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Jeff Dahlgren partenaire de film de Mylène

Posté par francesca7 le 7 mai 2016

 

Il est le partenaire de Mylène dans le film Giorgino. C’est sur le tournage du film que Mylène s’est beaucoup rapprochée de Jeff Dahlgren. Suite à l’échec du film en 1994, Mylène est partie vivre un an à Los Angeles (Etats-Unis) avec Jeff. Notons que le refrain de California (« C’est sexy le ciel de Californie… ») fait référence à des souvenirs visiblement torrides de Mylène avec le bel Américain. Après cette parenthèse californienne, Jeff a été guitariste sur les albums et tournées de Mylène entre 1995 et 2000. Mylène et lui se sont séparés en 1999.

 Blog de Francesca

Le 5 octobre 1994, la France découvre pour la première fois le visage et le jeu d’acteur de Jeff Dahlgren à l’occasion de la sortie sur grand écran du film de Laurent Boutonnat, « Giorgino ». Alors âgé de 29 ans, il y incarne le personnage de Giorgio Volli, un médecin de retour du front en 1918 qui part à la recherche des enfants orphelins dont il s’occupait avant la guerre. L’acteur et musicien revient longuement sur son expérience avec Mylène Farmer et Laurent Boutonnat. Il nous raconte sa rencontre avec le duo, le casting, le froid, les petits incidents qui ont ponctué le tournage mais aussi sa vision du film, vingt ans après sa sortie. Des souvenirs visiblement impérissables…

Quels souvenirs avez-vous de votre première rencontre avec Mylène Farmer et Laurent Boutonnat ?
J’ai été présenté à Mylène à Los Angeles, par une amie commune. A l’époque, elle travaillait sur « Que mon cœur lâche ». Nous avons longuement parlé de musique, de cinéma et de « Giorgino ». Etant donné que j’ai toujours une guitare avec moi, ça a collé immédiatement entre nous, et une longue amitié est née. Alors que j’étais à Los Angeles avec Mylène, j’ai rencontré Laurent, et nous avons, là encore, eu de longues conversations tous les trois. Nous parlions de musique et de cinéma. Nous sommes devenus proches en très peu de temps. Mes souvenirs de ces rencontres sont ceux de deux nouvelles amitiés.

Vous êtes connu comme musicien. Qu’est-ce qui vous a poussé à passer une audition pour un film ?
J’avais étudié le cinéma pendant plusieurs années et tourné dans beaucoup de publicités. J’ai aussi fait de petites apparitions télévisées. La motivation, pour moi, a toujours été présente. Lorsque Laurent m’a demandé si j’étais intéressé pour passer l’audition pour « Giorgino », j’ai immédiatement répondu « Oui ».

Où a-t-elle eu lieu ?
C’était à l’hôtel Château Marmont, à Hollywood.

Et comment s’est-elle déroulée ?
Bien ! Il n’y avait que Laurent et moi. Il n’y avait pas d’équipe en charge du casting. C’est Laurent qui a fait son choix tout seul. Ça a duré environ une heure. A la base, il m’avait donné un monologue extrait de « Giorgino » à lire pour l’audition. Mais lorsque je suis arrivé, nous nous sommes assis et avons commencé à parler. Au final, je n’ai jamais eu à lire le monologue en question ! Lorsque Laurent a allumé la caméra, j’ai simplement parlé de moi.

Avez-vous dû repasser l’audition par la suite ?
Non. Le soir même, j’ai reçu un appel téléphonique de Laurent qui m’informait que j’avais été retenu pour le rôle de Giorgio.

Est-ce que Laurent recherchait quelque chose de particulier pour le personnage de Giorgio Volli ?
Pas nécessairement. Je ne crois pas qu’il recherchait quelqu’un en particulier. Il cherchait plutôt une qualité, celle d’une innocence d’enfant pour le rôle de Giorgio ; et pour mon bonheur, il s’est avéré que j’avais cette qualité.

Savez-vous si Hugh Grant a été casté pour le personnage de Giorgio Volli ?
Il a été fait mention de Hugh Grant mais aussi de Rutger Hauer.

Venons-en au tournage. Combien de temps a-t-il duré en tout, scènes extérieurs et studio comprises ?
Environ quatre mois et demi.

Avez-vous souffert des conditions climatiques lors des scènes extérieurs ?
Absolument ! A certains moments, les conditions météo étaient vraiment beaucoup trop dures pour nous permettre de travailler. Parfois, il faisait tellement froid qu’il m’était difficile de bouger les lèvres. Donc oui, il y a eu un peu de souffrance, mais globalement, c’était plutôt agréable.

Les scènes studio ont-elles été filmées en une seule fois ?
Oui, nous avons tourné toutes les scènes studio en même temps, et avant celles en extérieur. Elles ont été filmées au studio Barrandov en République Tchèque (ex Tchécoslovaquie, ndlr).

Répétiez-vous certaines scènes avec Mylène Farmer avant de les filmer ? Quelqu’un vous guidait-il lors des répétitions ?
Oui, bien sûr, Mylène et moi répétions ensemble. Laurent, quant à lui, nous guidait et décidait de l’emplacement de chacun des acteurs, et nous en discutions en détail tous les trois.

Y a-t-il eu des scènes plus difficiles que d’autres à tourner ?
Oui, le sauvetage de Catherine à Sainte-Lucie. Cette scène a été la plus difficile. La mise ne place des personnages a été plus approfondie et le tournage de la scène très technique. Il s’avérait difficile de réaliser des gros plans durant le tournage à cause des mouvements rapides. Laurent a alors décidé de nous attacher avec une corde, Mylène et moi, afin que la distance focale reste toujours la même. Dans cette scène, j’utilise un revolver et j’ai Catherine dans les bras, tous les gros plans de cette ont été tournés de cette façon. C’est intéressant de filmer une scène très attendue et énergique avec une caméra située à 60 centimètres du visage.

Il semble que l’atmosphère durant le tournage était tendue. Qu’avez-vous ressenti ?
L’atmosphère était tendue lorsque les scènes que nous tournions étaient intenses, ça fait partie du job. Ça n’était pas comme ça tout le temps ! Ce dont je me souviens le plus, c’est que c’était détendu et professionnel. Nous nous sommes beaucoup amusés.

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Et comment était la relation entre Mylène et Laurent ?
Entre Mylène et Laurent, la relation était bonne et amicale.

Vous souvenez-vous d’anecdotes ou de moments particulièrement marquants durant cette période de tournage ?
Oui, j’en ai même plusieurs ! Tout d’abord, j’étais toujours à l’heure sur le tournage ! (Rires)
Lorsque j’attendais entre deux scènes, je sortais Moreno, mon cheval préféré, et je partais me promener avec lui à travers les collines. Une fois, alors que Jean-Pierre Aumont m’aidait à tirer Moreno pour l’amener à la calèche, il s’est cabré et, en retombant, m’a cassé un orteil ! (Rires) Et puis, les weekends, j’empruntais la voiture de quelqu’un de l’équipe à son insu et je partais aussi loin que je le pouvais, parfois même jusqu’en Pologne !

Je me souviens aussi de mon hôtel, à Prague, qui a dû être évacué à trois reprises à cause d’alertes à la bombe. La troisième fois, j’ai mis vingt minutes pour descendre. J’étais habillé bien chaudement car je savais que j’allais attendre plusieurs heures dans le froid. Mais après vingt minutes d’attente, le rez-de-chaussée de l’hôtel a finalement explosé !

Mais la meilleure anecdote est la fois où j’ai eu le hoquet pendant un jour et demi. J’étais donc dans l’incapacité de tourner une scène, mais la production en a profité pour tourner d’autres scènes avec d’autres acteurs. J’avais depuis peu fait la connaissance de Louise Fletcher. Ce jour-là, nous nous sommes croisés dans le hall de l’hôtel. Elle m’a dit qu’elle savait que j’avais un problème, ce à quoi j’ai réussi à répondre « Oui ». Nous nous sommes assis au bar et elle a demandé au barman une tranche de citron, un petit sachet de sucre et de la sauce Worcestershire (sauce anglaise à la saveur aigre-douce, ndlr). Elle a mélangé cette mixture et m’a dit de l’avaler. Tout de suite après, le hoquet avait disparu, et je reprenais le tournage !

Dans quel était d’esprit étiez-vous avant la sortie du film ?
J’étais dans un très bon était d’esprit. Mylène et moi travaillions sur l’album « Anamorphosée » à cette époque-là. C’est à ce moment que la chanson « Tomber 7 fois… » a été initialement composée. C’était moi l’interprète de cette chanson à la base, mais Mylène l’a tellement aimée qu’elle m’a demandé si elle pouvait l’enregistrer pour l’album.

Avez-vous été impliqué dans le montage du film ?
Il arrivait parfois que je donne des conseils par rapport à la sélection des scènes dans lesquelles j’apparaissais. J’étais également souvent avec Laurent quant il composait la bande originale et, là encore, je donnais mon opinion. En dehors de ça, je n’ai pas eu de rôle dans la postproduction.

Avez-vous été déçu que la sortie soit repoussée de plusieurs mois ?
Non pas du tout ! Il m’est difficile de me rappeler les raisons exactes, mais si nous avions sorti le film en temps et en heure, nous aurions eu comme concurrent le film « True Lies ». Pour la petite histoire, le film en sorti en même temps que « Forrest Gump » qui, à l’époque, était le plus rentable de l’histoire.

Qu’avez-vous pensé de la version finale du film ?
Je n’ai jamais regardé le film en entier ! (Rires)

Pensez-vous que le film soit trop long ?
Pourquoi pensez-vous que je ne l’ai pas regardé en entier ? (Rires) C’est plutôt une question qu’il faudrait poser à Laurent. Je pense qu’il a pris le temps dont il avait besoin afin de raconter au mieux l’histoire qu’il avait imaginée. Avec le recul, j’ai le sentiment que le film est bien mieux compris aujourd’hui.

Quelle est votre scène préférée ?
Comme je vous l’ai dit, je n’ai jamais regardé le film dans sa totalité, mais je dois avouer que c’était sympa de mourir. Toutes les scènes à Sainte-Lucie ont été géniales à tourner !

Quelle a été votre réaction quand vous avez lu les critiques négatives de la part de la presse et que vous avez compris que le film était un échec commercial ? Comment ont réagi Mylène et Laurent ?
Ça ne m’a pas affecté car mes critiques à moi étaient positives ! C’est surtout Laurent qui en a pris plein la tête, principalement à cause de la longueur du film, ce qui, pour moi, n’est pas une raison pour le descendre. Ce n’est jamais facile pour personne de gérer ce genre de situation, mais avec du recul, « Giorgino » est en quelque sorte, devenu un succès. Rétrospectivement, j’ai le sentiment qu’il y a eu une meilleure compréhension du film et de sa beauté. « Giorgino » a maintenant une vie à lui…

Avec du recul justement, que pensez-vous de votre jeu d’acteur et de celui de Mylène ?
Je suis fier de ma prestation… enfin, du peu que j’en ai vu ! Et je pense que la prestation de Mylène était bonne également.

Aujourd’hui, que pensez-vous de cette expérience ? Seriez-vous tenté de jouer dans un nouveau film ? Joueriez-vous à nouveau pour Laurent ?
C’était une expérience géniale et j’en garde de très bons souvenirs. Donc oui, je serais prêt à tourner encore et à travailler à nouveau avec Laurent.

Il semblerait que l’échec commercial du film n’ait pas affecté votre relation avec Mylène et Laurent puisque vous avez ensuite collaboré avec eux pour deux albums et deux tournées. Quels souvenirs gardez-vous de ces expériences ?
C’est une question très importante sur laquelle je pourrais écrire un livre entier. Mais pour faire court, cela faisait déjà quatre ans que l’album « L’autre… » était paru et, après la sortie de « Giorgino », Mylène avait besoin d’un album très fort et d’une nouvelle direction artistique. Elle et moi avions déjà passé beaucoup de temps en studio avant « Anamorphosée », donc c’était une continuité naturelle. Mylène aimait le son de ma guitare qui apportait une dimension puissante à sa musique. Après le succès du Tour 1996, les clips vidéo, les singles et le « Live à Bercy », que je travaille pour l’album « Innamoramento » nous a semblé couler de source. J’ai beaucoup de souvenirs fantastiques de cette période, beaucoup de travail, de bon temps, d’amis… et énormément de fans !

Etes-vous toujours en contact avec Mylène et Laurent ?
Oui, Mylène et moi sommes toujours resté en contact. Quant à Laurent, nous avons pas mal échangé mais ça fait un bout de temps que je n’ai pas de ses nouvelles !

Pourquoi n’avez-vous pas continué à votre collaboration avec eux pour les albums suivants ?
Tout simplement parce que je n’étais pas disponible.

Suivez-vous la carrière de Mylène ? Y a-t-il un album ou une chansons que vous appréciez tout particulièrement ?
Oui, je la suis, comme tout le monde, et nous en parlons. Pour moi, son album le plus fort reste « Anamorphosée ». Mais de par mon implication durant l’enregistrement de l’album, et tout particulièrement dans l’écriture de la ligne de guitare de « XXL », je ne suis pas très objectif ! (Rires)

Continuez-vous de jouer avec votre groupe, Jeff Dahlgree/S.T.E.P. ?
J’ai produit, enregistré et mixé onze albums pour divers artistes et je suis actuellement en train de travailler sur mon album qui sortira au printemps prochain. Il y aura quelques singles qui précéderont sa sortie. En ce moment mon groupe Jeff Dahlgren/S.T.E.P. marche très bien et mon single, « California », dépasse mes attentes en termes de rotations radio.

Est-ce que le titre de votre single, « California », est une allusion ou une référence à celui de Mylène ?
Sans commentaire !

Quelle est votre actualité ?
Je produis et je compose. En tant que guitariste professionnel, j’ai joué sur de nombreux albums. Je vais aussi bientôt ouvrir mon site web, jeffdahlgrenmusic.com , grâce auquel je vais débuter, à distance, le mixage et le mastering d’albums d’artistes issus de la scène indépendante. Cela leur permettra de profiter d’une production et d’un son professionnels. Et cela me donnera aussi l’opportunité de travailler avec des artistes français belges et russes. Je travaille beaucoup à distance en ce moment et on m’a beaucoup sollicité. Que ce sot des fans, des musiciens ou des groupes, tous m’ont demandé de mixer pour eux et même de chanter sur leurs compositions. Je vais pouvoir le faire maintenant. J’aime soutenir la scène indépendante. Enfin, grâce au bon retour de mon single « California », j’ai des opportunités pour jouer à Paris et sa région. Ça sera super de vous voir tous là-bas ! En dehors de cela, tout va bien pour moi !

 

Sophie Khairallah et Julien Autier pour Styx Magazine – 2014

 

Publié dans Mylène Autrement, Mylène dans la PRESSE, Mylène et GIORGINO, Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaires »

MYLENE DANS LE SALON D’UN PALACE PARISIEN

Posté par francesca7 le 19 février 2016

 

Dans le salon d’un palace parisien, Mylène livre avec Guillaume Durand la plus longue interview donnée à l’occasion de la sortie du film. Choisissant ses mots avec (trop de) soin, Mylène répond longuement et parfois laborieusement aux réflexions confuses d’un Guillaume Durand qui semble cependant passionné.

Guillaume Durand : (…) Un film, il faut le vendre. Vous qui êtes si timide, ça vous barbe pas tout ça ?

Mylène Farmer : Je ne sais pas si ‘barber’ est le mot juste, mais c’est un exercice difficile pour moi.

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GD : Est-ce que vous avez un petit peu peur, un petit peu d’angoisse parce que un film, c’est pas comme une tournée, c’est pas comme un disque : c’est énormément de travail et tout se joue en une semaine. Quel effet ça vous fait ?

MF : C’est quelque chose de presque inhumain. C’est difficile, c’est difficile. Je crois que je serai contente le jour où ça sortira, et essayer de se déposséder de la chose totalement…

 GD : Alors, « Giorgino » : ça fait combien de temps que ce projet existe pour vous ?

MF : De mémoire, parce que…C’est huit années, je dirais. Et réellement, l’écriture a commencé il y a trois ans. Et il a vu le jour il y a environ un an et demi, je crois.

GD : Donc ça vous a occupée toutes ces dernières années, quoi. L’obsession, c’était de faire ça…

MF : Oui. Surtout Laurent Boutonnat, je dirais, le réalisateur. Moi, j’ai eu beaucoup plus de temps libre, assez pénible là aussi parce que n’ayant pas la faculté que de me tourner vers la musique, puisqu’il est le compositeur. Donc ça a été une période très longue et pas très agréable.

GD : Alors pourquoi fait­-on quelque chose qui n’est pas très agréable à vivre? Quelle est l’exigence de fond ?

MF : La passion, je dirais. D’abord, je pense que c’est un besoin pour moi que de faire des choses, à savoir ou l’écriture, ou des films, créer quelque chose. Faire les choses en termes de plaisir, dans le fond, ce n’est peut-être pas très, très important ou si important. Je crois que ça se passe à une autre dimension.

GD : C’est vraiment quelque chose, on parlait tout à l’heure d’exigence, c’est une importance de la liberté ou… ?

MF : Parce que je ne sais pas gérer cette liberté, de même que j’ai besoin du regard de l’autre pour exister, même si ça paraît quelque chose d’assez dramatique comme confidence ! Mais cette liberté, je la trouve réellement dans mon métier, dans le fond.

GD : Alors, on va évidemment pas raconter le film, parce que les films sont faits pour être vus. On va simplement, avec la bande-­annonce que vous avez eu la gentillesse de nous confier, avoir un petit peu une idée de l’ambiance du film et puis on va parler justement de ce monde qui vous habite et qui habite aussi Laurent Boutonnat. D’abord, donc, des extraits de ce film.

Diffusion de la bande-­annonce de « Giorgino ».

GD : Voilà donc pour le climat du film. Alors pourquoi ce film commence en novembre 1918, si ma mémoire est bonne ? Pourquoi cette date ?

MF : Je vais essayer de répondre pour Laurent Boutonnat. Il me semble qu’il voulait…La guerre 14­18 est en toile de fond, réellement. Je crois que ce scénario est né d’un désir de femmes, de femmes rudes et violentes, donc dans un univers de guerre. Donc c’était plus facile pour lui, j’imagine. C’est difficile pour moi que de répondre à sa place. Pourquoi la guerre de 14­18 ? Parce que c’était une période extrêmement difficile. Avoir des femmes esseulées, c’est un moment qui est effectivement, la guerre, propice pour…

GD : Mais ça vous touche parce que vous connaissez, comme tout le monde, ce qui s’est passé justement à cette époque-­là : bon, non seulement il y a la mort, et elle est très présente aussi dans le film, mais il y a cette idée aussi que ce sont les femmes qui prennent la société à bras-le-­corps. C’est une idée qui vous touche, ça ?

MF : Si je ne porte mon regard que sur ce groupe de femmes : non, définitivement pas ! (rires) Mais une société de femmes, non en aucun cas, dirigée par les femmes, non, je pense qu’une balance, une bonne balance est ce dont nous avons tous besoin.

GD : Alors, le climat on en parle. C’est vrai que souvent quand vous avez fait des clips, des clips longs, des clips qui étaient proches du cinéma on s’est dit « Ça y est, Boutonnat va certainement faire un film, Mylène Farmer a envie de faire un film », maintenant le film est là.

Mais ce climat qui est à la fois historique et à la fois fantastique, il vient d’où ? Pour lui, forcément il répondra d’un coté, mais pour vous, pour l’avoir accepté c’est que ça vous touche aussi…

MF : Moi, c’est plus une grande confiance en Laurent Boutonnat et en son travail. Quant à l’univers, j’ai aimé le scénario et j’ai aimé le personnage de Catherine. Maintenant, essayer de réfléchir… Non, c’est plus des sensations, des odeurs et moi, cette sensation que de pouvoir justement mettre quelque chose dans ce personnage.

GD : C’est quand même pas un monde ordinaire, parce que donc, on va pas raconter, on a dit tout à l’heure le déroulement mais on peut raconter un petit peu le début. Donc, c’est un jeune médecin, il sort, il est démobilisé, il s’occupait d’un asile d’enfants et il essaye de retrouver ces enfants. On a tout une, comment dirai-­je…c’est un itinéraire, au fond…

MF : Oui, tout à fait, oui.

GD : …qui est un itinéraire initiatique. Ça se passe dans la neige, c’est à la montagne, c’est très beau, il y a un père, il y a les femmes qui fument, enfin ce sont des images qui sont des images rares au cinéma.

MF : Je le pense, je le pense. Je pense que son cinéma est rare. Il a une façon de filmer et de raconter des histoires qui lui sont très, très personnelles.

GD : Alors mettez vous à sa place : pourquoi ce monde-là le touche, lui ?

MF : Moi je crois que je ne pourrai pas répondre à sa place. Pour avoir moi­-même posé ces questions dans le fond et lui ne trouvant pas de réelles réponses quant à ces fondements, pourquoi être attiré plus par quelque chose ou autre chose, je ne sais pas bien. C’est comme la peinture, dans le fond : pourquoi est­-ce qu’on est attiré par un peintre ? Moi je crois que je ne saurais pas l’expliquer. Pourquoi tel peintre plutôt que celui­-ci ?

GD : Mais c’est un monde qui est quand même très poétique et qui est très détaché, enfin qui parle un petit peu du réel, on en a parlé un petit peu au début, il y a la guerre de 14, il y a des professions, il y a des gens, il y a des solitudes, il y a des gens ensemble, il y a beaucoup de violence. Mais en même temps, c’est très onirique.

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MF : Oui. C’est sans doute cette attirance pour tout ce qui est conte, l’irrationnel peut­-être, la poésie je pense, oui. Mais des choses qui peuvent faire partie de notre monde et de notre vie de tous les jours, mais c’est vrai qu’il a une attirance pour ça. Maintenant, je suis en train de m’embrouiller parce que je ne sais pas bien pourquoi ! Si ce n’est que j’en reviens à, ne serait­ce que moi, un paysage… Je préfère un paysage, je vais vous dire, fracassé qu’un paysage avec des pommiers en fleurs. Pourquoi, je ne le sais pas. Ce sont des choses, comme ça, qui vous appartiennent.

GD : Qui vous sont donc sensibles, qui sont exprimées très largement. Alors il y a aussi une autre chose qui est très particulière dans le film, bon on va pas comparer avec des metteurs en scène comme Visconti parce qu’il y a pas de rapport, mais c’est vrai qu’il y a un parti pris, on va dire, de lenteur. Parce que si on dit ça, les gens vont dire « On va pas y aller, c’est lent » ! C’est pas du tout lent et ennuyeux, mais c’est volontairement, comment dirais­-je, c’est un rythme comme ça, un peu comme une espèce de mélopée.

MF : Parce que justement, j’en reviens à ces odeurs, à toutes ces choses. Je crois que ça prend du temps pour des personnages, plutôt que justement ce cinéma très monté, très rapide et des personnages qui sont rétrécis, qui ont cette valeur. Je crois que lui justement allait vers une expression plus lente et plus, moi j’oserais dire plus enrichie, mais ça n’engage que moi. Plus généreuse, peut­-être.

GD : C’est vrai que c’est un peu le contrepoids de tout ce dont on parle beaucoup actuellement, de Quentin Tarantino à Luc Besson, où ce sont des hommes en blanc et noir qui deviennent…

MF : Oui, qui ont du talent. Mais c’est vrai que c’est, je pense, une autre expression, une autre façon de raconter les choses.

GD : Comment devient-­on ­ pardonnez-­moi la question ­ mais comment devient-­on justement quand on est chanteuse, quand on fait de la scène, comment devient­-on actrice ? Même si on a fait des clips, ça, ça doit pas être une expérience finalement si facile que ça.

MF : C’est quelque chose que je pense, et sans prétention aucune, avoir en moi. En tout cas, je l’ai souhaité et je le veux depuis tellement longtemps. La chanson est venue à moi un peu par hasard, j’avais envie moi de jouer. J’ai suivi des cours de théâtre, mais ça on s’en moque un peu. C’était simplement un passage, comme ça, dans ma vie. Une envie de jouer, une envie d’interpréter les personnes qui sont autres que moi-­même et cette chose, enfin ce côté ludique quoi, qui est…

GD : …qu’on trouvait énormément dans les clips.

MF : Qu’on trouvait déjà dans les clips, mais en mode tellement rétréci. Mais malgré tout, c’est vrai que c’est comme ça que j’ai pu, bon indépendamment de l’écriture, de la scène, de tout ce qui fait que ce métier est vraiment passionnant, qui m’a fait tenir quand même, parce que c’est long ! J’ai attendu presque dix ans pour réellement faire un premier film. C’est long… (rires)

GD : Oui mais justement alors, est­-ce que ça veut dire que maintenant, parce que finalement quand un film est terminé, c’est vrai que vous allez être délivrée par le fait qu’il sorte, de savoir s’il y a un accueil avec le public, on vous le souhaite évidemment, c’est normal, mais est-­ce que immédiatement, maintenant, vous vous dites « C’est une autre carrière qui commence et c’est vers ça que je veux aller définitivement ». Et es-ce qu’il va falloir attendre longtemps que lui refasse un film, ou est-­ce que vous pouvez tout à fait imaginer de jouer, travailler avec d’autres metteurs en scène ?

MF : Non, je crois qu’aujourd’hui je peux réellement imaginer travailler avec quelqu’un d’autre. Maintenant, je pense que je serai difficile dans mes choix, je le sais. Aussi bien par rapport au réalisateur que l’histoire elle-même. Donc je pense que je, si je puis me projeter sur quelque avenir, faire très peu de films, certainement. Certainement.

GD : Et qu’est­-ce que vous aimez, alors, justement ? Parce que ce cinéma de climat est un cinéma bien particulier, alors qu’est­-ce que vous aimez, vous ?

 MF : Je crois avoir des goûts très éclectiques. Je vais essayer de…J’aime beaucoup Jane Campion, tous ses films, ses premiers films également. J’aime Oliver Stone, j’aime Kubrick, j’aime David Lean, j’aime David Lynch, Bergman…

GD : Donc, c’est un goût éclectique, quoi…

MF : Oui. Oui, dans le fond oui. GD : Mais pas très français, d’après la liste que vous venez de donner ! MF : Polanski, heu… (rires)

GD : Ha oui, c’est toujours du cinéma où il y a beaucoup de spectacle, ou au contraire beaucoup d’onirisme, beaucoup de choses qui sont quand même… C’est pas le mari, la femme et l’amant qu’on trouve !

MF : Non, j’aime les choses qui ont une âme, une histoire et une magie, et qui portent le spectateur. Je peux moi­-même être un spectateur qu’on qualifie de moyen, mais c’est­-à-­dire ne pas avoir cet œil trop critique. Et si un film m’emmène, si une histoire m’emmène, mais c’est magique ! C’est la chose la plus magique, je crois.

GD : Alors à la fin, le héros, Jeff Dahlgren, et vous, vous vous retrouvez dans un cimetière. On va pas dire ce qui se passe, mais c’est vrai qu’il y a quand même comme en peinture, puisque vous avez parlé de peinture, une espèce d’imagerie qui existe : des croix, des églises etc., etc. Ça vient d’où tout ça ?

MF : Ce que cela peut suggérer, bien évidemment, mais d’un point de vue esthétique je crois aussi, qui est important. Une croix, c’est beau. Une tombe…Je trouve qu’une tombe, un cimetière est un endroit magique. C’est quelque chose une fois de plus que nous avons en commun, mais je crois que c’est expliqué par cette rencontre que nous avons eue et qui a été une rencontre fondamentale pour moi dans ma vie et assez immédiate. Donc en ce sens, je crois que c’est presque normal que d’avoir des mondes un peu communs et des attirances.

GD : Vous voulez dire que d’une certaine manière, peut­-être, il vous a aussi arrachée à ce qui pouvait être une carrière de show­-business traditionnelle, que vous n’avez jamais vraiment voulu mener.

MF : Que je n’ai, je crois, jamais menée quoiqu’il arrive ! Mais…envie de faire quelque chose, envie de faire ce long-­métrage et envie de prendre des risques.

GD : Alors comment s’est passé le tournage ? Parce que je suppose que les conditions, étant donné que ça se passe en hiver, en plus y a énormément de scènes qui se passent en hiver mais il fait beau en même temps, ce qui sont des conditions météos pas faciles à trouver parce qu’en général il fait pas toujours beau, ça a dû être un peu long et un peu compliqué. Alors, comment ça s’est passé ? Racontez­-moi…

MF : Le tournage était très, très long, je crois qu’il a duré cinq mois. Quant aux conditions de tournage, c’était difficile à cause du temps bien évidemment, parce que très, très, très froid. Donc par moments, même le tournage a dû s’arrêter parce que trop froid, parce qu’on ne pouvait presque plus jouer. Maintenant, je crois que toutes ces difficultés sont malgré tout inhérentes à un tournage. La réelle difficulté était je crois le…la difficulté de… (Mylène rit de ne pas trouver ses mots) j’allais dire la tension qui régnait sur ce tournage, la tension que toute cette chose que Laurent portait dans le fond qui est extrêmement lourde.

 GD : Vous vous êtes faits totalement, parce que finalement lui, c’est son premier film, vous c’est votre premier grand rôle, vous vous êtes faits mutuellement et définitivement confiance dès le début, ou tout d’un coup du coin de l’œil vous vous êtes un petit peu surveillés l’un l’autre ? Parce que c’est vous qui portez tout : et lui, et vous.

MF : Je crois qu’il y avait à la fois une grande confiance, puisque c’est vrai qu’on a très peu parlé du rôle par exemple. J’ai lu le scénario. Et une fois sur le tournage bien sûr, des indications de mise en scène. Mais de sa part, en tous cas, je suppose que c’est une confiance. ‘Regardés du coin de l’œil’, malgré tout de temps en temps. C’est-­à­-dire moi je l’ai quand même observé travaillant avec d’autres, puisqu’il y avait quand même beaucoup d’acteurs. Et parfois probablement des réactions assez violentes, oui, parce que c’est vrai que dans ces moments-­là, on vous dit « Moteur, action ! » et vous avez une espèce, d’abord d’angoisse profonde, et de demande qui est énorme quant à ou le regard ou même un mot, et que parfois ce mot n’arrive pas et que là on fait abstraction de toute une vie commune.

GD : Ça devient professionnel…

MF : Oui. Oui, dans le fond oui. Beaucoup plus cruel et plus…Mais je crois que c’était aussi essentiel. Je n’aime pas moi être trop protégée. J’étais réellement considérée comme une actrice engagée sur un film, et non pas comme le petit oiseau qu’on va couver. En aucun cas, non.

GD : On se retrouve dans un instant pour parler de ce film de Laurent Boutonnat, avec Mylène Farmer et Jeff Dahlgren. Flash info.

 GD : On se retrouve donc avec Mylène Farmer qui a la gentillesse de nous recevoir pour un film qui va, je l’espère, vous surprendre : « Giorgino », donc, de Laurent Boutonnat, avec Jeff Dahlgren. Alors est­-ce qu’on peut Mylène parler du fait que le film a été tourné en anglais ? Il est tourné en Tchécoslovaquie, il est tourné en hiver et en plus il est tourné en anglais. Pourquoi ? C’est pour rechercher la plus grande audience possible à travers le monde, ou c’est l’histoire…

MF : (elle l’interrompt) Non, sincèrement non. C’est parce que Laurent Boutonnat voulait travailler avec des acteurs comme Louise Fletcher, Joss Ackland, et a trouvé son premier rôle aux Etats­-Unis, donc c’est plus une volonté que d’aller vers des acteurs, donc une langue qui s’est imposée.

GD : Louise Fletcher, tout le monde connaît, c’était l’infirmière de « Vol au Dessus d’un Nid de Coucou » et donc qui parle français, si mes souvenirs sont bons et elle était très charmante. C’est pour aller vers ces acteurs­-là qu’il a choisi ce parti pris là ?

MF : Absolument, oui parce que…Mais lui-­même dit ça « J’aurais pu tourner ce film en espagnol, russe… ». Peu lui importait la langue, dans le fond.

GD : Alors donc un travail qui a été compliqué, et tout à l’heure vous nous disiez que c’était très difficile d’expliquer les raisons pour lesquelles vous étiez dans ce monde-­là, dans à la fois ces rêveries, cette poésie et aussi ces fantasmes. Et pourtant quand on essaie de trouver une logique à tout ça, parce qu’après tout il y a forcément une logique même si on la veut pas, la première chanson c’était « Maman a Tort », après c’était « Libertine », et maintenant c’est un film où il y a énormément de femmes, même si c’est une envie de l’auteur. Est­-ce que cette logique vous apparaît ou est­-ce que c’est un hasard total ? MF : Je pense que c’est un hasard. Mais là une fois de plus, c’est difficile, pardonnez-­moi de le redire… (rires)

GD : C’est pas grave !

MF : …parce que ce film, dans le fond, ne m’appartient pas, en tous cas son histoire et son…

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GD : Mais vous êtes sûre qu’il ne l’a pas écrit pour vous ? Parce que quand vous dites qu’il ne vous appartient pas, il l’a quand même probablement en partie, enfin il savait que vous alliez jouer le rôle principal de Catherine.

MF : Oui. Maintenant je… (elle cherche ses mots) G

GD : C’est du sur­-mesure, quand même…

MF : C’est une bonne couture. Est­-ce que c’est du sur­-mesure ? Je ne sais pas bien, mais là c’est peut-­être plus par pudeur, je ne sais pas bien. Est­-ce qu’il a écrit réellement ce rôle pour moi ? Je ne sais pas, parce que le personnage principal c’est peut­-être lui qui a voyagé avec lui le plus longtemps, et peut-­être que Catherine est arrivée plus tard, donc…

GD : Et est-ce que lui justement, sans sombrer dans une espèce de simplification extrême, est­-ce que lui il s’est vécu un petit peu comme Jeff Dahlgren, donc qui est le héros du film, à savoir ce médecin qui recherche des enfants ?

MF : Je crois qu’il est…Cette chose commune d’avec ce personnage, c’est cette âme d’enfant qu’il a en lui et cette quête, cette quête essoufflée. Je crois qu’il a ça en lui.

GD : Mais quand on a fait un film comme ça, qui est justement un film poétique, est-­ce que c’est, comment dirais-­je, vous savez que la critique en France n’aime pas trop le mélange des genres, ça peut être aussi bien un artiste qui a réussi dans un domaine qui est la variété, le fait de faire du cinéma, ça paraît presque pour beaucoup de gens qui sont extrêmement bien­pensants et extrêmement rigides…

MF : Obscène ? (rires)

GD : Oui. C’est pas obscène, mais on n’a pas le droit de changer de registre, et pourtant vous, vous avez ce besoin et vous en avez même exprimé tout à l’heure l’envie. Ça vous gêne qu’on vous oblige à vous enfermer dans un même registre ?

MF : L’idée de l’enfermement me gêne. Maintenant, est­-ce que moi j’ai été gênée par ça : non. Non, parce que j’ai essayé au maximum de me protéger et de ne pas écouter, de ne pas entendre. Sinon, effectivement si on écoutait et si on entendait réellement, je pense que c’est trop mutilant. Non. J’oserais dire je me moque de ce qu’on pense et de ce qu’on dit. C’est presque vrai.

GD : C’est pour ça que depuis des années vous avez toujours choisi de faire votre métier, d’être extrêmement discrète sur vous, sur votre vie, enfin sur beaucoup d’aspects du travail d’artiste qui en général sont surexploités et plombent votre carrière ?

MF : Oui, parce que je pense… Moi, j’essaye de ne pas m’essouffler et de ne pas essouffler l’autre. Donc en ce sens, je suis obligée d’être absente. Et puis je crois que c’est ma nature profonde, tout simplement donc je n’ai pas à me faire violence pour ça.

GD : Et vous, quand les disques se vendent comme ça énormément, ça veut dire, bien au­-delà du succès commercial, qu’il y un intérêt profond entre un artiste et les gens. Vous croyez que les gens vous aiment pour quoi, au fond ?

MF : Je ne sais pas ! Non… (large sourire) GD : Pour ce mélange entre la fragilité et la provocation ?

MF : Je crois pour, s’il y a à trouver une expression, peut­-être pour la sincérité, parce que je crois que c’est une valeur qui existe toujours. Mais c’est difficile que d’exprimer pourquoi l’autre vous aime. Je ne sais pas…

GD : Et quand est-ce que vous vous êtes rendue compte, vous dans votre carrière, parce que en général les carrières de chanteurs démarrent, elles surfent un petit peu sur les vagues adolescentes, ça a été aussi le début de votre carrière quand vous avez chanté « Maman a Tort » etc. Quand est­-ce qu’on se dit « Moi, je vais faire autre chose », c’est­-à-­dire je pars sur ce plongeoir­-là mais je vais aller dans une autre piscine, quitte à être décrédibilisée un petit peu ?

MF : Là, vous parlez d’un genre plus que de changement radical de vie ?

GD : Non, pas de vie pour vous, mais quand est-­ce que vous vous êtes dit que vous alliez prendre au fond tout ça en mains, sérieusement pour obtenir, pour aller vers des objectifs précis ?

MF : Je crois, le goût du risque. Là encore, c’est…Le calcul n’y est pas pour grand­-chose, si ce n’est que une ‘carrière’, même si c’est un mot qui n’est pas très joli, c’est quelque chose qui se pense, qui se gère. Maintenant, c’est quelque chose qui, je ne sais pas, qui s’est construit comme ça…

GD : Petit à petit…

MF : Oui, qui s’est fait lentement. Mon début n’a pas été fulgurant. J’ai eu trois bonnes années pour apprendre mon métier et apprendre ce que j’aimais et ce que je n’aimais pas, dans le fond, par rapport à moi­-même et par rapport à l’extérieur également.

GD : C’est-­à­-dire ?

MF : C’est­-à­-dire de « Maman a Tort », qui a été un succès mais j’étais quand même encore pas très connue jusqu’alors. Et après il y a eu deux autres 45­tours qui étaient plus discrets. Et puis après, le fameux « Libertine » qui là a été réellement…les projecteurs ont été mis sur moi. Mais donc, pendant cette période… Enfin, tout ça pour essayer d’expliquer que ça n’a pas été quelque chose, comme ça, d’immédiat, on vous donne tout. Ça a été quelque chose d’assez progressif, donc probablement de moins perturbant pour moi.

GD : Donc d’une certaine manière, vous pouvez vous dire que la même attitude, vous allez, c’est donc la même expérience, vous allez l’utiliser pour le cinéma ? C’est-à­-dire que c’est quelque chose qui commence, vous êtes habituée aux hauts et aux bas de ce qui s’est passé dans la chanson, et comme vous semblez avoir derrière la fragilité une assez grande volonté, vous allez attaquer un deuxième monde, tranquillement et avec le temps. C’est ça l’idée ?

 MF : Oui, là c’est plus une façade sereine, qui en aucun cas n’existe, dans le fond, si ce n’est que là je suis plus posée que d’ordinaire. Mais c’est plus un parcours angoissant qu’autre chose. Maintenant, pour répondre à votre question, je le ferai effectivement avec un maximum de réflexion et de réelles envies. C’est­-à­-dire, me perdre dans quelque chose pour le rien : non, en aucun cas.

 GD : Donc, ça veut dire qu’il faut forcément trouver des textes extrêmement forts, des scénarios extrêmement forts…

MF : Ça va être de plus en plus difficile, je le sais. Mais c’est…

GD : Mais est-ce que vous avez envie, puisque vous avez dit tout à l’heure que vous aimez bien les choses très différentes, d’Oliver Stone à d’autres metteurs en scène, ça veut dire est­-ce que vous pouvez jouer une comédie, par exemple, par goût du fait de jouer ? Ou est-­ce que tellement pas dans votre registre que ça vous paraît surréaliste ?

MF : Si vous me proposez Woody Allen, je vous dis oui, j’accours ! (rires) Maintenant, tous les genres de comédie : non, je pense pas. Je ne sais pas, d’ailleurs, mais je ne pense pas avoir ce talent­-là, et peut­-être cette envie tout simplement. Une bonne comédie, oui c’est aussi intéressant et passionnant qu’un…

GD : Sûrement, mais je veux dire tout le monde a envie de jouer avec Woody Allen, parce que on entre sans frapper, enfin si jamais il vous appelle, on s’assoit, vous lui dites de s’asseoir et on lit même pas le scénario, à la limite ! Mais le monde, le fait de changer de monde, parce que c’est un monde tellement particulier, celui du film donc qui sort mercredi, que c’est vrai qu’il y a aussi le risque d’être cataloguée dans une espèce de fantastique, onirique…

MF : Ma foi, j’en ai pris le risque, et puis j’espère avoir la chance que d’avoir des propositions différentes. Je fais appel, j’allais dire, à l’intelligence du metteur en scène, plus qu’à quelque chose, comme ça, qui…

GD : Mais est­-ce qu’après on se dit pas, quand on a fait un film comme ça, ou quand on a eu une expérience comme ça qui est très profonde, parce que vous avez attendu plusieurs années, vous avez tourné pendant cinq mois, et puis c’est compliqué etc. et puis le film sort, est­-ce qu’on a envie après, j’allais dire, de retourner dans le travail d’avant ? Est­-ce que vous pourriez vous dire « Bon, ben maintenant, il faut s’y remettre », ou est-ce que vous y avez déjà pensé, écrit, travaillé, fait des musiques, ou pas du tout ?

MF : Non. J’ai eu pendant effectivement le tournage même, plutôt juste après le tournage, quand le tournage s’est terminé, une envie que de tout abandonner, tout délaisser. Pour aller vers quoi, c’était le point d’interrogation et plutôt une période d’anéantissement qu’autre chose. Aujourd’hui, oui j’ai très envie de retourner vers l’écriture, enfin mon écriture, en tous cas, pour essayer de découvrir des choses que je ne connais pas moi­-même, je suppose, parce que je ne sais pas ce que je vais faire, je ne sais pas ce que je vais écrire. Mais non, j’ai toujours cette envie. Je sais que si cette envie me quitte, j’arrêterai. J’aurai en tous cas cette honnêteté.

GD : Il y a quelque chose qui peut apparaître paradoxal, c’est que finalement vous êtes très pudique, réservée, timide, et en même temps vous faites des choses qui sont toujours, qu’elles soient habillées ou pas habillées, toujours un peu explosives. C’est jamais… Pourquoi ? MF : Parce que je crois que ça fait partie de mon propre paradoxe. C’est cette envie que de se cacher, cette envie de lumière et qui se reproduit dans le moindre de mes actes et pensées. C’est quelque chose de conflictuel mais nécessaire.

GD : Vous savez que par rapport justement aux années précédentes, on a appelé ça un peu pompeusement les années 80, celles qui s’annoncent sont plus tellement les années de la provocation. Mais quand je dis « la provocation », c’est pas la provocation au sens idiot mais la provocation au sens presque artistique des choses. Maintenant, ceux qui essaient de sortir le bout du nez pour faire des choses un peu différentes, on leur tape sur le bout du nez. Ça vous fait peur, ça ?

MF : J’ai l’impression que ça a existé toujours, ça, que c’est omniprésent, que dès qu’on essaye de faire quelque chose qui n’est pas, effectivement, dans ce chemin balisé, on vous tape sur les doigts. Mais…

GD : On vous a tapé, vous, sur les doigts ?

MF : Attaquée, bien évidemment ! Mais une fois de plus, peu m’importe, ça ne nous touche pas. Un artiste existe parce qu’un public est là. Au fond, j’enfonce des portes ouvertes, mais c’est la vérité vraie! Donc, tant qu’un public me dit « Continue ! C’est quelque chose que nous aimons », je continue !

 GD : Est­-ce que vous vous reconnaissez, non pas personnellement, mais dans des attitudes qui peuvent vous ressembler, par exemple pour quelqu’un comme Isabelle Adjani qui vit un peu…qui au fond montre à l’écran des choses souvent excessives et puis qui le reste du temps disparaît ?

MF : Je ne sais pas si nous sommes pareilles, mais c’est vrai que on m’a fait souvent cette réflexion, par exemple, que nous avions… Mais c’est plus pour évoquer des choses, dans le fond, des choses négatives en fait. Cette comparaison a été…

GD : Non, mais là c’est dit…

MF : Non, je le sais mais là je pense à ça parce que c’est quelqu’un qui, je crois, a essayé réellement de gérer sa carrière et son image et de faire ce qu’il lui plaisait, et parfois de s’évanouir et qu’on le lui a reproché. Maintenant, est­-ce que je…Je ne sais pas, c’est quelqu’un qui a un grand talent.

GD : La dernière question : est-­ce que la vie quotidienne, c’est-­à­-dire celle qui est ni sur les planches, ni dans les studios, ni en tournage, est­-ce qu’on y trouve un peu de bonheur, de plaisir, ou est­-ce que finalement il faut attendre désespérément de faire quelque chose et de se montrer ?

MF : Je crois que j’ai besoin effectivement de faire quelque chose, et ce métier… Sinon, je le vis mal.

GD : En tous cas, on vous souhaite le plus grand succès pour le film…

MF : Merci beaucoup.

GD : …à vous et à Laurent Boutonnat. Le film donc qui est sorti aujourd’hui sur les écrans et que je vous encourage vivement à aller voir, parce que c’est un film qui ne ressemble pas aux autres et c’est tant mieux ! Ciao, à demain. MF : Merci beaucoup… Générique de fin de l’émission.

TALKSHOW 5 OCTOBRE 1994 Présenté par Guillaume DURAND LCI

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Marcus Nispel et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 30 août 2012

 

Marcus Nispel et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE marcusnispel_676Marcus Nispel, né le 15 avril 1963 à Francfort-sur-le-Main en Allemagne, est un réalisateur, producteur de télévision et de cinéma allemand.

Marcus Nispel est né le 15 avril 1963 à Francfort-sur-le-Main dans le Land de Hesse en Allemagne.

Il a fréquenté l’école Leibniz à Höchst (Francfort-sur-le-Main) et débuté dans le monde de la publicité en tant que directeur artistique dans la publicité chez Young & Rubicam.

Marcus Nispel s’est marié à Dyan Humes Nispel, une auteur-compositeur, avec qui il a eu deux fils jumeaux, Armyan Mathaus Nispel et Bruno Tobias Nispel, nés en mars 1999.

décide en 1984 de s’installer aux États-Unis pour étudier avec l’aide d’une bourse. À partir de 1989, il réalise des clips publicitaires et musicaux pour des artistes aussi prestigieux que Janet Jackson, George Michael ou Billy Joel.

Côté français, il a réalisé quatre clips pour Mylène Farmer, en 1995 les tubes XXL et L’instant X, en 1996 le clip de Comme j’ai mal et en 1999 le clip de Souviens-toi du jour…. Il a réalisé aussi des clips tels Mon manège à moi pour Étienne Daho, Mens pour Alain Chamfort et Où est l’élue pour Pascal Obispo.

Depuis cette carrière entamée, il remporte déjà de nombreux prix pour son travail commercial et vidéo, y compris des Clio Awards, le Prix Moebius, le Grand Prix du Promax Awards, quatre MTV Video Music Awards, deux Billboard Music Awards et la MVPA Awards en 2001.

Choisi par le producteur Michael Bay, il signe en 2003 Massacre à la tronçonneuse, remake du classique de l’horreur signé Tobe Hooper en 1974. Le film est diversement accueilli par la critique, le site Rotten Tomatoes comptant 100 critiques négatives pour seulement cinquante deux positives et sera nommé aux Raspberry Award dans la catégorie pire remake en 2004. Cela n’empêcha cependant pas le film d’être un succès mondial.

Interview de Marcus Nispel pour Mylène :

 En 1995, c’est une Mylène scotchée à l’avant d’un train lancé à vive allure qui déboule sur nos écrans, avec dans sa poche un nouveau single « XXL », et un nouveau clippeur, Marcus Nispel. Entretien événement avec le réalisateur.

illogical-redonne-moi-symphonic dans Mylène et L'ENTOURAGEAnouk Nora nous disait que vous avez débuté ensemble dans la production. Qu’est-ce qui vous a mené à la réalisation (ndlr : cf. les Confidences d’Anouk Nora) ?
J’ai étudié l’art et le design en Allemagne, puis j’ai dû partir aux Etats-Unis pour me spécialiser dans le graphisme et la vidéo. C’est à la même époque que les clips musicaux ont vraiment pris de l’essor et le graphisme y tenait toujours une place très importante, alors je me suis lancé à fond dans ce domaine.

Vous souvenez-vous de votre première rencontre avec Mylène ? Aviez-vous déjà entendu parler d’elle auparavant ?
J’ai rencontré Mylène par l’intermédiaire d’Anouk Nora. Il faut savoir qu’aux Etats-Unis, ce n’est pas évident d’avoir une ouverture sur la culture des autres pays ? Et c’est d’ailleurs de pire en pire parce qu’aujourd’hui, avec les radios en ligne, vous pouvez décider de n’écouter que du rap et vous n’entendrez jamais autre chose. Mais un jour, j’étais en France pour faire une publicité pour Renault, je regardais la télé et j’ai vu une vidéo extraordinaire qui n’avait même pas l’air d’un clip mais carrément d’un petit film. J’en suis resté bouche bée. Je suis allé voir Anouk, qui était aussi en France, et je lui ai dit : « Je viens de voir ce clip génial, est-ce que tu sais qui est cette chanteuse ? ». Je ne sais pas comment Anouk a fait, mais peu de temps après, je rencontrais Mylène et nous décidions de travailler ensemble. Ses premiers clips sont vraiment étonnants ; je suis un grand admirateur du travail de Laurent Boutonnat.

D’où est venue l’idée d’attacher Mylène à l’avant d’un train pour « XXL » ? Le tournage comportait-il certains dangers ?
Je crois que c’est Thierry Mugler qui est arrivé avec l’idée d’attacher Mylène à l’avant d’une locomotive. Je me suis dit : « Non, il n’y a aucune chance qu’elle soit d’accord pour faire ça… ». Et elle a pourtant été partante ! C’est un de mes tournages préférés. Avec le recul, je me dis qu’on était complètement dingues. Il y avait un second train qui roulait devant celui sur lequel Mylène était attachée. On avait installé une louma à l’arrière de ce train pour pouvoir filmer Mylène de face. Ce n’est qu’après le tournage que nous avons réalisé que si ce train avait légèrement ralenti ou si l’autre avait légèrement accéléré, Mylène se serait tout simplement fait broyer entre les deux… Je ne sais pas à quel point elle avait conscience du danger, parce qu’elle avait déjà un autre problème à régler : la locomotive brûlante… Quand on y pense, une locomotive n’est rien d’autre qu’un gigantesque réservoir d’eau bouillante assez puissant pour tirer un train entier. A la fin de la journée, elle avait les bras couverts de cloques. On était vraiment inconscients…

Mylène déclare souvent qu’effectivement, ce n’était pas un tournage de tout repos…
Oui, c’était dur pour elle. Mais Mylène et moi avons une chose en commun : nous pensons que la passion vient de la souffrance. Nous sommes tous les deux un peu masochistes et aimons souffrir pour notre art. Pour ce clip et pour les suivants que nous avons faits ensemble, je me suis toujours débrouillé pour qu’elle ait à souffrir un peu, comme ça je savais qu’elle serait partante (rires) ! Non, plus sérieusement, je lui proposais toujours une autre possibilité moins dangereuse, mais elle choisissait invariablement celle où elle risquait de se faire mal…

Beaucoup de collaborateurs de Mylène affirment qu’il est très agréable de travailler avec elle…
Oui, elle est extrêmement professionnelle. Les artistes américains ont souvent la grosse tête et quand ils n’ont pas de scène à tourner, ils restent enfermés dans leur caravane à l’extérieur de l’équipe. Les artistes français aiment rester sur le plateau, discuter avec les techniciens. Ils ont conscience que pour faire un clip, on a souvent peu de temps et un petit budget ; cela implique que tout le monde soit solidaire. Dans le cas de Mylène, elle a en plus une vraie vision de ce qu’elle veut obtenir et participe activement à toutes les étapes du tournage. C’est également vrai pour Björk, par exemple. C’est pour cela qu’à budget égal, un clip de Mylène ou de Björk va être extraordinaire, quand d’autres artistes plus imbus d’eux-mêmes vont se retrouver avec des clips atroces.

Dans le clip de Marilyn Manson « I don’t like the drugs (but the drugs like me) », certaines scènes ressemblent étrangement à « XXL ». Pensez-vous que le réalisateur Paul Hunter se soit inspiré de votre travail ?
Je n’ai pas vu ce clip mais si c’est le cas, c’est plutôt flatteur. De toute façon, Marilyn Manson est beaucoup moins agréable à regarder que Mylène (rires) !

Pourquoi toute cette mousse dans le clip de « L’instant X » ? Comment s’est déroulé le tournage ?
J’avais lu un article qui disait que lorsqu’un incendie se déclare à l’intérieur d’un avion, il y a un système qui remplit complètement la carlingue de mousse en quelques secondes. Je trouvais l’idée amusante, pas trop compliquée à réaliser, et ça me rappelait les soirées-mousse à Ibiza (rires). En fait, je n’aime pas trop les effets spéciaux, je préfère tout faire en vrai avec ma caméra. Pour la locomotive comme pour la mousse, on aurait pu le faire avec des effets spéciaux, mais c’était plus intéressant à réaliser concrètement. On en a parlé avec Mylène et nous avons décidé d’utiliser la mousse à grande échelle, une mousse qui avalerait la terre, un peu comme dans le film « Le blob ». On a trouvé une usine désaffectée à New York et on s’est amusés à balancer de la mousse partout. On a tourné le clip en seulement une journée. C’était l’hiver, il faisait très froid, mais Mylène ne s’est jamais plainte, comme d’habitude (rires).

Pour le clip suivant, « Comme j’ai mal », la rumeur parle d’une première version prévue avec des félins qui auraient saccagé le plateau…
Ca ne me dit rien, peut-être que c’était prévu avec un autre réalisateur… Si ça avait été le cas, j’aurais réfléchi à deux fois avant de m’engager là-dedans… On peut maîtriser de la mousse ou une locomotive, mais c’est plus dur avec des fauves dangereux !

Qui a eu l’idée du scénario de « Comme j’ai mal » tel qu’on le connaît ?
Pour ses clips, Mylène ne fournit pas de scénarios complets, mais seulement des images qu’elle a en tête, en l’occurrence ici une femme qui se transforme en insecte. Après, à moi de voir comment ces images peuvent être reliées avec les paroles de la chanson. Contrairement à la plupart de mes clients américains, qui privilégient la forme sur le fond, Mylène accorde beaucoup d’importance à ce que racontent ses clips. Une victime d’abus trouvant refuge dans un monde peuplé d’insectes était un très bon point de départ pour travailler.


Le costume de papillon que revêt Mylène dans ce clip ne semble pas très simple à porter…

Mylène s’est beaucoup impliquée dans la création de ce costume qu’elle considérait quasiment comme une œuvre d’art. C’était un costume très compliqué à réaliser, tout tenait ensemble grâce à du fil de fer et des épingles… Et c’est une chose de le concevoir, mais c’en est une autre de le porter sur soi et de se mouvoir dedans. Mylène a fait ça très bien, comme toujours.

Pour « Souviens-toi du jour… », le tournage semble encore une fois très dangereux. Comment avez-vous obtenu ce résultat ?
On a construit la maison du clip sur un parking à Los Angeles, car nous avions l’obligation de tourner dans un endroit dégagé, pour des raisons de sécurité. D’ailleurs, la maison n’avait pas de toit pour que la fumée puisse facilement s’évacuer. Mylène portait une robe en plastique et sa coiffure tenait grâce à des tonnes de laque, ce qui n’est pas franchement l’idéal quand on se retrouve entouré par les flammes. On avait couvert sa robe et ses cheveux d’un produit spécial pour retarder la combustion mais malgré tout, les bulles de plastique de sa robe n’arrêtaient pas d’exploser comme des pétards. Encore une fois, nous n’avons pas utilisé d’effets spéciaux, tout était vraiment en feu… Sinon, Mylène n’aurait pas voulu le faire (rires) !

Saviez-vous que le texte évoquait la Shoah ?
Non, vous me l’apprenez… Mais les chansons de Mylène peuvent être sujettes à tellement d’interprétations… En y repensant, je m’en doutais peut-être un peu, inconsciemment…

En 2002, vous réalisez un remake de « Massacre à la tronçonneuse ». Comment ce projet a-t-il vu le jour ?
Quand j’ai voulu faire ce film, tout le monde pensait que c’était très prétentieux de ma part de m’attaquer à un tel monument et que je n’en serais jamais capable. Mais j’ai quand même réalisé près de deux cent cinquante clips et plus de deux mille publicités pour des produits aussi variés que des sodas ou des couches-culotte, alors j’avais envie d’utiliser cette expérience pour un long-métrage et de donner une autre direction à mon travail. Réaliser un film d’horreur, c’était comme peindre avec des couleurs plus sombres qu’auparavant. En fait, c’est ce que j’avais justement eu l’occasion de faire avec les clips de Mylène, mais c’était presque la seule à m’avoir demandé ça par le passé. De plus, ce film m’a permis de m’adresser à un vrai public, ce qui n’est pas toujours le cas quand on réalise des clips ou des pubs. Je suis très fier des films publicitaires que j’ai faits, mais les gens ne les regardent pas vraiment, ils profitent de la pub pour se préparer un sandwich ou aller aux toilettes. Et un film d’horreur fait davantage réagir le public que tous les autres genres de films : les spectateurs crient, bondissent sur leurs sièges… Donc, après des milliers de petits films sans public, j’avais envie de faire bondir les gens. C’était très amusant.

Vos longs-métrages font la part belle à l’aventure, à l’horreur et au fantastique. Honnêtement, on s’attendrait à ce que vous clippiez surtout des groupes de hard-rock…
A une certaine époque, les réalisateurs de clips n’étaient pas crédités sur MTV. Un réalisateur spécialisé dans les clips de hard-rock pouvait donc librement tourner un clip de rap sans que son image s’en retrouve modifiée dans l’esprit des gens. Cette liberté a donné lieu à un grand mélange des gens car les réalisateurs pouvaient se lâcher. Il y a vraiment eu des bijoux à cette époque-là. Une fois que le nom des réalisateurs est apparu à l’écran, leurs choix ont été plus logiques et prévisibles. Si vous vous appeliez Ice-Cube, vous engagiez le type qyui avait fait le clip de Ice-T. Les clips de rap se sont mis à tous se ressembler, pareil pour les clips de hard-rock. Dans mon cas, mon but était de réaliser un jour des longs-métrages, donc je me suis concentré sur des artistes qui avaient une histoire à raconter. Du coup, j’étais un des seuls qui acceptaient de clipper des balades et cela m’a permis de travailler avec Billy Joel ou Elton John, qui sont de grands raconteurs d’histoires. Ce n’est pas souvent le cas avec les groupes de métal, bien que j’aie déjà travaillé avec Faith No More, par exemple. Quoi qu’il en soit, pour durer dans ce métier, il faut raconter des histoires. Ceux qui ne s’appuient que sur l’image tombent vite dans l’oubli.

Pourquoi ne pas avoir tourné d’autres clips avec Mylène ?
Ca s’est trouvé comme ça… Mais je retravaillerais volontiers avec elle. Elle fait partie des rares personnes qui vous donnent envie d’aller au bout de vous-mêmes.

Êtes-vous toujours en contact avec elle et suivez-vous sa carrière ?
Ce n’est pas évident de suivre ça d’ici, en Amérique, d’autant que je ne suis pas très doué avec Internet. Je sais juste qu’elle a fait un doublage pour un film d’animation. Mais cette interview m’a donné envie d’aller regarder ça plus précisément et je vais demander à Anouk si elle a des nouvelles.

Vous avez aussi travaillé avec d’autres chanteurs français comme Etienne Daho, Alain Chamfort ou encore Pascal Obispo… Avez-vous apprécié ces collaborations ?
C’est toujours très agréable de travailler avec des artistes français car ils aiment participer et apportent beaucoup d’idées. J’ai tout particulièrement apprécié Alain Chamfort, un vrai gentleman qui n’aime pas ce qui est trop lisse. Alors qu’aux Etats-Unis, plus c’est lisse, plus les gens sont contents.

Peut-on dire que le clip vidéo est à l’intersection de la publicité et du cinéma, deux genres que vous maîtrisez parfaitement ?
Tourner des clips est ce que j’aime le plus faire. C’est mon premier amour et j’y reviens toujours. Je continue à tourner des pubs parce que j’adore ça aussi et que ce milieu n’arrête pas de se réinventer. Quant au cinéma, je ne suis pas spécialement pressé de m’y remettre. Un long-métrage vous éloigne de votre famille durant plusieurs mois. Avant de tourner « Patrhfinder », mon fils savait à peine parler. Quand j’ai eu terminé, il savait quasiment déjà lire. Je ne veux pas passer à côté des choses importantes.

18c8519-224x300Mylène va certainement tourner un film fantastique tiré du livre de Nathalie Rheims, « L’ombre des autres » (ndlr : le projet est actuellement en stand-bye). L’imaginez-vous volontiers dans ce genre de films ?
Ce que j’aimerais faire, et dans lequel je verrais parfaitement Mylène, c’est un énorme opéra-rock comme il y en avait dans les années 70. J’adore le travail de Baz Luhrmann qui explore un peu cette voie. Dans le même genre, il y a aussi ce projet sur la vie de Freddy Mercury, à partir des chansons les plus autobiographiques de Queen. Mylène joue, chante, sait installer une tension tension dramatique. Elle devrait vraiment écrire un concept-album où toutes les chansons seraient les chapitres d’une histoire, et en faire un opéra-rock. Son univers s’y prêterait tellement bien ! 

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Les risques de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 14 avril 2012

A cause d’une critique sur Mylène Farmer, un journaliste est menacé de mort

Jean René Gaudin-Bridet, journaliste à Télé Star, a publié il y a quelques jours une critique plutôt négative sur Point de suture le dernier album de Mylène Farmer.
Il y parlait de « retour manqué ».

Des fans de la chanteuse n’ont pas apprécié et du coup, ont commencé à poster des commentaires assez violents concernant le journaliste, qui a même reçu des menaces de mort.

Les risques de Mylène Farmer dans Mylène et des CRITIQUES MF2000_99aTélé Star a décidé de porter plainte. Catherine Rambert, la directrice de la rédaction s’explique dans le magazine paru ce lundi: « Nous acceptons les critiques, mais pas les insultes et les menaces et Télé Star a déposé plainte et mis en demeure les sites qui ont publié des propos injurieux contre notre journaliste et contre notre magazine de les retirer. »

Contacté par Le Post, Jean René Gaudin-Bridet,
le journaliste menacé, ne souhaite pas s’exprimer.

Joint par Le Post, le fondateur d’un site de fans de Mylène Farmer qui souhaite rester anonyme, estime quant à lui que cette affaire « donne une image détestable des fans. »

Comment réagissent les fans de Mylène Farmer?
« Si le journaliste a reçu des injures et menaces, les fans trouvent cela inacceptable. Ça donne une image détestable des fans de Mylène alors qu’il y a finalement très peu de fans extrêmes. Cette histoire est pathétique. »

Pourquoi dites-vous « s’il y a eu des menaces »?
« Parce que nous avons fait un travail de modération très important sur Jean-René Gaudin-Bridet et je pense que les autres sites aussi. Nous avons supprimé des commentaires et banni des internautes. Apparemment ce sont des menaces qui viennent de sites de fans, mais pour l’instant aucun site n’a été contacté par Télé Star. »

Parmi les commentaires des fans, beaucoup affirment que Jean René Gaudin-Bridet est un ancien fan de Mylène Farmer?
« Ce qui est vrai. Il a créé un site, Mylène Farmer International Fan-Club, qu’il a arrêté brutalement en 2001. Selon ses dires, c’est parce que Mylène ne faisait rien pour les sites de ses fans. Mais je pense qu’il s’attendait à devenir un site officiel, ce qui n’a pas été le cas. »

Ce n’est pas parce que c’est un ancien fan qu’il ne sait pas faire la part des choses?
« Effectivement, mais le souci c’est que depuis qu’il est devenu journaliste il ne fait que des critiques très négatives sur Mylène. En outre, ce que nous trouvons vraiment pas correct, c’est que Télé Star ne précise pas qui est Jean René Gaudin-Bridet car ce n’est pas un journaliste lambda, c’est un ancien fan de Mylène. D’ailleurs nous allons demander un droit de réponse pour les fans dans le Télé Star de la semaine prochaine. »

Parution Le PostArchive du 02/09/2008

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QI – Clip 2005

Posté par francesca7 le 9 septembre 2011

Réalisé par : Benoît Lestang
Diffusé le : Juillet 2005
Durée : 4’00 

 

VIDEO CLIPImage de prévisualisation YouTube 

 

Le clip Q.I est diffusé pour la première fois en télévision en juin 2005 (à 06h sur MCM puis à 07h en « clip des clips » sur M6 pour les amateurs de détails).

Etonnant:
Aucune censure pour le clip qui sera diffusé en intégralité en journée.
Mais, pour la publicité de l’album diffusée en juillet 2005 et comportant des images du clip, notamment celles sur lesquelles on voit les mains de Mylène pénétrer le dos de son partenaire, le Bureau de Vérification des Publicités a demandé à Universal Music d’effectuer un nouveau montage ne comportant pas ces images. Chose faite mais en réponse à cette censure, Universal Music a proposé la version censurée de la publicité en page d’accueil de son site internet.

en conséquence, QI a été souvent considéré comme un « malicieusement érotique » chanson. L’auteur, François Erwan Chuberre a déclaré ; « les paroles sont délicieusement pervers et la mélodie est entraînante comme une séance de gym tonique menée par Véronique et Davina » 

 

 

HISTOIRE de Q.I : 

 

QI - Clip 2005 dans Les Clips de Mylène 6383221_qDans le sombre d’une grande ville sous la pluie, un écran géant disposé sur un immeuble peine à afficher une Mylène sexy à souhait. Un homme marche dans son appartement. Ses fenêtres donnent directement sur cet écran. L’homme le regarde, le touche à travers la vitre humidifiée.

On retrouve une deuxième Mylène dans le même appartement, assise sur un fauteuil en cuir. Bas résille et talons aiguille, elle regarde son homme qui s’avère être un danseur de flamenco (Rafael Amargo). Il s’approche d’elle et lit un livre à ses pieds. Celle-ci, du bout de ses talons, commence à lui retirer sa chemise. Il se laisse faire, semble apprécier. L’homme se retrouver torse nu.

Les deux tourtereaux, derrière une vitre bleue opaque entament une chorégraphie dont on ne voit que les ombres. Ces images entrecoupent le clip jusqu’à sa fin.

Dans la bibliothèque, ils s’enlacent, s’embrassent, jouent de façon sensuelle. Assis l’un en face de l’autre sur un lit, les deux amoureux continuent leurs embrassades. Mylène passe les mains dans le dos de son mari torse-nu et les glisse sous sa peau. L’homme semble apprécier.

Les images s’accélèrent et s’entrecoupent de danse du mari, de l’écran géant, des ombres à travers les vitres bleues… CQFD.

Bref, un clip très esthétique où Mylène est sexy à souhait. Toutefois, pas de réel scénario et des fans déçus qui s’attendaient à un clip ultra sexy. Les rumeurs parlaient d’une censure du clip… 


A noter que le réalisateur, Benoît Lestang avait déjà travaillé avec Mylène dans la passé : c’est lui qui avait assuré les maquillages de « Giorgino ». Il a également crée la mythique marionnette de Mylène pour le clip « Sans contrefaçon« . 

 


mylene-farmer_clip_qi_003min dans Les Clips de MylèneAs a result, « QI » was often seen as a « mischievously erotic » song. 
French author Erwan Chuberre stated: « Lyrics are delightfully perverse and the melody is as catchy as a tonic gym workout conducted by Véronique and Davina. » 

Le réalisateur Benoît Lestang : son travail

Né le 14 Décembre 1964, Benoît Lestang a travaillé dans les années 80 pour le magazine spécialisé dans le cinéma fantastique Starfix.

Il est devenu l’un des maquilleurs les plus réputés du cinéma français. Il a travaillé sur de nombreux films dont « La cité des enfants perdus » (1995), « Le Hussard sur le toit » (1995), « Le Pacte des loups » (2001), « Arsène Lupin » (2003), « Le scaphandre et le papillon » (2007)… 

 

Il a écrit en 2002 le scénario du film d’horreur « Brocéliande » avec le réalisateur Doug Headline.

En 2005, il signe le scénario, la réalisation et le production d’un court-métrage intitulé « Protocole 33″.

D’une durée de 8’50, ce court-métrage à l’atmosphère mystérieuse et oppressante décrit la destinée d’un homme au bord du gouffre, qui, enfermé dans une cave, prendra un cachet qui le plongera dans des hallucinations étranges. « Protocole 33″ a été présenté en compétition dans la catégorie courts-métrages lors de la 13ème édition du Festival du Film Fantastique de Gérardmer en 2006. 

On retrouve dans ce court-métrage des effets visuels identiques à ceux utilisés dans le clip Q.I. lorsque Mylène enlace son partenaire jusqu’à faire pénétrer ses mains sous son épiderme.

Q.I. reste le seul clip réalisé par Benoît Lestang pour Mylène.

Benoît Lestang est le créateur de la marionnette du clip Sans Contrefaçon en 1987.

Il a travaillé sur les maquillages- effets spéciaux de Giorgino en 1993.

Enfin, il est resté fidèle à Laurent Boutonnat en collaborant à nouveau avec lui en tant que maquilleur sur Jacquou le Croquant sorti en Janvier 2007. Il met fin à ses jours en 2008

Rafael Amargo, de son vrai nom Jesus Rafael Garcia Hernandez est né en 1975 à Pinos Puento ville  d’Andalousie proche de Grenade.

Rafael Amargo, très connu en Espagne, est un danseur et chorégraphe spécialisé dans le flamenco. « Ses chorégraphies reflètent une conception à la fois traditionnelle et actuelle, parfois très proche de la danse contemporaine, elles ne perdent jamais le point de référence de l’essence du flamenco ».

En 1997, il a crée sa compagnie de danse, le compañia Rafael Amargo dont il fêtera les dix années d’existence avec un spectacle présenté à Barcelone en Août 2007.

Il a participé en tant que professeur de flamenco à l’émission « Operacion Triunfo » (l’équivalent de la Star Ac) en Espagne et a joué son propre rôle dans des épisodes de la deuxième saison de la série Un, Dos,Tres


Analyse et Réactions

173903633_smallQ.I. est l’un des clips de Mylène ayant suscité le plus de critiques négatives chez les fans. Beaucoup auront été déçus par l’extrême simplicité du scénario, le montage parfois approximatif créant un clip « lyophilisé, consommable, anodin ». Au final, sa durée brève et l’orientation « moderniste » de son esthétisme lui permettront de se fondre sans problème dans la masse des clips diffusés sur les chaînes musicales.

Le clip Q.I est le reflet de la fusion à l’extrême du corps et de l’esprit jusqu’à ce que deux êtres ne fassent plus qu’un. 

 

Bien que le sens du clip paraisse limpide, certains y verront un message tout autre. Mylène représenterait la mante religieuse qui « après la parade nuptiale et son accouplement, tue et dévore son amant ». Les mains s’enfonçant dans le dos du danseur en seraient le symbole et ce clip pourrait alors s’inscrire dans la continuité du single précédent « Fuck them all » aux accents très féministes. En outre, une telle interprétation permettrait de se référer à l’interview accordée par Mylène à l’émission « Sexy Folies » diffusée le 17 Décembre 1986 sur Antenne 2 et durant laquelle elle confiait: « Si j’avais à choisir ma vie (…) avoir trois, quatre hommes dans ma vie. Si j’avais une métaphore à faire, je prendrais volontiers la mante religieuse, c’est à dire que, si j’en avais le pouvoir, parce que bon je suis pas encore tombée dans la folie totale, mais je crois que couperais la tête volontiers. (Les hommes), Je les aime pas, c’est tout! » 

Interprétation au final très discutable tant la Mylène épanouie et souriante du clip Q.I. semble éloignée de la femme tourmentée de 1986.

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