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PREMIER PASSAGE TV de Mylène Farmer, raconté dans son livre

Posté par francesca7 le 20 décembre 2015

 

reine du clipLe premier passage TV de Mylène Farmer en tant que chanteuse a lieu sur TF1 dans l’émission Jour J en mars 1984.

La chanson connaître une première censure dans l’émission Salut les Mickey, le co-producteur américain l’ayant trouvée un peu trop « perverse ». Mais la chance semble enfin tourner.Mylène est invitée par Michel Drucker dans Champs Elysées sur Antenne 2, le 22 septembre 1984. On peut donc dire que la stratégie de Bertrand Le Page a été payante. Maman a tort sera de plus en plus diffusée par les radios durant l’été. Le 45 Tours se vendra à environ 100 000 exemplaires.

Désormais, il est temps de réfléchir à la suite ; Lors d’une interview, Mylène dit avoir prévu de sortir un deuxième 45 Tours à l’automne 1984, puis repousse le projet à janvier 1985. C’est le titre Bip be bo qui est annoncé. La chanteuse aurait également enregistré à cette période une chanson intitulée I do love you, mais finalement c’est le titre On est tous des Imbéciles qui verra le jour.

Les paroles et la musique ont été écrites par Jérôme Dahan. La chanson évoque le monde cruel du show-business. Sur la face B, autre titre inédit. L’annonciation, écrit par Laurent Boutonnat. Le vinyle est dédié à « Papa et sainte Thérèse d’Avila ». Ayant vécu une éducation religieuse, Mylène Farmer a toujours été fascinée par sainte Thérèse, dont on raconte qu’elle aurait plusieurs fois rencontré et parlé avec Dieu. A la sortie du titre, les citriques se montrent moyennement favorables et les radios le programment rarement. Pourtant, Mylène l’interprète quatorze fois à la télévision. On est tous des imbéciles ne rencontre pas le succès du public, ne rentre pas au TOP 50 des meilleurs ventes en France (il ne s’est vendu qu’à 40 000 exemplaires), ce qui a pour conséquence qu’aucun clip n’est envisagé.

Cet échec signe la fin du contrat avec RCA. Mais la roue tourne encore ; Alain Lévy propose à Mylène Farmer un nouveau contrat pour trois albums chez Polydor.

Nous sommes en 1985 et Mylène Farmer n’est toujours pas une star. Sa carrière est maigre ; Maman a tort a connu un petit succès, mais pour On est tous des imbéciles et My mu mis wrong on peut clairement parler de fiascos.

Plus grandir est le premier disque chez Polydor. C’est aussi la première fois que Mylène écrit une chanson. Il s’agit d’un texte largement autobiographique dans lequel la chanteuse parle de sa phobie de vieillir. Il n’y a pas d’âge pour avoir peur… Le 45 Tours sera proposé au public le 25 septembre 1985 et, sur la face B, on découvre une nouvelle comptine, plutôt sombre et tragique, Chloé, écrite par Laurent Boutonnat. Mais de nouveau, même si le titre est accueilli de façon convenable par la critique, ce n’est pas un grand succès. Il ne va pas se classer parmi les 50 meilleures ventes et ne se vendra qu’à 70 000 exemplaires, ce qui pour l’époque est assez faible 

Pour le clip vidéo, Laurent Boutonnat, dans le rôle du réalisateur, va voir grand. Le budget est de 330 000 francs, soit 50 300 euros. Il s’agit du premier « véritable » clip de Mylène Farmer. Il comporte un scénario et dure plus de sept minutes (pour Maman a tort, les fans parlent plus aujourd’hui d’une vidéo amateur). Tourné principalement dans les Studios Sets à Stains, en région parisienne, et au cimetière de Saint Denis, c’est un court métrage ambitieux. Il est réalisé en cinémascope et diffusé en avant-première au Kinoparanorama à Paris le 13 novembre 1985. Le clip passera régulièrement à la télévision malgré une censure dans certaines émissions ( à cause d’une scène suggérant un viol).

Mais cette vidéo, c’est surtout la création de l »univers » Mylène Farmer, symbolisé par la mort, le sexe et le désespoir. C’est Rambo Kowalski qui est chargé d’ »agresser » Mylène. Il est aujourd’hui connu sous le nom d’Hervé Lewis en tant que photographe et coach physique de la chanteuse. Pour la réalisation, Laurent Boutonnat obtiendra une subvention de Polydor. Le tournage durera cinq jours et, pour l’anecdote, trois heurs de maquillage et trois maquilleurs professionnels seront nécessaires afin de vieillir Mylène de cinquante ans. Le clip est diffusé pour la première fois à la télévision dans l’émission de Jacky, Super >Platine, sur Antenne 2, le 21 Décembre 1985.

extrait de Mylène Farmer Ses mots, Ses clips aux Editions Chapitre.com 2014

 

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Mylène Farmer Ses mots, Ses clips

Posté par francesca7 le 20 décembre 2015

 

Même si aujourd’hui elle est arrivée au sommet, ses débuts ont été bien difficiles. Mylène Farmer est connue pour ses textes très recherchés et ses clips hors-normes. Tout ça lui a permis de créer son propre univers avec ses codes, ses références… La chanteuse a choisie de ne s’exprimer que dans ses chansons, seule auto-biographie officielle. Elle y évoque sa mélancolie, ses doutes, son mal de vivre mais aussi ses joies, ses rires. L’interprète de Libertine est d’ailleurs souvent décrite comme la chanteuse la plus secrète de France car à part ses mots, on ne sait dans le fond pas grand chose. Retour sur un parcours pas comme les autres.

  • Discipline: art-musique-et-cinemamylene-farmer-ses-mots-ses-clips-explicit-publishing
  • Parution: 23-06-2014
  • Auteur: Explicit Publishing
  • ISBN: 979-10-290-0061-4
  • Format: 150×230 mm
  • Nombre de pages: 112
  • Serie / Collection: Chapitre.com

 

Même si c’est peut-être l’une des chansons de Mylène qui a le plus mal vieilli, Maman a tort symbolise d’abord des rencontres. Le texte est signé Jérôme Dahan. Il écrira cette comptine pour adulte bien avant que l’interprète ne soit choisie et trouvera l’inspiration lorsqu’il regardera le deuxième volet du film Psychose. Laurent Boutonnat, dont il est l’ami depuis le début des années 89, composera la musique. Une fois le titre prêt, le duo sent qu’il s’agit des prémices d’un tube ; Il décide donc d’organiser un casting à la fin de l’année 1982 afin de trouver une chanteuse. Celui-ci se déroule dans le studio de Jean-Claude Déquéant, ingénieur du son,  Auberviliers(93)

Une cinquante de candidates fera le déplacement, et par elles, une certaine Mylène Gautier.

A cette époque la future artiste n’a pas plus de vingt ans et ne connaît pas vraiment un grand succès dans sa carrière (professionnelle. Elle a arrêté ses études en 1978, au début de son année de Terminale. Ensuite, comme beaucoup de jeunes, elle a cherché sa voie et effectué des petits boulots tels qu’assistante dans un cabinet dentaire ou vendeuse de chaussures. Mylène s’est aussi essayée au mannequinat et au théâtre, mais sa timidité s’est révélée rapidement un problème. En revanche, le jour du casting, elle est plutôt détendue et a même un fou rire lors de l’écoute  de son enregistrement. Plus tard, Laurent Boutonnat déclarera qu’avant même d’entre chanter Mylène , son choix était fait. Il la volait, elle et son côté « psychotique » et personne d’autre.

Les jours suivants seront consacrés aux arrangements et au mixage. Même si la chanson est enregistrée le plus dur reste à venir : il faut trouver une maison de disques.. C’est une grande difficulté et les recherches vont prendre plus d’un an.

Durant cette période, Mylène poursuit ses expériences de mannequin en faisant quelques photos et des publicités pour la télévision, mais tout cela ne la passionne pas. Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat vont essuyer des refus systématiques, mais le duo ne se décourage pas pour autant et la persévérance finit par payer. François Dacla accepte de sortie le titre chez RCA et propose un petit contrat à Mylène Gautier. Il est désormais l’heure de se trouver un nom de scène. Très vite, elle va choisir le psychodrame de Farmer, en hommage à Frances Farmer, actrice au destin tragique.

Maman a tort qui sera dédié. Pour commencer, la maison de disques va sortir en mars 1984 deux supports ; un maxi 45 Tours puis un 45 Tours. La couverture sera en noir en blanc, illustrée par une photo prise par John Frost quelques années plus tôt, lors de la constitution d’un book. La face B du vinyle propose une version instrumentale du titre, les moyens manquant pour produire une nouvelle chanson. Laurent Boutonnat qui, malgré son jeune âge, a déjà un film à son actif, La Ballade de la féeconductrice, va prendre en charge la création d’un clip. Avec un budget de 5000 francs, soit environ 750 euros, le clip va être rapidement qualifié de « Clip le moins cher de l’histoire de la musique ». Le titre, pourtant accueilli RECORDS DE MYLENEfavorablement par la presse, peine à s’imposer et la maison de disques semble y mettre peu de volonté.

C’est à ce moment là qu’intervient Bertrand le Page. Editeur et manager, il va changer la destinée de cette chanson. D’abord, il souhaite sortir une nouvelle version du 45 Tours qui sera proposée durant l’été. Même si la photo de Mylène désormais Farmer, est toujours en noir et blanc, la chanteuse sourit et une touche de couleur va êtres apportée. L’objectif ; séduire les adolescents. Ensuite, Le Page va programmer des passages à la télévision, des interviews dans la presse « jeune » et demander une version anglaise du titre, My mu mis wrong, qui n’aura aucune exploitation à l’étranger 

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LA TIMIDITE MALADIVE DE MYLENE

Posté par francesca7 le 26 août 2015

 

 
2000-ClaudeUne enfilade de couloirs où même les pas feutrés résonnent. 

Une odeur d’éther qui vous prend à la gorge. Des chambres glacées, des lits étroits,
 des brancards qui vont et viennent dans les ascenseurs. 
Chaque dimanche, elle est fidèle au rendez-vous. Au départ, Mylène accompagnait
 d’autres élèves de son âge après les cours de catéchisme. 
Et puis, depuis plusieurs semaines, elle y vient seule. 
Elle préfère s’y rendre loin du regard des autres. 
Chaque dimanche, « pour échapper à l’ennui », dit-elle, elle visite les enfants
 malades à l’hôpital de Garches. Certains, victimes d’accidents de la route, 
sont paralysés. D’autres souffrent de maladies génétiques. Elle a quatorze ans. 
Voilà un souvenir, une fois n’est pas coutume, qui demeure indélébile. 
Mylène l’a évoqué maintes fois, et y revient sans cesse, comme un épisode
 marquant de son enfance à Ville-d’Avray. « Un électrochoc », dit-elle. 
« Une clé », même, pour comprendre qui elle est. 
 
Avant de préciser : « S’occuper d’enfants tétraplégiques, c’est insupportable
 pour quelqu’un qui marche. » Révoltée devant le spectacle de la maladie, 
l’adolescente ressent une forme de culpabilité, qui s’ajoute au chagrin. 
Impuissante devant ces drames souvent irrémédiables, elle se force à sourire,
 à s’ouvrir à ces enfants qui ont le même âge qu’elle. 
« J’essayais de communiquer avec eux, de jouer, de leur apporter quelque chose.
 C’est quelque chose qui vous marque fatalement à vie. Ça rend triste, définitivement. »
 Pour passer autant de temps auprès de ces êtres que la vie a diminués, 
il faut éprouver une immense solitude. 
Surtout, il faut se sentir soi-même différent de la multitude. 
Le handicap n’est pas nécessairement une catégorie répertoriée par un diagnostic médical.  
 
Il peut être vécu de l’intérieur, comme une fêlure qui vous rend inapte à une
 existence sociale normale. Baudelaire l’a bien montré dans son poème L’Albatros.
 « Ses ailes de géant l’empêchent de marcher », écrit-il à propos du poète, 
moqué par ses frères humains parce qu’il semble incapable de trouver 
sa place dans leur communauté. Pour Mylène, partager des moments 
intenses avec ces enfants n’a rien d’une sinécure.  
Pourtant, la jeune fille y trouve son compte. Elle échappe à l’ambiance familiale,
 où elle se sent souvent incomprise. 
À leur contact, surtout, elle trouve un sens à ce mal-être sourd qui grandit 
depuis que sa famille a quitté le Canada. C’est cette proximité avec l’autisme 
qui permettra à Mylène d’incarner avec tant de crédibilité Catherine, l’héroïne 
de Giorgino. Pour se préparer au rôle, elle visitera d’ailleurs à nouveau un
 hôpital psychiatrique. « Je suis fascinée, confiera-t-elle, par les enfants autistes.
 Par le mystère qu’ils gardent, leur incapacité à communiquer. » 
                                                     **
 
     Dans ces derniers mots, tout est dit, ou presque. Si l’adolescente se sent 
différente, c’est parce qu’elle se vit comme emmurée en elle-même.  
« Je suis constamment gênée par le regard des autres depuis que je suis toute petite»,
 avoue-t-elle. Une timidité maladive, voilà son infirmité. Trait de caractère qui
 la rapproche de son père, un homme du genre réservé, y compris dans le travail, 
si l’on en croit ses collègues de l’époque canadienne. Elle n’y peut rien : dès 
qu’un inconnu pénètre dans la maison de Ville- d’Avray, elle devient muette comme une carpe. 
Incapable de s’ouvrir, elle baisse les yeux et ne décroche pas un mot.  
Tous ceux qui, plus tard, ont croisé un jour la route de Mylène ont été frappés 
par cette timidité extrême. Sophie Tellier, la célèbre rivale de Libertine dans 
le clip et sur scène, en témoigne. « Elle est très renfermée. Lorsqu’il y a plus
 de deux personnes autour d’elle, elle ne parle pas. » 
 mylene-farmer-photo-facebook« Face aux gens, elle semble être totalement démunie, sans défense, comme si elle
 n’avait pas de cuirasse27 », m’explique la photographe Elsa Trillat. Christophe Mourthé,
 qui a réalisé quelques-uns des clichés les plus glamours de la chanteuse entre 1986 
et 1988, me raconte :  
« Quand nous marchions ensemble tous les deux dans la rue, elle était toujours 
du côté du mur, comme s’il lui fallait un rempart pour être protégée des autres. »
 Philippe Séguy, le premier biographe officiel de la star, relate comment Mylène 
s’est présentée à lui au premier rendez-vous. « Elle baissait les yeux, m’a tendu
 la main, n’a fait que pincer la mienne, offrant un sourire aussitôt ravalé de 
petite fille intimidée. » 
                                                     **
 
Un tempérament qui constitue un obstacle majeur pour sa carrière. 
À ses débuts, elle est tellement réservée qu’il est impensable, pour Jérôme Dahan,
 qui a cosigné Maman a tort avec Laurent Boutonnat, d’envisager pour elle une 
carrière tonitruante à la Jeanne Mas. Lui, songe davantage à un créneau plus 
discret à la Françoise Hardy. « Chez ma mère, où il y avait une grande pièce avec un piano,
 on répétait la mise en scène des morceaux. Mylène avait du mal à appréhender tout cela,
 et on devait, Laurent et moi, lui apprendre les chorégraphies. Elle n’avait pas du tout
 de vision, de conscience de son corps. » 
Bertrand Le Page, son premier manager, m’a également confié son désarroi devant 
une artiste aussi peu extravertie. « Ce n’était pas dans sa nature, il a fallu 
qu’elle travaille dur pour sortir quelque chose d’elle-même. Je mettais la chanson,
 je montais le son à fond et je lui disais : “Vas-y, montre-moi ce que tu sais faire.” 
Mais ce n’était pas du tout concluant. » 
C’est là que Sophie Tellier va jouer un rôle déterminant. Danseuse professionnelle
 proche de Redha, créateur de ballets cultes dans les années 1980, elle devient la
 chorégraphe personnelle de Mylène. Il lui faut d’abord rompre cette gangue qui 
emprisonne le corps de son élève. Patiente, Sophie se rend tous les jours au domicile
 de la chanteuse et gagne sa confiance en la faisant rire. Peu à peu, elle parvient à
 trouver les mouvements de bras, de jambes et de tête qui lui sont naturels. 
Avec un professeur aussi doué, les résultats sont spectaculaires. 
Malgré tout, lorsqu’on revoit les sauts de cabri de Mylène chantant Libertine sur le
 petit écran, on ne peut s’empêcher d’y déceler une raideur encore maladroite. 
Une telle exubérance force sans doute à l’excès son côté introverti. Plus tard,
 à mesure qu’elle trouvera des gestuelles plus adaptées à son véritable caractère,
 une indéniable grâce se dégagera des tableaux de certaines chansons comme Désenchantée
 ou L’Âme-Stram-Gram. Mais cette aisance inattendue, gagnée à la sueur de son front, 
ne changera rien à la nature profonde de Mylène.
                                                      **
 
Pour tous ceux qui ont partagé des moments forts avec la chanteuse, en tout cas, 
cette réserve extrême, loin d’être rebutante, s’impose comme un charme supplémentaire.
 « Elle en use et en abuse, mais elle le fait tellement bien que tout le monde est 
amoureux d’elle », explique Christian Padovan, bassiste sur la première tournée en 1989. 
 La chanteuse Marie Laforêt, dont Mylène reprendra sur scène Je voudrais tant que tu 
comprennes, n’est pas insensible non plus à la séduction qui se dégage d’une nature 
aussi effarouchée. « Je me suis retrouvée deux fois en interview avec elle, raconte-t-elle. 
Elle était quasiment muette, si bien que je me sentais obligée de meubler un peu. 
Elle était infiniment touchante : elle avait l’air d’un oiseau tombé du nid. » 
 
Des années plus tard, cette timidité semble s’être encore aggravée, si l’on en croit 
Mylène elle-même : sa cruelle absence médiatique, y compris au moment de promouvoir 
ses albums, serait la conséquence de cette appréhension ancrée en elle. 
En décembre 2005, ce n’est que sur l’insistance de sa maison de disques et de ses fans
 qu’elle consent à accorder une interview à Thierry Demaizière, dans le cadre de l’émission 
« Sept à huit » sur TF1. Un moment terrifiant pour elle. « Je vous dois une semaine 
et demie d’insomnie et un presque ulcère », dit-elle en préambule avec ironie. 
Quant au journaliste, qui n’a pas pu rencontrer l’artiste auparavant, il confiera après coup : 
 « Elle tremblait à la fin de l’entretien. Elle souffrait vraiment. 
1996-08-a» On la retrouve encore superbe et tétanisée, les cheveux défaits en cascade,
 le 12 décembre 2006, face à Patrick Poivre d’Arvor, dans le 20 heures de TF1,
 où elle vient annoncer la sortie de son DVD live. Sourire crispé, rires nerveux 
émaillent cette interview aux allures de séance de torture. 
Le regard de l’autre, d’autant plus acide lorsqu’une caméra la filme, semble aussi
 difficile à accepter qu’à l’époque où Mylène était petite fille. Seule la scène lui
 permet de dépasser cette angoisse. Il lui faut se sentir démesurément aimée, 
submergée d’un amour XXL, pour offrir au public ses trésors les plus intimes.
 
Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

Publié dans MYLENE par H.ROYER | 1 Commentaire »

L’OREILLE EN COIN ça fait une paie, Mylène

Posté par francesca7 le 14 juillet 2015

 

FRANCE INTER – 16 SEPTEMBRE 1984

JOURNALISTE(S) : MAURICE HORGUES, JACQUES MAILHOT, FRANÇOISE MORASSO, PIERRE SAKA ET SERGE BOCCARA

 mylene-farmer

Emission satirique emblématique de l’antenne de France Inter, « L’Oreille en Coin » est animée par une équipe de chansonniers qui plaisantent autour de l’actualité.

Après un été à avoir assuré la promotion de son premier 45-tours dans différents galas et depuis quelques semaines qu’elle est gérée par Bertrand LePage, Mylène fait preuve dans cette émission dont elle est l’invitée de plus d’assurance que par le passé. Pour preuve, elle se prête même au jeu de l’auto parodie, comme il est d’usage dans l’émission !

Françoise Morasso : Alors, on vous l’avait promise, elle est là : Mylène Farmer ! (le public applaudit) Venez Mylène ! Alors, tout l’été on a été bercés par votre premier 45-trs, votre premier disque, et j’imagine que quand on sort, comme ça, son premier disque on a plein d’émotions, plein de trac, non ?

Mylène Farmer : Oui, tout le temps !

FM : Oui, et alors quand c’est un tube, c’est formidable, non ?

MF : Ha si, c’est très agréable ! (rires)

FM : (face à la timidité de Mylène) Tout va bien ?

MF : (se détendant) Tout va bien !

FM : Bon ! Asseyez-vous avec nous ! Alors, il faut quand même dire que votre tube a un titre : « Maman a Tort ». Ca ne vous a pas posé des problèmes ? Les conflits de génération, vous savez, c’est très à la mode en ce moment ! (…) Vous aviez donc senti venir le vent avant ?

MF : Ecoutez, c’est surtout la personne qui l’a écrit (Jérôme Dahan, nda) qui a dû avoir des problèmes avec sa maman !

FM : Voilà ! Ha oui, vous, il n’y a pas de problèmes ? Votre maman l’a bien pris ?

MF : Ecoutez, moi, maintenant que je réfléchis, en fait, je crois qu’elle commence, là, une maladie nerveuse, donc c’est peut-être ça… !

FM : Ha voilà, ça ne lui a pas plu !

MF : Voilà !

FM : Et, dites-moi, on va vous voir dans des émissions de télévision ? (À cette date, Mylène a déjà assuré la promotion de son 45-trs dans plusieurs émissions de télévision mais principalement régionales et en journée, nda) On ne va pas en faire la liste, là, mais dès samedi prochain… ?

MF : Disons que là, c’est la grande émission : le 22 (septembre, nda) je passe à « Champs-Elysées » ! (Mylène sera en effet présente dans l’émission de Michel Drucker sur Antenne 2 à cette date pour interpréter « Maman a Tort » en direct. Cela sera alors sa première grande émission de variétés à la télévision, nda)

FM : « Champs-Elysées » ! Alors on la verra parce que ça vaut la peine !(applaudissements du public)

Maurice Horgues : (ironiquement) Il y a une émission qui s’appelle comme ça ?!

mylène5MF : Il paraît ! (rires)

FM : Bon, je suppose que là, vous allez un petit peu rester avec nous. Tout à l’heure, vous allez parodier ce tube, « Maman a Tort ». C’est la première fois que vous le parodiez ?!

MF : C’est la toute première fois !

FM : Vous savez que c’est quand même la consécration, de parodier une chanson ?

MF : C’est vrai ?! (sourire)

FM : Ha oui, absolument ! (rires de Mylène) Alors, vous restez avec nous et on parodie ça tout à l’heure. Habituez-vous ! Je vous présente le public du studio 105…

MF : (timidement, à l’adresse du public) Bonjour !

FM : …toute l’équipe. Vous voyez, ça se passera très bien ! (Mylène rit à nouveau)

Il faut attendre plusieurs minutes avant que les animateurs ne se tournent à nouveau vers Mylène, précisément pour lancer la fameuse parodie dont il a été question plus tôt…

Pierre Saka : Hé bien ce matin à « L’Oreille en Coin » c’est une première, parce que ce matin nous accueillons Mylène Farmer. Elle a un tube et c’est la première fois qu’elle le parodie. Alors Mylène, ça va ?

MF : Très bien !

PS : La parodie ne vous fait pas trop peur ?

MF : Non, on va essayer…

PS : Bon, alors envoyons la musique !

Mylène se prête alors à un exercice inédit pour elle en mettant sa chanson au profit d’une parodie politique. Le texte de « Maman a Tort » a en effet été réécrit par les chansonniers de l’émission par rapport à l’actualité sociétale du moment, en l’occurrence les réformes économiques du ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie Pierre Bérégovoy.

Mylène chante donc cette parodie en direct sur une bande instrumentale comprenant le refrain original chanté, ce qui provoque une légère cacophonie sur chacun d’eux, la voix live de Mylène se superposant avec sa voix enregistrée chantant des paroles différentes.

Vers la fin de la chanson, Mylène arrête de chanter mais la bande instrumentale continuant, elle reprend l’un des précédents couplets jusqu’à ce qu’elle se fasse interrompre par les applaudissements du public.

Françoise Morasso complimente Mylène et la remercie de s’être prêtée au jeu de la parodie.

Merci à Sophie Khairallah pour avoir retrouvé cette archive et permis son partage.

 

Publié dans Mylène 1982 - 1984, Mylène dans la PRESSE | Pas de Commentaires »

ÎLE DE TRANSE émission avec Mylène

Posté par francesca7 le 21 février 2015

 

1985-01-b31 OCTOBRE 1985 – Présenté par Philippe BACHMAN FR3 MIDI­PYRÉNÉES

Philippe Bachmann : Bonjour à tous, bienvenue sur notre « Île de Transe ». Invitée aujourd’hui, Mylène Farmer. C’est son troisième 45­ tours…

Mylène Farmer : Bonjour Philippe.

PB : Bonjour ! Troisième 45­tours, disais­-je, « Plus Grandir »… MF : Oui… PB : Alors, récapépète un petit peu ce qu’il y avait avant !

MF : On récapépète, alors ! Le premier étant « Maman a Tort », qui…

PB : (il l’interrompt) Le deuxième ?

MF : Le deuxième étant « On est Tous des Imbéciles ».

PB : Voilà. « Maman a Tort », c’était y a deux ans, ça à peu près ?

MF : Il y a deux ans, oui.

PB : Alors, il y avait pas le Top 50 à cette époque-­là, mais ça marchait super bien dans les hits, ça s’est très très bien vendu.

MF : Oui…

PB : C’était bien, pour une première expérience. Comment tu as débuté, d’ailleurs ?

MF : J’ai eu la chance de rencontrer deux personnages, qui ont écrit cette chanson.

PB : Des noms ! Des noms !

 MF : Hé bien, il y avait Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat.

PB : Où tu les as rencontré ? Comme ça, par hasard ?

MF : Non, ça serait trop long à raconter, mais ça s’est fait un peu par hasard, quand même. PB : Mais y a que des bons hasards, dans ce métier ! MF : Absolument ! (rires)

PB : Bon, dis­6moi, mon petit doigt m’a dit…

MF : Certes ! (Mylène éclate de rire)

PB : …que tu avais un superbe animal domestique chez toi, mais assez spécial quand même.

MF : Oui, j’ai un petit singe, qui est un capucin…

PB : C’est comment les capucins ?

MF : Le capucin ressemble à un petit chimpanzé, c’est aussi joli.

PB : Ca a une longue queue ?

MF : Ca a une queue assez grande, oui, qui lui sert de cinquième bras.

 PB : Ha, il joue avec ?! Alors, tu as mis des arbres chez toi pour qu’il puisse grimper ?

MF : (rires) Non, pour l’instant…Pas encore ! Pour l’instant, il a une grande cage.

PB : Et qu’est6­ce qu’il mange, ce brave capucin ?

1985-01-aMF : Tout ce que vous mangez, avec la viande en moins !

PB : Bon, alors on peut l’inviter avec toi, alors maintenant faut l’inviter avec toi, quoi.

MF : J’ai déjà essayé de l’amener sur un plateau, il y a quelques problèmes. (rires)

PB : Qu’est­-ce que ça donne ?

MF : Il a très peur des gens.

PB : Et puis il grimpe aux cintres, un peu, non ?

MF : Un peu, il est farouche.

PB : Bon, retour en arrière. Il y a deux ans, donc : « Maman a Tort ». Si on se refaisait ça pour le plaisir ?

MF : Oui ! Diffusion d’une séquence où Mylène, habillée autrement, interprète « Maman a Tort » devant un fond incrusté représentant une main qui compte sur ses doigts en suivant la chanson.

 PB : Dis donc, ton petit chimpanzé, il va falloir lui apprendre à danser, maintenant !

MF : Il chante, déjà ! Il écrit…et il prend des cours de danse !

PB : Il prend des cours de danse ?! Alors, dis­-moi une petite chose : j’ai vu que tu avais un truc superbe sur le dos pour « Maman a Tort », là encore tu es mignonne comme tout…

 MF : Merci !

PB : Comment tu fais pour t’habiller ? C’est toi qui dessines tes trucs ? Comment ça se passe ?

MF : Je ne dessine pas, je réfléchis et puis je vois avec…là, c’est une couturière qui m’a aidé, qui a réalisé cet ensemble.

PB : Les couleurs sont importantes ?

MF : Très importantes, oui.

PB : Il y en a qui sont superstitieux, qui veulent jamais mettre de vert à la télévision, toi tu en mets !

MF : Je sais, oui ! On m’a déjà reproché sur « Maman a Tort » d’avoir mis du vert sur un plateau, parce que ça porte malheur.

PB : Ben ça t’a porté bonheur, plutôt !

MF : Pour l’instant oui, donc je ne fais pas de cas de ça. L’animateur lance la séquence suivante, dans laquelle il présenté diverses nouveautés.

PB : (…) Ensuite, un petit groupe de Rennes qu’il faut que je te présente. Ca s’appelle Niagara. Alors, c’est sympa, ils font de la scène depuis assez longtemps, quand même.

MF : C’est un joli nom.

PB : C’est un joli nom et ce qui ne gâche rien, c’est que dans les chœurs on retrouve un certain Etienne Daho. Tu aimes bien Etienne Daho, toi ?

MF : Oui.

PB : Qu’est­-ce que tu écoutes comme disques, toi ?

MF : Il m’arrive d’écouter de la musique classique. Dans la variété française, j’aime beaucoup Jacques Dutronc.

 PB : Il fait plus grand­-chose, Jacques Dutronc, malheureusement…

MF : Non, mais il réapparaît…

 PB : Une fois de temps en temps !

MF : …et c’est très bien à chaque fois. (…)

PB : Sinon, en musique classique, tu m’as dit, qu’est-­ce que tu écoutes en musique classique ?

MF : J’aime beaucoup Wagner, j’écoute Mahler, j’écoute plein de choses. Très éclectiques, comme choix.

PB : Comment tu choisis les musiques de tes chansons ? Comment ça se passe ?

MF : Je sais pas si…Enfin, je les choisis, on me les…Les personnes qui travaillent…

PB : Oui, mais tu dis oui ou non quand on te propose les choses, non ?

MF : Bien sûr. Y a des choses qui me plaisent plus. Je crois que c’est au travail que… (elle se reprend) heu au piano que ça se fait. On me propose une mélodie, et puis j’aime tout de suite ou j’aime pas du tout.

PB : Le texte est important dans tes chansons.

MF : Bien sûr, bien sûr. Très important, capital.

PB : On en parle un petit peu plus ? « Plus Grandir » : comment naît un texte comme ça ? C’est après la musique ?

MF : Là, ça s’est fait un peu par hasard. Oui, c’est né après la musique. Cette fois-­ci, c’est moi qui l’ai écrit.

PB : Ha ha !

MF : Non, ça n’a rien de vengeance. Je sais pas si je renouvellerai cette expérience. Ca s’est fait par hasard.

PB : Pourquoi ? C’était trop dur ?

MF : C’est très très difficile d’écrire un texte. Ca doit être concis, précis et j’avoue que j’ai eu du mal.

PB : Il y a des trucs pour bien écrire un texte, ou pas ?

MF : Je crois qu’il faut beaucoup de tranquillité, et puis surtout la tranquillité d’esprit que je n’ai pas !

PB : Tu l’as eu quand même pour « Plus Grandir » !

MF : Oui ! PB : On l’écoute ? « Plus Grandir », le nouveau 45­tours de Mylène Farmer. Mylène interprète « Plus Grandir » avec derrière elle des images alternant entre la pochette du disque et le visuel du landau indiquant « Mylène Farmer : 1962­1985 » (sic), et des photos anciennes.

PB : Mylène Farmer, « Plus Grandir », c’est son troisième 45­tours. Tiens, je te rends ton petit micro… (il tend son micro à Mylène)

1985-01-dMF : Merci !

PB : Y a un album en préparation ?

MF : Il y a un album qui sortira vers janvier (1986, ndlr)

PB : Alors tu vas réécrire des textes, quand même, ou pas ?

MF : Non, il est terminé, là il est clôs. Il n’y aura que « Plus Grandir » de ma plume. PB : Bon, ben c’est déjà pas mal !

MF : C’est déjà bien.

PB : Il y a un clip qui vient de se tourner sur « Plus Grandir », non ? MF : Oui, il y a un clip qui a été tourné en Cinémascope.

PB : Alors, c’est pour le cinéma ?

MF : J’espère qu’il ira au cinéma, qu’il fera l’avant­-première d’un film.

PB : Oh ben oui, parce qu’à la télévision ça serait dommage quand même.

MF : Oui, c’est pas suffisant, l’écran est trop petit.

PB : C’est toi qui as décidé de le faire en Scope ?

MF : Non, non, c’est le réalisateur, qui est également mon compositeur. Des noms, encore ?

PB : Oui !

MF : Allez…Laurent Boutonnat ! (rires)

PB : Voilà, fallait le dire. Bon, ce Cinémascope, ce clip, comment il a été tourné ?

MF : Il a été tourné en un peu moins d’une semaine. Le premier jour était de l’extérieur dans un cimetière, et…

PB : Toujours très gaie, Mylène Farmer ! (rires)

MF : Oui ! Et les quatre autres jours se situaient dans un décor qui retraçait le…C’est un décor, c’est une chambre de château baroque avec des toiles d’araignée partout. C’est un bel univers.

PB : Bon, dès qu’il sort, tu nous le donnes qu’on le montre un petit peu à tous les téléspectateurs.

MF : Je vous inviterai à la projection.

PB : Ha oui, en Cinémascope et tout, ça va être superbe, ça ! Dis-­moi, au niveau cinéma c’est « Rosemary’s Baby » ton film préféré, ou pas ?

MF : Non, mais j’aime bien ce film. J’aime surtout l’interprète (Mia Farrow, ndlr) et le metteur en scène (Roman Polanski, ndlr) !

PB : Tu vas souvent au ciné ?

MF : J’y vais assez régulièrement, oui.

PB : Qu’est­-ce que tu as vu de bien, récemment ? Des noms, des noms !

MF : Heu….Je ne sais pas, j’ai vu…Le dernier film que j’ai vu c’était « Mad Max » PB : Oui…3 !

MF : Le 3 !

PB : Y a pas de raisons, il est pas mal le petit australien, hein ? (Mel Gibson, ndlr) Bon, tu sais que c’est l’heure de se quitter, alors à la prochaine ! On découvrira ton clip très vite…

MF : D’accord !

PB : Merci, Mylène Farmer !

MF : Merci à vous ! Ils se font la bise et Mylène glousse en faisant « au revoir » avec la main. Générique de fin.

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

SE FAIRE DU MAUVAIS SANG POUR MYLENE

Posté par francesca7 le 22 novembre 2014

 

TÉLÉ MOUSTIQUE (BELGIQUE) 12 OCTOBRE 1989

Journaliste : Rudy Leonet

 

Cet entretien paraît à l’occasion du passage en Belgique du Tour 89.

2909154313_1Pourquoi êtes-vous si avare d’interviews ? Pourquoi est-ce si difficile de vous rencontrer ?

-Je n’aime pas banaliser les interviews, ni répéter toujours les mêmes choses… Et puis encore et encore parler de moi, ça devient aliénant. Je n’ai pas envie non plus de prolonger les chansons, de m’expliquer, de me justifier…

Je pensais que ça vous était vraiment trop pénible de devoir aborder des sujets intimes face à face avec un étranger dans un système de questions / réponses contre nature…
-… (Son nez se pince et elle secoue la tête pour acquiescer, comme embarrassée d’être prise sur le fait)

Choisir le silence, c’est aussi parfois donner le champ libre aux rumeurs…
-J’y suis vraiment indifférente. Elles sont souvent basées sur du ressentiment et de la mauvaise foi.

Comme la rumeur du play-back pendant les concerts ?
-Bien sûr. Je n’ai jamais accepté de faire une seule émission de télévision en chantant en direct (contrairement à ce qu’elle dit, Mylène s’est pourtant prêtée à l’exercice à plusieurs reprises entre 1984 et 1987, nda). Sur un plateau de télé, je n’ai aucun contrôle sur le son. Je ne veux pas jouer à la roulette russe avec mes chansons, elles me sont trop importantes. Donc, on a immédiatement conclu que je ne savais pas chanter et que mes concerts seraient en play-back. Ca m’est égal. Je sais d’où vient la rumeur, je sais où je vais et ce qu’en pensent ceux qui viennent me voir. Tant pis pour les autres…

Si la critique ne vous touche pas, êtes-vous émue par les récompenses ? Je me souviens de cette soirée des Victoires de la Musique où vous avez reçu votre trophée en déclarant : ‘Je suis contente et triste’. Mais qu’est-ce qui vous a poussée à dire que vous étiez triste alors qu’on vous récompensait ?
-J’ai passé des heures en coulisses pour les répétitions de cette soirée télévisée. Tout le gratin du show-business était là et ces gens m’ont écœurée. Ils se détestent tous. J’étais triste d’avoir été récompensée et reconnue par ces gens-là. Ce sont les Victoire de l’hypocrisie ! J’ai failli m’enfuir, mais je suis restée pour faire plaisir aux gens qui regardaient l’émission. Ils n’auraient pas compris…

Vous n’avez pas d’amis dans ce métier ?
-J’aime bien Lio et Jean-Jacques Goldman. Mais je les connais assez peu…

C’est si important, pour vous, d’être rousse ?
-(silence) Cela a été important à une époque, mais maintenant, ça l’est moins puisque ça fait partie intégrante de moi. Je ne me défie plus en me regardant dans un miroir…

Votre date de naissance imaginaire (1985 dans sa biographie officielle) correspond très exactement au moment où vous avez choisi de vous teindre les cheveux… (double confusion de la part du journaliste, puisque dans la brochure promotionnelle qu’il évoque, 1985 est présenté comme une date de fin de cycle, et le passage au roux date quant à lui d’avril 1986, nda)
-C’est vrai… C’est quelque chose que je devais vomir. J’ai toujours eu ça en moi sans oser l’afficher, cette façon d’être différente…Et en l’incarnant physiquement, je ne pouvais plus reculer. J’ai détruit quelqu’un pour en devenir un autre. C’était difficile, comme un défi aux autres…

« Ainsi soit je, ainsi va ma vie, tant pis… » (sic) ?!
-Oui… (Elle sourit, regarde le sol)

3136911786_1_8_BrDJB4OtVous vous souvenez de votre première rencontre avec Laurent Boutonnat ?
-Non.

Vous semblez si catégorique sur l’absence de souvenirs…
-En fait, j’y repense très souvent et je n’arrive pas à me rappeler. Même pas son visage. Je me souviens que quelqu’un était là, mais rien de plus. Ca m’ennuie…

Jusqu’au deuxième single, « On est Tous des Imbéciles », Laurent écrivait les chansons avec Jérôme Dahan, qui a disparu ensuite…
-C’est lui qui est parti. Je pense qu’il s’est senti comme un intrus dans la relation exceptionnelle qui se dessinait entre Laurent et moi…

Relation exceptionnelle ?
-C’est mon jumeau, mon double, mon complément vital. Il comble mes vides… On ne peut pas être doué pour tout. Ensemble, nous complétons deux personnalités pour faire un tout.

« On est Tous des Imbéciles » est un disque hybride : il n’est repris sur aucun album, n’a pas eu droit a une vidéo. Il a été écarté comme une bavure…
-J’aime beaucoup cette chanson, mais elle marquait la fin d’une époque, la fin d’un cycle. Un peu comme aujourd’hui on est à la fin d’un cycle. Il va y avoir des choix à faire, je ne sais pas encore lesquels. Les choses s’imposeront d’elles-mêmes.

C’est la phrase de « À Quoi je Sers… » : ‘A présent, je peux me taire si tout devient dégoût’ ?
-Non, non. C’est un peu léger, comme le clip avec les fantômes qui m’emmènent. C’est une image un peu facile, même si elle contient une partie de vérité.

Et la pochette en noir et blanc comme un faire-part mortuaire, comme des adieux…
-Non, il y aura d’autres disques… Plus tard… Vous aimez cette photo ? C’est Marianne(Rosenstiehl, nda) qui l’a prise dans ma loge au Palais des Sports. Je l’adore.

Y a-t-il un but secret que vous vous êtes fixé depuis le premier jour ?
-Oui, j’ai un but à atteindre…

Très précis ?
-(catégorique) Oui, très précis…

Quand vous vous déshabillez dans un clip, c’est pour répondre à l’attente de qui ?
-Du scénariste, donc de Laurent. S’il pense que c’est utile pour son film, j’ai confiance en lui. Mais aujourd’hui, je sais que c’est fini et qu’on ne le refera plus.

Quand vous parlez de Laurent Boutonnat, vous citez la confiance, le respect, l’admiration. On n’est pas très loin d’un sentiment amoureux…
-(sourire) Je ne veux pas parler de ma vie privée. Je vous dirai seulement que je ne peux pas la dissocier de ma vie professionnelle.

Vous êtes possessive ? Vous accepteriez qu’il travaille avec quelqu’un d’autre ?
-Je sais qu’il ne le ferait pas. Pour l’instant, il ne pourrait pas trouver ailleurs ce que je peux lui apporter. L’inverse est vrai aussi…

Toutes vos idoles sont des personnages historiques : Louis II de Bavière, Edgar Allan Poe, Baudelaire… Rien ne vous rattache vraiment à vos contemporains ?
-Vous savez, je ne suis pas très cultivée. Il y a probablement beaucoup de gens que j’admirerais énormément si je les connaissais. J’ai mes références, celles que j’ai trouvées dans les livres. J’ai lu beaucoup quand j’étais petite. Aujourd’hui, je ne lis presque plus. Je le regrette.

Où en est le projet de long métrage pour le cinéma de Laurent Boutonnat ?
-Il va le faire. On a trouvé l’argent pour le monter. Il commence le tournage après la tournée.(le projet sera reporté jusqu’en 1993, après que le producteur initialement trouvé par Laurent Boutonnat n’ait rien fait pour monter le film, nda)

Il y a un rôle pour vous ?
-Je ne sais pas… Peut-être…

Vous avez envie de tourner dans ce film ?
-Oui…

Laurent vous l’a proposé ?
-(amusée) Oui…

Eh bien, alors ?!
-Bon ! Oui, je jouerai dans le film.

Ca parle de quoi ?
-Il est trop tôt. Je vous le dis, mais vous me promettez de ne pas l’écrire !

C’est juré. Alors ?
-…

Vous vous êtes bien amusée sur scène, pendant les concerts ? Je veux dire dans le sens purement enfantin du terme…
-Oui, il y a eu de ça. Mais pas que ça. C’est très stimulant. En deux heures, on passe par autant de sentiments différents qu’en dix ans de vie. Je n’étais pas sûre d’aimer ça avant de le faire, c’est pour ça que ce spectacle a été conçu comme le dernier. Je n’étais pas certaine de remonter sur scène après cette première expérience. Tout dépendra de la tournée : j’ai très peur de me retrouver sur les routes, dans une chambre différente tous les soirs. Je ne sais pas…

En décembre, vous clôturerez la tournée par deux dates exceptionnelles à Bercy. La grandeur de la salle vous fait peur ?
-Oh non ! Pas du tout. J’aurais tremblé à l’Olympia, mais pas à Bercy.

images (6)Un peu comme la peur du tête-à-tête en interview ?
-Oui, une peur de promiscuité et d’intimité.

Vous êtes heureuse de tout ce qui vous arrive ?
-(soupir) Mary Shelley a dit un jour : ‘Je ne veux pas être de celles que l’on aime, je veux être de celles dont on se souvient’

Mais pour en arriver là, elle a été obligée de créer un monstre! (référence au roman « Frankenstein », de Mary Shelley, nda)
-Oui…oui…!

 

Publié dans Mylène 1989 - 1990, Mylène TOUR 1989 | Pas de Commentaires »

TÉLÉ MOUSTIQUE (Belgique) avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 16 septembre 2014

 

12 OCTOBRE 1989 – Mauvais sang – Entretien avec Rudy LEONET

« Je suis à la fin d’un cycle. Il va y avoir des choix à faire, je ne sais pas encore lesquels. Les choses s’imposeront d’elles-mêmes. »

1989-14-aPourquoi êtes-vous si avare d’interviews ? Pourquoi est-ce si difficile de vous rencontrer ?

- Je n’aime pas banaliser les interview s, ni répéter toujours les mêmes choses… Et puis encore et encore parler de moi, ça devient aliénant. Je n’ai pas envie non plus de prolonger les chansons, de m’expliquer, de me justifier…

Je pensais que ça vous était vraiment trop pénible de devoir aborder des sujets intimes face à face avec un étranger dans un système de questions / réponses contre nature…

- … (Son nez se pince et elle secoue la tête pour acquiescer, comme embarrassée d’être prise sur le fait)

Choisir le silence, c’est aussi parfois donner le champ libre aux rumeurs…

- J’y suis vraiment indifférente. Elles sont souvent basées sur du ressentiment et de la mauvaise foi.

Comme la rumeur du play-back pendant les concerts ?

- Bien sûr. Je n’ai jamais accepté de faire une seule émission de télévision en chantant en direct. Sur un plateau de télé, je n’ai aucun contrôle sur le son. Je ne veux pas jouer à la roulette russe avec mes chansons, elles me sont trop importantes. Donc, on a immédiatement conclu que je ne savais pas chanter et que mes concerts seraient en play-back. Ca m’est égal. Je sais d’où vient la rumeur, je sais où je vais et ce qu’en pensent ceux qui viennent me voir. Tant pis pour les autres…

Si la critique ne vous touche pas, êtes-vous émue par les récompenses ? Je me souviens de cette soirée des Victoires de la M usique où vous avez reçu votre trophée en déclarant : ‘Je suis contente et triste’. M ais qu’est-ce qui vous a poussée à dire que vous étiez triste alors qu’on vous récompensait?

- J’ai passé des heures en coulisses pour les répétitions de cette soirée télévisée. Tout le gratin du show – business était là et ces gens m’ont écoeurée. Ils se détestent tous. J’étais triste d’avoir été récompensée et reconnue par ces gens-là. Ce sont les Victoire de l’hypocrisie ! J’ai failli m’enfuir, mais je suis restée pour faire plaisir aux gens qui regardaient l’émission. Ils n’auraient pas compris…

Vous n’avez pas d’amis dans ce métier ?

- J’aime bien Lio et Jean-Jacques Goldman. Mais je les connais assez peu…

C’est si important, pour vous, d’être rousse ?

- (silence) Cela a été important à une époque, mais maintenant, ça l’est moins puisque ça fait partie intégrante de moi. Je ne me défie plus en me regardant Votre date de naissance imaginaire (1985 dans sa biographie officielle) correspond très exactement au moment où vous avez choisi de vous teindre les cheveux…

(double confusion de la part du journaliste, puisque dans la brochure promotionnelle qu’il évoque, 1985 est présenté comme une date de fin de cycle, et le passage au roux date quant à lui d’avril 1986, nda)

- C’est vrai… C’est quelque chose que je devais vomir. J’ai toujours eu ça en moi sans oser l’afficher, cette façon d’être différente…Et en l’incarnant physiquement, je ne pouvais plus reculer. J’ai détruit quelqu’un pour en devenir un autre. C’était difficile, comme un défi aux autres…

« Ainsi soit je, ainsi va ma vie, tant pis… » (sic) ?!

- Oui… (Elle sourit, regarde le sol)

Vous vous souvenez de votre première rencontre avec Laurent Boutonnat ?

- Non.

Vous semblez si catégorique sur l’absence de souvenirs…

- En fait, j’y repense très souvent et je n’arrive pas à me rappeler. Même pas son visage. Je me souviens que quelqu’un était là, mais rien de plus. Ca m’ennuie…

Jusqu’au deuxième single, « On est Tous des Imbéciles », Laurent écrivait les chansons avec Jérôme Dahan, qui a disparu ensuite…

- C’est lui qui est parti. Je pense qu’il s’est senti comme un intrus dans la relation exceptionnelle qui se dessinait entre Laurent et moi…

Relation exceptionnelle ?

- C’est mon jumeau, mon double, mon complément vital. Il comble mes vides… On ne peut pas être doué pour tout. Ensemble, nous complétons deux personnalités pour faire un tout.

« On est Tous des Imbéciles » est un disque hybride : il n’est repris sur aucun album, n’a pas eu droit a une vidéo. Il a été écarté comme une bavure…

- J’aime beaucoup cette chanson, mais elle marquait la fin d’une époque, la fin d’un cycle. Un peu comme aujourd’hui on est à la fin d’un cycle. Il va y avoir des choix à faire, je ne sais pas encore lesquels. Les choses s’imposeront d’elles-mêmes.

C’est la phrase de « A Quoi je Sers… » : ‘A présent, je peux me taire si tout devient dégoût’ ?

- Non, non. C’est un peu léger, comme le clip avec les fantômes qui m’emmènent. C’est une image un peu facile, même si elle contient une partie de vérité.

Et la pochette en noir et blanc comme un faire-part mortuaire, comme des adieux…

- Non, il y aura d’autres disques…Plus tard…Vous aimez cette photo ? C’est Marianne (Rosenstiehl, nda) qui l’a prise dans ma loge au Palais des Sports. Je l’adore.

Y a-t-il un but secret que vous vous êtes fixé depuis le premier jour ?

- Oui, j’ai un but à atteindre…

Très précis ?

- (catégorique) Oui, très précis…

Quand vous vous déshabillez dans un clip, c’est pour répondre à l’attente de qui ?

- Du scénariste, donc de Laurent. S’il pense que c’est utile pour son film, j’ai confiance en lui. Mais aujourd’hui, je sais que c’est fini et qu’on ne le refera plus. dans un miroir..

Quand vous parlez de Laurent Boutonnat, vous citez la confiance, le respect, l’admiration. On n’est pas très loin d’un sentiment amoureux…

- (sourire) Je ne veux pas parler de ma vie privée. Je vous dirai seulement que je ne peux pas la dissocier de ma vie professionnelle.

Vous êtes possessive ? Vous accepteriez qu’il travaille avec quelqu’un d’autre ?

- Je sais qu’il ne le ferait pas. Pour l’instant, il ne pourrait pas trouver ailleurs ce que je peux lui apporter.

L’inverse est vrai aussi…

Toutes vos idoles sont des personnages historiques : Louis II de Bavière, Edgar Allan Poe,

Baudelaire… Rien ne vous rattache vraiment à vos contemporains ?

- Vous savez, je ne suis pas très cultivée. Il y a probablement beaucoup de gens que j’admirerais énormément si je les connaissais. J’ai mes références, celles que j’ai trouvées dans les livres. J’ai lu beaucoup quand j’étais petite. Aujourd’hui, je ne lis presque plus. Je le regrette.

Où en est le projet de long métrage pour le cinéma de Laurent Boutonnat ?

- Il va le faire. On a trouvé l’argent pour le monter. Il commence le tournage après la tournée. (le projet sera reporté jusqu’en 1993, après que le producteur initialement trouvé par Laurent Boutonnat n’ait rien fait pour monter le film, nda)

Il y a un rôle pour vous ?

- Je ne sais pas…Peut-être…

Vous avez envie de tourner dans ce film ?

- Oui…

Laurent vous l’a proposé ?

- (amusée) Oui…

Eh bien, alors ?!

- Bon ! Oui, je jouerai dans le film.

Ca parle de quoi ?

- Il est trop tôt. Je vous le dis, mais vous me promettez de ne pas l’écrire !

C’est juré. Alors ?

- …

1989-09Vous vous êtes bien amusée sur scène, pendant les concerts ? Je veux dire dans le sens purement enfantin du terme…

- Oui, il y a eu de ça. Mais pas que ça. C’est très stimulant. En deux heures, on passe par autant de sentiments différents qu’en dix ans de vie. Je n’étais pas sûre d’aimer ça avant de le faire, c’est pour ça que ce spectacle a été conçu comme le dernier. Je n’étais pas certaine de remonter sur scène après cette première expérience.

Tout dépendra de la tournée : j’ai très peur de me retrouver sur les routes, dans une chambre différente tous les soirs. Je ne sais pas…

En décembre, vous clôturerez la tournée par deux dates exceptionnelles à Bercy. La grandeur de la salle vous fait peur ?

- Oh non ! Pas du tout. J’aurais tremblé à l’Olympia, mais pas à Bercy.

 

Un peu comme la peur du tête-à-tête en interview ?

- Oui, une peur de promiscuité et d’intimité.

Vous êtes heureuse de tout ce qui vous arrive ?

- (soupir) Mary Shelley a dit un jour : ‘Je ne veux pas être de celles que l’on aime, je veux être de celles dont on se souvient’…

M ais pour en arriver là, elle a été obligée de créer un monstre ! (référence au roman « Frankenstein », de Mary Shelley, nda)

- Oui…oui…

 

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La rencontre avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 7 février 2014

 

La rencontre avec Mylène Farmer dans Mylène Autrement BoutonnatPhoto03À 20 ans, il compose avec Jérôme Dahan la musique de Maman a tort et cherche une chanteuse pour l’interpréter. Il pense d’abord à Lio, mais le projet n’aboutira pas. Ensuite, il repère une jeune fille d’une quinzaine d’années mais y aurait finalement renoncé pour des raisons juridiques. Lors d’un casting, il tombe alors sous le charme d’une comédienne en herbe, séduit immédiatement par son « air psychotique ». « C’était elle. On ne l’avait pas encore entendue chanter mais je savais que c’était elle ». Mylène Farmer sort alors son premier 45 tours en mars 1984. La chanson bénéficie d’un vidéo-clip tourné pour la modique somme de 5 000 FRF. Depuis lors, le tandem Farmer-Boutonnat est inséparable.

Fort du succès de ce premier single, Laurent Boutonnat écrit et compose la majorité des chansons du premier album de la chanteuse, Cendres de lune, paru en 1986. Le second extrait, Plus grandir, introduit ce qui fera en partie le succès de la chanteuse : les vidéo-clips, que Laurent Boutonnat réalisera désormais en 35 mm, comme de véritables petits films avec génériques, bandes originales et avant-premières.

La consécration n’intervient réellement qu’en 1986 avec le troisième extrait de Cendres de luneLibertine et son vidéo-clip inspiré de Barry Lyndon, succès confirmé par le single suivant, Tristana dont le clip est nommé aux Victoires de la musique. Laurent Boutonnat et Mylène Farmer, qui forment alors un couple à la ville, créent la société Toutankhamon SA.

Au printemps 1988, sort l’album Ainsi soit je…, entièrement composé par Boutonnat qui délaisse l’écriture au profit de Mylène Farmer. L’album est un triomphe (1 800 000 ventes). Ils tournent les clips de Sans contrefaçon (avec Zouc), Ainsi soit je…Pourvu qu’elles soient douces ([Libertine II], qui sera le plus long vidéo-clip scénarisé français : 17 min), Sans logique et À quoi je sers, qui entérinent le personnage de la chanteuse. Il met également en scène sa première tournée en 1989, et réalise le film En concert, toujours en 35 mm, qui sort l’année suivante.

En 1991, Boutonnat compose les musiques de L’Autre, le troisième album de Mylène Farmer, et réalise les clips de DésenchantéeRegrets et Je t’aime mélancolieDésenchantée connaît un énorme succès, et permettra à l’album de dépasser les deux millions de copies. Elle a également été la chanson française la plus diffusée dans le monde en 2004 selon la SACEM. Le vidéo-clip de Beyond my control (1992), censuré pour son contenu trop explicite, est le dernier réalisé par Laurent Boutonnat pour Mylène Farmer jusqu’en 2001.

Début 1995, il participe à la composition de l’album Anamorphosée de Mylène Farmer, au son plus rock. Il travaille également à la conception de la tournée qui suit, et qu’il immortalise dans Live à Bercy (1997).

En 1997, il devient le producteur et compositeur de Nathalie Cardone, qui connaît un grand succès avec sa reprise de Hasta Siempre. Il participe à son premier album éponyme, et réalise les clips des singles PopulaireMon ange et Baila si.

En 1999, sort Innamoramento de Mylène Farmer, album qu’il compose en grande partie. Cependant, il ne participe pas à la conception du Mylenium Tour qui suit la sortie de l’album.

En 2000, il coproduit avec Mylène Farmer la jeune chanteuse Alizée, compose pour elle la musique de Moi… Lolita et réalise le clip. La chanson est un succès mondial (plus de 2 millions de ventes), suivie par un album triomphal, Gourmandises, lui aussi signé Farmer/Boutonnat.

En 2001, il reprend la caméra pour Mylène Farmer et réalise les clips de Les Mots et Pardonne-moi. Il réalise également les clips d’Alizée Parler tout bas et J’ai pas vingt ans ainsi que son second album, Mes courants électriques. En 2003, il met en scène le spectacle de la jeune corse et reçoit la même année le Grand Prix de l’Auteur-Réalisateur de l’Audiovisuel, décerné par laSACEM. Il réalise l’année suivante un clip pour un jeune chanteur, Kamal Kacet, Ifkis. Laurent produit par ailleurs l’album de ce dernier, « Larmes noires ».

En 2005, sort Avant que l’ombre…, le sixième album de Mylène Farmer dont il compose la quasi-totalité des musiques. Il participe aussi, en association avec la chanteuse, à la mise en scène du spectacle Avant que l’ombre… À Bercy. Parallèlement, il entame le tournage de son nouveau long-métrage, une adaptation du roman d’Eugène Le Roy Jacquou le croquant, qui sortira en France le 17 janvier 2007. Moins sombre que Giorgino, le film reçoit un accueil plus chaleureux, et atteint le million d’entrées.

MONKEY 2913En 2008, il compose les musiques de Point de Suture, le septième album de Mylène Farmer, et participe à la direction artistique de son Tour 2009 (qui passera notamment par le Stade de France).

En 2011, il compose les musiques des deux inédits de 2001-2011 Du temps et Sois moi-be me, le deuxième best of de Mylène Farmer, ainsi que le clip du premier single inédit Du temps.

En 2012, il compose les musiques de Monkey Me, neuvième album de Mylène Farmer.

 

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FR3 MIDI-PYRÉNÉES et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 novembre 2013

ÎLE DE TRANSE – 31 OCTOBRE 1985

Présenté par Philippe BACHMAN

FR3 MIDI-PYRÉNÉES

 1985-01-d

Philippe Bachmann : Bonjour à tous, bienvenue sur notre « Île de Transe ». Invitée aujourd’hui, Mylène Farmer. C’est son troisième 45-tours…

 

Mylène Farmer : Bonjour Philippe.

 

PB : Bonjour ! Troisième 45-tours, disais-je, « Plus Grandir »…

MF : Oui…

 

PB : Alors, récapépète un petit peu ce qu’il y avait avant !

MF : On récapépète, alors ! Le premier étant « Maman a Tort », qui…

 

PB : (il l’interrompt) Le deuxième ?

MF : Le deuxième étant « On est Tous des Imbéciles ».

 

PB : Voilà. « Maman a Tort », c’était y a deux ans, ça à peu près ?

MF : Il y a deux ans, oui.

 

PB : Alors, il y avait pas le Top 50 à cette époque-là, mais ça marchait super bien dans les hits, ça s’est très très bien vendu.

 

MF : Oui…

 

PB : C’était bien, pour une première expérience. Comment tu as débuté, d’ailleurs ?

MF : J’ai eu la chance de rencontrer deux personnages, qui ont écrit cette chanson.

 

PB : Des noms ! Des noms !

MF : Hé bien, il y avait Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat.

 

PB : Où tu les as rencontré ? Comme ça, par hasard ?

MF : Non, ça serait trop long à raconter, mais ça s’est fait un peu par hasard, quand même.

 

PB : Mais y a que des bons hasards, dans ce métier !

MF : Absolument ! (rires)

 

PB : Bon, dis-moi, mon petit doigt m’a dit…

MF : Certes ! (Mylène éclate de rire)

 

PB : …que tu avais un superbe animal domestique chez toi, mais assez spécial quand même.

MF : Oui, j’ai un petit singe, qui est un capucin…

 

PB : C’est comment les capucins ?

MF : Le capucin ressemble à un petit chimpanzé, c’est aussi joli.

 

PB : Ca a une longue queue ?

MF : Ca a une queue assez grande, oui, qui lui sert de cinquième bras.

 

PB : Ha, il joue avec ?! Alors, tu as mis des arbres chez toi pour qu’il puisse grimper ?

MF : (rires) Non, pour l’instant…Pas encore ! Pour l’instant, il a une grande cage.

 

PB : Et qu’est-ce qu’il mange, ce brave capucin ?

MF : Tout ce que vous mangez, avec la viande en moins !

 

PB : Bon, alors on peut l’inviter avec toi, alors maintenant faut l’inviter avec toi, quoi.

MF : J’ai déjà essayé de l’amener sur un plateau, il y a quelques problèmes. (rires)

 

PB : Qu’est-ce que ça donne ?

MF : Il a très peur des gens.

 

PB : Et puis il grimpe aux cintres, un peu, non ?

MF : Un peu, il est farouche.

 

PB : Bon, retour en arrière. Il y a deux ans, donc : « Maman a Tort ». Si on se refaisait ça pour le plaisir ?

MF : Oui

 

Diffusion d’une séquence où Mylène, habillée autrement, interprète « Maman a Tort » devant un fond incrusté représentant une main qui compte sur ses doigts en suivant la chanson.

 

PB : Dis donc, ton petit chimpanzé, il va falloir lui apprendre à danser, maintenant !

MF : Il chante, déjà ! Il écrit…et il prend des cours de danse !

 

PB : Il prend des cours de danse ?! Alors, dis-moi une petite chose : j’ai vu que tu avais un truc superbe sur le dos pour « Maman a Tort », là encore tu es mignonne comme tout…

 1985-01-b

MF : Merci !

 

PB : Comment tu fais pour t’habiller ? C’est toi qui dessines tes trucs ? Comment ça se passe ?

MF : Je ne dessine pas, je réfléchis et puis je vois avec…là, c’est une couturière qui m’a aidé, qui a réalisé cet ensemble.

 

PB : Les couleurs sont importantes ?

MF : Très importantes, oui.

 

PB : Il y en a qui sont superstitieux, qui veulent jamais mettre de vert à la télévision, toi tu en mets !

MF : Je sais, oui ! On m’a déjà reproché sur « Maman a Tort » d’avoir mis du vert sur un plateau, parce que ça porte malheur.

 

PB : Ben ça t’a porté bonheur, plutôt !

MF : Pour l’instant oui, donc je ne fais pas de cas de ça.

 

L’animateur lance la séquence suivante, dans laquelle il présenté diverses nouveautés.

 

PB : (…) Ensuite, un petit groupe de Rennes qu’il faut que je te présente. Ca s’appelle Niagara. Alors, c’est sympa, ils font de la scène depuis assez longtemps, quand même.

 

MF : C’est un joli nom.

 

PB : C’est un joli nom et ce qui ne gâche rien, c’est que dans les chœurs on retrouve un certain Etienne Daho. Tu aimes bien Etienne Daho, toi ?

 

MF : Oui.

 

PB : Qu’est-ce que tu écoutes comme disques, toi ?

MF : Il m’arrive d’écouter de la musique classique. Dans la variété française, j’aime beaucoup Jacques Dutronc

 

PB : Il fait plus grand-chose, Jacques Dutronc, malheureusement…

MF : Non, mais il réapparaît…

 

PB : Une fois de temps en temps !

MF : …et c’est très bien à chaque fois.

 

(…)

 

PB : Sinon, en musique classique, tu m’as dit, qu’est-ce que tu écoutes en musique classique ?

MF : J’aime beaucoup Wagner, j’écoute Mahler, j’écoute plein de choses. Très éclectiques, comme choix.

 

PB : Comment tu choisis les musiques de tes chansons ? Comment ça se passe ?

MF : Je sais pas si…Enfin, je les choisis, on me les…Les personnes qui travaillent…

 

PB : Oui, mais tu dis oui ou non quand on te propose les choses, non ?

MF : Bien sûr. Y a des choses qui me plaisent plus. Je crois que c’est au travail que… (elle se reprend) heu au piano que ça se fait. On me propose une mélodie, et puis j’aime tout de suite ou j’aime pas du tout.

 

PB : Le texte est important dans tes chansons.

MF : Bien sûr, bien sûr. Très important, capital.

 

PB : On en parle un petit peu plus ? « Plus Grandir » : comment naît un texte comme ça ? C’est après la musique ?

 

MF : Là, ça s’est fait un peu par hasard. Oui, c’est né après la musique. Cette fois-ci, c’est moi qui l’ai écrit.

 

PB : Ha ha !

MF : Non, ça n’a rien de vengeance. Je sais pas si je renouvellerai cette expérience. Ca s’est fait par hasard.

 

PB : Pourquoi ? C’était trop dur ?

MF : C’est très très difficile d’écrire un texte. Ca doit être concis, précis et j’avoue que j’ai eu du mal.

 

PB : Il y a des trucs pour bien écrire un texte, ou pas ?

MF : Je crois qu’il faut beaucoup de tranquillité, et puis surtout la tranquillité d’esprit que je n’ai pas !

 

PB : Tu l’as eu quand même pour « Plus Grandir » !

MF : Oui !

 

PB : On l’écoute ? « Plus Grandir », le nouveau 45-tours de Mylène Farmer.

Mylène interprète « Plus Grandir » avec derrière elle des images alternant entre la pochette du disque et le visuel du landau indiquant « Mylène Farmer : 1962-1985 » (sic), et des photos anciennes.

 

PB : Mylène Farmer, « Plus Grandir », c’est son troisième 45-tours. Tiens, je te rends ton petit micro… (il tend son micro à Mylène)

 

MF : Merci !

 

PB : Y a un album en préparation ?

MF : Il y a un album qui sortira vers janvier (1986, ndlr)

 

PB : Alors tu vas réécrire des textes, quand même, ou pas ?

MF : Non, il est terminé, là il est clôs. Il n’y aura que « Plus Grandir » de ma plume.

 

PB : Bon, ben c’est déjà pas mal !

MF : C’est déjà bien.

 

PB : Il y a un clip qui vient de se tourner sur « Plus Grandir », non ?

MF : Oui, il y a un clip qui a été tourné en Cinémascope.

 

PB : Alors, c’est pour le cinéma ?

MF : J’espère qu’il ira au cinéma, qu’il fera l’avant-première d’un film.

 

PB : Oh ben oui, parce qu’à la télévision ça serait dommage quand même.

MF : Oui, c’est pas suffisant, l’écran est trop petit.

 

PB : C’est toi qui as décidé de le faire en Scope ?

MF : Non, non, c’est le réalisateur, qui est également mon compositeur. Des noms, encore ?

 

PB : Oui !

MF : Allez…Laurent Boutonnat ! (rires)

 

PB : Voilà, fallait le dire. Bon, ce Cinémascope, ce clip, comment il a été tourné ?

MF : Il a été tourné en un peu moins d’une semaine. Le premier jour était de l’extérieur dans un cimetière, et…

 

PB : Toujours très gaie, Mylène Farmer ! (rires)

MF : Oui ! Et les quatre autres jours se situaient dans un décor qui retraçait le…C’est un décor, c’est une chambre de château baroque avec des toiles d’araignée partout. C’est un bel univers.

 

PB : Bon, dès qu’il sort, tu nous le donnes qu’on le montre un petit peu à tous les téléspectateurs.

MF : Je vous inviterai à la projection.

 

PB : Ha oui, en Cinémascope et tout, ça va être superbe, ça ! Dis-moi, au niveau cinéma c’est « Rosemary’s Baby » ton film préféré, ou pas ?

 

MF : Non, mais j’aime bien ce film. J’aime surtout l’interprète (Mia Farrow, ndlr) et le metteur en scène (Roman Polanski, ndlr) !

 

PB : Tu vas souvent au ciné ?

MF : J’y vais assez régulièrement, oui.

 

PB : Qu’est-ce que tu as vu de bien, récemment ? Des noms, des noms !

MF : Heu….Je ne sais pas, j’ai vu…Le dernier film que j’ai vu c’était « Mad Max »

 

PB : Oui…3 !

MF : Le 3 !

 

PB : Y a pas de raisons, il est pas mal le petit australien, hein ? (Mel Gibson, ndlr) Bon, tu sais que c’est l’heure de se quitter, alors à la prochaine ! On découvrira ton clip très vite…

 

MF : D’accord !

 

PB : Merci, Mylène Farmer !

MF : Merci à vous !

 

Ils se font la bise et Mylène glousse en faisant « au revoir » avec la main.

 

Générique de fin.

 

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Mylène Farmer – Avril 1986

Posté par francesca7 le 19 décembre 2012

 

CENDRE DE LUNE : le titre donne son nom au premier album de Mylène. Sorti le 1er avril 1986, et album fait suite aux sigles Maman a tort, My Mum Is Wrong, On est tous des imbéciles et Plus grandir. Entre son premier 45 tours et ce premier album, l’artiste a changé de maison de disques : exit RCA et bonjour Polydor, pour un contrat de deux albums.

 

Ce premier 33 tours est donc un vrai pari, d’autant que Polydor ne rachète à RCA que les droits de Maman a tort (My Mum Is Wrong, On est tous des imbéciles et L’Annonciation sont toujours inédits sur CD aujourd’hui).

Mylène Farmer - Avril 1986 dans Mylène AU FIL DES MOTS fanethae4-300x225 Restent les titres Plus grandir et sa face B, Chloée, déjà sortis dans la nouvelle maison de disques de Mylène. Trois anciens titres donc, accompagnés de six nouveauté (c’est peu) : Libertine, Au bout de la nuit, Vieux bouc, Wee’ll Never Die, Greta et Cendres de lune (un instrumental). Neuf titres en tout, produits , arrangés et réalisé par Laurent Boutonnat, qui s’occupe également des claviers acoustiques et des synthétiseurs. C’est même une de ses photos que l’on voit sur le recto de la pochette ; un cliché en noir et blanc de profil où Mylène (encore brune) se coiffe d’un canotier. Elle apparaît songeuse, et son nom s’inscrit en lettres rouges. L’univers Farmer prend donc ici sa forme.

Et que dire des textes ! Encore et toujours Boutonnat pour cinq chanson, un titre de Jérôme Dahan et deux de Mylène. Mais qu’on ne s’y trompe pas ; si les textes ne sont pas tous de Mylène, son inspiration se ressent dans les vers de chaque chanson – mort, enfance torturée, sang, violence, suicide, sexe, peur de vieillir…. Ne manque que l’influence religieuse pour que toutes les grandes thématiques farméreinnes soient au rendez-vous ! Les musiques, quant à elles, sont toutes de Boutonnat, hormis celle de Maman a tort (cosignée avec Jérôme Dahan) et Libertine (de Jean-Claude Dequéant).

 Pour accompagner la sortie de cet album, il faut un titre fort qui puisse être édité en SP ; ce sera Libertine. Le succès est immédiat (même foudroyant) et permettra à l’album d’atteindre les 700 000 ventes au total, grâce, notamment, à sa ressorties CD en 1987 comprenant douze titres au lieu de neuf (l’album était déjà sortie en CD, mais de façon très confidentielle, en 1986). En effet, pour l’occasion, Cendres de Lune s’est vu agrémenter d’une nouvelle chanson, Tristana, accompagnée de son remix (Tristana Remix Club). La carrière de Mylène est ici lancée et bien lancée ! Plus rien n’empêchera la désormais rousse chanteuse de gravir les marches du succès et de squatter systématiquement les hit-parades. Une artiste est née avec ce Cendres de Lune.

 

 

Image de prévisualisation YouTube

 

issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 23/220

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My Mum Is Wrong de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 18 septembre 2012

 

My Mum Is Wrong

Single par Mylène Farmer

Face A My Mum Is Wrong
Face B Maman a tort
Sortie 02 Septembre 1984
Durée 3:47
Format 45 tours
Parolier Jérôme Dahan & R. Fitoussi
Compositeur Jérôme Dahan & Laurent Boutonnat
Producteur Laurent Boutonnat
Label RCA
BMG Music

Singles de Mylène Farmer

My Mum Is Wrong de Mylène Farmer dans Mylène et mes BLABLAS mylenefarmer-vip-blog-com-108838photo-464233-M


My Mum Is Wrong
est la version anglaise de Maman a tort destinée au marché anglophone et enregistrée sous l’impulsion de Bertrand Le Page, qui cherche à conquérir de nouveaux territoires. Les paroles sont adaptées à la langue anglaise par le chanteur français F. R. David.

Le titre sort finalement uniquement en Angleterre mais de façon très confidentielle (un peu moins de 100 exemplaires seulement du 45 tours seront vendus, ce qui en fera un échec commercial instantané) et n’est donc jamais recensé dans les classements des meilleures ventes au Royaume-Uni. Aucun vidéo-clip particulier n’a été enregistré pour ce titre. Il s’agit du disque le plus rare de la star à ce jour.

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Laurent Boutonnat

Posté par francesca7 le 1 août 2012


Laurent Boutonnat dans Mylène et L'ENTOURAGE jt12

Laurent Boutonnat, de son état-civil complet Laurent Pierre Marie Boutonnat, est un musicien, auteur-compositeur et réalisateur français né le 14 juin 1961 à Paris.

A 20 ans, suivant sa fascination pour le morbide et ses facilités en écriture, Laurent entame l’écriture d’un livre sur l’infanticide. Dans le même temps, Laurent réalise quelques publicités pour se faire un peu d’argent.

Un soir, accompagné d’un ami, Jérôme Dahan, il commence l’écriture d’une chanson ayant pour sujet l’enfance. Le lendemain, Jérôme Dahan a écrit la musique. Ils viennent alors de faire naître Maman a tort.
Laurent délaisse peu à peu son projet de livre sulfureux qui ne sera finalement jamais achevé. Les deux compères se lancent alors à la recherche de leur chanteuse. Mais il leur faut quelqu’un de bien particulier, les paroles de la chanson n’étant pas familières au paysage musical de l’époque.
La folie, l’abandon, le saphisme, autant de sujets peu abordés et plutôt tabous en ces temps, qui feront le succès de cette chanson.

MF99_45a-225x300 dans Mylène et L'ENTOURAGELes deux compères auditionnent une cinquantaine de jeunes filles et tomberont finalement sur Mylène. Laurent la choisira immédiatement, sans même l’avoir entendue chanter, à cause de son « air psychotique », comme il leur confessera plus tard dans une interview pour un journal télévisé. Le clip de « Maman a tort » sera tourné avec un budget de 5 000 Francs (460 €). La chanson sortira dans le commerce en mars 1984, et connaîtra un succès honorable, grâce à la promotion organisée par Bertrand Lepage, le manager de Mylène à l’époque.

Le duo Dahan-Boutonnat écrira plus tard deux autres chansons pour Mylène. « On est tous des imbéciles », qui sortira en 45 tours avec pour face B « L’annonciation », (chanson beaucoup plus Bouto-Farmerienne que la face A de ce vinyle) qui sera un échec. Déçu par l’accueil que reçu la chanson, et RCA (la maison de disques de l’époque) ne renouvelant pas le contrat avec le duo, Laurent se sépare de Jérôme Dahan, avec qui il est en désaccord sur la suite à donner à la carrière de Miss Farmer.

Un peu au hasard, Mylène écrit les paroles de Plus grandir, sur une musique de Laurent. Polydor (racheté par Universal) décide de miser sur Mylène et Laurent pour trois albums (et ils ont bien fait !), alors même que le duo n’a pour l’instant aucun véritable succès à son actif. Cela viendra très vite avec le 1er album de la rousse, « Cendres de Lune », sorti en 1986, conçu quasi-entièrement par Laurent Boutonnat.

Il signe la musique, presque toutes les paroles, et la pochette. Avec les photos de l’album, il commence à créer le « mythe Farmer« . Dans le livret de ce premier album, Laurent commence à se créer un délire (qu’il n’a toujours pas cessé !), en inventant des pseudonymes pour certains instruments, qui sont en réalité des samples ou des sons synthétiques. Il crée notamment pour cet album « Les Moines fous du Tibet », pour nommer des chants Grégoriens !

Sur les albums qui suivirent, un certain Pol Ramirez Del Piu fait son apparition. Il s’agit en fait des sons crées par Laurent, mais cet homme sera crédité pour les flûtes, les percussions, la harpe (sur L’Autre), les bagpipes ( ?!) et cymbalum (sur Innamoramento), le xylophone (sur Avant que l’Ombre…), etc…
Mieux, alors que c’est toujours Laurent lui-même qui s’occupe de programmer ses claviers, il s’invente un programmateur imaginaire sur l’album « L’Autre », qu’il appellera Patrice Rouillon Tsernoff de Gironville !!! Sûrement un délire qui fait beaucoup rire Laurent…

C’est pendant la promo de Cendres de Lune que Laurent veut monter son 2e long métrage dont il a écrit le script deux ans plus tôt. Il commence donc sa préparation, mais le succès inattendu de sa collaboration avec Mylène l’occupera trop pour finaliser ce projet.
« Cendres de Lune » contient quand même d’énormes tubes comme « Libertine » (et son clip inoubliable ; le 45 tours sortira en même temps que l’album), ainsi que d’autres chansons moins connues mais tout aussi notables, telles « Vieux bouc » et « Chloé ».

L’album sera applaudi par les critiques, « le décor Farmer-Boutonnat » est désormais planté.
La deuxième édition de l’album sortira 1 an plus tard, en 1987, avec cette fois « Tristana ». Laurent sera nominé cette même année aux Victoires de la Musique pour le clip de « Tristana ».
« Cendres de Lune » sorti dans le commerce, Mylène et Laurent s’attèlent déjà à l’écriture du second album « Ainsi soit je… » qui sortira fin 1987. Laurent crée pour l’occasion sa première société de production discographique, Toutankhamon S.A. (qui a cessé depuis ses activités).                                                                                                                                          

Le clip de « Sans Contrefaçon » créera l’évènement, suivront ensuite Ainsi soit je…, puis le mythique clip « Pourvu qu’elles soient douces » (racontant la suite du clip de Libertine). Véritable petit film (il est le 2e clip le plus long du monde !), le clip sera nominé aux Victoires de la Musique.
Le scénario du clip fût écrit avec Gilles Laurent, à qui Boutonnat présentera le synopsis du film ébauché lorsqu’il avait 18 ans : « Giorgino ». Ils travailleront dessus durant 4 ans. Une proposition de financement pour le film eut lieu, finalement abandonnée. Laurent décide alors de remanier l’histoire du film.
Pendant que Mylène effectue la promotion de l’album, Laurent prépare sa future scène. Il crée alors Heathcliff S.A. , ce qui lui permettra de produire la tournée et ses prochains films. Pendant 2 semaines le Tour 89 se jouera à guichets fermés au Palais des Sports à Paris. Le spectacle se déplacera ensuite pour 60 dates, dont 2 à Bercy, compte tenu du succès parisien.

1-196x300Laurent quant à lui, filmera durant deux soirs (à Bruxelles) le spectacle, avec de gros moyens. D’autres scènes seront tournées dans les environs d’Arpajon, qui seront plus tard intégrées au film du concert. Le montage durera 1 an.

Le 26 octobre 1989, Laurent et Mylène créent (à l’occasion de la sortie du CD et de la VHS En Concert) une société d’éditions phonographiques : Requiem Publishing. Cette société édite depuis tous les disques de Mylène… Parallèlement à la sortie du « En Concert », Laurent écrit déjà les musiques du prochain album, L’Autre. Pendant les tournages de Désenchantée et Regrets en Hongrie (en février 91), il prend des repérages pour son prochain long métrage Giorgino. Le réalisateur sera nominé pour la 3e fois aux Victoires de la Musique pour le clip de Désenchantée.  

 

En 1992, Laurent se consacrera majoritairement à la préparation de Giorgino (décors, casting, etc…). Il tournera néanmoins « Je t’aime mélancolie » et « Beyond my control », qui sera son dernier clip pour Mylène avant de nombreuses années.

En décembre 92 débute le tournage de Giorgino (d’abord les scènes d’extérieur en Hongrie, puis les plans d’intérieur en Slovaquie). Mars 93, montage et écriture de la musique, après un tournage éprouvant. Laurent retourne justement en Europe de l’est, afin d’enregistrer la musique avec l’orchestre philharmonique de Prague. La post-production de Giorgino se terminera en août 1994, soit plus d’un an après la fin du tournage. Laurent, sans doute trop perfectionniste se perdra dans les méandres. Après 2 années de travail, « Giorgino » sort enfin en salles le 5 octobre 1994. Laurent, tout comme le film, seront littéralement descendus par la critique et échoueront auprès du public. Un film trop long, et sans doute trop sombre pour le grand public, mais esthétiquement magnifique, du pur Boutonnat !

L’accueil réservé à « Giorgino » blesse profondément Laurent et la relation qu’il entretient avec Mylène a également souffert durant le tournage. Le duo décide alors de stopper pour l’instant leur collaboration cinématographique, mais en maintenant bien sûr le côté musical.

Mylène s’exile alors en Californie, seule, et commence à écrire quelques chansons. Laurent viendra la rejoindre en mars 1995 et lui composera la musique du futur album : « Anamorphosée ». Laurent ne réalisera pas les clips de l’album (dommage, devoir « subir » ceux de Marcus Nispel, merci bien…), ne revenant à la réalisation pour Mylène qu’en 1996, pour le Live à Bercy, dont le film fût conçu avec François Hanss, son assistant depuis longtemps.

En 1998, le cascadeur Mario Lurashi (qui a souvent collaboré avec le duo Farmer-Boutonnat), fait appel à Laurent pour composer la musique de son premier long métrage, « Le Pèlerin ». Le résultat se rapproche de la B.O de « Giorgino », avec des sons empruntés à « Vertige », qu’il a composé quelques mois auparavant pour Mylène. Laurent refuse les interviews et la diffusion de Giorgino, voulant visiblement oublier ce film. Il rachète même les droits, afin, et il le dira lui-même 10 ans plus tard, de mettre dans un tiroir cette histoire et ne plus jamais en entendre parler. Le film a tout de même été diffusé en novembre 1995 sur Canal +, avant que Laurent ne rachète les droits de diffusion. Boutonnat ne reprendra vraiment la caméra qu’en 1997 pour réaliser quelques clips pour Nathalie Cardone (Hasta Siempre, Populaire, etc..).         

Laurent a semble t-il à ce moment là, privilégié sa carrière d’homme d’affaires, plutôt que son côté artistique. En effet, il fondera une société de production pour Nathalie Cardone (Calliphora S.A.), le 19 juin 1997. Il délaisse peu à peu Heathcliff S.A. et Toutankhamon, qui cessera ses activités en 1997. Mylène produira désormais elle-même ses disques, via sa société de production Stuffed Monkey.

En mai 1999 sort « Innamoramento« , le 5e album studio de Mylène Farmer. Laurent composera 9 titres pour cet opus. L’album est, comme les 4 premiers, un succès, et s’écoulera à plus d’un million d’exemplaires. Laurent ne réalisera là encore aucun clip de l’album, et se révèlera absent de la tournée Mylenium Tour. Il ne réalisera donc pas le film du concert, laissé aux mains de François Hanss.

Le 10 mai 2000, Laurent étend ses activités financières en créant LB Société Civile Immobilière, qui s’occupe de la vente de biens immobiliers. Strictement rien à voir avec le penchant artistique de Laurent !!!

 

En mai 2000, Mylène et Laurent produisent la petite Alizée, via leur société Requiem Publishing. Mylène écrira les textes d’Alizée et Laurent se chargera de la musique. Il réalisera également le clip de « Moi…Lolita ». Le disque sortira le 4 juillet 2000, soit deux semaines avant la sortie d’ »Innamoramento ».

En mars 2001 sortent pour la seconde fois en numérique, l’intégrale des clips de Mylène Farmer, avec un meilleur son et une meilleure image que les supports édités auparavant. En revanche, le « Tour 89″ n’a toujours pas le droit à une sortie DVD, et « Giorgino » reste introuvable dans le commerce.

Laurent reprend la caméra pour Mylène en 2001, afin de réaliser le clip « Les Mots » et celui de « Pardonne-moi ». Il s’occupe aussi des clips d’Alizée (« Parler tout bas », « J’ai pas vingt ans »). La mise en scène du spectacle d’Alizée à l’automne 2003 sera également signée par Laurent. En novembre de la même année, Mylène et Laurent auraient eu d’assez grosses difficultés financières avec leurs sociétés immobilières et leurs sociétés de production, le « Pôle de Européen de gestion et d’économie » mettant son nez dans les comptes des entreprises.

 

En 2004, un peu de nouveau pour Laurent… Il produit l’artiste kabyle Kamal Kacet et son nouvel album.

mylene-du-temps-300x195Il part ensuite en tournage pour son nouveau film, une adaptation du roman Jacquou le Croquant. La sortie du film en salles est prévue pour le 12 octobre 2006. Gageons que Laurent sera enfin reconnu par le grand public et par la profession… Un si grand talent ne peut rester dans l’ombre !!! Toujours en 2004, Laurent fait également entrer Mylène en studio pour son nouvel album, Avant que l’Ombre…  Il assurera également la conception du spectacle et la régie, pendant les 13 concerts de janvier 2006, au Palais Omnisports de Paris-Bercy. C’est d’ailleurs là qu’un journaliste du quotidien Libération a observé minutieusement l’attitude de Laurent : « Le compositeur Laurent Boutonnat, entouré d’une armée d’ingénieurs du son et d’informaticiens avec ordinateurs portables, fait soudain des gestes sur une partition imaginaire. Dansotte, prend des notes, prend des notes, rallume sa pipe, descend une énième bouteille d’eau. Puis, derrière sa console, redevient aussi imperturbable qu’un ingénieur de Kraftwerk. Le Pygmalion observe sa créature. Arrivé à ce point du concert, on a toujours pas saisi le phénomène.[…]« 

En 2005, sort Avant que l’ombre…, le sixième album de Mylène Farmer dont il compose la quasi-totalité des musiques. Il participe aussi, en association avec la chanteuse, à la mise en scène du spectacle Avant que l’ombre… À Bercy. Parallèlement, il entame le tournage de son nouveau long-métrage, une adaptation du roman d’Eugène Le Roy Jacquou le croquant, qui sortira en France le 17 janvier 2007. Moins sombre que Giorgino, le film reçoit un accueil plus chaleureux, et atteint le million d’entrées.

En 2008, il compose les musiques de Point de Suture, le septième album de Mylène Farmer, et participe à la direction artistique de son Tour 2009 (qui passera notamment par le Stade de France).

En 2011, il compose les musiques des deux inédits de 2001-2011 Du temps et Sois moi-be me, le deuxième best of de Mylène Farmer, ainsi que le clip du premier single inédit Du temps.

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Mylène Farmer en Souvenir

Posté par francesca7 le 25 juillet 2012

 

CONFIDENCES DE John Frost (Photographe)

Mylène Farmer en Souvenir dans Mylène en CONFIDENCES GiorginoPremiereJe garde de Mylène un super souvenir. Tout ce que je regrette, c’est de ne jamais avoir pu refaire des photos avec elle. Ça m’a fait beaucoup de mal. Je l’ai revue récemment à la télé, aux NRJ Music Awards. Mais ce qu’elle fait, ce n’est pas mon truc! Ça ne me déplait pas, mais j’ai du mal avec la chanson française, de toute manière! Ça n’empêche pas qu’à l’époque, j’adorais Mylène, en tant que personne. Je crois qu’il me reste quelque part une pochette de Maman a tort. Je suis très content pour elle qu’elle en soit arrivée là. Elle portait de toute façon en elle le potentiel pour devenir une star. Le fait que je lui ai demandé de revenir faire des photos signifiait vraiment qu’il y avait un truc. Les premières photos, c’est elle qui les a payées. Mais après, c’était moi. Il fallait vraiment que je sois motivé, pour que je dépense de l’argent pour la pellicule, le développement, le tirage! Elle a beaucoup changé depuis, il y a vraiment un décalage. J’ai beaucoup de photos où elle sourit, spontanément. Maintenant, elle ne sourit plus. Quel dommage! 

Dahan et Lepage
J’ai revu Jérôme Dahan, il y a quatre ans, dans un café, rue Lepic. Lui aussi a été « évincé » du tandem Farmer-Boutonnat. Cela n’enlève rien à ce que je pense du talent de Laurent. J’ai aussi photographié Sophie Tellier, au moment où elle faisait les chorégraphies pour Mylène… En tout cas, quand Maman a tort est sorti, et que ça a bien marché, Mylène a donné quelques interviews et elle a toujours parlé de moi. C’est un truc que j’ai énormément apprécié, car elle n’y était pas obligée. J’ai aussi côtoyé Bertrand Lepage. C’était quelqu’un de très spécial. Il a quitté un temps la musique après sa collaboration avec Mylène, et il est devenu agent de comédiens. Il m’a appelé un jour en me disant que mes photos étaient merveilleuses, qu’il n’avait 7806779 dans Mylène en CONFIDENCESjamais vu ça, etc.! (rires). J’ai donc fait une séance avec une fille qu’il m’avait envoyée et avec laquelle j’ai testé une nouvelle pellicule. C’était horrible, mais la fille trouvait ça joli, alors je lui ai donné les photos. Deux jours plus tard, j’ai reçu un appel de Lepage, qui m’a hurlé dessus! 

Laurent…
J’ai croisé Laurent à l’époque de Maman a tort. Mais je ne vous en dirai pas plus, pas devant un magnétophone! Je n’en garde pas un bon souvenir, pour des raisons ridicules que je n’ai pas à évoquer ici. Je sais qu’il habite maintenant la plupart du temps aux États-unis, mais pas du tout au même endroit que Mylène. Selon un ami commun, le but de Laurent était depuis toujours de faire des films. Toute l’histoire de Mylène, c’était secondaire à son film. Le premier souvenir que j’ai de Laurent est celui d’un grand garçon, qui avait l’air d’avoir quatorze ans, avec une pipe! Ils sont venus tous les deux, avec Jérôme, et m’ont parlé deMaman a tort. A partir de ce moment-là, je n’ai plus jamais revu Mylène. Plus jamais. J’avais son téléphone chez ses parents, mais c’était impossible de la joindre. Je ne sais pas pour quelle raison. A partir de Maman a tort, Laurent a tout contrôlé. 

 

Texte issu de l’Instant-Mag – 2002

 

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Les travers de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 24 juillet 2012


CONFIDENCES DE John Frost (Photographe)

 Cigarettes

Les travers de Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES 186473763-300x251Venant d’Angleterre, j’ai tout d’abord travaillé en tant que photographe de plateau et je me suis vite installé dans un studio près de Clichy, à Paris, où j’ai commencé à faire des portraits de gens, au cours Florent. Isabelle Nanty (ndlr : l’inoubliable « nurse » de Tatie Danielle!) y était à l’époque, avec Marie-Sophie L., la future femme de Lelouch, et, entres autres, Mylène Gautier! On a fait des reportages et des photos ensemble, pour faire son book. De là est née la première pochette de Mylène pour Maman a tort. Je crois qu’il s’est passé un truc entre nous et elle s’est livrée à des photos assez fascinantes. Ça ne s’est d’ailleurs pas passé sans heurts! Mylène est quelqu’un d’extrêmement nerveux. Petite anecdote, je n’ai jamais vu quelqu’un pouvoir déchirer un paquet de cigarettes en si peu de temps! Extraordinaire! Après les prises de vue, on allait prendre un café et elle réduisait son paquet de cigarettes en poudre! Mylène était aussi d’une extrême timidité. On a parlé de ça il n’y a pas longtemps avec Isabelle Nanty, avec qui je suis resté en contact… Mais Mylène a « rompu » avec tous ces gens-là, dès le début de sa carrière de chanteuse, il me semble. 

Maman a tort

DSCF0014-300x225 dans Mylène en CONFIDENCESJ’avais donc fait ces photos avec Mylène, et puis Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat sont venus me voir. Ils voulaient utiliser les photos de ce reportage pour aire la pochette du premier 45 tours. Pourquoi Laurent n’a pas fait ces photos lui-même, ça reste un grand mystère… Mais je ne connais pas bien le lien entre Laurent et Mylène. Elle ne m’avait en tout cas pas dit, en faisant les photos, qu’elle pensait à une carrière de chanteuse. Elle voulait être comédienne, même si elle ne se sentait pas à l’aise au cours Florent. Comme beaucoup, d’ailleurs. Les cours Florent, c’est très spécial, il y a beaucoup d’enfants de riches qui y vont pour passer le temps. Mais il y a aussi, dans le tas, beaucoup de gens connus qui en sont sortis… C’est sûr que Mylène n’était pas très heureuse au cours Florent. Mylène était pudique et en même temps, elle avait envie de se montrer. Et je crois que ça se sent dans les photos que j’ai faites. Ça m’a plu de faire des photos avec elle. Il me semble qu’on a fait trois séances, qui se passaient dans mon studio. Mylène amenait un certain nombre de vêtements, et moi je décidais ce qu’on faisait. Ça durait trois-quarts d’heures à chaque fois. Je me rappelle qu’à un moment, elle est partie du studio en pleurant, mais je ne me souviens plus exactement pour quelle raison! Je l’ai rattrapée, et après ça s’est très bien passé! 

Texte issu de l’Instant-Mag – 2002

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JEROME DAHAN

Posté par francesca7 le 21 août 2011

JEROME DAHAN jerome-dahan-profile

Jérôme Dahan, est un auteur-compositeur français, né en 1962 et décédé le 11 octobre 2010. Il est le premier à avoir composé pour la chanteuse Mylène Farmer  au début de sa carrière avec Laurent Boutonnat.  

 

Interview du co-auteur de Maman à tort, parue le 4 février 1994.
issu du Magazine I.A.O Mylène Farmer 

 

 

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QUESTIONS / REPONSES 

 

Jérôme Dahan

A l’époque de Mylène Farmer, j’étais très complice avec Laurent Boutonnat. (…) Je n’ai jamais travaillé avec des interprètes expérimentés. J’ai commencé avec Mylène qui débutait aussi. Ensuite je n’ai travaillé qu’avec des débutants, qui savaient que j’avais été dans l’aventure Farmer, et qui n’osaient rien apporter à mes chansons. Mon passé les impressionnait et ils me laissaient les diriger, avides de mes conseils. 

 

 

1150821104Parlons de Mylène. Quand l’as-tu rencontrée ?  

 

Au début des années 80. Je l’ai connu avant qu’elle ne rencontre Laurent Boutonnat. C’était une copine. Ensuite, j’ai rencontré Laurent Boutonnat dans une boite de production cinématographique où j’étais assistant-régisseur. Laurent est venu nous montrer un scénario car il voulait faire un film. On a sympathisé en deux jours, je lui ai dit que je faisais de la musique. Avec un troisième copain, on a monté une boite d’édition et on a présenté une chanson à Lio, qui lui a plu. Malheureusement, notre troisième associé voulant garder la totalité des droits éditoriaux, Lio n’a pas pu enregistrer la chanson. Avec Laurent, on travaillait tous les deux dans ma cave. J’avais quitté la boite de prod et, pour vivre, je touchais les assedics. Un jour, on a écrit ensemble une chanson qu’on a intitulé Maman a tort, on a tout de suite senti qu’on tenait un tube, mais il nous fallait quelqu’un pour la chanter. On a d’abord trouvé une jeune fille de quinze ans dont l’âge posait tellement de problèmes juridiques qu’on a du abandonner avec elle, alors qu’on avait déjà été en studio. Avec Laurent, on a décidé d’organiser un casting, comme des pros. Quelques jeunes filles sont venues auditionner, les copines des copines, accompagnées par les parents : c’était très folklo… 

  

Mylène y était ?  

Oui, mais on la connaissait déjà. C’était une copine depuis quelques temps. On a préféré travailler avec elle, surtout qu’ont avait rencontré personne d’extraordinaire dans les dix filles qui s’étaient présentées. 

  

 

Vous n’avez pas osé lui dire non ? Ou était-elle mieux que les autres ?  

 

Je ne veux pas dire de mal de Mylène. Honnêtement, elle correspondait à ce que Laurent et moi, nous recherchions. En plus, cela m’aurait blessé de lui dire non. Quand elle a su qu’on organisait le casting, elle était déjà sur les rangs. Pourtant, elle a été humble et discrète, ne cherchant pas à s’imposer à tout prix. 

  

Une fois « Maman a tort » terminé, comment avez-vous fait pour signer chez RCA ? 

Cela a été très difficile. Personne ne voulait de Mylène. On a fait un premier tour des maisons de disques et comme toutes les réponses étaient négatives, on a prétexté qu’on avait refait le mix pour retourner les voir. En fait, c’était faux. Ils nous ont reçu une deuxième fois, mais les réponses sont tombées à nouveau. Le « Non » était unanime. On s’est accrochés, on a repris le même stratagème du « On a refait le mix », pour obtenir un troisième rendez-vous. C’était cependant toujours la même cassette. Et là, s’est produit le miracle : un an après le début de nos démarches, François Dacla a décidé de nous signer chez RCA en licence (Mylène n’était pas une artiste maison). Nous étions soulagés, mais le disque est sorti tel quel timidement, avec un instrumental en face B, car nous n’avions pas de budget pour faire un autre titre. La promo RCA n’y croyait pas beaucoup, pour eux on était des OVNI, notre production n’étant pas dans l’esprit de l’époque. Chez RCA, Michel Elmosnino, qui avait paraphé le contrat, a cependant été très sympa avec nous. 

  

 

La galère était finie ?  

 

Non, pas du tout. Car une fois qu’on a fait la pochette, tout le monde chez RCA a oublié que le disque devait sortir. On a du donner une partie des éditions à Bertrand Lepage pour qu’il défende le titre auprès des médias, et une autre partie à l’éditeur Frédérick Leibovitz. C’est à la suite de cela qu’on a fait une deuxième pochette de « Maman a tort », un maxi, et la version anglaise, My mum is wrong, qui est une idée de Leibovitz. Si on s’était écoutés, avec Mylène et Laurent, on aurait fait des versions en toutes les langues, y compris en chinois. Le disque n’est malheureusement sorti qu’en France et au Canada, puisque j’ai une copie de ce dernier pays. 

  

 

Combien de temps Maman a tort a t’elle mit  pour exploser ?  

 

Le disque n’a jamais vraiment explosé. On a du faire, à terme, 100 000 exemplaires, ce qui, pour l’époque (NDLR : l’année 1983 est l’année où le nombre de 45 tours vendus en France a atteint son record historique), n’était pas terrible, comparé au million d’exemplaires atteint par les disques de Jeanne Mas ou d’Axel Bauer. On était cependant bien exposés. 

  

 

Le disque suivant On est tous des imbéciles était aussi le fruit d’une collaboration entre Laurent et toi ?  

 

Non. Pour le premier disque, j’avais fait les textes seul et on avait fait la musique ensemble. En revanche, pour le second, j’ai fait la face A, On est tous des imbéciles, et Laurent a signé la face B L’annonciation. On est tous des imbéciles, comme Maman a tort a d’ailleurs été écrite avant que Mylène ne soit sélectionnée pour chanter. En un mot, Mylène m’a chanté, mais je n’ai jamais écrit en fonction de sa personnalité. Quand j’ai fait On est tous des imbéciles, je me disais que l’interprète ce serait moi. Aujourd’hui, je referais volontiers cette chanson dans un disque ou sur scène. C’est une belle chanson. Quand j’ai fait mon show-case à Bercy, j’y ai pensé très fortement. Mais en 1984, ce disque de Mylène n’a pas du tout marché, je dirais même que ce fut un échec, puisqu’on en a vendu 40 000. Contrairement à Maman a tort, il n’y a même pas eu de clip, car c’était une époque où la télévision n’était pas d’accord avec les producteurs de disques pour les droits sur les diffusions. En revanche, on a fait pas mal de radios. Un jour, Laurent et moi avions accompagné Mylène à RMC. Dès notre arrivée, on a entendu « Tiens, voilà les Gentleman Farmer ! ». Je dois donner toujours une impression très british, car j’ai lu sur moi dans la presse, il y a quelques mois : « Dahan, le Dandy déliquescent ». C’est une belle image, mais je ne sais pas si c’est vraiment moi

  

 

L’échec de On est tous des imbéciles, c’est ce qui a causé la fin de ta collaboration avec Mylène ?  

 

Non. On avait un contrat pour deux simples chez RCA. C’est à ce moment là qu’Alain Lévy décide de créer Polygram nouvelle version. On l’a rencontré et on a signé Mylène chez Polydor pour plusieurs albums. C’est là que les problèmes relationnels ont commencé. Pour moi, je voyais plus Mylène comme une nouvelle Françoise Hardy que comme une Jeanne Mas puissance 10. Mais tout le monde, que ce soit Laurent ou les gens de Polydor ne voyaient qu’à travers Jeanne Mas. Elle était la référence suprême. Je n’étais pas d’accord, elle ne me fascinait qu’à moitié avec sa gestuelle, sa production, son look… J’ai donc repris mes chansons que Mylène s’apprêtait à enregistrer et je suis parti. 

  

 

En 1985 sort Plus grandir et en 1986 Libertine, tu n’étais plus là ?  

 

Non. Mais je dois avouer que Laurent et Mylène ont eu raison d’aller dans cette direction. Plus grandir n’a pas marché. En revanche, Libertine a été un gros succès. J’ai été content pour eux sans comprendre qu’un phénomène était en train de naître. Il m’a fallu des mois pour réaliser ce qui se passait. Je voyais des beaux clips, des images grandioses, mais pour moi qui connaissait la petite Mylène, fragile, sensible, ça ne sonnait pas, ça ne fonctionnait pas. Je ne me rendais pas compte qu’elle allait marquer aussi fort son époque. Aujourd’hui, quand je la vois, je ne juge plus, car je ne sais pas qui elle est devenue. Je ne peux plus savoir si l’image qu’elle donne est le reflet de ce qu’elle est ou pas. 

 

 

Ça rapporte beaucoup de droits d’auteur Mylène ?  

 

Les deux singles de l’époque m’ont rapporté peu de choses. En revanche, comme elle en chante les chansons sur scène, ils sont dans son « Live », qui lui s’est très bien vendu. Je n’ai pas vu le concert, mais la version de Maman a tort que j’entends dans le disque me plait beaucoup. Je trouve cela très bien fait et puis, pour moi, c’est une énorme émotion que de l’écouter, surtout qu’elle démarrait ses concerts avec cette chanson. 

 

C’est difficile d’écrire une chanson « historique » comme celle-là ?  

 

Je ne sais pas. Il y avait une espèce de grâce sur cette chanson. Il y avait quelque chose qui nous dépassait, je le sentais à l’époque. Je ne me disais pas « Je suis génial d’avoir écrit ça », mais « Ce truc là est génial », comme si ma main avait été guidée par une force supérieure. C’est très curieux. 

 

  

Depuis Mylène vous a t’elle aidé ? Renvoyé l’ascenseur ? 

 

Quelquefois. Je tombe souvent sur des articles où elle raconte son passé de façon honnête. D’autres fois, ses propos sont moins objectifs. Mais là, je me dis que ce sont peut-être les journalistes qui ont transformé ses propos. Comme j’en souffre beaucoup, je préfère cette solution. Je ne voudrais pas que mes propos soient déformés et que Mylène ou Laurent lisent des trucs horribles sur notre passé commun, qu’en plus, je n’aurais pas dit. 

  

 

Tu as des souvenirs sympas avec eux ? 

 

2338036563_small_1Des milliers. Je me souviens quand, avec Laurent, Mylène venait chez ma mère, qui avait un grand appartement. Il y avait une grande pièce avec un piano, et on y répétait la « mise en scène » des chansons. Mylène avait du mal à appréhender tout cela, et on devait, Laurent et moi, lui apprendre les chorégraphies. Mylène n’avait pas du tout de vision, de conscience de son corps. On se mettait tous à danser sur Maman a tort ou On est tous des imbéciles et ma mère nous regardait un peu amusée. Ça ne devait pas ressembler à quelque chose de très pro. C’était tellement sympa, tellement sincère que c’est peut-être aussi grâce à cela que ça a marché. La perfection est toujours la chose la plus redoutable. Aujourd’hui, quand je la vois danser, je suis très étonné. Je n’aurais jamais imaginé qu’elle puisse arriver au niveau où elle en est

 

 

  

Pas de regrets ? 

 

Quand on me dit aujourd’hui que j’ai raté l’occasion de ma vie, je ne sais que répondre. Qui aurait pensé qu’elle aurait cette carrière ? Depuis cette époque de ma vie, la plupart des gens que j’ai rencontrés ont été fascinés par ma collaboration avec Mylène. Bien sûr que je suis flatté d’avoir participé à cette réussite, mais maintenant je ne veux pas faire ma promo à travers Mylène, je veux surtout exister par moi-même. 

 

 

ON EN PARLE …. 

 

MUSIQUE – Jérôme DAHAN  était le parolier de Mylène Farmer à ses débuts… 

 

richedahanOn lui doit le premier tube de Mylène Farmer, «Maman a tort», en 1984. Jérôme Dahan, 48 ans, est mort le 11 octobre dernier, annonce lundi Charts in France. Il a succombé à «une longue maladie qu’il combattait depuis des années et a été enterré quatre jours plus tard dans l’intimité, en présence de sa famille et de ses amis les plus proches», rapporte le site dédié à la chanson française. L’annonce de sa mort a été officialisé par Hugues Royer, auteur d’une biographie sur la chanteuse, samedi. 

 

Jérôme Dahan avait ensuite signé les paroles et la musique de la chanson «On est tous des imbéciles», le premier échec commercial de Mylène Farmer. Cette collaboration sera la dernière. Jérôme Dahan prend ensuite ses distances avec le duo Mylène Farmer-Laurent Boutonnat à cause de désaccords sur la suite à donner à la carrière de la chanteuse. Celle-ci et son pygmalion s’étaient toutefois pressés au chevet de leur ancien parolier, en février 2009, lorsque Jérôme Dahan avait été hospitalisé. 

 

 

Jérôme Dahan s’est éteint le 11 octobre 2010. 

 

Pure People 

  a publié : Le Lundi 18 Octobre 2010 à 13:48 

 

« Jérôme Dahan est l’un des artisans qui ont révélé la plus mystérieuse des stars françaises : Mylène Farmer. En 1984, avec Laurent Boutonnat, Dahan lui écrit et compose son premier tube, Maman a tort, écoulé à 100 000 exemplaires. 

 

Charts in France vient d’annoncer le décès du musicien, survenu le 11 octobre dernier, à l’âge de 48 ans. Il a « succombé à une longue maladie qu’il combattait depuis des années et a été enterré quatre jours plus tard dans l’intimité, en présence de sa famille et de ses amis les plus proches. » L’annonce de ce décès a été officialisée par Hugues Royer, auteur d’une biographie de Mylène Farmer

 

On doit également à Jérôme Dahan le second single de Farmer, On est tous des imbéciles, un échec qui marque la fin de leur collaboration, peu avant l’ascension fulgurante de la star. Pourtant, en février 2009, la chanteuse s’est rendue à plusieurs reprises au chevet de Dahan suite à son hospitalisation. 

 

 

 

JeromeDahan

 

 

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LAURENT BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 21 août 2011

 

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En 1979, il réalise avec les moyens du bord, c’est-à-dire en piochant dans le porte-monnaie de ses parents, sa troublante première fiction nommée La Ballade de la fée conductrice mettant en scène l’histoire d’une tueuse en série qui se déguise en clown avant de commettre chaque meurtre. Absolument ravi du résultat de son premier film, et espérant qu’il soit projeté balladefeeconductriceaffen salles, il propose son œuvre à la Commission de contrôle des films, qui n’en croit pas ses yeux. Tout cet amas d’images de castration et de nouveau-nés jetés dans un vide-ordures pousse l’institution à interdire le film aux mineurs.

 

Un comble pour le metteur en scène qui n’a même pas 18 ans !

 

Malgré cette censure, le film est projeté le 14 mai 1980 lors du Festival de Cannes et sort ensuite dans divers petites salles parisiennes d’art et d’essai. Mais à cause de l’obscurité du scénario et de la violence des images, La Ballade de la fée conductrice ne tient que deux semaines à l’affiche !

 

 

Après cet échec, plutôt que de retourner sur les bancs du lycée, le jeune homme se laisse vivre au gré de ses envies jusqu’à sa rencontre avec Jean-François Chauve, un grand reporter de télévision qui soit tourné plusieurs reportages scientifiques sur les énergies nucléaires. Laurent Boutonnat saisit sa chance et postule comme cameraman pour cette série d’émissions. Il avouera plus tard avoir prétendu s’y connaître en technique pour être engagé. 

Une fois embauché, il dut potasser le manuel pour que sa supercherie ne soit pas découverte par son nouvel employeur. Il part donc pour un an aux quatre coins de la France afin de tourner les images de ces reportages. Pour le jeune homme, être sur le terrain, la caméra sur les épaules, est de loin la meilleure des écoles !

 

 

 

 

Laurent Boutonnat a 20 ans quand il se lance dans une nouvelle aventure qui l’amène à conjuguer ses facultés d’écriture à son expérience récente dans le journalisme. Toujours avec le sens du subversif et le goût du morbide qu’on lui connaît, il débute des recherches pour rédiger un livre sur l’infanticide, mais le sulfureux bouquin ne verra finalement jamais le jour.

 

En attendant, il réalise des publicités télévisées, non pas par vocation, mais tout simplement pour gagner un peu d’argent. Il tourne plusieurs spots en s’associant à un producteur travaillant pour le circuit Parafrance. Ce producteur, emballé par l’énergie qui émane du jeune homme, lui propose de tourner un film d’horreur en deux semaines pour un budget de 225 000 €, qui, hélas, ne verra jamais le jour non plus.

 

 

C’est également à cette époque que le jeune réalisateur rédige réellement la première version du scénario de Giorgino.

 

 

 

 

 

trio2Mais l’aventure Mylène Farmer commence pour Laurent Boutonnat le jour où il décide avec son copain Jérôme Dahan et un troisième ami de monter sa propre boîte d’édition avec le « modeste » projet de donner naissance à des tubes !

 

Ils écrivent alors leur première chanson …. Maman a tort !

 

Et grâce à Bertrand Le Page font émerger de l’ombre la jeune Mylène

 

 

 

 

 

1356832008_smallLaurent Boutonnat. Un nom familier, surtout des admirateurs de « l’ange roux » et du milieu du spectacle, mais qui se fait de plus en plus connaître du grand public, notamment, grâce à la sortie de la super-production « Jacquou le Croquant« . Laurent-Mylène/Mylène-Laurent, un duo artistique qui dure depuis vingt-deux ans maintenant et qui n’a de cesse de nous apporter joie, bonheur, spectacles grandioses… Rappelons que selon Mylène (et il est vrai qu’elle a sûrement raison sur ce point !), si son chemin n’avait pas croisé celui de Laurent, elle n’en serait sûrement pas là où elle en est aujourd’hui… Alors merci Laurent ! Je vais tenter de vous faire découvrir un peu plus (avec le peu d’informations qui circulent à son sujet !), cet homme qui partage, comme Mylène, le goût du secret… 

 

 

Grâce à la promotion organisée par Bertrand Le Page, le manager de Mylène à l’époque, le duo Dahan-Boutonnat écrira plus tard deux autres chansons pour Mylène. « On est tous des imbéciles« , qui sortira en 45 tours avec pour face B « L’annonciation« , (chanson beaucoup plus Bouto-Farmerienne que la face A de ce vinyle) qui sera un échec. Déçu par l’accueil que reçu la chanson, et RCA (la maison de disques de l’époque) ne renouvelant pas le contrat avec le duo, Laurent se sépare de Jérôme Dahan, avec qui il est en désaccord sur la suite à donner à la carrière de Miss Farmer.

 

 

 

Un peu au hasard, Mylène écrit les paroles de Plus grandir, sur une musique de Laurent. Polydor (racheté par Universal) décide de miser sur Mylène et Laurent pour trois albums (et ils ont bien fait !), alors même que le duo n’a pour l’instant aucun véritable succès à son actif. Cela viendra très vite avec le 1er album de la rousse, « Cendres de Lune« , sorti en 1986, conçu quasi-entièrement par Laurent Boutonnat. 


Il signe la musique, presque toutes les paroles, et la pochette. Avec les photos de l’album, il commence à créer le « mythe Farmer« . Dans le livret de ce premier album, Laurent commence à se créer un délire (qu’il n’a toujours pas cessé !), en inventant des pseudonymes pour certains instruments, qui sont en réalité des samples ou des sons synthétiques. Il crée notamment pour cet album « Les Moines fous du Tibet« , pour nommer des chants Grégoriens ! 

 

 

Sur les albums qui suivirent, un certain Pol Ramirez Del Piu fait son apparition. Il s’agit en fait des sons crées par Laurent, mais cet homme sera crédité pour les flûtes, les percussions, la harpe (sur L’Autre), les bagpipes ( ?!) et cymbalum (sur Innamoramento), le xylophone (sur Avant que l’Ombre…), etc… 

 


Mieux, alors que c’est toujours Laurent lui-même qui s’occupe de programmer ses claviers, il s’invente un programmateur imaginaire sur l’album « L’Autre« , qu’il appellera Patrice Rouillon Tsernoff de Gironville !!! Sûrement un délire qui fait beaucoup rire Laurent… 


C’est pendant la promo de Cendres de Lune que Laurent veut monter son 2e long métrage dont il a écrit le script deux ans plus tôt. Il commence donc sa préparation, mais le succès inattendu de sa collaboration avec Mylène l’occupera trop pour finaliser ce projet. 


« Cendres de Lune » contient quand même d’énormes tubes comme « Libertine » (et son clip inoubliable ; le 45 tours sortira en même temps que l’album), ainsi que d’autres chansons moins connues mais tout aussi notables, telles « Vieux bouc » et « Chloé ». 


L’album sera applaudi par les critiques, « le décor Farmer-Boutonnat » est désormais planté.
La deuxième édition de l’album sortira 1 an plus tard, en 1987, avec cette fois « Tristana« . Laurent sera nominé cette même année aux Victoires de la Musique pour le clip de « Tristana« . 


« Cendres de Lune » sorti dans le commerce, Mylène et Laurent s’attèlent déjà à l’écriture du second album « Ainsi soit je… » qui sortira fin 1987. Laurent crée pour l’occasion sa première société de production discographique, Toutankhamon S.A. (qui a cessé depuis ses activités). 

 

 

Le clip de « Sans Contrefaçon » créera l’évènement, suivront ensuite Ainsi soit je…, puis le mythique clip « Pourvu qu’elles soient douces » (racontant la suite du clip de Libertine). Véritable petit film (il est le 2e clip le plus long du monde !), le clip sera nominé aux Victoires de la Musique


mfloloLe scénario du clip fût écrit avec Gilles Laurent, à qui Boutonnat présentera le synopsis du film ébauché lorsqu’il avait 18 ans : « Giorgino« . Ils travailleront dessus durant 4 ans. Une proposition de financement pour le film eut lieu, finalement abandonnée. Laurent décide alors de remanier l’histoire du film. 


Pendant que Mylène effectue la promotion de l’album, Laurent prépare sa future scène. Il crée alors Heathcliff S.A. (du nom du héros des Hauts du Hurlevent) , ce qui lui permettra de produire la tournée et ses prochains films. Pendant 2 semaines le Tour 89 se jouera à guichets fermés au Palais des Sports à Paris. Le spectacle se déplacera ensuite pour 60 dates, dont 2 à Bercy, compte tenu du succès parisien. 

 

Laurent quant à lui, filmera durant deux soirs (à Bruxelles) le spectacle, avec de gros moyens. D’autres scènes seront tournées dans les environs d’Arpajon, qui seront plus tard intégrées au film du concert. Le montage durera 1 an

Le 26 octobre 1989, Laurent et Mylène créent (à l’occasion de la sortie du CD et de la VHS En Concert) une société d’éditions phonographiques : Requiem Publishing. Cette société édite depuis tous les disques de Mylène… 


Parallèlement à la sortie du « En Concert« , Laurent écrit déjà les musiques du prochain album, L’Autre. Pendant les tournages de Désenchantée et Regrets en Hongrie (en février 91), il prend des repérages pour son prochain long métrage Giorgino. Le réalisateur sera nominé pour la 3e fois aux Victoires de la Musique pour le clip de Désenchantée

 

 

En 1992, Laurent se consacrera majoritairement à la préparation de Giorgino (décors, casting, etc…). Il tournera néanmoins « Je t’aime mélancolie » et « Beyond my control », qui sera son dernier clip pour Mylène avant de nombreuses années


En décembre 92 débute le tournage de Giorgino (d’abord les scènes d’extérieur en Hongrie, puis les plans d’intérieur en Slovaquie). 


Mars 93, montage et écriture de la musique, après un tournage éprouvant. Laurent retourne justement en Europe de l’est, afin d’enregistrer la musique avec l’orchestre philharmonique de Prague. 


La post-production de Giorgino se terminera en août 1994, soit plus d’un an après la fin du tournage. Laurent, sans doute trop perfectionniste se perdra dans les méandres. Après 2 années de travail, « Giorgino » sort enfin en salles le 5 octobre 1994. Laurent, tout comme le film, seront littéralement descendus par la critique et échoueront auprès du public. Un film trop long, et sans doute trop sombre pour le grand public, mais esthétiquement magnifique, du pur Boutonnat


L’accueil réservé à « Giorgino » blesse profondément Laurent et la relation qu’il entretient avec Mylène a également souffert durant le tournage. Le duo décide alors de stopper pour l’instant leur collaboration cinématographique, mais en maintenant bien sûr le côté musical. 

 


Mylène s’exile alors en Californie, seule, et commence à écrire quelques chansons. Laurent viendra la rejoindre en mars 1995 et lui composera la musique du futur album : « Anamorphosée ». Laurent ne réalisera pas les clips de l’album (dommage, devoir « subir » ceux de Marcus Nispel, merci bien…), ne revenant à la réalisation pour Mylène qu’en 1996, pour le Live à Bercy, dont le film fût conçu avec François Hanss, son assistant depuis longtemps. 


En 1998, le cascadeur Mario Lurashi (qui a souvent collaboré avec le duo Farmer-Boutonnat), fait appel à Laurent pour composer la musique de son premier long métrage, « Le Pèlerin« . Le résultat se rapproche de la B.O de « Giorgino« , avec des sons empruntés à « Vertige« , qu’il a composé quelques mois auparavant pour Mylène


Laurent refuse les interviews et la diffusion de Giorgino, voulant visiblement oublier ce film. Il rachète même les droits, afin, et il le dira lui-même 10 ans plus tard, de mettre dans un tiroir cette histoire et ne plus jamais en entendre parler. Le film a tout de même été diffusé en novembre 1995 sur Canal +, avant que Laurent ne rachète les droits de diffusion. Boutonnat ne reprendra vraiment la caméra qu’en 1997 pour réaliser quelques clips pour Nathalie Cardone (Hasta Siempre, Populaire, etc..). 

 

 

 

 

BoutonnatPhoto03Laurent a semble t-il à ce moment là, privilégié sa carrière d’homme d’affaires, plutôt que son côté artistique. En effet, il fondera une société de production pour Nathalie Cardone (Calliphora S.A.), le 19 juin 1997. Il délaisse peu à peu Heathcliff S.A. et Toutankhamon, qui cessera ses activités en 1997. Mylène produira désormais elle-même ses disques, via sa société de production Stuffed Monkey


En mai 1999 sort « Innamoramento », le 5e album studio de Mylène Farmer. Laurent composera 9 titres pour cet opus. L’album est, comme les 4 premiers, un succès, et s’écoulera à plus d’un million d’exemplaires. Laurent ne réalisera là encore aucun clip de l’album, et se révèlera absent de la tournée Mylenium Tour. Il ne réalisera donc pas le film du concert, laissé aux mains de François Hanss. 


Le 10 mai 2000, Laurent étend ses activités financières en créant LB Société Civile Immobilière, qui s’occupe de la vente de biens immobiliers. Strictement rien à voir avec le penchant artistique de Laurent !!! 

 

 

En mai 2000, Mylène et Laurent produisent la petite Alizée, via leur société Requiem Publishing. Mylène écrira les textes d’Alizée et Laurent se chargera de la musique. Il réalisera également le clip de « Moi…Lolita« . Le disque sortira le 4 juillet 2000, soit deux semaines avant la sortie d’ »Innamoramento« . 


En mars 2001 sortent pour la seconde fois en numérique, l’intégrale des clips de Mylène Farmer, avec un meilleur son et une meilleure image que les supports édités auparavant. 

 


En revanche, le « Tour 89 » n’a toujours pas le droit à une sortie DVD, et « Giorgino » reste introuvable dans le commerce. 


Laurent reprend la caméra pour Mylène en 2001, afin de réaliser le clip « Les Mots » et celui de « Pardonne-moi« . Il s’occupe aussi des clips d’Alizée (« Parler tout bas« , « J’ai pas vingt ans« ). La mise en scène du spectacle d’Alizée à l’automne 2003 sera également signée par Laurent


En novembre de la même année, Mylène et Laurent auraient eu d’assez grosses difficultés financières avec leurs sociétés immobilières et leurs sociétés de production, le « Pôle de Européen de gestion et d’économie » mettant son nez dans les comptes des entreprises. 

 

 

 

En 2004, un peu de nouveau pour Laurent… Il produit l’artiste kabyle Kamal Kacet et son nouvel album

 

Il part ensuite en tournage pour son nouveau film, une adaptation du roman Jacquou le Croquant. La sortie du film en salles est prévue pour le 12 octobre 2006. Gageons que Laurent sera enfin reconnu par le grand public et par la profession… Un si grand talent ne peut rester dans l’ombre !!! Toujours en 2004, Laurent fait également entrer Mylène en studio pour son nouvel album, Avant que l’Ombre… 


Il assurera également la conception du spectacle et la régie, pendant les 13 concerts de janvier 2006, au Palais Omnisports de Paris-Bercy. 


boutbout2004C’est d’ailleurs là qu’un journaliste du quotidien Libération a observé minutieusement l’attitude de Laurent : « Le compositeur Laurent Boutonnat, entouré d’une armée d’ingénieurs du son et d’informaticiens avec ordinateurs portables, fait soudain des gestes sur une partition imaginaire. Dansotte, prend des notes, prend des notes, rallume sa pipe, descend une énième bouteille d’eau. Puis, derrière sa console, redevient aussi imperturbable qu’un ingénieur de Kraftwerk. Le Pygmalion observe sa créature. Arrivé à ce point du concert, on a toujours pas saisi le phénomène.[…]«  

 

 

A ce jour, Jacquou le Croquant doit sortir le 17 Janvier 2007… Souhaitons grandement bonne chance à Laurent (même s’il y a fort à parier que son nouveau film marchera très bien !), car un autre échec, pourrait cette fois être beaucoup plus dur à supporter pour lui… Laurent Boutonnat… un TRES grand monsieur… une très belle œuvre… 

 

 

 

barre étoile

 

 

Filmographie

 

1er Film 1978 : La Ballade de la féconductrice

  • 1994 : Giorgino
  • 2007 : Jacquou le Croquant

 

1er Clip 1984 : Mylène Farmer – Maman a tort

  • 1985 : Mylène Farmer – Plus grandir
  • 1986 : Mylène Farmer – Libertine
  • 1987 : Mylène Farmer – Tristana
  • 1987 : Mylène Farmer – Sans contrefaçon
  • 1988 : Mylène Farmer – Ainsi soit je…
  • 1988 : Mylène Farmer – Pourvu qu’elles soient douces
  • 1989 : Mylène Farmer – Sans logique
  • 1989 : Mylène Farmer – À quoi je sers
  • 1990 : Mylène Farmer – Allan (live)
  • 1991 : Mylène Farmer – Désenchantée
  • 1991 : Mylène Farmer – Regrets
  • 1991 : Mylène Farmer – Je t’aime mélancolie
  • 1992 : Mylène Farmer – Beyond my control  
  • 1997 : Nathalie Cardone – Hasta siempre
  • 1998 : Nathalie Cardone – Populaire
  • 1999 : Nathalie Cardone – Mon ange
  • 2000 : Nathalie Cardone – Baïla si
  • 2000 : Alizée – Moi… Lolita
  • 2001 : Alizée – Parler tout bas
  • 2001 : Mylène Farmer – Les Mots
  • 2003 : Alizée – J’ai pas vingt ans
  • 2002 : Mylène Farmer – Pardonne-moi
  • 2004 : Kamal KacetIfkis

 

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Concerts

 

Composition de Laurent

  • Mylène Farmer – Cendres de Lune (1986) – Produit et compose 9 des 10 titres de l’album (assisté de Jérôme Dahan sur Maman a tort), en écrit 5
  • Mylène Farmer – Ainsi soit je… (1988) – Produit et compose 9 des 10 titres de l’album

  • Mylène Farmer – L’autre… (1991) – Produit et compose l’album dans son intégralité

  • Mylène Farmer – Dance Remixes (1992) – Compilation de remixes réalisés par Laurent Boutonnat et Thierry Rogen pour les maxi-singles – Produit par Laurent Boutonnat

  • Mylène Farmer – Anamorphosée (1995) – Produit et compose 11 des 12 titres de l’album

  • Nathalie Cardone – Album éponyme (1999) – Produit et compose 4 des 12 titres de l’album (assisté de Nathalie Cardone sur Antonio et L’homme qui saura pleurer)

  • Mylène Farmer – Innamoramento (1999) – Produit et compose 8 des 13 titres de l’album
  • Alizée – Gourmandises (2000) – Produit et compose les 10 titres de l’album
  • Mylène Farmer – Les mots (2001) – Best-of, produit et compose les 3 titres inédits
  • Alizée – Mes courants électriques… (2003) – Produit et compose les 11 titres de l’album
  • Mylène Farmer – Avant que l’ombre… (2005) – Produit et compose l’album dans son intégralité (assisté de Mylène Farmer sur L’amour n’est rien…)

  • Mylène Farmer – Point de Suture (2008) – Produit et compose 10 des 11 titres de l’album

Il est en outre l’arrangeur musical de tous les albums.

Compositions annexes : L’annonciation (1985), Dernier Sourire (1989), À quoi je sers (1989), La veuve noire (1989), Puisque (1989), Mylène is calling (1991), Que mon cœur lâche (1992), Effets secondaires (1999), L’histoire d’une fée, c’est… (Bande originale du film Les Razmokets à Paris) (2000), Devant-soi (2007) Bande originale du film Jacquou le Croquant.

 

 

 

 

 

 

 

 

VIDEO LAURENT BOUTONNAT ET MYLENE FARMER

Image de prévisualisation YouTube 

 

 

 

 

Que sait-on de Laurent Boutonnat ? 

 

Finalement peu de choses, tant ses interviews sont rares ; qu’il a été dans les années 80/90 le réalisateur de clips dont a le plus parlé sans jamais le voir ; ceux de Mylène Farmer. L’écrivain Philippe Séguy évoque le mieux, en peu de mots, le mieux le réalisateur :

 

« Laurent Boutonnat fonctionne par odeurs. Celles de la neige, du vent, du froid et celle acide de la misanthropie. L’œuvre est souvent tragique et affiche une douleur, une solitude et un univers qui lui sont propres. Ses films qui n’ont pas d’âge nous parlent d’un monde mélancolique qui a le couleur de la fatalité« .

 

 

hqdefaultMylène s’exprime sur l’absence de Laurent Boutonnat – décembre 2010 

Pour son prochain opus, intitulé « Bleu noir » qui sortira ce lundi en métropole, Mylène Farmer s’est passée des services de son compère LaurentBoutonnat pour la première fois dans sa carrière. Cette nouvelle avait fait poser beaucoup de questions chez les fans de la rousse, mais elle a tenu à rassurer ses fans.  

  

Dans une interview accordée à Paris match, elle déclare : «  Je ne me suis en aucun cas éloignée de lui. Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque. Vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie… d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité  ». 

  

L’album Bleu Noir a été concocté par Mylène en personne en collaboration avec le roi de l’électro Moby, le duo anglais Archive et le producteur à succès RedOne à qui l’on doit Poker Face et Bad Romance de Lady GaGa

  

Ce nouvel opus est toujours aussi sombre et rythmé à l’instar de ces prédécesseurs. Mylène explique d’ailleurs : «  J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !  »Elle parle d’inspiration bien sûr et non de sa manière de vivre. 

 

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Si ce blog existe, c’est aussi parce que : 

Pour moi, Mylène Farmer rime également avec la Spiritualité  voir ici : http://devantsoi.forumgratuit.org/

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On est tous des imbéciles

Posté par francesca7 le 16 août 2011

 

On est tous des imbéciles dans Mylène 1985 - 1986 114421207On est tous des imbéciles est le deuxième single de la carrière de Mylène Farmer sorti en janvier 1985. Il propose L’Annonciation (écrite et composée par Laurent Boutonnat) en face B. Ce single, qui s’avère être un échec (à peine 40 000 exemplaires vendus) marque la fin du contrat qui lie Mylène Farmer et Laurent Boutonnat à la maison de disques RCA. En effet, François Dacla, alors directeur artistique de la firme, accepte cette chanson après de nombreuses errances pour les deux artistes, dans un contrat n’incluant que deux quarante-cinq tours avec obligation de succès. Cette chanson, qui ne dispose pas d’un vidéo-clip, n’apparaît dès lors sur aucun album ou compilation et n’est jamais reprise.

Cet échec marque également la fin de la collaboration entre le duo artistique et Jérôme Dahan. En effet, ce dernier est en désaccord avec l’orientation avec Laurent Boutonnat quant à l’orientation à donner à la carrière de la jeune chanteuse : si celui-là désire qu’elle emboîte le pas à Françoise Hardy, celui-ci a davantage pour modèle Jeanne Mas, dont le succès est alors considérable.

Single par Mylène Farmer

 

 

Face A 

On est tous des imbéciles 

 

Single par Mylène Farmer

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L’Annonciation – Face B

Posté par francesca7 le 16 août 2011

  

L’Annonciation - Face B dans Mylène 1985 - 1986 photos-diverses24Si contrairement au titre Maman a tort, On est tous des imbéciles bénéficie d’une face B, aucun vidéo-clip n’est tourné et la durée de la vie de la chanson ne dépasse guère une saison. Néanmoins, et ce, encore aujourd’hui, ce disque restera le symbole du nouveau virage que va amorcer la chanteuse avec sa face B, L’Annonciation, le premier titre entièrement composé par Laurent Boutonnat.

L’Annonciation est une chanson sombre et sensuelle à la mélodie tzigane et classique, dont le texte évoque un viol suivi d’un avortement. Une chanson qui dévoile un aspect plus sombre de la personnalité de Mylène que bien peu auraient pu déceler jusqu’alors. Comme quand la chanteuse avoue sur un plateau de télévision à l’animateur Jacky, d’une voix mijaurée et enfantine de celle qu’on vient de prendre la main dans le sac après une grosse bêtise :

-          « J’ai pleuré durant tout l’enregistrement de cette chanson  »!…

Vidéo images….

Image de prévisualisation YouTube 

au cours de cet été 1985, même si On est tous des imbéciles n’est pas le tube tant espéré, Mylène est néanmoins très présente dans la presse jeune. Elle y côtoie ses nouveaux collègues, comme la pétillante Douchka, la Canadienne Patti Layne, la charmante Corinne Charby et le sexy Axel Bauer. En bonus, nous apprenons qu’elle adore l’émission Téléchat, qu’elle a adopté un singe capucin baptisé E.T, acheté sur les quais de Saine, qu’elle aime les animaux et qu’elle raffole des fraises Tagada, une passion qu’elle confirmera dans un sourire malicieux lors de son 7 à 8, vingt deux ans plus tard.

MF80_193a dans Mylène 1985 - 1986

Si la jeune fille se montre souriante et épanouie devant tous ces journalistes qui la prennent de haut, un mini drame est néanmoins en train de naître entre les deux « gentlemen Farmer  ». En effet, face à l’échec commercial de On est tous des imbéciles, Jérôme Dahan est sérieusement montré du doigt. Le contrat avec RCA, qui était prévu pour deux disques, s’achève et les jeunes artistes sont contraints de se trouver une nouvelle maison de disques s’ils ne veulent pas que Mylène soit une étoile filante de plus dans cet univers si propice au « Je fais un tube et je disparais aussi vite  » !

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Bertrand Le Page

Posté par francesca7 le 15 août 2011

 Un nouvel éditeur : Bertrand Le Page 

 

1984 – L’arrivée du Messie 

 

Voyant que son équipe et lui-même risquent de se faire dévorer tout cru par la grosse machine RCA, Laurent Boutonnat contacte aussitôt un éditeur du nom de Bertrand Le Page qui vient justement de signer un méga tube avec Mise au point Bertrand Le Page dans Mylène 1982 - 1984 Laurent-Boutonnat-Mylene-Farmer-Jerome-Dahan-Maman-a-tort1d’une certaine Jacky Quartz, dont il est l’heureux manager. Laurent Boutonnat est prêt à en mettre sa main au feu : ce personnage haut en couleur pourra certainement donner un coup d’accélérateur au timide début de carrière de Mylène

 

Pour l’heure, quand Laurent Boutonnat frappe à la porte de Bertrand Le Page en 1984, la chanteuse auréolée de son dernier succès, ne voit pas d’un très bon œil que son manager aille faire un tour du côté de chez Mylène

 

Après un seul rendez-vous, l’excentrique et excessif Bertrand Le Page est séduit par la pugnacité du trio et par la fraîcheur de la jeune Mylène, et c’est sans la moindre hésitation qu’il accepte de lancer ce Maman a tort qui a tant de mal à s’imposer. Et puis, Laurent Boutonnat ne lui était pas si inconnu que cela pour l’avoir déjà rencontré quelques années auparavant quand le jeune compositeur recherchait justement un éditeur musical pour la musique du projet d’un certain film nommé Giorgino

 

Encore et encore….. 

 

 

A son arrivée, le nouveau manager reprend tout en main et, miraculeusement, le tais rouge se déroule enfin aux pieds de nos jeunes artistes ! Il faut dire que dès le premier coup d’œil, Bertrand Le page est certain du formidable potentiel de Mylène. Il voit qu’il peut faire de cette jeune femme timide une très grand e star ! 

 

Il le répète à tous : cette fille est née pour connaître un parcours hors normes ! C’est une diva en devenir, comme toutes ces chanteuses qu’il a toujours idolâtrées dans sa jeunesse ! 

 

Mais pour l’heure, dans le milieu du show-biz, il reste le seul à être persuadé que derrière cette étonnante femme à la voix suraigüe se cache un superbe cygne flamboyant. Il est tellement sur de lui qu’il ne demande aucun cachet en échange de ses services : il deviendra juste l’éditeur, tant il est persuadé de son choix ! 

 

Il a appris à écouter son intuition qui ne le trompe jamais. Dès la prise de ses nouvelles fonctions, Bertrand Le Page tape du poing sur la table de chez RCA en exigeant qu’une deuxième pochette du 45 tours soit créée. Exit le noir et blanc qui n’attire pas assez l’œil du public chez les disquaires, il faut du peps et de la couleur ! Aussi, photographie-t-il lui-même la chanteuse en couleur et avec le sourire aux lèvres, s’il vous plaît ! 

 

 

 

 

178258-mylene-farmer-a-l-epoque-de-maman-637x0-3 dans Mylène 1982 - 1984Lors  de l’été 1984, Maman a tort sort dans son deuxième emballage. Grâce aux nombreuses relations que Bertrand Le Page s’est faites au sein des média, la rotation du titre en radio devient plus importante et, surtout Mylène commence à investir les plateaux de télévision. 

 

Les Français la découvrent réellement pour la première fois. Et la jeune chanteuse ne lésine ni sur les émissions, ni sur les reportages photos destinés à la presse jeune, comme dans le magazine Boys and girls du 26 juillet 1984 intitulé : «Les pulls de Mylène Farmer ». 

 

 

 

 

 

Un reportage assez insolite qui nous apprend sa passion pour les pulls en laine, faits maison, bien sûr ! Avec un scoop à la clef : la mère de Mylène aime aussi lui en tricoter, tous plus coquets les uns que les autres… Nous sommes encore bien loin de la star aux phrases si recherchées et au vocabulaire sophistiqué. 

 

 

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Publié dans Mylène 1982 - 1984 | Pas de Commentaires »

Mylène cherche un style

Posté par francesca7 le 15 août 2011

 

Parallèlement à la promo, en plus de devenir le véritable conseiller de la jeune vedette en herbe, Bertrand Le Page lui fait aussi partager et découvrir sa passion de la littérature en la conseillant sur des oeuvres d’un univers poétique dont elle pourrait s’inspirer pour se créer son propre univers… toutes les futures références de la chanteuse sur Edgard Poe ou sur Baudelaire viennent de lui

 

C’est à cette époque que la fougueuse et volcanique Sophie Tellier, une jeune danseuse diplômée de l’Académie internationale de la danse, sachant tout maîtriser (de la danse classique à la danse moderne, en passant par le jazz) rencontre pour la première fois la petite équipe ! 

 

  

Mylène cherche un style dans Mylène 1982 - 1984 s_1544374valerie_mairesseen fait, c’est grâce à l’actrice Valérie Mairesse, qui vient de sortir un 45 tours Bombe atomique, que Sophie Tellier fait la connaissance de Mylène lors du premier Festival des clips à Juan-les Pins, où Bertrand Le Page a réussi à faire inviter sa protégée. 

 

Sophie Tellier garde de cette première rencontre avec Mylène, le souvenir d’une jeune femme extrêmement timide, sans cesse en retrait comme si elle avait toujours le sentiment de gêner les autres, tout le contraire de sa personnalité expansive. Et irrémédiablement, comme les contraires s’attirent, les deux femmes deviennent très vite amies. Une amitié qui durera plusieurs années avant de se distendre comme cela arrive souvent…. 

 

 

Pour ce qui est de Maman a tort, tous les efforts de promotion ne font pas vraiment exploser le titre, qui se vend à peine à 100 000 exemplaires, un faible score face aux tubes de Jeanne mas ou d’Axel Bauer qui s’écoulent à plus d’un million de disques… 

 

Et pourtant, Mylène est bien exposée et le public sait maintenant qu’il existe une petite brunette un peu étrange dans le paysage de la variété française ! C’est déjà un combat de remporté… 

 

34581 dans Mylène 1982 - 1984Grace au succès d’estime de Maman a tort, Mylène peut enregistrer son deuxième 45 tours qui manque de s’appeler Bip Bey you Rock’nRolll’Amour au téléphone ou même I Do Love you, pour finalement s’intituler On est tous des imbéciles, un deuxième titre surfant toujours sur la vague de la provocation. 

 

 Si Jérôme Dahan avait écrit le texte de Maman a tort et composé la musique avec Laurent Boutonnat, pour ce deuxième 45 tours, chacun des deux garçons compose son propre titre car On est tous des imbéciles bénéficie d’une face B, intitulée l’Annonciation

 

 

BARRE

 

  • Pour la petite histoire, cette chanson était prévue tout comme « On est tous des imbéciles » dans la tracklist de « Cendres de lune » donc de 1985-1986, mais les deux chansons n’ont pu être intégrées car Laurent et Mylène n’avaient plus les droits d’auteur avec le départ de Jérome Dahan … affaire à suivre !!!!

 

Publié dans Mylène 1982 - 1984 | Pas de Commentaires »

 

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