• Accueil
  • > Recherche : mylene farmer maman a tort 1985

Résultats de votre recherche

La tribune de Pascal Nègre pour Mylène

Posté par francesca7 le 13 avril 2016

 

Né à Saint-Germain en Laye au début des années 60, Pascal Nègre fait rapi­de­ment de la radio et de la musique ses deux grandes passions. Alors que les radios libres boule­versent le paysage média­tique natio­nal en 1981, Pascal Nègre devient anima­teur jusqu’en 1985. Puis, il passe de l’autre côté de la barrière, quit­tant le monde des diffu­seurs pour inté­grer celui de l’in­dus­trie musi­cale, dont il devient rapi­de­ment l’un des acteurs majeurs.

En 1986, il est atta­ché de presse chez BMG, puis passe deux ans plus tard chez Colum­bia Records, cette fois-ci en tant que direc­teur de la promo­tion.  Gravis­sant les éche­lons, il prend ensuite les rênes de PolyG­ram Musique en 1994. De nombreux artistes français lui doivent l’en­vol ou le second souffle de leur carrière : de Florent Pagny à Khaled en passant par Noir Désir ou encore Calo­gero, Pascal Nègre donne dans tous les styles avec un déno­mi­na­teur commun : le flair. 

Lorsque PolyG­ram est racheté par Univer­sal Music France en 1998, Pascal Nègre prend presque natu­rel­le­ment la direc­tion de la nouvelle entité. Dans les années 2000, il monte égale­ment en respon­sa­bi­li­tés au sein d’Uni­ver­sal Music Group Inter­na­tio­nal, deve­nant une réfé­rence dans l’in­dus­trie musi­cale au niveau mondial.

.

Pascal Nègre, le PDG d’Universal Music, s’offre une tribune dans le magazine « Télé 7 Jours ». L’occasion d’en apprendre un peu plus sur la chanteuse la mieux payée en 2013, mais aussi l’une des plus secrètes.
 

 Sans titre

 

Les hommages pleuvent en l’honneur de Mylène Farmer, qui a décidé de s’emmurer dans sa tour d’ivoire plutôt que de célébrer ses 30 ans de carrière ce mois-ci. En mars 1984, la chanteuse publiait son premier single « Maman a tort », qui a fait son retour dans le classement des meilleures ventes de titres il y a quelques jours, suite à une campagne de téléchargement massive initiée par ses plus fervents admirateurs. D’autres ont préféré acheter une demi page dans le journal Libération, pour lui adresser un message d’amour et de soutien. Quant à Pascal Nègre, le PDG d’Universal Music, avec qui Mylène Farmer travaille conjointement depuis de nombreuses années, il s’est offert une tribune dans le nouveau numéro du magazine Télé 7 Jours.

« Le doute est pour elle un moteur étonnant »

Commençant par raconter leur première rencontre en 1984, pour une interview, et alors qu’il était animateur radio à l’époque, Pascal Nègre parle d’« une fille très timide », « peu bavarde ». « Je ne lui ai jamais dit que notre première rencontre s’était faite ainsi. Elle le découvrira probablement en lisant ces lignes » ajoute-t-il, avant de révéler quelques anecdotes et des traits méconnus du caractère de la chanteuse. « Mylène est forte et fragile à la fois » lâche-t-il, avant d’expliquer qu’elle est « un personnage complexe, authentique, entre pudeur et rires ». « Et quelle bosseuse ! Elle écrit ses textes et a une oreille incroyable. Le doute est pour elle un moteur étonnant ».

Pascal Nègre se souvient également du sentiment de crainte qui animait les pensées de Mylène Farmer à l’aube de l’ouverture de la billetterie pour son concert au Stade de France en 2009. « Elle est très angoissée, me raconte qu’elle fait des cauchemars : elle monte sur scène et le stade est vide ». Finalement, les places se sont vendues en mois d’une heure ! Mais cette bonne nouvelle n’a visiblement pas suffi à calmer les peurs de la chanteuse, dont les cauchemars ont perduré. « Mon cauchemar maintenant, c’est que je suis sur scène, la salle est pleine, mais personne ne m’écoute » a-t-elle confié à son patron.

« Quand elle donne un spectacle, elle est à fond »

Ventant la discrétion de l’icône et sa volonté de toujours chanter en live, que ce soit « à Bercy ou au Zénith de Caen », Pascal Nègre qualifie Mylène Farmer d’« artiste intacte », qui « sait que rien n’est acquis et qui ne réalise pas totalement son statut de star ». « Elle est unique. Elle trace sa route à sa façon. C’est une personne émouvante, avec cette voix singulière de petit garçon » lâche-t-il, avant de conclure : « Elle est vraie, quoi ». Si elle n’a pas fait escale au Zénith de Caen avec son dernier show « Timeless 2013″, Mylène Farmer s’est produite à La Halle Tony Garnier de Lyon quatre soirs. Des concerts captés qui ont fait l’objet d’un film à découvrir au cinéma le 27 mars et d’un DVD dont la sortie n’est pas encore annoncée.

En savoir plus sur http://www.chartsinfrance.net/Mylene-Farmer/news-91172.html#jKhhKE3XM59xJmgl.99

 

Publié dans Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaires »

PREMIER PASSAGE TV de Mylène Farmer, raconté dans son livre

Posté par francesca7 le 20 décembre 2015

 

reine du clipLe premier passage TV de Mylène Farmer en tant que chanteuse a lieu sur TF1 dans l’émission Jour J en mars 1984.

La chanson connaître une première censure dans l’émission Salut les Mickey, le co-producteur américain l’ayant trouvée un peu trop « perverse ». Mais la chance semble enfin tourner.Mylène est invitée par Michel Drucker dans Champs Elysées sur Antenne 2, le 22 septembre 1984. On peut donc dire que la stratégie de Bertrand Le Page a été payante. Maman a tort sera de plus en plus diffusée par les radios durant l’été. Le 45 Tours se vendra à environ 100 000 exemplaires.

Désormais, il est temps de réfléchir à la suite ; Lors d’une interview, Mylène dit avoir prévu de sortir un deuxième 45 Tours à l’automne 1984, puis repousse le projet à janvier 1985. C’est le titre Bip be bo qui est annoncé. La chanteuse aurait également enregistré à cette période une chanson intitulée I do love you, mais finalement c’est le titre On est tous des Imbéciles qui verra le jour.

Les paroles et la musique ont été écrites par Jérôme Dahan. La chanson évoque le monde cruel du show-business. Sur la face B, autre titre inédit. L’annonciation, écrit par Laurent Boutonnat. Le vinyle est dédié à « Papa et sainte Thérèse d’Avila ». Ayant vécu une éducation religieuse, Mylène Farmer a toujours été fascinée par sainte Thérèse, dont on raconte qu’elle aurait plusieurs fois rencontré et parlé avec Dieu. A la sortie du titre, les citriques se montrent moyennement favorables et les radios le programment rarement. Pourtant, Mylène l’interprète quatorze fois à la télévision. On est tous des imbéciles ne rencontre pas le succès du public, ne rentre pas au TOP 50 des meilleurs ventes en France (il ne s’est vendu qu’à 40 000 exemplaires), ce qui a pour conséquence qu’aucun clip n’est envisagé.

Cet échec signe la fin du contrat avec RCA. Mais la roue tourne encore ; Alain Lévy propose à Mylène Farmer un nouveau contrat pour trois albums chez Polydor.

Nous sommes en 1985 et Mylène Farmer n’est toujours pas une star. Sa carrière est maigre ; Maman a tort a connu un petit succès, mais pour On est tous des imbéciles et My mu mis wrong on peut clairement parler de fiascos.

Plus grandir est le premier disque chez Polydor. C’est aussi la première fois que Mylène écrit une chanson. Il s’agit d’un texte largement autobiographique dans lequel la chanteuse parle de sa phobie de vieillir. Il n’y a pas d’âge pour avoir peur… Le 45 Tours sera proposé au public le 25 septembre 1985 et, sur la face B, on découvre une nouvelle comptine, plutôt sombre et tragique, Chloé, écrite par Laurent Boutonnat. Mais de nouveau, même si le titre est accueilli de façon convenable par la critique, ce n’est pas un grand succès. Il ne va pas se classer parmi les 50 meilleures ventes et ne se vendra qu’à 70 000 exemplaires, ce qui pour l’époque est assez faible 

Pour le clip vidéo, Laurent Boutonnat, dans le rôle du réalisateur, va voir grand. Le budget est de 330 000 francs, soit 50 300 euros. Il s’agit du premier « véritable » clip de Mylène Farmer. Il comporte un scénario et dure plus de sept minutes (pour Maman a tort, les fans parlent plus aujourd’hui d’une vidéo amateur). Tourné principalement dans les Studios Sets à Stains, en région parisienne, et au cimetière de Saint Denis, c’est un court métrage ambitieux. Il est réalisé en cinémascope et diffusé en avant-première au Kinoparanorama à Paris le 13 novembre 1985. Le clip passera régulièrement à la télévision malgré une censure dans certaines émissions ( à cause d’une scène suggérant un viol).

Mais cette vidéo, c’est surtout la création de l »univers » Mylène Farmer, symbolisé par la mort, le sexe et le désespoir. C’est Rambo Kowalski qui est chargé d’ »agresser » Mylène. Il est aujourd’hui connu sous le nom d’Hervé Lewis en tant que photographe et coach physique de la chanteuse. Pour la réalisation, Laurent Boutonnat obtiendra une subvention de Polydor. Le tournage durera cinq jours et, pour l’anecdote, trois heurs de maquillage et trois maquilleurs professionnels seront nécessaires afin de vieillir Mylène de cinquante ans. Le clip est diffusé pour la première fois à la télévision dans l’émission de Jacky, Super >Platine, sur Antenne 2, le 21 Décembre 1985.

extrait de Mylène Farmer Ses mots, Ses clips aux Editions Chapitre.com 2014

 

Publié dans LES LIVRES de Mylène, SES MOTS, SES CLIPS | Pas de Commentaires »

ÎLE DE TRANSE émission avec Mylène

Posté par francesca7 le 21 février 2015

 

1985-01-b31 OCTOBRE 1985 – Présenté par Philippe BACHMAN FR3 MIDI­PYRÉNÉES

Philippe Bachmann : Bonjour à tous, bienvenue sur notre « Île de Transe ». Invitée aujourd’hui, Mylène Farmer. C’est son troisième 45­ tours…

Mylène Farmer : Bonjour Philippe.

PB : Bonjour ! Troisième 45­tours, disais­-je, « Plus Grandir »… MF : Oui… PB : Alors, récapépète un petit peu ce qu’il y avait avant !

MF : On récapépète, alors ! Le premier étant « Maman a Tort », qui…

PB : (il l’interrompt) Le deuxième ?

MF : Le deuxième étant « On est Tous des Imbéciles ».

PB : Voilà. « Maman a Tort », c’était y a deux ans, ça à peu près ?

MF : Il y a deux ans, oui.

PB : Alors, il y avait pas le Top 50 à cette époque-­là, mais ça marchait super bien dans les hits, ça s’est très très bien vendu.

MF : Oui…

PB : C’était bien, pour une première expérience. Comment tu as débuté, d’ailleurs ?

MF : J’ai eu la chance de rencontrer deux personnages, qui ont écrit cette chanson.

PB : Des noms ! Des noms !

 MF : Hé bien, il y avait Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat.

PB : Où tu les as rencontré ? Comme ça, par hasard ?

MF : Non, ça serait trop long à raconter, mais ça s’est fait un peu par hasard, quand même. PB : Mais y a que des bons hasards, dans ce métier ! MF : Absolument ! (rires)

PB : Bon, dis­6moi, mon petit doigt m’a dit…

MF : Certes ! (Mylène éclate de rire)

PB : …que tu avais un superbe animal domestique chez toi, mais assez spécial quand même.

MF : Oui, j’ai un petit singe, qui est un capucin…

PB : C’est comment les capucins ?

MF : Le capucin ressemble à un petit chimpanzé, c’est aussi joli.

PB : Ca a une longue queue ?

MF : Ca a une queue assez grande, oui, qui lui sert de cinquième bras.

 PB : Ha, il joue avec ?! Alors, tu as mis des arbres chez toi pour qu’il puisse grimper ?

MF : (rires) Non, pour l’instant…Pas encore ! Pour l’instant, il a une grande cage.

PB : Et qu’est6­ce qu’il mange, ce brave capucin ?

1985-01-aMF : Tout ce que vous mangez, avec la viande en moins !

PB : Bon, alors on peut l’inviter avec toi, alors maintenant faut l’inviter avec toi, quoi.

MF : J’ai déjà essayé de l’amener sur un plateau, il y a quelques problèmes. (rires)

PB : Qu’est­-ce que ça donne ?

MF : Il a très peur des gens.

PB : Et puis il grimpe aux cintres, un peu, non ?

MF : Un peu, il est farouche.

PB : Bon, retour en arrière. Il y a deux ans, donc : « Maman a Tort ». Si on se refaisait ça pour le plaisir ?

MF : Oui ! Diffusion d’une séquence où Mylène, habillée autrement, interprète « Maman a Tort » devant un fond incrusté représentant une main qui compte sur ses doigts en suivant la chanson.

 PB : Dis donc, ton petit chimpanzé, il va falloir lui apprendre à danser, maintenant !

MF : Il chante, déjà ! Il écrit…et il prend des cours de danse !

PB : Il prend des cours de danse ?! Alors, dis­-moi une petite chose : j’ai vu que tu avais un truc superbe sur le dos pour « Maman a Tort », là encore tu es mignonne comme tout…

 MF : Merci !

PB : Comment tu fais pour t’habiller ? C’est toi qui dessines tes trucs ? Comment ça se passe ?

MF : Je ne dessine pas, je réfléchis et puis je vois avec…là, c’est une couturière qui m’a aidé, qui a réalisé cet ensemble.

PB : Les couleurs sont importantes ?

MF : Très importantes, oui.

PB : Il y en a qui sont superstitieux, qui veulent jamais mettre de vert à la télévision, toi tu en mets !

MF : Je sais, oui ! On m’a déjà reproché sur « Maman a Tort » d’avoir mis du vert sur un plateau, parce que ça porte malheur.

PB : Ben ça t’a porté bonheur, plutôt !

MF : Pour l’instant oui, donc je ne fais pas de cas de ça. L’animateur lance la séquence suivante, dans laquelle il présenté diverses nouveautés.

PB : (…) Ensuite, un petit groupe de Rennes qu’il faut que je te présente. Ca s’appelle Niagara. Alors, c’est sympa, ils font de la scène depuis assez longtemps, quand même.

MF : C’est un joli nom.

PB : C’est un joli nom et ce qui ne gâche rien, c’est que dans les chœurs on retrouve un certain Etienne Daho. Tu aimes bien Etienne Daho, toi ?

MF : Oui.

PB : Qu’est­-ce que tu écoutes comme disques, toi ?

MF : Il m’arrive d’écouter de la musique classique. Dans la variété française, j’aime beaucoup Jacques Dutronc.

 PB : Il fait plus grand­-chose, Jacques Dutronc, malheureusement…

MF : Non, mais il réapparaît…

 PB : Une fois de temps en temps !

MF : …et c’est très bien à chaque fois. (…)

PB : Sinon, en musique classique, tu m’as dit, qu’est-­ce que tu écoutes en musique classique ?

MF : J’aime beaucoup Wagner, j’écoute Mahler, j’écoute plein de choses. Très éclectiques, comme choix.

PB : Comment tu choisis les musiques de tes chansons ? Comment ça se passe ?

MF : Je sais pas si…Enfin, je les choisis, on me les…Les personnes qui travaillent…

PB : Oui, mais tu dis oui ou non quand on te propose les choses, non ?

MF : Bien sûr. Y a des choses qui me plaisent plus. Je crois que c’est au travail que… (elle se reprend) heu au piano que ça se fait. On me propose une mélodie, et puis j’aime tout de suite ou j’aime pas du tout.

PB : Le texte est important dans tes chansons.

MF : Bien sûr, bien sûr. Très important, capital.

PB : On en parle un petit peu plus ? « Plus Grandir » : comment naît un texte comme ça ? C’est après la musique ?

MF : Là, ça s’est fait un peu par hasard. Oui, c’est né après la musique. Cette fois-­ci, c’est moi qui l’ai écrit.

PB : Ha ha !

MF : Non, ça n’a rien de vengeance. Je sais pas si je renouvellerai cette expérience. Ca s’est fait par hasard.

PB : Pourquoi ? C’était trop dur ?

MF : C’est très très difficile d’écrire un texte. Ca doit être concis, précis et j’avoue que j’ai eu du mal.

PB : Il y a des trucs pour bien écrire un texte, ou pas ?

MF : Je crois qu’il faut beaucoup de tranquillité, et puis surtout la tranquillité d’esprit que je n’ai pas !

PB : Tu l’as eu quand même pour « Plus Grandir » !

MF : Oui ! PB : On l’écoute ? « Plus Grandir », le nouveau 45­tours de Mylène Farmer. Mylène interprète « Plus Grandir » avec derrière elle des images alternant entre la pochette du disque et le visuel du landau indiquant « Mylène Farmer : 1962­1985 » (sic), et des photos anciennes.

PB : Mylène Farmer, « Plus Grandir », c’est son troisième 45­tours. Tiens, je te rends ton petit micro… (il tend son micro à Mylène)

1985-01-dMF : Merci !

PB : Y a un album en préparation ?

MF : Il y a un album qui sortira vers janvier (1986, ndlr)

PB : Alors tu vas réécrire des textes, quand même, ou pas ?

MF : Non, il est terminé, là il est clôs. Il n’y aura que « Plus Grandir » de ma plume. PB : Bon, ben c’est déjà pas mal !

MF : C’est déjà bien.

PB : Il y a un clip qui vient de se tourner sur « Plus Grandir », non ? MF : Oui, il y a un clip qui a été tourné en Cinémascope.

PB : Alors, c’est pour le cinéma ?

MF : J’espère qu’il ira au cinéma, qu’il fera l’avant­-première d’un film.

PB : Oh ben oui, parce qu’à la télévision ça serait dommage quand même.

MF : Oui, c’est pas suffisant, l’écran est trop petit.

PB : C’est toi qui as décidé de le faire en Scope ?

MF : Non, non, c’est le réalisateur, qui est également mon compositeur. Des noms, encore ?

PB : Oui !

MF : Allez…Laurent Boutonnat ! (rires)

PB : Voilà, fallait le dire. Bon, ce Cinémascope, ce clip, comment il a été tourné ?

MF : Il a été tourné en un peu moins d’une semaine. Le premier jour était de l’extérieur dans un cimetière, et…

PB : Toujours très gaie, Mylène Farmer ! (rires)

MF : Oui ! Et les quatre autres jours se situaient dans un décor qui retraçait le…C’est un décor, c’est une chambre de château baroque avec des toiles d’araignée partout. C’est un bel univers.

PB : Bon, dès qu’il sort, tu nous le donnes qu’on le montre un petit peu à tous les téléspectateurs.

MF : Je vous inviterai à la projection.

PB : Ha oui, en Cinémascope et tout, ça va être superbe, ça ! Dis-­moi, au niveau cinéma c’est « Rosemary’s Baby » ton film préféré, ou pas ?

MF : Non, mais j’aime bien ce film. J’aime surtout l’interprète (Mia Farrow, ndlr) et le metteur en scène (Roman Polanski, ndlr) !

PB : Tu vas souvent au ciné ?

MF : J’y vais assez régulièrement, oui.

PB : Qu’est­-ce que tu as vu de bien, récemment ? Des noms, des noms !

MF : Heu….Je ne sais pas, j’ai vu…Le dernier film que j’ai vu c’était « Mad Max » PB : Oui…3 !

MF : Le 3 !

PB : Y a pas de raisons, il est pas mal le petit australien, hein ? (Mel Gibson, ndlr) Bon, tu sais que c’est l’heure de se quitter, alors à la prochaine ! On découvrira ton clip très vite…

MF : D’accord !

PB : Merci, Mylène Farmer !

MF : Merci à vous ! Ils se font la bise et Mylène glousse en faisant « au revoir » avec la main. Générique de fin.

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

L’ŒUVRE « CLIPESQUE » DE BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 1 septembre 2014

 

 

images (2)En 2002, Laurent Boutonnat réalise le clip Pardonne-moi pour Mylène Farmer. Non seulement ici Laurent Boutonnat signe son détachement du film de genre dans lequel il s’était illustré des années durant, mais se dégage pour la première fois de ses modes narratifs et de sa symbolique. Boutonnat, depuis qu’il a repris la caméra pour la réalisation de clips en 2000, se fond de plus en plus dans l’intimisme qu’il semble ne plus quitter depuis les clips de Nathalie Cardone de 1997 et 1998. Tout ce qui faisait dans les années 80 et même 90 de chaque clip un oeuvre de divertissement à part entière disparaît ici : plus de figurants, ni de personnages, ni de dialogues, ni d’action. La question la plus évidente alors à se poser est de savoir ce que son cinéma a gagné à se défaire de tout cela ? On remarque justement que tout ce que Boutonnat supprime depuis Mon ange (1998) a trait à la narration, au fait de s’attacher à d’autres structure que celle de l’image. Fernand Léger disait que « l’erreur du cinéma, c’est le scénario ». La solution du problème se trouve peut-être bien ici : Laurent Boutonnat serait-il moins cinéaste qu’avant parce qu’il ne s’attache plus au narratif, dans le sens diégétique tu terme ? Ceci expliquerait pourtant l’absence de troisième long-métrage après les échecs de Ballade de la féconductrice et Giorgino. Pourquoi faire un long-métrage en s’encombrant de contraintes « facultatives » (dont l’histoire) alors que « seule l’image compte » ? On peut bien sûr tergiverser sur le bien fondé de cette démarche; mais si on peut critiquer volontiers Pardonne-moi sur le divertissement et l’ambition, on ne peut lui reprocher son manque d’images. Depuis le début de sa carrière, le vocabulaire de Laurent Boutonnat reste pourtant d’une implacable cohérence. Dans Pardonne moi il va même jusqu’à reproduire en grande partie les cadrages de Maman à tort (1984), comme si ce coup d’essai datant de février 1984 n’en n’avait pas été un et que tout avait été pensé,

réfléchi, approuvé et que tout était resté depuis inamovible dans son cinéma. La répétition des travellings avants sur le visage sont les mêmes, et cette silhouette à robe courte à demi dans l’obscurité qui avance face à la caméra est toujours la même. Bien sûr l’image, la photographie, elle, a évolué, Laurent Boutonnat n’arrêtera jamais d’apprendre, offrant d’année en année des images de plus en plus rares, mais de plus en plus travaillées.

 

téléchargement (2) Si jusqu’à présent les analyses symboliques étaient pertinentes dans le travail de Laurent Boutonnat, elles le sont beaucoup moins depuis 1997. On remarque que dans Pardonne moi elles ne mènent nulle part. Il serait en effet totalement vain de chercher les sous-traitances avec les paroles de la chanson, de trouver la fonction d’éléments graphiques comme l’homme à cheval, le serpent, ou la poussière. Pour la première fois un clip de Boutonnat n’est pas narratif, on pourrait bien sûr analyser le montage, l’énonciation mais ce qu’il est le plus intéressant de voir à travers Pardonne-moi est son réalisateur, ses goûts pour les images syncopées, l’esthétique à tout prix, et les ambiances qu’il souhaite inédites. Si les éléments que choisi Boutonnat pour chaque nouveau clip rappelle les anciens, il apporte en outre à chaque fois un ou plusieurs éléments qui viennent enrichir ce qu’il avait déjà mis en place et qui présentent l’interprète (puisque c’est elle qui est promue) sous un jour à chaque fois un peu différent.

Dans cette optique, l’image la plus frappante n’est pas celle des yeux remplis de blanc, ou de noir (simple effet de frayeur) mais cette espèce de danse tribale au ralenti et au noir et blanc très contrasté et granulé, avec une femme qu’on imagine plongée dans la poussière de l’au-delà. Sur un fond très noir, les particules de cendres s’échappent des cheveux et donnent à la silhouette de la chanteuse en la suivant l’étrange allure d’un spectre. Dans ces plans, l’interprète reste les yeux fermés, totalement inexpressive, comme si quelque chose de surhumain la guidait dans sa danse, l’avait sortie de la poussière où elle reposait depuis la nuit des temps. Seuls deux plans quasi subliminaux surexposés la montreront hilare, la tête basculée en arrière, rendant du même coup l’ensemble de la danse et du clip dénués de logique. Reste ce chevalier mystérieux, lui aussi sur fond noir, qui galope sans fin et qui rythme la chanson. On peut sur ce point remarquer deux choses : Ses apparitions se font à des moments de la chanson où la répétition est aussi musicale, ce qui accroît l’idée d’un galop sans fin du cheval et la course de ce prince qui jamais n’arrivera à destination. Pour renforcer cette idée on peut deviner aussi que le cheval n’avance pas, mais fait du sur place (la fumée en arrière plan reste immobile).

La caméra n’est donc pas en travelling latéral mais en plan fixe, et amorce d’ailleurs à un moment un zoom arrière. Ainsi non seulement on ne peut que ressentir la quête vaine du prince, mais également jouir de la fluidité de sa course, de cette image irréelle en contre-plongée. Les symboles qui autrefois semblaient donner un grande part de leur sens aux réalisations de Boutonnat n’ont même plus leur place dans ce cinéma « de l’image seule ». Il n’y a pas de symbole dans Pardonne-moi. Il serait pourtant facile d’approcher le serpent du pêcher originel et les yeux blancs de la cécité. Mais comment expliquer alors d’autres éléments du clip tels les yeux noirs de la fin du clip, le rapport au texte et la présence du prince sur son cheval ? Chacun de ces éléments n’est ici au service de rien, si ce n’est de lui-même. Quant à l’origine de leur choix, il faut encore s’en retourner vers ce qu’est réellement un vidéo-clip. Chacun des éléments est montré dans le clip à un endroit précis de la bande son. Ainsi le serpent ne peut apparaître que sur le violoncelle du pont musical, tant les sinusoïdes dessinées par son corps matérialisent plastiquement et simultanément la musicalité sonore; les saccades de batterie ne peuvent également correspondre qu’à la danse tribale de la chanteuse les cheveux remplis de poussière, éclairées par des flashs lumineux qui la images (3)laissent deviner par le spectateur plus qu’ils ne la montrent. Même chose pour le travelling sur la chanteuse qui laisse découvrir en levant la tête des yeux vides : dans un cadrage identique, les violons graves dénoncent musicalement parfaitement la monstruosité de ce visage, alors que le piano du début en glorifiait la beauté.

 

 Ce que nous voulons démontrer ici est que Laurent Boutonnat, de 1985 à 1992, n’a pas fait de vidéo-clips. Il a fait des films de fiction romanesque, référencés à des genres ou des sous genres. Mais à aucun moment, ni même pour Ainsi soit-je (1988) ni pour Je t’aime mélancolie (1992), nous avons eu à faire à un vidéo-clip stricto-sensus. A l’origine, le principe du vidéo-clip consiste à illustrer une chanson par des images, rien de plus. Laurent Boutonnat a toujours apposé à cette règle sans cesse davantage d’artifices, d’histoires, de symboles, et de moyens. De Pardonne-moi en revanche, il fait un clip dans le pur sens du terme : une musique avec des images à son service, qui l’illustrent. Le sens des images, leur teneur discursive, tout ceci n’a aucune importance face à leur musicalité intrinsèque et l’effet qu’elles produisent quand on les appose à la bande-son en question. Dans Pardonne-moi plus que jamais, l’image ne peut être présente à l’écran que parce que c’est cette chanson qui est illustrée, alors qu’on peut très aisément imaginer les images de Libertine, Sans Contrefaçon et même Ainsi soit-je sur une autre musique de couleur approximativement équivalente. Les images de Pardonne-moi ne semblent avoir été inventées que parce qu’il y avait tel ou tel son dans la chanson, ces images sonnent juste par rapport aux effets musicaux tout simplement, et ceci pour la première fois chez Boutonnat.

 

Le seul travail du réalisateur en 2002 ne concerne plus que l’image, et rien qu’elle, Boutonnat n’est pas un romancier, pas plus qu’un conteur. Depuis 1997, de Mon Ange à Pardonne-moi en passant par Baïla Si et Les Mots, il n’a cessé de tâtonner pour trouver ce qu’était vraiment un clip, ce qu’était vraiment une image, et donc finalement ce qu’est réellement le cinéma. 

 

Pourquoi alors se cantonner au même type d’image, aux mêmes éléments alors que le réalisateur a su pourtant diversifier ses inspirations en une décennie de clips autrement plus riches visuellement ? Puisque visiblement Laurent Boutonnat s’est détaché du cinéma de fiction romanesque pour se concentrer entièrement à ce qu’est un clip, le réalisateur peut-être lassé images (4)désire faire le meilleur clip, le clip ultime. Laurent Boutonnat rétrécit ainsi de clip en clip le champ d’application de son univers afin visiblement de trouver l’image juste, celle qui broiera la chair de celui qui la regardera. De plus en plus on peut avoir l’idée de ce à quoi ressemblera le clip de Laurent Boutonnat : de longs plans contemplatifs représentant des éléments immobiles, un ciel nuageux, du vent, des fantômes pas encore entrés dans l’au delà et se frottant encore aux humains, une quête sans fin accompagnant une errance éternelle de personnages perdus et auxquels il ne reste que le recueillement. Seulement nous pouvons penser que rien ne distinguera particulièrement le dernier clip de Laurent Boutonnat des autres, que ce sera juste celui sur lequel le cinéaste voudra s’arrêter, estimant achevée la recherche qu’il fait sur l’image et avant tout sur ses propres fantasmes graphiques. Pardonne-moi aurait pu être celui-ci, le seul vrai clip, donc le dernier. Et si ce n’est pas le cas, un cap a de toute façon été franchi en le réalisant : se désintéresser intégralement de tout fonctionnement narratif pour ne se concentrer que sur l’image, quitte à ce qu’elle rende ivre tellement sa splendeur incompréhensible ne renvoie à rien de connu.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

Publié dans Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

UNE IMAGERIE HOMOGENE POUR MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 23 juillet 2014

 

giorgino_grueLaurent Boutonnat a pris la forme du clip dès Plus Grandir (1985) comme le seul moyen pour lui de créer son univers visuel. Le cinéma qu’avait entrepris de faire le réalisateur en réalisant à dix-sept ans le long-métrage Ballade de la féconductrice (1978) est le même que celui qu’il veut faire avec les clips qu’il tournera. Hors, l’imagerie qu’il souhaite véhiculer est éloignée de celle coutumière des vidéoclips du milieu des années 80. Deux imageries principales habitent les productions de l’époque. D’une part des atmosphères festives et colorées habillent les chansons de variété grâce à des danses et des effets visuels d’incrustation vidéo ; d’autre part des vidéoclips froids et sombres illustrent avec fumigènes et autres effets spéciaux les chansons du mouvement Cold Wave alors à la mode. 

A l’époque, les vidéoclips sont très majoritairement tournés en studio. C’est par goût de mettre enfin à la lumière son univers mais aussi de bouleverser les tendances que Laurent Boutonnat négocie avec sa maison de disque, dès 1984 la réalisation des clips de ses compositions. Mis à part Maman à tort (1984) et son clip tourné dans l’urgence sur support vidéo, Boutonnat investira dans toutes ses productions des conditions de tournage nouvelles et une imagerie dans une forme habituée à de sévères contraintes, surtout financières. Fréquemment tournés en extérieur, les clips et long-métrages réalisés par Laurent Boutonnat véhiculent des éléments récurrents employés dans des contextes différents selon les films. Le cinéaste apporte des éléments peu coutumiers des réalisateurs de vidéoclips : la datation historique de diégèses se déroulant à d’autres siècles, l’utilisation de réels personnages secondaires, puis une imagerie visuelle nouvelle pour le clip, présente uniformément dans chacune de ses productions.

giorgino_pic_tournage19 

Lieux et situations 

Les postulats de départ des clips de Laurent Boutonnat comme ses lieux de tournage campent d’emblée dès l’ouverture du film l’atmosphère lourde et négative de ses goûts cinématographiques. Le décor des films de Boutonnat, clips ou long-métrages, a contribué quelquefois à la réception critique de son œuvre en tant que « compilation imagière ». Le réalisateur dans toute sa filmographie a par exemple utilisé cinq fois le décor du cimetière, qu’il soit chrétien ou juif, que ce soit dans des clips ou dans chacun de ses longs-métrages. Boutonnat utilise ce décor dans des contextes pourtant différents. Alors simple élément décoratif servant l’introduction de Plus Grandir et l’errance de la fin de Ballade de la féconductrice, le cimetière prend une fonction symbolique dans Regrets où le lieu est une métaphore de la mort emprisonnant l’héroïne. En Concert élève le décor du cimetière en personnage du film, se sont ses grilles qui ouvrent et ferment le long-métrage, se sont ses tombes et ses « habitants » dont on suit l’évolution et la destruction durant le film. C’est le seul élément que suit le spectateur de la première image à la dernière. C’est seulement Giorgino qui utilise le cimetière selon sa fonction première : le repos et le rappel des personnes défuntes. En effet, seules les tombes du cimetière de Giorgino couvrent des personnages morts non-anonymes appartenant à la diégèse. 

Avant l’apparition des dites tombes à l’écran, le spectateur sait déjà qui elles représentent : les douze orphelins morts sur lesquelles le docteur Volli est venu enquêter. Les autres lieux utilisés par le cinéaste sont parfois emprunts d’une même morbidité, Sans Contrefaçon met en scène des roulottes de cirque vieilles et ternes, et l’action de Sans Logique se passe dans un désert aride au sol duquel traîne des ossements que de longs serpents viennent ronger.

image

Les situations de départ des films de Laurent Boutonnat relèvent toujours de contextes difficiles, kafkaïens. Désenchantée par exemple commence par l’emprisonnement et le bizutage de l’héroïne dans une sorte de « prison-usine »99. Le début de Sans Contrefaçon voit un marionnettiste renvoyé violemment du théâtre où il se représentait, se faisant jeter dans la boue et cracher dessus ; et Parler tout bas commence sur une jeune fille perdue au milieu les ruines de sa chambre dans laquelle tombe une lourde pluie. Le décor ainsi directement planté, le public de Laurent Boutonnat reconnaît le ton de l’auteur pendant que le spectateur de clips traditionnels se familiarise avec ces atmosphères nouvelles. Sans Logique est le clip représentant le mieux cette entrée en matière brutale. Le couple assis main dans la main sur une petite dune se taillent les paumes des mains avec un couteau rouillé sans raison apparente. Signe avant coureur du sacrifice auquel ils vont devoir se livrer devant un public familier, l’idée est introduite une nouvelle fois par une petite fille jouant dans la boue et clouant innocemment une figurine du Christ sur une petite croix en bois trouvée au sol. L’utilisation fréquente de scènes fortes et violentes au début des clips ne trouve pas sa justification dans l’unique but stylistique de choquer le spectateur pour « l’accrocher » à l’histoire. 

 Comme c’est fréquemment le cas chez les scènes d’introduction de longs-métrages, chaque petite tragédie de début de film a un sens et détient la fonction de désigner entre quelles personnes et à quel degré va se passer l’action. L’exemple le plus complet revient au pré-générique de Giorgino. La visite du héros chez son docteur est accompagnée par le compte rendu du décès d’un homme dont l’enfant patiente dans le couloir d’attente. On apprend que suite à une longue amputation, le patient a perdu beaucoup de sang puis est mort. Le visage de son fils est l’image qui ouvre le film, et lorsque le héros sortira du cabinet du médecin, il assistera à une scène symbolisant à elle seule toute sa vie. 

Une bonne sœur vient s’accroupir près de l’enfant pour lui murmurer d’une voix douce quelques mots qui nous resterons inaudibles. L’enfant consentant donne alors la main de la sœur et tous les deux s’en vont au fond du long couloir. Avant l’apparition du titre du film, un dernier contrechamp sera fait sur le visage du héros, lui aussi ayant perdu ses parents étant petit. Son personnage est entièrement contenu dans le dernier plan : un garçon à l’âme d’enfant perdu dans un monde d’adulte se fera guider par une religion omniprésente mais impuissante.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 Nous pouvons parler de Mylène sur  » La Vie Devant Soi «  

Publié dans Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

Mise en abyme d’un dispositif promotionnel pour MYLENE

Posté par francesca7 le 14 juillet 2014

 

 

Le réalisateur va se servir de ce raisonnement logique d’auteur pour se justifier de l’espèce de mégalomanie qui le conduira à promouvoir ses clips en salles de cinéma. Dès Maman à tort (1984) il a pour projet un long clip dont il donne le story-board en avant –première à la presse ; preuve déjà évidente de sa volonté de rendre son travail le plus visible possible. Le clip finalement non tourné, cet effet d’annonce aura pour seul résultat la parution du quotidien Le Matin de Paris qui reproduira les dessins dans ses pages.

Mise en abyme d’un dispositif promotionnel pour MYLENE dans Mylène Autrement wallpaper-farmer-plusgrandir

L’invitation qu’il concevra en 1985 pour inviter la presse aux deux premières du clip Plus Grandir laisse penser à celle d’une séance de cinéma : il loue le cinéma Kinopanorama dans le XVe arrondissement et le Club 70 dans le XVIe le 13 novembre 1985 pour des projections à la presse. A aucun endroit sur les cartons d’invitation n’est précisé qu’un clip va être projeté et non un long ou un court-métrage, et le nom de la chanteuse y est mentionné comme celui de l’actrice principale « Polygram-Polydor-Laurent Boutonnat-Stephan Sperry vous invitent à la projection de Plus Grandir avec Mylène Farmer».

 

 Ici l’objet de la promotion n’est pas la vente du disque dans le commerce, c’est bel et bien le clip lui-même, voire son réalisateur, ou même indirectement la chanteuse dont il est question ; un tel vecteur de promotion peut hisser facilement l’interprète de la chanson, vedette du clip, au rang de comédienne ponctuelle, lui donnant éventuellement une certaine crédibilité pour prétendre plus tard à des rôles au cinéma. La même stratégie promotionnelle est renouvelée un an plus tard à une échelle plus grande lors de la sortie du clip Libertine en juin 1986. Déjà en vente depuis quelques semaines, la chanson ne se distinguait alors ni par ses ventes ni par sa popularité. Il a fallu une série d’avant-premières au cinéma Mercury des Champs-Élysées à Paris pour qu’un bouche à oreille se crée dans la capitale, puis dans les médias sur ce film d’une forme nouvelle. En l’absence de terminologie pour nommer de nouvel objet « clipesque », certains articles le compareront à une sorte de « bande–annonce de film». Le clip sera remis aux chaînes de télévision, qui le présenteront à plusieurs reprises comme une production « venue » du grand écran. L’évènement que constitue la sortie d’un clip au cinéma, pour la première fois doublée du succès commercial de la chanson rattachée, conduit Laurent Boutonnat à être invité au journal télévisé de la mi-journée sur Antenne 2 en août 1986 en tant que réalisateur. Un extrait du film est montré et l’interview par le journaliste Noël Mamère est dirigée sur l’aspect cinématographique du clip et son imagerie « à la Barry Lyndon » (Stanley Kubrick – 1975). Restant assez superficiel, l’entrevue ne permet pas d’en savoir plus sur sa réelle réception auprès du monde médiatique et artistique de l’époque.

libjt7

 

Cependant, le fait de promouvoir son clip lors d’avant-premières en salles de cinéma puis d’interviews télévisées reproduit le schéma de promotion d’une œuvre cinématographique de long-métrage. Le clip pourtant outil de promotion, se trouve lui aussi au centre d’un dispositif promotionnel le présentant comme une œuvre à part entière. Dans le cas précis de Laurent Boutonnat, ce dispositif mis en place par lui-même fait hisser son clip à la même visibilité artistique que la chanson qu’il comporte : avant que la chanteuse n’interprète la chanson en question sur scène devant son public, son clip est lui aussi “mis en scène” sur sa propre scène de spectacle : le grand écran de cinéma.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 

Publié dans Mylène Autrement, Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

Les clips de Laurent Boutonnat

Posté par francesca7 le 8 juin 2014

téléchargement (4)

Se démarquer de la chanson

    Le vidéo-clip est l’instrument promotionnel d’une chanson qu’il illustre. Cet aspect publicitaire non négligeable du vidéo-clip l’oblige au renouvellement perpétuel. Plus un vidéo-clip est divertissant, surprenant ou particulier, plus il sera diffusé en télévision et augmentera de ce fait la connaissance par le public de la chanson qu’il est chargé de promouvoir. A l’inverse, la popularité d’une chanson due à ses ventes effectives ou à ses fréquents passages radiophoniques peut encourager la programmation télévisée massive du vidéo-clip correspondant. En ce sens les clips de Laurent Boutonnat suivent les deux principes, la chanson et son support audiovisuel s’enrichiront l’un l’autre. La sortie du clip Libertine verra les ventes du disque augmenter sensiblement, tandis que Pourvu qu’elles soient douces deux ans plus tard n’attendra pas le début de la diffusion télévisée du clip pour atteindre le maximum de ses ventes.

 Un autre principe vient s’adapter aux clips de Boutonnat et n’est applicable qu’à de très rares autres réalisateurs de clips. Chez Laurent Boutonnat le clip se suffit parfois à lui-même et arrive à « vivre » sans la chanson qui lui est rattachée. A plusieurs reprises, on remarque que chacun des deux supports suit sa propre exploitation, et que la rotation de la chanson en radio s’essouffle au bout de la période habituelle de trois mois de promotion alors que son clip continue fréquemment d’être diffusé, vendu en Les clips de Laurent Boutonnat dans Mylène et Boutonnat libertine030vidéo-cassettes, et même projeté en salles. Certains clips comme Désenchantée (1991) ont continué d’être diffusés régulièrement à la télévision alors que la période de promotion du disque éponyme était achevée depuis plusieurs années. Alors que la chanson elle-même n’est rediffusée sur les radios qu’à de très rares occasions, le plus souvent dans des émissions thématiques sur la période de sortie, le clip qui lui correspond est encore visible dix ans plus tard sur les chaînes musicales et dans les émissions, et cela sans distinction par rapport à sa date de sortie. On est alors dans ce cas là assez proche des habitudes de diffusion de films de cinéma, pouvant être vus indépendamment de leur période et leur contexte de sortie. 

Plus que de porter à la connaissance du plus large public possible la sortie d’une chanson dans le commerce, le dispositif mis au point par Laurent Boutonnat pour la diffusion de ses clips trouve sa justification dans sa quête de reconnaissance en tant qu’auteur. C’est par une visibilité autre que celle d’un réalisateur de clip traditionnel qu’un cinéaste comme lui pourra se démarquer d’une forme peu propice à la constitution d’une œuvre. Il prend d’ailleurs le plus grand soin à asseoir cette particularité en généralisant dans sa « clipographie » l’usage d’attributs de long-métrages cinématographiques (générique, musiques additionnelles…). En étendant le champ de diffusion de ses clips, Boutonnat sait qu’il étend la visibilité de son cinéma, en même temps qu’il remplit sa mission de promotion de la chanson, car en parvenant à faire diffuser l’un, il fait automatiquement diffuser l’autre.

La Mise en abyme d’un dispositif promotionnel 

    Le réalisateur va se servir de ce raisonnement logique d’auteur pour se justifier de l’espèce de mégalomanie qui le conduira à promouvoir ses clips en salles de cinéma. Dès Maman à tort (1984) il a pour projet un long clip dont il donne le story-board en avant -première à la presse ; preuve déjà évidente de sa volonté de rendre son travail le plus visible possible. Le clip finalement non tourné, cet effet d’annonce aura pour seul résultat la parution du quotidien Le Matin de Paris qui reproduira les dessins dans ses pages. L’invitation qu’il concevra en 1985 pour inviter la presse aux deux premières du clip Plus Grandir laisse penser à celle d’une séance de cinéma : il loue le cinéma Kinopanorama dans le XVe arrondissement et le Club 70 dans le XVIe le 13 novembre 1985 pour des projections à la presse . A aucun endroit sur les cartons d’invitation n’est précisé qu’un clip va être projeté et non un long ou un court-métrage, et le nom de la chanteuse y est mentionné comme celui de l’actrice principale « Polygram-Polydor-Laurent Boutonnat-Stephan Sperry vous invitent à la projection de Plus Grandir avec Mylène Farmer ».

Ici l’objet de la promotion n’est pas la vente du disque dans le commerce, c’est bel et bien le clip lui-même, voire son réalisateur, ou même indirectement la chanteuse dont il est question ; un tel vecteur de promotion peut hisserlibertine027 dans Mylène et Boutonnat facilement l’interprète de la chanson, vedette du clip, au rang de comédienne ponctuelle, lui donnant éventuellement une certaine crédibilité pour prétendre plus tard à des rôles au cinéma. La même stratégie promotionnelle est renouvelée un an plus tard à une échelle plus grande lors de la sortie du clip Libertine en juin 1986. Déjà en vente depuis quelques semaines, la chanson ne se distinguait alors ni par ses ventes ni par sa popularité. Il a fallu une série d’avant-premières au cinéma Mercury des Champs-Élysées à Paris pour qu’un bouche à oreille se crée dans la capitale, puis dans les médias sur ce film d’une forme nouvelle. En l’absence de terminologie pour nommer de nouvel objet « clipesque », certains articles le compareront à une sorte de  » bande-annonce de film » . Le clip sera remis aux chaînes de télévision, qui le présenteront à plusieurs reprises comme une production « venue » du grand écran. L’évènement que constitue la sortie d’un clip au cinéma, pour la première fois doublée du succès commercial de la chanson rattachée, conduit Laurent Boutonnat à être invité au journal télévisé de la mi-journée sur Antenne 2 en août 1986 en tant que réalisateur. Un extrait du film est montré et l’interview par le journaliste Noël Mamère est dirigée sur l’aspect cinématographique du clip et son imagerie  » à la Barry Lyndon  » (Stanley Kubrick – 1975). Restant assez superficiel, l’entrevue ne permet pas d’en savoir plus sur sa réelle réception auprès du monde médiatique et artistique de l’époque. Cependant, le fait de promouvoir son clip lors d’avant-premières en salles de cinéma puis d’interviews télévisées reproduit libertine023le schéma de promotion d’une œuvre cinématographique de long-métrage. Le clip pourtant outil de promotion, se trouve lui aussi au centre d’un dispositif promotionnel le présentant comme une œuvre à part entière. Dans le cas précis de Laurent Boutonnat, ce dispositif mis en place par lui-même fait hisser son clip à la même visibilité artistique que la chanson qu’il comporte : avant que la chanteuse n’interprète la chanson en question sur scène devant son public, son clip est lui aussi « mis en scène » sur sa propre scène de spectacle : le grand écran de cinéma.

Publié dans Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

mi-victime mi-bourreau des héros de Boutonnat

Posté par francesca7 le 23 avril 2014

 

    Malgré une réponse que Laurent Boutonnat juge visiblement disproportionnée à l’effort fourni, les commentaires qui accompagneront les rediffusions de ses clips s’axeront sur les enrichissements que le réalisateur a ponctuellement donné à la forme. Émancipation diront les uns pendant que d’autres parleront de contournement. Il changea son système de financement, l’enrichit d’attributs propres à la production indépendante, et fit d’un objet à priori de promotion une œuvre à promouvoir. Ces particularités ont un double objectif : se démarquer du flux environnant afin de promouvoir l’artiste, puis ouvrir la voix au traitement approfondi d’histoires plus longues que celle du clip-type. Comme allonger des histoires déjà simplistes ne suffit pas à “sortir du lot”, il faut donner aux personnages des profils se démarquant de ceux d’interprètes de clips à structure habituelle. Ceux-ci se montrent habituellement sous leur meilleur jour, capables d’exploits surhumains comme de surpuissance sexuelle. Qu’il soit vainqueur ou qu’il sorte valorisé de sa prestation, l’artiste est de toute façon rendu supérieur par son vidéo-clip. Puisque Boutonnat semble s’attacher à contredire une par une chaque contrainte inhérente à la forme du clip, une question se pose quant à l’appréhension des rôles qu’il donnera à son artiste qui occupera la place centrale : Comment se soustraire à la mise en valeur systématique et à la surexposition des artistes dans les clips tout en faisant de la chanteuse son objet principal ? La solution est pour le manager Laurent Boutonnat de trouver une cohérence très forte entre ce rôle à l’écran et ce personnage public qui devra parler de lui dans les interviews. Prenant très probablement ombrage sur son vécu personnel, Boutonnat crée avec l’accord de la chanteuse Mylène Farmer un personnage qu’elle devra camper à chacune de ses prestations, qu’elle soit musicale ou verbale. La naissance de l’aspect public de ce personnage se fera à partir de 1985. C’est à partir de cette date qu’on trouvera dans les interviews de la chanteuse les premières traces de maux prononcés. Elle se refusera désormais à parler de son enfance prétendument douloureuse, alors que cela ne lui posait aucun problème un an auparavant.

 sanslogique79

1984-1985 : Naissance d’un personnage par sa victimisation à outrance

Ce qui différencie le plus la création de ce rôle par rapport à ceux endossés par d’autres interprètes réside dans le soin apporté à sa faiblesse. Sans parler d’anti-héros, le personnage inventé pour son égérie par Boutonnat rassemble assez de contradictions, de défaites et de névroses pour qu’il en devienne à la fois attachant et intrigant. Aussitôt que Laurent Boutonnat réalise ses premiers clips, l’héroïne qu’il créé subit d’ors et déjà davantage qu’elle ne fait subir : battue puis décapitée dès Maman à tort, elle est violée dans Plus grandir. C’est dans ces deux clips de jeunesse que le réalisateur a probablement pris le plus ombrage de ce qu’il avait vécu comme des échecs dans son enfance. Dans un cadre familial tout d’abord, Laurent Boutonnat est l’aîné d’une famille de cinq enfants. On retrouve les relations parfois conflictuelles figurées par un unique plan succédant aux pancartes « Maman à tort ! » brandies par la petite famille : La tête de la grande sœur est posée sur une table autour de laquelle ses frères et sœurs vindicatifs s’apprêtent à s’acharner à coups de fourchettes. Laurent Boutonnat lors d’un interview avait aussi parlé des difficultés qu’il avait eu chez les jésuites où il avait fait une partie de sa scolarité ; ce qui explique peut-être l’apparition des deux nonnes de petites tailles dont l’une frappe avec une règle les mains de la jeune fille fautive agenouillée devant elle, pendant que l’autre lit des versets de la Bible. On peut également lire l’influence de toute une éducation religieuse dansl’animation de la statuette de pierre représentant la sainte vierge qui se cache les yeux devant un viol qu’elle ne pourrait supporter. Un plan qu’aurait pu tourner Cocteau, et qui est peut-être la vision d’un enfant devenu adulte sur son éducation refusant de voir le chemin autodidacte que son élève a osé prendre. Autant dans Maman à tort que dans Plus grandir, la mort de l’héroïne est impliquée, mais étrangement jamais montrée. Alors qu’on l’imagine prochainement dévorée par sa fratrie, la grande sœur du premier clip bénéficie de l’absence d’une réelle intrigue et d’une narration confuse pour renaître au plan d’après grâce à un montage a-chronologique. Dans Plus Grandir, seule une danse accompagne le vieillissement de la jeune fille, qui finira dans un grand état de déchéance physique, immobile derrière une fenêtre ouverte. Sa mort ne sera évoquée symboliquement qu’au dernier plan, lors de son passage devant sa propre tombe. Malgré ces outrages perpétuels qui présentent au public un nouveau personnage, c’est pourtant sa mort montrée sous tous les points de vue à la fin de Libertinequi la fera naître à ses yeux.

Publié dans Mylène et Boutonnat | Pas de Commentaires »

La réussite Laurent Boutonnat et Mylène

Posté par francesca7 le 11 avril 2014

 

Bio5Laurent Boutonnat, de son état-civil complet Laurent Pierre Marie Boutonnat, est un musicien, auteur-compositeur,producteur et réalisateur français né le 14 juin 1961 à Paris.

Son premier long métrage, La Ballade de la féconductrice, un film fantastique comportant des scènes d’une rare violence, n’est diffusé que deux semaines dans une salle parisienne. Le film est interdit aux moins de 18 ans — son auteur n’en a alors que 17 — mais est néanmoins projeté au marché du film de Cannes.

La rencontre avec Mylène Farmer

À 20 ans, il compose avec Jérôme Dahan la musique de Maman a tort et cherche une chanteuse pour l’interpréter. Il pense d’abord à Lio, mais le projet n’aboutira pas. Ensuite, il repère une jeune fille d’une quinzaine d’années mais y aurait finalement renoncé pour des raisons juridiques. Lors d’un casting, il tombe alors sous le charme d’une comédienne en herbe, séduit immédiatement par son « air psychotique ». « C’était elle. On ne l’avait pas encore entendue chanter mais je savais que c’était elle ». Mylène Farmer sort alors son premier 45 tours en mars 1984. La chanson bénéficie d’un vidéo-clip tourné pour la modique somme de 5 000 FRF. Depuis lors, le tandem Farmer-Boutonnat est inséparable.

Fort du succès de ce premier single, Laurent Boutonnat écrit et compose la majorité des chansons du premier album de la chanteuse, Cendres de lune, paru en 1986. Le second extrait, Plus grandir, introduit ce qui fera en partie le succès de la chanteuse : les vidéo-clips, que Laurent Boutonnat réalisera désormais en 35 mm, comme de véritables petits films avec génériques, bandes originales et avant-premières.

Le succès

La consécration n’intervient réellement qu’en 1986 avec le troisième extrait de Cendres de luneLibertine et son vidéo-clip inspiré de Barry Lyndon, succès confirmé par le single suivant, Tristana dont le clip est nommé aux Victoires de la musique. Laurent Boutonnat et Mylène Farmer, qui forment alors un couple à la ville, créent la société Toutankhamon SA.

Au printemps 1988, sort l’album Ainsi soit je…, entièrement composé par Boutonnat qui délaisse l’écriture au profit de Mylène Farmer. L’album est un triomphe (1 800 000 ventes). Ils tournent les clips de Sans contrefaçon (avec Zouc), Ainsi soit je…Pourvu qu’elles soient douces ([Libertine II], qui sera le plus long vidéo-clip scénarisé français : 17 min),Sans logique et À quoi je sers, qui entérinent le personnage de la chanteuse. Il met également en scène sa première tournée en 1989, et réalise le film En concert, toujours en 35 mm, qui sort l’année suivante.

En 1991, Boutonnat compose les musiques de L’Autre, le troisième album de Mylène Farmer, et réalise les clips de DésenchantéeRegrets et Je t’aime mélancolieDésenchantéeconnaît un énorme succès, et permettra à l’album de dépasser les deux millions de copies. Elle a également été la chanson française la plus diffusée dans le monde en 2004 selon la SACEM. Le vidéo-clip de Beyond my control (1992), censuré pour son contenu trop explicite, est le dernier réalisé par Laurent Boutonnat pour Mylène Farmer jusqu’en2001.

La réussite Laurent Boutonnat et Mylène dans Les Clips de Mylène Giorgino4Giorgino

En 1994, il réalise son rêve en tournant Giorgino (avec Mylène Farmer dans le rôle principal). L’atmosphère très sombre et la durée du film (3 heures) n’attirent pas les spectateurs, qui lui préfèrent Forrest GumpPulp Fiction ou encore Léon. Blessé par l’échec de son film, le réalisateur en rachète les droits et en empêchera toute diffusion. Il finira cependant par céder à la pression d’un public fidèle à son univers (des pétitions pour la sortie du film circulaient sur Internet) et, fortifié par le succès de Jacquou le Croquant, décidera d’éditer Giorgino en DVD, 13 ans après sa sortie en salles.

Retour musical

Début 1995, il participe à la composition de l’album Anamorphosée de Mylène Farmer, au son plus rock. Il travaille également à la conception de la tournée qui suit, et qu’il immortalise dans Live à Bercy (1997).

En 1997, il devient le producteur et compositeur de Nathalie Cardone, qui connaît un grand succès avec sa reprise de Hasta Siempre. Il participe à son premier album éponyme, et réalise les clips des singles PopulaireMon ange et Baila si.

En 1999, sort Innamoramento de Mylène Farmer, album qu’il compose en grande partie. Cependant, il ne participe pas à la conception du Mylenium Tour qui suit la sortie de l’album.

En 2000, il coproduit avec Mylène Farmer la jeune chanteuse Alizée, compose pour elle la musique de Moi… Lolita et réalise le clip. La chanson est un succès mondial (plus de2 millions de ventes), suivie par un album triomphal, Gourmandises, lui aussi signé Farmer/Boutonnat.

En 2001, il reprend la caméra pour Mylène Farmer et réalise les clips de Les Mots et Pardonne-moi. Il réalise également les clips d’Alizée Parler tout bas et J’ai pas vingt ans ainsi que son second album, Mes courants électriques. En 2003, il met en scène le spectacle de la jeune corse et reçoit la même année le Grand Prix de l’Auteur-Réalisateur de l’Audiovisuel, décerné par la SACEM. Il réalise l’année suivante un clip pour un jeune chanteur, Kamal Kacet, Ifkis. Laurent produit par ailleurs l’album de ce dernier, « Larmes noires ».

Troisième film

AlbumAvantQueLombreSmall dans Mylène AutrementEn 2005, sort Avant que l’ombre…, le sixième album de Mylène Farmer dont il compose la quasi-totalité des musiques. Il participe aussi, en association avec la chanteuse, à la mise en scène du spectacle Avant que l’ombre… À Bercy. Parallèlement, il entame le tournage de son nouveau long-métrage, une adaptation du roman d’Eugène Le Roy Jacquou le croquant, qui sortira en France le 17 janvier 2007. Moins sombre que Giorgino, le film reçoit un accueil plus chaleureux, et atteint le million d’entrées.

En 2008, il compose les musiques de Point de Suture, le septième album de Mylène Farmer, et participe à la direction artistique de son Tour 2009 (qui passera notamment par le Stade de France).

En 2011, il compose les musiques des deux inédits de 2001-2011 Du temps et Sois moi-be me, le deuxième best of de Mylène Farmer, ainsi que le clip du premier single inédit Du temps.

En 2012, il compose les musiques de Monkey Me, neuvième album de Mylène Farmer.

Filmographie

Clips

1984 : Mylène Farmer - Maman a tort

Concerts - Composition

Il est en outre l’arrangeur musical de tous les albums.

Compositions annexes pour Mylène Farmer : L’annonciation (1985), Puisque… (1988), Dernier Sourire (1989), À quoi je sers… (1989), La veuve noire (1989), Mylène is calling(1991), Que mon cœur lâche (1992), Effets secondaires (1999), L’histoire d’une fée, c’est… (2000), Devant soi (2007) (Bande originale de Jacquou le Croquant), C’est pas l’heure(2010) (en duo avec Line Renaud).

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène Autrement, Mylène FILMOGRAPHIE | Pas de Commentaires »

Pour Promouvoir LIBERTINE de Mylène F.

Posté par francesca7 le 6 avril 2014

Promouvoir le support promotionnel

 

Se démarquer de la chanson

    Le vidéo-clip est l’instrument promotionnel d’une chanson qu’il illustre. Cet aspect publicitaire non négligeable du vidéo-clip l’oblige au renouvellement perpétuel. Plus un vidéo-clip est divertissant, surprenant ou particulier, plus il sera diffusé en télévision et augmentera de ce fait la connaissance par le public de la chanson qu’il est chargé de promouvoir. A l’inverse, la popularité d’une chanson due à ses ventes effectives ou à ses fréquents passages radiophoniques peut encourager la programmation télévisée massive du vidéo-clip correspondant. En ce sens les clips de Laurent Boutonnat suivent les deux principes, la chanson et son support audiovisuel s’enrichiront l’un l’autre. La sortie du clip Libertine verra les ventes du disque augmenter sensiblement, tandis que Pourvu qu’elles soient douces deux ans plus tard n’attendra pas le début de la diffusion télévisée du clip pour atteindre le maximum de ses ventes.

Pour Promouvoir LIBERTINE de Mylène F. dans Mylène AU FIL DES MOTS libertine050

 

    Un autre principe vient s’adapter aux clips de Boutonnat et n’est applicable qu’à de très rares autres réalisateurs de clips. Chez Laurent Boutonnat le clip se suffit parfois à lui-même et arrive à « vivre » sans la chanson qui lui est rattachée. A plusieurs reprises, on remarque que chacun des deux supports suit sa propre exploitation, et que la rotation de la chanson en radio s’essouffle au bout de la période habituelle de trois mois de promotion alors que son clip continue fréquemment d’être diffusé, vendu en libertine030 dans Mylène Autrementvidéo-cassettes, et même projeté en salles. Certains clips comme Désenchantée (1991) ont continué d’être diffusés régulièrement à la télévision alors que la période de promotion du disque éponyme était achevée depuis plusieurs années. Alors que la chanson elle-même n’est rediffusée sur les radios qu’à de très rares occasions, le plus souvent dans des émissions thématiques sur la période de sortie, le clip qui lui correspond est encore visible dix ans plus tard sur les chaînes musicales et dans les émissions, et cela sans distinction par rapport à sa date de sortie. On est alors dans ce cas là assez proche des habitudes de diffusion de films de cinéma, pouvant être vus indépendamment de leur période et leur contexte de sortie. 

 

    Plus que de porter à la connaissance du plus large public possible la sortie d’une chanson dans le commerce, le dispositif mis au point par Laurent Boutonnat pour la diffusion de ses clips trouve sa justification dans sa quête de reconnaissance en tant qu’auteur. C’est par une visibilité autre que celle d’un réalisateur de clip traditionnel qu’un cinéaste comme lui pourra se démarquer d’une forme peu propice à la constitution d’une œuvre. Il prend d’ailleurs le plus grand soin à asseoir cette particularité en généralisant dans sa « clipographie » l’usage d’attributs de long-métrages cinématographiques (générique, musiques additionnelles…). En étendant le champ de diffusion de ses clips, Boutonnat sait qu’il étend la visibilité de son cinéma, en même temps qu’il remplit sa mission de promotion de la chanson, car en parvenant à faire diffuser l’un, il fait automatiquement diffuser l’autre.

libertine014

 

La Mise en abyme d’un dispositif promotionnel 

    Le réalisateur va se servir de ce raisonnement logique d’auteur pour se justifier de l’espèce de mégalomanie qui le conduira à promouvoir ses clips en salles de cinéma. Dès Maman à tort (1984) il a pour projet un long clip dont il donne le story-board en avant -première à la presse ; preuve déjà évidente de sa volonté de rendre son travail le plus visible possible. Le clip finalement non tourné, cet effet d’annonce aura pour seul résultat la parution du quotidien Le Matin de Paris qui reproduira les dessins dans ses pages. L’invitation qu’il concevra en 1985 pour inviter la presse aux deux premières du clip Plus Grandir laisse penser à celle d’une séance de cinéma : il loue le cinéma Kinopanorama dans le XVe arrondissement et le Club 70 dans le XVIe le 13 novembre 1985 pour des projections à la presse . A aucun endroit sur les cartons d’invitation n’est précisé qu’un clip va être projeté et non un long ou un court-métrage, et le nom de la chanteuse y est mentionné comme celui de l’actrice principale « Polygram-Polydor-Laurent Boutonnat-Stephan Sperry vous invitent à la projection de Plus Grandir avec Mylène Farmer ».

  

    Ici l’objet de la promotion n’est pas la vente du disque dans le commerce, c’est bel et bien le clip lui-même, voire son réalisateur, ou même indirectement la chanteuse dont il est question ; un tel vecteur de promotion peut hisserlibertine027 facilement l’interprète de la chanson, vedette du clip, au rang de comédienne ponctuelle, lui donnant éventuellement une certaine crédibilité pour prétendre plus tard à des rôles au cinéma. La même stratégie promotionnelle est renouvelée un an plus tard à une échelle plus grande lors de la sortie du clip Libertine en juin 1986. Déjà en vente depuis quelques semaines, la chanson ne se distinguait alors ni par ses ventes ni par sa popularité. Il a fallu une série d’avant-premières au cinéma Mercury des Champs-Élysées à Paris pour qu’un bouche à oreille se crée dans la capitale, puis dans les médias sur ce film d’une forme nouvelle. En l’absence de terminologie pour nommer de nouvel objet « clipesque », certains articles le compareront à une sorte de  » bande-annonce de film » . Le clip sera remis aux chaînes de télévision, qui le présenteront à plusieurs reprises comme une production « venue » du grand écran. L’évènement que constitue la sortie d’un clip au cinéma, pour la première fois doublée du succès commercial de la chanson rattachée, conduit Laurent Boutonnat à être invité au journal télévisé de la mi-journée sur Antenne 2 en août 1986 en tant que réalisateur. Un extrait du film est montré et l’interview par le journaliste Noël Mamère est dirigée sur l’aspect cinématographique du clip et son imagerie  » à la Barry Lyndon  » (Stanley Kubrick – 1975). Restant assez superficiel, l’entrevue ne permet pas d’en savoir plus sur sa réelle réception auprès du monde médiatique et artistique de l’époque. Cependant, le fait de promouvoir son clip lors d’avant-premières en salles de cinéma puis d’interviews télévisées reproduit libertine023le schéma de promotion d’une œuvre cinématographique de long-métrage. Le clip pourtant outil de promotion, se trouve lui aussi au centre d’un dispositif promotionnel le présentant comme une œuvre à part entière. Dans le cas précis de Laurent Boutonnat, ce dispositif mis en place par lui-même fait hisser son clip à la même visibilité artistique que la chanson qu’il comporte : avant que la chanteuse n’interprète la chanson en question sur scène devant son public, son clip est lui aussi « mis en scène » sur sa propre scène de spectacle : le grand écran de cinéma.

 

Une grande exposition télévisuelle 

    A partir de 1987, les productions de Boutonnat restent dans des formats capables d’être projetés dans les cinémas, mais la difficulté de trouver des salles désirant ouvrir libertine013leur écran à un clip de quelques minutes se fait grandissante. De plus, la surprise créée discrètement une première fois en 1985 avec Plus Grandir, puis renouvelée à plus grande échelle avec Libertine n’aurait probablement pas eu un retentissement égal une troisième fois. Tristana (1987) et Sans Contrefaçon (1987) ne bénéficieront pas d’avant-première ni de sortie sur grand écran malgré le même soin technique et esthétique apporté à leur conception cinématographique. En revanche, la première diffusion à la télévision des clips de Laurent Boutonnat se fait désormais à un horaire exceptionnel, correspondant à une forte audience. Sans Contrefaçon passera pour la première fois le soir du réveillon de la nouvelle année 1988 à 20h30 sur la sixième chaîne, transformant pour la première fois ce qui aurait pu être un simple clip en un spectacle de divertissement familial. Fort de cette visibilité télévisuelle nouvelle, Laurent Boutonnat et Polydor, la maison de disque qui l’a signé s’arrangent à chaque nouvelle sortie pour faire diffuser le nouveau clip dans une plage d’émission inhabituelle le mettant en valeur. Désenchantée (1991) passera pour la première fois dans le très regardé journal de 20h00 de TF1, alors que Regrets (1991) et Je t’aime mélancolie (1991) auront chacun la faveur d’une diffusion dans des prime-time de la même chaîne. On remarque à cette occasion que l’évènement annoncé se porte nullement sur la chanson (qui justifie pourtant la diffusion du clip) mais sur le clip lui-même, et son interprète. Les bandes-annonces et lancements des dites émissions parleront du  » nouveau clip de Mylène Farmer «  et non pas de sa nouvelle chanson, pourtant inédite elle-aussi. Cette association qui fait abstraction du réalisateur entre le nom de l’interprète et celui du clip, est fréquente. Pour le public, le clip appartient non pas à celui qui l’a conçu mais à celui qui y apparaît et qui en chante la chanson, comme libertine033s’ils étaient dépendants l’un de l’autre, qu’ils formaient un tout et qu’ils ne pouvaient avoir qu’un unique auteur. On parle toujours du « clip d’un tel » comme quand on évoque « la chanson d’un tel », alors qu’il faut comprendre : le clip illustrant la chanson interprétée par tel artiste. La preuve apparaît à chaque remise de prix lors de Victoires de la musique ou d’Awards à l’étranger. Le vainqueur qui vient recevoir le prix n’est pas le réalisateur du clip mais bel et bien l’interprète de la chanson, sanglotant de remerciements comme si venait d’être récompensée sa performance vocale. En ne parlant que de l’objet promotionnel et non pas du disque, les émissions de variété qui passent en exclusivité les nouvelles productions de Boutonnat mettent l’accent sur le clip présenté et non pas sur la nouvelle chanson qui pourtant est la seule officiellement à promouvoir. C’est d’une part grâce à la diffusion de la chanson que la promotion du morceau de musique est effective, mais aussi par son association à un clip présenté comme un divertissement pour tous et non pas adressé au seul public de la chanteuse. Fait extrêmement rare, ici la chanson appartient au clip, et la promotion du support audiovisuel se répercute une deuxième fois mais de manière indirecte sur le support discographique.

 

La multiplication des supports 

    Postérieurement à la période promotionnelle des chansons, l’intégralité des clips réalisés par Laurent Boutonnat entre 1984 et 1992 sortira sur support vidéo en plusieurs éditions. Régulièrement une vidéo-cassette sort dans le commerce, regroupant les versions intégrales des trois ou quatre derniers clips diffusés. Ainsi 1987 verra la sortie d’une cassette regroupant Maman à tortPlus GrandirLibertine et Tristana. En 1988 sortira une vidéo avec Sans ContrefaçonAinsi soit-jePourvu qu’elles soient douces accompagné de son making-of . En 1990 la vidéo du film En concert sortira libertine000simultanément à la cassette de clips incluant Sans LogiqueA quoi je sersAllan et Plus Grandir Live. Enfin en 1992 la dernière cassette comprendra Désenchantée et son making-of, RegretsJe t’aime mélancolie et Beyond my control. Les sorties de ces quatre cassettes sont à l’époque un fait unique pour un réalisateur de clips. Il faut attendre le milieu des années 90 pour voir un interprète sortir sur support vidéo une compilation des clips de ses chansons, Michael Jackson sera le premier et l’un des seuls à le faire jusqu’en 1999, année où davantage d’artiste feront paraître leurs clips, alors que les noms de réalisateurs divergent d’un clip à l’autre. Par la suite certaines compilations de clips d’auteurs et interprètes différents sortiront sur support DVD . Une cassette vidéo regroupant tous les clips de Laurent Boutonnat pour les chansons interprétées par Farmer sortira en 1998, ainsi qu’un DVD en 2000 avec quasiment le même contenu. Cette chanteuse, qui depuis a travaillé sous la direction d’autres réalisateurs pour ses clips, a sorti des vidéos comprenant ses nouveaux vidéo-clips, mais jamais elle ne les intégra dans une même édition que ceux de Laurent Boutonnat. Ces supports vidéographiques des clips réalisés par Laurent Boutonnat restent ici ceux du réalisateur plus que celibertine038ux de l’interprète, car au delà de l’unité de la période de sortie des clips qui les regroupe, c’est lui seul le point commun de tous ceux compris dans la cassette ou le DVD en question. Lors de la sortie en 1998 de la cassette rassemblant tous ses clips, un autocollant rouge mentionne même :  » Intégralité des clips réalisés par Laurent Boutonnat  » qui le reconnaît bien en tant qu’auteur. Comme soucieux de sans cesse replacer son travail dans un contexte de cinéma plutôt que de télévision, l’accent de la jaquette de la vidéo-cassette est quant à lui porté sur le support cinématographique duquel sont tirés les clips y figurant :  » Afin d’offrir une qualité optimale, tous les clips présentés sur cette cassette ont fait l’objet d’une remasterisation complète : tirages de nouvelles copies films réétalonnées, nouveaux transferts vidéo, bandes sons remixées en stéréo « .

    Bien avant la parution en DVD des anthologies de Chris Cunnigham, Spike Jonze ou Michel Gondry (CollectionThe Work of directors, Editeur Labels, 2003), les recueils de clips d’un même réalisateur laissent percevoir Laurent Boutonnat comme un unique auteur à l’origine d’une œuvre homogène, pouvant être distribuée dans le commerce de la même manière que certains coffrets regroupant les films d’un même cinéaste. Comme la période de promotion des chansons qu’ils sont censés promouvoir est passée, la sortie de ces cassettes, au delà de leur aspect commercial évident, s’explique par la promotion d’un cinéaste attaché à une visibilité certaine et qui, à défaut de pouvoir espérer des rétrospectives ou des cycles dans les « salles de cinéma de répertoire ou de patrimoine », continue de diffuser son œuvre avec le support vidéo dont il est malgré lui coutumier.

 

Jodel Saint-Marc, le 21 mars 2003.

Publié dans Mylène AU FIL DES MOTS, Mylène Autrement | Pas de Commentaires »

Contexte du clip « Ne plus grandir »

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

Dès 1985 on commence à trouver certaines fulgurances dans le cinéma de Boutonnat, comme cette statuette de la sainte vierge qui se cache le visage lorsqu’on implore son pardon, où la danse tragique qui clos le film, entraînant une Mylène Farmer qui vieillit à vue d’œil dans une valse macabre au milieu des toiles d’araignée et des candélabres. Le clip de Plus Grandir ressemble à un premier film, dans lequel on aurait voulu mettre tous ses fantasmes inavouables et ses questionnements inextricables. Le clip rassemble néanmoins de grandes références cinématographiques. On aura peu de mal entre autres à approcher le traitement anticlérical de celui des Diables de Ken Russel (1971) surtout lors de la scène où deux nones donnent des coups de pieds à la pénitente à terre. On verra aussi dans l’animation de la statue, l’influence d’un Jean Cocteau. François Hanss, futur réalisateur de clips pour Mylène Farmer (Je te rends ton amour, Immoramento) y voit même une « Jeanne d’Arc revisitée par une imagerie que même Hollywood n’a pas rêvée » (Hanss, François, «Clip ou film? Les deux. Mylène Farmer inaugure le genre», Starfix n°39, août 1986 pp.80-81.)

 

images (10) 

 

    Plus Grandir marque les premiers investissements de Mylène Farmer dans la création artistique. C’est elle qui s’occupe des dessins du story-board, et on remarquera dans celui-ci l’épitaphe inscrit sur la tombe supposée de la chanteuse : « Mylène Farmer, Plus Grandir, 1962 – 1985 ». Or Mylène Farmer est née en septembre 1961 et non l’année suivante. Cet « oubli » sera répété lors d’une prestation télévisée, où les mêmes dates seront reprises sur un landau noir servant de décor à l’interprétation de la chanson. L’implication de la ‘jeune’ artiste ne s’arrête pas là puisque c’est elle qui confectionne la poupée de chiffons qu’on voit dans le clip. Accessoire à priori anodin mais qui revêt dans le film une importance toute particulière : C’est cette poupée qui nargue l’héroïne de sa jeunesse éternelle, qui la poursuit dans ses nuits, et ses cauchemars. En se protégeant le visage du coup de couteau asséné par Mylène Farmer, c’est elle qui déclenchera la danse du vieillissement en lui rappelant brusquement qu’elle, être humain, est périssable. C’est donc ce jouet provocant qui aura le mot de la fin : alors que le spectre de Mylène Farmer jette son bouquet sur sa tombe et s’en éloigne, la poupée assise sur une pierre tombale tourne la tête en notre direction pour nous rappeler à notre misérable condition humaine. Plus Grandir marque avant tout le premier passage de Mylène Farmer à l’écriture, c’est elle qui signe les paroles, alors que Laurent Boutonnat s’affaire à écrire le reste de l’album Cendres de Lune. Étrangement, il est très difficile jusqu’en 1995 de différentier les textes écrits par Laurent Boutonnat de ceux signés du nom de Mylène Farmer : mêmes thèmes, même tourments, mêmes inspirations, même culture, et surtout même style.

 

 images (11)

    Pour financer ce scénario qu’on estime déjà très coûteux, le cinéaste fait appel au producteur de publicité Stephan Sperry qui parvient à louer durant quatre jours un des studios SETS à Stains, en Seine St-Denis et à débloquer 330 000 Frs pour financer tout le film. Toute la largeur du studio est décorée par une équipe (accompagnée du père de Mylène Farmer en personne) car Boutonnat tourne en cinémascope (format 2.35 rarement utilisé depuis les westerns des années 60). Il s’agirait ici d’un des premiers clips au monde réalisé en format Cinémascope sur pellicule film. 

    Le premier  jour de tournage se fera dans le cimetière le plus proche du studio : celui de Saint-Denis où sera installée la fausse pierre tombale portant le nom de la chanteuse et le titre du film. On parlera de Laurent Boutonnat comme seul réalisateur ayant donné à ses clips un soin cinématographique. Ceux avec Michael Jackson réalisés par John Landis (dont Thriller date de l’année de Maman à tort-1984) sont eux plus proches de la série B que du  cinéma (effets spéciaux grossiers et support vidéo à l’appui). C’est donc à partir de ce film que Laurent Boutonnat a la volonté de faire de Mylène Farmer un mythe. Il prend alors tout ce que son entourage peut lui offrir, il utilisera le caisson aquatique du studio pour trois secondes de film et embauchera des figurants pour des durées toutes aussi courtes (les deux naines, le violeur…). C’est surtout sur ce tournage que Laurent Boutonnat fait connaissance avec les techniciens qui le suivront  jusqu’en 1994, date de sa chute. Il craque d’abord pour le chef opérateur de publicité Jean-Pierre Sauvaire (Taxi-1998) avec lequel il travaillera dix ans. L’équipe des clips et des films se complétera ensuite par la monteuse Agnès Mouchel, la costumière Corinne Sarfati et François Hanss qui lui servira plutôt d’assistant.

 

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène FILMOGRAPHIE | Pas de Commentaires »

Plus Grandir : Tournage de Clip de Mylène F.

Posté par francesca7 le 15 mars 2014

Une jeune femme venue se recueillir sur sa propre tombe revoit sa vie peuplée par l’obsession de ne pas vieillir.

plusg31    La narration de Plus grandir, premier des clips de Laurent Boutonnat subissant le traitement cinématographique du réalisateur, se trouve dans un certain prolongement de celle utilisée dans le vidéoclip Maman à tort. Les différents thèmes abordés par le texte de la chanson ne le sont pas de manière allégorique, c’est leur adaptation visuelle qui en fera des scènes à l’imagerie forte et symbolique. La structure de la chanson est adaptée dans le clip en autant de scènes que de couplets, tandis que le sujet général de chacun d’eux est évoqué parallèlement à leur passage par la mise en scène de symboles s’y rapportant. Par rapport à la succession de plans statiques dans Maman à tort, le fait de découper Plus Grandir en scènes et de les faire correspondre avec la Plus Grandir : Tournage de Clip de Mylène F. dans Mylène FILMOGRAPHIE plusg66structure mélodique de la chanson se rapproche du traitement narratif d’un clip traditionnel. La particularité du cinéma de Laurent Boutonnat ne se situe pas ou plus à ce niveau, mais dans l’utilisation d’une grammaire cinématographique pour la réalisation de clips. Empruntant la logique de ses raccords au cinéma classique, une partie de son esthétique et sa thématique aux cinéastes anglais, son imagerie à la littérature du XVIIIe siècle, la démarche de Boutonnat n’a réellement d’originale que sa destination vers une forme aux possibilités juge t-il inexploitées.

    Dans un cimetière envahi par les feuilles mortes, une jeune fille poussant landau vide (le deuil de la jeunesse) se dirige vers sa propre tombe. Elle contemple sa sépulture mais n’a pas l’air de se recueillir, on dirait même qu’elle éprouve du dédain. Tenant un petit bouquet , elle passe sa main derrière son oreille. C’est sans doute ce qui la fera entrer dans une phase où elle se verra ensauvagée, assise dans une aile de château, la bouche  écorchée. Elle est dans une vaste chambre vide aux fenêtres ouvertes qui laisse entrer un vent puissant. La pièce est faite d’une architecture baroque (la forme triangulaire de la porte d’entrée) à l’intérieur de laquelle grouillent des rats. Au milieu trône une statue de sainte vierge devant laquelle Mylène Farmer prie en pleurant. Pendant un orage, lorsqu’un individu entre dans la chambre pendant son  sommeil, Laurent Boutonnat va offrir à son public la première scène de nudité de son oeuvre.

plusg80 dans Mylène FILMOGRAPHIE

    L’homme (Hervé Lewis, alias Rambo Kowalski, le duelliste de Libertine I, et futur entraîneur de la chanteuse) est un violeur, il s’acharnera à déchirer le pyjama rouge-sang de la jeune fille et lui caressera le corps jusqu’à ce qu’elle se laisse faire. Le  visage de l’homme s’approche du sien lentement, ils se regardent et la jeune fille se préparera à être embrassée par son agresseur en y éprouvant un plaisir certain. Ca y est, le passage à l’age adulte est consommé, la virginité est irrémédiablement perdue, et la statue de la vierge se retourne en se cachant le visage dans ses mains. Apparition onirique, deux bonnes sœurs naines volantes sont derrière une fenêtre et regardent toute la scène. Le fait qu’elles soient naines est le sens propre de ne pas grandir, non pas par volonté mais par obligation. Comme une vangeance, même si elles flagelleront la jeune fille perverse ensuite à coups  de  bâtons, elles n’en sont pas moins voyeuses. Lors de plusg35sa punition, Mylène expliquera pourtant ses souhaits récurrents : « Plus grandir, j’veux plus grandir pour pas mourir, pas souffrir ». Elle souffre, donc grandit. La fille blessée s’est  alors réfugiée dans un coin de la pièce pour vivre sa douleur en silence. Elle s’acharnera aussi à vouloir supprimer sa poupée de chiffon, qui elle ne vieillira pas. Elle tente en  vain de la noyer, de la mutiler. L’expression de la poupée change, du mécontentement au sourire sadique. Si l’on doit trouver la métaphore du temps dans ce film, ce sera forcément elle. Et c’est lorsqu’en voulant la couper en deux avec un couperet, que la poupée cachera son visage avec son bras qui sera mutilé et tournoiera en l’air. Mylène Farmer comprendra alors, que la poupée ne vieillira jamais, elle si. Elle sourira donc pour la première fois du film en tournant sur elle même dans sa chambre, les bras déployés, heurtant meubles et toiles d’araignées. Les rides couvrent peu à peu son visage et son cou, le sourire se transforme en une expression qui rappelle l’incompréhension d’avoir perdu ce qu’on était, d’avoir perdu sa jeunesse et sa vie. Elle finira accoudée à la fenêtre et regardera expression un colombe se poser sur la bordure de la fenêtre devant elle, comme une communion, comme la paix avec soi-même).

plusg38

plusg41    Plus Grandir (1985) et son arrière-plan biblique permettent de voir un clip de Boutonnat de deux façons différentes. A la fois récit d’une déchéance physique et critique d’une religion aveugle et impuissante, Boutonnat met en scène dans Plus Grandir des éléments détenant un sens pour chacun des deux niveaux de lecture. Il prend parti d’opposer au lent vieillissement du personnage des images du catholicisme comme par exemple la statue de la sainte vierge ou deux nonnes violentes et vindicatives. On peut lire la présence et l’action de ces éléments comme les signes avant coureurs d’une sérénité relative à la vieillesse prochaine du personnage, voire à sa mort inéluctable, mais également comme l’omniprésence d’une religion qui bannit de manière systématique les agissements déviants de ce même personnage. Ainsi dans le clip, la statue de pierre s’anime pour se cacher les yeux devant une prière vaine, et les nonnes punissent sévèrement par les coups la perte de virginité de l’héroïne : passage symbolique violent à l’âge adulte qui la précipitera rapidement dans la déchéance physique la plus totale.

plusg53

    On retourne dans le cimetière qui a ouvert le film, Mylène Farmer a toujours la même expression sur son visage, on ne peut plus neutre. Elle jettera son petit bouquet sur sa tombe et s’en ira sans se retourner. Mylène Farmer vient d’entrer dans une phase onirique dont elle ne sort pas intacte, puisque malgré le fait qu’elle reparte vers la sortie avec son landau vide, elle extrait de son cauchemar la poupée qui s’installe définitivement dans le réel.

 

Jodel Saint-Marc.

plusg11

Pour la sortie du film, deux premières sont organisées le mercredi 13 novembre 1985 dans deux cinémas différents : le Kinopanorama (75015) et le club 70 (75016). Des invitations sont envoyées à la presse.

Publié dans Mylène FILMOGRAPHIE | Pas de Commentaires »

Mylène Farmer, l’intrigante

Posté par francesca7 le 11 mars 2014

 

Magazine COOL du OCTOBRE 1986

 

1986-22-b« Libertine », le titre que l’on entend beaucoup en ce moment est extrait d’un album « Cendres de lune ». J’ai trouvé que c’était un LP féminin, intime. C’est ton avis ?

- Féminin, je ne comprends pas pourquoi et j’avoue que c’est le cadet de mes soucis. Cet album est un premier album. On peut dire ça. C’est quelque chose que j’aurai pu illustrer d’images. Voilà, si j’ai quelque chose à dire sur l’album. Le reste, c’est plus les personnes qui vont l’écouter qui vont dire des choses dessus.

Lorsqu’on fait un choix de chansons, on va dans une certaine direction. On pense à ce qu’on a envie de faire passer au public. Ce n’est pas un hasard…

- Non, ce n’est jamais un hasard, ce qu’on fait. Je ne sais pas s’il y a un fil conducteur dans l’album. Il y a une chanson qui va parler de Greta Garbo, une autre sur un autre sujet, « Plus grandir », une autre, « Libertine », qui est encore autre chose… Je ne pense pas que ce soit aller dans un sens. C’est essayer d’amener le maximum de choses dans un même album.

La chanson était présente dans tes rêves depuis toujours ?

- Non la chanson est pour moi, avant tout un métier qui est très difficile. Et puis c’est ma vie. Voilà !

A quel moment as-tu décidé de faire de la chanson professionnellement ?

- J’ai réellement décidé à partir du moment où je l’ai matérialisée. C’est-à-dire il y a deux ans et demi, quand « Maman a tort » est sorti. C’est à ce moment précis que j’ai décidé de travailler, de transpirer, de mener un combat pour ça.

Quelle a été la démarche ?

- Ce sont les opportunités, ce sont les rencontres de la vie. Je crois vraiment à des moments qui sont rares mais précis. J’ai rencontré des personnes et on a entrepris de faire ce métier là.

Tu estimes avoir eu de la chance ?

- J’estime que toute personne qui fait un métier public doit prendre en compte la chance, parce qu’elle existe et que pour d’autres personnes elle n’existe réellement pas. Après, c’est une aventure personnelle. Le travail n’est pas non plus inexistant. Chance, travail, c’est cela.

« Maman a tort » était un texte ambigu qui ne te définissait pas clairement. Tu peux en parler ?

- Avec le recul, d’avantage. Mais là encore, l’important n’était pas de définir « Maman a tort » mais de le chanter et puis de l’imposer. Ça  c’est plus mon aventure que d’expliquer : « Voilà, j’ai voulu dire ça, parce que ceci ou cela ». C’est un peu moins mon rôle. Enfin moi, j’estime que c’est comme ça. S’il y a quelque chose à dire sur « Maman a tort », c’est que c’est à la fois un peu une comptine tragique d’enfants, qui va dire sous des airs ingénus des choses graves. C’est vrai que si on veut approfondir, parce qu’on peut le faire, c’est l’hôpital psychiatrique, c’est les rapports indirectement avec la mère et l’enfant, et l’infirmière qui va prendre le rôle de mère. Mais est-ce qu’on a besoin de dramatiser, d’aller jusque là ? Je n’en sais rien. Maintenant, les gens ont perçu d’autres choses, des phrases comme « J’aime ce qu’on m’interdit, les plaisirs impolis »…

« Libertine » c’est la phase n°2 après « M aman a tort » ?

- Oui c’est une étape. Se complaire là dedans, ça ne m’intéresse pas non plus. Maintenant ce que je veux, c’est faire autre chose, voir autre chose, un autre univers, une autre démarche. « Libertine » c’est un peu le tremplin. Ça  va me permettre d’aller plus loin que ça, parce qu’il y a eut un succès médiatique dans les ventes, au niveau du clip aussi. Là, il y a une image qui commence à être précisée dans l’esprit des gens. A partir de ça, demain je ne vais pas refaire du « Libertine ». Ce serait à la fois facile et un suicide.

« Libertine » donne une image de toi coquine, ingénue, et à la fois tragique par rapport au clip…

- C’est à dire que dans le clip, on a fait mourir les héros. Ça  fait partie des références qu’on a du romantisme.

C’est vrai que c’est toujours poussé à l’extrême, que le héros doit mourir, parce que ça prend une ampleur plus importante, c’est peut-être ça, le côté tragique. Sinon, c’est encore quelque chose d’assez léger, « je suis libertine, mais qu’on me prenne la main ».

Qui a eu l’idée de ce clip ?

- C’est une idée commune à la personne qui travaille avec moi, qui l’a réalisé, et moi-même. Depuis le début que je pense chanson, je pense image.

Ce clip n’est pas tout à fait dans le courant actuel des vidéos. Il y a une sorte d’attachement au

passé également…

- C’est normal, je n’ai pas envie de faire partie du courant actuel. Mais il ne faut pas que ça devienne généralité.

C’est toujours ce qui me dérange. Là, dans « Libertine », c’était une démarche, c’était intéressant de traiter le 18ème siècle, les salons libertins avec les bougies, les scènes un peu osées. C’était intéressant. Mais une fois de plus, sur « Plus grandir » c’était pas ça du tout. C’était un château baroque qui pouvait se passer en 1985, comme en 1970, comme avant. C’était comme dans un rêve.

1986-22Pour toi une chanson et son clip sont des aventures ponctuelles ?

- Bien sûr. Sinon, c’est que je ne comprends pas bien. Je parle toujours de dramatisation, mais c’est vrai qu’une chanson n’est qu’une chanson. On en fait ce qu’on veut, on l’habille, on la déguise, on en fait des choses merveilleuses, mais il ne faut pas se reposer là-dessus. Sinon ou on n’avance pas, ou on ne réfléchit pas trop.

C’est peu de choses une chanson et, à la fois, c’est tout. Quand j’ai pris le chemin du studio pour une autre, l’aventure de la précédente est terminée.

Pourquoi fais-tu ce métier ?

- Parce qu’il m’est essentiel pour l’instant. Je me donne le droit de changer d’humeur dans quelques années. Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui se mentent, et spécialement les artistes, quant ils disent : « C’est ma vie ». C’est vrai que sur le moment, c’est ma vie aussi ! Mais il faut se donner la possibilité de faire aussi d’autres choses.

Quelles sont tes envies en dehors de la chanson ?

- Il y a le cinéma, mais pour l’instant je peux plus facilement me livrer au métier de la chanson, qu’au cinéma.

C’est encore une autre entreprise difficile.

Quels sont tes projets immédiats ?

- On va sortir un autre 45-trs qui ne sera pas extrait de l’album. On travaille dessus.

Le succès fait peur pour la suite ?

- On appréhende la suite parce que, qui dit succès, dit forcément couteau sous la gorge pour le pas suivant.

C’est quelque chose que je sais, et que je sais trop bien. Donc il faut aller un peu plus loin que ça. Bien sûr, il faut faire attention à cette identité qui tout d’un coup peu prendre des proportions démentes…

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

Aspect mi-victime mi-bourreau avec Mylène F.

Posté par francesca7 le 15 février 2014

 

    sanslogique75Malgré une réponse que Laurent Boutonnat juge visiblement disproportionnée à l’effort fourni, les commentaires qui accompagneront les rediffusions de ses clips s’axeront sur les enrichissements que le réalisateur a ponctuellement donné à la forme. Émancipation diront les uns pendant que d’autres parleront de contournement. Il changea son système de financement, l’enrichit d’attributs propres à la production indépendante, et fit d’un objet à priori de promotion une œuvre à promouvoir. Ces particularités ont un double objectif : se démarquer du flux environnant afin de promouvoir l’artiste, puis ouvrir la voix au traitement approfondi d’histoires plus longues que celle du clip-type. Comme allonger des histoires déjà simplistes ne suffit pas à “sortir du lot”, il faut donner aux personnages des profils se démarquant de ceux d’interprètes de clips à structure habituelle. Ceux-ci se montrent habituellement sous leur meilleur jour, capables d’exploits surhumains comme de surpuissance sexuelle. Qu’il soit vainqueur ou qu’il sorte valorisé de sa prestation, l’artiste est de toute façon rendu supérieur par son vidéo-clip. Puisque Boutonnat semble s’attacher à contredire une par une chaque contrainte inhérente à la forme du clip, une question se pose quant à l’appréhension des rôles qu’il donnera à son artiste qui occupera la place centrale : Comment se soustraire à la mise en valeur systématique et à la surexposition des artistes dans les clips tout en faisant de la chanteuse son objet principal ? La solution est pour le manager Laurent Boutonnat de trouver une cohérence très forte entre ce rôle à l’écran et ce personnage public qui devra parler de lui dans les interviews. Prenant très probablement ombrage sur son vécu personnel, Boutonnat crée avec l’accord de la chanteuse Mylène Farmer un personnage qu’elle devra camper à chacune de ses prestations, qu’elle soit musicale ou verbale. La naissance de l’aspect public de ce personnage se fera à partir de 1985. C’est à partir de cette date qu’on trouvera dans les interviews de la chanteuse les premières traces de maux prononcés. Elle se refusera désormais à parler de son enfance prétendument douloureuse, alors que cela ne lui posait aucun problème un an auparavant

1984-1985 : Naissance d’un personnage par sa victimisation à outrance

 

sanslogique118Ce qui différencie le plus la création de ce rôle par rapport à ceux endossés par d’autres interprètes réside dans le soin apporté à sa faiblesse. Sans parler d’anti-héros, le personnage inventé pour son égérie par Boutonnat rassemble assez de contradictions, de défaites et de névroses pour qu’il en devienne à la fois attachant et intrigant. Aussitôt que Laurent Boutonnat réalise ses premiers clips, l’héroïne qu’il créé subit d’ors et déjà davantage qu’elle ne fait subir : battue puis décapitée dèsMaman à tort, elle est violée dans Plus grandir. C’est dans ces deux clips de jeunesse que le réalisateur a probablement pris le plus ombrage de ce qu’il avait vécu comme des échecs dans son enfance. Dans un cadre familial tout d’abord, Laurent Boutonnat est l’aîné d’une famille de cinq enfants. On retrouve les relations parfois conflictuelles figurées par un unique plan succédant aux pancartes « Maman à tort ! » brandies par la petite famille : La tête de la grande sœur est posée sur une table autour de laquelle ses frères et sœurs vindicatifs s’apprêtent à s’acharner à coups de fourchettes. Laurent Boutonnat lors d’un interview avait aussi parlé des difficultés qu’il avait eu chez les jésuites où il avait fait une partie de sa scolarité ; ce qui explique peut-être l’apparition des deux nonnes de petites tailles dont l’une frappe avec une règle les mains de la jeune fille fautive agenouillée devant elle, pendant que l’autre lit des versets de la Bible. On peut également lire l’influence de toute une éducation religieuse dans l’animation de la statuette de pierre représentant la sainte vierge qui se cache les yeux devant un viol qu’elle ne pourrait supporter. Un plan qu’aurait pu tourner Cocteau, et qui est peut-être la vision d’un enfant devenu adulte sur son éducation refusant de voir le chemin autodidacte que son élève a osé prendre. Autant dans Maman à tort que dans Plus grandir, la mort de l’héroïne est impliquée, mais étrangement jamais montrée. Alors qu’on l’imagine prochainement dévorée par sa fratrie, la grande sœur du premier clip bénéficie de l’absence d’une réelle intrigue et d’une narration confuse pour renaître au plan d’après grâce à un montage a-chronologique. Dans Plus Grandir, seule une danse accompagne le vieillissement de la jeune fille, qui finira dans un grand état de déchéance physique, immobile derrière une fenêtre ouverte. Sa mort ne sera évoquée symboliquement qu’au dernier plan, lors de son passage devant sa propre tombe. Malgré ces outrages perpétuels qui présentent au public un nouveau personnage, c’est pourtant sa mort montrée sous tous les points de vue à la fin de Libertine qui la fera naître à ses yeux.

Lire la suite ici  

Publié dans Mylène Autrement | Pas de Commentaires »

Mais Mylène, qui est donc Laurent B.

Posté par francesca7 le 7 février 2014

 

images (2)Que sait-on de Laurent Boutonnat ? Finalement peu de choses, tant ses interviews sont rares ; qu’il a été dans les années 80/90 le réalisateur de clips dont on a le plus parlé sans jamais le voir ; ceux de Mylène Farmer. L’écrivains Philippe Ségui évoque le mieux, en peu de mots, le mieux le réalisateur :

« Laurent Boutonnat fonctionne par odeurs. Celles de la neige, du vent, du froid et celle aussi de la misanthropie. L’œuvre est souvent tragique et affiche une douleur, une solitude et un univers qui lui sont propres. Ses films qui n’ont pas d’âge nous parlent d’un monde mélancolique qui a la couleur de la fatalité ».

Laurent Pierre-Marie boutonnat est né le 14 juin 1961 dans le XIVè arrondissement de Paris, de Pierre-Louis Boutonnat et marielle Brunher (mariés depuis le 16 juin 1960). Du côté de son père, Laurent Boutonnat est le petit fils de Charles Boutonnat, administrateur de la France d’Outre-Mer, et de Alice Nivot. Non moins célèbre dan les monde des chefs d’entreprise, Pierre-Louis Boutonnat, le père de Laurent, est né à Saint Louis au Sénégal le 4 février 1935 et a derrière lui une impressionnante carrière : tour à tout dirigeant de dizaines d’entreprises, puis de la Croix Rouge, et toujours en 2004 de la société WWF, il a été décoré de la Légion d’Honneur, de l’Ordre National du mérite, et figure dans le Who’s Who officiel.

Laurent Boutonnat grandit avec son frère Dominique et ses trois sœurs au 51 Bd Auguste Blanqui dans le XIIIè arrondissement de Paris : Caroline, Bénédicte, et Stéphanie, devenue journaliste à la matinale de France Inter jusqu’à fin 2008, avant de travailler pour BFM TV. Il se servira d’ailleurs de membres de sa famille pour monter ses sociétés d’éditions phonographiques et aussi de son petit frère Dominique dans son premier long métrage : Ballade de la Féconductrice en 1980. le même qui produire Jacquou le Croquant 26 ans plus tard. Laurent Boutonnat a déjà réalisé dans son enfance de nombreux courts-métrages amateurs avec la caméra Super 8 de ses parents. Son premier essai date d’ailleurs de 1971 où il transpose Bambi chez les humains. Lors de ses fils il dit vouloir déjà tout maîtriser : de la mise en scène à la musique, du maquillage à l’interprétation elle-même ! Parallèlement, i étudie la musique, notamment le piano dès l’âge de cinq ans.

Vidéo : Ballade de la Féconductrice :

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=2pTMjfj8kQw&feature=youtu.be

Au collège, Laurent Boutonnat est chez les jésuites. On retrouvera d’ailleurs des traces de cette éducation dans le clip de Plus Grandir (1985). Il s’y déplaît n’est doué qu’en littérature et est plusieurs fois renvoyé. A quinze ans il décide d’abandonner ses études pour aller chercher du travail. C’est aussi l’âge à partir duquel il abandonne l’apprentissage des instruments que lui faisaient apprendre ses parents, et notamment celui du piano. Parallèlement aux petits boulots qu’il cherche, Laurent prend des courts de théâtre durant trois ans et il écrit chez lui avec un professeur d e philosophie. Il déclarera plus tard « avoir pris goût à cela »…

Laurent Boutonnat le sait déjà : son unique objectif est le cinéma. Il commence à développer dans sa t^te plusieurs projets de long métrage dont un film nommé Giorgino (qu’il reprendra dix ans plus tard). Il réalisera finalement Ballade d la Féconductrice qui restera deux semaines à l’affiche à Paris . Plutôt que de retourner à l’école, Laurent Boutonnat, déçu, ne fait plus rien jusqu’à sa rencontre avec Jean-François Chauvel. Ce grand reporter de télévision (mort en 1986) devait tourner plusieurs émissions de reportages scientifiques sur les énergies nucléaires. Laurent Boutonnat saisit sa chance et postule comme caméraman pour toute la série d’émissions. Il avouera plus tard : « J’avais prétendu m’y connaître en technique pour qu’il me prenne, et j’ai dû potasser le manuel comme un fou !  il part donc pendant un an dans les quatre coins de la France pour tourner les images de ces reportages, « La meilleure école » selon lui.

Laurent Boutonnat a alors 20 ans et se lance dans une nouvelle aventure où il utilisera ses facultés d’écriture et son expérience récente dans le journalisme. Toujours avec le sens du subversif et son goût du morbide, il commence des recherches pour écrire un lire sur l’infanticide. Parallèlement à cela il réalise des publicités télévisées, non par vocation mais tout simplement pour gagner un peu d’argent. Il signe également en 1982 la musique du court-métrage « Panache » de Pascal Deligné, qui deviendra son assistant sur Plus Grandir. Laurent tourne donc plusieurs sports pour des produits de consommation courant (barres chocolatées, ligueur et champagne) puis s’associe à un producteur travaillant pour le circuit Parafrance. Celui-ci lui proposera d e tourner un film d’horreur en deux semaines de tournage pour un budget de 230 000 Euros. Le film ne verra jamais le jour. C’est à cette période que la première version de Giorgino sera écrite par lui. Un soir, alors qu’il est accompagné d’un ami : Jérôme Dahan , il décide d’écrie avec lui les paroles d’une chanson ayant trait à cette enfance qui le hante tant. Le lendemain Jérôme Dahan en écrit la musique et le résultat ne leur déplait pas. Ils viennent en fait d’écrire les paroles de maman a tort, le futur tube de l’été 1984. Laurent Boutonnat laisse peu à peu de côté le sulfureux libre qui ne verra jamais le jour.

Les paroles qui évoquent la folie, l’abandon, et le saphisme seraient encore plus explosives dans la bouche d’une enfant. Après une tentative avec une jeune fille de quinze ans qui pose trop d e problèmes juridiques, Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat organisent un casting où se présentent une cinquantaine de filles dont Mylène Farmer, qu’il avait croisé quelque temps auparavant au bras de Dahan. Laurent boutonnat la choisie immédiatement, sans même l’avoir entendue chanter, à cause de son air « psychotique » dont il parlera à Noël Mamère en 1986 au journal télévisé. Lors de ces premières interviews télévisées, on se rend compte que Laurent Boutonnat s’exprime comme le producteur Christian Fechner. Après un clip tourné en vidéo avec un budget de 760 Euros, il aura un projet de vrai court-métrage pour la chanson.

 » C’est un homme qui a un physique romantique. C’est un homme qui a ses névroses. Qui a, je crois beaucoup de talents » Citation Mylène Farmer – Frequenstar – février 1989

Publié dans Mylène Autrement | Pas de Commentaires »

SUPER PLATINE interview Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 26 janvier 2014

 

Émission du 21 DÉCEMBRE 1985  – Présenté par JACKY  sur ANTENNE 2

1985-02-b

Mylène Farmer : (Avant même que Jacky n’ait pu parler) Bonjour tout le monde !

Jacky : Oui, voilà j’allais le dire justement ! (Mylène rit de bon cœur) Bonjour tout le monde, c’est « Super Platine ».

MF : Bonjour tout le monde.

J : Comment vas-tu, Mylène Farmer ?

MF : Et toi-même ?

J : Ben ça va très bien… (Aux téléspectateurs) Parce que c’est Mylène Farmer, tout le monde t’a reconnu, j’espère !

MF : Tu as l’air bien fatigué, Jacky.

J : Oui. Toi aussi, d’ailleurs !

MF : Ha bon ? Qu’est-ce qu’on a fait hier soir ?

J : On était ensemble, ou… ?

MF : C’est la question suivante, je pense !

J : Ha oui d’accord, ok ! Mais qu’est-ce que tu fais généralement, le w eek-end, toi au fait ?

MF : Ben écoute, vendredi soir, je crois que j’étais dans ton lit !

J : Oui…

MF : Et puis samedi matin, on s’est réveillés et puis on est venus là, en plateau.

J : Oui…Tu crois qu’on peut le révéler, comme ça, aux téléspectateurs ?

MF : Oh, c’est pas grave.

J : C’est pas très grave, ça y est, tant pis ! On va parler du programme de « Super Platine », ok ?

MF : Oui, avec plaisir !

J : On va démarrer par Alba, ça s’appelle « Only Music Survives ».

MF : Hmm…

J : Très sympathique. Ensuite, Bruno Grimaldi, ça s’appelle « Retour de Manivelle ».

MF : C’est bien !

J : C’est sympa, hein ? (Il continue sa liste) Sun City…

MF : Ca me dit quelque chose…

J : (Toujours énumérant les invités) : Mylène Farmer : tu connais ?

MF : Non, c’est qui ?

J : Deux chansons de Mylène Farmer…

MF : Et y a un clip, je crois ?

J : Oui ! « On est Tous des Imbéciles », et après « Plus Grandir ». Après, les Korgis : tu connais ?

MF : Oui, oui…

J : Egalement, et les Communards.

MF : Ha ça, j’adore !

J : Tu adores ?

MF : Oui.

J : Pour quelle raison ?

MF : Je trouve cette chanson (ndlr : « You are me World ») très très belle et un peu baroque.

J : Très baroque. C’est pour ça que ça s’appelle les Communards !

MF : Hmm…En tout cas, c’est très intéressant.

J : On va commencer par quoi alors, pour voir si tu m’as écouté !

MF : Heu…Alba l’beurre (ndlr : mort de rire !)

Diffusion de la chanson de Alba.

S’ensuit d’autres séquences sans Mylène où Jacky lance plusieurs autres clips, dont celui de Sun City.

J : Voilà, c’était Sun City, dans « Sun City ». Sympa, hein ?

MF : Avec Sun City !

J : (…) Superbe chanson contre l’apartheid.

MF : Absolument. Il y a des grandes stars, je crois, qui chantent pour ce…

J : Très grandes stars…Dis-moi Mylène, est-ce que ta maman a toujours tort ?

MF : Très bonne question ! Ma maman s’en est remise depuis. Après, on a eu « On est Tous des Imbéciles » (rires) !

J : Oui, alors des imbéciles s’y sont retrouvés ?

MF : Des imbéciles s’y sont retrouvés, mais là tout va bien !

J : Tout va très bien…

MF : Et elle vous embrasse d’ailleurs ! (sa maman, ndlr)

J : D’accord. Tu me vouvoies, maintenant ?

MF : Oui, ça change !

J : Ha bon, ça change un peu, oui. Et « Plus Grandir », alors : qu’est-ce qui se passe ?

MF : Il se passe que il y a un clip qui s’est greffé sur cette chanson, et auquel je tiens énormément. C’est un clip qui a été réalisé par Laurent Boutonnat.

J : En cinémascope ?

MF : En Cinémascope, oui.

J : Pourquoi ?

MF : Parce que c’est magnifique, le Cinémascope. C’est peu usité, en plus, surtout en clip.

J : Et tu trouves que ça se prête à la télévision française, ou étrangère, le Cinémascope ?

MF : Oh oui, tout à fait.

J : Ca te gêne pas qu’il y ait des…

MF : Les deux barres ? Non, ça c’est le cachet en plus. Donc, c’est un clip que j’aime beaucoup.

J : Ben oui, je m’en doute !

MF : Non, je m’en doute pas ! Là, c’est vraiment sincère et j’ose le dire.

J : T’as peur de vieillir, alors ?

MF : J’ai peur de grandir, oui. T’as pas peur de grandir, toi ?

J : Non, moi je suis arrivé à mon top-niveau, si tu veux : je fais 2, 20 mètres, ça va hein ? (rires de Mylène) Non mais la vieillesse, ça te fait vraiment peur ?

MF : Oui, c’est quelque chose qui me fait peur, mais je crois que c’est un sentiment qui est commun à beaucoup de personnes, hein ?

J : Ben oui, je pense. Ok. Donc, on va d’abord regarder « On est Tous des Imbéciles».

MF : Le scopitone, comme on dit, non ?!

J : Ha non, pas « scopitone » t’es quand même pas si vieille que ça, écoute !

MF : Je suis encore jeune ! (rires)

J : Alors, « On est Tous des Imbéciles », et ensuite « Plus Grandir ».

MF : D’accord.

J : OK ?

1985-02-cMF : Yes !

J : Allons-y, medley de Mylène Farmer !

Diffusion à la suite de la séquence où Mylène chante « On est Tous des Imbéciles » enregistrée pour sa venue à la même émission en début d’année et du clip « Plus Grandir » (la séquence d’ouverture a été coupée).

D’autres clips suivent, notamment un de Jimmy Sommerville et les Communards.

J : Hé bien voilà, c’était les Communards. Sympa, les Communards hein ?

MF : C’est très bien. Comment elle s’appelle, sa chanson, déjà ?

J : « You are my World ».

MF : A ton avis, il s’adresse à une fille ou un garçon ?

J : Peut-être aux deux, non ?

MF : Non, je crois que c’est à un garçon.

J : Ouais, moi aussi, mais enfin…

MF : C’est ce qu’on m’a dit.

J : Qu’est-ce que tu fais pour Noël ?

MF : Pour Noël, je crois que je vais m’occuper de mon petit singe, comme ce sera son premier Noël avec moi.

J : C’est ton enfant ?

MF : C’est mon bébé, oui.

J : Un bébé singe !

MF : Je vais le cajoler, je vais lui offrir plein de cadeaux !

J : Et faire un sapin de Noël ?

MF : Peut-être un sapin de Noël, oui. Très bonne idée !

J : (Aux téléspectateurs) En tout cas, moi je vous souhaite un joyeux Noël, parce que c’est quand même dans trois-quatre jours, hein !

MF : Ha oui, joyeux Noël…

J : …à tous…et à toutes !

MF : Oui ! (rires)

J : L’émission se termine, Mylène.

MF : C’est dommage.J : C’est dommage, hein ? On se reverra ?

MF : Il me semble qu’à la première émission, on s’était embrassés sur les deux joues, et là je crois qu’on peut faire plus fort !

J : C’est-à-dire ?

MF : On peut se faire un baiser sur la bouche !

J : Heu… (Aux téléspectateurs) Qu’est-ce que vous en pensez ?

MF : Allez !

J : Bon d’accord ! Je dis au revoir d’abord, parce qu’après ça va être terrible ! (…) Excusez-moi, je suis déjà un peu troublé d’avance !

MF : Assume !

J : Au revoir, et joyeux Noël !

Le générique se lance sur un gros plan de profil de Mylène et Jacky se faisant un baiser sur la bouche !

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

émission CARGOT DE NUIT avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 janvier 2014

 

RTBF (Belgique) – le 11 DÉCEMBRE 1985  –

Présenté par Jean-Louis SBILLE

1985-03-b

Vêtue d’un pantalon noir noué à la taille par un large ruban vert et d’un simple soutien-gorge vert par-dessus lesquels elle porte une  grande tunique verte elle aussi, Mylène interprète « Plus Grandir » sur le plateau de cette émission belge.

A la fin de la chanson, et alors que le playback finissant en fondu laisse entendre un court instant sa voix live lorsque son micro est rallumé, Mylène est rejointe par l’animateur Jean-Louis Sbille.

Jean-Louis Sbille : « On est tous des Imbéciles », « Maman a Tort »…

Mylène Farmer : (en même temps que l’animateur) Et « Plus Grandir » !

JLS : Ca, c’est le dernier 45-tours de Mylène Farmer !

MF : Oui.

JLS : Alors, quand avez-vous arrêté de grandir, Mylène ?

MF : Hé bien mon cher Jean-Louis, j’ai arrêté de grandir le jour où je vous ai rencontré parce que j’ai eu un tel choc que ma croissance s’est arrêtée ! (rires)

JLS : C’est le première fois qu’on me le dit !

MF : C’est vrai ?!

JLS : Ha oui, oui, oui !

MF : J’en suis contente !

JLS : Dites donc, qui vous habille ?

MF : C’est moi qui m’habille. Et qui me déshabille ? C’est mon petit singe !

JLS : Votre petit singe ?

MF : Oui, j’ai un petit singe. C’est un capucin, ça a des petites mains et il aime trifouiller partout !

JLS : (regardant ses propres mains) Oui ?

MF : Elles sont un peu plus petites que les vôtres ! (sourire)

JLS : Il s’appelle comment ?

MF : Il s’appelle E.T. !

JLS : E.T. ? Comme « E.T. » ?!

MF : Comme « E.T. » !

JLS : Alors, j’ai entendu dire que vous prépariez un 33-tours –votre premier 33-tours- pour très bientôt, pour le mois de janvier ou février…

MF : (elle acquiesce) C’est ça…

JLS : Et un 33-tours, c’est un petit peu des cendres de lune sur du vinyle…

MF : (dans un sourire) Oh, quel poète ! Ecoutez, devant ça je ne peux plus rien dire ! (rires) (Notons en effet la malice de l’animateur qui cite sans le citer le titre du premier album de Mylène, qui jusque là n’avait encore jamais été annoncé par celle-ci, nda)

JLS : Ha non, non, non ! C’est vrai ?!

MF : Oui, j’ai un album qui sort en février (l’album « Cendres de Lune » sera finalement commercialisé au mois d’avril suivant, nda), qui me tient énormément à cœur et qui comportera neuf titres, je pense. Neuf ou dix, dont « Maman a Tort » et les deux autres disques. (Si la première version commercialisée de l’album contiendra bien neuf titres, il n’inclura jamais « On est Tous des Imbéciles » comme Mylène semble pourtant vouloir le dire ici, nda)

Fin de l’émission.

 

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

Mylène Farmer chez Christian Ouvrier

Posté par francesca7 le 23 janvier 2014

NUMÉROS 1 pour Mylène Farmer 85

MAI 1985 – Entretien avec Christian OUVRIER

1985-04-b

Quelles sont tes espérances avec ce deuxième 45-Tours ?

- Mes espérances c’est de créer un style, le style Mylène Farmer, mais c’est un travail de longue haleine. Avec mon nouveau titre je pense aller dans ce sens.

Maman a tort eu diverses interprétations, peux-tu m’en parler ?

- C’est vrai et je trouve ça assez extraordinaire pour une même chanson. Je pense que les plus jeunes ont aimé le côté comptine et qu’ils ont utilisé un peu comme slogan ‘Maman a tort’. A l’opposé, d’autres ont aimé ce titre pour son côté tabou « j’aime ce qu’on m’interdit, j’aime les plaisirs impolis ». Enfin, j’imagine que certains ont pu encore avoir une autre interprétation du texte…

Y a-t-il eu des réactions négatives ?

- C’est vrai que « Maman a tort » a quand même eu quelques problèmes. Je ne sais pas si c’est au niveau de la compréhension, mais le texte a choqué quelques personnes. Je trouve ça assez stupide d’ailleurs. Jacques Dutronc dit bien ‘Merde in France’ et tout le monde s’extasie. Moi je me suis contenté de dire que j’aimais les plaisirs impolis…

Cette version anglaise de « M aman a tort » que tu as enregistrée, que devient-elle ?

- On s’en occupe, ou plutôt c’est en cours… Le disque qui est sorti en France, devrait sortir au Canada dans les deux langues. Il devrait également sortir en Allemagne. Après je ne sais pas, c’est plutôt difficile de s’imposer dans les autres pays. Quand à l’Angleterre et les Etats-unis ce n’est même pas la peine d’y penser !

J’ai entendu quelqu’un dire un jour que les Américains ne nous attendaient pas. C’est monstrueux de dire ça, mais c’est vrai que les Américains ont tout ce qu’il faut. Ils ont un professionnalisme que les Français sont loind’avoir… Je trouve qu’il est un peu utopique de vouloir aller dans ces pays, mais pourquoi pas ?

Parle-moi de ton équipe ?

- L’équipe se résume à trois personnes : Jérôme Dahan, Laurent Boutonnat et moi. Jérôme est dans la musique depuis sa plus tendre enfance, Laurent est plus orienté vers le cinéma. C’est intéressant, car c’est un peu ce que j’aimerais refléter. Un côté chanson c’est évident puisque je chante, et un côté cinéma obtenu par le visuel (ma façon de bouger, d’interpréter, etc…). Jérôme et Laurent ont écrit « Maman a tort » ensemble. Pour ce qui concerne le nouveau 45-trs, « On est tous des imbéciles » est l’oeuvre de Jérôme Dahan et la face B, « L’annonciation », celle de Laurent Boutonnat.

Et toi dans tout ça ?

- Moi, je chante ! (rires). Pour l’instant je dis oui ou non, lorsque l’on me propose une chanson. Je dis pratiquement toujours oui d’ailleurs, car j’aime bien ce qu’ils font. En studio, j’ai le droit de lever le doigt et de poser des questions ! Cela dit, c’est vrai qu’en musique je ne m’y connais pas, je ne peux qu’instinctivement dire que j’aime ou pas. La partie où j’interviens surtout, c’est dans l’interprétation des chansons, le visuel pour la télévision, les galas… Le travaille se fait en équipe et personne n’est tenu à l’écart…

Comment réagis-tu face au succès de « M aman a tort » ?

- Plutôt bien ! (rires). Je ne pense pas avoir la grosse tête, et puis peu importe, c’est le cadet de mes soucis…

Chanter est à la fois un métier passionnant, mais aussi un métier de dérision. C’est un peu ce que je dis dans « On est tous des imbéciles ». Ce qui est surprenant par rapport au succès, c’est que du jour au lendemain on est propulsé, et que l’on se retrouve avec une nouvelle image, que les gens vont s’arracher. (Enfin pas pour moi, il ne faut rien exagérer !). Ils vont te demander des autographes, et le moindre bout de papier ou de tissu, aura de l’importance. C’est ça que je trouve quand même drôle et dérisoire. Personnellement, j’aurai plus d’estime pour un chercheur en médecine qu’un chanteur.

As-tu des projets ?

- Logiquement nous devons faire le clip sur « On est tous des imbéciles », le scénario du clip a été écrit. Tout est terminé, il ne manque plus maintenant que le tour de manivelle et les sous… Obtenir l’argent devient un gros problème, car avec ce qui vient de se passer au Midem, les maisons de disques ne sont plus prêtes à avancer de grosses sommes d’argent pour la réalisation des clips. C’est l’avenir du clip qui est en suspend. Dans les semaines à venir je vais faire des galas comme tous mes amis chanteurs…

 

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

FR3 Normandie avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 janvier 2014

HÉ, LES COPAINS ! C’EST MON ANNIVERSAIRE – Mylène Farmer

Émission FR3 NORMANDIE du 3 AVRIL 1985

Présenté par Dominique

1985-08-a

Le contexte de cette émission est pour le moins insolite puisque Mylène est rien moins que le cadeau d’anniversaire d’Ingrid, qui fête ses dix ans sur le plateau de FR3 Normandie.

Le principe de cette émission est en effet d’accueillir un enfant qui fête son anniversaire, accompagné de ses amis. Ils participent ensemble à différentes rubriques, en compagnie d’un invité spécial. C’est donc Mylène qui est présente ce jour-là, vêtue de sa grenouillère verte surmontée d’une petite veste noire.

Cette émission propose également la singularité de voir Mylène répondre aux questions des enfants, aidés par la présentatrice, qui s’adresse à Mylène sur le même ton qu’aux enfants (sic !)

Dominique : Alors dites-moi, je sais que dans les ventes de 45-trs de notre région il y a surtout, surtout Mylène Farmer. Hein ? (les enfants confirment à l’unisson) On l’entend sans arrêt ! On l’entend sans arrêt chez nous, sur les radios ! Et puis, je me suis un petit peu renseignée, c’est une des plus grosses ventes de 45-trs de notre région, et cet après-midi Mylène Farmer, elle est avec nous en direct sur FR3 Normandie !

Mylène Farmer : Bonjour ! (les enfants lui répondent à l’unisson)

D : Bonjour M ylène ! (aux enfants) Alors, dites-moi : vous êtes contente de la voir ? (ils confirment tous d’une seule voix) Vous avez préparé des questions pour elle ? Oui ? On commence tout de suite ? M ais pas des questions trop méchantes, hein ! Des gentilles ! Alors, qu’est-ce que tu voudrais demander, Ingrid ?

 Ingrid : Vous avez déjà fait des tournées ?

MF : Non. Ce qu’on appelle des tournées, je n’en ai pas encore faites pour la bonne raison que je n’ai à chanter pour l’instant que trois chansons (« Maman a Tort », « On est Tous des Imbéciles » et « L’Annonciation », nda) et pour faire des tournées, il faut au moins un album derrière soi. Par contre, je participe de temps en temps à des galas : c’est-à-dire, c’est un plateau, ça va de cinq à dix-sept chanteurs et on passe, comme ça, en rang d’oignon, à la file ! (large sourire)

 Ingrid : Autrement, est-ce que vous comptez en faire ?

MF : Bien sûr ! J’espère que j’en ferai ! Je sortirai, je pense, l’album aux alentours de septembre (1985, mais suite à sa rupture de contrat avec RCA et son arrivée chez Polydor, les plans de Mylène seront bouleversés, nda) donc après, si ça marche toujours, j’y penserai !

D : L’album, ça veut dire donc qu’en ce moment vous enregistrez d’autres chansons, que vous préparez d’autres chansons…

MF : Voilà. Pour l’instant, je travaille à cet album qui comportera, je pense, dix chansons maximum. Donc c’est un travail de studio –et un travail chez soi aussi !

D : Bon alors, justement, on va parler des chansons. Est-ce que vous allez rester dans ce style de chansons ? (aux enfants) Parce que c’est quand même un petit peu particulier : si vous avez bien écouté les paroles des ses chansons, elles sont quand même un petit peu provocantes, hein ! Dans une première chanson, elle nous dit carrément qu’elle aime l’infirmière, et dans une seconde chanson elle nous traite d’imbéciles, et on aime ça ! On aime bien ! (rires de Mylène) N’importe qui te traiterait d’imbécile dans la rue, je sais pas ce que tu dirais ! Alors elle, elle nous le chante et on aime bien ! (à Mylène) Alors, est-ce que c’est un choix ? Est-ce que vous allez continuer dans ce style de paroles ?

MF : Je pense qu’on continuera. Il ne s’agit pas de faire le plagiat à chaque fois des premières chansons, mais ce qui est important pour se démarquer des autres, c’est de créer un style, justement, donc je pense qu’on a commencé avec « Maman a Tort », qu’on continue avec « On est Tous des Imbéciles », donc c’est un créneau que je vais essayer de prendre, oui, d’installer.

D : Alors le parolier, c’est toujours le même ?

MF : Ce sont toujours les mêmes, c’est-à-dire il y a deux paroliers. Il faut citer les noms ?! (rires)

D : Bien sûr, bien sûr !

MF : Alors : Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat, voilà, qui seront j’espère fidèles.

D : Bien sûr, parce que c’est chouette quand même ! (à un des enfants présents) Qu’est-ce que tu en penses, toi ?!

 L’enfant : Ben heu…oui ! C’est super ! (rires collectifs)

D : C’est super ! M oi je pense la même chose que toi ! Bon dites-moi, M ylène : quand vous étiez petite comme Ingrid, qu’est-ce que vous vouliez faire ?

MF : Quand j’étais toute petite, je voulais être gendarme ! Vous voyez ! (rires)

D : Intéressant ! Gendarme !

MF : Gendarme ! Et après, étant un peu plus grande, je voulais me tourner vers le métier de monitrice d’équitation –parce que j’ai pratiqué l’équitation assez longtemps. Et puis après, comme j’étais un peu un pitre en classe, je me suis orientée dans le théâtre et dans la chanson.

D : Ha, on en apprend, des choses ! On apprend plein de choses, cet après-midi, hein ? D’abord elle voulait être gendarme, elle était un peu pitre en classe (rires de Mylène) et puis, bon, ça a l’air de pas trop mal tourner puisqu’elle est devenue une grande chanteuse, là maintenant ! Bon alors, et votre carrière, alors, ça s’est passé comment ? Ca a débuté il y a combien de temps ?

MF : Hé bien maintenant il y a un an, et elle a démarré un peu par hasard et avec beaucoup de chance. J’ai rencontré donc ces deux personnes que j’ai cités tout à l’heure –qui sont et mes producteurs et compositeur – et qui avaient composé « Maman a Tort » et puis voilà…je les ai rencontrés et ils m’ont proposé cette chanson et puis après, ça fait boule de neige !

D : Et là, ça n’arrête plus ! (aux enfants) C’est chouette, une carrière comme ça, hein ? Parce qu’on a reçu sur ce plateau des chanteurs qui nous disaient ‘M oi, ça fait dix ans que j’essaie de me produire, que je galère, en quelques sortes, et ça se passe pas toujours bien’. Je crois qu’il faut effectivement trouver le bon style. Ce qui nous sauve un peu, c’est vrai, c’est le style ! (en référence au refrain de « On est Tous des Imbéciles », nda)

MF : Je le pense aussi ! (rires)

D : Il faut trouver son style et il faut que ça marche, il faut que ça plaise ! Bon dites-moi, M ylène, vous aimez les dessins animés ?

MF : (elle s’illumine) Oui ! Oui, oui ! J’aime bien Droopy ! C’est le seul dont je me rappelle ! (rires)

D : Hé bien là, ça sera pas Droopy, ça sera Donald !

MF : D’accord ! C’est très bien aussi ! Diffusion du cartoon de Donald « Nettoyeurs de carreaux »

D : Bon alors, dites-moi M ylène, vous allez interpréter une première chanson, c’était le premier 45- tours…

MF : Oui.

D : …et ça s’appelle… ?

MF : « Maman a Tort »

D : (alors que l’introduction de la chanson démarre et que Mylène, surprise, se lève d’un bond pour se mettre en place) Je vous rappelle que c’est Mylène Farmer, qu’elle est en direct dans le studio pour FR3 Normandie !

A coté du cube sur lequel elle était assise jusqu’à présent, Mylène chante « Maman a Tort » en ajoutant de nombreuses mimiques à ses pas de danse. Détail amusant : un petit garçon présent sur le plateau passe toute la chanson à se boucher les oreilles en faisant la moue, visiblement gêné par le volume sonore pendant qu’une petite fille passe la chanson à compter sur ses doigts au rythme des couplets.

D : Bravo ! Alors M ylène, vous venez nous rejoindre. (Mylène reprend en effet sa place sur le plateau) Combien de 45-trs vendus avec « M aman a Tort » ?

MF : C’est la question ! Hé bien, je pense que nous avons vendu à peu près 160.000 45-trs.

D : M oi je trouve que c’est beaucoup quand même pour un premier 45-trs ! (les enfants acquiescent)

Et puis alors pour le second dont on parlera tout à l’heure, là je crois que ça va battre des records ! (sic !) Je suis persuadée !

1985-08-d

Diffusion d’un extrait du long-métrage de Disney « La Belle et le Clochard »

Après la rubrique « Un métier pour demain », Ingrid se voit offrir un gâteau d’anniversaire et quelques cadeaux au nombre desquels le 45-tours « On est Tous des Imbéciles » sous le regard amusé de Mylène.

La présentatrice propose ensuite à Ingrid de saluer ses proches qui sont devant la télévision, puis demande aux autres enfants sur le plateau de faire de même…mais c’est Mylène qui saisit l’opportunité la première !

MF : Moi aussi !

D : Toi aussi tu as un bonjour à dire ? A qui ? A ta grand-mère ?!

MF : Non, je voudrais dire bonjour à mon papa et puis à ma maman !

D : A ton papa et ta maman ? Ils nous regardent, là, en ce moment ton papa et ta maman ?

MF : Non. Ils ne peuvent pas, non.

D : Bon, on leur enverra la cassette, écoute ! Qu’à cela ne tienne !

Ingrid prend à nouveau la parole :

Ingrid : Je voulais aussi remercie Mylène pour son disque !

D : Je crois qu’elle va te le dédicacer, alors ça ça va être un super disque après !

MF : Bien sûr ! (grand sourire d’Ingrid en direction de Mylène)

Mylène se lève pour chanter « On est Tous des Imbéciles » avant de retourner s’asseoir parmi les enfants.

L’animatrice se met alors en tête de faire chanter le refrain du titre aux enfants. L’un d’eux s’y colle avec plus ou moins de bonheur.

L’émission s’achève enfin par un extrait de « Pinocchio »

Publié dans Mylène en INTERVIEW | 1 Commentaire »

LE 12/13 FR3 AQUITAINE avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 18 janvier 2014

 

Émission du  6 MARS 1985 – Présentée par Michel ANDRÉ

« La provocation je crois qu’on en a besoin pour sortir un peu de la masse. »

1985-06-b

Cette émission régionale de la mi-journée mélange informations locales, variétés et chroniques. Les deux invités du jour sont le comédien Jean Richard, venu présenter son autobiographie, et Mylène Farmer en pleine promotion de « On est Tous des Imbéciles ». Elle interprète le titre en tout début d’émission et revient sur le plateau plus tard pour une interview croisée avec Jean Richard face à un présentateur qui ne la prend guère au sérieux…

Michel André : (il s’adresse à Jean Richard) Alors je voudrais vous demander : vous connaissiez Mylène Farmer ?

Jean Richard : Pas du tout ! (Mylène éclate de rire) Mais j’ai eu énormément de plaisir à l’entendre tout à l’heure !

MA : Vous avez entendu ce qu’elle a chanté ?!

JR : Ha oui !

MA : Nous sommes tous des imbéciles !

JR : Tous des imbéciles ! Elle a l’air de s’y connaître ! (Mylène éclate de rire à nouveau)

MA : D’où vient ce titre ?

Mylène Farmer : D’où vient ce titre ? Ben je vais vous dire surtout qu’il est très bien accueilli en général.

MA : Ha oui, mais ça c’est un autre problème ! C’est une provocation systématique ? Parce qu’une autre chanson, c’était « Maman a tort ».

MF : De la provocation, certainement. Agressive, je ne pense pas…

MA : Non, j’ai pas parlé d’agressivité !

MF : Non, on m’a déjà parlé d’agression, c’est pour ça que je tiens à préciser !

MA : Ha oui mais attention, moi je suis pas responsable de ce qu’on a pu vous poser comme questions ailleurs qu’ici !

MF : Oui, de la provocation je crois qu’on en a besoin pour sortir un peu de la masse.

MA : Alors vous êtes née à Montréal…

MF : Oui, au Canada.

MA : (Sarcastique) Ha c’est au Canada ? Dites donc ! Et vous aimez les voyages, vous y retournez ?

MF : Non, je n’y suis jamais retournée. Je voyage dans la France pour l’instant et j’avoue que je ne suis pas retournée au Canada, non.

MA : Mais qu’est-ce qui vous pèse le plus dans cette France d’aujourd’hui, dans ce métier que vous faites ?  Vous êtes quand même, je dirais pas débutante, mais vous êtes une toute jeune chanteuse.

MF : Oui…Qu’est-ce qui me pèse le plus ?

MA : Oui. Et qu’est-ce qui vous fait aussi le plus plaisir ?

MF : Si je pense à mon métier, je pense que c’est un métier difficile et pesant quotidiennement, mais qui est aussi à la fois essentiel pour moi et plein de réjouissances. Enfin, c’est…

MA : Vous aviez des raisons spéciales de vous lancer dans la chanson : une famille d’artistes ou de musiciens, un entourage… ?

MF : Non, du tout. J’avoue que j’ai eu beaucoup de chance et c’est un peu par hasard. Moi je m’orientais plutôt vers une carrière d’actrice, si elle m’était proposée. Et puis la chanson est arrivée très, très vite.

MA : En ce moment, on passe de l’un à l’autre assez facilement, alors la carrière d’artiste ça sera peut-être dans quelques années !

MF : Absolument, et je pense qu’il est plus intéressant de commencer, enfin en ce qui me concerne, de commencer par la chanson pour accéder au cinéma, parce que souvent l’inverse est beaucoup plus médiocre !

Le présentateur se tourne alors vers Jean Richard et revient longuement sur sa carrière. Ils parlent notamment de son célèbre cirque et fait réagir Mylène à ce sujet.

MA : Je demanderai en même temps à Mylène Farmer est-ce que le cirque vous paraît toujours un grand moment de la vie artistique ?

MF : (peu inspirée) Heu, je…Moi, j’avoue que le cirque ne m’a jamais beaucoup attirée ! Peut-être les…

MA : Ca vous fait peur ?

MF : Non ! J’ai l’impression que c’est toujours un peu la même représentation qui se fait. Donc on va une fois au cirque, j’ai l’impression que ça n’évolue pas beaucoup.

Jean Richard répond à Mylène en lui donnant sa vision du cirque traditionnel et de l’avenir qu’il espère pour celui-ci.

MF : Mais je veux bien, j’avoue que de toute façon je suis profane en la matière donc c’est vrai que j’ai pas vraiment à porter de jugement. Mais ce sont des gens que je respecte en tout cas parce qu’ils font un métier très dur et assez beau.

La conversation sur le cirque continue, notamment à propos des écoles de cirque dont Jean Richard désapprouve certaines méthodes. De nouveau, l’animateur demande son avis à Mylène.

MF : Moi j’avoue que je préfère les personnes qui apprennent sur le tas. Je crois que c’est plus intéressant pour un artiste. Je pense pas qu’on apprend le talent, d’une part…

MA : Oui mais y a pas un moment où, par exemple sur la composition, ou autres, y a des besoins qui se font sentir ?

MF : Mais non, c’est justement un peu le propos de la chanson (« On est Tous des Imbéciles », ndlr), c’est que effectivement y a la musique, qui est quand même un art très large, moi c’est plutôt variété, et je suis interprète donc très peu musicienne, et je le reconnais et à la limite je le revendique. Donc c’est vrai que les notes de musique pour moi n’évoquent pas grand-chose. J’ai pas besoin d’un…comment dire ? D ’une éducation musicale pour faire ce métier.

MA : Mais comment en dehors de ça vous dialoguez, vous rencontrez le parolier, le compositeur, il y a une préparation qui se fait en commun, ou ils vous amènent tout ça tout prêt et vous prenez ça ?

MF : Non ! Bien sûr, il y a une préparation, cela dit moi j’interviens sur les terrains que je connais un petit peu, à savoir sur le texte, je peux intervenir, sur l’interprétation ça c’est moi qui suis le maître, et puis les prestations…

Mais en ce qui concerne la musique, je peux donner des indications ou donner mon avis, mais c’est difficile de s’installer et de dire « Voilà, je veux ça, ça, ça ! » quand on ne connaît pas !

MA : Vous ne vous mettez pas au piano en préparant une chanson ?

MF : Non, j’avoue que j’ai jamais joué de piano. Un peu de guitare, mais…La conversation continue avec Jean Richard qui porte un regard très critique sur le cinéma français en ce début des années 1980.

MA : Vous allez au cinéma, Mylène Farmer ?

MF : Oui. Moi si j’ai un jugement à porter, je dirais qu’il y a une carence effectivement dans le cinéma, mais français surtout. A savoir que je pense que…

JR : Ca en fait partie ce que je viens de dire là…le cinéma français en fait partie.

MF : Je pense qu’il y a suffisamment de metteurs en scène de talent, y a beaucoup de moyens, beaucoup plus qu’avant, et finalement ça rattrape pas effectivement le cinéma de…

JR : … « de papa » !

MF : …d’avant, qui était de qualité. Le « cinéma de papa », oui !

MA : Et quel est le genre qui vous intéresse le plus ? Le style fantastique ?

MF : (spontanément) Non ! J’aime pas du tout ! J’avoue que la science-fiction, j’ai beaucoup de mal ! J’aime bien les films qui ont des thèmes…

JR : Moi j’étale mes regrets sur la comédie américaine.

MA : Mais hier soir, FR3 a diffusé « Dracula »…

MF : Voilà, ça je veux ! Tout à fait, oui !

1985-06-a

L’émission est sur le point de se terminer. L’animateur présente à nouveau les mémoires de Jean Richard et enchaîne sur l’actualité de Mylène.

MA : Alors, il faut écouter les chansons de Mylène Farmer ! Le prochain titre, vous l’avez déjà choisi ?

MF : Non. Le prochain, non, c’est en cours de préparation. Là, on prépare un album, et je vous dirai ça dans quelques temps !

MA : Ca sera du même style que les deux (45-Tours, ndlr) précédents ?

MF : Ben, ça sera un peu de « Maman a Tort », un peu de « On est Tous des Imbéciles », un peu de la face B, je crois qu’on essaye de…

MA : Ha oui, alors la face B on n’a pas eu le temps de l’écouter mais… « L’Annonciation » !

MF : Ca s’appelle « L’Annonciation », oui, ce qui est encore assez provocant, je crois ! (rires)

MA : Oui…Dédicacé à Sainte Thérèse d’Avila et à Papa !

MF : Sainte-Thérèse d’Avila, et à Papa oui ! C’était pour la rime. Et pour le plaisir aussi (rires)

MA : Bien ! Bonne route à Mylène Farmer avec ce nouveau disque.

MF : Merci…

MA : Vous le reconnaîtrez, elle a une robe rouge sur le disque. Elle a voulu faire le contraste sur notre plateau ! (Mylène porte en effet une large grenouillère verte)

MF : (Elle montre sa grenouillère) Non, j’ai pris mon habit de clown pour Mr Maigret ! (le commissaire incarné par Jean Richard, ndlr)

JR : (rire attendri) L’habit de clow n pour Mr Maigret ! C’est très gentil comme idée, en tout cas !

L’émission se termine avec l’annonce des programmes à suivre.

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

FR3 NORMANDIE – ROCKING CHAIR avec Mylène F.

Posté par francesca7 le 21 décembre 2013

1985-04-d

Présenté par Jan Lou JANEIR – 2 MARS 1985

« J’ai du caractère, et même un sale caractère. »

Mylène Farmer (assise à coté du présentateur, elle prend la parole pour accueillir les téléspectateurs) :  Bonjour, vous n’êtes pas sur FR3 Toulouse, mais sur FR3 Normandie ; l’émission n’est pas présentée par Guy Lux mais par Jan Lou Janeir ; je ne suis pas Chantal Goya mais Mylène Farmer ; la moquette n’est pas bleue, mais grise ; le décor n’est pas des palmiers, ce sont…

Jan Lou Janeir (l’interrompant) : S’il te plait…s’il te plait… Bon, t’arrêtes un peu ?! C’est bien sur le numéro 61 de « Rocking Chair » avec comme invitée vedette Mylène Farmer. Ca  s’annonce…conséquent ! (Mylène rit)

(Générique)

Jan Lou JANEIR : Salut, c’est « Rocking Chair », le numéro 61. Aujourd’hui, c’est pas vraiment simple puisqu’il sera question de femmes dans « Rocking Chair ».

MF : Je n’aime pas les femmes !

JLJ : Ca commence bien ! Avec comme invitée vedette Mylène Farmer : elle chante « Maman a tort », elle chantera aussi « On est tous des imbéciles », son nouveau 45-Trs -bravo, ça commence bien, très fort- avec aussi Biba et Les Bandits. Et on débute sans plus tarder avec une dame qui s’appelle Angelfred, le titre de la chanson « J’me félicite d’être là ».

MF : Moi aussi !

(…)

JLJ : L’invitée, aujourd’hui, de « Rocking Chair » je vous l’ai dit, elle s’appelle…

MF (elle achève sa phrase pour lui) : Mylène Farmer !

JLJ : Bravo, ben tu le sais par cœur ton nom !

MF : Oui, je l’ai appris !

1985-04-cJLJ : C’est un vrai nom ?

MF : Oui, c’est mon vrai nom.

JLJ : C’est pas un pseudonyme ?

MF : Non, non…

JLJ : Bon, ben je te le dis : ça sonne bien. Tu es née où ?

MF : Je suis née à Montréal, au Canada.

JLJ : Tu es québécoise ?

MF : Je suis québécoise, donc, et puis je vis en France depuis maintenant 8 ans. Et je suis plus française que canadienne.

JLJ : T’as pas l’accent du tout !

MF : Non, du tout. J’aime pas l’accent canadien.

JLJ : Pourquoi ?

MF : Ben, c’est…j’allais dire c’est un accent vulgaire. C’est un peu fort, mais c’est un accent que j’aime pas, qui ne m’est pas très familier.

JLJ : Tu es quelqu’un qui me donne l’impression de ne pas aimer grand-chose : c’est vrai ?

MF : Ca y est ça commence ! Pas du tout, je t’aime Jan Loup ! (rires)

JLJ : J’ai l’impression que tu es quelqu’un de vif !

MF : Je suis quelqu’un, oui, qui a un caractère, et même un sale caractère.

JLJ : Pourquoi tu dis ça de toi ?

MF : Parce que les techniciens vous le diront. D’ailleurs, ils sont derrière leurs caméras, ils peuvent rien dire, là, mais je suis sûre qu’ils… (rires)

JLJ : Mais dans le métier, t’es quelqu’un d’un peu dur ?

MF : Dur ? Non, je suis quelqu’un qui aime les choses bien faites. J’essaie, moi, de faire les choses bien, et j’aimerais que les gens fassent la même chose.

JLJ : Mais t’as pas l’impression qu’on est obligé de travailler avec tout le monde ? Par exemple, quand tu fais « Maman a Tort », ce grand tube qu’on va découvrir dans quelques instants, ce n’est pas toi qui écrit ni compose.

MF : Non. En fait, nous formons une équipe de trois personnes : il y a Jérôme Dahan, Laurent Boutonnat et moi-même. Les deux garçons composent, écrivent musique et paroles, et puis moi j’interprète.

JLJ : Mais tu m’as pas répondu : c’est pas simple de travailler en équipe, faut que tout le monde s’entende bien.

MF : C’est difficile, mais c’est quand même très agréable quand on est très liés. C’est important d’avoir des équipes soudées.

JLJ : Tu es très liée avec les gens avec qui tu travailles ?

MF : Très liée, oui. Je vois ces deux personnes tous les jours depuis un an maintenant, et on s’entend très bien.

JLJ : Tu voulais faire de la chanson ou tu voulais faire d’autres choses avant ?

MF : Je m’orientais vers le métier de monitrice d’équitation, et ensuite j’ai bifurqué vers les cours de théâtre et puis j’ai terminé par le métier de chanteuse et c’est très bien !

JLJ : Tu t’entendais bien avec les chevaux ?

MF : Très, très bien !

JLJ : D’accord. Parce qu’on sait jamais ! (rires)

MF : Les pauvres !

JLJ : On va t’écouter chanter, Mylène Farmer. Tu veux ?

MF : D’accord…

JLJ : (…) Ca s’appelle « Maman a tort », et puis vous allez la retrouver dans quelques instants, Mylène Farmer, puisqu’elle est l’invitée de « Rocking Chair », et attention : pour les questions, ça va barder tout de suite après ! (rires de Mylène)

Diffusion d’une séquence où Mylène chante et danse « Maman a tort » sur le plateau de l’émission.JLJ : Voilà, c’était Mylène Farmer, ça s’appelait « Maman a tort » -ça s’appelle toujours d’ailleurs, puisque c’est le tube, le premier…

MF : Oui !

JLJ : Mylène, c’est difficile de faire un tube ? Parce qu’après, quand on veut faire une deuxième chanson, c’est pas simple !

MF : Non, ce n’est simple pour personne.

JLJ : C’est vrai !

MF : Parce que la grande phrase, c’est « On vous attend au tournant », alors qu’on fait en sorte d’avoir une chanson aussi forte que la première, et puis d’avoir des prestations aussi bonnes que les premières !

JLJ : Ouais, c’est vrai, c’est pas simple.

MF : Non c’est pas simple, parce que le public est dur et exigeant, et le métier aussi. Donc c’est comme ça que se fait le tri au fur et à mesure, et puis y en a qui restent, et puis d’autres qui partiront, y en a qui reviendront, et puis…

JLJ : T’as envie de faire une carrière, Mylène Farmer ?

MF : Bien sûr. Je crois que c’est le rêve de toute personne qui débute, enfin j’espère. Je m’y accroche.

JLJ : Oui, mais de faire une carrière ? C’est-à-dire, bon…faire ça 20 ans ?

MF : Oui, mais ça s’apprend, ça aussi. C’est un métier, la chanson, donc va falloir prendre des cours de danse, des cours de plein de choses pour pouvoir éventuellement faire de la scène.

JLJ : Ha bon, t’as envie de danser en plus ?

MF : Bien sûr, oui !

JLJ : Ca te suffit pas de chanter !

MF : Non…

JLJ : De faire du théâtre ?

MF : Oui !

JLJ : De faire du cinéma, même ?

MF : J’espère le cinéma, mais ça je vais attendre un pour l’instant…

JLJ : Mais est-ce que c’est parce que t’as 23 ans, tu es toute jeune et tu te dis que finalement t’as envie de tout faire ? Mais tu sais, quand on veut tout faire, c’est ce que dit un certain nombre de gens, t’as pas peur qu’on se disperse ?

MF : Non, non justement, c’est ce dont je parlais : je préfère pour l’instant me consacrer à la chanson et plus tard, le cinéma s’il fait appel à moi, j’y viendrai.

JLJ : Quel effet ça fait d’être très connue à 23 ans ? C’est sympa ? C’est difficile à vivre ?

MF : Pour l’instant, ça m’est pas trop pénible, c’est même plutôt agréable ! (rires)

JLJ : Oui, j’imagine !

MF : Je ne sais pas, avec peut-être cinq ans de recul, je m’en plaindrai peut-être ! Mais là, ça va…

JLJ : T’as peu parlé, en tout cas, toi ! T’as beaucoup chanté, on t’a vu beaucoup : télé, radio… Mais t’as peu parlé…

MF : Oui… Ben, ce que je disais, c’est que dans les émissions qui sont consacrées aux variétés, la plupart du temps les interview s passent un peu outre. Et puis on a tendance à interview quelqu’un qui est installé depuis cinq, dix ans dans le métier plutôt qu’une jeune personne. Et puis les questions  sont pas très souvent intéressantes non plus, faut le dire !

JLJ : Mais c’est pas facile ça, aussi, de dire « Bon, la technique ça va pas, les questions ça va pas », plutôt que de toujours avoir, comment dire, tendance à donner les torts aux autres et pas à soi ? C’est un peu comme « Maman a tort », finalement : c’est pas toi qui a tort, là, à nouveau, c’est toujours les autres qui ont les torts, c’est facile non ?

MF : C’est bien, oui, c’est agréable ! (rires)

JLJ : C’est sûr, c’est très confortable !

MF : Non, non, non, non, moi je reconnais tous mes torts mais c’est vrai que j’aime bien accuser les gens aussi, mais quand j’en ai la conviction je le dis !JLJ : Tu m’apparais pas une fille facile, comme on dit. On sent quelqu’un qui a beaucoup de caractère.

MF : Bah oui, j’ai du caractère ! Une fille facile, ça je ne sais pas… (rires)

JLJ : D’accord…

Lancement ensuite du groupe Les Bandits par l’animateur, alors que Mylène imite le bruit d’un pistolet pour illustrer le nom du groupe.

JLJ : Qu’est-ce que tu aimes, là ? C’est aller chanter devant les gens quand on fait des galas, plutôt que de faire toujours des télés, des radios, être loin du public ?

MF : Oui, je vais dire quelque chose de banal : c’est peut-être le contact direct avec le public. Et puis, c’est surtout une performance.

JLJ : Ha oui, oui, pour soi.

MF : Pour soi, oui.

JLJ : Bien sûr. Quand tu disais tout à l’heure que tu voulais danser…

MF : Hmm hmm (elle acquiesce), je suis des cours de danse une fois par jour.

JLJ : Ha bon ?!

MF : Oui !

JLJ : Combien d’heures ?

MF : Heu, une heure. C’est déjà crevant ! C’est très, très difficile en fait, la danse.

JLJ : C’est pas trop peu pour faire ce métier, par rapport à la danse ?

MF : Trop peu, une fois par jour ?

JLJ : Une heure, non ? Je sais pas, je pose la question…

MF : Une heure par jour… C’est vrai que si j’ai à monter un spectacle, ça sera huit heures par jour ! Mais pour l’instant, j’ai pas mal de choses à faire : j’ai la promotion de ce disque…

JLJ : Bien sûr, « On est tous des imbéciles »…

MF : « On est tous des imbéciles », une fois de plus !

JLJ : (…) Et tu aimes aller voir d’autres spectacles de grands de ce métier ?

MF : J’avoue que j’y vais très rarement, je vais plus facilement au cinéma.

JLJ : Pourquoi ?

MF (elle soupire) : Oh, c’est sans doute par fainéantise, aller chercher sa place, faire la queue… Mais c’est un peu en fait le même phénomène que le cinéma : une fois qu’on est dans la salle, c’est un ravissement. Mais se déplacer, aller chercher sa place, tout ça c’est très pénible. Je suis très fainéante.

JLJ : T’es très casanière ?

MF : Oui !

JLJ : Ha bon ?

MF : Oui, oui, j’aime bien rester chez moi !

JLJ : Alors qu’est-ce que tu fais quand t’es chez toi ? Tu regardes la télé ?

MF : Ca m’arrive de regarder la télé, mais je lis, je réfléchis… Il m’arrive de peindre, aussi.

JLJ : Non ?!

MF (exagérément) : Si !

JLJ : Tu peins quoi ?

MF : Je peins des horreurs !

JLJ : Des horreurs, c’est-à-dire ?

MF : Je peins des petits enfants qui sont tout maigres, un peu comme moi, je peins des paysages un peu fantastiques… Je suis attirée par ces choses.

JLJ : Avec l’envie d’aller exposer, ou c’est vraiment de l’ordre du plaisir personnel ?

MF : Heu, exposer… Je crois que rien n’est fait par hasard, il faut vraiment avoir du talent. J’irais pas exposer mes peintures, non. C’est pas quelque chose que je revendique.

Lancement d’une séquence où, toujours sur le plateau de l’émission, Mylène interprète « On est tous des imbéciles » en effectuant sa chorégraphie et en multipliant les grimaces, plus qu’elle ne le fera sur toutes les autres prestations télévisées de ce titre !

JLJ : (…) Sympa, ce titre-là !

MF : Oui, les gens ont beaucoup d’humour et le prennent très bien !

JLJ : Qu’est-ce que tu penses du rock, Mylène ? Parce que bon, « Rocking Chair » c’est une émission de rock. Je t’ai invité parce que je trouve…

MF : Parce que tu pouvais pas faire autrement !

JLJ : Non, j’avais envie de te rencontrer, savoir ce qui se cachait derrière ce visage un peu flou, cette image floue que tu renvoies.

MF : Tu veux que je te parle du rock… J’avoue que j’écoute très peu le rock et que j’ai un peu de mal à le définir.

JLJ : Qu’est-ce que tu écoutes, alors, comme musique ?

MF : J’écoute un peu de musique classique, j’aime beaucoup Wagner. Sinon, il m’arrive d’écouter de la variété française, j’aime bien Gainsbourg, j’aime bien ce qu’a fait Adjani. Et puis il m’arrive aussi d’écouter de la variété anglo-saxonne, j’aime beaucoup Paul Young, les Beatles, j’aime bien… J’aime bien Julio Iglesias !

JLJ : Non !

MF : Si ! (rires)

JLJ : Tu dis ça… ?

MF : Sérieusement ! C’est un monsieur qui a énormément de talent, je trouve.

JLJ : Alors donc, tu penses que le talent… Tu le définis comment, toi, le talent, dans le rock ou ailleurs ? C’est quoi ? C’est ce qu’on ressent, ou c’est les gens qui se précipitent, comme ça, pour décréter que quelqu’un a du talent ?

MF : Bah, le talent ça peut être –c’est un tout,surtout- ça peut être une belle voix, ça peut être de belles interprétations et puis c’est surtout une aura, enfin quelque chose qu’a une personne, ce que dégage une personne.

JLJ : T’as pas l’impression si tu dis à un certain type de public que tu aimes Julio Iglesias, ou quelqu’un d’autre, que tu peux te couper d’un autre public ? Ou est-ce que c’est de la provocation ?

MF : Je ne pense pas, parce que justement, non, ce qui se passe pour Julio Iglesias puisqu’on en parle, a quand même un public très, très, très vaste.

JLJ : Oui, mais il a pas le public rock par exemple, ça c’est évident.

MF : J’en sais rien, j’ai pas demandé à quelqu’un de rock s’il aimait Julio… Je pense qu’on peut aimer les deux, au contraire puisque dans le rock, on a tendance aussi à les mettre dans un carcan. Je trouve qu’il faut s’élargir. Le rock, y a du hard-rock j’imagine, après y a le rock… Voilà !

JLJ : D’accord. Donc, tu n’as pas peur véritablement, toi, de te couper des autres en affirmant qui tu es, ce que tu penses…

MF : Mais au contraire, je crois que je me rapprocherais des gens. Dans ce métier, c’est vrai que j’ai un privilège, c’est de pouvoir mentir et dire n’importe quoi. Je joue un peu avec les deux, donc y a à en prendre et à en laisser ! (rires)

JLJ : (…) Voilà, c’était Mylène Farmer ! (…)

L’animateur annonce ensuite l’adresse postale de l’émission et propose aux téléspectateurs d’écrire une lettre d’amour à Mylène !

JLJ : La plus jolie lettre d’amour à Mylène Farmer sera récompensée de… Mylène ?

MF : Heu… Le droit de m’écrire une deuxième lettre !

 

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

PLATINE 45 / JACKY et MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 21 décembre 2013

1985-05-c

Présenté par JACKY – 27 FÉVRIER 1985 – ANTENNE 2

Invitée de cette émission mythique des années 80, Mylène co-présente carrément l’émission en compagnie de Jacky. Le courant passe bien entre eux deux et le ton est à la plaisanterie tout au long de l’émission.

Jacky : Bonjour Mylène ! Ca va ?

Mylène Farmer : Bonjour Jacky, ça va. (elle lui fait un bisou sur la joue)

J : Oh un petit bisou !

MF : (sur un ton enfantin) : Voui !

J : Je peux t’en faire un aussi ?

MF : Voui ! (Ils se font la bise.)

J : Au fait, dis-moi : tu es majeure pour venir à Platine 45 ? Tu as le droit, ou quoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ?

MF : (toujours avec un ton enfantin) Non, mais j’ai demandé l’autorisation à mon papa et il a dit oui.

J : C’est vrai ?

MF : Oui. Bonjour Papa ! (elle fait coucou à la caméra)

J : Bonjour le papa de Mylène ! (…) Alors, qu’est-ce qui s’est passé, Mylène, avant ton premier disque ?

Raconte-nous un peu !

MF : Avant mon premier disque, j’étais mannequin junior.

J : Mannequin pour les petits, ça veut dire ça ? Non ?!

MF : Non…

J : Mannequin parce que tu es petite.

MF : (un silence, puis faussement vexée) Bon, allez au revoir.

J : Non non, mais pars pas tout de suite quand même ! Tu es vexée ou quoi ?

MF : Oui !

J : Non, sans plus !

MF : Mais si ! Je fais de la chanson parce que je suis petite.

J : C’est par dépit ?

MF : Oui !

J : Ou par amour ?

MF : Un peu des deux.

J : C’est par amour pour moi, non ?

MF : (elle arrête de faire la fâchée) Bon, allez !

J : Allez, allez ! Alors ta deuxième chanson, elle s’appelle comment ?

MF : Elle s’appelle « On est tous des imbéciles ».

J : Ca veut dire tout le monde, sans exception ?

MF : Sauf toi Jacky, bien sûr.

J : Et sauf toi ?

MF : Et puis un petit peu moi, quand même !

J : Et sauf eux ! (les téléspectateurs ndlr)

MF : (avec un grand sourire) Sauf eux !

J : Personne n’est imbécile, donc du coup alors !

MF : Non, ben je vais peut-être pas le chanter alors !

1985-05-d

J : Si, moi j’aimerais bien que tu chantes !

MF : On le fait quand même ?

J : On va faire ton clip et tu reviens tout de suite avec moi ?

MF : Oui, d’accord.

Diffusion d’une séquence où Mylène chante « On est Tous des Imbéciles » sur un fond qui est tantôt noir, tantôt blanc.

Retour plateau. Mylène fait un bisou à Jacky sur le front.

J : Je pourrai plus poser de questions, là ! Qu’est-ce qui se passe ?

MF : Je sais pas !

J : T’embrasse alors ?

MF : Coup de cœur…

J : Bon, alors est-ce que ça a été vite pour toi Mylène, avant ton premier disque ? Tu as fait beaucoup de maisons de disques ? Ca a été rapidement ?

MF : On a cherché pas mal…

J : Tu t’es fait refuser, rejeter ?

MF : Heu…On s’est fait rejeter ? Y a des gens qui disaient « Génial ! », et puis ils attendaient, ils attendaient, ils attendaient…Et puis finalement, c’est RCA qui a signé.

J : Ils ont eu raison, non ?

MF : Je crois…

J : Ha ben moi aussi ! Alors, « Maman a tort » : explique-moi un peu ça. Le texte, d’abord, c’est pour toutes les mamans du monde ?

MF : C’est pour toutes les mamans du monde, mais il faut pas trop leur dire parce qu’elles vont finir par m’agresser dans la rue !

J : Pourquoi ?!

MF : Ben, parce que « Maman a tort », elles aiment pas !

J : C’est vrai, ça, ce que tu dis ?

MF : Oui, oui !

J : Et pourquoi ? Par rapport à leurs enfants ?

MF : Non, parce qu’on touche pas aux mamans. On touche pas à ces choses là.

J : Ha oui, c’est un conflit de générations, quoi.

MF : Ben oui…Excuse-moi, Maman !

J : Même la tienne a tort ? Non !

MF : Si !

J : Bon…Est-ce que tu connais le Blitz ? Si je te dis le Blitz ?

MF : Heu…C’est un gâteau russe. (Mylène ne confondrait-elle pas avec le blinis ? ndlr)

J : C’est un gâteau russe, mais ça veut dire « éclair » en allemand, aussi, « blitz ».

MF : D’accord…

J : Et c’est un mec, aussi, qui chante.

MF : …connais pas !

Diffusion du clip de ce groupe. Retour plateau. Jacky et Mylène sont en train de danser un slow.

MF : Jacky ?

J : Oui ?

MF : Tais-toi !

J : (faussement dépité) Bon…Et à part ça ?

MF : Je peux faire quelque chose ?

J : Ouais !

MF : Tu peux te baisse un peu ? Parce que je suis petite, tu sais bien.

Il se baisse et Mylène lui fait une grosse bise sonore sur le front et laisse une marque de rouge à lèvres.

J : Ca va comme ça ? Oh lala ! Mais je vais être obligé de me taire, maintenant non ?

MF : Non, non vas-y !

J : Bon…Mylène ?

MF : Jacky ?

J : Qu’entends-tu par « On est tous des imbéciles » ?

MF : Je sais pas ! Tu veux bien la reposer ?

J : Oui : Mylène, qu’entends-tu par « On est tous des imbéciles » ?

MF : Hé bien, c’est une chanson qui est écrite pour le métier, peut-être, un petit peu…

J : Le métier de chanteur, le show -business ?

MF : Le show -business, peut-être le métier en général. C’est que on a tort de se prendre au sérieux. Il faut faire les choses sérieusement, mais pas se prendre au sérieux.

J : C’est un peu ce que je pense, Mylène. Et la face B s’appelle « L’Annonciation », c’est ça ?

MF : Oui, c’est une très belle chanson, même que j’ai pleuré tout le temps quand je l’ai chantée !

J : Ha bon !

MF : Oui.

J : Tu composes…

MF : (elle l’interrompt) Est-ce que je peux raconter une histoire ?

J : Vas-y !

MF : Voilà, alors y a deux petits poissons qui sont dans un bocal…

J : Oui…

MF : Et puis y a petit poisson qui dit à son autre copain petit poisson : « Mais, si Dieu n’existait pas, qui nous changerait l’eau du bocal ? »

J : C’est vrai. Peut-être Ivan, non, qu’est-ce que tu en penses ?

MF : Ivan…ohé ! (décidemment très blagueuse !)

J : Ohé Ivan, viens changer l’eau du bocal ! (…) Ivan, c’est un espagnol. C’est pas grave ?

MF : Non, j’aime bien les espagnols.

Le clip de Ivan est diffusé. Au retour plateau, Mylène chantonne.

MF : Un, maman a tort…

J : Deux, c’est quoi ?

MF : C’est beau l’amour…

J : Et trois ?

MF : L’infirmière pleure…

J : Ha bon ! Tu veux chanter encore « Maman a tort » ?

MF : Non, non…Je peux faire quelque chose ?

J : Ouais, mais c’est la dernière fois, hein !

MF : Oh, y en a encore huit ! (elle fait 3 avec ses doigts !)

J : Bon, d’accord…

Mylène embrasse de nouveau Jacky sur la joue de façon très sonore et laisse une grosse marque de rouge à lèvres de plus.

MF : Ca va Jacky ?

J : Ouais, ça va. Là je commence un peu à… (Il semble étourdi et Mylène rit de manière attendrie)

MF : Tu sais que je prends des cours de danse ?

J : Oh !

MF : Tu veux que je te montre un petit pas de danse ?

J : Fais-moi une démonstration !

Mylène met ses bras au dessus de sa tête et fais un tour sur elle-même, comme les petites ballerines.

J : Ha ouais…Et tu prends des cours pour ça ?!

MF : (toute fière d’elle) Oui !

J : Ha, c’est bien…

MF : Tu viens avec moi la prochaine fois ?

1985-05-a

J : Quand tu veux ! On sort de l’émission, et puis…Voilà !

MF : Ca s’appelle « Stayin’ Alive » !

J : Ha oui ? « La Fièvre du Samedi Soir », c’est ça?

MF : Mais là, on est mercredi, non ?

J : On est mercredi, mais on peut être samedi aussi, parce qu’on est rediffusé le samedi matin ! C’est au choix, si tu veux !

MF : Super !

J : C’est super, non ? Qu’est-ce que tu en penses ?

MF : Ouais ! Très bien !

J : Alors tu prépares un album, ou quoi ? Parce que tu vas pas en rester là, toi.

MF : Non ! Après ce 45-Tours, s’il marche bien, on va sortir un 30-centimètres, et les chansons sont presque toutes finies.

J : C’est vrai ?

Mylène acquiesce

J : Mais tu n’es qu’interprète, toi : tu composes pas.

MF : Ca te dérange ?

J : Non, au contraire ça m’arrange !

MF : Moi je trouve ça déjà pas mal, hein ?

J : Moi je trouve ça énorme ! C’est mieux, même, non ?

MF : Oui, oui…

J : Parce que tu es au devant, quoi.

MF : Absolument.

J : Au lieu d’être derrière.

MF : Oui, c’est ça…

J : C’est sympa. Qu’est-ce que tu écoutes, en musique, à part ça ?

MF : Heu…

J : A part toi !

MF : J’aime Julio « Des Eglises » ! Et j’aime que lui !

J : C’est vrai ?

MF : Oui. (Mylène imite Julio Iglesias en faisant un regard langoureux) « Je te donne mon cœur… »

J : Vas-y, continue !

MF : (elle chante) « Méva, méva, méva, mévaaaaaaaaaa »

J : Bon, ben écoute, je vais te laisser, Mylène. OK ?

MF : Voui.

J : C’était très gentil d’être restée à « Platine 45 ».

Mylène fait au revoir avec la main à la caméra.

J : Je te demande pas de m’embrasser, parce que tu l’as déjà fait de nombreuses fois. Quoique…

Mylène prend Jacky par le cou et lui couvre le visage de nombreux baisers !

J : Bon, ben au revoir, Mylène !

MF : Salut !

J : Je peux t’embrasser aussi ?

MF : Oh oui, bien sûr !

J : OK.

Mylène l’embrasse maintenant dans le cou, sur le menton, partout…

J : (…) Salut, au revoir !

Mylène se tourne vers la caméra en riant de bon cœur et en faisant au revoir.

 

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

FR3 GRAND EST – MÉLANGE 3 TEMPS Avec Mylène F.

Posté par francesca7 le 18 décembre 2013

 

 1984-05-b

Émission du 6 NOVEMBRE 1984 – Présenté par Yannick PENAGOS

Mylène est présente sur le plateau de cette émission musicale avec un jeune groupe de rock local, Crisis.

Après que celui-ci se soit exprimé, l’animateur fait intervenir Mylène, vêtue d’une tenue jamais vue alors pour la promotion de « Maman a Tort » : un haut violet à col roulé vert surmonté d’une veste jaune.

Yannick Penagos : M ylène, en ce qui vous concerne, ça se passe très, très bien pour un premier disque : c’est un énorme succès !

Mylène Farmer : Ca va !

YP : Ca a changé beaucoup de choses pour vous, ce succès ?

MF : Ha, question difficile ! (rires) ‘Changé beaucoup de choses’, oui dans la mesure où c’est un métier qui n’a pas vraiment de structure : on se lève pas à huit heures, on ne se couche pas à dix heures. Ca change forcément des choses, oui.

YP : Et cette chanson (« Maman a Tort », nda), on peut la situer à quelle époque, cette histoire ? C’est une histoire donc qu’on peut situer à quelle époque dans une vie ? On choisit ?

MF : Heu…Oui, je vous laisse choisir, mais ça peut se situer en 1984 par exemple, ça peut se situer dans un hôpital psychiatrique aussi avec…

YP : Un enfant ?

MF : Avec un enfant, une adolescente même, pourquoi pas une jeune fille qui peut être sensibilisée par une infirmière…

YP : Je voudrais qu’on parle un peu du look (Yannick Penagos se tourne d’abord vers le chanteur du groupe Crisis, au look typique des années 1980 avant de se tourner à nouveau vers Mylène).

 M ylène, en ce qui vous concerne, vous choisissez ou vous êtes conseillée ? C’est un travail d’équipe ? Comment ça se passe pour adopter un look ?

MF : Pour l’instant, c’est un travail d’équipe. C’est-à-dire, je ne prends pas tout seule l’initiative, je propose et puis mes producteurs donnent leur accord. Voilà !

YP : M ais alors, il y a tout : il y a la coiffure, il y a les vêtements, les couleurs…

MF : Non, la coiffure, j’ai toujours eu cette coiffure et ça, j’y tenais. Et quant aux vêtements, ben j’ai répondu, c’est…

YP : Dans les projets assez proches, je crois savoir qu’il y a une version anglaise de « Maman a Tort »…

MF : Oui, là je travaille en studio actuellement pour sortir une version anglaise pour qu’elle soit aussi exportable dans différents pays comme l’Italie, comme l’Allemagne ou la Suède… (« My Mum mis Wrong » ne sera finalement curieusement distribué qu’en France en cette fin d’année 1984, nda)

YP : Et puis des projets un peu plus éloignés, un 45-tours je crois ?

1984-05-aMF : Voilà, je vais sortir un prochain 45-tours je pense aux alentours de décembre, janvier sur lequel il y aura deux chansons. (« On est Tous des Imbéciles », dont l’enregistrement sera finalisé en décembre 1984, sortira finalement dans le commerce en février 1985 avec effectivement une face B originale, nda)

YP : Toujours la même équipe de travail ?

MF : La même équipe, oui !

YP : Quand ça marche, faut pas changer, vous avez raison ! En tout cas, promettez-moi ce soir de venir nous présenter votre nouvelle chanson ou vos nouvelles chansons !

MF : C’est promis ! (cette promesse ne fût malheureusement a priori pas honorée, nda)

YP : C’est avec plaisir qu’on vous accueillera. Vous pouvez vous mettre en place et on se quitte donc avec M ylène Farmer, « M aman a Tort ».

Pour conclure l’émission, Mylène chante « Maman a Tort » en en effectuant la chorégraphie.

 

Publié dans Mylène 1982 - 1984, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

FR3 MIDI-PYRÉNÉES et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 novembre 2013

ÎLE DE TRANSE – 31 OCTOBRE 1985

Présenté par Philippe BACHMAN

FR3 MIDI-PYRÉNÉES

 1985-01-d

Philippe Bachmann : Bonjour à tous, bienvenue sur notre « Île de Transe ». Invitée aujourd’hui, Mylène Farmer. C’est son troisième 45-tours…

 

Mylène Farmer : Bonjour Philippe.

 

PB : Bonjour ! Troisième 45-tours, disais-je, « Plus Grandir »…

MF : Oui…

 

PB : Alors, récapépète un petit peu ce qu’il y avait avant !

MF : On récapépète, alors ! Le premier étant « Maman a Tort », qui…

 

PB : (il l’interrompt) Le deuxième ?

MF : Le deuxième étant « On est Tous des Imbéciles ».

 

PB : Voilà. « Maman a Tort », c’était y a deux ans, ça à peu près ?

MF : Il y a deux ans, oui.

 

PB : Alors, il y avait pas le Top 50 à cette époque-là, mais ça marchait super bien dans les hits, ça s’est très très bien vendu.

 

MF : Oui…

 

PB : C’était bien, pour une première expérience. Comment tu as débuté, d’ailleurs ?

MF : J’ai eu la chance de rencontrer deux personnages, qui ont écrit cette chanson.

 

PB : Des noms ! Des noms !

MF : Hé bien, il y avait Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat.

 

PB : Où tu les as rencontré ? Comme ça, par hasard ?

MF : Non, ça serait trop long à raconter, mais ça s’est fait un peu par hasard, quand même.

 

PB : Mais y a que des bons hasards, dans ce métier !

MF : Absolument ! (rires)

 

PB : Bon, dis-moi, mon petit doigt m’a dit…

MF : Certes ! (Mylène éclate de rire)

 

PB : …que tu avais un superbe animal domestique chez toi, mais assez spécial quand même.

MF : Oui, j’ai un petit singe, qui est un capucin…

 

PB : C’est comment les capucins ?

MF : Le capucin ressemble à un petit chimpanzé, c’est aussi joli.

 

PB : Ca a une longue queue ?

MF : Ca a une queue assez grande, oui, qui lui sert de cinquième bras.

 

PB : Ha, il joue avec ?! Alors, tu as mis des arbres chez toi pour qu’il puisse grimper ?

MF : (rires) Non, pour l’instant…Pas encore ! Pour l’instant, il a une grande cage.

 

PB : Et qu’est-ce qu’il mange, ce brave capucin ?

MF : Tout ce que vous mangez, avec la viande en moins !

 

PB : Bon, alors on peut l’inviter avec toi, alors maintenant faut l’inviter avec toi, quoi.

MF : J’ai déjà essayé de l’amener sur un plateau, il y a quelques problèmes. (rires)

 

PB : Qu’est-ce que ça donne ?

MF : Il a très peur des gens.

 

PB : Et puis il grimpe aux cintres, un peu, non ?

MF : Un peu, il est farouche.

 

PB : Bon, retour en arrière. Il y a deux ans, donc : « Maman a Tort ». Si on se refaisait ça pour le plaisir ?

MF : Oui

 

Diffusion d’une séquence où Mylène, habillée autrement, interprète « Maman a Tort » devant un fond incrusté représentant une main qui compte sur ses doigts en suivant la chanson.

 

PB : Dis donc, ton petit chimpanzé, il va falloir lui apprendre à danser, maintenant !

MF : Il chante, déjà ! Il écrit…et il prend des cours de danse !

 

PB : Il prend des cours de danse ?! Alors, dis-moi une petite chose : j’ai vu que tu avais un truc superbe sur le dos pour « Maman a Tort », là encore tu es mignonne comme tout…

 1985-01-b

MF : Merci !

 

PB : Comment tu fais pour t’habiller ? C’est toi qui dessines tes trucs ? Comment ça se passe ?

MF : Je ne dessine pas, je réfléchis et puis je vois avec…là, c’est une couturière qui m’a aidé, qui a réalisé cet ensemble.

 

PB : Les couleurs sont importantes ?

MF : Très importantes, oui.

 

PB : Il y en a qui sont superstitieux, qui veulent jamais mettre de vert à la télévision, toi tu en mets !

MF : Je sais, oui ! On m’a déjà reproché sur « Maman a Tort » d’avoir mis du vert sur un plateau, parce que ça porte malheur.

 

PB : Ben ça t’a porté bonheur, plutôt !

MF : Pour l’instant oui, donc je ne fais pas de cas de ça.

 

L’animateur lance la séquence suivante, dans laquelle il présenté diverses nouveautés.

 

PB : (…) Ensuite, un petit groupe de Rennes qu’il faut que je te présente. Ca s’appelle Niagara. Alors, c’est sympa, ils font de la scène depuis assez longtemps, quand même.

 

MF : C’est un joli nom.

 

PB : C’est un joli nom et ce qui ne gâche rien, c’est que dans les chœurs on retrouve un certain Etienne Daho. Tu aimes bien Etienne Daho, toi ?

 

MF : Oui.

 

PB : Qu’est-ce que tu écoutes comme disques, toi ?

MF : Il m’arrive d’écouter de la musique classique. Dans la variété française, j’aime beaucoup Jacques Dutronc

 

PB : Il fait plus grand-chose, Jacques Dutronc, malheureusement…

MF : Non, mais il réapparaît…

 

PB : Une fois de temps en temps !

MF : …et c’est très bien à chaque fois.

 

(…)

 

PB : Sinon, en musique classique, tu m’as dit, qu’est-ce que tu écoutes en musique classique ?

MF : J’aime beaucoup Wagner, j’écoute Mahler, j’écoute plein de choses. Très éclectiques, comme choix.

 

PB : Comment tu choisis les musiques de tes chansons ? Comment ça se passe ?

MF : Je sais pas si…Enfin, je les choisis, on me les…Les personnes qui travaillent…

 

PB : Oui, mais tu dis oui ou non quand on te propose les choses, non ?

MF : Bien sûr. Y a des choses qui me plaisent plus. Je crois que c’est au travail que… (elle se reprend) heu au piano que ça se fait. On me propose une mélodie, et puis j’aime tout de suite ou j’aime pas du tout.

 

PB : Le texte est important dans tes chansons.

MF : Bien sûr, bien sûr. Très important, capital.

 

PB : On en parle un petit peu plus ? « Plus Grandir » : comment naît un texte comme ça ? C’est après la musique ?

 

MF : Là, ça s’est fait un peu par hasard. Oui, c’est né après la musique. Cette fois-ci, c’est moi qui l’ai écrit.

 

PB : Ha ha !

MF : Non, ça n’a rien de vengeance. Je sais pas si je renouvellerai cette expérience. Ca s’est fait par hasard.

 

PB : Pourquoi ? C’était trop dur ?

MF : C’est très très difficile d’écrire un texte. Ca doit être concis, précis et j’avoue que j’ai eu du mal.

 

PB : Il y a des trucs pour bien écrire un texte, ou pas ?

MF : Je crois qu’il faut beaucoup de tranquillité, et puis surtout la tranquillité d’esprit que je n’ai pas !

 

PB : Tu l’as eu quand même pour « Plus Grandir » !

MF : Oui !

 

PB : On l’écoute ? « Plus Grandir », le nouveau 45-tours de Mylène Farmer.

Mylène interprète « Plus Grandir » avec derrière elle des images alternant entre la pochette du disque et le visuel du landau indiquant « Mylène Farmer : 1962-1985 » (sic), et des photos anciennes.

 

PB : Mylène Farmer, « Plus Grandir », c’est son troisième 45-tours. Tiens, je te rends ton petit micro… (il tend son micro à Mylène)

 

MF : Merci !

 

PB : Y a un album en préparation ?

MF : Il y a un album qui sortira vers janvier (1986, ndlr)

 

PB : Alors tu vas réécrire des textes, quand même, ou pas ?

MF : Non, il est terminé, là il est clôs. Il n’y aura que « Plus Grandir » de ma plume.

 

PB : Bon, ben c’est déjà pas mal !

MF : C’est déjà bien.

 

PB : Il y a un clip qui vient de se tourner sur « Plus Grandir », non ?

MF : Oui, il y a un clip qui a été tourné en Cinémascope.

 

PB : Alors, c’est pour le cinéma ?

MF : J’espère qu’il ira au cinéma, qu’il fera l’avant-première d’un film.

 

PB : Oh ben oui, parce qu’à la télévision ça serait dommage quand même.

MF : Oui, c’est pas suffisant, l’écran est trop petit.

 

PB : C’est toi qui as décidé de le faire en Scope ?

MF : Non, non, c’est le réalisateur, qui est également mon compositeur. Des noms, encore ?

 

PB : Oui !

MF : Allez…Laurent Boutonnat ! (rires)

 

PB : Voilà, fallait le dire. Bon, ce Cinémascope, ce clip, comment il a été tourné ?

MF : Il a été tourné en un peu moins d’une semaine. Le premier jour était de l’extérieur dans un cimetière, et…

 

PB : Toujours très gaie, Mylène Farmer ! (rires)

MF : Oui ! Et les quatre autres jours se situaient dans un décor qui retraçait le…C’est un décor, c’est une chambre de château baroque avec des toiles d’araignée partout. C’est un bel univers.

 

PB : Bon, dès qu’il sort, tu nous le donnes qu’on le montre un petit peu à tous les téléspectateurs.

MF : Je vous inviterai à la projection.

 

PB : Ha oui, en Cinémascope et tout, ça va être superbe, ça ! Dis-moi, au niveau cinéma c’est « Rosemary’s Baby » ton film préféré, ou pas ?

 

MF : Non, mais j’aime bien ce film. J’aime surtout l’interprète (Mia Farrow, ndlr) et le metteur en scène (Roman Polanski, ndlr) !

 

PB : Tu vas souvent au ciné ?

MF : J’y vais assez régulièrement, oui.

 

PB : Qu’est-ce que tu as vu de bien, récemment ? Des noms, des noms !

MF : Heu….Je ne sais pas, j’ai vu…Le dernier film que j’ai vu c’était « Mad Max »

 

PB : Oui…3 !

MF : Le 3 !

 

PB : Y a pas de raisons, il est pas mal le petit australien, hein ? (Mel Gibson, ndlr) Bon, tu sais que c’est l’heure de se quitter, alors à la prochaine ! On découvrira ton clip très vite…

 

MF : D’accord !

 

PB : Merci, Mylène Farmer !

MF : Merci à vous !

 

Ils se font la bise et Mylène glousse en faisant « au revoir » avec la main.

 

Générique de fin.

 

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

Mylène F. dans la Vie à plein Temps

Posté par francesca7 le 9 novembre 2013

l’émission LA VIE À PLEIN TEMPS – 22 MARS 1984

Présenté par Philippe BACHMANN

FR3 MIDI-PYRÉNÉES : « Mon heure de gloire, pour moi, elle est ici ! »L’émission reçoit plusieurs invités, tous autour de l’animateur. Mylène est présente toute la durée de

l’émission. Elle intervient plusieurs fois et chante « Maman a tort ».

 Mylène F. dans la Vie à plein Temps dans Mylène en INTERVIEW 1984-01-a

Philippe Bachman : Au niveau variétés (…),

 Mylène Farmer : « Maman a tort », ça sera la titre qu’elle nous chantera tout à l’heure et on vous donnera beaucoup de précisions sur elle, mais tout à l’heure seulement !

(…)

PB : Mylène, toi tu as eu l’impression d’avoir ton heure de gloire à 16 ans comme Chris dans le livre de Christopher Franck ? (l’invité précédent)

Mylène Farmer : Je n’ai malheureusement pas lu son livre, mais mon heure de gloire, pour moi, elle est ici !(rires)

PB : Ah elle est ici ? (rires) Ton adolescence, tu as de très bons souvenirs, ou…

MF : Non, très mauvais !

PB : Très mauvais ?

MF : Oui, je suis pas du tout passéiste.

PB : Alors tu es plutôt l’AntéChrist ! (référence au livre dont il était question précédemment)

MF : Oui, j’écrase tout !

PB : Carrément ! C’est effrayant… (A Christopher Frank) Je sais que vous avez un point commun, dans la mesure où la charmante Mylène a joué au théâtre le film « Josépha », en fait. C’est ça ? Explique-moi un petit peu.

MF : Oui, c’est plutôt dans un cours de théâtre. On nous donnait la possibilité de monter des pièces, et on pouvait choisir des films. Et donc, avec trois personnes, même plus, on a choisi « Josépha ». On a lu le livre et on a monté ça en pièce de théâtre.

PB : Alors tu jouais le rôle de Miou-Miou ?

MF : Et je jouais le rôle de Miou-Miou.

PB : Et en partant du livre…

MF : En partant du livre oui. C’est-à-dire qu’on a pris tous les dialogues pratiquement, et on a essayé de faire un montage.

(…)

PB : C’est les élèves du cours qui ont décidé de reprendre « Josépha » ? Comment ça s’est passé ?

MF : Ah oui, c’est vraiment un projet qu’on a soumis heu…

PB : A la direction ?

MF : Au directeur, à la direction, oui… (rires) Et ils l’ont accepté.

(…)

PB : Bon, Mylène Farmer…Tu es canadienne d’origine, c’est ça ? A 13 ans, tu étais à Paris, après.

MF : Hmm…

PB : Alors on continue, prix de chant à l’âge de 10 ans ! Ca c’était au Canada, alors ?

MF : C’était au Canada, oui.

PB : Qu’est-ce que tu chantais à 10 ans?

MF : (elle parle sans son micro) Je ne me rappelle plus, c’était…

PB : Ton micro, ton micro !

MF : (elle reprend son micro) Je disais que je ne m’en rappelle plus. Je crois que c’était une comptine, enfin une petite chanson.

PB : Alors on a parlé des cours de théâtre tout à l’heure. Tu en as suivi longtemps, des cours de théâtre ?

MF : J’en ai suivi deux ans.

PB : C’était ta vocation ? Tu voulais être comédienne ?

MF : Mais je veux encore être comédienne !

PB : Ha tu veux encore ? Bon, c’est très bien ça…

MF : Je pense qu’en passant par la chanson, c’est aussi une voie.

1985-05 dans Mylène en INTERVIEWPB : C’est une voie détournée pour revenir à la comédie après ?

MF : Pourquoi pas ?

PB : Pour faire les deux ?

MF : Hmm

PB : Mannequin aussi, un petit peu ?

MF : Un petit peu, aussi…

PB : Mais t’en as fait des choses, dis donc !

MF : Ben oui !

PB : T’as pas l’air comme ça ! (rires) Et elle a joué « Josépha », le rôle de Miou-Miou, ce qui était pas évident.

MF : Enfin, très beau rôle, en tout cas.

PB : Raconte-moi comment tu as démarré dans la chanson. Tu as trouvé des producteurs, comme ça, dans une soirée ?

MF : Non, pas par hasard. Je connaissais un des producteurs, d’abord, avec qui j’avais un peu travaillé au piano. Et par la suite, ils m’ont rappelé parce qu’ils voulaient sortir une chanson, et ils ont rappelé plusieurs personnes d’ailleurs, et puis ils ont fini par me choisir.

PB : Et ils ont tellement insisté que tu as accepté ! (rires) Et ils se sont pas dit, eux, « Maman a tort » !

MF : Non ! (rires)

PB : Maman a raison ! Allez, vas-y on va t’écouter tout de suite. « Maman a tort », Mylène Farmer, c’est son premier 45-tours.

Mylène interprète la chanson dans un coin du plateau devant un fond représentant des chiffres et la pochette du disque apparaît parfois.

 

 

image http://jeterendstonamour.free.fr/Interviews/01-debuts/1984/TV/1984-01.html

image http://jeterendstonamour.free.fr/Interviews/01-debuts/1985/Presse/1985-05.html

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

12
 

linergeek |
give to eat by eating |
ecouteconseil |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hé ! lecteurs à Saint Marti...
| parlons-en!
| Je me SOUVIENS...