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MYLENE DANS LE SALON D’UN PALACE PARISIEN

Posté par francesca7 le 19 février 2016

 

Dans le salon d’un palace parisien, Mylène livre avec Guillaume Durand la plus longue interview donnée à l’occasion de la sortie du film. Choisissant ses mots avec (trop de) soin, Mylène répond longuement et parfois laborieusement aux réflexions confuses d’un Guillaume Durand qui semble cependant passionné.

Guillaume Durand : (…) Un film, il faut le vendre. Vous qui êtes si timide, ça vous barbe pas tout ça ?

Mylène Farmer : Je ne sais pas si ‘barber’ est le mot juste, mais c’est un exercice difficile pour moi.

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GD : Est-ce que vous avez un petit peu peur, un petit peu d’angoisse parce que un film, c’est pas comme une tournée, c’est pas comme un disque : c’est énormément de travail et tout se joue en une semaine. Quel effet ça vous fait ?

MF : C’est quelque chose de presque inhumain. C’est difficile, c’est difficile. Je crois que je serai contente le jour où ça sortira, et essayer de se déposséder de la chose totalement…

 GD : Alors, « Giorgino » : ça fait combien de temps que ce projet existe pour vous ?

MF : De mémoire, parce que…C’est huit années, je dirais. Et réellement, l’écriture a commencé il y a trois ans. Et il a vu le jour il y a environ un an et demi, je crois.

GD : Donc ça vous a occupée toutes ces dernières années, quoi. L’obsession, c’était de faire ça…

MF : Oui. Surtout Laurent Boutonnat, je dirais, le réalisateur. Moi, j’ai eu beaucoup plus de temps libre, assez pénible là aussi parce que n’ayant pas la faculté que de me tourner vers la musique, puisqu’il est le compositeur. Donc ça a été une période très longue et pas très agréable.

GD : Alors pourquoi fait­-on quelque chose qui n’est pas très agréable à vivre? Quelle est l’exigence de fond ?

MF : La passion, je dirais. D’abord, je pense que c’est un besoin pour moi que de faire des choses, à savoir ou l’écriture, ou des films, créer quelque chose. Faire les choses en termes de plaisir, dans le fond, ce n’est peut-être pas très, très important ou si important. Je crois que ça se passe à une autre dimension.

GD : C’est vraiment quelque chose, on parlait tout à l’heure d’exigence, c’est une importance de la liberté ou… ?

MF : Parce que je ne sais pas gérer cette liberté, de même que j’ai besoin du regard de l’autre pour exister, même si ça paraît quelque chose d’assez dramatique comme confidence ! Mais cette liberté, je la trouve réellement dans mon métier, dans le fond.

GD : Alors, on va évidemment pas raconter le film, parce que les films sont faits pour être vus. On va simplement, avec la bande-­annonce que vous avez eu la gentillesse de nous confier, avoir un petit peu une idée de l’ambiance du film et puis on va parler justement de ce monde qui vous habite et qui habite aussi Laurent Boutonnat. D’abord, donc, des extraits de ce film.

Diffusion de la bande-­annonce de « Giorgino ».

GD : Voilà donc pour le climat du film. Alors pourquoi ce film commence en novembre 1918, si ma mémoire est bonne ? Pourquoi cette date ?

MF : Je vais essayer de répondre pour Laurent Boutonnat. Il me semble qu’il voulait…La guerre 14­18 est en toile de fond, réellement. Je crois que ce scénario est né d’un désir de femmes, de femmes rudes et violentes, donc dans un univers de guerre. Donc c’était plus facile pour lui, j’imagine. C’est difficile pour moi que de répondre à sa place. Pourquoi la guerre de 14­18 ? Parce que c’était une période extrêmement difficile. Avoir des femmes esseulées, c’est un moment qui est effectivement, la guerre, propice pour…

GD : Mais ça vous touche parce que vous connaissez, comme tout le monde, ce qui s’est passé justement à cette époque-­là : bon, non seulement il y a la mort, et elle est très présente aussi dans le film, mais il y a cette idée aussi que ce sont les femmes qui prennent la société à bras-le-­corps. C’est une idée qui vous touche, ça ?

MF : Si je ne porte mon regard que sur ce groupe de femmes : non, définitivement pas ! (rires) Mais une société de femmes, non en aucun cas, dirigée par les femmes, non, je pense qu’une balance, une bonne balance est ce dont nous avons tous besoin.

GD : Alors, le climat on en parle. C’est vrai que souvent quand vous avez fait des clips, des clips longs, des clips qui étaient proches du cinéma on s’est dit « Ça y est, Boutonnat va certainement faire un film, Mylène Farmer a envie de faire un film », maintenant le film est là.

Mais ce climat qui est à la fois historique et à la fois fantastique, il vient d’où ? Pour lui, forcément il répondra d’un coté, mais pour vous, pour l’avoir accepté c’est que ça vous touche aussi…

MF : Moi, c’est plus une grande confiance en Laurent Boutonnat et en son travail. Quant à l’univers, j’ai aimé le scénario et j’ai aimé le personnage de Catherine. Maintenant, essayer de réfléchir… Non, c’est plus des sensations, des odeurs et moi, cette sensation que de pouvoir justement mettre quelque chose dans ce personnage.

GD : C’est quand même pas un monde ordinaire, parce que donc, on va pas raconter, on a dit tout à l’heure le déroulement mais on peut raconter un petit peu le début. Donc, c’est un jeune médecin, il sort, il est démobilisé, il s’occupait d’un asile d’enfants et il essaye de retrouver ces enfants. On a tout une, comment dirai-­je…c’est un itinéraire, au fond…

MF : Oui, tout à fait, oui.

GD : …qui est un itinéraire initiatique. Ça se passe dans la neige, c’est à la montagne, c’est très beau, il y a un père, il y a les femmes qui fument, enfin ce sont des images qui sont des images rares au cinéma.

MF : Je le pense, je le pense. Je pense que son cinéma est rare. Il a une façon de filmer et de raconter des histoires qui lui sont très, très personnelles.

GD : Alors mettez vous à sa place : pourquoi ce monde-là le touche, lui ?

MF : Moi je crois que je ne pourrai pas répondre à sa place. Pour avoir moi­-même posé ces questions dans le fond et lui ne trouvant pas de réelles réponses quant à ces fondements, pourquoi être attiré plus par quelque chose ou autre chose, je ne sais pas bien. C’est comme la peinture, dans le fond : pourquoi est­-ce qu’on est attiré par un peintre ? Moi je crois que je ne saurais pas l’expliquer. Pourquoi tel peintre plutôt que celui­-ci ?

GD : Mais c’est un monde qui est quand même très poétique et qui est très détaché, enfin qui parle un petit peu du réel, on en a parlé un petit peu au début, il y a la guerre de 14, il y a des professions, il y a des gens, il y a des solitudes, il y a des gens ensemble, il y a beaucoup de violence. Mais en même temps, c’est très onirique.

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MF : Oui. C’est sans doute cette attirance pour tout ce qui est conte, l’irrationnel peut­-être, la poésie je pense, oui. Mais des choses qui peuvent faire partie de notre monde et de notre vie de tous les jours, mais c’est vrai qu’il a une attirance pour ça. Maintenant, je suis en train de m’embrouiller parce que je ne sais pas bien pourquoi ! Si ce n’est que j’en reviens à, ne serait­ce que moi, un paysage… Je préfère un paysage, je vais vous dire, fracassé qu’un paysage avec des pommiers en fleurs. Pourquoi, je ne le sais pas. Ce sont des choses, comme ça, qui vous appartiennent.

GD : Qui vous sont donc sensibles, qui sont exprimées très largement. Alors il y a aussi une autre chose qui est très particulière dans le film, bon on va pas comparer avec des metteurs en scène comme Visconti parce qu’il y a pas de rapport, mais c’est vrai qu’il y a un parti pris, on va dire, de lenteur. Parce que si on dit ça, les gens vont dire « On va pas y aller, c’est lent » ! C’est pas du tout lent et ennuyeux, mais c’est volontairement, comment dirais­-je, c’est un rythme comme ça, un peu comme une espèce de mélopée.

MF : Parce que justement, j’en reviens à ces odeurs, à toutes ces choses. Je crois que ça prend du temps pour des personnages, plutôt que justement ce cinéma très monté, très rapide et des personnages qui sont rétrécis, qui ont cette valeur. Je crois que lui justement allait vers une expression plus lente et plus, moi j’oserais dire plus enrichie, mais ça n’engage que moi. Plus généreuse, peut­-être.

GD : C’est vrai que c’est un peu le contrepoids de tout ce dont on parle beaucoup actuellement, de Quentin Tarantino à Luc Besson, où ce sont des hommes en blanc et noir qui deviennent…

MF : Oui, qui ont du talent. Mais c’est vrai que c’est, je pense, une autre expression, une autre façon de raconter les choses.

GD : Comment devient-­on ­ pardonnez-­moi la question ­ mais comment devient-­on justement quand on est chanteuse, quand on fait de la scène, comment devient­-on actrice ? Même si on a fait des clips, ça, ça doit pas être une expérience finalement si facile que ça.

MF : C’est quelque chose que je pense, et sans prétention aucune, avoir en moi. En tout cas, je l’ai souhaité et je le veux depuis tellement longtemps. La chanson est venue à moi un peu par hasard, j’avais envie moi de jouer. J’ai suivi des cours de théâtre, mais ça on s’en moque un peu. C’était simplement un passage, comme ça, dans ma vie. Une envie de jouer, une envie d’interpréter les personnes qui sont autres que moi-­même et cette chose, enfin ce côté ludique quoi, qui est…

GD : …qu’on trouvait énormément dans les clips.

MF : Qu’on trouvait déjà dans les clips, mais en mode tellement rétréci. Mais malgré tout, c’est vrai que c’est comme ça que j’ai pu, bon indépendamment de l’écriture, de la scène, de tout ce qui fait que ce métier est vraiment passionnant, qui m’a fait tenir quand même, parce que c’est long ! J’ai attendu presque dix ans pour réellement faire un premier film. C’est long… (rires)

GD : Oui mais justement alors, est­-ce que ça veut dire que maintenant, parce que finalement quand un film est terminé, c’est vrai que vous allez être délivrée par le fait qu’il sorte, de savoir s’il y a un accueil avec le public, on vous le souhaite évidemment, c’est normal, mais est-­ce que immédiatement, maintenant, vous vous dites « C’est une autre carrière qui commence et c’est vers ça que je veux aller définitivement ». Et es-ce qu’il va falloir attendre longtemps que lui refasse un film, ou est-­ce que vous pouvez tout à fait imaginer de jouer, travailler avec d’autres metteurs en scène ?

MF : Non, je crois qu’aujourd’hui je peux réellement imaginer travailler avec quelqu’un d’autre. Maintenant, je pense que je serai difficile dans mes choix, je le sais. Aussi bien par rapport au réalisateur que l’histoire elle-même. Donc je pense que je, si je puis me projeter sur quelque avenir, faire très peu de films, certainement. Certainement.

GD : Et qu’est­-ce que vous aimez, alors, justement ? Parce que ce cinéma de climat est un cinéma bien particulier, alors qu’est­-ce que vous aimez, vous ?

 MF : Je crois avoir des goûts très éclectiques. Je vais essayer de…J’aime beaucoup Jane Campion, tous ses films, ses premiers films également. J’aime Oliver Stone, j’aime Kubrick, j’aime David Lean, j’aime David Lynch, Bergman…

GD : Donc, c’est un goût éclectique, quoi…

MF : Oui. Oui, dans le fond oui. GD : Mais pas très français, d’après la liste que vous venez de donner ! MF : Polanski, heu… (rires)

GD : Ha oui, c’est toujours du cinéma où il y a beaucoup de spectacle, ou au contraire beaucoup d’onirisme, beaucoup de choses qui sont quand même… C’est pas le mari, la femme et l’amant qu’on trouve !

MF : Non, j’aime les choses qui ont une âme, une histoire et une magie, et qui portent le spectateur. Je peux moi­-même être un spectateur qu’on qualifie de moyen, mais c’est­-à-­dire ne pas avoir cet œil trop critique. Et si un film m’emmène, si une histoire m’emmène, mais c’est magique ! C’est la chose la plus magique, je crois.

GD : Alors à la fin, le héros, Jeff Dahlgren, et vous, vous vous retrouvez dans un cimetière. On va pas dire ce qui se passe, mais c’est vrai qu’il y a quand même comme en peinture, puisque vous avez parlé de peinture, une espèce d’imagerie qui existe : des croix, des églises etc., etc. Ça vient d’où tout ça ?

MF : Ce que cela peut suggérer, bien évidemment, mais d’un point de vue esthétique je crois aussi, qui est important. Une croix, c’est beau. Une tombe…Je trouve qu’une tombe, un cimetière est un endroit magique. C’est quelque chose une fois de plus que nous avons en commun, mais je crois que c’est expliqué par cette rencontre que nous avons eue et qui a été une rencontre fondamentale pour moi dans ma vie et assez immédiate. Donc en ce sens, je crois que c’est presque normal que d’avoir des mondes un peu communs et des attirances.

GD : Vous voulez dire que d’une certaine manière, peut­-être, il vous a aussi arrachée à ce qui pouvait être une carrière de show­-business traditionnelle, que vous n’avez jamais vraiment voulu mener.

MF : Que je n’ai, je crois, jamais menée quoiqu’il arrive ! Mais…envie de faire quelque chose, envie de faire ce long-­métrage et envie de prendre des risques.

GD : Alors comment s’est passé le tournage ? Parce que je suppose que les conditions, étant donné que ça se passe en hiver, en plus y a énormément de scènes qui se passent en hiver mais il fait beau en même temps, ce qui sont des conditions météos pas faciles à trouver parce qu’en général il fait pas toujours beau, ça a dû être un peu long et un peu compliqué. Alors, comment ça s’est passé ? Racontez­-moi…

MF : Le tournage était très, très long, je crois qu’il a duré cinq mois. Quant aux conditions de tournage, c’était difficile à cause du temps bien évidemment, parce que très, très, très froid. Donc par moments, même le tournage a dû s’arrêter parce que trop froid, parce qu’on ne pouvait presque plus jouer. Maintenant, je crois que toutes ces difficultés sont malgré tout inhérentes à un tournage. La réelle difficulté était je crois le…la difficulté de… (Mylène rit de ne pas trouver ses mots) j’allais dire la tension qui régnait sur ce tournage, la tension que toute cette chose que Laurent portait dans le fond qui est extrêmement lourde.

 GD : Vous vous êtes faits totalement, parce que finalement lui, c’est son premier film, vous c’est votre premier grand rôle, vous vous êtes faits mutuellement et définitivement confiance dès le début, ou tout d’un coup du coin de l’œil vous vous êtes un petit peu surveillés l’un l’autre ? Parce que c’est vous qui portez tout : et lui, et vous.

MF : Je crois qu’il y avait à la fois une grande confiance, puisque c’est vrai qu’on a très peu parlé du rôle par exemple. J’ai lu le scénario. Et une fois sur le tournage bien sûr, des indications de mise en scène. Mais de sa part, en tous cas, je suppose que c’est une confiance. ‘Regardés du coin de l’œil’, malgré tout de temps en temps. C’est-­à­-dire moi je l’ai quand même observé travaillant avec d’autres, puisqu’il y avait quand même beaucoup d’acteurs. Et parfois probablement des réactions assez violentes, oui, parce que c’est vrai que dans ces moments-­là, on vous dit « Moteur, action ! » et vous avez une espèce, d’abord d’angoisse profonde, et de demande qui est énorme quant à ou le regard ou même un mot, et que parfois ce mot n’arrive pas et que là on fait abstraction de toute une vie commune.

GD : Ça devient professionnel…

MF : Oui. Oui, dans le fond oui. Beaucoup plus cruel et plus…Mais je crois que c’était aussi essentiel. Je n’aime pas moi être trop protégée. J’étais réellement considérée comme une actrice engagée sur un film, et non pas comme le petit oiseau qu’on va couver. En aucun cas, non.

GD : On se retrouve dans un instant pour parler de ce film de Laurent Boutonnat, avec Mylène Farmer et Jeff Dahlgren. Flash info.

 GD : On se retrouve donc avec Mylène Farmer qui a la gentillesse de nous recevoir pour un film qui va, je l’espère, vous surprendre : « Giorgino », donc, de Laurent Boutonnat, avec Jeff Dahlgren. Alors est­-ce qu’on peut Mylène parler du fait que le film a été tourné en anglais ? Il est tourné en Tchécoslovaquie, il est tourné en hiver et en plus il est tourné en anglais. Pourquoi ? C’est pour rechercher la plus grande audience possible à travers le monde, ou c’est l’histoire…

MF : (elle l’interrompt) Non, sincèrement non. C’est parce que Laurent Boutonnat voulait travailler avec des acteurs comme Louise Fletcher, Joss Ackland, et a trouvé son premier rôle aux Etats­-Unis, donc c’est plus une volonté que d’aller vers des acteurs, donc une langue qui s’est imposée.

GD : Louise Fletcher, tout le monde connaît, c’était l’infirmière de « Vol au Dessus d’un Nid de Coucou » et donc qui parle français, si mes souvenirs sont bons et elle était très charmante. C’est pour aller vers ces acteurs­-là qu’il a choisi ce parti pris là ?

MF : Absolument, oui parce que…Mais lui-­même dit ça « J’aurais pu tourner ce film en espagnol, russe… ». Peu lui importait la langue, dans le fond.

GD : Alors donc un travail qui a été compliqué, et tout à l’heure vous nous disiez que c’était très difficile d’expliquer les raisons pour lesquelles vous étiez dans ce monde-­là, dans à la fois ces rêveries, cette poésie et aussi ces fantasmes. Et pourtant quand on essaie de trouver une logique à tout ça, parce qu’après tout il y a forcément une logique même si on la veut pas, la première chanson c’était « Maman a Tort », après c’était « Libertine », et maintenant c’est un film où il y a énormément de femmes, même si c’est une envie de l’auteur. Est­-ce que cette logique vous apparaît ou est­-ce que c’est un hasard total ? MF : Je pense que c’est un hasard. Mais là une fois de plus, c’est difficile, pardonnez-­moi de le redire… (rires)

GD : C’est pas grave !

MF : …parce que ce film, dans le fond, ne m’appartient pas, en tous cas son histoire et son…

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GD : Mais vous êtes sûre qu’il ne l’a pas écrit pour vous ? Parce que quand vous dites qu’il ne vous appartient pas, il l’a quand même probablement en partie, enfin il savait que vous alliez jouer le rôle principal de Catherine.

MF : Oui. Maintenant je… (elle cherche ses mots) G

GD : C’est du sur­-mesure, quand même…

MF : C’est une bonne couture. Est­-ce que c’est du sur­-mesure ? Je ne sais pas bien, mais là c’est peut-­être plus par pudeur, je ne sais pas bien. Est­-ce qu’il a écrit réellement ce rôle pour moi ? Je ne sais pas, parce que le personnage principal c’est peut­-être lui qui a voyagé avec lui le plus longtemps, et peut-­être que Catherine est arrivée plus tard, donc…

GD : Et est-ce que lui justement, sans sombrer dans une espèce de simplification extrême, est­-ce que lui il s’est vécu un petit peu comme Jeff Dahlgren, donc qui est le héros du film, à savoir ce médecin qui recherche des enfants ?

MF : Je crois qu’il est…Cette chose commune d’avec ce personnage, c’est cette âme d’enfant qu’il a en lui et cette quête, cette quête essoufflée. Je crois qu’il a ça en lui.

GD : Mais quand on a fait un film comme ça, qui est justement un film poétique, est-­ce que c’est, comment dirais-­je, vous savez que la critique en France n’aime pas trop le mélange des genres, ça peut être aussi bien un artiste qui a réussi dans un domaine qui est la variété, le fait de faire du cinéma, ça paraît presque pour beaucoup de gens qui sont extrêmement bien­pensants et extrêmement rigides…

MF : Obscène ? (rires)

GD : Oui. C’est pas obscène, mais on n’a pas le droit de changer de registre, et pourtant vous, vous avez ce besoin et vous en avez même exprimé tout à l’heure l’envie. Ça vous gêne qu’on vous oblige à vous enfermer dans un même registre ?

MF : L’idée de l’enfermement me gêne. Maintenant, est­-ce que moi j’ai été gênée par ça : non. Non, parce que j’ai essayé au maximum de me protéger et de ne pas écouter, de ne pas entendre. Sinon, effectivement si on écoutait et si on entendait réellement, je pense que c’est trop mutilant. Non. J’oserais dire je me moque de ce qu’on pense et de ce qu’on dit. C’est presque vrai.

GD : C’est pour ça que depuis des années vous avez toujours choisi de faire votre métier, d’être extrêmement discrète sur vous, sur votre vie, enfin sur beaucoup d’aspects du travail d’artiste qui en général sont surexploités et plombent votre carrière ?

MF : Oui, parce que je pense… Moi, j’essaye de ne pas m’essouffler et de ne pas essouffler l’autre. Donc en ce sens, je suis obligée d’être absente. Et puis je crois que c’est ma nature profonde, tout simplement donc je n’ai pas à me faire violence pour ça.

GD : Et vous, quand les disques se vendent comme ça énormément, ça veut dire, bien au­-delà du succès commercial, qu’il y un intérêt profond entre un artiste et les gens. Vous croyez que les gens vous aiment pour quoi, au fond ?

MF : Je ne sais pas ! Non… (large sourire) GD : Pour ce mélange entre la fragilité et la provocation ?

MF : Je crois pour, s’il y a à trouver une expression, peut­-être pour la sincérité, parce que je crois que c’est une valeur qui existe toujours. Mais c’est difficile que d’exprimer pourquoi l’autre vous aime. Je ne sais pas…

GD : Et quand est-ce que vous vous êtes rendue compte, vous dans votre carrière, parce que en général les carrières de chanteurs démarrent, elles surfent un petit peu sur les vagues adolescentes, ça a été aussi le début de votre carrière quand vous avez chanté « Maman a Tort » etc. Quand est­-ce qu’on se dit « Moi, je vais faire autre chose », c’est­-à-­dire je pars sur ce plongeoir­-là mais je vais aller dans une autre piscine, quitte à être décrédibilisée un petit peu ?

MF : Là, vous parlez d’un genre plus que de changement radical de vie ?

GD : Non, pas de vie pour vous, mais quand est-­ce que vous vous êtes dit que vous alliez prendre au fond tout ça en mains, sérieusement pour obtenir, pour aller vers des objectifs précis ?

MF : Je crois, le goût du risque. Là encore, c’est…Le calcul n’y est pas pour grand­-chose, si ce n’est que une ‘carrière’, même si c’est un mot qui n’est pas très joli, c’est quelque chose qui se pense, qui se gère. Maintenant, c’est quelque chose qui, je ne sais pas, qui s’est construit comme ça…

GD : Petit à petit…

MF : Oui, qui s’est fait lentement. Mon début n’a pas été fulgurant. J’ai eu trois bonnes années pour apprendre mon métier et apprendre ce que j’aimais et ce que je n’aimais pas, dans le fond, par rapport à moi­-même et par rapport à l’extérieur également.

GD : C’est-­à­-dire ?

MF : C’est­-à­-dire de « Maman a Tort », qui a été un succès mais j’étais quand même encore pas très connue jusqu’alors. Et après il y a eu deux autres 45­tours qui étaient plus discrets. Et puis après, le fameux « Libertine » qui là a été réellement…les projecteurs ont été mis sur moi. Mais donc, pendant cette période… Enfin, tout ça pour essayer d’expliquer que ça n’a pas été quelque chose, comme ça, d’immédiat, on vous donne tout. Ça a été quelque chose d’assez progressif, donc probablement de moins perturbant pour moi.

GD : Donc d’une certaine manière, vous pouvez vous dire que la même attitude, vous allez, c’est donc la même expérience, vous allez l’utiliser pour le cinéma ? C’est-à­-dire que c’est quelque chose qui commence, vous êtes habituée aux hauts et aux bas de ce qui s’est passé dans la chanson, et comme vous semblez avoir derrière la fragilité une assez grande volonté, vous allez attaquer un deuxième monde, tranquillement et avec le temps. C’est ça l’idée ?

 MF : Oui, là c’est plus une façade sereine, qui en aucun cas n’existe, dans le fond, si ce n’est que là je suis plus posée que d’ordinaire. Mais c’est plus un parcours angoissant qu’autre chose. Maintenant, pour répondre à votre question, je le ferai effectivement avec un maximum de réflexion et de réelles envies. C’est­-à­-dire, me perdre dans quelque chose pour le rien : non, en aucun cas.

 GD : Donc, ça veut dire qu’il faut forcément trouver des textes extrêmement forts, des scénarios extrêmement forts…

MF : Ça va être de plus en plus difficile, je le sais. Mais c’est…

GD : Mais est-ce que vous avez envie, puisque vous avez dit tout à l’heure que vous aimez bien les choses très différentes, d’Oliver Stone à d’autres metteurs en scène, ça veut dire est­-ce que vous pouvez jouer une comédie, par exemple, par goût du fait de jouer ? Ou est-­ce que tellement pas dans votre registre que ça vous paraît surréaliste ?

MF : Si vous me proposez Woody Allen, je vous dis oui, j’accours ! (rires) Maintenant, tous les genres de comédie : non, je pense pas. Je ne sais pas, d’ailleurs, mais je ne pense pas avoir ce talent­-là, et peut­-être cette envie tout simplement. Une bonne comédie, oui c’est aussi intéressant et passionnant qu’un…

GD : Sûrement, mais je veux dire tout le monde a envie de jouer avec Woody Allen, parce que on entre sans frapper, enfin si jamais il vous appelle, on s’assoit, vous lui dites de s’asseoir et on lit même pas le scénario, à la limite ! Mais le monde, le fait de changer de monde, parce que c’est un monde tellement particulier, celui du film donc qui sort mercredi, que c’est vrai qu’il y a aussi le risque d’être cataloguée dans une espèce de fantastique, onirique…

MF : Ma foi, j’en ai pris le risque, et puis j’espère avoir la chance que d’avoir des propositions différentes. Je fais appel, j’allais dire, à l’intelligence du metteur en scène, plus qu’à quelque chose, comme ça, qui…

GD : Mais est­-ce qu’après on se dit pas, quand on a fait un film comme ça, ou quand on a eu une expérience comme ça qui est très profonde, parce que vous avez attendu plusieurs années, vous avez tourné pendant cinq mois, et puis c’est compliqué etc. et puis le film sort, est­-ce qu’on a envie après, j’allais dire, de retourner dans le travail d’avant ? Est­-ce que vous pourriez vous dire « Bon, ben maintenant, il faut s’y remettre », ou est-ce que vous y avez déjà pensé, écrit, travaillé, fait des musiques, ou pas du tout ?

MF : Non. J’ai eu pendant effectivement le tournage même, plutôt juste après le tournage, quand le tournage s’est terminé, une envie que de tout abandonner, tout délaisser. Pour aller vers quoi, c’était le point d’interrogation et plutôt une période d’anéantissement qu’autre chose. Aujourd’hui, oui j’ai très envie de retourner vers l’écriture, enfin mon écriture, en tous cas, pour essayer de découvrir des choses que je ne connais pas moi­-même, je suppose, parce que je ne sais pas ce que je vais faire, je ne sais pas ce que je vais écrire. Mais non, j’ai toujours cette envie. Je sais que si cette envie me quitte, j’arrêterai. J’aurai en tous cas cette honnêteté.

GD : Il y a quelque chose qui peut apparaître paradoxal, c’est que finalement vous êtes très pudique, réservée, timide, et en même temps vous faites des choses qui sont toujours, qu’elles soient habillées ou pas habillées, toujours un peu explosives. C’est jamais… Pourquoi ? MF : Parce que je crois que ça fait partie de mon propre paradoxe. C’est cette envie que de se cacher, cette envie de lumière et qui se reproduit dans le moindre de mes actes et pensées. C’est quelque chose de conflictuel mais nécessaire.

GD : Vous savez que par rapport justement aux années précédentes, on a appelé ça un peu pompeusement les années 80, celles qui s’annoncent sont plus tellement les années de la provocation. Mais quand je dis « la provocation », c’est pas la provocation au sens idiot mais la provocation au sens presque artistique des choses. Maintenant, ceux qui essaient de sortir le bout du nez pour faire des choses un peu différentes, on leur tape sur le bout du nez. Ça vous fait peur, ça ?

MF : J’ai l’impression que ça a existé toujours, ça, que c’est omniprésent, que dès qu’on essaye de faire quelque chose qui n’est pas, effectivement, dans ce chemin balisé, on vous tape sur les doigts. Mais…

GD : On vous a tapé, vous, sur les doigts ?

MF : Attaquée, bien évidemment ! Mais une fois de plus, peu m’importe, ça ne nous touche pas. Un artiste existe parce qu’un public est là. Au fond, j’enfonce des portes ouvertes, mais c’est la vérité vraie! Donc, tant qu’un public me dit « Continue ! C’est quelque chose que nous aimons », je continue !

 GD : Est­-ce que vous vous reconnaissez, non pas personnellement, mais dans des attitudes qui peuvent vous ressembler, par exemple pour quelqu’un comme Isabelle Adjani qui vit un peu…qui au fond montre à l’écran des choses souvent excessives et puis qui le reste du temps disparaît ?

MF : Je ne sais pas si nous sommes pareilles, mais c’est vrai que on m’a fait souvent cette réflexion, par exemple, que nous avions… Mais c’est plus pour évoquer des choses, dans le fond, des choses négatives en fait. Cette comparaison a été…

GD : Non, mais là c’est dit…

MF : Non, je le sais mais là je pense à ça parce que c’est quelqu’un qui, je crois, a essayé réellement de gérer sa carrière et son image et de faire ce qu’il lui plaisait, et parfois de s’évanouir et qu’on le lui a reproché. Maintenant, est­-ce que je…Je ne sais pas, c’est quelqu’un qui a un grand talent.

GD : La dernière question : est-­ce que la vie quotidienne, c’est-­à­-dire celle qui est ni sur les planches, ni dans les studios, ni en tournage, est­-ce qu’on y trouve un peu de bonheur, de plaisir, ou est­-ce que finalement il faut attendre désespérément de faire quelque chose et de se montrer ?

MF : Je crois que j’ai besoin effectivement de faire quelque chose, et ce métier… Sinon, je le vis mal.

GD : En tous cas, on vous souhaite le plus grand succès pour le film…

MF : Merci beaucoup.

GD : …à vous et à Laurent Boutonnat. Le film donc qui est sorti aujourd’hui sur les écrans et que je vous encourage vivement à aller voir, parce que c’est un film qui ne ressemble pas aux autres et c’est tant mieux ! Ciao, à demain. MF : Merci beaucoup… Générique de fin de l’émission.

TALKSHOW 5 OCTOBRE 1994 Présenté par Guillaume DURAND LCI

Publié dans Mylène 1993 - 1994, Mylène dans la PRESSE, Mylène en CONFIDENCES, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

Styx et IAO de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 6 juillet 2013

Les deux magazines paruent respectivement le 20 avril et début mai derniers, tous deux 100% consacrés à l’actu de MylèneFarmer, sont toujours disponibles en ligne…

 Styx et IAO de Mylène Farmer dans Mylène et mes BLABLAS styx-240x300
Petit récap!

Styx Magazine

Prix de vente: 18 euros (frais de port pour la France inclus)
Composition: 36 pages / Format 24×30 cm
Contenu:
– Photos inédites de: Nathalie Delépine, John Nollet, Marianne Rosenstiehl…
– Retour sur l’album Monkey Me, ses singles, ses clips… 
– Référentiels
– Interviews:Olivier de Sagazan, TYP, Guéna LG…

Tirage limité à 2000 exemplaires!
En vente exclusivement sur: http://www.styxmagazine.net/

IAO magazine « Meli-Melo »

Prix de vente: 25 euros
Composition: 36 pages // format 24×34 cm
Photos inédites de: Nathalie Delépine, Laurent Zabulon…
Journal de bord des actus depuis la sortie de Monkey à aujourd’hui
Interviews: Olivier de Sagazan, Mario Luraschi

Tirage limité. Nombre d’exemplaire non communiqué.
De nombreux anciens numéros du fanzine sont encore dispo, dépéchez vous!
En vente exclusivement sur: http://www.iaomag.fr/boutique.html

 

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Mylène avec les mots !

Posté par francesca7 le 23 février 2013

Mylène avec les mots ! dans Mylène AU FIL DES MOTS iao

Dans un premier temps, voyons quels sont les noms communs préférés de Mylène Farmer. Les noms représentent les thèmes récurrents… Mylène aime bien le mot « vie » qu’elle utilise dans 43 chansons, soit près de une sur deux. On remarquera le thème de l’amour assez récurrent… Mais alors Mylène est encore une de ces chanteuses qui parle d’amour ? Je vous laisse à votre propre interprétation de ces résultats… A noter que l’on comptabilise aussi les mots au pluriel. (Ex : œil/yeux).

1 – vie (43)
2 – amour (25)
3 – âme (25)
4 – monde (21)
5 – coeur (20)
6 – nuit (17)
7 – oeil (16)
8 – mot (16)
9 – temps (16)
10 – main (15)

Voyons maintenant les verbes qui représentent les actions… (Passons les verbes « être » et « avoir » en première et deuxième position, que j’ai écartés pour leur « non sens »). Oh, on retrouve encore une fois l’amour avec le verbe « aimer ».

1 – aimer (37)
2 – dire (36)
3 – savoir (33)
4 – faire (33)
5 – voir (29)
6 – vouloir (27)
7 – pouvoir (18)
8 – aller (17)
9 – prendre (15)
10 – mourir (15)

Jetons un œil aux adjectifs qualificatifs : pas de réelle émergence… Rappelons que l’on comptabilise les féminins et les pluriels. (Ex : beau/beaux/belle/belles).

1 – beau (12)
2 – long (12)
3 – petit (11)
4 – doux (9)
5 – seul (7)
6 – tendre (6)
7 – triste (6)
8 – nu (6)
9 – froid (6)
10 – lent (5)
11 – suspendu (5)

Voilà, je crois que c’est tout ce que l’on peut dire pour le moment… Inutile de s’attarder à toutes les catégories grammaticales de mots… Notons qu’en général, la chanteuse parle d’elle, de sa vie, son histoire… En effet, voici les résultats pour les pronoms sujets :

1 – je (60)
2 – on (39)
3 – il (38)
4 – tu (37)
5 – nous (29)
6 – elle (17)
7 – vous (13)
8 – ils (9)
9 – elles (5)

Je n’ai pas de statistiques sur des suites de mots, comme par exemple « adjectif + nom » ou « nom + adjectif » (sauf « main experte » que l’on retrouve dans deux chansons). Pour l’anecdote, Mylène utilise pratiquement autant les noms de genre masculin que de genre féminin…

à vous d’interpréter ces résultats…

Les linguistes pourraient se pencher sur des analyses plus littéraires, comme des comparaisons avec des auteurs ou des artistes. Mon seul rapport est celui des chiffres. Pour information, ces techniques de statistiques et d’analyse m’ont été enseignées dans le cadre de mes études durant les cours d’ »Extraction de connaissances dans les données ». Cette matière s’intéresse à l’analyse informatique de textes et la mise en évidence de données « cachées » dans des documents…

Je vous propose maintenant d’aller retrouver un(e) de vos ami(e)s fans de la rousse et de lui poser la fameuse question : « Quels sont, selon toi, les mots que Mylène Farmer utilise le plus souvent dans ses chansons ? ».

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Sainte Mylène et Farmer

Posté par francesca7 le 15 décembre 2012

Erwan Chuberre et Ste Mylène…

 

Sainte Mylène et Farmer dans Mylène et les AUTEURS photo-3368461-l-167x300Erwan Chuberre est alors l’un des rédacteurs de IAO, un magazine consacré à Mylène Farmer qu’il admire depuis ses débuts. Il écrit alors sa première biographie Mylène Farmer, phénoménale.

À la sortie du roman Sainte Mylène, priez pour moi, il travaille à plusieurs projets dont Mylène Farmer l’Intégrale qui paraîtra fin 2007. Il rejoint ensuite les éditions Alphée.

 Il publie ensuite Madonna absolument en 2008. C’est le départ de la rédaction de nombreuses biographies : Britney toujours vivante (2008), Lorie entre ange et glamour (2009), Mylène Farmer, des mots sur nos désirs (2009), Vanessa Paradis (2009).

 Certains artistes collaborent indirectement à ses livres : non officielles, ses biographies sont néanmoins validées. Ainsi Isabelle Adjani a-t-elle autorisé l’édition de La légende Adjani et Arielle Dombasle a-t-elle choisi la couverture de Et Dieu créa Arielle Dombasle.

En 2009, il publie un nouveau roman Sexe, Gloire et Bistouri.

 Par ailleurs, il anime l’émission Diva sur Canapé sur la chaîne de télévision « Public G tv », chaîne à destination d’un public gay et lesbien où il reçoit de nombreux artistes.

En 2010, il publie Lady Gaga, une diva venue d’ailleurs, première biographie française de la jeune star, ainsi que la biographie d’Arielle Dombasle. Il met ensuite à jour la biographie de Madonna Madonna Style qui avait été écrite par Carole Clerk avant sa mort, puis rédige la biographie d’Isabelle Adjani et enfin Olivia Ruiz, la diva aux pieds nus.

 En 2011, il réactualise L’intégrale Mylène Farmer et publie son dernier roman Sur mes lèvres, Mylène Farmer, puis L’Intégrale Lady Gaga et Katy Perry, une princesse californienne, première biographie française de la star.

 En parallèle de ces activités, Erwan Chuberre a monté en 2009 une structure d’attaché de presse afin de se charger des relations presse des artistes qu’il admire. Il est également l’attaché de presse du cabaret parisien Artishow, il en a écrit l’histoire « Artishow, Entre rêves et passion » en 2010 avant d’y fêter ses quarante ans en 2011.

 Son dernier roman, Dans la peau de Lady Gaga, est sorti le 30 août 2011 et rencontre déjà un très beau succès

 Acteur de la vie LGBT, il publie en 2010 Le guide pratique du couple gay, guide qui – dans sa version américaine – venait d’avoir un grand succès

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Mylène Farmer et Ph.Combes

Posté par francesca7 le 11 décembre 2012

Philippe Combes,directeur de la compagnie de danse Cave Canem

 

Mylène Farmer et Ph.Combes dans Mylène et L'ENTOURAGE combes-109x300Philippe Combes Après avoir dansé aux côtés de Régine Chopinot et Angelin Preljocaj, Philippe Combes poursuit un travail personnel en plaçant la question de la responsabilité de l’interprète au centre de sa démarche. La création de la Compagnie Cave Canem en 2001 et ses rencontres avec Susan Buirge lui permettent d’approfondir sa recherche axée sur le geste, sur le lien entre danse écrite et dans d’état.

Il compose en 1999 « La balade des acolytes », un trio pour une femme et deux hommes. Cette première pièce est la mise en scène, par un huis clos, d’un questionnement sur l’indépendance et l’interdépendance des individus. À l’issue de ce premier travail, il développe avec Cave Canem, groupe constitué en 2000, une recherche dont les dramaturgies puisent régulièrement leurs sources dans des problématiques d’existence commune.

Cette dynamique confère à la démarche artistique une appréhension particulière puisque chaque thématique de référence peut nourrir plusieurs propositions composant ainsi un cycle. C’est ainsi le cas du mythe grec du Minotaure visité par quatre fois lors des pièces « Minotaure » en 2000, « Asterios » et « Minotaur-Ex » (court-métrage en collaboration avec le réalisateur Bruno Aveillan), et « Sur les traces… » en 2002. Cette exploration volontairement étirée dans le temps lui permet de considérer à chaque fois différemment un propos qui prend corps dans des espaces et sur des supports distincts selon les pièces.

En 2003 il participe aux ateliers proposés par Susan Buirge à la Fondation Royaumont. Cette première rencontre est importante dans le parcours de Philippe Combes car Susan Buirge pose la question de l’interprétation du mouvement, succession de gestes, approche à laquelle il est particulièrement sensible. Entre danse bâtie et danse habitée, quelles sont les notions nécessaires à l’abstraction tout en permettant à l’individu d’exister pleinement dans sa singularité.

De 2003 à 2005, deuxième cycle, c’est la mise en scène de la responsabilité individuelle dans un ensemble qui alimente la recherche artistique. « L-dopa », duo 2003, « Magma », quintette 2004, et « X », performance 2005 pour des espaces particuliers, portent cette réflexion. À partir de 2006, année du deuxième atelier auprès de Susan Buirge, « Dromos » démarre un nouveau cycle axé sur la considération du corps comme substance première de la danse. Ce solo, forme picturale verticale tourné vers le multimédia, inclut une composition originale de Cécile Babiole, vidéaste. La deuxième partie, en rupture, composée sur un plan horizontal, sera présentée début 2007 à Toulouse.

canem2 dans Mylène et L'ENTOURAGELa compagnie Cave Canem, implantée à Toulouse depuis août 2000, porte les travaux de Philippe Combes. Elle est subventionnée par le Ministère de la Culture/Direction Régionale des Affaires Culturelles Midi-Pyrénées (Aide à la compagnie), le Conseil Régional Midi-Pyrénées, le Conseil Général de Haute-Garonne. Ses projets culturels sont soutenus par la ville de Toulouse (2006 à 2008). La compagnie est en résidence à Colomiers (31) depuis 2005. Ses travaux sont soutenus par la Fondation BNP Paribas par le biais d’une convention de partenariat (2002/2006). Le Centre de Développement Chorégraphique de Toulouse Midi-Pyrénées accompagne la compagnie sur deux saisons (2005 à 2007).

The Farmer Project : Divers (00h15min) De Bruno Aveillan Avec Mylène Farmer, Martin Hub

Dans un pays imaginaire, au milieu de la nuit, deux policiers véreux sont surpris par l’apparition soudaine d’une créature luminescente. Alors que celle-ci prend une apparence humaine, les deux comparses paniquent et neutralisent violemment l’humanoïde…

464774399_small-300x251En tant qu’artiste plasticien, Aveillan développe un parcours singulier, dense et syncrétique, sous la forme de films expérimentaux et de photographies, au centre desquels les thèmes récurrents de l’effacement, de la mémoire et du corps humain jouent des rôles majeurs. Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions et a été primé lors de nombreux festivals. Il a notamment régulièrement collaboré avec le chorégraphe Philippe Combes (Compagnie Cave Canem) en réalisant plusieurs films expérimentaux autour de la danse, du geste et du corps. On peut citer « Minotaur-Ex » avec une musique originale de Laurent Garnier et le projet « Morpholab » avec le compositeur Raphael Ibanez de Garrayo Raphaël.

Raphaël est né en France en 1966 de père espagnol et de mère française. il commence l’étude de la guitare classique et flamenco à 10 ans, et suite à un rapide passage à la Schola Cantorum de Paris, se lance directement dans la compositon électronique et clasSique à l’adolescence, accompagné par de petites formations. Occupé ensuite par des études à l’ESSEC et par un début de carrière dans le marketing, Raphaël Ibanez de Garayo ne reprendra une activité musicale soutenue qu’à 26 ans, âge auquel il décide ne plus avoir d’autre occupation que la composition.

A partir de 1995, il rencontre différents créateurs et producteurs de musique intéressés par ses compositons classiques et électroniqes, dans ce qu’elles ont de très compatibles avec l’image et le mouvement. Ces rencontres, dont le réalisateur Bruno Aveillan et le chorégraphe Philippe Combes, l’amèneront à beaucoup travailler pour la publicité, la danse contemporaine et la télévision, aussi bien en France qu’à l’étranger.

Julien Webmaster a écrit sur un forum:

IAO paline a écrit : apparement ca serait donc : Raphaël Ibanez de Garayo le site :
http://www.raphaelibanez.com/

c’est également à lui que l’on doit les petits jingles de pubs de France 3, et pleins d’autres musique de pub (rasoir électrique Robotskin de Philips entre autres )… bref, un compositeur plein de talent…

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Pour les costumes de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 24 novembre 2012

 

confidences de Nelly Giraud (Habilleuse)

 

Pour les costumes de Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES mfbercy2006_01a-205x300En quoi consiste votre métier ?
Je m’occupe des costumes. A savoir les changements, pendant le spectacle, et l’entretien, entre deux concerts. Je m’occupe aussi de l’artiste, en préparant sa loge.

C’est-à-dire ?
Je mets en place ce qu’il faut dans la loge. Mylène est une grande consommatrice de thé et de miel.

Vous faites cela depuis longtemps ?
Oui, une trentaine d’années. J’ai beaucoup travaillé avec Sylvie Vartan, Johnny, Yves Montand, Barbara.

Et vous avez fait les tournées de 96 et 99 avec Mylène…
Oui, et le dernier spectacle de cette année aussi.

Est-ce que vous assistez aux essayages des costumes en amont de la tournée ?
Pas tout le temps, ça dépend. Pour le « Mylenium Tour », oui, car elle avait besoin moi, car je suis aussi couturière. Pour le spectacle « Avant que l’ombre… à Bercy », on a commencé à travailler fin décembre.

Il existe une tenue, vert émeraude, que Mylène n’a portée qu’à la toute première date du « Mylenium Tour » à Marseille. Pourquoi ne l’a-t-elle plus jamais revêtue ensuite ?
Elle n’était pas que verte, elle était argentée aussi. Je crois qu’elle n’était simplement pas bien dedans.

Vous avez suivi Mylène sur toutes les dates, même jusqu’en Russie ?
Oui. Mais je n’étais pas toute seule. On était quatre habilleuses, dont deux pour Mylène.

Vous l’habilliez combien de temps avant le début du concert ?
Une demi heure avant. Trois quarts d’heure maxi.

Parle-t-elle dans les dernières minutes qui précèdent le spectacle ?
Non, pas du tout.

Il existe plusieurs exemplaires de chaque tenue ?
Non, en général, il n’y en a qu’un seul.

Et s’il y a un vêtement qui s’abîme ?
Nous sommes là pour le réparer avant le concert d’après.

C’est arrivé ?
Oui. Surtout le voile avec lequel Mylène entre en scène. Il était souvent troué après le concert car elle s’accrochait régulièrement dans la main de la statue.

Et le faux cul de « Optimistique-moi » ?
Ah c’était très beau ça ! Mais il ne nous a posé aucun problème d’entretien. Par contre, c’était très compliqué à mettre. On avait trouvé une astuce pour l’enfiler à Mylène : on se mettait à deux et on accrochait les chaps (ndlr : surpantalon façon cow-boy) sur la guêpière et Mylène l’enfilait presque comme un pantalon.

En fin de tournée, Mylène réunit-elle toute l’équipe pour vous remercier ?
Oui, on fait un grand repas. Tout le monde se retrouve. On reçoit généralement des cadeaux. Pour le « Mylenium Tour », chacun a eu un blouson Reskin. 

 

Parution de l’Interview dans IAO magazine de 2006

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Confidences sur Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 21 octobre 2012

Confidences sur Mylène Farmer dans IAO Magazine

confidences Corinne Blandel (Habilleuse)

 

Confidences sur Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES 6iao1py6vn-300x266Avez-vous travaillé avec Mylène avant le « Mylenium Tour » ?
A vrai dire, oui, il y a très longtemps, à l’époque de « Maman à tort ». Je suis styliste à la base, et je dois avouer que la première fois que j’ai vu cette fille à la télé, je me suis dit que tout ce que je faisais depuis des années lui correspondrait tout à fait. Elle aimait les tenues qui soient à la fois portables à la ville et en même temps empruntes de théâtralité. J’avais tout un book comme ça, avec notamment des redingotes.

Donc vous êtes entrée en contact avec elle à cette époque ?
Oui, mais j’ai mis longtemps à y parvenir ; elle était déjà difficilement approchable (rires). Ca m’a pris un an je crois.

Et comment y êtes-vous parvenue ?
Pas hasard. En fait, il s’avère qu’un jour, j’ai rencontré Pierre Perrin, qui était le photographe de Mylène à ses tous débuts, mais aussi son ancien compagnon, avant Laurent Boutonnat. Il m’avait d’ailleurs raconté qu’il n’avait pas cru au potentiel commercial de « Maman à tort » et que c’est un peu ça qui avait conduit à une rupture. Il m’a donné les coordonnées de Mylène et je l’ai contactée. Mais même avec ses coordonnées privées, j’ai eu du mal à l’atteindre.

Mais vous l’avez vue ?
Oui. Je lui ai montré mon book et ça lui a plu. Mais la difficulté pour moi, c’est qu’elle avait déjà une costumière, Carine Sarfati, qui m’a visiblement prise pour une rivale potentielle. Moi je démarrais dans le métier, alors je n’ai pas insisté. Mais Mylène a tout de même porté une de mes tenues en télé. C’était un chemisier un peu particulier, avec des manches pointues qui se terminaient par un anneau sur les mains.

C’était pour quelle émission et quelle chanson ?
Je crois que c’était « On est tous des imbéciles » dans une émission du matin sur FR3. (ndlr : la description du costume laisse plutôt penser qu’il s’agit de l’une des prestations de Mylène dans l’émission de Christophe Dechavanne, « C’est encore mieux l’après-midi », pour la chanson « Tristana » le 19 juin 1987. Elle y portait effectivement un chemisier blanc avec des sortes d’anneaux sur les bras qui lui remontent sur les mains).

Et vous ne l’avez plus revue après ?
Non. Je l’ai retrouvée via Dominique Borg lorsqu’elle est venue travailler avec elle sur les costumes du « Mylenium Tour ».

Parce que vous travailliez alors avec Dominique Borg ?
A l’époque, oui, je travaillais beaucoup avec elle.

Vous êtes allée voir Mylène à ce moment-là pour lui dire : « Tu te souviens de moi ? » ?
Non car on était toute une équipe, et elle était très protégée.

Vous aviez quand même accès à sa loge, non ?
Oui, mais parfois certaines personnes la mettaient vraiment sous cloche. Et le pire, c’est que je ne suis même pas sûre que ce soit sa volonté. Je me souviens que parfois, je l’entendais dire « Mais laisse-la entrer, c’est Corinne, ça fait trois mois qu’elle me voit nue tous les jours ! » (rires).

Vous vous occupiez de l’habiller ?
Avant le spectacle, je m’occupais surtout des danseurs. Mylène, c’était plus pour les changements de costumes pendant le spectacle, car il fallait être plusieurs filles dans la mesure où il s’agissait de tenues délicates.

Elle retournait en loges pour se changer ?
Ah non ! C’était impossible. Il fallait que ce soit extrêmement rapide. On faisait ça dans une cabine, en arrière plateau, presque dans le noir, avec trois lampes torches. D’ailleurs, elle n’a pas porté toutes les tenues qui étaient prévues à la base car elle avait peur que ça fasse trop de changements rapides.

Mais pourquoi ne pas y avoir réfléchi avant, pendant les essayages avec le créateur des vêtements par exemple ?
Le problème c’est que les tenues sont déjà vendues quand on arrive au moment des essayages.

937_001-209x300 dans Mylène en CONFIDENCESCombien de tenues Mylène a-t-elle délaissées alors ?
Deux ou trois. Je me souviens notamment d’une tenue en résine chair, avec comme des gouttes de corail ou des flammes dessus. C’était une pure merveille. Elle valait bien dix mille euros d’ailleurs. Mais c’était un vêtement tellement délicat qu’il était impossible de l’enfiler rapidement. Mylène ne l’a donc pas portée pendant le « Mylenium Tour ». En revanche, elle a fait une télé avec (il s’agit de la prestation pour « Souviens-toi du jour… » dans l’émission « 100 % Johnny » le 12 novembre 1999).

Et elle porte cette tenue sur l’affiche de ses concerts de cette année.
Ah je ne savais pas. C’est bien car je me souviens de Dominique avait été très déçue que Mylène ne le porte pas en scène.

Mylène parlait-elle pendant les changements de tenues ?
Non, pour la simple raison qu’elle avait encore ses micros. On faisait tout par gestes. Par exemple, on lui tapait sur le mollet pour qu’elle lève le pied gauche (rires). Tout était très bien organisé.

Et il y a déjà eu des cafouillages ?
Oui. Je me souviens qu’un soir, lorsqu’on lui a enfilé la tenue du final, un superbe vêtement monté sur tulles, elle a paniqué quand son micro s’est pris dans le dos du vêtement. Elle était prête à l’arracher aux ciseaux. On a juste eu le temps de l’arrêter car comme elle remettait la tenue le lendemain ou le surlendemain, ça aurait été la catastrophe. Elle paniquait souvent pendant les changements rapides, à deux ou trois moments du concert.

Pourquoi cela ?
Je ne sais pas. Il faut reconnaître que certaines personnes de son entourage étaient assez stressantes. Je me rappelle d’une d’entre elles en particulier qui venait parfois la voir entre deux chansons pour lui dire qu’elle avait oublié tel mot dans les paroles ou qu’elle avait fait telle erreur dans les pas de danse. C’était assez déplacé, je trouve.

Vous aviez des relations avec elle en dehors du spectacle ?
Oui, un peu. Mais elle avait besoin de beaucoup de calme. Elle arrivait souvent à la Michael Jackson, l’écharpe au ras du nez et le bonnet jusqu’aux yeux. En même temps, elle pouvait se montrer totalement disponible ; elle venait discuter un peu avec nous au catering. Je n’ai pas eu le sentiment de quelqu’un qui refuse la communication. Elle ne fait pas sa star. Je pense qu’elle est simplement surprotégée.

A quelle heure arrivait-elle en général ?
Assez tôt. Vers seize heures ou dix-sept heures.

Et en sortant de scène, elle parait aussitôt ou elle restait un peu ?
Elle partait. C’était un tel délire. Je me rappelle d’ailleurs que certains fans qui l’attendaient dehors me prenaient parfois pour elle quand je passais devant des espaces vitrés car, à l’époque, j’étais rousse avec les cheveux un peu en pétard. Et ils criaient (rires) !!! J’étais obligée de sortir pour leur dire que je n’étais pas Mylène et qu’elle était déjà partie.

Mais elle partait avec sa tenue de scène ?
Non, elle se changeait pour enfiler des choses plus confortables, et partait rapidement. 

 

Parution dans le magazine IAO -de 2006

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Doc. Events / FARMER

Posté par francesca7 le 20 octobre 2012

Extrait du documentaire Events / FARMER

En bonus, la bande-annonce du «Week-end Mylène Farmer»:
Et celle du documentaire
Events Mylène Farmer:

VIDEO INTERVIEW  Image de prévisualisation YouTube

 

 

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Interview J.L Viau sur Mylène farmer

Posté par francesca7 le 10 août 2012

Jean-Louis Viau (Conseiller historique)
interview sur le Le clip PQSD

 

Pourquoi a-t-on fait appel à vous pour ce clip ?
A l’époque, j’étais rédacteur en chef d’une revue d’histoire militaire ancienne, « Tradition magazine ». Un jour, mes collègues de la librairie Armes & Collections, spécialisée dans les ouvrages et les maquettes militaires, m’ont appelé parce qu’une costumière cherchait de la documentation pour un film se déroulant au XVIIIème siècle. C’était Carine Sarfati, la styliste de Mylène Farmer, et elle préparait le tournage de « Pourvu qu’elles soient douces ». Rapidement, elle m’a proposé de rencontrer le réalisateur. J’ai donc eu un rendez-vous avec Laurent Boutonnat et ses assistants dans les locaux de la maison de production du film, à la porte Maillot.

Interview J.L Viau sur Mylène farmer dans Mylène en CONFIDENCES coulisses-de-pourvu-quelle-soient-douce-300x182

Qu’attendait-on de vous à ce moment-là ?
Il s’agissait de placer le film dans un contexte très précis, celui de la Guerre de Sept Ans (1756 – 1763). J’ai rapidement compris que Laurent Boutonnat tenait à faire un film le plus proche possible de la réalité historique, visuellement parlant.

Cela vous a-t-il surpris ?
Oui, parce que ce n’est déjà pas quelque chose de systématique dans le milieu du cinéma, alors dans celui de la chanson, n’en parlons pas ! Beaucoup de clips ne sont qu’une « bouillie » d’images qui vient « habillez » une chanson. Certes, je n’ignorais pas que les clips de Mylène Farmer échappaient à cette triste règle, mais j’ai été agréablement étonné de constater que Laurent Boutonnat, manifestement passionné de cinéma, voulait vraiment raconter une histoire en la plaçant « dans l’Histoire », tout en respectant cette dernière. J’ai également été frappé du perfectionnisme de son travail.

A quel stade en était l’équipe dans la préparation du clip de « Libertine II » lorsque vous êtes arrivé ?
Comme bien souvent dans ces cas-là, le conseiller historique arrive au dernier moment. J’ai été contacté en juillet pour un tournage en août : ils avaient donc déjà bien avancé. Les costumes des acteurs principaux avaient déjà été choisis, mais ils commençaient seulement à s’occuper des tenues pour les soldats. Lorsque je suis arrivé, la première question qui m’a été soumise fut celle de la couleur des uniformes : ils avaient choisi le rouge pour les troupes anglaises, ce qui correspondait parfaitement à la réalité historique. En revanche, pour les troupes françaises, ils étaient prêts à commettre une erreur assez classique pour qui n’est pas un spécialiste des uniformes de cette époque : ils voulaient du bleu alors que l’infanterie française de cette époque était vêtue de blanc. J’ai donc expliqué que le bleu était réservé aux régiments étrangers au service de la France (irlandais, allemands, etc.).

D’où l’intérêt de faire appel à un spécialiste en uniformes…
Certainement, mais un conseiller historique est parfois un « empêcheur de tourner en rond » et mes demandes compliquaient la tâche de la styliste Carine Sarfati et de son équipe : où trouver des habits blancs, infiniment plus rares chez les costumiers que les habits bleus ? De plus, le temps pressait…

Vous avez eu des contraintes de temps ?
On en a toujours, mais notre gros problème c’est surtout qu’à cette époque – nous étions en juillet 1988 – beaucoup de producteurs préparaient des films ou des téléfilms pour la célébration du bicentenaire de la Révolution : les costumiers avaient été littéralement dévalisés et il était extrêmement difficile de se procurer des uniformes fin XVIIIème – début XIXème.

6iao1py6vn-300x266 dans Mylène en CONFIDENCESComment avez-vous fait alors ?
Il a fallu aller jusqu’à Marseille ! Nous y avons enfin déniché les tenues dont nous avions besoin, mais d’autres problèmes se sont alors présentés : les uniformes rouges destinés aux troupes anglaises étaient, en fait, des uniformes de Gardes Suisses au service du Roi de France, mais la silhouette pouvait coller. En revanche, pour les uniformes français, nous n’avons trouvé que des habits de la période Révolution-Empire, bleus avec des revers blancs (sur la poitrine), des parements (à l’extrémité des manches) et des retroussis (au bas des basques) rouges qui évoquaient beaucoup plus la silhouette du fantassin napoléonien que celle des soldats du Roi. Nous avons donc dû nous contenter de ce qui était disponible, mais j’ai alors demandé, sans grande conviction car je m’attendais à un refus, s’il était possible de modifier ces costumes pour qu’ils se rapprochent un peu plus de la réalité de l’époque. A ma grande surprise, Carine Sarfati et les membres de son équipe ont accepté et je dois dire que j’ai été bluffé par leur professionnalisme que je tiens à saluer ici : elles ont décousu et ôté tous les revers blancs et leurs boutons et elles ont recousu ces derniers de façon différente. Je peux vous dire que retravailler une cinquantaine d’uniformes de ce genre en si peu de temps est un exploit.

Et pour les uniformes blancs ?
J’ai proposé à Laurent Boutonnat de contacter un groupe de reconstitution militaire de Mauberge, l’association Renaissance Vauban afin qu’ils participent au film en tant que figurants. Ses membres présentaient l’avantage de posséder des uniformes blancs au règlement de 1767, donc légèrement postérieurs à ceux de la Guerre de Sept Ans, mais dont la silhouette était parfaitement crédible. Par ailleurs, ils étaient armés de fusils à silex conformes à ceux de l’époque, en état de tir et dont ils savaient parfaitement se servir, ainsi que de reproductions de canons d’époque, également en état de tir. En tout, une vingtaine de participants parfaitement habillés, équipés, armés et entraînés, ce qui nous a bien facilité le travail.

Qui étaient les autres figurants ?
Il s’agissait de « civils » recrutés dans la région et de militaires « prêtés » par le 501ème RCC (Régiment de Chars de Combat) caserné à Rambouillet, non loin du lieu de tournage. Donc, à l’exception des quelques civils qu’il a fallu entraîner, tous les figurants, militaires ou passionnés, étaient des gens sachant manœuvrer, marcher au pas et utiliser des armes. C’était un atout non négligeable.

Le conseiller historique que vous êtes devait être plutôt satisfait…
A vrai dire, oui, car au départ, je m’attendais au pire. Bien sûr, un tas de détails clochaient : les fleurs de lys cousues aux basques des habits des anglais, les soldats, tant français qu’anglais, armés de sabres du modèle 1816 alors qu’ils auraient dû porter une épée, les costumes des officiers comportant des épaulettes d’un modèle largement postérieur à l’époque, etc. il faut savoir qu’un conseiller historique, quand il est appelé au dernier moment et que le budget de la production n’est pas pharaonique, ne peut que sauver les meubles quant à la réalité historique absolue : il fait ce qu’il peut avec le temps et l’argent qui sont mis à sa disposition. Ceci étant, je dois vous dire que grâce à son souci de coller au plus près cette fameuse réalité historique, le film de Laurent Boutonnat est sacrément plus crédible que bien des productions dotées d’un budget infiniment supérieur.

Vous avez assisté à l’ensemble du tournage ?
Non, j’ai été présent pendant quatre jours, dans la forêt de Rambouillet, pour superviser les scènes de camp et de bataille. Je me souviens qu’à certains moments, nous avons été embêtés par la pluie, ce qui est dommage en plein mois d’août !

En quoi consistait votre travail sur place ?
Cela commençait très tôt le matin, à l’hôtel : la production avait loué des salles habituellement réservées à des séminaires d’entreprise et les avait transformées en salles d’habillage, de coiffure et de maquillage. Dès six heures du matin, il fallait aider l’équipe du film à habiller, équiper et coiffer tous les figurants, et leur distribuer les armes. Une fois sur le tournage, il s’agissait pour moi de placer les gens correctement, de leur montrer comment se tenir, comment évoluer, de vérifier les tenues et les chapeaux. J’entraînais les figurants à marcher au pas et à présenter les armes comme cela se faisait à l’époque.

Pourquoi étiez-vous en uniforme ?
Tout simplement parce que, durant certaines scènes de bataille, il était plus simple pour moi de diriger les figurants de l’intérieur du rang. Cela me permettait de donner les ordres de manière naturelle et en temps réel : quelle allure ne pas adopter, à quel moment accélérer, à quel moment tirer ou croiser les baïonnettes pour charger, etc. En gros, mon travail consistait à faire que tout sonne vrai : un fusil à silex ne se manipule pas comme une canne à pêche…

Dans le making-of du clip, on vous voit d’ailleurs donner une leçon de tir à Sophie Tellier, la rivale de Libertine…
Oui, car lorsqu’on ne connaît pas les armes à silex, on peut être très surpris : même chargées à blanc, elles sont très lourdes (plus d’un kilo), la détente est très dure (il faut appuyer très fort), le fonctionnement du mécanisme de mise à feu déstabilise la prise en main de l’arme, et le départ du coup est très violent (ça balance une flamme de vingt centimètres et occasionne un recul important). J’ai également dû insister sur les consignes de sécurité élémentaires qui échappent souvent aux gens qui ne sont pas habitués à manipuler des armes à feu.

Cela a été difficile pour l’éternelle rivale de Libertine ?
Sophie Tellier partait confiante car elle avait déjà tiré au pistolet dans le premier clip. Mais elle avait alors utilisé une arme de duel beaucoup plus fine et beaucoup plus légère, et qui était dotée d’un mécanisme de mise à feu à percussion plus souple et donc moins déstabilisant. Elle s’est rapidement rendue compte de la différence (rires). Pour l’anecdote, il faut savoir que dans le premier « Libertine », les pistolets de duel à percussion utilisés ne correspondent absolument pas à l’époque puisqu’ils n’apparaîtront qu’aux alentours des années 1830.

2000-Claude-Gassian-022b-192x300D’où venaient les armes du clip de « Pourvu qu’elles soient douces » ?
Une vingtaine de vrais fusils à silex avec leur baïonnette ont été loués chez un armurier de cinéma pour les plans rapprochés. Le reste de l’armement destiné aux figurants évoluant en arrière-plan était constitué de faux fusils, mais… à silex : le souci du détail qui fait vrai ! Nous disposions évidemment des fusils des membres de l’association Renaissance Vauban, armes avec lesquelles ont été exécutés tous les tirs réels (à blanc, bien sûr). Concernant les cavaliers, ils étaient équipés de sabres et comme il était impossible, en si peu de temps et avec un budget serré, de leur procurer des armes à feu spécifiques à la cavalerie, j’ai fait appel à un ami, Raphaël Huard, un artisan-armurier de Champagne-au-Mint-d’Or, qui fabrique de superbes répliques d’armes à silex. Il nous a prêté des mousquetons de cavalerie et des pistolets pour le tournage. Quand au pistolet utilisé par Sophie Tellier, la production avait d’abord envisagé de louer une arme d’époque authentique, mais cela coûtait trop cher, surtout à cause de l’assurance prévue en cas de détérioration. J’ai donc apporté une reproduction de pistolet à silex modèle An IX de ma collection personnelle, cadeau de mon ami Raphaël. J’ai d’ailleurs une anecdote amusante à propos de ce pistolet : Laurent Boutonnat, qui m’avait vu tirer avec cette arme, était fasciné par le bruit et la flamme qu’elle produisait. Il m’a demandé de le lui prêter et il s’est amusé, pendant une partie de la journée, à donner les départs de scène en tirant en l’air. Je rechargeais entre chaque prise (rires).

Le décor, réalisé par les frères Lagache, vous paraissait-il correspondre à la réalité historique ?
Le seul détail qui m’ait chiffonné, c’était la couleur de certaines tentes qui étaient kaki alors qu’elles auraient dû être blanches, mais il était hors de question de les changer et nous les avons utilisées telles quelles. Par ailleurs, j’ai fait placer une sentinelle à l’entrée de la tente du capitaine. Ceci mis à part, le camp était tout à fait crédible.

Ce clip a également été pour vous l’occasion d’un reportage photo…
Oui. J’avais demandé à pouvoir publier un article sur ce tournage dans mon magazine, pour son côté reproduction historique. Ils ont accepté et m’ont laissé une totale liberté pour prendre les photos que je voulais. J’ai travaillé pendant les répétitions ou les périodes de repos afin de ne pas gêner le tournage. Et, chose importante, je demandais toujours l’autorisation avant de photographier. Je n’ai volé aucune image.

C’était la première fois que vous étiez consultant sur un tournage ?
Oui. C’est également pour cela que je souhaitais garder des souvenirs de cette aventure.

Vous avez renouvelé l’expérience depuis ?
J’ai été appelé pour trois longs-métrages : « Jefferson à Paris » de James Ivory, avec Nock Nolte et Gwyneth Paltrow en 1994, « Les enfants du siècle » de Diane Kuyrs, avec Juliette Binoche et Benoît Magimel en 1998 et, plus récemment, « Madame Sans-Gêne » du regretté Philippe de Broca, avec Mathilde Seigner, Bruno Slagmulder et Bruno Solo, en 2002.

Comment s’est passé le travail avec Mylène Farmer ?
A l’époque, elle était déjà connue, mais n’était pas encore l’idole qu’elle est devenue depuis. Néanmoins, elle avait déjà la réputation d’être très secrète. J’ai effectivement trouvé une personne très discrète, sur la réserve et concentrée sur son travail, mais néanmoins ouverte, et avec qui il était très agréable de discuter. J’ai mangé une ou deux fois à sa table et nous avons eu des échanges tout à fait normaux : elle répondait volontiers à mes questions de novice du cinéma et je l’ai trouvée intéressante et sympathique. Lorsque j’ai quitté le tournage, elle a pris la peine de me remercier et m’a spontanément et gentiment fait la bise. Elle m’a également invité à la première du clip et m’a salué très normalement lorsque nous nous sommes rencontrés. Et pourtant, je peux vous dire qu’elle était très nerveuse ce jour-là !

On est bien loin de l’image d’une star surprotégée…
Pour ma part, j’ai rencontré une grande professionnelle, perfectionniste, volontaire et patiente. J’ai notamment le souvenir de la scène où le petit tambour se fait fouetter : Mylène était en chemise de nuit, pieds nus. Nul n’ignore qu’au cinéma, on passe un temps fou à attendre entre les plans, lesquels nécessitent des mises en place longues et compliquées (décor, éclairages, etc.). Eh bien, entre les prises, elle attendait tranquillement, sans jamais broncher, dans cette tenue peu confortable. Je n’ai jamais eu l’impression qu’elle se prenait pour une diva. Lorsque les gens de l’équipe ou les figurants venaient se faire photographier à ses côtés ou demandaient des autographes, je ne l’ai jamais vue refuser. Bref, comme tous les vrais grands, c’est une personne normale et accessible.

Qu’avez-vous pensé du clip la première fois que vous l’avez vu ?
C’était fabuleux. Projeté en 35 mm dans une grande salle, c’était extraordinaire. C’est vrai que mon premier regard a été plutôt professionnel – je vérifiais que je n’avais pas fait trop de bêtises – mais j’ai rapidement été subjugué par la magie de ce clip. La salle a d’ailleurs applaudi longuement.

Alors, pas trop d’erreurs ?
Non, ça va (sourire). En y regardant de près, un spécialiste y trouvera évidemment toujours plein de choses à redire, mais dans l’ensemble, compte tenu des circonstances, nous avons bien travaillé. Le rendu était très réussi. Il n’y a guère qu’une chose qui m’ait un peu déçu, ou du moins frustré, c’est le faible nombre de scènes de batailles retenues au regard du nombre de plans que nous avons tournés.

Issu du magazine  IAO – 2006

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Erwan Chuberre pour Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 8 août 2012

  

 

Erwan Chuberre pour Mylène Farmer dans Mylène dans la PRESSE jpg_Erwan7Erwan Chuberre, né le 9 mars 1971 (1971-03-09) (40 ans) à Landau en Allemagne, est un romancier et auteur de biographies de stars.

 Après des études en Lettres modernes à Orléans, il intègre une troupe de théâtre amateur, puis plus tard étudiera au cours Florent.

 Erwan Chuberre déclare « Adolescent, mon rêve n’était pas d’être millionnaire ou vétérinaire, mais c’était juste que Mylène Farmer vienne me chercher à la sortie de mon collège, rien que pour voir la tête des autres que je saoulais avec elle… ».

Erwan Chuberre commence par écrire ses premiers textes La Folle de Louis II, Le Retour d’Antigone, pièces de théâtre qui restent inachevées lorsqu’il part faire son service militaire à La Réunion pour dix mois, où il exerce les fonctions d’adjoint aux relations publiques des Forces Armées de la zone sud de l’Océan Indien. Il anime ensuite l’émission Le show des Barjots sur la chaîne de radio musicale Fun Radio Réunion.

 

Premiers romans

Il publie son premier roman en 2004 Vierge ascendant désordres et Le rôle de ma vie puis Les lèvres de Sylvie Vartan.

Erwan Chuberre est alors l’un des rédacteurs de IAO, un magazine consacré à Mylène Farmer qu’il admire depuis ses débuts. Il écrit alors sa première biographie Mylène Farmer, phénoménale.

À la sortie du roman Sainte Mylène, priez pour moi, il travaille à plusieurs projets dont Mylène Farmer l’Intégrale qui paraîtra fin 2007. Il rejoint ensuite les éditions Alphée.

Il publie ensuite Madonna absolument en 2008. C’est le départ de la rédaction de nombreuses biographies : Britney toujours vivante (2008), Lorie entre ange et glamour (2009), Mylène Farmer, des mots sur nos désirs (2009), Vanessa Paradis (2009).

img_1327336053_426-217x300 dans Mylène dans la PRESSECertains artistes collaborent indirectement à ses livres : non officielles, ses biographies sont néanmoins validées. Ainsi Isabelle Adjani a-t-elle autorisé l’édition de La légende Adjani et Arielle Dombasle a-t-elle choisi la couverture de Et Dieu créa Arielle Dombasle.

En 2009, il publie un nouveau roman Sexe, Gloire et Bistouri.

Par ailleurs, il anime l’émission Diva sur Canapé sur la chaîne de télévision « Public G tv », chaîne à destination d’un public gay et lesbien où il reçoit de nombreux artistes.

En 2010, il publie Lady Gaga, une diva venue d’ailleurs, première biographie française de la jeune star, ainsi que la biographie d’Arielle Dombasle. Il met ensuite à jour la biographie de Madonna Madonna Style qui avait été écrite par Carole Clerk avant sa mort, puis rédige la biographie d’Isabelle Adjani et enfin Olivia Ruiz, la diva aux pieds nus.

En 2011, il réactualise L’intégrale Mylène Farmer et publie son dernier roman Sur mes lèvres, Mylène Farmer, puis L’Intégrale Lady Gaga et Katy Perry, une princesse californienne, première biographie française de la star.

En parallèle de ces activités, Erwan Chuberre a monté en 2009 une structure d’attaché de presse afin de se charger des relations presse des artistes qu’il admire. Il est également l’attaché de presse du cabaret parisien Artishow, il en a écrit l’histoire « Artishow, Entre rêves et passion » en 2010 avant d’y fêter ses quarante ans en 2011.

Son dernier roman, Dans la peau de Lady Gaga, est sorti le 30 août 2011 et rencontre déjà un très beau succès.

Militant gay

Acteur de la vie LGBT, il publie en 2010 Le guide pratique du couple gay, guide qui – dans sa version américaine – venait d’avoir un grand succès.

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Magazines sur Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 30 juillet 2012

 

Les magazines traitants exclusivement de Mylène Farmer sont apparus au début des années 1990, suite à son plus gros succès jusqu’à maintenant, Désenchantée. Mais il n’en existe aucun ayant une valeur officielle, tout comme les Fan Clubs, ou un site officiel (il existe des sites officiels mais de ses projets, pas de elle à proprement parler), Mylène Farmer a déclaré ne pas vouloir encourager le culte de sa personne.

Magazines sur Mylène Farmer dans Mylène et les AUTEURS Gala614

  • Fanzines :

Titre

Editeur

Gérants

Périodicité

notes

Mylène Farmer International Fan Club (MFIFC) Raven Inc. Réalisation et rédaction:

  • Jean-Rémy Gaudin-Bridet
  • Michaël Mouilleron
  • Jean-François Kowalski
trimestriel
1993 à 2001
30 numéros
D’abord en noir et blanc à lecture à double sens puis vers la fin en couleur et sens de lecture classique mais avec une meilleure qualité de papier
Mylène Farmer Magazine Wolf Production (1996-2003)
Oméga (2003-2004)
Rédacteurs :

  • Olivier Chalumeau (le fondateur)
  • Adeline Cazenave
  • Wilfried Pasquier
  • Chris Dumas
  • Hubert X
  • David Marguet
  • Dounia Guechra
trimestriel
1996 à 2004
31 numéros
5 hors-séries
Cendres de Lune Mylène Farmer Fan Club de Belgique (MFFCB) Brigitte Graindorge
Alexandre Peeters
trimestriel
1998 à 2001
13 numéros
Certains articles sont rédigés en flamand
Instant-Mag Éditions Tear Prod Directeur de la publication :

  • Jean-François Kowalski

Rédacteur en chef :

  • Caroline Bee

Rédacteurs :

trimestriel
2000 à 2005
20 numéros
7 hors-série
4 calendriers
Le magazine « luxueux et décapant », les onze premières couvertures montraient Mylène Farmer le visage caché. Aux débuts accessible seulement par correspondance puis en kiosque à partir du numéro 8. Sa spécialité par la suite fut d’exploiter le phénomène de collection des fans en proposant a chaque numéro, y compris un hors-série, plusieurs couvertures différentes avec des photos inédites.
Bulle de chagrin Mylène Farmer Fan Club de Belgique et Bulle de Chagrin biannuel
2004
2 numéros
abonnement sur internet
Mylène Farmer et vous Éditions Tear Prod Directeur de la publication :

  • Jean-François Kowalski

Rédacteur en chef :

  • Maxime Le Men
mensuel
2004-2006
bimensuel
2006
trimestriel
2007
23 numéros
1 hors-série
IAO ConfidentialGroup Rédacteurs :

  • Olivier Chalumeau (le fondateur)
  • Franck Besnier
  • Julie Bidet
  • Stéphane Franlène
  • Erwan Chuberre
bimensuel
2005 à 2006
9 numéros
3 hors-séries
IAO Neko Olivier Chalumeau
Franck Besnier
bimensuel
2009
4 numéros
Pour le retour de Mylène Farmer, ils publient de nouveau IAO dans un format plus grand et de meilleure qualité, il est beaucoup plus cher, 19 €, contre 6 € auparavant.

 photo1-3-magazines-mylene-farmer-annee-1991-1992-3xcxax9w1002755 dans Mylène et les AUTEURS

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Mylène : Naissance d’un tube

Posté par francesca7 le 28 juillet 2012


Confidences de Elsa Trillat (Photographe)

Mylène : Naissance d'un tube dans Mylène en CONFIDENCES b0172008_14101455Mais revenons sur la Côté d’Azur. Pendant ces vacances, on a pas mal roulé en voiture avec Mylène. D’ailleurs, je me rappelle que je mettais tout le temps de la musique, en particulier une compile de Marie Laforêt, « Les cornichons » de Nino Ferrer sur lequel on s’éclate comme des folles, et surtout Sylvie Vartan que j’aime depuis que je suis toute petite. Notamment « Comme un garçon ». Elle me dit alors que petite, elle avait les cheveux courts et que tout le monde la prenait pour un garçon et que, pour que la confusion soit encore plus troublante, elle se mettait souvent un mouchoir au creux du pantalon. Plus tard, je lui demande si elle prévoit une nouvelle chanson pour bientôt. Elle me répond immédiatement : « En tout cas, j’ai déjà le titre et ça va te faire plaisir : « Sans contrefaçon, je suis un garçon ». Tu m’as tellement bassinée avec ta Sylvie Vartan ! ». Le titre sera finalement raccourci. Pour les couplets, on s’est mis au bord de la piscine avec un dico de synonymes et elle m’a dit : « Tu vas voir comment on écrit une chanson ! ». Et on a commencé à faire rimer les mots. Ca s’est enchaîné très vite ! En une demi-heure, on avait inventé son prochain tube. Le soir même, Laurent qui avait apporté un petit synthé, voit les paroles. En quelques minutes, il trouve l’accroche musicale sous nos yeux ! Pour la voix de l’intro, « Dis maman, pourquoi je suis pas un garçon ? », c’est un petit clin d’œil à un private joke entre Mylène et moi. Et fait, quand on descendait au bourg pour faire quelques courses, et notamment le Coca, notre drogue à toutes les deux, je défiais Mylène la timide de s’adresser à la vendeuse de l’épicerie avec cette voix de gamine. Et elle le faisait ! Imaginez-la parlant à l’épicière avec la voix de l’intro de « Sans contrefaçon » : « Bonjour madame la marchande de légumes de poireaux » ! C’était tordant. En feuilletant les magazines, notamment « Elle », on a repéré un costume à carreaux et un costume à rayures. Mylène a aussitôt dit à Bertrand, son manager, que c’était ce qu’elle voulait pour les visuels de « Sans contrefaçon ».

iao4photoinedite-206x300 dans Mylène en CONFIDENCESMylène est remontée sur Paris avec moi, dans la voiture de location. E.T. a fait tout le voyage sur mon épaule. Tous les gens qu’on croise nous regardent, Mylène ne comprend pas trop pourquoi. Comme si c’était commun de se balader avec un singe dans une voiture ! A un moment, je dis à Mylène : « C’est bizarre, je sens comme un truc mouillé dans le dos ». Je m’arrête dans une station service pour prendre de l’essence. Je vois alors que le dossier de mon siège est recouvert d’un truc vert et collant. J’en ai aussi plein dans le dos. Cette « saleté » d’E.T. s’est vidée sur moi ! Mylène est morte de rires.

De retour sur Paris, Mylène enregistre « Sans contrefaçon ». Puis on fait les photos pour la pochette du 45 tours. Mylène souhaite poser sur des voies de chemin de fer désaffectées, avec mon chat, Malcolm, un chartreux adorable. Elle se voit bien en noir et blanc ou en sépia, lookée façon gamin de Paris à la Poulbot. Finalement, on fait des photos en studio avec son costume à rayures et celui à carreaux. C’est le premier qui aura les honneurs de la pochette.

 

Issu du magazine : Mylène Farmer Magazine – 2003

 

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Participation au QI de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 28 juillet 2012

 

 

CONFIDENCES DE Chris Cox (Remixeur)
Q.I

 

Participation au QI de Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES 2962277057_1_3_tXtyvNBC-229x300Chris Cox est américain. Il est l’un des DJ les plus célèbres au monde depuis près de dix ans. Sous le nom de Thunderpuss, puis sous son propre nom, il a signé les remixes des plus grandes stars du monde. On lui doit les version dance très réussies de « Q.I » (ndlr : « Peut-être toi » n’était pas encore sorti en single au moment de cette interview). Rencontre avec la star des platines.

Quand et part qui avez-vous été contacté pour faire les remixes de « Q.I » ?
J’ai été contacté par Damien Fischetti de Polydor. J’avais déjà travaillé avec lui pour la compilation « Remixes », en 2003.

Un disque sur lequel vous aviez remixé « Désenchantée ». Vous l’aviez d’ailleurs signé sous le nom de Thunderpuss, le célèbre duo de remixeurs que vous formiez avec Barry Harris. Vous veniez pourtant de vous séparer, non ?
Oui. Mais lorsque le projet a été dealé, c’était pour Thunderpuss. Donc, même si j’ai fait ce remix tout seul, c’est le nom du duo qui a été crédité. C’est d’ailleurs un des derniers remixes signés Thunderpuss.

Vous connaissiez le travail de Mylène avant de travailler sur ces remixes ?
Vous n’allez pas me croire, mais je connais ses chansons, et j’en suis même fan, depuis 1992. JE l’ai découverte grâce à un copain à moi qui allait souvent en France.

Un américain ?
Oui. Il aimait beaucoup Mylène et l’écoutait souvent, ce qui m’a permis de la connaître.

Quelle est la première chanson d’elle que vous ayez entendue ?
« Désenchantée ». J’ai adoré. J’ai fini par me procurer l’album dont ce morceau était extrait. J’ai aimé immédiatement, même si je ne comprends pas le français ; j’adore sa voix, les mélodies, le son de l’album. Je me suis surpris à passer le disque encore et encore, et à être à fond dedans. Depuis, j’achète chacun de ses disques. Et j’aime beaucoup cette artiste.

Issu du magazine IAO de 2005

 

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Mylène Farmer ou la rencontre d’une star

Posté par francesca7 le 25 juillet 2012


CONFIDENCES DE Chris Cox (Remixeur)
dans Q.I

 

Mylène Farmer ou la rencontre d'une star dans Mylène en CONFIDENCES 3dffca59-300x297A l’époque où vous avez découvert Mylène et appris à l’apprécier, avez-vous tenté de l’approcher ou d’entrer en contact avec son entourage pour travailler avec elle ?
Non .Sans prétention aucune, j’ai la chance que le travail vienne à moi depuis pas mal d’années, je n’ai sollicité personne depuis facilement dix ans. Pour le cas de Mylène, j’ai été approché par son label parce qu’ils aimaient mon travail. Un jour, j’ai reçu un mail de Universal France le disant qu’ils cherchaient des remixeurs internationaux pour le projet « Remixes » et voilà… Je me rappelle qu’ils commençaient à me faire le laïus sur sa carrière, son parcours. Et je leur au dit : « Pas la peine, je connais très bien le travail de Mylène Farmer » (rires). Je crois qu’ils étaient impressionnés, ou en tout cas surpris que je la connaisse.

C’est vous qui avez choisi de remixer « Désenchantée » pour ce projet ?
Oui ! Je leur ai demandé s’ils ovulaient que je travaille sur un morceau en particulier ou si je pouvais choisir. Ils m’ont répondu que si je souhaitais une chanson bien précise, je pouvais leur dire. A l’évidence, « Désenchantée » était en tête de ma liste (rires). Par chance, la chanson était sur leur track-listing et, comme j’ai été l’un des premiers DJ à être sollicités pour ce projet, elle était encore disponible.

C’est votre chanson préférée de Mylène ?
Oui. D’abord parce que c’est la première chanson de Mylène que j’ai entendue de ma vie. Et puis je trouve la mélodie magnifique. Elle me rappelle plein de bons souvenirs, donc j’étais très heureux de pouvoir travailler dessus.

C’est le plus gros tube de Mylène. Était-ce une pression supplémentaire pour vous ?
Un peu parce que je savais que ce serait un des remixes les plus attendus par le public. A titre personnel, je sais que quand j’adore une chanson, je suis beaucoup plus critique quand on la remixe, y compris quand c’est moi qui le fais. Je n’avais clairement pas envie de décevoir. J’ai récemment travaillé sur un remix de « Le freak » du groupe Chic, qui est une de mes chansons préférées de tous les temps, et ça a été très difficile nerveusement pour moi parce qu’il fallait trouver un son qui convienne au marché d’aujourd’hui, mais sans ruiner l’essence même de ce qui est devenu un vrai classique des dancefloors. Je ne peux pas ignorer ce genre de considérations quand je travaille sur une chanson qui s’est avérée être un énorme tube populaire.

Avez-vous eu des réactions de Mylène, de son entourage ou de ses fans après ce remix ?
Apparemment Mylène a aimé puisque j’ai été rappelé pour « Q.I ».

52955455 dans Mylène en CONFIDENCESVous arrive-t-il de jouer vos remixes de Mylène lors de vos sets aux États-Unis ?
Malheureusement non car le public américain est totalement hermétique à tout ce qui n’est pas chanté en anglais. On peut éventuellement utiliser un petit sample en langue étrangère, mais pas une chanson en entier. Une chose que j’adore chez vous en Europe, c’est que vous n’avez aucun problème à écouter de la musique des autres pays. Dans une même soirée ici, je peux passer des chansons en allemand, en espagnol, en français, en anglais ou en italien, ça ne pose aucun problème.

Et d’ailleurs dans le monde, vous arrive-t-il de passer du Mylène ?
Oui, bien sûr. Surtout en Europe où « Désenchantée » a été un vrai tube. Je n’avais pas vraiment compris l’impact de cette chanson avant de la jouer à Paris : la foule était hystérique sur ce titre. Je l’ai jouée à Mexico City aussi, devant deux mille personnes, et à ma grande surprise, l’ambiance est devenue simplement folle, les gens ont adoré !

Savez-vous que nombreux sont les journalistes à surnommer Mylène la « Madonna française » ? Vous qui avez travaillé avec Madonna, qu’en pensez-vous ?
C’est marrant parce que je reviens de Grèce où j’ai fait un show avec Anna Vissi, une immense pop star là-bas, et elle est surnommée la « Madonna grecque » (rires) ! Je pense que dès qu’une chanteuse devient une méga star, voire une légende dans son pays, elle devient la Madonna de ce pays. Ca prouve l’immense impact planétaire de Madonna. Au-delà de cela, il est clair que quand Mylène porte des culottes, des soutiens-gorge ou des bustiers sur les pochettes de ses disques, ça amplifie la comparaison.

Comment avez-vous appréhendé le travail sur « Q.I » ? Est-ce Mylène ou sa maison de disques qui vous ont donné des directives ?
Non. Ils m’ont envoyé une copie de la chanson, et une copie avec juste la voix de Mylène. Et c’est tout. Je pense qu’ils aiment bien mon travail et qu’ils m’ont accordé une totale confiance.

Le fait de garder intacte la structure de la chanson (couplets et refrains), n’était-ce pas leur volonté ?
Non, c’était la mienne. Quand je suis engagé pour remixer un single, je pense bien sûr aux clubs, mais aussi à l’artiste et à son public. Je suis un fan des vocalistes et des chansons donc j’essaie de les respecter.

Vous pensez que ce n’est pas le cas de tous vos collègues ?
Beaucoup de DJ ou de remixeurs se contentent de sampler une phrase ou même un mot répété à l’infini sur une musique totalement différente de l’originale. Je n’appelle pas ça un remix, c’est carrément une autre chanson ! J’ai envie de leur dire : « Hey les mecs, faites vos propres disques, mais n’appelez pas ça le remix de tel chanteur ou telle chanteuse ! ». Je ne vois pas en quoi ils servent les artistes.

Qu’avez-vous pensé de « Q.I » quand vous l’avez entendue pour la première fois ?
J’ai beaucoup aimé. J’avais juste un souci par rapport au rythme qui est assez lent. J’avais très envie de lui donner de l’énergie pour les clubs, mais je n’étais pas sûr de pouvoir y parvenir.

115172441Et pourtant quelle réussite ! Saviez-vous que les radios françaises ont plus diffusé votre version que l’originale ?
Non je ne savais pas ! En fait, dans la mesure où je suis en Californie, je n’ai pas trop d’échos sur la suite du projet. Le label m’a juste envoyé quelques exemplaires du maxi vinyle, mais c’est tout. Je n’ai pas vraiment de retours sur ce qui se passe en France.

Vous remixes ont-ils été acceptés d’emblée par Mylène et son entourage, ou avez-vous dû les remanier plusieurs fois ?
Ils les ont aimés à la première écoute, ce qui m’a grandement soulagé. Ils étaient très contents. J’ai seulement fait deux ou trois petits changements pour la version radio pour laquelle ils avaient quelques souvis avec certains niveaux de son qu’ils voulaient plus forts par ci ou moins forts par là. Quant à la version club, elle a été acceptée immédiatement.

Issu du magazine IAO – 2005

 

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Mylène Farmer et son attachée de Presse

Posté par francesca7 le 4 mai 2012

Danyèle Fouché, attachée de presse de Farmer

 

Danyele Fouché est l’ex-Attachée de presse de Mylène FARMER durant la Période 1987-1988

 

Mylène Farmer et son attachée de Presse dans Mylène et L'ENTOURAGEDanyele Fouché a été l’attachée de presse de Mylène Farmer pendant plus d’un an et demi, de « Tristana » à « Ainsi soit je… ». Aujourd’hui retirée du métier, elle a accepté de revenir sur cette période de sa vie.

Comment êtes-vous devenue l’attachée de presse de Mylène ?
On s’était rencontrées sur un plateau de télévision. J’étais très amie avec Bertrand Le Page (ndlr : le manager de Mylène à l’époque). Et Mylène a exigé auprès de Polydor qu’ils m’engagent pour être son attachée de presse.

Vous étiez donc dans le service presse de Polydor, sa maison de disques ?
Non. J’étais payée par Polydor, mais je m’occupais exclusivement de Mylène Farmer. Et uniquement pour ce qui concernait les télés et les radios. La presse écrite, c’était surtout Bertrand qui s’en chargeait.

Sur quelle émission vous êtes-vous rencontrées ?
Je m’occupais de Guy Béart à l’époque. Une émission lui était consacrée ; elle était tournée chez lui. Mylène faisait partie des invités. Elle a chanté « Mon cher Frantz » en duo avec lui. (ndlr : c’était sur Antenne 2, devenue France 2 en 1987 ; Mylène avait aussi chanté « Au bout de la nuit »). Et sur le ton de la plaisanterie, Mylène m’avait dit « Mais quand vas-tu t’occuper de moi ? ». Je lui ai répondu « Quand tu veux » (rires).

De qui vous êtes-vous occupée à part Mylène ?
De beaucoup d’artistes. Bernard Lavilliers, Daniel Balavoine, Patrick Juvet, Michel Delpech, Claude Nougaro, Marie-Paule Belle, Dorothée, Léo Ferré, Sheila…

Mylène se mélangeait-elle aisément aux gens du show-business ?
Pas du tout. Ce n’était pas son truc. Elle n’allait pas dans les soirées people. Hormis quand on en était les organisateurs, comme pour le lancement du clip de « Tristana » au Privilège, en dessous du Palace. Je me souviens de cette soirée car en me levant de table, j’ai glissé sur le marbre avec mes chaussures neuves et je me suis cassé la jambe (rires). J’ai été dans le plâtre pendant un mois. Mylène a d’ailleurs été très présente et très gentille avec moi pendant cette période.

Donc Mylène n’était pas de toutes les soirées parisiennes ?
Ah non ! Elle détestait ça. Comme moi d’ailleurs. On allait par contre dans les restos à la mode car Bertrand adorait ça.

Que pensait le milieu de cette jeune chanteuse qui restait à l’écart ?
C’était assez mitigé. Certains ne l’aimaient pas bien sûr. Elle avait un peu une image d’emmerdeuse, mais sans excès car elle était très sympa. Mylène a fait carrière dans un milieu qu’elle a toujours fuit : pour moi, c’est la réussite suprême.

1987-08-d dans Mylène et L'ENTOURAGEA l’époque, elle faisait à peu près toutes les émissions possibles et imaginables, des grivoiseries de Collaro aux confessions intimes de « Sexy folies ». Était-elle facile à travailler pour une attachée de presse ?
Oui. Elle faisait tout avec plaisir. Mais il fallait que Bertrand et moi soyons en régie pour surveiller les lumières et le cadrage. Elle était très exigeante, très perfectionniste. A ce point-là, c’est admirable. C’est une énorme qualité.

C’est à vous que l’on doit le cultissime « Mon zénith à moi » ?
Oui. C’était une émission merveilleuse. Mylène avait très envie de la faire. Elle avait donc tout accepté et s’y était énormément investie. Tout était pesé, choisi et pensé. Cette émission avait fait scandale à l’époque. Mylène avait été pas mal critiquée pour ses choix – elle voulait parler de la sexualité des prêtres, voir des hommes exécutés, des têtes coupées. C’était assez gratiné (rires).

Cette émission a définitivement installé son personnage. Était-elle comme ça dans la vie ou jouait-elle un rôle ?
Elle en a rajouté un peu. Elle n’était pas aussi tordue que ça (rires). Ceci dit, elle était vraiment secrète ; une introvertie absolue. Je me souviens qu’elle ne parlait pas de sa famille, ni de son enfance ; c’étaient des sujets tabous. Je crois que c’était vraiment sa nature profonde d’être à part. Et il est vrai qu’elle vivait avec deux singes… et Laurent (rires).

Et son intérieur était-il conforme à l’image gothique qu’on a pu s’en faire ?
Je ne suis jamais entrée chez Mylène. Très peu de gens y allaient.

Pourquoi cela ?
Mylène était tellement bordélique qu’elle avait honte (rires).

« Mon zénith à moi », c’était aussi la rencontre avec Zouc…
Oui. On était allées la voir ensemble au Bataclan, et on avait été séduites par son univers. Je n’ai pas pu assister au tournage du clip de « Sans contrefaçon » car j’étais prise par ailleurs, mais Mylène m’a raconté que Zouc était arrivée en ambulance pour pouvoir être cochée pendant le voyage (rires). Elle avait demandé un cachet énorme pour tourner le clip (rires).

Pourquoi ne plus avoir travaillé avec Mylène après « Ainsi soit je… » ?
Parce que je l’ai quittée. Je me suis fâchée un jour… bêtement. Pourtant je m’entendais très bien avec elle ; je l’aimais tendrement. Et même si ça peut paraître étonnant, j’ai beaucoup ri avec Mylène. Et Bertrand ! Surtout quand on partait en équipée sauvage en province, pour des galas ou des tournages d’émissions. On a passé des soirées de rigolade intenses, légèrement arrosées de Champagne rosé (rires).

C’était un vrai déménagement j’imagine…
Oui. Je me souviens notamment d’un déplacement au Festival du film de Cognac pour « Tristana » dans une émission présentée par Patrick Poivre d’Arvor. On est partis, Bertrand, Mylène et moi, avec les deux danseuses, et une malle en osier immense pour les robes. Je me rappelle qu’on s’est un peu disputés avec la productrice de l’émission qui ne voulait pas de ces tenues. Au final, on est tombées d’accord pour les porter quand même, et pour se faire pardonner, elle nous a fait monter une bouteille de Cognac dans une des chambres du château dans lequel l’émission se tournait. On a entamé la bouteille avec Mylène en attendant le tournage. On a été rapidement très gaies (rires).

Vous parcouriez les routes de France en voiture ?
En train ou en avion. Pas en voiture car c’était Bertrand qui conduisait, et nous étions terrorisées par sa façon de conduire. D’autant que c’était le plus souvent après avoir consommé pas mal de Champagne (rires).

Vous semblez avoir eu beaucoup de tendresse pour lui ?
Oui. C’était mon ami. C’est quelqu’un que j’aimais profondément et que je défendrai jusqu’au bout.

Vous êtes restée en contact avec lui ?
Jusqu’à la fin. Je lui ai même laissé un message sur son répondeur deux jours avant sa mort.

Pourquoi s’est-il tué selon vous ?
Il a vécu des périodes très difficiles. Il a essayé de faire une nouvelle Mylène, mais il n’est jamais tombé sur l’équivalent. Il n’y a qu’une seule Mylène…

Il a travaillé pour Ysa Ferrer, puis les productions AB…
Oui. Il s’est aussi occupé d’un restaurant, La Cloche d’Or, à Pigalle. Il s’est rapidement retrouvé sans un centime, pourchassé par les huissiers. Il est passé d’un superbe appartement, dans les beaux quartiers parisiens, à un petit studio à Toulon où il faisait dans la voyance. C’est là qu’il s’est donné la mort, avec de l’alcool et des médicaments.

Certains ont attribué son suicide à sa séparation d’avec Mylène. C’était quand même dix-neuf ans après !
Oui, mais il ne s’en est jamais remis.

Vous croyez donc que c’est lié et que ce n’est pas un hasard s’il s’est donné la mort à quelques jours de la sortie de l’album « Innamoramento » ?
Je n’en sais rien. Je ne crois pas beaucoup aux coïncidences (silence). Leur séparation a été un drame absolu pour Bertrand (silence).

Vous estimez que Mylène n’aurait pas du s’en séparer ?
Je ne sais pas. Bertrand s’est donné corps et âme pour elle. Ceci dit, il est vrai qu’il n’était pas facile à gérer. Il se mettait souvent dans des états épouvantables ; il consommait beaucoup d’alcool et de cocaïne. Mylène a accepté ça pendant longtemps, jusqu’au jour où elle ne pouvait plus. Il faut savoir aussi que Bertrand se comportait assez mal, dans les restaurants par exemple ; il parlait très mal aux gens, il était très hautain, très exigeant. Il était insupportable. Mais je l’adorais !

Quelle est sa part de responsabilité dans le succès de Mylène, selon vous ?
Il était son manager, son éditeur. C’est lui qui a fait Mylène.

Il y avait Laurent Boutonnat aussi…
Oui bien sûr. Le trio Bertrand, Laurent, Mylène était d’ailleurs très compliqué. Il y en avait toujours deux contre le troisième.

Qui contre qui ?
Ca dépendait des fois. Mais toujours deux contre un. Et moi il fallait que je gère tout ça ; ce n’était pas facile.

Mylène vous semblait-elle être une marionnette entre les mains de Bertrand et Laurent ?
Ah non ! Ce n’est pas du tout l’idée que je me fais d’une marionnette. Elle savait écouter les conseils des uns et des autres, mais elle a toujours eu beaucoup d’idées et beaucoup de goût. Elle n’a jamais été aux ordres de personne.

Pourquoi vous êtes-vous fâchée avec elle ?
C’était sur le plateau de « Jacky Show » sur TF1. Mylène est arrivée et elle a refusé de dire bonjour à Jacky. Ca m’a beaucoup énervée.

Ils étaient pourtant amis à l’époque, non ?
Visiblement pas ce jour-là. J’ai dit à Mylène « J’en ai assez de tes caprices ». Et je suis partie en plein milieu de l’émission. Elle m’a demandé : « Tu reviens ? ». J’ai dit « Non ! ». Et je suis allée chez le coiffeur me faire une couleur, puis chez Flo m’acheter du caviar (rires).

Vous estimez que Mylène était capricieuse ?
Oui. Disons qu’elle était assez exclusive. Par exemple, elle voulait que Bertrand ne s’occupe que d’elle. J’ai en mémoire aussi une émission des Carpentier en Tunisie. Des journalistes nous suivaient pendant le voyage parce qu’ils voulaient faire un sujet sur Mylène. Lors de l’escale à Tunis, elle a refusé qu’ils se mettent à notre table parce qu’elle voulait qu’on soit toutes les deux pour le dîner. Le reportage commençait bien (rires) ! Je me souviens aussi qu’elle m’avait fait une scène parce que, lors d’une émission, la chanteuse Patti Layne, dont je m’occupais aussi, reprenait « Déshabillez-moi ». Mylène, qui devait chanter ce titre, a dû changer de chanson et m’en a voulu, alors que je n’y étais pour rien.

Donc vous ne l’avez pas quittée pour une simple histoire de « bonjour » ?
Non. Disons que c’était la goutte d’eau… Le fait est que, à l’époque en tout cas, Mylène n’accordait pas facilement sa confiance, et ne déléguait pas à n’importe qui. J’imagine que c’est toujours pareil aujourd’hui. Elle cherchait donc toujours à me prendre en faute, et moi je ne peux pas supporter ce genre de choses.

Quel regard avez-vous sur cette séparation aujourd’hui ?
C’était une pulsion toute bête. Et un entêtement idiot : j’ai refusé de revenir quant elle me l’a demandé. C’est un de mes plus grands regrets.

Parce que vous avez vu le chemin qu’elle a fait depuis, ou parce que vous teniez à elle ?
Les deux. Je l’aime encore aujourd’hui. Et je l’aimerais toujours. Elle avait des attentions. Je me souviens qu’elle m’avait rapporté une montre d’un voyage en Orient par exemple.

Aimeriez-vous vous occuper de Mylène aujourd’hui ?
Je n’aurais pas beaucoup de travail (rires) ! Elle ne fait aucune émission.

Qu’en pensez-vous ?
Je crois qu’elle déteste ça.

2flmobdzCertes, mais elle pourrait faire un petit effort ne serait-ce que pour saluer le public, non ?
(Silence). Très sincèrement, je pense qu’elle s’en fout. Je crois qu’elle ne se sent redevable de rien envers son public.

Quelle relation aviez-vous avec ses premiers fans à l’époque ?
Elle suscitait des réactions pas très saines dans le public. Je me souviens d’une histoire terrible. Un week-end, j’ai reçu un coup de fil d’un policier. La fille de son cousin, une fan de Mylène, avait fait une fugue pour aller se suicider sur le paillasson de son idole. Au final, la jeune fille est venue chez Mylène, et sa famille l’a récupérée. Mais quel week-end pour Mylène et moi (rires) !

Et lorsque vous faisiez toutes ces télés à l’époque, comment réagissait-elle aux demandes d’autographe ?
Ca l’embêtait. Elle s’y pliait quand Bertrand et moi la poussions à être un peu plus sociable (rires).

Comprenez-vous qu’elle n’ait pas de fan-club officiel ?
De mon temps, elle en refusait déjà totalement l’idée. Parce que crois que cela impliquait un certain nombre de contraintes dont elle ne voulait pas. Et puis je pense que les fans, ça la mettait mal à l’aise. Ce n’était pas quelque chose qu’elle vivait très bien.

Vous suivez sa carrière ?
Oui bien sûr. Je trouve qu’elle ne s’est pas beaucoup trompée. Mais je ne l’ai jamais vue en concert.

Pourquoi ?
Je ne sais pas (silence). Ca me ferait bizarre. Mais j’ai vu des DVD, et c’est extraordinaire ce qu’elle fait. C’est d’autant plus incroyable qu’elle est partie avec de tout petits moyens : elle ne maîtrisait pas tellement le chant. Mais elle a fait son chemin, sans aucune compromission.

Au moment où vous vous occupiez d’elle, sentiez-vous qu’elle allait devenir ce qu’elle est aujourd’hui ?
Non. Je pensais qu’elle allait faire une carrière formidable. Mais à ce point-là, c’était difficilement imaginable. Quelle autre chanteuse des années 80 a fait un tel parcours ?!

L’avez-vous revue depuis que vous avez arrêté de travailler ensemble ?
Oui, une fois. On a essayé de remettre ça, mais la magie était passée.

C’était quand ?
Je ne sais plus. Je n’ai pas la mémoire des dates.

Issu du magazine IAO (spécial Mylène) de 2005

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Avis sur Mylène !

Posté par francesca7 le 28 avril 2012

Cet avis a été évalué par 4 membres de Ciao en moyenne: très intéressant !

Avis sur Mylène ! dans Mylène et des CRITIQUES MF2000_02aMylène farmer est souvent considérée comme une chanteuse secrète, qui parle peu, toujours mélancolique, triste, attirée par la mort…Pourtant, elle mérite tellement qu’on la connaisse…Fan depuis toujours, je ne peux que conseiller l’achat de la vidéo de son spectacle: « live à Bercy »(1996). Rien à voir avec l’idée que l’on peut se faire de Mylène : un show très coloré, qui bouge beaucoup : mylène sait mettre le feu à son public : elle reprend tous ses tubes de Libertine à Désenchantée en passant par sans contrefaçon ( un classique)et les chansons de l’album « anamorphosée ». Mylène est vraiment transformée par rapport à ses débuts!! Elle porte des tenus très sexy, et exécute des chorégraphies sans un faux pas, dans un décor très travaillé. A conseiller à ceux qui aiment mylène mais la connaissent peu….

Parution chez  http://www.ciao.fr/   

Et vous, qu’en pensez-vous ??

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Interview de Mylène par ParisMatch

Posté par francesca7 le 25 avril 2012


Petit focus sur l’unique interview accordée par Mylène aux médias pendant l’exploitation de ce best of. C’était à « Paris Match » le 06 décembre 2001.

Paris Match : Vous si mal à l’aise dès qu’un regard se pose sur vous, vos dernières photos sont limite « porno chic ». Est-ce nécessaire pour vendre ?

Interview de Mylène par ParisMatch dans Mylène en INTERVIEW 6iao1py6vn-300x266Mylène Farmer : Il faudrait encore définir ce qu’on appelle porno chic. Il n’y a dans ces photos, que je sache, ni pornographie ni nudité apparente. A ma connaissance – pour reprendre votre terme –, la pornographie n’a jamais été chic.

Paris Match : Elles sont tout de même provocantes…

Mylène Farmer : Je ne fais pas ce métier pour provoquer. Mais, parfois, certaines provocations sont synonymes de liberté. Dans un spot télé qu’on vient de faire pour la promotion du « Best Of » comprenant les extraits de mes clips, il y a un plan de trois secondes dans lequel un homme soulève délicatement un drap avec une badine et découvre une paire de fesses. Les censeurs de la publicité nous l’ont fait couper sans donner d’explication. Quelle hypocrisie, alors qu’on nous abreuve toute la journée de violence. Tout ce qui est tiède m’ennuie, le politiquement correct, l’uniformité de pensée et d’expression… Je ne suis pas naïve, je sais très bien qu’en publiant ce genre de photos je vais provoquer un certain type de réaction. Comme je suis la première à m’insurger contre la censure, je ne peux pas être mon propre censeur ! Je vais au bout de mes désirs.

Paris Match : C’est rare de vous voir sourire sur des photos…

Mylène Farmer : Ces photos ne représentent qu’une des facettes de ma personnalité, la plus osée sans doute. Une femme qui revendique sa féminité avec peut-être plus de verve qu’une autre. C’est la situation qui me fait sourire car cette femme, sur cette photo, c’est aussi tout le contraire de moi.

Paris Match : Vous ne pensez jamais aux détraqués qui fantasment sur vous ?
Mylène Farmer : Je préfère ne pas y penser, sinon je ne ferais plus rien.

Paris Match : Vous aimez qu’on vous regarde ?
Mylène Farmer : Je choisis mes  moments. J’aime séduire avec les mots, avec les gestes. Si je n’aimais pas séduire, comment pourrais-je faire ce métier ?

Paris Match : Vous dites toujours que vous n’aimez pas vous censurer. Vous êtes pourtant une malade du contrôle…

MF2000_118a dans Mylène en INTERVIEWMylène Farmer : Je sens une certaine agressivité dans votre question. Les deux ne sont pas contradictoires. Oui, je suis quelqu’un qui contrôle, mais pourquoi le contrôle serait-il condamnable ? Contrôler c’est être aussi exigeant, avec soi-même qu’avec les autres, contrôler ce n’est pas ignorer ni ne pas respecter le talent des autres. Je fais ce métier depuis dix-huit ans. J’ai très vite compris qu’il fallait se méfier car il y a toujours détournement :  détournement de mes intentions, détournement de mes propos dans les interviews. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’en donne pratiquement jamais. J’essaie de limiter les débordements, les écarts, les mensonges. Plutôt que de passer mon temps à me justifier, ce qui n’est pas dans ma nature, je préfère le silence.

Paris Match : Est-ce qu’il ne vaut pas mieux parfois se tromper plutôt que de toujours être sur ses gardes ?

Mylène Farmer : Je me méfie d’une certaine nature humaine. Plus que tout, je redoute la trahison. Mais la méfiance n’exclut pas le don de soi. Peut-être m’a-t-on beaucoup trahie. Je ne sais pas. Ou plus. Je n’ai aucun souvenir de mon enfance et mon adolescence est en train de s’effacer.

Paris Match : Je vous imagine très bien petite fille en train d’arracher les yeux de vos poupées !

Mylène Farmer : [Elle éclate de rire.] C’est vraiment comme ça que vous me voyez ? Il y a un mois, je recousais les yeux d’un vieux lapin en peluche ! Et puis, il paraît que je préférais les camions aux jeux de petites filles et que je fabriquais, comme dans “Tom et Jerry”, des petites bombes avec des bouchons de liège et, une mèche que je mettais devant les perrons avant de partir en courant !

Paris Match : Cette histoire d’amnésie, c’est vrai ou vous l’avez inventée pour ne pas parler de votre passé ?

Mylène Farmer : Je ne comprends pas comment vous pouvez penser une telle chose !

Paris Match : Pourquoi ne vous autorisez-vous jamais à vous laisser aller ?

Mylène Farmer : Il n’est pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur.

Paris Match : Vous n’êtes faite que de contradictions. Vous êtes la plus grande schizophrène que je connaisse. Lorsque je vous ai vue pour la première fois sur scène descendre du ciel à moitié nue, offerte au public, vous si pudique, si timide, perdue dans vos profondeurs, j’avoue que j’ai du mal à recoller les morceaux de votre personnalité…

Mylène Farmer : Sur scène, j’arrive à oublier le regard des autres, peut-être parce que je sais que si les gens se donnent la peine de venir me voir, c’est parce qu’ils m’aiment. La vie m’a fait un immense cadeau : j’ai une force incroyable en moi, même si parfois je vacille, elle me permet de toujours rebondir.

Paris Match : Depuis un an, vos fans vous reprochent, je cite, “de les prendre pour des vaches à lait” et de ne rien donner en échange…

MF2000_65aMylène Farmer : Ne faites pas d’un cas isolé une généralité. Je veux qu’on sache que je n’ai jamais été à l’initiative d’un fan-club, ni officieux ni officiel. Je n’adhère pas au culte de ma personnalité. Si quelqu’un ou quelques-uns ont décidé de leur plein gré de créer un fan-club, c’est sous leur entière responsabilité. Je ne me suis pas opposée à la publication de leurs journaux car ils étaient de qualité. Mais, pour autant, leur destinée n’est pas de mon ressort et ils le savent très bien. En revanche, je suis toujours étonnée de voir certains médias reprendre indéfiniment les mêmes fausses informations.

Paris Match : Mais vous ne leur donnez rien !

Mylène Farmer : Je ne pense pas qu’on « donne » nécessairement quelque chose en racontant sa vie dans les journaux. Je suis quelqu’un de très secret. Mon respect pour le public est sans ambiguïté. Mon implication morale, intellectuelle et sentimentale est la même, de l’écriture d’une chanson à la fabrication d’un clip, d’un tee-shirt ou d’un spectacle. Quand je donne un concert, il y a un investissement colossal sur scène aussi bien émotionnellement que financièrement. J’offre exactement le même spectacle à Paris, en province ou en Russie.

Paris Match : Dans un sondage, vous êtes, après Laetitia Casta, la personne qui gagne le plus d’argent dans ce métier: 35 millions de francs par an. C’est vrai ?

Mylène Farmer : C’est aussi FAUX que lorsqu’on dit que je suis enceinte, que mon vrai prénom est Marie-Hélène ou que le magazine « Marie-Claire » affirme que je suis mère d’un enfant. L’argent me donne une formidable liberté mais ce n’est pas une fin en soi.

Paris Match : Vous refusez toujours de parler de votre vie privée, alors on l’invente !
Mylène Farmer : Dans vie privée, il y a privé. Le mot est suffisamment éloquent. Je n’admets pas cette forme d’intrusion. Je suis comblée émotionnellement dans ma vie et dans ma carrière, je n’ai rien à ajouter.

Paris Match : Vous vous donnez, vous vous dérobez. Vous êtes consciente quand même que vous entretenez des rapports névrotiques avec la célébrité?

Mylène Farmer : Je n’ai pas décidé de faire ce métier pour être connue mais pour être reconnue. Je n’ai pas à me justifier. On me reproche toujours mon prétendu silence, mais le silence est ma nature profonde. Ce qui est amusant, c’est que ce que certains aiment chez moi est en même temps ce que d’autres finissent par me reprocher. Alors que faire?

Paris Match : Récemment, dans un dîner bien parisien, certains invités s’étonnaient, entre autres choses, de votre amitié avec Salman Rushdie

Mylène Farmer : J’aime l’écriture. Ceux qui m’aiment le savent. Ils ne doivent pas être dans vos dîners mondains. La culture a toujours eu une place très importante dans ma vie. J’aime Bataille, Cioran, Edgar Poe, Tchekhov, Baudelaire. La poésie me transporte. Comme je parle peu, je lis souvent.

Paris Match : Les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis et les événements qui en ont découlé ont été un réveil pour beaucoup de gens. Et pour vous ?

Mylène Farmer : Je n’avais pas besoin d’une immense catastrophe pour me réveiller et me faire comprendre les urgences de la vie. Je ne passe pas une journée sans penser à la mort. Pour la plupart des gens, les cimetières sont chargés de tristesse. Pas pour moi. Je les visite comme on visite des musées. Je m’y sens bien quand ils sont beaux. De même qu’un arbre calciné peut être aussi émouvant qu’un arbre en fleur.

Paris Match : Est-ce que je peux parler de vos activités silencieuses auprès des enfants malades ?

Mylène Farmer : [Mal à l'aise.] Pour quoi faire ? Ces moments sont des moments d’une grande richesse, très forts et trop rares aussi. Des moments bénis, des moments silencieux qui leur appartiennent.

Paris Match : Vous venez d’avoir 40 ans. Vous projetez toujours une image de jeunesse. Il y a un moment où ça deviendra indécent…

Mylène Farmer : Il y a une grande part d’enfance en moi, peut-être que je ne dois pas la quitter. Je sais qu’il y a un âge où on ne peut plus faire le Marsupilami sur scène. C’est vrai que j’ai peur de vieillir. Ce qui est rassurant c’est que, quand les hommes parlent bien des femmes, ils disent qu’au-delà de la quarantaine elles sont en pleine possession de leur féminité.

Paris Match : Vous croyez que vous pourrez vous passer des applaudissements ?

Mylène Farmer : C’est une question cruelle mais j’y pense parfois. Je saurai quand viendra le moment où il faudra que je change. Non pas le fond de mon expression mais la forme. Je saurai ne pas faire le « combat de trop ». Partir avant de lasser
 

 Une interview qui a marqué les esprits de ceux qui la connaissent.

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Interview paru dans IAO – Mylène 1991

Posté par francesca7 le 1 avril 2012

INTERVIEW DE MYLÈNE FARMER 1991

Propos recueillis pour FréquenstarPour un clip avec toi – animée par Laurent Boyer pour l’émission de M6 – Février 1991.

 C’est le cinquième jour de tournage, ça fait combien de temps que vous êtes installée ici Mylène ?

     Ca fait à peu près huit jour.

Interview paru dans IAO - Mylène 1991 dans Mylène en INTERVIEW 2000-c10 Il y a des conditions climatiques qui ne sont pas évidentes, je sais qu’il a fait très froid la semaine dernière…

     Oui, beaucoup plus froid qu’aujourd’hui.

 Et vous vous levez très tôt et vous tournez toute la journée, c’est ça ?

     Nous avons des horaires un peu différents chaque jour mais ce matin nous nous sommes levé à cinq heure.

 Il y a à peu près une centaine de figurants ici. Pourquoi avoir choisi des enfants, et des enfants hongrois, ici à Budapest ? Il y a une raison particulière ?

     Oui, il y a plusieurs raisons pour le choix de la Hongrie. Il y a d’abord la neige, on voulait un paysage de neige. D’autre part on voulait beaucoup de figurants et surtout des enfants qui portent quelque chose de grave dans le visage et dans le regard. Et c’est vrai que les pays de l’Est pour ça c’est fabuleux. D’autre part il y a beaucoup de techniciens en Hongrie qui sont performant et professionnels. Et enfin une des dernières raisons c’est que c’est beaucoup moins chère, et qu’on peut faire des choses grandioses avec peu de moyen finalement.

 Est-ce que ça veut dire que ça va être dans la lignée de l’imagerie Mylène FARMER ? Parce qu’on vous associe aux clips scénarisés qui sont en fait des films. Est-ce que ça s’inscrit toujours dans cette veine scénarisée et à grand spectacle ?

    Ce sera la même chose. C’est la même écriture et le même réalisateur, et pratiquement la même équipe à chaque fois sur chaque tournage.

 Est-ce qu’on peut dire aussi que si vous venez tourner ici en Hongrie ou à Budapest -on y pense souvent quand à toi- c’est pour tes ambitions cinématographiques et celles de Laurent ? On sait que Cyrano De Bergerac a été tourné ici, on peut dire aussi qu’il y a les prémices d’un futur long métrage ou le moyen aussi de repérer pour un long métrage…

    Ca c’est quelque chose d’envisageable ou qui a été envisagé, mais j’avoue que pour l’instant c’est quelque chose qui n’existe pas. Et c’est quelque chose qui appartient à Laurent pour l’instant. Je ne puis rien dire, mais ce que je sais c’est qu’il avait fait effectivement des repérages avant d’envisager le clip en Hongrie pour un long-métrage.

2000-c11 dans Mylène en INTERVIEW Vous êtes un peu avares d’images sur le travail que vous faites en équipe sur le tournage d’un clip comme en ce moment.

     Je ne sais pas si nous sommes avares mais c’est assez difficile qu’une autre équipe intervienne. Parce qu’un tournage comme celui-ci c’est une grosse machinerie. Donc s’il y a perturbation, quelque fois cela peut perturber le metteur en scène et tout le monde. Et c’est vrai qu’on a un soucis de garder les choses secrètes, mais parce que je suis probablement comme les enfants, j’aime encore les surprises. Donc j’aime bien l’effet de surprise quand on a un nouveau clip ou de nouvelles chansons. C’est pour ça que je fais très peu écouter l’album avant qu’il ne sorte. C’est une manière de préserver la chose.

Dans le clip on voit une centaine de jeunes enfants avec des têtes très particulières, grimées, masquées, habillés un peu comme toi…

    Oui, tout à fait. Encore plus sales même !

 …Assez minimalistes dans la tenue. D’où a été l’inspiration de ce choix ?

    Là j’avoue qu’il est né d’un amour commun de Laurent et moi- même pour ce qui est DICKENS, Oliver TWIST. On aime beaucoup tout les deux David LEAN, qui avait réalisé Oliver TWIST, un de ses premiers longs-métrages. Et c’est surtout cette approche du conte qui est permanente.

Dans Désenchantée c’est quoi ? On dirait un univers carcéral mais particulier…

     On a essayé d’avoir quelque chose d’intemporel. Ce qui explique aussi le choix de ces costumes, parce qu’on ne peut pas tout à fait situer l’époque. Ca se situe en effet dans un milieu carcéral, il y a une autorité autour de ces enfants, et que ces enfants n’ont plus rien à perdre donc il leur reste comme solution la révolte. Et c’est ce qui va se passer dans le clip. Il y a dans le clip de jeunes enfants qui sont handicapés. Il y a une anecdote magnifique, un handicapés qui est sur le tournage s’y est adapté en quatre jours. Son éducatrice nous a dit qu’en quatre jours il avait fait des progrès de six mois. Donc c’est une jolie récompense…

 Comment tu échanges avec tous ces jeunes hongrois qu’on voit ?

     C’est un échange uniquement de regards puisque nous n’avons pas la même langue. Les interprètes ne sont pas toujours là pour traduire. Ce sont des regards et tous ces figurants sont très justes, ils jouent mais en aucun cas ne sur-jouent et c’est ce qui est fascinant. Ils ont une spontanéité et on a l’impression qu’ils sont nés dans ces costumes dans cette époque et c’est un plus pour le tournage.

J’ai eu l’occasion de discuter avec ce qu’on appelle un casting-producer, qui me disait que dans le choix des gens, il y avait peu de comédiens hors-mis la matonne. Il y a des délinquants, des jeunes enfants d’écoles.

     Oui, il y a de tout. Ce sont des gamins de la rue…

 …Avec leurs réactions. Quand on vit à Budapest, avec la vie qu’on a eu, avec l’histoire qu’on a vécu, il y a une âme mais une pression.

     En tout cas habitée. Il y a une dureté réelle.

 dscf0012Il y a une infrastructure, une équipe très importante sur ce tournage…

     Il y a à peu près 120 personnes et 12 personnes dans l’équipe technique qui viennent de Paris.

 Des français avec qui vous avez l’habitude de travailler. 

     Oui, j’ai Jean-Pierre SAUVAIRE qui est chef-opérateur, Carine SARFATI qui est aux costumes et beaucoup d’autres. Je m’excuse de ne pas pouvoir tous les citer.

C’est une équipe de copains, on a l’impression que c’est presque une famille.

    Oh oui, ce sont des gens de grande qualité humaine et professionnelle. C’est vrai que c’est un plaisir de les réunir chaque fois à nouveau.

 

FréquenstarPour un clip avec toi – M6 – Février 1991.

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Mylène Interview Fréquenstar 91

Posté par francesca7 le 1 avril 2012

En Février 1991, Laurent BOYER part en Hongrie enregistrer le pilote de Fréquenstar alors intitulé Pour un clip avec toi, sur le tournage de Désenchantée, qui s’annonçait déjà comme l’évènement médiatique du printemps. Il est reçu pendant le cinquième jour de tournage où il interview Mylène Farmer lors de la séquence de la révolte intérieure et extérieure, puis l’équipe est encore présente le sixième jour de tournage sur le plateau (la séquence finale) où Boyer a pu interviewer Laurent Boutonnat.

 RETRANSCRIPTION

 

INTERVIEW DE LAURENT BOUTONNAT

Qu’est-ce que vous préparez ici ?

Mylène Interview Fréquenstar 91 dans Mylène en INTERVIEW 6iao1p10    Il y a une scène avec tout les figurants, avec Mylène et le petit môme qui est avec elle. C’est un raccord en fait sur ce petit monticule. Nous, nous sommes derrière avec la caméra et on va faire brûler des pneus pour avoir une grosse fumée noire pour être raccord avec l’usine d’hier où il y avait le feu. Ils sont sensés s’échapper de l’usine, et ils vont descende de cette petite colline pour courir dans cette immense plaine.

 Ce sera le dernier plan du clip ça ?

    C’est l’amorce des dernier plans en fait. C’est le premier plan où ils s’échappent de cette « prison-usine » pour partir dans la plaine. Et après on a plusieurs plans à faire de leurs visages qui courent…

Ca a été un bonheur pour vous d’avoir eu cent figurants ? Des jeunes hongrois comme ça ? C’est pas trop difficile à gérer ?…

    Non, il y a une équipe très solide qui tient bien tout ce monde là, et ils ont des têtes extraordinaires en plus. Il y a une chose qui est formidable ici, c’est qu’ils jouent bien. Ce n’est même pas jouer d’ailleurs, parce que ça leur plait de faire ça. C’est presque naturel.

1999-f10 dans Mylène en INTERVIEWOui, c’est peut-être mieux que des comédiens.

    Ah, c’est impossible des comédiens. Mais ils ont quelque chose de naturel; et en fait comme ils n’ont jamais fait ça de leur vie, ils ont une espèce de maladresse qui est formidable. Ca devient quelque chose qui donne l’impression qu’ils ont fait ça toute leur vie, que se sont de grands professionnels.

 Vous avez voulu tourner ici, ça s’appelle la Puszta, c’est la plaine hongroise…

    Absolument, c’est à dire que la Hongrie est un pays plat, où il n’y a que des plaines. Et tout le centre de la Hongrie c’est ça : sur des centaines et des centaines de kilomètres avec : Rien. C’est très impressionnant. Surtout avec la neige, on a l’impression que le ciel et la terre se rejoignent et que…

 C’est une fuite.

    Il n’y a rien quoi. C’est le néant et… c’est beau. 

FréquenstarPour un clip avec toiM6 – Février 1991.

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IAO Magazine Farmer

Posté par francesca7 le 15 décembre 2011

Retrouver toutes les publications de iao Mylène Farmer le seul magazine 100% Mylène en son époque… 

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Le Mylénium Tour de Mylène

Posté par francesca7 le 11 octobre 2011

« Quel vertige s’empare de nos souffles à présent……. «  

 

Source : IAO n°7 - avril 2006 – spécial Live 

 

 

Le Mylénium Tour de Mylène dans CONCERTS DE MYLENE MF2000_144a

 

le Mylenium Tour est la tournée de Mylène Farmer. C’est aussi la plus grandiose, et sans doute la plus fatigante pour toute la troupe (sur les routes de septembre à mars 2000, avec un petit mois de relâche). 

 

Flash-back sur l’événement avec Guy-Claude François, au décor, Laurent Buisson, au son et deux habilleuses, Nelly Giraud et Corinne Blandet. 

 

 

 

01150276-photo-pochette-mylenium-tour dans Mylène MYLENIUM TOUR« Mylenium Tour« , un jeu de mots comme un clin d’œil à l’an 2000, tant espéré, tant redouté, et qui n’a finalement rien changé à nos vies – comment aurait-il pu en être autrement de toute façon ? « Mylenium« , la contraction de « Mylène «  et de « Millénaire« . Il n’en faut pas plus à certains pour crier à la mégalomanie. Et si c’était justement ce qu’on aimait chez Mylène….. 

 

Irions-nous l’applaudir à tout rompre si elle ne nous offrait qu’un tour de chant avec guitare et piano, sans artifices, sans mise en scène, dans une Cigale ou un Bataclan ? Nous aurait-elle fait tant rêver sans des courts métrages en guise de clips ? L’aimerions-nous tant si ses tenues de scène ou de télé s’étaient résumées à des jeans, des sweats et des t-shirts ? 

 

Il faut être clair : l’univers Farmerien est né et ne peut perdurer que dans la démesure. C’est aussi ce qu’on aime chez Mylène. Une ambition que certains font rimer avec prétention. Tant pis pour eux s’ils n’ont rien compris. Il est clair que du côté de fans, le nom donné à la tournée laisse espérer le plus grand des shows pour célébrer le changement de siècle. 

 

Tout commence à Marseille – comme d’habitude, Mylène lance son show en province. Et ce n’est pas sans mal. Même si le concert est un succès, les problèmes sont nombreux. Mylène cafouille sur quelques paroles (la palme revenant à « Beyond my control« ). Christophe Danchaud, danseur et chorégraphe, chute sur « Désenchantée » (chaque danseur est sur un socle mouvant lui permettant de se pencher sur les côtés, en déviant les lois de la gravité, et Christophe semble avoir des problèmes avec le sien ce soir-là). Enfin, en présentant Abraham à la batterie, Mylène trébuche, manque de tomber et se rattrape en donnant un coup dans une des grandes cymbales. Heureusement, le reste de la tournée sera plus calme …   

 

 

318116069_smallUne tournée marathon. Jamais Mylène n’aura été sur les routes aussi longtemps. Elle passe l’automne et l’hiver 1999/2000 en tournée, avec une pause en janvier, le temps d’aller rafler trois récompenses à Cannes aux premiers NRJ Music Awards. De fin septembre au début du mois de mars, Mylène traverse toute la France, passe par la Belgique, la Suisse, s’arrête cinq fois à Bercy et termine par trois concerts évènementiels en Russie. Là-bas, « Beyond my control « , « Pas le temps de vivre«  et « Il n’y a pas d’ailleurs «  sont supprimés du tracklisting et remplacés par des tubes sans doute plus connus du public russe, « Je taime mélancolie « , « Que mon cœur lâche «  et « Sans contrefaçon« 

 

Le Mylenium Tour marque par l’énormité de son décor et par une entrée et une sortie de scène féériques. On déplore néanmoins la cruelle absence des années 80 – la genèse du mythe Farmer – dans le choix des chansons, qui se révèle par ailleurs très agréablement inattendu (« Mylène is calling« , « Il n’y a pas d’ailleurs« , « Dernier sourire« …) On regrette aussi le punch des réorchestrations du Tour 96. Le spectacle est beau, mais un peu trop linéaire. 

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Interview Mylénium Tour

Posté par francesca7 le 11 octobre 2011

Interview exclusive de GUY-CLAUDE FRANCOIS Concepteur du décor  

« Le premier projet de statue représentait Mylène » 

Interview Mylénium Tour  dans CONCERTS DE MYLENE mylene-farmer_concerts_mylenium-tour_005

QUESTIONS / REPONSES  Source :  IAO n°7 avril 2006 – spécial Live    

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 Comment avez-vous été contacté pour travailler sur le « Mylenium Tour » ?  MF99_25a 

Thierry Suc, le producteur de Mylène Farmer, m’avait demandé, par l’intermédiaire de Roger Abriol, le directeur de production, si j’accepterais de collaborer à ce spectacle. J’avais reçu une cassette vidéo de son concert précédent et avais été très impressionné par l’enthousiasme quasi idolâtrique qu’elle inspirait aux spectateurs. 

Quelles étaient les premières instructions données quant au décor de la tournée ? 

Généralement, tout se décide et s’organise à partir de la première esquisse. 

Parlez-nous de cette première esquisse. 

J’avais représenté Mylène comme une déesse portant elle-même la scène. C’était un geste spontané. J’agis souvent de cette façon ne serait ce que  pour provoquer un échange d’idées. Je l’avais fait en me rapprochant du style de Giger, peinte dessinateur surréaliste de s années 1970, parce qu’on m’avait dit que Mylène l’appréciait. Plus tard, nous sommes d’ailleurs allés à sa rencontre chez lui, à Zurich. 

Tout est donc parti de ce croquis ? 

Oui. C’est avec cette première esquisse que je l’ai rencontrée au cours d’un rapide voyage (Je tournais un film à l’étranger à cette époque). Cela a été notre premier contact et le départ de la mise en œuvre de ce décor. 

Comment s’est passé ce premier contact avec Mylène ? 

Le premier contact a été très succinct…. J’étais entre deux avions ! Par la suite, j’ai rencontré Mylène à intervalles réguliers. Elle a suivi de très près la phase de conception et d’études techniques qui se déroulait avec l’ensemble des participants (les lumières, les effets spéciaux vidéo, numériques et mécaniques, la construction de la scène, celle du décor). Elle y a participé avec beaucoup de disponibilité, de connaissance scénique et de conviction quant à ce qu’elle désirait. L’idée de son entrée en scène par la tête vient d’elle, par exemple. 

Et qui a eu l’idée de la tête qui bouge, la main qui bouge, la flamme dans la main ? 

Ce sont des idées qui viennent au cours des réunions de travail, avec Mylène et d’autres collaborateurs, sans que l’on puisse citer les auteurs parce qu’elles sont souvent les réponses à des besoins artistiques techniques ou/et de spectacle, Mylène est la dernière décideuse, voire l’auteur de certains concepts. 

A la base, votre idée état donc que la statue représente Mylène… Pourriez-vous me donner plus de détails sur les différents chemins que vous avez empruntés avant d’arriver au résultat final ? 

MF99_31aDès que j’ai eu présenté la première esquisse que j’avais faite avant de rencontrer Mylène, le projet de la statue a été globalement validé. Puis, au cours des réunions dont je parlais à l’instant, les modifications, les idées et contraintes diverses ont été abordées. Le premier projet de statue représentait Mylène tenant le plateau sur ses jambes repliées. Par la suite elle a préféré la traduire comme Isis, déesse mère, sœur et femme d’Osiris dans la culture de l’Egypte ancienne. J’imagine que Mylène a décidé au bout de quelques temps, de ne pas exagérer le fétichisme dont elle est l’objet. 

Combien de personnes on travaillé sur cette statue ? 

je l’ignore, mais tous corps de métier confondus, je pense qu’environ 150 personnes y ont participé. C’est un chiffre moyen. Dans le cinéma, on peut atteindre 400/500 personnes sur de grosses productions. 

Combien de temps ont demandé la conception et la fabrication de la statue ? 

Six mois. 

En quelle matière était-elle faite ? Quelle était sa hauteur ? 

Sculptée en polystyrène par un sculpteur spécialisé (Francis Poirier), armée par des structures en bois et métal, couverte de résine, peinte, patinée et mécanisée pour les mouvements de la tête, d’un bras et du ventre. C’est l’atelier Arte Fact, dirigé par Dominique Lebourge, qui a réalisé ce décor près d’Orange. Elle devait mesurer environ 11 mètres, je ne me rappelle pas exactement. 

Savez-vous le budget nécessaire pour ce seul décor ? 

Je ne m’en souviens pas, mais d’expérience, je l’estime à environ 300  000 euros

Où et quand la statue a-t-elle été montée pour la première fois ? 

En août 1999, à l’atelier Arte Fact, à l’extérieur parce qu’elle était plus haute que les ateliers ! Puis en septembre, au Dôme de Marseille, pour la première représentation. 

Mylène était-elle effrayée à l’idée de faire une entrée si haut ? 

Non, elle est très courageuse ! 

Ne trouvez-vous pas son entrée un brin mégalo ? 

Si, bien sûr, mais si on n’est pas mégalo en faisant du spectacle ! 

L’entrée et la sortie de scène semblent extrêmement importantes pour Mylène, le comprenez-vous ? 

Très bien. C’est une règle de base dans le spectacle. Déjà le théâtre grec était très attentif à cet usage. Mylène est une véritable et énorme bête de scène

Le fait d’avoir collaboré avec Mylène Farmer vous a-t-il ouvert de nouvelles portes, ou a contrario, en a-t-il fermé ? 

Ni l’un ni l’autre. Certains de mes proches n’ont pas compris que je participe à ce projet, mais je m’en fiche ! 

Comment se passait le transport, la statue était-elle complètement démontable ? 

MF99_02aElle était construire en plusieurs parties (peut être six ou sept). Chacune était transportée par camion. C’était assez spectaculaire de voir un bras dans un seul camion par exemple. 

Quel souvenir gardez-vous de votre collaboration avec Mylène ? A-t-elle une place particulière dans votre parcours ? 

Oui parce que c’était mon premier contact avec le « show-business », qu’l a été positif et qu’il m’a donné l’occasion de collaborer avec une femme de qualité. 

Restez-vous en contact avec elle ? 

Non, c’est la loi du genre. 

Que sont devenus la statue, les maquettes et les dessins ? 

Elles ont été détruites comme c’est l’usage. Je garde les dessins, les études et les maquettes. Elles sont dans un grenier (avec les autres) dans ma maison de campagne. 

Une question bêtement matérialiste : quand Mylène fait faire une petite reproduction de la statue pour un objet visant à assurer la promotion de son double album live, êtes-vous consulté ? Donnez-vous votre autorisation ? Touchez-vous des droits d’auteur ? 

Non, ce n’est plus mon problème depuis longtemps au moment de cette décision. Je ne touche pas de droits d’auteur parce que ce n’était pas prévu dans mon contrat. Mais j’en ai reçu une et je la garde (sourire).

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Interview Mylénium Tour Mylène

Posté par francesca7 le 11 octobre 2011

Interview exclusive de LAURENT BUISSON – Son 

« Il nous est arrivé d’avoir des coupures de courant en plein concert » 

Interview Mylénium Tour Mylène dans CONCERTS DE MYLENE MF99_23a

QUESTION / REPONSES  

Source : IAO 7 avril 2006 – spécial Live    

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Avant tout, expliquez-nous en quoi consiste votre métier ? 

Je suis chargé de la diffusion du son dans la salle. Cela consiste à reprendre tous les micros des chanteurs et instruments indépendamment sur scène pour reproduire un son agréable dans la salle. 

Vous avez travaillé sur les trois tournées de Mylène. Pourquoi n’a-t-on pas fait appel à vous pour les concerts de cette année ? 

Je ne sais pas. Il faut demander à la prod. A l’époque de la tournée d’Alizée, je n’étais pas libre et je me doutais que celui qui ferait Alisée ferait la prochain Mylène. C’est comme ça. Et puis il y a des modes dans ce métier. En ce moment, c’est Stéphane (Plisson, NDLR) qui a la cote, tant mieux pour lui. 

Comment êtes-vous entré dans l’équipe Farmer ? 

Par Thierry Suc, qui m’a fait confiance à l’époque. 

Vous étiez en totale charge du son sur le Tour 96 et le Mylenium Tour alors que vous étiez très en retrait derrière Thierry Rogen et Patrice Carmer en 89. Pourquoi cela ? 

J’étais juste assistant en 89, j’ai fait quelques dates à la place Thierry et de Patrice, je suis ensuite resté pour les autres tournées. 

Quelles sont les principales difficultés de votre job ? 

Avec Mylène, la principale difficulté venait de son filet de voix qui est très petit. Elle chante toujours juste, mais elle n’a pas beaucoup de puissance. Il y a aussi les nombreuses programmations à gérer. Mais ça devient une habitude aujourd’hui. 

Participiez-vous à l’enregistrement des albums live ? 

Non. 

Selon vous, sont-ils fidèles aux concerts sur lesquels vous avez travaillé ? 

Ils sont bien faits, mais ne restitueront jamais les émotions du live. Surtout pour Mylène où l’ambiance dans le public est incroyable ! 

Avec qui travaillez-vous le plus sur un concert de Mylène, Laurent ou Mylène ? 

Avec Laurent Boutonna tour le Tour 96 et Yvan Cassar pour le Mylenium.   

0Mylène a-t-elle recours à du playback ? 

Non, jamais. 

Devez-vous avoir recours à des astuces particulières compte tenu du fait que Mylène a une vois très fluette ? 

Chacun a des astuces de pro. Qui seraient trop longues à expliquer. Disons simplement que la technique des micros a beaucoup progressé. 

Avez-vous le souvenir de gros problèmes de sons sur certains concerts des trois tournées ? 

Il nous est arrivé d’avoir des coupures de courant en plein concert ! Ce qui est curieux, c’est que c’est arrivé une fois par tournée (rire). Pour la dernière (le Mylenium), c’était à Lyon. Je me souviens qu’on n’entendait plus que Abbe (Abrahamm Laborile Jr) qui continuait à taper comme un malade sur sa batterie dans une salle déchaînée, même sans son ! 

Comme réagit Mylène dans ces moments là ? 

Très bien. Il y a toujours eu une bonne ambiance. Mylène est très gentille, vous savez. Et ça n’a duré qu’une minute. 

Lyon ne lui porte pas chance ! Vous rappelez-vous de sa chute de scène lors du Tour 96 ? 

MF99_43aOui bien sûr. Le pire, c’est que c’est arrivé lors d’un rappel qu’elle ne faisait pas habituellement ; 

Mylène participe-t-elle activement à toues les étapes sans rechigner, comme la balance ? 

Mylène ne fait quasiment jamais de balance. 

Quelle est la tournée de Mylène qui vous a demandé le plus de travail ? 

Le Mylenium car il y avait un manque de cohésion au niveau de l’équipe technique – son – façade. 

Est-il particulièrement valorisant ou intéressant de travailler pour Mylène ? 

Oui, car ses shows sont toujours exceptionnels. 

Quelle est votre tournée préférée ? 

Le Tour 96. Au niveau du son, c’est le travail don je suis le plus fier et au niveau lumière, c’est là qu’il y avait la meilleure ambiance. Mais toutes les tournées étaient réussies.

 

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Interview Mylénium Tour

Posté par francesca7 le 11 octobre 2011

Interview exclusive de NELLY GIRAUD et CORINNE BLANDEL – Habilleuses « Mylène paniquait souvent pendant les changements de tenue » 

Interview Mylénium Tour dans CONCERTS DE MYLENE Mylenium-Tour

QUESTION / REPONSES  

Source : IAO 7 avril 2006 – spécial Live     

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A -  Nelly Giraud 

En quoi consiste votre métier ? 

Je m’occupe des costumes. A savoir les changements, pendant le spectacle, et l’entretien, entre deux concerts. Je m’occupe aussi de l’artiste, en préparant sa loge. 

C’est-à-dire ? 

Je mets en place ce qu’il faut dans la loge. Mylène est une grande consommatrice de thé et de miel. 

Vous faites cela depuis longtemps ? 

Oui, une trentaine d’années. J’ai beaucoup travaillé avec Sylvie Vartan, Johnny, Yves Montand, Barbara. 

Et vous avez fait les tournées de 96 et 99 avec Mylène… 

Oui, et le dernier spectacle de cette année aussi. 

Est-ce que vous assistez aussi aux essayages des costumes en amont de la tournée ? 

Pas tout le temps, ça dépend. Pour le « Mylenium Tour », oui, car elle avait besoin de moi, car je suis aussi couturière. Pour le spectacle « Avant que l’Ombre », on a commencé à travailler fin décembre. 

Vous avez suivi Mylène sur toutes les dates, même jusqu’en Russie ? 

Oui. Mais je n’étais pas toute seule. On était quatre habilleuses, dont deux pour Mylène 

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vous l’habilliez combien de temps avant le début du concert ? 

une demie heure avant. Trois quarts d’heures maxi. 

Parte-t-elle dans les dernières minutes qui précèdent le spectacle ? 

Non, pas du tout.   

Et s’il y a un vêtement qui s’abime ? 

Nous sommes là pour le réparer avant le concert d’après. 

C’est arrivé ? 

Oui. Surtout le voile avec lequel Mylène entre en scène. Il était souvent troué après le concert car elle s’accrochait régulièrement dans la main de la statue. 

Et le faux cul de « Optimistique-moi » ? 

Ah c’était très beau ça ! Mais il ne nous a posé aucun problème d’entretien. Par contre, c’était très compliqué à mettre. On a trouvé une astuce pour l’enfiler à Mylène : on se mettait à deux et on accrochait les chaps (surpantalon façon cow-boy) sur la guêpière et Mylène l’enfilait presque comme un pantalon. 

En fin de tournée, Mylène réunit-elle toute l’équipe pour vous remercier ? 

Oui, on fait un grand repas. Tout le monde se retrouve. On reçoit généralement des cadeaux. Pour le « Mylenium Tour », chacun a eu un blouson de cuir Redskin. 

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B – Corinne Blandel 

Avez-vous travaillé avec Mylène avant le « Mylenium Tour » ? 

fond7A vrai dire, oui, il y a très longtemps, à l’époque de « Maman a tort ». je suis styliste à la base, et je dois avouer que la première fois que j’ai vu cette fille à la télé, je me suis dit que tout ce que je faisais depuis quelques années lui correspondrait tout à fait. Elle aimait les tenues qui soient à la fois portables à la ville et en même temps empreintes de théâtralité. J’avais tout un book comme ça, avec notamment des redingotes. 

Donc vous êtes entrée en contact avec elle à cette époque ? 

Oui, mais j’ai mis longtemps à y parvenir ; elle était déjà difficilement approchable… ça m’a pris un an je crois. 

Et comment y êtes-vous parvenue ? 

Par hasard. En fait il s’avère que, un jour j’ai rencontré Pierre Perrin, qui était le photographe de Mylène à ses tous débuts, mais aussi son ancien compagnon, avant Laurent Boutonnat ; il m’avait d’ailleurs raconté qu’il n’avait pas cru au potentiel commercial de « Maman a tort » et que c’est un peu ça qui avait conduit à une rupture. Il m’a donné les coordonnées de Mylène et je l’ai contactée. Mais même avec ses coordonnées priées, j’ai eu du mal à l’atteindre. 

Mais vous l’avez vue ? 

Oui. Je lui ai montré mon book et ça lui a plu. Mais la difficulté pour moi, c’était qu’elle avait déjà une costumière, Carine Sarfati, qui m’a visiblement prise pour une rivale potentielle. Moi, je démarrais dans le métier, alors je n’ai pas insisté. Mais Mylène a tout de même porté une de mes tenues en télé. C’était un chemisier un peu particulier, avec des manches pointues qui se terminaient par un anneau sur les mains. 

C’était pour quelle émission et quelle chanson ? 

Je crois que c’était « On est tous des imbéciles » dans une émission du matin sur FR3 (devenue France 3 depuis, MDLR). 

MyleneFarmerMyleniumTourvous aviez quand même accès à sa loge non ? 

oui mais parfois certaines personnes la mettaient vraiment sous cloche. Et le pire, c’est que je ne suis même pas sûre que ce soit sa volonté. Je me souviens que parfois, je l’entendais dire : « mais laisse la entrer, c’est Corinne, ca fait trois mois qu’elle me voit nue tous les jours ! » (rires) 

Combien de tenues Mylène a-t-elle délaissées alors ? 

Deux ou trois. Je me souviens notamment d’une tenue en résine chair, avec comme des gouttes de corail ou des flammes dessus. C’était une pure merveille. Elle valait bien 10 000 euros d’ailleurs. Mais c’était un vêtement tellement délicat qu’il était impossible de l’enfiler rapidement. Mylène ne l’a donc pas porté pendant le « Mylenium Tour ». En revanche, elle a fait une télé avec. 

Mylène parlait-elle pendant les changements de tenue ? 

Non, pour la simple raison qu’elle avait encore ses micros. On faisait tout par gestes. Par exemple, on lui tapait sur le mollet pour qu’elle lève le pied gauche (rires). Tout était très bien organisé. 

Et il y a déjà eu des cafouillages ? 

Oui. Je me souviens qu’un soir, lorsqu’on lui a enfilé la tenue du final, un superbe vêtement monté sur tulles, elle a paniqué quand son micro s’est pris dans le dos du vêtement. Elle était prête à l’arracher au ciseau. On a juste eu le temps de l’arrêter car comme elle remettait la tenue le lendemain ou le surlendemain, ça aurait été la catastrophe. Elle paniquait souvent pendant les changements rapides, à deux ou trois moments du concert. 

Pourquoi cela ? 

Je ne sais pas. Il faut reconnaître que certaines personnes de son entourage étaient assez stressantes. Je me rappelle d’une d’entre-elles en particulier qui venait parfois la voir entre deux chansons pour lui dire qu’elle avait oublié tel mot dans les paroles ou qu’elle avait fait telle erreur dans les as de danse. C’était assez déplacé, je trouve. 

Vous aviez des relations avec elle en dehors du spectacle ? 

Oui, un peu. Mais elle avait besoin de beaucoup de calme. Elle arrivait souvent à la Michael Jackson, l’écharpe au raz du nez et le bonnet jusqu’aux yeux. En même temps, elle pouvait se montrer totalement disponible ; elle venait discuter un peu avec nous au catering. Je n’ai pas le sentiment que c’est quelqu’un qui refuse la communication. Elle ne fait pas sa star. Je pense qu’elle est simplement surprotégée. 

Et en sortant de scène, elle parlait aussitôt ou elle restait un peu ? 

Elle partait. C’était un tel délire. Je me rappelle d’ailleurs que certains fans qui l’attendaient dehors me prenaient parfois pour elle quand je passais devant des espaces vitrés car, à l’époque  j’étais rousse avec les cheveux un peu en pétard. Et ils criaient !!! J’étais obligée de sortir pour leur dire que je n’étais pas Mylène et qu’elle était déjà partie. 

Mais elle partait avec sa tenue de scène ? 

Non, elle se changeait pour enfiler des choses plus confortables, et partait rapidement.

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Interview Donna De Lory – Mylène

Posté par francesca7 le 30 septembre 2011

Interview Donna De Lory - Mylène dans CONCERTS DE MYLENE tour-96_troupe_1    Interview exclusive de DONNA DE LORY – Danseuse  

« Madonna et Mylène sont très différentes » 

QUESTION / REPONSES  

Source IAO7 avril 2006 – spécial Live  

  

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 Comment et par qui avez-vous été contactée pour faire partie du Tour 96 ? 

 

Mylène a demandé  à Philippe Rault, un producteur français avec qui j’avais déjà travaillé, de me contacter. 

 

MFBercy96_02aEst-ce pour votre travail avec Madonna que Mylène vous a choisie ? 

 

Je ne sais pas. Mais je sais qu’elle connaît mon travail avec Madonna. Quand on s’est rencontrée, elle m’a dit combien elle aimait ses shows. 

 

Vous aviez déjà entendu parler de Mylène Farmer avant cela ? 

 

J’avais vu un de ses clips à la télé une fois quand j’étais en tournée avec Madonna, et j’ai bien aimé. Elle me rappelle un peu Kate Bush que j’aime beaucoup ! 

 

Pourquoi avez-vous accepté cette tournée ? 

 

Simplement parce que j’ai beaucoup aimé Mylène quand nous nous sommes rencontrées et que j’ai senti un profond respect mutuel entre nous. En outre, j’ai toujours voulu chanter en français. J’ai étudié le français, et je voulais passer plus de temps ici et m’immerger totalement et profondément dans la culture française.

 

Pourquoi cet intérêt pour la France ? 

 

Mon grand-père était français, donc c’est dans mon sang d’être attirée par cette langue et cette culture. De plus, mon premier amour venait du sud de la France. J’ai d’ailleurs commencé à apprendre le français avec un professeur particulier, à Los Angelès, quand j’étais avec lui. Nous sommes restés ensemble pendant trois ans, et j’ai passé beaucoup de temps ici à profiter de ce bonheur. J’ai sincèrement pensé que je vivrais ici in jour, mais ma vie a pris un autre chemin. Mais certains de mes meilleurs souvenirs viennent de France. 

 

Compreniez-vous parfaitement les paroles des textes que vous chantiez ? 

 

Mylène parlait suffisamment bien anglais pour m’en expliquer les subtilités. Ses textes sont réellement uniques. 

 

Etes-vous restée en contact avec les autres membres de la troupe du Tour 96 ? 

 

Au début, nous sommes restés liés, mais le temps passant, et avec nos emplois du temps respectifs, nous nous sommes perdus 2123563417_small_1de vue. Mais j’en ai revu certains au grand concert du Live8 à Londres où j’étais avec Madonna. C’était sympa. 

 

 

Pourquoi ne pas avoir retravaillé avec Mylène depuis ? 

 

Je pense qu’elle préfère travailler avec des vocalistes françaises, mais je me trompe peut-être. Et puis, elle sait que je travaille sur ma propre musique et me soutien beaucoup pour cela. 

 

Comme vous le savez peut-être, les journalistes français disent souvent que Mylène est la Madonna française. Vous qui avez travaillé avec les deux, qu’en pensez-vous ? 

 

Madonna et Mylène sont trèèèèèèèès différentes ! Mais elles ont en commun d’être adorées par beaucoup de gens. 

 

L’une comme l’autre ne sont pas de grandes vocalistes. Avec laquelle des deux est-il le plus simple de travailler ? 

 

En ce qui me concerne, c’est à l’évidence Madonna. Je travaille avec elle depuis si longtemps que je la connais beaucoup mieux. 

 

Est-ce que Mylène parlais de Madonna avec vous. Est-ce que Madonna parle de Mylène ? 

 

Je ne parle jamais de M à Mylène, ni de Mylène à M. 

 

Comment se comportait Mylène avec la troupe ? Est-elle différente de M. sur ce point ? 

 

Les deux voyagent séparément du reste du groupe. Mais Mylène dînait avec nous tous les soirs après le concert. C’était important pour elle. Alors que Madonna rentre toujours à son hôtel après le show, à moins qu’il y ait un événement à célébrer. 

 

Qu’est ce qui vous a le plus surpris pendant le Tour 96 ? 

 

A quel point les fans de Mylène l’adorent, et combien c’était intense et merveilleux quand elle laissait son public chanter. Elle est en telle osmose avec son public ! 

 

Vous vous souvenez de sa chute à Lyon ? 

 

C’était choquant ! Nous étions tous très tristes que la tournée s’achève de façon aussi brutale.

 

 article_starclashVous avez repris « Laisse le vent emporter tout » durant vos concerts de 2001. La chanson figure aussi sur votre album live sorti en 2002. Pourquoi cette reprise ? Mylène vous a-t-elle donné ses impressions ? 

 

Je ne sais pas si Mylène l’a entendue. Mais je suis sûre qu’elle serait très contente de savoir que j’ai chanté ce morceau. J’adore cette chanson. Cela me rappelle ces merveilleux moments passés avec elle sur la route. 

 

Quels sont vos activités en ce moment ? 

 

Je travaille sur mon nouveau CD qui devrait sortir en 2006, et je m’occupe de ma superbe petite fille. Et il y a des chances que vous me voyiez en tournée avec Madonna cette année, qui sait ?!

 

 

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