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Heureux qui comme Mylène a fait un long voyage

Posté par francesca7 le 2 mai 2015

 

 

35401 … Confes­sions de Mylène.

Gala: Vous venez d’ache­ver votre tour­née Time­less 2013. Reve­nir à la vie normale se révèle-t-il plus verti­gi­neux que de se lancer dans une pareille aven­ture?

Mylène Farmer:La fin d’une tour­née est toujours un moment extrê­me­ment brutal. C’est un peu comme la fin d’un voyage astral, il faut réin­té­grer son corps. Le choc est à la mesure des émotions parta­gées avec le public… Mais aussi avec les musi­ciens, les danseurs, les équipes, les proches… Il faut du temps pour reprendre le rythme du quoti­dien. Pour autant, je suis consciente de ne pas vivre une vie tout à fait «normale». Le mot qui me vient à l’es­prit, c’est «réap­pri­voi­ser» le temps, juste­ment. On ne s’ha­bi­tue jamais à une telle charge d’émo­tion. Pendant une tour­née, le corps et l’es­prit déploient des trésors d’in­gé­nio­sité pour trou­ver la force. A présent, le moment est venu pour moi de lâcher prise… Et ce n’est pas simple…  

Gala: Le senti­ment de soli­tude, à la fin d’une tour­née, est donc plus une peine qu’un besoin?

Mylène Farmer: Ce n’est ni une peine, ni un besoin, mais une réalité. Après le dernier spec­tacle, il faut accep­ter de ne plus avoir rendez-vous avec des milliers de personnes. C’est ainsi. Mais l’éphé­mère rend aussi la scène magique et les échanges avec le public excep­tion­nels. Le senti­ment de soli­tude qui s’en suit est le prix à payer.  

Gala: Vous avez pris les routes de France, de Belgique, de Suisse et même de Russie. Le dépay­se­ment, la remise en ques­tion de vos habi­tudes pari­siennes: cela vous demande-t-il un effort ou est-ce une attente?

M.F.: J’aime l’idée de rendez-vous. Aller au devant des autres avec sincé­rité et être reçue de cette façon si extra­or­di­nai­re… C’est un bonheur et une chance. Je suppose que, comme tout le monde, j’ai des habi­tudes, mais ce n’est vrai­ment pas ma spécia­lité. Je m’ennuie vite. La norma­lité me fait peur.  

Gala: Vous n’êtes pas de ces artistes qui se créent des rituels en tour­née?

M.F.: Je vais vous déce­voir! Il n’y a ni rituels mystiques, ni incan­ta­tions vaudous! (Rires) Mais pour être tout à fait honnê­te… Je me surprends à tout ranger, tout remettre droit dans ma loge, avant de la quit­ter. Pour le reste, il est ques­tion de concen­tra­tion, de travail, de répé­ti­tions, de sport, de repos et, plus fonda­men­tal encore, de m’en­tou­rer d’esprits bien­veillants qui essaient de me soute­nir comme si j’al­lais courir un mara­thon.  

Gala: Sur scène, vous étiez entou­rée de six musi­ciens, deux choristes et six danseurs. Avez-vous l’im­pres­sion de recréer une famille à chaque tour­née?

M.F.: Une famille recom­po­sée, en quelque sorte. C’est l’occa­sion de retrou­ver les siens et de décou­vrir les nouveaux venus. Le lien entre tous ces talents est clé.L’esprit d’équipe m’aide beau­coup. Comme dans toute famille, on se redé­couvre aussi avec le temps. C’est une source d’inspi­ra­tion. Une tour­née est une cara­vane qui vit à huis clos des moments intenses. On se sépare à la fin du voyage avec la promesse de se revoir…  

Gala: Quels étaient les défis de ce sixième spec­tacle?

M.F.:J’ai une pensée toute parti­cu­lière pour Mark Fisher qui a imaginé le décor. Il nous a malheu­reu­se­ment quit­tés avant de voir le spec­tacle. C’était un homme discret, créa­tif et élégant. Je l’ai remer­cié chaque soir… Le prin­ci­pal défi artis­tique était de créer de l’inti­mité dans la déme­sure. Huma­ni­ser la tech­no­lo­gie. Faire danser des robots sur une musique de Schu­bert… Les inté­grer dans le spec­tacle non comme des « machines excep­tion­nelles », mais comme des parte­naires de jeux… Philippe Stege­mann, leur créa­teur, a aussi réussi cet exploit… Je ne remer­cie­rai jamais assez Jean-Paul Gaul­tier pour sa géné­ro­sité, sa folie, son humi­lité. Ainsi que toutes les équipes pour leurs talents. Quant à l’ef­fort physique, je remer­cie mes muscles d’avoir encaissé toutes ces cour­ba­tures!  

Gala: On a pu remarquer que vous mettiez désor­mais en avant votre voix.

FanFrancoise3M.F.: C’est un long travail sur soi. La voix est un révé­la­teur de l’âme. Brel confes­sait que pour lui, chan­ter devant un public est anor­mal. Terri­ble­ment impu­dique. J’ai toujours partagé ce senti­ment… Et pour­tant… Cela passe par l’accep­ta­tion de soi et il faut au moins une vie pour s’accep­ter, ne serait-ce qu’un peu. Je ne suis pas encore tota­le­ment en paix avec cela, mais les pour­par­lers ont bien avan­cé…   

Gala: L’amour, comme une irré­pres­sible «force qui va» selon la formule hugo­lienne, impré­gnait très clai­re­ment la tour­née. C’était un parti pris?

M.F.: Pour Victor Hugo, l’amour est une descente abys­sale qui se termine dans le sang. L’homme amou­reux qui détruit tout sur son chemin est mû par une force surna­tu­relle. Cela ne laisse pas beau­coup d’espoir. J’aime à penser que ce grand monsieur a aussi écrit Stella (poème sur la renais­sance du monde, après sa destruc­tion, ndlr). Une lueur peut-être? Reste à savoir si l’amour est de nature à détruire systé­ma­tique­ment. Je commence à comprendre pourquoi je préfé­rais dispa­raître à la fin du spec­tacle dans un nuage de fumée! (Rires) 

Gala: En amour, le plus brûlant, pour vous, c’est: l’es­pé­rer, le vivre ou le pleu­rer?

M.F.: Le faire! Quand l’amour se conjugue au présent, les sens prennent le pouvoir. Au passé ou au futur, il laisse place à la raison et à son cortège de doutes qui exercent leur dicta­ture impi­toyable. 

Gala: Sur cette tour­née, on vous a décou­verte souriante, non dénuée d’hu­mour, voir même presque volu­bi­le…

M.F.: Les clowns tristes ne sont un mystère pour personne. Mais appa­rem­ment, les téné­breux drôles restent une énigme! L’humour est une anti­dote précieuse. Je n’ai jamais cessé de me le rappe­ler, même dans les moments les plus sombres. Un instinct de survie, je suppo­se…  

Gala: Le plai­sir pour vous, aujourd’­hui, c’est…

M.F.: Etre libre de parta­ger les émotions simples du quoti­dien avec ceux que j’aime ou dans ma soli­tude appri­voi­sée … C’est dans cette liberté-là que je recon­nais le plai­sir. Entre l’ombre et la lumière, j’ai choisi la lumière. J’ai choisi une vie de liberté. Avant que l’ombre, je sais, ne s’abatte à mes pieds… 

Gala: La formule Time­less n’était pas sans évoquer l’idée d’im­mor­ta­lité. Est-ce pour vous: une ambi­tion? Un espoir?

M.F.: L’im­mor­ta­lité?  Très peu pour moi. Time­less évoque plutôt l’in­tem­po­ra­lité. S’ex­traire du sablier permet d’en­vi­sa­ger la vie avec plus de séré­nité, de recul. Dans un monde qui accé­lère, c’est un luxe aussi.L’immor­ta­lité est la promesse d’un ennui éter­nel, non? Je laisse cela aux dieux ou aux fous… Pour ma part, je vis chaque instant comme il vient. 

Gala: Le show inspi­rait un voyage dans le temps. Si vous le pouviez, revien­driez-vous dans le passé ou vous projet­te­riez-vous dans le futur?

M.F.: Le temps est une obses­sion humaine. Proba­ble­ment le plus grand péché d’orgueil de l’homme. La vie d’un être est une paren­thèse enchan­tée, avec de longues périodes de désen­chan­te­ments. Le temps est un repère qui permet d’accu­mu­ler des souve­nirs et donne une impres­sion de cohé­rence à ce que l’on vit. Si les amné­siques dérangent, ils n’en sont pas moins vivants. Le bonheur se cache proba­ble­ment dans le droit à l’oubli. 

Gala: Sont-ce vos souve­nirs ou vos rêves à réali­ser qui vous tour­mentent le plus?

M.F.:Nous n’avons aucun pouvoir sur les rêves, même éveillés, ils sont intru­sifs… Ils ne faci­litent pas le bonheur… Mes souve­nirs me laissent en paix, puisque pour la plupart, je les ai oubliés… Enfouis… Égarés. 

1fGala: Etes-vous capable d’in­dul­gence et de pardon pour les proches qui vous auraient déçus?

M.F.: D’in­dul­gence, je ne crois pas… Pour moi, il s’agit d’une posture, d’un renon­ce­ment à son instinct. J’ai le senti­ment qu’a­vec l’in­dul­gence, l’autre n’existe pas…  Le pardon, lui, me semble une néces­sité.Pardon­ner, c’est prendre le chemin de la remise en ques­tion de l’autre et de soi. Chemin certes plus long, mais indis­pen­sable au bonheur. Pour les  boud­dhistes, le pardon permet de savoir que rien ne sera plus jamais comme avant, unique condi­tion pour progres­ser. 

Gala: A plusieurs reprises, durant la tour­née, vous avez fait monter de jeunes enfants sur scène. Vous semblez extrê­me­ment à l’aise avec eux. 

M.F.: Quand je croise leurs regards, ils me boule­ver­sent… Une petite fille, dans mes bras au milieu de cette scène immense, émue aux larmes, est un moment fragile et fort.  

Gala: Vous avez fréquenté le Cours Florent. Si vous aviez le choix: à quel acteur donne­riez-vous la réplique, devant la caméra de quel réali­sa­teur?

M.F.: Si j’avais le choix? Steve McQueen dans un film de David Lean… Ou… Idris Elba dans un film de Jane Campion

Gala: Votre vie a déjà fait l’objet de biogra­phies plutôt «roma­nesques». Etes-vous flat­tée, amusée ou irri­tée d’être «l’hé­roïne» de certains écrits?

M.F.:Je ne lis aucune biogra­phie me concer­nant, mais je suis plutôt amusée par les extra­va­gances qui circulent. Certains ont horreur du vide, alors ils donnent libre cours à leur imagi­na­tion. C’est du fantasme, pas de l’infor­ma­tion. Un signe de notre temps.

 Gala: Un singe capuçin, prénom­mée E.T., a partagé votre quoti­dien pendant près de trente ans. Depuis plus d’un an, c’est au tour d’un berger suisse blanc, Liloup, aux allures de louve. Qu’est-ce que ces deux compa­gnons révèlent de vous? 

M.F.: Je les consi­dère comme des intimes. Ce sont des êtres sensibles pour qui seul le regard suffit. Ils sont la preuve que l’on peut aimer au-delà des mots. 

Gala: A la fin de chacun de vos concerts, vous avez disparu dans un nuage de fumée. Vous quit­te­rez le métier avec autant de douceur?

M.F.: « S’il te plaît prends ma main, ne te fais plus attendre, il est temps de s’étreindre, il est temps de s’éteindre, une dernière ciga­rette ». Comme le chante si bien Saez… Je ne sais que vous répondre puisque… Je n’ai moi-même la réponse. Partir en fumée… De toutes façons… C’est inéluc­table.  

Gala: Mylène Farmer est-elle une insa­tiable?

M.F.:« Souviens-toi que le Temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup! C’est la loi. » (elle cite le poème L’Hor­loge, de Baude­laire, ndlr) Jouons encore un peu... En atten­dant la fin de la partie.

source : http://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars

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CRITIQUES DE PRESSE sur le Timeless 2013

Posté par francesca7 le 30 mai 2014

 

 

Si l’album « Monkey Me » a reçu très peu d’éloges de la part de la presse, Mylène Farmer a beaucoup plus convaincu avec son show futuriste Timeless 2013. C’est en tout cas ce qu’i faut retenir des différentes critiques formulées à l’égard de la cinquième tournée – et sixième spectacle – de la chanteuse, ce malgré quelques avis négatifs.

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Des critiques élogieuses dans l’ensemble

Avant même que la première date du nouveau spectacle de Mylène n’ait lieu le 7 septembre au Palais Omnisports de Paris-Bercy, ‘assiduité des fans-campeurs attendant leur star devant la grande salle, dès le 11 août 2013, faisait déjà culer beaucoup d’encre … Rares sont les artistes qui, au bout de trente ans de carrière (ou presque), génèrent une attitude aussi poussée chez une partie de leur public : il reste donc compréhensible que les médias en soient, encore aujourd’hui, très étonnés, et le relèvent dans leurs articles ; Cependant, et fort heureusement, le 7 septembre au soir, les journalistes se sont focalisés sur l’essentiel : le show… 

Dès le 8 septembre au matin, les premiers articles donnent le ton : « grandiose », « impressionnant » et « spectaculaire » sont les termes que l’on retrouve le plus couramment dans la presse et sur Internet. Il y a « un effet Mylène incontestable » selon Direct Matin, alors que Télé Loisirs évoque très brièvement « un show bien huilé », « Imposant et millimétré », selon l’hebdomadaire belge Télé Moustique, Timeless 2013 est également très bien accueilli par Le Figaro. La journaliste Lena Lutaud ne connaissait visiblement pas très bien Mylène Farmer. Elle est, semble-t-il, ressortie conquise par la « bête de scène » qu’est la chanteuse : « Chapeau bas pour le travail et le professionnalisme de Mylène » lâche-t-elle même en conclusion d’un article très descriptif.

 

Dimension futuriste et prouesse technique

Si les costumes, signés Jean Paul Gaultier, sont très souvent mentionnés dans les articles, aucun avis tranché ne ressort cependant à leur sujet. En revanche, la mise  en scène ainsi que le décor signés Mark Fisher font quasiment l’unanimité. Europ 1 et Métronews remarquent en effet la volonté d’ouverture vers un univers « futuriste ». Par ailleurs, les références au cinéma se multiplient : Europe 1 évoque « Alien » quand Midi Libre pense à Stanley Kubrick en voyant l’immense scène brillante et épurée, ainsi que les projections modernes sur écran géant ; Le Figaro et Métronews eux comparent la chanteuse à la princesse Leia de la saga « Star Wars », tandis que Direct Matin estime que le déluge de lumières de ce show pourrait bien faire pâlir d’envie Georges Lucas. A noter que ce même quotidien se montre tout de même un peu taquin lorsqu’il parle d’un « vide immense » pour décrire la scène de Timeless 2013. 

Unanimité également pour les robots, qui interviennent à plusieurs reprise durant le spectacle et créent la surprise sur le tableau de « C’est une belle journée ». TF1, Le Figaro, et Voici estiment que « c’est LE truc dont toit le monde va parler », tandis que L’Avenir y voit « une prouesse technique ». Le Parisien parle de « serpents robotisés à taille humaine », et Le Matin (quotidien Suisse) de « bras d’usine surmontés d’un masque menaçant », évoquant une « technologie glacée » qui contraste avec la performance humaine. C’est d’ailleurs l’un des autres points marquants qui revient le plus souvent dans la critique : le paradoxe entre la chaleur que dégage le filet de voix de la chanteuse, et l’aspect beaucoup plus froid des robots.

La voix de Mylène justement … Paris Match en parle de façon positive, tout comme Le Monde, qui estime que le show est « plutôt bien porté vocalement ». Nice Matin, pour sa part, rappelle que « malgré son gigantisme, le spectacle reste un vrai tour de chant », quand PureCharts.fr y voit même « une qualité d’interprétation jamais égalée », avec « un chant impeccable ». Seuls 20 minutes et Voici demeurent sceptiques en parlant d’une voix trop « étouffée ». Le magazine people, qui fait allusion aux « fausses notes » de la chanteuse, se moque même gentiment d’elle en se demandant « quand Mylène arrêtera de fumer ».

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Des chorégraphies ennuyeuses et pauvres ?

Heureusement, 20 Minutes se montre plus flatteur en présentant la star comme « souriante » sur scène, quand Paris Match la perçoit « plus calme et charnelle ». Plus dur, Midi Libre pense qu’elle ne bouge pas très bien. Ses danseurs non plus, selon le même journal qui a assisté aux shows de Park&Suites Arena à Montpellier, et qui qualifie les chorégraphies (rarement évoquées dans les médias d’ailleurs) de « danse des canards ». Cet article est même très acide : selon le journaliste, « les transitions sont laborieuses », et Mylène est « un peu perdue au milieu des artifices ». On parle alors de « montagnes russes », avec « un coup haut et un coup bas ». Avis radicalement différent pour Le Figaro Magazine, selon lequel les danseurs sont des « athlètes très en rythme ». 

Mais c’est la critique de Ouest France qui est le plus sévère à l’égard du spectacle : malgré « une première demi-heure impeccable », Michel Troadec regrette des « chorégraphies ennuyeuses et pauvres », « un décor futuriste mal exploité », et « des images qui ne sont plus impressionnantes ». Faut-il le prendre comme un avertissement formulé par un nostalgique du Tour 2009 (ayant d’ailleurs, à cette occasion, interviewé la star pour le quotidien le 7 mai 2009) ? Une sévérité que l’on retrouve également dans La Tribune de Genève, pour qui le concert – par « certaines habitudes de scène » perdant de leur authenticité à être « répétées à chaque concert » – peine à séduire les « profanes sympathisants, non adorateurs de la déesse tombée sur terre ». 

Il n’en reste pas moins que les journalistes ont vu de nombreux autres points forts dans ce Timeless 2013, comme une « setliste inventive » selon Métro, qui oscille « entre classiques et nouveautés » selon Europe 1 et Télé Moustique ; Cette dernière publication note d’ailleurs que la chanson « Comme j’ai mal » n’avait pas été reprise depuis 1996 ; bien vu. Il est vrai que nous sommes loin de la setlist-best of du Tour 2009. La plupart des journalistes ont donc bien remarqué que peu de tubes avaient été prévus pour laisser davantage de place aux deux derniers albums, « Bleu noir » et « Monkey Me ». 

La séquence émotion plus appréciée

Si la critique s’avère donc plutôt positive, mais néanmoins plus contrastée que pour la précédente tournée, la grande majorité des médias a été sensible à la dualité entre l’aspect exceptionnel du show et la forte émotion qui s’en dégage, notamment sur la ballade « Je te dis tout », où les larmes de Mylène ont une nouvelle fois inspiré les journalistes ; Cependant, un peu ironisent sur ce qu’ils présentaient auparavant comme un jeu d’actrice. Le Progrès parle, pour sa part, d’ »un traitement intimiste et épuré, transformant la halle en un cabaret enchanté par le piano d’Yvan Cassar », quand le quotidien La Montagne note même une communion des larmes de l’artiste avec « celles de ses fans ». La séquence émotion, avec ses quatre ballades à la suite, et donc plutôt bien perçue, et semble donner un certain crédit au spectacle, la présence de Gary Jules pour les reprises en duo des tubes « Mad World » (de Tears fort Fears) et « les mots » ayant été particulièrement remarquée. 

En conclusion, ce spectacle est une « mise en orbite réussie » agrémenté d’un « déploiement technologique » en faisant l’une des tournées de Mylène les plus appréciées des journalistes. A noter cependant que les médias régionaux se sont souvent davantage attardés sur le rapport entre la chanteuse et ses fans plutôt que de donner une vraie opinion sur la qualité du show. De nombreuses interviews de spectateurs ayant attendu longuement devant les différentes salles de spectacle sont en effet parues, énième témoignage du fantasme que l’artiste incarne toujours aujourd’hui…. 

extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 56

 

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TIMELESS 2013 : Interview sur les images de Mylène F.

Posté par francesca7 le 28 mai 2014

 

 

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Interview : LASZELO BORDOS par Sophie Khairallah et Régis Fauconnier

qui a vu un concert de Timeless 2013 ne pas oublier les images qui introduisent le show sur « Timeless Genesis » Cette animation, nous la devons à Laszolo Bordos (les autres images du concert étant signées par la société La Maison) qui nous explique ici son travail avec Mylène Farmer pour sa dernière tournée. 

 

Quel est votre parcours professionnel ?

J’ai étudié la peinture à l’Académie des beaux-arts de Budapest, mais je trouvais que l’animation 3D était un outil beaucoup plus puissant permettant de visualiser les pensées abstraites et de satisfaire les besoins visuels contemporains. J’ai donc appris la 3 D en autodidacte et, par la suite, j’ai produit de nombreuses animations 3D abstraites qui ont été projetées durant diverses soirées. C’est comme ça que je suis devenu ce qu’on appelle un Video Jocker (VJ). E, 2000, la musique électro underground et les soirées fleurissaient à Budapest, et c’est ainsi que je me suis constitué un public, petit à petit. En 104, j’ai eu l’opportunité de travailler sur des mappings video, c’est à dir des projections vidéo en haute définition sur des bâtiments, ce qui m’a donné l’occasion de participer à de nombreux projets dans le monde entier. Aujourd’hui je vis à Budapest, en Hongrie. Je continue à faire d la projection 3D sur des immeubles, mais je travaille également pour des artistes. J’ai aussi créé ma société, Bordos. ArtWorks and Invited Artists.

 

Pour quels autres artistes du monde de la musique avez-vous travaillé ?

J’ai réalisé un clip vidéo pour un célèbre DJ hongrois, DJ Dork. J’ai également fait un mapping vidéo pour la chanteuse russe Anita Tsoy et je suis beaucoup intervenu comme VJ pour des DJs comme Sven Vath, Tommy Four Seven, Marcel Dettman, Luke Slater, Carl Cox,  Chris Liebing…

 

Connaissiez-vous Mylène Farmer et ses chansons avant de travailler pour elle ?

Oui tout à fait ; Je connaissais déjà bien la musique de Mylène et j’aimais beaucoup ses clips ; Mais pour être tout à fait honnête, ce n’est qu’avec notre projet commun que j’i réalisé à quel point c’est une immense et très talentueuse artiste.

 

Est-ce l’équipe de Mylène qui vous a contacté ?

Oui, c’est l’équipe de Mylène qui m’a contacté un an avant le début de la tournée. Je pense qu’ils ont dû voir certains de mes projets sur internet. Mais il est aussi arrivé, à plusieurs reprises, que je sois recommandé à mes clients par des agences spécialisées, des producteurs, des réalisateurs ou des organisateurs.

 

Comment cela s’est-il passé ensuite ? Avez-vous eu plusieurs réunions pour discuter du travail que vous alliez faire ensemble ?

Nous avons eu beaucoup de discussions et de rencontres. J’ai dû faire le voyage Budapest-Paris au moins quinze fois pour des brainstormings et des rendez-vous. J’ai rencontré Mylène plusieurs fois, ainsi que Laurent Boutonnat, Thierry Suc, et le grand Mark Fisher, concepteur du décor. Je leur ai montré mes travaux, mes projets. Et lors de la première rencontre, nous avons discuté de détails techniques sur l’utilisation du mapping vridéo 3D, car au début, les collaborateurs de Mylène pensaient plutôt à un décor projeté faisant appel à cette technologie ; Mais après plusieurs rendez-vous, il a semblé évident que le projet devait être réalisé avec la technologie LED, et non pas une projection vidéo. Car le LED est beaucoup plus visible combiné aux lumières de scène.

 

L’équipe de Mylène savait-elle déjà ce qu’elle voulait au niveau des images de « Timeless Genesis » ? Ou est-ce vous qui avez proposé l’idée du vaisseau spatial ?

Par la suite, quand l’équipe de Mylène a décidé d’utiliser la technologie LED, Mark Fisher et son équipe – tout en suivant les concepts du directeur artistique Laurent Boutonnat- ont créé un décor fantastique en arrière-plan, une scène futuriste rappelant un accélérateur de particules qui peut créer différentes formes, ce qui a donné comme résultat une expérience unique pour le public. Tous les éléments ont été recouverts de LED. De cette façon, nous avions une structure mouvante avec de nombreux écrans, sur laquelle nous devions créer un mapping en LED. Pour le storyboard de l’introduction, nous avons travaillé ensemble avec Laurent Boutonnat. Il avait une vision très claire de ce qu’il souhaitait, ce qui a rendu le projet beaucoup plus simple ; Mais j’ai également apporté mes idées et mes suggestions, et durant le processus de création de l’animation, j’ai aussi apporté ma propre vision et mon style .

 

AVos images ont-elles été créées avant ou après que la musique de « Timeless Genesis » soit composée ?

La musique et les animations ont été créées en parallèle, mais la musique a té terminée plus tôt que les images, ce qui m’a permis d’avoir le temps d’ajuster l’animation et de créer quelques images en fonction de la musique.

 

Votre travail a-t-il convenu tout de suite à Mylène Farmer et son équipe ?

J’ai dû apporter quelques petits ajustements aux animations, mais en définitive, tout le monde a aimé le résultat. Mylène m’a personnellement dit qu’elle aimait mon travail. J’étais heureux d’entendre ça.

Pour plus de renseignements sur le travail de Laszlo Bordos, n’hésitez pas à consulter son site internet : www.bordos.eu !

 

extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 51

 

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TIMELESS 2013 : Interview sur la Logistique du spectacle de Mylène F.

Posté par francesca7 le 28 mai 2014

 

 

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Interview de Koen PEETERS : qui travaille pour WIcreations, la société chargée, sur Timeless 2013, de tous les éléments qui s’articulaient sur le show : les panneaux de l’accélérateur de particules, le cercle de « XXL » et de « Rêver », ainsi que le bras articulé de « Bleu noir ». Pour Styx Magazine, Koen Peeters revient en détail sur les prestations de WIcreations pour ce spectacle gigantesque. Par Sophie Lhairallah.

 

Pouvez-vous nous présenter WIcreations ?

Notre société fournit plusieurs prestations techniques complémentaires pour les productions de spectacles. Nous faisons à la fois de l’éclairage, du son, ainsi que de la construction d’éléments de scène. Nous vérifions avec tous les corps de métiers si leurs envies sont techniquement réalisables. Et nous comme particulièrement spécialisés dans le contrôle des mouvements automatisés comme, par exemple, les panneaux qui bougent tout au long du concert de Mylène, et notamment dès l’ouverture du show.

C’est la première fois que vous travaillez pour Mylène. À partir de quand avez-vous été approchés par son équipe ?
Oui, c’est la première fois pour Mylène, mais nous avons travaillé pour d’autres artistes français avant, comme Florence Foresti, Johnny Hallyday… Pour Timeless 2013, nous avons été approchés par l’équipe de production de Mylène en décembre 2012.

L’équipe de Mylène est-elle arrivée avec des demandes précises, ou est-ce vous qui leur avez suggéré des éléments comme le bras métallique, le cercle ou les panneaux de l’accélérateur de particules ?
Le décor de Mark Fisher ainsi que les idées de mouvement et de l’accélérateur de particules étaient déjà là. Les panneaux, qui forment ce qu’on appelle un « tunnel » au début du concert, sont en réalité la réplique d’un accélérateur de particules, un instrument qui utilise des champs électriques ou magnétiques pour amener des particules chargées électriquement à des vitesses élevées. C’était donc à nous de faire en sorte que tout cela soit possible. L’idée du cercle de lumière sur « XXL » venait de la production. Nous avons fait de nombreux calculs et leur avons proposé de le monter avec des charnières, ce qui permettait de le monter et le démonter très facilement. L’idée du bras articulé était également une idée de Mark Fisher. Nous avons créé un système totalement adapté à la structure de la scène en prenant en compte les robots, les limitations des espaces sous la scène, ainsi que les charges de poids au sol.

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Le système d’accroche des panneaux est très sophistiqué. Était-ce compliqué de synchroniser tout ce système avec le poids du décor, des panneaux vidéo et des lumières ?
Oui, nous avons fait plusieurs modèles selon plusieurs calculs très détaillés. Nous avons également fait plusieurs tests en réel chez nous, en Belgique, ainsi qu’à Lyon, afin de définir le centre de gravité des panneaux, car il était clair que ce centre de gravité devait définir la position finale souhaitée. Il était donc crucial de se mettre d’accord très tôt pendant la pré-production sur tous les détails de la construction, des éléments scénique, des panneaux vidéo, des lumières, du câblage…
Artefact a construit le décor de ce show, mais vous avez construit quelques éléments également… Lesquels ?
À part le cercle de lumière pour la chanson « XXL », nous n’avons pas construit d’autres éléments scéniques. Le travail d’Artefact a été exceptionnel, car vous n’imaginez pas toute la technique qui se trouvait sous la scène !

À-t-il été difficile d’intégrer tout le système technique du bras articulé sous la scène ?
L’espace disponible sous la scène était très limité car il y avait de nombreux éléments (les robots, les trappes, la plate-forme qui fait disparaitre Mylène à la fin du show…). Nous avons donc construit le bras avec ses limites. Pascal « George » Meley (responsable technique, ndlr) a intégré toutes ces informations et a vérifié qu’il n’y avait pas de collision possible entre chaque élément.

C’est la première fois que la scène est aussi complexe pour un concert de Mylène Farmer. Y a-t-il eu des contraintes importantes pour intégrer tous ces éléments au décor avec les autres prestataires ?
Non, pas plus que ce que je viens de vous dire, et c’est déjà pas mal ! (Rires)

Avec quelles autres personnes ayant travaillé sur cette tournée avec-vous plus particulièrement collaboré ?
Nous avons surtout travaillé avec la production en général, mais aussi Artefact pour le décor et les panneaux, Alabama pour la vidéo sur les panneaux, et Dimitri Vassiliu pour les lumières.

koen-peetersMylène, participait-elle aux réunions techniques avec vous et son équipe ?
Non, elle n’était pas là pendant ces réunions.

Y a-t-il eu des désirs exprimés par l’équipe de Mylène ou vous-même qui n’ont pu être réalisés pour des raisons techniques ?
Non, nous n’avons connu aucun problème à ce niveau-là. Tout ce qui était souhaité par la production a pu se faire !

 

extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 50

 

 

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AVANT la TOURNEE TIMELESS de Mylène

Posté par francesca7 le 27 avril 2014

 

Très peu d’informations ont filtré…

Assez rapidement, les termes « surprises » et « mise en scène pus ambitieuse encore » circulent à propos de cette future tournée, laissant présager du meilleur ; puis quelques noms sont révélés : à l’instar des concerts de 2009, Jean Paul Gaultier signera les costumes du spectacle. D’autres participants sont rapidement évoqués comme Yvan Cassar à la direction musicale ou Dimitri Vassiliu aux lumières, et l’incontournable Christophe Danchaud pour les chorégraphies. Par ailleurs, Mark Fisher (décédé le 25 juin 2013), signera les décors et confiera leur confection à la société artefact, réitérant ainsi leur collaboration avec l’équipe Farmer, tout comme les choristes Johanna Manchec et Estha Divine, ou Loïc Lacoste pour les lasers (présent en 2009).

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Outre une nouvelle campagne d’affichage à partir du 28 mai dans le métro parisien pour les concerts dans la capitale, et une campagne de pub radio diffusée à partir du 3 juin sur NRJ annonçant les « dernières places disponibles », la tournée de Mylène s’est faite oublier jusqu’aux répétitions au Studio Planet live à Bondy, s’étalant du 3 au 25 août, pour les danseurs et du 9 au 25 août pour les musiciens. 

La chanteuse passe en effet beaucoup de temps sur la préparation de son show, au point d’en délaisser la promotion de son album « Monkey Me ». Notons cependant que celui-ci s’est déjà vendu à plus de 300 000 exemplaires à peine un mois après sa sortie, lui valant une certification triple platine décernée par le SNEP dès le 31 décembre 2012 (un an plus tar et après la fin de Timeless 2013, l’album a dépassé les 380 000 ventes en France). A l’exception de quelques interviews accordées fin 2012, ainsi qu’un passage aux NRJ music Awards le 26 janvier 2013 pour défendre le deuxième titre extrait de son album, « Je te dis Tout », Mylène est restée plus discrète que jamais, ne prenant même pas la parole pour s’exprimer sur son différend avec Serge André. Ce musicien originaire de Carcassonne l’accuse en effet d’avoir repris le nom de son spectacle pour sa tournée européenne, et l’attaque pour concurrence déloyale et contrefaçon, (nous en avions parlé ici : http://francescax7.unblog.fr/2013/07/28/il-attaque-mylene-farmer-pour-contrefacon/ )

 

Révélée en mais 2013, l’affaire est bouclée en septembre, le tribunal de grande instance de Marseille condamnant alors Serge André à verser 14 000 euros de dommages et intérêts répartis de manière égale entre le producteur de la chanteuse et sa maison de disques.

Si le montage du décor commence dès le 20 août à Bercy, ce n’est qu’à partir du 27 que Mylène accompagnée de ses musiciens, choristes et danseurs, investit le Palais Omnisports pour la dernière ligne droite avant la grande première, le 7 septembre 2013. Mais là, plus question pour elle d’espérer la discrétion ; ses plus fervents admirateurs ont en effet planté leur tente devant la salle depuis le … 11 août, et espèrent bien ne pas rater une note des répétitions ! D’ailleurs, certains ont bien entendu le titre « Tomber 7 fois »… être répété à plusieurs reprises… pour, au final, être évincé de la Setlist définitive de Timeless 2013.

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UNE CARRIERE EN PICTURE DISC

Depuis des années, les fans se désolaient que Mylène ne propose plus de Picture Disc, le dernier remontant à 2002 avec le maxi 45T Picture Disc « c’est une belle journée ». Ils auront été entendus ! Le 20 avril 2013 tout d’abord, à l’occasion du Disquaire Day, Polydor/Universal leur proposait un 45T Picture Disc (le premier de la carrière de Mylène) de « Je te dis tout  ». En édition limitée et numérotée à environ 1 000 exemplaires, celui-ci était vendu exclusivement par certains disquaires indépendants. Quelques mois plus tard, Polydor/Universal remettait ça avec la sortie en deux temps de l’intégralité des albums studio de Mylène en vinyle ou double vinyle Picture Disc. Ainsi les opus « Cendres de lune », « l’autre… », « Anamorphosée », « Avant que l’ombre… » et « Monkey Me » ont-ils été proposés à la vente dès le 2 septembre, avant d’être rejoints par « Ainsi soit je… », « Innamoramento », « Point de suture » et « Bleu noir » dès le 7 octobre.

 

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 4

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les confidences de Francois Hanss sur Timeless

Posté par francesca7 le 30 mars 2014

 

Après une tournée triomphale à guichets fermés et plus de 500 000 spectateurs à travers 4 pays, Mylène Farmer débarque dans plus de 200 salles de cinéma Gaumont-Pathé pour la diffusion exceptionnelle ce jeudi à 20h du film « Timeless ». Nous avons rencontré à cette occasion son réalisateur, François Hanss, qui lève le voile sur ce projet unique et ambitieux, parfaitement à l’image de la star…

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/user/MyIeneFarmer?annotation_id=annotation_2050774369&feature=iv&src_vid=oZTynbKYNgs

Comment se sent-on à J-1 de la diffusion du concert au cinéma ?

images (23)François Hanss : Bien parce que demain c’est l’aboutissement, le plaisir de découvrir le film en salles, dans un cadre idéal. C’est une séance unique donc on retrouve un peu l’ADN du spectacle vivant : ce plaisir d’être ensemble, dans un même lieu; cette idée qu’une émotion collective va naître. A titre personnel, c’est aussi la fin d’une très longue période de travail. C’est fantastique en tout cas, je n’imaginais pas que ça se passerait aussi bien (…) 

224 salles vont diffuser le spectacle. Il se passe d’ailleurs quelque chose d’extraordinaire au Pathé d’Orléans : depuis que la billeterie a été mise en place il y a trois mois, les ventes sont montées en flêche, du coup ce sont les 12 salles du multiplexe qui diffuseront Timeless. Juste Mylène Farmer. C’est unique ! 

Comment regarde-t-on un concert au cinéma en tant que spectateur selon vous ?

C’est une position étrange. Je crois qu’on a envie de partir dans l’énergie, le rythme de l’émotion suscitée, suivre le beat de la musique. Je pense que ça va bouger, mais ce sera sûrement très différent d’une salle à l’autre. Le public c’est une donnée magistrale mais mystérieuse en même temps.

 

De quelle manière s’est déroulée votre collaboration avec Mylène Farmer sur ce film ?

D’abord, vous imaginez bien qu’on ne montre pas le film à Mylène Farmer au dernier moment ! Tout se fait avec elle. Elle assiste à plusieurs étapes du montage. On bichonne le film ensemble du début jusqu’à la toute fin. Et ça c’est une réalité de travail que l’on a toujours eu sur nos collaborations passées, et plus que jamais sur Timeless. C’est un film qui s’élabore lentement, dès le début des premières ébauches de la scène. 

Moi, dans un premier temps, je me positionne en tant que spectateur. Je participe dans l’ombre aux répétitions, parce que j’aime ça et parce que ça fait partie d’une maturation autour du spectacle. C’est cerner le visuel, les angles, les axes. C’est observer la scénographie, les possibilités pratiques, devancer les éventuelles difficultés. C’est se familiariser avec l’équipe aussi. 

images (24)

C’est à la Halle Tony Garnier de Lyon que le concert a été filmé. Pourquoi ce choix ?

La salle a été choisie dès le départ par Mylène Farmer et son tourneur et manager Thierry Suc parce qu’ils avaient tout simplement envie de changer. Le Palais Omnisports de Paris-Bercy est une salle très idéale, mais on l’a déjà pas mal filmée lors des précédentes tournées. Et je dois dire que je n’ai pas du tout été déçu. J’adore la Halle Tony Garnier en tant que spectateur. Elle s’intégre bien dans le design de la scène donc on en a joué. Cet écrin, cette cathédrale de fer, éclairée au sodium, qui teinte le public de doré, c’est magnifique. Ce décor spectaculaire signé Mark Fisher au beau milieu de cette salle très en profondeur, c’était la promesse d’un jeu artistique intéressant sur le plan visuel. 

 

Un concert filmé se déroule-t-il différemment ou de la même manière qu’un autre qui ne l’est pas ?

Le spectacle était identique chaque soir. C’est un respect minimum vis à vis du public. Les fans savent parfois avant l’heure que ce soir-là, on tourne. C’était le cas ici et c’est très bien ainsi. Mais dans un concert de Mylène, de toute façon, il y a toujours une forte présence et implication du public, que j’ai toujours espéré solliciter et engager à l’image. Je trouve que le public est un contrechamp extraordinaire. Et puis c’est un public extraordinaire ! Il est très large en terme de générations, il est jeune, rajeuni, donc à la caméra ils sont complices mais ils sont surtout avec elle. Mylène n’est jamais que le point d’attraction majeur. Ils oublient les caméras, qu’elles soient au-dessus d’eux, ou pointée sur eux. 

Quel était le dispositif technique mis en place ? 

 

Au plus fort du show, on a fonctionné avec 7 caméras, multipliées par 4 soirs, ce qui vous donne à peu près le nombre de points de vue, de positions idéales, auxquels il faut ajouter des plans plus anecdotiques avec de la GoPro, du 5D, des caméras fixées sur des grues… Une trentaine de caméras en tout ont été utilisées sur l’ensemble de la timeline. 

Comment avez-vous appréhendé le thème futuriste de ce show, différent des précédents ?

Le film n’est que la traduction de ce qui est sur scène : les trapézes qui se forment, l’accélérateur de particules sur l’entrée, les robots…  La liturgie des images participe un peu du mystère. Je joue avec les robots, j’ai d’ailleurs mis des caméras dans leurs têtes, il y a tout un rapport de complicité entre eux et Mylène que je voulais retranscrire… J’ai épousé le thème en l’affinant. 

Quels étaient les défis principaux de ce tournage ?

J’avais très envie d’avoir le plus de plans possibles en présence scénique vers le public, ce genre d’images inédites que le public ne voit jamais, comme s’il était à la place de l’artiste. J’avais fantasmé d’être aux côtés de Mylène sur scène, travailler sur des silhouettes… c’était une envie de principe. Après il y a l’idée d’être dans la proximité, capter l’émotion, sachant que j’adore les gros plans. 

Le but c’est qu’il y ait un vrai plus pour celui qui a vu le concert en salles. Mais mettre en place une caméra sur scène, c’est toujours compliqué, notamment pour des raisons de sécurité. Puis il faut éviter que l’artiste ne soit embarrassé de sa présence. On a donc eu recours à diverses astuces, par exemple avec des caméras posées sur scènes mais camouflées pour que personne ne les voit.

Le précédent spectacle se déroulait au Stade de France. C’était une machine gigantesque. Est-ce que Timeless vous a semblé plus simple à réaliser ?

Il y a un an, je pensais que oui, mais Timeless a bien caché son jeu ! Le plus gros défi pour le Stade de France venait du fait que l’on avait que deux dates pour tourner. C’était forcément stressant, pour elle aussi. C’était une surface inédite, gigantesque. La notion d’échelle était un problème majeur : on voit la scène comme un timbre poste en tant que spectateur. Timeless paraissait plus simple mais en réalité non. On a été plus amibitieux. On voulait faire un film encore plus proche, plus « humain », plus juste sur ce qu’elle est sur scène. 

Y’a-t-il eu un passage du concert plus compliqué à monter qu’un autre ?

Les tableaux les plus denses ne sont pas forcément les plus compliqués. Mais un tableau avec chorégrahie est forcément plus soigné. On est en tout cas plus vigilants, tant sur la rythmique que sur la synchronisation. Mylène a un oeil redoutable je dois dire et c’est très bien ainsi. C’est elle qui est à l’image, qui danse, qui chante, après tout. Mais pour les chansons avec juste Mylène et son micro sur scène, plus une douche de lumières, c’est difficile aussi. Il s’agit de garder la tension, l’émotion, l’interprétation, la traduire en dehors du son, trouver le bon contrechamp… 

Je ne vous cache pas que sur des titres très ambitieux comme Désenchantée, où il y a la reprise du public, ça prend beaucoup de temps. Il y a un gros travail de dérushage, puis il faut choisir les images afin de souligner la montée en puissance. On remet les compteurs à zéro pour chaque chanson en fait, c’est en cela que c’est très compliqué et très long. Le montage ne se fait pas dans l’ordre. Mais on est plusieurs. On se répartit le travail selon les sensibilités de chacun. On se connaît bien, on a déjà presque tous travaillé ensemble. Les monteurs me font part de leurs préférences. L’un voudra faire Je t’aime mélancolie. Un autre Comme j’ai mal. J’aime laisser le désir prendre la main sur les choix. 

Laurent Boutonnat a-t-il participé lui aussi au montage ?

On a démarré ensemble en co-réalisant le tout premier concert de Mylène en 1989 à Bruxelles, puis sur le deuxième à Bercy en 1995. En revanche, j’ai réalisé les suivants en solo, dont le dernier. On est très proches, très en phase. Je ne fais que suppléer à sa mise en scène, garder la cohérence qu’il a imaginée. Je gourmande ce qu’il a déjà mis en place avec Mylène. 

Que nous réservent les bonus présents sur le DVD et le BluRay qui sortiront le 16 mai prochain ?

J’ai mis un point d’honneur à ce qu’il y en ait beaucoup ! Je voulais vraiment rendre hommage à tous ces gens qui ont travaillé sur le film pendant deux ans. Sur les lumières, le son, les constructions… Les bonus fonctionnent par thématiques. J’ai pris le temps de voir chaque département artistique, par exemple Jean-Paul Gaultier pour les costumes, dans son atelier. Il y a aussi un module sur les robots; c’était un élément du concert très attendu et à juste titre puisque c’était une innovation, et le garçon qui s’en occupe est une personne passionnante. On verra aussi tout l’aspect backstage, les répétitions des danseurs, des musiciens…

 images (13)

Et y verra-t-on Mylène, puisqu’elle apparaît peu en général dans les bonus ?

Je pense que vous serez étonné ! (rires) 

En dehors des concerts, vous avez aussi réalisé des clips pour Mylène Farmer. Si vous ne deviez en choisir qu’un seul, lequel ce serait ?

Le premier que j’ai réalisé : Je te rends ton amour. C’est le plus cher à mon coeur. J’ai été très séduit par le scénario de Mylène et impressionné et touché qu’elle me propose de le mettre en image. C’est une amie avant tout, j’adore travailler avec elle alors ma réponse était évidente ! 

Il a suscité la controverse lors de sa sortie…

Pour des raisons très obscures, oui… En vous levant le matin, vous ne vous dites pas « je vais faire de la provoc’ aujourd’hui ! » Ce n’était pas le but. Moi j’aime le beau, l’alliance du son et des images…

 

Prévoyez-vous de réaliser un deuxième long-métrage après « Corps à corps » sorti en 2003 ?

J’essaie depuis plusieurs années d’en monter un. C’est compliqué, d’autant que le premier n’a pas marché. C’est le succès le premier déclencheur en général. Mais je suis très attaché au film. J’avais des pistes. J’en ai d’autres. On verra… 

Et filmer Mylène dans un long-métrage, vous en rêvez ?

Bien évidemment !

 

Entretien réalisé par Jean-Maxime Renault le 26 mars 2014 à Paris vue sur http://www.allocine.fr/article

 

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Journal d’un tournage de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 9 mars 2014

Avant que l’ombre…à Bercy, journal d’un tournage

Dans le magazine de cinéma Actions paru en septembre 2006, François Hanss s’exprime sur le tournage de Avant que l’ombre…à Bercy au cours d’une longue interview documentée, à laquelle participeront entre autres Dominique Fausset, le directeur de la photographie, et Paul van Parys, le producteur collaborateur de Laurent Boutonnat.

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    Sous les hurlements d’un public récompensé de sa longue patience, un sarcophage transparent descend très lentement du plafond de Bercy et vient se poser sur la scène en forme de croix de Malte qu occupe une bonne partie de la fosse. A l’intérieur, on devine la silhouette de la star allongée, comme morte. L’entrée est saisissante en même temps que  » signifiante « . Fidèle aux symboles et aux mystères, aux signes et aux messages, Mylène Farmer a transformé pour l’occasion l’immense salle de concert en vaste temple oriental. Sur la scène traditionnelle où la chanteuse accède par un pont amovible, deux portes monumentales renvoient à la  » porte d’or  » du Dôme de Florence. Ce décor monumental et évidemment intransportable est l’œuvre du scénographe Mark Fisher, concepteur des tournées de  » U2  » et des Rolling Stones. Rien que cela. Produit par Thierry Suc, le spectacle est  » à la mesure de sa démesure « .

    Après la tournée 1989, le Tour 96 et le  » Mylenium Tour « ,  « c’est le quatrième spectacle que nous filmons « , explique Paul Van Parys, directeur de la société  » Stuffed monkey « , société de Mylène Farmer productrice de la captation filmée.  » Bercy est une salle difficile. Aux contraintes qui concernent le public et la sécurité, il faut ajouter une jauge de poids à ne pas dépasser. Ce concert est tellement énorme que la moindre caméra supplémentaire devient vite un problème… «  » Filmer un concert de Mylène Farmer revient à se poser dès le départ une mul- titude de questions « , intervient le cinéaste François Hanss pourtant rompu à ce genre de  » performance « . D’abord assistant-réalisateur de Laurent Boutonnat (réalisateur, et compositeur attitré de la star) sur la captation des deux premières séries de concerts, il avait déjà fini seul dans  » l’arène  » au moment du   » Mylenium Tour «  en 1999 (450.000 spectateurs à l’époque).  » Les spectacles de Mylène priment par leur scénographie, poursuit-il. Par définition, le  » live  » est synonyme de liberté. Il n’exclut donc jamais les impondérables. Avec elle, la mise en scène, la lumière, la gestuelle et la chorégraphie sont toujours intéressantes. C’est vraiment quelqu’un qui apporte sans arrêt des choses nouvel- les. Elle a beau multiplier les filages, les mises en place et les répétitions, c’est seulement le jour où elle entre en scène face au public qu’on découvre son spectacle. Filmer un concert de Mylène Farmer, c’est chercher à traduire sa personnalité. Il faut aimer son expression, aimer sa plastique et son visage, aimer la suivre dans des choses intimes. C’est là où le terme de  » captation  » devient peut-être impropre « .

téléchargement (2)     » Certains endroits étaient inaccessibles et il ne fallait pas gêner le public, reprend Paul Van Parys. Il a donc fallu à François une longue observation des répétitions pour savoir comment filmer le mieux possible tous les instants du concert avec le maximum d’axes capables d’offrir un vrai montage de qualité. Avec un réalisateur, le producteur se pose la question des moyens, mais aussi de la manière de les utiliser « .  » Même si au fil des années, la culture du spectacle filmé fait que les spectateurs comprennent et acceptent mieux la présence d’une Louma dans la salle ou d’une caméra dans la fosse, dit François Hanss, on n’avait pas le droit de parasiter la perception du concert par les spectateurs. Cela a toujours été notre credo avec Laurent Boutonnat et Mylène Farmer. Il n’y a ainsi jamais de caméra sur scène, jamais non plus un cadreur ne vient près de l’artiste ou des danseurs. En revanche, comme Mylène l’a toujours pratiqué dans ses films précédents, on va chercher le regard du public sur elle. Ce contrechamp est intéressant, il permet d’échapper au point de vue frontal et ajoute de la dynamique et de l’émotion. Une guitare, une expression ou un mouvement de bras sont des plans sporadiques qui insufflent de la valeur ajoutée au montage. Pour les obtenir, il faut des positions de caméra très précises. Mon cahier des charges est de faire monter en puissance ce qui se passe dans la salle tout en respectant scrupuleusement la logique du déroulement du concert, la logique de la découverte des tableaux et des lumières telle qu’elle est conçue. Chaque chanson étant en soi un tableau de lumière et de chorégraphie, mon défi le plus important est de rendre logique et compréhensible ces chorégraphies dans leur déroulement sans jamais perdre de vue l’artiste, sans jamais la faire disparaître derrière les lumières ou le public. Je procède avec un découpage prévisionnel réparti sur l’ensemble du planning des concerts. Il ne s’agit jamais pour nous de  » filmer pour filmer « . Ma difficulté supplémentaire ici, c’est la présence des deux scènes. Après, on ajoute toujours quelques points de vue un peu spectaculaires et très utiles. Sur un ou deux titres, nous avons ainsi une caméra télécommandée en totale plongée. Les caméras à l’épaule, c’est plus pour l’ambiance, se retrouver à l’intérieur du public ou utiliser des amorces de mains. La vraie structure du film répond forcément aussi à des nécessités de plans beauté sur Mylène. L’esthétique est importante « .

    Huit mois avant le début des représentations parisiennes, la quatrième série de concerts donnée par l’artiste en dix-sept ans de carrière affichait déjà complet. Son titre ?  » Avant que l’ombre… à Bercy « . Revêtue d’une tenue d’amazone lamée or surmontée d’une cape à frange, Mylène Farmer y mélange chansons nouvelles et grands classiques ( » Libertine « , «  Désenchantée « …).  » Au total, nous avons filmé les dix premiers concerts à deux ou trois caméras, précise le producteur Paul Van Parys. Une fois le spectacle bien rodé, nous sommes passés à cinq ou six caméras pour les deux derniers « .  » Nous avons principalement travaillé avec des Aaton, précise de son côté le directeur de la photographie Dominique Fausset. Mais nous avions aussi une Arriflex pour varier la vitesse et l’obturation et une A- Minima, L’ouverture était plutôt agréable, entre 4 et 5.6 avec des profondeurs de champ intéressantes. Un concert est un spectacle vivant extrêmement parti- culier dans la mesure où on doit s’adapter à une multitude de lumières et d’axes différents avec obligation de cohérence au final. (La création lumière est l’œuvre de Frédérique Peveri qui aura toujours été à l’écoute de la fabrication du film).

    Les lumières de  » live  » comme on les appelle, ont de grandes variations de couleurs, de teintes, de mélanges et de puissance d’éclairage. Qui plus est, c’est un type de lumière très particulier. Dans ce contexte, l’idée est d’être le moins intervenant possible et de tout utiliser, jusqu’aux extinctions de lumière qui font partie du show. Le problème de Bercy, c’est qu’on a parfois des distances de caméra extrêmement éloignées – jusqu’à 80 mètres – ce qui crée des présences très différentes à l’image. C’est dire combien le choix du support est prépondérant « . Avec François Hanss, réalisateur de cinéma ( » Corps à corps «  en 2003 co réalisé par Arthur-Emmanuel Pierre), Laurent Boutonnat, (deux longs métrages à son palmarès avec «  Giorgino  » en 1994 et  » Jacquou le Croquant «  cette année) et Mylène Farmer en personne dont les clips ont révolutionné le genre (de vrais courts-métrages, certains en cinémascope), le support de captation ne pouvait évidemment qu’être… argentique.  » Il est évident que Mylène Farmer, Laurent Boutonnat et François Hanss sont des gens culturellement très attachés au cinéma, constate Paul Van Parys. Avec eux, la captation d’un concert équivaut, et tant mieux, à la réalisation d’un véritable film de cinéma, pas à l’enregistrement multi-caméras d’une émission de télévision. L’orientation film faisant partie de leur culture à tous les trois, l’alternative d’un tournage en HD a été très rapidement abandonnée. Au vision- nage de tests suivis d’un télécinéma sur HD, on s’est rendu compte, notamment au niveau de la colorimétrie, que le film apportait beaucoup par rapport à la HD « .  » Dès ses débuts, l’univers musical de Mylène s’est beaucoup imposé par l’image cinéma, souligne François Hanss. Il y a une part de comédienne en elle, elle a le goût de l’image. Dans un souci de beauté autant que de respect vis-à-vis du spectateur, elle a toujours défendu l’image film.

    téléchargement (3)A une époque où la vidéo pouvait se poser comme alter- native, tous ses clips étaient tournés en film. Elle a toujours recherché l’exception, elle a toujours revendiqué une production artistique ambitieuse « . Sur scène ou juchée sur une nacelle en forme de chandelier, Mylène Farmer enchaîne les costumes au fil des numéros, portant justaucorps noir et chapeau haut de forme ou robe violette à cuissardes. Dans un spectacle qui mêle la sensualité et le sacré, l’amour, la mort et la spiritualité, des danseurs habillés de noir se produisent entre deux chansons dans des chorégraphies inspirées du flamenco. De chaque côté de la scène traditionnelle, deux écrans retransmettent les images du spectacle en train de se produire.  » Peut-être mon regard est-il déformé par mon goût du cinéma, mais si nous avions tourné en vidéo, reprend François Hanss j’aurais eu l’impression d’assis- ter à une super émission de télévision. Pour moi, il était impensable de monter ou pré-monter le film dans un car-régie et de le finaliser dans la foulée. C’est au montage que le film va se mettre en place « .  » Techniquement, le support film est de toute façon ce qui se fait de mieux, ajoute le chef-opérateur Dominique Fausset.

    Dans le genre d’exercice où l’on doit retranscrire au plus près possible les sensations du  » live « , la maniabilité de la pellicule est imbattable. L’argentique offre, qui plus est, un choix très intéressant d’outils de post-production. L’avantage de tourner en film, c’est aussi de pouvoir utiliser  des caméras complètement autonomes avec pour seule contrainte l’utilisation d’un code Aaton destiné à synchroniser les rushes. Cela laisse une grande liberté au cadreur qui, sur ce type de films, doit avoir beaucoup de rigueur. C’est ce qui nourrit la qualité de lumière, la qualité de présence des artistes et la cohérence indispensable pour le montage « .  » L’argentique, explique Gilles Gaillard, directeur technique chez Mikros Image, agit comme un pur capteur. En dynamique, la base captée ainsi obtenue est plus large que celle d’un support numérique. C’est un cliché de dire que la capture numérique est plus sensible que la capture argentique. On voit bien que ce n’est pas vrai dès lors que les émulsions deviennent de plus en plus fines. En tirant parti des capacités de captations de la pellicule, les choix créatifs de post- production sont donc forcément plus prononcés, ce qui était nécessaire avec un projet comme celui-ci qui requiert beaucoup de travail en aval. En faveur du film, on cite souvent un plus grand rapport de contraste toléré et une captation différente des couleurs. Mais la captation film permet aussi de repousser l’étape de numérisation sans être gênée par le filtrage quasi-obligatoire de la captation numérique. 

    En numérique, on est contraint de choisir la balance des blancs et le tronçon sur lequel on va travailler au définitif (encore que certaines caméras commencent à mettre de côté ce type de réglages) et du coup, les choix d’image proviennent à 90% de la prise de vues. Ce n’est pas le cas en argentique. Avec une capture argentique, on peut faire des choix différents en post-production, privilégier les ombres ou les hautes lumières. En choisissant le spectre sur lequel on va travailler, on a davantage de liberté sur le rendu de l’image définitive. Si le placement des acteurs est relativement défini quand il s’agit d’un concert, l’emplacement des caméras définit aussi des gammes de rapports de contraste différents. Un personnage qui passe de l’ombre à la lumière se trouve dans une configuration qui fait que le contrôle des rapports de surexposition varie énormément. La latitude étant plus grande au moment de la prise de vues, il devient intéressant de pouvoir effectuer un travail sur le télécinéma au moment de la numérisation pour aller chercher des détails sur l’image plutôt que d’avoir un rendu homogène qui placerait systématique- ment des gens dans l’ombre. Cela permet de placer le spectateur entre  » back- stage  » et pur concert « .

    Au service de la captation, Dominique Fausset a choisi d’expérimenter la toute nouvelle (à l’époque) pellicule Kodak Vision2 7299.  » C’est une pellicule qui va plus loin que ses consœurs de la gamme Vision2 dans les contrastes et les saturations de couleurs, précise-t-il. Pour le type de lumière et la configuration de tournage d’un concert, c’est une pellicule parfaite. Très malléable, elle emmagasine beaucoup d’informations. Il faut simplement la poser le plus  » plat  » possible dans la courbe pour obtenir un maximum de rendu dans les hautes et basses lumières. Le plus surprenant, ce sont les détails qu’elle conserve dans les basses lumières. C’était d’autant plus important pour nous que le stylisme comportait pas mal de noir (certaines tenues, beaucoup de chapeaux…). Malgré ce noir qui présentait parfois des densités très fortes, elle a en permanence continué de faire preuve de finesse. C’est une pellicule qui, malgré des mélanges de textures de néon et de lumière traditionnelle, valorise les natures d’arrière-plans et la profondeur de champ « .  » C’est une pellicule qui pré- sente un possible écart de contraste spectaculaire que les supports numériques ont encore du mal à posséder « , ponctue Gilles Gaillard.  » Quand on filme un concert, il n’est pas question de trouver tel ou tel tableau trop  » sombre  » ou trop  » lumineux « , explique encore le réalisateur. La grande force de l’argentique, c’est de  » capter  » les nuances d’ouverture de lumière et de ne trahir ni les carnations ni la dynamique des couleurs dont la palette est différente pour chaque tableau. Grâce à la latitude d’acceptation de cette pellicule, on peut  » partir  » assez loin et garantir au public la cohérence du spectacle. Sur la performance ou le côté spectral de la Vision2 7299, on voit bien qu’au standard de ce qu’on obtient, on possède déjà une image très douce et très défi- nie. On garde le chatoyant du stylisme de Mylène, il n’y a rien d’ingrat ou de parasite, rien n’est  » cramé  » dans les hautes lumières. Le tableau final par exemple se devait de ressortir magnifiquement. Derrière un rideau de pluie, on découvre un escalier éclairé par différentes sources de lumière qui mettent en trompe-l’œil une perspective. Quand je vois le résultat en film, j’ai l’impression de me trouver devant un rendu technicolor. C’est plein de finesse et de demi-teintes « .  » Sur ce type de tournage, l’utilisation d’une seule émulsion permet aussi d’avoir une continuité de profondeur, de grain et de texture d’image, approfondit Dominique Fausset. Il en résulte une cohérence entre les places de caméra, leurs distances et les variétés d’objectifs utilisés. En accord avec la post-production, j’avais ainsi décidé de ne rien filtrer même si avec ce type de lumière de concert, on récupère beaucoup de  » flair « . Pour moi, cela donne de la vie aux images.

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    Une lumière de concert, ça change tout le temps, on passe régulièrement du  » chaud  » au  » froid  » et en intensité, on va de très hautes lumières à des lumières éteintes. Cette Vision2 est une pellicule qui tient très bien les montées de grain, les surexpositions comme les sous-expositions. C’est une pellicule que j’aurais vraiment envie d’utiliser maintenant avec des lumières modernes, de travailler dans la douceur sur des clips ou en publicité. Sur ce tour- nage, elle a été pour moi un véritable confort dans ma collaboration avec le coloriste Jacky Dufresne de chez Mikros Image, lequel m’a accompagné dans ce travail depuis le démarrage des tests jusqu’à la finalisation du master au lustre « .  » Son bémol, intervient Gilles Gaillard, c’est que malgré une émulsion plus douce, on se retrouve vite avec une texture de grain comparable à  » l’ancienne  » 500. (La montée de grain n’était pas encore traitée par la boîte Kodak au moment où nous l’avons essayée). Nous n’avons pas utilisé directement la boîte Kodak pour ce qui est de la fabrication de l’image définitive mais pendant toutes les étapes de recherche créative. En faisant des combinaisons Vision2 7299 + boîte Kodak, on s’aperçoit que si la boîte est un peu stricte en terme de rendu, elle fournit quand même des indications qui permettent de déterminer des ambiances et d’offrir davantage de propositions « .

    Avec un marché du CD en chute libre un peu partout, quelle sera l’exploitation principale du film ?  » Le DVD est devenu un support très important, termine Paul Van Parys, c’est la trace du travail que l’artiste a fourni, un témoignage dans sa carrière, un point de repère dans l’évolution de ses concerts. L’exploitation du DVD est notre objectif aujourd’hui avec éventuellement celle du HD DVD dans la mesure où, quand nous sortirons ce film fin 2006, les lecteurs DVD HD commenceront à se mettre en place. Le fait que le film utilise la pellicule HD Vision2 et le fait qu’on dispose d’une post-production en HD peut nous permettre d’envisager une exploitation salles… même si tout le monde sait qu’elle est difficile à obtenir. Avec la définition d’image dont le film peut aujourd’hui s’enorgueillir, c’est en tout cas une chose possible en privilégiant délibérément la qualité « .

Dominique Maillet, Actions, n°27, Automne 2006.

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Mylène Farmer aime être LIBRE

Posté par francesca7 le 7 janvier 2014

 

 

Exclu Gala – Mylène Farmer: « J’ai choisi une vie de liberté »

source http://www.gala.fr/

GALA 1

Heureux qui comme Mylène a fait un long voyage, avec la tournée Timeless 2013. Mais l’odyssée n’est pas finie. Après les sourires, le fragile équilibre d’être soi… Confessions.

Gala: Vous venez d’achever votre tournée Timeless 2013. Revenir à la vie normale se révèle-t-il plus vertigineux que de se lancer dans une pareille aventure?

Mylène Farmer: La fin d’une tournée est toujours un moment extrêmement brutal. C’est un peu comme la fin d’un voyage astral, il faut réintégrer son corps. Le choc est à la mesure des émotions partagées avec le public… Mais aussi avec les musiciens, les danseurs, les équipes, les proches… Il faut du temps pour reprendre le rythme du quotidien. Pour autant, je suis consciente de ne pas vivre une vie tout à fait «normale». Le mot qui me vient à l’esprit, c’est «réapprivoiser» le temps, justement. On ne s’habitue jamais à une telle charge d’émotion. Pendant une tournée, le corps et l’esprit déploient des trésors d’ingéniosité pour trouver la force. A présent, le moment est venu pour moi de lâcher prise… Et ce n’est pas simple…  

Gala: Le sentiment de solitude, à la fin d’une tournée, est donc plus une peine qu’un besoin?

Mylène Farmer: Ce n’est ni une peine, ni un besoin, mais une réalité. Après le dernier spectacle, il faut accepter de ne plus avoir rendez-vous avec des milliers de personnes. C’est ainsi. Mais l’éphémère rend aussi la scène magique et les échanges avec le public exceptionnels. Le sentiment de solitude qui s’en suit est le prix à payer.  

Gala: Vous avez pris les routes de France, de Belgique, de Suisse et même de Russie. Le dépaysement, la remise en question de vos habitudes parisiennes: cela vous demande-t-il un effort ou est-ce une attente?

M.F.: J’aime l’idée de rendez-vous. Aller au devant des autres avec sincérité et être reçue de cette façon si extraordinaire… C’est un bonheur et une chance. Je suppose que, comme tout le monde, j’ai des habitudes, mais ce n’est vraiment pas ma spécialité. Je m’ennuie vite. La normalité me fait peur. 

Gala: Vous n’êtes pas de ces artistes qui se créent des rituels en tournée?

M.F.: Je vais vous décevoir! Il n’y a ni rituels mystiques, ni incantations vaudous! (Rires) Mais pour être tout à fait honnête… Je me surprends à tout ranger, tout remettre droit dans ma loge, avant de la quitter. Pour le reste, il est question de concentration, de travail, de répétitions, de sport, de repos et, plus fondamental encore, de m’entourer d’esprits bienveillants qui essaient de me soutenir comme si j’allais courir un marathon. 

 GALA 2

Gala: Sur scène, vous étiez entourée de six musiciens, deux choristes et six danseurs. Avez-vous l’impression de recréer une famille à chaque tournée?

M.F.: Une famille recomposée, en quelque sorte. C’est l’occasion de retrouver les siens et de découvrir les nouveaux venus. Le lien entre tous ces talents est clé. L’esprit d’équipe m’aide beaucoup. Comme dans toute famille, on se redécouvre aussi avec le temps. C’est une source d’inspiration. Une tournée est une caravane qui vit à huis clos des moments intenses. On se sépare à la fin du voyage avec la promesse de se revoir…  

Gala: Quels étaient les défis de ce sixième spectacle?

M.F.: J’ai une pensée toute particulière pour Mark Fisher qui a imaginé le décor. Il nous a malheureusement quittés avant de voir le spectacle. C’était un homme discret, créatif et élégant. Je l’ai remercié chaque soir… Le principal défi artistique était de créer de l’intimité dans la démesure. Humaniser la technologie. Faire danser des robots sur une musique de Schubert… Les intégrer dans le spectacle non comme des « machines exceptionnelles », mais comme des partenaires de jeux… Philippe Stegemann, leur créateur, a aussi réussi cet exploit… Je ne remercierai jamais assez Jean-Paul Gaultier pour sa générosité, sa folie, son humilité. Ainsi que toutes les équipes pour leurs talents. Quant à l’effort physique, je remercie mes muscles d’avoir encaissé toutes ces courbatures!  

Gala: On a pu remarquer que vous mettiez désormais en avant votre voix.

M.F.: C’est un long travail sur soi. La voix est un révélateur de l’âme. Brel confessait que pour lui, chanter devant un public est anormal. Terriblement impudique. J’ai toujours partagé ce sentiment… Et pourtant… Cela passe par l’acceptation de soi et il faut au moins une vie pour s’accepter, ne serait-ce qu’un peu. Je ne suis pas encore totalement en paix avec cela, mais les pourparlers ont bien avancé…   

Gala: L’amour, comme une irrépressible «force qui va» selon la formule hugolienne, imprégnait très clairement la tournée. C’était un parti pris?

M.F.: Pour Victor Hugo, l’amour est une descente abyssale qui se termine dans le sang. L’homme amoureux qui détruit tout sur son chemin est mû par une force surnaturelle. Cela ne laisse pas beaucoup d’espoir. J’aime à penser que ce grand monsieur a aussi écrit Stella (poème sur la renaissance du monde, après sa destruction, ndlr). Une lueur peut-être? Reste à savoir si l’amour est de nature à détruire systématiquement. Je commence à comprendre pourquoi je préférais disparaître à la fin du spectacle dans un nuage de fumée! (Rires) 

Gala: En amour, le plus brûlant, pour vous, c’est: l’espérer, le vivre ou le pleurer?

M.F.: Le faire! Quand l’amour se conjugue au présent, les sens prennent le pouvoir.Au passé ou au futur, il laisse place à la raison et à son cortège de doutes qui exercent leur dictature impitoyable. 

Gala: Sur cette tournée, on vous a découverte souriante, non dénuée d’humour, voir même presque volubile…

M.F.: Les clowns tristes ne sont un mystère pour personne. Mais apparemment, les ténébreux drôles restent une énigme! L’humour est une antidote précieuse. Je n’ai jamais cessé de me le rappeler, même dans les moments les plus sombres. Un instinct de survie, je suppose…  

Gala: Le plaisir pour vous, aujourd’hui, c’est…

M.F.: Etre libre de partager les émotions simples du quotidien avec ceux que j’aime ou dans ma solitude apprivoisée … C’est dans cette liberté-là que je reconnais le plaisir. Entre l’ombre et la lumière, j’ai choisi la lumière. J’ai choisi une vie de liberté. Avant que l’ombre, je sais, ne s’abatte à mes pieds… 

Gala: La formule Timeless n’était pas sans évoquer l’idée d’immortalité. Est-ce pour vous: une ambition? Un espoir?

M.F.: L’immortalité?  Très peu pour moi. Timeless évoque plutôt l’intemporalité. S’extraire du sablier permet d’envisager la vie avec plus de sérénité, de recul. Dans un monde qui accélère, c’est un luxe aussi. L’immortalité est la promesse d’un ennui éternel, non? Je laisse cela aux dieux ou aux fous… Pour ma part, je vis chaque instant comme il vient. 

Gala: Le show inspirait un voyage dans le temps. Si vous le pouviez, reviendriez-vous dans le passé ou vous projetteriez-vous dans le futur?

M.F.: Le temps est une obsession humaine. Probablement le plus grand péché d’orgueil de l’homme. La vie d’un être est une parenthèse enchantée, avec de longues périodes de désenchantements. Le temps est un repère qui permet d’accumuler des souvenirs et donne une impression de cohérence à ce que l’on vit. Si les amnésiques dérangent, ils n’en sont pas moins vivants. Le bonheur se cache probablement dans le droit à l’oubli. 

Gala: Sont-ce vos souvenirs ou vos rêves à réaliser qui vous tourmentent le plus?

M.F.: Nous n’avons aucun pouvoir sur les rêves, même éveillés, ils sont intrusifs… Ils ne facilitent pas le bonheur… Mes souvenirs me laissent en paix, puisque pour la plupart, je les ai oubliés… Enfouis…. Égarés. 

Gala: Etes-vous capable d’indulgence et de pardon pour les proches qui vous auraient déçus?

M.F.: D’indulgence, je ne crois pas… Pour moi, il s’agit d’une posture, d’un renoncement à son instinct. J’ai le sentiment qu’avec l’indulgence, l’autre n’existe pas…  Le pardon, lui, me semble une nécessité. Pardonner, c’est prendre le chemin de la remise en question de l’autre et de soi. Chemin certes plus long, mais indispensable au bonheur. Pour les  bouddhistes, le pardon permet de savoir que rien ne sera plus jamais comme avant, unique condition pour progresser. 

Gala: A plusieurs reprises, durant la tournée, vous avez fait monter de jeunes enfants sur scène. Vous semblez extrêmement à l’aise avec eux. 

M.F.: Quand je croise leurs regards, ils me bouleversent… Une petite fille, dans mes bras au milieu de cette scène immense, émue aux larmes, est un moment fragile et fort.  

Gala: Vous avez fréquenté le Cours Florent. Si vous aviez le choix: à quel acteur donneriez-vous la réplique, devant la caméra de quel réalisateur?

M.F.: Si j’avais le choix? Steve McQueen dans un film de David Lean… Ou… Idris Elba dans un film de Jane Campion! 

Gala: Votre vie a déjà fait l’objet de biographies plutôt «romanesques». Etes-vous flattée, amusée ou irritée d’être «l’héroïne» de certains écrits?

M.F.: Je ne lis aucune biographie me concernant, mais je suis plutôt amusée par les extravagances qui circulent. Certains ont horreur du vide, alors ils donnent libre cours à leur imagination. C’est du fantasme, pas de l’information. Un signe de notre temps.

GALA à la une 

Gala: Un singe capuçin, prénommée E.T., a partagé votre quotidien pendant près de trente ans. Depuis plus d’un an, c’est au tour d’un berger suisse blanc, Liloup, aux allures de louve. Qu’est-ce que ces deux compagnons révèlent de vous? 

M.F.: Je les considère comme des intimes. Ce sont des êtres sensibles pour qui seul le regard suffit.Ils sont la preuve que l’on peut aimer au-delà des mots. 

Gala: A la fin de chacun de vos concerts, vous avez disparu dans un nuage de fumée. Vous quitterez le métier avec autant de douceur?

M.F.:  »S’il te plaît prends ma main, ne te fais plus attendre, il est temps de s’étreindre, il est temps de s’éteindre, une dernière cigarette ». Comme le chante si bien Saez… Je ne sais que vous répondre puisque… Je n’ai moi-même la réponse. Partir en fumée… De toutes façons… C’est inéluctable.  

Gala: Mylène Farmer est-elle une insatiable?

M.F.: « Souviens-toi que le Temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup! C’est la loi. » (elle cite le poème L’Horloge, de Baudelaire, ndlr) Jouons encore un peu... En attendant la fin de la partie.

 

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Mylène Farmer fait la Une de Gala cette semaine

Posté par francesca7 le 26 décembre 2013

Après avoir cartonné sur scène grâce à sa dernière tournée intitulée Timeless 2013, qui a pris fin le 6 décembre à Nice, Mylène Farmer est revenue sur cette belle parenthèse dans les pages de Gala. La star y évoque le défi surmonté et le retour à une vie de solitude…

GALA à la une

 

Avec 420 000 billets écoulés pour les 39 dates de sa tournée en France, Belgique, Suisse et Biélorussie, Mylène Farmer s’est une fois encore imposée comme une figure incontournable de la scène musicale. La star était sur les routes pour défendre son dernier opus intitulé Monkey Me, dont le nouvel extrait Diabolique mon ange est désormais soutenu par un clip live. Sur scène, la chanteuse a enchaîné anciens et nouveaux tubes, dans une mise en scène futuriste dont les décors ont été imaginés par le défunt Mark Fisher. Un show intense sur lequel Mylène Farmer a tout donné. « Je remercie mes muscles d’avoir encaissé toutes ces courbatures !« , dit-elle avec humour dans Gala. Habillée par son ami Jean Paul Gaultier, la star a pris du plaisir à retrouver son public, mettant cette fois-ci l’accent sur sa voix qui est pour elle « un révélateur d’âme« . Mais si Mylène confirme avoir vécu de beaux moments, elle a depuis retrouvé le calme et la solitude…

« La fin d’une tournée est toujours un moment extrêmement brutal« , affirme la chanteuse. Baignée par l’euphorie du succès, lorsque soir après soir elle était applaudie par des milliers de fans transis d’admiration, Mylène Farmer vit aujourd’hui d’autres émotions. « Après le dernier spectacle, il faut accepter de ne plus avoir rendez-vous avec des milliers de personnes. (…) Le sentiment de solitude qui s’ensuit est le prix à payer« , dit-elle. Toutefois, bien loin de l’étiquette de chanteuse triste et renfermée, la chanteuse affirme qu’ »entre l’ombre et la lumière« , elle a choisi « la lumière » et « une vie de liberté« . C’est donc avec ses proches qu’elle partage de beaux moments ou avec ses compagnons de route, comme aujourd’hui son berger suisse blanc, Liloup. Un chien qui a pris le relais de son célèbre capucin.

Le concert Timeless 2013 sera diffusé en avant-première dans les cinémas Gaumont Pathé le 27 mars à 20h. La billetterie sera ouverte le 20 décembre prochain. Il donnera également lieu à un DVD qui sortira en 2014 alors que le CD live est déjà disponible dans les bacs. Et au pied des sapins, on devrait également trouver le calendrier 2014 de la chanteuse.

Thomas Montet

L’interview de Mylène Farmer est à lire dans Gala, en kiosques le 24 décembre 2013.

article paru sur www.purepeople.com

  

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rétrospective sur le Timeless 2013

Posté par francesca7 le 19 décembre 2013

 

2014 mylene-farmerMylène Farmer donnait le coup d’envoi de sa tournée Timeless 2013. La star débute par dix dates au Palais Omnisports de Paris Bercy avant d’embarquer son show futuriste dans l’hexagone et à l’étranger. Dimanche, Mylène Farmer entamait son deuxième jour après avoir répondu aux questions de Laurent Delahousse - une interview diffusée lors de son JT de 20 heures – au moment même où elle montait sur scène pour une représentation à laquelle nous avons assisté.

Cercueil climatisé

Pour son grand retour sur scène samedi, après quatre ans d’absence, Mylène Farmer a vécu de « très émouvantes retrouvailles » avec son public. Dans un Bercy plein à craquer, un spectateur un peu particulier en la personne de Laurent Delahouse. Le beau gosse du JT de France 2 assistait au show avant d’interviewer la chanteuse pour son 20 heures de dimanche. Visiblement sous le charme, Laurent Delahousse n’a guère bousculé l’idole qui lui a répondu avec la simplicité qu’on lui connaît. Il y était question de discrétion, celle de Mylène Farmer qui peut entraîner « beaucoup de commentaires« , parfois « violents« . Il y était question de ce qu’elle ressent sur scène. « C’est probablement le moment où j’ai un vrai sentiment de liberté, pas d’entrave, pas de tabou. » La star s’amuse également des fantasmes qu’elle suscite en indiquant qu’elle dort bien dans un cercueil et que celui-ci est climatisé.

Six mois d’entraînement

Il a fallu un an à l’artiste et son complice Laurent Boutonnat pour mettre en scène le spectacle Timeless. Mylène Farmer s’entraînait physiquement depuis six mois pour ce retour, le temps pour elle d’imaginer les chorégraphies et de se préparer avec ses danseurs. La scénographie a été confiée au regretté Mark Fisher qui a livré pour la star un décor à la fois futuriste et minimal, un immense plateau, un vaisseau spatial et des invités surprises : des robots articulés aux mouvements surprenants. Décédé dans son sommeil le 25 juin dernier, Mark Fisher a conçu ses dernières années les décors du MDNA Tour de Madonna et ceux du Born This Way Ballde Lady Gaga. Il n’aura pas la chance de voir sa machinerie de rêve prendre vie grâce à Mylène Farmer et son public.

Dimanche soir, Mylène Farmer est montée sur scène vers 20h50. Dans la salle, des personnalités comme Orelsan, Julien Doré,Isabelle Boulay, Caroline Loeb et le cinéaste François Ozon qui n’a pas caché son enthousiasme. Mylène Farmer fait son apparition au coeur d’une porte étincelante donnant sur l’immensité stellaire. On pense un peu à Stargate, mais les étoiles sont surtout dans les yeux des 15 000 spectateurs comme soufflés par l’arrivée de la star. À 52 ans – jeudi 12 septembre – Mylène Farmer livre un spectacle à la mise en scène pointue d’une grande élégance, où seule sa voix semble compter. Ses musiciens sont parfois cachés et il n’y a alors plus qu’elle sur cet immense plateau, magnifiquement habillée par son complice Jean-Paul Gaultier, pour tenir ce Bercy gigantesque.

Collection de tubes

Mylène Farmer fait son entrée sur À Force de, extrait de l’album Monkey Me (2012) écoulé à 450 000 exemplaires. La première partie de son show est composée de quelques-uns de ses plus grands tubes des dix dernières années. Les fans ont même droit à un duo virtuel avec Moby surSlipping Away. Après un interlude impressionnant durant lequel les robots assurent une étrange chorégraphie (on a rarement vu autant d’écrans de téléphone portable braqués sur une scène), Mylène Farmer revient avec Gary Jules, première surprise du show, pour chanter Mad World etLes Mots (duo qu’elle interprétait à l’origine avec Seal). Elle rejoint ensuite son directeur musical,Yvan Cassar, installé au piano pour deux chansons piano-voix à fleur de peau, Et pourtant et Je te dis tout.

Nouvelle pause et nouveaux costumes. Mylène Farmer revient en rouge pour communier avec ses 15 000 fans sur Désenchantée. Un classique des spectacles de la chanteuse qui soulève la foule. Durant le reste du show, plus personne n’osera se rassoir, car elle enchaîne les tubes Sans contrefaçonBleu Noir, Je t’aime mélancolie (grand moment) et XXL. En réécoutant ses chansons, on prend la mesure de l’importance de la chanteuse dans le paysage pop français et dans notre vie, si l’on a eu la chance de grandir avec ses premiers tubes. En plus d’un catalogue solide, c’est une artiste qui met sa voix sur la table (quelles que soient ses petites faiblesses) et ne fait pas de son spectacle une démonstration sportive et acrobatique. Timeless est à la mesure de son talent : mature.

30 ans de carrière

images (6)Quand elle annonce une nouvelle surprise à ses fans, Mylène Farmer ajoute avec humour : « Oui, c’est la même qu’hier soir. » Quand bien même, on est beaucoup à hurler de plaisir en entendant les premières mesures de Maman à tort, son premier 45 tours sorti en 1984. Ce n’est pas le seul clin d’oeil de Mylène Farmer à ses débuts : elle portait un catogan de chevalier d’Eon et durant l’interlude on pouvait entendre le Trio pour piano et cordes n° 2 de Franz Schubert utilisé par Stanley Kubrick dans son film Barry Lyndon, référence principale de Boutonnat et Farmer pour le diptyque Libertine et Pourvu qu’elles soient douces.

En rappel, elle craint de ne pouvoir aller au bout d’Inséparables et de l’inusable Rêver. Mais si ses yeux trahissent son immense émotion et son trouble, sa voix tiendra le spectacle du début à la fin. Elle disparaît alors dans une colonne de fumée. Le Timeless Tour, tournée ambitieuse de tous les records, ne fait que commencer. Plus de 420 000 spectateurs applaudiront Mylène Farmer jusqu’en décembre.

 

 

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Mylène pour un monde d’Initiés

Posté par francesca7 le 17 novembre 2013

 

Toujours aussi insaisissable, la star française est au Palais 12 pour trois soirs.

images (5a)

Grâce à Mylène Farmer, ses fans découvrent du pays, ça c’est sûr. Au propre comme au figuré. Au propre, parce qu’on a croisé, mercredi soir, au Palais 12 de Bruxelles, des Québécois, des Français et des Suisses qui suivent presque à la trace les déplacements de leur préférée. Le matin même, certains arpentaient les pavés de Bruges avant de se rendre à Anvers au lendemain du concert. Au figuré, puisque « Timeless », nom de la dernière tournée de la star française est un grand spectacle de 2 heures, intergalactique, interstellaire, intersidéral – pour ne pas dire sidérant. « Timeless » (éternel) porte bien son nom qui voit Mylène Farmer, 53 ans, en paraître, sur scène, une bonne dizaine de moins.

« Timeless » est la sixième tournée de Mylène Farmer (sur la place depuis 1984) entamée début septembre à Paris et qui devrait prendre fin le 6 décembre. Côté chiffres, très parlants : 39 concerts, 450 000 exemplaires écoulés de son 9e album studio « Monkey Me », 420 000 places vendues dont trois Palais 12 (45 000 spectateurs).

Sur le coup de 21 h, Mylène Farmer fait son apparition après une longue, très longue intro dans des tunnels angoissants et claustrophobes. Le voyage semble interminable, c’est sans doute le prix à payer pour rallier l’univers si particulier de l’artiste. Celle qu’en son temps on surnommait la rousse la plus tourmentée de la variété française semble aujourd’hui quelque peu apaisée. Elle arbore un sourire angélique, façon Julie Andrews de « La Mélodie du bonheur ».

Un monde pour initiés

Premier morceau : « A force de » (« mourir, je n’ai pas su te dire/Que j’ai envie de vivre/Donner envie de vivre »). L’on comprend assez bien les paroles (dans le sens auditif ; pour leur signification, c’est une autre affaire, disons que sa poésie laisse la porte ouverte à toutes les fenêtres). Bonne nouvelle pour l’acoustique de cette tout fraîche salle de grande capacité sise à Bruxelles. Le show mis en scène par le fidèle Laurent Boutonnat et scénographié par Mark Fisher a tout l’heur de s’y déployer. A chaque fin de morceau, les lumières s’éteignent, le temps de mettre en place un nouveau décor, une nouvelle chorégraphie, parfois, aussi, de changer de toilette et peut-être, pour la chanteuse, de reprendre son souffle – même si elle ne se meut pas de façon démesurée. Ci et là, on la sent presque mal à l’aise. Surprenant pour celle qui se révèle si bonne actrice. Depuis le début, elle pleure sur les mêmes chansons – foi de ces fans qui, pour certains, en sont à leur cinquième date (sur la même tournée !). Ceci explique peut-être cela : il faut être initié pour pénétrer le monde de Mylène, pas étonnant dès lors que l’on soit resté complètement hermétique. On ne frissonne même pas quand elle laisse le chanteur californien Gary Jules (Tears for Fears) poser sa noble voix sur un dépouillé « Mad World » (1982) et l’accompagner sur « A-t-on jamais », avec l’unique piano d’Yvan Cassar (cela nous change, quand elles sont mises en avant, des caricaturales batterie et guitares voire de la pop techno). Etonnamment, ce sont les robots qui, émergeant de temps à autre du plancher, dégagent quelque humanité.

La chanteuse s’entoure aussi, régulièrement, de six danseurs bodybuildés au corps luisant. Mais c’est le public masculin qui se montre le plus démonstratif. Ainsi quand la belle souffle « pose une main/sur mon front/sur mes seins » (« Je te dis tout »), c’est un « oh oui » qui surgit du milieu de l’assemblée. Une assemblée à la rencontre de laquelle elle ne manquera pas de partir plus tard, grâce à un bras télescopique intégré, lui aussi, dans le dispositif scénique. La voilà transportée. C’est ce qu’elle voulait, non ?

article paru sur http://www.lalibre.be/culture/musique

 

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Une part de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 16 novembre 2013

 

1hSa dernière tournée remonte à 2009. Mylène Farmer avait placé la barre très haut avec un tour de chant ponctué par deux dates complètes au Stade de France. Des « live » à la démesure que l’artiste offre à son public lors de toutes ses représentations. Faisant suite à l’album Point de suture (2008), ils immergeaient les spectateurs dans un univers cohérent et fantasmagorique inspiré de l’exposition controversée d’écorchés Our Body.

Des décors gigantesques aux costumes en passant par les projections vidéos, Mylène Farmer a rappelé son goût du détail, son envie d’offrir du grandiose tout en jouant avec les symboles religieux, souvent rencontrés dans ses clips.

Timeless, un nom qui sonne comme l’univers de la chanteuse : hors du temps, hors des réalités. L’affiche souligne cette part de mystère : l’icône troquera-t-elle sa rousseur légendaire pour le blond platine ? Aucune info ne filtre sur le contenu des shows si ce n’est que, comme en 2009, Mark Fisher (architecte des structures pharaoniques pour U2 et Tina Turner) et Jean-Paul Gaultier ont collaboré.

Des vinyles collector

Concernant la setlist, on peut deviner qu’elle fera la part belle aux chansons de l’albumMonkey Me (dont les 2 singles A l’ombre et Je te dis tout). Toutefois, Mylène Farmer intégrera-t-elle à nouveau ses titres « gold » tels Libertine, Sans contrefaçon, Désenchantéeou privilégiera-t-elle des morceaux moins connus ? Beaucoup de fans espèrent la reprise de titres oubliés sur scène depuis de nombreuses années (Tristana, Sans logique…), pourtant fondateurs de son succès, voire des duos-suprises (Moby, Seal, ayant travaillé avec Mylène Farmer).

 

Pour patienter jusqu’à samedi, les albums studio de Mylène Farmer ont été réédités en vinyles collector le lundi 2 septembre et la chanson Monkey Me (3ème extrait de l’album éponyme) est diffusé en radio. Le compte à rebours est enclenché.

 

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Mylène Farmer à Montpellier en concert à l’Arena

Posté par francesca7 le 6 novembre 2013


article paru sur http://www.midilibre.fr

Deux heures de show spectaculaire et parfois tendre. Encore ce mercredi et samedi, à Pérols (Hérault), mardi soir dans une Park & Suites Arena comble et comblée.
Mylène Farmer à Montpellier en concert à l'Arena dans Mylène 2013 - 2014 telechargement-41

Première surprise dans la salle : pas de dress code. On sait que Mylène Farmer va décliner du Gaultier sur mesures mais on l’attend en jean et T-Shirt. Pas plus de rousses que d’habitude non plus mais davantage d’hommes sans femmes que pour Rihanna. A 20 h 30, le public est prêt mais pas elle. Le moins qu’on puisse attendre avec cette artiste qui n’a honoré que six tournées en près de trente ans de carrière, c’est d’attendre un peu…

Une intro high tech pour une artiste venue d’ailleurs

Après une demi-heure, le noir et le grand aaaaaaaaaaahhhhh libérateur. Et commence alors une intro high tech qui nous fait comprendre d’emblée que Mylène n’est pas d’ici, qu’elle vient d’ailleurs, qu’elle est une étoile, une production indestructible issue d’un foudroyant chaos. Le contraire de la voisine de palier, quoi. Et c’est comme ça qu’on l’aime, évidemment. Le type responsable de la scénographie, Mark Fisher, doit être un fils caché de Kubrick qu’on a abandonné plusieurs années à Disneyland… C’est en blanc, telle une divinité que Mylène Farmer ouvre son récital (peut-on appeler ça comme ça ?) par A force de. Elle enchaîne, toujours seule en scène, avec Comme j’ai mal.

Des danseurs « mimi » mais des enchaînements « Danse des canards »

Les musiciens peuvent alors surgir des profondeurs, cachés en partie par la chevelure bas-Moyen-Âge d’Yvan Cassar, maître à orchestrer de la variété française depuis une bonne vingtaine d’années. Il y a de l’épate mais pas encore d’extase. On sourit avec de jolis robots et une première chorégraphie qui montre que Mylène est restée trop longtemps loin de la Terre. Ses garçons sont “mimi”, mais leurs enchaînements, c’est limite danse des canards.

Transitions laborieuses

Sur Monkey Me, titre phare de son dernier album, elle-même ne bouge pas très bien. On regrette aussi que la débauche technologique comme son besoin irrépressible de changer de godasses pour un oui pour un non rendent un peu laborieuses les transitions. Le spectateur a l’impression d’être sur des montagnes russes, un coup en haut, un coup en bas. Un interlude rappelle Kubrick, encore, puisque les robots sont d’abord accompagnés du trio opus 100 de Schubert, celui-là même qui accompagnait les peines de cœur de Mrs Lyndon. Mais on se réjouit trop vite et un truc bien bourrin, bien technoïde, fait qu’on se demande si l’on n’a pas rêvé cette pépite du romantisme allemand.

Après le déluge techno, version cabaret

Une techno parade donc, pour robots à yeux rouges mais soudain la récompense. Avec quatre titres d’une séquence plus apaisée, plus “ballade”, dont deux sont partagés avec l’excellent Garry Julesnotamment pour ce magnifique duo bilingue, Les Mots. Sur l’écran géant, on est passé au noir et blanc, l’orchestre s’est calmé, la pluie de météorites a cessé…La belle pleure un peu au milieu de Je te dis tout, envoyée façon cabaret près du piano…

Elle survole son public

Après un nouvel interlude d’Yvan Cassar, la Désenchantée revient avec des grandes bottes noires, avec des danseurs en camisoles et des araignées géantes un peu partout. Elle utilise ensuite un bras articulé géant pour survoler son public et les piétons du “carré d’or” comprennent pourquoi ils ont payé plus cher que les piétons du fond…

Robe rouge et danseurs idem dans des costumes inspirés des arts martiaux annoncent Sans contrefaçon, succès ancien puis Mylène déroule avec charme jusqu’au final et un titre joli, Rêver.

Mylène est passée comme un rêve, parfois un peu perdue dans une mise en scène privilégiant l’artifice, mais généreuse et visiblement heureuse de retrouver physiquement son public. On ne chipotera donc pas devant cette belle et longue histoire d’amour.

retrouvez l’original sur http://www.midilibre.fr/2013/10/02/une-mylene-epatante,764455.php

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Mylène en duo avec Gary Jules

Posté par francesca7 le 2 octobre 2013


Lors de son passage à Paris Bercy dans le cadre de sa tournée « Timeless 2013″, Mylène Farmer invite Gary Jules pour partager un moment intime sur Mad world (reprise de Tears for Fears) et Les mots. Magnifiques duos !

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Comme pour sa dernière tournée (Tour 2009), Mylène Farmer a fait appel au maître de la scénographie de concerts, Mark Fisher (décédé récemment, architecte de scènes pour U2, Madonna et Tina Turner). Ce dernier a conçu une structure métallique gigantesque rappelant l’intérieur de vaisseaux spatiaux. Cette thématique futuriste, faisant écho au nomTimeless, est exploitée dès l’arrivée sur scène de la chanteuse.

Accompagné d’images psychédéliques qui plongent le public dans un dédale de couloirs, le visage de l’icône se dessine sur des écrans à LED. Et c’est un œil en spirales qui permet à la chanteuse d’apparaître sur la chanson A force de…, extraite de son dernier album Monkey Me. Les 15 000 spectateurs reprennent alors en chœur le refrain de ce titre. Mylène Farmer est parée d’une robe/combinaison signée Jean-Paul Gaultier(dessinateur des 6 costumes de scène) qui lui confère les traits d’une héroïne fantastique hors du temps.

Chansons récentes et les duos
 

Mylène en duo avec Gary Jules dans Mylène 2013 - 2014 farmerbercy4garyjules-2013Parti pris marquant de ce concert : Mylène Farmer a choisi beaucoup de titres récents de son répertoire. La plupart des chansons sont issues des deux derniers albums Bleu Noir (Oui… mais non ; Diabolique mon ange ; Inséparables) et Monkey Me (A l’ombre, Elle a dit). Le show fait également la part belle aux duos. Le premier est un échange virtuel en vidéo avec Moby (Sleeping Away). Pour les deux suivants, Mylène Farmer partage la scène avec Gary Jules (chanteur californien). Ils interprètent Les Mots (chanté auparavant avec Seal) et la reprise de Mad World (Tears for fears).

Néanmoins, quelques grands succès des années 80/90 tels Sans contrefaçon (réorchéstré avec des sonorités asiatiques), XXL, Je t’aime mélancolie ou l’incontournable hymne farmerien Désenchantée ponctuent le concert. Chacun de ces succès entraîne systématiquement la liesse, témoignage de la fidélité inconditionnelle du public. Le spectacle alterne entre tubes efficaces chorégraphiés (Mylène Farmer y est alors entourée de six danseurs et même de robots articulés) et chansons au piano (Et pourtant ; Rêver), privilégiant la communion avec la salle.

 

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Mylène Farmer et des Milliers de fans

Posté par francesca7 le 29 septembre 2013


 Mylène Farmer et des Milliers de fans dans Mylène et L'ENTOURAGE images-15

Quand Mylène Farmer reprend la route, elle n’y va pas par quatre chemins. Jusqu’en décembre, elle aura joué 39 concerts dans 14 villes, de Douai à Nice en passant par Saint-Pétersbourg, pour près de 550 000 fans.

Après une dizaine de concerts à Paris-Bercy, voici donc les 24 semi-remorques et ses dix bus de la tournée « Timeless 2013 » sur la route de Lyon. À partir de demain et jusqu’à samedi, la rousse mythique de la chanson française installe son show à la Halle Tony-Garnier de LYON. Quatre concerts et chaque fois 11 500 fans. 

Les concerts sont quasiment complets. La production vient de rajouter quelques places pour les deux premiers soirs, et le dernier concert, qui a été mis en vente en dernier, propose encore quelques places, en fosse debout. « Il doit rester quelques centaines de billets, au maximum. La production les garde en réserve pour éviter le marché noir. Ils ont fait pareil à Paris », explique un fan.

Ce sont donc au total 46 000 fans qui viendront à la Halle découvrir un spectacle unique. « C’est absolument hors-norme. Au niveau logistique, c’est plus gros que Lady Gaga ou Beyoncé. Certaines technologies ont été développées spécialement pour ce spectacle », s’enthousiasme Thierry Téodori, le directeur de la Halle Tony-Garnier.

Le décor du spectacle a été conçu par le légendaire Mark Fisher, décédé en juin dernier. Créateur de scènes pour les Rolling Stones, U2 ou Johnny Hallyday, c’est là sa dernière œuvre. Une ambiance futuriste, des robots et des vidéos d’inspirations spatiales.

« Il y a toujours deux lectures des spectacles de Mylène Farmer. Un côté divertissement et paillettes, mais aussi une face plus sombre, plus profonde », souligne Thierry Téodori.

Mylène Farmer débarque dans un tourbillon de lumières, comme sortie d’une capsule spatiale. Sanglée dans une combinaison pailletée concoctée par Jean-Paul Gautier, elle lance le premier titre de la soirée, « À force de… », issu de « Monkey Me », son 9e album, publié en décembre 2012. Suivent des anciens titres (« Comme j’ai mal », « C’est une belle journée ») et des titres récents (« Monkey Me », « Elle a dit »), et même un duo virtuel avec Moby sur la chanson « Sleeping away (Crier la vie) ». Et, évidemment, les tubes incontournables : « Désenchantée », « Sans contrefaçon »…

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Le directeur musical du spectacle est le fidèle Yvan Cassar. Le batteur est toujours Charles Paxson (James Blunt, Tina Turner), et il y a une nouvelle fois Bernard Gregory Suran Jr. à la guitare. Mais on trouve désormais Jonathan Button (« The Who », Shakira) à la basse et Peter Thorn (Alicia Keys), à la seconde guitare. Bref, la crème des musiciens internationaux.

Le spectacle est aussi une succession de chorégraphies, conçues par Mylène Farmer elle-même, pour l’essentiel. Six danseurs accompagnent la chanteuse sur scène. Plus deux robots de deux mètres de haut, qui dansent autour de la diva…

 

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Un casting prestigieux pour Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 25 septembre 2013


 

Un casting prestigieux pour Mylène Farmer dans Mylène 2013 - 2014 images-24Les costumes sont une nouvelle fois signés Jean Paul Gaultier. Six tenues de scène de couleurs blanche, rouge, puis noire, et une somptueuse robe constellée de centaines de strass Swarowski aux reflets orangés. Contrairement à une des nombreuses rumeurs qui ont couru ces jours derniers, Mylène n’apparaîtra pas en blond platine, elle conserve ses cheveux roux. John Nollet a créé une coiffure qui n’est pas sans rappeler « Libertine ». Yvan Cassar sera au clavier et signe la direction musicale du spectacle. Mylène est entourée de six danseurs français, les chorégraphies sont de Christophe Danchot, de Mylène Farmer et de Franck Desplanches pour la chanson « À l’ombre »… Six musiciens et deux choristes – dont Esther, soeur de la chanteuse Princess Erika – complètent l’équipe. Mark Fisher a conçu la scénographie. Cinq robots se promènent sur scène dans un décor hyper futuriste, des lasers, le spectacle est conçu comme un voyage intemporel. Olivier de Sagazan, concepteur du clip « À l’ombre », était également de la partie. 

Une set-list très étudiée

Mylène Farmer entre en scène avec « À force de… » (album Monkey Me), puis interprète « Comme j’ai mal » (album Anamorphosée), et enchaîne avec « C’est une belle journée », premier titre chorégraphié. De nombreuses surprises émaillent ce show de deux heures, rappels compris : un duo virtuel avec Moby, des titres comme « L’instant X » ou « Sans contrefaçon » se refont une beauté avec de nouvelles orchestrations. Et deux autres titres, dont « Les mots », sont interprétés en duo sur scène avec Gary Jules, un auteur-compositeur-interprète américain de haut niveau. Parmi les moments forts de la mise en scène, signalons l’envol de Mylène au-dessus des spectateurs, suscitant une immense clameur dans la salle. 

Au final, les 15 000 spectateurs de Bercy en 2013 sont sortis ébahis de ce premier rendez-vous de la tournée Timeless. « Ce concert est une tuerie », clamait l’un. « C’est fantastique », reconnaissait un autre, à peine le dernier rappel achevé à 23 h 5.

Un programme « hyper » collector

Il se présente comme une boîte à crayons Caran d’Ache d’autrefois en métal de couleur rouge et numérotée. À l’intérieur, un livre regroupe 23 portraits de Mylène Farmer signés Bettina Rheims. Des photos ultra glamour où la chevelure rousse de l’artiste est mise en valeur. C’est la première fois que Mylène pose pour cette photographe. Une partie de ces clichés sera publiée dans Paris Match la semaine prochaine.

Des records, encore des records

La tournée Timeless 2013 s’arrête pour 10 soirs à Bercy. Les 156 000 places ont été vendues en quelques heures. L’ensemble des 39 dates (France, Belgique, Suisse, Biélorussie et Russie) attirera 450 000 spectateurs. Une fois encore, Mylène Farmer, Laurent Boutonnat et Thierry Suc n’ont pas lésiné sur la mise en scène, le son et les lumières. Cent trente personnes travaillent depuis de longues semaines sur le show, et vingt-quatre semi-remorques sillonneront la France pour transporter infrastructures, éléments de décor et costumes.

Une entrée spectaculaire

Lorsque les lumières s’éteignent, un mur d’images donne l’impression aux spectateurs de pénétrer dans un gigantesque vaisseau spatial. On est comme happé dans un dédale de couloirs et de boyaux. Quelques minutes encore, puis la musique et les lumières se réveillent. Au loin, on aperçoit un oeil, il grandit puis s’ouvre. Mylène trône dans son centre, tel James Bond dans ses génériques. On découvre alors la chanteuse en haut d’un grand escalier. Elle descend quelques marches, le spectacle commence..

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interview de Mylène pour Timeless 2013

Posté par francesca7 le 19 septembre 2013

interview de Mylène pour Timeless 2013 dans Mylène 2013 - 2014 images-22

Mylène Farmer était l’invitée du JT de Laurent Delahousse, dimanche soir dernier sur France 2. La chanteuse a répondu comme toujours poliment et posément à une interview hors du temps et qui a été suivie par 7,4 millions de téléspectateurs.

Mylène Farmer, qui a entamé une série de concerts à Bercy dont les places se sont vendues en un temps record, n’est pas du genre à se plier à l’exercice de la promo. Cela fait partie de son mystère et sans doute de son intégrité. Elle remplit sans promo et sans peine, les salles de concert et vend une quantité de disques que même la crise n’a pas limitée. J’ai beaucoup de respect pour cette artiste qui cultive une star-attitude à “l’ancienne” à une époque où l’on sait tout sur tout le monde. Même l’intime, même l’indigeste et l’indicible. C’est pour cela sans doute que j’attends toujours beaucoup d’un entretien avec Mylène Farmer que j’ai moi-même interviewée il y a une quinzaine d’années nous dit l’auteur de ce passage : isabelle aithnard dans blogs lexpress Mylène Farmer répond à toutes les questions, ne se dérobe pas et quand ça devient trop personnel, elle sait esquiver avec panache. C’est un auteur après tout, elle sait donc (ab)user des mots pour vous faire ravaler les vôtres.

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A bientôt 52 ans, Mylène Farmer est une femme forte et intelligente pas un petit être fragile qu’il faudrait ménager sous prétexte qu’elle a cette allure frêle, mi-faon mi-oiseau tombé du nid. Je n’ai donc pas compris qu’on lui pose les questions convenues, semblables à celles qu’on adresse à des jeunes femmes comme Selena Gomez et autres stars américaines formatées, cornaquées… Ces questions interchangeables, sans  effet ni relief qu’on ne trouverait évidemment pas sur les fiches du plus mauvais des stagiaires de chez Taddéi, Ardisson ou Pascale Clark. Une interview que je ne qualifierais pas de TIMELESS ( intemporelle) mais de out of time… hors du temps. Et même out of tune (qui sonne faux comme quelqu’un qui chante faux).

retrouver l’article en son entier ici  

« Ce n’est pas la dernière fois qu’on vous verra sur scène ?« , demande Laurent Delahousse. Dimanche 8 septembre, le présentateur du « 20 heures » de France 2 se fait l’écho, dans un entretien pré-enregistré, de l’interrogation qui agite une partie des fans de Mylène Farmer. Et si la tournée « Timeless 2013″, sixième de la chanteuse depuis 1989, était l’ultime grand spectacle de l’artiste, dont la carrière a commencé en 1984 ? « J’ai le sentiment que c’est toujours la dernière fois, donc je ne sais pas répondre à cette question », dit-elle.

Pour l’heure, la tournée de Mylène Farmer est prévue jusqu’au 6 décembre 2013, à Nice, avec passages dans de vastes salles à Lyon, Montpellier, Nantes… Et des visites en Suisse, Russie, Belgique. Depuis le 7 septembre et jusqu’au 21, c’est au Palais omnisports de Paris-Bercy (PoPB). Trente-neuf concerts, 420 000 places vendues, de nombreuses soirées affichant complet depuis des mois. Comme au PoPB, ce dimanche 8 septembre 2013, pour deux heures de spectacle, mis en scène par l’auteur-compositeur, producteur et cinéaste Laurent Boutonnat et scénographié, comme en 2006 et 2009, par Mark Fisher (mort le 25 juin).

Quand il est arrivé sur France télévisions en 2006, Laurent Delahousse avait l’ambition de changer la formule du JT, traditionnelle accumulation de reportages de 2 minutes sur les sujets du jour. Il voulait faire un journal plus long, qui laisserait la place à des reportages de plusieurs dizaines de minutes et des débats avec des invités qui réagissent aux sujets. Exactement l’inverse du journal télé français classique. Mais là, bauf, moi aussi je suis déçue des questions…

 

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D’entre les Morts de MYLENE

Posté par francesca7 le 9 août 2013

 

D’entre les Morts de MYLENE dans Mylène AU FIL DES MOTS images-1

Ce spectacle N° 5 ON TOUR est certainement l’un des plus attendus de Mylène : d’abord parce que pour la première fois elle s’offre le Stade de France (deux soirs de suite), ensuite parce que la chanteuse n’a pas fait de tournée depuis neuf ans. L’événement est donc d’importance pour ses admirateurs de province et de l’étranger, qui découvrent dans un premier temps, une affiche très particulière annonçant le spectacle ; on y voit Mylène étalée sur le sol, jambes ouvertes et regard hagard, comme si elle venait de se jeter d’un toit.

Une photo choc pour un spectacle qui ne l’est pas moins, avec Mylène et Laurent Boutonnat à la conception et à la direction artistique, Yvan Cassar à la direction musicale, Alain Escalle pour les images de scène et Thierry Suc à la production. Le spectacle au Stade de France étant sold out en quelques heures, les moyens sont de mise. C’est toujours Mark Fisher qui réalise les décors. Les spectateurs découvrent d’abor un écran géant avec en son centre, une tête de mort (cet accessoire est réservé aux stades ; pour les spectacles en salles, des projecteurs orange sont dirigés vers le public).

La scène, gigantesque bénéficie d’une avancée sur la moitié de la pelouse du stade et se termine en étoile à cinq branches. La tête de mort sur l’écran laisse bientôt sa place à l’œil de Mylène, qui s ’ouvre et referme sur la musique de l’introduction, D’entre les morts

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Suivant les lieux où elle se trouve et la dimension de la salle, Mylène module son track-linsting. Pour ce qui est des salles en France, type Zénith, elle propose des chansons issues de l’album Point de Suture et ses tubes extraits d’anciens albums… reste A quoi je sers… « orpheline » d’album original, et les instrumentaux D’entre les Morts pour l’introduction et l’Interlude Avant que l’ombre… entre Ainsi soit- je.. et Libertine. Pour ce qui est des spectacles russes, Mylène oublie A quoi je sers… et d’autres chansons. A Saint Pétersbourg, elle chantera également Je t’aime mélancolie. Quant au Stade de France, elle y laisse de côté A quoi je sers… je te rends ton amour et Si j’avais au moins. Elle ajoute en revanche California, Laisse le vent emporter tout, l’Instant X et Fuck Them All.

C’est le track-linsting de la tournée qui sera gravé sur disque, tandis que celui du Stde de France servira pour la captation (DVD et Bly-ray Mylène Farmer Stade de France, respectivement Polydor 532 543-5 et Polydor 532 543-8). A noter que trois titres ajoutés au Stade de France se retrouvent sur un CD dans le coffret collector du DVD Mylène Farmer Stade de France (Polydor 532 543-1) et uniquement, tandis que Laisse le vent emporter tout ne fait l’objet d’aucune version audio gravée sur CD… Pour finir, dans le DVD, filmé par François Hanss, on peut entendre le pianiste Yvan Cassar jouer quelques notes de joyeux anniversaire, entre Rêver et Laisse le vent emporter tout. Normal ; le spectacle a eu lieu et a été filmé le 12 Septembre 2009, jour des 48 ans de Mylène !

issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 196

 

 

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AVANT QUE L’OMBRE le spectacle

Posté par francesca7 le 24 juillet 2013

 

AVANT QUE L’OMBRE le spectacle dans Mylène AU FIL DES MOTS mf2000_126a-199x300Ce nouveau spectacle de Mylène Farmer en 2006 est, comme toujours, conçu par Mylène elle-même avec, à la direction artistique, Laurent Boutonnat, à la direction musicale Yvan Cassar, et à la production Thierry Suc.

Là encore, les moyens sont énormes pour concrétiser le vœu de la chanteuse. Le décor, réalisé par Mark Fisher, est particulièrement impressionnant. En entrant dans Bercy, les spectateurs découvrent tout d’abord deux énormes portes sculptées et dorées qui cachent la scène principale. Lorsque le spectacle commence, le public a pourtant la tête en l’air, puisque c’est du « ciel » que Mylène fait son entrée, allongée dans une capsule futuriste et habillée d’or. La capsule se pose sur une avancée en forme de croix aménagée au milieu de la fosse et reliée à al scène principale par un pont escamotable. Des hommes (qui ne sont pas les danseurs, mais des personnes recrutées dans une agence de sécurité…) arrivent alors et transportent la capsule sur la scène principale, à la verticale, alors que les portes s’ouvrent sur des écrans immenses.

Mylène se réveille alors, sort de sa capsule et commence à chanter Peut-être toi. Une entrée particulièrement impressionnante !

Derrière un immense rideau d’eau apparaît Mylène pour sa dernière chanson, Avant que l’ombre… ce rideau  s’ouvre pour laisser passer la chanteuse, et, dans un premier temps, sert d’écran géant. Il se referme derrière Mylène et affiche à l’arrière-plan de la chanteuse le mot « passé » et la silhouette de Mylène. Il ne s’agit pas cette fois d’une projection, mais bien d’eau dans l’eau formant images et mot… un résultat étonnant et un effet unique à l’époque. A la fin du titre, le rideau s’ouvre à nouveau pour laisser passer Mylène, qui retirant sa robe, monte un escalier puis disparaît. Les portes se referment alors, le spectacle est terminé.

Les costumes sont l’œuvre du couturier Franck Sorbier (elle n’en portera en fait que cinq), dont une robe-manteau rouge brodée absolument magnifique pour le final sur Avant que l’ombre .. Côté musiciens, l’équipe du précédent spectacle est renouvelée pour moitié. Des « anciens » Mylène retient Yvan Cassar et Eric Chevalier aux claviers, Abraham Laboriel Jr, à la batterie et Esther Dobong’Na Essienne et Hohanna Manchec aux chœurs. Sont donc nouveaux » : Pereduc Ap Gwyneed et Milton Mc Donald aux guitares, Paul Bushnelle à la basse et Nicolas Montazaud aux percussions. Les chorégraphies, quant à elles, sont assurées par Mylène – en collaboration avec Christophe Danchaud pour C’est une belle journée. Huit danseuses exécutent les chorégraphies (Ayo Berner Jackson, Christine Dejesus, Khetanya Jati Henderson, Tiffany Howard, Sharaya Howell, Edara Johnson, Christianna Toler et Naimah Willoughby), accompagnées par sept frères formant la troupe espagnole Los Vivancos.

Les Los Vivancos exécutent deux époustouflantes chorégraphies (un flamenco modernisé et une autre dans e toujours sans Mylène) après Porno graphique et entre C’est une belle journée et Ange, parle-moi, le temps que la chanteuse se change.

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 172 

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Timeless 2013 Infos et Rumeurs

Posté par francesca7 le 2 juillet 2013


                                                                                       Timeless 2013 Infos et Rumeurs dans Mylène et des CRITIQUES rumeur                                                                                                        

Le début de la tournée approche à grand pas, il est donc temps pour nous de faire un premier point sur ce que l’on sait déjà et les différentes rumeurs qui commencent à pointer le bout de leurs nez.

ATTENTION !!! Pour ceux et celles qui souhaitent garder l’effet de surprise le jour J, il est temps d’arrêter la lecture…

Tout abord, un troisième extrait de Monkey Me qui se fait attendre.
Après les rumeurs sur la sortie du titre éponime la semaine dernière, avec la diffusion d’un teaser du clip après le JT de 20h sur TF vendredi dernier (qui n’est évidement jamais arrivé…) la seule chose à laquelle on peut peut être s’accrocher pour espérer un troisième single prochainement, est la réponse de Tomer G à un fan l’interrogeant sur le sujet sur son Facebook:

« Unfortunately, I cannot give any info on the next single or remixes. We’ll just need to wait and see »

Rappellons que le DJ avait déjà été intérrogé par le passé de cette manière, et que lorsqu’il n’était pas en collaboration avec Mylène Farmer à ce moment là, il ne s’était pas caché de le dire.

Concernant les concerts, on sait déjà qu’on retrouvera une équipe bien connue autour de notre chanteuse préférée:
Yvan Cassar à la direction musicale, Mark Fisher et la société Artefact pour les décors et biensur Jean-Paul Gaultier pour les costumes.
Logiquement Christophe Danchaud devrait s’occuper des chorégraphies et Dimitri Vassiliu des lumières, mais leurs noms n’ont pas encore été confirmés.

La construction des décors serait presques totalement achevés, à part quelques détails à vérifier. L’infrastructure serait gigantesque, avec une scène de trente mètres de largeur. Soit autant que pour les concerts en stade du N5 on Tour.

Il n’y aurait pas qu’une scène principale. Mais aurons nous droit à une avancée rattachée (2009), une avancée indépendante avec un pont amovible (2006) ou Mylène inovera-t-elle encore, avec par exemple une scène fermée (cf: MDNA tour) ce qui expliquerait la présence d’une fosse or même en province?

Mylène serait en pleine préparation personnelle (physique et vocale) et aurait terminé de sélectionner ses danseurs avec le soutien de son chorégraphe.
La playlist ne serait pas encore totalement arrêtée, mais la rumeur voudrait voir certains tubes disparaître pour laisser place à des chansons moins connus du grand public.

Reste à savoir si Mylène arrivera sur scène en blond platine le 7 septembre, même si on la voit mal déroger à LA règle de « l’ange roux »…

Source : http://www.sans-logique.com/mylene-farmer/news/  

 

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Mylène Farmer la scène c’est la création

Posté par francesca7 le 28 mai 2013


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Cette interview exclusive de Mylène Farmer a été réalisée lundi 4 mai 2009, au lendemain de son deuxième concert niçois, dans l’hôtel où elle séjournait, à Saint-Paul-de-Vence, près de Nice.

Comment vous sentez-vous après ces deux premiers concerts niçois ?

Fatiguée et soulagée. Le plus dur, c’est le premier spectacle. Avant, la peur m’habite. C’est une grosse machinerie qui impose que les choses soient, au départ, bridées. Il faut ensuite passer de la répétition à la légèreté, dépasser le côté robotisé. Il y a un gros travail sur l’image, sur chaque tableau, avec toujours l’objectif d’offrir du rêve.

 

Mylène Farmer la scène c'est la création  dans Mylène dans la PRESSE en-scene

C’est un défi physique important ?

Six mois d’entraînement, avec un coach, mon coach. Essentiellement de l’endurance. C’est fondamental avec une telle énergie. Chanter et danser à la fois n’est pas simple.

A la moitié du spectacle, on entre dans une phase intimiste, avec des ballades. Un moment qui semble vous procurer de l’émotion, vous embrumer les yeux…

Ceux qui ne m’aiment pas vont forcément trouver ça forcé. Mais même en répétition, ça me prend. Car nous sommes dans un moment de dépouillement, dans la fragilité de l’âme. Un moment de partage avec le public (qui chante beaucoup à ce moment là, N.D.L.R.). Je crois que l’émotion passe à travers le piano d’Yvan Cassar, qui est un grand pianiste, et dans les mots. On raconte sa propre histoire et chacun peut inventer la sienne à travers les mots.


Le public est, en quelque sorte, plongé dans un tourbillon sonore et visuel quasi hypnotique. Vous l’avez voulu ainsi ?

J’espère ne pas en avoir trop fait. L’idée, sans vouloir être prétentieuse, est de titiller l’imaginaire, l’inconscient.

Quelle est la base de départ de ce spectacle ?

Vous savez, nous sommes réceptifs à ce qui nous marque profondément, dans la littérature, le cinéma, l’art. Outre des désirs picturaux, je voulais arriver à quelque chose de contemporain, avec des symboles forts. Après, ça se construit comme un collier de perles.

Ce qui domine, dans le décor, ce sont deux grands squelettes…

Les squelettes, ce sont mes écorchés, inspirés par une sculpture du XVe siècle, qui existe dans une église en France. Après nous avoir écouté, Laurent (Boutonnat) et moi, Mark Fisher (concepteur du décor) nous a présenté cette œuvre, appelée « Le transit ». On lui a dit, il nous la faut, en immense… L’écorché, c’est le passage entre l’homme et le squelette, c’est la mort dans une certaine légèreté.

Il y a aussi un tableau animé, qui apparaît à la fin de « Ainsi sois-je », impressionnant et lugubre…

Il nous a été proposé par Alain Escalle (concepteur des décors). Une errance de personnages sur une plage. Une image très retravaillée par Alain de manière à le rendre, comment dire, fantomatique.

On va encore vous reprocher de tirer vers le lugubre, voire le morbide…

L’idée d’expliquer cela m’est difficile. Comment dire ? Pour moi, ce n’est pas morbide. Je veux simplement faire appel, encore une fois, à l’imaginaire, à l’inconscient. Bien sûr, cela draine des symboles. Mais, à chacun de se les approprier comme il l’entend. Ce n’est pas un passage en force. L’envie de choquer ne fait pas partie de moi. Mais l’envie de faire réagir, si ! C’est une manière de se sentir vivant. Dans mon dernier clip, la danse des squelettes est ludique.

Et c’est vrai, qu’en tenue d’écorché, vous êtes plutôt sexy…

(Elle sourit). Autant qu’à être terrifié par la mort, parce qu’elle est inéluctable, autant le prendre avec légèreté, autant en rire. Même si ce n’est pas tous les jours facile…

Est-ce que vous vous censurez parfois ?

Je crois qu’il y a toujours un peu d’auto-censure. Mais chez moi, cela arrive plutôt dans mes mots. Je vous donne un exemple. Dans « C’est une belle journée », je chante « C’est une belle journée/Je vais me coucher. » J’avais d’abord écrit, avec cynisme et dérision : « C’est une belle journée/Je vais me tuer. » Je me suis dit que cela allait peut-être trop loin, qu’il y avait des vies fragiles, que cela pouvait avoir des incidences. Donc, j’ai changé mon texte. Par contre, un sexe peut apparaître sur un écran, s’il n’est pas obscène, il n’y a aucun problème, cela fait partie de la vie.

Il y a beaucoup de représentations du corps dans votre spectacle. Par exemple, les images d’un couple qui s’attire et se repousse. Et surtout la trentaine de poupées nues, grandeur humaine, qui vous ressemblent, exposées dans une immense bibliothèque en fond de décor…

Le corps dans sa plénitude, puis dans sa décomposition avec l’écorché. Le vie faite de contorsions… Le couple en images que vous évoquez, ce sont deux danseurs. Ils expriment des sentiments d’amour et des expressions de douleur. Parce que l’amour intègre aussi le sentiment de douleur.


Pour résumer, votre univers est beaucoup un univers d’amour et de fantastique, non ?

J’adore le fantastique, dans le sens magique du terme, c’est-à-dire qui nous transporte hors de la réalité. J’ai été bercée par Edgar Poe et je continue à le lire et à le relire. Comme Stefan Zweig, comme Kafka. J’ai aussi adoré une série que j’ai découverte il y a peu, qui s’appelle, en français, La caravane de l’étrange. Sur un cirque itinérant, bizarroïde. Cela pullule de symboles, avec ce qui fait un cirque, un côté hyper-sensible et effrayant. C’est très bien réalisé. Un vrai voyage, métaphysique à souhait. J’aime ces univers.

Pour revenir concrètement au concert, aujourd’hui n’avez pas l’impression de plus créer l’événement avec vos spectacles qu’avec vos disques ?

D’abord, la scène est la création ultime. Personne n’entrave quoique ce soit. Quant à l’émotion, elle est d’abord générée par le concert, par ce qui se passe avec le public. Ensuite, il ne faut pas être dupe. C’est une évidence que l’économie du disque s’écroule. C’est une réalité avec laquelle il faut composer.


A ce propos, vous remplissez deux Stade de France en quelques heures et abordez une tournée de 32 concerts tous complets ou presque. L’engouement ne faiblit pas. Impressionnant, non ?

Cela m’émeut. En toute humilité, je me dis pourquoi moi ? Mais je n’ai jamais pensé que le public était acquis. Ce serait une erreur totale. Il peut être déçu. Il peut y avoir des hauts et des bas. Bien sûr, on a envie de durer, c’est humain, mais ça ne me hante pas. On ne peut pas forcer les choses. On peut engendrer. On peut décourager. Mais on est pas maître de sa vie. Par contre, pour durer, la chose fondamentale, c’est le travail. C’est une certitude. Cela se passe parfois dans la souffrance. Mais ça vaut le coup.

Même si cela peut vous valoir de vivre dans un « Paradis inanimé », comme vous le chantez dans votre dernier album. En quelques mots, être une star, c’est être seul ?

J’aurais pu choisir, un moment, une autre carrière, à l’international. J’ai souhaité rester sur la France, même si la Russie s’est offerte à moi un peu plus tard. Donc, j’aurais pu encore aller plus loin. Cela dit, je crois avoir toujours été un être solitaire avec, en même temps, une grande envie et un grand besoin de l’autre. Il faut juste bien choisir. Quoiqu’il en soit, je crois que les êtres humains ont un peu tous les mêmes appréhensions, les mêmes démons.

L’une des principales surprises de votre dernier album, c’est le côté révolutionnaire dans deux-trois titres comme « Réveiller le monde » où vous chantez : « Réveiller le monde/Rêver d’un autre été (…)/Révolus les mondes/Sans une révolution. » Surprenant ?

Je ne suis pas sûre de vouloir porter ce chapeau… Mais j’aime l’idée de la révolution, d’un peuple qui se soulève. J’aime le mouvement de masse. C’est une envie. Une espèce de cri de bête. Pas un message politique. Un regroupement est une force incroyable alors que parfois l’homme dans son individualité me terrifie.

On ne peut finir cette interview sans se rappeler que vous avez du sang breton, par votre mère, qui vit en Bretagne. Que pensez-vous avoir de breton en vous ?

(Elle sourit) La ténacité, le sens des valeurs profondes de la terre. Et puis… j’adore les crêpes ! Ma mère vit du côté de Pleyben. Enfant, j’ai passé mes vacances en Bretagne, à la ferme. J’adore les paysages tourmentés de la Bretagne.

Voir l’article paru ce jeudi dans le quotidien Ouest-France.

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Mylène Farmer : « la scène c’est la création ultime »

Posté par francesca7 le 26 mai 2013

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En 2009

Comment vous sentez-vous après ces deux premiers concerts niçois ?

Mylène Farmer : Fatiguée et soulagée. Le plus dur, c’est le premier spectacle. Avant, la peur m’habite. C’est une grosse machinerie qui impose que les choses soient, au départ, bridées. Il faut ensuite passer de la répétition à la légèreté, dépasser le côté robotisé. Il y a un gros travail sur l’image, sur chaque tableau, avec toujours l’objectif d’offrir du rêve.

C’est un défi physique important ?

Six mois d’entraînement, avec un coach, mon coach. Essentiellement de l’endurance. C’est fondamental avec une telle énergie. Chanter et danser à la fois n’est pas simple.

A la moitié du spectacle, on entre dans une phase intimiste, avec des ballades. Un moment qui semble vous procurer de l’émotion, vous embrumer les yeux…

Ceux qui ne m’aiment pas vont forcément trouver ça forcé. Mais même en répétition, ça me prend. Car nous sommes dans un moment de dépouillement, dans la fragilité de l’âme. Un moment de partage avec le public (qui chante beaucoup à ce moment là, N.D.L.R.). Je crois que l’émotion passe à travers le piano d’Yvan Cassar, qui est un grand pianiste, et dans les mots. On raconte sa propre histoire et chacun peut inventer la sienne à travers les mots.


Le public est, en quelque sorte, plongé dans un tourbillon sonore et visuel quasi hypnotique. Vous l’avez voulu ainsi ?

J’espère ne pas en avoir trop fait. L’idée, sans vouloir être prétentieuse, est de titiller l’imaginaire, l’inconscient.

Quelle est la base de départ de ce spectacle ?

Vous savez, nous sommes réceptifs à ce qui nous marque profondément, dans la littérature, le cinéma, l’art. Outre des désirs picturaux, je voulais arriver à quelque chose de contemporain, avec des symboles forts. Après, ça se construit comme un collier de perles.

Ce qui domine, dans le décor, ce sont deux grands squelettes…

Les squelettes, ce sont mes écorchés, inspirés par une sculpture du XVe siècle, qui existe dans une église en France. Après nous avoir écouté, Laurent (Boutonnat) et moi, Mark Fisher (concepteur du décor) nous a présenté cette œuvre, appelée « Le transit ». On lui a dit, il nous la faut, en immense… L’écorché, c’est le passage entre l’homme et le squelette, c’est la mort dans une certaine légèreté.

Il y a aussi un tableau animé, qui apparaît à la fin de « Ainsi sois-je », impressionnant et lugubre…

Il nous a été proposé par Alain Escalle (concepteur des décors). Une errance de personnages sur une plage. Une image très retravaillée par Alain de manière à le rendre, comment dire, fantomatique.

On va encore vous reprocher de tirer vers le lugubre, voire le morbide…

L’idée d’expliquer cela m’est difficile. Comment dire ? Pour moi, ce n’est pas morbide. Je veux simplement faire appel, encore une fois, à l’imaginaire, à l’inconscient. Bien sûr, cela draine des symboles. Mais, à chacun de se les approprier comme il l’entend. Ce n’est pas un passage en force. L’envie de choquer ne fait pas partie de moi. Mais l’envie de faire réagir, si ! C’est une manière de se sentir vivant. Dans mon dernier clip, la danse des squelettes est ludique.

Et c’est vrai, qu’en tenue d’écorché, vous êtes plutôt sexy…

(Elle sourit). Autant qu’à être terrifié par la mort, parce qu’elle est inéluctable, autant le prendre avec légèreté, autant en rire. Même si ce n’est pas tous les jours facile…

Est-ce que vous vous censurez parfois ?

Je crois qu’il y a toujours un peu d’auto-censure. Mais chez moi, cela arrive plutôt dans mes mots. Je vous donne un exemple. Dans « C’est une belle journée », je chante « C’est une belle journée/Je vais me coucher. » J’avais d’abord écrit, avec cynisme et dérision : « C’est une belle journée/Je vais me tuer. » Je me suis dit que cela allait peut-être trop loin, qu’il y avait des vies fragiles, que cela pouvait avoir des incidences. Donc, j’ai changé mon texte. Par contre, un sexe peut apparaître sur un écran, s’il n’est pas obscène, il n’y a aucun problème, cela fait partie de la vie.

Il y a beaucoup de représentations du corps dans votre spectacle. Par exemple, les images d’un couple qui s’attire et se repousse. Et surtout la trentaine de poupées nues, grandeur humaine, qui vous ressemblent, exposées dans une immense bibliothèque en fond de décor…

Le corps dans sa plénitude, puis dans sa décomposition avec l’écorché. Le vie faite de contorsions… Le couple en images que vous évoquez, ce sont deux danseurs. Ils expriment des sentiments d’amour et des expressions de douleur. Parce que l’amour intègre aussi le sentiment de douleur.


Pour résumer, votre univers est beaucoup un univers d’amour et de fantastique, non ?

J’adore le fantastique, dans le sens magique du terme, c’est-à-dire qui nous transporte hors de la réalité. J’ai été bercée par Edgar Poe et je continue à le lire et à le relire. Comme Stefan Zweig, comme Kafka. J’ai aussi adoré une série que j’ai découverte il y a peu, qui s’appelle, en français, La caravane de l’étrange. Sur un cirque itinérant, bizarroïde. Cela pullule de symboles, avec ce qui fait un cirque, un côté hyper-sensible et effrayant. C’est très bien réalisé. Un vrai voyage, métaphysique à souhait. J’aime ces univers.

Pour revenir concrètement au concert, aujourd’hui n’avez pas l’impression de plus créer l’événement avec vos spectacles qu’avec vos disques ?

D’abord, la scène est la création ultime. Personne n’entrave quoique ce soit. Quant à l’émotion, elle est d’abord générée par le concert, par ce qui se passe avec le public. Ensuite, il ne faut pas être dupe. C’est une évidence que l’économie du disque s’écroule. C’est une réalité avec laquelle il faut composer.


A ce propos, vous remplissez deux Stade de France en quelques heures et abordez une tournée de 32 concerts tous complets ou presque. L’engouement ne faiblit pas. Impressionnant, non ?

Cela m’émeut. En toute humilité, je me dis pourquoi moi ? Mais je n’ai jamais pensé que le public était acquis. Ce serait une erreur totale. Il peut être déçu. Il peut y avoir des hauts et des bas. Bien sûr, on a envie de durer, c’est humain, mais ça ne me hante pas. On ne peut pas forcer les choses. On peut engendrer. On peut décourager. Mais on est pas maître de sa vie. Par contre, pour durer, la chose fondamentale, c’est le travail. C’est une certitude. Cela se passe parfois dans la souffrance. Mais ça vaut le coup.

Même si cela peut vous valoir de vivre dans un « Paradis inanimé », comme vous le chantez dans votre dernier album. En quelques mots, être une star, c’est être seul ?

J’aurais pu choisir, un moment, une autre carrière, à l’international. J’ai souhaité rester sur la France, même si la Russie s’est offerte à moi un peu plus tard. Donc, j’aurais pu encore aller plus loin. Cela dit, je crois avoir toujours été un être solitaire avec, en même temps, une grande envie et un grand besoin de l’autre. Il faut juste bien choisir. Quoiqu’il en soit, je crois que les êtres humains ont un peu tous les mêmes appréhensions, les mêmes démons.

L’une des principales surprises de votre dernier album, c’est le côté révolutionnaire dans deux-trois titres comme « Réveiller le monde » où vous chantez : « Réveiller le monde/Rêver d’un autre été (…)/Révolus les mondes/Sans une révolution. » Surprenant ?

Je ne suis pas sûre de vouloir porter ce chapeau… Mais j’aime l’idée de la révolution, d’un peuple qui se soulève. J’aime le mouvement de masse. C’est une envie. Une espèce de cri de bête. Pas un message politique. Un regroupement est une force incroyable alors que parfois l’homme dans son individualité me terrifie.

On ne peut finir cette interview sans se rappeler que vous avez du sang breton, par votre mère, qui vit en Bretagne. Que pensez-vous avoir de breton en vous ?

(Elle sourit) La ténacité, le sens des valeurs profondes de la terre. Et puis… j’adore les crêpes ! Ma mère vit du côté de Pleyben. Enfant, j’ai passé mes vacances en Bretagne, à la ferme. J’adore les paysages tourmentés de la Bretagne.

Propos recueillis par Michel TROADEC.dans le quotidien Ouest-France.

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Technicité des spectacles de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 24 novembre 2012

 

Technicité des spectacles de Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES 150_41754confidences de Guy-Claude François (Concepteur du décor)

 

Guy-Claude François est un acteur très important de la tournée « Mylenium Tour », puisque c’est lui qui a conçu le décor de la scène, dont la fameuse statue géante inspirée d’un tableau de Giger. Entretien passionnant et instructif.

 

Quelles ont été les principales difficultés techniques pour vous ?
Désolé, mais je ne me rappelle d’aucune difficulté particulière. J’ajoute que cette production a été un modèle d’heureuse connivence.

Lors de la tournée, comment la statue était-elle transportée d’une ville à une autre ? Combien de temps fallait-il pour la remonter ?
Elle était transportée dans plusieurs camions : un bras dans l’un, la tête dans l’autre, etc. ! Il fallait une demi-journée pour la remonter. L’atelier Artefact qui l’a construite est l’un des meilleurs d’Europe.

Au début de son spectacle, Mylène sort de la tête de la statue, suspendue à un câble. Avez-vous assisté aux répétitions ?
Oui bien sûr, je suis toujours présent pendant les montages et les répétitions. C’est Mylène qui a eu l’idée de la tête s’ouvrant. La mise au point du « vol » s’est faite sans difficulté.

3075359315_1_3_wuy2q8ln-196x300 dans Mylène en CONFIDENCESSaviez-vous que lors de sa tournée précédente, en 1996, Mylène avait fait une chute de plusieurs mètres de haut à Lyon, ce qui lui a valu une fracture ouverte du poignet ? N’appréhendait-elle pas de renouveler une acrobatie ?
Non, je l’ignorais, mais elle est courageuse et était confiante, surtout que cela aurait pu être plus grave : la chute aurait été d’environ onze mètre, soit quatre étages !

Avez-vous des anecdotes marquantes qui vous restent en mémoire ?
Désolé, mais encore rien de particulier si ce n’est une excellente atmosphère de travail avec l’ensemble de la troupe (environ cent personnes).

Avez-vous pu assister à quelques représentations du « Mylenium Tour » ?
Oui, à Marseille pour les premières représentations. Je n’ai pu assister qu’au montage de Bercy. J’étais en tournage du « Pacte des loups » pendant les représentations qui s’y sont déroulées.

Quel regard portez-vous sur le résultat du « Mylenium Tour » ? Êtes-vous satisfait ?
Un regard très admiratif pour Mylène et le spectacle lui-même. C’est la première fois que je collaborais à un spectacle de ce genre et j’ai découvert un monde et des gens très remarquables, humainement et professionnellement.

Pour la promotion du double album live, une réplique miniature de la statue a été envoyée aux médias. Cela était décidé depuis le départ ? Savez-vous que cette pièce est l’une des plus chères et des plus recherchées par les collectionneurs ?
Je ne pense pas que cela était prévu. Je l’ai appris quand j’en ai reçu une. J’ignorais que j’étais potentiellement riche ! Mais je la garde !

Pour son prochain spectacle, en 2006, Mylène va faire appel au scénographe anglais Mark Fisher, qui a réalisé entre autres les shows des Rolling Stones ou du groupe U2. Connaissez-vous son travail ?
Je connais et apprécie son travail mais je n’ai pas eu l’occasion de le rencontrer.

Avez-vous revu Mylène depuis votre collaboration ?
Oui, très succinctement, à propos de ce show, précisément. 

 

Extrait choisi de l’interview de Sylvie Lefort pour Mylène Farmer et vous en 2005

 

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Mylène dans Ouest-France

Posté par francesca7 le 19 mai 2012

Voir l’article paru ce jeudi dans le quotidien Ouest-France.

 

Cette interview exclusive de Mylène Farmer a été réalisée lundi 4 mai, au lendemain de son deuxième concert niçois, dans l’hôtel où elle séjournait, à Saint-Paul-de-Vence, près de Nice.

Comment vous sentez-vous après ces deux premiers concerts niçois ?

Mylène dans Ouest-France dans Mylène en INTERVIEW MFBercy2006_25aFatiguée et soulagée. Le plus dur, c’est le premier spectacle. Avant, la peur m’habite. C’est une grosse machinerie qui impose que les choses soient, au départ, bridées. Il faut ensuite passer de la répétition à la légèreté, dépasser le côté robotisé. Il y a un gros travail sur l’image, sur chaque tableau, avec toujours l’objectif d’offrir du rêve.

C’est un défi physique important ?

Six mois d’entraînement, avec un coach, mon coach. Essentiellement de l’endurance. C’est fondamental avec une telle énergie. Chanter et danser à la fois n’est pas simple.

A la moitié du spectacle, on entre dans une phase intimiste, avec des ballades. Un moment qui semble vous procurer de l’émotion, vous embrumer les yeux…

Ceux qui ne m’aiment pas vont forcément trouver ça forcé. Mais même en répétition, ça me prend. Car nous sommes dans un moment de dépouillement, dans la fragilité de l’âme. Un moment de partage avec le public (qui chante beaucoup à ce moment là, N.D.L.R.). Je crois que l’émotion passe à travers le piano d’Yvan Cassar, qui est un grand pianiste, et dans les mots. On raconte sa propre histoire et chacun peut inventer la sienne à travers les mots.


Le public est, en quelque sorte, plongé dans un tourbillon sonore et visuel quasi hypnotique. Vous l’avez voulu ainsi ?

J’espère ne pas en avoir trop fait. L’idée, sans vouloir être prétentieuse, est de titiller l’imaginaire, l’inconscient.

Quelle est la base de départ de ce spectacle ?

Vous savez, nous sommes réceptifs à ce qui nous marque profondément, dans la littérature, le cinéma, l’art. Outre des désirs picturaux, je voulais arriver à quelque chose de contemporain, avec des symboles forts. Après, ça se construit comme un collier de perles.

Ce qui domine, dans le décor, ce sont deux grands squelettes…

Les squelettes, ce sont mes écorchés, inspirés par une sculpture du XVe siècle, qui existe dans une église en France. Après nous avoir écouté, Laurent (Boutonnat) et moi, Mark Fisher (concepteur du décor) nous a présenté cette œuvre, appelée « Le transit ». On lui a dit, il nous la faut, en immense… L’écorché, c’est le passage entre l’homme et le squelette, c’est la mort dans une certaine légèreté.


Il y a aussi un tableau animé, qui apparaît à la fin de « Ainsi sois-je », impressionnant et lugubre…

Il nous a été proposé par Alain Escalle (concepteur des décors). Une errance de personnages sur une plage. Une image très retravaillée par Alain de manière à le rendre, comment dire, fantomatique.

On va encore vous reprocher de tirer vers le lugubre, voire le morbide…

L’idée d’expliquer cela m’est difficile. Comment dire ? Pour moi, ce n’est pas morbide. Je veux simplement faire appel, encore une fois, à l’imaginaire, à l’inconscient. Bien sûr, cela draine des symboles. Mais, à chacun de se les approprier comme il l’entend. Ce n’est pas un passage en force. L’envie de choquer ne fait pas partie de moi. Mais l’envie de faire réagir, si ! C’est une manière de se sentir vivant. Dans mon dernier clip, la danse des squelettes est ludique.

Et c’est vrai, qu’en tenue d’écorché, vous êtes plutôt sexy…

(Elle sourit). Autant qu’à être terrifié par la mort, parce qu’elle est inéluctable, autant le prendre avec légèreté, autant en rire. Même si ce n’est pas tous les jours faciles…

Est-ce que vous vous censurez parfois ?

Je crois qu’il y a toujours un peu d’auto-censure. Mais chez moi, cela arrive plutôt dans mes mots. Je vous donne un exemple. Dans « C’est une belle journée », je chante « C’est une belle journée/Je vais me coucher. » J’avais d’abord écrit, avec cynisme et dérision : « C’est une belle journée/Je vais me tuer. » Je me suis dit que cela allait peut-être trop loin, qu’il y avait des vies fragiles, que cela pouvait avoir des incidences. Donc, j’ai changé mon texte. Par contre, un sexe peut apparaître sur un écran, s’il n’est pas obscène, il n’y a aucun problème, cela fait partie de la vie.

Il y a beaucoup de représentations du corps dans votre spectacle. Par exemple, les images d’un couple qui s’attire et se repousse. Et surtout la trentaine de poupées nues, grandeur humaine, qui vous ressemblent, exposées dans une immense bibliothèque en fond de décor…

Le corps dans sa plénitude, puis dans sa décomposition avec l’écorché. Le vie faite de contorsions… Le couple en images que vous évoquez, ce sont deux danseurs. Ils expriment des sentiments d’amour et des expressions de douleur. Parce que l’amour intègre aussi le sentiment de douleur.


Pour résumer, votre univers est beaucoup un univers d’amour et de fantastique, non ?

J’adore le fantastique, dans le sens magique du terme, c’est-à-dire qui nous transporte hors de la réalité. J’ai été bercée par Edgar Poe et je continue à le lire et à le relire. Comme Stefan Zweig, comme Kafka. J’ai aussi adoré une série que j’ai découverte il y a peu, qui s’appelle, en français, La caravane de l’étrange. Sur un cirque itinérant, bizarroïde. Cela pullule de symboles, avec ce qui fait un cirque, un côté hyper-sensible et effrayant. C’est très bien réalisé. Un vrai voyage, métaphysique à souhait. J’aime ces univers.

Pour revenir concrètement au concert, aujourd’hui n’avez pas l’impression de plus créer l’événement avec vos spectacles qu’avec vos disques ?

MFBercy2006_36a dans Mylène en INTERVIEWD’abord, la scène est la création ultime. Personne n’entrave quoique ce soit. Quant à l’émotion, elle est d’abord générée par le concert, par ce qui se passe avec le public. Ensuite, il ne faut pas être dupe. C’est une évidence que l’économie du disque s’écroule. C’est une réalité avec laquelle il faut composer.


A ce propos, vous remplissez deux Stade de France en quelques heures et abordez une tournée de 32 concerts tous complets ou presque. L’engouement ne faiblit pas. Impressionnant, non ?

Cela m’émeut. En toute humilité, je me dis pourquoi moi ? Mais je n’ai jamais pensé que le public était acquis. Ce serait une erreur totale. Il peut être déçu. Il peut y avoir des hauts et des bas. Bien sûr, on a envie de durer, c’est humain, mais ça ne me hante pas. On ne peut pas forcer les choses. On peut engendrer. On peut décourager. Mais on est pas maître de sa vie. Par contre, pour durer, la chose fondamentale, c’est le travail. C’est une certitude. Cela se passe parfois dans la souffrance. Mais ça vaut le coup.

Même si cela peut vous valoir de vivre dans un « Paradis inanimé », comme vous le chantez dans votre dernier album. En quelques mots, être une star, c’est être seul ?

J’aurais pu choisir, un moment, une autre carrière, à l’international. J’ai souhaité rester sur la France, même si la Russie s’est offerte à moi un peu plus tard. Donc, j’aurais pu encore aller plus loin. Cela dit, je crois avoir toujours été un être solitaire avec, en même temps, une grande envie et un grand besoin de l’autre. Il faut juste bien choisir. Quoiqu’il en soit, je crois que les êtres humains ont un peu tous les mêmes appréhensions, les mêmes démons.

L’une des principales surprises de votre dernier album, c’est le côté révolutionnaire dans deux-trois titres comme « Réveiller le monde » où vous chantez : « Réveiller le monde/Rêver d’un autre été (…)/Révolus les mondes/Sans une révolution. » Surprenant ?

Je ne suis pas sûre de vouloir porter ce chapeau… Mais j’aime l’idée de la révolution, d’un peuple qui se soulève. J’aime le mouvement de masse. C’est une envie. Une espèce de cri de bête. Pas un message politique. Un regroupement est une force incroyable alors que parfois l’homme dans son individualité me terrifie.

On ne peut finir cette interview sans se rappeler que vous avez du sang breton, par votre mère, qui vit en Bretagne. Que pensez-vous avoir de breton en vous ?

(Elle sourit) La ténacité, le sens des valeurs profondes de la terre. Et puis… j’adore les crêpes ! Ma mère vit du côté de Pleyben. Enfant, j’ai passé mes vacances en Bretagne, à la ferme. J’adore les paysages tourmentés de la Bretagne.

Propos recueillis par Michel TROADEC. 

Publié dans Mylène en INTERVIEW | 1 Commentaire »

Interview Mylène pour le Tour Niçois

Posté par francesca7 le 13 mai 2012

interview Mylène Farmer Tour 2009 dans Ouest France jeudi

en mai 2009 : Cette interview exclusive de Mylène Farmer a été réalisée lundi 4 mai, au lendemain de son deuxième concert niçois, dans l’hôtel où elle séjournait, à Saint-Paul-de-Vence, près de Nice.

Source OUEST FRANCE  /

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDetFdj_-Mylene-Farmer-la-scene-c-est-la-creation-ultime_39382-924419_actu.Htm

Comment vous sentez-vous après ces deux premiers concerts niçois ?

Interview Mylène pour le Tour Niçois dans Mylène en INTERVIEW FanDaniel1Fatiguée et soulagée. Le plus dur, c’est le premier spectacle. Avant, la peur m’habite. C’est une grosse machinerie qui impose que les choses soient, au départ, bridées. Il faut ensuite passer de la répétition à la légèreté, dépasser le côté robotisé. Il y a un gros travail sur l’image, sur chaque tableau, avec toujours l’objectif d’offrir du rêve.

C’est un défi physique important ?

Six mois d’entraînement, avec un coach, mon coach. Essentiellement de l’endurance. C’est fondamental avec une telle énergie. Chanter et danser à la fois n’est pas simple.

A la moitié du spectacle, on entre dans une phase intimiste, avec des ballades. Un moment qui semble vous procurer de l’émotion, vous embrumer les yeux…

Ceux qui ne m’aiment pas vont forcément trouver ça forcé. Mais même en répétition, ça me prend. Car nous sommes dans un moment de dépouillement, dans la fragilité de l’âme. Un moment de partage avec le public (qui chante beaucoup à ce moment là, N.D.L.R.). Je crois que l’émotion passe à travers le piano d’Yvan Cassar, qui est un grand pianiste, et dans les mots. On raconte sa propre histoire et chacun peut inventer la sienne à travers les mots.


Le public est, en quelque sorte, plongé dans un tourbillon sonore et visuel quasi hypnotique. Vous l’avez voulu ainsi ?

J’espère ne pas en avoir trop fait. L’idée, sans vouloir être prétentieuse, est de titiller l’imaginaire, l’inconscient.

Quelle est la base de départ de ce spectacle ?

Vous savez, nous sommes réceptifs à ce qui nous marque profondément, dans la littérature, le cinéma, l’art. Outre des désirs picturaux, je voulais arriver à quelque chose de contemporain, avec des symboles forts. Après, ça se construit comme un collier de perles.

Ce qui domine, dans le décor, ce sont deux grands squelettes…

FanElodieAngeline1 dans Mylène en INTERVIEWLes squelettes, ce sont mes écorchés, inspirés par une sculpture du XVe siècle, qui existe dans une église en France. Après nous avoir écouté, Laurent (Boutonnat) et moi, Mark Fisher (concepteur du décor) nous a présenté cette œuvre, appelée « Le transit ». On lui a dit, il nous la faut, en immense… L’écorché, c’est le passage entre l’homme et le squelette, c’est la mort dans une certaine légèreté

Il y a aussi un tableau animé, qui apparaît à la fin de « Ainsi sois-je », impressionnant et lugubre…

Il nous a été proposé par Alain Escalle (concepteur des décors). Une errance de personnages sur une plage. Une image très retravaillée par Alain de manière à le rendre, comment dire, fantomatique.

On va encore vous reprocher de tirer vers le lugubre, voire le morbide…

L’idée d’expliquer cela m’est difficile. Comment dire ? Pour moi, ce n’est pas morbide. Je veux simplement faire appel, encore une fois, à l’imaginaire, à l’inconscient. Bien sûr, cela draine des symboles. Mais, à chacun de se les approprier comme il l’entend. Ce n’est pas un passage en force. L’envie de choquer ne fait pas partie de moi. Mais l’envie de faire réagir, si ! C’est une manière de se sentir vivant. Dans mon dernier clip, la danse des squelettes est ludique.

Et c’est vrai, qu’en tenue d’écorché, vous êtes plutôt sexy…

(Elle sourit). Autant qu’à être terrifié par la mort, parce qu’elle est inéluctable, autant le prendre avec légèreté, autant en rire. Même si ce n’est pas tous les jours facile…

Est-ce que vous vous censurez parfois ?

Je crois qu’il y a toujours un peu d’auto-censure. Mais chez moi, cela arrive plutôt dans mes mots. Je vous donne un exemple. Dans « C’est une belle journée », je chante « C’est une belle journée/Je vais me coucher. » J’avais d’abord écrit, avec cynisme et dérision : « C’est une belle journée/Je vais me tuer. » Je me suis dit que cela allait peut-être trop loin, qu’il y avait des vies fragiles, que cela pouvait avoir des incidences. Donc, j’ai changé mon texte. Par contre, un sexe peut apparaître sur un écran, s’il n’est pas obscène, il n’y a aucun problème, cela fait partie de la vie.

Il y a beaucoup de représentations du corps dans votre spectacle. Par exemple, les images d’un couple qui s’attire et se repousse. Et surtout la trentaine de poupées nues, grandeur humaine, qui vous ressemblent, exposées dans une immense bibliothèque en fond de décor…

Le corps dans sa plénitude, puis dans sa décomposition avec l’écorché. Le vie faite de contorsions… Le couple en images que vous évoquez, ce sont deux danseurs. Ils expriment des sentiments d’amour et des expressions de douleur. Parce que l’amour intègre aussi le sentiment de douleur.


Pour résumer, votre univers est beaucoup un univers d’amour et de fantastique, non ?

FanMarina1J’adore le fantastique, dans le sens magique du terme, c’est-à-dire qui nous transporte hors de la réalité. J’ai été bercée par Edgar Poe et je continue à le lire et à le relire. Comme Stefan Zweig, comme Kafka. J’ai aussi adoré une série que j’ai découverte il y a peu, qui s’appelle, en français, La caravane de l’étrange. Sur un cirque itinérant, bizarroïde. Cela pullule de symboles, avec ce qui fait un cirque, un côté hyper-sensible et effrayant. C’est très bien réalisé. Un vrai voyage, métaphysique à souhait. J’aime ces univers.

Pour revenir concrètement au concert, aujourd’hui n’avez pas l’impression de plus créer l’événement avec vos spectacles qu’avec vos disques ?

D’abord, la scène est la création ultime. Personne n’entrave quoique ce soit. Quant à l’émotion, elle est d’abord générée par le concert, par ce qui se passe avec le public. Ensuite, il ne faut pas être dupe. C’est une évidence que l’économie du disque s’écroule. C’est une réalité avec laquelle il faut composer.


A ce propos, vous remplissez deux Stade de France en quelques heures et abordez une tournée de 32 concerts tous complets ou presque. L’engouement ne faiblit pas. Impressionnant, non ?

Cela m’émeut. En toute humilité, je me dis pourquoi moi ? Mais je n’ai jamais pensé que le public était acquis. Ce serait une erreur totale. Il peut être déçu. Il peut y avoir des hauts et des bas. Bien sûr, on a envie de durer, c’est humain, mais ça ne me hante pas. On ne peut pas forcer les choses. On peut engendrer. On peut décourager. Mais on est pas maître de sa vie. Par contre, pour durer, la chose fondamentale, c’est le travail. C’est une certitude. Cela se passe parfois dans la souffrance. Mais ça vaut le coup

Même si cela peut vous valoir de vivre dans un « Paradis inanimé », comme vous le chantez dans votre dernier album. En quelques mots, être une star, c’est être seul ?

J’aurais pu choisir, un moment, une autre carrière, à l’international. J’ai souhaité rester sur la France, même si la Russie s’est offerte à moi un peu plus tard. Donc, j’aurais pu encore aller plus loin. Cela dit, je crois avoir toujours été un être solitaire avec, en même temps, une grande envie et un grand besoin de l’autre. Il faut juste bien choisir. Quoiqu’il en soit, je crois que les êtres humains ont un peu tous les mêmes appréhensions, les mêmes démons.

L’une des principales surprises de votre dernier album, c’est le côté révolutionnaire dans deux-trois titres comme « Réveiller le monde » où vous chantez : « Réveiller le monde/Rêver d’un autre été (…)/Révolus les mondes/Sans une révolution. » Surprenant ?

Je ne suis pas sûre de vouloir porter ce chapeau… Mais j’aime l’idée de la révolution, d’un peuple qui se soulève. J’aime le mouvement de masse. C’est une envie. Une espèce de cri de bête. Pas un message politique. Un regroupement est une force incroyable alors que parfois l’homme dans son individualité me terrifie.

FanCarole1
On ne peut finir cette interview sans se rappeler que vous avez du sang breton, par votre mère, qui vit en Bretagne. Que pensez-vous avoir de breton en vous ?

(Elle sourit) La ténacité, le sens des valeurs profondes de la terre. Et puis… j’adore les crêpes ! Ma mère vit du côté de Pleyben. Enfant, j’ai passé mes vacances en Bretagne, à la ferme. J’adore les paysages tourmentés de la Bretagne.

Propos recueillis par Michel TROADEC.

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