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JUSTIFICATION DANS L’ŒUVRE DE LAURENT BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 22 août 2014

 

 

 Pourquoi Giorgino ? 

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Pour Laurent Boutonnat qui est né du long-métrage dès l’âge de dix-sept ans, réaliser Giorgino seize ans plus tard n’est que le retour en grâce légitime d’un auteur déjà passé par l’épreuve du « premier film », et déjà porteur d’une œuvre, fut-elle de vidéoclips. Boutonnat envisage Giorgino comme l’aboutissement logique de tout un travail sur le court-métrage, même s’il est musical. Un long-métrage de fiction permet bien sûr de définir plus clairement la psychologie d’un personnage, de raconter une histoire plus complexe, moins basique, et d’éviter de nombreux clichés que la concision du clip exige. L’écriture d’un scénario original pour un long-métrage implique la page blanche, il n’est pas possible de se raccrocher à un texte préexistant comme le permet le clip d’une chanson. Selon Boutonnat la conception d’un clip n’est peut-être pas toujours un travail d’adaptation du texte de la chanson, ni même de transposition, et le sujet de certains de ses clips est probablement pensé avant même que ne soit composée et écrite la chanson qui l’accompagnera. On peut soupçonner Laurent Boutonnat d’avoir écrit certaines paroles de ses chansons en vue du clip qu’il pourrait en tirer. Ce serait notamment le cas pour Libertine, même si le réalisateur n’a jamais confirmé ou infirmé cette

démarche. On a pourtant peu de mal à imaginer que suite au refus de retourner une seconde version plus chère de Maman à tort davantage fidèle au climat des paroles de la chanson, Laurent Boutonnat ai par la suite prémédité son clip et réfléchi à l’ampleur qu’il donnerait à son projet avant la sortie dans le commerce du disque Libertine. 

C’est d’ailleurs dans ce soucis de cohérence et de mise en valeur du clip par rapport à la chanson que la pochette représente une photo du tournage, prise pendant le duel qui ouvre le film. Pour Giorgino, Boutonnat n’a pas à composer de chanson. Il n’a pour reposer sa diégèse que le sens qu’il voudra bien donner à l’image et au dialogues, en faisant abstraction de paroles extradiégétiques chantées pouvant aiguiller l’œil ou la compréhension du spectateur. Le long-métrage de fiction que sera Giorgino permettra de choisir plus librement une musique sans exigences commerciales, Laurent Boutonnat retrouvera une liberté de composition qu’il n’avait pas durant les dix dernières années, et une liberté de réalisation qu’il s’était presque toujours octroyé malgré des règles formelles qui paraissaient figées.

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On ne saura probablement jamais si Laurent Boutonnat jugeait le personnage « clipesque » de son égérie à bout de course, si son accession au long-métrage était une nécessité ou simplement une sorte de bonus. La seule piste que nous pouvons exploiter est celle laissée par le réalisateur lors d’une interview à deux journalistes de presse écrite la semaine précédant la sortie. Boutonnat y dévoile son intention de réaliser le film dès 1988, c’est à dire dès la reprise par lui et le scénariste Gilles Laurent du script original qu’il avait écrit adolescent. On apprend dans cette interview de la bouche de Boutonnat les deux raisons à cause desquelles le film n’avait alors pas pu se faire. Non seulement la nécessité de la préparation d’un spectacle se faisait de plus en plus pressente, mais le budget nécessaire à la réalisation du scénario n’avait pas les faveurs des producteurs sollicités. Le fait d’attendre si longtemps avant de repasser au long métrage n’était donc pas un choix. Ceci n’empêche pas de se questionner sur le bien fondé de l’entreprise d’un tel film, et surtout celui de la présence de la chanteuse vedette des quinze clips du même réalisateur.

1227215730_giorgino-filmLa présence de la chanteuse Mylène Farmer dans Giorgino est sans doute due davantage à des relations intimes avec Laurent Boutonnat sur lesquelles nous ne nous attarderons pas ici, qu’à réel un choix artistique objectif qui aurait pu relever par exemple d’un casting. Dès la reprise du scénario en 1988, le rôle semble être taillé sur mesure pour la chanteuse. On y retrouve notamment certains aspects des rôles qu’elle interpréta dans les clips, comme l’image de la femme-enfant ou celle de bourreau. Laurent Boutonnat raconte dans l’interview mentionnée précédemment les longues recherches du rôle masculin du film qui l’ont mené jusqu’aux U.S.A, où l’acteur de théâtre Jeff Dalhgren fut engagé. Il ne fit en revanche pas état d’un casting pour le rôle interprété par Mylène Farmer, et sous-entendait même au magazine Première la chanteuse comme source d’inspiration principale pour le personnage : « De toute façon c’est elle alors… ». 

 Boutonnat fut sans doute frustré par les coupes qu’ont subies certains de ses clips lors de leurs derniers passages télévisés. Désenchantée, comme expliqué dans un précédent chapitre perdait tout son sens une fois amputé de sa séquence finale. Laurent Boutonnat a sans doute vu son long-métrage comme le seul moyen qui lui restait de s’extraire des nouvelles conditions de diffusion qui régissent le clip en ce début d’années 90. En passant périlleusement au long métrage, Boutonnat perdait la large exposition médiatique dont bénéficie la forme du clip, exposition non négligeable pour tout réalisateur.

 Mais il se débarrassait en même temps de la nécessité du « toujours plus » qu’il devait s’appliquer pour continuer à faire remarquer ses clips dans le flux quotidien et, comme c’était finalement sa mission, à promouvoir les chansons qu’il illustrait. Laurent Boutonnat avec son projet de long-métrage se trouve devant un choix : soit il reste fidèle aux atmosphères qu’il avait données par le biais du clip et tente de les sublimer, soit il change de thématiques pour couper les ponts avec ce qu l’avait fait connaître jusqu’à lors. Si Boutonnat choisit la première solution, c’est qu’en tant qu’auteur ce cinéma est le sien, et non pas une adaptation hasardeuse d’un concept à la forme du clip. S’il avait évolué directement dans le long-métrage tout de suite après Ballade de la féconductrice, il aurait sans doute suivi les mêmes chemins narratifs, la même misanthropie, que celle distillée dans se clips. Clips qui rappelons-le ont été pour lui « un moyen détourné de faire du cinéma »168. Ces atmosphères, cette violence et cette morbidité ont été davantage imputées à la chanteuse que Laurent Boutonnat plaçait sous la lumière bout-decembre2007plutôt qu’à lui-même, conséquence logique de la fabrication d’un rôle cinématographique qu’il a voulu étendre au caractère de la chanteuse en tant que personnage publique.

Laurent Boutonnat usera donc pour Giorgino du même cinéma que pour ses clips, de sa symbolique un peu pompière, de ses thèmes romantiques et noirs. Loin de les renier, Laurent Boutonnat se sert de son travail des dix dernières années comme d’une base solide d’un univers qu’il veut large. C’est pourquoi le contenu de ce long-métrage sera si souvent comparé par la critique aux clips réalisés précédemment, éléments communs et omniprésence de la musique à l’appui. On a en effet peu de mal à imaginer le postulat de départ de Giorgino comme celui d’une de ses réalisations précédentes : Un jeune médecin démobilisé en 1918 part à la recherche des orphelins dont il s’occupait avant-guerre. Mais le traitement de ce sujet est bien évidemment différent que si Boutonnat l’avait exploité dans un clip. Aucune image n’est associée à la noyade des enfants qui, dans un clip, aurait probablement fait l’objet d’une analepse ou au minimum d’une utilisation émotionnelle. Dans Giorgino, rien ne figure le calvaire de ces enfants lors de leur mort à part la vision répétée de leurs tombes, quelques uns de leurs dessins représentant la menace des loups, et le long récit de leur noyade par le directeur de l’orphelinat. 

Eloigné de tout traitement spectaculaire de ce qui fait pourtant le sujet central du film, le cinéaste se démarque de l’usage de l’image la plus illustrative, pourtant réflexe coutumier des clips en général comme dans les siens en particulier. 

 Laurent Boutonnat a donc considéré l’entreprise de Giorgino comme l’aboutissement légitime de dix années de courts-métrages relativement frustrantes. Malgré les efforts entrepris pour porter sa conception du clip sur le grand écran, en adoptant du cinéma tous les formats, supports et esthétique, le réalisateur n’a fait pourtant que frôler les salles obscures. C’est pourquoi la réception du travail de Laurent Boutonnat sur le clip est si peu analysable : la pauvreté des réactions du milieu cinématographique empêche toute quantification de cette réception ; et montre bien que la forme même du clip n’a pas été considéré dans ce milieu comme un objet digne de critiques ou même d’une grille d’analyse. Le clip en général ne trouve d’écho que dans les deux autres domaines auxquels ils se rattache : la musique et la télévision. 

Ces seules presses parlant régulièrement des clips ont malgré tout offert de très petites tribunes pour cette forme filmique ; et bien souvent l’objet de l’article était davantage l’artiste interprète que le concepteur du clip lui-même en tant qu’auteur. En émancipant ses envies de longueurs, de silences, et d’intrigues amphigouriques, Boutonnat voit enfin en Giorgino l’occasion pour son oeuvre de déployer toute son envergure et de revenir au cinéma, car celui-ci n’a finalement jamais adopter la forme dans laquelle il exerçait jusque là. 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 

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BOUTONNAT SE DEMARQUE C’EST INDENIABLE

Posté par francesca7 le 10 août 2014

 

 

l-un-parle-de-lautre_11Devant à tout prix se démarquer un minimum de ses productions antérieures, Laurent Boutonnat voulu enrichir ses grands succès évitant de transposer systématiquement le clip à chaque fois. C’est ainsi que son plus grand succès commercial de l’époque, Pourvu qu’elles soient douces (1988) s’abstient de remettre en scène le personnage de Libertine (préférant visiblement le garder pour le final) et propose une autre lecture des paroles de la chanson, voire même un commentaire de sa réception auprès du public de l’époque de sa sortie.

 

En 1989, il ne fait plus nul doute que le texte en question évoque la pratique sexuelle qu’est la sodomie. La sortie du disque fit pourtant moins de bruit que celle du clip, car le sujet n’y était évoqué qu’à demi-mots en usant de doubles lectures. Inutile de préciser que la censure sous laquelle est

tombée la deuxième partie du clip lors de sa sortie est encore en vigueur un an plus tard. Laurent Boutonnat ne jouera pas sur le sujet de la chanson pour la conception de la mise en scène, mais figurera le procès qu’il lui fut fait pour son clip en envisageant la chanson comme une subversion satanique en réponse à cette censure. Laurent Boutonnat fit donc le choix de teinter la scène de lumières évoquant l’enfer (éclairage de contre-plongée, couleurs orangées et rouges qui viennent principalement du côté jardin).

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Les danseuses aux cheveux lâchés exécutent en introduction une danse tribale, affublées de petites cornes à peine visibles. Sous un jeu de lumières infernal, le costume escamotable de la chanteuse (ayant servi à la chanson précédente) se transforme en veste au col et manches taillées en biseau dévoilant un collant rouge sang. Le guitariste qui prend alors le rôle d’une espèce de diable–gourou joue un solo “diabolique” de son instrument devant une chorégraphie des danseuses en cercle (en état de transe) qui lui semblent dévouées. C’est d’ailleurs à la fin de cette chanson que le moine

capucin viendra marquer le milieu du spectacle, en libérant les flammes (de l’enfer ?) qui condamnent, on l’imagine, le vice auquel s’adonnent sur scène d’une manière parabolique tous les membres de la troupe. 

Evitant l’erreur de reproduire exactement et au même degré ce qui faisait le climat de ses films, Boutonnat replace chaque élément pris aux clips dans le contexte précis du tableau scénique courant, c’est à dire chorégraphié ou dépouillé, sobre ou festif. Dévoilant alors des capacités pleinement divertissantes pour le public, les nombreux renvois ludiques en direction des clips ou du contexte de leur sortie ont à la fois la fonction d’intégrer le concert à l’œuvre préexistante, et de l’enrichir en dévoilant un versant auto-référentiel qui laisse croire à la puissance quasi-poétique des sources auxquelles ils se réfèrent.

 

 Une conception perfectionniste

chouette  L’année et demi consacrée à la conception de la tournée fut utilisée par Laurent Boutonnat à maîtriser chaque son, chaque pas, chaque interprétation possible de la mise en scène de son spectacle. Bien sûr la logistique de cette longue tournée ne reposait pas sur les seules épaules de son producteur. Alors que sa nouvelle société de production Heathcliff S.A. créée pour l’occasion s’occupait de son financement, la société Tuxedo Tour se consacrait à la réservation des salles. François Hanss, son assistant-réalisateur fétiche s’occupait quant à lui de l’organisation du tournage en Belgique pendant que l’interprète et Sophie Tellier coordonnaient les ballets. Pouvant alors superviser l’ensemble des commandes créatives du spectacle, Boutonnat a réuni autour de lui une équipe de musiciens capables de s’adapter au contrainte que Laurent Boutonnat veut inclure à la composition musicale de son concert.

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Des bandes enregistrées lors de la préparation du concert devaient être lancées à des moments précis par Bruno Fontaine, pianiste et directeur musical du spectacle. Sensées enrichir le climat

musical, ces ajouts étaient des sons d’ambiance synthétiques (nappes, effets sonores, bruitages divers…), certains chœurs (chants grégoriens et enregistrements des choristes qui viennent démultiplier leur prestation vocale) ainsi qu’une batterie métronomique régulant le synchronisme des instruments avec les sons préenregistrés ; le tout géré par ordinateur. Sacrifiant la “charte déontologique” tacite inhérente à chaque prestation scénique d’un chanteur, Laurent Boutonnat parvient à recréer sur scène l’atmosphère sonore surchargée de ses clips. On en revient éternellement aux éléments de clips reconvertis à la scène afin d’inclure le concert dans une perspective artistique d’ensemble. Méthode en général dissimulée, le fait d’enregistrer certains instruments sur bande magnétique peut habituellement passer pour une ″escroquerie″ auprès du grand public. Or la méthode est ici parfaitement assumée, et jamais rien sur scène n’essaie de fait croire que les sons dont la source n’est pas visible par le public est jouée en direct. Décomplexé de l’utilisation d’outils peu familiers de concerts de variété, Laurent Boutonnat use de cette superposition des sons pour établir des parallèles supplémentaires entre ses productions cinématographiques et scéniques.

 

C’est en ce sens qu’il introduit longuement Libertine par une voix chuchotant des phrases en anglais (en grande partie volontairement incompréhensibles) sur une partition d’orgue sensée faire monter l’ambiance dans le public. Une voix toute en réverbérations qui se trouve être celle du conteur du clip de Libertine II et qui réapparaît avec l’orgue lors du pont musical très rythmé de la chanson. Le sentiment donné au spectateur est alors mêlé à la fois de la tension présente à l’introduction, et de la résolution relative aux chorégraphies et à la chanteuse faisant taper le public dans les mains. En ce qui concerne le traitement du film du concert à ce niveau, Laurent Boutonnat n’a rajouté aucun son lors de la post-production, mis à part quelques sons d’extérieurs comme les explosions ou les crépitements du feu analysés au précédent chapitre. Boutonnat a visiblement tenu, malgré le dispositif fictionnel de la narration de son film, à livrer une vision auditive fidèle à ce qu’avait du ressentir le public dans la salle, ce qui n’exclut pas un travail de mixage postérieur certain pour la sortie du disque et du film du spectacle. 

 Au delà de la minutie dont Laurent Boutonnat fit preuve pour la conception du spectacle, il réinvestit les méthodes peu orthodoxes qu’il y appliqua pour le tournage du film. Il devait impérativement tourner la totalité du concert au Forest National de Bruxelles pour des questions de raccords dus à la typographie de la salle. Les deux soirs qui étaient réservés dans cette ville ne suffiraient cependant pas à disposer toutes les caméras dans la salle sans qu’elles apparaissent dans le champ des autres. De surcroît, certains mouvements de caméra dont le travelling latéral à la scène étaient rendus impossibles par la présence du public dans la fosse. 

Pour remédier à cela, Boutonnat avec toute l’équipe du concert consacra deux après-midi au tournage de plans additionnels qu’il montera plus tard à l’ensemble des séquences tournées en public. Un technicien ayant participé au tournage tourna d’ailleurs à l’aide d’un caméscope une heure trente du tournage163, en montrant que la quasi-totalité des plans où ne figurait pas le public à l’image avaient été tournés sans lui, dans la salle vide. On voit dans cette vidéo la réelle direction d’acteur de Laurent Boutonnat qui indique à la chanteuse les jeux de scène à avoir, en laissant une très maigre place à la spontanéité de celle-ci. Dirigée étroitement, la prestation scénique de l’interprète s’apparente simplement à un jeu d’acteur. On voit que Boutonnat n’hésite pas à refaire de nombreuses prises, ce qui n’aurait pas été possible avec un public dans la salle. On s’aperçoit grâce au reportage que tout fut calibré autant pour le public du concert que pour la caméra, du moindre sourire à la moindre émotion de scène, de la moindre larme au plus anecdotique claquement de main. Le conducteur du concert était plus drastique qu’un scénario de film, ne laissant à aucun moment la place à l’improvisation de ses participants. On est loin du documentaire.

 

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Tous les révélations de cette vidéo non-officielle vont dans le sens d’une même idée : un réalisateur voulant maîtriser un concert comme on dirige un film, qui manipule les images et les sons afin qu’ils soient les plus conformes à ce qu’il entendait montrer. Avec improvisations mensongères et pistes sonores préenregistrées, on pourrait facilement conclure que Laurent Boutonnat a crée un “faux” film de concert. Cependant, la manipulation assumée de la conception du spectacle et du tournage de son film portent à le recevoir sous un genre différent. 

D’une part Laurent Boutonnat fictionnalise ouvertement son film sans volonté de le faire passer pour un documentaire. Deuxièmement il revendique la justification cinématographique de la production d’un tel spectacle, en le sortant en vidéo en septembre 1990 avec une jaquette pourvue d’un bandeau rouge sur lequel est portée en lettres capitales, comme un avertissement à sa lecture, la mention : « Le Film ».

 

 EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

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Une préparation à l’adieu de Mylène et Laurent

Posté par francesca7 le 7 août 2014

 

 

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 Lorsque Laurent Boutonnat et Mylène Farmer pensent au concert, ils l’envisagent comme un aboutissement. Pour eux, il ne sera difficile au-delà de cette représentation scénique de retrouver la crédibilité qu’avaient leur monde et leurs personnages dans les clips. Afin que le concert ne résonne pas auprès du public comme une simple revue ou comme un florilège de l’univers qu’ils ont crée depuis cinq ans, il fallait que celui-ci se veuille une continuation, un passage de cet univers en direction d’une nouvelle étape. Le public devant ressentir une évolution par rapport à ce qui lui était offert jusqu’à lors, la décision fut prise d’en finir avec ce pan de l’univers “boutonnien” : misanthrope, noir et kafkaïen. La mission fut trouvée pour le spectacle : enterrer définitivement ces ambiances et jouer sur la thématique de l’autodestruction pour montrer cette inhumation.

Concept pour le moins original, le fait d’envisager une première tournée comme une fin d’œuvre représenterait à la fois pour le couple d’artistes le moyen de justifier le passage à une autre phase lorsqu’ils feront leur réapparition deux années plus tard, et représenterait pour le public le contenu émotionnel des adieux d’un artiste dont ils n’auraient pas soupçonné le départ. Cette thématique de l’adieu est donc l’élément majeur du film et du spectacle. Non seulement le décor de cimetière, l’arrivée de la chanteuse par son sommet et son départ par un caveau soulignent sa fin, mais les tenues noires des danseurs et de l’artiste principale tout au long du concert appuient le thème mortuaire. D’autres détails dans le concert laisseront assez de pistes au public pour envisager la mort artistique de leur chanteuse : le fait par exemple de se faire porter par deux hommes à l’horizontale pendant un passage musical de Pourvu qu’elles soient douces, laisse présager de son prochain statut de trépassée ; le trio de chansons relatives à l’adieu, dont Jardin de Vienne et son histoire de pendaison, ou encore Puisque « Puisque je vais vous quitter ce soir, puisque vous voulez ma vie, je l’ai compris […] lasse, je m’efface. ». La plus grande des preuves du départ de l’artiste réside dans l’unique rappel, reprise d’une chanson de Marie Laforêt : Je voudrais tant que tu comprennes. Vêtue d’une robe à capuche rappelant la tenue du moine capucin venant ouvrir les grilles du concert, l’interprète sort lentement d’un caveau d’où jailli une lumière blême pour repartir, une fois la chanson terminée, au sommet du cimetière dont elle restera prisonnière une fois les grilles refermées.

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 Dans le traitement des scènes d’extérieur du film, le thème de départ, l’adieu, est exploité également, la scène assez courte introduisant le passage d’Ainsi soit-je le montre bien. Un mausolée de pierre représentant une femme couverte de roses (rappelant celles que l’on offre à une diva une fois sa prestation terminée) est montré en travelling vertical arrière comme si la caméra s’en dégageait, puis la chanteuse marche dans ce cimetière vide avant de se recueillir sur une tombe qu’on comprendra aisément être la sienne. En ce qui concerne les deux scènes d’extérieur qui encadrent le concert précédemment évoquées, leur caractère autodestructeur ne fait aucun doute. 

Boutonnat y place son interprète consentante qui assiste à la décomposition d’une partie allégorique de son oeuvre. On remarquera la tenue de Mylène Farmer dans ce plan : une robe de deuil noire qui est aussi celle qu’elle porte sur l’affiche du film. Si on étend au film entier l’idée de la crémation que subit la scène, on s’aperçoit que le public est à plusieurs reprises lui aussi calciné, surtout à la fin de Libertine. 

Dans cette séquence additionnelle au concert, le décor du cimetière qui explose laisse en surimpression la foule sur la partie inférieure de l’image et lui donne l’impression de se mêler aux flammes. Cette technique discursive de surimpression sera utilisée plusieurs fois, notamment à la toute fin du film lorsque les gros plans des spectateurs sont eux aussi imprimés sur les ruines en combustion : A certains instants la base des flammes se trouve en exacte similitude avec la courbe de l’épaule d’un spectateur, donnant encore l’impression de son ignition. L’idée de Laurent Boutonnat étant de détruire aussi sa chanteuse, on observera que pendant la chanson lente L’Horloge, elle se trouve durant plusieurs longs plans dans l’axe d’une flamme de briquet s’agitant en gros plan sous son corps, comme s’il voulait l’enflammer. Nombre de petits détails de composition comme celui là, même s’il restent quasiment invisibles à la première vision, influent sur l’impression générale d’autodestruction que dégagera le film du concert vu dans son intégralité.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

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UNE IMAGERIE HOMOGENE POUR MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 23 juillet 2014

 

giorgino_grueLaurent Boutonnat a pris la forme du clip dès Plus Grandir (1985) comme le seul moyen pour lui de créer son univers visuel. Le cinéma qu’avait entrepris de faire le réalisateur en réalisant à dix-sept ans le long-métrage Ballade de la féconductrice (1978) est le même que celui qu’il veut faire avec les clips qu’il tournera. Hors, l’imagerie qu’il souhaite véhiculer est éloignée de celle coutumière des vidéoclips du milieu des années 80. Deux imageries principales habitent les productions de l’époque. D’une part des atmosphères festives et colorées habillent les chansons de variété grâce à des danses et des effets visuels d’incrustation vidéo ; d’autre part des vidéoclips froids et sombres illustrent avec fumigènes et autres effets spéciaux les chansons du mouvement Cold Wave alors à la mode. 

A l’époque, les vidéoclips sont très majoritairement tournés en studio. C’est par goût de mettre enfin à la lumière son univers mais aussi de bouleverser les tendances que Laurent Boutonnat négocie avec sa maison de disque, dès 1984 la réalisation des clips de ses compositions. Mis à part Maman à tort (1984) et son clip tourné dans l’urgence sur support vidéo, Boutonnat investira dans toutes ses productions des conditions de tournage nouvelles et une imagerie dans une forme habituée à de sévères contraintes, surtout financières. Fréquemment tournés en extérieur, les clips et long-métrages réalisés par Laurent Boutonnat véhiculent des éléments récurrents employés dans des contextes différents selon les films. Le cinéaste apporte des éléments peu coutumiers des réalisateurs de vidéoclips : la datation historique de diégèses se déroulant à d’autres siècles, l’utilisation de réels personnages secondaires, puis une imagerie visuelle nouvelle pour le clip, présente uniformément dans chacune de ses productions.

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Lieux et situations 

Les postulats de départ des clips de Laurent Boutonnat comme ses lieux de tournage campent d’emblée dès l’ouverture du film l’atmosphère lourde et négative de ses goûts cinématographiques. Le décor des films de Boutonnat, clips ou long-métrages, a contribué quelquefois à la réception critique de son œuvre en tant que « compilation imagière ». Le réalisateur dans toute sa filmographie a par exemple utilisé cinq fois le décor du cimetière, qu’il soit chrétien ou juif, que ce soit dans des clips ou dans chacun de ses longs-métrages. Boutonnat utilise ce décor dans des contextes pourtant différents. Alors simple élément décoratif servant l’introduction de Plus Grandir et l’errance de la fin de Ballade de la féconductrice, le cimetière prend une fonction symbolique dans Regrets où le lieu est une métaphore de la mort emprisonnant l’héroïne. En Concert élève le décor du cimetière en personnage du film, se sont ses grilles qui ouvrent et ferment le long-métrage, se sont ses tombes et ses « habitants » dont on suit l’évolution et la destruction durant le film. C’est le seul élément que suit le spectateur de la première image à la dernière. C’est seulement Giorgino qui utilise le cimetière selon sa fonction première : le repos et le rappel des personnes défuntes. En effet, seules les tombes du cimetière de Giorgino couvrent des personnages morts non-anonymes appartenant à la diégèse. 

Avant l’apparition des dites tombes à l’écran, le spectateur sait déjà qui elles représentent : les douze orphelins morts sur lesquelles le docteur Volli est venu enquêter. Les autres lieux utilisés par le cinéaste sont parfois emprunts d’une même morbidité, Sans Contrefaçon met en scène des roulottes de cirque vieilles et ternes, et l’action de Sans Logique se passe dans un désert aride au sol duquel traîne des ossements que de longs serpents viennent ronger.

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Les situations de départ des films de Laurent Boutonnat relèvent toujours de contextes difficiles, kafkaïens. Désenchantée par exemple commence par l’emprisonnement et le bizutage de l’héroïne dans une sorte de « prison-usine »99. Le début de Sans Contrefaçon voit un marionnettiste renvoyé violemment du théâtre où il se représentait, se faisant jeter dans la boue et cracher dessus ; et Parler tout bas commence sur une jeune fille perdue au milieu les ruines de sa chambre dans laquelle tombe une lourde pluie. Le décor ainsi directement planté, le public de Laurent Boutonnat reconnaît le ton de l’auteur pendant que le spectateur de clips traditionnels se familiarise avec ces atmosphères nouvelles. Sans Logique est le clip représentant le mieux cette entrée en matière brutale. Le couple assis main dans la main sur une petite dune se taillent les paumes des mains avec un couteau rouillé sans raison apparente. Signe avant coureur du sacrifice auquel ils vont devoir se livrer devant un public familier, l’idée est introduite une nouvelle fois par une petite fille jouant dans la boue et clouant innocemment une figurine du Christ sur une petite croix en bois trouvée au sol. L’utilisation fréquente de scènes fortes et violentes au début des clips ne trouve pas sa justification dans l’unique but stylistique de choquer le spectateur pour « l’accrocher » à l’histoire. 

 Comme c’est fréquemment le cas chez les scènes d’introduction de longs-métrages, chaque petite tragédie de début de film a un sens et détient la fonction de désigner entre quelles personnes et à quel degré va se passer l’action. L’exemple le plus complet revient au pré-générique de Giorgino. La visite du héros chez son docteur est accompagnée par le compte rendu du décès d’un homme dont l’enfant patiente dans le couloir d’attente. On apprend que suite à une longue amputation, le patient a perdu beaucoup de sang puis est mort. Le visage de son fils est l’image qui ouvre le film, et lorsque le héros sortira du cabinet du médecin, il assistera à une scène symbolisant à elle seule toute sa vie. 

Une bonne sœur vient s’accroupir près de l’enfant pour lui murmurer d’une voix douce quelques mots qui nous resterons inaudibles. L’enfant consentant donne alors la main de la sœur et tous les deux s’en vont au fond du long couloir. Avant l’apparition du titre du film, un dernier contrechamp sera fait sur le visage du héros, lui aussi ayant perdu ses parents étant petit. Son personnage est entièrement contenu dans le dernier plan : un garçon à l’âme d’enfant perdu dans un monde d’adulte se fera guider par une religion omniprésente mais impuissante.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 Nous pouvons parler de Mylène sur  » La Vie Devant Soi «  

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LES CLIPS COURTS DE BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 6 juillet 2014

 

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La seconde catégorie de clips réalisés par Laurent Boutonnat se résume souvent au niveau du récit à une situation donnée, souvent tragique, et qui n’évolue pas forcément, donnant au film la teinte d’une contemplation désabusée à l’intérieur d’un univers fantasmagorique où règne une certaine imagerie. Ces courts-métrages dont l’importance réside essentiellement dans le soin esthétique apporté aux décors et effets visuels n’ont d’expérimental que le traitement que subit la narration. On peut souvent espérer lire le film uniquement par les symboles, apparitions et disparitions de formes plastiques, montages parallèles et les paroles de la chanson. Quelquefois proche d’une certaine féerie maclarénienne, Laurent Boutonnat semble avoir pris le parti de contourner chacune des obligations inhérentes à la forme. Sans perdre de vue l’aspect promotionnel que revêt avant tout un vidéo-clip, Il crut avoir compris et mis en application l’assertion : promouvoir c’est surprendre, c’est inventer, contredire, faire parler de soi. Ici Laurent Boutonnat est proche de ses collègues réalisateurs de clips, basant son travail essentiellement sur le rythme des images, comparable à celui de la musique, et cherchant de ce fait par le synchronisme ou l’a-synchronisme des deux à émouvoir son spectateur.

 

« Il y a deux sortes de musique : la musique des sons et la musique de la

lumière qui n’est autre que le cinéma ; et celle-ci est plus haute dans des

vibrations que celle-là. N’est-ce pas dire qu’elle peut jouer sur notre

sensibilité avec la même puissance et le même raffinement ? »

  

Le traitement du son chez Laurent Boutonnat

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Dans les rapports entre le cinéma et le vidéo-clip, entre ce qui les rassemble, ce qui les différencie, difficile de faire l’impasse sur la troublante similitude du schéma avec le cinéma muet relevée par Michel Chion. Il fait observer que les rapports en terme de son et d’image se trouvent inversés et symbolisent en sorte « le retour du cinéma muet ». Là où, dans le cinéma muet, la musique est ajoutée au moment de la projection sur des images qui n’en nécessitaient pas à priori, l’image du vidéo-clip est elle aussi un élément ajouté à une musique préexistante généralement conçue pour vivre sans. En ce sens, artistiquement la musique de cinéma muet est un peu au cinéma ce que le clip est à la musique : une valeur ajoutée capable d’intensifier ou de ternir l’atmosphère voulue par le créateur original, pouvant en modifier la couleur, et l’interprétation par le public. On peut aisément poursuivre ce schéma pour les œuvres illustrées visuellement (pour les chansons) ou musicalement (pour le cinéma muet) bien après leur enregistrement. Il n’est donc pas rare de trouver de nouvelles compositions sur des films du début de l’histoire du cinéma, qu’elles soient interprétées aussi bien lors d’une nouvelle projection en salles qu’enregistrées pour une exploitation vidéographique.

Phénomène relativement récent, le vidéo-clip a accompagné la remise aux goûts du jour de chansons trop anciennes pour avoir pu bénéficier de ce médium de promotion. Ainsi nombre de chanteurs de variété décédés ont eut la ressortie de leurs chansons remixées et accompagnées d’un nouveau vidéo-clip mélangeant, le plus souvent grâce à des effets spéciaux, des images d’archives de l’interprète avec des images actuelles. Ainsi des artistes populaires et vivants dans la mémoire collective des français, comme Dalida, Claude François, ou encore Edith Piaf ont pu avoir “leur” clip dans les années 1990. 

 Le vidéo-clip pourrait se rapprocher également du cinéma muet par le fait que bien souvent des personnages parlent sans qu’on entende leur voix. Dans les deux cas cette absence est contrainte par la forme elle-même. Et si à chaque fois les paroles sont remplacées par de la musique, elle n’existe en soi que dans la forme du vidéo-clip. Au cinéma (dans le muet comme dans le parlant) la couleur musicale, ou l’esprit qu’elle revêt compte pour le film. La musique de film peut trouver une existence plus valorisante lorsqu’elle est exploitée indépendamment de celui-ci, en sortant par exemple en disque sous le nom de Bande-Originale. Peu importe en effet la richesse musicale de tel ou tel morceau, puisque son unique fonction est de coller au plus près à l’impression (cohérente ou non avec ce qui est montré) que le réalisateur veut donner de la scène qu’il illustre. Dans le vidéo-clip au contraire, la matière première est la musique, c’est l’objet de l’œuvre. De plus en plus, le support vidéo fait plus qu’illustrer la chanson.

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 Par exemple, Laurent Boutonnat a pour la première fois ajouté une génération de plus à l’exploitation de sa musique en vendant dans le commerce le disque de la Bande Originale des clips de ses chansons ! C’est ainsi qu’en 1986 sort en 33 tours la Bande Originale de Libertine, puis en 1987 celle de Tristana. Enfin on s’aperçoit que ce qui, dans l’histoire du cinéma, rapproche le plus le vidéo-clip du cinéma muet est le retour à l’invention visuelle et narrative, quand ils ne se contentent pas comme souvent de recycler les schémas classiques et modernes. On retrouve en substance dans le vidéo-clip une certaine volonté d’expérimentation qui faisait du cinéma muet sa principale particularité historique. 

 Court film musical, le vidéo-clip se distingue des autres formes filmiques par le statut tout particulier que revêt sa bande sonore et les rapports qu’entretiendra avec elle le réalisateur. C’est avant tout dans le processus de fabrication que réside la première particularité du vidéo clip. Là où, dans l’art septième, le compositeur est sollicité, ici la composition est imposée, c’est même la base sur laquelle on construira le petit film qui sera censé la promouvoir. La musique d’un vidéo-clip n’est pas conçue « à la commande », puisque c’est précisément la mise en images qui se révélera être au service de sa bande-son. Si au tournage d’un long-métrage la musique est souvent encore inconnue de l’équipe et des comédiens, les concepteurs du vidéo-clip peuvent s’appuyer sur son enregistrement pré-existant et se servent abondamment de play-back afin de faire coller au mieux non seulement à l’interprétation filmée du chanteur ou de la chanteuse, mais aussi la réalisation des images à la tonalité et au rythme musical. On serait alors tenté de penser que le réalisateur de vidéo-clip n’a pour son compositeur éventuellement aussi peu de considération que Igor Stravinsky en avait pour les cinéastes utilisant des compositions, qu’il le traite avec le même dédain : 

« Le film ne saurait s’en passer (de musique) pas plus que moi-même je ne

saurais me passer de tapisser de papier-peint les parties nues du mur de mon

studio. Mais ne me demandez pas de considérer mon papier-peint comme une

peinture ou de lui appliquer les canons de l’esthétique. »

 

   Or c’est la que réside une différence majeure, le réalisateur de vidéo-clip ne se sent que rarement frustré de la subordination de son film à une chanson. Car c’est uniquement grâce à elle que la mise en images existe. C’est cette musique en particulier qui justifie la conception du clip, c’est précisément par son inspiration que le réalisateur peut créer, se permettre d’extrapoler et d’interpréter ; là où le compositeur de musique de cinéma doit coller au plus juste à l’image qu’il illustre afin d’aller à tout pris dans le même sens que ce qu’à voulu le metteur en scène en tournant la séquence. En ce sens le réalisateur de vidéo-clip joui d’une liberté de création personnelle bien plus grande que le compositeur de musique de film. Si la musique de film doit le plus souvent ne pas se faire remarquer pour être à sa place, le propre du visuel d’un vidéo-clip est d’exister au maximum, quitte à le faire par lui-même au dépend de la musique, quitte même à la dépasser : Laurent Boutonnat par exemple sous-mixait fréquemment la musique dans ses clips (Tristana – 1987), ou la noyait sous les bruitages (les refrains de Désenchantée – 1991), faisant le pari que leur visuel serait plus vendeur. C’est précisément l’aspect promotionnel du vidéo-clip qui permettra à son réalisateur de dépasser le simple support musical. Support dont finalement il ne fait que se servir pour faire connaître le clip par d’autres couleurs, d’autres symboles, d’autres atmosphères même que ceux de la musique et du texte qu’elle contient. Le clip est dans ce cas là lui-même l’objet de la promotion, conjointement à la chanson. 

Au cinéma, le musicien est sollicité, sa production est utilisée. Sans prendre en compte l’avis du compositeur, le morceau est joué, placé à un certain endroit et parfois retouché pour mettre en valeur les images défilant sur l’écran. S’il est totalement libre lorsqu’il crée un opéra ou un ballet, le compositeur est au cinéma soumis à des images déjà tournées, et parfois déjà montées sur lesquelles il ne peut rien modifier. La seule alternative à cela est donc le cinéma musical, où le compositeur entre en collaboration plus étroite avec le metteur en scène. En ce sens le genre le plus proche du vidéo-clip est sans nul doute le Musical américain, film chanté et dansé, transposition des comédies musicales alors florissantes, et film musical par excellence, dès Broadway (Paul Féjos – 1929). C’est ici où la musique tient la place centrale du film dans le sens où tout sur l’écran renvoie à la bande-son, du play-back aux rythmiques de la chorégraphie, en passant par la cohérence des paroles par rapport au récit du film.

 Tout comme pour le film musical, dans le vidéo-clip on ne saurait imaginer une autre piste sonore que celle choisie par son auteur. A l’image des plans de cinéma pour un compositeur, c’est donc la musique et sa durée qui sera irrévocable. Il n’en sera à priori pas possible d’en changer ni le timbre, ni la durée, ni aucune de ses composantes. On note toutefois au début des années 90 la fréquente apparitions de bruitages mixés à la musique se rapportant au récit du vidéo-clip. On peut opérer une quasi-inversion de questionnement entre les intentions réciproques du réalisateur et du compositeur selon que l’on parle du cinéma ou du clip. Là où l’un doit s’inspirer de l’univers de l’autre, où l’un doit accompagner l’autre plutôt que s’en démarquer, tout cela s’inverse lors du passage à l’autre forme. Ce qui a pour conséquence un questionnement sur l’outil le plus important dans chacune des formes, et en ce qui nous concerne sur le vidéo clip, à savoir non pas lequel est au service de l’autre, mais lequel justifie l’expansion de cette forme depuis deux décennies: l’image ou le son ? 

Objet de promotion, parfois unique fil conducteur du film, la chanson tient la place centrale dans la forme filmique qu’est le vidéo-clip. La musique n’y est plus un accompagnement de l’image comme au cinéma mais la régie. Car c’est finalement grâce à la chanson qu’on illustre que le vidéo-clip est ce qu’il est. On conçoit certes de moins en moins une musique qui ne serait pas accompagnée d’une image; mais qui aurait pu prédire que le cinéma adapterait son tournage, sa grammaire, sa structure à ceux d’une chanson et d’une seule58 faisant naître, par la grâce d’une transposition visuelle, une nouvelle forme filmique. 

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 Et à l’image d’Henri Colpi qui se demandant : « un art millénaire peut-il se soumettre à un art cinquantenaire, le lyrisme de la musique peut-il s’accommoder du réalisme de l’écran ? ». On est tenté de répondre que pour le clip la musique commerciale moderne s’enrichit enfin d’un support visuel et ne le supporte plus. C’est principalement ici que réside l’importance du genre musical bien spécifique qui s’intéresse au médium qu’est le vidéo-clip. Seule la chanson de variété trouve dans le vidéo clip une élévation, là où elle n’aurait pu voir qu’un accompagnement fidèle et sage, à l’instar de la musique de film. En ce sens le vidéo-clip se rapproche moins de la musique filmée que de la chanson filmée, en référence aux comédies musicales hollywoodiennes. 

 La musique classique contemporaine, elle, ne s’y est pas intéressée, pas plus que les mouvements plus underground, et encore moins la musique expérimentale. Seuls les artistes vendant des extraits d’albums sont intéressés par le vidéo-clip qui, au-delà de promouvoir l’extrait en question vendu dans le commerce, assure en quelque sorte l’image publique de son interprète et assure la promotion de l’album complet lui aussi en vente au moment de la diffusion. Si on admet que la variété commerciale dont nous venons de parler fait partie du tout que nous nommons la musique (aussi bien lorsqu’elle accompagne un film que lorsqu’elle est jouée en radio ou en concert), tout ceci fait qu’une grande partie des vidéo-clips actuels font exception dans les rapports qu’entretenaient musique et image jusqu’ici. Le réalisateur créé davantage dans l’optique cinématographique que musicale, et les critères qui feront que l’image coïncide artistiquement avec la musique seront les seules preuves de subordination de l’un par rapport à l’autre, le rythme musical devenant ici de même fonction que le rythme visuel. La musique d’un film doit être fonctionnelle, mais dans le vidéo-clip l’image revêt plus qu’une simple fonction pour la musique, sa dépendance par rapport à la musique est moindre. 

Laurent Boutonnat est réalisateur-compositeur62, autant pour ses clips que pour ses deux longs-métrages de cinéma. Il a composé vingt trois musiques sur les vingt cinq clips qu’il a tourné. Rares sont ceux qui ont maîtrisé avec succès les deux commandes créatives pour une même production, notons Feher, Grémillon et bien sûr Chaplin. Même s’il n’a jamais communiqué sur la façon de composer les mélodies sur lesquelles il tournerait, on peut toutefois déduire que les compositions ne tenaient pas compte des images qui viendraient plus tard se greffer dessus compte tenu du fait que le choix de la sortie en single duquel on « tirerait » un clip de telle ou telle chanson ne dépendait pas de lui mais du label de l’interprète pour lequel il composait.

  EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 

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Le vidéo-clip BOUTONNAT : “cousin” du cinéma post-moderne

Posté par francesca7 le 5 juillet 2014

 

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 Si Laurent Boutonnat a voulu apporter au clip une construction scénaristique définie, une structure importée du long-métrage de fiction romanesque, il s’est également illustré dans des œuvres à la pure recherche formelle. Je t’aime mélancolie (1991), Baïla Si (1997) et surtout Pardonne-moi (2002) ne cherchent à procurer au spectateur qu’un « plaisir brut » et immédiat. 

Les images montrées ne revêtent alors pas d’autres sens que l’unique but formel pour lequel la scène a été tournée. Par exemple dans Je t’aime mélancolie, le discours principal est porté par les deux dispositions qui alternent tout au long du clip : une femme boxant avec un homme, puis cette même femme interprétant la chanson avec dix danseuses. Rien, ni dans les actions montrées, ni dans les mouvements de caméra, ni bien sur dans la bande son n’aura pour autre fonction la Description de l’action et n’aura à discourir sur autre chose que sur le clip lui-même.  

 Cette recherche de l’émotion forte, immédiate et brute appartient pleinement au cinéma post-moderne. Laurent Jullier nomme ce cinéma le « son & lumière ». Les vidéo-clips, dont la plupart jouent sur cette puissance de « l’image pour elle-même », obéissent aux critères énoncés par la forme et qui les rapprochent selon lui de « tours de manèges ». C’est par exemple en parlant des grands films de divertissement post-modernes qu’il reconnaît ce discours descriptif ou méta-discursif que nous évoquions. Ce qui est produit dans ces films est alors la sensation, au détriment du sens. Laurent Jullier est l’un des théoriciens qui dénonce notamment l’utilisation faite par certains longs-métrages des points de montage superposés aux battements du rythme de la chanson. Cet effet qu’il nomme d’ailleurs « effet clip », est représentatif des outils utilisés par le cinéma post-moderne. La multiplication des points de montage par exemple agit selon lui comme un remplacement du zapping qui détournerait le spectateur de l’envie de changer de chaîne. Si ces méthodes sont souvent critiquées, l’unité entre le rythme de la musique et celui du montage a pourtant pour utilité de redéfinir de manière nouvelle les rapports du son à l’image qui ne font maintenant qu’un, deviennent du coup indissociables du point de vue du rythme, en faisant du spectateur le témoin d’une symbiose entre les deux vecteurs, et décuplant l’émotion qu’ils procurent en les faisant se juxtaposer. Le nombre incalculable de vidéo-clips soumis à notre rétine depuis une vingtaine d’années nous influence sur la prétendue paternité qu’il aurait es montages calés sur le rythme d’une musique. Ce fameux « effet clip » tant décrié est tout simplement un des nombreux effets de montage du cinéma. Présent quelquefois dans le cinéma moderne, il ne fait qu’exploiter davantage la venue du son au cinéma. 

En retour, les vidéo-clips, les publicités et les jeux d’arcade s’emparent de caractéristiques cinématographiques, comme l’utilisation fréquente des formats cinématographiques panoramiques (1.85 ; 2.35) alors qu’à de très rares exceptions près dont les films de Laurent Boutonnat font partie, les vidéo-clips ne sont pas projetés en salles. Les moyens mis à disposition des tournages publicitaires, et des programmations de jeux ont également beaucoup évolué. On remarque par exemple l’apparition au début des années 90 de plans qui n’étaient alors vus qu’au cinéma, tels de larges mouvements de caméra, des travellings fluides, des points de vue aériens, ou des incrustations sans détourage. L’utilisation répétée du travelling avant, qui « transporte » le spectateur à l’intérieur de l’image est par exemple très fréquente dans les films dits post-modernes. Ce mouvement d’appareil permet de découper un personnage (souvent l’interprète objet de la chanson pour un clip) de l’arrière-plan et non pas de signifier une introspection, ou bien une attitude d’enfermement pour un personnage autour duquel le plan se ressert. Combiné à un zoom optique arrière, le premier plan, les plans intermédiaires et le fond semblent s’espacer les uns des autres (la distance focale diminuant) donnant à l’image un effet de profondeur animée qui s’adresse aux sensations du corps entier du spectateur, comme la largeur d’un écran hémisphérique ou un simulateur de vol aurait la capacité de le faire ; on en revient au phénomène de « tour de manège » évoqué par Jullier où le spectateur doit vivre le film. 

La volonté de bien des réalisateurs de retourner au « plaisir brut » que décrit Jullier se retrouve pleinement dans le clip car c’est de cette même catégorie de plaisir que se réclame la promotion de la musique populaire, ou de variété, autre vecteur sensé donner un plaisir immédiat à son spectateur. Jullier défini cette recherche de plaisir brut comme un « privilège à une lecture spectatorielle immédiate, qui sollicite de préférence les processus mentaux descendants ». On retrouve donc cette post-modernité dans la musique habituellement illustrée par le vidéo-clip. 

Elle s’y manifeste notamment par des alternances couplet/refrain, et tension/résolution pourtant anciennes, et dont la variété française comme internationale sont traditionnellement clientes. En reprenant quelquefois cette structure, bon nombre de vidéo-clips installent un climat plus pesant lors des couplets, atmosphère qui s’apaise brusquement lorsque arrive le refrain « libérateur ». On trouve également au vidéo-clip une parenté avec le cinéma post-moderne dans l’utilisation de plus en plus fréquente de la parodie, sur toute la durée du clip ou par le biais de « clin d’œil ». 

L’objet de la parodie est soit un succès du box-office, soit d’autres clips célèbres du moment. Par exemple le groupe américain Blink 182 tourne régulièrement en dérision les clips de leurs concurrents. On retrouve ici la tradition du cinéma post-moderne et de ses films allusionnistes, reproduisant telle ou telle action ou esthétique d’une œuvre déjà existante. On s’aperçoit alors que conjointement à la création luxuriante de certains réalisateurs, d’autres montrent de plus en plus de reproduction à défaut d’originaux. Mesurer la qualité d’un vidéo-clip peut alors être difficile, et l’absence des critères esthétiques qu’on peut utiliser conduit à évaluer un clip en fonction du plaisir qu’il aura donné à son spectateur. Plaisir qu’on peut rapporter à celui procuré par l’écoute de la chanson. 

 Si le post-moderne ne semble pas être un mouvement, il agit plutôt dans l’industrie du clip comme un contexte sociologique, voire commercial, et qui permettrai de dresser l’inventaire des effets de ce commerce sur l’esthétique d’une œuvre porteuse d’une ambition économique étendue. C’est peut-être par ce soucis d’être compris par le plus grand nombre, de ne laisser personne au bord de la route de ce « plaisir brut », que les clips et le cinéma post-modernes veulent s’adresser à leur public en prenant pour signifié l’image du monde qu’ils sont supposés avoir en tête et non pas ce qu’il est réellement. Par exemple lorsque qu’un film ou un vidéo-clip à tendance post-moderne parle du passé, il se limite souvent aux images du passé, noir & blanc ou sépia à l’appui ; on est encore ici dans l’ordre du référentiel. L’omniprésence de la musique implique en outre de transmettre directement des “sensations fortes” non verbalisables. En ce sens le vidéo-clip relève du concept de « film-concert » énoncé par Laurent Jullier où, outre le dispositif technologique nécessaire à sa bonne perception, prédomine la dimension sonore sur la dimension visuelle. Les vidéo-clips en particulier ne demandent définitivement pas à être compris mais à être ressentis. 

 La priorité est donc donnée à l’ornement, à la forme. Prenons l’exemple d’un vidéo-clip qui illustre parfaitement la post-modernité inhérente à la forme, et qui est de surcroît emblématique des clips des années 90 car il regroupe un bon nombre de problèmes que l’on pose dans cette étude. En 1998, le photographe et vidéaste Andréa Giacobbe réalise Push It (U.S.A) pour le groupe Indépendant Garbage. A priori forcé de s’enfermer dans la forme du vidéo-clip, Giacobbe obéit à toutes les « lois » implicites de la forme. Aucun son additionnel n’est employé, seules trois secondes ont allongé la durée initiale de la chanson, et l’interprète chante même en play-back quelques passages. 

téléchargement (1)Qu’est ce qui en fait donc un clip si particulier, à la foi exemple sémiologique du clip-type et puissant objet artistique ? Andrea Giacobbe a utilisé la forme dans laquelle il était cantonné non pas pour faire du clip un film à la dimension d’un court-métrage de cinéma en reprenant les principes de la fiction romanesque comme c’est la stratégie de beaucoup, mais pour en faire une œuvre fantastique dénuée de sens, qui se suffit à elle même. Les premières secondes muettes montrent un défilement chaotique de pellicule de cinéma (en noir et blanc) avec des inscriptions, puis un vieil intertitre en français « La projection de ce film en séance publique, gratuite ou payante, est rigoureusement interdite » qu’on imagine aisément « repiqué » pour l’occasion d’un film pornographique du début du siècle. La bobine semble se mettre en place devant le projecteur (accroches apparentes) puis après quelques grésillements le film commence. Tout dans ce clip a été réfléchi en fonction du plaisir brut que prendra le spectateur à le voir, introduit par le prétendu privilège qu’il a à découvrir ce film mystérieux. Ces quelques secondes suffisent à placer le spectateur devant un film pour lequel il n’est visiblement pas destiné, contrairement à tout le « flot clipesque » dont on il se laisse abreuver volontairement. 

Alors prévenu de son statut de témoin d’une œuvre prétendument interdite, le spectateur est assez démuni pour prendre de plein fouet la violence inouïe, le monde malsain que recouvre ce clip. Sans hémoglobine ni arme à feu, sans sexe ni morts, le clip se découpe en une quinzaine de saynètes ne comprenant pas plus de trois ou quatre plans chacune. Montées chronologiquement mais de manière volontairement confuse, l’histoire d’une femme dont les maris successifs sont anéantis par des monstres et se révélant elle même finalement aussi monstrueuse, ne peut aisément se lire qu’à la troisième ou quatrième vision du clip. 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 

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CRITIQUES DE PRESSE sur le Timeless 2013

Posté par francesca7 le 30 mai 2014

 

 

Si l’album « Monkey Me » a reçu très peu d’éloges de la part de la presse, Mylène Farmer a beaucoup plus convaincu avec son show futuriste Timeless 2013. C’est en tout cas ce qu’i faut retenir des différentes critiques formulées à l’égard de la cinquième tournée – et sixième spectacle – de la chanteuse, ce malgré quelques avis négatifs.

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Des critiques élogieuses dans l’ensemble

Avant même que la première date du nouveau spectacle de Mylène n’ait lieu le 7 septembre au Palais Omnisports de Paris-Bercy, ‘assiduité des fans-campeurs attendant leur star devant la grande salle, dès le 11 août 2013, faisait déjà culer beaucoup d’encre … Rares sont les artistes qui, au bout de trente ans de carrière (ou presque), génèrent une attitude aussi poussée chez une partie de leur public : il reste donc compréhensible que les médias en soient, encore aujourd’hui, très étonnés, et le relèvent dans leurs articles ; Cependant, et fort heureusement, le 7 septembre au soir, les journalistes se sont focalisés sur l’essentiel : le show… 

Dès le 8 septembre au matin, les premiers articles donnent le ton : « grandiose », « impressionnant » et « spectaculaire » sont les termes que l’on retrouve le plus couramment dans la presse et sur Internet. Il y a « un effet Mylène incontestable » selon Direct Matin, alors que Télé Loisirs évoque très brièvement « un show bien huilé », « Imposant et millimétré », selon l’hebdomadaire belge Télé Moustique, Timeless 2013 est également très bien accueilli par Le Figaro. La journaliste Lena Lutaud ne connaissait visiblement pas très bien Mylène Farmer. Elle est, semble-t-il, ressortie conquise par la « bête de scène » qu’est la chanteuse : « Chapeau bas pour le travail et le professionnalisme de Mylène » lâche-t-elle même en conclusion d’un article très descriptif.

 

Dimension futuriste et prouesse technique

Si les costumes, signés Jean Paul Gaultier, sont très souvent mentionnés dans les articles, aucun avis tranché ne ressort cependant à leur sujet. En revanche, la mise  en scène ainsi que le décor signés Mark Fisher font quasiment l’unanimité. Europ 1 et Métronews remarquent en effet la volonté d’ouverture vers un univers « futuriste ». Par ailleurs, les références au cinéma se multiplient : Europe 1 évoque « Alien » quand Midi Libre pense à Stanley Kubrick en voyant l’immense scène brillante et épurée, ainsi que les projections modernes sur écran géant ; Le Figaro et Métronews eux comparent la chanteuse à la princesse Leia de la saga « Star Wars », tandis que Direct Matin estime que le déluge de lumières de ce show pourrait bien faire pâlir d’envie Georges Lucas. A noter que ce même quotidien se montre tout de même un peu taquin lorsqu’il parle d’un « vide immense » pour décrire la scène de Timeless 2013. 

Unanimité également pour les robots, qui interviennent à plusieurs reprise durant le spectacle et créent la surprise sur le tableau de « C’est une belle journée ». TF1, Le Figaro, et Voici estiment que « c’est LE truc dont toit le monde va parler », tandis que L’Avenir y voit « une prouesse technique ». Le Parisien parle de « serpents robotisés à taille humaine », et Le Matin (quotidien Suisse) de « bras d’usine surmontés d’un masque menaçant », évoquant une « technologie glacée » qui contraste avec la performance humaine. C’est d’ailleurs l’un des autres points marquants qui revient le plus souvent dans la critique : le paradoxe entre la chaleur que dégage le filet de voix de la chanteuse, et l’aspect beaucoup plus froid des robots.

La voix de Mylène justement … Paris Match en parle de façon positive, tout comme Le Monde, qui estime que le show est « plutôt bien porté vocalement ». Nice Matin, pour sa part, rappelle que « malgré son gigantisme, le spectacle reste un vrai tour de chant », quand PureCharts.fr y voit même « une qualité d’interprétation jamais égalée », avec « un chant impeccable ». Seuls 20 minutes et Voici demeurent sceptiques en parlant d’une voix trop « étouffée ». Le magazine people, qui fait allusion aux « fausses notes » de la chanteuse, se moque même gentiment d’elle en se demandant « quand Mylène arrêtera de fumer ».

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Des chorégraphies ennuyeuses et pauvres ?

Heureusement, 20 Minutes se montre plus flatteur en présentant la star comme « souriante » sur scène, quand Paris Match la perçoit « plus calme et charnelle ». Plus dur, Midi Libre pense qu’elle ne bouge pas très bien. Ses danseurs non plus, selon le même journal qui a assisté aux shows de Park&Suites Arena à Montpellier, et qui qualifie les chorégraphies (rarement évoquées dans les médias d’ailleurs) de « danse des canards ». Cet article est même très acide : selon le journaliste, « les transitions sont laborieuses », et Mylène est « un peu perdue au milieu des artifices ». On parle alors de « montagnes russes », avec « un coup haut et un coup bas ». Avis radicalement différent pour Le Figaro Magazine, selon lequel les danseurs sont des « athlètes très en rythme ». 

Mais c’est la critique de Ouest France qui est le plus sévère à l’égard du spectacle : malgré « une première demi-heure impeccable », Michel Troadec regrette des « chorégraphies ennuyeuses et pauvres », « un décor futuriste mal exploité », et « des images qui ne sont plus impressionnantes ». Faut-il le prendre comme un avertissement formulé par un nostalgique du Tour 2009 (ayant d’ailleurs, à cette occasion, interviewé la star pour le quotidien le 7 mai 2009) ? Une sévérité que l’on retrouve également dans La Tribune de Genève, pour qui le concert – par « certaines habitudes de scène » perdant de leur authenticité à être « répétées à chaque concert » – peine à séduire les « profanes sympathisants, non adorateurs de la déesse tombée sur terre ». 

Il n’en reste pas moins que les journalistes ont vu de nombreux autres points forts dans ce Timeless 2013, comme une « setliste inventive » selon Métro, qui oscille « entre classiques et nouveautés » selon Europe 1 et Télé Moustique ; Cette dernière publication note d’ailleurs que la chanson « Comme j’ai mal » n’avait pas été reprise depuis 1996 ; bien vu. Il est vrai que nous sommes loin de la setlist-best of du Tour 2009. La plupart des journalistes ont donc bien remarqué que peu de tubes avaient été prévus pour laisser davantage de place aux deux derniers albums, « Bleu noir » et « Monkey Me ». 

La séquence émotion plus appréciée

Si la critique s’avère donc plutôt positive, mais néanmoins plus contrastée que pour la précédente tournée, la grande majorité des médias a été sensible à la dualité entre l’aspect exceptionnel du show et la forte émotion qui s’en dégage, notamment sur la ballade « Je te dis tout », où les larmes de Mylène ont une nouvelle fois inspiré les journalistes ; Cependant, un peu ironisent sur ce qu’ils présentaient auparavant comme un jeu d’actrice. Le Progrès parle, pour sa part, d’ »un traitement intimiste et épuré, transformant la halle en un cabaret enchanté par le piano d’Yvan Cassar », quand le quotidien La Montagne note même une communion des larmes de l’artiste avec « celles de ses fans ». La séquence émotion, avec ses quatre ballades à la suite, et donc plutôt bien perçue, et semble donner un certain crédit au spectacle, la présence de Gary Jules pour les reprises en duo des tubes « Mad World » (de Tears fort Fears) et « les mots » ayant été particulièrement remarquée. 

En conclusion, ce spectacle est une « mise en orbite réussie » agrémenté d’un « déploiement technologique » en faisant l’une des tournées de Mylène les plus appréciées des journalistes. A noter cependant que les médias régionaux se sont souvent davantage attardés sur le rapport entre la chanteuse et ses fans plutôt que de donner une vraie opinion sur la qualité du show. De nombreuses interviews de spectateurs ayant attendu longuement devant les différentes salles de spectacle sont en effet parues, énième témoignage du fantasme que l’artiste incarne toujours aujourd’hui…. 

extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 56

 

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MYLENE FARMER DANS LE TIMELESS des MEDIAS

Posté par francesca7 le 28 mai 2014

 

 

AVEC LES RADIOS

Mylène n’accordé aucune interview radio pour la promotion de Timeless 2013.

 

NRJ étant la radio partenaire des concerts de Mylène en France : comme elle l’a été pour tous ses précédents spectacles depuis le premier, le Tour 89, elle est donc la seule radio à avoir diffusé des spots publicitaires pour Timeless 2013 ; à partir du 1er octobre 2012 pour l’ouverture de la billetterie, puis lors d’une seconde campagne, à partir du 3 juin 2013, annonçant les dernières places disponibles.

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Par ailleurs, pendant la tournée, RFM, MFM, ainsi que de nombreuses radios régionales ou locales ont proposé des concours avec des billets de concerts à la clé, mais aussi des reportages s’intéressant le plus souvent au phénomène des fans qui campaient devant les salles plusieurs jours, voire semaines, avant les concerts. Enfin, pour la première fois depuis le début de sa carrière, Mylène s’est tournée vers une autre radio que NRJ pour un partenariat officiel sur un événement ; c’est ainsi RFM qui a été choisie pour accompagner la diffusion de « Mylène Farmer – Timeless 2013 Le film » au cinéma. Cette station a également proposé de faire gagner des places pour une projection privée en avant première du film le 16 mars au Gaumont Capucines à Paris.

 

AVEC LA TELEVISION

TF1 fut la chaîne de télévision partenaire des concerts de Timeless 2013 en France (à l’instar du Mylenium Tour, Avant que l’ombre ;.. à Bercy, et le Tour 2009) Elle est la seule chaîne à avoir diffusé des spots publicitaires pour l’ouverture de la billetterie à partir du 2 octobre 2012, puis pour l’album live en décembre 2013, mais aussi une publicité, le soir de la première date, le 7 septembre (vers 20 H 45). En Belgique, c’est la chaîne RTL TV1 qui a assuré la promotion télévisée des concerts de Bruxelles.

 

Si Mylène est apparue aux NRJ Music Awards (diffusé le 26 janvier 2013 sur TF1) où elle a chanté « Je te dis tout », le deuxième single extrait de « Monkey Me », elle n’y a, cependant, nullement évoqué sa tournée. En revanche, elle a parlé de Timeless 2013 à l’occasion de deux interviews télévisées :

 

le 2 décembre 2013 – JT DE 20 H (TF1) – Présenté par Claire Chazal

Mylène est présente en direct à la fin du journal de Claire Chazal. L’interview est plutôt centrée sur l’album « Monkey Me », mais Mylène est cependant interrogée sur ses futurs concerts et sur le sens à donner au mot « Timeless » : « Timeless » c’était juste pour suggérer l’intemporalité. Et je serais bien incapable de dire si c’est la dernière (tournée), si il y en aura une prochaine .. je ne sais pas. Je n’arrive pas à me projeter dans l’avenir. C’est quelque chose qui m’angoisse terriblement, donc je vis, autant que faire se peut, dans le moment présent etc… on verra » !  Quant au contenu du spectacle, voici les seules informations que Mylène dévoile : « Des surprises, certainement. Quant aux duos, je ne sais pas. Là, nous sommes à une phase de création et je ne peux pas répondre à cette question ».

 

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le 8 septembre 2013 – JT DE 20 H (France 2) – Présenté par Laurent Delahousse.

Nous sommes au lendemain de la première de Timeless 2013 à Bercy. L’entretien a été enregistré dans l’après-midi, Mylène étant en concert à Bercy ce dimanche soir.

 

L’occasion pour la chanteuse, d’évoquer ses retrouvailles avec son public après quatre ans d’absence sur scène : « Très émouvant pour moi .. C’est long pour moi. Pour eux probablement, mais pour moi aussi, beaucoup … C’est une fidélité mais qui est réciproque. La mienne aussi… Je ne sais pas si on entretient une fidélité. En tout cas, c’est quelque chose qui m’est offert. Et j’en suis consciente, et j’en sui heureuse… C’est probablement le moment, effectivement, où j’ai un vrai sentiment de liberté. Pas d’entrave, pas de… pas de tabou. Riens. Liberté »

 

Mylène met également en avant le travail colossal que constituent les préparatifs des concerts : « ça fait à peu près un an que nous travaillons sur ce spectacle avec Laurent Boutonnat qui travaille à mes côtés. Et il y a tellement, tellement, tellement de métiers tout autour. Aussi bien les lumières, les chorégraphies, etc… Le diable est dans le détail. Il faut veiller. C’est pour ça qu’on est obligés de travailler, travailler, de ressasser et.. pour enfin trouver une liberté ».

 

Toujours à propos des concerts, Mylène parle de son voyage prochain en Russie, et de la longue histoire qui la lie à ce public : « Je ne peux pas l’expliquer ; Je pense que c’est venu… Je vais dire .. spontanément…. On m’a beaucoup parlé, au début, des clips à l’époque de « Tristana » qu’on avait joué en langue russe justement. Et puis après, je crois qu’il y a quelque chose de commun qui est peut-être une âme, une âme tourmentée ; On dit « l’âme slave ». Et j’avoue qu’ils m’accueillent merveilleusement. J’ai hâte d’y aller » !

 

Enfin, elle est interrogée sur l’intemporalité évoquée par le nom de la tournée : « Je ne sais pas si c’est important ou non. En tout cas pour moi… dans 2000 ans, qui va se soucier de ma personne et de mes mots et de ma musique ? Non, ce n’est pas important. C’est le moment présent qui est important, c’est la scène et c’est ce que je vis actuellement ».

 

extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 54

 

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TIMELESS 2013 : Interview sur les images de Mylène F.

Posté par francesca7 le 28 mai 2014

 

 

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Interview : LASZELO BORDOS par Sophie Khairallah et Régis Fauconnier

qui a vu un concert de Timeless 2013 ne pas oublier les images qui introduisent le show sur « Timeless Genesis » Cette animation, nous la devons à Laszolo Bordos (les autres images du concert étant signées par la société La Maison) qui nous explique ici son travail avec Mylène Farmer pour sa dernière tournée. 

 

Quel est votre parcours professionnel ?

J’ai étudié la peinture à l’Académie des beaux-arts de Budapest, mais je trouvais que l’animation 3D était un outil beaucoup plus puissant permettant de visualiser les pensées abstraites et de satisfaire les besoins visuels contemporains. J’ai donc appris la 3 D en autodidacte et, par la suite, j’ai produit de nombreuses animations 3D abstraites qui ont été projetées durant diverses soirées. C’est comme ça que je suis devenu ce qu’on appelle un Video Jocker (VJ). E, 2000, la musique électro underground et les soirées fleurissaient à Budapest, et c’est ainsi que je me suis constitué un public, petit à petit. En 104, j’ai eu l’opportunité de travailler sur des mappings video, c’est à dir des projections vidéo en haute définition sur des bâtiments, ce qui m’a donné l’occasion de participer à de nombreux projets dans le monde entier. Aujourd’hui je vis à Budapest, en Hongrie. Je continue à faire d la projection 3D sur des immeubles, mais je travaille également pour des artistes. J’ai aussi créé ma société, Bordos. ArtWorks and Invited Artists.

 

Pour quels autres artistes du monde de la musique avez-vous travaillé ?

J’ai réalisé un clip vidéo pour un célèbre DJ hongrois, DJ Dork. J’ai également fait un mapping vidéo pour la chanteuse russe Anita Tsoy et je suis beaucoup intervenu comme VJ pour des DJs comme Sven Vath, Tommy Four Seven, Marcel Dettman, Luke Slater, Carl Cox,  Chris Liebing…

 

Connaissiez-vous Mylène Farmer et ses chansons avant de travailler pour elle ?

Oui tout à fait ; Je connaissais déjà bien la musique de Mylène et j’aimais beaucoup ses clips ; Mais pour être tout à fait honnête, ce n’est qu’avec notre projet commun que j’i réalisé à quel point c’est une immense et très talentueuse artiste.

 

Est-ce l’équipe de Mylène qui vous a contacté ?

Oui, c’est l’équipe de Mylène qui m’a contacté un an avant le début de la tournée. Je pense qu’ils ont dû voir certains de mes projets sur internet. Mais il est aussi arrivé, à plusieurs reprises, que je sois recommandé à mes clients par des agences spécialisées, des producteurs, des réalisateurs ou des organisateurs.

 

Comment cela s’est-il passé ensuite ? Avez-vous eu plusieurs réunions pour discuter du travail que vous alliez faire ensemble ?

Nous avons eu beaucoup de discussions et de rencontres. J’ai dû faire le voyage Budapest-Paris au moins quinze fois pour des brainstormings et des rendez-vous. J’ai rencontré Mylène plusieurs fois, ainsi que Laurent Boutonnat, Thierry Suc, et le grand Mark Fisher, concepteur du décor. Je leur ai montré mes travaux, mes projets. Et lors de la première rencontre, nous avons discuté de détails techniques sur l’utilisation du mapping vridéo 3D, car au début, les collaborateurs de Mylène pensaient plutôt à un décor projeté faisant appel à cette technologie ; Mais après plusieurs rendez-vous, il a semblé évident que le projet devait être réalisé avec la technologie LED, et non pas une projection vidéo. Car le LED est beaucoup plus visible combiné aux lumières de scène.

 

L’équipe de Mylène savait-elle déjà ce qu’elle voulait au niveau des images de « Timeless Genesis » ? Ou est-ce vous qui avez proposé l’idée du vaisseau spatial ?

Par la suite, quand l’équipe de Mylène a décidé d’utiliser la technologie LED, Mark Fisher et son équipe – tout en suivant les concepts du directeur artistique Laurent Boutonnat- ont créé un décor fantastique en arrière-plan, une scène futuriste rappelant un accélérateur de particules qui peut créer différentes formes, ce qui a donné comme résultat une expérience unique pour le public. Tous les éléments ont été recouverts de LED. De cette façon, nous avions une structure mouvante avec de nombreux écrans, sur laquelle nous devions créer un mapping en LED. Pour le storyboard de l’introduction, nous avons travaillé ensemble avec Laurent Boutonnat. Il avait une vision très claire de ce qu’il souhaitait, ce qui a rendu le projet beaucoup plus simple ; Mais j’ai également apporté mes idées et mes suggestions, et durant le processus de création de l’animation, j’ai aussi apporté ma propre vision et mon style .

 

AVos images ont-elles été créées avant ou après que la musique de « Timeless Genesis » soit composée ?

La musique et les animations ont été créées en parallèle, mais la musique a té terminée plus tôt que les images, ce qui m’a permis d’avoir le temps d’ajuster l’animation et de créer quelques images en fonction de la musique.

 

Votre travail a-t-il convenu tout de suite à Mylène Farmer et son équipe ?

J’ai dû apporter quelques petits ajustements aux animations, mais en définitive, tout le monde a aimé le résultat. Mylène m’a personnellement dit qu’elle aimait mon travail. J’étais heureux d’entendre ça.

Pour plus de renseignements sur le travail de Laszlo Bordos, n’hésitez pas à consulter son site internet : www.bordos.eu !

 

extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 51

 

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TIMELESS 2013 : Interview sur la Logistique du spectacle de Mylène F.

Posté par francesca7 le 28 mai 2014

 

 

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Interview de Koen PEETERS : qui travaille pour WIcreations, la société chargée, sur Timeless 2013, de tous les éléments qui s’articulaient sur le show : les panneaux de l’accélérateur de particules, le cercle de « XXL » et de « Rêver », ainsi que le bras articulé de « Bleu noir ». Pour Styx Magazine, Koen Peeters revient en détail sur les prestations de WIcreations pour ce spectacle gigantesque. Par Sophie Lhairallah.

 

Pouvez-vous nous présenter WIcreations ?

Notre société fournit plusieurs prestations techniques complémentaires pour les productions de spectacles. Nous faisons à la fois de l’éclairage, du son, ainsi que de la construction d’éléments de scène. Nous vérifions avec tous les corps de métiers si leurs envies sont techniquement réalisables. Et nous comme particulièrement spécialisés dans le contrôle des mouvements automatisés comme, par exemple, les panneaux qui bougent tout au long du concert de Mylène, et notamment dès l’ouverture du show.

C’est la première fois que vous travaillez pour Mylène. À partir de quand avez-vous été approchés par son équipe ?
Oui, c’est la première fois pour Mylène, mais nous avons travaillé pour d’autres artistes français avant, comme Florence Foresti, Johnny Hallyday… Pour Timeless 2013, nous avons été approchés par l’équipe de production de Mylène en décembre 2012.

L’équipe de Mylène est-elle arrivée avec des demandes précises, ou est-ce vous qui leur avez suggéré des éléments comme le bras métallique, le cercle ou les panneaux de l’accélérateur de particules ?
Le décor de Mark Fisher ainsi que les idées de mouvement et de l’accélérateur de particules étaient déjà là. Les panneaux, qui forment ce qu’on appelle un « tunnel » au début du concert, sont en réalité la réplique d’un accélérateur de particules, un instrument qui utilise des champs électriques ou magnétiques pour amener des particules chargées électriquement à des vitesses élevées. C’était donc à nous de faire en sorte que tout cela soit possible. L’idée du cercle de lumière sur « XXL » venait de la production. Nous avons fait de nombreux calculs et leur avons proposé de le monter avec des charnières, ce qui permettait de le monter et le démonter très facilement. L’idée du bras articulé était également une idée de Mark Fisher. Nous avons créé un système totalement adapté à la structure de la scène en prenant en compte les robots, les limitations des espaces sous la scène, ainsi que les charges de poids au sol.

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Le système d’accroche des panneaux est très sophistiqué. Était-ce compliqué de synchroniser tout ce système avec le poids du décor, des panneaux vidéo et des lumières ?
Oui, nous avons fait plusieurs modèles selon plusieurs calculs très détaillés. Nous avons également fait plusieurs tests en réel chez nous, en Belgique, ainsi qu’à Lyon, afin de définir le centre de gravité des panneaux, car il était clair que ce centre de gravité devait définir la position finale souhaitée. Il était donc crucial de se mettre d’accord très tôt pendant la pré-production sur tous les détails de la construction, des éléments scénique, des panneaux vidéo, des lumières, du câblage…
Artefact a construit le décor de ce show, mais vous avez construit quelques éléments également… Lesquels ?
À part le cercle de lumière pour la chanson « XXL », nous n’avons pas construit d’autres éléments scéniques. Le travail d’Artefact a été exceptionnel, car vous n’imaginez pas toute la technique qui se trouvait sous la scène !

À-t-il été difficile d’intégrer tout le système technique du bras articulé sous la scène ?
L’espace disponible sous la scène était très limité car il y avait de nombreux éléments (les robots, les trappes, la plate-forme qui fait disparaitre Mylène à la fin du show…). Nous avons donc construit le bras avec ses limites. Pascal « George » Meley (responsable technique, ndlr) a intégré toutes ces informations et a vérifié qu’il n’y avait pas de collision possible entre chaque élément.

C’est la première fois que la scène est aussi complexe pour un concert de Mylène Farmer. Y a-t-il eu des contraintes importantes pour intégrer tous ces éléments au décor avec les autres prestataires ?
Non, pas plus que ce que je viens de vous dire, et c’est déjà pas mal ! (Rires)

Avec quelles autres personnes ayant travaillé sur cette tournée avec-vous plus particulièrement collaboré ?
Nous avons surtout travaillé avec la production en général, mais aussi Artefact pour le décor et les panneaux, Alabama pour la vidéo sur les panneaux, et Dimitri Vassiliu pour les lumières.

koen-peetersMylène, participait-elle aux réunions techniques avec vous et son équipe ?
Non, elle n’était pas là pendant ces réunions.

Y a-t-il eu des désirs exprimés par l’équipe de Mylène ou vous-même qui n’ont pu être réalisés pour des raisons techniques ?
Non, nous n’avons connu aucun problème à ce niveau-là. Tout ce qui était souhaité par la production a pu se faire !

 

extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 50

 

 

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TIMELESS 2013 : Interview Confidence de la Maquilleuse de Mylène F.

Posté par francesca7 le 23 mai 2014

 

 

 

téléchargement (2)CAROLE LASNIER – interview de Sophie Khaurallah

en 2006, à l’occasion de la série de concerts Avant que l’ombre ;.. à Bercy, Mylène fait la connaissance de Carole Lasnier, maquilleuse qui travaille habituellement dans le milieu de la mode. Depuis, les deux femmes ne se sont plus quittées et c’est Carole qui sublime désormais Mylène pour ses apparitions publiques. Jusqu’à la dernière et non des moindres ; la tournée Timeless 2013.

 

A partir de quand avez-vous commencé à travailler avec Mylène ?


J’ai rencontré Mylène en 2006, avant la tournée Avant que l’ombre… à Bercy. Par la suite, je l’ai maquillée pour des journaux télévisés, des shootings, puis le Tour 2009 et Timeless 2013 ainsi que de nombreux clips : « Dégénération », « Si j’avais au moins », « Appelle mon numéro », « Lonely Lisa », « Bleu noir », « Oui mais…. non »,  » A l’ombre »…

 

Comment vous êtes-vous rencontrées ?

Je connaissais John Nollet et Christophe Danchaud, son chorégraphe. Ils m’ont recommandée auprès de Mylène.

 

A près les concerts de 2006, qu’est-ce qui vous a donné envie de retravailler avec Mylène ?

C’est une personne respectueuse, touchante et attachante. Et une artiste très professionnelle que j’apprécie beaucoup. Avant Mylène, je n’avais jamais fait de tournée, car je travaille davantage dans la mode.

 

Quelles différences y a-t-il entre maquiller une artiste comme Mylène pour la scène et la maquiller pour un clip ou une télévision ?

Pour la scène, il faut trouver un maquillage qui ira avec tous les costumes, la coiffure, et l’esprit du show. Pour une télé, un clip, ou de la scène, on emploie les mêmes techniques, mais pas tout à fait les mêmes produits. Pour la scène, je choisis des produits plus adaptés aux performances que Mylène doit faire, car il y a peu de retouches possibles.

 

Et concernant les couleurs utilisées sur Mylène, y’a-t-il une différence ?

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Pour les yeux, non. Que ce soit pour un clip, une télé, ou la scène, je vais plutôt vers des tons neutres, comme d

u brun, du gris, du noir, du beige, et du beige rosé ou sable ; Pour la bouche en revanche, il y a une différence. Les couleurs utilisées pour les concerts sont un peu plus fortes que celles d’une télé ou d’un clip.

 

Quelles sont les « exigences » de Mylène, au niveau du maquillage ? Y’a-t-il des produit sou des couleurs qu’elle adore ? D’autres qu’elle n’aime pas du tout ?

C’est difficile de parler d’exigences parce qu’à chaque fois que j’ai travaillé avec elle, elle a toujours été contente, ça s’est toujours bien passé. Spontanément, elle va plus vers les bruns pour les yeux. Concernant les joues, elle aime bien le savoir un peu roses. Et puis elle a naturellement une très jolie peau et une très jolie bouche, ce qui permet de choisir d e ne pas les maquiller. Mais contrairement à d’autres stars, il n’y a pas de produit sou de c couleurs qu’elle n’aime pas du tout.

 

Pour chaque tournée, comment travaillez-vous le maquillage qu’elle aura sur scène ?

En termes de préparation, les costumes sont créés et prêts avant la journée. La coiffure est déterminée, et moi j’interviens après ; Nous avons des journées d’essais en conditions réelles, lors des répétitions. En général, ça marche dès la première fois ! Sinon dès la deuxième ; Nous tombons vite d’accord sur le choix du maquillage pour finaliser le look de Mylène. Pour les concerts de 2006 à Bercy, j’avais vu la répétition avec les costumes et la coiffure avant que nous fassions des essais de maquillages. Du coup, le premier essai était le bon.

 

Et comment cela s’est-il passé pour Timeless 2013 ?

Cette fois-ci, j’ai vu les costumes et la coiffure le premier soir de mes essais en conditions réelles, après avoir maquillé Mylène. Après l’été, Mylène était super belle et bronzée, elle m’a inspiré un maquillage assez soft. Mais avec les lumières sur scène, ce n’était pas assez fort. Donc le deuxième soir des répétitions, Mylène et moi sommes arrivées avec la même idée d’un maquillage plus noir. Je trouvais que c’était plus glam, plus sexy. Quant à la couleur de rouge à lèvres, c’est la robe rose orangée en strass qu’elle portait sur la partie piano-voix qui nous a décidées.

 

D’un soir à l’autre, peut-il arriver que Mylène change certaines choses dans son maquillage ?

Non ! On ne change pas (rires) Une fois que c’est décidé, c’est décidé, les essais sont faits pour ça.

 

Est-ce long de maquiller Mylène avant un concert ?

Sur les précédentes tournées, cela prenait environ une demi-heure. Sur Timeless 2013, le maquillage était plus long car les produits que j’ai choisis étaient plus complexes et plus délicats à travailler. Le maquillage était aussi beaucoup plus fort ; Le temps moyen était de quarante-cinq minutes.

 

Et en général, à quelle heure Mylène se fait-elle maquiller avant de monter sur scène ?

Ce n’est pas de la dernière minute. Environ deux heures avant de monter sur scène. Là, sur la dernière tournée, on finissait vers 19 H.

 

Que vous est-il arrivé de plus drôle avec Mylène en tournée ?

Rien de drôle à proprement parler, mais énormément d’instants et de moments de joie et de gaité partagés lors de cette tournée que j’ai adorée.

extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 46

 

 

 

 

 

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Johanna MANCHEC choristes de Mylène Farmer au Timeless 2013

Posté par francesca7 le 23 mai 2014

 

 

johanna manchecChanteuse protéiforme, Hohanna Manchec, se lance très tôt dans le musique en apprenant la guitare et le piano, puis se produit, dès l’adolescence, comme interprète du piano-bas La Périgourdine. Elle fait ses premiers pas de choriste lors du Stade France de Johnny Hallyday en 1998, avec qui elle chantera à nouveau en 1999, 2000, 2003 et 2006. En parallèle, elle donne des cours de chant et cape son premier rôle d’actrice à L’opéra Royal de Wallonie à Liège, en 2003, dans Simenon et Joséphine de Jean-Louis Grinda, elle y joue le rôle principal de Joséphine Baker et s’adonne même aux claquettes.

Présentée par Yvan Cassar à Mylène Farmer, elle participe en 1999 aux choeurs africains de « Mylenium » et « L’amour naissant » sur l’album « Innamoramento ». Par la suite, elle sera présente en tant que choriste sur toutes les tournées de Mylène Farmer à partir du Mylenium Tour.

La chanteuse a à son actif un album solo, « Hymne à la vie » (Février 2011), écrit, composé et arrangé par ses soins.

Image de prévisualisation YouTube

vidéo http://www.youtube.com/watch?v=Mp5QLaditB8

 

Amoureuse du spectacle vivant, Johanna Manchec-Ferdinanc mène avec talent et énergie une carrière de choriste pour Johnny Hallyday et Mylène Farmer, et avec humour et élégance, ses propres concerts…

Mylène Farmer a fait un passage par le Cours Florent. Vous avez, vous aussi, suivi une formation pluridisciplinaire bien avant que Star Academy et autres Popstars n’existent…
J’ai suivi une formation dans une école privée de spectacle. J’ai fait le Festival d’Avignon, travaillé au Cirque d’Hiver et obtenu mon diplôme. Je me suis ensuite frottée à l’école de la vie. J’ai débuté au piano-bar La Périgourdine, un soir où mon meilleur ami a demandé au patron de me laisser interpréter « Summertime ». J’ai été engagée le soir même, malgré un maigre répertoire. Au début des années 1990, j’ai travaillé au mythique cabaret des Trois Maillets. J’étais très attirée par ce lieu rempli des fantômes de Sydney Bechet ou de Nina Simone. J’ai appris à chanter et aussi à susciter l’attention des clients vers trois heures du matin. Cette expérience me sert tous les jours dans ma vie d’artiste. J’y ai croisé Nicolas Montazaud, le percussionniste de Mylène sur Avant que l’ombre… à Bercy.

De ces débuts d’interprète soliste, comment êtes-vous devenue choriste ?
Par hasard et plutôt tard ! Une amie chanteuse m’a demandé de l’accompagner à l’audition pour le Stade de France de Johnny Hallyday en 1998, mon premier engagement aux côtés de cet immense artiste. Ensuite, j’ai auditionné pour le Mylenium Tour : autre rencontre choc dans ma vie artistique avec Mylène Farmer. J’avais évidemment entendu parler de Mylène et j’ai découvert davantage son univers en travaillant avec elle sur ses chansons et sur la mise en scène de sa musique. J’ai été agréablement surprise de la sensibilité qui se dégageait de ses concerts. Comme lors de ma première collaboration avec Johnny, je me suis retrouvée au service d’une artiste renommée et j’ai découvert le fonctionnement de ces grosses machineries, tous les artistes de l’ombre et techniciens qui travaillent en coulisses pour cette grosse entreprise…

Vous aviez rencontré Mylène lors de l’enregistrement de « Dessine-moi un mouton », « Souviens-toi du jour… », « L’amour naissant » et « Mylenium ». Vous souvenez-vous de cette prise de contact ?
Vous me le rappelez… On a fait tellement de concerts depuis ! C’est par l’intermédiaire d’Yvan Cassar que je me suis retrouvée dans cette chorale de studio. Nous étions cinq filles, et notamment Angeline Annonier. J’apprécie son talent et nous travaillons d’ailleurs ensemble sur quelques textes de mon premier album. Nous avions enregistré ces voix à Los Angeles et Paris. Mylène et Laurent Boutonnat étaient présents durant les deux séances.

Quels souvenirs gardez-vous de cette première tournée débutée avec Mylène en 1999 ?
Une incroyable aventure. J’ai été si chanceuse de me retrouver dès le départ sur une telle tournée avec cinq dates à Bercy, il me semble. De plus, nous nous sommes rendus en 2000 en Russie et ce fut une belle expérience. On était habitués à des français surexcités alors que là, tous étaient assis au calme. J’ai trouvé le public de Moscou et de Saint-Pétersbourg très émouvant. Certainement le poids de l’histoire… J’ai adoré accompagner « Innamoramento » et « California » où nous nous retrouvions, avec Mylène et Esther, toutes les trois sur l’escalier central. On partage des moments inoubliables avec l’artiste sur certains titres.

Après le Mylenium Tour, la Tour Eiffel, l’Olympia et la tournée de Johnny en 2000, puis Bercy, le Parc des Princes et sa nouvelle tournée en 2003, vous avez joué le rôle-titre de Simenon et Joséphine au Forum de Liège fin 2003…

J’ai adoré jouer le personnage tumultueux de Joséphine Baker dans cette comédie musicale. Ce spectacle m’a réconfortée et m’a redonné confiance pour prendre plus de risques dans mon métier et j’ai une pensée particulière pour une personne qui m’a beaucoup encouragée. Le scénario était dense. On mettait une histoire en musique, et non l’inverse. Il s’agissait de raconter, avec un vrai orchestre symphonique qui jouait live dans la fosse, la liaison intense entre l’écrivain Georges Simenon et Joséphine.

Qui vous a rappelé pour Avant que l’ombre… à Bercy ?
Mylène et Laurent m’ont convoquée pour les premières répétitions. Nous avions tous la pression étant donné la taille du spectacle. Nous avons fait ce qu’il fallait pour que ce trac ne prenne pas le pas sur le reste.

Quel a été le plus beau moment d’émotion durant le concert de janvier dernier ?
Sans hésiter la chanson « Avant que l’ombre… » interprétée derrière le rideau d’eau. Il se dégageait une atmosphère très prenante, une émotion très particulière sur scène. Je pense que cela apparaissait au public comme une sortie grandiose. Nous sur scène, nous avions toujours le cœur serré. Franchement, je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir les larmes aux yeux. Mylène avait une fragilité dans la voix qui laissait passer tant de sensibilité, comme on peut en ressentir lors d’un au revoir. A ce moment-là du show, les plateformes sur lesquelles nous étions installées descendaient et on ne distinguait plus que l’ombre de Mylène qui gravissait l’escalier. Superbe.

Vous étiez physiquement beaucoup moins proche qu’elle que sur le Mylenium Tour…
Pas vraiment. Elle nous rejoignait souvent, notamment sur « L’amour n’est rien… ». Pour « Désenchantée », nous traversions la passerelle pendant l’intermède musical et la rejoignions sur la scène centrale en reprenant le refrain « Tout est chaos… ». C’était un beau moment en plein cœur de Bercy et il me tarde vraiment de voir comment rendaient ces titres. On ne découvre le spectacle qu’après le public car on ne profite pas de tout le travail créatif de son et de lumière. J’ai redécouvert le Mylenium Tour en visionnant la vidéo live.

Les fans de Mylène deviennent un peu les vôtres. Est-ce troublant ?
Non, c’est une forme de reconnaissance. Certains reviennent systématiquement aux premiers rangs et on finit par créer une complicité avec eux. Nous partageons l’amour qu’ils ont pour l’artiste et c’est vrai qu’eux arrivent à nous rencontrer plus facilement que leur idole.

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Les médias évoquent souvent les similitudes entre Johnny Hallyday et Mylène Farmer. Vous qui les côtoyez tous les deux, qu’en pensez-vous ?
D’abord leur immense professionnalisme. Mylène est plus réservée au premier abord. Johnny est un artiste extraordinairement talentueux et attachant, les qualificatifs manquent pour décrire tout ce qu’il représente. Ils ont envie que ceux qui participent à leurs spectacles soient rigoureux. AU fil des jours, on crée autre chose qu’une simple relation de professionnel à professionnel… Ils ont en commun la simplicité en coulisses et la générosité envers leur public sur scène. Ils transmettent une énergie incroyable lorsqu’ils sont sous les projecteurs, et en termes de carrières artistiques, ils sont l’exemple à suivre.

Vous travaillez avec Esther Donbong’Na Essienne sur les spectacles Farmer. Est-ce un luxe de n’être que deux « sexy ladies » comme dirait Johnny, sur un spectacle ?
C’est un plaisir en tout cas. On est toujours en duo pour Mylène. En revanche, ce choix est inédit pour cette tournée plus « roots » de Johnny, nous étions habituées à être plusieurs choristes. J’ai une tonne de souvenirs avec Esther ! Il me faudrait des heures… Je me souviens de rires en répétitions sur le Mylenium Tour. Christophe Danchaud nous faisait répéter une gestuelle sur « Innamoramento ». On devait joindre nos mains pendant que Mylène retournait au creux de la main de la statue. Je me suis retournée dans le mauvais sens et je me suis retrouvée face à face avec Esther, mais comme elle est plus grande que moi, j’avais le nez dans sa poitrine. Impossible dès lors de s’arrêter de rire ! Mylène nous regardait l’air de dire…

La comédie musicale Simenon et Joséphine n’aura duré que cinq jours, tout comme Avant que l’ombre… à Bercy n’aura vécu que treize soirées uniques. Existe-t-il un manque quand tant de répétitions se soldent par si peu de concerts ?
En tant que chanteuse, danseuse et chorégraphe, je travaille sur des spectacles dans l’évènementiel avec ce même sentiment d’éphémère. Je m’investis également dans la direction artistique de la société de production que nous avons créée avec mon manager et mari. Notre plaisir est de faire découvrir d’autres artistes talentueux ou de voyager pour créer des concerts uniques pour de prestigieuses soirées privées, comme à Dallas il y a quelques mois. C’est important de ne pas se perdre dans les arcanes du métier. Je crois au pouvoir de l’expérience et je donne autant d’importance à ma vie artistique qu’à ma vie privée… Les jours off, je retrouve avec intensité ma vie de femme, d’épouse et de maman.

Que reste-t-il à vous souhaiter ?
Que la chance soit toujours au rendez-vous, notamment pour l’enregistrement de mon album. Je consacre beaucoup d’énergie à présenter des mélodies et des textes qui tiennent la route, nourris de toutes mes influences, sans limite à ma création. J’espère que mes chansons trouveront leur public.

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ESTHA DIVINE choriste de Mylène Farmer au Timeless 2013

Posté par francesca7 le 20 mai 2014

 

 

Estha Divine 1_GWAMA-DSC_1634

Esther Dobong’Na Essienne, dite Estha Divine, est une chanteuse multi-instrumentiste d’origine camerounais née à Paris. Elle entre au conservatoire à 5ans et en ressort avec un prix au piano. Elle apprend la batterie, la basse et la guitare (en autodidacte) et compose ses premiers morceaux à  12 ans. En 1982, elle forme le trio Blackheart Daughters avec ses deux sœurs (dont Princess Erika, pour qui elle assurera plus tard les chœurs dans des enregistrements solo) en occupant la voix, la basse et la batterie.

Elle sort le single  » Ayana », aux ambiances africaine et soul et interprète, en 1997, les deux titres principaux du film « Les sœurs Soleil » : « Show Me the Way » et « Les hommes je les consomme ».

Toujours fidèle à Mylène Farmer depuis près de vingt ans, Estha Divine assure les chœurs sur Toute les tournées de la star depuis le Tour 1996, et participe comme choriste à l’enregistrement de quelques titres studio (C’est dans l’air, A force de …, A-t-on jamais, Ici-bas…, Tu ne le dis pas).

Image de prévisualisation YouTube

vidéo http://www.youtube.com/watch?v=5IpXbHgKjqw

 

Été 2010. Studio Davout, Paris. Princess Erika réenregistre son nouvel album, Juste Erika. Réalisé par Khalil Maouenne (Assia,Julien Clerc…). Parmi les choristes, la soeur aînée de Princess Erika, la grande Estha Divine Esther !

PS : comme Esther ne saurait ni se suffire, pour être envisagée, d’un seul entretien, ni, pour être appréciée, du même traitement que les autres… à moins que ce ne soit parce qu’elle est la soeur de l’artiste principale… enfin, le fait est que demain vous pourrez suivre la seconde partie de son interview-portrait.

 

Sa musique MEL ​​et délivre pop, soul, opéra, du jazz, africain, GOSPEL, DIPHONIQUE ET CHANTS diphonique ETC. .. SOULFUL RYTHMES avec des sons ethniques et un aperçu de ROCK ATTITUDE PARFOIS ainsi que la musique de Estha_Edouard_dlc2_1255273014dévotion. 

chanteur, musicien, compositeur, auteur, directeur musical, arrangeur, acteur, producteur …. 
elle a travaillé et a collaboré à un studio d’enregistrement, émissions de télévision, et des concerts ou des séances de bœuf avec de nombreux artistes comme chanteur ou musicien: COMME NUMÉRO UN POP STAR Mylène Farmer, Jimmy Cliff, Manu Dibango, Jermaine JACKSON, Jean-Luc Ponty, MARIAH CAREY, MOKHTAR SAMBA, Barbara Hendricks, MICHAEL BOLTON, GRAEME REVELL ET Nusrat Fateh Ali Khan (IN VISION II SPIRIT OF RUMI), ERA (ERIC LEVI), Joniece JAMISON (sa tante), Les Nubians, Princess Erika (sa sœur), SYLVIE VARTAN, MARIANNE JAMES, American Gospel, Linda Lee Hopkins, TITUS WILLIAMS, Tchéky Karyo, ROCH VOISINE, LES CENT VOIX, KEZIAH JONES, RICHARD BONA, FELIX ET ARMAND SABAL-LECCO, PACO SERY, TOURÉ Kounda, Angélique Kidjo, URSULINE Kairson, juste pour en nommer quelques uns … 

elle traverse DANS DE NOMBREUX PAYS, comme l’Espagne, Etats-Unis, Angleterre, CAMEROUN, AFRIQUE DU SUD, Allemagne, Russie, Italie, Suisse, ANGOLA, BELGIQUE, BÉNIN, CÔTE-D’IVOIRE, FINLANDE, BELARUS, MAROC, BÉNIN, TUNISIE, PORTUGAL, CONGO, REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO, PAYS-BAS, SÉNÉGAL, AUTRICHE, NOUVELLE-CALÉDONIE, ECOSSE ETC … Et récemment INDE … 
Prenez le temps de découvrir son univers MONDE …

 
! MUSIQUE EST SPIRITUEL AVANT ET SURTOUT
DIT-ELLE AVEC UN SOURIRE: « séjour dans la LUMIÈRE DIVINE »! 

Bénédictions divines amour et de lumière

 

 

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EVE RAMBOZ et sa collaboration avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 12 mai 2014

 

 

270px-Eve-Ramboz-rAprès des études aux Beaux-Arts de Bergen, en Norvège puis à l’Insas, en Belgique, EVE RAMBOZ travaille dans le monde entier (Japon, USA, Europe). Elle se consacre aujourd’hui à la réalisation et la supervision d’effets visuels numériques pour le cinéma et la télévision.

Eve RAMBOZ est infographiste et réalisatrice spécialisée dans les effets visuels numériques depuis 1988. Elle st la créatrice, entre autres, des courts-métrages d’animation « Métamorphose » et « Le Jardin des délices ». Elle travaille également pour le cinéma (« Mécaniques célestes » de Fina Torres) et la publicité (« Le fantôme » de la Citroën Saxo en 1997). Elle habille quatre chansons de Timeless 2013 : « Oui mais… non », « Je t’aime mélancolie », « A l’ombre » et « Inséparables/Inseparables ».

Au cinéma, elle apporte sa précieuse collaboration à Peter Greenaway pour Prospero’s book, Les Morts de la Seine et M for man, à Fina Torres pour Mécaniques célestes ou Woman on the top, Roland Joffe sur Good Bye lover et Vatel, Brian De Palma sur Mission Impossible, Steve Baron (Pinochio).

 

Auteur et réalisatrice depuis 1989, elle crée des films d’animation « L’excision de la pierre de folie », « l’Escamoteur », des installations, « E.I , Lumière » et en 1994, Métamorphose, film d’art sur les travaux du Grand Louvre.

Elle fait partie des membres fondateurs de « La Maison », lieu dédié aux effets visuels.

Filmographie

Réalisatrice

  • 1988, L’excision de la Pierre de Folie (3 mn, animation à partir de l’oeuvre de Jérôme Bosch)
  • 1991, L’escamoteur (13 mn, animation à partir de l’oeuvre de Jérôme Bosch ; 2e prix Pixel-INA Animation 2D 1991)
  • 1994, Métamorphose (sur les travaux du Grand Louvre)
  • 1991 Les morts de la Seine de Peter Greenaway
  • 1991 Prospero’s book de Peter Greenaway
  • 1991 M Is for Man, Music, Mozart de Peter Greenaway
  • 1992 Mirage illimité (générique) de Maurice Benayoun et Alain Escalle (1er prix Pixel-INA Génériques 1993 et sélection SIGGRAPH 1994)
  • 1992 Cité antérieures : Sienne de Christian Boustani
  • 1997, Publicité Citroën Saxo « Le Fantôme » (sélection SIGGRAPH 1998)
  • 2000, Arabian nights (Les mille et une nuits) de Steve Barron

 

 

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REVIEW DU CONCERT TIMELESS 2013 (partie 2)

Posté par francesca7 le 1 mai 2014

 

à partir du 7 septembre 2013, Mylène a brassé large pour la Tournée TIMELESS, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres de  chacun de ses albums et enchaînant les surprises, la suite de sa sélection :

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MONKEY ME

Il aura fallu patienter de nombreux mois pour que « Monkey Me », troisième single extrait du dernier album de Mylène, sorte enfin dans les bacs. Selon les sondages réalisés auprès des fans, ce titre reste l’un de leurs préférés de cet opus mais aussi l’un des plus attendus sur scènes. Joli cadeau donc, que Mylène fait ici à son public. 

Petite particularité  notable ; pas de noir ni de silence absolu entre la fin de « c’est une belle journée » et « Monkey Me », mais un enchaînement musical direct, assuré par quelques mesures de synthétiseur, de charleston puis de guitare saccadée, qui brouillent les pistes pour le spectateur qui se demande alors de quelle chanson il peut bien s’agir ici, avant de découvrir les premières notes de « Monkey Me ». Pour ce titre, Mylène délaisse ses robots et ses danseurs et opte pour une mise en scène sobre aux jeux de lumières rouges et dorées qui permettent une véritable mise à l’honneur de la chanson. Toujours vêtue du même costume, encadrée de ses deux guitaristes et de son bassiste, la chanteuse se place au centre de la scène, face à son micro-pied, ce qui ne l’empêche pas, cependant, de partir à la rencontre de son public.

 

SLIPPING AWAY (CRIER LA VIE) (EN DUO VIRTUEL AVEC MOBY)

 Mylène et Thierry Suc nous avaient promis des surprises pour ce Timeless 2013. Autant dire qu’ils nous ont gâtés. Après les robots, c’st au tour de Moby de faire son apparition sur scène à travers l’écran géant du spectacle pour interpréter, avec Mylène, leur célèbre premier duo « Slipping Away » (Crier la vie). Sorti en septembre 2006, ce single a rencontré un succès de taille auprès du public et restait l’un des grands absents du Tour 2009. 

Alors que les premières notes de la chanson résonnent dans la salle, nous voyons apparaître, sur l’écran, le crâne de Moby, de dos et en très gros plan. Puis c’est en majorité son visage, éternellement impassible, qu’il nous offre durant tout le temps de la chanson à travers des images inédites, sans doute filmées pour l’occasion. Mylène, seule sur scène, éclairée par des jets de lumière blanche faisant écho aux couleurs plutôt froides qui règnent sur l’écran, assure ses couplets avec brio.

Etait-ce la volonté des deux artistes que la chanson soit ainsi présentée sur scène, ou Moby n’a-t-il pu être physiquement aux côtés de Mylène pour d’autres raisons ? Quoiqu’il en soit, outre le plaisir de retrouver enfin ce titre interpréter en live, ce tableau s’inscrit parfaitement dans le scénario de ce Timeless 2013, la présence virtuelle de Moby ajoutant en effet au caractère fantastique du show.

 

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ELLE A DIT / L’AMOUR N’EST RIEN

Encore une fois, Mylène a choisi la sobriété pour l’interprétation de « Elle a dit », titre qui ouvre son dernier album « Monkey Me », pas de chorégraphie, pas d’artifices sur scène, juste un éclairage dans les tons violets et une Mylène debout, au milieu de la scène, face à  son micro-pied. Honneur au texte donc, pour cette chanson qui traite d’homosexualité féminine et de la difficulté à accepter et vivre sa différence dans notre société. Inspirée, a priori, de la bande dessinée de Julie Maroch, « Le bleu est une couleur chaude », il aurait été délicat pour Mylène de passer à côté de ce titre sur scène pour deux raisons : non seulement celui-ci est assez populaire auprès de ses fans, mais il fait également écho au film d’Abdellatif Kechiche, « La vie d’Adèle – Chapitres 1 et 2″, librement inspiré de l’oeuvre de Julie Maroch, et sorti en pleine tournée, le 9 octobre 2013, après s’être fait palmer d’or à Cannes lors de la cérémonie 2013 du célèbre festival.

En Russie cependant, lors des concerts à Moscou (le 1er novembre  2013) et à Saint-Pétersbourg (le 4 novembre 2013), exit « Elle a dit » et bienvenue à « l’amour n’est rien… » Lors du Tour 2009 déjà, la star avait offert cette chanson en remplacement de « A quoi je sers » lors de ses concerts à Saint-Pétersbourg (le 28 juin 2009) et Moscou (le 1er juillet 2009) en raison de sa grande popularité auprès du public russe. Et si, le 27 octobre 2013 à Minsk (en Biélorussie), « l’amour n’est rien… » a également été – comme en Russie – chantée entre « Slipping Away » et « Oui mais..non », « Elle a dit » a bien été interprétée, mais à la place de « Bleu noir » cette fois-ci et sans bras métallique ni nacelle.

Mylène aurait-elle pris goût, en Russie et Biélorussie, à chanter « l’amour n’est rien… » ? Tout porte à le croire puisque ce titre, a, par la suite, définitivement rejoint la setlist des spectacles jusqu’à la fin de la tournée, le 6 décembre, au Palais Nikaïa à Nice. Pour cette chanson, Mylène a de nouveau fait le choix de la simplicité dans la mise en scène : tandis que l’écran géant s’habille de rouge (excepté durant le pont musical où il se retrouve envahi d’une pluie de lumière blanche), plusieurs séries de projecteurs éclairent la scène pendant que la chanteuse s’y promène en interprétant le titre.

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 7

 

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REVIEW DU CONCERT TIMELESS 2013 (partie 3)

Posté par francesca7 le 29 avril 2014

 

A partir du 7 septembre 2013, Mylène a brassé large pour la Tournée TIMELESS, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres, repris ici sur ce blog, de  chacun de ses albums et enchaînant les surprises, voici la suite de sa sélection au Timeless 2013:

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OUI MAIS… NON

Voici l’un des titres les plus populaires de la tournée. Premier single extrait de l’album « bleu noir », « oui mais … non » n’avait bénéficié que d’une seule représentation publique, le 22 janvier 2011 aux NRJ  Awards, avant d’être enfin interprétée sur scène lors de ce TIMELESS 2013, face à des spectateurs visiblement conquis dès les premières notes.

 

Reprenant la mise en scène du clip signé Chris Sweeney – Mylène assise dans un fauteuil est entourée de danseurs, la chorégraphie de David Leighton a été, pour le coup, modifiée, mais reste largement dans la veine  de l’originale. En fond visuel, l’écran géant nous offre des ombres chinoises (n’allant pas sans rappeler le décor du tour 2009 d’ailleurs) s’animant au rythme de la chanson et reprenant le spas des danseurs sur scène. Un titre énergique qui a mis le feu chaque soir de la tournée, et qui méritera sans conteste de retrouver sa place lors des prochains concerts de Mylène.

 

INTERLUDE

 

C’est désormais un classique des concerts de Mylène Farmer : un interlude musical mettant à l’honneur les danseurs et les lumières .. Et très utile à l’artiste pour se changer en coulisses ; c’est de nouveau le cas pour cette tournée. Débutant sur un doux remix électro du « Trio opus 100″ de Schubert, ce ne sont pas les danseurs mais plutôt les robots qui sont mis en avant cette fois-ci. Encadrées par des lasers bleus qui envahissent la salle, deux créatures sortent d’abor des abysses de la scène et entament un ballet sur ce morceau classique aux teintes mélancoliques, avant d’être rejoints par trois autres robots dans cette danse langoureuse. Mais bientôt, la musique de Schubert s’efface, le rythme et les lasers s’accélèrent, tandis que les robots nous offrent une chorégraphie beaucoup plus saccadée et nerveuse. Sur l’écran géant, des étincelles sont projetées puis disparaissent, avant de laisser place à des jeux de lumière aux pouvoirs hypnotiques directement envoyés des éléments de l’accélérateur de particules ; puis la musique s’arrête, les robots s’endorment, et le calme revient sur scène ; il est temps, désormais, d’en venir à la partie la plus intime du concret, le piano-voix.

 

thumbs_timeless-2013-gayant-expo-douai-23-novembre-201MAD WORLD (EN DUO AVEC GARY JULES)

 

Dans la salle, le noir absolu, puis les premières notes du piano d’Yvan Cassar résonnent tandis que les portes qui trônent de chaque côté de la scène s’habillent d’une lumière bleue. La mélodie est triste… nous nous attendons à voir Mylène arriver pour interpréter l’un des ballades de son répertoires. Mais c’es à une surprise supplémentaire que nous avons droit : sur la scène, un homme est là, seul. Le visage encore invisible, il entame de sa voix mêlant force et fragilité les paroles d’une chanson de Tears for Fears, « Mad World ». Puis son visage nous est enfin révélé : il s’agit de Gary Jules, bientôt rejoint par Mylène, qui arrive du fond de la scène, désormais habillée d’une robe en strass échancrée, laissant entrevois ses jambes.

 

Auteur-compositeur-interprète, Gary Jules est californien. A la tête de plusieurs albums (« Greetings from the Side » en 1998, « Trading Snakeoil for Wolftickets » en 2002, « Gary Jules » en 2006, et « Brid » en 2008) il s’est mondialement fait connaître grâce à sa reprise de « Made World » que l’on retrouve tout d’abord sur la bande originale du film « Donnie Darko », sortie en 2001, mais également sur son album, « Tradding Snakeoil for Wolftickets » l’année suivante. En 2003, le titre est réédité en Angleterre où il devient un tube que l’on entendra par la suite dans de nombreuses séries américaines comme « Smallville », « Jerricho », « Les experts » et « FBI : portés disparus », ou encore dans la publicité du jeu « Gears of War ».

 

 LES MOTS (EN DUO AVEC GARY JULES) 

Depuis sa sortie en 2001, le tube « Les Mots » n’a été interprété qu’une seule fois sur scène, lors de la série de concerts Avant que l’ombre… à Bercy, en 2006. Si nous pouvions nous attendre, à cette occasion, à voir apparaître Seal pour la chanter aux côtés de Mylène, il n’en fut rien. C’est en effet Abraham Laboriel Jr, son batteur, qui prit le relais. Pour Timeless 2013, Mylène a souhaité reprendre ce titre. Mais là encore, Seal ne fut pas au rendez-vous, puisque lors de cette tournée, c’est Gary Jules qui en assura l’interprétation. 

Sur scène, tandis qu’yvan Cassar joue les premières notes, Mylène et le chanteur se tiennent côte à côte. Comme à l’accoutumée, le duo est lancé par Mylène, et Gary Jules la rejoint lors du deuxième couplet. Le couple fonctionne bien, l’alchimie des deux voix est là, et la complicité évidente. Une belle réussite pour cette deuxième fois où Mylène fait intervenir un autre artiste (extérieur à l’équipe de la tournée) sur scène. La première occasion remonte à décembre 1996, lorsque la star invita Khaled à venir chanter avec elle la reprise de la chanson de Polnareff, « La poupée qui fait non », à Genève et à Paris Bercy.

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JE TE DIS TOUT 

Après avoir salué Gary Jules, Mylène, seule, s’en va aux côté d’Yvan Cassar (qui n’a pas bougé du côté droit de la scène depuis le début de cette séquence piano-vois), afin d’interpréter l’un des plus beaux titres de son répertoire, « Je te dis tout ». Deuxième extrait de « Monkey Me », son dernier album, cette chanson, dont les paroles lourdes de sens semblent s’adresser à un enfant, a bénéficié d’une représentation publique unique lors des NRJ Music Awards, le 26 Janvier 2013. Un vidéo-clip signé François Hanss fut également tourné, dont plusieurs éléments faisaient référence à la grande période des clips de Mylène dans les années 80, et dans lequel la coiffure qu’elle y arborait rappelle celle choisie pour ce Timeless 2013. 

Sur scène, l’interprétation est plus lente que la version studio et l’introduction au piano revisitée. Quant à la sobriété offerte par la mise en scène, elle confère à la chanson une émotion d’autant plus palpable dans la vie de Mylène que cette dernière a chois, pour ce live, de nous la livrer entièrement en acoustique. 

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 8

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REVIEW DU CONCERT TIMELESS 2013 (partie 4)

Posté par francesca7 le 29 avril 2014

 

A partir du 7 septembre 2013, Mylène a brassé large pour la Tournée TIMELESS, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres, repris ici sur ce blog, de  chacun de ses albums et enchaînant les surprises, voici la suite de sa sélection au Timeless 2013:

ET POURTANT….

Si le public pouvait d’attendre à « Rêve ou « Ainsi soit je… » comme quatrième titre de ce piano-voix, il n’en fut rien puisque, encore une fois, Mylène a préféré la surprise en nous proposant la ballade qui clôt officiellement l’album « Avant que l’ombre… », sorti en 2005 : « Et pourtant … » . Lors de ce Timeless 2013, c’est celle avec laquelle la chanteuse a choisi de terminer la séquence piano-voix de son show

Une chanson qui met à l’épreuve la fragilité de sa voix lorsqu’elle monte dans les aigus et se brise, sur des paroles chantant l’espoir en l’amour malgré la peine, les doutes et les déceptions. A la fin, Mylène s’en va en coulisses, laissant Yvan Cassar nous offrir une envolée lyrique au piano. Un peu d e calme avant la tempête qui va de nouveau déferler sur scène quelques instants plus tard….

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DESENCHANTEE

L’écran géant se remplit d’une pluie d’étoiles blanches défilant à toute vitesse puis est entièrement envahi de rouge lorsque les premières mesures de « Désenchantée » se font entendre. Dans la salle, c’est l’effervescence. Depuis le Tour 1996, le public attend toujours avec autant de ferveur ce qui reste à ce jour le plus grand tube de la chanteuse. Indétrônable « Désenchantée », aux paroles si pessimistes et malheureusement toujours d’actualité (vingt-deux ans après avoir été écrites), mais dont le rythme et la mélodie si efficaces réussissent toujours à soulever les foules, chaque soir de concert…

Tout de noir vêtue, Mylène marche seule vers son public, arrivant du fond de lala scène pour entamer la chanson, tandis que ses danseurs, d’abord recroquevillés dans leur camisole blanche, l’attendent pour se lever et se balancer, comme des pantins avant de s’agiter et se libérer de leurs liens durant le premier refrain. Sur l’écran géant, plusieurs araignées métalliques ont fait leur apparition (« araignée du matin, chagrin, araignées du soir, espoir » ?). C’est l’une d’elles qui accompagnera ensuite majoritairement la chanson en se promenant sur sa toile, semblant presque s’amuser à suivre le rythme du titre. Sur scène, le deuxième couplet est l’occasion de découvrir à quel point la chorégraphie, très revisitée, est devenue sportive, bien que reprenant des pas de l’originale, lors des refrains et du pont musical. Le cocktail est efficace et le public conquis. « Désenchantée » version 2013 est une belle réussite visuelle, soutenue par une réorchestration intéressante.

 

BLEU NOIR / ELLE A DIT

Outre le concert du 27 octobre 2013 à Minsk, en Biélorussie, où ce titre a été remplacé par « Elle a dit » (chanté sur scène sans bras métallique ni nacelle, comme en France), « Bleu noir » deuxième single extrait de l’album du même nom sortie en 2010, était présent dans la setlist de chaque concert de la tournée. Sa mise en scène en était tout à fait remarquable, puisque Mylène rejoignait tous les soirs la gauche de la scène et montait sur une plate-forme attachée à un bras métallique qui, durant la chanson, survolait le public de la fosse. L’occasion pour la star de voir ses fans « d’en haut » et de connaître un véritable moment d’osmose avec eux.

Cet élément de décor rappelle quelque peu celui du Tour 1996, lorsque sur la chanson finale, « XXL », Mylène montait sur une petite plate-forme qui se situaient en avancée de scène et s’élevait dans les airs durant la chanson. Il évoque également celui de la série de concerts Avant que l’ombre… A Bercy, où pour le titre « Ange parle-moi » la chanteuse arrivait d’en haut à gauche de Bercy, dans une nacelle reliée à des rails cachés dans les plafonds de la salle et qui survolait tout le public jusqu’à la déposer sur la deuxième scène cruciforme occupant une partie de la fosse.

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DIABOLIQUE MON ANGE

« Diabolique mon Ange » est l’une des chansons les plus marquantes de l’album « Bleu noir ». La musique, à la fois mélancolique et tragique – signée Darius Keeler et Danny Griffiths du groupe Archives- habille des paroles particulièrement sombres semblant évoquer le suicide par défenestration après une déception amoureuse. Si ce titre ne fut pas un single extrait de « Bleu noir », il aura connu une existence sur scène lui permettant de devenir le premier extrait de l’album live « Timeless 2013″. Une belle revanche !

Alors que l’introduction débute, la salle est soudainement plongée dans des ténèbres aux teintes bleutées. Seuls deux spots envoient des rais de lumière formant une croix au-dessus de Mylène qui est là, debout, au milieu de la scène, ne nous offrant d’abord que sa silhouette. Ce n’est que vers la moitié du titre que d’autres éléments de décor interviennent : ainsi les trapèzes de l’accélérateur de particules se couvrent-ils de rouge feu pour descendre ensuite, telle une menace, au-dessus des musiciens, avant de se redresser et de lancer des éclairs de lumière vers Mylène. Par la suite, tandis que la chanteuse part rejoindre les coulisses, ils retrouvent les hauteurs de la salle pendant que d’immenses flammes vertes envahissent l’écran géant et que les musiciens rejouent les mesures du refrain. Le point final de la chanson est donné lorsque la musique s’arrête et que ne reste que la croix formée par les deux jets de lumière. Une mise en scène qui va crescendo et qui accompagne parfaitement la montée en puissance de texte, dont Mylène nous offre ici une interprétation poignante.

 

SANS CONTREFACON

Autre grand classique et incontournable tube que Mylène nous propose systématiquement sur scène depuis le début de sa carrière (excepté lors du Mylenium Tour où seule une partie de la chanson était glissée dans un medley), « Sans contrefaçon » s’invite à cet instant-là du show, apportant un peu de légèreté après « Diabolique mon ange ».

Sur l’écran géant, une boule rouge de lumière s’installe tandis que, sur la scène éclairée de lumières dorées, des danseurs prennent place, armés d’un bâton et habillés d’une robe rouge façon samouraï laissant entrevoir leur torse et leurs épaules. Ils débutent une chorégraphie très martiale alors que les premières notes de la chanson se font entendre. Mylène arrive sur scène, elle aussi habillée d’une robe rouge, et rejoint ses danseurs dont la chorégraphie mélange désormais des éléments de l’originale à des gestes plus guerriers. Pour cette tournée, la chanteuse a énormément simplifié et restreint ses pas sur cette chanson… nous sommes ben loin de l’énergie du Tour 2009. Cependant, la réorchestration est de mise et, comme un rappel du « Libertine » version 2009, les choristes se laissent aller à quelques « Ya ya hi yé oh » pour agrémenter le pont musical, pendant que Mylène se fait porter par ses danseurs ayant formé une assise avec leur bâton.

MAMAN A TORT (EXTRAIT)

Voici l’une des surprises les plus sympathiques de ce Timeless 2013 : le retour de « Maman a trot » sur scène. Un titre qui s’inscrit directement dans la lignée de « Sans contrefaçon » tant il y est question d’ambiguïté sexuelle. Mais à l’instar du Mylenium Tour, durant lequel la chanson était glissée au milieu d’un medley et donc tronquée, le titre ne fut pas, encore une fois, proposé en entier. Mylène amorçant en effet le premier couplet pour inviter ensuite le public à le chanter, avant de s’arrêter là, comme « amusée » de laisser ses fans quelque peu frustrés de ne pouvoir continuer sur le refrain… notons cependant que mises à part les premières dates de la tournée, Mylène a systématiquement chanté une deuxième (voire une troisième) fois ce premier couplet avec les spectateurs, à la fin duquel elle se libérait de la partie « jupe » de son costume, laissant alors davantage voir ses jambes habillées de cuissardes rouges.

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Excepté le Tour 1989 donc, jamais « Maman a tort » n’aura connu une interprétation intégrale sur scène. Un fait étonnant, tant cette chanson, qui lança la carrière de Mylène en 1984, semble être l’une de celles que son public apprécie tout particulièrement … Mais un joli clin d’œil quand même, auquel n’eurent cependant pas droit les spectateur de Minsk (le 27 octobre 2013), Moscou (le 1er novembre 2013) et Saint-Pétersbourg (le 4 novembre 2013).

JE T’AIME MELANCOLIE

Après ce petite aparté très eighties, retour à un titre des années 90 avec « Je t’aime mélancolie ». Outre les concerts russes du Mylenium Tour et celui du 28 juin 2009 à Saint-Pétersbourg (lors du Tour 2009), durant lesquels Mylène l’a chanté, ce single extrait de l’album « l’autre… » (1991) n’a été repris que deux fois sur scène : pendant le Tour 1996, et durant la série de concerts Avant que l’ombre… à Bercy, en 2006. Lors de cette dernière prestation d’ailleurs, la star dansait relativement peu, comparativement à celle du Tour 1996 dont la chorégraphie était très proche de ce qui était proposé pour les passages télévisés en 1991 et 1992 afin de défendre le titre.

Si Timeless 2013 nous offre de nouveau une version chorégraphiée, quelques changements sont néanmoins notables ; alors que nous retrouvons ben les pas d’origine durant les refrains et le deuxième couplet (à part le bras d’honneur qui a été remplacé par un doigt d’honneur exécuté uniquement par les danseurs), l’introduction, le premier couplet, et la fin de la chanson sont, en revanche, l’occasion de quelques nouveautés. Quant au pont musical, Mylène le dansait, selon les soirs, en entier, partiellement ou pas du tout, pendant que ses danseurs, eux, reprenaient systématiquement les pas et mouvements de la célèbre chorégraphie. Sur l’écran géant, majoritairement rempli de rouge, apparaissent des paires de ciseaux, des roues de vélo, des gants de box (un petit clin d’oeil au clip ) ou encore des engrenages d’horloge que l’on retrouve ensuite dans un cerveau proche d’exploser : une manière comme une autre d’illustrer la « prise de tête ». A la toute fin de la chanson, Mylène s’évade en coulisses, laissant ses musiciens jouer un outro sur lequel les danseurs se présentent au public à travers une prestation très hip-hop.

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 10

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REVIEW DU CONCERT TIMELESS 2013 de Mylène (partie 5)

Posté par francesca7 le 28 avril 2014

 

A partir du 7 septembre 2013, Mylène a brassé large pour la Tournée TIMELESS, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres, repris ici sur ce blog, de  chacun de ses albums et enchaînant les surprises, voici la suite de sa sélection au Timeless 2013:

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XXL

Excepté le Mylenium Tour, « XXL » apparaît dans la setlist de toutes les tournées de Mylène depuis le Tour 1996. Seule cette première interprétation, d’ailleurs était chorégraphiée, la chanteuse ayant préféré, par la suite, se passer de ses danseurs pour ce titre. Si c’est nouveau le cas lors de cette tournée, l’énergie qui se dégage de « XXL » version 2013 est bel et bien au rendez-vous.

Alors qu’un cercle de lumière jaillit du haut de la scène, Mylène, désormais vêtue d’un tailleur pantalon noir agrémenté d’un veston et d’une cravate de la même couleur, entame les paroles de « XXL » sur une réorchestration tout en douceur à la guitare. Celle-ci sera de mise jusqu’à la fin du premier refrain, durant lequel le cercle de lumière descend et vient se placer à l’arrière de la chanteuse, s‘habillant ainsi d’un halo de blancheur. Mais lorsque arrive le second couplet, et à la surprise générale, c’est l’introduction rock originale de la chanson qui démarre. La musique, qui retrouve alors les arrangements que nous lui connaissons, s’énerve et s’accélère, tandis que l’écran géant et les éléments de l’accélérateur de particules, désormais relevés, bombardent les spectateurs de lumière blanche. Le ton est donné ; héros de question de pousser ce cri d’amour féministe de façon gentillette. Et encore une fois, le public se laisse prendre au jeu et scande « On veut de l’amour XXL » sans relâche jusqu’à la fin avec Mylène.

A L’OMBRE

Premier single extrait du dernier album de Mylène, « A l’ombre » a énormément divisé les fans de la chanteuse. L’introduction – une espèce de son de trompette que l’on croirait sortie d’un téléphone Nokhia du début des années 2000 – a en effet majoritairement déplu, et le titre, qui fut parfois qualifié d’aussi efficace que « Désenchantée » en son temps, n’a pas remué les foules outre mesure lors de sa sortie dans les bacs. Le tout accompagné d’un clip dans lequel nous découvrions l’œuvre d’Olivier de Sagazan pouvant créer, chez certains, un sentiment de malaise, tant les images que l’on y croyait étaient parfois dérangeantes (mais tel était le but, nous dira-t-on).

Pourtant, « A l’ombre » se révèle un titre plutôt efficace en concert. Son rythme soutenu et dynamique – de nouveau accompagné, sur l’écran géant, par des images d’Olivier de Sagazan et, sur scène, par des danseurs effectuant une chorégraphie dont les mouvements et les pas sont fortement inspirés de ceux du clip – contraste avec celui de Mylène qui a préféré l’interpréter en se promenant simplement sur la scène. Son costume – le même que sur « XXL » – rappelle évidemment celui qu’elle porte dans le clip, bien qu’elle ait choisi, pour l’occasion, d’en ôter la verte et de la tenir d’une main sur son épaule. A la fin du titre, tandis que les danseurs se tiennent immobiles sur scène, la musique redémarre et les bulles remplies de fumée descendent du plafond de la salle …

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INSEPARABLES / INSEPRABLES

Retour au calme pour la dernière chanson du show avant le traditionnel rappel. Pour cet avant-dernier tableau, la scène est désormais habillée de teintes bleutées tandis que, sur l’écran géant, d’étranges formes apparaissent, laissant parfois deviner un visage. Comme un « au revoir » et un message d’amour à son public, Mylène vêtue d’une robe blanche et ivoire, courte devant, longue derrière, a choisi d’interpréter « inséparables », la toute dernière chanson (bonus) que nous retrouvons sur l’album « bleu noir » et dont la musique est signée Moby. Le message est clair pour les spectateurs qui, chaque soir, ne peuvent s’empêcher de réagir aux paroles lorsque la chanteuse entonne ; « je sais bien que c’est le signe .. / tout s’arrête ici » ou encore : « moi je sais que c’était toi… / et tu vas me manquer… »

En revanche, lors de ses concerts en Biélorussie (à Minsk, le 27 octobre 2013) et en Russie (à Moscou, le 1er novembre 2013 puis à Saint-Pétersbourg le 4 novembre 2013), la chanson fut remplacée par « Inseparables », la jumelle anglaise de « inséparables », dont, pour le coup, parles et musiques sont signées Moby. Qu’importe le version, cet avant-dernier titre du spectacle fut également l’occasion pour les cinq robots de faire, eux aussi, leurs adieux au public chaque soir de la tournée, à travers une ample révérence…

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REVER

Dernière chanson et dernière énorme surprise de ce Timeless 2013 : « Rêver ». A l’instar des concerts en stades du Tour 2009, où Mylène avait laissé coi son public en clôturant le show avec « Désenchantée », la présence de « Rêver » en toute fin de setlist a également surpris, certains s’étonnant d’ailleurs de ne pas l’avoir retrouvée plus tôt dans le spectacle – comme lors du Tour 1996 et le Mylenium Tour) ou à la place désormais habituelle, lors de la traditionnelle séquence piano-voix (comme ce fut le cas lors de la série de concerts Avant que l’ombre… à Bercy en 2006, et le Tour 2009).

Mylène a donc choisi – contrairement au Tour 2009 qui finissait sur le constat d’une génération « désenchantée » – de terminer son concert sur un message d’espoir. Côté mis en scène, la chanteuse a opté pour la simplicité puisqu’elle se tient seule, face à son public, pour interpréter ce titre, à la fin duquel le cercle métallique (que nous retrouvions sur « XXL ») descend doucement et s’arrête au-dessus d’elle. Après avoir entonné le dernier mot de la chanson (« aimer ») avec les spectateurs, Mylène disparaît dans un nuage de fumée lâché du cercle métallique tandis que les musiciens, toujours visibles continuent de jouer le refrain de la chanson avant que la scène ne soit plongée dans le noir. Notons cependant qu’à compter du 17 septembre, et jusqu’à la fin de la tournée, cette partie finale de la mise en scène a été modifiée ; après la disparition de Mylène dans le jet de fumée en effet, le rideau LED, teinté de bleu, se referme progressivement pendant que les plateformes où jouent les musiciens redescendant doucement sous la scène.

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Tous les soirs, avant le concert, du 7 septembre à Paris Bercy au 5 octobre 2013 à Montpellier, le public présent dans la salle pouvait profiter du Remix de « A l’ombre » signé Tony Romera, le « Tony Romera Club Remix ». Mais le 8 et le 9 octobre à Nantes, c’est le remix de « Monkey Me », le « ET’s Club Remix » d’Amir Afargan qui a été proposé à la place de celui de « A l’ombre » . A compter du 11 octobre 2013 à Nantes (et jusqu’à la fin de la tournée), selon les soirs, le public pouvait entendre soit le remix de « A l’ombre », soit celui de « Monkey Me » soit les deux.

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 12

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Mylène FARMER – TIMELESS GENESIS

Posté par francesca7 le 28 avril 2014

 

Le 27 septembre 2012, nous découvrions le nom de la nouvelle tournée de Mylène : Timeless 2013. Son côté « intemporel », la chanteuse avait choisi de l’illustrer d’une affiche aux teintes blanches sur laquelle se détachait son visage à l’œil bleu clair et sa perruque peroxydée. Le ton était donné, laissant présager un show futuriste dont le setliste mélangerait anciens tubes et chansons plus récentes. Et ce fut le cas. Mylène a brassé large, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres de  chacun de ses albums (excepté « Innamoramento » et « Point de suture ») et enchaînant les surprises, comme le duo virtuel avec Moby sur « Slipping Away (Crier la vie) », les duos réels avec Gary Jules, ou encore le Break « Maman a tort ». Quant aux chorégraphies de la chanteuse, moins nombreuses et énergiques qu’en 2009, elles furent largement compensées par sa présence scénique particulièrement remarquable ; jamais, en effet, la star ne s’était montrée aussi « bavarde » sur scène que lors de cette tournée ! A l’aube de trente ans d’une carrière jalonnée de succès, Mylène avait sans doute beaucoup d’amour à dire à son public. C’est chose faite, et nous espérons tous que ce Timeless 2013 ne sera pas la dernière fois…

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Timeless Gensis : Alors que le brut du vent se fait entendre dans la salle, c’est face à un mur d’étoiles projetées sur un rideau LED balayant toute la largeur de la scène que débute le concert. Des étoiles qui se condensent, progressivement, jusqu’à lasser apparaître le visage de Mylène – le même que celui que nous pouvions découvrir près d’un an auparavant sur les affiches de la tournée – sur un écran géant en fond de scène, derrière le rideau. Puis le visage disparaît, éclaboussant en des milliers d’étoiles, tandis que le rideau LED s’ouvre en deux et que retentit, à deux reprises, une sirène qui pourrait être celle d’un bateau.

Le vent souffle toujours lorsque la musique commence, inquiétante, saccadée, mêlant sons électro et batterie agressive, alors que nous entamons,  à travers l’écran géant, un voyage spatial à grande vitesse, pris dans des filets de lumière projetés sur nous. Une explosion, la musique qui s’accélère, et nous voici soudainement dans un tourbillon de poussière qui finit, là encore, par éclater, pour nous amener dans un espace réduit, au plafond et au sol parsemés d’étoiles ordonnées. Mais la lumière blanche, au but, nous appelle et nous attire, jusqu’à nous entraîner vers l’entrée d’un vaisseau dont la porte s’ouvre comme une anémone et nous invite à y pénétrer. Tandis que nous progressons de plus en plus rapidement dans ses entrailles à travers cet écran géant, d’imposants éléments métalliques trapézoïdaux arrivant du haut et du bas de la scène se rapprochent tout doucement les uns des autres. Puis l’écran se divise et laisse alors place, en fond de scène, à une nouvelle porte ronde, une rosace « porte des étoiles ».

Lorsque, quelques instants plus tard, les premières notes de « A force de… » se font entendre, sur scène, les éléments trapézoïdaux sont désormais réunis et forment un tunnel conique rappelant un accélérateur de particules, dont l’extrémité la plus étroite donne sur la « porte des étoiles ». Soudain, cette dernière s’ouvre, et nous découvrons alors le capitaine du vaisseau : Mylène, debout, immobile, regardant droit devant elle. Des éclairs rouges se promènent sur son corps, comme pour appeler qu’elle n’était peut être qu’un robot quelque instants auparavant, lorsqu’elle était encor derrière cette porte, et qu’elle n’a pris vie qu’une fois son vaisseau ouvert sur son public. Sa cape flottant au gré du vent, elle attend que la musique s’apaise pour commencer le show…

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C’est alors que nous aurons droit aux chansons suivantes :

 A force de… (4’08)

Comme j’ai mal…

C’est une belle journée…

 Monkey me (4’13)
slipping away (Crier la vie)

Elle a dit (3’52) 

l’amour n’est rien..

Oui mais… non

Interlude

Mad World (en duo avec Gary Jules)

Les mots (en duo avec Gary Jules)

 Je te dis tout (5’30)

Et pourtant

Désenchantée

Bleu noir / elle a dit

Diabolique mon ange

Sans contrefaçon

Maman a tort (extrait)

Je t’aime mélancolie

XXL

A l’ombre

Inséparables

Rêver

 

que je vais vous raconter ici même sur ce blog en détails. 

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 6

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AVANT la TOURNEE TIMELESS de Mylène

Posté par francesca7 le 27 avril 2014

 

Très peu d’informations ont filtré…

Assez rapidement, les termes « surprises » et « mise en scène pus ambitieuse encore » circulent à propos de cette future tournée, laissant présager du meilleur ; puis quelques noms sont révélés : à l’instar des concerts de 2009, Jean Paul Gaultier signera les costumes du spectacle. D’autres participants sont rapidement évoqués comme Yvan Cassar à la direction musicale ou Dimitri Vassiliu aux lumières, et l’incontournable Christophe Danchaud pour les chorégraphies. Par ailleurs, Mark Fisher (décédé le 25 juin 2013), signera les décors et confiera leur confection à la société artefact, réitérant ainsi leur collaboration avec l’équipe Farmer, tout comme les choristes Johanna Manchec et Estha Divine, ou Loïc Lacoste pour les lasers (présent en 2009).

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Outre une nouvelle campagne d’affichage à partir du 28 mai dans le métro parisien pour les concerts dans la capitale, et une campagne de pub radio diffusée à partir du 3 juin sur NRJ annonçant les « dernières places disponibles », la tournée de Mylène s’est faite oublier jusqu’aux répétitions au Studio Planet live à Bondy, s’étalant du 3 au 25 août, pour les danseurs et du 9 au 25 août pour les musiciens. 

La chanteuse passe en effet beaucoup de temps sur la préparation de son show, au point d’en délaisser la promotion de son album « Monkey Me ». Notons cependant que celui-ci s’est déjà vendu à plus de 300 000 exemplaires à peine un mois après sa sortie, lui valant une certification triple platine décernée par le SNEP dès le 31 décembre 2012 (un an plus tar et après la fin de Timeless 2013, l’album a dépassé les 380 000 ventes en France). A l’exception de quelques interviews accordées fin 2012, ainsi qu’un passage aux NRJ music Awards le 26 janvier 2013 pour défendre le deuxième titre extrait de son album, « Je te dis Tout », Mylène est restée plus discrète que jamais, ne prenant même pas la parole pour s’exprimer sur son différend avec Serge André. Ce musicien originaire de Carcassonne l’accuse en effet d’avoir repris le nom de son spectacle pour sa tournée européenne, et l’attaque pour concurrence déloyale et contrefaçon, (nous en avions parlé ici : http://francescax7.unblog.fr/2013/07/28/il-attaque-mylene-farmer-pour-contrefacon/ )

 

Révélée en mais 2013, l’affaire est bouclée en septembre, le tribunal de grande instance de Marseille condamnant alors Serge André à verser 14 000 euros de dommages et intérêts répartis de manière égale entre le producteur de la chanteuse et sa maison de disques.

Si le montage du décor commence dès le 20 août à Bercy, ce n’est qu’à partir du 27 que Mylène accompagnée de ses musiciens, choristes et danseurs, investit le Palais Omnisports pour la dernière ligne droite avant la grande première, le 7 septembre 2013. Mais là, plus question pour elle d’espérer la discrétion ; ses plus fervents admirateurs ont en effet planté leur tente devant la salle depuis le … 11 août, et espèrent bien ne pas rater une note des répétitions ! D’ailleurs, certains ont bien entendu le titre « Tomber 7 fois »… être répété à plusieurs reprises… pour, au final, être évincé de la Setlist définitive de Timeless 2013.

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UNE CARRIERE EN PICTURE DISC

Depuis des années, les fans se désolaient que Mylène ne propose plus de Picture Disc, le dernier remontant à 2002 avec le maxi 45T Picture Disc « c’est une belle journée ». Ils auront été entendus ! Le 20 avril 2013 tout d’abord, à l’occasion du Disquaire Day, Polydor/Universal leur proposait un 45T Picture Disc (le premier de la carrière de Mylène) de « Je te dis tout  ». En édition limitée et numérotée à environ 1 000 exemplaires, celui-ci était vendu exclusivement par certains disquaires indépendants. Quelques mois plus tard, Polydor/Universal remettait ça avec la sortie en deux temps de l’intégralité des albums studio de Mylène en vinyle ou double vinyle Picture Disc. Ainsi les opus « Cendres de lune », « l’autre… », « Anamorphosée », « Avant que l’ombre… » et « Monkey Me » ont-ils été proposés à la vente dès le 2 septembre, avant d’être rejoints par « Ainsi soit je… », « Innamoramento », « Point de suture » et « Bleu noir » dès le 7 octobre.

 

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 4

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Un champ d’images dans à quoi je sers de Mylène

Posté par francesca7 le 25 avril 2014

Qui pourrait prédire à un enfant élevé dans une famille nombreuse du XIIIe arrondissement de Paris une telle carrière, aussi riche, aussi complète et aussi prématurément inachevée. Pourtant tôt mis au piano par ses parents, Laurent ne veut Un champ d'images dans à quoi je sers de Mylène dans Mylène et Boutonnat aqjs01tendre que vers le cinéma. Seul cet art rassemble la rigueur exigée depuis ses 5 ans par son professeur de piano, la structure que lui impose son professeur particulier de français, et le besoin qu’à le jeune homme de transposer les images qu’il garde en tête depuis l’enfance. Il ne faut pas oublier que c’est après de courts essais filmiques, souvent muets, que Laurent à 17 ans décide de lui même de son statut de cinéaste, rassemblant un groupe d’amis pour tourner en 18 mois un long-métrage bancal mais très riche au point de vue thématique. Suite à l’échec prévisible et pourtant inattendu, à priori dû à son manque d’expérience, le jeune réalisateur endosse le rôle plus sage et plus conventionnel de l’assistant réalisateur par lequel il apprendra théoriquement ce qu’on a coutume d’appeler les « bases du métier ». Chassé le naturel, il revint vite au galop et c’est après dix mois de tournée documentariste dans toute la France traquant les énergies nucléaires que Laurent Boutonnat reprend seul la caméra pour tourner quelques publicités, en attendant le producteur opportun qui lui offrira sa véritable chance au cinéma.

aqjs02 dans Mylène et Boutonnat    La suite, tout le monde ou presque la connaît, c’est à la rédaction d’un livre sur l’infanticide que Boutonnat et un ami auront la formidable idée du coup commercial de Maman à tort, recrutant sur casting la jeune Mylène Farmer alors âgée de 21 ans. L’histoire pour Laurent Boutonnat aurait pourtant pu ici aussi amorcer un virage puis repartir dans une toute autre direction; car c’est le succès de Libertine, suite à plusieurs échecs, qui permettra à Boutonnat de faire de la conception de ses clips « un moyen détourné de faire du cinéma » pendant 6 ans. C’est en accumulant méthodiquement pendant toutes ces années ses royalties qu’il pourra se permettre d’autoproduire le aqjs12film-fleuve écrit depuis longtemps et dont personne ne veut : Giorgino. Vivant l’échec du film encore plus mal que celui de son premier long-métrage, Laurent Boutonnat restera définitivement dans l’ombre, n’accordera plus aucun interview à qui que ce soit et envisagera ses futures productions sous la dualité de trois angles : la fidélité à son égérie Mylène Farmer dont le succès et le talent l’ont dépassé, les coups de cœurs ponctuels à des chanteuses sur lesquelles il pariera tout; et avant tout cette stratégie commerciale sur laquelle il bâtissait déjà Maman à tort. Mais cet océan de coups mercantiles a depuis pris le pas sur la gigantesque montagne d’une oeuvre non achevée, sur laquelle Laurent Boutonnat a vacillé en 1994. On pourra par la suite trouver un manque d’imagination éventuellement, d’enthousiasme probablement, d’ambition très certainement. En omettant le commentaire sur l’homme d’affaire que nous ne comprendront décidément jamais; si on doit envisager l’entièreté de l’œuvre de l’artiste on ne peut qu’en constater la grande productivité musicale, la richesse filmique et la transformation finalement vaine de l’adolescent cinéphile de 16 ans en auteur quarantenaire épanoui artistiquement.

    Philippe Séguy fit deux portait de cet artiste en 1990, dans son livre Ainsi soit-elle. Deux regards d’un même auteur littéraire sur un cinéaste singulier qui créait encore à l’époque régulièrement l’événement par ses réalisations, tant musicales que cinématographiques.

 

« Si on ne peut plus concevoir à notre époque un son qui ne soit pas intimement lié à une image, c’est que notre entendement de la musique s’est profondément modifié »

 

aqjs08    Considérable mutation que ce phénomène, le plus original de la production musicale de ces dernières années. La musique est également devenue image. Si  elle favorise depuis des siècles l’apaisement, la propension à l’évasion et au rêve, si elle nous est aussi nécessaire que l’eau ou la lumière, elle s’accompagne maintenant d’un support privilégié: le vidéo-clip.

    En s’alliant à lui elle s’enrichit d’un scénario précisément défini et pensé. Le clip suppose, le plus souvent, des comédiens, une histoire, ou tout au moins un fil conducteur, même ténu, qui sous- entend des figurants, des décors, des costumes, des éclairages, tout ce qui en fait constitue une oeuvre cinématographique.

    Le réalisateur de l’ensemble des neuf clips de Mylène Farmer est Laurent Boutonnat. D’évidence et pour notre bonheur Laurent possède la grâce, l’inspiration la plus baroque, la plus fébrile, la plus intense, celle qui rebondit en arabesques, emprunte aux jeux d’eau leur force nerveuse, insolente. Autant de cris, autant d’angoisses aussi. C’est le mystère d’un style.

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    Les thèmes de prédilection de Laurent et Mylène – étroitement unis, on le devine, dans un même désir de se parfaire, de se surpasser – se retrouvent complices dans des réalisations surprenantes, multiples, éminemment variées et qui semblent présenter une apparente unité de ton, une ressemblance étroite, un même cheminement d’idées, sans cependant jamais tomber dans la redondance ou l’imitation servile. L’évocation de leur monde spirituel se fait grâce à des images souvent violentes.Images découpées au scalpel qui font parfois mal ; ainsi agirait-on pour une oeuvre de peintre! Couleurs lancées avec fureur sur la toile et qui, par une alchimie mystérieuse, recomposent des paysages devant lesquels l’homme avouerait son impuissance…

aqjs40    Ces visions prennent chair et sang grâce surtout à un style précis de signes compris d’eux seuls. Mais ils mettent tout leur talent et beaucoup d’amour à présenter leur oeuvre au public. Tout est présent, tout est dit, tout est signifié. Tout est présent, tout est dit, tout est signifié. A nous de ne pas craindre et de pénétrer en confiance dans ce labyrinthe halluciné, aux fulgurances d’orages, pour en extraire ce qui s’appelle le plaisir, quitte à tordre pour la faire sienne, et sans souci d’exactitude, l’expression d’un choix égoïste : images, gestes, mots, couleurs, que l’on emporte en secret, mais que l’on garde, toujours.

Philippe Séguy, Ainsi soit- elle, pp. 48-49,
                                                                  éditions J.P. Taillandier, 1991.

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« Itinéraire d’un jeune homme doué »

    Qui prétendrait voir en Laurent Boutonnat un pâle Lorenzaccio, ravagé par les affres du succès, assoiffé de paradis artificiels, défiguré par sa création – déjà abondante il est vrai- commettrait une bien lourde erreur !

aqjs39    Car enfin c’est out l’inverse. Imaginez, puisqu’une exacte pudeur l’empêche de se montrer souvent, et le fait fuir comme sous la menace d’une épidémie, télévisions, radios ou soirées mondaines, une crinière léonine aux lourdes mèches végétales que sa main replace sans ménagement. Imaginez aussi une stature haute et puissante, nourrie par un très ancien sang irlandais et une manière de regarder devant lui qui n’exclut pas la fierté.

    Imaginez surtout une rigueur mentale, une élégance de principe mêlée de beaucoup de courtoisie, un caractère qui somme toute, approcherait d’assez près les austérités jansénistes. (…)

    Laurent Boutonnat est un cinéaste qui fait de la musique.

    Il parle de cinéma avec ce mélange d’enthousiasme et de retenue qui le caractérise. Il en parle avec discernement, comme de quelque chose d’enfoui, de très souterrain, mais de longtemps révéré. Il raconte ce qu’il crée ; cet art exigeant qui le brûle, « cette alchimie mystérieuse qui naît d’une idée, d’un phantasme, d’une image, d’une envie de scène, d’une situation.«   Son oeuvre est couvasesouvent tragique, et s’il semble témoigner à l’homme une confiance toute relative, une misanthropie acide, on est toujours frappé par cette démesure, par cette énergie souvent venimeuse qui broie  les résistances , qui force l’ oeil à rester grand ouvert, qui blesse les sens, mais qui les rend plus subtils et plus rares.

    Lui demeure lucide. « Nous n’allons pas continuer à faire tout ceci impunément ; un jour, on va le payer très cher, car nous perdons la conscience de la violence, de la noirceur, de la morbidité…«   Il a la modestie d’ajouter que faire des vidéos-clips est un moyen détourné de faire du cinéma. »

Mais il ne faut pas le croire. Laurent Boutonnat est un réalisateur à part entière.

                 Ainsi soit-elle, Philippe Séguy, pp.78-81,
éditions J.P. Taillandier, PARIS, 1991

 

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Le pygmalion de Mylène F.

Posté par francesca7 le 19 avril 2014

Pygmalion de Mylène Farmer et réalisateur des plus beaux clips jamais réalisés dans l’hexagone (Tristana, Désenchantée, ou encore le monumental Pourvu qu’elles soient douces et ses 17 minutes de film), Laurent Boutonnat s’est essayé pour la première fois au long-métrage en 1994 avec le magnifique Giorgino, échec public, critique, et catastrophe financière absolue pour un film pourtant sublime. Profondément atteint, Boutonnat restera plus de 10 ans loin des plateaux de cinéma.

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=KqbmjqgSkEY

C’est en 2005 que le metteur en scène revint sur le devant de la scène cinématographique avec l’adaptation du roman d’Eugène Le Roy, déjà adapté à la télévision en 1969,Jacquou le croquant.

Le film raconte l’histoire de Jacquou, jeune garçon issu de la paysannerie française du début du 19ème siècle, un croquant (ou pouilleux), qui voit son père envoyé au bagne pour un crime commis en position de légitime défense pour protéger sa famille. Devenu rapidement orphelin suite à la mort de son père et de sa mère, Jacquou deviendra le fer de lance d’une révolte contre les ultraroyalistes, tout en fomentant sa vengeance contre le cruel comte de Nansac, responsable de la mort de ses parents.

 Le pygmalion de Mylène F. dans Mylène et Boutonnat 3671587mqttt 

Loin, très loin du film d’atmosphère et d’ambiance que constituait Giorgino, Boutonnat s’est affranchi (partiellement) de ses obsessions visuelles et poétiques, en livrant avec Jacquou le croquant une oeuvre beaucoup plus facile d’accès, film d’aventures familial de très bonne facture, malgré quelques flottements et des scènes à la limite du surjeu.

Ainsi, la séquence de la falaise, dans laquelle le personnage incarné par la sublime Marie-Josée Croze hurle sa haine face au château du comte de Nansac souffre d’un jeu outrancier de la part de l’actrice d’habitude irréprochable, et manque de peu de faire tomber la scène dans le ridicule. Par ailleurs, le film piétine dans son troisième quart, et aurait mérité un bon quart d’heure de moins.jacqou dans Mylène FILMOGRAPHIE

Ces réserves posées, le film constitue un excellent divertissement, magnifiquement filmé, et doté de scènes véritablement émouvantes (voir à ce titre la séquence du retour à la vie du jeune Jacquou au pied d’un arbre, dans les bras de la jeune fille dont il est amoureux). La mise en scène de Boutonnat, portée par une photographie de toute beauté (la gestion de la lumière, y compris dans les scènes de nuit, est d’une clarté remarquable), témoigne de l’admirable maîtrise technique et du sens visuel extrêmement personnel du réalisateur, le style de sa mise en scène étant décelable au premier coup d’oeil.

 Par ailleurs, et même si elles ne sont pas aussi nombreuses que dansGiorgino, l’on retrouve le goût du metteur en scène pour les images de paysages enneigés, les cimetières, les loups…Les scènes dans lesquelles ces éléments apparaissent sont les plus belles du film, et confèrent à ce dernier une force évocatrice immédiate, ainsi qu’une réelle puissance poétique.

Jacquou_le_Croquant_14_1024x768

S’agissant de la distribution, Laurent Boutonnat s’offre un casting 4 étoiles: le fidèle Albert Dupontel (déjà présent dans Giorgino et ami proche du couple Boutonnat/Farmer), le regretté Jocelyn Quivrin, Marie-Josée Croze, Tcheky Karyo, Olivier Gourmet, et le plutôt fade Gaspard Ulliel dans le rôle de Jacquou adulte.

 

Au final, et même s’il reste assez caricatural dans sa thématique des forts contre les faibles, Jacquou le croquant constitue un film romanesque de très bonne facture, pétri d’émotion, doté d’une mise en scène de grande classe et parsemé de plans véritablement poétiques.

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MEMOIRES DE STADE pour Mylène et Laurent

Posté par francesca7 le 11 avril 2014

    A la saison des vendanges, le douzième jour de septembre exactement, M. Boutonnat s’installait vingt minutes avant le début de la représentation, nerveux, concentré, le regard fixe, immobile plus qu’inexpressif, derrière son pupitre. Il savait que le chef de l’État occuperait sa loge. Cigarette sur cigarette, des bribes de conversations avec deux techniciens aux cheveux blancs, quelques mots seulement. Après la décontraction feinte, l’imperturbable concentration lorsqu’il fixe la scène encore dans l’obscurité. M. Di Sabatino clopait également, serrant dans ses bras M. Suchet qui venait d’arriver.

"Désenchantée" au Stade de France    Le tableau commençait sous les mêmes auspices ; plus de cigarette mais un invariable regard droit que rien n’aurait sû distraire ; il considérait avec mépris les vendeurs de bière dans la fosse, aux fûts de pression arrimés au dos. Puis, ses mains côte à côte, doigts posés sur ses muscles frontaux pour les masser, décrivaient de petits cercles au dessus de son lourd regard. Il avait fallu attendre qu’on chante « Qui entre dans l’histoire entre dans le noir » pour que M. Boutonnat saisisse d’une main sa pipe noire de l’autre son briquet blanc, qu’il ne lâchât point jusqu’à la fin du numéro. Lorsque retentissaient les tonnerres électriques des « Paul en Pauline », M. Boutonnat devenait plus directif, mimait la guitare en faisant signe à sa gauche de surmixer l’instrument. Il était alors debout comme si on lui eût laissé la bride sur le cou, riait bruyamment de la fellation approximative mimée sur un guitariste et, lorsque la maîtresse des lieux décidait de reprendre la chanson en traînant un « Wwwon a besoin d’amour », lancait un regard rieur et complice à l’adresse de M. Suchet .

   Détendu et l’estomac vraisemblablement moins noué, c’est lorsque résonnait « C’est comme une symphonie » que M. Boutonnat entamait un quartier de pomme rouge. Sitôt le fruit terminé il tentait de réanimer sa pipe, qui resterait enluminée jusqu’à des battements de menton rythmés sur le « poète [qui n'a] que la lune en tête ». Bien après, à l’issue de refrains lents, alors que la reîne gravissait posément le haut escalier, M. Boutonnat devisait avec M. Suchet sur ce milieu de spectacle. Il exposait l’idée qui l’avait animé lorsque l’année antérieure, il imaginait ce faux final. Il en schématisait pour lui la perspective de lumière qui mène aux squelettes, en dessinant un couloir de ses mains qu’il éloignait à plusieurs reprises de son buste. Redevenu silencieux, il comtemplait encore quelques instants la lumineuse splendeur de cette idée devenue réalité. Regagné sa console, M. Boutonnat regardait autant la scène que le monumental écran de droite qui exposait le visage fardé de la maîtresse des lieux. Il utilisait les derniers instants laissés à sa décontraction en rallumant sa pipe, puis en chantonnant son « si fragile qu’on me prenne la main » qui semblait l’amuser toujours.

   C’est lorsque toute la cour entonnait « Tout seul dans mon placard » que M. Boutonnat se crispa. A deux minutes de la dramatique panne de son survenue la veille, lui et ses techniciens de camarades gardaient les yeux rivés sur la scène. Alors que certains se mordaient l’intérieur des joues, lui se mit à parler sèchement à sa droite en agitant les mains à plat dans l’air. Puis le soulagement du pont musical passé, les matassins s’asseyant en rond pour simuler les jeux d’enfant, il se lâcha complètement, sortit de la régie, s’avança derrière le public pour chantonner quelques vers du refrain, ria, regarda la tribune gauche, se retourna gaiement sur la pointe des pieds pour considérer la bouche ouverte les gradins du fond, visiblement toujours admiratif du nombre de personnes connaissant par coeur la ritournelle. La suite du spectacle fût pour lui plus ludique ; d’une part il tentait toutes les minutes trente -briquet vissé à la main- de garder sa pipe allumée, d’autre part il indiquait à sa gauche -en gestes appuyés- de lâcher samples plus tonitruants et effets sonores davantage assourdissants. Maître de son petit royaume sur l’Instant X, il tapait sur des cloches invisibles et roulait ses mains vers le ciel à chaque envolée de début de refrain. Entre ses séries de poing levé sur les «Fuck them all!», de « Hou-ha-houuu » murmurés sur Dégénération, de coups martelés dans le vide sur C’est dans l’Air, il se rasseyait dans son fauteuil à bascule pour tenter une cent unième fois de rallumer sa bouffarde.

   images (4)Pipe éteinte, rangée dans la poche ; c’est à ce moment là que la veille avait vu une autre coupe de son mal opportune. Mais ici rien, l’antienne passa une nouvelle fois sans problème. La petite troupe pouvait alors s’égayer, M. Boutonnat -jusqu’à lors impatient- remercier le ciel en levant nez et mains, puis sautant de joie tandis que MM. Suchet et Di Sabatino, toutes dents dehors, se synchronisaient sur la chorégraphie des générations désenchantées. C’est tout à sa joie, alors que se criaient les rappels « des idéaux, des mots abîmés » que M. Boutonnat communiquait à je-ne-sais-qui son contentement par téléphone mobile en exhultant. Peu après, sitôt les confettis bien expédiés, content de lui et du bon accomplissement ses oeuvres, il se retirait rapidement dans ses quartiers suivi de MM. Di Sabatino et Suchet. L’ouvrage était achevé.

«Une idée sans exécution est un songe.»
Saint-Simon, Mémoires de la cour de France sous Louis XIV.

Jodel Saint-Marc, le 12 septembre 2009.

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Le clip de Libertine, triomphe de Boutonnat

Posté par francesca7 le 6 avril 2014

Le Contexte

    Premier triomphe pour Laurent Boutonnat, qui n’a pas eu peur d’en faire trop. Une Le clip de Libertine, triomphe de Boutonnat dans Les Clips de Mylène libertine032première sur les Champs-Élysées pour lancer le bouche-à-oreille, des critiques coites, et des passages télévisés plus que fréquents : Libertine a été l’évènement musical et « clipesque » français des années 80. A l’époque la question était « Mais qui est cette Mylène Farmer ? ».  Laurent Boutonnat a tout de suite su mettre en lumière la chanteuse et créer une héroïne intrigante qu’il aurait déjà espérée récurrente… Avec Tristana, c’est le seul réel personnage terrestre qu’ai créé Laurent Boutonnat pour un clip.

    Lorsqu’il décide contre la volonté de Polydor de faire du clip Libertine un événement, Boutonnat cherche un producteur pouvant apporter les 46 000 Euros estimés que va coûter le film. C’est le va-tout du couple après l’échec de Plus Grandir, leur contrat est en jeu. Alain Grandgérard, patron de Movie-Box apporte cette somme tout en veillant sur le plateau à faire bon usage du budget en question. Vu la lourdeur du tournage, Laurent Boutonnat doit abandonner la préparation du clip Les Yeux de Laura, qu’il devait tourner pour le groupe « Goûts de Luxe ». C’est finalement le réalisateur Stéphane Lambert qui le tournera aux frigos de Tolbiac à Paris, avec notamment une comédienne rousse. Lambert a raconté en 2008 comment Laurent Boutonnat, dont il était « très proche » à l’époque, l’a soutenu auprès de la maison de disques WEA, et lui a ensuite confié une partie du tournage des making of de Pourvu qu’elles soient douces, et surtout de Libertine, toujours inédit. (propos recueillis par Sébastien Rozier pour Famreraddict en septembre 2008)

Les prises de vue en cinq jours (demandant une semaine de préparation) de Libertine seront quatorze ans après l’objet d’un reportage télévisé où Grandgérard parle entre autres des scènes d’intérieur tournées de nuit afin de maximiser le temps de tournage, et du casting amateur fait dans les boites de nuit de la capitale. Le tournage est basé sur l’économie. Chacun y met du sien pour tourner le plus vite possible, avec le plus de bénévoles possibles (50 figurants), afin de donner l’impression que le clip a coûté plusieurs millions. Ce sera réussi car la presse de l’époque avance des budgets montant jusqu’à 2 millions de francs, sans vérifier leurs informations. Laurent Boutonnat Gérard Simon, chef opérateur de talent pour "Libertine"doit avant tout sa rapidité de tournage à son chef opérateur, Gérard Simon (Monsieur Batignole) qui livre une lumière sublime, tout en chaleur, en ombres et touches de clarté. Boutonnat fait une infidélité à son directeur de la photographie habituel, Jean-Pierre Sauvaire avec lequel il avait déjà travaillé sur Plus Grandir (1985) et avec lequel il collaborera jusqu’en 1995. Qu’aurait fait Jean-Pierre Sauvaire de Libertine s’il en avait fait ce qu’on appelle la photographie ? Difficile de se l’imaginer mais à la vue de son travail postérieur, on pourrait redouter une lumière trop diffuse. Alors que le charme esthétique de Libertine, au delà des cadrages, des costumes de la déjà présente Carine Sarfati, des maquillages de Nicolas Degennes et des décors de Emmanuel Sorin est dans la lueur toute en clairs-obscurs, la lumière froide de Sauvaire (qui convient parfaitement à des clips comme Désenchantée, ou Regrets) aurait cassé la puissante chaleur qui se dégage du film.

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les confidences de Francois Hanss sur Timeless

Posté par francesca7 le 30 mars 2014

 

Après une tournée triomphale à guichets fermés et plus de 500 000 spectateurs à travers 4 pays, Mylène Farmer débarque dans plus de 200 salles de cinéma Gaumont-Pathé pour la diffusion exceptionnelle ce jeudi à 20h du film « Timeless ». Nous avons rencontré à cette occasion son réalisateur, François Hanss, qui lève le voile sur ce projet unique et ambitieux, parfaitement à l’image de la star…

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/user/MyIeneFarmer?annotation_id=annotation_2050774369&feature=iv&src_vid=oZTynbKYNgs

Comment se sent-on à J-1 de la diffusion du concert au cinéma ?

images (23)François Hanss : Bien parce que demain c’est l’aboutissement, le plaisir de découvrir le film en salles, dans un cadre idéal. C’est une séance unique donc on retrouve un peu l’ADN du spectacle vivant : ce plaisir d’être ensemble, dans un même lieu; cette idée qu’une émotion collective va naître. A titre personnel, c’est aussi la fin d’une très longue période de travail. C’est fantastique en tout cas, je n’imaginais pas que ça se passerait aussi bien (…) 

224 salles vont diffuser le spectacle. Il se passe d’ailleurs quelque chose d’extraordinaire au Pathé d’Orléans : depuis que la billeterie a été mise en place il y a trois mois, les ventes sont montées en flêche, du coup ce sont les 12 salles du multiplexe qui diffuseront Timeless. Juste Mylène Farmer. C’est unique ! 

Comment regarde-t-on un concert au cinéma en tant que spectateur selon vous ?

C’est une position étrange. Je crois qu’on a envie de partir dans l’énergie, le rythme de l’émotion suscitée, suivre le beat de la musique. Je pense que ça va bouger, mais ce sera sûrement très différent d’une salle à l’autre. Le public c’est une donnée magistrale mais mystérieuse en même temps.

 

De quelle manière s’est déroulée votre collaboration avec Mylène Farmer sur ce film ?

D’abord, vous imaginez bien qu’on ne montre pas le film à Mylène Farmer au dernier moment ! Tout se fait avec elle. Elle assiste à plusieurs étapes du montage. On bichonne le film ensemble du début jusqu’à la toute fin. Et ça c’est une réalité de travail que l’on a toujours eu sur nos collaborations passées, et plus que jamais sur Timeless. C’est un film qui s’élabore lentement, dès le début des premières ébauches de la scène. 

Moi, dans un premier temps, je me positionne en tant que spectateur. Je participe dans l’ombre aux répétitions, parce que j’aime ça et parce que ça fait partie d’une maturation autour du spectacle. C’est cerner le visuel, les angles, les axes. C’est observer la scénographie, les possibilités pratiques, devancer les éventuelles difficultés. C’est se familiariser avec l’équipe aussi. 

images (24)

C’est à la Halle Tony Garnier de Lyon que le concert a été filmé. Pourquoi ce choix ?

La salle a été choisie dès le départ par Mylène Farmer et son tourneur et manager Thierry Suc parce qu’ils avaient tout simplement envie de changer. Le Palais Omnisports de Paris-Bercy est une salle très idéale, mais on l’a déjà pas mal filmée lors des précédentes tournées. Et je dois dire que je n’ai pas du tout été déçu. J’adore la Halle Tony Garnier en tant que spectateur. Elle s’intégre bien dans le design de la scène donc on en a joué. Cet écrin, cette cathédrale de fer, éclairée au sodium, qui teinte le public de doré, c’est magnifique. Ce décor spectaculaire signé Mark Fisher au beau milieu de cette salle très en profondeur, c’était la promesse d’un jeu artistique intéressant sur le plan visuel. 

 

Un concert filmé se déroule-t-il différemment ou de la même manière qu’un autre qui ne l’est pas ?

Le spectacle était identique chaque soir. C’est un respect minimum vis à vis du public. Les fans savent parfois avant l’heure que ce soir-là, on tourne. C’était le cas ici et c’est très bien ainsi. Mais dans un concert de Mylène, de toute façon, il y a toujours une forte présence et implication du public, que j’ai toujours espéré solliciter et engager à l’image. Je trouve que le public est un contrechamp extraordinaire. Et puis c’est un public extraordinaire ! Il est très large en terme de générations, il est jeune, rajeuni, donc à la caméra ils sont complices mais ils sont surtout avec elle. Mylène n’est jamais que le point d’attraction majeur. Ils oublient les caméras, qu’elles soient au-dessus d’eux, ou pointée sur eux. 

Quel était le dispositif technique mis en place ? 

 

Au plus fort du show, on a fonctionné avec 7 caméras, multipliées par 4 soirs, ce qui vous donne à peu près le nombre de points de vue, de positions idéales, auxquels il faut ajouter des plans plus anecdotiques avec de la GoPro, du 5D, des caméras fixées sur des grues… Une trentaine de caméras en tout ont été utilisées sur l’ensemble de la timeline. 

Comment avez-vous appréhendé le thème futuriste de ce show, différent des précédents ?

Le film n’est que la traduction de ce qui est sur scène : les trapézes qui se forment, l’accélérateur de particules sur l’entrée, les robots…  La liturgie des images participe un peu du mystère. Je joue avec les robots, j’ai d’ailleurs mis des caméras dans leurs têtes, il y a tout un rapport de complicité entre eux et Mylène que je voulais retranscrire… J’ai épousé le thème en l’affinant. 

Quels étaient les défis principaux de ce tournage ?

J’avais très envie d’avoir le plus de plans possibles en présence scénique vers le public, ce genre d’images inédites que le public ne voit jamais, comme s’il était à la place de l’artiste. J’avais fantasmé d’être aux côtés de Mylène sur scène, travailler sur des silhouettes… c’était une envie de principe. Après il y a l’idée d’être dans la proximité, capter l’émotion, sachant que j’adore les gros plans. 

Le but c’est qu’il y ait un vrai plus pour celui qui a vu le concert en salles. Mais mettre en place une caméra sur scène, c’est toujours compliqué, notamment pour des raisons de sécurité. Puis il faut éviter que l’artiste ne soit embarrassé de sa présence. On a donc eu recours à diverses astuces, par exemple avec des caméras posées sur scènes mais camouflées pour que personne ne les voit.

Le précédent spectacle se déroulait au Stade de France. C’était une machine gigantesque. Est-ce que Timeless vous a semblé plus simple à réaliser ?

Il y a un an, je pensais que oui, mais Timeless a bien caché son jeu ! Le plus gros défi pour le Stade de France venait du fait que l’on avait que deux dates pour tourner. C’était forcément stressant, pour elle aussi. C’était une surface inédite, gigantesque. La notion d’échelle était un problème majeur : on voit la scène comme un timbre poste en tant que spectateur. Timeless paraissait plus simple mais en réalité non. On a été plus amibitieux. On voulait faire un film encore plus proche, plus « humain », plus juste sur ce qu’elle est sur scène. 

Y’a-t-il eu un passage du concert plus compliqué à monter qu’un autre ?

Les tableaux les plus denses ne sont pas forcément les plus compliqués. Mais un tableau avec chorégrahie est forcément plus soigné. On est en tout cas plus vigilants, tant sur la rythmique que sur la synchronisation. Mylène a un oeil redoutable je dois dire et c’est très bien ainsi. C’est elle qui est à l’image, qui danse, qui chante, après tout. Mais pour les chansons avec juste Mylène et son micro sur scène, plus une douche de lumières, c’est difficile aussi. Il s’agit de garder la tension, l’émotion, l’interprétation, la traduire en dehors du son, trouver le bon contrechamp… 

Je ne vous cache pas que sur des titres très ambitieux comme Désenchantée, où il y a la reprise du public, ça prend beaucoup de temps. Il y a un gros travail de dérushage, puis il faut choisir les images afin de souligner la montée en puissance. On remet les compteurs à zéro pour chaque chanson en fait, c’est en cela que c’est très compliqué et très long. Le montage ne se fait pas dans l’ordre. Mais on est plusieurs. On se répartit le travail selon les sensibilités de chacun. On se connaît bien, on a déjà presque tous travaillé ensemble. Les monteurs me font part de leurs préférences. L’un voudra faire Je t’aime mélancolie. Un autre Comme j’ai mal. J’aime laisser le désir prendre la main sur les choix. 

Laurent Boutonnat a-t-il participé lui aussi au montage ?

On a démarré ensemble en co-réalisant le tout premier concert de Mylène en 1989 à Bruxelles, puis sur le deuxième à Bercy en 1995. En revanche, j’ai réalisé les suivants en solo, dont le dernier. On est très proches, très en phase. Je ne fais que suppléer à sa mise en scène, garder la cohérence qu’il a imaginée. Je gourmande ce qu’il a déjà mis en place avec Mylène. 

Que nous réservent les bonus présents sur le DVD et le BluRay qui sortiront le 16 mai prochain ?

J’ai mis un point d’honneur à ce qu’il y en ait beaucoup ! Je voulais vraiment rendre hommage à tous ces gens qui ont travaillé sur le film pendant deux ans. Sur les lumières, le son, les constructions… Les bonus fonctionnent par thématiques. J’ai pris le temps de voir chaque département artistique, par exemple Jean-Paul Gaultier pour les costumes, dans son atelier. Il y a aussi un module sur les robots; c’était un élément du concert très attendu et à juste titre puisque c’était une innovation, et le garçon qui s’en occupe est une personne passionnante. On verra aussi tout l’aspect backstage, les répétitions des danseurs, des musiciens…

 images (13)

Et y verra-t-on Mylène, puisqu’elle apparaît peu en général dans les bonus ?

Je pense que vous serez étonné ! (rires) 

En dehors des concerts, vous avez aussi réalisé des clips pour Mylène Farmer. Si vous ne deviez en choisir qu’un seul, lequel ce serait ?

Le premier que j’ai réalisé : Je te rends ton amour. C’est le plus cher à mon coeur. J’ai été très séduit par le scénario de Mylène et impressionné et touché qu’elle me propose de le mettre en image. C’est une amie avant tout, j’adore travailler avec elle alors ma réponse était évidente ! 

Il a suscité la controverse lors de sa sortie…

Pour des raisons très obscures, oui… En vous levant le matin, vous ne vous dites pas « je vais faire de la provoc’ aujourd’hui ! » Ce n’était pas le but. Moi j’aime le beau, l’alliance du son et des images…

 

Prévoyez-vous de réaliser un deuxième long-métrage après « Corps à corps » sorti en 2003 ?

J’essaie depuis plusieurs années d’en monter un. C’est compliqué, d’autant que le premier n’a pas marché. C’est le succès le premier déclencheur en général. Mais je suis très attaché au film. J’avais des pistes. J’en ai d’autres. On verra… 

Et filmer Mylène dans un long-métrage, vous en rêvez ?

Bien évidemment !

 

Entretien réalisé par Jean-Maxime Renault le 26 mars 2014 à Paris vue sur http://www.allocine.fr/article

 

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