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Peut-être lui dit Mylène

Posté par francesca7 le 18 octobre 2015

 

 

   MYLENE   Elle a fait la paix avec les hommes. L’aveu est solennel comme un chant liturgique. Deux notes de piano empreintes de gravité précèdent l’annonce de la bonne nouvelle : « Avant que l’ombre, je sais / Ne s’abatte à mes pieds / Pour voir l’autre côté / Je sais que… je sais que… j’ai aimé. » Tous ceux qui suivent le parcours de la chanteuse depuis ses débuts ont compris, dès la première écoute, que le déclic tant attendu s’est produit : Mylène est amoureuse. Un sentiment qui parcourt tout l’album Avant que l’ombre…, lui donnant une coloration intimiste, voire impudique, comme si nous étions les témoins involontaires d’une relation en tout point idyllique. 

      Que de chemin parcouru pour en arriver là. Que de doutes et d’atermoiements avant d’aboutir à une certitude terrifiante, celle d’un émoi dont il devient impossible de réfuter l’évidence. Souvenons-nous de cette interview accordée à l’émission « Sexy Folies » en 1986. Mylène avait eu recours à la métaphore de la mante religieuse pour expliquer son rapport problématique aux hommes. « Je ne les aime pas », concluait-elle alors avec une moue de dégoût. Une phrase qui résonne, à l’époque, comme une fin de non-recevoir adressée à l’ensemble des représentants du sexe fort. 

 

      Ce qui frappe, là encore, c’est la lenteur qu’il a fallu à Mylène pour accomplir ce chemin qui va de la haine à l’amour. Elle devra attendre le milieu des années 1990 pour trouver les premières clés lui permettant d’avancer. Avant cela, ses chansons portent la trace d’une impossibilité majeure. « Ainsi moi je / Prie pour que tu / Fuis mon exil » énonce un paradoxe qui résume bien la difficulté de rencontrer l’âme sœur. C’est le Je t’aime, moi non plus de Gainsbourg, ce jeu de cache-cache destiné à contourner l’obstacle, éviter le contact qui pourrait faire chavirer les cœurs. Il y a quelque chose de romantique là-dedans : celui qui rêve d’aimer est persuadé de ne pas pouvoir être compris. Une exigence d’absolu aussi, qui fait que l’autre déçoit forcément, quoi qu’il fasse, puisqu’il ne parvient pas à incarner l’idéal. 

Dans Beyond My Control, l’être aimé est puni de mort pour avoir trompé la confiance de l’amoureuse. « Dors en paix je t’assure / Je veillerai ta sépulture / Mon amour », entonne Mylène, qui a trouvé une solution extrême pour que son amour puisse accéder à l’éternité. 

      Dans Regrets, c’est la mort qui sert de subterfuge afin de rendre l’amour impossible. « Debout la tête ivre / Des rêves suspendus / Je bois à nos amours / Infirmes », chante Jean-Louis Murat à la femme aimée disparue trop tôt à laquelle il vient rendre visite au cimetière où elle est enterrée. N’est-il pas plus facile d’idéaliser une morte que de s’éprendre d’une vivante qui, tôt ou tard, montrera le visage de ses défauts ? Car c’est bien la peur du quotidien qui terrifie les tenants de l’amour absolu. Comment la passion pourrait-elle résister à certains instants que nous savons si peu glorieux ? 

      Prisonnière des paradoxes qui l’empêchent d’avancer, Mylène n’a bientôt plus comme ultime recours que de pousser un immense cri, semblable à une prière adressée à l’infini : « On a besoin d’amour / Besoin d’un amour XXL. » C’est bien le prince charmant qu’elle appelle de ses vœux, celui des contes de fées qui ne souffre d’aucune faille et semble avoir pour seule vocation de combler le cœur des femmes. Il y a quelque chose de simple dans cette requête, qui contraste avec les complications prévalant auparavant. De pur aussi. Une ouverture sincère qui vient percer la « bulle de chagrin ». 

      Ce que les romantiques préfèrent dans l’amour, ce sont les premiers frémissements, l’embrasement des cœurs, la cristallisation des sentiments. C’est pourquoi Mylène ne pouvait que tomber sous le charme du Choc amoureux, l’essai de Francesco Alberoni, qui décrit le processus à l’œuvre dans l’amour naissant. De ce livre naîtra un album aérien, plein d’espérance : Innamoramento. L’illustration figurant sur la pochette, signée Marino Parisotto Vay, traduit bien ce nouvel état d’esprit. Mylène s’en est d’ailleurs expliquée. « On voit une cage, on voit une silhouette au-dessus, on peut penser à l’oiseau. 

Maintenant, peu m’importe si c’est un oiseau ou non. L’idée est qu’on puisse voir effectivement cette porte entrouverte et cette cage entourée d’eau qui peut être menaçante ou paisible, on ne sait pas bien. 

Personnellement, j’y vois une sorte d’envol et de chute, comme l’amour, qui peut vous porter vers le haut et vers le bas. »       Ce qui caractérise cet album, c’est sa grande unité, comme s’il avait été écrit dans un seul et même souffle. Innamoramento résonne comme un puissant appel à l’amour. Comme le cri déchirant d’une solitude qui veut être brisée. « Trouver enfin peut-être un écho », répète Mylène dans le refrain. Prière qui trouve une expression bouleversante dans cette voix éthérée qui semble résonner à l’infini sur le morceau Mylenium, qui achève l’album. Peu prolixe sur sa vie amoureuse, la chanteuse lâche tout de même quelques confidences lors d’une interview au moment de ses concerts en Russie en mars 2000. 

« Quand on devient une personne publique, il est difficile de trouver l’âme sœur. En général, l’homme a du mal à accepter que sa compagne soit aimée par des millions d’autres personnes. Il souhaite être l’unique. » 

      Il faut croire que le ciel a exaucé son vœu, puisque l’album qui suit, Avant que l’ombre… , est placé, quant à lui, sous le signe de la rencontre. Il n’y a plus de solitude, plus de désespoir né d’une incapacité à communiquer avec l’autre, plus de détresse de n’être pas entendue. Juste une « inquiétude d’amour » qui cache « une envie de bonheur », comme Mylène le chante dans Peut-être toi. Il y a de la prudence dans la déclaration, une pudeur à dire la passion qui pourrait s’éteindre, soufflée par les mots. Une superstition même, qui pousse la chanteuse à répéter plusieurs fois le fameux Shut up ! qui ouvrit paradoxalement les concerts de Bercy en 2005. Dire à l’autre qu’on l’aime, n’est-ce pas risquer de briser le charme ? Voilà pourquoi il faut ajouter un « peut-être », s’empêcher de croire au toujours qui déçoit, se rattacher au présent comme à la seule terre possible. « T’aimer parce que c’est aujourd’hui / C’est ce qui compte vraiment », fredonne-t-elle dans J’attends. 

      On le voit, Mylène n’envisage pas l’amour dans sa conception bourgeoise, qui voudrait en garantir la durée par un contrat où la passion n’a plus sa place. Si l’amour scelle un pacte, c’est celui d’une exigence de sincérité absolue. « Si nos matins / Semblent poussière / Alors… renie-moi… là », renonce-t-elle, prête à tout sacrifier quand les sentiments ne sont plus partagés. Pas question que l’habitude s’installe, aucun droit à l’erreur n’est permis de part et d’autre : « Si par mégarde / La faute est mienne / Alors… renie-moi… là. » L’amour romantique n’est pas de tout repos : il exige sans cesse de nouvelles preuves.

Peut-être toiDans le clip de Peut-être toi, dessin animé réalisé par Naoko Kusumi, les deux amants périssent enlacés, transpercés par une lance mortelle. Un scénario qui rejoue l’histoire de Roméo et Juliette : seule la mort peut garantir l’éternité des sentiments que la vie malmène. 

  Qui est-il, cet homme qui fait le bonheur de la chanteuse ? Celui qui a pris son cœur en otage ? Son portrait se dessine au détour de plusieurs chansons. « Même si je suis dans son lit / C’est son Q.I. qui me lie / À lui pour la vie entière / Bien que solitaire », dévoile-t-elle dans Q.I., précisant qu’il a « des rondeurs d’un Rodin ». Le clip du single, d’ailleurs, montre une Mylène étonnamment fusionnelle, dont les mains, par la magie d’un trucage, fouillent sous la peau de l’amant. Mais la chanteuse lui donne également la parole dans J’attends. « Je t’étreins pour deux, tu es ma vie », explique l’amoureux à la femme adorée, refermant ses bras sur elle sans jamais apaiser ses peurs. Ce qu’elle ressent ? « Un désir d’aimer / Comme un bouclier », dit-elle dans Tous ces combats. 

      L’homme qui partage sa vie a des allures de chevalier des temps modernes. C’est lui, désormais, qui fait barrage entre Mylène et le monde, transmet les messages des fans qui gravitent autour de la star, fait la distribution des autographes. Depuis qu’elle le fréquente, il lui est arrivé de se promener au milieu de la foule, en plein Paris, sans craindre les regards. Ou d’aller dîner à pied, tard le soir, sans autre escorte que son compagnon. En mai 2005, Christophe-Ange Papini raconte comment une fan, ayant réussi à pénétrer dans la résidence où habite la chanteuse, s’est approchée de sa maison. Lorsque l’homme est sorti pour lui demander la raison de sa présence, elle a prétexté que son chien était perdu. Mais aussitôt que Mylène est apparue, la jeune femme s’est précipitée sur elle en lui disant qu’elle l’adorait. La chanteuse aurait alors tourné les talons, se réfugiant chez elle, tandis que son compagnon aurait alerté les vigiles. La veille déjà, cachés derrière les arbres de la résidence, trois fans squatteurs avaient réussi à tromper la vigilance du personnel en charge de la surveillance. 

     Dire le nom de celui qui a inspiré l’album Avant que l’ombre… n’a pas grand sens. Le prénom de Benoît, qui est le premier à être remercié dans le livret de Point de suture, suffit amplement. Impudique dans ses chansons lorsqu’il s’agit de jouer des rôles, Mylène est restée très secrète sur ses amours dans la vraie vie. Malgré tout, elle a levé un coin du voile, pour la première fois, dans une récente interview à Paris Match. « Je cherchais un réalisateur de films d’animation. Il est producteur et réalisateur et il est tout de suite tombé amoureux du petit personnage de C’est une belle journée. » C’est donc en 2002, comme la chanteuse le révèle indirectement, que la rencontre a eu lieu. Une collaboration étroite et fructueuse autour d’un clip conçu à deux a fait le reste. 

     Faire livrer des sushis, visionner des DVD, dessiner sur leur Palm Pilot… Les amoureux ne manquent pas d’occupations lorsqu’ils passent leurs soirées au domicile parisien de la chanteuse. 

Exceptionnellement, on les croise dans des concerts, comme celui de Radiohead, le 10 juin dernier. Le 1er octobre 2007, ils se sont rendus ensemble à l’Élysée pour la remise de la Légion d’honneur à David Lynch, cinéaste ami de la star. Dès qu’ils en ont l’occasion, ils s’envolent pour la Corse : Mylène, qui a longtemps détesté le soleil, vient souvent se ressourcer sur l’île de Beauté. On l’a même aperçue dans plusieurs magazines en maillot de bain, pas franchement épouvantée par le climat si éloigné de celui de son Québec natal. Preuve que cet homme, sans doute venu au bon moment dans sa vie, après tout ce travail accompli sur elle-même en chansons, continue de la combler. Sans doute n’est-il pas étranger, d’ailleurs, à l’extraordinaire vitalité qu’on ressent à l’écoute de l’album Point de suture. 

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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Créer une image réussie de MYLENE

Posté par francesca7 le 5 septembre 2015

 

 

   Mylène réussie   Le paradoxe vaut d’être souligné : Mylène Farmer est la première artiste de variétés à avoir autant misé sur l’image que sur la musique. Certes, il existe un son « Boutonnat », reconnaissable entre tous, un sens des mélodies imparables qui accrochent l’oreille dès la première écoute. Mais cette manière de composer se rattache elle-même à un univers cinématographique. Un cas unique dans l’Hexagone, qui s’explique par la configuration unique de la rencontre entre la muse et son Pygmalion. Rien d’étonnant, au fond, à ce que deux êtres qui rêvent de cinéma s’attellent au même but : créer une image qui marque les esprits.

      Selon la formule bien connue de Gainsbourg, la chanson n’est qu’un art mineur. Afin de l’élever à un niveau où elle transcende son destin éphémère, Laurent Boutonnat ne cache pas son ambition : « Une chanson, c’est bien, mais c’est quelque chose de très simple. Travailler autour de ça, l’image et tout ce que ça comporte, c’est passionnant », affirme-t-il dès 1986. À l’origine même, le clip remplit une double fonction : il est le support promotionnel d’un titre et participe à l’élaboration de l’image, à plus long terme, de l’artiste. Aux États-Unis, Michael Jackson l’a bien compris, lui dont l’album Thriller cartonne dans le monde entier en 1983 grâce à l’impact du court-métrage fantastique de John Landis. En France, seuls Mylène et Laurent vont méditer la leçon.

      « J’aime travailler sur le long terme, sur une image qu’on pourrait qualifier de mythique », explique Mylène. Avant d’ajouter : « L’illustration en images des paroles d’une chanson est une chose, mais on peut aussi en faire un clip original tout en pensant à l’instrument promotionnel qu’il représente. » Une approche d’un nouveau genre qui nécessite un travail à part entière. Tandis que la plupart des artistes de l’époque semblent improviser leurs vidéos, celles de Mylène reposent sur l’écriture d’un scénario original et la participation d’une équipe technique issue du septième art.

      Boutonnat le confirme : « Le clip a aussi la fonction d’un spot publicitaire. Et dans la conception même, il faut savoir en tenir compte, tout en sachant que cela peut être une œuvre cinématographique. Tout cela nous met dans une position bâtarde, y compris dans les négociations que l’on a avec les gens de la télévision et du cinéma, qui eux non plus ne savent pas trop comment l’appréhender. » Pas facile, en effet, de trouver des financements pour ces véritables courts-métrages qui réclament des budgets conséquents. À ses débuts, Mylène ferait presque pleurer dans les chaumières : « Nous investissons nos propres deniers dans ces clips, préférant manger des pâtes tous les jours et nous offrir ce genre de création. » Il s’agit bien d’un investissement en effet, un pari sur le long terme, assumé comme tel.

                                                    **

     Ce qui est rare est cher, dit-on. Pour parvenir à un résultat à la hauteur de leur exigence, Mylène et Laurent ne vont pas lésiner sur les moyens. Dans le tiercé des clips les plus onéreux pour un artiste français, la chanteuse rousse règne sans partage. Jugez plutôt : neuf cent mille euros pour L’Âme-Stram-Gram, six cent mille euros pour California et quatre cent cinquante mille euros pour la vidéo de Pourvu qu’elles soient douces. Bien entendu, aucune maison de disques ne se risquerait à financer des œuvres aussi coûteuses. C’est encore plus vrai aujourd’hui, avec la crise du marché du disque.

     Malgré tout, par le biais de sa société Stuffed Monkey, créée en 1993, Mylène continue de s’offrirces écrins si précieux pour sa légende, et que ses fans savourent avec délectation. Ainsi, pour Dégénération, fer de lance de son nouvel album, sorti le 25 août dernier, elle revient avec une vidéo truffée d’effets spéciaux digne de ses débuts : une trentaine de comédiens et une troupe de danseurs ont été mobilisés près d’une semaine à Prague, sous la houlette de Bruno Aveillan, réalisateur venu du monde de la publicité.

      Attirer l’attention, ce n’est pas seulement proposer des œuvres de qualité, c’est faire bouger les lignes, sortir du formatage traditionnel. Ainsi les clips de Mylène Farmer sont-ils exceptionnels par leur durée. Laurent Boutonnat, boulimique d’images, en est le responsable direct : filmer est une telle jouissance que le cadre d’une chanson d’à peine quatre minutes lui semble trop étroit. Le record historique va être atteint avec Pourvu qu’elles soient douces : 17 minutes 52. Un choc dans le paysage culturel de l’époque. Mais de nombreuses autres vidéos se caractérisent également par leur longueur inhabituelle, comme si la chanson se pliait aux impératifs du scénario, et non l’inverse. Dans l’ordre décroissant : Tristana (11 minutes 33), Libertine (10 minutes 53), Désenchantée (10 minutes 12), Sans contrefaçon (8 minutes 53), L’Âme-Stram-Gram (7 minutes 50), Plus grandir (7 minutes 32), Regrets (6 minutes 17), ou encore Sans logique (5 minutes 37).

      Ce qui caractérise ces productions, c’est qu’elles se réfèrent au cinéma, s’inscrivent par leurs scénarios et leur esthétique dans une temporalité imaginaire. Génériques soignés, choix du format cinémascope, diffusion de plusieurs clips en avant-première dans certaines salles obscures : tous ces ingrédients font de Mylène Farmer une héroïne de fiction davantage qu’une chanteuse. Avec Libertine et Pourvu qu’elles soient douces, elle a imposé une image forte et ne changera jamais de cap. Même lorsqu’elle demande à des réalisateurs étrangers et plutôt pointus comme Abel Ferrara, Marcus Nispel,Ching Siu-tung (très réputé à Hong Kong), ou à l’Espagnol Augustin Villaronga de travailler avec elle, elle reste en dehors des modes. Comme une alternative au présent.

 

      Créer une image, c’est aussi faire appel à des photographes qui vont sublimer la beauté naturelle de Mylène. Laissant derrière elle les clichés de ses débuts, où elle posait tout sourire, dans des vêtements trop larges, la chanteuse veut s’entourer de talents d’exception. C’est ainsi que Christophe Mourthé est approché par Bertrand Le Page. « À vingt-quatre ans, j’ai l’habitude de façonner des “égéries” pour en faire des femmes très glamour, des icônes106 », dira-t-il. Tel est l’enjeu de son travail, en effet. Et ce doux jeune homme au regard bleu va y parvenir en nouant une complicité de tous les instants avec la chanteuse.

Grâce à lui, Mylène se livre comme jamais face à l’objectif. Il sera le premier à fixer sur pellicule une image intemporelle qui colle parfaitement à son modèle. En noir et blanc ou en couleurs, ses portraits façon Angélique, marquise des anges restent parmi les plus réussis.

      Durant deux ans, Mourthé travaille presque exclusivement pour l’écurie Farmer. D’autres photographes prendront le relais : Elsa Trillat, à qui l’on doit la pochette mythique de l’album Ainsi soit  je, puis Marianne Rosenstiehl, qui restera longtemps la collaboratrice attitrée de Mylène. Des clichés noyés de lumière, où la star semble de plus en plus irréelle, beauté diaphane aux traits effacés. Un regard quasi absent, qui fixe rarement l’objectif en face, comme par pudeur. Quand on lui demande pourquoi les portraits qui sont faits d’elle sont systématiquement surexposés, la chanteuse répond par une jolie pirouette : « J’ai toujours en moi le conflit entre l’ombre et la lumière107. »

      Depuis le milieu des années 1990, c’est Claude Gassian qui bénéficie de la confiance de Mylène.

images (2)Présent sur de nombreux tournages de clips, dont celui de Dégénération, il s’est vu confier la mission délicate de fixer pour l’éternité les concerts de la star. Mais cette fidélité n’empêche pas quelques incartades dans d’autres univers. Consciente que son statut lui permet de tutoyer les plus grands, Mylène ne se prive pas, désormais, de faire appel aux grands noms de la profession.

      En 1995, elle contacte Herb Ritts afin de lui proposer de signer le visuel de l’album Anamorphosée. Une seule rencontre a lieu, le 25 août de la même année. Ce jour-là, tandis que Marcus Nispel tourne, à Philmore, les dernières séquences du clip de XXL avec les figurants, Mylène pose devant l’objectifd’Herb Ritts, dans un studio de Los Angeles, à une centaine de kilomètres. Dans les années qui suivent, elle s’offrira les services de Marino Parisotto Vay, Ellen von Unwerth, Dominique Issermann, ou encore le légendaire Peter Lindbergh. Avec, toujours, une constance dans la démarche : elle contacte un photographe après avoir repéré son travail.

 

      Élaborer une image qui tranche avec le tout-venant, quand on possède le tempérament perfectionniste de Mylène, c’est aussi soigner le design de tous les supports proposés au public. Dès1991, la chanteuse confie l’habillage de ses productions à un spécialiste en design graphique, Henri Neu. À partir de cette date vont fleurir divers objets destinés à renforcer la réputation, déjà très élitiste, de la star : promos de luxe envoyées à la presse, objets divers et variés – peignoir, fer forgé, statues, enveloppes épaisses –, qui alimentent un véritable phénomène de collection. « Mylène s’investit beaucoup dans le design de tout ce qui sort, explique Henri Neu. Elle ne le fait pas seulement par conscience professionnelle, mais aussi parce qu’elle adore ça. Elle a toujours aimé le graphisme et la peinture. Notre travail est très complémentaire et, comme il n’y a pas de réelle contrainte de la maison de disques, c’est vraiment passionnant de pouvoir tout construire de A à Z. »

      Les supports dont il se montre le plus fier ? Le CD promo de California, avec la silhouette de la star qui se soulève, ou encore l’enveloppe de velours de Je te rends ton amour, contenant un CD en forme de croix. Au départ, Mylène et Laurent ne lui ont pas demandé de concevoir des « objets promotionnels aussi fous ». Séduits par sa créativité, ils l’ont néanmoins encouragé à « poursuivre dans cette voie ».

téléchargementPour réaliser le titre Innamoramento, par exemple, Mylène lui suggère, un an avant la sortie de l’album, de réfléchir à tout ce que peut lui inspirer ce vocable aux résonances infinies. « Dans ce mot, j’entends le “mento” qui donne son impulsion et son rythme à la vie, mais aussi “amen”, “mort”, “amor” – l’amour – et “innamor” – le désamour. De même, le filet qui relie les deux représente à mes yeux les mouvements réciproques entre la vie et la mort. »

     On le voit, rien n’est laissé au hasard. Et même si certains fans de la première heure, nostalgiques des fresques signées Boutonnat, ont trouvé les vidéos de l’album Avant que l’ombre… un peu en retrait dans sa clipographie, on doit reconnaître que Mylène n’a pas dévié de sa trajectoire. Depuis ses débuts, elle n’a jamais lâché prise sur l’image. Au contraire, plus sa carrière a avancé, plus elle a exercé un contrôle strict sur tout ce qui la concerne. La récompense de cette exigence, c’est qu’elle n’a à rougir de rien de ce qui jalonne son parcours artistique. Qui d’autre, dans le métier, pourrait en dire autant ?

 Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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Le couturier 2000 de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 19 octobre 2012

 

confidences de Bruno Lépidi (Couturier)

 

Quelles ont été les rencontres les plus marquantes de votre jeune carrière ?

Je crois que c’est la personne avec qui je vis et avec qui je partage ma passion. Évidemment, je crois que ma rencontre avec Mylène Farmer fut également un moment très intense…

Vous appréciez Mylène Farmer depuis ses débuts…

Oui, j’apprécie Mylène Farmer depuis très longtemps bien sûr. Je me souviens de « Maman à tort » en 1984…

Le couturier 2000 de Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES 1999-marino-parisotto-vay-010b-300x218Comment est née cette passion ?

Je crois que c’était en 1988. Oui, en 1988 où j’ai reçu l’album « Ainsi soit je… » et en fait, cela m’a donné envie d’aller à sa première tournée, en octobre 1989 à Rennes. C’est assez marquant, parce que c’est l’année où j’ai débuté dans la couture, mes études. C’est aussi à cette période que j’ai découvert Thierry Mugler. Je crois que les deux ont fait un tout et cela a été une réelle émotion quand j’ai vu Mylène Farmer sur scène habillée par ses soins. Cela a été pour moi le déclic de la création, l’envie de créer, le goût du spectacle que j’avais déjà tout petit pour les marionnettes. J’ai su à ce moment que je voulais vraiment faire ce métier.

Pourquoi Mylène Farmer et pas une autre ?

C’est simple : pour la création artistique, pour ses shows, pour les décors, les costumes, toute cette scénographie qui pour moi est sublime. Mais aussi pour ses textes, le personnage, sa discrétion. Surtout pour la création !

Vous étiez-vous déjà rendu à l’une de ses précédentes tournées ?

Oui, je suis donc allé à Rennes en 1989 puis à Bercy en mai et décembre 1996. C’était amusant parce que l’un de ces jours, j’ai présenté une collection à Paris. Le soir même, je suis sorti avec les mannequins et des amis et j’étais devant le Queen (ndlr : une boîte de nuit parisienne des Champs-Élysées) quand Mylène Farmer est descendue de la voiture. C’était amusant de la croiser en ces lieux !

Que pensez-vous du travail respectif de Thierry Mugler en 1989 et de Paco Rabanne en 1996 ?

C’est magnifique ! Je ne me sens pas capable de juger leur travail ! Toute cette osmose, c’est vraiment sublime !

Y a-t-il une différence entre votre travail avec Dominique Borg pour le « Mylenium Tour » et celui de l’opéra ?

Non, je pense qu’il reste le même sauf que nous étions à Marseille et que nous avons vécu des journées entières ensemble et très tard. C’était une équipe. Même à Paris, nous y avons vécu plusieurs jours dans un petit atelier « volant ». Nous étions très proches. Mais cela reste le même travail finalement.

Pouvez-vous nous décrire les différentes étapes de la création des costumes et quels étaient les souhaits de Mylène Farmer ?

Je ne sais pas comment la création s’est passée. Mais ce que je peux vous dire, c’est que Mylène était très à l’aise dans ses costumes.

Quels ont été vos sentiments lors de votre première rencontre avec Mylène Farmer ?

J’étais très nerveux et je crois qu’il a fallu que je reste très « zen » ! J’ai laissé le côté « fan » à la porte et je suis resté très professionnel. Ce jour-là, j’assistais Nathalie Paillon, la chef costumière, qui avait fait une première toile, pour le premier essayage du costume que Mylène porterais sur « L’âme-Stram-Gram ». J’étais vraiment ému puisque lorsqu’elle est arrivée, j’étais tout seul dans la salle. Elle est entrée, elle m’a serré la main, je me suis présenté et je me suis senti très gêné…

Pouvez-vous nous en dire plus concernant les essayages ?
Les essayages se sont passés à Los Angeles, en août. Je n’ai pas pu y participer. Je devais partir pour Los Angeles pour les essayages, mais à ce moment-là, j’étais injoignable. J’étais parti me reposer pour me préparer à l’aventure du « Mylenium Tour » à Marseille.

kl3aoxdb-186x300 dans Mylène en CONFIDENCESLe « Mylenium Tour » est une grosse machine. Est-ce différent de travailler au sein de cette équipe plutôt qu’une de cinéma ou de théâtre par exemple ?

Il y a beaucoup de techniciens, mais on se croisait quand même. Des personnes travaillent la nuit, d’autres le jour. C’est très organisé ! On était très encadrés ! Je crois que cela reste un peu la même chose que le cinéma, finalement. Avec le théâtre, il est rare de partir en tournée mais quand on part, c’est différent. A ce moment-là, je suis plutôt « costumier-réalisateur » et non habilleur… Mais je ne pars pas souvent en tournée. SI je pars, c’est plus pour les essayages. Avec le « Mylenium Tour », c’était assez exceptionnel de partir dix jours à Marseille pour terminer les costumes.

Avez-vous dû modifier certains costumes durant la tournée ?

Pas durant la tournée mais avant la première de Marseille. Peut-être un peu après, mais cela reste des choses techniques pour que Mylène et les danseurs soient à l’aise pour danser.

Il y a une robe vert émeraude que Mylène Farmer ne porte plus lors de son dernier rappel sur scène, savez-vous pourquoi ?

Oui, elle a disparu mais je n’en connais pas la raison. Je suis parti de Marseille le lendemain de la première. Je ne peux donc pas vous en dire plus…

Avez-vous déjà vu le show dans son intégralité et qu’en avez-vous pensé ?

Oui, nous avons vu et écouté le show dans son intégralité tous les soirs. Nous assistions également aux répétitions. C’est un superbe show, mais la première fois où j’ai vu Mylène, en filage, sur scène, ce fut une vraie émotion !

Le moment le plus fort, selon vous ?

Son entrée sur scène. Mais pour moi, c’était surtout de la voir répéter sur scène toute la journée !

Une anecdote sur ce Tour ?

Non. J’aurais peut-être quelques petites choses, mais je les garde pour moi (sourire). Peut-être des fans attentifs me demandant de les laisser entrer dans la salle. Sinon, rien que je ne veuille divulguer, désolé…

La robe couleur chair, aux arabesques faites de paillettes rouges, dessinant des flammes, que Mylène Farmer portait lors de son apparition à TF1 à « 100 % Johnny » est-elle née de la collaboration Borg-Farmer ?

Effectivement, c’est une création de Dominique Borg. C’est une de mes préférées avec la robe rouge sang de « Je te rends ton amour ». 

Interview paru au Mylène Farmer Magazine en 2000

 

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Dans Regrets de Mylène

Posté par francesca7 le 26 avril 2012


Dans Regrets de Mylène dans Mylène dans la PRESSE 1999-Marino-Parisotto-Vay-021b-214x300      Venant de nulle part dans un noir & blanc surexposé, un homme descend d’un tramway sortant d’un brouillard ne pouvant être que le néant. Il se rend à un rendez-vous mortuaire au sein d’un vieux cimetière juif. Les tombes clairsemées et à moitié enterrées sont envahies par les ronces, une biche solitaire le traverse, la neige qui commence à fondre se confond avec les nappes de brouillard omniprésentes. L’homme attend assis sur une tombe (celle de la jeune femme ?) un bouquet de chardons et de roses à la main. Les mains de Mylène Farmer, qui interprète ici ce fantôme féminin, se posent sur les yeux de Jean-Louis Murat, lui est l’amour, elle est la mort. Telle Libertine avec le petit tambour dans Pourvu Qu’elles Soient Douces, et dans un éclat  de rire partant en échos, elle le prendra par la main et l’emmènera dans les allées de ce cimetière pour faire tout ce qu’il n’avaient pas eu le temps de faire étant vivants : courir, rire, et danser l’un contre l’autre. Lui bascule dans ce monde onirique ou la notion de temps n’est plus. Le film n’est alors plus qu’au ralenti. 

    Ce qui pourrait être vu comme de lentes lamentations romantiques sans fond se doublent en fait du récit d’un homme rendant une courte visite à sa défunte femme. Il vient la persuader en vain de pérenniser leur amour malgré la mort de celle-ci. L’intégralité du clip se place dans cet au-delà à la géographie limitée : celle de rails de train issues du brouillard conduisant aux portes d’un vieux cimetière isolé, aux tombes enneigées et détruites, envahies par les ronces. Lui est amour, elle est la mort. Comme un cadeau inespéré, l’homme peut voir sa bien aimée, la sentir, la toucher, et lui donner en main propre son bouquet qu’il aurait sans doute posé sur sa sépulture. Le reste du clip n’est qu’une longue et belle contemplation de ces retrouvailles platoniques. Malgré des performances d’actrice contestables, entre l’outrance inappropriée de Libertine II (1988) et la vulgarité non assumée de California (1996), Mylène Farmer atteint dans Regrets une sorte d’abstraction assez intéressante. Lorsqu’elle incarne des êtres en proie avec la mort (A quoi je sers – 1989), l’interprète se révèle être une bonne actrice, capable de vider son visage de toute expressivité humaine. Ici la chanteuse est dans son élément, dans son emploi.  

    Sur le pont musical de la chanson, une longue image vient broyer les sens. Dissimulés derrière des branchages, sur une tombe isolée, Jean-Louis Murat s’est endormi sur les jambes de Mylène Farmer. Un peu comme l’amour se reposant sur la mort sa compagne, les deux êtres entourés de nappes de brouillard se cachent pour s’aimer. Lorsque tout est dit, que les amants se sont regardés dans les yeux et qu’ils ne leur reste plus qu’à s’embrasser, Mylène Farmer et sa silhouette de spectre rendent le bouquet puis disparaissent dans le brouillard, en pénétrant précipitamment l’épaisse fumée. Il ne restera plus à l’amoureux déçu qu’à ressortir de ce cimetière et repartir à bord du tramway la tête ivre de souvenirs ; souvenirs d’une union éphémère.

    Mylène Farmer est faite pour jouer ces états là, lyriques, même pas humains. Pendant le pont de la chanson, la caméra de Laurent Boutonnat tourne autour de cette tombe sur laquelle est couché le couple: Malgré les broussailles qui dissimulent le tableau, on se sent alors témoin d’une union unique, celle de l’amour avec la mort. Avant de le quitter définitivement, la jeune femme se sera retournée pour lui donner un dernier sourire qu’il ne verra pas. Il ne restera plus à l’amoureux déçu qu’à ressortir de ce cimetière et de repartir à bord du tramway qui le ramène vers ce que pour la mort est le néant : la vie.

Ecrit par Jodel Saint-Marc.

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Mylène en partance pour la Chine

Posté par francesca7 le 2 septembre 2011

Mylène en partance pour la Chine dans Mylène 1999 - 2000 FanSophie3Le premier titre de l’album Anamorphosée est dévoilé au début de l’année 1999 : l’Ame-stram-gram. Le refrain est accrocheur et les paroles simples à retenir. Ce titre est une véritable surprise car il marque un virage plus techno après les furieuses guitares du précédent album.

Sur la pochette du single, Mylène apparaît voilée, quasiment indiscernable. Ce cliché est l’œuvre de l’Italien Marino Parisotto Vay, un prestigieux photographe réputé dans l’univers de la publicité pour avoir notamment travaillé pour des marques célèbres comme Armani….

Alors que le nouveau single est largement diffusé en radio, Mylène s’envole pour la Chine pour le tournage du clip Ame-stram-gram

Laurent Boutonnat ne sera pas du voyage car Mylène souhaite une fois de plus travailler avec un réalisateur différent. La chanteuse a bien réfléchi, si le cinéma ne peut pas lui faire d’élégantes courbettes comme elle le souhaiterait, ce n’est pas la fin du monde car elle sait qu’une autre œuvre est à créer : celle de ses vidéos qu’elle veut toujours plus fabuleuses !

Ainsi, ne lésine-t-elle pas sur les moyens financiers nécessaires au tournage.

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Mylène, Effets secondaires

Posté par francesca7 le 1 septembre 2011

Nouveau titre en face B : Effets secondaires 

 

Mylène, Effets secondaires dans Mylène 1999 - 2000 MF2000_145aLes pochettes du single, du maxi CD et du vinyle ainsi que d’un nouveau picture-disc sont illustrées par une fascinante photo prise par Marino Parisotto Vay sur laquelle Mylène apparaît crucifiée, la tête rejetée en arrière comme décapitée. Par ailleurs, si les remixes proposés sur le maxi ne rivalisent pas avec la qualité de ceux de L’Ame-tram-gram, un inédit est présent sur le sigle et sur le maxi. Un fait devenu si rare chez Mylène qu’il mérite d’être signalé car il y a bien longtemps que la chanteuse ne proposait plus aucun inédit sur ses faces B, se contentant de versions musicales sans grand intérêt. Le titre s’appelle Effets secondaires. Une Mylène à la voix très grave se perd dans une grande ville à la recherche désespérée d’un taxi qui ne vient pas, après une nuit de folie et d’excès.

 

 

 

 

pour la première fois, la réalisation de la vidéo de Je te rends ton amour  est confiée au jeune François Hanss, l’assistant et complice de Laurent Boutonnat depuis plusieurs années. Le tournage se déroule dans l’abbaye Notre Dame du Val à Mériel dans le Val d’Oise, un bâtiment cistercien construit au XIIè siècle. Mylène quitte son univers de contes chinois pour revenir, comme son public aime tant la voir, en une jeune femme romantique partagée entre folie et beauté. 

 

Vidéo Effets secondaires

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Marino Parisotto Vay Séance photo Mylène

Posté par francesca7 le 27 août 2011

 

Marino Parisotto Vay Séance photo Mylène dans Mylène 1997 - 1998 klis_ina1Marino Parisotto Vay est l’auteur d’un ouvrage photographique qui fera couler beaucoup d’encre. Senso (1997), tiré à 10 000 exemplaires, qui présente des femmes sublimes et redoutablement sexy ; l’ouvrage est rapidement en rupture de stock. La Perla se sert des clichés du livre Senso pour sa campagne américaine, mais certains magazines trouvent le rendu trop choquant et refusent de les publier. La Marino’s touch est lancée. D’autres marques célèbres feront appel à lui (le café Lavazza, le cognac Rémy Martin, la marque de lingerie Wolford…). L’un des points particuliers du travail de Marino est l’utilisation d’objectifs faits sur mesure pour lui, qui permettent de déformer certains aspects du cadre et de renforcer cette impression d’irréalité. Le prix de ces objectifs est d’environ 15 000 dollars, et Marino en possède une demi-douzaine. Désormais, Marino est incontournable, consacré par le magazine Photo comme l’un des dix meilleurs photographes mondiaux et ses images font le tour du monde. Il fait partie de la nouvelle vague des photographes, qui a succédé à la génération des « modernes » (Lindbergh, Newton, Ritts, Roversi) 

 

De son expérience photos avec Mylène, il nous dira :


myl-farmer-marino-parisotto-vay dans Mylène 1997 - 1998« J’ai rencontré Mylène pour le shooting que j’ai réalisé à Miami en 1998. Le shooting a été réalisé entièrement en extérieur, et pas en studios. Je travaille toujours ainsi. Je préfère évidemment photographier en extérieur, définitivement. La séance a duré deux jours, à Key Biscayne, dans un environnement qui nous permettait d’explorer des ambiances surréalistes. C’est la raison pour laquelle nous avons utilisé des éléments qui nous permettaient de renforcer cette ambiance surréaliste. Des objets tels que la cage, l’échelle ou le ballon sont symboliques. Ils représentent différents états d’âme, auxquels chacun peut s’identifier. Mylène avait une idée très précise de ce qu’elle voulait et nous étions totalement sur la même longueur d’onde. Elle m’a appelé parce qu’elle savait dans quel sens allait ma créativité, et quel genre d’images je pouvais faire. J’avais déjà utilisé la cage sur l’eau dans d’autres photographies (ndlr : la mise en scène de la pochette d’Innamoramento reprend celle d’un des clichés les plus connus de Marino), que Mylène connaissait. Elle avait le sentiment que cela reflétait parfaitement une partie de sa personnalité. L’ambiance du shooting a été très détendue, très calme, tout s’est très bien passé.
 » 

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Innamoramento à Los Angeles

Posté par francesca7 le 27 août 2011

Enregistrement de l’album Innamoramento à Los Angeles

Innamoramento à Los Angeles dans Mylène 1997 - 1998 4098-84« L’amour naissant, « L’Innamoramento » italien. L’étincelle dans la grisaille quotidienne. Le bonheur mêlé d’inquiétude parce qu’on ignore si ce sentiment est partagé. Un état transitoire qui débouche parfois sur l’Amour. Un phénomène comparable aux mouvements collectifs révolutionnaires ». Voilà l’édito de l’album, une citation du livre Innamoramento e amore du sociologue italien Francesco Alberoni.

Ce mot Innamoramento provient de l’italien : la traduction française la plus proche serait « L’amour naissant », « s’énamourer » ou « l’acte ou sensation de tomber amoureux », ce moment de transition entre deux états – celui de ne pas être amoureux, et celui de l’être.

Après le virage rock de Anamorphosée, la chanteuse renoue avec un style « variétés » en intégrant quelques touches ‘world’.

Empli de références aux livres de Francesco Alberoni, Primo Levi ou encore Le Petit Prince, mais aussi à Bouddha, à la peinture de Egon Schiele et au film La fille de Ryan de David Lean, Innamoramento dévoile une Mylène Farmer maîtrisant son écriture et jouant avec les mots et les doubles sens (Optimistique-moi, L’Âme-Stram-Gram…).

L’album sera un nouveau succès, dépassant les 1 300 000 ventes, et permettra à Mylène Farmer de tout rafler sur son passage : Disque de diamant, disques d’argent pour la plupart des singles extraits, Artiste de l’année 1999 et 2000 aux NRJ Music Awards, Meilleur Album aux NRJ Music Awards, Meilleur Clip aux M6 Awards

1998marinoparisottovay3oh6.th dans Mylène 1997 - 1998Arrangements & Production : Laurent Boutonnat
Prise de son : Bertrand Chatenet, Philippe Colonna & Rik Pekkonen
Mixage : Bertrand Chatenet
Assisté de : Rafa Sardina (Record One), Mike Scotella (Record One), John Sorensen (Ocean Way), Jérôme Devoise (Guillaume Tell)
Enregistrement : studios Ocean Way Recording, Inc.
(Los Angeles) & Record One (Los Angeles)
Mixage : studios Record One (Los Angeles) & Guillaume Tell (Paris) 

Production exécutive : Paul Van Parys – Stuffed Monkey
Management : Thierry Suc – TSM
 

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