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MYLENE veut Tout contrôler

Posté par francesca7 le 27 septembre 2015

Mylène control« On fait une première photo, je la sors du châssis et la lui tends. Mylène pose l’épreuve sur une table et se penche pour la regarder de près. À ma grande surprise, elle reste dans cette position quatre bonnes minutes, sans dire un mot. Nul n’ose parler. J’ai l’impression d’avoir douze ans et de passer un examen de dissertation devant un professeur pointilleux. Puis elle se relève en dodelinant de la tête et dit doucement : “Non.” Et elle déchire la photo. » C’est Jean-Marie Périer, le photographe culte des sixties, qui s’exprime en ces termes. Nous sommes au printemps 1999. Ce jour-là, il doit réaliser une série exclusive pour le magazine Elle. Mais l’attitude de Mylène ne ménage pas son ego. 

« Ce manège se reproduit une quinzaine de fois, sans agressivité aucune. Elle n’accuse personne. À l’entendre, je ne suis coupable de rien. Simplement, c’est “Non !” Tout à coup, la seizième lui convient. Elle sort donc du studio pour changer de tenue. Je regarde la photo à mon tour avec insistance pour tâcher de comprendre ce qu’elle a de mieux que les autres. » Au final, une quinzaine d’épreuves seront jetées à la poubelle. Mylène retiendra trois clichés, qui seront épinglés sur un mur comme autant de trophées. 

Jean-Marie Périer a beau connaître la réputation de la chanteuse, l’exercice lui laisse un souvenir plutôt amer. D’autres, qui l’ont précédé derrière l’objectif, auraient pu le mettre au parfum. Ainsi, en octobre 1987, après avoir photographié Mylène pour la première fois, Elsa Trillat lui donne rendez-vous dans les locaux de Paris Match, autour de la table lumineuse. La chanteuse demande alors : « Je peux mettre une croix sur ce que j’aime vraiment ? » Au total, elle sélectionne cinq images. Puis, après avoir dressé une pile avec celles mises de côté, elle saisit une paire de ciseaux et les transperce comme elle aurait poignardé un ennemi. Un comportement radical qui n’est pas sans rappeler celui d’Isabelle Adjani, qui découpait les négatifs indésirables afin de s’assurer que nul ne pourrait les utiliser. 

Tous ceux qui ont travaillé de près ou de loin avec Mylène le savent : avec elle, rien n’est négociable. Depuis deux décennies, la star exerce un contrôle absolu sur tous les aspects de sa carrière, jusqu’au moindre objet mis en vente par son merchandising. Cette main de fer lui vaut d’ailleurs des rapports houleux avec la presse, qui n’accepte pas toujours de se soumettre à ce diktat. Plusieurs semaines de négociation sont parfois nécessaires pour la décider à lâcher une série de clichés inédits, quelques bribes d’informations ou, à plus forte raison, une interview exclusive. Être l’attaché de presse de la star s’avère donc une tâche usante et ingrate, susceptible de vous attirer les foudres de journalistes forcément frustrés.

 

Cette poigne avec laquelle elle gouverne sa carrière, Mylène l’admet sans chercher à esquiver. « Contrôler, c’est être aussi exigeant avec soi-même qu’avec les autres. Contrôler, ce n’est pas ignorer ni ne pas respecter le talent des autres. Je fais ce métier depuis longtemps. J’ai très vite compris qu’il fallait se méfier, car il y a toujours détournement : détournement de mes intentions, détournement de mes propos. » Savoir ce que l’on veut et l’imposer n’a rien à voir, à ses yeux, avec un quelconque manque de respect. Au contraire, exiger des autres le meilleur, c’est les traiter comme soi-même, sans minimiser leur rôle. Alors, oui, au passage, quelques ego sont égratignés, mais c’est le prix à payer pour atteindre l’excellence. Ceux qui n’attendent pas des autres qu’ils offrent le meilleur, simplement pour être indulgents, ne sont-ils pas, au fond, indifférents ? 

Tout contrôler peut sembler digne de l’attitude d’une diva de la chanson. Dans le cas de Mylène, c’est un trait de caractère qui apparaît très tôt dans sa carrière. Bien avant d’être une star, elle ne veut rien laisser au hasard. Ainsi, Christophe Mourthé me raconte qu’à l’époque de Libertine, la chanteuse veut s’assurer l’exclusivité de ses services. « Il lui est même arrivé de me signer un chèque pour que je n’aille pas faire de prises de vue d’une autre chanteuse ! » 

Bien sûr, le succès va permettre à Mylène de donner la pleine mesure à ce tempérament. Certains observateurs ont identifié l’année 1987 comme un tournant décisif. A-t-elle pris la grosse tête à ce moment-là ? Elsa Trillat, qui fut un témoin privilégié, nuance le propos. « Le succès ne l’a pas changée. Mais, dès que les droits de ses chansons sont tombés, une cour s’est agglutinée autour d’elle. Dans un premier temps, elle trouvait gratifiant d’être entourée de gens très serviables. Peut-être même en avait- elle besoin pour se rassurer. Ce qui m’a gênée, c’est que, dès qu’ils étaient tous à tournoyer autour d’elle, à s’habiller comme elle, elle devenait différente. Elle faisait sa reine. » 

La chanteuse elle-même reconnaît que la célébrité peut être déstabilisante. « Le succès change forcément les choses, plus par rapport à l’esprit qu’à la vie courante. Je crois que c’est un mélange d’angoisses et de plaisirs qui sont décuplés, mais l’un ne va pas sans l’autre. C’est une jouissance qui vous meurtrit. » En surface, tout est perturbé, les émotions sont vécues avec davantage d’intensité, qu’elles soient positives ou négatives. Mais, dans le fond, rien ne change. Au contraire, dans le cas de Mylène, on serait tenté de dire que le noyau de son caractère s’est durci. 

1988-24-aD’où ses exigences nouvelles, et souvent mal comprises, face aux médias. En 1987, alors qu’elle est invitée sur le plateau de « Nulle part ailleurs », Antoine de Caunes lui réserve un accueil mitigé, tentant de la déstabiliser en maniant l’ironie tandis qu’il la questionne sur ses deux singes capucins. Pourquoi tant de perfidie ? L’humoriste n’a, semble-t-il, pas apprécié que Mylène pose comme condition à son passage dans l’émission que sa loge soit ornée de lys blancs. Se prendrait-elle pour Mariah Carey ? Elsa Trillat nuance le propos. « Quand elle est devenue la première, elle s’est amusée à tester les limites de sa popularité. Par exemple, lorsqu’elle se rendait à un show télévisé, elle imposait de ne  croiser personne entre sa loge et le plateau. Tout ça peut paraître démesuré, mais pour elle c’était un jeu de petite fille ! Sans doute une revanche, aussi. » 

Engager une partie de bras de fer et soumettre l’autre à ses quatre volontés… C’est ainsi que Mylène affirme sa toute puissance, enfant insatiable à qui l’on ne peut rien refuser. « Il est à moi, le monde », répète-t-elle avec un plaisir non dissimulé dans Dessine-moi un mouton, cette chanson où elle nous invite à nous connecter avec notre enfance. Pour elle, ce lien n’a pas été perdu. Elle le revit chaque fois qu’elle dicte ses choix. Son désir, dans ces instants-là, peut être plus impérieux que l’ordre de l’univers. Sur le sujet, d’ailleurs, Mylène ne manie nullement la langue de bois. Ainsi, en 1991, elle tient des propos plutôt iconoclastes, qui résonnent pour certains comme une déclaration de guerre. « Aujourd’hui, j’ai les moyens d’envoyer paître la vulgarité. J’ai toujours considéré que j’avais tous les droits. 

Maintenant, j’ai les moyens de mes convictions. Ce ne sont pas des caprices de star. Je me suis tracé un chemin, il ne me fait pas peur. Personne ne m’obligera à m’allonger sur une peau de panthère devant des caméras de télévision. Je ne l’acceptais pas quand j’avais besoin d’eux. “Pour qui se prend-elle, celle-là ?”, je l’ai souvent entendu. C’est encore plus facile de refuser, maintenant qu’ils ont besoin de moi. »

 

Dès 1987, elle a édicté une nouvelle règle intangible pour sa communication : lorsqu’elle accorde une interview à un magazine, elle exige de faire la couverture. Un principe qui va faire grincer quelques dents dans les rédactions. Peu importe, la chanteuse assume. « Quand vous démarrez, on vous rappelle souvent ce que vous n’êtes pas encore. J’ai souffert et beaucoup travaillé. Maintenant je suis en droit de demander quelque chose, une récompense peut-être. Pour moi, une couverture, c’est magique et beau. La demander peut sembler agressif à certains. Je les laisse libres de ne pas parler de moi. Ce n’est pas grave. »       Bien sûr, ce rapport de force n’est pas pour plaire à la presse. Jouant sur les mots, Gala ne lui accordera, d’ailleurs, en 1995, qu’une accroche de couverture, et non le sujet leader, ce qui provoquera l’ire de la star. D’une façon générale, ses apparitions en une des magazines se sont raréfiées depuis quelques années. Et même Paris Match, qui a assuré la promotion des concerts au Stade de France en publiant une interview recueillie par Jérôme Béglé, n’a offert à Mylène qu’une lucarne en couverture. Preuve que le bras de fer engagé il y a vingt ans est un risque à double tranchant. Si un jour son étoile pâlissait, la chanteuse serait-elle toujours en mesure d’imposer sa loi aux médias ?

 

      Toujours est-il que ce besoin de tout contrôler détonne. Peu d’artistes se sont autant affranchis par rapport à leur maison de disques. Ainsi, à la différence d’une Björk ou d’une Madonna, Mylène n’a pas de « marketing manager » qui pourrait la conseiller sur les choix à opérer pour sa carrière. Au fond, elle a conservé un fonctionnement quasi artisanal, qui lui permet de déléguer a minima. Pour que son œuvre lui ressemble, elle veut éviter tous les parasitages.

1988-04-a       C’est au contact de Laurent Boutonnat, à ses débuts, que Mylène a appris à pousser le perfectionnisme dans ses derniers retranchements. Ainsi, pour le clip de Pourvu qu’elles soient douces, un conseiller historique, Jean-Louis Viau, est appelé sur le tournage, dans un souci de ressusciter au mieux le siècle des Lumières. « Dès la préparation, dit-il, je suis frappé par la volonté de toute l’équipe d’agir proprement : je suis amené à entraîner les figurants – et je peux vous dire qu’apprendre le maniement d’armes du XVIIIe siècle, ce n’est pas facile. »

      Un problème de costumes va pourtant contrarier le projet : les tenues dénichées pour les cinq jours de tournage, en août 1988, correspondent au Premier Empire. Sur le conseil de Viau, la costumière, Carine Sarfati, a pour mission de les modifier en cousant une rangée de boutons à la verticale sur les chemises blanches. Un détail, oui, mais c’est ce souci du détail qui fait la différence entre les vrais artistes et les autres.

      Mylène va retenir la leçon. Dès sa première tournée, son professionnalisme force le respect des musiciens. Le guitariste Slim Pezin n’hésite d’ailleurs pas à comparer le perfectionnisme de la chanteuse, alors débutante, à celui de Claude François qui, sur scène, surveillait chaque détail. « Parfois, Mylène demande un musicien, un danseur ou une danseuse dans sa loge, après le concert. » Certes, contrairement à l’interprète de Comme d’habitude, réputé caractériel, elle n’exige pas, chaque soir, la tête d’un collaborateur qui n’aurait pas « assuré ». Simplement, elle veut corriger le tir, dire ce qui doit être dit, sans agressivité mais avec fermeté, pour parvenir à un résultat toujours meilleur.

 

Après l’échec de Giorgino, Mylène, émancipée de l’influence de Laurent Boutonnat, qui demeure malgré tout son premier collaborateur, va s’impliquer de manière totale dans la préparation de ses spectacles. S’exprimant sur le tour 1996, elle confie son plaisir d’être omniprésente : « Il s’agit de tenir cette tournée, non pas de la contrôler, parce que ce n’est pas un très joli mot mais, en tout cas, d’être absolument dans tous les départements, à savoir les images, par exemple, le choix de l’équipe qui s’occupe de ces images sur l’écran. Mais aussi, bien évidemment, le casting des danseurs. » Tentaculaire, la chanteuse laisse seulement à son mentor le choix des musiciens – « J’avais d’autres choses à faire, de toute façon268. » Mais son plus grand plaisir, c’est d’être à l’origine de la conception artistique.

      Pour le « Mylenium Tour », elle décide de travailler avec Guy-Claude François, concepteur du décor, sans même faire appel à Laurent Boutonnat. C’est lui qui, après avoir visionné la vidéo du live à Bercy, trouve l’idée de la déesse égyptienne Isis comme base de la scénographie. Pour le reste, tout est affaire de conversations particulièrement stimulantes. « Nos idées sont lancées sur la table – je dis sur la table parce qu’on dessine beaucoup. Qui apporte l’idée ? Tout est dans la discussion. Par exemple, le concept de l’entrée en scène vient de Mylène. »

      Très à l’aise lorsqu’il s’agit de prendre des décisions, la chanteuse n’exerce jamais son pouvoir au mépris d’un collaborateur. Si elle a choisi tel ingénieur du son ou tel responsable des lumières pour l’épauler, c’est qu’elle entend disposer de son talent. Le seul critère qui vaille, c’est la cohérence du spectacle. « Mylène est animée d’une conviction très enrichissante pour ses collaborateurs, explique Guy-Claude François. Quand il y a une décision à prendre sur le moindre détail, elle a la réponse juste : elle est très intelligente. » 

      Bien sûr, on ne peut croire sur parole des témoins recrutés par la chanteuse, donc plutôt disposés à lui tresser des couronnes. Toutefois, un sentiment prédomine : celui d’une femme dont l’autorité repose sur un jugement plein d’assurance. Mark Fisher, qui a créé le décor du spectacle Avant que l’ombre… à Bercy, le confirme : Mylène arrive à certaines réunions préparatoires avec des croquis qu’elle a elle-même dessinés.

      « Elle est à la base de tout, elle contrôle tout et sait exactement ce qu’elle veut », reconnaît, apparemment bluffé, le percussionniste Nicolas Montazaud. Au côté de son partenaire Laurent Boutonnat, qui l’assiste lors de la préparation des treize concerts de 2005, Mylène se montre plus créative que jamais. « Assister à des réunions de production avec eux, c’est fou… Ils ont une centaine d’idées à la minute », raconte Xavier Gendron, ingénieur du son retour. Une véritable partie de ping-pong qui n’aboutit pas toujours à des idées viables, mais impressionne les témoins de ce numéro de duettistes. « Ils forment un véritable duo, même si, au final, Mylène a le dernier mot. »

       La décision, prise par Mylène dès 1995, de faire appel à d’autres réalisateurs que Laurent Boutonnat pour ses clips n’a pas simplifié sa carrière. Désormais, la chanteuse doit découvrir elle-même les talents qui vont poursuivre avec elle l’aventure. Chaque fois, c’est une greffe hasardeuse qui peut ne pas prendre. C’est là qu’intervient Anouk Nora, une femme indispensable dans l’entourage de la star.

« Mylène a une vraie vision créatrice et donne souvent l’embryon d’un concept, ce qui permet le début d’une recherche de réalisateur et la finalisation de l’idée initiale, explique-t-elle. Elle a un imaginaire totalement cinématographique, ce qui élimine donc déjà beaucoup d’autres approches. » À Anouk,donc, de contacter la perle rare, d’opérer le rapprochement nécessaire et de veiller à ce que tout se passe comme Mylène le souhaite.

   2000-05-e   Tout contrôler. Le bénéfice est immense : son œuvre ne ressemble qu’à elle-même et nul ne l’a jamais fait dévier de son cap. Mais le prix à payer n’est pas mince non plus. C’est celui d’une certaine solitude, une difficulté à lâcher prise aussi, à s’abandonner aux autres. Car, aussitôt, la peur pourrait rejaillir. La méfiance aussi. Mylène le sait mieux que quiconque : ce trait de son caractère n’est pas une qualité en soi. « Je suis en quête de perfection. C’est une faille de ma personnalité, un défaut. » Même s’il existe une grande jouissance à décider de tout, il s’agit aussi d’une forme d’enfermement douloureux.

      Avec le temps, elle est devenue semblable à une tour. Elle ne cesse de bâtir des remparts pour se protéger. À l’intérieur, elle creuse des labyrinthes. Et puis, dans les alvéoles de ces labyrinthes, elle aménage des pièces secrètes où peu de gens sont conviés. Tout contrôler, n’est-ce pas le meilleur moyen  d’éviter tout contact ? Du haut de cette tour qu’elle n’en finit pas d’ériger, il arrive à Mylène de recevoir l’amour du public. Et là, d’un coup, c’est comme si le sol se dérobait. 

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

Publié dans MYLENE par H.ROYER | Pas de Commentaires »

rétrospective sur le Timeless 2013

Posté par francesca7 le 19 décembre 2013

 

2014 mylene-farmerMylène Farmer donnait le coup d’envoi de sa tournée Timeless 2013. La star débute par dix dates au Palais Omnisports de Paris Bercy avant d’embarquer son show futuriste dans l’hexagone et à l’étranger. Dimanche, Mylène Farmer entamait son deuxième jour après avoir répondu aux questions de Laurent Delahousse - une interview diffusée lors de son JT de 20 heures – au moment même où elle montait sur scène pour une représentation à laquelle nous avons assisté.

Cercueil climatisé

Pour son grand retour sur scène samedi, après quatre ans d’absence, Mylène Farmer a vécu de « très émouvantes retrouvailles » avec son public. Dans un Bercy plein à craquer, un spectateur un peu particulier en la personne de Laurent Delahouse. Le beau gosse du JT de France 2 assistait au show avant d’interviewer la chanteuse pour son 20 heures de dimanche. Visiblement sous le charme, Laurent Delahousse n’a guère bousculé l’idole qui lui a répondu avec la simplicité qu’on lui connaît. Il y était question de discrétion, celle de Mylène Farmer qui peut entraîner « beaucoup de commentaires« , parfois « violents« . Il y était question de ce qu’elle ressent sur scène. « C’est probablement le moment où j’ai un vrai sentiment de liberté, pas d’entrave, pas de tabou. » La star s’amuse également des fantasmes qu’elle suscite en indiquant qu’elle dort bien dans un cercueil et que celui-ci est climatisé.

Six mois d’entraînement

Il a fallu un an à l’artiste et son complice Laurent Boutonnat pour mettre en scène le spectacle Timeless. Mylène Farmer s’entraînait physiquement depuis six mois pour ce retour, le temps pour elle d’imaginer les chorégraphies et de se préparer avec ses danseurs. La scénographie a été confiée au regretté Mark Fisher qui a livré pour la star un décor à la fois futuriste et minimal, un immense plateau, un vaisseau spatial et des invités surprises : des robots articulés aux mouvements surprenants. Décédé dans son sommeil le 25 juin dernier, Mark Fisher a conçu ses dernières années les décors du MDNA Tour de Madonna et ceux du Born This Way Ballde Lady Gaga. Il n’aura pas la chance de voir sa machinerie de rêve prendre vie grâce à Mylène Farmer et son public.

Dimanche soir, Mylène Farmer est montée sur scène vers 20h50. Dans la salle, des personnalités comme Orelsan, Julien Doré,Isabelle Boulay, Caroline Loeb et le cinéaste François Ozon qui n’a pas caché son enthousiasme. Mylène Farmer fait son apparition au coeur d’une porte étincelante donnant sur l’immensité stellaire. On pense un peu à Stargate, mais les étoiles sont surtout dans les yeux des 15 000 spectateurs comme soufflés par l’arrivée de la star. À 52 ans – jeudi 12 septembre – Mylène Farmer livre un spectacle à la mise en scène pointue d’une grande élégance, où seule sa voix semble compter. Ses musiciens sont parfois cachés et il n’y a alors plus qu’elle sur cet immense plateau, magnifiquement habillée par son complice Jean-Paul Gaultier, pour tenir ce Bercy gigantesque.

Collection de tubes

Mylène Farmer fait son entrée sur À Force de, extrait de l’album Monkey Me (2012) écoulé à 450 000 exemplaires. La première partie de son show est composée de quelques-uns de ses plus grands tubes des dix dernières années. Les fans ont même droit à un duo virtuel avec Moby surSlipping Away. Après un interlude impressionnant durant lequel les robots assurent une étrange chorégraphie (on a rarement vu autant d’écrans de téléphone portable braqués sur une scène), Mylène Farmer revient avec Gary Jules, première surprise du show, pour chanter Mad World etLes Mots (duo qu’elle interprétait à l’origine avec Seal). Elle rejoint ensuite son directeur musical,Yvan Cassar, installé au piano pour deux chansons piano-voix à fleur de peau, Et pourtant et Je te dis tout.

Nouvelle pause et nouveaux costumes. Mylène Farmer revient en rouge pour communier avec ses 15 000 fans sur Désenchantée. Un classique des spectacles de la chanteuse qui soulève la foule. Durant le reste du show, plus personne n’osera se rassoir, car elle enchaîne les tubes Sans contrefaçonBleu Noir, Je t’aime mélancolie (grand moment) et XXL. En réécoutant ses chansons, on prend la mesure de l’importance de la chanteuse dans le paysage pop français et dans notre vie, si l’on a eu la chance de grandir avec ses premiers tubes. En plus d’un catalogue solide, c’est une artiste qui met sa voix sur la table (quelles que soient ses petites faiblesses) et ne fait pas de son spectacle une démonstration sportive et acrobatique. Timeless est à la mesure de son talent : mature.

30 ans de carrière

images (6)Quand elle annonce une nouvelle surprise à ses fans, Mylène Farmer ajoute avec humour : « Oui, c’est la même qu’hier soir. » Quand bien même, on est beaucoup à hurler de plaisir en entendant les premières mesures de Maman à tort, son premier 45 tours sorti en 1984. Ce n’est pas le seul clin d’oeil de Mylène Farmer à ses débuts : elle portait un catogan de chevalier d’Eon et durant l’interlude on pouvait entendre le Trio pour piano et cordes n° 2 de Franz Schubert utilisé par Stanley Kubrick dans son film Barry Lyndon, référence principale de Boutonnat et Farmer pour le diptyque Libertine et Pourvu qu’elles soient douces.

En rappel, elle craint de ne pouvoir aller au bout d’Inséparables et de l’inusable Rêver. Mais si ses yeux trahissent son immense émotion et son trouble, sa voix tiendra le spectacle du début à la fin. Elle disparaît alors dans une colonne de fumée. Le Timeless Tour, tournée ambitieuse de tous les records, ne fait que commencer. Plus de 420 000 spectateurs applaudiront Mylène Farmer jusqu’en décembre.

 

 

Publié dans Mylène dans la PRESSE, Mylène TIMELESS 2013 | Pas de Commentaires »

Mark Fisher et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 18 mars 2012

Mark Fisher (Concepteur décors)

 

Mark Fisher et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE 01Outre le fait qu’ils aient les mêmes initiales, Mark Fisher et Mylène Farmer partagent également un goût commun pour la démesure. Entretien avec l’un des plus célèbres concepteurs de décors au monde.

texte de l’interview :

Cela a été une énorme surprise pour tout le monde que vous travailliez avec Mylène. Quand avez-vous rencontré Mylène et comment cette collaboration s’est-elle établie ?

Mylène m’a contacté pendant l’été 2004. Je connaissais son travail et j’étais ravi de pouvoir collaborer avec elle, parce que c’est une artiste unique, dont les shows sont particulièrement créatifs.

Mylène a souvent fait part de son admiration pour U2, et c’est une fan de Peter Gabriel. Le fait d’avoir travaillé avec ces deux artistes vous a-t-il aidé à concevoir le décor de Avant que l’ombre… à Bercy ?

De par mon travail de designer, tout ce que je fais est basé sur mes travaux précédents. Pendant toutes ces années, j’ai eu le privilège de travailler avec des artistes remarquables et chacun d’entre eux a apporté sa pierre à l’édifice de ma façon de créer un show.

Avant que l’ombre… à Bercy a rencontré un formidable succès. Avez-vous assisté au concert ?

J’ai vu le concert plusieurs fois, qu’il s’agisse des répétitions ou bien du show lui-même. J’ai trouvé que le spectacle fonctionnait très bien. Comme le show était destiné à être présenté dans un seul endroit, c’était finalement plus compliqué qua dans n’importe quel Zénith où j’ai monté des spectacles avec des artistes anglo-saxons. Mais nous avons pu faire des choses qui n’auraient pas été possibles en tournée. L’équipe technique était réellement très forte et ils ont tout rendu possible.

MFBercy2006_70a dans Mylène et L'ENTOURAGEComment s’est déroulée votre collaboration avec Mylène ? Vous donnait-elle des idées ?

J’ai rencontré Mylène et Laurent plusieurs fois entre l’été 2004 et l’été 2005, date à laquelle le décor final a été achevé. Nous avons travaillé en étroite collaboration. Ils avaient tous les deux des idées fortes et précises concernant le show. Parfois, Mylène faisait des croquis de ce qu’elle voulait. Ils avaient tous les deux la même façon de concevoir le spectacle et ce qu’il devait rendre. J’ai proposé mes propres idées et après en avoir discuté tous les trois, j’ai réalisé mes propres croquis, que j’ai présentés à Mylène et Laurent. Plus tard, j’ai travaillé sur les différents tableaux visuels sur informatique.

Combien de temps la conception du show a-t-elle duré ? Avez-vous dû réajuster certaines choses après les premières répétitions ?

Non, rien n’a changé durant les répétions, car tout était prévu très en amont.

Avez-vous travaillé en direct avec Artefact, qui s’est chargé de la construction des décors ?

J’avais déjà travaillé avec Artefact auparavant (pour Johnny Hallyday). Je m’entends très bien avec eux. Ils ont réalisé un formidable travail pour Mylène, en particulier les sculptures et le fronton de la porte, qui est fantastique.

Qui a eu l’idée du rideau d’eau, qui n’avait jamais été vu en France auparavant ?

L’idée vient de Mylène (ndlr : pas tout à fait juste ! L’idée vient de Michael Kintzig, directeur technique du spectacle, qui a découvert ce procédé inventé par Aquatique Show lors d’une convention pour la marque de voitures Renault).

Les médias français considèrent souvent Mylène comme la Madonna française. Qu’en pensez-vous ?

Je pense que Mylène a une vision artistique plus profonde et plus riche que Madonna. Peut-être Mylène est-elle moins « fashion »… A travers son travail, Mylène essaye de nous dire quelque chose au sujet de l’existence.

Quand on regarde Avant que l’ombre… à Bercy, on a l’impression qu’il n’y a pas de lien réel entre les différents tableaux du show, excepté le début et le fabuleux final. Pourriez-vous nous expliquer le sens du spectacle ?

Je ne pense pas que le show ait une véritable narration. Mais il propose une série d’univers qui sont beaux et qui fonctionnent entre eux.

 Mylène Farmer et vous – 2006

Publié dans Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaires »

 

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