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L’AVANCEE DE LA CARRIERE DE MYLENE – extrait du livre

Posté par francesca7 le 21 décembre 2015

 

News136La carrière de Mylène Farmer avance mais ce n’est pas encore suffisant. En ce début d’année 1986, elle n’a plus le choix, il lui faut un tube. En mars 1986, Mylène et son équipe créent Libertine, qui devait au départ s’appeler L’amour tutti frutti. Il avait été initialement prévu que la chanson sorte en 1885, mais la maison de disques avait alors imposé Plus grandir. Sur la pochette de 45 Tours et du Maxi 45 Tours, Mylène est toujours châtain, vêtue d’une veste orange. Pour le moment le titre ne déchaîne guère les passions … pour le moment.

Le 1er avril sort le premier album Cendres de Lune. Le texte de Libertine est très hardi. Il enchaîne les métaphores et les connotations à caractère sexuel. C’est une révolution dans le domaine musical. au départ, Boutonnat, auteur du texte, voulait : « Je suis libertine, je suis une putain », mais « putain » fut remplacé par « catin » pour ne pas scandaliser les mentalités encore chastes durant ces années 80.

Le titre va devenir un succès grâce à deux éléments : une couleur de cheveux et un clip pour lequel Laurent Boutonnat, toujours aux manettes, va bénéficier d’un budget de 75 000 euros. quatre jours seront nécessaires à la création de ce petit bijou de onze minutes. Pour le tournage, deux châteaux vont être choisis : celui de Ferrières et celui de Brou, en Seine et Marne. C’est la première fois qu’il y a autant d’acteurs et de cascadeurs. Boutonnat a désormais sa propre équipe. Près de 50 personnes vont travailler à ses côtés. Les décors sont fabriqués par Emmanuel Sorin, qui a entièrement réaménagé la pièce principale du Château de Ferrières afin de recréer un style XVIIIè siècle, et les costumes sont dessinés par Carine Sarfati. Des perruques sont spécialement conçues pur l’occasion.

Chateau_de_Ferrieres

Le clip est projet en avant-première pour la presse au cinéma Mercury des Champs Elysées le 18 juin 1986 et une version courte sera proposée à la télévision. Désormais Mylène est rousse et le restera.

Le clip connaît un véritable succès malgré quelques mauvaises langues, il va propulser Mylène vers la gloire et son travail est enfin récompensé. Durant ‘été 1986, deux nouveaux 45 Tours vont sortir. Sur la pochette, une photo de Mylène extraite de la vidéo. En septembre la chanson entre au TOP 50 et parviendra à la 10è place, restant classée vingt semaines. Il s’en vendra environ 300 000 exemples et Libertine deviendra le premier disque d’argent de la carrière de la chanteuse. Une version anglaise de la chanson, Bad girl, est enregistrée mais ne sortira jamais. Cette dernière peut toutefois être écoutée sur internet .

Image de prévisualisation YouTube

Mylène chantera 22 fois le titre à la télévision et, pour la première et dernière fois (à ce jour), Mylène Farmer et Laurent Boutonnat sont invités ensemble le 1er septembre 1986, lors du journal de 13 heures d’Antenne 2. L’album Cendres de Lune sera réédité dans une nouvelle version en 1987 avec un titre inédit, Tristana et parmi les bonus, un Remix Spécial Club de Libertine.

Après le succès de Libertine, il ne faut pas s’arrêter. De plus, Mylène bénéficie désormais d’une couverture médiatique suffisante pour se faire connaître du grand public. Tristana va devenir le quatrième extrait de l’album Centres de Lune (après Maman a tort, Plus grandir et Libertine). Le 12 février 1987, trois supports sont proposés à la vente : un 45 Tours un Maxi 45 Tours et une cassette audio. Cette chanson c’est avant tout un texte sombre autour de l’ennui et de la mélancolie. Sur la face B, le titre Au bout de la nuit, qui avait d’ailleurs été pressenti, avant Tristana, pour devenir le nouvel extrait. On retrouve sur la pochette une photo de Christophe Mourthe. Le single démarre doucement au TOP50 mais va grimper progressivement les marches du classement pour atteindre la 7è place. Il se vendra à environ 250 000 exemplaires en France et sera certifié disque d’argent.

Mylène défendra ce titre à la télévision en l’interprétant pas moins de vingt six fois ; Pour la première fois elle est accompagnée pur chaque prestation par deux danseuses : Sophie Tellier, déjà connue pour son apparition dans le clip Libertine, et Dominique Martinelli. En mars 1987, nouveau tourna à  La Chapelle en Vercors, dans la Drôme. Le clip est parfaitement scénarisé, l’histoire se déroule en Roussi alors de la révolution de 1917, et est directement inspirée de Blanche Neige et les sept nains ; La tsarine veut savoir si elle est toujours la plu belle du royaume. Elle l’est mais il y a aussi la jeune Tristana. Folle de rage, la tsarine ordonne à un moine de la tuer et de lui ramener sa peau de pêche, avant d’éclater d’un rire diabolique.

Dans la forêt enneigée, Tristana s’amuse avec son amoureux, Rasoukine, mais le moine arrive. Rasoukine, qui tente de la protéger, se fait taillader la joue à l’épée. Tristana prend la fuite.

Elle est recueillie dans une maison par sept nains qui l’hébergent et la nourrissent (…) Le budget est estimé à environ 900 000 francs (soit environ 140 000 euros). Le tournage a mobilisé une équipe d’une quarantaine de personnes (la même que celle du clip Libertine). Le premier assistant réalisateur est François Hanss, qui réalisera des années plus tard des clips et des films de concerts pour Mylène. Le clip est proposé en avant-première à l’UGC Normandie des Champs Elysées le 6 mai 1987. Les diffusions à la télévision seront assez régulières même si le court métrage de douze minutes arrive à un moment difficile, après la disparition de la chaîne hertzienne musicale TV6.

extrait de Mylène Farmer Ses mots, Ses clips aux Editions Chapitre.com 2014

Publié dans LES LIVRES de Mylène, Mylène en VIDEOS, SES MOTS, SES CLIPS | Pas de Commentaires »

AVANT QUE L’OMBRE… À BERCY DÉROULEMENT DU SPECTACLE

Posté par francesca7 le 29 novembre 2015

 

Ce cri qui introduisait le spectacle en introduit aussi le film, sur des images du « rideau de scène », ou plutôt des gigantesques portes qui la cachent encore aux yeux du public. Ce sont en effet deux lourdes portes baignées d’éclairages dorés qui se présentent au public, lui-même baigné d’éclairages d’un rouge oppressant. Au milieu de la salle se trouve une seconde scène en forme de croix, posée au milieu de la fosse. Une musique inquiétante et mystérieuse se fait entendre, constituée de grondements sourds et de chants religieux dignes de l’album « Cendres de lune ».

 BERCY2

C’est l’Introduction. La pression monte du côté du public de ces treize dates exceptionnelles, treize représentations uniquement à Paris-Bercy. Alors que les grondements se font de plus en plus sourds, les lumières s’éteignent brusquement, déclenchant à nouveau les cris du public. La musique va crescendo, jusqu’à l’explosion… « SHUT UP !! ». Un sarcophage futuriste s’illumine des hauteurs de la salle, au-dessus du transept de la croix posée au milieu de la fosse. Mylène est allongée à l’intérieur, yeux clos. Le caisson descend lentement, tandis que des éclairs et des coups de batterie semblables à des explosions traversent la salle. Le sol de la scène centrale en forme de croix est tapissé d’un écran retranscrivant des images évoquant un cœur humain, images signées Alain Escalle, comme toutes celles du show. Lorsque le sarcophage est posé sur la croix, six hommes vêtus de longues robes violettes montent sur la croix, et entourent le sarcophage dans lequel Mylène gît, endormie. Après l’avoir débarrassé des chaînes qui l’ont fait descendre, ils soulèvent le sarcophage et le portent en direction de la scène principale, toujours masquée par ses lourdes portes. Au fil de leur marche, une passerelle reliant les deux scènes descend du plafond. Au moment où les porteurs posent le pied sur la première marche de cette passerelle, les portes s’ouvrent enfin avec fracas, laissant entrevoir dans un éclair aveuglant un escalier sans fin, et deux écrans reprenant les images projetées sur la scène centrale en forme de croix. Arrivé sur la scène principale, les porteurs posent leur fardeau sur un socle, puis se retirent en coulisses. Sous les yeux du public, émerveillé par une telle entrée, le socle se relève lentement à la verticale. L’image de Mylène à l’intérieur, les yeux toujours clos, se relevant lentement, est projetée en live sur l’écran gauche de la scène. Et brusquement, elle ouvre les yeux, comme si les cris du public lui avaient insufflé la vie… Le sarcophage s’ouvre, libérant Mylène tout sourire, qui adresse un signe de main à la foule en délire. 

Et c’est parti pour le voyage… Le voyage semble être le fil conducteur du spectacle, une idée empruntée à Guy de Maupassant, dont une citation figure dans le livre du spectacle. « Le voyage est une espèce de porte par où l’on sort de la réalité connue pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve ». Mylène, renvoyée sur terre et ressuscitée treize fois de suite par son public, va donc nous faire voyager dans son monde, ses tableaux…

Mylène commence à chanter Peut-être toi, dans de très beaux éclairages rouge et or. Sa tenue est pour le moins originale, constituée d’une culotte, d’un soutien-gorge et de bottes couleur or, sertis de pierres précieuses. Par-dessus, Mylène porte une cape couleur or également, constituée de fines lanières qui volent derrière elle. Ce titre dynamique est repris par le public, et Mylène le termine avec les fameux « Pam pam pam, padadadam pam… ».

Les accords de guitare qui introduisent la chanson suivante sont rythmés par des éclairages violets qui se lèvent et se baissent en rythme. Parallèlement à cela, une partie de la scène, celle où se trouvent le directeur musical Yvan Cassar, le batteur Abraham Laboriel et le percussionniste Nicolas Montazaud, s’élève lentement, laissant apparaître guitaristes, bassiste et choristes. La scène s’éclaire de bleu lorsque le riff de XXL se déchaîne. Mylène interprète ce titre avec beaucoup de justesse, tandis que les écrans géants derrière elle retransmettent des images live. A la fin de la chanson, Mylène fait reprendre le refrain au public après lui avoir dit bonsoir.

 BERCY

Retour au calme pour Dans les rues de Londres. Les écrans derrière Mylène diffusent des images d’une silhouette dansante superposée avec une écriture manuscrite… Des éclairages reprenant une rue pavée sont projetés sur l’immense escalier sans fin qui fait office de décor. Mylène interprète ce titre en toute sobriété, se déplaçant le long de la scène, tandis que la scène est éclairée dans des tons dorés. A la fin de la chanson, nous découvrons que les écrans mobiles sont quatre en réalité, qui peuvent bouger, se séparer, se rassembler…

Un bruit de C.B. retentit dans la salle. Le public reconnaît immédiatement California. Les écrans et la scène centrale se recouvrent de la mention « Crime scene – Do not cross ». Mylène apparaît en hauteur, sur la première partie de l’escalier du décor, dans une ambiance très sombre, rougeoyante. L’escalier avance lentement vers l’avant de la scène, et Mylène le descend en rythme avec la chanson. Elle effectue une prestation toute en sensualité de son tube de 1996. A la fin du titre, elle ne manque pas d’adresser un clin d’œil au public sur un langoureux « So ssssex… » !

Un tampon élève Mylène au-dessus de la scène tandis que retentit le rythme saccadé de Porno Graphique. Mylène effectue une chorégraphie géniale totalement barrée, faite de mouvements aussi saccadés et « autistiques » que la chanson, faite de déhanchés suggestifs et de mouvements brusques. Dans une ambiance rougeoyante (encore !), des images d’une opération à vif sont projetées sur les écrans réunis. Au trois quarts de la chanson, sept hommes font leur apparition sur scène, en haut de la première partie de l’escalier du décor. Ce sont Los Vivancos, groupe de danseurs flamenco, espagnols donc. Ils restent immobiles jusqu’à la fin de la chanson où Mylène lâche « T’as pas un p’tit mojito ?! » avant de s’échapper en coulisses. Ils prennent alors possession de la scène pour un interlude flamenco endiablé, fait de claquettes et d’acrobaties, sur un instrumental hispanisant de « Porno Graphique ». Puis le noir se fait…

Une petite mélodie enfantine se fait entendre doucement, tandis que la salle est baignée d’éclairages bleu sombre. Puis les premières notes de Sans contrefaçon retentissent, déclenchant les cris de délire du public. Huit danseuses sont positionnées sur scène, encore immobiles. Elles sont vêtues de pantalons noirs, de vestes à carreaux (comme il se doit pour cette chanson !) colorés et chapeaux haut-de-forme rouges. L’intro se déchaîne, guitare, percussions, Mylène arrive en fanfare du côté droit de la scène, vêtue également d’un haut-de-forme bleu marine, ainsi que d’une petite robe noire à plumes très courte dotée d’une sorte de traîne froufrouteuse, noire également. Mylène et ses danseuses effectuent la chorégraphie bien connue de la chanson devant un public déchaîné, tandis que de superbes éclairages balaient toute la salle. Les écrans des deux scènes projettent des images d’une marelle remplie des symboles masculin et féminin tournant sur eux-mêmes. Mise en scène très réussie. Mylène fait reprendre le refrain au public à plusieurs reprises…

Retour au calme avec une version plus lente et plus sensuelle de Q.I. Les danseuses retirent leur pantalon, leur veste et leur chapeau, dévoilant une petite combinaison noire des plus sexy. Mylène retire également son chapeau et sa traîne. Mylène et ses danseuses effectuent une nouvelle chorégraphie sensuelle et plutôt originale, inspirée du Lac des Cygnes. Le public est enthousiaste, notamment sur la fin de la chanson « Ton Q.I, mon Q.E, ton Q.I, C.Q.F.D… ». Mylène remercie le public, puis reprend cette conclusion de la chanson en chœur avec lui, tandis que les danseuses effectuent de larges mouvements avec les bras.

Déjà, l’intro de C’est une belle journée retentit, et nouveau moment de liesse dans la salle pour le public qui reprend à tue-tête le refrain avec Mylène. Celle-ci, toujours accompagnée de ses huit danseuses, effectue la chorégraphie du titre présentée à la télévision quatre années plus tôt. Les écrans diffusent des dessins animés tirés du clip, accompagnés d’une multitude de lettres C.U.B.J., les initiales de la chanson. A la fin de la chanson, Mylène retourne en coulisses, tandis que les musiciens jouent un instrumental orientalisant, pendant lequel les Los Vivancos arrivent une nouvelle fois sur scène, pour effectuer un nouvel interlude flamenco/claquettes. Puis le noir se fait…

Un orage éclate dans Bercy. Des éclairs flashent toute la salle, tandis que le tonnerre, la pluie et le chant des cigales retentit. Sur la scène centrale en forme de croix, une trappe se retourne sur elle-même, laissant apparaître un piano à queue. Yvan Cassar s’avance sur la scène centrale, sous les applaudissements du public. Il s’installe au piano et débute une introduction que l’on reconnaît comme étant celle de Ange, parle-moi. La voix de Mylène se fait entendre. Mais où est-elle ? Elle est perchée dans un chandelier immense aux flammes en plastique, qui survole le côté gauche de la salle. Le chandelier parcourt ainsi la moitié de la salle, rapprochant Mylène des spectateurs assis de ce côté-ci des gradins. La foule est réellement en délire, on entend peu Mylène tant les cris sont nombreux. Mylène reste imperturbable et termine la chanson, ici dans une jolie version en piano-voix, en se posant au milieu de la scène centrale. Elle descend du chandelier, qui remonte au plafond. Elle porte une nouvelle tenue constituée d’un corset violet, d’un haut transparent passé par-dessus, et de cuissardes bleues. La chanson finie, le public réserve une standing ovation à Mylène, qui semble ne pas en revenir…

La chanson suivante est Redonne-moi, que Mylène interprète visiblement très émue. Dès le second couplet de la chanson, elle peine à finir ses vers. Le public ne manque pas d’aider Mylène et de l’applaudir. Yvan conclut joliment la chanson avec une reprise inédite au piano, durant laquelle Mylène reçoit un bouquet de fleurs du public. Elle lui dit : « Ce sont des moments tellement émouvants pour moi… Merci beaucoup… ».

Toujours sur la scène centrale, Mylène continue ce tableau « émotion », plus proche que jamais de son public. Bercy n’a jamais semblé si intimiste… Elle enchaîne avec Rêver. Dès la fin de l’intro, elle demande à Yvan, submergée par l’émotion : « Donne-moi une seconde… Pardon… ». Tandis que l’écran de la scène du fond retransmet toujours des images live de Mylène, de magnifiques éclairages habillent la chanson. Des colonnes de lumière s’élèvent tout autour de la scène centrale en forme de croix, tandis que Mylène interprète une de ses chansons les plus connues et aimées du grand public. On entend d’ailleurs nettement son public chanter avec elle lors des refrains. Le public reprend également en cœur le refrain lorsque Mylène le lui demande à la fin de la chanson. « C’est une chanson qui vous va si bien… Alors je vous laisse la chanter pour moi »…

L’obscurité grandit pour L’autre… que Mylène interprète encore une fois en toute sobriété, en communion totale avec le public, aussi ému qu’elle. Vers la fin de la chanson, après que la plupart des musiciens l’aient rejointe sur la scène centrale, elle fait monter une fan sur scène, parcourt un peu la croix avec elle puis la serre dans ses bras, concluant la chanson par : « C’est un ami… C’est lui… C’est lui… C’est vous… ».

BERCY1

Dès que les premiers accords de Désenchantée sont plaqués par Yvan, un cri de délire inonde Bercy. Les danseuses de Mylène, en pantalon noir et en haut violet, la rejoignent sur la scène centrale. Elles effectuent avec Mylène la chorégraphie d’origine du titre, tandis que les écrans des deux scènes projettent des images psychédéliques de toutes les couleurs. Au fur et à mesure que la chanson avance, les éclairages sont de plus en plus fous. A la fin de la chanson, des torrents de lumières de toutes les couleurs déferlent dans tout Bercy. Le public, quant à lui, est euphorique. Mylène interprète son plus gros tube, son hymne, au milieu de la salle, au milieu de son public. Comme pour « Rêver », on le distingue bien chanter avec Mylène sur les refrains. En réalité, dans la salle, il chantait plus fort qu’elle… Lors du pont de la chanson, les musiciens restant passent d’une scène à l’autre par la passerelle, une nouvelle fois descendue. Après une multitude de refrains, la chanson se termine et les danseuses retournent sur la scène principale. Mylène reprend le refrain plusieurs fois avec le public, puis présente les musiciens qui l’accompagnent. Après avoir été présentés, ceux-ci retournent sur la scène principale. Puis Mylène va les rejoindre lentement, en reprenant une nouvelle fois le refrain de la chanson avec le public. Sur la passerelle entre les deux scènes, elle se penche pour adresser un petit signe au public juste en-dessous. Puis la musique explose à nouveau et un nouveau refrain est repris.

Retour au calme avec Nobody knows, que Mylène interprète en faisant de simples mouvements de bras et de tête. Les écrans, devant lesquels une sorte de tissu transparent a été descendu, diffusent des images oniriques dans des tons jaunes. Les éclairages rouges et jaunes balaient la salle. Mylène retourne dans les coulisses tandis que les musiciens et notamment Yvan Cassar concluent la chanson par un air mystérieux constitué d’arpèges.

Pour Je t’aime mélancolie, de longues colonnes de tissu descendent du plafond de la scène. A l’intérieur de certaines d’entre elles, Eric Chevalier le claviste, Mylène et quelques danseuses. Les autres sont disposées plus au devant de la scène. Dans une version assez similaire à celle du Tour 96, Mylène ré-interprète cette chanson avec la chorégraphie d’origine, en dépit de son micro qu’elle porte à la main. Dès le premier refrain, elle sort de sous la colonne de tissu. Elle est vêtue une nouvelle tenue : culotte et soutien-gorge en dentelle noirs, par-dessus lesquels elle porte une veste en dentelle noire également.

Interprétation toute en simplicité et en sensualité pour L’amour n’est rien…. Mylène évolue sur scène, jouant avec ses musiciens, notamment ses deux choristes et son bassiste. De jolis éclairages mettent en valeur les colonnes de tissus qui ont libéré toutes les personnes qui étaient à l’intérieur… Lors des derniers refrains de la chanson, ceux-ci montent et descendent en rythme avec la chanson.

Quelle surprise que cette nouvelle interprétation de Déshabillez-moi ! On peut dire que Mylène vit la chanson… Devant un pied de micro, elle joue avec lui et avec le public, multipliant les grimaces, les poses lascives. Sans oublier l’énorme cri qu’elle pousse… Interprétation magistrale de ce classique de Juliette Gréco !

Retour au calme avec Les mots. De magnifiques projections de roses ornent les deux côtés de la scène. Des images de pluie sont projetées sur les écrans, scindés en deux. Mylène chante son premier couplet. Pour le couplet de Seal, surprise, Abraham se lève et c’est lui qui va rejoindre Mylène. Remplaçant de treize soirs, il donne une nouvelle dimension à la chanson en interprétant superbement cette chanson avec une belle voix rauque. Mylène et Abraham semblent très complices et avoir beaucoup d’affection l’un pour l’autre. Mylène le gratifie d’ailleurs d’un smack sur la bouche à la fin de la chanson…

Fuck them all bénéficie d’une mise en scène très étudiée et très colorée. Les Los Vivancos sont de retour sur scène, l’un deux enserrant Mylène dans ses bras. Ils se retournent lentement vers le public au moment de l’intro. Les danseuses sont également présentes sur scène, habillées en geishas. Toute la troupe effectue une chorégraphie inédite, tandis que les écrans diffusent des images évoquant l’Espagne, avec beaucoup de rouge, des images de toréadors, des coupures de journaux… Lors des derniers refrains, la passerelle descend une nouvelle fois relier les deux scènes. La chanson finie, toute la troupe passe sur la scène centrale, au rythme de percussions et des « Fuck them all » qui résonnent dans toute la salle. Mylène présente les danseurs : « Ils sont tous frères, ils sont tous espagnols, ils dansent magnifiquement bien, ils s’appellent Los… Mylene_FarmerVIVANCOS !! ». Puis elle retourne vers les danseuses : « Elles viennent toutes de New York, je suis très très heureuse de travailler avec elles, elles sont toutes plus jolies les unes que les autres, ce sont les danseuses !! ». Tout le monde retourne sur la scène principale, seule Mylène reste… « Et merci à vous, un immense merci !! ». Explosion de guitares. Mylène tournoie sur la scène centrale, au milieu de son public qui l’acclame. On sent les larmes lui monter aux yeux… Elle retourne sur la scène principale. « FUCK THE ALL ! ». Le noir se fait.

Cris du public lorsque Mylène est de retour sur scène. Elle est vêtue d’une nouvelle tenue, un magnifique manteau rouge sang brodé d’or et de perles. Un véritable rideau d’eau coule devant la scène. L’image de Mylène en live est projetée dessus. L’effet est magnifique. Les premières notes de Avant que l’ombre… débutent. Mylène interprète la chanson visiblement émue. Lors des derniers couplets, le rideau se sépare en deux, laissant Mylène passer devant. « Mais laisser le passé, redeve…nir le passé… passé… ». Et à chaque fois que Mylène prononce le mot « Passé », celui tombe du rideau d’eau, constitué de gouttelettes d’eau. L’effet est grandiose, magnifique. C’est la première fois au monde que cette technologie est utilisée. Le public est scotché. Mylène termine la chanson, puis lorsque débute le long instrumental qui conclut la chanson, elle se dirige vers l’escalier sans fin du décor, maintenant orné d’immenses chandeliers dont le pied est sculpté de cobras. Tandis que le rideau laisse maintenant s’échapper la silhouette de Mylène (celle de l’affiche du spectacle), celle-ci monte lentement, très lentement, les marches de cet escalier sans fin. Arrivée à mi-chemin, elle ôté son long manteau rouge, se retrouvant presque nue. Arrivée tout en haut de l’escalier, dans la fumée, elle se retourne et lève la main en direction du public. Elle n’est plus qu’une silhouette lointaine en haut de cet escalier. Le public, abasourdi, répond au signe de main que lui adresse Mylène. Puis lentement, les lourdes portes qui cachaient la scène commencent à se refermer sur elle et sur Mylène, la main toujours levée. Sa silhouette se découpe toujours dans le rideau d’eau. Avec un immense fracas, les portes se referment définitivement. Le dernier plan du film nous montre les fans en pleur devant ce final incroyable et particulièrement fort en émotions…

 SOURCE  / http://www.innamoramento.net/

Publié dans Mylène 2005 - 2006, Mylène Tour BERCY 2006 | Pas de Commentaires »

Le business Farmer

Posté par francesca7 le 17 octobre 2015

 MYLENE

 

      Un dispositif inédit pour une star française. Le 20 août 2008, deux cent cinquante mille portables SFR-Sony Ericsson contenant en exclusivité l’album Point de suture sont mis en vente. Il s’agit de la plus grosse opération de ce genre dans l’Hexagone. Dix jours plus tard, Universal annonce le chiffre de cent soixante-quinze mille albums écoulés par ce biais. Si l’on ignore tout des termes du contrat passé entre la chanteuse et l’opérateur téléphonique, la réputation de femme d’affaires de Mylène n’est, en revanche, plus à établir. Elle force même l’admiration de bien d’autres artistes, qui lui envient son savoir-faire. 

« C’est un génie de la communication », m’a dit un jour Étienne Daho, plein d’admiration. Même Jean-Louis Murat, devenu l’un des plus ardents défenseurs de la chanteuse, semble s’incliner face à une réussite aussi époustouflante : « Mylène et Laurent, je les adore et les respecte infiniment. D’une intelligence à la Warhol. Ce sont ceux qui comprennent le mieux les mécanismes de ce business, qui sont en meilleure position pour le pervertir, en tirer tous les fruits. Ils crachent dessus tout en faisant cracher le fruit. » 

      Une analyse qui fait penser à une phrase choc de Michel Houellebecq dans La Possibilité d’une île : « Si l’on agresse le monde avec une violence suffisante, il finit par le cracher, son sale fric. » Est-ce à dire que réussir à attirer toute la lumière – talent réservé à quelques-uns – passerait par un calcul cynique ? Bien sûr que non. Sinon, la recette serait éventée depuis des lustres. Ce que veut signifier Houellebecq, c’est que, si l’on veut être entendu, il faut exprimer un message suffisamment subversif pour mettre radicalement en question la société. N’oublions pas que c’est en chantant « Je suis une catin » que Mylène a réussi à se faire un nom. Il lui aura fallu bousculer l’ordre bourgeois pour faire fructifier sa popularité.  

      Aujourd’hui, la chanteuse a la réputation d’être richissime. L’est-elle autant qu’on le prétend ? Pas sûr. Mais l’idée qu’on l’imagine à la tête d’une fortune colossale est sans doute loin de lui déplaire. 

Chaque année, son nom apparaît en bonne place dans le top 10 des gains les plus conséquents de la chanson française établi par Le Figaro. En 2001, avec des revenus avoisinant les 10,4 millions d’euros, elle prend même la tête du classement, devant Patrick Bruel et Jean-Jacques Goldman. Le plus souvent, Johnny Hallyday, son pendant masculin, n’est pas loin. En moyenne, les gains de la star s’élèveraient à près de trois millions d’euros par an.  

      Pour autant, nul ne s’est encore risqué à évaluer le montant de sa fortune totale, pratique courante dans le monde anglo-saxon. Tout ce qu’on sait, c’est que Mylène habite depuis peu une résidence huppée dans l’un des quartiers les plus verdoyants de la capitale. Qu’elle a le goût de s’habiller couture et qu’elle ne rechigne pas à traverser l’Atlantique pour assister au vernissage d’un de ses amis artistes. Pour le reste, elle semble avoir peu d’attrait pour les signes ostentatoires de la richesse.

 

     Sans doute faut-il alors la croire sur parole lorsqu’elle chante dans Mylène s’en fout : « Moi mes splendeurs / Sont celles du cœur. » Ce qui compte pour l’épater, ce n’est pas tant la valeur marchande du cadeau qu’on lui offre que la symbolique qu’il représente. Les lys blancs ne sont plus les fleurs les plus onéreuses, ce sont pourtant celles qu’elle préfère. Dans sa chanson, elle se dit plutôt insensible à l’attrait du diamant : « L’éclat du chic / Mylène s’en fout / Le jade est un joyau bien plus doux. » Ce qui est en jeu là, ce sont les valeurs de la bourgeoisie, dans lesquelles la chanteuse ne s’est jamais reconnue. 

Réfractaire aux codes imposés, qu’ils soient esthétiques ou éthiques, elle n’en fait qu’à sa tête, exactement comme lorsqu’elle avait quinze ans, face à sa mère qui regardait, l’air consterné, sa manière de s’habiller. 

      Riche peut-être, mais pas question d’avoir l’esprit étriqué d’une bourgeoise. Fille d’ingénieur, elle connaît bien ce milieu pour y avoir grandi et souffert. « C’est une femme très bien éduquée, m’assure Philippe Séguy. On ne se plaint pas, on ne pleure pas. On reste droite, digne et dure . » De cette éducation, elle garde le meilleur, connaît par cœur les bonnes manières, mais rejette le conformisme qui la fait vomir. C’est plus fort qu’elle, elle ne peut s’y soumettre. Il faut toujours qu’elle se distingue. Ainsi, aujourd’hui, Mylène a beau acheter de nombreuses toiles d’art moderne, elle possède un sens plutôt singulier de la décoration. « J’en ai beaucoup, partout. Non pas sur les murs, je n’accroche pas les tableaux, je les laisse par terre, mais ils sont en revanche toujours encadrés3. » La présence du cadre montre que cette disposition ne doit rien à une quelconque négligence : elle est le fruit d’un esprit contestataire qui ne s’est jamais vraiment assagi. 

    Pour Mylène, faire ses preuves, au moment où elle se lance dans la chanson, signifie d’abord parvenir à gagner sa vie sans rien demander à ses parents. Ce n’est pas simple, d’autant que les droits d’auteur couronnant ses premiers succès vont tarder à atterrir sur son compte en banque. « Quand je l’ai connue, me raconte Elsa Trillat, elle n’avait encore rien touché pour Libertine, alors nous déjeunions dans des restaurants chinois ou des fast-foods. Mylène n’y trouvait rien à redire. À l’époque, elle n’a absolument pas de goûts de luxe. » Bien sûr, sa situation financière va changer brutalement et irréversiblement. Témoin de ce virage, Bertrand Le Page trouvera « sa » chanteuse plutôt à l’aise avec son nouveau statut d’artiste prolifique. « Dans le salon de soixante-dix mètres carrés du nouvel appartement où elle s’installe, à l’époque, elle prend des pauses élégantes sur le canapé. » Quant à ses rendez-vous avec la presse, elle les donne au bar du George-V. 

      Ni cigale, ni vraiment fourmi, la star a engrangé un capital qui la met à l’abri du besoin. Aux yeux de sa famille, qui doutait d’elle, la mission est plus que remplie. Ce dont sa mère, Marguerite, convient volontiers : « Mylène s’est faite toute seule. Elle ne nous doit rien. » Il y a dans cette phrase une évidente fierté, mais aussi l’instauration d’une distance, comme si la chanteuse s’était imposé de réussir sans rien recevoir de ses parents, afin qu’ils ne puissent surtout pas s’approprier une part de son succès.  

    FARMER L’argent, en tout cas, ne lui a jamais fait tourner la tête. Peu de dépenses inconsidérées, quelques coups de cœur assumés, beaucoup de cadeaux spontanés pour ses amis ou ses proches collaborateurs… 

Se faire plaisir, oui. Mais ne jamais fermer à double tour l’horizon du désir. Mylène le sait, pouvoir s’offrir tout ce dont on a besoin ne rend pas heureux. Il faut toujours garder en soi une part d’envies inassouvies, des rêves secrets ou impossibles à réaliser. Cette forme de sagesse lui vient de l’enfance. « Je ne remercierai jamais assez mes parents d’avoir su régler parfaitement le problème de l’argent de poche. J’en avais un peu, mais pas trop. Dans des limites raisonnables qui font qu’on apprécie toujours les choses, qu’il vous reste des désirs. » 

De quoi pourrait-elle bien rêver sans pouvoir se l’acheter ? « J’aimerais beaucoup avoir un Miró, ou un Egon Schiele… Mais c’est impossible ! », lâche-t-elle, mi-frustrée, mi-résignée. Pour acquérir une toile de ces artistes, il lui faudrait en effet dépenser plusieurs dizaines de millions d’euros. Ce qui n’est sans doute pas impossible, mais totalement déraisonnable ! Alors elle se résigne : « Je sais qu’il faudra me contenter d’aller les voir au musée. » Mais elle n’a pas dit son dernier mot. L’essentiel, c’est de continuer à fantasmer, ne pas s’enfermer dans une toute-puissance qui vous déconnecte de la réalité. 

      Prudente, Mylène n’a jamais considéré que son succès était acquis une fois pour toutes. L’argent n’est pas une fin en soi, mais la juste récompense de son travail. Il n’y a aucune raison de le mépriser, pas davantage que de l’idolâtrer. L’idée n’est pas d’accumuler pour accumuler, mais d’avoir conscience qu’il

est le meilleur garant de la liberté que revendique la chanteuse. Quand elle a compris que le succès la plaçait à l’abri du besoin, Mylène a voulu bétonner sa position, se donner les moyens de son indépendance. Il y a dans cette obsession quelque chose qui rappelle le projet professionnel de son père au Québec : construire un barrage suffisamment solide pour retenir les eaux du  Manicouagan. 

      Si Mylène a créé plusieurs sociétés, ce n’est pas tant pour faire du business à tout prix que pour protéger sa liberté artistique. Il fallait faire en sorte que sa maison de disques ne lui dicte jamais ses choix. Combien d’artistes, et non des moindres, ont été contraints de se plier au bon vouloir de leur distributeur, y compris sur le plan musical… Avec la complicité de Laurent Boutonnat, Mylène s’est offert la possibilité de contrôler son destin. On a beaucoup glosé sur la création, en octobre 1989, de Requiem Publishing, société chargée d’éditer désormais ses albums. Était-ce un coup tordu à l’encontre de Bertrand Le Page, qui assurait ce rôle jusqu’alors ? Même si le premier manager de la chanteuse l’a vécu ainsi, il est indéniable qu’une telle décision s’imposait dans l’optique du duo Farmer/Boutonnat d’accroître son indépendance. 

      Le choix des musiciens, mais aussi du studio où les chansons vont être enregistrées puis mixées, n’échappera pas non plus à la vigilance du tandem. Afin de s’assurer une autorité absolue dans la production des albums, Laurent Boutonnat monte Toutankhamon au début de la carrière de sa muse – société dont il a revendu toutes les parts à Polygram aux alentours de 1997. Après les frictions consécutives à l’épopée Giorgino, Mylène crée Stuffed Monkey, en décembre 1993, qui produira tous ses albums à partir d’Innamoramento, mais aussi ses clips. Aujourd’hui, six salariés travailleraient pour cette société. Même si elle continue de déléguer certaines questions à Laurent Boutonnat, qui  demeure son partenaire musical exclusif, la chanteuse est désormais seule maîtresse du jeu. Quant à Polydor, la maison de disques à laquelle elle est demeurée fidèle depuis ses débuts, elle n’est que le distributeur de ses albums. Bien que des accords financiers existent entre les deux partis, Mylène peut donc mettre sur le marché des albums qui lui ressemblent à cent pour cent – ce qui est rare dans le métier.  

     Pour certains, toutefois, la volonté d’indépendance n’explique pas tout : Mylène se serait piquée au jeu du business. Sa réussite financière aurait décuplé son envie de faire fructifier son capital. Sinon, pourquoi aurait-elle créé d’autres SARL que celles strictement nécessaires à la production et à l’édition de ses albums ? Ainsi, s’ajoutant à Requiem Publishing et Stuffed Monkey, elle a fondé deux autres sociétés musicales : Dichotomie, en 2000, et Isiaka, en 2002, cogérée avec Laurent Boutonnat. Pour compléter le tableau, la chanteuse est également à la tête d’une société de production de films publicitaires (Innamoramento), et d’une autre, baptisée ML, qui gère des biens immobiliers. 

Cette diversification, qui s’est accrue avec le temps, semble totalement insoupçonnée à ses débuts. « Pour moi, Mylène s’est complètement transformée, explique Sophie Tellier. À la fin des années quatre-vingts, c’était le papillon qui sort de la chrysalide. Et puis, à partir des années quatre-vingt-dix, elle est devenue vraiment “une femme d’affaires”, quelqu’un de totalement différent. »  

      images (9)Bien sûr, le lancement de la carrière d’Alizée, en 2000, a beaucoup fait pour cette réputation de « working girl ». Et pourtant, au début, tout part d’une seule chanson. Après avoir lu le roman de Nabokov, la chanteuse écrit le texte de Moi… Lolita sur une musique dansante de Boutonnat. Tous deux sentent intuitivement le potentiel du titre, mais Mylène n’a plus l’âge de l’héroïne, quinze ans. C’est alors que le tandem décide de faire appel à une autre interprète. Repérée lors d’un passage à « Graines de stars », Alizée, petite brune au regard piquant, va être approchée. Aussitôt commercialisée, la chanson devient un succès colossal. Tube de l’été 2000, comparable sur le plan des ventes au triomphe de Désenchantée neuf ans plus tôt, Moi… Lolita fera, en outre, une carrière internationale comme n’en a jamais connu aucun titre de Mylène : en quelques semaines, Alizée fait un tabac aux Pays-Bas, en Italie, en Espagne, en Angleterre, et surtout au Mexique, où elle devient une star. 

      Préparé dans la précipitation – alors que Mylène est en pleine tournée – et produit par Requiem Publishing, l’album Gourmandises sort dans la foulée, le 28 novembre. Pour en écrire les paroles, la chanteuse a longuement conversé avec sa jeune protégée. Les ventes hexagonales seront au rendez-vous, mais n’atteindront pas le million d’exemplaires, chiffre auquel Mylène semble, elle, abonnée pour chacun de ses albums. En 2003, un second opus naîtra de cette collaboration fructueuse, Mes Courants électriques, édité cette fois par Isiaka. 

Mylène s’y investit pleinement, et pas seulement en signant les textes des chansons. C’est elle qui aurait eu l’idée de l’escarpin géant dans lequel Alizée semble trouver refuge sur la pochette. Elle dessine également certaines tenues portées par la Lolita lors de ses passages très remarqués à la télévision et l’aide à répéter les chorégraphies. 

      Malgré tout, le single J’en ai marre ne parvient pas à tirer l’album vers les sommets. Et le spectacle qui suit, pourtant cornaqué avec soin par Laurent Boutonnat, ne remporte pas un franc succès. C’est à la suite de ces résultats mitigés que la collaboration cessera, d’un commun accord, entre l’écurie Farmer et la jeune Corse. 

      Entre-temps, la Lolita a rencontré l’homme de sa vie, Jeremy Châtelain, musicien qui participa à la Star Academy, l’a épousé à Las Vegas et a donné naissance à une petite fille. Elle veut voler de ses propres ailes, ce qu’elle fera en auto-produisant son troisième album, Psychédélices, en 2007 – ses parrains lui ayant cédé la marque Alizée, leur propriété, pour un euro symbolique. Un retour en demi- teinte dans l’Hexagone, qui permet cependant à la brunette de retrouver son public d’Amérique latine. Et malgré toutes les questions des journalistes cherchant à jeter de l’huile sur le feu quant à ses relations avec Mylène Farmer, elle n’aura que des mots pleins de reconnaissance pour celle qu’elle regarde comme une marraine. « Elle m’a tout appris », dira-t-elle, mettant fin à une polémique autour d’une chanson, Idéaliser, censée être un portrait au vitriol de l’idole. 

   

     Voilà comment la parenthèse Alizée s’est refermée pour la productrice Farmer. Depuis, on a beaucoup glosé sur ses velléités de lancer d’autres artistes, afin de pouvoir quitter la scène un jour sans cesser de tirer les ficelles du métier. Hélas ! pour l’heure, Mylène n’a pas eu la main vraiment heureuse. 

Elle a produit un groupe de musique électronique, Good Sex Valdes, qui a sorti un single, You, dans unerelative indifférence. Via sa société Dichotomie, elle a également poussé le titre de Christia Mantzke, I’m not a boy en 2001, sans qu’il rencontre le succès escompté. Aura-t-elle davantage de réussite avec le générique du dessin animé Drôle de Creepie, sorti en septembre 2008, et interprété par la jeune Lisa, la fille de Michel, son frère cadet ? Trop tôt pour le dire.  

     Évidemment, sa réputation de femme d’affaires a encore gagné du terrain depuis qu’on a appris que Mylène avait déposé une marque, Lonely Lisa, en septembre 2007, à l’Institut national de la propriété audiovisuelle. Utilisant comme logo l’héroïne de son conte illustré, Lisa-Loup et le conteur, paru en 2003, elle donne la liste des différents produits qui pourraient être estampillés de ce label. Articles de papeterie, papiers peints, linge de maison, vaisselle, mais aussi jouets, bijoux et vêtements. Des fausses pistes destinées à brouiller le jeu ? Dans une interview au magazine Têtu, elle livre une clé mettant un terme à Atoutes les supputations : « Lonely Lisa donnera naissance à un site Internet communautaire dans les prochains mois. »  

     Pour celle qui a toujours refusé de créer un fan-club officiel, ce projet semble particulièrement bien ciblé : ses fans sont nombreux à participer aux innombrables forums qui lui sont consacrés sur la Toile. 

Un site communautaire serait un moyen idéal de fédérer ces énergies tout en permettant à chacun de s’exprimer. Une fois de plus, Mylène montre qu’elle fourmille d’idées en tous genres, en dehors même de son métier. Revendiquer une œuvre digne de ce nom, singulière et sans concessions, ne l’empêche pas de posséder un sens aiguisé du marketing. Bref, elle est la preuve vivante qu’on a souvent tort d’opposer, comme des entités inconciliables, l’artistique et le commercial. 

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

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Mylène Farmer, La lectrice cannibale

Posté par francesca7 le 14 septembre 2015

 

 

Moscou, mars 2000. Cheveux hérissés, jupe en soie brodée de motifs indiens et blouson en jeans, Mylène répond aux questions d’un journaliste russe. « Comment avez-vous fêté la venue du nouveau millénaire ? » La belle hésite : « Je ne me rappelle pas. » Puis se lance : « Probablement avec un livre dans les mains. Le soir du 31 décembre n’est pas spécialement une fête pour moi… Oui, c’est ça, je lisais. Je ne me souviens plus quel livre, mais ce devait probablement être une œuvre de Henry James ou Edgar Poe, mes écrivains préférés. »

 Mylene-Farmer

Une réponse qui détonne. Dans le paysage de la variété française, peu d’artistes évoquent leurs lectures avec autant d’enthousiasme. Au début de sa carrière, c’est d’ailleurs du bout des lèvres que Mylène révèle son goût pour les livres, de peur de passer pour « une intellectuelle pimbêche ». Par la suite, elle n’hésitera pas à évoquer ses coups de cœur en interview. Une jolie parade pour éviter de trop parler d’elle-même ? Pas seulement. D’abord parce que citer les ouvrages qu’on aime est sans doute la façon la plus intime qui soit de se dévoiler. Ensuite, parce que Mylène n’a jamais caché que c’est dans les livres qu’elle puise son inspiration. 

Comme une étudiante, elle lit avec un crayon à portée de main. Comme une étudiante, elle note les mots, les phrases qui l’interpellent. Elle n’est pas de ces lectrices passives qui se laissent entraîner sans réagir. Elle veut extraire une nourriture de ses lectures. Sinon, à quoi bon ? Le crayon lui garantit qu’elle gardera le contrôle, qu’elle ne se laissera pas submerger par le discours d’un autre, fût-il séduisant. 

Lorsqu’elle se trouve en période de promotion, elle sait qu’elle n’aura pas l’énergie d’écrire, alors la lecture lui semble une solution de repli salutaire. « Tout ce que je peux faire, c’est extraire des phrases de mes lectures ou des pensées », dit-elle. Ainsi elle collecte des bouts de phrases, comme des feuilles qu’elle glisserait dans un herbier, et qui, un jour peut-être, au contact de son imaginaire, formeront des chansons.

 Il serait fastidieux de recenser toutes les citations d’auteurs présentes dans le répertoire de Mylène, même si le sujet mériterait à coup sûr de faire l’objet d’un mémoire universitaire. Mots empruntés en forme d’hommage ou reformulés, fondus dans la chanson qui les accueille, ils sont souvent parfaitement identifiables. Parmi les exemples les plus connus, un vers d’Allan, qui figure sur l’album Ainsi soit je, reprend in extenso une phrase d’Edgar Poe extraite de Ligeia : « Pauvres poupées qui vont et viennent. » Mais quoi de plus naturel, puisque la chanson est un hommage à l’auteur des Histoires extraordinaires , un des livres de chevet de la chanteuse ? « Elle m’en lisait des passages tous les soirs avant d’aller se coucher», me raconte Elsa Trillat, qui a partagé des vacances avec la chanteuse durant l’été 1987. 

Autre référence explicite, Baudelaire, qui fut aussi, on le sait moins, le traducteur d’Edgar Poe. Comment Mylène la sulfureuse pourrait-elle ne pas vouer une adoration sans borne à l’auteur des Fleurs du Mal, recueil condamné en 1857 « pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs » ? Très en verve, Laurent Boutonnat mettra en musique L’Horloge, le dernier poème de la section « Spleen et idéal », qui introduit brillamment l’album Ainsi soit je. Hommage appuyé, encore, mais cette fois à Virginia Woolf, grâce au titre Dans les rues de Londres, sur l’album Avant que l’ombre … Une évocation subtile des pérégrinations de Mrs Dalloway, l’une des héroïnes les plus emblématiques de la romancière anglaise, dans la capitale de l’Angleterre. Le destin de cette écrivain proche de la folie, qui se suicidera par noyade, ne pouvait pas laisser Mylène indifférente. 

Rendre à César ce qui est à César, c’est la moindre des choses. Et la chanteuse se plie à cette exigence de bonne grâce. Ainsi, Sogyal Rinpoché, dont la sagesse bouddhiste plane sur l’album Anamorphosée, est-il remercié dans le livret. De même, Mylène ne cache pas que la thématique de Innamoramento est fortement inspirée d’un essai de Francesco Alberoni, Le Choc amoureux 196, publié en 1979. Une citation de l’auteur ouvre d’ailleurs le livret de l’album : « L’amour naissant, l’innamoramento italien. L’étincelle dans la grisaille quotidienne. Le bonheur mêlé d’inquiétude parce qu’on ignore si ce sentiment est partagé. Un état transitoire qui débouche parfois sur l’Amour. Un phénomène comparable aux mouvements collectifs révolutionnaires. »

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D’une manière générale, d’ailleurs, ce cinquième opus est une véritable mine d’or pour tous ceux qui traquent les références littéraires dans le répertoire farmerien. Ainsi le titre Souviens-toi du jour est- il une allusion directe à Si c’est un homme, le témoignage bouleversant de Primo Levi sur l’Holocauste. Le clip, qui montre la chanteuse sexy en diable au milieu d’un incendie, semble lui-même avoir été inspiré d’un poème d’Apollinaire, Le brasier. « Et pour toujours je suis assis dans un fauteuil [...] / Les flammes ont poussé sur moi comme des feuilles », écrit le poète. Quant à Dessine-moi un mouton, tout le monde aura reconnu l’hommage au Petit Prince de Saint-Exupéry, que Mylène apprécie tellement qu’elle aurait envisagé de lui consacrer un spectacle musical. Si l’on ajoute les références cinématographiques (L’Amour naissant renvoie à La Fille de Ryan de David Lean) et picturales (Je te rends ton amour au peintre Egon Schiele), on voit combien l’album  Innamoramento constitue une foisonnante aventure pour l’esprit. 

Mais ce que certains reprochent à Mylène, ce ne sont pas tant ces hommages explicites que l’inspiration non avouée qui peut laisser penser qu’elle serait l’auteur de mots qui, en réalité, lui ont été suggérés par d’autres. Ainsi, l’écrivain Luc Dietrich, que la chanteuse a dévoré sur la recommandation de Bertrand Le Page, va lui offrir sur un plateau l’expression « poussière vivante », qui ouvre si joliment À quoi je sers. Le thème de la chanson semble lui-même inspiré de deux vers de L’Apprentissage de la ville : « Si je ne sers à rien, ce n’était pas / La peine de m’empêcher de mourir. » Fascinée par cet auteur, sans doute parce qu’il n’a « jamais perdu ses yeux d’enfant », comme l’écrira son ami Lanza del Vasto, Mylène a puisé chez lui d’autres pépites. « Et même si je parvenais à me redresser, pour quoi, pour qui ? », trouve-t-on chez Dietrich. Des mots que la chanteuse reprend à sa façon, toujours dans À quoi je sers : « Chaque heure demande / Pour qui, pour quoi se redresser. » 

Dans son tube Rêver, la star s’inspire du poète Pierre Reverdy. « Nous ne marcherons plus ensemble » correspond au dernier vers d’un poème intitulé Dans le monde étranger. « Dansent les flammes, les bras se lèvent » rappelle le poème Esprit pesant, où l’on trouve ces mots : « À droite dansent quelques flammes qui n’iront pas plus haut, et si les bras se lèvent ils touchent le plafond. » Quant aux paroles « Le monde comme une pendule / Qui s’est arrêtée », elles font écho au poème Toujours là ,extrait du recueil La Lucarne ovale. « Le monde comme une pendule s’est arrêté / Les gens sont suspendus pour l’éternité », y écrit Reverdy. Encore une fois, la belle image chantonnée par Mylène est le fruit de ses lectures. 

L’œuvre d’Emily Dickinson constitue également une source d’inspiration. Ainsi, dans Les Mots, plusieurs vers en anglais traduisent cette filiation. Lorsque Seal, qui partage le duo avec la chanteuse, fredonne « I will tell you how the sun rose », sait-il qu’il s’agit du titre du poème de Dickinson ? Certes, on peut y voir un hommage appuyé à la poétesse américaine. Mais alors, pourquoi avoir omis de citer ne serait-ce que son nom ? 

Mylène s’amuserait-elle à semer derrière elle des mots dont seuls quelques fins limiers sauront reconnaître l’origine ? Cette hypothèse n’est pas exclue, surtout lorsqu’on sait combien elle invite ceux qui veulent savoir qui elle est vraiment à écouter avec attention les paroles de ses chansons. 

Reste qu’il faut poser sans détour la question de ces emprunts nombreux et tacites. Si les auteurs cités appartiennent tous au domaine public, peut-on pour autant s’en abreuver sans prêter le flanc à la critique ?

 

Les détracteurs de la star n’hésitent pas à répondre par l’affirmative. Pour eux, un artiste doit puiser son inspiration en lui-même, et non dans les mots des autres. Une position de principe qui ne résiste pas, toutefois, à un fait incontestable : l’histoire de la littérature consiste en une relecture permanente par les jeunes générations des œuvres de leurs aînés. Comme tous ceux qui ont quitté l’école un peu tôt, Mylène éprouve un appétit féroce face à tout ce qu’elle n’a pas pu apprendre à cause du besoin urgent qu’elle ressentait de faire ses preuves. Sans diagnostiquer de complexe à proprement parler, il est évident qu’elle a tenu à cultiver ce goût des livres auquel son tempérament réservé la prédisposait. Ce qu’elle cherche dans la lecture, ce sont des mots qui répondent à ses états d’âme, les reformulent mieux qu’elle ne l’aurait fait elle-même. 

Où est le crime ? Où sont les victimes ? Au pire, la chanteuse invite son public à la suivre dans ses pérégrinations livresques. Combien de ses fans ont lu La Mort intime de Marie de Hennezel ou Le Choc amoureux de Francesco Alberoni, simplement parce qu’elle avait évoqué son plaisir de les découvrir ? 

Qui d’autre, dans le paysage de la variété, pourrait se targuer d’un tel exploit ? « Pour lire, j’ai besoin de temps, de repos, comme un recueillement », dit-elle. Par son attitude, qui sacralise la chose écrite, Mylène montre qu’on peut encore, à l’époque de l’Internet triomphant, être bouleversé par un livre. L’élitisme qui l’anime passe aussi par là, par cette volonté de tirer son public vers le haut. Ce qui lui vaut le statut inédit de chanteuse littéraire. Une singularité dont elle aurait tort de rougir. 

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008


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Mylène Farmer dans WHAT’S UP sur CANAL J

Posté par francesca7 le 28 décembre 2014

 

 

5 FÉVRIER 2001

2001-02Le 5 novembre 2000 a lieu au Mann’s Chinese Theatre sur Hollywood Boulevard à Los Angeles l’avant première du film d’animation « Les Razmoket à Paris », pour la bande originale duquel Mylène Farmer a écrit une chanson inédite, « L’Histoire d’une Fée, c’est… ».

C’est à ce titre qu’elle assiste à cette avant­première, vêtue d’une longue veste en cuir, d’un pantalon bleu foncé et d’un petit haut turquoise. Ses cheveux sont ramenés en un chignon très simple. Sur le tapis rouge devant le cinéma, Mylène prend la pose pour les photographes présents et répond même au micro que lui tend l’équipe de la chaîne jeunesse Canal J. Cette très courte interview sera diffusée en France trois mois plus tard, pour la sortie française du dessin animé.

Mylène Farmer : Bonjour, Canal J ! (sourire)

Comment tu t’es retrouvée à travailler sur ce film ?

MF : J’ai rencontré une personne qui s’appelle George Acogny, et qui est en charge de la musique de ce cartoon.

Est-­ce que t’as aimé ton expérience ?

MF : (qui n’a pas bien entendu en raison du bruit environnant) Est­ce que j’ai aimé mon expérience ?

Beaucoup !

 

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L’ŒUVRE « CLIPESQUE » DE BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 1 septembre 2014

 

 

images (2)En 2002, Laurent Boutonnat réalise le clip Pardonne-moi pour Mylène Farmer. Non seulement ici Laurent Boutonnat signe son détachement du film de genre dans lequel il s’était illustré des années durant, mais se dégage pour la première fois de ses modes narratifs et de sa symbolique. Boutonnat, depuis qu’il a repris la caméra pour la réalisation de clips en 2000, se fond de plus en plus dans l’intimisme qu’il semble ne plus quitter depuis les clips de Nathalie Cardone de 1997 et 1998. Tout ce qui faisait dans les années 80 et même 90 de chaque clip un oeuvre de divertissement à part entière disparaît ici : plus de figurants, ni de personnages, ni de dialogues, ni d’action. La question la plus évidente alors à se poser est de savoir ce que son cinéma a gagné à se défaire de tout cela ? On remarque justement que tout ce que Boutonnat supprime depuis Mon ange (1998) a trait à la narration, au fait de s’attacher à d’autres structure que celle de l’image. Fernand Léger disait que « l’erreur du cinéma, c’est le scénario ». La solution du problème se trouve peut-être bien ici : Laurent Boutonnat serait-il moins cinéaste qu’avant parce qu’il ne s’attache plus au narratif, dans le sens diégétique tu terme ? Ceci expliquerait pourtant l’absence de troisième long-métrage après les échecs de Ballade de la féconductrice et Giorgino. Pourquoi faire un long-métrage en s’encombrant de contraintes « facultatives » (dont l’histoire) alors que « seule l’image compte » ? On peut bien sûr tergiverser sur le bien fondé de cette démarche; mais si on peut critiquer volontiers Pardonne-moi sur le divertissement et l’ambition, on ne peut lui reprocher son manque d’images. Depuis le début de sa carrière, le vocabulaire de Laurent Boutonnat reste pourtant d’une implacable cohérence. Dans Pardonne moi il va même jusqu’à reproduire en grande partie les cadrages de Maman à tort (1984), comme si ce coup d’essai datant de février 1984 n’en n’avait pas été un et que tout avait été pensé,

réfléchi, approuvé et que tout était resté depuis inamovible dans son cinéma. La répétition des travellings avants sur le visage sont les mêmes, et cette silhouette à robe courte à demi dans l’obscurité qui avance face à la caméra est toujours la même. Bien sûr l’image, la photographie, elle, a évolué, Laurent Boutonnat n’arrêtera jamais d’apprendre, offrant d’année en année des images de plus en plus rares, mais de plus en plus travaillées.

 

téléchargement (2) Si jusqu’à présent les analyses symboliques étaient pertinentes dans le travail de Laurent Boutonnat, elles le sont beaucoup moins depuis 1997. On remarque que dans Pardonne moi elles ne mènent nulle part. Il serait en effet totalement vain de chercher les sous-traitances avec les paroles de la chanson, de trouver la fonction d’éléments graphiques comme l’homme à cheval, le serpent, ou la poussière. Pour la première fois un clip de Boutonnat n’est pas narratif, on pourrait bien sûr analyser le montage, l’énonciation mais ce qu’il est le plus intéressant de voir à travers Pardonne-moi est son réalisateur, ses goûts pour les images syncopées, l’esthétique à tout prix, et les ambiances qu’il souhaite inédites. Si les éléments que choisi Boutonnat pour chaque nouveau clip rappelle les anciens, il apporte en outre à chaque fois un ou plusieurs éléments qui viennent enrichir ce qu’il avait déjà mis en place et qui présentent l’interprète (puisque c’est elle qui est promue) sous un jour à chaque fois un peu différent.

Dans cette optique, l’image la plus frappante n’est pas celle des yeux remplis de blanc, ou de noir (simple effet de frayeur) mais cette espèce de danse tribale au ralenti et au noir et blanc très contrasté et granulé, avec une femme qu’on imagine plongée dans la poussière de l’au-delà. Sur un fond très noir, les particules de cendres s’échappent des cheveux et donnent à la silhouette de la chanteuse en la suivant l’étrange allure d’un spectre. Dans ces plans, l’interprète reste les yeux fermés, totalement inexpressive, comme si quelque chose de surhumain la guidait dans sa danse, l’avait sortie de la poussière où elle reposait depuis la nuit des temps. Seuls deux plans quasi subliminaux surexposés la montreront hilare, la tête basculée en arrière, rendant du même coup l’ensemble de la danse et du clip dénués de logique. Reste ce chevalier mystérieux, lui aussi sur fond noir, qui galope sans fin et qui rythme la chanson. On peut sur ce point remarquer deux choses : Ses apparitions se font à des moments de la chanson où la répétition est aussi musicale, ce qui accroît l’idée d’un galop sans fin du cheval et la course de ce prince qui jamais n’arrivera à destination. Pour renforcer cette idée on peut deviner aussi que le cheval n’avance pas, mais fait du sur place (la fumée en arrière plan reste immobile).

La caméra n’est donc pas en travelling latéral mais en plan fixe, et amorce d’ailleurs à un moment un zoom arrière. Ainsi non seulement on ne peut que ressentir la quête vaine du prince, mais également jouir de la fluidité de sa course, de cette image irréelle en contre-plongée. Les symboles qui autrefois semblaient donner un grande part de leur sens aux réalisations de Boutonnat n’ont même plus leur place dans ce cinéma « de l’image seule ». Il n’y a pas de symbole dans Pardonne-moi. Il serait pourtant facile d’approcher le serpent du pêcher originel et les yeux blancs de la cécité. Mais comment expliquer alors d’autres éléments du clip tels les yeux noirs de la fin du clip, le rapport au texte et la présence du prince sur son cheval ? Chacun de ces éléments n’est ici au service de rien, si ce n’est de lui-même. Quant à l’origine de leur choix, il faut encore s’en retourner vers ce qu’est réellement un vidéo-clip. Chacun des éléments est montré dans le clip à un endroit précis de la bande son. Ainsi le serpent ne peut apparaître que sur le violoncelle du pont musical, tant les sinusoïdes dessinées par son corps matérialisent plastiquement et simultanément la musicalité sonore; les saccades de batterie ne peuvent également correspondre qu’à la danse tribale de la chanteuse les cheveux remplis de poussière, éclairées par des flashs lumineux qui la images (3)laissent deviner par le spectateur plus qu’ils ne la montrent. Même chose pour le travelling sur la chanteuse qui laisse découvrir en levant la tête des yeux vides : dans un cadrage identique, les violons graves dénoncent musicalement parfaitement la monstruosité de ce visage, alors que le piano du début en glorifiait la beauté.

 

 Ce que nous voulons démontrer ici est que Laurent Boutonnat, de 1985 à 1992, n’a pas fait de vidéo-clips. Il a fait des films de fiction romanesque, référencés à des genres ou des sous genres. Mais à aucun moment, ni même pour Ainsi soit-je (1988) ni pour Je t’aime mélancolie (1992), nous avons eu à faire à un vidéo-clip stricto-sensus. A l’origine, le principe du vidéo-clip consiste à illustrer une chanson par des images, rien de plus. Laurent Boutonnat a toujours apposé à cette règle sans cesse davantage d’artifices, d’histoires, de symboles, et de moyens. De Pardonne-moi en revanche, il fait un clip dans le pur sens du terme : une musique avec des images à son service, qui l’illustrent. Le sens des images, leur teneur discursive, tout ceci n’a aucune importance face à leur musicalité intrinsèque et l’effet qu’elles produisent quand on les appose à la bande-son en question. Dans Pardonne-moi plus que jamais, l’image ne peut être présente à l’écran que parce que c’est cette chanson qui est illustrée, alors qu’on peut très aisément imaginer les images de Libertine, Sans Contrefaçon et même Ainsi soit-je sur une autre musique de couleur approximativement équivalente. Les images de Pardonne-moi ne semblent avoir été inventées que parce qu’il y avait tel ou tel son dans la chanson, ces images sonnent juste par rapport aux effets musicaux tout simplement, et ceci pour la première fois chez Boutonnat.

 

Le seul travail du réalisateur en 2002 ne concerne plus que l’image, et rien qu’elle, Boutonnat n’est pas un romancier, pas plus qu’un conteur. Depuis 1997, de Mon Ange à Pardonne-moi en passant par Baïla Si et Les Mots, il n’a cessé de tâtonner pour trouver ce qu’était vraiment un clip, ce qu’était vraiment une image, et donc finalement ce qu’est réellement le cinéma. 

 

Pourquoi alors se cantonner au même type d’image, aux mêmes éléments alors que le réalisateur a su pourtant diversifier ses inspirations en une décennie de clips autrement plus riches visuellement ? Puisque visiblement Laurent Boutonnat s’est détaché du cinéma de fiction romanesque pour se concentrer entièrement à ce qu’est un clip, le réalisateur peut-être lassé images (4)désire faire le meilleur clip, le clip ultime. Laurent Boutonnat rétrécit ainsi de clip en clip le champ d’application de son univers afin visiblement de trouver l’image juste, celle qui broiera la chair de celui qui la regardera. De plus en plus on peut avoir l’idée de ce à quoi ressemblera le clip de Laurent Boutonnat : de longs plans contemplatifs représentant des éléments immobiles, un ciel nuageux, du vent, des fantômes pas encore entrés dans l’au delà et se frottant encore aux humains, une quête sans fin accompagnant une errance éternelle de personnages perdus et auxquels il ne reste que le recueillement. Seulement nous pouvons penser que rien ne distinguera particulièrement le dernier clip de Laurent Boutonnat des autres, que ce sera juste celui sur lequel le cinéaste voudra s’arrêter, estimant achevée la recherche qu’il fait sur l’image et avant tout sur ses propres fantasmes graphiques. Pardonne-moi aurait pu être celui-ci, le seul vrai clip, donc le dernier. Et si ce n’est pas le cas, un cap a de toute façon été franchi en le réalisant : se désintéresser intégralement de tout fonctionnement narratif pour ne se concentrer que sur l’image, quitte à ce qu’elle rende ivre tellement sa splendeur incompréhensible ne renvoie à rien de connu.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

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Johanna MANCHEC choristes de Mylène Farmer au Timeless 2013

Posté par francesca7 le 23 mai 2014

 

 

johanna manchecChanteuse protéiforme, Hohanna Manchec, se lance très tôt dans le musique en apprenant la guitare et le piano, puis se produit, dès l’adolescence, comme interprète du piano-bas La Périgourdine. Elle fait ses premiers pas de choriste lors du Stade France de Johnny Hallyday en 1998, avec qui elle chantera à nouveau en 1999, 2000, 2003 et 2006. En parallèle, elle donne des cours de chant et cape son premier rôle d’actrice à L’opéra Royal de Wallonie à Liège, en 2003, dans Simenon et Joséphine de Jean-Louis Grinda, elle y joue le rôle principal de Joséphine Baker et s’adonne même aux claquettes.

Présentée par Yvan Cassar à Mylène Farmer, elle participe en 1999 aux choeurs africains de « Mylenium » et « L’amour naissant » sur l’album « Innamoramento ». Par la suite, elle sera présente en tant que choriste sur toutes les tournées de Mylène Farmer à partir du Mylenium Tour.

La chanteuse a à son actif un album solo, « Hymne à la vie » (Février 2011), écrit, composé et arrangé par ses soins.

Image de prévisualisation YouTube

vidéo http://www.youtube.com/watch?v=Mp5QLaditB8

 

Amoureuse du spectacle vivant, Johanna Manchec-Ferdinanc mène avec talent et énergie une carrière de choriste pour Johnny Hallyday et Mylène Farmer, et avec humour et élégance, ses propres concerts…

Mylène Farmer a fait un passage par le Cours Florent. Vous avez, vous aussi, suivi une formation pluridisciplinaire bien avant que Star Academy et autres Popstars n’existent…
J’ai suivi une formation dans une école privée de spectacle. J’ai fait le Festival d’Avignon, travaillé au Cirque d’Hiver et obtenu mon diplôme. Je me suis ensuite frottée à l’école de la vie. J’ai débuté au piano-bar La Périgourdine, un soir où mon meilleur ami a demandé au patron de me laisser interpréter « Summertime ». J’ai été engagée le soir même, malgré un maigre répertoire. Au début des années 1990, j’ai travaillé au mythique cabaret des Trois Maillets. J’étais très attirée par ce lieu rempli des fantômes de Sydney Bechet ou de Nina Simone. J’ai appris à chanter et aussi à susciter l’attention des clients vers trois heures du matin. Cette expérience me sert tous les jours dans ma vie d’artiste. J’y ai croisé Nicolas Montazaud, le percussionniste de Mylène sur Avant que l’ombre… à Bercy.

De ces débuts d’interprète soliste, comment êtes-vous devenue choriste ?
Par hasard et plutôt tard ! Une amie chanteuse m’a demandé de l’accompagner à l’audition pour le Stade de France de Johnny Hallyday en 1998, mon premier engagement aux côtés de cet immense artiste. Ensuite, j’ai auditionné pour le Mylenium Tour : autre rencontre choc dans ma vie artistique avec Mylène Farmer. J’avais évidemment entendu parler de Mylène et j’ai découvert davantage son univers en travaillant avec elle sur ses chansons et sur la mise en scène de sa musique. J’ai été agréablement surprise de la sensibilité qui se dégageait de ses concerts. Comme lors de ma première collaboration avec Johnny, je me suis retrouvée au service d’une artiste renommée et j’ai découvert le fonctionnement de ces grosses machineries, tous les artistes de l’ombre et techniciens qui travaillent en coulisses pour cette grosse entreprise…

Vous aviez rencontré Mylène lors de l’enregistrement de « Dessine-moi un mouton », « Souviens-toi du jour… », « L’amour naissant » et « Mylenium ». Vous souvenez-vous de cette prise de contact ?
Vous me le rappelez… On a fait tellement de concerts depuis ! C’est par l’intermédiaire d’Yvan Cassar que je me suis retrouvée dans cette chorale de studio. Nous étions cinq filles, et notamment Angeline Annonier. J’apprécie son talent et nous travaillons d’ailleurs ensemble sur quelques textes de mon premier album. Nous avions enregistré ces voix à Los Angeles et Paris. Mylène et Laurent Boutonnat étaient présents durant les deux séances.

Quels souvenirs gardez-vous de cette première tournée débutée avec Mylène en 1999 ?
Une incroyable aventure. J’ai été si chanceuse de me retrouver dès le départ sur une telle tournée avec cinq dates à Bercy, il me semble. De plus, nous nous sommes rendus en 2000 en Russie et ce fut une belle expérience. On était habitués à des français surexcités alors que là, tous étaient assis au calme. J’ai trouvé le public de Moscou et de Saint-Pétersbourg très émouvant. Certainement le poids de l’histoire… J’ai adoré accompagner « Innamoramento » et « California » où nous nous retrouvions, avec Mylène et Esther, toutes les trois sur l’escalier central. On partage des moments inoubliables avec l’artiste sur certains titres.

Après le Mylenium Tour, la Tour Eiffel, l’Olympia et la tournée de Johnny en 2000, puis Bercy, le Parc des Princes et sa nouvelle tournée en 2003, vous avez joué le rôle-titre de Simenon et Joséphine au Forum de Liège fin 2003…

J’ai adoré jouer le personnage tumultueux de Joséphine Baker dans cette comédie musicale. Ce spectacle m’a réconfortée et m’a redonné confiance pour prendre plus de risques dans mon métier et j’ai une pensée particulière pour une personne qui m’a beaucoup encouragée. Le scénario était dense. On mettait une histoire en musique, et non l’inverse. Il s’agissait de raconter, avec un vrai orchestre symphonique qui jouait live dans la fosse, la liaison intense entre l’écrivain Georges Simenon et Joséphine.

Qui vous a rappelé pour Avant que l’ombre… à Bercy ?
Mylène et Laurent m’ont convoquée pour les premières répétitions. Nous avions tous la pression étant donné la taille du spectacle. Nous avons fait ce qu’il fallait pour que ce trac ne prenne pas le pas sur le reste.

Quel a été le plus beau moment d’émotion durant le concert de janvier dernier ?
Sans hésiter la chanson « Avant que l’ombre… » interprétée derrière le rideau d’eau. Il se dégageait une atmosphère très prenante, une émotion très particulière sur scène. Je pense que cela apparaissait au public comme une sortie grandiose. Nous sur scène, nous avions toujours le cœur serré. Franchement, je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir les larmes aux yeux. Mylène avait une fragilité dans la voix qui laissait passer tant de sensibilité, comme on peut en ressentir lors d’un au revoir. A ce moment-là du show, les plateformes sur lesquelles nous étions installées descendaient et on ne distinguait plus que l’ombre de Mylène qui gravissait l’escalier. Superbe.

Vous étiez physiquement beaucoup moins proche qu’elle que sur le Mylenium Tour…
Pas vraiment. Elle nous rejoignait souvent, notamment sur « L’amour n’est rien… ». Pour « Désenchantée », nous traversions la passerelle pendant l’intermède musical et la rejoignions sur la scène centrale en reprenant le refrain « Tout est chaos… ». C’était un beau moment en plein cœur de Bercy et il me tarde vraiment de voir comment rendaient ces titres. On ne découvre le spectacle qu’après le public car on ne profite pas de tout le travail créatif de son et de lumière. J’ai redécouvert le Mylenium Tour en visionnant la vidéo live.

Les fans de Mylène deviennent un peu les vôtres. Est-ce troublant ?
Non, c’est une forme de reconnaissance. Certains reviennent systématiquement aux premiers rangs et on finit par créer une complicité avec eux. Nous partageons l’amour qu’ils ont pour l’artiste et c’est vrai qu’eux arrivent à nous rencontrer plus facilement que leur idole.

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Les médias évoquent souvent les similitudes entre Johnny Hallyday et Mylène Farmer. Vous qui les côtoyez tous les deux, qu’en pensez-vous ?
D’abord leur immense professionnalisme. Mylène est plus réservée au premier abord. Johnny est un artiste extraordinairement talentueux et attachant, les qualificatifs manquent pour décrire tout ce qu’il représente. Ils ont envie que ceux qui participent à leurs spectacles soient rigoureux. AU fil des jours, on crée autre chose qu’une simple relation de professionnel à professionnel… Ils ont en commun la simplicité en coulisses et la générosité envers leur public sur scène. Ils transmettent une énergie incroyable lorsqu’ils sont sous les projecteurs, et en termes de carrières artistiques, ils sont l’exemple à suivre.

Vous travaillez avec Esther Donbong’Na Essienne sur les spectacles Farmer. Est-ce un luxe de n’être que deux « sexy ladies » comme dirait Johnny, sur un spectacle ?
C’est un plaisir en tout cas. On est toujours en duo pour Mylène. En revanche, ce choix est inédit pour cette tournée plus « roots » de Johnny, nous étions habituées à être plusieurs choristes. J’ai une tonne de souvenirs avec Esther ! Il me faudrait des heures… Je me souviens de rires en répétitions sur le Mylenium Tour. Christophe Danchaud nous faisait répéter une gestuelle sur « Innamoramento ». On devait joindre nos mains pendant que Mylène retournait au creux de la main de la statue. Je me suis retournée dans le mauvais sens et je me suis retrouvée face à face avec Esther, mais comme elle est plus grande que moi, j’avais le nez dans sa poitrine. Impossible dès lors de s’arrêter de rire ! Mylène nous regardait l’air de dire…

La comédie musicale Simenon et Joséphine n’aura duré que cinq jours, tout comme Avant que l’ombre… à Bercy n’aura vécu que treize soirées uniques. Existe-t-il un manque quand tant de répétitions se soldent par si peu de concerts ?
En tant que chanteuse, danseuse et chorégraphe, je travaille sur des spectacles dans l’évènementiel avec ce même sentiment d’éphémère. Je m’investis également dans la direction artistique de la société de production que nous avons créée avec mon manager et mari. Notre plaisir est de faire découvrir d’autres artistes talentueux ou de voyager pour créer des concerts uniques pour de prestigieuses soirées privées, comme à Dallas il y a quelques mois. C’est important de ne pas se perdre dans les arcanes du métier. Je crois au pouvoir de l’expérience et je donne autant d’importance à ma vie artistique qu’à ma vie privée… Les jours off, je retrouve avec intensité ma vie de femme, d’épouse et de maman.

Que reste-t-il à vous souhaiter ?
Que la chance soit toujours au rendez-vous, notamment pour l’enregistrement de mon album. Je consacre beaucoup d’énergie à présenter des mélodies et des textes qui tiennent la route, nourris de toutes mes influences, sans limite à ma création. J’espère que mes chansons trouveront leur public.

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REVIEW DU CONCERT TIMELESS 2013 (partie 2)

Posté par francesca7 le 1 mai 2014

 

à partir du 7 septembre 2013, Mylène a brassé large pour la Tournée TIMELESS, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres de  chacun de ses albums et enchaînant les surprises, la suite de sa sélection :

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MONKEY ME

Il aura fallu patienter de nombreux mois pour que « Monkey Me », troisième single extrait du dernier album de Mylène, sorte enfin dans les bacs. Selon les sondages réalisés auprès des fans, ce titre reste l’un de leurs préférés de cet opus mais aussi l’un des plus attendus sur scènes. Joli cadeau donc, que Mylène fait ici à son public. 

Petite particularité  notable ; pas de noir ni de silence absolu entre la fin de « c’est une belle journée » et « Monkey Me », mais un enchaînement musical direct, assuré par quelques mesures de synthétiseur, de charleston puis de guitare saccadée, qui brouillent les pistes pour le spectateur qui se demande alors de quelle chanson il peut bien s’agir ici, avant de découvrir les premières notes de « Monkey Me ». Pour ce titre, Mylène délaisse ses robots et ses danseurs et opte pour une mise en scène sobre aux jeux de lumières rouges et dorées qui permettent une véritable mise à l’honneur de la chanson. Toujours vêtue du même costume, encadrée de ses deux guitaristes et de son bassiste, la chanteuse se place au centre de la scène, face à son micro-pied, ce qui ne l’empêche pas, cependant, de partir à la rencontre de son public.

 

SLIPPING AWAY (CRIER LA VIE) (EN DUO VIRTUEL AVEC MOBY)

 Mylène et Thierry Suc nous avaient promis des surprises pour ce Timeless 2013. Autant dire qu’ils nous ont gâtés. Après les robots, c’st au tour de Moby de faire son apparition sur scène à travers l’écran géant du spectacle pour interpréter, avec Mylène, leur célèbre premier duo « Slipping Away » (Crier la vie). Sorti en septembre 2006, ce single a rencontré un succès de taille auprès du public et restait l’un des grands absents du Tour 2009. 

Alors que les premières notes de la chanson résonnent dans la salle, nous voyons apparaître, sur l’écran, le crâne de Moby, de dos et en très gros plan. Puis c’est en majorité son visage, éternellement impassible, qu’il nous offre durant tout le temps de la chanson à travers des images inédites, sans doute filmées pour l’occasion. Mylène, seule sur scène, éclairée par des jets de lumière blanche faisant écho aux couleurs plutôt froides qui règnent sur l’écran, assure ses couplets avec brio.

Etait-ce la volonté des deux artistes que la chanson soit ainsi présentée sur scène, ou Moby n’a-t-il pu être physiquement aux côtés de Mylène pour d’autres raisons ? Quoiqu’il en soit, outre le plaisir de retrouver enfin ce titre interpréter en live, ce tableau s’inscrit parfaitement dans le scénario de ce Timeless 2013, la présence virtuelle de Moby ajoutant en effet au caractère fantastique du show.

 

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ELLE A DIT / L’AMOUR N’EST RIEN

Encore une fois, Mylène a choisi la sobriété pour l’interprétation de « Elle a dit », titre qui ouvre son dernier album « Monkey Me », pas de chorégraphie, pas d’artifices sur scène, juste un éclairage dans les tons violets et une Mylène debout, au milieu de la scène, face à  son micro-pied. Honneur au texte donc, pour cette chanson qui traite d’homosexualité féminine et de la difficulté à accepter et vivre sa différence dans notre société. Inspirée, a priori, de la bande dessinée de Julie Maroch, « Le bleu est une couleur chaude », il aurait été délicat pour Mylène de passer à côté de ce titre sur scène pour deux raisons : non seulement celui-ci est assez populaire auprès de ses fans, mais il fait également écho au film d’Abdellatif Kechiche, « La vie d’Adèle – Chapitres 1 et 2″, librement inspiré de l’oeuvre de Julie Maroch, et sorti en pleine tournée, le 9 octobre 2013, après s’être fait palmer d’or à Cannes lors de la cérémonie 2013 du célèbre festival.

En Russie cependant, lors des concerts à Moscou (le 1er novembre  2013) et à Saint-Pétersbourg (le 4 novembre 2013), exit « Elle a dit » et bienvenue à « l’amour n’est rien… » Lors du Tour 2009 déjà, la star avait offert cette chanson en remplacement de « A quoi je sers » lors de ses concerts à Saint-Pétersbourg (le 28 juin 2009) et Moscou (le 1er juillet 2009) en raison de sa grande popularité auprès du public russe. Et si, le 27 octobre 2013 à Minsk (en Biélorussie), « l’amour n’est rien… » a également été – comme en Russie – chantée entre « Slipping Away » et « Oui mais..non », « Elle a dit » a bien été interprétée, mais à la place de « Bleu noir » cette fois-ci et sans bras métallique ni nacelle.

Mylène aurait-elle pris goût, en Russie et Biélorussie, à chanter « l’amour n’est rien… » ? Tout porte à le croire puisque ce titre, a, par la suite, définitivement rejoint la setlist des spectacles jusqu’à la fin de la tournée, le 6 décembre, au Palais Nikaïa à Nice. Pour cette chanson, Mylène a de nouveau fait le choix de la simplicité dans la mise en scène : tandis que l’écran géant s’habille de rouge (excepté durant le pont musical où il se retrouve envahi d’une pluie de lumière blanche), plusieurs séries de projecteurs éclairent la scène pendant que la chanteuse s’y promène en interprétant le titre.

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 7

 

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Pour Promouvoir LIBERTINE de Mylène F.

Posté par francesca7 le 6 avril 2014

Promouvoir le support promotionnel

 

Se démarquer de la chanson

    Le vidéo-clip est l’instrument promotionnel d’une chanson qu’il illustre. Cet aspect publicitaire non négligeable du vidéo-clip l’oblige au renouvellement perpétuel. Plus un vidéo-clip est divertissant, surprenant ou particulier, plus il sera diffusé en télévision et augmentera de ce fait la connaissance par le public de la chanson qu’il est chargé de promouvoir. A l’inverse, la popularité d’une chanson due à ses ventes effectives ou à ses fréquents passages radiophoniques peut encourager la programmation télévisée massive du vidéo-clip correspondant. En ce sens les clips de Laurent Boutonnat suivent les deux principes, la chanson et son support audiovisuel s’enrichiront l’un l’autre. La sortie du clip Libertine verra les ventes du disque augmenter sensiblement, tandis que Pourvu qu’elles soient douces deux ans plus tard n’attendra pas le début de la diffusion télévisée du clip pour atteindre le maximum de ses ventes.

Pour Promouvoir LIBERTINE de Mylène F. dans Mylène AU FIL DES MOTS libertine050

 

    Un autre principe vient s’adapter aux clips de Boutonnat et n’est applicable qu’à de très rares autres réalisateurs de clips. Chez Laurent Boutonnat le clip se suffit parfois à lui-même et arrive à « vivre » sans la chanson qui lui est rattachée. A plusieurs reprises, on remarque que chacun des deux supports suit sa propre exploitation, et que la rotation de la chanson en radio s’essouffle au bout de la période habituelle de trois mois de promotion alors que son clip continue fréquemment d’être diffusé, vendu en libertine030 dans Mylène Autrementvidéo-cassettes, et même projeté en salles. Certains clips comme Désenchantée (1991) ont continué d’être diffusés régulièrement à la télévision alors que la période de promotion du disque éponyme était achevée depuis plusieurs années. Alors que la chanson elle-même n’est rediffusée sur les radios qu’à de très rares occasions, le plus souvent dans des émissions thématiques sur la période de sortie, le clip qui lui correspond est encore visible dix ans plus tard sur les chaînes musicales et dans les émissions, et cela sans distinction par rapport à sa date de sortie. On est alors dans ce cas là assez proche des habitudes de diffusion de films de cinéma, pouvant être vus indépendamment de leur période et leur contexte de sortie. 

 

    Plus que de porter à la connaissance du plus large public possible la sortie d’une chanson dans le commerce, le dispositif mis au point par Laurent Boutonnat pour la diffusion de ses clips trouve sa justification dans sa quête de reconnaissance en tant qu’auteur. C’est par une visibilité autre que celle d’un réalisateur de clip traditionnel qu’un cinéaste comme lui pourra se démarquer d’une forme peu propice à la constitution d’une œuvre. Il prend d’ailleurs le plus grand soin à asseoir cette particularité en généralisant dans sa « clipographie » l’usage d’attributs de long-métrages cinématographiques (générique, musiques additionnelles…). En étendant le champ de diffusion de ses clips, Boutonnat sait qu’il étend la visibilité de son cinéma, en même temps qu’il remplit sa mission de promotion de la chanson, car en parvenant à faire diffuser l’un, il fait automatiquement diffuser l’autre.

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La Mise en abyme d’un dispositif promotionnel 

    Le réalisateur va se servir de ce raisonnement logique d’auteur pour se justifier de l’espèce de mégalomanie qui le conduira à promouvoir ses clips en salles de cinéma. Dès Maman à tort (1984) il a pour projet un long clip dont il donne le story-board en avant -première à la presse ; preuve déjà évidente de sa volonté de rendre son travail le plus visible possible. Le clip finalement non tourné, cet effet d’annonce aura pour seul résultat la parution du quotidien Le Matin de Paris qui reproduira les dessins dans ses pages. L’invitation qu’il concevra en 1985 pour inviter la presse aux deux premières du clip Plus Grandir laisse penser à celle d’une séance de cinéma : il loue le cinéma Kinopanorama dans le XVe arrondissement et le Club 70 dans le XVIe le 13 novembre 1985 pour des projections à la presse . A aucun endroit sur les cartons d’invitation n’est précisé qu’un clip va être projeté et non un long ou un court-métrage, et le nom de la chanteuse y est mentionné comme celui de l’actrice principale « Polygram-Polydor-Laurent Boutonnat-Stephan Sperry vous invitent à la projection de Plus Grandir avec Mylène Farmer ».

  

    Ici l’objet de la promotion n’est pas la vente du disque dans le commerce, c’est bel et bien le clip lui-même, voire son réalisateur, ou même indirectement la chanteuse dont il est question ; un tel vecteur de promotion peut hisserlibertine027 facilement l’interprète de la chanson, vedette du clip, au rang de comédienne ponctuelle, lui donnant éventuellement une certaine crédibilité pour prétendre plus tard à des rôles au cinéma. La même stratégie promotionnelle est renouvelée un an plus tard à une échelle plus grande lors de la sortie du clip Libertine en juin 1986. Déjà en vente depuis quelques semaines, la chanson ne se distinguait alors ni par ses ventes ni par sa popularité. Il a fallu une série d’avant-premières au cinéma Mercury des Champs-Élysées à Paris pour qu’un bouche à oreille se crée dans la capitale, puis dans les médias sur ce film d’une forme nouvelle. En l’absence de terminologie pour nommer de nouvel objet « clipesque », certains articles le compareront à une sorte de  » bande-annonce de film » . Le clip sera remis aux chaînes de télévision, qui le présenteront à plusieurs reprises comme une production « venue » du grand écran. L’évènement que constitue la sortie d’un clip au cinéma, pour la première fois doublée du succès commercial de la chanson rattachée, conduit Laurent Boutonnat à être invité au journal télévisé de la mi-journée sur Antenne 2 en août 1986 en tant que réalisateur. Un extrait du film est montré et l’interview par le journaliste Noël Mamère est dirigée sur l’aspect cinématographique du clip et son imagerie  » à la Barry Lyndon  » (Stanley Kubrick – 1975). Restant assez superficiel, l’entrevue ne permet pas d’en savoir plus sur sa réelle réception auprès du monde médiatique et artistique de l’époque. Cependant, le fait de promouvoir son clip lors d’avant-premières en salles de cinéma puis d’interviews télévisées reproduit libertine023le schéma de promotion d’une œuvre cinématographique de long-métrage. Le clip pourtant outil de promotion, se trouve lui aussi au centre d’un dispositif promotionnel le présentant comme une œuvre à part entière. Dans le cas précis de Laurent Boutonnat, ce dispositif mis en place par lui-même fait hisser son clip à la même visibilité artistique que la chanson qu’il comporte : avant que la chanteuse n’interprète la chanson en question sur scène devant son public, son clip est lui aussi « mis en scène » sur sa propre scène de spectacle : le grand écran de cinéma.

 

Une grande exposition télévisuelle 

    A partir de 1987, les productions de Boutonnat restent dans des formats capables d’être projetés dans les cinémas, mais la difficulté de trouver des salles désirant ouvrir libertine013leur écran à un clip de quelques minutes se fait grandissante. De plus, la surprise créée discrètement une première fois en 1985 avec Plus Grandir, puis renouvelée à plus grande échelle avec Libertine n’aurait probablement pas eu un retentissement égal une troisième fois. Tristana (1987) et Sans Contrefaçon (1987) ne bénéficieront pas d’avant-première ni de sortie sur grand écran malgré le même soin technique et esthétique apporté à leur conception cinématographique. En revanche, la première diffusion à la télévision des clips de Laurent Boutonnat se fait désormais à un horaire exceptionnel, correspondant à une forte audience. Sans Contrefaçon passera pour la première fois le soir du réveillon de la nouvelle année 1988 à 20h30 sur la sixième chaîne, transformant pour la première fois ce qui aurait pu être un simple clip en un spectacle de divertissement familial. Fort de cette visibilité télévisuelle nouvelle, Laurent Boutonnat et Polydor, la maison de disque qui l’a signé s’arrangent à chaque nouvelle sortie pour faire diffuser le nouveau clip dans une plage d’émission inhabituelle le mettant en valeur. Désenchantée (1991) passera pour la première fois dans le très regardé journal de 20h00 de TF1, alors que Regrets (1991) et Je t’aime mélancolie (1991) auront chacun la faveur d’une diffusion dans des prime-time de la même chaîne. On remarque à cette occasion que l’évènement annoncé se porte nullement sur la chanson (qui justifie pourtant la diffusion du clip) mais sur le clip lui-même, et son interprète. Les bandes-annonces et lancements des dites émissions parleront du  » nouveau clip de Mylène Farmer «  et non pas de sa nouvelle chanson, pourtant inédite elle-aussi. Cette association qui fait abstraction du réalisateur entre le nom de l’interprète et celui du clip, est fréquente. Pour le public, le clip appartient non pas à celui qui l’a conçu mais à celui qui y apparaît et qui en chante la chanson, comme libertine033s’ils étaient dépendants l’un de l’autre, qu’ils formaient un tout et qu’ils ne pouvaient avoir qu’un unique auteur. On parle toujours du « clip d’un tel » comme quand on évoque « la chanson d’un tel », alors qu’il faut comprendre : le clip illustrant la chanson interprétée par tel artiste. La preuve apparaît à chaque remise de prix lors de Victoires de la musique ou d’Awards à l’étranger. Le vainqueur qui vient recevoir le prix n’est pas le réalisateur du clip mais bel et bien l’interprète de la chanson, sanglotant de remerciements comme si venait d’être récompensée sa performance vocale. En ne parlant que de l’objet promotionnel et non pas du disque, les émissions de variété qui passent en exclusivité les nouvelles productions de Boutonnat mettent l’accent sur le clip présenté et non pas sur la nouvelle chanson qui pourtant est la seule officiellement à promouvoir. C’est d’une part grâce à la diffusion de la chanson que la promotion du morceau de musique est effective, mais aussi par son association à un clip présenté comme un divertissement pour tous et non pas adressé au seul public de la chanteuse. Fait extrêmement rare, ici la chanson appartient au clip, et la promotion du support audiovisuel se répercute une deuxième fois mais de manière indirecte sur le support discographique.

 

La multiplication des supports 

    Postérieurement à la période promotionnelle des chansons, l’intégralité des clips réalisés par Laurent Boutonnat entre 1984 et 1992 sortira sur support vidéo en plusieurs éditions. Régulièrement une vidéo-cassette sort dans le commerce, regroupant les versions intégrales des trois ou quatre derniers clips diffusés. Ainsi 1987 verra la sortie d’une cassette regroupant Maman à tortPlus GrandirLibertine et Tristana. En 1988 sortira une vidéo avec Sans ContrefaçonAinsi soit-jePourvu qu’elles soient douces accompagné de son making-of . En 1990 la vidéo du film En concert sortira libertine000simultanément à la cassette de clips incluant Sans LogiqueA quoi je sersAllan et Plus Grandir Live. Enfin en 1992 la dernière cassette comprendra Désenchantée et son making-of, RegretsJe t’aime mélancolie et Beyond my control. Les sorties de ces quatre cassettes sont à l’époque un fait unique pour un réalisateur de clips. Il faut attendre le milieu des années 90 pour voir un interprète sortir sur support vidéo une compilation des clips de ses chansons, Michael Jackson sera le premier et l’un des seuls à le faire jusqu’en 1999, année où davantage d’artiste feront paraître leurs clips, alors que les noms de réalisateurs divergent d’un clip à l’autre. Par la suite certaines compilations de clips d’auteurs et interprètes différents sortiront sur support DVD . Une cassette vidéo regroupant tous les clips de Laurent Boutonnat pour les chansons interprétées par Farmer sortira en 1998, ainsi qu’un DVD en 2000 avec quasiment le même contenu. Cette chanteuse, qui depuis a travaillé sous la direction d’autres réalisateurs pour ses clips, a sorti des vidéos comprenant ses nouveaux vidéo-clips, mais jamais elle ne les intégra dans une même édition que ceux de Laurent Boutonnat. Ces supports vidéographiques des clips réalisés par Laurent Boutonnat restent ici ceux du réalisateur plus que celibertine038ux de l’interprète, car au delà de l’unité de la période de sortie des clips qui les regroupe, c’est lui seul le point commun de tous ceux compris dans la cassette ou le DVD en question. Lors de la sortie en 1998 de la cassette rassemblant tous ses clips, un autocollant rouge mentionne même :  » Intégralité des clips réalisés par Laurent Boutonnat  » qui le reconnaît bien en tant qu’auteur. Comme soucieux de sans cesse replacer son travail dans un contexte de cinéma plutôt que de télévision, l’accent de la jaquette de la vidéo-cassette est quant à lui porté sur le support cinématographique duquel sont tirés les clips y figurant :  » Afin d’offrir une qualité optimale, tous les clips présentés sur cette cassette ont fait l’objet d’une remasterisation complète : tirages de nouvelles copies films réétalonnées, nouveaux transferts vidéo, bandes sons remixées en stéréo « .

    Bien avant la parution en DVD des anthologies de Chris Cunnigham, Spike Jonze ou Michel Gondry (CollectionThe Work of directors, Editeur Labels, 2003), les recueils de clips d’un même réalisateur laissent percevoir Laurent Boutonnat comme un unique auteur à l’origine d’une œuvre homogène, pouvant être distribuée dans le commerce de la même manière que certains coffrets regroupant les films d’un même cinéaste. Comme la période de promotion des chansons qu’ils sont censés promouvoir est passée, la sortie de ces cassettes, au delà de leur aspect commercial évident, s’explique par la promotion d’un cinéaste attaché à une visibilité certaine et qui, à défaut de pouvoir espérer des rétrospectives ou des cycles dans les « salles de cinéma de répertoire ou de patrimoine », continue de diffuser son œuvre avec le support vidéo dont il est malgré lui coutumier.

 

Jodel Saint-Marc, le 21 mars 2003.

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Mylène Farmer, on fait le Tour

Posté par francesca7 le 13 juin 2013

Mylenium Tour (2000)

Description du live :

Mylène Farmer est de retour sur scène et, une fois de plus, la chanteuse a mis le paquet pour impressionner son public et lui offrir un show hors du commun : décor pharaonique, effets spéciaux, chorégraphies réglées au millimètre près…

 La scène est dissimulée sous une grande toile blanche. Le public est au comble de l’excitation. Soudain, la toile s’éclaire de bleu et Mylènium, morceau instrumental à l’ambiance tribale résonne dans la salle. L’enthousiasme du public frôle l’hystérie lorsque tombe enfin le décor. Trônant au milieu de la scène, une immense statue de 17 m de haut inspirée d’un tableau de Giger (le créateur d’Alien), hybride de Bouddha et de sphinx, monopolise tous les regards…

Soudain, la lumière s’intensifie, de la fumée apparaît et la tête de la statue s’ouvre en deux laissant apparaître l’ombre de Mylène. Lentement, majestueusement, la chanteuse vole, loin au dessus de la scène tandis que la main articulée de la statue s’élève pour recueillir la star. Tout est fluide et époustouflant, les effets de lumière rendant le spectacle impressionnant. Le public n’en croit pas ses yeux.

Mylène Farmer, on fait le Tour dans Mylène et BIOGRAPHIES mimi3-296x300

 

 Puis l’orage éclate et Mylène attaque alors le premier titre L’amour naissant. Elle descend de la main et s’approche du public en dépliant ses bras à chaque refrain. Mylène est belle, le public enthousiaste… Une photo est prise et illustrera la pochette de ce tour.

 La musique de L’âme-stram-gram débute et on voit Mylène accroupie autour d’une dizaine de danseurs. Elle entame alors sa chanson, chorégraphie à l’appui. Tout est merveilleusement bien synchronisé. Puis la star dialogue un peu avec le public et demande ensuite de chanter le refrain avec elle, chose qu’il fera en chœur.

 Dans la salle résonne « It’s beyond my control » puis la musique débute. Mylène demande alors à ses fans de taper dans leurs mains pour l’accompagner. Elle nous offre pour la première fois une version live de ce titre. Mylène est rayonnante.

 Puis la scène se plonge dans le noir. La mélodie de Rêver s’étend dans la salle et la star, seule sur le côté entame sa chanson, la voix nouée. Elle demande ensuite au public de reprendre ce titre. Mylène ne chante plus et écoute, les larmes aux yeux, le public chantant en harmonie son refrain. Il se dégage une telle émotion que Mylène ne peut parler. Elle fredonne quelques mots et remercie le public…

 Puis Mylène nous offre Il n’y a pas d’ailleurs. Seule, debout dans la main de la statue, elle interprète cette chanson pour la première fois en concert. Son interprétation est bouleversante. Entourée de ses deux choristes, elle termine sa chanson, descend de la main et quitte la scène. Puis l’obscurité se fait à nouveau.

 Au milieu de la scène, vue de dos et lumière intense, la chanteuse dont on ne devine que les formes, reprend ensuite un titre quasi inédit de son répertoire : Mylene is calling (face B de « Je t’aime mélancolie« ). « Allo oui c’est moi tu n’es pas là… ». Ce clin d’œil à ses fans est en fait une habile transition au prochain tube de la star…

 Les premières notes d’Optimistique-moi résonnent dans la salle. Tous de noir pailleté vêtus, Mylène et ses danseurs entament une chorégraphie dont la synchronisation et la rapidité ne peuvent que rendre admiratifs les plus sceptiques. Puis la chanteuse demande au public en délire de reprendre le refrain avec elle.

 Un medley de ses premiers succés sont enchaînés à une cadence incroyable. Pour l’occasion, Mylène ressort le « club remix » de Pourvu qu’elles soient douces. Accompagnée de ses danseurs, la chanteuse nous offre une chorégraphie digne des plus grandes. La star chante Maman a tort dont le public aime à reprendre les paroles enfantines, effets pyrotechniques et feux d’artifice à l’appui. Elle enchaîne ensuite Libertine puis Sans contrefaçon puis l’obscurité se fait à nouveau.

myl7ne-1987-05-c-243x300 dans Mylène et mes BLABLAS

 Seule dans le coin droit de la scène, Mylène chante Regrets en solo. Cette interprétation sans Jean-Louis Murat est bouleversante et la salle, conquise, suit des yeux la main de la statue dans laquelle brûle un feu de Bengale rouge et lumineux. Puis la flamme s’éteint et Mylène termine sa chanson, petites larmes aux yeux.

 Quand Désenchantée commence ensuite, l’ensemble de la salle se déchaîne. La version est très techno et les danseurs, attachés au sol, se penchent presque à l’horizontale, de gauche à droite. Entourée de ses deux choristes, la chanteuse nous offre des jeux de main pour chorégraphie et le public, endiablé, saute dans tous les sens. C’est l’euphorie !

 Dans la salle résonne un bruit de porte, puis des pas. Le rire de Mylène s’étend et la musique de Méfie-toi débute. Vêtus de blanc et manteau noir, la star et ses danseurs sortent du corps de la statue. Ils entament alors une chorégraphie et Mylène chante le refrain. Le titre terminé, la chanteuse se débarrasse de son manteau et s’assoie sur les marches.

 Deux doigts dans la bouche, le coup de siffler fait démarrer Dessine-moi un mouton, clin d’œil au Petit Prince de St Exupéry. Une balançoire descend du ciel et la salle est inondée de confettis d’argent… Mylène retrouve son âme d’enfant et les danseurs autour d’elle jouent à saute mouton. Elle en profite pour présenter son petit monde au public. Magnifique !

 Puis la star, entourée de ses deux choristes, nous offre une version acoustique de son tube California. Bien que celle-ci soit magnifique, on regrette une version plus énergique comme dans le tour 96. Puis Mylène quitte la scène et la salle est plongée dans le noir.

 La chanteuse revient en longue robe blanche nous interpréter en version accoustique Pas le temps de vivre, un hommage à son frère. Mylène pleure, les flammes scintillent un peu partout dans la salle. L’émotion est telle que la star ne peut terminer le refrain. C’est le public, en harmonie, qui le finira. La chanteuse demande ensuite à un fan de monter avec elle sur scène. Le chanceux ! L’émotion est à son comble quand celui-ci tombe à ses genoux et que Mylène, les larmes aux yeux, l’aide à se relever. Elle remercie alors le public pour ces moments si intenses…

 Après un court instant d’obscurité, la statue s’éclaire de rouge sang. La chanteuse, vêtue d’une longue robe rouge, revient alors interpréter Je te rends ton amour. Sur la scène, de la fumée apparaît et la star est soulevée vers le ciel. Là, immobile, elle termine son titre… Epoustouflant !

 Suivra ensuite Souviens-toi du jour. Mylène attaque l’intro (« Quand le vent a tout dispersé… »). Le public tape dans ses mains pour accompagner la chanteuse. Chorégraphie à l’appui, elle nous offre une version live magnifique de ce titre. Elle demande alors au public de reprendre le refrain deux fois avec elle avant de quitter la scène.

 Des notes de piano, se font entendre et la chanteuse vient interpréter un second titre inédit magnifique : Dernier sourire (face B de « Sans logique« ). Son interprétation est bouleversante. La voix nouée, et très émue, elle chante ce titre mélancolique, accompagnée par le public. Le 2e couplet terminé, on entend dans la salle un fan hurler « Mylène on t’aime ! ». La star répondra alors « Moi aussi ! ». Le public frôle l’hystérie. Cette chanson est très riche en émotions. Elle remercie le public.

 Puis Innamoramento débute. Mylène chante merveilleusement bien ce titre éponyme de son dernier album. Les sonorités aiguës de ce titre rendent son interprétation magnifique. La star, ne voulant pas quitter la scène, demande au public de reprendre 4 fois le refrain avec elle avant de disparaître dans la main de la statue. Mylènium résonne à nouveau dans la salle. Puis le rideau tombe : C’est la fin ! Deux heures viennent de s’écouler à une vitesse foudroyante. Personne n’en revient !

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Des chants inédits de Mylène pour Good sex Valdes

Posté par francesca7 le 7 juin 2013


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Des chants inédits de Mylène pour Good sex Valdes dans Mylène AU FIL DES MOTS mylene-good-sex

I WANT YOUR WIFE de  GOOD SEX VALDES

Que les admirateurs de Mylène ne cherchent pas ce titre dans la discographie de la chanteuse. En effet, I Want Your Wife est un titre interprété par le duo français, mais anglophone, Good Sex Valdès. Le lien avec Mylène ? Le groupe est produit par la société de Mylène et de Laurent Boutonnat, Requiem Publishing. Autre particularité, on peut entendre la voix de Mylène sur le titre le temps de quelques soupirs ; du moins cette voix ressemble-t-elle parfaitement à la sienne… La prudence est cependant de mise ici, car Mylène et/ou son entourage n’ont jamais confirmé cette participation. A noter qu’il existe différentes versions de ce I Want Your Wife, disponibles sur CD ou vinyle : Single Version, Radio Edit, Sextended Mix, Ex Hushand Club Remix, Azzido da Bass Remix, Goody Sexy Mix et S.Boumati & H.Annello Club Remix. Dernière information concernant ce titre : le clip est produit par Requiem Publishing, dont le producteur exécutif n’est autre que Benoît Di Sabatino (réalisateur du clip C’est une belle journée).

Video musique Image de prévisualisation YouTube

 

Et YOU de GOOD SEX VALDES

Après I Want Your Wife, le groupe Good Sex Valdès continue sur sa lance, toujours avec l’aide financière de Mylène Farmer, avec le titre You. Alors que pour I Want Your Wife on ne peut que supputer que la chanteuse assure les chœurs sous la forme de soupirs, ici il semble bien que ce soit elle qui chante quelques phrases en français. Des paroles assez sulfureuses, que Mylène interprète en prenant un accent anglais : « Annabelle / Je m’appelle / Glisse dans moi / Comme ça / Je m’appelle / Dans mon fesse / Valdès ». Plus tard, elle susurre les mêmes paroles quasiment a cappella. L’accent anglais se trouve justifié par la faute de genre sur le mot « fesse »… Qui a dit que Mylène n’avait pas d’humour ? Une véritable pièce de collection, car à notre connaissance, cette chanson (qui bénéficie de remixes) ne sera jamais éditée pour le commerce.

En effet, nous n’avons trouvé que la trace du CD et d’un vinyle promo…

Notons également que le petit bonhomme qui illustre les différents supports est créé à partir d’un dessin de Mylène.

 

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 149/220

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L’histoire d’une Fée c’est…

Posté par francesca7 le 1 juin 2013


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L’histoire d’une Fée c’est… dans Mylène AU FIL DES MOTS histoire-dune-fee l’histoire d’une fée c’est… est une chanson un peu à part dans le répertoire de Mylène. En effet, il s’agit d’une chanson de commande pour la bande originale du film d’animation Les Razmoket (en anglais The Rugrats) est, à l’origine, une série de dessins animés apparue en 1991 (170 épisodes de 25’). Le succès immense de la série auprès du jeune public incitera la Paramount à produire un premier long-métrage pour le cinéma (Les Razmoket, le film, de Norton Virgien et Igor Kovalyov, 1998), puis un deuxième (Les Razmoket à Paris, de Stig Bergqvist et Paul Demeyer).

Sorti en salle sen France le 7 février 2001, le film connaît un beau succès, et les admirateurs de Mylène découvrent dans la bande originale un inédit de leur chanteuse favorite, L’histoire d’une fée, c’est… Cette B.O est éditée par Maverick, la société de production de Madonna, et la petite histoire affirme que c’est la chanteuse américaine qui aurait voulu que Mylène chante sur la B.O. Néanmoins, aucune confirmation officielle ne viendra certifier cette rumeur, et l’on peut penser qu’il s’agit du « fantasme » de quelques fans… Quoi qu’il en soit, cette BO est d’une grande qualité, avec quatorze titres, notamment de Sinéad O’Connor (When you love et I want a mom that will last forever), Geri Halliwell (une reprise de The boots are made for Walkin) des 2Be3 (Excuse my french), et bien sûr Mylène Farmer. C’est une grande première pour notre chanteuse, qui écrit ici un titre destiné spécialement à un film d’animation sur une musique de Laurent Boutonnat.

Mais, commande ou pas, Mylène reste Mylène, et le titre de la chanson nous offre un de ses jeux de mots les plus amusants, L’histoire d’une fée c’est… (L’histoire d’une fessée). Plutôt bien vu pour illustrer les frasques des garnements !

La chanson raconte l’histoire de la fée Mélusine, incarnée ici par Mylène : « Faire un souhait pour de vrai / Et puis croire au mystère / C’est un style, c’est facile / Quand on est Mélusine ». Fée malicieuse et coquine qui demande « Attrapes-moi / Mais pas le bout des ailes / Une fée c’est fragile parfois / Avant que minuit ne vienne / Attrapez-moi ». Mylène, là encore, ne déroge pas à son univers (même lorsqu’il s’agit d’un dessin animé) et ne peut s’empêcher d’inclure dans son titre quelques pensées très personnelles : « Quand ma peine est immense / Je change l’or en toc / Trois p’tits tours de passe-passe / Moi j’en i des stocks… / Si ma baguette casse / Que le grand crick me croque ».

Qui dit Mylène dit forcément « peine immense »… Le titre est très sympathique et permet d’entendre une Mylène amusée, dynamique et délicieusement malicieuse. A peine 20 secondes du titre seront utilisées pour le film, et Mylène ne le chantera jamais à la télévision.

 

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 143/220

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Pas le temps de vivre pour Mylène F.

Posté par francesca7 le 17 avril 2013

 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Mylène Farmer

Pas le temps de vivre pour Mylène F. dans Mylène et SYMBOLISME temps-de-vivre

Cette sublime chanson de la main de Mylène (paroles + musique) est le troisième titre de l’album « Innamoramento » sorti en 1999. Elle a été écrite en hommage à son frère Jean Loup, décédé dans un accident de voiture en 1996. Depuis qu’elle a perdu son frère, Mylène ne retrouve plus son équilibre et est totalement perdue dans ce monde… 

Le titre de la chanson, reprise des mots du refrain, ressemble à un euphémisme, une façon détournée de dire la douleur de vivre, sorte de transcription en langage poétique de l’existentiel : « pas (plus ?) envie de vivre ». La négation porte en elle le non-sens de la vie. Le temps de l’existence est miné.

Le texte s’ouvre (de façon cohérente avec le titre) sur le thème du temps qui passe, du temps que l’on vit, immensément long, comme le suggère le pluriel de répétition « il est des heures ». L’emploi du verbe « être » au lieu du présentatif avec le verbe « avoir » (« il y a ») résonne de façon existentielle. « Il est des heures », c’est aussi dire qu’il y a des moments sombres, des passades de chagrin. Le mot « ombres » est connoté de façon nocturne mais ce que dit surtout ce premier vers, c’est la crispation de la douleur. Car les « ombres » ont aussi le sens d’illusions. La jeune femme est rendue parfois à la raide réalité de la souffrance. Le sous-entendu contenu dans le verbe « se dissiper » est qu’elle détourne d’elle le plus souvent le chagrin dur et cru. La forme impersonnelle du verbe « se dissiper » montre que le processus se fait tout seul, à l’insu du sujet. Dans l’expression « la douleur se fige », on sent l’influence de Baudelaire et l’expression du spleen dans Les Fleurs du Mal : « un cœur qui se fige ».

Le deuxième vers de cette première strophe (qui est un quintil) joue sur un effet de surprise lexicale, effet réitéré à la même place dans le deuxième quintil. En effet, l’auteur utilise un néologisme en donnant une forme verbale (pronominale) à un adjectif : « invincible » (qui ne peut être vaincu) devient « s’invincibler », découverte verbale inédite.

Ce deuxième vers est une reprise anaphorique du premier (« Il est des heures où ») et l’effet en est nostalgique et rêveur. L’auteur médite sur ce qui se passe en elle, dans les moments où le chagrin l’assaille. Le champ lexical de la raideur, de la dureté, de l’âpreté qui était dans le verbe « se fige » se retrouve dans le néologisme « s’invincible ». Quand la douleur arrive, les sensations semblent être faites de crispation et de soumission : « s’invincible », « s’incline ».

La métaphore morbide « la lèpre » et les pronominaux accentuent l’idée de résignation à la douleur. Le troisième vers commence par un « mais », comme le troisième vers de la strophe suivante, avec un parallélisme de construction qui participa à la cohérence d’un texte pourtant décousu ou plutôt qui mime le flux mental de la conscience avec ses oppositions plus affectives que logiques. « Mais si » : on est d’ailleurs dans le mode hypothétique, celui des regrets, des remords, le futur vu d’autrefois, inimaginable, irréversible aussi. « Si j’avais pu … », irréel du passé, en latin.

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L’expression « je serai qui tu hantes » est d’une grande beauté et elle a justement quelque chose à voir avec le latin dans son sens du raccourci. « Je serai celle que tu hantes » serait plus français, plus explicatif. Ce « qui », pronom relatif sujet sans antécédent est très latin (c’est celui qu’on trouve dans les proverbes du genre « qui aime bien châtie bien »), il est efficace, bizarre et ambigu. « Je serai qui tu hantes » fait penser au « Horla », au thème du dédoublement et de la présence invisible qui est là : on comprend par cette formule ramassée et pudique tout l’enfer de l’obsession liée au chagrin et au deuil. Dominent dans cette fin de strophe, les mots « incertitude » et « solitude » à la rime franche et riche en contraste avec les seules assonances de « fige » et « incline » ou plus loin de « s’effacent » et « monacale ».

Le deuxième quintil par un effet de répétition reprend la complainte sur les heures de cafard. Cette anaphore donne une allure de refrain à ce qui est un désespoir vécu. L’auteur introduit le thème de la musique par un biais léger et poétique, une mise en abyme : « Les notes se détachent ». Mylène Farmer est la chanteuse et la musicienne. Cette allusion aux notes de la chanson contribue à créer un pacte autobiographique même si l’histoire réelle n’est pas dite mais seulement suggérée, universalisée. D’ailleurs, c’est le mot « être » qui va servir de nouveau à désigner celle qui souffre : « l’être se monacale » faisant écho à « l’être s’invincible » avec le même souci du néologisme et de la création verbale pour dire l’inexprimable. La carapace, la prison ou le couvent sont des leitmotiv dans les deux cas.


Le refrain se caractérise par l’intrusion du « je » et du « tu ». Il dessine un dialogue plus personnel que la méditation antérieure sur la souffrance des heures de manque. L’auteur en appelle à l’impératif à celui auquel elle pense : apostrophe amoureuse « aime moi », quasi érotique « entre en moi » même si l’on comprend le niveau métaphorique de l’expression. « Dis moi », « Dis moi » deux fois sont un appel, émouvant à un dialogue, pourtant fictif. D’ailleurs le côté impossible et surréaliste de cet échange verbal au-delà de la mort est rendu dans le registre de « l’ivresse » et de la « nuit » folle : fête carnavalesque vers la mort (« la nuit se déguise »).L’atmosphère de cette deuxième strophe tourne autour de la nuit et de ses fantasmes avec les mots « lune », « nuit », « paupières », « erre » .Les sonorités sont étudiées et créent des rimes internes comme le groupe « erre » et « lumière », ou « paupières ». La métaphore filée évoque une femme devenue somnambule. La mort rôde sous la forme d’une « lumière que le vent a éteinte » .On remarquera les pluriels possessifs « mes nuits », « mes peurs » qui disent explicitement l’angoisse ainsi que l’adverbe de temps « une à une », où s’exprime la lenteur, la longueur de la souffrance. Il y a un effet de chute dans le dernier vers de cette strophe ; effet voulu puisqu’il est repris à la fin de la chanson « mes peurs de n’être plus qu’une ». Le sous-entendu est qu’elle était à deux, autrefois, le thème est celui de la douleur, de la solitude.

Les derniers vers retrouvent l’accent mélancolique de la chanson de Jacques Prévert chantée par Yves Montant avec le thème de la mer qui efface les traces des pas des amants sur la plage. Mais Mylène Farmer décline ce thème de façon féminine : c’est elle la mer (« je suis comme la mer »), ce qui donne une dimension métaphysique infinie à son sentiment de regret, de remords « n’avoir pas su » répond à « si j’avais pu » de façon irréversible et tragique. « Tes pas » c’est aussi le titre d’un poème fort connu de Paul Valéry qui a rapport avec la mer puisqu’il appartient au recueil « Le cimetière marin ».

La dernière strophe exprime derechef l’impression d’une vie impuissante et brisée. La métaphore du « marbre sans veine » est originale. Associée au terme « pensées », elle évoque le cerveau comme matière morte, sans les surprises que l’on trouve normalement dans la pierre ou dans le bois et qui correspondraient aux veines et aux neurones. Un cerveau sans les marques de ses lobes et de ses connexions.

chanson

La métaphore suivante est moins originale mais très touchante quand même ; elle rappelle les paroles de la chanson de Brel « Ne me quitte pas » : « laisse-moi devenir l’ombre de ta main … l’ombre de ton ombre… l’ombre de ton chien ». L’intertextualité est évidente et voulue, vue la notoriété de cette chanson. Mais avec le mot « ombre », Mylène Farmer accède à un registre mystique et occulte qui lui est personnel. « Ombre » nous fait accéder au royaume des morts et fait écho au mot « clef » chargé de mystère ou au mot « astre » qui évoque à la fois l’infini de l’espace et la possible connivence du ciel avec nos caractèrespersonnels.

Les derniers vers ont une connotation pathétique avec l’expression de la peur et le désir d’une main secourable : « ta main ». L’apostrophe au frère absent revient douloureusement dans le refrain et à l’écoute de cette chanson, on ne peut qu’être touché par les sonorités aiguës car l’assonance en « i » est récurrente et permet à la chanteuse de monter dans la gamme avec une voix féminine et des sons très ténus.

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Dessine-moi un mouton Mylène

Posté par francesca7 le 6 avril 2013

Analyse de « Dessine-moi un mouton »

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

Dessine-moi un mouton Mylène dans Mylène et SYMBOLISME mouton

Au niveau des paroles, « Dessine-moi un mouton » aurait mérité d’être un hymne mylénien, juste à la suite de « Désenchantée ». Bien que la musique ne manque pas de charme et de mélodie, elle n’atteint pas, en puissance et en tension, le brillant refrain du tube des tubes. Le motif principal, obsédant, revient tout de même seize fois et tourne, pour certaines oreilles, au bourrage de crâne. Ça ne m’empêchera pas de défendre cette ouvre qui, si elle paraît assez claire à la première écoute, s’inscrit dans une réflexion qui nous concerne tous, du plus petit au plus grand.

La progression de la pensée mylénienne est visible de couplets en couplets, chaque étape marquée par l’exclamation « quelle solitude ». (notons, au passage, la beauté de la voix de Mylène, semblant mourir sur des mots aussi significatifs que « solitude » ou « rien »). D’abord, l’artiste se plaint de son ignorance face à l’au-delà, puis de sa petitesse face à l’univers. Ces deux sentiments sont soulignés par la musique, à la fois dédramatisée par les synthés, rythmée par les guitares électriques sur la base solide du piano, ce qui donne un cadre assez simple pour que le timbre doux de la voix ne soit pas perdue dans une masse de notes.

Les questions posées rejoignent la base de la philosophie : où serais-je ? Serais-je plus qu’un grain de poussière dans l’univers (cf. « A quoi je sers ») ? Mylène cherche des réponses dans « le petit Prince » de Saint-Exupéry, référence avouée explicitement : « ignorer ce que les yeux ne peuvent pas voir » renvoie à la célèbre phrase « l’essentiel est invisible pour les yeux ». Ce qu’est la vie, nos cinq sens humains sont incapables de le traduire sous une forme intelligible. Nous sommes comme aveugles… ou aveuglés. Nous y reviendrons.

Le « monde adulte » n’a rien d’attirant. Il est « isolé », référence aux excès de l’individualisme, et « abrupt », une dureté renforcée par l’allitération en « r » : abrupt, broie, noir. Quitte à être ignorante, Mylène préfère rester enfant. Remarquons quand même qu’elle se place dans le monde adulte (« et là je broie du noir »), la petite fille a fini par grandir et à assumer sa féminité, mais elle se sent seule.

En fait, toute la chanson est basée sur la double opposition enfant/adulte (thème redondant chez Mylène) et imagination/raison (thème plus inédit !). Les adultes bien éduqués vont utiliser pour aborder le monde leur raison, apprise par coeur à l’école, avec sa méthode mathématique. Mais de quoi cette raison est-elle capable ? Simplement de nous écraser en nous faisant prendre conscience de l’infinité de l’univers (univers qui n’est qu’immense que lorsqu’on le parle avec le langage des mètres et des équations !). Voilà pourquoi Mylène souffre. A partir du moment où la raison gouverne le monde adulte, Mylène a recours à une arme redoutable (cf. « Méfie-toi ») : l’imagination. C’est-à-dire les yeux, non du corps, mais de l’esprit. Et seul l’esprit permet de voir l’essentiel de la vie, d’échapper à l’abrupte logique adulte.

L’imagination va combler le « vide du ciel » : par la religion. C’est une référence au christianisme : on doit être comme des enfants pour ouvrir son coeur à un Dieu incompréhensible à la raison. Et l’imagination permet de rendre le monde moins « triste » : par l’amour. Le voilà, l’essentiel de la vie. La raison ne peut que détruire les rêves, elle est négative. L’imagination, au contraire, est une force créatrice, positive. La raison est limitée puisqu’elle est incapable de se représenter ce qu’il y a après la mort, elle ne cause donc que souffrance, ce qui était fait à l’origine pour grandir l’homme le soumet : c’est « absurde ». En réalité, la vraie, et peut-être la seule, puissance de l’homme est le feu de son imagination. Pour en voir une bonne illustration, je vous conseille d’aller voir « Histoire sans fin ». Bon, au niveau des effets, ce n’est pas Matrix, mais vous y trouverez la même opposition entre un découragement destructeur (le Néant) et les rêves d’un enfant qui va sauver le monde. Le cogito (« je pense donc je suis ») de Descartes est dépassé. La conscience de l’homme ne lui permet pas d’être plus qu’un « point minuscule ». Mais, avec l’esprit (la recherche scientifique, la persévérance, l’imagination), l’infinité mathématique de l’univers est envoyée dans les cordes ! Qu’est-ce qu’un millier d’années ou de kilomètres face à l’amour que je porte à mon prochain ou à l’espoir en un Dieu qui nous ouvre les portes de l’éternité ?!

L’imagination est incarnée par le mouton. C’est le double symbole de l’enfant (mignon, pur, qui ne pense pas à mal, sans souci) et de la chose insignifiante, banale sur laquelle Mylène, comme Saint-Exupéry, va baser son message. En réalité, ce n’est pas le mouton en soi qui est important, ç’aurait aussi bien pu être un lapin blanc, mais le fait de le dessiner. Dessiner, c’est le geste enfantin par excellence (par opposition avec écrire, qu’on apprend à l’école) mais aussi le geste primordial de la création spontanée, libre. C’est la troisième opposition, une vraie trinité : spontanéité et éducation. Voilà ce qui nous aveugle, nous empêche de voir l’essentiel : les préjugés de l’éducation qu’on nous a inculqués. L’esprit, débarrassé de la raison inhibitrice et de l’éducation bornée (idée peut-être empruntée à Erasme), est libre de se battre contre la dureté de la vie. Lui seul peut créer l’espoir indispensable à la vie. Le mouton est fort parce qu’on prend plaisir à le dessiner : c’est un acte d’amour (cf. la rose dans « le petit Prince »). Les adultes feraient mieux de dessiner des moutons plutôt que de continuer à se taper la tête contre des murs qui n’existent pas.

mouton-my dans Mylène et SYMBOLISMELes couplets suivants matérialisent cette lutte entre forces négatives et positives : dépression et espérance. Mylène semble être terrassée par la réalité de la vie : « déconfiture ». Mais l’emploi même de ce terme enfantin est une victoire, puisqu’il relativise le drame, provoque le rire qui va lui permettre de reprendre le combat. La vie a beau être un « bien majuscule », c’est-à-dire ce bien auquel s’attachent tous les hommes, elle n’est « utile » qu’ »au chagrin » puisqu’on finira par la perdre (« la morsure du temps »). Il ne faut pas déprimer : si l’on est capable de se réjouir de cette banalité qu’est un mouton, alors la mort ne viendra pas nous ennuyer. Peter Pan n’aurait pas fait mieux. L’aveuglement, c’est de souffrir pour des détails matériels sans importance alors que l’essentiel vient du cour.

L’injonction de Mylène, « dessine-moi un mouton », montre que chacun peut faire ce qu’elle tente de faire. Par cette ouvre, la chanteuse montre qu’elle a su dépasser le stade de « Plus grandir ». Elle est adulte, mais, au fond d’elle-même, elle a su garder une parcelle de son enfance : un grain de sable, un mouton qui égaiera sa vie. Ce n’est pas le secret de l’immortalité, c’est le secret du bonheur.

 

Source : http://www.sans-logique.com/mylene-farmer/analyses/analyse.php?chanson=dessine-moi-un-mouton

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Sites Officiels de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 22 mars 2013

 Sites Officiels de Mylène Farmer dans Mylène et BIOGRAPHIES mylene1-221x300

Bercy 2006

www.mylenefarmerbercy2006.com 

Date d’ouverture : 17 décembre 2004 - Fermé 
Ce site fut le premier site officiel ouvert par le staff de Mylène Farmer. Mis en ligne lors de la mise en vente des places pour les concerts « Avant que l’ombre… à Bercy » en 2006, on pouvait y acheter en ligne des packages contenant des places de concert, des nuits d’hôtel et des billets de train. Ce site est le seul des mini-sites officiels qui n’existe plus aujourd’hui. 

L’amour n’est rien…

http://www.lamournestrien.com 

Date d’ouverture : 28 mars 2006 - Fermé 
Mis en ligne le lendemain de la sortie du single dans le commerce, ce deuxième mini-site permettait de voir en ligne le clip de « L’amour n’est rien.. ». Le site est un succès puisqu’en quelques jours, on dénombre plus de 400.000 visionnages, et quelques semaines plus tard, plus de 600.000. Il faut dire que les publicités diffusées à la télévision pour promouvoir le single mettaient clairement en avant l’URL du site. 

Lonely Lisa

http://www.lonely-lisa.com 

Date d’ouverture : 15 septembre 2008 
Ce site n’est pas consacré à la promotion du travail de Mylène Farmer. D’ailleurs, son nom n’apparait nulle part. Il s’agit d’un projet de « site communautaire de l’ennui » sur lequel elle propose aux visiteurs de publier leurs créations de toutes sortes (musique, textes, dessins…). Le site ouvre le 15 septembre 2008. Avant cela, on pouvait voir sur le site un compte à rebours menant à la date d’ouverture. Quasiment dès sa mise en ligne, le site compte plus de 5.000 inscrits, mais malheureusement la fréquentation décline rapidement. L’intérêt est relancé après le « Tour 2009″ de la chanteuse, lorsque le site propose une nouvelle version, le 03 novembre 2009.. Aujourd’hui, le site compte près de 8.000 inscrits. 

Point de suture

http://www.pointdesuture-lesite.com 

Date d’ouverture : 17 avril 2009 - Date de fermeture : décembre 2011 
Huit mois après la sortie de l’album « Point de suture », Universal met en ligne, en accord avec Mylène Farmer, un site destiné à assurer sa promotion sur le Net. Outre trois designs différents (aux couleurs du « Farmer Project » ou de la poupée du livret de l’album), ce site nous propose un « widget » permettant de visionner les quatre clips extraits de l’album (et pouvant être partagés sur la toile, notamment sur l’incontournable Facebook). Le site propose également un rappel de la tracklist de l’album et des dates de la tournée, et une rubrique Photos, qui est en réalité une galerie de captures du « Farmer Project »

Tour 2009

http://www.mylenefarmer-tour2009.com 

Date d’ouverture : 30 avril 2009 
Quelques jours avant le lancement du « Tour 2009″, ce nouveau site officiel est mis en ligne. Il propose une vidéo teaser signée Alain Escalle. Cette vidéo annonce la mise en ligne d’images du spectacle dès le lendemain de la première, et laisse à voir l’oeil de Mylène qui s’ouvre et se referme. Comme on le découvrira quelques jours plus tard, ces images sont celles qui introduisent le spectacle. Vous noterez que sur la vidéo ‘teaser’ que nous vous proposons de télécharger ci-dessous, les inscriptions indiquant la mise en ligne d’images du spectacle ne sont pas présentes, vous ne pourrez voir qu’un écran noir entre les apparitions de l’oeil de Mylène. Ce n’est donc pas la vidéo telle qu’elle apparaissait alors sur le site. Le 03 mai à 15h, des extraits du spectacle (« Dégénération »« Rêver » et « Libertine ») sont donc visibles. La vidéo est aujourd’hui toujours en ligne sur le site et totalise, un an après, près de 250.000 visionnages. 
Télécharger la vidéo ‘teaser’ (1’35) 
Télécharger la vidéo ‘premiers extraits du spectacle’ (2’25) 
Télécharger la vidéo ‘teaser’ republiée sur le site d’Escalle en 2010 (2’11) 

Stade de France

http://www.mylenefarmer-stadedefrance.com 

Date d’ouverture : 08 mars 2010 
Près d’un mois avant la sortie très attendue des supports du film « Mylène Farmer – Stade de France », ce nouveau site est mis en ligne. Et le moins que l’on puisse dire est que de nombreuses réjouissances seront proposées au public durant les quelques semaines entre l’ouverture du site et la sortie des supports, le 12 avril ! Au moment de son ouverture, le site propose déjà de quoi faire saliver les fans : un décompte des jours menant à la date de sortie, six photos inédites du spectacle (signées Robin), et, deux vidéos : le teaser du film « Stade de France », qui figurait déjà sur certains supports de l’album « N°5 on tour » sorti en décembre 2009, et « Avant la lumière », une nouvelle vidéo montrant l’ambiance dans le stade avant le début du spectacle, notamment pendant la diffusion du remix de « Sextonik ». Mais la raison d’être de ce site n’est pas uniquement d’accroître l’impatience des fans, c’est aussi par son biais que sont présentés et proposés en précommande les supports DVD, Blu-Ray et Collector du film, à partir du 11 mars. De petites vidéos de présentation de ces supports sont d’ailleurs proposées, et pour l’anecdote, certains fans réussirent à les récupérer avant la date prévue en fouillant dans le code XML du site ! En outre, ce site a également servi à la mise en vente des places de cinéma pour la diffusion du film en avant-première dans 19 cinémas de France. 
Par la suite, le staff s’amuse à jouer avec les nerfs des fans, en distillant au compte-goutte, tous les lundis et jeudis, divers extraits du film et de ses bonus : un extrait de« Libertine » de près de 1’30 (le 18 mars), un extrait des bonus concernant les costumes, avec interview de Jean-Paul Gaultier (le 22 mars), un extrait de « Rêver » de près de 1’45 (le 25 mars), et le clip live de « Paradis inanimé », une semaine et demie avant sa diffusion TV, en totale exclusivité (le 29 mars). 

Télécharger la vidéo teaser « Stade de France » (2’40) 
Télécharger la vidéo « Avant la lumière » (1’56) 
Télécharger la vidéo présentant le coffret collector (0’52) 
Télécharger la vidéo présentant les livres-disques (0’31) 
Télécharger l’extrait de « Libertine » (1’38) 
Télécharger l’extrait du bonus consacré aux costumes, « Ecorchée vive » (2’33) 
Télécharger l’extrait de « Rêver » (1’46) 
Télécharger le clip live de « Paradis inanimé » (4’43) 
Télécharger le teaser J-3 (0’08) 
Télécharger le teaser J-2 (0’08) 
Télécharger le teaser J-1 (0’08) 

Bleu Noir

http://www.mylenefarmer-bleunoir.com 

Date d’ouverture : 04 novembre 2010 - Date de fermeture : 22 décembre 2011 
Télécharger la vidéo teaser du clip « Oui mais… non » (0’17) 

Je te dis tout

http://www.jetedistout.com 

Date d’ouverture : 28 janvier 2013 

 

 

 

 

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Symbolisme de Beyond my Control

Posté par francesca7 le 8 mars 2013

BEYOND MY CONTROL

Analyse de « Beyond my control »

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

La conception du clip par Laurent Boutonnat 

Symbolisme de Beyond my Control dans Mylène et SYMBOLISME myleBien loin des structures habituelles qui régissent le clip, ceux dont nous parlons ici pourraient résulter d’un mélange inédit entre plusieurs formes filmiques, plus ou moins éloignées les unes des autres : Le film musical, le film de divertissement, le film expérimental, le film publicitaire, le film muet. Laurent Boutonnat, comme écartelé entre deux pôles opposés du cinéma (le pôle du divertissement et celui du cinéma expérimental) choisi deux axes d’approche pour ses clips. On peut aisément se rendre compte que les deux conceptions du vidéo-clip par ce réalisateur se départagent selon la durée de chacune de ses productions. Sur les vingt-cinq clips que Laurent Boutonnat a tournés, six d’entre eux durent plus de sept minutes, comportent des musiques additionnelles, sont encadrés par un générique de début puis de fin, et contiennent parfois des dialogues. La durée de la majorité des autres clips restent approximativement autour de celle de la chanson qu’ils illustrent et explorent une imagerie plutôt qu’un récit à proprement dit.

Quoiqu’on en dise, cette chanson reste un zénith du duo Farmer-Boutonnat. 
Il y a dans la musique d’hier et d’aujourd’hui quelques œuvres, quelques chansons où l’on sent qu’on est enfin arrivé au bout d’un chemin, qu’un sommet a été atteint au-delà duquel il est presque impossible d’aller, qu’un artiste a accompli sa mission d’artiste. 

Dans « Beyond my control », il y a un peu de l’excitation du volet final d’une grande trilogie, de la fièvre de l’ultime duel avec son plus puissant adversaire, du goût du dernier chamallow du dernier paquet, et tout cela sans les battages publicitaires et les opérations de merchandising et de bandes-annonces qui polluent de beaux morceaux de l’art.

Ici, Mylène a atteint la dernière étape de son voyage au pays de la souffrance. Là où règnent sang, feu et larmes. Un monde où l’amour est dans les chaînes de la mort, où il y est perverti et recomposé pour devenir un serviteur de la destruction. C’est aussi une impasse, et une prise de conscience qu’un autre chemin doit être emprunté. 

« Beyond my control » est l’histoire de la défaite totale d’une liaison amoureuse. Mais c’est surtout un choix de Mylène de ne pas se voiler la face devant le mal, de le ressentir jusqu’au bout, en vue d’une rédemption ultérieure. Démonstration. 

La violence est immédiatement introduite avec la phrase abrupte, « it’s beyond my control ». Puis, sans la moindre transition, on enchaîne avec une mélodie de ballade, comme si Mylène fredonnait en toute simplicité. Mais la répétition du même dessin musical va se révéler être un élément de la création d’un climat de folie. Puis, dans le refrain, la longue plainte du synthé va se conjuguer aux sonneries de cuivres, à la flûte et aux guitares nerveuses pour créer une atmosphère de noire passion.

beyond2 dans Mylène et SYMBOLISMELa voix de Mylène distille ce qu’il faut de fièvre et de fragilité, mais conserve encore dans la folie un timbre « noble ». Jamais Mylène n’a crié sur ses fans, facilité à laquelle les trois quarts des chanteuses modernes cèdent. Elle n’essaye même pas de gonfler sa voix, préférant souffler au creux de notre oreille tant les secrets qu’elle nous révèle sont intimes et brûlants.
Le texte, s’il n’est pas, au niveau de la poésie, le plus brillant que Mylène ait écrit, ne manque pourtant pas d’atouts pour être à la hauteur de la musique. 

Il raconte donc la tragédie d’une sorte de Médée moderne, trompée par son amant, et le tuant dans un accès de folie. Mais Mylène choisit de prendre l’instant suivant immédiatement le carnage, juste cet instant où les dernières ombres du délire se confondent aux affres de la lucidité et de l’angoisse. Ce moment crucial où l’on prend conscience que le sang répandu partout macule aussi ses propres mains, et que ce n’est pas l’autre qui l’a fait couler, mais bien soi-même. 

La prise de conscience se fait en fait en deux temps. Mylène, au début du couplet, n’a pas encore compris que son geste était le type même du geste irréversible. Elle parle encore au cadavre de l’homme, peut-être encore chaud sous ses mains, elle tente de le « rassurer » (mais qui veut-elle rassurer, sinon elle-même ?), qu’elle va « soigner ses blessures ». Elle essaye de se convaincre qu’elle peut encore revenir en arrière, qu’il n’est pas trop tard pour réparer le mal qu’elle a causé, que la vie (et sa relation avec l’homme) ne s’arrête pas là. 

Vaine tentative. On peut déjà comprendre pourquoi, dans le clip, on voit Mylène passer par toutes sortes de torture, pourquoi ce n’est pas du sado-maso-cuir gratuit : parce que c’est l’expression de sa souffrance intérieure, la brûlure du remord.
Au fur et à mesure qu’elle se rend compte de l’absence de portes de sortie à cette situation, la voix de la chanteuse trahit de plus en plus d’affolement, un trouble grandissant, jusqu’au moment où éclate le refrain. 

« Tu n’as plus vraiment le choix ». L’absence de choix est criante, quel que soit l’aspect du récit que l’on prenne. La mort est vraiment la barrière qui sépare toute chose. 
Mylène rêve encore d’une improbable « aube », quand l’homme va se réveiller, comme chaque matin, lui faire l’amour pour se faire pardonner, et ils seront à nouveau réunis. 

Mais, cette fois, pour retrouver son amant, Mylène devra verser le sang une seconde fois : « je te rejoindrais peut-être ». Et, bien sûr, elle nous laisse à la fin du deuxième couplet sur cette éventualité angoissante.
Le premier couplet s’achève sur un gros plan sur les yeux de l’homme. Ils sont ouverts, fixes et froids. Mais, pour la chanteuse, ce sont ceux « d’un ange » : ça lui rappelle peut-être ces statues dans les églises aux yeux d’ivoire, reflétant un mystérieux au-delà. En tout cas, elle a compris que l’homme n’était plus de ce monde. 

On sent le fantasme dans les deux couplets : lorsque Mylène emploie les temps futures pour désigner le plaisir et le présent pour désigner la douleur. En fait, pour limiter les désastres causés par la souffrance, elle imagine un plaisir qui en découlerait, comme une revanche contre le mal qui engendrerait alors le bien. C’est la même idée que dans « Je t’aime, mélancolie », mais elle n’empêchera pas Mylène de succomber au mal. 

En fait, c’est surtout une acceptation du mal qui est en Mylène, qui est une condition à une rédemption dans l’avenir. Cela se conjugue avec le mythe de la Californie messianique, que l’on verra dans « Anamorphosée ».

« Lâche ». Alors là, l’ambiguïté plane. Ça peut vouloir dire : « espèce de lâche ! » ou « lâche-moi ! ». Dans la première solution, Mylène lui reproche de ne pas avoir résisté à la tentation de la tromper (voir le clip) avec un autre, voire même de ne pas s’être défendu contre Mylène et de s’être laissé massacrer comme un agneau…voire même de s’être enfui dans la mort et le repos éternel, la laissant seule avec ses souffrances ! Dans la deuxième solution, c’est l’aspect du remord qui prime, de la présence de l’homme, même mort, dans son esprit, une sorte de fantôme…

« Toujours en cavale » rappelle les frasques amoureuses du libertin, courant les filles mais revenant toujours à sa Mylène (« tu dis : j’ai besoin de tes bras »). On imagine bien la scène du fautif se jetant aux pieds de la belle pour lui implorer son pardon, avec pour seul et éternel prétexte que c’est plus fort que lui, qu’il ne peut maîtriser ses pulsions sexuelles.

Mylène répond de ces mots terribles : « Ne t’éloignes pas de mes bras ». Cette fois, tu ne me quitteras plus jamais ! Puisque tu jures de m’aimer vraiment et éternellement, je t’obligerais à tenir cette promesse… 

« C’est plus fort que toi » fait écho à « it’s beyond my control ». Cette dernière phrase a été inspirée à Mylène par une adaptation américaine filmée des « Liaisons dangereuses » avec des acteurs très prestigieux comme Glenn Close ou John Malkovitch. C’est d’ailleurs ce dernier, avec son accoutumée « froideur passionnée », qui prononce la phrase reprise par Mylène dans un passage assez touchant où il rompt avec sa maîtresse, sans pouvoir lui cacher son amour. 

Mylène reprend en fait le même dessin en l’exacerbant, puisqu’elle provoque une rupture absolue avec son amant, tout en étant éprise de lui plus que jamais. 

Dans le deuxième couplet, si Mylène n’a pas encore nettoyé le sang sur ses doigts, elle a enfin compris que son amant était mort : « je veillerais ta sépulture ». Dérisoires promesses que l’on peut faire dans un tel cas. Le caractère faible de Mylène redevenue humaine s’oppose à sa force destructrice, lorsqu’elle a cédé à ses pulsions de mort. Il est toujours bien plus facile de détruire que de créer. Mais pourquoi l’homme est-il doué d’une si grande capacité de mort, face à sa si petite force créatrice ? 
« Beyond my control » s’appuie aussi sur le mythe (inspiré encore des « Liaisons dangereuses ») de la femme carnassière, devenant par sa violence plus forte que l’homme, le battant sur son propre terrain. Mais elle a son point faible. Si les garçons se jettent à ses genoux, elle ne peut supporter qu’ils aillent chez une autre vamp. Alors, la passion qu’elle utilisait pour maîtriser les hommes se retourne subitement contre elle : elle y succombe, et paye sa lourde dette à l’amour. Elle s’aperçoit qu’elle ne peut se passer de son amant.

Revenons à la pulsion. Freud est l’incontournable du domaine. Ainsi, comme ce psychologue, Mylène montre à quel point nous sommes dominés par ces deux pôles qui nous déchirent et mènent nos vies : amour et haine, création et destruction. De même, Mylène est partagée entre ses sentiments pour l’homme et sa haine parce qu’il l’a trahi. 

Cela rappelle la tragédie grecque d’Euripide : « les Bacchantes ». Ces femmes sont sous l’emprise d’un plaisir intense (symbolisé par le dieu Bacchus) et cause la mort autour d’elles. Elles s’éprennent du chanteur Orphée, et finissent par le couper en morceaux dans un accès de folie. Les fans extrémistes ne datent pas d’hier.

mf90_12a-225x300Tout ce qu’on a l’habitude de refouler explose dans le clip. Le sexe, la violence, la possession, et avec tellement de sensualité, tellement de beauté et de profondeur dans les couleurs qu’on ne peut qu’y adhérer. La violence avec laquelle les deux amants font l’amour, la sensualité avec laquelle Mylène tue l’homme, les loups déchirant des lambeaux de corps, est-ce cela le malsain ? Je ne crois pas. Ce clip est fait pour nous montrer que nous sommes tous des loups. 

Ce qui compte le plus pour nous ? Sexe et nourriture. Consommation. Les loups valent plus que nous. Ils sont aussi sauvages et moins gratuitement violents. Alors, à chacun de voir comment il se comporte dans sa vie : comme un homme ou comme un loup.

Mylène finit brûlée. De même qu’au Moyen-Âge, on jetait sur le bûcher tout ce qui ressemblait à une sorcière ou à un loup-garou. Ici, il est possible que Mylène prévoie que tous les bien-pensants, et même les hommes « normaux », la condamneront pour cette chanson déviante. L’étrange fait peur, on tente de le purifier par le feu. Nous avons toujours des mentalités moyenâgeuses. 

Mais la question est lancée, et, même si on n’aime pas ce genre de chanson, il faut réfléchir à ce qui motive notre vie. Et si l’on aime uniquement pour consommer ou pour procurer du bonheur à celui ou celle qu’on aime.

Source : http://www.sans-logique.com/mylene-farmer/analyses/

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Pas le temps de vivre Mylène

Posté par francesca7 le 24 février 2013

symbolisme de « Pas le temps de vivre« 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Mylène Farmer

 Pas le temps de vivre Mylène dans Mylène et SYMBOLISME telechargement-4

Cette sublime chanson de la main de Mylène (paroles + musique) est le troisième titre de l’album « Innamoramento » sorti en 1999. Elle a été écrite en hommage à son frère Jean Loup, décédé dans un accident de voiture en 1996. Depuis qu’elle a perdu son frère, Mylène ne retrouve plus son équilibre et est totalement perdue dans ce monde… 

Le titre de la chanson, reprise des mots du refrain, ressemble à un euphémisme, une façon détournée de dire la douleur de vivre, sorte de transcription en langage poétique de l’existentiel : « pas (plus ?) envie de vivre ». La négation porte en elle le non-sens de la vie. Le temps de l’existence est miné.

Le texte s’ouvre (de façon cohérente avec le titre) sur le thème du temps qui passe, du temps que l’on vit, immensément long, comme le suggère le pluriel de répétition « il est des heures ». L’emploi du verbe « être » au lieu du présentatif avec le verbe « avoir » (« il y a ») résonne de façon existentielle. « Il est des heures », c’est aussi dire qu’il y a des moments sombres, des passades de chagrin. Le mot « ombres » est connoté de façon nocturne mais ce que dit surtout ce premier vers, c’est la crispation de la douleur. Car les « ombres » ont aussi le sens d’illusions. La jeune femme est rendue parfois à la raide réalité de la souffrance. Le sous-entendu contenu dans le verbe « se dissiper » est qu’elle détourne d’elle le plus souvent le chagrin dur et cru. La forme impersonnelle du verbe « se dissiper » montre que le processus se fait tout seul, à l’insu du sujet. Dans l’expression « la douleur se fige », on sent l’influence de Baudelaire et l’expression du spleen dans Les Fleurs du Mal : « un cœur qui se fige ».

telechargement-5 dans Mylène et SYMBOLISMELe deuxième vers de cette première strophe (qui est un quintil) joue sur un effet de surprise lexicale, effet réitéré à la même place dans le deuxième quintil. En effet, l’auteur utilise un néologisme en donnant une forme verbale (pronominale) à un adjectif : « invincible » (qui ne peut être vaincu) devient « s’invincibler », découverte verbale inédite.

Ce deuxième vers est une reprise anaphorique du premier (« Il est des heures où ») et l’effet en est nostalgique et rêveur. L’auteur médite sur ce qui se passe en elle, dans les moments où le chagrin l’assaille. Le champ lexical de la raideur, de la dureté, de l’âpreté qui était dans le verbe « se fige » se retrouve dans le néologisme « s’invincible ». Quand la douleur arrive, les sensations semblent être faites de crispation et de soumission : « s’invincible », « s’incline ».

La métaphore morbide « la lèpre » et les pronominaux accentuent l’idée de résignation à la douleur. Le troisième vers commence par un « mais », comme le troisième vers de la strophe suivante, avec un parallélisme de construction qui participa à la cohérence d’un texte pourtant décousu ou plutôt qui mime le flux mental de la conscience avec ses oppositions plus affectives que logiques. « Mais si » : on est d’ailleurs dans le mode hypothétique, celui des regrets, des remords, le futur vu d’autrefois, inimaginable, irréversible aussi. « Si j’avais pu … », irréel du passé, en latin.

L’expression « je serai qui tu hantes » est d’une grande beauté et elle a justement quelque chose à voir avec le latin dans son sens du raccourci. « Je serai celle que tu hantes » serait plus français, plus explicatif. Ce « qui », pronom relatif sujet sans antécédent est très latin (c’est celui qu’on trouve dans les proverbes du genre « qui aime bien châtie bien »), il est efficace, bizarre et ambigu. « Je serai qui tu hantes » fait penser au « Horla », au thème du dédoublement et de la présence invisible qui est là : on comprend par cette formule ramassée et pudique tout l’enfer de l’obsession liée au chagrin et au deuil. Dominent dans cette fin de strophe, les mots « incertitude » et « solitude » à la rime franche et riche en contraste avec les seules assonances de « fige » et « incline » ou plus loin de « s’effacent » et « monacale ».

images-9Le deuxième quintil par un effet de répétition reprend la complainte sur les heures de cafard. Cette anaphore donne une allure de refrain à ce qui est un désespoir vécu. L’auteur introduit le thème de la musique par un biais léger et poétique, une mise en abyme : « Les notes se détachent ». Mylène Farmer est la chanteuse et la musicienne. Cette allusion aux notes de la chanson contribue à créer un pacte autobiographique même si l’histoire réelle n’est pas dite mais seulement suggérée, universalisée. D’ailleurs, c’est le mot « être » qui va servir de nouveau à désigner celle qui souffre : « l’être se monacale » faisant écho à « l’être s’invincible » avec le même souci du néologisme et de la création verbale pour dire l’inexprimable. La carapace, la prison ou le couvent sont des leitmotiv dans les deux cas.

L’atmosphère de cette deuxième strophe tourne autour de la nuit et de ses fantasmes avec les mots « lune », « nuit », « paupières », « erre » .Les sonorités sont étudiées et créent des rimes internes comme le groupe « erre » et « lumière », ou « paupières ». La métaphore filée évoque une femme devenue somnambule. La mort rôde sous la forme d’une « lumière que le vent a éteinte » .On remarquera les pluriels possessifs « mes nuits », « mes peurs » qui disent explicitement l’angoisse ainsi que l’adverbe de temps « une à une », où s’exprime la lenteur, la longueur de la souffrance. Il y a un effet de chute dans le dernier vers de cette strophe ; effet voulu puisqu’il est repris à la fin de la chanson « mes peurs de n’être plus qu’une ». Le sous-entendu est qu’elle était à deux, autrefois, le thème est celui de la douleur, de la solitude.

Le refrain se caractérise par l’intrusion du « je » et du « tu ». Il dessine un dialogue plus personnel que la méditation antérieure sur la souffrance des heures de manque. L’auteur en appelle à l’impératif à celui auquel elle pense : apostrophe amoureuse « aime moi », quasi érotique « entre en moi » même si l’on comprend le niveau métaphorique de l’expression. « Dis moi », « Dis moi » deux fois sont un appel, émouvant à un dialogue, pourtant fictif. D’ailleurs le côté impossible et surréaliste de cet échange verbal au-delà de la mort est rendu dans le registre de « l’ivresse » et de la « nuit » folle : fête carnavalesque vers la mort (« la nuit se déguise »).

Les derniers vers retrouvent l’accent mélancolique de la chanson de Jacques Prévert chantée par Yves Montant avec le thème de la mer qui efface les traces des pas des amants sur la plage. Mais Mylène Farmer décline ce thème de façon féminine : c’est elle la mer (« je suis comme la mer »), ce qui donne une dimension métaphysique infinie à son sentiment de regret, de remords « n’avoir pas su » répond à « si j’avais pu » de façon irréversible et tragique. « Tes pas » c’est aussi le titre d’un poème fort connu de Paul Valéry qui a rapport avec la mer puisqu’il appartient au recueil « Le cimetière marin ».

La dernière strophe exprime derechef l’impression d’une vie impuissante et brisée. La métaphore du « marbre sans veine » est originale. Associée au terme « pensées », elle évoque le cerveau comme matière morte, sans les surprises que l’on trouve normalement dans la pierre ou dans le bois et qui correspondraient aux veines et aux neurones. Un cerveau sans les marques de ses lobes et de ses connexions.

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La métaphore suivante est moins originale mais très touchante quand même ; elle rappelle les paroles de la chanson de Brel « Ne me quitte pas » : « laisse-moi devenir l’ombre de ta main … l’ombre de ton ombre… l’ombre de ton chien ». L’intertextualité est évidente et voulue, vue la notoriété de cette chanson. Mais avec le mot « ombre », Mylène Farmer accède à un registre mystique et occulte qui lui est personnel. « Ombre » nous fait accéder au royaume des morts et fait écho au mot « clef » chargé de mystère ou au mot « astre » qui évoque à la fois l’infini de l’espace et la possible connivence du ciel avec nos caractères personnels.

Les derniers vers ont une connotation pathétique avec l’expression de la peur et le désir d’une main secourable : « ta main ». L’apostrophe au frère absent revient douloureusement dans le refrain et à l’écoute de cette chanson, on ne peut qu’être touché par les sonorités aiguës car l’assonance en « i » est récurrente et permet à la chanteuse de monter dans la gamme avec une voix féminine et des sons très ténus.

 

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Rumeurs d’Innamoramento

Posté par francesca7 le 21 juin 2012


L’enregistrement de l’album Innamoramento s’est terminé fin octobre 1998.

Une maquette de l’album Innamoramento circulerait entre fans collectionneurs. Une rareté gardée bien égoïstement par ses heureux détenteurs !

Rumeurs d'Innamoramento dans Mylène et mes BLABLAS 115142138Le magazine ’Instant Mag’ avait publié en 2004 une série totalement inédite de photographies de Mylène signées Paolo Roversi. Cette séance, effectuée en 1999 pour la sortie de l’album Innamoramento, n’avait pas plu à la chanteuse qui aurait été effrayée par le résultat. Elle lui avait donc racheté la série pour qu’elle ne soit jamais diffusée. Dans ces cas-là, généralement elle paye également le photographe pour qu’il s’engage à ne pas revendre les photos. Ce que Paolo Roversi a pourtant fait à la rédaction du magazine ’Instant Mag’…

Contrairement à ce que dit la rumeur, il n’a jamais été question que l’album Innamoramento s’appelle Mes Moires. Pour preuve : Mylène a demandé à son designer, Henry Neu, de travailler sur les supports de l’album dès l’été 1998, soit près de neuf mois avant la sortie de l’album.

Dessine-moi un mouton est une chanson qui existe depuis au moins 1997 ! Sur un forum, en 2001, un membre avait raconté qu’en 1997 il avait eu la chance d’assister à une venue de Mylène dans l’hôpital où il travaillait et qu’elle avait chantonné un refrain qu’il avait trouvé très sympa à l’époque. Il avait eu la surprise de reconnaître Dessine-moi un mouton deux ans plus tard. Elle aurait aussi chantonné Rêver

Petite blague relevée dans le livret de l’album Innamoramento : on peut y voir le visuel d’une enveloppe qui est adressée à « Mylène Farmer, 7 place de l’Europe, PARIS« . L’adresse est barrée, et on peut lire en-dessous « N’habite pas à l’adresse indiquée« . En effet, la place de l’Europe est le seul lieu de Paris à ne compter aucun résident domicilié à cette adresse précise. Il n’existe aucune boîte aux lettres place de l’Europe ! 

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Dessine-moi un mouton

Posté par francesca7 le 11 février 2012

Paroles : Mylène Farmer – Musique : Laurent Boutonnat

+ d’infos sur cette chanson

Dessine-moi un mouton dans Mylène et mes BLABLAS 2061870983Au niveau des paroles, « Dessine-moi un mouton » aurait mérité d’être un hymne mylénien, juste à la suite de « Désenchantée ». Bien que la musique ne manque pas de charme et de mélodie, elle n’atteint pas, en puissance et en tension, le brillant refrain du tube des tubes. Le motif principal, obsédant, revient tout de même seize fois et tourne, pour certaines oreilles, au bourrage de crâne. Ça ne m’empêchera pas de défendre cette ouvre qui, si elle paraît assez claire à la première écoute, s’inscrit dans une réflexion qui nous concerne tous, du plus petit au plus grand.

La progression de la pensée mylénienne est visible de couplets en couplets, chaque étape marquée par l’exclamation « quelle solitude ». (notons, au passage, la beauté de la voix de Mylène, semblant mourir sur des mots aussi significatifs que « solitude » ou « rien »). D’abord, l’artiste se plaint de son ignorance face à l’au-delà, puis de sa petitesse face à l’univers. Ces deux sentiments sont soulignés par la musique, à la fois dédramatisée par les synthés, rythmée par les guitares électriques sur la base solide du piano, ce qui donne un cadre assez simple pour que le timbre doux de la voix ne soit pas perdue dans une masse de notes.

Les questions posées rejoignent la base de la philosophie : où serais-je ? Serais-je plus qu’un grain de poussière dans l’univers (cf. « A quoi je sers ») ? Mylène cherche des réponses dans « le petit Prince » de Saint-Exupéry, référence avouée explicitement : « ignorer ce que les yeux ne peuvent pas voir » renvoie à la célèbre phrase « l’essentiel est invisible pour les yeux ». Ce qu’est la vie, nos cinq sens humains sont incapables de le traduire sous une forme intelligible. Nous sommes comme aveugles… ou aveuglés. Nous y reviendrons.

Le « monde adulte » n’a rien d’attirant. Il est « isolé », référence aux excès de l’individualisme, et « abrupt », une dureté renforcée par l’allitération en « r » : abrupt, broie, noir. Quitte à être ignorante, Mylène préfère rester enfant. Remarquons quand même qu’elle se place dans le monde adulte (« et là je broie du noir »), la petite fille a fini par grandir et à assumer sa féminité, mais elle se sent seule.

MF2000_02a dans Mylène et mes BLABLASEn fait, toute la chanson est basée sur la double opposition enfant/adulte (thème redondant chez Mylène) et imagination/raison (thème plus inédit !). Les adultes bien éduqués vont utiliser pour aborder le monde leur raison, apprise par coeur à l’école, avec sa méthode mathématique. Mais de quoi cette raison est-elle capable ? Simplement de nous écraser en nous faisant prendre conscience de l’infinité de l’univers (univers qui n’est qu’immense que lorsqu’on le parle avec le langage des mètres et des équations !). Voilà pourquoi Mylène souffre. A partir du moment où la raison gouverne le monde adulte, Mylène a recours à une arme redoutable (cf. « Méfie-toi ») : l’imagination. C’est-à-dire les yeux, non du corps, mais de l’esprit. Et seul l’esprit permet de voir l’essentiel de la vie, d’échapper à l’abrupte logique adulte.

L’imagination va combler le « vide du ciel » : par la religion.

L’imagination est incarnée par le mouton. C’est le double symbole de l’enfant (mignon, pur, qui ne pense pas à mal, sans souci) et de la chose insignifiante, banale sur laquelle Mylène, comme Saint-Exupéry, va baser son message. En réalité, ce n’est pas le mouton en soi qui est important, ç’aurait aussi bien pu être un lapin blanc, mais le fait de le dessiner. Dessiner, c’est le geste enfantin par excellence (par opposition avec écrire, qu’on apprend à l’école) mais aussi le geste primordial de la création spontanée, libre. C’est la troisième opposition, une vraie trinité : spontanéité et éducation. Voilà ce qui nous aveugle, nous empêche de voir l’essentiel : les préjugés de l’éducation qu’on nous a inculqués. L’esprit, débarrassé de la raison inhibitrice et de l’éducation bornée (idée peut-être empruntée à Erasme), est libre de se battre contre la dureté de la vie. Lui seul peut créer l’espoir indispensable à la vie. Le mouton est fort parce qu’on prend plaisir à le dessiner : c’est un acte d’amour (cf. la rose dans « le petit Prince »). Les adultes feraient mieux de dessiner des moutons plutôt que de continuer à se taper la tête contre des murs qui n’existent pas.

d1d72e91Les couplets suivants matérialisent cette lutte entre forces négatives et positives : dépression et espérance. Mylène semble être terrassée par la réalité de la vie : « déconfiture ». Mais l’emploi même de ce terme enfantin est une victoire, puisqu’il relativise le drame, provoque le rire qui va lui permettre de reprendre le combat. La vie a beau être un « bien majuscule », c’est-à-dire ce bien auquel s’attachent tous les hommes, elle n’est « utile » qu’ »au chagrin » puisqu’on finira par la perdre (« la morsure du temps »). Il ne faut pas déprimer : si l’on est capable de se réjouir de cette banalité qu’est un mouton, alors la mort ne viendra pas nous ennuyer. Peter Pan n’aurait pas fait mieux. L’aveuglement, c’est de souffrir pour des détails matériels sans importance alors que l’essentiel vient du cour.

L’injonction de Mylène, « dessine-moi un mouton », montre que chacun peut faire ce qu’elle tente de faire. Par cette ouvre, la chanteuse montre qu’elle a su dépasser le stade de « Plus grandir ». Elle est adulte, mais, au fond d’elle-même, elle a su garder une parcelle de son enfance : un grain de sable, un mouton qui égaiera sa vie. Ce n’est pas le secret de l’immortalité, c’est le secret du bonheur.

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Mylène Farmer, Rétrospective 2012

Posté par francesca7 le 4 février 2012

Mylène Farmer NRJ Music Awards 2012.jpgDepuis le milieu des années 1980, elle est la chanteuse qui vend le plus de disques en France et connaît également un succès considérable hors des frontières francophones, notamment en Russie et en Europe de l’Est, dépassant ainsi les 30 millions de disques vendus.

 Recordwoman du nombre de Disques de Diamant, elle est également l’artiste ayant classé le plus de titres à la 1re place du Top 50 (12, aucun artiste n’ayant réussi à en classer plus de 5), ainsi que dans le top 10 (42 titres).

 Apparaissant rarement dans les médias et refusant de communiquer sur sa vie privée, elle s’est construit un univers musical singulier, notamment à travers ses clips et ses concerts spectaculaires.

 

2001-2011

Un nouveau Best of, 2001-2011 (dont l’aquarelle illustrant la pochette est signée Mylène Farmer elle-même), sort le 5 décembre 2011, incluant 2 inédits, dont Du Temps, composé par Laurent Boutonnat. L’album paraît également dans un coffret 3 CD, incluant le Best of Les mots, sorti en 2001.

 Le 28 janvier 2012, Jean-Paul Gaultier lui remet un NRJ Music Award de Diamant (un prix créé pour la chanteuse), afin de récompenser l’ensemble de sa carrière.

 Mylène Farmer devrait incarner Tess au cinéma, le personnage principal de L’ombre des autres, tiré du roman éponyme de Nathalie Rheims. Scénarisé par Claude Berri et produit par Stéphane Célérier et Nathalie Rheims, le tournage du film, qui devrait être réalisé par Bruno Aveillan, n’a toujours pas commencé.

 Mylène Farmer a également dit souhaiter « monter sur scène au moins encore une fois ». On peut donc s’attendre à un retour sur scène dans les années à venir.

En 1992, Mylène Farmer participe à l’album Urgence : 27 artistes pour la recherche contre le sida avec la chanson Dernier Sourire, qu’elle réenregistre pour l’occasion. Ce titre apparaissait dans sa version originale en face B du single Sans logique en 1989.

 En 2000, Maverick (la maison de production de Madonna) lui demande de participer à la B.O des Razmoket à Paris (sur laquelle figure entre autres Cindy Lauper et Sinead O’Connor) : elle écrira alors pour l’occasion le single L’histoire d’une fée, c’est….

En janvier 2007, elle interprète Devant Soi, chanson du générique de fin du film Jacquou le Croquant, réalisé par Laurent Boutonnat.

 Mylène Farmer a également enregistré 2 duos, parus en novembre 2010 : le 1e avec Ben Harper, Never tear us apart, sur un album en hommage au groupe INXS (album sur lequel elle est la seule artiste française) ; le 2e avec Line Renaud, C’est pas l’heure, signé Farmer/Boutonnat, inclus dans Rue Washington, l’album de cette dernière.

Mylène Farmer a déclaré plusieurs fois refuser de créer un site internet ou un fan-club officiel à sa gloire. Cependant, plusieurs dizaines de fan-clubs non-officiels ont été créés, certains étant suffisamment importants pour pouvoir publier régulièrement des magazines entièrement dédiés à la chanteuse et les diffuser chez les marchands de journaux.

 En 2008, Mylène Farmer dépose la marque Lonely Lisa, et ouvre un site internet du même nom, qui se présente comme « le site communautaire de l’ennui ». Reprenant l’univers graphique des illustrations de Lisa-Loup et le conteur, le site propose aux membres de s’échanger leurs créations artistiques : poésies, dessins, photos, etc.

                                            Mylène Farmer, Rétrospective 2012 dans Mylène 2011 - 2012

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La naissance du mythe Mylène

Posté par francesca7 le 29 décembre 2011

La naissance du mythe Mylène dans Mylène et BIOGRAPHIES 476143800Livre Mylène Farmer, La naissance du mythe

 

Titre: La naissance du mythe

Auteur: Collectif

Édition: Oméga

Type de livre: Livre de photos collectif

Date de parution: mai 2004

Prix Fnac: 30 €

 

 


                                             La naissance du mythe – Livre de photos collectif

 Avec le livre Mylène Farmer, La naissance du mythe on retrouve comme pour le Picture Book des photos censées être inédites, alors qu’elles ont juste connu un nouveau recadrage… Livre à acheter uniquement par correspondance.

 Cet ouvrage réunit les contributions de nombreux spécialistes, conservateurs, enseignants, historiens d’art réunis autour du mythe Picasso.

Trente ans après la mort de l’artiste, les auteurs s’interrogent sur son parcours artistique, de la fondation du cubisme au surréalisme et à ses autres périodes. Ils envisagent également les liens avec les personnalités qui ont partagé sa vie. Les interventions traitent du rapport de Picasso à la photo et à la reproduction, à l’écriture, au dessin et à la couleur et, au-delà de la création artistique, au monde contemporain dont il reste acteur.

                                                                          gifs papillons

 

 

 

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Mylène apprécie G.Apollinaire

Posté par francesca7 le 3 décembre 2011

Apollinaire en 1914. Guillaume Apollinaire – Univers Mylène Farmer 

Guillaume Apollinaire naît en Italie en 1880. Il s’impose, par sa culture et ses écrits, comme une figure de l’avant-garde artistique. Après avoir publié en 1913 son chef d’oeuvre, Alcools, il s’engage dans la Grande Guerre. Blessé, il est emporté en 1918 par une épidémie de grippe. 


Mylène Farmer chante « Vienne la nuit et sonne l’heure et moi je meurs » sur l’album Anamorphosée dans la chanson California. Ce vers ressemble de très près a un vers d’Apollinaire « Vienne la nuit, sonne l’heure, les jours s’en vont, je demeure » (Alcools). 

Plus d’informations sur Guillaume Apollinaire ! http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Apollinaire 

Guillaume Apollinaire, de son vrai nom Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-Kostrowicki, né le 26 août 1880 à Rome et mort pour la France le 9 novembre 1918 à Paris, est un poète et écrivain français, né polonais, sujet de l’Empire russe.

 

Il est l’un des plus grands poètes français du début du XXe siècle, auteur notamment du Pont Mirabeau. Il a écrit également quelques nouvelles et romans érotiques. Il pratiquait le calligramme (terme de son invention désignant ses poèmes écrits en forme de dessins et non de forme classique en vers et strophes). Il fut le chantre de toutes les avant-gardes artistiques, notamment le cubisme, poète et théoricien de l’Esprit du sexe, et précurseur du surréalisme dont il a forgé le nom.

 

La tombe de Guillaume Apollinaire au cimetière du Père-Lachaise, division 86, présente un monument-menhir conçu par Picasso et financé par la vente aux enchères de deux œuvres de Matisse et Picasso le 21 juin 1924. La tombe porte également une double épitaphe extraite du recueil Calligrammes, trois strophes discontinues de « Colline », qui évoquent son projet poétique et sa mort, et un calligramme de tessons verts et blancs en forme de cœur qui se lit « mon cœur pareil à une flamme renversée ». Son nom est cité sur les plaques commémoratives du Panthéon de Paris dans la liste des écrivains morts sous les drapeaux pendant la première guerre mondiale.

Photographie en noir et blanc de Guillaume Apollinaire soldat en 1916, le crâne bandé après sa blessure à la tempe.La Bibliothèque historique de la Ville de Paris possède la bibliothèque personnelle de Guillaume Apollinaire, acquise par la ville en 1990, qui regroupe environ 5000 ouvrages d’une très grande variété. Apollinaire se caractérise par un jeu subtil entre modernité et tradition. Il ne s’agit pas pour lui de se tourner vers le passé ou vers le futur mais de suivre le mouvement du temps. « On ne peut transporter partout avec soi le cadavre de son père, on l’abandonne en compagnie des autres morts. Et l’on se souvient, on le regrette, on en parle avec admiration. Et si on devient père, il ne faut pas s’attendre à ce qu’un de nos enfants veuille se doubler pour la vie de notre cadavre. Mais nos pieds ne se détachent qu’en vain du sol qui contient les morts » (Méditations esthétiques, Partie I : Sur la peinture).

 

En 1951, la partie occidentale de la rue de l’Abbaye dans le 6e arrondissement de Paris est rebaptisée en hommage rue Guillaume-Apollinaire. Un timbre postal, d’une valeur de 0.5+0.15 franc a été émis le 22 mai 1961 à l’effigie de Guillaume Apollinaire. L’oblitération « Premier jour » eut lieu à Paris le 20 mai. 

 

En 1999, Rahmi Akdas, publie une traduction en turc des Onze milles verges, sous le titre On Bir Bin Kirbaç. Il a été condamné à une forte amende « pour publication obscène ou immorale, de nature à exciter et à exploiter le désir sexuel de la population » et l’ouvrage a été saisi et détruit. 

 

Œuvres 

  • Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée, illustré de gravures par Raoul Dufy, Deplanche, 1911. Cet ouvrage a également été illustré de lithographies en couleurs par Jean Picart Le Doux, Les Bibliophiles de France, 1962. 

  • Alcools, recueil de poèmes composés entre 1898 et 1913, Mercure de France, 1913. 

  • Vitam impendere amori, illustré par André Rouveyre, Mercure de France, 1917. 

  • Calligrammes, poèmes de la paix et de la guerre 1913-1916, Mercure de France, 1918. 

  • Aquarelliste 

  • Il y a…, recueil posthume, Messein, 1925. 

  • Ombre de mon amour, poèmes adressés à Louise de Coligny-Châtillon, Cailler, 1947. 

  • Poèmes secrets à Madeleine, édition pirate, 1949. 

  • Le Guetteur mélancolique, poèmes inédits, Gallimard, 1952. 

  • Poèmes à Lou, Cailler, recueils de poèmes pour Louise de Coligny-Châtillon, 1915. 

  • Soldes, poèmes inédits, Fata Morgana, 1985 

  • Et moi aussi je suis peintre, album d’idéogrammes lyriques coloriés, resté à l’état d’épreuve. Les idéogrammes seront insérés dans le recueil Calligrammes, Le temps qu’il fait, 2006. 

 

Romans et contes 

  • Mirely ou le Petit Trou pas cher, roman érotique écrit sous pseudonyme pour un libraire de la rue Saint-Roch à Paris, 1900 (ouvrage perdu). 

  • Que faire ?, roman-feuilleton paru dans le journal Le Matin, signé Esnard, auquel G.A. sert de nègre. 

  • Les Onze Mille Verges ou les Amours d’un hospodar, publié sous couverture muette, 1907. 

  • L’Enchanteur pourrissant, illustré de gravures d’André Derain, Kahnweiler, 1909. 

  • L’Hérésiarque et Cie, contes, Stock, 1910. 

  • Les Exploits d’un jeune Don Juan, roman érotique, publié sous couverture muette, 1911. Le roman a été adapté au cinéma en 1987 par Gianfranco Mingozzi sous le même titre

  • La Rome des Borgia, qui est en fait de la main de Dalize, Bibliothèque des Curieux, 1914. 

  • La Fin de Babylone – L’Histoire romanesque 1/3, Bibliothèque des Curieux, 1914. 

  • Les Trois Don Juan – L’Histoire romanesque 2/3, Bibliothèque de Curieux, 1915. 

  • Le Poète assassiné, contes, L’Édition, Bibliothèque de Curieux, 1916. 

  • La Femme assise, inachevé, édition posthume, Gallimard, 1920. 

  • Les Épingles, contes, 1928. 

 

Ouvrages critiques et chroniques 

  • La Phalange nouvelle, conférence, 1909. 

  • L’Œuvre du Marquis de Sade, pages choisies, introduction, essai bibliographique et notes, Paris, Bibliothèque des Curieux, 1909, première anthologie publiée en France sur le marquis de Sade

  • Les Poèmes de l’année, conférence, 1909.Mylène apprécie G.Apollinaire dans Mylène et les AUTEURS 250px-La_muse_inspirant_le_po%C3%A8te 

  • Les Poètes d’aujourd’hui, conférence, 1909. 

  • Le Théâtre italien, encyclopédie littéraire illustrée, 1910 

  • Pages d’histoire, chronique des grands siècles de France, chronique historique, 1912 

  • La Peinture moderne, 1913. 

  • Méditations esthétiques. Les Peintres cubistes, 1913. 

  • L’Antitradition futuriste, manifeste synthèse, 1913. 

  • L’Enfer de la Bibliothèque nationale avec Fernand Fleuret et Louis Perceau, Mercure de France, Paris, 1913 (2e édit. en 1919). 

  • Le Flâneur des deux rives, chroniques, Éditions de la Sirène, 1918. 

  • L’Œuvre poétique de Charles Baudelaire, introduction et notes à l’édition des Maîtres de l’amour, Collection des Classiques Galants, Paris, 1924. 

  • Les Diables amoureux, recueil des travaux pour les Maîtres de l’Amour et le Coffret du bibliophile, Gallimard, 1964. 

 

Théâtre et cinéma 

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Correspondance 

  • Lettres à sa marraine 1915–1918, 1948.
  • Tendre comme le souvenir, lettres à Madeleine Pagès, 1952. 

  • Lettres à Lou, édition de Michel Décaudin, Gallimard, 1969. 

  • Lettres à Madeleine. Tendre comme le souvenir, édition revue et augmentée par Laurence Campa, Gallimard, 2005. 

  • Correspondance avec les artistes, Gallimard, 2009. 

 

Journal 

  • Journal intime (1898-1918), édition de Michel Décaudin, fac-similé d’un cahier inédit d’Apollinaire, 1991. 

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Supports de Giorgio

Posté par francesca7 le 22 octobre 2011

 

La chanson : il n’y a pas d’ailleurs 

 

  • Édition Prestige 2 DVD (sortie le mercredi 5 décembre 2007) : 

    • DVD 1 : Le film remasterisé 

      • Langues : anglais(vo) (Dolby Digital 5.1 et DTS 5.1), français (Dolby Digital 5.1) 

      • Sous-titres : français 

 

Supports de Giorgio dans Mylène et GIORGINO giorgino

  •  
    • DVD 2 : Les bonus 

      • Making of de plus de 30 minutes : interview de Mylène Farmer, Jeff Dahlgren, Laurent Boutonnat 

      • Dessins de production 

      • Galerie photos 

      • Teaser et la bande annonce de 1994, plus la bande annonce inédite de 2007 

 

  •  
    • Livret 48 pages : interviews de 1994 de Jeff Dahlgren, Mylène Farmer, Laurent Boutonnat, photos inédites, documents de productions 

 

  • Édition 1 DVD (sortie le mercredi 17 avril 2008 uniquement en  Russie éditions « Cinema Prestige ») : 

    • DVD : Le film remasterisé 

      • Langues : Anglais, Russe 

      • Sous-Titres : Français, Russe 

 

Bande Originale 

 

1994 : Édition Originale 

  1. Giorgino – Ouverture 

  2. Le vent et la neige 

  3. La route de Chanteloup 

  4. Les montagnes noires 

  5. En calèche 

  6. A Catherine 

  7. Giorgino – Thème 

  8. Levée du corps 

  9. L’abbé Glaise 

  10. Giorgio et les enfants 

  11. La nursery 

  12. Retour à l’orphelinat 

  13. L’armistice 

  14. Giorgio et Catherine 

  15. Docteur Degrâce 

  16. Morts pour la France 

  17. Les femmes dans l’église 

  18. Les funérailles 

  19. Petit Georges 

  20. Sombres souvenirs 

  21. Le Christ et les cierges 

  22. Menteur 

  23. Le marais 

  24. Giorgio – Final

3388330032708 dans Mylène et GIORGINO 

 

2007 : Réédition en boitier Super Jewel Box (Lundi 3 décembre 2007) 

  1. Giorgino – Ouverture 

  2. Le vent et la neige 

  3. La route de Chanteloup 

  4. L’orphelinat (Inédit) 

  5. Les montagnes noires 

  6. En calèche 

  7. A Catherine 

  8. Giorgino – Thème 

  9. Levée du corps 

  10. L’abbé Glaise 

  11. Giorgio et les enfants 

  12. La nursery 

  13. Retour à l’orphelinat 

  14. L’armistice 

  15. La valse des baisers (Inédit) 

  16. Giorgio et Catherine 

  17. Docteur Degrâce 

  18. Morts pour la France 

  19. Les femmes dans l’église 

  20. Les funérailles 

  21. Petit Georges 

  22. Sombres souvenirs 

  23. Le Christ et les cierges 

  24. Menteur 

  25. Le marais 

  26. Giorgio – Final 

Anecdotes 

  • Les décors ont été construits du 15 septembre 1992 au 15 décembre 1992. 

  • Le tournage a eu lieu de janvier 1993 à avril 1993 en ex-Tchécoslovaquie, à Prague et dans les plaines de Slovaquie allant jusqu’à des températures de -30 °C. 

  • Dix heures de rushes ont été tournées. 

  • Il a fallu près d’un an pour arriver au montage définitif du film. 

  • La première version du film durait près de 4 heures, elle fut refusée par Pathé.

 

GiorginoPhotos03

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Giorgino

Posté par francesca7 le 15 octobre 2011

Giorgino est un film français (1994) réalisé par Laurent Boutonnat.

Giorgino dans Mylène FILMOGRAPHIE 1227215730_giorgino-filmCelui-ci a écrit ce drame à partir des années 1970 et en a composé et produit l’ensemble des musiques. Cette œuvre permet à Mylène Farmer de faire ses débuts dans le cinéma dans le rôle de Catherine. Les conditions de tournage sont particulièrement difficiles en raison des conditions climatiques et du perfectionnisme du réalisateur Laurent Boutonnat. En raison de la distribution internationale, le film fut tourné en langue anglaise. 

Malgré un budget élevé de 80 millions de francs, Giorgino, sorti le 5 octobre 1994, n’est resté que quatre semaines à l’affiche et a totalisé 69000 entrées sur le territoire. Il fut descendu par la critique à sa sortie, étant jugé comme un « long clip » trop noir (il dure près de 3 heures). 

Cet échec retentissant affectera profondément Laurent Boutonnat, qui ne réalisera plus les clips de sa muse Mylène Farmer pendant près de dix ans. Il rachètera tous les droits de son film, qui ne sera diffusé que quatre fois sur Canal+ à la fin de l’année 1995. Cependant, suite à la demande des fans et au succès de son long-métrage suivant, Jacquou le croquant, il acceptera de sortir le film en double DVD le 5 décembre 2007. « Film maudit » pour certains, il est désormais considéré comme culte par nombre de critiques. 

Synopsis 

Octobre 1918. Sitôt rendu à la vie civile, le jeune docteur Giorgio Volli part à la recherche du groupe d’enfants dont il s’occupait avant la guerre. Mais bien vite, sa quête prend l’allure d’une partie de cache-cache avec la mort : Giorgio se retrouve dans un vieil orphelinat bordé de marais inquiétants et de hordes de loups, où il y fait la rencontre de la mystérieuse Catherine. 

Distribution 

Supports  

  • giorgino_z2hd dans Mylène FILMOGRAPHIEÉdition Prestige 2 DVD (sortie le mercredi 5 décembre 2007) :  

    • DVD 1 : Le film remasterisé 

      • Langues : anglais(vo) (Dolby Digital 5.1 et DTS 5.1), français (Dolby Digital 5.1) 

      • Sous-titres : français 

    • DVD 2 : Les bonus 

      • Making of de plus de 30 minutes : interview de Mylène Farmer, Jeff Dahlgren, Laurent Boutonnat 

      • Dessins de production 

      • Galerie photos 

      • Teaser et la bande annonce de 1994, plus la bande annonce inédite de 2007 

    • Livret 48 pages : interviews de 1994 de Jeff Dahlgren, Mylène Farmer, Laurent Boutonnat, photos inédites, documents de productions 

  • Édition 1 DVD (sortie le mercredi 17 avril 2008 uniquement en

     Russie éditions « Cinema Prestige ») : 

    • DVD : Le film remasterisé 

      • Langues : Anglais, Russe 

      • Sous-Titres : Français, Russe 

Bande Originale  

[dérouler]  

1994 : Édition Originale 

1.Giorgino – Ouverture 

2.Le vent et la neige 

3.La route de Chanteloup 

4.Les montagnes noires 

5.En calèche 

6.A Catherine 

7.Giorgino – Thème 

8.Levée du corps 

9.L’abbé Glaise 

10.Giorgio et les enfants 

11.La nursery 

12.Retour à l’orphelinat 

GiorginoPhotos3013.L’armistice 

14.Giorgio et Catherine 

15.Docteur Degrâce 

16.Morts pour la France 

17.Les femmes dans l’église 

18.Les funérailles 

19.Petit Georges 

20.Sombres souvenirs 

21.Le Christ et les cierges 

22.Menteur 

23.Le marais 

24.Giorgio – Final 

[dérouler]  

2007 : Réédition en boitier Super Jewel Box (Lundi 3 décembre 2007) 

1.Giorgino – Ouverture 

2.Le vent et la neige 

3.La route de Chanteloup 

4.L’orphelinat (Inédit) 

5.Les montagnes noires 

6.En calèche 

7.A Catherine 

8.Giorgino – Thème 

9.Levée du corps 

10.L’abbé Glaise 

11.Giorgio et les enfants 

12.La nursery 

13.Retour à l’orphelinat 

14.L’armistice 

15.La valse des baisers (Inédit) 

16.Giorgio et Catherine 

17.Docteur Degrâce 

18.Morts pour la France 

19.Les femmes dans l’église 

20.Les funérailles 

21.Petit Georges 

22.Sombres souvenirs 

23.Le Christ et les cierges 

24.Menteur 

25.Le marais 

26.Giorgio – Final 

[dérouler][enrouler] 

Anecdotes  

  • giorgino2Les décors ont été construits du 15 septembre 1992 au 15 décembre 1992. 

  • Le tournage a eu lieu de janvier 1993 à avril 1993 en ex-Tchécoslovaquie, à Prague et dans les plaines de Slovaquie allant jusqu’à des températures de -30 °C. 

  • 80 heures de rushes ont été tournées. 

  • Il a fallu près d’un an pour arriver au montage définitif du film. 

  • La première version du film durait près de 4 heures, elle fut refusée par Pathé. 

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CLIP PEUT-ETRE TOI – 2006

Posté par francesca7 le 18 septembre 2011

 

Réalisé par : Naoko Kusumi
Diffusé le : Août 2006
Durée : 4’04 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat
Editions : Requiem Publishing 

Dates de production : avril 2006 (2 mois)
Lieu de production : studios IG au Japon 

 

VIDEO 

Image de prévisualisation YouTube 

 

 

Ce clip est un anime japonais réalisé par les célèbres studios IG. Mylène, captive, est libérée de sa prison par un mystérieux homme blond. Ils s’enfuient tous deux, courant dans les couloirs, jusqu’à être stoppés net par des robots meurtriers. Le combat s’engage, et Mylène est une nouvelle fois sauvées par son compagnon. Le plan suivant nous la montre en train de marcher lentement dans la nuit, au milieu d’une ville dévastée. Une énorme lune brille derrière elle. Puis nous sommes replongés en plein combat. Mylène et son compagnon se retrouvent confrontés à toute une armée de robots, au bord d’une falaise. Celle-ci se brise, est Mylène tombe. Elle est plongée dans l’eau, au milieu d’une ancienne cité maintenant inondée. L’homme blond vient une nouvelle fois la secourir. Ils fuient à nouveau. Mylène ouvre une trappe située au plafond. Ils se retrouvent au sommet d’une falaise, visiblement à l’abri. Ils s’étreignent. Une flèche mortelle les transperce, alors qu’ils sont dans les bras l’un de l’autre. Ils se transforment alors petit à petit en pierre, figés à jamais ensemble sur cette falaise. 

 

Le saviez-vous ? 

- Les Studios IG ont été contacté en avril 2006 pour la réalisation d’un clip animé pour Peut-être toi. Ce qu’on sait moins, c’est qu’on leur a demandé de réadapter les animations qu’ils avaient réalisées un peu plus d’un an avant, pour un autre projet de clip : Fuck them all ! D’ailleurs, dans le livret du DVD Music Videos IV, le copyright de production date bien de 2005 ! 



Confidences – Interviews 

Studios IG / Réalisateurs – 2006 – Mylène Farmer et vous 

 

 

 CLIP PEUT-ETRE TOI – 2006 dans Les Clips de Mylène 640382951_smallLe dernier clip de Mylène, « Peut-être toi », est une petite révolution à lui tout seul. C’est la première fois que la chanteuse s’essaye au genre manga, en faisant appel à trois maîtres du genre. Entretien exclusif avec le porte-parole des studios IG. 

 


Quand le studio « Production IG » a-t-il été créé ? 


En 1987, par Mitsuhisa Ishikawa (le I de IG) et Takayuki Goto (le G de IG), qui étaient alors respectivement chef de produit et réalisateur d’animations. A l’époque, le studio s’appelait IG Tatsunoko, il a changé de nom en 1990 pour devenir « Production IG ».
Parmi nos titres, nous comptons « Patlabor the movie » (1989), « Please save my earth » (1990), « Ghost in the shell » (1995), « Blood the last vampire » (2000), « Jin-Roh » (1999), les animations dans « Kill Bill : Vol. 1 » de Quentin Tarantino (2003), « Innocence » (2004). Plus récemment, nous avons réalisé la série télé « Le chevalier d’Eon » (2006), « xxxHolic » (2006), et le dernier film de Mamoru Oshii, « The amazing lives of the fast food gifters » (2006). 


Pouvez-vous nous présenter rapidement les réalisateurs du clip « Peut-être toi », Naoko Kusumi, Kazuchika Kise et Shuichi Hirata ? 


Naoko Kusumi est metteur en scène. Elle a longtemps travaillé pour le prestigieux studio Madhouse, comme assistante à la mise en scène sur des films aussi célèbres que « Kamui no Ken de Rintaro (Dagger of Kamui) » en 1985, ou encore « Yoju Toshi » de Yoshiaki Kawajiri (« Demon Beast City », « La cité interdite » en français, en 1987). Elle a retrouvé Rintaro en 2001 pour « Metropolis » et en 2004, elle a dirigé les séquences en trois dimensions dans « Innocence » de Mamoru Oshii. 


Kazuchika Kise est dessinateur et responsable des animations. Après avoir travaillé chez Anime R, il a rejoint IG Tatsunoko au début de notre aventure. Sa filmographie inclut la série télé « Blue seed » et les longs-métrages « Patlabor the movie » et sa suite, « Ghost in the shell », « Jin-Roh », « Blood the last vampire », « Innocence »… 


Shuichi Hirata est directeur artistique. Il a collaboré à un grand nombre de films de qualité, travaillant avec Mamoru Oshii sur « Patlabor the movie » et sa suite, ou encore « Ghost in the shell », pour lequel il s’est occupé du fond sonore. Il a été le directeur artistique de Rintaro pour « Metropolis », tiré du manga de Osamu Tezuka. Il a également travaillé avec Isao Takahata pour « Grave of the fireflies » (1988) et avec Rintaro pour « X » (1996). Pour Production IG, il a participé à « Innocence » et « xxxHolic » et en 2005 à « A midsummer night’s dream ». 

 


Quand Mylène Farmer vous a-t-elle contacté pour la vidéo de « Peut-être toi » ? L’avez-vous rencontrée personnellement ? 


croquis_peut-etre-toi_02 dans Les Clips de MylèneTout a commencé aux alentours d’avril dernier (ndlr : il s’agit donc d’avril 2006), quand les agents de Mylène ont pris contact avec Geneon Entertainment (USA) Inc. (ndlr : Geneon est une société de production est de distribution spécialisée dans l’animation japonaise). Malheureusement, il nous a été impossible de la rencontrer pour deux raisons : la distance considérable entre la France et le Japon, et le peu de temps dont nous disposions pour réaliser le clip. 


Aviez-vous déjà travaillé avec d’autres artistes ? 


Notre studio a fait un clip pour la chanteuse russe Linda. Nous avons également réalisé des séquences pour le spectacle de Yuzu, un célèbre duo  japonais. 


Mylène Farmer a-t-elle participé à la conception du story-board ? Comment avez-vous imaginé l’histoire ? 


Nous savions qu’elle admirait « Ghost in the shell », et qu’elle était fascinée par l’atmosphère sombre et la qualité esthétique du film. Mylène nous a dressé quelques indications de base. Ensuite, lorsque nous lui avons présenté le story-board, nous avons discuté de certains détails que nous avons fait évoluer en conséquence, mais sans modifications radicales. On nous a en effet laissé une très grande liberté créatrice. Il était clair, du côté de Mylène, qu’elle avait dès le départ tout à fait confiance en notre équipe. 


Vous a-t-elle donné des instructions particulières ? A-t-elle fait part de désirs concernant la mise en scène, par exemple ? 


Nous avons reçu des instructions détaillées pour le personnage animé en ce qui concernait sa coiffure, les couleurs et l’image d’ensemble. Pour la mise en scène, on nous a expressément demandé de créer un style cinématographique, comme dans un long-métrage. 


A combien se montait votre budget ? 


Ah ça… C’est un petit secret ! 


Avez-vous traduit les paroles avant de faire le clip ? 


Nous avons reçu la traduction des paroles et l’élément d’espoir qu’elles contenaient a été crucial dans la création du story-board. Mais la musique et le rythme se sont également révélés une source d’inspiration capitale pour l’équipe. 


Combien de temps a-t-il fallu pour réaliser le clip ? 


Environ deux mois. 


Comment le sujet et le décor ont-ils été choisis ? 

Êtes-vous partis d’une héroïne de manga particulière pour créer le personnage de Mylène Farmer ? 


L’image a été décidée par Mylène et nous avons travaillé à sa mise au point. Il n’y avait pas de modèle spécial, que ce soit de manga ou d’anime (ndlr : l’anime est le terme employé pour désigner le dessin animé, par opposition au mange, réservé à la bande dessinée). 


Avez-vous utilisé des photos ou des vidéos de la chanteuse ? 


MYLENE-FARMER-MININous avons pris comme point de départ des vidéos et des photos de plateau puis nous avons soumis notre projet à l’équipe de Mylène et procédé à quelques ajustements en suivant leurs instructions. Il est toujours délicat de reproduire des personnes réelles dans une animation. 


L’absence de dialogues a-t-elle été une difficulté supplémentaire ? 


Non, car d’un point de vue pratique, cela veut dire pour le réalisateur qu’il n’y a pas besoin de se préoccuper du mouvement des lèvres ! 


Au montage, vos a-t-il fallu couper des scènes que vous auriez aimé conserver ? 


Non, nous en avons seulement raccourci quelques-unes. 


Comment Mylène a-t-elle réagi à la version finale du clip ? 


Elle a été… enchantée ! 

 

 

Mylène Farmer et vous – 2006 

 

 

 

Histoire de la chanson « Peut-être toi »

0602498420706Nous sommes début juin 2006. Le single « Dans les rues de Londres » est murmuré comme nouveau single extrait de l’album « Avant que l’ombre ». 


Finalement, mi-juin, le single « Peut-être toi » est annoncé, après maintes réflexions du staff Farmer, ce qui ravit les fans : enfin une chanson commerciale !

Le 20 juin est diffusé pour la première fois le nouveau single en radio. Et surprise, ce n’est pas la chanson que l’on connaît mais une version remixée avec des sons de cloches, plus de synthés et de batterie… 


Le CD promo montre quelques coups de crayons noir sur fond blanc d’une Mylène manganisée. Fait rarissime, il contient un remix, le « Miss Farmer’s remix », par the Bionix, remix plutôt affreux aux tonalités R’n'B. 


A noter que la maison de disque aurait décidé d’arrêter les promos de luxe.
La sortie du single est alors annoncée pour le 21 août 2006, soit plus de 2 mois après la première diffusion radio !!!

Des rumeurs de duo avec un artiste international commencent à naître. Le nom de Moby est suggéré. Du côté des fans du chanteur, aucune info.

Début juillet, des rumeurs de clip commencent à naître : il s’agirait d’un clip manga. Les premières images sont mises en téléchargement sur I-mode. 


Il est diffusé mi juillet. Effectivement c’est un manga réalisé par Kusumi Naoko, Kazuchika Kise (également responsable du dessin du CD promo) et Shuichi Hirata . Mylène et son compagnon tentent d’échapper à des robots maléfiques. Les fans sont ravis de voir Mylène croquée en manga mais un peu déçus par le scénario assez pauvre.

Les rumeurs de duo avec Moby semblent se confirmer. Ce serait un titre inédit qui figurerait sur le best-of à venir du chanteur. Un clip aurait même été tourné par l’artiste lui-même donnant une image nouvelle de la chanteuse… (On parle même de 2 duos enregistrés et que le prochain album de Mylène serait composé par Moby !) 


Mi aout le duo devient quasi officiel : ce serait donc une reprise de « Slipping away », extrait du dernier album du chanteur.

On parle également du titre live « Avant que l’ombre » annoncé pour novembre… Le clip aurait même été tourné ! 


Niveau rumeur, on murmure également un duo avec Madonna. En effet les deux chanteuses ont un point commun : elles vont doubler toutes les deux la princesse de Selenia dans la dernière production de Luc Besson : « Arthur et les Minimoys ».

Au final, les rumeurs vont bon train et le nouveau single est presque oublié.
Il sort en single digipak, CD Maxi digipak et Maxi vinyle. Deux remixes efficaces de Chris Cox s’ajoutent à celui présent sur le promo. 

Comme toujours depuis le single « Redonne-moi », le single est édité en version limitée. (on parle de 50 000).

Réflexion d’une fan :

 

 lestatlevampire-vip-blog-com-2967168.23En effet, un clip qui nous fait nous souvenir des dessins animés des années 80,avec maints clins d’œil ,les « ennemis » de Mylène par exemple, qui sont ,à défaut d’être semblables en tous points, « copiés »( je ne parle point de plagiat…) quant à l’aspect. Un petit côté « jeu vidéo » aussi avec les personnages( le cellshading de 2004/2005).L’image dernière me fait songer à un Final Fantasy ( pas le jeu toutefois) ou un Golden Sun de par les couleurs et le dessin (il y a des dizaines d’autres références, je le concède, je songe à ceux-ci en premier et ne songe point faire travailler mes méninges pour trouver les autres, même si la facilité est).
Et ce côté funeste qui refait surface après que Mylène l’ait délaissé… 


Il ne demeurera point en ma mémoire tel « un excellent » clip (ou « superbe » comme le mentionne zegilbos) mais il est plaisant à regarder. Les « standarts » sont en majorité conservés, tels les yeux, qui ne sont (comme pour le manga ou hentai) nullement bridés.
un bon clip qui,s’il est le premier se voulant enlacer le manga ou hentai, ne me surprend point contrairement à  » c’est une belle journée » qui nous emmenait alors dans la nouveauté, Mylène prenant réellement part dans les dessins et faisant preuve d’innovation.
Déçue, je le suis quelque peu. Je le songeai autre, d’inspiration plus profonde, un clip moins superflu, tant au niveau dessins qu’histoire. Ce n’est point le cas. Dommage. Mylène nous fit savoir mieux. ( bah..c’est l’été et même s’il fut conçu avant, je pardonne Mylène quant à ce « laxisme » compréhensible…). 

 

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