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Olivier Theyskens et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 25 mai 2013

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Olivier Theyskens et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE rmymi-adio-02-cOlivier Theyskens est né en 1977 d’un père belge ingénieur en chimie et d’une mère française. Enfant, doué pour le dessin et doté d’un sens précis du détail, il veut « être une fille », car il est« jaloux que les filles deviennent des princesses et portent des jupes, ça m’a tourmenté ».

Ses parents ont encouragé son intérêt pour la couture apparu très jeune : à sept ans il déclare déjà qu’il souhaite « faire de la haute couture ».

En octobre 1995, à l’âge de 18 ans, il entre à l’école de École Nationale Supérieure des Arts Visuels de la Cambre pour étudier la couture. Il la quitte dès 1997 pour lancer sa propre marque. Ses premières collections sont souvent qualifiées d’« extravagances gothiques » ; il n’hésite pas à utiliser de simples draps de lits réclamés à sa grand-mère. Mais disposant de peu de moyens financiers, l’expérience tourne court, malgré un certain succès commercial. Son amie Laetitia Crahay, assistante-designer chez Chanel dira « je ne m’inquiète jamais pour Olivier, c’est un gagnant ».

Olivier Theyskens poursuit alors son expérience en créant les costumes du Théâtre de la Monnaie. Mais il continue à dessiner des vêtements comme un passe-temps. Il se fait remarquer à seulement 21 ans quand la chanteuse Madonna, en 1998, porte l’une de ses robes en satin noir aux Academy Awards. Viendra également Mylène Farmer qui apparait alors dans JE TE REND TON AMOUR lorsqu’elle entre dans un confessionnal, vêtue d’une superbe robe rose et blanche du couturier Olivier Theyskens.

Depuis trois saisons, le créateur belge Olivier Theyskens, qui défile à la Fashion Week de New York ce lundi 10 septembre 2012, triomphe chez Theory. Portrait. 

S’il ressemble à Jésus, Olivier Theyskens est surtout, depuis peu, le visage du « middle luxury », concept qui associe un design créatif et de jolies matières à des prix franchement raisonnables. Voilà trois saisons, ce beau page au teint d’albâtre encadré de baguettes noires soyeuses choisissait en effet de donner un virage tout à fait iconoclaste à sa carrière couture. Après avoir enchanté -et parfois étonné- comme directeur artistique de Rochas (de 2002 à 2006) puis de Nina Ricci (2006-2009), il quittait Paris pour New York, et les salons ouatés du VIIIe arrondissement pour une entreprise plus mass market: Theory, une griffe lancée en 1997. 

Les vêtements y sont contemporains mais ni trop pointus ni trop chers, afin de toucher l’Amérique moyenne. La marque est entrée en 2004 dans le giron de Fast Retailing, le groupe japonais propriétaire d’Uniqlo ou deComptoir des cotonniers. En même temps qu’il a l’oeil sur l’ensemble de Theory, le créateur signe Theyskens’ Theory (TT), sa ligne dotée d’une touche plus personnelle et plus affûtée. Où l’on retrouve les tocades de ce trentenaire exigeant: des lignes pures, une allure urbaine et néanmoins enchanteresse, un romantisme aux tonalités sombres. En somme, avec TT, on s’offre du Theyskens démocratisé, de la même manière qu’on s’achète désormais du Felipe Oliveira Baptista à prix accessible chez Lacoste

« Je suis heureux de dessiner de « vrais » vêtements »

« Je ne pense pas être sorti du luxe », assure Theyskens, qui s’appuie sur une équipe de six stylistes et un atelier d’une centaine de personnes, installé à Meatpacking, à New York. « Cette notion m’habite depuis mes débuts, mais je ne voulais pas m’emprisonner dans ce privilège. Je suis heureux de dessiner de « vrais » vêtements, qui vont aller à la rencontre de femmes réelles dans la rue, confie-t-il. Cela me convient parfaitement, car je n’ai jamais travaillé à partir d’un fantasme ou d’une muse. De plus en plus, quand je dessine, je me dis : « Si j’étais une fille, aurais-je envie de porter cela ? » ou « Au-delà du délire esthétique, est-ce flatteur ? »" 

Un sens du réel assez nouveau pour Theyskens, Belge diplômé en 1997 de l’Ecole nationale supérieure des arts visuels de la Cambre, à Bruxelles, à la sortie de laquelle il fit sensation en lançant sa griffe, d’une grâce folle et nourrie de références oniriques. Dès 1998, alors qu’il n’a que 21 ans, Madonna porte aux Oscars une de ses fameuses robes éthérées en satin noir, suivie par d’autres reines des red carpets, Nicole KidmanReese Witherspoon. Ses premiers défilés parisiens restent dans les mémoires des cérémonies à la grâce planante, emplie de robes d’héroïnes tourmentées façon épopée XVIIIe siècle, une esthétique qu’empruntera Riccardo Tisci quelques années plus tard chez Givenchy

olivier-theyskens dans Mylène et L'ENTOURAGE

« On m’a traité de gothique, je ne savais même pas ce qu’était ce courant ! »

« Beaucoup de clichés ont circulé sur moi à la suite de ces collections assez « dark », mélancoliques. On m’a traité de gothique, je ne savais même pas ce qu’était ce courant ! » En mars 2009, il est congédié de Nina Ricci par le propriétaire, le groupe Puig, sept mois avant l’expiration de son contrat, prétendument parce que ses collections coûtent trop cher à produire commercialement. Dans l’édition d’avril du VogueaméricainAnna Wintour, l’un de ses plus fervents soutiens, écrit que « le rôle vital du talent artistique a été dissous dans le climat économique actuel. Nous avons été choquées, mon équipe et moi, d’apprendre que le contrat de Theyskens ne serait pas renouvelé ».  

C’est peu après qu’Andrew Rosen, président et fondateur de Theory, parfois présenté comme le « Bernard Arnault de l’alternatif » depuis ses investissements récents dans Proenza Schouler, lui fait les yeux doux. « Il y a de brillants créateurs aux Etats-Unis mais je cherchais quelqu’un doté d’une sensibilité européenne, pour ne pas dire couture, explique Rosen. J’adore l’idée que quelqu’un comme Olivier veuille faire des vêtements démocratiques. Sa force vient du fait qu’il suit le design d’aussi près que le business. » 

La féminité que Theyskens esquisse aujourd’hui chez TT est moins empruntée, plus ambiguë et androgyne. Il y mêle des classiques urbains (vestes, jeans, shorts et tee-shirts), quelques pièces luxueuses (cuir, manteaux en fourrure), et toujours une poignée de robes longues à la gravité trouble. « La fille theyskénienne n’a jamais été premier degré, trop sexy, trop fatale. Mais, avant, j’étais dans une quête de perfection absolue, explique le créateur. Maintenant, j’apprécie au contraire une pointe de laisser-aller, quelque chose de plus cool. » Une nouvelle dégaine immédiatement désirable, un glamour street cousu de pantalons loose et de vestes masculines collant bien à New York, ville où il compte ses plus grandes fans, Anna Wintour, donc, mais aussi Sarah Jessica Parker ou Julia Restoin-Roitfeld.  

« Theyskens traduit en version américaine son style poétique et rock’n'roll, analyse Agnès Barret, fondatrice d’Agent Secret, agence de conseil en luxe. Il réalise avec Theory un produit moderne adapté au marché, très réaliste, portable et abordable, sans pour autant rien renier de son immense talent. Il apporte un coup de frais et de poésie urbaine sur ce que l’on appelle aux Etats-Unis le « contemporary market » (les vêtements destinés aux femmes actives). Il a gagné en maturité, et, fort de ce succès notamment commercial, je le vois bien revenir un jour vers une grande maison de luxe. » Ayant fait preuve de sa capacité de vendre, Theyskens est lui-même devenu plus « bankable » sur l’échiquier des créateurs. 

« Je n’ai pas oublié qu’il y a encore quelques années je n’aurais jamais osé entrer dans une boutique de luxe. »

Lui semble plus détaché que jamais du jeu des ego couture. « Je prends mes distances par rapport à la mode ; je me suis surpris à ne pas aimer quand les gens sont trop modeux. Je déteste les désirs de consommation liés à un affichage social. Beaucoup de gens réfléchissent à trois fois avant d’acheter un vêtement à 500 dollars. Même moi, d’ailleurs ! Je n’ai pas oublié qu’il y a encore quelques années je n’aurais jamais osé entrer dans une boutique de luxe. » Theyskens a grandi en Belgique au côté d’une mère « qui était la première à dire qu’elle n’était pas sapée », et d’un père ingénieur chimiste. Petit, il révèle un talent hors du commun pour le dessin et le sens méticuleux du détail : « J’ai vite compris, enfant, que je pouvais me faire aimer en donnant mes dessins », se souvient ce grand admirateur d’Yves Saint Laurent. Il griffonne toujours énormément, des croquis de mode et de voyage, des peintures à l’huile ou des aquarelles esquissées au Chili ou en Asie. 

L’homme est plus instinctif que cérébral. « Je laisse parler mes petites voix intérieures et ne perds pas trop de temps à tergiverser. En règle générale, j’ai assez confiance en moi. Je ne suis jamais nerveux même si je ne suis pas exempt de doutes. » Seule la vision d’un chat noir peut déclencher, chez ce superstitieux assumé, une « crise de nerfs ». « J’ai toujours aimé les contrastes dans les caractères, comme les limites entre bonheur et tristesse. La fragilité émotionnelle m’intéresse. La délicatesse, aussi », poursuit ce lecteur de Stefan Zweig. L’Antechrist de la mode ajoute : « Melancholia, de Lars von Trier, c’est moi en film. » On ne lui souhaite pas la même fin. 

http://www.lexpress.fr/

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Mylène sur RTL septembre 2009

Posté par francesca7 le 25 août 2012

Voici l’interview :

En exclusivité au micro RTL d’Anthony Martin, Mylène Farmer a choisi d’accorder sa seule interview à l’approche des deux gigantesques concerts qu’elle doit livrer au Stade de France (elle est la première chanteuse française à donner un concert dans ce stade de 80.000 places) les 11 et 12 septembre 2009. Ce long entretien, enregistré dimanche dernier à Genève, en Suisse, où la chanteuse venait de se produire, nous plonge au cœur de la nature profonde de la chanteuse avec ses angoisses, sa timidité, sur sa relation unique au public et ses vingt-cinq ans de carrière.

Mylène sur RTL septembre 2009 dans Mylène en INTERVIEW 2263790455_small_2-300x236Sur son anniversaire qu’elle fêtera au Stade de France :
« Je vais vous faire une confidence. Il y a fort longtemps que je ne célèbre plus mon anniversaire. Mais pour être tout à fait franche, un anniversaire devant 80 000 personnes au Stade de France, c’est quelque chose qui sera, je crois, incroyable à vivre. Donc j’adore cette idée là (…) Je remercie à nouveau de vive voix le public, cette fidélité. Et je vais essayer de ne pas pleurer… »

Que fait Mylène Farmer dix minutes avant d’entrer en scène ?
« J’ai auprès de moi Anthony (son meilleur ami), qui reste avec moi dans la loge. Les dix dernières minutes sont vraiment un moment de recueillement, de concentration. Laurent (son compositeur) passe cinq minutes avant d’entrer en scène, et me dis « fais le vent ». Ca veut dire « respire ». C’est une manière d’essayer de déstresser un peu. C’est vraiment dans le silence. Quant aux rituels je ne sais pas si je peux… là encore la pudeur regagne du terrain. Et quant aux objets ils sont là… »

Une fois inspirée, voilà comment Mylène Farmer écrit les paroles de ses chansons :
« Les mots s’appuient, s’accrochent, s’harmonisent avec la musique donc j’ai besoin de la musique avant d’écrire des mots. La musique m’inspire des sentiments, des sensations. »

Vous êtes seule ? Comme un écolier à son bureau ?
« Tout à fait. Dans une pièce totalement isolée. Ca j’en ai besoin. Comme un écolier, j’ai un très mauvais souvenir de la scolarité donc nous allons passer ce mot… En tout cas le travail, l’opiniâtreté est essentielle. »

Parfois dans la souffrance ?
« Je crois que c’est indissociable. La douleur parce que les doutes. La douleur physique. Il faut aller au-delà de soi. »

Est-ce que vous avez le sentiment d’avoir construit une œuvre ?
« Non. J’ai construit quelques chose. Je suis fière  de ce que j’ai pu construire, sans prétention aucune. Très sincèrement, l’obsession de laisser une trace ne fait pas partie de moi. Maintenant pour être totalement honnête j’aimerais que l’on ne m’oublie pas. Mais la vie n’est pas finie donc à moi de le construire (…)
J’écoute beaucoup de musique. Mes goûts musicaux sont assez éclectiques. J’adore Dépêche Mode, Sigur Ros, David Bowie, Juliette Gréco. Ce sont en général des artistes qui ont leur propre univers. »

Que vous inspire la mort de Michael Jackson ?
« Le tragique, la notion d’incompatibilité de vie privée et vie publique, de médias. C’était un immense artiste. C’est quelqu’un dont j’appréciais les spectacles, mais l’homme aussi, sa fragilité, sa sensibilité. C’est tragique. Je suis triste. »

Quand on la voit sur scène, elle apparaît tellement forte, vivante, qu’on ne peut pas imaginer qu’elle préfère l’ombre à la lumière, et pourtant…
« J’ai ce paradoxe en moi. Je suis capable de vivre aussi bien dans l’ombre et de m’exprimer dans la lumière. que je sais mon handicap devant 3 personnes ; je ne sais pas si je peux qualifier ça d’aisance devant 30.000 personnes mais en tout cas il y a une bascule qui se fait presque naturellement.

asj14-300x188 dans Mylène en INTERVIEWComment faites-vous pour que discrétion et provocation fassent bon ménage ?
« Toutes ces facettes font partie de moi. Je suis de nature discrète en général, de nature timide parfois, mais l’éclat de rire fait partie de moi aussi. Je crois que j’ai cette force qui me permet de surmonter toutes mes peurs, tous mes démons au moment où j’en ai le plus besoin. »

Qu’est-ce qui vous fait rire ?
« L’absurde je pense. »

Mylène Farmer face à ses démons…
« L’idée de la mort me terrifie chaque deux secondes de ma vie. Est-ce que ma propre mort me terrifie ? Parfois le mot fatalité est plutôt serein. Je me dis « bon, ça se fera de toutes façons c’est inéluctable ». Parfois elle me hante et parfois je l’oublie. »

Est-ce que vous avez apprivoisé vos peurs, vos souffrances avec le temps, avec le succès ?
« Non. Et c’est sans doute pas grave. Ou très grave je ne sais pas. Je n’ai pas la réponse. J’ai certainement pansé des plaies. Malheureusement je ne pense pas qu’on puisse faire le deuil de quelque chose. On peut tenter de faire ré-émerger la vie et des choses qui vous aident à tenir. Tout ce qui est doutes, tout ce qui est peur, sont là ancrés et là encore ça fait partie de votre sang, de vos veines. C’est sans toute nécessaire. Ca aide à une certaine créativité. »

Est-ce que ce métier a été votre survie ?
« Oui oui, définitivement oui. C’est quelque chose qui m’a aidée à m’incarner là où j’avais le sentiment plus jeune de n’être pas incarnée du tout, de n’être rattachée à rien. C’est fondamental. »

Vous dormez tranquille enfin aujourd’hui ?
« Non, ce n’est pas possible (rires). »

Ses projets :
« J’ai bien évidemment le projet d’un prochain album mais là encore c’est une page blanche. Mais très envie de m’y remettre très très vite.
(…)
« J’ai le projet d’un long métrage initié par Claude Berri que j’aimais profondément, tiré d’un ouvrage de Nathalie Reims, dont le metteur en scène sera Bruno Availlan. Et ça sera pour moi un premier rôle, un deuxième film, et j’espère une rencontre avec le public. »

Vous essaierez de laisser une  place plus importante au cinéma ?
« J’ai besoin de la musique. J’ai besoin des mots. Je suis quelqu’un d’instinctif. Le jour où je ne souhaiterai plus dire ces mots, chanter, je choisirai ce moment avant qu’il ne me saisisse. Je crois que tout art a ses limites. Quelque chose en moi me dira « là il faut arrêter ». Peut-être que cela fait partie de moi aussi cette force de caractère. En tout cas ne pas tricher avec soi-même. »

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Mylène Farmer par Anthony Martin

Posté par francesca7 le 14 avril 2012

L’interview exclusive de Mylène Farmer par Anthony Martin

Mylène Farmer par Anthony Martin dans Mylène en INTERVIEW 1999-Philippe-Salomon-002b-203x300Le 6 septembre 2009, Mylène Farmer a accordé une longue interview à Anthony Martin. Cette interview était enregistrée en début d’après-midi, dans le jardin de sa suite, donnant sur le lac Léman, à l’hôtel de la Réserve. La star s’est montrée assez prolixe au lendemain de ses premiers stades genevois et à la veille de rentrer sur Paris, pour affronter le point d’orgue de ses 20 ans de scène, avec le Stade de France…

Comment vous sentez vous au lendemain de ces premiers concerts au stade de Genève ?

Comblée mais évidemment très fatiguée (rires) mais des moments inoubliables.

Vous ne vous ménagez pas sur scène, c’est un défi physique ?

Je m’y prépare environ 6 mois avant avec mon coach Hervé Lewis. On se connaît très très bien. L’exercice physique fait partie du spectacle, mais lorsqu’on est porté par un tel public, mon public
est tellement porteur, que j’en oublie l’effort. C’est plus l’émotion qui gagne le terrain.

Vous adorez entendre chanter le public, vous les faites reprendre a capella à la fin de plusieurs chansons pour les entendre, c’est le plus beau cadeau pour un artiste ?

C’est le moment le plus magique ou un des moments en tout cas, ils s’approprient la chanson, c’est presque de l’ordre du divin, c’est exceptionnel de vivre quelque chose comme ça.

Quand on vous voit sur scène on a du mal à vous imaginer préférer l’ombre à la lumière… vous allez l’air si forte si vivante à la lumière…

Le choix de l’ombre et la lumière est le choix entre la vie privée et la vie publique, l’on peut rester vivant aussi dans l’ombre, j’ai ce paradoxe en moi, je peux vivre dans l’ombre et m’exprimer dans la lumière.

On a l’impression que votre timidité est transcendée lorsque vous êtes sur scène face à 30 000 personnes comme hier soir, vous l’expliquez comment

Je crois que je n’ai pas d’explication, je l’ignore moi-même si ce n’est que je sais mon handicap devant 3 personnes, je ne sais pas si je peux qualifier ça d’aisance devant 30 000 personne, mais il y a une bascule qui s’opère naturellement, j’ai finalement plus de difficulté devant 2 ou 3 personnes que devant une immense audience.

Parce que vous n’avez pas à leur parler, vous êtes là pour leur offrir et recevoir, c’est peut-être ça ?

En tout cas les mots sont à travers mes textes, et puis là pour le coup il n’y a rien de préparé, lorsque j’ai envie de dire quelque chose c’est quand j’en ressens le besoin, là c’est place au naturel, c’est place à l’émotion en direct pour le coup. Sur scène vous incarnez vraiment l’intimité et la grâce dans une mise en scène gigantesque.

Quel est le secret pour marier tout ça ?

MF2000_113a dans Mylène en INTERVIEWJ’ai toujours aimé, en tout cas avoir besoin du gigantesque et du spectaculaire. J’ai aussi besoin de moments d’intimité, c’est ce que nous avons essayé de créer sur ce spectacle avec le proscénium et la croix qui est au centre du stade même. C’est là que l’on crée un moment intime qui est de l’ordre de la communion. Malgré ce grand nombre, ce grand nombre devient alors un.

Il y a un autre couple qui vous compose sur scène, c’est discrétion et provocation. Comment les faites-vous cohabiter ?

Toutes ces facettes font partie de moi, je suis de nature discrète, parfois timide mais l’éclat de rire fait aussi partie de moi, j’ai à la fois cette fragilité mais aussi cette force qui me permet de surmonter
toutes mes peurs, tous mes démons au moment où j’en ai le plus besoin.

Il ne reste plus que 3 concerts avant la fin de cette tournée 2009, avez-vous une appréhension de l’après-tournée ?

Je l’ai depuis le premier jour, puisqu’on sait que tout a un début et une fin, maintenant quant à la gestion de ce grand vide, cela m’est très personnel mais je ne vous cache pas qu’il y est un vide qui est presque insurmontable. Le secret c’est de se re-projeter dans une création, non pas pour oublier mais pour se redonner la force de continuer et de vivre.

Que fait Mylène Farmer dix minutes avant d’entrer en scène ?

J’ai auprès de moi Anthony (…Souchet, son meilleur ami), qui reste avec moi dans la loge. Les dix dernières minutes sont vraiment un moment de recueillement, plus de concentration. Laurent (Boutonnat, son mentor son compositeur) passe cinq minutes avant d’entrer en scène, me sert la main et me dit «fais le vent». (rires) Ca veut dire «respire». C’est une manière d’essayer de déstresser un peu. C’est vraiment dans le silence. Quant aux rituels je ne sais pas si je peux… là encore la pudeur regagne du terrain. Et quant aux objets ils sont là… mais, ils sont miens.

Vous en avez en tout cas ?

J’en ai… Une fois inspirée, voilà comment Mylène Farmer écrit les paroles de ses chansons : Les mots s’appuient, s’accrochent, s’harmonisent avec la musique donc j’ai besoin de la musique avant d’écrire des mots. La musique m’inspire des sentiments, des sensations.

Vous êtes seule ? Comme un écolier à son bureau ?

Tout à fait. Dans une pièce totalement isolée. Ça j’en ai besoin. Comme un écolier, j’ai un très mauvais souvenir de la scolarité donc nous allons passer ce mot… En tout cas le travail, l’opiniâtreté est essentielle.

Parfois dans la souffrance ?

Je crois que c’est indissociable. La douleur parce que les doutes. La douleur physique. Il faut aller au-delà de soi.

Est-ce que ce métier a été votre survie ?

Oui oui, définitivement oui. C’est quelque chose qui m’a aidée à m’incarner là où j’avais le sentiment plus jeune de n’être pas incarnée du tout, de n’être rattachée à rien. C’est fondamental.

Vos goûts musicaux ?

Je suis attentive. J’écoute beaucoup de musique. Mes goûts musicaux sont assez éclectiques. J’adore Dépêche Mode, Sigur Ros, David Bowie, Archive, Juliette Gréco. Ce sont en général des artistes qui ont leur propre univers. Et sur scène qui proposent au public des choses incroyables.

Que vous inspire la mort de Michael Jackson ?

Le tragique, la notion d’incompatibilité de vie privée et vie publique, de médias. C’était un immense artiste. C’est quelqu’un dont j’appréciais les spectacles, mais l’homme aussi, sa fragilité, sa sensibilité. C’est tragique. C’est le mot qui me vient. Je suis triste… comme beaucoup de personnes.»

Et ses albums, ses DVD, vous les avez à la maison ?

Absolument.

Où allez vous chercher votre nourriture artistique ?

Un peu partout, je peux vous parler d’une exposition que j’ai découverte à New York l’an dernier « Our body ». Beaucoup d’écorchés, c’est l’humanité décharnée, découpée. Je n’ai pas été choquée mais très impressionnée, intriguée, cela fait partie d’une réflexion et m’a donné l’idée, l’envie d’exploiter cette idée de l’écorchée, dont j’ai fait part à Jean Paul Gaultier qui fut enchanté de pouvoir créer un écorchée multiplié par tous les danseurs pour les costumes du premier tableau sur scène. Il y a aussi la peinture (NDLR Egon Schiele) ou des auteurs comme Stefan Zweig, mais la liste serait trop longue.

Est ce que les rencontres humaines vous inspirent aussi ?

L’être humain m’inspire tout simplement. Les belles rencontres sont très très rares mais indispensables à sa vie.

MF2000_63aEst-ce que vous avez le sentiment d’avoir construit une oeuvre ?

Non. J’ai construit quelque chose. Je suis fière de ce que j’ai pu construire, sans prétention aucune. Je suis heureuse d’avoir rencontré un public.Très sincèrement, l’obsession de laisser une trace ne fait pas partie de moi. Maintenant pour être totalement honnête j’aimerais que l’on ne m’oublie pas. Mais la vie n’est pas finie donc à moi de le construire.

Est-ce que vous avez apprivoisé vos peurs, vos souffrances avec le temps, avec le succès ?

Non. Et c’est sans doute pas grave. Ou très grave je ne sais pas. (rires) Je n’ai pas la réponse. J’ai certainement pansé des plaies. Malheureusement je ne pense pas qu’on puisse faire le deuil de quelque chose. Maintenant on peut tenter de faire ré-émerger la vie et des choses qui vous aident à tenir, qui vous aide à vous réveiller, à sourire. Tout ce qui est doutes, tout ce qui est peur, sont là ancrés et là encore ça fait partie de votre sang, de vos veines. C’est là, c’est présent. C’est sans doute nécessaire. Ou pas. Mais c’est là en tout cas. Ca aide à une certaine créativité.

Dans votre spectacle, il y a beaucoup de têtes de morts projetées sur les écrans géants, l’idée de mort vous terrifie–telle encore ?

L’idée de la mort me terrifie chaque deux secondes de ma vie. Est ce que ma propre mort me terrifie ? Parfois oui, parfois non. Parfois le mot fatalité est plutôt serein. Je me dis «bon, ça se fera de toute façon c’est inéluctable». Parfois elle me hante et parfois je l’oublie.

Qu’est-ce qui vous fait rire dans la vie ?

Les débuts d’interview (rires) on a un air très dramatique lorsqu’on commence. L’absurde probablement je pense. Dans toutes ces formes.

Au cinéma ?

Je voudrais aller vois le film de Tarantino, « Inglorious basterds », on m’en a dit grand bien.

Quelle est votre définition du mot mystère ?

Le mot mystère, mon dieu, déjà il n’y a pas de stratégie du mystère me concernant. C’est quelque chose de caché, de l’ordre du religieux, mais laissons cette réponse mystérieuse, je ne suis pas sûr de pouvoir définir ce mot.

Sur votre anniversaire au Stade de France, quelques mots :

Je vais vous faire une confidence. Il y a fort longtemps que je ne célèbre plus mon anniversaire. Mais pour être tout à fait franche, un anniversaire devant 80 000 personnes au Stade de France, c’est quelque chose qui sera, je crois, incroyable à vivre. Donc j’adore cette idée-là (rires). Et cette date évidemment n’a pas été choisie, il se trouve que le Stade de France était libre à cette fameuse date anniversaire. Cela sera un immense cadeau de 80 000 personnes. C’est incroyable.

Avez-vous une idée du prochain disque studio ?

Absolument pas, évidemment on pense à ce qu’est ce que je vais faire demain, mais je n’ai pas les réponses. J’ai le projet d’un prochain album. Mais c’est une page totalement blanche, mais très envie de m’y remettre très très vite.

Vos projets au cinéma…

J’ai le projet d’un long-métrage initié par Claude Berri que j’aimais profondément, tiré d’un ouvrage de Nathalie Reims,(NDLR l’ombre des autres) dont le metteur en scène sera Bruno Aveillan. Et ça sera pour lui son premier long-métrage pour moi un premier rôle, un deuxième film, et j’espère une rencontre avec le public.

Vous essaierez de laisser une place plus importante au cinéma ?

Je n’ai aucune réponse. J’ai besoin de la musique. J’ai besoin des mots. Je suis quelqu’un d’instinctif. Le jour où je ne souhaiterai plus dire ces mots, chanter, je choisirai ce moment avant qu’il ne me saisisse.

Vous connaissez l’échéance ?

MF2000_94aNon bien sûr que non. Non non.

Qu’est ce qui vous ferez arrêter la musique ?

L’absence de désir, vous allez voir un énorme silence là … lorsqu’on a plus envie de donner ni de recevoir mais j’imagine que cela survient lorsque on est un être mort et je ne me le souhaite pas. Je crois que tout art a ses limites. Cela sera spontané. Quelque chose en moi me dira «là il faut arrêter».

Cela révèle une vraie force de caractère …

Peut-être que cela fait partie de moi aussi cette force de caractère. En tout cas ne pas tricher avec soi-même. Ne pas se mentir et essayer de dormir un petit peu de temps en temps (rires).

Vous dormez tranquille enfin aujourd’hui ?

Non, non ce n’est pas possible (rires). Là encore, puisque je crois que l’on va conclure cette interview, j’ai une chance incroyable, je vis des choses incroyables. Je remercie à nouveau de vive voix le public, de cette fidélité. Et puis je vais essayer de ne pas pleurer… on va arrêter là, merci beaucoup.

=> Retrouvez cette interview dans le livre « Mylène Farmer- écorchée live » aux éditons Artlust

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