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FR3 NORMANDIE – ROCKING CHAIR avec Mylène F.

Posté par francesca7 le 21 décembre 2013

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Présenté par Jan Lou JANEIR – 2 MARS 1985

« J’ai du caractère, et même un sale caractère. »

Mylène Farmer (assise à coté du présentateur, elle prend la parole pour accueillir les téléspectateurs) :  Bonjour, vous n’êtes pas sur FR3 Toulouse, mais sur FR3 Normandie ; l’émission n’est pas présentée par Guy Lux mais par Jan Lou Janeir ; je ne suis pas Chantal Goya mais Mylène Farmer ; la moquette n’est pas bleue, mais grise ; le décor n’est pas des palmiers, ce sont…

Jan Lou Janeir (l’interrompant) : S’il te plait…s’il te plait… Bon, t’arrêtes un peu ?! C’est bien sur le numéro 61 de « Rocking Chair » avec comme invitée vedette Mylène Farmer. Ca  s’annonce…conséquent ! (Mylène rit)

(Générique)

Jan Lou JANEIR : Salut, c’est « Rocking Chair », le numéro 61. Aujourd’hui, c’est pas vraiment simple puisqu’il sera question de femmes dans « Rocking Chair ».

MF : Je n’aime pas les femmes !

JLJ : Ca commence bien ! Avec comme invitée vedette Mylène Farmer : elle chante « Maman a tort », elle chantera aussi « On est tous des imbéciles », son nouveau 45-Trs -bravo, ça commence bien, très fort- avec aussi Biba et Les Bandits. Et on débute sans plus tarder avec une dame qui s’appelle Angelfred, le titre de la chanson « J’me félicite d’être là ».

MF : Moi aussi !

(…)

JLJ : L’invitée, aujourd’hui, de « Rocking Chair » je vous l’ai dit, elle s’appelle…

MF (elle achève sa phrase pour lui) : Mylène Farmer !

JLJ : Bravo, ben tu le sais par cœur ton nom !

MF : Oui, je l’ai appris !

1985-04-cJLJ : C’est un vrai nom ?

MF : Oui, c’est mon vrai nom.

JLJ : C’est pas un pseudonyme ?

MF : Non, non…

JLJ : Bon, ben je te le dis : ça sonne bien. Tu es née où ?

MF : Je suis née à Montréal, au Canada.

JLJ : Tu es québécoise ?

MF : Je suis québécoise, donc, et puis je vis en France depuis maintenant 8 ans. Et je suis plus française que canadienne.

JLJ : T’as pas l’accent du tout !

MF : Non, du tout. J’aime pas l’accent canadien.

JLJ : Pourquoi ?

MF : Ben, c’est…j’allais dire c’est un accent vulgaire. C’est un peu fort, mais c’est un accent que j’aime pas, qui ne m’est pas très familier.

JLJ : Tu es quelqu’un qui me donne l’impression de ne pas aimer grand-chose : c’est vrai ?

MF : Ca y est ça commence ! Pas du tout, je t’aime Jan Loup ! (rires)

JLJ : J’ai l’impression que tu es quelqu’un de vif !

MF : Je suis quelqu’un, oui, qui a un caractère, et même un sale caractère.

JLJ : Pourquoi tu dis ça de toi ?

MF : Parce que les techniciens vous le diront. D’ailleurs, ils sont derrière leurs caméras, ils peuvent rien dire, là, mais je suis sûre qu’ils… (rires)

JLJ : Mais dans le métier, t’es quelqu’un d’un peu dur ?

MF : Dur ? Non, je suis quelqu’un qui aime les choses bien faites. J’essaie, moi, de faire les choses bien, et j’aimerais que les gens fassent la même chose.

JLJ : Mais t’as pas l’impression qu’on est obligé de travailler avec tout le monde ? Par exemple, quand tu fais « Maman a Tort », ce grand tube qu’on va découvrir dans quelques instants, ce n’est pas toi qui écrit ni compose.

MF : Non. En fait, nous formons une équipe de trois personnes : il y a Jérôme Dahan, Laurent Boutonnat et moi-même. Les deux garçons composent, écrivent musique et paroles, et puis moi j’interprète.

JLJ : Mais tu m’as pas répondu : c’est pas simple de travailler en équipe, faut que tout le monde s’entende bien.

MF : C’est difficile, mais c’est quand même très agréable quand on est très liés. C’est important d’avoir des équipes soudées.

JLJ : Tu es très liée avec les gens avec qui tu travailles ?

MF : Très liée, oui. Je vois ces deux personnes tous les jours depuis un an maintenant, et on s’entend très bien.

JLJ : Tu voulais faire de la chanson ou tu voulais faire d’autres choses avant ?

MF : Je m’orientais vers le métier de monitrice d’équitation, et ensuite j’ai bifurqué vers les cours de théâtre et puis j’ai terminé par le métier de chanteuse et c’est très bien !

JLJ : Tu t’entendais bien avec les chevaux ?

MF : Très, très bien !

JLJ : D’accord. Parce qu’on sait jamais ! (rires)

MF : Les pauvres !

JLJ : On va t’écouter chanter, Mylène Farmer. Tu veux ?

MF : D’accord…

JLJ : (…) Ca s’appelle « Maman a tort », et puis vous allez la retrouver dans quelques instants, Mylène Farmer, puisqu’elle est l’invitée de « Rocking Chair », et attention : pour les questions, ça va barder tout de suite après ! (rires de Mylène)

Diffusion d’une séquence où Mylène chante et danse « Maman a tort » sur le plateau de l’émission.JLJ : Voilà, c’était Mylène Farmer, ça s’appelait « Maman a tort » -ça s’appelle toujours d’ailleurs, puisque c’est le tube, le premier…

MF : Oui !

JLJ : Mylène, c’est difficile de faire un tube ? Parce qu’après, quand on veut faire une deuxième chanson, c’est pas simple !

MF : Non, ce n’est simple pour personne.

JLJ : C’est vrai !

MF : Parce que la grande phrase, c’est « On vous attend au tournant », alors qu’on fait en sorte d’avoir une chanson aussi forte que la première, et puis d’avoir des prestations aussi bonnes que les premières !

JLJ : Ouais, c’est vrai, c’est pas simple.

MF : Non c’est pas simple, parce que le public est dur et exigeant, et le métier aussi. Donc c’est comme ça que se fait le tri au fur et à mesure, et puis y en a qui restent, et puis d’autres qui partiront, y en a qui reviendront, et puis…

JLJ : T’as envie de faire une carrière, Mylène Farmer ?

MF : Bien sûr. Je crois que c’est le rêve de toute personne qui débute, enfin j’espère. Je m’y accroche.

JLJ : Oui, mais de faire une carrière ? C’est-à-dire, bon…faire ça 20 ans ?

MF : Oui, mais ça s’apprend, ça aussi. C’est un métier, la chanson, donc va falloir prendre des cours de danse, des cours de plein de choses pour pouvoir éventuellement faire de la scène.

JLJ : Ha bon, t’as envie de danser en plus ?

MF : Bien sûr, oui !

JLJ : Ca te suffit pas de chanter !

MF : Non…

JLJ : De faire du théâtre ?

MF : Oui !

JLJ : De faire du cinéma, même ?

MF : J’espère le cinéma, mais ça je vais attendre un pour l’instant…

JLJ : Mais est-ce que c’est parce que t’as 23 ans, tu es toute jeune et tu te dis que finalement t’as envie de tout faire ? Mais tu sais, quand on veut tout faire, c’est ce que dit un certain nombre de gens, t’as pas peur qu’on se disperse ?

MF : Non, non justement, c’est ce dont je parlais : je préfère pour l’instant me consacrer à la chanson et plus tard, le cinéma s’il fait appel à moi, j’y viendrai.

JLJ : Quel effet ça fait d’être très connue à 23 ans ? C’est sympa ? C’est difficile à vivre ?

MF : Pour l’instant, ça m’est pas trop pénible, c’est même plutôt agréable ! (rires)

JLJ : Oui, j’imagine !

MF : Je ne sais pas, avec peut-être cinq ans de recul, je m’en plaindrai peut-être ! Mais là, ça va…

JLJ : T’as peu parlé, en tout cas, toi ! T’as beaucoup chanté, on t’a vu beaucoup : télé, radio… Mais t’as peu parlé…

MF : Oui… Ben, ce que je disais, c’est que dans les émissions qui sont consacrées aux variétés, la plupart du temps les interview s passent un peu outre. Et puis on a tendance à interview quelqu’un qui est installé depuis cinq, dix ans dans le métier plutôt qu’une jeune personne. Et puis les questions  sont pas très souvent intéressantes non plus, faut le dire !

JLJ : Mais c’est pas facile ça, aussi, de dire « Bon, la technique ça va pas, les questions ça va pas », plutôt que de toujours avoir, comment dire, tendance à donner les torts aux autres et pas à soi ? C’est un peu comme « Maman a tort », finalement : c’est pas toi qui a tort, là, à nouveau, c’est toujours les autres qui ont les torts, c’est facile non ?

MF : C’est bien, oui, c’est agréable ! (rires)

JLJ : C’est sûr, c’est très confortable !

MF : Non, non, non, non, moi je reconnais tous mes torts mais c’est vrai que j’aime bien accuser les gens aussi, mais quand j’en ai la conviction je le dis !JLJ : Tu m’apparais pas une fille facile, comme on dit. On sent quelqu’un qui a beaucoup de caractère.

MF : Bah oui, j’ai du caractère ! Une fille facile, ça je ne sais pas… (rires)

JLJ : D’accord…

Lancement ensuite du groupe Les Bandits par l’animateur, alors que Mylène imite le bruit d’un pistolet pour illustrer le nom du groupe.

JLJ : Qu’est-ce que tu aimes, là ? C’est aller chanter devant les gens quand on fait des galas, plutôt que de faire toujours des télés, des radios, être loin du public ?

MF : Oui, je vais dire quelque chose de banal : c’est peut-être le contact direct avec le public. Et puis, c’est surtout une performance.

JLJ : Ha oui, oui, pour soi.

MF : Pour soi, oui.

JLJ : Bien sûr. Quand tu disais tout à l’heure que tu voulais danser…

MF : Hmm hmm (elle acquiesce), je suis des cours de danse une fois par jour.

JLJ : Ha bon ?!

MF : Oui !

JLJ : Combien d’heures ?

MF : Heu, une heure. C’est déjà crevant ! C’est très, très difficile en fait, la danse.

JLJ : C’est pas trop peu pour faire ce métier, par rapport à la danse ?

MF : Trop peu, une fois par jour ?

JLJ : Une heure, non ? Je sais pas, je pose la question…

MF : Une heure par jour… C’est vrai que si j’ai à monter un spectacle, ça sera huit heures par jour ! Mais pour l’instant, j’ai pas mal de choses à faire : j’ai la promotion de ce disque…

JLJ : Bien sûr, « On est tous des imbéciles »…

MF : « On est tous des imbéciles », une fois de plus !

JLJ : (…) Et tu aimes aller voir d’autres spectacles de grands de ce métier ?

MF : J’avoue que j’y vais très rarement, je vais plus facilement au cinéma.

JLJ : Pourquoi ?

MF (elle soupire) : Oh, c’est sans doute par fainéantise, aller chercher sa place, faire la queue… Mais c’est un peu en fait le même phénomène que le cinéma : une fois qu’on est dans la salle, c’est un ravissement. Mais se déplacer, aller chercher sa place, tout ça c’est très pénible. Je suis très fainéante.

JLJ : T’es très casanière ?

MF : Oui !

JLJ : Ha bon ?

MF : Oui, oui, j’aime bien rester chez moi !

JLJ : Alors qu’est-ce que tu fais quand t’es chez toi ? Tu regardes la télé ?

MF : Ca m’arrive de regarder la télé, mais je lis, je réfléchis… Il m’arrive de peindre, aussi.

JLJ : Non ?!

MF (exagérément) : Si !

JLJ : Tu peins quoi ?

MF : Je peins des horreurs !

JLJ : Des horreurs, c’est-à-dire ?

MF : Je peins des petits enfants qui sont tout maigres, un peu comme moi, je peins des paysages un peu fantastiques… Je suis attirée par ces choses.

JLJ : Avec l’envie d’aller exposer, ou c’est vraiment de l’ordre du plaisir personnel ?

MF : Heu, exposer… Je crois que rien n’est fait par hasard, il faut vraiment avoir du talent. J’irais pas exposer mes peintures, non. C’est pas quelque chose que je revendique.

Lancement d’une séquence où, toujours sur le plateau de l’émission, Mylène interprète « On est tous des imbéciles » en effectuant sa chorégraphie et en multipliant les grimaces, plus qu’elle ne le fera sur toutes les autres prestations télévisées de ce titre !

JLJ : (…) Sympa, ce titre-là !

MF : Oui, les gens ont beaucoup d’humour et le prennent très bien !

JLJ : Qu’est-ce que tu penses du rock, Mylène ? Parce que bon, « Rocking Chair » c’est une émission de rock. Je t’ai invité parce que je trouve…

MF : Parce que tu pouvais pas faire autrement !

JLJ : Non, j’avais envie de te rencontrer, savoir ce qui se cachait derrière ce visage un peu flou, cette image floue que tu renvoies.

MF : Tu veux que je te parle du rock… J’avoue que j’écoute très peu le rock et que j’ai un peu de mal à le définir.

JLJ : Qu’est-ce que tu écoutes, alors, comme musique ?

MF : J’écoute un peu de musique classique, j’aime beaucoup Wagner. Sinon, il m’arrive d’écouter de la variété française, j’aime bien Gainsbourg, j’aime bien ce qu’a fait Adjani. Et puis il m’arrive aussi d’écouter de la variété anglo-saxonne, j’aime beaucoup Paul Young, les Beatles, j’aime bien… J’aime bien Julio Iglesias !

JLJ : Non !

MF : Si ! (rires)

JLJ : Tu dis ça… ?

MF : Sérieusement ! C’est un monsieur qui a énormément de talent, je trouve.

JLJ : Alors donc, tu penses que le talent… Tu le définis comment, toi, le talent, dans le rock ou ailleurs ? C’est quoi ? C’est ce qu’on ressent, ou c’est les gens qui se précipitent, comme ça, pour décréter que quelqu’un a du talent ?

MF : Bah, le talent ça peut être –c’est un tout,surtout- ça peut être une belle voix, ça peut être de belles interprétations et puis c’est surtout une aura, enfin quelque chose qu’a une personne, ce que dégage une personne.

JLJ : T’as pas l’impression si tu dis à un certain type de public que tu aimes Julio Iglesias, ou quelqu’un d’autre, que tu peux te couper d’un autre public ? Ou est-ce que c’est de la provocation ?

MF : Je ne pense pas, parce que justement, non, ce qui se passe pour Julio Iglesias puisqu’on en parle, a quand même un public très, très, très vaste.

JLJ : Oui, mais il a pas le public rock par exemple, ça c’est évident.

MF : J’en sais rien, j’ai pas demandé à quelqu’un de rock s’il aimait Julio… Je pense qu’on peut aimer les deux, au contraire puisque dans le rock, on a tendance aussi à les mettre dans un carcan. Je trouve qu’il faut s’élargir. Le rock, y a du hard-rock j’imagine, après y a le rock… Voilà !

JLJ : D’accord. Donc, tu n’as pas peur véritablement, toi, de te couper des autres en affirmant qui tu es, ce que tu penses…

MF : Mais au contraire, je crois que je me rapprocherais des gens. Dans ce métier, c’est vrai que j’ai un privilège, c’est de pouvoir mentir et dire n’importe quoi. Je joue un peu avec les deux, donc y a à en prendre et à en laisser ! (rires)

JLJ : (…) Voilà, c’était Mylène Farmer ! (…)

L’animateur annonce ensuite l’adresse postale de l’émission et propose aux téléspectateurs d’écrire une lettre d’amour à Mylène !

JLJ : La plus jolie lettre d’amour à Mylène Farmer sera récompensée de… Mylène ?

MF : Heu… Le droit de m’écrire une deuxième lettre !

 

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

Mylène Farmer n’est pas celle que l’on croit

Posté par francesca7 le 15 décembre 2013

 - STAR CLUB de NOVEMBRE 1988 – Entretien avec Judith CARRAZ

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« Je n’ai pas l’impression d’être un objet du désir,

ou alors je dois me voiler la face inconsciemment. »

A propos de son enfance :

- A cette époque là, j’étais une petite fille plutôt renfermée. Je ne pensais pas vraiment à la chanson. Je n’achetais pas de disques, ma seule passion était les animaux. J’ai vécu très mal le passage de l’enfance à l’adolescence. Heureusement, je portais en moi la conviction très forte que j’allais réussir dans un domaine artistique, mais je ne savais pas encore lequel.

A propos de « Plus Grandir », son premier texte en tant qu’auteur :

- C’est le premier texte que j’ai écrit, il est très important pour moi. Aujourd’hui j’ai ‘grandi’ dans la forme mais pas dans le fond…

A propos de sa rencontre avec Laurent Boutonnat et de son entourage professionnel :

- Il cherchait quelqu’un pour enregistrer « Maman à Tort ». Mon physique de l’époque correspondait complètement à la chanson. J’ai fait ce premier disque dans une inconscience totale. C’est sur « Libertine » que je me suis rendue compte de la différence entre un succès d’estime et un succès médiatique. Et là, j’ai peur de ne pas arriver à assumer… Dans ce métier, c’est très important d’être rassurée, poussée par quelqu’un. Mon manager, Bertrand Lepage, a été pour beaucoup dans ma transformation physique depuis « Maman a tort » et dans le fait que j’ai pris confiance en moi. Ensuite c’est vrai, il y a beaucoup de travail.

A propos de son succès et de sa façon de le gérer :

- J’ai toujours voulu être connue, alors je ne vais pas dire que je n’aime pas ça, mais quelquefois c’est difficile à assumer. On n’a pas toujours envie du regard des autres. Je n’ai jamais rêvé d’une sérénité parfaite, mais la réussite n’a pas vraiment calmé mon mal de vivre…

A propos de son goût grandissant pour l’écriture :

- Je n’ai jamais écrit de poèmes quand j’étais petite, et le goût de la lecture m’est venu assez tard, vers dix-sept ans. Pour écrire, j’ai besoin de la musique comme support. Je crois que je ne pourrais pas écrire de chansons vraiment gaies. L’album « Ainsi Soit Je… » est comme une sorte de journal de bord.

A propos du sentiment de déception par rapport à la vie :

- C’est difficile à dire, mais il est certain qu’il y a un fossé entre ses rêves d’enfant et ce que l’on vit vraiment…

A propos de son rapport à sa propre image :

- J’aime mon physique trois minutes par jour. Je sais tout ce qu’on peut faire avec un appareil photo ou une caméra. J’en connais tous les mécanismes et cela ne me rassure pas. Je sais simplement que je suis photogénique. Je consacre beaucoup plus de temps qu’avant à mon physique. Je me regarde dans les vitrines, et sur les tournages j’ai toujours besoin d’avoir un miroir à portée de main. J’achète toutes les crèmes et je me laisse facilement influencer par la publicité !

A propos de sa passion pour les vêtements :

- J’adore les vêtements et les belles matières. Enfant, j’aimais le rose, le jaune, les couleurs vives. J’avais parfois vraiment mauvais goût ! Maintenant, je préfère les couleurs sombres, le classique. J’ai un net penchant pour les chaussures, que je collectionne.

A propos de son besoin d’être toujours occupée :

- J’ai toujours peur d’une punition divine quand je suis inactive.

A propos de ses goûts musicaux en général :

- J’ai une préférence pour les instruments mélancoliques, comme le violon.

A propos de ses envies de cinéma :

- J’en ai très envie, mais je ne sais pas encore comment ça se fera…

A propos du spectacle qu’elle prépare pour le Palais des Sports en mai 1989 :

- J’en rêvais ! C’est l’obstacle le plus haut, et j’ai un trac fou rien que d’y penser. On va travailler cette scène comme un scénario de film. Il y aura un personnage central et une histoire. Le contact avec le public est la plus grande jouissance pour un chanteur.

A propos de l’amour en général :

- C’est une succession de désillusions avec des moments forts. Le mariage ? Oui, l’idée me séduit pour la beauté…

Publié dans Mylène 1987 - 1988, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaires »

PERFECT Mylène Farmer par Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 12 décembre 2013

 

NOVEMBRE 1988 – Entretien avec Jean-Francis VINOLO

1988-25-d

« Je n’ai pas l’impression d’être un objet du désir, ou alors je dois me voiler la face inconsciemment. »

Comme l’indique le titre de ce long article, Mylène parle d’elle-même, comme si elle dressait son propre portrait. Et ceci sans l’intervention du journaliste qui a ainsi rédigé son entretien comme un long monologue, retranscrit ici tel quel.

- J’ai toujours adoré les déguisements, d’ailleurs qui ne les aime pas ? Enfants, nous passons notre temps à nous déguiser, à jouer des personnages : les belles princesses, les princes charmants, tous liés à l’innocence de notre jeunesse.

On s’imagine l’amour, et on en devine que les contours. Certains jours, on s’aperçoit que nos princes charmants ne sont que des princes navrants, des Arlequin de love story. La vérité est en fait que le costume est un plaisir intense qui me pousse à me propulser dans des histoires antérieures, mêlées de mélancolie et de provocation. Où l’amour et la haine se déchirent en un combat meurtrier…

De ce fait, « Ainsi Soit Je…  » s’est imposé comme la suite logique de « Cendres de Lune  ». C’est à la fois un univers plus intérieur où la jeunesse, le temps et la mort se combattent. Baudelaire et Edgar Poe en sont les témoins intemporels, tout en étant très liés à mon propre univers. Ils ont dans leur œuvre une richesse inépuisable. C’est parfois morbide, mais j’aime aussi approcher la mort. Prenez « L’Horloge » de Baudelaire, c’est aussi en soi une projection de la mort. Imaginez ce balancier dans son mouvement incisif qui fouette l’espace et marque l’érosion du temps, la perte de la jeunesse, le flétrissement de la peau… Même si l’on vous dit qu’une ride dans un sourire est en fait une expression, inexorablement, ce mouvement balancier vous emporte vers le souffle suprême qui s’appelle… la mort. La mort, je la vois apparaître comme quelque chose d’angoissant. Une étape inconnue. Mais une inconnue que j’imagine magnifiée et magique, qui toujours nous renvoie vers ces liens existentiels que sont le bien et le mal.

- Quand j’étais enfant, j’avais beaucoup de mal à imposer mon visage de jeune fille, je tenais le rôle du garçon.

L’histoire du mouchoir roulé en boule est une histoire vraie, que j’ai transposée en chevalier d’Eon dans une époque qui m’est chère. En fait, j’avais beaucoup de mal à exister en tant que femme. Je n’aime pas expliquer ‘je suis comme ci ou comme ça’. On me voit en perverse romantique, en libertine ou en princesse tristesse…

L’idéal serait d’écrire et de chanter ce qui nous est propre et de ne jamais en briser l’image par nos apparitions.

Il est dommage d’expliquer les pourquoi et les comment…

Enfant, quand on est propulsé dans le cosmos, on a très peur de la vie. Je pense notamment à cette scène de Schlöndorff, dans son film « Le Tambour » : le refus de naître, la peur de l’inconnu extérieur. C’est un peu la projection de la chanson « Plus Grandir ».

A l’inverse, quand on vieillit, on a très peur de la mort. Pour moi, la notion du temps, c’est la notion de peur.

Baudelaire était un visionnaire quand il écrivit : ‘Souviens-toi que le temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup ! C’est la loi’. C’est plutôt quelque chose d’optimiste par rapport à ce poème. En réalité, j’ai à la fois peur de la vie, mais je crois qu’il y a une justice divine liée à des perceptions très profondes.

- On me parle souvent de mon côté exhibition et provocation, de la projection de mon corps mis à nu. En fait, j’ai l’impression que je ne m’en rends pas compte. Si je le fais ainsi, c’est que je sais qu’il n’y aura jamais de trahison quant à la façon de me filmer ou de me percevoir de la part de Laurent Boutonnat. Je pense que l’on a évité toute vulgarité, tout voyeurisme gratuit, spécialement dans « Pourvu qu’elles soient Douces ». On a atteint une espèce de vraie sensualité, totalement différente de celle de « Libertine », qui elle était beaucoup plus violente. C’est vrai que la nudité est quelque chose de difficile en soi, mais c’est aussi ce paradoxe qui existe en moi : c’est savoir que je peux être complètement introvertie et que peut-être pour moi… enfin, je ne sais pas… mais présenter un corps de cette façon-là n’est réellement pas un problème, car il a une utilité par rapport à une histoire, et ça aurait été ridicule de ne pas s’y essayer.

- Avec le recul, depuis quatre ans, et avec le succès, j’ai tendance à me méfier de tout le monde. Mais vous savez, avant, je me méfiais surtout de moi. Je me faisais très peur. J’ai des relations souvent difficiles, parfois même une incommunicabilité avec les hommes. Je suis sûre que c’est lié à mon enfance, au manque d’autorité masculine à l’époque, d’où, aujourd’hui, la perte d’une certaine confiance dans les rapports et un énorme doute de soi que je ne veux surtout pas analyser. Je suis quelqu’un qui a une âme peuplée d’appréhensions qui ne sont pas calculées. Si l’on pouvait calculer ses doutes, ce serait merveilleux. C’est vrai que l’on peut douter tout en étant conscient du potentiel que l’on a à l’intérieur de soi, j’en suis aujourd’hui convaincue. On peut avoir cette volonté de faire ce que j’ai fait depuis quatre ans. Là, je vous parle essentiellement de moi, et non pas de ce que l’on peut percevoir. C’est-à-dire ne faire aucune concession, mais être toujours habitée par ces mêmes doutes mais surtout, et avant tout, d’une énorme volonté.

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Prenez l’amour. L’amour et la volonté de vivre l’amour. Je pense que l’amour est la façon la plus douloureuse de vivre sa vie. Je ne me rappelle plus qui disait ‘L’amour est un grand bonheur inutile’… Pourquoi inutile, je ne le sais pas, mais c’est à la fois un moment d’extase et de grande désillusion. L’amour est pour moi la recherche d’une sérénité intérieure. Malheureusement, je ne suis pas très optimiste, bien que l’on puisse aussi se voiler la face. L’amour est douleur et beauté mélangées, le moteur essentiel pour vivre, exister et créer.

C’est aussi lié aux belles choses, sans être matérialiste. Avoir la passion du beau, par exemple : pour les voitures, spécialement les voitures anciennes. L’odeur du cuir, leur linge, tout ce qui est agréable à l’œil et le plaisir de caresser la carrosserie d’une Bentley ou d’une Jaguar. C’est une sensation forte où la notion de vitesse est exclue, c’est essentiellement porté sur l’esthétisme.

Comme les sculptures de Rodin, l’enchevêtrement des corps, les formes rondes, le poli de la matière et l’âme qui s’en dégage… Giacometti est pour moi l’expression de la mort en permanence. Je ne sais pas si c’est qu’il a voulu dégager, mais c’est ce que j’ai ressenti très fort en moi. Turner, pour la peinture et les couleurs. Les couleurs vous envoient au cœur des sentiments, un énorme rapport  avec les sensations de la vie.

J’aime le sang, le rouge sang. Autour de moi, il y a toujours beaucoup de sang. Le sang est symbole. Un bain de sang ou un bain de boue, ça peut être une sensation merveilleuse d’évoluer dedans. Je sais, c’est choquant. C’est aussi très attirant. C’est une très belle matière et une belle couleur, comme le pourpre et le noir.

- Je crois qu’il est bon de casser les tabous. Beaucoup de personnes l’ont fait dans la littérature. Il est vrai que dans la chanson, c’est plus difficile, mais on s’aperçoit que le public est prêt à l’accepter, quitte à en être choqué. Mais il est évident qu’il y a aussi une demande de la part du public, ou sinon comment expliquer le succès ? Quand le public m’écrit, il me parait évident que tous ces tabous prennent une vraie valeur thérapeutique.

Je ne pense pas que le fait d’exhiber son corps suscite instantanément le désir auprès des hommes. Quand je me regarde, j’ai plutôt tendance à me faire peur. Peut-être que si j’étais un homme, j’aurais une attirance, mais je ne sais pas… Je n’ai pas l’impression d’être un objet du désir, ou alors je dois me voiler la face inconsciemment, je refuse peut-être cette image. Je n’ai pas la notion de vérité ou du savoir par rapport à la réalité d’un regard masculin.

L’homme a besoin de la femme pour exister et créer. Je ne suis pas sûre du contraire. Avec Laurent, par exemple, je pense que je lui apporte beaucoup, sinon avec le temps, cela s’essoufflerait. Je crois être honnête et lucide par rapport à moi-même, et que le jour où ça n’existera plus, il faudra que je passe à autre chose.

- En tant que femme, l’amour reste pour moi la quête d’un idéal et d’une certaine autorité de force et de protection. Une dualité avec soumission et parfois une envie de faire mal, de couper la tête ou autre chose, de céder et de ne pas céder.

Les rapports se font dans la douleur. C’est parfois très dur, mais c’est aussi un grand bonheur de parler de ses meurtrissures.

Les hommes qui me séduisent le plus sont les hommes de tête et d’un certain âge : l’homme de 35, 40 ans est pour moi l’homme idéal. C’est sûrement mon complexe oedipien qui ressort. Aujourd’hui, mes critères de beauté changent de plus en plus. Auprès des homosexuels, j’ai beaucoup d’affinités. Peut-être est-ce à cause de ma timidité…

Je ne pense rien de l’homme-mannequin. Ce n’est pour moi qu’un plaisir visuel sur papier glacé. Mais je crois que ces hommes en souffrent, car toute leur vie est régie par un seul critère : leur physique.

- Je ne peux que remercier la vie de ce qu’elle m’a donné, ce qui ne m’empêche de ne pas me trouver jolie, ce qui va à l’encontre du fait que je me dénude dans mes clips.

Je suis narcissique, consciemment ou inconsciemment on cultive son image. C’est comme un miroir. Pour moi, le miroir est une chose fondamentale dans la vie. Si je n’ai pas mon reflet dans les douze heures, j’ai l’impression d’en mourir. Mais ce n’est pas une complaisance que de se regarder dans un miroir. On y voit aussi beaucoup de défauts. C’est peut-être la peur de se perdre…

En règle générale, je sais ce que je représente au niveau de l’image publique, et je sais ce que je suis. Je ne pense pas en souffrir énormément.

Si aujourd’hui j’aime le milieu du cinéma et le métier d’actrice, c’est que pour moi le plateau de tournage est devenu un lieu de prédilection. Je suis une autre identité qui s’oublie sans jamais vraiment s’oublier.

- Les lieux de retraite sont importants comme se sentir bien chez soi. Ma chambre est aussi un de mes lieux de prédilection. Je l’appelle ‘mon caveau’, sans aucun côté morbide, tout simplement parce qu’elle est très sombre.

La lumière me dérange et m’angoisse, au même titre que je n’aime pas le soleil. On dit que le soleil est synonyme de sourire, et pourtant je ne souris pas beaucoup. Je traduis mes joies d’une autre façon : une larme m’émeut plus qu’un sourire. D’ailleurs, une larme est un sourire. Le fait de vivre dans une pièce obscure est un plaisir qui m’est propre, comme celui de partager ma vie avec E.T. et Léon, mes deux singes que je considère comme mes enfants. C’est un plaisir maternel. Les singes sont des animaux qui ont énormément besoin d’affection. J’ai les mêmes angoisses qu’une mère à l’égard de ses enfants. Un singe est très dépressif. J’ai très peur qu’ils tombent malades. Quand je les entends éternuer, je ne sais plus quoi faire, même si je sais que c’est normal. Si j’avais un enfant, je ne pourrais jamais lui offrir une paire de patins à roulettes, je serais une mère invivable. J’ai ces mêmes angoisses vis-à-vis de E.T. et Léon.

Ensemble, de par leur caractère, ils me ressemblent un peu. E.T. est la plus réservée, elle n’offre pas son amitié à tout le monde. Elle est à la fois très attentive et caractérielle à souhait. Léon est plus jeune, on dirait un Pinocchio. Lui, il a besoin de contact, il est très doux.

Entre nous, c’est un dialogue perpétuel, il faut vraiment le voir pour le croire. Il se passe des choses magiques.

Dans les moments de grande tristesse, c’est vers eux que je me retourne. Certains préfèrent les hommes, moi ce sont les animaux, même si dans la douleur on est profondément seul. E.T. et Léon ne jugent pas, c’est un dialogue affectif sans un mot, car les mots, bien souvent, c’est ce qui fait le plus mal.

- C’est comme la tolérance et l’intolérance. Avant, j’avais une façon hâtive de juger les gens. J’étais une rebelle, une instinctive. Je pensais ne jamais me tromper, jusqu’au jour où je me suis trompée. J’apprends à comprendre, j’essaie de m’ouvrir vers d’autres personnes, j’essaie d’être plus tolérante. Mais c’est si difficile, la peur des autres. C’est comme pour l’amour : j’aimerais tout vivre en une heure, dans un moment intense, et ne plus subir l’érosion du temps sur l’amour et les choses de la vie qui s’installent au goutte-à-goutte. C’est peut-être un de mes fantasmes : tout vivre vite et fort. Chez un homme, j’aime la fidélité de l’esprit, et surtout du corps. Je ne peux envisager la possibilité de vivre avec quelqu’un qui me trompe physiquement. Quant aux hommes, à cet égard, ils vous diront que ce n’est pas la même chose. Pour eux, une femme s’ouvre et s’offre.

C’est donc lié à l’esprit. A l’inverse, l’homme pénètre, ce qui est à leurs yeux moins lourd de symboles. Je ne suis pas vraiment en accord avec cette façon de penser.

Ma vision de l’amour est plutôt une image d’Epinal. C’est sûr, j’ai des fantasmes, comme tout le monde, mais je ne recherche pas avant tout à séduire. Si je ressens une attirance très forte envers un homme, j’ai un rejet total, et là je sais ce que ça veut dire. J’ai une envie de castration, de griffer et de faire très mal parce que je sais qu’il y a une très forte attirance et que j’en éprouve le rejet.

Aujourd’hui, je ne pourrais plus vivre à côté de quelqu’un qui ne crée pas. Je veux en être à la fois le témoin, l’inspiratrice et l’actrice, ou sinon, je ne le peux pas. Est-ce que c’est ça, idéaliser ? Est-ce que cela existe à long terme ? Je ne le sais pas encore… En fait, au lieu de toujours parler, on devrait accorder plus de place au silence. Ce sont en fait les plus belles phrases d’amour.

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Les 13 confidences de Mylène Farmer dans magazine SUPER

Posté par francesca7 le 2 décembre 2013

 

Entretien avec ‘Izzy Pop’ de MAI 1988

« Le mystère fait partie intégrante de ma personnalité. Je ne le cultive pas. »

Mylène réagit à une liste d’adjectifs qu’on lui a soumis :

MF90_58aEnigmatique

- Le mystère fait partie intégrante de ma personnalité. Je ne le cultive pas. Même pour les intimes, je pense être énigmatique dans la mesure où je ne leur dévoile pas toutes mes réflexions.

Egocentrique

- Ca, c’est à cause du titre de mon dernier album, « Ainsi Soit Je… ». Il ne faut pas se méprendre, j’ai voulu faire un constat. C’est comme si je disais ‘Voilà, je me présente, je suis comme ça’. Au collège, je passais peut-être pour une égocentrique, je voulais être le centre d’intérêt, c’était pour être reconnue. J’ai un souvenir épouvantable de l’école. Le pouvoir des professeurs me révoltait, leur pouvoir de dire qu’une rédaction est bonne ou mauvaise. Ce n’était pas les notes qui me scandalisaient, c’était surtout les appréciations.

Invulnérable

- Non, je ne suis pas invulnérable. Maintenant, si c’est par rapport à un travail effectué, comme l’album, là je suis sûre de moi, parce que j’ai une équipe très, très bien. La même que pour mon premier trente centimètres. Tout le monde sait que Laurent Boutonnat est à mes côtés, qu’il compose mes chansons et réalise mes clips.

C’est la personne qui me connaît le mieux, plus que ma mère certainement.

Impudique

- Quand j’apparais nue dans un clip, moi, je n’appelle pas ça de l’impudeur, parce que c’est dans un contexte précis. Si je vais dans un magasin essayer des dessous féminins, je suis très pudique. J’ai beaucoup de mal si la vendeuse reste derrière moi, je préfère être seule. Avec l’écriture, on peut peut-être parler d’impudeur. Sur mon premier album, je chantais des textes écrits par Laurent. C’était comme si je chantais mes propres mots, mais les écrire soi-même, c’est différent. Avant, ce qui me bloquait, c’était l’idée de dévoiler des choses trop personnelles. Je suis arrivée à maîtriser ça sur mon dernier album. Les textes de mes chansons sont tous de ma plume, à deux exceptions près. L’une, c’est la reprise de « Déshabillez-Moi  », l’autre c’est l’adaptation d’un texte de Charles Baudelaire.

Observation

- J’aime bien observer les gens, sans forcément faire de commentaires. C’est un plaisir. Il y a sur l’album une chanson qui m’a été inspirée en regardant les autres. C’est celle qui s’appelle « Jardin de Vienne  ». C’est l’histoire d’une personne que j’ai connue. Un garçon français qui a fini par se pendre dans un jardin public à Vienne. J’ai trouvé son geste extrêmement romantique.

Enfantine

- C’est vrai que j’ai du mal à m’extraire de l’enfance. Je crois que je ne le pourrai jamais d’ailleurs. Ce que j’aime chez les enfants, c’est leur cruauté, qui est très dérangeante. On leur pardonne, parce qu’on dit qu’un enfant est innocent. Je ne le crois pas.

Maternelle

- Avoir des enfants, je n’en ai ni l’envie, ni le souci. Mais j’ai la fibre maternelle pour mes proches, mes amis, mes animaux. J’ai deux singes. L’un s’appelle E.T., il est trapu et rondelet. L’autre, Léon, est un bébé de la même race, mais pas du même pays. Il est un peu plus fou que E.T.

Drôle

- Je ne pense pas être quelqu’un de drôle. Je préfère les choses tristes, que ce soit au cinéma ou dans la littérature. Je n’avais pas du tout le sens de l’humour avant. Maintenant, je dirais que je l’ai un peu, ou plus exactement que je suis cynique. Il y a des choses qui me font rire. Pas Zouc , qui apparaissait dans le clip de « Sans Contrefaçon ». J’ai vu trois fois son spectacle. Elle me ferait plutôt grincer des dents et pleurer, mais elle est fascinante. Non, ce qui me fait rire, ce sont mes singes.

Dépensière

-Pas vraiment. C’est peut-être dû à mon éducation et au fait que je n’ai jamais manqué d’argent. Je n’aime pas jeter l’argent par les fenêtres. La seule chose pour laquelle je pourrais faire des folies, ce sont les chaussures. J’en ai une vingtaine de paires – toutes avec des talons plats, parce que je ne sais pas marcher avec des hauts talons – mais si je m’écoutais, j’en aurais cinquante paires !

Androgyne

- Je ne joue pas sur l’androgynie. C’est une question de physique. A un moment de ma vie, j’ai pensé être entre deux sexes. Quand j’étais plus jeune, on me prenait toujours pour un petit garçon. On me disait que Mylène était un joli prénom pour un petit garçon.

Sexy

- Je ne sais pas. Si je vous laissais le choix, pour une fois !

Gourmande

- Oui ! Je me nourris de bonbons, de sucreries et de gâteaux. Les bonbons que je préfère sont ceux qui sont chimiques. On n’en fait plus d’aussi chimique que dans mon enfance. Quand j’étais petite, je me rappelle que j’achetais des trucs épouvantables, rouges, roses et qui piquaient !

Rousse

- Ma maman est rousse, donc que je passe du brun au roux, ce n’était pas contre nature. Blonde ? Sûrement pas ! Par pure lucidité, je n’aurai jamais les cheveux blonds ! Mais roses, qui sait ?! Peut-être…

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Mylène Farmer pour TV Magazine 2013

Posté par francesca7 le 26 novembre 2013

 

INTERVIEW -À l’occasion de la sortie de son album Monkey Me et de sa tournée, la chanteuse française se confie. (Avec TV Magazine)

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Son nouvel album, Monkey Me, sortira le 3 décembre. Douze titres composés par Laurent Boutonnat sur des textes de Mylène Farmer. Un mélange éclectique où cohabitent des morceaux pop-rock émergeant d’une base électrique, de sons de batterie, de guitares et de saxo. Les paroles manient les thèmes chers à l’interprète, mais teintés d’une fraîcheur et d’une poésie qu’on ne lui connaissait pas. En exclusivité pour TV Magazine, Mylène Farmer se livre à un exercice rare pour elle: l’interview-confession. Voici la star comme vous ne la lirez jamais.

TV MAGAZINE – Mylène Farmer, votre dernier album remonte à deux ans. Vous nous aviez habitués à des intervalles plus longs…

Mylène Farmer- Oui. Je ne m’en rends pas compte. Deux ans dans un monde chronophage, où chaque jour engloutit le temps, cela paraît une éternité. Il s’agit probablement d’un manque et de l’envie de remonter sur scène.

Monkey Me marque la reformation de votre tandem artistique avec Laurent Boutonnat. Qu’est-ce que votre «infidélité» vous a apporté?

Il ne s’agit pas d’infidélité! Mon précédent album, Bleu noir, n’était autre que le fruit de rencontres avec Moby, Archive et RedOne. Ils m’ont proposé des chansons qui ont provoqué mon désir et l’envie d’écrire… C’est aussi simple que ça. En outre, Laurent Boutonnat travaillait de son côté sur d’autres projets.

On vous connaissait rousse et vous vous montrez blonde platine sur l’album et les affiches de votre tournée. Que s’est-il passé?

Moi aussi, je me connaissais rousse! (Rires.) Mais sous le roux se cachent d’autres couleurs. Ne sommes-nous pas tous constitués de mille facettes? Celle-ci avait envie de vivre…

Quel look allez-vous adopter pour votre tournée? Et quelles surprises avez-vous concoctées pour ces concerts?

Je ne peux y répondre maintenant. Mais, puisque vous l’évoquez, le mot surprise sera bien au rendez-vous.

Une nouvelle fois, vous avez battu le record de réservations en un minimum de temps. Cela vous touche-t-il encore?

Je suis bouleversée à chaque fois! Tellement bouleversée… Et, quelques instants plus tard, totalement affolée! Il est impensable d’être blasée par un geste d’amour comme celui-ci. C’est un véritable cadeau et une responsabilité aussi. On ne veut pas décevoir ni se décevoir. On a donc un an pour se préparer à embrasser le regard de tous ceux qui ont la générosité d’attendre.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui écoutent vos chansons pour garder de l’espoir dans un monde aussi dur?

Le monde a toujours été dur. Sous certains aspects, il l’est peut-être moins aujourd’hui, même s’il est autrement cruel. Moins solidaire, plus solitaire aussi. Je ne peux que penser à ceux qui sont bien plus malheureux, dans le besoin ou cloués sur un lit d’hôpital, et me dire qu’il faut affronter la vie et trouver des pépites dans des moments simples, ces moments qui sont souvent à portée de soi, mais qu’on ne voit plus. Être aimé de quelqu’un ou d’un plus grand nombre reste l’essentiel de la vie. Se préoccuper d’autrui rend meilleur.

On vous dit solitaire. Pouvez-vous nous décrire une de vos journées quand vous ne travaillez pas?

Vous voulez dire quand je ne travaille pas comme une personne qui doit se rendre quotidiennement à son bureau? (Sourire.) C’est un grand privilège de n’avoir pas le sentiment de travailler, même lorsque je finis une séance de studio à 2 heures du matin ou lorsque je sors de scène exsangue. C’est du travail, mais je ne le vis pas comme un poids ni comme une obligation. C’est un choix et une immense chance. Je dois certainement partager ce sentiment avec toutes les personnes passionnées par ce qu’elles font. Mais je suis, c’est vrai, d’une nature solitaire. J’ai besoin de m’occuper de mes animaux, de dessiner, de nager, de regarder des films et je retrouve mes amis avec d’autant plus de plaisir…

Quels sont les journaux et les émissions de télévision que vous suivez régulièrement?

Je ne regarde pas beaucoup la télévision finalement, surtout en période de travail. Mais j’ai toujours aimé les débats, quand les points de vue sont exprimés avec respect. La télévision est un média parfois trop pressé pour traiter le fond des choses. Je n’aime pas le cynisme systématique et la télévision bruyante. Il m’arrive de dévorer des séries comme Downton AbbeyDexter ou Les Tudorset je regarde toujours avec autant de bonheur Un jour, un destin. Dans le fond, je ne recherche pas l’information à tout prix… Je la laisse me cueillir au détour d’un article, d’un reportage.

L’industrie musicale souffre et les ventes de CD ne cessent de baisser. Imaginez-vous un jour ne plus pouvoir sortir de disques?

Chaque époque a connu la disparition d’un support. Il y aura toujours des disques physiques, même si le digital annonce une ère nouvelle. En tout cas, il y aura toujours un rapport affectif à l’objet quel qu’il soit. Les albums ou une autre forme restant à inventer rencontreront toujours un public. La musique existait dès la naissance de l’humanité.

Que pensez-vous des télé-crochets? Est-ce un miroir aux alouettes, un mal nécessaire ou le seul moyen aujourd’hui d’être découvert?

Je ne peux pas juger cette génération d’émissions puisque je ne les connais pas bien. Mais je suis toujours un peu gênée quand l’art devient un concours.

Le Québec, où vous êtes née, est en proie à de violents mouvements protestataires. Avez-vous conservé des attaches là-bas?

La violence m’a surprise dans ce pays, à la réputation modérée. Je n’y ai conservé malheureusement aucune attache… Si ce n’est l’envie d’y retourner pour ses paysages de neige et peut-être transporter le prochain spectacle là-bas…

Quels artistes récents vous semblent dignes d’intérêt?

Je suis impressionnée par Muse. Et par Matthew Bellamy, qui est aussi fascinant que Freddie Mercury!

Que pensez-vous des réseaux sociaux et des sites si nombreux qui vous sont consacrés?

Je suis fascinée par la vitesse de l’information et la possibilité pour de nombreuses personnes de partager instantanément des sujets communs. Je pense aussi à ceux qui n’y ont pas accès. Avec qui partagent-ils leurs passions? Aussi, je ne m’attarde pas sur les sites qui me sont consacrés. J’aurais l’impression d’entrer, sans y avoir été invitée, dans une pièce où les gens parlent de moi.

Une photo vous montre avec un gibbon. Est-ce celui que vous avez adopté il y a plusieurs années?

Non. E.T. était un singe capucin, plus menu. Elle a partagé ma vie pendant plus de vingt-cinq ans. Il s’agit ici de Betty, une demoiselle de 4 ans, qui a été volée lorsqu’elle avait 3 mois et retrouvée huit mois plus tard. J’ai croisé son chemin grâce à Vincent Lindon, qui m’a un jour envoyé une petite vidéo d’elle sur le tournage de son film Augustine . J’ai immédiatement contacté le parc zoologique du bois d’Attilly, où elle vivait. C’est une rencontre inoubliable, une émotion tellement forte. Elle était d’une douceur incroyable. Quant à E.T., elle me manque terriblement…

L’avez-vous remplacée?

Non. Elle restera l’unique.

Avez-vous déjà décidé d’une date à laquelle vous arrêteriez de vous produire sur scène ou d’enregistrer des disques?

C’est, semble-t-il, une question qui taraude beaucoup les médias, mais, vous savez, il y a dix ans déjà, on me demandait: «Quand saurez-vous que ce n’est pas le combat de trop?». Je ne me projette pas dans l’avenir. Trop angoissant. Quand le désir n’existera plus, alors je me volatiliserai.

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FR3 MIDI-PYRÉNÉES et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 novembre 2013

ÎLE DE TRANSE – 31 OCTOBRE 1985

Présenté par Philippe BACHMAN

FR3 MIDI-PYRÉNÉES

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Philippe Bachmann : Bonjour à tous, bienvenue sur notre « Île de Transe ». Invitée aujourd’hui, Mylène Farmer. C’est son troisième 45-tours…

 

Mylène Farmer : Bonjour Philippe.

 

PB : Bonjour ! Troisième 45-tours, disais-je, « Plus Grandir »…

MF : Oui…

 

PB : Alors, récapépète un petit peu ce qu’il y avait avant !

MF : On récapépète, alors ! Le premier étant « Maman a Tort », qui…

 

PB : (il l’interrompt) Le deuxième ?

MF : Le deuxième étant « On est Tous des Imbéciles ».

 

PB : Voilà. « Maman a Tort », c’était y a deux ans, ça à peu près ?

MF : Il y a deux ans, oui.

 

PB : Alors, il y avait pas le Top 50 à cette époque-là, mais ça marchait super bien dans les hits, ça s’est très très bien vendu.

 

MF : Oui…

 

PB : C’était bien, pour une première expérience. Comment tu as débuté, d’ailleurs ?

MF : J’ai eu la chance de rencontrer deux personnages, qui ont écrit cette chanson.

 

PB : Des noms ! Des noms !

MF : Hé bien, il y avait Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat.

 

PB : Où tu les as rencontré ? Comme ça, par hasard ?

MF : Non, ça serait trop long à raconter, mais ça s’est fait un peu par hasard, quand même.

 

PB : Mais y a que des bons hasards, dans ce métier !

MF : Absolument ! (rires)

 

PB : Bon, dis-moi, mon petit doigt m’a dit…

MF : Certes ! (Mylène éclate de rire)

 

PB : …que tu avais un superbe animal domestique chez toi, mais assez spécial quand même.

MF : Oui, j’ai un petit singe, qui est un capucin…

 

PB : C’est comment les capucins ?

MF : Le capucin ressemble à un petit chimpanzé, c’est aussi joli.

 

PB : Ca a une longue queue ?

MF : Ca a une queue assez grande, oui, qui lui sert de cinquième bras.

 

PB : Ha, il joue avec ?! Alors, tu as mis des arbres chez toi pour qu’il puisse grimper ?

MF : (rires) Non, pour l’instant…Pas encore ! Pour l’instant, il a une grande cage.

 

PB : Et qu’est-ce qu’il mange, ce brave capucin ?

MF : Tout ce que vous mangez, avec la viande en moins !

 

PB : Bon, alors on peut l’inviter avec toi, alors maintenant faut l’inviter avec toi, quoi.

MF : J’ai déjà essayé de l’amener sur un plateau, il y a quelques problèmes. (rires)

 

PB : Qu’est-ce que ça donne ?

MF : Il a très peur des gens.

 

PB : Et puis il grimpe aux cintres, un peu, non ?

MF : Un peu, il est farouche.

 

PB : Bon, retour en arrière. Il y a deux ans, donc : « Maman a Tort ». Si on se refaisait ça pour le plaisir ?

MF : Oui

 

Diffusion d’une séquence où Mylène, habillée autrement, interprète « Maman a Tort » devant un fond incrusté représentant une main qui compte sur ses doigts en suivant la chanson.

 

PB : Dis donc, ton petit chimpanzé, il va falloir lui apprendre à danser, maintenant !

MF : Il chante, déjà ! Il écrit…et il prend des cours de danse !

 

PB : Il prend des cours de danse ?! Alors, dis-moi une petite chose : j’ai vu que tu avais un truc superbe sur le dos pour « Maman a Tort », là encore tu es mignonne comme tout…

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MF : Merci !

 

PB : Comment tu fais pour t’habiller ? C’est toi qui dessines tes trucs ? Comment ça se passe ?

MF : Je ne dessine pas, je réfléchis et puis je vois avec…là, c’est une couturière qui m’a aidé, qui a réalisé cet ensemble.

 

PB : Les couleurs sont importantes ?

MF : Très importantes, oui.

 

PB : Il y en a qui sont superstitieux, qui veulent jamais mettre de vert à la télévision, toi tu en mets !

MF : Je sais, oui ! On m’a déjà reproché sur « Maman a Tort » d’avoir mis du vert sur un plateau, parce que ça porte malheur.

 

PB : Ben ça t’a porté bonheur, plutôt !

MF : Pour l’instant oui, donc je ne fais pas de cas de ça.

 

L’animateur lance la séquence suivante, dans laquelle il présenté diverses nouveautés.

 

PB : (…) Ensuite, un petit groupe de Rennes qu’il faut que je te présente. Ca s’appelle Niagara. Alors, c’est sympa, ils font de la scène depuis assez longtemps, quand même.

 

MF : C’est un joli nom.

 

PB : C’est un joli nom et ce qui ne gâche rien, c’est que dans les chœurs on retrouve un certain Etienne Daho. Tu aimes bien Etienne Daho, toi ?

 

MF : Oui.

 

PB : Qu’est-ce que tu écoutes comme disques, toi ?

MF : Il m’arrive d’écouter de la musique classique. Dans la variété française, j’aime beaucoup Jacques Dutronc

 

PB : Il fait plus grand-chose, Jacques Dutronc, malheureusement…

MF : Non, mais il réapparaît…

 

PB : Une fois de temps en temps !

MF : …et c’est très bien à chaque fois.

 

(…)

 

PB : Sinon, en musique classique, tu m’as dit, qu’est-ce que tu écoutes en musique classique ?

MF : J’aime beaucoup Wagner, j’écoute Mahler, j’écoute plein de choses. Très éclectiques, comme choix.

 

PB : Comment tu choisis les musiques de tes chansons ? Comment ça se passe ?

MF : Je sais pas si…Enfin, je les choisis, on me les…Les personnes qui travaillent…

 

PB : Oui, mais tu dis oui ou non quand on te propose les choses, non ?

MF : Bien sûr. Y a des choses qui me plaisent plus. Je crois que c’est au travail que… (elle se reprend) heu au piano que ça se fait. On me propose une mélodie, et puis j’aime tout de suite ou j’aime pas du tout.

 

PB : Le texte est important dans tes chansons.

MF : Bien sûr, bien sûr. Très important, capital.

 

PB : On en parle un petit peu plus ? « Plus Grandir » : comment naît un texte comme ça ? C’est après la musique ?

 

MF : Là, ça s’est fait un peu par hasard. Oui, c’est né après la musique. Cette fois-ci, c’est moi qui l’ai écrit.

 

PB : Ha ha !

MF : Non, ça n’a rien de vengeance. Je sais pas si je renouvellerai cette expérience. Ca s’est fait par hasard.

 

PB : Pourquoi ? C’était trop dur ?

MF : C’est très très difficile d’écrire un texte. Ca doit être concis, précis et j’avoue que j’ai eu du mal.

 

PB : Il y a des trucs pour bien écrire un texte, ou pas ?

MF : Je crois qu’il faut beaucoup de tranquillité, et puis surtout la tranquillité d’esprit que je n’ai pas !

 

PB : Tu l’as eu quand même pour « Plus Grandir » !

MF : Oui !

 

PB : On l’écoute ? « Plus Grandir », le nouveau 45-tours de Mylène Farmer.

Mylène interprète « Plus Grandir » avec derrière elle des images alternant entre la pochette du disque et le visuel du landau indiquant « Mylène Farmer : 1962-1985 » (sic), et des photos anciennes.

 

PB : Mylène Farmer, « Plus Grandir », c’est son troisième 45-tours. Tiens, je te rends ton petit micro… (il tend son micro à Mylène)

 

MF : Merci !

 

PB : Y a un album en préparation ?

MF : Il y a un album qui sortira vers janvier (1986, ndlr)

 

PB : Alors tu vas réécrire des textes, quand même, ou pas ?

MF : Non, il est terminé, là il est clôs. Il n’y aura que « Plus Grandir » de ma plume.

 

PB : Bon, ben c’est déjà pas mal !

MF : C’est déjà bien.

 

PB : Il y a un clip qui vient de se tourner sur « Plus Grandir », non ?

MF : Oui, il y a un clip qui a été tourné en Cinémascope.

 

PB : Alors, c’est pour le cinéma ?

MF : J’espère qu’il ira au cinéma, qu’il fera l’avant-première d’un film.

 

PB : Oh ben oui, parce qu’à la télévision ça serait dommage quand même.

MF : Oui, c’est pas suffisant, l’écran est trop petit.

 

PB : C’est toi qui as décidé de le faire en Scope ?

MF : Non, non, c’est le réalisateur, qui est également mon compositeur. Des noms, encore ?

 

PB : Oui !

MF : Allez…Laurent Boutonnat ! (rires)

 

PB : Voilà, fallait le dire. Bon, ce Cinémascope, ce clip, comment il a été tourné ?

MF : Il a été tourné en un peu moins d’une semaine. Le premier jour était de l’extérieur dans un cimetière, et…

 

PB : Toujours très gaie, Mylène Farmer ! (rires)

MF : Oui ! Et les quatre autres jours se situaient dans un décor qui retraçait le…C’est un décor, c’est une chambre de château baroque avec des toiles d’araignée partout. C’est un bel univers.

 

PB : Bon, dès qu’il sort, tu nous le donnes qu’on le montre un petit peu à tous les téléspectateurs.

MF : Je vous inviterai à la projection.

 

PB : Ha oui, en Cinémascope et tout, ça va être superbe, ça ! Dis-moi, au niveau cinéma c’est « Rosemary’s Baby » ton film préféré, ou pas ?

 

MF : Non, mais j’aime bien ce film. J’aime surtout l’interprète (Mia Farrow, ndlr) et le metteur en scène (Roman Polanski, ndlr) !

 

PB : Tu vas souvent au ciné ?

MF : J’y vais assez régulièrement, oui.

 

PB : Qu’est-ce que tu as vu de bien, récemment ? Des noms, des noms !

MF : Heu….Je ne sais pas, j’ai vu…Le dernier film que j’ai vu c’était « Mad Max »

 

PB : Oui…3 !

MF : Le 3 !

 

PB : Y a pas de raisons, il est pas mal le petit australien, hein ? (Mel Gibson, ndlr) Bon, tu sais que c’est l’heure de se quitter, alors à la prochaine ! On découvrira ton clip très vite…

 

MF : D’accord !

 

PB : Merci, Mylène Farmer !

MF : Merci à vous !

 

Ils se font la bise et Mylène glousse en faisant « au revoir » avec la main.

 

Générique de fin.

 

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Interview de Mylène sur EUROPE 1

Posté par francesca7 le 9 novembre 2013

EUROPE 1 – 4 DÉCEMBRE 1988

TOP DES TOPS – Entretien avec Laurent BOYER

Laurent Boyer : Bonjour, Mylène Farmer !

Mylène Farmer : Bonjour.

 Interview de Mylène sur EUROPE 1 dans Mylène en INTERVIEW images-11

LB : Ca va bien ?

MF : Très bien.

LB : Bon, je sais que ce matin ça va, parce que pour un dimanche matin, c’est quand même une belle surprise !

MF : D’habitude, je cours !

LB : C’est pas vrai ?! Tu fais du sport d’habitude ? Ha bon ?! Tu courses à pied à cette heure là ?

MF : (elle acquiesce d’un murmure) Mais ça, c’est la dernière question, je crois !

LB : Ca sera dans ton ‘Top des tops Sport’, mais on sait déjà maintenant qu’il y a la course. Parce que je sais qu’en plus le nouvel album – enfin le dernier album – de Mylène Farmer se porte plutôt bien en ce moment : il a une énorme vente.

MF : Ha oui ! C’est magnifique, c’est le plus beau cadeau que j’ai en ce moment, c’est vrai que c’est cette vented’albums.

LB : Je sais que ça dépasse…c’est bientôt, non c’est déjà un disque d’or on peut presque le dire, un album d’or.

MF : C’est je crois beaucoup plus, c’est un double platine ! (rires)

LB : C’est un double platine, rendez vous compte ! Heureusement qu’il n’y a pas de disque en tungstène sinon tu l’aurais peut-être déjà ! Ca veut dire que c’est des ventes absolument énormes et que ça, c’est assez rare, surtout en ce moment au niveau des 30cm. Alors Mylène, moi, je voudrais te poser une question. C’est que on se souvient tous de Mylène Farmer à l’époque de ses débuts, et puis il s’est passé tellement de choses, tellement de titres classés au Top. Mais à l’époque, on pouvait lire, par exemple, que Marc Toesca du fameux Top 50 disait à propos de Mylène Farmer qui arrivait : ‘Elle est réservée, mièvre et prude’. Est-ce que tu penses que c’est une image que tu as donnée, au début ?

MF : Mièvre ?! C’est très agréable de sa part… Réservée, je pense que je le suis. Et prude, je renie tout à fait !

LB : Oui, c’était pas l’image que tu voulais donner avec « Maman à Tort », parce que déjà le sujet était dedans et un petit peu intrigant pour l’époque…

MF : Oui, mais…peu importe !

LB : Alors lui, il dit, parce qu’après il y a eu le deuxième 45-trs, « On est Tous des Imbéciles »…

MF : (sarcastique) Il en dit des choses…

LB : Il est incroyable, hein ?! Et puis, il arrive à « Plus Grandir » et il dit : ‘A l’époque, Mylène Farmer était trouble et crue’…Non plus ?

MF : Trouble, oui. Crue, parfois. Cruelle, aussi.

LB : Et cruelle aussi… Alors, est-ce que c’est l’image qu’on peut dire maintenant et qu’on peut donner à Mylène Farmer, cette image un petit peu crue, avec tout ce qu’il y a eu par la suite, « Libertine »…

MF : Je ne sais pas… Chacun donne l’image qu’il veut bien me donner. Quant à moi, je suis ce que je suis dans la vie, et puis j’écris et c’est au travers de mes chansons, de mes interview s…Je suis, je pense, relativement naturelle.

LB : Alors, c’est justement quoi, la vie de Mylène Farmer ? Une vie au quotidien de Mylène Farmer ?

MF : Celle d’aujourd’hui, c’est la préparation spécialement du Palais des Sports, donc c’est beaucoup de course pour le souffle. C’est tout spécialement une préparation physique.

LB : Alors justement, ce Palais des Sports, ça va être une nouveauté, parce que c’est la première fois qu’on va te découvrir sur scène…

MF : Absolument, une première fois pour moi et pour les téléspectateurs – (elle se reprend) les spectateurs.

LB : Alors là on à l’habitude, on te connaît un petit peu à travers des films – parce qu’on peut appeler ça des films- , les réalisations de Boutonnat et les tiennes. Qu’est-ce que tu as envie de faire sur scène ? Tu veux t’exprimer comment ? Tu veux aller jusqu’où ?

MF : Je ne me donne pas de limites. Je ne peux en aucun cas dévoiler le spectacle et le thème du spectacle, mais ce sera avant tout quelque chose de visuel, j’espère émouvant et qui comportera au moins quatorze chansons. (le spectacle en comprendra finalement quinze, nda)

LB : Conceptuel ou pas ?

MF : Je dirais bien évidemment, ça fait partie de la façon dont on travaille depuis le début.

LB : Est-ce que tu as envie d’écrire, à un moment donné ? C’est-à-dire d’aller plus loin, d’attaquer le roman par exemple…

MF : C’est quelque chose que j’aimerais beaucoup. Maintenant, faut-il en avoir le talent, et je crois que j’ai besoin encore de beaucoup d’années de vie, et l’apprentissage de la vie…

LB : On en parlera dans un instant peut-être avec ton ‘Top des tops’. Alors, Mylène est avec nous bien sûr pour nous présenter sont ‘Top des tops Cinéma / Musique / Littérature’ comme d’habitude. Donc, on se retrouve dans quelques instants, Mylène, avec ton ‘Top des tops Musique’.

Après une pause, Laurent Boyer lance un jeu pour les auditeurs avec une question qu’il demande à Mylène de lire.

LB : Ecoute Mylène, non, non… Si, si, c’est toi qui pose la question ! Vas-y, présente la question ! (rires)

MF : (d’un ton exagérément sensuel) Je vous présente la question : A quoi je pense quand je sussure à vos oreilles « Pourvu qu’elles soient Douces » ? (rires)

Après une nouvelle pause, Laurent Boyer prend un auditeur, Laurent, en ligne pour participer au jeu.

LB : (…) Alors à quoi pense-t-elle quand elle dit « Pourvu qu’elles soient Douces » ?

Laurent : Je peux le dire ?

LB : Ah ben tu le dis !

L : Je le dis : ses fesses.

LB : Elle pense à ses fesses ?

L : A mon avis, oui.

LB : Elle pense à ses fesses ! Tu l’as dit, hein Laurent ?!

L : J’assume.

LB : Bon, Mylène, écoute vas-y !

MF : Je donne la réponse maintenant : elles sont deux, roses de préférence, et bientôt musclées, il s’agit bien sûr des petites fesses ! (énorme fou rire partagé dans le studio)

LB : (…) Alors Mylène, ce ‘Top des tops Musique’, quel est-il ? Est-ce que c’est plutôt dans le Top 50 ? Est-ce qu’on va chercher très loin dans les racines musicales ? Qu’est-ce que tu écoutes chez toi ?

MF : J’écoute de préférence Kate Bush. Je ne sais pas si elle figure dans le Top 50…

LB : De temps en temps…

 

MF : J’ai un album préféré, c’est « Babooshka ». Que dire de cette femme ? Que je l’aime beaucoup, c’est une femme qui est aussi très proche du cinéma, qui chante merveilleusement bien, qui a des textes qui sont beaux, intelligents. Sinon, j’aime beaucoup Peter Gabriel, qui a fait une chanson avec elle, très, très belle aussi.

LB : C’est un peu le même style tout ça, hein ?

MF : Oui… Sinon j’écoute beaucoup, beaucoup de musique de films. Une musique qui me vient tout de suite à l’esprit c’est celle de « Mission ». Sinon j’aime bien en France Delerue, j’aime bien Goldschmidt, Morricone…

LB : C’est marrant, parce que tous ce que tu viens de dire, là, Goldschmidt, Delerue et tout ça, souvent c’est plein de lyrisme, c’est-à-dire que c’est des grandes envolées, c’est très conceptuel et puis ça laisse l’imagination galoper. T’as besoin d’une musique qui te laisse partir comme ça, ou imaginer ?

 

MF : Ben, je crois que nous avons tous besoin, oui, d’un imaginaire, de se le créer et le développer, oui.

LB : Justement, le film tu y penses, non ?

MF : C’est dans ma mémoire, dans mon esprit mais c’est pas pour l’instant. J’ai un projet, là, qui est bien plus immédiat, c’est le Palais des Sports une fois de plus, mais c’est vrai que je ne peux penser qu’à ça en ce moment.

LB : Ok. On se retrouve tout de suite avec ton ‘Top des tops bouquins’…

Pause musicale

LB : Mylène Farmer est avec nous…Alors, Mylène : ton ‘Top des tops Livres’. Tu es venue ce matin, tu es carrément venue avec une brouette de livres. (rires de Mylène) Mais lequel choisir dans tous ces livres ? Qu’est-ce que tu prends, Mylène ?

MF : Il y a un livre que j’ai découvert qui s’appelle « L’apprentissage de la ville », qui est de Luc Dietrich, que je me permets de conseiller à beaucoup de personnes. Voilà…Ce que j’aurais peut-être aimé faire, c’était lire peut-être la préface. Il y a une préface qui est magnifique, et je vais prendre un petit passage au hasard : ‘Faire passer ses souvenirs pour une histoire qu’on invente, se décrire tel quel sous un nom d’emprunt, entrer en scène sous un masque n’est pas un mensonge. C’est le plus souvent le seul moyen de tout dire sans offenser la pudeur, ni trahir les secrets qu’il faut respecter. Faire passer des fictions pour ses propres mémoires, se prendre et se faire prendre pour un personnage de son choix, c’est mentir. Pourquoi ?’ Je vous le demande…pourquoi ?! (Cette citation sera reprise en partie dans le programme du Tour 89, nda)

LB : C’est Mylène Farmer, ça !

MF : Je ne sais pas. C’est vrai qu’on se reconnaît quand on aime, de toute façon, quand on aime une œuvre, c’est qu’on s’y identifie, peut-être oui…

LB : Tu peux nous parler justement de ce bouquin de Luc Derlich (sic !), jusqu’où ça va ?

MF : (elle le corrige) De Luc Dietrich. C’est un bouquin, c’est presque son histoire. Ca, il faut le lire entre les lignes, ce n’est pas dit. Mais c’est quelqu’un, ce serait plus l’apprentissage de la vie dans la ville, et donc c’est quelqu’un qui va passer de… qui parle de la souffrance, qui parle de mille choses…Enfin, c’est très, très difficile de résumer ce bouquin.

LB : Tu aimes beaucoup le domaine du non-dit, aussi.

MF : Oui, j’aime l’interdit, le non-dit, le silence. Mais j’aime la parole aussi, quelquefois !

LB : Et tu aimes l’image, c’est pour ça qu’on va te retrouver tout de suite avec ton ‘Top des tops Cinéma’

Coupure musicale

LB : Mylène Farmer reste avec nous jusqu’à 12h30, je vous le rappelle, aujourd’hui c’est l’invitée, avec son ‘Top des tops Cinéma’, elle passe sa matinée sur Europe 1. Mylène on a eu le ‘Top des tops Musique’, le ‘Top des tops Livres’ (…) Mais là bon, on va parler un petit peu de cinéma, enfin du cinéma et encore du cinéma. On pourrait parler indéfiniment de cinéma avec toi, c’est étonnant. Mais est-ce que tu as une toile préférée, Mylène ?

MF : Oui. Du chapeau je ressors très, très vite un film de David Lean, qui est un de mes metteurs en scène préférés, qui s’appelle « La fille de Ryan ». C’est ce même auteur qui a fait « Lawrence d’Arabie », qui a fait « Docteur Jivago », et puis j’en oublie beaucoup…

LB : Oui, c’est du grand spectacle, quand même, « Jivago », « Lawrence d’Arabie »…

MF : C’est toujours très, très romantique. C’est grandeur et décadence, c’est plein de choses. Et « La fille de Ryan » c’est peut-être le rôle que j’aurais voulu interpréter en premier.

LB : Appel du pied peut-être, non, qui sait ?!

MF : Non, parce que ce monsieur fait son dernier film – je crois d’ailleurs une coproduction française – mais ce sera son tout dernier film…

LB : Est-ce qu’il y en a un autre, est-ce qu’il y a d’autres genres de films qui te tentent

de temps en temps ?

MF : Je vais changer complètement d’univers et parler de Spielberg. C’est quelqu’un qui me touche

énormément, alors je vais parler de « E.T. » par exemple, « Rencontre du Troisième Type » qui est une merveille. Et puis, je peux encore retomber dans un autre univers qui est celui de Bergman, qui est là très, très intimiste. Et puis je vais en oublier plein comme d’habitude !

LB : C’est marrant, parce que dans tout ça il y a une sensibilité exacerbée. Que ce soit chez Spielberg, par exemple : c’est plein de sensibilité, en fait c’est très fort en émotion.

MF : C’est un regard d’enfant éternellement, oui, retourné vers le passé…

LB : Merci Mylène, on se retrouve tout de suite avec le ‘Top des tops Sport’.

Nouvelle coupure musicale

LB : (…) Alors Mylène, on va finir avec le ‘Top des tops Sport’, peut-être du moins parce que je sais déjà qu’il y a la course à pied, mais parmi ces trois domaines – le sport, les hobbies ou la peinture -quel est ton top ? Qu’est-ce que tu préfères en fait ?

MF : J’en ai déjà parlé, mais là je vous parlerai du sport. Courir, ce n’est pas quelque chose que je fais avec affection, parce que j’ai plutôt du mal. Mais là, c’est la carotte, comme on dit, qui est au bout, qui est donc cette scène que je vais entreprendre. Sinon, des hobbies, j’en ai, oui : c’est la lecture, bien évidemment. J’ai eu une petite folie de peinture, ou plutôt de dessin, que j’ai très vite abandonnée, parce que là il faut…enfin, je me donne trop de maîtrise que je n’ai pas, quoi. Donc, j’ai abandonné. Que puis-je dire d’autre ? M’occuper de mes singes…

LB : Tu as des singes ?

MF : Oui, j’ai deux singes.

LB : Tu passes beaucoup de temps avec eux ?

MF : Oui, beaucoup de temps. Je pense que si j’avais des enfants, je m’en occuperais autant, avec le même amour et…

LB : Tu voudrais en avoir, des enfants ? Tu penses en avoir ?

MF : J’ai l’impression que j’ai remplacé les singes par les enfants (elle réalise sa confusion et bafouille)

LB : (il corrige) Les enfants par les singes !

MF : Les enfants par les singes, oui. Vous voyez le lapsus ! (rires)

LB : On est des grands singes vivants, alors !

MF : Oui.

LB : (…) Mais je suis sûr que, quelque part, tu penses en avoir. Tu aimerais avoir un jardin d’enfants, ou t’occuper d’enfants…

MF : Un jardin secret, mais pas un jardin d’enfants. Pas pour l’instant.

LB : OK. Le sport donc, c’est vraiment une contrainte ?

MF : Non, n’exagérons pas. Ca peut-être quelque chose de très agréable. Mais c’est vrai qu’au début, on se fait un petit peu violence, et puis nous avons des corps en repos, et ça c’est terrible de le bousculer.

LB : Mais tu vas continuer probablement, quoi. Tu vas pas t’arrêter là…

MF : Je pense qu’on ne peut pas s’arrêter à partir du moment où on y a pris goût. Après c’est quelque chose dont on a besoin aussi.

LB : Est-ce que tu as une hygiène de vie ?

MF : Lié à cet entraînement, j’ai fatalement effectivement une alimentation qui est rigoureuse. Dire que c’est macrobiotique, c’est faux. C’est simplement quelque chose de réfléchi, de ‘sain’. C’est vrai que j’ai arrêté et abandonné totalement le Coca-cola. Ca a été très difficile ! (rires) Il faut abandonner les gâteaux, faire quelques concessions, là, que j’accepte.

LB : Pour ce spectacle…Alors les dates du spectacle, on peut en parler ?

MF : Le démarrage, je ne peux donner que le début, ce sera le 18 mai. Et puis après, on verra. Mais c’est le 18 mai au Palais des Sports

LB : La scène, tu avais vraiment envie, hein ?

MF : Ah oui, j’en ai très, très envie. Et de plus en plus !

LB : Merci Mylène Farmer d’avoir passé ce dimanche matin avec nous. Et alors, tu sais que la récompense, c’est justement qu’on va t’écouter là, tout de suite, et que cette semaine tu es quand même numéro un du Top 50. C’est la première fois que ça arrive ?

MF : (dans un sourire) C’est la toute première fois !

LB : Ca fait du bien ?

MF : Ca fait du bien !

LB : Jeanne Mas avait dit la même chose : ‘C’est la toute, toute première fois’. Merci, Mylène Farmer.

Mylène rit alors que débute « Pourvu qu’elles soient Douces ».

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L’histoire Désenchantée de Mylène F.

Posté par francesca7 le 1 novembre 2013

 Désenchantée est une chanson de Mylène Farmer, écrite par Mylène Farmer et composée par Laurent Boutonnat, sortie en 1991.

Histoire

L'histoire Désenchantée de Mylène F. dans Mylène AU FIL DES MOTS images-3En 1990, Mylène Farmer poursuit l’exploitation de l’album En concert ainsi que de la VHS. La fin de la tournée a été une période déstabilisante pour l’artiste : « C’est un moment de vide, et non pas de doute. Une absence d’idées quant à une écriture pour un autre album. C’est pour cela que j’ai laissé passer un peu de temps avant de me remettre à écrire. C’est difficile d’envisager d’écrire après un moment pareil…Le retour au quotidien a été un peu à l’image d’une dépression, mais j’étais quand même relativement entourée. Mais tous ces états de choses très puissantes et puis rien, c’est presque inhumain. Tout artiste est amené à vivre cela heureusement -ou malheureusement… »

Mylène Farmer profite de cette période pour lire, apprendre à conduire et perfectionner son anglais. S’ensuit l’écriture et l’enregistrement de son nouvel album pendant cinq mois. « Désenchantée » a connu quatre versions différentes, Laurent Boutonnat et Thierry Rogen ne parvenant pas à l’arranger comme ils le souhaitaient. Laurent Boutonnat a même envisagé d’abandonner cette chanson.

Le single est disponible le 18 mars 1991 et entre à la douzième place du top 50 pour atteindre la première place dès la troisième semaine. Il restera numéro 1 pendant neuf semaines consécutives.

Le 7 avril, une interview de Mylène Farmer par Laurent Boyer sur le plateau du tournage du clip de « Désenchantée » est diffusée. Les premières images de ce clip avaient été diffusées une semaine avant dans Télé 7 Jours.

En 2005, elle a également été la chanson française la plus diffusée dans le monde.C’est le premier single extrait de l’album L’autre…, le second n°1 en France pour Mylène Farmer et son plus gros succès single, qui dépassa les frontières françaises (n°1 en Belgique, n°3 aux Pays-Bas, n°16 en Autriche…). Restée 9 semaines N°1, « Désenchantée » a été la chanson la plus diffusée en 1991, et celle qui a rapporté le plus de droits d’auteur. Elle s’est vendue à plus de 1 300 000 exemplaires.

Désenchantée a été repris par la chanteuse belge Kate Ryan en 2002.

Le clip a été réalisé par Laurent Boutonnat et tourné à Budapest, dans une usine désaffectée (aujourd’hui détruite) et dans la plaine Apaj Puszta, du 18 au 23 février 1991. Cent dix neuf figurant ont été employés, dont des enfants venant d’écoles de Budapest, mais aussi de foyers d’handicapés, ou encore de foyers de réinsertion : « On voulait beaucoup de figurants et on voulait surtout des enfants qui portent quelque chose de grave dans le visage, dans le regard. ». Une grande partie de l’équipe technique est hongroise, seules douze personnes viennent de France. Le montage a été effectué en France et Laurent Boutonnat a composé une musique spécialement pour le générique de fin. Mylène Farmer est habillée par Thierry Mugler. Le 23 février 1991, le chanteur Jean-Louis Murat a rejoint l’équipe afin de tourner le clip du prochain single, « Regrets ». Des scènes avec des squelettes ont été tournées mais n’ont pas été retenues lors du montage.

La première diffusion du clip a eu lieu sur Antenne 2 le 3 avril, dans le cadre de l’émission NRJ-A2.

Le clip a été nommé aux Victoires de la musique en 1992. Cette victoire a été remportée cette année-là par Les Inconnus avec le clip « Auteuil, Neuilly, Passy ».

Synopsis

telechargement-4 dans Mylène AU FIL DES MOTS

Un garde revêche traîne Mylène Farmer, cheveux courts et casquette sur la tête, dans un camp de travail. La jeune femme est accueillie comme il se doit par ses congénères : jets de pierres et de boules de neige, puis ils prennent la fuite. Au passage, un petit garçon (Adil Med Mejrhirrou,11 ans, un élève d’une école française de Budapest) jette la casquette de Mylène par terre et lui donne un coup de pied. Un garde vient la relever et l’accompagne au dortoir. Mylène y retrouve le petit garçon, qui partage une cigarette avec elle… La scène suivante nous montre tous ces captifs au travail, sous le contrôle des gardes, en train de transporter des sacs qui semblent bien lourds. Si lourds que le petit perd l’équilibre et tombe au sol. Un garde vient le relever et l’emmène avec lui. Au moment du repas, Mylène croise son regard. Il a un œil tuméfié par les coups… La soupe servie est plutôt misérable. Mylène y trouve un cafard, qu’elle contemple d’un air dégoûté, avant que son voisin ne lui prenne et l’engloutisse. Révoltée, elle se lève et se rend devant le garde pour se plaindre de la nourriture. Sous le regard ravi de la matonne (Erika Francz Jánofné), il lui décoche un grand coup au visage. Mylène se retourne alors et monte sur les tables, envoie valser les lampes, et retire le bois qui cloisonne les fenêtres. Peu à peu, les autres prisonniers la suivent et se mettent à taper sur les tables, à crier, à se révolter. Mylène assomme le garde, tout le monde se déchaîne. Tous les captifs courent et s’échappent. Ils prennent leur vengeance en rouant de coups les gardes qui ont le malheur de les croiser, ou même en les mitraillant. Mylène est à la tête du groupe de révoltés, qui s’enfuient en courant. Ils arrivent devant une grande étendue de neige. Ils courent, courent… Puis ils s’arrêtent. Devant eux, la neige s’étend à perte de vue. Ils n’ont aucun endroit où aller. La fuite ne mène nulle part.

Versions

Deux versions du clip seront proposées aux télévisions. Une version courte d’environ six minutes et une version intégale de 10’12. Il est très intéressant de comparer les fins de ses deux versions qui offrent deux visions totalement divergentes du clip. La version courte se termine sur des images de prisonniers victorieux de leurs bourreaux et recouvrant la liberté. La version intégrale montre Mylène et ses compagnons faisant face à un paysage enneigé, désolé semblant infini et ne leur offrir aucun avenir. Ils choisissent de poursuivre leur marche vers cette liberté tant désirée mais qui semble à présent rimer avec la mort.

Analyse

Nombreux seront ceux qui attribueront un sens politique à la chanson. En effet, le titre sort dans une période de grande morosité en France. On parle beaucoup des déçus du mitterrandisme, François Mitterrand ayant été réélu président de la République en 1988 suite à une campagne qui avait particulièrement séduit les jeunes, campagne portée par le slogan « Génération Mitterrand ». Pour Mylène Farmer, qui se situe « hors du temps, hors de l’histoire » il n’y a pas de revendication politique dans ce texte : « Cela n’implique que moi. Je ne dis pas que l’époque est « désenchantée ». Mais que mon regard sur la vie, sur les choses l’est. C’est Mylène Farmer qui est désenchantée. Ma demande est fondamentalement narcissique, égotiste. Je ne peux pas prôner le négativisme, en l’affirmant. Ce n’est pas pessimisme que de penser qu’on est en 91 devenu plus lucide, davantage conscient de ses désillusions qu’auparavant. Dès sa naissance, je crois que l’on subit sa vie, sa mort. En la matière, on ne peut être fondamentalement interventionniste. J’ai un problème avec la vie, mais je vis, alors tout ne va pas si mal que l’on croit. »  Pour Laurent Boutonnat, la chanson est « un coup de projecteur sur une génération en mal de futur ».

Interprétation en direct

Mylène Farmer a interprété ce titre cinq fois à la télévision, dont une fois en Italie. En concert, la chanson a été interprétée lors des tournées de 1996, 1999-2000 et 2009 (où elle fait office de final pour les concerts en stade), ainsi que lors des treize concerts à Bercy en 2006.

Anecdotes

  • Désenchantée aurait inspiré le titre Disappointed du groupe Electronic.

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Mylène dans TÉLÉ STAR en 1988

Posté par francesca7 le 27 octobre 2013


11 AVRIL 1988 – Mylène Farmer reconnaît qu’elle a des caprices de star

Entretien avec Michael de MONTZLOV

Mylène dans TÉLÉ STAR en 1988 dans Mylène en INTERVIEW 1988-09« Ecrire est devenu un besoin. Enfant, j’ai toujours été encline à l’autocensure. »

A propos du fait qu’elle signe désormais tous ses textes :

- Une progression normale. Ecrire est devenu un plaisir, un besoin. Enfant, j’ai toujours été encline à l’autocensure. Impossible de tenir un journal intime, malgré mon envie. Il me fallait découvrir les autres, qui s’appelaient Maupassant, Edgar Poe ou Strindberg…

A propos de son arrivée en France, alors qu’elle était encore enfant :

- Un choc violent. Heureusement, les enfants ont de réelles facilités d’adaptation. A Paris, les rapports étaient froids, concis. Au Canada, par exemple, un anniversaire ne se fête pas en petit comité. Quelquefois, cent gosses sont invités !

A propos de son caractère, enfant :

- J’avais envie de faire tout ce que les autres ne faisaient pas, frappé par cette peur panique de ressembler à quelqu’un. Ce que je suis aujourd’hui n’est que la concrétisation de cet état d’esprit.

A propos de son statut de célébrité :

- Je fais des caprices de star, donc je suis une star ! Depuis mes débuts, je n’ai accepté aucune concession.

La qualité que j’admire le plus : l’intégrité. Et je remercie la vie qui m’a permis de suivre ce chemin.

A propos de Laurent Boutonnat :

- Nos univers sont parallèles. Laurent est un romantique, avec tout ce que cela comporte d’extrême.

A propos de l’air du temps des années 80 :

- On est dans une ère de dépression qui mène fatalement à la décadence. La jeunesse actuelle vit dans un mélange de désespoir et a parfois envie de hurler. Ce dialogue entre le public et moi montre bien que nous sommes sur la même longueur d’ondes, non ?

A propos de ses envies de cinéma :

- A dix-huit ans, je payais mes cours avec Daniel Mesguich en faisant le mannequin. Me lancer dans la comédie à cet âge aurait été une erreur. Maintenant je suis prête. La chanson m’a nourrie…

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Mylène en parle !

Posté par francesca7 le 14 septembre 2013

 

 

Mylène en parle ! dans Mylène 2009 - 2010 f1À l’occasion de la sortie de Bleu Noir, son huitième album, la mystérieuse Mylène Farmer a accepté de se confier, dans Paris Match, à son amie Nathalie Rheims. Dans cet exercice qu’elle accepte en de très rares occasions, ici agrémentée d’un portfolio sublime et intime, la chanteuse revient sur la genèse de ce disque et des changements qui l’accompagnent. Pour la première fois, son complice Laurent Boutonnat n’est pas de la partie : 

Suivez l’actualité de Mylène Farmer sur Facebook 

« Je ne me suis en aucun cas éloignée de lui. Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque. Vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie… d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité. » Certes, mais pourquoi l’envie de créer sans lui ? Pour Bleu Noir, Mylène a fait appel à son ami Moby, à RedOne notamment sur le single Oui mais… Non, et au duo Archive, pour l’envoûtant Leila

Dans cet entretien, où elle n’évoque pas son projet de film adapté justement d’un roman de Nathalie Rheims, Farmer annonce son envie de remonter sur scène, « une dernière fois« . Elle évoque les critiques pas toujours constructives, comme celles d’un animateur qui l’avait accusée de faire du playback sur scène : « C’est impressionnant de voir à quel point certaines personnes se sentent grandies en dénigrant, en tentant de blesser (…) La critique est nécessaire ; la grossièreté, inutile.«  

Au détour d’une réflexion sur l’amour et la mort, Mylène glisse : « J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché ! » Ne soyons pas de mauvaise foi, elle évoque seulement ses sources d’inspiration, pas sa manière de vivre. 

On apprend également que Mylène adore Faites entrer l’accusé et que l’homme idéal, pour elle, n’est pas Christophe Hondelatte, mais plutôt Jean Rochefort : « Un acteur unique, un homme d’une classe folle, un charme renversant. Je suis sensible à sa grande délicatesse, c’est un être totalement décalé, si émouvant aussi. Bref… magnifique. » Qui l’eût cru ? Nous, on l’aurait bien vue avec Tim Burton. Rappelons que dans la vraie vie, la belle Mylène vit une belle histoire depuis 8 ans avec Benoît Di Sabatino, réalisateur de films d’animation.

 

L’intégralité de cette interview est à découvrir dans Paris Match, en kiosque le 2 décembre 2010.

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Le mystère -biographie de Mylène

Posté par francesca7 le 30 août 2013

interview presse Mathias Goudeau (Écrivain)
Auteur d’une biographie Le mystère – Biographie de Mathias Goudeau Date de parution: 13 août 2003

Le mystère -biographie de Mylène dans Mylène dans la PRESSE images-32

Rencontre avec l’auteur de l’abécédaire « Mylène Farmer, le mystère ».

Qui a eu l’idée de faire ce bouquin : toi ou l’éditeur ?
Les deux. Lui voulait lancer cette collection, Portrait (ndlr : dont ce livre est le premier, d’autres suivront par la suite). Moi, de mon côté, je m’intéresse à la chanson française, donc j’avais forcément envie d’écrire sur Mylène Farmer. Je ne suis pas fan, mais c’est un objet de curiosité.

Tu n’es pas fan ?
Non. J’aime bien. J’ai quelques disques à la maison. Mais je suis plus Souchon, Goldman, Cabrel, Renaud, les Beatles…

Pourquoi sortir un livre maintenant alors que Mylène n’est pas dans l’actualité ?
Elle n’y est pas mais y est toujours. Tu es mieux placé que moi pour le savoir (rires).

J’imagine que tu étais au courant que beaucoup d’autres bouquins lui étaient consacrés ces derniers temps. Pourquoi avoir maintenu le tien ?
Quand le projet s’est mis en route, en janvier, aucun bouquin n’était sorti.

Comment expliques-tu que tant de livres sur Mylène sortent cette année alors qu’il n’en sortait jamais avant ?
Je ne sais pas. En tout cas, dire que ce sont des coups d’éditeurs qui savent que ça va se vendre parce qu’il y a des fans, ça me paraît un peu facile : ça fait déjà pas mal d’années que le phénomène des fans de Mylène Farmer existe. Je pense que c’est plus une sortie de dynamique. Un peu comme les chansons : il suffit qu’un nouveau son arrive et d’autres s’engouffrent dans la brèche.

Pourquoi avoir fait le choix d’un dessin en couverture ?
D’abord, je dois dire que ce n’est pas de mon fait. C’est le travail de l’éditeur. Je crois que c’est une identité visuelle qu’il souhaite donner à sa nouvelle collection. Pour les petits Music Books, ce sont des caricatures. Pour la collection Portrait, ce sont des dessins plus adultes. J’aime beaucoup cette couverture.

Et le choix de ne pas mettre de photos à l’intérieur ?
Je crois qu’il est très difficile d’obtenir des photos de Mylène, je ne t’apprends rien. Et puis, c’est surtout un livre d’information. Il s’agissait pour moi de démêler le faux du vrai dans le flot de rumeurs qui courent autour de Mylène Farmer. Un vrai travail de fourmi. Information, précision, vérification. Tout simplement un travail de journaliste.

Quelle a été ta méthode de travail ?
Comme pour tous les abécédaires que j’ai pu faire, le truc c’était de se mettre plein de Mylène Farmer dans la tête : musique, clips, infos… Et de classer tout ça. Le but était d’être le plus lisible possible à l’arrivée et de permettre la lecture-zapping. Ces livres-là sont faits pour les fans et pour les novices.

Tu t’es octroyé la collaboration de Jérémy Courtytera. Quelle a été sa contribution au livre ?
Les compléments d’information. Tous les petits plus et les précisions sur les faits concrets, c’est lui. De même qu’un point de vue général, une relecture. Pour ce qui est des nouvelles infos, c’est moi.

Parlons-en. En lisant ton livre, j’ai appris quelques petites choses. En particulier l’existence d’une publicité pour le loto que Mylène a tournée à son époque mannequin et dont j’ignorais l’existence. Je n’en dirais pas plus pour ne pas gâcher l’effet de surprises à tes futurs lecteurs. J’aimerais juste savoir si l’on a une chance de la voir un jour dans « Plus vite que la musique » (où l’on a déjà pu découvrir celle de la Caisse d’Épargne) ?
Je ne pense pas.

Pourquoi ?
(Silence). Je ne sais pas si on peut la récupérer.

Puisqu’on parle de « Plus vite que la musique », est-ce qu’un nouveau numéro spécial Mylène est prévu ?
Pas pour l’instant.

Est-ce que les deux précédentes spéciales que vous lui avez consacrées ont obtenu de bonnes audiences par rapport à la moyenne de l’émission ?
Oui, même si la dernière (ndlr : diffusée en février 2003) n’a pas réalisé les scores escomptés.

Vous aviez pourtant retrouvé des gens qui l’ont côtoyée de près, en particulier son premier attaché de presse. Est-il difficile d’obtenir des interviews de l’entourage de Mylène ?
C’est plus facile avec ceux qui ne travaillent plus avec elle. Mais c’est la même chose pour la plupart des artistes. Le plus difficile avec Mylène, c’est d’avoir une interview d’elle, contrairement à Marc Lavoine ou Pascal Obispo. De ce fait, on est obligé d’aller chercher des gens qui l’ont connue.

Est-elle au courant de la sortie de ton livre ?
Oui. Je vais lui envoyer avec un petit mot. Je n’ai pas encore eu le temps de le faire.

Au fil des pages, tu reviens très souvent sur l’échec de « Giorgino ». Pourquoi ?
L’abécédaire est forcément une source de redondances car il faut que le lecteur puisse prendre le livre à n’importe quelle page et comprendre parfaitement les tenants et les aboutissants de ce dont on parle. Pour ce qui est de l’échec de « Giorgino », il revient régulièrement parce qu’il y a clairement un avant et un après « Giorgino » dans la carrière de Mylène Farmer.

Que retiens-tu de Mylène Farmer après avoir écrit ce livre ?
Tout ce que j’ai appris et retenu du personnage est dans les premières pages du livre, avant l’abécédaire. J’y donne mon avis sur l’artiste et le phénomène. Ce sont les pages que j’ai écrites en dernier. J’ai un grand respect pour les gens professionnels. Le moins que l’on puisse dire sur Mylène Farmer et Laurent Boutonnat, qu’on les aime ou qu’on ne les aime pas, c’est que quand ils font un truc, ils y vont à fond. Quand on connaît mal Mytlène Farmer, on peut penser que c’est du glauque, de l’ésotérique et qu’elle n’est adulée que par des barjos. Je sais que c’est un peu provocateur de dire ça ici (rires). Quand tu te plonges dedans, tu vois que c’est une grande pro. Mylène sait s’entourer de gens compétents et apprendre à leur contact. Avec Laurent, elle forme un vrai couple de créateurs.

Que penses-tu du phénomène ?
Je suis étonné par ce mouvement de fans. C’est exceptionnel en France, et dans le monde. Les stars qui suscitent un tel engouement se comptent sur les doigts d’une main. C’est quelque chose que j’ai du ma à expliquer. J’ai du mal à comprendre comment on peut dépenser un RMI ou s’endetter pour s’offrir un objet qui, au final, reste un objet. C’est passionnel, irraisonnable donc je ne juge pas. Mais la fascination que Mylène exerce sur tant de gens reste un véritable mystère.

Justement, ton livre s’intitule « Mylène Farmer, le mystère ». Penses-tu l’avoir percé à jour ?
Je pense oui. Le but était d’essayer de comprendre le phénomène Mylène Farmer – son succès, sa longévité, ses fans. Je pense y être parvenu.

Mylène Farmer Magazine paru en 2003

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Juste en attendant le concert Mylène de 2013

Posté par francesca7 le 25 août 2013


Non sans avoir évoqué les projets de l’artiste. Et même si les rumeurs de la « dernière tournée de Mylène », « les adieux de Mylène » sont toujours de mise dès que l’artiste est silencieuse pendant plus d’un an, il semble bien que la chanteuse n’a pas encore dit son dernier mot.

Un album pour 2012 a fait ses preuves avec Laurent Boutonnat à la composition et la tournée pour 2013 tant attendue avec un passage au Stade de France…

A l’heure où nous éditons ce texte, et connaissant le goût de l’annonce surprise et impromptue par le staff de Mylène, il est impossible de confirmer ou d’infirmer ses hypothèses qui sont à ce jour, que des rumeurs… Reste la possibilité de retrouver Mylène au cinéma dans l’adaptation du romain de Nathalie Rheims, L’ombre des Autres. Là encore, et si Mylène a bien confirmé la mise en route de ce projet, impossible de donner une date précise de tournage et même un semblant de casting. De quoi écrire encore de nouvelles pages sur Mylène Farmer qui, n’en doutons pas, nous réserve encore de belles surprises au fil de ses mots.

NOUS AVONS NOS PLACES POUR LE 24 SEPTEMBRE 2013

- 1er concert donné à LYON à la HALLE TONY GARNIER

 

Juste en attendant le concert Mylène de 2013 dans Mylène 2013 - 2014 p1030323

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Portrait de Mylène F. par N.Rheims

Posté par francesca7 le 21 août 2013

Nathalie Rheims est aussi de l’entourage avec la chanteuse française Mylène Farmer

Et justement, elle a dressé un magnifique portrait de mon idole Mylène Farmer,  en 2008, dans Madame Figaro ; intitulé : MYLENE FARME de toutes les façons (paru dans Madame Figaro 2008 – pages 68 et 70) que je partage avec plaisir, ici avec vous ….. 

 Portrait de Mylène F. par N.Rheims dans Mylène AU FIL DES MOTS images

Belle déclaration 

Portrait de Mylène Farmer par Nathalie Rheims 

« Comment parler de toi ? Comment dire, sans dire, ce que tu es ? Décrire ton être. Ecrire ton existence. Raconter. Passer par les mots. Tourner autour de ton âme comme on découvre le ciel, comme on explore une galaxie inconnue. Faire ton portrait, toi que je sais, toi que j’aime tant. Exercice impossible puisque c’est le silence qui tisse la trame de tout ce qui nous lie. S’il y avait un titre à ce commencement, ce serait « l’Une pour l’autre ». De ton amour, de ta confiance, je me sens la gardienne, et je veille sur ce privilège. 

 Silencieuse et secrète – n’est-ce pas ainsi que te décrivent tous les livres qui te sont consacrés ? Mystérieuse aussi, puisque telle est ta nature profonde. Ceux que tu aimes deviennent des coffres inviolables où reposent des fragments de toi comme les pièces d’un trésor. Pourtant, il n’y a rien d’indicible, de caché, tout est dans ce que tu écris, dans les strophes qui nous viennent par ta voix, si ce n’est ce que toi-même tu as oublié. 

 Je te regarde à travers le miroir magique où chacun aime à se reconnaître, et je traverse ce prisme pour rejoindre ton reflet. Je m’approche, pose mes mains sur la vitre, le verre tremble comme une eau limpide. 

images-11 dans Mylène en CONFIDENCES J’effleure la surface du bout des doigts, tu apparais dans la transparence. Dehors le soleil irradie le paysage, mais les persiennes restent closes. Tous les mots son jetés, épars, à travers la pièce. Tu me souris, les ramasses un à un et les jettes dans un grand sac. Tu me fais signe de te suivre. Tu avances, projetant sur le sol ton ombre qui guide mes pas, la lumière filtre derrière les volets et reste invisible à nos yeux. 

 Laisse-moi te suivre dans l’ombre de ton âme, et puisqu’il faut choisir, laisse-moi devenir l’autre, à la poursuite d’un je, qui se demande à quoi je sers. 

  « Plus grandir », dis-tu mais comment continuer ? Te raconter au creux de tes phrases. Montrer, apparaître. S’effacer. Faire silence. Mourir puis renaître. Trouver la force. Les images de toi se forment comme des clignotements d’éclats électriques. Toi, si proche, personne ne peut imaginer à quel point tu es simple dans la vraie vie, celle que nous partageons, loin des fantasmes et des folies. 

Humaine, si près de ceux que tu aimes, si attentive à tout, à tous. Tu poses des questions, écoutes les réponses avec précision, soucieuse du bien-être de tes amis, soudée à ta famille, faisant cors avec celui que tu aimes. Si loin de tout ce qui peut se dire ça et là, dans ces tombeaux de papier. 

 En savoir davantage, c’est l’impression que voudraient donner ceux qui écrivent sur toi sans te connaître, et feignent de croire que ton absence dans cette caravane de l’étrange, où tout le monde s’affiche et se montre, est une position cynique et réfléchie. Mais il n’en est rien. Aucun rouage, aucune stratégie dans ta décision. Juste le désir de n’apparaître que dans son travail. Le reste, la vie, le quotidien, ne recèle ni sanctuaire ni caveau dans lesquels reposeraient toutes sortes de facettes obscures. Il faut t’apprendre pour comprendre que les secrets que tu poursuis sont des valeurs d’absolu. 

 Je pense à notre rencontre, quelque part en Corse, après nous être croisées plusieurs fois, sans nous approcher, nous regardant de loin, comme si chacune pensait que le moment n’était pas venu, qu’il fallait l’attendre. » 

Nathalie Rheims a écrit aussi ça …. 

 LAURENT ET TOI Mylène

 Depuis, tu m’éblouis par ce mélange constant de force, de fragilité, de certitude et de doute. Parfois je me demande si tu as conscience de ce que tu es, de l’image que tu projettes et qui avance, silhouette chinois, vers le refuge de ta maison aux murs clairs, ton arche de Noé, car tu pourrais y accueillir tous les animaux de la terre. 

 Lever l’ancre et naviguer loin, très loin. « où irons-nous ? » me dis-tu dans un éclat de rire. Où tu veux. Tu le sais. Mais il n’est pas encore temps. 

 « Point de suture », tu en as tissé la trame avec Laurent Boutonnat. Comment écrire sur toi sans évoquer Laurent ? Là aussi, tant de projections, d’à peu près. Vous êtes les deux faces d’un monde qui n’appartient qu’à vous. Vous avez fermé la frontière pour baliser vos territoires, qui se rejoignent dans un univers où personne ne règne en maître. Je crois que cela s’appelle une alliance. 

C’est un album clair, l’ombre a pris le large, laissant derrière elle des chansons qui s’éparpillent dans des chagrins anciens. La nature est changeante, dis-tu, mais le brouillard s’est levé, on est passé à l’heure d’été. Les vents continueront de te tourmenter, mais nous repousserons les hivers. Changer pour devenir une autre tout en restant la même. Et se donner à soi-même. 

Tu apparais à nouveau à l’intérieur de ces plaies refermées dans l’œil de la caméra de Bruno Aveillan, qui filtre chaque étincelle. Tu surgis, fée surnaturelle, projetant le flux sidéral d’un amour universel. Tu réveilles le monde, les nuits sont chaudes. 

Ils seront des milliers à t’attendre lorsque les jours auront rallongé. Tu t’y prépares, tu t’entraînes chaque jour, réfléchis, construis, dessines, collabores avec tous ceux qui t’accompagnent dans ce nouveau chapitre. Avant le Stade de France, les 11et 12 Septembre 2009, il y aura la tournée – l’anxiété, le cœur qui cogne, les tempes qui se serrent. Mais tout sera, j’en suis sûre, comme tu l’avais imaginé. 

Je te regarde, en écrivant ces mots, tandis que sur un grand édredon blanc, tu scandes « Appelle mon numéro ». Combien de fois, chaque jour, nous arrive-t-il de le faire ? Les saisons passent et tu attends un signe qui ne viendra peut-être pas. Benoît di Sabatino a saisi, dans ses images, la petite fille qui demeure. « Sans Contrefaçon », telle que tu es, à la fois douce et volontaire. 

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Et aussi ceci…. 

Vierge ou démon 

Je dessine ton visage à l’encre de mon stylo. J’en connais chaque détail, chacun des contours. Tu te transformes, passant les saisons, les débordant « sans logique », jusqu’à écrie « je me quitte », mais c’est pour mieux te transfigurer. Passer de la femme à l’androgyne, de la vierge à la figure du diable, pour toi ce n’est qu’n jeu d’enfant. Pourtant la dualité te possède et t’interroge. Tu parles de l’ange, la face tournée vers les ténèbres, tes éclats de rire, tes moments de tristesse, parce que ta fragilité au monde est comme du cristal qui peut se briser à chaque dissonance « Ange, parle-moi, dis-moi si tu est là ». C’est bien toi qui l’as écrit, alors écoute. Ceux qui ont disparu veillent, souvent tu me dis ; « Si on allait voir des fantômes ? », mais où se cachent-ils ? Tu aimes jouer avec les feux follets, explorer l’inconscient, te promener dans le surnaturel, mais c’est toujours dans tes poèmes que l’au-delà surgit, que les anamorphoses transfigurent les images, dans tes textes que les rêves sont les plus accessibles. 

Tu apprivoises la mort par la magie des mots, repoussant l’idée du néant. Tu aimes te balader dans les cimetières, parce que leur calme et la beauté des pierres t’apaisent. Tu penses, si souvent, je le sais, à ceux que tu as perdus, même si tu n’en parles pas. « Si j’avais au moins revu ton visage, entrevu, au loin, le moindre nuage ». Qui peut savoir si, à force de le dire, de le chanter, quelque part, peut-être, quelqu’un t’entendra. 

Tes yeux prennent la couleur du cuivre pour se fondre dans le reflet de tes cheveux. Les vanités d’émail sertissent chacun de tes doigts comme autant de protections, de talismans. 

La vie avance, l’âge semble t’ignorer. Ton portait serait-il caché quelque part, scellé dans un réduit dont toi seule posséderais la clé ? Aurais-tu passé un pacte avec l’ange ? Et lorsque tu lui parles, est-ce qu’il te répond ? C’est lui, sans doute, qui a fait se croiser nos routes. 

Ecrit Par Nathalie Rheims dans Le Figaro 2008. 

Personnellement, je suis restée en extase devant ces écrits représentant si bien notre Mylène et je ne voulais pas perdre ce magnifique portrait ; désormais, il est consigné dans ce blog pour l’éternité… pour mon plaisir  et peut-être aussi pour le vôtre ! 

  Pour moi, Mylène Farmer rime également avec la Spiritualité : http://devantsoi.forumgratuit.org/

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Mylène et l’absence de Boutonnat

Posté par francesca7 le 18 août 2013


Mylène et l’absence de Boutonnat dans Mylène AU FIL DES MOTS 1989-03-cCe fut une autre opération promotionnelle pour Mylène, une interview accordée au JT de 20 heures sur France 2 le 12 décembre 2010. Aux interrogations de Laurent Delahousse au sujet de l’absence de Laurent Boutonnat sur cet album, voici ce que répond Mylène :

« je continuerai de travailler avec Laurent Boutonnat bien évidemment. Laurent, lui est en train d’écrire un scénario, va réaliser probablement ce long-métrage et puis c’est surtout une histoire de rencontre plus que quelque chose de très prémédité. Une fois de plus, Moby m’a envoyé ce CD de démos et puis parce que ce vide, parce que ce manque (elle évoque ici le « manque » suite au triomphe de sa dernière tournée), parce que cet ennui de moi, cet ennui de tout, j’au eu envie de mettre des mots sur un page qui fut blanche mais qui ne l’est plus. Souvent j’ai demandé à Laurent, puisqu’on en parlait, de mettre ma voix plus en avant  t là, puisque j’étais finalement , j’étais chef d’orchestre je me suis dit permettez, permettez j’allais dire, et permettons de mettre ma voix en avant ».

Une voix très mise en avant en effet sur les douze titres de l’album. C’est Moby qui s’adjuge ici la part du lion, avec sept compositions, plutôt électro, à son actif ; Moi je veux .. – Bleu noir – N’aie plus d’amertume – Toi l’amour – M’effondre – Inseparables (il écrit également les paroles de cette version anglaise) et Inséparables ; l’un des membres du groupe britannique Archive, Darius Keeler, compose quant à lui trois titres planants, voire hypnotiques (Light Me Up – Leila – Diabolique mon ange).

Le marocain RedOne, créateur de tube pour Lady Gaga notamment, compose deux titres formatés pour les boîtes de nuit, Oui mais .. non et Lonely Lisa. Un album aux couleurs assez distinctes donc, avec des textes qui reprennent des thèmes chers à Mylène : l’amour plus fort que la mort et, surtout le double, très présent ici. Notons également que l chanteuse fait de nombreuses références à l’un de ses poètes préférés, Pierre Reverdy…. Au final, cet album sera un beau succès pour l’artiste (6000 000 ventes), source Polydor), même si « seulement » trois singles en seront extraits…

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Lisa, la nièce de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 7 août 2013

Lisa, la nièce de Mylène Farmer dans Mylène AU FIL DES MOTS images-38

Lisa, de son nom complet Lisa Gautier, née en 1997, est une danseuse, actrice et chanteuse française.

Lisa est inscrite à l’école des enfants du spectacle.

  • 2004 : L’enfant dans le ballet Le songe de médée à l’Opéra Garnier sur une chorégraphie d’Angelin Preljocaj
  • 2006 : La petite blonde, elle tient le cochon à gagner au tirage de la tombola dans le film Jacquou le croquant de Laurent Boutonnat
  • 2008 : L’interprète de Drôle de Creepie, générique de la série animée Creepie, dont les paroles ont été écrites par Mylène Farmer et la musique composée par Laurent Boutonnat. Ce titre a eu droit à un clip réalisé par Benoît Di Sabatino (aussi producteur de la série animée), Lisa y apparait en gothic lolita habillée par Sonia Rykiel.
Image de prévisualisation YouTube

 

Biographie

Lisa est la nièce de Mylène Farmer, fille de Michel Gautier et cousine de Clémence Gautier, fille de Jean – Loup Gautier, frère de Mylène Farmer. Elle a étudié dans une école appelée «Enfants du Spectacle » ou « Children’s show » pour la pratique de la danse. Lisa a commencé à danser à l’âge de 5 ans, quinze heures par semaine, alliant le classique et le jazz, la danse sur scène à l’Opéra Garnier. Elle a joué le rôle de la jeune fille dans « Medea’s Dream » qui a été chorégraphiée par Angel Preljocaj.

Lisa s’est également aventurée dans le cinéma, en ayant un petit rôle dans le film Jacquou Le Croquant de Laurent Boutonnat, au côté de sa cousine Clémence Gautier.

Lorsqu’elle chante, elle prend un ton mélancolique caractéristique qu’elle partage avec sa tante, la chanteuse Mylène Farmer. Le producteur du dessin animé Drôle De Creepie, voulait quelqu’un pour interpréter la chanson du générique et aussi quelqu’un pour l’écrire. Mylène et Lisa se sont donc partagé les tâches.

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L’important c’est d’aimer pour Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 5 août 2013


Mystérieuse, elle craint le désir des autres mais, pour la sortie de « Bleu Noir », Mylène Farmer s’est confiée à Nathalie Rheims.

L’important c’est d’aimer pour Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES images-25Paris Match. Tu n’as jamais été aussi belle et épanouie. As-tu des ­secrets de beauté ?
Mylène Farmer. La seule chose importante est d’aimer et d’être ­aimée. C’est bien la seule certitude que j’ai aujourd’hui. Et la beauté ­dépend du regard que l’on pose sur les gens. Quand ce regard est celui de l’être aimé ou tout simplement celui de la bienveillance, il agit comme un baume enchanteur. La chance qui m’est donnée de vivre en harmonie avec ce que je fais est alors mon secret de beauté, c’est un lien fragile que je m’efforce à la fois de remettre en cause et de protéger.

Qu’es-tu capable de faire aujourd’hui et que tu n’aurais pas pu faire hier ?
Affronter des regards quand j’entre dans un lieu public sans ­vouloir fuir l’endroit dans la fraction de seconde. Souffrir d’un manque de confiance en soi, d’une timidité qui vous fait parfois passer pour quelqu’un de distant, de froid, n’est pas un atout majeur pour faire un métier public. Pourtant, depuis longtemps déjà, je n’ai eu d’autre choix que de dépasser mes peurs, les surmonter, n’en être pas – ou plus – l’otage. Quand j’y pense, c’est d’une violence inouïe de dépasser ce handicap… Seules les personnes qui sont de vraies timides peuvent ­comprendre ce par quoi l’on passe pour y parvenir.

“Bleu noir” est le premier album que tu fais sans Laurent Boutonnat. Pourquoi t’es-tu éloignée de lui ?
Je ne me suis en aucun cas ­éloignée de lui. Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque. Vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie… d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité. Nous nous retrouverons pour le prochain ­album.

As-tu conscience que cet album est plus sombre que les précédents ?
Non… pas vraiment… Cet ­album, comme son titre, “Bleu noir”, l’indique, passe de la lumière au sombre puis à l’obscurité. Ou l’inverse, je ne sais plus.

« La Corse est mon refuge »

On te dit solitaire, voire recluse. ­Travailler avec une nouvelle équipe fut-il un travail compliqué ?
Je m’adapte à de nouvelles ­manières de travailler si tant est que l’on respecte ma “bulle”, mes ­silences, autant que je respecte moi-même l’autre. Je suis quelqu’un de solitaire. Mais j’ai aussi un grand ­besoin de l’autre et je réfute le terme “recluse”… Quand j’étouffe, je prends un train, un avion, et vais voir d’autres cieux… C’est une ­liberté, une chance inestimable de pouvoir voyager quand j’en ressens le désir ou la nécessité. Face à un paysage de neige, je suis émue. J’ai grandi au ­Canada, je suis certaine que cette ­attirance pour les paysages immaculés vient de là-bas. Le grand froid a un parfum très particulier, un son qui lui est propre. J’ai retrouvé cette même émotion quand je suis allée en Russie découvrir Saint-Pétersbourg, en plein hiver. Au bord de la Neva, ses canaux gelés… on guette Catherine II de Russie…

D’autres endroits que tu aimes ?
La Corse est mon refuge. Le jour venu, la tentation pourrait être la Toscane. M’apaiser devant des ­collines d’oliviers et de vignes…

Tes biographes écrivent les mêmes clichés sur toi. Qu’as-tu à cacher ?
Je n’ai pas de biographe, c’est certainement pourquoi ce sont les mêmes clichés.

Dans ce qui a été écrit à propos de toi, qu’est-ce qui t’a fait le plus ­sourire ?
J’ai entendu parler de bain de jus de tomate, qui m’aurait conduite à une “phobie attractive” du sang, et de lit-cercueil. Je crois que tous les fantasmes me font ­sourire quand il ne s’agit pas de mes proches ou de ma vie privée. Pourtant, quand on me rapporte les médisances d’un animateur de jeu télévisé, quant à mon prétendu play-back sur scène, je finis par me demander si je ne préfère pas l’histoire tout aussi fausse du jus de ­tomate. C’est ­impressionnant de voir à quel point certaines ­personnes se sentent grandies en dénigrant, en tentant de blesser… Il s’agit bien souvent de gens qui rêveraientd’une vie ­meilleure. Encore faut-il en être à la hauteur. Je crois à la vertu de la décence. La critique est nécessaire ; la grossièreté, inutile.

Es-tu obsédée par l’idée de laisser une trace de toi après ta mort ?
Obsédée, non. Le moment ­présent m’importe. Laisser une trace… dans le cœur de quelques personnes, j’espère que oui.

Qu’aimerais-tu que l’on dise de toi ?
“C’était une grande astronaute.”

Quel regard portes-tu sur la variété française ? Y a-t-il des artistes qui t’intéressent ?
J’ai découvert Stromae, ce jeune artiste vraiment original. J’aime beaucoup son titre “Alors on danse”, sa silhouette, son phrasé et son timbre de voix si particuliers. Il dit des choses graves sur un ton léger.

Pourquoi as-tu enregistré un duo avec Line Renaud ?
Je l’ai rencontrée lors d’un dîner et, comme chacun semble le dire, quand on croise le regard bleu de Line… une magie s’opère. C’est une femme belle, décalée et ­charmeuse. Je suis instinctive, le désir l’emporte dans ces moments-là. Son énergie ­vitale est impressionnante. Mais c’est aussi quelqu’un qui doute, c’est imperceptible mais touchant.

Tu navigues continuellement entre Eros et Thanatos. L’amour et la mort sont-ils tes deux seules sources d’inspiration ?
Il y a aussi la solitude. L’isolement. J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !

La politique t’intéresse-t-elle ? As-tu de l’estime pour ceux qui nous ­gouvernent ?
J’ai de l’estime pour le courage de tous ceux qui acceptent cette lourde responsabilité sans abuser de leur pouvoir.

Quelle est ton image idéale du couple ?
Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre : l’intelligence complice.

Comment t’imagines-tu dans dix ans ?
Ailleurs…

« Remonter sur scène au moins une dernière fois »

Ta dernière tournée a été un triomphe, envisages-tu de remonter sur scène ?
Oui… au moins une dernière fois !

Pourrais-tu renoncer un jour à la chanson ? A la scène ?
Comment renoncer à ce et ceux qu’on aime ? Mais je vais devoir ­apprendre…

images-26 dans Mylène en CONFIDENCESLors de tes concerts, tu attaches une importance particulière aux ­créateurs de mode : recherches-tu de nouveaux talents, de nouvelles marques, de nouvelles inspirations ?
Quand il s’agit de préparer un spectacle, oui. Ce choix est toujours délicat. Il ne suffit pas de faire du “couture”, ce n’est pas un défilé 
de mode. Le créateur doit être aussi ­capable de transposer les costumes pour une scène, qui devront s’intégrer aussi à un décor, à des ­lumières, à un univers afin de rendre le tout homogène. Il faut rencontrer alors des stylistes inspirés et qui ­acceptent de se fondre dans l’univers de l’artiste, afin que celui-ci ne disparaisse pas derrière le costume, justement, mais se sente comme dans un écrin… Je ne suis pas ­certaine que tous les créateurs de mode en soient capables, il faut beaucoup d’humilité…

« Bleu noir » (Polydor/Universal).

Retrouvez l’intégralité de notre reportage et toutes les photos de Mylène Farmer dans Paris Match n°3211 en vente en kiosque. Un numéro à ne pas manquer.

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Point de suture, chanson up tempo

Posté par francesca7 le 5 août 2013


                      Point de suture, chanson up tempo dans Mylène AU FIL DES MOTS images-231

Point de suture   arrive trois ans et demi après Avant que l’ombre 

 

C’est ainsi, le 25 août 2008, que les admirateurs découvrent ce septième album studio qui regorge de chansons up tempo. A commencer par le premier single, Dégénération,  qui permet à Mylène de renouer avec les dance floors….

Onze titres (dont un caché) se partagent ce nouvel album, enregistré à Bruxelles au studio ICP. Nettement plus électronique que le précédent, il présente aussi une couleur plus optimiste. Mylène le précise d’ailleurs à Paris Match dans une interview accordée dès le 20 mars 2008 dans une dépêche AFP. Et comme la belle s’offre un Stade de France (en fait il y en aura deux), il lui faut du sang neuf et des chansons qui mettent de l’ambiance dans cette arène de 80 000 places ! Dont acte.

Cet album comporte ainsi des titres très dansants (particulièrement dans leurs versions live et/ou remixées) : Dégénération, Appelle mon numéro, Je m’ennui, Paradis inanimé, Réveiller le monde, Sextonik et C’est dans l’air.

Restent deux ballades très farmériennes, Point de suture au centre d e l’album, et Si j’avais au moins… un nous duo avec Moby, Looking for My Name, et un titre caché, l’Ave Maria de Schubert, complètent ce strack-listing. Mylène écrit ici tous les textes (excepté l’Ave Maria bien entendu). Ils se révèlent nettement moins abscons que ceux d’Avant que l’ombre… en effet, Mylène semble renouer dans cet album avec ses premières amours ; des textes intéressants et forts certes, mais plus accessibles ; moins de jeux de mots, moins de mot-valises, moins de références littéraires évidentes. Mais tout est relatif : Mylène reste Mylène, et ses grand thèmes sont toujours présents ici.

A savoir l’espoir d’un monde meilleur, apaisé et rempli d’amour … On notera que, dans le livret, Mylène fait figurer une réplique d’Al Pacino dans le film L’impasse (Brian de Palma, 1993) qui éclaire le choix de ce titre : « Tout les points de suture du monde ne pourront me recoudre… » Dans une interview accordée au magazine gay Têtu en août 2008, voici ce que précise la chanteuse après avoir cité cette réplique :

« C’est aussi ce que je ressens. J’au pour ma part choisi l’ambiguité ; « Point de suture » ici au singulier, évoque aussi bien qu’il n’y a aucune possibilité de suturer les plaies que l’espoir de guérison »…

telechargement-8 dans Mylène AU FIL DES MOTSSans grande surprise, c’est Laurent Boutonnat qui compose tout l’album (excepté là encore Ave Maria). Comme toujours, il assure également la production, les arrangements, la programmation et les claviers. Toujours fidèle au poste, Jérôme Devoise s’occupe de la prise de son et du mixage. A la différence d’Avant que l’ombre … où Mylène assumait seule les chœurs, six choristes sont présentes en tout pour cet album. Côté visuel, Mylène fait fort là encore avec une poupée de représentant (une œuvre d’Etsuki Miura), couverture de points de suture  et au milieu d’outils chirurgicaux. Les photos sont du Japonais Atsushi Tani. Dans le livret, une seule photo (de Simon Hawk) de Mylène, de dos, la tête tournée de profil et une cicatrice avec points de suture sur l’épaule gauche … cinq singles seront extrait de cet album ; Dégénération, Appelle mon numéro, Si j’avais au moins… , C’est dans l’air et Sextonik. Notons que pour ce dernier titre, aucun clip ne sera tourné.

Alors qu’à l’époque la chanteuse affirmait qu’elle était d’une génération désenchantée, ici elle se demande où est passée sa génération… elle donne d’ailleurs un semblant d’explication au JT de 20 heures de TFA le 31 août 2008 : « J’ai surtout le sentiment que la nouvelle génération d ‘aujourd’hui est dans un monde de l’ultra-violence et que c’est un monde qui st très, très difficile. Est-ce une dégénération ? Je ne sais pas ! Je me suis un peu amusée, je l’avoue en toute humilité, avec le mot « dégénération » puisqu’il y avait eu « génération désenchantée. Mylène se livre en effet pour écrire cette chanson à un exercice styllistique autour d’onomatopées, d’allitérations et de musiques internes au texte. La lettre et/ou la sonorité X est ici sollicité (sexy – sexe – styx …) Fidèle à ses grandes thématiques, Mylène évoque également le ‘trauma », le « coma », le « Styx » encore … Un texte au final assez abscons, le seul de l’album, et qui permet à la elle de scander pour conclure : « J’sais pas moi / mais faut qu’ça bouge », une Mylène dans l’action à la veille de ses shows »

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 179 

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Les mots : l’impossible dialogue de Mylène

Posté par francesca7 le 2 août 2013

Les mots : l'impossible dialogue de Mylène dans Mylène en DUOS mot

2001, Mylène Farmer sort un Best Of. Elle choisit d’intituler cette compilation «Les Mots». Quand Mylène décide d’offrir au public un panorama de sa carrière, c’est donc avant tout des mots qu’elle prétend leur proposer. Que nous dit le texte éponyme de cet album, à savoir le duo de Mylène avec le chanteur Seal, du rapport de Mylène Farmer avec les mots ?

Fixement le ciel se tord
Quand la bouche engendre un mort

Dès le début, c’est la mise en avant du pouvoir de la parole avec une chose impossible, puisque l’adverbe vient contredire le verbe (au lieu de l’annoncer). Si le ciel se tord, il ne peut pas être immobile, fixé. Impossible dans la nature de contempler un ciel qui se tord «fixement». Et pourtant, grâce à la force de l’écriture, à cette magie, cela devient possible. Il suffit pour cela de l’écrire, et notre imaginaire essaie de créer une image qui pourrait unifier ces positions contraires. Mais si la parole fait des miracles, son pouvoir est dès le début mis en place comme ambivalent, source de dangers : la bouche engendre un mort. La puissance mortifère de la parole est ici fortement soulignée. (Déjà dans Méfie-toi Mylène mettait cela clairement en avant en évoquant les «paroles mortifères».) Entre «mot» et «mort», il n’y a qu’une lettre de différence. (D’ailleurs, Mylène s’applique à prononcer «mort» de façon à rendre le rapport évident pour l’oreille. Nous lisons mort, mais nous entendons mot). De là à penser qu’un mot est une chose morte, il n’y a qu’un pas.

Et en effet, une fois prononcé, le mot est fixé sur la page. On ne peut lui donner qu’un seul sens, celui que le contexte de la phrase permet. Mais cette mort qui nous paraît négative est en fait valorisée et transcendée par Mylène. En effet, cette mort est en même temps une renaissance : la bouche ENGENDRE, donne la vie à un mort : il se produit alors un miracle puisque le ciel, tout en restant immobile, se met à se tordre. En fait ici, Mylène nous offre un mode de lecture de ce qu’est pour elle l’écriture : il s’agit de rendre la capacité de se tordre à ce qui était fixé. Chez Mylène Farmer, ce qui la rapproche d’une démarche de poète, le mot n’est pas fixé dans le cadre de la phrase, mais il va au contraire prendre plusieurs sens, et créer des effets d’échos qui vont nous promener de couplets en couplets, voire d’albums en albums…Nous pouvons tordre le mot dans tout les sens. (Pensons à l’Ame Stram Gram ou se superposent deux textes complètement différents selon qu’on lit ou qu’on écoute les sonorités). Le jeu de mot va dès lors devenir un des biais fondamental de cette poétique de Mylène Farmer. Elle le dit d’ailleurs très bien elle-même à la fin du refrain de l’histoire d’une fée, c’est…

«Jeu de mains, jeu de M, émoi…»

images-2 dans Mylène et des CRITIQUESCe jeu de M ne peut que nous faire penser à un jeu de Mots, mais il est aussi un jeu de Mylène (voire de M le chanteur puisque dans un de ses clips, Onde sensuelle, on le voit harcelé par une petite fée). Ici, autour de cette lettre, Mylène met en rapport son prénom avec les mots, et le jeu sur les mots. Bilan de ce jeu de mot à la chaîne : M émoi… Aimez-moi. L’appel à l’amour est donc avant tout à lier à ce travail de mots. Et Mylène a en effet souvent mis en avant la primauté des textes pour elle, allant jusqu’à dire que si elle ne devait garder qu’une chose de sa carrière, ce ne serait ni les clips, ni la musique, mais les textes… Mais revenons à la suite de la chanson :

Là je donnerais ma vie pour t’entendre
Te dire les mots les plus tendres

Ici, dans un texte qui veut parler de mots, nous nous trouvons placés face à une chanson d’amour, mais aussi face à un duo. Ces deux idées sont très intéressantes. Si l’on va faire un tour dans un dictionnaire latin, on découvre que le mot «texte» vient du participe passé «textus» du verbe texere, qui signifie «tisser». Un texte c’est donc avant tout un tissu, un tissage. Or, le tissage consiste en l’entrelacement des fils rigides de la chaîne, avec ceux, plus souples, de la trame. On comprend dès lors mieux la nécessité du thème amoureux et du duo sur cette chanson là. En effet, la voix de Seal, en s’unissant à celle de Mylène, procède à une forme de tissage, d’union des contraires, qui représente métaphoriquement le tissu du texte. Quand au thème amoureux, il vient renforcer à son tour la notion d’union que nous évoquons ici. On voit que le rapport à la parole est en tout cas extrêmement fondamental puisqu’il est à nouveau relié à l’idée de mort. Mylène pourrait donner sa vie pour «entendre» et «dire», c’est-à-dire pour dialoguer. Or ce dialogue est au cœur de la carrière de l’artiste depuis ses débuts. Il est on pourrait dire le point de mire de Mylène, son but ultime. Ainsi, en intitulant un album L’autre, Mylène mettait de manière évidente en avant son désir de communication. Mais ce désir, cette quête frénétique du dialogue par Mylène Farmer se déroule sous la menace permanente de l’échec. Si il y a dialogue, il est toujours menacé par l’anéantissement. Ainsi, au début du clip Tristana, dès que les personnages commencent à échanger, et à se diriger vers une déclaration amoureuse, le moine guerrier vient les interrompre. Ce dialogue là ne pourra reprendre qu’à la fin du clip, avec Rasoukine qui avouera à Tristana qu’il l’aime. Mais cette fin est ambiguë… Cette déclaration ne s’adresse plus à une femme de chair, mais à une espèce de spectre, coincé entre la vie et la mort… C’est la même thématique que l’on retrouve dans la chanson Regrets, où l’on voit que les contraires ne peuvent s’unir que de manière éphémère, et sous le signe de la mort : nous sommes dans un cimetière, «l’hiver et l’automne n’ont pu s’aimer»…

Finalement, c’est dans la chanson Nous souviendrons nous de nous que Mylène formule ce thème de la manière la plus claire, lorsqu’elle dit n’avoir «qu’un long monologue poudré de neige à partager». Ce monologue fait bien sur référence au clip d’Ainsi Soit Je, mais il faut aussi voir qu’il s’agit d’un MONOLOGUE, c’est-à-dire du contraire d’un dialogue. Le monologue est une parole qui n’est pas échangée avec autrui. Or Mylène veut «partager» ce monologue. On voit bien qu’ici nous sommes donc en tension vers le dialogue. Pour Mylène, tout se passe comme si l’homme aspirait à la communication et en était incapable, ne pouvant qu’offrir à l’infini des paroles qui ne s’adressent en fin de compte qu’à lui-même. On peut dès lors bien mieux comprendre un autre leitmotiv de l’œuvre de Mylène, à savoir la solitude. Non plus une solitude parce qu’on n’a pas d’amis, nous savons par divers médias que Mylène n’en manque pas, mais cette solitude de l’impossibilité à communiquer. Beaucoup ont pu critiquer les absences de Mylène, son refus des interviews comme une savante stratégie marketing. Il faudrait faire à ce sujet deux remarques. D’une part, Céline Dion a choisi la stratégie inverse et cela marche tout autant, d’autre part, il faut reconnaître que Mylène se trouve, en s’exposant et en parlant peu, en accord total avec la pensée que l’on retrouve dans ses textes depuis ses débuts. Il faut ici souligner un paradoxe : Les mots est une chanson d’amour, et même l’une des rares chansons positives de Mylène (voire la seule ?). Pourtant le clip de Laurent Boutonnat est très sombre, et se termine par la noyade de Seal. Il ne faut pas penser que Laurent trahit le texte. Il a au contraire très bien compris la dimension utopique de ce duo parfait, de cette union et de ce dialogue. Utopique parce que tout le long du texte, Mylène a semé des marques de doutes, que nous rencontrerons peu à peu, à commencer, dès ces premières lignes, par l’omniprésence de la menace de mort. La chanson dit le rêve d’union des individus par la parole, le clip souligne l’aspect éphémère et illusoire de cette union. On ne peut que penser à L’âme stram gram, ou les rapports sexuels ne sont jamais séparés de l’idée de paroles. «En moi, en moi, toi que j’aime, dis moi, dis moi quand ça n’va pas. Il n’y a que ça qui nous gouverne». Que représente ici ce ça ? L’accouplement, ou la parole ? On ne peut pas trancher et c’est ce qui nous intéresse : le sexe comme la parole sont vus en tant que modes d’accès à ce dialogue rêvé…

On en arrive maintenant à la première intervention de Seal. Nous parlions d’union des contraires (bien mise en avant sur la pochette du single par le chevauchement des peaux), or voilà qu’ici on passe à de l’anglais. Les langues qui se mélangent sont à nouveaux à penser comme un fort signe d’union, et de dialogue entre des mondes qui se sont étrangers. Que fait dire Mylène à Seal ?

When all becomes all alone
I’ll break my life for a song

On retrouve ici exactement la même thématique que plus haut, à savoir le désir du dialogue. Seal est lui aussi frappé par cette solitude universelle, qui s’en prend au gens, mais aussi aux choses (all). Cette universalité de la solitude est renforcée par la double occurrence de ce all. Ici le désir de dialogue de Seal se tourne vers la musique, et vers une chanson (a song). A nouveau la menace de mort est évoquée. Autour du fait de parler ou de se taire, les enjeux sont essentiels, et les choses se complexifient. Si au tout début la mort était le fait du mot (comme elle le sera un peu plus tard avec les «mots qui blessent»), elle peut aussi être le fait du silence. Aussi la vie devient un fragile équilibre, semblable à celui du texte…

And to lifes that stoop to notice mine
I know I would say goodbye

Ici, nous ne pouvons que souligner que Mylène a fait en sorte de se voir citer par Seal en anglais, puisque ces vers ne sont que la traduction littérale du «aux vies qui s’abaissent à voir la mienne, je sais qu’il me faudra prendre congé d’elles». Ce jeu avec ses propres textes est intéressant à plusieurs niveaux. D’abord, Mylène met ainsi en rapport deux textes qui à priori n’en ont pas. Mais nous avons vu que contrairement aux apparences, il était question de la même chose dans Nous souviendrons nous et Les mots, à savoir le dialogue, l’échange, toujours menacé de mort. Nous pourrions glisser ici un jeu de mot sur le titre de cette première chanson, puisque «nous souviendrons nous de nous ?» pourrait aussi vouloir signifier «nous rappellerons nous que le mot «NOUS» existe ?», c’est-à-dire que l’union est possible. Cette question n’est pas qu’un pur fantasme, nous le verrons un peu plus loin avec le deuxième couplet. Mais en plus de cet intérêt, ce passage met en évidence de manière fondamentale cet emprisonnement de l’homme dans le monologue. En effet, Mylène en écrivant un dialogue, fait répéter à celui qui doit parler AVEC elle des mots qu’elle a elle-même déjà prononcés. La boucle est bouclée, nous sommes dans l’enfermement le plus total. On commence donc à sentir comment cette chanson à priori positive se teinte peu à peu d’angoisses, de peurs.

For a fraction of this life
I would give anything anytime

images-3 dans Mylène et SYMBOLISMEPhrase troublante au premier abord, elle se comprend mieux une fois que nous avons analysé les refrains de la chanson. Ce qui a lieu ici, c’est l’assimilation du monde, de l’univers, à un texte dont les existences humaines seraient les mots. Nous humains faisons partis en quelque sorte du grand texte de la vie, et de même qu’on ne peut supprimer aucun mot d’une phrase sans en modifier le sens général, de même toutes les individualités s’insèrent dans la communauté pour la modifier… Ici donc, le mot «life» est à comprendre au sens de Vie en général, comme opposé à mort. Pour un élément du vivant, c’est-à-dire un homme, un animal même, nous pourrions tout donner, n’importe quand. Ce don total ne peut se comprendre qu’en relation avec ce que nous disions du refrain. Chaque fraction à sa place dans l’ensemble, même la plus infime, chaque «petit rien» à son importance. Mais voyons un peu mieux comment fonctionne cette assimilation Univers – Texte.

L’univers a ses mystères
Les mots sont nos vies
You could kill a life with words
Soul how would it feel
Si nos vies sont si fragiles
Words are mysteries

Avant d’entrer dans l’analyse à portée générale que nous avons commencé, il serait bon d’évoquer un autre niveau. On a tellement entendu parler du mystère et de l’univers Farmer, qu’on ne peut que repérer une forme d’ironie dans «l’univers a ses mystères». Mais en liant cela à «les mots sont nos vies», Mylène donne par la même occasion une sorte de justification de ce mystère : si il y a mystère chez elle, ce n’est pas par jeu, mais parce qu’elle utilise un matériau mystérieux, à savoir le mot…Ceci précisé, il faut bien voir comment c’est à nouveau un véritable «tissage» des sens qui a lieu ici. D’abord Mylène nous dit que l’univers à des mystères. Puis que les mots sont nos vies. Si tel est le cas, nos vies, par contrecoup, sont des mots. Plus loin, Seal nous dit que les mots sont des mystères. A partir de là on se retrouve avec l’équation suivante :

Mots = Mystère = vies. Donc l’univers à ses vies, qui sont comme des mots.

Bien sur le refrain met en avant d’autres choses, mais il était important de commencer par là pour montrer «l’idée générale» de la chanson. Mais on peut en effet lire ici à nouveau le caractère mortifère des mots. Seal souligne qu’une parole peut tuer, ôter la vie. Mais ça ne s’arrête pas là, puisqu’il se demande ce qu’il pourrait ressentir dans un cas pareil. Cette question fait partie de ces éléments inquiétants que Mylène a semés tout au fil du texte : car derrière elle, on peut lire en filigrane une pulsion de meurtre… (Que Laurent Boutonnat mettra très bien en avant dans le clip, avec ce sourire épanoui de Mylène à la mort de Seal).

Les mots des sentiments
Les mots d’amour un temple

La fin du refrain est particulièrement intéressante. Mylène évoque deux catégories de mots, qui d’ailleurs n’en forment qu’une, celle des affects : mots pour exprimer les sentiments (à moins qu’on ne comprenne «les mots (sont) des sentiments»), mais surtout «mots d’amour» dont il s’agit de faire un temple. Autour du mot «temple», on voit se dessiner toute une série de questionnement qu’il nous faut ici développer si l’on veut comprendre la suite de la chanson. Partons de l’étymologie : le templum en latin, c’est un espace découpé dans le ciel, pour observer le vol des oiseaux et lire l’avenir, ensuite par extension, c’est devenu la projection de cet espace sacré sur le sol sous la forme d’un monument. Ici, Mylène évoque le temple des mots d’amour… Autrement dit, elle accorde une place sacrée, et religieuse, à l’amour. On connaît l’intérêt de Mylène pour la thématique amoureuse, «la seule chose vraiment importante» comme elle le confie lors de la promotion de Giorgino, et comme en atteste l’album Innamoramento, qui ne parle finalement que de ça. Pourtant, nous serons tous d’accord pour dire que Mylène Farmer n’écrit pas à proprement parler des chansons d’amour. L’exemple sans doute le plus frappant serait à ce titre la chanson L’amour naissant, qui malgré son titre, parle de tout autre chose que d’un simple «je commence à t’aimer» : on y rencontre le «souffle du néant», et autres notions de cosmos qui déploient ce texte vers des abstractions qui dépassent la simple union de deux êtres. Ici, mais ce serait surtout à montrer dans L’amour Naissant et Pardonne-moi, Mylène Farmer confère à l’amour une dimension universelle et religieuse. C’est une religion où l’on vénérerait l’amour qui est ici envisagée. Mais ce temple de l’amour doit être fait de mots, de ces petites entités fragiles, et il est constamment à reconstruire par la parole. Nous sommes ici au cœur de la morale de Mylène : Aimer l’autre pour tenter de donner un sens au monde, d’aller plus haut.

«J’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer, au souffle du vent, s’élevait l’âme, l’humanité, son manteau de sang», chante Mylène dans Rêver. Dans l’amour apporté à un individu, dans le cadre du dialogue, on participe à un mouvement d’élévation de l’humanité toute entière. L’amour est ici promu philosophiquement, invité à devenir un idéal d’élévation spirituelle. Mais il faut bien noter le pessimisme de Mylène quant à cette vision des choses. Ici à nouveau nous sommes dans l’utopie puisque, comme le dit Mylène : «j’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer». Cette union reste cantonnée au monde du rêve, elle n’a pas de réalité propre. Le seul moyen que l’on peut alors avoir de donner corps à cette utopie, c’est de la répéter inlassablement. C’est un peu ce qui se produit dans Mylenium, où l’innamoramento est évoqué comme une incantation, en espérant le voir se produire. (Ce n’était pas rien, symboliquement, que d’ouvrir le Mylenium tour par cette chanson et de le conclure par Innamoramento : on passe de l’appel à cet amour à sa concrétisation). Cette répétition qui va rendre réel le temple des mots d’amour est tellement présente à l’esprit de Mylène, qu’elle va utiliser un jeu qu’elle n’avait jusqu’à présent jamais vraiment mis en pratique, à savoir l’image sonore. En effet, si l’on écoute les refrains, on est frappé par le fait que le mot «temple» est prononcé de plus en plus distinctement au fur et à mesure que la chanson avance. On passe du «temple» mourrant dans un souffle au premier refrain, au temple à la dernière syllabe longuement tenue (et à la tierce supérieure) de la fin de la chanson. C’est ici l’illustration parfaite de la théorie par la pratique. Plus on parle d’amour et plus ce temple des mots devient solide, présent, réel. En ce sens, on ne peut que souligner que ce texte de Mylène reste dominé, malgré les doutes qui le parsèment, par un optimisme à toute épreuve. Il est un texte de foi, qui montre l’élan d’espoir que l’on peut mettre dans cette union des êtres. En ce sens, le clip de Laurent Boutonnat est quasiment indispensable pour ramener en avant le deuxième aspect du texte : même si les amants peuvent essayer de vivre dans l’illusion, cette union n’est qu’illusion. Elle ne saurait durer… Mais leur dialogue continue…

If one swept the world away
One could touch the universe

Le tissage des voix et des langues se poursuit. La réflexion que Mylène fait tenir à Seal est à priori obscure. «Si l’on balayait le monde, on pourrait toucher l’univers». Comment comprendre cette idée. Notons d’abord que nous sommes de par le mode potentiel choisi, dans l’irréel, dans l’hypothèse. On ne peut pas balayer le monde, ni le supprimer de par sa propre volonté. Pour comprendre cela, il faut à nouveau repenser aux multiples correspondances évoquées plus haut. Si nos vies sont les mots de l’univers, alors notre monde est l’équivalent d’un texte, d’un livre. Les mots sont premiers. En fait, l’ordre du symbolique, c’est-à-dire l’ordre du langage est antérieur à l’homme. Nous sommes coincés dans la parole et dans la langue, nous sommes faits de mots. On comprend dès lors mieux pourquoi, si l’on pouvait supprimer un word/world, on atteindrait l’univers, au sens où si l’homme pouvait avoir une action aussi radicale sur le langage, il porterait atteinte de manière irrévocable à l’ordre du monde. (Ce monde qui est ordonné, justement, par la parole, et engendré par elle). D’autre part, si l’on pousse la logique de l’assimilation du monde à un ouvrage et des hommes aux mots de ce texte, on voit ici se développer un triple sens. Au premier niveau, Mylène nous dit que si l’on supprime un texte on porte atteinte à l’univers tout entier. Il y a ici une vive condamnation de toute censure de l’écrit. A un autre niveau, l’assimilation de l’homme à un mot met en évidence le processus destructeur de toute censure, qui de par sa violence, ne peut être que le signal d’une violence plus grande. Ainsi, les sociétés fascisantes ont toutes pratiquées la censure des textes. Mais par là même elles ont censuré la vie. (Jusqu’aux horreurs des camps que l’on connaît, et que Mylène évoque dans Souviens-toi du Jour). Ainsi, on peut aussi comprendre le début de ce couplet comme un élargissement de l’image de censure : si l’on efface le monde, fait de mots, où même un seul de ces mots on porte atteinte à l’humanité toute entière. C’est ce que nous dit Primo Levi : les tortures subies par les déportés ont abîmé leur nature même d’être humains : «considérez si c’est un homme», demande-t-il. Le propos est donc ici plurivoque, comme très souvent chez Mylène : comme nous le disions au début, les mots s’y tordent dans tous les sens, échappent à la fixité pour offrir des significations multiples.

I will tell you how the sun rose
How we could with a word become one

On revient ici au premier niveau de compréhension de la chanson, du moins c’est ce qu’il semble au premier abord. En effet, nous avons ici une image extrêmement galvaudée, celle du lever de soleil, qui nous rappelle les clichés du discours amoureux, tout comme l’idée de ne faire qu’un. Mais cette unité se fait par le biais d’UN mot. Quel est ce mot ? En français le mot qui fait une unité de deux êtres, c’est le NOUS dont Mylène nous demande, nous avons vu, si nous nous en souviendrons. Une phrase de la chanson L’autre met complètement en évidence ce processus de fusion : «Toi et Moi, du bout des doigts nous tisserons un autre». Au début de la phrase, nous avons deux individus, isolés, TOI et MOI. Mais à la fin, ils s’unissent dans un «AUTRE» à partir du moment où le NOUS apparaît dans la phrase. Ici, en anglais, c’est le ONE qui va assumer cette fonction. One c’est ce que l’on pourrait traduire ici par «ON». Mais le mot anglais est encore plus frappant que le nous français : ONE c’est «on», c’est l’union, mais c’est aussi «UN», l’unité. Ce jeu de mot ne pouvait que frapper Mylène, tant il était en accord avec son questionnement. Quant à l’image du lever de soleil, permettons nous deux remarques. D’abord, si l’on cherche dans l’œuvre de Mylène une allusion à ce phénomène, on n’en trouve qu’une, dans un texte de Laurent Boutonnat, We’ll never die. «Dawn is breaking now, how long does it take to die ?» On voit que l’aube est paradoxale, puisqu’elle s’associe non pas à une idée d’espoir, mais à une idée de mort… Mais ici, nous allons le voir avec le couplet que chante Mylène, il s’agit bel et bien d’une lumière qui apparaît, et non d’une menace de mort. Reste à savoir de quelle lumière il s’agit…

Et pour tout ces mots qui blessent
Il y a ceux qui nous caressent
Qui illuminent, qui touchent l’infini
Même si le néant existe

Retour aux mots qui blessent, déjà évoqués, et auxquels Mylène opposent un autre aspect de la parole, à savoir les «mots qui caressent». Ici, ce sont les mots qui caressent, verbe à la nature physique qui semble difficilement pouvoir s’appliquer à de la parole donc. On retrouve le lien intense qui existe entre la chair et la parole. Les mots sont nos vies, et nos vies sont aussi du vivant, de la matière humaine. Dans L’âme stram gram, le jeu de mot qui superpose «J’ouïs» et «Jouis», ou encore l’apparition de «fesse» (et de «con» !) dans «confesse», ou celle de «susse» dans «susurre» mettent en avant le lien indéfectible entre parole et sexualité, entre chairs et mots. On jouit d’ouïr… Mais ce niveau charnel, présent dans ces mots caressants, est aussitôt transcendé par ce qui suit, puisque Mylène évoque des mots qui «illuminent, qui touchent l’infini». On pourrait voir dans cette image un métaphore de l’orgasme, mais il faut aussi voir ici l’allusion à la Bible, et en particulier à la Genèse : tous les mots sont là : illuminer, toucher l’infini, malgré le néant. Au commencement du Monde, il n’y avait rien (le néant). Dieu (l’infini) décide de créer quelque chose.

images-4«Dieu dit : que la lumière soit. Et la lumière fût.»
Que se passe-t-il ici, si ce n’est l’affirmation de ce pouvoir des mots que nous évoquions depuis le début ? L’univers est un texte, puisque il est avant tout le fruit de mots prononcés par Dieu. Le texte de la genèse n’est pas le récit de la création du monde, il est la création du monde par les mots. Or ici Mylène nous parle de mots qui illuminent. Ces mots qui illuminent, ce sont ceux du créateur disant “que la lumière soit”. Mylène fait ici référence à la genèse de manière évidente pour illustrer son propos. On comprend dès lors mieux la phrase concernant le lever du soleil. I will tell you how the sun rose. Le prétérit rejette ici cette aube dans le passé. Il ne s’agit plus de dire une aube, comme une banalité, mais l’Aube, la première de toutes, celle engendrée par dieu demandant que la lumière soit. On voit bien comment ici c’est l’affirmation de la primauté de la parole sur le monde que nous évoquions précédemment. Il ne s’agit en aucun cas, cependant d’un appel à la foi chrétienne. Chez Mylène Farmer, le thème religieux est central, qu’elle fasse référence à la torah dans Souviens toi du jour, au bouddhisme, au religions antiques ou à l’Ancien Testament comme ici. Cette omniprésence doit se lire comme une volonté d’universel… La pensée mythique et religieuse est avant tout une pensée qui pose des questions fondamentales, et représentatives des doutes de l’humanité. Mylène qui tente d’aborder ces mêmes questionnements, et d’y trouver pour elle des réponses ne peut donc pas passer à côté du phénomène religieux, même si elle n’adhère à aucune. Comme elle le confiait à Paul Amar lors de l’interview à Paris Première, c’est bel et bien du côté de l’homme que Mylène aime chercher l’espoir de salut : dans chaque homme réside une chance pour l’humanité d’aller de l’avant, et non dans une doctrine quelconque. Dernière remarque, ce passage qui évoque la lumière est sans doute l’un de ceux où la voix de Mylène se fait le plus cristalline, ce qui n’est pas sans signification. Les mots qui illuminent ont ce caractère clair, que l’on associe traditionnellement à l’aigu, comme on associe le grave et l’ombre.

For a fraction of this life, we will give anything anytime

C’est la dernière phrase du texte, et elle a été changée lors de l’enregistrement. Le texte du livret et du single donne en effet «we» là où Mylène et Seal chantent «I». C’est le dernier acte de ce que nous appelions l’impossible dialogue. Mylène avait envisagé le «we», ce «nous» évoqué à plusieurs reprises comme une sorte de but à atteindre. Pourtant, la conscience de cet impossible vient parasiter l’optimisme qui semble dominer la fin de la chanson (renforcement du mot «temple» et passage à la tierce supérieure pour le dernier refrain, comme une illumination encore plus grande). En effet, avec le retour à «I», nous assistons à un mouvement de division. Nos deux personnages semblent incapables de passer au nous. Ils restent deux «je», qui, si ils veulent aller dans le même sens, semblent retenus par on ne sait quoi, condamnés à jamais à dérouler leur face à face sans jamais réussir à le transcender… La boucle est bouclée avec le clip. Seal et Mylène, fractions de vies, tant qu’ils essaient d’être deux, sont ballottés par un océan déchaîné : une fois ce dernier mort, la tempête qui venait montrer cette difficulté à être deux peut s’apaiser. Mylène qui a encore tenté le dialogue se retrouve à nouveau prisonnière de cet hiver intérieur (le clip s’achève dans un paysage de banquise) qu’elle évoque dans Ainsi soit Je, elle retourne à son «monologue poudré de neige». L’espoir de communiquer est mort : on peut souffler l’allumette. Nuit et silence…

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Mylène Farmer chez ROCK LAND

Posté par francesca7 le 13 juillet 2013


NOVEMBRE1988

Alors Mylène, heureuse ?

Entretien avec Gilles RENAULT & Marc POTIN

« Je chante pour essayer de donner un sens à ma vie… Ce n’est pas facile ! »

Mylène Farmer chez ROCK LAND dans Mylène en INTERVIEW rmymi-adio-02-c-261x300

Avant l’entretien, Mylène fait part aux journalistes de sa réticence à ce que celui-ci soit enregistré au magnétophone :

- Les journalistes font leur métier comme des cochons. Ils ne respectent rien et surtout pas la personne qu’ils ont en face. Quelquefois, ça peut se passer très mal. Mais en général, on a su parler de moi avec justesse, en bien ou en mal… Je hais les magnétophones parce qu’il y a des mots, des pensées que j’aimerais effacer.

Avouez que c’est malgré tout une jouissance pour vous !

Pour débuter l’interview, le duo de journalistes demande à Mylène de parler d’elle :

- Je chante pour essayer de donner un sens à ma vie… Ce n’est pas facile ! Pour les morceaux d’un album, j’ai besoin avant tout d’une musique sur laquelle mes mots vont se greffer. Laurent Boutonnat va en studio, puis j’effectue mon travail d’écriture dans l’isolement. L’évolution entre les deux albums a été pour moi la découverte de l’écriture. Je me suis aussi découverte, comme si je m’étais moi-même déflorée. C’était presque un viol… mais c’était fondamental. Si je n’avais pas découvert l’écriture et cette façon de m’exprimer, je pense que je ne serais pas là, aujourd’hui. Je n’ai pourtant pas le sentiment d’écrire des chansons à messages, si ce n’est pour démolir les tabous -ce sont des thèmes qui me passionnent. J’agis vraiment comme je l’entends en parlant de sujets souvent occultés, tels la mort, le désespoir, des thèmes rarement abordés par les auteurs français.

Gainsbourg en a usé et abusé, mais c’est l’un des rares. Je ne calcule pas ce genre d’idées, ce sont des choses très proches qui me viennent naturellement. Depuis que j’ai commencé ce métier, je n’ai jamais agi dans le sens du commercial, jamais fait aucune concession, même si ça n’a pas été facile.

Comment expliquez-vous cette fascination pour de tels sujets ?

- Il y a certainement une part d’éducation religieuse pendant laquelle on apprend à rejeter tous ces tabous. On n’en parle pas… J’ai aussi eu très peu de dialogue avec mon milieu familial, beaucoup de questions sont restées sans réponses et cela correspond maintenant chez moi à une volonté de ne pas constamment se voiler la face comme le font beaucoup de gens.

N’est-ce pas aussi une ‘image’ destinée à brouiller les pistes, pour donner l’impression d’une variété originale et plus surprenante ?

- Toutes ces ‘perversités’ que j’interprète sont profondément ancrées en moi. « Sans contrefaçon », c’est vraiment quelque chose que j’ai vécu : je me souviens, à l’âge de douze ans avoir mis un mouchoir dans mon pantalon. Je pense que j’aurai toujours ces sentiments en moi, mais qu’ils vont évoluer au fil du temps.

Pourtant, une partie du public semble prendre avec beaucoup de légèrement ces tiraillements intérieurs…

- Cela ne me dérange pas. Ils dansent sur mes chansons, c’est très bien. Chacun y trouve ce qu’il veut. C’est un risque à courir, je l’accepte. Je serais certainement plus sévère si j’avais à écrire un livre.

Comment vivez-vous la célébrité ?

- L’aspect des choses le plus oppressant, le plus difficile pour moi, est d’être là, à répondre à vos questions…

Mais j’ai toujours voulu être célèbre. Cela dit, je préfère prendre des calmants lorsque je sais que deux journalistes vont me poser des questions, me demander des justifications. Il y a beaucoup d’appréhension avant une interview : on attend tellement de choses de moi, je dois être performante dans toutes mes réponses et ça m’est difficile. Dans le métier proprement dit, je n’ai pas beaucoup d’amis. Il y a des gens que je croise dans les couloirs, des personnes qui ont ma sympathie et réciproquement, des artistes que j’aime bien, mais je n’ai jamais réellement dialogué avec quiconque, si ce n’est Alain Chamfort et un peu Lio.

Et dans le privé ?

- Il y a très peu de personnes près de moi. Ma photographe, et un jeune homme qui fait plein de métiers différents et que j’aime beaucoup. Voilà, c’est tout.

L’argent a-t-il une importance capitale pour vous ?

- Je gagne de l’argent, c’est normal quand on vend des disques. Mais est-ce vraiment intéressant ? Ce n’est pas une jolie question…

Les journalistes orientent ensuite la conversation sur sa vision de la mise en images de ses chansons :

- J’ai toujours rêvé d’images avec les mots et le clip est un bonheur. J’aime tous ceux que Laurent a mis en scène. En ce qui concerne le dernier (« Pourvu qu’elles soient Douces »,), mes réactions sont trop personnelles pour que je puisse les dévoiler. Laurent a écrit le scénario et j’ai laissé faire la construction. C’est vrai qu’il a coûté très cher, et on peut penser à une folie douce. Mais justement, la seule liberté au monde, c’est la folie. Il est déjà difficile de donner un sens à sa vie… De toute façon, c’est nous qui mettons l’argent dans nos clips. Ça ne me gêne pas de devoir manger des pâtes tous les soirs pour m’offrir cette folie. Je sais qu’un jour il faudra revenir à une sobriété totale, car la barre est placée de plus en plus haut. J’aime beaucoup plus les images que les actes, j’aime la notion de provocation. La nudité dans mes clips n’est pas si facile que ça, ils ne sont pas si sexuels. Je pense plus à l’oeuvre d’un peintre ou d’un sculpteur… J’ose espérer que tout ce qui a été dévoilé jusqu’à maintenant a toujours été essentiel à l’histoire. Mais à présent, ça suffit : on attend toujours d’une femme de voir son corps nu. De toute façon, le cinéma, je me dis que je dois y venir, sinon j’en mourrai. J’ai eu des propositions, mais ça n’est pas encore le moment. J’aimerais me plonger dans un univers proche de celui de mes chansons. C’est peut-être un piège, mais je ne me vois absolument pas jouer des comédies ! Si j’avais un rôle à reprendre, ce serait dans « La Fille de Ryan » de David Lean. J’aimerais aussi aller vers Louis Malle, Jean-Jacques Annaud, Polanski… Malgré tout, j’aurais peur de m’en remettre à quelqu’un d’autre, c’est pourquoi mon choix sera très pensé : soit ça marchera, soit on me coupera la tête. C’est vraiment quelque chose qui me torture l’esprit.

Vous semblez vraiment anxieuse, toujours désécurisée (sic), torturée… Là encore, est-ce une image que vous vous donnez pour mieux servir le ‘personnage’ Mylène Farmer ?

-          Je déteste ces questions ! (Elle rit pour la première fois, puis long silence) Je ne sais pas répondre à ça. Je donne l’image de ce que je pense être dans la vie. Je crois que mon public est composé de beaucoup de gens mal dans leur peau qui ont envie d’entendre autre chose que ‘la vie est belle, tout va bien’… Je pense instaurer un dialogue avec eux à travers mes chansons. Mais c’est vrai que je me sens torturée en tant qu’être humain, cela me paraît tellement évident. J’aimerais ne plus avoir à répondre à ce genre de questions. Ça semble logique : ma vie est pesante. Mais à côté de ça, je ressens de façon magistrale les choses qui paraissent futiles à d’autres. Je trouve beaucoup de joie dans la lecture d’un livre. C’est comme une jouissance. Mais tout cela semble confus, je voudrais savoir aller à l’essentiel 

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Mylène interviewée en Russie

Posté par francesca7 le 7 juillet 2013


ARGUMENTY I FACTY (Russie)

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9 MARS 2000

Entretien avec Igor GOUSKOVMylène interviewée en Russie dans Mylène en INTERVIEW mylene-1-127x300

Pourquoi interdire que l’on enregistre cet entretien avec un magnétophone ?

- C’est un choix. Je n’aime pas l’idée que quelqu’un possède un enregistrement de ma voix et que celle-ci puisse exister ailleurs sans moi.

Drôle d’idée pour une chanteuse ! Votre voix est pourtant gravée sur desmillions de disques !

- Vous avez raison, ça semble paradoxal mais c’est plus facile pour moi de m’exprimer de cette façon. Il y a quelque chose de technique dans un enregistrement en studio. Un entretien est plus vivant, c’est important pour moi de voir et ressentir mon interlocuteur en face de moi.

On vous a connue en Russie à la fin des années 1980 grâce à vos magnifiques clips. Pendant les dix années suivantes, il y a eu plusieurs tentatives restées vaines pour vous faire venir en Russie…

- Cela ne veut pas dire que je ne voulais pas venir en Russie, bien au contraire, mais je ne m’imaginais pas venir chanter sans présenter un spectacle. Il y a eu plusieurs propositions différentes, mais elles ne prenaient pas en compte les impératifs de technique, d’éclairages, c’est pourquoi la principale condition de ma venue en Russie aujourd’hui était de conserver le spectacle que j’ai présenté en Europe à cent pour cent avec tous ses effets, la mise en scène, les chorégraphies, les changements de costumes…

Êtes-vous familière avec notre art : musique, littérature… ?

- Tarkovski…J’ai vu les films de Tarkovski. Comment je m’y suis intéressée ? J’ai lu des articles, des livres qui mentionnaient son nom puis j’ai acheté une cassette vidéo. C’était « Le Sacrifice ». Aujourd’hui, j’ai tous ses films –mon préféré est « Stalker ».

Peut-on vous qualifier de cinéphile ? Votre amour pour les clips qui ressemblent à des  courts-métrages vient peut-être de là…

- Oui, si on veut. J’aime beaucoup le cinéma. Vous savez peut-être que je rêvais d’être actrice, je ne pensais pas à la chanson. C’est l’œuvre du hasard, ou de la chance, qui a fait que un jour je me suis rendue dans un studio pour une audition, où le compositeur, Laurent Boutonnat, m’a vue et m’a proposée d’enregistrer la chanson « Maman a Tort ». Vous me parliez de la culture russe : dans la musique, j’aime Tchaïkovski, mais aussi un conte musical formidable, « Pierre et le Loup », de Prokofiev. Quand je prenais des cours de théâtre, j’ai découvert Tchekhov. Vous savez, à l’école, on nous fait toujours lire les classiques, les auteurs ‘essentiels’. Ma réaction était toujours un refus catégorique. Et plus tard, on commence à chercher des explications, une compréhension, on cherche à se retrouver dans la littérature, dans la musique : c’est comme trouver son frère, sa sœur ou son père, pour prendre une image. Ce n’est qu’assez tard que je me suis penchée sérieusement sur la littérature. L’un des écrivains les plus importants à mes yeux est Dostoïevski –je n’ai pas osé le citer quand vous m’avez posé la question : c’est tellement cliché de le citer lorsqu’on parle de la Russie !

Comment est née l’envie d’écrire toutes vos paroles vous-même ?

- Je ne peux pas dire que je ne chanterai jamais des chansons écrites par d’autres, mais il faut que les paroles me touchent, ce qui n’est pas encore arrivé. Quand j’ai écrit ma toute première chanson, quelque chose s’est ouvert en moi et j’ai commencé à écrire. C’est quelque chose de difficile à expliquer. Maintenant, je ne peux plus vivre sans ça : mes textes sont un mélange de ce que j’ai réellement vécu et de ce qui naît de mon imagination. C’est un travail permanent de l’esprit qui m’aide à mieux comprendre ce qui se passe en moi sur le moment. Cette simplicité n’est qu’apparente : le temps passe et j’évalue les choses que je vis de façon différente. J’ai peur de généraliser. Se redécouvrir soi-même tout le temps, c’est très émouvant. Je ne vous ai pas dit – les choses me viennent éparpillées !- j’adore les contes russes. Ils sont très particuliers, souvent tristes. J’en ai toute une collection chez moi, et les illustrations sont formidables. Ces livres sont très importants pour, ils me relient au monde de l’enfance, du rêve. J’espère ne jamais me séparer d’eux !

Vos clips ont flirté avec la censure en France à plusieurs reprises ces dernières années…

- Le clip de « Je te rends ton Amour » a été jugé trop lugubre par un comité de visionnage,  particulièrement une scène où on me voit baigner dans du sang. Cette scène a été coupée sur toutes les chaînes de télévision, mais elle est restée sur la vidéo que nous avons vendue et dont les bénéfices ont été reversés à la lutte contre le sida. Avec l’état d’esprit actuel des censeurs, on ne peut jamais savoir ce qu’ils ne vont pas aimer. Dans mon dernier clip (« Optimistique-Moi », nda), pourtant très innocent, on nous a reproché la dernière scène, où je m’éloigne debout dans la remorque d’un camion. Cela a été considéré comme un appel à enfreindre le code de la route !

Comment occupez-vous votre temps libre ? Vous vous promenez, vous courrez les boutiques à la mode, vous jardinez ?!

- Les deux premières propositions sont impossibles pour moi car je n’aime pas me trouver au milieu de la foule. J’aime dessiner, j’aime voyager…

Mais vous n’étiez jamais venue en Russie, jusqu’ici…

- Non, pourquoi dites-vous cela ? J’ai visité la Russie l’hiver précédent. J’y ai passé une semaine, je suis allée à Moscou et à Saint Petersbourg. Je me suis beaucoup promenée. Saint Petersbourg sous la neige est vraiment magnifique, grandiose. Il y a une église qui m’a fortement impressionnée. C’était inoubliable.

Et personne ne vous a reconnue dans les rues ?

- Non. Juste une fois, à Saint Petersbourg, un serveur m’a offert un bouquet de fleurs gigantesque. C’était très inattendu, mais agréable !

Merci à atch-ramirez pour son aide précieuse à la traduction.

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Entretien de Mylène sur NRJ

Posté par francesca7 le 30 juin 2013


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20 AVRIL 1988 – Entretien avec Dominique DUFOREST

Entretien de Mylène sur NRJ dans Mylène en CONFIDENCES soi-je

Dominique Duforest : (après avoir salué Mylène et expliqué aux auditeurs qu’ils pouvaient appeler le standard de NRJ pour poser leurs questions à Mylène) Alors, « Ainsi Soit Je… » : c’est un très bel album, ce titre « Ainsi Soit Je… », et puis il y a une poupée à ton effigie sur la pochette de l’album…

Mylène Farmer : Oui, c’est la poupée qui était présente dans le clip de « Sans Contrefaçon ».

DD : « Ainsi Soit Je… », la poupée à ton effigie, cela a une signification, tout ça ? Tu te regardes ?
MF : C’est difficile de résumer un titre comme ça. Moi, je donne beaucoup d’importance aux trois points de suspension d’ « Ainsi Soit Je… ». Si on peut résumer « Ainsi Soit Je… », ce serait un portrait.

DD : Ce sont des points de suspension lourds de sens ?
MF : Lourds de sens en ce qui me concerne, oui ! (sourire)

DD : Pourquoi ? Parce que ce que tu racontes dans l’album c’est la partie immergée de l’iceberg ?
MF : Probablement, oui. C’est vrai que c’est un exutoire que d’écrire des chansons. Là, en l’occurrence, c’est un album qui est, c’est vrai, très, très, très proche de moi.

DD : Oui, personnel, quand même. Alors tu cultives quand même depuis le début, depuis le premier disque, depuis « M aman a Tort », un personnage un peu ambigu, un peu mi-fille, mi-garçon, peu souriante, loin du monde…
MF : Je suis d’accord pour tout, sauf pour le terme ‘cultiver’.

DD : Ah bon ?
MF : Parce que je pense qu’on ne peut pas tricher. C’est-à-dire qu’on ne peut pas tricher quatre ans.

DD : J’ai pas dit que tu trichais, j’ai dit que tu cultives !
MF : Non, non, je sais. Mais c’est vrai que le mot ‘cultiver’ quelquefois m’ennuie un peu…

DD : M ais l’air lointain, tout ça, c’est toi ?
MF : Oui !

DD : Tu as toujours été un peu détachée, comme ça, du monde, du monde ‘bas’ ?
MF : Détachée, parfois complètement impliquée et en avoir très peur… Mais très souvent, on cherche toujours son lieu de prédilection. Il est rare.

DD : Je pense qu’on en parlera beaucoup tout à l’heure avec les auditeurs. Dans un instant, ce sera « Libertine » !

Diffusion de « Libertine ».

DD : Elle est libertine et elle est sur NRJ ce soir jusqu’à 20h : Mylène Farmer. (…) Je pense que nous avons un premier auditeur en ligne…- Allo ?
DD : Bonsoir ! (…) Ton nom ?

- Olivier.

DD : Olivier, bonsoir.
MF : Bonsoir…
– Salut Dominique, salut Mylène !

DD : Bonsoir !
– Vous allez bien ?

MF : Très, très bien, merci !
DD : Ta question ?

- Alors, ma question : Mylène, peux-tu me dire à quel âge as-tu commencé la musique, et quelle passion as-tu à part ce métier ?

MF : Oh ! La première question est plus facile : j’ai commencé à l’âge de vingt-deux ans. Quant à la passion, elle est toujours là, c’est une découverte. C’est une succession de découvertes…

- Ca a été un coup de foudre ?

MF : C’est un coup de foudre, oui. Je pense qu’on pourrait pas exercer ce métier sans coup de foudre.
DD : C’est indiscret de te demander ce que tu faisais avant de chanter ?
MF : Non ! Avant, je faisais beaucoup d’équitation et parallèlement, je suivais des cours de théâtre.

DD : Ha d’accord, donc tu avais déjà quand même un pied dans un domaine artistique.
MF : Une fibre artistique, alors !

DD : Une fibre artistique ! Olivier, merci de ta question…
MF : Merci !

DD : Je ne sais pas si on va en retrouver une autre tout de suite (…) Si tu veux bien, on va écouter un autre extrait de ce superbe album « Ainsi Soit Je… », et c’est une chanson que tu n’as pas écrite, c’est une chanson qui était chantée au départ par Juliette Gréco.
MF : Absolument : « Déshabillez-Moi ».

DD : C’est une référence, pour toi, la chanson ou Juliette Gréco, ou les deux ?
MF : Non, j’avoue que je connais peu Juliette Gréco. Cette chanson en l’occurrence, je l’aimais beaucoup et j’avais très envie avec Laurent Boutonnat de la réactualiser, à savoir faire d’autres…

DD : Un autre style…
MF : D’autres styles, oui.

DD : Alors, « Déshabillez-M oi » par Mylène Farmer, qui a laissé à tout le monde un souvenir ému le soir des Oscars de la M ode à la télévision, chère Mylène !

(Mylène éclate de rire alors que commence la chanson.)
DD
: (…) On rappelle la chute quand même, c’est « Déshabillez-vous », pour ceux qui ne connaissent pas la chanson !

MF : C’est évident, il faut la réciproque !

DD : Une question tout de suite au standard, allo ?
– Salut, Mylène !
MF : Bonjour !

DD : Bonjour, ton prénom ?
– Martin

DD : (…) Bonjour, ta question !
– Alors, je voudrais savoir comment est-ce que tu définis ton style de musique, selon toi ?

DD : Ha, question fondamentale !
MF : Fondamentale et difficile, une fois de plus ! Je pense que j’essaye de privilégier avant tout l’émotion. Quant à définir le style musical, je sais pas. Je pense que c’est du domaine de la variété… J’avoue que j’ai pas la notion des castes et que ça ne m’intéresse pas. Voilà, l’émotion avant tout, je pense.

DD : La réponse te satisfait, Martin ?
– Je suis très content (rires de Mylène)

DD : Merci de ta question, au revoir !
DD : Allo, est-ce qu’il y a quelqu’un au standard ?
– Oui, bonsoir Dominique, bonsoir Mylène !
MF : Bonsoir Dominique…

DD : Quelle voix ! Ton prénom ?
– Nadège
MF : (elle réalise son erreur) Nadège ?! Bonsoir, Nadège (rires)

DD : (…) Dominique, c’est moi ! Alors, ta question, Nadège…

- Alors tout d’abord, je voudrais féliciter Mylène pour tout ce qu’elle fait.

MF : C’est gentil.
– Je trouve que tu es vraiment une très grande chanteuse !
MF : Merci beaucoup !

DD : Ca commence bien ! La suite ?!
– Ma question, alors comptes-tu faire un concert, notamment à Paris ou en région parisienne ?
MF : C’est quelque chose auquel je pense, que je n’ai pas encore défini. S’il faut donner des dates, je pense d’ici un ou deux ans.

DD : Oui parce que je te signale qu’en dehors de la question de Nadège, les questions sur ce sujet sont très, très nombreuses au standard. Tout le monde veut absolument te voir sur scène !
MF : J’en ai très, très envie aussi. C’est vrai que je veux le faire absolument aux côtés de Laurent Boutonnat qui, lui, parallèlement a d’autres projets, donc nous allons privilégier ces projets. Et puis le temps de la préparation, aussi, de penser cette scène me prendra une année ou deux années.

DD : Voilà, Nadège, merci de cette question qui a permis de satisfaire beaucoup de gens qui voulaient avoir une réponse. (à Mylène) Laurent Boutonnat et toi, ça fonctionne vraiment d’une façon incroyable : c’est vraiment un duo de travail extraordinaire.
MF : C’est fabuleux. Je crois qu’on a peu de rencontres, en tout cas en ce qui nous concerne, peu de rencontres comme ça.

DD : C’est ton Pygmalion, un peu ?
MF : On peut dire Pygmalion, mentor… On dit ce qu’on veut ! C’est avant tout quelqu’un que j’aime énormément évidemment et avec qui il y a vraiment un parallélisme et une correspondance énorme dans tous domaines artistiques.

DD : En tout cas, entre autres, sur cet album « Ainsi Soit Je… », vous avez commis une autre superbe chanson qui s’appelle « Sans Logique ». Elle fait partie de celles que tu aimes ?
MF : Bien sûr. J’espère ! (rires)

DD : Alors, on l’écoute !
DD : C’est « Sans Logique » et c’est sur NRJ et c’est M ylène Farmer. Encore une belle chanson ! On va en écouter d’autres tout à l’heure, je vous promets, de cet album, en découvrir parce que c’est vraiment très, très bien. On a sûrement quelqu’un au standard de NRJ, allo ?
– Bonjour !

DD : Une voix très jeune ! Ton prénom ?
– C’est Isabelle !
DD : (…) Ta question ?
– Alors je voulais savoir pourquoi on parle si peu de Mylène Farmer dans les magazines à part quand elle sort un disque, tout ça…C’est vraiment dommage parce qu’on aimerait en savoir plus sur cette chanteuse qui a plein de talent, enfin je vais passer le baratin… !

elles dans Mylène en INTERVIEW

DD : En tout cas, on va parler d’elle ce soir !
MF : (sourire) C’est quelque chose qui est, là, volontaire. A savoir que je pense que trop parler de soi, déjà c’est quelque chose qui ne m’est pas propre – depuis ma tendre enfance, j’ai beaucoup de mal à parler de moi-même – et d’autre part, je pense que ça démystifie très, très, très vite quelqu’un et que le public peut se lasser d’une personne, à savoir aussi bien les prestations télévisées que les interview s. Je pense qu’il faut les raréfier, voilà.

DD : Il est bon de se faire rare, de se faire envier, de se faire désirer je veux dire…
MF : C’est vrai que je préfère ça, moi.

DD : Parce que tu as peur de rien, toi ! Je me souviens, je t’ai vue chanter devant cinquante mille personnes à Marseille ‘Je suis libertine, je suis une catin’, faut quand même oser, dans un stade… (lors de la tournée d’été Europe 1 en 1986 à laquelle Mylène participa, nda)
MF : Oui, ça, ça ne me dérange pas ! (rires)

DD : Ca te dérange pas ! A quoi tu penses, dans un cas comme ça, tu es devant cinquante mille personnes à qui tu chantes ‘Je suis libertine, je suis une catin’ : qu’est-ce qui se passe dans ta tête à ce moment-là ?
MF : Je serais incapable de vous le dire ! (rires)

DD : Non, tu peux pas ?
MF : Non, incapable !

DD : Bon, ça fait rien. On le regrette !
MF : C’est quelque chose d’enivrant, mais c’est la seule chose que je pourrais dire !

DD : En tout cas, y avait quelque chose qui nous avait bien enivré, qui avait enivré beaucoup de gens, c’était une superbe chanson qui s’appelait « Tristana ». Elle a quelque chose de particulier pour toi, cette chanson, « Tristana » ?
MF : Elle m’évoque la neige. C’était mes débuts, à savoir je suis née au Canada. J’aime la neige et la Russie.

DD : Ha, tu es née au Canada ? (Mylène confirme d’un murmure) Ha bon ! Et tu es canadienne de nationalité ?
MF : J’ai les deux nationalités.

DD : Ha, très pratique !
MF : Pas pour les impôts, je vous le garantis ! (rires)

DD : Ha bon, d’accord ! (rires) « Tristana », Mylène Farmer avec nous sur NRJ jusque 20 heures. Diffusion de l’extended remix de « Tristana »
DD : « Tristana » sur NRJ, Mylène Farmer, dans sa version remix. D’ailleurs, y a toujours des remixes importants sur tes chansons.
MF : Oui, j’adore ça, et Laurent aussi !

DD : Ha, c’est vrai ?
MF : J’avoue qu’on prend un plaisir incroyable en studio que de faire des remixes.

DD : On dit ‘On va mettre un petit bout là, puis on va faire ci, on va faire ça…’ ?!
MF : (rires) Oui, oui ! On travaille aux côtés d’un ingénieur du son qui s’appelle Thierry Rogen et qui adore ça aussi, donc c’est particulier !

DD : Ca s’entend parce qu’en général, ils sont extrêmement réussis ! Téléphone, allo ?! (…) Ton prénom ?
– Sylvie
MF : Bonsoir Sylvie.

DD : (…) Ta question à Mylène ?
– Je voudrais savoir : quel personnage Mylène aimerait-elle interpréter au cinéma ?
DD : Ha ! Y a beaucoup de questions sur le cinéma. Y a des projets, d’ailleurs ?
MF : Pas actuellement. Je vais répondre à brûle-pourpoint le premier rôle qui me vient à l’esprit, ce serait le rôle de Frances Farmer…

DD : Joli rôle…
MF : …qui a été interprété par Jessica Lange, et qui est donc…

DD : Et dont tu portes le nom !
MF : Et dont je porte le nom. Je ne l’ai pas fait exprès, presque ! (rires gênés)

DD : (dubitatif) Oui, tu l’as fait exprès, non ?
MF : (expéditive) Un petit peu, oui ! Et que dire d’autre ? Voilà, c’est une femme, est-ce que je me sens proche d’elle ? Je ne sais pas. Je pense que c’est un personnage qui est passionnant à interpréter. C’est une femme qui a eu beaucoup de mal et qui a été complètement écrasée par son milieu, en l’occurrence c’était Hollyw ood.

DD : Excuse-moi, tu es très femme, si j’ose dire, dans tes textes etc. Quelles sont les femmes que tu admires, dans celles qui ont compté dans l’Histoire ? Il y a des femmes que tu admires en dehors de Frances Farmer ? Est-ce qu’il y a d’autres actrices, ou des femmes politiques, des gens comme ça, que tu admires ?
MF : Oui. J’aime Greta Garbo.

DD : Tu aurais aimé interpréter des rôles comme Greta Garbo, éventuellement ?
MF : Je ne sais pas. C’est la femme, là, qui m’inspirerait, plus que ses rôles. Y a une femme que je connais pas du tout mais vers qui je vais aller, qui s’appelle Lou Andrea Salomé, qui a été le femme de, entre autres, Freud et de Rilke, qui était un poète, et qui en l’occurrence elle aussi écrivait, et c’est une vie qui me passionne, vers qui je vais aller.

DD : Voilà, je dis au revoir à notre amie Sylvie, je lui fais un bisou et on a un disque maintenant que nous a demandé M ylène, c’est un groupe australien qu’on adore alors ce choix nous a ravi : c’est le groupe INXS (…)

Diffusion de « Need You Tonight »

DD : Qu’est-ce que c’est bien, ça : INXS sur NRJ, « Need You Tonight »…
MF : Et on peut se faire cette réflexion que de ne pas comprendre un texte, si l’on n’est pas bilingue en l’occurrence, c’est pas du tout important. C’est l’ambiance qui compte !

DD : Oui, et puis le texte est pas très compliqué. Il est provocant, d’ailleurs, comme les tiens ! Et puis je signale aux demoiselles qui ne connaissent pas encore ce groupe que le chanteur est quand même extrêmement mignon…
MF : Et très, très sensuel !

DD : Il faut bien le dire, il faut bien le dire ! Dans un instant, on écoutera un autre extrait de « Ainsi Soit Je… », une chanson qui s’appelle « Les Jardins de Vienne » (sic). C’est très beau, ça évoque quelque chose de particulier pour toi ?
MF : Oui, très particulier puisque j’ai connu cette personne, et c’était une personne qui s’est effectivement pendue dans un jardin de Vienne.

DD : Alors écoutez cette très, très belle chanson dans une petite minute !

Diffusion de « Jardin de Vienne »

DD : « Les Jardins de Vienne », sur NRJ, Mylène Farmer. Il est toujours extrêmement cruel de couper une chanson, surtout quand elle est très belle et en plus quand on a l’auteur et l’interprète à côté de soi. Je suis vraiment désolé, mais y a vraiment beaucoup de gens au téléphone qui veulent te poser des questions et tu es quand même là pour ça, alors on fait : allo ?!
– Allo ?
DD : Bonsoir, tu t’appelles ?
-Estelle.
DD : (…) Alors, ta question à Mylène, qui t’écoute très attentivement.
– Bonjour !
MF : Bonjour…
– Je voulais savoir pourquoi Mylène a adopté un look spécial pour chaque chanson…

DD : Pourquoi pour chaque chanson un look différent ?
MF : Pour chaque chanson… Je pourrais appeler ça presque la toilette de l’âme. Et pour être un peu plus terre à terre, parce chaque chanson suscite un univers. Par exemple, sur « Tristana » ça pouvait évoquer la Russie, donc j’avais des habits qui pouvaient évoquer aussi la Russie. « Sans Contrefaçon », c’était un petit garçon, donc c’était abordé avec la casquette. Et puis, c’est avant tout un plaisir que de s’habille et que de changer.

DD : C’est le goût du costume, c’est le goût du théâtre, c’est le goût de l’art en général, quoi…
MF : Oui, et je crois que les personnes qui sont devant leur poste de télévision aiment aussi ce goût-là, ont le goût de l’habit, de la représentation, et voilà…

DD : Ca fait partie du métier, ça fait partie d’une part de ton métier…
MF : Je porte très, très mal le blue-jean en plus ! (rires)

DD : Raison supplémentaire ! Estelle, voilà la réponse à ta question, on te fait une grosse bise.
– Je voudrais savoir si je peux avoir une photo dédicacée de Mylène…
DD : Hé bien, on va noter ton nom hors antenne et on va t’envoyer ça, d’accord ?
MF : Absolument !
– Merci ! Au revoir !
MF : Au revoir…

DD : Alors, à propos de clip justement, celui de « Ainsi Soit Je… » va bientôt sortir ?
MF : Il va sortir je crois le 17 avril…non…mai ?! (rires)

DD : Heu oui, ça sera plutôt le 17 mai, puisque nous sommes déjà passé le 17 avril !
MF : Oui, oui. Je vais être en tournage dimanche prochain.

DD : Ha bon, très bien. Et alors, y a une question qui est posée très, très, très souvent aussi : alors si on veut écrire à Mylène, une seule adresse, c’est la bonne, le courrier est à adresse à la maison de disque qui s’appelle Polydor, ça se trouve 2 rue Cavalloti (il prononce ‘Cavayoti’) 75018 Paris. Ai-je été précis, ma chère Mylène ?
MF : C’est ‘Cavalloti’ (elle rectifie la prononciation).

DD : Pardon !
MF : Et c’est très important pour moi !

DD : C’est très important, le courrier…Tu lis beaucoup le courrier qu’on t’envoie ?
MF : Je lis tout, j’ouvre tout moi-même, je réponds moi-même. Très souvent, on me dit ‘Je pense que ça sera quelqu’un d’autre qui signera à [ma] place’ : ça, c’est quelque chose que je me dois de faire. Par contre, c’est vrai qu’on a beaucoup de retard, parce qu’il y en a beaucoup et qu’on a pas toujours le temps, donc d’avance, je m’excuse de ce retard !

DD : Alors si vous voulez donner du boulot à Mylène, écrivez ! « Sans Contrefaçon » sur NRJ.

Diffusion du Boy Remix de « Sans Contrefaçon »

DD : Retour au standard. Allo ? (…)
– Alors je voudrais savoir ce que vous aimez comme lecture, et j’aimerais vous faire une proposition de scénario-roman, mais je ne sais pas où m’adresser…
DD : Ha…Alors… ?!
MF : Je réponds à la première question ?!

DD : Réponds à la première question.
MF : Le genre de lecture… Je crois que j’aime avant tout les auteurs qui ont des âmes tourmentées. J’ai un livre de chevet – des livres de chevet – d’Edgar Poe. J’aime beaucoup Baudelaire. J’aime bien August Strindberg, que j’ai découvert justement quand j’étudiais le théâtre. Mais je peux aussi aimer tous les contes, des contes extraordinaires. Je peux passer très facilement du morbide au merveilleux.

DD : (ironique) Les bonnes lectures du soir de Mylène Farmer ! Alors pour la deuxième partie de ta question, je pense que tu peux tout simplement envoyer ton projet à l’adresse que j’ai donné tout à l’heure pour le courrier de Mylène Farmer, chez Polydor (il redonne l’adresse)
MF : Bien sûr !

DD : Et ça sera transmis, c’est promis !
– Ben parce que je l’ai déjà fait, et puis j’ai toujours pas de réponse…
DD : Hé bien tu auras une réponse, Mylène a dit tout à l’heure qu’elle s’excusait, qu’elle avait beaucoup de retard, d’accord ? On te fait un gros bisou, au revoir.
– Oui, d’accord, au revoir…

DD : Et juste avant de te quitter, je voudrais détailler, Mylène, deux, trois petits symboles qu’il y a dans le petit bouquin splendide qui a été envoyé à toutes les radios avec l’album. (Dominique Duforest évoque la brochure que les collectionneurs appellent communément ‘le programme « Ainsi Soit Je… », envoyé aux médias, et qui contient photos, documents et présentation de l’artiste, nda) Alors, il y a un landau d’abord, avec deux da tes qui sont 1962 / 1985 : c’est quoi ça ? Le landau, ça a une signification ?
MF : Pas réellement. Le landau fait plus allusion à un corbillard ou à une tombe qu’à un vrai landau ! (rires)

DD : Oui, d’ailleurs il est pas très gai, ton landau ! Pourquoi y a Bambi également dans les photos ?
MF : Bambi, parce que je crois que c’est le personnage au monde que je préfère. J’ai vu « Bambi » énormément de fois, et je voudrais me réincarner en Bambi, pourquoi pas !

DD : Baudelaire, maintenant on vient de savoir pourquoi : tu aimes les tourmentés, et là tu es gâtée ! Louis II de Bavière ?
MF : Louis II de Bavière, on avait dédicacé sur le disque de « Maman a Tort » ‘à Louis II de Bavière’, parce que c’est un homme dont la vie me fascine, c’est…

DD : Tourmenté également, d’ailleurs…
MF : Tourmenté également, oui.

DD : Bon, Laurent Boutonnat : maintenant on sait que vous vous adorez. Edgar Allan Poe ?
MF : Edgar Poe parce que, comme je le disais, c’est aussi quelqu’un qui a une écriture qui est pour moi une des plus belles écritures, et puis qui a un univers qui me fascine et dans lequel je me complais volontiers.

DD : Ainsi est elle : c’est Mylène Farmer. On vient de passer une heure avec toi, on en est ravis.
MF : Moi aussi !

DD : Merci Mylène, on espère te revoir très vite. On attend avec impatience la sortie de ce clip, et puis que tout aille bien. « Ainsi Soit Je… »
MF : Ainsi soit-il ! (rires)

Diffusion de « Ainsi Soit Je… » pour clore l’entretien

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INTERVIEW / CONFIDENCES DE MYLENE F.

Posté par francesca7 le 30 juin 2013


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INTERVIEW INTÉGRALE POUR TÉLÉ-STAR (dans presse et dans confidence aussi)

En MARS 1988 : Entretien avec Michael de MONTZLOV

INTERVIEW / CONFIDENCES DE MYLENE F. dans Mylène en INTERVIEW mimi1

Le 11 avril 1988, Télé Star publie un article consacré au nouvel album de Mylène Farmer, agrémenté de quelques déclarations de l’artiste, recueillie par un journaliste de l’hebdo télé.

Ce qui suit est totalement inédit : il s’agit de la retranscription de l’interview intégrale de Mylène Farmer pour le magazine, dont l’enregistrement dure dix-sept minutes.

On peut s’amuser à comparer l’entretien brut et la façon dont seulement quelques déclarations seront retenues pour illustrer l’article du magazine : suivant la façon dont elles sont mises en forme et parfois reformulées, sorties de leur contexte, l’intention change du tout au tout et l’on se rend compte que la déclaration qui donne son titre à l’article (« Mylène Farmer reconnaît qu’elle fait des caprices de stars ») est purement et simplement inventée de toutes pièces !

Mylène Farmer , Vous parler de cet album (« Ainsi Soit Je… », nda), c’est pas difficile. Ce que je peux en dire, c’est que c’est de la même veine. Là, j’ai participé beaucoup plus à l’écriture des textes que sur le précédent, qui ne comportait donc que trois chansons écrites par moi-même. Celui-ci, peut-être dans son intégralité, est écrit par moi. C’est une continuité. C’est une image : un premier album, c’est un premier jet, et un deuxième album, c’est une autre nourriture. C’est en ça que je dis que c’est une continuité.

- Je pars d’une musique. Donc Laurent, lui, compose avant l’entrée en studio et puis on voit ça ensemble, et après vient se greffer effectivement le texte – enfin, le travail de l’écriture. Mais toujours partant d’une base musicale. Que vous dire d’autre ?! Après, c’est le chemin normal du studio. Pour l’écriture, il y a pas de moment défini, à savoir que ça peut être aussi bien le matin que l’après-midi, le soir ou même la nuit. C’est vrai que c’est un moment, de toute façon, d’isolement. C’est très dur – en tout cas, moi je n’y arrive pas – d’écrire entourée de personnes. Ça m’est impossible. Donc ce sont des moments de recueillement, à savoir ou ça peut être des moments d’angoisse ou des moments de…je sais pas, de bonheur. J’ai toujours été enclin à l’autocensure me concernant, donc c’est vrai qu’écrire, j’en ai eu quelques fois l’envie quand j’étais plus petite mais j’ai jamais fait de ce qu’on appelait les journaux intimes, non. Mais c’est vrai que là, c’est quelque chose que j’avais découvert sur les premières chansons, qui étaient donc « Plus Grandir », « Tristana » et « Au Bout de la Nuit » et que là, vraiment, c’est devenu un plaisir et presque un besoin, que je perdrai certainement aussi, parce que je pense qu’on s’essouffle. Mais là, c’est vraiment quelque chose que j’ai découvert et c’est vraiment bien.

- Quand Laurent, puisque c’est le seul compositeur qui travaille avec moi, écrit une chanson, c’est un peu comme si moi, je l’écrivais. Ce sont peut-être simplement des formules différentes, mais on a des mondes qui sont très parallèles. Il n’y a pas de trahison. Et puis, je pense qu’à partir du moment où quand on ne compose pas soi-même et qu’on accepte une chanson, c’est qu’on est complètement prêt à mettre son enveloppe charnelle, si on peut dire ! (rires)

- Je suis quelqu’un, c’est vrai, qui parle peu de plus en plus, parce que maintenant, étant un personnage public, il y a des gens qui s’y intéressent, et donc des interview s. Mais c’est vrai que j’aime le mutisme plutôt qu’autre chose. Oui, je parle toujours aussi peu. Ce n’est pas que je n’aime pas écrire sur moi, c’est que je pense que moi j’ai eu besoin, et chacun à sa manière et à un temps déterminé, de nourriture intellectuelle, enfin dite intellectuelle. A savoir que j’ai besoin de lire les autres, besoin de découvrir les autres. Pas l’écriture des autres, comment dire ? Peut-être s’intéresser, si je lis du Edgar Poe ou si je lis du Maupassant ou si je lis du Strindberg, certainement ça m’a donne envie, moi, de m’exprimer. Ce sont des écrivains qui m’attirent, oui, mais il y en a beaucoup d’autres. C’est vrai que c’est toujours ceux que je cite, parce que c’est ceux qui me viennent à l’esprit en premier.

- J’aime bien lire de la poésie Quelque chose qui repasse en ce moment, c’était « Pinocchio » de Comencini. Heu, qu’est-ce que j’ai pu aimer ?! J’aimais bien aussi « David Copperfield ». C’est pas un manque d’intérêt, pour l’instant – et de plus en plus, d’ailleurs, depuis quatre ans, cinq ans – c’est un manque de temps. Mais bien sûr que j’aime la poésie. Récemment, j’ai quand même rouvert des poèmes de Rimbaud. Sur ce chapitre, je ne tricherai pas : je n’en ai pas lu énormément.

- J’ai passé huit années au Canada, le Canada français, et puis après, l’arrivée en France, que je n’ai plus quittée ! C’était une période plutôt agréable. J’en ai malgré tout très peu de souvenirs. L’arrivée en France a été un moment un peu difficile. Sans parler de choc de cultures, parce que ça n’a pas lieu d’être, c’est un comportement qui est totalement différent, un mode de vie qui est radicalement différent. C’est assez choquant quand on est enfant. Ça se traduit par une forme d’agression, des rapports plus durs, plus froids. C’est vrai que là-bas, et même maintenant, les personnes qui vont au Canada sont toujours étonnées par l’accueil de ce peuple, parce que c’est quelque chose qu’ils ont comme en eux. Voilà. Ca a été un choc assez violent. De toute façon, les enfants en général n’ont pas trop de mal à s’intégrer. J’ai jamais eu beaucoup d’amis.

C’est vrai que, par contre, au Canada, quand il y avait un anniversaire par exemple, c’était pas en petit comité : y avait près de cent enfants. C’est assez étonnant. Alors qu’ici, c’est beaucoup plus concis. Donc certainement des amitiés beaucoup plus sélectives.

- J’avais envie de faire tout ce que les autres ne faisaient pas. C’était valable aussi bien dans une classe ou à la maison ou dans la rue, à savoir cette peur panique de ressembler au commun des mortels. Il y a des personnes qui sont faites pour accepter. Accepter la vie, sans trop se faire violence. Et puis, il y en a d’autres, je pense comme moi, où tout devient un combat d’arène. On a envie éternellement de dire qu’on est là. C’est cette fameuse envie d’exister.

- ‘Jouer un personnage’, c’est pour tous les métiers publics. Aussi bien des écrivains qui vont défendre un livre en télévision : ils auront leurs moments d’acteur. C’est normal. Mais c’est moi qui suis dans le rôle.

- Ce que je peux dire sur tout le travail que j’ai effectué avec Laurent Boutonnat, qui est quand même bien présent, c’est que depuis le début et jusqu’à maintenant on n’a fait aucune concession. Pour moi, la qualité principale chez l’homme que j’apprécie, c’est l’intégrité. Cette envie de suivre son chemin et de ne faire vraiment aucune concession. Et je remercie la vie, parce qu’aujourd’hui, ça marche plutôt bien et que je suis heureuse de ne pas avoir fait ces concessions que quelques fois on m’a demandées, parce que c’est vrai que les personnalités peuvent être parfois dérangeantes dans ce métier –et heureusement !

Si je n’avais pas rencontré Laurent Boutonnat…Malheureusement, je ne peux pas répondre ! Peut-être aurais je rencontré une autre personne qui m’aurait indiqué ce chemin. J’aurais été certainement différente, oui.

Maintenant, je le dis, c’est un vrai don du ciel. Il y a des rencontres dans sa vie qui sont merveilleuses, et cette rencontre-là a été fondamentale. Ca, j’en suis consciente et heureuse.

- Je peux jouer d’un peu de guitare, j’ai essayé un petit peu le saxophone mais là, j’ai pas du tout persévéré. Mais c’est un instrument que je pourrais approcher. De là à composer, non. Il ne faut pas tout mélanger. De même que je ne réaliserai jamais ni les vidéoclips, ni un long-métrage ! Chacun son métier, et chacun son talent, surtout !

- Le goût pour les clips, je crois que c’est quelque chose qui est commun à Laurent et moi-même. C’est toujours ces mondes parallèles : on a, je crois, les mêmes goûts cinématographiques, pratiquement les mêmes goûts littéraires. C’est vrai qu’on est tous les deux très attirés par ça. Lui-même doit être un de ceux qu’on appelait les romantiques, dans sa totalité, c’est-à-dire avec tous ses extrêmes.

- Je ne me donne aucun rôle, ou en tout cas dans l’intimité. C’est quelque chose que je ne dirai jamais. Maintenant, je pense effectivement qu’on est dans une ère de dépression qui amène fatalement à la décadence. Je suis une enfant effectivement de cette génération. C’est vrai que c’est un mélange pour la jeunesse actuelle de désespoir et d’envie de hurler quelques fois. Enfin, ‘une décadence’, méfions-nous quand même du terme parce que très souvent, c’est un peu usurpé. C’est une envie de toute façon de tout dire, à savoir de dire certainement des choses qui ont été occultées en d’autres temps. Je ne suis ni bien, ni mal dans cette époque. Je ne peux pas être agacée dans la mesure où, maintenant, il y a un dialogue entre ce public et ce que moi je peux faire artistiquement. Et ça, ça a été une progression. C’est-à-dire qu’on ne peut pas imposer ça. En quatre ans, c’est vrai que là, je suis parvenue à me dire ‘Oui, certaines personnes sont sur la même longueur d’ondes, comprennent ou acceptent, tolèrent’. Il n’y a plus ce divorce qu’il pouvait y avoir. C’est-à-dire que de toute façon, il y a une éducation dans tout, et ça c’est une forme aussi d’éducation. C’est ça, c’est cette progression, d’avancer comme ça, lentement mais sûrement.

- Le cinéma reste le cinéma. C’est pas la chanson, même s’il y a, c’est vrai, le support vidéoclip. C’est quand même une autre aventure, un long-métrage. Et puis c’est une écriture quand même de personnages, ça va beaucoup plus loin, c’est plus approfondi. Je pense que l’idéal serait, oui, de commencer avec Laurent.

Maintenant, il y a beaucoup d’autres metteurs en scène, je pense, avec qui j’aimerais tourner. Mais tout ça aussi se fait…il faut croire en la vie, donc j’essaie d’y croire.

- Avant même de penser à la chanson, je crois que c’est quelque chose que j’avais décidé : être comédienne. Si je peux faire une sobre analyse de tout ça, je pense que mon bonheur a été de commencer par la chanson – enfin, de faire ce que je fais actuellement- et que maintenant, aujourd’hui, je puisse éventuellement penser au cinéma, parce que j’ai eu besoin de ça réellement, d’abord moi-même pour me nourrir, et qu’aujourd’hui je me dis ‘Oui, là, je peux’. Voilà. Quatre, cinq ans…Si j’avais fait un film, je pense que c’était une erreur pour moi.

- Si vous parlez de ventes de disques, c’est vrai que j’aime bien savoir jour par jour quelle a été la vente de la journée. Mais ça, c’est plus dans un souci, je sais pas, c’est comme les enfants qui ont –je sais pas quelle métaphore je peux faire, je sais pas- un jouet dans la main, qui ont quelque chose de beau et qui en plus marche, là actuellement. On n’a pas envie de nous le reprendre ! C’est en ça, ce souci de regarder les ventes chaque jour. Ce n’est que ça. Moi, les notions d’argent et tout ça, je suis pas réellement et fondamentalement comme ça, non. Mais j’ai parfois moins la tête dans les nuages, vers les étoiles, que ce qu’il peut paraître…

- Je fais salon avec mes deux capucins et je leur lis Baudelaire ! (rires) Je crois que les animaux aiment vraiment la musique, aiment qu’on leur parle, aiment ces choses là. Ils sont très sensibles à ça. Là en l’occurrence, c’est vrai que les singes c’est quelque chose qui fait partie de ma vie. Je ne peux plus concevoir maintenant de rentrer chez moi et de ne pas voir ces animaux-là. Je pense qu’ils sont heureux. De toute façon, c’est vrai que c’est monstrueux de voir ces magasins qui sont sur les quais, voir ce trafic d’animaux. Il y a ou supporter ou avoir une phobie. Moi, j’ai une phobie des insectes : il ne faut pas me mettre un insecte à portée, parce que ça me met très mal à l’aise ! Ne pas aimer foncièrement les animaux, c’est bizarre. De même que dire ‘Je déteste les enfants’, c’est grave, je pense, pour une personne. Ne pas avoir envie d’en élever, c’est autre chose.

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Mylène dans L’EST RÉPUBLICAIN

Posté par francesca7 le 30 juin 2013

 

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Article paru le 30 OCTOBRE1988 – dans l’Est Républicain : Entretien avec Jean-Paul GERMONVILLE

 Le sujet :  AINSI SOIT « ELLE »

Mylène dans L'EST RÉPUBLICAIN dans Mylène dans la PRESSE elle

Le clip de « Pourvu qu’elles soient Douces » est la suite de « Libertine »…

-          Les deux thèmes se liaient bien. Laurent Boutonnat a écrit un scénario dans ce sens. Le tournage a duré huit jours. Nous avons fait appel à cinq cents figurants, ce qui est colossal pour une vidéo. Il y avait même un conseiller historique. Certains nous disent : ‘Où avez-vous trouvé l’argent pour mener à bien une telle production ?’. Nous investissons nos propres deniers, préférant manger des pâtes tous les jours et s’offrir ce genre de création.

Il n’y a pas d’exploitation possible dans les salles de cinéma ?

- Absolument interdite ! Même si cela paraît aberrant, ils ont trouvé le clip trop long. Quand on leur présente quinze minutes, ils en veulent dix, et ainsi de suite…Ils ont même trouvé cela trop beau pour le film qui allait suivre. Il ne reste que la télévision.

Vous n’avez pas, comme pour « Libertine », travaillé au scénario ?

- Je collabore, c’est vrai, souvent avec Laurent, que ce soit pour les musiques, le studio, les scénarios précédents… Cette fois, j’ai laissé faire. Ils y ont travaillé à deux (avec Gilles Laurent, nda). A trois, tout se serait compliqué. C’était pour moi un peu comme quand un metteur en scène présente un synopsis à une comédienne.

Vous avez pensé à « Libertine » en écrivant le texte de cette chanson ?

- C’est complètement innocent. Innocent aussi par rapport à cet événement qui se prépare, le bicentenaire de la Révolution française. Nous n’y avions pas songé.

Vous avez plus que d’autres compris la force de la vidéo liée à la chanson, un truc que les anglais appliquent depuis longtemps…

- Certaines maisons de disques –je ne parle pas de la mienne- jugent cette démarche inutile. Des personnes veulent peaufiner plus leur image que d’autres. Nous avons, Laurent et moi, un amour du cinéma. Il a besoin de créer également dans ce domaine. Je ne peux dissocier chanson et images. J’ai d’abord voulu être comédienne…

Avez-vous des projets de vidéodisques ?

- Trois français se sont déjà impliqués dans ce type de création. « Ainsi Soit Je… » a été exploité de cette façon (sous la forme d’un CD vidéo contenant la chanson, des remixes et le clip, nda). Nous avons un petit peu fait figure de précurseurs en réalisant une compilation de clips.

Et le cinéma ?

- Je peux dire aujourd’hui que Laurent Boutonnat a un projet de long-métrage. Il y a avant une scène à effectuer, ensuite il pensera cinéma sans oublier la chanson. Moi aussi peut-être, cela dit avec des points de suspension.

Quelle a été votre façon de travailler pour ce deuxième album, à l’instant de lier musique et textes ?

- Les mélodies sont toujours faites avant. Pour les textes, le thème de « Sans Contrefaçon » était par exemple dans mon esprit depuis longtemps. Je tenais à écrire « Allan » puisque Edgar Poe me passionne au point de vouloir le faire exister dans une chanson. J’aime beaucoup Léo Ferré, le côté narratif de certains de ses titres. Nous y avons pensé en réécoutant une composition. Baudelaire, que j’apprécie également, s’est presque naturellement imposé pour ce type d’approche.

Pourquoi avoir choisi « L’Horloge » ?

- Le thème du temps qui passe m’obsède. C’est un de ses plus beaux poèmes, un de ceux qui n’a pas été décortiqué. « Jardin de Vienne » traite d’un événement qui a été proche et concret pour moi à un moment donné.

Parlons de la scène : le grand événement de votre vie ?

- Je ne peux pas encore en dire grand-chose, si ce n’est que ça sera le Palais des Sports en mai 1989. Nous construisons actuellement le scénario. J’ai vraiment attendu le moment venu pour tenter cette expérience.

Aujourd’hui, j’ai envie d’y aller, je m’en sens capable. On entame un deuxième cycle…

Vous répétez déjà avec des musiciens précis ?

- Je ne veux pas trop en parler. Je me prépare physiquement, comme peut le faire un acteur avant de se plonger dans un rôle. Je vais avoir un entraîneur avec qui courir, je travaillerai le chant. Il y a également une alimentation particulière : il y a six mois, je ne connaissais pas le jus de tomate. Quant aux musiciens, j’aimerais notamment Slim Pezin, qui a déjà beaucoup pris part à mon travail. Sera-t-il disponible ?!

On s’attend de la part de Mylène Farmer à un show très visuel…

- Ce tour de chant ne sera pas traditionnel, dans la mesure où je ne serai pas plantée derrière mon micro. De là à penser que la scène vomira du feu, de l’eau, l’Enfer…je plaisante ! Mais des gens, souvent, me disent ‘Alors, vous allez projeter vos clips ?’ ! J’espère qu’il se passera des événements peu ordinaires.

Laurent Boutonnat participe à la mise en scène ?

- Nous serons trois pour l’élaborer : Gilles Laurent est venu se greffer à notre équipe. La chorégraphie sera plus mon domaine. Ce qui n’empêche pas le dialogue !

Les deux albums figureront au répertoire ?

- Seize titres environ. Un condensé des deux disques, avec une place plus conséquente pour le deuxième.

Vous avez prévu des inédits ?

- Une nouvelle chanson (« Dernier Sourire » avait été initialement prévu, pour finalement laisser sa place sur scène à « Puisque », nda). Et puis une surprise, certainement !

Vous réaliserez un album public pour l’occasion ?

- Pourquoi pas ?! Il faudra aussi quelqu’un pour filmer le spectacle, cette fois Laurent ne peut le faire (le film du concert sera pourtant bien réalisé par Laurent Boutonnat, mais sera en effet filmé à Bruxelles, pendant la tournée à l’automne, et non à Paris en mai, nda). Sinon, je serai la seule à ne pas me voir ! Je suis très critique pour tout ce qui me concerne, ce film ne peut être qu’un bon miroir.

Pourquoi avoir choisi le Palais des Sports ?

- Je ne voulais en aucun cas commencer par l’Olympia. Je trouve, contrairement à beaucoup, que cette salle a perdu de son charisme, de sa magie. Je ne voulais pas, d’autre part, d’un lieu intimiste. J’ai besoin de grands espaces, d’une respiration tout en restant proche du spectateur.

Une composition de l’album, « La Ronde Triste », est en anglais…

- La musicalité de cette langue se prête tellement bien à la chanson. Je bénis pourtant les dieux qui ont fait que je sois de souche française. On imagine mal « Allan » ou « L’Horloge » dans une autre langue. Je veux exister sur autre chose qu’un tempo musical.

Pourquoi cette reprise de « Déshabillez-M oi » ?

- Je tiens à souligner le côté humoristique de la démarche. J’ai toujours préféré Barbara à Juliette Gréco. Chacun connaît « Déshabillez-Moi » parce que les parents, les grands-parents même, connaissent. J’ai eu envie de déguiser, de rhabiller cette chanson.

Baudelaire vous fascine…

- Je le découvre de plus en plus. Je lis des biographies.

Vous vous reconnaissez dans les écrivains du XIXème siècle ?

- Je n’arrive pas à m’extraire de cet univers. Toute la littérature que je veux égrener vient de là. Je me sens bien dans les choses un petit peu plus désespérées que désespérantes, ma vision de la vie est ainsi. Quant à penser que ce soit la bonne thérapie… !

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Mylène Farmer de A à Z (interview)

Posté par francesca7 le 23 juin 2013


Interview de GRAFFITI d’ AVRIL 1988

A comme Album « Ainsi Soit Je.. »

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Mylène Farmer de A à Z (interview) dans Mylène en INTERVIEW 1989-08-b

- Il n’y a pas de différence majeure avec le précédent, c’est une continuité avec une signature des textes plus importante, en l’occurrence l’intégralité de l’album « Ainsi Soit Je… ». C’est difficile de résumer ces trois mots, ils parlent d’eux mêmes et je dis cela sans prétention aucune. Il y a toutes les obsessions qui résident et qui persévèrent. Il y a des thèmes et des auteurs… C’est un album qui n’a pas plus été accouché dans la douleur que tous les jours qui composent mes semaines et mes années… Bon là, j’ai abordé un auteur référence qui est Edgar Allan Poe, et le choix de Baudelaire, lui encore ce n’est pas un hasard puisque ce sont ces thèmes qui me reviennent. J’évoque Vienne, en rappel à la pendaison de quelqu’un que j’ai effectivement connu… C’est une introspection, une affirmation et un point d’interrogation aussi. C’est peut-être une manière de percevoir qui je suis, tout simplement. Il n’y a de toute façon pas la moindre tricherie quant aux thèmes choisis, aux univers et aux émotions, si tant est qu’il y en ait ! J’espère… Ca fait deux semaines qu’il est sorti et il bénéficie déjà d’un accueil formidable. Sans parler de récompense, je trouve que c’est une belle chose… Comment traduire cela avec des mots, je ne sais pas…Voilà.

B comme Baudelaire

- C’est un poète maudit, bon mais c’est surtout un poète que j’aime bien. J’apprécie ses névroses, ses persécutions. Le choix de « L’Horloge », c’est parce que la notion du temps qui passe ne me laisse pas indifférente. Baudelaire a une écriture incroyable. Peut-être que le public du Top 50 ne le connaît pas mais ce n’est pas bien grave au contraire, ça peut provoquer chez lui une découvert plus accessible qu’à travers les recueils. Laurent Boutonnat a composé cette musique et il m’a paru évident d’y mettre ce poème que j’ai en mémoire depuis longtemps. Sans me comparer à Léo Ferré, je pense que nos démarches sont voisines…

B comme Beauté

- J’aime le mariage de tristesse et beauté, parce que les plus belles choses se révèlent dans la tristesse, dans la tragédie… Vous m’interpellez en me disant que je suis devenue le symbole de la beauté d’aujourd’hui. Vous le comprendrez, ce n’est pas à moi d’y répondre. Evidemment, cela flatte mon narcissisme et c’est une reconnaissance qui me touche, bien sûr. Celle qui incarne ce mot ‘court’ et un peu ‘galvaudé’, c’est Greta Garbo. Elle évoque à la fois le mystère, les non-dits et des pages blanches à noircir de rêves…

C. comme Caméléon

- Ca rappelle « Sans Contrefaçon » mais c’est surtout une notion qui évoque comme l’animal, la possibilité de changer de décor ou d’état d’âme. C’est à la fois physique et métaphysique. J’ai une facilité – et ce n’est pas forcément une bonne chose -pour basculer d’une humeur plutôt agréable à des sentiments terribles.

D comme Duelliste

- En l’occurrence, c’est aussi un film que j’ai beaucoup aimé de par son style et son sujet. Et puis c’est l’éternel duel qui réside en chacun de nous. L’opposition du bien et du mal… C’est deux contre soi, c’est soi contre soi, en tout cas je suis deux. Il paraît que philosophiquement on est trois mais c’est un domaine dans lequel je ne me hasarderai pas…

E. comme Enfance

- J’ai conservé un regard tourné, ‘obsédé’ vers le passé, c’est une chose dont je n’ai pas réussi à me défaire… Je ne suis pas passéiste, mais il y a des moments qui sont restés inexpliqués, ça se confond à un grand point d’interrogation. Cela correspond aussi à des sensations douloureuses bien que non concrètes et exprimables par l’anecdote. Je crois que c’est une blessure, c’est un viol que de passer de l’adolescence à l’âge adulte. Lorsque l’on est enfant, même la ‘cruauté’ vous est pardonnée. A partir de l’instant où vos actes ne sont plus innocents mais réfléchis, toutes les données revêtissent un tout autre habit.

F. comme « La Fille de Ryan »

- C’est le film culte de David Lean. Pour résumer grossièrement, disons que c’est l’histoire d’une fille qui va découvrir l’amour et puis va s’apercevoir qu’elle est à la recherche de choses qui n’existent peut-être pas. J’en parle très mal, c’est dommage ! C’est un cinéma de symboles, à la manière du cinéma russe. L’action se déroule dans l’Irlande du 19ème avec des décors somptueux, des sous-bois qui peuvent rappeler « Bambi » de Walt Disney.

G.comme Garçon

- C’est une référence à mon enfance, au manque d’identité sexuelle que je ressentais alors. J’avais du mal à me situer en fille ou en garçon. J’étais quelqu’un d’indéfini… Mon comportement était celui d’une excentrique. Je refusais le carcan imposé par les normes attribuées à chacun des deux sexes. C’était un état de révoltée, certainement révoltant aussi pour mon entourage. Disons que c’était aussi le mal être…

H comme Humeur

I comme Idéal

J comme ‘J’en sais rien !’

- Il y a des domaines que je n’ai pas envie d’aborder par pudeur et puis, oui, il faut savoir persévérer certaines choses…

K comme Kasimodo

- Il fallait trouver matière au K. C’est surtout quelque chose qui compose un être dès sa naissance, en l’occurrence là, c’est la laideur, la déformation physique, génératrice d’un avenir pour le moins terrible. Il peut m’arriver de me sentir ‘Kasimodo’ le matin !

L.comme Lou Andreas Salome

- J’ai découvert son existence hier, grâce à un portrait télévisé. C’est une femme qui a eu une vie incroyable, exemplaire. Elle a séduit des hommes tels que Nietzsche, Freud et Rilke. En plus, elle débordait d’une intelligence rare, bien qu’elle ait été un écrivain non retenu par la postérité. Qu’elle ne soit pas devenue un panthéon, là n’est pas mon propos. Ce qui m’intéresse c’est sa vie, sa sexualité troublée, sa quête perpétuelle d’absolu.

M comme Mutisme

- J’apprécie la sonorité de ce mot. Il me concerne dans la mesure où j’ai sombré dans cet état, mais rassurez-vous : à court terme. C’est vrai que j’ai pu passer d’une envie formidable de parler et de me faire remarquer à une envie de complètement m’extraire du monde.

N comme Noyade

- ça fait partie de mes phobies. L’eau plus que la noyade, d’ailleurs car l’eau est un élément qui me fait très peur. Je ne me baigne jamais.

O comme Obéissance

- Je suis réfractaire à toute forme d’obéissance (l’école etc.) C’est une certaine soumission qui me dérange. A travers mon métier, par contre, je suis restée fidèle à ma désobéissance.

P comme Pause

- On laisse ce mot sans commentaires. Pause magnéto !

Q comme Quasimodo

- A renvoyer au K, son petit frère jumeau.

R comme Repos

- Je ne sais pas prendre de repos. Je lui préfère son cousin, le travail, je crois.

S comme Suicide

- Ca me fascine ! C’est un acte que je pourrais qualifier de beau et de courageux, certainement. Dans « Jardin de Vienne », je parle de quelqu’un qui habille, qui met en scène son suicide. Là c’est romantique, esthétique même. Quelque part, j’ai une âme suicidaire. C’est à la fois une peur quant à l’au-delà mais aussi une détermination, l’envie de dire ‘Maintenant, ça suffit’.

T . comme ‘Tu t’entêtes à te foutre de tout !’

- C’est plaisant à écrire, à lire et à chanter surtout !

V comme Se prononce ‘I’ en Russie

- A l’école, c’était ma troisième langue. Je l’ai vite abandonnée parce que c’était vraiment trop dur à assimiler. Pour apprendre le russe, il faut pénétrer l’univers d’un pays, d’une autre culture, y consacrer l’intégralité de son temps, ‘rentrer au couvent’.

V comme Veuve noire (l’araignée)

- C’est l’insecte que je déteste le plus au monde, sans pour autant vouloir le détruire parce que j’en suis parfaitement incapable. Mais c’est vrai, je ressens une phobie inexplicable concernant cette bête. Cela dit ‘la veuve noire’, c’est un bien joli mot pour une araignée.

W comme Woyage

- C’est par désobéissance ! Puisque l’on peut faire à peu près tout avec le Français, pourquoi pas ne pas écrire ‘voyage’ avec un w ? J’ai très peu voyagé. Cela dit, c’est une chose que j’envisage mais pas dans un futur proche. Pour l’instant, je voyage à travers mes lectures. Le voyage c’est théoriquement une manière de s’extraire de soi, pourtant, je n’en suis pas si sûre ! Ne se projette-t-on pas de toute façon lorsqu’on lit un roman ou lorsque l’on va voir un film au cinéma ? Si on se retrouve dans ces univers, c’est que forcément ils se réfèrent soit à notre vécu, soit à notre imaginaire. Sans doute doit-on avoir besoin de cette identification, de ce dédoublement, de ce ‘détriplement’ (rires)

X comme : Ça peut être le signe de multiplication !

- Passer pour un apôtre de l’arithmétique, ça me fait sourire car entre moi et l’algèbre, il y a toujours eu une incompatibilité d’humeur et de compréhension. A l’école, déjà, c’était un défilé de zéros pointés.

Y – comme I Grec

- Qui est encore persécuté par Monsieur Le Pen ! (si je l’appelle Monsieur c’est par ironie, bien sûr !)

Z comme Zesus !

- Parce que quand zébu, zé plus soif.

219_image-264x300 dans Mylène en INTERVIEW

Le bilan de l’abécédaire

- D’abord, je trouve que c’est lui accorder beaucoup trop de temps, et puis je ne suis pas un dictionnaire.

Pourquoi après tout privilégier ‘repos’ à ‘raison’, par exemple ? Les projets ?

- Dans l’immédiat, c’est évidemment la sortie de cet album qu’il faut habiller, promouvoir…

La scène ?

- ça devient de plus en plus une envie ! Baudelaire pourrait ouvrir cette scène, cette idée. Par contre, je n’ai pas fixé l’échéance car comme toute les choses que je décide de réaliser, je veux y consacrer du temps pour bien la préparer.

Mylène Farmer, c’est la rigueur, le perfectionnisme ?

- Oui, parce que la volonté… Non, disons que l’imperfection, par rapport à moi encore une fois, ne peut pas avoir sa place.

M ylène Farmer, est-ce seulement une chanteuse ?

- C’est un terme un peu castrateur, effectivement. Moi, ça ne me dérange pas ! J’ai l’impression de ne pas être qu’une chanteuse. Voilà.

M ylène Farmer, au départ ça a été ‘un mannequin qui chante’ ensuite ‘une chanteuse de clip’. Aujourd’hui, qu’en est-il exactement ?

- Le vécu de la chanteuse a nourri bien évidemment la femme, entre guillemets. Ça ne régit pas une vie, mais ce sont deux données indissociables l’une de l’autre.

M ylène Farmer, l’auteur ?

- J’ai de moins en moins d’inhibitions quant à l’écriture. Là, il s’agit plus d’une découverte qu’une revendication majuscule. D’ailleurs, plus j’écris et plus c’est difficile, et plus c’est agréable aussi. A mesure que j’écris, je ressens une fringale de lectrice.

Mylène Farmer, heureuse ?

- C’est un mot qui n’appartient pas à mon vocabulaire, il ne s’inscrit pas dans mon dictionnaire. Le mot reste à inventer.

Et la chanson dans tout ça ?

- C’est à la fois un flux et un reflux de grandes joies et de désillusions. Ça nous amène très loin, et ça vous fait retomber encore plus loin…

D’un doute à l’autre ?

- Plus exactement, il s’agit de la certitude du moment.

L’ambition ?

- Oui. Elle transparaît de toute façon…

Le courrier ?

- ça devient de plus en plus difficile à maîtriser. Il existe des lettres très belles qui exigent des réponses mais qui ne laissent pas d’adresse, alors… !

Votre public vous ressemble ?

- C’est surtout à travers les thèmes que j’ai bien voulu aborder. Les gens ont eu l’impression qu’ils allaient être bien compris par la personne qui chantait ‘ces mots là’. C’est vrai que la vie n’est pas rose.

Laurent Boutonnat / M ylène Farmer : des épousailles artistiques ?

- Depuis quatre ans, c’est le compagnon de nombreuses choses. Ce sont deux moitiés qui n’en font plus qu’une -je me prononce pour lui-, ce sont deux bourgeons qui fleurissent ensemble…

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L’homme idéal pour Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 24 avril 2013

 

 

À l’occasion de la sortie de Bleu Noir, son huitième album, la mystérieuse Mylène Farmer a accepté de se confier, dans Paris Match, à son amie Nathalie Rheims. Dans cet exercice qu’elle accepte en de très rares occasions, ici agrémentée d’un portfolio sublime et intime, la chanteuse revient sur la genèse de ce disque et des changements qui l’accompagnent. Pour la première fois, son complice Laurent Boutonnat n’est pas de la partie :

L'homme idéal pour Mylène Farmer dans Mylène dans la PRESSE 4« Je ne me suis en aucun cas éloignée de lui. Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque. Vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie… d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité. » Certes, mais pourquoi l’envie de créer sans lui ? Pour Bleu Noir, Mylène a fait appel à son ami Moby, à RedOne notamment sur le single Oui mais… Non, et au duo Archive, pour l’envoûtant Leila.

Dans cet entretien, où elle n’évoque pas son projet de film adapté justement d’un roman de Nathalie Rheims, Farmer annonce son envie de remonter sur scène, « une dernière fois« . Elle évoque les critiques pas toujours constructives, comme celles d’un animateur qui l’avait accusée de faire du playback sur scène : « C’est impressionnant de voir à quel point certaines personnes se sentent grandies en dénigrant, en tentant de blesser (…) La critique est nécessaire ; la grossièreté, inutile.« 

Au détour d’une réflexion sur l’amour et la mort, Mylène glisse : « J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché ! » Ne soyons pas de mauvaise foi, elle évoque seulement ses sources d’inspiration, pas sa manière de vivre.

On apprend également que Mylène adore Faites entrer l’accusé et que l’homme idéal, pour elle, n’est pas Christophe Hondelatte, mais plutôt Jean Rochefort : « Un acteur unique, un homme d’une classe folle, un charme renversant. Je suis sensible à sa grande délicatesse, c’est un être totalement décalé, si émouvant aussi. Bref… magnifique. » Qui l’eût cru ? Nous, on l’aurait bien vue avec Tim Burton. Rappelons que dans la vraie vie, la belle Mylène vit une belle histoire depuis 8 ans avec Benoît Di Sabatino, réalisateur de films d’animation.

L’intégralité de cette interview est à découvrir dans Paris Match, en kiosque le 2 décembre 2010.

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