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Les Questions que se pose Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 décembre 2015

 

mylene farmerMylène Farmer vient de vivre sa première tournée en 1989. Trois cent mille spectateurs, plus de 40 dates et 3 pays (France, Suisse et Belgique). Elle s’achève le 8 décembre 1989 à Paris-Bercy. La tension retombée, la chanteuse s’est posé beaucoup de questions.

« C’est un moment de vide, et non pas de doute. Une absence d’idées quant à une écriture pour un autre album. C’est pour cela que j’ai laissé passer un peu de temps avant d e me remettre à écrire. C’est difficile d’envisager d’écrire après un moment pareil….

Le retour au quotidien a été un peu à l’image d’une dépression, mais j’étais quand même relativement entourée. Mais tous ces états de choses très puissantes et puis rien, c’est presque inhumain. Tout artiste est amené à vivre cela heureusement ou malheureusement…« . déclare-t-elle.

L’année 1990 est calme pour Mylène. Début 1991, les 11 et 12 janvier, elle « change de tête » et confie sa nouvelle coupe de cheveux au célèbre coiffeur Jean-Marc Maniais. Un nouveau look très androgyne. En février, Mylène et Laurent Boutonnat sont à Budapest en Hongrie pour le tournage des deux premiers clips du prochain album. En mars 1991, c’est le grand retour avec la sortie de Désenchantée, premier extrait de l’album L’autre…

C’est une véritable tornade. Les supports sont en vente le 18 mars. Désenchantée va devenir le plus gros tube de Mylène avec neuf semaines consécutives à la première place du TOP 50 français, mais aussi en pôle position en Belgique. Plus de 800 000 exemplaires vendus et deux disques d’or. Le succès va encore se confirmer avec la sortie du clip le 3 avril de la même année. La promotion de l’album débute le Dimanche 7 avril 1991 avec la diffusion sur M6 de l’émission Pour un clip avec toi. Laurent Boyer a eu l’honneur de pouvoir filmer le tournage du clip et d’interviewer Mylène et Laurent en Hongrie, une première, et il n’y a d’ailleurs pas eu de nouvelle initiative identique depuis.

Le lundi 8 avril 1991, Mylène est aussi pour la première fois l’invitée d’un journal télévisé de 20 heures, celui de Patrick Poivre d’Arvor sur TF1, l’album L’autre…. est disponible en magasin le même jour ; Pour Désenchantée, Mylène propose cinq prestations télévisées très travaillées, chorégraphiées, dans une à l’étranger, en Italie. La promotion se fait aussi en radios avec de longues interviews (NRJ, RTL…) et surtout dans la presse. L’autre… entre directement à la première place du TOP albums français, place à laquelle il restera pendant vingt  semaines consécutives, établissant alors un record. L’album est certifié disque de diamant pour plus d’un million d’exemplaires vendus et les ventes totales en France sont estimées à plus de 1 800 000 exemplaire. Beau succès aussi à l’étranger. L’autre… est n° 1 et disque de platine en Belgique francophone et album d’Or en Suisse.

Pour succéder au tube Désenchantée, le choix se porte sur le duo (le premier) avec Jean-Louis Muras, Regrets. C’est Mylène qui aurait proposé ce duo après avoir écouté et aimé l’album Cheyenne Autumn du chanteur ; Alors même que Désenchantée est toujours intensément diffusée sur les ondes, Regrets est envoyée en radio dès le début de l’été et l’accueil est excellent.

Belle audace que de lancer cette ballade mélancolique, qui sera de surcroît illustrée par un clip en noir et blanc et enneigé, à une saison habituellement dévolue aux tubes dansants et sentant bon le soleil et la plage. Le single est disponible le 19 Juillet 1991 et plusieurs supports sont proposés : un 45 Tours, un CD maxi (dont une édition limitée avec un pin’s), un maxi 45 tours et une cassette single ; Les ventes en France sont estimées à plus de 250 000 exemplaires, le single est donc certifié disque d’or. Le clip est réalisé par Laurent Boutonnat à Budapest fin février 1991, en même temps que celui de Désenchantée et diffusé pour la première fois à la télévision le 9 septembre dans l’émission Stars 90 animée par Michel Drucker sur TF1.

Mylène est également présente sur le plateau pour évoquer son voyage avec Luc Besson en Arctique pendant l’été.

Pour le troisième single extrait de l’album L’autre…, e choix de Mylène se porte sur Je t’aime mélancolie, un titre très différent des précédents. Avec des consonances rap, il est plus rythmé et plus dansant ; Fait très rare, c’est une nouvelle version ixée par Laurent Boutonnat et Thierry Rogen qui est proposée aux radios, une version plus brève (introduction raccourcie), plus dynamique et encore plus efficace que celle de l’album. Les couplets de cette chanson sont plus parlés que chantés.

Début novembre 1991, un CD promo est envoyé aux radios. Et, pour la première fois pour un single de Mylène, un « promo luxe » est créé par Henry Neu : une pyramide en 3D. En choisissant ce titre, Mylène semble vouloir s’éloigner transitoirement des textes uniquement sombres et mettre en avant non seulement une autre facette de son personnage, mais aussi la richesse de sa plume.

Beaucoup d’humour dans ces paroles, avec une évidente référence aux médias, notamment à la presse qui ne lui a pas épargné les rumeurs infondées ou critiques souvent gratuitement assassines depuis des années.

Mylène déclare en septembre 1991 :

« Il est vrai que la mélancolie fait partie de mes thèmes de prédilection. L’état de mélancolie est quelque chose d’aigre-doux. J’ai essayé de développer cette idée… J’aime bien ces états même s’ils sont parfois un peu douloureux. On peut se laisser un peu bercer dans ces états même si cela mène sur les larmes. Mais les larmes j’aime ça aussi« 

MylèneLe 19 novembre, quatre supports sont proposés : un 45 tours, un maxi 45 tours, un CD maxi et une cassette audio. La photo utilisée pour illustrer les pochettes de ces différents supports est de Marianne Rosenstiehl, Les supports offrent des contenus assez variés, ce qui fera le bonheur des collectionneurs déjà très nombreux ; Les fans ont également la joie de découvrir un titre inédit, Mylène is calling, uniquement sur le CD Maxi France. Cette chanson qui fait partie des titres les plus « expérimentaux » du duo Farmer-Boutonnat passe en boucle un message qu’airait laissé Mylène sur le répondeur de Laurent. Je t’aime mélancolie est également l’un des singles de Mylène à bénéficier du plus grand nombre de supports destinés à l’étranger.

Malheureusement, le titre y passera plutôt inaperçu, même en Allemagne ou Mylène effectuera pourtant une prestation télévisée : il se classera tout de même à la 79è du TOP single allemand. Le single entre à la 15è place du TOP50 français. Il atteindra la 3è positon quelques semaines plus tard et s’écoulera au total à environ 300 000 exemplaires.

S’ensuit un très joli succès à peu près équivalent à celui du single précédents, Regrets. Mylène interprète le titre lors de quatre prestations télévisées :

 Sacrée Soirée le 11 décembre 1991 sur TF1,

Tous à la Une le 27 décembre 1991 sur TF1 Ein Kessel Buntes sur la chaîne allemande MDR.

Le clip est réalisé aux Studio Sets à Stains en novembre 1991. Le tournage dure quatre jours (deux jours pour les scènes de combats et deux jours pour les cènes chorégraphiées avec dix danseuses). Un tournage intensif, l’équipe travaillant chaque jour de 7 heures 30  à 20 heurs 30. Le photographe de plateau est Claude Gassian, il s’agit d’une première collaboration.

La chorégraphie a été conçue par Mylène. Pour les scènes de combats, Mylène s’est entraînée durant six jours avant le tournage avec un coach professionnel. Le boxeur présent dans le clip est un boxeur professionnel yougoslave ; Mylène est vêtue d’un porte-jarretelle cuir, d’une guêpière et d’une ceinture également en cuir, le tout créé par Jean-Paul Gaultier ; Le clip est diffusé pour la première fois à la télévision le 15 décembre 1991.

extrait de Mylène Farmer Ses mots, Ses clips aux Editions Chapitre.com 2014

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Le premier Champs Elysées de Mylène

Posté par francesca7 le 21 décembre 2015

 

 Champs Elysées

Le 6 mai 1987 : Mylène Farmer pense probablement à ce moment-là qu’il faut monter sur scène pour promouvoir ses preemières chansons et rencontrer ses fans. Mais d’abord, il lui faut réaliser un nouvel album. Avant l’arrivée de cet album, Ainsi Soit je… la chanteuse propose un premier extrait : Sans contrefaçon. Le public, de plus en plus nombreux, va pouvoir acquérir trois supports : Un 45 tours, un Maxi 45 Tours et un maxi CD avec une pochette carton façon Single 2 titres, le premier de la carrière de Mylène.

Avec cette chanson, les contours de l’univers assez spécifique de la chanteuse se désignent progressivement ; elle devient aussi une icône gay. Dans un premier temps, Laurent Boutonnat qui travaille d’arrache-pied sur les musique sdu prochain album de Mylène, avait pensé proposer en sigle une reprise de la célèbre chanson de Juliette Gréco, Déshabillez-moi mais, pendant l’été 1987, les projets vont être modifiés, le nouveau single de Mylène sera Sans Contrefaçon. La première de Déshabillez-moi n’est pas pour autant écartée. On la retrouvera sur l’album Ainsi soit je….

Le futur tube sort le 16 octobre 1987. On découvre sur la face B du 45 Tours in inédit : La route triste, avec une musique de Laurent Boutonnat et des paroles de Mylène Farmer, ce qui sera dorénavant monnaie courante. Le duo travaille sur le scénario du clip et, le 19 octobre, Mylène se fait mouler le visage pour la fabrication d’une marionnette.

Le démarrage de Sans contrefaçon en radio est plutôt laborieux se qui n’est guère du goût de Mylène, qui lance un défit à son manager Bertrand Le Page : « Je me souviens qu’elle m’avait téléphoné en me disant : « Si tu es un bon manager, tu vas me le prouver : je veux deux fois plus de passages sur NRJ pour Sans contrefaçon ».J’ai eu le trac, mais je les ai obtenus ».

Parallèlement, la chanteuse va débuter la promotion en télévision à partir de mi-novembre 1987 et va interpréter le titre pas moins de seize fois jusqu’ne févier 1988. Des efforts qui seront récompensés. L’extrait du futur album entre le 5 décembre 1987 à la 21è place du TP50 et atteindra la 2è place, son meilleur classement, le 20 février 1988. Le hit de l’époque de la chanteuse Sabrina, Boys, Bosy, Boys, l’empêchera d’accéder à la première marche du podium. Sans Contrefaçon se vendra à plus de 500 000 exemplaires en France et sera certifié Singe d’or. C’est alors le plus gros tube de Mylène Farmer.

Le tournage du clip se déroule du 9 au 14 décembre 1987 sur les plages de La Hague dans le Cotentin. Il est réalisé un peu tardivement alors que la chanson est déjà un succès. C’est la première fois que Mylène participe aussi activement à l’écriture du scénario. Sa première idées était que l’histoire se déroule dans un camp de concentration.

Le clip est diffusé en avant-première pour la presse au cinéma Max Linder à Paris en janvier 1988 et est nommé aux Victoires de la Musique la même année. Mais le trophée est remporté par les Rita Mitsouko pour le clip C’est comme ça réalisé par Jean-Baptiste Mondino.

Ainsi soit- je… est le second album de Mylène Farmer. Il sort le 14 mars 1988. Ainsi soit-je… c’est aussi le nom d’une chanson qui va devenir le second extrait un mois plus tard. Il fait suit e au précédent tube sulfureux Sans Contrefaçon. C’est la première fois que Mylène décide de sortir une ballade, elle prend donc un risque. C’est peut-être une manière de monter plusieurs univers musicaux.

http://www.dailymotion.com/video/x37mqa

Le single sort le 4 avril 1988 sur différents supports : à côté des classiques 45 tours et maxi 45 tours, on découvre pour la deuxième fois un CD Maxi et pour la première (et unique) fois un CD Vidéo. Le single se vend à environ 150 000 exemplaires en France et atteint la 12è place du TOP50. Un des rares singles de Mylène à  ne pas avoir réussi à rejoindre le TOP10, mai peu importe, il a séduit les fans. D’après nombre d’entre eux, la version studio serait parfois fatigante, mais c’est l’une des chansons qui dégage le plus d’émotions lors d’un concert. Le clip réalisé par Laurent Boutonnat en deux jours sur fond vert aux Studio Sets de Stains en région parisienne est diffusé en avant-première le 22 mai 1988 dans l’émission Les animaux du monde sur TF1, émission à laquelle Mylène participe ce jour-là.

En 1988, Ainsi soit je.. ; est interprété dans huit émissions différentes.

extrait de Mylène Farmer Ses mots, Ses clips aux Editions Chapitre.com 2014

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Avant que l’ombre…à Bercy, Paris 2006

Posté par francesca7 le 29 novembre 2015

 

Cette année, Mylène a décidé de nous montrer qu’elle est toujours présente pour ses fans! En janvier dernier, Mylène remontait sur scène après 6 années d’absence. Depuis janvier, Mylène n’a pas chômé puisqu’elle nous a sorti deux singles extraits de l’album « Avant que l’ombre… » – qui dit single dit clip – et un duo inédit qui sortira très bientôt! La période « Avant que l’ombre… » se terminera après les CD-DVD live de « Avant que l’ombre… à Bercy » mais en attendant nous aurons le plaisir de lire et regarder le nouveau livre de Mylène Farmer! Ce livre officiel regroupera des photos de Claude Gassian légendées par Mylène Farmer elle-même! Ces photos retraceront « Avant que l’ombre…à Bercy » et le livre sera disponible dès novembre prochain. Son prix sera de 38 euros et le titre du livre n’est autre que le titre de cette news!

 

 avant que l'ombre

 

Les supports lives

« Avant que l’ombre… à Bercy » tiré des concerts du même nom est le live de tous les records ! Record d’attente tout d’abord puisque c’est seulement le 4 décembre 2006 soit + de 10 mois après le dernier concert que les différents supports live sont commercialisés ! Jamais un live n’aura été aussi attendu puisque n’oublions pas que de très nombreuses personnes n’ont pas eu la chance d’assister aux concerts, faute de pouvoir partir en tournée pour Mylène et son équipe. Un superbe 1er single aura tout de même précédé cette sortie puisque c’est la chanson finale « Avant que l’ombre… » et notamment son magnifique clip qui est choisie pour annoncer cette sortie évènementielle.

C’est une réussite totale à tous les niveaux ! La réalisation signée une nouvelle fois François Hanss est impeccable et les dernières techniques ont été utilisées pour les images et le son afin de restituer au mieux l’ambiance de ce show grandiose. Chaque tableau du concert est ainsi parfaitement rendu, Mylène est totalement dans son élément sur scène et plus proche que jamais du public… une bête de scène on vous dit ! Tous les musiciens et danseurs présents sur scène s’intègrent parfaitement au spectacle et prennent eux aussi visiblement beaucoup de plaisir à partager cette scène. De plus, les bonus du dvd donnent la parole aux principaux concepteurs du show (Mylène ne faisant que quelques apparitions furtives dans ces images !) qui en dévoilent les longs préparatifs, un travail passionnant mais difficile !

Côté supports, c’est la « routine » avec la sortie d’un double cd et d’un double dvd en édition limitée tout d’abord, dans un boitier coulissant en plastique de couleur ocre s’ouvrant comme les portes de la scène principale. Quant au coffret ultra-collector comprenant l’intégrale du spectacle dans une reproduction du sarcophage utilisé au début pour l’arrivée sur scène de Mylène, tout part en quelques heures !

Les ventes explosent au delà de toutes les espérances ! Un mois après sa sortie, ce sont près de 500 000 exemplaires du live tous supports confondus qui ont été vendus dont 345 000 exemplaires du dvd, 1 véritable exploit pour 1 dvd musical en France !!

 

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LES CHANSONS

1. Intro
2. Peut-être toi
3. XXL
4. Dans les rues de Londres
5. California
6. Porno Graphique
7. Sans contrefaçon
8. Q.I
9. C’est une belle journée
10. Ange, parle-moi
11. Redonne-moi
12. Rêver
13. Ainsi soit-je OU L’autre
14. Désenchantée
15. Nobody knows
16. Je t’aime mélancolie
17. L’amour n’est rien
18. Déshabillez-moi
19. Les mots
20. Fuck them all
21- Avant que l’ombre…

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Commentaire sur Avant que l’ombre…à Bercy

Posté par francesca7 le 25 novembre 2015

Oh chouette, encore un live de Mylène Farmer ! Franchement, merci, c’est génial, c’est pas comme si ça faisait déjà le quatrième de sa carrière pour six albums studio sortis !

 

Bercy

Bon. Mieux vaut se calmer, retranscrire de la colère dès le début d’une chronique n’est pas une chose à faire. Mais tout de même, Farmer a-t-elle besoin de tirer un album live de chacune de ses tournées ? Peut-être pas elle, mais Polydor, si. La filiale d’Univers Sale est tombée sur une magnifique poule cendrée aux oeufs d’or, pas question de la lâcher ou de ne pas l’exploiter à fond, voire plus. Et hop, en décembre 2006, comme tant d’autres albums de la discographie de la rousse, Avant que l’ombre…à Bercy déboule chez les disquaires.
Le mot « Bercy » a dû faire sursauter bien des fans de Farmer. En effet, impossible de ne pas ignorer qu’un précédent live a été enregistré au Palais Omnisports de Paris-Bercy. Et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agissait du meilleur live de Farmer, le maitre-étalon de ce que devrait être un live idéal. Il n’en faut pas moins pour espérer que la chance et le talent reproduisent l’exploit. Ah, les espoirs déçus, il y a de quoi sortir un livre épais comme une brique…

Enregistré en janvier 2006, Avant que l’ombre…à Bercy se propose donc de présenter comment Mylène Farmer et ses musiciens ont défendu le dernier album en date, Avant que l’ombre… à Bercy, à l’issue d’une série de 13 concerts donnés dans la salle polyvalente. Ça, c’était facile à deviner. Ce qui l’est moins en revanche, c’est la qualité du live qu’on nous vend en lui-même.
La tracklist de l’album, comme prévu, comporte une majeure partie de Avant que l’ombre…Jusque là, rien d’anormal. Ce qui l’est un peu, ce sont les chansons qui restent sur le carreau. Elles sont loin d’être les plus faibles, et méritaient bien une exposition live. Pour les accompagner, les tubes de Farmer viennent combler les vides. Aucune surprise ici, contrairement au Mylenium Tour. Parmi ceux-là, la joie sera a priori au rendez-vous, avec trois morceaux d’Anamorphosée et deux des trois inédits de la compile Les Mots. En revanche, à titre personnel, j’avoue que la présence de « Q.I », l’une des plus mauvaises chansons de Farmer, me déplaît très fortement. Cette chanson est nulle, et ce n’est pas le live qui la rendra meilleure.

Côté interprétation, le bât blesse, et pas qu’un peu. Bien que le talent des musiciens convoqués n’est pas contestable, ils ne sont pas tellement à leur avantage ici. Le mixage, sans pour autant être qualifié de mauvais, n’est pas top, et en termes d’arrangements, ils sont amenés à participer à une accentuation « pop médiocre » des chansons, en particulier des anciennes. Après, il ne faut pas exagérer, ce n’est pas non plus un mauvais live. Quant à Farmer en elle-même, elle reste a priori aussi bonne interprète sur scène qu’en studio. Du moins, si on en croit les albums live…rien n’exclut que sa voix ait été retravaillée. Mais elle ne sera ni la première ni la dernière, loin de là. Certaines chansons sont fort bien interprétées, et collent plus que correctement à la scène, à l’image de « C’est une belle journée », et surtout du duo « Les Mots ». Cette fois, non seulement Farmer ne fait plus l’erreur de l’interpréter toute seule, mais en plus, c’est le batteur Abe Laboriel Jr. qui l’accompagne – Heidi Klum n’est pas prêteuse. Il est évident qu’il n’égale pas la performance de Seal, mais en terme d’émotion, la chanson frappe fort.

Allez, dans l’ensemble, Avant que l’ombre…à Bercy n’est pas si mauvais qu’on pourrait le craindre. Farmer chante bien, les musiciens interprètent leurs parties de bonne manière, bref, ça aurait pu être pire. Toutefois, contrairement à ses prédécesseurs, il est bien moins important et contente plus difficilement son monde. Un manque d’attraction et d’implication de la chanteuse (malgré de forts passages comme « L’autre », par exemple) n’en font pas un essentiel. C’est donc un 3 que je donne, mais du bout des doigts.

issu du site : http://fp.nightfall.fr/index.php

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Mylène a fait une rencontre du troi­sième type

Posté par francesca7 le 20 novembre 2015

1Sa bonne étoile s’est mise à briller un peu plus fort, comme un signal lui rappe­lant qu’elle n’avait pas encore tout dit, qu’il était temps de dessi­ner un nouveau ciel au-dessus de sa tête, à l’au­tomne dernier.

Elle venait alors de termi­ner le shoo­ting du livre Fragile, première extrac­tion de l’ima­ge­rie roman­tique et gothique qui a fait sa légende. Devant l’objec­tif de Sylvie Lancre­non, Mylène Farmer s’était mise quasi­ment à nu, tout juste habillée d’un voile de mous­se­line, de talc ou d’ar­gile. Mue et renais­sance d’une artiste dans sa façon de se présen­ter à l’autre.

Restait à trou­ver le son qui corres­pon­drait à cette envie d’épure, de recom­men­ce­ment, sans renie­ment de celle qu’elle fut. Etre diffé­rent et fidèle à soi-même, pour un artiste, c’est… tout un art !

Ecrit et enre­gis­tré sous le ciel de Cali­for­nie, l’al­bumAnamor­pho­sée, plus rock, voire plus sensi­tif, plus orga­nique, fut une première surprise, il y a vingt ans. Nouvelle pulsa­tion de vie, au-delà des ecchy­moses, avec Bleu Noir, disque aux sono­ri­tés élec­tro travaillées par Moby, RedOne et Archive, en 2010.

Proje­tée dans ses rêve­ries depuis la fin de sa tour­née Time­less, il y a deux ans, Mylène a fait une rencontre du troi­sième type : Martin Kirs­zen­baum.

Fils de scien­ti­fiques argen­tins, ce natif de La Jolla, en Cali­for­nie, ne connaît qu’une limite : le ciel ! Déni­cheur de talents (les loli­tas russes de t.A.T.u, la Cana­dienne Feist, Lady Gaga…) pour Inter­scope, label d’Univer­sal, il a fondé sa propre divi­sion, Cher­ryT­ree Records, spécia­li­sée dans l’édition, le déve­lop­pe­ment et le mana­ge­ment d’artistes (Tokio Hotel,  Robyn, Ellie Goul­ding, LMFAO…), sans délais­ser la compo­si­tion musi­cale.

Mis au piano par sa mère dès ses huit ans, membre de divers groupes durant son adoles­cence, ce multi-instru­men­tiste comprend à ce point les envies de ses talents qu’il ne put refu­ser à Sting, proche depuis bien­tôt vingt ans, l’enre­gis­tre­ment de Songs from the laby­rinth, collec­tion de pièces pour luth, en 2006! Contre toute attente, sinon celle de Sting et de Kiers­zen­baum, l’album s’est vendu à plus de 270 000 exem­plaires rien qu’aux Etats-Unis, le plus diffi­cile des marchés.

« Cela ne m’inté­resse pas d’exploi­ter ce qui est à la mode, je suis bien plus inté­ressé à l’idée de défi­nir ce qui va plaire », aime à répé­ter ce mari et père de deux grands enfants, si enjoué qu’on en devine à peine les quarante-huit ans.

Compo­si­teur de neuf titres inédits sur les onze inclus dans Inters­tel­laires, ce nouvel album de Mylène que Cher­ryT­ree Records va distri­buer à l’inter­na­tio­nal, Martin Kiers­zen­baum a très proba­ble­ment réussi son pari avec l’icône Farmer.

MYLENE 2015

Gala vous en offre un avant-goût…

1. Inters­tel­laires: Choisi au dernier moment comme titre de l’al­bum, ce premier morceau en défi­nit l’am­biance. Retour d’une batte­rie et de guitares plus rock. Niveau texte, Mylène chante le voyage. Vers un ailleurs, une autre vie, l’éter­nité ? Le refrain laisse libre cours aux imagi­naires : « Si c’était moi/ Pour nos rêves/ Mettre les voiles/ Le jour se lève/ On se prépare/ Au voyage/ Pour des ères inter­stel­laires (…) ». La voix a gagné dans les graves. Les chœurs qui l’ac­com­pagnent vers la fin évoquent une incan­ta­tion tribale. On pense à Vertige, chan­son d’ou­ver­ture de l’al­bum Anamor­pho­sée. Et on imagine déjà une entrée de scène sur ce titre.

2. Stolen car : Premier single exploité, ce deuxième morceau, inter­prété avec Sting, est le seul duo de tout le disque. Déjà chan­tée par l’ex-leader de The Police en 2003, cette reprise, remixée et produite par le dj star The Avener, est aussi le seul titre d’Inters­tel­laires aux distor­sions élec­tro. Choisi par Mylène pour ses quali­tés ciné­ma­to­gra­phiques et sa construc­tion invi­tant à un dialogue franco-anglais, cette ballade mid-tempo entre regrets et rêves, réalité et fantasme, pose la problé­ma­tique très « farme­rienne » du désir qui fait désordre.

3. A rebours : Si, avec ce troi­sième morceau, Mylène chante la tenta­tion du retour en arrière, d’un erase and rewind, quand tout pèse, tout nous accable, le début parlé, à la limite du slam, n’est pas sans rappe­ler son tout premier talk-over sur Maman a tort, il y a trente ans. Musi­ca­le­ment, on est dans l’épure : piano, guitare et batte­rie sur la fin portent des paroles aussi simples que percu­tantes, fina­le­ment posi­tives, libre­ment inspi­rées d’un certain André Malraux. « La vie ne vaut rien mais / Mais… Rien ne vaut la vie / C’est epsi­lon plus que petit / C’est epsi­lon pour­tant l’en­vie (…) ». Inspi­rant.

4. C’est pas moi : Ce quatrième morceau est peut-être l’une des meilleures surprises de l’al­bum. Sur un texte abor­dant le refus du confor­misme, de la tièdeur et de l’en­nui (« Marcher sa vie entière à…/ Côté de soi/ Tant d’âmes se méprennent/ Un oui/ Un non/ Une ligne droite (…) »), Mylène s’es­saie à… des sono­ri­tés funk ! La ligne de basse, rela­ti­ve­ment démente, en fera danser plus d’un, comme le fit – allez, osons la compa­rai­son – leThriller de Michael Jack­son.

5. Inson­dables : Deuxième teaser de l’al­bum dévoilé sur le net après Stolen car, ce cinquième morceau, qui débute avec un gimmick de métro­nome, voire de tic-tac, évoque la sépa­ra­tion, la perte de l’autre, l’ab­sence d’un être aimé qui enva­hit parfois le quoti­dien et nour­rit les regrets… Avec ce titre, Mylène prouve sa capa­cité à chan­ter sur le souffle, prouesse vocale qu’elle maîtrise désor­mais – grâce à sa coach Karen Acam­pora Nime­reala – comme nulle autre. Impres­sion d’en­tendre la plainte d’un fantôme, tout aussi inca­pable d’en­trer en connexion avec l’être qui lui a survécu. Nous reviennent les images du film Ghost, avec Demi Moore et Patrick Swayze.

6. Love song : Ponc­tué par un bruit de sonar, souli­gné lui aussi par des accords de guitare et la frappe d’une batte­rie, ce sixième morceau planant impo­sera à n’en pas douter l’al­lu­mage de briquets lors des prochains concerts de l’icône Farmer. A travers cette ballade envoû­tante, Mylène la femme laisse surtout trans­pa­raître son empa­thie pour les cabos­sés de la vie et de l’amour. « Love song / Love song/ Love song des lais­sés pour compte/ Love song/ Une Love song/ Quand je vois l’ombre/ Nous sépa­rer du monde (…) », scande-t-elle. Comme un baume répa­ra­teur.

7. Pas d’ac­cess : Recours au synthé, en complé­ment d’une basse, sur ce septième morceau, mais dans un style plus proche des Daft Punk que des dernières compo­si­tions de Laurent Bouton­nat. A nouveau, Mylène démontre toute l’éten­due de ses capa­ci­tés vocales, en oscil­lant entre registre bas et registre plus haut. Si le texte est l’un des plus sibyl­lins de l’al­bum, rédui­sant le monde à une cage pour les free-spirits (« Il n’y a pas d’ac­cess/ Il n’y a pas d’ac­cess/ Pour être libre (…) »), il permet aussi à Mylène d’ex­ploi­ter une nouvelle image­rie (« Rapace / Je m’évade/ Trou­ver son nid/ Cathé­drale/ Au Kamt­chatka/ Ou Sibé­rie (…) »). On aime, en outro, ce cri de faucon, aussi perché – dans tous les sens du terme – que déchi­rant. Nouvel animal totem ?

8. I want you to want me : Deuxième reprise de l’al­bum, après Stolen car. Origi­nel­le­ment chan­tée par le groupe de hard rock améri­cain Cheap Trick en 1978, ce huitième morceau reprend en fait les arran­ge­ments choi­sis par un autre Améri­cain, Gary Jules, proche de Mylène, lorsqu’il s’appro­pria lui-même ce titre en 2011. Moins rageuse, plus tendre, comme une confi­dence sur l’oreiller, cette version s’écoute comme une supplique amou­reuse d’un genre nouveau pour la chan­teuse. On l’y découvre en effet prête aux conces­sions les plus ordi­naires, mais sans doute les plus fonda­men­tales, de la vie de couple (« I’ll shine up my old brown shoes / I’ll put on a brand new shirt / I’ll get early from work / If you say you love me (…) »). Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour, en résumé et en version française.

9. Voie lactée : Jolie ballade, qui résume peut-être le mieux le nouvel état d’es­prit de Mylène, sa volonté de vivre en suspen­sion et en mouve­ment, entre spleen et idéal, de petites morts en renais­sances, « Comme les flocons d’air / De neige en hiver / Qui fondent au prin­temps (…) »« Pas le droit de m’en faire / Pas plus le droit de fuir (…) », « Pas le droit de me taire / Pas plus le droit d’en finir (…) » : sur ce neuvième morceau, l’ange roux entre­prend son examen de conscience. Quand bien même son reflet est une toile inache­vée, cet infini, cette « voie lactée » dont on n’aura jamais fini de mesu­rer les contours. Au début des années quatre-vingt-dix, l’ar­tiste se disait d’une « géné­ra­tion désen­chan­tée ». Avec ce titre, elle semble fina­le­ment refu­ser le renon­ce­ment, comme atti­rée par un ailleurs, la possi­bi­lité d’une autre fois. Lumi­neux dans son genre.

10. City of love : Notre coup de cœur, dès la première écoute. Piano, batte­rie, basse, chœurs, refrain impa­ra­ble… Le meilleur de Mylène Farmer se concentre dans ce dixième morceau qui n’est pas sans nous rappe­ler l’étrange mais convain­cante asso­cia­tion des groupes U2 et Boyzone sur le titre Swee­test Thing datant de 1998.« Les mots au bout des lèvres / Un chemin vers la vie / Si je m’aban­donne / Je bati­rai / The City of love (…) » : par ces quelques mots, la fragile et rétive Mylène révèle la force créa­tive et protec­trice que lui insuffle le senti­ment amou­reux. L’in­sou­mise devient maître-d’œuvre et gardienne. Il ne s’agit plus de redou­ter ce qui pour­rait corrompre l’amour, mais d’éri­ger plus haut les remparts qui sauront le préser­ver.

11. Un jour ou l’autre : Deuxième coup de cœur que ce onzième et dernier morceau. Débu­tée au piano, puis accom­pa­gnée d’un roule­ment de tambour, cette ballade évoque une bande-origi­nale de film. Ce sont les images de La fille de Ryan, le roman­tisme de David Lean, ces vastes et sauvages paysages irlan­dais chahu­tés par les vents qui défilent à l’es­prit, à mesure que la voix de Mylène monte de plus en plus haut. « Retrou­ver / Un jour ou l’autre/ Une étoile / S’en­dor­mir l’un contre l’autre (…) », et rester ainsi unis, malgré « Des ques­tions sans réponses / Des hommes qui renoncent / Des océans qui se mettent à genoux (…) ». Diffi­cile de clore plus joli­ment l’odys­sée Inters­tel­laires.

 

SOURCE http://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars

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 »Insondables », une ballade inédite

Posté par francesca7 le 18 novembre 2015

 

SURPRISE – La nuit dernière, sur son compte Deezer, Mylène Farmer a dévoilé un titre inédit de son dernier album  »Interstellaires ». Dans cette ballade sensuelle, la chanteuse est délicate et étonnante.

Le mystère se lève. Interstellaires, le dixième et nouvel album de Mylène Farmer est attendu pour le 6 novembre prochain. Après  »Stolen Car » en duo avec Sting, voilà que la star a dévoilé une nouvelle chanson sur son compte Deezer.

Image de prévisualisation YouTube

Une Mylène fragile et grave à la fois

À l’écoute de ce nouveau single,  »Insondables », on retrouve la Mylène Farmer des débuts. Dans cette ballade, il n’y a pas vraiment de mélodie entêtante, mais on entend une Mylène fragile, à la voix grave, avec des arrangements délicats. Un titre qui ne ressemble à rien dans la discographie de l’artiste. Ce titre parle de rupture et de séparation, dans le cœur et dans le monde.

Une pochette de l’espace

Il y a quelques semaines, Gala qualifiait sont album de  »lumineux big bang » avec un  »vent de renouveau », un fait que l’on retrouve dans cette ballade à laquelle ne s’attendait pas.  »Insondables » est le fruit d’une collaboration avec l’Américain Martin Kierszenbaum, co-compositeur et producteur.

A LIRE AUSSI >> Ce qu’on a appris en regardant  »Stolen Car », le nouveau clip de Mylène Farmer avec Sting.

La photo de la pochette du single est issue du même shooting que le cliché de l’album. Elle met Mylène Farmer parmi les étoiles, chevelure rousse flamboyante et tenue légère. L’artiste est iconique. Le thème de l’espace est d’ailleurs un thème cher au cœur de la star. Déjà en 2013, Timeless s’inspirait de l’univers cosmique.

Insondable

 

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Mylène Farmer devient Un mythe de son vivant

Posté par francesca7 le 2 novembre 2015

 

 

     « Elle venait et s’en allait comme une ombre », « la peau rivalisant avec le plus pur ivoire ».

 VISAGE ETERNEL

« L’étrangeté que je trouvais dans les yeux était indépendante de leur forme, de leur couleur et de leur éclat, et devait décidément être attribuée à l’expression. » On jurerait une évocation de Mylène, du moins de l’héroïne diaphane et romantique, incarnée dans certains de ses clips. Mais non, ces mots d’Edgar Poe dressent le portrait de Ligeia, l’un des fascinants personnages de ses Histoires extraordinaires. Une femme qu’on croit morte, mais qui renaît à la vie sous les traits d’une autre. Tout un symbole pour la chanteuse, qui s’est inspirée de cette nouvelle pour écrire la chanson Allan. 

     « De tout mon être je viens vers toi », entonne-t-elle, s’adressant à cette morte vivante comme à une sœur de sang. Autre lien troublant entre les deux femmes : « la pénétrante et subjuguante éloquence de sa profonde parole musicale ». Dans la préface du livre, Baudelaire, le poète traducteur, en qualifiant les femmes qui peuplent les Histoires extraordinaires, décrit « une voix qui ressemble à une musique » ainsi qu’une « mélancolie inguérissable ». Encore une fois, on pourrait utiliser ces mots sans en changer aucun pour qualifier Mylène. Dans certains passages de la nouvelle, alors que le narrateur ressent une relation de forte dépendance avec son personnage, il serait presque possible d’entendre le mentor Boutonnat parler de sa muse : « Sans Ligeia, je n’étais qu’un enfant tâtonnant dans la nuit. » 

     Si Mylène est parvenue à se hisser au rang de mythe de son vivant, c’est d’abord parce qu’elle a su incarner une héroïne, transcender la banalité du quotidien afin de porter des valeurs universelles. Là où seules des comédiennes avaient réussi cet exploit, parce que des metteurs en scène les ont sublimées à l’écran, elle a bénéficié du talent de Laurent Boutonnat sans lequel rien n’aurait été envisageable. Ce n’est pas une chanteuse qui regarde l’objectif en suppliant qu’on l’aime, mais une actrice engagée dans une action, un personnage auquel on s’identifie, un support pour toutes nos projections. 

     Dans un entretien publié dans le magazine Lire, l’écrivain Linda Lê décrit le processus qui aboutit au mythe. « C’est seulement par la connaissance des gouffres que l’on peut atteindre la vérité et par l’exploration des marges et de la nuit que l’on peut atteindre le mythe366. » Sans doute parce qu’elle s’est risquée à descendre dans les zones les plus ténébreuses de l’inconscient, Mylène a conquis cette dimension unique dans le paysage musical français. Ce voyage intérieur jusqu’à la racine de nos pulsions les plus archaïques confère un relief inédit à son œuvre. Jeux visant à défier la mort, découverte d’une nature humaine où la cruauté n’est jamais absente, revendication d’une liberté sexuelle totale… Il y a quelque chose de subversif dans les messages délivrés, un goût de faire la nique à l’ordre social. Même une chanson aussi entraînante que C’est dans l’air, sur l’album Point de suture, paraît une forme d’apologie du péché. « Les bons apôtres je les mange », fredonne une Mylène qui n’hésite pas à « parfois piquer la poupée ».

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     Rien de satanique là-dedans, juste une profondeur inhabituelle dans le répertoire d’une chanteuse populaire. Dire la banalité ne rime à rien. Tous ceux qui ont approché Mylène lui reconnaissent une conversation qui n’est jamais ordinaire. Elle pèse chaque mot, préfère de loin le silence aux formules attendues. Pourquoi parler si c’est pour combler un vide qui, de toute façon, ne l’effraie pas ? De même, pourquoi chanter si c’est pour enfiler des perles ? D’autres, les plus nombreux, le font à sa place… « Tout ce qui est tiède m’ennuie, le politiquement correct, l’uniformité de pensée et d’expression. » On ne le dit pas assez : derrière l’imaginaire farmerien, se trouve une pensée en mouvement, une préoccupation quasi philosophique, une quête de vérité. Des reniements, parfois, ou des contradictions patentes, mais toujours une exploration sincère, le goût de tordre le cou aux idées reçues . « Il y a de l’uniformité partout / De la pensée en boîte et c’est bien tout ! » murmure-t-elle dans Porno Graphique. 

     Savoir ce qu’il y a derrière, décortiquer, ouvrir, inciser, et dire ce que les autres n’osent voir par peur ou manque de curiosité : voilà le projet de tout artiste digne de ce nom. Il y a deux types d’enfants : ceux qui s’amusent avec les jouets qu’on leur offre et ceux qui préfèrent les déconstruire, comprendre comment ils fonctionnent. Mylène se situe dans le second camp, minoritaire. De ce point de vue, le choix des photographies du Japonais Alsuiki Tumi pour illustrer la pochette et le livret de Point de suture n’est pas anodin. Cette poupée recousue au milieu des instruments chirurgicaux, qui n’aurait pas déplu à  Marilyn Manson, constitue une réponse forte au titre de l’album. La star s’en est expliqué. « Dans le livret de cet album, il y a une réplique d’Al Pacino, qui incarne Carlito dans le film L’Impasse. Avant de mourir, en voix off, il dit : “Tous les points de suture ne pourront me recoudre.” C’est aussi ce que je

ressens. J’ai pour ma part choisi l’ambiguïté… Point de suture, ici au singulier, évoque aussi bien qu’il n’y a aucune possibilité de suturer les plaies que l’espoir de guérison. » 

     Entre les deux hypothèses, optimiste ou pessimiste, c’est l’histoire du verre à demi plein ou à demi vide qui se rejoue sans cesse. On le sait depuis longtemps, la chanteuse a clairement choisi son camp, même si elle s’efforce de « voir le soleil quand la nuit nous accable », selon ses propres mots dans Slipping Away, le duo avec Moby. « L’optimisme me fait peur, il est toujours en décalage avec la réalité des choses. Je préfère une onde de pessimisme. Mais un pessimisme qui va quand même de l’avant. J’ai malgré tout un côté très bagarreur en moi, que l’on retrouve dans mes textes. » 

      Dans un tel écart, en tout cas, existe une possibilité, pour celui qui écoute, d’échafauder ses propres réponses. Ne jamais verrouiller le message, laisser une place au doute, tel semble être une des constantes de l’imaginaire farmerien. Ainsi, bien malin qui pourrait dire ce que la chanson Derrière les fenêtres , présente sur l’album Avant que l’ombre… , évoque avec précision. Au-delà de la curiosité sincère d’une star pour les destins ordinaires, le sens demeure comme suspendu, ce qui participe de l’envoûtement. 

      De même, le titre Point de suture est une petite merveille d’ambiguïté. On croit d’abord qu’il s’agit d’un clone de Pas le temps de vivre, mais on découvre des paroles aériennes qui défient la logique. « Prends-moi dans tes bras / Donne-moi la main / Ne viens plus ce soir / Dis, je m’égare », répète Mylène dans le refrain. Là encore, la chanteuse touche du doigt une réalité psychologique subtile, cet état d’indécision où l’être peut basculer en un quart de seconde de l’équilibre au déséquilibre, ces moments où l’autre est suspendu à nos atermoiements. Le résultat est éblouissant. 

     Il y a dans ces points de suspension-là quelque chose qui entretient aussi le mythe. Depuis ses débuts, Mylène se caractérise par une approche singulière de la temporalité. Son exploit ? Se situer toujours en dehors des modes, afin de se préserver du risque d’être démodée un jour. « J’ai tendance à me situer hors de l’Histoire, dit-elle. Pas hors du temps, mais hors de l’Histoire. » Bien sûr, nul ne peut sauter par-dessus son époque, mais force est de constater que la chanteuse, en se forgeant une image intemporelle, a échappé à l’étiquette étriquée qui colle à la peau de ceux qui ont débuté, comme elle, dans les années 1980. Qu’on visionne à nouveau ses premiers clips : on constatera qu’ils n’ont pas pris une ride.

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      Le fait que certaines vidéos soient de libres adaptations de contes de l’enfance, en particulier Tristana et Sans contrefaçon, n’est pas étranger à ce sentiment. Dans Les Contes et leurs fantasmes, l’écrivain Jean Bellemin-Noël opère un rapprochement passionnant entre le conte et le rêve. Freud voyait dans le rêve « des accomplissements de désir [...] reposant pour une bonne part sur les impressions laissées par des événements infantiles [...] et bénéficiant pour leurs créations d’une certaine indulgence de la part de la censure ». Prolongeant cette réflexion, Bellemin-Noël définit les contes comme « des rêves qu’on partage au lieu de les inventer chacun pour soi [...] en restant éveillé… » À partir de la phrase magique « il était une fois », tous les scénarios sont placés sous le signe de l’évidence. Rien ne peut plus étonner celui qui se laisse embarquer dans l’histoire. Pour résumer sa pensée, le psychanalyste lâche cette formule : « Le conte merveilleux est le prêt-à-porter du fantasme. » 

     C’est à un périple de ce type dans l’inconscient que nous convie Mylène. Dans la plupart de ses clips, il existe bien un « il était une fois », formule qui permet d’adhérer à tous les possibles, aussi abracadabrants soient-ils. Peu d’observateurs ont compris la place de la sorcellerie dans cet univers. Être un mythe, c’est dépasser la simple condition de mortel. Pour preuve, la star réapparaît en magicienne, en 2008, dans le clip de Dégénération, clin d’œil au Cinquième Élément de son ami Luc Besson. Créature douée de pouvoirs magiques, l’héroïne de la vidéo est tout un symbole. Car derrière les pouvoirs surnaturels lui permettant de répandre l’harmonie et l’amour, les images bleutées du réalisateur Bruno Aveillan réveillent la toute-puissance propre à l’enfance. 

     Au fond, si Mylène est devenue un mythe, c’est parce que son répertoire est une histoire sans fin, un conte inachevé qui nous replonge dans le bain des premières années. Un monde où la douceur côtoie la terreur, mais surtout où l’imagination nous permet sans cesse de réinventer notre vie, sans nous soucier des contraintes de la réalité. Qui pourrait vouloir renoncer à ce voyage-là ?

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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Tourner la page avec Mylène

Posté par francesca7 le 29 octobre 2015

                                         

 

     Tourner la page MylèneTout commence comme dans un rêve. Ce matin-là de l’année 1996, Amélie Nothomb reçoit l’appel d’une journaliste de Vogue qui souhaite organiser des interviews croisées de personnalités. « Choisissez n’importe quelle vedette qui soit située soit à Paris, soit à Londres », précise son interlocutrice. « La première personne à qui j’ai pensé était Mylène, explique la romancière, parce que depuis plusieurs années j’aimais beaucoup ce qu’elle faisait, notamment l’album Ainsi soit je, qui est à mon goût le plus beau et dans lequel j’adore tout. J’ai donc donné une liste au Vogue allemand avec Mylène Farmer au sommet, me disant : “Mylène est inaccessible mais on peut toujours rêver.” Une semaine après, à ma grande surprise, Vogue m’a rappelée en me disant : “Mylène Farmer est OK pour l’interview. Elle a lu vos livres et aime beaucoup ce que vous écrivez…” Je tombe par terre : elle a lu mes livres, c’est le comble ! »

 

     Rendez-vous est pris à l’hôtel de Crillon, le 22 décembre 1995. C’est Mylène qui organise tout, choisit son photographe, Marianne Rosenstiehl. « Je suis arrivée en métro, poursuit Amélie, et j’ai été accueillie comme une reine. On m’a dit : “Attendez, mademoiselle Farmer va venir.” Elle est enfin arrivée, maquillage télé, coiffure, habillement incroyable et tout et tout… J’étais très impressionnée, mais le contact s’est très bien passé. Mylène a été charmante. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit comme cela. Je m’attendais en fait à quelque chose de beaucoup plus distant. Elle était extrêmement disponible, réservée c’est vrai, mais ouverte. Elle parle avec beaucoup d’intelligence. Elle réfléchit beaucoup à ce qu’elle dit et ce qu’elle dit n’est jamais banal. » 

     Pour la séance de photos, c’est le staff de Mylène qui prend Amélie sous son aile. « Sa coiffeuse et son habilleuse sont venues s’occuper de moi pour que je n’aie pas l’air trop ridicule à côté de la star. On s’est beaucoup amusées pendant cette séance, Mylène y étant beaucoup plus hardie. Ceci a duré environ cinq heures. » La belle entente se poursuit au-delà du travail. « Après, visiblement, le courant était passé, puisque Mylène m’a demandé si j’étais libre le soir. Nous sommes donc allées dans un restaurant japonais en compagnie de Jeff Dahlgren, Thierry Suc et Marianne Rosenstiehl. » 

     Un contact qui passe aussi bien entre deux personnalités aussi atypiques, et l’on se dit que peut-être se noue le début d’une amitié… C’est ensuite que le rêve d’un jour va déboucher sur un grand vide. 

Quelques semaines plus tard, pourtant, Mylène laisse un message sur le répondeur d’Amélie. Elle ne semble pas au mieux de sa forme et exhorte la romancière à la rappeler. Ce que fait Amélie aussi sec, sans réussir à parler à l’idole de vive voix. Par la suite, elle reçoit un appel de Thierry Suc. Il lui explique que Mylène serait très honorée de pouvoir inclure un texte signé d’elle dans le programme de sa tournée. Flattée, Amélie se met au travail avec sa passion habituelle. Et faxe quelques pages dans la foulée. Hélas ! il sera jugé « trop long » par la star, qui le fait dire à Amélie par le biais de Thierry Suc.

Pas de problème, Amélie rédige en un quart d’heure l’article qui sera finalement retenu, où elle cite le fameux mot de Baudelaire, « Le beau est toujours bizarre », pour dépeindre la chanteuse.  

     Plusieurs mois se passent. Toujours aucune nouvelle de Mylène. Par chance, le « Tour 96 » passe par Bruxelles, où vit Amélie Nothomb. La romancière, qui ne veut rater l’événement pour rien au monde, achète deux places. Le jour du spectacle, elle reçoit un appel du staff de la star : « Naturellement, Amélie, vous êtes invitée. » Un geste qui n’efface pas l’amertume. Même si, avec le recul, l’auteur de Hygiène de l’assassin estime que Mylène lui a fait « un très beau cadeau » en partageant une journée entière avec elle, les rendez-vous manqués qui ont suivi lui laissent un goût d’inachevé. Dans la préface de La Part d’ombre, une analyse très fouillée de l’univers farmerien, Nothomb évoque d’ailleurs une « muraille de glace » que la chanteuse dresse entre elle et les autres et qui la rend « prisonnière ».  

      Pour croiser la route de Mylène, sans doute faut-il accepter d’être uniquement de passage. Ce qu’elle peut offrir à cet instant-là, ce don de sa personne qui semble entier, et même chaleureux, rien negarantit qu’il se reproduira. Pour cette adepte du « Nevermore » cher aux romantiques, l’existence doit ressembler à une quête insatiable de sensations inédites. Afin de fuir la tiédeur, il faut éviter tout risque de bégaiement. Lorsque Mylène pressent qu’une seconde entrevue sera moins intense que la première, elle préfère ne pas donner suite. C’est ainsi. Se forcer ne servirait à rien.  D’ailleurs, elle ne se force en rien.  

      Si l’on devait établir la liste de ceux qui ont attendu en vain un coup de fil de Mylène, sans doute serait-elle longue. Mais, davantage encore que ces rencontres furtives qui ont pu faire naître des espoirs déçus, égratignures vite pansées, certains collaborateurs historiques, écartés de la route de la chanteuse, en ont gardé une forme d’aigreur. Jean-Claude Dequéant, le compositeur de Libertine, est de ceux-là. Dès 1987, alors que son tube a fait basculer le destin de la chanteuse, le duo Boutonnat/Farmer prend ses distances. « Ce sont eux qui se séparent de moi. Je suis assez contrarié : mon nom n’est jamais cité nulle part, même pas dans les propos de Mylène – une évocation de temps en temps, ça fait toujours plaisir. Je l’exprime avec un peu de véhémence et l’on finit par se quitter. » 

      farmer-Avec le recul, Dequéant comprend mieux les motivations de cette rupture artistique : la chanteuse et son mentor fonctionnent en circuit fermé et veulent le moins possible dépendre des autres. Elle va écrire les paroles, lui les partitions : ainsi, ils seront les seuls artisans de leur succès. « Laurent devait prouver qu’il était capable lui-même de fabriquer des tubes aussi forts que Libertine [...] La suite lui a donné raison puisqu’il y a eu d’autres chansons formidables nées de son cerveau et de celui de Mylène. J’ai par exemple une grande admiration pour Désenchantée ou C’est une belle journée. »  

      À deux, ils se créent une bulle où, finalement, les autres ne seront jamais que de simples figurants. Et malheur à ceux qui voudraient s’octroyer un premier rôle : à se croire indispensable, on s’attire une sanction d’autant plus implacable. Bertrand Le Page, dont le comportement devenait ingérable, en a fait les frais. Mais d’autres se sont vus remerciés sans avoir pour autant commis la moindre faute. Le cas de Christophe Mourthé est sans doute différent, puisque c’est lui qui coupe les ponts avec la chanteuse. Jugeant que ses talents ne sont pas reconnus à leur juste valeur, il décide de mettre fin à leur collaboration en 1987, après des vacances particulièrement tendues. Pour que la star comprenne sa décision, il boycotte le rendez-vous qu’elle lui a fixé. Un geste ensuite lourd à assumer. Car Mylène ne le contactera plus. Et il faudra dix ans au jeune photographe pour faire son deuil. « Quand vous entendez ses chansons à la radio et que vous la voyez à la une des magazines, les blessures ont du mal à se refermer », dit-il. 

     Une fois la page tournée, difficile de revenir en arrière. Elsa Trillat le sait. Pour elle aussi, la porte s’est soudain fermée à double tour, avec tout ce que cela suppose d’amertume. Des années plus tard, elle croise la chanteuse dans un aéroport. Toutes deux avaient été si complices par le passé que la photographe, intriguée par cet heureux hasard, tente de renouer le contact. En vain. « Derrière ses lunettes de soleil, Mylène est restée distante. Elle m’a dit avoir trop souffert pour envisager de me revoir. C’était une fin de non-recevoir, polie mais ferme. »  

      Pour Sophie Tellier aussi, la coupure est douloureuse. Au début des années 1990, la chorégraphe souhaite travailler davantage « pour elle » et moins « dans l’ombre des artistes ». Au moment de Giorgino, elle espère tout de même décrocher un rôle, comme Laurent Boutonnat le lui aurait laissé entendre des années auparavant. Mais quand elle en parle à Mylène, elle s’entend répondre : « C’est un film international, donc le casting est international. » Une douche froide. Sans doute, d’ailleurs, la star n’imagine-t-elle pas à quel point Sophie se sent blessée. Ainsi, lorsque la chanteuse l’appelle à la rescousse, depuis New York, pour l’aider à choisir ses danseurs pour la tournée de 1996, la chorégraphe dit non. « Toutefois, je lui laisse mon assistant, l’un des danseurs, Christophe Danchaud, ainsi que Valérie Bony – des gens en qui elle a confiance 360. » Depuis, plus aucune nouvelle. Et pourtant, malgré une cassure professionnelle qu’elle reconnaît avoir provoquée, Sophie Tellier aurait aimé revoir Mylène.

Il faut croire que, lorsque vous lui dites non une fois, les ponts sont coupés à jamais… 

     Faut-il en déduire que la star serait une manipulatrice prompte à exploiter le talent des autres avant de les jeter aux orties lorsqu’elle n’a plus besoin d’eux ? Certains ne sont pas loin de le penser. Pour Christian Padovan, musicien de la première heure, la chanteuse sait jouer de sa timidité afin d’obtenir ce qu’elle veut de ses collaborateurs. « C’est sa séduction. Personne n’est dupe, mais on préfère ne pas savoir si c’est de la manipulation ou pas. » Toutefois, dans ce débat, il convient de distinguer le ressenti de la réalité. Car s’il est désagréable d’avoir le sentiment qu’on s’est servi de vous, peut-on reprocher à une artiste de chercher à obtenir le meilleur de ceux qui l’entourent ? Philippe Séguy pousse le raisonnement plus loin : « Toute création se nourrit de la sève des autres, me dit-il. C’est le principe de tous les grands artistes. Dès que l’autre est dépulpé, il n’a plus de raison d’être. » 

     Certes. Mais l’art d’utiliser le talent des autres peut aussi s’exercer sans cynisme, avec respect. 

C’est ce que fait Mylène, y compris dans sa manière de rompre. Dès qu’elle décèle chez ses collaborateurs des frustrations ou des velléités d’indépendance, elle ne cherche pas à les retenir. Pourquoi leur compliquerait-elle la tâche ? La vraie question serait plutôt : pourquoi diable s’acharnent-ils à vouloir revenir après avoir tenté de partir ? Certes, travailler avec elle est toujours un choix. Il suppose une part d’abnégation, de soumission aussi, non à sa personne mais aux choix artistiques qu’elle a décidés. « Qui m’aime me suive », fredonne-t-elle dans L’Amour n’est rien… Mais elle n’oblige personne à l’aimer. 

     Mylène n’est pas de ceux qui s’encombrent du passé. Survivre dans ce milieu si dur, c’est se projeter sans cesse dans le futur. Quitte à réécrire l’histoire, du moins à effacer les souvenirs qui ne font pas sens dans son parcours. François, qui partagea un stage d’équitation avec Mylène à Conches en 1979, l’a appris à ses dépens.  

     Un soir de 1988, il aperçoit l’ex-cavalière à la télévision dans « Lahaye d’honneur », une émission en direct sur TF1. Ni une ni deux, il grimpe sur sa moto et fonce dans les studios de La Plaine-Saint-Denis pour des retrouvailles qu’il espère chaleureuses. La chanteuse se trouve à l’arrière d’une voiture, sur le point de quitter les lieux. Autorisé à s’approcher d’elle par Bertrand Le Page, il se présente. Mais bientôt, son enthousiasme retombe. « Elle ne me reconnaît pas. Ai-je changé à ce point ? Lorsque je lui rappelle les stages d’été, elle me répond simplement : “Écoutez, j’ai la mémoire qui flanche.” Alors, j’essaie d’évoquer un maximum de souvenirs, en un temps record, mais rien n’y fait. Elle a déjà un statut de star. On ne se reverra jamais, malheureusement. »  

   mylène   La chanteuse aurait-elle menti ce jour-là ? Rien ne permet de l’affirmer. Pour elle, qui a le sentiment d’avoir commencé à exister avec la chanson, il est naturel que ce qui relève de sa préhistoire se soit en partie évaporé. La fameuse phrase de Nietzsche, « l’oubli est la manifestation d’une santé robuste », s’applique à merveille dans le cas de Mylène. Pour affronter le présent avec l’énergie nécessaire, encore faut-il ne pas être encombré de scories du passé ; à plus forte raison quand ce passé vous rappelle que vous n’avez pas toujours été une star reconnue et adulée. C’est l’hypothèse, en tout cas, que forge Sophie Tellier lorsqu’elle réfléchit sur la question. « Le passage de la petite Mylène toute timide à ce qu’elle est devenue maintenant me fascine. C’est plutôt cette mutation, la construction du personnage, que je trouve incroyable. Elle a su retenir les conseils de Bertrand Le Page, c’est l’une de ses qualités : elle emmagasine très vite et elle est très bosseuse. Elle a appris le chant sur le tas, puisqu’au départ elle ne chantait pas du tout. La danse également, elle a gardé tout ça, on ne peut pas le lui enlever. Peut-être qu’elle ne désirait plus vraiment me voir parce que je suis “un témoin” de tout ce travail et de toute cette transformation. »

      Là encore, n’allons pas prêter à la chanteuse une dureté qui la rendrait insensible à la souffrance d’autrui. Même dans une histoire d’amour, rien n’est simple : celui qui rompt n’est pas forcément le bourreau, face à une innocente victime. Que Mylène soit capable de se détourner de personnes qui lui ont beaucoup apporté, c’est un fait. Qu’elle le fasse, aux dires de certains, avec indifférence, ce n’est, en revanche, absolument pas avéré. Au contraire, tout porte à croire qu’à chaque fois se produit un déchirement, un sacrifice nécessaire mais coûteux. 

      C’est sans doute le sens de sa reprise, lors de la tournée 1989, de la chanson de Marie Laforêt, Je voudrais tant que tu comprennes. À qui songe-t-elle en l’interprétant ? Quel souvenir peut provoquer un tel torrent de larmes ? La réponse n’appartient qu’à Mylène. Pourtant, une chose est sûre : les paroles lui vont comme un gant. « Je voudrais tant que tu comprennes / Toi que je vais quitter ce soir / Que l’on peut avoir de la peine / Et sembler ne pas en avoir. » C’est le thème de la rupture qui est clairement évoqué ici. Une séparation froide et irréversible, mais qui cache en réalité une souffrance. « Le cœur blessé on peut sourire / Indifférente apparemment », chante-t-elle. Combien de collaborateurs, d’amis, d’amants peut-être, ont-ils ressenti cette cruelle absence quand la chanteuse s’est détournée d’eux ? Sans doute faut-il voir cette chanson comme une lettre d’adieu qu’elle aurait pu adresser à chacun d’eux. 

      Oui, on peut tourner des pages qui sont autant de visages sans être un monstre. Que celui qui voudrait jeter la pierre à Mylène s’interroge sur son propre passé. Qui pourrait se targuer d’avoir cheminé sans laisser personne sur le bas-côté ?

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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Le business Farmer

Posté par francesca7 le 17 octobre 2015

 MYLENE

 

      Un dispositif inédit pour une star française. Le 20 août 2008, deux cent cinquante mille portables SFR-Sony Ericsson contenant en exclusivité l’album Point de suture sont mis en vente. Il s’agit de la plus grosse opération de ce genre dans l’Hexagone. Dix jours plus tard, Universal annonce le chiffre de cent soixante-quinze mille albums écoulés par ce biais. Si l’on ignore tout des termes du contrat passé entre la chanteuse et l’opérateur téléphonique, la réputation de femme d’affaires de Mylène n’est, en revanche, plus à établir. Elle force même l’admiration de bien d’autres artistes, qui lui envient son savoir-faire. 

« C’est un génie de la communication », m’a dit un jour Étienne Daho, plein d’admiration. Même Jean-Louis Murat, devenu l’un des plus ardents défenseurs de la chanteuse, semble s’incliner face à une réussite aussi époustouflante : « Mylène et Laurent, je les adore et les respecte infiniment. D’une intelligence à la Warhol. Ce sont ceux qui comprennent le mieux les mécanismes de ce business, qui sont en meilleure position pour le pervertir, en tirer tous les fruits. Ils crachent dessus tout en faisant cracher le fruit. » 

      Une analyse qui fait penser à une phrase choc de Michel Houellebecq dans La Possibilité d’une île : « Si l’on agresse le monde avec une violence suffisante, il finit par le cracher, son sale fric. » Est-ce à dire que réussir à attirer toute la lumière – talent réservé à quelques-uns – passerait par un calcul cynique ? Bien sûr que non. Sinon, la recette serait éventée depuis des lustres. Ce que veut signifier Houellebecq, c’est que, si l’on veut être entendu, il faut exprimer un message suffisamment subversif pour mettre radicalement en question la société. N’oublions pas que c’est en chantant « Je suis une catin » que Mylène a réussi à se faire un nom. Il lui aura fallu bousculer l’ordre bourgeois pour faire fructifier sa popularité.  

      Aujourd’hui, la chanteuse a la réputation d’être richissime. L’est-elle autant qu’on le prétend ? Pas sûr. Mais l’idée qu’on l’imagine à la tête d’une fortune colossale est sans doute loin de lui déplaire. 

Chaque année, son nom apparaît en bonne place dans le top 10 des gains les plus conséquents de la chanson française établi par Le Figaro. En 2001, avec des revenus avoisinant les 10,4 millions d’euros, elle prend même la tête du classement, devant Patrick Bruel et Jean-Jacques Goldman. Le plus souvent, Johnny Hallyday, son pendant masculin, n’est pas loin. En moyenne, les gains de la star s’élèveraient à près de trois millions d’euros par an.  

      Pour autant, nul ne s’est encore risqué à évaluer le montant de sa fortune totale, pratique courante dans le monde anglo-saxon. Tout ce qu’on sait, c’est que Mylène habite depuis peu une résidence huppée dans l’un des quartiers les plus verdoyants de la capitale. Qu’elle a le goût de s’habiller couture et qu’elle ne rechigne pas à traverser l’Atlantique pour assister au vernissage d’un de ses amis artistes. Pour le reste, elle semble avoir peu d’attrait pour les signes ostentatoires de la richesse.

 

     Sans doute faut-il alors la croire sur parole lorsqu’elle chante dans Mylène s’en fout : « Moi mes splendeurs / Sont celles du cœur. » Ce qui compte pour l’épater, ce n’est pas tant la valeur marchande du cadeau qu’on lui offre que la symbolique qu’il représente. Les lys blancs ne sont plus les fleurs les plus onéreuses, ce sont pourtant celles qu’elle préfère. Dans sa chanson, elle se dit plutôt insensible à l’attrait du diamant : « L’éclat du chic / Mylène s’en fout / Le jade est un joyau bien plus doux. » Ce qui est en jeu là, ce sont les valeurs de la bourgeoisie, dans lesquelles la chanteuse ne s’est jamais reconnue. 

Réfractaire aux codes imposés, qu’ils soient esthétiques ou éthiques, elle n’en fait qu’à sa tête, exactement comme lorsqu’elle avait quinze ans, face à sa mère qui regardait, l’air consterné, sa manière de s’habiller. 

      Riche peut-être, mais pas question d’avoir l’esprit étriqué d’une bourgeoise. Fille d’ingénieur, elle connaît bien ce milieu pour y avoir grandi et souffert. « C’est une femme très bien éduquée, m’assure Philippe Séguy. On ne se plaint pas, on ne pleure pas. On reste droite, digne et dure . » De cette éducation, elle garde le meilleur, connaît par cœur les bonnes manières, mais rejette le conformisme qui la fait vomir. C’est plus fort qu’elle, elle ne peut s’y soumettre. Il faut toujours qu’elle se distingue. Ainsi, aujourd’hui, Mylène a beau acheter de nombreuses toiles d’art moderne, elle possède un sens plutôt singulier de la décoration. « J’en ai beaucoup, partout. Non pas sur les murs, je n’accroche pas les tableaux, je les laisse par terre, mais ils sont en revanche toujours encadrés3. » La présence du cadre montre que cette disposition ne doit rien à une quelconque négligence : elle est le fruit d’un esprit contestataire qui ne s’est jamais vraiment assagi. 

    Pour Mylène, faire ses preuves, au moment où elle se lance dans la chanson, signifie d’abord parvenir à gagner sa vie sans rien demander à ses parents. Ce n’est pas simple, d’autant que les droits d’auteur couronnant ses premiers succès vont tarder à atterrir sur son compte en banque. « Quand je l’ai connue, me raconte Elsa Trillat, elle n’avait encore rien touché pour Libertine, alors nous déjeunions dans des restaurants chinois ou des fast-foods. Mylène n’y trouvait rien à redire. À l’époque, elle n’a absolument pas de goûts de luxe. » Bien sûr, sa situation financière va changer brutalement et irréversiblement. Témoin de ce virage, Bertrand Le Page trouvera « sa » chanteuse plutôt à l’aise avec son nouveau statut d’artiste prolifique. « Dans le salon de soixante-dix mètres carrés du nouvel appartement où elle s’installe, à l’époque, elle prend des pauses élégantes sur le canapé. » Quant à ses rendez-vous avec la presse, elle les donne au bar du George-V. 

      Ni cigale, ni vraiment fourmi, la star a engrangé un capital qui la met à l’abri du besoin. Aux yeux de sa famille, qui doutait d’elle, la mission est plus que remplie. Ce dont sa mère, Marguerite, convient volontiers : « Mylène s’est faite toute seule. Elle ne nous doit rien. » Il y a dans cette phrase une évidente fierté, mais aussi l’instauration d’une distance, comme si la chanteuse s’était imposé de réussir sans rien recevoir de ses parents, afin qu’ils ne puissent surtout pas s’approprier une part de son succès.  

    FARMER L’argent, en tout cas, ne lui a jamais fait tourner la tête. Peu de dépenses inconsidérées, quelques coups de cœur assumés, beaucoup de cadeaux spontanés pour ses amis ou ses proches collaborateurs… 

Se faire plaisir, oui. Mais ne jamais fermer à double tour l’horizon du désir. Mylène le sait, pouvoir s’offrir tout ce dont on a besoin ne rend pas heureux. Il faut toujours garder en soi une part d’envies inassouvies, des rêves secrets ou impossibles à réaliser. Cette forme de sagesse lui vient de l’enfance. « Je ne remercierai jamais assez mes parents d’avoir su régler parfaitement le problème de l’argent de poche. J’en avais un peu, mais pas trop. Dans des limites raisonnables qui font qu’on apprécie toujours les choses, qu’il vous reste des désirs. » 

De quoi pourrait-elle bien rêver sans pouvoir se l’acheter ? « J’aimerais beaucoup avoir un Miró, ou un Egon Schiele… Mais c’est impossible ! », lâche-t-elle, mi-frustrée, mi-résignée. Pour acquérir une toile de ces artistes, il lui faudrait en effet dépenser plusieurs dizaines de millions d’euros. Ce qui n’est sans doute pas impossible, mais totalement déraisonnable ! Alors elle se résigne : « Je sais qu’il faudra me contenter d’aller les voir au musée. » Mais elle n’a pas dit son dernier mot. L’essentiel, c’est de continuer à fantasmer, ne pas s’enfermer dans une toute-puissance qui vous déconnecte de la réalité. 

      Prudente, Mylène n’a jamais considéré que son succès était acquis une fois pour toutes. L’argent n’est pas une fin en soi, mais la juste récompense de son travail. Il n’y a aucune raison de le mépriser, pas davantage que de l’idolâtrer. L’idée n’est pas d’accumuler pour accumuler, mais d’avoir conscience qu’il

est le meilleur garant de la liberté que revendique la chanteuse. Quand elle a compris que le succès la plaçait à l’abri du besoin, Mylène a voulu bétonner sa position, se donner les moyens de son indépendance. Il y a dans cette obsession quelque chose qui rappelle le projet professionnel de son père au Québec : construire un barrage suffisamment solide pour retenir les eaux du  Manicouagan. 

      Si Mylène a créé plusieurs sociétés, ce n’est pas tant pour faire du business à tout prix que pour protéger sa liberté artistique. Il fallait faire en sorte que sa maison de disques ne lui dicte jamais ses choix. Combien d’artistes, et non des moindres, ont été contraints de se plier au bon vouloir de leur distributeur, y compris sur le plan musical… Avec la complicité de Laurent Boutonnat, Mylène s’est offert la possibilité de contrôler son destin. On a beaucoup glosé sur la création, en octobre 1989, de Requiem Publishing, société chargée d’éditer désormais ses albums. Était-ce un coup tordu à l’encontre de Bertrand Le Page, qui assurait ce rôle jusqu’alors ? Même si le premier manager de la chanteuse l’a vécu ainsi, il est indéniable qu’une telle décision s’imposait dans l’optique du duo Farmer/Boutonnat d’accroître son indépendance. 

      Le choix des musiciens, mais aussi du studio où les chansons vont être enregistrées puis mixées, n’échappera pas non plus à la vigilance du tandem. Afin de s’assurer une autorité absolue dans la production des albums, Laurent Boutonnat monte Toutankhamon au début de la carrière de sa muse – société dont il a revendu toutes les parts à Polygram aux alentours de 1997. Après les frictions consécutives à l’épopée Giorgino, Mylène crée Stuffed Monkey, en décembre 1993, qui produira tous ses albums à partir d’Innamoramento, mais aussi ses clips. Aujourd’hui, six salariés travailleraient pour cette société. Même si elle continue de déléguer certaines questions à Laurent Boutonnat, qui  demeure son partenaire musical exclusif, la chanteuse est désormais seule maîtresse du jeu. Quant à Polydor, la maison de disques à laquelle elle est demeurée fidèle depuis ses débuts, elle n’est que le distributeur de ses albums. Bien que des accords financiers existent entre les deux partis, Mylène peut donc mettre sur le marché des albums qui lui ressemblent à cent pour cent – ce qui est rare dans le métier.  

     Pour certains, toutefois, la volonté d’indépendance n’explique pas tout : Mylène se serait piquée au jeu du business. Sa réussite financière aurait décuplé son envie de faire fructifier son capital. Sinon, pourquoi aurait-elle créé d’autres SARL que celles strictement nécessaires à la production et à l’édition de ses albums ? Ainsi, s’ajoutant à Requiem Publishing et Stuffed Monkey, elle a fondé deux autres sociétés musicales : Dichotomie, en 2000, et Isiaka, en 2002, cogérée avec Laurent Boutonnat. Pour compléter le tableau, la chanteuse est également à la tête d’une société de production de films publicitaires (Innamoramento), et d’une autre, baptisée ML, qui gère des biens immobiliers. 

Cette diversification, qui s’est accrue avec le temps, semble totalement insoupçonnée à ses débuts. « Pour moi, Mylène s’est complètement transformée, explique Sophie Tellier. À la fin des années quatre-vingts, c’était le papillon qui sort de la chrysalide. Et puis, à partir des années quatre-vingt-dix, elle est devenue vraiment “une femme d’affaires”, quelqu’un de totalement différent. »  

      images (9)Bien sûr, le lancement de la carrière d’Alizée, en 2000, a beaucoup fait pour cette réputation de « working girl ». Et pourtant, au début, tout part d’une seule chanson. Après avoir lu le roman de Nabokov, la chanteuse écrit le texte de Moi… Lolita sur une musique dansante de Boutonnat. Tous deux sentent intuitivement le potentiel du titre, mais Mylène n’a plus l’âge de l’héroïne, quinze ans. C’est alors que le tandem décide de faire appel à une autre interprète. Repérée lors d’un passage à « Graines de stars », Alizée, petite brune au regard piquant, va être approchée. Aussitôt commercialisée, la chanson devient un succès colossal. Tube de l’été 2000, comparable sur le plan des ventes au triomphe de Désenchantée neuf ans plus tôt, Moi… Lolita fera, en outre, une carrière internationale comme n’en a jamais connu aucun titre de Mylène : en quelques semaines, Alizée fait un tabac aux Pays-Bas, en Italie, en Espagne, en Angleterre, et surtout au Mexique, où elle devient une star. 

      Préparé dans la précipitation – alors que Mylène est en pleine tournée – et produit par Requiem Publishing, l’album Gourmandises sort dans la foulée, le 28 novembre. Pour en écrire les paroles, la chanteuse a longuement conversé avec sa jeune protégée. Les ventes hexagonales seront au rendez-vous, mais n’atteindront pas le million d’exemplaires, chiffre auquel Mylène semble, elle, abonnée pour chacun de ses albums. En 2003, un second opus naîtra de cette collaboration fructueuse, Mes Courants électriques, édité cette fois par Isiaka. 

Mylène s’y investit pleinement, et pas seulement en signant les textes des chansons. C’est elle qui aurait eu l’idée de l’escarpin géant dans lequel Alizée semble trouver refuge sur la pochette. Elle dessine également certaines tenues portées par la Lolita lors de ses passages très remarqués à la télévision et l’aide à répéter les chorégraphies. 

      Malgré tout, le single J’en ai marre ne parvient pas à tirer l’album vers les sommets. Et le spectacle qui suit, pourtant cornaqué avec soin par Laurent Boutonnat, ne remporte pas un franc succès. C’est à la suite de ces résultats mitigés que la collaboration cessera, d’un commun accord, entre l’écurie Farmer et la jeune Corse. 

      Entre-temps, la Lolita a rencontré l’homme de sa vie, Jeremy Châtelain, musicien qui participa à la Star Academy, l’a épousé à Las Vegas et a donné naissance à une petite fille. Elle veut voler de ses propres ailes, ce qu’elle fera en auto-produisant son troisième album, Psychédélices, en 2007 – ses parrains lui ayant cédé la marque Alizée, leur propriété, pour un euro symbolique. Un retour en demi- teinte dans l’Hexagone, qui permet cependant à la brunette de retrouver son public d’Amérique latine. Et malgré toutes les questions des journalistes cherchant à jeter de l’huile sur le feu quant à ses relations avec Mylène Farmer, elle n’aura que des mots pleins de reconnaissance pour celle qu’elle regarde comme une marraine. « Elle m’a tout appris », dira-t-elle, mettant fin à une polémique autour d’une chanson, Idéaliser, censée être un portrait au vitriol de l’idole. 

   

     Voilà comment la parenthèse Alizée s’est refermée pour la productrice Farmer. Depuis, on a beaucoup glosé sur ses velléités de lancer d’autres artistes, afin de pouvoir quitter la scène un jour sans cesser de tirer les ficelles du métier. Hélas ! pour l’heure, Mylène n’a pas eu la main vraiment heureuse. 

Elle a produit un groupe de musique électronique, Good Sex Valdes, qui a sorti un single, You, dans unerelative indifférence. Via sa société Dichotomie, elle a également poussé le titre de Christia Mantzke, I’m not a boy en 2001, sans qu’il rencontre le succès escompté. Aura-t-elle davantage de réussite avec le générique du dessin animé Drôle de Creepie, sorti en septembre 2008, et interprété par la jeune Lisa, la fille de Michel, son frère cadet ? Trop tôt pour le dire.  

     Évidemment, sa réputation de femme d’affaires a encore gagné du terrain depuis qu’on a appris que Mylène avait déposé une marque, Lonely Lisa, en septembre 2007, à l’Institut national de la propriété audiovisuelle. Utilisant comme logo l’héroïne de son conte illustré, Lisa-Loup et le conteur, paru en 2003, elle donne la liste des différents produits qui pourraient être estampillés de ce label. Articles de papeterie, papiers peints, linge de maison, vaisselle, mais aussi jouets, bijoux et vêtements. Des fausses pistes destinées à brouiller le jeu ? Dans une interview au magazine Têtu, elle livre une clé mettant un terme à Atoutes les supputations : « Lonely Lisa donnera naissance à un site Internet communautaire dans les prochains mois. »  

     Pour celle qui a toujours refusé de créer un fan-club officiel, ce projet semble particulièrement bien ciblé : ses fans sont nombreux à participer aux innombrables forums qui lui sont consacrés sur la Toile. 

Un site communautaire serait un moyen idéal de fédérer ces énergies tout en permettant à chacun de s’exprimer. Une fois de plus, Mylène montre qu’elle fourmille d’idées en tous genres, en dehors même de son métier. Revendiquer une œuvre digne de ce nom, singulière et sans concessions, ne l’empêche pas de posséder un sens aiguisé du marketing. Bref, elle est la preuve vivante qu’on a souvent tort d’opposer, comme des entités inconciliables, l’artistique et le commercial. 

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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Mylène Farmer, La lectrice cannibale

Posté par francesca7 le 14 septembre 2015

 

 

Moscou, mars 2000. Cheveux hérissés, jupe en soie brodée de motifs indiens et blouson en jeans, Mylène répond aux questions d’un journaliste russe. « Comment avez-vous fêté la venue du nouveau millénaire ? » La belle hésite : « Je ne me rappelle pas. » Puis se lance : « Probablement avec un livre dans les mains. Le soir du 31 décembre n’est pas spécialement une fête pour moi… Oui, c’est ça, je lisais. Je ne me souviens plus quel livre, mais ce devait probablement être une œuvre de Henry James ou Edgar Poe, mes écrivains préférés. »

 Mylene-Farmer

Une réponse qui détonne. Dans le paysage de la variété française, peu d’artistes évoquent leurs lectures avec autant d’enthousiasme. Au début de sa carrière, c’est d’ailleurs du bout des lèvres que Mylène révèle son goût pour les livres, de peur de passer pour « une intellectuelle pimbêche ». Par la suite, elle n’hésitera pas à évoquer ses coups de cœur en interview. Une jolie parade pour éviter de trop parler d’elle-même ? Pas seulement. D’abord parce que citer les ouvrages qu’on aime est sans doute la façon la plus intime qui soit de se dévoiler. Ensuite, parce que Mylène n’a jamais caché que c’est dans les livres qu’elle puise son inspiration. 

Comme une étudiante, elle lit avec un crayon à portée de main. Comme une étudiante, elle note les mots, les phrases qui l’interpellent. Elle n’est pas de ces lectrices passives qui se laissent entraîner sans réagir. Elle veut extraire une nourriture de ses lectures. Sinon, à quoi bon ? Le crayon lui garantit qu’elle gardera le contrôle, qu’elle ne se laissera pas submerger par le discours d’un autre, fût-il séduisant. 

Lorsqu’elle se trouve en période de promotion, elle sait qu’elle n’aura pas l’énergie d’écrire, alors la lecture lui semble une solution de repli salutaire. « Tout ce que je peux faire, c’est extraire des phrases de mes lectures ou des pensées », dit-elle. Ainsi elle collecte des bouts de phrases, comme des feuilles qu’elle glisserait dans un herbier, et qui, un jour peut-être, au contact de son imaginaire, formeront des chansons.

 Il serait fastidieux de recenser toutes les citations d’auteurs présentes dans le répertoire de Mylène, même si le sujet mériterait à coup sûr de faire l’objet d’un mémoire universitaire. Mots empruntés en forme d’hommage ou reformulés, fondus dans la chanson qui les accueille, ils sont souvent parfaitement identifiables. Parmi les exemples les plus connus, un vers d’Allan, qui figure sur l’album Ainsi soit je, reprend in extenso une phrase d’Edgar Poe extraite de Ligeia : « Pauvres poupées qui vont et viennent. » Mais quoi de plus naturel, puisque la chanson est un hommage à l’auteur des Histoires extraordinaires , un des livres de chevet de la chanteuse ? « Elle m’en lisait des passages tous les soirs avant d’aller se coucher», me raconte Elsa Trillat, qui a partagé des vacances avec la chanteuse durant l’été 1987. 

Autre référence explicite, Baudelaire, qui fut aussi, on le sait moins, le traducteur d’Edgar Poe. Comment Mylène la sulfureuse pourrait-elle ne pas vouer une adoration sans borne à l’auteur des Fleurs du Mal, recueil condamné en 1857 « pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs » ? Très en verve, Laurent Boutonnat mettra en musique L’Horloge, le dernier poème de la section « Spleen et idéal », qui introduit brillamment l’album Ainsi soit je. Hommage appuyé, encore, mais cette fois à Virginia Woolf, grâce au titre Dans les rues de Londres, sur l’album Avant que l’ombre … Une évocation subtile des pérégrinations de Mrs Dalloway, l’une des héroïnes les plus emblématiques de la romancière anglaise, dans la capitale de l’Angleterre. Le destin de cette écrivain proche de la folie, qui se suicidera par noyade, ne pouvait pas laisser Mylène indifférente. 

Rendre à César ce qui est à César, c’est la moindre des choses. Et la chanteuse se plie à cette exigence de bonne grâce. Ainsi, Sogyal Rinpoché, dont la sagesse bouddhiste plane sur l’album Anamorphosée, est-il remercié dans le livret. De même, Mylène ne cache pas que la thématique de Innamoramento est fortement inspirée d’un essai de Francesco Alberoni, Le Choc amoureux 196, publié en 1979. Une citation de l’auteur ouvre d’ailleurs le livret de l’album : « L’amour naissant, l’innamoramento italien. L’étincelle dans la grisaille quotidienne. Le bonheur mêlé d’inquiétude parce qu’on ignore si ce sentiment est partagé. Un état transitoire qui débouche parfois sur l’Amour. Un phénomène comparable aux mouvements collectifs révolutionnaires. »

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D’une manière générale, d’ailleurs, ce cinquième opus est une véritable mine d’or pour tous ceux qui traquent les références littéraires dans le répertoire farmerien. Ainsi le titre Souviens-toi du jour est- il une allusion directe à Si c’est un homme, le témoignage bouleversant de Primo Levi sur l’Holocauste. Le clip, qui montre la chanteuse sexy en diable au milieu d’un incendie, semble lui-même avoir été inspiré d’un poème d’Apollinaire, Le brasier. « Et pour toujours je suis assis dans un fauteuil [...] / Les flammes ont poussé sur moi comme des feuilles », écrit le poète. Quant à Dessine-moi un mouton, tout le monde aura reconnu l’hommage au Petit Prince de Saint-Exupéry, que Mylène apprécie tellement qu’elle aurait envisagé de lui consacrer un spectacle musical. Si l’on ajoute les références cinématographiques (L’Amour naissant renvoie à La Fille de Ryan de David Lean) et picturales (Je te rends ton amour au peintre Egon Schiele), on voit combien l’album  Innamoramento constitue une foisonnante aventure pour l’esprit. 

Mais ce que certains reprochent à Mylène, ce ne sont pas tant ces hommages explicites que l’inspiration non avouée qui peut laisser penser qu’elle serait l’auteur de mots qui, en réalité, lui ont été suggérés par d’autres. Ainsi, l’écrivain Luc Dietrich, que la chanteuse a dévoré sur la recommandation de Bertrand Le Page, va lui offrir sur un plateau l’expression « poussière vivante », qui ouvre si joliment À quoi je sers. Le thème de la chanson semble lui-même inspiré de deux vers de L’Apprentissage de la ville : « Si je ne sers à rien, ce n’était pas / La peine de m’empêcher de mourir. » Fascinée par cet auteur, sans doute parce qu’il n’a « jamais perdu ses yeux d’enfant », comme l’écrira son ami Lanza del Vasto, Mylène a puisé chez lui d’autres pépites. « Et même si je parvenais à me redresser, pour quoi, pour qui ? », trouve-t-on chez Dietrich. Des mots que la chanteuse reprend à sa façon, toujours dans À quoi je sers : « Chaque heure demande / Pour qui, pour quoi se redresser. » 

Dans son tube Rêver, la star s’inspire du poète Pierre Reverdy. « Nous ne marcherons plus ensemble » correspond au dernier vers d’un poème intitulé Dans le monde étranger. « Dansent les flammes, les bras se lèvent » rappelle le poème Esprit pesant, où l’on trouve ces mots : « À droite dansent quelques flammes qui n’iront pas plus haut, et si les bras se lèvent ils touchent le plafond. » Quant aux paroles « Le monde comme une pendule / Qui s’est arrêtée », elles font écho au poème Toujours là ,extrait du recueil La Lucarne ovale. « Le monde comme une pendule s’est arrêté / Les gens sont suspendus pour l’éternité », y écrit Reverdy. Encore une fois, la belle image chantonnée par Mylène est le fruit de ses lectures. 

L’œuvre d’Emily Dickinson constitue également une source d’inspiration. Ainsi, dans Les Mots, plusieurs vers en anglais traduisent cette filiation. Lorsque Seal, qui partage le duo avec la chanteuse, fredonne « I will tell you how the sun rose », sait-il qu’il s’agit du titre du poème de Dickinson ? Certes, on peut y voir un hommage appuyé à la poétesse américaine. Mais alors, pourquoi avoir omis de citer ne serait-ce que son nom ? 

Mylène s’amuserait-elle à semer derrière elle des mots dont seuls quelques fins limiers sauront reconnaître l’origine ? Cette hypothèse n’est pas exclue, surtout lorsqu’on sait combien elle invite ceux qui veulent savoir qui elle est vraiment à écouter avec attention les paroles de ses chansons. 

Reste qu’il faut poser sans détour la question de ces emprunts nombreux et tacites. Si les auteurs cités appartiennent tous au domaine public, peut-on pour autant s’en abreuver sans prêter le flanc à la critique ?

 

Les détracteurs de la star n’hésitent pas à répondre par l’affirmative. Pour eux, un artiste doit puiser son inspiration en lui-même, et non dans les mots des autres. Une position de principe qui ne résiste pas, toutefois, à un fait incontestable : l’histoire de la littérature consiste en une relecture permanente par les jeunes générations des œuvres de leurs aînés. Comme tous ceux qui ont quitté l’école un peu tôt, Mylène éprouve un appétit féroce face à tout ce qu’elle n’a pas pu apprendre à cause du besoin urgent qu’elle ressentait de faire ses preuves. Sans diagnostiquer de complexe à proprement parler, il est évident qu’elle a tenu à cultiver ce goût des livres auquel son tempérament réservé la prédisposait. Ce qu’elle cherche dans la lecture, ce sont des mots qui répondent à ses états d’âme, les reformulent mieux qu’elle ne l’aurait fait elle-même. 

Où est le crime ? Où sont les victimes ? Au pire, la chanteuse invite son public à la suivre dans ses pérégrinations livresques. Combien de ses fans ont lu La Mort intime de Marie de Hennezel ou Le Choc amoureux de Francesco Alberoni, simplement parce qu’elle avait évoqué son plaisir de les découvrir ? 

Qui d’autre, dans le paysage de la variété, pourrait se targuer d’un tel exploit ? « Pour lire, j’ai besoin de temps, de repos, comme un recueillement », dit-elle. Par son attitude, qui sacralise la chose écrite, Mylène montre qu’on peut encore, à l’époque de l’Internet triomphant, être bouleversé par un livre. L’élitisme qui l’anime passe aussi par là, par cette volonté de tirer son public vers le haut. Ce qui lui vaut le statut inédit de chanteuse littéraire. Une singularité dont elle aurait tort de rougir. 

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008


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On va le payer très cher, ma Chère MYLENE

Posté par francesca7 le 9 septembre 2015

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      Laurent Boutonnat l’avait pressenti : 
« Nous n’allons pas continuer à faire tout ceci impunément, confie-t-il en 1990.
 Un jour, on va le payer très cher, car nous perdons la conscience de la violence,
 de la noirceur, de la morbidité . » La sanction est venue avec Giorgino, 
implacable et sans appel. Sorti le 5 octobre 1994, le film n’a totalisé que soixante
 mille entrées dans l’Hexagone et a dû quitter l’affiche au bout de deux semaines,
 enterré par une critique assassine. De quoi assombrir le moral du réalisateur pour
 longtemps : profondément affecté, il va se terrer pendant trois ans.
 
      Pourquoi un tel fiasco ? Au-delà de l’évidence, qui veut qu’un échec, au même
 titre qu’un succès, soit toujours un malentendu, la question ne va cesser de hanter
 le duo Farmer/Boutonnat, qui affiche depuis ses débuts un parcours sans faute. 
Auraient-ils perdu en chemin la recette qui a fait leur prospérité ? Ont-ils cru 
à tort qu’ils étaient devenus invincibles ? Pour ces alchimistes dans l’âme, toujours
 prompts à interpréter les signes du destin, il s’agit, en tout cas, d’un avertissement
 cinglant qu’il convient de prendre au sérieux. Une alerte rouge.
 
     Sur le moment, un sentiment d’injustice prédomine. Toutes ces années de travail
 réduites à néant. Pour Laurent, c’est le rêve d’une vie qui s’effondre. 
L’idée originale de Giorgino a germé durant son adolescence et n’a jamais quitté 
son esprit par la suite. Même sa rencontre avec Mylène est l’occasion pour lui de
 donner un visage au personnage de Catherine qu’il a en tête. « Depuis le début, 
Laurent ne pense qu’à son film, explique Christophe Mourthé. Les clips sont des 
prétextes pour pouvoir décrocher de l’argent afin de réaliser une œuvre de plus
 grande envergure. » Bien sûr, la carrière de la chanteuse n’est pas un pis-aller
 pour lui, c’est un projet majeur auquel il consacre toute son énergie. 
 
Mais les clips constituent, en quelque sorte, des courts-métrages expérimentaux.
 En faisant ainsi ses gammes, Boutonnat espère convaincre un producteur de financer
 son film. Son but ? S’imposer dans le septième art, discipline infiniment plus 
noble que la chanson à ses yeux, tout en permettant à Mylène de faire ses débuts 
d’actrice avec un rôle sur-mesure.
 
     Impatient de montrer l’étendue de son talent, désireux de signer un chef-d’œuvre
 dans la lignée des réalisateurs qu’il admire, Polanski, Tarkovski ou David Lean, 
Boutonnat va s’infliger une pression colossale. Des années plus tard, évoquant 
enfin ce sujet sur lequel il est resté si longtemps mutique, il
reconnaît que le projet s’est d’emblée heurté à des obstacles de taille. 
« S’il n’y avait pas cette volonté, cette nécessité à cette période, ce film 
n’aurait jamais dû se faire. Son économie n’était pas rationnelle. »
 
     Dès l’origine, Giorgino porte en lui les germes d’un film maudit. Il ne tient
 en effet que par la volonté d’un homme. Obsession qui l’enferme dans un solipsisme 
périlleux, une forme de paranoïa qui transforme chaque obstacle nouveau en coup du sort.
 Aucun producteur ne veut financer le film ? Qu’à
cela ne tienne, avec l’argent récolté grâce à la carrière de Mylène, Boutonnat investit
 les deniers de sa propre société, Heathcliff, pour régler les deux tiers de la facture
 totale, quatre-vingts millions de francs, Polygram assurant le financement du tiers restant.
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      Lorsque débute le tournage, le 2 janvier 1993, ce sont les conditions climatiques
 capricieuses qui contrarient le dessein du cinéaste : alors que les premières
 séquences doivent être tournées dans des paysages enneigés, pas un seul flocon
n’est tombé depuis des semaines – ce qui est exceptionnel pour la saison en Slovaquie.
 Le planning doit donc être modifié dans l’urgence. Plus tard, ce sont les températures
 glaciales qui interrompent à nouveau le tournage, faisant souffrir les caméras et 
geler une partie du matériel. Boutonnat joue de malchance, encore. Certes, la situation
 se débloque lorsque la neige se met à tomber, mais ce soulagement 
– ressenti par toute l’équipe – ne va guère dérider l’ambiance générale.
 
      Est-ce le thème du film, histoire sombre d’un médecin qui enquête sur les
 enfants disparus d’un orphelinat durant la Grande Guerre ? Est-ce le froid qui
 glace les esprits ? Même si Mylène ne se plaint jamais des rudes conditions que
 lui impose son rôle, elle ne se sent guère rassurée par son mentor, qui exige 
d’elle toujours davantage. Dès qu’elle le peut, afin d’échapper à une ambiance 
glauque qui ne lui convient pas, la chanteuse s’échappe à Prague et se ressource
 en flânant sur le pont Charles. « Cinquante personnes qui vivent les unes sur les
 autres pendant cinq mois, c’est très révélateur de l’âme humaine. 
 
C’est beaucoup de tricheries, beaucoup de mensonges », confie-t-elle, désabusée.
 Comme si le fait d’avoir surmonté tous ces handicaps ne suffisait pas, 
le distributeur, AMLF, juge le film trop long et repousse sa date de sortie, 
initialement prévue pour le 24 août 1994. Boutonnat se sent frustré dans sa
 toute-puissance de créateur, mais accepte d’amputer son œuvre d’une heure 
– au total Giorgino dure deux heures et cinquante-sept minutes. Entre août 
et octobre, la pression médiatique monte d’un cran. 
 
Mylène et Laurent, qui ne sont manifestement plus à l’unisson, s’acquittent de la
 promotion comme s’ils couraient à l’abattoir. La chanteuse semble apeurée, 
totalement dépourvue d’enthousiasme. « Après les scènes, je n’avais qu’une envie :
 aller me cacher, confie-t-elle. Quand on sort de soi ce que l’on ne s’autorise pas
 à laisser voir dans la vie de tous les jours, il faut un moment pour se reprendre,
 pour ne pas imposer aux autres, une fois le mot “coupez” prononcé, l’indécence de 
ces pulsions secrètes. C’est très fatigant aussi cette extériorisation de soi, 
c’est très violent. » Des propos qui paraissent, avec le recul, plutôt dissuasifs
 pour le public des salles obscures.
 
     Parmi les raisons qui expliquent l’échec de Giorgino, nombreux sont ceux qui
 pensent que sa noirceur excessive a rebuté le public. Mylène elle-même a l’air de
 partager cet avis quand elle confie : « C’est un film noir, très très noir. 
Tout y est vain. » Cette atmosphère lourde était pourtant la consigne de départ, 
comme l’explique Pierre Guffroy, décorateur incontournable du cinéma français à 
qui Boutonnat a fait appel. « Il ne voulait pas une sorte de misérabilisme réaliste,
 il désirait vraiment une atmosphère pourrie. »
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     Sans doute cet univers oppressant aurait-il été supportable si l’œuvre avait duré 
deux heures au lieu de trois – comme initialement prévu. Mais, sur le tournage, 
le timing des scènes s’est étiré, au grand étonnement de Gilles Laurent, 
le coscénariste, lorsqu’il découvre le résultat final : « J’ai précisément en
 tête une scène calculée à vingt secondes avec Laurent et que j’ai retrouvée à 
une minute dix en projection. » Apparemment, ces excès de durée ont été monnaie
 courante, comme si le réalisateur, ivre de son travail, ne parvenait plus à 
arrêter la caméra. Étienne George, photographe de plateau, partage ce sentiment.
 « Comme Laurent avait fait des clips audacieux que les gens avaient beaucoup aimés,
 il pensait que son film allait être révolutionnaire. Et il a eu du mal à se plier 
à des règles commerciales. Giorgino, c’est comme un long et beau clip, développé 
de façon peut-être déraisonnable. »
 
     Impossible de refaire l’histoire, mais il est certain que certains passages,
 comme l’interminable scène de beuverie au bar du village, auraient manifestement
 gagné à être raccourcis. « S’il avait duré deux heures, le film aurait marché »,
 m’a assuré Bertrand Le Page, entre deux coupes de champagne, en 1995. Alors qu’il
 n’avait aucune raison d’être tendre envers ceux qui l’avaient éconduit, il 
appréciait l’univers décadent de Giorgino, sensible au message qu’avait voulu 
véhiculer Boutonnat, notamment sur la cruauté de l’enfance.      Avec le recul, 
il n’est pas inutile non plus de méditer une réflexion de Gilles Laurent. 
« Au final, Giorgino a peut-être été vidé d’une certaine substance en nourrissant
 d’autres projets annexes, avant même de voir le jour. » Il est vrai que, durant 
le temps où Boutonnat a différé son film, il a donné le meilleur de lui-même pour
 lancer sa muse. Au fond, l’énergie que le réalisateur voulait mettre dans 
Giorgino n’avait-elle déjà été en partie vampirisée par les clips de Mylène ? 
Collaborateur fidèle et consciencieux, qui a participé à l’écriture des vidéos 
de Pourvu qu’elles soient douces et Sans logique, Gilles Laurent sait de quoi 
il parle : Giorgino n’a pu être écrit qu’en pointillé, la chanteuse demeurant 
la priorité absolue.
 
     En cet hiver 1994, Boutonnat a le moral en berne. « J’ai eu assez peur pour
 lui dans les semaines qui ont suivi la sortie de Giorgino, confiera son coscénariste
 des années plus tard. Je me demandais quel homme serait capable d’encaisser toute
 cette haine. Mais Laurent est une force de la nature. » Dans un sursaut d’orgueil,
 le réalisateur fera interdire toute diffusion de son œuvre – seul Canal + pourra
 le programmer, conformément à une clause contractuelle.
 
     Il faudra attendre 2007 pour que le public ait la possibilité de redécouvrir 
Giorgino. Quatorze ans ont été nécessaires pour que Laurent digère cet échec. 
Sans doute le fait qu’il ait tourné entre-temps un autre long-métrage, Jacquou 
le Croquant, qui a réalisé un million d’entrées en France, a-t-il joué comme un 
déclic libérateur. Annoncé par une bande-annonce inédite, sorti avant les fêtes 
de Noël dans un luxueux coffret, dont le visuel montre le joli postérieur de Mylène,
 le DVD a reçu un accueil plutôt bienveillant, comme si la critique, avec le recul,
 percevait enfin les qualités du film. En outre, le style Boutonnat, cette manière
 de filmer peu académique, avec ces ralentis qui semblent dilater le temps, ou ces 
plans rejoués de manière obsessionnelle, n’a pas échappé à la nouvelle génération 
des cinéastes.
Parmi eux, Pascal Laugier n’a pas manqué, en 2004, lors de la sortie de Saint Ange, 
avec Virginie Ledoyen, d’expliquer en quoi Giorgino l’avait inspiré. Conspué à sa 
sortie, le film de Boutonnat pourrait bien, dans deux décennies, devenir culte.
 
     Car malgré ses défauts, ou précisément à cause de ses défauts, Giorgino demeure
 un film envoûtant, injustement cloué au pilori. Certains passages de la bande originale, signée Boutonnat, notamment ceux qui évoquent l’enfance, sont bouleversants. Pierre Guffroy, 
qui a créé les décors, reste un des plus ardents défenseurs de ce conte singulier : 
« Je ne m’en lasse pas. Je trouve Giorgino extraordinaire, un vrai film d’auteur. » 
Quant à Mylène, lorsqu’elle évoque son premier rôle au cinéma dans le bonus du DVD, 
elle ne tarit pas d’éloges sur l’œuvre de son mentor. « Un projet atypique », 
« à la fois onirique, désespéré et si novateur », dit-elle, évoquant « un film 
remarquable, au sens premier : il dérange, mais ne laisse pas indifférent ».
 
Avec le recul, impossible de ne pas penser aussi que Giorgino, film maudit par 
excellence, n’a pas, paradoxalement, renforcé la légende Farmer. Toutes ces anecdotes
 étranges autour du tournage n’ont fait qu’épaissir le mystère de la star. 
Protecteur, comme à son habitude, Boutonnat a d’ailleurs pris soin de ne pas laisser
 sa muse porter seule le film sur ses épaules : son personnage, Catherine, n’apparaît
 qu’au bout de quarante minutes, et c’est Jeff Dahlgren qui est omniprésent à l’écran.
 En outre, sans doute parce que son jeu n’est pas en cause, Mylène, impeccable en 
jeune femme autiste, a été épargnée par la critique.  À l’époque, elle s’en sort 
plutôt bien. Mais si ce n’est pas son échec, c’est un échec tout de même.
 
Jusqu’alors, elle et son mentor se sentaient invincibles. Cette noirceur, ils 
l’ont poussée très loin parce qu’ils étaient convaincus qu’elle répondait aux 
attentes du public. Avec le naufrage de Giorgino, la donne change radicalement.
 Mylène prend conscience que le côté obscur de Laurent, qu’elle partage, peut la
 conduire droit dans le mur. Elle a besoin d’un bain de lumière pour renaître. 
C’est sa seule chance, elle le sait, de survivre.
  
Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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Conte philosophique illustré par… Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 28 août 2015

Michel Onfray : 

le philosophe publiera en novembre un conte philosophique illustré par la chanteuse la plus secrète de France.

Etoile Polaire

Pour tout savoir de Michel Onfray, c’est simple : suivez son compte Twitter ! Sa dernière révélation en date, cette semaine, aura été la couverture de L’Étoile polaire, un conte philosophique à paraître en novembre prochain. Jusque-là, rien que de bien logique. Mais le philosophe et essayiste précise au passage l’identité de l’illustratrice : une certaine Mylène Farmer.

 

Sans titre

Un « teasing » parfaitement réussi, à quelques jours du premier passage radio de « Constellations », un duo inédit de la mystérieuse et sulfureuse chanteuse avec Sting. Michel Onfray, qui avait déjà confié dans une interview ne pas être insensible à sa « voix extraordinaire », sa « sensualité », sa « volupté », sa « poésie contemporaine », avait fait allusion à cette collaboration lors de son passage au Petit Journal, juste avant l’été.

PAR 

 

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POUR MYLENE L’IMPORTANT C’EST D’AIMER

Posté par francesca7 le 4 juillet 2015

 

PARIS MATCH : 2 DÉCEMBRE 2010 – NATHALIE RHEIMS

 

mylene-farmer-giorgino_18-imgPour sa seule interview à la presse à l’occasion de la sortie de l’album « Bleu Noir », Mylène Farmer fait pour la première fois de sa carrière la une de Paris Match pour cette interview menée par son amie intime, l’auteur Nathalie Rheims. L’entretien est illustré d’une séance photo inédite réalisée à Londres quelques semaines plus tôt par Nathalie Delépine.

Tu n’as jamais été aussi belle et épanouie. As-tu des secrets de beauté ?

-La seule chose importante est d’aimer et d’être aimée. C’est bien la seule certitude que j’ai aujourd’hui. Et la beauté dépend du regard que l’on porte sur les gens : quand ce regard est celui de l’être aimé, ou tout simplement celui de la bienveillance, il agit comme un baume enchanteur. La chance qui m’est donnée de vivre en harmonie avec ce que je fais est alors mon secret de beauté, c’est un lien fragile que je m’efforce à la fois de remettre en cause et de protéger.

Qu’es-tu capable de faire aujourd’hui et que tu n’aurais pas pu faire hier ?

-Affronter des regards quand j’entre dans un lieu public sans vouloir fuir l’endroit dans la fraction de seconde ! Souffrir d’un manque de confiance en soi, d’une timidité qui vous fait passer parfois pour quelqu’un de distant, de froid, n’est pas un atout majeur pour faire un métier public. Pourtant, depuis longtemps déjà, je n’ai eu d’autre choix que de dépasser mes peurs, les surmonter, n’en être pas –ou plus- l’otage. Quand j’y pense, c’est d’une violence inouïe de dépasser ce handicap ! Seules les personnes qui sont de vraies timides peuvent comprendre ce par quoi l’on passe pour y parvenir.

« Bleu Noir » est le premier album que tu fais sans Laurent Boutonnat. Pourquoi t’es-tu éloignée de lui ?

-Je ne me suis en aucun cas éloignée de lui ! Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque : vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité. Nous nous retrouverons pour le prochain album !

As-tu conscience que cet album est plus sombre que les précédents ?

-Non, pas vraiment. Cet album –comme son titre, « Bleu Noir » l’indique- passe de la lumière au sombre puis à l’obscurité. Ou l’inverse, je ne sais plus !

On te dit solitaire, voire recluse. Travailler avec une nouvelle équipe fût-il un travail compliqué ?

-Je m’adapte à de nouvelles manières de travailler si tant est que l’on respecte ma ‘bulle’, mes silences autant que je respecte moi-même l’autre. Je suis quelqu’un de solitaire, mais j’ai aussi un grand besoin de l’autre et je réfute le terme ‘recluse’ ! Quand j’étouffe, je prends un train, un avion et vais voir d’autres cieux. C’est une liberté, une chance inestimable de pouvoir voyager quand j’en ressens le désir ou la nécessité. Face à un paysage de neige, je suis émue : j’ai grandi au Canada, je suis certaine que cette attirance pour les paysages immaculés vient de là-bas. Le grand froid a un parfum très particulier, un son qui lui est propre. J’ai retrouvé cette même émotion quand je suis allée en Russie découvrir Saint-Pétersbourg en plein hiver : au bord de la Neva, ses canaux gelés, on guette Catherine II de Russie…

D’autres endroits que tu aimes ?

-La Corse est mon refuge. Le jour venu, la tentation pourrait être la Toscane : m’apaiser devant des collines d’oliviers et de vignes…

Tes biographes écrivent les mêmes clichés sur toi. Qu’as-tu à cacher ?

-Je n’ai pas de biographe, c’est pourquoi ce sont sans doute les mêmes clichés.

Dans ce qui a été écrit à propos de toi, qu’est-ce qui t’a fait le plus sourire ?

-J’ai entendu parler de bain de jus de tomate, qui m’aurait conduite à une ‘phobie attractive’ du sang (Mylène fait référence à une anecdote relatée par Bernard Violet dans sa biographie publiée en 2004 à partir de laquelle il tire effectivement cette conclusion, nda) et de lit-cercueil (à ce jour, jamais une biographie ou un article n’a pourtant prétendu cela, nda). Je crois que tous les fantasmes me font rire quand il ne s’agit pas de mes proches ou de ma vie privée. Pourtant, quand on me rapporte les médisances d’un animateur de jeu télévisé quant à mon prétendu play-back sur scène(Mylène évoque sans le nommer Nagui qui, en effet, prend régulièrement pour cible depuis quelques années dans ses émissions la chanteuse, soit en se moquant de sa voix, soit en prétendant qu’elle ne chante pas en direct lors de ses concerts, nda), je finis par me demander si je ne préfère pas l’histoire tout aussi fausse du jus de tomate. C’est impressionnant de voir à quel point certaines personnes se sentent grandies en dénigrant, en tentant de blesser… Il s’agit bien souvent de personnes qui rêveraient d’une vie meilleure. Encore faut-il en être à la hauteur. Je crois à la vertu de la décence. La critique est nécessaire ; la grossièreté, inutile.

Es-tu obsédée par l’idée de laisser une trace de toi après ta mort ?

-Obsédée, non. Le moment présent m’importe. Laisser une trace…dans le cœur de quelques personnes, j’espère que oui.

Qu’aimerais-tu que l’on dise de toi ?

-« C’était une grande astronaute ». (sic !)

Quel regard portes-tu sur la variété française ? Y a-t-il des artistes qui t’intéressent ?

-J’ai découvert Stromae, ce jeune artiste vraiment original. J’aime beaucoup son titre « Alors on danse », sa silhouette, son phrasé et son timbre de voix si particuliers. Il dit des choses graves sur un ton léger.

Pourquoi as-tu enregistré un duo avec Line Renaud ? (« C’est pas l’Heure », paru sur l’album « Rue Washington » de Line Renaud sorti un mois tout juste avant la publication de cet entretien, nda)

-Je l’ai rencontrée lors d’un dîner et, comme chacun semble le dire, quand on croise le regard bleu de Line… une magie s’opère ! C’est une femme belle, décalée et charmeuse. Je suis instinctive, le désir l’emporte dans ces moments-là. Son énergie vitale est impressionnante. Mais c’est aussi quelqu’un qui doute : c’est imperceptible, mais touchant.

Tu navigues continuellement entre Eros et Thanatos. L’amour et la mort sont-ils tes deux seules sources d’inspiration ?

-Il y a aussi la solitude, l’isolement. J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !

La politique t’intéresse-t-elle ? As-tu de l’estime pour ceux qui nous gouvernent ?

-J’ai de l’estime pour le courage de tous ceux qui acceptent cette lourde responsabilité sans abuser de leur pouvoir.

Quelle est ton image idéale du couple ?

-Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre : l’intelligence complice.

Comment t’imagines-tu dans dix ans ?

-Ailleurs…

Ta dernière tournée a été un triomphe. Envisages-tu de remonter sur scène ?

-Oui… au moins une dernière fois !

Pourrais-tu un jour renoncer à la chanson ? A la scène ?

-Comment renoncer à ce et ceux qu’on aime ? Mais je vais devoir apprendre…

Lors de tes concerts, tu attaches une importance particulière aux créateurs de mode : recherches-tu de nouveaux talents, de nouvelles marques, de nouvelles inspirations ?

-34427851Quand il s’agit de préparer un spectacle, oui. Ce choix est toujours délicat. Il ne suffit pas de faire du ‘couture’, ce n’est pas un défilé de mode. Le créateur doit être aussi capable de transposer les costumes pour une scène, qui devront s’intégrer aussi à un décor, à des lumières, à un univers afin de rendre le tout homogène. Il faut rencontrer alors des stylistes inspirés et qui acceptent de se fondre dans l’univers de l’artiste afin que celui-ci ne disparaisse pas derrière le costume, justement, mais se sente comme dans un écrin. Je ne suis pas certaine que tous les créateurs de mode en soient capables : il faut beaucoup d’humilité.

Ton livre de chevet ?

-Tous les livres de Stefan Zweig, le dernier lu étant « La Guérison par l’Esprit », une réflexion sur les pouvoirs de l’esprit et le besoin vital de croire. C’est passionnant.

Ton film culte ?

-Choix difficile, il y en a plus d’un… Mais je vais choisir « L’Important c’est d’Aimer » d’Andrzej Zulawski : c’est sans doute un des films qui m’ont le plus troublée. Romy Schneider y est magnifique, sans fard, fragile, tragique.

Ton personnage préféré de l’Histoire ?

-Padre Pio, un moine capucin qui a eu une vie extraordinaire. Il me fascine ! Il a été canonisé en 2002, je crois (le 16 juin 2002 par le pape Jean-Paul II, nda). Durant sa vie, il a reçu les stigmates de la Passion du Christ, a dû affronter le Diable… Ca me renvoie a quelque chose de profond chez moi : l’inexplicable, qui me bouleverse.

Une émission de télé que tu ne rates pas ?

-« Un Jour, un Destin », parce que j’aime les histoires vraies, les biographies, les destins hors du commun. J’aime connaitre l’histoire des gens, tout simplement. Je trouve que tout y est remarquablement traité à travers des reconstitutions de vies qui évitent le piège facile du ‘jugement’. Le fond comme la forme sont vraiment réussis et les sujets souvent passionnants, émouvants. J’aime aussi l’habillage de ces documentaires. Et puis rien n’est laissé au hasard : cette finesse est rare dans le paysage audiovisuel. Et je regarde très souvent « Faites Entrer l’Accusé ». Les faits divers m’ont toujours fascinée. C’est peut-être une forme de voyeurisme, même si je ne le ressens pas comme ça : je suis saisie par l’horreur que m’inspirent ces criminels, mais aussi submergée par l’évidente compassion que j’ai pour les victimes et leurs proches. Qui peut un jour penser finir son destin si tragiquement ? L’horreur et la perversité sans limite de certains –parfois même sans remords- glacent le sang. Si cette émission m’intéresse, c’est parce que j’ai besoin de comprendre ‘l’inhumain’.

La femme que tu pourrais prendre comme modèle ?

-Une comtesse âgée et discrète qui vit non loin de chez moi et recueille tous les chats errants. J’ai moi-même adopté il y a quelques années une chatte qui a élu domicile chez moi pour finir sa vie.

 

Ton idéal masculin ?

-Jean Rochefort. Un acteur unique, un homme d’une classe folle, un charme renversant. Je suis sensible à sa grande délicatesse : c’est un être totalement décalé, si émouvant, aussi. Bref… magnifique !

L’œuvre d’art que tu pourrais voler dans un musée ?

-Une œuvre de Giacometti !

Le disque que tu emporterais sur une île déserte ?

-Mais il n’est pas question que j’aille sur une île déserte !

La soirée de tes rêves ?

-En Corse, en Sicile ou en Irlande. Un feu de cheminée, l’hiver, la neige qui tombe -bien qu’il n’y ait pas beaucoup de neige en Corse et en Sicile ! Le vent souffle dehors, un verre de côte-rôtie et s’enivrer doucement en écoutant la musique du film « Mission » par Ennio Morricone. Le reste est top secret !

Une épitaphe ?

-Quel souci ! Ici gît ‘Je’.

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Mylène, à quoi je sers ?

Posté par francesca7 le 29 juin 2014

1 

Symboles suicidaires du premier achèvement d’une oeuvre et d’une première vie d’artiste.

    Tournés dans un noir & blanc granuleux au lac de Grandlieu, à Passay (Loire-Atlantique) en août 1989, la chanson et le clip se trouvent justifiés par les conditions dans lesquelles leurs auteurs les ont écrits. Pour promouvoir la grande tournée que Mylène Farmer s’apprête à faire, elle écrit avec Laurent Boutonnat une chanson évoquant la fin d’un cycle : le leur. Si la critique a souvent qualifié le duo de nihiliste, c’est bien à cause de ce petit court-métrage, qui semble rejeter toute forme de croyance et de respect religieux. C’est bien d’autodestruction qu’il s’agit ici, en « suicidant » les héros de Laurent Boutonnat, Mylène Farmer achève leur première oeuvre, la plus noire. En brûlant quelques mois plus tard le décor de leur tournée dans un champ irréel, Laurent Boutonnat terminera cette destruction. même Mylène regardera le décor flamber, signature macabre de leur autodestruction.

  

En pleine tournée, est intégrée au milieu exact du spectacle une chanson inédite simultanément à sa sortie dans le commerce en 45 tours. A quoi je sers est une chanson au rythme dansant mais aux paroles désespérées. Elle fut écrite un soir de blues, ce qu’on pense assez rare chez Mylène Farmer. Dans ce contexte de sortie, entre les salles de concert remplies et les loges vides, ce n’est bien évidemment pas par hasard que le texte de la chanson parle ouvertement de suicide  :

«Chaque heure demande pour qui, pour quoi se redresser / Pourquoi ces larmes ? A quoi bon vivre / Je divague, j’ai peur du vide, je tourne des pages, mais des pages vides / J’avoue ne plus savoir à quoi je sers, sans doute à rien du tout / à présent je peux me taire si tout devient dégoût. » 

 

    Sans album à promouvoir, et ainsi débarrassé d’obligations promotionnelles, Laurent Boutonnat se sent donc une liberté totale pour la mise en images du clip. Il fera le choix d’aller vers une sorte d’abstraction en noir et blanc, remplie de langueurs et de symboles. Évoquant sous un angle biblique et symbolique le suicide (artistique) de la chanteuse, le clip représente sa longue et calme traversée d’un fleuve avec pour seul accessoire une valise dont le contenu nous restera inconnu.

 

    Un bruit sourd de vent glacial, un fleuve sombre, un ciel nuageux. Le brouillard envahi tout. Une pirogue avance, guidée par un vieux passeur, vêtu de noir et défiguré par le temps. Mylène Farmer monte dans cette barque-cercueil qui la fera traverser ce qu’on imagine être le Styx, le plus grand fleuve des enfers, en direction d’un autre affluant, qui sépare les vivants des morts. Selon cette lecture du clip, le passeur est Caron, chargé de faire passer les défunts dans l’autre monde. Leur embarcation traverse les roseaux que le vent fait plier, symbolisant selon la science des rêves le tourment et les problèmes existentiels. L’interprète, elle, ne pose son regard sur rien. Le passeur aux yeux cernés conduit la chanteuse dans les marais monochromes non loins de la rive gauche du Léthé, qui mène celui qui y arrive à l’oubli de sa vie. Mylène Farmer se retourne enfin, peut-être sur son passé, acceptant la propre mort de son personnage et reconnaissant les héros des clips de Laurent Boutonnat, ayant eux, déjà trépassé antérieurement. Ceux avec qui elle a débuté sa carrière sont présents.

 

   Elle balaie son regard, comme une façon de revoir sa vie d’artiste en un instant. Le clip se termine par un long plan-séquence ralenti de tous les personnages de dos, entraînant Mylène Farmer dans les eaux profondes, sans doute pour se noyer ensemble. Départ en électrochoc d’un processus d’autodestruction qui s’achèveraquelques mois plus tard, par l’incinération du décor de la tournée pendant le générique final du film du concert. En rendant sa cohérence à l’ensemble des clips qu’il a produit, Laurent Boutonnat en fait une œuvre homogène et ne filme là rien d’autre que la fin de cette époque. Son public sait dorénavant que ni Libertine ni sa rivale ne renaîtront une nouvelle fois de leurs cendres, et constate que Mylène Farmer et son mentor posent le voile de l’oubli sur un style qui leur fut si personnel. Poussant l’idée un cran plus loin pour bien que son public les comprenne, la face B du 45 Tours est une chanson titrée La Veuve noire qui reprend en boucle la mélodie d’introduction de A quoi je sersLa Veuve noire semble évoquer la mort artistique de la chanteuse le soir de la date de son premier concert :

 

« Toi veuve noire tu périras ce soir de mai »  

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 Mais peut-être que le tableau n’est pas si noir, peut-être qu’une renaissance est possible… En tout cas, à l’époque, nombreux sont les fans qui se sont demandés si la carrière de Mylène Farmer ne se terminait pas ici.

Dr. Jodel

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Johanna MANCHEC choristes de Mylène Farmer au Timeless 2013

Posté par francesca7 le 23 mai 2014

 

 

johanna manchecChanteuse protéiforme, Hohanna Manchec, se lance très tôt dans le musique en apprenant la guitare et le piano, puis se produit, dès l’adolescence, comme interprète du piano-bas La Périgourdine. Elle fait ses premiers pas de choriste lors du Stade France de Johnny Hallyday en 1998, avec qui elle chantera à nouveau en 1999, 2000, 2003 et 2006. En parallèle, elle donne des cours de chant et cape son premier rôle d’actrice à L’opéra Royal de Wallonie à Liège, en 2003, dans Simenon et Joséphine de Jean-Louis Grinda, elle y joue le rôle principal de Joséphine Baker et s’adonne même aux claquettes.

Présentée par Yvan Cassar à Mylène Farmer, elle participe en 1999 aux choeurs africains de « Mylenium » et « L’amour naissant » sur l’album « Innamoramento ». Par la suite, elle sera présente en tant que choriste sur toutes les tournées de Mylène Farmer à partir du Mylenium Tour.

La chanteuse a à son actif un album solo, « Hymne à la vie » (Février 2011), écrit, composé et arrangé par ses soins.

Image de prévisualisation YouTube

vidéo http://www.youtube.com/watch?v=Mp5QLaditB8

 

Amoureuse du spectacle vivant, Johanna Manchec-Ferdinanc mène avec talent et énergie une carrière de choriste pour Johnny Hallyday et Mylène Farmer, et avec humour et élégance, ses propres concerts…

Mylène Farmer a fait un passage par le Cours Florent. Vous avez, vous aussi, suivi une formation pluridisciplinaire bien avant que Star Academy et autres Popstars n’existent…
J’ai suivi une formation dans une école privée de spectacle. J’ai fait le Festival d’Avignon, travaillé au Cirque d’Hiver et obtenu mon diplôme. Je me suis ensuite frottée à l’école de la vie. J’ai débuté au piano-bar La Périgourdine, un soir où mon meilleur ami a demandé au patron de me laisser interpréter « Summertime ». J’ai été engagée le soir même, malgré un maigre répertoire. Au début des années 1990, j’ai travaillé au mythique cabaret des Trois Maillets. J’étais très attirée par ce lieu rempli des fantômes de Sydney Bechet ou de Nina Simone. J’ai appris à chanter et aussi à susciter l’attention des clients vers trois heures du matin. Cette expérience me sert tous les jours dans ma vie d’artiste. J’y ai croisé Nicolas Montazaud, le percussionniste de Mylène sur Avant que l’ombre… à Bercy.

De ces débuts d’interprète soliste, comment êtes-vous devenue choriste ?
Par hasard et plutôt tard ! Une amie chanteuse m’a demandé de l’accompagner à l’audition pour le Stade de France de Johnny Hallyday en 1998, mon premier engagement aux côtés de cet immense artiste. Ensuite, j’ai auditionné pour le Mylenium Tour : autre rencontre choc dans ma vie artistique avec Mylène Farmer. J’avais évidemment entendu parler de Mylène et j’ai découvert davantage son univers en travaillant avec elle sur ses chansons et sur la mise en scène de sa musique. J’ai été agréablement surprise de la sensibilité qui se dégageait de ses concerts. Comme lors de ma première collaboration avec Johnny, je me suis retrouvée au service d’une artiste renommée et j’ai découvert le fonctionnement de ces grosses machineries, tous les artistes de l’ombre et techniciens qui travaillent en coulisses pour cette grosse entreprise…

Vous aviez rencontré Mylène lors de l’enregistrement de « Dessine-moi un mouton », « Souviens-toi du jour… », « L’amour naissant » et « Mylenium ». Vous souvenez-vous de cette prise de contact ?
Vous me le rappelez… On a fait tellement de concerts depuis ! C’est par l’intermédiaire d’Yvan Cassar que je me suis retrouvée dans cette chorale de studio. Nous étions cinq filles, et notamment Angeline Annonier. J’apprécie son talent et nous travaillons d’ailleurs ensemble sur quelques textes de mon premier album. Nous avions enregistré ces voix à Los Angeles et Paris. Mylène et Laurent Boutonnat étaient présents durant les deux séances.

Quels souvenirs gardez-vous de cette première tournée débutée avec Mylène en 1999 ?
Une incroyable aventure. J’ai été si chanceuse de me retrouver dès le départ sur une telle tournée avec cinq dates à Bercy, il me semble. De plus, nous nous sommes rendus en 2000 en Russie et ce fut une belle expérience. On était habitués à des français surexcités alors que là, tous étaient assis au calme. J’ai trouvé le public de Moscou et de Saint-Pétersbourg très émouvant. Certainement le poids de l’histoire… J’ai adoré accompagner « Innamoramento » et « California » où nous nous retrouvions, avec Mylène et Esther, toutes les trois sur l’escalier central. On partage des moments inoubliables avec l’artiste sur certains titres.

Après le Mylenium Tour, la Tour Eiffel, l’Olympia et la tournée de Johnny en 2000, puis Bercy, le Parc des Princes et sa nouvelle tournée en 2003, vous avez joué le rôle-titre de Simenon et Joséphine au Forum de Liège fin 2003…

J’ai adoré jouer le personnage tumultueux de Joséphine Baker dans cette comédie musicale. Ce spectacle m’a réconfortée et m’a redonné confiance pour prendre plus de risques dans mon métier et j’ai une pensée particulière pour une personne qui m’a beaucoup encouragée. Le scénario était dense. On mettait une histoire en musique, et non l’inverse. Il s’agissait de raconter, avec un vrai orchestre symphonique qui jouait live dans la fosse, la liaison intense entre l’écrivain Georges Simenon et Joséphine.

Qui vous a rappelé pour Avant que l’ombre… à Bercy ?
Mylène et Laurent m’ont convoquée pour les premières répétitions. Nous avions tous la pression étant donné la taille du spectacle. Nous avons fait ce qu’il fallait pour que ce trac ne prenne pas le pas sur le reste.

Quel a été le plus beau moment d’émotion durant le concert de janvier dernier ?
Sans hésiter la chanson « Avant que l’ombre… » interprétée derrière le rideau d’eau. Il se dégageait une atmosphère très prenante, une émotion très particulière sur scène. Je pense que cela apparaissait au public comme une sortie grandiose. Nous sur scène, nous avions toujours le cœur serré. Franchement, je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir les larmes aux yeux. Mylène avait une fragilité dans la voix qui laissait passer tant de sensibilité, comme on peut en ressentir lors d’un au revoir. A ce moment-là du show, les plateformes sur lesquelles nous étions installées descendaient et on ne distinguait plus que l’ombre de Mylène qui gravissait l’escalier. Superbe.

Vous étiez physiquement beaucoup moins proche qu’elle que sur le Mylenium Tour…
Pas vraiment. Elle nous rejoignait souvent, notamment sur « L’amour n’est rien… ». Pour « Désenchantée », nous traversions la passerelle pendant l’intermède musical et la rejoignions sur la scène centrale en reprenant le refrain « Tout est chaos… ». C’était un beau moment en plein cœur de Bercy et il me tarde vraiment de voir comment rendaient ces titres. On ne découvre le spectacle qu’après le public car on ne profite pas de tout le travail créatif de son et de lumière. J’ai redécouvert le Mylenium Tour en visionnant la vidéo live.

Les fans de Mylène deviennent un peu les vôtres. Est-ce troublant ?
Non, c’est une forme de reconnaissance. Certains reviennent systématiquement aux premiers rangs et on finit par créer une complicité avec eux. Nous partageons l’amour qu’ils ont pour l’artiste et c’est vrai qu’eux arrivent à nous rencontrer plus facilement que leur idole.

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Les médias évoquent souvent les similitudes entre Johnny Hallyday et Mylène Farmer. Vous qui les côtoyez tous les deux, qu’en pensez-vous ?
D’abord leur immense professionnalisme. Mylène est plus réservée au premier abord. Johnny est un artiste extraordinairement talentueux et attachant, les qualificatifs manquent pour décrire tout ce qu’il représente. Ils ont envie que ceux qui participent à leurs spectacles soient rigoureux. AU fil des jours, on crée autre chose qu’une simple relation de professionnel à professionnel… Ils ont en commun la simplicité en coulisses et la générosité envers leur public sur scène. Ils transmettent une énergie incroyable lorsqu’ils sont sous les projecteurs, et en termes de carrières artistiques, ils sont l’exemple à suivre.

Vous travaillez avec Esther Donbong’Na Essienne sur les spectacles Farmer. Est-ce un luxe de n’être que deux « sexy ladies » comme dirait Johnny, sur un spectacle ?
C’est un plaisir en tout cas. On est toujours en duo pour Mylène. En revanche, ce choix est inédit pour cette tournée plus « roots » de Johnny, nous étions habituées à être plusieurs choristes. J’ai une tonne de souvenirs avec Esther ! Il me faudrait des heures… Je me souviens de rires en répétitions sur le Mylenium Tour. Christophe Danchaud nous faisait répéter une gestuelle sur « Innamoramento ». On devait joindre nos mains pendant que Mylène retournait au creux de la main de la statue. Je me suis retournée dans le mauvais sens et je me suis retrouvée face à face avec Esther, mais comme elle est plus grande que moi, j’avais le nez dans sa poitrine. Impossible dès lors de s’arrêter de rire ! Mylène nous regardait l’air de dire…

La comédie musicale Simenon et Joséphine n’aura duré que cinq jours, tout comme Avant que l’ombre… à Bercy n’aura vécu que treize soirées uniques. Existe-t-il un manque quand tant de répétitions se soldent par si peu de concerts ?
En tant que chanteuse, danseuse et chorégraphe, je travaille sur des spectacles dans l’évènementiel avec ce même sentiment d’éphémère. Je m’investis également dans la direction artistique de la société de production que nous avons créée avec mon manager et mari. Notre plaisir est de faire découvrir d’autres artistes talentueux ou de voyager pour créer des concerts uniques pour de prestigieuses soirées privées, comme à Dallas il y a quelques mois. C’est important de ne pas se perdre dans les arcanes du métier. Je crois au pouvoir de l’expérience et je donne autant d’importance à ma vie artistique qu’à ma vie privée… Les jours off, je retrouve avec intensité ma vie de femme, d’épouse et de maman.

Que reste-t-il à vous souhaiter ?
Que la chance soit toujours au rendez-vous, notamment pour l’enregistrement de mon album. Je consacre beaucoup d’énergie à présenter des mélodies et des textes qui tiennent la route, nourris de toutes mes influences, sans limite à ma création. J’espère que mes chansons trouveront leur public.

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REVIEW DU CONCERT TIMELESS 2013 (partie 2)

Posté par francesca7 le 1 mai 2014

 

à partir du 7 septembre 2013, Mylène a brassé large pour la Tournée TIMELESS, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres de  chacun de ses albums et enchaînant les surprises, la suite de sa sélection :

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MONKEY ME

Il aura fallu patienter de nombreux mois pour que « Monkey Me », troisième single extrait du dernier album de Mylène, sorte enfin dans les bacs. Selon les sondages réalisés auprès des fans, ce titre reste l’un de leurs préférés de cet opus mais aussi l’un des plus attendus sur scènes. Joli cadeau donc, que Mylène fait ici à son public. 

Petite particularité  notable ; pas de noir ni de silence absolu entre la fin de « c’est une belle journée » et « Monkey Me », mais un enchaînement musical direct, assuré par quelques mesures de synthétiseur, de charleston puis de guitare saccadée, qui brouillent les pistes pour le spectateur qui se demande alors de quelle chanson il peut bien s’agir ici, avant de découvrir les premières notes de « Monkey Me ». Pour ce titre, Mylène délaisse ses robots et ses danseurs et opte pour une mise en scène sobre aux jeux de lumières rouges et dorées qui permettent une véritable mise à l’honneur de la chanson. Toujours vêtue du même costume, encadrée de ses deux guitaristes et de son bassiste, la chanteuse se place au centre de la scène, face à son micro-pied, ce qui ne l’empêche pas, cependant, de partir à la rencontre de son public.

 

SLIPPING AWAY (CRIER LA VIE) (EN DUO VIRTUEL AVEC MOBY)

 Mylène et Thierry Suc nous avaient promis des surprises pour ce Timeless 2013. Autant dire qu’ils nous ont gâtés. Après les robots, c’st au tour de Moby de faire son apparition sur scène à travers l’écran géant du spectacle pour interpréter, avec Mylène, leur célèbre premier duo « Slipping Away » (Crier la vie). Sorti en septembre 2006, ce single a rencontré un succès de taille auprès du public et restait l’un des grands absents du Tour 2009. 

Alors que les premières notes de la chanson résonnent dans la salle, nous voyons apparaître, sur l’écran, le crâne de Moby, de dos et en très gros plan. Puis c’est en majorité son visage, éternellement impassible, qu’il nous offre durant tout le temps de la chanson à travers des images inédites, sans doute filmées pour l’occasion. Mylène, seule sur scène, éclairée par des jets de lumière blanche faisant écho aux couleurs plutôt froides qui règnent sur l’écran, assure ses couplets avec brio.

Etait-ce la volonté des deux artistes que la chanson soit ainsi présentée sur scène, ou Moby n’a-t-il pu être physiquement aux côtés de Mylène pour d’autres raisons ? Quoiqu’il en soit, outre le plaisir de retrouver enfin ce titre interpréter en live, ce tableau s’inscrit parfaitement dans le scénario de ce Timeless 2013, la présence virtuelle de Moby ajoutant en effet au caractère fantastique du show.

 

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ELLE A DIT / L’AMOUR N’EST RIEN

Encore une fois, Mylène a choisi la sobriété pour l’interprétation de « Elle a dit », titre qui ouvre son dernier album « Monkey Me », pas de chorégraphie, pas d’artifices sur scène, juste un éclairage dans les tons violets et une Mylène debout, au milieu de la scène, face à  son micro-pied. Honneur au texte donc, pour cette chanson qui traite d’homosexualité féminine et de la difficulté à accepter et vivre sa différence dans notre société. Inspirée, a priori, de la bande dessinée de Julie Maroch, « Le bleu est une couleur chaude », il aurait été délicat pour Mylène de passer à côté de ce titre sur scène pour deux raisons : non seulement celui-ci est assez populaire auprès de ses fans, mais il fait également écho au film d’Abdellatif Kechiche, « La vie d’Adèle – Chapitres 1 et 2″, librement inspiré de l’oeuvre de Julie Maroch, et sorti en pleine tournée, le 9 octobre 2013, après s’être fait palmer d’or à Cannes lors de la cérémonie 2013 du célèbre festival.

En Russie cependant, lors des concerts à Moscou (le 1er novembre  2013) et à Saint-Pétersbourg (le 4 novembre 2013), exit « Elle a dit » et bienvenue à « l’amour n’est rien… » Lors du Tour 2009 déjà, la star avait offert cette chanson en remplacement de « A quoi je sers » lors de ses concerts à Saint-Pétersbourg (le 28 juin 2009) et Moscou (le 1er juillet 2009) en raison de sa grande popularité auprès du public russe. Et si, le 27 octobre 2013 à Minsk (en Biélorussie), « l’amour n’est rien… » a également été – comme en Russie – chantée entre « Slipping Away » et « Oui mais..non », « Elle a dit » a bien été interprétée, mais à la place de « Bleu noir » cette fois-ci et sans bras métallique ni nacelle.

Mylène aurait-elle pris goût, en Russie et Biélorussie, à chanter « l’amour n’est rien… » ? Tout porte à le croire puisque ce titre, a, par la suite, définitivement rejoint la setlist des spectacles jusqu’à la fin de la tournée, le 6 décembre, au Palais Nikaïa à Nice. Pour cette chanson, Mylène a de nouveau fait le choix de la simplicité dans la mise en scène : tandis que l’écran géant s’habille de rouge (excepté durant le pont musical où il se retrouve envahi d’une pluie de lumière blanche), plusieurs séries de projecteurs éclairent la scène pendant que la chanteuse s’y promène en interprétant le titre.

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 7

 

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La réussite Laurent Boutonnat et Mylène

Posté par francesca7 le 11 avril 2014

 

Bio5Laurent Boutonnat, de son état-civil complet Laurent Pierre Marie Boutonnat, est un musicien, auteur-compositeur,producteur et réalisateur français né le 14 juin 1961 à Paris.

Son premier long métrage, La Ballade de la féconductrice, un film fantastique comportant des scènes d’une rare violence, n’est diffusé que deux semaines dans une salle parisienne. Le film est interdit aux moins de 18 ans — son auteur n’en a alors que 17 — mais est néanmoins projeté au marché du film de Cannes.

La rencontre avec Mylène Farmer

À 20 ans, il compose avec Jérôme Dahan la musique de Maman a tort et cherche une chanteuse pour l’interpréter. Il pense d’abord à Lio, mais le projet n’aboutira pas. Ensuite, il repère une jeune fille d’une quinzaine d’années mais y aurait finalement renoncé pour des raisons juridiques. Lors d’un casting, il tombe alors sous le charme d’une comédienne en herbe, séduit immédiatement par son « air psychotique ». « C’était elle. On ne l’avait pas encore entendue chanter mais je savais que c’était elle ». Mylène Farmer sort alors son premier 45 tours en mars 1984. La chanson bénéficie d’un vidéo-clip tourné pour la modique somme de 5 000 FRF. Depuis lors, le tandem Farmer-Boutonnat est inséparable.

Fort du succès de ce premier single, Laurent Boutonnat écrit et compose la majorité des chansons du premier album de la chanteuse, Cendres de lune, paru en 1986. Le second extrait, Plus grandir, introduit ce qui fera en partie le succès de la chanteuse : les vidéo-clips, que Laurent Boutonnat réalisera désormais en 35 mm, comme de véritables petits films avec génériques, bandes originales et avant-premières.

Le succès

La consécration n’intervient réellement qu’en 1986 avec le troisième extrait de Cendres de luneLibertine et son vidéo-clip inspiré de Barry Lyndon, succès confirmé par le single suivant, Tristana dont le clip est nommé aux Victoires de la musique. Laurent Boutonnat et Mylène Farmer, qui forment alors un couple à la ville, créent la société Toutankhamon SA.

Au printemps 1988, sort l’album Ainsi soit je…, entièrement composé par Boutonnat qui délaisse l’écriture au profit de Mylène Farmer. L’album est un triomphe (1 800 000 ventes). Ils tournent les clips de Sans contrefaçon (avec Zouc), Ainsi soit je…Pourvu qu’elles soient douces ([Libertine II], qui sera le plus long vidéo-clip scénarisé français : 17 min),Sans logique et À quoi je sers, qui entérinent le personnage de la chanteuse. Il met également en scène sa première tournée en 1989, et réalise le film En concert, toujours en 35 mm, qui sort l’année suivante.

En 1991, Boutonnat compose les musiques de L’Autre, le troisième album de Mylène Farmer, et réalise les clips de DésenchantéeRegrets et Je t’aime mélancolieDésenchantéeconnaît un énorme succès, et permettra à l’album de dépasser les deux millions de copies. Elle a également été la chanson française la plus diffusée dans le monde en 2004 selon la SACEM. Le vidéo-clip de Beyond my control (1992), censuré pour son contenu trop explicite, est le dernier réalisé par Laurent Boutonnat pour Mylène Farmer jusqu’en2001.

La réussite Laurent Boutonnat et Mylène dans Les Clips de Mylène Giorgino4Giorgino

En 1994, il réalise son rêve en tournant Giorgino (avec Mylène Farmer dans le rôle principal). L’atmosphère très sombre et la durée du film (3 heures) n’attirent pas les spectateurs, qui lui préfèrent Forrest GumpPulp Fiction ou encore Léon. Blessé par l’échec de son film, le réalisateur en rachète les droits et en empêchera toute diffusion. Il finira cependant par céder à la pression d’un public fidèle à son univers (des pétitions pour la sortie du film circulaient sur Internet) et, fortifié par le succès de Jacquou le Croquant, décidera d’éditer Giorgino en DVD, 13 ans après sa sortie en salles.

Retour musical

Début 1995, il participe à la composition de l’album Anamorphosée de Mylène Farmer, au son plus rock. Il travaille également à la conception de la tournée qui suit, et qu’il immortalise dans Live à Bercy (1997).

En 1997, il devient le producteur et compositeur de Nathalie Cardone, qui connaît un grand succès avec sa reprise de Hasta Siempre. Il participe à son premier album éponyme, et réalise les clips des singles PopulaireMon ange et Baila si.

En 1999, sort Innamoramento de Mylène Farmer, album qu’il compose en grande partie. Cependant, il ne participe pas à la conception du Mylenium Tour qui suit la sortie de l’album.

En 2000, il coproduit avec Mylène Farmer la jeune chanteuse Alizée, compose pour elle la musique de Moi… Lolita et réalise le clip. La chanson est un succès mondial (plus de2 millions de ventes), suivie par un album triomphal, Gourmandises, lui aussi signé Farmer/Boutonnat.

En 2001, il reprend la caméra pour Mylène Farmer et réalise les clips de Les Mots et Pardonne-moi. Il réalise également les clips d’Alizée Parler tout bas et J’ai pas vingt ans ainsi que son second album, Mes courants électriques. En 2003, il met en scène le spectacle de la jeune corse et reçoit la même année le Grand Prix de l’Auteur-Réalisateur de l’Audiovisuel, décerné par la SACEM. Il réalise l’année suivante un clip pour un jeune chanteur, Kamal Kacet, Ifkis. Laurent produit par ailleurs l’album de ce dernier, « Larmes noires ».

Troisième film

AlbumAvantQueLombreSmall dans Mylène AutrementEn 2005, sort Avant que l’ombre…, le sixième album de Mylène Farmer dont il compose la quasi-totalité des musiques. Il participe aussi, en association avec la chanteuse, à la mise en scène du spectacle Avant que l’ombre… À Bercy. Parallèlement, il entame le tournage de son nouveau long-métrage, une adaptation du roman d’Eugène Le Roy Jacquou le croquant, qui sortira en France le 17 janvier 2007. Moins sombre que Giorgino, le film reçoit un accueil plus chaleureux, et atteint le million d’entrées.

En 2008, il compose les musiques de Point de Suture, le septième album de Mylène Farmer, et participe à la direction artistique de son Tour 2009 (qui passera notamment par le Stade de France).

En 2011, il compose les musiques des deux inédits de 2001-2011 Du temps et Sois moi-be me, le deuxième best of de Mylène Farmer, ainsi que le clip du premier single inédit Du temps.

En 2012, il compose les musiques de Monkey Me, neuvième album de Mylène Farmer.

Filmographie

Clips

1984 : Mylène Farmer - Maman a tort

Concerts - Composition

Il est en outre l’arrangeur musical de tous les albums.

Compositions annexes pour Mylène Farmer : L’annonciation (1985), Puisque… (1988), Dernier Sourire (1989), À quoi je sers… (1989), La veuve noire (1989), Mylène is calling(1991), Que mon cœur lâche (1992), Effets secondaires (1999), L’histoire d’une fée, c’est… (2000), Devant soi (2007) (Bande originale de Jacquou le Croquant), C’est pas l’heure(2010) (en duo avec Line Renaud).

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Nombreux sont les symboles Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 1 décembre 2013

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article paru sur http://www.amagzine.com/

Tout a déjà été à peu près dit sur Mylène Farmer, vérités et un peu moins. Calculatrice, botoxée, niaise, stratège, femme d’affaires, névrosée, enceinte, psychanalysée, cosmonaute, « Mylène est un œuf »,  etc., il semble que la rousse déchaîne les rumeurs les plus folles. Des fans hystériques aux plus modérés, des critiques les plus acerbes aux plus complaisants, elle attise les passions. Une grande partie de la sphère médiatique la déteste ou, pire, adore la détester. Les billets de Christophe Conte me feront toujours hurler de rire, et ne m’empêcheront pas d’acheter ses disques. Et, en la matière, il n’a pas le monopole de la méchanceté : certains fans, déçus par telle ou telle chanson, par tel ou tel album, sont infiniment plus cruels. Il semble de bon ton, dans les sphères du bon goût des arts et des lettres, de lui cracher à la figure : ça doit ressembler à quelque chose. Mais de tout cela, « Mylène s’en fout ». Et puis, je suis désolé, la presse française, quand on veut flinguer un disque, on ne le fait pas sur trois pleines pages – j’en connais qui ont dû bien se marrer chez Polydor. Non, pour flinguer : trois lignes eurent suffi. Quant à cette question du snobisme, elle a été réglée une bonne fois pour toute par le snob ultime, j’ai nommé Marcel Proust, et ce il y a bien longtemps.« Ne jamais mépriser la culture populaire, même si celle-ci, parfois, nous méprise. » – ne cherchez pas l’auteur de cette phrase, c’est moi.

On vous l’a dit : à Amagzine, pas d’entrave, le savant et le populaire, le raffiné et le simple, peuvent et doivent cohabiter, pacifiquement.  J’aime Mylène Farmer. Et alors ? Pas au point de la défendre inconditionnellement, on le verra par la suite, mais je reste persuadé qu’on ne bâtit pas une carrière de 28 ans sur du vent, s’il n’y a rien derrière, rien qui ne touche les gens, ces cœurs de cible, ceux-là même qui achètent ses disques. Le marketing est une arme puissante, mais il ne fait pas tout.

Maintenant, quelques chiffres – ils sont éloquents : qui a placé treize titres en première position des hit-parades – c’est du jamais vu ? Qui a été plusieurs fois certifiée disque de platine ? QUI peut vendre en SIX HEURES plus de 150 000 places de concert, et 300 000 en tout après ajout de dates, et ce, UN AN même avant la date d’ouverture de la tournée ? QUI encore vend 150 000 exemplaires de son dernier album en première semaine de sortie, alors même que le lancement tardif – trois semaines avant la fin de l’année, peut constituer un handicap, et se place directement numéro un des ventes, quand des mégastars françaises voire mondiales ont vu leurs dernières productions rencontrer des fours plus que cuisants, qu’il s’agisse d’albums ou de tournées (oui, c’est de toi dont je parle, Lady Gaga ; notamment). Alors : merde !

L’album à présent. Pour être à peu près juste, je tâcherai d’en évoquer les faiblesses, pour finir sur ses forces. Les faiblesses : visuelles, avant tout : photo, très marquante il est vrai, Mylène décolorée en blond platine, sur un fond blanc d’hôpital, mais une typo approximative, une couleur et deux tons – noir, blanc, rouge. Le design : minimaliste, pour rester poli – Henri Neu, qu’as-tu fait de ton talent ? Avec un point crucial cependant : très visuel, le tout se remarque très bien. Parfait : c’est le but recherché, non ? Les chansons : presque comme d’habitude maintenant, un ensemble hétéroclite de perles et d’approximations grossières, qui auraient mérité un peu plus de temps et de travail, de production, pour les ciseler, les affiner. Certaines chansons sont franchement datées, avec une production électronique peu soignée, souvent efficace, mais cheap, alors que la France regorge de gens talentueux – ingénieurs, programmateurs, producteurs (« Allo, Philippe Zdar ? »), musiciens de sessions, etc. – et ce alors même que Laurent Boutonnat est quelqu’un de très doué, de talentueux, en atteste l’album « Avant que l’ombre… », leur meilleur disque à ce jour (avec « Anamorphosée », peut-être, autre débat). Certaines chansons frisent l’auto-parodie, ou la blague potache, une sorte de « Cap ou pas cap’ (de l’inclure dans le disque) ? » de mauvais goût – on pense à « Love Dance », sur lequel on ne s’étendra pas. Ces titres auraient peut-être mérité plus d’attention, qu’elle soit électronique ou à tonalité plus acoustique.

Les forces, à présent. Les ballades, notamment. Toujours très réussies, comme presque à chaque fois – « Quand », « A-t-on jamais les mots ». Ou certains mid-tempo. L’un des coups de génie de ce disque, c’est d’avoir ressorti des tiroirs, pour le moderniser, « Chloé », métamorphosée en « Nuit d’hiver », sorte de « Chloé 2012″, ballade électro-glauque glaciale, transpercée de rares paroles éparses et de quelques vocalises froides, glaciales, ironiques. « Chloé », le retour donc, Chloé qui n’en finit pas de se noyer, comme le petit Grégory. Morte, mais immortelle. Et, grande nouveauté chez la belle,  l’apparition de l’humour et de l’autodérision, palpable, flagrante sur le titre d’où l’album tire son nom, « Monkey Me » – « Si je suis sans guidon / Et j’y suis / Eh ben je me vautre ! ». Des mid-tempo  extrêmement bien construits, efficaces et puissants, gorgés d’optimisme, comme « A force de »*, véritable hymne à la vie – « A force de mourir / … / Moi j’ai envie de vivre. « , où l’on retrouve aussi, à plus petite dose, cette autodérision précédemment évoquée. L’album se conclut sur le bouleversant – osons le mot – « Je te dis tout », véritable déclaration d’amour à une fille imaginaire, chanson redoutablement bien écrite et composée avec, comme sur le titre précédent et quelques autres de l’album, des ponts absolument diaboliques de virtuosité technique, trouvailles encore inédites chez le duo infernal Farmer / Boutonnat. Et, quand par ailleurs, elle a le bon goût d’inviter Olivier de Sagazan à collaborer avec elle pour un de ses clips – en l’espèce, le premier single extrait, « A l’ombre », on ne peut, je pense, que saluer l’audace et le bon goût, pour ce choix que peu auraient fait, en ces temps de tiédeur et de mollesse visuelles (nd : il avait été contacté précédemment pour l’album « Bleu Noir » mais avait à l’époque décliné).

Un disque étonnant, synthèse de tous ses disques précédents et résolument tourné vers l’avenir ; Mylène, libérée de ses névroses, pure. Taillé pour la scène, fait pour les fans aussi, probablement, chez qui d’ailleurs il a rencontré un excellent accueil. Où la colonne « Plus » comporte plus de croix que la colonne « Moins ». A acheter, donc. Mylène, « Je te dis tout » : j’ai adoré ton disque. Malgré ses faiblesses. Compensées, et bien largement, par ses forces. Instantanément, je voulais le noter, pour être honnête, 3.5/5 car il comporte de grosses lacunes, mais par pure mauvaise foi, et en raison du plaisir qu’il me donne, je lui mettrai 4/5. C’est un beau disque. Merci. J’ai hâte de voir ce que ça va donner sur scène. Rendez-vous est pris.

Mylène Farmer « Monkey Me » 2012 Stuffed Monkey / Polydor // Universal Music, 4/5.

source : http://www.amagzine.com/

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Seal et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 15 juin 2013


 

Seal, de son vrai nom Seal Henry Olusegun Olumide Adeola Samuel, est un auteur-compositeur-interprète britannique, né le 19 février 1963 à Londres. Son registre musical est très varié, entre pop, rock, soul ou encore house.

Seal et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE seal

 

 

Né à Londres en 1963, d’un père nigérian et d’une mère brésilienne qui l’ont donné à adopter faute de moyens pour l’élever, il entreprend des études d’architecture avant de vivre de petits boulots dans les environs de Londres. Il exerce sa passion pour la musique dans des clubs et des bars avant de rejoindre le groupe Push, dans les années 1980.

C’est au début des années 1990 que le chanteur rencontre ses premiers succès avec Killer, un titre house qu’il interprète pour le groupe Adamski, puis Crazy, un single que l’on pourrait qualifier de soul-pop et qu’il a lui-même composé. Ces deux titres sont inclus dans son album éponyme sorti en 1991.

En 1992, à l’occasion du concert Tribute to Freddie Mercury organisé en souvenir du chanteur de Queen et contre le SIDA au stade mythique de Wembley, Seal interprète la chanson Who Wants To Live Forever, composée par Brian May. Il est alors accompagné par les membres restants du groupe Queen.

Deux ans plus tard, Seal sort un deuxième album, portant à nouveau son nom, qui ne connaîtra le succès qu’avec la sortie du single Kiss From A Rose, intégré dans la bande originale du film Batman Forever.

En 1998, la sortie de Human Being, son troisième album, se solde par un échec public.

En 2003, alors qu’un projet d’album, Togetherland, est abandonné, Seal IV sort dans les bacs. Pour cet opus, Seal collabore de nouveau avec Trevor Horn, qui avait notamment travaillé pour Madonna ou Frankie Goes to Hollywood ainsi que sur les deux premiers albums de Seal. Dans la version de Seal IV destinée à la France, un bonus est ajouté : le titre Les Mots que Seal avait interprété en 2001 en duo avec la chanteuse Mylène Farmer et dont le single s’était vendu à plus de 500 000 copies en France. L’album comporte aussi une nouvelle version du titre house My Vision qu’il avait interprété pour le groupe Jakatta et qui fut numéro un en Angleterre en 2002. La version de l’album est toutefois plus pop que la version originale. De cet album, on retiendra aussi Love’s Divine, disque d’or en France, mais aussi Get it together ou Waiting for you qui connaîtront un meilleur accueil dans d’autres pays.

Quatre ans après Seal IV, le chanteur anglais revient avec l’album System, produit par Stuart Price. Malgré l’échec de l’album, le chanteur projette de sortir une suite[2].

En 2008, Seal enregiste le titre I Wish avec le rappeur américain DMX. L’album Soul, qui reprend des standards de la soul américaine, sort tout juste un an après System, en novembre 2008. En France, l’album est tout de suite un véritable succès, se classant dès sa première semaine n°1 et cela pendant 13 semaines. En avril 2009, plus de 800 000 exemplaires auront été vendus. Le premier single sorti est le titre initialement interprété par Sam Cooke, A change is gonna come, qui avait été utilisé lors de la campagne de Barack Obama à la présidence des États-Unis.

Seal a aussi collaboré à de nombreuses bandes originales de film : Batman Forever, Toys, Family Man, Space Jam, Le Sourire de Mona Lisa… Il a également repris en 2010 la chanson You got me, enregistrée préalablement par Nolwenn Leroy en 2009 sur son album Le Cheshire Cat et moi.

mimi dans Mylène et L'ENTOURAGELes Mots est la première compilation des succès de Mylène Farmer, parue le 26 novembre 2001 (Polydor).

Meilleure vente de l’année 2001 et 2002, elle demeure à ce jour le record de la meilleure vente de compilations en France, avec plus de 1 600 000 ventes.

Cette compilation réunit tous les singles de la chanteuse (exceptés My mum is wrong et On est tous des imbéciles) auxquels s’ajoutent 3 inédits (Les Mots en duo avec Seal, C’est une belle journée et Pardonne-moi) ainsi que 2 faces B jusque-là inédites sur un album (La veuve noire et Effets Secondaires).

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Mylène et Avant que l’Ombre

Posté par francesca7 le 7 juin 2013


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Avant que l’ombre… est sans contexte l’album studio le plus attendu de toute la carrière de Mylène Farmer. En effet, depuis Innamoramento (1999), les admirateurs avaient dû se « contenter » d’un album live, d’un premier best of et d’un album de remixes. Après six ans de rumeurs sur cet album (double album, duos inédits…) c’est Mylène elle-même qui lève le voile lors de sa première conférence de presse sur le sujet, le 16 décembre 2004 : l’album devrait sortir en mars 2005 et contenir quatorze titres…

Mylène et Avant que l’Ombre dans Mylène AU FIL DES MOTS avant-que-lombre-myleneEn fait, c’est le 4 Avril 2005 que sort enfin l’album (dans sa version collector ; il faudra attendre le 18 avril pour que sorte une version « classique »). Quinze titres (dont un caché) composent le disque – un record pour un album original de Mylène. L’ambiance de l’album est plus acoustique (avec un peu d’électronique) que celle des précédents disques, ainsi que le souligne Laurent Boutonnat lors de la conférence de presse. Et si Avant que l’ombre… apparaît d’emblée cohérent et uniforme, il n’en est pas moins déroutant par ses textes particulièrement abscons : un concentré de jeux de mots, de mots-valises, d’obscures références constitue l’essentiel des textes. Même s’il est souvent question d‘amour dans les chansons (pour une fois un amour heureux), l’ensemble paraît bien étrange. Cependant, Mylène reste Mylène et elle continue d’explorer ses grandes thématiques dans cet album qui semble encore plus personnel que les autres : la religion toujours (Avant que l’ombre .. Ange, Parle-moi), la littérature (Dans les rues de Londres), le sexe (QI – Porno graphique), l’espoir d’une vie meilleure (Redonne-moi – J’attends), l’amour (Aime, Peut-être moi – Tous ces combats –Et pourtant.. – Nobody Knows), la révolte (Fuck Then All) , le rêve (Derrière les fenêtres) et l’autodérision (Lamour n’est rien…).

Toujours fidèle au poste, Laurent Boutonnat compose toutes les musiques de l’album (celle de L’amour n’est rien est tout de même composée avec Mylène). Il assure également les arrangements, la production et la programmation. D’autres habitués sont aussi crédités sur ce disque, comme Yvan Cassar au piano sur deux titres ou Jérôme Devoise à la clarinette sur Redonne-moi. Point de chœurs sur cet album : c’est Mylène qui s’en charge entièrement .. Côté visuel, Dominique Issermann nous montre une Mylène endormie telle la Belle aubois dormant sur un fond d’ocre et de nuances de roux. Autour de son cou, une croix faite d’allumettes. De quoi enflammer le public ? Pas certain… Et même si cinq singles seront issus de cet album (Fuck Them All, QI, Redonne-moi, L’amour n’est rien.. et Peut-être toi) et que les ventes seront au rendez-vous (600 000 exemplaires, sources Polydor), aucun tube ne se détache d’Avant que l’ombre… La faute à la chanteuse ? Peut-être, car Mylène ne fera pour cet album qu’une seule prestation télévisuelle, dans le « symphonic show », sur France 2, le 12 Novembre 2005 : elle chante Redonne-moi, et cela sept mois après la sortie du disque ! Même si la chanson se fend (elle ne l’avait jamais fait) d’une écoute en avant-première pour ses fans (le 28 mars 2005 au Palais-Royal, à Paris, devant 250 admirateurs), son silence finit par lasser, et le grand public a bien du mal à comprendre l’attitude détachée de l’artiste.

Avant que l’ombre… donne son nom à l’album et ouvre  également celui-ci. c’st sans aucun doute le titre le plus mystique de la chanteuse, qui s’adresse ici directement à Jésus dans une prière : « Jésus ! J’ai peur / De la douleur…/ Des nuits de veille ». Paradoxalement, si c’est le titre le plus mystique de la carrière de la chanteuse, c’est également la chanson la plus simple à comprendre de l’album. Mylène y évoque sa mort (Avant que l’ombre, je sais / Ne s’abatte à mes pieds / pour voir l’autre côté) tout en affirmant que la vie lui aura donné au moins une chose, l’amour (Je sais que… je sais que… j’ai aimé). Un aveu de la chanteuse, qui déclare ici son amour – en évoquant sa mort certes – et qui donne ainsi le ton de l’album : Mylène amoureuse .. La musique de Boutonnat est tout bonnement magnifique, se faisant tour à tour discrète puis très présente vers la fin, avec les chœurs assurés par Mylène.

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 154/220

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Des chants inédits de Mylène pour Good sex Valdes

Posté par francesca7 le 7 juin 2013


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Des chants inédits de Mylène pour Good sex Valdes dans Mylène AU FIL DES MOTS mylene-good-sex

I WANT YOUR WIFE de  GOOD SEX VALDES

Que les admirateurs de Mylène ne cherchent pas ce titre dans la discographie de la chanteuse. En effet, I Want Your Wife est un titre interprété par le duo français, mais anglophone, Good Sex Valdès. Le lien avec Mylène ? Le groupe est produit par la société de Mylène et de Laurent Boutonnat, Requiem Publishing. Autre particularité, on peut entendre la voix de Mylène sur le titre le temps de quelques soupirs ; du moins cette voix ressemble-t-elle parfaitement à la sienne… La prudence est cependant de mise ici, car Mylène et/ou son entourage n’ont jamais confirmé cette participation. A noter qu’il existe différentes versions de ce I Want Your Wife, disponibles sur CD ou vinyle : Single Version, Radio Edit, Sextended Mix, Ex Hushand Club Remix, Azzido da Bass Remix, Goody Sexy Mix et S.Boumati & H.Annello Club Remix. Dernière information concernant ce titre : le clip est produit par Requiem Publishing, dont le producteur exécutif n’est autre que Benoît Di Sabatino (réalisateur du clip C’est une belle journée).

Video musique Image de prévisualisation YouTube

 

Et YOU de GOOD SEX VALDES

Après I Want Your Wife, le groupe Good Sex Valdès continue sur sa lance, toujours avec l’aide financière de Mylène Farmer, avec le titre You. Alors que pour I Want Your Wife on ne peut que supputer que la chanteuse assure les chœurs sous la forme de soupirs, ici il semble bien que ce soit elle qui chante quelques phrases en français. Des paroles assez sulfureuses, que Mylène interprète en prenant un accent anglais : « Annabelle / Je m’appelle / Glisse dans moi / Comme ça / Je m’appelle / Dans mon fesse / Valdès ». Plus tard, elle susurre les mêmes paroles quasiment a cappella. L’accent anglais se trouve justifié par la faute de genre sur le mot « fesse »… Qui a dit que Mylène n’avait pas d’humour ? Une véritable pièce de collection, car à notre connaissance, cette chanson (qui bénéficie de remixes) ne sera jamais éditée pour le commerce.

En effet, nous n’avons trouvé que la trace du CD et d’un vinyle promo…

Notons également que le petit bonhomme qui illustre les différents supports est créé à partir d’un dessin de Mylène.

 

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 149/220

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mylène en duo inédit avec Johnny

Posté par francesca7 le 1 juin 2013


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mylène en duo inédit avec Johnny dans Mylène AU FIL DES MOTS myleneC’est dans le magazine Styx Magazine, en avril 2011, que l’on apprend, via une interview de l’ingénieur du sont Thierry Rogen que Mylène a enregistré en 2002 un duo avec Johnny Hallyday. Voici ce qu’il raconte quand on évoque sa dernière collaboration avec la chanteuse :

« C’était pour des voix sur des morceaux en construction ainsi que cet étonnant duo avec Johnny Hallyday qui n’a jamais vu le jour. C’était en 2002 et c’était un hymne pour un événement sportif (une Coupe du monde je crois) [La coupe du monde de football eu lieu en 2002 en Corée du Sud et au Japon, ndla]. Une belle chanson avec des voix qui allaient bien ensemble. Cela a duré quelques jours. Les prises de voix avec Mylène et Johnny ont été un moment très sympa : le choc des titans ! »

On imagine en effet quel succès aurait pu récolter l’association de ces deux monstres sacrés de la chanson française…..

Que cette information soit réelle ou non, elle déclenche auprès des fans de Mylène Farmer et Johnny Hallyday la curiosité : les deux artistes auraient enregistré en 2002 un duo jamais publié.

Johnny Hallyday et  Mylène Farmer en duo : voilà une annonce des plus improbables. C’est pourtant celle que vous trouverez dans le Styx Magazine, entièrement consacré à l’interprète de « C’est une belle journée » (en vente depuis le 24 mars). Les rédacteurs y publient une interview fleuve de Thierry Rogen, certes datée, mais encore jamais exploitée comme elle l’est aujourd’hui. Cet ingénieur du son a débuté sa carrière en 1979 en travaillant dans plusieurs studios parisiens. Il a notamment collaboré avec Mylène Farmer sur l’album « Ainsi soit-je… » (« Sans contrefaçon », « Pourvu qu’elles soient douces« …), un disque publié en 1988. Laurent Boutonnat et Mylène Farmer ont travaillé pendant près de 15 ans avec lui. Les compétences de Thierry Rogen ont été sollicitées par d’autres comme Johnny Hallyday.

Difficile d’imaginer ce duo ! Notons par ailleurs que l’interprète de « Marie » a publié en 2002 une chanson devenue l’hymne de l’équipe de France de Football pour la Coupe du Monde. Coïncidence ou pas, il y a fort à parier que ce soit le titre qu’évoque Thierry Rogen dans cette interview. Une rumeur guère étonnante car Mylène Farmer multiplie les duos depuis 2001. Elle avait d’ailleurs enregistré « Les mots » avec le chanteur Seal (Top Singles 2) cette année-là. En 2011, pas de nouveau duo en vu (hormis la rumeur d’une collaboration avec Hurts), mais un album qui s’est déjà écoulé à 400 000 exemplaires en quatre mois. « Bleu noir » annonçait un retour aux sommets des charts, notamment par le biais du tube « Oui mais… non ». Quant à Johnny Hallyday, il publiera ce lundi 28 mars son 44ème opus : « Jamais seul ».

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Spectacle et chansons du Live Bercy de Mylène

Posté par francesca7 le 9 avril 2013

Spectacle et chansons du Live Bercy de Mylène dans Mylène AU FIL DES MOTS bercy-210x300

 

En 1997, qui dit nouveauté dit changement d’équipe. Mylène fait table rase du staff des concerts de 1989. Hormis Laurent Boutonnat pour la conception du show et Thierry Suc pour la production, la chanteuse s’entoure de nouveaux visages ; Yvan Cassar (direction musicale et claviers), Jeff Dahlgren et Brian Ray (guitare), Jerry Watts Jr (basse), Abraham Laboriel Jr (batterie) et Susie Devis (claviers et percussions). Côté danseurs et danseuses, le public découvre augustin Madrid Ocampo Jr. Roberto Martocci, Jermaine Browne, Brian Thomas, Thomas Mariano et les danseuses-choristes Donna De Lory  et Valérie Bony. A noter que le danseur Christophe Danchaud travaille encore à ce jour avec Mylène et que la rivale de Libertine, Sophie Tellier, sort ici et définitivement de l’univers Farmer, par choix, comme l’a expliqué Tellier. Les chorégraphies, quant à elles, sont créées par Mylène Farmer, Christophe Danchaud et Jaime Ortega. Signalons aussi les nouvelles choristes Carole Rowley et Esther Dobong ‘ Na Essienne. Une partie de cette équipe toute neuve suivra désormais Mylène en tournée et lors des shows de 1999-2000. Les costumes eux aussi ont évolué : Thierry Mugler est remplacé par le génial et avant-gardiste Paco Rabanne. Il concocte pour Mylène de magnifiques tenues sexy et lumineuses argentées et blanches. Les décors sont très réussis également ; conçus par Jean Michel Laurent et Xavier Grosbois (L&C Design), ils se caractérisent par un écran géant (le plus imposant d’Europe), une araignée gigantesque où Mylène viendra se percher pour chanter Alice, et l’avant d’un train pour le final sur XXL.

Côté track-listing du concert, Mylène fait un savant mélange de ses quatre albums tout en privilégiant tout de même le dernier, Anamorphosée. De Cendres de Lune, elle chante Libertine, l’Ainsi soit je. Elle chante Sans contrefaçon et Ainsi soi Je… (pour certaines dates), de l’Autre… elle chante l’Autre, Je t’aime mélancolie et Désenchantée, et d’Anamorphosée elle interprète Vertige, California, Et tournoie . L’instant X, Alice, Comme j’ai mal, Mylène s’en fout, Rêver, Laisse le vent emporter tout, Tomber 7 fois.. et XXL . Soit l’intégralité de l’album, excepté Eaunamisme.

Reste Que mon cœur lâche, single sorti en 1992. Une belle surprise attend les spectateurs de Genève et Paris (et uniquement ceux-là), puis que Mylène interprète en duo avec Khaled La Poupée qui fait non, reprise du tube de Michel Polnareff de 1966. Le succès est total (même si la tournée n’st pas « sold out » comme en 1989) et sera l’occasion d’un disque et d’une VHS ainsi que d’un Laser Disc (le DVD sortira en 2000 – Mylène Farmer Live à Bercy, Polydor 0548502). A noter que sur la vidéo (réalisée par Laurent Boutonnat et François Hanss), le spectacle est dédié à Jean-Loup : Mylène rend ainsi hommage à son frère aîné, mort dans un accident le 26 octobre 1996. Sorti le 21 mai 1997, le CD du concert connaîtra un succès foudroyant avec près de 900 000 exemplaires vendus ; Un record absolu pour un Live, tous artistes confondus.

LA POUPEE QUI FAIT NON – (avec Khaled) – C’est pour une émission de télévision que Mylène enregistre un duo avec le chanteur algérien Khaled. C’est le troisième duo de toute sa carrière (après Frantz avec Guy Béart et Regrets avec jean-Louis Murat). Le 24 octobre 1996, alors qu’elle fait une pause forcée pendant sa tournée, Mylène accepte de venir chanter dans l’émission de TF1 « Tip Top ». Outre une courte interview, elle chante Comme j’ai mal et en duo, La Poupée qui fait non, reprise de Michel Polnareff.

Dans le magazine Instant Mag (n° 15, automne 2003), Thierry Rogen, ingénieur du son, se souvient de l’enregistrement : « J’ai aussi participe au single La Poupée qui fait non avec Khaled, où là, Laurent Boutonnat était complètement absent. L’enregistrement s’est fait ici, au studio (Les studios Méga à Suresnes) dans la bonne humeur. Ça a été très rapide, Mylène et Khaled se sont vus quatre heures en tout et pour tout ! » Un enregistrement éclair donc pour une chanson qui colle bien aux deux univers. D’autant que Mylène a toujours déclaré aimer Polnareff et connaître ce titre depuis l’enfance. La Poupée qui fait non fut chantée par Michel Polnareff en 1966 – c’est même son premier disque (EP La poupée qui fait non, Chère Véronique, Beatnik, Ce que je cherche, AZ 1024). Cette chanson de Franck Gérald sera un immense succès et permettre à Polnareff de débuter dans la chanson aux côtés de Sylvie Vartan Johnny Hallyday ou Claude François. Les paroles, comme c’était souvent le cas dans les années 1960, sont gentillettes : l’histoire d’une jeune fille (une poupée) qui ignore les avances d’un prétendant rien de plus. La qualité de la chanson vent donc essentiellement de la musique de Polnareff… En 1996, soit trente ans plus tard, c’est donc Mylène et Khaled qui reprennent ce titre pour une émission de télé. Mais cette version studio (ils chantent en play-back) ne sera jamais commercialisée. Elle reste inédite encore aujourd’hui, mais Khaled rejoindra Mylène lors des concerts à Genève et à Paris Bercy en décembre 1996.

Là, la chanson en live sera bel et bien enregistrée et gravée sur le CD et la vidéo du concert. Ce duo se situe à la fin du concert, juste avant la dernière chanson, XXL, Après Ainsi soit Je…, Mylène accueille donc Khaled sur scène, et ils offrent au public une version de La Poupée qui fait non aux accents arabisants, avec des arrangements d’Yvan Cassar.

                 issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 105/220

 

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Symbolisme de Beyond my Control

Posté par francesca7 le 8 mars 2013

BEYOND MY CONTROL

Analyse de « Beyond my control »

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

La conception du clip par Laurent Boutonnat 

Symbolisme de Beyond my Control dans Mylène et SYMBOLISME myleBien loin des structures habituelles qui régissent le clip, ceux dont nous parlons ici pourraient résulter d’un mélange inédit entre plusieurs formes filmiques, plus ou moins éloignées les unes des autres : Le film musical, le film de divertissement, le film expérimental, le film publicitaire, le film muet. Laurent Boutonnat, comme écartelé entre deux pôles opposés du cinéma (le pôle du divertissement et celui du cinéma expérimental) choisi deux axes d’approche pour ses clips. On peut aisément se rendre compte que les deux conceptions du vidéo-clip par ce réalisateur se départagent selon la durée de chacune de ses productions. Sur les vingt-cinq clips que Laurent Boutonnat a tournés, six d’entre eux durent plus de sept minutes, comportent des musiques additionnelles, sont encadrés par un générique de début puis de fin, et contiennent parfois des dialogues. La durée de la majorité des autres clips restent approximativement autour de celle de la chanson qu’ils illustrent et explorent une imagerie plutôt qu’un récit à proprement dit.

Quoiqu’on en dise, cette chanson reste un zénith du duo Farmer-Boutonnat. 
Il y a dans la musique d’hier et d’aujourd’hui quelques œuvres, quelques chansons où l’on sent qu’on est enfin arrivé au bout d’un chemin, qu’un sommet a été atteint au-delà duquel il est presque impossible d’aller, qu’un artiste a accompli sa mission d’artiste. 

Dans « Beyond my control », il y a un peu de l’excitation du volet final d’une grande trilogie, de la fièvre de l’ultime duel avec son plus puissant adversaire, du goût du dernier chamallow du dernier paquet, et tout cela sans les battages publicitaires et les opérations de merchandising et de bandes-annonces qui polluent de beaux morceaux de l’art.

Ici, Mylène a atteint la dernière étape de son voyage au pays de la souffrance. Là où règnent sang, feu et larmes. Un monde où l’amour est dans les chaînes de la mort, où il y est perverti et recomposé pour devenir un serviteur de la destruction. C’est aussi une impasse, et une prise de conscience qu’un autre chemin doit être emprunté. 

« Beyond my control » est l’histoire de la défaite totale d’une liaison amoureuse. Mais c’est surtout un choix de Mylène de ne pas se voiler la face devant le mal, de le ressentir jusqu’au bout, en vue d’une rédemption ultérieure. Démonstration. 

La violence est immédiatement introduite avec la phrase abrupte, « it’s beyond my control ». Puis, sans la moindre transition, on enchaîne avec une mélodie de ballade, comme si Mylène fredonnait en toute simplicité. Mais la répétition du même dessin musical va se révéler être un élément de la création d’un climat de folie. Puis, dans le refrain, la longue plainte du synthé va se conjuguer aux sonneries de cuivres, à la flûte et aux guitares nerveuses pour créer une atmosphère de noire passion.

beyond2 dans Mylène et SYMBOLISMELa voix de Mylène distille ce qu’il faut de fièvre et de fragilité, mais conserve encore dans la folie un timbre « noble ». Jamais Mylène n’a crié sur ses fans, facilité à laquelle les trois quarts des chanteuses modernes cèdent. Elle n’essaye même pas de gonfler sa voix, préférant souffler au creux de notre oreille tant les secrets qu’elle nous révèle sont intimes et brûlants.
Le texte, s’il n’est pas, au niveau de la poésie, le plus brillant que Mylène ait écrit, ne manque pourtant pas d’atouts pour être à la hauteur de la musique. 

Il raconte donc la tragédie d’une sorte de Médée moderne, trompée par son amant, et le tuant dans un accès de folie. Mais Mylène choisit de prendre l’instant suivant immédiatement le carnage, juste cet instant où les dernières ombres du délire se confondent aux affres de la lucidité et de l’angoisse. Ce moment crucial où l’on prend conscience que le sang répandu partout macule aussi ses propres mains, et que ce n’est pas l’autre qui l’a fait couler, mais bien soi-même. 

La prise de conscience se fait en fait en deux temps. Mylène, au début du couplet, n’a pas encore compris que son geste était le type même du geste irréversible. Elle parle encore au cadavre de l’homme, peut-être encore chaud sous ses mains, elle tente de le « rassurer » (mais qui veut-elle rassurer, sinon elle-même ?), qu’elle va « soigner ses blessures ». Elle essaye de se convaincre qu’elle peut encore revenir en arrière, qu’il n’est pas trop tard pour réparer le mal qu’elle a causé, que la vie (et sa relation avec l’homme) ne s’arrête pas là. 

Vaine tentative. On peut déjà comprendre pourquoi, dans le clip, on voit Mylène passer par toutes sortes de torture, pourquoi ce n’est pas du sado-maso-cuir gratuit : parce que c’est l’expression de sa souffrance intérieure, la brûlure du remord.
Au fur et à mesure qu’elle se rend compte de l’absence de portes de sortie à cette situation, la voix de la chanteuse trahit de plus en plus d’affolement, un trouble grandissant, jusqu’au moment où éclate le refrain. 

« Tu n’as plus vraiment le choix ». L’absence de choix est criante, quel que soit l’aspect du récit que l’on prenne. La mort est vraiment la barrière qui sépare toute chose. 
Mylène rêve encore d’une improbable « aube », quand l’homme va se réveiller, comme chaque matin, lui faire l’amour pour se faire pardonner, et ils seront à nouveau réunis. 

Mais, cette fois, pour retrouver son amant, Mylène devra verser le sang une seconde fois : « je te rejoindrais peut-être ». Et, bien sûr, elle nous laisse à la fin du deuxième couplet sur cette éventualité angoissante.
Le premier couplet s’achève sur un gros plan sur les yeux de l’homme. Ils sont ouverts, fixes et froids. Mais, pour la chanteuse, ce sont ceux « d’un ange » : ça lui rappelle peut-être ces statues dans les églises aux yeux d’ivoire, reflétant un mystérieux au-delà. En tout cas, elle a compris que l’homme n’était plus de ce monde. 

On sent le fantasme dans les deux couplets : lorsque Mylène emploie les temps futures pour désigner le plaisir et le présent pour désigner la douleur. En fait, pour limiter les désastres causés par la souffrance, elle imagine un plaisir qui en découlerait, comme une revanche contre le mal qui engendrerait alors le bien. C’est la même idée que dans « Je t’aime, mélancolie », mais elle n’empêchera pas Mylène de succomber au mal. 

En fait, c’est surtout une acceptation du mal qui est en Mylène, qui est une condition à une rédemption dans l’avenir. Cela se conjugue avec le mythe de la Californie messianique, que l’on verra dans « Anamorphosée ».

« Lâche ». Alors là, l’ambiguïté plane. Ça peut vouloir dire : « espèce de lâche ! » ou « lâche-moi ! ». Dans la première solution, Mylène lui reproche de ne pas avoir résisté à la tentation de la tromper (voir le clip) avec un autre, voire même de ne pas s’être défendu contre Mylène et de s’être laissé massacrer comme un agneau…voire même de s’être enfui dans la mort et le repos éternel, la laissant seule avec ses souffrances ! Dans la deuxième solution, c’est l’aspect du remord qui prime, de la présence de l’homme, même mort, dans son esprit, une sorte de fantôme…

« Toujours en cavale » rappelle les frasques amoureuses du libertin, courant les filles mais revenant toujours à sa Mylène (« tu dis : j’ai besoin de tes bras »). On imagine bien la scène du fautif se jetant aux pieds de la belle pour lui implorer son pardon, avec pour seul et éternel prétexte que c’est plus fort que lui, qu’il ne peut maîtriser ses pulsions sexuelles.

Mylène répond de ces mots terribles : « Ne t’éloignes pas de mes bras ». Cette fois, tu ne me quitteras plus jamais ! Puisque tu jures de m’aimer vraiment et éternellement, je t’obligerais à tenir cette promesse… 

« C’est plus fort que toi » fait écho à « it’s beyond my control ». Cette dernière phrase a été inspirée à Mylène par une adaptation américaine filmée des « Liaisons dangereuses » avec des acteurs très prestigieux comme Glenn Close ou John Malkovitch. C’est d’ailleurs ce dernier, avec son accoutumée « froideur passionnée », qui prononce la phrase reprise par Mylène dans un passage assez touchant où il rompt avec sa maîtresse, sans pouvoir lui cacher son amour. 

Mylène reprend en fait le même dessin en l’exacerbant, puisqu’elle provoque une rupture absolue avec son amant, tout en étant éprise de lui plus que jamais. 

Dans le deuxième couplet, si Mylène n’a pas encore nettoyé le sang sur ses doigts, elle a enfin compris que son amant était mort : « je veillerais ta sépulture ». Dérisoires promesses que l’on peut faire dans un tel cas. Le caractère faible de Mylène redevenue humaine s’oppose à sa force destructrice, lorsqu’elle a cédé à ses pulsions de mort. Il est toujours bien plus facile de détruire que de créer. Mais pourquoi l’homme est-il doué d’une si grande capacité de mort, face à sa si petite force créatrice ? 
« Beyond my control » s’appuie aussi sur le mythe (inspiré encore des « Liaisons dangereuses ») de la femme carnassière, devenant par sa violence plus forte que l’homme, le battant sur son propre terrain. Mais elle a son point faible. Si les garçons se jettent à ses genoux, elle ne peut supporter qu’ils aillent chez une autre vamp. Alors, la passion qu’elle utilisait pour maîtriser les hommes se retourne subitement contre elle : elle y succombe, et paye sa lourde dette à l’amour. Elle s’aperçoit qu’elle ne peut se passer de son amant.

Revenons à la pulsion. Freud est l’incontournable du domaine. Ainsi, comme ce psychologue, Mylène montre à quel point nous sommes dominés par ces deux pôles qui nous déchirent et mènent nos vies : amour et haine, création et destruction. De même, Mylène est partagée entre ses sentiments pour l’homme et sa haine parce qu’il l’a trahi. 

Cela rappelle la tragédie grecque d’Euripide : « les Bacchantes ». Ces femmes sont sous l’emprise d’un plaisir intense (symbolisé par le dieu Bacchus) et cause la mort autour d’elles. Elles s’éprennent du chanteur Orphée, et finissent par le couper en morceaux dans un accès de folie. Les fans extrémistes ne datent pas d’hier.

mf90_12a-225x300Tout ce qu’on a l’habitude de refouler explose dans le clip. Le sexe, la violence, la possession, et avec tellement de sensualité, tellement de beauté et de profondeur dans les couleurs qu’on ne peut qu’y adhérer. La violence avec laquelle les deux amants font l’amour, la sensualité avec laquelle Mylène tue l’homme, les loups déchirant des lambeaux de corps, est-ce cela le malsain ? Je ne crois pas. Ce clip est fait pour nous montrer que nous sommes tous des loups. 

Ce qui compte le plus pour nous ? Sexe et nourriture. Consommation. Les loups valent plus que nous. Ils sont aussi sauvages et moins gratuitement violents. Alors, à chacun de voir comment il se comporte dans sa vie : comme un homme ou comme un loup.

Mylène finit brûlée. De même qu’au Moyen-Âge, on jetait sur le bûcher tout ce qui ressemblait à une sorcière ou à un loup-garou. Ici, il est possible que Mylène prévoie que tous les bien-pensants, et même les hommes « normaux », la condamneront pour cette chanson déviante. L’étrange fait peur, on tente de le purifier par le feu. Nous avons toujours des mentalités moyenâgeuses. 

Mais la question est lancée, et, même si on n’aime pas ce genre de chanson, il faut réfléchir à ce qui motive notre vie. Et si l’on aime uniquement pour consommer ou pour procurer du bonheur à celui ou celle qu’on aime.

Source : http://www.sans-logique.com/mylene-farmer/analyses/

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Mylène FARMER en duo avec Guy BEART

Posté par francesca7 le 22 décembre 2012

 

Dans la chanson FRANTZ

 Mylène FARMER en duo avec Guy BEART dans Mylène en DUOS guy_beart_2012-211x300Inédit TV – C’est en 1965 que Guy Béart et Marie Laforêt chantent pour la première fois en duo ce Frantz, Temporel / Festival GB 60 001 M, 1965). Une chanson « gag » qui met en scène un homme et sa maîtresse, dont le mari est en train de mourir. Visiblement, les deux amants ont bien du mal à se quitter. A la fin de la chanson, leur problème est résolu : la femme est désormais libre, puisqu’elle apprend la mort de son mari… Une chanson pas très morale mais plutôt drôle (surtout à l’époque) et qui obtient un beau succès durant l’année 1965.

 

La première fois que Mylène a chanté en duo, c’est avec … Guy Béart !

On a pu découvrir cette rencontre inattendue dans l’émission « Béart 87″ diffusée sur Antenne 2 le 14 janvier 1987.

Dans ce programme, Guy Béart reçoit à son domicile de nombreux artistes et interprète plusieurs de ses chansons avec eux.

C’est pour l’émission entièrement consacrée à Guy Béart « Béart 87 » le 14 Janvier 1987 sur Antenne 2, que Mylène s’essaie pour la première fois à l’exercice du duo avec ce titre, et en direct s’il vous plaît ! En veste rouge et gantée de noir, Mylène se prête au jeu, visiblement amusée et particulièrement décontractée. Les deux artistes reprennent le texte original de la chanson sur 1’46. Bien entendu, Mylène interprète la partie chantée à l’origine par Marie-Laforêt, et Béart chante la sienne. Le tout en direct donc et avec pour seul accompagnement la guitare sèche de Béart. Une véritable rareté qui ne sera jamais éditée sur disque et à notre connaissance, jamais rediffusée. Il faudra attendre 1991 pour découvrir un autre duo de Mylène (Regrets, avec Jean-Louis Murat)… A la fin de Frantz, Mylène interprète Au bout de la nuit (séquence enregistrée au préalable).

Image de prévisualisation YouTube

Précisons encore que Mylène accompagne Guy Béart aux côtés d’Emmanuelle Béart à la fin de l’émission sur la chanson Emilie s’en fout. Ici elle ne chante pas, mais fait des bras d’honneur pour illustrer les propos de la chanson. Un moment plus que rare !

Guy Béart, de son vrai nom Guy Béhart (orthographié à l’origine Béhar), né au Caire (Égypte) le 16 juillet 1930, est un auteur-compositeur-interprète français.

0 dans Mylène en DUOSGuy Béart se lance dans la chanson à partir de 1954, dans les cabarets parisiens de la Rive gauche, notamment La Colombe de Michel Valette ou Les Trois Baudets de Jacques Canetti qui le fait signer sur son label de musique Philips en 1957. Il y chante le Bal chez Temporel, dont les paroles sont de l’écrivain André Hardellet. Ce premier succès lui apportera, dès 1958, le Grand Prix du disque de l’Académie Charles-Cros. Il sera suivi de nombreux autres, comme L’Eau vive et Qu’on est bien (1958), Les Grands Principes (1965), Le Grand Chambardement (1967), La Vérité (1968), devenus des classiques. Puis il enregistre deux albums de chansons françaises traditionnelles, dont Vive la rose. Il écrit pour de nombreux artistes (PatachouZizi JeanmaireJuliette Gréco, qui chante Chandernagor etIl n’y a plus d’après).

Devenu producteur et animateur sur la première chaîne de télévision française, dans son émission de talk show Bienvenue chez Guy Béart, il reçoit à partir de 1966 nombre d’artistes et de personnalités de l’époque, dont Duke EllingtonSimon et Garfunkel.

Un cancer l’éloigne de la scène pendant plusieurs années, mais il revient en 1985, avec un titre plein d’espoir, Demain je recommence. Il donne des concerts jusqu’en 1999 et sort, en 2010, un nouvel album, Le Meilleur des choses, faisant référence à ses dernières « années de vache maigre », pendant lesquelles il a dû vendre un appartement et de nombreux meubles.

En 1994, Guy Béart est distingué par l’Académie française, qui lui décerne la grande médaille de la chanson française (médaille de vermeil) pour l’ensemble de ses chansons.

Il est le père de l’actrice Emmanuelle Béart, issue de son mariage avec l’ex-mannequin et actrice Geneviève Galéa.

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