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Jeff Dahlgren partenaire de film de Mylène

Posté par francesca7 le 7 mai 2016

 

Il est le partenaire de Mylène dans le film Giorgino. C’est sur le tournage du film que Mylène s’est beaucoup rapprochée de Jeff Dahlgren. Suite à l’échec du film en 1994, Mylène est partie vivre un an à Los Angeles (Etats-Unis) avec Jeff. Notons que le refrain de California (« C’est sexy le ciel de Californie… ») fait référence à des souvenirs visiblement torrides de Mylène avec le bel Américain. Après cette parenthèse californienne, Jeff a été guitariste sur les albums et tournées de Mylène entre 1995 et 2000. Mylène et lui se sont séparés en 1999.

 Blog de Francesca

Le 5 octobre 1994, la France découvre pour la première fois le visage et le jeu d’acteur de Jeff Dahlgren à l’occasion de la sortie sur grand écran du film de Laurent Boutonnat, « Giorgino ». Alors âgé de 29 ans, il y incarne le personnage de Giorgio Volli, un médecin de retour du front en 1918 qui part à la recherche des enfants orphelins dont il s’occupait avant la guerre. L’acteur et musicien revient longuement sur son expérience avec Mylène Farmer et Laurent Boutonnat. Il nous raconte sa rencontre avec le duo, le casting, le froid, les petits incidents qui ont ponctué le tournage mais aussi sa vision du film, vingt ans après sa sortie. Des souvenirs visiblement impérissables…

Quels souvenirs avez-vous de votre première rencontre avec Mylène Farmer et Laurent Boutonnat ?
J’ai été présenté à Mylène à Los Angeles, par une amie commune. A l’époque, elle travaillait sur « Que mon cœur lâche ». Nous avons longuement parlé de musique, de cinéma et de « Giorgino ». Etant donné que j’ai toujours une guitare avec moi, ça a collé immédiatement entre nous, et une longue amitié est née. Alors que j’étais à Los Angeles avec Mylène, j’ai rencontré Laurent, et nous avons, là encore, eu de longues conversations tous les trois. Nous parlions de musique et de cinéma. Nous sommes devenus proches en très peu de temps. Mes souvenirs de ces rencontres sont ceux de deux nouvelles amitiés.

Vous êtes connu comme musicien. Qu’est-ce qui vous a poussé à passer une audition pour un film ?
J’avais étudié le cinéma pendant plusieurs années et tourné dans beaucoup de publicités. J’ai aussi fait de petites apparitions télévisées. La motivation, pour moi, a toujours été présente. Lorsque Laurent m’a demandé si j’étais intéressé pour passer l’audition pour « Giorgino », j’ai immédiatement répondu « Oui ».

Où a-t-elle eu lieu ?
C’était à l’hôtel Château Marmont, à Hollywood.

Et comment s’est-elle déroulée ?
Bien ! Il n’y avait que Laurent et moi. Il n’y avait pas d’équipe en charge du casting. C’est Laurent qui a fait son choix tout seul. Ça a duré environ une heure. A la base, il m’avait donné un monologue extrait de « Giorgino » à lire pour l’audition. Mais lorsque je suis arrivé, nous nous sommes assis et avons commencé à parler. Au final, je n’ai jamais eu à lire le monologue en question ! Lorsque Laurent a allumé la caméra, j’ai simplement parlé de moi.

Avez-vous dû repasser l’audition par la suite ?
Non. Le soir même, j’ai reçu un appel téléphonique de Laurent qui m’informait que j’avais été retenu pour le rôle de Giorgio.

Est-ce que Laurent recherchait quelque chose de particulier pour le personnage de Giorgio Volli ?
Pas nécessairement. Je ne crois pas qu’il recherchait quelqu’un en particulier. Il cherchait plutôt une qualité, celle d’une innocence d’enfant pour le rôle de Giorgio ; et pour mon bonheur, il s’est avéré que j’avais cette qualité.

Savez-vous si Hugh Grant a été casté pour le personnage de Giorgio Volli ?
Il a été fait mention de Hugh Grant mais aussi de Rutger Hauer.

Venons-en au tournage. Combien de temps a-t-il duré en tout, scènes extérieurs et studio comprises ?
Environ quatre mois et demi.

Avez-vous souffert des conditions climatiques lors des scènes extérieurs ?
Absolument ! A certains moments, les conditions météo étaient vraiment beaucoup trop dures pour nous permettre de travailler. Parfois, il faisait tellement froid qu’il m’était difficile de bouger les lèvres. Donc oui, il y a eu un peu de souffrance, mais globalement, c’était plutôt agréable.

Les scènes studio ont-elles été filmées en une seule fois ?
Oui, nous avons tourné toutes les scènes studio en même temps, et avant celles en extérieur. Elles ont été filmées au studio Barrandov en République Tchèque (ex Tchécoslovaquie, ndlr).

Répétiez-vous certaines scènes avec Mylène Farmer avant de les filmer ? Quelqu’un vous guidait-il lors des répétitions ?
Oui, bien sûr, Mylène et moi répétions ensemble. Laurent, quant à lui, nous guidait et décidait de l’emplacement de chacun des acteurs, et nous en discutions en détail tous les trois.

Y a-t-il eu des scènes plus difficiles que d’autres à tourner ?
Oui, le sauvetage de Catherine à Sainte-Lucie. Cette scène a été la plus difficile. La mise ne place des personnages a été plus approfondie et le tournage de la scène très technique. Il s’avérait difficile de réaliser des gros plans durant le tournage à cause des mouvements rapides. Laurent a alors décidé de nous attacher avec une corde, Mylène et moi, afin que la distance focale reste toujours la même. Dans cette scène, j’utilise un revolver et j’ai Catherine dans les bras, tous les gros plans de cette ont été tournés de cette façon. C’est intéressant de filmer une scène très attendue et énergique avec une caméra située à 60 centimètres du visage.

Il semble que l’atmosphère durant le tournage était tendue. Qu’avez-vous ressenti ?
L’atmosphère était tendue lorsque les scènes que nous tournions étaient intenses, ça fait partie du job. Ça n’était pas comme ça tout le temps ! Ce dont je me souviens le plus, c’est que c’était détendu et professionnel. Nous nous sommes beaucoup amusés.

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Et comment était la relation entre Mylène et Laurent ?
Entre Mylène et Laurent, la relation était bonne et amicale.

Vous souvenez-vous d’anecdotes ou de moments particulièrement marquants durant cette période de tournage ?
Oui, j’en ai même plusieurs ! Tout d’abord, j’étais toujours à l’heure sur le tournage ! (Rires)
Lorsque j’attendais entre deux scènes, je sortais Moreno, mon cheval préféré, et je partais me promener avec lui à travers les collines. Une fois, alors que Jean-Pierre Aumont m’aidait à tirer Moreno pour l’amener à la calèche, il s’est cabré et, en retombant, m’a cassé un orteil ! (Rires) Et puis, les weekends, j’empruntais la voiture de quelqu’un de l’équipe à son insu et je partais aussi loin que je le pouvais, parfois même jusqu’en Pologne !

Je me souviens aussi de mon hôtel, à Prague, qui a dû être évacué à trois reprises à cause d’alertes à la bombe. La troisième fois, j’ai mis vingt minutes pour descendre. J’étais habillé bien chaudement car je savais que j’allais attendre plusieurs heures dans le froid. Mais après vingt minutes d’attente, le rez-de-chaussée de l’hôtel a finalement explosé !

Mais la meilleure anecdote est la fois où j’ai eu le hoquet pendant un jour et demi. J’étais donc dans l’incapacité de tourner une scène, mais la production en a profité pour tourner d’autres scènes avec d’autres acteurs. J’avais depuis peu fait la connaissance de Louise Fletcher. Ce jour-là, nous nous sommes croisés dans le hall de l’hôtel. Elle m’a dit qu’elle savait que j’avais un problème, ce à quoi j’ai réussi à répondre « Oui ». Nous nous sommes assis au bar et elle a demandé au barman une tranche de citron, un petit sachet de sucre et de la sauce Worcestershire (sauce anglaise à la saveur aigre-douce, ndlr). Elle a mélangé cette mixture et m’a dit de l’avaler. Tout de suite après, le hoquet avait disparu, et je reprenais le tournage !

Dans quel était d’esprit étiez-vous avant la sortie du film ?
J’étais dans un très bon était d’esprit. Mylène et moi travaillions sur l’album « Anamorphosée » à cette époque-là. C’est à ce moment que la chanson « Tomber 7 fois… » a été initialement composée. C’était moi l’interprète de cette chanson à la base, mais Mylène l’a tellement aimée qu’elle m’a demandé si elle pouvait l’enregistrer pour l’album.

Avez-vous été impliqué dans le montage du film ?
Il arrivait parfois que je donne des conseils par rapport à la sélection des scènes dans lesquelles j’apparaissais. J’étais également souvent avec Laurent quant il composait la bande originale et, là encore, je donnais mon opinion. En dehors de ça, je n’ai pas eu de rôle dans la postproduction.

Avez-vous été déçu que la sortie soit repoussée de plusieurs mois ?
Non pas du tout ! Il m’est difficile de me rappeler les raisons exactes, mais si nous avions sorti le film en temps et en heure, nous aurions eu comme concurrent le film « True Lies ». Pour la petite histoire, le film en sorti en même temps que « Forrest Gump » qui, à l’époque, était le plus rentable de l’histoire.

Qu’avez-vous pensé de la version finale du film ?
Je n’ai jamais regardé le film en entier ! (Rires)

Pensez-vous que le film soit trop long ?
Pourquoi pensez-vous que je ne l’ai pas regardé en entier ? (Rires) C’est plutôt une question qu’il faudrait poser à Laurent. Je pense qu’il a pris le temps dont il avait besoin afin de raconter au mieux l’histoire qu’il avait imaginée. Avec le recul, j’ai le sentiment que le film est bien mieux compris aujourd’hui.

Quelle est votre scène préférée ?
Comme je vous l’ai dit, je n’ai jamais regardé le film dans sa totalité, mais je dois avouer que c’était sympa de mourir. Toutes les scènes à Sainte-Lucie ont été géniales à tourner !

Quelle a été votre réaction quand vous avez lu les critiques négatives de la part de la presse et que vous avez compris que le film était un échec commercial ? Comment ont réagi Mylène et Laurent ?
Ça ne m’a pas affecté car mes critiques à moi étaient positives ! C’est surtout Laurent qui en a pris plein la tête, principalement à cause de la longueur du film, ce qui, pour moi, n’est pas une raison pour le descendre. Ce n’est jamais facile pour personne de gérer ce genre de situation, mais avec du recul, « Giorgino » est en quelque sorte, devenu un succès. Rétrospectivement, j’ai le sentiment qu’il y a eu une meilleure compréhension du film et de sa beauté. « Giorgino » a maintenant une vie à lui…

Avec du recul justement, que pensez-vous de votre jeu d’acteur et de celui de Mylène ?
Je suis fier de ma prestation… enfin, du peu que j’en ai vu ! Et je pense que la prestation de Mylène était bonne également.

Aujourd’hui, que pensez-vous de cette expérience ? Seriez-vous tenté de jouer dans un nouveau film ? Joueriez-vous à nouveau pour Laurent ?
C’était une expérience géniale et j’en garde de très bons souvenirs. Donc oui, je serais prêt à tourner encore et à travailler à nouveau avec Laurent.

Il semblerait que l’échec commercial du film n’ait pas affecté votre relation avec Mylène et Laurent puisque vous avez ensuite collaboré avec eux pour deux albums et deux tournées. Quels souvenirs gardez-vous de ces expériences ?
C’est une question très importante sur laquelle je pourrais écrire un livre entier. Mais pour faire court, cela faisait déjà quatre ans que l’album « L’autre… » était paru et, après la sortie de « Giorgino », Mylène avait besoin d’un album très fort et d’une nouvelle direction artistique. Elle et moi avions déjà passé beaucoup de temps en studio avant « Anamorphosée », donc c’était une continuité naturelle. Mylène aimait le son de ma guitare qui apportait une dimension puissante à sa musique. Après le succès du Tour 1996, les clips vidéo, les singles et le « Live à Bercy », que je travaille pour l’album « Innamoramento » nous a semblé couler de source. J’ai beaucoup de souvenirs fantastiques de cette période, beaucoup de travail, de bon temps, d’amis… et énormément de fans !

Etes-vous toujours en contact avec Mylène et Laurent ?
Oui, Mylène et moi sommes toujours resté en contact. Quant à Laurent, nous avons pas mal échangé mais ça fait un bout de temps que je n’ai pas de ses nouvelles !

Pourquoi n’avez-vous pas continué à votre collaboration avec eux pour les albums suivants ?
Tout simplement parce que je n’étais pas disponible.

Suivez-vous la carrière de Mylène ? Y a-t-il un album ou une chansons que vous appréciez tout particulièrement ?
Oui, je la suis, comme tout le monde, et nous en parlons. Pour moi, son album le plus fort reste « Anamorphosée ». Mais de par mon implication durant l’enregistrement de l’album, et tout particulièrement dans l’écriture de la ligne de guitare de « XXL », je ne suis pas très objectif ! (Rires)

Continuez-vous de jouer avec votre groupe, Jeff Dahlgree/S.T.E.P. ?
J’ai produit, enregistré et mixé onze albums pour divers artistes et je suis actuellement en train de travailler sur mon album qui sortira au printemps prochain. Il y aura quelques singles qui précéderont sa sortie. En ce moment mon groupe Jeff Dahlgren/S.T.E.P. marche très bien et mon single, « California », dépasse mes attentes en termes de rotations radio.

Est-ce que le titre de votre single, « California », est une allusion ou une référence à celui de Mylène ?
Sans commentaire !

Quelle est votre actualité ?
Je produis et je compose. En tant que guitariste professionnel, j’ai joué sur de nombreux albums. Je vais aussi bientôt ouvrir mon site web, jeffdahlgrenmusic.com , grâce auquel je vais débuter, à distance, le mixage et le mastering d’albums d’artistes issus de la scène indépendante. Cela leur permettra de profiter d’une production et d’un son professionnels. Et cela me donnera aussi l’opportunité de travailler avec des artistes français belges et russes. Je travaille beaucoup à distance en ce moment et on m’a beaucoup sollicité. Que ce sot des fans, des musiciens ou des groupes, tous m’ont demandé de mixer pour eux et même de chanter sur leurs compositions. Je vais pouvoir le faire maintenant. J’aime soutenir la scène indépendante. Enfin, grâce au bon retour de mon single « California », j’ai des opportunités pour jouer à Paris et sa région. Ça sera super de vous voir tous là-bas ! En dehors de cela, tout va bien pour moi !

 

Sophie Khairallah et Julien Autier pour Styx Magazine – 2014

 

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La tribune de Pascal Nègre pour Mylène

Posté par francesca7 le 13 avril 2016

 

Né à Saint-Germain en Laye au début des années 60, Pascal Nègre fait rapi­de­ment de la radio et de la musique ses deux grandes passions. Alors que les radios libres boule­versent le paysage média­tique natio­nal en 1981, Pascal Nègre devient anima­teur jusqu’en 1985. Puis, il passe de l’autre côté de la barrière, quit­tant le monde des diffu­seurs pour inté­grer celui de l’in­dus­trie musi­cale, dont il devient rapi­de­ment l’un des acteurs majeurs.

En 1986, il est atta­ché de presse chez BMG, puis passe deux ans plus tard chez Colum­bia Records, cette fois-ci en tant que direc­teur de la promo­tion.  Gravis­sant les éche­lons, il prend ensuite les rênes de PolyG­ram Musique en 1994. De nombreux artistes français lui doivent l’en­vol ou le second souffle de leur carrière : de Florent Pagny à Khaled en passant par Noir Désir ou encore Calo­gero, Pascal Nègre donne dans tous les styles avec un déno­mi­na­teur commun : le flair. 

Lorsque PolyG­ram est racheté par Univer­sal Music France en 1998, Pascal Nègre prend presque natu­rel­le­ment la direc­tion de la nouvelle entité. Dans les années 2000, il monte égale­ment en respon­sa­bi­li­tés au sein d’Uni­ver­sal Music Group Inter­na­tio­nal, deve­nant une réfé­rence dans l’in­dus­trie musi­cale au niveau mondial.

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Pascal Nègre, le PDG d’Universal Music, s’offre une tribune dans le magazine « Télé 7 Jours ». L’occasion d’en apprendre un peu plus sur la chanteuse la mieux payée en 2013, mais aussi l’une des plus secrètes.
 

 Sans titre

 

Les hommages pleuvent en l’honneur de Mylène Farmer, qui a décidé de s’emmurer dans sa tour d’ivoire plutôt que de célébrer ses 30 ans de carrière ce mois-ci. En mars 1984, la chanteuse publiait son premier single « Maman a tort », qui a fait son retour dans le classement des meilleures ventes de titres il y a quelques jours, suite à une campagne de téléchargement massive initiée par ses plus fervents admirateurs. D’autres ont préféré acheter une demi page dans le journal Libération, pour lui adresser un message d’amour et de soutien. Quant à Pascal Nègre, le PDG d’Universal Music, avec qui Mylène Farmer travaille conjointement depuis de nombreuses années, il s’est offert une tribune dans le nouveau numéro du magazine Télé 7 Jours.

« Le doute est pour elle un moteur étonnant »

Commençant par raconter leur première rencontre en 1984, pour une interview, et alors qu’il était animateur radio à l’époque, Pascal Nègre parle d’« une fille très timide », « peu bavarde ». « Je ne lui ai jamais dit que notre première rencontre s’était faite ainsi. Elle le découvrira probablement en lisant ces lignes » ajoute-t-il, avant de révéler quelques anecdotes et des traits méconnus du caractère de la chanteuse. « Mylène est forte et fragile à la fois » lâche-t-il, avant d’expliquer qu’elle est « un personnage complexe, authentique, entre pudeur et rires ». « Et quelle bosseuse ! Elle écrit ses textes et a une oreille incroyable. Le doute est pour elle un moteur étonnant ».

Pascal Nègre se souvient également du sentiment de crainte qui animait les pensées de Mylène Farmer à l’aube de l’ouverture de la billetterie pour son concert au Stade de France en 2009. « Elle est très angoissée, me raconte qu’elle fait des cauchemars : elle monte sur scène et le stade est vide ». Finalement, les places se sont vendues en mois d’une heure ! Mais cette bonne nouvelle n’a visiblement pas suffi à calmer les peurs de la chanteuse, dont les cauchemars ont perduré. « Mon cauchemar maintenant, c’est que je suis sur scène, la salle est pleine, mais personne ne m’écoute » a-t-elle confié à son patron.

« Quand elle donne un spectacle, elle est à fond »

Ventant la discrétion de l’icône et sa volonté de toujours chanter en live, que ce soit « à Bercy ou au Zénith de Caen », Pascal Nègre qualifie Mylène Farmer d’« artiste intacte », qui « sait que rien n’est acquis et qui ne réalise pas totalement son statut de star ». « Elle est unique. Elle trace sa route à sa façon. C’est une personne émouvante, avec cette voix singulière de petit garçon » lâche-t-il, avant de conclure : « Elle est vraie, quoi ». Si elle n’a pas fait escale au Zénith de Caen avec son dernier show « Timeless 2013″, Mylène Farmer s’est produite à La Halle Tony Garnier de Lyon quatre soirs. Des concerts captés qui ont fait l’objet d’un film à découvrir au cinéma le 27 mars et d’un DVD dont la sortie n’est pas encore annoncée.

En savoir plus sur http://www.chartsinfrance.net/Mylene-Farmer/news-91172.html#jKhhKE3XM59xJmgl.99

 

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Tendre et drôle à la fois notre Mylène

Posté par francesca7 le 18 octobre 2015

 

 

      tetuElle derrière un pupitre, Luc Besson à ses côtés. Devant leurs yeux défile une séquence de Arthur et les Minimoys, où l’on aperçoit Sélénia, un personnage de dessin animé aux cheveux roux. Mylène a accepté de prêter sa voix à cette princesse, mais l’art du doublage relève de codes qu’il n’est pas simple d’assimiler du premier coup. Il faut trouver un timbre qui colle parfaitement à l’image, mais aussi synchroniser chaque syllabe avec les mouvements de lèvres du personnage. Le réalisateur est là, attentionné et patient, donnant la réplique à Mylène pour l’entraîner. Elle prononce une phrase, se trompe, éclate de rire parce qu’elle a écorché un mot. Un rire de petite fille facétieuse, de ceux qu’on cache en rentrant la tête dans les épaules, une main sur la bouche. La scène est filmée pour les besoins d’une émission de Michel Drucker.

      Peu de gens le savent : Mylène Farmer a de l’humour. Non seulement elle rit volontiers, et plus souvent qu’on ne l’imagine, mais il lui arrive de faire rire aussi, parfois à ses dépens, ce qui est la preuve d’un sens profond de la dérision. « L’humour, chez elle, est une forme d’élégance, me confie Philippe Séguy. Une manière de rendre le quotidien plus léger. Par exemple, elle ouvre un paquet de fraises Tagada, m’en propose en lâchant : “On va s’empoisonner !” » Au fond, l’humour c’est ce qui nous reste de l’insouciance de l’enfance, la meilleure arme pour désamorcer la gravité du réel. 

      À ses débuts, on sent Mylène très joueuse avec certains animateurs de télévision, prête à entrer dans tous les délires. En 1985, dans « Platine 45 », Jacky en fait les frais. « Je me souviens d’une émission pendant laquelle elle m’embrassait et me laissait des marques de rouge à lèvres partout sur le visage.

Nous avions beaucoup ri en la faisant, elle et moi. » Dans un autre numéro de la même émission, histoire de s’amuser, elle laisse entendre qu’il existerait une idylle entre l’animateur et elle. « Vendredi soir, j’étais dans ton lit », dit-elle à un Jacky plutôt ravi. Lorsqu’elle est amenée à répondre à un journaliste de Charlie Hebdo, elle montre qu’elle peut avoir des formules pleines d’esprit : « Une question m’a toujours tracassée, Dieu rit-il ? Si oui, je comprends très bien pourquoi. »       

 

Sensible au comique de situation, Mylène peut se révéler très spontanée, voire bon public, face à certains imprévus. Dans son esprit, le rire peut d’ailleurs être une réponse appropriée au sérieux lorsqu’il devient trop pesant. Ainsi, durant le tournage du clip de Tristana, le mobilier prévu pour la maison des nains n’a pas été conçu à la bonne échelle. Emmanuel Sorin, le décorateur, en semble particulièrement chagriné. L’équipe fait une pause pour réfléchir à une solution possible. C’est alors que « Mylène s’assoit sur un tabouret qui casse et se retrouve sur les fesses dans un éclat de rire » ! Un incident cocasse qui permet de désamorcer la situation… 

     Les grands timides sont parfois capables de toutes les audaces. Ainsi, bien que mal à l’aise sur les plateaux de télévision, Mylène apparaît, en de rares occasions, très en verve. À la fin des années 1980, face à un Naguy taquin, qui la questionne sur le fait qu’elle garde, depuis plusieurs minutes déjà, la main posée sous le menton, elle répond, imperturbable : « La main reste comme ça. Elle est fixée. »       

Quant à Bernard Montiel qui, manifestement, l’admire, il se mordra les doigts de l’avoir invitée, en 1988, dans son émission « La Une est à vous », dont le principe est de faire voter les téléspectateurs afin de choisir leur programme. Lorsqu’il demande à Mylène quelle série elle aimerait regarder, elle répond :

« Aucune. » Et se fend même d’un commentaire sur le feuilleton Marie Pervenche, avec Danièle Evenou : « C’est consternant. » Montiel rit un peu jaune. 

     Mais sa plus belle saillie à l’antenne, la chanteuse va la lâcher à « Nulle part Ailleurs », sur Canal+, en 1988. L’œil malicieux, Antoine de Caunes, qui cherche manifestement à la déstabiliser, lui lance : « Depuis le début de l’émission, je me pose la question : pourvu qu’elle soit rousse. Pouvez-vous nous le confirmer publiquement ? » Et Mylène de répondre, du tac au tac : « Elle est rousse. » Puis, après un silence, elle ajoute : « En haut. » 

      Par la suite, la chanteuse, ayant décidé de se faire rare, aura de moins en moins l’occasion de s’amuser à l’antenne. Ce qui ne l’empêche pas de conserver intact son sens de l’humour. Interviewée au milieu des années 1990 par Julie Snyder, une Québécoise fantasque, elle semble sensible à l’ironie qui transparaît dans les questions. Quand elle lui dit : « Finalement, vous êtes une petite bi-bite », Mylène reste sans voix. Elle ne comprend pas, mais le mot l’amuse. Elle rit de bon cœur. En 1999, de passage dans le « Hit Machine » de Charly et Lulu, sur M6, pour interpréter Optimistique-moi, elle marche sur la traîne de sa robe et manque de trébucher, ce qui la fait manifestement sourire comme une gamine. 

     fanelo Rire d’elle-même, de ses maladresses, n’est pas exclu. La même année, au côté de Michel Drucker, elle provoque l’hilarité des fans présents dans le studio en bafouillant lorsqu’il s’agit de préciser combien de fois par semaine elle s’entraîne en vue de sa  prochaine tournée. En 2004, durant la conférence de presse annonçant les treize concerts de Bercy, elle commet un lapsus : « Le public me mange toujours. » Se reprend : « Je veux dire, me manque toujours. » Et, constatant la réaction des journalistes présents, éclate de rire. Oui, sans doute, c’est cette peur d’être dévorée par ses fans qui l’intimide à ce point. 

     L’avantage de l’humour, c’est précisément qu’il permet de briser la glace, d’instaurer une forme de communication évitant la fusion que Mylène pressent comme dangereuse. De ce point de vue, les concerts de janvier 2006 sont particulièrement éloquents. Pour la première fois, la chanteuse, d’ordinaire peu loquace, inaugure une forme de dialogue avec le public, grâce au prisme de l’humour. « V chante6zous plus fort que moi ! » clame-t-elle, le 15 janvier, comme un reproche amusé, à la foule déchaînée qui reprend  Désenchantée. Le 21, elle parle d’elle à la troisième personne pour annoncer la fin du quart d’heure des chansons lentes : « Mylène va sécher ses larmes et passer à quelque chose de beaucoup plus gai. » Le lendemain, alors que résonnent les premières notes de Sans contrefaçon, elle lance à la cantonade : « Vous ne la connaissez pas, celle-là, hein ? »

 

     Pour la première fois, durant cette série de concerts, la chanteuse accorde une place à l’improvisation. Parce qu’elle veut ressentir les vibrations de la foule, cette perfectionniste consent à montrer des failles. Certains soirs, par exemple, sans doute à cause de la pression ou de la fatigue, elle se trompe dans les paroles de ses chansons – ainsi elle zappe un couplet de Déshabillez-moi. À plusieurs reprises également, cette fumeuse de cigarettes mentholées est prise de fâcheuses quintes de toux, qui l’obligent parfois à s’interrompre plusieurs minutes. « Ce sont des choses qui arrivent », s’excuse-t-elle au soir du 14 janvier. 

      À travers ces anecdotes, se dresse le portrait d’une autre Mylène, loin de cette star rigide et glacée que certains ont transformée en caricature. « Si je devais résumer Mylène en deux adjectifs, me dit Elsa Trillat, je dirais, aussi surprenant que cela puisse paraître : tendre et drôle. » La photographe a, semble-t-il, gardé un souvenir ému des moments où Mylène venait lui rendre visite chaque jour à l’hôpital, alors qu’elle devait surmonter de graves problèmes de santé. « À ce moment-là, elle s’est comportée comme si elle était un membre de ma famille. Je ne l’oublierai jamais. » 

      Quand elle ne se ferme pas aux autres, paralysée par la méfiance, la chanteuse peut se révéler douce et attentionnée, y compris dans les situations où on ne l’attend pas. Roberto Martocci, danseur recruté pour la tournée 1996, en a fait l’heureuse expérience. Le jour du casting, alors qu’il ne sait pas encore s’il va être choisi, Mylène va lui donner un coup de pouce bienvenu. « Christophe Danchaud, le chorégraphe, entra le premier et nous avons commencé à travailler sur Je t’aime mélancolie. Environ une heure et demie après, Mylène entra silencieusement dans la pièce, dit : “Bonjour !” et jeta un coup d’œil dans ma direction. Le chorégraphe avait du mal à m’apprendre les pas, alors elle s’est approchée et a dit : “Puis-je lui montrer ?” À ce moment-là, l’énergie dégagée par Mylène était vraiment chaude et douce et cela m’a mis à l’aise. Après une heure et demie, elle s’est arrêtée et a rejoint son producteur. Elle a pris ma photo et l’a épinglée avec celles des autres danseurs. »

 

      C’est dans la tendresse, lorsqu’elle se sent en confiance, que la star exerce le plus volontiers son sens de l’humour. À partir de ces petits riens de la vie qui font réagir sa part d’enfance. Au moment du duo La Poupée qui fait non, sa complicité avec Khaled est évidente. « Mylène ? Elle est trop délirante cette fille ! dira le chanteur. On rigole comme des fous quand on se voit tous les deux. » 

      Ses amis proches, Anthony Souchet, le coiffeur John Nollet, ou même la romancière Nathalie Rheims, pourraient sans aucun doute en dire autant. Mais ils demeurent muets et comment ne pas leur donner raison ? L’amitié véritable ne peut se bâtir que sur une exigence de loyauté absolue qui suppose une part de secret. 

      Il y a aussi une cruauté dans l’humour, qui fait partie du plaisir. Lorsqu’un enfant voit un vieillard tomber, il se contrefiche de savoir s’il s’est fait mal, ou pire, si cette chute ne lui sera pas fatale : il ne retient pas son rire. Au détour d’une conversation, il peut arriver à Mylène d’être féroce, d’assassiner un tiers pour le plaisir d’un bon mot, mais la méchanceté ne fait pas partie de son tempérament. C’est un fardeau nuisible, alors qu’elle doit au contraire sans cesse s’alléger pour aller de l’avant. Ceux qui s’intéressent de près aux paroles de ses chansons savent d’ailleurs que son répertoire n’est pas aussi ténébreux qu’il en a l’air. 

      En attestent de nombreux titres réjouissants, qui manient parfois le second degré avec brio. « Pour plaire aux jaloux / Il faut être ignorée », lance Mylène dans Je t’aime mélancolie en guise de pied de nez à ses détracteurs. Dans L’Instant X, raillant la peur millénariste qui s’est emparée de ses contemporains, elle multiplie les images inattendues comme « J’ai un teint de poubelle » ou l’inoubliable « Mon chat qui s’défenestre. » L’album Avant que l’ombre… donne aussi la part belle à l’humour, au travers des chansons Porno Graphique ou L’Amour n’est rien… Dans Point de suture, la légèreté gagne encore du terrain. « La cruauté… c’est laid / La calomnie… c’est laid / L’âpreté… c’est laid / L’infamie… c’est laid », lâche la chanteuse d’une voix grave dans C’est dans l’air, égrenant avec ironie tous les péchés du monde. « Sculpté de bois / Réjouis-moi », chante Mylène dans Sextonik, évoquant ces accessoires du plaisir qui ne connaissent jamais de panne. Il faudrait encore citer l’humour indolent qui traverse Appelle mon numéro, un titre musicalement très réussi. « Le second degré est, me semble-t-il, une hygiène de vie », dit-elle. 

Mylène-Farmer      De même, certains choix scéniques sont manifestement destinés à faire sourire le public. Chanter Déshabillez-moi dans une camisole de force, comme elle le fait en 1989, c’est jouer sur le décalage, un ressort comique. L’immense fauteuil en velours de Libertine, en 1996, ou la balançoire de Dessine-moi un mouton, en 1999, introduisent également une touche de légèreté dans les shows farmeriens. Plus rare dans les clips, l’humour transparaît tout de même nettement dans Que mon cœur lâche, réalisé par Luc Besson, au travers notamment des dialogues épiques entre Dieu et le Christ. « Père, pourquoi ne m’envoyez-vous pas sur Terre ? » demande Jésus. « La dernière fois, c’était une catastrophe », répond le Créateur. « C’est un sourire, une légèreté que je n’avais pas dans mes autres clips  », dira Mylène. Dans les vidéos, peut-être… Mais dans la vie, il y a longtemps que la chanteuse n’engendre pas que la mélancolie.

  

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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On va le payer très cher, ma Chère MYLENE

Posté par francesca7 le 9 septembre 2015

inavouable0
 
      Laurent Boutonnat l’avait pressenti : 
« Nous n’allons pas continuer à faire tout ceci impunément, confie-t-il en 1990.
 Un jour, on va le payer très cher, car nous perdons la conscience de la violence,
 de la noirceur, de la morbidité . » La sanction est venue avec Giorgino, 
implacable et sans appel. Sorti le 5 octobre 1994, le film n’a totalisé que soixante
 mille entrées dans l’Hexagone et a dû quitter l’affiche au bout de deux semaines,
 enterré par une critique assassine. De quoi assombrir le moral du réalisateur pour
 longtemps : profondément affecté, il va se terrer pendant trois ans.
 
      Pourquoi un tel fiasco ? Au-delà de l’évidence, qui veut qu’un échec, au même
 titre qu’un succès, soit toujours un malentendu, la question ne va cesser de hanter
 le duo Farmer/Boutonnat, qui affiche depuis ses débuts un parcours sans faute. 
Auraient-ils perdu en chemin la recette qui a fait leur prospérité ? Ont-ils cru 
à tort qu’ils étaient devenus invincibles ? Pour ces alchimistes dans l’âme, toujours
 prompts à interpréter les signes du destin, il s’agit, en tout cas, d’un avertissement
 cinglant qu’il convient de prendre au sérieux. Une alerte rouge.
 
     Sur le moment, un sentiment d’injustice prédomine. Toutes ces années de travail
 réduites à néant. Pour Laurent, c’est le rêve d’une vie qui s’effondre. 
L’idée originale de Giorgino a germé durant son adolescence et n’a jamais quitté 
son esprit par la suite. Même sa rencontre avec Mylène est l’occasion pour lui de
 donner un visage au personnage de Catherine qu’il a en tête. « Depuis le début, 
Laurent ne pense qu’à son film, explique Christophe Mourthé. Les clips sont des 
prétextes pour pouvoir décrocher de l’argent afin de réaliser une œuvre de plus
 grande envergure. » Bien sûr, la carrière de la chanteuse n’est pas un pis-aller
 pour lui, c’est un projet majeur auquel il consacre toute son énergie. 
 
Mais les clips constituent, en quelque sorte, des courts-métrages expérimentaux.
 En faisant ainsi ses gammes, Boutonnat espère convaincre un producteur de financer
 son film. Son but ? S’imposer dans le septième art, discipline infiniment plus 
noble que la chanson à ses yeux, tout en permettant à Mylène de faire ses débuts 
d’actrice avec un rôle sur-mesure.
 
     Impatient de montrer l’étendue de son talent, désireux de signer un chef-d’œuvre
 dans la lignée des réalisateurs qu’il admire, Polanski, Tarkovski ou David Lean, 
Boutonnat va s’infliger une pression colossale. Des années plus tard, évoquant 
enfin ce sujet sur lequel il est resté si longtemps mutique, il
reconnaît que le projet s’est d’emblée heurté à des obstacles de taille. 
« S’il n’y avait pas cette volonté, cette nécessité à cette période, ce film 
n’aurait jamais dû se faire. Son économie n’était pas rationnelle. »
 
     Dès l’origine, Giorgino porte en lui les germes d’un film maudit. Il ne tient
 en effet que par la volonté d’un homme. Obsession qui l’enferme dans un solipsisme 
périlleux, une forme de paranoïa qui transforme chaque obstacle nouveau en coup du sort.
 Aucun producteur ne veut financer le film ? Qu’à
cela ne tienne, avec l’argent récolté grâce à la carrière de Mylène, Boutonnat investit
 les deniers de sa propre société, Heathcliff, pour régler les deux tiers de la facture
 totale, quatre-vingts millions de francs, Polygram assurant le financement du tiers restant.
 1987-01-a

      Lorsque débute le tournage, le 2 janvier 1993, ce sont les conditions climatiques
 capricieuses qui contrarient le dessein du cinéaste : alors que les premières
 séquences doivent être tournées dans des paysages enneigés, pas un seul flocon
n’est tombé depuis des semaines – ce qui est exceptionnel pour la saison en Slovaquie.
 Le planning doit donc être modifié dans l’urgence. Plus tard, ce sont les températures
 glaciales qui interrompent à nouveau le tournage, faisant souffrir les caméras et 
geler une partie du matériel. Boutonnat joue de malchance, encore. Certes, la situation
 se débloque lorsque la neige se met à tomber, mais ce soulagement 
– ressenti par toute l’équipe – ne va guère dérider l’ambiance générale.
 
      Est-ce le thème du film, histoire sombre d’un médecin qui enquête sur les
 enfants disparus d’un orphelinat durant la Grande Guerre ? Est-ce le froid qui
 glace les esprits ? Même si Mylène ne se plaint jamais des rudes conditions que
 lui impose son rôle, elle ne se sent guère rassurée par son mentor, qui exige 
d’elle toujours davantage. Dès qu’elle le peut, afin d’échapper à une ambiance 
glauque qui ne lui convient pas, la chanteuse s’échappe à Prague et se ressource
 en flânant sur le pont Charles. « Cinquante personnes qui vivent les unes sur les
 autres pendant cinq mois, c’est très révélateur de l’âme humaine. 
 
C’est beaucoup de tricheries, beaucoup de mensonges », confie-t-elle, désabusée.
 Comme si le fait d’avoir surmonté tous ces handicaps ne suffisait pas, 
le distributeur, AMLF, juge le film trop long et repousse sa date de sortie, 
initialement prévue pour le 24 août 1994. Boutonnat se sent frustré dans sa
 toute-puissance de créateur, mais accepte d’amputer son œuvre d’une heure 
– au total Giorgino dure deux heures et cinquante-sept minutes. Entre août 
et octobre, la pression médiatique monte d’un cran. 
 
Mylène et Laurent, qui ne sont manifestement plus à l’unisson, s’acquittent de la
 promotion comme s’ils couraient à l’abattoir. La chanteuse semble apeurée, 
totalement dépourvue d’enthousiasme. « Après les scènes, je n’avais qu’une envie :
 aller me cacher, confie-t-elle. Quand on sort de soi ce que l’on ne s’autorise pas
 à laisser voir dans la vie de tous les jours, il faut un moment pour se reprendre,
 pour ne pas imposer aux autres, une fois le mot “coupez” prononcé, l’indécence de 
ces pulsions secrètes. C’est très fatigant aussi cette extériorisation de soi, 
c’est très violent. » Des propos qui paraissent, avec le recul, plutôt dissuasifs
 pour le public des salles obscures.
 
     Parmi les raisons qui expliquent l’échec de Giorgino, nombreux sont ceux qui
 pensent que sa noirceur excessive a rebuté le public. Mylène elle-même a l’air de
 partager cet avis quand elle confie : « C’est un film noir, très très noir. 
Tout y est vain. » Cette atmosphère lourde était pourtant la consigne de départ, 
comme l’explique Pierre Guffroy, décorateur incontournable du cinéma français à 
qui Boutonnat a fait appel. « Il ne voulait pas une sorte de misérabilisme réaliste,
 il désirait vraiment une atmosphère pourrie. »
 radio-02-b
     Sans doute cet univers oppressant aurait-il été supportable si l’œuvre avait duré 
deux heures au lieu de trois – comme initialement prévu. Mais, sur le tournage, 
le timing des scènes s’est étiré, au grand étonnement de Gilles Laurent, 
le coscénariste, lorsqu’il découvre le résultat final : « J’ai précisément en
 tête une scène calculée à vingt secondes avec Laurent et que j’ai retrouvée à 
une minute dix en projection. » Apparemment, ces excès de durée ont été monnaie
 courante, comme si le réalisateur, ivre de son travail, ne parvenait plus à 
arrêter la caméra. Étienne George, photographe de plateau, partage ce sentiment.
 « Comme Laurent avait fait des clips audacieux que les gens avaient beaucoup aimés,
 il pensait que son film allait être révolutionnaire. Et il a eu du mal à se plier 
à des règles commerciales. Giorgino, c’est comme un long et beau clip, développé 
de façon peut-être déraisonnable. »
 
     Impossible de refaire l’histoire, mais il est certain que certains passages,
 comme l’interminable scène de beuverie au bar du village, auraient manifestement
 gagné à être raccourcis. « S’il avait duré deux heures, le film aurait marché »,
 m’a assuré Bertrand Le Page, entre deux coupes de champagne, en 1995. Alors qu’il
 n’avait aucune raison d’être tendre envers ceux qui l’avaient éconduit, il 
appréciait l’univers décadent de Giorgino, sensible au message qu’avait voulu 
véhiculer Boutonnat, notamment sur la cruauté de l’enfance.      Avec le recul, 
il n’est pas inutile non plus de méditer une réflexion de Gilles Laurent. 
« Au final, Giorgino a peut-être été vidé d’une certaine substance en nourrissant
 d’autres projets annexes, avant même de voir le jour. » Il est vrai que, durant 
le temps où Boutonnat a différé son film, il a donné le meilleur de lui-même pour
 lancer sa muse. Au fond, l’énergie que le réalisateur voulait mettre dans 
Giorgino n’avait-elle déjà été en partie vampirisée par les clips de Mylène ? 
Collaborateur fidèle et consciencieux, qui a participé à l’écriture des vidéos 
de Pourvu qu’elles soient douces et Sans logique, Gilles Laurent sait de quoi 
il parle : Giorgino n’a pu être écrit qu’en pointillé, la chanteuse demeurant 
la priorité absolue.
 
     En cet hiver 1994, Boutonnat a le moral en berne. « J’ai eu assez peur pour
 lui dans les semaines qui ont suivi la sortie de Giorgino, confiera son coscénariste
 des années plus tard. Je me demandais quel homme serait capable d’encaisser toute
 cette haine. Mais Laurent est une force de la nature. » Dans un sursaut d’orgueil,
 le réalisateur fera interdire toute diffusion de son œuvre – seul Canal + pourra
 le programmer, conformément à une clause contractuelle.
 
     Il faudra attendre 2007 pour que le public ait la possibilité de redécouvrir 
Giorgino. Quatorze ans ont été nécessaires pour que Laurent digère cet échec. 
Sans doute le fait qu’il ait tourné entre-temps un autre long-métrage, Jacquou 
le Croquant, qui a réalisé un million d’entrées en France, a-t-il joué comme un 
déclic libérateur. Annoncé par une bande-annonce inédite, sorti avant les fêtes 
de Noël dans un luxueux coffret, dont le visuel montre le joli postérieur de Mylène,
 le DVD a reçu un accueil plutôt bienveillant, comme si la critique, avec le recul,
 percevait enfin les qualités du film. En outre, le style Boutonnat, cette manière
 de filmer peu académique, avec ces ralentis qui semblent dilater le temps, ou ces 
plans rejoués de manière obsessionnelle, n’a pas échappé à la nouvelle génération 
des cinéastes.
Parmi eux, Pascal Laugier n’a pas manqué, en 2004, lors de la sortie de Saint Ange, 
avec Virginie Ledoyen, d’expliquer en quoi Giorgino l’avait inspiré. Conspué à sa 
sortie, le film de Boutonnat pourrait bien, dans deux décennies, devenir culte.
 
     Car malgré ses défauts, ou précisément à cause de ses défauts, Giorgino demeure
 un film envoûtant, injustement cloué au pilori. Certains passages de la bande originale, signée Boutonnat, notamment ceux qui évoquent l’enfance, sont bouleversants. Pierre Guffroy, 
qui a créé les décors, reste un des plus ardents défenseurs de ce conte singulier : 
« Je ne m’en lasse pas. Je trouve Giorgino extraordinaire, un vrai film d’auteur. » 
Quant à Mylène, lorsqu’elle évoque son premier rôle au cinéma dans le bonus du DVD, 
elle ne tarit pas d’éloges sur l’œuvre de son mentor. « Un projet atypique », 
« à la fois onirique, désespéré et si novateur », dit-elle, évoquant « un film 
remarquable, au sens premier : il dérange, mais ne laisse pas indifférent ».
 
Avec le recul, impossible de ne pas penser aussi que Giorgino, film maudit par 
excellence, n’a pas, paradoxalement, renforcé la légende Farmer. Toutes ces anecdotes
 étranges autour du tournage n’ont fait qu’épaissir le mystère de la star. 
Protecteur, comme à son habitude, Boutonnat a d’ailleurs pris soin de ne pas laisser
 sa muse porter seule le film sur ses épaules : son personnage, Catherine, n’apparaît
 qu’au bout de quarante minutes, et c’est Jeff Dahlgren qui est omniprésent à l’écran.
 En outre, sans doute parce que son jeu n’est pas en cause, Mylène, impeccable en 
jeune femme autiste, a été épargnée par la critique.  À l’époque, elle s’en sort 
plutôt bien. Mais si ce n’est pas son échec, c’est un échec tout de même.
 
Jusqu’alors, elle et son mentor se sentaient invincibles. Cette noirceur, ils 
l’ont poussée très loin parce qu’ils étaient convaincus qu’elle répondait aux 
attentes du public. Avec le naufrage de Giorgino, la donne change radicalement.
 Mylène prend conscience que le côté obscur de Laurent, qu’elle partage, peut la
 conduire droit dans le mur. Elle a besoin d’un bain de lumière pour renaître. 
C’est sa seule chance, elle le sait, de survivre.
  
Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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MYLENE veut Occuper le terrain

Posté par francesca7 le 4 septembre 2015

 

 1987-j10

      Elle est si rare aujourd’hui dans les médias qu’on a le sentiment qu’elle ménage ses apparitions depuis toujours. Rien n’est plus faux. À ses débuts, Mylène sait qu’elle n’a pas le choix. Il lui faut obtenir un maximum de diffusions à la radio pour ses singles, multiplier les interviews à la presse et décrocher des passages à la télévision, ce formidable accélérateur de notoriété, sans quoi elle ne pourra jamais sortir du lot. Pour être reconnue, il faut au préalable être connue. Telle est la loi du métier.

      Un homme va être l’artisan de cette percée médiatique : Bertrand Le Page. À l’âge de dix-huit ans, cet autodidacte lettré a quitté Saint-Malo, où il a grandi, pour réussir à Paris. Après avoir renoncé à être chanteur, il rêve de devenir acteur. Puis jette l’éponge : les complexes qu’il nourrit sur son physique paralysent trop ce rouquin de petite taille à l’enfance difficile. Lucide, il comprend que son rôle n’est pas d’être en première ligne. Ce sont les autres qu’il projettera dans la lumière. Après avoir lancé Jackie Quartz, qui cartonne tout l’été 1983 avec Mise au point, sa cote grimpe dans le métier. C’est alors que Boutonnat, croisé quelques années auparavant, lui propose de rejoindre l’écurie Farmer. La chanteuse a besoin d’un manager, Laurent, accaparé par l’artistique, ne peut assurer ce rôle.

Ça tombe bien pour LePage, dont les relations avec Jackie Quartz sont arrivées à un point de non-retour. Il accepte de prendre Mylène sous son aile, moyennant un pourcentage de 25 % sur les bénéfices, via sa société d’éditions musicales.

 

      D’emblée, Mylène est séduite par le personnage. Bertrand est élégant, provocateur et excessif en tout. C’est un affectif qui va mobiliser toute son énergie pour que sa protégée se hisse au sommet. Non seulement il détient un carnet d’adresses dont il va faire profiter la jeune chanteuse, mais il ambitionne aussi de la « coacher » au sens moderne du terme, en lui dispensant des conseils qui dépassent la sphère strictement professionnelle. Comment pourrait-elle devenir une grande artiste si son esprit ne goûte pas les nourritures spirituelles les plus stimulantes ? Très vite, Bertrand devient l’ami intime, une oreille constamment à l’écoute, un confident précieux.

      Féru d’astrologie, domaine qu’il aborde avec un mélange de rigueur scientifique et d’intuition quasi médiumnique, il commence par dresser le thème astral de Mylène. Lui parle avec finesse de son tempérament plutonien qui la rend si proche du Scorpion, bien qu’elle possède le double signe de la Vierge. Un gage de profondeur, de remise en question permanente aussi. Il le pressent déjà, la jeune femme est capable de se mettre en danger. C’est aussi une Uranienne, soucieuse d’exprimer sa différence avec force, ce qui signifie qu’elle est peu disposée à composer. Quant au fait que Vénus se situe dans la maison des épreuves, cela n’augure pas un parcours sentimental semé de roses.

      Bertrand est un être en perpétuelle quête d’intensité. Il lit la presse, dévore les livres, s’intéresse au cinéma, se passionne pour une exposition de peinture. Tout ce qu’il touche s’enflamme aussitôt. C’est lui qui conseille à Mylène la lecture de L’Apprentissage de la ville, de Luc Dietrich. Un roman qui l’a bouleversé et qui, par contagion, va également marquer la chanteuse. Paradoxalement, c’est auprès de cet autodidacte à la culture éclectique que la jeune femme poursuit ses études interrompues trop tôt, en début de terminale.

Consciente de l’impasse où peut conduire sa relation gémellaire avec Laurent, Mylène accorde une place privilégiée à ce manager hors-norme. « Heureusement, il y a Bertrand, dit-elle. On vit pratiquement à trois. Pas simple, mais riche. J’ai toujours su que le trois était le chiffre parfait. » En découvrant ces propos, on ne peut s’empêcher de penser à la triangulation familiale reconstituée. L’équilibre de la jeune femme semble être à ce prix.

      Bertrand lui veut du bien, aussi va-t-elle suivre ses conseils à la lettre. Il sait, elle a tout à apprendre. Malgré son caractère insoumis, Mylène arrive à se montrer docile lorsque son intérêt est en jeu. Alors, oui, son manager la fatigue parfois avec ses coups de fil incessants, dont certains au milieu de la nuit. Avec ses sautes d’humeur aussi, et cette nervosité extrême qui l’électrise, elle qui a tant besoin de lenteur. Mais elle prend sur elle, force sa nature. Une petite voix lui murmure, même quand elle ronge son frein, que Bertrand doit avoir raison. Il a lié sa réussite à celle de Mylène, alors leur alliance est totale :

pour lui, qu’elle devienne une star est une question de vie ou de mort.

 

                                                      **

 1 - AOUT My

      En attendant, Le Page se démène comme un diable pour que la chanteuse débutante puisse interpréter à la télévision Maman a tort, sorti en mars 1984. C’est Michel Drucker qui, le premier, accorde sa chance à Mylène dans « Champs-Élysées » pour sa première émission en prime time. Un coup de pouce qui attire l’attention sur cette débutante aux longs cheveux châtains. De ce jour, alors que sa comptine gentiment licencieuse passe de plus en plus en radio, elle devient l’objet d’une petite curiosité médiatique. De nombreux clichés, libres de droits, sont offerts à la presse. Pas question de se défiler face aux demandes d’interviews qui, grâce au travail ciblé de Bertrand, commencent à tomber. À ce moment- là, le moindre entrefilet est bon à prendre.

      Mylène parle. Elle répond aux questions sans rechigner, et avec le sourire s’il vous plaît. Pourtant, à y regarder de plus près, elle fait déjà entendre sa différence, comme si le jeu d’une promotion formatée ou dictée par d’autres lui était impossible. Ainsi, elle ne manque jamais de dire l’inconfort qu’elle ressent face à un journaliste. « J’ai une sainte horreur des questions et des questionnaires. » Ou encore :

« Je ne suis pas particulièrement à l’aise pour les interviews. On déforme parfois ce que je dis85. » Très vite, au risque de se mettre à dos une partie de la presse, elle condamne le dictaphone. « Je n’aime pas cette petite machine. C’est un viol », lance-t-elle à un confrère de Charlie Hebdo. Dès 1987, d’ailleurs, sûre de ses exigences, elle n’autorisera plus qu’on enregistre ses propos. « Je ne veux pas que ma voix entre dans vos foyers », dira-t-elle à un journaliste médusé.

      Mais n’allons pas croire qu’il s’agisse de sa part d’un caprice. À ses débuts, Mylène montre au contraire une vraie modestie, consciente des défauts qu’il lui faut corriger. « Je voudrais progresser, devenir une artiste à part entière. L’aisance sur scène ou sur un plateau de télé, ça ne s’improvise pas. »

Et d’ajouter : « Je veux rester lucide et ne pas sentir ma tête enfler parce que mon premier titre marche bien. » Pour cela, elle souhaite se donner du temps, s’inscrire dans la durée. « Mes espérances, c’est de créer un style, le style Mylène Farmer, mais c’est un travail de longue haleine. »

     Ce qui frappe encore, c’est le rempart dressé d’emblée entre ce qu’elle offre comme artiste et sa vie personnelle. Contrairement à tant de ses consœurs, qui jettent en pâture à la presse moult anecdotes sur leur quotidien, leurs secrets de beauté ou le menu détaillé de leur petit déjeuner, la chanteuse débutante définit une ligne claire dont elle ne déviera pas. « Je ferai toujours en sorte de préserver ma vie privée.

Rien à voir avec mon métier. Si on y touche, attention je mords  », prévient-elle. Une exigence qu’elle n’hésite pas à justifier : « Il ne faut pas faire de vivisection de l’artiste. Je n’ai pas à ouvrir mon ventre. »

      Son obsession, à l’époque, est d’éviter d’être happée par un tourbillon où elle ne se reconnaîtrait plus. Lui importe d’abord de proposer au public quelque chose d’unique. L’intégrité, encore. « Je n’ai envie de ressembler à personne. Je veux être moi-même. » Ainsi écarte-t-elle toutes les questions relatives à l’air du temps. Pourquoi ne fréquente-t-elle pas les endroits à la mode ? « Je ne veux pas faire comme tout le monde », répond-elle.

     À vingt-trois ans, Mylène fait montre d’une étonnante maturité. Si, pour elle, tout reste encore à prouver, elle sait déjà où elle ne veut surtout pas être entraînée. Le succès, oui. La surexposition qui va avec, non. Être dans la lumière, elle le devine, exige qu’on se protège doublement. Alors, si elle s’acquitte, bon gré mal gré, de ses obligations médiatiques, il lui arrive d’être consternée par une  question sans intérêt ou mal à l’aise dans certaines situations – il n’est pas certain qu’elle ait apprécié le sketch plutôt kitsch qu’elle interprète sur le plateau de « Cocoricocoboy », entourée de l’équipe de Stéphane Collaro. Grâce à Laurent et Bertrand, qui la protègent sans la ménager, Mylène se constitue un cocon. Elle veut rester rassemblée, concentrée. C’est à cette seule condition qu’elle pourra être davantage qu’une étoile filante.

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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INTERVIEW DE Yannik Provost – Tout sur Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 17 juillet 2015

 

 

Mylène Farmer : une grande astronaute en vente sur www.edilivre.com/

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« Une grande astronaute » : c’est dans ces termes que Mylène Farmer aimerait que l’on se souvienne d’elle. Une grande conquérante de l’imaginaire. La seule artiste féminine française à avoir marqué son empreinte sur quatre décennies, passant du métier de mannequin pour publicités à la scène du stade de France vingt-cinq ans plus tard. De nombreux ouvrages lui ont été consacrés, tentant en vain de percer le secret de sa réussite. « On invente ma vie, mes émotions » disait-elle en 2006. Alors pour raconter la carrière de Mylène Farmer, qui de mieux que Mylène Farmer elle-même ?

 

Trente ans de carrière sont retracés dans cet ouvrage, uniquement réalisé à partir de propos de l’artiste puisés dans plus de trois cent cinquante interviews de presse, à la radio ou télévisées, de 1984 à fin 2013.

 

Yannik Provost bonjour ! Votre livre est réalisé à partir des propos de l’artiste, puisés dans plus de trois cent cinquante interviews presse, radio ou télévisées, de 1984 à 2014. On imagine que le travail de recherche a dû être long et laborieux ?

 

Pour réaliser « Mylène Farmer : une grande astronaute », plus de deux ans m’ont été nécessaires. Je me suis beaucoup basé sur le site d’un confrère, Mylene-interviewed.c.la. Woodstock (co-webmaster également de mon site Web Innamoramento.net) y recense l’intégralité des retranscriptions des interviews de la chanteuse depuis 1984. J’ai tout relu, mais j’ai également réécouté et revisionné toutes ses interviews (fichiers vidéos, audio…), pour retrouver le ton des réponses, par exemple.

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Vous précisez que votre livre ne contient ni rumeurs, ni bruits de couloirs. Une volonté de respecter l’artiste et sa vie privée ? 

Plus qu’une volonté, cela découle surtout du principe même de l’ouvrage : ce sont les mots de la chanteuse, ou en tous cas ceux qui nous sont parvenus… avec la déformation possible que l’on connaît pour certaines interviews de presse écrite, des années 80 surtout ! Les journalistes se plaisaient alors à parfois romancer ou exagérer certains propos ! Mais j’ai pris le parti de conserver ces interviews tout de même : déjà, parce qu’il est bien subjectif de juger que tels passages sont exagérés de l’intervieweur, mais également parce que le livre se veut une « image » de l’artiste construite à partir des interviews de 1984 à 2013. Pour que ce soit plus clair : je ne prétends pas qu’il s’agit là d’une autobiographie où tout est vrai, où tout a été dit à 100% par l’artiste de façon certaine ; c’est uniquement une biographie construite à partir de ses interviews, que le journaliste ait exagéré des réponses, ou que Mylène elle-même se soit amusée (et c’est le cas) à inventer des anecdotes, qu’importe, c’est une image que l’on peut avoir de sa carrière et de sa vie par rapports à ses interviews.

 

On sent dans votre avant-propos une grande précaution à préciser que ne voulez pas parler au nom de Mylène Farmer. Pourquoi ? La peur d’être mal compris par les fans dans votre démarche ? Ou là encore une précaution vis-à-vis de la chanteuse ? 

Les deux : je voulais que ma démarche soit claire, bien comprises, que ce soit par le public ou par l’entourage de la chanteuse. Pour évoquer de nouveau ma réponse suivante, évidemment que si on imagine Mylène lire cette biographie, elle rigolerait de beaucoup de passages, ne se souviendrait pas avoir dit ça, ou ne se retrouverait pas dans certains chapitres. J’en reviens au principe du livre : je ne prétends pas avoir écrit une fausse autobiographie de la manière qu’aurait pu le faire la chanteuse pour ses 30 ans de carrière ; je prétends avoir écrit une fausse autobiographie à partir des interviews publiées !

 

D’ailleurs, question inévitable : la chanteuse et/ou son équipe ont-ils été mis au courant de votre livre ? Lui avez-vous envoyé ? 

Au courant oui, mais pour l’envoi ce sera dans quelques jours !

 

Parlons du choix des chapitres ! Comment avez-vous fait pour regrouper les dires de la chanteuse sous des grands thèmes comme « Eléments biographiques », « Carrière », « Métier » et « Personnalité » ? Cela doit-être un véritable casse-tête non ? Comment avez procédé ? 

Un casse-tête, c’est le terme ! Concrètement, j’ai tout relu/réécouté/revu, à chaque réponse je « notais » cela comme allant dans telle catégorie, tel futur chapitre… Certaines parties ont ensuite fusionné, tout a pris un ordre chronologique… Il faut savoir qu’à la base, « Mylène Farmer : une grande astronaute » devait être uniquement axé sur ce que la chanteuse a pu dire pour expliquer ses textes et clips (ce qui correspond au final à la partie « centrale » de l’ouvrage dans la table des matières). Et finalement, j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis dit que ce serait bête de ne pas en profiter pour faire ce travail pour la moindre de ses phrases, que ce soit au sujet de ses goûts cinématographiques ou ses souvenirs d’enfances à regrouper. Je sais pertinemment que des passages du livre peuvent paraître… « lourds » ? Je veux parler de tout ce qui se retrouve par n’être qu’un listing, dans le genre « J’aime tel artiste, et lui, et lui, et je me souviens avoir eu un album d’untel ». Il fallait vraiment ne pas perdre un seul mot, un seul souvenir, donc on retrouve ces espèces de listing ou des passages redondants.

 

L’artiste accorde désormais peu d’interview. On imagine forcément qu’une mise à jour de votre livre est plutôt lointaine ? Elle ne vous facilite pas la tâche sur ce coup-là ! 

Je ne pense pas qu’il y aurait un jour une mise à jour ! Déjà parce qu’effectivement il n’y aura pas beaucoup de « matière » à l’avenir, mais aussi parce que j’aime bien l’idée que le manuscrit se soit arrêté fin 2013, pile pour les trente ans de carrière.

 

Les médias et les biographes se targuent souvent dans leur promotion de vouloir « percer le mystère Farmer » ! Ma question est simple ! Avez-vous réussis à travers les propos de la chanteuse à percer son mystère ? 

D’un point de vue personnel, en tant que fan, réaliser ce livre m’a beaucoup appris ! On a beau avoir déjà tout lu ou tout entendu sur elle, lorsque tout est réuni comme ça, et non perdu à travers des commentaires de journalistes ou au milieu d’autres réponses de l’artiste moins « intéressantes », on peut se concentrer sur l’essentiel. Des anecdotes précises, des rêves qu’elle a racontés avoir fait certaines nuits, des explications sur des paroles de chansons alors même que l’on avait oublié qu’elle ait formulé ces explications un jour…

 

Le succès de la chanteuse ne semble pas vouloir fléchir puisque après les succès en billetterie de sa tournée, du film du concert, le public achète aujourd’hui en masse le DVD Timeless ! Et pourtant elle est quasi muette dans les médias. Comment expliquer ce phénomène ? 

Mylène Farmer l’a défini très bien, dans le titre de la préface du livre photos « Avant que l’ombre… à Bercy » publié en 2006 : c’est « inexplicable » !

 

Votre premier ouvrage sort aux Éditions Edilivre. Qu’est-ce qui vous as convaincu à rejoindre cette maison d’édition ?  

Une fois le manuscrit terminé, dans une première version « courte », il y a plus d’un an, j’ai commencé à l’envoyer à plusieurs maisons d’éditions : des plus connues aux plus petites. Beaucoup de lettres de refus pendant des mois, et puis un jour « Edilivre » m’a répondu, en janvier dernier. Ce n’est pas la parfaite maison d’édition, puisqu’elle imprime les exemplaires à la commande, mais c’est bien mieux que rien ! Sans ça, le livre n’existerait toujours pas à l’heure actuelle. Je reçois même encore aujourd’hui parfois des lettres de refus pour des envois que j’ai pu faire en décembre dernier à des maisons d’éditions…

 

Plus de 4400 « J’aime » sur la page Facebook consacré à votre livre avant même sa sortie. C’est un véritable plébiscite des fans pour ton bouquin. Est-il envisageable, si le succès est au RDV, que votre ouvrage sorte un jour en librairie ? 

 Pas sous cette maison d’édition. Mais si un autre éditeur est intéressé par la suite évidemment… ! Je ne pense pas que le livre sera un grand succès de vente comparé aux autres publiés sur la chanteuse. Et pour cause : le prix ! Edilivre étant basé sur l’impression à la commande, cela engendre un coût assez élevé (surtout pour un pavé de 434 pages au format 170*270). Prix que j’ai tout de même pu arriver à faire réduire juste avant la sortie, malgré les apparences…

 

C’est votre premier livre. Cela-t-il donné envie de réitérer l’expérience ? 

Non ! Je ne suis pas écrivain, c’était uniquement un exercice de style pour celui-ci, un travail que j’aurais pu faire uniquement pour une rubrique de mon site Web. Mais en livre, c’est beaucoup plus lisible et appréciable.

 

Vous reversez directement à l’association Arc-en-ciel, qui réalise les rêves d’enfants hospitalisés, l’intégralité de vos droits d’auteurs. Pourquoi ne pas vouloir récolter le fruit de votre travail ? 

Tout ce que je fais depuis onze ans est à but non lucratif. La publicité que l’on peut parfois voir sur mon site Web ne me sert qu’à financer mes serveurs, ou même investir dans l’achat de documents/photos inédits pour les offrir aux fans de la chanteuse. Pour le livre, c’est dans le même esprit, et après tout je n’ai fait que le composer : ce sont les mots de la chanteuse, ce serait étrange de gagner de l’argent sur ça ! Pour chaque livre commandé via Edilire.com, l’association touchera 20% à la fin de l’année. 

Mylène Farmer s’est elle-même engagée avec cette association il y’a quelques années en rendant visite à des enfants malades dans des hôpitaux. C’est ce qui vous a poussé à choisir cette association plutôt qu’une autre ?  

Effectivement, pousser le concept jusqu’au bout ! Mais aussi parce que j’avais déjà été en contact avec eux l’hiver dernier, lorsque je leur avais versé le surplus de cagnotte pour la publication dans « Libération » que j’avais organisée pour les 30 ans de carrière de l’artiste.

 

En 2003 vous avez créé sous le pseudo « Ptigénie » le site Innamoramento.net qui connait désormais un succès croissant auprès des fans de la chanteuse. Est-il facile de gérer un site web sur Mylène Farmer ? On sait que les fans de la chanteuse sont très exigeant … 

Aujourd’hui, c’est devenu plus facile, puisque je me suis habitué depuis onze ans au « fonctionnement » des fans sur Internet. Je sais pertinemment que quoi que l’on fasse, les statistiques et autres probabilités feront que certains ne seront pas contents ! C’est une règle immuable qui vaut évidemment pour la vie en générale. Parfois je lis des choses sur mon site, ou sur moi, qui peuvent faire mal parce ce sont des choses qui ne me correspondent pas. On parle sans savoir… Je vais prendre un exemple tout bête qui m’a marqué cet hiver : lorsque j’ai organisé la publication de la demi-page dans le quotidien Libération pour les trente ans de carrière, j’ai été contraint de mettre en bas de celle-ci les noms des donateurs ayant participé à hauteur de 100€ à la cagnotte. J’ai alors pu lire sur un forum que j’avais organisé tout cela dans le but égoïste de m’offrir mon propre nom dans un quotidien… Sauf que dès le départ, il était hors de question pour moi d’inscrire mon nom dans cette petite liste. Lorsque la demi-page a été publiée, ces personnes n’étaient pas très prolixes pour faire remarquer que mon nom n’y figurait pas. En règle générale, il est plus facile de spéculer de façon négatives sur des intentions, que d’imaginer un instant que, oui, il est possible de faire des choses « juste comme ça », pour partager une passion. Mais dans la grande majorité, les retours que j’ai sont très sympathiques, sur Facebook, Twitter, par mails… et me donnent envie de continuer à tenir ce site encore longtemps !

 

« Une grande astronaute » : c’est dans ces termes que Mylène Farmer aimerait que l’on se souvienne d’elle. Mais vous Yannik,  avec quels termes aimeriez-vous qu’on l’on souvienne de vous ? 

J’aime bien une citation que j’avais trouvée, en slogan de mon site à une époque : « Une chose n’a de valeur que si elle est peut-être partagée ». On ironise souvent à mon propos pour ce mot, « partage », que j’emploie encore et encore comme un illuminé qui verrait le monde en mode Bisounours, petits papillons et champs de fleurs à perte de vue. On me demande souvent, en privé, si je n’ai pas des fichiers inédits (photos, vidéos…) sur Mylène Farmer qui ne seraient pas sur mon site, et que je pourrais montrer discrètement (c’est bien connu, un secret, c’est une chose que l’on ne dit qu’à une personne à la fois). Je réponds toujours  que tout est sur mon site ! Je n’ai aucun plaisir à garder quelque chose pour moi sur mon PC. Ou, en tout cas, si c’est pendant un temps le cas pour des photos inédites (par exemple) non publiées, c’est qu’elles le seront bientôt et que ce n’est qu’une question de temps, pas de « je garde ça pour moi youhou ». Et l’anniversaire du site, ou la fête de Noël, est toujours une bonne occasion pour publier ce genre de choses ;)

 

Interview réalisée par Rozier Sébastien sur http://www.linstant-interview.com/#!yannik-provost/c6e

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A MILLE LIEUX….. sur Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 14 mars 2015

 

Dans l’actualité autour de Mylène Farmer est sorti depuis quelques semaines l’ouvrage « Mylène Farmer, à mille lieux… » signé Cyril-Xavier Napolitano, qui nous propose de voyager sur les lieux de travail, rencontres et villégiatures de la star.

 

la-couverture-du-livre-mylene-farmer-a-mille-lieux-de-cyril-xavier-10820406qudoj_1713Couverture du Livre A mille Lieux…

Alors que Mylène Farmer vient de sortir son neuvième album, « Monkey Me », l’éditeur Artlust nous propose, en publiant « Mylène Farmer, à mille lieux… », de suivre la star française à travers des lieux qu’elle a fréquentés tout au long de sa carrière, pour des déplacements privés, professionnels ou simplement qui ont marqué sa vie. Une biographie par la géographie écrite par Cyril-Xavier Napolitano, qui nous invite ainsi à  »un pèlerinage sur les traces » de la plus mystérieuse de nos artistes.

 

Dans son ouvrage, véritable guide de voyage avec conseil pour se rendre à la destination, Cyril-Xavier Napolitano décrypte les endroits qu’elle fréquente régulièrement mais aussi des points de chute pour des tournages de clip ou lors de ses tournées. Tout commence évidemment par le début, le Canada, où est née Mylène Farmer, et où elle a grandi jusqu’à l’âge de neuf ans. L’auteur nous transporte ensuite de Ville d’Avray à Saint-Malo, du 9 avenue Montaigne à Paris, adresse de sa première maison de disque, au 18 rue Quincampoix, où elle a habité un temps et où elle avait pour voisine Jackie Quartz.

L’originalité et l’intérêt de l’ouvrage réside notamment dans ces anecdotes distillées ça et là, connues ou pas comme cette fois où Luc Besson l’a invitée à la fin du tournage de son films « Atlantis » afin qu’elle réalise son rêve de marcher sur la banquise. Elle s’improvisera alors photographe pour shooter les enfants inuits fascinés par sa chevelure rousse.

« A mille lieux… » est un outil pour les fans mais pas seulement. Il offre l’avantage d’en savoir un peu plus sur cette star inaccessible et de voir, à travers ses multiples déplacements, une évolution de ses centres d’intérêt géographiques. L’auteur constate avec justesse que si Mylène Farmer adorait jadis le froid et la neige, elle évolue beaucoup plus à présent dans des lieux plus chauds en Corse, à Saint-Barth ou aux Seychelles. Meilleur exemple, le tournage d’un de ses derniers clips, « Lonely Lisa », effecté au coeur du désert du Néguev en Israël.

Mylène Farmer, à mille lieux

Editions Artlust – 19,90 € Disponible à la vente

 

 

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NAGUI Présente MYLENE FARMER sur M6

Posté par francesca7 le 18 octobre 2014

 

Emission  FRÉQUENSTAR du 22 MARS 1989

 « C’est compliqué, le français ! »

1989-02-dNagui reçoit Mylène Farmer sur le plateau de son émission, qui n’a rien à voir, malgré un titre identique, avec l’émission que créera Laurent Boyer peu d’années plus tard. Mylène vient y présenter son nouveau clip, celui de « Sans Logique ». Habillée d’une veste noire, d’un pantalon noir et les cheveux rehaussés en un chignon strict, elle répond également aux questions de Nagui et a sélectionné quelques clips qu’elle souhaitait diffuser dans l’émission. L’ambiance oscille entre tension et bonne humeur, Mylène ayant visiblement parfois du mal avec l’humour de Nagui, et réciproquement, Nagui semble quelques fois désarmé face à Mylène. Il jongle  avec le tutoiement, le vouvoiement mais parvient néanmoins à faire parler Mylène de ses goûts littéraires, musicaux, de son spectacle à venir et même de son appartement !

Nagui : Mylène Farmer, merci d’avoir accepté notre invitation.

Mylène Farmer : Merci (sourire gêné)

N : C’est très gentil à toi, on est très contents, on est heureux comme tout ! La programmation musicale : tu écoutes beaucoup de musique en règle générale, dans ta vie ?

MF : Beaucoup de musiques de films.

N : Beaucoup de musiques de films ? Des bandes originales ?

MF : Oui.

N : Là en ce moment, tu as la tête prise par quelle musique de film ?

MF : Toujours « Mission » (film réalisé par Roland Joffé en 1986, nda). J’ai du mal à en…

N : C’est pas vrai ? Mais pourtant y en a eu d’autres depuis : y a eu « Le Grand Bleu », y a eu «Bagdad Café», y en eu plein !

MF : « Bagdad Café » oui, merveilleuse…

N : C’est bien, hein ? Et tu vas voir les films qui correspondent aux bandes originales ou tu te contentes de la musique ?

MF : Je me contente de la musique parfois, quelquefois j’y vais aussi à cause de la musique.

N : D’accord…

MF : Et quelquefois, le contraire.

N : C’est marrant, y a pas une seule bande originale dans tous les clips que tu as choisi.

MF : Non, parce qu’on a un petit peu trop vu « Bagdad Café ». « Mission », je pense pas que vous l’auriez passé. Si ?

N : Ha ben on se gêne pas pour en passer d’autres, hein !

MF : Ha, je ne savais pas…

N : Ha ben, on le fera la prochaine fois !

MF : D’accord.

N : Ca sera une occasion de revenir (rires). Elle est notre invitée, et par la même occasion on en profite pour vous présenter son clip, qui sera « clip des clips ». Du Mylène Farmer matin midi et soir, pendant une semaine ! Tout ça à la veille d’une tournée dont nous reparlerons tout de suite après ce tout nouveau clip, « Sans Logique ». Elle est pourtant Vierge, hein, elle est pas Taureau, contrairement à ce que vous allez pouvoir voir dans le clip ! (Mylène sourit)

Le clip de « Sans Logique » est diffusé en entier.

N : Voilà. D’où la pochette, vous comprendrez, pour la trace de sang qu’il y a sur le clip de Mylène Farmer, « Sans Logique ». On va en reparler bien sûr de ce clip, d’abord voyez le cadeau que vous allez pouvoir gagner grâce à cette merveilleuse émission que nous vous présentons sous vos yeux ébahis : vous allez pouvoir gagner le compact d’ « Ainsi Soit Je… », l’album; le compact de « Cendres de Lune », l’album; la cassette vidéo des clips volume un; la cassette volume 2 des clips (Nagui bafouille un peu pendant son énumération) et le baladeur avec la cassette de l’album dedans. (On voit tous ces cadeaux à l’écran) Pff, c’est beaucoup de cadeaux, tout ça !

MF : (suite aux bafouillages de Nagui) C’est compliqué, le français !

N : Hein, c’est compliqué, hein ! Surtout pour quelqu’un qui est es forcément né là-dedans ! (Nagui fait à l’évidence référence au fait que sa mère est professeur de français, nda) (Mylène rit)

Nagui revient alors sur le concours de la semaine précédente avant de se tourner à nouveau vers Mylène.

N : On va voir défiler les dates de la tournée. Ca démarre le 18…

MF : Le 18 mai, jusqu’au 25…

N : …mai, ça c’est pour les dates parisiennes. Ensuite y a plein de dates en province et puis comme y avait encore du monde, parce que là c’est déjà complet pour le Palais des Sports, vous avez rajouté une, voire deux dates, à Bercy au mois de décembre pour clore cette tournée. (Mylène acquiesce) Retour à la case départ, ça c’est génial ça !

1989-02-aMF : Oui, c’est formidable.

N : On peut rajouter une troisième date, si ça continue, non ?

MF : Eventuellement…

N : On va pas se gêner pour se faire du bien ! Ca comporte combien de personnes le Palais des Sports ?

MF : Je crois que c’est autour de cinq mille personnes.

N : Cinq mille personnes et y a sept soirs déjà pleins ?

MF : Oui.

N : Bon, ce qui fait déjà deux Bercy à lui tout seul, donc y a aucun problèmes on peut en rajouter, c’est l’équivalent. Alors Mylène, « Sans Logique » c’est un… Moi je suis surpris, on te voit pas nue dans « Sans Logique », c’est bizarre après « Libertine » et « Pourvu qu’elles Soient Douces »…

MF : C’est de la provocation, ça, Nagui !

N : Non je sais pas ! Ben écoute, c’est de la provocation aussi ce que tu fais des fois dans les clips.

MF : Non, le sujet ne se prêtait pas à la nudité, c’est tout.

N : Voilà. Alors en fait, tu as dit souvent dans la presse que le but n’était pas forcément de provoquer mais que s’il y avait certaines scènes qui pouvaient dérouter les gens, c’était parce que ça dépendait plus du sujet que du simple plaisir que de les choquer.

MF : Oui. Moi je n’ai aucun plaisir à me dénuder sur un plateau. C’est assez difficile, même si c’est en équipe réduite, c’est toujours plus difficile…

N : Oui mais enfin on devine que ça va être vu par des millions de gens, aussi…

MF : C’est vrai, mais ça on n’y pense pas. Il y a cette espèce de divorce, comme ça, sur le tournage. C’est pas la même chose…

N : C’est l’artistique distingué du vulgaire, c’est ça ?

MF : Je crois que oui, il y a une espèce d’inconscience, je crois, que de faire ça. Et puis quand bien même, hein ?! (large sourire)

N : Oui : sans contrefaçon, on se fout du qu’en-dira-t-on ! Alors, est-ce que tu as un côté justement inconsciente ou plutôt très, très, très consciente de tout ce qui se passe ?

MF : Je ne sais pas si je suis l’incarnation de la cartésienne, je crois pas, non. Mais je crois que j’ai les pieds en tout cas sur terre, oui.

N : T’as les pieds sur terre, et tu sais complètement ce que tu fais, ce que tu dis : tout est pesé, réfléchi et calculé. Quand tu écris les textes d’une chanson, c’est maîtrisé, dans tous les sens du terme.

MF : Oui, j’essaye en tout cas de les maîtriser. Je crois qu’il y a pas de perfection mais j’essaye d’y accéderN : OK. Alors, encore une fois dans ces fameuses interviews – c’est vrai que tu en donnes pas beaucoup des interviews…

MF : Parce que je ne m’y sens pas très à l’aise, c’est la seule réponse je crois.

N : Là, ça va pas bien ?

MF : Pas très bien, non ! (sourire)

N : Bon on va essayer que ça aille mieux ! Tu me dis, tu me fais un petit signe dès que ça va un tout petit peu mieux ! (rires de Mylène) Y a beaucoup de références dans ce que tu dis à Baudelaire, auquel tu rends un hommage dans « L’Horloge » en mettant en musique avec Laurent…

MF : Y a d’autres auteurs, mais c’est vrai que j’aime beaucoup Baudelaire. J’aime beaucoup…

N : Edgar Poe !

MF : Edgar Poe, c’est vrai.

N : Et Luc Dietrich.

MF : Luc Dietrich. J’aime beaucoup le théâtre de Steinbeck, mais il y en a tant d’autres. Je cite un petit peu, c’est vrai, toujours les mêmes parce que ce sont effectivement des livres de chevet.

N : Bon, et généralement si on prend Baudelaire et Edgar Poe, ils ont des problèmes existentiels. Là, tu as demandé Jacques Brel avec « Ne me quitte pas », ce qui peut aussi être un…

MF : …qui pourrait faire partie de la même famille, certainement, oui. Pour moi, c’est probablement le plus grand interprète, avec Reggiani aussi. J’aime beaucoup Reggiani. Et « Ne me quitte pas », c’est un cri qu’on formule très souvent.

Diffusion d’une séquence d’archive où Jacques Brel interprète « Ne me quitte pas ».

N : Une petite précision : en plus de tous les cadeaux que nous vous avons montré tout à l’heure, vous allez pouvoir gagner également deux invitations pour aller voir Mylène Farmer en concert, que ce soit à Paris ou en province vous pouvez écrire de partout. Et puis concernant – voilà l’affiche – (l’affiche du spectacle apparaît à l’écran) donc ce Palais des Sports, mais y a également les concerts parisiens du Palais Omnisports de Paris Bercy, les places ne seront en vente qu’à partir du mois d’avril.

MF : Oui.

N : C’est ça, hein ?

MF : Paraît-il…

N : Oui d’accord, mois d’avril. Bon alors, à propos de Jacques Brel, et pour revenir à ce côté Baudelaire et Edgar Poe, on a l’impression que par moments tu portes tout le malheur de la Terre sur tes frêles épaules.

MF : C’est lourd, quelques fois !

N : C’est lourd, hein ?!

MF : Moi-même, je suis très frêle et c’est difficile parfois.

N : Mais pourquoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Je veux dire, sans faire de confessions ou de psychanalyse, c’est récent comme tournure d’esprit, ou c’est quelque chose qui a toujours été ancré en toi comme sentiment ?

MF : Je vais dire quelque chose d’autre : c’est pour ça que moi je n’aime pas les interviews parce que je préfère, c’est vrai, dévoiler la nature de mes sentiments dans mes chansons plus que dans les interviews.

Pourquoi avoir toujours besoin de se justifier ?

N : Je parle pas de justification, je demande simplement d’où ça vient.

MF : Je ne sais pas. Y a des personnes, je crois, qui sont plus prédisposées à être heureuses ou malheureuses. J’en sais rien. Je ne dis pas que je suis malheureuse…

N : Ha non, t’as tout pour être heureuse, là !

MF : …je dis que je suis foncièrement lucide, ce qui engendre, je crois, quelquefois des désillusions et quelquefois du bonheur aussi.

N : Y a un inconvénient, j’allais dire, ou un enchaînement tout à fait logique, c’est que ton public s’identifie à tes goûts et à ta manière de voir la vie. On parle de Baudelaire, c’est le spleen, c’est la maladie du siècle, c’est « Les Fleurs du Mal », enfin bon (il s’adresse aux téléspectateurs) lisez Baudelaire, à propos, ça peut toujours vous servir dans la vie !

MF : Parce qu’il y a certainement, effectivement, beaucoup de personnes qui se retrouvent ou dans ces textes, ou dans cet univers musical, ou tout simplement dans cet univers. Je crois pas que toutes les personnes soient très, très heureuses et aujourd’hui je crois que c’est aussi de plus en plus difficile.

N : Et toi, qu’est-ce qui te rend heureuse ?

MF : Votre rencontre, probablement ! (grand sourire)

N : Bon ! Sinon, tu as demandé Depeche Mode. Qu’est-ce qui te séduit ? Le côté anglais, le côté rythmé ?

MF : Je crois que c’est un tout, là aussi. C’est un univers, d’abord, un compositeur qui est formidablement doué et puis des paroles qui sont assez belles, parce que je comprends l’anglais plus que je ne le parle, finalement ! (rires)

Diffusion d’un clip de Depeche Mode.

N : Le monsieur dont nous parlions pour les compositions, c’est Martin Gore, qui est le blond bouclé sur le devant…

MF : …qui est tout petit !

N : Tout petit derrière ses claviers ! L’ambiance dans laquelle tu vis : tu vis dans une ambiance sombre ? Eclairée ? L’appartement, comment ça se passe, l’intimité ? On sait qu’il y a les singes, les fameux singes…

MF : C’est très peu meublé, c’est rouge et noir (rires de Nagui qui visiblement ne peut s’empêcher de penser à Jeanne Mas !), et que dire d’autre ? Y a une très, très grande cheminée qui est très, très belle et j’ai une chambre qui est très, très sombre, qui approche le noir, c’est bleu marine très, très foncé.

N : Ca fait partie des couleurs que tu aimes bien, le noir, le bleu, le rouge… ?

MF : Oui. Le rouge, un petit peu moins.

N : Le rouge sang, peut-être, non ?

MF : La couleur du sang, oui, j’aime beaucoup, mais c’est un rouge très, très foncé, très dense.

N : Ce qu’on a vu dans le clip, le mariage par le sang, ce que des fois on fait quand on est gamin, tu l’as déjà fait ?

MF : C’est quelque chose que j’ai fait quand j’étais toute petite, mais au bout du doigt. Ca faisait moins mal !

Parce que l’entaille, là, était plus profonde ! (elle désigne en souriant sa main en référence à cette séquence du clip)

N : Oui, et puis c’était plus mignon en plus, mais c’était moins visuel donc on a essayé de le mettre dans la paume de la main ! (rires) Tu avais aussi raconté que « Sans Contrefaçon », tu avais déjà fait le côté garçon en mettant un mouchoir dans ton pantalon.

MF : Oui, je n’essaye pas de fabriquer des anecdotes.

N : Mais on va finir par trop bien te connaître, j’allais dire, entre les paroles de chansons et les clips !

MF : Finalement, oui.

N : Pour quelqu’un qui veut préserver sa vie privée…

MF : Je vais peut-être arrêter !

N : De chanter ?

MF : Peut-être ! (sourire)

N : Oh, dis pas ça, tu nous fais du mal ! (rires de Mylène) La déclinaison généralement de ce genre de clips, c’est d’aller un tout petit peu plus loin sur scène. Ca, c’est quelque chose qui a intéressé Thierry Mutin, qui te pose une question.

1989-02-fDiffusion d’une vidéo où Thierry Mutin, chanteur des années 80, s’adresse à Mylène.

Thierry Mutin : Bonjour Mylène. Pour moi, l’univers de tes clips est indissociable de ton image et j’aimerais savoir comment tu vas concilier tes clips et tes chansons sur scène.

N : Ha oui, le décor, l’ambiance…

MF : Je ne sais pas si je vais répondre à cette question, dans la mesure où je ne dévoilerai rien de cette scène. Je peux dire que cette scène sera le reflet certainement de mon univers et celui de Laurent Boutonnat.

N : D’accord. Un tout petit peu XVIIIème siècle sur les bords ?

MF : Non, du tout.

N : Du tout ! (ironiquement) Beaucoup de chevaux… (rires)

MF : (sur le même ton) Beaucoup de chevaux, de femmes nues, on l’a déjà dit ! (sourire)

N : …de femmes nues, du sang, voilà, bref ! Allez-y et emmenez une blouse parce que peut-être qu’il va se passer des choses ! (rires) Tom Waits (acteur et chanteur américain souvent présenté comme maniacodépressif, nda) : alors là c’est, encore une fois, comme Baudelaire, comme Edgar Poe qui était quand même un alcoolique, faut bien le préciser, Tom Waits c’est aussi l’image… Tu es attirée par l’alcool ? Tu es attirée par…?

MF : Je suis séduite par les hommes qui boivent, oui.

N : (interloqué) C’est vrai ?!

MF : Oui, c’est vrai.

N : Bon, ben j’ai aucune chance, écoute ! Alors, le « Downtown Train » (chanson de Tom Waits extraite de son album « Rain Dogs » sorti en août 1985, nda), c’est une ambiance de piano-bar que tu aimes retrouver ?

MF : Moi je connais très, très peu Tom Waits, c’est vrai. Je l’ai découvert au travers d’un clip qu’avait réalisé heu…aidez-moi ! Une photographe… (elle cherche)

N : Une photographe… Bettina Rheims ?

MF : Non, pas Bettina Rheims. Oh, c’est dommage on oublie les noms, c’est terrible…

N : Bon, on va le retrouver pendant le clip, en tout cas !

MF : Je vais réfléchir, oui. Et y a une ambiance qui est assez belle dans ses clips. Et puis il a une très, très belle voix.

Diffusion du clip de Tom Waits

N : (après la diffusion du clip, il se tourne vers Mylène) Tu as retrouvé la photographe ?

MF : Oui, qu’elle me pardonne : c’est Dominique Isserman, qui a beaucoup de talent (elle signera une séance photo avec Mylène pour l’album « Avant que l’Ombre…» en 2005, nda)

N : Je suis sûr qu’elle te pardonne ! (…)

Lancement d’une page de publicité, puis retour plateau.

N : Mylène Farmer, qui prépare ardemment sa scène. Ca veut dire quoi, préparer ardemment la scène ?

Répétitions, musiciens, déjà ?

MF : Pas encore, non.

N : Non ?

MF : Je vais le faire dès début avril. Mais quand même répétitions puisque je réalise les chorégraphies sur la scène. J’ai une jeune fille (Sophie Tellier, nda) qui les apprend pour pouvoir les inculquer aux autres danseurs.

N : Ha d’accord, donc en fait tu apprends à une personne qui après apprend aux autres ?

MF : Oui, parce que pendant ce temps-là, moi je répéterai avec les musiciens.

N : D’accord, donc puisqu’il faut analyser, je commence à comprendre comment il faut faire, donc il faut comprendre qu’il va y avoir des danseuses. Plusieurs danseuses, si y en avait qu’une ou deux, elle aurait appris aux deux en même temps. Non, y aura beaucoup de danseuses. On va y arriver à commencer à savoir quelque chose…

MF : Vous oubliez les danseurs !

N : Les danseurs ? Oui, pardon ! Danseurs qui seront peut-être choristes, aussi de temps en temps, à la fois.

MF : Je ne pense pas, non…

N : Elle ne pense pas. Vous voyez qu’on arrive à avoir des petits renseignements ! Bon, et la mise en forme aussi, parce qu’on a vu aussi plein de reportages chez nos confrères de Télé 7 Jours comme quoi tu courrais avec Rambo (surnom de son coach, Hervé Lewis, nda).

MF : Je n’en ai fait qu’un !

N : De reportage ?

MF : Oui (cf. Télé 7 Jours, 10.12.1988). J’ai effectivement un entraîneur qui s’entraîne avec moi –qui m’entraîne, plutôt- et qui m’apprend à courir, ce qui n’est pas une mince affaire !

N : Ca s’apprend, de courir ?

MF : Oh oui, c’est très difficile de courir bien, oui.

N : C’est pour quoi ? Pour la respiration ?

MF : C’est pour le…aidez-moi…pour la mise en forme…

N : Le souffle ?

MF : …c’est pour le souffle, c’est pour une mise en conditions, tout simplement.

N : Il parait que le plus dur, c’était d’arrêter de fumer. C’est vrai ?

MF : C’est vrai. D’arrêter de boire, aussi !

N : Ha oui ? Enfin, de l’alcool ?

MF : Non, du Coca Cola !

N : (…) Tu as arrêté de boire, plus de sucreries, plus rien ?

MF : Non. De moins en moins, en tout cas.

N : Et tu te présentes pour être Miss France bientôt, avec une forme comme ça ?

MF : Si vous êtes mon cavalier : peut-être !

N : Le cavalier ? Oh, je préférerais faire le cheval, soyons fous ! (rires de Mylène) Alors, voici Daniel Darc avec « La Ville ». Je sais que tu adores Daniel depuis Taxi Girl, tu te sens fan ? Pardon : vous vous sentez fan ?

MF : Fan n’est peut-être pas le mot approprié, j’aime beaucoup…

N : ‘Femme’, peut-être alors, non ?

MF : Non plus ! J’aime beaucoup son univers, j’aime beaucoup cette chanson et…que pourrais-je faire comme relation ? J’ai vu « Birdy » récemment (film de Alan Parker où un homme perturbé par son engagement dans la guerre du Vietnam se prend pour un oiseau, nda) et je trouve que ce pourrait être le personnage de « Birdy », voilà, qui veut voler et qui n’y arrive pas.

Diffusion du clip « La Ville » de Daniel Darc.

N : (…) Mylène, que va-t-il se passer dans les quelques jours qui vont précéder la tournée ? C’est-à-dire une fois que tout sera prêt, est-ce que tu vas te ‘concencrer’ (il bafouille) te concentrer ? ‘Consencrer’, aussi on peut !

MF : Choisissez ! (rires)

N : Je sais pas, ‘concentrer’ je préfère !

MF : …me concentrer…

N : (il reprend) …faire du yoga, te retirer, rester seule dans un coin, enfin je sais pas : qu’est-ce qui se passe, généralement ?

MF : Non…Je ne prépare jamais à l’avance, donc je ne sais pas.

N : Tu sais pas ?

MF : Non. Probablement je continuerai de m’entraîner et puis…et puis, je n’en sais rien.

N : Bon. Cette timidité médiatique, elle existe aussi dans la vie privée ?

MF : Avec mes très proches, non, parce que nous avons enlevé le masque, très certainement.

N : Et la main aussi ? (cette remarque de Nagui vient du fait qu’en répondant Mylène repose sa tête sur sa main)

MF : La main reste toujours, d’ailleurs elle est fixée ! (Mylène fait mine de ne pouvoir décoller sa main de son visage)

N : (…) Pour parler quelques petites secondes de Laurent Boutonnat, parce que c’est quand même la personne qui se cache derrière Mylène Farmer et qui fait plein de trucs : qui fait les musiques, qui fait les clips… Comment on peut le présenter au public, aux téléspectateurs ? Qu’est-ce qu’on peut dire de lui ?

MF : Oh, c’est un homme qui a un physique romantique, c’est un homme qui a ses névroses, qui a, je crois, beaucoup de talent et qui aime particulièrement la musique et le cinéma, je crois, et qui aurait envie et qui va réaliser un premier long-métrage.

N : Avec Mylène Farmer dans le premier rôle ?

MF : Je ne sais pas. (grand sourire)

Nagui revient ensuite sur le concours annoncé en début d’émission et annonce aux téléspectateurs la question : quel artiste Mylène a-t-elle associé dans ses goûts musicaux avec Jacques Brel plus tôt dans l’émission ? On revoit les cadeaux à l’écran et les dates de la tournée défilent à nouveau.

N : Y a plein de concerts, c’est la folie ! Y a combien de jours ou de mois de tournée ? Ca commence en mai, ça finit en décembre ?

MF : Non, ça commence…La salle parisienne (le Palais des Sports, nda), c’est en mai et la tournée en province commence en septembre, octobre, novembre et décembre, ce que vous disiez.

N : A Paris, oui, je peux le redire : décembre, le 8 et le 9, donc au palais Omnisports de Bercy (il s’agit en réalité des 7 et 8 Décembre, comme l’indique le bandeau défilant sur l’écran, nda). Le 12 Décembre, vous serez en concert, vous, Mylène Farmer ?

MF : (regard perdu) Je ne sais plus… (Mylène semble ne pas comprendre le sens de la question, et pour cause puisque Nagui fait erreur)

N : Le 12 décembre, c’est votre anniversaire, faut savoir ! (Nagui se trompe effectivement sur la date d’anniversaire de Mylène, nda) Les anniversaires, ça se fête ! Bon, tant pis !

MF : Oui, je ne comprends pas. C’est difficile de vous suivre !

1989-02-cN : Pas du tout ! C’est moi qui suis peut-être un tout petit peu fouillis ! Un petit commentaire sur Kate Bush, puisque c’est le dernier clip que nous allons voir ? C’est la version anglaise de Mylène Farmer ?

MF : Non, ne dites pas ça ! Non… C’est une chanteuse merveilleuse, elle est douée pour tout : pour la composition, l’écriture, le cinéma…

N : Oui, c’est ce que je voulais dire !

MF : Non, je ne fais sincèrement aucune relation.

N : Bon. Et y a eu déjà beaucoup de propositions, de scénarii pour Mylène Farmer ?

MF : Y en a eu quelques-uns, oui.

N : Qui n’ont pas reçu une réponse positive pour l’instant ?

MF : Non, parce que pour l’instant j’exerce ce métier que j’aime, qui est la chanson.

N : Oui. C’est vrai que si jamais vous ne faites pas de cinéma, ça serait cata pour vous ?

MF : Oui. Oui, oui. Sans parler de reconversion, je crois que ça serait une prolongation, une continuité. En tout cas, quelque chose d’essentiel pour moi.

N : OK. Merci, Mylène. ‘Vous’ avez été très sympa, ‘tu’ reviens quand tu veux !

MF : Je reviendrai ! Merci Nagui. (l’émission ne perdurant pas, Mylène ne pût honorer sa promesse, nda)

N : A bientôt. (Il annonce ensuite les prochains invités de l’émission, au nombre desquels figure Alain Souchon) T’aimes bien Alain Souchon ?

MF : Oui, j’aime bien Alain Souchon.

L’émission se finit sur un clip de Kate Bush.

 

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GRAFFITI HORS SÉRIE avec MYLENE – ÉTÉ 1987

Posté par francesca7 le 13 octobre 2014

 

Mylène Farmer répond à nos questions par téléphone

« Tristana » est votre troisième clip…

1987-09-b

- Il y a eu « Ne plus grandir » (sic), « Libertine » et maintenant « Tristana », réalisés par la même personne :  Laurent Boutonnat.

Vos clips sont davantage des courts-métrages que de simples clips. C’est une volonté de la part de Laurent Boutonnat et de vous-même ?

- C’est d’abord un amour commun avec le réalisateur pour le cinéma. C’est notre propre conception d’une mise en images d’une chanson. On aurait eu plus de temps pour le tournage, ça serait devenu un film, c’est vrai.

Vous vouliez créer un événement en faisant un clip de dix-huit minutes (sic), aussi élaboré, comme pour vos autres clips ?

- L’événement, s’il doit se produire, se produira tout seul. J’espère que ce sera un événement, bien sûr.

Qu’évoque pour vous le prénom « Tristana » ?

- Pour moi, ça évoque tout un univers russe, alors que le prénom est espagnol. Même la chanson évoque pour moi la Russie. C’est pourquoi Laurent Boutonnat a transposé le conte « Blanche-Neige et les sept nains », en Russie. De plus, j’ai appris le russe à l’école, c’était ma seconde langue. C’était déjà une première approche de ce pays. Ce qui m’a aussi permis de parler en russe dans « Tristana ».

Où le clip a-t-il été tourné ?

- On a tourné dans le Vercors en plein mois d’avril dernier. On pensait aller plus loin et on a trouvé ces paysages naturels, ces plateaux enneigés, ces forêts, c’était formidable. Toutes ces séquences en extérieur ont été tournées là et les scènes du palais en studio, bien sûr.

Le tournage n’a pas été trop pénible à cause du froid, de la neige ?

- C’est vrai qu’il y a eu des moments difficiles, notamment sur le plateau enneigé où je suis habillée en blanc et où je tournoie dans le vent. Il faisait très froid et il y avait beaucoup de vent, de plus on a tourné ce plan très tard. Mais c’était passionnant !

On est surpris, dans votre clip de voir des passages en noir et blanc retraçant la Révolution d’octobre, des portraits de Lenine, de Marx.

- Oui, en mêlant ces images en noir et blanc aux images en couleurs, Laurent a voulu faire un ‘doux’ mélange. C’est un clin d’oeil ! Je trouve que c’est une très bonne idée de mélanger ce genre d’images à des images très romantiques, ça crée un contraste.

Comment travaille Laurent Boutonnat sur un tournage ?

- C’est un mélange d’improvisation et de préparation sérieuse. C’est aussi toute une équipe qui se déplace.

Pour ce clip, on était près de quarante personnes, la même équipe que sur « Libertine ». Pour Laurent, c’est à la fois très travaillé et il y a ce que j’appelle le talent d’un réalisateur, c’est-à-dire des choses qui nous échappent un peu quand on est sur un tournage. Alors que pour le réalisateur, c’est très précis dans son esprit. Il y a leur secret aussi…

Par rapport à « Libertine », vous êtes très pudique dans ce clip.

- Oui, on a voulu prendre le contrepied. C’était bien de se vêtir complètement et de ne pas sortir des sentiers battus ! Ca m’a beaucoup amusée de jouer ce personnage très pur !

Parlez-moi des autres personnages du clip…

- Il y a Rasoukine, joué par Vladimir Ivtchenko qui est russe et dont le métier est d’être sculpteur. Les russes sont des gens qui ont une culture très riche et qui ont toute la Russie en eux. Il y a donc deux personnages de nationalité russe ! Le héros, et le moine joué par Sacha Prijovic. Sophie Tellier, qui joue la tsarine, est danseuse. Quand je l’ai rencontrée, je lui ai proposé de jouer dans « Libertine » et ensuite dans « Tristana » (sifflement dans l’appareil, Mylène explique que c’est son petit singe qui appuie sur les touches du téléphone !)

1987-09-aAvez-vous des anecdotes à nous raconter ?

- Oui, une anecdote très sympathique. L’acteur qui joue le paysan, avait tellement le trac qu’avant toutes les scènes difficiles du sous-bois et notamment la scène du baiser, il buvait de la vodka pour surmonter sa pudeur! C’était très émouvant ! D’autant plus qu’il n’est pas acteur !

L’expérience d’actrice vous attire ?

- Oui, énormément. Précisément avec Laurent parce que j’ai travaillé trois fois avec lui. C’est quelque chose qui me tente beaucoup. Peut-être plus tard…

 

un forum pour en parler ensemblehttp://devantsoi.forumgratuit.org/

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Mylène et MON ZÉNITH À MOI

Posté par francesca7 le 13 septembre 2014

 

10 OCTOBRE 1987 Présenté par Michel DENISOT  CANAL +

Sur le générique de début, c’est la tradition l’invité de la semaine écrit le titre de l’émission sur une palette graphique. Ainsi voit-on à l’écran s’écrire « Mon zénith…à moi toute seule » de la main de Mylène, avant qu’elle ne signe.

On découvre ensuite le plateau : deux canapés qui se font face. Sur l’un Michel Denisot, sur l’autre Mylène Farmer, en veste blanche et pull gris, cheveux attachés en train de jouer avec un chimpanzé assis à ses côtés !

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Michel Denisot : Bienvenue à toutes et à tous ! Après Jean-Jacques Beineix et ses fauves, c’est Mylène Farmer et sa chimpanzé qui font leur Zénith ce soir ! Mylène nous expliquera dans quelques instants pourquoi cette passion pour les chimpanzés. D’abord je voudrais rappeler que vous êtes installée dans le show -biz et dans le Top 50 depuis déjà trois ans, avec trois titres, trois succès, qu’on a une image peut-être encore un peu trouble de vous, en tout cas troublante ne serait-ce qu’à cause tous les clips que vous faits, une image assez troublante de Mylène Farmer. (…) Y a eu « Libertine », y a eu « Tristana » et puis vous aviez commencé avec une chanson qui s’appelle « Maman a tort » où vous étiez amoureuse d’une infirmière.

Mylène Farmer : (tout en jouant avec le chimpanzé) Absolument.

MD : Vous entretenez une espèce d’ambiguïté autour de vous ?

MF : Je ne sais pas si je l’entretiens. Je crois que ça fait partie de ma vie, cette ambiguïté, ce paradoxe.

MD : Alors, on commence par vos fantasmes. Votre fantasme c’est quoi ?

MF : C’est tout ce qui est paroissial. C’est vrai que c’est le prêtre !

MD : Le prêtre, c’est un fantasme qui va jusqu’au fantasme sexuel ?!

MF : Oui, ça pourrait aller jusqu’au fantasme sexuel. J’ai eu une éducation religieuse tout à fait normale mais je n’avais de cesse que de séduire le prêtre qui enseignait le catéchisme !

MD : C’est déjà arrivé ?

MF : Ce n’est jamais arrivé, je vous rassure tout de suite ! (rires)

MD : Ca peut arriver ! Ca arrive au cinéma puisqu’il y a une référence cinématographique qu’on va faire d’entrée…

MF : Absolument oui, on a pris « Les diables » de Ken Russel.

MD : « Les diables », où c’est l’histoire d’un prêtre qui a une vie sexuelle assez intense.

MF : Voilà. Ca se passe sous l’Inquisition et c’est un film merveilleux.

MD : Alors on voit un extrait des « Diables » et puis on est allés mener une enquête, on a demandé à deux prêtres, on leur a dit « Voilà, Mylène Farmer rêve de vous ! ». Alors d’abord l’extrait des « Diables » et puis la réaction au fantasme de Mylène Farmer. (rires de Mylène)

Un court extrait du film de Ken Russel « Les diables » est diffusé en VO. Aussitôt après, le père Jean-Louis Vincent et le père Alexis Baquet réagissent au fantasme de Mylène. Le premier élargit la question au rôle du prêtre dans la société moderne tandis que le second prend la chose avec humour et va même jusqu’à proposer un rendez-vous à Mylène ! Petite nuance cependant puisqu’il veut en profiter pour lui parler duChrist, précise-t-il !

MD : Le deuxième vous donne rendez-vous, mais quand même c’est pour vous ramener dans le droit chemin, si je puis dire !

MF : Dans le droit chemin, oui !

MD : Vous pensez quoi de ces réactions ?

MF : Moi je trouve ça plutôt séduisant ! C’est bien de se prêter à ce jeu-là, déjà, à cette interview . Maintenant, ça ne m’empêche de garder, de conserver ce fantasme !

MD : Et c’est un fantasme de petite fille que vous gardez ?

MF : Pas réellement de petite fille. Je crois que j’ai cultivé ça, et c’est vrai que c’est plus maintenant que ça ressurgit. Mais quand il dit (le premier prêtre, ndlr) qu’on est très éloigné de l’Eglise, au contraire : lors du confessionnal on est très, très approché, c’est très intimiste et c’est un moment qui est très proche pour les deux personnes.

MD : C’est très émouvant une confession ? Vous y allez pour le plaisir ?

MF : Moi je vous avoue que je ne me suis confessée qu’une seule fois, et là c’était quand j’étais petite et c’est vrai que j’ai eu un trouble.

MD : Vous n’avez pas envie d’y regoûter ?

MF : Non, pas dans l’immédiat, je vais attendre ! Je vais peut-être aller voir ce monsieur, alors ! (le second prêtre interviewé, ndlr)

MD : En plus, enfin j’y connais pas grand-chose, ils ont l’air bien !

MF : Absolument ! (rires) Mais moi j’aime bien le prêtre version avec l’habit de ville, comme dans « L’exorciste », avec cet habit comme ça, avec le col roulé !

MD : A plastron, costume de clergyman, quoi !

MF : Oui. Davantage, oui ! Parce que la robe, ça, non ça me gêne un petit peu !

MD : Bien ! Alors, l’histoire du singe : vous vivez avec un singe ?

MF : Oui, j’ai un petit singe. C’est un capucin, qui est beaucoup plus petit que celui-ci (elle désigne le chimpanzé à ses côtés) et que j’ai depuis deux ans.

MD : Pourquoi ?

MF : Parce que j’ai une fascination pour cet animal parce que c’est du mimétisme avec nous, c’est fascinant.

MD : Vous avez filmé le singe chez vous. Il est beaucoup plus petit que celui-là, hein ! (gros plan sur le chimpanzé en train de jouer sur le canapé)

MF : Oui, beaucoup plus petit.

MD : Vous lui faites faire tout ce que vous voulez ?

MF : Tout ce que je veux ? Tout ce qu’il veut bien faire !

MD : Oui ?

MF : Oui c’est différent !

Une séquence absolument adorable est alors diffusée. Filmée chez Mylène en cadre serré, on y voit successivement ET dormir repliée sur elle-même, puis boire à même un verre à pied en le tenant dans ses petites mains. ET feuillette ensuite, assise entre les jambes de Mylène, un magazine avant de saisir un stylo, le décapuchonner puis gribouiller sur les pages, encouragée par Mylène. Elle tente ensuite de reprendre le stylo à ET mais celle-ci pousse des cris stridents et Mylène se résigne à lui rendre ! A l’aide d’un petit chiffon, ET se met ensuite à frotter l’une des chaussures de Mylène, puis elle lui donne un téléphone, ce qui permet à ET de jouer avec bonheur avec les touches mais aussi d’être très intrigué quand il entend la tonalité lorsque Mylène lui met l’écouteur à côté de la tête ! Séquence suivante, ET vide une boite d’allumettes sur le sol, en saisit une et la frotte contre le boîtier. Ce qui devait arriver arrive : l’allumette s’embrase, pour la plus grande peur d’ET ! Après une pause câlin, ET joue avec un ours en peluche puis Mylène lui donne un petit biscuit. C’est alors la fin de ce petit reportage maison.

MD : Vous préférez la compagnie des singes à celle des hommes ?

MF : Non, ce serait idiot de dire ça. Mais c’est vrai que je me sens vraiment, j’allais dire, très proche d’eux, vraiment très, très bien avec eux. J’ai une communication qui est très facile avec eux. J’ai le souhait un jour d’élever beaucoup de singes.

MD : Et pourquoi ? Parce que c’est plus facile à manipuler qu’un être humain ?

MF : Non, je crois qu’il faut pas essayer de faire de comparaisons. Simplement parce que j’aime cet animal, que j’ai une fascination vraiment pour cet animal.

MD : Alors vous avez choisi pour la partie musicale –c’est une émission où y a beaucoup de femmes ! (rires de Mylène) Y a qu’un homme qu’on va voir sur un clip, c’est Peter Gabriel tout à l’heure sinon j’ai remarqué, c’est quasiment que des femmes !

MF : C’est contre ma volonté, alors ! J’avoue que j’ai pas du tout…

MD : Ben c’est vous qui avez tout choisi, c’est pas moi !

MF : Oui, absolument mais j’ai pas du tout pensé à ça !

MD : Faut pas que je cherche d’explications à ça !

MF : Non, réellement pas !

MD : Alors les premières à chanter ce sont les Mint Juleps, qu’on commence à bien connaître en France, qu’on a découvert sur Canal déjà l’année dernière dans « Zénith ». Ce sont quatre sœurs et deux copines en fait qui chantent quasiment sans orchestre, et ça c’est assez fascinant. Pour vous, c’est ça la vraie chanson ?

MF : Non, j’ai pas envie de qualifier ça. Moi j’ai découvert cette chanson au travers d’un film publicitaire et j’avoue qu’après je les ai découvertes elles et que je les trouve très, très bien, oui.

2

Diffusion d’une séquence où sur le plateau de l’émission les Mint Juleps chantent « Every Kinda People ».

MD : (…) Vous avez commencé à chanter à quel âge ?

MF : Je vais répondre comme presque tout le monde : sous ma douche certainement très jeune ! Mais réellement, à 22 ans.

MD : Vous avez décidé d’être chanteuse à ce moment-là seulement ?

MF : C’est-à-dire que j’ai eu beaucoup de chance. J’ai rencontré une personne qui m’a proposé cette chanson qui était la première, « Maman a tort », et puis après ma foi, c’est beaucoup de travail et puis…

MD : Sinon vous étiez partie pour faire quoi ?

MF : J’avais très envie, je suivais, moi, des cours de théâtre, donc j’avais très envie de m’orienter vers le cinéma ou le théâtre et parallèlement je suivais beaucoup de cours d’équitation. Donc j’avais cette dualité, je savais pas : peut-être l’équitation, peut-être le théâtre ou le cinéma.

MD : C’est vrai que jusqu’à l’âge de 14 ans on vous prenait souvent pour un garçon ?

MF : Absolument, oui ! Moi j’ai cette réflexion qui est gravée dans ma mémoire, c’était un gardien de l’immeuble

et j’étais allée chercher le courrier et il me demandait comme je m’appelais et j’ai répondu « Mylène » et il m’a dit « C’est très joli Mylène pour un petit garçon » très sérieusement.

MD : D’où le titre peut-être de la prochaine chanson qui va sortir bientôt !

MF : Vous êtes bien renseigné ! (rires)

MD : Qui s’appelle… ?

MF : Ce sera « Sans contrefaçon ».

MD : « Sans contrefaçon, je suis un garçon » !

MF : « Je suis un garçon » (sourire)

Pause publicitaire.

MD : (…) On va commencer avec les images d’actualité que vous avez choisies. Ce sont des images, je préviens tout de suite tout le monde, qui sont très, très dures. Pourquoi ces images très dures ?

MF : Parce que j’aime la violence.

MD : Vous aimez la dénoncer ou vous aimez la regarder ?

MF : J’aime la regarder.

MD : Vraiment ?

MF : J’ai, je dirais pas un plaisir sadique, mais c’est presque ça. J’ai une complaisance dans la violence, dans les images de mort presque, oui.

MD : Alors, là ce sont des images extraites d’un document d’Amnesty International, je crois. Ce sont des exécutions : on va voir des corps coupés. C’est troublant, ce que vous nous dites ! (alors que sont diffusées des images où l’on voit des hommes sur une potence : on les cagoule, puis ils sont pendus) C’est un plaisir que vous avez à regarder ça ?

MF : (par-dessus des images où l’on voit un cadavre puis une tête coupée jetés dans une fosse commune) C’est-à-dire qu’il faut faire attention à dire des choses comme ça mais c’est vrai que je dis que ce sont, moi, des images qui m’attire. C’est des choses bouleversantes, oui. Là on a vu des pendus, par exemple, j’ai toujours pensé qu’un jour je mourrai pendue. Ca, depuis très longtemps la pendaison me fascine aussi.

MD : (alors qu’on voit à l’image la photo d’un homme exécutant un autre homme au revolver) Et là, celui-là c’est une exécution…

MF : Ca c’est une image, c’est dommage qu’elle soit statique parce que j’aurais bien aimé avoir le reportage parce que c’est l’appréhension de la mort, y a toute cette approche, y a cette personne qui va tirer…Enfin ça suscite plein de réflexions, c’est assez étonnant. J’aime bien voir ça.

MD : Mais vous êtes attirée par ça ? La mort vous attire, vous excite ?

MF : Je suis attirée…Je crois qu’il y a une forme d’excitation, certainement. Moi j’ai très, très peur de la maladie mais de la mort, beaucoup moins. Et pendant ce temps-là Cheeta est en train de me mordre très fort les doigts ! (en effet, le chimpanzé a la main de Mylène dans sa bouche. Celle-ci se retire d’un geste brusque en faisant une grimace de douleur)

MD : Ouh lala ! Bon, on va la garder encore quelques instants et puis on va la libérer à son tour parce que pour elle c’est pas marrant…

MF : Oui…

MD : Alors les photos personnelles que vous avez apporté : on va vous voir enfant. Votre enfance, vous l’avez passée où ?

MF : Je l’ai passée essentiellement à Montréal, au Canada. Et puis après, une vie…

MD : (alors qu’on voit à l’image la photo de Mylène bébé, étendue sur le ventre) Alors ça, voilà ! On vous voit enfin nue ! (rires de Mylène) (d’autres photos de Mylène bébé) C’était la première fois, parce qu’on vous a vue nue dans les clips, aussi, ensuite ! Vous aimez vous montrer ?

MF : Ben ça encore, c’est un paradoxe. J’aime me montrer… (apparaît à l’image une photo de vacances montrant Mylène et Laurent Boutonnat, suivi d’une image blanche)

MD : (il l’interrompt) (…) Une photo toute blanche, pourquoi ?

MF : Toute blanche parce que je voulais faire une trilogie, c’est-à-dire que c’était moi enfant, moi la rencontre de Laurent Boutonnat, qui est mon producteur et compositeur, et puis l’avenir…

MD : L’avenir est en blanc ?

MF : L’avenir est en blanc pour l’instant.

MD : Vous aimez vivre comme ça dans l’incertitude ? Vous n’aimez pas par exemple dire « Ma vie, ma voie est tracée, ma vie personnelle je sais comment ce sera » ?

MF : Oui, je crois que je préfère cette incertitude.

MD : Totalement ?

MF : Oui. Oui, oui.

MD : Vous avez envie de vous mettre en danger ?

MF : Je suis quelqu’un du danger. Je n’aime pas les choses faciles. J’aime les rencontres difficiles, les personnalités difficiles. C’est vrai que la facilité ne m’intéresse pas, ne m’attire pas du tout.

MD : Vous avez choisi Basia…

MF : Oui !

MD : Qui est un bon choix aussi !

MF : J’aime beaucoup cette femme.

MD : Une autre femme, et j’allais dire une étrangère : c’est vrai que vous avez pas fait de choix français ! Vous n’aimez pas la chanson française ?

MF : Pas du tout, c’est-à-dire que moi j’avais demandé deux, trois personnes et ces personnes-là maintenant y a beaucoup de décisions promotionnelles…

MD : Et ça collait pas ?

MF : …et ça collait pas.

MD : C’était qui ? On peut le dire !

MF : Oui, bien sûr ! Moi j’aime beaucoup, et je l’ai toujours dit, Jacques Dutronc. J’adore son univers.

MD : Un album qui sort bientôt !

MF : Voilà, et il a pas pu venir. J’ai demandé également Taxi Girl, qui sort un 45 tours. C’est quelqu’un que j’aime bien. Et la troisième personne, j’avoue que j’oublie !

MD : Et donc on va écouter Basia que vous aimez bien.

MF : Que j’aime beaucoup, oui. C’est quelqu’un qui a beaucoup de classe. Une femme qui est très belle et puis qui chante très, très bien.

MD : Vous aimez le style un petit peu jazzy ?

MF : Avec elle, oui !

MD : Votre nouvel album, puisque vous préparez un album, y a un simple (« Sans contrefaçon », ndlr) qui va sortir donc…

MF : Fin octobre, début novembre (1987, ndlr)

MD : Et l’album sortira en janvier.

MF : Et puis l’album, janvier. (l’album « Ainsi soit-je… » sortira finalement le 14 mars 1988, ndlr)

MD : Avec une autre couleur ? Vous aimez cassez les images ?

MF : Je pense que oui, c’est très bien pour un artiste. Et puis moi, j’ai besoin de ça.

MD : Alors on écoute Basia, qui est l’invitée de Mylène Farmer : « New day for you ».

Sur le plateau de l’émission, la chanteuse Basia interprète son titre.

MD : Alors, la mode c’est quelque chose qui vous touche mais je sais que là aussi, vous n’aimez pas la facilité, vous ne vous habillez pas systématiquement chez quelqu’un de la tête aux pieds. On vous identifie quasiment, même dans certaines émissions si vous commencez une chanson de dos, ce qui était le cas récemment, on vous reconnaît tout de suite, je sais pas à quoi ça tient ! Au début, je crois, vous vous habilliez un petit peu avec Kate Barry, c’est ça ?

MF : Absolument, oui.

MD : Qui est la fille de Jane Birkin, que vous aviez rencontrée et puis vous étiez habillée par elle et puis maintenant vous avez un autre…

MF : Je dois être très infidèle mais là j’ai rencontré donc Faycal Amor…

MD : Qui est un nouveau styliste marocain, qui est né à Tanger…

MF : Oui et qui est quelqu’un qui occulte un peu le star-system pour l’instant.

MD : C’est la première fois qu’on parle de lui peut-être dans une émission.

MF : Oui peut-être, oui ! J’aime beaucoup. Sa collection, c’est intitulé « Les enfants terribles » donc ce n’est pas pour me déplaire, et que dire d’autre ?

MD : Alors vous avez conçu, parce que vous avez beaucoup travaillé sur cette émission, vous avez conçu la mise en scène de la mode qu’on va voir maintenant de Faycal Amor.

MF : Oui.

MD : Et on vous retrouve en train de feuilleter un bouquin. Tournage qui a été fait sur ce plateau immense.

MF : Absolument, oui. On a repris les pneus des photos (rires)

MD : Et les modèles sont sur le livre et sur le plateau. Les voici.

Diffusion d’une séquence où l’on voit en effet Mylène assise sur une pile de pneus en train de feuilleter un livre de mode, puis présentation des modèles.

MF : Je sais pas si vous reconnaissez la musique, c’est « Pinocchio » ! (rires) (chanson « When you wish upon a star » du film de Walt Disney, ndlr) Je crois qu’on pourrait résumer sa collection par la sobriété raffinée, voilà !

MD : C’est tout ce que vous aimez aujourd’hui ?

MF : C’est tout ce que j’aime oui. J’aime la sobriété, j’aime le raffinement.

MD : Voilà les modèles de Faycal Amor, donc qui est un couturier qui démarre. Il est installé à Paris ?

MF : Oui ! Il a une autre marque qui s’appelle « Plein Sud » qui est peut-être plus connue des gens, probablement oui. Et puis donc « Faycal Amor » qui est une signature plus haute couture.

MD : Vous aimez, parce que pour l’instant on peut dire que c’est un couturier un petit peu marginal il  a  pas une grande notoriété et puis vous disiez qu’il fuyait un petit peu le star-system…

MF : Absolument, oui.

MD : …sauf aujourd’hui avec vous ! Mais vous aimez tout ça, vous aimez aller fouiner, découvrir des choses qui ne sont pas évidentes ?

MF : J’aime bien quelque fois aller vers les gens, oui, même si je suis plus fascinée comme vous disiez par les singes ! Quelquefois j’aime bien découvrir l’univers des gens !

MD : Et à Paris quand vous sortez, vous allez dans des lieux où tout le monde va ?

MF : Jamais ! Je sors très, très peu. Je suis plutôt casanière, j’aime bien me protéger et rester dans un milieu clos.

MD : C’est comment chez vous ? C’est noir ? C’est blanc ?

MF : J’ai une chambre qui est, c’est une révélation, une chambre qui est noire. On dirait presque un tombeau parce que c’est très bas de plafond, et tous les murs et le plafond sont noirs.

MD : Comme Dutronc et Françoise Hardy ! Chez eux tout est noir.

MF : C’est ça, oui !

MD : Et vous vivez bouclée chez vous ? Vous mettez le verrou ?

MF : Oui !

MD : Vous avez envie de vivre comme ça, j’allais dire quasiment dans une prison ?

MF : C’est-à-dire c’est pas une envie, c’est une défense parce que je me sens assez mal quand j’évolue dans la rue.

MD : Vous faites quand même du spectacle !

MF : Et pourtant je fais un métier public. Mais c’est le paradoxe. Je l’accepte !

Nouvelle pause publicitaire.

MD : Dans « Mon zénith à moi », vous le savez, on donne chaque semaine à l’invité une caméra et l’invité filme ce qu’il veut. Souvent les artistes se filment eux-mêmes, je ne sais pas pourquoi, et vous Mylène Farmer vous avez fait un autre choix : vous êtes allée à Garches, à l’hôpital où sont les enfants accidentés de la route, et…

MF : Pas essentiellement. Y a des maladies génétiques, y a de tout mais c’est vrai que ce sont essentiellement des enfants, par contre.

MD : Vous y êtes allé parce que je crois, quand vous aviez 10, 11 ans vous faisiez des visites comme ça.  

MF : C’est vrai. Tous les dimanches, moi pour essayer d’échapper à ce dimanche, parce que je hais les dimanches, j’allais fréquemment à l’hôpital de Garches pour rencontrer ces enfants parce que je me sentais bien.

MD : Alors on va retrouver dans ce film qui a été fait par Mylène Farmer une petite fille de 11 ans qui ressemble un peu à Mylène. C’était elle quand elle avait 11 ans, voilà ce qu’elle faisait le dimanche. C’est un très beau document.

Diffusion d’un petit film réalisé par Mylène. Il s’ouvre sur un plan de la façade de l’hôpital de Garches. On voit une petite fille rousse, les cheveux attachés avec un nœud similaire à celui de Mylène, gravir les marches et s’engouffrer à l’intérieur. Une infirmière accueille la petite fille puis celle-ci pénètre dans un couloir. Filmé ensuite en caméra subjective, on découvre une chambre, un lit. La petite fille saisit un verre de lait. Elle est ensuite face à une autre petite fille, malade celle-ci, en train de se livrer à des exercices de rééducation. La petite fille malade parle, raconte des anecdotes, des souvenirs, des rêves…Le verre de lait tombe et se brise sur le sol. La petite fille malade est soulevée par un infirmier. Elle salue la caméra. Elle est ensuite placée dans son fauteuil et échange un câlin avec une jeune femme rousse de dos, les cheveux retenus par un nœud noir. La petite fille du début est devenue adulte. Mylène.

MD : Qu’avez-vous ressenti en retournant comme ça, quelques années après ?

MF : C’est très émouvant. Je crois que je n’ai pas du tout trahi mon souvenir. J’ai eu le même plaisir de retrouver ces enfants, la même pudeur aussi parce que rentrer dans leurs univers, c’est assez difficile, il faut pas les brusquer. Et puis j’ai surtout rencontré une petite fille formidable, qui est la petite fille brune (dans le petit film, ndlr) qui est Eléonore et qui a une maladie qui a un nom paradoxalement aussi beau pour la maladie, qui s’appelle la maladie des os de verre et donc qui est extrêmement fragilisée : elle peut se fracturer quotidiennement les os.

MD : Pour la partie humour de cette émission, et là c’est pas facile d’enchaîner, vous avez choisi Zouc. C’est un thème de l’enfance, aussi, du prochain spectacle de Zouc.

MF : Ce n’est pas que l’humour, Zouc. C’est proche de tout ce que j’ai essayé moi de montrer au travers de ce début d’émission. C’est quelqu’un que j’aime vraiment beaucoup, oui.

Diffusion d’un extrait d’un sketch de Zouc. Au retour plateau, celle-ci a pris place aux côtés de Mylène.

4MD : (à Zouc) L’autre jour, je vous ai vue dans une émission où vous ne parliez pas au présentateur ! Vous aviez un problème de voix ?!

Zouc : Moi j’ai fait ça ?! (rires de Zouc et Mylène)

MD : On va pas y revenir ! Vous n’aimez pas trop les interview s ?

Zouc : Si ! Si, si… C’est des fois difficile, hein.

MF : Très difficile !

Zouc : (à Mylène) On est très sœurs, à un endroit…

MF : J’ai l’impression, oui. J’aime, j’adore l’univers de Zouc. Moi si j’avais une définition, c’est quelqu’un qui ale geste, la voix et surtout le silence. C’est pour moi un personnage de Bergman, et Dieu sait si j’aime le cinéma de Bergman. Voilà, je ne sais pas si c’est un compliment pour vous, mais…J’aime vraiment beaucoup cette femme.

MD : (à Zouc) (…) Est-ce que vous êtes proche de l’univers de Mylène Farmer ? Parce qu’on a découvert plein de choses, enfin je pense que peu de gens s’imaginaient tout ça !

Zouc : La fascination (…), cette attirance pour une chose qui fait peur et en même temps on peut pas s’empêcher…Moi j’ai fait la même chose à mon arrivée à Paris : je voyais toujours les ambulances (…) qui passaient comme ça, je trouvais terrible de voir une action mais de pas voir l’autre côté.

MD : Vous vouliez voir ce qu’il y avait dans l’ambulance ?!

Zouc : Oui et moi je suis allée au Samu et je les ai suivi pendant très longtemps et un jour, j’ai plus pu.

MF : Moi y a quelque chose, j’ai lu le livre de Zouc –que Cheeta m’a complètement déchiré (rires)- et qui est vraiment formidable, je l’ai lu en une heure de temps. J’ai pris en exergue une petite phrase qui relate de son enfance, et elle dit « Je ne voulais pas être un chou, je ne voulais pas être ici. Est-ce qu’il y a quelque chose pour moi ? », c’est à peu près ça. Et moi j’ai eu aussi ce sentiment durant mon enfance, c’est-à-dire je cherchais vainement un lieu où je pouvais me blottir.

MD : Un lieu ou une identité ?

MF : Plutôt un lieu, et peut-être l’identité qui vient après.

Zouc : Un endroit où on vous laisse tranquille ?

MF : Oui, c’est ça. Un cocon, quelque chose où on peut se recueillir.

MD : (…) Vous avez fait un autre choix qui concerne l’univers des enfants, c’est « Bambi ». Mais vous n’avez pas choisi un extrait gai, non plus !

MF : Non, c’est vrai. Là, ce qui m’étonnait, d’abord je pense et je trouve personnellement que c’est le plus beau film de Walt Disney, que c’est certainement le film que je verrai le plus de fois dans ma vie, que là c’est vrai c’est un extrait qui est très douloureux. Et ce qui était intéressant, c’est de voir que c’est très rare de montrer la mort de quelqu’un dans un dessin animé qui est adressé aux enfants, enfin plus spécialement aux enfants, et qu’en plus c’est la mort d’un parent. Ca c’est quelque chose qui est assez étonnant dans un dessin animé. Et donc là, c’est l’extrait de Bambi qui perd sa maman et qui retourne sous le bois, c’est la protection et c’est son père, toute l’image du père.

Diffusion d’un extrait de « Bambi », puis une dernière pause publicitaire.

MD : Dernière partie du « Zénith » de Mylène Farmer avec un dernier extrait de film, c’est un film qui s’appelle « Requiem pour un massacre » d’Elem Klimov, qui vient de sortir.

MF : Qui n’est pas une très jolie traduction. En russe, je crois, ça veut dire « Va et regarde » et je n’aime pas beaucoup la traduction française.

MD : Alors, en deux mots l’histoire du film donc, c’est pendant l’occupation nazie en URSS, y a un village où tout le monde a été massacré…

MF : Complètement décimé, oui.

MD : Y a un petit garçon qui revient dans le village…

MF : Qui est le héros, qui est un jeune paysan qui rencontre une jeune paysanne et qui va être projeté dans ce monde de guerre. C’est prodigieux, ce film. J’avoue que ça fait longtemps que je suis pas allée au cinéma. J’ai vu ce film, pour moi je le qualifierai presque de chef-d’œuvre.

MD : Y a encore beaucoup de cadavres !

MF : Par hasard, certainement ! à c’est autre chose, c’est certainement l’histoire mais c’est aussi la façon de filmer, c’est les lumières qui sont magnifiques. Et puis le cinéma russe, pour moi, c’est un des plus beaux cinémas, c’est un cinéma de symboles et j’aime le symbole.

Diffusion d’un extrait du film « Requiem pour un massacre » d’Ellem Klimov.

MD : (…) On va voir maintenant le clip que vous préférez aujourd’hui, qui est le clip de Peter Gabriel et de Kate Bush. C’est du haut de gamme, c’est sobre, exceptionnel.

MF : C’est les deux artistes que je préfère.

MD : C’est une chanson qui a marché dans le monde entier sauf en France !

MF : C’est vrai, paradoxalement. Pourquoi ? Je ne sais pas…

Diffusion du clip « Don’t give up » de Peter Gabriel & Kate Bush.

Au retour plateau, Michel Denisot est filmé en gros plan. L’image tremble un peu. On découvre alors qu’il est en réalité filmé par Mylène, qui a une caméra sur son épaule.

MF : Michel, vous me faites la « Maxi tête » ?! (jeu télévisé qu’animait Sophie Favier à l’époque sur Canal +, ndlr)

MD : « La maxi tête » ?! Pourquoi ?! Vous voulez renverser les rôles pour la fin de votre émission, prendre la caméra et me poser des questions comme je le fais de temps en temps, ce qui est très désagréable d’ailleurs !

MF : Je voudrais la « Maxi tête », vous savez le jingle qu’on fait sur Canal + !

MD : Quoi ? « Canal +, c’est plus » ?

MF : Voilà, oui mais attendez : vous vous calez bien dans votre fauteuil et vous chantez ! (il s’exécute !) C’est très bien ! Michel Denisot : oui, mais pourquoi ?! (rires)

MD : (il rentre dans son jeu) Y a pas longtemps ! (rires)

MF : Michel, est-ce que votre maman regarde toutes vos émissions ?

MD : Globalement, oui. De temps en temps, je lui dis que c’est pas la peine qu’elle regarde.

MF : Dites-moi le premier mot qui vous passe par la tête.

MD : Maintenant ?

MF : Oui…

MD : Tout va bien ! Ca va, finalement, c’est pas aussi désagréable que ça ! Ca dépend qui filme !

MF : Vous avez des fantasmes, ou un fantasme en particulier ?

MD : J’en ai un qui se rapproche un peu du vôtre, sauf que c’est pas les curés évidemment. J’ai été élevé dans l’enseignement libre comme vous et je dois dire que les bonnes sœurs me tapent dans l’œil, comme vous !

(rires) (…)

MF : Snoopy a dit : « Un ventre plein est un ventre heureux ». Est-ce que vous êtes d’accord avec lui ?

MD : Pas vraiment, non. (…)Le ventre plein, c’est pas tellement mon truc, non.

MF : Vous avez des velléités d’acteur, je crois.

MD : Non, y a eu une histoire comme ça, c’est quelqu’un qui voulait me faire tourner dans un film, ça na pas eu de suite.

MF : Vous n’auriez pas aimé remplacer Michel Blanc dans « Tenue de soirée » ?

MD : (il éclate de rire) Non, non !! C’était un numéro d’acteur très difficile.

MF : Michel, faites-moi rire.

MD : Qu’est-ce que je peux faire ? Il faut que ça soit macabre, il faut que je me coupe la tête, il faut que je m’arrache un bras, il faut que je fasse quelque chose d’épouvantable ! Qu’est-ce qui est plus épouvantable que les images que vous nous avez montrés ?! Je sais pas, je peux pas faire ! J’ai pas envie de me suicider devant vous pour vous faire plaisir ! C’est ça qui vous ferait plaisir ?

3MF : Peut-être ! Si je vous demandais de m’embrasser maintenant, vous le feriez ?

MD : C’est pas facile, équipée comme vous êtes ! Je veux bien essayer…

MF : (rires) Très bonne réponse !

Zouc : C’est des excuses, Mylène !

MD : Je biaise !

MF : Essayez quand même !

MD : C’est marrant à faire ? (tenir la caméra, ndlr)

MF : C’est formidable !

MD : Vous pouvez continuer, si vous voulez.

MF : C’était ma dernière question.

MD : Merci beaucoup. Merci Mylène d’avoir fait ce « Zénith ». (…) Vous avez consacré beaucoup de temps, vus avez beaucoup travaillé sur cette émission et le résultat a été je crois…Vous pouvez dire le mot de la fin, Zouc ? Comment a été cette émission ?

Zouc fait « smack » avec ses lèvres.

MF : Formidable ! Merci ! (elle lui caresse la joue)

Générique de fin.

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EDITO du STYX Magazine Timeless 2013

Posté par francesca7 le 27 avril 2014

 

 couv_mftimeless

Pour ce nouveau numéro, STYX Magazine consacre ses pages à la cinquième tournée (et sixième montée sur scène) de Mylène Farmer, Timeless 2013. Ce tour de chant de trente neuf dates a réuni près de 500 000 spectateurs de France, Belgique, Suisse et Russie venus pour applaudir celle qui, au fil de trente ans d’une carrière florissante, a définitivement assis son statut de reine de la scène française.

Nous vous invitons ici à revivre tous les évènements qui ont précédé et suivi cette tournée, mais également de rentrer au cœur de toutes les dates qui l’on composée à travers un « un jour après jour » rempli d’anecdotes et de moments d’émotions entre Mylène et son public.

Nous sommes aussi partis à la rencontre de quelques acteurs de cette tournée, comme Carole Lasnier, la maquilleuse de Mylène, Manu Gouffran, l’un de ses danseurs, ou encore Philippe Stegmann, le père des robots qui nous ont tous tellement bluffés…

Nous revenons enfin sur le regard que les médias ont porté sur ce tour de chant, ainsi que sur les rares interviews accordées par la chanteuse pour parler de ce défi que représentait pour elle cette nouvelle rencontre avec son public.

retrouver dont mon travail de saisie informatique grâce à l’achat du Magazine que je suis allée chercher moi-même à Venarey les Laumes (21) à 30 kms de chez moi juste pour le plaisir de pouvoir partager ces écrits avec vous, mes fidèles lecteurs…

la retranscription se trouve donc ici : http://francescax7.unblog.fr/category/concerts-de-mylene/timeless-2013/ 

Bonne lecture à tous et bon voyage dans l’univers intemporel de Mylène….  hello

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L’histoire Désenchantée de Mylène F.

Posté par francesca7 le 1 novembre 2013

 Désenchantée est une chanson de Mylène Farmer, écrite par Mylène Farmer et composée par Laurent Boutonnat, sortie en 1991.

Histoire

L'histoire Désenchantée de Mylène F. dans Mylène AU FIL DES MOTS images-3En 1990, Mylène Farmer poursuit l’exploitation de l’album En concert ainsi que de la VHS. La fin de la tournée a été une période déstabilisante pour l’artiste : « C’est un moment de vide, et non pas de doute. Une absence d’idées quant à une écriture pour un autre album. C’est pour cela que j’ai laissé passer un peu de temps avant de me remettre à écrire. C’est difficile d’envisager d’écrire après un moment pareil…Le retour au quotidien a été un peu à l’image d’une dépression, mais j’étais quand même relativement entourée. Mais tous ces états de choses très puissantes et puis rien, c’est presque inhumain. Tout artiste est amené à vivre cela heureusement -ou malheureusement… »

Mylène Farmer profite de cette période pour lire, apprendre à conduire et perfectionner son anglais. S’ensuit l’écriture et l’enregistrement de son nouvel album pendant cinq mois. « Désenchantée » a connu quatre versions différentes, Laurent Boutonnat et Thierry Rogen ne parvenant pas à l’arranger comme ils le souhaitaient. Laurent Boutonnat a même envisagé d’abandonner cette chanson.

Le single est disponible le 18 mars 1991 et entre à la douzième place du top 50 pour atteindre la première place dès la troisième semaine. Il restera numéro 1 pendant neuf semaines consécutives.

Le 7 avril, une interview de Mylène Farmer par Laurent Boyer sur le plateau du tournage du clip de « Désenchantée » est diffusée. Les premières images de ce clip avaient été diffusées une semaine avant dans Télé 7 Jours.

En 2005, elle a également été la chanson française la plus diffusée dans le monde.C’est le premier single extrait de l’album L’autre…, le second n°1 en France pour Mylène Farmer et son plus gros succès single, qui dépassa les frontières françaises (n°1 en Belgique, n°3 aux Pays-Bas, n°16 en Autriche…). Restée 9 semaines N°1, « Désenchantée » a été la chanson la plus diffusée en 1991, et celle qui a rapporté le plus de droits d’auteur. Elle s’est vendue à plus de 1 300 000 exemplaires.

Désenchantée a été repris par la chanteuse belge Kate Ryan en 2002.

Le clip a été réalisé par Laurent Boutonnat et tourné à Budapest, dans une usine désaffectée (aujourd’hui détruite) et dans la plaine Apaj Puszta, du 18 au 23 février 1991. Cent dix neuf figurant ont été employés, dont des enfants venant d’écoles de Budapest, mais aussi de foyers d’handicapés, ou encore de foyers de réinsertion : « On voulait beaucoup de figurants et on voulait surtout des enfants qui portent quelque chose de grave dans le visage, dans le regard. ». Une grande partie de l’équipe technique est hongroise, seules douze personnes viennent de France. Le montage a été effectué en France et Laurent Boutonnat a composé une musique spécialement pour le générique de fin. Mylène Farmer est habillée par Thierry Mugler. Le 23 février 1991, le chanteur Jean-Louis Murat a rejoint l’équipe afin de tourner le clip du prochain single, « Regrets ». Des scènes avec des squelettes ont été tournées mais n’ont pas été retenues lors du montage.

La première diffusion du clip a eu lieu sur Antenne 2 le 3 avril, dans le cadre de l’émission NRJ-A2.

Le clip a été nommé aux Victoires de la musique en 1992. Cette victoire a été remportée cette année-là par Les Inconnus avec le clip « Auteuil, Neuilly, Passy ».

Synopsis

telechargement-4 dans Mylène AU FIL DES MOTS

Un garde revêche traîne Mylène Farmer, cheveux courts et casquette sur la tête, dans un camp de travail. La jeune femme est accueillie comme il se doit par ses congénères : jets de pierres et de boules de neige, puis ils prennent la fuite. Au passage, un petit garçon (Adil Med Mejrhirrou,11 ans, un élève d’une école française de Budapest) jette la casquette de Mylène par terre et lui donne un coup de pied. Un garde vient la relever et l’accompagne au dortoir. Mylène y retrouve le petit garçon, qui partage une cigarette avec elle… La scène suivante nous montre tous ces captifs au travail, sous le contrôle des gardes, en train de transporter des sacs qui semblent bien lourds. Si lourds que le petit perd l’équilibre et tombe au sol. Un garde vient le relever et l’emmène avec lui. Au moment du repas, Mylène croise son regard. Il a un œil tuméfié par les coups… La soupe servie est plutôt misérable. Mylène y trouve un cafard, qu’elle contemple d’un air dégoûté, avant que son voisin ne lui prenne et l’engloutisse. Révoltée, elle se lève et se rend devant le garde pour se plaindre de la nourriture. Sous le regard ravi de la matonne (Erika Francz Jánofné), il lui décoche un grand coup au visage. Mylène se retourne alors et monte sur les tables, envoie valser les lampes, et retire le bois qui cloisonne les fenêtres. Peu à peu, les autres prisonniers la suivent et se mettent à taper sur les tables, à crier, à se révolter. Mylène assomme le garde, tout le monde se déchaîne. Tous les captifs courent et s’échappent. Ils prennent leur vengeance en rouant de coups les gardes qui ont le malheur de les croiser, ou même en les mitraillant. Mylène est à la tête du groupe de révoltés, qui s’enfuient en courant. Ils arrivent devant une grande étendue de neige. Ils courent, courent… Puis ils s’arrêtent. Devant eux, la neige s’étend à perte de vue. Ils n’ont aucun endroit où aller. La fuite ne mène nulle part.

Versions

Deux versions du clip seront proposées aux télévisions. Une version courte d’environ six minutes et une version intégale de 10’12. Il est très intéressant de comparer les fins de ses deux versions qui offrent deux visions totalement divergentes du clip. La version courte se termine sur des images de prisonniers victorieux de leurs bourreaux et recouvrant la liberté. La version intégrale montre Mylène et ses compagnons faisant face à un paysage enneigé, désolé semblant infini et ne leur offrir aucun avenir. Ils choisissent de poursuivre leur marche vers cette liberté tant désirée mais qui semble à présent rimer avec la mort.

Analyse

Nombreux seront ceux qui attribueront un sens politique à la chanson. En effet, le titre sort dans une période de grande morosité en France. On parle beaucoup des déçus du mitterrandisme, François Mitterrand ayant été réélu président de la République en 1988 suite à une campagne qui avait particulièrement séduit les jeunes, campagne portée par le slogan « Génération Mitterrand ». Pour Mylène Farmer, qui se situe « hors du temps, hors de l’histoire » il n’y a pas de revendication politique dans ce texte : « Cela n’implique que moi. Je ne dis pas que l’époque est « désenchantée ». Mais que mon regard sur la vie, sur les choses l’est. C’est Mylène Farmer qui est désenchantée. Ma demande est fondamentalement narcissique, égotiste. Je ne peux pas prôner le négativisme, en l’affirmant. Ce n’est pas pessimisme que de penser qu’on est en 91 devenu plus lucide, davantage conscient de ses désillusions qu’auparavant. Dès sa naissance, je crois que l’on subit sa vie, sa mort. En la matière, on ne peut être fondamentalement interventionniste. J’ai un problème avec la vie, mais je vis, alors tout ne va pas si mal que l’on croit. »  Pour Laurent Boutonnat, la chanson est « un coup de projecteur sur une génération en mal de futur ».

Interprétation en direct

Mylène Farmer a interprété ce titre cinq fois à la télévision, dont une fois en Italie. En concert, la chanson a été interprétée lors des tournées de 1996, 1999-2000 et 2009 (où elle fait office de final pour les concerts en stade), ainsi que lors des treize concerts à Bercy en 2006.

Anecdotes

  • Désenchantée aurait inspiré le titre Disappointed du groupe Electronic.

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Des Pts Bonus sur Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 février 2013

 

En décembre 2010, on apprenait dans une interview qu’elle donnait à Paris Match que Mylène aimait beaucoup Jean Rochefort : « Un acteur unique, un homme d’une classe folle, un charme renversant. Je suis sensible à sa grande délicatesse, c’est un être totalement décalé, si émouvant aussi. Bref… magnifique.« 

Mais comment se sont-ils rencontrés ? Et bien ils avaient en fait un projet de film ensemble entre 2002 et 2010 ! Ils sont depuis devenus amis. C’était un film de Delphine Gleize qui n’a pas pu se finaliser et sur lequel ils étaient donc destinés à être acteurs. Et si vous vous demandez la source de cette anecdote : Jean Rochefort lui-même !

On se souvient à ce sujet d’un article de presse paru au Canada (publié en janvier 2004, voir page 1 et page 2) qui annonçait que Marc Lévy avait écrit entre 2002 et 2003 son premier scénario original pour un film appelé « A deux pas de chez toi » et que Mylène Farmer y jouerait le rôle de Léa, une infirmière vivant un road movie avec une personne âgée. Dans une interview accordée en mars 2004 à Femme Actuelle, Marc Lévy expliquait à nouveau que Mylène « jouerait dans son prochain film ». Et une rumeur à l’époque disait que l’acteur principal serait Michel Serrault ou… Jean Rochefort ! Il avait en revanche rectifié à un de ses lecteurs ce que disaient certains à propos du synopsis : « Le personnage principal n’est pas du tout en phase terminale, il va très bien c’est juste un vieux monsieur« .

Des Pts Bonus sur Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES 230_image

 Peu après le tournage du clip A l’ombre, un fan a pu rencontrer Olivier de Sagazan, l’artiste que l’on voit dans le clip effectuer une transfiguration. Il a ainsi pu rapporter de nombreuses anecdotes sur les coulisses de cette collaboration, racontées par Olivier de Sagazan lui-même.

Mylène a pris contact avec cet artiste il y a un peu plus d’un an, après qu’un ami londonien lui ait montré une vidéo de son travail sur Youtube. Mais les chansons que Mylène lui a alors proposé (probablement de l’album Bleu noir) ne lui ont pas convenu, la collaboration ne s’est donc pas faite à ce moment-là. Mylène est revenue vers lui pour le retour Monkey me, en lui proposant de collaborer cette fois-ci sur le titre A l’ombre. La chanson – et notamment son texte – ont convenu à Olivier de Sagazan, qui a alors accepté la collaboration à condition qu’ »il se passe vraiment quelque chose ». Autrement dit que Mylène participe à la transfiguration… Au départ elle n’aurait pas voulu directement, par claustrophobie. Finalement, après qu’Olivier de Sagazan l’aie convaincue qu’il fallait « se mouiller », Mylène s’est lancée, en douceur…

391_image-224x300 dans Mylène et des CRITIQUESLa première rencontre de l’artiste avec Mylène Farmer et Laurent Boutonnat a eu lieu chez ce dernier. Olivier de Sagazin s’est alors rendu compte en arrivant chez lui que « ce n’est pas n’importe qui ». Le contact est tout de suite très bien passé entre les deux hommes. Il trouve Mylène et Laurent « très intelligents ».

Olivier de Sagazan regrette deux choses : d’abord, que des plans dans lesquels Mylène et lui se faisaient face, et interagissaient vraiment l’un avec l’autre, n’aient pas été conservés dans le montage final. Ensuite, que Mylène n’aie pas évoqué son travail lors de son passage au JT de TF1 à la sortie de l’album. Il est toutefois resté en bons termes avec Mylène, chez qui il a dîné peu de temps après le tournage du clip.

Il décrit la chanteuse comme vraiment timide. « Elle ne se la raconte pas », dit-il. Il a également rapporté que le lieu de vie de Mylène est très impressionnant, « un vrai musée d’art contemporain », avec des oeuvres torturées de partout.

 

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J.Rigal interviewe Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 5 février 2013

Julien Rigal en interview écrite : Mylène Farmer et la culture de l’inaccessibilité.

Mylène Farmer, la culture de l’inaccessibilité – Julien Rigal, Les éditions Premium

Julien Rigal est un garçon comme il y en a de nombreux, un garçon qui aime Mylène Farmer. Seulement son amour et son intérêt pour l’artiste ne peuvent pas s’exprimer uniquement dans son cercle familial et amical. Effectivement, il a besoin de plus. Comme de créer et de gérer depuis sept ans le site www.sans-logique.com consacré à la chanteuse. Ainsi, un livre sur l’artiste s’est imposé au webmaster-administrateur. En toute logique. La preuve, il nous accorde un peu de temps en répondant à cinq de nos questions. Entretien avec l’un des biographes de Mylène Farmer qui nous propose une vision originale et personnelle de l’artiste. Lisez, Julien Rigal s’en explique auprès de vous à travers cette interview.

 J.Rigal interviewe Mylène Farmer dans Mylène et BIOGRAPHIES julien

1/ Bonjour Julien Rigal, vous avez 25 ans et vous êtes un grand admirateur de Mylène Farmer depuis plus de dix ans. Vous exprimez votre passion en tant que webmaster du site www.sans-logique.com. Aujourd’hui, vous proposez une biographie de la chanteuse qui s’intitule «La culture de l’inaccessibilité». Pour commencer, permettez-nous d’être piquant, encore un livre sur Mylène Farmer ! En quoi votre livre est-il différent des autres ? Quel est l’intérêt de s’y attarder et de le lire ?

C’est vrai qu’il existe beaucoup d’ouvrages consacrés à la chanteuse. Les fans sont d’ailleurs un peu dépités de voir tous ces ouvrages qui ont fleuri sur leur idole. Le premier intérêt est que c’est à ce jour le seul livre qui retrace l’intégralité de sa carrière de ses débuts jusqu’aux premières diffusions du dernier titre, « Oui mais… non », produit par RedOne. Les autres ouvrages ne vont pas plus loin que le Stade de France de Septembre 2009. Ensuite, et surtout, ce livre est l’œuvre d’un fan de la chanteuse et non d’un journaliste qui enchaine les biographies de divers artistes. Cet amour et cette imprégnation permanente de l’univers de Mylène me permettent donc d’être plus juste, de raconter des anecdotes intéressantes et judicieuses, de relever des citations importantes ou de repérer les passages télévisés marquants de sa carrière… Ce livre est donc imprégné de toute l’admiration d’un fan qui est par définition la personne qui la connait le mieux. Cette vision de la carrière de Mylène peut intéresser les fans comme les simples admirateurs.

2/ Tout le livre, on sent la passion et l’amour que vous portez à Mylène Farmer. Ceci dit, vous êtes plus un admirateur qu’un fan dans le sens où vous n’êtes pas dupe et que d’entrée jeu, dès votre titre de livre «la culture de l’inaccessibilité», vous êtes critique. Est-ce important pour vous de garder toujours un certain recul dans l’appréciation de votre passion ?

C’est un peu étrange d’aborder la passion quand elle ne se manifeste qu’à travers le nom d’une personne… Mais c’est vrai que Mylène Farmer occupe une grande place dans ma vie, ce qui ne m’empêche pas d’en avoir d’autres. Mylène a d’ailleurs toujours dit qu’elle était gênée de savoir que des personnes lui consacraient leurs vies. Je suis loin d’être tombé dans l’extrémisme parfois un peu malsain ! De voir des gens dormir dans des tentes devant une salle de concert pendant plusieurs jours ou aller jusqu’à voler son paillasson sont d’ailleurs des actes que je ne comprends pas. Je suis très loin de ces comportements et suis capable de ne pas l’écouter pendant plusieurs jours ! J’essaie de garder du recul par rapport à Mylène ! Mon livre exprime ma passion et évoque parfois avec cynisme certains passages de sa vie. C’est le cas notamment du film Giorgino, auquel tout être « normalement constitué » ne peut adhérer s’il n’est pas à la base admirateur de la chanteuse ! Le livre retrace également l’avis général des fans sur la sortie des singles ou albums, des concerts… Les fans de Mylène sont d’ailleurs très (trop) critiques envers leur chanteuse !

3/ Votre livre est-il la suite sans logique ou avec de votre travail de fond effectué sur le site internet consacré à Mylène Farmer ?

A l’origine de ce livre, il y a effectivement mon site, www.sans-logique.com, que j’administre depuis plus de 8 ans. On peut y retrouver tous les aspects de la carrière de Mylène Farmer : des news fréquentes, les discographie et vidéographie complètes et détaillées, des photos, des milliers d’articles de presse, tous les passages télévisés… pour plus de 25 ans de carrière. Son administration et sa mise à jour m’ont permis au fil des années de bien connaitre Mylène. De la publication sur le web à l’écriture sur papier, c’est un pas que j’ai franchi car cela représente pour moi l’aboutissement ultime de mon travail. C’est une suite logique en quelque sorte… Mon site peut venir en complément à mon livre. Par exemple, lorsque je mentionne des citations de la chanteuse, j’ai systématiquement annoté sa source (magazine, télévision ou radio datés…). Le lecteur pourra donc ce rendre sur mon site pour lire ou écouter l’intégralité de l’article de presse ou de la télévision.

4/ Pensez-vous que Mylène Farmer soit attentive à tous les ouvrages édités sur elle ? Lui avez-vous envoyé un exemplaire ? Avez-vous eu un retour ?

myl7n-221x300 dans Mylène et L'ENTOURAGEBien qu’elle ne veuille pas participer au culte de sa propre personnalité (elle n’a pas de fan club officiel par exemple), je pense que Mylène porte une certaine attention à tout ce qui est dit sur elle. Je n’ai pas souvenir d’interviews où elle a parlé des ouvrages qui lui étaient consacrés, à part deux en particulier : le tout premier en 1989 qu’elle n’a pas autorisé en raison de la mise en page qui ne lui convenait pas et le second, en 2003, pour lequel Mylène critiquait les méthodes journalistiques douteuses de l’auteur. A part ces deux livres, Mylène n’a jamais émis de critiques sur ces ouvrages. Elle appréciait toutefois la qualité des fanzines qui lui ont été consacrés pendant bien des années ! Mon éditeur a envoyé le livre à Mylène et à son staff. Je n’ai à ce jour eu aucun retour de sa part. Je ne sais pas si elle m’en donnera ! J’aimerais en avoir un, qu’il soit positif ou négatif d’ailleurs ! Maintenant, Mylène doit forcément être au courant de la sortie de ce livre puisque la photo de couverture a été validée, probablement d’ailleurs parce qu’elle savait que j’étais fan. Je me suis d’ailleurs présenté dans une lettre lui étant adressée en décrivant ma démarche dans le cadre de l’écriture de ce livre.

5/ Quel retour avez-vous eu de votre biographie ? Et quel est le meilleur souvenir, pour vous, rattaché à ce livre ?

J’ai été contacté par beaucoup de fans qui ont apprécié le livre, les nombreuses anecdotes, les références artistiques de son univers… et qui ont également apprécié de pouvoir lire autant d’extraits d’interviews qu’ils ne connaissaient pas… Un grand moment de joie fut le jour où mon éditeur m’a confirmé que la photo que nous avions choisie avait été validée après plusieurs longues semaines d’attente ! Autour de ce livre, j’ai également découvert de nombreux autres côtés : la rencontre des lecteurs, les réponses aux interviews, la participation aux émissions de radio, les journées de dédicace…

 Mylène Farmer, la culture de l’inaccessibilité – Julien Rigal, Les éditions Premium

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Et Mylène après California

Posté par francesca7 le 4 janvier 2013


confidences de Nils Ruzicka  

 

Onze ans après, le « Mega’Lo Mania Remix » de « California » résonne encore dans toutes les oreilles des amateurs de techno. Rencontre avec son auteur, artiste d’une gentillesse rare.

Vous avez remixé « California » en 1995. Savez-vous que votre remix est le préféré d’un grand nombre de fans ?

Oh, ça fait quelques années ! Non je ne savais pas qu’il plaisait autant, c’était mon tout premier remix pour une artiste internationale, et pour être franc, je ne savais pas grand-chose de Mylène à cette époque. Mais j’ai tout de suite adoré la chanson, et je me suis efforcé du mieux que j’ai pu de créer un bon remix techno du titre. Je suis vraiment flatté que les fans l’aiment autant !

Et Mylène après California dans Mylène en CONFIDENCES 1989-04-e-206x300Qui vous a demandé de remixer le titre ? Ramon Zenker est-il intervenu ?

En effet, c’est Ramon qui me l’a proposé. Il m’a appelé un jour pour me parler du remix. Je ne suis plus très sûr si c’était censé être un remix bonus pour un pack de remixes d’un même titre. Je n’ai jamais eu de contact avec quiconque de la maison de disques, mais je me souviens que j’étais en vacances à Paris lors de la sortie du single. J’ai vu le digipak au Virgin Mégastore, et je l’ai acheté dans l’instant, parce que c’était la toute première fois que je voyais mon nom sur un CD dans un magasin étranger. C’est le genre de choses qui rend très fier un jeune producteur, tu sais !

Vous aviez vingt-deux ans en 1995. Pensez-vous que ce remix était une belle opportunité pour quelqu’un de si jeune ?

Sans aucun doute ! En tant que producteur de musique techno, et tout particulièrement à cette époque où ce courant musical commençait à peine à émerger, on n’était pas considérés comme de vrais musiciens. Donc qu’on nous demande des remixes comme ceux-là a prouvé à tout le monde que ce courant techno commençait à être bien accepté par l’industrie, encore plus par les consommateurs.

« California » a été un des premiers titres à être confié à quelqu’un d’autre qu’à Laurent Boutonnat pour les remixes. Pensez-vous qu’ils étaient inquiets ?

Je ne sais pas. Je ne pense pas qu’ils aient été effrayés. Laurent faisait du bon travail sur ses remixes, mais ils étaient toujours axés dans la même direction. Peut-être la maison de disques voulait-elle des remixes plus formatés pour le marché international, ou des remixes qui permettraient de mieux vendre les maxi CD. Peut-être…

Comment décrire votre remix ? Selon moi, il est construit sur un gimmick hardtrance hypnotique fantastique ! Et il tourne quand même à 170 BPM (battements par minute) !
A cette époque, j’étais très branché « tempo ». J’adorais les sons hardtrance très speed (160-170 BPM) remplis de synthés. Mon but était de transformer complètement la chanson de Mylène, c’est pour ça qu’il est un peu à part. Je n’étais pas très doué par contre pour les arrangements vocaux, et je pense qu’ils sont ratés sur le remix ! Mais grâce à Dieu, personne ne m’a fait de réflexion !

Vous a-t-on imposé des contraintes ?

Non, j’étais complètement libre. Et c’est ce que je préfère. Je n’aime pas qu’on me dise : « Nous voudrions un remix qui ressemble à ceci » ou « Pouvez-vous y inclure des sons qui ressemblent à cela ». En tant que remixeur, vous devez vraiment être libre. A chaque fois qu’on m’a imposé des trucs, je n’ai pas été satisfait du résultat final.

Comment avez-vous reçu les voix ? CDr, DAT ? Sèches, mouillées ?
J’ai tout reçu sur DAT (ndlr : Digital Audio Tape, K7 numérique) avec une excellente qualité. J’ai eu les voix sèches et mouillées (ndlr : sèches sans effets, à opposer à mouillées, avec effets), ce qui m’a facilité la vie, étant donné que j’avais peu de matos en 1995.

Mylène est-elle la seule à décider su un remix est assez bon pour sortir ?
Je ne sais pas. En général, c’est un accord entre la maison de disques, l’artiste et son management.

Avez-vous fait plusieurs versions de « California » ? Avez-vous été rappelé par l’équipe de Mylène, pour « Remixes » par exemple ?
Je pense que je n’ai fait que celle-là. Il faudrait que je vérifie dans mes archives ! Mais je n’ai jamais eu l’occasion de remixer un autre titre.

Des anecdotes à propos de cette collaboration ?

Pas vraiment à propos du travail avec Mylène, mais je me souviens vraiment avec émotion de cette histoire de Virgin Mégastore ! Ce remix est tout particulier pour moi.

Mylène est une grande star en France. La connaissiez-vous avant « California » ? Et que pensez-vous de sa carrière ?

275_image-300x145 dans Mylène en CONFIDENCESNon, je ne la connaissais pas, « California » a été mon premier contact avec elle ! Et des années plus tard, j’ai vu qu’elle était très populaire en France. Je me suis senti très embarrassé de ne pas l’avoir connue à l’époque. Je pense qu’elle fait du bon travail. C’est une chanteuse incroyable, avec tellement d’intensité. Et le produit « Mylène Farmer » est très bien géré par la maison de disques. Il y a tellement de choses en aval dont il faut être conscient… Par exemple, l’apparence d’une artiste est importante. Toujours sexy et adorable, mais sans tomber dans l’excès. Ne jamais perdre de vue sa musique. Donc si on a la combinaison d’une femme superbe, avec une belle voix et un charisme énorme, il est impossible que cela ne fonctionne pas !

Pensez-vous qu’une carrière internationale pourrait être envisageable pour Mylène ?
Pas sûr, non. Une carrière internationale sous-entend souvent chanter en anglais. Et il y a autre chose d’important à savoir en ce qui concerne le marché américain. Robbie Williams est un bon exemple : les médias américains veulent créer des superstars, et non pas promouvoir des gens déjà stars dans leur pays. C’est pour cela que Robbie ne perce pas là-bas. Coldplay a débuté pas trop mal en Europe, mais c’est après leur explosion aux Etats-Unis qu’ils ont acquis une renommée mondiale. Je pense que ce serait très difficile pour Mylène de tenter une carrière là-bas, et je pense d’ailleurs que ça ne doit pas être son but.

Des extraits pris sur Mylène Farmer et vous de 2006

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PRESSE sur Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 14 décembre 2012

 

PRESSE sur Mylène Farmer dans Mylène dans la PRESSE 128870_jul4chbnx5p6ccgcxmgxhzlwq3twtr_mylene-farmer-by-guen-29-12-2010_h195350_l-228x300Et si Mylène vous était contée autrement! Loin des clichés habituels, cette biographie récapitulative nous dévoile une Mylène Farmer méconnue, plus « vraie », plus accessible.

Christian Le Besnerais – www.sortiz.com

Cet ouvrage bien documenté et complet est une analyse pertinente d’un mythe. Une analyse psychosociale de Mylène Farmer.
Ce livre vous fera peut-être encore découvrir des choses que vous ne saviez pas.
Un regard passionnant et différent.

David Assolen – www.ecolesjuives.fr

Un ouvrage inédit et de très haute qualité, écrit par Julien Rigal.
Mylène Farmer ou « La culture de l’inaccessibilité » est un projet biographique en « or massif » avec de nombreuses anecdotes et citations (…) Certainement le livre le plus raffiné à ce jour sur l’oeuvre de Mylène Farmer.

- www.musiqueradio.com

Pour un coup d’essai, Julien Rigal à réussi un coup de maître. Face à son succès, sa biographie autorisée de Mylène Farmer est, en effet, en cours de réimpression.

Christian Desmazes – Midi Libre.com

Julien Rigal fait le rapprochement entre les chansons et leur création, et ce que l’artiste en dit dans les médias.
Le livre parle de l’ascension de Mylène Farmer, de l’éclosion d’une star qui est entourée d’une aura de mystère.

Nicolas Leclercq – La Sambre (Nord Pas de Calais)

mylene-farmer_clip_c-est-une-belle-journee_captures_002-300x140 dans Mylène dans la PRESSECe livre écrit par Julien Rigal permet de découvrir qui se cache derrière ce mythe et de comprendre quelles sont les influences de Mylène Farmer, pourquoi l’amour, le sexe, la mort, la religion, le temps qui passe et la mélancolie sont les thèmes récurrents de ses chansons.

Et par-dessus tout, on se rend compte qu’elle est une véritable artiste qui n’a de cesse de développer sa créativité dans divers domaines artistiques…

Françoise Bachelet – www.livres-a-lire.net

Grâce à ses mots, on découvre une autre artiste, plus vraie. Si comme elle le dit, elle ne cultive pas le mystère, il n’en reste pas moins que ses rares apparitions et ses interviews comptées lui confèrent le statut de personnage inaccessible.

Julien Rigal relate une carrière hors norme avec un sens aiguisé du détail qu’il ponctue d’anecdotes et de citations peu connues.

- Tribu Move

« Mon parti pris était de ponctuer le texte de ressentis de Mylène et son entourage, pour ne pas en faire qu’une biographie linéaire, ainsi que d’analyses de ses choix et comportements. »
Julien Rigal

Sébastien Rozier – http://farmeraddict.mabulle.biz

Comment, par qui et pourquoi un mystérieux mythe s’est construit autour de la chanteuse Mylène Farmer?
Julien Rigal, grand admirateur de la chanteuse à laquelle il a consacré un site internet, nous propose de répondre à ces questions en présentant une artiste méconnue, plus « vraie », plus accessible.

- www.sauramps.com

 

Et si Mylène vous était contée autrement…Loin des clichés habituels, cette biographie nous dévoile une Mylène Farmer méconnue, plus « vraie », plus accessible.

Marie Ange Pinelli – France Bleu Besançon

 

L’un des biographes de Mylène Farmer qui nous propose une version originale et personnelle de l’artiste.

« C’est à ce jour le seul livre qui retrace l’intégralité de sa carrière de ses débuts jusqu’aux premières diffusions du dernier titre « Oui mais…non », produit par RedOne. » Julien Rigal

Christophe Mangelle – www.lafringallelitteraire.com

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Mylène Farmer ou la culture

Posté par francesca7 le 14 décembre 2012

Mylène Farmer ou « La Culture De L’inaccessibilité »

En amont au premier duo féminin de Mylène Farmer, « C’est Pas L’heure » qu’elle partage avec Line Renaud, Julien Rigal, Webmaster depuis plus de huit ans du site Internet Sans-logique.com, présente une biographie d’exception pleinement dédiée à la chanteuse de « C’est Dans L’air », joliment titrée « La Culture De L’inaccessibilité ». Dans ce livre biographique indispensable pour tous les fans de Mylène Farmer, à paraître le 28 septembre 2010 aux Editions Premium, Julien Rigal revient sur son parcours artistique prodigieux, hors normes et toujours inégalé, agrémenté de nombreuses anecdotes et citations, parfois méconnues ou inconnues du grand public.

Mylène Farmer ou la culture dans Mylène dans la PRESSE mf90_187a-158x300Et si Mylène Farmer était contée autrement… Loin des clichés habituels, « La Culture De L’inaccessibilité » est l’ouvrage qui dévoile une Mylène Farmer méconnue, plus « vraie », plus accessible. De ses timides débuts en 1984 avec « Maman A Tort » aux duos événements qu’elle aurait enregistrés avec Ben Harper et Line Renaud en 2010, sa carrière musicale y est retracée dans les moindres détails et agrémentée de nombreuses anecdotes et citations, parfois méconnues ou inconnues du grand public.

« Il y avait en moi depuis longtemps cette envie de sortir du lot, de faire quelque chose que les autres ne font pas… » (Mylène Farmer, ‘Studio Magazine’, janvier 1994). Des paroles qui peuvent laisser songeur tant elles incarnent la chanteuse française, de son art jusqu’à sa relation unique avec ses fans. Car si Mylène Farmer a déclaré qu’elle ne cultivait pas le mystère, peut-on en dire autant de son inaccessibilité ? Ses longues absences, rares télévisions et interviews en font un personnage mystérieux que Julien Rigal du site Internet Sans-logique.com, l’auteur du livre biographique « La Culture De L’inaccessibilité », a tenté de décrypter… Une réussite totale ! Dans cet ouvrage écrit avec énormément d’amour, Julien Rigal, grand admirateur de Mylène Farmer depuis plus de dix ans et Webmaster d’un des sites les plus visités sur Internet, revient finalement en détail sur le parcours artistique de l’artiste préférée des français, une aubaine pour tous les fans de la première seconde ! La biographie « La Culture De L’inaccessibilité », au prix dérisoire de 18,90 euros, sera publiée le 28 septembre 2010 aux Editions Premium.

 

Paru dans la presse de http://www.musiqueradio.com/

 

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Technicité des spectacles de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 24 novembre 2012

 

Technicité des spectacles de Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES 150_41754confidences de Guy-Claude François (Concepteur du décor)

 

Guy-Claude François est un acteur très important de la tournée « Mylenium Tour », puisque c’est lui qui a conçu le décor de la scène, dont la fameuse statue géante inspirée d’un tableau de Giger. Entretien passionnant et instructif.

 

Quelles ont été les principales difficultés techniques pour vous ?
Désolé, mais je ne me rappelle d’aucune difficulté particulière. J’ajoute que cette production a été un modèle d’heureuse connivence.

Lors de la tournée, comment la statue était-elle transportée d’une ville à une autre ? Combien de temps fallait-il pour la remonter ?
Elle était transportée dans plusieurs camions : un bras dans l’un, la tête dans l’autre, etc. ! Il fallait une demi-journée pour la remonter. L’atelier Artefact qui l’a construite est l’un des meilleurs d’Europe.

Au début de son spectacle, Mylène sort de la tête de la statue, suspendue à un câble. Avez-vous assisté aux répétitions ?
Oui bien sûr, je suis toujours présent pendant les montages et les répétitions. C’est Mylène qui a eu l’idée de la tête s’ouvrant. La mise au point du « vol » s’est faite sans difficulté.

3075359315_1_3_wuy2q8ln-196x300 dans Mylène en CONFIDENCESSaviez-vous que lors de sa tournée précédente, en 1996, Mylène avait fait une chute de plusieurs mètres de haut à Lyon, ce qui lui a valu une fracture ouverte du poignet ? N’appréhendait-elle pas de renouveler une acrobatie ?
Non, je l’ignorais, mais elle est courageuse et était confiante, surtout que cela aurait pu être plus grave : la chute aurait été d’environ onze mètre, soit quatre étages !

Avez-vous des anecdotes marquantes qui vous restent en mémoire ?
Désolé, mais encore rien de particulier si ce n’est une excellente atmosphère de travail avec l’ensemble de la troupe (environ cent personnes).

Avez-vous pu assister à quelques représentations du « Mylenium Tour » ?
Oui, à Marseille pour les premières représentations. Je n’ai pu assister qu’au montage de Bercy. J’étais en tournage du « Pacte des loups » pendant les représentations qui s’y sont déroulées.

Quel regard portez-vous sur le résultat du « Mylenium Tour » ? Êtes-vous satisfait ?
Un regard très admiratif pour Mylène et le spectacle lui-même. C’est la première fois que je collaborais à un spectacle de ce genre et j’ai découvert un monde et des gens très remarquables, humainement et professionnellement.

Pour la promotion du double album live, une réplique miniature de la statue a été envoyée aux médias. Cela était décidé depuis le départ ? Savez-vous que cette pièce est l’une des plus chères et des plus recherchées par les collectionneurs ?
Je ne pense pas que cela était prévu. Je l’ai appris quand j’en ai reçu une. J’ignorais que j’étais potentiellement riche ! Mais je la garde !

Pour son prochain spectacle, en 2006, Mylène va faire appel au scénographe anglais Mark Fisher, qui a réalisé entre autres les shows des Rolling Stones ou du groupe U2. Connaissez-vous son travail ?
Je connais et apprécie son travail mais je n’ai pas eu l’occasion de le rencontrer.

Avez-vous revu Mylène depuis votre collaboration ?
Oui, très succinctement, à propos de ce show, précisément. 

 

Extrait choisi de l’interview de Sylvie Lefort pour Mylène Farmer et vous en 2005

 

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Mylène Farmer : le Culte

Posté par francesca7 le 4 novembre 2012


 

Mylène Farmer : le Culte dans Mylène dans la PRESSE 51-emce4exl._sl500_aa300_       A peine quelques jours avant la sortie du nouvel album de Mylène Farmer en France, un livre sur Mylène Farmer et son travail a fait son apparition dans les librairies. Loin de la biographie habituelle pleine de mensonges et riche en imagination, cet essai consacré au travail de Mylène Farmer est un livre plus qu’agréable à parcourir. Encore plus intéressant pour les fans que pour de simples lecteurs, il offre l’occasion aux fans, même les plus renseignés, de leur faire apprendre de nombreux petits détails peu connus sur le travail de la dame qui une fois de plus est toujours la meilleure chanteuse française à ce jour. Chose qui n’est pas prête de s’arrêter, j’en suis certain, et cela pour mon plus grand bonheur. Un livre sérieux, intéressant et agréable à lire. C’est à peine après avoir parcouru les quelques premières pages que l’on s’aperçoit que ce livre est un travail plus que sérieux et riches en informations. Après il reste à voir si , comme dans les biographies, tout ce qui est dit est vrai….

 

Un seul petit défaut à cela, les nombreuses fautes de frappe présentes à l’intérieur du livre.

 

Quelques infos pratiques : Mylène Farmer ( le Culte ), l’envers du décor par Sophie Khairallah aux Editions Why not.

http://www.amazon.fr/Myl%C3%A8ne-Farmer-culte-Sophie-Khairallah/dp/2916611037

 

sophie Khairallah fan de Mylène Farmer

Sophie Khairallah, née en 1978, est journaliste depuis sept ans.
Elle nourrit un intérêt particulier pour Mylène Farmer et lui a même consacré un mémoire pendant ses études de lettres à La Sorbonne. Son titre : « Mylène Farmer ou l’art d’entretenir le culte « , il a servi de base à l’ouvrage. « Le Culte » sortie en 2008

 Présentation de l’éditeur

mf80_101a-219x300 dans Mylène dans la PRESSEMylène Farmer se montre peu, mais vend des millions de disques et remplit des stades immenses. Comment fait-elle pour exister sans médias dans une société de communication ? Comment parvient-elle à être à la fois une star inaccessible et une chanteuse populaire ? D’où vient ce mystère qui l’entoure? Pourquoi ses fans sont-ils les plus accros et les plus passionnés ? Pour l’aider à répondre à toutes ces questions, l’auteur a interviewé de nombreux collaborateurs de la chanteuse, rencontré des experts, intégré le milieu des fans de Mylène Farmer et étudié de près l’univers et les influences de l’artiste. Il en ressort un essai passionnant, riche en infos et en anecdotes. Ce livre va vous emmener dans les coulisses d’un succès sans faille et vous donner les clés d’une réussite hors normes.

Biographie de l’auteur

Sophie Khairallah, née en 1978, est journaliste depuis sept ans. Elle nourrit un intérêt particulier pour Mylène Farmer et lui a même consacré un mémoire pendant ses études de lettres à La Sorbonne. Son titre : « Mylène Farmer ou l’art d’entretenir le culte « , il a servi de base au présent ouvrage.

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Des Bios encore des Bios pour Mylène

Posté par francesca7 le 15 août 2012


Des Bios encore des Bios pour Mylène dans Mylène dans la PRESSE 409_image-300x207Que restait-il à dire sur Mylène Farmer, après la vague de biographies et d’ouvrages d’analyse qu’elle a suscités ces dernières années ? Paradoxalement, peut-être que l’essentiel n’avait jusqu’ici été qu’esquissé : son rapport à la scène. Pour celle que l’on dit éloignée de son public, ces moments «on stage» sont les seules véritables et grandes rencontres avec son public et sans doute aussi les moments où son art prend toute son envergure, poussant jusqu’au paroxysme le paradoxe dans lequel elle reste maîtresse : rester intime dans la démesure, faire un intime don de soi dans des circonstances qui semblent pourtant l’interdire.

Ce voyage au cœur de la pierre angulaire de l’œuvre de la chanteuse, c’est ce à quoi nous invite Julien Wagner, rédacteur en chef du magazine Mylène Farmer et Vous et par ailleurs artiste lui-même – on se souvient du très réussi Le Paris de Lutécien qu’il a écrit et joué en 2004 sur les planches parisiennes. La couverture de ce beau livre donne le ton : une photographie de Mylène Farmer sur scène en 2006, une coiffure sophistiquée comme l’est son univers, une tenue légère qui rappelle le vent sulfureux qui accompagne souvent son œuvre, et un regard profond, soutenu, qui laisse poindre une certaine tristesse, à l’image de son personnage. Au fil des pages, de nombreuses photographies de Claude Gassian, Marianne Rosenstiehl mais aussi d’autres documents – croquis de l’artiste contemporain Alain Escalle, maquette informatique d’un projet de scène, etc. – ponctuent (souvent en pleine page) les textes de l’ouvrage.

Ceux-ci retracent toute l’histoire des concerts de la chanteuse (de 1989 à 2006), expliquent non seulement comment ils ont pris vie, se sont déroulés, mais aussi comment ils ont été reçus par les médias et le public. L’auteur s’est ainsi livré à un travail de reconstruction précis, documenté, et a interrogé des personnes clefs qui ont participé à ces différentes entreprises (musiciens, décorateurs, danseurs, etc.) ; un exploit quand on sait combien l’entourage de «la belle» s’impose souvent un silence de plomb. De très nombreux extraits de ces entretiens font d’ailleurs partie intégrante du texte, livrant leur lot d’anecdotes, mais aussi toute la fascination et le respect que la chanteuse inspire aux professionnels qui l’entourent, pourtant habitués pour certains d’entre eux à travailler avec de grandes pointures internationales.

Mylène Farmer, Belle de scène fait incontestablement partie des ouvrages de référence sur la chanteuse tant par les informations délivrées, le sérieux et la précision des textes, que par la grande qualité des photos qui en font un livre esthétiquement irréprochable. C’est aussi un ouvrage qui se suffit à lui-même : nul n’est besoin d’être un fin connaisseur de la chanteuse pour se laisser porter par le récit des tournées comme on peut l’être par un roman, et de goûter pleinement à toutes les confidences données sur ces tranches de vie de l’artiste. D’autant que Julien Wagner n’oublie pas d’ajouter quelques notes humoristiques plutôt bienvenues, n’hésitant pas à taquiner l’icône.

illogical-anneaux dans Mylène dans la PRESSECertes, Mylène Farmer n’est pas une chanteuse hors pair, mais, comme beaucoup le soulignent dans l’ouvrage, c’est une interprète d’un grand talent et une artiste exigeante pour son public, d’un grand professionnalisme, et qui possède un univers unique. Elle n’est pas non plus une bête de scène, comme peuvent l’être un Mick Jagger ou une Madonna, mais après avoir refermé l’ouvrage de Julien Wagner, on comprend amplement le choix de ce titre…

publié par Antoine Bioy en juillet 2006

 

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Mylène au coeur du Mythe

Posté par francesca7 le 19 juillet 2012

Mylène au coeur du Mythe dans Mylène en CONFIDENCES 1251724468confidences de Jean-Marie Perrier (Photographe)

Vous avez entre autres une bibliographie historique et romanesque. Pourquoi écrire alors un livre sur Mylène Farmer, d’autant que vous avouez ne pas en être fan ?

Je suis aussi journaliste musical et fan de chansons. Écrire sur Mylène était une idée de mon éditeur, Bartillat. On a cherché l’artiste français qui pourrait nourrir le plus une réflexion, qui ait un monde suffisamment intéressant pour susciter un bouquin. Il fallait un univers, pas seulement des anecdotes. Mylène s’y prêtait tout à fait, surtout qu’à l’époque, il n’y avait quasiment rien d’écrit sur elle. Quant au fait de ne pas être fan, je le dis clairement : je ne suis pas fan, car pour moi un fan est un admirateur exclusif, ce que je ne suis pas. Il y a beaucoup d’artistes que j’aime. Mylène est une artiste qui m’intéresse, mais pas exclusivement. C’est pourquoi certains ont été étonnés : ils pensaient que je n’aimais pas Mylène, du tout. Alors qu’en fait, je n’aime pas que Mylène…

Ne pensiez-vous pas que les fans purs et durs en savaient déjà autant que vous, voire plus sur le sujet ?

Sûrement ! De toute façon, ce n’est pas une biographie. Je n’ai pas cherché à être exhaustif et ça ne m’intéressait pas. Les fans que j’ai rencontrés auraient pu m’aider, mais je ne leur ai pas demandé. Mon idée n’était pas de faire une mini-thèse sur Mylène, de compter tous ses singles, etc. Ca je m’en fous complètement. Effectivement, les fans peuvent en savoir plus sur moi, mais en revanche, et je le revendique, c’est un regard critique et un peu ironique. Je suis journaliste, donc à même de décrypter les choses pour les éclairer d’une certaine façon. C’est cela qui a hérissé le poil de certains fans…

Avez-vous, pendant l’écriture de votre ouvrage, souhaité rencontrer Mylène Farmer pour en savoir un peu plus ?
Non, parce que je savais que de toute façon, ça ne se ferait pas. Je n’ai absolument rien demandé, ni à elle, ni à Laurent Boutonnat, ni à Thierry Suc, ni à la maison de disques, je m’en foutais complètement. Je savais qu’ils refuseraient, ou que ça traînerait, ou bien, s’ils acceptaient, qu’il y ait des contreparties, comme la relecture du manuscrit. C’est un livre qui a été fait sans la vedette. C’est pour ça que ce n’est pas une biographie, c’est un essai.

3t4nisnd-300x211 dans Mylène en CONFIDENCESVous décrivez de manière assez précise l’endroit où vivait Mylène Farmer. Ne pensez-vous pas que vous donniez des pistes pour savoir où elle habitait ?

Non, car tout d’abord je n’étais pas sûr que c’était bien là. Je n’en sais rien, c’est ce que disaient les fans. Je les ai accompagnés une fois en fin de journée. Il n’y avait personne sur le banc, pas de gardes du corps, c’était un immeuble du XVIème arrondissement très bourgeois et très banal. Ca me faisait marrer. Du coup, j’ai raconté le hall de l’immeuble et puis basta ! De toute façon, que ce soit le vrai ou non, mon idée n’était de révéler l’adresse de Mylène, sinon j’aurais donné le numéro, si ça avait été le but de la manœuvre…

Il y a de nombreuses erreurs dans votre livre. L’aviez-vous fait relire par des fans avant de le faire publier ?

Il doit y avoir quelques erreurs factuelles, oui. Sur les histoires de clips, c’est assez complexe, on me l’a signalé. A l’époque, je m’étais servi de ce qui existait déjà pour comparer. Lors d’une nouvelle édition, on revérifiera tout, il ne doit pas y avoir grand chose, je crois qu’il n’y a qu’un clip qui n’est pas totalement bien retranscrit…

Plusieurs en fait…

Oui, mais c’est tellement chiant les clips ! C’est d’un compliqué. Les castings n’étaient pas clairs, il y aurait un clip qu’elle aurait réalisé elle-même, etc. Ca dépassait ce que je voulais faire. Le plus marrant, c’était d’analyser les clips à ma sauce. J’ai fait ce que personne n’avait fait. Je me suis admiré de m’être farci tous les clips à la suite, en boucle, c’était une épreuve ! Et je suis l’un des rares mortels à m’être tapé « Giorgino » intégralement, crayon à la main et ça c’est un exploit, j’en suis fier !

Pourquoi une photo de concert pour représenter le livre ?

Parce qu’aucune agence de photos n’a voulu vendre un cliché de Mylène Farmer… Il y a embargo. A l’origine, c’était une parade, puisqu’on ne pouvait pas avoir de photos de Mylène. J’étais enchanté de cette couverture. Imaginez que nous soyons à Bercy, les lumières viennent de s’allumer et l’artiste va arriver sur scène et on ne la voit pas. J’ai trouvé ça finalement plutôt pas mal… On s’est bien tirés d’une chose qui était à la base un handicap.

Le site de la FNAC avait indiqué une réédition avec une photo de la star par Ellen von Unwerth, mais ça n’est jamais paru, pourquoi ?

De mon livre ? Première nouvelle ! Je ne savais pas du tout (rires) ! Mais maintenant que Mylène a repris du service, on songe à une nouvelle édition où j’intégrerais le nouvel album, les nouveaux clips, en voyant s’il y a continuité ou changement.

Quelles ont été les réactions des fans au moment de la sortie du livre ? Le contexte était plutôt mouvementé, non ?

Il y a eu de tout. Il y a eu des fans enchantés, mes copains notamment. Sur certains sites, au contraire il y a eu des discussions à n’en plus finir avec des gens qui râlaient. En fait, on trouvait deux sortes de râleurs : ceux qui pointaient du doigt sur les détails qui n’allaient pas et ceux qui étaient hystériques, qui disaient que je proférais du mal sur leur « Ange », avec tous les excès que vous pouvez imaginer. J’ai fait une émission de télé chez Ruquier. Il avait invité un fan sur le plateau. J’étais très triste pour ce garçon qui était très timide et intériorisé, qui se retrouvait dans cette espèce de foire, censé me poser des questions embarrassantes. Mais une fois qu’il avait relevé les quelques erreurs, il n’avait plus rien à dire… il avait perdu son temps car il n’avait rien à vendre, il ne connaissais pas le monde des médias alors que je le pratique un peu. Par contre, ça a eu un effet positif pour mon livre.

A combien d’exemplaires s’est-il vendu ?

Un peu plus de 25 000 exemplaires vendus. Pour votre gouverne, je suis assez fier, car pour le livre de Mylène elle-même, on en est à 31 000… On aurait pu s’attendre à plus, mais il y a eu beaucoup de retours, c’était un livre assez cher pour les jeunes.

ae7449300b5e748eaa9859fa79e70a10-300x300Votre livre s’achève justement sur la sortie de « Lisa-Loup et le conteur ». L’avez-vous lu depuis ?

On avait sorti mon livre avant le sien, exprès. Du coup, j’étais passé pour un expert sur elle ! J’ai lu son livre quand il est sorti. Ca m’a un peu emmerdé, j’ai pas trouvé ça terrible. On voit bien que c’est du Mylène, on reconnaît bien ses thèmes. Je trouve qu’elle est meilleure sur un texte bref quand dans un machin un peu long où l’on se demande ce qu’elle veut en faire… Je ne la sentais pas à l’aise. Et puis la forme était assez impressionnante, ça a dû dissuader plus d’un fan. Ce n’était pas un livre très chaleureux, on n’avait pas envie de se plonger dedans avec cette typographie rouge et noire, ces petits dessins… 

 

Mylène Farmer et vous – 2005

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Un chasseur de Mylène

Posté par francesca7 le 20 mai 2012


 

Un chasseur de Mylène dans Mylène et les AUTEURS 000154715Ecrit par Antoine Bioy qui est psychologue clinicien et docteur en psychologie.

Jeune étudiant, Christophe-Ange Papini auteur du livre Fou de Mylène Farmer nous propose de partager des moments de sa vie, ceux où la chanteuse Mylène Farmer fut très présente pour lui. Livre témoignage non autour de l’artiste elle-même, puisque l’auteur n’a fait que la croiser, mais bien à propos de la façon dont son admiration pour la chanteuse a occupé une place importante, aux temps où l’on se cherche, où l’on évolue vite, où se trouver reste problématique : l’adolescence.

C’est une intimité qui est ici racontée avec une certaine pudeur et sans faux-semblants, et l’on suit au fil des pages le récit de l’auteur d’abord dans son «approche» de la chanteuse artistiquement parlant (l’enfance ponctuée des prestations de la star, l’adolescence avec le «déclic» que constitua pour lui
l’écoute de l’album Innamoramento, en 1999) puis dans une recherche plus existentielle.

Progressivement, Christophe-Ange Papini devient un «stalker», un chasseur de star addicté à son objet de dévotion, en l’occurrence Mylène Farmer, bien connue par ailleurs pour susciter des «fan-attitudes» tenaces et parfois extrêmes. Ce sont ici ces deux années à l’attendre en bas de chez elle, à suivre ses apparitions et à vibrer au son de ses titres que l’auteur partage avec nous. Mais au-delà de ce simple récit qui peut déjà en soi attirer la curiosité, l’un des intérêts majeurs de Fou de Mylène Farmer est de découvrir la façon dont une passion pour une artiste peut aider à se structurer. Au fil de ses pensées et du récit de ces quelques années de vie, Christophe-Ange Papini dévoile une nature qui se cherche encore, et l’on comprend comment à la fois cette passion est née, ses soubassements mais également la façon dont, bien involontairement, l’artiste va contribuer de façon majeure au développement personnel d’un jeune garçon qui devient jeune homme.

Plusieurs lectures de ce livre-témoignage sont ainsi possibles, l’une «curieuse» d’un comportement à la fois inhabituel et sincère, et l’autre plus psychologique. Quelques anecdotes sur la star parsèment l’ouvrage, et sa présence en pointillé tranche de façon paradoxale avec l’importance qu’elle occupe dans la vie de l’auteur, dans ses choix de rencontre, dans son existence. Signe d’une écriture réussie, on retrouve dans le récit même ce jeu d’absence et néanmoins d’omniprésence. S’il reste incontestable que la passion pour Mylène Farmer éprouvée par Christophe-Ange Papini évolue au fil des pages jusqu’à devenir une forme de mélancolie, l’attachement de l’auteur pour l’artiste reste constant. Sans doute est-ce là le signe d’une transformation qui réussit, d’une évolution tranquille, quoique inhabituelle dans sa forme, où subsiste l’essentiel : la construction d’une vie, au singulier.

Antoine Bioy
( Mis en ligne le 05/12/2005 )

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Mylène et Denny Fongheiser

Posté par francesca7 le 6 mars 2012


Mylène et Denny Fongheiser  dans Mylène et L'ENTOURAGE glry28-091

Denny Fongheiser, Scott Mundy (DW), Matt Sorum

Confidences du Batteur de l’orchestre de Mylène : Denny Fongheiser (Batteur) Anamorphosée

Son nom traînait sur le livret d’ « Anamorphosée ». Batterie : Denny Fongheiser. On l’avait presque oublié. Et puis l’idée nous est venue de le contacter, et nous ne l’avons pas regretté.

Avant toute chose, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je vis à Los Angeles et je suis batteur et percussionniste de studio. J’ai également participé à des tournées. Je suis enfin arrangeur, producteur et ingénieur du son. J’ai travaillé entre autres avec Tracy Chapman, Seal, Counting Crowes, Luciano Pavarotti, Heart, Cock Robin, Brina Setzer… et bien sûr Mylène Farmer !

Comment avez-vous été contacté pour jouer sur « Anamorphosée » ?
J’ai été appelé pour enregistrer l’album aux studios A&M. Je crois que c’était le studio D, qui est réputé pour les sessions de batterie. J’y ai passé beaucoup de temps ces dernières années.

Connaissiez-vous Mylène auparavant ?
Non, je ne la connaissais pas avant. Mais j’ai été immédiatement très agréablement surpris. J’ai beaucoup d’amis en Europe et en Russie qui connaissent et aiment son travail. J’ai également reçu beaucoup de mails de fans de batterie qui m’ont fait des commentaires très élogieux sur cet enregistrement.

Et vous, quel est votre sentiment sur l’album « Anamorphosée » ?
J’aime vraiment beaucoup cet album et je l’écoute encore aujourd’hui. J’en apprécie les mélodies, ce qui est très important pour moi. Les belles mélodies m’inspirent pour jouer. « Anamorphosée » a un bon rythme, de jolis arrangements et un son très agréable ». De plus, la voix de Mylène tient une place énorme sur l’album, et je pense que c’est une grande qualité. Je ne comprends pas toutes les paroles de l’album, mais je me souviens avoir demandé des précisions sur les textes pendant l’enregistrement. Comprendre les paroles est un atout pour jouer et mettre en avant certains sons plutôt que d’autres.

Que pensiez-vous de la voix particulière de Mylène ?
J’adore sa voix, qui comporte plusieurs facettes selon moi. J’ai beaucoup apprécié la tonalité émotionnelle qu’elle a imprimée à cet album. La chaleur des émotions se retrouve tout au long d’ « Anamorphosée », et Laurent a fait un très bon travail sur la cohérence de l’ensemble. Il est très talentueux, et sait parfaitement conjuguer ses talents d’artiste et de producteur. Il a des vues très précises sur la finalité d’un album, tout en restant très ouvert sur l’aspect créatif des choses.

Avez-vous des anecdotes particulières ?
Rien qui ne me vienne spontanément… A part le côté vraiment enrichissant de l’expérience. Je me souviens des séances de travail avec Mylène, Laurent, Abe et Jeff. Je ne connaissais pas Jeff Dahlgren avant « Anamorphosée

MF2000_13a dans Mylène et L'ENTOURAGE

», mais j’ai beaucoup apprécié de travailler avec lui. Mon travail principal a été de jouer sur des pistes préexistantes, et nous avons

 soigneusement travaillé sur les bonnes combinaisons à trouver entre el live et les séquences additionnelles.

En France, Mylène est souvent comparée à Madonna…
Mylène a de très bonnes chansons, elle chante bien, elle a un côté sexy, sa musique est dansante mais elle fait toujours appel à l’émotion. Ce sont des aspects que l’on retrouve aussi chez Madonna. Donc cette vision est assez juste. Je sais aussi que Mylène a énormément de succès, comme Madonna.

Quels sont vos projets actuels ?
J’ai beaucoup travaillé avec différents artistes dans mon propre studio, en tant que batteur mais également arrangeur et producteur. Les progrès de la technologie ont rendu beaucoup de choses possibles. J’ai également produit une merveilleuse artiste, Shelly Bonet, et je pense encore travailler avec elle cette année. Je travaille enfin à la préparation d’un DVD sur l’enregistrement en studio à destination des musiciens professionnels. Et j’aimerais également repartir en tournée, si l’occasion le permet.

Mylène Farmer et vous – 2007

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Mylène, la Culture de l’inaccessibilité

Posté par francesca7 le 28 janvier 2012

Livre Mylène Farmer, La culture de l’inaccessibilitéMylène, la Culture de l'inaccessibilité dans Mylène et BIOGRAPHIES 9782356360960

 

Titre: La culture de l’inaccessibilité

Auteur: Julien Rigal

Édition: Premium

Type de livre: Biographie

Aspect physique: Livre Broché

Date de parution: 28 Septembre 2010

Prix Fnac: 18 €

 

 


La culture de l’inaccessibilité – Biographie de Julien Rigal

 

Loin des clichés habituels, cette biographie nous dévoile une Mylène Farmer méconnue, plus « vraie », plus accessible. De ses timides débuts en 1984 avec Maman à tort au duo qu’elle aurait enregistré avec Ben Harper en 2010, sa carrière est retracée dans les moindres détails, et est agrémentée de nombreuses anecdotes et citations, parfois méconnues ou inconnues du grand public.

 « Il y avait en moi depuis longtemps cette envie de sortir du lot, de faire quelque chose que les autres ne font pas… » (Mylène Farmer, Studio Magazine, janvier 1994). Des paroles qui peuvent laisser songeur tant elles incarnent la chanteuse, de son art jusqu’à sa relation unique avec ses fans. Car si Mylène Farmer a déclaré qu’elle ne cultivait pas le mystère, peut-on en dire autant de son inaccessibilité ? Ses longues absences, rares télés et interviews en font un personnage mystérieux que l’auteur a tenté de décrypter.

 si Mylène vous était contée autrement…

 dans Mylène et BIOGRAPHIESJulien Rigal, grand admirateur de la chanteuse depuis plus de dix ans et webmaster d’un des sites les plus visités sur la toile (Sans-Logique.com), revient en détail sur le parcours d’une artiste unique.

http://livre.fnac.com/a2870443/Julien-Rigal-Mylene-Farmer

 

 

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Mylène par Hugues Royer

Posté par francesca7 le 22 janvier 2012

Livre MylèneMylène

 

Titre: Mylène

Auteur: Hugues Royer

Édition: Flammarion

Type de livre: Biographie

Aspect physique: Livre Broché

Date de parution: 4 Novembre 2008

Prix Fnac: 18 €


Mylène – Biographie d’Hugues Royer

« Pourquoi ça m’arrive à moi ? », se demandait Mylène Farmer en 2005 à Bercy. En retraçant son parcours, ce portrait riche de témoignages de proches et d’anecdotes inédites projette un éclairage sur le mystère et le mythe d’une chanteuse star, ainsi que sur une femme timide et complexée, mais qui sait mener sa carrière.

 

Présentation de l’éditeur

Du jamais vu. Les 160 000 places pour les deux concerts qu’elle donnera au Stade de France en septembre 2009 se sont arrachées en moins de trois heures. Quant à son nouvel album, Point de suture, il est devenu disque d’or en une semaine. Depuis un quart de siècle, Mylène Farmer est la plus grande star française. La seule à être devenue un mythe de son vivant. Paradoxalement, c’est aussi une artiste secrète qui brille par son absence médiatique. D’où ce voile de brume qui l’entoure, ce mystère qui la rend inaccessible. D’où, aussi, les rumeurs délirantes qui fusent à son sujet. C’est une « Mylène » loin des clichés habituels que cet ouvrage vous propose de rencontrer. Une femme, consciente très tôt de sa différence, qui s’est forgé un destin d’exception. Peut-on déceler un traumatisme qui expliquerait les obsessions morbides traversant son œuvre? Est-elle vraiment la femme d’affaires avide de tout contrôler que dépeignent ses détracteurs? Quels rapports exacts entretient-elle avec ses fans? Pourquoi est-elle devenue une icône gay? Emaillé de nombreux témoignages de proches de la chanteuse, ce livre aborde sans détour toutes Les questions que le public se pose. On y découvre une artiste exigeante et inflexible, mais aussi, loin de l’image de poupée torturée qu’elle véhicule à travers ses clips, une femme tendre et drôle. Terriblement attachante.

Biographie de l’auteur

Ancien professeur de philosophie, psychologue de formation, Hugues Royer a publié six romans et un essai. Avec ce portrait brillant et tout en nuances, il propose un éclairage inédit sur une star fascinante. Après l’avoir lu, ceux qui aiment Mylène ne l’aimeront que davantage.

                                                   Barre mexicain musicien

http://www.amazon.fr/Myl%C3%A8ne-Hugues-Royer/dp/208122125X

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