Posté par francesca7 le 19 octobre 2013

 vidéos officielles de la tournée

Article sur http://www.chartsinfrance.net

Le 7 septembre 2013, Mylène Farmer donnait le coup d’envoi de sa nouvelle tournée « Timeless 2013″, annoncée un an plus tôt et pour laquelle près de 420.000 billets se sont écoulés. C’est au Palais Omnisports de Paris-Bercy que la chanteuse a entamé son tour de chant. Dix représentations étaient prévues, et deux restent encore à honorer ce week-end. D’emblée, la critique s’est montrée élogieuse, à l’exception d’un article récemment publié par le journal Ouest France, qui attend néanmoins la chanteuse de pied ferme au Zénith de Nantes le 8 octobre. Car c’est bel et bien en province que Mylène Farmer se produira à compter du 24 septembre, première date de sa résidence lyonnaise à la Halle Tony Garnier. L’artiste a prévu de donner quatre shows dans la grande salle, et c’est d’ailleurs là que le DVD de « Timeless 2013″ sera capté en vue d’une sortie physique dans les prochains mois.

Mylène Farmer se rendra ensuite au Park&Suite Arena de Montpellier pour trois soirs à compter du 3 octobre, au Zénith de Strasbourg les 15 et 16, au Gayant Expo de Douai du 20 au 23 novembre, à Toulouse du 26 au 30, avant de chanter au Zénith de Clermont-Ferrand le 3 décembre et au Palais Nikaïa de Nice le 6. Entre la fin du mois d’octobre et le début du mois de novembre, la chanteuse s’envolera également pour la Suisse, la Belgique, la Russie et la Biélorussie, où elle devrait présenter le même spectacle, ponctué par ses dernières chansons.

Car ce sont les titres de ses deux derniers albums « Bleu noir » (2010) et  »Monkey Me » (2012) qui sont les mieux mis en valeur. Dans une ambiance futuriste et accompagnée de ses robots danseurs, Mylène Farmer interprète notamment sur scène son tube  »Oui mais… non », les singles »Je te dis tout » et « A l’ombre », et n’oublie pas ses fans de la première heure en reprenant quelques-uns de ses classiques dont « Je t’aime mélancolie » et « Sans contrefaçon ». Quelques images de ce spectacle ont été dévoilées lors de différents reportages télé ces derniers jours. Des images officielles aujourd’hui rendues publiques, à découvrir sur le site suisse LiveMusic. De quoi faire patienter les plus fervents admirateurs d’ici la sortie du DVD. 

 l’entrée de Mylène Farmer (« Timeless 2013″) :

Image de prévisualisation YouTube

  »Oui mais… non » de Mylène Farmer (« Timeless 2013″) :

Image de prévisualisation YouTube

Le démarrage de cette tournée coïncide avec le lancement d’un nouveau single, « Monkey Me », envoyé aux radios dans deux versions différentes. Des supports physiques seront disponibles à partir du 7 octobre, jour de la sortie de nouvelles éditions 33 Tours de ses anciens disques « Bleu Noir » (2010), « Point de suture » (2008), « Innamoramento » (1999) et « Ainsi soit-je… » (1988).


 

Publié dans Mylène 2013 - 2014, Mylène AU FIL DES MOTS, Mylène en VIDEOS, Mylène TIMELESS 2013 | Pas de Commentaires »

des retours du 1er Bercy 2013 de Mylène

Posté par francesca7 le 14 septembre 2013

 

Image de prévisualisation YouTube

Dimanche soir, Mylène Farmer donnait à à Bercy le second concert de sa tournée Timeless de 39 dates. Arrivé parmi les premiers, Patrick Le Lay mâchonne un chewing-gum et fait la bise à Nathalie Rheims, la meilleure amie de Mylène Farmer. Aussi imperturbable qu’un menhir, l’ancien patron de TF1 observe la fosse pleine à craquer. Le spectacle est aussi derrière lui. Chapeau haut de forme, bottes pointues, un clone de Johnny Depp, époque Pirates des Caraïbes, prend place dans les rangs VIP. Dans les couloirs, les boutiques sont prises d’assaut. Machines carte bleu à la main, les vendeurs n’arrêtent pas malgré le prix élevés des produits estampillés «MF»: 45 euros le tee-shirt manche longue. Les fans n’ont pourtant pas tous l’air de rouler sur l’or. Au bar, la mode est au Manhattan hot dog 100 % bœuf. «Contrairement aux fans de hard rock qui ne boivent que de la bière, ceux de Mylène sont surtout soda et champagne», confie le barman.

 

À la fois James Bond Girl et jeune fille fragile

Dans la pénombre, le directeur musical Yvan Cassar, qui a beaucoup minci, donne le coup d’envoi aux musiciens. Le public scande le prénom de sa diva. Elle arrive quelques minutes après à bord d’une capsule spatiale. À la fois James Bond Girl et jeune fille fragile aux jambes de sauterelle, elle semble perdue au milieu d’un décor trop grand. Sur les écrans géants, son image défile entrecoupée de projections futuristes. Sa combinaison dorée avec manches pailletées est l’un des six costumes dessinés par Jean-Paul Gaultier. En talons hauts, Mylène Farmer descend, avec prudence, l’escalier rétractable de son engin spatial. Il s’agit de ne pas de rater une marche comme cela lui était arrivé sur le perron de l’Élysée en 2010. Longues jambes, port altier: c’est la princesse Leia de Star Wars. Il ne lui manque que les tresses roulées en forme de macarons. John Nollet s’est contenté de relever les cheveux roux tout en laissant une mèche retenue par un nœud noir retomber sur l’épaule.

Micro à la main, elle entame son concert avec À force de, extrait de son dernier album Monkey Me, avec sa voix vocodée. «Bonsoir, vous allez bien? Reprenez moi!», lâche-t-elle à la foule conquise. Elle sourit, heureuse d’être là. D’emblée, elle s’approprie la scène et donne le ton d’un concert qui sera beaucoup plus optimiste et espiègle qu’habituellement. Mylène a envie de vivre et le public la suit dans un voyage qui durera deux heures, plus libérée qu’à son habitude sur scène.

 

Les robots, grande innovation du show

«Comme j’ai mal» et le tube «C’est une belle journée» suivent avec énergie. Pour cette troisième chanson, elle s’autorise une chorégraphie, entourée de six danseurs très virils mais pas encore tout à fait synchronisés. Les robots blancs de deux mètres de haut qui émergent du sol en et en fixant la foule de leurs yeux rouges puis bleu électrique, leur volent presque le vedette. Ils font preuve d’une sacrée souplesse et dansent gracieusement autour de la diva. «C’est extraordinaire, chuchote Marie-Agnès Gillot, bluffée à son voisin, le communiquant Arnaud Nouvion. Ils n’ont ni bras ni pieds mais comme on devine leurs épaules, leur cage thoracique et leur bassin, on s’identifie à eux.»

À la dernière note, les drôles de machines basculent en arrière et disparaissent dans les entrailles de Bercy. «Mylène les appelle ses danseuses ou ses filles, confie le producteur Thierry Suc. Nous les avons repérés dans une publicité Citroën, il y a trois ans et nous les avons achetés.» C’est la grande innovation du show. Mais la star et ses danseurs doivent respecter scrupuleusement un périmètre de sécurité: les robots déploient une telle force que le moindre coup aurait des conséquences dramatiques. Le tableau suivant s’ouvre dans le noir sur le rouge fluorescent des guitares électriques au son de Monkey me. Un fan qui a le sens de l’à-propos jette un singe en peluche sur scène. Dans les gradins VIP, seul Jérôme Béglé en connaît les paroles.

des retours du 1er Bercy 2013 de Mylène dans Mylène 2013 - 2014 farmerbercy13Des images de nuages bleus

Sur scène, la chanteuse parvient à renouveler son esthétique. Un duo virtuel avec Moby, quelques chansons de ses deux derniers albums comme Oui, mais non… C’est un des passages obligés de la soirée. La foule se pétrifie. On entendrait voler une mouche. «Yvaaaann», lance une voix quand le directeur musical de Mylène apparaît en contre-jour au piano, sur le devant de la scène. Cette séquence émotion débute par deux duos avec le chanteur américain Gary Jules, peu connu dans l’assistance. Bientôt, les larmes plus ou moins obligatoires des fans répondent sont à celles de leur star.Sans ces larmes, ce ne serait pas un vrai concert de Mylène Farmer. Sur les écrans qui surplombent Bercy, gros plan sur ses yeux embués. «Merci beaucoup, j’espère y arriver, là», lâche-t-elle d’une voix étranglée lors des premières notes de Et pourtant. Tout semble réglé comme une chorégraphie de plus.

Fixé sur le piano d’Yvan Cassar, un écran vidéo tout en longueur fait défiler des images de nuages bleus évanescents. Dans les gradins VIP, Lionel Baert, créateur de jeux télévisés, est épaté: «Quand Mylène tourne le dos pour s’hydrater, elle dépose sa bouteille dans un cache noir dissimulé sur le piano.» Cette séquence émotion est aussi le moment où les spectateurs qui n’adulent pas la chanteuse relâchent leur attention car cette communion est une affaire fans purs et durs.

«J’aimerais terminer sans pleurer mais je n’y peux rien»

La bête de scène reprend bientôt le dessus. Sur les gradins, le public se lève les tubes s’enchaînent. Les classiques de Mylène Farmer - DésenchantéeSans contrefaçon, XXL… - et les succès plus récents - Bleu noir et À l’ombre. Tout Bercy est debout, se trémousse, frappe des mains et chante en chœur. L’hystérie atteint son apogée quand une nacelle emmène la show girl – en bottes et robe noire gothique – au dessus de ses fans à cinq mètres au dessus du sol. Le spectacle touchera bientôt à sa fin. Les vigiles ouvrent déjà les portes et une souffle d’air frais s’engouffre dans la chaleur moite. Dans une lumière violette, Mylène Farmer, qui a revêtu une robe virginale, réapparaît le temps de Rêver, son message d’espoir: «J’aimerais terminer sans pleurer mais je n’y peux rien, n’en déplaisent à certains», dit-elle, le visage à nouveau mouillé de larmes.

«J’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer au souffle du vent», chante-t-elle, les bras ouverts, au centre d’un cercle de faisceaux blancs mouvants. Une fée des neiges dans une boîte à musique. «Merci beaucoup, bonsoir!» Et elle quitte la scène, happée par un nuage de fumée. Yvan Cassar et ses musiciens finissent le morceau dans le noir. Les lumières se rallument, laissant le public pantois et conquis. Nathalie Rheims est aux anges et file féliciter sa copine en loge. Les invités descendent l’escalier qui mène à l’aftershow sous la scène en ne manquant pas de saluer, un quadragénaire bel homme et discret ; c’est Benoît Di Sabatino, le compagnon de la star. Cette tournée sera un succès. Commercial certes mais aussi artistique. Que l’on soit fan ou pas, chapeau bas devant pour le travail et le professionnalisme de Mylène Farmer. Elle ne laisse rien au hasard, pas même l’émotion, et rend à son public tout ce qu’il lui offre. On ressort du concert assourdi, aveuglé et ébahi. Interloqué aussi. Mais admiratif assurément.

 

article paru sur Le Fagaro.fr 

Publié dans Mylène 2013 - 2014, Mylène AU FIL DES MOTS, Mylène TIMELESS 2013 | Pas de Commentaires »

Mylène sur FR3 Lorraine

Posté par francesca7 le 1 septembre 2013

 Mylène sur FR3 Lorraine dans Mylène en INTERVIEW my1-225x300

PATATOES PATATORUM

AVRIL 1985 – FR3 LORRAINE

Mylène est l’invitée de cette émission dans laquelle la parole est donnée aux enfants. Pour commencer, Mylène interprète « Maman a Tort » dans un petit décor à fond blanc, devant un lit d’hôpital et une table de chevet, vêtue de sa grenouillère verte et d’une veste rose. La chanson terminée, Mylène rejoint l’animatrice et s’assied à ses côtés.

X : Mylène, tu vas un peu nous dire tout ce qui s’est passé depuis « Maman a Tort ».

Mylène Farmer : Hé bien, depuis « Maman a Tort » j’ai préparé un autre 45-Tours qui s’intitule « On est Tous des Imbéciles » et j’ai terminé la promotion de ce disque, et puis pour la suite je vais sortir un album, je pense aux alentours de septembre, octobre (1985, ndlr).

X : Dans le même style ?

MF : Oui, on va garder le même style (rires).

X : D’accord. Et Mylène, toutes tes envies de faire des instruments, enfin de jouer des instruments, de faire un peu de comédie, des choses comme ça… ?

MF : Pour l’instant, j’ai toujours les mêmes passions, qui sont la lecture et le dessin. Quant au théâtre, je le laisse de côté pour l’instant. Je vais essayer de parfaire ce métier de chanteuse, et puis je vais peut-être voyager, puisque c’est le sujet !

X : Oui, est-ce que t’aimes bien voyager ?

MF : Bien sûr, oui ! J’ai pas la chance pour l’instant de voyager, parce que j’ai pas beaucoup de temps, mais j’irai sans doute au Canada prochainement.

X : Pour ton métier ?

MF : Non, non, non : pour des vacances ! (rires)

Des enfants arrivent alors sur le plateau et s’assoient aux pieds de l’animatrice et de Mylène. La présentatrice s’intéresse alors à eux et les interroge sur les pays qu’ils ont déjà visités, avant de poser la même question à Mylène X : Mylène, t’as voyagé quand t’étais petite ?

MF : Je suis allée de Montréal en France, je suis allée aussi en Guadeloupe et en Angleterre. C’est tout.

X : D’accord, donc pas encore dans les pays plus lointains.

MF : Non.

Après la diffusion d’un extrait du film « Roar » consacré aux lions, on retrouve Mylène avec un petit chien blanc sur les genoux qu’elle caresse chaleureusement. La présentatrice présente ensuite aux enfants des petites poupées en costume traditionnel de différents pays et ils doivent deviner leur pays d’origine. Ils en reconnaissent certaines mais sèchent sur une en particulier…

X : Tu sais toi, Mylène ?

MF : Oui, c’est le Pérou !

Le jeu continue avec d’autres poupées (mexicaines, russes…) L’animatrice lance ensuite le jeu fil-rouge de l’émission : l’invité présente un objet mystère et les téléspectateurs doivent écrire à l’émission pour donner leur réponse.

MF : Je vais vous présenter mon papatoès…patatoès ! Alors, c’est un tout petit objet qui est en plastique et en aluminium, il comporte des numéros dessus et on le met autour de quelque chose. Voilà !

L’animatrice énonce l’adresse à laquelle écrire pour donner sa réponse. On aura la réponse au patatoès de Mylène dans l’émission du mois suivant : il s’agissait d’un petit compteur à accrocher au bout d’une aiguille à tricoter afin de compter ses mailles et ses rangs.

X : Mylène, est-ce que c’est vrai qu’on est tous des imbéciles ?

MF : Oui, affirmatif !

X : Affirmatif ? Tu vas encore nous le redire, alors ?!

MF : Oui !

Mylène se lève et va interpréter « On est Tous des Imbéciles » dans un coin du plateau au milieu de quelques bustes de mannequins posés sur des colonnes. A la fin de la chanson, l’animatrice salue les téléspectateurs et l’émission s’achève.

 

 

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

PRESSE de Têtu…. avec Mylène

Posté par francesca7 le 24 août 2013


PRESSE de Têtu…. avec Mylène dans Mylène dans la PRESSE images-12Le premier numéro du magazine paraît en juillet 1995.

Pour la première fois, un magazine homosexuel obtient dans ses pages des budgets annonceurs généralistes : couturiers, stylistes, opérateurs de téléphone, fournisseurs d’accès à Internet, parfumeurs, marques d’eau minérale, etc. Le journal est d’ailleurs financé par Pierre Bergé, cofondateur du groupe Yves Saint Laurent, qui revendique une action militante. À son apparition, il a pris le relais du magazine Gai Pied, disparu à l’automne 1992 (1979-1992).

Depuis son numéro 142 (mars 2009), il se décompose entre un magazine principal, axé sur la culture, la mode, le people, les voyages, le lifestyle, la psycho, et un deuxième magazine plus petit, inséré à l’intérieur et intitulé Têtu News, centré sur l’actualité LGBT (lesbienne, gay, bi et trans) en France et dans le monde et sur les associations LGBT françaises.

Chaque numéro comprend une rubrique sur le sida coordonnée jusqu’en mai 2007 par Christophe Martet, qui était aussi rédacteur en chef du guide gratuit Têtu+ d’information sur le VIH, diffusé tous les deux ans à 200 000 exemplaires. Ces pages sont désormais incluses dans Têtu News et coordonnées par Luc Biecq.

Certaines personnalités choisissent Têtu pour faire leur coming-out, tandis que certains hommes politiques y acceptent les interviews pour montrer leur ouverture d’esprit ou leur solidarité avec la communauté homosexuelle (notamment dans la lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits). Une nouvelle formule paraît en mars 2009 : le magazine s’ouvre alors sur une grande interview d’une personnalité comme Pedro Almodovar, Ewan McGregor, Catherine Deneuve, Florence Foresti, Stéphanie de Monaco, Jean-Paul Gaultier, David Ginola, Nikos Aliagas, Beth Ditto, Adil Rami, Ali Baddou, Laurent Ruquier, Antonio Banderas, etc..

Thomas Doustaly, a été son rédacteur en chef, puis son directeur de la rédaction pendant plus de dix ans. En juillet 2007, Têtu subit une crise interne avec le licenciement de plusieurs membres de la rédaction, la presse s’en est fait écho, dont le site Rue89. Finalement, Thomas Doustaly quitte ses fonctions en mars 2008.

Le 1er juillet 2008, Pierre Bergé nomme Gilles Wullus rédacteur en chef de Têtu, puis directeur de la rédaction à partir de novembre 2009. Gilles Wullus fut, jusqu’en 2007, le rédacteur en chef Édition du quotidien Libération. Dans un contexte de crise de la presse depuis l’automne 2008, il parvient à contenir l’érosion des ventes dans les limites de celle du marché des magazines (Source OJD )

 Après le recrutement d’un nouveau directeur artistique, Nicolas Valoteau, en août 2010, et d’un nouveau directeur délégué, Jean-Marc Gauthier, venu du groupe Lagardère, le magazine paraît sous une nouvelle formule à partir du 21 septembre 2011, entièrement re-designée, enrichie de nouvelle rubriques (sport, cuisine, auto, sexo, 15-20 ans, déco), et qui voit l’arrivée de nouveaux chroniqueurs, les écrivains Philippe Besson, par ailleurs animateur de l’émission Paris Dernière, et Abdellah Taïa, prix de Flore 2010 .

 Depuis février 2009, Têtu est également décliné en deux sites internet, l’un à destination des gays, têtu.com, l’autre à destination des lesbiennes, têtue.com. Ces sites sont également les hôtes de la radio numérique Têtu Radio, développée par le groupe Goom Radio. Le site a été meilleur site de magazine pour l’année 2010 par le Syndicat de la presse magazine (source: http://www.spmi.info/). Les deux sites sont rapidement devenus le principal portail d’information en France à destination des gays et des lesbiennes. Sur Facebook, le site se classe premier parmi les magazines masculins en termes de nombre de fans (source: http://www.rue89.com/presse-sans-presses/2011/08/17/reseaux-sociaux-le-monde-est-champion-france-24-cartonne-218204).

Une des rares fois où Mylène Farmer évoque son statut d’icone gay, de plus les clichés du photographe la font apparaître plus garçon manqué que jamais.

  • Styx magazine : Spécial Mylène Farmer « Tour 2009″ de avril 2010
  • Styx magazine : Spécial Mylène Farmer « L’Autre… » de mars 2011
  • Styx magazine : Spécial Mylène Farmer « Cendres de lune / Ainsi soit je… / En concert » de août 2011

 

Article Wikipédia.

 

Publié dans Mylène dans la PRESSE | Pas de Commentaires »

Mylène, un panel de critiques

Posté par francesca7 le 30 juillet 2013


Mylène, un panel de critiques dans Mylène et des CRITIQUES images-24C’est en 1984 que le public découvre, à l’occasion de la sortie de son premier single « Maman a tort », les allures timides et complexées d’une certaine Mylène Gautier. Laurent Boutonnat, son Pygmalion, n’a pas encore fait de cette jeune fille de vingt-trois ans l’implacable machine commerciale qui fera sa fortune. Nulle ambition calculatrice ne semble pouvoir être décelée chez cette jeune fille fragile à la voix chancelante. Mylène Gautier n’a pas encore chaussé les cothurnes de Mylène Farmer, et pourtant elle a déjà de quoi attirer l’attention. Car elle cultive le goût de la surprise, et son premier single provoque le malaise. À l’écoute de « Maman a tort », vous aviez d’abord souri aux tons frais de la comptine d’enfant. Ce n’est qu’après que vous avez commencé à ressentir la gêne.

C’est la victoire de l’opéra italien sur l’opéra français, le piège de la domination de l’harmonie sur la signification : vous aviez cru que la gaieté de la comptine suffisait à établir le sens de la chanson, et vous vous êtes confronté à la noirceur des paroles. L’enfant, malade, chante seule dans sa chambre d’hôpital, prenant à parti l’auditeur, devenu l’ami imaginaire inventé pour tromper la solitude. Pour finir de choquer, la petite fille est amoureuse de son infirmière à la voix douce, substitut d’une mère rejetée pour n’avoir pas accepté le désir homosexuel de sa fille. La première pierre de l’édifice Farmer est à l’image du futur palais : la légèreté d’une voix frêle jusqu’à la cassure dissimulant un sens caché et provocateur.

La griffe Mylène Farmer s’affirme d’emblée dans cette superposition artificielle d’une voix claire et d’une parole sombre. 

Mylène Farmer invite donc son auditeur à la distance. Elle creuse en ses chansons un double fossé que le prétendant doit franchir pour clore sa quête herméneutique et accéder au rang d’initié. Le premier écart consiste à se défier de la forme – voix, tonalité, rythme –, le second à percer le chiffre poétique. Car le style de Mylène Farmer se veut énigmatique et codé. Et qu’est-ce qui mérite d’être ainsi caché, sinon ce que l’on ne peut montrer sans danger ? La quête de sens de l’auditeur sera résolument amoureuse, tout entière tendue vers le désir de l’interdit et de l’indicible. La chanteuse a alors l’habileté d’offrir à l’énigme une réponse spéculaire. Car ce que l’auditeur désire, le but de sa quête, c’est le désir lui-même. Toutes les chansons de la première Mylène Farmer finissent en effet par dévoiler un troublant désir sexuel et un envoûtant désir de mort. Après le provocant « je suis une catin » du quatrième single « Libertine », les chansons du premier album Cendres de Lune (1986) composent avec art un univers à la fois sexuel et morbide.

 L’on ne pourrait parler d’une double thématique, tant la mort est inextricablement liée, chez Mylène Farmer, au désir sexuel. Mêlant deux interdits, les chansons de ce premier album célèbrent la jouissance dans la mort et la décomposition. C’est à l’hôpital que la petite fille de « Maman a tort » découvre son désir homosexuel, c’est auprès d’un vieux lubrique que l’héroïne de « Vieux bouc » connaît le plaisir, et c’est « Au bout de la nuit », « où tout meurt sans cri », que l’on peut connaître la plus grande jouissance.

Le désir est d’autant plus trouble que les chansons brouillent les cartes de la différenciation sexuelle : si « Libertine » et « Vieux bouc » mettent en scène des relations hétérosexuelles, « Maman a tort », « Greta » et « Tristana » sont trois odes au désir exclusivement féminin. Enfin, en recréant l’inconfort du premier single, l’album Cendres de Lune profite de la juvénilité de la voix de la chanteuse pour installer l’auditeur dans un univers enfantin sans cesse déniaisé par l’horreur de la mort. Plus grandir est la prière d’une adolescente qui ne veut pas mourir, et le mystérieux « Chloé » est une comptine chantée par une enfant qui vient de voir sa sœur mourir noyée, le crâne fendu. 

Le second album est à l’image du premier. L’on pourrait presque dire qu’il en est sa réalisation aboutie. Le formidable succès commercial d’Ainsi soit je (1988) installe Mylène Farmer dans son personnage de chanteuse névrosée. La provocation sexuelle mène la danse : « Pourvu qu’elles soient douces » célèbre les fesses, et chante à demi-mots les délices de la sodomie, la reprise de « Déshabillez-moi » est languissante à souhait [et accessoirement catastrophique, NDLR], et le fameux « Sans contrefaçon » joue une nouvelle fois avec l’indifférenciation sexuelle en mettant en scène une femme qui se sent homme. Mais le désir de mort n’est pas en reste. Si la référence à Baudelaire eût suffi en elle-même à inscrire les chansons de Mylène Farmer dans une filiation poétique morbide, le choix du poème « L’horloge », dans sa description du temps anthropophage, ne peut que renforcer l’importance du thème. « Allan » et la « Ronde triste » évoquent des fantômes, comme l’on invoque les esprits, et « Jardin de Vienne » rend hommage à un pendu. Cependant, dans cette thématique apparaît un nouvel ingrédient : « Ainsi soit je » et « Sans logique » laissent transparaître des accents religieux. Mylène Farmer donne libre cours à une éducation chrétienne où, si le désir de mort est encouragé, le désir sexuel achoppe sur la culpabilisation. 

Le thème religieux sera central dans le troisième album L’autre (1991). En effet, Mylène Farmer laisse désormais de côté la provocation sexuelle, pour révéler son versant le plus sombre. Si « Je t’aime mélancolie » et » Psychiatric » jouent avec son image de chanteuse aimant aborder les contours de la folie morbide, et si « Désenchantée » se veut l’étendard d’une génération sacrifiée, « Agnus Dei » et « Beyond my control » s’amusent avec le thème du sacrifice christique sur fond de prières liturgiques. Foulant aux pieds l’interdit religieux, Mylène Farmer devient une Ève tentatrice cultivant le péché en pleine connaissance de cause, une sorte de Bossuet pervers adepte de l’auto-flagellation. La chevelure rousse de la chanteuse commence décidément à sentir le soufre. 

C’est ce désir de l’interdit qui s’éteint avec le quatrième album Anamorphosée (1995). La carrière « américaine » de Mylène Farmer commence, comme l’annonce le titre « California ». Adieu les accents mélancoliques, c’est le retour en force du sexe. Mais cette fois, plus de quête désirante : le sexe s’offre sans chiffre codé, sans savoureux détour, sans voile de Poppée. L’auditeur n’est plus un décrypteur des sens seconds : il doit accueillir la crudité désarmante du premier degré. « L’instant X », « Eaunanisme », « XXL », autant de titres révélateurs du tournant de la chanteuse. Du désir de l’interdit à la provocation bien franche, celle qui fait vendre. Quant à « Rêver », c’est une célébration de l’amour et de la tolérance : décoiffant, non ? L’on ne s’étonne plus que les Enfoirés aient pu reprendre la chanson. Il ne manquait plus que les chœurs d’enfants de « Tomber sept fois » pour que le tableau soit complet. 

Les deux albums suivants, Innamoramento (1999) et Avant que l’ombre (2005), ont repris la recette. Il est désormais plus vendeur de vanter les pouvoirs de l’amour (« L’amour naissant », « Innamoramento », et dans le dernier album « Avant que l’ombre », « Aime », « L’amour n’est rien », « Peut-être toi »), que le troublant désir du suicide et de l’homosexualité. Ajouter à cela un zeste de cul porno-chic (le « prends-moi, prends-moi » de « L’Âme-stram-gram », l’inceste dans « Optimistique-moi », le récent « j’en ai vu des culs » de « QI » ou encore le bien nommé « Porno-graphique »). Insérer entre les trois derniers albums pas moins de quatre collectors commerciaux, concerts ou compilations (Live à Bercy,Mylénium tourLes MotsRemixes 2003). Adapter cette recette à une jeune lolita du nom d’Alizée (dont la petite culotte blanche émoustillera le papy), et vous images-25 dans Mylène et des CRITIQUESobtiendrez le pactole. La machine est désormais huilée. 

Mylène Farmer est passée du « jouir dans la mort » au « jouir de l’amour avant que la mort nous sépare ». En tout bien, tout honneur. Le problème, c’est que la poésie de l’interdit s’est envolée, et avec elle tout le désir de l’initié. En passant du sens voilé à la tautologie du premier degré, la chanteuse a transformé son auditeur en fan. Le fanatique de Mylène Farmer ne pense plus, ne cultive plus la distance : il achète, un point c’est tout. Et il célèbre avec Mylène Farmer, en chœur avec tous les enfants et les petits oiseaux de la Terre, la beauté de l’amour. Il fut un temps où les comiques Les Inconnus se moquaient de Mylène Farmer en lui faisant dire « J’écris des paroles que vous ne comprenez pas, d’ailleurs moi non plus ». Désormais, malheureusement, l’on ne comprend que trop bien.

Publié dans Mylène et des CRITIQUES | Pas de Commentaires »

Entretien de Mylène sur NRJ

Posté par francesca7 le 30 juin 2013


un forum : http://devantsoi.forumgratuit.org/

 

20 AVRIL 1988 – Entretien avec Dominique DUFOREST

Entretien de Mylène sur NRJ dans Mylène en CONFIDENCES soi-je

Dominique Duforest : (après avoir salué Mylène et expliqué aux auditeurs qu’ils pouvaient appeler le standard de NRJ pour poser leurs questions à Mylène) Alors, « Ainsi Soit Je… » : c’est un très bel album, ce titre « Ainsi Soit Je… », et puis il y a une poupée à ton effigie sur la pochette de l’album…

Mylène Farmer : Oui, c’est la poupée qui était présente dans le clip de « Sans Contrefaçon ».

DD : « Ainsi Soit Je… », la poupée à ton effigie, cela a une signification, tout ça ? Tu te regardes ?
MF : C’est difficile de résumer un titre comme ça. Moi, je donne beaucoup d’importance aux trois points de suspension d’ « Ainsi Soit Je… ». Si on peut résumer « Ainsi Soit Je… », ce serait un portrait.

DD : Ce sont des points de suspension lourds de sens ?
MF : Lourds de sens en ce qui me concerne, oui ! (sourire)

DD : Pourquoi ? Parce que ce que tu racontes dans l’album c’est la partie immergée de l’iceberg ?
MF : Probablement, oui. C’est vrai que c’est un exutoire que d’écrire des chansons. Là, en l’occurrence, c’est un album qui est, c’est vrai, très, très, très proche de moi.

DD : Oui, personnel, quand même. Alors tu cultives quand même depuis le début, depuis le premier disque, depuis « M aman a Tort », un personnage un peu ambigu, un peu mi-fille, mi-garçon, peu souriante, loin du monde…
MF : Je suis d’accord pour tout, sauf pour le terme ‘cultiver’.

DD : Ah bon ?
MF : Parce que je pense qu’on ne peut pas tricher. C’est-à-dire qu’on ne peut pas tricher quatre ans.

DD : J’ai pas dit que tu trichais, j’ai dit que tu cultives !
MF : Non, non, je sais. Mais c’est vrai que le mot ‘cultiver’ quelquefois m’ennuie un peu…

DD : M ais l’air lointain, tout ça, c’est toi ?
MF : Oui !

DD : Tu as toujours été un peu détachée, comme ça, du monde, du monde ‘bas’ ?
MF : Détachée, parfois complètement impliquée et en avoir très peur… Mais très souvent, on cherche toujours son lieu de prédilection. Il est rare.

DD : Je pense qu’on en parlera beaucoup tout à l’heure avec les auditeurs. Dans un instant, ce sera « Libertine » !

Diffusion de « Libertine ».

DD : Elle est libertine et elle est sur NRJ ce soir jusqu’à 20h : Mylène Farmer. (…) Je pense que nous avons un premier auditeur en ligne…- Allo ?
DD : Bonsoir ! (…) Ton nom ?

- Olivier.

DD : Olivier, bonsoir.
MF : Bonsoir…
– Salut Dominique, salut Mylène !

DD : Bonsoir !
– Vous allez bien ?

MF : Très, très bien, merci !
DD : Ta question ?

- Alors, ma question : Mylène, peux-tu me dire à quel âge as-tu commencé la musique, et quelle passion as-tu à part ce métier ?

MF : Oh ! La première question est plus facile : j’ai commencé à l’âge de vingt-deux ans. Quant à la passion, elle est toujours là, c’est une découverte. C’est une succession de découvertes…

- Ca a été un coup de foudre ?

MF : C’est un coup de foudre, oui. Je pense qu’on pourrait pas exercer ce métier sans coup de foudre.
DD : C’est indiscret de te demander ce que tu faisais avant de chanter ?
MF : Non ! Avant, je faisais beaucoup d’équitation et parallèlement, je suivais des cours de théâtre.

DD : Ha d’accord, donc tu avais déjà quand même un pied dans un domaine artistique.
MF : Une fibre artistique, alors !

DD : Une fibre artistique ! Olivier, merci de ta question…
MF : Merci !

DD : Je ne sais pas si on va en retrouver une autre tout de suite (…) Si tu veux bien, on va écouter un autre extrait de ce superbe album « Ainsi Soit Je… », et c’est une chanson que tu n’as pas écrite, c’est une chanson qui était chantée au départ par Juliette Gréco.
MF : Absolument : « Déshabillez-Moi ».

DD : C’est une référence, pour toi, la chanson ou Juliette Gréco, ou les deux ?
MF : Non, j’avoue que je connais peu Juliette Gréco. Cette chanson en l’occurrence, je l’aimais beaucoup et j’avais très envie avec Laurent Boutonnat de la réactualiser, à savoir faire d’autres…

DD : Un autre style…
MF : D’autres styles, oui.

DD : Alors, « Déshabillez-M oi » par Mylène Farmer, qui a laissé à tout le monde un souvenir ému le soir des Oscars de la M ode à la télévision, chère Mylène !

(Mylène éclate de rire alors que commence la chanson.)
DD
: (…) On rappelle la chute quand même, c’est « Déshabillez-vous », pour ceux qui ne connaissent pas la chanson !

MF : C’est évident, il faut la réciproque !

DD : Une question tout de suite au standard, allo ?
– Salut, Mylène !
MF : Bonjour !

DD : Bonjour, ton prénom ?
– Martin

DD : (…) Bonjour, ta question !
– Alors, je voudrais savoir comment est-ce que tu définis ton style de musique, selon toi ?

DD : Ha, question fondamentale !
MF : Fondamentale et difficile, une fois de plus ! Je pense que j’essaye de privilégier avant tout l’émotion. Quant à définir le style musical, je sais pas. Je pense que c’est du domaine de la variété… J’avoue que j’ai pas la notion des castes et que ça ne m’intéresse pas. Voilà, l’émotion avant tout, je pense.

DD : La réponse te satisfait, Martin ?
– Je suis très content (rires de Mylène)

DD : Merci de ta question, au revoir !
DD : Allo, est-ce qu’il y a quelqu’un au standard ?
– Oui, bonsoir Dominique, bonsoir Mylène !
MF : Bonsoir Dominique…

DD : Quelle voix ! Ton prénom ?
– Nadège
MF : (elle réalise son erreur) Nadège ?! Bonsoir, Nadège (rires)

DD : (…) Dominique, c’est moi ! Alors, ta question, Nadège…

- Alors tout d’abord, je voudrais féliciter Mylène pour tout ce qu’elle fait.

MF : C’est gentil.
– Je trouve que tu es vraiment une très grande chanteuse !
MF : Merci beaucoup !

DD : Ca commence bien ! La suite ?!
– Ma question, alors comptes-tu faire un concert, notamment à Paris ou en région parisienne ?
MF : C’est quelque chose auquel je pense, que je n’ai pas encore défini. S’il faut donner des dates, je pense d’ici un ou deux ans.

DD : Oui parce que je te signale qu’en dehors de la question de Nadège, les questions sur ce sujet sont très, très nombreuses au standard. Tout le monde veut absolument te voir sur scène !
MF : J’en ai très, très envie aussi. C’est vrai que je veux le faire absolument aux côtés de Laurent Boutonnat qui, lui, parallèlement a d’autres projets, donc nous allons privilégier ces projets. Et puis le temps de la préparation, aussi, de penser cette scène me prendra une année ou deux années.

DD : Voilà, Nadège, merci de cette question qui a permis de satisfaire beaucoup de gens qui voulaient avoir une réponse. (à Mylène) Laurent Boutonnat et toi, ça fonctionne vraiment d’une façon incroyable : c’est vraiment un duo de travail extraordinaire.
MF : C’est fabuleux. Je crois qu’on a peu de rencontres, en tout cas en ce qui nous concerne, peu de rencontres comme ça.

DD : C’est ton Pygmalion, un peu ?
MF : On peut dire Pygmalion, mentor… On dit ce qu’on veut ! C’est avant tout quelqu’un que j’aime énormément évidemment et avec qui il y a vraiment un parallélisme et une correspondance énorme dans tous domaines artistiques.

DD : En tout cas, entre autres, sur cet album « Ainsi Soit Je… », vous avez commis une autre superbe chanson qui s’appelle « Sans Logique ». Elle fait partie de celles que tu aimes ?
MF : Bien sûr. J’espère ! (rires)

DD : Alors, on l’écoute !
DD : C’est « Sans Logique » et c’est sur NRJ et c’est M ylène Farmer. Encore une belle chanson ! On va en écouter d’autres tout à l’heure, je vous promets, de cet album, en découvrir parce que c’est vraiment très, très bien. On a sûrement quelqu’un au standard de NRJ, allo ?
– Bonjour !

DD : Une voix très jeune ! Ton prénom ?
– C’est Isabelle !
DD : (…) Ta question ?
– Alors je voulais savoir pourquoi on parle si peu de Mylène Farmer dans les magazines à part quand elle sort un disque, tout ça…C’est vraiment dommage parce qu’on aimerait en savoir plus sur cette chanteuse qui a plein de talent, enfin je vais passer le baratin… !

elles dans Mylène en INTERVIEW

DD : En tout cas, on va parler d’elle ce soir !
MF : (sourire) C’est quelque chose qui est, là, volontaire. A savoir que je pense que trop parler de soi, déjà c’est quelque chose qui ne m’est pas propre – depuis ma tendre enfance, j’ai beaucoup de mal à parler de moi-même – et d’autre part, je pense que ça démystifie très, très, très vite quelqu’un et que le public peut se lasser d’une personne, à savoir aussi bien les prestations télévisées que les interview s. Je pense qu’il faut les raréfier, voilà.

DD : Il est bon de se faire rare, de se faire envier, de se faire désirer je veux dire…
MF : C’est vrai que je préfère ça, moi.

DD : Parce que tu as peur de rien, toi ! Je me souviens, je t’ai vue chanter devant cinquante mille personnes à Marseille ‘Je suis libertine, je suis une catin’, faut quand même oser, dans un stade… (lors de la tournée d’été Europe 1 en 1986 à laquelle Mylène participa, nda)
MF : Oui, ça, ça ne me dérange pas ! (rires)

DD : Ca te dérange pas ! A quoi tu penses, dans un cas comme ça, tu es devant cinquante mille personnes à qui tu chantes ‘Je suis libertine, je suis une catin’ : qu’est-ce qui se passe dans ta tête à ce moment-là ?
MF : Je serais incapable de vous le dire ! (rires)

DD : Non, tu peux pas ?
MF : Non, incapable !

DD : Bon, ça fait rien. On le regrette !
MF : C’est quelque chose d’enivrant, mais c’est la seule chose que je pourrais dire !

DD : En tout cas, y avait quelque chose qui nous avait bien enivré, qui avait enivré beaucoup de gens, c’était une superbe chanson qui s’appelait « Tristana ». Elle a quelque chose de particulier pour toi, cette chanson, « Tristana » ?
MF : Elle m’évoque la neige. C’était mes débuts, à savoir je suis née au Canada. J’aime la neige et la Russie.

DD : Ha, tu es née au Canada ? (Mylène confirme d’un murmure) Ha bon ! Et tu es canadienne de nationalité ?
MF : J’ai les deux nationalités.

DD : Ha, très pratique !
MF : Pas pour les impôts, je vous le garantis ! (rires)

DD : Ha bon, d’accord ! (rires) « Tristana », Mylène Farmer avec nous sur NRJ jusque 20 heures. Diffusion de l’extended remix de « Tristana »
DD : « Tristana » sur NRJ, Mylène Farmer, dans sa version remix. D’ailleurs, y a toujours des remixes importants sur tes chansons.
MF : Oui, j’adore ça, et Laurent aussi !

DD : Ha, c’est vrai ?
MF : J’avoue qu’on prend un plaisir incroyable en studio que de faire des remixes.

DD : On dit ‘On va mettre un petit bout là, puis on va faire ci, on va faire ça…’ ?!
MF : (rires) Oui, oui ! On travaille aux côtés d’un ingénieur du son qui s’appelle Thierry Rogen et qui adore ça aussi, donc c’est particulier !

DD : Ca s’entend parce qu’en général, ils sont extrêmement réussis ! Téléphone, allo ?! (…) Ton prénom ?
– Sylvie
MF : Bonsoir Sylvie.

DD : (…) Ta question à Mylène ?
– Je voudrais savoir : quel personnage Mylène aimerait-elle interpréter au cinéma ?
DD : Ha ! Y a beaucoup de questions sur le cinéma. Y a des projets, d’ailleurs ?
MF : Pas actuellement. Je vais répondre à brûle-pourpoint le premier rôle qui me vient à l’esprit, ce serait le rôle de Frances Farmer…

DD : Joli rôle…
MF : …qui a été interprété par Jessica Lange, et qui est donc…

DD : Et dont tu portes le nom !
MF : Et dont je porte le nom. Je ne l’ai pas fait exprès, presque ! (rires gênés)

DD : (dubitatif) Oui, tu l’as fait exprès, non ?
MF : (expéditive) Un petit peu, oui ! Et que dire d’autre ? Voilà, c’est une femme, est-ce que je me sens proche d’elle ? Je ne sais pas. Je pense que c’est un personnage qui est passionnant à interpréter. C’est une femme qui a eu beaucoup de mal et qui a été complètement écrasée par son milieu, en l’occurrence c’était Hollyw ood.

DD : Excuse-moi, tu es très femme, si j’ose dire, dans tes textes etc. Quelles sont les femmes que tu admires, dans celles qui ont compté dans l’Histoire ? Il y a des femmes que tu admires en dehors de Frances Farmer ? Est-ce qu’il y a d’autres actrices, ou des femmes politiques, des gens comme ça, que tu admires ?
MF : Oui. J’aime Greta Garbo.

DD : Tu aurais aimé interpréter des rôles comme Greta Garbo, éventuellement ?
MF : Je ne sais pas. C’est la femme, là, qui m’inspirerait, plus que ses rôles. Y a une femme que je connais pas du tout mais vers qui je vais aller, qui s’appelle Lou Andrea Salomé, qui a été le femme de, entre autres, Freud et de Rilke, qui était un poète, et qui en l’occurrence elle aussi écrivait, et c’est une vie qui me passionne, vers qui je vais aller.

DD : Voilà, je dis au revoir à notre amie Sylvie, je lui fais un bisou et on a un disque maintenant que nous a demandé M ylène, c’est un groupe australien qu’on adore alors ce choix nous a ravi : c’est le groupe INXS (…)

Diffusion de « Need You Tonight »

DD : Qu’est-ce que c’est bien, ça : INXS sur NRJ, « Need You Tonight »…
MF : Et on peut se faire cette réflexion que de ne pas comprendre un texte, si l’on n’est pas bilingue en l’occurrence, c’est pas du tout important. C’est l’ambiance qui compte !

DD : Oui, et puis le texte est pas très compliqué. Il est provocant, d’ailleurs, comme les tiens ! Et puis je signale aux demoiselles qui ne connaissent pas encore ce groupe que le chanteur est quand même extrêmement mignon…
MF : Et très, très sensuel !

DD : Il faut bien le dire, il faut bien le dire ! Dans un instant, on écoutera un autre extrait de « Ainsi Soit Je… », une chanson qui s’appelle « Les Jardins de Vienne » (sic). C’est très beau, ça évoque quelque chose de particulier pour toi ?
MF : Oui, très particulier puisque j’ai connu cette personne, et c’était une personne qui s’est effectivement pendue dans un jardin de Vienne.

DD : Alors écoutez cette très, très belle chanson dans une petite minute !

Diffusion de « Jardin de Vienne »

DD : « Les Jardins de Vienne », sur NRJ, Mylène Farmer. Il est toujours extrêmement cruel de couper une chanson, surtout quand elle est très belle et en plus quand on a l’auteur et l’interprète à côté de soi. Je suis vraiment désolé, mais y a vraiment beaucoup de gens au téléphone qui veulent te poser des questions et tu es quand même là pour ça, alors on fait : allo ?!
– Allo ?
DD : Bonsoir, tu t’appelles ?
-Estelle.
DD : (…) Alors, ta question à Mylène, qui t’écoute très attentivement.
– Bonjour !
MF : Bonjour…
– Je voulais savoir pourquoi Mylène a adopté un look spécial pour chaque chanson…

DD : Pourquoi pour chaque chanson un look différent ?
MF : Pour chaque chanson… Je pourrais appeler ça presque la toilette de l’âme. Et pour être un peu plus terre à terre, parce chaque chanson suscite un univers. Par exemple, sur « Tristana » ça pouvait évoquer la Russie, donc j’avais des habits qui pouvaient évoquer aussi la Russie. « Sans Contrefaçon », c’était un petit garçon, donc c’était abordé avec la casquette. Et puis, c’est avant tout un plaisir que de s’habille et que de changer.

DD : C’est le goût du costume, c’est le goût du théâtre, c’est le goût de l’art en général, quoi…
MF : Oui, et je crois que les personnes qui sont devant leur poste de télévision aiment aussi ce goût-là, ont le goût de l’habit, de la représentation, et voilà…

DD : Ca fait partie du métier, ça fait partie d’une part de ton métier…
MF : Je porte très, très mal le blue-jean en plus ! (rires)

DD : Raison supplémentaire ! Estelle, voilà la réponse à ta question, on te fait une grosse bise.
– Je voudrais savoir si je peux avoir une photo dédicacée de Mylène…
DD : Hé bien, on va noter ton nom hors antenne et on va t’envoyer ça, d’accord ?
MF : Absolument !
– Merci ! Au revoir !
MF : Au revoir…

DD : Alors, à propos de clip justement, celui de « Ainsi Soit Je… » va bientôt sortir ?
MF : Il va sortir je crois le 17 avril…non…mai ?! (rires)

DD : Heu oui, ça sera plutôt le 17 mai, puisque nous sommes déjà passé le 17 avril !
MF : Oui, oui. Je vais être en tournage dimanche prochain.

DD : Ha bon, très bien. Et alors, y a une question qui est posée très, très, très souvent aussi : alors si on veut écrire à Mylène, une seule adresse, c’est la bonne, le courrier est à adresse à la maison de disque qui s’appelle Polydor, ça se trouve 2 rue Cavalloti (il prononce ‘Cavayoti’) 75018 Paris. Ai-je été précis, ma chère Mylène ?
MF : C’est ‘Cavalloti’ (elle rectifie la prononciation).

DD : Pardon !
MF : Et c’est très important pour moi !

DD : C’est très important, le courrier…Tu lis beaucoup le courrier qu’on t’envoie ?
MF : Je lis tout, j’ouvre tout moi-même, je réponds moi-même. Très souvent, on me dit ‘Je pense que ça sera quelqu’un d’autre qui signera à [ma] place’ : ça, c’est quelque chose que je me dois de faire. Par contre, c’est vrai qu’on a beaucoup de retard, parce qu’il y en a beaucoup et qu’on a pas toujours le temps, donc d’avance, je m’excuse de ce retard !

DD : Alors si vous voulez donner du boulot à Mylène, écrivez ! « Sans Contrefaçon » sur NRJ.

Diffusion du Boy Remix de « Sans Contrefaçon »

DD : Retour au standard. Allo ? (…)
– Alors je voudrais savoir ce que vous aimez comme lecture, et j’aimerais vous faire une proposition de scénario-roman, mais je ne sais pas où m’adresser…
DD : Ha…Alors… ?!
MF : Je réponds à la première question ?!

DD : Réponds à la première question.
MF : Le genre de lecture… Je crois que j’aime avant tout les auteurs qui ont des âmes tourmentées. J’ai un livre de chevet – des livres de chevet – d’Edgar Poe. J’aime beaucoup Baudelaire. J’aime bien August Strindberg, que j’ai découvert justement quand j’étudiais le théâtre. Mais je peux aussi aimer tous les contes, des contes extraordinaires. Je peux passer très facilement du morbide au merveilleux.

DD : (ironique) Les bonnes lectures du soir de Mylène Farmer ! Alors pour la deuxième partie de ta question, je pense que tu peux tout simplement envoyer ton projet à l’adresse que j’ai donné tout à l’heure pour le courrier de Mylène Farmer, chez Polydor (il redonne l’adresse)
MF : Bien sûr !

DD : Et ça sera transmis, c’est promis !
– Ben parce que je l’ai déjà fait, et puis j’ai toujours pas de réponse…
DD : Hé bien tu auras une réponse, Mylène a dit tout à l’heure qu’elle s’excusait, qu’elle avait beaucoup de retard, d’accord ? On te fait un gros bisou, au revoir.
– Oui, d’accord, au revoir…

DD : Et juste avant de te quitter, je voudrais détailler, Mylène, deux, trois petits symboles qu’il y a dans le petit bouquin splendide qui a été envoyé à toutes les radios avec l’album. (Dominique Duforest évoque la brochure que les collectionneurs appellent communément ‘le programme « Ainsi Soit Je… », envoyé aux médias, et qui contient photos, documents et présentation de l’artiste, nda) Alors, il y a un landau d’abord, avec deux da tes qui sont 1962 / 1985 : c’est quoi ça ? Le landau, ça a une signification ?
MF : Pas réellement. Le landau fait plus allusion à un corbillard ou à une tombe qu’à un vrai landau ! (rires)

DD : Oui, d’ailleurs il est pas très gai, ton landau ! Pourquoi y a Bambi également dans les photos ?
MF : Bambi, parce que je crois que c’est le personnage au monde que je préfère. J’ai vu « Bambi » énormément de fois, et je voudrais me réincarner en Bambi, pourquoi pas !

DD : Baudelaire, maintenant on vient de savoir pourquoi : tu aimes les tourmentés, et là tu es gâtée ! Louis II de Bavière ?
MF : Louis II de Bavière, on avait dédicacé sur le disque de « Maman a Tort » ‘à Louis II de Bavière’, parce que c’est un homme dont la vie me fascine, c’est…

DD : Tourmenté également, d’ailleurs…
MF : Tourmenté également, oui.

DD : Bon, Laurent Boutonnat : maintenant on sait que vous vous adorez. Edgar Allan Poe ?
MF : Edgar Poe parce que, comme je le disais, c’est aussi quelqu’un qui a une écriture qui est pour moi une des plus belles écritures, et puis qui a un univers qui me fascine et dans lequel je me complais volontiers.

DD : Ainsi est elle : c’est Mylène Farmer. On vient de passer une heure avec toi, on en est ravis.
MF : Moi aussi !

DD : Merci Mylène, on espère te revoir très vite. On attend avec impatience la sortie de ce clip, et puis que tout aille bien. « Ainsi Soit Je… »
MF : Ainsi soit-il ! (rires)

Diffusion de « Ainsi Soit Je… » pour clore l’entretien

Image de prévisualisation YouTube

Publié dans Mylène en CONFIDENCES, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

Sophie Tellier et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 15 juin 2013


 

Sophie Tellier et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE tellier-sSophie Tellier est une actrice française.

Après un parcours de danseuse, notamment chez Roland Petit et Redha, Sophie Tellier se forme à l’art dramatique avec Jack Waltzer et Redjep Mitrovitsa, et au chant lyrique avec Jorge de Léon.

  • Danseuse et chorégraphe de Mylène Farmer de 86 à 92 pour la TV ,le Palais des sports, et Bercy (elle incarne aussi sa rivale vénéneuse dans 3 vidéos clips de Laurent Boutonnat) Mais aussi de plusieurs comédies musicales dont Piaf, je t’aime au théâtre du Gymnase Marie Bell,Crime of Passion de Pierre Philippe et Astor Piazzolla, mise en scène de Vincent Vittoz au festival d’Edimbourg 2001. En 2010, pour Le gros,la vache et le mainate de Pierre Guillois au théâtre du Peuple, et pour Mike de Gadi Inbar mise en scène de Thomas Le Douarec au Comédia.
  • Chorégraphie pour L’opéra :

Avec le metteur en scène Philippe Calvario L’amour des 3 oranges de Prokoviev au festival d’Aix en Provence , Angels in America de Tony Kushner et Peter Oetvos au Châtelet, Iphigénie en Tauride de Glück à l’Opéra de Hambourg. Avec le metteur en scène Frédéric Bélier-Garcia : La Traviata de Verdi aux Chorégies d’Orange et au festival de Baalbeck.

  • Comédienne et chanteuse, elle incarne l’horloge dans Émilie jolie de Philippe Chatel et Tiger Lily dans Peter Pan, mise en scène d’Alain Marcel au Casino de Paris, Carla dans Nine aux Folies Bergère, mise en scène de Saverio Marconi.
  • Jérôme Savary la choisit pour incarner l’Amour dans Y’a d’la joie et d’l'amour et Guadalena dans La Périchole d’Offenbach au théâtre national de Chaillot puis à l’Opéra Comique.
  • En 2004, elle chante Linetta dans L’Amour des trois oranges de Prokoviev
  • Au théâtre de l’Œuvre, elle incarne Camille Claudel dans Camille C. de Jonathan Kerr, mise en scène de Jean-Luc Moreau (metteur en scène), spectacle musical qui reçoit le Molière de L’inattendu 2005 (5 nominations).
  • Collaboration artistique :

En 2007, pour les « Opéras en plein air », elle est la collaboratrice de Julia Migenes pour sa première mise en scène Le Barbier de Séville, puis en 2008 celle de Julie Depardieu et Stephan Druet pour Les Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach.

Dans Pouvu qu’elles soient douces : 18 Août 1757, un détachement de l’armée de sa gracieuse Majesté George II, commandé par le courageux Capitaine Alec Parker, débarque aux Pays-Bas et entre en Prusse. Il vole au secours de Frédéric II qui est assiégé par la coalition Franco-Austro-Russe.
Hélas pour eux, ce jour là, ils foulent le territoire ennemi puisqu’au passage, deux fantassins ont ramassé une jeune femme française blessée, qu’ils croyaient morte et qui éveille l’intérêt particulier du capitaine. Celui-ci devrait se préoccuper davantage de l’évacuation de son régiment en terre ennemie (la France en l’occurrence) plutôt que de rêvasser sur cette inconnue qui paraît si douce, si douce.

 farmer1 dans Mylène et L'ENTOURAGE

Voici l’interview qu’a accordé Sophie Tellier au magazine Platine en février 1997. Elle évoque ses tournages sous la direction de Laurent Boutonnat. La chorégraphe de Mylène Farmer mène la danse…

    Sophie Tellier s’occupe de la coordination des chorégraphies pour Mylène Farmer de 1986 à 1991. Elle recrute les danseurs et danseuses, leur apprend les mouvements, les enchaînements et veille à leur bonne synchronisation. Elle sera également chargée du casting des danseurs pour le concert de 1989. On peut d’ailleurs la voir dans les  chorégraphies lors des promotions de Tristana (1987), Pourvu Qu’elles Soient Douces (1988) et Sans Logique (1989). Ensuite, on la reverra dans les danseuses lors de la promotion de Désenchantée en mars 1991 où elle occupe toujours les mêmes taches. Suite à ça, elle décide de se consacrer entièrement à sa propre carrière et part en tournée avec une troupe de théâtre. Christophe Danchaud (qu’elle avait présenté à Mylène Farmer en 1987) assurera la relève pour le travail chorégraphique  auprès de la chanteuse. Il travaillera encore avec elle de longues années, quoique disparaissant de la scène pour les tournées postérieures à 1999..

  Sophie Tellier compte toutefois revenir en 1993 auprès de Mylène et Laurent Boutonnat sur le tournage de Giorgino où on lui a proposé un rôle. Elle passera aussi par Canal Plus en 1994 où elle participera aux sketches d’Antoine DeCaunes. Elle joue encore aujourd’hui plusieurs pièces et comédies musicales à Paris et en Province. Elle est d’ailleurs remonté une nouvelle fois sur scène en septembre 2000 pour une comédie musicale : Du Vent dans les branches de Sasaffras. Elle a aussi joué dans le film de Jean-Pierre Jeunet Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (Dans la scène où Bretodeau se remémore son enfance avec la petite boîte, il se rappelle aussi des combinaisons de la tante Josette qu’il regarde par un trou caché par une photo… Cette tante Josette, c’est Sophie Tellier).

Elle participe après 2000 à plusieurs pièces de théâtre et comédies musicales comme Piaf, je t’aime (au Théâtre dy Gymnase à Paris), Roberto Zucco (aux bouffes du Nord), elle incarne Camille Claudel en 2005 dans Camille C. (au théâtre de l’oeuvre), puis partage l’échec du Clérambard (de Marcel aymé) conçu par Bigard en 2008.

tellier-300x130

INTERVIEW

Sophie Tellier :     « Après avoir rencontré Mylène au festival du clip de Juan-Les-Pins en 1984, elle m’a rappelé pour travailler sur le corps, le physique et la danse, en séances particulières chez elle. A la suite de ça, Laurent Boutonnat à écrit le clip de Libertine, et m’a proposé de tenir le rôle de la méchante. »

Étiez-vous surprise de sa démarche ? Avant elle, les clips français étaient plutôt simplistes…

    J’étais surprise sans être surprise, parce que Laurent et elle véhiculaient un univers très personnel, que j’adorais. Je suis folle du XVIIIe siècle, je suis très grandes robes, duels, calèches. Depuis que je suis une toute petite fille, la seule chose qui m’intéresse, c’est d’être une marquise ! (rires) Même la danse classique, quand j’étais ballerine, nous amène dans cet univers un peu gothique, les cimetières… C’est intéressant de le remettre au goût du jour, c’était parfaitement assorti aux chansons et chacun des trois tournages fut un bonheur. Mylène m’a donné la chance de jouer des personnages de composition. J’étais toute jeune et je jouait des personnages de quadragénaires. A l’époque, je n’avais pas encore fait de courts-métrages, elle m’a donc vraiment mis le pied à l’étrier. Ca a un peu projeté la lumière sur moi, parce que nous représentions une entité, à nous deux. Moi, j’étais le mal, elle était le bien, on fonctionnait en opposé. 

Étiez-vous très dirigée ?

    En me proposant le rôle, Laurent savait que j’allait en faire des kilos, que j’avais une démesure expressionniste, presque baroque, qui convenait à ce qu’il cherchait. Donc il me laissait une vraie marge de manœuvre. Il tournait souvent que deux prises. A la troisième il disait : « - Je ne coupe pas, fais ce que tu veux. » Alors j’enlevais ma perruque, je délirais…

Comment s’est déroulé le tournage de Tristana, dans le Vercors ?

    C’étais un peu Blanche-Neige et les Soviets, une ambiance de contes de fées qui parlait à mes origines bretonnes. Il y avait tout un début parlé, ce qui était très rare dans les clips, et en russe pour corser le tout ! Une interprète est venue nous faire répéter. J’étais complètement néophyte, contrairement à Mylène qui a un petit peu appris cette langue à l’école. J’ai une photo où je fais du bobsleigh des neiges avec elle, on est méconnaissables sous nos chapkas et nos lunettes… Ils m’ont proposé de passer pendant le montage, et c’était très dur de me découvrir à l’écran. Au moment où on le vit, on ne se rend pas compte de l’impact que ça peut avoir. J’étais aveuglée par mes yeux blancs de sorcière, j’avais les machines qui me tenaient les mains et les bras quand je courais… Au montage, j’étais hyper choquée. Et encore, Laurent l’a édulcoré ! Je ne pense pas qu’il ait gardé les rushes.

Vous vous étiez vue dans le premier clip ?

    Ils ont été assez malins. Par exemple, quand je crache le sang, ils m’interdisaient de ma regarder dans un miroir. On m’a nettoyé entre les deux prises sans que je ne voit rien. Je savais bien que j’étais un personnage féminin un peu extrême mais quand je l’ai vu à l’écran, j’étais très étonnée. Aujourd’hui, quand je retombe par hasard sur une rediffusion, ça me fait rire. Les gens me reconnaissent d’avantage dans la rue parce qu’avec dix ans de plus, je ressemble plus au personnage ! (Rires.)

Collaborer avec Mylène et Laurent devait être quelque chose d’éprouvant,. Quelqu’un de timide aurait été balayé, à côté des exubérances de son manager Bertand LePage… Vous sentiez-vous plus solide qu’une autre fille de votre âge ?

    Je n’ai jamais eu de problèmes avec Mylène et  Laurent, à part quelques non-dits… Bertrand est quelqu’un d’incroyable, il a été à la base de tout. Moi, je ne pouvais pas péter les plombs. Il fallait que je reste à ma place (Bertrand LePage a fait un scandale lors de la reception donnée en honneur de Mylène FARMER à l’école des beaux arts en décembre 1989. Elle s’en sépara quelque jours plus tard. NDCP). Je sentais que Mylène avait confiance en moi, et que je pouvais m’appuyer sur elle en retour. Elle était très introvertie, très parano. Elle avait besoin de travailler avec des pointures qui ne soient pas stars, qui aient bon caractère. J’étais chargée de former les équipes avec qui elle allait bien s’entendre. D’ailleurs, elle a continué à travailler avec tous les gens que je lui ai présentés.

Après Pourvu Qu’elles Soient Douces, on ne vous voit plus dans les clips mais vous réglez les chorégraphies du EN CONCERT 89… (On voit Sophie TELLIER dans le clip de A quoi je sers en 1989 NDLR)

    Oui, j’ai fait le casting des danseurs et des danseuses de Sans Conterfaçon et j’ai participé aux télés jusqu’en 1991. Là; je me suis dit que je devais travailler pour moi, me lancer dans la comédie.

Avez-vous regretté de ne pas être de l’aventure Giorgino ?

    Au début j’avais un rôle. (celui de Marthe, encore une rivale! NDLR.) J’ai été écartée quand ils ont opté pour une distribution internationale. Ca m’a fait un peu de peine et je me suis détachée. J’ai l’impression que Mylène n’a jamais voulu le comprendre. On en a vaguement parlé, mais elle n’a pas dû saisir que c’était important pour moi. Quand j’ai vu le film, j’étais un peu déçue. Les images étaient splendides, mais c’était trop long… Laurent était plus carré dans ses clips, plus efficace. Il est très sûr de ce qu’il veut, il ne fait pas n’importe quoi n’importe comment. Je crois qu’il a fait ce qu’il a voulu. Il voulait un film à la David LEAN, très long, avec des étendues de paysages, la petite calèche qui traverse la neige pendant deux heures…

Propos recueillis le 12 février 1997. 

Platine, n°39, mars 1997, pp.19-20. 

Publié dans Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaires »

Gentleman …Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 8 juin 2013


Entretien avec Didier REBOUL-SCOTTY – dans SALUT en MARS 1988

Gentleman ...Mylène Farmer dans Mylène en INTERVIEW farmerLa préparation et l’enregistrement d’un album comme « Ainsi Soit Je… » demandent quelle somme de travail ?

- Le temps d’y penser, de le préparer et enfin de concrétiser les idées. Disons cinq mois en tout.

Où a-t-il été enregistré ?

- Essentiellement au studio Méga, porte de la Muette.

Quelles sont en général vos sources d’inspiration pour écrire ?

- Elles me sont propres, mais pourraient prévenir de Baudelaire, Edgar Poe…

Ce look garçonne, est-ce une manœuvre médiatique délibérée ou est-ce un goût spontané ?

- Comme on aime changer de comportement, on aime changer d’habits sur chaque chanson. Aborder chaque fois un thème différent, c’est amusant.

Qui vous habille ?

- Différents couturiers. Fayçal Amor, avec qui j’ai beaucoup travaillé. Il y a aussi une femme que j’aime beaucoup, c’est Marie-Pierre Tattarachi.

Ne songez-vous pas à créer une griffe M ylène Farmer ?

- Non ! Ce n’est pas mon propos…

Vous aimez cultiver l’ambiguïté. Vous imaginez-vous homme ?

- Non ! De même que je ne m’imagine pas plus femme. C’est exactement le paradoxe que je n’ai pas su résoudre !

Depuis « Tristana », vous dansez dans vos chansons. Avez-vous pris des cours de danse ?

- Non, pas du tout. C’est moi qui ai inventé la chorégraphie. En fait, disons que c’était l’envie d’aborder une gestuelle plus qu’autre chose.

On ne vous a pas vue dans le disque « Band Aid » ou dans toute autre œuvre humanitaire. Pourquoi ?

- Parce que ce n’est pas mon métier, ni ma volonté que de privilégier telle ou telle cause humanitaire. Parce qu’à ce moment-là, il faudrait toutes les faire. Je préfère faire des choses que personne ne fait, et surtout ne pas médiatiser ce genre d’activités.

Un grand journal vient de publier un article concernant le play-back à la télévision en s’élevant conte son utilisation intensive. Qu’en pensez-vous ?

- Le problème, c’est que l’on ne donne pas aux artistes tous les moyens pour bien chanter en direct à la télé.

Alors pourquoi aller se casser les pieds ? Parce que c’est vraiment ça ! Ou alors, on met la technique à la hauteur de ses envies. Quant à ceux qui prônent l’autre sensibilité à la télévision, ils se trompent. Pour ça, il y a la scène. Donc laissez les gens en play-back à la télé Alain-Fournier a dit que ‘le bonheur est une chose terrible à supporter’. Qu’en pensez-vous ?

- Je ne sais pas ce qu’est le bonheur…

Vous n’êtes pas heureuse ?

- Ce n’est pas le problème. Je ne pourrais pas parler en terme de bonheur. Disons tristesse et beauté…

Qui a eu l’idée de reprendre le titre « Déshabillez-moi » ? Cela venait juste d’être fait ! (par Patty Laine, nda)

- Détrompez-vous, les deux chansons sont sorties simultanément. C’est donc purement un hasard. J’aime cette chanson, le texte est très amusant.

Si un grand magazine, genre Lui, vous proposait de poser nue, accepteriez-vous ?

- C’est déjà chose faite et je n’ai pas accepté. Je n’éprouve aucun plaisir à faire ce genre de séance…

Avant de faire ce métier, aviez-vous des illusions que vous auriez perdues en route ?

- Ma vie est faite de désillusions…

Qui dit désillusions dit également illusions, non ?

- Je n’ai jamais eu d’illusions. L’illusion, c’est se tromper soi-même. Je ne pense pas, jusqu’à présent, m’être trompée ou avoir eu à fabuler sur telle ou telle chose. Non, je pense simplement qu’il y a des découvertes.

Sortez-vous beaucoup ? Fréquentez-vous les lieux branchés ?

- Pas du tout, je sors très peu.

Pardonnez-vous facilement les erreurs des autres ?

- Disons que je pardonne en règle générale tout ce qui est pardonnable.

Et vos erreurs à vous ?

- Quelqu’un a dit ‘Avoir un remord est une seconde faute’. Voilà.

Qu’est-ce qui vous semble le plus dur dans ce métier ?

- Mais tout est difficile. Pour moi, je crois sincèrement et sans aucune animosité que ce sont les interviews.

Avec Renaud et Goldman, notamment, vous faites partie de ces chanteurs avec qui on ne sait jamais si on obtiendra un rendez-vous. Pourquoi avez-vous une telle défiance à l’égard de la presse ‘jeune’ ?

- Peut-être parce qu’elle a tendance à trahir nos propos, voulant les vulgariser au sens premier du terme. C’est déplaisant parfois de se relire et de ne pas retrouver ses mots, sa pensée…

Les projets ? Les ambitions ? M ais au fait, êtes-vous une ambitieuse ?

- Je pense que j’en suis une, oui. Les projets ? Une salle à Paris, mais je ne peux pas en parler car rien n’est encore décidé. Disons dans un futur proche…

Appréciez-vous une certaine qualité de vie ? En deux mots, êtes-vous du genre bourgeois ?

- J’apprécie simplement ‘ma’ qualité de vie, du moins je la vis.

L’argent, c’est important ?

- Oui, dans la mesure où je peux m’offrir ce dont j’ai envie. A part cet avantage, cela ne va pas au-delà.

Vous n’êtes pas matérialiste ?

- Vraiment pas du tout !

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

Mylène et Avant que l’Ombre

Posté par francesca7 le 7 juin 2013


venez me rejoindre sur le FORUM : http://devantsoi.forumgratuit.org/

Avant que l’ombre… est sans contexte l’album studio le plus attendu de toute la carrière de Mylène Farmer. En effet, depuis Innamoramento (1999), les admirateurs avaient dû se « contenter » d’un album live, d’un premier best of et d’un album de remixes. Après six ans de rumeurs sur cet album (double album, duos inédits…) c’est Mylène elle-même qui lève le voile lors de sa première conférence de presse sur le sujet, le 16 décembre 2004 : l’album devrait sortir en mars 2005 et contenir quatorze titres…

Mylène et Avant que l’Ombre dans Mylène AU FIL DES MOTS avant-que-lombre-myleneEn fait, c’est le 4 Avril 2005 que sort enfin l’album (dans sa version collector ; il faudra attendre le 18 avril pour que sorte une version « classique »). Quinze titres (dont un caché) composent le disque – un record pour un album original de Mylène. L’ambiance de l’album est plus acoustique (avec un peu d’électronique) que celle des précédents disques, ainsi que le souligne Laurent Boutonnat lors de la conférence de presse. Et si Avant que l’ombre… apparaît d’emblée cohérent et uniforme, il n’en est pas moins déroutant par ses textes particulièrement abscons : un concentré de jeux de mots, de mots-valises, d’obscures références constitue l’essentiel des textes. Même s’il est souvent question d‘amour dans les chansons (pour une fois un amour heureux), l’ensemble paraît bien étrange. Cependant, Mylène reste Mylène et elle continue d’explorer ses grandes thématiques dans cet album qui semble encore plus personnel que les autres : la religion toujours (Avant que l’ombre .. Ange, Parle-moi), la littérature (Dans les rues de Londres), le sexe (QI – Porno graphique), l’espoir d’une vie meilleure (Redonne-moi – J’attends), l’amour (Aime, Peut-être moi – Tous ces combats –Et pourtant.. – Nobody Knows), la révolte (Fuck Then All) , le rêve (Derrière les fenêtres) et l’autodérision (Lamour n’est rien…).

Toujours fidèle au poste, Laurent Boutonnat compose toutes les musiques de l’album (celle de L’amour n’est rien est tout de même composée avec Mylène). Il assure également les arrangements, la production et la programmation. D’autres habitués sont aussi crédités sur ce disque, comme Yvan Cassar au piano sur deux titres ou Jérôme Devoise à la clarinette sur Redonne-moi. Point de chœurs sur cet album : c’est Mylène qui s’en charge entièrement .. Côté visuel, Dominique Issermann nous montre une Mylène endormie telle la Belle aubois dormant sur un fond d’ocre et de nuances de roux. Autour de son cou, une croix faite d’allumettes. De quoi enflammer le public ? Pas certain… Et même si cinq singles seront issus de cet album (Fuck Them All, QI, Redonne-moi, L’amour n’est rien.. et Peut-être toi) et que les ventes seront au rendez-vous (600 000 exemplaires, sources Polydor), aucun tube ne se détache d’Avant que l’ombre… La faute à la chanteuse ? Peut-être, car Mylène ne fera pour cet album qu’une seule prestation télévisuelle, dans le « symphonic show », sur France 2, le 12 Novembre 2005 : elle chante Redonne-moi, et cela sept mois après la sortie du disque ! Même si la chanson se fend (elle ne l’avait jamais fait) d’une écoute en avant-première pour ses fans (le 28 mars 2005 au Palais-Royal, à Paris, devant 250 admirateurs), son silence finit par lasser, et le grand public a bien du mal à comprendre l’attitude détachée de l’artiste.

Avant que l’ombre… donne son nom à l’album et ouvre  également celui-ci. c’st sans aucun doute le titre le plus mystique de la chanteuse, qui s’adresse ici directement à Jésus dans une prière : « Jésus ! J’ai peur / De la douleur…/ Des nuits de veille ». Paradoxalement, si c’est le titre le plus mystique de la carrière de la chanteuse, c’est également la chanson la plus simple à comprendre de l’album. Mylène y évoque sa mort (Avant que l’ombre, je sais / Ne s’abatte à mes pieds / pour voir l’autre côté) tout en affirmant que la vie lui aura donné au moins une chose, l’amour (Je sais que… je sais que… j’ai aimé). Un aveu de la chanteuse, qui déclare ici son amour – en évoquant sa mort certes – et qui donne ainsi le ton de l’album : Mylène amoureuse .. La musique de Boutonnat est tout bonnement magnifique, se faisant tour à tour discrète puis très présente vers la fin, avec les chœurs assurés par Mylène.

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 154/220

Publié dans Mylène AU FIL DES MOTS | Pas de Commentaires »

Symbolisme de Beyond my Control

Posté par francesca7 le 8 mars 2013

BEYOND MY CONTROL

Analyse de « Beyond my control »

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

La conception du clip par Laurent Boutonnat 

Symbolisme de Beyond my Control dans Mylène et SYMBOLISME myleBien loin des structures habituelles qui régissent le clip, ceux dont nous parlons ici pourraient résulter d’un mélange inédit entre plusieurs formes filmiques, plus ou moins éloignées les unes des autres : Le film musical, le film de divertissement, le film expérimental, le film publicitaire, le film muet. Laurent Boutonnat, comme écartelé entre deux pôles opposés du cinéma (le pôle du divertissement et celui du cinéma expérimental) choisi deux axes d’approche pour ses clips. On peut aisément se rendre compte que les deux conceptions du vidéo-clip par ce réalisateur se départagent selon la durée de chacune de ses productions. Sur les vingt-cinq clips que Laurent Boutonnat a tournés, six d’entre eux durent plus de sept minutes, comportent des musiques additionnelles, sont encadrés par un générique de début puis de fin, et contiennent parfois des dialogues. La durée de la majorité des autres clips restent approximativement autour de celle de la chanson qu’ils illustrent et explorent une imagerie plutôt qu’un récit à proprement dit.

Quoiqu’on en dise, cette chanson reste un zénith du duo Farmer-Boutonnat. 
Il y a dans la musique d’hier et d’aujourd’hui quelques œuvres, quelques chansons où l’on sent qu’on est enfin arrivé au bout d’un chemin, qu’un sommet a été atteint au-delà duquel il est presque impossible d’aller, qu’un artiste a accompli sa mission d’artiste. 

Dans « Beyond my control », il y a un peu de l’excitation du volet final d’une grande trilogie, de la fièvre de l’ultime duel avec son plus puissant adversaire, du goût du dernier chamallow du dernier paquet, et tout cela sans les battages publicitaires et les opérations de merchandising et de bandes-annonces qui polluent de beaux morceaux de l’art.

Ici, Mylène a atteint la dernière étape de son voyage au pays de la souffrance. Là où règnent sang, feu et larmes. Un monde où l’amour est dans les chaînes de la mort, où il y est perverti et recomposé pour devenir un serviteur de la destruction. C’est aussi une impasse, et une prise de conscience qu’un autre chemin doit être emprunté. 

« Beyond my control » est l’histoire de la défaite totale d’une liaison amoureuse. Mais c’est surtout un choix de Mylène de ne pas se voiler la face devant le mal, de le ressentir jusqu’au bout, en vue d’une rédemption ultérieure. Démonstration. 

La violence est immédiatement introduite avec la phrase abrupte, « it’s beyond my control ». Puis, sans la moindre transition, on enchaîne avec une mélodie de ballade, comme si Mylène fredonnait en toute simplicité. Mais la répétition du même dessin musical va se révéler être un élément de la création d’un climat de folie. Puis, dans le refrain, la longue plainte du synthé va se conjuguer aux sonneries de cuivres, à la flûte et aux guitares nerveuses pour créer une atmosphère de noire passion.

beyond2 dans Mylène et SYMBOLISMELa voix de Mylène distille ce qu’il faut de fièvre et de fragilité, mais conserve encore dans la folie un timbre « noble ». Jamais Mylène n’a crié sur ses fans, facilité à laquelle les trois quarts des chanteuses modernes cèdent. Elle n’essaye même pas de gonfler sa voix, préférant souffler au creux de notre oreille tant les secrets qu’elle nous révèle sont intimes et brûlants.
Le texte, s’il n’est pas, au niveau de la poésie, le plus brillant que Mylène ait écrit, ne manque pourtant pas d’atouts pour être à la hauteur de la musique. 

Il raconte donc la tragédie d’une sorte de Médée moderne, trompée par son amant, et le tuant dans un accès de folie. Mais Mylène choisit de prendre l’instant suivant immédiatement le carnage, juste cet instant où les dernières ombres du délire se confondent aux affres de la lucidité et de l’angoisse. Ce moment crucial où l’on prend conscience que le sang répandu partout macule aussi ses propres mains, et que ce n’est pas l’autre qui l’a fait couler, mais bien soi-même. 

La prise de conscience se fait en fait en deux temps. Mylène, au début du couplet, n’a pas encore compris que son geste était le type même du geste irréversible. Elle parle encore au cadavre de l’homme, peut-être encore chaud sous ses mains, elle tente de le « rassurer » (mais qui veut-elle rassurer, sinon elle-même ?), qu’elle va « soigner ses blessures ». Elle essaye de se convaincre qu’elle peut encore revenir en arrière, qu’il n’est pas trop tard pour réparer le mal qu’elle a causé, que la vie (et sa relation avec l’homme) ne s’arrête pas là. 

Vaine tentative. On peut déjà comprendre pourquoi, dans le clip, on voit Mylène passer par toutes sortes de torture, pourquoi ce n’est pas du sado-maso-cuir gratuit : parce que c’est l’expression de sa souffrance intérieure, la brûlure du remord.
Au fur et à mesure qu’elle se rend compte de l’absence de portes de sortie à cette situation, la voix de la chanteuse trahit de plus en plus d’affolement, un trouble grandissant, jusqu’au moment où éclate le refrain. 

« Tu n’as plus vraiment le choix ». L’absence de choix est criante, quel que soit l’aspect du récit que l’on prenne. La mort est vraiment la barrière qui sépare toute chose. 
Mylène rêve encore d’une improbable « aube », quand l’homme va se réveiller, comme chaque matin, lui faire l’amour pour se faire pardonner, et ils seront à nouveau réunis. 

Mais, cette fois, pour retrouver son amant, Mylène devra verser le sang une seconde fois : « je te rejoindrais peut-être ». Et, bien sûr, elle nous laisse à la fin du deuxième couplet sur cette éventualité angoissante.
Le premier couplet s’achève sur un gros plan sur les yeux de l’homme. Ils sont ouverts, fixes et froids. Mais, pour la chanteuse, ce sont ceux « d’un ange » : ça lui rappelle peut-être ces statues dans les églises aux yeux d’ivoire, reflétant un mystérieux au-delà. En tout cas, elle a compris que l’homme n’était plus de ce monde. 

On sent le fantasme dans les deux couplets : lorsque Mylène emploie les temps futures pour désigner le plaisir et le présent pour désigner la douleur. En fait, pour limiter les désastres causés par la souffrance, elle imagine un plaisir qui en découlerait, comme une revanche contre le mal qui engendrerait alors le bien. C’est la même idée que dans « Je t’aime, mélancolie », mais elle n’empêchera pas Mylène de succomber au mal. 

En fait, c’est surtout une acceptation du mal qui est en Mylène, qui est une condition à une rédemption dans l’avenir. Cela se conjugue avec le mythe de la Californie messianique, que l’on verra dans « Anamorphosée ».

« Lâche ». Alors là, l’ambiguïté plane. Ça peut vouloir dire : « espèce de lâche ! » ou « lâche-moi ! ». Dans la première solution, Mylène lui reproche de ne pas avoir résisté à la tentation de la tromper (voir le clip) avec un autre, voire même de ne pas s’être défendu contre Mylène et de s’être laissé massacrer comme un agneau…voire même de s’être enfui dans la mort et le repos éternel, la laissant seule avec ses souffrances ! Dans la deuxième solution, c’est l’aspect du remord qui prime, de la présence de l’homme, même mort, dans son esprit, une sorte de fantôme…

« Toujours en cavale » rappelle les frasques amoureuses du libertin, courant les filles mais revenant toujours à sa Mylène (« tu dis : j’ai besoin de tes bras »). On imagine bien la scène du fautif se jetant aux pieds de la belle pour lui implorer son pardon, avec pour seul et éternel prétexte que c’est plus fort que lui, qu’il ne peut maîtriser ses pulsions sexuelles.

Mylène répond de ces mots terribles : « Ne t’éloignes pas de mes bras ». Cette fois, tu ne me quitteras plus jamais ! Puisque tu jures de m’aimer vraiment et éternellement, je t’obligerais à tenir cette promesse… 

« C’est plus fort que toi » fait écho à « it’s beyond my control ». Cette dernière phrase a été inspirée à Mylène par une adaptation américaine filmée des « Liaisons dangereuses » avec des acteurs très prestigieux comme Glenn Close ou John Malkovitch. C’est d’ailleurs ce dernier, avec son accoutumée « froideur passionnée », qui prononce la phrase reprise par Mylène dans un passage assez touchant où il rompt avec sa maîtresse, sans pouvoir lui cacher son amour. 

Mylène reprend en fait le même dessin en l’exacerbant, puisqu’elle provoque une rupture absolue avec son amant, tout en étant éprise de lui plus que jamais. 

Dans le deuxième couplet, si Mylène n’a pas encore nettoyé le sang sur ses doigts, elle a enfin compris que son amant était mort : « je veillerais ta sépulture ». Dérisoires promesses que l’on peut faire dans un tel cas. Le caractère faible de Mylène redevenue humaine s’oppose à sa force destructrice, lorsqu’elle a cédé à ses pulsions de mort. Il est toujours bien plus facile de détruire que de créer. Mais pourquoi l’homme est-il doué d’une si grande capacité de mort, face à sa si petite force créatrice ? 
« Beyond my control » s’appuie aussi sur le mythe (inspiré encore des « Liaisons dangereuses ») de la femme carnassière, devenant par sa violence plus forte que l’homme, le battant sur son propre terrain. Mais elle a son point faible. Si les garçons se jettent à ses genoux, elle ne peut supporter qu’ils aillent chez une autre vamp. Alors, la passion qu’elle utilisait pour maîtriser les hommes se retourne subitement contre elle : elle y succombe, et paye sa lourde dette à l’amour. Elle s’aperçoit qu’elle ne peut se passer de son amant.

Revenons à la pulsion. Freud est l’incontournable du domaine. Ainsi, comme ce psychologue, Mylène montre à quel point nous sommes dominés par ces deux pôles qui nous déchirent et mènent nos vies : amour et haine, création et destruction. De même, Mylène est partagée entre ses sentiments pour l’homme et sa haine parce qu’il l’a trahi. 

Cela rappelle la tragédie grecque d’Euripide : « les Bacchantes ». Ces femmes sont sous l’emprise d’un plaisir intense (symbolisé par le dieu Bacchus) et cause la mort autour d’elles. Elles s’éprennent du chanteur Orphée, et finissent par le couper en morceaux dans un accès de folie. Les fans extrémistes ne datent pas d’hier.

mf90_12a-225x300Tout ce qu’on a l’habitude de refouler explose dans le clip. Le sexe, la violence, la possession, et avec tellement de sensualité, tellement de beauté et de profondeur dans les couleurs qu’on ne peut qu’y adhérer. La violence avec laquelle les deux amants font l’amour, la sensualité avec laquelle Mylène tue l’homme, les loups déchirant des lambeaux de corps, est-ce cela le malsain ? Je ne crois pas. Ce clip est fait pour nous montrer que nous sommes tous des loups. 

Ce qui compte le plus pour nous ? Sexe et nourriture. Consommation. Les loups valent plus que nous. Ils sont aussi sauvages et moins gratuitement violents. Alors, à chacun de voir comment il se comporte dans sa vie : comme un homme ou comme un loup.

Mylène finit brûlée. De même qu’au Moyen-Âge, on jetait sur le bûcher tout ce qui ressemblait à une sorcière ou à un loup-garou. Ici, il est possible que Mylène prévoie que tous les bien-pensants, et même les hommes « normaux », la condamneront pour cette chanson déviante. L’étrange fait peur, on tente de le purifier par le feu. Nous avons toujours des mentalités moyenâgeuses. 

Mais la question est lancée, et, même si on n’aime pas ce genre de chanson, il faut réfléchir à ce qui motive notre vie. Et si l’on aime uniquement pour consommer ou pour procurer du bonheur à celui ou celle qu’on aime.

Source : http://www.sans-logique.com/mylene-farmer/analyses/

Publié dans Mylène et SYMBOLISME | Pas de Commentaires »

C’est une belle Journée Mylène

Posté par francesca7 le 24 février 2013

symbolisme de « C’est une belle journée« 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

C'est une belle Journée Mylène dans Mylène et SYMBOLISME telechargement-31 

C’est le deuxième titre inédit du best-of « Les mots » sorti en 2001. Mylène Farmer a étonné beaucoup de monde avec ce titre énergique. En effet, c’est grâce à une musique entraînante que la chanteuse parle du suicide ! On ne la changera pas…

Dans toute sa chanson, Mylène compare la mort au sommeil. Elle l’introduit dès les premières paroles. Pour tout le monde, un homme allongé dort, mais pour Mylène il est mort. Dormir aura donc le sens de mourir par la suite, et plus particulièrement le sens du suicide. Mylène nous montre un monde pessimiste. Ainsi, une amphore à moitié pleine est perçue à moitié vide. D’un point de vue « mathématique », c’est pareil, mais le fait de la voir à moitié vide montre que l’on voit plutôt le vide que le plein, ce qu’il manque, le côté pessimiste de la chose. Puis Mylène nous incite ensuite à « voir la vie du côté pile », c’est-à-dire à voir les choses de façon optimiste (la côté pile d’une pièce étant le plus important). Dans les moments de déprime la chanteuse en revient aux élégies, qui sont des poèmes souvent tristes. Pourtant, ce n’est pas la tristesse qui « guérit » la déprime ? Mylène nous incite donc au suicide ? Les vers suivants pourraient nous mener à cette conclusion… En effet, Mylène a peur du bonheur ! Etrange ! Des envies de suicide la tourmentent vraiment…

images-4 dans Mylène et SYMBOLISMELe refrain se caractérise par de nombreuses contradictions. En effet, c’est une belle journée, pourtant Mylène va se coucher ! Etrange ! Une belle journée donnerait plutôt l’envie de se promener, de profiter de la vie… mais pour Mylène, cela lui donne l’envie de se coucher (donc de mourir). Puis elle ajoute encore une contradiction : une belle journée donne l’envie d’aimer mais elle préfère mordre l’éternité. Mordre l’éternité, tout comme mordre la poussière exprime le fait de ne plus être en vie. La chanteuse nous dit ensuite qu’une belle journée donne l’envie de paix, de tranquillité, pourtant elle veut voir des anges à ses pieds. Ne serait-ce pas au Paradis que résident les anges ? Cependant, pour la chanteuse, mourir c’est « se faire la belle ». Etrange vision de la vie après la mort ! Souvenons-nous quand même que Mylène ne s’aime pas : « physiquement, je ne me supporte pas. Je me regarde peu, je ne vois jamais mes clips. C’est très douloureux. » Alors Mylène quand on meurt, on devient beau ?

Le deuxième couplet joue sur un effet de parallélisme. Il rappelle sa conception du sommeil (= la mort) ainsi que la vision pessimiste des gens. Toutefois ici, Mylène fait partie de ces gens peu optimistes (« je la vois »). Les vers suivants parlent d’amour. Ils comportent un sous-entendu. « En amour si c’est du lourd »… et Mylène ne termine pas sa phrase. Cela signifie que si l’on est vraiment amoureux, tout va bien. Toutefois « si le cœur est léger » (qui marque ici le malheur en amour), plus rien ne va et les élégies vous font sombrer dans la déprime. L’amour est fait de plaisirs longs et courts. Longs pour l’amour fou et courts pour les amours fugasses qui mènent à la solitude. Aussi Mylène a le souffle court, donc elle est malheureuse en amour. Ceci dit, faut-il se suicider si on est en manque d’amour ?

Le troisième couplet pourrait finalement montrer que le suicide n’est pas si bien que ça. En effet pour Mylène la vie est belle comme aile, une aile d’oiseau qu’on ne doit froisser pour qu’il continue à voler (et donc à vivre). Toutefois, la vie de Mylène est belle mais la sienne va s’emporter (vers le ciel ? Sûrement !). Et la chanteuse va commencer à vivre ? (« j’entre en elle »). Vivre après la mort ! Etrange encore ! Mais Mylène est mortelle et elle veut partir maintenant comme le rappelle le verbe à l’impératif « va » qui ici a un sens de « meurt »…

Mylène signe un joli texte qui lu au premier degré est incompréhensible. Le clip qui accompagne ce titre montre une femme triste qui attend que le temps passe et s’ennuie. Des envies suicidaires Mylène ? En tout cas nous on espère que non car même si tes textes traitent du suicide, ils sont magnifiques…

images-51A noter aussi, que lors d’une interview télévisée dans l’émission « Sept à huit » diffusée en janvier 2006, Mylène Farmer avait apporté une anecdote sur cette chanson. Voici la réponse de la chanteuse à l’intervieweur qui lui demandait si elle se permettait beaucoup de choses :
« En tout cas, je ne m’interdis rien, si ce n’est… Je fais appel à ma mémoire… Mais je me souviens quand j’ai écrit « C’est une belle journée », dans le refrain j’avais mis « C’est une belle journée, Je vais me tuer » à la place d’aujourd’hui, « C’est une belle journée, Je vais me coucher ». Et je crois que là, ce pourrait être un appel au suicide de certaines personnes un peu fragiles et j’ai changé ce mot pour un autre, parce que c’était peut être tout d’un coup quelque chose de trop fort, trop déterminant. Je crois que tout est possible à partir du moment où une fois de plus on ne fait de mal à personne. »

Publié dans Mylène et SYMBOLISME | Pas de Commentaires »

Analyse de « L’instant X »

Posté par francesca7 le 16 février 2013

  « L’instant X »

Analyse de Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

« L’instant X » fait partie des chansons atypiques de Mylène Farmer. On lui découvre une facette méconnue et surprenante, comme si nous elle disait : vous voyez, je ne suis jamais enfermé dans un genre, je fais les chansons que je veux quand je veux. Rares aujourd’hui sont les artistes qui résonnent ainsi.

Ces chansons atypiques sont peut-être inférieures à celles plus proches du style mylénien, mais elles ne sont pas dépourvues de beauté. En l’occurrence, « l’instant X » est une réussite pas toujours appréciée à sa juste valeur, défavorisée sans doute par un clip qui fait regretter l’époque Boutonnat et qui doit être interprété à la lueur du texte.

Une assez longue entrée en matière campe un décor de langueur et de répétition. Une musique terne, plutôt plate comme une autoroute, bas de gamme, expression exacte du quotidien d’une citoyenne. Cette impression est confirmée par le texte. C’est « lundi », la narratrice à l’accent gouailleur commence sa semaine, la xième de sa vie. C’est un matin de plus dans sa vie. Va suivre une succession de plaintes, qui ne seront comprises que lorsqu’on aura compris quel personnage Mylène joue ici.
La glu et les brumes font penser à un réveil difficile : la femme a eu un week-end chargé (surtout vers le soir) et doit se lever tôt pour aller au boulot. Mais c’est aussi le sentiment de ne pas pouvoir avancer, d’être prisonnier de la répétition éternelle des jours. Sans compter que cette situation est généralisée à toute « la planète ».

Cette introduction exprime vraiment une journée glauque d’une femme. Elle n’a pas fait la fête avec ses amis, et est restée chez elle à regarder « 30 millions d’amis », alors qu’il pleuvait dehors…

Mylène invoque ensuite sa « comète », comme d’autres invoquent leur bonne étoile. Son étoile à elle est filante… Le sexe n’est pas totalement absent de ce début ou, au moins, l’idée inconsciente est introduite. Quand on connaît le clip, le mot « englue » paraît beaucoup moins innocent. Quant à la comète, sa forme peut évoquer, avec sa tête blanche et sa queue, plus qu’une étoile filante…

images-5 dans Mylène et SYMBOLISME

On commence à mettre le doigt sur ce que Mylène essaie de caricaturer dans cette chanson.
C’est la femme actuelle, occidentale moyenne, libérée, féministe, branchée qui raconte son monde, majoritairement constitué de ses petits problèmes et de ses frustrations. Deux lectures sont alors possibles, et elles peuvent se compléter puisque ce sont deux caricatures, plus ou moins hard, du même type de femme.

La principale préoccupation de la femme actuelle est…ses menstruations. D’où le « bloody lundi » ou « la loi des séries ». « Le styx », fleuve mythologique des Enfers, peut être vu comme le fleuve sanglant qui coule d’elle-même et qui est une sorte de mythe pour toutes les jeunes filles. L’équation, c’est la somme des savants calculs qu’elles font pour se régler, et régler leur vie sexuelle.

« L’heure de prendre la pose », c’est surtout l’heure de changer de protection hygiénique. « Fatal » indique que c’est le destin de chaque femme. « l’hécatombe » et « l’asphyxie » désignent les douleurs ressenties, jusqu’au « vernis qui craque », à force de serrer les poings de douleur.

Mylène est à la fois frustrée et désabusée. Il n’y a pas trace d’amour, d’attachement, même d’homme dans ce texte. La moitié du vocabulaire est composé d’expressions communes, empruntées : le sabir américano-français (« bloody lundi », « humeur killer » : serial killer est une expression complètement passée dans notre langue), l’expression « j’ai un teint de poubelle », c’est-à-dire son make-up. Et bien sûr le « fun », mot-clé de la chanson, principe même de notre société.
Et le fun passe par l’instant X.

Mylène ne semble guère y croire. Même, l’instant X semble bizarrement absent, irréel. C’est normal. Ce n’est rien de plus qu’un désir. Les mots « messie » et « magique » renvoient à des notions de surnaturel, de quelque chose qu’on ne voit jamais. C’est vraiment la chose qui mettrait du piment dans sa vie sans relief. Mais, comme le messie, il ne vient jamais. Mylène reste là, à l’attendre, prenant la pose, ne pouvant que constater « l’hécatombe » qui se déchaîne autour d’elle. En fait, elle attend désespérément le moment où elle jouira vraiment, où l’amour charnel se conjuguera à l’amour spirituel, qui la rendra vraiment heureuse. C’est un peu le personnage du clip de « California ».

Vision terriblement cynique de l’amour, qui, non seulement se réduit à l’orgasme (suspectement solitaire avec cette absence de mâle), mais en plus se réduit au calcul de ses cycles. L’amour est regardé par son côté mécanique : ax+b= tilt. L’acte sexuel est une addition de corps (de membres !) qui produit un son de BD (« tilt ! »). Ce n’est rien d’autre qu’une seconde de plaisir pour une vie d’ennui.

Mais n’est-ce pas l’amour comme on le pratique de nos jours (cf. « Que mon cœur lâche »)? La simplicité désabusée de la phrase « c’est l’instant X », la froideur de la voix montre le travers des femmes actuelles : la petitesse avec laquelle elles traitent l’amour, comme une chose crue, lui retirant ainsi tout attrait. C’est un triste fait de société : ces femmes ont libéré leur sexualité, mais n’ont pas su conserver son caractère beau et puissant. La pornographie a tué la sensualité. Mais la satire prend son sens dans le refrain.

images-6C’est encore par dérision que Mylène reprend une chanson enfantine, comparant de façon assez osée l’acte sexuel avec l’arrivée du père Noël (ne descend-il pas dans la cheminée ?!…). Est-ce encore un produit du fantasme de Mylène sur son père (cf. « Optimistique-moi ») ? ça montre surtout que Mylène ne croit plus en l’instant X. C’est devenu quelque chose de trop banal…On comprend alors la douleur de la chanteuse.

« Zoprack » est l’anagramme de prozack, le symbole des antidépresseurs : élément hélas typique de la vie de la femme banale. Est-ce encore par caricature de ces femmes incultes qui déforment les mots ? En tout cas, la délivrance souhaitée est plus proche du placebo que d’un véritable messie…

Quant aux « ailes », elles représentent l’espoir de pouvoir un jour s’envoler…vers le septième ciel ? Surtout l’espoir de décoller de cette vie terre-à-terre.

La deuxième partie du refrain reprend la phrase « l’an 2000 sera spirituel ou ne le sera pas », célébrissime et largement médiatisée, jusque dans « Elle », le point zéro de l’information ! Et qu’en dit la Mylène de la chanson ? Cool ! « Du fun » ! C’est vraiment la femme coincée dans sa société, consommant tout de la même façon, dénuée justement de spiritualité.

Le deuxième couplet est la répétition du premier. On le remarque d’abord dans la structure. C’est le même système de rimes que dans le premier couplet (« Bloody/lundi/mais qu’est-ce qui/ », dans le second : « Humeur/killer/C’est l’heure… »). Des synonymes sont employés (« séries/cycle ») pour montrer que les choses n’ont pas changé. Comme si Mylène se réveillait le mardi suivant, ou n’importe quel jour, accentuant le caractère englué de la situation. Mylène est enfermée dans une façon de se comporter, de se poser qui ne lui attire que des ennuis. Il est possible que ce behaviour lui soit dicté par la recherche obsédée de l’instant X, d’où son côté prostituée.

C’est, en fait, une femme complètement désespérée, une « pretty woman » qui n’a pas trouvé son Richard Gere. « Un rien devient l’Everest » : la nouvelle sensibilité qui fait pousser des gémissements de douleur quand on se casse un ongle de pied, mais qui laisse froidement indifférente quand son chat se jette par la fenêtre.

L’ironie devient fatale à la fin du couplet, quand l’instant X tourne à l’hécatombe, au carnage, parce que les ébats passionnés font craquer son vernis. Humour de disproportion et d’allusion corrosif. L’instant X est mortel (« pied dans la tombe »), Mylène en ressort à moitié « asphyxiée », mais elle le dit sans la moindre passion. On en vient presque à préférer la période de « Beyond my control », quand l’amour et la mort se mêlaient tragiquement. Au moins, c’était beau. Dans « l’instant X », même ce qui est mortel devient banal.
Encore une fois, il faut inscrire cette chanson dans le contexte des albums. Alors que Mylène essaie de voir la vie autrement en quittant ses neiges originelles pour les plages californiennes, elle découvre le revers de cette société aux vitrines attirantes, les travers de la femme « fashion », au ridicule douloureux.

 

Analyse issue du site à visiter ...

Publié dans Mylène et SYMBOLISME | Pas de Commentaires »

A-t-on jamais… de Mylène 2013

Posté par francesca7 le 27 janvier 2013

 

A-t-on jamais de Mylène Farmer

La fiche de A-t-on jamais…

Vidéo : http://www.dailymotion.com/video/xvzoxh

A-t-on jamais est une chanson extraite de l’album Monkey Me (piste numéro 9) de Mylène Farmer sorti en 2012.  

 

Paroles de A-t-on jamais de Mylène Farmer

Envoyer « A-t-on jamais » sur mon Portable

A-t-on jamais les mots
Pour se convaincre d’oublier ?
Marcher vers l’échafaud
Ou faut il se réfugier ?

A-t-on jamais vu mer
Se cabrer, se déchirer
Moi
J’aurais voulu lui plaire
Pour qu’il reste à mes côtés

Alléluia
Aller où tu vois
Les montagnes

Alléluia
Donner tout de moi
Pour t’y voir

D’affronter tant de nuits
Les désastres du passé
J’ai oublié de vivre
D’accrocher l’astre à mon pied

A trop vouloir ton coeur, dis
Rien pour me raccommoder
C’est toi qui m’as donné vie
Ce soir je pose mes clefs 

A-t-on jamais... de Mylène 2013 dans Les Chansons de Mylène 11-190x300
 

Publié dans Les Chansons de Mylène | Pas de Commentaires »

The Farmes’s Conclusion

Posté par francesca7 le 26 janvier 2013

 

Bien vu et génial morceau sans paroles que ce Farmer’s Conclusion : bien vu, puisqu’il clôt l’album Ainsi soit je… et génial, puisque Boutonnat et Farmer se moquent gentiment d’eux-mêmes. D’eux-mêmes ou plutôt du pseudonyme qu’a choisi Mylène « Farmer » (fermière). Boutonnat s’amuse donc ici à sampler des cris d’animaux (cochon, cheval, chien, âne, chèvre, coq…) avec divers instruments. Mylène n’est pas tout à fait absente de cette « conclusion de fermière» puisque ses soupirs se mêlent aux cris des animaux.

La fermière au milieu de sa basse-cour ! Basse-cour que l’on pourrait assimiler au show-biseness et aux médias, qui en 1988, commencent à beaucoup parler de Mylène. Une façon drôle et originale de faire un pied de nez au milieu, mais moins directe qu’avec la chanson On est tous des imbéciles… un morceau de 2’15 qui n’existe que sur l’album Ainsi soit-je…

Image de prévisualisation YouTube

 

    issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 50/220

Publié dans Mylène AU FIL DES MOTS | Pas de Commentaires »

Dans le sac de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 17 janvier 2013


Paru dans POSTER MAGAZINE de NOVEMBRE1984

Dans le sac de Mylène Farmer dans Mylène 1982 - 1984 f6-148x300Cassette : C’est la cassette de ma prochaine chanson. Ce n’est que la maquette, elle n’est pas complètement terminée mais je l’écoute très souvent. Elle commence comme cela : « Bip be bou rock’n roll, l’amour au téléphone ».

Parfum : Je ne me parfume jamais dans la journée. Je le fais le matin et le soir avant de me coucher. Mais je préfère avoir le flacon dans mon sac, on ne sait jamais…

Broche : Elle représente un chat noir. Je la porte souvent sur moi. C’est pour ma future réincarnation.

Livre : C’est mon livre préféré : « La nuit des assassins » de José Triana. Je l’ai déjà lu quatre ou cinq fois. Je trouve le temps de lire en attendant sur les plateaux de télé ou avant les galas.

Paquet de cigarettes : Je fume des Stuyvesant menthol. J’en fume assez peu et je n’ai jamais de feu sur moi. Cela me permet de faire des rencontres.

Clef : C’est ma clef « Barbe bleu », la clef de ma porte interdite. Je peux en avoir besoin à n’importe quel moment, car je sais qu’il y a toujours des choses à découvrir.

Courrier : Je reçois beaucoup de lettres – la plus lointaine venait du Cameroun. Ce sont surtout des filles qui m’écrivent, quelques infirmières, de nombreuses mamans… Je réponds à toutes les lettres.

Chaussettes : Cette paire de chaussettes n’est pas pour moi, c’est pour… car je déteste les hommes qui transpirent des pieds.

Bombe : C’est une bombe paralysante anti-agression. Je pourrais l’utiliser si j’étais attaquée par des mamans qui en ont assez d’entendre ma chanson « Maman a tort ». Je ne l’ai pas encore fait mais j’ai hâte !

 

Publié dans Mylène 1982 - 1984, Mylène en CONFIDENCES, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

Mylène chez Drucker

Posté par francesca7 le 17 janvier 2013

CHAMPS-ÉLYSÉES le 22 SEPTEMBRE1984

Présenté par Michel DRUCKER – ANTENNE2

Dans cette émission dont Gilbert Bécaud est l’invité d’honneur, Michel Drucker reçoit pour la première fois

Mylène Farmer. On la voit dans le pré générique arriver au studio Gabriel et saluer à la caméra. Au cours de l’émission, Michel Drucker présente Mylène, qui arrive sur le plateau pour chanter (en direct) « Maman a tort ». La prestation est suivie d’une interview, dont on apprendra par la suite qu’elle n’était pas prévue à la base et qu’elle eût lieu car suite à des désistements, il fallait combler certains moments de l’émission !

Mylène chez Drucker dans Mylène en INTERVIEW mylene-et-druckerMichel Drucker : La jeune fille que je vais accueillir maintenant, Gilbert Bécaud, elle est française, mais elle est née à Montréal, au Canada. Vous parliez du Québec, elle a passé 13 ans de sa vie là-bas.

Gilbert Bécaud : Moi, j’adore sa chanson (…) J’aime bien : (il chantonne) « Un, maman elle a tort ; deux l’amour c’est bon… » (sic)

MD : Oui, c’est l’histoire d’une jeune fille qui dit qu’elle aime bien les choses qu’on lui a interdites, petite.

GB : Exact. Moi, je trouve que c’est une très bonne chanson. (Au public) Vous la connaissez ? Elle est bien cette chanson, hein !

MD : Alors, elle s’appelle « Maman a tort », et elle s’appelle Mylène Farmer !

Mylène arrive sur le plateau, son micro à la main. En se mettant en place, elle se prend les pieds dans le fil du micro et fait une moue amusée. La musique commence, elle chante « Maman a tort » en direct, en effectuant une petite chorégraphie que le caméraman a beaucoup de mal à suivre ! Elle finit la chanson assise par terre. Michel Drucker l’aide à se relever puis ils vont tous deux s’asseoir.

MD : Mylène Farmer ! Sur les routes de France, cet été, je pouvais pas allumer un poste de radio sans vous entendre. On voyait des petites filles qui comptaient : « Un, maman a tort… ». Racontez-moi un petit peu : vous avez grandi au Québec, au Canada ?
MF : Oui, j’ai vécu à Montréal pendant près de dix ans.

MD : Mais vous êtes française…
MF : Je suis française et canadienne, j’ai les deux nationalités. Et puis je suis arrivée à Paris, et depuis j’y vis.

MD : Alors, vous avez fait quoi ? Vous étiez mannequin, je crois…
MF : Oui, pour gagner de l’argent, j’ai été mannequin. Parallèlement, j’ai suivi des études comme tout le monde.

MD : Quelles études ?
MF : Oh, des études, c’est-à-dire le lycée jusqu’en terminale, et puis ensuite j’ai fait un peu le mannequin.

MD : Et puis cette chanson qui est arrivée dans votre vie, comme ça par hasard ?
MF : Plus ou moins par hasard, disons que j’ai rencontré deux personnes, qui sont mes producteurs, Laurent Boutonnat et Jérôme Dahan, et compositeurs, et qui m’ont proposé cette chanson.

MD : J’ai écouté souvent la chanson, mais j’ai pas tout compris. Vous êtes amoureuse de l’infirmière, c’est ça ?
MF : Ecoutez (rires), je peux vous raconter un peu la chanson. C’est quelque chose qui me tient effectivement un peu à cœur. Ca peut arriver à beaucoup d’enfants qui sont dans des centres hospitaliers et qui n’ont finalement pour heu… j’allais dire pour mamans, disons que ce sont des personnes qui s’occupent de ces enfants, ce sont des infirmiers ou infirmières et ces infirmières donnent à manger à ces enfants, les bordent au lit, leur font un bisou avant de s’endormir, donc prennent la place des mamans. Donc, c’est une petite fille qui dit à sa maman : « J’aime l’infirmière ».

MD : Bon, ça a été un énorme succès. Vous allez continuer, ou c’est un coup, comme on dit ?
MF : Non, j’espère continuer ! Là, je vais sortir un prochain 45-tours, et puis après on verra si ça marche. (…)

MD : Je vous souhaite une longue carrière, mademoiselle Mylène Farmer, qui vient pour la première fois à « Champs Elysées ».
MF : Merci…

Michel Drucker lance la suite de l’émission. Mylène reviendra lors du générique de fin de l’émission, au milieu des autres invités.

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

Mylène, sodomique de corps et d’esprit

Posté par francesca7 le 21 décembre 2012

Pourvu Qu’elles Soient Douces a intégralement été tourné au sud de la ville de Rambouillet (Yvelines), dans le parc régional de la Haute Vallée de Chevreuse, en bordure du bois de la Droue (appelé aussi « bois Saint-Benoît »). La séquence de la bagarre dans l’eau avec la rivale a été tournée au même endroit, dans une rivière nommée « La Drouette ».

Mylène, sodomique de corps et d'esprit dans Mylène dans la PRESSE clippqsdmini07S’il est bien un film qui ai valu à Laurent Boutonnat le qualificatif de « mégalo » que lui a attribué la presse, c’est bien Pourvu Qu’elles Soient Douces. Un clip de  18 mn, avec cinq jours de tournage (nuit et jour), six cent figurants et un budget de 1,5 millions de francs (et non 3 comme annoncés à l’époque) peut il être encore appelé un clip ? Au delà des moyens mis en oeuvre, reconnaissons au réalisateur d’utiliser les méthodes et le matériel d’une production cinématographique. Laurent Boutonnat utilise de la pellicule 35 mm, couleur ou noir & blanc, il use des travellings sur rail, des grues, des loumas et des steady-cam. Son cinéma est identifiable, par son vocabulaire et encore plus par la grammaire qu’il applique à l’agencement de ses plans. En ce sens, Libertine II est l’exemple type du cinéma de Laurent Boutonnat qu’il faudrait montrer à quelqu’un qui ne connaîtrait pas encore sa façon de le concevoir. PQSD obéit à une structure chère au cinéaste : on y retrouve l’héroïne, comme toujours Mylène Farmer, moitié bourreau moitié victime, on y retrouve aussi un contexte historique, daté ou non. La fin du film touche souvent à l’onirisme (Tristana, Sans Contrefaçon). L’armée de terre a mis a disposition de Laurent Boutonnat six cent hommes pour jouer les troupes anglaises et françaises. Les costumes sont confectionnés par l’équipe de Carinne Sarfati et les chevaux utiles aux cascades proviennent de l’écurie de Mario Lurashi (auquel Boutonnat refera appel pour le cheval noir de Giorgino). C’est d’ailleurs le célèbre dresseur qui tiens le rôle du lieutenant français qui achète les ribaudes. Pour mener la troupe de prostituées, Sophie Tellier est rappelée pour tenir le rôle qu’elle jouait dans Libertine I.

Contrairement à Libertine I qui a été entièrement story-boardé, cet épisode à été lui conçu sur un découpage technique  complet (méthode favorite de Laurent Boutonnat ). Voici les    commentaires de la presse « jeune » de l’époque qui retracent le travail de Laurent Boutonnat.

    Égérie clipée, sculpturale, allure rousse comme les interdits, Mylène la Farmer, sur laquelle on fantasme, a réussi la galipette majuscule d’accéder au trône de la renommée sans douleur… Révélation 1988, elle a supplanté ses consœurs, ne leur laissant que le choix des larmes. Sulfureuse, diabolique, corrompue au champ du sexe, la libertine  qu’elle ose paraître, a récidivé dans le sens, d’un empire des sens non recommandé par l’office catholique… « Sodomique de corps et d’esprit… 

clippqsdmini20 dans Mylène et des CRITIQUESDans Pourvu Qu’elles Soient Douces, telle une chevalière sans honte et sans reproche, Mylène a posé sous toutes ses coutures, et via cette violence romanesque, digne des épopées d’antan, elle a flirté avec les fleurs du mâle… Androgyne, l’ambiguïté calquée à son « Moi-je », Farmer pourchasse les bonnes manières, fouette les tabous et coupe l’herbe sous le pied des lignes « bien pensantes ». Iconoclaste et révoltée, l’âme entre deux désespoirs, Mylène joue dans ses clips celle qui n’est ni tout à fait elle, ni tout à fait une autre. Incandescente, irréelle et décadente. 

Farmer chuchote les mots et montre les images. Laurent Boutonnat, son frère d’émotion vénère sa muse. Il lui fait chanter des notes d’auteur et lui taille des portraits à travers des clips cinématographiques. Mes chers frères prions pour elle : la pécheresse officielle de cette fin de siècle. N’est-il pas vrai qu’il y a du « Marie-madeleine » en elle, mais en doutiez-vous ? Après les mots, les photos tournées en forêt de Rambouillet avec décors et costumes… S’il vous plait… quel faste !

Graffiti, Décembre 1988. 

Publié dans Mylène dans la PRESSE, Mylène et des CRITIQUES, Mylène et SYMBOLISME | Pas de Commentaires »

Sainte Mylène et Farmer

Posté par francesca7 le 15 décembre 2012

Erwan Chuberre et Ste Mylène…

 

Sainte Mylène et Farmer dans Mylène et les AUTEURS photo-3368461-l-167x300Erwan Chuberre est alors l’un des rédacteurs de IAO, un magazine consacré à Mylène Farmer qu’il admire depuis ses débuts. Il écrit alors sa première biographie Mylène Farmer, phénoménale.

À la sortie du roman Sainte Mylène, priez pour moi, il travaille à plusieurs projets dont Mylène Farmer l’Intégrale qui paraîtra fin 2007. Il rejoint ensuite les éditions Alphée.

 Il publie ensuite Madonna absolument en 2008. C’est le départ de la rédaction de nombreuses biographies : Britney toujours vivante (2008), Lorie entre ange et glamour (2009), Mylène Farmer, des mots sur nos désirs (2009), Vanessa Paradis (2009).

 Certains artistes collaborent indirectement à ses livres : non officielles, ses biographies sont néanmoins validées. Ainsi Isabelle Adjani a-t-elle autorisé l’édition de La légende Adjani et Arielle Dombasle a-t-elle choisi la couverture de Et Dieu créa Arielle Dombasle.

En 2009, il publie un nouveau roman Sexe, Gloire et Bistouri.

 Par ailleurs, il anime l’émission Diva sur Canapé sur la chaîne de télévision « Public G tv », chaîne à destination d’un public gay et lesbien où il reçoit de nombreux artistes.

En 2010, il publie Lady Gaga, une diva venue d’ailleurs, première biographie française de la jeune star, ainsi que la biographie d’Arielle Dombasle. Il met ensuite à jour la biographie de Madonna Madonna Style qui avait été écrite par Carole Clerk avant sa mort, puis rédige la biographie d’Isabelle Adjani et enfin Olivia Ruiz, la diva aux pieds nus.

 En 2011, il réactualise L’intégrale Mylène Farmer et publie son dernier roman Sur mes lèvres, Mylène Farmer, puis L’Intégrale Lady Gaga et Katy Perry, une princesse californienne, première biographie française de la star.

 En parallèle de ces activités, Erwan Chuberre a monté en 2009 une structure d’attaché de presse afin de se charger des relations presse des artistes qu’il admire. Il est également l’attaché de presse du cabaret parisien Artishow, il en a écrit l’histoire « Artishow, Entre rêves et passion » en 2010 avant d’y fêter ses quarante ans en 2011.

 Son dernier roman, Dans la peau de Lady Gaga, est sorti le 30 août 2011 et rencontre déjà un très beau succès

 Acteur de la vie LGBT, il publie en 2010 Le guide pratique du couple gay, guide qui – dans sa version américaine – venait d’avoir un grand succès

Publié dans Mylène et les AUTEURS, Mylène et mes BLABLAS | Pas de Commentaires »

Mylène Farmer TV 1996

Posté par francesca7 le 28 novembre 2012

 

Mylène Farmer TV 1996 dans Mylène et mes BLABLAS cpfarm7-216x300Triste anecdote relative au passage de Mylène dans l’émission « Les enfants de la guerre » en novembre 1996 : elle venait tout juste de perdre son frère dans un accident de voiture au moment de l’enregistrement. L’enregistrement de sa prestation sur Rêver avait donc été aménagé pour lui faciliter le plus les choses (malgré le fait que des fans présents sur le plateau aient perturbé l’enregistrement, déçus que Mylène quitte le plateau rapidement). Mylène portait sa robe en métal du Tour 96, très lourde et donc contraignante pour se déplacer. Or, la loge de Mylène était située très loin du plateau. La production lui avait donc proposé de rejoindre le plateau avec une petite voiturette. Mais Luciano Pavarotti, invité d’honneur de l’émission, avait réquisitionné cette voiturette pour ses propres déplacements, comme c’était de coutume de chez lui car il ne se déplaçait pratiquement qu’ainsi. Mylène a donc du faire le chemin à pied avec sa robe sur le dos. Mais ce n’est pas tout : après l’enregistrement, on a fait savoir à Mylène que Pavarotti souhaitait la rencontrer dans sa loge à lui, ayant beaucoup aimé sa prestation. Mylène attend donc devant la loge de Pavarotti, longtemps. Il ne lui a jamais ouvert sa porte… 

Publié dans Mylène et mes BLABLAS | Pas de Commentaires »

Ainsi soit Nous, dit Mylène à Laurent

Posté par francesca7 le 1 novembre 2012

 

Propos recueillis par Elsa Trillat (photographe) pour le Mylène Farmer Magazine en 2003

Ainsi soit Nous, dit Mylène à Laurent dans Mylène dans la PRESSE feudes1En octobre, Mylène et Laurent préparent le tournage du clip de « Sans contrefaçon », prévu pour décembre. Hélas, à ce moment-là, je suis rattrapée par des problèmes de santé. Le 19 octobre, je les appelle pour les prévenir que j’entre en dialyse. Mylène se fait mouler le visage pour la fabrication de sa marionnette qui servira pour le clip. A peine rentrée, elle me rappelle pour me parler et m’assurer de son soutien. Pendant dix jours, je suis hospitalisée pour les examens d’usage. Quelques-unes des vedettes que je photographie régulièrement pour « Match » me rendent visite : les Niagara, Vanessa Paradis qui m’offre un synthétiseur…

C’est une période pendant laquelle Mylène et moi nous rapprochons encore plus car elle vient quasiment tous les jours prendre le relais de ma mère pour m’aider à manger et me tenir compagnie. Quelques jours avant la sortie de « Sans contrefaçon », elle m’apporte les éditions « Or » promotionnelles du 45 tours. Quelle fierté de voir ma photo ! Elle m’appelle aussi tous les soirs, histoire de papoter avant de dormir. Un soir, elle me dit qu’elle vient d’écrire un texte en une demi-heure pour son prochain album. Elle me le lit au téléphone. C’est « Ainsi soit je… ». Elle écrit la plupart des titres de son prochain album pendant cette période et me tient au courant quotidiennement de son avancée.

Plus j’y pense, plus je me dis que l’album « Ainsi soit je… », c’est le nôtre. Bien sûr, je n’ai pas écrit les chansons, je ne les ai pas chantées non plus. Mais je me suis sentie impliquée dans le processus de sa création. J’ai vraiment l’impression d’avoir eu une influence sur la direction qu’il a prise. Notamment « Sans contrefaçon » ou la reprise de « Déshabillez-moi ». Une fois, Brigitte, la sœur de Mylène, m’a dit que « Sans logique », c’était pour moi. Est-ce vraiment le cas ? Si oui, c’est Mylène qui est à la fois satanique et angélique, mais c’est à moi qu’elle crèverait volontiers les yeux à coup de ciseau !

Décembre 87. Comme prévu, j’entre en dialyse. Mylène est très contrariée car elle doit partir à Cherbourg pour tourner le clip de « Sans contrefaçon ». Elle ne souhaite ni me forcer à venir ni me l’interdire. Elle pense simplement que ça va m’affaiblir. Elle a raison. C’est donc la mort dans l’âme que je renonce à aller prendre les photos du tournage. Quel dommage : « Sans contrefaçon », c’est un peu notre truc à tous les trois, Laurent, Mylène et moi. Pour l’anecdote, je me rappelle qu’au début, Mylène voulait que l’histoire du clip tourne autour d’un camp de concentration. Comme j’étais très maigre à l’époque, elle m’avait dit qu’elle aurait un rôle pour moi !

2005_fevrier2 dans Mylène dans la PRESSEEn janvier, elle m’annonce toute fière l’avant-première du clip au Max Linder, un cinéma parisien. Une projection de presse. Rendez-vous à 11 heures. Elle veut que j’y sois. Mais je suis en dialyse toute la matinée donc ça me paraît compromis. Mylène est assez triste. Le jour venu, je fais le forcing auprès de mes médecins qui acceptent exceptionnellement de me laisser sortir une heure avant. Je prends un taxi. J’arrive sur place, Mylène me voit. Toute contente, elle dit : « C’est bon, Elsa est là, on peu commencer ! ». J’avoue être assez flattée par la remarque. La projection commence. A la fin, Mylène, voyant que je ne peux applaudir – j’ai le bras gauche bandé suite aux dialyses – prend ma main droite et tape dedans avec sa main gauche. On applaudit comme des sœurs siamoises. On sort du Max Linder vers 14 heures. On a hyper faim. Je propose à Mylène de manger des sushis, elle n’en a pas trop envie. Je lui dit : « Fais-moi confiance, je suis sûre que tu vas aimer ». Direction Osaka, vers la Comédie Française. Là, elle tombe amoureuse des sushis. Je lui aurais au moins laissé ça. Les semaines passent. Mais je vais toujours me faire dialyser trois fois par semaine. Je décide de vendre ma voiture. Mylène veut me la racheter. Elle n’a même pas le permis ! « Mais je l’adore tellement ta Mini ! J’apprendrai à conduire ! ». Finalement, le concessionnaire me reprend la voiture quand j’en rachète une nouvelle. Mylène est très énervée. Ca me fait rire.

Les photos de la pochette de l’album « Ainsi soit je… » sont shootées début février chez Bertrand Le Page. Je vais chercher Mylène chez elle, rue Quincampoix. Elle sort avec des bigoudis sur la tête et sa poupée sous le bras, c’est surréaliste ! On fait l’essentiel des photos devant un grand miroir : une première série où elle se regarde dans la glace et une autre où elle se retourne vers moi. L’électricité saute à trois reprises car je travaille uniquement au tungstène, jamais au flash. C’est une lumière permanente qui donne une image plus dorée, mais qui consomme beaucoup. En plus, la radio reste branchée pendant toute la séance. Je me souviens d’ailleurs que c’est l’époque où François Feldman commençait à cartonner fort. Son nouveau single passe à la radio, Mylène me regarde et me dit : « Tu vas voir que ce truc va finir numéro un ! ». Elle n’a pas eu tort. Bref. Je fais développer les photos. On les regarde. Mylène choisit exclusivement celles où elle se regarde dans le miroir. Laurent et moi, on préfère les autres. En fait, comme tout le monde, Mylène ne connaît d’elle que l’image qu’elle se renvoie dans le miroir, donc elle se reconnaît mieux dans celles-là que dans les autres. Finalement, on a le dernier mot avec Laurent.

En mars 1988 sort l’album « Ainsi soit je… ». Je craque tout particulièrement pour « L’horloge ». Je dis à Mylène qu’elle devrait le sortir en 45 tours. Elle ironise sur le fait qu’on serait les deux seules à l’acheter ! A la même période, elle déménage de la rue Quincampoix à la rue Monceau. Je vis alors chez mes parents, place de la République Dominicaine, de l’autre côté du Parc Monceau. Autant qu’on devient voisines et qu’on se voit encore plus – si possible vu qu’on se voit déjà quasi quotidiennement ! Son nouvel appartement est immense : trois cents mètres carrés pour elle et Laurent ! Presque une pièce entière est transformée en cage géante pour E.T. et Léon. Maintenant, il faut le remplir cet appart’ ! Car Mylène n’a presque rien gardé de Quincampoix. Je lui propose alors d’aller chercher l’essentiel. On part donc faire quelques courses aux Galeries Lafayette. Nous voilà dans ma nouvelle voiture, Mylène à côté de moi, les pieds sur le tableau de bord. Elle s’étonne alors que tout le monde nous regarde. Je lui dis : « T’as vu comment t’es habillée ? ». Mylène n’a rien trouvé de mieux que de s’habiller avec le costume à carreaux des télés de « Sans contrefaçon », casquette y compris. Pour passer inaperçue, c’est raté ! Elle ne se rend pas compte que son disque fait un carton et que tout le monde l’identifie très bien… On est passées par le Monoprix pour prendre des produits ménagers. Mylène ne s’y connaît pas trop donc je lui dis de prendre conseil auprès d’une vendeuse. Elle n’ose pas. J’y vais. La vendeuse me demande si c’est bien Mylène Farmer. Je lui dis que oui. Elle souhaite alors annoncer au micro que Mylène est dans le magasin. Je lui déconseille vivement et éclate de rire.

illogical-special-asgLe 14 mars, jour de mon anniversaire, alors qu’elle est encore dans les cartons, Mylène m’invite à passer une nouvelle soirée dans son appart’. Elle m’apporte alors un grand carton : « Laurent et moi, on a un petit quelque chose pour toi ». J’ouvre. Je reconnais le visuel de la pochette de « Sans contrefaçon ». C’est le disque d’or pour plus de 500 000 ventes, avec mon nom inscrit en toutes lettres.

De mon côté, je suis toujours en dialyse à ce moment-là. A ce sujet, Mylène me dit un truc très touchant. Un soir, on va dîner chez Osaka toutes les deux avant d’aller chercher Laurent qui bosse alors sur un truc non loin de chez moi. Lors de ce dîner, Mylène me demande : « Où puises-tu toute ton énergie ? Je n’en ai pas un quart ! Malgré tous tes ennuis de santé, t’as toujours la pêche ! Tu veux pas m’en donner un petit peu ? ». J’adorerais qu’elle me répète ça aujourd’hui que je suis à nouveau malade. Je suis tellement épuisée que ça me ferait un bien fou.

Le 9 mai, je fais une nouvelle dialyse. Une de plus. Quand je repars chez moi, je me dis que c’est la dernière. J’en peux plus. L’après-midi même, j’apprends qu’un rein est disponible et que je vais pouvoir être enfin transplantée sur le champ ! Immédiatement, j’appelle Mylène pour la prévenir. Elle m’encourage en faisant un peu d’humour pour dédramatiser le truc. Après l’opération, j’apprends par Suzanne, la femme de ménage de ma mère, qui travaille aussi chez Mylène, qu’elle a annulé tous ses rendez-vous et qu’elle est restée prostrée toute la journée près du téléphone à attendre de mes nouvelles ! Je suis hospitalisée pendant dix-sept jours. Bénédicte, la sœur de Laurent, qui travaille à la Pitié où je suis hospitalisée, me rend visite tous les jours. Je suis très touchée. Malheureusement, pendant ce temps, Mylène part au Maroc – pour une émission de télé, je crois – puis tourne le clip de « Ainsi soit je… » près de Paris. Laurent m’informe qu’ils font une projection de la vidéo au Studio 13 le lendemain de ma sortie de l’hôpital et m’invite à y aller sans prévenir Mylène pour lui faire une surprise. J’arrive, et là, elle ne me voit pas tout de suite tant elle est entourée. La projection passe. Ce n’est qu’après qu’elle me remarque. On se jette dans les bras l’une de l’autre. Et là, elle me dit : « Elsa, tes yeux ont changé. Y avait la mort avant, et maintenant y a la vie ».

Malgré cette magnifique phrase, quelque chose s’est cassé entre nous ce jour-là. Ce qui m’a énervée, c’est cette cour autour de Mylène : « Oh regarde Mylène, je suis habillé comme toi ! ». Je n’ai jamais pu supporter ce genre de choses. Je ne parle pas du public, mais des danseurs, maquilleurs, coiffeurs qui se sont mis à la copier et à la coller. Je lui ai dit mille fois de ne pas marcher dans ces trucs-là, que c’était le genre de trucs qui pouvaient rapidement lui faire péter un câble. Dès qu’ils étaient tous là à tournoyer autour d’elle, elle devenait complètement différente, elle faisait sa reine – ce qu’elle fera de plus en plus après. Ca a été l’élément déclencheur de notre « rupture ». Je ne retrouvais plus ma marchande de légumes de poireaux…

Parution dans le Mylène Farmer Magazine de 2003

Publié dans Mylène dans la PRESSE | Pas de Commentaires »

Mémoires de Stade de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 28 octobre 2012

 

    A la saison des vendanges, le douzième jour de septembre exactement, M. Boutonnat s’installait vingt minutes avant le début de la représentation, nerveux, concentré, le regard fixe, immobile plus qu’inexpressif, derrière son pupitre. Il savait que le chef de l’État occuperait sa loge. Cigarette sur cigarette, des bribes de conversations avec deux techniciens aux cheveux blancs, quelques mots seulement. Après la décontraction feinte, l’imperturbable concentration lorsqu’il fixe la scène encore dans l’obscurité. M. Di Sabatino clopait également, serrant dans ses bras M. Suchet qui venait d’arriver.

Mémoires de Stade de Mylène Farmer dans Mylène et SYMBOLISME 28384_390982046987_85098556987_3900238_5705248_n-300x221    Le tableau commençait sous les mêmes auspices ; plus de cigarette mais un invariable regard droit que rien n’aurait sû distraire ; il considérait avec mépris les vendeurs de bière dans la fosse, aux fûts de pression arrimés au dos. Puis, ses mains côte à côte, doigts posés sur ses muscles frontaux pour les masser, décrivaient de petits cercles au dessus de son lourd regard. Il avait fallu attendre qu’on chante « Qui entre dans l’histoire entre dans le noir » pour que M. Boutonnat saisisse d’une main sa pipe noire de l’autre son briquet blanc, qu’il ne lâchât point jusqu’à la fin du numéro. Lorsque retentissaient les tonnerres électriques des « Paul en Pauline », M. Boutonnat devenait plus directif, mimait la guitare en faisant signe à sa gauche de surmixer l’instrument. Il était alors debout comme si on lui eût laissé la bride sur le cou, riait bruyamment de la fellation approximative mimée sur un guitariste et, lorsque la maîtresse des lieux décidait de reprendre la chanson en traînant un « Wwwon a besoin d’amour », lancait un regard rieur et complice à l’adresse de M. Suchet .

   Détendu et l’estomac vraisemblablement moins noué, c’est lorsque résonnait « C’est comme une symphonie » que M. Boutonnat entamait un quartier de pomme rouge. Sitôt le fruit terminé il tentait de réanimer sa pipe, qui resterait enluminée jusqu’à des battements de menton rythmés sur le « poète [qui n'a] que la lune en tête ». Bien après, à l’issue de refrains lents, alors que la reîne gravissait posément le haut escalier, M. Boutonnat devisait avec M. Suchet sur ce milieu de spectacle. Il exposait l’idée qui l’avait animé lorsque l’année antérieure, il imaginait ce faux final. Il en schématisait pour lui la perspective de lumière qui mène aux squelettes, en dessinant un couloir de ses mains qu’il éloignait à plusieurs reprises de son buste. Redevenu silencieux, il comtemplait encore quelques instants la lumineuse splendeur de cette idée devenue réalité. Regagné sa console, M. Boutonnat regardait autant la scène que le monumental écran de droite qui exposait le visage fardé de la maîtresse des lieux. Il utilisait les derniers instants laissés à sa décontraction en rallumant sa pipe, puis en chantonnant son « si fragile qu’on me prenne la main » qui semblait l’amuser toujours.

   C’est lorsque toute la cour entonnait « Tout seul dans mon placard » que M. Boutonnat se crispa. A deux minutes de la dramatique panne de son survenue la veille, lui et ses techniciens de camarades gardaient les yeux rivés sur la scène. Alors que certains se mordaient l’intérieur des joues, lui se mit à parler sèchement à sa droite en agitant les mains à plat dans l’air. Puis le soulagement du pont musical passé, les matassins s’asseyant en rond pour simuler les jeux d’enfant, il se lâcha complètement, sortit de la régie, s’avança derrière le public pour chantonner quelques vers du refrain, ria, regarda la tribune gauche, se retourna gaiement sur la pointe des pieds pour considérer la bouche ouverte les gradins du fond, visiblement toujours admiratif du nombre de personnes connaissant par coeur la ritournelle. La suite du spectacle fût pour lui plus ludique ; d’une part il tentait toutes les minutes trente -briquet vissé à la main- de garder sa pipe allumée, d’autre part il indiquait à sa gauche -en gestes appuyés- de lâcher samples plus tonitruants et effets sonores davantage assourdissants. Maître de son petit royaume sur l’Instant X, il tapait sur des cloches invisibles et roulait ses mains vers le ciel à chaque envolée de début de refrain. Entre ses séries de poing levé sur les «Fuck them all!», de « Hou-ha-houuu » murmurés sur Dégénération, de coups 2000-claude-gassian-024b-197x300 dans Mylène et SYMBOLISMEmartelés dans le vide sur C’est dans l’Air, il se rasseyait dans son fauteuil à bascule pour tenter une cent unième fois de rallumer sa bouffarde.

   Pipe éteinte, rangée dans la poche ; c’est à ce moment là que la veille avait vu une autre coupe de son mal opportune. Mais ici rien, l’antienne passa une nouvelle fois sans problème. La petite troupe pouvait alors s’égayer, M. Boutonnat -jusqu’à lors impatient- remercier le ciel en levant nez et mains, puis sautant de joie tandis que MM. Suchet et Di Sabatino, toutes dents dehors, se synchronisaient sur la chorégraphie des générations désenchantées. C’est tout à sa joie, alors que se criaient les rappels « des idéaux, des mots abîmés » que M. Boutonnat communiquait à je-ne-sais-qui son contentement par téléphone mobile en exhultant. Peu après, sitôt les confettis bien expédiés, content de lui et du bon accomplissement ses oeuvres, il se retirait rapidement dans ses quartiers suivi de MM. Di Sabatino et Suchet. L’ouvrage était achevé.

«Une idée sans exécution est un songe.»
Saint-Simon, Mémoires de la cour de France sous Louis XIV.

Publié dans Mylène et SYMBOLISME | Pas de Commentaires »

Confidences sur Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 21 octobre 2012

Confidences sur Mylène Farmer dans IAO Magazine

confidences Corinne Blandel (Habilleuse)

 

Confidences sur Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES 6iao1py6vn-300x266Avez-vous travaillé avec Mylène avant le « Mylenium Tour » ?
A vrai dire, oui, il y a très longtemps, à l’époque de « Maman à tort ». Je suis styliste à la base, et je dois avouer que la première fois que j’ai vu cette fille à la télé, je me suis dit que tout ce que je faisais depuis des années lui correspondrait tout à fait. Elle aimait les tenues qui soient à la fois portables à la ville et en même temps empruntes de théâtralité. J’avais tout un book comme ça, avec notamment des redingotes.

Donc vous êtes entrée en contact avec elle à cette époque ?
Oui, mais j’ai mis longtemps à y parvenir ; elle était déjà difficilement approchable (rires). Ca m’a pris un an je crois.

Et comment y êtes-vous parvenue ?
Pas hasard. En fait, il s’avère qu’un jour, j’ai rencontré Pierre Perrin, qui était le photographe de Mylène à ses tous débuts, mais aussi son ancien compagnon, avant Laurent Boutonnat. Il m’avait d’ailleurs raconté qu’il n’avait pas cru au potentiel commercial de « Maman à tort » et que c’est un peu ça qui avait conduit à une rupture. Il m’a donné les coordonnées de Mylène et je l’ai contactée. Mais même avec ses coordonnées privées, j’ai eu du mal à l’atteindre.

Mais vous l’avez vue ?
Oui. Je lui ai montré mon book et ça lui a plu. Mais la difficulté pour moi, c’est qu’elle avait déjà une costumière, Carine Sarfati, qui m’a visiblement prise pour une rivale potentielle. Moi je démarrais dans le métier, alors je n’ai pas insisté. Mais Mylène a tout de même porté une de mes tenues en télé. C’était un chemisier un peu particulier, avec des manches pointues qui se terminaient par un anneau sur les mains.

C’était pour quelle émission et quelle chanson ?
Je crois que c’était « On est tous des imbéciles » dans une émission du matin sur FR3. (ndlr : la description du costume laisse plutôt penser qu’il s’agit de l’une des prestations de Mylène dans l’émission de Christophe Dechavanne, « C’est encore mieux l’après-midi », pour la chanson « Tristana » le 19 juin 1987. Elle y portait effectivement un chemisier blanc avec des sortes d’anneaux sur les bras qui lui remontent sur les mains).

Et vous ne l’avez plus revue après ?
Non. Je l’ai retrouvée via Dominique Borg lorsqu’elle est venue travailler avec elle sur les costumes du « Mylenium Tour ».

Parce que vous travailliez alors avec Dominique Borg ?
A l’époque, oui, je travaillais beaucoup avec elle.

Vous êtes allée voir Mylène à ce moment-là pour lui dire : « Tu te souviens de moi ? » ?
Non car on était toute une équipe, et elle était très protégée.

Vous aviez quand même accès à sa loge, non ?
Oui, mais parfois certaines personnes la mettaient vraiment sous cloche. Et le pire, c’est que je ne suis même pas sûre que ce soit sa volonté. Je me souviens que parfois, je l’entendais dire « Mais laisse-la entrer, c’est Corinne, ça fait trois mois qu’elle me voit nue tous les jours ! » (rires).

Vous vous occupiez de l’habiller ?
Avant le spectacle, je m’occupais surtout des danseurs. Mylène, c’était plus pour les changements de costumes pendant le spectacle, car il fallait être plusieurs filles dans la mesure où il s’agissait de tenues délicates.

Elle retournait en loges pour se changer ?
Ah non ! C’était impossible. Il fallait que ce soit extrêmement rapide. On faisait ça dans une cabine, en arrière plateau, presque dans le noir, avec trois lampes torches. D’ailleurs, elle n’a pas porté toutes les tenues qui étaient prévues à la base car elle avait peur que ça fasse trop de changements rapides.

Mais pourquoi ne pas y avoir réfléchi avant, pendant les essayages avec le créateur des vêtements par exemple ?
Le problème c’est que les tenues sont déjà vendues quand on arrive au moment des essayages.

937_001-209x300 dans Mylène en CONFIDENCESCombien de tenues Mylène a-t-elle délaissées alors ?
Deux ou trois. Je me souviens notamment d’une tenue en résine chair, avec comme des gouttes de corail ou des flammes dessus. C’était une pure merveille. Elle valait bien dix mille euros d’ailleurs. Mais c’était un vêtement tellement délicat qu’il était impossible de l’enfiler rapidement. Mylène ne l’a donc pas portée pendant le « Mylenium Tour ». En revanche, elle a fait une télé avec (il s’agit de la prestation pour « Souviens-toi du jour… » dans l’émission « 100 % Johnny » le 12 novembre 1999).

Et elle porte cette tenue sur l’affiche de ses concerts de cette année.
Ah je ne savais pas. C’est bien car je me souviens de Dominique avait été très déçue que Mylène ne le porte pas en scène.

Mylène parlait-elle pendant les changements de tenues ?
Non, pour la simple raison qu’elle avait encore ses micros. On faisait tout par gestes. Par exemple, on lui tapait sur le mollet pour qu’elle lève le pied gauche (rires). Tout était très bien organisé.

Et il y a déjà eu des cafouillages ?
Oui. Je me souviens qu’un soir, lorsqu’on lui a enfilé la tenue du final, un superbe vêtement monté sur tulles, elle a paniqué quand son micro s’est pris dans le dos du vêtement. Elle était prête à l’arracher aux ciseaux. On a juste eu le temps de l’arrêter car comme elle remettait la tenue le lendemain ou le surlendemain, ça aurait été la catastrophe. Elle paniquait souvent pendant les changements rapides, à deux ou trois moments du concert.

Pourquoi cela ?
Je ne sais pas. Il faut reconnaître que certaines personnes de son entourage étaient assez stressantes. Je me rappelle d’une d’entre elles en particulier qui venait parfois la voir entre deux chansons pour lui dire qu’elle avait oublié tel mot dans les paroles ou qu’elle avait fait telle erreur dans les pas de danse. C’était assez déplacé, je trouve.

Vous aviez des relations avec elle en dehors du spectacle ?
Oui, un peu. Mais elle avait besoin de beaucoup de calme. Elle arrivait souvent à la Michael Jackson, l’écharpe au ras du nez et le bonnet jusqu’aux yeux. En même temps, elle pouvait se montrer totalement disponible ; elle venait discuter un peu avec nous au catering. Je n’ai pas eu le sentiment de quelqu’un qui refuse la communication. Elle ne fait pas sa star. Je pense qu’elle est simplement surprotégée.

A quelle heure arrivait-elle en général ?
Assez tôt. Vers seize heures ou dix-sept heures.

Et en sortant de scène, elle parait aussitôt ou elle restait un peu ?
Elle partait. C’était un tel délire. Je me rappelle d’ailleurs que certains fans qui l’attendaient dehors me prenaient parfois pour elle quand je passais devant des espaces vitrés car, à l’époque, j’étais rousse avec les cheveux un peu en pétard. Et ils criaient (rires) !!! J’étais obligée de sortir pour leur dire que je n’étais pas Mylène et qu’elle était déjà partie.

Mais elle partait avec sa tenue de scène ?
Non, elle se changeait pour enfiler des choses plus confortables, et partait rapidement. 

 

Parution dans le magazine IAO -de 2006

Publié dans Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaires »

Mylène Farmer et sa rencontre avec…

Posté par francesca7 le 12 septembre 2012

 

confidences de Jacky (Animateur)

 

Mylène Farmer et sa rencontre avec... dans Mylène en CONFIDENCES EXCLU-Soiree-speciale-Serge-Gainsbourg-Jacky-J-ai-toujours-beaucoup-de-plaisir-a-parler-de-Serge_portrait_w532L’animateur culte des années 80 a été l’un des premiers a recevoir Mylène à la télé. Par la suite, Jacky et Mylène se sont croisés à de multiples reprises sur des plateaux de télévision. Jacky a reçu Mylène sept fois sur une période de cinq ans, sans compter les interviews pour la radio Skyrock sur laquelle il officiait à l’époque !

Te rappelles-tu du premier contact que tu as eu avec Mylène ? T’a-t-elle sollicité ou est-ce toi qui est allé vers elle ?
Ni l’un ni l’autre. C’est son attaché de presse de l’époque, et surtout son manager, Bertrand Le Page, qui m’ont contacté pour qu’elle fasse « Platine 45 ». Elle démarrait. C’était à l’époque de son premier disque, « Maman à tort » je crois.

Quand l’as-tu rencontrée pour la première fois ?
C’était à La Coupole. On a déjeuné ensemble pour préparer l’émission car j’écrivais toujours mes textes à l’avance avec mes invités. C’était un vrai travail à deux. Ca rassurait les artistes parce qu’ils savaient où ils mettaient les pieds. J’envisageais vraiment mes émissions comme des sketchs : je déguisais souvent mes invités. Je me souviens d’ailleurs que Mylène n’a pas voulu. Elle était OK pour déconner, mais en restant elle-même.

Comment s’est passé le premier contact avec elle ? Était-elle distante, sur ses gardes ?
Ah non, pas du tout ! Elle était très sympa. Elle était très à l’aise avec moi. On se tutoyait. Mais bon, c’était ses débuts : elle avait besoin de promo. Mais je pense qu’elle m’aimait bien.

Quel(s) souvenir(s) gardes-tu des enregistrements de « Platine 45 » ?
On s’était bien marrés à les faire. Je crois que le résultat est assez drôle. Sans doute encore plus aujourd’hui, presque vingt ans après ! Je me souviens surtout d’un plateau où elle m’embrassait partout. Une fois, elle m’a même embrassé sur la bouche ! Elle ne fera plus jamais ça avec un autre animateur. Ce qui me fait rire, c’est que beaucoup de gens me demandent comment j’ai fait pour dérider Mylène Farmer. Mais je n’ai rien fait du tout ! A l’époque, elle était comme ça. Et puis le courant passait plutôt bien entre nous. Je pense que si je la revoyais demain, elle me tutoierait encore.

Serais-tu impressionné si tu devais recevoir Mylène aujourd’hui ?
Franchement, à part Gainsbourg, Coluche et Catherine Deneuve, personne ne m’a jamais impressionné dans ce métier. Et j’ai reçu tout le monde, toutes les stars. De Bruel à Madonna. Comment veux-tu que je sois impressionné par des gens que j’ai vus débuter ?! Madonna, je l’ai connus quand elle était simple standardiste à New York à la fin des années 70. Je m’entendais bien avec le patron de cette boîte qui s’appelait Simon Stein, il était juif polonais, comme moi, et s’occupait des Ramones et des Talking Heads dont j’étais alors attaché de presse.

Comment définirais-tu Mylène, selon ce que tu en as connu ?
Je la trouvais brillante, intelligente, vive d’esprit, avec un sacré sens de la répartie. Elle avait une vraie personnalité déjà. Tu sentais que ça allait devenir énorme.

FanStephane3-300x185 dans Mylène en CONFIDENCESQuand l’as-tu vue pour la dernière fois ?
C’était au « Jacky Show » en 1989. Je ne l’ai jamais revue depuis. Ca fait donc un petit moment maintenant. On était assez copains à ses débuts, on se marrait bien, puis on s’est perdus de vue. C’est comme ça ce métier : on voit surtout les gens avec qui on travaille.

Et tu n’as pas cherché à la recontacter ?
Non. Et elle non plus d’ailleurs ! Ca prouve qu’on n’était pas amis (petit rire). Je n’ai pas d’amis dans le showbiz depuis trente ans que j’y suis. Tu ne peux pas être intime avec les gens dans ce métier, ils sont là pour faire leur promo. 

Parution dans Mylène Farmer et vous par la newletter de 2003 - 

 

Publié dans Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaires »

1234567
 

linergeek |
give to eat by eating |
ecouteconseil |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hé ! lecteurs à Saint Marti...
| parlons-en!
| Je me SOUVIENS...