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TRISTANA a vu le jour grâce à Gaëtan

Posté par francesca7 le 4 mai 2016

GAETANGaëtan
Mylène évoque régulièrement cet homme vivant au milieu de nombreux animaux à ses débuts, dans la presse (la première fois dans un reportage photo accordé à « Télé 7 jours » paru le 15 novembre 1986) et même à la télévision (« Les animaux du monde », TF1, 22 mai 1988).

Mylène dira de lui : « Gaëtan et sa femme Christine sont des gens formidables. Ils ont élevé leur fils de trois ans Uryen au milieu de cette faune et il n’en a pas du tout peur. » La plupart des animaux que l’on peut voir dans les premiers clips de Mylène sont les siens (Tristana, Ainsi soit je…)
On n’en entendra plus parler après 1988, date à laquelle il est certainement sorti de l’entourage de Mylène Farmer.

 

On a vu son nom pour la première fois lors du dressage des loups dans TRISTANA chanson interprétée par Mylène Farmer extrait de son premier album studio, Cendres de lune (1986). La chanson est sortie en tant que quatrième et dernier single de l’album en janvier 1987. Il y fut rajouté lors d’une réédition.

tristana-mourthe

Synopsis de TRISTANA

Au milieu des plaines de Russie, dans un château, une cruelle tsarine (interprétée par Sophie Tellier) convoque un moine (Sacha Prijovik), son fidèle serviteur, pour avoir des nouvelles du royaume. La révolte couve… Mais la tsarine en a assez. Elle veut savoir si elle est toujours la plus belle du royaume. Le moine lui répond en lui disant que, bien qu’elle soit très belle, il y a aussi la jeune Tristana (Mylène Farmer), dont les gens disent que la peau est plus douce qu’une pêche… Folle de rage, la tsarine ordonne au moine de la tuer et de lui ramener sa peau de pêche, avant d’éclater d’un rire diabolique. Dans la forêt enneigée, Tristana s’amuse avec son amoureux, Rasoukine. Mais le moine et ses sbires arrivent. Rasoukine (Vladimir Ivtchenko), qui tentait de la protéger, se fait taillader la joue à l’épée. Folle de chagrin, Tristana prend la fuite et roule dans la neige. Elle est recueillie dans une maison par sept nains, qui l’hébergent et la nourrissent. Un portrait de Karl Marx est suspendu dans la maison. Le moine rapporte à la tsarine l’épée qui a tué Rasoukine. Celle-ci lèche le sang qui la macule, ses yeux se révulsent, et des images d’archives apparaissent à l’écran : Lénine faisant des discours enflammés, un peuple révolté… Au petit matin, alors que les nains vont travailler, Tristana est perdue dans ses pensées, qui vont vers Rasoukine. Elle ne perçoit pas le danger : la tsarine, les yeux toujours révulsés, s’approche d’elle. Tristana, endormie, est réveillée par le rire de la tsarine, qui lui jette une pomme à la figure, ce qui éclabousse de sang le portrait de Marx. La tsarine prend alors la fuite, mais finit dévorée par les loups. Le moine, lui, périt par le froid. Les nains, au chevet de la belle Tristana, sont inconsolables. Rasoukine entre dans la pièce et dépose un baiser sur les lèvres de Tristana. Avec les sept nains autour de lui, il porte Tristana dans ses bras, vers un lieu ensoleillé et enneigé. « Tristana, es-tu vivante, ou es-tu morte ? ». Elle rit au soleil, et joue avec la neige… « Je ne sais pas ».

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MYLENE FARMER cultive des amitiés inat­ten­dues

Posté par francesca7 le 17 avril 2016

 

 Sans titre

C’est un joli conte illus­tré, qui vient de paraître ce 12 novembre. L’histoire d’une belle rencontre, aussi. En asso­ciant leurs talents sur L’étoile polaire, le philo­sophe Michel Onfray, à la plume, et la chan­teuse Mylène Farmer, au pinceau, ont créé la surprise. Le fonda­teur de l’univer­sité popu­laire de Caen n’est pour­tant pas le premier esprit vif à céder aux charmes de la rousse liber­ti­ne…

Ses fans, comme ceux qui partagent son inti­mité, connais­saient son goût pour les textes de Charles Baude­laire, Guillaume Apol­li­naire ou encore Primo Levi. Avec L’étoile polaire, conte philo­so­phique conçu à quatre mains avec Michel Onfray, les médias découvrent sa curio­sité pour la pensée vivante, libre et contem­po­raine. Etran­gère à son époque, soli­taire et égocen­trique, Mylène Farmer? Quelques uns, et pas des moindres, vous diraient l’exact contrai­re…

Michel Onfray…

« Une artiste libre, auto­nome, indé­pen­dante, souve­raine », qui repré­sente « un style, un ton, un carac­tère, un tempé­ra­ment, une vie sans paillettes, sans arti­fices, vraie »… Ses détrac­teurs, pisse-vinaigre et pisse-copie, habi­tués à compres­ser la pensée en sentences défi­ni­tives, lui repro­che­ront de faire le portrait de l’être qu’il aime­rait voir en son miroir. Vrai que le philo­sophe et fonda­teur de l’uni­ver­sité popu­laire de Caen, fils d’ou­vrier agri­cole, auto­pro­clamé « orphe­lin de la gauche », athée tendance anar­chiste, s’est imposé comme une rock-star dans son genre. C’est pour­tant bien le portrait de Mylène, aussi discrète qu’il est devenu incon­tour­nable, que Michel Onfray, profa­na­teur des esprits anes­thé­siés et sculp­teur d’une certaine morale esthé­tique, faisait dans Le Point, il y a quelques semaines. Ensemble, lui à la plume, elle au pinceau, ils viennent de publier  L’étoile polaire (Gras­set), conte dans la lignée du Petit Prince de Saint-Exupéry, œuvre poétique sur la trans­mis­sion et la réali­sa­tion de soi. Impro­bable, la rencontre entre l’hé­roïne de la variété française et le hérault d’une nouvelle pensée française s’est faite par l’in­ter­mé­diaire d’Anne Carrière, éditrice de Lisa-Loup et le conteur, premier essai illus­tré de Mylène, en 2003, et, plus récem­ment, de Fragile, recueil de photo­gra­phies inédites de la chan­teuse réali­sées par Sylvie Lancre­non. A l’époque, Carrière espère confron­ter Onfray à un psy dans un livre d’en­tre­tiens. Il préfère porter L’étoile polaire, dont il vient de termi­ner l’écri­ture. Anne Carrière en remet le manus­crit à Mylène Farmer. La parti­ci­pa­tion de Michel Onfray à une émis­sion de Radio Clas­sique durant laquelle il fait diffu­ser Je te rends ton amour, un des titres les plus person­nels de « l’ange roux », préci­pite la colla­bo­ra­tion. « Profon­dé­ment touchée » et « fière », Mylène lui envoie un texto de remer­cie­ment et bien­tôt ses aqua­relles. Qui s’as­semble, au-delà des appa­rences, se ressemble. Si l’icône Farmer appré­cie la liberté et l’hu­mour du maître-à-penser, L’étoile polaire, objet litté­raire élaboré à quatre mains, raconte une bles­sure fonda­trice que ces deux orphe­lins de père ont en commun : comment survivre à un parent aimé et admiré dont la dispa­ri­tion a dépeu­plé le monde…

mylène

Marie de Henne­zel…

Le 17 décembre 1995, Jean-Luc Dela­rue accueille Mylène, qui vient de sortir son album Anamor­pho­sée, sur le sofa de son émis­sion domi­ni­cale Déjà le retour. On l’avait quit­tée folle blafarde hurlant aux loups dans les bois sombres de Gior­gino, film incom­pris de Laurent Bouton­nat. Après un exil cali­for­nien, elle nous revient sexy et souriante, en tech­ni­co­lor. Cheve­lure rele­vée, longue robe rose et talons hauts, elle maîtrise tous les codes d’une séduc­tion à l’amé­ri­caine. La profon­deur en plus.  La psycho­logue et psycho­thé­ra­peute Marie de Henne­zel est annon­cée comme invi­tée de la chan­teuse. Dans un livre  préfacé par François Mitter­rand, La mort intime : ceux qui vont mourir nous apprennent à vivre (Robert Laffont), la clini­cienne raconte son expé­rience en soins pallia­tifs et auprès de malades du sida. L’ou­vrage a boule­versé Mylène Farmer. La lecture du Livre tibé­tain de la vie et de mort de Sogyal Rinpo­ché l’avait déjà aidée à mieux appré­hen­der la fini­tude de l’être humain. La sagesse de Marie de Henne­zel est un baume pour l’ar­tiste dite morbide, qui confiera, des années plus tard, son regret de n’avoir pu embras­ser la dépouille de son père, Max Gautier. Inter­viewée sur leur rencontre par un site de fans, en 2005, l’au­teure de La mort intime, elle, se souvien­dra d’un « certain contraste entre une extra­va­gance physique, exté­rieure, et une grande matu­rité inté­rieure, une profon­deur ». Entre temps, elle aura été invi­tée à l’un de concerts de la chan­teuse à Bercy, en 1996, et, plus surpre­nant, dans son domi­cile pari­sien pour un déjeu­ner. Pour Marie de Henne­zel, aujourd’­hui membre du comité d’hon­neur du collec­tif Plus digne la vie, Mylène Farmer a « quelque chose d’un ange, dans le sens où l’ange est le messa­ger, comme Hermès dans la mytho­lo­gie. On sent qu’elle est perméable, qu’elle capte les choses. »

Salman Rush­die…

Condamné par l’aya­tol­lah Khomeini pour héré­sie et blas­phème envers l’is­lam, en 1989, l’au­teur des Versets sata­niques – faux scan­dale reli­gieux et vraie critique litté­raire des prophètes corrom­pus- est tombé en béati­tude devant la rousse liber­tine, il y a vingt ans. D’or­di­naire réputé pour le tran­chant de sa plume, aigui­sée, comme celui de sa parole, décom­plexée, l’écri­vain indo-britan­nique prête à Mylène « la voix d’un ange déchu. » Long­temps forcé à vivre dans la clan­des­ti­nité, il rencontre la chan­teuse, elle-même prison­nière de sa célé­brité, à Londres, à la fin des années quatre-vingt-dix. Tous deux assistent à un vernis­sage de l’aqua­rel­liste Fran­cesco Clemente, proche de Rush­die. Comme deux papillons désépin­glés, ils se frôlent et font le tour de l’autre, lors d’un dîner qui s’en­suit. Elle est séduite par son achar­ne­ment à déjouer la mort, son raffi­ne­ment et son cynisme very british. Il est fasciné par son aura, sa beauté et son mystère. L’icône classe et l’ico­no­claste se rever­ront plusieurs fois. A Londres, Los Angeles et Paris, où Rush­die sera même présenté à E.T., le singe capu­cin de la chan­teuse ! Bien que deve­nus proches, en témoigne une photo de Mylène et de Milan Rush­die, fils de Salman, dévoi­lée par l’écri­vain sur Twit­ter, au début de l’été 2014, ils conti­nuent de s’ad­mi­rer l’un l’autre. « Son profes­sion­na­lisme m’épate. Après l’un de ses derniers concerts, elle m’a confié qu’elle souf­frait d’une angine et d’une fièvre. Et pour­tant, elle n’en avait rien laissé paraître à ses fans ! », nous décla­rait l’au­teur, peu après la fin de la tour­née Time­less de son amie, en décembre 2013.

David Lynch…

Fils prodige et prodigue de l’Amé­rique, aujourd’­hui dispersé entre la pein­ture, le design, la musique et la promo­tion de la médi­ta­tion trans­cen­dan­tale, le réali­sa­teur de Blue Velvet, Twin Peaks et Mull­hol­land Drive – entres autres œuvres sur la dualité et la mons­truo­sité en chacun de nous  – a d’abord obsédé Mylène Farmer en tant que cinéaste. Le citant à maintes reprises parmi ses metteurs en scène favo­ris depuis le début de sa carrière, la chan­teuse n’hé­site pas à utili­ser une réplique du film Elephant Man dans un de ses titres, Psychia­tric, en 1991. « I am not an animal, I am a human being » :ce cri déses­péré du héros John Merrick, homme difforme réduit à n’être qu’une bête de foire, fait écho chez Mylène, déjà plus que singu­lière dans l’in­dus­trie du spec­tacle. En 1988, on l’a faite monter sur la scène des Victoires de la musique,  moins pour la grati­fier du prix de l’in­ter­prète fémi­nine que pour l’ex­hi­ber telle une chimère, une erreur de la créa­tion. Ecoeu­rée, elle n’y revien­dra plus, réser­vant ses élans à qui les vaut. Quand Ciby 2000, société de Fran­cis Bouygues produi­sant et distri­buant le cinéma de David Lynch, orga­nise une soirée en l’hon­neur de ce dernier, à Paris, à la fin des années quatre-vingt-dix, « l’ange roux », convié, appa­raît. Farmer et Lynch n’ont pas appris la même langue, mais ils déclinent un même langage.Ces deux misfits se recon­naissent, échangent et restent en contact. Bien qu’a­po­li­tique, en octobre 2007, Mylène gravit ainsi le perron de l’Ely­sée pour voir son ami décoré des insignes d’of­fi­cier de la Légion d’hon­neur par Nico­las Sarkozy. A l’is­sue de la céré­mo­nie, inter­pel­lée par un jour­na­liste d’Eu­rope 1, elle confiera, dans un franc sourire : « Dites simple­ment  à vos audi­teurs que j’aime David Lynch ! »Elle retrou­vera plus discrè­te­ment le cinéaste en janvier 2014, alors qu’il inau­gure une expo­si­tion de ses photos, inti­tu­lée Small stories, à la Maison Euro­péenne de la Photo­gra­phie, dans le quatrième arron­dis­se­ment de la capi­tale. « Génie touche-à-tout » et « mystique bouillon­nant » selon la chan­teuse, le réali­sa­teur, ex-étudiant en arts plas­tiques, l’au­rait égale­ment initiée à la litho­gra­phie, tech­nique d’im­pres­sion périlleuse, de façon « rassu­rante ».

claude berri et mylène

Claude Berri…

Malgré sa dispa­ri­tion en 2009, le cinéma français ne l’a pas oublié. Le grand public, non plus. A lui seul, tantôt réali­sa­teur,  tantôt produc­teur, souvent les deux, Claude Berri aura généré près de 50 millions d’en­trées en salles. Tchao Pantin, Jean de Florette, Manon des Sources, Germi­nal, Ensemble, c’est tout, Trésor, mais aussi Tess, Banzaï, L’ours, L’amant, La Reine Margot, Ma femme est une actrice, Asté­rix et Obélix : Mission Cléo­pâtre ou encore Bien­ve­nue chez les Ch’tis… Diffi­cile d’énu­mé­rer les succès ciné­ma­to­gra­phiques, critiques et popu­laires, auxquels son nom fut asso­cié, sans perdre son souffle. Auto­di­dacte du 7eme art, Claude Lang­mann, de son vrai nom, n’avait pas seule­ment du flair pour pres­sen­tir le goût des autres. Ce grand pudique, à la mine parfois sombre mais aux avis toujours éclai­rés, avait égale­ment l’œil d’un esthète. A la tête d’une impres­sion­nante collec­tion d’œuvres d’art contem­po­rain à la fin de sa vie, l’homme acheta une gouache de Magritte dès ses trente-six ans, ouvrit une gale­rie dans laquelle il exposa, Yves Klein et Daniel Buren, entre autres, au tout début des années quatre-vingt-dix, et rassem­bla ses ultimes coups de cœur dans un espace de 280 mètres carré à son nom, en 2008. C’est par l’in­ter­mé­diaire de sa dernière compagne, Natha­lie Rheims, qu’il rencontre Mylène Farmer, à l’aube des années 2000. Natha­lie vient de publier son premier roman, L’un pour l’autre, qu’elle fait suivre à Mylène. Celle-ci l’en remer­cie – par textos – avant de l’in­vi­ter chez elle en Corse. Une amitié, encore entre­te­nue par une conver­sa­tion télé­pho­nique quoti­dienne, est née. Claude Berri succombe à son tour. Après avoir vu l’icône Farmer sur scène, il assure à son entou­rage n’avoir pas vécu pareille révé­la­tion depuis…

Edith Piaf ! Un projet d’adap­ta­tion de L’ombre des autres, autre roman de Natha­lie Rheims, avec Mylène dans le premier rôle, est bien­tôt lancé. Il ne survi­vra pas à la mort de Berri. Le dernier nabab du cinéma français et sa compagne auront néan­moins aidé leur amie à crever un autre écran : celui de sa réserve. C’est tous les trois qu’ils se rendent ainsi à l’édi­tion 2006 de la Foire Inter­na­tio­nale de l’Art Contem­po­rain (FIAC), grand rendez-vous de la vie pari­sienne. Le 15 janvier 2009, au cime­tière de Bagneux où l’on enterre Claude Lang­mann-Berri, un voile noir – le col déroulé de son pull – cache le visage de Mylène. Si la vie a une fin, ce jour-là, le chagrin n’en avait pas.

Article paru sur gala.com

 

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UN MONDE ARTISTIQUE ET UNE CRITIQUE DISTANTES

Posté par francesca7 le 22 août 2014

 

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   Le relais essentiel de Laurent Boutonnat a toujours été la presse, qu’elle soit musicale, quotidienne ou de télévision. Rarement des magazines ou des revues cinématographiques se pencheront sur notre réalisateur pendant ses dix années de réalisation de clips. En revanche, comme un concepteur de films qui grandissent dans l’âme, Boutonnat sera souvent cité dans des critiques d’autres films comme une inspiration auxquels les cinéastes se seraient fiés. Ainsi certains critiques cinématographiques verront dans l’imagerie du Pacte des loups (Christophe Gance – 2001) une référence à Tristana (1987), souligneront les similitudes de traitement du scénario entre Firelight (William Nicholson – 1997) avec Sophie Marceau et celui de Giorgino (1994). D’après ces remarques on peut retirer une inspiration d’ordre imagière plus que narrative ou esthétique. 

Ce qui reste de Laurent Boutonnat pour la presse et le monde artistique semble être avant tout certains éléments graphiques. On n’a jamais vu Boutonnat se vanter de la nouveauté de sa narration ou de compositions d’images inédites ; la particularité de son cinéma réside simplement dans l’assemblage d’imageries décrites dans notre deuxième partie, de sa faculté à en tirer des atmosphères désespérées, des scénarios romantiques que peuplent des séquences oniriques. Les films d’autres auteurs, parmi lesquels les deux pré-cités, reprendraient de Boutonnat certaines de ses images, comme l’omniprésence des loups qui rodent dans la neige, la mythe de la femme enfant, l’utilisation dramatique de la glace se formant à la surface d’un lac et des jeux d’acteurs tout en nuances de Giorgino, et surtout d’une atmosphère, d’un climat lourd mêlé de désespoir dont le cinéaste ne s’est jamais séparé. Le premier article ayant pour seul objet Laurent Boutonnat est tiré du quotidien Le Matin de Paris181. L’accent de l’article est porté avant tout sur le budget exceptionnel qui sera en passe d’être alloué pour la première fois à un clip français (10 500 Euros) et au soin cinématographique porté à la réalisation. 

Laurent Boutonnat qui avait sans doute vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué se vit refuser les crédits relatifs au tournage de la deuxième version de Maman à tort une semaine après la parution de l’article. 

Les motifs invoqués par la maison de disque parlent d’un précédent vidéo-clip déjà tourné en catastrophe par Boutonnat sur un plateau de télévision en cinq jours et déjà en forte diffusion dans les émissions spécialisées. Pour une somme de 116 Euros seulement, il avait réalisé, avant même que le 45 Tours ne sorte dans le commerce, une vidéo interprétant les paroles de la chanson en plans fixes, à la mise en scène immobile. Le long clip sur lequel le réalisateur travaillait était, à en croire son story-board, proche de qui allait devenir son style mais mettait malheureusement de côté l’expérimentation narrative dont le premier essai faisait preuve. Dès la première sortie dans le commerce d’une de ses compositions, Boutonnat par cet article fait déjà parler de lui avant tout par son clip. C’est grâce à cette opportunité de mettre en scène perpétuellement la chanson et son interprète de manière ludique que Boutonnat reste si longtemps loin de ce qui est considéré comme le “vrai” cinéma de salles obscures. Il le confirmera lors de la sortie de Libertine : « Finalement une chanson c’est quelque chose d’assez simple. Mais travailler autour de la chanson, ça c’est réellement passionnant. » Les articles suivants relatifs à Boutonnat se consacrent davantage à son travail de composition et surtout d’arrangement de chanson, comme l’article élogieux de Rock & Folk début 1986. 

On trouve à cette époque les articles relatifs à son travail de cinéaste dans les magazines musicaux, où il est souvent l’objet des pages consacrées aux nouveaux clips. C’est à un magazine traitant de musique autant que de cinéma ou de culture contemporaine qu’il donne sa première interview en avril 1986 pour le clip de Plus Grandir183. Boutonnat avait pour l’occasion organisé deux premières dans deux cinémas de la capitale à laquelle il avait invité la presse cinématographique et musicale. Seule la première catégorie aura répondu présente et se sera fait le relais de cette nouvelle initiative pour un réalisateur de clip. Le milieu cinématographique, lui, reste muet. 

Starfix offre quelques mois plus tard sur deux pages un compte rendu du tournage de Libertine en l’intitulant : «Clip ou film? Les deux. Mylène Farmer inaugure le genre». Le futur assistant réalisateur François Hanss analyse pour la première fois les moyens inhabituels mis à disposition d’un clip et les attributs cinématographiques qu’il adopte. Laurent Boutonnat aura sans soute compris par la suite la nécessité d’insister sur l’aspect cinématographique de ses clips afin de faire de leur sortie à chaque fois un nouvel évènement médiatique. La diffusion télévisée en exclusivité à des horaires exceptionnels de chaque nouvelle production servira à en faire des purs spectacles de divertissements familiaux et non plus destinés au public d’un genre musical particulier. Malgré cette exposition totalement nouvelle pour des clips, la presse et le milieu cinématographiques ne trouveront toujours pas en 1988 de bien fondé à l’analyse d’un tel phénomène.

 

ptg02164000 Peu enclins à tisser d’étroites relations avec le milieu musical français, Laurent Boutonnat et Mylène Farmer, lauréate de la remise de la victoire de la musique de l’interprète féminine de l’année 1988, refusent l’interprétation sur scène de leur succès du moment, comme c’est pourtant la coutume dans cette soirée. Interrogé le lendemain par la presse, Bertrand LePage  expliquera le refus d’une phrase laconique et provocante : « Mylène Farmer ne chante pas avec un orchestre de bal ». Par la suite souvent renommés, notamment en 1991 pour le clip de Désenchantée et en 1996 pour le concert, Laurent Boutonnat et Mylène Farmer ne recevront plus de trophées des mains de la profession, raflant pratiquement tous ceux remis dans d’autres soirées par des votes de public. Depuis sa jeunesse, la volonté de Boutonnat a toujours été de faire du cinéma, ou du moins avoir l’occasion d’en faire. Le clip s’est alors présenté comme une opportunité de porter à l’écran un imaginaire qu’il n’avait pas la possibilité de transmettre par d’autres médiums. Que les milieux respectifs auxquels ont pu toucher le clip, c’est à dire la musique, la télévision et le cinéma, répondent plus ou moins fort à son travail semble importer peu au cinéaste. Jean-Louis Murat qui travaille sous sa direction en 1991 pour Regrets dira de lui plus tard qu’il « filme du morbide pour s’amuser. Lui-même est les premier étonné que ça marche. » Laurent Boutonnat bénéficie donc dès 1888 d’une place à part chez les réalisateurs de clip, ses productions étant diffusées à de grands horaires d’écoute et en étant intégrées dans des shows de divertissements populaires. 

Sans doute par peur d’être considéré comme un réalisateur de télévision qui, après avoir transgressé avec succès les lois de sa forme devait à nouveau subir des règles strictes de diffusion, Laurent Boutonnat délaisse ses récits en forme de contes pour revenir à des images moins admises à la télévision et à des sujets moins “familiaux”. Laurent Boutonnat se lance donc dans des clips plus violents comme Sans Logique, et surtout Pourvu qu’elles soient douces. Ce dernier fut censuré à la télévision de la moitié de sa longueur pour plusieurs causes : la raison officielle invoquée était l’apparition à plusieurs reprises de l’interprète de la chanson entièrement nue. A cela s’ajoutait une longue bataille très sanglante occupant la moitié de la durée. Longue période pendant laquelle la chanson pourtant objet central du clip, était totalement absente de la bande sonore et laissait la place à une musique militaire accompagnant la représentation de la mort de dizaines de soldats français et anglais.

jacquou_makof35Inutile de préciser que la durée exceptionnelle de ce clip le rendait invendable en télévision. Signature d’une volonté évidente d’être associé davantage à la liberté du grand écran qu’à l’asservissement du petit, le cinéma de Boutonnat s’étire, se teinte de violence et de thèmes subversifs. Plus que jamais il se veut en auteur se passant de l’unanimité du public et de sa profession, et non plus en réalisateur de clips consensuels, cantonné aux émissions marginales destinées aux jeunes consommateurs. C’est parallèlement à Pourvu qu’elles soient douces qu’il entreprend la préparation du film du spectacle qui aura lieu un an plus tard. Là encore, le métrage long qui en sortira ne sera pas destiné à la télévision et le soin apporté à sa réalisation et à son scénario témoignera d’une grande envie de sortie sur grand écran. Alors que les revues de cinéma continuent de se cantonner aux films sortant officiellement en salles, la presse télé couvre largement dans ses pages les censures des clips de Laurent Boutonnat en montrant des photographies de plateau en extrait. Les mêmes causes produiront les mêmes effets en 1992 lors de la censure très commentée dans la presse de Beyond my control. Laurent Boutonnat se sera servi du média télévisuel autant pour promouvoir les chansons qu’il composait que les clips qu’il réalisait. Le fait de s’en éloigner de manière régulière a eu pour effet de placer le réalisateur dans un flou entre la télévision et le cinéma. Mélangeant les formes, les genres, les institutions et les moyens de diffusion, Boutonnat est resté un cinéaste insituable durant de nombreuses années. Et si la presse musicale et télévisuelle a reconnu quelquefois en lui un auteur à part entière renouvelant partiellement la forme du clip, le monde cinématographique a continué d’ignorer non seulement son travail, mais aussi l’entièreté d’une forme filmique chez laquelle bon nombre de nouveautés narratives, esthétiques et plastiques continuent régulièrement d’apparaître.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

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JUSTIFICATION DANS L’ŒUVRE DE LAURENT BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 22 août 2014

 

 

 Pourquoi Giorgino ? 

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Pour Laurent Boutonnat qui est né du long-métrage dès l’âge de dix-sept ans, réaliser Giorgino seize ans plus tard n’est que le retour en grâce légitime d’un auteur déjà passé par l’épreuve du « premier film », et déjà porteur d’une œuvre, fut-elle de vidéoclips. Boutonnat envisage Giorgino comme l’aboutissement logique de tout un travail sur le court-métrage, même s’il est musical. Un long-métrage de fiction permet bien sûr de définir plus clairement la psychologie d’un personnage, de raconter une histoire plus complexe, moins basique, et d’éviter de nombreux clichés que la concision du clip exige. L’écriture d’un scénario original pour un long-métrage implique la page blanche, il n’est pas possible de se raccrocher à un texte préexistant comme le permet le clip d’une chanson. Selon Boutonnat la conception d’un clip n’est peut-être pas toujours un travail d’adaptation du texte de la chanson, ni même de transposition, et le sujet de certains de ses clips est probablement pensé avant même que ne soit composée et écrite la chanson qui l’accompagnera. On peut soupçonner Laurent Boutonnat d’avoir écrit certaines paroles de ses chansons en vue du clip qu’il pourrait en tirer. Ce serait notamment le cas pour Libertine, même si le réalisateur n’a jamais confirmé ou infirmé cette

démarche. On a pourtant peu de mal à imaginer que suite au refus de retourner une seconde version plus chère de Maman à tort davantage fidèle au climat des paroles de la chanson, Laurent Boutonnat ai par la suite prémédité son clip et réfléchi à l’ampleur qu’il donnerait à son projet avant la sortie dans le commerce du disque Libertine. 

C’est d’ailleurs dans ce soucis de cohérence et de mise en valeur du clip par rapport à la chanson que la pochette représente une photo du tournage, prise pendant le duel qui ouvre le film. Pour Giorgino, Boutonnat n’a pas à composer de chanson. Il n’a pour reposer sa diégèse que le sens qu’il voudra bien donner à l’image et au dialogues, en faisant abstraction de paroles extradiégétiques chantées pouvant aiguiller l’œil ou la compréhension du spectateur. Le long-métrage de fiction que sera Giorgino permettra de choisir plus librement une musique sans exigences commerciales, Laurent Boutonnat retrouvera une liberté de composition qu’il n’avait pas durant les dix dernières années, et une liberté de réalisation qu’il s’était presque toujours octroyé malgré des règles formelles qui paraissaient figées.

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On ne saura probablement jamais si Laurent Boutonnat jugeait le personnage « clipesque » de son égérie à bout de course, si son accession au long-métrage était une nécessité ou simplement une sorte de bonus. La seule piste que nous pouvons exploiter est celle laissée par le réalisateur lors d’une interview à deux journalistes de presse écrite la semaine précédant la sortie. Boutonnat y dévoile son intention de réaliser le film dès 1988, c’est à dire dès la reprise par lui et le scénariste Gilles Laurent du script original qu’il avait écrit adolescent. On apprend dans cette interview de la bouche de Boutonnat les deux raisons à cause desquelles le film n’avait alors pas pu se faire. Non seulement la nécessité de la préparation d’un spectacle se faisait de plus en plus pressente, mais le budget nécessaire à la réalisation du scénario n’avait pas les faveurs des producteurs sollicités. Le fait d’attendre si longtemps avant de repasser au long métrage n’était donc pas un choix. Ceci n’empêche pas de se questionner sur le bien fondé de l’entreprise d’un tel film, et surtout celui de la présence de la chanteuse vedette des quinze clips du même réalisateur.

1227215730_giorgino-filmLa présence de la chanteuse Mylène Farmer dans Giorgino est sans doute due davantage à des relations intimes avec Laurent Boutonnat sur lesquelles nous ne nous attarderons pas ici, qu’à réel un choix artistique objectif qui aurait pu relever par exemple d’un casting. Dès la reprise du scénario en 1988, le rôle semble être taillé sur mesure pour la chanteuse. On y retrouve notamment certains aspects des rôles qu’elle interpréta dans les clips, comme l’image de la femme-enfant ou celle de bourreau. Laurent Boutonnat raconte dans l’interview mentionnée précédemment les longues recherches du rôle masculin du film qui l’ont mené jusqu’aux U.S.A, où l’acteur de théâtre Jeff Dalhgren fut engagé. Il ne fit en revanche pas état d’un casting pour le rôle interprété par Mylène Farmer, et sous-entendait même au magazine Première la chanteuse comme source d’inspiration principale pour le personnage : « De toute façon c’est elle alors… ». 

 Boutonnat fut sans doute frustré par les coupes qu’ont subies certains de ses clips lors de leurs derniers passages télévisés. Désenchantée, comme expliqué dans un précédent chapitre perdait tout son sens une fois amputé de sa séquence finale. Laurent Boutonnat a sans doute vu son long-métrage comme le seul moyen qui lui restait de s’extraire des nouvelles conditions de diffusion qui régissent le clip en ce début d’années 90. En passant périlleusement au long métrage, Boutonnat perdait la large exposition médiatique dont bénéficie la forme du clip, exposition non négligeable pour tout réalisateur.

 Mais il se débarrassait en même temps de la nécessité du « toujours plus » qu’il devait s’appliquer pour continuer à faire remarquer ses clips dans le flux quotidien et, comme c’était finalement sa mission, à promouvoir les chansons qu’il illustrait. Laurent Boutonnat avec son projet de long-métrage se trouve devant un choix : soit il reste fidèle aux atmosphères qu’il avait données par le biais du clip et tente de les sublimer, soit il change de thématiques pour couper les ponts avec ce qu l’avait fait connaître jusqu’à lors. Si Boutonnat choisit la première solution, c’est qu’en tant qu’auteur ce cinéma est le sien, et non pas une adaptation hasardeuse d’un concept à la forme du clip. S’il avait évolué directement dans le long-métrage tout de suite après Ballade de la féconductrice, il aurait sans doute suivi les mêmes chemins narratifs, la même misanthropie, que celle distillée dans se clips. Clips qui rappelons-le ont été pour lui « un moyen détourné de faire du cinéma »168. Ces atmosphères, cette violence et cette morbidité ont été davantage imputées à la chanteuse que Laurent Boutonnat plaçait sous la lumière bout-decembre2007plutôt qu’à lui-même, conséquence logique de la fabrication d’un rôle cinématographique qu’il a voulu étendre au caractère de la chanteuse en tant que personnage publique.

Laurent Boutonnat usera donc pour Giorgino du même cinéma que pour ses clips, de sa symbolique un peu pompière, de ses thèmes romantiques et noirs. Loin de les renier, Laurent Boutonnat se sert de son travail des dix dernières années comme d’une base solide d’un univers qu’il veut large. C’est pourquoi le contenu de ce long-métrage sera si souvent comparé par la critique aux clips réalisés précédemment, éléments communs et omniprésence de la musique à l’appui. On a en effet peu de mal à imaginer le postulat de départ de Giorgino comme celui d’une de ses réalisations précédentes : Un jeune médecin démobilisé en 1918 part à la recherche des orphelins dont il s’occupait avant-guerre. Mais le traitement de ce sujet est bien évidemment différent que si Boutonnat l’avait exploité dans un clip. Aucune image n’est associée à la noyade des enfants qui, dans un clip, aurait probablement fait l’objet d’une analepse ou au minimum d’une utilisation émotionnelle. Dans Giorgino, rien ne figure le calvaire de ces enfants lors de leur mort à part la vision répétée de leurs tombes, quelques uns de leurs dessins représentant la menace des loups, et le long récit de leur noyade par le directeur de l’orphelinat. 

Eloigné de tout traitement spectaculaire de ce qui fait pourtant le sujet central du film, le cinéaste se démarque de l’usage de l’image la plus illustrative, pourtant réflexe coutumier des clips en général comme dans les siens en particulier. 

 Laurent Boutonnat a donc considéré l’entreprise de Giorgino comme l’aboutissement légitime de dix années de courts-métrages relativement frustrantes. Malgré les efforts entrepris pour porter sa conception du clip sur le grand écran, en adoptant du cinéma tous les formats, supports et esthétique, le réalisateur n’a fait pourtant que frôler les salles obscures. C’est pourquoi la réception du travail de Laurent Boutonnat sur le clip est si peu analysable : la pauvreté des réactions du milieu cinématographique empêche toute quantification de cette réception ; et montre bien que la forme même du clip n’a pas été considéré dans ce milieu comme un objet digne de critiques ou même d’une grille d’analyse. Le clip en général ne trouve d’écho que dans les deux autres domaines auxquels ils se rattache : la musique et la télévision. 

Ces seules presses parlant régulièrement des clips ont malgré tout offert de très petites tribunes pour cette forme filmique ; et bien souvent l’objet de l’article était davantage l’artiste interprète que le concepteur du clip lui-même en tant qu’auteur. En émancipant ses envies de longueurs, de silences, et d’intrigues amphigouriques, Boutonnat voit enfin en Giorgino l’occasion pour son oeuvre de déployer toute son envergure et de revenir au cinéma, car celui-ci n’a finalement jamais adopter la forme dans laquelle il exerçait jusque là. 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 

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Le pygmalion de Mylène F.

Posté par francesca7 le 19 avril 2014

Pygmalion de Mylène Farmer et réalisateur des plus beaux clips jamais réalisés dans l’hexagone (Tristana, Désenchantée, ou encore le monumental Pourvu qu’elles soient douces et ses 17 minutes de film), Laurent Boutonnat s’est essayé pour la première fois au long-métrage en 1994 avec le magnifique Giorgino, échec public, critique, et catastrophe financière absolue pour un film pourtant sublime. Profondément atteint, Boutonnat restera plus de 10 ans loin des plateaux de cinéma.

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http://www.youtube.com/watch?v=KqbmjqgSkEY

C’est en 2005 que le metteur en scène revint sur le devant de la scène cinématographique avec l’adaptation du roman d’Eugène Le Roy, déjà adapté à la télévision en 1969,Jacquou le croquant.

Le film raconte l’histoire de Jacquou, jeune garçon issu de la paysannerie française du début du 19ème siècle, un croquant (ou pouilleux), qui voit son père envoyé au bagne pour un crime commis en position de légitime défense pour protéger sa famille. Devenu rapidement orphelin suite à la mort de son père et de sa mère, Jacquou deviendra le fer de lance d’une révolte contre les ultraroyalistes, tout en fomentant sa vengeance contre le cruel comte de Nansac, responsable de la mort de ses parents.

 Le pygmalion de Mylène F. dans Mylène et Boutonnat 3671587mqttt 

Loin, très loin du film d’atmosphère et d’ambiance que constituait Giorgino, Boutonnat s’est affranchi (partiellement) de ses obsessions visuelles et poétiques, en livrant avec Jacquou le croquant une oeuvre beaucoup plus facile d’accès, film d’aventures familial de très bonne facture, malgré quelques flottements et des scènes à la limite du surjeu.

Ainsi, la séquence de la falaise, dans laquelle le personnage incarné par la sublime Marie-Josée Croze hurle sa haine face au château du comte de Nansac souffre d’un jeu outrancier de la part de l’actrice d’habitude irréprochable, et manque de peu de faire tomber la scène dans le ridicule. Par ailleurs, le film piétine dans son troisième quart, et aurait mérité un bon quart d’heure de moins.jacqou dans Mylène FILMOGRAPHIE

Ces réserves posées, le film constitue un excellent divertissement, magnifiquement filmé, et doté de scènes véritablement émouvantes (voir à ce titre la séquence du retour à la vie du jeune Jacquou au pied d’un arbre, dans les bras de la jeune fille dont il est amoureux). La mise en scène de Boutonnat, portée par une photographie de toute beauté (la gestion de la lumière, y compris dans les scènes de nuit, est d’une clarté remarquable), témoigne de l’admirable maîtrise technique et du sens visuel extrêmement personnel du réalisateur, le style de sa mise en scène étant décelable au premier coup d’oeil.

 Par ailleurs, et même si elles ne sont pas aussi nombreuses que dansGiorgino, l’on retrouve le goût du metteur en scène pour les images de paysages enneigés, les cimetières, les loups…Les scènes dans lesquelles ces éléments apparaissent sont les plus belles du film, et confèrent à ce dernier une force évocatrice immédiate, ainsi qu’une réelle puissance poétique.

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S’agissant de la distribution, Laurent Boutonnat s’offre un casting 4 étoiles: le fidèle Albert Dupontel (déjà présent dans Giorgino et ami proche du couple Boutonnat/Farmer), le regretté Jocelyn Quivrin, Marie-Josée Croze, Tcheky Karyo, Olivier Gourmet, et le plutôt fade Gaspard Ulliel dans le rôle de Jacquou adulte.

 

Au final, et même s’il reste assez caricatural dans sa thématique des forts contre les faibles, Jacquou le croquant constitue un film romanesque de très bonne facture, pétri d’émotion, doté d’une mise en scène de grande classe et parsemé de plans véritablement poétiques.

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Bruno Aveillan et Mylène farmer

Posté par francesca7 le 5 août 2013

 

Diplômé de l’École supérieure des Beaux-Arts de Toulouse, Bruno Aveillan rejoint la société de production QUAD en tant que réalisateur. Il a notamment réalisé de nombreux films publicitaires pour des marques telles que Cartier, Orange, Perrier, Louis Vuitton, Audi, Nike, Paco Rabanne, Quézac, Lanvin, Nissan, Christian Lacroix, Rochas, Lexus, Chanel, Time Warner, Lacoste, Miller,Nintendo1, Gaz de France, Toyota, BMW, etc.

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Une des premières réalisation de Bruno Aveillan fut le spot Perrier La Foule mettant en scène une pléiade de personnages colorés sortant de leur affiche respective. Outre une avalanche de prix internationaux, le film fut élu « Film préféré des Français » suite à un sondage IPSOS/Stratégie.

En 1999, succédant aux réalisateurs Lars von Trier et Roland Joffé, Bruno Aveillan réalise un nouvel épisode de la saga publicitaire CNP. Il fut également le metteur en scène du film pour le lancement du parfum Oxygène de Lanvin. Considéré comme l’un des plus beaux films de parfum jamais réalisé, il met en scène, pour la première fois à l’écran, Gisèle Bündchen. Il a également filmé un grand nombre de célébrités parmi lesquelles on peut citer : Monica Bellucci, Claudia Schiffer, Amy Smart, Mélanie Thierry, Olga Sherer, Shalom Harlow, Sharon Stone, Milla Jovovich, Jessica Stam, Inna Zobova, Morgane Dubled, Virginie Ledoyen, Mylène Farmer, Daiane Conterato, Vlada Roslyakova, Elsa Benitez, Julia Stegner, Rachel Weisz, Freida Pinto, Leila Bekhti, etc.

Il a ensuite réalisé le film Anthem pour la marque Infiniti qui fut présenté en avant-première lors de la cérémonie des oscars 2002. La même année, il signe un des quatre films de lancement de la marque Orange, aux côtés des réalisateurs Martin Scorsece et Oliver Stone. Il a également travaillé avec le Land artiste Nils Udo pour concevoir l’univers visuel du Parfum Mahora de Guerlain. On peut également citer le film Magnum 5 senses, réalisé avec une approche expérimentale, proche de l’art vidéo.

En 2008, l’entreprise Louis Vuitton fait appel à Bruno Aveillan pour réaliser le premier film publicitaire de son histoire, intitulé Where will life take you. D’un format de 90 secondes et traduit en 14 langues, ce film a remporté de nombreux prix dont un Gold Clio Award, un Gold Award aux London International Awards, un Epica Award, un Cristal. La musique de ce film est signée Gustavo Santaolalla.

En 2010, il réalise une campagne mondiale pour Shangri-La, dont il signe les films et les photos, qui raconte l’histoire d’un homme sauvé par des loups. Plébiscitée par le public et les médias, La campagne a reçu de nombreuses distinctions dont Adfest, Spike Awards, ADstars, et un Lion.

En 2011, Swarovski propose à Bruno Aveillan une collaboration artistique par le biais de la réalisation d’un film court, symbolisant l’héritage de la marque. Le film a été présentée en avant première à Time Square et au Rockfeller Center à New York, au début de l’année 2011.

En 2012, Bruno Aveillan réalise le film L’Odyssée pour Cartier. D’une durée exceptionnelle de trois minutes trente, ce film illustre les grands moments de l’histoire de la marque en mettant en scène le voyage surréaliste d’une panthère, animal symbole de Cartier. Après avoir été présenté en avant première au MOMA de New York et au Grand Palais à Paris12. En trois mois, il a été vu par plus de 160 millions de spectateurs dans le monde

Bruno Aveillan soutient également l’action d’ONG telles que Reporters sans frontières ou la Banque alimentaire pour lesquelles il a réalisé plusieurs films.

Bruno Aveillan (Toulouse, 24 février 1968) est un réalisateur, un photographe et un artiste multimédia français.

Il réalisa The Farmer Project : un court-métrage de plus de 15’ générique compris, pour Mylène Farmer et réunissant les clips de la belle : Dégénération et Si j’avais au moins

Ce clip The Farmer Project sera diffusé pour la première fois sur M6 le 17 Janvier 2009 (une semaine plus tôt sur le Net). Chronologiquement, Universal choisit de découper ce court-métrage en deux et d’en taire l’existence. La partie Dégénération (le début) est ainsi diffusée telle quelle le 10 juillet 2008, sans que personne ne se doute qu ‘il y aura une suite (tournée en même temps) en janvier…. Il s’agira donc du clip de Si j’avais au moins   …., les deux s’enchaînant parfaite pour former un tout, le Farmer Project

Sa Dernière réalisation pour : Orange « The Little Finger »

 

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Dans sa démarche de plasticien, Bruno Aveillan entend s’éloigner d’une représentation illusoirement réaliste pour privilégier une approche plus impressionniste, fragmentaire et certainement poétique. « Mon travail touche à l’intime, parfois aux frontières de l’abstraction. C’est un panorama mental qui ouvre plus qu’il ne ferme, déploie l’imaginaire du spectateur. » confie l’artiste. Dans un interview récent, il précise au journaliste Stephen Whelan : “Il s‘agit pour moi de proposer des espaces d’incertitudes qui offrent à l’esprit la possibilité de se réapproprier l’instant, à la manière d’un carnet de voyage intuitif et sensoriel. ». La journaliste et critique Zoé Balthus souligne également le “talent affirmé, à l’imagination vive et puissante  de Bruno Aveillan (…), poète en harmonie avec l’invisible, en intelligence avec le sacré, de cette trempe d’hommes en profonde communion avec leur art, qui explore des territoires où il laisse son regard hypersensible apprivoiser l’infime mouvement de la matière, s’immiscer au cœur du mystère des éléments, assister aux subtiles mutations alchimiques de la vie, guetter la grâce indomptable de la lumière… »


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La rupture Farmer – Le Page

Posté par francesca7 le 30 mars 2013


Propos recueillis par Elsa Trillat (photographe) pour le Mylène Farmer Magazine en 2003

La rupture Farmer - Le Page dans Mylène dans la PRESSE mylene-1-127x300Un mois après, on fait une séance photo avec des loups. Bertrand organise ça dans une sorte de zoo en province, vers Le Mans, ça s’appelle La Flèche, je crois. Mylène porte une superbe robe verte en velours à la Scarlett O’Hara. Elle entre dans le domaine des loups avec un dresseur et se retrouve avec un loup et une louve. Moi je reste de l’autre côté de la barrière et je shoote. Pour ne pas être dans le champ, le dresseur s’éloigne, tout en conseillant à Mylène d’être plus proche du mâle qui est plus calme. Sa robe, le loup, les rochers dans le fond, c’est magnifique. Mais soudain, la femelle, folle de jalousie, se jette sur Mylène et l’attrape par les cheveux. Heureusement, le dresseur est suffisamment rapide pour que ça n’aille pas plus loin. Je développe les photos. Elles sont belles, mais ne paraîtront jamais nulle part – c’est Mylène qui les a aujourd’hui, je crois. En fait, je ne sens plus le truc, je ne reconnais plus Mylène. Pour moi, il y a clairement un avant et un après « Sans contrefaçon ». Les gens ont commencé à devenir hystériques avec Mylène à partir de ce titre, et plus généralement du deuxième album. Et Mylène a commencé à changer. J’ai connu ça avec d’autres stars avec qui j’étais copine et que je n’ai plus reconnues au bout d’un moment – Sophie Marceau (dont j’ai fait rentrer son frère Sylvain à la maquette de « Match »), Emmanuelle Béart (avec qui j’ai fait mon déménagement)… Il n’y a guère que Sandrine Bonnaire qui soit restée la même. Mylène ne sortait plus sans sa cour, ils étaient tous habillés comme elle, ils parlaient comme elle, j’ai trouvé ça ridicule !

Le jour où je vais chez elle pour lui montrer les photos avec les loups, on est tranquilles et, tout à coup, sa bande de copier-coller déboule. Je quitte rapidement les lieux tellement je trouve ça insupportable. Arrivée en bas, je monte dans ma voiture et j’éclate en sanglots. Je comprends que ce ne sera plus jamais pareil. Je rentre chez moi. Je prends le téléphone et j’appelle Mylène. Je lui dis très exactement ce que Sophie Marceau m’a dit deux ans avant : « Je t’appelle pour te dire que je n’ai plus envie de te revoir ». On parle longuement. Je lui explique clairement que je ne supporte pas de voir comment elle évolue au contact de ses adorateurs : « Tu ne vois pas qu’ils sont faux, qu’ils jouent un rôle ?! ». Elle me répond qu’elle en a tout à fait conscience et me conseille d’aller dormir, persuadée qu’on y verra plus clair après. Le lendemain, je reçois un coup de fil de Bertrand au journal : « Elsa, je ne veux pas savoir ce qui se passe entre Mylène et toi, mais elle m’a appelé à cinq heures du matin complètement affolée, n’arrivant pas à dormir. Alors, appelle-la tout de suite et dis-lui que vous allez vous revoir ! ». Je m’exécute. Elle décroche le téléphone et me coupe rapidement la parole : « J’ai réfléchi. Je crois que tu as entièrement raison. Ne nous voyons plus ! ». Elle est en revanche d’accord pour continuer à faire des photos ensemble. Ca me paraît difficile à gérer, mais il était prévu de longue date qu’on aille au Canada deux ou trois semaines après pour faire un reportage dans sa maison d’enfance. Un calvaire !

Déjà, on ne voyage pas ensemble dans l’avion. Arrivés à Montréal, on loge dans le même hôtel mais on ne se parle pas. J’apprends qu’elle organise une sushi-party dans sa chambre pour elle et sa cour. Je n’y suis pas conviée. Pour faire souffrir, c’est la reine ! Quand il s’agit de louer une voiture pour aller jusqu’à la ville où elle a passé son enfance, Bertrand me dit que c’est à moi de la payer. J’ai beau lui expliquer que je n’ai que du liquide et pas de carte bancaire sur moi, ça n’y change rien. Je suis donc contrainte de lui donner tout mon argent pour la voiture. Je n’ai dès lors plus un centime pour le reste du séjour, y compris pour manger. L’horreur ! Le pire, c’est que, de retour à Paris, Bertrand m’appelle pour me dire que Mylène ne veut pas que les photos soient diffusées, sans même les avoir vues ! Contrainte par le magazine qui a investi dans le reportage, j’en ai finalement passée une dans « Match ». De toute façon, je les trouve moches ces clichés. On sent que ni elle ni moi n’avions envie de les faire.

A partir de là, plus de nouvelles. J’ai beau écrire des lettres, je n’ai jamais de réponse. Nous sommes à la fin de l’été 1988. Je n’ai plus jamais revu Mylène depuis. Sauf une fois, en 1991, à l’aéroport de New York. Je suis avec Emmanuelle Béart. On fait la queue en file indienne pour embarquer dans le Concorde. Emmanuelle se retourne et me chuchote : « C’est pas Mylène Farmer juste derrière toi ? ». Je regarde dans le miroir, et qui je vois, tête baissée ? Mylène ! On avance doucement vers la porte de l’avion. A un moment, j’ai le courage de me retourner et de lui dire bonjour. Elle me répond poliment, juste poliment. En revanche, elle salue Emmanuelle avec enthousiasme. Puis on s’installe dans l’avion. Emmanuelle me dit d’aller lui parler : « C’est trop bête. Vous êtes dans le même avion ». Je me lève, je traverse l’allée. Hélas, elle est du côté hublot. Je peux difficilement me mettre sur les genoux de son voisin pour aller lui parler. D’autant qu’à chaque fois que je passe, je fais en sorte de regarder le paysage. Et quel paysage ! Y a beaucoup de choses à voir quand on est en Concorde ! Tant pis. Arrivée à Roissy, je laisse mon chariot à bagages à Emmanuelle et je vais la voir. Je lui demande si on peut aller déjeuner ensemble un jour prochain. « Non ». Juste boire un café alors ? « Non ». Je lui explique que ça fait trois ans, qu’on a changé depuis. Et là, elle me regarde droit dans les yeux à travers ses petites lunettes bleues et elle me dit : « Changé ? Pourquoi veux-tu qu’on change ? J’ai eu trop de mal à la tourner, cette page, je ne peux pas revenir en arrière ». Elle reste gentille et douce dans sa façon de me parler, mais ça n’en fait pas moins mal. Puis Laurent arrive pour la chercher.

mimi1 dans Mylène dans la PRESSEL’année suivante, je la croise dans un supermarché de Santa Monica, à Los Angeles. Je suis avec une collègue de « Paris Match » qui me déconseille d’aller lui parler, m’assurant que, Mylène logeant chez une connaissance, elle irait prendre la température. Elle me confirme rapidement que Mylène ne souhaite pas spécialement me voir. En revanche, elles deviennent copines toutes les deux. Quelques jours plus tard, je tombe malade. Ma collègue m’accompagne à l’hôpital. Elle appelle Mylène pour la prévenir de ce qui se passe car elles devaient dîner ensemble ce soir-là. Et là je réalise que Mylène se souvient de tout car elle pose des questions très précises, du style : « Combien a-t-elle de créatinines ? »… Elle propose même de prévenir un médecin français qu’elle connaît sur Los Angeles. J’ai trouvé ça touchant. Vraiment ! C’est le dernier contact que j’ai eu avec Mylène, fût-il par procuration.

Il y a deux ans, dans une station de ski près de Saint Gervais, Le Betex, je descends du télésiège et je tombe nez à nez avec Laurent. Il est avec un couple d’amis. Il n’a pas changé d’un iota. Je lui demande s’il se souvient de moi, il me répond : « Oui, bien sûr ! ». Je lui propose qu’on prenne un verre à la station le soir même ou le lendemain. Il est OK. Je ne l’ai jamais revu.
Mylène reste présente dans ma vie de tous les jours. J’observe son chemin et je lui garde une place dans mon cœur. Nine, ma petite nièce de cinq ans, commence à prendre le relais. Elle a adoré « C’est une belle journée ». Pour elle, Mylène Farmer c’est la plus belle du monde ! Ca me fait plaisir de voir que Mylène arrive à séduire encore une nouvelle génération.
Au-delà des disques et des photos, Mylène m’a laissé en souvenir une chouette en terre qu’elle a faite elle-même. Elle adorait les chouettes. Elle disait que ça portait bonheur…

Propos recueillis pour le Mylène Farmer Magazine – 2003

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Marianne Rosentiehl ET Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 7 septembre 2012


 

Marianne Rosentiehl ET Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE 3052808095_1_5_hFM4IpEv-213x300Marianne Rosentiehl : Elle est photographe. Ne prononcez pas le mot people devant elle, elle grimpera aux rideaux ! Elle aime trop son métier pour succomber au chant des sirènes qui défilent depuis 25 ans devant son objectif.  Le gotha du cinéma et de la politique ont défilé sous ses yeux perçants sans la faire dévier de son rôle de journaliste.  « J’adore simplement cette petite danse qui consiste à embarquer et se faire embarquer dans l’univers de l’autre. » Bref, elle n’a jamais confondu son book et son carnet d’adresses. Elle a accompagné la carrière d’Isabelle Adjani, Carla Bruni, Mylène Farmer, Amélie Nothomb et Juliette Binoche, qu’elle adore plus que tout photographier, une histoire qui dure depuis 25 ans et qui a donné lieu à une très belle exposition chez Artcurial en 2009.

10 ans de collaboration avec l’agence H&K, le label chic des portraits de stars, et auparavant 13 années de reportages pour Sygma. Une foule de rencontres et des expériences en solitaire. Si elle sait s’amuser de nos multiples visages, elle a aussi la persévérance et l’humilité des artisans, de ces compagnons capables de consacrer une vie à leur « chef d’œuvre » en silence.

Rien ne prédestinait pourtant cette fille d’un grand mathématicien, spécialiste du labyrinthe, à devenir photographe.

Les vocations naissent souvent de manière cocasse. C’est un amour d’adolescence qui a décidé de la carrière de Marianne Rosenstiehl.

A 14 ans, elle est secrètement amoureuse d’un garçon de son lycée. Pour se rapprocher de lui, elle prétexte de prendre des photos de son groupe d’amis mais c’est lui seul qu’elle couche sur la pellicule. Marianne plonge alors dans la chambre noire. Le garçon ? oublié. En revanche, elle a trouvé son langage.

Alors qu’elle est encore lycéenne à Henry IV, c’est comme stagiaire qu’elle entre au service photo de Libération. A seulement 18 ans, bac en poche, elle vit déjà de ses clichés en photographiant des personnalités.

Après 25 ans de photographie, Marianne Rosenstiehl n’a aucune nostalgie pour l’argentique. Elle se passionne au contraire pour la photographie contemporaine et les nouvelles technologies. Elle s’intéresse notamment aux travaux de l’Américain Gregory Crewdson, de l’Anglais Tim Walker et du Français Patrick Swirc.

Marianne Rosenstiehl a choisi l’association Amnesty International.

« Ça m’a toujours fait beaucoup de bien de savoir qu’ils veillent sans relâche à la dignité et au respect des droits humains. »

Voir tous les articles de Marianne Rosenstiehl

 

Mylène sortira en mai 1990 un extrait live de sa tournée de 1989. Le titre sera donc Plus grandir, il s’écoulera au environ de 60.000 exemplaires (c’est peu !).Il disposera de 5 supports commerces dont un magnifique vinyle Picture avec une photo de la photographe Marianne Rosentiehl de la chanteuse pendant le concert.

La meilleure place du single sera 35ème dans le TOP 50 dans la 5ème semaine d’exploitation et sortira du Top trois semaines après.

 

Marianne Rosenstiehl (Photographe)
Sur le tournage de Beyond my control

 

1988MarianneRosenstiehl01 dans Mylène et L'ENTOURAGEDirection les studios de cinéma à Paris… Dans un décor des plus simples, une équipe réduite au maximum exécute différents gestes. Au milieu d’eux, une tête rousse attire tous les regards. Mylène Farmer tourne le clip de sa nouvelle chanson « Beyond my control ». Derrière la caméra, le pygmalion de la star immortalise une nouvelle fois son visage : Laurent Boutonnat est la réalisateur de la vidéo. Une ambiance très intimiste règne sur le plateau. On ose à peine respirer, de peur de déranger. Dans un coin, une photographe shoote quelques plans : Marianne Rosenstiehl, une fidèle de Mylène, pourrions-nous dire ! Déjà deux jours que tout ce monde travaille d’arrache-pied ! Pas de cri, pas de crise, chacun occupe la place qu’il doit sans fausse note ! Il est temps pour OK! d’en savoir un peu plus.

Marianne, quel est le scénario de ce clip ?
Je crois qu’il n’y a pas vraiment de scénario dans cette vidéo. Je dirais plutôt que c’est une suite d’images, mais des images qui épousent les paroles de la chanson…

Quels en sont les temps forts ?
Toutes les images sont fortes, sublimes, avec trois points importants : Mylène sur un bûcher, immolée ; jeu d’amour mortel entre Mylène et un acteur, Frédéric Lagache, déjà présent sur d’autres clips ; et une dernière scène qui fait appel à des loups. Des vrais. Ce clip est une succession d’images liées par la chanson. Un clip un peu dans la lignée de « Ainsi soit-je », vous vous en souvenez ?…

Depuis combien de jours cette équipe travaille-t-elle ?
C’est le deuxième et le dernier… du matin jusqu’au soir.

Qui a créé la robe de Mylène ?
C’est une couturière et cette robe a été faite sur mesure. On peut dire que c’est une pièce unique.

Marianne, que pourriez-vous ajouter ?
Je n’ai pas grand chose à dire… Je travaille avec Mylène car je l’apprécie et aussi car il y a une grande amitié entre nous… Je ne veux donc pas faire des déclarations qui m’engagent personnement. Vous comprenez…

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Mylène Farmer et la rupture

Posté par francesca7 le 4 août 2012


Confidences de Elsa Trillat (Photographe)

Mylène Farmer et la rupture dans Mylène en CONFIDENCES DSCF0014-300x225Un mois après, on fait une séance photo avec des loups. Bertrand organise ça dans une sorte de zoo en province, vers Le Mans, ça s’appelle La Flèche, je crois. Mylène porte une superbe robe verte en velours à la Scarlett O’Hara. Elle entre dans le domaine des loups avec un dresseur et se retrouve avec un loup et une louve. Moi je reste de l’autre côté de la barrière et je shoote. Pour ne pas être dans le champ, le dresseur s’éloigne, tout en conseillant à Mylène d’être plus proche du mâle qui est plus calme. Sa robe, le loup, les rochers dans le fond, c’est magnifique. Mais soudain, la femelle, folle de jalousie, se jette sur Mylène et l’attrape par les cheveux. Heureusement, le dresseur est suffisamment rapide pour que ça n’aille pas plus loin. Je développe les photos. Elles sont belles, mais ne paraîtront jamais nulle part – c’est Mylène qui les a aujourd’hui, je crois. En fait, je ne sens plus le truc, je ne reconnais plus Mylène. Pour moi, il y a clairement un avant et un après « Sans contrefaçon ». Les gens ont commencé à devenir hystériques avec Mylène à partir de ce titre, et plus généralement du deuxième album. Et Mylène a commencé à changer. J’ai connu ça avec d’autres stars avec qui j’étais copine et que je n’ai plus reconnues au bout d’un moment – Sophie Marceau (dont j’ai fait rentrer son frère Sylvain à la maquette de « Match »), Emmanuelle Béart (avec qui j’ai fait mon déménagement)… Il n’y a guère que Sandrine Bonnaire qui soit restée la même. Mylène ne sortait plus sans sa cour, ils étaient tous habillés comme elle, ils parlaient comme elle, j’ai trouvé ça ridicule !

Le jour où je vais chez elle pour lui montrer les photos avec les loups, on est tranquilles et, tout à coup, sa bande de copier-coller déboule. Je quitte rapidement les lieux tellement je trouve ça insupportable. Arrivée en bas, je monte dans ma voiture et j’éclate en sanglots. Je comprends que ce ne sera plus jamais pareil. Je rentre chez moi. Je prends le téléphone et j’appelle Mylène. Je lui dis très exactement ce que Sophie Marceau m’a dit deux ans avant : « Je t’appelle pour te dire que je n’ai plus envie de te revoir ». On parle longuement. Je lui explique clairement que je ne supporte pas de voir comment elle évolue au contact de ses adorateurs : « Tu ne vois pas qu’ils sont faux, qu’ils jouent un rôle ?! ». Elle me répond qu’elle en a tout à fait conscience et me conseille d’aller dormir, persuadée qu’on y verra plus clair après. Le lendemain, je reçois un coup de fil de Bertrand au journal : « Elsa, je ne veux pas savoir ce qui se passe entre Mylène et toi, mais elle m’a appelé à cinq heures du matin complètement affolée, n’arrivant pas à dormir. Alors, appelle-la tout de suite et dis-lui que vous allez vous revoir ! ». Je m’exécute. Elle décroche le téléphone et me coupe rapidement la parole : « J’ai réfléchi. Je crois que tu as entièrement raison. Ne nous voyons plus ! ». Elle est en revanche d’accord pour continuer à faire des photos ensemble. Ca me paraît difficile à gérer, mais il était prévu de longue date qu’on aille au Canada deux ou trois semaines après pour faire un reportage dans sa maison d’enfance. Un calvaire !

Déjà, on ne voyage pas ensemble dans l’avion. Arrivés à Montréal, on loge dans le même hôtel mais on ne se parle pas. J’apprends qu’elle organise une sushi-party dans sa chambre pour elle et sa cour. Je n’y suis pas conviée. Pour faire souffrir, c’est la reine ! Quand il s’agit de louer une voiture pour aller jusqu’à la ville où elle a passé son enfance, Bertrand me dit que c’est à moi de la payer. J’ai beau lui expliquer que je n’ai que du liquide et pas de carte bancaire sur moi, ça n’y change rien. Je suis donc contrainte de lui donner tout mon argent pour la voiture. Je n’ai dès lors plus un centime pour le reste du séjour, y compris pour manger. L’horreur ! Le pire, c’est que, de retour à Paris, Bertrand m’appelle pour me dire que Mylène ne veut pas que les photos soient diffusées, sans même les avoir vues ! Contrainte par le magazine qui a investi dans le reportage, j’en ai finalement passée une dans « Match ». De toute façon, je les trouve moches ces clichés. On sent que ni elle ni moi n’avions envie de les faire.

A partir de là, plus de nouvelles. J’ai beau écrire des lettres, je n’ai jamais de réponse. Nous sommes à la fin de l’été 1988. Je n’ai plus jamais revu Mylène depuis. Sauf une fois, en 1991, à l’aéroport de New York. Je suis avec Emmanuelle Béart. On fait la queue en file indienne pour embarquer dans le Concorde. Emmanuelle se retourne et me chuchote : « C’est pas Mylène Farmer juste derrière toi ? ». Je regarde dans le miroir, et qui je vois, tête baissée ? Mylène ! On avance doucement vers la porte de l’avion. A un moment, j’ai le courage de me retourner et de lui dire bonjour. Elle me répond poliment, juste poliment. En revanche, elle salue Emmanuelle avec enthousiasme. Puis on s’installe dans l’avion. Emmanuelle me dit d’aller lui parler : « C’est trop bête. Vous êtes dans le même avion ». Je me lève, je traverse l’allée. Hélas, elle est du côté hublot. Je peux difficilement me mettre sur les genoux de son voisin pour aller lui parler. D’autant qu’à chaque fois que je passe, je fais en sorte de regarder le paysage. Et quel paysage ! Y a beaucoup de choses à voir quand on est en Concorde ! Tant pis. Arrivée à Roissy, je laisse mon chariot à bagages à Emmanuelle et je vais la voir. Je lui demande si on peut aller déjeuner ensemble un jour prochain. « Non ». Juste boire un café alors ? « Non ». Je lui explique que ça fait trois ans, qu’on a changé depuis. Et là, elle me regarde droit dans les yeux à travers ses petites lunettes bleues et elle me dit : « Changé ? Pourquoi veux-tu qu’on change ? J’ai eu trop de mal à la tourner, cette page, je ne peux pas revenir en arrière ». Elle reste gentille et douce dans sa façon de me parler, mais ça n’en fait pas moins mal. Puis Laurent arrive pour la chercher.

L’année suivante, je la croise dans un supermarché de Santa Monica, à Los Angeles. Je suis avec une collègue de « Paris Match » qui me déconseille d’aller lui parler, m’assurant que, Mylène logeant chez une connaissance, elle irait prendre la température. Elle me confirme rapidement que Mylène ne souhaite pas spécialement me voir. En revanche, elles deviennent copines toutes les deux. Quelques jours plus tard, je tombe malade. Ma collègue m’accompagne à l’hôpital. Elle appelle Mylène pour la prévenir de ce qui se passe car elles devaient dîner ensemble ce soir-là. Et là je réalise que Mylène se souvient de tout car elle pose des questions très précises, du style : « Combien a-t-elle de créatinines ? »… Elle propose même de prévenir un médecin français qu’elle connaît sur Los Angeles. J’ai trouvé ça touchant. Vraiment ! C’est le dernier contact que j’ai eu avec Mylène, fût-il par procuration.

Il y a deux ans, dans une station de ski près de Saint Gervais, Le Betex, je descends du télésiège et je tombe nez à nez avec Laurent. Il est avec un couple d’amis. Il n’a pas changé d’un iota. Je lui demande s’il se souvient de moi, il me répond : « Oui, bien sûr ! ». Je lui propose qu’on prenne un verre à la station le soir même ou le lendemain. Il est OK. Je ne l’ai jamais revu.
Mylène reste présente dans ma vie de tous les jours. J’observe son chemin et je lui garde une place dans mon cœur. Nine, ma petite nièce de cinq ans, commence à prendre le relais. Elle a adoré « C’est une belle journée ». Pour elle, Mylène Farmer c’est la plus belle du monde ! Ca me fait plaisir de voir que Mylène arrive à séduire encore une nouvelle génération.

Au-delà des disques et des photos, Mylène m’a laissé en souvenir une chouette en terre qu’elle a faite elle-même. Elle adorait les chouettes. Elle disait que ça portait bonheur… 

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Issu du magazine : Mylène Farmer Magazine – 2003

 

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Carine Sarfati et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 15 avril 2012

Carine Sarfati (costumière)

 

Carine Sarfati et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGECarine-Sarfati apparait dans le casting du film vidocq sorti en 2001 dont le titre original est « vidocq ». carine-sarfati y occupait Les fonctions suivantes : – costumes

Carine-Sarfati apparait dans le casting du film  » ne le dis à personne » sorti en 2006 dont le titre original est « tell no one ». carine-sarfati y occupait Les fonctions suivantes :
– costumes

 

Carine Sarfati est très connu dans le monde du cinéma pour avoir été la costumière de beaucoup de film. Elle a travaillé également pour les costumes de pièce de théâtre.

Elle a commencé sa carrière de costumière sur les clips de Mylène farmer.

Elle a commencé à travailler avec Mylène Farmer, pour des costumes que Mylène portait lors des télévisions pour « Plus Grandir« . Elle travaillera avec Laurent et Mylène jusqu’au film « Giorgino ». Elle a ensuite beaucoup travaillé avec le metteur en scène Bernard Murat pour le théâtre.

Carine Sarfati fut également nominée dans la catégorie « meilleurs costumes » au César 2004 pour monsieur N.

 Jean-Louis Viau (Conseiller historique) nous parle de Carine Sarfati lors du clip Pourvu Qu’elles Soient Douces et nous dit :

Pourquoi a-t-on fait appel à vous  pour ce clip ?
A l’époque, j’étais rédacteur en chef d’une revue d’histoire militaire ancienne, « Tradition magazine ». Un jour, mesClipPQSD10 dans Mylène et L'ENTOURAGE
collègues de la librairie Armes & Collections, spécialisée dans les ouvrages et les maquettes militaires, m’ont appelé parce qu’une costumière cherchait de la documentation pour un film se déroulant au XVIIIème siècle. C’était Carine Sarfati, la styliste de Mylène Farmer, et elle préparait le tournage de « Pourvu qu’elles soient douces ». Rapidement, elle m’a proposé de rencontrer le réalisateur. J’ai donc eu un rendez-vous avec Laurent Boutonnat et ses assistants dans les locaux de la maison de production du film, à la porte Maillot.

Deux extraits du reportage amateur Backstages 89′ en téléchargement libre 

2eme partie sur le tournage des génériques

Précision : la très mauvaise image des vidéos présentées est due à la mauvaise qualité du support d’origine (Vidéo-8), et aux nombreuses générations de copies

Extrait 1 : Préparation du tournage

Durée : 1’27″

Ce qu’il faut voir : – Carine Sarfati qui habille Mylène Farmer

- Laurent Boutonant s’isolant avec Mylène Farmer pour parler

- la pose pour la photo de tournage avec Mylène Farmer emmitouflée dans sa parka qui fume et Laurent Boutonnat qui s’agenouille pour que l’explosion se passe bien :

 http://www.dailymotion.com/video/x9szcl

 


Quand je rêve aux loups, c’est Lola qui saigne


Carine Sarfati présente également  dans « T’as pas 200 francs ? »

   MF2000_91a C’est la première fois en huit ans que Laurent BOUTONNAT à pour mission de coller des images et une histoire sur un texte de Mylène FARMER. Après avoir composé la musique de Moi…Lolita et lui avoir laissé le soin d’écrire les paroles, Laurent BOUTONNAT réalise (assez tardivement) ce clip très attendu. Bien qu’il tourne -comme à sa grande époque- en pellicule 35 mm, il ne travaille plus avec la même bande de copains tels Carine SARFATI pour les costumes ou Jean-Pierre SAUVAIRE pour la lumière. Ce dernier sera remplacé par Philippe PAVANS. Tourné dans le plus grand secret à la fin du mois de juin après une longue préparation, le film est diffusé pour la première fois le mercredi 26 juillet 2000. Laurent BOUTONNAT qui avait souvent l’habitude d’avoir recours aux comédiens professionnels (Zouc, Louise FLETCHER, Frederic LAGACHE) a engagé ici des acteurs semi-amateurs comme Jérôme DEVOISE, qui joue le rôle du garçon amoureux ou Liliana, la sœur de Alizée dans le film. Seule Anne-Marie PISARINI, qui endosse le rôle de la maman de Lolita est habituée des plateaux. Le tournage s’est déroulé sur deux jours. Le premier jour de tournage s’est fait en extérieur pour les prises de vue des grands champs d’orge, de la route et de la cour de la maison de la mère.. Laurent BOUTONNAT est allé tourner ces scènes dans les environ de Senlis, dans l’Oise. Le deuxième jour de tournage a été nécessaire pour les plans dans la discothèque parisienne des Bains-Douches où une centaine de figurants ont été engagés.

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Interview Mylène Farmer – rôle de Catherine

Posté par francesca7 le 8 avril 2012


Propos recueillis par Gaillarc-Morgue dans Dossier de Presse – Bonne Question d’octobre 1994. (Film Giorgino )

Voilà un désir enfin réalisé, le cinéma vous y pensiez bien avant la chanson ?

Notre rencontre avec Laurent Boutonnat est né d’un même désir ; faire du cinéma. Pourtant, nous avons existé tous les eux, grâce à la chanson ; un cadeau que la vie m’a fait, même si cela n’a pas été toujours facile. Cette envie de faire du cinéma, cette envie de faire ce film, a mûri près de dix ans ; c’est long dix ans…

Quelles ont été vos premières impressions à la lecture du scénario ?

 Interview Mylène Farmer - rôle de Catherine dans Mylène en INTERVIEW GiorginoPremiereLe sujet de Giorgio m’a attiré par son étrangeté, son originalité. Pour parler plus précisément du personnage de Catherine, j’ai senti que je pouvais y mettre beaucoup d’émotions. Je crois que Laurent a puisé certaines choses de ma personnalité pour l’écriture du personnage de Catherine. Nous n’en avons jamais parlé.. Je n’ai pas réellement connu la magie de la découverte du scénario parce que j’ai suivi pratiquement 24 h sur 24, l’élaboration de ce projet : j’ai aussi vécu les difficultés d’écriture qu’ont rencontré  Laurent Boutonnat et Gilles Laurent (le coscénariste) ainsi que tous les problèmes inhérents au montage d’un tel projet. C’est malgré tout, passionnant d’apprendre tous les à côtés d’un film. Giorgino a été un accouchement dans la douleur, mais nous vivons, Laurent et moi-même, dans ce climat depuis que l’on travaille ensemble, rien ne se fait dans la facilité. Peut-être ressentirons-nous un peu de bonheur ou plutôt de soulagement, quand nous nous déposséderons totalement du film, c’st à dire le jour de sa sortie sur les écrans.

Qui est Catherine, cette femme-enfant mystérieuse que les gens disent folle ?

Catherine est différente des autres et elle pariera cette différence.. C’est avant tout sa fragilité qui m’a émue, j’aime son innocence et sa violence intérieure. Les enfants ont ça en eux : naïveté, pureté et colère… J’aime son incapacité à être dans le monde des adultes.

Quels sont selon vous, les blessures profondes de Catherine, qu’est-ce qui a provoqué cette fragilité ?

Catherine n’est pas intellectuellement de son âge, ce n’est pas un jeune fille « retardée » mais simplement colle le dit le prêtre : « elle a l’esprit d’un enfant ». Elle est restée isolé du monde extérieur, probablement protégée par ses parents, s’occupent elle-même d’enfants retardés. Pour Catherine, le noyau de sa famille pourrait représenter la beauté, et le reste du monde la laideur… Catherine n’est pas armée pour le monde extérieur et sa violence… La disparition des enfants, de sa mère, puis de son père, sont autant de traumatismes, de blessures irréversibles. Et puis, un très jeune personnage capable de dire : « Et si c’était la douleur qui faisait chanter les oiseaux ?… » n’est-ce pas suffisamment éloquent ?

GiorginoPhotos10 dans Mylène en INTERVIEWOn a l’impression que vous êtes complètement pénétrée par cette jeune fille. Comment s’est faite l’approche de ce personnage étrange ?

J’ai une très grande liberté par rapport au personnage de Catherine, c’est étrange, mais il n’y a pas eu de grande difficulté quant à savoir comment aborder ce rôle. Pour l’approche du personnage, j’ai simplement eu renvie de m’informer un peu sur l’univers psychiatrique ; j’ai pu assister à quelques entretiens entre ce qu’on appelle des « malades » et leurs docteurs, sachant que Catherine basculait dans une dite « folie », en tout cas dans un retrait d’avec une dite « réalité », j’ai écouté puis j’ai regardé la gestuelle « particulière » de ces personnes très habituées, angoissées et sous médicament pour la plupart… Vous dire que je m’en suis servie pour Catherine, je ne sais pas vraiment. J’ai abordé sa personnalité à la lecture du scénario et je savais ce que je pouvais donner au personnage. D’autre part, un costume, un décor et une envie d’incarner quelqu’un d’autre que soit, sont autant de facteurs importants pour l’approche d’un rôle comme celui-ci.

Vous vous étiez auparavant intéressée aux enfants autistes. Cette observation vous a-t-elle aidée pour le rôle de Catherine.

Aidée, je ne sais, mais avoir envie de comprendre, de percer les mystères de ce silence, de ce repliement sur soi… Catherine a un trouble profondément enfoui en elle. Le comportement des enfants autistes est tellement intrigant, leur retrait du monde est inexplicable, on ne sait pas.. Oui, j’ai peut-être la sensation d’être proche d’eux. Une communion dans le silence avec ces personnes-là me paraît plus enrichissante parfois qu’une conversation.

 

Dans votre interprétation, vous faites passer la « folie » de Catherine de façon très subtile, les gestes, les regards sont à peine esquissés, intenses mais sans excès, sans débordement. Le trouble est plus fort encore.

Je préfère les paroles murmurées aux mots cirés. En fait, je n’aime pas imposer, je préfère proposer ; cela tient d’une pudeur et d’une timidité qui font partie de moi ; C’est ma personnalité, et mon jeu s’en ressent certainement. D’autre part, Catherine me semblait plus proche de « l’introvertie » que de son contraire… Je n’avais donc pas envie, quand Catherine bascule irrémédiablement, de passer soudainement à un état épileptique et voyant. Dans cet univers de conte où l’on bascule constamment entre le vrai et le faux, le réel et l’irréel, la lecture ne doit pas être trop évidente. La présence des loups, les comportements ambigus des personnages… pendant toute l’histoire on ne sait pas, et c’est pour moi toute la magie de ce film.

Ce doit être troublant pour une comédienne d’approcher la folie…

GiorginoPhotos01En effet, troublant, attirant… Catherine semble tellement apaisée, presque sereine, dès l’instant où le monde environnant n’a plus d’empreinte sur elle. J’ai parfois le sentiment, dans des moments d’anéantissements, de frôler cette frontière « normalité-folie », mais ceci est tellement intime. Peut-on parler de traumatisme ?… Tout dépend de ce que l’on donne de soi dans une scène. Pour arriver à exprimer ses sentiments extrêmes, il faut puiser dans ses propre s névroses, faire resurgir ses plus grandes craintes, douleurs. Puis on décide que le personnage que l’on interprète n’est pas exactement comme soi ; c’est à ce moment-là que le métier d’acteur devient passionnant. Ce serait un peu comme façonner une sculpture ; il y a la matière brute (qui est soi-même avec son univers personnel) et il ya le personnage, la création, l’imagination, enlever un peu de terre ici, en rajouter là…

Quelles ont été pour vous les scènes les plus délicates à tourner ?

Il est toujours délicat de dévoiler des émotions devant plus de cinquante personnes (l’équipe) qui sont en fait cinquante étrangers. C’est d’une impudeur totale, et l’on se déteste pour ça, mais on est engagée pour le faire et le besoin de tourner, jouer, l’emporte sur le reste.

Vous éprouvez pourtant du plaisir quand vous montez sur scène, exposée à des milliers de regards !

C’est un plaisir suicidaire me concernant. Pourtant cela me manque terriblement, la scène, l’autre. Ce paradoxe de l’artiste est très réel ; avoir un désir névrotique de lumière et cette envie de se cacher. Je bascule constamment entre ce désir et ce refus. L’un ne peut pas exister sans l’autre. L’un nourrit l’autre… La notion de plaisir semble totalement abstraite pour moi. J’ai besoin du regard de l’autre, besoin de ces deux métiers pour vivre, c’est ma vie. Je refus la tricherie. Le jour où j’aurai la sensation de ne plus ressentir, de ne plus être capable de donner, je m’effacerai.

On retrouve dans Giorgino un univers qui est, semble-t-il très cher à Laurent Boutonnat et à vous-même ? Comment décrirez-vous cet imaginaire ?

C’est un monde troublé et troublant et j’espère, plein de poésie. Avec Laurent, nous aimons les paysages enneigés (je suis née au Canada). Je suis attirée par les relations, les sentiments difficiles. Tous les deux, nous sommes instinctivement attirés par les contes cruels, par l’irrationnel. Tous deux, nous refusons dans le fon, le monde des adultes. J’aime les animaux, j’aime la folie, par exemple celle des paysages fracassés, où le regard ne peut pas se promener calmement. J’ai me aussi la mouvance permanente, l’énergie sans repos possible. J’aime tout ce qui porte au rêve.

Quels sont les cinéastes qui ont parqués votre imagination ?

David Lean reste mon préféré, ou l’un de mes préférés, le personnage de Catherine m’a fait parfois penser à celui de la fille de Ryan. Jane Campion a fait un chef-d’œuvre, La Leçon de Piano, ses premiers films sont magnifiques aussi, David Lynch, Witness de Peter Weir, un film parfait, le sujet, sa façon de filmer, son choix d’acteurs, tout.. J’adore le cinéma de Bergman, j’adore Oliver Stone. Dans un tout autre genre Batman II, Steven Spielberg bien sûr… et tant d’autres… J’aime les projets ambitieux, les metteurs en scène qui ont une démesure, une folie comme Kubrick, j’aime les fous…

En littérature, vous appréciez Cioran ?

GiorginoPhotos02C’est un homme qui parle si bien « des inconvénients d’être » et qui par son cynisme arrive à nous faire rire. J »‘aime son auto-dérision. Tout ce qu’il exprime est bien au-delà du désespoir, c’est si justement formulé, cruellement drôle, si bien écrit. Il a enlevé toute poésie, tout romantisme à la « dépression », à « l’anéantissement de l’être », ce qui rend tout plus violent encore. C’est aussi un homme très séduisant.

Comment Laurent Boutonnat vous a-t-il dirigé ?

Sur le plateau, il donne des précisions techniques, en ce qui concerne le jeu, il m’a laissée une grande liberté. Il m’a donné des indications ponctuelles. Laurent sait installer un certain climat utile pour les scènes à jouer. il n’y a pas eu réellement de discussion sur le personnage. J’ai lu le scénario et je pense qu’il savait que je savais ce qu’il souhait pour Catherine. Sur le tournage, c’était « moteur ! Action! » et on parlait après. Après la prise, il donnait son jugement  » va » ou « ce n’est pas tout à fait ça. On la refait ». Cela tient au fit que nous nous connaissons parfaitement. Avec les autres acteurs, Laurent était plus volubile, je crois…

A vos yeux, quelles sont les principales qualités de Laurent Boutonnat ?

Sa démesure, sa perception du sentiment en général. Avec sa caméra et ses mots, il arrive à exprimer les troubles que l’on a en soi. Il est poétique. Pour moi qui ai suivi cet accouchement, je  peux dire que Laurent va au bout, vraiment au bout des choses. Il travaille comme un acharné, bien sûr, c’est pour lui qu’il le fait, mais il refuse de baisser les bras quitte à en payer le prix. J’aime ça. Et puis cette manière de filer, il y en a si peu qui ont ce vrai talent, cette maîtrise… Laurent fera partie, je crois, de ces quelques metteurs en scène qui ne laisseront jamais indifférent.

Que pensez-vous de Jeff Dahlgren ? Quels ont été vos rapports sur le tournage ?

Magnifiques. Le choix qua fait Laurent me paraît tellement juste. C’était lui et personne d’autre. J’aime sa façon de jouer, très économe, il me faisait parfois penser à James Dean ; et puis, il est devenu mon meilleur ami.

Après Giorgio, quel sera votre prochain rendez-vous avec le public ?

Probablement un album. Ou peut-être un autre film. J’attends que le réalisateur veuille bien délaisser ses caméras pour reprendre son piano.

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Mylène Drama queen

Posté par francesca7 le 11 mars 2012

«Drama queen». Avec Farmer, on est dans le mélodrame. On pense à son homonyme Marguerite Gautier, l’héroïne de Dumas. A Garbo (à laquelle elle consacre une chanson) et à Sarah Bernhardt. Sauf que Farmer en fait des tonnes. Plus que Jeanne Mas, sa rivale des débuts, c’est dire. Mais le kitsch n’est pas incompatible avec l’émotion. Dans les stades, qu’elle est la seule artiste française à pouvoir remplir, elle touche aux larmes.

Mylène Drama queen dans Mylène et des CRITIQUES 8-photo-13x18cm-mylene-farmer-mylene-sexy-moitie-nue-hot-photo-857653213_MLSi la chanteuse parvient à cette spontanéité, c’est grâce à un professionnalisme maniaque et à un subtil art des contrastes: côté face un sourire de madone, côté pile un chignon sculpté en forme de crâne. Cette grandiloquence bien dosée, elle la doit à Laurent Boutonnat. Dès Libertine, il la magnifie dans un clip de dix minutes évoquant Barry Lyndon de Kubrick. La suite, Pourvu qu’elle soit douce, dure près de dix-huit minutes, coûte 450 000 euros et mobilise 600 figurants…

La surenchère est stoppée net par l’échec du long métrage du duo, Giorgino, où Mylène joue l’hystérique au milieu des loups. Désormais, même si Boutonnat continue de composer pour elle, c’est surtout avec d’autres qu’elle tourne ses clips: Luc Besson, Abel Ferrara, Ching Siu- Tung… De belles réussites, mais l’esprit n’est plus le même. Parfois, elle se risque à laisser sa mélancolie au vestiaire.

Cela donne la rengaine Appelle mon numéro, en 2008. Et sa pire vidéo, signée par le réalisateur Benoît Di Sabatino, qui partage sa vie. On y voit une Farmer aguicheuse et botoxée se tortiller sur un lit, jouant la lolita. Allô, Sunset Boulevard? Et si, en fait, on n’avait pas quitté la chambre capitonnée des débuts?

Critique issu du Sitehttp://www.hebdo.ch/

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Mylène Farmer dans Giorgino

Posté par francesca7 le 22 octobre 2011

 film français 

 

Mylène Farmer dans Giorgino dans Mylène et GIORGINO GiorginoPhotos07Giorgino est un film français (1994) réalisé par Laurent Boutonnat.

 

 

Celui-ci a écrit ce drame à partir des années 1970 et en a composé et produit l’ensemble des musiques. Cette œuvre permet à Mylène Farmer de faire ses débuts dans le cinéma dans le rôle de Catherine. Les conditions de tournage sont particulièrement difficiles en raison des conditions climatiques et du perfectionnisme du réalisateur Laurent Boutonnat. En raison de la distribution internationale, le film fut tourné en langue anglaise. 

 

Malgré un budget élevé de 80 millions de francs, Giorgino, sorti le 5 octobre 1994, n’est resté que quatre semaines à l’affiche et a totalisé moins de 69000 entrées sur le territoire. Il fut descendu par la critique à sa sortie, étant jugé comme un « long clip » trop noir (il dure près de 3 heures). 

 

Cet échec retentissant affectera profondément Laurent Boutonnat, qui ne réalisera plus les clips de sa muse Mylène Farmer pendant près de dix ans. Il rachètera tous les droits de son film, qui ne sera diffusé que quatre fois sur Canal+ à la fin de l’année 1995. Cependant, suite à la demande des fans et au succès de son long-métrage suivant, Jacquou le croquant, il acceptera de sortir le film en double DVD le 5 décembre 2007. « Film maudit » pour certains, il est désormais considéré comme culte par nombre de critiques

 

Synopsis 

Octobre 1918. Sitôt rendu à la vie civile, le jeune docteur Giorgio Volli part à la recherche du groupe d’enfants dont il s’occupait avant la guerre. Mais bien vite, sa quête prend l’allure d’une partie de cache-cache avec la mort : Giorgio se retrouve dans un vieil orphelinat bordé de marais inquiétants et de hordes de loups, où il y fait la rencontre de la mystérieuse Catherine. 

 

Voir le site de référence du film :  http://jodel.saint.marc.free.fr/interviewsgio.htm

 

GiorginoPhotos20 dans Mylène et GIORGINO

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Histoire de Giorgio

Posté par francesca7 le 21 octobre 2011

 

En 1918, le Docteur giorgino revient de la guerre, malade après avoir inhalé accidentellement des gaz. Il s’apprête à retrouver les douze orphelins qu’il avait à charge mais ceux-ci ont été transportés d’urgence dans un orphelinat en pleine montagne, suite aux bombardements. Passif, étrange, giorgino est quelque peu secoué par la nouvelle et aura le temps de sauver un étalon noir de la mort pour ensuite récupérer quelques dessins desdits orphelins, affichant un animal agressif très proche du loup. 


Histoire de Giorgio dans Mylène et GIORGINO GiorginoPhotos30Giorgino se rend donc à Chanteloup ( les loups chantent (peut-être)), village lugubre perdu au milieu des montagnes enneigées, aux rues glauques et aux habitants inquiétants. Il se rend chez le Docteur Degrace, être fantasque venant de perdre sa femme et veillant sur sa fille Catherine, fragile et belle. Pas de chance pour Giorgino, les orphelins sont morts depuis longtemps, dans des circonstances mystérieuses et troubles. On parle de meurtres, de noyades, de loups mais jamais la vérité ne semble s’éclaircir.

Une enquête qui sera longue et difficile pour Giorgino, amoureux de la frêle Catherine, incarnée bien entendue par Mylène, une femme enfant perturbée et envoûtante, sans doute le deuxième grand élément principal du film. Entre autisme, sensualité et solitude, la jeune fille connaîtra un amour désespéré avec le jeune homme, qui la tirera de bien des misères. La chanteuse rousse l’a déjà montré dans ses clips : c’est une grande actrice, et elle le prouve encore une fois. Jamais sa splendide chevelure rousse, ne se sera aussi bien harmonisée avec ces décors froid et blanc, et ce teint de peau très pale qui lui donne tout son charme. Le sang sera bien présent, qu’il soit d’une blessure ou de menstruations subites, coïncidant avec cette magnifique blancheur. 

S’il n’est jamais proprement dit un film fantastique, « Giorgino » s’en rapproche à très grand pas avec son atmosphère froide et morbide : ruelles désertes, orphelinat obscur, asile de fous, cimetière, marais de glaces… Entre Burton, Goya, Fulci et les films de la Hammer, Boutonnat offre un monde décoloré et désenchanté, qui coïncide parfaitement avec la personnalité de ses personnages. Et pour exemple, ce rapprochement avec l’horreur et le fantastique culminera lors de deux scènes saisissantes : l’étreinte finale des amoureux, se terminant sur une image tétanisante, et cette plongée infâme dans les sous-sols d’un asile où les fous sont parqués comme des bêtes, vivant dans la crasse et la pourriture, entre cadavres et folie furieuse. On pourra être aussi surpris par les apparitions de cette enfant monstrueux, portant une lanterne et roulant en charrette avec une étrange dame en noire : La mort ? L’enfance perdue du héros ? Un fantôme ? Un orphelin qui aurait survécu ?

Si certaines scènes marquent (l’enterrement, la réanimation, la scène d’amour dramatique sur la glace…), le film souffre par moment de petites longueurs. C’est sans doute ces petits moments en trop ou ces baisses de régimes qui empêchent « Giorgino » d’être quasi parfait. Les fans de Boutonnat et de Mylène Farmer seront aux anges, les autres rumineront sans doute dans leur coin, certains se laisseront tenter. Une petite perle inclassable, et noire de préférence.

Barre scintillante papillons dorés

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Giorgino

Posté par francesca7 le 15 octobre 2011

Giorgino est un film français (1994) réalisé par Laurent Boutonnat.

Giorgino dans Mylène FILMOGRAPHIE 1227215730_giorgino-filmCelui-ci a écrit ce drame à partir des années 1970 et en a composé et produit l’ensemble des musiques. Cette œuvre permet à Mylène Farmer de faire ses débuts dans le cinéma dans le rôle de Catherine. Les conditions de tournage sont particulièrement difficiles en raison des conditions climatiques et du perfectionnisme du réalisateur Laurent Boutonnat. En raison de la distribution internationale, le film fut tourné en langue anglaise. 

Malgré un budget élevé de 80 millions de francs, Giorgino, sorti le 5 octobre 1994, n’est resté que quatre semaines à l’affiche et a totalisé 69000 entrées sur le territoire. Il fut descendu par la critique à sa sortie, étant jugé comme un « long clip » trop noir (il dure près de 3 heures). 

Cet échec retentissant affectera profondément Laurent Boutonnat, qui ne réalisera plus les clips de sa muse Mylène Farmer pendant près de dix ans. Il rachètera tous les droits de son film, qui ne sera diffusé que quatre fois sur Canal+ à la fin de l’année 1995. Cependant, suite à la demande des fans et au succès de son long-métrage suivant, Jacquou le croquant, il acceptera de sortir le film en double DVD le 5 décembre 2007. « Film maudit » pour certains, il est désormais considéré comme culte par nombre de critiques. 

Synopsis 

Octobre 1918. Sitôt rendu à la vie civile, le jeune docteur Giorgio Volli part à la recherche du groupe d’enfants dont il s’occupait avant la guerre. Mais bien vite, sa quête prend l’allure d’une partie de cache-cache avec la mort : Giorgio se retrouve dans un vieil orphelinat bordé de marais inquiétants et de hordes de loups, où il y fait la rencontre de la mystérieuse Catherine. 

Distribution 

Supports  

  • giorgino_z2hd dans Mylène FILMOGRAPHIEÉdition Prestige 2 DVD (sortie le mercredi 5 décembre 2007) :  

    • DVD 1 : Le film remasterisé 

      • Langues : anglais(vo) (Dolby Digital 5.1 et DTS 5.1), français (Dolby Digital 5.1) 

      • Sous-titres : français 

    • DVD 2 : Les bonus 

      • Making of de plus de 30 minutes : interview de Mylène Farmer, Jeff Dahlgren, Laurent Boutonnat 

      • Dessins de production 

      • Galerie photos 

      • Teaser et la bande annonce de 1994, plus la bande annonce inédite de 2007 

    • Livret 48 pages : interviews de 1994 de Jeff Dahlgren, Mylène Farmer, Laurent Boutonnat, photos inédites, documents de productions 

  • Édition 1 DVD (sortie le mercredi 17 avril 2008 uniquement en

     Russie éditions « Cinema Prestige ») : 

    • DVD : Le film remasterisé 

      • Langues : Anglais, Russe 

      • Sous-Titres : Français, Russe 

Bande Originale  

[dérouler]  

1994 : Édition Originale 

1.Giorgino – Ouverture 

2.Le vent et la neige 

3.La route de Chanteloup 

4.Les montagnes noires 

5.En calèche 

6.A Catherine 

7.Giorgino – Thème 

8.Levée du corps 

9.L’abbé Glaise 

10.Giorgio et les enfants 

11.La nursery 

12.Retour à l’orphelinat 

GiorginoPhotos3013.L’armistice 

14.Giorgio et Catherine 

15.Docteur Degrâce 

16.Morts pour la France 

17.Les femmes dans l’église 

18.Les funérailles 

19.Petit Georges 

20.Sombres souvenirs 

21.Le Christ et les cierges 

22.Menteur 

23.Le marais 

24.Giorgio – Final 

[dérouler]  

2007 : Réédition en boitier Super Jewel Box (Lundi 3 décembre 2007) 

1.Giorgino – Ouverture 

2.Le vent et la neige 

3.La route de Chanteloup 

4.L’orphelinat (Inédit) 

5.Les montagnes noires 

6.En calèche 

7.A Catherine 

8.Giorgino – Thème 

9.Levée du corps 

10.L’abbé Glaise 

11.Giorgio et les enfants 

12.La nursery 

13.Retour à l’orphelinat 

14.L’armistice 

15.La valse des baisers (Inédit) 

16.Giorgio et Catherine 

17.Docteur Degrâce 

18.Morts pour la France 

19.Les femmes dans l’église 

20.Les funérailles 

21.Petit Georges 

22.Sombres souvenirs 

23.Le Christ et les cierges 

24.Menteur 

25.Le marais 

26.Giorgio – Final 

[dérouler][enrouler] 

Anecdotes  

  • giorgino2Les décors ont été construits du 15 septembre 1992 au 15 décembre 1992. 

  • Le tournage a eu lieu de janvier 1993 à avril 1993 en ex-Tchécoslovaquie, à Prague et dans les plaines de Slovaquie allant jusqu’à des températures de -30 °C. 

  • 80 heures de rushes ont été tournées. 

  • Il a fallu près d’un an pour arriver au montage définitif du film. 

  • La première version du film durait près de 4 heures, elle fut refusée par Pathé. 

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CLIP LIBERTINE – 1986

Posté par francesca7 le 23 août 2011

Vidéo :  Image de prévisualisation YouTube 

 

Réalisation : Laurent Boutonnat
Année : 1986
Durée : 10’53 mn
Acteurs : Mylène Farmer, Gérard Nublat, Sophie Tellier, Rambo Kowalski…
 

 

 

 

 

Analyse (par Jenny)
Source :
http://www.ame-stram-gram.com/ClipLibertine.html 

 

 



XVIIIe siècle, c’est à cette époque qu’apparaît Mylène dans le rôle de Libertine, un nom déjà évocateur… 


C’est la période du libertinage. Une noblesse bouffée par l’ennui, comble ses besoins dans « l’érotisation de la pensée ». Libertinage mais aussi perversion et séduction, poussées au-delà des limites, au point d’en provoquer la mort (Duels, manigances, empoisonnements, règlement de comptes…). 

CLIP LIBERTINE - 1986 dans Les Clips de Mylène ClipLibertine02


D’abord, une mélodie aux notes graves, un corbeau, une étendue d’eau figée, un calme trop étrange, signe de mauvais présage. 

Des cuissardes et chaussures de noble foulent l’herbe encore mouillée de la rosée du matin, un duel se prépare. Libertine et son adversaire se retrouvent face à face, pistolets chargés et prêts à l’emploi. On constate que les duellistes ont le teint pâle et les lèvres rouges « sang », le teint est une marque de reconnaissance de la classe sociale (signe de richesse). Qui va soustraire la vie de l’autre ? Nul ne le sait ! Les plans des personnages se succèdent et s’accélèrent, un sourire se laisse entrevoir. Libertine tire, le corbeau s’envole, roulement de tambours, le jugement est rendu, l’homme s’effondre et redeviendra poussière. La catin esseulée, présente sur les lieux pour soutenir son amant, s’approche de sa dépouille. Après constat, elle dévisage Libertine qui savoure sa victoire avec un air des plus satisfait. Le corbeau s’est envolé et Libertine aussi…

ClipLibertine04 dans Les Clips de Mylène

Changement de rythme, cette fois-ci plus dynamique ! Place aux plaisirs divers (plaisir du corps, on aura jamais montré autant de chair qu’à cette époque, décadence complète, sans gène) sans oublier les plaisirs du vin qui coule à flot, de la nourriture en abondance…
On y découvre dans cette nouvelle ambiance, une jeune femme libre, audacieuse (« bercée par un petit vent, je déambule »…) mais aussi une femme encore enfant (Comme la « Grenadine », boisson préférée des enfants puis « on me tient la main »).
Ce soir Libertine séduit, Libertine dit oui, des regards profonds se croisent et s’apprivoisent, une envie mutuelle se fait sentir. On pourrait dire qu’il y a nouveau duel, mais il n’est pas question de mort juste une relation « dominant/dominé ». Libertine s’évapore après avoir adressé à son futur amant un dernier regard brûlant…


4441878Nouvelle ambiance, celle-ci se veut envoûtante, idéale pour les plaisirs charnels. Libertine et son amant se découvrent mutuellement… Nue, elle se donne et devient dominante (« Quand sur mon corps, tu t’endors, je m’évapore » mais sans oublier, « fendre la lune, baiser d’épines et de plumes »). Pendant l’acte amoureux, des hurlements de loups se laissent entendre tout comme les battements de cœur et les gémissements de Libertine. On pourrait se demander s’il ne s’agit pas, dans ce cas, d’un acte amoureux presque animal ! Fin de cet instant d’extase, Libertine s’éveille, nue, et laisse glisser le mot doux avant de rejoindre le salon pour retrouver la fête.

Epanouie, elle s’est abandonnée et nargue sa rivale, la catin, laissée pour compte par l’amant de Libertine juste avant l’acte amoureux. Libertine triomphe à nouveau et rend la jalousie de cette dernière plus grande encore. Celle-ci l’interpelle, elle répond, la situation dégénère rapidement et la violence éclate ! Tous les coups sont permis, bouteilles brisées, gifles et autres coups sont portés mais personne ne s’en mêle ! On se croirait à un combat de coq où il faut miser et apprécier le sang gicler ! Libertine finit par faiblir mais son amant la sauve in entremis. Il arrache Libertine à cette basse-cour et décide de prendre tous deux la fuite. La putain à nouveau vaincue, devient complètement folle, hystérique et jure que cette fois-ci sa vengeance n’aura pas de limites…

Les amants s’enfuient au triple galop, un roulement de tambour se laisse à nouveau entendre, les notes graves retentissent, ambiance semblable à celle du duel, n’est-ce pas ?
On aperçoit un « peloton d’exécution » composé de la catin et de ses courtisans, prêts à faire n’importe quoi pour un peu d’argent ou bien même pour quelques instants d’extase !!!
Combat inégal puisque les amants sans défense galopent vers une mort certaine ! La rivale ordonne, la poudre brûle et les balles fusent pour perforer de part en part et à plusieurs reprises, le corps des amoureux. 


La chute est brutale, lente et vraie. Les amants s’écroulent, baignant dans leur sang, sans vie… 


Fin des aventures de Libertine ? pas si sûr… 

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