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Tournage du film de Mylène F. Terminé

Posté par francesca7 le 2 novembre 2017

 

Vivre entre l’ombre et la lumière, le « je » et le « jeu », le hors-champ et le cadre… Elle s’y est habi­tuée. Elle y a même pris goût. Quelques mois avant de révé­ler ses talents d’actrice dans le thril­ler Incident in a Ghost Land de Pascal Laugier, la chan­teuse a bien voulu nous accor­der un entre­tien exclu­sif… libre et passionné !

ghost-land

Elle arrive avec quelques minutes de retard… vécues comme une éter­nité. Trois jours plus tôt, elle s’est lais­sée photo­gra­phier, en comité restreint, par Sylvie Lancre­non. Ambiance déten­due – bercée par la bande-origi­nale du film Tree of life et quelques morceaux de Sting – mais studieuse – choix des vête­ments, retouches maquillage, rien n’échappe à cette perfec­tion­niste. On a beau l’avoir déjà appro­chée, son absence, avant qu’elle ne surgisse devant nous, nour­rit les fantasmes. Trop fragile pour affron­ter nos ques­tions ? Lorsqu’elle finit par se présen­ter, ses jambes fines ne vacillent nulle­ment sur ses stilet­tos. Trop sauvage pour des retrou­vailles ? Cheveux lâchés et visage à peine maquillé, elle porte un collier aux allures d’amu­lette, mais elle a accepté, après le jeu des photos, notre rendez-vous, déta­ché de tout enjeu promo­tion­nel. Son prochain film, Incident in a Ghost Land réalisé par Pascal Laugier et tourné au Canada l’hi­ver dernier, ne sortira proba­ble­ment que début 2018. Soit près de vingt-cinq ans après Gior­gino, premier long-métrage en costumes, thril­ler enneigé et incom­pris de Laurent Bouton­nat. Musi­ca­le­ment, malgré une récente signa­ture avec Sony Music, la parti­tion est encore vierge. Mylène Farmer a l’élé­gance de ceux qui n’im­posent rien… sinon leur présence au monde, diffé­rente, inspi­rée, et inspi­rante.

Gala : Il y a cinq mois, vous avez terminé le tour­nage du film Incident in a ghost land. Un thril­ler éprou­vant qui confronte une famille à des esprits malfai­sants. Aucune séquelle à déplo­rer ?

Mylène Farmer : Toujours le même cauche­mar : Pascal Laugier, le réali­sa­teur, me pour­suit inlas­sa­ble­ment avec sa caméra dans les couloirs de la maison du film ! (Rires). C’était impres­sion­nant de le voir au travail, d’ob­ser­ver comment il faisait corps avec son long-métrage. Je garde un souve­nir très fort de ce tour­nage et de « mes filles » à l’écran.

Gala : Vous avez fait confiance à un réali­sa­teur, récent dans votre galaxie, et vous avez endossé un rôle inha­bi­tuel, celui d’une mère de famille. Le tout, en langue anglaise. Vous aimez pous­ser les curseurs de la diffi­culté ?

M.F. : Je ne parle­rais pas de diffi­culté, mais d’exi­gence. J’aime les projets ambi­tieux, précis, qui demandent l’in­ves­tis­se­ment de toute une équipe pour un résul­tat encore incon­nu… Il y a une certaine beauté dans ce geste collec­tif. J’ai accepté ce film, essen­tiel­le­ment parce que mon rôle était très bien écrit et parce que Pascal maîtrise remarqua­ble­ment ce genre. Son scéna­rio est formi­dable. Me glis­ser dans la peau d’une mère prête à défendre ses enfants était un chal­lenge, mais je l’ai fina­le­ment abordé de façon assez natu­relle, instinc­tive. Quand le tour­nage à débuté à Winni­peg, j’étais une actrice parmi les autres. 

Gala : Reve­nir au Canada, votre pays de nais­sance, a-t-il agité quelques émotions ?

farmer FILMM.F. : Une immense émotion ! J’ai retrouvé la maison de ma petite enfance, à Pier­re­fonds. J’ai pu en redé­cou­vrir l’in­té­rieur, le jardin… Je suis égale­ment reve­nue dans ma première école, tenue par des reli­gieu­ses… Alors que j’em­prun­tais la rue du Belvé­dère, où j’ai grandi, la neige a commencé à tomber. J’étais comme accueillie… 

Gala : Qu’est-ce qui prime pour vous : dési­rer ou se sentir dési­rée ?

M.F. : Sentir le désir… C’est fonda­men­tal pour moi. Vital, même.

Gala : Comment avez-vous préparé votre rôle dans Incident in a Ghost Land ?

M.F. : J’ai travaillé. Claude Berri m’a dit un jour : « Mylène,  si tu connais ton texte à la virgule près, ainsi que les répliques de tes parte­naires, tu pour­ras tout oublier et t’aban­don­ner. » Depuis le cours Florent, je suis amie avec Vincent Lindon, qui m’impres­sionne infi­ni­ment  dans chacun de ses rôles. Son aide fut précieuse. Il m’a conseillé son coach. J’ai répété. Et puis… j’ai fait le grand saut dans le vide !

Gala : Isabelle Adjani a récem­ment déclaré : « jouer, c’est répa­rer ». Qu’est-ce que cela vous inspire ?

M.F. : C’est une défi­ni­tion qui corres­pond parfai­te­ment à cette grande actrice. Mais pour moi… Je ne crois pas à la répa­ra­tion. Je dirais plutôt qu’on apprend à vivre avec soi. Ce qui, déjà, n’est pas une partie de petits chevaux … 

Gala : Pardon­nez la ques­tion, mais la dispa­ri­tion de votre maman, quelques mois avant de tour­ner avec Pascal Laugier, a-t-elle influencé votre inter­pré­ta­tion d’une mère de famille ?

M.F. : Permet­tez que je ne vous réponde pas direc­te­ment. Chacun d’entre nous est touché par des deuils. J’ai la chance de pouvoir écrire sur « mes » absents… Sans les nommer… Et de pouvoir, par la magie des mots, aspi­rer un peu du chagrin des autres. 

Gala : Isabelle Huppert, que vous connais­sez bien, a dit : « être actrice, c’est trans­for­mer en excel­lence ce qui ne l’était pas : la fragi­lité en force, la timi­dité en assu­rance. » Cela vous ressemble, non ?

M.F. : J’ai beau­coup d’ad­mi­ra­tion pour Isabelle Huppert, sa déter­mi­na­tion, ses choix artis­tiques, son jeu unique. Je ne sais pas si ses mots me ressemblent, mais je partage son point de vue. Le dépas­se­ment de soi est un mini­mum, lorsqu’on veut parta­ger avec les autres. Vivre est une aven­ture exigeant que l’on se réin­vente sans cesse, sans jamais se trahir, ni sacri­fier aux modes. Je suis une instinc­tive et ma timi­dité, que j’as­sume, m’a sans doute proté­gée ! 

Gala : Quels sont les mots qui vous touchent le plus ?

M.F. : Les mots pronon­cés au moment où l’on ne s’y attend pas. Je suis fasci­née par la puis­sance des mots portés par la bonne personne, au bon moment. Et « Mon Amour » m’émeut telle­ment… 

 

Propos recueillis par Thomas Durand 

article paru dans http://www.gala.fr/l_actu

Publié dans Mylène 2017 | 1 Commentaire »

Dernier sourire de LEPAGE à Mylène

Posté par francesca7 le 9 septembre 2015

 
 
lepage-platine-02     11 juillet 1986. 
Dans la famille Gautier, personne n’oubliera cette date funeste. Mylène se trouve 
chez Bertrand Le Page lorsque le téléphone sonne, 
porteur d’une terrible nouvelle. Son père vient de mourir
des suites d’une longue maladie, à soixante et un ans. 
Et même si toute la famille s’y était préparée, 
le choc est brutal. Au début de l’été, Max a été transporté
 dans un hôpital de Bobigny. 

Depuis plusieurs mois, il se sait atteint d’un mal incurable. 
C’est pourquoi il a tenu à se rendre une dernière fois au Québec, où il conserve ses plus
 beaux souvenirs. 
En revoyant l’ancienne demeure de Pierrefonds, il ne laisse guère d’illusions sur son
 état de santé au couple d’amis qui a racheté sa maison. On le presse de questions sur
 sa fille, qui fait parler d’elle jusque dans la Belle Province. Et il se montre assez 
fier des débuts prometteurs de Mylène, qui vient de sortir Libertine. 
Oui, lui, l’ingénieur des ponts et chaussées, est plutôt 
impressionné par la réussite de sa cadette qui, pour avoir renoncé à ses études, n’en semble 
pas moins tracer sa route avec détermination. 
     Mylène est anéantie. Tout est allé si vite. En l’espace de quelques mois, 
l’homme qui comptait le plus à ses yeux a quitté la terre des vivants. 
Elle l’a tant admiré. Tant attendu aussi, petite fille, quand il travaillait, la semaine,
 sur les rivages du Saint-Laurent, à plus de mille kilomètres de Pierrefonds, 
où il venait retrouver sa famille le week-end. Des quatre enfants Gautier, 
Mylène est celle qui lui  ressemble le plus. Et pas seulement sur le plan physique. 
Outre le même regard intense, le même nez fier, elle possède un mélange de réserve 
et de détermination dont son père a toujours fait preuve dans son parcours professionnel. 
     Conformément à ses vœux, Max Gautier sera incinéré. Désormais, une place 
restera vide dans son cœur. À mots couverts, avec cette pudeur qu’on lui connaît, 
la chanteuse confiera, deux ans plus tard, sur le plateau d’une émission de variétés,
 que c’est en hommage à un être
 disparu qu’elle exerce ce métier. Sans citer l’absent. 
    MYLENE et LEPAGE Pour l’heure, plutôt que de se morfondre,
 Mylène va redoubler d’efforts afin de faire 
décoller sa carrière. 
Sa manière à elle, plutôt guerrière, 
d’honorer la mémoire de son papa. 
Ce qu’elle n’a pas eu le temps de lui dire,
 parce que le dialogue n’a pas toujours été 
aisé entre ces deux grands
 timides, elle va l’écrire dans une chanson,
 Dernier sourire – sans doute la plus 
poignante de son répertoire. Elle y relate
 la lente agonie  d’un homme qui se tord de
 douleur dans une chambre d’hôpital et sa 
révolte face à l’injustice qui le frappe. 
« Mais qui s’acharne  à souffler tes bougies ? »
 lance-t-elle comme pour dénoncer la cruauté 
du destin. 
Avant de murmurer des mots qui donnent le frisson :
 « Si c’est ton souhait, je peux t’accompagner », 
prête à suivre dans la mort l’être cher dont elle
 n’arrive pas à lâcher la main. 
Durant le « Mylenium Tour », la chanteuse interprétera
 Dernier sourire lors du premier 
 appel, accompagnée d’un simple piano. 
Des minutes bouleversantes. 
     Par la suite, la mémoire de son père ne va 
cesser de hanter son œuvre. 
Des années après ce jour sinistre de 1986, 
elle écrit une autre chanson apparemment dédiée au disparu, 
Laisse le vent emporter tout, qui clôture l’album 
Anamorphosée. Une manière de tourner la page en douceur, en 
laissant le temps faire son œuvre. D’évoquer aussi l’envie de 
revoir l’absent : « Là j’irais bien
 te chercher / J’ai tellement changé. »
 
      Le 17 décembre 1995, invitée de l’émission « Déjà le retour », animée par
 Jean-Luc Delarue, sur France 2, Mylène fait venir sur le plateau Marie de
 Hennezel, auteur de La Mort intime – un livre qui rencontre un grand succès
 cette année-là. Le témoignage poignant d’une psychologue qui, au sein d’hôpitaux,
 aide les patients en fin de vie et leurs proches à appréhender au mieux 
leurs derniers  instants. Loin de toute morbidité, l’auteur y aborde la mort
 dans sa dimension humaine. 
« Ceux qui vont mourir, explique-t-elle, sont des vivants qui peuvent 
encore sentir 
la vie jusqu’au bout, aimer, être aimés, et c’est notre responsabilité
 d’humain de ne pas les enterrer avant l’heure et de continuer à mettre
 de la vie autour d’eux. » 
      Sur le plateau, Mylène écoute. Ses jambes sont croisées avec élégance, 
les cheveux relevés en un chignon vaporeux, son bras appuyé sur le canapé où 
siège également l’acteur François Cluzet. 
Pudique, elle choisit de ne pas se mettre en avant, de laisser la parole à cette
 femme dont chaque
 phrase résonne comme une formidable leçon d’espoir. Ce n’est pas la première 
fois que les deux femmes se voient. 
 
« Nous nous sommes rencontrées, Mylène et moi, il y a quelques années, en déjeuner en tête à tête
 qui m’a permis d’apprécier la sensibilité et la profondeur de cette jeune femme », révélera par
 la suite Marie de Hennezel. 
      Comment dire l’importance d’un père dans le cœur de sa fille ? Un livre n’y suffirait sans
 doute pas. Dans le répertoire farmerien, une chanson retiendra l’attention des fans, 
Optimistique-moi, dont Mylène a signé paroles et musique. Dans le clip, signé Michael Haussman,
 on découvre une Mylène emprisonnée dans l’univers du cirque, qui ne pourra gagner sa liberté 
qu’au terme d’une série d’épreuves, bravant un climat d’hostilité générale. Funambule, elle doit
 ainsi tenir en équilibre sur un fil alors que des cracheurs de feu, au sol, tentent de la 
déstabiliser. Discret mais attentif, un homme lui parle, la rassure, la guide, l’attire à lui. 
Il est jeune et séduisant. C’est un magicien, vêtu de noir, le seul être qui semble la comprendre.
 
      Mais le supplice de la jeune femme n’est pas terminé : alors qu’un trio de comédiens, 
composé de Pierrot, Arlequin et Colombine, théâtralise sa détresse, elle doit, en outre,
 évoluer sur un énorme ballon au milieu de la piste. Cette fois, sa progression est 
interrompue par un lanceur de  couteaux qui, d’un geste précis, crève le ballon. 
Le personnage incarné par Mylène est à nouveau humilié. 
Heureusement, le magicien va mettre un terme à ce calvaire. Après avoir enfermé la jeune
 femme dans un coffre rouge capitonné, il la transperce d’épées. Le temps d’ôter les lames, 
lorsqu’il ouvre la boîte, l’oiseau s’est envolé... 
On retrouve Mylène à l’arrière d’une camionnette bleue, debout au milieu de ballots 
de paille, affichant un sourire radieux. Libre, enfin. 
À l’extrême fin du clip, tout s’éclaire : sous les traits du magicien apparaissent 
ceux d’un homme  aux cheveux gris. Derrière ce visage rassurant se dissimulait en fait
 la figure paternelle. 
Un père qui est le seul à déceler la détresse de sa fille. Un père dont le regard 
aimant permet 
à la funambule, en proie au doute, de garder l’équilibre.
 
      Que signifie exactement Optimistique-moi, ce barbarisme inventé par Mylène ? 
Rien qui doive être figé, bien sûr, dans une définition aux contours rigides. 
Mais l’on peut projeter sur ce verbe bien des connotations. Le père n’est-il pas, 
dans les théories freudiennes, celui qui est chargé de transmettre à son enfant 
l’énergie nécessaire pour affronter le monde ? Communiquer un optimisme qui galvanise,
 tel semble le rôle dévolu au papa de la chanson.
 Lorsque le single est sorti, certaines paroles ont suscité bien des interrogations. 
L’image, développée dans le refrain, d’un baiser déposé sur un « petit bouton de rose 
pétales humides »  évoque en effet un geste plutôt ambigu lorsqu’il est perpétré par
 un père sur sa fille.
 
       En outre, deux vers de la chanson – « Qu’aussitôt tes câlins/ Cessent toute ecchymose »
 – dissimulent à peine le mot « inceste ». Impossible de penser qu’il puisse s’agir d’un hasard 
quand on sait la précision chirurgicale dont Mylène fait preuve dans le choix des mots. Bien sûr,
 en déduire que la chanteuse aurait été victime d’un inceste serait une extrapolation des plus 
hasardeuse. On le sait, dans la psychanalyse, la tentation de l’inceste, 
nichée au cœur du complexe d’Œdipe, constitue une étape nécessaire dans le 
développement de l’enfant. Ce que Mylène met en scène dans sa chanson est d’abord
 un inceste symbolique, même si elle prend un malin plaisir à 
laisser planer un parfum de soufre qui marque sa signature. 
       Une fois de plus, en tout cas, elle fait mouche. En évoquant à nouveau ce « papa » 
qu’elle a tant aimé, et dont le souvenir ne cesse de lui insuffler l’énergie de 
battante qui nourrit sa carrière, elle aborde une symbolique universelle, où chacun 
peut puiser ce dont il a besoin.
 De la mort d’un être cher, elle a tiré une force.
 
Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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LA TIMIDITE MALADIVE DE MYLENE

Posté par francesca7 le 26 août 2015

 

 
2000-ClaudeUne enfilade de couloirs où même les pas feutrés résonnent. 

Une odeur d’éther qui vous prend à la gorge. Des chambres glacées, des lits étroits,
 des brancards qui vont et viennent dans les ascenseurs. 
Chaque dimanche, elle est fidèle au rendez-vous. Au départ, Mylène accompagnait
 d’autres élèves de son âge après les cours de catéchisme. 
Et puis, depuis plusieurs semaines, elle y vient seule. 
Elle préfère s’y rendre loin du regard des autres. 
Chaque dimanche, « pour échapper à l’ennui », dit-elle, elle visite les enfants
 malades à l’hôpital de Garches. Certains, victimes d’accidents de la route, 
sont paralysés. D’autres souffrent de maladies génétiques. Elle a quatorze ans. 
Voilà un souvenir, une fois n’est pas coutume, qui demeure indélébile. 
Mylène l’a évoqué maintes fois, et y revient sans cesse, comme un épisode
 marquant de son enfance à Ville-d’Avray. « Un électrochoc », dit-elle. 
« Une clé », même, pour comprendre qui elle est. 
 
Avant de préciser : « S’occuper d’enfants tétraplégiques, c’est insupportable
 pour quelqu’un qui marche. » Révoltée devant le spectacle de la maladie, 
l’adolescente ressent une forme de culpabilité, qui s’ajoute au chagrin. 
Impuissante devant ces drames souvent irrémédiables, elle se force à sourire,
 à s’ouvrir à ces enfants qui ont le même âge qu’elle. 
« J’essayais de communiquer avec eux, de jouer, de leur apporter quelque chose.
 C’est quelque chose qui vous marque fatalement à vie. Ça rend triste, définitivement. »
 Pour passer autant de temps auprès de ces êtres que la vie a diminués, 
il faut éprouver une immense solitude. 
Surtout, il faut se sentir soi-même différent de la multitude. 
Le handicap n’est pas nécessairement une catégorie répertoriée par un diagnostic médical.  
 
Il peut être vécu de l’intérieur, comme une fêlure qui vous rend inapte à une
 existence sociale normale. Baudelaire l’a bien montré dans son poème L’Albatros.
 « Ses ailes de géant l’empêchent de marcher », écrit-il à propos du poète, 
moqué par ses frères humains parce qu’il semble incapable de trouver 
sa place dans leur communauté. Pour Mylène, partager des moments 
intenses avec ces enfants n’a rien d’une sinécure.  
Pourtant, la jeune fille y trouve son compte. Elle échappe à l’ambiance familiale,
 où elle se sent souvent incomprise. 
À leur contact, surtout, elle trouve un sens à ce mal-être sourd qui grandit 
depuis que sa famille a quitté le Canada. C’est cette proximité avec l’autisme 
qui permettra à Mylène d’incarner avec tant de crédibilité Catherine, l’héroïne 
de Giorgino. Pour se préparer au rôle, elle visitera d’ailleurs à nouveau un
 hôpital psychiatrique. « Je suis fascinée, confiera-t-elle, par les enfants autistes.
 Par le mystère qu’ils gardent, leur incapacité à communiquer. » 
                                                     **
 
     Dans ces derniers mots, tout est dit, ou presque. Si l’adolescente se sent 
différente, c’est parce qu’elle se vit comme emmurée en elle-même.  
« Je suis constamment gênée par le regard des autres depuis que je suis toute petite»,
 avoue-t-elle. Une timidité maladive, voilà son infirmité. Trait de caractère qui
 la rapproche de son père, un homme du genre réservé, y compris dans le travail, 
si l’on en croit ses collègues de l’époque canadienne. Elle n’y peut rien : dès 
qu’un inconnu pénètre dans la maison de Ville- d’Avray, elle devient muette comme une carpe. 
Incapable de s’ouvrir, elle baisse les yeux et ne décroche pas un mot.  
Tous ceux qui, plus tard, ont croisé un jour la route de Mylène ont été frappés 
par cette timidité extrême. Sophie Tellier, la célèbre rivale de Libertine dans 
le clip et sur scène, en témoigne. « Elle est très renfermée. Lorsqu’il y a plus
 de deux personnes autour d’elle, elle ne parle pas. » 
 mylene-farmer-photo-facebook« Face aux gens, elle semble être totalement démunie, sans défense, comme si elle
 n’avait pas de cuirasse27 », m’explique la photographe Elsa Trillat. Christophe Mourthé,
 qui a réalisé quelques-uns des clichés les plus glamours de la chanteuse entre 1986 
et 1988, me raconte :  
« Quand nous marchions ensemble tous les deux dans la rue, elle était toujours 
du côté du mur, comme s’il lui fallait un rempart pour être protégée des autres. »
 Philippe Séguy, le premier biographe officiel de la star, relate comment Mylène 
s’est présentée à lui au premier rendez-vous. « Elle baissait les yeux, m’a tendu
 la main, n’a fait que pincer la mienne, offrant un sourire aussitôt ravalé de 
petite fille intimidée. » 
                                                     **
 
Un tempérament qui constitue un obstacle majeur pour sa carrière. 
À ses débuts, elle est tellement réservée qu’il est impensable, pour Jérôme Dahan,
 qui a cosigné Maman a tort avec Laurent Boutonnat, d’envisager pour elle une 
carrière tonitruante à la Jeanne Mas. Lui, songe davantage à un créneau plus 
discret à la Françoise Hardy. « Chez ma mère, où il y avait une grande pièce avec un piano,
 on répétait la mise en scène des morceaux. Mylène avait du mal à appréhender tout cela,
 et on devait, Laurent et moi, lui apprendre les chorégraphies. Elle n’avait pas du tout
 de vision, de conscience de son corps. » 
Bertrand Le Page, son premier manager, m’a également confié son désarroi devant 
une artiste aussi peu extravertie. « Ce n’était pas dans sa nature, il a fallu 
qu’elle travaille dur pour sortir quelque chose d’elle-même. Je mettais la chanson,
 je montais le son à fond et je lui disais : “Vas-y, montre-moi ce que tu sais faire.” 
Mais ce n’était pas du tout concluant. » 
C’est là que Sophie Tellier va jouer un rôle déterminant. Danseuse professionnelle
 proche de Redha, créateur de ballets cultes dans les années 1980, elle devient la
 chorégraphe personnelle de Mylène. Il lui faut d’abord rompre cette gangue qui 
emprisonne le corps de son élève. Patiente, Sophie se rend tous les jours au domicile
 de la chanteuse et gagne sa confiance en la faisant rire. Peu à peu, elle parvient à
 trouver les mouvements de bras, de jambes et de tête qui lui sont naturels. 
Avec un professeur aussi doué, les résultats sont spectaculaires. 
Malgré tout, lorsqu’on revoit les sauts de cabri de Mylène chantant Libertine sur le
 petit écran, on ne peut s’empêcher d’y déceler une raideur encore maladroite. 
Une telle exubérance force sans doute à l’excès son côté introverti. Plus tard,
 à mesure qu’elle trouvera des gestuelles plus adaptées à son véritable caractère,
 une indéniable grâce se dégagera des tableaux de certaines chansons comme Désenchantée
 ou L’Âme-Stram-Gram. Mais cette aisance inattendue, gagnée à la sueur de son front, 
ne changera rien à la nature profonde de Mylène.
                                                      **
 
Pour tous ceux qui ont partagé des moments forts avec la chanteuse, en tout cas, 
cette réserve extrême, loin d’être rebutante, s’impose comme un charme supplémentaire.
 « Elle en use et en abuse, mais elle le fait tellement bien que tout le monde est 
amoureux d’elle », explique Christian Padovan, bassiste sur la première tournée en 1989. 
 La chanteuse Marie Laforêt, dont Mylène reprendra sur scène Je voudrais tant que tu 
comprennes, n’est pas insensible non plus à la séduction qui se dégage d’une nature 
aussi effarouchée. « Je me suis retrouvée deux fois en interview avec elle, raconte-t-elle. 
Elle était quasiment muette, si bien que je me sentais obligée de meubler un peu. 
Elle était infiniment touchante : elle avait l’air d’un oiseau tombé du nid. » 
 
Des années plus tard, cette timidité semble s’être encore aggravée, si l’on en croit 
Mylène elle-même : sa cruelle absence médiatique, y compris au moment de promouvoir 
ses albums, serait la conséquence de cette appréhension ancrée en elle. 
En décembre 2005, ce n’est que sur l’insistance de sa maison de disques et de ses fans
 qu’elle consent à accorder une interview à Thierry Demaizière, dans le cadre de l’émission 
« Sept à huit » sur TF1. Un moment terrifiant pour elle. « Je vous dois une semaine 
et demie d’insomnie et un presque ulcère », dit-elle en préambule avec ironie. 
Quant au journaliste, qui n’a pas pu rencontrer l’artiste auparavant, il confiera après coup : 
 « Elle tremblait à la fin de l’entretien. Elle souffrait vraiment. 
1996-08-a» On la retrouve encore superbe et tétanisée, les cheveux défaits en cascade,
 le 12 décembre 2006, face à Patrick Poivre d’Arvor, dans le 20 heures de TF1,
 où elle vient annoncer la sortie de son DVD live. Sourire crispé, rires nerveux 
émaillent cette interview aux allures de séance de torture. 
Le regard de l’autre, d’autant plus acide lorsqu’une caméra la filme, semble aussi
 difficile à accepter qu’à l’époque où Mylène était petite fille. Seule la scène lui
 permet de dépasser cette angoisse. Il lui faut se sentir démesurément aimée, 
submergée d’un amour XXL, pour offrir au public ses trésors les plus intimes.
 
Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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LA PRISON par Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 30 juillet 2015

 

 (Devant la cellule) « Bonjour, je suis Lisa et je cherche l’homme qui parle… » « Mais on parle tous ici ! » répond l’homme, « c’est d’ailleurs la seule chose qu’on nous autorise à faire. Croix de bois, croix de fer ! Écoute-les tous… ils parlent au vide, ils parlent aux chaises, s’adressent aux murs et même aux confitures. » « Moi aussi je parle aux cailloux, mais il y a toujours quelqu’un dessous ! D’ailleurs Grand-Mère, qui est sous terre… » « Écoute… » s’agace-t-il, « j’peux pas là, j’ai trois ans à tirer et j’dois bouger mes pieds. Ton type, il parle t’as dit, c’est ça ? Eh bien moi, j’dois piétiner. » Lisa semble perdue dans ses pensées mais l’homme de la couper sans ménagement, reprend :

prison 2

« Écoute, va donc voir la cellule 102… Le type qui est dedans est aussi maboul que toi, l’Enfant ! Ça fait dix ans qu’il devrait être dehors, le mort ! Mais il veut pas bouger !!! Et même pas des barreaux pour l’en empêcher. Lui, il a tout son temps pour t’écouter chercher. Maintenant, file ! » Lisa se détourne de l’homme quand elle se ravise et vise : « A force de piétiner tu vas t’user les pieds et on n’va pas très loin comme ça, tu sais !!! C’est Grand-Mère qui le disait… » Avant que l’homme, en colère devant tant d’insolence, n’attrape le bras de Lisa, celle-ci (non sans quelque émoi) se sauva. « C’est ça, prends tes jambes à ton cou ! Avant que je ne le torde », hurla le malfrat, oubliant un instant les barreaux du cachot. SON COURROUX LUI FAISAIT DES GROS YEUX DE L’ORBITE ET LA TÊTE D’UN KAKOU, D’UN TRÈS MÉCHANT MÉROU ! Lisa, toute retournée, pensait : « À quoi bon être dehors si c’est pour blesser les gens ? De trois ans, tu pourrais bien passer à 100 » marmonna-t-elle. Elle lui aurait volontiers passé plus tôt ses souliers, mais plus maintenant ! Il est trop arrogant et les pieds en dedans ! Un monde un peu brutal s’organisait au même instant : des bruits de casseroles, des gamelles en bémols des gardiens tourbillons, et tous â l’unisson réclamaient leur ration.

prison

Lisa aussi a faim, mais elle doit se rendre à l’évidence… Pas d’argent, pas de pain ! Pas de pain, pas de chance ! Elle se rappelle une phrase que lui répétait Grand-Mère en dodelinant de la tête : « C’est tout ou rien. Et le contraire de tout… c’est rien ! » Les couloirs de la prison sont longs, un peu nauséabonds aussi, note Lisa. Elle préfère ne pas trop y penser… Elle mettrait volontiers les dix doigts dans son nez… Mais ce n’est pas des manières ? Des kilomètres de fer brut s’offrent à l’inconnue. Seule la rouille semble vouloir en excuser la nudité. Qui oserait espérer un peu de chaleur en ce lieu qui n’a ni intimité, ni même sentiment de paix ? Et ces kyrielles de tatouages qui se mélangent à la sueur de leurs porteurs. Lisa marche bien des heures… Mais ce n’est pas en vain ! puisqu’elle rencontre enfin le petit homme rond au 102. Il lui dira peut-être des choses importantes ? Elle est toutefois surprise… Pas de barreaux apparents ni de verrou méchant qui viennent l’embêter, juste un petit tapis très carré sur lequel il est posé (dans une drôle de position, il faut dire), un peu comme un melon qui ferait le fakir. Il semble auréolé de bonté. L’homme est aussi silencieux que l’autre vomissait quand il parlait. Pas celui du cimetière, bien sûr, lui il était parfait ! L’autre… Le bossu, le détenu bourru.

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

 

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LA NUIT de Mylène Farmer dans Lisa

Posté par francesca7 le 24 juillet 2015

 

 » UNE NUIT QUI N’AGITE RIEN, C’EST UNE NUIT POUR RIEN ! « 

La nuit

Lisa est en état de veille, l’œil hibou-bien-droit le cou, prête à rebondir sur n’importe quels « jnounes ». (C’est encore un drôle de nom que celui-ci !) « Pourtant il décrit un FANTÔME DANS UN PAYS ! » dit-elle tout fort, pour gêner Loup qui dort ! « Un jnoune au Maroc est un spectre en Ecosse. Dans les romans, ils sont tous effrayants puisqu’ils sont revenants ! » s’acharne-t-elle. (Enfin Loup se réveille !)

Mais Lisa n’a pas peur des fantômes, ni même des CROQUEMITAINES aux crânes de CHRYSANTHÈMES, pas plus que des GARGOUILLES qui se grattent les gribouilles, encore moins des SQUELETTES qui claquettent quand ils pètent. (N.B : Les deux dernières phrases sont à l’appréciation des enfants, mais un gros mot, souvent, fait la joie des parents !) « Ce n’est pas parce qu’ils sont morts qu’ils n’ont pas droit au vent !

Puisqu’ils veulent revenir, il faut les accueillir », renchérit-elle tout en bâillant. Loup, lui, n’est pas très chaud pour un frotti-frotta avec l’au-delà !!!!

Il préférerait s’abstenir, garder les yeux collés, et à plat s’endormir. Mais Lisa ne l’entend pas de cette oreille-là… « DEBOUT ! DEBOUT ! » crie-t-elle à tue-tête, « DEBOUT ! DEBOUT ! » L’insomnie me guette ! C’est à ce moment même que se produit l’incident : une série de cris, un concerto de bruits, une cascade, que dis-je, une dégringolade de livres !… (Il se passe quelque chose de suspect dans la bibliothèque.) Lisa le pressentait… puisque son nez la grattait ! D’un bond, attrapant d’un seul coup, Loup et manche, Lisa traîne son ami vers ce lieu d’avalanches, quand soudain elle entend :

« DÉGRINGOLE L’ESCALIER, DÉPÊCHE-TOI S’IL TE PLAÎT ! NE CRAINS PAS L’IMPOSSIBLE, NOUS SOMMES TOUS ANIMÉS ! OUVRE BIEN TES MYRTILLES ET FAIS-NOUS L’AMITIÉ… DE TRINQUER AVEC NOUS, TU NOUS AS DÉLIVRÉS ! »

Une pluie de voix… (pas d’opéra !) s’échappe du salon et chatouille l’ouïe de Lisà. Et ils chantent… Et de plus en plus fort, et de plus en plus vite, et encore et encore, jusqu’à ce que la petite, tout essoufflée, s’étale de tout son long, pauvre âme, devant, en rang d’oignons, ses nouveaux compagnons ! Loup qui suivait de près se mit à trébucher sur son amie : mais pas de grands dégâts ! Puisque Loup est tout plat… Lisa, toujours sur le ventre, découvre toute tremblante en premier lieu : des pieds… puis des jambes animées, et enfin les frimousses, de trois copains de brousse : Un lapin élancé, Une araignée gênée Et un ver solitaire.

 

(Tous un petit peu plissés, note Lisa qui, déjà, s’est redressée.) « C’est normal ! » se souvient le ver de terre nain, qui remarque aussitôt le regard moqueur de la petite. « Le livre était un peu fermé et… comment dirais-je ?… quelque peu compressés étaient nos fessiers… Nous étions de surcroît, mes amis et moi, dans une position inconfortable et puisque abandonnés… » « Moi aussi j’ai eu un sentiment d’abandon ! » interrompt Lisa déjà lasse, « quand Grand-Mère est partie au cimetière ! Mais il y a Loup avec moi et… » « PARDONNEZ-MOI », reprend le rampant, « mais il me semble que  » net coupée  » fut ma parole ! Et j’allais vous présenter MA POMME !

Lapin

Et bien sûr, mes deux compagnons. Vous me permettez donc une nouvelle intervention sans d’autres interventions ???????? » Lisa, un peu vexée d’avoir elle-même été coupée, ne dit mot et consent. Le ton de l’asticot, lui chauffe un peu les Sa manière de parler, en inversant les mots, ressemble comme deux gouttes d’eau aux tableaux de Pablo. « Mais oui ! De Pablo Picasso ! Il est très très connu et pas vraiment poilu ! » intervient à nouveau Lisa. …………… (Je ne voudrais pas me joindre aux plaintes proférées par l’asticot, mais en tant qu’auteur j’aimerais jouir de ma plume comme je l’entends ! jolie Lisa. C’est moi qui écris, là ! Aussi, à l’avenir, je souhaiterais un peu de discipline… Et être seul maître de mon imaginaire.) « Pardon… » dit Lisa, toute penaude. « Je retiendrai la leçon… » Aussitôt dit, baisser d’un ton ! « Hum… Hum…

Voici donc : MA PERSONNE… » reprend le rampant en se grattant la gorge. « Je me prénomme : HUMPHREY. » « Mais il a son EGO sur-gonflé et son MOI démesuré », constate Lisa tout bas. « Dis donc ! Ce ver ne manque pas d’air !!! Il lui faut un certain cran pour se citer en premier ! » confie-t-elle à Loup… « Et pas d’éducation du tout ! » Mais rien n’arrête Humphrey qui continue : « À ma droite ; l’Araignée ! Araignée du matin… Chagrin » entonne-t-il… « Araignée du soir… Cafard. Je suis un peu poète, je sais… » se gausse-t-il. « Un Verlaine, un Rimbaud, un Reverdy des mots ! » Pendant qu’il soûlait Lisa, l’Araignée tentait désespérément de déplier ses pattes d’acrobate. (Et ce faisant, elle gêne visiblement l’élocution du mirliton qui, pour le lui signaler, lui donne un coup de pied !) « Aïe !!! Un Molière de cimetière, tu veux dire ! Il oublie d’où il vient… » grommelle l’arachnéenne qui n’apprécie guère les vers du ver !

Mais, imperturbable, l’ondulant conclut : « Et à ma gauche !… Lapin Martin. Nous sommes inséparables et un peu cabotins. » Lisa et Loup se présentent à leur tour, non sans une pointe d’humour : « Serrons-nous les mains, les pattes et l’abat-jour ! » dit-elle d’un air coquin. J’oublie détail utile… Pourquoi un abat-jour ? Eh bien, le ver porte un chapeau, chapeau qui cache un drôle de rigolo ! Et s’il parle de cette façon, c’est parce qu’il aime l’opinion et le qu’en-dira-t-on, mais dans le fond, il est un très bon ver, même s’il est solitaire ! « C’est le milieu de la nuit, et il faut dormir ! » commande Lisa. (En effet, Loup et la petite, bien que très excités, ont les yeux en forme de frites, de frites toutes allongées.)

 

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

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Une musique pour des Robots

Posté par francesca7 le 17 mai 2015

 

 

Pour la tournée, Philippe Stegemann a utilisé deux robots de 2 mètres et trois de 2,30 mètres. Il s’agit de machines employées à l’origine sur les chaînes de fabrication des industries pharmaceutique ou des semi conducteurs, par exemple. A part l’ajout d’un masque en carbone conçu spécialement par Robolounge, ils ne sont pas modifiés. « Mais on utilise des paramètres jamais utilisés dans l’industrie, notamment des accélérations et des décélérations qui leur donnent des mouvements souples », explique le fondateur. Pour ce spectacle, tous les mouvements sont pré-programmés, mais ils pourraient aussi être programmés pour réagir au BPM ou au style de musique, sur un set non connu à l’avance. 

Image de prévisualisation YouTube

La musique de l’interlude a été composée en fonction des robots

Au départ, Robolounge a créé le tableau de C’est une belle journée en travaillant sur les vidéos de la chorégraphie. Puis l’idée d’assurer le premier interlude, pendant lequel la chanteuse change de tenue au bout d’environ 35 minutes de spectacle, s’est imposée. Et là, ce ne sont pas les robots qui se sont adaptés à la chorégraphie, mais le directeur musical, Yvan Cassar, qui a composé la musique en fonction des robots. « Il a consulté nos vidéos et a très bien analysé notre registre, confie Philippe Stegemann. Cela cadre parfaitement, avec une montée en puissance en partant de la musique classique pour aller vers du dubstep. Chaque tableau a une émotion particulière. » 

Effectivement, l’effet est saisissant. Seuls sur scène, sur une adaptation de Schubert, les cinq robots-danseurs forment un ballet esthétique, puis mettent le feu sous les lasers en bougeant comme des danseurs hip-hop. On oublie complètement qu’ils ne sont même pas humanoïdes, tant l’articulation du cou, du « bassin » et des « épaules », plus le masque, suffit à imaginer des bras et des jambes. Timeless est moins coquin que les précédents shows de la star, dommage car sinon elle aurait pu signer la première chorégraphie « robo-érotique », tant on a l’impression que ces robots peuvent tout jouer. 

« On a travaillé avec Mylène sur l’introduction de la chanson »

image-40Les choses sont plus compliquées quand Mylène et les danseurs sont à côté des robots, car ils doivent respecter une distance de sécurité correspondant à leur rayon d’action. Mieux vaut éviter le choc avec un robot de 115 kg en rotation à pleine vitesse… C’est pourquoi, à ces moments là, ils n’effectuent que des mouvements latéraux. En cas de pépin, Philippe Stegemann a cependant constamment dans la main un poignée de validation et un arrêt d’urgence.  

En tout, la préparation du show a duré un an. « L’équipe de Mylène est très pro, très unie, et attentive. Cela m’a beaucoup aidé, ne venant pas du métier. » Philippe Stegemann a même travaillé en direct avec la star, qui s’est investie aussi dans cet aspect du spectacle. « Ca lui plaisait et ça l’intéressait. C’est très agréable de travailler avec elle. On a travaillé ensemble sur les détails de l’introduction de C’est une belle journée. J’ai été très surpris par la rapidité avec laquelle elle a compris les problématiques techniques, elle pourrait être ingénieur. » 

Une belle aventure, donc, pour ce pionnier de la robotique artistique, à laquelle la tournée Timeless 2013 offre une formidable exposition, au moment où la robotique française, plutôt en pointe dans le monde, est soutenue comme un des secteurs industriels d’avenir par François Hollande. D’ailleurs, Philippe Stegemann ne dit pas tout, mais on devine que cette visibilité s’est déjà traduite en contacts pour de futurs projets. « C’est la chance d’une vie ! Je suis sur un nuage », dit-il encore étonné.  

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Mylène Farmer sur 7 DNEY (Russie)

Posté par francesca7 le 20 décembre 2014

 

Entretien avec Kirill PRIVALOV le 6 MARS 2000

 

2000-02-bVotre nouveau spectacle, « Mylenium », qui a déjà été vu par plus d’un million de spectateurs (sic !) impressionne non seulement par son côté fantastique mais aussi par son abondance de symboles : vous apparaissez sur scène telle une déesse sortant de la tête d’une divinité immense et à la fin du spectacle, vous disparaissez dans le creux de sa main. D’où vous vient cette imagerie ?

­ Il me semble que je suis à une période de ma vie où il est temps de réfléchir sur le sens de la vie, de sa place dans l’univers. J’ai déjà trente­huit ans… L’idée de ce nouveau spectacle m’est venue après avoir lu « Le livre tibétain de la vie et de la mort ». Cette philosophie a bouleversé ma vie et m’a fait voir sous un nouveau jour tout ce que j’ai vécu et tout ce qui m’entoure. Ce spectacle est une sorte de reflet, sous forme de chansons et de danse, de ma nouvelle perception de la vie.

Qu’est-­ce qui a changé en vous ?

­ Je suis devenue différente, voyez­vous. Plus humaine, peut­être. Et par­dessous tout, ces derniers temps, il m’arrive des choses étranges. Par exemple, je me suis rendue récemment à Prague, et alors qu’il était cinq heures du matin, j’ai senti comme une force inconnue qui m’a fait me lever, m’habiller et sortir de l’hôtel. J’ai déambulé dehors, ne comptant que sur mes jambes, et je suis finalement arrivée près du pont Charles. C’était magnifique. J’ai contemplé la Vltava et les palais au loin, comme ensorcelée. Et puis, j’ai aperçu une petite église : le croirez­vous, elle était ouverte ! Alors qu’un vieux prêtre allumait les cierges, un son d’orgue  a retenti, sortant de nulle part. J’y ai passé trois heures, assise sur un banc de pierre. Je me serais crue dans un livre de Kafka !

Vous lisez beaucoup, paraît-­il…

­ Oui. Je sors peu, et les livres sont pour moi comme des amis proches. Je n’aime pas trop la science­fiction. J’aime la poésie. En matière de musique, j’écoute avec admiration les grands classiques français. Je connais beaucoup moins les musiques modernes. Et puis, je vais peu voir mes confrères sur scène !

Parlez­-nous de votre famille. D’habitude, vous faites l’impasse sur le sujet, mais puisque vous nous parlez… ! Un jour, vous avez déclaré à un journaliste de France­ Soir : ‘Pendant vingt ­trois ans, j’ai maudit ma mère de m’avoir mise au monde’…

­ J’ai eu longtemps l’impression d’être une étrangère au sein de mon propre foyer. Je manquais cruellement d’amour, d’attention. Quoiqu’il en soit, ces problèmes appartiennent au passé.

Comment étiez­ vous, enfant ?

­ Jusqu’à l’âge de quatorze ans, j’étais un vrai garçon manqué : tous mes amis étaient des garçons, je ne portais que des pantalons et pour mieux ressembler à un garçon ­ ne riez pas !­ j’ai même mis un mouchoir dans mon pantalon pour être plus masculine ! Plus tard, lorsque mon corps a  définitivement pris des formes plus féminines, je me suis sentie dans la peau de quelqu’un d’autre, comme si j’étais recouverte d’une enveloppe étrange qui aurait entravé mes mouvements, un peu comme dans un film fantastique ! Il n’y a que très récemment que je me suis débarrassée de ce sentiment de gêne.

Qu’est­-ce qui vous a aidée à gagner cette victoire sur vous-­même ?

­ C’est avant tout l’amour et le dévouement du public. Pour toutes les femmes, se sentir aimée et désirée est important, mais ça l’est encore plus pour une artiste. Ma tournée européenne, qui a rencontré beaucoup de succès auprès du public, et le succès de mon dernier album, « Innamoramento », m’ont remplie d’une énergie nouvelle. Je ne me sens plus comme le vilain petit canard ! J’oserais même dire qu’avant, l’idée de la prolongation de moi­même me mettait très mal à l’aise. Maintenant, j’aimerais avoir un enfant.

Quels sont les hommes qui vous attirent ?

­ Ceux qui ont passé la quarantaine. J’ai besoin de protection, de sécurité. Les tournées me fatiguent beaucoup, et j’aimerais avoir une maison, grande et confortable. Comme un nid ! C’est impossible de vivre tout le temps la tête dans les étoiles, comme je l’exprime dans l’une de mes chansons…

Savez-­vous cuisinez ? Quel est le plat que vous réussissez le mieux ?

­ Oh ! J’évolue dans une cuisine comme sur un terrain miné ! Je ne sais guère que me faire un œuf dur. Cuisiner une omelette, ça tient déjà de l’acrobatie pour moi !

Quels sont vos petits plaisir dans la vie ?

­ J’adore les bons vins : les rouges ­ seulement les français. Bordeaux, Petrus, Côte Rôtie, Médoc… Du bon vin et des cigarettes hors de prix : c’est mes seuls plaisirs bourgeois !

Vous fumez ?! Cela ne nuit pas à votre voix ?

­ 2000-02-cNon, comme vous le voyez. Parmi mes traits de caractère, il y a la simplicité et la droiture. Ma couleur favorite : celle qui a le moins de prétention, le blanc. Mon odeur préférée, c’est celle de la campagne : l’arôme du foin, de la terre fraîchement remuée, des arbres réchauffés par le soleil. Mais j’aime aussi l’hiver. Il y a deux jours, j’étais au Luxembourg. Je me suis promenée dans un parc, et tout y était recouvert de neige : par terre, les arbres etc. Je l’ai prise dans mes mains, fait des boules…

Vous avez besoin de toucher quelque chose pour l’aimer, pour y être attachée ?

­ L’odorat et le toucher tiennent une place à part dans ma vie. Je crois que je peux distinguer quelqu’un de bon de quelqu’un de mauvais, quelqu’un de sain de quelqu’un de malade rien qu’à l’odorat. Ne riez pas ! Toutes les rousses sont un peu des sorcières : au Moyen­Âge, on m’aurait brûlée vive !

Publié dans Mylène 1999 - 2000, Mylène dans la PRESSE, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaires »

Mylène Farmer sur PULSE (Russie)

Posté par francesca7 le 17 décembre 2014

 

MARS 2000

1999-01-eEntretien avec Konstantin SOLOVUKH et Nadezhda KOZHEVNIKOVA

Pulse est un mensuel russe qui présente la particularité d’être publié en deux éditions : l’une russophone et l’autre anglophone. La traduction qui suit a été réalisée à partir de la version en  anglais. A la lecture de l’entretien, il paraît évident que celui­ci a été largement réécrit et que de nombreux éléments descriptifs et d’explication ont été ajoutés ici et là et attribués à la chanteuse. Néanmoins, la traduction est fidèle à la publication. L’article qui accompagne l’interview nous apprend que celle­ci a été réalisée à Paris le 21 février 2000.

Pourquoi votre Mylenium Tour est­il un événement du nouveau millénaire ? En quoi est­il différent de vos tournées précédentes ?

­ Je suis désormais plus tournée vers la poésie. Ce spectacle est plus romantique et lyrique et j’y chante plus de chansons lentes que d’habitude. D’un autre côté, il ne présente pas qu’un concept unique et cohérent : il met en scène deux héroïnes, moi­même et cette déesse qui me protège. Le célèbre artiste suisse Giger m’a offert cette gigantesque statue qui se trouve sur la scène et dont la tête et le bras sont articulés. A ce propos, si vous aimez le cinéma, vous associerez probablement Giger à des films fantastiques tels que « Stranger », « Dune », « Poltergeist 2 » et « Batman Forever ». Sa création rappelle la déesse égyptienne Isis qui représente la féminité et la fertilité. Elle est bien plus qu’un accessoire gadget, un décor impressionnant. C’est une actrice cruciale de mon barnum, cette messe païenne qui prend la forme d’un concert typique de ce qui se fait dans le show­business : la scène est recouverte de glace (sic !), des lumières multicolores clignotent et des confettis argentés tombent sur le public. Des effets de lumières artistiques et mystiques, crées par cinq tonnes d’équipement luminaire, insufflent la vie à la statue.

Apparemment, les critiques vous ont reproché votre goût pour le gigantisme. Vous amenez avec vous dix tonnes d’installation sonore et au total seize semi­remorques remplis d’équipements divers.

Est­ce ce qu’il vous faut pour être à la hauteur ?

­ C’est mon choix, mais gardez bien à l’esprit que la valeur humaine d’un spectacle n’a rien à voir avec le nombre de musiciens, de techniciens ou avec une montagne d’équipement. C’est l’artiste qui fait tout. Si l’artiste n’a rien à dire au public et manque de charisme, une accumulation d’effets sonores ou d’astuces diverses ne sauvera pas la mise. Vous n’êtes pas d’accord ?

Avez­vous des choses nouvelles à dire à travers ce spectacle ?

­ Je pense, oui. Il n’y a pas que ma coiffure ou mes costumes de scène qui ont changé ! J’ai vraiment changé, dernièrement. Je dois entrer dans une nouvelle phase de ma vie. Je ne peux pas vous confier plus de détails : j’ai pour principe de garder ma vie privée à l’écart de la scène. Tout le monde passe par diverses phases dans sa vie, vous savez. J’ai eu une période où j’étais très peu sûre de moi­même, mais maintenant je suis une personne différente : je garde plus la tête froide et je suis plus équilibrée.

Comment expliquez­vous cette transformation ?

­ Je ne sais vraiment pas. Plutôt que de tenter d’apprivoiser mon passé –j’ai eu une enfance relativement solitaire­ j’ai appris à ne garder que les souvenirs agréables, porteurs d’énergie. Une fois, en cours de catéchisme à l’école primaire, on nous a emmenés dans un hôpital pour enfants handicapés. Ce que j’y ai vu m’a marquée à vie. Je suis incapable de faire du mal à un être vivant, pas même à un insecte. Je ne mange pas de viande. Je ne me vante pas : chacun a ses forces et ses faiblesses et j’ai les miennes moi aussi.

Y a­t­il quelque chose que vous n’aimez pas particulièrement dans le show­business ?

­ Je déteste par­dessus tous les stéréotypes, je veux dire cette façon qu’on a de créer des stars formatées à la chaîne. La presse est à blâmer, également. Les paparazzis ne prennent jamais le temps de se renseigner sur ce qu’il y a autour d’un artiste, ils ne s’intéressent qu’aux plus bas détails : qui sort avec qui, combien d’argent gagnent les gens etc. C’est humiliant. Il y a une vie entière d’émotion derrière chacune de mes chansons. Ca me rend furieuse quand on titre ‘Mylène Farmer : les plus belles jambes de la chanson française’ !

Que pensez­vous de la scène rock et de la variété française ? Pensez­vous qu’elle est à la hauteur ?

Tient­elle la comparaison avec, disons, la scène américaine ?

­ Il faut que je vous dise que je me tiens peu au courant de ce que font mes confrères. Je suis d’un naturel plutôt conservateur. Je préfère la chanson française traditionnelle, comme Serge Gainsbourg ou Barbara.

J’aime écouter Jacques Dutronc et Serge Reggiani. Contrairement à la pop française, peu, sinon aucune, chanson américaine n’a de paroles inspirées ni dérangeantes. J’ai deux passeports, l’un français et l’autre canadien, et je me sens parfaitement bien des deux côtés de l’Atlantique. Je connais aussi bien le rock européen que le rock américain et je peux vous dire qu’il n’y a pratiquement pas de différences entre les deux : il y a des bons artistes et des mauvais artistes, c’est tout. Quant à être à la hauteur, si jamais cette notion peut s’appliquer à la musique, ça dépend énormément des circonstances. Il y a des artistes de langue française qui ont du succès aux Etats­Unis, comme Charles Aznavour, Céline Dion ou Lara Fabian là où de grandes icônes américaines ont totalement échoué en Europe. Si l’on se fie aux critiques, le grand temps fort musical de l’année dernière en France et au Canada a été « Notre­Dame de Paris », une comédie musicale de Luc Plamondon et Richard Cocciante, mais je ne l’ai pas encore vue. La chanson québécoise repose à la fois sur son héritage musical et sur une créativité apparemment sans limites : il suffit de nommer des canadiens –mes compatriotes­ aussi célèbres tels que Robert Charlebois, Daniel Lavoie, Diane Dufresne, Fabienne Thibault, Bruno Pelletier ou Garou. Je mets à part Félix Leclerc, que je place sur un pied d’égalité avec Georges Brassens et Jacques Brel. La variété française est internationale, aussi bien que la variété anglo­saxonne.

1999-01-aDans l’une de vos interviews, vous avez déclaré que ‘les hasards de la vie sont primordiaux : quand tout est dit et fait, c’est le hasard qui forge la vie’. Quels sont les hasards qui ont eu une incidence sur la vôtre ?

­ En vérité, je ne me souviens absolument pas d’avoir dit quelque chose de la sorte, mais bon… Le hasard principal dans ma vie a été la rencontre avec le compositeur et réalisateur Laurent Boutonnat. Vous savez, j’ai une formation d’actrice, j’ai fait une école de théâtre et si on m’avait dit que je ferai une carrière professionnelle dans la chanson avant que je ne le rencontre, jamais je ne l’aurais cru ! Laurent a vu en moi des talents cachés et à partir de ce moment, ma vie a pris un tournant radical. Il a également réalisé mes premiers clips, de vrais courts­métrages, en réalité. J’ai ensuite tenu l’affiche dans son long­métrage, mais malheureusement ça n’a pas été un grand succès public.

Autre chose en référence à une de vos déclarations passées : pensez­vous toujours que les animaux sont ‘plus humains que les humains’ ?

­ Cela dépend à la fois des animaux et des humains. Je suis introvertie, solitaire de nature, je sors rarement de chez moi. A la différence de beaucoup de gens, je n’ai pas besoin de beaucoup de rapports sociaux. Je ne regarde pas énormément la télévision, je lis beaucoup de livres en revanche.

Vous citez souvent Montaigne, Edgar Allan Poe et Baudelaire parmi vos auteurs préférés. Avez­vous lu des auteurs plus modernes ?

­ Vous savez, je ne suis pas focalisée sur un auteur ou un genre bien précis. Je suis une lectrice  omnivore, avec une nette préférence pour la poésie et les romans français.

Quel est votre avis sur la culture punk ?

­ Cela a été un moyen de bousculer les conventions. J’ai moi­même vécu d’une certaine façon comme ces punks, je ressemblais à un garçon jusqu’à mes quatorze ans : j’étais grande, très maigre et je ne portais que des pantalons. Plus tard, lorsque la nature a repris ses droits, je suis devenue plus en harmonie avec moi-même, même si parfois j’ai encore du mal à assimiler le fait que je suis une femme ! Mais si vous faites référence aux punks en rapport avec mes cheveux roux, ils sont naturels, ils ne sont pas teints. (sic !) Il en va de même pour mes tenues de scène : je fais la distinction entre ce que je porte sur scène et ce que je mets pour une réception ou pour aller au restaurant. La scène est un fossé insurmontable entre l’artiste et le public.

Je ne sais pas être provocante, je suis quelqu’un de très timide.

Vous aimez l’humour noir ?

­ L’humour noir est synonyme d’humour britannique pour moi. Cela m’évoque Winston Churchill. Il aimait le whisky et une fois, lors d’une réception officielle, il était plutôt éméché. Une femme de la haute société aux charmes douteux l’aborda alors et lui dit du haut de sa vertu ‘Mais comment osez­vous vous présenter dans cet état ?’, ce à quoi il répondit ‘Demain matin, j’aurai désaoûlé alors  que vous, vous serez toujours laide !’.

C’est la première fois que vous faites une tournée en Russie. Quel est votre rapport à notre pays, son histoire et sa culture ?

­ Si on regarde une carte, la Russie et le Canada ont manifestement beaucoup en commun. Vos hivers sont rudes et enneigés, comme le sont les hivers à Montréal, au Canada. J’ai toujours voulu en savoir plus sur votre pays. J’ai même appris le russe pendant trois ans au collège. Je me suis rendue en Russie une fois en tant que touriste : je suis allée à Moscou et à Saint­Pétersbourg, et c’est cette dernière ville que j’ai préféré. J’ai très hâte de m’y rendre à nouveau. Je suis toujours très impatiente avec mes concerts. J’espère que ma bonne étoile ne va pas m’abandonner !

Publié dans Mylène 1999 - 2000, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

Mylène et MON ZÉNITH À MOI

Posté par francesca7 le 13 septembre 2014

 

10 OCTOBRE 1987 Présenté par Michel DENISOT  CANAL +

Sur le générique de début, c’est la tradition l’invité de la semaine écrit le titre de l’émission sur une palette graphique. Ainsi voit-on à l’écran s’écrire « Mon zénith…à moi toute seule » de la main de Mylène, avant qu’elle ne signe.

On découvre ensuite le plateau : deux canapés qui se font face. Sur l’un Michel Denisot, sur l’autre Mylène Farmer, en veste blanche et pull gris, cheveux attachés en train de jouer avec un chimpanzé assis à ses côtés !

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Michel Denisot : Bienvenue à toutes et à tous ! Après Jean-Jacques Beineix et ses fauves, c’est Mylène Farmer et sa chimpanzé qui font leur Zénith ce soir ! Mylène nous expliquera dans quelques instants pourquoi cette passion pour les chimpanzés. D’abord je voudrais rappeler que vous êtes installée dans le show -biz et dans le Top 50 depuis déjà trois ans, avec trois titres, trois succès, qu’on a une image peut-être encore un peu trouble de vous, en tout cas troublante ne serait-ce qu’à cause tous les clips que vous faits, une image assez troublante de Mylène Farmer. (…) Y a eu « Libertine », y a eu « Tristana » et puis vous aviez commencé avec une chanson qui s’appelle « Maman a tort » où vous étiez amoureuse d’une infirmière.

Mylène Farmer : (tout en jouant avec le chimpanzé) Absolument.

MD : Vous entretenez une espèce d’ambiguïté autour de vous ?

MF : Je ne sais pas si je l’entretiens. Je crois que ça fait partie de ma vie, cette ambiguïté, ce paradoxe.

MD : Alors, on commence par vos fantasmes. Votre fantasme c’est quoi ?

MF : C’est tout ce qui est paroissial. C’est vrai que c’est le prêtre !

MD : Le prêtre, c’est un fantasme qui va jusqu’au fantasme sexuel ?!

MF : Oui, ça pourrait aller jusqu’au fantasme sexuel. J’ai eu une éducation religieuse tout à fait normale mais je n’avais de cesse que de séduire le prêtre qui enseignait le catéchisme !

MD : C’est déjà arrivé ?

MF : Ce n’est jamais arrivé, je vous rassure tout de suite ! (rires)

MD : Ca peut arriver ! Ca arrive au cinéma puisqu’il y a une référence cinématographique qu’on va faire d’entrée…

MF : Absolument oui, on a pris « Les diables » de Ken Russel.

MD : « Les diables », où c’est l’histoire d’un prêtre qui a une vie sexuelle assez intense.

MF : Voilà. Ca se passe sous l’Inquisition et c’est un film merveilleux.

MD : Alors on voit un extrait des « Diables » et puis on est allés mener une enquête, on a demandé à deux prêtres, on leur a dit « Voilà, Mylène Farmer rêve de vous ! ». Alors d’abord l’extrait des « Diables » et puis la réaction au fantasme de Mylène Farmer. (rires de Mylène)

Un court extrait du film de Ken Russel « Les diables » est diffusé en VO. Aussitôt après, le père Jean-Louis Vincent et le père Alexis Baquet réagissent au fantasme de Mylène. Le premier élargit la question au rôle du prêtre dans la société moderne tandis que le second prend la chose avec humour et va même jusqu’à proposer un rendez-vous à Mylène ! Petite nuance cependant puisqu’il veut en profiter pour lui parler duChrist, précise-t-il !

MD : Le deuxième vous donne rendez-vous, mais quand même c’est pour vous ramener dans le droit chemin, si je puis dire !

MF : Dans le droit chemin, oui !

MD : Vous pensez quoi de ces réactions ?

MF : Moi je trouve ça plutôt séduisant ! C’est bien de se prêter à ce jeu-là, déjà, à cette interview . Maintenant, ça ne m’empêche de garder, de conserver ce fantasme !

MD : Et c’est un fantasme de petite fille que vous gardez ?

MF : Pas réellement de petite fille. Je crois que j’ai cultivé ça, et c’est vrai que c’est plus maintenant que ça ressurgit. Mais quand il dit (le premier prêtre, ndlr) qu’on est très éloigné de l’Eglise, au contraire : lors du confessionnal on est très, très approché, c’est très intimiste et c’est un moment qui est très proche pour les deux personnes.

MD : C’est très émouvant une confession ? Vous y allez pour le plaisir ?

MF : Moi je vous avoue que je ne me suis confessée qu’une seule fois, et là c’était quand j’étais petite et c’est vrai que j’ai eu un trouble.

MD : Vous n’avez pas envie d’y regoûter ?

MF : Non, pas dans l’immédiat, je vais attendre ! Je vais peut-être aller voir ce monsieur, alors ! (le second prêtre interviewé, ndlr)

MD : En plus, enfin j’y connais pas grand-chose, ils ont l’air bien !

MF : Absolument ! (rires) Mais moi j’aime bien le prêtre version avec l’habit de ville, comme dans « L’exorciste », avec cet habit comme ça, avec le col roulé !

MD : A plastron, costume de clergyman, quoi !

MF : Oui. Davantage, oui ! Parce que la robe, ça, non ça me gêne un petit peu !

MD : Bien ! Alors, l’histoire du singe : vous vivez avec un singe ?

MF : Oui, j’ai un petit singe. C’est un capucin, qui est beaucoup plus petit que celui-ci (elle désigne le chimpanzé à ses côtés) et que j’ai depuis deux ans.

MD : Pourquoi ?

MF : Parce que j’ai une fascination pour cet animal parce que c’est du mimétisme avec nous, c’est fascinant.

MD : Vous avez filmé le singe chez vous. Il est beaucoup plus petit que celui-là, hein ! (gros plan sur le chimpanzé en train de jouer sur le canapé)

MF : Oui, beaucoup plus petit.

MD : Vous lui faites faire tout ce que vous voulez ?

MF : Tout ce que je veux ? Tout ce qu’il veut bien faire !

MD : Oui ?

MF : Oui c’est différent !

Une séquence absolument adorable est alors diffusée. Filmée chez Mylène en cadre serré, on y voit successivement ET dormir repliée sur elle-même, puis boire à même un verre à pied en le tenant dans ses petites mains. ET feuillette ensuite, assise entre les jambes de Mylène, un magazine avant de saisir un stylo, le décapuchonner puis gribouiller sur les pages, encouragée par Mylène. Elle tente ensuite de reprendre le stylo à ET mais celle-ci pousse des cris stridents et Mylène se résigne à lui rendre ! A l’aide d’un petit chiffon, ET se met ensuite à frotter l’une des chaussures de Mylène, puis elle lui donne un téléphone, ce qui permet à ET de jouer avec bonheur avec les touches mais aussi d’être très intrigué quand il entend la tonalité lorsque Mylène lui met l’écouteur à côté de la tête ! Séquence suivante, ET vide une boite d’allumettes sur le sol, en saisit une et la frotte contre le boîtier. Ce qui devait arriver arrive : l’allumette s’embrase, pour la plus grande peur d’ET ! Après une pause câlin, ET joue avec un ours en peluche puis Mylène lui donne un petit biscuit. C’est alors la fin de ce petit reportage maison.

MD : Vous préférez la compagnie des singes à celle des hommes ?

MF : Non, ce serait idiot de dire ça. Mais c’est vrai que je me sens vraiment, j’allais dire, très proche d’eux, vraiment très, très bien avec eux. J’ai une communication qui est très facile avec eux. J’ai le souhait un jour d’élever beaucoup de singes.

MD : Et pourquoi ? Parce que c’est plus facile à manipuler qu’un être humain ?

MF : Non, je crois qu’il faut pas essayer de faire de comparaisons. Simplement parce que j’aime cet animal, que j’ai une fascination vraiment pour cet animal.

MD : Alors vous avez choisi pour la partie musicale –c’est une émission où y a beaucoup de femmes ! (rires de Mylène) Y a qu’un homme qu’on va voir sur un clip, c’est Peter Gabriel tout à l’heure sinon j’ai remarqué, c’est quasiment que des femmes !

MF : C’est contre ma volonté, alors ! J’avoue que j’ai pas du tout…

MD : Ben c’est vous qui avez tout choisi, c’est pas moi !

MF : Oui, absolument mais j’ai pas du tout pensé à ça !

MD : Faut pas que je cherche d’explications à ça !

MF : Non, réellement pas !

MD : Alors les premières à chanter ce sont les Mint Juleps, qu’on commence à bien connaître en France, qu’on a découvert sur Canal déjà l’année dernière dans « Zénith ». Ce sont quatre sœurs et deux copines en fait qui chantent quasiment sans orchestre, et ça c’est assez fascinant. Pour vous, c’est ça la vraie chanson ?

MF : Non, j’ai pas envie de qualifier ça. Moi j’ai découvert cette chanson au travers d’un film publicitaire et j’avoue qu’après je les ai découvertes elles et que je les trouve très, très bien, oui.

2

Diffusion d’une séquence où sur le plateau de l’émission les Mint Juleps chantent « Every Kinda People ».

MD : (…) Vous avez commencé à chanter à quel âge ?

MF : Je vais répondre comme presque tout le monde : sous ma douche certainement très jeune ! Mais réellement, à 22 ans.

MD : Vous avez décidé d’être chanteuse à ce moment-là seulement ?

MF : C’est-à-dire que j’ai eu beaucoup de chance. J’ai rencontré une personne qui m’a proposé cette chanson qui était la première, « Maman a tort », et puis après ma foi, c’est beaucoup de travail et puis…

MD : Sinon vous étiez partie pour faire quoi ?

MF : J’avais très envie, je suivais, moi, des cours de théâtre, donc j’avais très envie de m’orienter vers le cinéma ou le théâtre et parallèlement je suivais beaucoup de cours d’équitation. Donc j’avais cette dualité, je savais pas : peut-être l’équitation, peut-être le théâtre ou le cinéma.

MD : C’est vrai que jusqu’à l’âge de 14 ans on vous prenait souvent pour un garçon ?

MF : Absolument, oui ! Moi j’ai cette réflexion qui est gravée dans ma mémoire, c’était un gardien de l’immeuble

et j’étais allée chercher le courrier et il me demandait comme je m’appelais et j’ai répondu « Mylène » et il m’a dit « C’est très joli Mylène pour un petit garçon » très sérieusement.

MD : D’où le titre peut-être de la prochaine chanson qui va sortir bientôt !

MF : Vous êtes bien renseigné ! (rires)

MD : Qui s’appelle… ?

MF : Ce sera « Sans contrefaçon ».

MD : « Sans contrefaçon, je suis un garçon » !

MF : « Je suis un garçon » (sourire)

Pause publicitaire.

MD : (…) On va commencer avec les images d’actualité que vous avez choisies. Ce sont des images, je préviens tout de suite tout le monde, qui sont très, très dures. Pourquoi ces images très dures ?

MF : Parce que j’aime la violence.

MD : Vous aimez la dénoncer ou vous aimez la regarder ?

MF : J’aime la regarder.

MD : Vraiment ?

MF : J’ai, je dirais pas un plaisir sadique, mais c’est presque ça. J’ai une complaisance dans la violence, dans les images de mort presque, oui.

MD : Alors, là ce sont des images extraites d’un document d’Amnesty International, je crois. Ce sont des exécutions : on va voir des corps coupés. C’est troublant, ce que vous nous dites ! (alors que sont diffusées des images où l’on voit des hommes sur une potence : on les cagoule, puis ils sont pendus) C’est un plaisir que vous avez à regarder ça ?

MF : (par-dessus des images où l’on voit un cadavre puis une tête coupée jetés dans une fosse commune) C’est-à-dire qu’il faut faire attention à dire des choses comme ça mais c’est vrai que je dis que ce sont, moi, des images qui m’attire. C’est des choses bouleversantes, oui. Là on a vu des pendus, par exemple, j’ai toujours pensé qu’un jour je mourrai pendue. Ca, depuis très longtemps la pendaison me fascine aussi.

MD : (alors qu’on voit à l’image la photo d’un homme exécutant un autre homme au revolver) Et là, celui-là c’est une exécution…

MF : Ca c’est une image, c’est dommage qu’elle soit statique parce que j’aurais bien aimé avoir le reportage parce que c’est l’appréhension de la mort, y a toute cette approche, y a cette personne qui va tirer…Enfin ça suscite plein de réflexions, c’est assez étonnant. J’aime bien voir ça.

MD : Mais vous êtes attirée par ça ? La mort vous attire, vous excite ?

MF : Je suis attirée…Je crois qu’il y a une forme d’excitation, certainement. Moi j’ai très, très peur de la maladie mais de la mort, beaucoup moins. Et pendant ce temps-là Cheeta est en train de me mordre très fort les doigts ! (en effet, le chimpanzé a la main de Mylène dans sa bouche. Celle-ci se retire d’un geste brusque en faisant une grimace de douleur)

MD : Ouh lala ! Bon, on va la garder encore quelques instants et puis on va la libérer à son tour parce que pour elle c’est pas marrant…

MF : Oui…

MD : Alors les photos personnelles que vous avez apporté : on va vous voir enfant. Votre enfance, vous l’avez passée où ?

MF : Je l’ai passée essentiellement à Montréal, au Canada. Et puis après, une vie…

MD : (alors qu’on voit à l’image la photo de Mylène bébé, étendue sur le ventre) Alors ça, voilà ! On vous voit enfin nue ! (rires de Mylène) (d’autres photos de Mylène bébé) C’était la première fois, parce qu’on vous a vue nue dans les clips, aussi, ensuite ! Vous aimez vous montrer ?

MF : Ben ça encore, c’est un paradoxe. J’aime me montrer… (apparaît à l’image une photo de vacances montrant Mylène et Laurent Boutonnat, suivi d’une image blanche)

MD : (il l’interrompt) (…) Une photo toute blanche, pourquoi ?

MF : Toute blanche parce que je voulais faire une trilogie, c’est-à-dire que c’était moi enfant, moi la rencontre de Laurent Boutonnat, qui est mon producteur et compositeur, et puis l’avenir…

MD : L’avenir est en blanc ?

MF : L’avenir est en blanc pour l’instant.

MD : Vous aimez vivre comme ça dans l’incertitude ? Vous n’aimez pas par exemple dire « Ma vie, ma voie est tracée, ma vie personnelle je sais comment ce sera » ?

MF : Oui, je crois que je préfère cette incertitude.

MD : Totalement ?

MF : Oui. Oui, oui.

MD : Vous avez envie de vous mettre en danger ?

MF : Je suis quelqu’un du danger. Je n’aime pas les choses faciles. J’aime les rencontres difficiles, les personnalités difficiles. C’est vrai que la facilité ne m’intéresse pas, ne m’attire pas du tout.

MD : Vous avez choisi Basia…

MF : Oui !

MD : Qui est un bon choix aussi !

MF : J’aime beaucoup cette femme.

MD : Une autre femme, et j’allais dire une étrangère : c’est vrai que vous avez pas fait de choix français ! Vous n’aimez pas la chanson française ?

MF : Pas du tout, c’est-à-dire que moi j’avais demandé deux, trois personnes et ces personnes-là maintenant y a beaucoup de décisions promotionnelles…

MD : Et ça collait pas ?

MF : …et ça collait pas.

MD : C’était qui ? On peut le dire !

MF : Oui, bien sûr ! Moi j’aime beaucoup, et je l’ai toujours dit, Jacques Dutronc. J’adore son univers.

MD : Un album qui sort bientôt !

MF : Voilà, et il a pas pu venir. J’ai demandé également Taxi Girl, qui sort un 45 tours. C’est quelqu’un que j’aime bien. Et la troisième personne, j’avoue que j’oublie !

MD : Et donc on va écouter Basia que vous aimez bien.

MF : Que j’aime beaucoup, oui. C’est quelqu’un qui a beaucoup de classe. Une femme qui est très belle et puis qui chante très, très bien.

MD : Vous aimez le style un petit peu jazzy ?

MF : Avec elle, oui !

MD : Votre nouvel album, puisque vous préparez un album, y a un simple (« Sans contrefaçon », ndlr) qui va sortir donc…

MF : Fin octobre, début novembre (1987, ndlr)

MD : Et l’album sortira en janvier.

MF : Et puis l’album, janvier. (l’album « Ainsi soit-je… » sortira finalement le 14 mars 1988, ndlr)

MD : Avec une autre couleur ? Vous aimez cassez les images ?

MF : Je pense que oui, c’est très bien pour un artiste. Et puis moi, j’ai besoin de ça.

MD : Alors on écoute Basia, qui est l’invitée de Mylène Farmer : « New day for you ».

Sur le plateau de l’émission, la chanteuse Basia interprète son titre.

MD : Alors, la mode c’est quelque chose qui vous touche mais je sais que là aussi, vous n’aimez pas la facilité, vous ne vous habillez pas systématiquement chez quelqu’un de la tête aux pieds. On vous identifie quasiment, même dans certaines émissions si vous commencez une chanson de dos, ce qui était le cas récemment, on vous reconnaît tout de suite, je sais pas à quoi ça tient ! Au début, je crois, vous vous habilliez un petit peu avec Kate Barry, c’est ça ?

MF : Absolument, oui.

MD : Qui est la fille de Jane Birkin, que vous aviez rencontrée et puis vous étiez habillée par elle et puis maintenant vous avez un autre…

MF : Je dois être très infidèle mais là j’ai rencontré donc Faycal Amor…

MD : Qui est un nouveau styliste marocain, qui est né à Tanger…

MF : Oui et qui est quelqu’un qui occulte un peu le star-system pour l’instant.

MD : C’est la première fois qu’on parle de lui peut-être dans une émission.

MF : Oui peut-être, oui ! J’aime beaucoup. Sa collection, c’est intitulé « Les enfants terribles » donc ce n’est pas pour me déplaire, et que dire d’autre ?

MD : Alors vous avez conçu, parce que vous avez beaucoup travaillé sur cette émission, vous avez conçu la mise en scène de la mode qu’on va voir maintenant de Faycal Amor.

MF : Oui.

MD : Et on vous retrouve en train de feuilleter un bouquin. Tournage qui a été fait sur ce plateau immense.

MF : Absolument, oui. On a repris les pneus des photos (rires)

MD : Et les modèles sont sur le livre et sur le plateau. Les voici.

Diffusion d’une séquence où l’on voit en effet Mylène assise sur une pile de pneus en train de feuilleter un livre de mode, puis présentation des modèles.

MF : Je sais pas si vous reconnaissez la musique, c’est « Pinocchio » ! (rires) (chanson « When you wish upon a star » du film de Walt Disney, ndlr) Je crois qu’on pourrait résumer sa collection par la sobriété raffinée, voilà !

MD : C’est tout ce que vous aimez aujourd’hui ?

MF : C’est tout ce que j’aime oui. J’aime la sobriété, j’aime le raffinement.

MD : Voilà les modèles de Faycal Amor, donc qui est un couturier qui démarre. Il est installé à Paris ?

MF : Oui ! Il a une autre marque qui s’appelle « Plein Sud » qui est peut-être plus connue des gens, probablement oui. Et puis donc « Faycal Amor » qui est une signature plus haute couture.

MD : Vous aimez, parce que pour l’instant on peut dire que c’est un couturier un petit peu marginal il  a  pas une grande notoriété et puis vous disiez qu’il fuyait un petit peu le star-system…

MF : Absolument, oui.

MD : …sauf aujourd’hui avec vous ! Mais vous aimez tout ça, vous aimez aller fouiner, découvrir des choses qui ne sont pas évidentes ?

MF : J’aime bien quelque fois aller vers les gens, oui, même si je suis plus fascinée comme vous disiez par les singes ! Quelquefois j’aime bien découvrir l’univers des gens !

MD : Et à Paris quand vous sortez, vous allez dans des lieux où tout le monde va ?

MF : Jamais ! Je sors très, très peu. Je suis plutôt casanière, j’aime bien me protéger et rester dans un milieu clos.

MD : C’est comment chez vous ? C’est noir ? C’est blanc ?

MF : J’ai une chambre qui est, c’est une révélation, une chambre qui est noire. On dirait presque un tombeau parce que c’est très bas de plafond, et tous les murs et le plafond sont noirs.

MD : Comme Dutronc et Françoise Hardy ! Chez eux tout est noir.

MF : C’est ça, oui !

MD : Et vous vivez bouclée chez vous ? Vous mettez le verrou ?

MF : Oui !

MD : Vous avez envie de vivre comme ça, j’allais dire quasiment dans une prison ?

MF : C’est-à-dire c’est pas une envie, c’est une défense parce que je me sens assez mal quand j’évolue dans la rue.

MD : Vous faites quand même du spectacle !

MF : Et pourtant je fais un métier public. Mais c’est le paradoxe. Je l’accepte !

Nouvelle pause publicitaire.

MD : Dans « Mon zénith à moi », vous le savez, on donne chaque semaine à l’invité une caméra et l’invité filme ce qu’il veut. Souvent les artistes se filment eux-mêmes, je ne sais pas pourquoi, et vous Mylène Farmer vous avez fait un autre choix : vous êtes allée à Garches, à l’hôpital où sont les enfants accidentés de la route, et…

MF : Pas essentiellement. Y a des maladies génétiques, y a de tout mais c’est vrai que ce sont essentiellement des enfants, par contre.

MD : Vous y êtes allé parce que je crois, quand vous aviez 10, 11 ans vous faisiez des visites comme ça.  

MF : C’est vrai. Tous les dimanches, moi pour essayer d’échapper à ce dimanche, parce que je hais les dimanches, j’allais fréquemment à l’hôpital de Garches pour rencontrer ces enfants parce que je me sentais bien.

MD : Alors on va retrouver dans ce film qui a été fait par Mylène Farmer une petite fille de 11 ans qui ressemble un peu à Mylène. C’était elle quand elle avait 11 ans, voilà ce qu’elle faisait le dimanche. C’est un très beau document.

Diffusion d’un petit film réalisé par Mylène. Il s’ouvre sur un plan de la façade de l’hôpital de Garches. On voit une petite fille rousse, les cheveux attachés avec un nœud similaire à celui de Mylène, gravir les marches et s’engouffrer à l’intérieur. Une infirmière accueille la petite fille puis celle-ci pénètre dans un couloir. Filmé ensuite en caméra subjective, on découvre une chambre, un lit. La petite fille saisit un verre de lait. Elle est ensuite face à une autre petite fille, malade celle-ci, en train de se livrer à des exercices de rééducation. La petite fille malade parle, raconte des anecdotes, des souvenirs, des rêves…Le verre de lait tombe et se brise sur le sol. La petite fille malade est soulevée par un infirmier. Elle salue la caméra. Elle est ensuite placée dans son fauteuil et échange un câlin avec une jeune femme rousse de dos, les cheveux retenus par un nœud noir. La petite fille du début est devenue adulte. Mylène.

MD : Qu’avez-vous ressenti en retournant comme ça, quelques années après ?

MF : C’est très émouvant. Je crois que je n’ai pas du tout trahi mon souvenir. J’ai eu le même plaisir de retrouver ces enfants, la même pudeur aussi parce que rentrer dans leurs univers, c’est assez difficile, il faut pas les brusquer. Et puis j’ai surtout rencontré une petite fille formidable, qui est la petite fille brune (dans le petit film, ndlr) qui est Eléonore et qui a une maladie qui a un nom paradoxalement aussi beau pour la maladie, qui s’appelle la maladie des os de verre et donc qui est extrêmement fragilisée : elle peut se fracturer quotidiennement les os.

MD : Pour la partie humour de cette émission, et là c’est pas facile d’enchaîner, vous avez choisi Zouc. C’est un thème de l’enfance, aussi, du prochain spectacle de Zouc.

MF : Ce n’est pas que l’humour, Zouc. C’est proche de tout ce que j’ai essayé moi de montrer au travers de ce début d’émission. C’est quelqu’un que j’aime vraiment beaucoup, oui.

Diffusion d’un extrait d’un sketch de Zouc. Au retour plateau, celle-ci a pris place aux côtés de Mylène.

4MD : (à Zouc) L’autre jour, je vous ai vue dans une émission où vous ne parliez pas au présentateur ! Vous aviez un problème de voix ?!

Zouc : Moi j’ai fait ça ?! (rires de Zouc et Mylène)

MD : On va pas y revenir ! Vous n’aimez pas trop les interview s ?

Zouc : Si ! Si, si… C’est des fois difficile, hein.

MF : Très difficile !

Zouc : (à Mylène) On est très sœurs, à un endroit…

MF : J’ai l’impression, oui. J’aime, j’adore l’univers de Zouc. Moi si j’avais une définition, c’est quelqu’un qui ale geste, la voix et surtout le silence. C’est pour moi un personnage de Bergman, et Dieu sait si j’aime le cinéma de Bergman. Voilà, je ne sais pas si c’est un compliment pour vous, mais…J’aime vraiment beaucoup cette femme.

MD : (à Zouc) (…) Est-ce que vous êtes proche de l’univers de Mylène Farmer ? Parce qu’on a découvert plein de choses, enfin je pense que peu de gens s’imaginaient tout ça !

Zouc : La fascination (…), cette attirance pour une chose qui fait peur et en même temps on peut pas s’empêcher…Moi j’ai fait la même chose à mon arrivée à Paris : je voyais toujours les ambulances (…) qui passaient comme ça, je trouvais terrible de voir une action mais de pas voir l’autre côté.

MD : Vous vouliez voir ce qu’il y avait dans l’ambulance ?!

Zouc : Oui et moi je suis allée au Samu et je les ai suivi pendant très longtemps et un jour, j’ai plus pu.

MF : Moi y a quelque chose, j’ai lu le livre de Zouc –que Cheeta m’a complètement déchiré (rires)- et qui est vraiment formidable, je l’ai lu en une heure de temps. J’ai pris en exergue une petite phrase qui relate de son enfance, et elle dit « Je ne voulais pas être un chou, je ne voulais pas être ici. Est-ce qu’il y a quelque chose pour moi ? », c’est à peu près ça. Et moi j’ai eu aussi ce sentiment durant mon enfance, c’est-à-dire je cherchais vainement un lieu où je pouvais me blottir.

MD : Un lieu ou une identité ?

MF : Plutôt un lieu, et peut-être l’identité qui vient après.

Zouc : Un endroit où on vous laisse tranquille ?

MF : Oui, c’est ça. Un cocon, quelque chose où on peut se recueillir.

MD : (…) Vous avez fait un autre choix qui concerne l’univers des enfants, c’est « Bambi ». Mais vous n’avez pas choisi un extrait gai, non plus !

MF : Non, c’est vrai. Là, ce qui m’étonnait, d’abord je pense et je trouve personnellement que c’est le plus beau film de Walt Disney, que c’est certainement le film que je verrai le plus de fois dans ma vie, que là c’est vrai c’est un extrait qui est très douloureux. Et ce qui était intéressant, c’est de voir que c’est très rare de montrer la mort de quelqu’un dans un dessin animé qui est adressé aux enfants, enfin plus spécialement aux enfants, et qu’en plus c’est la mort d’un parent. Ca c’est quelque chose qui est assez étonnant dans un dessin animé. Et donc là, c’est l’extrait de Bambi qui perd sa maman et qui retourne sous le bois, c’est la protection et c’est son père, toute l’image du père.

Diffusion d’un extrait de « Bambi », puis une dernière pause publicitaire.

MD : Dernière partie du « Zénith » de Mylène Farmer avec un dernier extrait de film, c’est un film qui s’appelle « Requiem pour un massacre » d’Elem Klimov, qui vient de sortir.

MF : Qui n’est pas une très jolie traduction. En russe, je crois, ça veut dire « Va et regarde » et je n’aime pas beaucoup la traduction française.

MD : Alors, en deux mots l’histoire du film donc, c’est pendant l’occupation nazie en URSS, y a un village où tout le monde a été massacré…

MF : Complètement décimé, oui.

MD : Y a un petit garçon qui revient dans le village…

MF : Qui est le héros, qui est un jeune paysan qui rencontre une jeune paysanne et qui va être projeté dans ce monde de guerre. C’est prodigieux, ce film. J’avoue que ça fait longtemps que je suis pas allée au cinéma. J’ai vu ce film, pour moi je le qualifierai presque de chef-d’œuvre.

MD : Y a encore beaucoup de cadavres !

MF : Par hasard, certainement ! à c’est autre chose, c’est certainement l’histoire mais c’est aussi la façon de filmer, c’est les lumières qui sont magnifiques. Et puis le cinéma russe, pour moi, c’est un des plus beaux cinémas, c’est un cinéma de symboles et j’aime le symbole.

Diffusion d’un extrait du film « Requiem pour un massacre » d’Ellem Klimov.

MD : (…) On va voir maintenant le clip que vous préférez aujourd’hui, qui est le clip de Peter Gabriel et de Kate Bush. C’est du haut de gamme, c’est sobre, exceptionnel.

MF : C’est les deux artistes que je préfère.

MD : C’est une chanson qui a marché dans le monde entier sauf en France !

MF : C’est vrai, paradoxalement. Pourquoi ? Je ne sais pas…

Diffusion du clip « Don’t give up » de Peter Gabriel & Kate Bush.

Au retour plateau, Michel Denisot est filmé en gros plan. L’image tremble un peu. On découvre alors qu’il est en réalité filmé par Mylène, qui a une caméra sur son épaule.

MF : Michel, vous me faites la « Maxi tête » ?! (jeu télévisé qu’animait Sophie Favier à l’époque sur Canal +, ndlr)

MD : « La maxi tête » ?! Pourquoi ?! Vous voulez renverser les rôles pour la fin de votre émission, prendre la caméra et me poser des questions comme je le fais de temps en temps, ce qui est très désagréable d’ailleurs !

MF : Je voudrais la « Maxi tête », vous savez le jingle qu’on fait sur Canal + !

MD : Quoi ? « Canal +, c’est plus » ?

MF : Voilà, oui mais attendez : vous vous calez bien dans votre fauteuil et vous chantez ! (il s’exécute !) C’est très bien ! Michel Denisot : oui, mais pourquoi ?! (rires)

MD : (il rentre dans son jeu) Y a pas longtemps ! (rires)

MF : Michel, est-ce que votre maman regarde toutes vos émissions ?

MD : Globalement, oui. De temps en temps, je lui dis que c’est pas la peine qu’elle regarde.

MF : Dites-moi le premier mot qui vous passe par la tête.

MD : Maintenant ?

MF : Oui…

MD : Tout va bien ! Ca va, finalement, c’est pas aussi désagréable que ça ! Ca dépend qui filme !

MF : Vous avez des fantasmes, ou un fantasme en particulier ?

MD : J’en ai un qui se rapproche un peu du vôtre, sauf que c’est pas les curés évidemment. J’ai été élevé dans l’enseignement libre comme vous et je dois dire que les bonnes sœurs me tapent dans l’œil, comme vous !

(rires) (…)

MF : Snoopy a dit : « Un ventre plein est un ventre heureux ». Est-ce que vous êtes d’accord avec lui ?

MD : Pas vraiment, non. (…)Le ventre plein, c’est pas tellement mon truc, non.

MF : Vous avez des velléités d’acteur, je crois.

MD : Non, y a eu une histoire comme ça, c’est quelqu’un qui voulait me faire tourner dans un film, ça na pas eu de suite.

MF : Vous n’auriez pas aimé remplacer Michel Blanc dans « Tenue de soirée » ?

MD : (il éclate de rire) Non, non !! C’était un numéro d’acteur très difficile.

MF : Michel, faites-moi rire.

MD : Qu’est-ce que je peux faire ? Il faut que ça soit macabre, il faut que je me coupe la tête, il faut que je m’arrache un bras, il faut que je fasse quelque chose d’épouvantable ! Qu’est-ce qui est plus épouvantable que les images que vous nous avez montrés ?! Je sais pas, je peux pas faire ! J’ai pas envie de me suicider devant vous pour vous faire plaisir ! C’est ça qui vous ferait plaisir ?

3MF : Peut-être ! Si je vous demandais de m’embrasser maintenant, vous le feriez ?

MD : C’est pas facile, équipée comme vous êtes ! Je veux bien essayer…

MF : (rires) Très bonne réponse !

Zouc : C’est des excuses, Mylène !

MD : Je biaise !

MF : Essayez quand même !

MD : C’est marrant à faire ? (tenir la caméra, ndlr)

MF : C’est formidable !

MD : Vous pouvez continuer, si vous voulez.

MF : C’était ma dernière question.

MD : Merci beaucoup. Merci Mylène d’avoir fait ce « Zénith ». (…) Vous avez consacré beaucoup de temps, vus avez beaucoup travaillé sur cette émission et le résultat a été je crois…Vous pouvez dire le mot de la fin, Zouc ? Comment a été cette émission ?

Zouc fait « smack » avec ses lèvres.

MF : Formidable ! Merci ! (elle lui caresse la joue)

Générique de fin.

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REVIEW DU CONCERT TIMELESS 2013 (partie 3)

Posté par francesca7 le 29 avril 2014

 

A partir du 7 septembre 2013, Mylène a brassé large pour la Tournée TIMELESS, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres, repris ici sur ce blog, de  chacun de ses albums et enchaînant les surprises, voici la suite de sa sélection au Timeless 2013:

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OUI MAIS… NON

Voici l’un des titres les plus populaires de la tournée. Premier single extrait de l’album « bleu noir », « oui mais … non » n’avait bénéficié que d’une seule représentation publique, le 22 janvier 2011 aux NRJ  Awards, avant d’être enfin interprétée sur scène lors de ce TIMELESS 2013, face à des spectateurs visiblement conquis dès les premières notes.

 

Reprenant la mise en scène du clip signé Chris Sweeney – Mylène assise dans un fauteuil est entourée de danseurs, la chorégraphie de David Leighton a été, pour le coup, modifiée, mais reste largement dans la veine  de l’originale. En fond visuel, l’écran géant nous offre des ombres chinoises (n’allant pas sans rappeler le décor du tour 2009 d’ailleurs) s’animant au rythme de la chanson et reprenant le spas des danseurs sur scène. Un titre énergique qui a mis le feu chaque soir de la tournée, et qui méritera sans conteste de retrouver sa place lors des prochains concerts de Mylène.

 

INTERLUDE

 

C’est désormais un classique des concerts de Mylène Farmer : un interlude musical mettant à l’honneur les danseurs et les lumières .. Et très utile à l’artiste pour se changer en coulisses ; c’est de nouveau le cas pour cette tournée. Débutant sur un doux remix électro du « Trio opus 100″ de Schubert, ce ne sont pas les danseurs mais plutôt les robots qui sont mis en avant cette fois-ci. Encadrées par des lasers bleus qui envahissent la salle, deux créatures sortent d’abor des abysses de la scène et entament un ballet sur ce morceau classique aux teintes mélancoliques, avant d’être rejoints par trois autres robots dans cette danse langoureuse. Mais bientôt, la musique de Schubert s’efface, le rythme et les lasers s’accélèrent, tandis que les robots nous offrent une chorégraphie beaucoup plus saccadée et nerveuse. Sur l’écran géant, des étincelles sont projetées puis disparaissent, avant de laisser place à des jeux de lumière aux pouvoirs hypnotiques directement envoyés des éléments de l’accélérateur de particules ; puis la musique s’arrête, les robots s’endorment, et le calme revient sur scène ; il est temps, désormais, d’en venir à la partie la plus intime du concret, le piano-voix.

 

thumbs_timeless-2013-gayant-expo-douai-23-novembre-201MAD WORLD (EN DUO AVEC GARY JULES)

 

Dans la salle, le noir absolu, puis les premières notes du piano d’Yvan Cassar résonnent tandis que les portes qui trônent de chaque côté de la scène s’habillent d’une lumière bleue. La mélodie est triste… nous nous attendons à voir Mylène arriver pour interpréter l’un des ballades de son répertoires. Mais c’es à une surprise supplémentaire que nous avons droit : sur la scène, un homme est là, seul. Le visage encore invisible, il entame de sa voix mêlant force et fragilité les paroles d’une chanson de Tears for Fears, « Mad World ». Puis son visage nous est enfin révélé : il s’agit de Gary Jules, bientôt rejoint par Mylène, qui arrive du fond de la scène, désormais habillée d’une robe en strass échancrée, laissant entrevois ses jambes.

 

Auteur-compositeur-interprète, Gary Jules est californien. A la tête de plusieurs albums (« Greetings from the Side » en 1998, « Trading Snakeoil for Wolftickets » en 2002, « Gary Jules » en 2006, et « Brid » en 2008) il s’est mondialement fait connaître grâce à sa reprise de « Made World » que l’on retrouve tout d’abord sur la bande originale du film « Donnie Darko », sortie en 2001, mais également sur son album, « Tradding Snakeoil for Wolftickets » l’année suivante. En 2003, le titre est réédité en Angleterre où il devient un tube que l’on entendra par la suite dans de nombreuses séries américaines comme « Smallville », « Jerricho », « Les experts » et « FBI : portés disparus », ou encore dans la publicité du jeu « Gears of War ».

 

 LES MOTS (EN DUO AVEC GARY JULES) 

Depuis sa sortie en 2001, le tube « Les Mots » n’a été interprété qu’une seule fois sur scène, lors de la série de concerts Avant que l’ombre… à Bercy, en 2006. Si nous pouvions nous attendre, à cette occasion, à voir apparaître Seal pour la chanter aux côtés de Mylène, il n’en fut rien. C’est en effet Abraham Laboriel Jr, son batteur, qui prit le relais. Pour Timeless 2013, Mylène a souhaité reprendre ce titre. Mais là encore, Seal ne fut pas au rendez-vous, puisque lors de cette tournée, c’est Gary Jules qui en assura l’interprétation. 

Sur scène, tandis qu’yvan Cassar joue les premières notes, Mylène et le chanteur se tiennent côte à côte. Comme à l’accoutumée, le duo est lancé par Mylène, et Gary Jules la rejoint lors du deuxième couplet. Le couple fonctionne bien, l’alchimie des deux voix est là, et la complicité évidente. Une belle réussite pour cette deuxième fois où Mylène fait intervenir un autre artiste (extérieur à l’équipe de la tournée) sur scène. La première occasion remonte à décembre 1996, lorsque la star invita Khaled à venir chanter avec elle la reprise de la chanson de Polnareff, « La poupée qui fait non », à Genève et à Paris Bercy.

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JE TE DIS TOUT 

Après avoir salué Gary Jules, Mylène, seule, s’en va aux côté d’Yvan Cassar (qui n’a pas bougé du côté droit de la scène depuis le début de cette séquence piano-vois), afin d’interpréter l’un des plus beaux titres de son répertoire, « Je te dis tout ». Deuxième extrait de « Monkey Me », son dernier album, cette chanson, dont les paroles lourdes de sens semblent s’adresser à un enfant, a bénéficié d’une représentation publique unique lors des NRJ Music Awards, le 26 Janvier 2013. Un vidéo-clip signé François Hanss fut également tourné, dont plusieurs éléments faisaient référence à la grande période des clips de Mylène dans les années 80, et dans lequel la coiffure qu’elle y arborait rappelle celle choisie pour ce Timeless 2013. 

Sur scène, l’interprétation est plus lente que la version studio et l’introduction au piano revisitée. Quant à la sobriété offerte par la mise en scène, elle confère à la chanson une émotion d’autant plus palpable dans la vie de Mylène que cette dernière a chois, pour ce live, de nous la livrer entièrement en acoustique. 

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 8

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REVIEW DU CONCERT TIMELESS 2013 (partie 4)

Posté par francesca7 le 29 avril 2014

 

A partir du 7 septembre 2013, Mylène a brassé large pour la Tournée TIMELESS, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres, repris ici sur ce blog, de  chacun de ses albums et enchaînant les surprises, voici la suite de sa sélection au Timeless 2013:

ET POURTANT….

Si le public pouvait d’attendre à « Rêve ou « Ainsi soit je… » comme quatrième titre de ce piano-voix, il n’en fut rien puisque, encore une fois, Mylène a préféré la surprise en nous proposant la ballade qui clôt officiellement l’album « Avant que l’ombre… », sorti en 2005 : « Et pourtant … » . Lors de ce Timeless 2013, c’est celle avec laquelle la chanteuse a choisi de terminer la séquence piano-voix de son show

Une chanson qui met à l’épreuve la fragilité de sa voix lorsqu’elle monte dans les aigus et se brise, sur des paroles chantant l’espoir en l’amour malgré la peine, les doutes et les déceptions. A la fin, Mylène s’en va en coulisses, laissant Yvan Cassar nous offrir une envolée lyrique au piano. Un peu d e calme avant la tempête qui va de nouveau déferler sur scène quelques instants plus tard….

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DESENCHANTEE

L’écran géant se remplit d’une pluie d’étoiles blanches défilant à toute vitesse puis est entièrement envahi de rouge lorsque les premières mesures de « Désenchantée » se font entendre. Dans la salle, c’est l’effervescence. Depuis le Tour 1996, le public attend toujours avec autant de ferveur ce qui reste à ce jour le plus grand tube de la chanteuse. Indétrônable « Désenchantée », aux paroles si pessimistes et malheureusement toujours d’actualité (vingt-deux ans après avoir été écrites), mais dont le rythme et la mélodie si efficaces réussissent toujours à soulever les foules, chaque soir de concert…

Tout de noir vêtue, Mylène marche seule vers son public, arrivant du fond de lala scène pour entamer la chanson, tandis que ses danseurs, d’abord recroquevillés dans leur camisole blanche, l’attendent pour se lever et se balancer, comme des pantins avant de s’agiter et se libérer de leurs liens durant le premier refrain. Sur l’écran géant, plusieurs araignées métalliques ont fait leur apparition (« araignée du matin, chagrin, araignées du soir, espoir » ?). C’est l’une d’elles qui accompagnera ensuite majoritairement la chanson en se promenant sur sa toile, semblant presque s’amuser à suivre le rythme du titre. Sur scène, le deuxième couplet est l’occasion de découvrir à quel point la chorégraphie, très revisitée, est devenue sportive, bien que reprenant des pas de l’originale, lors des refrains et du pont musical. Le cocktail est efficace et le public conquis. « Désenchantée » version 2013 est une belle réussite visuelle, soutenue par une réorchestration intéressante.

 

BLEU NOIR / ELLE A DIT

Outre le concert du 27 octobre 2013 à Minsk, en Biélorussie, où ce titre a été remplacé par « Elle a dit » (chanté sur scène sans bras métallique ni nacelle, comme en France), « Bleu noir » deuxième single extrait de l’album du même nom sortie en 2010, était présent dans la setlist de chaque concert de la tournée. Sa mise en scène en était tout à fait remarquable, puisque Mylène rejoignait tous les soirs la gauche de la scène et montait sur une plate-forme attachée à un bras métallique qui, durant la chanson, survolait le public de la fosse. L’occasion pour la star de voir ses fans « d’en haut » et de connaître un véritable moment d’osmose avec eux.

Cet élément de décor rappelle quelque peu celui du Tour 1996, lorsque sur la chanson finale, « XXL », Mylène montait sur une petite plate-forme qui se situaient en avancée de scène et s’élevait dans les airs durant la chanson. Il évoque également celui de la série de concerts Avant que l’ombre… A Bercy, où pour le titre « Ange parle-moi » la chanteuse arrivait d’en haut à gauche de Bercy, dans une nacelle reliée à des rails cachés dans les plafonds de la salle et qui survolait tout le public jusqu’à la déposer sur la deuxième scène cruciforme occupant une partie de la fosse.

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DIABOLIQUE MON ANGE

« Diabolique mon Ange » est l’une des chansons les plus marquantes de l’album « Bleu noir ». La musique, à la fois mélancolique et tragique – signée Darius Keeler et Danny Griffiths du groupe Archives- habille des paroles particulièrement sombres semblant évoquer le suicide par défenestration après une déception amoureuse. Si ce titre ne fut pas un single extrait de « Bleu noir », il aura connu une existence sur scène lui permettant de devenir le premier extrait de l’album live « Timeless 2013″. Une belle revanche !

Alors que l’introduction débute, la salle est soudainement plongée dans des ténèbres aux teintes bleutées. Seuls deux spots envoient des rais de lumière formant une croix au-dessus de Mylène qui est là, debout, au milieu de la scène, ne nous offrant d’abord que sa silhouette. Ce n’est que vers la moitié du titre que d’autres éléments de décor interviennent : ainsi les trapèzes de l’accélérateur de particules se couvrent-ils de rouge feu pour descendre ensuite, telle une menace, au-dessus des musiciens, avant de se redresser et de lancer des éclairs de lumière vers Mylène. Par la suite, tandis que la chanteuse part rejoindre les coulisses, ils retrouvent les hauteurs de la salle pendant que d’immenses flammes vertes envahissent l’écran géant et que les musiciens rejouent les mesures du refrain. Le point final de la chanson est donné lorsque la musique s’arrête et que ne reste que la croix formée par les deux jets de lumière. Une mise en scène qui va crescendo et qui accompagne parfaitement la montée en puissance de texte, dont Mylène nous offre ici une interprétation poignante.

 

SANS CONTREFACON

Autre grand classique et incontournable tube que Mylène nous propose systématiquement sur scène depuis le début de sa carrière (excepté lors du Mylenium Tour où seule une partie de la chanson était glissée dans un medley), « Sans contrefaçon » s’invite à cet instant-là du show, apportant un peu de légèreté après « Diabolique mon ange ».

Sur l’écran géant, une boule rouge de lumière s’installe tandis que, sur la scène éclairée de lumières dorées, des danseurs prennent place, armés d’un bâton et habillés d’une robe rouge façon samouraï laissant entrevoir leur torse et leurs épaules. Ils débutent une chorégraphie très martiale alors que les premières notes de la chanson se font entendre. Mylène arrive sur scène, elle aussi habillée d’une robe rouge, et rejoint ses danseurs dont la chorégraphie mélange désormais des éléments de l’originale à des gestes plus guerriers. Pour cette tournée, la chanteuse a énormément simplifié et restreint ses pas sur cette chanson… nous sommes ben loin de l’énergie du Tour 2009. Cependant, la réorchestration est de mise et, comme un rappel du « Libertine » version 2009, les choristes se laissent aller à quelques « Ya ya hi yé oh » pour agrémenter le pont musical, pendant que Mylène se fait porter par ses danseurs ayant formé une assise avec leur bâton.

MAMAN A TORT (EXTRAIT)

Voici l’une des surprises les plus sympathiques de ce Timeless 2013 : le retour de « Maman a trot » sur scène. Un titre qui s’inscrit directement dans la lignée de « Sans contrefaçon » tant il y est question d’ambiguïté sexuelle. Mais à l’instar du Mylenium Tour, durant lequel la chanson était glissée au milieu d’un medley et donc tronquée, le titre ne fut pas, encore une fois, proposé en entier. Mylène amorçant en effet le premier couplet pour inviter ensuite le public à le chanter, avant de s’arrêter là, comme « amusée » de laisser ses fans quelque peu frustrés de ne pouvoir continuer sur le refrain… notons cependant que mises à part les premières dates de la tournée, Mylène a systématiquement chanté une deuxième (voire une troisième) fois ce premier couplet avec les spectateurs, à la fin duquel elle se libérait de la partie « jupe » de son costume, laissant alors davantage voir ses jambes habillées de cuissardes rouges.

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Excepté le Tour 1989 donc, jamais « Maman a tort » n’aura connu une interprétation intégrale sur scène. Un fait étonnant, tant cette chanson, qui lança la carrière de Mylène en 1984, semble être l’une de celles que son public apprécie tout particulièrement … Mais un joli clin d’œil quand même, auquel n’eurent cependant pas droit les spectateur de Minsk (le 27 octobre 2013), Moscou (le 1er novembre 2013) et Saint-Pétersbourg (le 4 novembre 2013).

JE T’AIME MELANCOLIE

Après ce petite aparté très eighties, retour à un titre des années 90 avec « Je t’aime mélancolie ». Outre les concerts russes du Mylenium Tour et celui du 28 juin 2009 à Saint-Pétersbourg (lors du Tour 2009), durant lesquels Mylène l’a chanté, ce single extrait de l’album « l’autre… » (1991) n’a été repris que deux fois sur scène : pendant le Tour 1996, et durant la série de concerts Avant que l’ombre… à Bercy, en 2006. Lors de cette dernière prestation d’ailleurs, la star dansait relativement peu, comparativement à celle du Tour 1996 dont la chorégraphie était très proche de ce qui était proposé pour les passages télévisés en 1991 et 1992 afin de défendre le titre.

Si Timeless 2013 nous offre de nouveau une version chorégraphiée, quelques changements sont néanmoins notables ; alors que nous retrouvons ben les pas d’origine durant les refrains et le deuxième couplet (à part le bras d’honneur qui a été remplacé par un doigt d’honneur exécuté uniquement par les danseurs), l’introduction, le premier couplet, et la fin de la chanson sont, en revanche, l’occasion de quelques nouveautés. Quant au pont musical, Mylène le dansait, selon les soirs, en entier, partiellement ou pas du tout, pendant que ses danseurs, eux, reprenaient systématiquement les pas et mouvements de la célèbre chorégraphie. Sur l’écran géant, majoritairement rempli de rouge, apparaissent des paires de ciseaux, des roues de vélo, des gants de box (un petit clin d’oeil au clip ) ou encore des engrenages d’horloge que l’on retrouve ensuite dans un cerveau proche d’exploser : une manière comme une autre d’illustrer la « prise de tête ». A la toute fin de la chanson, Mylène s’évade en coulisses, laissant ses musiciens jouer un outro sur lequel les danseurs se présentent au public à travers une prestation très hip-hop.

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 10

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Apparitions Mylène Farmer au Cinéma

Posté par francesca7 le 30 mars 2014

 

 

1Le saviez-vous ? 

- La véritable première apparition de Mylène Farmer au cinéma n’est pas dans Giorgino mais dans Le Dernier Combat de Luc Besson, sorti en 1982. Elle y est figurante et prête ses jambes ravissantes au cinéaste le temps de quelques secondes. Le début d’une longue amitié et de plusieurs collaborations.

 

 

2- En 1989, Nicole Garcia est à la recherche d’une actrice pour jouer dans son premier long-métrage en tant que réalisatrice, Un week-end sur deux. Mylène Farmer se voit proposer le premier rôle, mais le refuse car elle est en pleine préparation de sa première tournée : »C’est vrai que j’ai rencontré Nicole Garcia. J’ai vraiment souhaité la rencontrer. J’avais ce projet de scène donc il a fallu choisir » indique-t-elle à Laurent Boyer dans l’émission Pour Un clip avec toi. C’est finalement Nathalie Baye qui est choisie. Elle est nommée pour le César de la Meilleure Actrice. Dans le même programme, la chanteuse avoue « J’ai l’impression que le cinéma français, en tout cas celui d’aujourd’hui me touche moins qu’un autre cinéma, le cinéma russe, le cinéma américain parfois, le cinéma anglais.« 

 

- En 2002, l’écrivain Marc Lévy, qui est alors le compagnon de la chanteuse, annonce qu’il a écrit son premier scénario pour le cinéma dans lequel elle est censée jouer. A deux pas de chez toi doit entrer en tournage en 2004, le temps de réunir les fonds nécessaires et une distribution. L’histoire est centrée sur la relation entre un vieux monsieur et son infirmière. Pour le premier rôle masculin, les noms de Jean Rochefort et Michel Serrault circulent. Mylène rencontre le premier à cette occasion et déclare en 2010 à Paris Match qu’il est « un acteur unique, un homme d’une classe folle, un charme renversant. Je suis sensible à sa grande délicatesse, c’est un être totalement décalé, si émouvant aussi. Bref…magnifique. » Malheureusement, le film ne se fait pas. 

 

3- Les Césars ne sont décidément pas passés loin de Mylène Farmer. En 2006, Jacques Audiardrecevait celui du Meilleur Film pour De battre mon coeur s’est arrêté. Avant le tournage, il avait offert un rôle à la chanteuse. Mais elle n’était pas disponible, elle préparait à cette époque son nouvel album « Avant que l’ombre…« , ainsi que les concerts « intransportables » qui lui ont fait suite. En 2010, le magazine Serge annonçait une interview croisée du réalisateur et de Mylène Farmer. Cela ne s’est pas fait non plus…

- Lorsqu’un projet d’adaptation au cinéma du roman de Salman Rushdie La Terre sous les pieds (2011), est développé, le romancier, que la chanteuse admire beaucoup, lui propose de participer à la bande-originale. Mais le film ne voit jamais le jour.

 

 

téléchargement (14)- Depuis 2006, Mylène Farmer est annoncée dans le film L’Ombre des autres, adapté du roman éponyme de Nathalie Rheims, qui est sa meilleure amie dans la vie. Elle y jouerait le rôle de Tess, une chercheuse en médecine de la fin du 19ème siècle, emportée dans le monde de la magie et du spiritisme. Le scénario a été écrit par Claude Berri, mais son décès en janvier 2009 a retardé le projet. La réalisation a été confiée à Bruno Aveillan, avec qui la star a déjà travaillé sur The Farmer Project, et la production à Stéphane Celerier de Mars Distribution. Le film devait entrer en tournage en 2009, après la tournée des stades de la chanteuse, mais cela ne s’est pas fait. L’auteure a déclaré sur son blog : « Il s’agit d’un film de genre, ce qui n’est pas aisé en France et c’est la raison pour laquelle nous nous orientons vers une distribution anglo-saxonne. Le cinéma est un art qui implique beaucoup de moyens et des partenaires qui accompagnent le montage financier, mais nous travaillons de toutes nos forces avec l’espoir que le film verra le jour dans les deux ans qui viennent. » Nous sommes en 2013, les deux ans sont passés. Le film n’a toujours pas vu le jour. La malédiction qui entoure Mylène Farmer et le cinéma va-t-elle encore frapper ?

 

vue sur http://www.allocine.fr/article

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Mylène Farmer mystique, d’hier à aujourd’hui

Posté par francesca7 le 1 mars 2014

 

images (6)Fini, la catin, la libertine, le garçon manqué, la callipyge ou la désabusée. Farmer est métamorphosée. Mieux: anamorphosée.Mylène Farmer revient Anamorphosée. C’est le titre de son nouvel album, qui surgit après presque cinq ans d’un silence radio interrompu, en 1992-1993, par le tournage du film de Laurent Boutonnat Giorgino. Hier encore, la peine était son amie, le Styx, sa frontière, la schizophrénie, son démon. A 34 ans, Mylène Farmer
«vertige de vivre». Décidément, le monde ne tourne plus rond.

«Vertige est un mot clef, sourit celle qui d’habitude s’expose, mais ne se livre jamais. J’ai, fatalement, changé. J’ai grandi. Je me suis ouverte à la vie.» Mylène Farmer, surnommée naguère chanteuse «cliptorridienne», a S/Misé les images vidéo et perverti les mots, s’effeuillant au fil des années 80, à la fois saphique (Plus grandir), catin (Libertine), garçon manqué (Sans contrefaçon), callipyge (Pourvu qu’elles soient douces) et désabusée (Génération désenchantée).

Conçus telles des mécaniques provocantes, ses tubes dance (plus de 4 millions d’albums vendus), composés par Boutonnat, son alter ego, s’imprègnent alors du fantastique à la Edgar Poe et de la parole de Cioran et précipitent, entre autres fantasmes, les cimetières, la neige, le sang. Désormais anamorphosée, Mylène déforme son miroir et reconstruit la réalité: «J’irai cracher sur vos tombeaux/ N’est pas le vrai, n’est pas le beau/ J’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer» (Rêver).

Vénus sans visage
Métamorphosée, Mylène Farmer – voiles noirs, talons hauts, jambes façonnées pour la danse – joue transparence et tempérance dans le salon privé d’un palace parisien. «Anamorphosée signifie que ma perception de l’univers s’est élargie et que je la rassemble en une idée, en une essence.» Vénus sans visage sur la pochette sépia shootée par Herb Ritts – «une allégorie de l’esprit voyageur» – Mylène Farmer invite en 12 titres à un road movie introspectif – un souhait vers l’éveil, un adieu aux larmes. «J’aurais pu continuer à vivre, et vivre mal: le goût du néant se révèle vite enivrant. Périlleux aussi. On finit par devenir stérile.»

Longtemps possédée par «les angoisses révélées, les angoisses absolues de la mort et de l’au-delà», Mylène Farmer a quitté les cieux souterrains pour l’illumination. «J’ai suivi ce chemin guidée par des lectures et des réflexions. Et, j’oserais dire par hasard, ma route a croisé un auteur, Sogyal Rimpoche, une philosophie, Le Livre tibétain de la vie et de la mort. Ce n’est pas tant le bouddhisme qui m’attire que les mots, les images, le réconfort. L’idée que, pour apprivoiser la vie, il faut d’abord accepter la mort.» Dans L’Instant X, Mylène appuie: «L’an 2000 sera spirituel/ C’est écrit dans Elle.» «Le manque de spiritualité est probablement dangereux. Je pense qu’il faut élever l’esprit, changer les comportements, faire don de soi, mais sans forcément célébrer un dieu ou une religion.»

Anamorphosée, enregistré à Los Angeles, où Mylène Farmer a passé plusieurs mois, alterne des ballades éthérées à la troisième personne (Mylène s’en fout), des humeurs gainsbouriennes(Vertige) et des morceaux troublés de guitares et d’ésotérisme (XXL, Tomber 7 fois, Eaunanisme), le tout composé, arrangé et produit par Laurent Boutonnat. La voix, cristalline, s’aventure parfois dans des registres plus bas et explore une cartographie de la douleur, de l’exil, de l’extase, de la renaissance.

téléchargement (8)«Tu veux t’expulser de toi/ Mais ta vie fait envie», s’auto-analyse Mylène Farmer via Et tournoie… «Bien sûr, dans une chanson, il y a forcément de soi. Mais parlons plutôt de l’artiste…», souffle-t-elle en confiant que le texte lui a été inspiré par le cône de lumière de Jérôme Bosch, l’un de ses peintres préférés avec Basquiat, Ernst, Schiele. «Je me suis fabriqué une famille de peintres et d’écrivains. Julien Green, Paulo Coelho – on m’a d’ailleurs offert L’Alchimiste quatre fois: un signe – ou Primo Levi, dont Si c’est un homme, une œuvre grave et pleine d’espoir, ne me quitte jamais.»

Après sa première et unique tournée, en 1989, Mylène Farmer s’interrogeait publiquement: «A quoi je sers». Aujourd’hui, on brûle de lui demander: «Qui êtes-vous donc, Mylène Farmer?» «Il y a en moi de la provocation, de la force, de l’effacement, et beaucoup, beaucoup de paradoxes.»

article paru sur http://blogs.lexpress.fr/

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Mylène Farmer en femme fatale pour la couverture du « Citizen K »

Posté par francesca7 le 9 décembre 2013

 

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Mylène Farmer dans les bacs depuis le 5 décembre 2011 avec un tout nouveau best-of qui devrait ravir ses fans. Alors que la chanteuse a récemment sorti un second titre inédit, voilà que l’artiste fait la couverture du magazine Citizen K avec professionnalisme et élégance !

Le 5 décembre 2011 est sorti dans nos bacs le nouveau best-of de Mylène Farmer. Et en plus des tubes de la chanteuse, 2001-2011 comprend en plus deux titres inédits, intitulés Du temps et Sois moi Be me. Le second a été diffusé il y a quelques jours sur le fan-site de la star, mylene.net. De quoi ravir les fans de la star !

Pour assurer avec brio la promotion du disque et revenir sur le devant de la scène, la chanteuse n’a pas hésité à poser pour la couverture du magazine Citizen K. Avec professionnalisme et élégance, la star prend la pose et n’hésite pas à jouer la femme fatale pour ce shooting.

Vêtue d’une robe rouge laissant dévoiler ses jambes, la chanteuse affiche une couleur de cheveux rouge flamboyante et laisse entrevoir ses pommettes en couverture du magazine.

Tout un programme !

ARTICLE : Le second titre inédit de Mylène Farmer qui paraitra sur le best-of de la chanteuse, 2001-2011, vient d’être diffusé sur le web . Il s’intitule Sois moi Be me et nous a un peu rappelé quelque chose… Le 5 décembre 2011, sortira dans nos bacs le nouveau best-of de Mylène Farmer. Et en plus des tubes de la chanteuse, 2001-2011 comprendra en plus deux titres inédits, intitulés Du temps et Sois moi Be me. Le second vient d’être diffusé sur le fan-site de la star, mylene.net et nous l’avons écouté. Dès les premières notes, on est surpris par le tonalité résolument électro de ce nouveau titre, très rythmé et très rapide. 

Arrivés au refrain, on se dit que décidément, on a l’impression d’avoir déjà entendu ça quelque part… Et effectivement, les « be me » répétés en boucle par Mylène Farmer donnent l’impression d’entendre… Gimme More de Britney Spears ! Au niveau des paroles en revanche, pas de doute, on a bien affaire à du Mylène Farmer. Schizophrénie, sexualité, la chanson recouvre les thèmes chers à la chanteuse. Un exemple ? « Dis-moi mon autre, dis-moi schizophrénie » ou encore « Je sens monter en moi tes doigts qui glissent »…  Quand on vous disait que c’était du Mylène Farmer ! 

En savoir plus : http://www.ohmymag.com/myl%e8ne-farmer/mylene-farmer-sois-moi-be-me-son-nouveau-single_art59398.html
 

 Parution info chez http://www.news-de-stars.com/

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mylène et Incroyable talant 2013

Posté par francesca7 le 2 octobre 2013

mylène et Incroyable talant 2013 dans Mylène 2013 - 2014 farmerbercy5vynil-2013

Un des passages TV de roboLounge sur « La France a un incroyable talent »:
Pour la tournée, Philippe Stegemann a utilisé deux robots de 2 mètres et trois de 2,30 mètres. Il s’agit de machines employées à l’origine sur les chaînes de fabrication des industries pharmaceutique ou des semiconducteurs, par exemple. A part l’ajout d’un masque en carbone conçu spécialement par Robolounge, ils ne sont pas modifiés. « Mais on utilise des paramètres jamais utilisés dans l’industrie, notamment des accélérations et des décélérations qui leur donnent des mouvements souples », explique le fondateur. Pour ce spectacle, tous les mouvements sont pré-programmés, mais ils pourraient aussi être programmés pour réagir au BPM ou au style de musique, sur un set non connu à l’avance.

La musique de l’interlude a été composée en fonction des robots

Au départ, Robolounge a créé le tableau de C’est une belle journée en travaillant sur les vidéos de la chorégraphie. Puis l’idée d’assurer le premier interlude, pendant lequel la chanteuse change de tenue au bout d’environ 35 minutes de spectacle, s’est imposée. Et là, ce ne sont pas les robots qui se sont adaptés à la chorégraphie, mais le directeur musical, Yvan Cassar, qui a composé la musique en fonction des robots. « Il a consulté nos vidéos et a très bien analysé notre registre, confie Philippe Stegemann. Cela cadre parfaitement, avec une montée en puissance en partant de la musique classique pour aller vers du dubstep. Chaque tableau a une émotion particulière. »

Effectivement, l’effet est saisissant. Seuls sur scène, sur une adaptation de Schubert, les cinq robots-danseurs forment un ballet esthétique, puis mettent le feu sous les lasers en bougeant comme des danseurs hip-hop. On oublie complètement qu’ils ne sont même pas humanoïdes, tant l’articulation du cou, du « bassin » et des « épaules », plus le masque, suffit à imaginer des bras et des jambes. Timeless est moins coquin que les précédents shows de la star, dommage car sinon elle aurait pu signer la première chorégraphie « robo-érotique », tant on a l’impression que ces robots peuvent tout jouer.

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« On a travaillé avec Mylène sur l’introduction de la chanson »

Les choses sont plus compliquées quand Mylène et les danseurs sont à côté des robots, car ils doivent respecter une distance de sécurité correspondant à leur rayon d’action. Mieux vaut éviter le choc avec un robot de 115 kg en rotation à pleine vitesse… C’est pourquoi, à ces moments là, ils n’effectuent que des mouvements latéraux. En cas de pépin, Philippe Stegemann a cependant constamment dans la main un poignée de validation et un arrêt d’urgence.

En tout, la préparation du show a duré un an. « L’équipe de Mylène est très pro, très unie, et attentive. Cela m’a beaucoup aidé, ne venant pas du métier. » Philippe Stegemann a même travaillé en direct avec la star, qui s’est investie aussi dans cet aspect du spectacle. « Ca lui plaisait et ça l’intéressait. C’est très agréable de travailler avec elle. On a travaillé ensemble sur les détails de l’introduction de C’est une belle journée. J’ai été très surpris par la rapidité avec laquelle elle a compris les problématiques techniques, elle pourrait être ingénieur. »

Une belle aventure, donc, pour ce pionnier de la robotique artistique, à laquelle la tournée Timeless 2013 offre une formidable exposition, au moment où la robotique française, plutôt en pointe dans le monde, est soutenue comme un des secteurs industriels d’avenir par François Hollande. D’ailleurs, Philippe Stegemann ne dit pas tout, mais on devine que cette visibilité s’est déjà traduite en contacts pour de futurs projets. « C’est la chance d’une vie ! Je suis sur un nuage », dit-il encore étonné.

En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr

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des retours du 1er Bercy 2013 de Mylène

Posté par francesca7 le 14 septembre 2013

 

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Dimanche soir, Mylène Farmer donnait à à Bercy le second concert de sa tournée Timeless de 39 dates. Arrivé parmi les premiers, Patrick Le Lay mâchonne un chewing-gum et fait la bise à Nathalie Rheims, la meilleure amie de Mylène Farmer. Aussi imperturbable qu’un menhir, l’ancien patron de TF1 observe la fosse pleine à craquer. Le spectacle est aussi derrière lui. Chapeau haut de forme, bottes pointues, un clone de Johnny Depp, époque Pirates des Caraïbes, prend place dans les rangs VIP. Dans les couloirs, les boutiques sont prises d’assaut. Machines carte bleu à la main, les vendeurs n’arrêtent pas malgré le prix élevés des produits estampillés «MF»: 45 euros le tee-shirt manche longue. Les fans n’ont pourtant pas tous l’air de rouler sur l’or. Au bar, la mode est au Manhattan hot dog 100 % bœuf. «Contrairement aux fans de hard rock qui ne boivent que de la bière, ceux de Mylène sont surtout soda et champagne», confie le barman.

 

À la fois James Bond Girl et jeune fille fragile

Dans la pénombre, le directeur musical Yvan Cassar, qui a beaucoup minci, donne le coup d’envoi aux musiciens. Le public scande le prénom de sa diva. Elle arrive quelques minutes après à bord d’une capsule spatiale. À la fois James Bond Girl et jeune fille fragile aux jambes de sauterelle, elle semble perdue au milieu d’un décor trop grand. Sur les écrans géants, son image défile entrecoupée de projections futuristes. Sa combinaison dorée avec manches pailletées est l’un des six costumes dessinés par Jean-Paul Gaultier. En talons hauts, Mylène Farmer descend, avec prudence, l’escalier rétractable de son engin spatial. Il s’agit de ne pas de rater une marche comme cela lui était arrivé sur le perron de l’Élysée en 2010. Longues jambes, port altier: c’est la princesse Leia de Star Wars. Il ne lui manque que les tresses roulées en forme de macarons. John Nollet s’est contenté de relever les cheveux roux tout en laissant une mèche retenue par un nœud noir retomber sur l’épaule.

Micro à la main, elle entame son concert avec À force de, extrait de son dernier album Monkey Me, avec sa voix vocodée. «Bonsoir, vous allez bien? Reprenez moi!», lâche-t-elle à la foule conquise. Elle sourit, heureuse d’être là. D’emblée, elle s’approprie la scène et donne le ton d’un concert qui sera beaucoup plus optimiste et espiègle qu’habituellement. Mylène a envie de vivre et le public la suit dans un voyage qui durera deux heures, plus libérée qu’à son habitude sur scène.

 

Les robots, grande innovation du show

«Comme j’ai mal» et le tube «C’est une belle journée» suivent avec énergie. Pour cette troisième chanson, elle s’autorise une chorégraphie, entourée de six danseurs très virils mais pas encore tout à fait synchronisés. Les robots blancs de deux mètres de haut qui émergent du sol en et en fixant la foule de leurs yeux rouges puis bleu électrique, leur volent presque le vedette. Ils font preuve d’une sacrée souplesse et dansent gracieusement autour de la diva. «C’est extraordinaire, chuchote Marie-Agnès Gillot, bluffée à son voisin, le communiquant Arnaud Nouvion. Ils n’ont ni bras ni pieds mais comme on devine leurs épaules, leur cage thoracique et leur bassin, on s’identifie à eux.»

À la dernière note, les drôles de machines basculent en arrière et disparaissent dans les entrailles de Bercy. «Mylène les appelle ses danseuses ou ses filles, confie le producteur Thierry Suc. Nous les avons repérés dans une publicité Citroën, il y a trois ans et nous les avons achetés.» C’est la grande innovation du show. Mais la star et ses danseurs doivent respecter scrupuleusement un périmètre de sécurité: les robots déploient une telle force que le moindre coup aurait des conséquences dramatiques. Le tableau suivant s’ouvre dans le noir sur le rouge fluorescent des guitares électriques au son de Monkey me. Un fan qui a le sens de l’à-propos jette un singe en peluche sur scène. Dans les gradins VIP, seul Jérôme Béglé en connaît les paroles.

des retours du 1er Bercy 2013 de Mylène dans Mylène 2013 - 2014 farmerbercy13Des images de nuages bleus

Sur scène, la chanteuse parvient à renouveler son esthétique. Un duo virtuel avec Moby, quelques chansons de ses deux derniers albums comme Oui, mais non… C’est un des passages obligés de la soirée. La foule se pétrifie. On entendrait voler une mouche. «Yvaaaann», lance une voix quand le directeur musical de Mylène apparaît en contre-jour au piano, sur le devant de la scène. Cette séquence émotion débute par deux duos avec le chanteur américain Gary Jules, peu connu dans l’assistance. Bientôt, les larmes plus ou moins obligatoires des fans répondent sont à celles de leur star.Sans ces larmes, ce ne serait pas un vrai concert de Mylène Farmer. Sur les écrans qui surplombent Bercy, gros plan sur ses yeux embués. «Merci beaucoup, j’espère y arriver, là», lâche-t-elle d’une voix étranglée lors des premières notes de Et pourtant. Tout semble réglé comme une chorégraphie de plus.

Fixé sur le piano d’Yvan Cassar, un écran vidéo tout en longueur fait défiler des images de nuages bleus évanescents. Dans les gradins VIP, Lionel Baert, créateur de jeux télévisés, est épaté: «Quand Mylène tourne le dos pour s’hydrater, elle dépose sa bouteille dans un cache noir dissimulé sur le piano.» Cette séquence émotion est aussi le moment où les spectateurs qui n’adulent pas la chanteuse relâchent leur attention car cette communion est une affaire fans purs et durs.

«J’aimerais terminer sans pleurer mais je n’y peux rien»

La bête de scène reprend bientôt le dessus. Sur les gradins, le public se lève les tubes s’enchaînent. Les classiques de Mylène Farmer - DésenchantéeSans contrefaçon, XXL… - et les succès plus récents - Bleu noir et À l’ombre. Tout Bercy est debout, se trémousse, frappe des mains et chante en chœur. L’hystérie atteint son apogée quand une nacelle emmène la show girl – en bottes et robe noire gothique – au dessus de ses fans à cinq mètres au dessus du sol. Le spectacle touchera bientôt à sa fin. Les vigiles ouvrent déjà les portes et une souffle d’air frais s’engouffre dans la chaleur moite. Dans une lumière violette, Mylène Farmer, qui a revêtu une robe virginale, réapparaît le temps de Rêver, son message d’espoir: «J’aimerais terminer sans pleurer mais je n’y peux rien, n’en déplaisent à certains», dit-elle, le visage à nouveau mouillé de larmes.

«J’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer au souffle du vent», chante-t-elle, les bras ouverts, au centre d’un cercle de faisceaux blancs mouvants. Une fée des neiges dans une boîte à musique. «Merci beaucoup, bonsoir!» Et elle quitte la scène, happée par un nuage de fumée. Yvan Cassar et ses musiciens finissent le morceau dans le noir. Les lumières se rallument, laissant le public pantois et conquis. Nathalie Rheims est aux anges et file féliciter sa copine en loge. Les invités descendent l’escalier qui mène à l’aftershow sous la scène en ne manquant pas de saluer, un quadragénaire bel homme et discret ; c’est Benoît Di Sabatino, le compagnon de la star. Cette tournée sera un succès. Commercial certes mais aussi artistique. Que l’on soit fan ou pas, chapeau bas devant pour le travail et le professionnalisme de Mylène Farmer. Elle ne laisse rien au hasard, pas même l’émotion, et rend à son public tout ce qu’il lui offre. On ressort du concert assourdi, aveuglé et ébahi. Interloqué aussi. Mais admiratif assurément.

 

article paru sur Le Fagaro.fr 

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D’entre les Morts de MYLENE

Posté par francesca7 le 9 août 2013

 

D’entre les Morts de MYLENE dans Mylène AU FIL DES MOTS images-1

Ce spectacle N° 5 ON TOUR est certainement l’un des plus attendus de Mylène : d’abord parce que pour la première fois elle s’offre le Stade de France (deux soirs de suite), ensuite parce que la chanteuse n’a pas fait de tournée depuis neuf ans. L’événement est donc d’importance pour ses admirateurs de province et de l’étranger, qui découvrent dans un premier temps, une affiche très particulière annonçant le spectacle ; on y voit Mylène étalée sur le sol, jambes ouvertes et regard hagard, comme si elle venait de se jeter d’un toit.

Une photo choc pour un spectacle qui ne l’est pas moins, avec Mylène et Laurent Boutonnat à la conception et à la direction artistique, Yvan Cassar à la direction musicale, Alain Escalle pour les images de scène et Thierry Suc à la production. Le spectacle au Stade de France étant sold out en quelques heures, les moyens sont de mise. C’est toujours Mark Fisher qui réalise les décors. Les spectateurs découvrent d’abor un écran géant avec en son centre, une tête de mort (cet accessoire est réservé aux stades ; pour les spectacles en salles, des projecteurs orange sont dirigés vers le public).

La scène, gigantesque bénéficie d’une avancée sur la moitié de la pelouse du stade et se termine en étoile à cinq branches. La tête de mort sur l’écran laisse bientôt sa place à l’œil de Mylène, qui s ’ouvre et referme sur la musique de l’introduction, D’entre les morts

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Suivant les lieux où elle se trouve et la dimension de la salle, Mylène module son track-linsting. Pour ce qui est des salles en France, type Zénith, elle propose des chansons issues de l’album Point de Suture et ses tubes extraits d’anciens albums… reste A quoi je sers… « orpheline » d’album original, et les instrumentaux D’entre les Morts pour l’introduction et l’Interlude Avant que l’ombre… entre Ainsi soit- je.. et Libertine. Pour ce qui est des spectacles russes, Mylène oublie A quoi je sers… et d’autres chansons. A Saint Pétersbourg, elle chantera également Je t’aime mélancolie. Quant au Stade de France, elle y laisse de côté A quoi je sers… je te rends ton amour et Si j’avais au moins. Elle ajoute en revanche California, Laisse le vent emporter tout, l’Instant X et Fuck Them All.

C’est le track-linsting de la tournée qui sera gravé sur disque, tandis que celui du Stde de France servira pour la captation (DVD et Bly-ray Mylène Farmer Stade de France, respectivement Polydor 532 543-5 et Polydor 532 543-8). A noter que trois titres ajoutés au Stade de France se retrouvent sur un CD dans le coffret collector du DVD Mylène Farmer Stade de France (Polydor 532 543-1) et uniquement, tandis que Laisse le vent emporter tout ne fait l’objet d’aucune version audio gravée sur CD… Pour finir, dans le DVD, filmé par François Hanss, on peut entendre le pianiste Yvan Cassar jouer quelques notes de joyeux anniversaire, entre Rêver et Laisse le vent emporter tout. Normal ; le spectacle a eu lieu et a été filmé le 12 Septembre 2009, jour des 48 ans de Mylène !

issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 196

 

 

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Mylène Farmer et Eaunanisme

Posté par francesca7 le 9 avril 2013

 Mylène Farmer et Eaunanisme dans Mylène AU FIL DES MOTS eaunanisme

Mylène aime la formule et s’amuse avec les mots. Eaunanisme (contraction d’eau et d’onanisme ») en est la parfaite illustration. Et si le texte peut sembler obscure de prime abord, la chanson est d’une sensualité et d’un érotisme torrides. Une spécialité de Mylène, qui perle ici de masturbation et de parfait communion avec l’élément liquide – élément que l’on retrouve en bruitage dès le début de la chanson. Dans toutes les religions, dans toutes les civilisations, dans tous les mythes, l’eau est source de vie, moyen de purification ou de régénérescence, promesse de développement.

Elle représente l’infini des possibles. Elle est un symbole universel de fécondité et de fertilité, de pureté, de sagesse, de grâce et de vertu. Elle est l’origine et le véhicule de toute vie, souffle vital – la sève n’est-elle pas de l’eau ? Avant de naître, ne baigne-t-on pas dan l’eau amniotique ?

L’eau est livre et sans attaches. Elle se laisse couler en suivant la pente du terrain ou en suivant le courant. L’eau s’abandonne. La force de l’eau est une force « yin » féminine. Et l’eau est partout, même dans les déserts, sous forme d’oasis, dans nos yeux, sous forme de larmes, sur nos corps, sous forme de sueur. Pour rattacher cette symbolique de l’eau au titre de la chanson de Mylène, on peut également parler de la cyprine, liquide sécrété par le sexe de la femme lorsqu’elle est en état d’excitation sexuelle, donc quand elle se masturbe….

Moment évoqué dans le refrain de la chanson : « Océan d’ambre / Mélange, mélange-moi / A tes légendes / Mets l’ancre, l’ancre en moi / C’est si doux la brûlure / Là où la main me touche, Eau / Et coule cette écume / De ma bouche ». Si, dans le refrain, Mylène emploie la première personne du singulier, elle parle dans les couplets d’une tierce personne (son double ?). Les vers « J’irai lui dire / Que de l’homme elle s’est lassée / De tout / Que sa vie rare / Est cachée dans le velours .. de l’immensité / Qu’il est trop tard pour l’aimer / Elle s’est dissoute… dans l’éternité, Eau » évoquent ainsi une femme qui s’adonne à la masturbation après avoir été délaissée par un homme…

Une fois n’est pas coutume, Mylène nous donne – presque – toutes les clés de ce texte dans une interview accordée le 16 octobre 1995 sur NRJ, au journaliste Eric jean-Jean :

« J’avais envie de l’élément eau, maintenant l’onanisme c’est effectivement la recherche du plaisir par soi-même. Moi, quand j’écris cette chanson, je pensais à l’écriture ; l’écriture est aussi un plaisir solitaire, en tout cas dans un premier temps, et j’avais envie d’écrire comme un petit conte, en évoquant un personnage ».

Un nouvel éclairage sur la chanson en effet… Alice serait donc la face noire de l’écriture et Eaunanisme la face solaire. Notons également que Mylène semble rendre ici un hommage discret à l’un de ses poètes préférés, Pierre Reverdy, et à son poème Autres jockeys alcooliques ‘Les Jockeys camouflés, 1918). Quand le poète écrit : « Je t’ai donné un nom qui n’est pas le tien / Je t’appelle autrement et tu me réponds pas / Tu ne comprends pas / Pourquoi marches-tu / Ce sont les jambes d’un autre qui te portent ». Mylène écrit : « Je suis qu’elle marche / Sans savoir qui elle est / Que c’est les jambes / D’une autre qui la portaient ». Dernière précision : si Eaunanisme est évincée des concerts de 1996, dans le making-of M.F Confidential, présent dans le deuxième DVD des clips de Mylène (Mylène Farmer, Music Video II et III, Polydor 05477069), on peut assister durant quelques minutes au mixage d’Eaunamisme au studio Record One de Los Angeles….

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Anamorphosée : un ratage voulu ?

Posté par francesca7 le 28 octobre 2012

 

Anamorphosée : un ratage voulu ? dans Mylène et mes BLABLAS qch434iw-213x300    Avec cet album à part dans la carrière de Mylène Farmer, on peut se demander si cette superficialité, ce bâclage, enfin tout cela n’était pas après tout qu’une grande blague… Après l’échec de Giorgino, Laurent Boutonnat et Mylène Farmer ont bien senti qu’ils étaient arrivés au bout d’un truc, qu’en se faisant plaisir il risquaient de s’enterrer. Alors il a fallu changer, et tout transposer dans le sens inverse, ne pas faire les choses à moitié. Les talons se sont surélevés (les cheveux aussi), les textes se sont hébétées (les interviews aussi), les sourires sont plus nombreux (à défaut d’être sincères), on fait une croix sur tout le passé et on s’enferme dans un nouveau rôle de bimbo superficielle attirant un nouveau public et théoriquement de plus grosses ventes. 

    A mon avis Laurent et Mylène n’avaient qu’une question en tête : les vrais inconditionnels suivront-ils ? Pour montrer que toute cette « anamorphose » n’est que stratégie commerciale , ils ont laissé de nombreuses clés au public. Mylène Farmer a laissé une multitude d’indices pour montrer qu’elle même ne croyait pas à ce « revirement optimiste ». Tout d’abord, le contenu de l’album Anamorphosée qui a lui seul laisse bon nombre de clés. En lisant les textes on ne peut qu’admettre être devant un terrible constat d’échec devant Giorgino. Notamment pour que qu’il implique : la fuite.  Mylène s’en fout : C’es étrange, pour moi cette chanson a toujours expliqué ce pourquoi Anamorphosée   trahissait volontairement l’univers de Mylène Farmer, qui parlerait d’elle, toujours selon moi, ici à la troisième personne. Ce qui expliquerait les jambes d’une autre qui la portaient, son cœur qui s’est fatigué, l’homme (L.B. et son univers) dont elle s’est lassé, et le fait qu’elle se soit dissoute. On peu ajouter d’autres paroles comme « t’as plus de mystère, ta poésie à pris l’eau, côté sombre : c’est mon ombre dissout dans l’éternité » mais aussi « l’abandon du moi » (==> plus d’émoi à cette époque), je vis HORS de moi et je pars… On peut ajouter à la même période la tête absente de la pochette (c’est, qu’elle le dise ou non, une manière de ne pas signer l’album…), le fait qu’elle tourne le dos à ses titres au verso (comme pour les renier) et aussi tout ce bâclage voulu pour les clips (format 4/3, non scénarisés, réalisés en vidéo…) et bien d’autres choses trop nombreuses pour être ici énumérées..

    Mylène nous a selon moi laissé de nombreuses clés pour dire à ses anciens fans pour faire comprendre qu’elle ne croyait pas à ce qu’elle faisait à l’époque. Et Eaunanisme est pour moi le texte où elle balance tout là dessus. C’est en outre la plus belle chanson de l’album selon moi, celle où on retrouve « son » style d’écriture (jeux de mots à l’appui), la seule qu’on aurait pu retrouver sur un de ses albums « traditionnels ». …et comme par hasard, c’est le seul titre d’Anamorphosée qu’elle n’a pas interprété sur scène pour le live à Bercy

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Mylène Farmer et Luc Besson

Posté par francesca7 le 12 août 2012

Le saviez-vous ?

 

Mylène Farmer et Luc Besson dans Mylène et mes BLABLAS MF90_33a-244x300Mylène a été figurante dans le tout premier long-métrage de Luc Besson, « Le dernier combat » ! Le film a été tourné entre le 15 août et le 31 octobre 1982, et est sorti dans sept salles à Paris le 6 avril 1983.

Cette participation de l’artiste avant même ses débuts dans la chanson, Luc Besson l’a confirmée lui-même. Il l’explique dans son livre consacré au film (« L’histoire du Dernier Combat« , publié en 1993), et l’a aussi évoqué sur France Inter le 23/11/2011 dans l’émission « Les Affranchis » d’Isabelle Giordano.

C’est donc Mylène que l’on peut voir, à tout juste 21 ans, sur deux plans du film, dont un où elle est « morte ». Elle joue le rôle d’une femme qu’un médecin garde enfermée dans une clinique après une catastrophe mondiale. Et on ne voit toujours que ses jambes :

=> Télécharger la vidéo avec les deux plans de Mylène dans le film <=

A noter que dans une autre courte scène, on peut voir le visage de ce personnage (c’est la seule fois où on le verra), et que ce n’est pas Mylène. Une autre actrice a donc été employée pour son visage. Mylène, elle, devait être là pour la beauté de ses jambes…

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Mini album de Mylène F avec H.Biggs

Posté par francesca7 le 4 août 2012

 

CONDIDENCES de Henry Biggs (Professeur d’anglais)

 

 

Rencontre exclusive avec le premier artiste (et seul à ce jour) pour lequel Mylène a composé tout un mini-album. Révélations de ce mister Biggs, visiblement fan transi de littérature française et déjanté à ses heures perdues !

Pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore, pouvez-vous nous parler de votre travail artistique ?
Mini album de Mylène F avec H.Biggs dans Mylène en CONFIDENCES 2000-Claude-Gassian-029b-184x300Le projet « Headmess » a vu le jour en 1996 (ndlr : 1994 en fait !). Mylène et moi commencions à travailler sur le premier CD et je crois bien que c’était aux alentours de 1996, je ne suis pas très bon dès qu’il s’agit des dates. L’idée était celle d’une fusion entre la musique et les paroles qui seraient alternatives ; des messages profonds mêlés à une approche différente de la musique, ou alors des chansons composées comme des puzzles. En fait, c’est intéressant pour vos lecteurs de voir s’ils sont capables de « résoudre » l’énigme de chacune des chansons… Plusieurs paroles sont inspirées directement par des auteurs français comme Proust, Perec ou le mouvement Oulipo, par exemple. Si je me souviens bien, c’était une lutte pour nous d’être joués en radio puisque les paroles ont été écrites en anglais, mais les lois françaises sur les quotas en anglais étaient passées en même temps. Plus brièvement, le second CD « Puzzle » a été réalisé en 2003. Il est plus complexe, peut-être encore plus inspiré par les français que le premier, avec cette chanson, « Wrap », qui est un titre puzzle inspiré par le style de l’acrostiche de François Villon ou « Check me out » qui est une chanson puzzle inspirée par le livre « La disparition » de Perec et par l’Oulipo. Encore une fois, je pense que c’est compliqué de comprendre totalement ces chansons sans les indices laissés sur le CD, mais essayez, je vous en prie ! Actuellement, le premier single du prochain CD, « X marks the spot », sortira le mois prochain. Ce sera une chanson anti-guerre et qui a déjà été décrite comme trop pittoresque et explicite par les radios. Eh oui, il y a beaucoup d’aliénation de la part des gouvernements ! Je pense qu’être banni des radios signifie que je ne suis pas très loin de la vérité… Vos pouvez toujours voir la vidéo de ce CD sur le site www.getheadmess.com.  Cependant, pour finir sur une note humoristique, une de mes plus grandes qualités, c’est mon corps, et pour vos lecteurs qui préfèrent les hommes, il est entendu qu’ils préfèreront me voir nu plutôt que Mylène. Si la demande devient trop pressante, dites-le moi ! Je posterai mes jambes pour commencer pour vous le prouver sur mon site à l’adresse déjà donnée !

Comment avez-vous rencontré Mylène Farmer et Thierry Rogen ?
J’ai rencontré Mylène à Los Angeles. J’étais étudiant en langues à l’UCLA et elle m’a demandé de travailler avec elle afin de développer son anglais, et spécifiquement de perfectionner tout ce qui concernait son accent américain quand elle s’exprimait. Elle avait une très bonne oreille, mais elle m’a raconté que quelques années plus tard, les anglais étaient horrifiés par son accent et qu’ils essayaient de le lui corriger. Ils sont fous ces britanniques ! J’ai rencontré Thierry à travers Mylène et il m’a beaucoup impressionné. Je n’ai rien d’autre que d’excellents souvenirs. Thierry était un « professionnel de la profession », un vrai maître dans son domaine.

Le magazine « Instant-Mag » avait interviewé Thierry Rogen il y a quelques années, et il nous avait raconté à demi-mot l’élaboration de votre disque, dont personne n’avait entendu parler. Pouvez-vous nous conter cette aventure ?
Mylène a fait venir Thierry parce que le projet comportait du rap et du hip-hop et je pense qu’elle avait une confiance totale en ses capacités de travailler avec beaucoup de rythmiques complexes et de leur conférer la nature exacte que nous recherchions. Encore une fois, il a fait un travail incroyable.

Comment compose Mylène Farmer ?
Je pense qu’il est important de respecter la personne privée, donc je ne vous donnerai aucun détail précis, mais je tiens à dire que Mylène est une instinctive. Elle est très talentueuse et sait souvent instantanément ce qui peut fonctionner ou non et réagit en conséquence. Cela ne sera sûrement pas très surprenant pour ses fans, mais Mylène compose très souvent à n’importe quel moment, dans sa vie privée. Je la respecte pour cela, car c’est aussi dans le privé que je préfère composer.

Que pensez-vous de la musique qu’elle a composée pour vous ?
C’était extraordinaire. Je me souviens de la première fois qu’elle m’a joué ce qu’elle avait composé pour moi sur « Hell and hunger ». J’étais vraiment sans voix, c’était excellent. Cette musique était si bonne, avec un tel appel à la méditation, que c’en était vraiment honteux ! Je pense que si le gouvernement n’avait pas imposé ses règles, ce style et cette approche de la musique auraient pu révolutionner le monde musical (ndlr : modeste !).

Artistiquement, comment se passait votre travail avec Mylène et Thierry Rogen ?
Court et doux. Nous avons travaillé fiévreusement pendant une semaine. Je me souviens avoir écrit dans le vestibule d’un hôtel jusqu’à quatre heures du matin, réécrivant et reconsidérant mon travail, incessamment, à chaque heure. Je voudrais simplement dire que chaque personne avait son espace. Mylène comprenait totalement comment devait être travaillée la chanson, ajoutant des mélodies quand c’était nécessaire, et Thierry avait le contrôle total de la production. Mylène m’a donné plusieurs fois un coup de main sur mes paroles et elle avait souvent raison !

1996-Marianne-Rosenstiehl-001b-205x300 dans Mylène en CONFIDENCESEst-ce que Laurent Boutonnat, le compositeur officiel de Mylène, a participé au disque ?
J’aime beaucoup Laurent et j’apprécie son travail, mais à ma connaissance, il n’a pas été impliqué en quoi que ce soit sur ce projet.

Saviez-vous que la mélodie de « Madeleine » a servi de base à la chanson « Et si vieillir m’était conté » en 1999 ?
Mylène me l’avait mentionné, mais j’avais oublié le titre exact de la chanson. C’est une mélodie vraiment formidable. J’aime beaucoup l’idée originale de « Madeleine » qui était une nouvelle considération de mauvais goût des fameux gâteaux de Proust.

La plupart des fans de Mylène n’ont entendu parler de ce disque que tout récemment. Comment expliquez-vous que l’on n’apprenne son existence qu’en 2006 ?
Croyez-le ou non, mais les universitaires américains se sont montrés très intéressés par les paroles de six des chansons, dont « Madeleine » et « Ain’t no rythm ». Nous les avons incluses pour une collection dédiée à la distribution universitaire. Il y a dix chansons en tout et pour tout. Cependant, les six chansons ont été éditées par CD Baby en 2006 et ce label est commercialisé en France. Le monde en est devenu fou et cela s’est transformé en un véritable phénomène ! C’est incroyable, surtout dix ans après !

Êtes-vous toujours en contact avec Mylène et suivez-vous sa carrière ?
Je rencontre souvent des personnes qui veulent avoir des informations concernant Mylène, lui demander des choses, etc. Je ne veux rien ajouter de plus, je ne veux pas passer pour un importun ou un pique-assiette, alors j’essaye de respecter son espace. Cela dit, c’est toujours un plaisir de la revoir.

Quels sont vos projets actuels ?
Le prochain CD « Headmess » sortira en octobre et s’intitulera « Pop Lit » et quelques-unes des chansons et vidéos se trouvent à l’adresse donnée plus haut. Nous essayons aussi de voir ce qu’il est possible de faire pour une tournée en Europe et au Japon l’été prochain pour promouvoir le CD. Nous sommes en train de réfléchir aux endroits où nous produire. 

Issu de Mylène Farmer et vous de 2006

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Dans Regrets de Mylène

Posté par francesca7 le 26 avril 2012


Dans Regrets de Mylène dans Mylène dans la PRESSE 1999-Marino-Parisotto-Vay-021b-214x300      Venant de nulle part dans un noir & blanc surexposé, un homme descend d’un tramway sortant d’un brouillard ne pouvant être que le néant. Il se rend à un rendez-vous mortuaire au sein d’un vieux cimetière juif. Les tombes clairsemées et à moitié enterrées sont envahies par les ronces, une biche solitaire le traverse, la neige qui commence à fondre se confond avec les nappes de brouillard omniprésentes. L’homme attend assis sur une tombe (celle de la jeune femme ?) un bouquet de chardons et de roses à la main. Les mains de Mylène Farmer, qui interprète ici ce fantôme féminin, se posent sur les yeux de Jean-Louis Murat, lui est l’amour, elle est la mort. Telle Libertine avec le petit tambour dans Pourvu Qu’elles Soient Douces, et dans un éclat  de rire partant en échos, elle le prendra par la main et l’emmènera dans les allées de ce cimetière pour faire tout ce qu’il n’avaient pas eu le temps de faire étant vivants : courir, rire, et danser l’un contre l’autre. Lui bascule dans ce monde onirique ou la notion de temps n’est plus. Le film n’est alors plus qu’au ralenti. 

    Ce qui pourrait être vu comme de lentes lamentations romantiques sans fond se doublent en fait du récit d’un homme rendant une courte visite à sa défunte femme. Il vient la persuader en vain de pérenniser leur amour malgré la mort de celle-ci. L’intégralité du clip se place dans cet au-delà à la géographie limitée : celle de rails de train issues du brouillard conduisant aux portes d’un vieux cimetière isolé, aux tombes enneigées et détruites, envahies par les ronces. Lui est amour, elle est la mort. Comme un cadeau inespéré, l’homme peut voir sa bien aimée, la sentir, la toucher, et lui donner en main propre son bouquet qu’il aurait sans doute posé sur sa sépulture. Le reste du clip n’est qu’une longue et belle contemplation de ces retrouvailles platoniques. Malgré des performances d’actrice contestables, entre l’outrance inappropriée de Libertine II (1988) et la vulgarité non assumée de California (1996), Mylène Farmer atteint dans Regrets une sorte d’abstraction assez intéressante. Lorsqu’elle incarne des êtres en proie avec la mort (A quoi je sers – 1989), l’interprète se révèle être une bonne actrice, capable de vider son visage de toute expressivité humaine. Ici la chanteuse est dans son élément, dans son emploi.  

    Sur le pont musical de la chanson, une longue image vient broyer les sens. Dissimulés derrière des branchages, sur une tombe isolée, Jean-Louis Murat s’est endormi sur les jambes de Mylène Farmer. Un peu comme l’amour se reposant sur la mort sa compagne, les deux êtres entourés de nappes de brouillard se cachent pour s’aimer. Lorsque tout est dit, que les amants se sont regardés dans les yeux et qu’ils ne leur reste plus qu’à s’embrasser, Mylène Farmer et sa silhouette de spectre rendent le bouquet puis disparaissent dans le brouillard, en pénétrant précipitamment l’épaisse fumée. Il ne restera plus à l’amoureux déçu qu’à ressortir de ce cimetière et repartir à bord du tramway la tête ivre de souvenirs ; souvenirs d’une union éphémère.

    Mylène Farmer est faite pour jouer ces états là, lyriques, même pas humains. Pendant le pont de la chanson, la caméra de Laurent Boutonnat tourne autour de cette tombe sur laquelle est couché le couple: Malgré les broussailles qui dissimulent le tableau, on se sent alors témoin d’une union unique, celle de l’amour avec la mort. Avant de le quitter définitivement, la jeune femme se sera retournée pour lui donner un dernier sourire qu’il ne verra pas. Il ne restera plus à l’amoureux déçu qu’à ressortir de ce cimetière et de repartir à bord du tramway qui le ramène vers ce que pour la mort est le néant : la vie.

Ecrit par Jodel Saint-Marc.

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Regrets de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 mars 2012


     Regrets de Mylène Farmer dans Mylène dans la PRESSE ClipRegretsPetit01 Venant de nulle part dans un noir & blanc surexposé, un homme descend d’un tramway sortant d’un brouillard ne pouvant être que le néant. Il se rend à un rendez-vous mortuaire au sein d’un vieux cimetière juif. Les tombes clairsemées et à moitié enterrées sont envahies par les ronces, une biche solitaire le traverse, la neige qui commence à fondre se confond avec les nappes de brouillard omniprésentes. L’homme attend assis sur une tombe (celle de la jeune femme ?) un bouquet de chardons et de roses à la main. Les mains de Mylène Farmer, qui interprète ici ce fantôme féminin, se posent sur les yeux de Jean-Louis Murat, lui est l’amour, elle est la mort. Telle Libertine avec le petit tambour dans Pourvu Qu’elles Soient Douces, et dans un éclat  de rire partant en échos, elle le prendra par la main et l’emmènera dans les allées de ce cimetière pour faire tout ce qu’il n’avaient pas eu le temps de faire étant vivants : courir, rire, et danser l’un contre l’autre. Lui bascule dans ce monde onirique ou la notion de temps n’est plus. Le film n’est alors plus qu’au ralenti. 

 ClipRegretsPetit05 dans Mylène dans la PRESSE   Ce qui pourrait être vu comme de lentes lamentations romantiques sans fond se doublent en fait du récit d’un homme rendant une courte visite à sa défunte femme. Il vient la persuader en vain de pérenniser leur amour malgré la mort de celle-ci. L’intégralité du clip se place dans cet au-delà à la géographie limitée : celle de rails de train issues du brouillard conduisant aux portes d’un vieux cimetière isolé, aux tombes enneigées et détruites, envahies par les ronces. Lui est amour, elle est la mort. Comme un cadeau inespéré, l’homme peut voir sa bien aimée, la sentir, la toucher, et lui donner en main propre son bouquet qu’il aurait sans doute posé sur sa sépulture. Le reste du clip n’est qu’une longue et belle contemplation de ces retrouvailles platoniques. Malgré des performances d’actrice contestables, entre l’outrance inappropriée de Libertine II (1988) et la vulgarité non assumée de California (1996), Mylène Farmer atteint dans Regrets une sorte d’abstraction assez intéressante. Lorsqu’elle incarne des êtres en proie avec la mort (A quoi je sers – 1989), l’interprète se révèle être une bonne actrice, capable de vider son visage de toute expressivité humaine. Ici la chanteuse est dans son élément, dans son emploi.  

   ClipRegretsPetit07 Sur le pont musical de la chanson, une longue image vient broyer les sens. Dissimulés derrière des branchages, sur une tombe isolée, Jean-Louis Murat s’est endormi sur les jambes de Mylène Farmer. Un peu comme l’amour se reposant sur la mort sa compagne, les deux êtres entourés de nappes de brouillard se cachent pour s’aimer. Lorsque tout est dit, que les amants se sont regardés dans les yeux et qu’ils ne leur reste plus qu’à s’embrasser, Mylène Farmer et sa silhouette de spectre rendent le bouquet puis disparaissent dans le brouillard, en pénétrant précipitamment l’épaisse fumée. Il ne restera plus à l’amoureux déçu qu’à ressortir de ce cimetière et repartir à bord du tramway la tête ivre de souvenirs ; souvenirs d’une union éphémère.

 ClipRegretsPetit11   Mylène Farmer est faite pour jouer ces états là, lyriques, même pas humains. Pendant le pont de la chanson, la caméra de Laurent Boutonnat tourne autour de cette tombe sur laquelle est couché le couple: Malgré les broussailles qui dissimulent le tableau, on se sent alors témoin d’une union unique, celle de l’amour avec la mort. Avant de le quitter définitivement, la jeune femme se sera retournée pour lui donner un dernier sourire qu’il ne verra pas. Il ne restera plus à l’amoureux déçu qu’à ressortir de ce cimetière et de repartir à bord du tramway qui le ramène vers ce que pour la mort est le néant : la vie.

 Jodel Saint-Marc.

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51 ans pour Mylène

Posté par francesca7 le 14 février 2012

Elle va fêter en septembre prochain ses 51 ans mais Mylène Farmer peut se vanter d’avoir encore les jambes de ses 20 ans… En voilà une qui n’avait pas froid aux yeux hier soir sur le tapis rouge des NRJ Music Awards.

51 ans pour Mylène dans Mylène 2011 - 2012 MFBercy2006_30aQue de gambettes hier soir sur le tapis rouge du Palais des Festivals ! Entre Shy’m et sa robe ultra-sexy signée Franck Sorbier , notre pétillante Miss France , l’élégante Shakira et son savoureux décolleté , le public des NRJ Music Awards a été gâté hier soir.

Très peu friande des soirées people, Mylène Farmer n’a pas choisi de faire dans la discrétion, bien au contraire. Fière de sa sublime plastique que beaucoup aimeraient avoir à la cinquantaine, la chanteuse française a foulé le red carpet les jambes à l’air.

Habillée d’un petit short noir, Mylène Farmer a prouvé à la jeune génération qu’elle a encore de quoi rivaliser, et elle a bien raison, non ?

O.M.

Et aussi :

- NRJ Music Awards 2012 : M. Pokora, LMFAO et Adèle récompensés… Découvrez le palmarès !

- NRJ Music Awards 2012 : Shy’m : sa robe hyper sexy n’a pas fini de faire parler !

- NRJ Music Awards 2012 : Delphine Wespiser (Miss France 2012) : la sirène a brillé de mille feux sur le tapis rouge !

 

 

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NRJ Awards 2012

Posté par francesca7 le 12 février 2012

NRJ Music Awards : Pas de direct pour certaines stars !

Grande classe ! Cette année, les NRJ Music Awards reçoivent Mylène Farmer et les Black Eyed Peas. Dommage, la mythique rouquine et le groupe venu d’outre-Atlantique ne chanteront pas en direct ce samedi soir…


NRJ Awards 2012 dans Mylène dans la PRESSE Mylene-Farmer-sur-le-tapis-rouge-des-NRJ-Music-Awards_portrait_w674Samedi soir, Nikos Aliagas présentera depuis Cannes les NRJ Music Awards, prestigieuse soirée musicale retransmise en direct sur NRJ et TF1 à partir de 20h45. En direct ? Enfin presque. Car si cette année encore, la cérémonie nous promet une belle brochette de stars, nationales et internationales, prêtes à mettre le feu et enflammer le public, toutes ne seront pas vraiment là samedi. Qui dit « stars », dit en effet difficultés de planning, d’organisation et de mise en place pour un show dantesque. Et c’est vraisemblablement le cas pour cette édition 2011 puisque trois artistes, et non des moindres, ne se produiront pas en direct sur la scène.

France Soir rapporte ainsi que « pour des raisons techniques » les Black Eyed Peas et Mylène Farmer enregistreront leur prestation à l’avance. TF1 et NRJ se félicitaient pourtant il y a quelques semaines de « la présence exceptionnelle » de la célèbre rouquine, toujours discrète dans les médias. Yannick Noah non plus, ne sera pas à Cannes ce samedi. Le chanteur est ce soir là en concert au MusicHALL de Bruz, près de Rennes. Déçu de ne pas pouvoir venir, il aurait décidé d’enregistrer son show des NRJ Music Awards la veille. Déjà en 2009, Indochine avait fait l’objet d’une polémique quand le Parisien avait révélé que leur performance n’était pas en direct. Le groupe s’était par ensuite défendu d’y avoir été obligé.

http://www.programme-tv.net/news/tv/

 

 

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