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POUR MYLENE L’IMPORTANT C’EST D’AIMER

Posté par francesca7 le 4 juillet 2015

 

PARIS MATCH : 2 DÉCEMBRE 2010 – NATHALIE RHEIMS

 

mylene-farmer-giorgino_18-imgPour sa seule interview à la presse à l’occasion de la sortie de l’album « Bleu Noir », Mylène Farmer fait pour la première fois de sa carrière la une de Paris Match pour cette interview menée par son amie intime, l’auteur Nathalie Rheims. L’entretien est illustré d’une séance photo inédite réalisée à Londres quelques semaines plus tôt par Nathalie Delépine.

Tu n’as jamais été aussi belle et épanouie. As-tu des secrets de beauté ?

-La seule chose importante est d’aimer et d’être aimée. C’est bien la seule certitude que j’ai aujourd’hui. Et la beauté dépend du regard que l’on porte sur les gens : quand ce regard est celui de l’être aimé, ou tout simplement celui de la bienveillance, il agit comme un baume enchanteur. La chance qui m’est donnée de vivre en harmonie avec ce que je fais est alors mon secret de beauté, c’est un lien fragile que je m’efforce à la fois de remettre en cause et de protéger.

Qu’es-tu capable de faire aujourd’hui et que tu n’aurais pas pu faire hier ?

-Affronter des regards quand j’entre dans un lieu public sans vouloir fuir l’endroit dans la fraction de seconde ! Souffrir d’un manque de confiance en soi, d’une timidité qui vous fait passer parfois pour quelqu’un de distant, de froid, n’est pas un atout majeur pour faire un métier public. Pourtant, depuis longtemps déjà, je n’ai eu d’autre choix que de dépasser mes peurs, les surmonter, n’en être pas –ou plus- l’otage. Quand j’y pense, c’est d’une violence inouïe de dépasser ce handicap ! Seules les personnes qui sont de vraies timides peuvent comprendre ce par quoi l’on passe pour y parvenir.

« Bleu Noir » est le premier album que tu fais sans Laurent Boutonnat. Pourquoi t’es-tu éloignée de lui ?

-Je ne me suis en aucun cas éloignée de lui ! Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque : vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité. Nous nous retrouverons pour le prochain album !

As-tu conscience que cet album est plus sombre que les précédents ?

-Non, pas vraiment. Cet album –comme son titre, « Bleu Noir » l’indique- passe de la lumière au sombre puis à l’obscurité. Ou l’inverse, je ne sais plus !

On te dit solitaire, voire recluse. Travailler avec une nouvelle équipe fût-il un travail compliqué ?

-Je m’adapte à de nouvelles manières de travailler si tant est que l’on respecte ma ‘bulle’, mes silences autant que je respecte moi-même l’autre. Je suis quelqu’un de solitaire, mais j’ai aussi un grand besoin de l’autre et je réfute le terme ‘recluse’ ! Quand j’étouffe, je prends un train, un avion et vais voir d’autres cieux. C’est une liberté, une chance inestimable de pouvoir voyager quand j’en ressens le désir ou la nécessité. Face à un paysage de neige, je suis émue : j’ai grandi au Canada, je suis certaine que cette attirance pour les paysages immaculés vient de là-bas. Le grand froid a un parfum très particulier, un son qui lui est propre. J’ai retrouvé cette même émotion quand je suis allée en Russie découvrir Saint-Pétersbourg en plein hiver : au bord de la Neva, ses canaux gelés, on guette Catherine II de Russie…

D’autres endroits que tu aimes ?

-La Corse est mon refuge. Le jour venu, la tentation pourrait être la Toscane : m’apaiser devant des collines d’oliviers et de vignes…

Tes biographes écrivent les mêmes clichés sur toi. Qu’as-tu à cacher ?

-Je n’ai pas de biographe, c’est pourquoi ce sont sans doute les mêmes clichés.

Dans ce qui a été écrit à propos de toi, qu’est-ce qui t’a fait le plus sourire ?

-J’ai entendu parler de bain de jus de tomate, qui m’aurait conduite à une ‘phobie attractive’ du sang (Mylène fait référence à une anecdote relatée par Bernard Violet dans sa biographie publiée en 2004 à partir de laquelle il tire effectivement cette conclusion, nda) et de lit-cercueil (à ce jour, jamais une biographie ou un article n’a pourtant prétendu cela, nda). Je crois que tous les fantasmes me font rire quand il ne s’agit pas de mes proches ou de ma vie privée. Pourtant, quand on me rapporte les médisances d’un animateur de jeu télévisé quant à mon prétendu play-back sur scène(Mylène évoque sans le nommer Nagui qui, en effet, prend régulièrement pour cible depuis quelques années dans ses émissions la chanteuse, soit en se moquant de sa voix, soit en prétendant qu’elle ne chante pas en direct lors de ses concerts, nda), je finis par me demander si je ne préfère pas l’histoire tout aussi fausse du jus de tomate. C’est impressionnant de voir à quel point certaines personnes se sentent grandies en dénigrant, en tentant de blesser… Il s’agit bien souvent de personnes qui rêveraient d’une vie meilleure. Encore faut-il en être à la hauteur. Je crois à la vertu de la décence. La critique est nécessaire ; la grossièreté, inutile.

Es-tu obsédée par l’idée de laisser une trace de toi après ta mort ?

-Obsédée, non. Le moment présent m’importe. Laisser une trace…dans le cœur de quelques personnes, j’espère que oui.

Qu’aimerais-tu que l’on dise de toi ?

-« C’était une grande astronaute ». (sic !)

Quel regard portes-tu sur la variété française ? Y a-t-il des artistes qui t’intéressent ?

-J’ai découvert Stromae, ce jeune artiste vraiment original. J’aime beaucoup son titre « Alors on danse », sa silhouette, son phrasé et son timbre de voix si particuliers. Il dit des choses graves sur un ton léger.

Pourquoi as-tu enregistré un duo avec Line Renaud ? (« C’est pas l’Heure », paru sur l’album « Rue Washington » de Line Renaud sorti un mois tout juste avant la publication de cet entretien, nda)

-Je l’ai rencontrée lors d’un dîner et, comme chacun semble le dire, quand on croise le regard bleu de Line… une magie s’opère ! C’est une femme belle, décalée et charmeuse. Je suis instinctive, le désir l’emporte dans ces moments-là. Son énergie vitale est impressionnante. Mais c’est aussi quelqu’un qui doute : c’est imperceptible, mais touchant.

Tu navigues continuellement entre Eros et Thanatos. L’amour et la mort sont-ils tes deux seules sources d’inspiration ?

-Il y a aussi la solitude, l’isolement. J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !

La politique t’intéresse-t-elle ? As-tu de l’estime pour ceux qui nous gouvernent ?

-J’ai de l’estime pour le courage de tous ceux qui acceptent cette lourde responsabilité sans abuser de leur pouvoir.

Quelle est ton image idéale du couple ?

-Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre : l’intelligence complice.

Comment t’imagines-tu dans dix ans ?

-Ailleurs…

Ta dernière tournée a été un triomphe. Envisages-tu de remonter sur scène ?

-Oui… au moins une dernière fois !

Pourrais-tu un jour renoncer à la chanson ? A la scène ?

-Comment renoncer à ce et ceux qu’on aime ? Mais je vais devoir apprendre…

Lors de tes concerts, tu attaches une importance particulière aux créateurs de mode : recherches-tu de nouveaux talents, de nouvelles marques, de nouvelles inspirations ?

-34427851Quand il s’agit de préparer un spectacle, oui. Ce choix est toujours délicat. Il ne suffit pas de faire du ‘couture’, ce n’est pas un défilé de mode. Le créateur doit être aussi capable de transposer les costumes pour une scène, qui devront s’intégrer aussi à un décor, à des lumières, à un univers afin de rendre le tout homogène. Il faut rencontrer alors des stylistes inspirés et qui acceptent de se fondre dans l’univers de l’artiste afin que celui-ci ne disparaisse pas derrière le costume, justement, mais se sente comme dans un écrin. Je ne suis pas certaine que tous les créateurs de mode en soient capables : il faut beaucoup d’humilité.

Ton livre de chevet ?

-Tous les livres de Stefan Zweig, le dernier lu étant « La Guérison par l’Esprit », une réflexion sur les pouvoirs de l’esprit et le besoin vital de croire. C’est passionnant.

Ton film culte ?

-Choix difficile, il y en a plus d’un… Mais je vais choisir « L’Important c’est d’Aimer » d’Andrzej Zulawski : c’est sans doute un des films qui m’ont le plus troublée. Romy Schneider y est magnifique, sans fard, fragile, tragique.

Ton personnage préféré de l’Histoire ?

-Padre Pio, un moine capucin qui a eu une vie extraordinaire. Il me fascine ! Il a été canonisé en 2002, je crois (le 16 juin 2002 par le pape Jean-Paul II, nda). Durant sa vie, il a reçu les stigmates de la Passion du Christ, a dû affronter le Diable… Ca me renvoie a quelque chose de profond chez moi : l’inexplicable, qui me bouleverse.

Une émission de télé que tu ne rates pas ?

-« Un Jour, un Destin », parce que j’aime les histoires vraies, les biographies, les destins hors du commun. J’aime connaitre l’histoire des gens, tout simplement. Je trouve que tout y est remarquablement traité à travers des reconstitutions de vies qui évitent le piège facile du ‘jugement’. Le fond comme la forme sont vraiment réussis et les sujets souvent passionnants, émouvants. J’aime aussi l’habillage de ces documentaires. Et puis rien n’est laissé au hasard : cette finesse est rare dans le paysage audiovisuel. Et je regarde très souvent « Faites Entrer l’Accusé ». Les faits divers m’ont toujours fascinée. C’est peut-être une forme de voyeurisme, même si je ne le ressens pas comme ça : je suis saisie par l’horreur que m’inspirent ces criminels, mais aussi submergée par l’évidente compassion que j’ai pour les victimes et leurs proches. Qui peut un jour penser finir son destin si tragiquement ? L’horreur et la perversité sans limite de certains –parfois même sans remords- glacent le sang. Si cette émission m’intéresse, c’est parce que j’ai besoin de comprendre ‘l’inhumain’.

La femme que tu pourrais prendre comme modèle ?

-Une comtesse âgée et discrète qui vit non loin de chez moi et recueille tous les chats errants. J’ai moi-même adopté il y a quelques années une chatte qui a élu domicile chez moi pour finir sa vie.

 

Ton idéal masculin ?

-Jean Rochefort. Un acteur unique, un homme d’une classe folle, un charme renversant. Je suis sensible à sa grande délicatesse : c’est un être totalement décalé, si émouvant, aussi. Bref… magnifique !

L’œuvre d’art que tu pourrais voler dans un musée ?

-Une œuvre de Giacometti !

Le disque que tu emporterais sur une île déserte ?

-Mais il n’est pas question que j’aille sur une île déserte !

La soirée de tes rêves ?

-En Corse, en Sicile ou en Irlande. Un feu de cheminée, l’hiver, la neige qui tombe -bien qu’il n’y ait pas beaucoup de neige en Corse et en Sicile ! Le vent souffle dehors, un verre de côte-rôtie et s’enivrer doucement en écoutant la musique du film « Mission » par Ennio Morricone. Le reste est top secret !

Une épitaphe ?

-Quel souci ! Ici gît ‘Je’.

Publié dans Mylène 2009 - 2010, Mylène en INTERVIEW, Mylène et ses longs discours | Pas de Commentaires »

Mylène Farmer par Bernard Violet

Posté par francesca7 le 6 novembre 2014

4476667ebedd5a1d9d03843f7d3b8c97485aa00cc1b7bMylène Farmer intrigue, fascine et intéresse les français depuis très longtemps déjà, elle fait partie de notre mémoire collective. Succès commercial et artistique sans précédent, elle a construit disque après disque un empire formidablement bien géré et maîtrisé. Une image provocante et mystérieuse à la fois.
Des milliers d’articles ont été fait sur elle et ses activités, mais personne n’avait véritablement mené une enquête sérieuse et riche sur le Phénomène Farmer.


C’est chose faite avec la pertinence et l’acharnement du biographe le plus incorruptible du PLF (paysage littéraire français), j’ai nommé Bernard VIOLET.


Questions/réponses sur le livre dont tout le monde parle, et que l’on vous conseille, violement, au Mague.

Bonjour Bernard Violet, vous êtes, malheureusement,  » l’homme à abattre  » du moment à cause de votre biographie non autorisée, comme on dit, de Mylène Farmer. Est-ce que vous avez travaillé sur la matière  » Farmer  » de la même manière, avec la même méthode, que vos précédents livres sur l’Abbé Pierre, Alain Delon, Hallyday ou la famille de Monaco ?

BV : J’ai peut être été « l’homme à abattre » comme vous dites depuis que des rumeurs ont commencé à circuler un peu partout, sur le web notamment, il y a un an de cela. Question : qui avait intérêt à propager des infos infondées sans prendre le temps de me solliciter ? Des distorsions curieuses en tout cas avec la réalité de mon travail qui respecte toujours la même méthode : amasser une documentation solide que j’informatise, établir une chronologie la plus précise possible, déterminer les pistes à suivre, se déplacer sur le terrain afin de recueillir un maximum de témoignages, puis se mettre à l’écriture. Voilà pour les différentes phases techniques qui représentent deux à trois ans de travail réalisé là encore toujours dans le même état d’esprit : chercher à comprendre les ressorts d’une réussite exceptionnelle et d’un destin extraordinaire. Sans a priori ni préjugés, sans tabous ni complexes.

David Lelait un spécialiste des people me disait dans une précédente e-terview qu’il ne croyait pas aux  » soi-disant  » mystères de Mylène Farmer et que, de ce fait, il restait insensible à son personnage. Etes-vous du même avis ?

BV : Effectivement, je pense qu’il n’y a pas de « mystère Farmer », mais un personnage complexe, fascinant et respectable. Ce cliché « mystère Farmer » est né de la conjugaison de deux paramètres : la personnalité de la chanteuse – authentique timide – et la volonté délibérée de son entourage de créer un « mythe » à la Garbo en jouant sur le silence et l’attente. L’alchimie a d’autant mieux fonctionné que c’était l’ambition profonde de Farmer : vouloir un destin hors du commun, façonné à sa manière, comme si elle était le metteur en scène de sa propre vie. Cela étant, l’accomplissement de ses rêves d’enfant a nécessité un travail phénoménal et une opiniâtreté qui inspirent le respect.

En fait, il y a véritable paradoxe Farmer, car Mylène qui est la chanteuse qui vend le plus de disques en France et qui jouit d’une somme considérable d’articles de presse et qui n’avait jamais eu droit à un véritable travail d’enquête sur elle, avant vous ? Les journalistes français sont-ils moins courageux que vous ?

BV : Au vu de mon expérience personnelle, puis à travers les contacts fréquents et multiples entretenus avec les journalistes, je dois dire que mon jugement est assez sévère sur la profession. En effet, si de nombreux journalistes manquent de courage – peur pour leur carrière ou crainte de se fâcher avec les puissants -, la plupart d’entre eux sont avant tout de gros paresseux qui se contentent de piller leurs confrères, accumulant ainsi les contre-vérités et autres approximations. Je n’ose pas évoquer une minorité qui, elle, se laisse tout simplement acheter : billets de faveur pour des spectacles, séjours dans palaces, dîners dans restaurants de renom, voyages, etc …

Dans la réussite de Farmer, Laurent Boutonnat n’est-il pas aussi important sinon plus que sa création elle-même ?

BV : Boutonnat est un authentique créateur et j’ose même dire un cinéaste de génie. Ses courts-métrages – de véritables chefs-d’œuvres – ont révolutionné le clip en France. « Giorgino » ne méritait ni le désintérêt ni le mépris qu’il a suscité. Je pense que ses relations avec Farmer sont totalement fusionnelles, artistiquement parlant. Ces deux surdoués de la variété française se sont inspirés réciproquement tout en transcendant leurs inspirations.

Comment expliquez-vous le succès commercial immense de Mylène Farmer ? Est-il mérité ou disproportionné selon vous ?

BV : Le marketing n’explique pas tout. On ne vend pas impunément plus de dix millions d’albums. Son talent conjugué à celui de Boutonnat et à celui du manager Bertrand Le Page – au rôle primordial et trop souvent sous-estimé – a permis de bouleverser un univers musical français peu coutumier des terrains minés comme ceux du désespoir, de la folie, du silence et de la solitude. Des thèmes en phase avec la sensibilité d’un public jeune qui s’est reconnu à travers les créations du duo Farmer-Boutonnat. Ce même public avec lequel il n’a pas joué la facilité : souvenez-vous des textes de Baudelaire et de Poe ; ceux de Stephen King et d’Henry James ; les tableaux de Jérôme Bosch, Egon Schiele ou Géricault, etc. Comme me l’a confié l’écrivain Gonzague Saint-Bris, ce genre d’hommage subtil à la littérature et à la peinture est plutôt rare chez les chanteurs de variété peu enclins à s’enrichir d’ambition poétique… .

Vous expliquez dans votre livre que la clef de voûte du personnage de Mylène Farmer se trouve dans des traumatismes liés à l’enfance et qui ont conditionné un univers fantasmatique très particulier.

BV : J’ai repris à moi la magnifique formule de François Mauriac pour lequel « l’enfance est le tout d’une vie, puisqu’elle en donne la clé ». Et je l’ai constaté à travers toutes mes biographies : tout se joue dans les dix premières années de la vie. Toutes les peurs, tous les rêves, tous les fantasmes de mes héros et héroïnes ont eu systèmatiquement un rôle dans leur existence et dans leurs créations. Des influences sur leur imaginaire que j’essaie de décrypter à travers plusieurs grilles de lecture : historique, sociologique et psychanalytique. Dans ce sens, je pense que la fameuse anecdote du putois et du bain de jus de tomate a effectivement créé un traumatisme chez la petite fille qu’était alors Mylène. Sentiment appuyé par l’analyse d’un psychothérapeute pour lequel cette journée mémorable reste probablement l’un des pivots de l’existence de Farmer et dont on retrouvera les correspondances dans certains de ses clips : « Je te rends ton amour » et » Beyond My Control ». Pour être complet, je peux vous dire que c’est la chanteuse elle-même qui m’a mis sur la piste de ce moment crucial de son enfance. En effet, à plusieurs reprises, au début de sa carrière, parmi ses rares souvenirs de son séjour québecois, elle a évoqué cette journée au cours de laquelle elle avait décidé de s’échapper de son école, de rentrer à la maison à pied, mais qu’elle s’était perdue dans les bois (là aussi scène récurrente dans les clips de Farmer) et qu’elle avait été finalement ramenée chez elle grâce à l’intervention de la police. Cette anecdote m’a longtemps taraudé : pour quelles raisons une petite fille de 5 ans décide-t-elle d’échapper à la vigilance des adultes ? En interrogeant au Québec sa première institutrice et ses amies d’enfance de l’époque, j’ai pu reconstituer le puzzle.

Est-ce que les média ont véritablement compris votre démarche intellectuelle et littéraire autour de Mylène Farmer. A partir du moment où vous touchez à l’intimité de la  » star « , on vous reproche de fouiller dans les poubelles et cela bloque le débat. Pourtant Mylène vit en bon personnage public de la  » Femme énigmatique  » que Laurent Boutonnat et elle ont inventé. En France, contrairement aux pays anglo-saxons on n’aime pas cela.

BV : En dehors de quelques animateurs de télévision incultes et tarés, les journalistes, dans leur grande majorité, adhèrent à ma démarche. La presse dite « sérieuse » – le Figaro, France Inter, Europe 1, RTL, etc – m’a réservé des critiques favorables. Comme je l’ai déjà déclaré, je n’ai aucunement touché à la sphère de l’intimité de Mylène Farmer. Pour la simple et bonne raison que celle-ci ne l’expose pas et que la loi est très contraignante sur ce sujet. Si j’évoque longuement son enfance, c’est parce que de nombreuses situations viennent expliquer l’arrière-plan de ses futures créations. Par ailleurs, si je refuse de me limiter à la mythologie entrenue par certains, c’est pour lui apporter une part d’humanité qui rend le personnage encore plus attachant.

Qu’est-ce qui vous a touché chez la mère de Mylène ? Comment vit-elle le succès de sa fille ?

BV : Marguerite Gautier m’a reçu très aimablement. En toute liberté et un tantinet tiraillée. Elle m’a beaucoup parlé, parce qu’il avait beaucoup d’erreurs selon elle dans les bios consacrées jusqu’à ce jour à sa célèbre fille, et en même temps elle s’interrogeait sur les réactions de sa cadette, au caractère parfois peu accommodant. Cela étant, elle m’a assuré être très fière de sa réussite en m’affirmant que Mylène s’était faite toute seule. Un sentiment que je ne partage pas. Je pense que le milieu familial a joué un rôle important dans le destin de l’interprète de « Maman a tort ». Notamment à travers l’influence de sa grand-mère paternelle qui fut une pianiste talentueuse.

Est-ce que vos investigations sur les grands people français vous ont valu des menaces explicites qui ont eu des conséquences sur votre sécurité ou sur votre vie, privée ou sociale ?

BV : D’anciens membres de la fine fleur de la pègre française ont effectivement tenté de m’intimider lorsque je travaillais sur le « Delon ». Mais je pense qu’il s’agissait d’initiatives personnelles prises à l’insu de l’interprète du « Samouraï ». La plupart du temps, mes « héros » qui voient mes travaux d’un mauvais œil préfèrent entamer des procédures judiciaires, des référés notamment. Mais ceux-ci n’aboutissent quasiment jamais puisque je m’efforce de travailler dans le cadre de la loi, au nom de la liberté d’expression. Une autre stratégie est de tenter de me salir ou de me discréditer. Ce fut ainsi le cas récemment sur certains forums farmériens. Dans ce genre de situations je ne transige pas : les auteurs de calomnies, de diffamations, ou de propos attentatoires à l’honneur professionnel sont traînés devant les tribunaux.

On ne peut parler de Mylène Farmer sans ses clips qui ont défrayé la critique. Hors les clips sont des objets virtuels symboliques. Est-ce que Farmer c’est avant tout une bonne gestion de l’image ?

BV : Plusieurs clips ont effectivement été censurés ou diffusés à des heures indûes à la télévision. Là encore, grâce à ce maître de la caméra qu’est Boutonnat, Farmer a appris le sens et la force des images. Ses story-board sont là pour le prouver. En même temps, il est vrai qu’elle est née avec la télévision, son véritable tableau noir.

Le système Boutonnat/Farmer est riche et puissant. Le business de ce couple n’est-il pas davantage devenu financier qu’artiste en définitive ?

BV : Les deux sont intimement liés. Mais être riche n’est ni illégal ni une tare. Sans oublier que Boutonnat et Farmer investissent beaucoup dans leurs créations, leurs spectacles notamment qui coûtent très chers. Ils ne font pas de l’argent pour l’argent, mais pour rester libres de créer comme ils l’entendent.

Que peut cacher la non coopération du clan Farmer à votre travail, qu’a-t-elle donc à cacher ?

BV : C’est une réaction naturelle chez les stars. Elles ont peur de voir écorner leur légende ou leur image qu’elles ont eu tant de mal à imposer. Certaines ont peut être peur de voir révéler des secrets « inavouables ». En même, je pense qu’elles ont tort de ne pas coopérer, car elles sont en général toujours gagnantes puisque je leur apporte une part d’humanité souvent plus passionnante que leur image surmédiatisée. Johnny Hallyday et l’abbé Pierre ont ainsi accepté de collaborer à mon travail. A leur plus grande satisfaction.

Que pensez-vous du fanatisme autour de Mylène, que d’ailleurs elle gère elle-même de manière très audacieuse et pécunière ?

BV : Certains fans sont des excités, c’est vrai, mais pas forcément représentatifs de l’ensemble des farmériens. La plupart de ceux avec lesquels j’ai été en contact se sont toujours montré courtois et curieux. Beaucoup de choses ont été écrites sur le merchandising généré par la chanteuse et sa maison de disques. Je l’évoque également longuement dans ma bio. Personnellement, je ne le trouve pas autrement choquant. D’abord parce que ce sont en général des objets d’une grande beauté ; ensuite parce qu’il y a des plaisirs qui n’ont pas de prix.

Mylène Farmer est-elle aussi fascinante et complexe qu’un Delon par exemple ou l’on est pas du tout dans la même catégorie ?

téléchargement (2)BV : Lorsque je suis contrarié, je dis qu’elle est une Delon en jupon. Et je pense alors à leur façon de tout vouloir régenter. Delon fut un acteur de génie lorsqu’il acceptait de se laisser diriger par des metteurs en scène de génie – Visconti, Clément, Melville – mais a vu sa carrière décliner lorsqu’il a voulu tout faire : l’acteur, le réalisateur, le producteur, etc. Un artiste ne peut pas être bon dans tous ces rôles qui demandent compétences et savoir-faire. Par ailleurs, je pense que leur désir profond d’être considérés comme des stars peut constituer un piège. Gérard Depardieu l’a dit de façon très sincère et peut être très justement lorsqu’il déclarait : « Je ne peux pas, je ne veux pas être une star. On est star parce qu’on le veut, parce qu’on se fabrique, se fige, se tue, s’immole en star. Être star, c’est une passion. Le rôle n’est plus l’écran, mais dans la vie. Moi, je veux pouvoir être dans mes rôles. Acteur. »

Et si Mylène acceptait de collaborer avec vous, referiez-vous un second livre sur elle ?

BV : Bien évidemment. Auparavant, je lui proposerais de rencontrer l’abbé Pierre. Pour lui faire plaisir. En effet, après la diffusion en 1992 d’un reportage d’ « Envoyé spécial » consacré au religieux séjournant alors dans le désert saharien, Farmer avait exprimé le désir de faire sa connaissance. Pour quelles raisons ? Peut-être parce qu’elle pense au fond d’elle-même, comme ce saint homme, qu’ « il ne suffit pas de croire » mais qu’ « il faut aussi devenir croyable »…

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CONFÉRENCE DE PRESSE POUR MYLENE

Posté par francesca7 le 9 octobre 2014

 

16 DÉCEMBRE 2004

2004-01-aSi Mylène Farmer a déjà fait des rencontres avec la presse, c’est la première fois qu’elle se prête au jeu de la conférence de presse organisée de façon solennelle. Cette première dans sa carrière prend place au Salon France Amériques, non loin des Champs Elysées, à Paris. La chanteuse, alors totalement absente des médias depuis plus de deux ans, vient y annoncer officiellement son retour sur scène et son prochain album.

Une petite cinquantaine de journalistes est présente. Ils représentent l’ensemble des médias (presse, radio, tv) français, belges et suisses.

Dans le grand salon où se tient la rencontre, éclairé d’une multitude de bougies, prend place une imposante table rectangulaire noire très design avec deux pieds triangulaires posée sur une petite estrade et en fond, un immense triptyque au même motif que celui qui illustrera l’enveloppe promotionnelle du single « Fuck Them All » quelques mois plus tard.

Avec un quart d’heure de retard sur l’horaire annoncé (18h30), Thierry Suc, manager et producteur des spectacles de Mylène Farmer, pénètre dans la pièce et prend la parole face aux journalistes.

Thierry Suc : (…) Le 8 mars 2000, il y a bientôt cinq ans, Mylène Farmer donnait le dernier concert de sa tournée « Mylenium Tour », à Saint-Pétersbourg, en Russie, devant quinze mille spectateurs, et cette tournée, qui a fait à peu près quarante-trois villes, a réuni environ quatre cent mille personnes. Depuis, il n’y a pas eu d’autres concerts. Et je suis là pour vous annoncer qu’elle reviendra sur scène le vendredi 13 janvier 2006 pour treize concerts à Bercy uniquement. Les spectacles précédents, Mylène a toujours souhaité présenter le même spectacle à Paris et en province par respect pour son public, bien évidemment. Là, nous allons concevoir un spectacle qui sera intransportable : l’infrastructure technique ne permettra pas d’aller en province donc ce sera un spectacle unique -j’espère dans tous les sens du terme- et intransportable, comme je vous l’ai déjà dit. On a travaillé depuis quelques temps sur l’organisation de packages de facilités , on va dire, pour les gens de province qui vont venir-je crois qu’il y a pas mal de personnes de province qui sont là.

Donc de toutes les grandes villes de province, il y aura une possibilité d’avoir des tarifs préférentiels avec Air France, on a réservé pas mal de chambres d’hôtel avec des tarifs aussi négociés, et les vendredis et samedis, il y aura une possibilité accrue de disponibilité de places pour les gens de province, de Belgique et de Suisse. Il y aura également des bus qui vont être organisés par les autocaristes pour toutes les villes qui ne sont pas trop loin de Paris qui permettront aux gens de venir et de pouvoir rentrer après sans rester dormir à l’hôtel. Qu’est-ce que je peux vous dire d’autre ? Voilà… Pour vous présenter le schéma de cette production : vendredi 13 janvier 2006, treize concerts. Et je pense que maintenant, on va accueillir Mylène Farmer et Laurent Boutonnat pour parler avec de ce spectacle.

Une porte s’ouvre sur la droite de la scène. Le duo fait son entrée dans un silence étonnant. Pas un bruit, pas un applaudissement. Mylène s’installe au centre, son manager est à sa droite et Laurent à sa gauche. La chanteuse porte des cuissardes noires laissant dépasser des bas blancs, une minijupe blanche, une veste écrue avec des fleurs bleues brodées et un bustier blanc. Elle arbore son éternel chignon roux. Sourire aux lèvres, Mylène est radieuse, mais visiblement intimidée. Laurent, lui, mâchouille un chewing-gum. C’est la première fois qu’il fait face aux journalistes depuis dix ans ! Habillé en noir des pieds à la tête, il a toujours les cheveux en bataille.

Tout le monde est installé ; la première question arrive timidement. Suivant la tradition, les journalistes se lèvent, prennent le micro qui circule à travers la salle et se présentent avant de poser leur question (quelques journalistes cependant omettent de se présenter !)

Yves (« La dernière heure », quotidien belge) : On a déjà annoncé que c’était votre concert d’adieu…

Mylène Farmer : Vous m’annoncez quelque chose que j’ignore. Ce n’est pas mon concert d’adieu. Non, non, je souhaite faire ce métier le plus longtemps possible !

Michel Troadec (« Ouest France ») : Juste une question facile : c’est la symbolique des treize concerts un vendredi 13. Comment est venue l’idée ?

MF : Ecoutez, c’est vraiment un pur hasard. J’avoue qu’on s’amuse de cette idée en tout cas ! (rires) C’est un pur hasard.

TS : Vous savez – juste pour la petite histoire – c’est un vrai hasard parce que Bercy est peu disponible en fait pour les spectacles -c’est une salle de sport avant tou t- et lorsqu’on a téléphoné pour dire qu’on préparait ce spectacle, il y avait une possibilité à partir du vendredi 13 janvier, et il y avait treize soirées de disponibles. Et je peux vous dire que si vous additionnez vendredi 13 janvier, si vous faites 13 janvier 2006 (13 + 01 + 2006, nda), ça fait treize !

MT : Pour continuer, si c’est un spectacle intransportable, ça veut dire que vous avez prévu des choses un peu particulières, en tout cas des choses assez énormes. Est-ce qu’on peut en savoir déjà ?

MF : Vous savez, ça fait pour l’instant à peu près six mois qu’on travaille sur le spectacle, avec quelques idées. Vous dire que ce sera magique, je l’espère ; que ce sera émouvant, je le souhaite. Ma foi, après, il faut continuer pour nous de travailler tous les trois ! (rires) Si monsieur Boutonnat veut ajouter quelque chose…

Laurent Boutonnat : Par rapport au fait que ce soit intransportable, l’idée en fait, c’est d’utiliser toute la salle de Bercy, qui est une salle assez incroyable, de pouvoir l’utiliser complètement. C’est-à-dire de se dire que, tout d’un coup, on n’a pas besoin de restreindre la scène, etc. On peut tout faire ! Avoir plusieurs scènes, maquiller toute la salle, mettre du son partout, mettre des caissons de basse sous tous les gradins. Par exemple, au niveau du son, essayer de mettre du son de façon à ce que tous les gens, où qu’ils soient dans la salle, aient la même direction sonore, c’est-à-dire qu’il n’y ait pas de direction sonore face à une scène.

Donc on essaie plein de choses, on va essayer plein de choses pour ça. Voilà. Plus des tas d’éléments qui font que ce spectacle ne peut pas être transporté.

Daniel Beaucourt (« Télépoche ») : Je voulais vous demander : la stratégie du silence, enfin ce qu’on a qualifié de stratégie du silence, vous a plutôt réussi ces dernières années. Pourquoi vous la brisez aujourd’hui puisque la conférence de presse, c’est pas un exercice auquel vous êtes rompue, je crois, en tout cas pas en France…

MF : Non. Et je suis très intimidée ! (sourire)

DB : Pourquoi vous avez décidé de vous adresser aux médias, cette fois-ci ?

MF : Ecoutez, je l’ai fait vraiment pour une raison : c’est pour répondre à une demande de Thierry Suc qui est mon ami, mon manager et producteur de spectacles, parce que je pense que parfois il faut savoir être quelqu’un d’autre que soi-même. Ma nature profonde est le silence et, peut-être, le mystère. Je ne cultive pas le mystère, contrairement à tout ce qu’on peut dire sur moi. C’est ma nature profonde. J’ai beaucoup de mal à parler de moi-même, j’ai beaucoup de mal à me justifier. Maintenant, je pense qu’il était là important de répondre à cette demande.

Sonia (NRJ) : Est-ce que vous pouvez nous parler du contenu du spectacle ? Nouvel album, pas nouvel album ? Nouvelles chansons sur scène ?

MF : Oui, j’ai un nouvel album qui sortira, je pense, mi-mars. Nous sommes en quasi finalité de cet album, en mixage donc. Vous dire qu’il existera sur scène, certainement, dans sa majorité, et puis bien sûr d’autres chansons d’autres albums. Quant au contenu de la scène, là, j’avoue que je ne peux pas répondre précisément parce que c’est en cours d’élaboration ! (rires)

S : L’atmosphère des chansons, peut-être ?

MF : Ecoutez, l’atmosphère…En terme de production, peut-être qu’il y a un petit changement. Moi, je reste la même donc la même atmosphère…

LB : Vous savez, c’est difficile de répondre précisément sur des choses qu’on fait soi-même, d’avoir du recul dessus, sur ‘Est-ce qu’il y a des choses qui changent ?’, ‘Est-ce que c’est différent ?’. C’est toujours très difficile, ça…

Franck Besnier (« Egéries ») : Je voulais savoir s’il était envisageable d’aller au-delà de ces treize dates que vous avez d’ores et déjà prévues, ou est-ce que c’est treize dates quoiqu’il en soit ?

MF : Là, je pense que c’est plus Thierry Suc qui pourra vous répondre, mais je crois…

TS : (la coupant) Pour l’instant, c’est vraiment treize dates parce que les disponibilités de Bercy ne permettent pas de faire autrement, donc les choses peuvent évoluer encore avec le temps, mais aujourd’hui c’est treize concerts.

X : C’est un énorme travail pour treize représentations. Je voulais vous demander si ce travail de production est un travail que vous adorez, que vous attendez avec impatience, dans lequel vous prenez votre pied…

MF : Mon pied ? Probablement ! (rires) Vous savez, la production d’un spectacle… Le travail… J’aime le travail, j’aime travailler. Ça donne un sens à ma vie. Et la seule chose qui me guide, c’est l’envie d’être sur scène et partager la scène avec le public, donc quel que soit le travail, peu m’importe. Mais c’est beaucoup de travail, en effet !

X : Justement, pour seulement treize fois sur scène !

MF : C’est vrai. C’est aussi une frustration, croyez-moi ! Mais c’est mon choix, donc j’assume ce choix-là. Et puis je sais que je remonterai sur scène dans le futur donc je sais que je retrouverai et la province, et… voilà.

Antoine Menuisier (« Le matin », quotidien suisse) : Est-ce qu’il y aura un DVD du spectacle ?

MF : Oui, bien sûr. Comme pour tous mes spectaclesAM : Et ensuite, à votre avis, la province ce sera pour quand, la province ?

MF : La province ? Mais la province ne peut pas être visitée justement pour toutes ces raisons, parce que nous ne pourrons pas transporter ce spectacle en province. Mais sachez quand même que sur les trois scènes précédentes que j’ai faites, nous avons, et c’était vraiment très important pour aussi le respect du public, et avant tout pour le respect du public, que de transporter le même spectacle à Paris et en province.

Or là, c’est vrai que c’est une décision : parce qu’il n’est pas transportable, je ne peux pas voyager.

LB : Donc l’idée, c’est que les gens viennent la voir.

MF : Voilà. Très humblement, je vais demander aux gens de venir à moi !

TS : D’habiter Bercy complètement, de pouvoir faire des choses dans Bercy qu’on ne peut pas faire lorsqu’on s’installe quatre soirs, cinq soirs ou six soirs.

Virgine Carton (« La voix du Nord ») : Vous avez évoqué quelques éléments du spectacle. Est-ce qu’il y aura aussi des chorégraphies, est-ce que vous savez à peu près combien vous serez sur scène ?

2004-01-bMF : Il y aura des chorégraphies, il y aura des danseurs, il y aura bien sûr des musiciens (rires). Ma foi, combien serons-nous sur scène ? Je ne sais pas actuellement. Peut-être Thierry…

TS : Non, pour l’instant c’est vraiment la phase où les castings vont commencer, etc. C’est un tout petit peu tôt. On a commencé… Pour pouvoir mettre les spectacles en vente -ils vont être en vente à partir de demain matin- il y a un site également qui vient d’être créé qui sera opérationnel demain matin avec la possibilité pour tous les gens de province d’accéder donc à ces fameux packages dont je parlais, pour ceux qui voudront.

Pour pouvoir mettre en vente, on a dû donc avoir un dessin des scènes pour savoir un petit peu où on allait, pour savoir quel serait l’angle de vision à tel endroit ou à tel endroit puisqu’on n’a pas du tout envie d’avoir des gens qui se retrouveraient derrière la scène, contrairement parfois à d’autres spectacles. Donc, c’est la seule chose qu’on sait aujourd’hui, si on a avancé sur l’infrastructure, nous, pour pouvoir dire que les gens placés à tel endroit verront bien, ceux qui sont là, comme ils verront pas, on met pas ces places là en vente, etc.

X : Est-ce que ce sera quelque chose de jamais vu ?

TS : On l’espère !

MF : Ecoutez, ce serait un peu présomptueux de notre part, mais en tout cas le plus magique possible, oui.

LB : Ce qui est bien, c’est qu’on peut tout faire dans un cas comme ça. Alors, le but n’est pas de faire des choses jamais vues -parce qu’il y a des choses, on croit que personne les a jamais vues, et puis on s’aperçoit que…- mais en tout cas, que ce soit surprenant.

Séverine Servat (« Gala ») : Je me demande si c’est pas un peu restrictif de faire ça sur Paris, et quel va être le coût pour les gens qui vont venir vous voir de province ? Je sais que vous avez fan-club très actif, particulièrement fanatique d’ailleurs, mais…

MF : (la coupant) Aimant, peut-être pas fanatique. Je préfère le mot ‘aimant’. (rires)

 

SS : On peut considérer qu’il est très passionnel, votre public, quand même. Mais donc, il va se déplacer pour venir vous voir. Est-ce que ça lui coûte cher ?

MF : Monsieur Thierry Suc ?! (rires)

TS : Alors, les places… Bon je vais vous donner le prix des places. Ça va s’échelonner de cinquante-quatre euros, les moins chères, à cent trente-deux euros, les plus chères, au prix de vente publique. Il y aura des packages, comme je vous l’ai expliqué. Vous pourrez venir de Toulouse ou de Bordeaux, suivant bien évidemment… Chacun pourra choisir. Parce que je crois que ça va être aussi un rendez-vous, peut-être, pour certaines personnes, de dire ‘on vient passer un week-end à Paris’. Il y aura un spectacle, ils auront une nuit d’hôtel, deux nuits d’hôtel. On a des nuits d’hôtels en deux étoiles, trois étoiles…

 

TS : On a fait travailler des gens, des agences de voyage qui ont essayé de négocier dix mille chambres d’hôtel au meilleur tarif possible. On a pris tout ça en amont, on a eu une négociation avec Air France  qui a permis d’obtenir un prix de billet à peu près autour de cent euros d’où que ce soit que les gens viennent, aller-retour, quel que pays d’où ils viennent. Donc, je pense qu’aujourd’hui, bien sûr que c’est de l’argent et on en est très conscients, mais pour moins de trois cents euros, quelqu’un pourra venir voir le spectacle et passer un week-end à Paris, pour un concert le vendredi soir ou le samedi soir, par exemple. Je pense qu’on a essayé vraiment d’obtenir les meilleurs tarifs.

Ça se fait dans plein d’autres villes dans le monde où il y a des villes de spectacles qui attirent les gens qui viennent comme ça régulièrement. Quand il y a un rendezvous lié à un projet artistique, je pense que ça vaut la peine.

Aurélie (M6) : Je voulais savoir pourquoi avoir attendu cinq ans avant de remonter sur scène, et est ce que le public vous a manqué ?

MF : Le public me mange toujours. (elle se reprend aussitôt) C’est un lapsus ! (éclat de rire) Me manque toujours, oui. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? Parce que j’ai eu besoin d’abord de faire un nouvel album, que j’attendais aussi que Laurent soit disponible. D’autre part, je veux ces moments rares. Je sais que je suis peu montée sur scène -j’ai trois spectacles à mon actif- pour cette raison, parce que j’ai besoin d’avoir probablement une émotion intacte, que j’ai besoin de ces moments de silence pour pouvoir revenir et, j’espère, donner le maximum, et recevoir aussi.

Eric Jean-Jean (RTL) : Deux questions sur l’album. On sait qu’il arrive en mars : qu’est-ce qu’on peut dire dessus ? Comment il va s’appeler ? Et puis qu’est-ce que Mylène, vous, auteur, vous avez envie de raconter dans ce nouvel album ?

MF : Je vais répondre surtout à la première question. L’album s’intitulera « Avant que l’Ombre… » avec trois petits points derrière. Vous dire qu’il y aura de nombreuses chansons -je pense quatorze titres enregistrés.

Et, pour tenter de répondre à la deuxième question, c’est continuer très égoïstement de parler de moi, de mes ombres, de mes lumières, et puis voilà ! (rires)

EJJ : Vous en êtes où dans l’enregistrement, mixage, production ?

MF : Très, très avancé, là.

LB : Oui, l’album sera probablement terminé à la fin de l’année. Le 31, je crois ! (rires) (cette précision de Laurent Boutonnat est sans doute une ‘private joke’ car effectivement, contractuellement l’album « Avant que l’Ombre… » devait être achevé au 31.12.2004 au plus tard et que Laurent Boutonnat avait pris beaucoup de retard sur la réalisation, nda)

TS : Pas le 13 !

LB : Pas le 13 ! (rires de Mylène) Voilà. Ce sera pratiquement terminé à la fin de l’année.

TS : Et il y aura un premier single fin janvier. Fin janvier. (le premier single, « Fuck Them All », sera finalement mis en radio le 9 février 2005, nda)

X (Pink TV) : Je voulais savoir : pourquoi êtes-vous devenue une idole ou une icône pour la communauté gay qui fait partie de votre public ?

MF : Pourquoi… ? Pardon, je n’ai pas compris…

X : Pourquoi êtes-vous devenue une icône, quelque part, une star pour la communauté gay qui vous soutient, qui est très présente dans votre public ?

MF : Pour la communauté gay, c’est ce que vous avez dit ?

X : Oui.

MF : Pourquoi ? C’est probablement plus à eux de répondre pour moi ! (rires) Si ce n’est que la chose qui me vient à l’esprit, c’est peut-être ont-ils une sensibilité exacerbée, comme la mienne. Et puis, quoiqu’il arrive, ça me réjouit !

David Lelait (« Nous deux ») : J’aimerais vous poser une question. Vous présentez, depuis pas mal d’années déjà, des spectacles très impressionnants, vous êtes une show-woman, et j’aimerais savoir si vous n’avez pas envie, par moments, de présenter un spectacle plus intimiste, pourquoi pas l’Olympia, pourquoi pas une petite salle ? Quelque chose qui soit pas un grand spectacle, mais qui soit simplement un tour de chant. Est-ce que ça vous fait pas envie quelque part ?

MF : Ça peut être envisageable dans l’avenir, mais c’est vrai que j’ai encore envie de grandes salles, d’immensité. Mais pourquoi pas, c’est possible ! Je ne connais pas, en tout cas, cette expérience, mais ce dont je suis sûr, c’est que même si on fait un Bercy ou, j’imagine, un Stade de France pour ceux qui ont envie de le faire, on peut tout à fait créer une intimité dans une immensité. Donc ça ne manque pas, à priori, une petite salle. Peut-être pas au Stade de France, me dit Laurent ! (rires) Je ne sais pas.

LB : Non, mais Bercy est bien pour ça.

MF : Peut-être dans l’avenir. Pourquoi pas.

Stéphane Lecarrié (Radio 6, radio de Calais) : Bon nombre de vos clips sont de véritables productions cinématographiques. Est-ce qu’on peut s’attendre à un concert réalisé dans un univers cinématographique, avec des effets 5.1 – c’est à la mode en ce moment – enfin bref un  environnement cinéma…

MF : (à Laurent) A toi ! (rires)

LB : Le problème du 5.1, c’est que ça demande une direction : c’est-à-dire que si vous envisagez du 5.1, il faudrait que les gens soient face à une scène, avec une direction -(en faisant des gestes avec les mains pour mimer les gens face à la scène) un, deux, trois, quatre, cinq, etc. L’idée, effectivement, de jouer avec ça, mais sans avoir de direction, en ayant, ce que je vous disais tout à l’heure, la même direction, pour, où que soient les gens… Par contre, jouer avec le son, avec les basses, avec les effets, ponctuer peut-être entre des moments ou des chansons avec des effets de lumières et de son, oui, bien sûr. C’est vachement bien, ça !

2004-01-c

TS : Ce qu’on peut dire, c’est que le son va être travaillé avec un jeune ingénieur du son très talentueux, avec lequel on a déjà travaillé, qui s’appelle Stéphane Plisson.

Jean-Louis Gérard (MCM) : C’est aussi une question pour Laurent Boutonnat : quelle est la couleur musicale de l’album ? Qu’est-ce qui vous a inspiré ? Vous étiez revenu avec un single aux sonorités électro, « L’Âme-Stram-Gram »…

LB : (simultanément) Il y a longtemps, alors !

JLG : Qu’en est-il cette fois-ci ?

LB : Oh, c’est difficile ! Je crois qu’il y a beaucoup de… (silence) Oh, c’est très difficile pour moi de répondre !

Je sais qu’on aime beaucoup, Mylène et moi-même, les mélanges. C’est un album où il y a beaucoup de musiciens, un mélange de musiciens, de sons électroniques. Beaucoup d’acoustique, un peu d’électronique. Il y a beaucoup d’instruments acoustiques.

MF : Je vais t’interrompre, mais il y a sans doute, par rapport aux autres albums, beaucoup plus de guitares.

LB : Oui, beaucoup plus d’instruments…acoustiques ! (rires)

Jean-Christophe Federici (« Starclub ») : Je souhaiterais vous poser une question par rapport aux concerts : vous vous déplacez assez souvent en concert, est-ce qu’il y a un performer ou un concert récent qui vous a plus ou moins marqué ? Est-ce que vous avez une référence scénique personnelle qui vous tient à cœur ?

MF : La première, ou le premier groupe qui me vient à l’esprit, c’est U2 qui j’avoue, pour sa musique et pour la performance, la voix et l’âme surtout, m’impressionne énormément. (silence) C’est toujours quand on vous pose la question qu’on a un énorme trou ! (rires)

LB : Contrairement à ce que vous dites, Mylène ne va très, très souvent en concert…

JCF : Je crois que vous êtes allée voir Madonna. Qu’est-ce que vous en avez pensé et est-ce qu’elle vous a inspirée justement, peut-être pour ce spectacle ?

MF : Ecoutez, je trouve que c’est évidemment une personne de grand talent, une grande professionnelle. Si je puis formuler une toute petite critique, je trouve que ça manque un tout petit peu de sentiments, manque d’âme. Maintenant voilà, c’est pas à moi d’en juger. Puisque vous me posez la question donc je… Mais, néanmoins, c’est une personne, évidemment, de grand talent.

Daniel Beaucourt (« Télépoche ») : Contrairement à ce que disait ma collègue, ma consoeur (Séverine Servat de « Gala », nda), vous n’avez pas de fan-club, je crois, en France. Vous n’avez jamais voulu en avoir…

MF : Non, je ne l’ai jamais souhaité.

DB : Toutefois, il y a eu beaucoup de…enfin il y a eu des publications qui, je sais pas, ont vu le jour, peut-être avec votre assentiment ou non. En tout cas je pense que « L’Instant Mag » faisait partie de celles-là…

MF : (le coupant) Qui est de qualité, d’ailleurs.

DB : Que vous évoque justement la fin de ce magazine ? (le vingtième et dernier numéro d’ « Instant Mag » est effectivement paru à l’automne précédent pour faire place à une nouvelle publication, « Mylène Farmer & vous », qui a cessé de paraître en 2007, nda)

MF : La fin. Il y a une fin à tout donc je la prends avec…avec quoi ? Avec sérénité. (petit rire) Et je crois qu’ils ont l’intention de faire, de poursuivre un autre magazine, il me semble.

TS : Ils en démarrent un autre, oui.

MF : Ils en démarrent un autre.

TS : Mais rien n’est initié par Mylène ou par son entourage. Les fans qui décident de créer un fan-club peuvent le faire : on les a toujours laissés complètement libres de le faire. Et ceux qui décident d’arrêter quelque chose sont bien évidemment libres de le faire également. C’est leur choix de faire ou de ne pas faire.

DB : Enfin, je pensais que vous aviez quand même un certain droit de regard sur ces publications…

MF : Non, absolument pas !

TS : Rien du tout. Aucune ligne éditoriale n’est contrôlée, regardée. Ils font ce qu’ils veulent, ils disent ce qu’ils veulent.

Gilles Médioni (« L’Express ») : Je croyais que vous aviez des projets cinéma. Est-ce qu’ils sont mis entre parenthèses à cause de la tournée ?

MF : Ecoutez, moi-même j’ai été assez surprise de beaucoup d’annonces concernant le cinéma ! Pour l’instant, il ne s’agit pas pour moi de faire de cinéma. En revanche, j’aime le cinéma. J’espère un jour faire un autre film, et pourquoi  pas m’essayer à la production. En tout cas, c’est un métier qui me passionne et que je sais très, très, très difficile. Mais c’est un univers qui m’intéresse.

GM : Laurent Boutonnat, vous n’aviez pas un autre projet cinéma, aussi ?

LB : C’est plus qu’un projet ! C’est un film qui est en préparation aujourd’hui et qui se tournera en mars prochain.

GM : On peut savoir le sujet ?

LB : C’est une adaptation, une vraie adaptation d’un roman du XIXe siècle qui s’appelle « Jacquou le Croquant ». Voilà ! (le film sortira en janvier 2007 et rencontrera un certain succès, nda)

X : Pourquoi « Giorgino » n’est-il pas sorti en DVD ? Une question de droits ou une volonté de votre part ?

LB : Non, c’est que… Ça a été une histoire assez difficile à vivre, « Giorgino », vu que ce film n’a pas marché du tout. Et, à l’époque, comme j’étais très, enfin j’ai presque financé moi-même presque 80% de ce film, donc c’était…il a fallu rebondir. Et j’ai pu récupérer, en fait, les droits de ce film, les droits d’exploitation vidéo, etc.

Et, à ce moment-là, vous n’avez qu’une envie, c’est prendre les droits, les mettre dans un tiroir, le fermer et ne plus jamais en entendre parler ! Donc voilà, c’est ce qui s’est passé. C’est aussi simple que ça ! Et peut- être un jour, je le sortirai en DVD, oui. Peut-être après un autre film ou un truc comme ça. Voilà. (un double DVD sortira effectivement en décembre 2007 après une ultime projection sur lles Champs-Élysées, en présence de Laurent Boutonnat face à 200 fans vainqueurs d’un concours, nda)

L’attachée de presse prévient que c’est la dernière question…

Sophie Khairallah (« Too Much ») : Je voulais vous poser deux petites questions, en fait. La première était par rapport à l’album. J’avais entendu parler de collaborations, pour les compositions de musique, avec d’autres artistes…

MF : (immédiatement) Absolument pas, non. Jamais. Jamais envisagé. Donc non ! (petit rire)

SK : D’accord ! Et la deuxième, c’était tout simplement : qu’est-ce que vous pensez de la biographie qui est sortie sur vous de Bernard Violet ? (quelques semaines auparavant, l’auteur polémique a sorti une biographie controversée sur Mylène Farmer dont les médias se sont fait largement l’écho, souvent ironiquement, nda)

MF : Bernard qui ?! (rires) C’était facile ! (rires)

LB : Mais tu l’as lue, non ? (sourire embarrassé de Mylène, rires dans la salle suite à sa répartie)

L’attachée de presse clôt la conférence. Les journalistes applaudissent.

MF : Je vous remercie d’être venus, en tout cas. Merci beaucoup.

Le trio se retire.

 

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Mylène F. et J.C Déquéant

Posté par francesca7 le 15 juin 2012


 

Jean-Claude Dequéant, est un auteur-compositeur français.

Il a collaboré avec plusieurs artistes plus ou moins célèbres tel que Anne Mason, Violette Vial, Corinne Catherine (‘Enlève ton Walkman’) et Mylène Farmer dont il a composé la musique de la chanson Libertine, écrit par Laurent Boutonnat en 1986.

 

Mylène F. et J.C Déquéant dans Mylène et L'ENTOURAGE MFBercy2006_59aPour les rares fans qui l’ignoreraient encore, c’est à Jean-Claude Déquéant que nous devons la mélodie de « Libertine ». Et c’est donc finalement un peu grâce à lui que la jeune débutante Mylène Farmer a pu devenir la star que nous connaissons… Un bel entretien qu’il nous livre, revenant sur les premières années d’une carrière frémissante…

 

interviews de Jean-Claude Déqueant (Compositeur de Libertine)

Que faisiez-vous jusqu’en 1984, date à laquelle on retrouve votre nom sur la pochette de « Maman à tort » ?

J’ai commencé par faire une petite carrière comme chanteur avec mes propres compositions et arrangements. C’est comme ça que j’ai appris à écrire une partition d’orchestre et la faire jouer par des musiciens en studio. Il n’y avait pas encore à cette époque ni de machines, ni d’ordinateurs. L’arrangement, c’est ce qu m’intéressait le plus dans la musique.
Écrire et faire jouer ce qui nous a traversés la tête par des musiciens talentueux, voilà une grande réjouissance. Ensuite, j’ai rencontré Yves Simon avec qui j’ai travaillé sur dix albums, depuis « Aux pays des merveilles de Juliet » jusqu’à « Amazoniaque ». J’ai mis ma carrière de chanteur en veilleuse et j’ai participé en tant qu’arrangeur à de nombreux albums pour des artistes extrêmement divers. En dehors d’Yves, l’arrangement que je préfère de cette époque est « Pierrot », la chanson de Renaud sur l’album « Ma gonzesse ». J’ai également composé des albums de musique instrumentale et quelques autres chansons. En 1977, j’ai sorti chez Polydor un album chanté, « Très flou, vent fou », qui me ressemblait assez musicalement. J’avais déjà dans ces sessions des musiciens comme Slim Pezin, Jannick Top, etc. Je crois qu’il n’y a que Jean-Bernard Hébey (RTL) qui aimait cet album où les titres étaient enchaînés. Il y avait une mise en scène sonore, comme un film de cinéma.

Sur la pochette de « Maman à tort », on lit cette mention : « Le studio Matin Calme (JC Déquéant) ». Pouvez-vous nous parler de ce studio d’enregistrement ?


A un certain moment, à la fin des années 70, une crise a secoué le métier. Les arrangeurs n’avaient plus de travail, les chanteurs s’entouraient de quelques musiciens et avaient des velléités de réalisation. L’arrangeur était un créateur de trop qui pouvait trahir l’œuvre de l’artiste. Je devais trouver une solution de survie. Après des années à travailler dans les plus grands studios, j’ai décidé d’ouvrir une petite structure avec, cependant, un matériel de base professionnel (magnétophone 24 pistes, périphériques divers, piano à queue, synthétiseurs, etc.). A l’époque, ce matériel était extrêmement coûteux et j’ai dû investir en m’endettant assez gravement. J’aimais tellement ce métier que je sacrifiais et fragilisais la vie de ma famille. J’ai réussi cependant à continuer de travailler avec cet instrument-studio pendant dix ans. J’ai deux filles originaires de Corée, j’ai donc décidé de nommer mon studio « Le Matin Calme ». La Corée étant appelée le pays du Matin Calme, pour ceux qui ne le sauraient pas !


Comment avez-vous rencontré Mylène Farmer et Laurent Boutonnat ?


Un jeune éditeur manager qui connaissait mon parcours et m’appréciait m’a présenté deux jeunes auteurs compositeurs, Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat. Ceux-ci cherchaient quelqu’un comme moi pour maquetter un titre et recherchaient une artiste pour le chanter. Cette chanson était « Maman à tort ». J’avais rarement rencontré dans ce milieu des jeunes aussi sympathiques, doués et déterminés. Nous avons enregistré le play-back de la chanson. J’avais à l’époque un des premiers synthés « ARP Odyssée » avec lequel je fabriquais beaucoup de sons. « Maman a tort » en est l’exemple. Ensuite, ils ont recherché la chanteuse et après un essai infructueux, j’ai vu arriver, accompagnant Jérôme et Laurent, une jeune fille très jolie, timide, respectueuse et très gaie. La voix était étonnamment présente et elle riait après chaque prise en s’écoutant. C’était un vrai plaisir pour tout le monde. On a su instantanément que ce serait elle et personne d’autre qui chanterait.


Êtes-vous intervenu sur la prise de son et le mixage de chaque chanson jusqu’à « Libertine », puis de tout l’album « Cendres de lune » ?


Absolument. Après « Maman à tort », il y a eu « On est tous des imbéciles », puis l’album « Cendres de lune », où Laurent et Jérôme se sont séparés. J’ai présenté le guitariste Slim Pezin, ainsi que les choristes et le saxophoniste Alain Hattot à Laurent. Je connaissais à peu près tous les très bons musiciens de studio, j’en avais employé beaucoup dans mes arrangements. La rencontre avec Slim a été un grand moment quand il s’est mis à jouer comme un fou sur sa guitare le rythme de « Libertine ». Un grand moment ! Ensuite, nous avons mixé la bande au studio du Palais des Congrès. J’étais aux commandes des machines et Laurent avait l’inspiration et la production talentueuse. Je n’ai jamais été aussi heureux dans cette profession qu’à ces moments-là.


Quelle a été la genèse de « L’amour tutti frutti » (ndlr : premier titre composé par Déquéant qui servit de matrice à « Libertine ») ?


MFBercy2006_39a dans Mylène et L'ENTOURAGEJ’ai composé cette musique en 1984 dans ma maison de Normandie que j’avais alors. Dès les premiers accords et les premiers bouts de mélodie, j’ai pensé que je tenais quelque chose de fort. J’ai maquetté et structuré la musique dans mon studio et je l’ai montrée à un ami auteur, Georges Siblod, qui a posé dessus un texte assez glamour, « L’amour tutti frutti ». Nous avons cherché une chanteuse-comédienne car, dans notre esprit, cette chanson devait être autant jouée que chantée. Après avoir fait notre choix, nous avons finalisé la maquette. L’esprit en était très rock music. Et puis nous avons cherché une maison de disques. Mais nous n’avons hélas essuyé que des refus.


Comment cette musique est-elle devenue « Libertine » ?


Laurent, Jérôme et Mylène, qui travaillaient avec moi depuis 1982, connaissaient cette chanson et l’aimaient beaucoup. Eux pensaient qu’elle pouvait être un carton ! Très gentiment, ils m’ont aidé en la montrant à leurs connaissances des labels. Les gens semblaient s’accorder sur le sentiment que ce titre était très fort, néanmoins un petit quelque chose manquait pour concrétiser. J’étais, je l’avoue, un peu découragé. Quand Laurent a pris seul les rennes de la carrière de Mylène, l’équipe venait de signer chez Polygram et devait enregistrer un album. A l’époque, ils n’avaient aucun titre d’avance. Laurent est un garçon à la créativité instantanée, aussi il ne paniquait pas pour autant. Puisque la musique de « tutti frutti », par la force des choses, était disponible, il m’a demandé de la faire chanter par Mylène à condition de changer le texte qui, bien qu’étant de qualité, ne correspondait pas à ce qu’il voulait faire passer de l’image de l’artiste. Le gimmick instrumental est devenu le refrain « Je je suis libertine, etc. », j’ai rajouté une musique de couplet « Cendres de lune, petite bulle d’écume, etc. », la musique du premier pont a été supprimée et celle du deuxième pont gardée. L’arrangement qui était rock est devenu plus pop, correspondant mieux au goût de Laurent. Il a écrit le texte au fur et à mesure de l’avancement du play-back et Mylène chantait les petites bouts de texte concoctés par Laurent, en changeant sur place ce qui n’allait pas. Comme à ma première impression de compositeur, « Libertine » nous a paru à tous très fort.


Pensiez-vous que des paroles aussi coquines étaient adaptées à votre musique ?


Pour être franc, j’étais presque choqué et j’avais peur que ce texte provoque un refus des médias. Mais Laurent est un ouragan dans sa façon de convaincre et j’avais de l’admiration pour son talent multiforme, ce qui fait que je lui ai fait confiance. D’autre part, l’interprétation de Mylène éclairait de façon convaincante l’esprit du texte.


Il a fallu plusieurs semaines pour que la chanson fonctionne. Quel a été selon vous l’élément déclencheur de ce tube ?


Déjà, le choix d’Alain Lévy, le président de Polygram à l’époque, de choisir « Plus grandir » en premier single a bien failli faire capoter définitivement cet album et la carrière de Mylène avec. Nous étions fous de rage de cette erreur. Pour nous tous, « Libertine » était la locomotive et quand enfin le single est sorti, vu l’échec du précédent, ce n’était pas évident que ça marche. Les conseils de management de Bertrand Le Page, et bien entendu principalement le clip réalisé par Laurent, ont contribué à donner le coup de projecteur qui manquait jusque-là. A la rentrée de septembre 1986, les petites copines de ma fille cadette, qui était en maternelle, chantaient « Libertine ». Ca m’a fait un drôle d’effet !


Quelles étaient les réactions de Mylène, Laurent et Bertrand Le Page ?


Heureux, affairés, très professionnels, soignant chaque détail. Nous nous entendions bien à l’époque. Je sentais une harmonie certaine entre nous.


Sentiez-vous à l’époque que la carrière de Mylène venait d’amorcer un tournant ?
Pour moi, c’était une nouvelle génération de gens aux talents évidents et surtout aux possibilités multimodales. Ils avaient une volonté de fer. Sans être devin, on pouvait deviner qu’ils iraient loin.


Après « Libertine », on ne vous voit plus participer à l’aventure Farmer. Fort de ce succès, étiez-vous demandé pour d’autres projets artistiques ?


Hélas, mon plus cher désir était de m’investir encore plus en profondeur dans cette aventure. Malheureusement, l’égocentrisme de chacun entre en action dans ces moments de haute tension. J’étais persuadé d’avoir apporté quelque chose de décisif à cette équipée artistique et je ressentais mal le fait que Laurent et Mylène ne fassent jamais mention de mon apport. Quant à Laurent, il devait prouver qu’il était capable lui-même de fabriquer des tubes aussi forts que « Libertine ». Je lui ai dit ce que j’avais sur la conscience et il a eu l’opportunité de poursuivre ailleurs le travail en rencontrant Thierry Rogen. La suite lui a donné raison puisqu’il y a eu d’autres chansons formidables nées de son cerveau et de celui de Mylène. J’ai par exemple une grande admiration pour une chanson comme « Désenchantée » ou « C’est une belle journée ». Pour finir de répondre à votre question, j’ai beaucoup composé ensuite et j’ai des musiques qui n’ont pas trouvé la bonne équipe, texte et interprète, et qui ont donc été inemployées. J’ai continué à faire des réalisations pour divers artistes. J’ai été victime également de mauvais coups (artistiques, bien entendu) et peu à peu j’ai décroché, lassé par un métier qui ne me satisfait plus.


Avez-vous eu des regrets de ne plus avoir continué votre collaboration avec Mylène ?


Au-delà de l’argent que ça a pu rapporter, je regrette surtout la créativité, le bonheur que j’avais de travailler avec des gens que j’appréciais, plus que beaucoup d’autres dans ma carrière, et l’apport très différent de ma pensée artistique qui aurait pu enrichir (artistiquement !) et différencier un peu plus la carrière de Mylène. Encore une fois très modestement, puisque cette équipe se passe fort bien de moi.


En dehors de vos droits d’auteur, que ressentez-vous lorsque vous entendez la chanson passer à la radio ?


C’est comme un enfant qui a réussi sa carrière ou sa vie. Je suis son papa et j’en suis fier, même si cet enfant ne vient plus me voir…


MFBercy2006_70aPouvez-vous nous parler de la genèse de la reprise de « Libertine » intitulée « Bad girl » et qui n’a jamais été commercialisée ? Qui a écrit les paroles ? Savez-vous pourquoi elle n’a jamais été mise en vente ?


J’ai enregistré la voix de « Bad girl » au Matin Calme, peu après le début du succès de « Libertine » et j’ai fait le premier mixage qui n’était pas bon. Le différent avec Laurent était patent et je n’ai plus suivi de près cette version. Je ne me souviens plus du nom de l’auteur de la version anglaise de « Libertine ». Je pense qu’au final, le résultat n’était pas excellent et qu’il valait mieux ne pas sortir ce disque. Les artistes français ont généralement beaucoup de mal avec les versions anglaises et il vaudrait mieux refaire tout par une bonne équipe du cru, avec un vrai coaching du pays pour la voix. Les artistes français chantent mal l’anglais. Il en est d’ailleurs de même dans l’autre sens, mais le rapport économique n’est pas le même. Cependant, rien ne m’empêchera de penser que « Libertine » pourrait être un tube à l’échelle mondiale. Laurent y a certainement pensé !

Mylène est devenue une immense star. Avez-vous suivi son évolution ?


Bien entendu, de très près. Je n’aime pas toutes ses chansons car comme professionnel, j’y vois les failles et je ne sais jamais rester un innocent auditeur, mais j’en aime beaucoup. Sans flagornerie, je pense qu’il y a peu d’artistes dans notre pays capables d’avoir eu l’intelligence de ne pas faire d’erreurs dans le déroulé de la carrière, d’avoir su approfondir un style de façon très professionnelle et d’avoir travaillé sans faiblesse aussi bien sur les spectacles, les clips, les textes, la musique, au prix de grands sacrifices de vie et de liberté, je suppose. Ce qui fait que sur la durée, le public ne se lasse pas comme pour tant d’autres artistes doués mais fainéants.

Que vous inspire l’évolution de la musique de Laurent Boutonnat ?


En tant que musicien, j’ai beaucoup de mal à ne pas être critique. Je pense que c’est un merveilleux mixeur d’idées musicales venues du monde de la langue anglaise et de sa culture générale très riche. Malgré quelques belles réussites mélodiques, et je suis admiratif et même vibrant pour certaines chansons, je pense que la diversité future de sa musique devrait passer par des mélodies un peu moins « boutonnesques » et des arrangements moins « machinesques ». Excusez-moi ces barbarismes !

Qu’avez-vous pensé de la reprise dance de la flamande Kate Ryan qui a fonctionné un peu partout en Europe ?


Ca me fait plaisir, mais quinze ans après l’originale, cette version ne supporte pas la comparaison avec notre version, même dans les sons. J’aimerais d’ailleurs que la jeune génération s’approprie la chanson afin que nous en ayions une autre vision.

Qu’avez-vous pensé du nouvel habillage de la chanson réalisé par Laurent pour le best-of «Les mots » ?


Rien de bien nouveau, my lord. Mais la pochette… ! J’ai tous les supports, c’est dire !


Avez-vous écouté le dernier album de Mylène ?


Pas encore, sauf le titre radio. Je me réserve toujours des plages de temps éloignées de l’actualité pour en juger sereinement, et surtout savourer s’il y a des réussites.

Pensez-vous aller voir Mylène Farmer en concert en 2006 et que pensez-vous de ce genre de « show » à l’américaine ?

Uniquement si j’étais certain d’avoir une place correcte d’où j’entendrais et je verrais bien. Une place qui ne me rende pas sourd pendant plusieurs jours, car je n’ai plus l’âge du public de Mylène. Je suis plutôt du genre concert à Pleyel pour dégustation de la richesse du compositeur et de la finesse de l’interprétation. Je suis de ceux qui pensent qu’un orchestre symphonique vous colle au siège tout autant qu’un très bon groupe de rock. Mais Laurent saura, j’en suis certain, épater les pupilles et les pavillons d’oreilles, sans détruire les tympans du public
mylénien.

Quels sont vos projets actuels et à venir ?

J’avais tourné la page musicale depuis une douzaine d’années. Cessant prochainement toute activité professionnelle, je vais bientôt avoir beaucoup de liberté. J’ai un gros ordinateur, de beaux logiciels musicaux, mon beau piano à queue, mes guitares et une envie de retravailler cette merveilleuse matière musicale qui n’a jamais quitté mon cœur.

Si vous aviez un dernier message à adresser à Mylène et Laurent, après toutes ces années, que serait-il ?

Que malgré les vicissitudes de la vie, je les aime tous les deux, d’une façon différente de leurs fans, bien entendu, et je leur souhaite encore de longues années de réussite. Je sais également que le plus grand souhait de Laurent serait de réussir enfin un beau et grand film de cinéma. Je le lui souhaite très sincèrement.


Issu des écrits de Mylène Farmer et vous en 2005

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Mylène Farmer par B.Violet

Posté par francesca7 le 27 mars 2012

 

Mylène Farmer par B.Violet dans Mylène et L'ENTOURAGE violet-portraitBernard Violet est un journaliste et écrivain français, spécialisé dans les biographies. Journaliste indépendant s’intéressant principalement aux scandales, aux personnages sulfureux et aux affaires non élucidées.

RESUME DE LA BIO de B.Violet : Mylène Farmer intrigue, fascine et intéresse les français depuis très longtemps déjà, elle fait partie de notre mémoire collective. Succès commercial et artistique sans précédent, elle a construit disque après disque un empire formidablement bien géré et maîtrisé. Une image provocante et mystérieuse à la fois. Des milliers d’articles ont été fait sur elle et ses activités, mais personne n’avait véritablement mené une enquête sérieuse et riche sur le Phénomène Farmer. C’est chose faite avec la pertinence et l’acharnement du biographe le plus incorruptible du PLF (paysage littéraire français), j’ai nommé Bernard VIOLET.

Questions/réponses sur le livre dont tout le monde parle, et que l’on vous conseille, violement, au Mague.

Bonjour Bernard Violet, vous êtes, malheureusement,  » l’homme à abattre  » du moment à cause de votre biographie non autorisée, comme on dit, de Mylène Farmer. Est-ce que vous avez travaillé sur la matière  » Farmer  » de la même manière, avec la même méthode, que vos précédents livres sur l’Abbé Pierre, Alain Delon, Hallyday ou la famille de Monaco ?

BV : J’ai peut être été « l’homme à abattre » comme vous dites depuis que des rumeurs ont commencé à circuler un peu partout, sur le web notamment, il y a un an de cela. Question : qui avait intérêt à propager des infos infondées sans prendre le temps de me solliciter ? Des distorsions curieuses en tout cas avec la réalité de mon travail qui respecte toujours la même méthode : amasser une documentation solide que j’informatise, établir une chronologie la plus précise possible, déterminer les pistes à suivre, se déplacer sur le terrain afin de recueillir un maximum de témoignages, puis se mettre à l’écriture. Voilà pour les différentes phases techniques qui représentent deux à trois ans de travail réalisé là encore toujours dans le même état d’esprit : chercher à comprendre les ressorts d’une réussite exceptionnelle et d’un destin extraordinaire. Sans a priori ni préjugés, sans tabous ni complexes.

David Lelait un spécialiste des people me disait dans une précédente e-terview qu’il ne croyait pas aux  » soi-disant  » mystères de Mylène Farmer et que, de ce fait, il restait insensible à son personnage. Etes-vous du même avis ?

BV : Effectivement, je pense qu’il n’y a pas de « mystère Farmer », mais un personnage complexe, fascinant et respectable. Ce cliché « mystère Farmer » est né de la conjugaison de deux paramètres : la personnalité de la chanteuse – authentique timide – et la volonté délibérée de son entourage de créer un « mythe » à la Garbo en jouant sur le silence et l’attente. L’alchimie a d’autant mieux fonctionné que c’était l’ambition profonde de Farmer : vouloir un destin hors du commun, façonné à sa manière, comme si elle était le metteur en scène de sa propre vie. Cela étant, l’accomplissement de ses rêves d’enfant a nécessité un travail phénoménal et une opiniâtreté qui inspirent le respect.

En fait, il y a véritable paradoxe Farmer, car Mylène qui est la chanteuse qui vend le plus de disques en France et qui jouit d’une somme considérable d’articles de presse et qui n’avait jamais eu droit à un véritable travail d’enquête sur elle, avant vous ? Les journalistes français sont-ils moins courageux que vous ?

413TDJ7QPPL._SL500_AA300_ dans Mylène et L'ENTOURAGEBV : Au vu de mon expérience personnelle, puis à travers les contacts fréquents et multiples entretenus avec les journalistes, je dois dire que mon jugement est assez sévère sur la profession. En effet, si de nombreux journalistes manquent de courage – peur pour leur carrière ou crainte de se fâcher avec les puissants -, la plupart d’entre eux sont avant tout de gros paresseux qui se contentent de piller leurs confrères, accumulant ainsi les contre-vérités et autres approximations. Je n’ose pas évoquer une minorité qui, elle, se laisse tout simplement acheter : billets de faveur pour des spectacles, séjours dans palaces, dîners dans restaurants de renom, voyages, etc …

Dans la réussite de Farmer, Laurent Boutonnat n’est-il pas aussi important sinon plus que sa création elle-même ?

BV : Boutonnat est un authentique créateur et j’ose même dire un cinéaste de génie. Ses courts-métrages – de véritables chefs-d’œuvres – ont révolutionné le clip en France. « Giorgino » ne méritait ni le désintérêt ni le mépris qu’il a suscité. Je pense que ses relations avec Farmer sont totalement fusionnelles, artistiquement parlant. Ces deux surdoués de la variété française se sont inspirés réciproquement tout en transcendant leurs inspirations.

Comment expliquez-vous le succès commercial immense de Mylène Farmer ? Est-il mérité ou disproportionné selon vous ?

BV : Le marketing n’explique pas tout. On ne vend pas impunément plus de dix millions d’albums. Son talent conjugué à celui de Boutonnat et à celui du manager Bertrand Le Page – au rôle primordial et trop souvent sous-estimé – a permis de bouleverser un univers musical français peu coutumier des terrains minés comme ceux du désespoir, de la folie, du silence et de la solitude. Des thèmes en phase avec la sensibilité d’un public jeune qui s’est reconnu à travers les créations du duo Farmer-Boutonnat. Ce même public avec lequel il n’a pas joué la facilité : souvenez-vous des textes de Baudelaire et de Poe ; ceux de Stephen King et d’Henry James ; les tableaux de Jérôme Bosch, Egon Schiele ou Géricault, etc. Comme me l’a confié l’écrivain Gonzague Saint-Bris, ce genre d’hommage subtil à la littérature et à la peinture est plutôt rare chez les chanteurs de variété peu enclins à s’enrichir d’ambition poétique… .

Vous expliquez dans votre livre que la clef de voûte du personnage de Mylène Farmer se trouve dans des traumatismes liés à l’enfance et qui ont conditionné un univers fantasmatique très particulier.

2c805cb4d19c498d2575f0bae54ad68f4bd2d09d5be56BV : J’ai repris à moi la magnifique formule de François Mauriac pour lequel « l’enfance est le tout d’une vie, puisqu’elle en donne la clé ». Et je l’ai constaté à travers toutes mes biographies : tout se joue dans les dix premières années de la vie. Toutes les peurs, tous les rêves, tous les fantasmes de mes héros et héroïnes ont eu systèmatiquement un rôle dans leur existence et dans leurs créations. Des influences sur leur imaginaire que j’essaie de décrypter à travers plusieurs grilles de lecture : historique, sociologique et psychanalytique. Dans ce sens, je pense que la fameuse anecdote du putois et du bain de jus de tomate a effectivement créé un traumatisme chez la petite fille qu’était alors Mylène. Sentiment appuyé par l’analyse d’un psychothérapeute pour lequel cette journée mémorable reste probablement l’un des pivots de l’existence de Farmer et dont on retrouvera les correspondances dans certains de ses clips : « Je te rends ton amour » et » Beyond My Control ». Pour être complet, je peux vous dire que c’est la chanteuse elle-même qui m’a mis sur la piste de ce moment crucial de son enfance. En effet, à plusieurs reprises, au début de sa carrière, parmi ses rares souvenirs de son séjour québecois, elle a évoqué cette journée au cours de laquelle elle avait décidé de s’échapper de son école, de rentrer à la maison à pied, mais qu’elle s’était perdue dans les bois (là aussi scène récurrente dans les clips de Farmer) et qu’elle avait été finalement ramenée chez elle grâce à l’intervention de la police. Cette anecdote m’a longtemps taraudé : pour quelles raisons une petite fille de 5 ans décide-t-elle d’échapper à la vigilance des adultes ? En interrogeant au Québec sa première institutrice et ses amies d’enfance de l’époque, j’ai pu reconstituer le puzzle.

Est-ce que les média ont véritablement compris votre démarche intellectuelle et littéraire autour de Mylène Farmer. A partir du moment où vous touchez à l’intimité de la  » star « , on vous reproche de fouiller dans les poubelles et cela bloque le débat. Pourtant Mylène vit en bon personnage public de la  » Femme énigmatique  » que Laurent Boutonnat et elle ont inventé. En France, contrairement aux pays anglo-saxons on n’aime pas cela.

BV : En dehors de quelques animateurs de télévision incultes et tarés, les journalistes, dans leur grande majorité, adhèrent à ma démarche. La presse dite « sérieuse » – le Figaro, France Inter, Europe 1, RTL, etc – m’a réservé des critiques favorables. Comme je l’ai déjà déclaré, je n’ai aucunement touché à la sphère de l’intimité de Mylène Farmer. Pour la simple et bonne raison que celle-ci ne l’expose pas et que la loi est très contraignante sur ce sujet. Si j’évoque longuement son enfance, c’est parce que de nombreuses situations viennent expliquer l’arrière-plan de ses futures créations. Par ailleurs, si je refuse de me limiter à la mythologie entrenue par certains, c’est pour lui apporter une part d’humanité qui rend le personnage encore plus attachant.

Qu’est-ce qui vous a touché chez la mère de Mylène ? Comment vit-elle le succès de sa fille ?

BV : Marguerite Gautier m’a reçu très aimablement. En toute liberté et un tantinet tiraillée. Elle m’a beaucoup parlé, parce qu’il avait beaucoup d’erreurs selon elle dans les bios consacrées jusqu’à ce jour à sa célèbre fille, et en même temps elle s’interrogeait sur les réactions de sa cadette, au caractère parfois peu accommodant. Cela étant, elle m’a assuré être très fière de sa réussite en m’affirmant que Mylène s’était faite toute seule. Un sentiment que je ne partage pas. Je pense que le milieu familial a joué un rôle important dans le destin de l’interprète de « Maman a tort ». Notamment à travers l’influence de sa grand-mère paternelle qui fut une pianiste talentueuse.

Est-ce que vos investigations sur les grands people français vous ont valu des menaces explicites qui ont eu des conséquences sur votre sécurité ou sur votre vie, privée ou sociale ?

a1y3otfrBV : D’anciens membres de la fine fleur de la pègre française ont effectivement tenté de m’intimider lorsque je travaillais sur le « Delon ». Mais je pense qu’il s’agissait d’initiatives personnelles prises à l’insu de l’interprète du « Samouraï ». La plupart du temps, mes « héros » qui voient mes travaux d’un mauvais œil préfèrent entamer des procédures judiciaires, des référés notamment. Mais ceux-ci n’aboutissent quasiment jamais puisque je m’efforce de travailler dans le cadre de la loi, au nom de la liberté d’expression. Une autre stratégie est de tenter de me salir ou de me discréditer. Ce fut ainsi le cas récemment sur certains forums farmériens. Dans ce genre de situations je ne transige pas : les auteurs de calomnies, de diffamations, ou de propos attentatoires à l’honneur professionnel sont traînés devant les tribunaux.

On ne peut parler de Mylène Farmer sans ses clips qui ont défrayé la critique. Hors les clips sont des objets virtuels symboliques. Est-ce que Farmer c’est avant tout une bonne gestion de l’image ?

BV : Plusieurs clips ont effectivement été censurés ou diffusés à des heures indûes à la télévision. Là encore, grâce à ce maître de la caméra qu’est Boutonnat, Farmer a appris le sens et la force des images. Ses story-board sont là pour le prouver. En même temps, il est vrai qu’elle est née avec la télévision, son véritable tableau noir.

Le système Boutonnat/Farmer est riche et puissant. Le business de ce couple n’est-il pas davantage devenu financier qu’artiste en définitive ?

BV : Les deux sont intimement liés. Mais être riche n’est ni illégal ni une tare. Sans oublier que Boutonnat et Farmer investissent beaucoup dans leurs créations, leurs spectacles notamment qui coûtent très chers. Ils ne font pas de l’argent pour l’argent, mais pour rester libres de créer comme ils l’entendent.

Que peut cacher la non coopération du clan Farmer à votre travail, qu’a-t-elle donc à cacher ?

BV : C’est une réaction naturelle chez les stars. Elles ont peur de voir écorner leur légende ou leur image qu’elles ont eu tant de mal à imposer. Certaines ont peut être peur de voir révéler des secrets « inavouables ». En même, je pense qu’elles ont tort de ne pas coopérer, car elles sont en général toujours gagnantes puisque je leur apporte une part d’humanité souvent plus passionnante que leur image surmédiatisée. Johnny Hallyday et l’abbé Pierre ont ainsi accepté de collaborer à mon travail. A leur plus grande satisfaction.

Que pensez-vous du fanatisme autour de Mylène, que d’ailleurs elle gère elle-même de manière très audacieuse et pécunière ?

BV : Certains fans sont des excités, c’est vrai, mais pas forcément représentatifs de l’ensemble des farmériens. La plupart de ceux avec lesquels j’ai été en contact se sont toujours montré courtois et curieux. Beaucoup de choses ont été écrites sur le merchandising généré par la chanteuse et sa maison de disques. Je l’évoque également longuement dans ma bio. Personnellement, je ne le trouve pas autrement choquant. D’abord parce que ce sont en général des objets d’une grande beauté ; ensuite parce qu’il y a des plaisirs qui n’ont pas de prix.

Mylène Farmer est-elle aussi fascinante et complexe qu’un Delon par exemple ou l‚on est pas du tout dans la même catégorie ?

BV : Lorsque je suis contrarié, je dis qu’elle est une Delon en jupon. Et je pense alors à leur façon de tout vouloir régenter. Delon fut un acteur de génie lorsqu’il acceptait de se laisser diriger par des metteurs en scène de génie – Visconti, Clément, Melville – mais a vu sa carrière décliner lorsqu’il a voulu tout faire : l’acteur, le réalisateur, le producteur, etc. Un artiste ne peut pas être bon dans tous ces rôles qui demandent compétences et savoir-faire. Par ailleurs, je pense que leur désir profond d’être considérés comme des stars peut constituer un piège. Gérard Depardieu l’a dit de façon très sincère et peut être très justement lorsqu’il déclarait : « Je ne peux pas, je ne veux pas être une star. On est star parce qu’on le veut, parce qu’on se fabrique, se fige, se tue, s’immole en star. Être star, c’est une passion. Le rôle n’est plus l’écran, mais dans la vie. Moi, je veux pouvoir être dans mes rôles. Acteur. »

FanImanol2Et si Mylène acceptait de collaborer avec vous, referiez-vous un second livre sur elle ?

BV : Bien évidemment. Auparavant, je lui proposerais de rencontrer l’abbé Pierre. Pour lui faire plaisir. En effet, après la diffusion en 1992 d’un reportage d’ « Envoyé spécial » consacré au religieux séjournant alors dans le désert saharien, Farmer avait exprimé le désir de faire sa connaissance. Pour quelles raisons ? Peut-être parce qu’elle pense au fond d’elle-même, comme ce saint homme, qu’ « il ne suffit pas de croire » mais qu’ « il faut aussi devenir croyable »…

Mylène Farmer, une biographie, Bernard Violet, Fayard.

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B. Violet pour Mylène

Posté par francesca7 le 15 janvier 2012

B. Violet pour Mylène dans Mylène dans la PRESSE violet-portraitJournaliste à la télévision pendant onze ans, Bernard Violet est aujourd’hui écrivain-reporter. Il est l’auteur de vingt-cinq ouvrages parmi lesquels le best-seller « Les Mystères Delon » (Flammarion), et de biographies à succès : Cousteau, L’abbé Pierre, Johnny, Mylène Farmer, Deneuve, Depardieu, Jamel Debbouze et Yannick Noah…

Bernard Violet se confie :

Vous avez dédié des biographies à des personnes aussi diverses que Jacques-Yves Cousteau, Jacques Vergès, Alain Delon, Mylène Farmer, Johnny Hallyday, l’Abbé Pierre ou Jamel Debbouze. Pourquoi Jean-Jacques Goldman ?

Parce qu’artiste emblématique de la chanson française, parce que mélodiste super talentueux – pour ne pas dire génial -, parce que l’une des personnalités préférées des Français. Et, enfin, parce qu’entouré d’un apparent mystère.

Vous avez une réputation sulfureuse dans le monde des people, pour avoir dévoilé les parts d’ombre ou les secrets des personnalités auxquelles vous vous êtes intéressé.

Si écrire certaines vérités, c’est être sulfureux, j’admets alors l’être. Mais je vous retourne la question : qu’attendez-vous d’un biographe ? Qu’il se limite à l’histoire officielle qu’imposent les stars à travers des entretiens avec des journalistes triés sur le volet ? Ou bien qu’il tente de brosser le véridique portrait d’un personnage d’exception au-delà de sa légende ?

——————–

MF2000_31a dans Mylène dans la PRESSEJ’ai grandi dans une famille à mi-chemin entre « Dallas » et Zola. Grâce aux sacrifices de ma mère et au soutien de ma famille, j’ai pu faire de longues études. Dans ma promo, j’étais le seul fils d’ouvrier. On peut dire que l’ascenseur social a joué à fond dans mon cas, même s’il m’a souvent fallu prendre les escaliers pour aller un peu plus vite… D’un point de vue professionnel, « Parler d’sa vie » m’a été bénéfique : il m’a permis de développer mes compétences en gestion de projet, notamment.

Après quinze ans d’expériences diverses dans le marketing, essentiellement dans des multinationales et des cabinets de conseil, je travaille depuis 2006 dans une agence web suisse, où je suis en charge des stratégies webmarketing de clients nationaux et internationaux.

Je suis marié depuis 2002, j’ai deux fils (Raphaël, 5 ans, Jérémie, un an).

À combien chiffrez-vous aujourd’hui le nombre de visites sur votre site depuis sa création ?

En période creuse comme c’est le cas actuellement, le site reçoit environ 40’000 visites par mois. Je n’ai plus de statistiques précises avant 2003, mais le nombre de visites totales dépasse en tout cas 5 millions.

Afin d’alimenter votre site, vous avez déclaré au Figaro (22/01/2000) bénéficier de « scoops » recueillis auprès d’informateurs privilégiés. S’agit-il de musiciens, techniciens et autres membres de l’entourage professionnel du chanteur ? Ou bien de membres de sa famille ? Et si oui, lesquels ?

J’ai lu cet article, et je n’en ai absolument aucun souvenir. En fait, je ne me reconnais absolument pas dans les propos. Comme quoi, dix ans font une sacrée différence dans la vie d’un homme.

Confidences de presse au sujet de la sortie de son dernier livre : Titre : Jean-Jacques Goldman – « Un homme bien comme il faut »  27 octobre 2010

Pour écrire à l’auteur : bviolet@noos.fr 

 

 

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Livre Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 8 janvier 2012

 

Livre Mylène Farmer (2e éd.)Livre Mylène Farmer dans Mylène et BIOGRAPHIES livre-mylene-farmer-bernard-violet-2

 

Titre: Mylène Farmer (2e éd.)

AuteurBernard Violet

Édition: J’ai Lu

Type de livre: Biographie

Aspect physique: Livre de poche

Date de parution: 12 Mai 2006

Prix Fnac: 5 €


Mylène Farmer – Biographie de Bernard Violet

violet-portrait dans Mylène et BIOGRAPHIESDeuxième édition (au format de poche cette fois-ci) pour cette biographie non autorisée par la chanteuse. Ce livre est la biographie de Mylène Farmer qui fit parler le plus d’elle… Bernard Violet, journaliste spécialisé dans l’investigation scandaleuse annonce un ouvrage qui révélera tous les secrets de la star. Il ira jusqu’à Pierrefonds interroger des anciens amis de la famille Gautier et même la mère de l’artiste. Mais au final, si on apprend quelques détails ici ou là, c’est surtout d’une biographie traditionnelle dont il s’agit…

  

Présentation de l’éditeur

A partir d’interviews, de diverses déclarations publiques et d’un voyage au Canada, pays de naissance de la chanteuse-comédienne, l’auteur dresse un portrait de cette artiste hors normes qui cultive depuis vingt ans son personnage insaisissable, secret, énigmatique et ambigu. –Ce texte fait référence à lédition Broché .

Biographie de l’auteur

Journaliste pendant onze ans à FR3 et TFI, Bernard Violet est aujourd’hui reporter-écrivain. Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages parmi lesquels : le best-seller Les Mystères Delon (Flammarion) et d’autres biographies à succès : Cousteau, Johnny, le rebelle amoureux et L’Abbé Pierre, parus aux Editions Fayard.

                                                   papillon

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Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 31 décembre 2011

Livre Mylène FarmerMylène Farmer : Une biographie

 

Titre: Mylène Farmer

Auteur: Bernard Violet

Édition: Fayard

Type de livre: Biographie

Date de parution: 10 novembre 2004

Prix Fnac: 19 €

 
 

Mylène Farmer – Biographie de Bernard Violet

 

Ce livre est la biographie de Mylène Farmer qui fit parler le plus d’elle… Bernard Violet, journaliste spécialisé dans l’investigation scandaleuse annonce un ouvrage qui révélera tous les secrets de la star. Il ira jusqu’à Pierrefonds interroger des anciens amis de la famille Gautier et même la mère de l’artiste. Mais au final, si on apprend quelques détails ici ou là, c’est surtout d’une biographie traditionnelle dont il s’agit…

 

Présentation de l’éditeur

A partir d’interviews, de diverses déclarations publiques et d’un voyage au Canada, pays de naissance de la chanteuse-comédienne, l’auteur dresse un portrait de cette artiste hors normes qui cultive depuis vingt ans son personnage insaisissable, secret, énigmatique et ambigu. –Ce texte fait référence à lédition Broché .

Biographie de l’auteur

Journaliste pendant onze ans à FR3 et TFI, Bernard Violet est aujourd’hui reporter-écrivain. Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages parmi lesquels : le best-seller Les Mystères Delon (Flammarion) et d’autres biographies à succès : Cousteau, Johnny, le rebelle amoureux et L’Abbé Pierre, parus aux Editions Fayard.

                                         gifs papillons

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Livres Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 6 novembre 2011

Retrouvez tous les livres liés à l’univers et à l’œuvre de Mylène Farmer. Biographies, Tourographies et livres de photos de Mylène Farmer. Biographies à scandale censurées, référentiels ou biographies éloges retraçant le parcours de Mylène Farmer. Découvrez tous les livres qui vous permettront d’enrichir considérablement vos connaissances sur l’univers complexe de la chanteuse Mylène Farmer.

Livres de photos et biographies de Mylène Farmer

 

Livre D’ombres et de lumières Livres Mylène Farmer dans Mylène et mes BLABLAS MF80_42a

Livre La culture de l’…

Livre Écorchée live

Livre Mylène (2e éd.)

Livre La star aux deux visages

Livre En clair-obscur

Livre Des mots sur nos désirs

Livre Mylène

Livre La libertine

Livre Le culte (2e éd.)

Livre L’intégrale

Livre Référentiel 2008

Livre Le culte

 

Livre L’ultime référentiel

Livre Avant que l’ombre… À…

Livre Phénoménale

Livre Référentiel 2007

Livre Influences

Livre Mylène Farmer (2e éd.)

Livre Belle de scène

Livre La part d’ombre (2e éd.)

Livre Dictionnaire des chansons de…

Livre Le référentiel (MF et vous)

Livre Mylène Farmer de A à Z (4e éd.)

Livre Les années Sygma

Livre Mylène Farmer

Livre Mylène Farmer

Livre Mylène Farmer de A à Z (3e éd.)

Livre De chair et de sang

Livre La naissance du mythe MF80_80a dans Mylène et mes BLABLAS

Livre L’ange rouge

Livre La part d’ombre

Livre Mystérieuse sylphide

Livre Le mystère

Livre L’ange blessé

Livre Lisa Loup et le conteur

Livre Mylène Farmer de A à Z (2e éd.)

Livre Au coeur du mythe

Livre Mylène Farmer de A à Z

 

Livre Picture book

Livre L’album Photo

Livre Mystérieuse Sylphide

Livre Ainsi Soit-Elle

Livre Mylène Farmer


 

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Témoignages pour Bio de Mylène

Posté par francesca7 le 4 septembre 2011

 

 

Si l’année 2004 a brillé par l’absence médiatique de Mylène – hormis dans les pages de la presse people – un grand nombre de Témoignages pour Bio de Mylène  dans Mylène 2003 - 2004 parism11maisons d’éditons en ont profité pour publier plusieurs biographies non officielles de la star. De Jean-Louis Murat à Sophie Tellier, tous se font plaisir de témoigner. Et parmi toutes ces biographies assez inoffensives, une seule semble pourtant faire trembler la star ; celle de Bernard Violet qui affirme avoir percé le vrai-faux mystère Farmer. Pour ce travail, il aurait même réussi à approcher des proches de la chanteuse, dont sa propre mère.

 

-          Malgré l’omerta imposée à son entourage et à ses collaborateurs, j’ai pu interviewe certains témoins privilégiés que je qualifie d’esprits indépendants. Pour l’anecdote, je peux vous préciser que c’est Farmer qui m’a indirectement fourni l’adresse personnelle de sa mère…

 

Mylène n’hésite pas à sortir ses griffes… Il faut dire que la promotion de cette nouvelle biographie joue sur le côté exclusif de certaines informations ou révélations. Aussi apprend-on que Mylène lui aurait envoyé des courriers dissuasifs et menaçants avant de s’offrir les compétences d’un avocat.

 

Dimanche 7 novembre 2004 : alors que Bernard Violet, l’homme à abattre par tous les fans de Mylène, se fait lyncher en direct sur le plateau de On ne peut pas plaire à tout le monde par un Marc-Olivier Fogiel, qui apprécie a priori la chanteuse, l’animateur clôt son émission en annonçant la source sûre qu’une gigantesque tournée est prévue à partir de janvier 2006 !

 

Deux jours après l’émission, le livre de Bernard Violet, intitulé sobrement Mylène Farmer, sort en librairie. Grosse déception, car en plus d’être truffée d’informations erronées et non vérifiées, cette biographie n’offre aucun scoop dans les pages.

 

Après avoir souri durant tous ces derniers mois à la lecture de ces rumeurs, toutes plus folles les unes que les autres, Mylène décide enfin de sortir de sa tanière et tenir une conférence de presse ; sa première en vingt ans de carrière ! Rendez-vous est pris pour 3 décembre 2004 à 18 h 30 pour parler du nouvel album et de ses futurs concerts … finalement, après deux reports, la date est définitivement fixé au 16 décembre 2004 et l’événement se déroulera sans un hôtel parisien.

 

Publié dans Mylène 2003 - 2004 | Pas de Commentaires »

Le Clip de Regrets

Posté par francesca7 le 20 août 2011

Le Clip de Regrets dans Mylène 1991 - 1992 mylene-farmer-regretsCe clip est une production Requiem Publishing et Heathcliff SA. Il dure 6 minutes et 17 secondes. Réalisé par Laurent Boutonnat, la vidéo a été filmée à Budapest en février 1991 pendant deux jours, en même temps que celui de Désenchantée, dans un cimetière juif abandonné, avec un budget de 35 000 euros. Le train qui conduit au cimetière n’a été mis en marche que pour le tournage. Il a été diffusé à la télévision pour la première fois le 9 septembre 1991 sur TF1 dans l’émission Stars 90. Lors d’une interview, Jean-Louis Murat déclara qu’il avait été très surpris par le grand professionnalisme de Laurent Boutonnat.

Au début du clip, un tram s’arrête devant l’entrée d’un cimetière couvert de neige. Jean-Louis Murat sort du tram et entre dans le cimetière. Il passe devant une biche et s’arrête devant une tombe. Lorsqu’il s’assied, Mylène Farmer arrive derrière lui et met ses mains sur ses yeux. Jean-Louis Murat la prend par la main, puis ils courent, rient et se blottissent l’un contre l’autre. Ils s’assoupissent sur une pierre tombale puis se disent au revoir. Jean-Louis Murat reprend le tram et s’en va.

D’après une analyse effectuée par le magazine Instant-Mag, le clip est « la métaphore d’un amour passé et regretté ». Il « montre l’indispensable lien entre deux êtres, ainsi que l’inévitable destin de ce lien : nous pouvons nous attacher à l’autre mais aussi le perdre. »". Avec ce clip, Mylène Farmer  » a atteint la quintessence de l’élégante tristesse que comporte son travail ». D’après cette analyse, le personnage joué par Jean-Louis Murat serait vivant et essaierait de rencontrer le personnage de Mylène Farmer qui serait mort. Le train représenterait la transition entre ces deux mondes. La biche serait le symbole de la féminité et le bouquet de chardons évoquerait le désir d’amour « inconditionnel avec l’autre ». Quant à la neige, elle participerait à l’atmosphère morose de la vidéo et symboliserait « un masque doux mais mortel » qui isole les deux univers. Le biographe Bernard Violet a écrit que Laurent Boutonnat n’a fait que transposer la chanson en ajoutant son esthétique personnelle, dans ce cas un noir et blanc contrasté et surexposé.

Tout ce qui représente la réalité a été filmé à vitesse normale, tandis que tout ce qui décrit le rêve, l’espoir ou le regret, a été filmé au ralenti.

Le clip figure sur le DVD Music Videos I.

 

Publié dans Mylène 1991 - 1992 | Pas de Commentaires »

 

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