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Axel Bauer un retour vers Mylène

Posté par francesca7 le 18 mai 2016

                   

 

 

On le sait peu, mais Mylène Farmer a eu une histoire sentimentale avec Axel Bauer au tout début de sa carrière. A la vérité, elle l’a un peu piqué à Jeanne Mas !… D’où la discorde et la grande rivalité entre les deux femmes dans les années 80.
Quoi qu’il en soit, l’histoire de Mylène et Axel ne dure pas très longtemps. Mais pour la petite histoire, des années plus tard, Axel Bauer a été en couple avec… Nathalie Cardone, petite protégée de Laurent Boutonnat (voir plus bas sur la page à ce sujet). Que de protagonistes familiers qui se rejoignent…

 alex bauer

Après avoir éteint la lumière sur sa carrière, le capitaine de Cargo de Nuit la rallume avec une autobiographie et un nouvel album attendu

 

Axel Bauer : « Je suis toujours là ! » dans un article paru dans CORSE.MATIN.com

Pour beaucoup, Axel Bauer restera à jamais cette jeune gouape à la belle gueule de Marlon Brando jeune, qui pose en casquette de marin et tee-shirt à résilles sur la pochette d’un 45 tours de 1983 inspirée de Querelle de Brest (Jean Genet) : Cargo de Nuit. Le titre évoque encore ces soirées où l’on mixait Indochine (L’Aventurier), les Rita Mitsouko (Marcia Baïla) et Mylène Farmer (Maman a tort) en les faisant descendre à coup de tequila rapido. Il y eut bien ensuite (1992) Éteins la lumière, rock d’inspiration Nirvanesque et surtout A ma place, son duo avec Zazie, vendu à 600 000 exemplaires avant la crise du disque (2000). Mais avouons que l’on avait un peu perdu de vue le bel Axel. Lui-même avoue d’ailleurs s’être un peu perdu après l’incroyable succès de Cargo. « Si j’avais composé un Cargo 2, je crois bien que j’en serais mort », confie-t-il, alors qu’on le retrouve quinquagénaire dans un restaurant parisien pour parler de Maintenant tu es seul, autobiographie bien rock’n'roll que publient les éditions Michel Lafon.

« J’avais 22 ans et, du jour au lendemain, je suis devenu riche et célèbre. J’étais encore un gamin et je n’avais aucun plan de carrière. J’ai été atomisé. »

« My Generation »

Refusant d’écrire le Paquebot de jour qu’attendait sa maison de disques, Axel part en vrille, revient, repart, n’arrive pas à se fixer, ni à fixer l’attention durablement sur lui. A la différence d’un Etienne Daho qui lui a peut-être fauché la place : « Son succès a démarré plus doucement. Il a eu le temps de s’y préparer et d’installer sa personnalité », analyse le chanteur, qui raconte avec une belle sincérité son exil londonien, la défonce, les expériences psychédéliques, l’ésotérisme, le shamanisme et la découverte étonnante de ses dons de guérisseur.

Des confidences qui pourraient le faire passer pour le doux illuminé qu’il n’est pas : « J’ai fait le parcours d’un ado des années soixante-dix, biberonné au rock et à la Petite fumée de Castaneda, ni plus, ni moins », estime-t-il.

Du coup, son livre est plus qu’une bio de chanteur : c’est le portrait d’une époque et d’une génération, qui commence et se termine avec un concert des Who, où l’amena son père ancien speaker de Radio Londres et où il prononça la phrase fatidique qui donne son titre au livre : Maintenant, tu es seul.

En 2012, Axel Bauer pourrait se sentir moins seul puisque, outre le livre, il connaît à nouveau le succès avec la BO de la comédie musicale Dracula, où figure Éteins la lumière et pour laquelle il a écrit En transe… ylvanie avec le chanteur des BB Brunes. Les maisons de disques lui font à nouveau les yeux doux pour l’album qu’il a enregistré avec Gérard Manset, Brigitte Fontaine, Marcel Kanche et quelques jeunots. Il y a dessus un « duo mystère » (Mister ?) qui pourrait, dit-on, connaître le même succès que celui avec Zazie. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Publié dans Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaires »

Divinisation de Mylène Farmer par beaucoup de fans

Posté par francesca7 le 6 octobre 2015

Méfie-toi Mylène

 

Il est logique que les spectacles et les extravagances de Mylène Farmer génèrent des fanatismes, particulièrement parmi les personnes homosexuelles, puisque la chanteuse s’offre fréquemment en Messie crucifié à la communauté homosexuelle – ses délires christiques, proches de ceux de Madonna, le démontrent parfaitement, ainsi que la diversité des reliques qu’elle vend aux enchères sur Internet, même si elle dit ne pas le faire consciemment ni dans un processus d’auto-culte de la personnalité calculé – ; et ensuite, après s’être donnée entièrement dans une exhibition clairement blasphématoire et démesurée, elle se dérobe à ses fans, remonte dans sa limousine aux vitres teintées sans dire au revoir à personne (je vous rappelle la mise en scène de départ filmée comme une déchirure dramatique dans le concert « Avant que l’ombre… à Bercy » en 2006), et s’engouffre dans un silence inexplicable et aussi disproportionné que son don sur les écrans : rien d’étonnant qu’un tel écart d’attitudes – pourrait-on le qualifier de simplement ludique quand il toucherait davantage à la schizophrénie de star ? – provoque chez les esprits en mal d’identité une vraie frustration… donc soit source de fantasme, d’hystérie, d’idolâtrie, voire de violence (rappelez-vous le meurtre du réceptionniste de la maison de disques de la chanteuse par un fanatique en 1991).

Mylène Farmer participe secrètement au processus de divinisation autour de sa personne en faisant du mystère un fond de commerce juteux, même si cela est effectué dans un effacement tellement étudié qu’il est possible que l’artiste, dans une sincérité confondante, ne s’en rende même pas compte elle-même.

Une autre raison que j’invoquerais pour expliquer le succès que Mylène Farmer remporte auprès de ses fidèles homosexuels, c’est qu’elle joue continuellement sur l’inversion et l’ambiguïté sexuelle, autant artistiquement – dans son discours et son répertoire musical – qu’existentiellement.

Mylène représente la bisexuelle dans toute sa splendeur, la femme libérée qui laisse entendre qu’elle goûte à tout type de sexualités sans pour autant vouloir se définir en tant que « lesbienne », « bisexuelle » ou « hétérosexuelle », et assumer les conséquences de ses actes : « Je me fous bien des qu’en dira-t-on, je suis caméléon » chante sa jumelle narcissique de « Sans contrefaçon ». Mylène Farmer joue la dissimulation : la plus belle signature homosexuelle qui soit, non ? Oscar Wilde n’avait-il pas, en son temps, baptisé l’homosexualité comme « l’amour qui n’ose pas dire son nom » ?

Est-elle pour autant lesbienne ? Personne ne l’est complètement, pas même la femme qui se veut 100 % lesbienne. Donc Mylène pas plus qu’une autre. La seule chose qu’on peut dire, c’est que très certainement un désir homosexuel – ou plutôt bisexuel – s’est exprimé à travers les œuvres et les actes scéniques farmériens.

La chanteuse n’hésite pas à cultiver un style « garçonne » ou androgyne, à « rouler des pelles » à ses choristes pendant ses concerts, à prendre son bain nue en compagnie de jeunes demoiselles (c. f. le vidéo-clip de « Libertine »), à simuler l’inceste avec la candide Alizée (c. f. les chansons « Gourmandises », « Veni, Vedi, Vici », « Cœur déjà pris »), à prendre des poses langoureuses avec des femmes pendant certaines séances photos, à camoufler un probable lesbianisme par le traitement de thématiques proches de l’homosexualité telles que la gémellité ou le double spéculaire du miroir narcissique. Par ailleurs, ses chansons sont truffées de clins d’œil explicitement homosexuels (c. f. la chanson « Maman a tort ») ou bien dirigées à un public libertaire censé comprendre des sous-entendus homo-érotiques subtilement cachés dans le texte (la sodomie dans « Q. I. », « Pourvu qu’elles soient douces », « L’Âme-stram-gram », « Porno-graphique » ; le travestissement dans « Libertine », « Sans contrefaçon », « Tristana » ; le Sida dans « Je te rends ton amour », « Que mon cœur lâche » ; etc.). Peu à peu, les paroles musicales de Mylène Farmer se politisent gentiment pour la cause gay : on reconnaît au fil de ses chansons un discours politiquement correct qui reprend à son compte le jargon du militantisme gay friendly classique (c. f. l’emploi d’expressions comme « la tolérance », « le droit d’aimer », ainsi que les références au coming out, dans les chansons « Rêver », « J’attends », « Réveiller le monde », « L’Innamoramento », entre autres).

ce qui explique le plus en profondeur l’attirance des personnes homosexuelles pour Mylène Farmer, c’est que la chanteuse touche du doigt un secret bien gardé de la communauté homosexuelle et qui a à voir avec le viol. L’univers farmérien fait parfaitement écho à la quête esthético-existentielle des personnes homosexuelles : la souffrance du viol (réel et surtout fantasmé) chorégraphiée et esthétisée à l’extrême. Pensons par exemple aux chansons « Je t’aime mélancolie », « Et si vieillir m’était conté », « Comme j’ai mal », « Point de suture », « Les Mots », « Nous souviendrons-nous », etc.. Mylène Farmer est, à mon avis, la chanteuse française qui a poussé le plus loin la représentation du « vouloir être objet »/« vouloir être violé », qui a décidé d’incarner le plus entièrement la femme violée (Jeanne Mas, Barbara, ou Dalida, avaient déjà ouvert la voie, mais avec moins de ténacité) et la femme-objet. Tout dans sa fantasmagorie renvoie aux poupées désarticulées, aux vierges violées, à la femme-enfant perdue ou folle, qui se cache et se venge d’avoir subi la perte de son innocence (c. f. « Allan », « Plus grandir », « C’est une belle Journée », « L’Âme-stram-gram », « Sans Contrefaçon », « La Poupée qui fait non », « Optimistique-moi », « Comme j’ai mal », « Dans les rues de Londres », etc.).

extrait des propos de Philippe Ariño

Publié dans Mylène Autrement, Mylène et des CRITIQUES | Pas de Commentaires »

Pourvu qu’elle soit ROUSSE

Posté par francesca7 le 4 septembre 2015

 

 MYLENEFARMER POP

      Une chevelure. Lumineuse, rougeoyante, incandescente. Un signe de ralliement. Un panache roux.

Sur certaines photos d’elle, de dos, cette cascade abricot suffit à suggérer sa présence. Dans le livret de l’album Avant que l’ombre… , signé Dominique Issermann, le visage n’apparaît jamais en totalité. La plupart du temps, il est masqué par cette chevelure, reconnaissable entre toutes, qui s’impose comme une signature. Et qui permet de poursuivre la partie de cache-cache engagée avec le public il y a longtemps déjà.

      Rarement une artiste aura été à ce point liée à une couleur de cheveux. Et pourtant, Mylène n’est pas née rousse. Lorsqu’elle débute dans la chanson, ses cheveux sont châtains. Même s’il s’agit, selon elle, d’une « erreur de la nature », force est de constater que cette métamorphose a contribué à forger la légende Farmer. « Une chanteuse, ce n’est pas châtain. C’est blond, brun ou roux. Il faut trancher dans le vif, donner une couleur, une marque, une griffe. » Bertrand Le Page sait de quoi il parle. Au milieu des années 1980, une certaine Jeanne Mas, toute de noir vêtue, squatte le sommet des charts avec une panoplie de brune incendiaire et des chansons qui décoiffent. Un succès fulgurant dont rêve le manager pour sa protégée. « En 1984, la star du moment qui nous impressionnait tous, y compris Mylène, c’était Jeanne Mas95 », confiera le manager. De fait, l’interprète de Toute première fois a pris une sérieuse longueur d’avance. Sûre d’elle, maquillée à outrance, exubérante dans sa gestuelle, elle intimide la chanteuse débutante, qui la cite en exemple lors d’une de ses premières interviews. « Les gens ne connaissent pas encore bien mon visage. Maman a tort a surtout énormément été diffusée en radio.

Jusqu’ici, je n’ai fait que peu de télés. Et peut-être n’ai-je pas, comme Jeanne Mas, ce truc qui marque et accroche les gens. »

      Cent mille copies écoulées pour Maman a tort, ce n’est pas rien, mais Laurent et Bertrand veulent jouer dans une autre division. Un look plus affirmé, Le Page en est convaincu, aidera Mylène à sortir du lot. C’est donc lui qui, selon toute vraisemblance, suggère le premier à la chanteuse de se teindre en rousse. Elle est séduite par l’idée. Depuis des années, elle trouve ses cheveux trop fins. Pour le clip de Plus grandir, une permanente leur a donné davantage de volume, mais le brun lui durcit les traits, accentue le relief de son nez. Une première coloration va provoquer le choc attendu. Lorsqu’elle tourne Libertine avec sa nouvelle chevelure auburn, l’évidence s’impose à tous : Mylène a trouvé son identité visuelle, l’image qui correspond à son moi profond. « Il y a eu une erreur de la nature : j’aurais dû naître rousse », dira-t-elle.

 

                                                     **

 

1      Par la suite, la nuance de roux va être corrigée grâce à l’entremise de Christophe Mourthé, jeune photographe que Bertrand a présenté à Mylène, jugeant que leurs univers présentaient d’évidentes corrélations. À l’époque, il vient de réaliser une série de clichés qu’il a baptisés « Casanovas », où figurent des femmes grimées en hommes dans des costumes du XVIIIe siècle. « Parmi ces images, j’ai un personnage aux cheveux abricot qui plaît beaucoup à Mylène. Jusque-là, elle est rousse dans Libertine, c’est vrai, mais ce ton n’est pas très joli, pas bien défini. On en discute avec elle chez Bertrand, puis on finit chez le coiffeur. On lui présente le cliché et on lui dit : “C’est abricot, faites-nous la même chose !”

Mylène adopte alors la couleur flamboyante qui sera sa marque de fabrique. On ne peut pas prétendre que Bertrand et moi l’ayons décidé, personne n’a besoin de tirer la couverture à lui. En fait, l’idée a germé en même temps dans nos trois cerveaux. »

      Dans les années qui suivent, le roux de Mylène va encore évoluer. Très pâle, genre blond vénitien, après la tournée de 1989, il devient carrément carotte lorsque Mylène adopte un look à la garçonne pour l’album L’Autre, en 1991. Selon Marie-Stéphanie Lohner99, stagiaire régie sur le tournage du clip de Pourvu qu’elles soient douces, cette coupe radicale aurait été choisie parce que la chevelure de la star se trouvait, à l’époque, abîmée par une succession de décolorations agressives.

 

     Consciente que son ramage roux fait désormais partie de son identité artistique, Mylène va, tout au long de sa carrière, jouer avec ce symbole. Afin d’étonner son public, elle chargera son coiffeur attitré, Pierre Vinuesa, de créer pour elle des coiffures toutes plus extravagantes les unes que les autres. Un défi qu’il relèvera haut la main, notamment lors des tournées 1996 et 1999. Mèches dressées sur la tête évoquant les rayons du soleil ou épaisse crinière entourant le visage comme une auréole… Pour réaliser ces véritables chefs-d’œuvre d’architecture capillaire, Vinuesa n’hésitera pas à recourir à des postiches.

Et Mylène de prendre goût à ces perruques et autres extensions qui donnent un beau volume à sa chevelure naturelle. Ses chignons n’en sont que plus impériaux, ses boucles plus nombreuses. Pour chacun des clips qu’elle tourne, pour chacune de ses apparitions télévisées, elle soigne sa coiffure avec la même exigence qu’elle choisit ses vêtements.

     Quant à Bertrand Le Page, il va être peu à peu écarté de la galaxie Farmer, après cinq ans de bons et loyaux services. L’hiver 1989 sera son chant du cygne.

     Un soir de décembre, Bertrand a organisé un dîner à l’École des beaux-arts en présence de cinq cents convives, composés de personnalités du métier et de journalistes. Une fête donnée en l’honneur de Mylène, qui doit recevoir un disque de diamant pour plus d’un million d’exemplaires vendus de l’album Ainsi soit je. Hélas ! rien ne se passe comme Le Page l’avait imaginé. La chanteuse reçoit son trophée des mains d’Alain Lévy, le patron de Polydor, alors que tout le monde a le nez plongé dans son assiette.

Écœuré par une telle absence de magie, le manager broie du noir et se console comme il peut en sifflant des coupes de champagne.     Vers une heure du matin, certains invités ont déjà quitté les lieux et le personnel commence à empiler les chaises Napoléon III utilisées pour le dîner. C’est alors que Bertrand laisse éclater sa colère et hurle ce qu’il a sur le cœur. Pour lui, la soirée est un échec. Où est le panache ? Où est le goût de l’excellence ? Les yeux injectés de sang, il empoigne une chaise et la lance sur celles déjà entassées : la pile dégringole dans un bruit d’apocalypse. Sans hausser la voix, Mylène le somme de se calmer, maisles derniers convives présents, embarrassés, se précipitent vers la sortie. Laurent Boutonnat ne dit mot.

Parce qu’il ne « sentait » pas la soirée, me racontera Philippe Séguy, il n’a pas ôté son manteau de tout le dîner.

 

     Entre Mylène et Bertrand, rien ne sera plus comme avant. En réalité, tout a commencé à se dégrader lorsque, deux mois plus tôt, en octobre 1989, le manager a appris que la chanteuse et son mentor avaient Créé Requiem Publishing, une société d’édition musicale qu’ils cogèrent à égalité. Auparavant, ce sont les éditions Bertrand Le Page qui créditaient les titres de Mylène. Dès lors, il voit son avenir financier menacé au sein de l’écurie Farmer. Mais pour cet affectif, là n’est pas l’essentiel. Ivre de gloire, il se croit indispensable. N’est-ce pas lui qui, relevant un défi lancé par sa protégée, a boosté le succès de Sans contrefaçon en convaincant la radio NRJ de multiplier par deux les diffusions du titre ? Fort de ses exploits, Bertrand est confiant : la star a besoin de ses conseils, et leur amitié est tellement forte qu’elle ne peut se briser. Il se trompe cruellement.

      Paradoxalement, c’est Mylène qui, le lendemain de l’incident à l’École des beaux-arts, prend l’initiative de recoller les morceaux. « Si tu as besoin de moi, je suis là101 », lui dit-elle par télégramme.

Quelques jours plus tard, rendez-vous est pris dans le restaurant d’un palace parisien. Le Page campe sur ses positions, ne regrette pas ce que la chanteuse considère comme un « dérapage ». Dans un sursaut d’orgueil, il quitte même la table, espérant que Mylène va le retenir. Elle n’en fait rien.

      Un mois plus tard, elle l’appelle pour lui signifier leur rupture : « On arrête de travailler ensemble. Ton comportement est devenu impossible. » Il recevra par la suite une lettre que la star, de sa belle écriture, achève par ces mots : « Je t’aime comme personne. »       Dès lors, c’est le tourneur Thierry Suc, au tempérament moins tapageur, qui fera office de manager.

   FanNicolas5   Ultime message en forme de justification, Mylène écrira une chanson à l’ami éconduit sur l’album L’Autre. Dans Pas de doute, elle s’adresse à un homme au tempérament ingérable, évoque des tensions vaines, des sautes d’humeur insupportables : « Quant tu n’as plus ta tête, tu fais tout trop vite. » On ressent bien, dès lors, une divergence qui semble irrémédiable : « Tu précipites / Moi je prends mon temps. » Jusqu’à la rupture assumée : « Quitte à faire vite / Je prends les devants. »       Le Page ne se remettra jamais de cette séparation. Persuadé que, sans lui, Mylène est perdue, il va guetter l’instant où l’idole dégringolera de son piédestal, sans pour autant cesser de l’aduler. Un après- midi de 1995, dans son appartement proche de la porte Maillot, il me confie que les textes de l’album Anamorphosée sont totalement hermétiques : « On n’y comprend rien, ça va faire un bide. » Deux jours plus tard, il m’appelle pour me demander si j’ai vu le clip de L’Instant X. « Mylène est sublissime, elle n’a jamais été aussi belle », me dit-il, conquis. En 1996, en découvrant l’affiche des concerts de la star à Bercy, il s’effondre en larmes.

      En avril 1999, quelques jours après la publication de l’opus Innamoramento, Le Page, atteint d’une grave maladie, se tire une balle dans la tête, à Hyères, sur la côte d’Azur, où il s’est exilé depuis un an. « Il s’est suicidé le dimanche de Pâques, je sais qu’il écoutait l’album en boucle », dira Guillaume Vial, un ami de la dernière heure.

      À la fin du clip de L’Âme-Stram-Gram, l’héroïne que joue Mylène se jette dans le vide pour retrouver sa jumelle disparue. Le Page semble avoir voulu répondre par un geste spectaculaire aux jeux fantasmés de Mylène avec sa propre mort. Quelques jours avant son suicide, Bertrand a laissé un message sur mon répondeur. Sa voix était sereine.

      En signe de deuil, Mylène se tait. La promotion de l’album est suspendue durant quelques jours. Une interview, prévue sur RTL le jour même, est annulée. La chanteuse ne se rendra pas à Saint-Malo, le 9 avril, pour les obsèques de son ancien manager. Elle n’enverra pas de fleurs. Ses souvenirs avec Bertrand, les mots écrits ou échangés, elle veut les garder dans son cœur. Leur amitié, qui fut si passionnelle, n’appartient qu’à eux deux.

  

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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LA TIMIDITE MALADIVE DE MYLENE

Posté par francesca7 le 26 août 2015

 

 
2000-ClaudeUne enfilade de couloirs où même les pas feutrés résonnent. 

Une odeur d’éther qui vous prend à la gorge. Des chambres glacées, des lits étroits,
 des brancards qui vont et viennent dans les ascenseurs. 
Chaque dimanche, elle est fidèle au rendez-vous. Au départ, Mylène accompagnait
 d’autres élèves de son âge après les cours de catéchisme. 
Et puis, depuis plusieurs semaines, elle y vient seule. 
Elle préfère s’y rendre loin du regard des autres. 
Chaque dimanche, « pour échapper à l’ennui », dit-elle, elle visite les enfants
 malades à l’hôpital de Garches. Certains, victimes d’accidents de la route, 
sont paralysés. D’autres souffrent de maladies génétiques. Elle a quatorze ans. 
Voilà un souvenir, une fois n’est pas coutume, qui demeure indélébile. 
Mylène l’a évoqué maintes fois, et y revient sans cesse, comme un épisode
 marquant de son enfance à Ville-d’Avray. « Un électrochoc », dit-elle. 
« Une clé », même, pour comprendre qui elle est. 
 
Avant de préciser : « S’occuper d’enfants tétraplégiques, c’est insupportable
 pour quelqu’un qui marche. » Révoltée devant le spectacle de la maladie, 
l’adolescente ressent une forme de culpabilité, qui s’ajoute au chagrin. 
Impuissante devant ces drames souvent irrémédiables, elle se force à sourire,
 à s’ouvrir à ces enfants qui ont le même âge qu’elle. 
« J’essayais de communiquer avec eux, de jouer, de leur apporter quelque chose.
 C’est quelque chose qui vous marque fatalement à vie. Ça rend triste, définitivement. »
 Pour passer autant de temps auprès de ces êtres que la vie a diminués, 
il faut éprouver une immense solitude. 
Surtout, il faut se sentir soi-même différent de la multitude. 
Le handicap n’est pas nécessairement une catégorie répertoriée par un diagnostic médical.  
 
Il peut être vécu de l’intérieur, comme une fêlure qui vous rend inapte à une
 existence sociale normale. Baudelaire l’a bien montré dans son poème L’Albatros.
 « Ses ailes de géant l’empêchent de marcher », écrit-il à propos du poète, 
moqué par ses frères humains parce qu’il semble incapable de trouver 
sa place dans leur communauté. Pour Mylène, partager des moments 
intenses avec ces enfants n’a rien d’une sinécure.  
Pourtant, la jeune fille y trouve son compte. Elle échappe à l’ambiance familiale,
 où elle se sent souvent incomprise. 
À leur contact, surtout, elle trouve un sens à ce mal-être sourd qui grandit 
depuis que sa famille a quitté le Canada. C’est cette proximité avec l’autisme 
qui permettra à Mylène d’incarner avec tant de crédibilité Catherine, l’héroïne 
de Giorgino. Pour se préparer au rôle, elle visitera d’ailleurs à nouveau un
 hôpital psychiatrique. « Je suis fascinée, confiera-t-elle, par les enfants autistes.
 Par le mystère qu’ils gardent, leur incapacité à communiquer. » 
                                                     **
 
     Dans ces derniers mots, tout est dit, ou presque. Si l’adolescente se sent 
différente, c’est parce qu’elle se vit comme emmurée en elle-même.  
« Je suis constamment gênée par le regard des autres depuis que je suis toute petite»,
 avoue-t-elle. Une timidité maladive, voilà son infirmité. Trait de caractère qui
 la rapproche de son père, un homme du genre réservé, y compris dans le travail, 
si l’on en croit ses collègues de l’époque canadienne. Elle n’y peut rien : dès 
qu’un inconnu pénètre dans la maison de Ville- d’Avray, elle devient muette comme une carpe. 
Incapable de s’ouvrir, elle baisse les yeux et ne décroche pas un mot.  
Tous ceux qui, plus tard, ont croisé un jour la route de Mylène ont été frappés 
par cette timidité extrême. Sophie Tellier, la célèbre rivale de Libertine dans 
le clip et sur scène, en témoigne. « Elle est très renfermée. Lorsqu’il y a plus
 de deux personnes autour d’elle, elle ne parle pas. » 
 mylene-farmer-photo-facebook« Face aux gens, elle semble être totalement démunie, sans défense, comme si elle
 n’avait pas de cuirasse27 », m’explique la photographe Elsa Trillat. Christophe Mourthé,
 qui a réalisé quelques-uns des clichés les plus glamours de la chanteuse entre 1986 
et 1988, me raconte :  
« Quand nous marchions ensemble tous les deux dans la rue, elle était toujours 
du côté du mur, comme s’il lui fallait un rempart pour être protégée des autres. »
 Philippe Séguy, le premier biographe officiel de la star, relate comment Mylène 
s’est présentée à lui au premier rendez-vous. « Elle baissait les yeux, m’a tendu
 la main, n’a fait que pincer la mienne, offrant un sourire aussitôt ravalé de 
petite fille intimidée. » 
                                                     **
 
Un tempérament qui constitue un obstacle majeur pour sa carrière. 
À ses débuts, elle est tellement réservée qu’il est impensable, pour Jérôme Dahan,
 qui a cosigné Maman a tort avec Laurent Boutonnat, d’envisager pour elle une 
carrière tonitruante à la Jeanne Mas. Lui, songe davantage à un créneau plus 
discret à la Françoise Hardy. « Chez ma mère, où il y avait une grande pièce avec un piano,
 on répétait la mise en scène des morceaux. Mylène avait du mal à appréhender tout cela,
 et on devait, Laurent et moi, lui apprendre les chorégraphies. Elle n’avait pas du tout
 de vision, de conscience de son corps. » 
Bertrand Le Page, son premier manager, m’a également confié son désarroi devant 
une artiste aussi peu extravertie. « Ce n’était pas dans sa nature, il a fallu 
qu’elle travaille dur pour sortir quelque chose d’elle-même. Je mettais la chanson,
 je montais le son à fond et je lui disais : “Vas-y, montre-moi ce que tu sais faire.” 
Mais ce n’était pas du tout concluant. » 
C’est là que Sophie Tellier va jouer un rôle déterminant. Danseuse professionnelle
 proche de Redha, créateur de ballets cultes dans les années 1980, elle devient la
 chorégraphe personnelle de Mylène. Il lui faut d’abord rompre cette gangue qui 
emprisonne le corps de son élève. Patiente, Sophie se rend tous les jours au domicile
 de la chanteuse et gagne sa confiance en la faisant rire. Peu à peu, elle parvient à
 trouver les mouvements de bras, de jambes et de tête qui lui sont naturels. 
Avec un professeur aussi doué, les résultats sont spectaculaires. 
Malgré tout, lorsqu’on revoit les sauts de cabri de Mylène chantant Libertine sur le
 petit écran, on ne peut s’empêcher d’y déceler une raideur encore maladroite. 
Une telle exubérance force sans doute à l’excès son côté introverti. Plus tard,
 à mesure qu’elle trouvera des gestuelles plus adaptées à son véritable caractère,
 une indéniable grâce se dégagera des tableaux de certaines chansons comme Désenchantée
 ou L’Âme-Stram-Gram. Mais cette aisance inattendue, gagnée à la sueur de son front, 
ne changera rien à la nature profonde de Mylène.
                                                      **
 
Pour tous ceux qui ont partagé des moments forts avec la chanteuse, en tout cas, 
cette réserve extrême, loin d’être rebutante, s’impose comme un charme supplémentaire.
 « Elle en use et en abuse, mais elle le fait tellement bien que tout le monde est 
amoureux d’elle », explique Christian Padovan, bassiste sur la première tournée en 1989. 
 La chanteuse Marie Laforêt, dont Mylène reprendra sur scène Je voudrais tant que tu 
comprennes, n’est pas insensible non plus à la séduction qui se dégage d’une nature 
aussi effarouchée. « Je me suis retrouvée deux fois en interview avec elle, raconte-t-elle. 
Elle était quasiment muette, si bien que je me sentais obligée de meubler un peu. 
Elle était infiniment touchante : elle avait l’air d’un oiseau tombé du nid. » 
 
Des années plus tard, cette timidité semble s’être encore aggravée, si l’on en croit 
Mylène elle-même : sa cruelle absence médiatique, y compris au moment de promouvoir 
ses albums, serait la conséquence de cette appréhension ancrée en elle. 
En décembre 2005, ce n’est que sur l’insistance de sa maison de disques et de ses fans
 qu’elle consent à accorder une interview à Thierry Demaizière, dans le cadre de l’émission 
« Sept à huit » sur TF1. Un moment terrifiant pour elle. « Je vous dois une semaine 
et demie d’insomnie et un presque ulcère », dit-elle en préambule avec ironie. 
Quant au journaliste, qui n’a pas pu rencontrer l’artiste auparavant, il confiera après coup : 
 « Elle tremblait à la fin de l’entretien. Elle souffrait vraiment. 
1996-08-a» On la retrouve encore superbe et tétanisée, les cheveux défaits en cascade,
 le 12 décembre 2006, face à Patrick Poivre d’Arvor, dans le 20 heures de TF1,
 où elle vient annoncer la sortie de son DVD live. Sourire crispé, rires nerveux 
émaillent cette interview aux allures de séance de torture. 
Le regard de l’autre, d’autant plus acide lorsqu’une caméra la filme, semble aussi
 difficile à accepter qu’à l’époque où Mylène était petite fille. Seule la scène lui
 permet de dépasser cette angoisse. Il lui faut se sentir démesurément aimée, 
submergée d’un amour XXL, pour offrir au public ses trésors les plus intimes.
 
Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

Publié dans MYLENE par H.ROYER | 1 Commentaire »

ELDORADIO (Russie) avec Mylène en 2000

Posté par francesca7 le 7 janvier 2015

 

7 MARS 2000 – Entretien avec Anna ROMANOVA

Anna Romanova : Bonsoir Mylène ! Bienvenue sur la radio Eldoradio, qui est le sponsor de votre spectacle ici, en Russie. Je suis Anna Romanova et à mes côtés se trouve Semen Zverev. Nous sommes extrêmement heureux de vous voir ici, avec nous !

2000-02-dMylène Farmer : (en russe) Zdravsvuïté ! (‘bonsoir’, nda)

Oh, bravo ! Vous êtes très douée ! Nos auditeurs aiment beaucoup vos chansons, nous les passons souvent sur notre station. Je pense que nos auditeurs les plus âgés seraient intéressés de savoir ce que vous pensez d’Edith Piaf…

MF : C’est une personne très importante dans notre culture, elle est incontournable. C’est quelqu’un qui savait toucher l’âme, et d’ailleurs elle me touche moi aussi.

Je n’ose pas trop m’adresser à vous en anglais parce que je sais que les français n’aiment pas trop cela, mais je vous dirais volontiers ‘Nice to meet you’ (‘ravie de vous rencontrer’, nda) ! On sait qu’en France, peut­être plus qu’ailleurs, on est très préoccupés par l’expansion de la culture américaine dite ‘de masse’. Qu’en pensez­vous ? Est­ce que vous vous sentez concernée, vous qui êtes une artiste qui vous exprimez dans un style relativement international ?

MF : Probablement qu’il serait hypocrite pour moi de me ‘rebeller’ contre cette culture américaine que vous mentionnez, car j’aime moi­même beaucoup la musique américaine ! Mais il est vrai que je considère que chaque pays devrait préserver son authenticité culturelle.

Avec quelle grande star de la musique aimeriez­vous chanter en duo ?

MF : J’ai rencontré Elton John à plusieurs reprises. Nous avions un projet commun, mais il n’a pas abouti (la chanson « Les Mots » qui sortira en novembre 2001, interprétée avec Seal avait effectivement été initialement proposée à Elton John, nda). J’aimerais beaucoup rencontrer Jamiroquai.

Dans l’un de vos clips, on peut vous voir boxer de façon très convaincante (« Je t’aime Mélancolie », nda). Ca vous a demandé beaucoup de travail avec un entraîneur ?

MF : En ce qui concerne la préparation physique, je m’étais entraînée toute une semaine avec un professeur.

Quant à la performance en elle­même, après, c’est plutôt une question de montage !

Vous aimez le cinéma, vous qui proposez des clips renversants qui sont chacun des mini­films. Votre clip « California » a été réalisé par Abel Ferrara, si je ne me trompe pas. Y a­t­il un autre réalisateur que vous aimeriez ‘kidnapper’ pour qu’il réalise un de vos clips ?!

MF : Il y en a beaucoup. J’ai également fait un clip sous la direction de Luc Besson (« Que mon Cœur Lâche », nda). Pour répondre à votre question, j’aime beaucoup le cinéma de Bergman, j’aime Tarkovski ­mais il n’est plus là­ j’aime également David Lynch, David Lean…Enormément de cinéastes…Spielberg…

Quel dommage qu’ils ne réalisent pas de clips ! Quel est votre acteur préféré ? Votre film fétiche ? Il paraît que vous admirez Mickey Rourke, mais j’aimerais l’entendre de vous directement…

MF : Je vais en profiter pour parler un tout petit peu de ça, cet article paru dans le journal Pulse. J’ai rencontré effectivement le journaliste, mais il a m’a prêté des propos que je n’ai jamais tenu, donc je suis furieuse contre lui ! (le journaliste responsable de l’article qui agace tant Mylène n’a peut­être fait que recopier ce que Mylène déclarait dans Gai­Pied du 12.01.1987 : à la question « Votre homme idéal ? », elle avait effectivement répondu « Mickey Rourke », cf. cette référence, nda)

On a été surpris de lire ça, car ça n’a rien à voir avec l’image qu’on a de Mylène Farmer…

MF : Concernant mes acteurs préférés, s’il y en un à retenir, c’est Robert de Niro.

Vous avez bon goût ! Nos auditeurs sont sans doute intéressés de savoir ce que vous ressentez lorsque vous sortez de scène…

MF : C’est différent à chaque fois, si ce n’est qu’il y a quand même quelque chose qui est toujours pareil, c’est le sentiment de vide : d’abord un grand bonheur, et après un grand vide. On a reçu énormément et aussitôt après on est à nouveau seul.

Mylène, dites­moi, est­ce que vous avez eu peur lorsque avez monté un cheval pour la première fois ? Comment avez­vous vaincu cette peur ? Et quel est le nom de votre cheval préféré ?

MF : Quant à la peur, non. C’est quelque chose que j’ai choisi quand j’étais plus jeune : j’ai fait beaucoup d’équitation. Et je ne me souviens d’aucun nom de cheval préféré ! (rires)

Vous avez un grand nombre de fans en Russie, et je m’en réjouis ! Quel est votre rapport avec ces gens qui ne vivent que par et pour vous ?

MF : C’est très dur pour moi de répondre à cette question, parce que je ne comprends pas bien comment on peut vivre, pour reprendre votre exemple, uniquement pour moi.

J’ai ici une lettre qu’un de nos auditeurs m’a demandé de vous remettre. Vous allez la prendre ?

MF : Avec plaisir. En tout cas, pour détourner votre question, pour chaque artiste il est très, très important, même fondamental, d’avoir des personnes qui vous aiment, qui vous écoutent.

L’une de nos auditrices, une jeune fille très cultivée, a fait cette remarque très pertinente : elle voit une certaine similitude entre vous, Mylène, et le ‘Portrait de Jeanne Samary’, peint par Renoir…

MF : Elle est plus cultivée que moi : je ne connais pas ce tableau précisément. En revanche, vous devez connaître ce peintre, Egon Schiele, qui a représenté beaucoup de femmes rousses écorchées. Je me vois plus comme un de ses modèles.

Mylène, nous savons que vous aimez les contes russes. Est­ce que c’est bien vrai ? Quels sont les trois vœux que vous adresseriez au poisson rouge ? (équivalent du bon génie de la lampe dans le folklore russe, nda) Ca vient d’ailleurs encore de l’article dans Pulse…

2000-02-aMF : On m’a demandé si j’aimais le folklore russe, et j’ai répondu que j’appréciais beaucoup Dostoïevski. Pour répondre à votre question, je connais des contes russes mais je ne connais pas systématiquement leurs auteurs. Ce que je demanderais…La possibilité…J’aimerais avoir le pouvoir de guérir, par exemple. Sinon, je crois que je suis déjà exaucée car je fais le métier que j’aime.

Récemment, nous avons demandé à nos auditeurs de classer leurs trois chansons préférées du siècle qui vient de s’achever. Quelles sont celles que vous auriez cité, Mylène ?

MF : Je pense au duo entre Kate Bush et Peter Gabriel qui s’appelle « Don’t Give Up ». Je pense aussi   une chanson du groupe U2 qui s’appelait « One », et puis une chanson de Sting qui s’appelait « Fragile », je crois.

Mylène, dites­nous : pour vous, ce que vous faites, c’est du business ? C’est le but de votre vie ?

Encore plus que ça ?

MF : C’est mon activité, c’est ce pour quoi je vis.

Mylène, en ce 8 mars, nous célébrons la journée de la femme. Est­ce que je peux vous demander de saluer nos auditrices à cette occasion ?

MF : Amusez­vous et profitez­en !

Votre concert se tient en ce jour très spécial !

MF : J’en suis ravie !

Merci, Mylène !

MF : Merci ! Spasibo ! (‘merci’ en russe, nda)

Publié dans Mylène 1999 - 2000, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

Mylène à ELDORADIO (RUSSIE)

Posté par francesca7 le 3 décembre 2014

 

7 MARS 2000 : Par Anna Romanova

 

C’est pour la promotion du passage du Mylenium Tour à Saint Pétersbourg (c’est également la dernière représentation du spectacle) que Mylène Farmer accorde cette interview à la station locale Eldoradio, sponsor du concert qu’elle y donne. 
L’animatrice, au ton bienveillant, est accompagnée d’un homme qu’elle présente en début d’émission mais que nous n’entendons pas de toute la durée de l’entretien. Peut-être s’agit-il d’un interprète ?
Les propos de Mylène sont malheureusement recouverts par une traduction simultanée et nous n’entendons à l’antenne que des bribes de mots de sa part.
 
Ce qui suit est donc une traduction du russe, réalisée exclusivement pour le site, tenant compte à la fois de ce que l’on parvient à entendre en français et du style d’expression à l’oral habituel de Mylène.

 7538133_eldoradio1

Anna Romanova : Bonsoir Mylène ! Bienvenue sur la radio Eldoradio, qui est le sponsor de votre spectacle ici, en Russie. Je suis Anna Romanova et à mes côtés se trouve Semen Zverev. Nous sommes extrêmement heureux de vous voir ici, avec nous !


Mylène Farmer :
 (en russe) Zdravsvuïté ! (‘bonsoir’, nda)

Oh, bravo ! Vous êtes très douée ! Nos auditeurs aiment beaucoup vos chansons, nous les passons souvent sur notre station. Je pense que nos auditeurs les plus âgés seraient intéressés de savoir ce que vous pensez d’Edith Piaf…

-C’est une personne très importante dans notre culture, elle est incontournable. C’est quelqu’un qui savait toucher l’âme, et d’ailleurs elle me touche moi aussi.

Je n’ose pas trop m’adresser à vous en anglais parce que je sais que les français n’aiment pas trop cela, mais je vous dirais volontiers ‘Nice to meet you’ (‘ravie de vous rencontrer’, nda) ! On sait qu’en France, peut-être plus qu’ailleurs, on est très préoccupés par l’expansion de la culture américaine dite ‘de masse’. Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous vous sentez concernée, vous qui êtes une artiste qui vous exprimez dans un style relativement international ?

-Probablement qu’il serait hypocrite pour moi de me ‘rebeller’ contre cette culture américaine que vous mentionnez, car j’aime moi-même beaucoup la musique américaine ! Mais il est vrai que je considère que chaque pays devrait préserver son authenticité culturelle. 

Avec quelle grande star de la musique aimeriez-vous chanter en duo ?

-J’ai rencontré Elton John à plusieurs reprises. Nous avions un projet commun, mais il n’a pas abouti (la chanson « Les Mots » qui sortira en novembre 2001, interprétée avec Seal avait effectivement été initialement proposée à Elton John, nda). J’aimerais beaucoup rencontrer Jamiroquai.

Dans l’un de vos clips, on peut vous voir boxer de façon très convaincante (« Je t’aime Mélancolie », nda). Ca vous a demandé beaucoup de travail avec un entraîneur ?

-En ce qui concerne la préparation physique, je m’étais entraînée toute une semaine avec un professeur. Quant à la performance en elle-même, après, c’est plutôt une question de montage !

Vous aimez le cinéma, vous qui proposez des clips renversants qui sont chacun des mini-films. Votre clip « California » a été réalisé par Abel Ferrara, si je ne me trompe pas. Y a-t-il un autre réalisateur que vous aimeriez ‘kidnapper’ pour qu’il réalise un de vos clips ?!

-Il y en a beaucoup. J’ai également fait un clip sous la direction de Luc Besson (« Que mon Cœur Lâche », nda). Pour répondre à votre question, j’aime beaucoup le cinéma de Bergman, j’aime Tarkovski -mais il n’est plus là- j’aime également David Lynch, David Lean…Enormément de cinéastes…Spielberg…

 

téléchargement (2)

Quel dommage qu’ils ne réalisent pas de clips ! Quel est votre acteur préféré ? Votre film fétiche ? Il paraît que vous admirez Mickey Rourke, mais j’aimerais l’entendre de vous directement…
-Je vais en profiter pour parler un tout petit peu de ça, cet article paru dans le journal Pulse(cf. cette référence). J’ai rencontré effectivement le journaliste, mais il a m’a prêté des propos que je n’ai jamais tenu, donc je suis furieuse contre lui ! (le journaliste responsable de l’article qui agace tant Mylène n’a peut-être fait que recopier ce que Mylène déclarait dans Gai-Pied du 12.01.1987 : à la question « Votre homme idéal ? », elle avait effectivement répondu « Mickey Rourke » mais cela était treize ans avant ! cf. cette référence, nda)

On a été surpris de lire ça, car ça n’a rien à voir avec l’image qu’on a de Mylène Farmer…
-Concernant mes acteurs préférés, s’il y en un à retenir, c’est Robert de Niro.

Vous avez bon goût ! Nos auditeurs sont sans doute intéressés de savoir ce que vous ressentez lorsque vous sortez de scène…
-C’est différent à chaque fois, si ce n’est qu’il y a quand même quelque chose qui est toujours pareil, c’est le sentiment de vide : d’abord un grand bonheur, et après un grand vide. On a reçu énormément et aussitôt après on est à nouveau seul.

Mylène, dites-moi, est-ce que vous avez eu peur lorsque avez monté un cheval pour la première fois ? Comment avez-vous vaincu cette peur ? Et quel est le nom de votre cheval préféré ?
-Quant à la peur, non. C’est quelque chose que j’ai choisi quand j’étais plus jeune : j’ai fait beaucoup d’équitation. Et je ne me souviens d’aucun nom de cheval préféré ! (rires)

Vous avez un grand nombre de fans en Russie, et je m’en réjouis ! Quel est votre rapport avec ces gens qui ne vivent que par et pour vous ? 
-C’est très dur pour moi de répondre à cette question, parce que je ne comprends pas bien comment on peut vivre, pour reprendre votre exemple, uniquement pour moi. 

J’ai ici une lettre qu’un de nos auditeurs m’a demandé de vous remettre. Vous allez la prendre ?
-Avec plaisir. En tout cas, pour détourner votre question, pour chaque artiste il est très, très important, même fondamental, d’avoir des personnes qui vous aiment, qui vous écoutent.

L’une de nos auditrices, une jeune fille très cultivée, a fait cette remarque très pertinente : elle voit une certaine similitude entre vous, Mylène, et le Portrait de Jeanne Samary, peint par Renoir… (précisément conservé au Musée de l’Ermitage à Saint Pétersbourg, nda)
-Elle est plus cultivée que moi : je ne connais pas ce tableau précisément. En revanche, vous connaissez sans doute ce peintre, Egon Schiele, qui a représenté beaucoup de femmes rousses écorchées. Je me vois plus comme un de ses modèles. 

 

Mylène, nous savons que vous aimez les contes russes. Est-ce que c’est bien vrai ? Quels sont les trois vœux que vous adresseriez au poisson rouge ? (équivalent du bon génie de la lampe dans le folklore russe, nda) Ca vient d’ailleurs encore de l’article dans Pulse…
-On m’a demandé si j’aimais le folklore russe, et j’ai répondu que j’appréciais beaucoup Dostoïevski. Pour répondre à votre question, je connais des contes russes mais je ne connais pas systématiquement leurs auteurs. Ce que je demanderais…La possibilité…J’aimerais avoir le pouvoir de guérir, par exemple. Sinon, je crois que je suis déjà exaucée car je fais le métier que j’aime.

Récemment, nous avons demandé à nos auditeurs de classer leurs trois chansons préférées du siècle qui vient de s’achever. Quelles sont celles que vous auriez cité, Mylène ?
-Je pense au duo entre Kate Bush et Peter Gabriel qui s’appelle « Don’t Give Up ». Je pense aussi à une chanson du groupe U2 qui s’appelait « One », et puis une chanson de Sting qui s’appelait « Fragile », je crois.

Mylène, dites-nous : pour vous, ce que vous faites, c’est du business ? C’est le but de votre vie ? Encore plus que ça ?
-C’est mon activité, c’est ce pour quoi je vis. 

Mylène, nous allons célébrer ce 8 mars la journée de la femme. Est-ce que je peux vous demander de saluer nos auditrices à cette occasion ?
-Avec plaisir. Je leur souhaite de bien en profiter !

Votre concert se tient en ce jour très spécial !
-J’en suis ravie ! 

Merci, Mylène !
-Merci ! Spasibo ! (‘merci’ en russe, nda)

 

Publié dans Mylène 1999 - 2000, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

NAGUI Présente MYLENE FARMER sur M6

Posté par francesca7 le 18 octobre 2014

 

Emission  FRÉQUENSTAR du 22 MARS 1989

 « C’est compliqué, le français ! »

1989-02-dNagui reçoit Mylène Farmer sur le plateau de son émission, qui n’a rien à voir, malgré un titre identique, avec l’émission que créera Laurent Boyer peu d’années plus tard. Mylène vient y présenter son nouveau clip, celui de « Sans Logique ». Habillée d’une veste noire, d’un pantalon noir et les cheveux rehaussés en un chignon strict, elle répond également aux questions de Nagui et a sélectionné quelques clips qu’elle souhaitait diffuser dans l’émission. L’ambiance oscille entre tension et bonne humeur, Mylène ayant visiblement parfois du mal avec l’humour de Nagui, et réciproquement, Nagui semble quelques fois désarmé face à Mylène. Il jongle  avec le tutoiement, le vouvoiement mais parvient néanmoins à faire parler Mylène de ses goûts littéraires, musicaux, de son spectacle à venir et même de son appartement !

Nagui : Mylène Farmer, merci d’avoir accepté notre invitation.

Mylène Farmer : Merci (sourire gêné)

N : C’est très gentil à toi, on est très contents, on est heureux comme tout ! La programmation musicale : tu écoutes beaucoup de musique en règle générale, dans ta vie ?

MF : Beaucoup de musiques de films.

N : Beaucoup de musiques de films ? Des bandes originales ?

MF : Oui.

N : Là en ce moment, tu as la tête prise par quelle musique de film ?

MF : Toujours « Mission » (film réalisé par Roland Joffé en 1986, nda). J’ai du mal à en…

N : C’est pas vrai ? Mais pourtant y en a eu d’autres depuis : y a eu « Le Grand Bleu », y a eu «Bagdad Café», y en eu plein !

MF : « Bagdad Café » oui, merveilleuse…

N : C’est bien, hein ? Et tu vas voir les films qui correspondent aux bandes originales ou tu te contentes de la musique ?

MF : Je me contente de la musique parfois, quelquefois j’y vais aussi à cause de la musique.

N : D’accord…

MF : Et quelquefois, le contraire.

N : C’est marrant, y a pas une seule bande originale dans tous les clips que tu as choisi.

MF : Non, parce qu’on a un petit peu trop vu « Bagdad Café ». « Mission », je pense pas que vous l’auriez passé. Si ?

N : Ha ben on se gêne pas pour en passer d’autres, hein !

MF : Ha, je ne savais pas…

N : Ha ben, on le fera la prochaine fois !

MF : D’accord.

N : Ca sera une occasion de revenir (rires). Elle est notre invitée, et par la même occasion on en profite pour vous présenter son clip, qui sera « clip des clips ». Du Mylène Farmer matin midi et soir, pendant une semaine ! Tout ça à la veille d’une tournée dont nous reparlerons tout de suite après ce tout nouveau clip, « Sans Logique ». Elle est pourtant Vierge, hein, elle est pas Taureau, contrairement à ce que vous allez pouvoir voir dans le clip ! (Mylène sourit)

Le clip de « Sans Logique » est diffusé en entier.

N : Voilà. D’où la pochette, vous comprendrez, pour la trace de sang qu’il y a sur le clip de Mylène Farmer, « Sans Logique ». On va en reparler bien sûr de ce clip, d’abord voyez le cadeau que vous allez pouvoir gagner grâce à cette merveilleuse émission que nous vous présentons sous vos yeux ébahis : vous allez pouvoir gagner le compact d’ « Ainsi Soit Je… », l’album; le compact de « Cendres de Lune », l’album; la cassette vidéo des clips volume un; la cassette volume 2 des clips (Nagui bafouille un peu pendant son énumération) et le baladeur avec la cassette de l’album dedans. (On voit tous ces cadeaux à l’écran) Pff, c’est beaucoup de cadeaux, tout ça !

MF : (suite aux bafouillages de Nagui) C’est compliqué, le français !

N : Hein, c’est compliqué, hein ! Surtout pour quelqu’un qui est es forcément né là-dedans ! (Nagui fait à l’évidence référence au fait que sa mère est professeur de français, nda) (Mylène rit)

Nagui revient alors sur le concours de la semaine précédente avant de se tourner à nouveau vers Mylène.

N : On va voir défiler les dates de la tournée. Ca démarre le 18…

MF : Le 18 mai, jusqu’au 25…

N : …mai, ça c’est pour les dates parisiennes. Ensuite y a plein de dates en province et puis comme y avait encore du monde, parce que là c’est déjà complet pour le Palais des Sports, vous avez rajouté une, voire deux dates, à Bercy au mois de décembre pour clore cette tournée. (Mylène acquiesce) Retour à la case départ, ça c’est génial ça !

1989-02-aMF : Oui, c’est formidable.

N : On peut rajouter une troisième date, si ça continue, non ?

MF : Eventuellement…

N : On va pas se gêner pour se faire du bien ! Ca comporte combien de personnes le Palais des Sports ?

MF : Je crois que c’est autour de cinq mille personnes.

N : Cinq mille personnes et y a sept soirs déjà pleins ?

MF : Oui.

N : Bon, ce qui fait déjà deux Bercy à lui tout seul, donc y a aucun problèmes on peut en rajouter, c’est l’équivalent. Alors Mylène, « Sans Logique » c’est un… Moi je suis surpris, on te voit pas nue dans « Sans Logique », c’est bizarre après « Libertine » et « Pourvu qu’elles Soient Douces »…

MF : C’est de la provocation, ça, Nagui !

N : Non je sais pas ! Ben écoute, c’est de la provocation aussi ce que tu fais des fois dans les clips.

MF : Non, le sujet ne se prêtait pas à la nudité, c’est tout.

N : Voilà. Alors en fait, tu as dit souvent dans la presse que le but n’était pas forcément de provoquer mais que s’il y avait certaines scènes qui pouvaient dérouter les gens, c’était parce que ça dépendait plus du sujet que du simple plaisir que de les choquer.

MF : Oui. Moi je n’ai aucun plaisir à me dénuder sur un plateau. C’est assez difficile, même si c’est en équipe réduite, c’est toujours plus difficile…

N : Oui mais enfin on devine que ça va être vu par des millions de gens, aussi…

MF : C’est vrai, mais ça on n’y pense pas. Il y a cette espèce de divorce, comme ça, sur le tournage. C’est pas la même chose…

N : C’est l’artistique distingué du vulgaire, c’est ça ?

MF : Je crois que oui, il y a une espèce d’inconscience, je crois, que de faire ça. Et puis quand bien même, hein ?! (large sourire)

N : Oui : sans contrefaçon, on se fout du qu’en-dira-t-on ! Alors, est-ce que tu as un côté justement inconsciente ou plutôt très, très, très consciente de tout ce qui se passe ?

MF : Je ne sais pas si je suis l’incarnation de la cartésienne, je crois pas, non. Mais je crois que j’ai les pieds en tout cas sur terre, oui.

N : T’as les pieds sur terre, et tu sais complètement ce que tu fais, ce que tu dis : tout est pesé, réfléchi et calculé. Quand tu écris les textes d’une chanson, c’est maîtrisé, dans tous les sens du terme.

MF : Oui, j’essaye en tout cas de les maîtriser. Je crois qu’il y a pas de perfection mais j’essaye d’y accéderN : OK. Alors, encore une fois dans ces fameuses interviews – c’est vrai que tu en donnes pas beaucoup des interviews…

MF : Parce que je ne m’y sens pas très à l’aise, c’est la seule réponse je crois.

N : Là, ça va pas bien ?

MF : Pas très bien, non ! (sourire)

N : Bon on va essayer que ça aille mieux ! Tu me dis, tu me fais un petit signe dès que ça va un tout petit peu mieux ! (rires de Mylène) Y a beaucoup de références dans ce que tu dis à Baudelaire, auquel tu rends un hommage dans « L’Horloge » en mettant en musique avec Laurent…

MF : Y a d’autres auteurs, mais c’est vrai que j’aime beaucoup Baudelaire. J’aime beaucoup…

N : Edgar Poe !

MF : Edgar Poe, c’est vrai.

N : Et Luc Dietrich.

MF : Luc Dietrich. J’aime beaucoup le théâtre de Steinbeck, mais il y en a tant d’autres. Je cite un petit peu, c’est vrai, toujours les mêmes parce que ce sont effectivement des livres de chevet.

N : Bon, et généralement si on prend Baudelaire et Edgar Poe, ils ont des problèmes existentiels. Là, tu as demandé Jacques Brel avec « Ne me quitte pas », ce qui peut aussi être un…

MF : …qui pourrait faire partie de la même famille, certainement, oui. Pour moi, c’est probablement le plus grand interprète, avec Reggiani aussi. J’aime beaucoup Reggiani. Et « Ne me quitte pas », c’est un cri qu’on formule très souvent.

Diffusion d’une séquence d’archive où Jacques Brel interprète « Ne me quitte pas ».

N : Une petite précision : en plus de tous les cadeaux que nous vous avons montré tout à l’heure, vous allez pouvoir gagner également deux invitations pour aller voir Mylène Farmer en concert, que ce soit à Paris ou en province vous pouvez écrire de partout. Et puis concernant – voilà l’affiche – (l’affiche du spectacle apparaît à l’écran) donc ce Palais des Sports, mais y a également les concerts parisiens du Palais Omnisports de Paris Bercy, les places ne seront en vente qu’à partir du mois d’avril.

MF : Oui.

N : C’est ça, hein ?

MF : Paraît-il…

N : Oui d’accord, mois d’avril. Bon alors, à propos de Jacques Brel, et pour revenir à ce côté Baudelaire et Edgar Poe, on a l’impression que par moments tu portes tout le malheur de la Terre sur tes frêles épaules.

MF : C’est lourd, quelques fois !

N : C’est lourd, hein ?!

MF : Moi-même, je suis très frêle et c’est difficile parfois.

N : Mais pourquoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Je veux dire, sans faire de confessions ou de psychanalyse, c’est récent comme tournure d’esprit, ou c’est quelque chose qui a toujours été ancré en toi comme sentiment ?

MF : Je vais dire quelque chose d’autre : c’est pour ça que moi je n’aime pas les interviews parce que je préfère, c’est vrai, dévoiler la nature de mes sentiments dans mes chansons plus que dans les interviews.

Pourquoi avoir toujours besoin de se justifier ?

N : Je parle pas de justification, je demande simplement d’où ça vient.

MF : Je ne sais pas. Y a des personnes, je crois, qui sont plus prédisposées à être heureuses ou malheureuses. J’en sais rien. Je ne dis pas que je suis malheureuse…

N : Ha non, t’as tout pour être heureuse, là !

MF : …je dis que je suis foncièrement lucide, ce qui engendre, je crois, quelquefois des désillusions et quelquefois du bonheur aussi.

N : Y a un inconvénient, j’allais dire, ou un enchaînement tout à fait logique, c’est que ton public s’identifie à tes goûts et à ta manière de voir la vie. On parle de Baudelaire, c’est le spleen, c’est la maladie du siècle, c’est « Les Fleurs du Mal », enfin bon (il s’adresse aux téléspectateurs) lisez Baudelaire, à propos, ça peut toujours vous servir dans la vie !

MF : Parce qu’il y a certainement, effectivement, beaucoup de personnes qui se retrouvent ou dans ces textes, ou dans cet univers musical, ou tout simplement dans cet univers. Je crois pas que toutes les personnes soient très, très heureuses et aujourd’hui je crois que c’est aussi de plus en plus difficile.

N : Et toi, qu’est-ce qui te rend heureuse ?

MF : Votre rencontre, probablement ! (grand sourire)

N : Bon ! Sinon, tu as demandé Depeche Mode. Qu’est-ce qui te séduit ? Le côté anglais, le côté rythmé ?

MF : Je crois que c’est un tout, là aussi. C’est un univers, d’abord, un compositeur qui est formidablement doué et puis des paroles qui sont assez belles, parce que je comprends l’anglais plus que je ne le parle, finalement ! (rires)

Diffusion d’un clip de Depeche Mode.

N : Le monsieur dont nous parlions pour les compositions, c’est Martin Gore, qui est le blond bouclé sur le devant…

MF : …qui est tout petit !

N : Tout petit derrière ses claviers ! L’ambiance dans laquelle tu vis : tu vis dans une ambiance sombre ? Eclairée ? L’appartement, comment ça se passe, l’intimité ? On sait qu’il y a les singes, les fameux singes…

MF : C’est très peu meublé, c’est rouge et noir (rires de Nagui qui visiblement ne peut s’empêcher de penser à Jeanne Mas !), et que dire d’autre ? Y a une très, très grande cheminée qui est très, très belle et j’ai une chambre qui est très, très sombre, qui approche le noir, c’est bleu marine très, très foncé.

N : Ca fait partie des couleurs que tu aimes bien, le noir, le bleu, le rouge… ?

MF : Oui. Le rouge, un petit peu moins.

N : Le rouge sang, peut-être, non ?

MF : La couleur du sang, oui, j’aime beaucoup, mais c’est un rouge très, très foncé, très dense.

N : Ce qu’on a vu dans le clip, le mariage par le sang, ce que des fois on fait quand on est gamin, tu l’as déjà fait ?

MF : C’est quelque chose que j’ai fait quand j’étais toute petite, mais au bout du doigt. Ca faisait moins mal !

Parce que l’entaille, là, était plus profonde ! (elle désigne en souriant sa main en référence à cette séquence du clip)

N : Oui, et puis c’était plus mignon en plus, mais c’était moins visuel donc on a essayé de le mettre dans la paume de la main ! (rires) Tu avais aussi raconté que « Sans Contrefaçon », tu avais déjà fait le côté garçon en mettant un mouchoir dans ton pantalon.

MF : Oui, je n’essaye pas de fabriquer des anecdotes.

N : Mais on va finir par trop bien te connaître, j’allais dire, entre les paroles de chansons et les clips !

MF : Finalement, oui.

N : Pour quelqu’un qui veut préserver sa vie privée…

MF : Je vais peut-être arrêter !

N : De chanter ?

MF : Peut-être ! (sourire)

N : Oh, dis pas ça, tu nous fais du mal ! (rires de Mylène) La déclinaison généralement de ce genre de clips, c’est d’aller un tout petit peu plus loin sur scène. Ca, c’est quelque chose qui a intéressé Thierry Mutin, qui te pose une question.

1989-02-fDiffusion d’une vidéo où Thierry Mutin, chanteur des années 80, s’adresse à Mylène.

Thierry Mutin : Bonjour Mylène. Pour moi, l’univers de tes clips est indissociable de ton image et j’aimerais savoir comment tu vas concilier tes clips et tes chansons sur scène.

N : Ha oui, le décor, l’ambiance…

MF : Je ne sais pas si je vais répondre à cette question, dans la mesure où je ne dévoilerai rien de cette scène. Je peux dire que cette scène sera le reflet certainement de mon univers et celui de Laurent Boutonnat.

N : D’accord. Un tout petit peu XVIIIème siècle sur les bords ?

MF : Non, du tout.

N : Du tout ! (ironiquement) Beaucoup de chevaux… (rires)

MF : (sur le même ton) Beaucoup de chevaux, de femmes nues, on l’a déjà dit ! (sourire)

N : …de femmes nues, du sang, voilà, bref ! Allez-y et emmenez une blouse parce que peut-être qu’il va se passer des choses ! (rires) Tom Waits (acteur et chanteur américain souvent présenté comme maniacodépressif, nda) : alors là c’est, encore une fois, comme Baudelaire, comme Edgar Poe qui était quand même un alcoolique, faut bien le préciser, Tom Waits c’est aussi l’image… Tu es attirée par l’alcool ? Tu es attirée par…?

MF : Je suis séduite par les hommes qui boivent, oui.

N : (interloqué) C’est vrai ?!

MF : Oui, c’est vrai.

N : Bon, ben j’ai aucune chance, écoute ! Alors, le « Downtown Train » (chanson de Tom Waits extraite de son album « Rain Dogs » sorti en août 1985, nda), c’est une ambiance de piano-bar que tu aimes retrouver ?

MF : Moi je connais très, très peu Tom Waits, c’est vrai. Je l’ai découvert au travers d’un clip qu’avait réalisé heu…aidez-moi ! Une photographe… (elle cherche)

N : Une photographe… Bettina Rheims ?

MF : Non, pas Bettina Rheims. Oh, c’est dommage on oublie les noms, c’est terrible…

N : Bon, on va le retrouver pendant le clip, en tout cas !

MF : Je vais réfléchir, oui. Et y a une ambiance qui est assez belle dans ses clips. Et puis il a une très, très belle voix.

Diffusion du clip de Tom Waits

N : (après la diffusion du clip, il se tourne vers Mylène) Tu as retrouvé la photographe ?

MF : Oui, qu’elle me pardonne : c’est Dominique Isserman, qui a beaucoup de talent (elle signera une séance photo avec Mylène pour l’album « Avant que l’Ombre…» en 2005, nda)

N : Je suis sûr qu’elle te pardonne ! (…)

Lancement d’une page de publicité, puis retour plateau.

N : Mylène Farmer, qui prépare ardemment sa scène. Ca veut dire quoi, préparer ardemment la scène ?

Répétitions, musiciens, déjà ?

MF : Pas encore, non.

N : Non ?

MF : Je vais le faire dès début avril. Mais quand même répétitions puisque je réalise les chorégraphies sur la scène. J’ai une jeune fille (Sophie Tellier, nda) qui les apprend pour pouvoir les inculquer aux autres danseurs.

N : Ha d’accord, donc en fait tu apprends à une personne qui après apprend aux autres ?

MF : Oui, parce que pendant ce temps-là, moi je répéterai avec les musiciens.

N : D’accord, donc puisqu’il faut analyser, je commence à comprendre comment il faut faire, donc il faut comprendre qu’il va y avoir des danseuses. Plusieurs danseuses, si y en avait qu’une ou deux, elle aurait appris aux deux en même temps. Non, y aura beaucoup de danseuses. On va y arriver à commencer à savoir quelque chose…

MF : Vous oubliez les danseurs !

N : Les danseurs ? Oui, pardon ! Danseurs qui seront peut-être choristes, aussi de temps en temps, à la fois.

MF : Je ne pense pas, non…

N : Elle ne pense pas. Vous voyez qu’on arrive à avoir des petits renseignements ! Bon, et la mise en forme aussi, parce qu’on a vu aussi plein de reportages chez nos confrères de Télé 7 Jours comme quoi tu courrais avec Rambo (surnom de son coach, Hervé Lewis, nda).

MF : Je n’en ai fait qu’un !

N : De reportage ?

MF : Oui (cf. Télé 7 Jours, 10.12.1988). J’ai effectivement un entraîneur qui s’entraîne avec moi –qui m’entraîne, plutôt- et qui m’apprend à courir, ce qui n’est pas une mince affaire !

N : Ca s’apprend, de courir ?

MF : Oh oui, c’est très difficile de courir bien, oui.

N : C’est pour quoi ? Pour la respiration ?

MF : C’est pour le…aidez-moi…pour la mise en forme…

N : Le souffle ?

MF : …c’est pour le souffle, c’est pour une mise en conditions, tout simplement.

N : Il parait que le plus dur, c’était d’arrêter de fumer. C’est vrai ?

MF : C’est vrai. D’arrêter de boire, aussi !

N : Ha oui ? Enfin, de l’alcool ?

MF : Non, du Coca Cola !

N : (…) Tu as arrêté de boire, plus de sucreries, plus rien ?

MF : Non. De moins en moins, en tout cas.

N : Et tu te présentes pour être Miss France bientôt, avec une forme comme ça ?

MF : Si vous êtes mon cavalier : peut-être !

N : Le cavalier ? Oh, je préférerais faire le cheval, soyons fous ! (rires de Mylène) Alors, voici Daniel Darc avec « La Ville ». Je sais que tu adores Daniel depuis Taxi Girl, tu te sens fan ? Pardon : vous vous sentez fan ?

MF : Fan n’est peut-être pas le mot approprié, j’aime beaucoup…

N : ‘Femme’, peut-être alors, non ?

MF : Non plus ! J’aime beaucoup son univers, j’aime beaucoup cette chanson et…que pourrais-je faire comme relation ? J’ai vu « Birdy » récemment (film de Alan Parker où un homme perturbé par son engagement dans la guerre du Vietnam se prend pour un oiseau, nda) et je trouve que ce pourrait être le personnage de « Birdy », voilà, qui veut voler et qui n’y arrive pas.

Diffusion du clip « La Ville » de Daniel Darc.

N : (…) Mylène, que va-t-il se passer dans les quelques jours qui vont précéder la tournée ? C’est-à-dire une fois que tout sera prêt, est-ce que tu vas te ‘concencrer’ (il bafouille) te concentrer ? ‘Consencrer’, aussi on peut !

MF : Choisissez ! (rires)

N : Je sais pas, ‘concentrer’ je préfère !

MF : …me concentrer…

N : (il reprend) …faire du yoga, te retirer, rester seule dans un coin, enfin je sais pas : qu’est-ce qui se passe, généralement ?

MF : Non…Je ne prépare jamais à l’avance, donc je ne sais pas.

N : Tu sais pas ?

MF : Non. Probablement je continuerai de m’entraîner et puis…et puis, je n’en sais rien.

N : Bon. Cette timidité médiatique, elle existe aussi dans la vie privée ?

MF : Avec mes très proches, non, parce que nous avons enlevé le masque, très certainement.

N : Et la main aussi ? (cette remarque de Nagui vient du fait qu’en répondant Mylène repose sa tête sur sa main)

MF : La main reste toujours, d’ailleurs elle est fixée ! (Mylène fait mine de ne pouvoir décoller sa main de son visage)

N : (…) Pour parler quelques petites secondes de Laurent Boutonnat, parce que c’est quand même la personne qui se cache derrière Mylène Farmer et qui fait plein de trucs : qui fait les musiques, qui fait les clips… Comment on peut le présenter au public, aux téléspectateurs ? Qu’est-ce qu’on peut dire de lui ?

MF : Oh, c’est un homme qui a un physique romantique, c’est un homme qui a ses névroses, qui a, je crois, beaucoup de talent et qui aime particulièrement la musique et le cinéma, je crois, et qui aurait envie et qui va réaliser un premier long-métrage.

N : Avec Mylène Farmer dans le premier rôle ?

MF : Je ne sais pas. (grand sourire)

Nagui revient ensuite sur le concours annoncé en début d’émission et annonce aux téléspectateurs la question : quel artiste Mylène a-t-elle associé dans ses goûts musicaux avec Jacques Brel plus tôt dans l’émission ? On revoit les cadeaux à l’écran et les dates de la tournée défilent à nouveau.

N : Y a plein de concerts, c’est la folie ! Y a combien de jours ou de mois de tournée ? Ca commence en mai, ça finit en décembre ?

MF : Non, ça commence…La salle parisienne (le Palais des Sports, nda), c’est en mai et la tournée en province commence en septembre, octobre, novembre et décembre, ce que vous disiez.

N : A Paris, oui, je peux le redire : décembre, le 8 et le 9, donc au palais Omnisports de Bercy (il s’agit en réalité des 7 et 8 Décembre, comme l’indique le bandeau défilant sur l’écran, nda). Le 12 Décembre, vous serez en concert, vous, Mylène Farmer ?

MF : (regard perdu) Je ne sais plus… (Mylène semble ne pas comprendre le sens de la question, et pour cause puisque Nagui fait erreur)

N : Le 12 décembre, c’est votre anniversaire, faut savoir ! (Nagui se trompe effectivement sur la date d’anniversaire de Mylène, nda) Les anniversaires, ça se fête ! Bon, tant pis !

MF : Oui, je ne comprends pas. C’est difficile de vous suivre !

1989-02-cN : Pas du tout ! C’est moi qui suis peut-être un tout petit peu fouillis ! Un petit commentaire sur Kate Bush, puisque c’est le dernier clip que nous allons voir ? C’est la version anglaise de Mylène Farmer ?

MF : Non, ne dites pas ça ! Non… C’est une chanteuse merveilleuse, elle est douée pour tout : pour la composition, l’écriture, le cinéma…

N : Oui, c’est ce que je voulais dire !

MF : Non, je ne fais sincèrement aucune relation.

N : Bon. Et y a eu déjà beaucoup de propositions, de scénarii pour Mylène Farmer ?

MF : Y en a eu quelques-uns, oui.

N : Qui n’ont pas reçu une réponse positive pour l’instant ?

MF : Non, parce que pour l’instant j’exerce ce métier que j’aime, qui est la chanson.

N : Oui. C’est vrai que si jamais vous ne faites pas de cinéma, ça serait cata pour vous ?

MF : Oui. Oui, oui. Sans parler de reconversion, je crois que ça serait une prolongation, une continuité. En tout cas, quelque chose d’essentiel pour moi.

N : OK. Merci, Mylène. ‘Vous’ avez été très sympa, ‘tu’ reviens quand tu veux !

MF : Je reviendrai ! Merci Nagui. (l’émission ne perdurant pas, Mylène ne pût honorer sa promesse, nda)

N : A bientôt. (Il annonce ensuite les prochains invités de l’émission, au nombre desquels figure Alain Souchon) T’aimes bien Alain Souchon ?

MF : Oui, j’aime bien Alain Souchon.

L’émission se finit sur un clip de Kate Bush.

 

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Dans le château, tournage de LIBERTINE

Posté par francesca7 le 6 avril 2014

 

Le hall d'honneur du château de Ferrières

 

Le hall d’honneur du château de Ferrières où furent tournés les intérieurs des salons. On reconnaît au fond la grande porte donnant sur l’escalier d’honneur, plusieurs fois reprise dans le film.

 

 

 

 

   C’est au printemps 1986 que le tournage de Libertine a lieu à 24 km à l’est de Paris, au Château de Ferrières en Seine et Marne. La majeur partie des scènes d’intérieur se feront dans le hall d’honneur d’une superficie de 260 m². La décoration a du entièrement être refaite grâce à des tentures et des toiles pour masquer le style renaissSalle du vestibule du château de Brou, où fut tourné la scène du bainance italienne qui ne collait pas à l’époque de Libertine (milieu du XVIIIe siècle). Le château de Ferrières n’a en fait été édifié  qu’en 1859, c’est à dire plus d’un siècle après !  Les autres séquences cependant ne furent pas tournées à Ferrières mais non loin de là, au château de Brou. La scène d’ouverture, ainsi que la dernière partie en extérieur furent tournées le même week-end que la scène du bain. Tous les extérieurs furent captés dans la journée de samedi, notamment le duel qui ouvre le film se déroule dans la clairière qui se situe au sud de la pièce d’eau. Quand à la scène de la chambre et de la baignoire, elles furent tournées en équipe réduite le dimanche. Cette séquence où Libertine et ses amies se purifient  dans la même baignoire, fut tournée dans une grande pièce claire garnie de colonnes. Cette pièce est en fait le vestibule du château, qui fut autrefois une chapelle ! On peut d’ailleurs toujours y voir le bénitier, qu’on peut d’ailleurs entrevoir dans le clip. Construite au XVIIIe siècle, la chapelle colle parfaitement à l’époque du clip, et c’est sans doute grâce aux nombreux effets de perspective donnés par les colonnes que Laurent Boutonnat décida de déplacer un samedi et un dimanche son équipe jusqu’à Brou pour tourner ces quatre séquences. Anecdote amusante, les filles qui se baignent dans la même baignoire que Mylène Farmer ne sont ni des actrices ni des figurantes engagées pour l’occasion mais les secrétaires de la maison de production Movie-Box ! Ce qui nous prouve encore une fois quelques vingt ans après la précipitation et l’économie de moyen importante qu’à demandé le tournage du clip.

 

Dans le château, tournage de LIBERTINE dans Mylène AU FIL DES MOTS libertine015

    Après une avant-première le 18 juin 1986 réservée à la presse, Alain Grandgérard Premiere du film au Mercury sur les Champs-Elysées - 18 juin 1986s’occupera avec Boutonnat des premières organisées au cinéma Le Mercury des Champs-Élysées (la présentation à la presse a lieu le 18 juin 1986 et le visa de censure n’est obtenu que le 30 juillet 1986). Faisant croire à la projection d’un long-métrage, grandes affiches à l’appui, le public se masse. Le bouche-à-oreille fonctionne alors plus que bien, et la recette de cette semaine d’exploitation permet à Movie-Box de couvrir largement la somme mise en jeu pour le clip qui ne s’élevait finalement qu’à 38 000 Euros. A cela s’ajoute un bénéfice d’image car si Libertine n’était plus le seul clip réalisé sur pellicule 35 mm; ce fut le premier d’après nos recherches à être exploité officiellement en salles de cinéma. Le rôle de Libertine exige un libertine021 dans Mylène Autrementgrand flamboiement, une chevelure de feu, chaude, qu’on voit rarement. Alors que Mylène Farmer avait adopté le catogan de velours noir quelques mois plus tôt, elle se teinte en rousse peu de temps avant le tournage, précisément pour le personnage. Sans se douter qu’une telle popularité serait si rapidement au rendez-vous, la chanteuse gardera la couleur, qui la différenciera de ses « rivales » de l’époque, la blonde Jackie Quartz, la brune Jeanne Mas. La paternité de l’idée de la couleur rousse est tout à tour attribuée à Mylène Farmer, son manager Bertrand LePage, et même le photographe de l’époque Christophe Mourthé. C’est en fait bien sur une proposition de Laurent Boutonnat, alors en préparation du libertine001clip, que le changement de couleur se fera. Quant au maquillage blanc que Mylène Farmer gardera dix ans, c’est le chef maquilleur deLibertine, le célèbre Nicolas Degennes (Immortel de Enki Bilal) qui s’en attribue dans une interview l’idée originale. « votre eye-liner ne va pas, je vous vois autrement » lui aurait-il dit. II aurait osé sur elle la pâleur, l’étrangeté d’un maquillage tout blanc, contrastant de façon éblouissante avec ses cheveux roux. «Laurent Boutonnat aime. Elle adore.» Nicolas Degennes est alors pressé d’accompagner la chanteuse partout en tournée.

 

    Le fait que le clip soit si impressionnant tient probablement au fait que tout, dans ces dix minutes, est pensé en termes cinématographiques, des décors aux psychologies de personnages (porteurs d’un vécu), en passant par un découpage scénique implacable. De plus, pour inclure sa narratologie à son univers et à son savoir-faire, Laurent Boutonnat fait mourir son héroïne à la fin du film. Alain Grandgérard coproduira  aussi plus tard avec Laurent Boutonnat Tristana en 1987, avant que le réalisateur ne le délaisse pour se tourner vers la célèbre productrice Claudie Ossard.

    Libertine reste l’emblème des années 80 flamboyantes, d’une forme de vidéo-clip décomplexée, d’une sexualité affirmée. Libertine reste avant tout par sa jeunesse, et celle de ceux qui y ont contribué. Les 24 ans de Laurent Boutonnat se sentent autant que ceux de Mylène Farmer, l’envie d’images, de mouvements de caméra, de ralentis, d’émotions fortes, d’images chocs. Libertine est le clip contenant le plus de force, le plus d’ambitions. Début 1986 Mylène et Laurent ne sont rien, ont la tête remplie d’idées qu’ils ne demandent qu’à réaliser, qu’à montrer. Cette force, même si elle s’amoindrira avec le temps, leur permettra la réflexion, la cohérence, et la construction d’une oeuvre pendant huit ans, oeuvre qui restera, comme Libertine, éternelle.

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Jodel Saint-Marc.

(merci à Marc Thiébaud, propriétaire du château de Brou)

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Mylène, héroïne de fiction malgré elle

Posté par francesca7 le 30 mars 2014

 

 

4Côté « Backstage »

 

Au moment de la sortie du film d’Emmanuelle Bercot, Backstage, en 2005, la presse fait rapidement un parallèle entre l’héroïne, Lauren Waks, incarnée par Emmanuelle Seigner, et Mylène Farmer. Il s’agit, en effet, de l’histoire de Lucie, une adolescente « ordinaire » qui n’a d’yeux que pour une grande star de la variété française à l’univers mystique. Elle collectionne tout sur elle, tapisse les murs de sa chambre de posters et fait tout pour la rencontrer. Le destin la conduit alors à pénétrer dans la vie de son idole. Une rencontre aussi fascinante que violente.

 

La réalisatrice expliquait alors : « A l’origine de Backstage, il y a eu cette question : qu’est-ce qui se passerait si ces instants de quelques secondes se prolongeaient ? Qu’est-ce qui se passerait si le rapprochement illusoire entre une fan et son idole avait lieu, vraiment, physiquement, dans la durée que suggère la découverte de l’un par l’autre ? ». 

Si l’actrice avouait s’être plutôt inspirée de Marilyn Monroe dans son interprétation du personnage pour l’aspect psychologique, mais également de Debbie « Blondie » Harry pour la prestance scénique, Emmanuelle Bercot reconnaissait plus volontiers l’influence de Mylène Farmer sur son oeuvre. 

Elle confiait ainsi à DVDrama : « Je ne connais pas très bien les chansons, les spectacles de Mylène. Mais je me suis intéressée au phénomène qu’elle provoque. C’est la seule en France à faire ça. J’ai voulu faire une étude sur l’univers qu’elle avait mis en place, sur ce qui faisait qu’elle accrochait les jeunes et les moins jeunes. On peut dire Mylène, mais on pourrait aussi dire Madonna. Elles fonctionnent sur les mêmes codes, le sexe, la religion, l’ambiguïté sexuelle, le mystère, le morbide… J’ai repris un certain nombre de ces recettes pour créer le personnage de Lauren. Et pour moi, la comparaison s’arrête là.« 

 

Image de prévisualisation YouTube

 http://www.youtube.com/watch?v=R_ggHDEe5FQ

 

Côté onstage

 

5Concurrentes dans les années 80 de par leurs deux univers proches, Mylène Farmer et Jeanne Mas n’ont jamais travaillé ensemble mais cette dernière, l’une des têtes d’affiche du film Stars 80 sorti l’an dernier, lui a en quelque sorte rendu hommage à travers une séquence dont la mise en scène ne peut que faire penser à l’interprète de Désenchantée, jusqu’au look et à l’émotion à fleur de peau. 

Toutefois, Jeanne Mas a précisé dans une interview avec Le Point : »Franchement, je n’y ai pas pensé. Ce look m’a été proposé, je l’ai accepté sans aller chercher plus loin. S’il y a eu préméditation, cela s’est fait dans mon dos. À ceux qui trouvent à y redire, je dis soyez heureux, j’interprète deux artistes en un seul personnage. »

Quant à sa relation avec son ancienne « rivale », elle ajoute : « Je n’ai jamais eu de problèmes avec Mylène. Nous nous sommes connues dans ces années-là. On a voulu nous opposer et cela continue, c’est ridicule. Elle existait et j’existais. On se voyait, on en parlait. J’ai disparu, elle est restée, mais il n’y a aucun lien de cause à effet. Si je ne l’ai jamais revue depuis, je lui garde toute mon estime.« 

 

vue sur http://www.allocine.fr/article

 

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Contexte du clip « Ne plus grandir »

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

Dès 1985 on commence à trouver certaines fulgurances dans le cinéma de Boutonnat, comme cette statuette de la sainte vierge qui se cache le visage lorsqu’on implore son pardon, où la danse tragique qui clos le film, entraînant une Mylène Farmer qui vieillit à vue d’œil dans une valse macabre au milieu des toiles d’araignée et des candélabres. Le clip de Plus Grandir ressemble à un premier film, dans lequel on aurait voulu mettre tous ses fantasmes inavouables et ses questionnements inextricables. Le clip rassemble néanmoins de grandes références cinématographiques. On aura peu de mal entre autres à approcher le traitement anticlérical de celui des Diables de Ken Russel (1971) surtout lors de la scène où deux nones donnent des coups de pieds à la pénitente à terre. On verra aussi dans l’animation de la statue, l’influence d’un Jean Cocteau. François Hanss, futur réalisateur de clips pour Mylène Farmer (Je te rends ton amour, Immoramento) y voit même une « Jeanne d’Arc revisitée par une imagerie que même Hollywood n’a pas rêvée » (Hanss, François, «Clip ou film? Les deux. Mylène Farmer inaugure le genre», Starfix n°39, août 1986 pp.80-81.)

 

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    Plus Grandir marque les premiers investissements de Mylène Farmer dans la création artistique. C’est elle qui s’occupe des dessins du story-board, et on remarquera dans celui-ci l’épitaphe inscrit sur la tombe supposée de la chanteuse : « Mylène Farmer, Plus Grandir, 1962 – 1985 ». Or Mylène Farmer est née en septembre 1961 et non l’année suivante. Cet « oubli » sera répété lors d’une prestation télévisée, où les mêmes dates seront reprises sur un landau noir servant de décor à l’interprétation de la chanson. L’implication de la ‘jeune’ artiste ne s’arrête pas là puisque c’est elle qui confectionne la poupée de chiffons qu’on voit dans le clip. Accessoire à priori anodin mais qui revêt dans le film une importance toute particulière : C’est cette poupée qui nargue l’héroïne de sa jeunesse éternelle, qui la poursuit dans ses nuits, et ses cauchemars. En se protégeant le visage du coup de couteau asséné par Mylène Farmer, c’est elle qui déclenchera la danse du vieillissement en lui rappelant brusquement qu’elle, être humain, est périssable. C’est donc ce jouet provocant qui aura le mot de la fin : alors que le spectre de Mylène Farmer jette son bouquet sur sa tombe et s’en éloigne, la poupée assise sur une pierre tombale tourne la tête en notre direction pour nous rappeler à notre misérable condition humaine. Plus Grandir marque avant tout le premier passage de Mylène Farmer à l’écriture, c’est elle qui signe les paroles, alors que Laurent Boutonnat s’affaire à écrire le reste de l’album Cendres de Lune. Étrangement, il est très difficile jusqu’en 1995 de différentier les textes écrits par Laurent Boutonnat de ceux signés du nom de Mylène Farmer : mêmes thèmes, même tourments, mêmes inspirations, même culture, et surtout même style.

 

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    Pour financer ce scénario qu’on estime déjà très coûteux, le cinéaste fait appel au producteur de publicité Stephan Sperry qui parvient à louer durant quatre jours un des studios SETS à Stains, en Seine St-Denis et à débloquer 330 000 Frs pour financer tout le film. Toute la largeur du studio est décorée par une équipe (accompagnée du père de Mylène Farmer en personne) car Boutonnat tourne en cinémascope (format 2.35 rarement utilisé depuis les westerns des années 60). Il s’agirait ici d’un des premiers clips au monde réalisé en format Cinémascope sur pellicule film. 

    Le premier  jour de tournage se fera dans le cimetière le plus proche du studio : celui de Saint-Denis où sera installée la fausse pierre tombale portant le nom de la chanteuse et le titre du film. On parlera de Laurent Boutonnat comme seul réalisateur ayant donné à ses clips un soin cinématographique. Ceux avec Michael Jackson réalisés par John Landis (dont Thriller date de l’année de Maman à tort-1984) sont eux plus proches de la série B que du  cinéma (effets spéciaux grossiers et support vidéo à l’appui). C’est donc à partir de ce film que Laurent Boutonnat a la volonté de faire de Mylène Farmer un mythe. Il prend alors tout ce que son entourage peut lui offrir, il utilisera le caisson aquatique du studio pour trois secondes de film et embauchera des figurants pour des durées toutes aussi courtes (les deux naines, le violeur…). C’est surtout sur ce tournage que Laurent Boutonnat fait connaissance avec les techniciens qui le suivront  jusqu’en 1994, date de sa chute. Il craque d’abord pour le chef opérateur de publicité Jean-Pierre Sauvaire (Taxi-1998) avec lequel il travaillera dix ans. L’équipe des clips et des films se complétera ensuite par la monteuse Agnès Mouchel, la costumière Corinne Sarfati et François Hanss qui lui servira plutôt d’assistant.

 

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Le Contexte de LIBERTINE

Posté par francesca7 le 15 mars 2014

 

    Premier triomphe pour Laurent Boutonnat, qui n’a pas eu peur d’en faire trop. Une Le Contexte de LIBERTINE dans Mylène FILMOGRAPHIE libertine032première sur les Champs-Élysées pour lancer le bouche-à-oreille, des critiques coites, et des passages télévisés plus que fréquents : Libertine a été l’évènement musical et « clipesque » français des années 80. A l’époque la question était « Mais qui est cette Mylène Farmer ? ».  Laurent Boutonnat a tout de suite su mettre en lumière la chanteuse et créer une héroïne intrigante qu’il aurait déjà espérée récurrente… Avec Tristana, c’est le seul réel personnage terrestre qu’ai créé Laurent Boutonnat pour un clip.

    Lorsqu’il décide contre la volonté de Polydor de faire du clip Libertine un événement, Boutonnat cherche un producteur pouvant apporter les 46 000 Euros estimés que va coûter le film. C’est le va-tout du couple après l’échec de Plus Grandir, leur contrat est en jeu. Alain Grandgérard, patron de Movie-Box apporte cette somme tout en veillant sur le plateau à faire bon usage du budget en question. Vu la lourdeur du tournage, Laurent Boutonnat doit abandonner la préparation du clip Les Yeux de Laura, qu’il devait tourner pour le groupe « Goûts de Luxe ». C’est finalement le réalisateur Stéphane Lambert qui le tournera aux frigos de Tolbiac à Paris, avec notamment une comédienne rousse. Lambert a raconté en 2008 comment Laurent Boutonnat, dont il était « très proche » à l’époque, l’a soutenu auprès de la maison de disques WEA, et lui a ensuite confié une partie du tournage des making of de Pourvu qu’elles soient douces, et surtout de Libertine, toujours inédit. (propos recueillis par Sébastien Rozier pourFamreraddict en septembre 2008)

Les prises de vue en cinq jours (demandant une semaine de préparation) de Libertine seront quatorze ans après l’objet d’un reportage télévisé où Grandgérard parle entre autres des scènes d’intérieur tournées de nuit afin de maximiser le temps de tournage, et du casting amateur fait dans les boites de nuit de la capitale. Le tournage est basé sur l’économie. Chacun y met du sien pour tourner le plus vite possible, avec le plus de bénévoles possibles (50 figurants), afin de donner l’impression que le clip a coûté plusieurs millions. Ce sera réussi car la presse de l’époque avance des budgets montant jusqu’à 2 millions de francs, sans vérifier leurs informations. Laurent Boutonnat Gérard Simon, chef opérateur de talent pour "Libertine"doit avant tout sa rapidité de tournage à son chef opérateur, Gérard Simon (Monsieur Batignole) qui livre une lumière sublime, tout en chaleur, en ombres et touches de clarté. Boutonnat fait une infidélité à son directeur de la photographie habituel, Jean-Pierre Sauvaire avec lequel il avait déjà travaillé sur Plus Grandir (1985) et avec lequel il collaborera jusqu’en 1995. Qu’aurait fait Jean-Pierre Sauvaire de Libertine s’il en avait fait ce qu’on appelle la photographie ? Difficile de se l’imaginer mais à la vue de son travail postérieur, on pourrait redouter une lumière trop diffuse. Alors que le charme esthétique de Libertine, au delà des cadrages, des costumes de la déjà présente Carine Sarfati, des maquillages de Nicolas Degennes et des décors de Emmanuel Sorin est dans la lueur toute en clairs-obscurs, la lumière froide de Sauvaire (qui convient parfaitement à des clips comme Désenchantée, ou Regrets) aurait cassé la puissante chaleur qui se dégage du film.

 

 

 

Le hall d'honneur du château de Ferrières

 

Le hall d’honneur du château de Ferrières où furent tournés les intérieurs des salons. On reconnaît au fond la grande porte donnant sur l’escalier d’honneur, plusieurs fois reprise dans le film.

 

 

 

 

   C’est au printemps 1986 que le tournage de Libertine a lieu à 24 km à l’est de Paris, au Château de Ferrières en Seine et Marne. La majeur partie des scènes d’intérieur se feront dans le hall d’honneur d’une superficie de 260 m². La décoration a du entièrement être refaite grâce à des tentures et des toiles pour masquer le style renaissance italienne qui ne collait pas à l’époque de Libertine (milieu du XVIIIe siècle). Le château de Ferrières n’a en fait été édifié  qu’en 1859, c’est à dire plus d’un siècle après !  Les autres séquences cependant ne furent pas tournées à Ferrières mais non loin de là, au château de Brou. La scène d’ouverture, ainsi que la dernière partie en extérieur furent tournées le même week-end que la scène du bain. Tous les extérieurs furent captés dans la journée de samedi, notamment le duel qui ouvre le film se déroule dans la clairière qui se situe au sud de la pièce d’eau. Quand à la scène de la chambre et de la baignoire, elles furent tournées en équipe réduite le dimanche. Cette séquence où Libertine et ses amies se purifient  dans la même baignoire, fut tournée dans une grande pièce claire garnie de colonnes. Cette pièce est en fait le vestibule du château, qui fut autrefois une chapelle ! On peut d’ailleurs toujours y voir le bénitier, qu’on peut d’ailleurs entrevoir dans le clip. Construite au XVIIIe siècle, la chapelle colle parfaitement à l’époque du clip, et c’est sans doute grâce aux nombreux effets de perspective donnés par les colonnes que Laurent Boutonnat décida de déplacer un samedi et un dimanche son équipe jusqu’à Brou pour tourner ces quatre séquences. Anecdote amusante, les filles qui se baignent dans la même baignoire que Mylène Farmer ne sont ni des actrices ni des figurantes engagées pour l’occasion mais les secrétaires de la maison de production Movie-Box ! Ce qui nous prouve encore une fois quelques vingt ans après la précipitation et l’économie de moyen importante qu’à demandé le tournage du clip.

 

libertine015 dans Mylène FILMOGRAPHIE

    Après une avant-première le 18 juin 1986 réservée à la presse, Alain Grandgérard s’occupera avec Boutonnat des premières organisées au cinéma Le Mercury des Champs-Élysées (la présentation à la presse a lieu le 18 juin 1986 et le visa de censure n’est obtenu que le 30 juillet 1986). Faisant croire à la projection d’un long-métrage, grandes affiches à l’appui, le public se masse. Le bouche-à-oreille fonctionne alors plus que bien, et la recette de cette semaine d’exploitation permet à Movie-Box de couvrir largement la somme mise en jeu pour le clip qui ne s’élevait finalement qu’à 38 000 Euros. A cela s’ajoute un bénéfice d’image car si Libertine n’était plus le seul clip réalisé sur pellicule 35 mm; ce fut le premier d’après nos recherches à être exploité officiellement en salles de cinéma. Le rôle de Libertine exige un libertine021grand flamboiement, une chevelure de feu, chaude, qu’on voit rarement. Alors que Mylène Farmer avait adopté le catogan de velours noir quelques mois plus tôt, elle se teinte en rousse peu de temps avant le tournage, précisément pour le personnage. Sans se douter qu’une telle popularité serait si rapidement au rendez-vous, la chanteuse gardera la couleur, qui la différenciera de ses « rivales » de l’époque, la blonde Jackie Quartz, la brune Jeanne Mas. La paternité de l’idée de la couleur rousse est tout à tour attribuée à Mylène Farmer, son manager Bertrand LePage, et même le photographe de l’époque Christophe Mourthé. C’est en fait bien sur une proposition de Laurent Boutonnat, alors en préparation du libertine001clip, que le changement de couleur se fera. Quant au maquillage blanc que Mylène Farmer gardera dix ans, c’est le chef maquilleur deLibertine, le célèbre Nicolas Degennes (Immortel de Enki Bilal) qui s’en attribue dans une interview l’idée originale. « votre eye-liner ne va pas, je vous vois autrement » lui aurait-il dit. II aurait osé sur elle la pâleur, l’étrangeté d’un maquillage tout blanc, contrastant de façon éblouissante avec ses cheveux roux. «Laurent Boutonnat aime. Elle adore.» Nicolas Degennes est alors pressé d’accompagner la chanteuse partout en tournée.

Le fait que le clip soit si impressionnant tient probablement au fait que tout, dans ces dix minutes, est pensé en termes cinématographiques, des décors aux psychologies de personnages (porteurs d’un vécu), en passant par un découpage scénique implacable. De plus, pour inclure sa narratologie à son univers et à son savoir-faire, Laurent Boutonnat fait mourir son héroïne à la fin du film. Alain Grandgérard coproduira  aussi plus tard avec Laurent Boutonnat Tristana en 1987, avant que le réalisateur ne le délaisse pour se tourner vers la célèbre productrice Claudie Ossard.

    Libertine reste l’emblème des années 80 flamboyantes, d’une forme de vidéo-clip décomplexée, d’une sexualité affirmée. Libertine reste avant tout par sa jeunesse, et celle de ceux qui y ont contribué. Les 24 ans de Laurent Boutonnat se sentent autant que ceux de Mylène Farmer, l’envie d’images, de mouvements de caméra, de ralentis, d’émotions fortes, d’images chocs. Libertine est le clip contenant le plus de force, le plus d’ambitions. Début 1986 Mylène et Laurent ne sont rien, ont la tête remplie d’idées qu’ils ne demandent qu’à réaliser, qu’à montrer. Cette force, même si elle s’amoindrira avec le temps, leur permettra la réflexion, la cohérence, et la construction d’une oeuvre pendant huit ans, oeuvre qui restera, comme Libertine, éternelle.

Issu du site http://jodel.saint.marc.free.fr/

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SALUT – pour un style Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 24 décembre 2013

 

7 NOVEMBRE 1984 – Entretien avec J.L. BOCQUET

« Nous voulons essayer de créer le style Mylène Farmer ! »

1984-08-a

A propos de son pavillon qu’elle fait visiter :

- C’est bas de plafond, petit, mais tellement sécurisant !

D’être devenue en quelques mois une habituée des médias ne la transformera pas en poupée de cire et de son :

- Je voulais être chanteuse et comédienne. Il se trouve que j’ai commencé par la chanson… quand j’ai décidé de faire quelque chose je m’y investis complètement. Cependant, je garde mes distances par rapport à ce métier. Je veux rester lucide et ne pas sentir ma tête gonfler parce que mon premier titre marche bien.

Elle se réjouit de ne pas encore être abordée constamment par des fans lorsqu’elle prend le métro :

- Les gens ne connaissent pas encore bien mon visage. « Maman a tort » est surtout énormément passé en radio. Jusqu’ici je n’ai fait que peu de télés… Et peut-être n’ai-je pas comme Jeanne Mas ce… ‘truc’ qui marque et accroche les gens.

Un visage de star du grand écran ?

- Je vais certainement bientôt recevoir des propositions, il y a déjà tellement de chanteurs sollicités, et qui n’en valent pas la peine ! (Grand éclat de rire) Je suis horrible, je ne devrais pas dire ça ! De toute façon, je n’accepterai de tourner que si Polanski ou Zulaw ski viennent me chercher ! (rires de nouveau) Je ne veux pas faire de cinéma pour faire du cinéma. J’attends un rôle qui me corresponde, qui m’apporte quelque chose.

Pour l’instant, priorité à Mylène-la-chanteuse :

- Je croyais qu’au bout de quatre mois un titre était mort et enterré… Il semblerait que non ! Je pense que 200 000 exemplaires de Maman a tort ont été vendus. Je ne connais pas le chiffre exact. Actuellement, je n’ai pas envie de m’intéresser à ça… Il y a déjà trop de gens qui s’en préoccupent.

Et l’avenir ?

- Je suis obligée d’y penser. Je vais enregistrer une version anglaise pour l’Allemagne et l’Italie. Et le prochain 45-trs est terminé, « Bip be bou rock’n roll ». Il sort en janvier. Ensuite si tout va bien, s’enchaînera un 33-trs.

Le but ?

- Avec Laurent Boutonnat et Jérome Dahan, nous voulons essayer de créer quelque chose, un style. Le style Mylène Farmer !

Imposer une image, sans pour autant perdre son identité :

- J’ai des producteurs jeunes qui ont l’intelligence de ne pas me pousser dans tous les endroits à la mode. Je ne veux pas faire comme tout le monde. J’aime bien ma vie tranquille. Être seule ou avec quelques amis intimes !

Des activités solitaires ?

-          Je lis beaucoup mais j’ai toujours peur en le disant que l’on me prenne pour une intellectuelle pimbêche! Je dessine de temps en temps presque exclusivement des sujets assez macabres ! Je commence à pianoter aussi. Et j’ai acheté un saxophone, c’est un instrument tellement beau !

 

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Interview de Mylène sur EUROPE 1

Posté par francesca7 le 9 novembre 2013

EUROPE 1 – 4 DÉCEMBRE 1988

TOP DES TOPS – Entretien avec Laurent BOYER

Laurent Boyer : Bonjour, Mylène Farmer !

Mylène Farmer : Bonjour.

 Interview de Mylène sur EUROPE 1 dans Mylène en INTERVIEW images-11

LB : Ca va bien ?

MF : Très bien.

LB : Bon, je sais que ce matin ça va, parce que pour un dimanche matin, c’est quand même une belle surprise !

MF : D’habitude, je cours !

LB : C’est pas vrai ?! Tu fais du sport d’habitude ? Ha bon ?! Tu courses à pied à cette heure là ?

MF : (elle acquiesce d’un murmure) Mais ça, c’est la dernière question, je crois !

LB : Ca sera dans ton ‘Top des tops Sport’, mais on sait déjà maintenant qu’il y a la course. Parce que je sais qu’en plus le nouvel album – enfin le dernier album – de Mylène Farmer se porte plutôt bien en ce moment : il a une énorme vente.

MF : Ha oui ! C’est magnifique, c’est le plus beau cadeau que j’ai en ce moment, c’est vrai que c’est cette vented’albums.

LB : Je sais que ça dépasse…c’est bientôt, non c’est déjà un disque d’or on peut presque le dire, un album d’or.

MF : C’est je crois beaucoup plus, c’est un double platine ! (rires)

LB : C’est un double platine, rendez vous compte ! Heureusement qu’il n’y a pas de disque en tungstène sinon tu l’aurais peut-être déjà ! Ca veut dire que c’est des ventes absolument énormes et que ça, c’est assez rare, surtout en ce moment au niveau des 30cm. Alors Mylène, moi, je voudrais te poser une question. C’est que on se souvient tous de Mylène Farmer à l’époque de ses débuts, et puis il s’est passé tellement de choses, tellement de titres classés au Top. Mais à l’époque, on pouvait lire, par exemple, que Marc Toesca du fameux Top 50 disait à propos de Mylène Farmer qui arrivait : ‘Elle est réservée, mièvre et prude’. Est-ce que tu penses que c’est une image que tu as donnée, au début ?

MF : Mièvre ?! C’est très agréable de sa part… Réservée, je pense que je le suis. Et prude, je renie tout à fait !

LB : Oui, c’était pas l’image que tu voulais donner avec « Maman à Tort », parce que déjà le sujet était dedans et un petit peu intrigant pour l’époque…

MF : Oui, mais…peu importe !

LB : Alors lui, il dit, parce qu’après il y a eu le deuxième 45-trs, « On est Tous des Imbéciles »…

MF : (sarcastique) Il en dit des choses…

LB : Il est incroyable, hein ?! Et puis, il arrive à « Plus Grandir » et il dit : ‘A l’époque, Mylène Farmer était trouble et crue’…Non plus ?

MF : Trouble, oui. Crue, parfois. Cruelle, aussi.

LB : Et cruelle aussi… Alors, est-ce que c’est l’image qu’on peut dire maintenant et qu’on peut donner à Mylène Farmer, cette image un petit peu crue, avec tout ce qu’il y a eu par la suite, « Libertine »…

MF : Je ne sais pas… Chacun donne l’image qu’il veut bien me donner. Quant à moi, je suis ce que je suis dans la vie, et puis j’écris et c’est au travers de mes chansons, de mes interview s…Je suis, je pense, relativement naturelle.

LB : Alors, c’est justement quoi, la vie de Mylène Farmer ? Une vie au quotidien de Mylène Farmer ?

MF : Celle d’aujourd’hui, c’est la préparation spécialement du Palais des Sports, donc c’est beaucoup de course pour le souffle. C’est tout spécialement une préparation physique.

LB : Alors justement, ce Palais des Sports, ça va être une nouveauté, parce que c’est la première fois qu’on va te découvrir sur scène…

MF : Absolument, une première fois pour moi et pour les téléspectateurs – (elle se reprend) les spectateurs.

LB : Alors là on à l’habitude, on te connaît un petit peu à travers des films – parce qu’on peut appeler ça des films- , les réalisations de Boutonnat et les tiennes. Qu’est-ce que tu as envie de faire sur scène ? Tu veux t’exprimer comment ? Tu veux aller jusqu’où ?

MF : Je ne me donne pas de limites. Je ne peux en aucun cas dévoiler le spectacle et le thème du spectacle, mais ce sera avant tout quelque chose de visuel, j’espère émouvant et qui comportera au moins quatorze chansons. (le spectacle en comprendra finalement quinze, nda)

LB : Conceptuel ou pas ?

MF : Je dirais bien évidemment, ça fait partie de la façon dont on travaille depuis le début.

LB : Est-ce que tu as envie d’écrire, à un moment donné ? C’est-à-dire d’aller plus loin, d’attaquer le roman par exemple…

MF : C’est quelque chose que j’aimerais beaucoup. Maintenant, faut-il en avoir le talent, et je crois que j’ai besoin encore de beaucoup d’années de vie, et l’apprentissage de la vie…

LB : On en parlera dans un instant peut-être avec ton ‘Top des tops’. Alors, Mylène est avec nous bien sûr pour nous présenter sont ‘Top des tops Cinéma / Musique / Littérature’ comme d’habitude. Donc, on se retrouve dans quelques instants, Mylène, avec ton ‘Top des tops Musique’.

Après une pause, Laurent Boyer lance un jeu pour les auditeurs avec une question qu’il demande à Mylène de lire.

LB : Ecoute Mylène, non, non… Si, si, c’est toi qui pose la question ! Vas-y, présente la question ! (rires)

MF : (d’un ton exagérément sensuel) Je vous présente la question : A quoi je pense quand je sussure à vos oreilles « Pourvu qu’elles soient Douces » ? (rires)

Après une nouvelle pause, Laurent Boyer prend un auditeur, Laurent, en ligne pour participer au jeu.

LB : (…) Alors à quoi pense-t-elle quand elle dit « Pourvu qu’elles soient Douces » ?

Laurent : Je peux le dire ?

LB : Ah ben tu le dis !

L : Je le dis : ses fesses.

LB : Elle pense à ses fesses ?

L : A mon avis, oui.

LB : Elle pense à ses fesses ! Tu l’as dit, hein Laurent ?!

L : J’assume.

LB : Bon, Mylène, écoute vas-y !

MF : Je donne la réponse maintenant : elles sont deux, roses de préférence, et bientôt musclées, il s’agit bien sûr des petites fesses ! (énorme fou rire partagé dans le studio)

LB : (…) Alors Mylène, ce ‘Top des tops Musique’, quel est-il ? Est-ce que c’est plutôt dans le Top 50 ? Est-ce qu’on va chercher très loin dans les racines musicales ? Qu’est-ce que tu écoutes chez toi ?

MF : J’écoute de préférence Kate Bush. Je ne sais pas si elle figure dans le Top 50…

LB : De temps en temps…

 

MF : J’ai un album préféré, c’est « Babooshka ». Que dire de cette femme ? Que je l’aime beaucoup, c’est une femme qui est aussi très proche du cinéma, qui chante merveilleusement bien, qui a des textes qui sont beaux, intelligents. Sinon, j’aime beaucoup Peter Gabriel, qui a fait une chanson avec elle, très, très belle aussi.

LB : C’est un peu le même style tout ça, hein ?

MF : Oui… Sinon j’écoute beaucoup, beaucoup de musique de films. Une musique qui me vient tout de suite à l’esprit c’est celle de « Mission ». Sinon j’aime bien en France Delerue, j’aime bien Goldschmidt, Morricone…

LB : C’est marrant, parce que tous ce que tu viens de dire, là, Goldschmidt, Delerue et tout ça, souvent c’est plein de lyrisme, c’est-à-dire que c’est des grandes envolées, c’est très conceptuel et puis ça laisse l’imagination galoper. T’as besoin d’une musique qui te laisse partir comme ça, ou imaginer ?

 

MF : Ben, je crois que nous avons tous besoin, oui, d’un imaginaire, de se le créer et le développer, oui.

LB : Justement, le film tu y penses, non ?

MF : C’est dans ma mémoire, dans mon esprit mais c’est pas pour l’instant. J’ai un projet, là, qui est bien plus immédiat, c’est le Palais des Sports une fois de plus, mais c’est vrai que je ne peux penser qu’à ça en ce moment.

LB : Ok. On se retrouve tout de suite avec ton ‘Top des tops bouquins’…

Pause musicale

LB : Mylène Farmer est avec nous…Alors, Mylène : ton ‘Top des tops Livres’. Tu es venue ce matin, tu es carrément venue avec une brouette de livres. (rires de Mylène) Mais lequel choisir dans tous ces livres ? Qu’est-ce que tu prends, Mylène ?

MF : Il y a un livre que j’ai découvert qui s’appelle « L’apprentissage de la ville », qui est de Luc Dietrich, que je me permets de conseiller à beaucoup de personnes. Voilà…Ce que j’aurais peut-être aimé faire, c’était lire peut-être la préface. Il y a une préface qui est magnifique, et je vais prendre un petit passage au hasard : ‘Faire passer ses souvenirs pour une histoire qu’on invente, se décrire tel quel sous un nom d’emprunt, entrer en scène sous un masque n’est pas un mensonge. C’est le plus souvent le seul moyen de tout dire sans offenser la pudeur, ni trahir les secrets qu’il faut respecter. Faire passer des fictions pour ses propres mémoires, se prendre et se faire prendre pour un personnage de son choix, c’est mentir. Pourquoi ?’ Je vous le demande…pourquoi ?! (Cette citation sera reprise en partie dans le programme du Tour 89, nda)

LB : C’est Mylène Farmer, ça !

MF : Je ne sais pas. C’est vrai qu’on se reconnaît quand on aime, de toute façon, quand on aime une œuvre, c’est qu’on s’y identifie, peut-être oui…

LB : Tu peux nous parler justement de ce bouquin de Luc Derlich (sic !), jusqu’où ça va ?

MF : (elle le corrige) De Luc Dietrich. C’est un bouquin, c’est presque son histoire. Ca, il faut le lire entre les lignes, ce n’est pas dit. Mais c’est quelqu’un, ce serait plus l’apprentissage de la vie dans la ville, et donc c’est quelqu’un qui va passer de… qui parle de la souffrance, qui parle de mille choses…Enfin, c’est très, très difficile de résumer ce bouquin.

LB : Tu aimes beaucoup le domaine du non-dit, aussi.

MF : Oui, j’aime l’interdit, le non-dit, le silence. Mais j’aime la parole aussi, quelquefois !

LB : Et tu aimes l’image, c’est pour ça qu’on va te retrouver tout de suite avec ton ‘Top des tops Cinéma’

Coupure musicale

LB : Mylène Farmer reste avec nous jusqu’à 12h30, je vous le rappelle, aujourd’hui c’est l’invitée, avec son ‘Top des tops Cinéma’, elle passe sa matinée sur Europe 1. Mylène on a eu le ‘Top des tops Musique’, le ‘Top des tops Livres’ (…) Mais là bon, on va parler un petit peu de cinéma, enfin du cinéma et encore du cinéma. On pourrait parler indéfiniment de cinéma avec toi, c’est étonnant. Mais est-ce que tu as une toile préférée, Mylène ?

MF : Oui. Du chapeau je ressors très, très vite un film de David Lean, qui est un de mes metteurs en scène préférés, qui s’appelle « La fille de Ryan ». C’est ce même auteur qui a fait « Lawrence d’Arabie », qui a fait « Docteur Jivago », et puis j’en oublie beaucoup…

LB : Oui, c’est du grand spectacle, quand même, « Jivago », « Lawrence d’Arabie »…

MF : C’est toujours très, très romantique. C’est grandeur et décadence, c’est plein de choses. Et « La fille de Ryan » c’est peut-être le rôle que j’aurais voulu interpréter en premier.

LB : Appel du pied peut-être, non, qui sait ?!

MF : Non, parce que ce monsieur fait son dernier film – je crois d’ailleurs une coproduction française – mais ce sera son tout dernier film…

LB : Est-ce qu’il y en a un autre, est-ce qu’il y a d’autres genres de films qui te tentent

de temps en temps ?

MF : Je vais changer complètement d’univers et parler de Spielberg. C’est quelqu’un qui me touche

énormément, alors je vais parler de « E.T. » par exemple, « Rencontre du Troisième Type » qui est une merveille. Et puis, je peux encore retomber dans un autre univers qui est celui de Bergman, qui est là très, très intimiste. Et puis je vais en oublier plein comme d’habitude !

LB : C’est marrant, parce que dans tout ça il y a une sensibilité exacerbée. Que ce soit chez Spielberg, par exemple : c’est plein de sensibilité, en fait c’est très fort en émotion.

MF : C’est un regard d’enfant éternellement, oui, retourné vers le passé…

LB : Merci Mylène, on se retrouve tout de suite avec le ‘Top des tops Sport’.

Nouvelle coupure musicale

LB : (…) Alors Mylène, on va finir avec le ‘Top des tops Sport’, peut-être du moins parce que je sais déjà qu’il y a la course à pied, mais parmi ces trois domaines – le sport, les hobbies ou la peinture -quel est ton top ? Qu’est-ce que tu préfères en fait ?

MF : J’en ai déjà parlé, mais là je vous parlerai du sport. Courir, ce n’est pas quelque chose que je fais avec affection, parce que j’ai plutôt du mal. Mais là, c’est la carotte, comme on dit, qui est au bout, qui est donc cette scène que je vais entreprendre. Sinon, des hobbies, j’en ai, oui : c’est la lecture, bien évidemment. J’ai eu une petite folie de peinture, ou plutôt de dessin, que j’ai très vite abandonnée, parce que là il faut…enfin, je me donne trop de maîtrise que je n’ai pas, quoi. Donc, j’ai abandonné. Que puis-je dire d’autre ? M’occuper de mes singes…

LB : Tu as des singes ?

MF : Oui, j’ai deux singes.

LB : Tu passes beaucoup de temps avec eux ?

MF : Oui, beaucoup de temps. Je pense que si j’avais des enfants, je m’en occuperais autant, avec le même amour et…

LB : Tu voudrais en avoir, des enfants ? Tu penses en avoir ?

MF : J’ai l’impression que j’ai remplacé les singes par les enfants (elle réalise sa confusion et bafouille)

LB : (il corrige) Les enfants par les singes !

MF : Les enfants par les singes, oui. Vous voyez le lapsus ! (rires)

LB : On est des grands singes vivants, alors !

MF : Oui.

LB : (…) Mais je suis sûr que, quelque part, tu penses en avoir. Tu aimerais avoir un jardin d’enfants, ou t’occuper d’enfants…

MF : Un jardin secret, mais pas un jardin d’enfants. Pas pour l’instant.

LB : OK. Le sport donc, c’est vraiment une contrainte ?

MF : Non, n’exagérons pas. Ca peut-être quelque chose de très agréable. Mais c’est vrai qu’au début, on se fait un petit peu violence, et puis nous avons des corps en repos, et ça c’est terrible de le bousculer.

LB : Mais tu vas continuer probablement, quoi. Tu vas pas t’arrêter là…

MF : Je pense qu’on ne peut pas s’arrêter à partir du moment où on y a pris goût. Après c’est quelque chose dont on a besoin aussi.

LB : Est-ce que tu as une hygiène de vie ?

MF : Lié à cet entraînement, j’ai fatalement effectivement une alimentation qui est rigoureuse. Dire que c’est macrobiotique, c’est faux. C’est simplement quelque chose de réfléchi, de ‘sain’. C’est vrai que j’ai arrêté et abandonné totalement le Coca-cola. Ca a été très difficile ! (rires) Il faut abandonner les gâteaux, faire quelques concessions, là, que j’accepte.

LB : Pour ce spectacle…Alors les dates du spectacle, on peut en parler ?

MF : Le démarrage, je ne peux donner que le début, ce sera le 18 mai. Et puis après, on verra. Mais c’est le 18 mai au Palais des Sports

LB : La scène, tu avais vraiment envie, hein ?

MF : Ah oui, j’en ai très, très envie. Et de plus en plus !

LB : Merci Mylène Farmer d’avoir passé ce dimanche matin avec nous. Et alors, tu sais que la récompense, c’est justement qu’on va t’écouter là, tout de suite, et que cette semaine tu es quand même numéro un du Top 50. C’est la première fois que ça arrive ?

MF : (dans un sourire) C’est la toute première fois !

LB : Ca fait du bien ?

MF : Ca fait du bien !

LB : Jeanne Mas avait dit la même chose : ‘C’est la toute, toute première fois’. Merci, Mylène Farmer.

Mylène rit alors que débute « Pourvu qu’elles soient Douces ».

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Jérôme Dahan et Mylène F.

Posté par francesca7 le 23 juillet 2012

 

Jérôme Dahan et Mylène F. dans Mylène et L'ENTOURAGE headshot_1Jérôme Dahan, né en 1962 et mort le 11 octobre 2010, est un auteur-compositeur français.

Il est le premier à avoir composé pour la chanteuse Mylène Farmer au début de sa carrière avec Laurent Boutonnat. Il a notamment écrit et composé le titre Maman a tort avec ce dernier pour la chanteuse ainsi qu’écrit et composé intégralement la chanson On est tous des imbéciles. Cet échec commercial marquera la fin de sa collaboration avec Laurent Boutonnat et Mylène Farmer ; Jérôme Dahan voulait faire de la jeune artiste une nouvelle Françoise Hardy tandis que son complice et le reste de la production ne jurait que par Jeanne Mas.

Il meurt le 11 octobre 2010 des suites d’un cancer. Mylène Farmer lui aurait rendu visite plusieurs fois à son chevet avant sa mort.

Celui qui a écrit les mémorables paroles du premier 45 tours de Mylène Farmer, Maman a tort, c’était lui, Jérôme Dahan. Il s’est éteint le 11 octobre, des suites d’une longue maladie, annonce sur son blog perso Hugues Royer, auteur de la biographie non-officielle Mylène.

« Sans Maman a tort, Mylène Farmer aurait-elle fait la carrière qu’on lui connaît?, s’interroge Hugues Royer. Ce qui est certain, c’est que sans Jérôme Dahan, la chanson n’aurait pas existé. Cet ami de Laurent Boutonnat, qui va organiser le casting permettant de « recruter » Mylène pour interpréter ce titre, est donc bien à l’origine, en 1984, de la carrière de celle qui n’est pas encore rousse. On lui doit en partie la musique et, surtout, les paroles, de cette comptine licencieuse dont le thème a été imaginé en communion avec Laurent Boutonnat. »

Image de prévisualisation YouTube

 

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez surMylène Farmer – Clip Maman a tort 1984 -

Jérôme Dahan est l’un des artisans qui ont révélé la plus mystérieuse des stars françaises : Mylène Farmer. En 1984, avec Laurent Boutonnat, Dahan lui écrit et compose son premier tube, Maman a tort, écoulé à 100 000 exemplaires.

Charts in France vient d’annoncer le décès du musicien, survenu le 11 octobre dernier, à l’âge de 48 ans. Il a « succombé à une longue maladie qu’il combattait depuis des années et a été enterré quatre jours plus tard dans l’intimité, en présence de sa famille et de ses amis les plus proches. » L’annonce de ce décès a été officialisée par Hugues Royer, auteur d’une biographie de Mylène Farmer.

On doit également à Jérôme Dahan le second single de Farmer, On est tous des imbéciles, un échec qui marque la fin de leur collaboration, peu avant l’ascension fulgurante de la star. Pourtant, en février 2009, la chanteuse s’est rendue à plusieurs reprises au chevet de Dahan suite à son hospitalisation.

MF99_42a-215x300 dans Mylène et L'ENTOURAGEhttp://www.purepeople.com/article/mylene-farmer titrait : Mylène Farmer, que l’on dit volontiers nombriliste, égocentriste et peu encline à manifester ses sentiments, n’a pas oublié Jérôme Dahan, à qui elle doit son premier tube. Coauteur (avec Laurent Boutonnat) de Maman a tort, Jérôme Dahan, 48 ans, souffre aujourd’hui d’une grave maladie et a dû être hospitalisé, et Mylène lui rend régulièrement visite à l’hôpital.

C’est grâce à lui qu’en 1984, Mylène Farmer avait fait des débuts remarqués avec Maman a tort, une histoire pas très limpide, où l’on croise une infirmière, et où Mylène chante, avec déjà ce mélange de voix enfantine et de perversité  » J’aime ce qu’on m’interdit / Les plaisirs impolis / J’aime quand elle me sourit / J’aime l’infirmière maman ».

Le disque « fera » 100 000 exemplaires, pas un carton, mais une belle vente et surtout, servira de tremplin à la créature un peu frêle qui se drape déjà dans son mystère, puisqu’elle vit à l’époque cloîtrée, ou presque, dans une petit appartement de la rue Saint-Martin, à Paris, avec  pour toute compagnie celle de deux singes capucins…

Maman a tort était l’oeuvre de Laurent Boutonnat et de Jérôme Dahan. Ce dernier va,  malheureusement, assez rapidement, disparaître du premier cercle de la chanteuse au profit du seul Laurent Boutonnat, qui, deviendra le compagnon / Pygmalion de Mylène Farmer.

En ce jour, Mylène Farmer vient de sortir le single Oui mais… Non. Un titre dont elle a écrit le texte et dont la musique n’est, pour la première fois, pas signée par Laurent Boutonnat. La rousse s’est tournée vers RedOne, compositeur préféré de Lady Gaga

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Mylène F. et Christophe Danchaud

Posté par francesca7 le 27 avril 2012

 

Depuis l’enfance, Christophe Danchaud nourri une véritable passion pour le spectacle sous toute ses formes, il a toujours su qu’il évoluerait entre ombre et lumière.

C’est d’abord comme danseur qu’il trouve matière à son épanouissement personnel. Au fil des années, ses nombreuses expériences au sein de compagnies de danse, ses participations à plusieurs comédies musicales lui ont permis de découvrir différents univers, variés et toujours enrichissants.

Mylène F. et Christophe Danchaud dans Mylène et L'ENTOURAGE nars_couture_bouchra_jarrar_danchaud_c_418104905_north_545x

 De toutes ces rencontres et par la confiance qu’on lui accorde c’est tout naturellement qu’il devient chorégraphe (il participe à tous les shows de Mylène Farmer comme danseur et chorégraphe).Son désir de nouveauté et d’apprendre le pousse encore a accepter une nouvelle aventure : le maquillage.

 C’est le maquilleur Jacques Clemente, conscient de sa sensibilité artistique qui lui propose de devenir son assistant sur le film «Prêt-à-porter» de Robert Altman.

 Il comprend immédiatement quil a trouvé ici une nouvelle manière d’exprimer sa créativité, utiliser le maquillage pour raconter une histoire, révéler des émotions, transformer un visage, sublimer les femmes.    Dans le monde du maquillage et de la cosmétique, la richesse de son parcours lui confère une place unique, on lui reconnaît une grande spontanéité, une curiosité toujours intacte, une technicité remarquable et une vraie capacité à se muer dans tous les univers, mode, publicité et cinéma.

En quelques années il collabore avec les plus grands photographes : Karl Lagerfeld, Jean-Baptiste Mondino, Ellen Von Unwerth, Bettina Rheims, Dominique Issermann, Peter Lindbergh… Participe aux défilés : Dior, Lanvin, Galliano, Comme des garçons… et maquille les plus grandes actrices : Vanessa Paradis, Monica Bellucci, Audrey Tautou, Nicole Garcia, Sharon Stone, Catherine Deneuve, Marion Cotillard, Anouk Grinbergh, Jeanne Moreau, Virginie Ledoyen, Juliette Binoche, Keira Knightley…

 Instinctif et libre, Christophe Danchaud bouscule les genres avec pour seul objectif : créer les images de la beauté.

 

Interview de juin 2010 :

C’est grâce à NIVEA que Trendy Mood a pu interviewer Christophe Danchaud. Il a créé pour eux le look Fatale Innocence. Il m’a donc raconté son expérience avec cette marque très grand public dont il ignorait – presque – tout ! Mais avant de parler de cette collaboration, je me suis intéressée à son parcours si atypique…

Trendy Mood : Vous avez été danseur et chorégraphe, jusque là, c’est plutôt cohérent, mais comment passe-t-on de la danse au maquillage ?

MF2000_135a dans Mylène et L'ENTOURAGEChristophe Danchaud : J’ai commencé la danse [de manière professionnelle] très jeune, à 17 ans. J’ai fait du classique, puis du contemporain et du jazz. Je dansais, entre autres, pour Mylène Farmer. En 1996, je réalisais la chorégraphie de son show. Nous sommes très vite devenus amis, je la maquillais pour toutes ses apparitions en public.

A 28 ans, j’avais vraiment envie de faire autre chose que de la danse, j’ai été assistant d’un maquilleur pendant un an. Mais je suis surtout autodidacte. Quand on est danseur, on doit savoir se maquiller seul. Au début, j’avais donc deux casquettes, celle du maquilleur et du danseur. Mais je ne le disais pas, c’était mal vu. Et puis petit à petit je me suis dit qu’il fallait assumer ! J’ai toujours aimé peindre, dessiner, ça fait parti de moi. Cela montrait également aux gens que j’avais une certaine ouverture d’esprit.

Trendy Mood : Vous avez travaillé pour le cinéma, pour la mode. Maquiller quelqu’un dans un film ou pour une publicité ce sont deux approches très différentes ?

Christophe Danchaud : Pas tant que ça. Au niveau de la technique, pour moi, c’est la même chose. Pour la mode, lorsque je maquille une actrice, je ne tiens pas du tout compte de sa personnalité, je la considère comme n’importe quel mannequin. J’essaie de l’emmener ailleurs, dans un autre univers. Elles sont souvent férues de mode alors elles se prêtent facilement au jeu. Et puis tout est moins codé maintenant, on peut se permettre plus de choses.

[NDLR : Christophe Danchaud a maquillé notamment, Marion Cotillard pour Lady Black, Audrey Tautou pour Chanel N°5, Keira Knightley pour Coco Mademoiselle, Monica Belluci dans Astérix Mission Cléopâtre et dans d’autres films, Vanessa Paradis, une des amies, dans de nombreux films.  Il est également maquilleur sur les promos des films avec Monica, Marion, Vanessa, Audrey & co…]

Trendy Mood : Comment avez-vous réagi quand NIVEA vous a contacté ?

Christophe Danchaud : Je n’avais pas d’idée précise en tête. Je savais qu’il y a avait encore beaucoup de choses à créer [NDLR : la marque s'est lancée dans le make-up il y a seulement 10 ans]. L’important pour moi était que j’avais carte blanche. Ca a ensuite été une réelle collaboration.

Trendy Mood : Et vous, chez NIVEA, pourquoi avoir choisi Christophe Danchaud ?

NIVEA : C’est son parcours qui sort de l’ordinaire, son parcours artistique qui nous a séduit. Nous avions aimé le regard différent de Chantal Thomass. Là encore, nous savions que Christophe allait nous enrichir. Et au delà de ça, cela a été une véritable rencontre affective, nous avons travaillé en totale confiance. Nous avions la même logique de travail.

Christophe Danchaud : NIVEA est une marque encore en devenir au niveau du maquillage. Il y a cependant beaucoup de choix, beaucoup de matières. Rien ne m’a été imposé, nous avons toujours travaillé en accord. Je n’avais aucune idée de ce qu’était la « femme NIVEA ». La marque m’a donc aidé, proposé des produits. Nous avons travaillé autour des thèmes de l’été, de la dualité, d’une femme multi-facettes.

Je voulais un parti-pris très « couture », rock, moderne, d’où le blond platine et les lèvres très foncées. Par contre, j’aime les teints transparents, très peu chargés. Ce qui correspondait très bien avec l’image du « soin » de NIVEA. J’ai donc choisi un smoky d’été, marron un peu glossy. Pour les ongles, j’aime quand ils sont rouges, denses, affirmés. C’est ça l’élégance pour moi. Une femme peut ne pas être maquillée, si elle a les ongles rouges, elle est forcément élégante !

Trendy Mood : Au final, est-ce que Fatale Innocence ressemble à ce que vous aviez imaginé ?

Christophe Danchaud : J’avais imaginé une femme plus « boulversante », plus « sauvage ». Mais il fallait respecter les codes de NIVEA. J’en suis très content, nous avons réussi à apporter autre chose.

Trendy Mood : Allez-vous retravailler avec NIVEA ? Quels sont vos projets dans le futur ?

Christophe Danchaud : Cela fait un an et demi que nous travaillons sur Fatale Innocence. Et je suis ravi de cette collaboration. Peut-être qu’on remettra ça un jour, ce n’est pas encore prévu… Pour le moment, je travaille avec une amie styliste sur le maquillage de son premier défilé en juillet.

——————————–

Merci encore à NIVEA d’avoir permis cette rencontre et évidemment à Christophe Danchaud pour sa disponibilité malgré son torticolis et l’heure tardive !

écrit par Trendy Mood http://www.trendymood.com/christophe-danchaud-rencontre-nivea

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Mylène Farmer dans un livre

Posté par francesca7 le 8 avril 2012

Et un pavé de plus dans la mare glacée, où Mylène Farmer engloutit tous ses secrets depuis bientôt vingt-cinq ans! Mylène, c’est un peu l’Ophélie des temps modernes… Une héroïne noyée, remontant de temps à autre à la surface, mais jusqu’ici insaisissable. Alors, que peut bien draguer Hugues Royer des troubles profondeurs du «mystère Farmer», avec son Mylène (éditions Flammarion)? Eh bien…

Mylène Farmer dans un livre dans Mylène dans la PRESSE MF99_41aSurprise! S’appuyant sur divers témoignages, le journaliste de Voici Hugues Royer, également psy de formation, offre une clé qui décadenasse l’œuvre de la chanteuse, plombée par l’inceste, l’hystérie et une fascination pour le morbide. Chez les Gautier, véritable patronyme de l’icône libertine, maman a longtemps eu tort, alors que papa incarnait l’homme idéal. Comme Mylène le confirmera à une amie, la photographe Elsa Trillat, alors qu’elles contemplent des photos d’enfance, en 1987, t out commence par une «déchirure» : sa naissance à l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, ville où son père, Max, a été dépêché pour participer en tant qu’ingénieur des Ponts et Chaussées à l’édification du barrage Daniel-Johnson.

La chanteuse est un bébé robuste. L’accouchement est un traumatisme pour sa mère, Marguerite. Fragilisée physiquement par des problèmes de dos, cette dernière minimise les contacts avec son enfant. Son époux doit ainsi installer une planche amovible au dessus de leur baignoire pour faciliter la toilette du bébé. Mylène ne prend conscience de son corps, en grandissant, qu’à travers le jeu et l’expérimentation. Gamine intrépide aux cheveux courts et châtains, elle ne ressemble en rien à sa sœur ainée, Brigitte, sage petite fille blonde. Au grand désespoir de Marguerite, femme discrète, sa benjamine aime tremper les doigts dans les pots de sirop d’érable, se rouler sur les pelouses et grimper aux arbres, dans leur jardin de Pierrefonds. Mais ce que maman supporte le moins, ce sont les phases de mutisme de cette enfant, sa capacité à se replier dans le silence, héritée de son père mais vécue comme une provocation.

Deuxième «déchirure», le retour des Gautier en région parisienne, à Ville-d’Avray, ne fait que creuser ce goût pour la réserve. A l’école, l’accent québécois de Mylène, alors âgée de huit ans, suscite les moqueries. Des séances chez l’orthophoniste l’aideront à corriger sa prononciation, expliquant aujourd’hui encore son phrasé précieux. Mais, humiliant, ce travail ne l’encourage guère à s’ouvrir aux autres. Au domaine de la Ronce, où les Gautier se sont installés, l’enfant prend la fuite à chaque fois que des inconnus sonnent à leur porte. Max, qui lui passe tout, est bien le seul à en sourire. Vivant avec la famille depuis la mort de son mari, Mamie Jeannette, la grand-mère paternelle, devient une confidente privilégiée. La vieille femme n’a pas seulement le chic pour agacer sa belle-fille, Marguerite. Premier prix du conservatoire de Marseille, elle initie également sa petite-fille à la musique, à la littérature, à la peinture… et aux promenades dans les cimetières.

Mylène s’épanouit enfin

MF2000_57a dans Mylène dans la PRESSEA sa disparition, Mylène continuera d’apprivoiser la mort en se rendant au chevet d’autres enfants, à Garches. De même, à l’adolescence, elle préférera philosopher avec les garçons plutôt que de les suivre dans la découverte des plaisirs sexués. Un comble pour une future libertine ! La troisième «déchirure» se produit à sa majorité. Au bout de deux jours en terminale A4, Mylène annonce à Marguerite et Max, aussi catastrophés l’un que l’autre, qu’elle snobe le bac pour devenir monitrice d’équitation. Elle quittera en fait ses parents pour leurs doubles: Laurent Boutonnat et Bertrand Le Page. Le premier, qui la choisit pour chanter sa comptine sur mesure Maman A Tort, se montrera aussi doux et patient que son père, décédé avant le succès, en 1982. Le second, son premier manager, sera aussi exigeant que sa mère. Certes, il lui apprendra à incarner son corps et à en faire un objet de désir. Mais il n’aura de cesse de lui répéter: «Tu es divine, mais tu ne seras jamais belle.» Jusqu’à ce qu’elle le congédie et qu’il se suicide, en 1999.

Les liens se desserreront avec Boutonnat, après l’échec de leur film Giorgino… Libérée de toute relation triangulaire, Mylène s’épanouit aux côtés du producteur Benoît Di Sabatino, depuis 2001. Nul rapport de force ou de séduction ambiguë entre eux. Dans le clip de son nouveau single, Appelle Mon Numéro, que Benoît a réalisé, la belle offre même un nouveau visage, moins tourmenté, plus souriant. Le même qu’elle présente aujourd’hui à sa mère lors de leurs déjeuners dominicaux…

Thomas Durand chroniqueur de chez GALA.FR

Lire aussi:  Mylène Farmer à vif

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Mylène Drama queen

Posté par francesca7 le 11 mars 2012

«Drama queen». Avec Farmer, on est dans le mélodrame. On pense à son homonyme Marguerite Gautier, l’héroïne de Dumas. A Garbo (à laquelle elle consacre une chanson) et à Sarah Bernhardt. Sauf que Farmer en fait des tonnes. Plus que Jeanne Mas, sa rivale des débuts, c’est dire. Mais le kitsch n’est pas incompatible avec l’émotion. Dans les stades, qu’elle est la seule artiste française à pouvoir remplir, elle touche aux larmes.

Mylène Drama queen dans Mylène et des CRITIQUES 8-photo-13x18cm-mylene-farmer-mylene-sexy-moitie-nue-hot-photo-857653213_MLSi la chanteuse parvient à cette spontanéité, c’est grâce à un professionnalisme maniaque et à un subtil art des contrastes: côté face un sourire de madone, côté pile un chignon sculpté en forme de crâne. Cette grandiloquence bien dosée, elle la doit à Laurent Boutonnat. Dès Libertine, il la magnifie dans un clip de dix minutes évoquant Barry Lyndon de Kubrick. La suite, Pourvu qu’elle soit douce, dure près de dix-huit minutes, coûte 450 000 euros et mobilise 600 figurants…

La surenchère est stoppée net par l’échec du long métrage du duo, Giorgino, où Mylène joue l’hystérique au milieu des loups. Désormais, même si Boutonnat continue de composer pour elle, c’est surtout avec d’autres qu’elle tourne ses clips: Luc Besson, Abel Ferrara, Ching Siu- Tung… De belles réussites, mais l’esprit n’est plus le même. Parfois, elle se risque à laisser sa mélancolie au vestiaire.

Cela donne la rengaine Appelle mon numéro, en 2008. Et sa pire vidéo, signée par le réalisateur Benoît Di Sabatino, qui partage sa vie. On y voit une Farmer aguicheuse et botoxée se tortiller sur un lit, jouant la lolita. Allô, Sunset Boulevard? Et si, en fait, on n’avait pas quitté la chambre capitonnée des débuts?

Critique issu du Sitehttp://www.hebdo.ch/

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Ch. Bourseiller et Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 4 mars 2012

Description de cette image, également commentée ci-aprèsChristophe Bourseiller (Animateur)
L’initiateur de la 1ère TV de Mylène

Acteur dans des films cultes (« Un éléphant ça trompe énormément », « Clara et les chics types »…), Christophe Bourseiller est également journaliste et essayiste politique reconnu.

Christophe Bourseiller, de son vrai nom Christophe Gintzburger-Kinsbourg, né à Paris le 27 septembre 1957, est un acteur, journaliste, écrivain et enseignant français.


Il naît dans une famille du spectacle : son père André Gintzburger est producteur de théâtre et sa mère Chantal Darget, fille du présentateur de télévision Claude Darget, comédienne. Il a ensuite pour beau-père le comédien et metteur en scène Antoine Bourseiller et pour demi-sœur Marie Sara.

Dès l’âge de quatre ans il apparaît au cinéma dans La Guerre des boutons, le film d’Yves Robert. Il tournera ensuite notamment sous la direction de Jean-Luc Godard, Claude Lelouch, Jacques Demy ou encore Pierre Jolivet. On le retrouve au générique d’une trentaine de films, d’une vingtaine de téléfilms et à l’affiche de plusieurs pièces de théâtre.

Il mène parallèlement une carrière d’écrivain, de journaliste, d’homme de radio et de télévision. Il a publié une trentaine de livres sur des sujets aussi divers que : les mouvements minoritaires, les extrémismes politiques, les contre-cultures, les musiques industrielles et la new wave des années 1980.

À la radio, il a commencé par créer en 1981 la radio libre Fréquence Arts et Spectacles. Sur France Musique, il coproduit une émission hebdomadaire initiée en 2005 et dédiée aux musiques d’avant-garde : Electromania, et anime la matinale depuis le 29 août 2011. À la télévision, après avoir présenté plusieurs émissions depuis 1984, il devient conseiller éditorial de l’émission Ce soir (ou jamais !) jusqu’en juillet 2011.

En 2001, il lance aux Éditions Denoël une revue d’études sur l’Internationale situationniste : Archives et documents situationnistes dont cinq numéros paraîtront jusqu’en 2005. En 2009, il est à l’origine de la collection « Qui êtes-vous ? », chez Bourin Éditeur.

Il enseigne depuis 2003 à l’Institut d’études politiques de Paris. Par ailleurs, il prépare une thèse de doctorat à l’université Paris-1 sur « Les mouvements collaborationnistes français de juin 1944 et décembre 1950 » sous la direction du professeur Pascal Ory.

Dans son ouvrage Un Maçon franc, Christophe Bourseiller évoque son parcours maçonnique. Il est initié en 1984 à la Grande Loge nationale française, puis rejoint la Grande Loge de France de 1990 à 2000.

 

 

Interview de Christophe Bourseiller EN 2007

Pour nos lecteurs qui ne connaîtraient pas encore votre parcours foisonnant, pouvez-vous vous présenter ?
Il y aurait beaucoup à dire. Écrivain, acteur, j’évolue aussi dans les milieux de la radio et de la télévision depuis fort longtemps. Je produis, j’anime, je programme des émissions.

Vous tenez un rôle non négligeable dans l’histoire farmerienne, puisque vous étiez présent pour la première prestation télévisée de l’idole, pour l’émission « Jour J » en mars 1984. Quel était le concept de l’émission ?

Ch. Bourseiller et Mylène FARMER dans Mylène et L'ENTOURAGE MF2000_145aEn réalité, je suis à l’origine du tout premier passage de Mylène Farmer à la télévision. En 1984, je programmais et j’animais une émission de TF1 nommée « Jour J ». Le principe en était simple : nous recevions un artiste, le jour même où son disque sortait. Il y avait chaque semaine dans nos bureaux des réunions d’écoute. J’ai personnellement « flashé » sur la chanson de Mylène Farmer, « Maman à tort ». Je l’ai proposé à Bob Ottovic, le producteur de l’émission, ainsi qu’à Michelle Dokan, qui animait le show avec moi. C’est ainsi que nous avons fait découvrir Mylène Farmer.

Les fans purs et durs de Farmer vont vous attendre au tournant. Comment pouvez-vous prouver qu’il s’agit bien là de la première télé de Mylène ?

C’était le principe même de l’émission. Si Mylène était passée ailleurs, nous ne l’aurions pas reçue !

Comment Mylène s’est-elle présentée pour l’émission ?

Elle était très sympathique. Timide, certes, mais tout à fait gentille. Elle était aussi ravissante. Elle avait organisé une petite mise en scène pour la chanson. Si ma mémoire est bonne, elle s’était plus ou moins déguisée en patiente d’un hôpital psychiatrique.

Une première télé, ce n’est pas rien. Mylène avait-elle le trac ?

Elle était très professionnelle. En outre, je la connaissais indirectement, car elle évoluait dans le cercle d’amis d’un de mes camarades de Radio 7, Michael Gentile. Elle se sentait en confiance.

Quel était le panorama de la variété française en 1984 ?

Au printemps 1984, trois artistes se sont révélés : Mylène Farmer, les Rita Mitsouko, et Jeanne Mas. J’ai eu le plaisir de leur faire faire leur première télévision.

Effectivement, Jeanne Mas venait de sortir son méga tube « Toute première fois » en février 1984, soit un mois avant « Maman à tort ». Ce serait incroyable que, comme vous lui avez également fait faire sa première télé dans « Jour J », il s’agisse du même enregistrement !

Non, ce n’était pas le même jour. Mais je garde un souvenir très plaisant du passage de Jeanne Mas. Elle sentait divinement bon !

Pour vous, le tube de l’année 1984, c’est quoi ?

J’étais personnellement à l’époque un fan de la new wave. J’aimais Cure, Joy Division, mais aussi U2, que j’avais fait découvrir à Radio 7. J’étais donc assez indifférent à la variété traditionnelle. C’est peut-être pour ça que j’ai aimé Mylène Farmer.

 dans Mylène et L'ENTOURAGEVous savez sans doute que Mylène est méprisée par l’underground culturel. Pourtant, elle a toujours exploré des thématiques transgressives avec un angle assez novateur pour une chanteuse de variété. D’où vient ce mépris à votre avis ?

En 1984, elle incarnait justement une certaine forme de contre-culture. Elle se situait dans l’univers de la performance, pas très loin de Laurie Anderson en fin de compte. Je ne l’ai personnellement jamais méprisée. Son parcours me semble tout aussi respectable que celui des Rita Mitsouko.

Vous êtes également un fin politologue. Alors, une dernière question s’impose, actualité oblige ! Mylène, ce serait plutôt Ségo, ou plutôt Sarko ?

Mylène, c’est la troisième voie, l’inclassable, et c’est tant mieux !

 

Texte issue Mylène Farmer et vous – 2007

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Dans un livre sur Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 18 février 2012

Dans le magazine GALA, on pouvait lire :

Et un pavé de plus dans la mare glacée, où Mylène Farmer engloutit tous ses secrets depuis bientôt vingt-cinq ans! Mylène, c’est un peu l’Ophélie des temps modernes… Une héroïne noyée, remontant de temps à autre à la surface, mais jusqu’ici insaisissable. Alors, que peut bien draguer Hugues Royer des troubles profondeurs du «mystère Farmer», avec son Mylène (éditions Flammarion)? Eh bien…

Dans un livre sur Mylène Farmer dans Mylène dans la PRESSE MFBercy2006_39aSurprise! S’appuyant sur divers témoignages, le journaliste de Voici Hugues Royer, également psy de formation, offre une clé qui décadenasse l’œuvre de la chanteuse, plombée par l’inceste, l’hystérie et une fascination pour le morbide. Chez les Gautier, véritable patronyme de l’icône libertine, maman a longtemps eu tort, alors que papa incarnait l’homme idéal. Comme Mylène le confirmera à une amie, la photographe Elsa Trillat, alors qu’elles contemplent des photos d’enfance, en 1987, tout commence par une «déchirure» : sa naissance à l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, ville où son père, Max, a été dépêché pour participer en tant qu’ingénieur des Ponts et Chaussées à l’édification du barrage Daniel-Johnson.

La chanteuse est un bébé robuste. L’accouchement est un traumatisme pour sa mère, Marguerite. Fragilisée physiquement par des problèmes de dos, cette dernière minimise les contacts avec son enfant. Son époux doit ainsi installer une planche amovible au dessus de leur baignoire pour faciliter la toilette du bébé. Mylène ne prend conscience de son corps, en grandissant, qu’à travers le jeu et l’expérimentation. Gamine intrépide aux cheveux courts et châtains, elle ne ressemble en rien à sa sœur ainée, Brigitte, sage petite fille blonde. Au grand désespoir de Marguerite, femme discrète, sa benjamine aime tremper les doigts dans les pots de sirop d’érable, se rouler sur les pelouses et grimper aux arbres, dans leur jardin de Pierrefonds. Mais ce que maman supporte le moins, ce sont les phases de mutisme de cette enfant, sa capacité à se replier dans le silence, héritée de son père mais vécue comme une provocation.

MFBercy2006_56a dans Mylène dans la PRESSEDeuxième «déchirure», le retour des Gautier en région parisienne, à Ville-d’Avray, ne fait que creuser ce goût pour la réserve. A l’école, l’accent québécois de Mylène, alors âgée de huit ans, suscite les moqueries. Des séances chez l’orthophoniste l’aideront à corriger sa prononciation, expliquant aujourd’hui encore son phrasé précieux. Mais, humiliant, ce travail ne l’encourage guère à s’ouvrir aux autres. Au domaine de la Ronce, où les Gautier se sont installés, l’enfant prend la fuite à chaque fois que des inconnus sonnent à leur porte. Max, qui lui passe tout, est bien le seul à en sourire. Vivant avec la famille depuis la mort de son mari, Mamie Jeannette, la grand-mère paternelle, devient une confidente privilégiée. La vieille femme n’a pas seulement le chic pour agacer sa belle-fille, Marguerite. Premier prix du conservatoire de Marseille, elle initie également sa petite-fille à la musique, à la littérature, à la peinture… et aux promenades dans les cimetières.

Mylène s’épanouit enfin

A sa disparition, Mylène continuera d’apprivoiser la mort en se rendant au chevet d’autres enfants, à Garches. De même, à l’adolescence, elle préférera philosopher avec les garçons plutôt que de les suivre dans la découverte des plaisirs sexués. Un comble pour une future libertine ! La troisième «déchirure» se produit à sa majorité. Au bout de deux jours en terminale A4, Mylène annonce à Marguerite et Max, aussi catastrophés l’un que l’autre, qu’elle snobe le bac pour devenir monitrice d’équitation. Elle quittera en fait ses parents pour leurs doubles: Laurent Boutonnat et Bertrand Le Page. Le premier, qui la choisit pour chanter sa comptine sur mesure Maman A Tort, se montrera aussi doux et patient que son père, décédé avant le succès, en 1982. Le second, son premier manager, sera aussi exigeant que sa mère. Certes, il lui apprendra à incarner son corps et à en faire un objet de désir. Mais il n’aura de cesse de lui répéter: «Tu es divine, mais tu ne seras jamais belle.» Jusqu’à ce qu’elle le congédie et qu’il se suicide, en 1999.

ClipDesenchantee12Les liens se desserreront avec Boutonnat, après l’échec de leur film Giorgino… Libérée de toute relation triangulaire, Mylène s’épanouit aux côtés du producteur Benoît Di Sabatino, depuis 2001. Nul rapport de force ou de séduction ambiguë entre eux. Dans le clip de son nouveau single, Appelle Mon Numéro, que Benoît a réalisé, la belle offre même un nouveau visage, moins tourmenté, plus souriant. Le même qu’elle présente aujourd’hui à sa mère lors de leurs déjeuners dominicaux…

Commentaire de Thomas Durand -  http://www.gala.fr/

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JEROME DAHAN

Posté par francesca7 le 21 août 2011

JEROME DAHAN jerome-dahan-profile

Jérôme Dahan, est un auteur-compositeur français, né en 1962 et décédé le 11 octobre 2010. Il est le premier à avoir composé pour la chanteuse Mylène Farmer  au début de sa carrière avec Laurent Boutonnat.  

 

Interview du co-auteur de Maman à tort, parue le 4 février 1994.
issu du Magazine I.A.O Mylène Farmer 

 

 

enfants

 

 

QUESTIONS / REPONSES 

 

Jérôme Dahan

A l’époque de Mylène Farmer, j’étais très complice avec Laurent Boutonnat. (…) Je n’ai jamais travaillé avec des interprètes expérimentés. J’ai commencé avec Mylène qui débutait aussi. Ensuite je n’ai travaillé qu’avec des débutants, qui savaient que j’avais été dans l’aventure Farmer, et qui n’osaient rien apporter à mes chansons. Mon passé les impressionnait et ils me laissaient les diriger, avides de mes conseils. 

 

 

1150821104Parlons de Mylène. Quand l’as-tu rencontrée ?  

 

Au début des années 80. Je l’ai connu avant qu’elle ne rencontre Laurent Boutonnat. C’était une copine. Ensuite, j’ai rencontré Laurent Boutonnat dans une boite de production cinématographique où j’étais assistant-régisseur. Laurent est venu nous montrer un scénario car il voulait faire un film. On a sympathisé en deux jours, je lui ai dit que je faisais de la musique. Avec un troisième copain, on a monté une boite d’édition et on a présenté une chanson à Lio, qui lui a plu. Malheureusement, notre troisième associé voulant garder la totalité des droits éditoriaux, Lio n’a pas pu enregistrer la chanson. Avec Laurent, on travaillait tous les deux dans ma cave. J’avais quitté la boite de prod et, pour vivre, je touchais les assedics. Un jour, on a écrit ensemble une chanson qu’on a intitulé Maman a tort, on a tout de suite senti qu’on tenait un tube, mais il nous fallait quelqu’un pour la chanter. On a d’abord trouvé une jeune fille de quinze ans dont l’âge posait tellement de problèmes juridiques qu’on a du abandonner avec elle, alors qu’on avait déjà été en studio. Avec Laurent, on a décidé d’organiser un casting, comme des pros. Quelques jeunes filles sont venues auditionner, les copines des copines, accompagnées par les parents : c’était très folklo… 

  

Mylène y était ?  

Oui, mais on la connaissait déjà. C’était une copine depuis quelques temps. On a préféré travailler avec elle, surtout qu’ont avait rencontré personne d’extraordinaire dans les dix filles qui s’étaient présentées. 

  

 

Vous n’avez pas osé lui dire non ? Ou était-elle mieux que les autres ?  

 

Je ne veux pas dire de mal de Mylène. Honnêtement, elle correspondait à ce que Laurent et moi, nous recherchions. En plus, cela m’aurait blessé de lui dire non. Quand elle a su qu’on organisait le casting, elle était déjà sur les rangs. Pourtant, elle a été humble et discrète, ne cherchant pas à s’imposer à tout prix. 

  

Une fois « Maman a tort » terminé, comment avez-vous fait pour signer chez RCA ? 

Cela a été très difficile. Personne ne voulait de Mylène. On a fait un premier tour des maisons de disques et comme toutes les réponses étaient négatives, on a prétexté qu’on avait refait le mix pour retourner les voir. En fait, c’était faux. Ils nous ont reçu une deuxième fois, mais les réponses sont tombées à nouveau. Le « Non » était unanime. On s’est accrochés, on a repris le même stratagème du « On a refait le mix », pour obtenir un troisième rendez-vous. C’était cependant toujours la même cassette. Et là, s’est produit le miracle : un an après le début de nos démarches, François Dacla a décidé de nous signer chez RCA en licence (Mylène n’était pas une artiste maison). Nous étions soulagés, mais le disque est sorti tel quel timidement, avec un instrumental en face B, car nous n’avions pas de budget pour faire un autre titre. La promo RCA n’y croyait pas beaucoup, pour eux on était des OVNI, notre production n’étant pas dans l’esprit de l’époque. Chez RCA, Michel Elmosnino, qui avait paraphé le contrat, a cependant été très sympa avec nous. 

  

 

La galère était finie ?  

 

Non, pas du tout. Car une fois qu’on a fait la pochette, tout le monde chez RCA a oublié que le disque devait sortir. On a du donner une partie des éditions à Bertrand Lepage pour qu’il défende le titre auprès des médias, et une autre partie à l’éditeur Frédérick Leibovitz. C’est à la suite de cela qu’on a fait une deuxième pochette de « Maman a tort », un maxi, et la version anglaise, My mum is wrong, qui est une idée de Leibovitz. Si on s’était écoutés, avec Mylène et Laurent, on aurait fait des versions en toutes les langues, y compris en chinois. Le disque n’est malheureusement sorti qu’en France et au Canada, puisque j’ai une copie de ce dernier pays. 

  

 

Combien de temps Maman a tort a t’elle mit  pour exploser ?  

 

Le disque n’a jamais vraiment explosé. On a du faire, à terme, 100 000 exemplaires, ce qui, pour l’époque (NDLR : l’année 1983 est l’année où le nombre de 45 tours vendus en France a atteint son record historique), n’était pas terrible, comparé au million d’exemplaires atteint par les disques de Jeanne Mas ou d’Axel Bauer. On était cependant bien exposés. 

  

 

Le disque suivant On est tous des imbéciles était aussi le fruit d’une collaboration entre Laurent et toi ?  

 

Non. Pour le premier disque, j’avais fait les textes seul et on avait fait la musique ensemble. En revanche, pour le second, j’ai fait la face A, On est tous des imbéciles, et Laurent a signé la face B L’annonciation. On est tous des imbéciles, comme Maman a tort a d’ailleurs été écrite avant que Mylène ne soit sélectionnée pour chanter. En un mot, Mylène m’a chanté, mais je n’ai jamais écrit en fonction de sa personnalité. Quand j’ai fait On est tous des imbéciles, je me disais que l’interprète ce serait moi. Aujourd’hui, je referais volontiers cette chanson dans un disque ou sur scène. C’est une belle chanson. Quand j’ai fait mon show-case à Bercy, j’y ai pensé très fortement. Mais en 1984, ce disque de Mylène n’a pas du tout marché, je dirais même que ce fut un échec, puisqu’on en a vendu 40 000. Contrairement à Maman a tort, il n’y a même pas eu de clip, car c’était une époque où la télévision n’était pas d’accord avec les producteurs de disques pour les droits sur les diffusions. En revanche, on a fait pas mal de radios. Un jour, Laurent et moi avions accompagné Mylène à RMC. Dès notre arrivée, on a entendu « Tiens, voilà les Gentleman Farmer ! ». Je dois donner toujours une impression très british, car j’ai lu sur moi dans la presse, il y a quelques mois : « Dahan, le Dandy déliquescent ». C’est une belle image, mais je ne sais pas si c’est vraiment moi

  

 

L’échec de On est tous des imbéciles, c’est ce qui a causé la fin de ta collaboration avec Mylène ?  

 

Non. On avait un contrat pour deux simples chez RCA. C’est à ce moment là qu’Alain Lévy décide de créer Polygram nouvelle version. On l’a rencontré et on a signé Mylène chez Polydor pour plusieurs albums. C’est là que les problèmes relationnels ont commencé. Pour moi, je voyais plus Mylène comme une nouvelle Françoise Hardy que comme une Jeanne Mas puissance 10. Mais tout le monde, que ce soit Laurent ou les gens de Polydor ne voyaient qu’à travers Jeanne Mas. Elle était la référence suprême. Je n’étais pas d’accord, elle ne me fascinait qu’à moitié avec sa gestuelle, sa production, son look… J’ai donc repris mes chansons que Mylène s’apprêtait à enregistrer et je suis parti. 

  

 

En 1985 sort Plus grandir et en 1986 Libertine, tu n’étais plus là ?  

 

Non. Mais je dois avouer que Laurent et Mylène ont eu raison d’aller dans cette direction. Plus grandir n’a pas marché. En revanche, Libertine a été un gros succès. J’ai été content pour eux sans comprendre qu’un phénomène était en train de naître. Il m’a fallu des mois pour réaliser ce qui se passait. Je voyais des beaux clips, des images grandioses, mais pour moi qui connaissait la petite Mylène, fragile, sensible, ça ne sonnait pas, ça ne fonctionnait pas. Je ne me rendais pas compte qu’elle allait marquer aussi fort son époque. Aujourd’hui, quand je la vois, je ne juge plus, car je ne sais pas qui elle est devenue. Je ne peux plus savoir si l’image qu’elle donne est le reflet de ce qu’elle est ou pas. 

 

 

Ça rapporte beaucoup de droits d’auteur Mylène ?  

 

Les deux singles de l’époque m’ont rapporté peu de choses. En revanche, comme elle en chante les chansons sur scène, ils sont dans son « Live », qui lui s’est très bien vendu. Je n’ai pas vu le concert, mais la version de Maman a tort que j’entends dans le disque me plait beaucoup. Je trouve cela très bien fait et puis, pour moi, c’est une énorme émotion que de l’écouter, surtout qu’elle démarrait ses concerts avec cette chanson. 

 

C’est difficile d’écrire une chanson « historique » comme celle-là ?  

 

Je ne sais pas. Il y avait une espèce de grâce sur cette chanson. Il y avait quelque chose qui nous dépassait, je le sentais à l’époque. Je ne me disais pas « Je suis génial d’avoir écrit ça », mais « Ce truc là est génial », comme si ma main avait été guidée par une force supérieure. C’est très curieux. 

 

  

Depuis Mylène vous a t’elle aidé ? Renvoyé l’ascenseur ? 

 

Quelquefois. Je tombe souvent sur des articles où elle raconte son passé de façon honnête. D’autres fois, ses propos sont moins objectifs. Mais là, je me dis que ce sont peut-être les journalistes qui ont transformé ses propos. Comme j’en souffre beaucoup, je préfère cette solution. Je ne voudrais pas que mes propos soient déformés et que Mylène ou Laurent lisent des trucs horribles sur notre passé commun, qu’en plus, je n’aurais pas dit. 

  

 

Tu as des souvenirs sympas avec eux ? 

 

2338036563_small_1Des milliers. Je me souviens quand, avec Laurent, Mylène venait chez ma mère, qui avait un grand appartement. Il y avait une grande pièce avec un piano, et on y répétait la « mise en scène » des chansons. Mylène avait du mal à appréhender tout cela, et on devait, Laurent et moi, lui apprendre les chorégraphies. Mylène n’avait pas du tout de vision, de conscience de son corps. On se mettait tous à danser sur Maman a tort ou On est tous des imbéciles et ma mère nous regardait un peu amusée. Ça ne devait pas ressembler à quelque chose de très pro. C’était tellement sympa, tellement sincère que c’est peut-être aussi grâce à cela que ça a marché. La perfection est toujours la chose la plus redoutable. Aujourd’hui, quand je la vois danser, je suis très étonné. Je n’aurais jamais imaginé qu’elle puisse arriver au niveau où elle en est

 

 

  

Pas de regrets ? 

 

Quand on me dit aujourd’hui que j’ai raté l’occasion de ma vie, je ne sais que répondre. Qui aurait pensé qu’elle aurait cette carrière ? Depuis cette époque de ma vie, la plupart des gens que j’ai rencontrés ont été fascinés par ma collaboration avec Mylène. Bien sûr que je suis flatté d’avoir participé à cette réussite, mais maintenant je ne veux pas faire ma promo à travers Mylène, je veux surtout exister par moi-même. 

 

 

ON EN PARLE …. 

 

MUSIQUE – Jérôme DAHAN  était le parolier de Mylène Farmer à ses débuts… 

 

richedahanOn lui doit le premier tube de Mylène Farmer, «Maman a tort», en 1984. Jérôme Dahan, 48 ans, est mort le 11 octobre dernier, annonce lundi Charts in France. Il a succombé à «une longue maladie qu’il combattait depuis des années et a été enterré quatre jours plus tard dans l’intimité, en présence de sa famille et de ses amis les plus proches», rapporte le site dédié à la chanson française. L’annonce de sa mort a été officialisé par Hugues Royer, auteur d’une biographie sur la chanteuse, samedi. 

 

Jérôme Dahan avait ensuite signé les paroles et la musique de la chanson «On est tous des imbéciles», le premier échec commercial de Mylène Farmer. Cette collaboration sera la dernière. Jérôme Dahan prend ensuite ses distances avec le duo Mylène Farmer-Laurent Boutonnat à cause de désaccords sur la suite à donner à la carrière de la chanteuse. Celle-ci et son pygmalion s’étaient toutefois pressés au chevet de leur ancien parolier, en février 2009, lorsque Jérôme Dahan avait été hospitalisé. 

 

 

Jérôme Dahan s’est éteint le 11 octobre 2010. 

 

Pure People 

  a publié : Le Lundi 18 Octobre 2010 à 13:48 

 

« Jérôme Dahan est l’un des artisans qui ont révélé la plus mystérieuse des stars françaises : Mylène Farmer. En 1984, avec Laurent Boutonnat, Dahan lui écrit et compose son premier tube, Maman a tort, écoulé à 100 000 exemplaires. 

 

Charts in France vient d’annoncer le décès du musicien, survenu le 11 octobre dernier, à l’âge de 48 ans. Il a « succombé à une longue maladie qu’il combattait depuis des années et a été enterré quatre jours plus tard dans l’intimité, en présence de sa famille et de ses amis les plus proches. » L’annonce de ce décès a été officialisée par Hugues Royer, auteur d’une biographie de Mylène Farmer

 

On doit également à Jérôme Dahan le second single de Farmer, On est tous des imbéciles, un échec qui marque la fin de leur collaboration, peu avant l’ascension fulgurante de la star. Pourtant, en février 2009, la chanteuse s’est rendue à plusieurs reprises au chevet de Dahan suite à son hospitalisation. 

 

 

 

JeromeDahan

 

 

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NATHALIE RHEIMS

Posté par francesca7 le 21 août 2011

 

NATHALIE RHEIMS 190776-nathalie-rheims-25-03-09-637x0-1

Nathalie (Alix Jeanne) Rheims est un écrivain et productrice française née le 25 avril 1959 à Neuilly-sur-Seine.

 

Liens familiaux

Nathalie Rheims est fille de Maurice Rheims, commissaire-priseur et académicien et sœur de la photographe Bettina Rheims. Elle a épousé Léo Scheer en 1989, puis fut la compagne du producteur de cinéma Claude Berri.

Elle est apparentée à la famille Rothschild, descendante à la fois par son arrière-grand-père (branche dite « von Worms ») et par son arrière-grand-mère (branche dite « de Naples ») du banquier Mayer Amschel Rothschild (1744-1812), fondateur de la dynastie.

Biographie

Elle débute sa carrière artistique comme comédienne de théâtre. Tout juste âgée de 17 ans, elle entre au conservatoire de la rue Blanche. Pendant 7 ans, soit jusqu’en 1983, Nathalie Rheims poursuit sa carrière d’actrice en alternant théâtre et téléfilms. Elle est surtout connue pour ses succès discographiques sous le nom d’Alix (Asphalte, Expérience inconnue). Deux ans plus tard, Nathalie Rheims devient productrice, d’abord pour TV6 dirigée par Léo Scheer, première version de M6, puis pour France 2, en produisant avec Léo Scheer l’émission sur l’art Haute curiosité présentée par Claude Sérillon et Maurice Rheims.

En 1999, Nathalie Rheims publie son premier roman, L’un pour l’autre (édition Galilée) récompensé par le prix du Gai Savoir. En 2000, elle publie aux éditions Flammarion Lettre d’une amoureuse morte. Puis se succèdent Les fleurs du silence et L’Ange de la dernière heure en 2001 et 2002. Toujours en 2002, Nathalie Rheims, co-produit le film Une femme deménage. En 2003, elle offre au public un nouveau roman, cette fois ci aux éditions Léo Scheer, intitulé Lumière invisible à mes yeux. Le rêve de Balthus, Le Cercle de Megiddo et L’ombre des autres paraissent en septembre 2004, 2005 et 2006, et la font entrer dans les listes des meilleures ventes.

Compagne et collaboratrice du producteur-réalisateur Claude Berri, elle crée avec lui la société de production cinéma Hirsch Productions et s’implique, au titre de producteur associé, dans les films, L’Un reste, l’autre part, Les enfants, Le Démon de midi, La Maison du bonheur, Ensemble, c’est tout, La Graine et le Mulet, Bienvenue chez les Ch’tis.

En 2007, Nathalie Rheims publie son neuvième livre Journal intime, roman aux Éditions Léo Scheer. En parallèle, son huitième roman L’Ombre des autres devrait à être porté à l’écran, avec Mylène Farmer dans le rôle principal.

En 2008 paraît son dixième roman : Le Chemin des sortilèges aux Éditions Léo Scheer.

270171_rheimsNElle est aussi d’entourage avec la chanteuse française Mylène Farmer

Et justement, elle a dressé un magnifique portrait de mon idole Mylène Farmer,  en 2008, dans Madame Figaro ; intitulé : MYLENE FARME de toutes les façons (paru dans Madame Figaro 2008 – pages 68 et 70) que je partage avec plaisir, ici avec vous ….. 

 

Belle déclaration 

Portrait de Mylène Farmer par Nathalie Rheims 

« Comment parler de toi ? Comment dire, sans dire, ce que tu es ? Décrire ton être. Ecrire ton existence. Raconter. Passer par les mots. Tourner autour de ton âme comme on découvre le ciel, comme on explore une galaxie inconnue. Faire ton portrait, toi que je sais, toi que j’aime tant. Exercice impossible puisque c’est le silence qui tisse la trame de tout ce qui nous lie. S’il y avait un titre à ce commencement, ce serait « l’Une pour l’autre ». De ton amour, de ta confiance, je me sens la gardienne, et je veille sur ce privilège. 

 

Silencieuse et secrète – n’est-ce pas ainsi que te décrivent tous les livres qui te sont consacrés ? Mystérieuse aussi, puisque telle est ta nature profonde. Ceux que tu aimes deviennent des coffres inviolables où reposent des fragments de toi comme les pièces d’un trésor. Pourtant, il n’y a rien d’indicible, de caché, tout est dans ce que tu écris, dans les strophes qui nous viennent par ta voix, si ce n’est ce que toi-même tu as oublié. 

 

Je te regarde à travers le miroir magique où chacun aime à se reconnaître, et je traverse ce prisme pour rejoindre ton reflet. Je m’approche, pose mes mains sur la vitre, le verre tremble comme une eau limpide. 

 

J’effleure la surface du bout des doigts, tu apparais dans la transparence. Dehors le soleil irradie le paysage, mais les persiennes restent closes. Tous les mots son jetés, épars, à travers la pièce. Tu me souris, les ramasses un à un et les jettes dans un grand sac. Tu me fais signe de te suivre. Tu avances, projetant sur le sol ton ombre qui guide mes pas, la lumière filtre derrière les volets et reste invisible à nos yeux. 

 

Laisse-moi te suivre dans l’ombre de ton âme, et puisqu’il faut choisir, laisse-moi devenir l’autre, à la poursuite d’un je, qui se demande à quoi je sers. 

 

 « Plus grandir », dis-tu mais comment continuer ? Te raconter au creux de tes phrases. Montrer, apparaître. S’effacer. Faire silence. Mourir puis renaître. Trouver la force. Les images de toi se forment comme des clignotements d’éclats électriques. Toi, si proche, personne ne peut imaginer à quel point tu es simple dans la vraie vie, celle que nous partageons, loin des fantasmes et des folies. 

 

Humaine, si près de ceux que tu aimes, si attentive à tout, à tous. Tu poses des questions, écoutes les réponses avec précision, soucieuse du bien-être de tes amis, soudée à ta famille, faisant cors avec celui que tu aimes. Si loin de tout ce qui peut se dire ça et là, dans ces tombeaux de papier. 

 

En savoir davantage, c’est l’impression que voudraient donner ceux qui écrivent sur toi sans te connaître, et feignent de croire que ton absence dans cette caravane de l’étrange, où tout le monde s’affiche et se montre, est une position cynique et réfléchie. Mais il n’en est rien. Aucun rouage, aucune stratégie dans ta décision. Juste le désir de n’apparaître que dans son travail. Le reste, la vie, le quotidien, ne recèle ni sanctuaire ni caveau dans lesquels reposeraient toutes sortes de facettes obscures. Il faut t’apprendre pour comprendre que les secrets que tu poursuis sont des valeurs d’absolu. 

 

Je pense à notre rencontre, quelque part en Corse, après nous être croisées plusieurs fois, sans nous approcher, nous regardant de loin, comme si chacune pensait que le moment n’était pas venu, qu’il fallait l’attendre. » 

 

mylene farmerNathalie Rheims a écrit aussi ça …. 

 

LAURENT ET TOI Mylène

 

Depuis, tu m’éblouis par ce mélange constant de force, de fragilité, de certitude et de doute. Parfois je me demande si tu as conscience de ce que tu es, de l’image que tu projettes et qui avance, silhouette chinois, vers le refuge de ta maison aux murs clairs, ton arche de Noé, car tu pourrais y accueillir tous les animaux de la terre. 

 

Lever l’ancre et naviguer loin, très loin. « où irons-nous ? » me dis-tu dans un éclat de rire. Où tu veux. Tu le sais. Mais il n’est pas encore temps. 

 

« Point de suture », tu en as tissé la trame avec Laurent Boutonnat. Comment écrire sur toi sans évoquer Laurent ? Là aussi, tant de projections, d’à peu près. Vous êtes les deux faces d’un monde qui n’appartient qu’à vous. Vous avez fermé la frontière pour baliser vos territoires, qui se rejoignent dans un univers où personne ne règne en maître. Je crois que cela s’appelle une alliance. 

 

C’est un album clair, l’ombre a pris le large, laissant derrière elle des chansons qui s’éparpillent dans des chagrins anciens. La nature est changeante, dis-tu, mais le brouillard s’est levé, on est passé à l’heure d’été. Les vents continueront de te tourmenter, mais nous repousserons les hivers. Changer pour devenir une autre tout en restant la même. Et se donner à soi-même. 

 

Tu apparais à nouveau à l’intérieur de ces plaies refermées dans l’œil de la caméra de Bruno Aveillan, qui filtre chaque étincelle. Tu surgis, fée surnaturelle, projetant le flux sidéral d’un amour universel. Tu réveilles le monde, les nuits sont chaudes. 

 

Ils seront des milliers à t’attendre lorsque les jours auront rallongé. Tu t’y prépares, tu t’entraînes chaque jour, réfléchis, construis, dessines, collabores avec tous ceux qui t’accompagnent dans ce nouveau chapitre. Avant le Stade de France, les 11et 12 Septembre 2009, il y aura la tournée – l’anxiété, le cœur qui cogne, les tempes qui se serrent. Mais tout sera, j’en suis sûre, comme tu l’avais imaginé. 

 

Je te regarde, en écrivant ces mots, tandis que sur un grand édredon blanc, tu scandes « Appelle mon numéro ». Combien de fois, chaque jour, nous arrive-t-il de le faire ? Les saisons passent et tu attends un signe qui ne viendra peut-être pas. Benoît di Sabatino a saisi, dans ses images, la petite fille qui demeure. « Sans Contrefaçon », telle que tu es, à la fois douce et volontaire. 

 

nathalie_rheims_diaporama_largeEt aussi ceci…. 

Vierge ou démon 

Je dessine ton visage à l’encre de mon stylo. J’en connais chaque détail, chacun des contours. Tu te transformes, passant les saisons, les débordant « sans logique », jusqu’à écrie « je me quitte », mais c’est pour mieux te transfigurer. Passer de la femme à l’androgyne, de la vierge à la figure du diable, pour toi ce n’est qu’n jeu d’enfant. Pourtant la dualité te possède et t’interroge. Tu parles de l’ange, la face tournée vers les ténèbres, tes éclats de rire, tes moments de tristesse, parce que ta fragilité au monde est comme du cristal qui peut se briser à chaque dissonance « Ange, parle-moi, dis-moi si tu est là ». C’est bien toi qui l’as écrit, alors écoute. Ceux qui ont disparu veillent, souvent tu me dis ; « Si on allait voir des fantômes ? », mais où se cachent-ils ? Tu aimes jouer avec les feux follets, explorer l’inconscient, te promener dans le surnaturel, mais c’est toujours dans tes poèmes que l’au-delà surgit, que les anamorphoses transfigurent les images, dans tes textes que les rêves sont les plus accessibles. 

Tu apprivoises la mort par la magie des mots, repoussant l’idée du néant. Tu aimes te balader dans les cimetières, parce que leur calme et la beauté des pierres t’apaisent. Tu penses, si souvent, je le sais, à ceux que tu as perdus, même si tu n’en parles pas. « Si j’avais au moins revu ton visage, entrevu, au loin, le moindre nuage ». Qui peut savoir si, à force de le dire, de le chanter, quelque part, peut-être, quelqu’un t’entendra. 

Tes yeux prennent la couleur du cuivre pour se fondre dans le reflet de tes cheveux. Les vanités d’émail sertissent chacun de tes doigts comme autant de protections, de talismans. 

La vie avance, l’âge semble t’ignorer. Ton portait serait-il caché quelque part, scellé dans un réduit dont toi seule posséderais la clé ? Aurais-tu passé un pacte avec l’ange ? Et lorsque tu lui parles, est-ce qu’il te répond ? C’est lui, sans doute, qui a fait se croiser nos routes. 

Ecrit Par Nathalie Rheims dans Le Figaro 2008. 

 

Drag and drop mePersonnellement, je suis restée en extase devant ces écrits représentant si bien notre Mylène et je ne voulais pas perdre ce magnifique portrait ; désormais, il est consigné dans ce blog pour l’éternité… pour mon plaisir  et peut-être aussi pour le vôtre !Drag and drop me 

 

mylene farmer

 

 

Pour moi, Mylène Farmer rime également avec la Spiritualité : http://devantsoi.forumgratuit.org/

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Que mon cœur lâche

Posté par francesca7 le 20 août 2011

Nous sommes en novembre 1992 : les ventes de l’album « L’autre » sorti un an et demi plus tôt atteint maintenant les 1 800 Que mon cœur lâche dans Mylène 1991 - 1992 1933474305_small_9000 exemplaires. C’est d’ailleurs à ce jour l’album le plus vendu de Mylène !
Pourtant la chanteuse prépare une surprise pour tous ses fans : sa première compilation ! Mais là où une Lio ou Jeanne Mas ordinaire aurait sorti un best of, Mylène préfère innover avec la sortie d’une double compilation des meilleurs remixes de ses tubes précédents intitulée « Dance remixes » (incluant 2 remixes inédits). Il faut noter qu’au début des années 90 c’était un choix très rare de compiler les « versions longues » de ses chansons, choix que l’on pourrait qualifier de précurseur.

Comme premier extrait de cette compilation, une titre inédit « Que mon cœur lâche » traitant d’un sujet plus que d’actualité : le sida et les préservatifs. « J’ai essayé de ne prendre aucun engagement. Faut-il en mettre ou ne pas en mettre ? Il me semble évidemment qu’il faille en mettre, mais ce n’est pas le message que je voulais faire passer dans la chanson. Il n’y a pas de message d’ailleurs dans cette chanson, simplement un constat sur l’amour de nos jours. Un amour perverti par la menace de la maladie, par la question du préservatif, qui se pose d’emblée dès que l’on ressent un élan vers l’autre. En clair, je dis que chacun doit prendre ses responsabilités devant la maladie. Chacun est en effet confronté à cette réalité, et je trouve ça triste. On ne me fera pas dire que mettre un préservatif est lâche. Dans la situation actuelle, la conduite à adopter pour se prémunir contre la maladie me parait aller de soi. »
A noter que 5 ans auparavant, en 1987, Mylène Farmer avait posé, une boite de préservatifs à la main, auprès de 25 autres artistes pour une photo à la une du magazine VSD proclamant le message : « Vive l’amour, mais apprenez à vous protéger ».

C’est Etienne Daho qui serait à l’origine de la chanson « Que mon cœur lâche ». En effet, celui-ci désirait commercialiser une compilation « Urgence – 27 artistes pour la recherche contre le SIDA » qui regroupait des chansons inédites de 27 artistes français dont Mylène Farmer. C’est pour cette compilation que la chanteuse avait enregistré « Que mon cœur lâche » qui ne sera pas retenue à cause des paroles jugées ambiguës. Ce sera la chanson « Dernier sourire » qui sera préférée, spécialement réenregistrée pour l’occasion dans une version épurée.

Le single sort sous 45T, maxi 45T et CD single 2 titres. A noter l’absence étonnante de maxi CD… Pour la pochette du single et de l’album « Dance remixes », Mylène ressort les photos prises pour la pochette du single précédent « Beyond my control ».

Le clip est pour la première fois tourné par un « étranger », disons autre que Laurent Boutonnat (occupé par le tournage du film Giorgino), à savoir Luc Besson. « Je connais bien Luc Besson. Nous nous sommes rencontrés, il nous a invité Laurent et moi en Arctique pour un très très beau voyage donc nous le connaissions bien et puis c’est un très bon metteur en scène. […] Nous avons des univers assez différents et Luc je crois a su nous apporter une légèreté et peut être une dédramatisation par rapport au thème de la chanson. ».
Le clip, assez drôle, met en scène Dieu, des libertins, Michael Jackson, des homosexuels… Mylène, en tant qu’ange de l’amour gardien recommandé par Dieu se doit de faire un constat sur ce qu’est devenu l’amour. Elle reviendra pervertie de son périple !

Mylène Farmer enregistre 2 télés dont une prestation aux World Music Awards où elle remporte le prix de l’interprète francophone ayant vendu le plus de disques en 1992. Prix qu’elle recevra en murmurant ces quelques mots (en anglais) : « Merci beaucoup. Je vous souhaite une bonne nuit ».

Le titre sera interprété lors de la tournée 1996 dans une version énergique. Mylène danse alors autour d’une barre en fer verticale. De part et d’autre de la scène, ses 2 danseurs dansent enfermés dans d’immenses sphères en plastique.
La chanson sera également interprétée lors des dates russes de la tournée « Mylènium Tour ».

A noter la version anglaise intitulée « My soul is slashed », principalement éditée pour l’Allemagne.

Publié dans Mylène 1991 - 1992 | Pas de Commentaires »

On est tous des imbéciles

Posté par francesca7 le 16 août 2011

 

On est tous des imbéciles dans Mylène 1985 - 1986 114421207On est tous des imbéciles est le deuxième single de la carrière de Mylène Farmer sorti en janvier 1985. Il propose L’Annonciation (écrite et composée par Laurent Boutonnat) en face B. Ce single, qui s’avère être un échec (à peine 40 000 exemplaires vendus) marque la fin du contrat qui lie Mylène Farmer et Laurent Boutonnat à la maison de disques RCA. En effet, François Dacla, alors directeur artistique de la firme, accepte cette chanson après de nombreuses errances pour les deux artistes, dans un contrat n’incluant que deux quarante-cinq tours avec obligation de succès. Cette chanson, qui ne dispose pas d’un vidéo-clip, n’apparaît dès lors sur aucun album ou compilation et n’est jamais reprise.

Cet échec marque également la fin de la collaboration entre le duo artistique et Jérôme Dahan. En effet, ce dernier est en désaccord avec l’orientation avec Laurent Boutonnat quant à l’orientation à donner à la carrière de la jeune chanteuse : si celui-là désire qu’elle emboîte le pas à Françoise Hardy, celui-ci a davantage pour modèle Jeanne Mas, dont le succès est alors considérable.

Single par Mylène Farmer

 

 

Face A 

On est tous des imbéciles 

 

Single par Mylène Farmer

Publié dans Mylène 1985 - 1986 | Pas de Commentaires »

L’heure des bilans pour Mylène

Posté par francesca7 le 16 août 2011

  

La conclusion est sans appel : les deux mentors de Mylène : Boutonnat et Dahan sont en total désaccord quant à l’orientation à faire prendre à la carrière de leur vedette. Si Jérôme Dahan la voit en une nouvelle Françoise Hardy, Laurent L’heure des bilans pour Mylène dans Mylène 1985 - 1986 1414079591_smallBoutonnat et Bertrand Le Page se sont mis en tête de détrôner la grande star de l’époque : Jeanne Mas !

 

Fascinés par l’incroyable ascension de l’interprète de Toute première fois, ils espèrent que Mylène connaîtra un jour la même carrière, une perspective qui ravirait grandement la chanteuse. C’est donc sans hésitation qu’elle choisit son camp. Une énorme déception pour Jérôme Dahan qui avait déjà écrit plusieurs titres destinés à un premier album.

 

Ni elle et ni Laurent Boutonnat ne veulent continuer de travailler avec lui. C’est une rupture professionnelle et personnelle qui met fin à tout débat. Déboussolé par cet inattendu revirement de situation, Jérôme Dahan tente néanmoins de raisonner Mylène car il la juge trop fragile pour devenir une machine de guerre dans cet univers impitoyable.

 

Hélas, et heureusement pour la suite de la carrière de la chanteuse, c’et elle qui demandera à son compositeur d’abandonner l’aventure. Mylène veut réussir à tout prix. En réalité, au fond d’elle-même, elle ne souhaite même pas empiéter sur les plates-bandes de Jeanne Mas. Non, elle veut créer sa propre identité musicale : devenir Mylène Farmer, l’une des plus grandes chanteuses de ces prochaines années.

 

A croire que la chance n’attendait que le départ de Jérôme Dahan pour venir frapper à la porte sous les trait d’Alain Lévy de la célèbre maison de disques Polidor, qui croit dur comme fer au potentiel de la jeune Mylène et qui décide de signer pour deux albums. En prenant toutefois le soin de stipuler dans le contrat que si le premier album fait un flop, ils devront se séparer.  Téméraire peut-être, mais pas suicidaire…

 

Vidéo avec clip….Image de prévisualisation YouTube

Publié dans Mylène 1985 - 1986 | Pas de Commentaires »

Libertine – 4ème 45 tours

Posté par francesca7 le 16 août 2011

  de 1986 

 

Libertine – 4ème 45 tours dans Mylène 1985 - 1986 mylene-farmer_single_libertine_45-tours-france-premier-pressage_002minLibertine, le quatrième 45 tours de Mylène est présent dans les bacs des disquaires en début 1986 . Sur cette première pochette, Mylène apparaît encore brune, vêtue d’une robe orange au décolleté pigeonnant. Hélas, et ce malgré le refrain accrocheur et le texte, on ne peut plus osé, les ventes ne décollent toujours pas et le 45 tours semble être boudé par le public qui préfère toujours se ruer sur les disques de cette éternelle rivale, Jeanne Mas… 

 

Et pourtant, Bertrand Le Page et Laurent Boutonnat sont intimement persuadés d’avoir entre leurs mains le tube qui leur manque tant ! Tous les ingrédients sont là pour en faire une véritable bombe. Aussi, il est hors de question de laisser passer le rendez-vous avec le succès qui vient les narguer sous leur propre nez !

 

 

Dans la foulée, Mylène et Laurent Boutonnat enregistrent la maquette de leur premier album, Cendres de lune, dans le petit studio de Jean-Claude Déquéant pour mixer ensuite l’ensemble au studio du Palais des Congrès. Malgré la tension d’un avenir incertain, l’album se conçoit dans une ambiance de franche rigolade car chaque protagoniste est persuadé de faire un album différent et qui va faire parler de lui en bien. Au cours de l’enregistrement des musiques, Mylène se promène, toujours souriante, entre le balcon où elle se fait bronzer et les garçons qui restent concentrés sur tous les aspects techniques de l’album.

 

MF80_160a dans Mylène 1985 - 1986

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