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Les Questions que se pose Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 décembre 2015

 

mylene farmerMylène Farmer vient de vivre sa première tournée en 1989. Trois cent mille spectateurs, plus de 40 dates et 3 pays (France, Suisse et Belgique). Elle s’achève le 8 décembre 1989 à Paris-Bercy. La tension retombée, la chanteuse s’est posé beaucoup de questions.

« C’est un moment de vide, et non pas de doute. Une absence d’idées quant à une écriture pour un autre album. C’est pour cela que j’ai laissé passer un peu de temps avant d e me remettre à écrire. C’est difficile d’envisager d’écrire après un moment pareil….

Le retour au quotidien a été un peu à l’image d’une dépression, mais j’étais quand même relativement entourée. Mais tous ces états de choses très puissantes et puis rien, c’est presque inhumain. Tout artiste est amené à vivre cela heureusement ou malheureusement…« . déclare-t-elle.

L’année 1990 est calme pour Mylène. Début 1991, les 11 et 12 janvier, elle « change de tête » et confie sa nouvelle coupe de cheveux au célèbre coiffeur Jean-Marc Maniais. Un nouveau look très androgyne. En février, Mylène et Laurent Boutonnat sont à Budapest en Hongrie pour le tournage des deux premiers clips du prochain album. En mars 1991, c’est le grand retour avec la sortie de Désenchantée, premier extrait de l’album L’autre…

C’est une véritable tornade. Les supports sont en vente le 18 mars. Désenchantée va devenir le plus gros tube de Mylène avec neuf semaines consécutives à la première place du TOP 50 français, mais aussi en pôle position en Belgique. Plus de 800 000 exemplaires vendus et deux disques d’or. Le succès va encore se confirmer avec la sortie du clip le 3 avril de la même année. La promotion de l’album débute le Dimanche 7 avril 1991 avec la diffusion sur M6 de l’émission Pour un clip avec toi. Laurent Boyer a eu l’honneur de pouvoir filmer le tournage du clip et d’interviewer Mylène et Laurent en Hongrie, une première, et il n’y a d’ailleurs pas eu de nouvelle initiative identique depuis.

Le lundi 8 avril 1991, Mylène est aussi pour la première fois l’invitée d’un journal télévisé de 20 heures, celui de Patrick Poivre d’Arvor sur TF1, l’album L’autre…. est disponible en magasin le même jour ; Pour Désenchantée, Mylène propose cinq prestations télévisées très travaillées, chorégraphiées, dans une à l’étranger, en Italie. La promotion se fait aussi en radios avec de longues interviews (NRJ, RTL…) et surtout dans la presse. L’autre… entre directement à la première place du TOP albums français, place à laquelle il restera pendant vingt  semaines consécutives, établissant alors un record. L’album est certifié disque de diamant pour plus d’un million d’exemplaires vendus et les ventes totales en France sont estimées à plus de 1 800 000 exemplaire. Beau succès aussi à l’étranger. L’autre… est n° 1 et disque de platine en Belgique francophone et album d’Or en Suisse.

Pour succéder au tube Désenchantée, le choix se porte sur le duo (le premier) avec Jean-Louis Muras, Regrets. C’est Mylène qui aurait proposé ce duo après avoir écouté et aimé l’album Cheyenne Autumn du chanteur ; Alors même que Désenchantée est toujours intensément diffusée sur les ondes, Regrets est envoyée en radio dès le début de l’été et l’accueil est excellent.

Belle audace que de lancer cette ballade mélancolique, qui sera de surcroît illustrée par un clip en noir et blanc et enneigé, à une saison habituellement dévolue aux tubes dansants et sentant bon le soleil et la plage. Le single est disponible le 19 Juillet 1991 et plusieurs supports sont proposés : un 45 Tours, un CD maxi (dont une édition limitée avec un pin’s), un maxi 45 tours et une cassette single ; Les ventes en France sont estimées à plus de 250 000 exemplaires, le single est donc certifié disque d’or. Le clip est réalisé par Laurent Boutonnat à Budapest fin février 1991, en même temps que celui de Désenchantée et diffusé pour la première fois à la télévision le 9 septembre dans l’émission Stars 90 animée par Michel Drucker sur TF1.

Mylène est également présente sur le plateau pour évoquer son voyage avec Luc Besson en Arctique pendant l’été.

Pour le troisième single extrait de l’album L’autre…, e choix de Mylène se porte sur Je t’aime mélancolie, un titre très différent des précédents. Avec des consonances rap, il est plus rythmé et plus dansant ; Fait très rare, c’est une nouvelle version ixée par Laurent Boutonnat et Thierry Rogen qui est proposée aux radios, une version plus brève (introduction raccourcie), plus dynamique et encore plus efficace que celle de l’album. Les couplets de cette chanson sont plus parlés que chantés.

Début novembre 1991, un CD promo est envoyé aux radios. Et, pour la première fois pour un single de Mylène, un « promo luxe » est créé par Henry Neu : une pyramide en 3D. En choisissant ce titre, Mylène semble vouloir s’éloigner transitoirement des textes uniquement sombres et mettre en avant non seulement une autre facette de son personnage, mais aussi la richesse de sa plume.

Beaucoup d’humour dans ces paroles, avec une évidente référence aux médias, notamment à la presse qui ne lui a pas épargné les rumeurs infondées ou critiques souvent gratuitement assassines depuis des années.

Mylène déclare en septembre 1991 :

« Il est vrai que la mélancolie fait partie de mes thèmes de prédilection. L’état de mélancolie est quelque chose d’aigre-doux. J’ai essayé de développer cette idée… J’aime bien ces états même s’ils sont parfois un peu douloureux. On peut se laisser un peu bercer dans ces états même si cela mène sur les larmes. Mais les larmes j’aime ça aussi« 

MylèneLe 19 novembre, quatre supports sont proposés : un 45 tours, un maxi 45 tours, un CD maxi et une cassette audio. La photo utilisée pour illustrer les pochettes de ces différents supports est de Marianne Rosenstiehl, Les supports offrent des contenus assez variés, ce qui fera le bonheur des collectionneurs déjà très nombreux ; Les fans ont également la joie de découvrir un titre inédit, Mylène is calling, uniquement sur le CD Maxi France. Cette chanson qui fait partie des titres les plus « expérimentaux » du duo Farmer-Boutonnat passe en boucle un message qu’airait laissé Mylène sur le répondeur de Laurent. Je t’aime mélancolie est également l’un des singles de Mylène à bénéficier du plus grand nombre de supports destinés à l’étranger.

Malheureusement, le titre y passera plutôt inaperçu, même en Allemagne ou Mylène effectuera pourtant une prestation télévisée : il se classera tout de même à la 79è du TOP single allemand. Le single entre à la 15è place du TOP50 français. Il atteindra la 3è positon quelques semaines plus tard et s’écoulera au total à environ 300 000 exemplaires.

S’ensuit un très joli succès à peu près équivalent à celui du single précédents, Regrets. Mylène interprète le titre lors de quatre prestations télévisées :

 Sacrée Soirée le 11 décembre 1991 sur TF1,

Tous à la Une le 27 décembre 1991 sur TF1 Ein Kessel Buntes sur la chaîne allemande MDR.

Le clip est réalisé aux Studio Sets à Stains en novembre 1991. Le tournage dure quatre jours (deux jours pour les scènes de combats et deux jours pour les cènes chorégraphiées avec dix danseuses). Un tournage intensif, l’équipe travaillant chaque jour de 7 heures 30  à 20 heurs 30. Le photographe de plateau est Claude Gassian, il s’agit d’une première collaboration.

La chorégraphie a été conçue par Mylène. Pour les scènes de combats, Mylène s’est entraînée durant six jours avant le tournage avec un coach professionnel. Le boxeur présent dans le clip est un boxeur professionnel yougoslave ; Mylène est vêtue d’un porte-jarretelle cuir, d’une guêpière et d’une ceinture également en cuir, le tout créé par Jean-Paul Gaultier ; Le clip est diffusé pour la première fois à la télévision le 15 décembre 1991.

extrait de Mylène Farmer Ses mots, Ses clips aux Editions Chapitre.com 2014

Publié dans LES LIVRES de Mylène, SES MOTS, SES CLIPS | Pas de Commentaires »

Mylène À LA TÉLÉ – TMC

Posté par francesca7 le 12 décembre 2015

 

Sans titreTMC a consacré un documentaire à la chanteuse à l’occasion de la sortie de son nouvel album (2015).

Certains construisent leur mythe sur leur présence accrue dans les médias. D’autres font tout le contraire. Ainsi Mylène Farmer, véritable stratège du silence, dont chaque single est attendu par des millions d’admirateurs en transe. Et TMC de profiter de la sortie de son nouvel album, Interstellaires (le 6 novembre), pour lui consacrer un documentaire inédit, Mylène Farmer: sur les pas d’une icône le 8 décembre 2015.

Trente ans de carrière et dix albums n’auront pas permis de lever le plus petit coin de voile sur Mylène Farmer. Depuis Libertine, l’un de ses premiers tubes, la chanteuse vend des millions de disques, réalise pour certains de ses titres des clips cinématographiques durant jusqu’à vingt minutes et joue à guichets fermés. Plus remarquable encore, la chanteuse a été érigée au rang d’icône par ses fans sans jamais sortir de son silence, sinon en de très rares occasions.

«Je trouve regrettable que la parole soit devenue si facile, si peu réfléchie, si inconséquente», confira-t-elle un jour sur le plateau d’un JT avant d’ajouter: «Tout ce temps passé à parler de soi et à se montrer, c’est autant d’heures volées à la réflexion, à l’amour, à la création. Je ne suis pas discrète par dédain. Je suis discrète par respect pour mon public, pour mon entourage et pour moi-même. C’est aussi ma nature profonde. Il n’empêche, je suis bien vivante.».

Image de prévisualisation YouTube

 

De la sortie, en 1986, de Cendres de Lune, à aujourd’hui, comment s’est-elle imposée comme une icône? D’où lui vient l’inspiration de l’univers si mélancolique qui est le sien? Pourquoi l’aimons-nous? Et qui est-elle, au juste? Réponse en images d’archives, en séquences de concerts, en extraits de clips, et au travers des nombreux témoignages de ceux qui ont eu la chance de la rencontrer et de la côtoyer. «C’est un génie!, s’exclame ainsi le producteur Dominique Besnehard. Une star fatale, lointaine, comme Marlène Dietrich ou Greta Garbo. Et, en même temps, le public, avec lequel elle a des rendez-vous espacés, mais colossaux, reste fou d’elle. C’est incroyable!»

Ce dont attestent Thierry Suc, son manager depuis toujours, Vincent Lindon, ancien camarade de conservatoire, mais aussi Pierre Palmade, Jean-Paul Gaultier et Sting, qui chante avec elle Stolen Car. Reste l’absence de l’artiste du documentaire, peut-être source de déplaisir pour certains.

Record de disques de diamant pour une chanteuse, de vente de DVD musicaux, de rapidité de vente de billets de concert (elle a rempli, lors de sa dernière tournée, l’équivalent de deux stades de France en trois heures) et record de fidélité du public. «La vie a ses hauts et sas bas, mais ma plus vive appréhension, dira-t-elle encore, serait de décevoir mon public.» Bref, depuis trente ans, la petite Française innove, progresse, célèbre l’amour, le sexe, la mort et envoûte les foules lors de shows spectaculaires. À 54 ans, Mylène Farmer vient de sortir Interstellaires, son premier album distribué aux États-Unis.

À savoir

À tous les fans qui n’auraient pas pu accéder à ses plus récentes interviews, Mylène Farmer était le 10 novembre sur le plateau du JT d’Anne-Claire Coudray (TF1) et le 4 décembre dans l’émission The Tonight Show Starring Jimmy Fallon, sa première participation à une émission de télévision aux États-Unis (NBC). Les deux programmes sont visibles sur YouTube et en replay.

 

article paru sur FIGARO.FR

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Le risque de l’absence

Posté par francesca7 le 2 novembre 2015

 

 

 téléchargement     Au piano, les premières notes d’Avant que l’ombre… résonnent comme un chant du cygne. Le public de Bercy sait qu’elle va disparaître. Et pour longtemps. Nous sommes le 29 janvier 2006. C’est le tableau final de la dernière date de cette série exceptionnelle de treize spectacles. Mylène est immobile, le regard dirigé vers le ciel, vêtue d’un manteau rouge sang brodé d’or et de pierres dessiné par Franck Sorbier. Au bout de quelques minutes, elle tourne le dos au public et se dirige lentement vers l’escalier, installé dans les coulisses de la scène afin de dégager une perspective – un horizon pour l’imaginaire. De chaque côté, des torches suspendues évoquent le décor conçu par Jean Cocteau pour La Belle et la Bête. 

      Un rideau d’eau, comme une pluie scintillante, sépare désormais la scène du public. Un souffle de fraîcheur se répand dans la salle. Elle gravit les marches une à une, dans un mouvement au ralenti, laissant la traîne de son manteau glisser sur le sol. Une reine en son palais. Puis, imperceptiblement, sans cesser de cheminer, elle se débarrasse de cette étoffe lourde comme un serpent le ferait d’une peau morte. 

Vêtue de sous-vêtements couleur chair, elle semble nue aux regards qui la fixent de loin. Et soudain, alors que le mot « passé » tombe en lettres d’eau, suscitant un formidable enthousiasme, elle se retourne vers la salle. Silhouette qui se découpe en ombre chinoise devant un nuage de fumée blanche, elle lève doucement la main et se fige dans cette position. Un dernier au revoir adressé au public, tandis que les deux immenses portes sculptées du décor se referment inexorablement sur elle.   Un immense vide. Dans la salle, des centaines de visages semblent perdus. Elle a été là, si proche et si lointaine, suspendue dans les airs, dansant ou pleurant au milieu de la fosse, traversant un pont suspendu, ne ménageant pas ses efforts pour que les spectateurs, de tous les côtés, Savourent sa présence.  

Et puis, plus rien. Rarement sortie de scène aura été aussi époustouflante. Toute la presse s’est d’ailleurs accordée à le reconnaître. Et le public ne s’y est pas trompé : il s’est rué sur le DVD du concert, commercialisé en novembre 2007 et vendu à près de cinq cent mille exemplaires. Encore un nouveau record. 

      Une sortie de scène qui en dit long, aussi, sur le souci qui anime Mylène de soigner le moment délicat où elle prend congé de ceux qui l’aiment. Accusée par ses détracteurs de théâtraliser ses départs pour susciter un manque chez ses fans, la star s’en est expliquée avec simplicité. « J’entretiens avec le public un rapport d’exigence, dit-elle. Je lui demande beaucoup et il me demande beaucoup. Cette relation exige la sincérité. C’est un peu comme un ami à qui vous ne donneriez pas de vos nouvelles et qui respecte ce silence parce que, précisément, il vous connaît bien. Ce silence annonce des retrouvailles encore plus belles. » 

      En même temps, il faut reconnaître que Mylène excelle dans ce jeu de cache-cache où la séduction n’est pas absente. Elle s’en amuse d’ailleurs elle-même en écrivant la chanson L’Histoire d’une fée, c’est…, qui figure sur la bande Originale du film Les Razmoket à Paris. Une commande, apparemment suggérée par Madonna – l’album est produit par Maverick, la société appartenant à la Ciccone –, que Mylène va détourner à son seul profit. Sans jamais évoquer les personnages du dessin animé, elle livre une clé aidant à comprendre sa personnalité. « Avant que minuit ne vienne / Attrapez-moi / Jeux de mains, jeux de M / Émoi », chante-t-elle avec malice, laissant entendre « aimez-moi ».  

Mylène

      Se faire rare pour maintenir le désir intact… La recette a longtemps fait ses preuves. Pourtant, elle porte en germe un risque que Mylène n’ignore pas : celui de lasser. Ainsi, en 2004, au moment de la sortie d’Avant que l’ombre… , son sixième album studio, le refus de la chanteuse d’en assurer la promotion va fragiliser son empire. À l’heure critique où le marché du disque s’est effondré de moitié, en partie à cause du développement des téléchargements illégaux via Internet, cette position intransigeante n’a rien arrangé. Lassés de voir leurs demandes d’interviews systématiquement rejetées, les médias ont boudé la chanteuse. Par un phénomène de contagion, sans doute, les radios ont moins diffusé les extraits de l’album, si l’on excepte Fuck Them All. Ainsi, la ballade Redonne-moi, jugée trop lente par les programmateurs, est-elle carrément passée à la trappe. Quant aux clips ayant illustré les singles de l’album, ils n’ont pas créé le choc attendu. Noyés dans la masse, ils n’ont pas laissé un souvenir aussi fort que nombre de vidéos précédentes.  

      Certes, le succès éclatant des concerts de Bercy, ainsi que le joli retentissement du duo avec Moby, Slipping Away – qui s’est hissé à la première place du Top 50 – ont tempéré ce sentiment. Mais les « ennemis mortels » évoqués par Mylène lors de son interview avec Thierry Demaizière sont déjà à l’affût, alléchés par l’odeur du sang, prêts à donner l’estocade finale au cas où ils sentiraient la belle flancher. Pensez donc ! Plus de vingt ans qu’ils attendent ça. Vingt ans que certains de ces artistes frustrés, chroniqueurs dans les médias ou programmateurs dans les radios, souhaitent déboulonner la statue de l’idole. Vingt ans qu’elle résiste sans pratiquer l’art des courbettes, dans une forme d’indifférence souveraine. Bras d’honneur insupportable qui alimente le ressentiment, forcément. Au début, bien sûr, les critiques l’ont affectée. Un article de Libération commentant un de ses passages sur scène a titré : « Mylène Farmer n’existe pas. » Il faut avoir la tête solide pour encaisser. À force d’être dénigrée par la presse, la chanteuse a fini par se bâtir une carapace. 

      Alors pas de quoi s’alarmer si les médias accueillent son nouvel album avec réserve. Une fois de plus, ils finiront par s’incliner devant la ferveur populaire. Car la star peut compter sur une armée de dizaines de milliers d’inconditionnels capables d’aller au combat pour elle. En août 2008, dès la première semaine de sortie du single Dégénération, ils ont été vingt-sept mille à se procurer le disque, propulsant la chanson au sommet du Top 50. Une première réponse cinglante à ceux qui ont trouvé Point de suture « sans surprise » ou « peu inspiré ». 

     Parce qu’elle n’est jamais aussi guerrière que dans l’adversité, Mylène a décidé de frapper fort pour son retour. Pas question de se répandre en interviews, mais pas question non plus de briller par  son absence, ce qui signifie bien cibler sa promotion. Un plan imparable en trois étapes.       

Une interview dans Paris Match en mars 2008 pour annoncer son retour sur scène. Une interview dans Têtu en septembre 2008, en direction du noyau dur de ses fans, avec une couverture qui frappe les esprits. Une apparition remarquée, vêtue d’un blouson de cuir noir, sur le plateau du journal de 20 heures de Claire Chazal le 31 août, sur fond de polémique avec Laurence Ferrari, à qui elle aurait refusé, quelques jours plus tôt, une interview en duplex.   Il n’en fallait pas davantage pour que la belle, sans déroger à sa ligne de conduite, semble soudain omniprésente. Son album, ses concerts, les nouveaux records, toute la presse en parle, et la Toile s’enflamme. Une fois de plus, elle a réussi à forcer ses détracteurs, qui rêvaient tant de la bouder pour que le public l’oublie, à parler d’elle sans pour autant condescendre à leur adresser la parole.  

      Parviendra-t-elle à réaliser son rêve de disparaître totalement tout en continuant à publier des albums ? Désormais, ce défi ne lui semble plus hors de portée. La preuve ? Alors que la plupart des journalistes ont largement commenté la photographie trash de la poupée recousue, aucun n’a souligné que, pour la première fois de sa carrière, la chanteuse était absente de la pochette. Tout juste trouve-t-on un portrait d’elle, de profil, à l’intérieur du livret – avec, sur l’épaule, une cicatrice composée de trois lettres qui semblent signifier, dans la langue hébraïque : « Avec la volonté de Dieu ». Ce qui confirme l’impression d’un effacement progressif : si l’on regarde les clips de ces dernières années, on constatera que la chanteuse est invisible dans trois d’entre eux, C’est une belle journée, Peut-être toi et Slipping Away.  

      Malgré tout, conjurer le risque de l’absence, elle le sait, demeure un exercice périlleux, surtout dans le monde contemporain. Se situer en marge de la société des people, qui repose sur un brouillage des lignes entre vie privée et vie publique, revient, bien sûr, à demeurer l’exception. Mais c’est aussi refuser de jouer le jeu, être menacée de disqualification. Contrairement à une Isabelle Adjani qui, après avoir préservé son mystère durant plus de vingt ans, est descendue dans l’arène people, durant l’été 2004, pour évoquer sa rupture avec Jean-Michel Jarre, Mylène tient bon. Dans l’Hexagone, elle demeure l’ultime figure d’un star-system finissant, désormais remplacé par l’avènement des people. « Vous savez, si on  y réfléchit bien, dit-elle, les conséquences de ce silence dont vous parlez auraient pu être un handicap à toute idée de succès. J’ai pris ce risque parce que je n’avais pas le choix. »  

     Combien de temps tiendra-t-elle encore ? Ne cédera-t-elle pas un jour au chant des sirènes, pour qu’on parle d’elle, à cette forme de troc par lequel, en échange de révélations intimes, un magazine est prêt à évoquer votre album ou le film dont vous faites la promotion ? Ce serait mal connaître Mylène. Qu’on ne compte pas sur elle pour démolir par un faux pas funeste la forteresse qu’elle a mis tant d’énergie à construire. Bien que de tempérament mélancolique, elle n’a aucun goût pour l’autodestruction.  

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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L’exil américain de MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 12 septembre 2015

 

 

images (1)Une piscine inondée de soleil. Les cheveux relevés en chignon désordonné, Mylène s’y baigne nue. Elle s’est délestée du deux-pièces noir qu’elle portait en arrivant. Il fait trop chaud pour supporter une étoffe. Une caméra la filme, indiscrète. Après quelques mouvements de brasse, elle rejoint le bord de la piscine. Aveuglée par la lumière, elle plisse les yeux. On devine l’arrondi d’un sein lorsqu’elle attrape la serviette qu’une main lui tend – l’homme à la caméra, sans doute. 

Voilà plusieurs semaines qu’elle s’est exilée à Los Angeles, comme pour oublier Paris et fuir le plus loin possible l’échec de Giorgino. Elle y restera neuf mois, le temps d’accoucher d’un nouvel album. Et aussi de passer son permis de conduire – indispensable pour ne pas mourir d’ennui en Californie. Elle a choisi un hôtel réservé à une clientèle huppée, le Sunset Marquis, sur Alta Loma Road – fréquenté notamment par Steven Spielberg. Loué une villa à six cent cinquante euros la nuit avec garage, parc, Jacuzzi, salle de sport et, donc, piscine privée. Ici, aucun risque pour elle d’être dérangée : caméras de surveillance et vigiles veillent à la tranquillité des clients. Chaque jour, aux alentours de midi, un garçon en livrée apporte une bouteille de champagne dans sa chambre pour un brunch pétillant, qu’elle déguste avec Jeff Dahlgren, devenu un partenaire musical privilégié. Guitariste de talent et membre du groupe punk Wasted Youth, il a été invité par la chanteuse à habiller ses nouvelles chansons d’une couleur rock. 

Dans les premiers temps, en débarquant en Californie, au tout début de l’année 2005, Mylène a troqué sa chevelure rousse contre un blond platine qui la rend méconnaissable. Changer de tête pour exprimer ce qui est en train de bouger en elle. Quitter le costume désormais trop lourd à porter de cette rousse mélancolique pour devenir une autre.

Qui ? Elle ne le sait pas encore. Mais le soleil californien, si exotique pour cette enfant du Canada, lui apporte cette brûlure dont elle a besoin pour changer de peau. 

Désarçonnée par le passage à vide que traverse Laurent, elle a songé, un temps, voler de ses propres ailes. Anéanti par l’échec, il n’est plus là pour personne, se terre dans son appartement parisien. Alors elle a songé qu’il lui faudrait peut-être s’inventer un avenir sans lui. Avant de se raviser. Si elle souhaite prendre un virage musical, réaliser un album sans son mentor lui semble un projet insurmontable. Aux dires des musiciens qui ont travaillé à ses côtés, Boutonnat n’est pas seulement un compositeur inspiré capable de s’installer au piano et d’écrire une mélodie en quelques minutes : c’est aussi un véritable chef d’orchestre, fixant la partition de chaque instrument tout en supervisant l’harmonie d’ensemble. Comment Mylène pourrait-elle se passer de lui ? 

Aussi, lorsque Laurent prend enfin l’avion pour Los Angeles, au printemps, toute l’équipe est rassurée. Appelé à la rescousse, l’arrangeur Thierry Rogen débarque lui aussi, orientant Boutonnat et sa muse vers les studios Ocean Way, où enregistre notamment Michael Jackson. Pour autant, l’ambiance ne sera pas des plus décontractée : Boutonnat n’adresse guère la parole à Jeff Dahlgren, ce qui ne facilite pas l’avancée du travail. « Anamorphosée a été très difficile à faire, parce que Laurent était toujours dans l’état d’esprit de l’“après Giorgino”, et qu’il allait très mal », confiera Thierry Rogen. Peu à l’aise dans ce climat destructeur, le mixeur historique de la chanteuse finira par jeter l’éponge, remplacé  au pied levé par Bertrand Châtenet. 

Fuyant au maximum les tensions, Mylène s’isole dans sa villa pour écrire les paroles de ses chansons à partir des premières mélodies qu’elle écoute en boucle sur son baladeur. Au bord de la piscine, elle semble retrouver l’inspiration. Ces derniers temps, un livre ne la quitte pas. Un pavé de sept cent cinquante pages, sa Bible à elle : Le Livre tibétain de la vie et de la mort, de Sogyal Rinpoché. 

« Un vrai détonateur, dira-t-elle. En le lisant, j’étais émue jusqu’aux larmes, car auparavant la mort m’obsédait. L’idée qu’un être disparaisse me donnait un vertige qui m’attirait vers le bas. Je me dis aujourd’hui que la vie n’est pas vaine. Qu’il y a peut-être un passage. Un au-delà qui justifie notre combat. »       

1987-05-aUn chapitre retient particulièrement son attention, celui consacré à l’« impermanence ». « Les amis avec lesquels nous avons grandi, les lieux de notre enfance, les points de vue et opinions que nous défendions autrefois avec tant d’opiniâtreté : tout cela, nous l’avons laissé derrière nous », y écrit l’auteur. Une forme de sagesse libératrice pour Mylène qui, à cet instant précis, veut croire qu’elle peut renaître sous une autre forme. « Ce que nous considérons comme notre caractère fondamental, explique Rinpoché, n’est rien de plus qu’un “courant de pensée”. » La formule a de quoi intriguer Mylène : depuis l’enfance, elle éprouve un mal-être dont elle n’arrive pas à se dépouiller. Plusieurs chansons de l’album, notamment Vertige ou Comme j’ai mal, porteront la trace de cet espoir de changement, de voyage pour l’esprit et le corps. 

Dès le matin, elle se rend aux studios Ocean Way, où elle rejoint les musiciens et l’équipe technique. Laurent Boutonnat règne en maître absolu sur les tables de mixage, barbe fournie et pipe aux lèvres. Jeff Dahlgren, cheveux longs et rebelles, répète quelques accords. Au dernier moment, juste avant d’enregistrer, très concentrée, Mylène corrige les paroles avec un feutre noir, en lettres capitales. Pour la première fois, la chanteuse s’implique également dans les choix musicaux – elle signera même la partition d’un titre, Tomber 7 fois . 

« Le côté rock d’Anamorphosée, témoigne Thierry Rogen, c’est Mylène et Jeff Dahlgren qui l’ont amené et l’ont souhaité. Cette évolution nette a vraiment été le fait de la volonté de Mylène. Elle était très présente dans la production, ce qui n’était pas le cas auparavant. »

 

Si la chanteuse veut un son plus lourd, plus américain, laissant la part belle aux guitares électriques, ce n’est pas seulement pour laisser s’exprimer le talent de Jeff Dahlgren : c’est aussi pour se donner les moyens d’une renaissance artistique. Le miracle, d’ailleurs, c’est que cette atmosphère tendue va générer l’album le plus atypique de Mylène. Au fond, cet exil américain, qui se poursuivra par un séjour d’un mois à New York, permet à la chanteuse de prendre la distance nécessaire pour revenir en force. Le pari n’est pas gagné, mais elle va se battre pour s’imposer à nouveau, tournant la page de ses dix premières années de carrière afin de montrer un nouveau visage, sexy et lumineux. 

Histoire de faire table rase de son image de poupée torturée, Mylène décide de se passer de la caméra de Laurent Boutonnat. La sanction est sévère, mais l’avenir même du duo en dépend. Elle choisit Marcus Niespel, qui a notamment travaillé avec Janet Jackson ou Elton John, pour réaliser le clip de son retour : filmée en noir et blanc, cheveux aux vents, figure de proue d’une locomotive à vapeur des années 1920, elle est méconnaissable. Dans la vidéo comme dans le livret de l’album, on en oublierait même que Mylène est rousse… D’ailleurs, sur la pochette de l’album, elle a pris soin de ne pas exposer son visage : seul son corps apparaît, dans un ensemble noir des plus sexy. 

Par superstition sans doute, ignorant tout de la façon dont elle va être accueillie, elle brille par son absence lors de la sortie du premier single de l’album, XXL. Ce qui lui vaut d’être envoyée en première ligne, sur les plateaux de télévision, par sa maison de disques, qui s’inquiète du démarrage moyen de l’album, pour défendre le deuxième single, L’Instant X. Sortie peu avant Noël, cette chanson de circonstance permettra à la chanteuse de renouer avec le succès et de fixer les bases d’un retour sur scène, qui réamorcera l’amour du public. 

Invitée à s’exprimer, Mylène évoque alors son nouvel état d’esprit, afin que tout le monde puisse constater qu’elle n’est plus la même. « J’ai encore des moments noirs, des instants de dépression. Mais je suis désormais attirée vers le haut et la lumière. » La lumière : le maître mot pour qualifier son retour. Il inspirera une chanson résolument optimiste, Et tournoie…, où la chanteuse semble inviter l’autre à s’extraire des maux qui le rongent pour s’élever vers l’astre solaire : « Sous ton âme ta plainte amère / Panse-la, donne-le / Mets ton âme de lumière. » Là encore, on sent l’influence de Sogyal Rinpoché. 

« Je cesse de me concentrer sur moi-même et mes idées sombres », dit-elle encore. Le discours est bien rodé, d’une grande cohérence. Une opération marketing parfaitement orchestrée ? Pas seulement. Car si Mylène omet de préciser dans quel climat elle a préparé son retour depuis Los Angeles, elle répond toujours avec sincérité lorsqu’on l’interroge sur son attrait pour les États-Unis. Confie son besoin de « se régénérer », de « se ressourcer », son goût des immenses étendues qui ouvrent l’horizon : « J’aime bien cette notion d’espace, de grandeur. » Et puis, elle évoque le plaisir de l’anonymat retrouvé, dans un pays où elle n’est pas une star, ce qui permet un ancrage salutaire dans la réalité. « Ne pas être connue, c’est pour moi une grande liberté. Je peux vivre comme tout le monde. » 

1995-01-bUne chanson sera le symbole de cette renaissance par l’exil : California. Un morceau d’anthologie, un petit bijou musical tout en subtilité, où Mylène mêle avec bonheur références à Apollinaire et anglicismes. « Changer d’optique, prendre l’exit / Et m’envoyer en Amérique », fredonne-t-elle comme une invitation au voyage – dépaysement garanti. C’est là aussi qu’elle emploie le mot qui sert de titre à l’album : l’anamorphose, terme scientifique utilisé en optique, et auquel elle insuffle une seconde vie, poétique cette fois. « Ma perception de la vie s’est élargie », lâche-t-elle, coupant court à toute justification barbante. 

Son histoire d’amour avec les États-Unis est loin d’être terminée. L’horizon élargi que Mylène a découvert va nourrir son imaginaire scénique et accentuer son goût pour les spectacles grandioses. 

L’Amérique sera donc son point d’ancrage lorsqu’elle concevra la tournée de 1996. C’est à New York qu’elle sélectionne la troupe de danseurs, hormis Christophe Danchaud, chargé d’enseigner les chorégraphies. Elle se paye aussi le luxe de débaucher Donna de Lory, la choriste de Madonna. Le nouveau spectacle sera aussi lumineux que celui de 1989 était sombre : avec son écran géant, ses paillettes, ses costumes sexy en diable et ses chorégraphies léchées, il va imposer la nouvelle Mylène, seule chanteuse française à pouvoir rivaliser avec la démesure des stars américaines. C’est à partir de cette période que la presse, bluffée, commence à la surnommer la « french Madonna ». 

En 1999, afin de préparer le « Mylenium Tour », une tournée pharaonique qui s’arrêtera dans quarante-trois villes, Mylène repasse encore par les cases New York, pour le travail avec les danseurs, et Los Angeles, pour les répétitions avec les musiciens. Entre-temps, elle a appris à apprécier New York et se nourrir de cette énergie à la puissance dix qui galvanise les artistes. Une ville dont l’atmosphère lui semble beaucoup plus stimulante que celle de Los Angeles. Vêtue d’un débardeur et d’un pantalon blanc, on la voit se glisser, joyeuse et silencieuse, au centre des danseurs et observer le tableau en mouvement dans le miroir. 

« Plus loin plus haut / L’extase de l’immensité », chante Mylène dans Vertige, qui aborde le thème de l’impermanence cher à Sogyal Rinpoché. Si l’ouvrage du sage bouddhiste lui a ouvert l’esprit dans une direction qui semble, du moins provisoirement, apaiser son âme, le continent américain va durablement s’imposer comme une destination privilégiée. Loin de l’Hexagone, la star ira, chaque fois qu’elle en aura l’occasion, s’aérer la tête. Surtout, elle n’oubliera jamais que c’est là-bas qu’elle a repris en mains sa vie et sa carrière. Une décision qui a tout changé. 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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SOUS LES MAUX DE MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 2 mai 2015

 

 

Swift écrivait avec authenticité : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. » Ce nouvel album de Mylène Farmer ne manquera pas, devant la vocifération de quelques verrats nourris à la confiture pourrie, de confirmer à nouveau cette citation.

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Bloc opératoire :

« Tous les points de suture du monde ne pourront nous recoudre » dit Pacino dans L’impasse.

Anesthésie générale en prévision. Comme son nom l’indique, Point de sutureannonce une phase, celle de la plaie soignée après l’opération. Soignée mais pas cicatrisée. Alors que l’excellent [Dégénération->644] (dans les bacs depuis le 18 août) laissait présager un disque froid et plutôt évasif quant aux paroles, ce septième album de la rouquine, très up tempo, électrochoc, s’avère d’une diversité délicieuse et sauvage. Avec un virage résolument électro moderne, tout en restant, fort heureusement, très Laurent Boutonnat (génie irremplaçable, quoi qu’on en dise, dont on attend également impatiemment la prochaine production cinématographique). Petite révélation d’introduction :Point de suture contient le plus beau titre que Mylène Farmer et Laurent Boutonnat aient écrit.

D’allégories en aphorismes, d’assonances sans dissonances, de désirs annexes, sexuels, sans zèle, sans complexe, les textes sont d’une rare finesse et intelligence, même si leur titre ne l’affirme, parfois, pas nécessairement ( Appelle mon numéroC’est dans l’air ). Le nom de l’album exhale d’ailleurs toute sa prestance si l’on daigne un tant soit peu creuser entre les lignes : l’artiste n’aura jamais autant joué sur l’autodérision, subtile et cocasse, sur la poésie, sur l’éclectisme : sur tout ce à quoi on l’assimile bêtement, souvent avec une hargne rare.

Option chirurgicale : album au scalpel :

Dégénération : ouverture en rafale avec le premier single issu de Point de suture (ici en version longue), accessoirement numéro 1 des téléchargements légaux dès sa mise en ligne, et servi par un clip époustouflant, subversif, fort de ses allusions métaphoriques (une confusion des genres entre médecins et militaires nazis, entre malade [sujet d'étude] et entité divine). Un des meilleurs singles de Mylène Farmer, à l’antinomie du palliatif, qui n’est pas sans rappeler Sin de Nine Inch Nails . Ecoutez bien.

Appelle mon numéro : première découverte du nouveau cru. Avec un tel titre, l’auditeur pouvait s’attendre au pire, comme il en abonde sur les plus mauvaises radios généralistes. Il s’extasiera finalement du meilleur. Musicalement, Appelle mon numéro se rapproche de Dans les rues de Londres (en 2005), grâce à ses arrangements doux et planants, aux nappes de synthés, accentués par des guitares sèches et un riff électrique qui s’ancre rapidement dans la tête. Malgré cette rétrogradation, la (bonne) surprise est de taille : un texte écrit avec justesse et mæstria, par ses multiples jeux de mots et les assonances jouissives du deuxième couplet (une prouesse littéraire exemplaire, grande maîtrise du verbe, qualité stylistique énorme, tournant autour du pillow et de l’hallali [à la connotation sexuelle évidente]). Une extrême noirceur derrière le rideau : un appel à l’aide, un cri de claustration, Mylène is calling 2 : Allo oui c’est moi, tu n’es pas là ? Je me sens toute seule, je suis toute seule. Une plage douce, dans le style trip-hop envolé cher à Mylène, et dont les cinq minutes trente défilent beaucoup trop vite.

Je m’ennuie : retour aux sonorités électroniques pour un hit efficace, clair, et dance dont les arrangements font totalement abstraction du désenchantement paroxysmal des paroles (comme souvent chez l’artiste). Ode à l’oisiveté, à la désillusion. Virage musical bien opéré à travers ce titre moderne et entraînant, empreint de doute et de solitude profonde, nous renvoyant au bovarysme. Un futur single à n’en point douter.

Paradis inanimé : l’intro de Paradis inanimé nous met d’emblée dans le ton : Point de suture risque fort d’être le disque le plus riche et hypnotique de la charmante rouquine. Energique, frais et (très) mélodieux, ce titre renvoie à la période pop-rock de l’artiste. Paradis inanimé bénéficie d’un texte onirique (et derrière le masque, très nihiliste), noir, poétique, apparaissant presque tel un pied de nez à certaines langues de fiel enfermant la chanteuse dans quelques clichés risibles. Un magnifique voyage, Mémoires d’outre tombe, dont la dernière minute nous rappelle avec joie ce que Coldplay sait faire de meilleur.

Looking for my name : un peu de douceur pour cette cinquième piste, interprétée avec Moby . Sur une ambiance hypnotique et obscure, Looking for my name se différencie totalement de Slipping away / crier la vie (single en duo avec Mylène issu du Greatest hits de Moby, sorti en 2006) et de son potentiel club, se rapprochant plus de l’univers habituel de la rousse. Petite pépite synthétique et mélancolique principalement dans la langue de Shakespeare, qui passe en boucle, dans une optique moderne de l’album L’Autre. en 1991. Une véritable et remarquable collaboration artistique.

Point de suture : balade sombre typiquement Farmer / Boutonnat, aux claviers et pianos omniprésents, interprétée très sobrement, à la limite de la fêlure. Nouveau clin d’oeil à la pop gothique raffinée de 1991, avec à l’appui, plus d’aigus dans la voix. Les derniers souffles de la chanson se révèlent ni plus ni moins incroyablement beaux et ténébreux. Un des grands moments de l’album : bouleversant. Et sur les blessures, point de suture.

Réveiller le monde : parfaite transition entre les titres froids et électroniques, Réveiller le monde est à classer dans ces deux catégories. Le texte, empli de désillusion, suintant le lyrisme de Paul Celan, appelle à une tolérance plus soudée entre les hommes, et sonne comme un appel de Soi à un quelque retrait d’un monde ébréché, au stade irréversible de l’agonie. Un titre savoureux, très doux, aux vieux fantômes de Depeche Mode .

Sextonik : malgré de très bons couplets (vantant les mérites de quelques ustensiles utilisés en substituts.) sur lesquels la mélodie nous caresse gentiment les tympans, Sextonik, aux accents dance kitsch années 80, a du mal à convaincre sur un refrain très creux et vite irritant. On se demande même si ce morceau n’a pas été écrit pour (par ?) les adhérents du Club Med, ou ceux d’un cours d’aérobic salace, sous le soleil d’été. La petite déception de la galette.

C’est dans l’air : une TUERIE imparable comme on en attend rarement. Electro énergique à double tranchant, la lumière de C’est dans l’air (le titre le plus rapide du disque) irradie de sa dichotomie, et de ce qu’exhale en général Point de suture . Les couplets baignent dans une teinte similairement déstructurée de Dégénération, aux sons limités mais prenants, avant que le refrain ne vienne complètement métamorphoser le morceau sur une mélodie accrocheuse, monstrueusement efficace, impossible à se retirer du crâne après écoute. Le texte, aussi explicite qu’ambigu en vivant d’un champ lexical très pieux (« ange », « apôtre », « Seigneur », « cieux », « félonie »), nous montre pour la première fois, sans amphibologie, un nihilisme exacerbé de l’auteur : « On s’en fout, on nie tout, on finira au fond du trou. et moi je chante. » ( Mylène fan de Sindrome ?), renvoyant à quelques passages du Non-sens du devenir de Cioran, extrait de l’ouvrage Sur les cimes du désespoir : « Dans le silence de la contemplation résonne alors un son lugubre et insistant, comme un gong dans un univers défunt. Ce drame, seul le vit celui qui a dissocié existence et temps : fuyant la première, le voici écrasé par le second. Et il ressent l’avance du temps comme l’avance de la mort. » En seconde lecture, le texte de C’est dans l’air apparaît également comme un règlement de compte grinçant, paraphé de multiples métaphores. Evidemment, la bombe du CD, à laquelle il est difficile de ne pas espérer prochainement un clip vidéo.

Si j’avais au moins revu ton visage : malgré la force indéniable résonnant déjà tout au long de cet album (en évinçant Sextonik ), Mylène Farmer nous aura réservé un final époustouflant sur les deux derniers titres. N’ayons pas peur des mots : de par une musique douce et belle, une voix fragile, un texte sincère et désespéré (qui fait étrangement penser à la fin tragique d’ Eurydice et Orphée ), Si j’avais au moins revu ton visage s’affiche sans conteste comme la meilleure chanson de tout le répertoire de la chanteuse. Sensible, sobre, acoustique, poignant (on repense à Dernier sourire ), sur le fil du rasoir ; une pure merveille qui mériterait à elle seule l’achat de cet album unique. Magnifique conclusion, sur un très beau solo à la guitare.

5243Ave Maria (titre caché) : l’intérêt sur un titre fantôme, est de préserver l’effet de surprise à l’auditeur. Je vous laisse donc découvrir cette reprise, mystique, troublante, presque gênante.

Postcure sans placebo :

Point de suture, véritable machine à tubes, hybride, polysémique, nous offre des titres efficaces, admirables, neufs, comble brillamment les attentes de l’auditeur (ou au-delà), amenant carrément à ce dernier un choc pendant l’écoute de plusieurs titres, surprenants, et sonne telle une synthèse de tout ce qu’a été Mylène Farmer, autant dans son art que dans ce que certains médias ont véhiculé de cliché sur elle. On notera également des arrangements extrêmement sobres sur la voix, mise en avant, et dont le chant maîtrisé à la perfection nous allèche quant aux prochains concerts de la belle, prévus en France à partir de mai 2009 (en juillet pour la Russie).

La pochette du disque, subtile et noire (noirceur assimilable uniquement à la majorité des textes de l’album, et non aux sonorités des compositions) alimentera sûrement son lot de spéculations : une poupée rousse – amochée au possible, et recousue jusqu’à la défiguration – en robe blanche est couchée à côté d’un pot d’appareils chirurgicaux, remplaçant ainsi la dame. Clin d’oeil à la marionnette de Sans contrefaçonen 1987, définitivement mise au placard, ou à une artiste trop souvent disséquée jusqu’au bain de sang ? Cela fait effectivement dix-sept ans (depuis L’Autre., troisième LP sorti en 1991) que certains médias annoncent, à chaque sortie d’album, une mort artistique imminente de la principale intéressée (on attend toujours d’ailleurs, soit dit au passage). Le livret est aussi la digne représentation de l’ambiance générale de l’album : une dissection de Mylène, complètement cabossée. C’est qu’elle s’en est pris dans les dents, la renarde ; mais malgré les coups incessants, elle reste(ra) en vie, coûte que coûte. Peu importe les menaces, la violence et les éclats volés. On pourrait comprendre également que même si devenant un débat d’étude, le sujet souhaite rester intègre, n’en déplaise aux loups dont les babines crachent de sang.

Un sublime tableau aux deux visages dichotomiques, qui eût très bien pu s’illustrer de Nature morte de Jean-Baptiste Oudry . Après Avant que l’ombre. à l’accueil dithyrambique dans la presse spécialisée (jusque dans Rolling Stone et Le Monde ), Mylène Farmer et Laurent Boutonnat enfoncent le clou. Point de suture : soin de rupture, point spectral. En bref, plus de guitares, d’électro, de rythmes up tempo, pour ce qui s’affirme comme un des (voire le) meilleurs albums d’une carrière exemplaire, atypique et inimitable. Le retour magistral d’une artiste en marge, imprévisible et troublante : qu’on le veuille ou non, Mylène, c’est dans l’air, et l’intoxication n’est toujours pas au programme. Tout simplement et modestement, merci.

Côté news fraîches, découvrez la PREMIERE page web officielle de Mylène FarmerLonely Lisa s’ennuie . dès septembre 2008. En attendant l’ouverture du site, un film d’animation (réalisé avec les dessins de l’artiste) nous est proposé sur htpp://www.lonelylisa.com. A travers la mise en avant de ce projet, la chanteuse poursuit l’histoire de la petite Lisa, personnage principal de Lisa, Loup et le conteur, premier livre de Mylène paru en 2003 aux Editions Anne Carrière, gros succès en librairies (épuisé quelques semaines après sa parution). Au programme pour septembre : pour la promotion de ce site, on peut allègrement attendre Je m’ennuie en single, dont le clip devrait être la suite de C’est une belle journée (2001). Le même mois sortira chez les disquaires Drôle de Creepie en cd 2 titres, interprété par Lisa (décidément), la nièce de la rouquine. Signée Mylène Farmer et Laurent Boutonnat, cette chanson noire et terriblement mignonne est la bande originale de la série du même nom (un mélange de Beetlejuice et de Daria ), mettant en scène la jeune Creepie, orpheline goth-punk-manga, ayant grandi auprès de ses seuls amis : les insectes. Aussi, Mylène incarnera le personnage féminin principal du film L’ombre des autres, inspiré du livre éponyme de Nathalie Reims, prévu au cinéma en 2010. Actualité chargée pour la rousse, au meilleur de sa forme !

 

article source : http://www.discordance.fr/

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AU TRAVERS DES TEXTES DE MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 30 avril 2015

 

imagesAntoine Bioy : Il est vrai que Mylène Farmer possède l’image d’une chanteuse torturée, pourtant il ne s’agit pas de l’essentiel de son univers, et par ailleurs ce dernier a beaucoup évolué avec des chansons plus légères, privilégiant parfois l’esthétique au contenu, comme ses récentes incursions dans l’electro-pop.

Il n’en est pas moins vrai que son panorama artistique reste emprunt d’une certaine mélancolie ; une mélancolie « presque heureuse », dirait Amélie Nothomb. 

Au sein de cet univers forcément intime et tout en contraste, Mylène Farmer montre différentes facettes. Elle peut incarner tour à tour la figure de la femme enfant, de la prostituée, de la dévoreuse d’hommes, etc. C’est en cela que son univers fascine : il est complexe, multiple, parfois en effet ambiguë, et chacun peut y lire une dimension de lui-même. 

Mais le personnage Mylène Farmer est aussi tout en contraste : elle peut créer un lien intime avec ses fans dans la fureur d’un concert, peut évoquer la difficulté de vivre sur un air gai, ou bien sembler évoquer des émotions simples en les parant de références culturelles parfois élitistes. 

Chez Farmer, le lien à l’autre n’est chez elle jamais totalement simple et se vit facilement sur un mode évitant. Pourtant, sa démarche reste sincère et l’intime est recherché dans des moments d’exception telles que ses concerts où l’on touche l’autre sans vraiment être dans un contact direct. Là est sa vraie ambiguïté. 

Quelles sont ses chansons les plus emblématiques, pourquoi ? Qu’évoquent-elles ?  

Libertine avait marqué les esprits par son appel à la sexualité et annonçait son premier N°1 au classement des ventes : « Pourvu qu’elles soient douces ». Pour autant, le top trois des chansons les plus connues est certainement « Sans contrefaçon » en numéro 1 suivi de « Désenchantée », et peut-être dans une mesure un peu moindre, « Rêver ». 

Il est vrai que les chansons emblématiques restent ses chansons mélancoliques, comme « Ainsi soit Je » ou plus récemment « Point de suture » qui constitue sans doute l’un des titres le plus typique de l’univers Farmer : raffiné, authentique, sensuel, et toujours une « pointe féroce » qui donne à sa mélancolie un relief particulier : « Les nuits sont chaudes/ Mon sang chavire et tangue / Bateau fantôme / Qui brûle / Je suis tempête et vent / Ombre et lumière / Se jouent de l’amour / Mes vagues reviennent / Mes flots sont si lourds ».

Quels sont ces thèmes de prédilection et pourquoi fonctionnent-ils ? Quel public est touché par ses textes ?

L’une des grandes forces de « l’univers Farmer » est d’offrir un miroir au public. Au fil des clips, des textes, des scénographies sur scène, la chanteuse aborde des thèmes universels : l’enfance, la passion, les amours contrariés, la sexualité, la finitude… Mais ils ne sont d’ailleurs pas qu’abordés, ils sont incarnés par la chanteuse : elle met en scène ses personnages et les fait vivre, parfois au fil de plusieurs clips, par exemple « Dégénération » et « Si j’avais au moins ». 

L’essentiel du public Farmer est composé de deux vagues : ceux qui l’ont découverte dans les années 1980, et qui ont une quarantaine d’année actuellement, et ceux qui l’ont suivie plutôt depuis les années 1990. Les années 2000 ont confirmé sa place d’artiste d’exception, mais n’ont pas vraiment apporté de nouveaux « adeptes ». Si Mylène Farmer peut être appréciée à tous les âges, c’est généralement au moment de l’adolescence qu’on la découvre et que son univers « parle ». Il semble en effet, comme un conte, aborder et prévenir des secrets de la vie, des avenirs heureux ou non possible, et bien sûr de la fin de chacun.

L’univers passionnant fait que le public, une fois touché, ne le lâche pas et c’est la raison pour laquelle, actuellement, un public d’une grande diversité se retrouve pour ses concerts.  

Qu’est-ce que Mylène Farmer dit d’elle dans ses chansons ? Que confie-t-elle d sa personnalité ?

A peu près rien. Et pourtant, les gens ont l’impression qu’elle parle d’elle à travers ses textes. Mais en y regardant de plus près, elle reste dans le général. Elle parle de l’amour en général, de la mort. Mais ce n’est jamais abordé personnellement. C’est cela qui touche aussi le public finalement. C’est parce que ses paroles ne sont pas personnalisées que son public s’identifie beaucoup à elle. C’est sa grande force. Elle construit de l’intime à travers son œuvre alors même que celui-ci est très universel. Contrairement à d’autres chanteurs, il y a des éléments de sa vie personnelle, de mise en relief de sa propre histoire à l’intérieur de son univers. Par exemple, elle est capable de parler de la naissance d’un enfant ou de l’enfance en général sans jamais que l’on arrive à savoir exactement de quoi il en ressort pour elle. Si on prend Désenchantée, c’est un hymne à la révolte et à l’enfance mais à aucun moment elle ne fait appel à sa propre enfance. C’est toute l’ambigüité du personnage. Elle arrive à construire un propos autour de l’intime sans jamais livrer quelque chose de personnel. Mais elle évoque suffisamment bien les problèmes pour que son public se sente concerné, s’y reconnaît.

Mylène-FarmerMylène Farmer, entretient-elle quelque chose de commercial autour de sa part de mystère où n’arrive-t-elle pas à se confier ?

Je ne crois pas du tout à une forme de réserve. Malgré ce qu’elle dit ce n’est pas dans sa nature profonde d’être éloignée des médias. Souvenez-vous, dans les années 1980, elle faisait le Jacky show par exemple. Elle arrive en réalité à se mettre en scène dans des shows pharaoniques comme peuvent le faire les grands timides. Mais elle arrive à le faire car le lien au public n’est pas un lien où il y a un vrai contact. Elle perçoit le public comme une masse en face d’elle. 
Mais il y a aussi une dimension marketing. Ce n’est pas non plus un ange Mylène Farmer, c’est une femme d’affaires. Du coup, cela fait partie de son univers. Elle en joue. 

Mylène Farmer a-t-elle plus tendance à se confier en interview ou dans ses textes ?

Quand elle est en interview, elle est souvent mal à l’aise. Du coup, elle y va en sachant qu’elle ne voudra rien dire. Mais il faut essayer de comprendre son univers comme une tentative de poésie. C’est-à-dire qu’elle essaye de créer de l’émotion. L’enchevêtrement des phrases et des mots qu’elle emploie est très rythmique. C’est certainement son ambition : arriver à évoquer des  thèmes qui procurent de l’émotion à son public tout en en livrant le moins possible d’elle-même. Elle ne se confie pas, ni en interview, ni dans ses textes, en revanche elle donne une forme d’émotion à ses fans et cela au-delà des histoires qu’elle pourrait raconter. Elle faisait de même dans ses clips ultra-scénarisés.

Les fans campent depuis le début de la semaine devant la salle de Bercy, les places se sont arrachées en quelques heures seulement. Que vont chercher les fans dans cette personnalité si particulière ? Etre fan de Mylène Farmer, est-ce une façon de se démarquer et d’exprimer sa singularité ?

Être fan est avant tout une façon de trouver sa singularité. Au contact – même imaginaire – de celle que l’on apprécie, on apprend à se connaître soi-même. Premier temps, on s’identifie à la star au travers du personnage et de son imaginaire, puis on apprend à découvrir l’artiste pour ce qu’elle est et non seulement pour ce qu’elle donne, à mesure que l’on se découvre soi, différent et unique à la fois. Mais la grande force de Mylène Farmer c’est de faire du lien entre les individus. Par exemple, ceux que vous citez ne campent pas que pour leur star : ils se connaissent entre eux, se retrouvent, lient pour certains des liens amicaux d’une grande force, parfois plus ! Au travers de leur star, les fans vivent des émotions fortes, et cela aussi est important.  

1988-04-aPourquoi touche-t-elle un public si large et si éclectique ?

On pourrait voir Mylène Farmer comme un écran de projection : elle est le support de tous les fantasmes car incarne des visages très différents au fil des histoires qu’elle déroule dans ses clips, sur scène, etc. Son talent scénique en fait également une performeuse hors pair qui explique aussi que certaines personnes qui n’apprécient pas totalement ses titres viennent la voir pour les show qu’elle propose. Ces derniers sont unanimement reconnus pour la qualité de la direction artistique et la grande générosité de ce qui est offert au public. A la fois grandiose, intime, authentique et d’une maîtrise très pensée. C’est tout cela à la fois, Mylène Farmer. 

dernière parution sur http://www.atlantico.fr/ 

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POUR LE PLAISIR Présenté par Christian DANIEL

Posté par francesca7 le 8 avril 2015

 

 

20 AVRIL 1986 – sur FR3 ALSACE

1986-02-aMylène chante « Maman a Tort » puis rejoint Christian Daniel et s’installe sur un tabouret.

Mylène Farmer : Merci beaucoup !

Christian Daniel : Mylène, « Maman a Tort ». Mylène, j’ai relevé quelques­unes des paroles dans vos chansons et j’ai le sentiment un petit peu, votre sourire a l’air de me démentir, que vous aimez chanter un petit peu la mélancolie et la tristesse. Je me trompe ?

MF : C’est vrai, je dois être une personnalité un peu mélancolique. Il y a quelqu’un de très célèbre qui disait que la vie pourrit l’esprit et que la mort pourrit le corps. Je sais que c’est très philosophique et très macabre, mais parfois il y a des moments qui sont prodigieux dans la vie aussi.

CD : Est­ce que vous êtes comme ça dans la vie ?

Mylène hausse les épaules d’un air amusé.

CD : Mylène, je relève : « La vie est triste/Aimer c’est pleurer/J’aime ce qu’on m’interdit/Les plaisirs impolis »…

MF : C’est vrai, je pense qu’il y a des moments qui sont terriblement cruels dans la vie et également des moments qui sont prodigieux. Je dois être certainement quelqu’un de mélancolique, mais je pense pas que ça soit incompatible avec ce métier et avec la joie de vivre.

CD : Est­ce que vous n’essayez pas également un petit peu dans vos chansons de provoquer, d’être un petit peu provocante ?

MF : Si, ça depuis le début ! « Maman a Tort », après y avait « On est Tous des Imbéciles », maintenant « Libertine », c’est vrai que j’ai le goût de la provocation mais c’est un peu le but de…comment dire ?…de vouloir défaire les choses, un peu, provoquer, oui…

CD : L’album, avec en titre le nouvel album (single, ndlr) « Libertine ». Alors, vous dites carrément « Je suis une libertine, je suis une catin » : ça, c’est de la provocation, ça !

1986-02-bMF : Oui, à cela je vous réponds que nous sommes tous la prostituée de quelque chose ou de quelqu’un, certainement oui !

CD : Ecoutez, on va écouter « Libertine ». Auparavant, je vous prends par la main pour votre amener sur notre étoile. Mylène Farmer : « Je suis libertine » (sic !)

Il joint le geste à la parole, et Mylène chante sa chanson en effectuant la chorégraphie.

Elle revient à la fin de l’émission pour le générique de fin, au milieu des autres invités et porte un grand bouquet de fleurs dans les bras.

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REVIEW DU CONCERT TIMELESS 2013 (partie 3)

Posté par francesca7 le 29 avril 2014

 

A partir du 7 septembre 2013, Mylène a brassé large pour la Tournée TIMELESS, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres, repris ici sur ce blog, de  chacun de ses albums et enchaînant les surprises, voici la suite de sa sélection au Timeless 2013:

timeless-2013-photo-03

OUI MAIS… NON

Voici l’un des titres les plus populaires de la tournée. Premier single extrait de l’album « bleu noir », « oui mais … non » n’avait bénéficié que d’une seule représentation publique, le 22 janvier 2011 aux NRJ  Awards, avant d’être enfin interprétée sur scène lors de ce TIMELESS 2013, face à des spectateurs visiblement conquis dès les premières notes.

 

Reprenant la mise en scène du clip signé Chris Sweeney – Mylène assise dans un fauteuil est entourée de danseurs, la chorégraphie de David Leighton a été, pour le coup, modifiée, mais reste largement dans la veine  de l’originale. En fond visuel, l’écran géant nous offre des ombres chinoises (n’allant pas sans rappeler le décor du tour 2009 d’ailleurs) s’animant au rythme de la chanson et reprenant le spas des danseurs sur scène. Un titre énergique qui a mis le feu chaque soir de la tournée, et qui méritera sans conteste de retrouver sa place lors des prochains concerts de Mylène.

 

INTERLUDE

 

C’est désormais un classique des concerts de Mylène Farmer : un interlude musical mettant à l’honneur les danseurs et les lumières .. Et très utile à l’artiste pour se changer en coulisses ; c’est de nouveau le cas pour cette tournée. Débutant sur un doux remix électro du « Trio opus 100″ de Schubert, ce ne sont pas les danseurs mais plutôt les robots qui sont mis en avant cette fois-ci. Encadrées par des lasers bleus qui envahissent la salle, deux créatures sortent d’abor des abysses de la scène et entament un ballet sur ce morceau classique aux teintes mélancoliques, avant d’être rejoints par trois autres robots dans cette danse langoureuse. Mais bientôt, la musique de Schubert s’efface, le rythme et les lasers s’accélèrent, tandis que les robots nous offrent une chorégraphie beaucoup plus saccadée et nerveuse. Sur l’écran géant, des étincelles sont projetées puis disparaissent, avant de laisser place à des jeux de lumière aux pouvoirs hypnotiques directement envoyés des éléments de l’accélérateur de particules ; puis la musique s’arrête, les robots s’endorment, et le calme revient sur scène ; il est temps, désormais, d’en venir à la partie la plus intime du concret, le piano-voix.

 

thumbs_timeless-2013-gayant-expo-douai-23-novembre-201MAD WORLD (EN DUO AVEC GARY JULES)

 

Dans la salle, le noir absolu, puis les premières notes du piano d’Yvan Cassar résonnent tandis que les portes qui trônent de chaque côté de la scène s’habillent d’une lumière bleue. La mélodie est triste… nous nous attendons à voir Mylène arriver pour interpréter l’un des ballades de son répertoires. Mais c’es à une surprise supplémentaire que nous avons droit : sur la scène, un homme est là, seul. Le visage encore invisible, il entame de sa voix mêlant force et fragilité les paroles d’une chanson de Tears for Fears, « Mad World ». Puis son visage nous est enfin révélé : il s’agit de Gary Jules, bientôt rejoint par Mylène, qui arrive du fond de la scène, désormais habillée d’une robe en strass échancrée, laissant entrevois ses jambes.

 

Auteur-compositeur-interprète, Gary Jules est californien. A la tête de plusieurs albums (« Greetings from the Side » en 1998, « Trading Snakeoil for Wolftickets » en 2002, « Gary Jules » en 2006, et « Brid » en 2008) il s’est mondialement fait connaître grâce à sa reprise de « Made World » que l’on retrouve tout d’abord sur la bande originale du film « Donnie Darko », sortie en 2001, mais également sur son album, « Tradding Snakeoil for Wolftickets » l’année suivante. En 2003, le titre est réédité en Angleterre où il devient un tube que l’on entendra par la suite dans de nombreuses séries américaines comme « Smallville », « Jerricho », « Les experts » et « FBI : portés disparus », ou encore dans la publicité du jeu « Gears of War ».

 

 LES MOTS (EN DUO AVEC GARY JULES) 

Depuis sa sortie en 2001, le tube « Les Mots » n’a été interprété qu’une seule fois sur scène, lors de la série de concerts Avant que l’ombre… à Bercy, en 2006. Si nous pouvions nous attendre, à cette occasion, à voir apparaître Seal pour la chanter aux côtés de Mylène, il n’en fut rien. C’est en effet Abraham Laboriel Jr, son batteur, qui prit le relais. Pour Timeless 2013, Mylène a souhaité reprendre ce titre. Mais là encore, Seal ne fut pas au rendez-vous, puisque lors de cette tournée, c’est Gary Jules qui en assura l’interprétation. 

Sur scène, tandis qu’yvan Cassar joue les premières notes, Mylène et le chanteur se tiennent côte à côte. Comme à l’accoutumée, le duo est lancé par Mylène, et Gary Jules la rejoint lors du deuxième couplet. Le couple fonctionne bien, l’alchimie des deux voix est là, et la complicité évidente. Une belle réussite pour cette deuxième fois où Mylène fait intervenir un autre artiste (extérieur à l’équipe de la tournée) sur scène. La première occasion remonte à décembre 1996, lorsque la star invita Khaled à venir chanter avec elle la reprise de la chanson de Polnareff, « La poupée qui fait non », à Genève et à Paris Bercy.

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JE TE DIS TOUT 

Après avoir salué Gary Jules, Mylène, seule, s’en va aux côté d’Yvan Cassar (qui n’a pas bougé du côté droit de la scène depuis le début de cette séquence piano-vois), afin d’interpréter l’un des plus beaux titres de son répertoire, « Je te dis tout ». Deuxième extrait de « Monkey Me », son dernier album, cette chanson, dont les paroles lourdes de sens semblent s’adresser à un enfant, a bénéficié d’une représentation publique unique lors des NRJ Music Awards, le 26 Janvier 2013. Un vidéo-clip signé François Hanss fut également tourné, dont plusieurs éléments faisaient référence à la grande période des clips de Mylène dans les années 80, et dans lequel la coiffure qu’elle y arborait rappelle celle choisie pour ce Timeless 2013. 

Sur scène, l’interprétation est plus lente que la version studio et l’introduction au piano revisitée. Quant à la sobriété offerte par la mise en scène, elle confère à la chanson une émotion d’autant plus palpable dans la vie de Mylène que cette dernière a chois, pour ce live, de nous la livrer entièrement en acoustique. 

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 8

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REVIEW DU CONCERT TIMELESS 2013 (partie 4)

Posté par francesca7 le 29 avril 2014

 

A partir du 7 septembre 2013, Mylène a brassé large pour la Tournée TIMELESS, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres, repris ici sur ce blog, de  chacun de ses albums et enchaînant les surprises, voici la suite de sa sélection au Timeless 2013:

ET POURTANT….

Si le public pouvait d’attendre à « Rêve ou « Ainsi soit je… » comme quatrième titre de ce piano-voix, il n’en fut rien puisque, encore une fois, Mylène a préféré la surprise en nous proposant la ballade qui clôt officiellement l’album « Avant que l’ombre… », sorti en 2005 : « Et pourtant … » . Lors de ce Timeless 2013, c’est celle avec laquelle la chanteuse a choisi de terminer la séquence piano-voix de son show

Une chanson qui met à l’épreuve la fragilité de sa voix lorsqu’elle monte dans les aigus et se brise, sur des paroles chantant l’espoir en l’amour malgré la peine, les doutes et les déceptions. A la fin, Mylène s’en va en coulisses, laissant Yvan Cassar nous offrir une envolée lyrique au piano. Un peu d e calme avant la tempête qui va de nouveau déferler sur scène quelques instants plus tard….

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DESENCHANTEE

L’écran géant se remplit d’une pluie d’étoiles blanches défilant à toute vitesse puis est entièrement envahi de rouge lorsque les premières mesures de « Désenchantée » se font entendre. Dans la salle, c’est l’effervescence. Depuis le Tour 1996, le public attend toujours avec autant de ferveur ce qui reste à ce jour le plus grand tube de la chanteuse. Indétrônable « Désenchantée », aux paroles si pessimistes et malheureusement toujours d’actualité (vingt-deux ans après avoir été écrites), mais dont le rythme et la mélodie si efficaces réussissent toujours à soulever les foules, chaque soir de concert…

Tout de noir vêtue, Mylène marche seule vers son public, arrivant du fond de lala scène pour entamer la chanson, tandis que ses danseurs, d’abord recroquevillés dans leur camisole blanche, l’attendent pour se lever et se balancer, comme des pantins avant de s’agiter et se libérer de leurs liens durant le premier refrain. Sur l’écran géant, plusieurs araignées métalliques ont fait leur apparition (« araignée du matin, chagrin, araignées du soir, espoir » ?). C’est l’une d’elles qui accompagnera ensuite majoritairement la chanson en se promenant sur sa toile, semblant presque s’amuser à suivre le rythme du titre. Sur scène, le deuxième couplet est l’occasion de découvrir à quel point la chorégraphie, très revisitée, est devenue sportive, bien que reprenant des pas de l’originale, lors des refrains et du pont musical. Le cocktail est efficace et le public conquis. « Désenchantée » version 2013 est une belle réussite visuelle, soutenue par une réorchestration intéressante.

 

BLEU NOIR / ELLE A DIT

Outre le concert du 27 octobre 2013 à Minsk, en Biélorussie, où ce titre a été remplacé par « Elle a dit » (chanté sur scène sans bras métallique ni nacelle, comme en France), « Bleu noir » deuxième single extrait de l’album du même nom sortie en 2010, était présent dans la setlist de chaque concert de la tournée. Sa mise en scène en était tout à fait remarquable, puisque Mylène rejoignait tous les soirs la gauche de la scène et montait sur une plate-forme attachée à un bras métallique qui, durant la chanson, survolait le public de la fosse. L’occasion pour la star de voir ses fans « d’en haut » et de connaître un véritable moment d’osmose avec eux.

Cet élément de décor rappelle quelque peu celui du Tour 1996, lorsque sur la chanson finale, « XXL », Mylène montait sur une petite plate-forme qui se situaient en avancée de scène et s’élevait dans les airs durant la chanson. Il évoque également celui de la série de concerts Avant que l’ombre… A Bercy, où pour le titre « Ange parle-moi » la chanteuse arrivait d’en haut à gauche de Bercy, dans une nacelle reliée à des rails cachés dans les plafonds de la salle et qui survolait tout le public jusqu’à la déposer sur la deuxième scène cruciforme occupant une partie de la fosse.

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DIABOLIQUE MON ANGE

« Diabolique mon Ange » est l’une des chansons les plus marquantes de l’album « Bleu noir ». La musique, à la fois mélancolique et tragique – signée Darius Keeler et Danny Griffiths du groupe Archives- habille des paroles particulièrement sombres semblant évoquer le suicide par défenestration après une déception amoureuse. Si ce titre ne fut pas un single extrait de « Bleu noir », il aura connu une existence sur scène lui permettant de devenir le premier extrait de l’album live « Timeless 2013″. Une belle revanche !

Alors que l’introduction débute, la salle est soudainement plongée dans des ténèbres aux teintes bleutées. Seuls deux spots envoient des rais de lumière formant une croix au-dessus de Mylène qui est là, debout, au milieu de la scène, ne nous offrant d’abord que sa silhouette. Ce n’est que vers la moitié du titre que d’autres éléments de décor interviennent : ainsi les trapèzes de l’accélérateur de particules se couvrent-ils de rouge feu pour descendre ensuite, telle une menace, au-dessus des musiciens, avant de se redresser et de lancer des éclairs de lumière vers Mylène. Par la suite, tandis que la chanteuse part rejoindre les coulisses, ils retrouvent les hauteurs de la salle pendant que d’immenses flammes vertes envahissent l’écran géant et que les musiciens rejouent les mesures du refrain. Le point final de la chanson est donné lorsque la musique s’arrête et que ne reste que la croix formée par les deux jets de lumière. Une mise en scène qui va crescendo et qui accompagne parfaitement la montée en puissance de texte, dont Mylène nous offre ici une interprétation poignante.

 

SANS CONTREFACON

Autre grand classique et incontournable tube que Mylène nous propose systématiquement sur scène depuis le début de sa carrière (excepté lors du Mylenium Tour où seule une partie de la chanson était glissée dans un medley), « Sans contrefaçon » s’invite à cet instant-là du show, apportant un peu de légèreté après « Diabolique mon ange ».

Sur l’écran géant, une boule rouge de lumière s’installe tandis que, sur la scène éclairée de lumières dorées, des danseurs prennent place, armés d’un bâton et habillés d’une robe rouge façon samouraï laissant entrevoir leur torse et leurs épaules. Ils débutent une chorégraphie très martiale alors que les premières notes de la chanson se font entendre. Mylène arrive sur scène, elle aussi habillée d’une robe rouge, et rejoint ses danseurs dont la chorégraphie mélange désormais des éléments de l’originale à des gestes plus guerriers. Pour cette tournée, la chanteuse a énormément simplifié et restreint ses pas sur cette chanson… nous sommes ben loin de l’énergie du Tour 2009. Cependant, la réorchestration est de mise et, comme un rappel du « Libertine » version 2009, les choristes se laissent aller à quelques « Ya ya hi yé oh » pour agrémenter le pont musical, pendant que Mylène se fait porter par ses danseurs ayant formé une assise avec leur bâton.

MAMAN A TORT (EXTRAIT)

Voici l’une des surprises les plus sympathiques de ce Timeless 2013 : le retour de « Maman a trot » sur scène. Un titre qui s’inscrit directement dans la lignée de « Sans contrefaçon » tant il y est question d’ambiguïté sexuelle. Mais à l’instar du Mylenium Tour, durant lequel la chanson était glissée au milieu d’un medley et donc tronquée, le titre ne fut pas, encore une fois, proposé en entier. Mylène amorçant en effet le premier couplet pour inviter ensuite le public à le chanter, avant de s’arrêter là, comme « amusée » de laisser ses fans quelque peu frustrés de ne pouvoir continuer sur le refrain… notons cependant que mises à part les premières dates de la tournée, Mylène a systématiquement chanté une deuxième (voire une troisième) fois ce premier couplet avec les spectateurs, à la fin duquel elle se libérait de la partie « jupe » de son costume, laissant alors davantage voir ses jambes habillées de cuissardes rouges.

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Excepté le Tour 1989 donc, jamais « Maman a tort » n’aura connu une interprétation intégrale sur scène. Un fait étonnant, tant cette chanson, qui lança la carrière de Mylène en 1984, semble être l’une de celles que son public apprécie tout particulièrement … Mais un joli clin d’œil quand même, auquel n’eurent cependant pas droit les spectateur de Minsk (le 27 octobre 2013), Moscou (le 1er novembre 2013) et Saint-Pétersbourg (le 4 novembre 2013).

JE T’AIME MELANCOLIE

Après ce petite aparté très eighties, retour à un titre des années 90 avec « Je t’aime mélancolie ». Outre les concerts russes du Mylenium Tour et celui du 28 juin 2009 à Saint-Pétersbourg (lors du Tour 2009), durant lesquels Mylène l’a chanté, ce single extrait de l’album « l’autre… » (1991) n’a été repris que deux fois sur scène : pendant le Tour 1996, et durant la série de concerts Avant que l’ombre… à Bercy, en 2006. Lors de cette dernière prestation d’ailleurs, la star dansait relativement peu, comparativement à celle du Tour 1996 dont la chorégraphie était très proche de ce qui était proposé pour les passages télévisés en 1991 et 1992 afin de défendre le titre.

Si Timeless 2013 nous offre de nouveau une version chorégraphiée, quelques changements sont néanmoins notables ; alors que nous retrouvons ben les pas d’origine durant les refrains et le deuxième couplet (à part le bras d’honneur qui a été remplacé par un doigt d’honneur exécuté uniquement par les danseurs), l’introduction, le premier couplet, et la fin de la chanson sont, en revanche, l’occasion de quelques nouveautés. Quant au pont musical, Mylène le dansait, selon les soirs, en entier, partiellement ou pas du tout, pendant que ses danseurs, eux, reprenaient systématiquement les pas et mouvements de la célèbre chorégraphie. Sur l’écran géant, majoritairement rempli de rouge, apparaissent des paires de ciseaux, des roues de vélo, des gants de box (un petit clin d’oeil au clip ) ou encore des engrenages d’horloge que l’on retrouve ensuite dans un cerveau proche d’exploser : une manière comme une autre d’illustrer la « prise de tête ». A la toute fin de la chanson, Mylène s’évade en coulisses, laissant ses musiciens jouer un outro sur lequel les danseurs se présentent au public à travers une prestation très hip-hop.

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 10

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POUR LE PLAISIR : la voix de Mylène F.

Posté par francesca7 le 20 mars 2014

 

FR3 ALSACEDU 20 AVRIL 1986 – Présenté par Christian DANIEL

1986-02-aMylène chante « Maman a Tort » puis rejoint Christian Daniel et s’installe sur un tabouret.

Mylène Farmer : Merci beaucoup !

Christian Daniel : Mylène, « Maman a Tort ». Mylène, j’ai relevé quelques-unes des paroles dans vos chansons et j’ai le sentiment un petit peu, votre sourire a l’air de me démentir, que vous aimez chanter un petit peu la mélancolie et la tristesse. Je me trompe ?

MF : C’est vrai, je dois être une personnalité un peu mélancolique. Il y a quelqu’un de très célèbre qui disait que la vie pourrit l’esprit et que la mort pourrit le corps. Je sais que c’est très philosophique et très macabre, mais parfois il y a des moments qui sont prodigieux dans la vie aussi.

CD : Est-ce que vous êtes comme ça dans la vie ?

Mylène hausse les épaules d’un air amusé.

CD : Mylène, je relève : « La vie est triste/Aimer c’est pleurer/J’aime ce qu’on m’interdit/Les plaisirs impolis »…

MF : C’est vrai, je pense qu’il y a des moments qui sont terriblement cruels dans la vie et également des moments qui sont prodigieux. Je dois être certainement quelqu’un de mélancolique, mais je  pense pas que ça soit incompatible avec ce métier et avec la joie de vivre.

CD : Est-ce que vous n’essayez pas également un petit peu dans vos chansons de provoquer, d’être un petit peu provocante ?

MF : Si, ça depuis le début ! « Maman a Tort », après y avait « On est Tous des Imbéciles », maintenant « Libertine », c’est vrai que j’ai le goût de la provocation mais c’est un peu le but de…comment dire ?…de vouloir défaire les choses, un peu, provoquer, oui…

CD : L’album, avec en titre le nouvel album (single, ndlr) « Libertine ». Alors, vous dites carrément « Je suis une libertine, je suis une catin » : ça, c’est de la provocation, ça !

MF : Oui, à cela je vous réponds que nous sommes tous la prostituée de quelque chose ou de quelqu’un, certainement oui !

1986-02-cCD : Ecoutez, on va écouter « Libertine ». Auparavant, je vous prends par la main pour votre amener sur notre étoile. Mylène Farmer : « Je suis libertine » (sic !)

Il joint le geste à la parole, et Mylène chante sa chanson en effectuant la chorégraphie.

Elle revient à la fin de l’émission pour le générique de fin, au milieu des autres invités et porte un grand bouquet de fleurs dans les bras.

 

 

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Mylène  » E.T. mon ami » dans TÉLÉ 7 JOURS

Posté par francesca7 le 18 mars 2014

 

15 NOVEMBRE 1986 – Entretien avec Cécile TESSEYRE

A propos de son petit singe, E.T. :

- E.T. est entré dans ma vie, il y a un an et demi. Il prend peu de place et m’attend sagement quand je ne suis pas là, mais je précise que je ne suis pas amoureuse de lui. C’est bon pour le cinéma ! D’ailleurs, j’adore tous les animaux, même si j’ai une préférence pour les singes.

1986-30A propos des zoos qu’elle aime visiter :

- Celui que je préfère est celui du Jardin des Plantes. On y fait des découvertes à chaque fois. Hélas, j’y ai déjà entraîné tellement de monde que plus personne ne veut m’y accompagner.

A propos de son ami Gaétan, éleveur d’animaux sauvages (nb : Mylène le mettra plusieurs fois à l’honneur au début de sa carrière)

- Gaétan et sa femme Christine sont des gens formidables. Ils ont élevés leur fils de trois ans Uryen au milieu de cette faune et il n’en a pas du tout peur.

A propos de sa passion des animaux :

- Comme beaucoup d’enfants, j’ai voulu devenir vétérinaire. Honnêtement, si la chanson devait s’arrêter, j’aimerais assez me lancer dans un métier où l’on s’occupe d’animaux. Je suis arrivée en France à l’âge de 8ans et j’ai longtemps monté à cheval et, quand j’avais 16-17 ans, je suis partie en stage près de Saumur, la ville du Cadre Noir, pour passer l’examen qui aurait fait de moi une institutrice. J’avais même obtenu une dérogation de la fédération en raison de mon âge mais, finalement, je ne suis pas allée au bout. Peut-être un jour…

A propos du 45-trs sur lequel elle travaille (nb : et qui s’avéra être « Tristana »)

- La mélodie est extrêmement mélancolique. C’est un sentiment que j’affectionne particulièrement. Nous n’avons pas encore les paroles, mais Laurent mûrit déjà des idées pour le clip : des scènes grandioses tournées dans les pleines enneigées de Roumanie avec des loups.

A propos de sa rencontre avec Laurent Boutonnat :

- J’étais mannequin, j’avais passé trois ans à poser pour des photos, des publicités et à tourner dans des spots télévisés et, au cours d’un dîner, j’ai rencontré Laurent, compositeur passionné de cinéma. Il venait d’écrire « Maman a tort » et cherchait une interprète. Je n’avais jamais envisagé une carrière dans la chanson.

Ma seule expérience du chant était un petit concours gagné quand j’étais enfant.

A propos des réactions autour de « Libertine » :

- Le texte de la chanson embarrasse certains programmateurs et, à la télé, ma petite robe trop échancrée et ma façon de danser en font tiquer plus d’un. Aujourd’hui encore on hésite parfois, mais je ne suis ni provocante, ni provocatrice, et le Top 50 est là pour montrer que la chanson plaît à tous.

A propos de son goût à rester chez elle :

- Je suis très casanière. J’habite le même immeuble que Jackie Quartz, elle aussi au Top 50, et Maxime Le Forestier, mais je les vois rarement et j’aime rester chez moi de longues heures avec E.T.

A propos de son jeune frère Michel, alors âgé de 16 ans :

- Ce n’est pas un très bon élève. Je vais essayer de le faire entrer comme technicien du son au Palais des Congrès.

A propos du talent d’astrologue de son manager, Bertrand Lepage :

- Bertrand m’a monté mon thème. Je suis Vierge ascendant Vierge. Tous mes frères et soeurs ont le double signe. C’est loin d’être un avantage. Il faut éviter les dédoublements de personnalité.

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Mais Mylène, qui est donc Laurent B.

Posté par francesca7 le 7 février 2014

 

images (2)Que sait-on de Laurent Boutonnat ? Finalement peu de choses, tant ses interviews sont rares ; qu’il a été dans les années 80/90 le réalisateur de clips dont on a le plus parlé sans jamais le voir ; ceux de Mylène Farmer. L’écrivains Philippe Ségui évoque le mieux, en peu de mots, le mieux le réalisateur :

« Laurent Boutonnat fonctionne par odeurs. Celles de la neige, du vent, du froid et celle aussi de la misanthropie. L’œuvre est souvent tragique et affiche une douleur, une solitude et un univers qui lui sont propres. Ses films qui n’ont pas d’âge nous parlent d’un monde mélancolique qui a la couleur de la fatalité ».

Laurent Pierre-Marie boutonnat est né le 14 juin 1961 dans le XIVè arrondissement de Paris, de Pierre-Louis Boutonnat et marielle Brunher (mariés depuis le 16 juin 1960). Du côté de son père, Laurent Boutonnat est le petit fils de Charles Boutonnat, administrateur de la France d’Outre-Mer, et de Alice Nivot. Non moins célèbre dan les monde des chefs d’entreprise, Pierre-Louis Boutonnat, le père de Laurent, est né à Saint Louis au Sénégal le 4 février 1935 et a derrière lui une impressionnante carrière : tour à tout dirigeant de dizaines d’entreprises, puis de la Croix Rouge, et toujours en 2004 de la société WWF, il a été décoré de la Légion d’Honneur, de l’Ordre National du mérite, et figure dans le Who’s Who officiel.

Laurent Boutonnat grandit avec son frère Dominique et ses trois sœurs au 51 Bd Auguste Blanqui dans le XIIIè arrondissement de Paris : Caroline, Bénédicte, et Stéphanie, devenue journaliste à la matinale de France Inter jusqu’à fin 2008, avant de travailler pour BFM TV. Il se servira d’ailleurs de membres de sa famille pour monter ses sociétés d’éditions phonographiques et aussi de son petit frère Dominique dans son premier long métrage : Ballade de la Féconductrice en 1980. le même qui produire Jacquou le Croquant 26 ans plus tard. Laurent Boutonnat a déjà réalisé dans son enfance de nombreux courts-métrages amateurs avec la caméra Super 8 de ses parents. Son premier essai date d’ailleurs de 1971 où il transpose Bambi chez les humains. Lors de ses fils il dit vouloir déjà tout maîtriser : de la mise en scène à la musique, du maquillage à l’interprétation elle-même ! Parallèlement, i étudie la musique, notamment le piano dès l’âge de cinq ans.

Vidéo : Ballade de la Féconductrice :

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=2pTMjfj8kQw&feature=youtu.be

Au collège, Laurent Boutonnat est chez les jésuites. On retrouvera d’ailleurs des traces de cette éducation dans le clip de Plus Grandir (1985). Il s’y déplaît n’est doué qu’en littérature et est plusieurs fois renvoyé. A quinze ans il décide d’abandonner ses études pour aller chercher du travail. C’est aussi l’âge à partir duquel il abandonne l’apprentissage des instruments que lui faisaient apprendre ses parents, et notamment celui du piano. Parallèlement aux petits boulots qu’il cherche, Laurent prend des courts de théâtre durant trois ans et il écrit chez lui avec un professeur d e philosophie. Il déclarera plus tard « avoir pris goût à cela »…

Laurent Boutonnat le sait déjà : son unique objectif est le cinéma. Il commence à développer dans sa t^te plusieurs projets de long métrage dont un film nommé Giorgino (qu’il reprendra dix ans plus tard). Il réalisera finalement Ballade d la Féconductrice qui restera deux semaines à l’affiche à Paris . Plutôt que de retourner à l’école, Laurent Boutonnat, déçu, ne fait plus rien jusqu’à sa rencontre avec Jean-François Chauvel. Ce grand reporter de télévision (mort en 1986) devait tourner plusieurs émissions de reportages scientifiques sur les énergies nucléaires. Laurent Boutonnat saisit sa chance et postule comme caméraman pour toute la série d’émissions. Il avouera plus tard : « J’avais prétendu m’y connaître en technique pour qu’il me prenne, et j’ai dû potasser le manuel comme un fou !  il part donc pendant un an dans les quatre coins de la France pour tourner les images de ces reportages, « La meilleure école » selon lui.

Laurent Boutonnat a alors 20 ans et se lance dans une nouvelle aventure où il utilisera ses facultés d’écriture et son expérience récente dans le journalisme. Toujours avec le sens du subversif et son goût du morbide, il commence des recherches pour écrire un lire sur l’infanticide. Parallèlement à cela il réalise des publicités télévisées, non par vocation mais tout simplement pour gagner un peu d’argent. Il signe également en 1982 la musique du court-métrage « Panache » de Pascal Deligné, qui deviendra son assistant sur Plus Grandir. Laurent tourne donc plusieurs sports pour des produits de consommation courant (barres chocolatées, ligueur et champagne) puis s’associe à un producteur travaillant pour le circuit Parafrance. Celui-ci lui proposera d e tourner un film d’horreur en deux semaines de tournage pour un budget de 230 000 Euros. Le film ne verra jamais le jour. C’est à cette période que la première version de Giorgino sera écrite par lui. Un soir, alors qu’il est accompagné d’un ami : Jérôme Dahan , il décide d’écrie avec lui les paroles d’une chanson ayant trait à cette enfance qui le hante tant. Le lendemain Jérôme Dahan en écrit la musique et le résultat ne leur déplait pas. Ils viennent en fait d’écrire les paroles de maman a tort, le futur tube de l’été 1984. Laurent Boutonnat laisse peu à peu de côté le sulfureux libre qui ne verra jamais le jour.

Les paroles qui évoquent la folie, l’abandon, et le saphisme seraient encore plus explosives dans la bouche d’une enfant. Après une tentative avec une jeune fille de quinze ans qui pose trop d e problèmes juridiques, Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat organisent un casting où se présentent une cinquantaine de filles dont Mylène Farmer, qu’il avait croisé quelque temps auparavant au bras de Dahan. Laurent boutonnat la choisie immédiatement, sans même l’avoir entendue chanter, à cause de son air « psychotique » dont il parlera à Noël Mamère en 1986 au journal télévisé. Lors de ces premières interviews télévisées, on se rend compte que Laurent Boutonnat s’exprime comme le producteur Christian Fechner. Après un clip tourné en vidéo avec un budget de 760 Euros, il aura un projet de vrai court-métrage pour la chanson.

 » C’est un homme qui a un physique romantique. C’est un homme qui a ses névroses. Qui a, je crois beaucoup de talents » Citation Mylène Farmer – Frequenstar – février 1989

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Mylène Farmer a rassuré ses fans avec le clip de Leila

Posté par francesca7 le 9 décembre 2013

 

 

Après nous avoir proposé un effrayant ersatz de Lady Gaga avec le titre Oui mais… non, Mylène Farmer rassure ses fans avec Leila, deuxième extrait de son prochain album.

 

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Les premières infos du nouvel album Bleu Noir de Mylène Farmer, à savoir l’absence de Laurent Boutonnat, son collaborateur historique, et la participation du producteur du moment RedOne, avaient suscité une certaine inquiétude chez les fans.

 

Inquiétude confirmée lors de la révélation du premier single, Oui mais… non, fortement orienté electro et dont le clip rappelait une certaine Lady G. Un résultat à mettre à l’actif de cette fameuse association avec le producteur du moment, RedOne, habitué des têtes d’affiches (Lady Gaga, Akon, Enrique Iglesias, Mika…), mais dont on à du mal a comprendre la collaboration avec une artiste mystérieuse comme Mylène Farmer.

 

Cependant, avec la révélation de Leila, second extrait de Bleu Noir, les fans seront certainement rassurés : exit l’electro superstar de RedOne et place à l’envoutante patte trip hop mélancolique des britanniques d’Archive, dont le style semble bien plus compatible avec celui de la chanteuse québécoise.

 

Le clip, réalisé par un habituel collaborateur de Mylène Farmer en la personne d’Alain Escalle, suit la même orientation : plus de Mylène entourée d’une troupe de danseurs aux costumes et à la choré improbables mais des images de désert et de femme iranienne pour accompagner le rythme et les paroles du titre.

 

Ce dernier a été dévoilé sur le site éphémère de l’album Bleu Noir. Un site qui propose une forme de promo novatrice, les révélations (photos, teasers, clips…) se faisant au rythme du nombre de visites, par pallier. L’apparition du clip de Leila correspondait ainsi au 13e palier, celui des 400 000 visiteurs.

 

Bleu Noir est attendu pour le 6 décembre prochain. Outre RedOne et Archive, Moby a également produit des titres de ce nouvel album… A suivre.

 

Article de Première.com 

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Pourquoi ils aiment tant Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 4 décembre 2013

 

Publié dans la presse le 29/11/2013 sur : http://www.ladepeche.fr/article

 

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Mylène Farmer a un public d’une extraordinaire fidélité. Certains font le siège du Zénith pour avoir les meilleures places. D’autres – la majorité – la suivent sans l’idolatrer mais avec une ferveur intacte.

Peu d’artistes arrivent à tisser avec leurs fans des liens aussi forts que Mylène Farmer. De tous horizons et de tous âges, ils n’ont d’yeux que pour «Mylène», dont ils suivent la carrière atypique, les tournées superlatives et la discrétion médiatique avec une ferveur rare. Mercredi, trois d’entre eux se sont retrouvés au Zénith autour de cette passion commune, ciment de leur amitié. Il y a, avant tout, Marina, infographiste à Toulouse et fan depuis… toujours.

«Dès le premier jour et la première chanson, Maman a tort, j’ai découvert une artiste hors-norme. Alors qu’elle a été démontée par tout le monde, je trouvais ses chansons ténébreuses et mélancoliques, mais tellement vraies. Quelque chose s’est construit. J’adorais ses clips extraordinaires, son premier album faramineux, ses costumes : le rêve absolu. J’en ai pleuré de rage de ne pas la voir en concert et me suis jurée – j’ai tenu parole – je ne plus jamais rater une tournée de Mylène. J’aime sa part d’ombre : elle est très timide et inaccessible. Elle donne énormément dans ses spectacles et, à l’instar d’un Nicola Sirkis que je suis allée voir récemment, elle a un vrai respect, une sincérité véritable, un réel amour pour son public. Elle se protège, après avoir été déboîtée par les médias, quand elle parlait de sida, d’homosexualité, des thèmes aujourd’hui bien dans les clous. On lui reproche de pleurer sur scène, toujours aux mêmes moments, mais c’est parce qu’elle est très émotive. A chaque fois, je me fais un concert parisien et un autre en région. A Toulouse, forcément, je serai là, après avoir vu celui de Bercy le 18 septembre dernier. Je suis fan, mais aussi critique quand il faut l’être, et il y avait quelques ratés : des robots qui ne marchaient pas, des problèmes de son… Une façon de préparer ses fans, je pense, à des choses plus simples à l’avenir.»

«Juste lui faire un bisou»

Marina se rendra au concert avec une amie, Hélène, qui a sa place, elle aussi, depuis un an : «Je ne vais pas voir les autres artistes, seulement elle. Elle donne tout à son public et lui transmet toutes ses émotions:

c’est magique, magnifique. J’aime surtout ses textes : ça parle beaucoup et c’est subtil à la fois…» Le troisième de la bande est Joffrey, jeune frère de Marina. Joffrey est trisomique, et sa sœur rêve de pouvoir un jour lui présenter Mylène Farmer, car elle sait que la star «fait beaucoup pour ses fans handicapés». Joffrey, qui avoue «écouter Mylène tous les jours», a une faible pour la chanson «Libertine» et les costumes que la chanteuse «super belle» porte dans le clip. Bien sûr qu’il aimerait la rencontrer. Pour lui parler, bien sûr. Mais avant tout «pour lui faire un bisou».

Mylène Farmer en concert samedi 30 novembre au Zénith de Toulouse (11, avenue Raymond Badiou). Complet.


Un live pour tous

La tournée 2013 de Mylène Farmer se terminera dans une semaine exactement, le vendredi 6 décembre à Nice. Et trois jours plus tard sera disponible en CD, DVD, téléchargement, etc. le nouveau live de la star, intitulé «Timeless 2013». Le concert a été enregistré à Lyon, à la Halle Tony Garnier, en septembre, au tout début de la tournée en province.

Yves Gabay

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nouveau calendrier de Mylène 2014

Posté par francesca7 le 29 novembre 2013

 

Mylène Farmer intime pour son calendrier 2014  

Alors que le Timeless Tour de Mylène Farmer s’achève le 6 décembre prochain, la chanteuse entend prolonger le plaisir avec ses fans puisqu’elle sortira fin novembre un calendrier 2014 illustré de photos prises dans l’intimité de sa tournée triomphale. En voici quelques clichés.


2014 mylene-farmer

Les meilleures choses ont une fin. Aussi, après trente-neuf concerts (2 heures de spectacle chaque soir) joués à guichets fermés, la tournée Timeless de Mylène Farmer s’achèvera le 6 décembre prochain au palais Nikaia de Nice. Or, la rouquine n’entend pas laisser ses fans orphelins après cela. Mieux. Le 28 novembre, la chanteuse publiera son calendrier 2014, constitué de photos prises dans les coulisses de sa tournée, histoire de prolonger la magie du Timeless Tour tout au long de l’année.

Peut-être cette plongée dans l’intimité de Mylène version « on the road again » parviendra-t-elle à apaiser la colère des fans de la chanteuse. L’idole flamboyante s’attire aujourd’hui les foudres de son public car l’album live (prévu le 7 décembre prochain) se retrouve amputé de pas moins de trois chansons, à savoir Elle a dit, Et pourtant et Je te dis tout, titres qui selon les fans de Mylène Farmer représentent des moments d’intense émotion à vivre en live. D’ailleurs, les commentaires de mécontentement fusent sur le site Mylene.net. Ces derniers parviendront-ils à faire entendre raison à leur idole avant la sortie du disque ? On leur souhaite en tout cas. Car après tout, c’est peut-être un détail pour vous, mais pour les inconditionnels de Mylène, cela veut dire beaucoup.

 

 

en confidence : à travers les textes de mylène Farmer

2014 aout-Mylène Farmer a débuté sa nouvelle tournée samedi 7 septembre à Paris-Bercy, ses fans s’étaient arrachés les places en quelques heures seulement. La chanteuse, très discrète a réussi à rester au top des ventes et à garder un public fidèle et éclectique.

Atlantico : La chanteuse Mylène Farmer a entame une nouvelle tournée qui a débuté ce week-end à Paris-Bercy. Au travers de ses textes très torturés et jouant sur l’ambiguïté, quel portrait « psychologique » pouvons-nous faire de la star ?

Antoine Bioy : Il est vrai que Mylène Farmer possède l’image d’une chanteuse torturée, pourtant il ne s’agit pas de l’essentiel de son univers, et par ailleurs ce dernier a beaucoup évolué avec des chansons plus légères, privilégiant parfois l’esthétique au contenu, comme ses récentes incursions dans l’electro-pop. Il n’en est pas moins vrai que son panorama artistique reste emprunt d’une certaine mélancolie ; une mélancolie « presque heureuse », dirait Amélie Nothomb. 

Au sein de cet univers forcément intime et tout en contraste, Mylène Farmer montre différentes facettes. Elle peut incarner tour à tour la figure de la femme enfant, de la prostituée, de la dévoreuse d’hommes, etc. C’est en cela que son univers fascine : il est complexe, multiple, parfois en effet ambiguë, et chacun peut y lire une dimension de lui-même. 

Mais le personnage Mylène Farmer est aussi tout en contraste : elle peut créer un lien intime avec ses fans dans la fureur d’un concert, peut évoquer la difficulté de vivre sur un air gai, ou bien sembler évoquer des émotions simples en les parant de références culturelles parfois élitistes. 

Chez Farmer, le lien à l’autre n’est chez elle jamais totalement simple et se vit facilement sur un mode évitant. Pourtant, sa démarche reste sincère et l’intime est recherché dans des moments d’exception telles que ses concerts où l’on touche l’autre sans vraiment être dans un contact direct. Là est sa vraie ambiguïté. 

Quelles sont ses chansons les plus emblématiques, pourquoi ? Qu’évoquent-elles ?  

Libertine avait marqué les esprits par son appel à la sexualité et annonçait son premier N°1 au classement des ventes : « Pourvu qu’elles soient douces ». Pour autant, le top trois des chansons les plus connues est certainement « Sans contrefaçon » en numéro 1 suivi de « Désenchantée », et peut-être dans une mesure un peu moindre, « Rêver ». 

Il est vrai que les chansons emblématiques restent ses chansons mélancoliques, comme « Ainsi soit Je » ou plus récemment « Point de suture » qui constitue sans doute l’un des titres le plus typique de l’univers Farmer : raffiné, authentique, sensuel, et toujours une « pointe féroce » qui donne à sa mélancolie un relief particulier : « Les nuits sont chaudes/ Mon sang chavire et tangue / Bateau fantôme / Qui brûle / Je suis tempête et vent / Ombre et lumière / Se jouent de l’amour / Mes vagues reviennent / Mes flots sont si lourds ».

Quels sont ces thèmes de prédilection et pourquoi fonctionnent-ils ? Quel public est touché par ses textes ?

L’une des grandes forces de « l’univers Farmer » est d’offrir un miroir au public. Au fil des clips, des textes, des scénographies sur scène, la chanteuse aborde des thèmes universels : l’enfance, la passion, les amours contrariés, la sexualité, la finitude… Mais ils ne sont d’ailleurs pas qu’abordés, ils sont incarnés par la chanteuse : elle met en scène ses personnages et les fait vivre, parfois au fil de plusieurs clips, par exemple « Dégénération » et « Si j’avais au moins ». 

L’essentiel du public Farmer est composé de deux vagues : ceux qui l’ont découverte dans les années 1980, et qui ont une quarantaine d’année actuellement, et ceux qui l’ont suivie plutôt depuis les années 1990. Les années 2000 ont confirmé sa place d’artiste d’exception, mais n’ont pas vraiment apporté de nouveaux « adeptes ». Si Mylène Farmer peut être appréciée à tous les âges, c’est généralement au moment de l’adolescence qu’on la découvre et que son univers « parle ». Il semble en effet, comme un conte, aborder et prévenir des secrets de la vie, des avenirs heureux ou non possible, et bien sûr de la fin de chacun. L’univers passionnant fait que le public, une fois touché, ne le lâche pas et c’est la raison pour laquelle, actuellement, un public d’une grande diversité se retrouve pour ses concerts.  

Qu’est-ce que Mylène Farmer dit d’elle dans ses chansons ? Que confie-t-elle d sa personnalité ?

A peu près rien. Et pourtant, les gens ont l’impression qu’elle parle d’elle à travers ses textes. Mais en y regardant de plus près, elle reste dans le général. Elle parle de l’amour en général, de la mort. Mais ce n’est jamais abordé personnellement. C’est cela qui touche aussi le public finalement. C’est parce que ses paroles ne sont pas personnalisées que son public s’identifie beaucoup à elle. C’est sa grande force. Elle construit de l’intime à travers son œuvre alors même que celui-ci est très universel. Contrairement à d’autres chanteurs, il y a des éléments de sa vie personnelle, de mise en relief de sa propre histoire à l’intérieur de son univers. Par exemple, elle est capable de parler de la naissance d’un enfant ou de l’enfance en général sans jamais que l’on arrive à savoir exactement de quoi il en ressort pour elle. Si on prend Désenchantée, c’est un hymne à la révolte et à l’enfance mais à aucun moment elle ne fait appel à sa propre enfance. C’est toute l’ambigüité du personnage. Elle arrive à construire un propos autour de l’intime sans jamais livrer quelque chose de personnel. Mais elle évoque suffisamment bien les problèmes pour que son public se sente concerné, s’y reconnaît.

Mylène Farmer, entretient-elle quelque chose de commercial autour de sa part de mystère où n’arrive-t-elle pas à se confier ?

Je ne crois pas du tout à une forme de réserve. Malgré ce qu’elle dit ce n’est pas dans sa nature profonde d’être éloignée des médias. Souvenez-vous, dans les années 1980, elle faisait le Jacky show par exemple. Elle arrive en réalité à se mettre en scène dans des shows pharaoniques comme peuvent le faire les grands timides. Mais elle arrive à le faire car le lien au public n’est pas un lien où il y a un vrai contact. Elle perçoit le public comme une masse en face d’elle. 
Mais il y a aussi une dimension marketing. Ce n’est pas non plus un ange Mylène Farmer, c’est une femme d’affaires. Du coup, cela fait partie de son univers. Elle en joue. 

Mylène Farmer a-t-elle plus tendance à se confier en interview ou dans ses textes ?

Quand elle est en interview, elle est souvent mal à l’aise. Du coup, elle y va en sachant qu’elle ne voudra rien dire. Mais il faut essayer de comprendre son univers comme une tentative de poésie. C’est-à-dire qu’elle essaye de créer de l’émotion. L’enchevêtrement des phrases et des mots qu’elle emploie est très rythmique. C’est certainement son ambition : arriver à évoquer des  thèmes qui procurent de l’émotion à son public tout en en livrant le moins possible d’elle-même. Elle ne se confie pas, ni en interview, ni dans ses textes, en revanche elle donne une forme d’émotion à ses fans et cela au-delà des histoires qu’elle pourrait raconter. Elle faisait de même dans ses clips ultra-scénarisés. 

2014 avril-Les fans campent depuis le début de la semaine devant la salle de Bercy, les places se sont arrachées en quelques heures seulement. Que vont chercher les fans dans cette personnalité si particulière ? Etre fan de Mylène Farmer, est-ce une façon de se démarquer et d’exprimer sa singularité ?

Être fan est avant tout une façon de trouver sa singularité. Au contact – même imaginaire – de celle que l’on apprécie, on apprend à se connaître soi-même. Premier temps, on s’identifie à la star au travers du personnage et de son imaginaire, puis on apprend à découvrir l’artiste pour ce qu’elle est et non seulement pour ce qu’elle donne, à mesure que l’on se découvre soi, différent et unique à la fois. Mais la grande force de Mylène Farmer c’est de faire du lien entre les individus. Par exemple, ceux que vous citez ne campent pas que pour leur star : ils se connaissent entre eux, se retrouvent, lient pour certains des liens amicaux d’une grande force, parfois plus ! Au travers de leur star, les fans vivent des émotions fortes, et cela aussi est important.  

Pourquoi touche-t-elle un public si large et si éclectique ?

On pourrait voir Mylène Farmer comme un écran de projection : elle est le support de tous les fantasmes car incarne des visages très différents au fil des histoires qu’elle déroule dans ses clips, sur scène, etc. Son talent scénique en fait également une performeuse hors pair qui explique aussi que certaines personnes qui n’apprécient pas totalement ses titres viennent la voir pour les show qu’elle propose. Ces derniers sont unanimement reconnus pour la qualité de la direction artistique et la grande générosité de ce qui est offert au public. A la fois grandiose, intime, authentique et d’une maîtrise très pensée. C’est tout cela à la fois, Mylène Farmer. 

article paru en sept. 2013  

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Mylène Farmer et la magie des mots

Posté par francesca7 le 25 août 2013

   

Mylène Farmer et la magie des mots  dans Mylène 2013 - 2014 images-51« On hante toujours les mêmes lieux, seules les personnes avec lesquelles on voyage changent parfois. L’important, c’est que la magie des mots opère ».

Qu’elle autre citation de Mylène pouvait mieux illustrer le propos d’un livre comme « Mylène au fil des mots » de Benoît Cachin ?

Car nous l’avons vu, la chanteuse semble, de 1984 à aujourd’hui, toujours hantée par ses propres démons. Démons qu’elle exorcise au travers de ses chansons en s’adressant souvent à « son ange », son autre Moi. Une magie des mots en effet qui nous permet de toucher au plus près la sensibilité, voire l’âme, de l’artiste. Des chansons comme autant de miroir qui nous renvoient à nos propres démons, à nos propres inquiétudes, à nos propres angoisses. Et si Mylène a parfois prétendu faire de l’égotisme, il semble bien que son œuvre, dans sa globalité, soit en fin de compte universelle. Une universalité qui résonne en nous et nous permet de nous approprier la vie de Mylène en chansons pour la faire nôtre.

Depuis vingt-huit ans maintenant, la magie Farmer opère. Mylène fait désormais partie de notre famille, de notre culture musicale. Bien sûr, nous aimerions qu’elle soit plus présente, plus proche de notre vie, parfois ; mais aimerait-on Mylène sans ce grand silence entre deux albums ou tournées ? N’est-ce pas cette nature profonde de l’artiste caractérisée par la discrétion –elle se dit particulièrement timide et terrorisée à l’idée de prendre la parole en public en dehors de ses shows – qui nous fait l’aimer ?

Si elle étalait, à l’instar de certains artistes, sa vie privée dans les journaux et courrait les talk-show télévisuels pour raconter ses vacances, aurions-nous la même fascination pour la femme et l’artiste ? Je ne le crois pas. Ce silence n’est-il pas la clé du désir que l’on a de retrouver, comme un rendez-vous amoureux, les chansons de Mylène ? Et ne dit-on pas que l’attente est la moitié du plaisir ?

Car ce plaisir et ce désir sont bien au cœur de l’univers Farmer. Nous l’avons vu tout au long de ce blog, quasiment tous ses textes évoquent l’amour. Qu’il soit redouté, attendu, perdu, recherché  ou physique, l’amour comme ligne directrice de l’œuvre de Farmer. Et comment ne pas évoquer l’amour du public ? Celui pour Mylène bien entendu, mais également celui de l’artiste pour ses admirateurs. Du Palais des Sport en 1989 au Stade France en 2009, la chanteuse aura démontré toute sa générosité et son sens du spectacle. Faisant d’elle une véritable « bête de scène »’ pour reprendre la formule consacrée. Celle qui se dit apeurée quand il s’agit de parler d’elle, se livre totalement à son public lors de ses shows souvent pharaoniques, mais toujours personnels. Une vraie communion avec son public comme le démontre les DVD issus des spectacles… Des spectacles qui, nous l’avons vu également, éclairent inévitablement la personnalité de l’artiste, celle-ci étant au cœur de la conception de ses shows. Tour  à tour rockeuse, sensuelle, mélancolique, énergique, c’est certainement sur scène que Mylène se dévoile le plus, et donc nous aide à la comprendre.

Gageons que 2013 sera l’occasion pour elle de nous le démontrer encore une fois. 

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Lisa, la nièce de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 7 août 2013

Lisa, la nièce de Mylène Farmer dans Mylène AU FIL DES MOTS images-38

Lisa, de son nom complet Lisa Gautier, née en 1997, est une danseuse, actrice et chanteuse française.

Lisa est inscrite à l’école des enfants du spectacle.

  • 2004 : L’enfant dans le ballet Le songe de médée à l’Opéra Garnier sur une chorégraphie d’Angelin Preljocaj
  • 2006 : La petite blonde, elle tient le cochon à gagner au tirage de la tombola dans le film Jacquou le croquant de Laurent Boutonnat
  • 2008 : L’interprète de Drôle de Creepie, générique de la série animée Creepie, dont les paroles ont été écrites par Mylène Farmer et la musique composée par Laurent Boutonnat. Ce titre a eu droit à un clip réalisé par Benoît Di Sabatino (aussi producteur de la série animée), Lisa y apparait en gothic lolita habillée par Sonia Rykiel.
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Biographie

Lisa est la nièce de Mylène Farmer, fille de Michel Gautier et cousine de Clémence Gautier, fille de Jean – Loup Gautier, frère de Mylène Farmer. Elle a étudié dans une école appelée «Enfants du Spectacle » ou « Children’s show » pour la pratique de la danse. Lisa a commencé à danser à l’âge de 5 ans, quinze heures par semaine, alliant le classique et le jazz, la danse sur scène à l’Opéra Garnier. Elle a joué le rôle de la jeune fille dans « Medea’s Dream » qui a été chorégraphiée par Angel Preljocaj.

Lisa s’est également aventurée dans le cinéma, en ayant un petit rôle dans le film Jacquou Le Croquant de Laurent Boutonnat, au côté de sa cousine Clémence Gautier.

Lorsqu’elle chante, elle prend un ton mélancolique caractéristique qu’elle partage avec sa tante, la chanteuse Mylène Farmer. Le producteur du dessin animé Drôle De Creepie, voulait quelqu’un pour interpréter la chanson du générique et aussi quelqu’un pour l’écrire. Mylène et Lisa se sont donc partagé les tâches.

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Mylène, un panel de critiques

Posté par francesca7 le 30 juillet 2013


Mylène, un panel de critiques dans Mylène et des CRITIQUES images-24C’est en 1984 que le public découvre, à l’occasion de la sortie de son premier single « Maman a tort », les allures timides et complexées d’une certaine Mylène Gautier. Laurent Boutonnat, son Pygmalion, n’a pas encore fait de cette jeune fille de vingt-trois ans l’implacable machine commerciale qui fera sa fortune. Nulle ambition calculatrice ne semble pouvoir être décelée chez cette jeune fille fragile à la voix chancelante. Mylène Gautier n’a pas encore chaussé les cothurnes de Mylène Farmer, et pourtant elle a déjà de quoi attirer l’attention. Car elle cultive le goût de la surprise, et son premier single provoque le malaise. À l’écoute de « Maman a tort », vous aviez d’abord souri aux tons frais de la comptine d’enfant. Ce n’est qu’après que vous avez commencé à ressentir la gêne.

C’est la victoire de l’opéra italien sur l’opéra français, le piège de la domination de l’harmonie sur la signification : vous aviez cru que la gaieté de la comptine suffisait à établir le sens de la chanson, et vous vous êtes confronté à la noirceur des paroles. L’enfant, malade, chante seule dans sa chambre d’hôpital, prenant à parti l’auditeur, devenu l’ami imaginaire inventé pour tromper la solitude. Pour finir de choquer, la petite fille est amoureuse de son infirmière à la voix douce, substitut d’une mère rejetée pour n’avoir pas accepté le désir homosexuel de sa fille. La première pierre de l’édifice Farmer est à l’image du futur palais : la légèreté d’une voix frêle jusqu’à la cassure dissimulant un sens caché et provocateur.

La griffe Mylène Farmer s’affirme d’emblée dans cette superposition artificielle d’une voix claire et d’une parole sombre. 

Mylène Farmer invite donc son auditeur à la distance. Elle creuse en ses chansons un double fossé que le prétendant doit franchir pour clore sa quête herméneutique et accéder au rang d’initié. Le premier écart consiste à se défier de la forme – voix, tonalité, rythme –, le second à percer le chiffre poétique. Car le style de Mylène Farmer se veut énigmatique et codé. Et qu’est-ce qui mérite d’être ainsi caché, sinon ce que l’on ne peut montrer sans danger ? La quête de sens de l’auditeur sera résolument amoureuse, tout entière tendue vers le désir de l’interdit et de l’indicible. La chanteuse a alors l’habileté d’offrir à l’énigme une réponse spéculaire. Car ce que l’auditeur désire, le but de sa quête, c’est le désir lui-même. Toutes les chansons de la première Mylène Farmer finissent en effet par dévoiler un troublant désir sexuel et un envoûtant désir de mort. Après le provocant « je suis une catin » du quatrième single « Libertine », les chansons du premier album Cendres de Lune (1986) composent avec art un univers à la fois sexuel et morbide.

 L’on ne pourrait parler d’une double thématique, tant la mort est inextricablement liée, chez Mylène Farmer, au désir sexuel. Mêlant deux interdits, les chansons de ce premier album célèbrent la jouissance dans la mort et la décomposition. C’est à l’hôpital que la petite fille de « Maman a tort » découvre son désir homosexuel, c’est auprès d’un vieux lubrique que l’héroïne de « Vieux bouc » connaît le plaisir, et c’est « Au bout de la nuit », « où tout meurt sans cri », que l’on peut connaître la plus grande jouissance.

Le désir est d’autant plus trouble que les chansons brouillent les cartes de la différenciation sexuelle : si « Libertine » et « Vieux bouc » mettent en scène des relations hétérosexuelles, « Maman a tort », « Greta » et « Tristana » sont trois odes au désir exclusivement féminin. Enfin, en recréant l’inconfort du premier single, l’album Cendres de Lune profite de la juvénilité de la voix de la chanteuse pour installer l’auditeur dans un univers enfantin sans cesse déniaisé par l’horreur de la mort. Plus grandir est la prière d’une adolescente qui ne veut pas mourir, et le mystérieux « Chloé » est une comptine chantée par une enfant qui vient de voir sa sœur mourir noyée, le crâne fendu. 

Le second album est à l’image du premier. L’on pourrait presque dire qu’il en est sa réalisation aboutie. Le formidable succès commercial d’Ainsi soit je (1988) installe Mylène Farmer dans son personnage de chanteuse névrosée. La provocation sexuelle mène la danse : « Pourvu qu’elles soient douces » célèbre les fesses, et chante à demi-mots les délices de la sodomie, la reprise de « Déshabillez-moi » est languissante à souhait [et accessoirement catastrophique, NDLR], et le fameux « Sans contrefaçon » joue une nouvelle fois avec l’indifférenciation sexuelle en mettant en scène une femme qui se sent homme. Mais le désir de mort n’est pas en reste. Si la référence à Baudelaire eût suffi en elle-même à inscrire les chansons de Mylène Farmer dans une filiation poétique morbide, le choix du poème « L’horloge », dans sa description du temps anthropophage, ne peut que renforcer l’importance du thème. « Allan » et la « Ronde triste » évoquent des fantômes, comme l’on invoque les esprits, et « Jardin de Vienne » rend hommage à un pendu. Cependant, dans cette thématique apparaît un nouvel ingrédient : « Ainsi soit je » et « Sans logique » laissent transparaître des accents religieux. Mylène Farmer donne libre cours à une éducation chrétienne où, si le désir de mort est encouragé, le désir sexuel achoppe sur la culpabilisation. 

Le thème religieux sera central dans le troisième album L’autre (1991). En effet, Mylène Farmer laisse désormais de côté la provocation sexuelle, pour révéler son versant le plus sombre. Si « Je t’aime mélancolie » et » Psychiatric » jouent avec son image de chanteuse aimant aborder les contours de la folie morbide, et si « Désenchantée » se veut l’étendard d’une génération sacrifiée, « Agnus Dei » et « Beyond my control » s’amusent avec le thème du sacrifice christique sur fond de prières liturgiques. Foulant aux pieds l’interdit religieux, Mylène Farmer devient une Ève tentatrice cultivant le péché en pleine connaissance de cause, une sorte de Bossuet pervers adepte de l’auto-flagellation. La chevelure rousse de la chanteuse commence décidément à sentir le soufre. 

C’est ce désir de l’interdit qui s’éteint avec le quatrième album Anamorphosée (1995). La carrière « américaine » de Mylène Farmer commence, comme l’annonce le titre « California ». Adieu les accents mélancoliques, c’est le retour en force du sexe. Mais cette fois, plus de quête désirante : le sexe s’offre sans chiffre codé, sans savoureux détour, sans voile de Poppée. L’auditeur n’est plus un décrypteur des sens seconds : il doit accueillir la crudité désarmante du premier degré. « L’instant X », « Eaunanisme », « XXL », autant de titres révélateurs du tournant de la chanteuse. Du désir de l’interdit à la provocation bien franche, celle qui fait vendre. Quant à « Rêver », c’est une célébration de l’amour et de la tolérance : décoiffant, non ? L’on ne s’étonne plus que les Enfoirés aient pu reprendre la chanson. Il ne manquait plus que les chœurs d’enfants de « Tomber sept fois » pour que le tableau soit complet. 

Les deux albums suivants, Innamoramento (1999) et Avant que l’ombre (2005), ont repris la recette. Il est désormais plus vendeur de vanter les pouvoirs de l’amour (« L’amour naissant », « Innamoramento », et dans le dernier album « Avant que l’ombre », « Aime », « L’amour n’est rien », « Peut-être toi »), que le troublant désir du suicide et de l’homosexualité. Ajouter à cela un zeste de cul porno-chic (le « prends-moi, prends-moi » de « L’Âme-stram-gram », l’inceste dans « Optimistique-moi », le récent « j’en ai vu des culs » de « QI » ou encore le bien nommé « Porno-graphique »). Insérer entre les trois derniers albums pas moins de quatre collectors commerciaux, concerts ou compilations (Live à Bercy,Mylénium tourLes MotsRemixes 2003). Adapter cette recette à une jeune lolita du nom d’Alizée (dont la petite culotte blanche émoustillera le papy), et vous images-25 dans Mylène et des CRITIQUESobtiendrez le pactole. La machine est désormais huilée. 

Mylène Farmer est passée du « jouir dans la mort » au « jouir de l’amour avant que la mort nous sépare ». En tout bien, tout honneur. Le problème, c’est que la poésie de l’interdit s’est envolée, et avec elle tout le désir de l’initié. En passant du sens voilé à la tautologie du premier degré, la chanteuse a transformé son auditeur en fan. Le fanatique de Mylène Farmer ne pense plus, ne cultive plus la distance : il achète, un point c’est tout. Et il célèbre avec Mylène Farmer, en chœur avec tous les enfants et les petits oiseaux de la Terre, la beauté de l’amour. Il fut un temps où les comiques Les Inconnus se moquaient de Mylène Farmer en lui faisant dire « J’écris des paroles que vous ne comprenez pas, d’ailleurs moi non plus ». Désormais, malheureusement, l’on ne comprend que trop bien.

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Mylène Farmer, on fait le Tour

Posté par francesca7 le 13 juin 2013

Mylenium Tour (2000)

Description du live :

Mylène Farmer est de retour sur scène et, une fois de plus, la chanteuse a mis le paquet pour impressionner son public et lui offrir un show hors du commun : décor pharaonique, effets spéciaux, chorégraphies réglées au millimètre près…

 La scène est dissimulée sous une grande toile blanche. Le public est au comble de l’excitation. Soudain, la toile s’éclaire de bleu et Mylènium, morceau instrumental à l’ambiance tribale résonne dans la salle. L’enthousiasme du public frôle l’hystérie lorsque tombe enfin le décor. Trônant au milieu de la scène, une immense statue de 17 m de haut inspirée d’un tableau de Giger (le créateur d’Alien), hybride de Bouddha et de sphinx, monopolise tous les regards…

Soudain, la lumière s’intensifie, de la fumée apparaît et la tête de la statue s’ouvre en deux laissant apparaître l’ombre de Mylène. Lentement, majestueusement, la chanteuse vole, loin au dessus de la scène tandis que la main articulée de la statue s’élève pour recueillir la star. Tout est fluide et époustouflant, les effets de lumière rendant le spectacle impressionnant. Le public n’en croit pas ses yeux.

Mylène Farmer, on fait le Tour dans Mylène et BIOGRAPHIES mimi3-296x300

 

 Puis l’orage éclate et Mylène attaque alors le premier titre L’amour naissant. Elle descend de la main et s’approche du public en dépliant ses bras à chaque refrain. Mylène est belle, le public enthousiaste… Une photo est prise et illustrera la pochette de ce tour.

 La musique de L’âme-stram-gram débute et on voit Mylène accroupie autour d’une dizaine de danseurs. Elle entame alors sa chanson, chorégraphie à l’appui. Tout est merveilleusement bien synchronisé. Puis la star dialogue un peu avec le public et demande ensuite de chanter le refrain avec elle, chose qu’il fera en chœur.

 Dans la salle résonne « It’s beyond my control » puis la musique débute. Mylène demande alors à ses fans de taper dans leurs mains pour l’accompagner. Elle nous offre pour la première fois une version live de ce titre. Mylène est rayonnante.

 Puis la scène se plonge dans le noir. La mélodie de Rêver s’étend dans la salle et la star, seule sur le côté entame sa chanson, la voix nouée. Elle demande ensuite au public de reprendre ce titre. Mylène ne chante plus et écoute, les larmes aux yeux, le public chantant en harmonie son refrain. Il se dégage une telle émotion que Mylène ne peut parler. Elle fredonne quelques mots et remercie le public…

 Puis Mylène nous offre Il n’y a pas d’ailleurs. Seule, debout dans la main de la statue, elle interprète cette chanson pour la première fois en concert. Son interprétation est bouleversante. Entourée de ses deux choristes, elle termine sa chanson, descend de la main et quitte la scène. Puis l’obscurité se fait à nouveau.

 Au milieu de la scène, vue de dos et lumière intense, la chanteuse dont on ne devine que les formes, reprend ensuite un titre quasi inédit de son répertoire : Mylene is calling (face B de « Je t’aime mélancolie« ). « Allo oui c’est moi tu n’es pas là… ». Ce clin d’œil à ses fans est en fait une habile transition au prochain tube de la star…

 Les premières notes d’Optimistique-moi résonnent dans la salle. Tous de noir pailleté vêtus, Mylène et ses danseurs entament une chorégraphie dont la synchronisation et la rapidité ne peuvent que rendre admiratifs les plus sceptiques. Puis la chanteuse demande au public en délire de reprendre le refrain avec elle.

 Un medley de ses premiers succés sont enchaînés à une cadence incroyable. Pour l’occasion, Mylène ressort le « club remix » de Pourvu qu’elles soient douces. Accompagnée de ses danseurs, la chanteuse nous offre une chorégraphie digne des plus grandes. La star chante Maman a tort dont le public aime à reprendre les paroles enfantines, effets pyrotechniques et feux d’artifice à l’appui. Elle enchaîne ensuite Libertine puis Sans contrefaçon puis l’obscurité se fait à nouveau.

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 Seule dans le coin droit de la scène, Mylène chante Regrets en solo. Cette interprétation sans Jean-Louis Murat est bouleversante et la salle, conquise, suit des yeux la main de la statue dans laquelle brûle un feu de Bengale rouge et lumineux. Puis la flamme s’éteint et Mylène termine sa chanson, petites larmes aux yeux.

 Quand Désenchantée commence ensuite, l’ensemble de la salle se déchaîne. La version est très techno et les danseurs, attachés au sol, se penchent presque à l’horizontale, de gauche à droite. Entourée de ses deux choristes, la chanteuse nous offre des jeux de main pour chorégraphie et le public, endiablé, saute dans tous les sens. C’est l’euphorie !

 Dans la salle résonne un bruit de porte, puis des pas. Le rire de Mylène s’étend et la musique de Méfie-toi débute. Vêtus de blanc et manteau noir, la star et ses danseurs sortent du corps de la statue. Ils entament alors une chorégraphie et Mylène chante le refrain. Le titre terminé, la chanteuse se débarrasse de son manteau et s’assoie sur les marches.

 Deux doigts dans la bouche, le coup de siffler fait démarrer Dessine-moi un mouton, clin d’œil au Petit Prince de St Exupéry. Une balançoire descend du ciel et la salle est inondée de confettis d’argent… Mylène retrouve son âme d’enfant et les danseurs autour d’elle jouent à saute mouton. Elle en profite pour présenter son petit monde au public. Magnifique !

 Puis la star, entourée de ses deux choristes, nous offre une version acoustique de son tube California. Bien que celle-ci soit magnifique, on regrette une version plus énergique comme dans le tour 96. Puis Mylène quitte la scène et la salle est plongée dans le noir.

 La chanteuse revient en longue robe blanche nous interpréter en version accoustique Pas le temps de vivre, un hommage à son frère. Mylène pleure, les flammes scintillent un peu partout dans la salle. L’émotion est telle que la star ne peut terminer le refrain. C’est le public, en harmonie, qui le finira. La chanteuse demande ensuite à un fan de monter avec elle sur scène. Le chanceux ! L’émotion est à son comble quand celui-ci tombe à ses genoux et que Mylène, les larmes aux yeux, l’aide à se relever. Elle remercie alors le public pour ces moments si intenses…

 Après un court instant d’obscurité, la statue s’éclaire de rouge sang. La chanteuse, vêtue d’une longue robe rouge, revient alors interpréter Je te rends ton amour. Sur la scène, de la fumée apparaît et la star est soulevée vers le ciel. Là, immobile, elle termine son titre… Epoustouflant !

 Suivra ensuite Souviens-toi du jour. Mylène attaque l’intro (« Quand le vent a tout dispersé… »). Le public tape dans ses mains pour accompagner la chanteuse. Chorégraphie à l’appui, elle nous offre une version live magnifique de ce titre. Elle demande alors au public de reprendre le refrain deux fois avec elle avant de quitter la scène.

 Des notes de piano, se font entendre et la chanteuse vient interpréter un second titre inédit magnifique : Dernier sourire (face B de « Sans logique« ). Son interprétation est bouleversante. La voix nouée, et très émue, elle chante ce titre mélancolique, accompagnée par le public. Le 2e couplet terminé, on entend dans la salle un fan hurler « Mylène on t’aime ! ». La star répondra alors « Moi aussi ! ». Le public frôle l’hystérie. Cette chanson est très riche en émotions. Elle remercie le public.

 Puis Innamoramento débute. Mylène chante merveilleusement bien ce titre éponyme de son dernier album. Les sonorités aiguës de ce titre rendent son interprétation magnifique. La star, ne voulant pas quitter la scène, demande au public de reprendre 4 fois le refrain avec elle avant de disparaître dans la main de la statue. Mylènium résonne à nouveau dans la salle. Puis le rideau tombe : C’est la fin ! Deux heures viennent de s’écouler à une vitesse foudroyante. Personne n’en revient !

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le best off 2001 de Mylène

Posté par francesca7 le 24 mai 2013

 

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le best off 2001 de Mylène dans Mylène AU FIL DES MOTS best-of-mylenesi  en 1992, Polydor avait édité le Dance Remixes, il ne s’agissait pas d’un best of à proprement parler, mais davantage d’une compilation des meilleurs remixes de la chanteuse. Avec le best of Les Mots en 2001, la donne est différente : Polydor propose en effet de faire un tour complet des plus grands succès de Mylène sur dix-sept ans….

De Maman a tort à l’Histoire d’une fée, c’est… trente titres pour la version Digipak et trente-trois pour la version collector permettent de retrouver tous les tubes de l’artiste, remastorisés et dépoussiérés par le complice Bernard Châtenet (sous la houlette de Laurent Boutonnat bien entendu). Le résultat est un véritable bonheur, et on est impressionné d’entendre le nombre de tubes que Mylène accumulés depuis ses débuts (soit depuis dix-sept ans, en 2001). Sorti le 17 novembre 2001, le best of obtient un succès immédiat et foudroyant : 700 000 exemplaires vendus en deux mois ! La compilation atteindra même, en comptant l’édition européenne de quinze titres, un total de 1,5 million d’exemplaires vendus en fin de course.

Du jamais vu pur un produit de ce type. Deux versions du best of sont disponibles, l’un en Digipak ou Cristal et l’autre en collector. Il s’agit d’un Longbox contenant trois titres e plus non inédits, mais assez rares (Puisque, Mylène is Calling et My soul is Slashed) et un DVD contenant le clip de la chanson Les Mots avec Seal (dans un montage légèrement différent de la version diffusée à la télévision). Car Mylène ne se contente pas d’un simple best of : elle propose pour l’occasion trois chansons inédites – Les Mots (avec Seal), C’est une belle journée et Pardonne-moi. Trois nouveautés pour deux tubes de plus (Les Mots et C’est une belle journée), évidemment .. Côté visuel, la version Longbox laisse idéalement admirer la nouvelle série de photos réalisée par Ellen von Unwerth. Elle nous montre une Mylène très sexy, provocante diront certains, mais surtout très souriante !

Track-listing de la compilation Les Mots (trente-trois titres, version Longbox) : Maman a tort, Plus grandis (nouveau mix), Libertine (nouveau mix), Tristana, Sans contrefaçon, Ainsi soit je… Pourvu qu’elles soient douces, Sans logique, A quoi je sers…, Désenchantée, Regrets (en duo avec Jean Louis Murat), Je t’aime mélancolie, Beyond my control, Que mon cœur lâche, California, L’âme stram gram, Je te rends mon amour, Souviens-toi du jour, Optimistique-moi, Innamoramento, L’histoire d’une fée, c’est…, Les mots (en duo avec Seal), c’est une belle journée, Paronne-moi, La veuve noire, Mylène is  Calling, Effets secondaires, Puisque, My soul is slashed.

Les mots est donc le premier inédit du best of de Mylène. Il s’agit d’un duo avec le chanteur noir anglais Seal. Les fans de Mylène s’attendaient plutôt à un duo avec Elton John. Bref, ce duo avec Seal sorti en single le 13 novembre 2001 (soit deux semaines avant le best of).là encore, Mylène frappe fort, et le single se vendra à près de 500 000 exemplaires ! Encore un carton pour cette chanson mélancolique chantée mi en français mi en anglais. Les paroles sont, pour une fois, assez simples : Mylène rend ici un hommage aux mots qui lui ont permis d’écrie de si jolies chansons et qui servent également à exprimer son amour. Une chanson d’amour donc, dont le refrain est chanté dans les deux langues.

Le titre se termine très joliment par le bruit d’une allumette qu’on craque. La dernière ? Une influence essentielle entoure le texte de cette chanson. En effet, Mylène n’hésite pas à puiser dans l’oeuvre d’Emily Dickinson (1830-1886) pour écrie la chanson.

L’artiste reprend même des vers complets de la poétesse américaine. Ainsi, la phrase « Il will tell you how the sun rose » est le titre du poème 318 de Dinckinson. Autre emprunt, les expressions « To lives that stoop to notice mine » et « but a fraction of this lige », que l’on retrouve respectivement dans les poèmes 273 et 275 d’Emily Dickinson. Un hommage à la poétesse recluse chez elle et amoureuse de la nature et des mots… Dernière particularité du texte, Mylène réutilisera les premiers vers de sa chanson Nous souviendrons-nour de 1991 (aux vies qui s’abaissent à voir la mienne – je sais – qu’il me faudra prendre congé d’elles ») pour les traduire ici en anglais ; « and to lives, that stoop to notice mine – I know I will say goodbye ». C’est le 19 janvier 2002 que Mylène chantera pour la seule et unique fois Les Mots avec Seal à la télévision. Ce sera pour les NRJ Music Awards sur TF1, où elle vient recevoir le titre de la « meilleure chanteuse francophone de l’année ».

 

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 137/220

 

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Pas le temps de vivre pour Mylène F.

Posté par francesca7 le 17 avril 2013

 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Mylène Farmer

Pas le temps de vivre pour Mylène F. dans Mylène et SYMBOLISME temps-de-vivre

Cette sublime chanson de la main de Mylène (paroles + musique) est le troisième titre de l’album « Innamoramento » sorti en 1999. Elle a été écrite en hommage à son frère Jean Loup, décédé dans un accident de voiture en 1996. Depuis qu’elle a perdu son frère, Mylène ne retrouve plus son équilibre et est totalement perdue dans ce monde… 

Le titre de la chanson, reprise des mots du refrain, ressemble à un euphémisme, une façon détournée de dire la douleur de vivre, sorte de transcription en langage poétique de l’existentiel : « pas (plus ?) envie de vivre ». La négation porte en elle le non-sens de la vie. Le temps de l’existence est miné.

Le texte s’ouvre (de façon cohérente avec le titre) sur le thème du temps qui passe, du temps que l’on vit, immensément long, comme le suggère le pluriel de répétition « il est des heures ». L’emploi du verbe « être » au lieu du présentatif avec le verbe « avoir » (« il y a ») résonne de façon existentielle. « Il est des heures », c’est aussi dire qu’il y a des moments sombres, des passades de chagrin. Le mot « ombres » est connoté de façon nocturne mais ce que dit surtout ce premier vers, c’est la crispation de la douleur. Car les « ombres » ont aussi le sens d’illusions. La jeune femme est rendue parfois à la raide réalité de la souffrance. Le sous-entendu contenu dans le verbe « se dissiper » est qu’elle détourne d’elle le plus souvent le chagrin dur et cru. La forme impersonnelle du verbe « se dissiper » montre que le processus se fait tout seul, à l’insu du sujet. Dans l’expression « la douleur se fige », on sent l’influence de Baudelaire et l’expression du spleen dans Les Fleurs du Mal : « un cœur qui se fige ».

Le deuxième vers de cette première strophe (qui est un quintil) joue sur un effet de surprise lexicale, effet réitéré à la même place dans le deuxième quintil. En effet, l’auteur utilise un néologisme en donnant une forme verbale (pronominale) à un adjectif : « invincible » (qui ne peut être vaincu) devient « s’invincibler », découverte verbale inédite.

Ce deuxième vers est une reprise anaphorique du premier (« Il est des heures où ») et l’effet en est nostalgique et rêveur. L’auteur médite sur ce qui se passe en elle, dans les moments où le chagrin l’assaille. Le champ lexical de la raideur, de la dureté, de l’âpreté qui était dans le verbe « se fige » se retrouve dans le néologisme « s’invincible ». Quand la douleur arrive, les sensations semblent être faites de crispation et de soumission : « s’invincible », « s’incline ».

La métaphore morbide « la lèpre » et les pronominaux accentuent l’idée de résignation à la douleur. Le troisième vers commence par un « mais », comme le troisième vers de la strophe suivante, avec un parallélisme de construction qui participa à la cohérence d’un texte pourtant décousu ou plutôt qui mime le flux mental de la conscience avec ses oppositions plus affectives que logiques. « Mais si » : on est d’ailleurs dans le mode hypothétique, celui des regrets, des remords, le futur vu d’autrefois, inimaginable, irréversible aussi. « Si j’avais pu … », irréel du passé, en latin.

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L’expression « je serai qui tu hantes » est d’une grande beauté et elle a justement quelque chose à voir avec le latin dans son sens du raccourci. « Je serai celle que tu hantes » serait plus français, plus explicatif. Ce « qui », pronom relatif sujet sans antécédent est très latin (c’est celui qu’on trouve dans les proverbes du genre « qui aime bien châtie bien »), il est efficace, bizarre et ambigu. « Je serai qui tu hantes » fait penser au « Horla », au thème du dédoublement et de la présence invisible qui est là : on comprend par cette formule ramassée et pudique tout l’enfer de l’obsession liée au chagrin et au deuil. Dominent dans cette fin de strophe, les mots « incertitude » et « solitude » à la rime franche et riche en contraste avec les seules assonances de « fige » et « incline » ou plus loin de « s’effacent » et « monacale ».

Le deuxième quintil par un effet de répétition reprend la complainte sur les heures de cafard. Cette anaphore donne une allure de refrain à ce qui est un désespoir vécu. L’auteur introduit le thème de la musique par un biais léger et poétique, une mise en abyme : « Les notes se détachent ». Mylène Farmer est la chanteuse et la musicienne. Cette allusion aux notes de la chanson contribue à créer un pacte autobiographique même si l’histoire réelle n’est pas dite mais seulement suggérée, universalisée. D’ailleurs, c’est le mot « être » qui va servir de nouveau à désigner celle qui souffre : « l’être se monacale » faisant écho à « l’être s’invincible » avec le même souci du néologisme et de la création verbale pour dire l’inexprimable. La carapace, la prison ou le couvent sont des leitmotiv dans les deux cas.


Le refrain se caractérise par l’intrusion du « je » et du « tu ». Il dessine un dialogue plus personnel que la méditation antérieure sur la souffrance des heures de manque. L’auteur en appelle à l’impératif à celui auquel elle pense : apostrophe amoureuse « aime moi », quasi érotique « entre en moi » même si l’on comprend le niveau métaphorique de l’expression. « Dis moi », « Dis moi » deux fois sont un appel, émouvant à un dialogue, pourtant fictif. D’ailleurs le côté impossible et surréaliste de cet échange verbal au-delà de la mort est rendu dans le registre de « l’ivresse » et de la « nuit » folle : fête carnavalesque vers la mort (« la nuit se déguise »).L’atmosphère de cette deuxième strophe tourne autour de la nuit et de ses fantasmes avec les mots « lune », « nuit », « paupières », « erre » .Les sonorités sont étudiées et créent des rimes internes comme le groupe « erre » et « lumière », ou « paupières ». La métaphore filée évoque une femme devenue somnambule. La mort rôde sous la forme d’une « lumière que le vent a éteinte » .On remarquera les pluriels possessifs « mes nuits », « mes peurs » qui disent explicitement l’angoisse ainsi que l’adverbe de temps « une à une », où s’exprime la lenteur, la longueur de la souffrance. Il y a un effet de chute dans le dernier vers de cette strophe ; effet voulu puisqu’il est repris à la fin de la chanson « mes peurs de n’être plus qu’une ». Le sous-entendu est qu’elle était à deux, autrefois, le thème est celui de la douleur, de la solitude.

Les derniers vers retrouvent l’accent mélancolique de la chanson de Jacques Prévert chantée par Yves Montant avec le thème de la mer qui efface les traces des pas des amants sur la plage. Mais Mylène Farmer décline ce thème de façon féminine : c’est elle la mer (« je suis comme la mer »), ce qui donne une dimension métaphysique infinie à son sentiment de regret, de remords « n’avoir pas su » répond à « si j’avais pu » de façon irréversible et tragique. « Tes pas » c’est aussi le titre d’un poème fort connu de Paul Valéry qui a rapport avec la mer puisqu’il appartient au recueil « Le cimetière marin ».

La dernière strophe exprime derechef l’impression d’une vie impuissante et brisée. La métaphore du « marbre sans veine » est originale. Associée au terme « pensées », elle évoque le cerveau comme matière morte, sans les surprises que l’on trouve normalement dans la pierre ou dans le bois et qui correspondraient aux veines et aux neurones. Un cerveau sans les marques de ses lobes et de ses connexions.

chanson

La métaphore suivante est moins originale mais très touchante quand même ; elle rappelle les paroles de la chanson de Brel « Ne me quitte pas » : « laisse-moi devenir l’ombre de ta main … l’ombre de ton ombre… l’ombre de ton chien ». L’intertextualité est évidente et voulue, vue la notoriété de cette chanson. Mais avec le mot « ombre », Mylène Farmer accède à un registre mystique et occulte qui lui est personnel. « Ombre » nous fait accéder au royaume des morts et fait écho au mot « clef » chargé de mystère ou au mot « astre » qui évoque à la fois l’infini de l’espace et la possible connivence du ciel avec nos caractèrespersonnels.

Les derniers vers ont une connotation pathétique avec l’expression de la peur et le désir d’une main secourable : « ta main ». L’apostrophe au frère absent revient douloureusement dans le refrain et à l’écoute de cette chanson, on ne peut qu’être touché par les sonorités aiguës car l’assonance en « i » est récurrente et permet à la chanteuse de monter dans la gamme avec une voix féminine et des sons très ténus.

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Pas le temps de vivre Mylène

Posté par francesca7 le 24 février 2013

symbolisme de « Pas le temps de vivre« 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Mylène Farmer

 Pas le temps de vivre Mylène dans Mylène et SYMBOLISME telechargement-4

Cette sublime chanson de la main de Mylène (paroles + musique) est le troisième titre de l’album « Innamoramento » sorti en 1999. Elle a été écrite en hommage à son frère Jean Loup, décédé dans un accident de voiture en 1996. Depuis qu’elle a perdu son frère, Mylène ne retrouve plus son équilibre et est totalement perdue dans ce monde… 

Le titre de la chanson, reprise des mots du refrain, ressemble à un euphémisme, une façon détournée de dire la douleur de vivre, sorte de transcription en langage poétique de l’existentiel : « pas (plus ?) envie de vivre ». La négation porte en elle le non-sens de la vie. Le temps de l’existence est miné.

Le texte s’ouvre (de façon cohérente avec le titre) sur le thème du temps qui passe, du temps que l’on vit, immensément long, comme le suggère le pluriel de répétition « il est des heures ». L’emploi du verbe « être » au lieu du présentatif avec le verbe « avoir » (« il y a ») résonne de façon existentielle. « Il est des heures », c’est aussi dire qu’il y a des moments sombres, des passades de chagrin. Le mot « ombres » est connoté de façon nocturne mais ce que dit surtout ce premier vers, c’est la crispation de la douleur. Car les « ombres » ont aussi le sens d’illusions. La jeune femme est rendue parfois à la raide réalité de la souffrance. Le sous-entendu contenu dans le verbe « se dissiper » est qu’elle détourne d’elle le plus souvent le chagrin dur et cru. La forme impersonnelle du verbe « se dissiper » montre que le processus se fait tout seul, à l’insu du sujet. Dans l’expression « la douleur se fige », on sent l’influence de Baudelaire et l’expression du spleen dans Les Fleurs du Mal : « un cœur qui se fige ».

telechargement-5 dans Mylène et SYMBOLISMELe deuxième vers de cette première strophe (qui est un quintil) joue sur un effet de surprise lexicale, effet réitéré à la même place dans le deuxième quintil. En effet, l’auteur utilise un néologisme en donnant une forme verbale (pronominale) à un adjectif : « invincible » (qui ne peut être vaincu) devient « s’invincibler », découverte verbale inédite.

Ce deuxième vers est une reprise anaphorique du premier (« Il est des heures où ») et l’effet en est nostalgique et rêveur. L’auteur médite sur ce qui se passe en elle, dans les moments où le chagrin l’assaille. Le champ lexical de la raideur, de la dureté, de l’âpreté qui était dans le verbe « se fige » se retrouve dans le néologisme « s’invincible ». Quand la douleur arrive, les sensations semblent être faites de crispation et de soumission : « s’invincible », « s’incline ».

La métaphore morbide « la lèpre » et les pronominaux accentuent l’idée de résignation à la douleur. Le troisième vers commence par un « mais », comme le troisième vers de la strophe suivante, avec un parallélisme de construction qui participa à la cohérence d’un texte pourtant décousu ou plutôt qui mime le flux mental de la conscience avec ses oppositions plus affectives que logiques. « Mais si » : on est d’ailleurs dans le mode hypothétique, celui des regrets, des remords, le futur vu d’autrefois, inimaginable, irréversible aussi. « Si j’avais pu … », irréel du passé, en latin.

L’expression « je serai qui tu hantes » est d’une grande beauté et elle a justement quelque chose à voir avec le latin dans son sens du raccourci. « Je serai celle que tu hantes » serait plus français, plus explicatif. Ce « qui », pronom relatif sujet sans antécédent est très latin (c’est celui qu’on trouve dans les proverbes du genre « qui aime bien châtie bien »), il est efficace, bizarre et ambigu. « Je serai qui tu hantes » fait penser au « Horla », au thème du dédoublement et de la présence invisible qui est là : on comprend par cette formule ramassée et pudique tout l’enfer de l’obsession liée au chagrin et au deuil. Dominent dans cette fin de strophe, les mots « incertitude » et « solitude » à la rime franche et riche en contraste avec les seules assonances de « fige » et « incline » ou plus loin de « s’effacent » et « monacale ».

images-9Le deuxième quintil par un effet de répétition reprend la complainte sur les heures de cafard. Cette anaphore donne une allure de refrain à ce qui est un désespoir vécu. L’auteur introduit le thème de la musique par un biais léger et poétique, une mise en abyme : « Les notes se détachent ». Mylène Farmer est la chanteuse et la musicienne. Cette allusion aux notes de la chanson contribue à créer un pacte autobiographique même si l’histoire réelle n’est pas dite mais seulement suggérée, universalisée. D’ailleurs, c’est le mot « être » qui va servir de nouveau à désigner celle qui souffre : « l’être se monacale » faisant écho à « l’être s’invincible » avec le même souci du néologisme et de la création verbale pour dire l’inexprimable. La carapace, la prison ou le couvent sont des leitmotiv dans les deux cas.

L’atmosphère de cette deuxième strophe tourne autour de la nuit et de ses fantasmes avec les mots « lune », « nuit », « paupières », « erre » .Les sonorités sont étudiées et créent des rimes internes comme le groupe « erre » et « lumière », ou « paupières ». La métaphore filée évoque une femme devenue somnambule. La mort rôde sous la forme d’une « lumière que le vent a éteinte » .On remarquera les pluriels possessifs « mes nuits », « mes peurs » qui disent explicitement l’angoisse ainsi que l’adverbe de temps « une à une », où s’exprime la lenteur, la longueur de la souffrance. Il y a un effet de chute dans le dernier vers de cette strophe ; effet voulu puisqu’il est repris à la fin de la chanson « mes peurs de n’être plus qu’une ». Le sous-entendu est qu’elle était à deux, autrefois, le thème est celui de la douleur, de la solitude.

Le refrain se caractérise par l’intrusion du « je » et du « tu ». Il dessine un dialogue plus personnel que la méditation antérieure sur la souffrance des heures de manque. L’auteur en appelle à l’impératif à celui auquel elle pense : apostrophe amoureuse « aime moi », quasi érotique « entre en moi » même si l’on comprend le niveau métaphorique de l’expression. « Dis moi », « Dis moi » deux fois sont un appel, émouvant à un dialogue, pourtant fictif. D’ailleurs le côté impossible et surréaliste de cet échange verbal au-delà de la mort est rendu dans le registre de « l’ivresse » et de la « nuit » folle : fête carnavalesque vers la mort (« la nuit se déguise »).

Les derniers vers retrouvent l’accent mélancolique de la chanson de Jacques Prévert chantée par Yves Montant avec le thème de la mer qui efface les traces des pas des amants sur la plage. Mais Mylène Farmer décline ce thème de façon féminine : c’est elle la mer (« je suis comme la mer »), ce qui donne une dimension métaphysique infinie à son sentiment de regret, de remords « n’avoir pas su » répond à « si j’avais pu » de façon irréversible et tragique. « Tes pas » c’est aussi le titre d’un poème fort connu de Paul Valéry qui a rapport avec la mer puisqu’il appartient au recueil « Le cimetière marin ».

La dernière strophe exprime derechef l’impression d’une vie impuissante et brisée. La métaphore du « marbre sans veine » est originale. Associée au terme « pensées », elle évoque le cerveau comme matière morte, sans les surprises que l’on trouve normalement dans la pierre ou dans le bois et qui correspondraient aux veines et aux neurones. Un cerveau sans les marques de ses lobes et de ses connexions.

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La métaphore suivante est moins originale mais très touchante quand même ; elle rappelle les paroles de la chanson de Brel « Ne me quitte pas » : « laisse-moi devenir l’ombre de ta main … l’ombre de ton ombre… l’ombre de ton chien ». L’intertextualité est évidente et voulue, vue la notoriété de cette chanson. Mais avec le mot « ombre », Mylène Farmer accède à un registre mystique et occulte qui lui est personnel. « Ombre » nous fait accéder au royaume des morts et fait écho au mot « clef » chargé de mystère ou au mot « astre » qui évoque à la fois l’infini de l’espace et la possible connivence du ciel avec nos caractères personnels.

Les derniers vers ont une connotation pathétique avec l’expression de la peur et le désir d’une main secourable : « ta main ». L’apostrophe au frère absent revient douloureusement dans le refrain et à l’écoute de cette chanson, on ne peut qu’être touché par les sonorités aiguës car l’assonance en « i » est récurrente et permet à la chanteuse de monter dans la gamme avec une voix féminine et des sons très ténus.

 

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Monkey Me de Mylène

Posté par francesca7 le 25 janvier 2013

 

L’album Monkey me, qui vient de sortir, sonne d’ailleurs comme des retrouvailles avec la Mylène de notre adolescence (je parle à ceux qui sont nés au crépuscule du vingtième siècle) : un son années 80, synthé, et des arrangements hight-tech pour un album où Mylène « singe les ombres » et donne la part belle aux textes obscurs à double (triple ?) sens.

Le titre de l’album est dû à la rencontre extrêmement émouvante (d’après l’artiste) avec… une guenon de 4 ans… Mais pas n’importe quelle guenon : celle-ci aurait été volée à 3 mois avant d’être retrouvée quelques mois plus tard. Elle vit maintenant… dans un zoo. Voilà voilà…

Si « nuit d’hiver », instrumental méditatif, se détache du reste, c’est que les morceaux de cet album trouveront facilement leur place sur le dancefloor et dans le cœur des fans inconditionnels qui seront content de retrouver leurs repères… Repères fixés depuis une bonne vingtaine d’années… Un son dance/electronique associé à des paroles mélancoliques et des mélodies pop/rock.

On pourra dire que Mylène Farmer oublie de vivre avec son temps. Pourtant, les paroles de ses chansons évoquent les interrogations qui nous sont soufflés quotidiennement dans le creux de l’esprit : « Mais où va le monde ? », par exemple. Et puis, il faut bien dire qu’il y a un changement notable chez notre Mylène nationale (ou presque… Oui, je sais qu’elle est née au Canada) : elle a les cheveux blancs et lisses, sur la couverture de l’album, et non plus roux et frisés.

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Paroles de ELLE A DIT de Mylène F.

Posté par francesca7 le 2 janvier 2013

 

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La fiche de Elle a dit…

Elle a dit est une chanson extraite de l’album Monkey Me de Mylène Farmer sorti en 2012. Les paroles et le clip vidéo de Elle a dit ont été ajoutées le 08/11/2012.

Paroles de Elle a dit de Mylène Farmer

Nul adonis
Nul artifice
Ni lois ni dieux
Elle sait y faire

Un brin nihilite
Mélancolique
Parfaois l’envie
Se foutre en l’air

Assise sur ton lit
Le bleu dans le gris
Elle est différente
C’est sa manière

Soins intensifs
A deux c’est moins triste
Dans son cerveau
Deux hémisphères

Le gai et le triste
Un jeu d’artifices
Pouvoir aimer
Comment le faire

La peur de ne pas
Savoir où aller
Qui nous attache à cette terre

Le coeur à l’endroit
Mais l’heure a sonné
Elle a mis le sien à l’envers

Elle a dit qu’elle aime
Elle a dit aussi le monde est tel
Que l’on fuit le bruit et les sarcasmes
Elle aimait sa vie
Et c’est son charme

Et si dans sa vie
Elle aura écrit
Tant de chapitres
Inutiles

Pour le plus petit
Mot qui a guéri
Sauver une âme
C’est si fragile

Assise sur son lit
Elle regarde « l’incompris »
Et elle n’en a plus rien à faire

Mais Quoiqu’elle en dise
Elle aime une fille
Elle se sent au bord du rebord 
(Merci faloufarmer pour les paroles)

Paroles de ELLE A DIT de Mylène F. dans Les Chansons de Mylène a-lombre-300x200

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Mylène Farmer – Point de suture

Posté par francesca7 le 29 avril 2012

par Arno Mothra 24 août 2008

Swift écrivait avec authenticité : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. » Ce nouvel album de Mylène Farmer ne manquera pas, devant la vocifération de quelques verrats nourris à la confiture pourrie, de confirmer à nouveau cette citation.

Bloc opératoire :

« Tous les points de suture du monde ne pourront nous recoudre » dit Pacino dans L’impasse.

Mylène Farmer - Point de suture dans Mylène et des CRITIQUES 1131888428Anesthésie générale en prévision. Comme son nom l’indique, Point de suture annonce une phase, celle de la plaie soignée après l’opération. Soignée mais pas cicatrisée. Alors que l’excellent [Dégénération->644] (dans les bacs depuis le 18 août) laissait présager un disque froid et plutôt évasif quant aux paroles, ce septième album de la rouquine, très up tempo, électrochoc, s’avère d’une diversité délicieuse et sauvage. Avec un virage résolument électro moderne, tout en restant, fort heureusement, très Laurent Boutonnat (génie irremplaçable, quoi qu’on en dise, dont on attend également impatiemment la prochaine production cinématographique). Petite révélation d’introduction : Point de suture contient le plus beau titre que Mylène Farmer et Laurent Boutonnat aient écrit.

D’allégories en aphorismes, d’assonances sans dissonances, de désirs annexes, sexuels, sans zèle, sans complexe, les textes sont d’une rare finesse et intelligence, même si leur titre ne l’affirme, parfois, pas nécessairement ( Appelle mon numéro, C’est dans l’air ). Le nom de l’album exhale d’ailleurs toute sa prestance si l’on daigne un tant soit peu creuser entre les lignes : l’artiste n’aura jamais autant joué sur l’autodérision, subtile et cocasse, sur la poésie, sur l’éclectisme : sur tout ce à quoi on l’assimile bêtement, souvent avec une hargne rare.

Option chirurgicale : album au scalpel :

Dégénération : ouverture en rafale avec le premier single issu de Point de suture (ici en version longue), accessoirement numéro 1 des téléchargements légaux dès sa mise en ligne, et servi par un clip époustouflant, subversif, fort de ses allusions métaphoriques (une confusion des genres entre médecins et militaires nazis, entre malade [sujet d'étude] et entité divine). Un des meilleurs singles de Mylène Farmer, à l’antinomie du palliatif, qui n’est pas sans rappeler Sin de Nine Inch Nails . Ecoutez bien.

Appelle mon numéro : première découverte du nouveau cru. Avec un tel titre, l’auditeur pouvait s’attendre au pire, comme il en abonde sur les plus mauvaises radios généralistes. Il s’extasiera finalement du meilleur. Musicalement, Appelle mon numéro se rapproche de Dans les rues de Londres (en 2005), grâce à ses arrangements doux et planants, aux nappes de synthés, accentués par des guitares sèches et un riff électrique qui s’ancre rapidement dans la tête. Malgré cette rétrogradation, la (bonne) surprise est de taille : un texte écrit avec justesse et mæstria, par ses multiples jeux de mots et les assonances jouissives du deuxième couplet (une prouesse littéraire exemplaire, grande maîtrise du verbe, qualité stylistique énorme, tournant autour du pillow et de l’hallali [à la connotation sexuelle évidente]). Une extrême noirceur derrière le rideau : un appel à l’aide, un cri de claustration, Mylène is calling 2 : Allo oui c’est moi, tu n’es pas là ? Je me sens toute seule, je suis toute seule. Une plage douce, dans le style trip-hop envolé cher à Mylène, et dont les cinq minutes trente défilent beaucoup trop vite.

Je m’ennuie : retour aux sonorités électroniques pour un hit efficace, clair, et dance dont les arrangements font totalement abstraction du désenchantement paroxysmal des paroles (comme souvent chez l’artiste). Ode à l’oisiveté, à la désillusion. Virage musical bien opéré à travers ce titre moderne et entraînant, empreint de doute et de solitude profonde, nous renvoyant au bovarysme. Un futur single à n’en point douter.

 dans Mylène et des CRITIQUESParadis inanimé : l’intro de Paradis inanimé nous met d’emblée dans le ton : Point de suture risque fort d’être le disque le plus riche et hypnotique de la charmante rouquine. Energique, frais et (très) mélodieux, ce titre renvoie à la période pop-rock de l’artiste. Paradis inanimé bénéficie d’un texte onirique (et derrière le masque, très nihiliste), noir, poétique, apparaissant presque tel un pied de nez à certaines langues de fiel enfermant la chanteuse dans quelques clichés risibles. Un magnifique voyage, Mémoires d’outre tombe, dont la dernière minute nous rappelle avec joie ce que Coldplay sait faire de meilleur.

Looking for my name : un peu de douceur pour cette cinquième piste, interprétée avec Moby . Sur une ambiance hypnotique et obscure, Looking for my name se différencie totalement de Slipping away / crier la vie (single en duo avec Mylène issu du Greatest hits de Moby, sorti en 2006) et de son potentiel club, se rapprochant plus de l’univers habituel de la rousse. Petite pépite synthétique et mélancolique principalement dans la langue de Shakespeare, qui passe en boucle, dans une optique moderne de l’album L’Autre. en 1991. Une véritable et remarquable collaboration artistique.

Point de suture : balade sombre typiquement Farmer / Boutonnat, aux claviers et pianos omniprésents, interprétée très sobrement, à la limite de la fêlure. Nouveau clin d’oeil à la pop gothique raffinée de 1991, avec à l’appui, plus d’aigus dans la voix. Les derniers souffles de la chanson se révèlent ni plus ni moins incroyablement beaux et ténébreux. Un des grands moments de l’album : bouleversant. Et sur les blessures, point de suture.

Réveiller le monde : parfaite transition entre les titres froids et électroniques, Réveiller le monde est à classer dans ces deux catégories. Le texte, empli de désillusion, suintant le lyrisme de Paul Celan, appelle à une tolérance plus soudée entre les hommes, et sonne comme un appel de Soi à un quelque retrait d’un monde ébréché, au stade irréversible de l’agonie. Un titre savoureux, très doux, aux vieux fantômes de Depeche Mode .

Sextonik : malgré de très bons couplets (vantant les mérites de quelques ustensiles utilisés en substituts.) sur lesquels la mélodie nous caresse gentiment les tympans, Sextonik, aux accents dance kitsch années 80, a du mal à convaincre sur un refrain très creux et vite irritant. On se demande même si ce morceau n’a pas été écrit pour (par ?) les adhérents du Club Med, ou ceux d’un cours d’aérobic salace, sous le soleil d’été. La petite déception de la galette.

C’est dans l’air : une TUERIE imparable comme on en attend rarement. Electro énergique à double tranchant, la lumière de C’est dans l’air (le titre le plus rapide du disque) irradie de sa dichotomie, et de ce qu’exhale en général Point de suture . Les couplets baignent dans une teinte similairement déstructurée de Dégénération, aux sons limités mais prenants, avant que le refrain ne vienne complètement métamorphoser le morceau sur une mélodie accrocheuse, monstrueusement efficace, impossible à se retirer du crâne après écoute. Le texte, aussi explicite qu’ambigu en vivant d’un champ lexical très pieux (« ange », « apôtre », « Seigneur », « cieux », « félonie »), nous montre pour la première fois, sans amphibologie, un nihilisme exacerbé de l’auteur : « On s’en fout, on nie tout, on finira au fond du trou. et moi je chante. » ( Mylène fan de Sindrome ?), renvoyant à quelques passages du Non-sens du devenir de Cioran, extrait de l’ouvrage Sur les cimes du désespoir : « Dans le silence de la contemplation résonne alors un son lugubre et insistant, comme un gong dans un univers défunt. Ce drame, seul le vit celui qui a dissocié existence et temps : fuyant la première, le voici écrasé par le second. Et il ressent l’avance du temps comme l’avance de la mort. » En seconde lecture, le texte de C’est dans l’air apparaît également comme un règlement de compte grinçant, paraphé de multiples métaphores. Evidemment, la bombe du CD, à laquelle il est difficile de ne pas espérer prochainement un clip vidéo.

z28wcudnSi j’avais au moins revu ton visage : malgré la force indéniable résonnant déjà tout au long de cet album (en évinçant Sextonik ), Mylène Farmer nous aura réservé un final époustouflant sur les deux derniers titres. N’ayons pas peur des mots : de par une musique douce et belle, une voix fragile, un texte sincère et désespéré (qui fait étrangement penser à la fin tragique d’ Eurydice et Orphée ), Si j’avais au moins revu ton visage s’affiche sans conteste comme la meilleure chanson de tout le répertoire de la chanteuse. Sensible, sobre, acoustique, poignant (on repense à Dernier sourire ), sur le fil du rasoir ; une pure merveille qui mériterait à elle seule l’achat de cet album unique. Magnifique conclusion, sur un très beau solo à la guitare.

Ave Maria (titre caché) : l’intérêt sur un titre fantôme, est de préserver l’effet de surprise à l’auditeur. Je vous laisse donc découvrir cette reprise, mystique, troublante, presque gênante.

Postcure sans placebo :

Point de suture, véritable machine à tubes, hybride, polysémique, nous offre des titres efficaces, admirables, neufs, comble brillamment les attentes de l’auditeur (ou au-delà), amenant carrément à ce dernier un choc pendant l’écoute de plusieurs titres, surprenants, et sonne telle une synthèse de tout ce qu’a été Mylène Farmer, autant dans son art que dans ce que certains médias ont véhiculé de cliché sur elle. On notera également des arrangements extrêmement sobres sur la voix, mise en avant, et dont le chant maîtrisé à la perfection nous allèche quant aux prochains concerts de la belle, prévus en France à partir de mai 2009 (en juillet pour la Russie).

La pochette du disque, subtile et noire (noirceur assimilable uniquement à la majorité des textes de l’album, et non aux sonorités des compositions) alimentera sûrement son lot de spéculations : une poupée rousse – amochée au possible, et recousue jusqu’à la défiguration – en robe blanche est couchée à côté d’un pot d’appareils chirurgicaux, remplaçant ainsi la dame. Clin d’oeil à la marionnette de Sans contrefaçon en 1987, définitivement mise au placard, ou à une artiste trop souvent disséquée jusqu’au bain de sang ? Cela fait effectivement dix-sept ans (depuis L’Autre., troisième LP sorti en 1991) que certains médias annoncent, à chaque sortie d’album, une mort artistique imminente de la principale intéressée (on attend toujours d’ailleurs, soit dit au passage). Le livret est aussi la digne représentation de l’ambiance générale de l’album : une dissection de Mylène, complètement cabossée. C’est qu’elle s’en est pris dans les dents, la renarde ; mais malgré les coups incessants, elle reste(ra) en vie, coûte que coûte. Peu importe les menaces, la violence et les éclats volés. On pourrait comprendre également que même si devenant un débat d’étude, le sujet souhaite rester intègre, n’en déplaise aux loups dont les babines crachent de sang.

Un sublime tableau aux deux visages dichotomiques, qui eût très bien pu s’illustrer de Nature morte de Jean-Baptiste Oudry . Après Avant que l’ombre. à l’accueil dithyrambique dans la presse spécialisée (jusque dans Rolling Stone et Le Monde ), Mylène Farmer et Laurent Boutonnat enfoncent le clou. Point de suture : soin de rupture, point spectral. En bref, plus de guitares, d’électro, de rythmes up tempo, pour ce qui s’affirme comme un des (voire le) meilleurs albums d’une carrière exemplaire, atypique et inimitable. Le retour magistral d’une artiste en marge, imprévisible et troublante : qu’on le veuille ou non, Mylène, c’est dans l’air, et l’intoxication n’est toujours pas au programme. Tout simplement et modestement, merci.

Côté news fraîches, découvrez la PREMIERE page web officielle de Mylène Farmer, Lonely Lisa s’ennuie . dès septembre 2008. En attendant l’ouverture du site, un film d’animation (réalisé avec les dessins de l’artiste) nous est proposé sur htpp://www.lonelylisa.com. A travers la mise en avant de ce projet, la chanteuse poursuit l’histoire de la petite Lisa, personnage principal de Lisa, Loup et le conteur, premier livre de Mylène paru en 2003 aux Editions Anne Carrière, gros succès en librairies (épuisé quelques semaines après sa parution). Au programme pour septembre : pour la promotion de ce site, on peut allègrement attendre Je m’ennuie en single, dont le clip devrait être la suite de C’est une belle journée (2001). Le même mois sortira chez les disquaires Drôle de Creepie en cd 2 titres, interprété par Lisa (décidément), la nièce de la rouquine. Signée Mylène Farmer et Laurent Boutonnat, cette chanson noire et terriblement mignonne est la bande originale de la série du même nom (un mélange de Beetlejuice et de Daria ), mettant en scène la jeune Creepie, orpheline goth-punk-manga, ayant grandi auprès de ses seuls amis : les insectes. Aussi, Mylène incarnera le personnage féminin principal du film L’ombre des autres, inspiré du livre éponyme de Nathalie Reims, prévu au cinéma en 2010. Actualité chargée pour la rousse, au meilleur de sa forme !

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