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Symbolisme de Monkey Me

Posté par francesca7 le 25 juin 2014

images (5)Mylène Farmer sort Monkey Me, 9e album en presque trente ans de carrière. C’est le signe d’un retour à l’éclat sombre des arrangements de Laurent Boutonnat, synonyme de succès commercial. Son pygmalion a coécrit 12 chansons intenses et belles. Et la machine commerciale qui accompagne depuis toujours la sortie des disques de la diva pop, s’est aussi remise en marche.

Des DJs se sont emparés d’A l’Ombre, premier single de Mylène Farmerà l’occasion d’un hors-d’œuvre commercial dans les bacs, couplé avec l’annonce de la tournée Timeless. Déferlement de joie et invasion sur le net : 156.000 billets écoulés dans toute la France en une journée pour une tournée de 2013 qui passera par la Russie, la Belgique ou la Suisse. Des billets pour des dates supplémentaires sont en vente ce jour. Le business Mylène est florissant. Il ne connaît pas la crise. Après plus de 30 millions d’albums vendus, les prévisions sont optimistes, les deux précédents albums ayant été vendus à 800.000 exemplaires, Universal Music peut espérer plus en France et à l’étranger.

Boutonnat encore et toujours

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Pour les fans de Mylène, l’attente de l’annonce d’un concert est source de tension, pour les professionnels du disque et leurs communicants aussi. Deux ans après Bleu Noir, une collaboration en demi-teinte avec le New-Yorkais Moby, le Suédo-Marocain RedOne et les Anglais d’Archive, un événement est venu se greffer à la sortie de l’album Monkey Me. Le retour comme le messie du compositeur/réalisateur historique, Laurent Boutonnat.

Aujourd’hui, l’album est en vente et la tournée continue de stimuler beaucoup de monde : 156.000 places de concert pour la tournée Timeless ont été vendus en environ six heures, provoquant bugs informatiques, joie et énervement, « un moment de stress pour les fans »… raconte Noémi Junod, une admiratrice lyonnaise de la première heure qui a dégoté sa place pour le concert de la Halle Tony-Garnier et qui n’exclut pas de retourner la voir ailleurs. « C’est beaucoup de dépenses aussi… » ajoute-t-elle. En moyenne de 65 à 140 euros en France, jusqu’à 300 euros en Suisse, le marché le plus onéreux pour les fans de Mylène.

Mylène se fait rare sur les antennes mais a le soutien indéfectible de quelques medias. La radio NRJ surtout, qui suit l’artiste depuis ses débuts. Qu’on ne s’y trompe pas, une sortie d’un album de Mylène Farmer est un événement national et la radio valorise les événements relatifs aux artistes programmés. La chanteuse a su se renouveler et garder une forme de modernité précieuse pour une radio musicale qui rassemble un auditorat toujours jeune. Le directeur de l’antenne de NRJ, Gaël Sanquer rappelle que « l’histoire entre NRJ et l’artiste est très ancienne… »

NRJ qui privilégie l’actualité ne diffuse pas les anciennes chansons. Ce qui est en revanche le cas de sa petite sœur Chérie FM ou du réseau de radio public France Bleu qui diffuse des golds (anciens hits) de l’artiste. « Le nouveau catalogue ne correspond pour l’instant pas à ce que nous recherchons pour les antennes du réseau France Bleu » explique Dominique Bourron, le responsable de la musique de France Bleu.

De très nombreux fans

De quoi ravir sur les ondes les fans de la Mylène historique et ceux de la Mylène plus contemporaine. Le net est aussi un media d’exposition de choix pour les nouveaux titres de Mylène Farmer. La star n’a pas de site internet mais des fans animent des sites, proposent des flash-mobs de chorégraphie, organisés sur les réseaux sociaux, sur des chansons comme Désenchantée.

La Fnac, en France, a bien compris cette puissance de la Toile. Elle a organisé en partenariat avec Twitter, une écoute exclusive de l’album pour un petit groupe de fans. Tout tourne donc toujours autour des fans. Le plan média a été savamment orchestré par l’agence de communication 96B pour en toucher un maximum sans que le label historique Polydor n’intervienne.

Le « mystère Farmer » est orchestré avec des interviews données avec parcimonie (à TV Mag une semaine et demi avant la sortie de l’album, au journal de TF1 Claire Chazal ce dimanche et Têtu, un magazine visant la communauté gay). Quand on demande à Noémi Junod ce qu’elle pense du retour de Laurent Boutonnat dans la conception de cet album, elle est très enthousiaste, « C’est un immense bonheur ! Je n’ai jamais pas réellement accroché au travail de Mylène sans lui. Je continuais de la suivre bien sûr, mais je ne retrouvais pas cette patte qui m’était chère. Avec Boutonnat, c’est la possibilité pour les fans de croire à un retour au vrai son Farmer, et à ce qui a fait son succès.(…) »

Retour à l’essentiel

L’électro est passé par là avec des titres comme Love DanceTu ne le dis pas ou A l’Ombre formatés pour les boîtes de nuit. D’ailleurs, pour ce dernier titre remixé par entre autres, Guena LG ou OfferNissim, deux DJs déjà présents sur des titres plus anciens de la star. Un maxi-33 Tours avec huit versions a rempli les rayons des magasins de disques, pour maintenir le créneau du dancefloor.  Aujourd’hui, sur ce nouvel album, l’électro ne prend pas le dessus sur les douze chansons. Je te dis tout est du Boutonnat pur sucre, une des quelques ballades de l’album est un chef d’œuvre et se nomme Quand, sans doute un futur single.

L’ensemble signe le retour aux sonorités utilisées au cœur des années 90. Une référence au premier album prend la forme d’une chanson Nuit d’hiver, qui réveille le fantôme de Chloé, chanson glaçante de Cendres de lune née en 1986. Les fans saluent la voix de Mylène, des textes intéressants, le rythme plus entraînant peut-être grâce aux machines, les instruments organiques étant peu présents. Avec ces nouveaux morceaux « taillés pour la scène » dit Noémi Junod, cela ressemble à une réconciliation avec les fans.

Mylène Farmer Monkey Me (Polydor/Universal Music) 2012
Mylène Farmer en tournée à partir du 7 septembre 2013.

source : http://www.rfimusique.com

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Point de suture, chanson up tempo

Posté par francesca7 le 5 août 2013


                      Point de suture, chanson up tempo dans Mylène AU FIL DES MOTS images-231

Point de suture   arrive trois ans et demi après Avant que l’ombre 

 

C’est ainsi, le 25 août 2008, que les admirateurs découvrent ce septième album studio qui regorge de chansons up tempo. A commencer par le premier single, Dégénération,  qui permet à Mylène de renouer avec les dance floors….

Onze titres (dont un caché) se partagent ce nouvel album, enregistré à Bruxelles au studio ICP. Nettement plus électronique que le précédent, il présente aussi une couleur plus optimiste. Mylène le précise d’ailleurs à Paris Match dans une interview accordée dès le 20 mars 2008 dans une dépêche AFP. Et comme la belle s’offre un Stade de France (en fait il y en aura deux), il lui faut du sang neuf et des chansons qui mettent de l’ambiance dans cette arène de 80 000 places ! Dont acte.

Cet album comporte ainsi des titres très dansants (particulièrement dans leurs versions live et/ou remixées) : Dégénération, Appelle mon numéro, Je m’ennui, Paradis inanimé, Réveiller le monde, Sextonik et C’est dans l’air.

Restent deux ballades très farmériennes, Point de suture au centre d e l’album, et Si j’avais au moins… un nous duo avec Moby, Looking for My Name, et un titre caché, l’Ave Maria de Schubert, complètent ce strack-listing. Mylène écrit ici tous les textes (excepté l’Ave Maria bien entendu). Ils se révèlent nettement moins abscons que ceux d’Avant que l’ombre… en effet, Mylène semble renouer dans cet album avec ses premières amours ; des textes intéressants et forts certes, mais plus accessibles ; moins de jeux de mots, moins de mot-valises, moins de références littéraires évidentes. Mais tout est relatif : Mylène reste Mylène, et ses grand thèmes sont toujours présents ici.

A savoir l’espoir d’un monde meilleur, apaisé et rempli d’amour … On notera que, dans le livret, Mylène fait figurer une réplique d’Al Pacino dans le film L’impasse (Brian de Palma, 1993) qui éclaire le choix de ce titre : « Tout les points de suture du monde ne pourront me recoudre… » Dans une interview accordée au magazine gay Têtu en août 2008, voici ce que précise la chanteuse après avoir cité cette réplique :

« C’est aussi ce que je ressens. J’au pour ma part choisi l’ambiguité ; « Point de suture » ici au singulier, évoque aussi bien qu’il n’y a aucune possibilité de suturer les plaies que l’espoir de guérison »…

telechargement-8 dans Mylène AU FIL DES MOTSSans grande surprise, c’est Laurent Boutonnat qui compose tout l’album (excepté là encore Ave Maria). Comme toujours, il assure également la production, les arrangements, la programmation et les claviers. Toujours fidèle au poste, Jérôme Devoise s’occupe de la prise de son et du mixage. A la différence d’Avant que l’ombre … où Mylène assumait seule les chœurs, six choristes sont présentes en tout pour cet album. Côté visuel, Mylène fait fort là encore avec une poupée de représentant (une œuvre d’Etsuki Miura), couverture de points de suture  et au milieu d’outils chirurgicaux. Les photos sont du Japonais Atsushi Tani. Dans le livret, une seule photo (de Simon Hawk) de Mylène, de dos, la tête tournée de profil et une cicatrice avec points de suture sur l’épaule gauche … cinq singles seront extrait de cet album ; Dégénération, Appelle mon numéro, Si j’avais au moins… , C’est dans l’air et Sextonik. Notons que pour ce dernier titre, aucun clip ne sera tourné.

Alors qu’à l’époque la chanteuse affirmait qu’elle était d’une génération désenchantée, ici elle se demande où est passée sa génération… elle donne d’ailleurs un semblant d’explication au JT de 20 heures de TFA le 31 août 2008 : « J’ai surtout le sentiment que la nouvelle génération d ‘aujourd’hui est dans un monde de l’ultra-violence et que c’est un monde qui st très, très difficile. Est-ce une dégénération ? Je ne sais pas ! Je me suis un peu amusée, je l’avoue en toute humilité, avec le mot « dégénération » puisqu’il y avait eu « génération désenchantée. Mylène se livre en effet pour écrire cette chanson à un exercice styllistique autour d’onomatopées, d’allitérations et de musiques internes au texte. La lettre et/ou la sonorité X est ici sollicité (sexy – sexe – styx …) Fidèle à ses grandes thématiques, Mylène évoque également le ‘trauma », le « coma », le « Styx » encore … Un texte au final assez abscons, le seul de l’album, et qui permet à la elle de scander pour conclure : « J’sais pas moi / mais faut qu’ça bouge », une Mylène dans l’action à la veille de ses shows »

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 179 

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Symbolisme de l’Horloge de Mylène

Posté par francesca7 le 17 février 2013

Analyse de « L’horloge »

Paroles : Charles Baudelaire
Musique : Laurent Boutonnat

+ d’infos sur cette chanson

Mylène Farmer a cette originalité d’allier dans ses chansons une expression puissante de sa personnalité indépendante et une inspiration importante et avouée de sources diverses. Le poète Charles Baudelaire en fait partie. 

Dans la famille des écrivains hallucinés, dépressifs, macabres et aussi géniaux que démodés, Baudelaire est le patriarche. On ne s’étonnera donc pas qu’il ne soit guère lu par les publics de Paul-Loup Sulitzer ou de J.K.Rowling, ce qui fait, en les additionnant, la majorité des consommateurs. 

Symbolisme de l'Horloge de Mylène dans Mylène et SYMBOLISME capturedcran2012-06-06162552-300x174

L’homme qui a enterré les vieillissantes doctrines romantiques a eu ce tragique destin de finir sur les mêmes étagères que ceux auxquels il s’opposait. A quelques exceptions près, la poussière semble être l’avenir fatal de toute œuvre dépassant les trente-quarante années d’existence. 

L’espérance de vie d’un livre devient inférieure à celle d’une cannette de bière !
Grâce à Mylène, il y aura au moins un auteur de sauvé (avec Poe dans « Allan »). Reprenant le texte original d’un poème de Baudelaire, Boutonnat et Mylène ont réussi à lui coudre un « habillage » contemporain à peu près à sa taille. 
Mais le choix de Baudelaire et de « L’Horloge » est plus qu’une opération de sauvetage par nostalgiques décalés. C’est une partie importante de l’œuvre mylénienne complète.

Rendons à chacun ce qui est à chacun : les textes de Baudelaire, au niveau du pur jeu poétique, sont supérieurs à beaucoup de textes de Mylène. C’est la différence entre le maître et l’apprentie. Mais, au niveau de la réflexion, Mylène ne se borne pas à copier Baudelaire. Elle veut le dépasser, ou plutôt passer par lui pour suivre un autre chemin, un chemin qui n’est pas loin de celui des « Fleurs du Mal », mais qui mène à d’autres lieux et d’autres paysages. 
Pour preuve, le fait que Mylène commence son premier « grand » album avec le poème qui finit le grand recueil de Baudelaire : la quatre-vingt-cinquième fleur du Mal. Une petite ambition de poursuivre sur la voie du maître ? En tout cas, de lui rendre un hommage musical.

D’ailleurs, Baudelaire lui-même était un grand amateur de musique, et il fut l’un des premiers à rechercher une musique dans les mots, les vers et les rimes, ce qui inspirera Verlaine. Baudelaire fut l’explorateur des correspondances entre mondes visible et invisible, sensible et matériel, poétique et musical. Il n’aurait donc peut-être pas craché sur une adaptation de ses poèmes en musique. Mais il aura dû attendre plus d’un siècle…

Sans se lancer dans une analyse détaillée du poème, il faut faire quelques remarques sur sa forme. 
D’abord, « L’Horloge », c’est six strophes de quatre alexandrins, ce qui fait vingt-quatre vers. Autant que de chiffres sur un cadran. Les strophes sont des quatrains : quatre vers. Autant de quarts d’heure. 
Ensuite, c’est un système, qui marquera Mylène durant toute sa carrière de poète, d’allitération et de jeux de sonorités construisant un rythme, donnant un tempo. 

Et Baudelaire a ce pouvoir d’utiliser les mots pour peindre le temps.
Vous pouvez vérifier. Les deux premiers vers et le dernier ver de chaque strophe comportent toutes au moins deux sifflantes par vers : en début ou en fin de vers. La consonne semble revenir inlassablement : « sinistre/impassible, menace/souviens-toi, cible ». Et c’est ainsi dans chaque strophe ! Impressionnant.

On ne sera pas étonné de trouver dans la partition de Boutonnat un même rythme implacable, presque conquérant, accompagné d’un thème descendant lentement. De même, Mylène alterne les passages parlés et chantés, graves et plus aigus, tel un perpétuel mouvement de balancier.

Le goût de Boutonnat pour l’étrange trouve en Baudelaire un prétexte pour se déchaîner. Et le musicien n’hésite pas à employer les effets attendus du genre : cris de bébé, résonances d’aéroports, voix de Jugement Dernier (« Souviens-toi », « Remember ») qui annoncent « Beyond my control », mystérieux arrangements au synthé, ruisselantes sonorités. 
Le rôle de Mylène paraît assez réduit, sa voix devant se conformer à un rythme particulièrement précis. Elle parvient pourtant à joindre une forte émotion à une sorte d’automatisme machinal. 

images-111 dans Mylène et SYMBOLISME« L’Horloge » rassemble plusieurs thèmes baudelairiens. 
Par exemple, ce n’est pas son seul poème qui parle du Temps, incarné par l’horripilant tic-tac de l’horloge, comme l’ennemi de l’homme. On en sent l’universalité dans la quatrième strophe, quand l’horloge dit « parler toutes les langues ». Avec malice, Mylène dit ce vers en imitant la voix d’un enfant, provoquant en nous un sentiment particulier quand on se rappelle combien on était heureux quand on était gamin et combien ce temps nous paraît loin.

C’est à cause de ce temps qui nous file entre les doigts que la vie nous apparaît comme un supplice, balançant jusqu’à la fin entre l’amertume de l’ennui (quand le temps est trop long) et les affres de la vieillesse (quand le temps nous trahit). 
C’est exprimé dans le poème dans le déroulement des strophes. D’abord, la deuxième strophe fait référence à l’âge des plaisirs, où l’on essaie de profiter de la vie tant elle est courte, puis c’est le temps de la paresse (« mortel folâtre »), juste avant de s’apercevoir qu’on a dépensé sa vie à ne rien produire. Les regrets d’avoir oublié de cultiver les valeurs humaines apparaissent trop tard. « L’auguste Vertu » reste « vierge », sans qu’on ait cherché ni à la toucher ni à l’aimer…

L’homme est soumis au Temps (« qui gagne sans tricher à tous coups ») comme à une « loi ». En effet, Dieu l’a créé périssable, il nous a déterminé en nous imposant le temps. C’est pourquoi l’horloge est un dieu « sinistre ». L’étymologie de ce mot est sinister : qui peut dire l’avenir. C’est cet avenir tragique que Baudelaire ne comprend pas. Pourquoi avoir créé la nature et ses merveilles (« la sylphide ») si on meurt avant d’en avoir réellement profité ? Absurde. 

La situation décrite dans le poème est terrible, parce qu’elle se situe juste avant la mort : non pas durant la nuit, mais au moment du crépuscule (« le jour décroît, la nuit augmente »). On ressent donc pleinement la menace de la mort, dont on ne sait vraiment qu’une seule et unique chose : elle viendra. 

Et, à ce moment, le temps qu’on avait cru gagner nous fera défaut, la chance qu’on croyait à nos côtés nous abandonnera, bref, toutes ces forces que l’humanité ne peut contrôler se retourneront contre elle. Et il sera trop tard pour demander pardon, car on n’efface pas le passé et la culpabilité reviendra nous tourmenter. C’est la signification de l’obsédant « souviens-toi ».
Reste à savoir en quoi Mylène se sent-elle interpellée par ce message. Elle est jeune, jolie, intelligente, sans complexe avec les hommes. N’a-t-elle pas le temps ?

mylMais n’est-ce pas ce que tout le monde croie, en se laissant berner par l’apparente longueur de la vie, alors qu’il manquera toujours de l’eau dans la clepsydre ? 
Deux éléments expliquent l’angoisse de Mylène. D’abord, la maturité de sa réflexion, qui la vieillit intérieurement et prématurément : elle le sentait déjà dans « Plus grandir ». Et puis, la proximité qu’elle entretient avec la mort. 
C’est surtout le caractère inconnu de la mort qui attire Mylène. Qu’en savons-nous, après tout ? Elle est omniprésente, omnipotente, frappe par surprise aussi bien que sans surprise. C’est un ennemi invisible qui détruit irréversiblement ceux qu’on aime et finit par nous prendre aussi. Elle est aussi bien adorée (il faut voir le nombre de films au cinéma qui magnifient la mort) qu’abhorrée, et universellement crainte. 

Mais, le pire, c’est qu’on ne sait pas ce que l’on craint. 
Bien sûr, il y a la souffrance. Mais, au bout de quelques années de vie sur cette planète, on y est vite habitué, même si, dans notre société, elle apparaît plus sous sa forme de souffrance morale que physique. 
Tenter de percer cet inconnu implique forcément de braver un interdit. Ce sera un facteur déterminant dans la poésie de Mylène. D’où la position en ouverture d’album de « L’Horloge ».

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Mylène, une déception

Posté par francesca7 le 15 décembre 2012

Une déception pour certains fans

Mylène, une déception dans Mylène et mes BLABLAS f5-276x300Puis, l’hiver dernier, Mylène a proposé deux inédits – considérés comme décevants – à ses fans, « Du Temps » et « Sois Moi (Be Me) », tous deux sur un nouveau best-of. Mais pour Noël 2012, c’est avec un album intégralement inédit que Mylène Farmer revient. Le 3 décembre prochain, l’interprète de « Désenchantée » publiera ainsi son neuvième album, « Monkey Me », qui marque le retour de Laurent Boutonnat à ses côtés.

Ce matin, à 8 heures précises, Mylène Farmer a dévoilé « A l’ombre », premier extrait de ce nouveau disque. Un titre de chanson qui faisait espérer aux fans un retour aux sonorités d’ »Avant que l’ombre… », paru en 2005. Mais si certains voient en « A l’ombre » un « Désenchantée 2.0″, d’autres – dont puremedias.com - ont été déçus par ce titre à la production datée, kitsch et rappelant le décevant « Du Temps » ou encore l’album » Point de Suture », considéré comme l’un de ses plus mauvais. Heureusement, les paroles signées Mylène Farmer correspondent toujours à l’univers de l’artiste.

 

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Mylène Farmer sur TF1 – déc.2012

Posté par francesca7 le 2 décembre 2012

 

Alors que Mylène Farmer sera l’invitée du JT de Claire Chazal sur TF1 ce dimanche 2 décembre 2012 à l’occasion de la sortie de son nouvel album Monkey me prévue le lendemain, la chanteuse présentera ce soir sur tf1.fr son nouveau clip « A l’ombre réalisé par Laurent Boutonnat. Après la surprenante et jolie parenthèse Bleu Noir, qui nous avait séduit par le son proposé avec des collaborations avec Moby ou le groupe Archive, le duo Farmer/Boutonnat s’est reformé pour la réalisation de ce neuvième album studio et pour le plus grand plaisir de certains fans qui avaient eté désappointés par le précédent opus.

Mylène Farmer sur TF1 - déc.2012 dans Mylène 2011 - 2012 tf1La sortie d’un album de Mylène Farmer est toujours un événement, une des artistes-piliers de la chanson française et surtout une grande vendeuse de disques en France avec un public très fidèle. Alors qu’en est-il de ce Monkey Me ?

Nous avions été peu emballés par le premier single A l’ombre, un titre peu étonnant, dans la continuité de ce que nous avait habitué le binôme Farmer/Boutonnat avec des arrangements eurodances manquant de classe, Mylène Farmer paraissait via ce nouvel extrait avoir du mal à se renouveler. 

Mylène Farmer semble avec Monkey Me se détacher de plus en plus de ce mystère, de cette magie et de cette majesté qui la caractérisaient et qui en avaient fait son succès. Dans ce dernier album qui, il est sûr, est taillé pour la scène (la tournée Timeless 2013 débutera à Paris Bercy le 7 septembre 2013) entre ses sonorités le plus souvent électro et moins souvent pop rock, le très bon côtoie le moins bon. 

Rappel de l’album Mylène Farmer : Monkey Me

3 dans Mylène 2011 - 2012Le titre Be Me (titre inédit issu de son dernier best of, décrié par la majorité des fans et souffrant de sa mauvaise réputation) peut désormais dormir tranquille, il a trouvé bien pire que lui !

Quant aux points positifs, ils sont malheureusement peu nombreux. Un bel et surprenant morceau dans cet album : Nuit d’hiver. Cette piste offre une ambiance sombre et folle rappelant le Tour 89, avec quelques paroles chantées issues de Chloé. Assurément, l’introduction idéale pour la tournéeTimeless.

LISEZ http://www.ptitblog.net/Mylene-Farmer/

 

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Le label de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 1 décembre 2012

Décision de Polydor pour le label de Mylène Farmer

confidences de Guéna LG (Remixeur de Oui mais… non)

 

Le label de Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES fanalexandra3-221x300Guéna, c’est la première fois que tu remixes officiellement Mylène Farmer, est-ce un désir de ta part ou la maison de disque de la chanteuse qui est venue à toi ?
C’est Polydor, le label de Mylène Farmer qui m’a proposé de remixer le titre. Ca tombait bien, j’apprécie depuis longtemps ce que fait Mylène Farmer.

Pourquoi tes remixes n’apparaissent justement pas sur le Maxi CD du titre Oui…mais Non sorti dans le commerce le 06/12 dernier ? Comment est né ce remix en vérité ?
Mon remix n’apparait pas car on m’a demandé de travailler sur Oui…Mais Non, une fois la première salve de remixes réalisée. Polydor souhaitait des remixes un peu plus punchy et dynamiques que ce qui avait été réalisé jusqu’alors. J’imagine par contre que mon remix sortira plus tard sur un autre support, aussi bien en physique qu’en digital.

Est-il prévu que tes versions (Radio et Club Mix) fassent l’objet d’un nouveau support physique (2 supports promos ont été distribués aux radios) ou d’une sortie digitale ?
Je ne sais pas quel est le plan exact à ce niveau, mais je pense qu’on pourra se les procurer d’une manière ou d’une autre prochainement.

Tu es connu pour avoir remixé Lady GAGA et Sophie Ellis Bextor : pour son retour Mylène a fait appel pour son titre Oui mais…Non à Redone, le faiseur de tube de Lady Gaga, ainsi qu’à Chris Sweeney, réalisateur des clips de Sophie E.B ! Y-vois tu un lien ?
C’est drôle car je n’avais pas fait le rapprochement. Je ne pense pas qu’il y ait de lien. J’ai réalisé bon nombre de remixes pour les artistes internationaux de Polydor et c’est pour celà qu’on m’a contacté, tout simplement parce que ma touche semblait coller avec ce qu’ils recherchaient.

Que penses tu de la version single (non remixée) de Oui mais…Non par Redone ?
Que du bien, je suis ravi de ce renouvellement opéré par Mylène Farmer et Oui…Mais Non est un des plus gros tubes de ces dernières années pour l’artiste. L’album Bleu Noir est une belle réussite et je prends un réel plaisir à l’écouter. Même si éclectique, il me semble que l’album colle parfaitement à Mylène, avec une production aussi adaptée que léchée.

Quel univers as tu exploré pour ton remix du titre Oui mais…Non ? C’est un remix plutôt calibré pour les radios ou le dancefloor ?
Les deux je pense, car même si la base est assez club, la mélodie et les arrangements sont très pop. J’ai gardé toutes les parties vocales, comme dans 99% de mes remixes, car je considère que le plus beaux des instruments, c’est la voix. J’ai essayé de mélanger des sons sont à la fois dark, trance, avec beaucoup de nappes, mais aussi des sonorités plus légères et un peu plus « happy » sur le refrain. Pour moi, Mylène Farmer, c’est un peu ça, un mélange de mélancolie et de joie/espoir, j’ai essayé de garder ce mélange chaud/froid, en rajoutant de belles montées trancy. La batterie est très sèche, assez percutante, un peu comme le font Offer Nissim et Yinon Yahel qui sont deux artistes que j’apprécie également. Je voulais quelque chose qui soit assez gay également au niveau des sonorites, mais je crois que c’est un peu la touche de tous mes remixes de toute manière ;

Combien de temps a duré la réalisation de ton remix ?
Trois bonnes semaines, comme l’ensemble de mes remixes. Tout est venu assez vite au niveau des idées et de la réalisation.

La maison de disque t’as t’elle donné des directives , des tendances pour créer ton remix ?
Aucune, mis à part qu’ils voulaient quelque chose qui puisse être efficace, énergique, passable en radios comme en clubs.

Mylène ou son équipe ont-ils écoutés ton remix, as-tu eu un retour de la maison de disque à ce sujet ?
Oui, bien sûr, et rien ne peut sortir sans leur validation, ce qui normal et le cas pour chaque artiste. Tout le monde a été content de mon travail à ce que j’ai compris. On m’a même dit que Mylène l’avait personnellement apprécié et qualifié de très bon remix. Je suis ravi qu’elle ait pu apprécier ma version de son titre.

Est-ce toi qui a décidé de créer 2 versions ou un désir de la maison de disque de Mylène ?
Je livre toujours une version courte et une version longue de mes remixes.

A chercher dans Farmer Addict  de février 2011

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Mylène Farmer et son guitariste

Posté par francesca7 le 29 octobre 2012


Depuis les années 60, il fait carrière en tant que guitariste, pour les plus grandes vedettes et dans les films — Entre-temps vers 1977, Slim Pezin participe à l’aventure du groupe Voyage, avec les musiciens Marc Chantereau, Pierre-Alain Dahan et Sauveur Mallia… - Dans les années 80 et 90, il enregistre plusieurs thèmes musicaux sur quelques disques, avec le saxophoniste Patrick Bourgoin.

Confidences Slim Pezin (Guitariste) 2006 – Mylène Farmer et vous

Mylène Farmer et son guitariste dans Mylène et L'ENTOURAGE l-300x208

Contrairement à de nombreux musiciens qui gravitent dans le monde de la chanson, vous avez débuté votre instrument très tard…
Oui, j’ai commencé la guitare à 17 ans mais un concours de circonstances a voulu que je rentre dans le bain des studios très tôt. Cela semble miraculeux pour qui m’entend en 2006, mais ça s’est vraiment passé comme cela ! Comme beaucoup de jeunes, j’ai constitué mon premier groupe avec des mais d’enfance, puis rapidement, j’ai rencontré le chanteur Noël Deschamps et participé aux enregistrements de ses disques. J’écoutais et je jouais beaucoup de rock car la pop et le rock dominaient nettement. Par exemple, Noël Deschamps en 1964 était « classé » dans les chanteurs rock. Il existait aussi des chanteurs de variétés et des artistes de rythm’n’blues naissants.

Justement, dès 1968, on vous retrouve côté blues avec un album de T-Bone Walker, aux côtés de Manu Dibango et Bernard Estardy. Comment se retrouve-t-on sur un projet pareil après seulement quelques années dans les coulisses des studios ?
Un producteur américain a débarqué en France et il traînait dans les boîtes pour repérer des musiciens. Je jouais avec Manu et notre groupe les Soul Brothers. On faisait du pur r’n’b et il nous a proposé de travailler sur quelques albums. Nous avons donc fait un disque avec un saxophoniste de jazz qui venait de chez Duke Ellington, mais aussi avec des grands du gospel.

Dans les années 1970, vous êtes de presque toutes les aventures, de Claude François à Johnny Hallyday, de Jean-Jacques Goldman à Bill Deraime en passant par France Gall époque « Paris-France » et Michel Berger pour son « Dream In Stone ».
Je me souviens particulièrement de Michel Sardou et Johnny Hallyday. J’ai aussi participé à 80 % des enregistrements de Sylvie Vartan. L’autre jour, j’ai fait un peu de rangement à Suresnes et j’ai retrouvé des fiches de paye datant déjà de 1967 ! Au cours de ces années-là, il y a des gens qui ont beaucoup compté, notamment Nino Ferrer et Claude François en tête. J’ai vraiment vécu avec Claude. Il ne se passait pas une journée sans qu’il m’appelle ou qu’on se retrouve à 2H00 du matin dans un resto pour parler du métier. C’était un travailleur acharné. C’est probablement lui que j’ai le plus côtoyé et l’artiste dont je me suis senti le plus proche.

Vos années 1970 sont profondément marquées par Claude François. On vous a entendu dire de Mylène Farmer qu’elle était la « Claude François au féminin ». Pensiez-vous à la fidélité – et l’hystérie, souvent – de son public ?
C’est une réaction que j’ai eue en quittant la scène le soir de son premier concert live au Palais des Sports de Saint-Étienne, en 1989. C’était son tout premier concert. La première fois qu’elle se présentait au public, et les gens se sont mis à chanter toutes les chansons par cœur. Elle aurait pu arrêter de chanter, nous continuions sans aucun problème le spectacle ! De plus, elle avait préparé un show où elle chantait, où elle dansait au milieu d’une troupe et où elle changeait de costume à chaque titre. Qui, sinon Claude François, avait fait ça auparavant ? Tout cela me le rappelait, il y avait une force inimaginable dans la salle et une grande poussée d’énergie dans la fosse. On ne retrouve pas cette sensation chez beaucoup d’artistes. Je suis allé voir Mylène lors du Mylenium Tour à Bercy et j’ai retrouvé, même assis dans le public, cette sensation.

Vous êtes un des rares musiciens de cette époque à être toujours dans l’entourage amical et professionnel de Mylène…
Oui, et nous sommes sur la même longueur d’ondes. Nous avons la même conception du métier et la même façon d’aborder la musique. Je nous souhaite de continuer encore longtemps ! Très souvent, on m’appelle pour jouer dans un disque, et c’est tout. Les relations s’arrêtent là et je ne revois pas les artistes pendant des années. Certains ne vous saluent plus. Ce n’est pas le cas de Mylène et Laurent.

2856953412_1-200x300 dans Mylène et L'ENTOURAGEVotre première rencontre avec Mylène et Laurent date de 1984, pour l’enregistrement de « Maman à tort ». Où vous êtes-vous retrouvés ?
Nous étions dans la banlieue Nord, chez Jean-Claude Déqueant à Aubervilliers, dans son studio au « Matin Calme ». Il était arrangeur et j’avais participé à beaucoup de séances avec lui, surtout lorsqu’il travaillait pour Yves Simon. Lui-même avait sorti un album en tant qu’artiste chez Polydor. Un jour, il m’a appelé en me disant qu’il avait quelque chose à faire et qu’il avait besoin de mon aide car il ne savait pas comment conduire la chose en question… Je n’avais quasiment aucune information mais je me suis pourtant rendu au studio. C’est là que j’ai fait la connaissance de Mylène et Laurent.

Quel souvenir gardez-vous de ce premier enregistrement ?
Probablement une image de Mylène, car elle ne m’a pas dit un mot. J’étais impressionné par cette absence de parole et je trouvais cela curieux dans un monde où on avait l’habitude de rencontrer des personnalités « décalées » mais où les mots sont tout de même assez faciles. Elle avait un chant étrange et, l’espace d’un instant, je me suis dit que c’était une fille d’exception.

Cela ressemblait-il à un réel début de carrière ou étaient-ils à la recherche d’un son ?
Ils étaient tous très impliqués mais ce n’était pas du grand professionnalisme. Je sentais qu’ils étaient en train de se chercher une identité. Ma femme avait fait des chœurs sur la chanson « Maman à tort » et nous comprenions ce qui se passait. Nous avions le sentiment d’être au début de quelque chose… Forcément au départ, on cherche. On est donc sur la défensive. Rapidement, j’ai compris que ce silence de Mylène n’était que de la timidité et au fil des disques, cette distance s’est totalement effacée.

Après l’échec du titre « On est tous des imbéciles », vous vous êtes attelés à la création du premier album. Comment se sont déroulées les séances d’enregistrement de Cendres de lune ?
Les maquettes avaient été réalisées chez Jean-Claude. Ils avaient enfin trouvé un son et Laurent donnait beaucoup plus de directions aux musiciens. Au fur et à mesure des albums, ses consignes se sont étoffées, même si nous n’étions pas nombreux. Souvent, j’étais seul puisqu’il préparait tous les synthés et les programmations. D’ailleurs, je pense que si Cendres de lune et Ainsi soit je… avaient été préparés de manière classique en faisant appel à un arrangeur, cela n’aurait pas été aussi réussi. C’est le fait que Laurent fasse tout lui-même qui a amené cette qualité et ses sonorités très typées qu’il a su garder ensuite. Dès les premières notes d’un morceau, que ce soit « Libertine » ou plus récemment « Pardonne-moi », on sait que c’est du Mylène Farmer.

Était-il difficile d’être guitariste pour servir des arrangements fondés sur les claviers et les programmations ?
Non, il n’y avait aucun problème. Laurent était attiré par tout ce qui était funk et r’n’b. Il n’y a jamais eu de frontières entre nous et notre relation a toujours été saine.

L’univers musical assez développé dans les deux premiers albums était nouveau. Aviez-vous l’impression d’assister à la naissance d’un phénomène ?
Un musicien sent ce genre de choses. Quand il a joué un titre, il sait si une énergie est passée et si ce titre peut devenir quelque chose d’énorme en radio. Pour toutes les séances que j’ai faites, chaque gros tube est perçu comme tel au moment de l’enregistrement. Pour beaucoup d’artistes – mais ce n’est pas le cas de Mylène –, c’est souvent le dernier titre, celui fait au dernier moment, parfois à la va-vite, mais quand chacun va chercher en lui ses dernières ressources, qui donnait le meilleur de l’album. Quand tout le monde donne ce qu’il a de meilleur sans réfléchir et sans arrière-pensée, les résultats sont souvent excellents.

Les deux premiers albums de Mylène sont sortis comme un diptyque, le premier en avril 1986 et le second en mars 1988. La glace s’est-elle rompue rapidement en studio ?
Absolument ! Après la première séance pour « Maman à tort », nos relations se sont étoffées et au moment de l’enregistrement du premier album, c’était comme si l’on se connaissait depuis trente ans. Thierry Rogen venait d’acquérir le studio Méga à la Porte de la Muette. Il avait acheté une console… Du reste, c’est Laurent qui avait payé cette console. C’était le premier album que nous faisions dans ce studio flambant neuf.

A la fin des années 1980, on vante les innovations de l’équipe Farmer, mais on lui reproche également sa mégalomanie…
Non, je ne partageais pas cette analyse. Je ne voyais aucune mégalomanie dans la démarche de Mylène et Laurent. Mylène est très, très intelligente. Elle a tout de suite compris ce qu’était le métier et le show business, le degré de « jeu » à jouer, le degré de don de soi, la nécessité d’intégrité artistique et ses limites personnelles. Elle avait analysé le fonctionnement de la presse, de la télévision et la radio. Elle savait où placer la barrière, tout en mettant la barre très haut artistiquement. Elle me disait souvent qu’elle ne voulait pas faire n’importe quoi. Elle craignait de se fourvoyer comme beaucoup d’artistes le font quand ça commence à marcher. Elle voyait beaucoup plus haut que le hit éphémère et savait que si on la voyait trop, elle lasserait. Elle était faite pour durer.


En 1989, vous êtes l’un des acteurs de son spectacle pharaonique. Le premier concert de Mylène reste un évènement important. Les nombreuses répétitions ont-elles suffi pour combler le gigantesque défi que Mylène s’était lancé ?

Le spectacle avait été préparé de longue date, autant musicalement que physiquement. Bruno Fontaine et Laurent s’étaient attelés à la conception musicale du spectacle depuis des mois, Mylène faisait ses dix kilomètres de jogging par jour, puis deux ou trois heures de danse l’après-midi. Elle ne perdait pas ne minute pour s’entraîner. Elle voulait avoir la forme et tenir la distance. Les musiciens avaient tous cette même attention. Nous avons eu beaucoup de répétitions car il fallait que tout soit parfait. Dès cette scène, Mylène a été perfectionniste, toujours en quête d’absolu dans le travail. La plupart du temps, les artistes n’ont pas les moyens de faire ça. Elle s’était donné les moyens de réaliser son rêve et de traduire ses idées. Elle et Laurent ont, d’entrée, beaucoup investi pour proposer un spectacle de très haut niveau.

Bruno Fontaine était en charge de la préparation du spectacle avec Laurent. L’aviez-vous croisé auparavant ?
C’est un musicien exceptionnel, qui a commencé le métier à 13 ans. On s’était connu très jeunes sur des enregistrements d’albums, tout comme les autres musiciens, le batteur Yves Sanna ou le bassiste Christian Padovan.

C’est amusant de voir que des années après, vous vous retrouvez sur des projets très variés comme le Stabat Mater de Bruno Coulais présenté au festival de Saint-Denis où étaient réunis Bruno Fontaine et Jean-Philippe Audin notamment…
Je n’aime pas dire ce mot-là, mais nous sommes la « crème » du métier (rire gêné), non pas que nous sommes les meilleurs instrumentalistes de Paris, mais nous avons l’habitude de travailler ensemble et savons être efficaces. Nous nous retrouvons sur des projets de haut niveau en termes de chansons, de bandes originales de films ou sur des morceaux compliqués comme ce Stabat Mater. Nous n’avons eu que deux après-midi de répétitions pour une partition comprenant un quart de musique contemporaine. Individuellement, ces camarades sont des musiciens exceptionnels et des amis. Ce que vous remarquez comme étant des collaborations suivies, nous le ressentons simplement comme une amitié logique. Si j’ai un projet très difficile où il me faut de l’émotion au violoncelle, je vais appeler Jean-Philippe Audin. Sans réfléchir.

Outre le décor phénoménal, la masse sonore du spectacle de Mylène en 1989 était du jamais vu. Ressort-on indemne d’un tel concert ?
Non, j’admirais beaucoup le travail de Laurent, qui était toujours derrière le moindre technicien. En permanence. Bruno Fontaine avait préparé les programmations en amont, mais essentiellement sur les idées de Mylène et Laurent. Il fallait faire un spectacle avec des bandes sonores puisqu’il y avait des cris d’enfants, des portes qui grinçaient, des bruits de baleines et de loups. Une partie de l’ambiance du spectacle était donc sur bandes. Jamais Mylène n’a chanté en play-back, mais le batteur avait un casque avec un click, et nous jouions de cette façon sur de nombreux titres. Il fallait que tout soit synchro. Je n’ai pas le souvenir d’avoir joué avec un tel système sonore auparavant. Pour ma part, c’était la première fois que je voyais utilisé en concert un 24 pistes avec des éléments préenregistrés.

Vous avez dû ressentir un grand soulagement après la première à Saint-Étienne…
A la fin du concert, nous étions tous très heureux, car cela faisait trois semaines qu’on se préparait. Ce soir-là, on avait atteint notre but commun. Le spectacle était parfait. Nous n’avions eu aucun problème de son, de musique, d’éclairage ni de chorégraphie. Nous avons été invités à manger par le patron de Polydor, Marc Lumbroso, qui avait fait le déplacement pour l’évènement. Ensuite, nous avons décidé de rentrer sur Paris. Du reste, Mylène était avec moi dans la voiture. Elle ne faisait pas souvent le voyage avec les musiciens mais je me souviens de cette première et d’une autre date durant la tournée où elle était montée avec nous, car nous avions à disposition un Espace Renault.

La pression était-elle retombée rapidement ?
Ce soir-là, nous avons compris que la suite des concerts ne pouvait être que plus réussie encore. Avec le recul, ce retour dans la nuit, de Saint-Étienne à Paris, résume bien la relation que j’ai avec Mylène. Nos n’avons quasiment pas parlé mais il s’était installé dans le véhicule une sorte de quiétude. La pression s’était effectivement relâchée mais le véritable dialogue entre les musiciens et l’artiste avait eu lieu quelques heures auparavant, sur scène. Dès que le rideau tombe, le spectacle est terminé et on passe à autre chose. On pense déjà à ce qui vient le lendemain.

Au cours de cette tournée, la famille s’agrandit peu à peu. Dans les coulisses, un personnage est très présent auprès de Mylène, Paul Van Parys, qui deviendra un des éléments clés du staff Farmer jusqu’à aujourd’hui. Qui est-il ?
Je le découvre en effet à cette période mais je ne savais pas vraiment ce qu’il faisait. Je pensais qu’il était secrétaire mais je ne posais pas beaucoup de questions. De nom, je savais que son grand-père était un grand compositeur de musiques de films. J’avais compris qu’il faisait partie de l’entourage proche de Mylène et je l’avais croisé auprès de Bruno Coulais…

…avec qui vous continuez à travailler énormément…
Oui, la musique de films est une de mes grosses occupations actuellement. D’ailleurs, Mylène et aurent étaient venus assister à l’avant-première du film Les choristes. On vient d’achever la bande originale du feuilleton télévisé issu de l’Affaire Villemin (ndlr : le fait divers sur le meurtre du petit Grégory) en six épisodes. On travaille sur la musique de trois films à sortir et j’ai participé à celle de Brice de Nice sur deux titres rock, au milieu de pop et de funk.

A la fin de la tournée 1989, l’équipe avait offert à Mylène une guitare Stratocaster. Etait-ce une de vos idées ?
J’avais dû lancer cette idée que tout le monde a adoptée. On se demandait ce qu’on pouvait lui offrir et l’idée de la guitare est venue naturellement. Elle avait voulu à tout prix jouer un morceau, seule sur scène, à la guitare. On avait finalement abandonné l’idée quelques jours avant la première, car il y avait trop de choses à penser. En contrepartie, nous lui en avons offert une.

Avez-vous été surpris qu’un tournage soit organisé en salle vide pour la vidéo du concert ?
C’était une première, ça nous a paru cohérent par rapport au projet de film qu’avait Laurent. Au final, nous étions presque étonnés de la qualité de la vidéo du live. Il y avait des idées, des partis pris esthétiques forts et ce n’était pas bêtement filmé comme à la télé.

Au début des années 1990, vos partez en tournée avec Michel Sardou. Mais auparavant, vous enregistrez L’autre…, le troisième album de Mylène…
Ce sera le dernier album où j’ai été guitariste de bout en bout.

L’autre… est un opus très littéraire, inspiré de Cioran et de Bataille. On raconte que vous avez conseillé à Mylène la lecture d’Helena Petrovna Blavatsky…
Ce n’est qu’un détail. Nous ne parlions pas beaucoup de ça… On parlait de musique à travers la musique que nous faisions, mais on ne discutait pas beaucoup de nos influences ou de ce qui se passait dans nos vies à l’extérieur du studio.

Les textes de Mylène deviennent plus concis, plus directs (« Désenchantée », « Je t’aime mélancolie »…). Avez-vous ressenti L’autre… comme un album de transition ?
Oui, ils ont essayé d’entrevoir « autrement » le personnage de Mylène. Elle avait terminé ses textes bien avant qu’on ne finisse l’enregistrement des musiques. En tout les cas, elle avait déjà la trame dans sa tête. Je l’avais connue jeune fille, je la retrouvais femme avec une confiance en soi plus affirmée et un propos plus affûté. Il y avait aussi un changement physique car elle s’était coupé les cheveux.

Alain Chamfort est un ami de Mylène, vous avez été son arrangeur sur son sixième album enregistré à Londres en 1983 ainsi que sur quatre titres du deuxième opus de Lio qui était alors sa compagne. De même, vous avez travaillé avec Khaled et Murat, les seuls duettistes de Mylène dans les années 1990 ? Simples coïncidences ?
Pour Chamfort et Khaled, oui… En revanche, je crois que le contact que Jean-Louis Murat avait avec elle – puisqu’ils s’écrivaient beaucoup à l’époque – avait fait qu’il m’avait appelé pour jouer sur un titre de son album Cheyenne Autumn (ndlr : « L’ange déchu »). Tout cela se faisait au même studio et au même moment. Nous avions donc vraiment plus d’un point commun ensemble !

Bruno Fontaine a été contacté pour la tournée 1996 de Mylène, avant Yvan Cassar. S’il était reparti pour un tour, l’auriez-vous suivi ?
Peut-être que si Bruno avait été à la direction musicale, je serais reparti ! Mais il avait d’autres projets tournés vers le classique, ainsi que les albums de Ute Lemper par exemple, il a choisi.

fanstephy-213x300Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
Je viens de terminer un enregistrement avec 80 musiciens pour le Mémorial Charles de Gaulle sous les Invalides. Ils vont faire une salle de spectacle assez particulière, où le public serra comme suspendu dans l’espace et regardera sur cinq écrans à la fois un film de trente minutes avec des images inédites de De Gaulle. Je continue également à produire des artistes africains. Il y a beaucoup de problèmes au Cameroun, notamment. Les ministres séquestrent l’argent des artistes depuis près de dix ans et je lutte pour que les instances nationales (FMI, ONU…) fassent respecter le droit. On avait monté une nouvelle société de droits d’auteur avec Manu Dibango. Le ministre de la culture a envoyé un émissaire. Manu n’a pas marché dans ses combines. Au bout d’un an, ils ont coupé les vivres à cette société dont faisait partie Ekambi Brillant que j’ai produit, qui en était vice-président. Le ministre a fait de l’agitation pour retirer l’affaire à Manu Dibango en faisant croire que c’était lui qui détournait l’argent. C’est vraiment le monde à l’envers !

Vous êtes aussi le producteur de votre épouse, Chantal Ayissi. Est-ce plus facile de travailler en famille ?
Il vaut mieux travailler avec d’autres. C’est toujours plus compliqué avec la famille !

Votre dernière collaboration avec Mylène date de quelques années, au moment de la sortie de la compilation Les mots
Oui, nous nous sommes retrouvés au studio Guillaume Tell pour mettre en boîte trois nouveaux titres pour la compile, notamment « C’est une belle journée » qui nous est vite apparue comme un tube.

Et si vieillir lui était conté, comme elle aime à le dire dans Innamoramento
La grande différence aujourd’hui, c’est l’excellente maîtrise musicale de Mylène. C’est normal. Son évolution a été dans le bon sens. Pour le premier album d’Alizée par exemple, Mylène et Laurent dirigeaient ensemble à 50/50.

Vous avez été guitariste sur les deux albums d’Alizée. Pour un nouveau projet, on fait appel au noyau dur ! Considérez-vous cela comme un témoignage de fidélité de la part du tandem Farmer / Boutonnat ?
Je ne l’analyse pas comme ça. Il y a un travail à faire, il fallait bien le faire et aller très vite car le premier extrait « Moi… Lolita » avait eu un succès inespéré. Je ne sais pas si c’est une question de fidélité, il faudrait le leur demander à eux ! A vous de jouer (rires) !

 

recueilli dans Mylène Farmer et vous paru en 2006

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