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Entre Mylène et Nathalie Rheims – une passion est née

Posté par francesca7 le 23 mars 2016

A partir de 2006, la romancière est souvent apparue aux côtés de Mylène lors d’apparitions publiques de celle-ci. Les deux femmes se sont régulièrement citées l’une l’autre en interviews, notamment pour évoquer le projet d’adaptation cinématographique d’un roman de Nathalie, L’ombre des autres, dans lequel Mylène devrait tenir le rôle principal.
Par ailleurs, Nathalie a écrit un article sur Mylène en 2008 (paru dans « Madame Figaro ») et a interviewé son amie pour « Paris Match » en décembre 2010.

Un article de Gala du 11 août 2015 nous racontait : « Et puis, il y a « Natha­lie », dans sa propriété extra­or­di­nai­re­ment fleu­rie de Saint Florent, en Corse, (…). Ici, rien qui ne fende la torpeur, sinon les allées et venues de Paul, le chien Shiba, et peut-être les conver­sa­tions télé­pho­niques que la maîtresse des lieux a quasi ritua­li­sées en fin d’après-midi avec sa si chère amie, la chan­teuse Mylène Farmer.« 

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Belle déclaration 

Portrait de Mylène Farmer par Nathalie Rheims 

« Comment parler de toi ? Comment dire, sans dire, ce que tu es ? Décrire ton être. Ecrire ton existence. Raconter. Passer par les mots. Tourner autour de ton âme comme on découvre le ciel, comme on explore une galaxie inconnue. Faire ton portrait, toi que je sais, toi que j’aime tant. Exercice impossible puisque c’est le silence qui tisse la trame de tout ce qui nous lie. S’il y avait un titre à ce commencement, ce serait « l’Une pour l’autre ». De ton amour, de ta confiance, je me sens la gardienne, et je veille sur ce privilège.  

Silencieuse et secrète – n’est-ce pas ainsi que te décrivent tous les livres qui te sont consacrés ? Mystérieuse aussi, puisque telle est ta nature profonde. Ceux que tu aimes deviennent des coffres inviolables où reposent des fragments de toi comme les pièces d’un trésor. Pourtant, il n’y a rien d’indicible, de caché, tout est dans ce que tu écris, dans les strophes qui nous viennent par ta voix, si ce n’est ce que toi-même tu as oublié.  

Je te regarde à travers le miroir magique où chacun aime à se reconnaître, et je traverse ce prisme pour rejoindre ton reflet. Je m’approche, pose mes mains sur la vitre, le verre tremble comme une eau limpide.  

J’effleure la surface du bout des doigts, tu apparais dans la transparence. Dehors le soleil irradie le paysage, mais les persiennes restent closes. Tous les mots son jetés, épars, à travers la pièce. Tu me souris, les ramasses un à un et les jettes dans un grand sac. Tu me fais signe de te suivre. Tu avances, projetant sur le sol ton ombre qui guide mes pas, la lumière filtre derrière les volets et reste invisible à nos yeux.  

Laisse-moi te suivre dans l’ombre de ton âme, et puisqu’il faut choisir, laisse-moi devenir l’autre, à la poursuite d’un je, qui se demande à quoi je sers.  

 « Plus grandir », dis-tu mais comment continuer ? Te raconter au creux de tes phrases. Montrer, apparaître. S’effacer. Faire silence. Mourir puis renaître. Trouver la force. Les images de toi se forment comme des clignotements d’éclats électriques. Toi, si proche, personne ne peut imaginer à quel point tu es simple dans la vraie vie, celle que nous partageons, loin des fantasmes et des folies.  

Humaine, si près de ceux que tu aimes, si attentive à tout, à tous. Tu poses des questions, écoutes les réponses avec précision, soucieuse du bien-être de tes amis, soudée à ta famille, faisant cors avec celui que tu aimes. Si loin de tout ce qui peut se dire ça et là, dans ces tombeaux de papier.  

En savoir davantage, c’est l’impression que voudraient donner ceux qui écrivent sur toi sans te connaître, et feignent de croire que ton absence dans cette caravane de l’étrange, où tout le monde s’affiche et se montre, est une position cynique et réfléchie. Mais il n’en est rien. Aucun rouage, aucune stratégie dans ta décision. Juste le désir de n’apparaître que dans son travail. Le reste, la vie, le quotidien, ne recèle ni sanctuaire ni caveau dans lesquels reposeraient toutes sortes de facettes obscures. Il faut t’apprendre pour comprendre que les secrets que tu poursuis sont des valeurs d’absolu.  

Je pense à notre rencontre, quelque part en Corse, après nous être croisées plusieurs fois, sans nous approcher, nous regardant de loin, comme si chacune pensait que le moment n’était pas venu, qu’il fallait l’attendre. » 

Nathalie Rheims a écrit aussi ça …. 

 

mylène et laurent

LAURENT ET TOI Mylène

 Depuis, tu m’éblouis par ce mélange constant de force, de fragilité, de certitude et de doute. Parfois je me demande si tu as conscience de ce que tu es, de l’image que tu projettes et qui avance, silhouette chinois, vers le refuge de ta maison aux murs clairs, ton arche de Noé, car tu pourrais y accueillir tous les animaux de la terre.  

Lever l’ancre et naviguer loin, très loin. « où irons-nous ? » me dis-tu dans un éclat de rire. Où tu veux. Tu le sais. Mais il n’est pas encore temps.  

« Point de suture », tu en as tissé la trame avec Laurent Boutonnat. Comment écrire sur toi sans évoquer Laurent ? Là aussi, tant de projections, d’à peu près. Vous êtes les deux faces d’un monde qui n’appartient qu’à vous. Vous avez fermé la frontière pour baliser vos territoires, qui se rejoignent dans un univers où personne ne règne en maître. Je crois que cela s’appelle une alliance.  

C’est un album clair, l’ombre a pris le large, laissant derrière elle des chansons qui s’éparpillent dans des chagrins anciens. La nature est changeante, dis-tu, mais le brouillard s’est levé, on est passé à l’heure d’été. Les vents continueront de te tourmenter, mais nous repousserons les hivers. Changer pour devenir une autre tout en restant la même. Et se donner à soi-même.  

Tu apparais à nouveau à l’intérieur de ces plaies refermées dans l’œil de la caméra de Bruno Aveillan, qui filtre chaque étincelle. Tu surgis, fée surnaturelle, projetant le flux sidéral d’un amour universel. Tu réveilles le monde, les nuits sont chaudes.  

Ils seront des milliers à t’attendre lorsque les jours auront rallongé. Tu t’y prépares, tu t’entraînes chaque jour, réfléchis, construis, dessines, collabores avec tous ceux qui t’accompagnent dans ce nouveau chapitre. Avant le Stade de France, les 11et 12 Septembre 2009, il y aura la tournée – l’anxiété, le cœur qui cogne, les tempes qui se serrent. Mais tout sera, j’en suis sûre, comme tu l’avais imaginé.  

Je te regarde, en écrivant ces mots, tandis que sur un grand édredon blanc, tu scandes « Appelle mon numéro ». Combien de fois, chaque jour, nous arrive-t-il de le faire ? Les saisons passent et tu attends un signe qui ne viendra peut-être pas. Benoît di Sabatino a saisi, dans ses images, la petite fille qui demeure. « Sans Contrefaçon », telle que tu es, à la fois douce et volontaire. 

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Vierge ou démon 

Je dessine ton visage à l’encre de mon stylo. J’en connais chaque détail, chacun des contours. Tu te transformes, passant les saisons, les débordant « sans logique », jusqu’à écrie « je me quitte », mais c’est pour mieux te transfigurer. Passer de la femme à l’androgyne, de la vierge à la figure du diable, pour toi ce n’est qu’n jeu d’enfant. Pourtant la dualité te possède et t’interroge. Tu parles de l’ange, la face tournée vers les ténèbres, tes éclats de rire, tes moments de tristesse, parce que ta fragilité au monde est comme du cristal qui peut se briser à chaque dissonance « Ange, parle-moi, dis-moi si tu est là ». C’est bien toi qui l’as écrit, alors écoute. Ceux qui ont disparu veillent, souvent tu me dis ; « Si on allait voir des fantômes ? », mais où se cachent-ils ? Tu aimes jouer avec les feux follets, explorer l’inconscient, te promener dans le surnaturel, mais c’est toujours dans tes poèmes que l’au-delà surgit, que les anamorphoses transfigurent les images, dans tes textes que les rêves sont les plus accessibles. 

Tu apprivoises la mort par la magie des mots, repoussant l’idée du néant. Tu aimes te balader dans les cimetières, parce que leur calme et la beauté des pierres t’apaisent. Tu penses, si souvent, je le sais, à ceux que tu as perdus, même si tu n’en parles pas. « Si j’avais au moins revu ton visage, entrevu, au loin, le moindre nuage ». Qui peut savoir si, à force de le dire, de le chanter, quelque part, peut-être, quelqu’un t’entendra. 

Tes yeux prennent la couleur du cuivre pour se fondre dans le reflet de tes cheveux. Les vanités d’émail sertissent chacun de tes doigts comme autant de protections, de talismans. 

La vie avance, l’âge semble t’ignorer. Ton portait serait-il caché quelque part, scellé dans un réduit dont toi seule posséderais la clé ? Aurais-tu passé un pacte avec l’ange ? Et lorsque tu lui parles, est-ce qu’il te répond ? C’est lui, sans doute, qui a fait se croiser nos routes. 

Ecrit Par Nathalie Rheims dans Le Figaro 2008. 

Publié dans Mylène 2007 - 2008, Mylène AU FIL DES MOTS, Mylène en CONFIDENCES, Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaires »

AVANT QUE L’OMBRE… À BERCY DÉROULEMENT DU SPECTACLE

Posté par francesca7 le 29 novembre 2015

 

Ce cri qui introduisait le spectacle en introduit aussi le film, sur des images du « rideau de scène », ou plutôt des gigantesques portes qui la cachent encore aux yeux du public. Ce sont en effet deux lourdes portes baignées d’éclairages dorés qui se présentent au public, lui-même baigné d’éclairages d’un rouge oppressant. Au milieu de la salle se trouve une seconde scène en forme de croix, posée au milieu de la fosse. Une musique inquiétante et mystérieuse se fait entendre, constituée de grondements sourds et de chants religieux dignes de l’album « Cendres de lune ».

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C’est l’Introduction. La pression monte du côté du public de ces treize dates exceptionnelles, treize représentations uniquement à Paris-Bercy. Alors que les grondements se font de plus en plus sourds, les lumières s’éteignent brusquement, déclenchant à nouveau les cris du public. La musique va crescendo, jusqu’à l’explosion… « SHUT UP !! ». Un sarcophage futuriste s’illumine des hauteurs de la salle, au-dessus du transept de la croix posée au milieu de la fosse. Mylène est allongée à l’intérieur, yeux clos. Le caisson descend lentement, tandis que des éclairs et des coups de batterie semblables à des explosions traversent la salle. Le sol de la scène centrale en forme de croix est tapissé d’un écran retranscrivant des images évoquant un cœur humain, images signées Alain Escalle, comme toutes celles du show. Lorsque le sarcophage est posé sur la croix, six hommes vêtus de longues robes violettes montent sur la croix, et entourent le sarcophage dans lequel Mylène gît, endormie. Après l’avoir débarrassé des chaînes qui l’ont fait descendre, ils soulèvent le sarcophage et le portent en direction de la scène principale, toujours masquée par ses lourdes portes. Au fil de leur marche, une passerelle reliant les deux scènes descend du plafond. Au moment où les porteurs posent le pied sur la première marche de cette passerelle, les portes s’ouvrent enfin avec fracas, laissant entrevoir dans un éclair aveuglant un escalier sans fin, et deux écrans reprenant les images projetées sur la scène centrale en forme de croix. Arrivé sur la scène principale, les porteurs posent leur fardeau sur un socle, puis se retirent en coulisses. Sous les yeux du public, émerveillé par une telle entrée, le socle se relève lentement à la verticale. L’image de Mylène à l’intérieur, les yeux toujours clos, se relevant lentement, est projetée en live sur l’écran gauche de la scène. Et brusquement, elle ouvre les yeux, comme si les cris du public lui avaient insufflé la vie… Le sarcophage s’ouvre, libérant Mylène tout sourire, qui adresse un signe de main à la foule en délire. 

Et c’est parti pour le voyage… Le voyage semble être le fil conducteur du spectacle, une idée empruntée à Guy de Maupassant, dont une citation figure dans le livre du spectacle. « Le voyage est une espèce de porte par où l’on sort de la réalité connue pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve ». Mylène, renvoyée sur terre et ressuscitée treize fois de suite par son public, va donc nous faire voyager dans son monde, ses tableaux…

Mylène commence à chanter Peut-être toi, dans de très beaux éclairages rouge et or. Sa tenue est pour le moins originale, constituée d’une culotte, d’un soutien-gorge et de bottes couleur or, sertis de pierres précieuses. Par-dessus, Mylène porte une cape couleur or également, constituée de fines lanières qui volent derrière elle. Ce titre dynamique est repris par le public, et Mylène le termine avec les fameux « Pam pam pam, padadadam pam… ».

Les accords de guitare qui introduisent la chanson suivante sont rythmés par des éclairages violets qui se lèvent et se baissent en rythme. Parallèlement à cela, une partie de la scène, celle où se trouvent le directeur musical Yvan Cassar, le batteur Abraham Laboriel et le percussionniste Nicolas Montazaud, s’élève lentement, laissant apparaître guitaristes, bassiste et choristes. La scène s’éclaire de bleu lorsque le riff de XXL se déchaîne. Mylène interprète ce titre avec beaucoup de justesse, tandis que les écrans géants derrière elle retransmettent des images live. A la fin de la chanson, Mylène fait reprendre le refrain au public après lui avoir dit bonsoir.

 BERCY

Retour au calme pour Dans les rues de Londres. Les écrans derrière Mylène diffusent des images d’une silhouette dansante superposée avec une écriture manuscrite… Des éclairages reprenant une rue pavée sont projetés sur l’immense escalier sans fin qui fait office de décor. Mylène interprète ce titre en toute sobriété, se déplaçant le long de la scène, tandis que la scène est éclairée dans des tons dorés. A la fin de la chanson, nous découvrons que les écrans mobiles sont quatre en réalité, qui peuvent bouger, se séparer, se rassembler…

Un bruit de C.B. retentit dans la salle. Le public reconnaît immédiatement California. Les écrans et la scène centrale se recouvrent de la mention « Crime scene – Do not cross ». Mylène apparaît en hauteur, sur la première partie de l’escalier du décor, dans une ambiance très sombre, rougeoyante. L’escalier avance lentement vers l’avant de la scène, et Mylène le descend en rythme avec la chanson. Elle effectue une prestation toute en sensualité de son tube de 1996. A la fin du titre, elle ne manque pas d’adresser un clin d’œil au public sur un langoureux « So ssssex… » !

Un tampon élève Mylène au-dessus de la scène tandis que retentit le rythme saccadé de Porno Graphique. Mylène effectue une chorégraphie géniale totalement barrée, faite de mouvements aussi saccadés et « autistiques » que la chanson, faite de déhanchés suggestifs et de mouvements brusques. Dans une ambiance rougeoyante (encore !), des images d’une opération à vif sont projetées sur les écrans réunis. Au trois quarts de la chanson, sept hommes font leur apparition sur scène, en haut de la première partie de l’escalier du décor. Ce sont Los Vivancos, groupe de danseurs flamenco, espagnols donc. Ils restent immobiles jusqu’à la fin de la chanson où Mylène lâche « T’as pas un p’tit mojito ?! » avant de s’échapper en coulisses. Ils prennent alors possession de la scène pour un interlude flamenco endiablé, fait de claquettes et d’acrobaties, sur un instrumental hispanisant de « Porno Graphique ». Puis le noir se fait…

Une petite mélodie enfantine se fait entendre doucement, tandis que la salle est baignée d’éclairages bleu sombre. Puis les premières notes de Sans contrefaçon retentissent, déclenchant les cris de délire du public. Huit danseuses sont positionnées sur scène, encore immobiles. Elles sont vêtues de pantalons noirs, de vestes à carreaux (comme il se doit pour cette chanson !) colorés et chapeaux haut-de-forme rouges. L’intro se déchaîne, guitare, percussions, Mylène arrive en fanfare du côté droit de la scène, vêtue également d’un haut-de-forme bleu marine, ainsi que d’une petite robe noire à plumes très courte dotée d’une sorte de traîne froufrouteuse, noire également. Mylène et ses danseuses effectuent la chorégraphie bien connue de la chanson devant un public déchaîné, tandis que de superbes éclairages balaient toute la salle. Les écrans des deux scènes projettent des images d’une marelle remplie des symboles masculin et féminin tournant sur eux-mêmes. Mise en scène très réussie. Mylène fait reprendre le refrain au public à plusieurs reprises…

Retour au calme avec une version plus lente et plus sensuelle de Q.I. Les danseuses retirent leur pantalon, leur veste et leur chapeau, dévoilant une petite combinaison noire des plus sexy. Mylène retire également son chapeau et sa traîne. Mylène et ses danseuses effectuent une nouvelle chorégraphie sensuelle et plutôt originale, inspirée du Lac des Cygnes. Le public est enthousiaste, notamment sur la fin de la chanson « Ton Q.I, mon Q.E, ton Q.I, C.Q.F.D… ». Mylène remercie le public, puis reprend cette conclusion de la chanson en chœur avec lui, tandis que les danseuses effectuent de larges mouvements avec les bras.

Déjà, l’intro de C’est une belle journée retentit, et nouveau moment de liesse dans la salle pour le public qui reprend à tue-tête le refrain avec Mylène. Celle-ci, toujours accompagnée de ses huit danseuses, effectue la chorégraphie du titre présentée à la télévision quatre années plus tôt. Les écrans diffusent des dessins animés tirés du clip, accompagnés d’une multitude de lettres C.U.B.J., les initiales de la chanson. A la fin de la chanson, Mylène retourne en coulisses, tandis que les musiciens jouent un instrumental orientalisant, pendant lequel les Los Vivancos arrivent une nouvelle fois sur scène, pour effectuer un nouvel interlude flamenco/claquettes. Puis le noir se fait…

Un orage éclate dans Bercy. Des éclairs flashent toute la salle, tandis que le tonnerre, la pluie et le chant des cigales retentit. Sur la scène centrale en forme de croix, une trappe se retourne sur elle-même, laissant apparaître un piano à queue. Yvan Cassar s’avance sur la scène centrale, sous les applaudissements du public. Il s’installe au piano et débute une introduction que l’on reconnaît comme étant celle de Ange, parle-moi. La voix de Mylène se fait entendre. Mais où est-elle ? Elle est perchée dans un chandelier immense aux flammes en plastique, qui survole le côté gauche de la salle. Le chandelier parcourt ainsi la moitié de la salle, rapprochant Mylène des spectateurs assis de ce côté-ci des gradins. La foule est réellement en délire, on entend peu Mylène tant les cris sont nombreux. Mylène reste imperturbable et termine la chanson, ici dans une jolie version en piano-voix, en se posant au milieu de la scène centrale. Elle descend du chandelier, qui remonte au plafond. Elle porte une nouvelle tenue constituée d’un corset violet, d’un haut transparent passé par-dessus, et de cuissardes bleues. La chanson finie, le public réserve une standing ovation à Mylène, qui semble ne pas en revenir…

La chanson suivante est Redonne-moi, que Mylène interprète visiblement très émue. Dès le second couplet de la chanson, elle peine à finir ses vers. Le public ne manque pas d’aider Mylène et de l’applaudir. Yvan conclut joliment la chanson avec une reprise inédite au piano, durant laquelle Mylène reçoit un bouquet de fleurs du public. Elle lui dit : « Ce sont des moments tellement émouvants pour moi… Merci beaucoup… ».

Toujours sur la scène centrale, Mylène continue ce tableau « émotion », plus proche que jamais de son public. Bercy n’a jamais semblé si intimiste… Elle enchaîne avec Rêver. Dès la fin de l’intro, elle demande à Yvan, submergée par l’émotion : « Donne-moi une seconde… Pardon… ». Tandis que l’écran de la scène du fond retransmet toujours des images live de Mylène, de magnifiques éclairages habillent la chanson. Des colonnes de lumière s’élèvent tout autour de la scène centrale en forme de croix, tandis que Mylène interprète une de ses chansons les plus connues et aimées du grand public. On entend d’ailleurs nettement son public chanter avec elle lors des refrains. Le public reprend également en cœur le refrain lorsque Mylène le lui demande à la fin de la chanson. « C’est une chanson qui vous va si bien… Alors je vous laisse la chanter pour moi »…

L’obscurité grandit pour L’autre… que Mylène interprète encore une fois en toute sobriété, en communion totale avec le public, aussi ému qu’elle. Vers la fin de la chanson, après que la plupart des musiciens l’aient rejointe sur la scène centrale, elle fait monter une fan sur scène, parcourt un peu la croix avec elle puis la serre dans ses bras, concluant la chanson par : « C’est un ami… C’est lui… C’est lui… C’est vous… ».

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Dès que les premiers accords de Désenchantée sont plaqués par Yvan, un cri de délire inonde Bercy. Les danseuses de Mylène, en pantalon noir et en haut violet, la rejoignent sur la scène centrale. Elles effectuent avec Mylène la chorégraphie d’origine du titre, tandis que les écrans des deux scènes projettent des images psychédéliques de toutes les couleurs. Au fur et à mesure que la chanson avance, les éclairages sont de plus en plus fous. A la fin de la chanson, des torrents de lumières de toutes les couleurs déferlent dans tout Bercy. Le public, quant à lui, est euphorique. Mylène interprète son plus gros tube, son hymne, au milieu de la salle, au milieu de son public. Comme pour « Rêver », on le distingue bien chanter avec Mylène sur les refrains. En réalité, dans la salle, il chantait plus fort qu’elle… Lors du pont de la chanson, les musiciens restant passent d’une scène à l’autre par la passerelle, une nouvelle fois descendue. Après une multitude de refrains, la chanson se termine et les danseuses retournent sur la scène principale. Mylène reprend le refrain plusieurs fois avec le public, puis présente les musiciens qui l’accompagnent. Après avoir été présentés, ceux-ci retournent sur la scène principale. Puis Mylène va les rejoindre lentement, en reprenant une nouvelle fois le refrain de la chanson avec le public. Sur la passerelle entre les deux scènes, elle se penche pour adresser un petit signe au public juste en-dessous. Puis la musique explose à nouveau et un nouveau refrain est repris.

Retour au calme avec Nobody knows, que Mylène interprète en faisant de simples mouvements de bras et de tête. Les écrans, devant lesquels une sorte de tissu transparent a été descendu, diffusent des images oniriques dans des tons jaunes. Les éclairages rouges et jaunes balaient la salle. Mylène retourne dans les coulisses tandis que les musiciens et notamment Yvan Cassar concluent la chanson par un air mystérieux constitué d’arpèges.

Pour Je t’aime mélancolie, de longues colonnes de tissu descendent du plafond de la scène. A l’intérieur de certaines d’entre elles, Eric Chevalier le claviste, Mylène et quelques danseuses. Les autres sont disposées plus au devant de la scène. Dans une version assez similaire à celle du Tour 96, Mylène ré-interprète cette chanson avec la chorégraphie d’origine, en dépit de son micro qu’elle porte à la main. Dès le premier refrain, elle sort de sous la colonne de tissu. Elle est vêtue une nouvelle tenue : culotte et soutien-gorge en dentelle noirs, par-dessus lesquels elle porte une veste en dentelle noire également.

Interprétation toute en simplicité et en sensualité pour L’amour n’est rien…. Mylène évolue sur scène, jouant avec ses musiciens, notamment ses deux choristes et son bassiste. De jolis éclairages mettent en valeur les colonnes de tissus qui ont libéré toutes les personnes qui étaient à l’intérieur… Lors des derniers refrains de la chanson, ceux-ci montent et descendent en rythme avec la chanson.

Quelle surprise que cette nouvelle interprétation de Déshabillez-moi ! On peut dire que Mylène vit la chanson… Devant un pied de micro, elle joue avec lui et avec le public, multipliant les grimaces, les poses lascives. Sans oublier l’énorme cri qu’elle pousse… Interprétation magistrale de ce classique de Juliette Gréco !

Retour au calme avec Les mots. De magnifiques projections de roses ornent les deux côtés de la scène. Des images de pluie sont projetées sur les écrans, scindés en deux. Mylène chante son premier couplet. Pour le couplet de Seal, surprise, Abraham se lève et c’est lui qui va rejoindre Mylène. Remplaçant de treize soirs, il donne une nouvelle dimension à la chanson en interprétant superbement cette chanson avec une belle voix rauque. Mylène et Abraham semblent très complices et avoir beaucoup d’affection l’un pour l’autre. Mylène le gratifie d’ailleurs d’un smack sur la bouche à la fin de la chanson…

Fuck them all bénéficie d’une mise en scène très étudiée et très colorée. Les Los Vivancos sont de retour sur scène, l’un deux enserrant Mylène dans ses bras. Ils se retournent lentement vers le public au moment de l’intro. Les danseuses sont également présentes sur scène, habillées en geishas. Toute la troupe effectue une chorégraphie inédite, tandis que les écrans diffusent des images évoquant l’Espagne, avec beaucoup de rouge, des images de toréadors, des coupures de journaux… Lors des derniers refrains, la passerelle descend une nouvelle fois relier les deux scènes. La chanson finie, toute la troupe passe sur la scène centrale, au rythme de percussions et des « Fuck them all » qui résonnent dans toute la salle. Mylène présente les danseurs : « Ils sont tous frères, ils sont tous espagnols, ils dansent magnifiquement bien, ils s’appellent Los… Mylene_FarmerVIVANCOS !! ». Puis elle retourne vers les danseuses : « Elles viennent toutes de New York, je suis très très heureuse de travailler avec elles, elles sont toutes plus jolies les unes que les autres, ce sont les danseuses !! ». Tout le monde retourne sur la scène principale, seule Mylène reste… « Et merci à vous, un immense merci !! ». Explosion de guitares. Mylène tournoie sur la scène centrale, au milieu de son public qui l’acclame. On sent les larmes lui monter aux yeux… Elle retourne sur la scène principale. « FUCK THE ALL ! ». Le noir se fait.

Cris du public lorsque Mylène est de retour sur scène. Elle est vêtue d’une nouvelle tenue, un magnifique manteau rouge sang brodé d’or et de perles. Un véritable rideau d’eau coule devant la scène. L’image de Mylène en live est projetée dessus. L’effet est magnifique. Les premières notes de Avant que l’ombre… débutent. Mylène interprète la chanson visiblement émue. Lors des derniers couplets, le rideau se sépare en deux, laissant Mylène passer devant. « Mais laisser le passé, redeve…nir le passé… passé… ». Et à chaque fois que Mylène prononce le mot « Passé », celui tombe du rideau d’eau, constitué de gouttelettes d’eau. L’effet est grandiose, magnifique. C’est la première fois au monde que cette technologie est utilisée. Le public est scotché. Mylène termine la chanson, puis lorsque débute le long instrumental qui conclut la chanson, elle se dirige vers l’escalier sans fin du décor, maintenant orné d’immenses chandeliers dont le pied est sculpté de cobras. Tandis que le rideau laisse maintenant s’échapper la silhouette de Mylène (celle de l’affiche du spectacle), celle-ci monte lentement, très lentement, les marches de cet escalier sans fin. Arrivée à mi-chemin, elle ôté son long manteau rouge, se retrouvant presque nue. Arrivée tout en haut de l’escalier, dans la fumée, elle se retourne et lève la main en direction du public. Elle n’est plus qu’une silhouette lointaine en haut de cet escalier. Le public, abasourdi, répond au signe de main que lui adresse Mylène. Puis lentement, les lourdes portes qui cachaient la scène commencent à se refermer sur elle et sur Mylène, la main toujours levée. Sa silhouette se découpe toujours dans le rideau d’eau. Avec un immense fracas, les portes se referment définitivement. Le dernier plan du film nous montre les fans en pleur devant ce final incroyable et particulièrement fort en émotions…

 SOURCE  / http://www.innamoramento.net/

Publié dans Mylène 2005 - 2006, Mylène Tour BERCY 2006 | Pas de Commentaires »

L’épreuve du miroir Face à Mylène

Posté par francesca7 le 12 septembre 2015

 

 

Tous ceux qui l’ont approchée ont été saisis par sa beauté. Hommes et femmes, indifféremment. Ainsi, l’écrivain Amélie Nothomb succombe lors de leur première rencontre, en décembre 1995, pour une interview croisée dans l’édition allemande du magazine Vogue. « La première chose que j’ai à dire, c’est que c’est une des personnes les plus belles que j’ai jamais vues. Elle est vraiment plus belle en réalité qu’en photo. C’est quelque chose qui m’a frappée. » Bien que Mylène ne possède pas des traits académiques, il émane de sa personne un éclat qui n’appartient qu’à elle. Une lumière qui provient de l’âme et irradie tout son être. H. R. Giger, le dessinateur qui a inspiré le décor du « Mylenium Tour », a lui aussi succombé. « En rentrant chez moi après notre entrevue, j’ai dessiné plusieurs portraits de Mylène, mais qui sont tous restés inachevés car il faudrait que je la revoie à nouveau pour mieux saisir sa beauté et son mystère si spécial. » 

Amélie N et Mylène

Qu’on lui dise qu’elle est belle ne la rassure pas. Au pire, ça peut même provoquer des réactions insolites. Dans Giorgino, la séquence où Jeff Dahlgren, après avoir dévalé un escalier, doit déclarer à la sauvage Catherine combien il la trouve jolie va être délicate à tourner. La raison ? Chaque fois, un irrépressible fou rire s’empare des deux acteurs. Sans doute Mylène a-t-elle du mal à recevoir ce type de compliment. Il faudra qu’elle ramasse un clou douteux au sol et le serre dans sa main jusqu’à sentir une douleur pour que la prise soit finalisée. 

Depuis ses débuts, avec une touchante sincérité, elle ne cache pas combien il lui est difficile de s’accepter : « Je ne me suis jamais trouvée jolie, et cela ne change malheureusement pas. » Lors de sa première tournée, elle semble obsédée par cette question. « J’étais son miroir, confie son manager. Elle me disait : “Bertrand, Bertrand, est-ce que je suis belle ?” Je lui répondais : “Non, mais tu es divine.” » Éprouve-t-elle un complexe particulier ? « Mon nez n’est pas ce que je préfère en moi. » Ainsi, à la photographe Elsa Trillat, elle aurait expliqué qu’elle se désolait de ressembler à Barbra Streisand. « Par moments, c’était une telle fixette qu’elle a envisagé de faire rectifier son nez. Mais je le lui ai déconseillé. Je lui ai dit : “Si tu fais ça, ton regard va changer.” » Mais Mylène n’est pas particulièrement à l’aise non plus avec son regard, cette légère coquetterie qu’on note sur quelques rares clichés, plus prononcée lorsqu’elle rit aux éclats. 

Quant à son nez, il a eu l’heur de séduire Amélie Nothomb. « Il est complètement japonais. Je l’aime vraiment beaucoup. Il paraît pourtant qu’elle n’en est pas fière. Elle a bien tort ! » Contrairement à d’autres artistes de sa génération, Mylène a choisi de ne pas corriger l’appendice que la nature lui a donné – et pas seulement par peur du bistouri. Bien lui en a pris : son nez singulier lui donne du caractère et lui confère sa beauté hors norme. D’ailleurs, grâce à la caméra de Laurent Boutonnat, mais aussi au talent des maquilleurs et des photographes, l’objet de son complexe va se fondre dans son visage comme cette neige dont elle raffole sous les rayons du soleil. 

Très vite, le cinéaste apprend en effet à offrir au public le meilleur de sa muse, ce trois quarts gauche qui la sublime à l’écran. Dès la fin des années 1980, Mylène sera systématiquement filmée sous son bon profil, que ce soit dans ses clips ou lors des émissions de télévision. D’ailleurs, lorsqu’elle accepte de venir sur un plateau, la place de la caméra et l’angle d’éclairage de son visage font partie des règles inflexibles. Même la télévision russe, en 1999, a dû se conformer à ces consignes strictes. 

Au détour d’une interview, Mylène évoque d’ailleurs cette forme de dédoublement d’elle-même : « Sur un visage, on dit que le côté droit est le présent, et le gauche le passé. Eh bien, je préfère mon côté gauche. »      Bien sûr, ses traits ne sont pas aussi fins et réguliers que ceux de certains top models. Elle trouve ses lèvres trop minces, son menton un peu fuyant, elle n’aime pas être photographiée de face. Un après-midi de l’été 1987, dans le sud de la France, autour d’une piscine où sont réunis amis et membres de sa famille, elle refuse obstinément de sauter dans l’eau. La raison ? « Elle ne veut pas qu’on la voie avec les cheveux mouillés, me raconte l’un des témoins de la scène. Elle s’imagine, à tort ou à raison, que ça ne l’avantage mylènepas. » 

Alors que son public la trouve magnifique, Mylène ne cesse de nourrir des complexes. Son sens exacerbé de l’esthétique génère une insatisfaction chronique. « Je sais que je ne suis pas un modèle parfait », dit-elle. D’où un rapport complexe au miroir. D’un côté, il est l’ennemi juré, celui qui lui renvoie ce qu’elle ne peut s’empêcher de voir comme ses défauts. De l’autre, il lui permet de s’apprivoiser, de chercher les angles qui la rassurent, bref de faire, le temps d’un coup d’œil furtif, la paix avec elle-même. « J’ai en permanence besoin du reflet de ma personne dans le miroir, même s’il n’est pas celui espéré », confie-t-elle en 1996, au risque de passer pour nombriliste. Dix ans plus tard, lorsque Thierry Demaizière l’interroge sur cette rumeur qui prétend que son appartement serait truffé de miroirs, elle esquive : « Je crois ne pas en avoir un seul. » 

Un paradoxe qui montre bien que rien n’est réglé. « Le souci de n’être pas assez jolie est une angoisse », lâche-t-elle comme si elle s’était résignée à une forme irrémédiable de souffrance. Les psychologues le savent, ce sont les êtres qui ne s’acceptent pas qui passent le plus de temps face au miroir. Sans doute parce qu’ils cherchent désespérément à s’aimer, guettant l’image qui va enfin les réconcilier avec eux-mêmes. En 1989, peu avant sa première tournée, Mylène s’offre un petit plaisir égoïste : accompagnée de Bertrand Le Page, elle remonte les Champs-Élysées dans une limousine noire pour voir les affiches du spectacle placardées sur les colonnes Morice. Lorsque l’image est flatteuse, il n’y a plus aucune raison de bouder son plaisir. 

Au fond, n’est-ce pas de cette fragilité, de cette faille narcissique-là, que naît la beauté véritable ? Le photographe Jean-Marie Périer, auteur d’une série de clichés de Mylène pour Elle en 1998, le dit à sa façon. « Elle m’avait prévenu gentiment que la présence d’un objectif la rendait marteau et que l’acte d’être photographiée la transformait en quelqu’un d’autre. C’était vrai, rien à voir avec la personne au charme si attractif. C’était une sorte d’ovni silencieux qui évoluait sur coussin d’air en évitant les regards. Elle s’asseyait joliment comme un oiseau timide en me lançant de temps en temps un regard qui disait qu’elle ne détesterait pas que tout ça s’arrête. De toute manière, j’étais séduit, puisque je n’ai d’attirance que pour les gens qui n’aiment pas se faire photographier. » 

Les êtres au physique trop parfait nous laissent indifférents. Parce qu’ils n’ont rien à prouver, aucune émotion ne transfigure la symétrie de leurs traits. On ne peut que les admirer, en aucun cas les aimer. Pour s’attacher à quelqu’un, encore faut-il s’accrocher à un défaut, croire qu’on est le seul à pouvoir panser une plaie secrète. Il en est de l’amour pour une chanteuse comme de celui qu’on éprouve pour la femme ou l’homme de sa vie. Cette réserve qui caractérise Mylène, ce visage qu’elle camoufle avec pudeur derrière les boucles de sa chevelure rousse, voilà ce qui la rend aussi attachante aux yeux du public. Quand elle pleure sur scène, qui n’aurait pas envie de la prendre dans ses bras ? 

Farmer Mylene De cette fragilité, elle va faire une force. Puisqu’elle ne se trouve pas jolie, elle sera sublime. Glamour et sexy à la fois. Envoûtante et énigmatique. Infiniment désirable et distante dans le même temps. L’objet parfait du fantasme. Pas besoin d’être la plus jolie pour ça : l’intelligence fait le reste. D’où ce rapport délicat à la photographie. Lorsqu’elle accepte une séance, elle sait le degré d’exigence qu’elle veut atteindre : trouver le cliché qui la rendra séduisante à ses propres yeux. Mission périlleuse, tant elle a fixé la barre à une hauteur démesurée. « Quand on ne s’aime pas ou qu’on ne s’accepte pas, on est beaucoup plus critique. Il y a des images que l’on déteste et, quand on déteste, on déchire. » Tous ceux qui l’ont photographiée savent combien elle est impossible, combien il lui faut être rassurée, par la coiffure, le maquillage, le stylisme, la lumière, avant de se laisser capturer.  D’où, également, cette sophistication dans la construction de son image. Puisque Mylène ne s’aime pas au naturel, elle n’apparaîtra jamais à la télévision sans être au mieux de son apparence. À plus forte raison, elle soigne son look dans ses clips. Quitte, parfois, à en faire trop ? C’est ce que penseront certains fans en découvrant, en 2006, le clip de Q.I. Cheveux soigneusement ondulés et laqués, maquillage sophistiqué : elle ressemble à une poupée un peu trop apprêtée, ce qui, selon certains, a pu nuire au propos du clip, montrant un couple d’amoureux au quotidien. 

Que Mylène, en s’aimant aussi peu, soit devenue aussi belle dans l’esprit du public, constitue sans doute le paradoxe le plus réjouissant de toute sa carrière. Au fond, cette faille que l’on perçoit, sous la perfection de l’artifice, la rend terriblement humaine et touchante. Que penserait-on d’une artiste qui se gargariserait de sa beauté ou se complairait dans l’autosatisfaction permanente ? Sans doute qu’autant de prétention ne mérite pas qu’on s’attache à elle. « Qui peut s’aimer, à part les imbéciles  ? » me souffle Philippe Séguy. Il n’a pas tort. Si besoin était, Mylène nous apporte une preuve supplémentaire de sa clairvoyance. 

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008


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CHAPITRE 1er de MYLENE

Posté par francesca7 le 22 août 2015

1b« Pourquoi moi ? »

       Plus fort que Madonna. La presse n’en finit pas de commenter l’exploit. Les places pour la prochaine tournée se vendent comme des petits pains. Le 28 avril 2008, jour de l’ouverture des guichets, la totalité des 80 000 places du concert au Stade de France, qui aura lieu le 12 septembre 2009, soit plus d’un an après, s’arrachent en deux heures. Pour satisfaire les fans frustrés, une autre date est ajoutée. 

Cette fois, le show affiche complet en une heure et quinze minutes. Record battu ! Dès lors, Thierry Suc, tourneur et manager de Mylène, peut annoncer que la star se lancera dans une vaste tournée en France, en Belgique et en Suisse. Le 23 mai 2008, lorsque les billets sont disponibles, l’hystérie atteint son comble. 

En vingt-quatre heures, 100 000 places sont prises d’assaut. Quant au concert du 4 septembre 2009, à Genève, il affiche, à son tour, complet en un temps record. 

« Nous avons tous été très, très émus. Et Mylène en premier lieu, évidemment, commente alors Thierry Suc. Tous ces gens qui se sont déplacés, qui ont attendu, qui parfois n’ont pas eu de place. C’est la preuve d’un amour réel du public, d’une relation unique et inexplicable. » Au printemps 2008, c’est le manager de Mylène qui est chargé d’assurer la promotion de la tournée. C’est lui qui accorde les interviews à la presse régionale, tandis que la chanteuse, fidèle à elle-même, se tait. « Je pense que Mylène a duré parce qu’elle n’a jamais cherché à expliquer ou expliciter ce qu’elle fait. Elle livre les choses, c’est tout. Et son public les reçoit. Elle fédère l’amour des gens comme personne. En France, aujourd’hui, il y a Johnny et Mylène. »

 Thierry Suc n’a pas tort. En inscrivant son parcours dans la durée, alors que tant d’autres artistes ont sombré dans l’oubli, Mylène s’est forgé une légitimité. Elle est devenue un monument de la chanson. Aussi n’est-il pas étonnant que le grand public lui rende visite sur scène comme on honore un fleuron du patrimoine national. C’est la famille au grand complet, toutes générations confondues, qui va à un concert de Mylène, afin d’entendre ses tubes incontournables, Libertine, Sans contrefaçon ou Désenchantée. Pas sûr, en revanche, que la majorité des spectateurs connaissent par cœur les chansons du nouvel album, Point de suture. 

                                                     **

 

« Après vingt ans de chansons et de scène, je mesure le succès à l’envie du public qui n’a jamais cessé. Cela est essentiel à mes yeux3 », a récemment déclaré la chanteuse lors d’un entretien à Paris Match. Pourtant, Mylène le sait, le succès n’est jamais acquis. Redoutable position que d’être la première de sa catégorie, la chanteuse qui vend le plus d’albums dans l’Hexagone depuis deux décennies. 

À chaque fois, il lui faut remettre son titre en jeu. Voilà pourquoi il lui arrive de s’étonner, avec une humilité non feinte, fût-ce devant treize mille témoins, d’être toujours au sommet. 

Palais omnisports de Bercy, mardi 17 janvier 2006. Mylène donne le quatrième des treize concerts qui font l’événement en ce début d’année. Elle se tient debout au centre de la scène, au côté d’Yvan Cassar, qui l’accompagne au piano pendant la séquence des ballades. Le recueillement est à son comble. Soudain, au beau milieu de Rêver, elle s’interrompt pour confier quelques mots au public, murmurés d’une voix étranglée de petite fille. « Vous n’imaginez pas l’émotion que ça donne. Je n’arrive pas à dormir en ce moment, je me demande pendant des heures “pourquoi moi” ? » 

8

« Pourquoi moi ? » C’est toute la question, en effet. 

 
Comment expliquer que Mylène Farmer soit la seule rescapée, côté filles, des chanteuses
 ayant commencé leur carrière dans les années 1980 ? 

Et, surtout, par quel prodige a-t-elle réussi à relever ce défi qu’elle aurait, à l’âge de 
quatorze ans, lancé à ses camarades : « Je deviendrai quelqu’un » ? 

L’ambition, aussi démesurée soit-elle, n’explique pas tout, même lorsqu’elle est partagée 
avec un  Pygmalion génial. Il faut croire que, depuis ses débuts, un ange veille sur elle.
 Qu’il la préserve des erreurs qui, à maintes reprises, auraient pu lui être fatales. 

En 1984, Laurent Boutonnat et Jérôme Dahan envoient la maquette de Maman a tort à de
 nombreuses maisons de disques, mais se heurtent à un refus unanime. 

Ils auraient pu en rester là, choisir une autre interprète, ou même renoncer à la chanson – 
Boutonnat rêve surtout de cinéma –, mais non. Têtus, ils décident de réexpédier la même 
version en prétendant qu’il s’agit d’un « mix ». Un mensonge qui fait mouche : François Dacla,
 chez RCA,  mord à l’hameçon. Et Mylène enregistre son premier 45 tours. 
Un succès d’estime qu’elle a bien l’intention de réitérer. « On dit souvent qu’il est
 difficile de durer, moi je mise sur une carrière et je préfère y croire, je cherche 
la continuité. »

Pourtant, après l’échec cuisant de son deuxième single, On est tous des imbéciles, 
l’aventure aurait pu s’arrêter là. Mylène doit trouver une nouvelle maison de disques. 
Le métier lui accorde une seconde chance : Alain Lévy, chez Polydor, qui semble 
croire en son avenir, lui permet d’enregistrer son premier album.

 Tout pourrait sembler idyllique, sauf que le choix de Plus grandir comme single, 
imposé par le patron, risque une fois encore de faire capoter la jeune carrière 
de Mylène. Une grave erreur, selon Laurent Boutonnat et Bertrand Le Page, le manager 
de la chanteuse, qui misent beaucoup sur Libertine. 

« Nous sommes tous fiers de cette chanson, persuadés d’avoir le grand succès du disque, 
racontera Jean-Claude Dequéant, le compositeur. 

Le choix d’Alain Lévy a failli tout compromettre. Finalement, c’est le lancement de 
Libertine qui fera décoller l’album. C’est là que tout démarre vraiment, mais au bord du désastre. » 
Et encore, le succès de Libertine va en partie reposer sur le choc provoqué par le clip. 
Sans le soutien de ce petit chef-d’œuvre de raffinement pervers, qui surclasse toutes les 
productions de l’époque, peut-on imaginer que la chanson aurait connu un destin aussi 
prodigieux ?
 Le comble, c’est que ce court- métrage n’a pu être financé que grâce au soutien bénévole 
de Movie Box, une société de publicité où Laurent Boutonnat avait quelques amis. 
Toute l’équipe du clip, acteurs et techniciens, a accepté de participer à l’aventure
 sans la moindre rémunération.

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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Mylène Farmer les appelle « ses filles »

Posté par francesca7 le 17 mai 2015

imagesDes danseuses ?

Il n’y en a aucune sur sa dernière tournée, « Timeless 2013″, qui a débuté le 7 septembre à Bercy. Non, elles, c’est plutôt le gabarit 115 kilos, deux mètres de haut. Des robots. La chanteuse française de tous les records, habituée des mises en scène spectaculaires, a encore une fois créé la surprise avec ses robots-danseurs, une première mondiale pour un show de cette envergure. D’autant que ces robots à usage habituellement industriel ne sont pas un élément parmi d’autres du décor, mais sont intégrés aux chorégraphies et assurent même un peu plus de 4 minutes du spectacle à eux seuls. 

Au troisième morceau, deux bras articulés blancs portant un masque aux yeux lumineux font leur apparition sur scène. Présence menaçante. Mylène Farmer les regarde l’un, puis l’autre, d’un air attendri qui les habille aussitôt d’humanité, avant d’entamer les premiers pas de danse de C’est une belle journée. Les robots embrayent, mimant les mouvements de la star. Six danseurs de chair et d’os rejoindront le tableau, les robots devant. Et ça fonctionne, le public est archi-conquis. 

« Montrer que la robotique peut être artistique »

Le marionnettiste, derrière les vedettes de métal de Timeless 2013, s’appelle Philippe Stegemann. Ce spécialiste en automatismes et en robotique a créé en 2006 sa société de prestations en robotique, après 18 ans passés à programmer des robots industriels. Musicien amateur, il s’amuse alors à programmer des robots pour qu’ils bougent en rythme sur de la musique. En 2008, il crée sa première chorégraphie en hommage à Daft Punk, vite repérée sur YouTube. Ce qui l’incite à creuser ce filon en créant une deuxième activité, roboLounge, dédiée à l’événementiel. « L’idée, c’est de s’amuser avec la robotique et de montrer que cela peut être artistique. J’essaie d’humaniser les robots, de les rapprocher des gens », explique-t-il. 

Tribute to Daftpunk, par roboLounge: 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

Son business fonctionne bien et prend même progressivement le pas sur son activité de conseil dans l’industrie. La société réalise des prestations dans des salons professionnels, pour créer du trafic sur les stands des exposants. Jusqu’à ce que la production de l’émission « La France a un incroyable talent » le remarque, et l’invite à participer au divertissement de M6. Robolounge va jusqu’en demi-finale avec une chorégraphie de trois robots se battant au sabre laser. C’est là que l’équipe de Mylène va le repérer. « Anthony Souchet, le meilleur ami de Mylène, m’a appelé en 2012 pour me rencontrer. J’ai cru à une farce. Il m’a expliqué qu’ils avaient envie de quelque chose de futuriste pour le concert. » De fait, les tableaux avec les robots ont quelque chose de froid mais s’intègrent parfaitement à l’univers de Timeless, dont l’affiche donnait déjà le ton.  

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SOUS LES MAUX DE MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 2 mai 2015

 

 

Swift écrivait avec authenticité : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. » Ce nouvel album de Mylène Farmer ne manquera pas, devant la vocifération de quelques verrats nourris à la confiture pourrie, de confirmer à nouveau cette citation.

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Bloc opératoire :

« Tous les points de suture du monde ne pourront nous recoudre » dit Pacino dans L’impasse.

Anesthésie générale en prévision. Comme son nom l’indique, Point de sutureannonce une phase, celle de la plaie soignée après l’opération. Soignée mais pas cicatrisée. Alors que l’excellent [Dégénération->644] (dans les bacs depuis le 18 août) laissait présager un disque froid et plutôt évasif quant aux paroles, ce septième album de la rouquine, très up tempo, électrochoc, s’avère d’une diversité délicieuse et sauvage. Avec un virage résolument électro moderne, tout en restant, fort heureusement, très Laurent Boutonnat (génie irremplaçable, quoi qu’on en dise, dont on attend également impatiemment la prochaine production cinématographique). Petite révélation d’introduction :Point de suture contient le plus beau titre que Mylène Farmer et Laurent Boutonnat aient écrit.

D’allégories en aphorismes, d’assonances sans dissonances, de désirs annexes, sexuels, sans zèle, sans complexe, les textes sont d’une rare finesse et intelligence, même si leur titre ne l’affirme, parfois, pas nécessairement ( Appelle mon numéroC’est dans l’air ). Le nom de l’album exhale d’ailleurs toute sa prestance si l’on daigne un tant soit peu creuser entre les lignes : l’artiste n’aura jamais autant joué sur l’autodérision, subtile et cocasse, sur la poésie, sur l’éclectisme : sur tout ce à quoi on l’assimile bêtement, souvent avec une hargne rare.

Option chirurgicale : album au scalpel :

Dégénération : ouverture en rafale avec le premier single issu de Point de suture (ici en version longue), accessoirement numéro 1 des téléchargements légaux dès sa mise en ligne, et servi par un clip époustouflant, subversif, fort de ses allusions métaphoriques (une confusion des genres entre médecins et militaires nazis, entre malade [sujet d'étude] et entité divine). Un des meilleurs singles de Mylène Farmer, à l’antinomie du palliatif, qui n’est pas sans rappeler Sin de Nine Inch Nails . Ecoutez bien.

Appelle mon numéro : première découverte du nouveau cru. Avec un tel titre, l’auditeur pouvait s’attendre au pire, comme il en abonde sur les plus mauvaises radios généralistes. Il s’extasiera finalement du meilleur. Musicalement, Appelle mon numéro se rapproche de Dans les rues de Londres (en 2005), grâce à ses arrangements doux et planants, aux nappes de synthés, accentués par des guitares sèches et un riff électrique qui s’ancre rapidement dans la tête. Malgré cette rétrogradation, la (bonne) surprise est de taille : un texte écrit avec justesse et mæstria, par ses multiples jeux de mots et les assonances jouissives du deuxième couplet (une prouesse littéraire exemplaire, grande maîtrise du verbe, qualité stylistique énorme, tournant autour du pillow et de l’hallali [à la connotation sexuelle évidente]). Une extrême noirceur derrière le rideau : un appel à l’aide, un cri de claustration, Mylène is calling 2 : Allo oui c’est moi, tu n’es pas là ? Je me sens toute seule, je suis toute seule. Une plage douce, dans le style trip-hop envolé cher à Mylène, et dont les cinq minutes trente défilent beaucoup trop vite.

Je m’ennuie : retour aux sonorités électroniques pour un hit efficace, clair, et dance dont les arrangements font totalement abstraction du désenchantement paroxysmal des paroles (comme souvent chez l’artiste). Ode à l’oisiveté, à la désillusion. Virage musical bien opéré à travers ce titre moderne et entraînant, empreint de doute et de solitude profonde, nous renvoyant au bovarysme. Un futur single à n’en point douter.

Paradis inanimé : l’intro de Paradis inanimé nous met d’emblée dans le ton : Point de suture risque fort d’être le disque le plus riche et hypnotique de la charmante rouquine. Energique, frais et (très) mélodieux, ce titre renvoie à la période pop-rock de l’artiste. Paradis inanimé bénéficie d’un texte onirique (et derrière le masque, très nihiliste), noir, poétique, apparaissant presque tel un pied de nez à certaines langues de fiel enfermant la chanteuse dans quelques clichés risibles. Un magnifique voyage, Mémoires d’outre tombe, dont la dernière minute nous rappelle avec joie ce que Coldplay sait faire de meilleur.

Looking for my name : un peu de douceur pour cette cinquième piste, interprétée avec Moby . Sur une ambiance hypnotique et obscure, Looking for my name se différencie totalement de Slipping away / crier la vie (single en duo avec Mylène issu du Greatest hits de Moby, sorti en 2006) et de son potentiel club, se rapprochant plus de l’univers habituel de la rousse. Petite pépite synthétique et mélancolique principalement dans la langue de Shakespeare, qui passe en boucle, dans une optique moderne de l’album L’Autre. en 1991. Une véritable et remarquable collaboration artistique.

Point de suture : balade sombre typiquement Farmer / Boutonnat, aux claviers et pianos omniprésents, interprétée très sobrement, à la limite de la fêlure. Nouveau clin d’oeil à la pop gothique raffinée de 1991, avec à l’appui, plus d’aigus dans la voix. Les derniers souffles de la chanson se révèlent ni plus ni moins incroyablement beaux et ténébreux. Un des grands moments de l’album : bouleversant. Et sur les blessures, point de suture.

Réveiller le monde : parfaite transition entre les titres froids et électroniques, Réveiller le monde est à classer dans ces deux catégories. Le texte, empli de désillusion, suintant le lyrisme de Paul Celan, appelle à une tolérance plus soudée entre les hommes, et sonne comme un appel de Soi à un quelque retrait d’un monde ébréché, au stade irréversible de l’agonie. Un titre savoureux, très doux, aux vieux fantômes de Depeche Mode .

Sextonik : malgré de très bons couplets (vantant les mérites de quelques ustensiles utilisés en substituts.) sur lesquels la mélodie nous caresse gentiment les tympans, Sextonik, aux accents dance kitsch années 80, a du mal à convaincre sur un refrain très creux et vite irritant. On se demande même si ce morceau n’a pas été écrit pour (par ?) les adhérents du Club Med, ou ceux d’un cours d’aérobic salace, sous le soleil d’été. La petite déception de la galette.

C’est dans l’air : une TUERIE imparable comme on en attend rarement. Electro énergique à double tranchant, la lumière de C’est dans l’air (le titre le plus rapide du disque) irradie de sa dichotomie, et de ce qu’exhale en général Point de suture . Les couplets baignent dans une teinte similairement déstructurée de Dégénération, aux sons limités mais prenants, avant que le refrain ne vienne complètement métamorphoser le morceau sur une mélodie accrocheuse, monstrueusement efficace, impossible à se retirer du crâne après écoute. Le texte, aussi explicite qu’ambigu en vivant d’un champ lexical très pieux (« ange », « apôtre », « Seigneur », « cieux », « félonie »), nous montre pour la première fois, sans amphibologie, un nihilisme exacerbé de l’auteur : « On s’en fout, on nie tout, on finira au fond du trou. et moi je chante. » ( Mylène fan de Sindrome ?), renvoyant à quelques passages du Non-sens du devenir de Cioran, extrait de l’ouvrage Sur les cimes du désespoir : « Dans le silence de la contemplation résonne alors un son lugubre et insistant, comme un gong dans un univers défunt. Ce drame, seul le vit celui qui a dissocié existence et temps : fuyant la première, le voici écrasé par le second. Et il ressent l’avance du temps comme l’avance de la mort. » En seconde lecture, le texte de C’est dans l’air apparaît également comme un règlement de compte grinçant, paraphé de multiples métaphores. Evidemment, la bombe du CD, à laquelle il est difficile de ne pas espérer prochainement un clip vidéo.

Si j’avais au moins revu ton visage : malgré la force indéniable résonnant déjà tout au long de cet album (en évinçant Sextonik ), Mylène Farmer nous aura réservé un final époustouflant sur les deux derniers titres. N’ayons pas peur des mots : de par une musique douce et belle, une voix fragile, un texte sincère et désespéré (qui fait étrangement penser à la fin tragique d’ Eurydice et Orphée ), Si j’avais au moins revu ton visage s’affiche sans conteste comme la meilleure chanson de tout le répertoire de la chanteuse. Sensible, sobre, acoustique, poignant (on repense à Dernier sourire ), sur le fil du rasoir ; une pure merveille qui mériterait à elle seule l’achat de cet album unique. Magnifique conclusion, sur un très beau solo à la guitare.

5243Ave Maria (titre caché) : l’intérêt sur un titre fantôme, est de préserver l’effet de surprise à l’auditeur. Je vous laisse donc découvrir cette reprise, mystique, troublante, presque gênante.

Postcure sans placebo :

Point de suture, véritable machine à tubes, hybride, polysémique, nous offre des titres efficaces, admirables, neufs, comble brillamment les attentes de l’auditeur (ou au-delà), amenant carrément à ce dernier un choc pendant l’écoute de plusieurs titres, surprenants, et sonne telle une synthèse de tout ce qu’a été Mylène Farmer, autant dans son art que dans ce que certains médias ont véhiculé de cliché sur elle. On notera également des arrangements extrêmement sobres sur la voix, mise en avant, et dont le chant maîtrisé à la perfection nous allèche quant aux prochains concerts de la belle, prévus en France à partir de mai 2009 (en juillet pour la Russie).

La pochette du disque, subtile et noire (noirceur assimilable uniquement à la majorité des textes de l’album, et non aux sonorités des compositions) alimentera sûrement son lot de spéculations : une poupée rousse – amochée au possible, et recousue jusqu’à la défiguration – en robe blanche est couchée à côté d’un pot d’appareils chirurgicaux, remplaçant ainsi la dame. Clin d’oeil à la marionnette de Sans contrefaçonen 1987, définitivement mise au placard, ou à une artiste trop souvent disséquée jusqu’au bain de sang ? Cela fait effectivement dix-sept ans (depuis L’Autre., troisième LP sorti en 1991) que certains médias annoncent, à chaque sortie d’album, une mort artistique imminente de la principale intéressée (on attend toujours d’ailleurs, soit dit au passage). Le livret est aussi la digne représentation de l’ambiance générale de l’album : une dissection de Mylène, complètement cabossée. C’est qu’elle s’en est pris dans les dents, la renarde ; mais malgré les coups incessants, elle reste(ra) en vie, coûte que coûte. Peu importe les menaces, la violence et les éclats volés. On pourrait comprendre également que même si devenant un débat d’étude, le sujet souhaite rester intègre, n’en déplaise aux loups dont les babines crachent de sang.

Un sublime tableau aux deux visages dichotomiques, qui eût très bien pu s’illustrer de Nature morte de Jean-Baptiste Oudry . Après Avant que l’ombre. à l’accueil dithyrambique dans la presse spécialisée (jusque dans Rolling Stone et Le Monde ), Mylène Farmer et Laurent Boutonnat enfoncent le clou. Point de suture : soin de rupture, point spectral. En bref, plus de guitares, d’électro, de rythmes up tempo, pour ce qui s’affirme comme un des (voire le) meilleurs albums d’une carrière exemplaire, atypique et inimitable. Le retour magistral d’une artiste en marge, imprévisible et troublante : qu’on le veuille ou non, Mylène, c’est dans l’air, et l’intoxication n’est toujours pas au programme. Tout simplement et modestement, merci.

Côté news fraîches, découvrez la PREMIERE page web officielle de Mylène FarmerLonely Lisa s’ennuie . dès septembre 2008. En attendant l’ouverture du site, un film d’animation (réalisé avec les dessins de l’artiste) nous est proposé sur htpp://www.lonelylisa.com. A travers la mise en avant de ce projet, la chanteuse poursuit l’histoire de la petite Lisa, personnage principal de Lisa, Loup et le conteur, premier livre de Mylène paru en 2003 aux Editions Anne Carrière, gros succès en librairies (épuisé quelques semaines après sa parution). Au programme pour septembre : pour la promotion de ce site, on peut allègrement attendre Je m’ennuie en single, dont le clip devrait être la suite de C’est une belle journée (2001). Le même mois sortira chez les disquaires Drôle de Creepie en cd 2 titres, interprété par Lisa (décidément), la nièce de la rouquine. Signée Mylène Farmer et Laurent Boutonnat, cette chanson noire et terriblement mignonne est la bande originale de la série du même nom (un mélange de Beetlejuice et de Daria ), mettant en scène la jeune Creepie, orpheline goth-punk-manga, ayant grandi auprès de ses seuls amis : les insectes. Aussi, Mylène incarnera le personnage féminin principal du film L’ombre des autres, inspiré du livre éponyme de Nathalie Reims, prévu au cinéma en 2010. Actualité chargée pour la rousse, au meilleur de sa forme !

 

article source : http://www.discordance.fr/

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UN PUBLIC FIDELE

Posté par francesca7 le 18 août 2014

 

 En associant au clip des attributs et une esthétique cinématographiques, Laurent Boutonnat a contribué à familiariser une partie du public de chansons de variété, surtout très jeune, à certains éléments constituant une œuvre de cinéma. Alors rythmé par la chanson dont ils sont le public, le film s’ouvre à eux comme une sorte de court-métrage musical mettant en scène leur idole. En ce sens on peut admettre que consciemment ou pas, Laurent Boutonnat a utilisé ses chanteuses comme des vitrines. Ce sont elles et leurs chansons qui ont fait connaître son cinéma, qui ont attiré les spectateurs vers son vocabulaire, sa grammaire. Comme un magasin mettant le plus « vendeur » en tête de gondole, Boutonnat a finalement usé du clip comme d’une publicité pour son interprète alors que ce qui était en jeu pour lui relevait de son univers, sa réalisation, ses atmosphères. C’est bel et bien son cinéma qui était l’objet de cette promotion ; et si c’est l’attachement d’un public à la chanteuse plus qu’à lui qui a sans doute causé l’échec de Giorgino, cette vitrine lui a quand même ouvert les portes qui lui ont permis de faire ses films, et de surcroît avec beaucoup de liberté.

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Le public de Laurent Boutonnat a dans un premier temps été celui de ses chanteuses. Dans les années 80, le silence du réalisateur aidant, tout ce qui touchait à sa thématique et à ses éléments graphiques était d’emblée associé à la chanteuse produite. Elle seule se faisait alors le relais d’explications de texte et de justifications à la presse.

 

L’éloignement en 1995 de Boutonnat de son égérie et le tournant artistique de la chanteuse par la suite ne laissait plus de doute quand à l’appartenance de toute cette imagerie au réalisateur. C’est à ce moment qu’un autre public est venu se joindre à ceux qui l’avaient découvert lors de la sortie de Giorgino. Boutonnat qui avait déjà figé son œuvre en n’y ajoutant que quelques clips approximatifs trouve vers 1997 un statut auprès d’un public particulier, composé d’anciens admirateurs de ses interprètes, d’amateurs de la forme du clip, de quelques membres de courants alternatifs comme les gothiques, puis de quelques cinéphiles. C’est pourtant à partir de 1998, alors que des video-cassettes de ses clips et son film de concert sont en vente qu’une demande se fait sentir pour une reprise de leur projection en salles. Alors que tous ses clips sont sur des supports de pellicule faciles à projeter en salles de cinéma, ceux-ci n’entraient malheureusement pas dans le circuit classique de diffusion de films. L’absence de distributeur prive toute projection de copies dans les salles obscures. Les négatifs et pellicules ayant servi aux quelques projections et au transfert vidéo demeurent en possession du réalisateur qui refuse depuis 1994 de les mettre à disposition de son public ou des salles. 

Alors que pour les clips et le film de concert les cassettes sont en vente libre, Ballade de la féconductrice et Giorgino n’ont alors pas été montrées à un autre moment que leur projection en salle en exclusivité. Pourtant, sur initiative de Zik et Toile, une association de cinéphiles de la région de Montpellier, une projection de la copie d’archive de Ballade de la féconductrice est organisée à la Cinémathèque Française en 1998. Contre l’avis de Laurent Boutonnat, cette même association se procure la même année une copie de Giorgino, récupérée lors de la sortie par un collectionneur, pour une unique projection dans un cinéma de Montpellier. Ce sont les dernières fois où un passage d’un long-métrage a été fait en salle de cinéma. Par la suite, les tentatives seront stoppées par l’intermédiaire de Paul Van Parys, associé de Boutonnat, qui ne tolérera que la diffusion en salles de films déjà en vente dans le circuit vidéo traditionnel. 

Depuis l’année 2000, le cinéma Max Linder à Paris organise une fois par an une nuit où sont diffusés tous les clips réalisés par Laurent Boutonnat pour Mylène Farmer, ainsi que le film de son concert de 1989 et celui qu’il a co-réalisé en 1996. La soirée qui affiche chaque année complet remplie sur réservation les six cent sièges que compte la salle. Visiblement bien décidé à ne plus faire de son œuvre celle d’un auteur de cinéma, il refuse de se mêler de ces projections qui se font à l’aide d’enregistrements vidéos de plus ou moins bonnes qualités. La présence dans ses clips de refrains chantés, mais aussi de séquences fortes et divertissantes, de duels et de dialogues laconiques ont une efficacité interactive qu’il est facile d’imaginer lorsqu’ils sont diffusés simplement à la télévision. Manifestement bon public du cinéma de Laurent Boutonnat, les spectateurs le voient en salle comme un divertissement complet, agrémenté d’une ambiance commune à tout événement public à caractère exceptionnel. Plutôt que de découvrir confortablement et en silence de nouveaux films de leur réalisateur, ces soirées restent avant tout un moyen pour les inconditionnels de Laurent Boutonnat de revoir ses films dans un contexte festif, même si la qualité d’image et du son reste proche de celle qu’ils ont chez eux. L’absence de festival de cinéma ou de cycle ponctuel pour les vidéo-clips empêche toute autre moyen de diffusion en salles des films de Boutonnat, comme des autres clips d’ailleurs.

téléchargement (3)

D’une manière purement technique, cela peut s’expliquer par l’incommodité à projeter une image vidéo sur un grand écran, les clips étant généralement fixés jusqu’à un temps récent sur support Betacam. Celle ci devrait à lors être agrandie au détriment de sa qualité ou kinéscopée, qui est une opération assez coûteuse. Le statut particulier de Boutonnat chez les réalisateurs de vidéo-clips ne suffit pas à un traitement de faveur par rapport à ses confrères et consœurs. Seules ces quelques soirées annuelles, entreprise d’une certaine partie de son public, font de Laurent Boutonnat un réalisateur encore vu après son retrait. On peut noter que la connaissance de ces soirées auprès du public se fait entre autres par le biais de fan-clubs non-officiels des chanteuses qu’il a produit, et que nombreux est le public de l’interprète qui se déplace à cette occasion pour la voir sur grand écran, exposition exceptionnelle pour une chanteuse de variétés. 

On peut relativiser la portée de Laurent Boutonnat et imaginer que sans sa présence sur l’écran, ces soirées au Max Linder n’attireraient pas forcément autant de monde. Suite à de longues négociations entre Paul Van Parys et les organisateurs de la soirée parisienne, un accord est donné en septembre 2001 pour projeter en début de soirée la première bobine de Ballade de la féconducrice. Le choix de cet extrait de huit minutes comprenant le pré-générique et le générique de début du film fait passer cette introduction pour un étrange court-métrage dépourvu de sens. D’autres négociations pour le passage de Giorgino dans son intégralité restent vaines. Le réalisateur, toujours par le biais de son collaborateur, n’aura de cesse de refuser toute projection. 

Malgré la rareté des projections de ses « courts-métrages » au cinéma, Laurent Boutonnat demeure le seul réalisateur de clips dont les films sont passés en salle dans des soirées qui lui sont consacrées. En créant une œuvre particulière, cohérente, s’étalant sur dix ans et reposant sur une même interprète, Boutonnat s’est attiré un public fidèle, toujours présent même dans les années sans actualité professionnelle. Il fait en ce sens figure d’exception autant dans le domaine musical où les phénomènes de mode sont omniprésents, mais aussi dans le domaine cinématographique où, pour sans doute une des premières fois, un réalisateur veut gommer toute trace de son travail esthétique en bloquant obstinément toute copie de se films. Le phénomène inhabituel que nous venons de décrire nous laisse penser que les inconditionnels de Boutonnat restent plus proches du public d’un auteur de cinéma que de celui adepte de chansons de variété. 

Il est en effet capable de pérenniser une œuvre au delà de sa sortie en première exclusivité, la ré-exposant à un public des années après.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

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MONKEY ME, un single de Mylène pour ses fans

Posté par francesca7 le 2 juin 2014

 

 

Arrivée tardivement dans les bacs, la chanson « Monkey Me » n’a sans doute pas rencontré le succès qu’elle méritait ; Très occupée par les préparatifs et les répétions de sa tournée pendant l’été 2013, Mylène Farmer l’a choisie comme troisième extrait de son dernier album pour annoncer son retour sur scène. Récit d’une sortie pleine de rebondissements. Article de Jonathan Hamard.

 Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=92jtz50iwfg

 

Une longue attente….

Perçue comme l’une des plus belles chansons de l’album « Monkey Me » par les fans, la ballade. « Je te dis tout » n’a malheureusement pas su toucher le cœur du grand public. Choisi comme deuxième extrait pour succéder au très dance « A l’ombre… » le titre – mis en images par un clip de François Hanss, que les chaînes musicales ont quelque peu ignoré – n’a pas brillé en radio, mais a tout de même arraché un Top 3 dans les charts grâce au CD trois titres et au Maxi Vinyle sortis le 4 mars (environ 15 000 exemplaires vendus). Mylène Farmer a ensuite laissé s’écrouler de longs mois avant de relancer la promotion autour de son nouveau disque ; il aura en effet fallu patienter jusqu’à juillet pour découvrir le plan marketing imaginé par le label Polydor/Universal et l’artiste afin de relancer la carrière de l’album « Monkey Me ».

 

Un plan marketing étonnant….

Dans la matinée du 19 Juillet, un communiqué de presse d’Universal est envoyé à différents médias pour annoncer l’ouverture d’un site internet dédié à la chanson « Monkey Me ». http://monkeyme-remyxes.com/#Teasers

Cette dernière va donc devenir officiellement le troisième extrait de l’album, et le nouveau single de Mylène Farmer, porteur pour la tournée Timeless 2013 comme l’ont été en leur temps, par exemple, « Souviens-toi du jour » en 1999 (Mylenium Tour) et « C’est dans l’air » en 2009 ( Tour 2009). Cette page internet nommée monkeymecover.com sert au lancement d’un concours. Les internautes ont en effet quelques semaines pour imaginer deux pochettes – une pour le support digital et une pour le support physique – et les poster sur ledit site. Sans aucune explication, une seule création a finalement été sélectionnée pour habiller la cover du single, tout support confondus (digitale, physique, promo et commerce). C’est néanmoins une première pour l’artiste et sa maison de disques. 

Le 20 août, Polydor/Universal France annonce sur sa page Facebook que le single arrivera en radio dès le 30 août et dévoile le nom  du grand gagnant : c’est Richard Vanloot qui remporte le concours. La pochette, sur fond blanc, est inspirée du désormais célèbre cliqué d’Hervé Lewis ayant  servi à la pochette de l’album « Monkey Me » ainsi qu’à l’affiche de la tournée : la Mylène peroxydée disparaît pour laisser place à un singe adoptant la même posture qu’elle sur la photo originale.

 

Des supports physiques très difficiles à trouver…

Le vendredi 30 août, quelques jours avant le début de la tournée dans la capitale, « Monkey Me » est donc proposé aux radios dans deux nouvelles versions, différentes et celle déjà connue sur l’album ; une version « Radio Edit » de 3’46, raccourcie sur l’introduction et le pont musical pour se conformer aux exigences des radios, ainsi qu’un remix très efficace réalisé par Amir Afargan (Beyoncé, Jessie J…) et appelé « The ET’s Radio Mix ». Dans la foulée, ces deux nouvelles versions sont mises à disposition des internautes sur les plateformes de téléchargement légal, mais le doute subsiste toujours quant à la parution d’éventuels supports physiques. D’autant plus que le site PureCharts.fr avait reçu la confirmation du label qu’aucun clip n’accompagnerait le titre pour l’épaule en télé. Là aussi, cela aurait été une première pour un troisième extrait d’album. Mylène aurait-elle décidé de délaisser totalement l’aspect promotionnel de ses opus ? 

Finalement, le 12 Septembre, la sortie de supports physiques est annoncée pour le 7 octobre et les précommandes ouvertes au public. Sont proposés à la vente un CD Maxi quatre titres ainsi qu’un Maxo Vinyle regroupant la version album de la chanson « Monkey Me » la version instrumentale, « The ET’s Radio Mix » et un second remix également signé Amir Afargan, « The ET’s Club Remix ». Edité à très peu d’exemplaires, ces supports sont très difficiles à trouver en magasin.

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Un clip animé qui dénote dans la vidéographie de MYLENE…

Le 3 octobre, et contre toute attente le label Polydor/Universal met finalement  en ligne un clip pour le single « Monkey Me » sur la chaîne Vevo (YouTube) de Mylène Farmer. A l’instar de la vidéo de « C’est une belle journée » (2002) et de celle de « Peut-être toi » (2006), Mylène a donc opté pour un clip animé ; Une vidéo en noir et blanc réalisée par Eric Delmotte et Luc Froehlidcher, également crédités pour la création visuelle de « Slipping Away » sur Timeless 2013. Mylène Farmer, qui n’apparaît pas du tout dans cette idéo d’animation, laisse sa place à un singe, seul et malheureux, qui détruit une ville artificielle ; l’esthétique moderne a le mérite de véritablement rancher avec ce que l’artiste a l’habitude de nous proposer. 

Et si les radios ont timidement joué leur rôle – le titre a en effet bénéficié d’un faible relais sur le sondes, cela n’a pas empêché « Monkey Me » de s’envoler jusqu’à la troisième place du Top Singles, avec 7 300 ventes comptabilisées sur une semaine début octobre, suite à la sortie des supports dans le commerce. Une preuve de plus que le bastion de fans de Mylène répond toujours présent aux rendez-vous ! Au final, « Monkey Me » s’est écoulé à environ 10 000 exemplaires, mais demeure, quoi qu’il en soit, l’une des chansons préférées des fans.

 monkey-me-single-promo

 

 extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 60

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Mylène Farmer la papesse du clip

Posté par francesca7 le 30 mars 2014

 

La chanteuse culte Mylène Farmer vient d’entamer une nouvelle série de concerts à Paris Bercy, qui sera suivie d’une tournée en province intitulée « Timeless ». L’occasion de revenir sur les 30 ans de carrière de la star, de ses audaces visuelles à ses rendez-vous manqués avec le cinéma en passant par ses influences, ses collaborations et ceux qu’elle a elle-même inspirés. La première partie de cette saga en 3 volets est consacrée à ses clips légendaires…

Aux origines du mythe…

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=RUQZZW2GrAA

 

C’est sur un clin d’oeil à Marilyn Monroe que Mylène Farmer s’affiche en 2012

pour son album « Monkey Me »

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En empruntant son nom de scène à Frances Farmer, une actrice américaine des années 40 entrée dans la légende tragiquement après un internement psychiatrique qui l’a détruite, Mylène Gautier, comédienne formée au Cours Florent et coutumière des spots publicitaires, inscrit son univers dans l’enténèbrement et la perversion dès 1984 et la sortie de son premier titre, Maman a tort. Dans cette comptine torturée, la chanteuse débutante avoue poliment à sa maman être tombée amoureuse de son infirmière. Si elle ne cache pas à cette époque rêver de devenir actrice, dédiant par exemple une chanson de son premier album à l’une de ses idoles, Greta Garbo, le succès immense qui la propulse en quelques années au rang de star de la chanson française la conduit naturellement à remettre ses ambitions à plus tard pour embrasser pleinement l’autre belle carrière qui s’offre à elle.

 

C’est Laurent Boutonnat qui la sort de l’ombre. Il débute lui-même à l’époque, avec seulement un long-métrage à son actif, La Ballade de la féconductrice, sorti en 1980 et projeté au marché du film à Cannes. Il est interdit aux moins de 18 ans… alors qu’il n’en a lui-même que 17 ! Il devient le compositeur, le pygmalion, le jumeau, « l’autre » de Mylène Farmer. Ils inventent ensemble un univers visuel unique, cinématographique, référencé et peuplé de personnages marquants, épaississant le mystère qui entoure la jeune femme et qui ne la quittera plus jamais.

 

Clipographie : Mylène vue par Laurent Boutonnat


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1986 - Libertine : court-métrage d’une dizaine de minutes, inspiré du Barry Lyndon de Kubrick, entré dans la légende en particulier grâce à ses scènes de nue qui ont fait scandale.

 

1987 - Tristana : deuxième court-métrage qui revisite le conte de Blanche Neige et les sept nains au coeur d’une Russie enneigée, et qui fait référence, entre autres, au Cuirassé Potemkine.

 

1987 Sans Contrefaçon : projetée en avant-première au cinéma Max Linder, cette vidéo raconte la relation ambigüe entre un marionnettiste et un pantin désarticulé, qui n’est pas sans rappeler l’histoire de Pinocchio.

 

1988 - Pourvu qu’elles soient douces (Libertine II) : suite de l’histoire de Libertine, se déroulant cette fois pendant la Guerre de sept ans. Il entre à l’époque dans le Livre des records en tant que clip le plus cher de l’histoire (3 millions de francs), le plus long (près de 18 minutes) et comportant le plus de figurants (500).

 

1989 - Sans Logique : dans une ambiance rappelant les tableaux de Goya, une femme trompée, habitée par le Malin, se lance dans une corrida meurtrière avec son amant, sous le regard fasciné et pervers de gitans abimés par le temps.

 

1989 - A quoi je sers ? : dans ce clip en noir et blanc, Mylène convoque les personnages qui ont peuplé ses premiers clips. Ils s’enfoncent ensemble au coeur d’ un rivage brumeux et incertain.

 

1991 - Désenchantée : devenu l’hymne de toute une génération, cette chanson forte, politique pour les uns, personnelle pour l’artiste, est illustrée par un clip qui propulse la star dans ce qui ressemble à un camp de concentration où la révolte est le seul espoir de survie jusqu’à une fuite vers le bout du bout du monde, jusqu’à l’infini.

 

1992 - Beyond My Control : le dernier clip réalisé par Laurent Boutonnat avant une longue période conduit Mylène au bûcher, en proie aux flammes, livrée aux loups, après avoir dévoré le cou puis le visage de son amant qui l’a trompée (lui aussi). On y entend la voix de John Malkovich, extraite du film Les Liaisons dangereuses, qui confesse « It’s beyond my control« .

 

2001 - Les Mots : pour la sortie de son premier best-of, elle enregistre un duo avec le chanteur britannique Seal. Laurent Boutonnat revient à cette occasion derrière la caméra pour les diriger. Perdu en mer sur un radeau, le couple est finalement séparé par les vagues, le courant emportant l’amant.

 

Redécouvrez ci-dessous le clip de Désenchantée :

 

Clipographie : Mylène vue par d’autres cinéastes

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/user/MyIeneFarmer

 

 

1992 - Que mon coeur lâche : dans ce premier clip aux allures légères, Luc Besson embarque sur Terre l’ange Mylène à qui Dieu donne pour mission d’enquêter sur ce qu’est devenu le sentiment amoureux. Réponse : il a été perverti par le sexe et détruit par le VIH. Le cinéaste joue au jeu de l’auto-référence en proposant une scène similaire à l’une de son film Nikita, sorti deux ans plus tôt.

 

1995 & 1996 XXLL’instant X & Comme j’ai mal : Marcus Nispel, devenu par la suite réalisateur de films d’horreur (Massacre à la tronçonneuseVendredi 13…), met en scène une Mylène plus libérée, que ce soit sur le devant d’un train roulant à vive allure au milieu des plaines californiennes, ou dans un New York envahi par la mousse.

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1996 - California : admiratrice d’Abel Ferrara, Mylène parvient à convaincre le réalisateur de la diriger aux côtés deGiancarlo Esposito dans les quartiers chauds de Los Angeles, sur un scénario qu’ils co-écrivent et qui met en parallèle le destin d’un couple de riches hollywoodiens et celui d’une prostituée et de son maquereau.

 

1999 - L’Âme-Stram-Gram : basée sur une légende chinoise, cette vidéo de plus de 7 minutes est dirigée par Siu-Tung Ching (Histoire de fantômes chinois) qui dispose d’un budget d’environ 900 000 euros. Aux abords de la Muraille de Chine, deux jumelles sont traquées par des bandits. L’une est kidnappée, l’autre cherche alors à la retrouver…

 

1999 - Je te rends ton amour : François Hanss, autrefois assistant-réalisateur de Laurent Boutonnat, plonge la star dans un bain de sang au milieu d’une église. Considéré comme blasphématoire, il est interdit d’antenne en version intégrale avant minuit. Il sort alors en VHS et le bénéfice des ventes est reversé au Sidaction.

 

2000 - Optimistique-Moi : cette fois, Mylène fait appel à un réalisateur de clips et de publicités, Michael Haussman, qui a notamment oeuvré pour Madonna. Il pousse la chanteuse au centre d’un cirque dont elle tente de s’échapper… comme par magie.

 

2001 - C’est une belle journée : à l’occasion de son premier clip animé, basé sur ses propres dessins, Mylène fait la rencontre de celui qui deviendra son compagnon, Benoît di Sabatino, un producteur spécialisé dans l’animation. Une suite sort deux ans plus tard sous forme de conte philosophique pour adultes, intitulé Lisa-loup et le conteur.

 

2005 - Fuck Them All : le premier extrait du nouvel album de Mylène, Avant que l’ombre…, est illustré par un clip signé par le réalisateur espagnol Agustí Villaronga (El mar).

 

1a2006 - Peut-être toi : après le dessin-animé, Mylène s’attaque au manga. Une sorte de Roméo et Juliettejaponisant qui se termine par la mort de deux amoureux, transpercés par la même flêche. La production est confiée à I.G., une société japonaise experte dans le domaine.

 

2009 - The Farmer Project : respecté dans le monde de la publicité grâce à ses réalisations classieuses pour des spots de marques de luxe, Bruno Aveillan est en charge de ce court-métrage composé de deux clips (Dégénérationet Si j’avais au moins…), d’ailleurs diffusé en avant-première ici même, sur AlloCiné ! On y découvre une Mylène créature extra-terrestre aux ondes sensuelles venue répandre l’amour sur Terre et libérer les animaux de leurs cages.

 

vue sur http://www.allocine.fr/article

 

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Philippe Stegemann pour Timeless 2013 de Mylène

Posté par francesca7 le 5 octobre 2013

  Robots de Philippe Stegemann

Robots de Philippe Stegemann

Sur sa tournée « Timeless 2013« , Mylène Farmer s’est entourée de robots-danseurs qui assurent le show et sont une des surprises du concert. Les confidences de Philippe Stegemann, le roboticien qui les a programmés.

Sur scène à Bercy, le 11 septembre 2013. Mylène Farmer les appelle « ses filles ». Des danseuses ? Il n’y en a aucune sur sa dernière tournée, « Timeless 2013« , qui a débuté le 7 septembre à Bercy. Non, elles, c’est plutôt le gabarit 115 kilos, deux mètres de haut. Des robots. La chanteuse française de tous les records, habituée des mises en scène spectaculaires, a encore une fois créé la surprise avec sesrobots-danseurs, une première mondiale pour un show de cette envergure. D’autant que ces robots à usage habituellement industriel ne sont pas un élément parmi d’autres du décor, mais sont intégrés aux chorégraphies et assurent même un peu plus de 4 minutes du spectacle à eux seuls.

Au troisième morceau, deux bras articulés blancs portant un masque aux yeux lumineux font leur apparition sur scène. Présence menaçante. Mylène Farmer les regarde l’un, puis l’autre, d’un air attendri qui les habille aussitôt d’humanité, avant d’entamer les premiers pas de danse de C’est une belle journée. Les robots embrayent, mimant les mouvements de la star. Six danseurs de chair et d’os rejoindront le tableau, les robots devant. Et ça fonctionne, le public est archi-conquis.

« Montrer que la robotique peut être artistique »

Le marionnettiste, derrière les vedettes de métal de Timeless 2013, s’appelle Philippe Stegemann. Ce spécialiste en automatismes et en robotique a créé en 2006 sa société de prestations en robotique, après 18 ans passés à programmer des robots industriels. Musicien amateur, il s’amuse alors à programmer des robots pour qu’ils bougent en rythme sur de la musique. En 2008, il crée sa première chorégraphie en hommage à Daft Punk, vite repérée sur YouTube. Ce qui l’incite à creuser ce filon en créant une deuxième activité, roboLounge, dédiée à l’événementiel. « L’idée, c’est de s’amuser avec la robotique et de montrer que cela peut être artistique. J’essaie d’humaniser les robots, de les rapprocher des gens », explique-t-il.

Image de prévisualisation YouTube

Ce type de chorégraphie (préprogrammée ou en temps réel) est principalement destiné à être produit sur scène. Les possibilités d’emploi de ces robots dans le cadre culturel et artistique sont sans limites.

Son business fonctionne bien et prend même progressivement le pas sur son activité de conseil dans l’industrie. La société réalise des prestations dans des salons professionnels, pour créer du trafic sur les stands des exposants. Jusqu’à ce que la production de l’émission « La France a un incroyable talent » le remarque, et l’invite à participer au divertissement de M6. Robolounge va jusqu’en demi-finale avec une chorégraphie de trois robots se battant au sabre laser. C’est là que l’équipe de Mylène va le repérer. « Anthony Souchet, le meilleur ami de Mylène, m’a appelé en 2012 pour me rencontrer. J’ai cru à une farce. Il m’a expliqué qu’ils avaient envie de quelque chose de futuriste pour le concert. » De fait, les tableaux avec les robots ont quelque chose de froid mais s’intègrent parfaitement à l’univers de Timeless, dont l’affiche donnait déjà le ton.

La musique de l’interlude a été composée en fonction des robots

Au départ, Robolounge a créé le tableau de C’est une belle journée en travaillant sur les vidéos de la chorégraphie. Puis l’idée d’assurer le premier interlude, pendant lequel la chanteuse change de tenue au bout d’environ 35 minutes de spectacle, s’est imposée. Et là, ce ne sont pas les robots qui se sont adaptés à la chorégraphie, mais le directeur musical, Yvan Cassar, qui a composé la musique en fonction des robots. « Il a consulté nos vidéos et a très bien analysé notre registre, confie Philippe Stegemann. Cela cadre parfaitement, avec une montée en puissance en partant de la musique classique pour aller vers du dubstep. Chaque tableau a une émotion particulière. »

 En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr      

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Confidences sur Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 21 octobre 2012

Confidences sur Mylène Farmer dans IAO Magazine

confidences Corinne Blandel (Habilleuse)

 

Confidences sur Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES 6iao1py6vn-300x266Avez-vous travaillé avec Mylène avant le « Mylenium Tour » ?
A vrai dire, oui, il y a très longtemps, à l’époque de « Maman à tort ». Je suis styliste à la base, et je dois avouer que la première fois que j’ai vu cette fille à la télé, je me suis dit que tout ce que je faisais depuis des années lui correspondrait tout à fait. Elle aimait les tenues qui soient à la fois portables à la ville et en même temps empruntes de théâtralité. J’avais tout un book comme ça, avec notamment des redingotes.

Donc vous êtes entrée en contact avec elle à cette époque ?
Oui, mais j’ai mis longtemps à y parvenir ; elle était déjà difficilement approchable (rires). Ca m’a pris un an je crois.

Et comment y êtes-vous parvenue ?
Pas hasard. En fait, il s’avère qu’un jour, j’ai rencontré Pierre Perrin, qui était le photographe de Mylène à ses tous débuts, mais aussi son ancien compagnon, avant Laurent Boutonnat. Il m’avait d’ailleurs raconté qu’il n’avait pas cru au potentiel commercial de « Maman à tort » et que c’est un peu ça qui avait conduit à une rupture. Il m’a donné les coordonnées de Mylène et je l’ai contactée. Mais même avec ses coordonnées privées, j’ai eu du mal à l’atteindre.

Mais vous l’avez vue ?
Oui. Je lui ai montré mon book et ça lui a plu. Mais la difficulté pour moi, c’est qu’elle avait déjà une costumière, Carine Sarfati, qui m’a visiblement prise pour une rivale potentielle. Moi je démarrais dans le métier, alors je n’ai pas insisté. Mais Mylène a tout de même porté une de mes tenues en télé. C’était un chemisier un peu particulier, avec des manches pointues qui se terminaient par un anneau sur les mains.

C’était pour quelle émission et quelle chanson ?
Je crois que c’était « On est tous des imbéciles » dans une émission du matin sur FR3. (ndlr : la description du costume laisse plutôt penser qu’il s’agit de l’une des prestations de Mylène dans l’émission de Christophe Dechavanne, « C’est encore mieux l’après-midi », pour la chanson « Tristana » le 19 juin 1987. Elle y portait effectivement un chemisier blanc avec des sortes d’anneaux sur les bras qui lui remontent sur les mains).

Et vous ne l’avez plus revue après ?
Non. Je l’ai retrouvée via Dominique Borg lorsqu’elle est venue travailler avec elle sur les costumes du « Mylenium Tour ».

Parce que vous travailliez alors avec Dominique Borg ?
A l’époque, oui, je travaillais beaucoup avec elle.

Vous êtes allée voir Mylène à ce moment-là pour lui dire : « Tu te souviens de moi ? » ?
Non car on était toute une équipe, et elle était très protégée.

Vous aviez quand même accès à sa loge, non ?
Oui, mais parfois certaines personnes la mettaient vraiment sous cloche. Et le pire, c’est que je ne suis même pas sûre que ce soit sa volonté. Je me souviens que parfois, je l’entendais dire « Mais laisse-la entrer, c’est Corinne, ça fait trois mois qu’elle me voit nue tous les jours ! » (rires).

Vous vous occupiez de l’habiller ?
Avant le spectacle, je m’occupais surtout des danseurs. Mylène, c’était plus pour les changements de costumes pendant le spectacle, car il fallait être plusieurs filles dans la mesure où il s’agissait de tenues délicates.

Elle retournait en loges pour se changer ?
Ah non ! C’était impossible. Il fallait que ce soit extrêmement rapide. On faisait ça dans une cabine, en arrière plateau, presque dans le noir, avec trois lampes torches. D’ailleurs, elle n’a pas porté toutes les tenues qui étaient prévues à la base car elle avait peur que ça fasse trop de changements rapides.

Mais pourquoi ne pas y avoir réfléchi avant, pendant les essayages avec le créateur des vêtements par exemple ?
Le problème c’est que les tenues sont déjà vendues quand on arrive au moment des essayages.

937_001-209x300 dans Mylène en CONFIDENCESCombien de tenues Mylène a-t-elle délaissées alors ?
Deux ou trois. Je me souviens notamment d’une tenue en résine chair, avec comme des gouttes de corail ou des flammes dessus. C’était une pure merveille. Elle valait bien dix mille euros d’ailleurs. Mais c’était un vêtement tellement délicat qu’il était impossible de l’enfiler rapidement. Mylène ne l’a donc pas portée pendant le « Mylenium Tour ». En revanche, elle a fait une télé avec (il s’agit de la prestation pour « Souviens-toi du jour… » dans l’émission « 100 % Johnny » le 12 novembre 1999).

Et elle porte cette tenue sur l’affiche de ses concerts de cette année.
Ah je ne savais pas. C’est bien car je me souviens de Dominique avait été très déçue que Mylène ne le porte pas en scène.

Mylène parlait-elle pendant les changements de tenues ?
Non, pour la simple raison qu’elle avait encore ses micros. On faisait tout par gestes. Par exemple, on lui tapait sur le mollet pour qu’elle lève le pied gauche (rires). Tout était très bien organisé.

Et il y a déjà eu des cafouillages ?
Oui. Je me souviens qu’un soir, lorsqu’on lui a enfilé la tenue du final, un superbe vêtement monté sur tulles, elle a paniqué quand son micro s’est pris dans le dos du vêtement. Elle était prête à l’arracher aux ciseaux. On a juste eu le temps de l’arrêter car comme elle remettait la tenue le lendemain ou le surlendemain, ça aurait été la catastrophe. Elle paniquait souvent pendant les changements rapides, à deux ou trois moments du concert.

Pourquoi cela ?
Je ne sais pas. Il faut reconnaître que certaines personnes de son entourage étaient assez stressantes. Je me rappelle d’une d’entre elles en particulier qui venait parfois la voir entre deux chansons pour lui dire qu’elle avait oublié tel mot dans les paroles ou qu’elle avait fait telle erreur dans les pas de danse. C’était assez déplacé, je trouve.

Vous aviez des relations avec elle en dehors du spectacle ?
Oui, un peu. Mais elle avait besoin de beaucoup de calme. Elle arrivait souvent à la Michael Jackson, l’écharpe au ras du nez et le bonnet jusqu’aux yeux. En même temps, elle pouvait se montrer totalement disponible ; elle venait discuter un peu avec nous au catering. Je n’ai pas eu le sentiment de quelqu’un qui refuse la communication. Elle ne fait pas sa star. Je pense qu’elle est simplement surprotégée.

A quelle heure arrivait-elle en général ?
Assez tôt. Vers seize heures ou dix-sept heures.

Et en sortant de scène, elle parait aussitôt ou elle restait un peu ?
Elle partait. C’était un tel délire. Je me rappelle d’ailleurs que certains fans qui l’attendaient dehors me prenaient parfois pour elle quand je passais devant des espaces vitrés car, à l’époque, j’étais rousse avec les cheveux un peu en pétard. Et ils criaient (rires) !!! J’étais obligée de sortir pour leur dire que je n’étais pas Mylène et qu’elle était déjà partie.

Mais elle partait avec sa tenue de scène ?
Non, elle se changeait pour enfiler des choses plus confortables, et partait rapidement. 

 

Parution dans le magazine IAO -de 2006

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Les beug’s du Bercy Mylène

Posté par francesca7 le 12 juillet 2012

 

Au départ, le final prévu sur Avant que l’ombre… n’était pas aquatique mais pyrotechnique ! Il était notamment question de faire voler des boules de feu au dessus de la scène, et Mylène devait disparaître dans une grande gerbe de flammes. Mais Mylène et son équipe n’ont pas trouvé cela satisfaisant lors des répétitions.

Les beug's du Bercy Mylène dans Mylène et mes BLABLAS animation8Deux magiciens avaient été engagés pour ces effets : Alpha et Philippe Bonneman. On peut d’ailleurs lire dans les crédits du programme du concert : « Effets spéciaux et magie : ALPHA / La Cie Artistique Cénomane ».

Nous vous invitons à lire notre interview exclusive de Philippe Bonneman dans la rubrique « Confidences » du site…

Aquatique Show, la société ayant créé le rideau d’eau des concerts de 2006, a tourné des images promotionnelles de celui-ci lors des répétitions à Bercy (vidéo visible sur leur site Web). C’était alors le seul lieu où le rideau avait été monté en conditions pleinement réelles. Ils ont tourné un matin, avant les répétitions de Mylène et son équipe. C’est apparemment à cette occasion que la silhouette de Mylène a été pour la première fois utilisée, alors qu’elle n’était pas encore intégrée au spectacle.

Le rideau d’eau n’était à la base pas prévu pour le final, mais pour Fuck them all. Les mots du titre devaient être écrit de la même manière que le mot « Passé » l’a été. C’est d’ailleurs peut-être pour ça que lors de la dernière date, les petits chanceux qui ont traîné encore quelques minutes dans la salle à la fin du concert ont pu, devant la grande porte fermée, voir tomber en lettres d’eau « Fuck Them All Fuck«  !

La silhouette qui est dessinée sur le rideau d’eau lors des concerts de 2006 est un effet qui s’est décidé seulement quelques jours avant le show, et même un peu par hasard. Le garçon qui avait en charge de programmer les mots s’est amusé, pendant les répétitions, à prendre l’image de Mylène qui se trouve dans le programme (l’affiche des concerts) et à la mettre dans le logiciel de programmation des écritures. Quand l’équipe a vu le résultat, ils ont décidé de garder l’effet. 

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Claude Berri et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 1 mai 2012

 

Claude Berri et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE claude-berriClaude Berri, né Claude Berel Langmann le 1er juillet 1934 à Paris, et mort le 12 janvier 2009 à Paris, surnommé « le dernier nabab » ou « le parrain » du cinéma français, est un réalisateur, acteur, producteur et scénariste de cinéma français.

Il est considéré comme l’un des grands producteurs (par exemple avec Tess, L’Ours, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre) et réalisateurs (Tchao Pantin, Jean de Florette, Manon des sources) du cinéma français.

En 2004, il devient président de la Cinémathèque française, dont il démissionne en 2007 pour des raisons personnelles.

Claude Berri était aussi un amateur averti d’art moderne et contemporain, auquel il a consacré l’Espace Claude Berri, ouvert à Paris le 21 mars 2008.

Claude Berri a réalisé et a produit quelques-uns des plus grands succès du box-office français. En tant que réalisateur, Le Vieil Homme et l’Enfant (Michel Simon) en 1966, Le Maître d’école (Coluche) en 1981, Tchao Pantin (Coluche et Richard Anconina) en 1984, les adaptations de l’œuvre de Marcel Pagnol Jean de Florette et Manon des sources en 1986, ainsi que Germinal, d’après le roman d’Émile Zola (Gérard Depardieu et Jean Carmet) en 1993 ; en tant que producteur, Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (Coluche, Mimi Coutelier, Jean Yanne, Michel Serrault) en 1982, Banzaï (Coluche) en 1983, Astérix et Obélix contre César (Christian Clavier, Michel Galabru, Claude Piéplu, Pierre Palmade, Daniel Prévost, Sim et Gérard Depardieu) en 1999, Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre (Claude Rich, Gérard Depardieu, Christian Clavier et Jamel Debbouze) en 2002, Bienvenue chez les Ch’tis (Michel Galabru, Dany Boon et Kad Merad) en 2008. En 2008, il est le premier lauréat du prix Daniel Toscan du Plantier récompensant le meilleur producteur de l’année.

Vie familiale de Claude Berri

Marié à Anne Marie Rassam (maniaco-dépressive depuis 1980, elle se défenestre en 1997 de l’appartement de la mère d’Isabelle Adjani, il se sentira toujours coupable de ne pas avoir pu suffisamment l’aider), Claude Berri est le père de l’acteur Julien Rassam et de l’acteur et producteur Thomas Langmann. Il a souffert d’une grave dépression à la suite du suicide de son fils Julien.

Il a eu également un fils de son deuxième mariage, Darius Langmann.
Il a été le compagnon de Nathalie Rheims.

Alors qu’il était en plein tournage de Trésor (avec Alain Chabat et Mathilde Seigner) lorsque la maladie l’a rattrapé, le cinéaste et producteur Claude Berri, en passionné qu’il était, développait déjà et en parallèle un autre projet qui devait être son film suivant.

Outre ses proches et toutes les stars du septième art qui avaient collaboré ou qui aimaient ce grand artiste du cinéma français, une personne a étrangement retenu notre attention lors des obsèques de Claude Berri.

1420109111_small dans Mylène et L'ENTOURAGECette personne, c’est Mylène Farmer. La chanteuse, évidemment tout de noir vêtue, n’était reconnaissable que grâce à sa chevelure flamboyante et à l’homme à qui elle tenait la main, son compagnon Benoît Di Sabatino. Car d’un point de vue discrétion, elle n’aurait pas pu faire mieux

Le visage totalement caché – un col roulé noir remonté sous les yeux et une paire de lunettes noires -, la star française souhaitait-elle passer incognito ou ne pas afficher sa douleur quant à cette perte ?

Toujours est-il que ces clichés nous ont surpris. On est bien loin de son exhibitionnisme affiché récemment dans les pages du Figaro Madame, numéro dans lequel d’ailleurs Nathalie Rheims lui avait dressé le portrait…

Alors que toutes les stars étaient visage découvert, dans une très grande émotion, cette attitude nous paraît totalement incompréhensible… comprenne qui pourra !!

L’ombre des autres, adapté du roman éponyme de sa compagne Nathalie Rheims et publié en 2006, devait nous plonger dans le quotidien d’une jeune femme et aborder son voyage initiatique en Angleterre, où se seraient mêlés croyances, amour, vérité, exploitation de l’esprit et secrets.

Et comme nous vous l’annoncions, Claude Berri avait même déjà convaincu une grande star d’endosser le rôle principal, en la personne de la chanteuse Mylène Farmer (dont nous vous avons récemment proposé une jolie vidéo), qui était anéantie lors des obsèques du cinéaste.

Mais malgré le drame qui a frappé le cinéma français, une bonne nouvelle est tombée, puisqu’à l’instar de Trésor dont le tournage se poursuit sous la direction de François Dupeyron (La Chambre des Officiers, et qui avait secondé Berri sur le tournage de Ensemble, c’est tout), L’ombre des autres va continuer à être développé par le distributeur Stéphane Célérier (Boss de Mars Distribution), en vu d’être réalisé prochainement.

Ainsi, Claude Berri sera encore un peu parmi nous…

Le monde du cinéma était présent aux obsèques de Claude Berri. La  présence de Mylène a été discrète au milieu de la foule des personnalités. Il aurait dû réaliser le scénario du film L’OMBRE DES AUTRES où elle tenait le rôle principal….

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Mylène Farmer – Point de suture

Posté par francesca7 le 29 avril 2012

par Arno Mothra 24 août 2008

Swift écrivait avec authenticité : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. » Ce nouvel album de Mylène Farmer ne manquera pas, devant la vocifération de quelques verrats nourris à la confiture pourrie, de confirmer à nouveau cette citation.

Bloc opératoire :

« Tous les points de suture du monde ne pourront nous recoudre » dit Pacino dans L’impasse.

Mylène Farmer - Point de suture dans Mylène et des CRITIQUES 1131888428Anesthésie générale en prévision. Comme son nom l’indique, Point de suture annonce une phase, celle de la plaie soignée après l’opération. Soignée mais pas cicatrisée. Alors que l’excellent [Dégénération->644] (dans les bacs depuis le 18 août) laissait présager un disque froid et plutôt évasif quant aux paroles, ce septième album de la rouquine, très up tempo, électrochoc, s’avère d’une diversité délicieuse et sauvage. Avec un virage résolument électro moderne, tout en restant, fort heureusement, très Laurent Boutonnat (génie irremplaçable, quoi qu’on en dise, dont on attend également impatiemment la prochaine production cinématographique). Petite révélation d’introduction : Point de suture contient le plus beau titre que Mylène Farmer et Laurent Boutonnat aient écrit.

D’allégories en aphorismes, d’assonances sans dissonances, de désirs annexes, sexuels, sans zèle, sans complexe, les textes sont d’une rare finesse et intelligence, même si leur titre ne l’affirme, parfois, pas nécessairement ( Appelle mon numéro, C’est dans l’air ). Le nom de l’album exhale d’ailleurs toute sa prestance si l’on daigne un tant soit peu creuser entre les lignes : l’artiste n’aura jamais autant joué sur l’autodérision, subtile et cocasse, sur la poésie, sur l’éclectisme : sur tout ce à quoi on l’assimile bêtement, souvent avec une hargne rare.

Option chirurgicale : album au scalpel :

Dégénération : ouverture en rafale avec le premier single issu de Point de suture (ici en version longue), accessoirement numéro 1 des téléchargements légaux dès sa mise en ligne, et servi par un clip époustouflant, subversif, fort de ses allusions métaphoriques (une confusion des genres entre médecins et militaires nazis, entre malade [sujet d'étude] et entité divine). Un des meilleurs singles de Mylène Farmer, à l’antinomie du palliatif, qui n’est pas sans rappeler Sin de Nine Inch Nails . Ecoutez bien.

Appelle mon numéro : première découverte du nouveau cru. Avec un tel titre, l’auditeur pouvait s’attendre au pire, comme il en abonde sur les plus mauvaises radios généralistes. Il s’extasiera finalement du meilleur. Musicalement, Appelle mon numéro se rapproche de Dans les rues de Londres (en 2005), grâce à ses arrangements doux et planants, aux nappes de synthés, accentués par des guitares sèches et un riff électrique qui s’ancre rapidement dans la tête. Malgré cette rétrogradation, la (bonne) surprise est de taille : un texte écrit avec justesse et mæstria, par ses multiples jeux de mots et les assonances jouissives du deuxième couplet (une prouesse littéraire exemplaire, grande maîtrise du verbe, qualité stylistique énorme, tournant autour du pillow et de l’hallali [à la connotation sexuelle évidente]). Une extrême noirceur derrière le rideau : un appel à l’aide, un cri de claustration, Mylène is calling 2 : Allo oui c’est moi, tu n’es pas là ? Je me sens toute seule, je suis toute seule. Une plage douce, dans le style trip-hop envolé cher à Mylène, et dont les cinq minutes trente défilent beaucoup trop vite.

Je m’ennuie : retour aux sonorités électroniques pour un hit efficace, clair, et dance dont les arrangements font totalement abstraction du désenchantement paroxysmal des paroles (comme souvent chez l’artiste). Ode à l’oisiveté, à la désillusion. Virage musical bien opéré à travers ce titre moderne et entraînant, empreint de doute et de solitude profonde, nous renvoyant au bovarysme. Un futur single à n’en point douter.

 dans Mylène et des CRITIQUESParadis inanimé : l’intro de Paradis inanimé nous met d’emblée dans le ton : Point de suture risque fort d’être le disque le plus riche et hypnotique de la charmante rouquine. Energique, frais et (très) mélodieux, ce titre renvoie à la période pop-rock de l’artiste. Paradis inanimé bénéficie d’un texte onirique (et derrière le masque, très nihiliste), noir, poétique, apparaissant presque tel un pied de nez à certaines langues de fiel enfermant la chanteuse dans quelques clichés risibles. Un magnifique voyage, Mémoires d’outre tombe, dont la dernière minute nous rappelle avec joie ce que Coldplay sait faire de meilleur.

Looking for my name : un peu de douceur pour cette cinquième piste, interprétée avec Moby . Sur une ambiance hypnotique et obscure, Looking for my name se différencie totalement de Slipping away / crier la vie (single en duo avec Mylène issu du Greatest hits de Moby, sorti en 2006) et de son potentiel club, se rapprochant plus de l’univers habituel de la rousse. Petite pépite synthétique et mélancolique principalement dans la langue de Shakespeare, qui passe en boucle, dans une optique moderne de l’album L’Autre. en 1991. Une véritable et remarquable collaboration artistique.

Point de suture : balade sombre typiquement Farmer / Boutonnat, aux claviers et pianos omniprésents, interprétée très sobrement, à la limite de la fêlure. Nouveau clin d’oeil à la pop gothique raffinée de 1991, avec à l’appui, plus d’aigus dans la voix. Les derniers souffles de la chanson se révèlent ni plus ni moins incroyablement beaux et ténébreux. Un des grands moments de l’album : bouleversant. Et sur les blessures, point de suture.

Réveiller le monde : parfaite transition entre les titres froids et électroniques, Réveiller le monde est à classer dans ces deux catégories. Le texte, empli de désillusion, suintant le lyrisme de Paul Celan, appelle à une tolérance plus soudée entre les hommes, et sonne comme un appel de Soi à un quelque retrait d’un monde ébréché, au stade irréversible de l’agonie. Un titre savoureux, très doux, aux vieux fantômes de Depeche Mode .

Sextonik : malgré de très bons couplets (vantant les mérites de quelques ustensiles utilisés en substituts.) sur lesquels la mélodie nous caresse gentiment les tympans, Sextonik, aux accents dance kitsch années 80, a du mal à convaincre sur un refrain très creux et vite irritant. On se demande même si ce morceau n’a pas été écrit pour (par ?) les adhérents du Club Med, ou ceux d’un cours d’aérobic salace, sous le soleil d’été. La petite déception de la galette.

C’est dans l’air : une TUERIE imparable comme on en attend rarement. Electro énergique à double tranchant, la lumière de C’est dans l’air (le titre le plus rapide du disque) irradie de sa dichotomie, et de ce qu’exhale en général Point de suture . Les couplets baignent dans une teinte similairement déstructurée de Dégénération, aux sons limités mais prenants, avant que le refrain ne vienne complètement métamorphoser le morceau sur une mélodie accrocheuse, monstrueusement efficace, impossible à se retirer du crâne après écoute. Le texte, aussi explicite qu’ambigu en vivant d’un champ lexical très pieux (« ange », « apôtre », « Seigneur », « cieux », « félonie »), nous montre pour la première fois, sans amphibologie, un nihilisme exacerbé de l’auteur : « On s’en fout, on nie tout, on finira au fond du trou. et moi je chante. » ( Mylène fan de Sindrome ?), renvoyant à quelques passages du Non-sens du devenir de Cioran, extrait de l’ouvrage Sur les cimes du désespoir : « Dans le silence de la contemplation résonne alors un son lugubre et insistant, comme un gong dans un univers défunt. Ce drame, seul le vit celui qui a dissocié existence et temps : fuyant la première, le voici écrasé par le second. Et il ressent l’avance du temps comme l’avance de la mort. » En seconde lecture, le texte de C’est dans l’air apparaît également comme un règlement de compte grinçant, paraphé de multiples métaphores. Evidemment, la bombe du CD, à laquelle il est difficile de ne pas espérer prochainement un clip vidéo.

z28wcudnSi j’avais au moins revu ton visage : malgré la force indéniable résonnant déjà tout au long de cet album (en évinçant Sextonik ), Mylène Farmer nous aura réservé un final époustouflant sur les deux derniers titres. N’ayons pas peur des mots : de par une musique douce et belle, une voix fragile, un texte sincère et désespéré (qui fait étrangement penser à la fin tragique d’ Eurydice et Orphée ), Si j’avais au moins revu ton visage s’affiche sans conteste comme la meilleure chanson de tout le répertoire de la chanteuse. Sensible, sobre, acoustique, poignant (on repense à Dernier sourire ), sur le fil du rasoir ; une pure merveille qui mériterait à elle seule l’achat de cet album unique. Magnifique conclusion, sur un très beau solo à la guitare.

Ave Maria (titre caché) : l’intérêt sur un titre fantôme, est de préserver l’effet de surprise à l’auditeur. Je vous laisse donc découvrir cette reprise, mystique, troublante, presque gênante.

Postcure sans placebo :

Point de suture, véritable machine à tubes, hybride, polysémique, nous offre des titres efficaces, admirables, neufs, comble brillamment les attentes de l’auditeur (ou au-delà), amenant carrément à ce dernier un choc pendant l’écoute de plusieurs titres, surprenants, et sonne telle une synthèse de tout ce qu’a été Mylène Farmer, autant dans son art que dans ce que certains médias ont véhiculé de cliché sur elle. On notera également des arrangements extrêmement sobres sur la voix, mise en avant, et dont le chant maîtrisé à la perfection nous allèche quant aux prochains concerts de la belle, prévus en France à partir de mai 2009 (en juillet pour la Russie).

La pochette du disque, subtile et noire (noirceur assimilable uniquement à la majorité des textes de l’album, et non aux sonorités des compositions) alimentera sûrement son lot de spéculations : une poupée rousse – amochée au possible, et recousue jusqu’à la défiguration – en robe blanche est couchée à côté d’un pot d’appareils chirurgicaux, remplaçant ainsi la dame. Clin d’oeil à la marionnette de Sans contrefaçon en 1987, définitivement mise au placard, ou à une artiste trop souvent disséquée jusqu’au bain de sang ? Cela fait effectivement dix-sept ans (depuis L’Autre., troisième LP sorti en 1991) que certains médias annoncent, à chaque sortie d’album, une mort artistique imminente de la principale intéressée (on attend toujours d’ailleurs, soit dit au passage). Le livret est aussi la digne représentation de l’ambiance générale de l’album : une dissection de Mylène, complètement cabossée. C’est qu’elle s’en est pris dans les dents, la renarde ; mais malgré les coups incessants, elle reste(ra) en vie, coûte que coûte. Peu importe les menaces, la violence et les éclats volés. On pourrait comprendre également que même si devenant un débat d’étude, le sujet souhaite rester intègre, n’en déplaise aux loups dont les babines crachent de sang.

Un sublime tableau aux deux visages dichotomiques, qui eût très bien pu s’illustrer de Nature morte de Jean-Baptiste Oudry . Après Avant que l’ombre. à l’accueil dithyrambique dans la presse spécialisée (jusque dans Rolling Stone et Le Monde ), Mylène Farmer et Laurent Boutonnat enfoncent le clou. Point de suture : soin de rupture, point spectral. En bref, plus de guitares, d’électro, de rythmes up tempo, pour ce qui s’affirme comme un des (voire le) meilleurs albums d’une carrière exemplaire, atypique et inimitable. Le retour magistral d’une artiste en marge, imprévisible et troublante : qu’on le veuille ou non, Mylène, c’est dans l’air, et l’intoxication n’est toujours pas au programme. Tout simplement et modestement, merci.

Côté news fraîches, découvrez la PREMIERE page web officielle de Mylène Farmer, Lonely Lisa s’ennuie . dès septembre 2008. En attendant l’ouverture du site, un film d’animation (réalisé avec les dessins de l’artiste) nous est proposé sur htpp://www.lonelylisa.com. A travers la mise en avant de ce projet, la chanteuse poursuit l’histoire de la petite Lisa, personnage principal de Lisa, Loup et le conteur, premier livre de Mylène paru en 2003 aux Editions Anne Carrière, gros succès en librairies (épuisé quelques semaines après sa parution). Au programme pour septembre : pour la promotion de ce site, on peut allègrement attendre Je m’ennuie en single, dont le clip devrait être la suite de C’est une belle journée (2001). Le même mois sortira chez les disquaires Drôle de Creepie en cd 2 titres, interprété par Lisa (décidément), la nièce de la rouquine. Signée Mylène Farmer et Laurent Boutonnat, cette chanson noire et terriblement mignonne est la bande originale de la série du même nom (un mélange de Beetlejuice et de Daria ), mettant en scène la jeune Creepie, orpheline goth-punk-manga, ayant grandi auprès de ses seuls amis : les insectes. Aussi, Mylène incarnera le personnage féminin principal du film L’ombre des autres, inspiré du livre éponyme de Nathalie Reims, prévu au cinéma en 2010. Actualité chargée pour la rousse, au meilleur de sa forme !

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Renommée de Mylène

Posté par francesca7 le 6 février 2012

Renommée de Mylène dans CONCERTS DE MYLENE MF2000_111aDiscrète dans les médias, Mylène Farmer l’est également sur scène : en 27 ans de carrière, elle n’a effectué que 5 séries de concerts, dont la dernière l’a menée sur la scène du Stade de France, en 2009.

Dignes des grands shows américains et n’utilisant jamais de playback, ses spectacles sont devenus de véritables références dans le paysage musical français. Assistée de Laurent Boutonnat (sauf pour le Mylenium Tour), Mylène Farmer réserve une place prépondérante aux symboles et à sa relation avec son public.

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1989 : Tour 89 (en savoir plus…)Budget : environ 6 millions d’euros

  • Nombre de spectateurs : environ 300 000
  • Produit par Laurent Boutonnat et Thierry Suc
  • Conçu par Mylène Farmer, Gilles Laurent et Laurent Boutonnat
  • Costumes : Thierry Mugler
  • Album live vendu à 600 000 exemplaires – Double disque de Platine
  • Vidéo live vendue à 150 000 exemplaires (K7 vidéo / CD vidéo / CD interactif) – Vidéo de Diamant

 

 

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1996 : Tour 1996 (en savoir plus…)Budget : environ 12 millions d’euros

  • Nombre de spectateurs : environ 300 000
  • Produit par Tuxedo Tour en accord avec Thierry Suc
  • Conçu par Mylène Farmer et Laurent Boutonnat
  • Costumes : Paco Rabanne
  • Album live vendu à 900 000 exemplaires
  • Vidéo live vendue à 350 000 exemplaires (DVD / K7 vidéo / CD vidéo) – DVD & Vidéo de Diamant

 

 

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1999 : Mylenium Tour (en savoir plus…)Budget : 20 millions d’euros

  • Nombre de spectateurs : environ 460 000
  • Produit par Thierry Suc
  • Conçu par Mylène Farmer
  • Conception du décor : Guy-Claude François (décor de scène créé à partir du tableau # 218 © 1973 H. R. Giger)
  • Costumes : Dominique Borg
  • Album live vendu à 700 000 exemplaires – Double Disque de Platine
  • Vidéo live vendue à 400 000 exemplaires (DVD / Vidéo) – DVD & Vidéo de Diamant

 

 

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2006 : Avant que l’ombre… à Bercy (en savoir plus…)Note : Le spectacle a été réalisé spécifiquement pour l’infrastructure de la salle de Bercy et n’a donc pas été présenté ailleurs.

  • Budget : 10 millions d’euros
  • Nombre de spectateurs : 170 000
  • Produit par Thierry Suc pour TS3
  • Conception et direction artistique : Mylène Farmer et Laurent Boutonnat
  • Conception des décors : Mark Fisher
  • Première partie et conception des images de scène : Alain Escalle
  • Costumes : Franck Sorbier
  • Album live vendu à 250 000 exemplaires – Disque d’or en 2 semaines
  • Vidéo live vendue à 500 000 exemplaires – DVD de Diamant

 

 

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2009 : Tour 2009 (en savoir plus…)Costumes : Jean-Paul Gaultier

  • Budget : 30 millions d’euros
  • Nombre de spectateurs : 632 000
  • Produit par Laurent Boutonnat et Thierry Suc
  • Conçu par Mylène Farmer et Laurent Boutonnat
  • Conception des décors : Mark Fisher
  • Conception des images de scène : Alain Escalle
  • Première partie au Stade de Genève et au Stade de France : Balé de Rua

 

 

                                                                        MF2000_124a dans CONCERTS DE MYLENE

 

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NRJ Music Awards 2012

Posté par francesca7 le 16 janvier 2012

Y’aura-t-il Mylène ?

NRJ Music Awards 2012 dans Mylène 2011 - 2012 MFBercy2006_56aC’est le 28 janvier (le jour de mon anniversaire !) que seront remis les NRJ Music Awards. Comme à l’accoutumée, la cérémonie, présentée par Nikos Aliagas, se tiendra au palais des festivals de Cannes à l’occasion de l’ouverture du Midem. Nominés ou pas, une ribambelle d’artistes ont déjà confirmé leur présence pour cette grande fête que diffusera TF1 en direct, à commencer par Justin Bieber.

Passé à la trappe des nominations, la star canadienne Justin Bieber sera bien présente aux côtés de Coldplay, David Guetta, Mika, LMFAO, la nouvelle Enfoirée Shy’m, l’habitué Christophe Maé, Calogero, Pitbull, M. Pokora (qui avait triomphé l’année dernière et créé une sacrée polémique), Elisa Tovati (pourtant enceinte), Mickaël Miro et la troupe de la comédie musicale 1789, les amants de la Bastille. À cette affiche déjà alléchante, NRJ et TF1 annoncent le retour de Mylène Farmer qui, lors de l’édition précédente, avait interprété son single Oui mais… non.

Pour remettre les précieux prix, 11 trophées au total, sont attendus Patricia Kaas, Fabien Barthez, Stéphane Rousseau, Claire Keim, Anne Roumanoff, Adriana Karembeu, la prochaine James Bond girl Bérénice Marlohe, Harry Roselmack et Laurent Ournac.

Les votes sont ouverts jusqu’au 15 janvier 2012 à minuit. Le 16 sera révélée la liste des nominés dans la catégorie Chanson française de l’année. Les téléspectateurs voteront en direct le 28 janvier pour départager les six artistes de cette catégorie

http://www.purepeople.com/

 

 

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Mylène apprécie J.Gréco

Posté par francesca7 le 2 décembre 2011

 

Juliette gréco.jpgJuliette Gréco – Univers Mylène Farmer 

Chanteuse et actrice française née en 1927, Juliette Greco fut surnommée « la muse de Saint-Germain-des-Prés ». La chanson Déshabillez-moi de Juliette Greco fut l’objet de scandale en 1968… Chaque passage télévisé de l’artiste fut dès lors marqué par le « carré blanc » et la censure condamna les soupirs de la chanteuse. 


En 1987, Mylène Farmer reprendra le titre Déshabillez-moi qui fera parti de l’album Ainsi sois je… C’est une version plus interprétée que chantée. 

 

Plus d’informations sur Juliette Gréco ! http://fr.wikipedia.org/wiki/Juliette_Gr%C3%A9co 

 

Juliette Gréco, née le 7 février 1927 à Montpellier, est une chanteuse et actrice française.

 

 En 1939, elle est petit rat à l’Opéra de Paris. Sa mère l’entraîne dans la résistance. Capturée, elle n’est pas déportée à cause de son jeune âge, mais elle est emprisonnée à Fresnes, alors que sa mère et sa sœur aînée Charlotte sont déportées à Ravensbrück d’où elles ne reviendront qu’en 1945, après la libération du camp par les Américains. Début 1942, Juliette est libérée de Fresnes et, après avoir récupéré ses affaires au siège de la Gestapo dans le 16e arrondissement de Paris, elle se retrouve à 15 ans seule et sans ressources « sur l’avenue la plus belle du monde, l’avenue Foch » avec un ticket de métro en poche. Elle se rend alors chez la seule personne de sa connaissance résidant dans la capitale, Hélène Duc, qui fut son professeur de français à Bergerac et une amie de sa mère. Elle sait qu’Hélène habite rue Servandoni, près de l’église Saint-Sulpice. Hélène Duc la loge dans la pension où elle-même demeure et la prend en charge. 

 

Le quartier de Saint-Germain-des-Prés est à deux pas de là et, en 1945, Juliette découvre le bouillonnement intellectuel de la rive gauche et la vie politique à travers les Jeunesses communistes. Hélène Duc l’envoie suivre les cours d’art dramatique dispensés par Solange Sicard. Juliette décroche quelques rôles au théâtre (Victor ou les Enfants au pouvoir en novembre 1946) et travaille sur une émission de radio consacrée à la poésie. 

 

Mylène apprécie J.Gréco dans Mylène et les AUTEURS Juliette_Gr%C3%A9co_%281963%29_by_Erling_Mandelmann_-_2Juliette noue des relations amicales avec de jeunes artistes et intellectuels de Saint-Germain-des-Prés, dont Anne-Marie Cazalis et Boris Vian. C’est dans l’un des bistrots de la rue Dauphine, Le Tabou, qu’elle découvre par hasard que celui-ci dispose d’une grande cave voûtée inutilisée que le patron appelle « le tunnel ». Juliette et ses copains trouvent l’endroit idéal pour y faire de la musique et danser tout en discutant philosophie. Juliette, devenue la célèbre muse de Saint-Germain-des-Prés sans n’avoir rien accompli de probant, décide alors de justifier sa célébrité en optant pour la chanson. Jean-Paul Sartre lui confie une sorte de mélopée qu’il a écrite pour sa pièce de théâtre Huis clos et lui conseille d’aller voir le compositeur Joseph Kosma pour que celui-ci en réécrive la musique qu’il ne trouvait pas réussie. C’est ainsi que Juliette interprète La Rue des Blancs-Manteaux, œuvre née de la plume du chantre de l’existentialisme et d’un compositeur rompu à l’art de mise en musique de la poésie (notamment celle de Jacques Prévert). 

 

En 1949, disposant d’un riche répertoire (de Jean-Paul Sartre à Boris Vian…), Juliette Gréco participe à la réouverture du cabaret le Bœuf sur le toit. Elle rencontre cette année-là Miles Davis dont elle tombe amoureuse. En 1951, elle reçoit le prix de la SACEM pour Je hais les dimanches. En 1952, elle part en tournée au Brésil et aux États-Unis dans la revue April in Paris.

 

 

Citation de Juliette Greco : Je suis là pour servir, je suis interprète 

« Dans tout ce que je chante et dans ma vie, je suis là quelque part. […] Les mots, c’est très grave, pour moi. […] Je ne peux pas mettre dans ma bouche des mots qui ne me plaisent pas. […] Je suis là pour servir. Il y a une belle phrase dans la Bible, qui dit : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. » Et moi, mes Seigneurs, ce sont les écrivains et les musiciens. Je suis là pour servir, je suis interprète. […] La chanson est un art particulier, extrêmement difficile (quand c’est bien), contrairement à ce qu’on peut croire. Il faut écrire une pièce de théâtre ou un roman en 2 minutes ½ / 3 minutes et c’est un exercice extraordinaire. C’est grave, une chanson. Ça va dans les oreilles de tout le monde, ça se promène dans la rue, ça traverse la mer, c’est important une chanson, ça accompagne votre vie… […] Les poètes, les musiciens, ils ont besoin d’interprètes. Ils ne sont pas toujours les meilleurs interprètes de leurs œuvres, ce n’est pas vrai. Quelquefois, nous, interprètes, nous trouvons des choses qu’ils n’ont pas entendues, d’eux-mêmes… » 

 

En 1954, elle chante à l’Olympia. Elle rencontre son futur époux, le comédien Philippe Lemaire, sur le tournage du film Quand tu liras cette lettre de Jean-Pierre Melville. Ils divorcent en 1956 après la naissance de leur fille Laurence-Marie. 

En 1965, elle effectue une tournée des Maisons des Jeunes de la Culture de la banlieue parisienne offrant gratuitement à un public constitué de jeunes étudiants et d’ouvriers qui la découvrent tous les auteurs et les compositeurs qu’elle se donne comme mission de servir. Toujours en 1965, elle tient un rôle de premier plan dans le feuilleton télévisé Belphégor ou le Fantôme du Louvre. La même année, lors d’un dîner de têtes d’affiches organisé par un grand magazine populaire, elle se retrouve assise aux côtés de Michel Piccoli qui deviendra son mari en 1966. Ils se sépareront en 1977.

 

 Elle est faite Chevalier de la Légion d’honneur par le Premier ministre Laurent Fabius, le 23 octobre 1984. 

Elle retrouve l’Olympia en 2004.

 

 290px-Juliette_Gr%C3%A9co%2C_Wiener_Festwochen_2009_a dans Mylène et les AUTEURSLe 10 mars 2007, les Victoires de la musique la couronnent d’une « Victoire d’honneur » pour toute sa carrière. Pour la première fois, le 27 octobre 2007, elle donne un concert à la Salle Pleyel accompagnée d’une formation réduite. 

En novembre 2008, elle enregistre en duo la chanson Roméo et Juliette avec Abd Al Malik (album Dante). En mars 2010, un nouveau documentaire, Je suis comme je suis de Brigitte Huault-Delannoy, est projeté en son honneur et en sa présence à Montréal (Place des Arts).

 

 Fin mai 2011, le compositeur Louis Siciliano lui propose d’interpréter avec Bichou, chanteur vauclusien, une de ses dernières compositions intitulée Bonjour Paris. Juliette Gréco accepte, l’enregistrement de la chanson doit être effectué en septembre 2011. 

Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Proche de la gauche, elle a cosigné, avec Pierre Arditi, Maxime Le Forestier et Michel Piccoli une lettre ouverte, le 4 mai 2009, à l’intention de Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, appelant les députés socialistes à adopter la loi Création et Internet

Ses grandes chansons 

 

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Mylène à Dijon

Posté par francesca7 le 27 septembre 2011

 DIJON, le ZENITH le lundi 08 et mardi 09 Juin 2009 

« Mylène est Mylène, elle n’a jamais été un phénomène de mode » titrait notre journal local ici en Côte d’Or…. Un an avant le spectacle de notre Zénith à nous !

Mylène à Dijon dans Mylène 2009 - 2010 2284653679_3Dans sa rubrique Quartier Libre n° 395, Thierry SUC, manager, producteur et amis de Mylène Farmer, ayant fondé la société TS3 depuis plus de dix ans, organise les spectacles d’artites majeurs de la scène française comme Calogero, Raphaël, Zazie, ou bien encore Yannick Noah. Et à un ans de la venue à Dijon de la rousse la plus connue de l’Hexagone, il a bien vouloir nous en dire un peu plus sur la tournée et le nouvel album de la star qui viendrait bientôt nous rendre visite.

Question : Cela fait dix ans que Mylène Farmer n’avait pas donné de concerts en province, pourquoi avoir attendu si longtemps ? 

Thierry Suc : Lorsqu’elle a fait son dernier spectacle à Bercy en 2006, on était face à un show intransportable. Elle a alors confié, lors d’une conférence de presse, que la prochaine fois elle retournerait en province. Chose promise, chose due. Comme vous l’avez dit, cela faisait dix ans, et la voilà pour dix dates dans les dix plus grandes salles de province !

Question : Après avoir rempli treize soirs de suite Bercy, que peut-on attendre de cette nouvelle tournée ? 

T.S : Je ne peux pas vous répondre aujourd’hui, vous imaginez bien qu’à un an des concerts on ne connaît pas encore la teneur du spectacle, ni les noms des différents intervenants. On vient seulement de commencer les premières réunions.

Question : Les rumeurs évoquent déjà, pour les dates en province, un concert intimiste piano-voix… 

TS : Non, du tout ! Ce sera un show spectaculaire comme els autres shoxs de Mylène, c’est ce qu’elle aime faire et c’est ce qu’elle aime proposer au public.

 

mylene-farmer-tickets-dijon dans Mylène 2009 - 2010Mylène fête cette année ses 48 ans, le 12 septembre au Stade de France, et on parle déjà d’une tournée d’adieu. Un sentiment renforcé par l’affiche des concerts (certains y voient la représentation de Mylène Farmer morte sur le bitume) ! 

(rires) On est encore dans l’imaginaire, ça me fait rire. Vous savez, je sais que beaucoup projettent des désirs ou des fantasmes, qui n’ont jamais été ni évoqués, ni imaginés lors de la création de cette affiche. Concertant l’hypothèse d’une tournée d’adieu, les propos de Mylène sont les suivants :

-          « jamais je ne ferai un profit commercial de l’annonce d’une tournée d’adieu. Si un jour je décide de faire ma dernière tournée, je le déciderai seule et n’en parlerai à personne ».

On a dit les ventes du dernier album de Mylène décevantes. Est-ce pour cela que vous ouvrez les billetteries de concerts un an avant ? Pour créer le buzz avant la sortie du prochain opus ? 

(Hésitant). Pour nous, les ventes de l’album précédent n’étaient pas décevantes. Le marché du disque, aujourd’hui, est très différent vous savez… (Il réfléchit). Concernant les billetteries, j’essaie pour tous mes artistes de proposer les places longtemps à l’avance, pour que chacun puisse acheter la sienne quand il le désire. C’est tout.

Parlons du prochain album. Quand ? comment ? 

TS : Il sort en automne, la date n’est pas encore arrêtée. Ce que je peux vous dire, c’est que le premier extrait sera en radio le 19 Juin et qu’il s’appelle Dégénération. Voilà tout ce que je sais et qui est vrai, pas comme tout ce qu’on peut lire sur internet.

 

On parle d’un album aux sonorités électro et up-tempo… 

Euh, oui… En fait, il y aura un peu tous les univers qui caractérisent les albums de Mylène ; sincèrement.

Même s’il fait partie du mythe, le silence médiatique de Mylène Farmer lasse certains fans. Se fera-t-elle plus présente dans les médias pour la promotion de son nouvel album ? 

Mylène l’a dit, elle ne fait plus de promotion. Mais, bon… on verra ! C’est elle seule qui décide de ce qu’elle a envie de faire ou pas. En tout cas pour l’instant, à part celle parue dans Paris Match, il n’y a pas d’autre interview de prévue. Encore une fois, ce qui arrivera demain, je ne le sais pas !

Vous qui faites partie de l’entourage proche de Mylène Farmer, comment la décririez-vous ? Est-elle la femme triste et mélancolique dont elle renvoie si souvent l’image ? 

Il y a une partie d’elle comme cela. En même temps, c’est la personne avec laquelle je partage mes plus grands fous rires. On s’amuse beaucoup ensemble.

Qu’est-ce qui a changé entre la Mylène d’aujourd’hui et celle qu’elle était à ses débuts ? 

Je ne pense pas qu’elle a changé, je pense simplement qu’elle a évolué, comme tout le monde, et que son éveil artistique s’enrichit au fil du temps. On se connaît depuis plus de vingt ans maintenant et j’adore travailler avec elle !

Pensez-vous qu’après 20 ans de carrière Mylène Farmer peut encore surprendre ? Madonna vient de se mettre au r’n’b, en revanche, Mylène n’a jamais vraiment changé de style… 

Non, parce que Mylène ne suit pas les modes, Mylène est Mylène et n’a jamais été un phénomène de mode. Elle fait des propositions et continue son chemin. Vous me demandez si Mylène peut surprendre ? Tout dépend ce que vous entendez par surprendre. Je pense que les gens qui l’aiment sont là. La preuve, les concerts sont complets et ceux qui aiment l’univers de Mylène n’attendent pas qu’elle aille vers tels ou tels courants qui seraient plus à la mode.

Après la tournée, on parle d’un fils produit pas Claude Berry où Mylène interprèterait le rôle principal… 

C’est possible, mais ce n’est pas confirmé. Vous savez, le cinéma c’est toujours très long .. mais c’est en projet.

Enfin Thierry Suc, peut-on avoir un scoop ? 

Mylène sera en concert à DIJON les 8 et 9 juin 2009. Si ça c’est pas un scoop !

(Rires…)

Propos recueillis par Jonathan Singaye 

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2009 – CLIP C’EST DANS L’AIR

Posté par francesca7 le 19 septembre 2011

 Réalisateur: Alain Escalle 

Lieux de tournage: Studios Saint-Ouen et Paris 

Date: février 2009 

Durée: 03’49 

Vidéo : 

 Image de prévisualisation YouTube

 

 

C’est début février que le concept du clip a été décidé, Mylène ayant été intéressée par les visuels créés par Alain Escalle pour la chanson C’est dans l’air pour les futurs concerts: « des matières expérimentales très graphiques sur le thème de l’électricité statique et le crâne, tête de mort de Mylène, qui chante C’est dans l’air sur l’écran principal. »

A partir de ces images du crâne qui chante, Mylène a eu envie de chorégraphies avec des squelettes.
Ont été intégrées des images d’archives sur des essais et explosions nucléaires apportant un aspect plus sérieux « contrebalançant » le second degré des chorégraphies.

2009 – CLIP C’EST DANS L’AIR dans Les Clips de Mylène 2412444133_small_1Le tournage du clip s’est déroulé en deux parties.
En février 2009, à Saint-Ouen pendant une longue journée pour les images avec Mylène enregistrées sur fond vert afin d’intégrer dans un deuxième temps les images de synthèse.
Dans la même journée ont été tournées des images pour le concert puis celles pour le clip (jusqu’à 04 heures du matin !).
A Paris, pour « enregistrer la chorégraphie pour la motion capture (traitement informatique) », ce sont des mouvements de Mylène mais aussi de Christophe Danchaud qui ont été enregistrés.
Le travail sur le clip a duré plus d’un mois, clip qui aura été achevé le 07 avril 2009 quelques jours avant sa première diffusion en télévision le 15 avril.

C’est Mylène qui a décidé que les visuels des différents supports promos ou commerce de C’est dans l’air proposeraient des captures du clip afin de probablement  « imposer le style graphique du clip en cohésion aux images du concert ».

source: Interview d’Alain Escalle – IAO Eté 2009 N°3


Dans le classement des clips les plus diffusés sur les chaînes musicales en France en 2009, C’est dans l’air est 47ème
(le meilleur résulat pour un clip de Mylène depuis C’est une belle journée, 40ème en 2002).

 

Barre de Séparation

Analyse du clip

« Mylène Farmer: Coma Extatique » par Arno Mothra 

 

   Préparez-vous à ce grand scoop : il paraîtrait que depuis ses débuts dans la chanson, Mylène Farmer apprécie le symbolisme, la philosophie et l’art ambigu. En 2009, là où certains s’adonnent à tergiverser, à l’aide de toute l’objectivité requise pour un sujet aussi percutant, sur le nouveau brushing de Mylène, il semblerait pourtant que son clip C’est dans l’air ait davantage de messages à exprimer.

     Pour son approche personnelle de la spiritualité et d’une certaine anticipation de l’apocalypse, la vidéo de C’est dans l’air, réalisée par Alain Escalle et diffusée depuis peu sur les chaînes télévisées, semble mélanger certains prophéties Mayas, les énergies inversées et les quatre symboles géométriques fondamentaux. Explications. 

2411199457_1 dans Les Clips de MylèneCivilisation mexicaine, mystique et mystérieuse disparue inexplicablement au quinzième siècle, les Mayas du Nouvel Empire sont principalement connus pour leur architecture aussi méticuleuse que somptueuse quant à leurs temples et leurs pyramides, ainsi que pour leurs sciences troublantes de l’astronomie et leur système mathématique vigésimal (base de vingt dans la numérotation). Point culminant de leur savoir : leur calendrier (le Tzolkin, almanach sacré, basé sur un cycle de treize fois vingt jours, soit deux cent soixante jours).

     Convaincus de l’influence du cosmos comme activateur de l’esprit humain, les Mayas créèrent des cycles récurrents, dont le nôtre qui aurait commencé en 3114 avant Jésus-Christ (création du monde ou naissance de certaines divinités) pour se terminer en 2012. Cette année 2012 marquerait la fin du cinquième soleil, d’un cycle de cinq mille cent vingt-cinq ans et d’un cycle de treize ans, donnant ainsi lieu à un moment de transition décisif et de transformation importante. Non synonyme de chaos à proprement parler dixit les plus grands spécialistes de l’astrologie Maya, cette fin de cycle correspondrait à une entrée de l’Homme dans une nouvelle ère, une nouvelle dimension demandant une transformation personnelle de chacun d’entre nous. Le cycle de 2012, à priori, ne serait pas le dernier puisque sonnant le glas du cinquième mais impliquant un nouveau à venir en 2013, d’une durée de cinq mille cent vingt-cinq ans, après l’inversion des pôles magnétiques de la planète ; un cycle avant lequel l’Homme devra prendre conscience de la spiritualité, et vaincre les religions.
     S’il ne s’agit ici en aucun cas de porter ou non du crédit à ces théories catastrophiques (très en vogue et, comme par hasard, pendant ce lavage de cerveau insupportable concernant la Crise : admirez la coïncidence), il parait probable que la charmante rousse ait tenté d’établir un parallèle entre son nihilisme assumé (quoique flou) et la fin du dix-septième calendrier des Mayas 

  Points communs avec la vidéo d’Alain Escalle : un aperçu de l’alignement des planètes sur certains plans, la retranscription de la violence des hommes (guerres) avant le véritable chaos (explosion de la Terre), un soleil influent (semblant, paradoxalement, n’éclairer que très peu les entités dans le clip, noyé dans le noir et blanc), un mouvement flou mais effrayant du système solaire. Dans le refrain de la chanson, Mylène Farmer évoque l’emprise dangereuse du nucléaire et la passivité des hommes à entreprendre une prise de position majeure afin de limiter les dégâts (« On s’en fout, on est tout, on finira au fond du trou »). En se basant sur des messagers du temps et des traducteurs des pensées Mayas, l’Homme pourrait préparer le chaos, voire le surmonter, dans la mesure où l’Univers lui fournirait des informations quant à son devenir, et à celui du cosmos. Le procédé de régénération servirait également à se débarrasser des poubelles religieuses. 

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     La force de l’esprit collective, Mylène ne semble pas y croire, si l’on se réfère aux couplets des paroles de C’est dans l’air (énumération de vanités, puis surtout « Que faire des ruses, que fait le vent ? »). Tout ceci renvoie évidemment au constat de statisme dans la chanson Dégénération (et sa mise en image). « Les fous sont des anges » : des indicateurs ? Des sauveurs ? Qui sont ces fous, ces anges ? Des prophètes ? Dans ce cas de figure, la chanteuse appellerait à écouter les mises en garde (« C’est nécessaire, prendre l’air… », « c’est salutaire, sauf qu’ici loin sont les cieux »)… 

Remarquons enfin la prépondérance du squelette (et plus particulièrement de la boîte crânienne) au sein du film. Selon la légende Maya, il existerait treize artefacts de crânes de cristal (datant de plus de cinq mille ans). Cette même légende indique qu’il faudrait regrouper et aligner les treize crânes ensemble, le 21 décembre 2012, afin d’appeler Gaia (divinité primordiale identifiée à la Terre-Mère) à empêcher le basculement de notre planète. Créés pour des rites divers, ou pour de la magie blanche et noire, les spéculations les plus folles autour de ces sculptures ne permettent toujours pas à l’heure actuelle d’émettre une définition claire sur la signification exacte de ces objets. Cinq à six crânes de cristal retrouvés parmi les douze existants (selon les sources) seraient authentiques ; petite coïncidence avec le nombre de « danseurs » accompagnant Mylène, ne servant pas à grand-chose puisque assistant à l’explosion ? Mylène n’aurait-elle pas pu représenter Gaia dans la divinité perdue de The Farmer Project ? 

Autre parallèle important : les quatre symboles – géométriques – fondamentaux qui sont le carré, le centre, le cercle et la croix. Description rapide de la chose :
     Réel absolu et premier symbole fondamental, le centre se définit comme foyer d’intensité dynamique, le centre des centres étant Dieu. Dans la civilisation Maya (encore), le centre de la croix des points cardinaux correspond au cinquième soleil, époque à laquelle nous vivons.
     Point étendu et deuxième symbole fondamental, le cercle symbolise l’homogénéité, le temps, voire, chez les babyloniens, le cosmos.
     Troisième des quatre symboles fondamentaux, la croix connecte le cercle et le carré entre eux par l’intersection de ses deux droites coïncidant avec le centre. Symbole de la Terre, de l’union des contraires (terre et ciel), des quatre points cardinaux et de la totalité du cosmos, la croix se distingue également par l’essence qu’en ont faite certaines religions. Anecdote amusante : en Chine, le chiffre de la croix est le cinq ; les danseurs morts aux côtés de Mylène se comptent également au nombre de cinq (six à la fin de la vidéo). 

Enfin, le carré représente la Terre, l’opposition au ciel et au créateur. Le cercle exprime les quatre phases du mouvement cyclique, alors que la Terre mesurée par ses quatre horizons est carrée. La croix jumelée au carré indique l’expression dynamique du quaternaire (ce qui n’est pas suggéré dans la vidéo). Si la définition du cube pourrait se révéler plus complexe, elle définirait en revanche d’autant plus la logique des images de C’est dans l’air, puisque symbolisant l’arrêt du développement cyclique car déterminant l’Espace en ses trois dimensions.
     Dans C’est dans l’air, le carré, le cercle et la croix gravitent au centre.
     Pas nécessairement facile de s’y retrouver à premier abord, mais au bout du compte, le message est plutôt simple.

     En usant d’autodérision et de nihilisme, Mylène se moque ouvertement des dérives sectaires de l’interprétation des religions – et prophéties – ou de l’évolution néfaste des hommes, se permettant carrément de leur ricaner au nez (« L’infamie, c’est laid aussi »). La chanteuse est déjà morte, se transformant en cadavre (ou crâne de cristal, c’est selon) le temps de quelques plans et dansant sur une planète éteinte avec de vieux restes, des squelettes, sans identité : une petite fête organisée sur les décombres servant de socle éphémère. 

Pas aussi moralisateur qu’il ne le prétendrait en apparence, le texte de C’est dans l’air expose une réflexion personnelle sur une évolution vaine puisque parée à aucune donne salvatrice de l’Homme. C’est laid ? Tout à fait, autant s’en amuser puisque aucun discours ou monologue narcissique n’y changeront quelque chose. 

    mini-wallpapers-mylene-farmer-766 Ce texte et son vidéo-clip se perçoivent alors de plusieurs façons possibles. Mylène pourrait évoquer un espoir d’évolution positive, puisque utilisant l’humour et l’autodérision (les squelettes, le rire) et surtout, souriant sur les dernières images, avant le désastre. L’on pourrait accoler à ce (joli) sourire une non croyance aux prophéties apocalyptiques, une marque de je-m’en-foutisme très narquois ou un signe de libération ; les images d’archives correspondraient alors à une vision de perpétuation. Les évènements se reproduisent toujours, sans que chacun n’en prenne note et conscience.

     Dans une suite logique au pessimisme, Mylène quittait la Terre à la fin du Farmer Project, pour finalement la retrouver dans C’est dans l’air, en plein ordre de chaos. Difficile de croire au hasard sur l’œuvre de Mylène Farmer, puisque avec C’est dans l’air, tout un concept se développe autour de Point de suture : l’appel au rassemblement des troupes et de l’esprit (Dégénération, « je suis coma là mais faut qu’ça bouge », Réveiller le monde), l’idée du chaos (C’est dans l’air) ou d’échappatoire (Paradis inanimé), l’affiche de la tournée montrant une Mylène déchue, telle une météorite (très en vogue cette obsession pour les météorites cette année dans le milieu du spectacle) et, en dernier lieu, ce terme de rupture évoqué dans le titre de l’album, en lien avec cette poupée morte de la pochette, écartelée, à laquelle il ne reste probablement que l’esprit. 

Petit aparté en conclusion : il devient difficile de ne pas s’étonner quant aux prétendus plagiats d’Alain Escalle, artiste de talent s’il en est, sur le clip du groupe indus Laibach Tanz mit Laibach et celui, d’autant plus banal, d’Indochine avec le récent Little Dolls. Quelques petites précisions à se mettre en tête :

 Laibach a, depuis ses débuts et tel Rammstein quelques années après, toujours misé sur une image provocatrice ; de ce fait, un éventuel clin d’œil à ce groupe à travers C’est dans l’air ne paraîtrait pas fortuit. Rappelons aussi que, en dehors du fait indéniable que cette vidéo ne soit ni d’une grande qualité ni d’une subtilité épatante (quelles belles chaussures !), Tanz mit Laibach ne semble pas spécialement éloignée de ce qu’avait proposé Madonna à travers sa deuxième version d’American Life, quelques mois plus tôt.

_ Indochine, et malgré le talent que l’on accorde ou non à sa musique, n’a strictement rien inventé à travers son clip Little Dolls. Petit rappel de bon aloi : Mylène Farmer et Laurent Boutonnat utilisaient régulièrement ce genre d’effets dans leurs vidéos tournées dans les années 80. Ainsi, était incorporée une photo de Freud dans le clip Maman a tort, voire des images d’archives dans celui de Tristana (d’ailleurs sorti quelques mois avant Les Tzars d’Indo).

   mylene-farmer-oh-my-god1_mini  Mylène Farmer et Laurent Boutonnat ont toujours évoqué des références. Cela constitue l’œuvre, puisque dresser des influences est propre à tous les artistes dotés d’un minimum de sens et de culture (pour les autres, on retrouve sans peine la génération Liane Foly), car comme le soulignait l’auteur expérimental Chloé Delaume, tout art n’ayant comme unique but celui de divertir se révèle telle une propagande du vide, une lobotomisation ou une éponge vaseuse. Il s’agit de ramollir le cerveau humain. Car l’art sert aussi à cultiver, à apprendre, à approfondir certains sujets en renvoyant à des sources diverses (procédé appelé argumentation). Cette richesse culturelle a toujours différencié Mylène de la majorité, dans une œuvre parfois difficile à cerner mais souvent fascinante, ambiguë, unique. C’est aussi pourquoi, en dehors d’une évolution musicale pas toujours présente, elle nous passionne, et pourquoi nous l’aimons.
     En 1999, Mylène regrettait lors d’une interview que l’on titre sur elle : « Mylène Farmer, les jambes les plus belles de la chanson française. » Peut-être doit-elle bien rire en constatant qu’aujourd’hui, certains ne trouvent rien de plus constructif que de débattre sur sa coupe de cheveux, même si toutes les hypothèses et explications de textes ne relèvent que de la pure subjectivité. L’artiste a évolué, le public aussi. Ainsi soit-il.

Arno Mothra (le 29/04/2009 pour localhost/mylene

 

 

30e07fcLe réalisateur du clip de C’est dans l’air est Alain Escalle7. Il était le réalisateur du court-métrage Le conte du monde flottant proposé en première partie des concerts de Mylène Farmer sur Avant que l’ombre… à Bercy en 2006 et des images de scène que l’on pouvait apercevoir sur les écrans géants et sur la croix centrale. 

Le clip illustrant C’est dans l’air est diffusé depuis le 15 avril 2009 sur les chaînes musicales. Des images d’archives d’explosions évoquant la destruction à grande échelle sont diffusées tout au long du clip. On y note, par alternance avec les dites images, la présence de squelettes (images 3D réalisées par Alain Escalle) qui dansent autour d’une Mylène Farmer vêtue d’un blouson de cuir, d’un mini-short et d’une ceinture dont la boucle représente une tête de mort. À la fin du clip, la Terre explose. 203083351_smallLes éléments visuels du clip qui reposent sur le souffle nucléaire s’entrechoquent comme un collage violent. Les éléments graphiques du clip sont fabriqués à partir des éléments visuels utilisés pour le spectacle sur scène et font référence à l’universalité du monde au travers des primitives géométriques. Nous y retrouvons la thématique de la destruction chère au réalisateur et déjà présente dans son film Le conte du monde flottant, ainsi que la référence affirmée de Rage net (1988), Mothlight (1963), Dark tower de Stan Brakhage, et le travail du photographe primitif Charles Winter (Éclair de l’appareil de Rhumkorff). Alain Escalle utilise aussi un élément visuel abordé dans l’une de ses précédentes installations (Fantôme d’amour en 2005) où l’on peut retrouver les éléments de flashs et d’éclairs autour de la silhouette d’une femme qui danse sur ciel étoilé. Le tout est en noir et blanc. Et la technique mélange encore une fois des sources mixtes : 3D, images du Soleil, de la planète Terre tournoyante, de branches d’arbres et de forêts en noir et blanc puis en négatif, retraitées puis déformées au travers de filtres numériques dont la particularité est de générer des images aléatoires d’éclairs. Ce mélange trouve sa touche finale dans l’utilisation de peinture sur la pellicule qui donne au clip son aspect vieilli et usé par le temp 

Ce dernier document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/C%27est_dans_l%27air ». 

 

  

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THIERRY SUC

Posté par francesca7 le 18 septembre 2011

Thierry Suc, Mylène Farmer et Laurent Boutonnat
Conférence de presse Décembre 2004
Photo: Claude Gassian 

 

THIERRY SUC 2004cp1

Thierry Suc a le même âge que Mylène et Laurent Boutonnat.

 

C’est déjà un homme d’affaires très performant, propriétaire de plusieurs sociétés dans l’immobilier et dans le spectacle. Il a justement débuté sa carrière dans la production du concert en prenant en charge les premières tournées de Jean-Jacques Goldman et de Jean-Luc Lahaye. Toutefois, il n’est pas le seul à contribuer financièrement aux concerts de Mylène car des sociétés comme Toutankhammon, Polygram et Tuxedo Tour se greffent sur l’aventure.

 

 

Interview de Thierry Suc, producteur de Mylène Farmer 

En  mai 2008    

Dans le métier depuis 26 ans, Thierry Suc, 46 ans, a produit les concerts de Jean-Jacques Goldman et la dernière tournée de Claude Nougaro. Il a aussi, dans son écurie, Calogero, Raphaël, Yannick Noah, Zazie, Juliette Greco, Henri Salvador jusqu’à il y a quelques semaines. Depuis 20 ans, il est aussi le producteur des concerts de Mylène Farmer. Un an avant la tournée, premières confidences… 

« Qu’est-ce qui pousse Mylène Farmer, si discrète en privé, à vouloir toujours jouer sur scène dans le grandiose ? » 


Thierry Suc : Mylène aime le show et est heureuse dans la démesure, dans les grands espaces. Je l’ai toujours connue comme ça depuis le jour de son premier spectacle, il y a 20 ans au Palais des sports de Paris. Un besoin d’avoir du monde devant elle, comme autour d’elle d’ailleurs sur scène. 

« Ce nouveau spectacle, il était dans l’air depuis longtemps ? » 


autrenrj-1Lors de sa dernière conférence de presse, fin 2004, pour annoncer les 13 concerts qu’elle allait donner à Bercy en 2006, Mylène avait promis de revenir en province. Et elle a choisi de le faire en 2009 dans les dix plus grandes salles dont le Zénith toulousain, avant de finir dans les stades : Genève, les 4 et 5 septembre, le Stade de France à Paris les 11 et 12, et enfin Bruxelles, le 19. 

« Comment l’avez-vous imaginé ? » 


Les premières réunions de préparation commencent à peine, mais rien n’est imaginé encore. 

« On a pourtant déjà parlé de « scène de verre »… » 


(Rires) Non, vraiment, cela relève du pur imaginaire de certaines personnes. Je peux vous assurer que rien n’est encore décidé. Et même pas un plan de décor ! A ce jour, nous ne connaissons de ce spectacle que les besoins techniques. 

« Par exemple ? » 


Ce sera de l’ordre de onze ou douze semi-remorques, comme pour la dernière tournée. 

« Les musiciens ? » 


Nous ne savons pas… Mais toute l’équipe sera nouvelle. 

« Autour d’Yvan Cassar ? » 


Ce n’est pas certain. Parce que Johnny Hallyday sera lui aussi sur les routes en même temps… 

« Quel est votre budget ? » 


Avec plus de cent personnes tous les soirs, ce sont évidemment des spectacles chers. Au point que techniquement comme financièrement la capacité des salles doit être au minimum de 9 000 places. 

« Il y aura donc les stades et les Zénith. Le spectacle présenté au Zénith sera un spectacle « au rabais » ? » 


suc_0Je suis provincial, je viens de Lyon, et je n’ai jamais fait de spectacle plus petit en province qu’à Paris ! Bien sûr il faudra 30 ou 40 camions pour les stades, mais le spectacle, au iota près et à une personne près sera à l’identique. 

« Et ce nouvel album prévu pour l’automne ? » 


Laurent Boutonnat et Mylène sont en train de travailler. Pour l’instant, la seule chose certaine, c’est que son premier single, « Dégénération », sera en radio le 19 juin. 

« Mylène devrait aussi jouer dans « L’ombre des autres », un film produit par Claude Berri… » 


Oui, mais forcément après la tournée!… 

Propos recueillis par La Dépêche

Thierry Suc nous livre de nouvelles infos sur le spectacle et dément certaines rumeurs… Il annonce également la sortie évènementielle du DVD live pour mars 2010, il sortirait également sous forme de film au cinéma !!! Une première !

A ceux qui voudraient garder la surprise j’ai noirci volontairement les phrases qui divulguent les parties du concert, c’est à surligner avec votre souris pour les autres!   

 

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Quelles sont les nouveautés par-rapport à la tournée indoor ?

atris774GHLe spectacle a été redimensionné. Tout a été rehaussé, agrandi. 4 chansons ont été ajoutées : L’Instant X, California, Fuck them all et Le Vent emporte tout que Mylène Farmer n’avait pas chanté depuis 1996. Deux choristes et deux danseuses ont rejoint l’équipe. C’est la plus grande scène couverte d’Europe conçue pour faire face à des problèmes éventuels de météo.

Que fait Mylène Farmer juste avant un concert ?

Après le temps de maquillage et de coiffure, elle se retire une heure seule dans sa loge. Généralement, elle a très très peur avant d’entrer sur scène. Là encore davantage.

La rumeur a évoqué cet été des menaces d’annulation du spectacle du Stade de France pour cause de grippe A ? Quid des assurances ?

Le show est assuré car le contrat a été souscrit en 2008, avant l’épidémie, il ne comporte pas de clause d’exclusion.

On parle d’un Stade de France en 2011 ?

C’est faux. Et la rumeur ne vient pas de nous.

Quand sortira le live qui sera enregistré les 11 et 12 septembre ?

En mars prochain, sous la forme d’un DVD ou peut-être d’un film pour le cinéma, rien n’est encore décidé. Mais ce ne sera pas en 3D comme j’ai pu le lire.

Quels sont vos passages préférés du concert ?

J’adore le tableau des chansons lentes. Un grand moment d’émotion. 

 

Thierry Suc, se confie sur EUROPE – Mylène Farmer 

VIDEO  Image de prévisualisation YouTube 

En janvier 2006, Mylène s’apprête à monter 13 fois sur la scène de Bercy. Puisque la chanteuse refuse de faire sa promotion, c’est son manager qui s’en charge ! Retranscription de l’entretien accordé par Thierry Suc à l’antenne de RTL. 


Mylène Farmer est de retour sur scène, six ans après ! Elle entame demain soir à Bercy une série de treize concerts qui affichent complet depuis longtemps. Thierry Suc, bonsoir. 


Bonsoir. 


Vous êtes le manager de Mylène Farmer, vous travaillez avec elle depuis dix-sept ans maintenant. Treize dates, vendredi treize, treize mille places à Bercy… Elle est joueuse, superstitieuse ? 


3010860767_1_3_hH9NG9E7Pas du tout ! Très sincèrement, c’est un joli hasard. Lorsque nous avons décidé d’organiser ce spectacle uniquement à Bercy, il s’avère que la période qui était disponible faisait que, vu le nombre de répétitions qu’il nous fallait, je me suis rendu compte que démarrer un vendredi était bien,
avant le week-end, pour que les gens de province puissent venir, il s’est avéré que c’était un vendredi treize. Alors j’ai commencé à calculer, en sachant que Mylène chantait X nombre de soirs par semaine et qu’elle avait besoin de jours de repos, pour l’équipe, etc. Et le hasard a fait qu’on est tombés sur un joli vendredi treize avec treize dates possibles, et lorsque nous avons eu l’idée de faire plusieurs scènes, puisque Mylène va se produire pour la première fois, bien sûr sur une scène comme d’habitude au fond de salle à Bercy, mais également avec plusieurs scènes centrales, c’est-à-dire qu’elle sera au cœur du public par moments dans le show. Et lorsque nous avons eu cette idée, forcément, la sécurité a fait qu’on a perdu environ 3 500 places par rapport à la jauge totale de Bercy, et donc au lieu de 17 000 places habituelles, qui est la capacité totale de la salle de Bercy normalement, nous sommes à 13 500 places, quelque chose comme ça. Donc le vendredi treize, treize concerts, treize mille et quelques places… Je dirais que c’est un joli clin d’œil de la vie. 


Treize concerts, elle aurait pu en remplir beaucoup plus ? 


Beaucoup plus. Je pense que, malheureusement, on aurait pu en faire probablement entre vingt et vingt-cinq… Mylène, le show qu’elle va présenter fait qu’on avait besoin de beaucoup, beaucoup de répétitions, que c’est pas quelque chose qu’on peut répéter ailleurs puisqu’il est intransportable ce spectacle, donc il fallait qu’on soit sur place, et de fait on ne pouvait pas aller plus loin. 


Son dernier disque s’est un peu moins bien vendu que les précédents… 


Oui, alors ça… Pardon, je vous interromps mais… Ca, c’est un raccourci, en ce moment, que tout le monde se plaît à prendre, mais aujourd’hui, nous sommes très contents des chiffres de vente, nous venons de sortir le troisième single qui est rentré numéro sept au Top cette semaine, donc rentrer septième en troisième single c’est très bien. Nous sommes à plus de 500 000 albums, le marché du disque a perdu 40 % de ses ventes, donc si on reprend un petit peu toutes 


les sorties singles… 

 

Mais Johnny vient d’en vendre 800 000 par exemple… Mais de toute façon c’est pas grave de vendre moins, ça arrive, il y a des albums qui se vendent moins bien que d’autres… 


Ah non, non, mais tout va bien ! Tout va bien ! Pour nous tout va bien !
Non, non… 


2356681279_small_1Oui apparemment… 


Et je suis pas sûr que celui-ci se vendra moins bien que les autres parce qu’il est loin d’être terminé, il y a quatorze titres dedans, nous avons encore plusieurs singles, et tout va bien. Et je rappelle aussi que Mylène a fait le choix, lors de la sortie de cet album, de ne faire aucune promotion. 


Le mystère, toujours ? 


Le mystère sur le spectacle ? 


Sur le spectacle, sur elle… 


Sur elle, je crois qu’il y a eu cette émission que beaucoup de gens ont vue récemment… Elle l’a exprimé elle-même, donc je ne vais pas paraphraser ses propos… C’est pas un mystère, c’est pas un calcul, c’est, en tout cas, ce qu’elle ressent elle-même, c’est-à-dire de pas avoir envie de parler d’elle plus qu’elle ne le fait, premièrement, et deuxièmement sur le spectacle, c’est tout simplement par respect pour le public. C’est-à-dire je pense que ceux qui vont être là ce vendredi treize… C’est agréable d’arriver avec des yeux d’enfants, d’ouvrir les yeux et de voir quelque chose qu’on n’a pas déjà lu partout. « Alors elle va rentrer comme-ci, elle va faire comme ça, etc. » Donc il y a eu quelques petites fuites, mais c’est formidable quand on peut garder, non pas le secret pour le secret,mais le secret pour le plaisir. 


Ses fans, justement, ils lui donnent beaucoup, ils attendent beaucoup d’elle. Est-ce que, en retour, elle ne donne pas trop peu ? 


Ca, faut le demander aux fans, mais moi je pense qu’un artiste est là pour donner de l’émotion et du plaisir, et lorsque je les vois tous les soirs face à elle – dans les précédents spectacles en tout cas, puisque celui-ci va démarrer – j’ai pas l’impression qu’elle leur donne trop peu, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de bonheur dans les yeux des gens qui sont là, et que justement, pour
avoir cette qualité d’émotion, il faut que ce soit rare. 


Ca donne lieu à des comportements… Bon, qui ne sont pas majoritaires, mais à des comportements un peu excessifs, de fans qui attendent en bas de chez elle, quasiment ad vitam aeternam, qui sont en état de transe… C’est pas justement parce qu’on ne leur donne pas assez en temps normal, hors concerts ? 


Non, moi, je ne pense pas ça. Je pense que ça concerne beaucoup d’artistes, Mylène l’a dit elle-même dans l’interview qu’elle a faite, elle est pas la seule à avoir cela. C’est vrai que pour elle il y a un attachement très particulier, et peut-être par le fait aussi qu’on la voit peu puisque, comme vous le mentionnez on travaille ensemble depuis dix-sept ans, et c’est le quatrième spectacle que nous produisons, donc, en tout et pour tout en vingt ans de carrière, Mylène ne s’est produite « que » quatre fois sur scène. Les gens l’ont très peu vue en fait… 


Vous la connaissez donc parfaitement. Qu’est-ce qui fait, au bout de dix-sept ans, qu’est-ce que vous pouvez dire de sa force, de ce qui fait sa réussite ? 


Son intelligence, et sa qualité d’écoute, sa qualité d’émotion, sa qualité… Il y en a beaucoup, c’est un être très précieux et très rare. Je ne dis pas ça parce que je travaille avec elle, mais c’est une amie personnelle et très proche pour moi.

Elle disait dans « Sept à Huit » la semaine dernière sur TF1 qu’elle
« a toujours autant de colère en elle », ça veut dire quoi, ça ? 


Ca… Ca lui appartient. 


Elle a parfois de la colère contre son manager ? 


Non. Nous ne sommes pas dans ce genre de relation. 


Parce qu’elle dit de la colère, elle dit beaucoup de peur aussi, ça donne l’image de quelqu’un de fragile… 


Bien sûr. Mais je pense que d’abord tout artiste a une fragilité, ça c’est certain, et puis… Mylène est un être sensible, fragile, et fort à la fois, c’est son paradoxe.
Ce qu’on a pu voir encore une fois dans cet interview, et qu’elle a laissé transparaître d’elle-même. 


Elle a une place à part dans le showbiz, est-ce qu’elle a des amis, déjà, dans le showbiz ? 


Mylène, non, c’est quelqu’un qui ne sort pas, qui ne connaît pas en fait, les gens… Non pas par mépris ou par distance, mais c’est quelqu’un qui se protège beaucoup, et je dirais que, dans les moments où elle ne travaille pas, elle est plutôt à l’étranger, donc lorsqu’on se retrouve aux 


États-Unis, là elle connaît pas mal de gens, là elle rencontre des écrivains, des cinéastes, des acteurs, des actrices, des artistes chanteurs. Donc c’est plutôt à l’étranger, je dirai, que sa vie d’ouverture se passe. 


Elle a dit sur TF1 encore, dimanche dernier, que c’était sa dernière interview. Vous pensez que c’est vrai ? 


Je pense que c’est vrai, oui. 


Elle l’avait déjà dit il y a dix ans, chez Paul Amar… 


Oui, alors voilà, on peut se dire que… Voilà, tous les dix ans, peut-être que dans dix ans il y en aura une autre, j’en sais rien… Mais en tout cas… Il est évident qu’il y en aura pas un mois prochain, ça c’est certain, ou dans un an. 

RTL – 2006 

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Le clip de Q.I

Posté par francesca7 le 11 septembre 2011

Réalisé par : Benoît Lestang
Diffusé le : Juillet 2005
Durée : 4’00 

Le clip de Q.I dans Mylène 2005 - 2006 186488415_smallDans le sombre d’une grande ville sous la pluie, un écran géant disposé sur un immeuble peine à afficher une Mylène sexy à souhait. Un homme marche dans son appartement. Ses fenêtres donnent directement sur cet écran. L’homme le regarde, le touche à travers la vitre humidifiée.

On retrouve une deuxième Mylène dans le même appartement, assise sur un fauteuil en cuir. Bas résille et talons aiguille, elle regarde son homme qui s’avère être un danseur de flamenco (Rafael Amargo). Il s’approche d’elle et lit un livre à ses pieds. Celle-ci, du bout de ses talons, commence à lui retirer sa chemise. Il se laisse faire, semble apprécier. L’homme se retrouver torse nu.

Les deux tourtereaux, derrière une vitre bleue opaque entament une chorégraphie dont on ne voit que les ombres. Ces images entrecoupent le clip jusqu’à sa fin.

Dans la bibliothèque, ils s’enlacent, s’embrassent, jouent de façon sensuelle. Assis l’un en face de l’autre sur un lit, les deux amoureux continuent leurs embrassades. Mylène passe les mains dans le dos de son mari torse nu et les glisse sous sa peau. L’homme semble apprécier.

Les images s’accélèrent et s’entrecoupent de danse du mari, de l’écran géant, des ombres à travers les vitres bleues… CQFD.

Bref, un clip très esthétique où Mylène est sexy à souhait. Toutefois, pas de réel scénario et des fans déçus qui s’attendaient à un clip ultra sexy. Les rumeurs parlaient d’une censure du clip…
A noter que le réalisateur, Benoît Lestang avait déjà travaillé avec Mylène dans la passé : c’est lui qui avait assuré les maquillages de « Giorgino ». Il a également crée la mythique marionnette de Mylène pour le clip « Sans contrefaçon ».

 

 

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Mylène et Gilles Laurent

Posté par francesca7 le 10 septembre 2011

Interview exclusive de GILLES LAURENT co-concepteur 

 

« l’idée de base était l’inexorable écoulement du temps » 

 

 

 

Source IAO7 avril 2006 – spécial Live 

 

 

QUESTIONS/REPONSES 

 

Mylène et Gilles Laurent dans CONCERTS DE MYLENE barreClients

 

 

Sur le Tour 89, vous êtes crédité comme « co-concepteur du spectacle », avec Mylène et Laurent Boutonnat. Qu’avez-vous fait exactement ? 

 

Il existait un vrai univers porté par Mylène Farmer – j’ignore si c’est encore le cas, aujourd’hui. Mon travail était d’y apporter de la matière grise. Il y avait chez Mylène et Laurent une forte volonté de mettre du sens dans ce spectacle. De la même façon que Laurent a toujours eu ce souci de ne pas juste faire de l’illustration avec des clips, mais e raconter une histoire. 

 

MFConcert89_06a dans Mylène TOUR 1989Pourquoi avaient-ils besoin de vous pour cela ? 

 

Il s’agissait d’une certaine continuité, je crois. J’avais travaillé avec Laurent sur le scénario des clips « Pourvu qu’elles soient douces » et « Sans logique ». Très naturellement, lorsque le projet du spectacle du Palais des Sports est arrivé, Laurent m’a demandé de le concevoir avec lui et Mylène. Il s’agissait de savoir ce qu’on pouvait imaginer pour amener le personnage de Mylène sur scène. 

 

Vous avez accepté tout de suite ? 

 

Non car autant j’étais proche de Laurent et de Mylène, autant je trouvais Bertrand Le Page, le manager de Mylène, assez effrayant. D’habitude, je me cantonnais dans la partie « images » de Mylène (clips, cinéma), mais là, on me demandait de mettre les pieds dans le domaine de Bertrand. Il ne faut pas oublier son importance dans la carrière de Mylène. C’est notamment lui, le rouquin qui a eu l’idée de singulariser Mylène par ses cheveux…  « rouges » disait-il. Une part de lui existait indéniablement à travers elle. Donc je voulais bien accepter ce travail, mais il me fallait l’acceptation de Bertrand….. 

 

Une fois que vous avez eu son aval, vous vous êtes donc mis au travail avec Mylène et Laurent pour le Tour 89. Comment cela c’est organisé ? 

 

J’ai fait des propositions, nous nous sommes réunis, et nous avons débattu ensemble de toutes les questions : Quelles chansons ? Quel ordre ? Quel décor ? Quelles affiches pour être symboliquement en accord avec le « monde de Mylène » ? 

 

Quels ont été les éléments principaux qui se sont dégagés de vos réunions de travail ? 

 

L’idée de base était l’inexorable écoulement du temps. On a donc choisi un ordonnancement reprenant la ronde des saisons, organisée autour de « L’horloge » de Beaudelaire. L’affiche illustre un monde fermé, rendu mystérieux par la brume, auquel le commun des mortels n’a pas forcément accès, et dont Mylène est le gardien. Elle invite le public à y entrer à la manière d’un Hitchcock nous disant : « c’est ici que tout a commencé, entrez, je vais vous expliquer comment c’est arrivé … » 

 

18858394C’était donc en référence à Hitchcock ? 

 

Entre autres. On avait, avec Laurent, une fascination commune pour une certaine littérature, qu’on pourrait illustrer par « Le tour d’écrou ». Un roman angoissant et tragique à la fin obscure, que beaucoup de cinéastes ont vainement essayé de restituer. Il s’agit de l’histoire d’une hantise qui touche un enfant. Le visuel du spectacle de Mylène a très naturellement été imprégné par cette littérature du XIXème, morbide, effrayante et romantique. Mais je ne sais pas trop ce qui en est resté dans le spectacle, au final. 

 

Comment cela ? 

 

Je n’ai jamais vu ce spectacle, ni en vrai, ni en vidéo. 

 

Pour quelle raison ? 

 

Disons que, à la suite de situations rocambolesques, je n’ai pas assisté au spectacle. Je n’en dirai pas plus car ça n’a pas grand intérêt. 

 

Parlez-nous du décor. Pourquoi un cimetière ? 

 

Ce n’était pas vraiment un cimetière. On est parti de photos de Stonehenge que j’avais trouvées – des pierres en ruine mystérieusement agencées, véritable observatoire des planètes, qui raconte les hommes face au temps. On y trouvait une liaison symbolique évidente avec l’idée maîtresse des saisons et du temps qui passe. Que cela ait revêtu des habits de cimetière au final, c’est une dérive, sans doute, mais qui raconte aussi « le temps assassin » dont parle « L’horloge ». La mort  a toujours été une attirance très profonde, tant chez Mylène et Laurent que chez moi. A l’époque où Laurent ne connaissait pas encore Mylène, j’avais fait un court métrage, « La lettre à Dieu », et je lui avais demandé de bien vouloir filmer en tant que cadreur (car Laurent cadre fort bien !) La fin se déroulait dans un cimetière. Cela fait partie de ces choses qui nous ont réunies. Il y avait un aspect de la foi chez Laurent qui m’intéressait énormément. On en a beaucoup parlé. Il avait un rapport à la mort aussi qui me touchait ; quand nous nous sommes connus, il répétait tout le temps qu’il pourrait à 20 ans ! 

 

Vous parlez beaucoup de Laurent et assez peu de Mylène ? 

 

Oui, car j’étais plus proche de lui au quotidien. Mylène échangeait beaucoup plus avec Bertrand. Mais nous avons tout de même travaillé à trois. Mylène est quelqu’un d’intelligent, de particulier. Elle est écorchée, elle a une craie sensibilité, une réelle écoute, et un instinct tout à fait remarquable. 

 

A la fin du film « en concert », le décor du spectacle est brûlé dans un champ. Etes vous à l’origine de cette idée ? 

 

Non pas du tout. J’avoue d’ailleurs que je ne le savais pas puisque je n’ai pas vu le film. C’est quelque chose qui ne me parle pas. Les ruines de Stonehenge m’impressionnent par leur éternité figée au-delà de nos existences humaines. Les brûler, je ne comprends pas très bien… 

 

 

Une purification peut-être ? 

 

Dans ce cas, j’airais personnellement choisi d’y faire tomber la neige. Mais il s’agit ici de mon fantasme. J’ignore les motivations de Laurent et Mylène dans ce décor brûlé, puisque comme e vous le disais tout à l’heure, je n’ai pas vu le spectacle, et j’ai même perdu de vue Mylène et Laurent pendant près de deux ans après son élaboration. 

 

Vous en êtes néanmoins le co-scénariste, avec Laurent. Comment est né ce projet ? 

 

giorgino5C’est parti d’une musique au piano… qui fait d’ailleurs partie des thèmes musicaux du film final. Laurent avait le fantasme d’une histoire se construisant autour de ces notes. 

 

 

Vous n’avez participé ni au tournage, ni au montage du lm. Donc vous l’avez découvert une fois fini. Y avez-vous retrouvé ce que vous aviez écrit avec Laurent ? 

 

Oui, bien sûr. J’y ai aussi vu la perte de certaines choses, comme les traits d’humour présents dans le projet original. Par exemple, quand Giorgino rentre des marais après avoir regardé l’endroit où les enfants se sont noyés, ses chaussures mouillées étaient censées faire un « pschout pschout » ridicule qui faisait se retourner tous les gens de l’auberge ; un brin de légèreté qui rendait la douleur un peu plus supportable, mais qui a disparu. 

 

Pourquoi Laurent a-t-il enlevé ce type de détails ? En avez-vous parlé avec lui ? 

 

Non. Si on ne vous appelle pas au montage, quand le film est fini, il est fini. On retrouve rarement à l’écran le film qu’on a écrit. Hélas ! C’est une souffrance que connaissent régulièrement les scénaristes (et dont la majorité des critiques n’ont aucune idée ! » 

 

Avez-vous été satisfait du casting ? 

 

J’imaginais le personnage de Giorgio plus solide, plus fort, un héros américain. Jeff est trop frêle, trop enfantin. L’enfant dans l’histoire, c’était censé être Catherine (Mylène). 

 

Avez-vous été sensible aux critiques lors de la sortie de « Giorgino ? » 

 

Bien sur ! j’ai essentiellement été frappé par les attaques personnelles visant Laurent. Je lui ai d’ailleurs envoyé une lettre à l’époque pour lui dire à quel point je trouvais certaines attaques indignes. On a le droit de s’attaquer au metteur en scène, mais à l’homme. C’était immonde. Et c’était sans aucun doute lié au succès et au personnage de Mylène Farmer 

 

Vous auriez aimé participer au nouveau long métrage de Laurent ? 

 

Non, je crois que la mise en commun de nos imaginaires fait partie du passé ! Laurent m’a rappelé un jour pour que nous discutions du projet de film. J’étais heureux e le revoir, mais les choses en sont restées là. 

 

Donc les ponts ne sont pas coupés ? 

 

Non. Mais je n’ai pas de nouvelles récentes.

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QI – Clip 2005

Posté par francesca7 le 9 septembre 2011

Réalisé par : Benoît Lestang
Diffusé le : Juillet 2005
Durée : 4’00 

 

VIDEO CLIPImage de prévisualisation YouTube 

 

Le clip Q.I est diffusé pour la première fois en télévision en juin 2005 (à 06h sur MCM puis à 07h en « clip des clips » sur M6 pour les amateurs de détails).

Etonnant:
Aucune censure pour le clip qui sera diffusé en intégralité en journée.
Mais, pour la publicité de l’album diffusée en juillet 2005 et comportant des images du clip, notamment celles sur lesquelles on voit les mains de Mylène pénétrer le dos de son partenaire, le Bureau de Vérification des Publicités a demandé à Universal Music d’effectuer un nouveau montage ne comportant pas ces images. Chose faite mais en réponse à cette censure, Universal Music a proposé la version censurée de la publicité en page d’accueil de son site internet.

en conséquence, QI a été souvent considéré comme un « malicieusement érotique » chanson. L’auteur, François Erwan Chuberre a déclaré ; « les paroles sont délicieusement pervers et la mélodie est entraînante comme une séance de gym tonique menée par Véronique et Davina » 

 

 

HISTOIRE de Q.I : 

 

QI - Clip 2005 dans Les Clips de Mylène 6383221_qDans le sombre d’une grande ville sous la pluie, un écran géant disposé sur un immeuble peine à afficher une Mylène sexy à souhait. Un homme marche dans son appartement. Ses fenêtres donnent directement sur cet écran. L’homme le regarde, le touche à travers la vitre humidifiée.

On retrouve une deuxième Mylène dans le même appartement, assise sur un fauteuil en cuir. Bas résille et talons aiguille, elle regarde son homme qui s’avère être un danseur de flamenco (Rafael Amargo). Il s’approche d’elle et lit un livre à ses pieds. Celle-ci, du bout de ses talons, commence à lui retirer sa chemise. Il se laisse faire, semble apprécier. L’homme se retrouver torse nu.

Les deux tourtereaux, derrière une vitre bleue opaque entament une chorégraphie dont on ne voit que les ombres. Ces images entrecoupent le clip jusqu’à sa fin.

Dans la bibliothèque, ils s’enlacent, s’embrassent, jouent de façon sensuelle. Assis l’un en face de l’autre sur un lit, les deux amoureux continuent leurs embrassades. Mylène passe les mains dans le dos de son mari torse-nu et les glisse sous sa peau. L’homme semble apprécier.

Les images s’accélèrent et s’entrecoupent de danse du mari, de l’écran géant, des ombres à travers les vitres bleues… CQFD.

Bref, un clip très esthétique où Mylène est sexy à souhait. Toutefois, pas de réel scénario et des fans déçus qui s’attendaient à un clip ultra sexy. Les rumeurs parlaient d’une censure du clip… 


A noter que le réalisateur, Benoît Lestang avait déjà travaillé avec Mylène dans la passé : c’est lui qui avait assuré les maquillages de « Giorgino ». Il a également crée la mythique marionnette de Mylène pour le clip « Sans contrefaçon« . 

 


mylene-farmer_clip_qi_003min dans Les Clips de MylèneAs a result, « QI » was often seen as a « mischievously erotic » song. 
French author Erwan Chuberre stated: « Lyrics are delightfully perverse and the melody is as catchy as a tonic gym workout conducted by Véronique and Davina. » 

Le réalisateur Benoît Lestang : son travail

Né le 14 Décembre 1964, Benoît Lestang a travaillé dans les années 80 pour le magazine spécialisé dans le cinéma fantastique Starfix.

Il est devenu l’un des maquilleurs les plus réputés du cinéma français. Il a travaillé sur de nombreux films dont « La cité des enfants perdus » (1995), « Le Hussard sur le toit » (1995), « Le Pacte des loups » (2001), « Arsène Lupin » (2003), « Le scaphandre et le papillon » (2007)… 

 

Il a écrit en 2002 le scénario du film d’horreur « Brocéliande » avec le réalisateur Doug Headline.

En 2005, il signe le scénario, la réalisation et le production d’un court-métrage intitulé « Protocole 33″.

D’une durée de 8’50, ce court-métrage à l’atmosphère mystérieuse et oppressante décrit la destinée d’un homme au bord du gouffre, qui, enfermé dans une cave, prendra un cachet qui le plongera dans des hallucinations étranges. « Protocole 33″ a été présenté en compétition dans la catégorie courts-métrages lors de la 13ème édition du Festival du Film Fantastique de Gérardmer en 2006. 

On retrouve dans ce court-métrage des effets visuels identiques à ceux utilisés dans le clip Q.I. lorsque Mylène enlace son partenaire jusqu’à faire pénétrer ses mains sous son épiderme.

Q.I. reste le seul clip réalisé par Benoît Lestang pour Mylène.

Benoît Lestang est le créateur de la marionnette du clip Sans Contrefaçon en 1987.

Il a travaillé sur les maquillages- effets spéciaux de Giorgino en 1993.

Enfin, il est resté fidèle à Laurent Boutonnat en collaborant à nouveau avec lui en tant que maquilleur sur Jacquou le Croquant sorti en Janvier 2007. Il met fin à ses jours en 2008

Rafael Amargo, de son vrai nom Jesus Rafael Garcia Hernandez est né en 1975 à Pinos Puento ville  d’Andalousie proche de Grenade.

Rafael Amargo, très connu en Espagne, est un danseur et chorégraphe spécialisé dans le flamenco. « Ses chorégraphies reflètent une conception à la fois traditionnelle et actuelle, parfois très proche de la danse contemporaine, elles ne perdent jamais le point de référence de l’essence du flamenco ».

En 1997, il a crée sa compagnie de danse, le compañia Rafael Amargo dont il fêtera les dix années d’existence avec un spectacle présenté à Barcelone en Août 2007.

Il a participé en tant que professeur de flamenco à l’émission « Operacion Triunfo » (l’équivalent de la Star Ac) en Espagne et a joué son propre rôle dans des épisodes de la deuxième saison de la série Un, Dos,Tres


Analyse et Réactions

173903633_smallQ.I. est l’un des clips de Mylène ayant suscité le plus de critiques négatives chez les fans. Beaucoup auront été déçus par l’extrême simplicité du scénario, le montage parfois approximatif créant un clip « lyophilisé, consommable, anodin ». Au final, sa durée brève et l’orientation « moderniste » de son esthétisme lui permettront de se fondre sans problème dans la masse des clips diffusés sur les chaînes musicales.

Le clip Q.I est le reflet de la fusion à l’extrême du corps et de l’esprit jusqu’à ce que deux êtres ne fassent plus qu’un. 

 

Bien que le sens du clip paraisse limpide, certains y verront un message tout autre. Mylène représenterait la mante religieuse qui « après la parade nuptiale et son accouplement, tue et dévore son amant ». Les mains s’enfonçant dans le dos du danseur en seraient le symbole et ce clip pourrait alors s’inscrire dans la continuité du single précédent « Fuck them all » aux accents très féministes. En outre, une telle interprétation permettrait de se référer à l’interview accordée par Mylène à l’émission « Sexy Folies » diffusée le 17 Décembre 1986 sur Antenne 2 et durant laquelle elle confiait: « Si j’avais à choisir ma vie (…) avoir trois, quatre hommes dans ma vie. Si j’avais une métaphore à faire, je prendrais volontiers la mante religieuse, c’est à dire que, si j’en avais le pouvoir, parce que bon je suis pas encore tombée dans la folie totale, mais je crois que couperais la tête volontiers. (Les hommes), Je les aime pas, c’est tout! » 

Interprétation au final très discutable tant la Mylène épanouie et souriante du clip Q.I. semble éloignée de la femme tourmentée de 1986.

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NATHALIE RHEIMS

Posté par francesca7 le 21 août 2011

 

NATHALIE RHEIMS 190776-nathalie-rheims-25-03-09-637x0-1

Nathalie (Alix Jeanne) Rheims est un écrivain et productrice française née le 25 avril 1959 à Neuilly-sur-Seine.

 

Liens familiaux

Nathalie Rheims est fille de Maurice Rheims, commissaire-priseur et académicien et sœur de la photographe Bettina Rheims. Elle a épousé Léo Scheer en 1989, puis fut la compagne du producteur de cinéma Claude Berri.

Elle est apparentée à la famille Rothschild, descendante à la fois par son arrière-grand-père (branche dite « von Worms ») et par son arrière-grand-mère (branche dite « de Naples ») du banquier Mayer Amschel Rothschild (1744-1812), fondateur de la dynastie.

Biographie

Elle débute sa carrière artistique comme comédienne de théâtre. Tout juste âgée de 17 ans, elle entre au conservatoire de la rue Blanche. Pendant 7 ans, soit jusqu’en 1983, Nathalie Rheims poursuit sa carrière d’actrice en alternant théâtre et téléfilms. Elle est surtout connue pour ses succès discographiques sous le nom d’Alix (Asphalte, Expérience inconnue). Deux ans plus tard, Nathalie Rheims devient productrice, d’abord pour TV6 dirigée par Léo Scheer, première version de M6, puis pour France 2, en produisant avec Léo Scheer l’émission sur l’art Haute curiosité présentée par Claude Sérillon et Maurice Rheims.

En 1999, Nathalie Rheims publie son premier roman, L’un pour l’autre (édition Galilée) récompensé par le prix du Gai Savoir. En 2000, elle publie aux éditions Flammarion Lettre d’une amoureuse morte. Puis se succèdent Les fleurs du silence et L’Ange de la dernière heure en 2001 et 2002. Toujours en 2002, Nathalie Rheims, co-produit le film Une femme deménage. En 2003, elle offre au public un nouveau roman, cette fois ci aux éditions Léo Scheer, intitulé Lumière invisible à mes yeux. Le rêve de Balthus, Le Cercle de Megiddo et L’ombre des autres paraissent en septembre 2004, 2005 et 2006, et la font entrer dans les listes des meilleures ventes.

Compagne et collaboratrice du producteur-réalisateur Claude Berri, elle crée avec lui la société de production cinéma Hirsch Productions et s’implique, au titre de producteur associé, dans les films, L’Un reste, l’autre part, Les enfants, Le Démon de midi, La Maison du bonheur, Ensemble, c’est tout, La Graine et le Mulet, Bienvenue chez les Ch’tis.

En 2007, Nathalie Rheims publie son neuvième livre Journal intime, roman aux Éditions Léo Scheer. En parallèle, son huitième roman L’Ombre des autres devrait à être porté à l’écran, avec Mylène Farmer dans le rôle principal.

En 2008 paraît son dixième roman : Le Chemin des sortilèges aux Éditions Léo Scheer.

270171_rheimsNElle est aussi d’entourage avec la chanteuse française Mylène Farmer

Et justement, elle a dressé un magnifique portrait de mon idole Mylène Farmer,  en 2008, dans Madame Figaro ; intitulé : MYLENE FARME de toutes les façons (paru dans Madame Figaro 2008 – pages 68 et 70) que je partage avec plaisir, ici avec vous ….. 

 

Belle déclaration 

Portrait de Mylène Farmer par Nathalie Rheims 

« Comment parler de toi ? Comment dire, sans dire, ce que tu es ? Décrire ton être. Ecrire ton existence. Raconter. Passer par les mots. Tourner autour de ton âme comme on découvre le ciel, comme on explore une galaxie inconnue. Faire ton portrait, toi que je sais, toi que j’aime tant. Exercice impossible puisque c’est le silence qui tisse la trame de tout ce qui nous lie. S’il y avait un titre à ce commencement, ce serait « l’Une pour l’autre ». De ton amour, de ta confiance, je me sens la gardienne, et je veille sur ce privilège. 

 

Silencieuse et secrète – n’est-ce pas ainsi que te décrivent tous les livres qui te sont consacrés ? Mystérieuse aussi, puisque telle est ta nature profonde. Ceux que tu aimes deviennent des coffres inviolables où reposent des fragments de toi comme les pièces d’un trésor. Pourtant, il n’y a rien d’indicible, de caché, tout est dans ce que tu écris, dans les strophes qui nous viennent par ta voix, si ce n’est ce que toi-même tu as oublié. 

 

Je te regarde à travers le miroir magique où chacun aime à se reconnaître, et je traverse ce prisme pour rejoindre ton reflet. Je m’approche, pose mes mains sur la vitre, le verre tremble comme une eau limpide. 

 

J’effleure la surface du bout des doigts, tu apparais dans la transparence. Dehors le soleil irradie le paysage, mais les persiennes restent closes. Tous les mots son jetés, épars, à travers la pièce. Tu me souris, les ramasses un à un et les jettes dans un grand sac. Tu me fais signe de te suivre. Tu avances, projetant sur le sol ton ombre qui guide mes pas, la lumière filtre derrière les volets et reste invisible à nos yeux. 

 

Laisse-moi te suivre dans l’ombre de ton âme, et puisqu’il faut choisir, laisse-moi devenir l’autre, à la poursuite d’un je, qui se demande à quoi je sers. 

 

 « Plus grandir », dis-tu mais comment continuer ? Te raconter au creux de tes phrases. Montrer, apparaître. S’effacer. Faire silence. Mourir puis renaître. Trouver la force. Les images de toi se forment comme des clignotements d’éclats électriques. Toi, si proche, personne ne peut imaginer à quel point tu es simple dans la vraie vie, celle que nous partageons, loin des fantasmes et des folies. 

 

Humaine, si près de ceux que tu aimes, si attentive à tout, à tous. Tu poses des questions, écoutes les réponses avec précision, soucieuse du bien-être de tes amis, soudée à ta famille, faisant cors avec celui que tu aimes. Si loin de tout ce qui peut se dire ça et là, dans ces tombeaux de papier. 

 

En savoir davantage, c’est l’impression que voudraient donner ceux qui écrivent sur toi sans te connaître, et feignent de croire que ton absence dans cette caravane de l’étrange, où tout le monde s’affiche et se montre, est une position cynique et réfléchie. Mais il n’en est rien. Aucun rouage, aucune stratégie dans ta décision. Juste le désir de n’apparaître que dans son travail. Le reste, la vie, le quotidien, ne recèle ni sanctuaire ni caveau dans lesquels reposeraient toutes sortes de facettes obscures. Il faut t’apprendre pour comprendre que les secrets que tu poursuis sont des valeurs d’absolu. 

 

Je pense à notre rencontre, quelque part en Corse, après nous être croisées plusieurs fois, sans nous approcher, nous regardant de loin, comme si chacune pensait que le moment n’était pas venu, qu’il fallait l’attendre. » 

 

mylene farmerNathalie Rheims a écrit aussi ça …. 

 

LAURENT ET TOI Mylène

 

Depuis, tu m’éblouis par ce mélange constant de force, de fragilité, de certitude et de doute. Parfois je me demande si tu as conscience de ce que tu es, de l’image que tu projettes et qui avance, silhouette chinois, vers le refuge de ta maison aux murs clairs, ton arche de Noé, car tu pourrais y accueillir tous les animaux de la terre. 

 

Lever l’ancre et naviguer loin, très loin. « où irons-nous ? » me dis-tu dans un éclat de rire. Où tu veux. Tu le sais. Mais il n’est pas encore temps. 

 

« Point de suture », tu en as tissé la trame avec Laurent Boutonnat. Comment écrire sur toi sans évoquer Laurent ? Là aussi, tant de projections, d’à peu près. Vous êtes les deux faces d’un monde qui n’appartient qu’à vous. Vous avez fermé la frontière pour baliser vos territoires, qui se rejoignent dans un univers où personne ne règne en maître. Je crois que cela s’appelle une alliance. 

 

C’est un album clair, l’ombre a pris le large, laissant derrière elle des chansons qui s’éparpillent dans des chagrins anciens. La nature est changeante, dis-tu, mais le brouillard s’est levé, on est passé à l’heure d’été. Les vents continueront de te tourmenter, mais nous repousserons les hivers. Changer pour devenir une autre tout en restant la même. Et se donner à soi-même. 

 

Tu apparais à nouveau à l’intérieur de ces plaies refermées dans l’œil de la caméra de Bruno Aveillan, qui filtre chaque étincelle. Tu surgis, fée surnaturelle, projetant le flux sidéral d’un amour universel. Tu réveilles le monde, les nuits sont chaudes. 

 

Ils seront des milliers à t’attendre lorsque les jours auront rallongé. Tu t’y prépares, tu t’entraînes chaque jour, réfléchis, construis, dessines, collabores avec tous ceux qui t’accompagnent dans ce nouveau chapitre. Avant le Stade de France, les 11et 12 Septembre 2009, il y aura la tournée – l’anxiété, le cœur qui cogne, les tempes qui se serrent. Mais tout sera, j’en suis sûre, comme tu l’avais imaginé. 

 

Je te regarde, en écrivant ces mots, tandis que sur un grand édredon blanc, tu scandes « Appelle mon numéro ». Combien de fois, chaque jour, nous arrive-t-il de le faire ? Les saisons passent et tu attends un signe qui ne viendra peut-être pas. Benoît di Sabatino a saisi, dans ses images, la petite fille qui demeure. « Sans Contrefaçon », telle que tu es, à la fois douce et volontaire. 

 

nathalie_rheims_diaporama_largeEt aussi ceci…. 

Vierge ou démon 

Je dessine ton visage à l’encre de mon stylo. J’en connais chaque détail, chacun des contours. Tu te transformes, passant les saisons, les débordant « sans logique », jusqu’à écrie « je me quitte », mais c’est pour mieux te transfigurer. Passer de la femme à l’androgyne, de la vierge à la figure du diable, pour toi ce n’est qu’n jeu d’enfant. Pourtant la dualité te possède et t’interroge. Tu parles de l’ange, la face tournée vers les ténèbres, tes éclats de rire, tes moments de tristesse, parce que ta fragilité au monde est comme du cristal qui peut se briser à chaque dissonance « Ange, parle-moi, dis-moi si tu est là ». C’est bien toi qui l’as écrit, alors écoute. Ceux qui ont disparu veillent, souvent tu me dis ; « Si on allait voir des fantômes ? », mais où se cachent-ils ? Tu aimes jouer avec les feux follets, explorer l’inconscient, te promener dans le surnaturel, mais c’est toujours dans tes poèmes que l’au-delà surgit, que les anamorphoses transfigurent les images, dans tes textes que les rêves sont les plus accessibles. 

Tu apprivoises la mort par la magie des mots, repoussant l’idée du néant. Tu aimes te balader dans les cimetières, parce que leur calme et la beauté des pierres t’apaisent. Tu penses, si souvent, je le sais, à ceux que tu as perdus, même si tu n’en parles pas. « Si j’avais au moins revu ton visage, entrevu, au loin, le moindre nuage ». Qui peut savoir si, à force de le dire, de le chanter, quelque part, peut-être, quelqu’un t’entendra. 

Tes yeux prennent la couleur du cuivre pour se fondre dans le reflet de tes cheveux. Les vanités d’émail sertissent chacun de tes doigts comme autant de protections, de talismans. 

La vie avance, l’âge semble t’ignorer. Ton portait serait-il caché quelque part, scellé dans un réduit dont toi seule posséderais la clé ? Aurais-tu passé un pacte avec l’ange ? Et lorsque tu lui parles, est-ce qu’il te répond ? C’est lui, sans doute, qui a fait se croiser nos routes. 

Ecrit Par Nathalie Rheims dans Le Figaro 2008. 

 

Drag and drop mePersonnellement, je suis restée en extase devant ces écrits représentant si bien notre Mylène et je ne voulais pas perdre ce magnifique portrait ; désormais, il est consigné dans ce blog pour l’éternité… pour mon plaisir  et peut-être aussi pour le vôtre !Drag and drop me 

 

mylene farmer

 

 

Pour moi, Mylène Farmer rime également avec la Spiritualité : http://devantsoi.forumgratuit.org/

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LAURENT BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 21 août 2011

 

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En 1979, il réalise avec les moyens du bord, c’est-à-dire en piochant dans le porte-monnaie de ses parents, sa troublante première fiction nommée La Ballade de la fée conductrice mettant en scène l’histoire d’une tueuse en série qui se déguise en clown avant de commettre chaque meurtre. Absolument ravi du résultat de son premier film, et espérant qu’il soit projeté balladefeeconductriceaffen salles, il propose son œuvre à la Commission de contrôle des films, qui n’en croit pas ses yeux. Tout cet amas d’images de castration et de nouveau-nés jetés dans un vide-ordures pousse l’institution à interdire le film aux mineurs.

 

Un comble pour le metteur en scène qui n’a même pas 18 ans !

 

Malgré cette censure, le film est projeté le 14 mai 1980 lors du Festival de Cannes et sort ensuite dans divers petites salles parisiennes d’art et d’essai. Mais à cause de l’obscurité du scénario et de la violence des images, La Ballade de la fée conductrice ne tient que deux semaines à l’affiche !

 

 

Après cet échec, plutôt que de retourner sur les bancs du lycée, le jeune homme se laisse vivre au gré de ses envies jusqu’à sa rencontre avec Jean-François Chauve, un grand reporter de télévision qui soit tourné plusieurs reportages scientifiques sur les énergies nucléaires. Laurent Boutonnat saisit sa chance et postule comme cameraman pour cette série d’émissions. Il avouera plus tard avoir prétendu s’y connaître en technique pour être engagé. 

Une fois embauché, il dut potasser le manuel pour que sa supercherie ne soit pas découverte par son nouvel employeur. Il part donc pour un an aux quatre coins de la France afin de tourner les images de ces reportages. Pour le jeune homme, être sur le terrain, la caméra sur les épaules, est de loin la meilleure des écoles !

 

 

 

 

Laurent Boutonnat a 20 ans quand il se lance dans une nouvelle aventure qui l’amène à conjuguer ses facultés d’écriture à son expérience récente dans le journalisme. Toujours avec le sens du subversif et le goût du morbide qu’on lui connaît, il débute des recherches pour rédiger un livre sur l’infanticide, mais le sulfureux bouquin ne verra finalement jamais le jour.

 

En attendant, il réalise des publicités télévisées, non pas par vocation, mais tout simplement pour gagner un peu d’argent. Il tourne plusieurs spots en s’associant à un producteur travaillant pour le circuit Parafrance. Ce producteur, emballé par l’énergie qui émane du jeune homme, lui propose de tourner un film d’horreur en deux semaines pour un budget de 225 000 €, qui, hélas, ne verra jamais le jour non plus.

 

 

C’est également à cette époque que le jeune réalisateur rédige réellement la première version du scénario de Giorgino.

 

 

 

 

 

trio2Mais l’aventure Mylène Farmer commence pour Laurent Boutonnat le jour où il décide avec son copain Jérôme Dahan et un troisième ami de monter sa propre boîte d’édition avec le « modeste » projet de donner naissance à des tubes !

 

Ils écrivent alors leur première chanson …. Maman a tort !

 

Et grâce à Bertrand Le Page font émerger de l’ombre la jeune Mylène

 

 

 

 

 

1356832008_smallLaurent Boutonnat. Un nom familier, surtout des admirateurs de « l’ange roux » et du milieu du spectacle, mais qui se fait de plus en plus connaître du grand public, notamment, grâce à la sortie de la super-production « Jacquou le Croquant« . Laurent-Mylène/Mylène-Laurent, un duo artistique qui dure depuis vingt-deux ans maintenant et qui n’a de cesse de nous apporter joie, bonheur, spectacles grandioses… Rappelons que selon Mylène (et il est vrai qu’elle a sûrement raison sur ce point !), si son chemin n’avait pas croisé celui de Laurent, elle n’en serait sûrement pas là où elle en est aujourd’hui… Alors merci Laurent ! Je vais tenter de vous faire découvrir un peu plus (avec le peu d’informations qui circulent à son sujet !), cet homme qui partage, comme Mylène, le goût du secret… 

 

 

Grâce à la promotion organisée par Bertrand Le Page, le manager de Mylène à l’époque, le duo Dahan-Boutonnat écrira plus tard deux autres chansons pour Mylène. « On est tous des imbéciles« , qui sortira en 45 tours avec pour face B « L’annonciation« , (chanson beaucoup plus Bouto-Farmerienne que la face A de ce vinyle) qui sera un échec. Déçu par l’accueil que reçu la chanson, et RCA (la maison de disques de l’époque) ne renouvelant pas le contrat avec le duo, Laurent se sépare de Jérôme Dahan, avec qui il est en désaccord sur la suite à donner à la carrière de Miss Farmer.

 

 

 

Un peu au hasard, Mylène écrit les paroles de Plus grandir, sur une musique de Laurent. Polydor (racheté par Universal) décide de miser sur Mylène et Laurent pour trois albums (et ils ont bien fait !), alors même que le duo n’a pour l’instant aucun véritable succès à son actif. Cela viendra très vite avec le 1er album de la rousse, « Cendres de Lune« , sorti en 1986, conçu quasi-entièrement par Laurent Boutonnat. 


Il signe la musique, presque toutes les paroles, et la pochette. Avec les photos de l’album, il commence à créer le « mythe Farmer« . Dans le livret de ce premier album, Laurent commence à se créer un délire (qu’il n’a toujours pas cessé !), en inventant des pseudonymes pour certains instruments, qui sont en réalité des samples ou des sons synthétiques. Il crée notamment pour cet album « Les Moines fous du Tibet« , pour nommer des chants Grégoriens ! 

 

 

Sur les albums qui suivirent, un certain Pol Ramirez Del Piu fait son apparition. Il s’agit en fait des sons crées par Laurent, mais cet homme sera crédité pour les flûtes, les percussions, la harpe (sur L’Autre), les bagpipes ( ?!) et cymbalum (sur Innamoramento), le xylophone (sur Avant que l’Ombre…), etc… 

 


Mieux, alors que c’est toujours Laurent lui-même qui s’occupe de programmer ses claviers, il s’invente un programmateur imaginaire sur l’album « L’Autre« , qu’il appellera Patrice Rouillon Tsernoff de Gironville !!! Sûrement un délire qui fait beaucoup rire Laurent… 


C’est pendant la promo de Cendres de Lune que Laurent veut monter son 2e long métrage dont il a écrit le script deux ans plus tôt. Il commence donc sa préparation, mais le succès inattendu de sa collaboration avec Mylène l’occupera trop pour finaliser ce projet. 


« Cendres de Lune » contient quand même d’énormes tubes comme « Libertine » (et son clip inoubliable ; le 45 tours sortira en même temps que l’album), ainsi que d’autres chansons moins connues mais tout aussi notables, telles « Vieux bouc » et « Chloé ». 


L’album sera applaudi par les critiques, « le décor Farmer-Boutonnat » est désormais planté.
La deuxième édition de l’album sortira 1 an plus tard, en 1987, avec cette fois « Tristana« . Laurent sera nominé cette même année aux Victoires de la Musique pour le clip de « Tristana« . 


« Cendres de Lune » sorti dans le commerce, Mylène et Laurent s’attèlent déjà à l’écriture du second album « Ainsi soit je… » qui sortira fin 1987. Laurent crée pour l’occasion sa première société de production discographique, Toutankhamon S.A. (qui a cessé depuis ses activités). 

 

 

Le clip de « Sans Contrefaçon » créera l’évènement, suivront ensuite Ainsi soit je…, puis le mythique clip « Pourvu qu’elles soient douces » (racontant la suite du clip de Libertine). Véritable petit film (il est le 2e clip le plus long du monde !), le clip sera nominé aux Victoires de la Musique


mfloloLe scénario du clip fût écrit avec Gilles Laurent, à qui Boutonnat présentera le synopsis du film ébauché lorsqu’il avait 18 ans : « Giorgino« . Ils travailleront dessus durant 4 ans. Une proposition de financement pour le film eut lieu, finalement abandonnée. Laurent décide alors de remanier l’histoire du film. 


Pendant que Mylène effectue la promotion de l’album, Laurent prépare sa future scène. Il crée alors Heathcliff S.A. (du nom du héros des Hauts du Hurlevent) , ce qui lui permettra de produire la tournée et ses prochains films. Pendant 2 semaines le Tour 89 se jouera à guichets fermés au Palais des Sports à Paris. Le spectacle se déplacera ensuite pour 60 dates, dont 2 à Bercy, compte tenu du succès parisien. 

 

Laurent quant à lui, filmera durant deux soirs (à Bruxelles) le spectacle, avec de gros moyens. D’autres scènes seront tournées dans les environs d’Arpajon, qui seront plus tard intégrées au film du concert. Le montage durera 1 an

Le 26 octobre 1989, Laurent et Mylène créent (à l’occasion de la sortie du CD et de la VHS En Concert) une société d’éditions phonographiques : Requiem Publishing. Cette société édite depuis tous les disques de Mylène… 


Parallèlement à la sortie du « En Concert« , Laurent écrit déjà les musiques du prochain album, L’Autre. Pendant les tournages de Désenchantée et Regrets en Hongrie (en février 91), il prend des repérages pour son prochain long métrage Giorgino. Le réalisateur sera nominé pour la 3e fois aux Victoires de la Musique pour le clip de Désenchantée

 

 

En 1992, Laurent se consacrera majoritairement à la préparation de Giorgino (décors, casting, etc…). Il tournera néanmoins « Je t’aime mélancolie » et « Beyond my control », qui sera son dernier clip pour Mylène avant de nombreuses années


En décembre 92 débute le tournage de Giorgino (d’abord les scènes d’extérieur en Hongrie, puis les plans d’intérieur en Slovaquie). 


Mars 93, montage et écriture de la musique, après un tournage éprouvant. Laurent retourne justement en Europe de l’est, afin d’enregistrer la musique avec l’orchestre philharmonique de Prague. 


La post-production de Giorgino se terminera en août 1994, soit plus d’un an après la fin du tournage. Laurent, sans doute trop perfectionniste se perdra dans les méandres. Après 2 années de travail, « Giorgino » sort enfin en salles le 5 octobre 1994. Laurent, tout comme le film, seront littéralement descendus par la critique et échoueront auprès du public. Un film trop long, et sans doute trop sombre pour le grand public, mais esthétiquement magnifique, du pur Boutonnat


L’accueil réservé à « Giorgino » blesse profondément Laurent et la relation qu’il entretient avec Mylène a également souffert durant le tournage. Le duo décide alors de stopper pour l’instant leur collaboration cinématographique, mais en maintenant bien sûr le côté musical. 

 


Mylène s’exile alors en Californie, seule, et commence à écrire quelques chansons. Laurent viendra la rejoindre en mars 1995 et lui composera la musique du futur album : « Anamorphosée ». Laurent ne réalisera pas les clips de l’album (dommage, devoir « subir » ceux de Marcus Nispel, merci bien…), ne revenant à la réalisation pour Mylène qu’en 1996, pour le Live à Bercy, dont le film fût conçu avec François Hanss, son assistant depuis longtemps. 


En 1998, le cascadeur Mario Lurashi (qui a souvent collaboré avec le duo Farmer-Boutonnat), fait appel à Laurent pour composer la musique de son premier long métrage, « Le Pèlerin« . Le résultat se rapproche de la B.O de « Giorgino« , avec des sons empruntés à « Vertige« , qu’il a composé quelques mois auparavant pour Mylène


Laurent refuse les interviews et la diffusion de Giorgino, voulant visiblement oublier ce film. Il rachète même les droits, afin, et il le dira lui-même 10 ans plus tard, de mettre dans un tiroir cette histoire et ne plus jamais en entendre parler. Le film a tout de même été diffusé en novembre 1995 sur Canal +, avant que Laurent ne rachète les droits de diffusion. Boutonnat ne reprendra vraiment la caméra qu’en 1997 pour réaliser quelques clips pour Nathalie Cardone (Hasta Siempre, Populaire, etc..). 

 

 

 

 

BoutonnatPhoto03Laurent a semble t-il à ce moment là, privilégié sa carrière d’homme d’affaires, plutôt que son côté artistique. En effet, il fondera une société de production pour Nathalie Cardone (Calliphora S.A.), le 19 juin 1997. Il délaisse peu à peu Heathcliff S.A. et Toutankhamon, qui cessera ses activités en 1997. Mylène produira désormais elle-même ses disques, via sa société de production Stuffed Monkey


En mai 1999 sort « Innamoramento », le 5e album studio de Mylène Farmer. Laurent composera 9 titres pour cet opus. L’album est, comme les 4 premiers, un succès, et s’écoulera à plus d’un million d’exemplaires. Laurent ne réalisera là encore aucun clip de l’album, et se révèlera absent de la tournée Mylenium Tour. Il ne réalisera donc pas le film du concert, laissé aux mains de François Hanss. 


Le 10 mai 2000, Laurent étend ses activités financières en créant LB Société Civile Immobilière, qui s’occupe de la vente de biens immobiliers. Strictement rien à voir avec le penchant artistique de Laurent !!! 

 

 

En mai 2000, Mylène et Laurent produisent la petite Alizée, via leur société Requiem Publishing. Mylène écrira les textes d’Alizée et Laurent se chargera de la musique. Il réalisera également le clip de « Moi…Lolita« . Le disque sortira le 4 juillet 2000, soit deux semaines avant la sortie d’ »Innamoramento« . 


En mars 2001 sortent pour la seconde fois en numérique, l’intégrale des clips de Mylène Farmer, avec un meilleur son et une meilleure image que les supports édités auparavant. 

 


En revanche, le « Tour 89 » n’a toujours pas le droit à une sortie DVD, et « Giorgino » reste introuvable dans le commerce. 


Laurent reprend la caméra pour Mylène en 2001, afin de réaliser le clip « Les Mots » et celui de « Pardonne-moi« . Il s’occupe aussi des clips d’Alizée (« Parler tout bas« , « J’ai pas vingt ans« ). La mise en scène du spectacle d’Alizée à l’automne 2003 sera également signée par Laurent


En novembre de la même année, Mylène et Laurent auraient eu d’assez grosses difficultés financières avec leurs sociétés immobilières et leurs sociétés de production, le « Pôle de Européen de gestion et d’économie » mettant son nez dans les comptes des entreprises. 

 

 

 

En 2004, un peu de nouveau pour Laurent… Il produit l’artiste kabyle Kamal Kacet et son nouvel album

 

Il part ensuite en tournage pour son nouveau film, une adaptation du roman Jacquou le Croquant. La sortie du film en salles est prévue pour le 12 octobre 2006. Gageons que Laurent sera enfin reconnu par le grand public et par la profession… Un si grand talent ne peut rester dans l’ombre !!! Toujours en 2004, Laurent fait également entrer Mylène en studio pour son nouvel album, Avant que l’Ombre… 


Il assurera également la conception du spectacle et la régie, pendant les 13 concerts de janvier 2006, au Palais Omnisports de Paris-Bercy. 


boutbout2004C’est d’ailleurs là qu’un journaliste du quotidien Libération a observé minutieusement l’attitude de Laurent : « Le compositeur Laurent Boutonnat, entouré d’une armée d’ingénieurs du son et d’informaticiens avec ordinateurs portables, fait soudain des gestes sur une partition imaginaire. Dansotte, prend des notes, prend des notes, rallume sa pipe, descend une énième bouteille d’eau. Puis, derrière sa console, redevient aussi imperturbable qu’un ingénieur de Kraftwerk. Le Pygmalion observe sa créature. Arrivé à ce point du concert, on a toujours pas saisi le phénomène.[…]«  

 

 

A ce jour, Jacquou le Croquant doit sortir le 17 Janvier 2007… Souhaitons grandement bonne chance à Laurent (même s’il y a fort à parier que son nouveau film marchera très bien !), car un autre échec, pourrait cette fois être beaucoup plus dur à supporter pour lui… Laurent Boutonnat… un TRES grand monsieur… une très belle œuvre… 

 

 

 

barre étoile

 

 

Filmographie

 

1er Film 1978 : La Ballade de la féconductrice

  • 1994 : Giorgino
  • 2007 : Jacquou le Croquant

 

1er Clip 1984 : Mylène Farmer – Maman a tort

  • 1985 : Mylène Farmer – Plus grandir
  • 1986 : Mylène Farmer – Libertine
  • 1987 : Mylène Farmer – Tristana
  • 1987 : Mylène Farmer – Sans contrefaçon
  • 1988 : Mylène Farmer – Ainsi soit je…
  • 1988 : Mylène Farmer – Pourvu qu’elles soient douces
  • 1989 : Mylène Farmer – Sans logique
  • 1989 : Mylène Farmer – À quoi je sers
  • 1990 : Mylène Farmer – Allan (live)
  • 1991 : Mylène Farmer – Désenchantée
  • 1991 : Mylène Farmer – Regrets
  • 1991 : Mylène Farmer – Je t’aime mélancolie
  • 1992 : Mylène Farmer – Beyond my control  
  • 1997 : Nathalie Cardone – Hasta siempre
  • 1998 : Nathalie Cardone – Populaire
  • 1999 : Nathalie Cardone – Mon ange
  • 2000 : Nathalie Cardone – Baïla si
  • 2000 : Alizée – Moi… Lolita
  • 2001 : Alizée – Parler tout bas
  • 2001 : Mylène Farmer – Les Mots
  • 2003 : Alizée – J’ai pas vingt ans
  • 2002 : Mylène Farmer – Pardonne-moi
  • 2004 : Kamal KacetIfkis

 

barre coeurs

 

 

Concerts

 

Composition de Laurent

  • Mylène Farmer – Cendres de Lune (1986) – Produit et compose 9 des 10 titres de l’album (assisté de Jérôme Dahan sur Maman a tort), en écrit 5
  • Mylène Farmer – Ainsi soit je… (1988) – Produit et compose 9 des 10 titres de l’album

  • Mylène Farmer – L’autre… (1991) – Produit et compose l’album dans son intégralité

  • Mylène Farmer – Dance Remixes (1992) – Compilation de remixes réalisés par Laurent Boutonnat et Thierry Rogen pour les maxi-singles – Produit par Laurent Boutonnat

  • Mylène Farmer – Anamorphosée (1995) – Produit et compose 11 des 12 titres de l’album

  • Nathalie Cardone – Album éponyme (1999) – Produit et compose 4 des 12 titres de l’album (assisté de Nathalie Cardone sur Antonio et L’homme qui saura pleurer)

  • Mylène Farmer – Innamoramento (1999) – Produit et compose 8 des 13 titres de l’album
  • Alizée – Gourmandises (2000) – Produit et compose les 10 titres de l’album
  • Mylène Farmer – Les mots (2001) – Best-of, produit et compose les 3 titres inédits
  • Alizée – Mes courants électriques… (2003) – Produit et compose les 11 titres de l’album
  • Mylène Farmer – Avant que l’ombre… (2005) – Produit et compose l’album dans son intégralité (assisté de Mylène Farmer sur L’amour n’est rien…)

  • Mylène Farmer – Point de Suture (2008) – Produit et compose 10 des 11 titres de l’album

Il est en outre l’arrangeur musical de tous les albums.

Compositions annexes : L’annonciation (1985), Dernier Sourire (1989), À quoi je sers (1989), La veuve noire (1989), Puisque (1989), Mylène is calling (1991), Que mon cœur lâche (1992), Effets secondaires (1999), L’histoire d’une fée, c’est… (Bande originale du film Les Razmokets à Paris) (2000), Devant-soi (2007) Bande originale du film Jacquou le Croquant.

 

 

 

 

 

 

 

 

VIDEO LAURENT BOUTONNAT ET MYLENE FARMER

Image de prévisualisation YouTube 

 

 

 

 

Que sait-on de Laurent Boutonnat ? 

 

Finalement peu de choses, tant ses interviews sont rares ; qu’il a été dans les années 80/90 le réalisateur de clips dont a le plus parlé sans jamais le voir ; ceux de Mylène Farmer. L’écrivain Philippe Séguy évoque le mieux, en peu de mots, le mieux le réalisateur :

 

« Laurent Boutonnat fonctionne par odeurs. Celles de la neige, du vent, du froid et celle acide de la misanthropie. L’œuvre est souvent tragique et affiche une douleur, une solitude et un univers qui lui sont propres. Ses films qui n’ont pas d’âge nous parlent d’un monde mélancolique qui a le couleur de la fatalité« .

 

 

hqdefaultMylène s’exprime sur l’absence de Laurent Boutonnat – décembre 2010 

Pour son prochain opus, intitulé « Bleu noir » qui sortira ce lundi en métropole, Mylène Farmer s’est passée des services de son compère LaurentBoutonnat pour la première fois dans sa carrière. Cette nouvelle avait fait poser beaucoup de questions chez les fans de la rousse, mais elle a tenu à rassurer ses fans.  

  

Dans une interview accordée à Paris match, elle déclare : «  Je ne me suis en aucun cas éloignée de lui. Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque. Vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie… d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité  ». 

  

L’album Bleu Noir a été concocté par Mylène en personne en collaboration avec le roi de l’électro Moby, le duo anglais Archive et le producteur à succès RedOne à qui l’on doit Poker Face et Bad Romance de Lady GaGa

  

Ce nouvel opus est toujours aussi sombre et rythmé à l’instar de ces prédécesseurs. Mylène explique d’ailleurs : «  J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !  »Elle parle d’inspiration bien sûr et non de sa manière de vivre. 

 

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Si ce blog existe, c’est aussi parce que : 

Pour moi, Mylène Farmer rime également avec la Spiritualité  voir ici : http://devantsoi.forumgratuit.org/

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