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Dieu ou l’angoisse du vide pour Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 25 septembre 2015

 

 

mylene-farmer_clipUne croix chrétienne composée de deux allumettes entrecroisées. Mylène la porte autour du cou sur la pochette de l’album Avant que l’ombre… Elle semble protéger son sommeil, à moins qu’elle ne veille une morte. C’est toute l’ambiguïté de cette image : le velours capitonné fait songer à l’intérieur d’un cercueil. Le symbole est fort. Il marque en même temps la puissance et la fragilité de l’empreinte religieuse. Élevée chez les sœurs au collège Sainte-Marcelline de Pierrefonds, Mylène a reçu une éducation catholique. Elle a suivi avec assiduité les cours de catéchisme. Pour autant, si Dieu est une référence dans son imaginaire, elle ne lui voue aucune révérence. « Je ne crois pas en Dieu, mais j’aime ce mot », confesse-t-elle, citant aussitôt un mot de Cioran : « Le vide s’appelle Dieu. » 

Tout juste consent-elle à jeter un de ces pavés qui frôlent le blasphème. « Mon fantasme, c’est le prêtre. Je n’avais de cesse de séduire le prêtre qui enseignait le catéchisme. Ça n’est jamais arrivé. Mais avec lui, ça pouvait aller jusqu’au fantasme sexuel. » De ce souvenir pour le moins subversif, elle fera une chanson, Agnus Dei, qui inaugure superbement l’album L’Autre. « Te voir en chair / J’en perds la tête », lance-t-elle au prêtre, dont la voix grave récite la prière rituelle de l’Agnus Dei destinée à laver les fautes des hommes. Peine perdue ! Ce fantasme lui vaudra d’être excommuniée… 

En réponse à un journaliste, qui se montre intrigué par le sens des paroles, où il est question de « génuflexion » et d’« extrême-onction », autant de termes qui dénotent les traces indélébiles d’une éducation religieuse, la chanteuse lâche cette formule lapidaire : « Dieu, je ne connais pas. Peut-être que c’est ça ma mutilation. » Mylène « l’impie » a pris ses distances avec le Grand Ordonnateur : « Je suis loin de vous… », murmure-t-elle à la toute fin de la chanson. 

Comme si la cassure n’avait pas été assez franche, la chanteuse tord le cou à la religion de son enfance dans Je te rends ton amour. Filant la métaphore picturale, le titre ressemble fort à une rupture définitive et sans appel de son interprète avec Dieu. Les images du clip de François Hanss, devenues mythiques grâce à l’extraordinaire foisonnement de symboles qu’elles charrient, confirment ce scénario d’un divorce en règle. Une aveugle entre dans une église, trouvant refuge dans un confessionnal. Après avoir lu en braille un extrait de la Bible, elle retire l’alliance qui scellait son union avec Dieu. Sans doute parce qu’elle n’y voit pas, elle ne se rend pas compte que l’être qui s’installe de l’autre côté de la paroi de bois n’est pas un prêtre bienveillant, mais le Malin lui-même, reconnaissable à ses yeux rouges et aux griffes qui prolongent ses doigts. 

L’attirant à elle, il l’hypnotise et finit par briser toute résistance. Ensuite, c’est le chaos. Tandis qu’un ange de pierre tombe et se fracasse sur le sol, l’innocente jeune femme va subir les derniers outrages : violée et crucifiée par le Malin, elle s’offre à lui lors de noces barbares. Avant de se relever, nue comme au premier jour, dans une marre de sang qui symbolise la perte de sa virginité. S’agit-il d’un rituel satanique ?

 

Certains n’ont pas hésité à l’affirmer en découvrant ce clip très dérangeant, qui n’est pas sans rappeler le climat de Rosemary’s baby , de Roman Polanski. En piétinant ainsi les fondements mêmes de notre culture judéo-chrétienne, Mylène s’est d’ailleurs attiré les foudres de la censure. Toutefois, il serait absurde de voir dans cette petite bombe de subversion le signe de quelque pacte diabolique contracté. Non, la star n’est pas tombée, comme son héroïne, entre les mains des forces du mal. En réalité, le clip de Je te rends ton amour doit beaucoup à la thèse de Georges Bataille, l’un des auteurs favoris de Mylène, qui décrit paradoxalement le sentiment religieux comme la racine même du Mal. En voulant nous baigner de pureté, le dogme catholique nous fait entrevoir l’attrait des ténèbres : car la lumière ne va pas sans l’ombre. Ériger le Bien en valeur absolue, quand l’homme est incapable d’atteindre un tel horizon, n’est-ce pas dans le même temps engendrer le Mal ?

 

Ce partage de l’être en deux faces opposées, la chanteuse l’avait déjà abordé avec force dans le titre Sans logique, dès 1988. « Si Dieu nous fait à son image / Si c’était sa volonté / Il aurait dû prendre ombrage / Du malin mal habité », lance-t-elle comme pour se dédouaner d’être une simple pécheresse. 

Pourtant, si Dieu est banni de l’univers farmerien, comme Adam et Ève du paradis terrestre, cela ne signifie pas pour autant que toute spiritualité se soit évaporée. Ainsi, la figure de l’ange conserve-t-elle une place de choix dans le répertoire de la star. « Quand je suis seule au plus profond d’un spleen, je sais qu’il est là. C’est peut-être mon double, meilleur. En tout cas, c’est une présence amie. » 

De fait, le mot est un de ceux qui reviennent le plus souvent dans ses chansons. « Les anges sont las de nous veiller », fredonne-t-elle dans Rêver. Sur l’album Avant que l’ombre…, Mylène consacre un titre, Ange, parle-moi, à cet autre auquel elle lance un appel au secours. Car cette voix qui la guide, cette présence qui l’aide à affronter la solitude existentielle, il lui arrive aussi parfois de se taire. « Parle-moi, parle-moi / Dis-moi si tu es là ? », clame alors la chanteuse pour briser un silence soudain angoissant. 

Tout le malheur de l’humanité, écrit en substance Pascal, provient de ce que l’homme serait incapable de rester seul avec lui-même dans une chambre. Mylène a beau s’isoler, elle se sent mieux lorsqu’elle peut entendre cette voix amicale. Elle abordait déjà cette question dans la chanson L’Autre : « C’est la solitude de l’espace / Qui résonne en nous / On est si seul, parfois / Je veux croire alors qu’un ange passe / Qu’il nous dit tout bas / Je suis ici pour toi / Et toi c’est moi. » On le voit, il s’agit d’une forme de dédoublement de la personne : l’ange, c’est l’écho de la conscience, un guide qui encourage, alerte ou dissuade. Tant qu’il entretient ce dialogue avec l’être, la solitude demeure supportable. 

tv-01-aLorsqu’elle chante Il n’y a pas d’ailleurs, un cri déchirant qui semble nier toute perspective d’un au-delà, Mylène ne sait pas encore que la lecture du Livre tibétain de la vie et de la mort, dans les années 1990, va modifier la donne. « Je crois avoir découvert l’idée d’une vie après la mort, dit-elle alors. Et cette acceptation est un changement assez bouleversant dans ma vie. » À cet instant-là, la sincérité du propos est indiscutable. Pourtant, sans doute en raison de l’« impermanence » dont parle Sogyal Rinpoché, cette consolation ne sera que provisoire. En 1999, Mylène n’hésite pas à faire machine arrière. « Au jour d’aujourd’hui, je ne suis plus habitée par cette philosophie. Les pansements se sont envolés »

 

Malgré tout, et même si, en raison de ce revirement, la chanteuse reprend Il n’y a pas d’ailleurs sur scène, son imaginaire continue d’être traversé par les questions spirituelles. De ce point de vue, la chanson Méfie-toi constitue à elle seule une véritable déclaration de foi dans la puissance de la pensée. « L’esprit fort est le roi / Il règne ainsi sur la matière. », chante Mylène, qui  l’autoproclame « vierge iconoclaste ». Au fond, les pensées sont comme les rayons d’un soleil intérieur qui est notre esprit. Une fois émises, elles ont une réalité, un pouvoir, une efficacité, exactement comme les choses matérielles. 

Pour s’être intéressée de près à l’astrologie, notamment au contact de Bertrand Le Page, Mylène n’ignore rien non plus de la révolution que constitue l’entrée imminente de notre planète dans l’ère du Verseau. Durant l’Ère des Poissons, les hommes ont beaucoup exploré le domaine de la navigation, qui témoigne de l’influence de l’Eau. Désormais, c’est l’Air qui va être à l’honneur. Certes, l’homme d’aujourd’hui vit déjà par l’Air : l’avion, les fusées et les télécommunications en témoignent. Mais Internet n’est qu’un brouillon de ce que seront demain les grands réseaux d’informations internationaux. En fait, ce que l’ère du Verseau nous réserve, c’est une communication puissance dix. 

Mylène l’a parfaitement compris : c’est l’artiste française dont les supports sont le plus téléchargés. En outre, plus de soixante-dix sites non officiels lui sont consacrés sur la Toile. Après avoir brûlé Dieu de façon spectaculaire, tout comme l’avait fait Frances Farmer dans sa dissertation, Mylène s’est donc inventé une nouvelle religion toute personnelle. L’ange gardien y occupe une place de choix, mais cette croyance singulière intègre également des puissances invisibles. « Quelle solitude / D’ignorer / Ce que les yeux ne peuvent pas voir » chante-t-elle dans Dessine-moi un mouton. 

Avec son regard d’enfant qui dissèque le monde, Mylène sait combien les mots ont de poids. Elle sait aussi combien une chanson peut s’avérer la plus efficace des prières. La vie lui a montré que, pour qu’un vœu se réalise, il fallait demander beaucoup, quitte à supplier parfois. Le ciel l’a exaucée en lui offrant un destin XXL. 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008


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L’épreuve du miroir Face à Mylène

Posté par francesca7 le 12 septembre 2015

 

 

Tous ceux qui l’ont approchée ont été saisis par sa beauté. Hommes et femmes, indifféremment. Ainsi, l’écrivain Amélie Nothomb succombe lors de leur première rencontre, en décembre 1995, pour une interview croisée dans l’édition allemande du magazine Vogue. « La première chose que j’ai à dire, c’est que c’est une des personnes les plus belles que j’ai jamais vues. Elle est vraiment plus belle en réalité qu’en photo. C’est quelque chose qui m’a frappée. » Bien que Mylène ne possède pas des traits académiques, il émane de sa personne un éclat qui n’appartient qu’à elle. Une lumière qui provient de l’âme et irradie tout son être. H. R. Giger, le dessinateur qui a inspiré le décor du « Mylenium Tour », a lui aussi succombé. « En rentrant chez moi après notre entrevue, j’ai dessiné plusieurs portraits de Mylène, mais qui sont tous restés inachevés car il faudrait que je la revoie à nouveau pour mieux saisir sa beauté et son mystère si spécial. » 

Amélie N et Mylène

Qu’on lui dise qu’elle est belle ne la rassure pas. Au pire, ça peut même provoquer des réactions insolites. Dans Giorgino, la séquence où Jeff Dahlgren, après avoir dévalé un escalier, doit déclarer à la sauvage Catherine combien il la trouve jolie va être délicate à tourner. La raison ? Chaque fois, un irrépressible fou rire s’empare des deux acteurs. Sans doute Mylène a-t-elle du mal à recevoir ce type de compliment. Il faudra qu’elle ramasse un clou douteux au sol et le serre dans sa main jusqu’à sentir une douleur pour que la prise soit finalisée. 

Depuis ses débuts, avec une touchante sincérité, elle ne cache pas combien il lui est difficile de s’accepter : « Je ne me suis jamais trouvée jolie, et cela ne change malheureusement pas. » Lors de sa première tournée, elle semble obsédée par cette question. « J’étais son miroir, confie son manager. Elle me disait : “Bertrand, Bertrand, est-ce que je suis belle ?” Je lui répondais : “Non, mais tu es divine.” » Éprouve-t-elle un complexe particulier ? « Mon nez n’est pas ce que je préfère en moi. » Ainsi, à la photographe Elsa Trillat, elle aurait expliqué qu’elle se désolait de ressembler à Barbra Streisand. « Par moments, c’était une telle fixette qu’elle a envisagé de faire rectifier son nez. Mais je le lui ai déconseillé. Je lui ai dit : “Si tu fais ça, ton regard va changer.” » Mais Mylène n’est pas particulièrement à l’aise non plus avec son regard, cette légère coquetterie qu’on note sur quelques rares clichés, plus prononcée lorsqu’elle rit aux éclats. 

Quant à son nez, il a eu l’heur de séduire Amélie Nothomb. « Il est complètement japonais. Je l’aime vraiment beaucoup. Il paraît pourtant qu’elle n’en est pas fière. Elle a bien tort ! » Contrairement à d’autres artistes de sa génération, Mylène a choisi de ne pas corriger l’appendice que la nature lui a donné – et pas seulement par peur du bistouri. Bien lui en a pris : son nez singulier lui donne du caractère et lui confère sa beauté hors norme. D’ailleurs, grâce à la caméra de Laurent Boutonnat, mais aussi au talent des maquilleurs et des photographes, l’objet de son complexe va se fondre dans son visage comme cette neige dont elle raffole sous les rayons du soleil. 

Très vite, le cinéaste apprend en effet à offrir au public le meilleur de sa muse, ce trois quarts gauche qui la sublime à l’écran. Dès la fin des années 1980, Mylène sera systématiquement filmée sous son bon profil, que ce soit dans ses clips ou lors des émissions de télévision. D’ailleurs, lorsqu’elle accepte de venir sur un plateau, la place de la caméra et l’angle d’éclairage de son visage font partie des règles inflexibles. Même la télévision russe, en 1999, a dû se conformer à ces consignes strictes. 

Au détour d’une interview, Mylène évoque d’ailleurs cette forme de dédoublement d’elle-même : « Sur un visage, on dit que le côté droit est le présent, et le gauche le passé. Eh bien, je préfère mon côté gauche. »      Bien sûr, ses traits ne sont pas aussi fins et réguliers que ceux de certains top models. Elle trouve ses lèvres trop minces, son menton un peu fuyant, elle n’aime pas être photographiée de face. Un après-midi de l’été 1987, dans le sud de la France, autour d’une piscine où sont réunis amis et membres de sa famille, elle refuse obstinément de sauter dans l’eau. La raison ? « Elle ne veut pas qu’on la voie avec les cheveux mouillés, me raconte l’un des témoins de la scène. Elle s’imagine, à tort ou à raison, que ça ne l’avantage mylènepas. » 

Alors que son public la trouve magnifique, Mylène ne cesse de nourrir des complexes. Son sens exacerbé de l’esthétique génère une insatisfaction chronique. « Je sais que je ne suis pas un modèle parfait », dit-elle. D’où un rapport complexe au miroir. D’un côté, il est l’ennemi juré, celui qui lui renvoie ce qu’elle ne peut s’empêcher de voir comme ses défauts. De l’autre, il lui permet de s’apprivoiser, de chercher les angles qui la rassurent, bref de faire, le temps d’un coup d’œil furtif, la paix avec elle-même. « J’ai en permanence besoin du reflet de ma personne dans le miroir, même s’il n’est pas celui espéré », confie-t-elle en 1996, au risque de passer pour nombriliste. Dix ans plus tard, lorsque Thierry Demaizière l’interroge sur cette rumeur qui prétend que son appartement serait truffé de miroirs, elle esquive : « Je crois ne pas en avoir un seul. » 

Un paradoxe qui montre bien que rien n’est réglé. « Le souci de n’être pas assez jolie est une angoisse », lâche-t-elle comme si elle s’était résignée à une forme irrémédiable de souffrance. Les psychologues le savent, ce sont les êtres qui ne s’acceptent pas qui passent le plus de temps face au miroir. Sans doute parce qu’ils cherchent désespérément à s’aimer, guettant l’image qui va enfin les réconcilier avec eux-mêmes. En 1989, peu avant sa première tournée, Mylène s’offre un petit plaisir égoïste : accompagnée de Bertrand Le Page, elle remonte les Champs-Élysées dans une limousine noire pour voir les affiches du spectacle placardées sur les colonnes Morice. Lorsque l’image est flatteuse, il n’y a plus aucune raison de bouder son plaisir. 

Au fond, n’est-ce pas de cette fragilité, de cette faille narcissique-là, que naît la beauté véritable ? Le photographe Jean-Marie Périer, auteur d’une série de clichés de Mylène pour Elle en 1998, le dit à sa façon. « Elle m’avait prévenu gentiment que la présence d’un objectif la rendait marteau et que l’acte d’être photographiée la transformait en quelqu’un d’autre. C’était vrai, rien à voir avec la personne au charme si attractif. C’était une sorte d’ovni silencieux qui évoluait sur coussin d’air en évitant les regards. Elle s’asseyait joliment comme un oiseau timide en me lançant de temps en temps un regard qui disait qu’elle ne détesterait pas que tout ça s’arrête. De toute manière, j’étais séduit, puisque je n’ai d’attirance que pour les gens qui n’aiment pas se faire photographier. » 

Les êtres au physique trop parfait nous laissent indifférents. Parce qu’ils n’ont rien à prouver, aucune émotion ne transfigure la symétrie de leurs traits. On ne peut que les admirer, en aucun cas les aimer. Pour s’attacher à quelqu’un, encore faut-il s’accrocher à un défaut, croire qu’on est le seul à pouvoir panser une plaie secrète. Il en est de l’amour pour une chanteuse comme de celui qu’on éprouve pour la femme ou l’homme de sa vie. Cette réserve qui caractérise Mylène, ce visage qu’elle camoufle avec pudeur derrière les boucles de sa chevelure rousse, voilà ce qui la rend aussi attachante aux yeux du public. Quand elle pleure sur scène, qui n’aurait pas envie de la prendre dans ses bras ? 

Farmer Mylene De cette fragilité, elle va faire une force. Puisqu’elle ne se trouve pas jolie, elle sera sublime. Glamour et sexy à la fois. Envoûtante et énigmatique. Infiniment désirable et distante dans le même temps. L’objet parfait du fantasme. Pas besoin d’être la plus jolie pour ça : l’intelligence fait le reste. D’où ce rapport délicat à la photographie. Lorsqu’elle accepte une séance, elle sait le degré d’exigence qu’elle veut atteindre : trouver le cliché qui la rendra séduisante à ses propres yeux. Mission périlleuse, tant elle a fixé la barre à une hauteur démesurée. « Quand on ne s’aime pas ou qu’on ne s’accepte pas, on est beaucoup plus critique. Il y a des images que l’on déteste et, quand on déteste, on déchire. » Tous ceux qui l’ont photographiée savent combien elle est impossible, combien il lui faut être rassurée, par la coiffure, le maquillage, le stylisme, la lumière, avant de se laisser capturer.  D’où, également, cette sophistication dans la construction de son image. Puisque Mylène ne s’aime pas au naturel, elle n’apparaîtra jamais à la télévision sans être au mieux de son apparence. À plus forte raison, elle soigne son look dans ses clips. Quitte, parfois, à en faire trop ? C’est ce que penseront certains fans en découvrant, en 2006, le clip de Q.I. Cheveux soigneusement ondulés et laqués, maquillage sophistiqué : elle ressemble à une poupée un peu trop apprêtée, ce qui, selon certains, a pu nuire au propos du clip, montrant un couple d’amoureux au quotidien. 

Que Mylène, en s’aimant aussi peu, soit devenue aussi belle dans l’esprit du public, constitue sans doute le paradoxe le plus réjouissant de toute sa carrière. Au fond, cette faille que l’on perçoit, sous la perfection de l’artifice, la rend terriblement humaine et touchante. Que penserait-on d’une artiste qui se gargariserait de sa beauté ou se complairait dans l’autosatisfaction permanente ? Sans doute qu’autant de prétention ne mérite pas qu’on s’attache à elle. « Qui peut s’aimer, à part les imbéciles  ? » me souffle Philippe Séguy. Il n’a pas tort. Si besoin était, Mylène nous apporte une preuve supplémentaire de sa clairvoyance. 

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008


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Mylène Farmer sur SKYROCK avec Jacky

Posté par francesca7 le 11 juillet 2015

 

7 MAI 1988 – Entretien avec JACKY

L’émission débute par un extrait de « Ainsi Soit Je… »

Jacky : Salut à tous, c’est Mylène Farmer et Jacky avec vous jusqu’à 20h !

Mylène Farmer : Bonjour ! (rires)

mylène5J : Bonjour, Mylène Farmer ! « Ainsi Soit Je… » : qu’est­ce que ça veut dire, ça ?

MF : Qu’est­ce que ça peut te faire ?! (rires)

J : Ben, c’est pour toi que je dis ça ! Enfin, c’est pour les ‘skyrockeurs’, d’ailleurs…

MF : « Ainsi Soit Je… », c’est le titre à la fois de l’album et du dernier 45­Trs.

J : Bon. Et pourquoi c’est pas « Ainsi soit­il » ?!

MF : Parce que j’ai préféré parler de moi !

J : …plutôt que du petit Jésus !

MF : Ensuite, il y a ‘Ainsi soit tu’ et ‘Ainsi soit il’ !

J : Et ‘Ainsi soit nous’, non ?!

MF : Non ! (rires)

J : Alors, c’est tes goûts jusqu’à 20h : tout ce que tu aimes en musique, et en tout d’ailleurs !

MF : Oui…

J : Tu es d’accord ?

MF : Oui, c’est formidable !

J : Alors là, tu as choisi INXS…

MF : Oui.

J : Parce qu’ils sont australiens ou pour autre chose ?

MF : Tout spécialement pour la chanson et pour le personnage ­ enfin, en tout cas pour le chanteur. Je le trouve très sensuel et j’aime beaucoup la production de leur dernière chanson.

J : Qui s’appelle « Need You Tonight ».

MF : Yes !

J : Tu es d’accord ?

MF : Je suis d’accord !

J : Bon, ben écoute ! Je te vois bien en train de te mettre dans une poche de kangourou, non ? (rires de Mylène) Avec fermeture Eclair !

MF : Je n’ai pas de kangourou. Pas encore !

J : Oui, enfin on en parlera de tes singes, tout çà ! Allez, INXS !

Diffusion de « Need You Tonight », suivi de « L’Horloge »

J : (…) « L’Horloge », c’est donc un poème de Charles Baudelaire…

MF : Absolument, qui est tiré de « Spleen et Idéal », et c’est un poème que j’aime beaucoup, bien sûr.

J : Je m’en doute, si tu l’as mis en musique !

MF : Absolument.

J : Tu aimes Baudelaire depuis longtemps ou tu as eu une révélation soudaine ?

MF : Non, c’est une révélation qui est continue depuis quelques années !

J : Depuis que tu es en classe de sixième ?

MF : Ca, je ne sais pas. Je crois l’avoir étudié, effectivement, en classe…

J : Oui ? Certainement, comme tout le monde.

MF : …mais je ne m’en souviens pas bien. Non, c’est une redécouverte, en fait : j’ai relu « Spleen et Idéal »…

J : Et tu as eu envie de… ?

MF : …et j’ai eu envie de la mettre sur cette musique qui avait été composée avant.

J : Beaucoup avant ou… ?

MF : Non, qui a été terminée un mois avant.

J : Il y a d’autres poètes que tu aimes bien à part Baudelaire ?

MF : Oui, il y a Rilke. Qu’est­ce que j’aime bien ? Rimbaud. Je vais en oublier plein…

J : Tu vas en oublier plein, mais c’est Baudelaire, quoi. Tu as eu envie de…

MF : C’est le plus violent, probablement, dans son écriture.

J : Certainement. Tu es violente ?

MF : J’ai une part de moi­même, oui, qui doit être très violente…

J : Tu le caches bien, parce que tu es relativement douce comme fille, enfin apparemment !

MF : Apparemment, Jacky ! (rires)

J : Apparemment seulement ?

MF : Méfiez­vous du loup qui dort, comme on dit !

J : Méfiez­vous de Mylène Farmer qui dort ! Qui dort pas trop, hein ? Bon ! On va écouter Spandau Ballet…

MF : (dubitative) Oui…

1988-02-dJ : D’accord ?

MF : D’accord !

J : De toute façon, c’est ton émission donc tu peux être que d’accord ! (rires de Mylène)

Après la diffusion du titre de Spandau Ballet, Jacky décrit la pochette de l’album « Ainsi Soit Je… » en s’attardant sur la poupée qui y figure.

MF : C’est une autre Mylène Farmer.

J : Tu préfères laquelle ?

MF : C’est sa marionnette…

J : La marionnette ou la vraie ?

MF : Celle de gauche est encore plus étrange que celle de droite !

J : Ben oui !

MF : …pour ceux qui ont la pochette ! (rires)

J : Mais, comme toutes marionnette qui se respecte, elle a des petites ficelles ? On peut la diriger ?

MF : Non. Celle­ci, il faut lui introduire la main dans le corps, dans le dos, et remonter jusqu’à la tête pour pouvoir actionner la bouche.

J : Elle peut parler ?

MF : C’est une marionnette de ventriloque, pas de…

J : Tu es ventriloque, Mylène ?

MF : Oh, je le suis à mes heures, oui !

J : Oui ? Et tu la fais parler, la marionnette Mylène Farmer, ou non?

MF : Ca m’est arrivé devant mes petits singes, justement.

J : Et ils comprennent le langage ?

MF : Ils comprennent tout !

J : Mais tu devrais le faire à la télé une fois, non ?

MF : On l’a fait, oui ! La marionnette…

J : Tu l’as fait ? A quelle émission ?

MF : Je ne sais plus. (cette mise en scène a été faite à deux reprises : « Lahaye d’Honneur » le 15.01.1988 et « Les Uns et les Autres » le 06.02.1988, toutes deux sur TF1, nda)

J : Et tu la fais parler ?

MF : On l’a pas fait parler parce que c’était difficile d’actionner la bouche, parce que le marionnettiste n’était pas là. Mais elle était présente sur le plateau : la chanson démarrait sur la marionnette et terminait sur la marionnette.

J : C’était quelle chanson ?

MF : Il s’agissait de « Sans Contrefaçon » ! (rires)

J : …que nous écouterons au cours de l’émission.

MF : Absolument ! (rires)

J : Tu en as d’autres de marionnettes, à part la tienne ?

MF : Non. Non. Non, non.

J : Tu en voudrais d’autres, non ?

MF : J’ai vu un magasin qui avait effectivement des très anciennes marionnettes à fil, et qui sont somptueuses.

J : Oui, c’est très beau ça, les marionnettes…

MF : Oui. C’est une collection que je ferais bien, ça, oui.

J : Tu pourrais peut­être la démarrer, non ?

MF : Je ne sais pas ! (rires)

J : On verra, quoi ! Quelques publicités sur Skyrock…

MF : Bien. C’est indispensable je crois ?!

J : Malheureusement ! A tout de suite !

Pause publicitaire puis diffusion de « Ca va, ça vient », le premier tube de Liane Foly.

J : C’était Liane Foly : « Ca va, ça vient ».

MF : C’est bien.

J : Bon, c’est bien, ça, hein ? Ca va, ça vient, on se demande ce qui se passe ! Tu es en train de faire un clip, là, en ce moment ? Tu l’as terminé ? Comment ça se passe ?

MF : Oui, on a tourné il y a une semaine. Tout a été fait en studio.

J : Sur « Ainsi Soit Je… » ?

MF : C’est sur « Ainsi Soit Je… » et c’est un clip qui sera un petit peu plus court que les précédents.

J : Pourquoi ? Tu les trouvais trop longs, les précédents ?

MF : Pas du tout, non. C’est pour changer un petit peu, d’une part, et d’autre part il y a ces nouveaux compacts qui introduisent cinq minutes d’images, donc que nous allons projeter… (rires) (Le clip figurera effectivement sur un CD vidéo incluant également différentes versions de la chanson, nda)

J : Donc tu vis avec ton siècle !

MF : Voilà ! Donc, je pense que ça durera cinq minutes, je crois.

J : Et c’est le même réalisateur ?

MF : C’est toujours Laurent Boutonnat. Nous sommes revenus à la première équipe et aux mêmes studios que le clip de « Plus Grandir », qui étaient les studios de Stains, et nous avons le même chef opérateur.

J : Est­ce qu’il y a Zouc ?

MF : Zouc n’est pas présente, non ! Elle était sur « Sans Contrefaçon ».

J : Comment ça s’est passé avec Zouc ? C’est toi qui l’as demandée, ou c’est elle qui… ?

MF : C’est moi qui l’ai demandée. Je l’avais demandée, j’avais eu envie d’une première rencontre, c’était à l’occasion d’une émission qui s’appelait « Mon Zénith à Moi ».

J : Oui, sur Canal +.

MF : Voilà. Et j’ai eu le souhait donc d’inviter Zouc, qui a répondu oui. Et après est venue l’histoire de « Sans Contrefaçon », du clip et le personnage était évidemment Zouc.

J : C’était bien, en plus. Tu l’avais vue sur scène, Zouc ?

MF : Je l’ai vue deux, trois fois, il y a très longtemps et j’ai revu son nouveau spectacle qui est formidable, qui est d’une grande tristesse, mais…

J : Et vous êtes restées amies ? Enfin, vous vous revoyez fréquemment ?

mylène1MF : On se téléphone régulièrement. Mais elle, elle est en tournée actuellement, donc ça lui prend énormément de temps. Moi, parallèlement, j’avais l’enregistrement de mon album. Mais je l’ai eue récemment, elle va bien !

(rires)

J : Bon, t’es sûre, ou… ?

MF : Oui ! (rires)

J : Parce qu’elle écoute là, on sait jamais !

MF : Peut­être…

J : Là, tu as choisi Renaud…

MF : Oui.

J : « Putain de Camion », une chanson qui est dédiée à Coluche.

MF : Oui, j’avoue que j’ai pas encore découvert son album, ce que je vais faire bientôt, mais…

J : Tu es inconditionnelle de Renaud ?

MF : Je ne sais pas si on peut parler d’inconditionnelle, en tout cas c’est vraiment quelqu’un que j’aime bien.

J : Qui te touche ?

MF : Qui me touche énormément, oui, qui a une émotion qui me touche.

J : Voilà. Et Coluche, tu l’aimais bien ?

MF : J’aimais bien Coluche. J’aimais bien aussi monsieur Desproges.

J : Oui, c’est bizarre, hein ? Tous ces comiques qui s’en vont comme ça…

MF : Oui. C’était les meilleurs. Qui reste­t­il ?!

J : Bon, il reste Michel Leeb, mais enfin bon… !

MF : Sans commentaires ! (rires)

J : Il vaut mieux, non ? il vaut mieux écouter Renaud, non ?

MF : Oui !

Diffusion de « Putain de Camion » de Renaud, suivi de la reprise de Mylène de « Déshabillez­Moi »

J : Coucou, c’est Jacky et Mylène Farmer sur Skyrock ! (rires de Mylène) Ben, faut le rappeler de temps en temps, parce qu’ils vont l’oublier, Mylène ! Mylène Farmer dans « Déshabillez­Moi ». Depeche Mode, ça fait longtemps que t’aime ça, non ?

MF : Ca fait très longtemps ! (rires)

J : Dès le premier album, quoi, tout de suite, d’entrée de jeu…

MF : Non, non, faut pas mentir. J’ai un petit frère qui écoute énormément Depeche Mode et qui m’a fait découvrir ce groupe à force d’écoute.

J : Ha, d’accord. Donc, c’est ton frère…Ha bon, comme quoi !

MF : Et après, c’est vrai que j’ai découvert leur univers que j’aime beaucoup. Et ma foi, nous continuons.

J : Et « Déshabillez­Moi », comment c’est venu, ça ?

MF : « Déshabillez­Moi », c’est aussi un concours de circonstances.

J : En écoutant Juliette Gréco, ou quoi ?

MF : Non, du tout. C’est lors d’une émission qui s’appelait ‘Les Oscars de la Mode’ (diffusée sur TF1 le 21.10.1987, nda). On m’a demandé d’y participer, et comme clin d’œil, c’était « Déshabillez­Moi », c’était évident. Et c’est vrai que j’ai pris un plaisir énorme, je pense pour Laurent Boutonnat aussi, que de l’enregistrer en studio.

J : Ben oui, surtout que moi j’aime bien cette version !

MF : Oui, c’était intéressant de la réactualiser.

J : Absolument. Et Juliette Gréco, tu l’as vue ? Tu as eu des échos ?

MF : Non, j’avoue que je connais très peu Juliette Gréco. Je connais beaucoup plus Barbara.

J : Tu ne connais pas son avis sur la chanson, quoi…

MF : Ah, non plus ! Non, non ! (rires) Mais j’aimais bien « Je hais les dimanches » aussi, de Juliette Gréco.

J : Oui, c’est vrai. Mais tu te rends compte que c’est extrêmement bien écrit, quoi, « Déshabillez-Moi»…

MF : Ah oui. Admirablement bien, oui.

J : Et ça te va bien d’ailleurs !

MF : (rires) Entre « Libertine », « Déshabillez­Moi »… ! (rires)

J : Ben oui ! Et tu te déshabilles souvent, non ? Tous les soirs ?

MF : J’aime bien être nue, évoluer dans mon appartement nue.

J : Nue ? Mais totalement nue ?!

MF : Totalement nue !

J : Ben écoute… ! Et les fenêtres sont ouvertes, non ?!

MF : Non, elles sont fermées, les rideaux fermés.

J : Bon…

MF : Aucune chance ! (rires)

J : Aucune chance pour moi tu veux dire ?!

MF : Je ne sais pas, Jacky…

J : Et dans la rue, tu aimes bien évoluer nue ?

MF : (rires) Vous avez des questions qui sont absolument impossibles d’y attacher des réponses (sic)

J : Bon d’accord ! Steevie Wonder… (alors que le disque démarre)

MF : (l’air très peu convaincu) Oui…oui…

J : Bon, ben ok ! Steevie Wonder !

Diffusion d’un titre de Steevie Wonder.

J : Alors, demain c’est le deuxième tour, tu sais, des élections, tu sais, pour élire le président de la République. Est­ce que tu as voté déjà pour le premier tour ?

MF : Non.

J : Non ? Est­ce que tu vas voter pour le deuxième tour ?

MF : Non plus.

J : Ca ne t’intéresse pas du tout ?

MF : C’est pas le problème. Je n’ai jamais voté et j’avoue que je n’ai plus envie de voter.

J : Il y en a aucun qui t’inspire ?

M F : Non, c’est pas ça. Il y a des personnalités qui m’intéressent. Maintenant, par rapport à la direction de diriger un pays, j’avoue que je n’ai pas la compétence moi­même pour pouvoir juger, je crois.

J : Donc tu préfères t’abstenir…

MF : M’abstenir, oui.

J : Totalement ?

MF : (elle acquiesce d’un murmure)

J : Tu regardes un peu ce qui se passe quand même, les débats politiques… ?

MF : Moi, le débat politique, oui, j’aime beaucoup.

J : Parce que c’est un peu un show, quoi…

MF : Oui, oui. Non, non, il y a des choses qui sont très intéressantes, très drôles. Très déprimantes aussi, quelquefois.

J : Est­ce que tu as regardé le débat Jacques Chirac / François Mitterrand ?

MF : Non. Moi, j’étais en enregistrement de télévision, donc, et j’ai raté le débat. Mais j’ai demandé qu’on l’enregistre. Donc c’est quelque chose que je regarderai.

J : C’est très, très bien. (rires de Mylène) Donc là, tu as choisi « Allan »…

MF : Oui !

J : …qui est un extrait de ton nouvel album.

MF : Oui, et…

J : Tu peux me raconter l’histoire brièvement de cette chanson ?

MF : Il s’agit de Allan Edgar Poe (sic). Dans cette chanson, je parle de Ligéia qui est une de ses nouvelles, qui parle sans doute de ces femmes idéales. Que dire d’autre ? C’est un auteur que j’aime.

J : Oui, moi aussi d’ailleurs.

MF : Et j’aimerais beaucoup faire un clip sur cette chanson aussi.

J : Donc, peut­être tu vas sortir cette chanson en 45­Trs ?

MF : Peut­être !

J : Tu aimerais pas faire des clips sur toutes tes chansons de l’album ?

MF : Si. C’était un projet, mais un projet qui est très, très cher et il faut avoir surtout du temps, ce que nous n’avons pas actuellement. Mais c’est vrai que c’est quelque chose que j’aimerais faire.

J : Tu auras pas le temps de faire ça ?

MF : Non. Entre le studio, l’enregistrement, après la promotion les clips et tout ça, c’est vrai que ça mange énormément de temps. C’est le thème de « L’Horloge » : ‘Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde’.

J : Mais si tu as envie de le faire, ça serait bien d’y consacrer un peu de temps, non ? Enfin, je dis ça, comme ça !

MF : Oui, oui. Oui, nous y pensons.

J : Personne l’a fait déjà, je crois. Si ? En France, je sais pas…

MF : Je sais pas. Je sais que les cassettes ­ ce qu’on avait fait, la compilation des clips ­ ça, personne l’avait fait jusqu’à présent.

J : Parce que tu es une artiste qui attache beaucoup d’importance à l’image de tes chansons, non ?

MF : Oui, bien sûr, oui. Parce que j’aime l’image, j’aime le cinéma.

J : Pour toi le clip, c’est un support extrêmement important ? Ca fait partie de la chanson ?

MF : Je sais pas si c’est extrêmement important. En ce qui concerne le cas de « Libertine », c’est vrai que ça avait été on pourrait presque dire indispensable. Maintenant après, c’est plus un plaisir qu’un besoin. Je crois qu’on peut se passer de clip, il y a suffisamment d’émissions de télévision. Nous attendons toujours une chaîne musicale…

J : Tu crois que ça va venir, ça ?

MF : J’en sais rien.

J : T’en sais rien. Tu la souhaites, toi ?

MF : Oui. J’aimerais beaucoup, oui.

J : Est­ce qu’il y a des émissions de télévision que tu refuses de faire ? Sans les citer !

MF : Il arrive un moment où c’est vrai que mon souhait c’est de paraître le moins possible.

J : D’envoyer ton clip, quoi…

MF : C’est d’envoyer le clip parce que malheureusement, on ne nous donne pas toujours de bons éclairagistes, de bons caméramans, et qu’à la fin on en a un peu assez, c’est vrai, de voir son image un petit peu massacrée ­ là je dis son image vraiment physique ­ et qu’on en finit, oui, par couper un peu tout ça.

J : « Allan », alors ! (Mylène acquiesce) Allons­y…

1996-08-aDiffusion de « Allan »

J : Je vous rappelle que vous êtes sur Skyrock avec Mylène Farmer et Jacky !

MF : Est­ce que ça a une signification, Erasion ? (nom d’une chanson diffusée pendant la coupure, nda)

J : Ca doit en avoir une, mais je l’ignore totalement !

MF : Ha bon !

J : Faudrait peut­être demander à nos auditeurs, non ?

MF : Peut­être ! (rires)

J : Vous nous écrivez ! Alors : « The Farmer’s Conclusion », c’est quoi ça ? Je vois sur l’album… (rires)

MF : Alors ça, c’est une idée de Laurent !

J : C’est un instrumental ? Parce que j’ai écouté…

MF : Oui.

J : Laurent étant le compositeur de tes chansons…

MF : Oui, absolument…

J : Je précise pour les auditeurs !

MF : « The Farmer’s Conclusion », c’est la conclusion de la fermière ! (rires)

J : C’est donc un jeu de mot, je suppose, en ce qui concerne ton nom ?

MF : Oh oui, je pense ! Vous êtes perspicace ! (rires)

J : Je suis observateur aussi, oui !

MF : (elle reprend son sérieux) Et c’est une petite chanson, elle dure combien de temps ? Je sais pas, très peu de temps…

J : Très peu de temps, mais j’aime bien moi…

MF : Très peu de temps. Il y a le pied qui est un cochon, la basse, c’est le chien ­ enfin c’est toute une construction, comme ça, qui est assez drôle.

J : Oui, c’est assez bizarre mais c’est… Ca lui a pris du temps ?

MF : Non ! (rires) Je vous garantis que non ! (éclat de rire)

J : Ca a été fait comme ça, quoi…

MF : C’était comme ça, en studio.

J : Ouais…Live, pratiquement ?

MF : (elle acquiesce d’un murmure)

J : Alors tu as encore beaucoup de singes, Mylène, ou tu n’en as toujours qu’un seul ?

MF : Non, j’ai eu un bébé.

J : Oui…Un bébé singe ?

MF : Un bébé singe, un bébé capucin.

J : Avec qui ? Avec un singe ou un humain ?

MF : Je ne sais pas ! (rires) C’est un capucin, et il est un petit peu différent du premier. Il vient d’un autre pays, celui­là vient de Chine. Il est né en France, il est né en captivité mais il a un petit air chinois !

J : Captivité pour un singe, ça veut dire quoi exactement ?

MF : Ca veut dire qu’on ne les capture pas dans leurs pays, qu’ils ne sont pas traumatisés comme ils pourraient l’être s’ils étaient capturés dans leur propre pays. C’est comme on fait des élevages de chiens ou de chats, ou je ne sais quoi. Ils sont un petit plus domestiqués. Je déplore le fait que, c’est vrai, d’abord la vente est interdite, mais il y a des magasins qui en vendent…

J : Dommage…

MF : Non, pas dommage !

J : Non, vaut mieux hein…

MF : Parce que c’est très difficile de s’occuper d’un singe. Il faut vraiment…

J : Ca te prend beaucoup de temps ?

MF : Enormément de temps, oui.

J : Pourquoi ? Parce qu’il faut vraiment lui parler ?

MF : Parce que ça a une demande d’affection qui est aussi importante, je crois, que la nôtre. On dit ça de chaque animal, mais je crois que le singe a une demande qui est étonnante.

J : Et pourquoi tu as choisi le singe ?

MF : Justement pour ce besoin de donner aussi un peu d’affection ! (rires)

J : Non, mais tu aurais pu en choisir un autre animal…

M : C’est vrai. Non, mais ça a un répondant qui est incroyable, et puis un contact qui est… C’était les singes, voilà !

J : Tu as deux singes, donc, chez toi ?

MF : Donc j’en ai deux, maintenant : j’ai le bébé et la maman. Une fausse maman, mais…

J : Mais comment ils vivent ? Ils sont en liberté dans ton appartement ?

MF : Pas continuellement, ça c’est impossible.

J : C’est ça qui m’impressionne…

MF : Ils ont une très, très grande cage, et je les sors fréquemment et je m’amuse avec eux.

J : Ah, ils sont en cage quand même, donc…

MF : Oui, mais la cage c’est…

J : C’est obligatoire la cage pour un singe ? Non ?

MF : Si, c’est indispensable sinon ils vous ruinent votre appartement en deux minutes ! (rires)

J : Ha oui d’accord, ils mangent n’importe quoi !

MF : Ben, il y en a une qui est très calme. Le bébé est beaucoup plus dynamique, donc lui renverse tout…

J : C’est des enfants quoi, faut s’en occuper comme… Non ?

MF : Pratiquement, oui.

J : Tu y consacres beaucoup de temps ? Dès que tu peux ?

MF : Beaucoup de temps. C’est pour ça que je pars très, très peu en vacances. D’ailleurs, je n’aime pas beaucoup l’oisiveté, donc… Mais c’est vrai que c’est difficile. On ne peut pas laisser un singe à autrui, c’estimpossible.

J : Ben, c’est ça, oui…

MF : Impossible. C’est très dépressif en plus.

J : Donc, quand tu te déplaces, tu te déplaces avec tes singes, ou tu les laisses ?

MF : Je fais en sorte. Mais sinon, je reste.

J : Donc tu te consacres pratiquement ­ pas complètement, mais beaucoup, quoi !

MF : Oui. Quel dévouement ! (rires)

J : Ben oui, mais c’est bien, non ?

MF : Oui !

J : Johnny Hallyday ­ bon, c’est pas un singe, mais … (Mylène se prend d’un fou rire qu’elle tente d’étouffer) ­ on va écouter Johnny Hallyday, maintenant.

MF : C’est « Je te promets » ?

J : Ouais…

MF : Il le dit combien de fois ?

J : Il le dit souvent je crois, non ?

MF : Je crois !

J : Aussi souvent que « Je t’attends », je crois. Non, je sais pas…

MF : Je vous laisse juge ! (son fou rire la reprend)

J : Je sais pas si il est en cage, mais…Il est pas en cage lui, Johnny Hallyday, non ? On y va : « Je te promets »

Diffusion de « Je te promets » de Johnny Hallyday

J : Bon, il est 19h, vous êtes sur Skyrock et il n’y a pas de flash ! C’est pas grave, remarque, hein Mylène ?!

MF : Il n’y a pas de publicité, non plus ?

J : Il n’y a pas de publicité, il n’y a pas de flash ! On va écouter Aubert, c’est toi qui as choisi, « Tel est l’amour »…

MF : Oui, il est…

J : (il la coupe) On va en parler après ! Aubert & co…

Diffusion de « Tel est l’amour » de Jean­Louis Aubert

J : « Tel est l’amour », choisi par Mylène Farmer.

MF : Oui, j’ai vu leur clip.

J : Il est bien, hein ?

MF : Il est très, très, très beau.

J : Donc tu préfères le clip à la chanson, à la limite !

MF : Non, du tout. Non, non. J’aime beaucoup Jean­Louis Aubert.

J : Oui. Que tu as rencontré ?

MF : Une fois.

1995-06-bJ : Une fois ?

MF : Croisé. C’est quelqu’un que j’aime bien. Que dire d’autre ? Je trouve qu’il a un physique pour le cinéma.

Je ne sais pas si ça a déjà été fait, proposé…

J : Je ne pense pas, mais peut­être ça viendra !

MF : Oui. Et voilà, c’est un peu tout ce que j’ai à dire sur Jean­Louis Aubert !

J : Ben écoute, Mylène Farmer, c’est très, très bien. Passons maintenant à Alpha Blondy…

MF : Oui. Vous allez m’en dire deux mots ! (rires)

Diffusion d’un titre de Alpha Blondy, suivi de « Tristana »

J : « Tristana » de Mylène Farmer. Alors ça, c’est ‘souvenirs souvenirs’, Mylène ?

MF : On va penser plutôt aux souvenirs du tournage du clip…

J : Ce sont des souvenirs récents, quand même ?!

MF : Oui, relativement oui.

J : Oui, quand même !

MF : C’était fabuleux : la neige, tout ce que j’aime. C’était un tournage très difficile.

J : Mais le clip était bien quand même ?

MF : Je pense, oui !

J : Tu l’aimes toujours, la chanson ?

MF : Oui !

J : Est­ce que tu réécoutes tes anciens disques ? « Maman a Tort »… ?

MF : Non, un peu difficilement.

J : Pourquoi ?

MF : Parce que le deuxième album est tout récent, et…

J : C’est­à­dire qu’il est pas assez ancien pour toi pour que tu puisses l’écouter, c’est ça ?!

MF : Je sais pas. Je pense que je sais pas si un auteur relit tous ses livres. J’en suis pas sûre. Non, je reviens difficilement à ce que j’ai fait avant.

J : Ca fait combien de temps que tu chantes ? Combien d’années, maintenant ?

MF : Je crois que ça fait quatre ans.

J : Quatre ans ? (Mylène acquiesce) Donc ça a été très vite pour toi, le succès, non ? Tu penses ?

Enfin, je sais pas, peut­être pas, je me rends pas compte…

MF : Je crois que ça a été progressif. C’est ce qui est, enfin, ce que j’aime le plus dans cette évolution.

J : Tu es vigilante, lucide, par rapport à tout ça ?

MF : Je pense très lucide, et puis surtout envie de travailler.

J : Beaucoup ?

MF : Oui. J’ai besoin de travailler, moi, pour survivre. Vraiment, le travail.

J : Sinon tu t’ennuies ? Oui, tu n’aimes pas l’oisiveté, tu me l’as dit…

MF : Non, sinon je m’ennuie. Je pourrais être dépressive très facilement, aussi.

J : Tu as des tendances à la dépression ?

MF : Je pense, oui. J’en suis même sûre ! (sourire)

J : Et « Tristana », cette chanson, c’était dédié à quelqu’un ou c’était juste… ?

MF : Non, c’est une atmosphère, et puis c’est…

J : Qui correspondait à l’époque où tu l’as écrite ?

MF : Pas du tout. Oh non. Non, non, non, non ! Non, je crois que l’époque après ce phénomène un petit peu russe qu’on a vu dans les magasins avec les poupées russes est venue à brûle­pourpoint, et c’était pas du tout volontaire.

J : Est­ce que tu aimes prendre l’air du temps ?

MF : Je préférerais être intemporelle…

J : Oui…

MF : …donc hors mode.

J : Tu l’es déjà un peu, non ?

MF : Ca, je ne peux pas dire ! (sourire)

J : Oui, oui ! Il vaut mieux être hors mode que mode ?

MF : (elle acquiesce d’un murmure)

J : Pourquoi ? Parce que la mode, ça se démode ? Tu as peur de disparaître ?

MF : Forcement éphémère…

J : Là, tu as choisi Jacques Dutronc, « Il est cinq heures, Paris s’éveille ». C’est une chanson assez sensuelle…

MF : Magnifique.

J : Magnifique, oui…

MF : Il m’est arrivé d’errer la nuit, au petit matin ! (rires)

J : Oui ? Souvent ? Tu aimes bien la nuit ?

MF : J’aime la nuit. Je ne suis pas vraiment quelqu’un de la nuit…

J : Donc tu dors, la nuit ?

MF : Il m’arrive de dormir. Je me réveille très souvent, pour faire des confidences ! (rires)

J : Des cauchemars, non ?

MF : Je fais beaucoup de cauchemars, mais ça c’est vraiment par période. Je pense que c’est lié à des faits réels de sa vie. Je suis plus sujette aux cauchemars qu’aux rêves.

J : Ca ne te dérange pas ?

MF : Pas du tout, non.

J : Ca t’arrange, peut­être ?

MF : J’ai également une complaisance dans ce genre de… (rires)

J : Est­ce que ça t’est arrivé d’écrire une chanson d’après un cauchemar que tu avais fait ? Ca t’a inspirée ?

MF : Heu, non. Non, pas réellement. Mais c’est un bon sujet, je vais le garder ! (rires)

J : Tu peux le noter, d’ailleurs ! Et tu t’es retrouvée déjà dans Paris à l’aube, comme ça, vers cinq heures, sur les trottoirs, dans les boîtes… ?

MF : Oui, ça m’est arrivé ! Mais Paris est une des plus belles villes. J’ai peu voyagé, mais c’est vrai que c’est une des plus belles villes au petit matin.

J : Dans ta jeunesse, tu sortais beaucoup ?

MF : Non, très peu aussi.

J : Tu n’aimais pas ça, les boîtes de nuit…?

MF : Non. Non, non. Je n’aimais pas évoluer parmi tout le monde.

J : Trop superficiel pour toi, ou… ?

MF : Non, à cette époque là, je ne jugeais pas ça comme tel mais je ne m’y sentais pas bien. Je préférais rester chez moi. (silence) Ne me regardez pas comme ça, Jacky ! (rires)

J : Non, mais c’est bien ! Bon, Jacques Dutronc, allons­y !

Coupure musicale avec « Il est cinq heures, Paris s’éveille », suivi d’un titre de Bryan Ferry.

J : C’est Bryan Ferry : tu dois aimer ça, non ?

MF : Oui…

J : Ca correspond un peu à ce que tu aimes, non ?

MF : A quoi ?! A mon son ?!

J : Je sais pas ! A ton type de garçon ? Je sais pas, physiquement, moralement…

MF : Non, mais c’est quelqu’un qui a beaucoup de classe, qui a de belles chansons.

J : Oui, je trouve. Qui est propre sur lui, qui est bien habillé, qui dégage…Tu aimais bien « Roxy Music » ? (groupe monté en 1971 par Bryan Ferry, nda)

MF : Dois­je entendre que je suis propre sur moi ?! (rires)

A (2)J : Oui. C’est un compliment, non ?

MF : Oui !

J : Tu aimais bien Roxy Music ? Non ?

MF : Oui ! Oui, oui…

J : Est­ce que tu vas au concert ?

MF : Très peu. Le dernier concert c’était Gainsbourg.

J : Oui, là au Zénith, ou au Casino de Paris ?

MF : Oui, au Zénith (en mars 1988, nda). J’aurais peut­être préféré le Casino de Paris…

J : Oui, certainement…

MF : Ca, c’est vraiment avec trois points de suspension parce que je ne l’ai pas vu.

J : Tu as pas aimé le Zénith ?!

MF : Je ne me permettrais pas de dire ce genre de choses…

J : Sur Gainsbourg…

MF : …parce que j’aime beaucoup vraiment Gainsbourg. Maintenant, je pense que quelque chose de plus intimiste, oui, serait plus proche.

J : Tu as peur de la foule, non ?

MF : Je ne m’y sens pas très, très bien, c’est vrai. J’ai un peu peur des regards, surtout.

J : Qui se portent sur toi ?

MF : Oui. Mais ça depuis vraiment que je suis toute petite.

J : Ca n’a rien avoir avec le fait que tu sois un personnage public, alors ?

MF : Ca s’est amplifié, fatalement, puisqu’on vous regarde un peu plus facilement.

J : Oui, c’est ça…

MF : C’est pour ça que j’ai pas envie de provoquer non plus ce genre de choses qui pourraient m’être désagréables, donc c’est pour ça que je sors moins.

J : Quand tu étais ‘inconnue’, ça te gênait ?

MF : Enormément ! Quand j’étais dans un train, et que ce face à face avec…

J : Dans les compartiments, c’est horrible !

MF : C’était terrible. Je préférais me lever et…

J : Qu’est­ce que tu faisais ? Tu prenais un livre ?

MF : Non : coller mon nez contre la porte ! (rires)

J : Tu regardais les vaches ?

MF : …et regarder les vaches passer ! (rires)

J : Ou les singes ! (rires de Mylène) Lio : tu aimes bien alors, c’est ton choix, ça…

MF : J’aime beaucoup cette fille, absolument.

J : Moi aussi, remarque !

MF : C’est une fille pleine d’énergie que je trouve très, très belle.

J : Qui dégage une espèce de…

MF : Hmm hmm…

J : OK, « Les brunes comptent pas pour des prunes », c’est ça ?

MF : C’est un des titres que je préfère. C’est pas le plus récent, je crois…

J : Mais c’est pas grave, Mylène Farmer ! (rire gêné de Mylène) Allons­y : Lio !

Diffusion du titre de Lio, suivi de « Pourvu qu’elles soient Douces »

J : « Pourvu qu’elles soient Douces », qu’on vient d’écouter…

MF : De quoi s’agit­il ?!

J : Alors, oui ?!

MF : Je vous pose la question !

J : Bah justement, je te le demande Mylène ­ je vous le demande !

MF : (rires) Il s’agit des petites fesses.

J : Pourquoi ? Tu aimes bien les petites fesses ?

MF : Oui…

J : Des singes, ou pas forcément ?

MF : Non, là il faut avouer que les fesses de singes ne sont pas très jolies, pas très douces ! Mais…

J : Celles d’hommes ?

MF : Celles de bébés !

J : Tu as un enfant ?

MF : Non.

J : Tu aimerais en avoir un ?

MF : Je ne sais pas. Je ne peux pas me prononcer là­dessus, mais…

J : Peut­être ? S’il vient, tu…

MF : Ce n’est pas le propos du moment, en tout cas.

J : Ouais, pas le temps, quoi !

MF : Voilà, pas le temps ! (rires)

J : Pas l’envie, alors ?

MF : Pas l’envie, tout simplement, non.

J : Ce sont des fesses de bébés dont tu parles, là, dans cette chanson ?

MF : Non pas des fesses de bébés, mais je disais que j’aimais beaucoup les fesses de bébé !

J : Ce sont les fesses en général ?

MF : Les fesses en général…

J : C’est une partie du corps agréable à regarder ?

MF : C’est une des plus jolie parties du corps.

J : Ca dépend qui, non ? Je sais pas !

MF : Comme toujours. Mais en l’occurrence, je préfère les fesses aux…

J : Aux quoi ? Au nez, par exemple ?!

MF : Les fesses aux nez, par exemple ! (rires)

J : Les oreilles tu trouves ça moche, par exemple ? C’est pas très sensuel…

MF : (rires) Non, les pieds ! J’aime pas du tout les pieds !

J : Ah bon ?

MF : Non.

J : Les doigts de pieds, ou le pied en général ?

MF : Le pied en général.

J : Pourquoi ? Tu trouves que ça a une forme vulgaire ?

MF : Je ne sais pas. Non, je trouve ça inélégant. C’est bizarre !

J : Même les tiens ?

MF : Même les miens, oui !

J : Tu supportes pas tes pieds, quoi ? Tu ne les regardes jamais ?

MF : Non. J’aime pas du tout mes pieds.

J : Et les mains ? Plus déjà !

MF : Oui, beaucoup plus. Avoir de belles mains, oui, ça doit être révélateur certainement d’une sensibilité. On dit que les artistes, en tout cas les artistes peintres et écrivains, ont très souvent ­ enfin, les hommes ­ de très, très belles mains, très longues, très fines.

J : Tu as déjà remarqué ça ?

MF : Oui.

J : Oui ? Mais qu’est­ce que tu trouves bien sur les fesses ? Je comprends pas ! C’est la rondeur, c’est quoi ? C’est… ?

MF : Jacky ! Vous ne comprenez pas ?! (rires)

J : Expliquez moi, Mylène Farmer !

MF : Quelle est cette innocence ?! (rires)

J : C’est de l’innocence, bien entendu !

MF : (après un silence) Pas de réponse ?! (rires)

J : Bon ! Est­ce que tu connais les fesses de A­Ha, les scandinaves ?

MF : Non, nous n’avons pas été présentés !

J : C’est dommage parce que c’est des fesses nourries au lait entier…

MF : Oui…

J : …puisque ce sont des scandinaves, ils doivent manger du yaourt. Tu veux que je te les présente ?

MF : Oui, avec plaisir !

J : Bon, ben écoute on les écoute et après je verrais ce que je peux faire !

MF : D’accord ! (sourire)

Diffusion d’un titre de A­Ha

J : Je vous rappelle qu’on est toujours avec Mylène Farmer, quand même…

MF : Oui, toujours sur Skyrock, je crois.

J : Oui, avec son album, entre autres, ses goûts. Là, tu as choisi « Sans Logique »…

MF : Oui.

J : « Sans Logique », qu’est­ce que…

MF : (l’interrompant) Le refrain, c’est donc ‘De ce paradoxe je ne suis complice, souffrez qu’une autre en moi se glisse, car sans logique je suis satanique ou angélique’. Et je me trompe dans le texte moi­même ! (rires)

J : Oui, mais c’est presque ça, non ?

MF : Oui.

J : C’est toi qui l’as écrit, de toute façon !

MF : Absolument.

J : Tu écris toutes tes chansons ?

MF : Dans cet album, j’ai…

J : En dehors de « Déshabillez­Moi »…

MF : Et en dehors de Baudelaire : oui.

J : Tu fais confiance à personne d’autre pour les textes, à part Baudelaire ? (rires)

MF : Bien sûr que non ! Non, non, on l’a fait vraiment entre nous, petit à petit. Et j’ai travaillé donc pendant trois mois.

J : Comment tu écris tes textes ? L’inspiration te vient comment ? En restant chez toi alors, puisque tu dis voyager peu.

MF : Oui.

J : C’est dans la tête, quoi, tout le temps, les rencontres avec les gens…

MF : Ce sont des rencontres, ce sont des lectures, Edgar Poe et puis des sentiments, des choses…

J : Est­ce que tu connais beaucoup de gens ? Est­ce que tu as beaucoup d’amis, par exemple ?

MF : Non.

J : Non ? Ca ne te dérange pas ?

MF : Non, pas du tout.

J : Tu restes souvent seule chez toi, à bouquiner ou…?

MF : Ca m’arrive. Il m’arrive de peindre, aussi.

J : Ha, tu peins ?

MF : Un petit peu.

J : Tu pourras me montrer ?!

MF : Hmm, je ne sais pas. Non, je pense pas ! (rires)

J : Tu as déjà montré tes oeuvres ?

MF : Non, non.

J : Ha si, il y a bien des intimes qui doivent les connaître, non ?

MF : Laurent Boutonnat doit en connaître une partie, Bertrand Lepage…

J : Oui ? Et ce sont les deux seuls ?

MF : Je crois, oui, oui.

J : Pourquoi ?

MF : J’ai beaucoup de pudeur quant aux dessins parce que, bon…

J : Tu es pas sûre de toi, c’est pas comme les disques, quoi ?

MF : Non, c’est pas la même chose. C’est que c’est vraiment, ça, quelque chose que en l’occurrence je ne maîtrise pas du tout.

J : Qu’est­ce que tu peins ? Des natures mortes ?

MF : Non, c’est…beaucoup d’imagination.

J : Oui ? Surréaliste, un peu ?

MF : Je ne pourrais pas les décrire, là ! (rires)

J : Ha bon, c’est comme ça, quoi ! (Mylène acquiesce) Et tu prends le temps de peindre, par contre ?

688585-jpg_473913MF : Ben parce que peindre, c’est très facile de prendre un pinceau, des couleurs ou du fusain et un papier. Il n’y a pas besoin de grande préparation avant.

J : Est­ce que tu penses à autre chose quand tu peins, ou est­ce que tu es complètement dans ton tableau ?

MF : Non, je pense à beaucoup de choses.

J : Oui, c’est pour ça que c’est…bon ! (rires)

MF : C’est vrai que c’est peut­être plus facile pour moi de peindre que d’écrire.

J : Est­ce que tu fais la cuisine, par exemple ?

MF : Pas du tout !

J : Tu détestes ça ?

MF : Jusqu’à présent, je n’aimais pas beaucoup manger. J’ai quand même découvert quelques plats agréables.

J : C’est important, tu sais ! Est­ce que tu fréquentes les restaurants ?

MF : Très peu.

J : Très peu…Tu es végétarienne ?

MF : Vous êtes de la police ?! (rires)

J : Oui, inspecteur : Inspecteur Jacky !

MF : J’ai découvert la nourriture japonaise.

J : Oui ? Il était temps, remarque. Mais c’est bien ! Tu aimes le poisson cru ?

MF : Les sushis ?

J : Oui…

MF : Oui, j’adore ça !

J : Les tempuras aussi, les beignets de légumes, tu connais ?

MF : Tempura ? Non, je ne connais pas. Non, je connais les sushis, moi : sushis crevettes cuites.

J : Oui, mais c’est très bon ! En plus c’est présenté d’une manière agréable. Ce sont des tableaux, moi je trouve ! (Mylène acquiesce d’un murmure) On n’a pas envie de les manger, à la limite, quand on les voit, non, bien présentés comme ça…

MF : Je ne sais pas ! (rires)

J : Tu les dévores quand même, toi ?

MF : Je les dévore très vite !

J : Bon, on va peut­être écouter un peu de musique là, non ? C’est « Sans logique » !

MF : Oui…

J : Voilà, Mylène Farmer !

Diffusion de « Sans Logique », suivi d’un titre de Peter Gabriel

J : C’était « Biko » de Peter Gabriel. Tu as une passion pour Peter Gabriel je crois : à chaque fois qu’on se voit, tu …

MF : Oui. C’est vrai que j’ai toujours envie de le choisir.

J : T’as raison, parce qu’il est bien !

MF : C’est quelqu’un qui m’émeut, qui a des yeux, enfin, un regard que j’ai rarement rencontré.

J : Exactement. Tu le connais ? Moi, je l’ai…

MF : Non, du tout.

J : Il est charmant, vraiment. Et « Biko », la chanson, tu aimes bien cette chanson, ou c’est comme ça, par… ?

MF : Là, c’est un petit peu comme ça…

J : Tu sais qui c’est Biko ?

MF : Biko ? Non.

J : Le Noir qui s’était fait assassiner en Afrique du Sud…

MF : D’accord. Oui, oui, parce que j’ai vu en plus le clip qui a été fait.

J : Lui aussi, il met beaucoup d’attention à ses clips, quand même, non ?

MF : Oui.

J : A chaque fois, c’est…

MF : Mais il y a un clip qui était fabuleux, c’était le duo avec Kate Bush (« Don’t Give Up », nda) qui était d’une simplicité et d’une sobriété…

J : Qui était très beau, oui…

MF : Magnifique.

J : Tu l’as vu sur scène, non ? Parce que c’est bien !

MF : Jamais, non.

J : Ah ben, tu devrais ! Là, tu… ?

MF : Là je n’ai pas pu y aller.

J : Parce que tu aimes bien Peter Gabriel, tu ne seras pas déçue, quoi. Même avec Genesis à l’époque, tu l’as pas vu ?

MF : Non, non. Non, je connais bien ses albums. C’est quelqu’un qui devrait faire aussi du cinéma.

J : Je pense, oui. Est­ce que tu comptes faire de la scène, toi, par contre ?

MF : Oui, c’est un souhait. C’est quelque chose que je ne ferai pas, je pense, avant un an.

J : Oui…

MF : Mais j’y pense de plus de plus.

J : T’as peur de la foule : ça doit être bizarre, non ?

MF : Non, parce que là il y a cette distance qui est provoquée par la scène, et puis ce n’est pas pareil que de faire un…

J : Enfin, j’ai l’impression que ça serait bien de faire ça !

MF : Oui, je crois. Je pense, en tout cas. J’en ai envie.

J : Oui, faut le faire ! Et les gens attendent ça de toi, maintenant. Enfin, j’ai l’impression, non ?

MF : Certainement, oui. Il y a des personnes qui souhaitent me voir sur scène. J’ai la même envie, donc tout va bien !

J : Tout va bien ! Tu as d’autres envies en ce moment ?

MF : Le cinéma. Et puis, j’aurais l’audace… C’est­à­dire que j’ai envie d’écrire un livre, mais je pense que je le ferai plus tard.

J : Un roman ?

MF : Peut­être des nouvelles. C’est ce qu’il y a de plus dur à mon avis à écrire. Peut­être un roman. J’avoue que je ne sais pas.

J : Et un jour tu voudras exposer tes peintures ?

MF : Ca, je pense que ne le ferai jamais ! (rires)

J : C’est trop moche ?

MF : Non, non, non, non ! (rires)

J : On sait jamais ! Parfois…

MF : Non, non, j’aurais cette lucidité que de le dire ! Mais c’est pas trop moche : c’est trop intime, voilà. (sourire)

J : Trop intime, oui. Où tu t’habilles ? Tu as toujours des beaux vêtements…

MF : J’ai rencontré récemment une femme qui m’a habillée dans le clip de « Sans Contrefaçon » et avec qui je continue de travailler, qui s’appelle Marie­Pierre Tataracci. Voilà.

J : Tu lui fais confiance absolument…

MF : Nous travaillons côte à côte. C’est­à­dire que si j’ai des modifications à faire et à apporter dans un costume, je me permets de le lui dire et de lui soumettre. C’est une femme, oui, qui a justement cette recherche de sobriété et qui a des matériaux qui sont magnifiques : elle travaille beaucoup le…comment ça s’appelle ? Le velours de soie. Elle travaille les satins, la soie.

J : Et les formes aussi : tes vêtements sont assez…

avatar392_72MF : Et puis elle a des formes qui sont très issues, je crois, du théâtre. Voilà ! (rires)

J : Mais c’est très, très bien, Mylène Farmer ! Bon, ben on va se quitter parce qu’il est l’heure…

MF : C’est indispensable ?

J : C’est indispensable. Mais il y a pas de pubs, on se quitte avec « Sans Contrefaçon ». Merci MylèneFarmer et à bientôt !

MF : Merci à vous ­ merci à toi !

J : Ha ben il était temps ! (rires de Mylène) Merci à vous et à bientôt !

MF : Au revoir !

Diffusion de « Sans Contrefaçon » pour clore l’émission.

Publié dans Mylène 1987 - 1988, Mylène et ses longs discours | Pas de Commentaires »

FRANCE SOIR reçoit MYLENE

Posté par francesca7 le 4 avril 2015

 

giorgi-02-a1er OCTOBRE 1994 – Entretien avec Richard GIANORIO

Vous avez négligé la chanson trois ans durant pour ce film. Un risque calculé ?

­ Je n’aime pas ce mot de risque. Je ne calcule rien : je n’ai rien à prouver, aucun défi à relever. Je préfère ne pas me mesurer, je n’aime pas les choses tièdes. J’ai attendu ce film pendant dix ans…

Avez­vous appris à jouer la comédie ?

­ Avant que je ne rencontre Laurent Boutonnat, j’ai suivi le cours Florent pendant trois ans. Est­ce qu’on y apprend quelque chose… ?! C’était en tout cas une période intéressante. Pour « Giorgino », je ne m’autorisais pas le droit à l’erreur : une, deux prises maximum. Au-­delà, mes inhibitions auraient repris le dessus et je me serais enfuie pour me cacher dans ma loge. Alors, on se lance sans réfléchir et on puise l’émotion dans ses propres névroses, ses propres douleurs…

Quelle scène vous a paru le plus difficile à jouer ?

­ Celle de la pendaison. C’est la seule image que j’ai voulu voir pendant le tournage. Mon corps suspendu, comme si j’étais morte, cela me semblait si réel ! J’étais très troublée…

« Giorgino » capture tous les maux et les fantasmes de l’univers ‘farmerien’ naguère défini dans vos clips. Toujours pas guérie ?

­ Je ne guéris d’aucun de ces maux­là, bien au contraire. Les choses ne se cicatrisent pas, le temps ne fait pas son œuvre. On laisse des choses, on en trouve d’autres…Ou peut­être que je ne suis pas faite pour le bonheur. Mais je ne veux pas être dramatique, je n’ai pas le monopole de la souffrance !

Qu’est­ce qui vous chagrine ?

­ Le manque d’ambition artistique, le manque de générosité, le manque de démesure. Je me sens un peu à l’étroit dans un pays où l’on condamne l’ambition et les différences…

Justement, vous êtes plutôt ‘différente’…

­ Je me suis toujours sentie différente par rapport au monde environnant. Je suis incapable de converser ou de me sentir bien quelque part. J’ai très peu d’amis, je ne sors pas. Au fond, je mène une vie très aliénante. Je fais parfois des efforts, je fais un pas mais je me rétracte aussitôt. Il y a toujours ce paradoxe : j’ai besoin de me montrer, d’être dans la lumière et en même temps, je ne pense qu’à me cacher, à rester dans ma forteresse. J’ai peur du jugement. En fait, j’ai une vraie maladie, qui s’appelle la paranoïa. Voilà, on a tout dit.

Avez­vous déjà pensé à une analyse ?

­ Une fois, oui, récemment. J’étais en état d’urgence, je suis allé voir quelqu’un. J’ai arrêté la première séance.

Je ne peux pas m’abandonner, la confession m’est impossible.

Et la sérénité ?

­ Elle ne sera jamais au rendez­vous. Ce n’est pas pour moi.

Êtes­-vous capable de légèreté ?

­ J’ai un côté simiesque et enfantin. Alors il m’arrive d’être comique. Je n’ai pas l’impression d’être une grande personne !

Justement, vous n’en finissez pas de ne pas guérir de votre enfance. A­t­elle été trop belle ou trop terrible ? ­

giorgi-02-bJe n’ai pas de souvenirs d’enfance jusqu’à l’âge de quinze ans environ. C’est très perturbant. Que ressentez­-vous ? ­

 J’ai comme une colère qui ne m’a pas quittée, et qui va grandissant. J’ai l’impression de ne pas être comprise.

Même par Laurent Boutonnat, votre Pygmalion ? ­

Il perçoit des choses, mais j’ai aussi mes secrets à moi. C’est mon double. J’ai du mal à expliquer cette relation. Mylène Farmer dans vingt ans ? ­ Je ne peux pas l’envisager. Les cinq jours à venir m’angoissent déjà, alors vingt ans, vous pensez, c’est l’infini… ! Une certitude ? ­ Oui : on finit tous les pieds devant !

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BOUTONNAT, L’identification DES CONCERTS DE MYLENE

Posté par francesca7 le 3 août 2014

 

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On analysera ces choix de placements sonores en partie par un processus voulu d’identification au public du concert, en particulier pour la scène d’introduction. Alors que le spectateur du film s’attache pendant les plans d’extérieurs à la musique de fond comme à une musique extra-diégétique, il s’aperçoit lors des premiers plans de la salle de concert que cette bande musicale est bel et bien jouée on stage par les musiciens, les acclamations en rythme du public le lui faisant facilement comprendre. Les premiers plans en caméra-épaule embarqués dans le public du concert accroissent ce processus d’identification, le spectateur du film se trouvant au même niveau que les autres spectateurs. Le choix de Laurent Boutonnat de porter l’identification du spectateur sur le public du concert est sans nul doute le plus judicieux, car les deux parties assistent au spectacle et n’en sont pas acteurs. Ceci explique l’absence d’images de coulisses de l’interprète à laquelle on ne doit surtout pas s’identifier, tant sur elle repose tout le spectaculaire de la mise en scène et une grande partie de l’effet charismatique que veut donner le show. 

Lors du passage précédant Ainsi soit-je, la scène d’extérieur de visite du cimetière n’a pas le son intra-diégétique qu’on pourrait en attendre, qui pourrait par exemple être composé des bruits de pas dans les feuilles mortes des allées. Si seuls les bruits de concert sont audibles, c’est justement parce que c’est sur la scène que va se passer l’action, que se place la diégèse, et non pas dans ces plans qui n’ont ici qu’une fonction d’image mentale quasi-onirique et symbolique. Plus que jamais à cet instant le spectateur du film doit se situer par rapport au concert et non pas aux plans additionnels extérieurs à la salle de spectacle. En ce qui concerne la fin du film, alors qu’à l’image se mêlent dans les mêmes plans visages du public du concert et décor en extérieur, le son reproduit cette ambiguïté en ne représentant que le son musical du concert sans celui du public mais néanmoins en y ajoutant les bruits d’extérieurs. C’est peut-être ce moment précis que Laurent Boutonnat choisi pour mettre en évidence le désarroi du public désormais muet qui se recueille devant les cendres encore rouges de la scène. Public alors confondu avec les spectateurs du film, chacun placé symboliquement par Boutonnat devant la scène dans la salle de concert, et devant le décor transplanté dans la nature. On ne peut que se rendre compte de l’extrême cohérence à la fois de la structure scénique à priori hasardeuse et du processus d’identification voulus par Boutonnat : situer le spectateur de son film face au décor de son spectacle, de la même manière dont il a traité les spectateurs du concert par rapport à la scène qui leur faisait eux aussi face.

 

Une structure fictionnalisante

 Décidé à faire de En Concert un film complet, écrit, pourvu d’une diégèse, Laurent Boutonnat s’est sans doute rendu compte que ce qu’il avait appliqué au court-métrage pour réaliser ses clips, il pouvait le réinventer pour le film de son concert en s’inspirant des attributs du long-métrage. Le dispositif du concert permet d’emblée d’appliquer au film qui en sera tiré certaines de ses caractéristiques : le changement de costumes (voire de décors ou de coiffures), le découpage par séquences, la justification de la musique, et avant tout une mise en scène.

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Si Laurent Boutonnat a interprété la présence d’un public comme faisant du concert un spectacle hybride entre le théâtre et le clip, il a sans doute envisagé son film comme un long-métrage dont le genre serait renouvelé. Investissant les mêmes moyens dans la réalisation de ce film qu’au tournage de ces petites réalisation, Laurent Boutonnat veut faire de son long-métrage une partie intégrante de son œuvre de clips, décomplexée du dispositif scénique qui bride malgré tout de manière importante la portée de la mise en scène des actions. Boutonnat dévie cet inconvénient en composant sa scène comme il le ferait pour son cadre lors de la réalisation d’un clip ; d’où l’importance d’identifier le spectateur du film au spectateur de la salle, à la différence près que le second peut, s’il le désire, profiter du hors champ du premier.

 

Le film de concert est vu en général comme un documentaire, retraçant en temps réel les actions contenues dans le spectacle afin d’en donner le compte rendu le plus fidèle. Il y a dans ces films bel et bien une notion de mise en scène, même de scénario, mais ceux-ci sont conçus en amont et n’ont pas pour objet le film, mais son relatifs à la conception du concert en question. Pour prendre une comparaison, le film de concert pourrait s’apparenter au documentaire sur un groupe (une tribu, une association, des amis) qui donne un spectacle à un public ; le documentariste tentant de rendre au mieux la vérité par un effet de réalité. Ces films se veulent généralement le témoignage d’un spectacle, n’interférant pas dans les choix esthétiques et narratifs de celui qui l’a conçu, et livrant simplement, quitte à la commenter et y appuyer un regard, la vision que l’on doit avoir de ce qui s’est passé lors de la prise de vue. 

Laurent Boutonnat étant à la fois l’unique concepteur du concert et le réalisateur du film qui en est tiré, il a choisi d’enrichir le premier par le second, en les éloignant néanmoins l’un de l’autre dans leur forme. Les moyens de tournage mis en œuvre son bel et bien ceux offerts à la majorité des films de fiction ayant un budget comparable : pellicule 35 mm; caméras Steady-cam, ralentis débrayables et loumas à l’appui. 

Mais Laurent Boutonnat a avant tout modifié les plans qu’il avait pris du concert pour les inclure dans une structure fictionnalisante en direction d’un support cinématographique. Non seulement il y a inclus des scènes d’extérieur, situant la scène de concert dans un autre lieu spatial que la salle de spectacle ; mais il a aussi “mutilé” le concert de deux chansons (Plus grandir et Allan) lors du montage du film. L’objet du film n’est pas le même que celui du concert. Si lors du spectacle la pièce principale reste l’artiste qui apparaît sur scène et interprète son répertoire, le film, lui, tourne autour de l’idée du concert, c’est lui l’objet capital du long-métrage. Alors reléguée par le truchement de la caméra au rang de participante au film du concert, la chanteuse n’apparaît plus en tant qu’artiste, mais en tant que personnage jouant un rôle fictionnel. L’abondance d’artifices comme les plans ralentis sur sa personne vont dans le sens de la composition d’un personnage par l’interprète, irréalisant parfois outrageusement sa prestation.

 

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Le choix d’enlever deux parties du concert, à la présence pourtant justifiée dans le spectacle, s’explique de deux façons. Tout d’abord l’enjeu promotionnel étant toujours présent en 1989, deux 45 tours sortiront en extrait de l’album live du concert afin de le promouvoir. 

Plus grandir et Allan sont présents dans le disque qui sort dans le commerce le dernier jour de la tournée. Or le film du concert ne sortira qu’un an plus tard, Laurent Boutonnat qui a suivi de très près l’ensemble de la tournée ne se consacra au montage qu’une fois qu’elle fut terminée. 

Un an de montage et de mixage fut nécessaire et le film sorti en septembre 1990 simultanément en salles et en cassettes vidéo. Les passages du concert concernant les deux chansons furent utilisés à l’époque de leur sortie respective dans le commerce. Alors remontés pour en faire deux clips “live“ présentant eux aussi des scènes extérieures, des ajouts de bruitages et d’effets spéciaux vinrent accompagner les plans filmés pendant le concert (voire chapitre suivant). 

Eux-mêmes vendus en vidéocassette peu après leur diffusion télévisée, l’idée de leur absence sur la cassette du concert sera sans doute venue du souhait d’encourager les acheteurs à se procurer les deux vidéos pour pouvoir jouir de l’intégralité du spectacle. La deuxième raison de “l’amputation” de Plus grandir et Allan relève du simple confort de visionnage du long métrage. Les films de concert, déjà peu nombreux en 1989, ne sortent jamais en salles, excepté quelques-uns uns anglo-saxons réalisés sur pellicule à la fin des années 70. Afin de rapprocher En Concert d’un long-métrage habituel, le fait pour Laurent Boutonnat de retirer ses deux chansons ainsi que tous les temps morts situés entre elles (silences, certaines intros, outros, reprises et rappels…) , le ramena à une durée de une heure et trente minutes, en opposition aux deux heures un peu lourdes qu’aurait duré l’intégralité de la capture du spectacle. La question du choix des chansons à retirer se pose inévitablement. Nous noterons que les deux parties soustraites à l’ensemble ont de maigres chorégraphies, Plus grandir mettant en scène deux danseuses et Allan une seule. 

Si pendant le concert la fadeur relative des deux chansons (pourtant assez rythmées) par rapport au reste ne choqua pas, leur présence dans le film n’eut pas été assez spectaculaire ou même suffisamment distrayante. Boutonnat ne pensa pas frustrer excessivement son public en omettant volontairement ces deux chansons. Celles-ci sont peu connues, et même si Plus Grandir fut un 45 Tours quatre ans auparavant. Celle-ci ne connut alors qu’un succès d’estime et ne restait pas dans la mémoire collective comme une chanson très populaire.

 

La cohérence entre la mise en scène du concert et les ajouts de Laurent Boutonnat, tant au niveau de l’image que celui du son, donne une autre dimension au film. On ne peut le situer que par rapport au décor perdu dans une plaine désolée, et non pas au Forest National de Bruxelles avec des coulisses, des billets d’entrée et des gradins. C’est ici que réside aussi la fiction, dans l’anonymat d’un lieu qu’on remplace par un espace imaginaire. Le concert se découpe en tableaux, chacun regroupant une chanson, parfois deux.

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 A chaque tableau correspond un dispositif d’éclairages, une panoplie de costumes, d’accessoires, et avant tout une façon de filmer. On peut comparer chacun des tableaux de ce film à une séquence dans un long-métrage de fiction, la ponctuation délimitant chacune d’elle étant ici un plan sur le public, une scène d’extérieur ou un noir. Tout au long du film le spectateur (tout comme le public dans la salle) est assujetti à la mise en scène du spectacle. Alors que Laurent Boutonnat aurait pu utiliser les plans sur certaines personnes du public comme de simples plans documentaires sur la réception émotionnelle du spectacle par le public, il les manipule pour les fictionnaliser et les replacer dans des contextes discursifs. Les ralentis qui leur sont appliqués fait ressortir leur utilisation purement sensationnelle et esthétique ; et on mettra par exemple en évidence que le moment où les personnes en question sont filmées est différent de l’endroit où leur plan est monté dans le film. C’est ainsi que la fin du concert fait de surimpressions crée l’impression de personnes se lamentant sur les décombres du décor qui s’enflamme, alors qu’elles n’ont jamais assisté à cet embrasement et ne faisaient que réagir à une des sorties de scène de leur artiste.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 

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FAIRE UN SPECTACLE pour Mylène

Posté par francesca7 le 3 août 2014

 

 

 Suite logique de la carrière discographique d’un artiste, le concert devait tôt ou tard confirmer ou trahir la particularité de l’image que créait depuis six ans Laurent Boutonnat pour sa seule interprète : Mylène Farmer. Producteur, compositeur et réalisateur de la chanteuse, c’est avec une évidence naturelle qu’il se décida à investir la multiplicité de ses talents en travaillant dès les premiers mois de 1988 à l’écriture d’un spectacle qu’il voudra lui aussi particulier, et qui parcourra les Laurent-Boutonnatroutes de France en quatre vingt dates un an et demi plus tard.

 

La volonté, dès son deuxième clip Plus grandir (1985) d’être reconnu davantage comme un cinéaste que comme un “clipeur” l’influera sans conteste pour la conception du show. Pour ce qui est de l’agencement des lumières, des placements des danseurs et de la structure de la scène, tout ceci sera conçu pour l’œil de la caméra. A aucun moment Boutonnat n’a visiblement réfléchi au concert en d’autres termes que cinématographiques, pensant toujours au film qu’il allait en tirer et qu’il conterait plus tard sortir en salle. Pour l’occasion, Laurent Boutonnat utilisera d’ailleurs une pellicule très sensible, lui permettant entre autres de capturer des visages dans le public et chez les musiciens pourtant constamment plongés dans l’obscurité.

 

 Le décor

 Hubert Monloup, décorateur d’opéra et de théâtre travaille à la demande de Laurent Boutonnat pour la première fois sur un concert de variété. La consigne donnée est de représenter le défilement du temps. La décision est prise de figurer le site de Stonehenge, en Angleterre. Ses alignements de pierres millénaires, devant lesquelles des civilisations calculaient la position des planètes et songeaient en l’au delà parlent à Laurent Boutonnat. Sur scène ces pierres à priori placées de manière anarchique fait penser à un cimetière vallonné, assez fonctionnel pour faciliter les entrées et sorties de scène, les déplacements, et y intégrer harmonieusement chaque musicien pour qu’il reste visible à la fois de ses collègues et du public. Les concerts de variété ou de rock usent habituellement de structures assez hautes, permettant entre autres une plus grande largeur de champ pour la rotation des projecteurs. Or les dimensions du décor en deux exemplaires créé par Hubert Monloup s’adaptent parfaitement à celles du format d’image utilisé par Boutonnat lors du tournage, abaissant la hauteur sous rampe à seulement quatre mètres, malgré les deux niveaux du décor au sol.

L’illusion donné est alors d’une scène plutôt “basse de plafond” s’apparentant davantage à un caveau qu’à un podium musical. Le mimétisme entre les contours de la scène et le cadre ont pour effet esthétique de diminuer le vide qu’aurait mis en valeur un plan large sur une scène à hauteur classique, et d’améliorer la composition plastique de l’image lors de plans d’ensemble avec des chorégraphies, les danseurs se disposant toujours agréablement sur la totalité de la surface filmée. Lorsque les chorégraphies ne se déroulent que sur une partie précise du podium (sur un côté par exemple), l’espace vide crée de l’autre côté est ignoré à l’image, redirigeant par recadrage le regard du spectateur comme le public du concert l’aurait fait de lui-même en ignorant l’espace vide.

 

 Des scènes d’extérieur

27706293L’utilité de la haute grille de cimetière encadrée de deux murs qui trône sur la scène avant et après le concert (et qui dévoile le décor caché derrière) n’est pas seulement justifiée par la diégèse du spectacle ; c’est aussi le moyen pour le cinéaste Laurent Boutonnat d’introduire son film par un travelling circulaire autour du cimetière-décor, transplanté sur une plaine de rase campagne. C’est peut-être ici que réside la première particularité de forme de ce film de concert. Là où un film de spectacle habituel commence directement par la première chanson ou par les backstages. En Concert débute par le long plan séquence de ces alignements baroques loin de tout public ou de tout projecteur. On ne peut alors soupçonner que le cimetière représenté à l’image est le décor du concert, sa place étant inimaginable au beau milieu d’un champ. Rien d’autre dans la bande son ne laissera encore de piste pour laisser imaginer qu’un concert en public va commencer. Après des inscriptions de génériques sur la musique Prologue débarrassée des cris d’impatience du public, le plan du décor isolé est coupé à quatre reprises par des plans similaires du décor, mais cette fois en caméra-épaule pris parmi les spectateurs. En établissant une telle liaison entre l’extra-ordinarité du décor et sa présence sur la scène, Laurent Boutonnat immerge directement le spectateur de son film dans un long métrage qui ne se revendique pas d’emblée comme le simple compte-rendu d’un spectacle, mais bel et bien d’un long-métrage romanesque. 

Lors de la longue introduction musicale de la chanson Ainsi-soit je, Laurent Boutonnat insérera dans son film une seconde scène d’extérieur : la visite au ralenti d’un (vrai) cimetière par la chanteuse suivie de dos qui finira par se recueillir sur une tombe. Par un effet de surimpression, le retour sera fait sur la scène où le pianiste, éclairé d’un seul projecteur, terminera son introduction. L’interprète fera peu après une nouvelle entrée en scène vêtue d’un nouveau costume. Une avant-dernière fois, Laurent Boutonnat utilisera des plans de son décor déplacé en plaine, lors du classique passage du rappel. Dans tout concert, l’interprète faisant mine de terminer le spectacle se retire sous les vivas, puis réapparaît quelques minutes plus tard pour une ou plusieurs éventuelles dernières chansons faussement improvisées. Ici, la chanteuse se retire une première fois à la fin de Libertine, à l’époque son plus grand succès populaire. 

Suite à un feu d’artifices illuminant toute la surface de la scène, le décor du concert dans la plaine autour duquel tournait la caméra au début du film explose sous l’effet de cinq bombes qui font voler les pierres tombales en éclats. C’est après avoir montré en surimpression ralentie à la fois les effets de l’explosion sur le décor et le public réclamant la chanteuse, que celle-ci refait une dernière fois son apparition sur la scène pour un morceau d’adieux La conception de la fin du concert sera en stricte relation avec son Prologue, les grilles de fer réapparaissent alors et se referment sur la silhouette de la chanteuse apparaissant une dernière fois en haut des marches du cimetière. La fin du film est cependant autre, elle aussi en relation étroite avec son ouverture : Alors que la chanteuse a disparue définitivement de la scène, l’écran resté noir quelques secondes se rallume sur le décor du concert se consumant au milieu de la plaine campagnarde. Pendant quelques minutes, des plans de spectateurs en sanglots se mêlent au paysage dévasté qu’offre les pierres qui brûlent sur une structure calcinée.

 

Il ne fait alors plus aucun doute que nous sommes bien face à la structure même de la scène du concert, des travellings latéraux nous montrant les barres de fer devant la soutenir. Pour la seule fois dans le film, des images d’extérieur sont présentes sur l’écran en même temps que des plans tournés dans la salle du concert, unissant définitivement les deux lieux dans une même vision de détresse et de destruction. Le générique se déroulera sur un dernier long plan reprenant le travelling ″circulaire″ du début du film, à la seule différence que le décor finira de se consumer lentement sous l’œil de la chanteuse, debout et impassible, vêtue d’une robe de deuil qui constate la lente disparition du décor faisant plus que jamais figure de cimetière.

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En ce qui concerne le traitement du son lors de ces scènes particulières, on peut noter que la musique présente lors de l’enregistrement du concert en sonorise chaque seconde, ne laissant jamais entièrement la place aux bruitages inhérents à l’environnement de ces plans en extérieur (vent, crépitements du feu…). Nous conviendrons pour ces plans de trois niveaux de sonorisation : celui de la musique du concert, sortant soit des instruments des musiciens soit d’une bande son synthétique préenregistrée diffusée au public ; celui de la foule du concert, comportant les cris et applaudissements ; puis enfin celui de l’extérieur, représentant le champ sonore des plans tournés hors scène de spectacle. Pendant la scène d’ouverture du film, seule la musique du concert est audible, le son d’extérieur est muet alors que celui du public n’apparaît brutalement128 que lorsqu’un plan relatif au concert apparaît à l’image. Lorsque le travelling latéral en extérieur s’achève et qu’on entre définitivement dans le monde du concert, le niveau du bruit du public devient assez haut pour placer le spectateur du film “dans” le public, en rétablissant le champ sonore auquel il aurait droit s’il était dans la salle. 

Alors que la scène d’introduction de la chanson Ainsi soit-je est sonorisée uniquement par la musique du concert et les bruits du public, l’explosion du décor en rase campagne ne peut se passer des déflagrations couvrant en partie les acclamations de la foule. Explosions qui disparaîtront d’elles-mêmes au bout de quelques secondes dans un écho, facilitant en douceur l’enchaînement avec la chanson de rappel. La scène finale, elle, reproduit la distribution du champ sonore de la scène d’ouverture à un détail prêt. Alors que jusqu’à la fin du générique du film la musique du concert reste présente, le son du public s’arrêtera en fondu lors du passage à la dernière scène d’extérieur qui montre le décor se consumer. C’est alors que sans le chevaucher, le son d’extérieur des crépitements du feu et du hurlement du vent apparaît. Alors que le vent restera audible jusqu’à l’extrême fin du film, le crépitement du feu s’arrêtera simultanément à l’arrêt sur image situé au milieu du générique.

 

 EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

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Un ampexe de Mylène et ses deux danseuses sur « Tristana » est diffusé

Posté par francesca7 le 20 juillet 2014

 

LIGNE DIRECTE 2 AVRIL 1987 ANTENNE 2

Présenté par Jacques PRADEL

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Au retour plateau, Mylène est assise à une table face à Jacques Pradel. Elle est habillée différemment.

Jacques Pradel : Voilà, Mylène Farmer à Ligne Directe. (à Mylène) Bonjour !

Mylène Farmer : Bonjour !

JP : Mylène Farmer avec ses petites dernières donc…

MF : Oui…

JP : Ce sont les dernières chansons, on va découvrir l’autre tout à l’heure…

MF : C’est une chanson d’album.

JP : Alors, je vous connais pas !

MF : (spontanément) Moi non plus ! (rires)

JP : C’est la première fois que je vous… Je suis bien content de vous avoir avec nous ! Vous avez 25 ans,  vous êtes née au Canada et puis vous avez, à chaque fois que vous avez sorti un disque ces derniers temps, et ça va durer longtemps, on l’espère pour vous…

MF : Je l’espère !

JP : …ben ça a bien, bien fonctionné. Je vais, juste avant qu’on enregistre cette chanson, je vais vous poser une petite question, comme ça : alors quand est-ce que vous faites de la scène ? Vous êtes pas pressée…

MF : Oui…Non, c’est-à-dire, c’est vrai que j’ai une vision des choses qui diffère peut-être un peu de certains artistes. C’est que moi, je vais prendre mon temps, que je suis en train de construire une image, un personnage, et que je voudrais avoir à mon actif au moins deux albums. Voilà. Et qu’en ce moment, c’est un marché qui est très difficile, et que de se produire en spectacle c’est aussi très difficile. Donc c’est quelque chose que je veux penser.

JP : Comment se construit l’image, un personnage ? Vous êtes qui, alors ? Parce que là, « Tristana », c’est pas du tout comme « Libertine » !

MF : Non, c’est-à-dire que moi sur chaque chanson, j’ai un univers différent, que c’est des vêtements différents, que c’est une chorégraphie. Et c’est à la fois aussi un support de l’image, qui est le vidéoclip. Donc c’est à chaque fois quelque chose de différent, j’essaye en tout cas.

JP : Oui, alors c’est vrai que le clip de « Libertine », il était vraiment très, très bien fait et beaucoup de gens s’en souviennent certainement…

MF : Y en avait un autre qui précédait « Libertine », qui s’appelait « Plus Grandir » et qu’on n’a pas beaucoup vu, mais qui est très, très beau aussi, qui est du même réalisateur…

JP : Ben faudra nous l’apporter un jour !

MF : Avec plaisir.

JP : On le passera. Vous êtes en train de travailler sur l’autre en fait, sur le clip de la chanson qu’on vient de voir, c’est ça ?

MF : Oui. On va le tourner dans deux semaines, et ma foi…c’est un secret pour l’histoire ! (sourire en coin)

JP : Mais vous vous en occupez, vous, de l’histoire ?

MF : Ha bien sûr ! Moi, je prépare ça avec Laurent Boutonnat, donc qui est le réalisateur, et puis après lui fait sa construction, son…sa salade intérieure, quoi !

JP : Sa petite patte…

MF : Oui, c’est ça : sa patte cinématographique, que moi je n’ai pas !

JP : Voilà. Donc, pas de scène, mais des nouvelles chansons. Bientôt un autre album ?

MF : Oui, je vais sortir je pense un album en Septembre (1987, ndlr) (sic !), donc on va le travailler bientôt pour la fin d’été.

JP : Alors Mylène parlait de son personnage à l’instant, c’est vrai que vous êtes amoureuse des… ?

MF : Des singes ! (rires) Oui !

JP : J’ai lu ça dans un article, j’ai trouvé ça génial ! Il s’appelle comment, le vôtre ?

MF : Le mien s’appelle ET, et c’est un capucin. C’est grand comme ça (elle montre la taille avec ses mains), ça a une très longue queue et c’est très, très gentil.

JP : Oui, et c’est très intelligent, je crois aussi, hein ?

MF : C’est très, très intelligent, oui, oui. Très pertinent !

JP : Et vous en avez un, mais quand on en a un, on se dit quelquefois « A quand le deuxième ? », non ?

MF : Voilà, j’ai essayé d’avoir, comme c’est une femelle, j’ai essayé d’avoir un mâle. Et c’est un mâle qui a été capturé dans son pays, alors que le mien est né en France, donc ils ont un comportement qui est très différent.

Et le comportement du mien a changé à partir du moment où l’autre est venu…

JP : Vous êtes pas venue avec, là ?

MF : Non ! (rires)

JP : Qu’est-ce que vous en faites quand vous…

MF : Il n’aime pas l’hiver ! (l’émission a pourtant lieu début Avril, ndlr)

JP : Non ? Alors il est où, là ?

MF : Il est dans une cage quand je ne suis pas là, sinon quand je suis à la maison, il gambade partout !

JP : Ok ! Mylène, en tout cas, merci d’être venue donc cet après-midi.

MF : Merci à vous !

JP : Tout à l’heure, on écoutera cette chanson de l’album, l’album de l’année dernière…

MF : Oui.2

JP : …et tout de suite on va s’intéresser…Est-ce que vous êtes, parce que comme je disais, je ne vous connais pas, vous êtes du genre à vous préoccuper, à somatiser comme on dit, à avoir des boutons quand ça va pas, ou à vous sentir mal pour des raisons d’angoisse, ou autres ?

MF : Oui, moi je crois que c’est le ventre. Voyez, on dit toujours que les Vierges, c’est les organes…là ! (elle désigne son ventre) Moi, c’est le ventre, c’est mon symptôme !

Jacques Pradel enchaîne sur les maladies psychosomatiques en compagnie d’un médecin spécialisé.

On retrouve Mylène en toute fin d’émission, où elle interprète « Au Bout de la Nuit ».

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LA CONCEPTION DU CLIP PAR LAURENT BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 6 juillet 2014

 

 

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Bien loin des structures habituelles qui régissent le clip, ceux dont nous parlons ici pourraient résulter d’un mélange inédit entre plusieurs formes filmiques, plus ou moins éloignées les unes des autres : Le film musical, le film de divertissement, le film expérimental, le film publicitaire, le film muet. Laurent Boutonnat, comme écartelé entre deux pôles opposés du cinéma (le pôle du divertissement et celui du cinéma expérimental) choisi deux axes d’approche pour ses clips. On peut aisément se rendre compte que les deux conceptions du vidéo-clip par ce réalisateur se départagent selon la durée de chacune de ses productions. Sur les vingt-cinq clips que Laurent Boutonnat a tournés, six d’entre eux durent plus de sept minutes, comportent des musiques additionnelles, sont encadrés par un générique de début puis de fin, et contiennent parfois des dialogues. La durée de la majorité des autres clips restent approximativement autour de celle de la chanson qu’ils illustrent et explorent une imagerie plutôt qu’un récit à proprement dit.

 

 Les clips longs comme une visée cinématographique

 La première catégorie, celle des clips à durée supérieure à six minutes, obéit aux règles du cinéma traditionnel, par opposition au cinéma expérimental, chacun de ces six films obéit davantage aux critères qui font d’une œuvre un film de divertissement qu’à ceux qui régissent la forme du vidéo-clip. Bien loin du studio au décor épuré loué à la journée, des déjà vieux effets spéciaux rappelant l’Art vidéo tel que le pratiquaient des artistes comme Paik dans Global Groove (1972) ou Emshwiller dans Scape-mate (1972), Laurent Boutonnat a pensé six de ses clips comme autant de fictions cinématographiques se démarquant le plus souvent possible de  l’esthétique du vidéo-clip, tel qu’il existait encore en 1985. La durée habituelle d’un vidéo-clip oscille entre trois et cinq minutes. Laurent Boutonnat, dans ses six clips les plus longs arrive à des résultats compris entre huit et dix-huit minutes. Ces minutages exceptionnellement longs pour des clips destinés aux passages télévisuels répétés seront paradoxalement l’outil principal de la volonté de vision par le plus grand nombre. Misant sur le bouche à oreille, ces clips (pourtant eux-mêmes objets promotionnels) seront eux-mêmes l’objet d’une promotion. Et c’est précisément cette popularisation du clip qui portera la musique qu’il illustre à l’oreille de tous, avec en perspective non seulement la vente du support phonographique, mais également du support vidéo, la majorité des clips de Laurent Boutonnat ayant été disponible dans le commerce. C’est en partie grâce à leur relative longue durée et à leur support (pellicule 35 mm au format d’image 1.85 ou 2.35) que quatre de ces films ont pu bénéficier d’une exploitation en salles de cinéma avant et simultanément à leur diffusion télévisée. Conviant la presse cinématographique et musicale pour les premières séances, omettant de préciser au public que le film projeté était un court-métrage (grandes affiches à l’appui) un clip comme Libertine doit son succès à l’exploitation au cinéma Publicis des Champs-Élysées à Paris (juin 1986) dont il a bénéficié deux jours durant : évènement pour un clip qui s’est largement répercuté sur les ventes de 45 tours à l’époque, la télévision française ayant largement rediffusé le clip suite à l’engouement des projections. Avec des durées peut vendables à priori en télévision, le réalisateur prend pourtant le risque d’être ignoré, la carrière de ses clips ne saurait se passer de la multidiffusion propres aux médias télévisuels. On ne peut être présent sur tous les marchés si l’on a rien à vendre, c’est pourquoi les méthodes pour diffuser progressivement le clip au public ne saurait se justifier sans l’envergure de l’originalité intrinsèque du contenu. 

 

Le cinéma projetant essentiellement des longs-métrages de divertissement, on peut observer que c’est en partie grâce à d’astucieuses et lointaines références cinématographiques que Laurent Boutonnat a pu aider ses œuvres à se hisser au rang de films de cinéma. Libertine par exemple, éclairé aux bougies de Barry Lindon (S. Kubrick – 1975), ouvert par des duellistes recréant le film du même nom (Ridley Scott – 1977), peut se laisser voir comme « la bande annonce d’un film très réussi » où dix minutes durant lesquelles les décors se multiplient, les scènes de bagarre alternent avec des atmosphères suaves. Si Libertine n’est pas un vidéo-clip, il n’est pas un film non plus. Les dialogues en sont absents, la chanson que l’ont promeut tient bel et bien la place centrale, et les originalités structurelles de la forme du clip (aux contraintes savamment contournées par Boutonnat) se marient avec ce récit inattendu où l’héroïne meurt au tout dernier plan. Sont également exploités en salle à Paris Plus Grandir (1985), Pourvu Qu’elles Soient Douces (la suite de Libertine en 1988) et Désenchantée (1991).

  La presse emploiera pour la première fois en 1986 pour Libertine une expression qui se trouvera employée régulièrement par la suite pour les vidéo-clips revêtant les même particularités : « Clip ou film? 

Les deux. Mylène Farmer inaugure le genre » Une grande différence avec le clip traditionnel se situe avant tout dans le statut de l’interprète, qui devient héros d’une histoire, et autour duquel gravitent des personnages secondaires. Bien souvent, l’interprète de la chanson illustrée est elle-même un personnage secondaire, et sa mise en valeur46 tient au mystère qui entour son arrivée tardive et sa courte présence à l’écran. Sans Contrefaçon joue sur cette absence, où l’interprète de la chanson ne fait qu’une apparition de deux minutes au milieu de ce film qui en compte huit. 

Cette arrivée du personnage, attendue depuis le début du film, est mise en scène par la transformation (non montrée) de ce Pinocchio en créature mi-homme mi-femme. Créature qui disparaîtra mystérieusement deux minutes plus tard. La double frustration provoquée alors chez le spectateur tient à l’arrivée tardive de la chanteuse tant attendue et à la brièveté de sa présence à l’écran. On retrouve ce même schéma dans d’autres clips de Boutonnat tels Tristana (1987) où l’interprète en question meurt au milieu exact de l’histoire. Le personnage central n’est alors pas celui qu’on voit le plus souvent à l’écran, mais celui autour duquel gravite l’histoire et qui se trouve être l’objet convoité par le personnage principal, détenteur de la part de mystère de la diégèse.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 

 

 

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Mylène, des CLIPS A LA LUMIERE DU CINEMA

Posté par francesca7 le 5 juillet 2014

 

 

Le Statut du clip :  Film réalisé pour, inspiré par, ou enrichissant visuellement une chanson, le visuel du vidéo-clip occulte étrangement l’acte de création propre de cette musique au profit le plus souvent de sa simple interprétation. Dans les vidéo-clips, la musique sur laquelle on se focalise existe déjà : les paroles sont écrites, la musique composée et les arrangements déjà réalisés.

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L’interprète joue, et le plus souvent chante, mais rares sont les clips qui retracent le parcours d’inspiration mélodique, ou d’écriture de texte. Les rares mises en scène rendant compte de cet acte de création musical ou textuel intervient dans un contexte bien précis, adapté à une histoire où à une vision particulière, comme si le simple processus de création d’une chanson par l’artiste n’était pas assez fort pour vivre tout seul. Par exemple dans le clip Stan du chanteur de rap Eminem (U.S.A – 2001), l’intégralité du vidéo-clip raconte l’histoire de ce fan imaginaire dont les lettres manuscrites deviennent les paroles de cette chanson qui illustre son destin. Pourtant nous ne sommes pas vraiment dans la mise en scène d’une création artistique pour plusieurs raisons. 

Premièrement ces lettres écrites par ce fan ne sont pas destinées à devenir à posteriori les paroles d’une chanson de son idole. Ensuite ce texte n’est pas celui du jeune homme montré, mais bien celui de l’artiste interprète Eminem, qui d’ailleurs conte l’histoire et dont on reconnaît la voix. Or à l’écran c’est bien un comédien qui revêt le rôle du fan (en chantant les paroles en play-back) et non pas Eminem qui pourtant est l’interprète original.

 Cela pose entre autres le problème du statut du vidéo-clip par rapport à celui de la chanson. Dans l’imaginaire social, la chanson a un long passé assez riche, elle favorise depuis des siècles l’apaisement, la propension à l’évasion et au rêve, elle s’accompagne depuis une vingtaine d’années maintenant de ce support privilégié qu’est le vidéo-clip. En s’alliant à lui elle s’enrichit d’une promotion télévisuelle qui, souvent, est vue par le public avant que la chanson elle ne soit entendue (à la radio par exemple) ; non seulement parce que la télévision est davantage regardée, mais car la première diffusion d’un vidéo-clip est en soi un évènement fréquemment mis en scène par la maison de disque à coups d’annonces dans la presse, contrairement à la première rotation radiophonique d’un titre qui passe inaperçu. 

 Le fait est donc, pour un vidéo-clip, de donner envie aux consommateurs de se procurer le support phonographique. Mais contrairement aux plus anciens supports promotionnels, tels les affiches ou les spots radiophoniques, la promotion ne se résume pas à une simple mise en scène du message publicitaire et de l’artiste en  question. Les affiches publicitaires par exemple, collées sur les murs de nos rues ou peuplant nos magazines ont rarement été des moyens pour des dessinateurs ou des peintres de créer, encore moins en s’inspirant du produit ou du service rendu comme c’est le cas pour le vidéo-clip. Seuls quelques artistes comme Toulouse-Lautrec ont su donner à l’affiche publicitaire une dimension picturale, mais certes pas pour n’importe quel produit. Egalement Pierre Bonnard, Firmin Bouisset, Félix Vallotton, ou encore Maurice Denis intègrent l’art à la vie quotidienne en créant des affiches publicitaires pour le journal Le Figaro, ou le chocolat Meunier à la fin de XIXe siècle. C’est pour ça qu’on imagine mal une exposition ou un album illustré pouvant retracer, sans une volonté ironique ou purement nostalgique les œuvres graphiques ayant illustré la vente de petits poids durant le passage au XXème siècle. 

Seule la photographie aurait alors pu sauver l’affiche publicitaire du simple message commercial si le plus souvent elle n’avait pas eu pour “obligation” de montrer le produit. Le simple passage à la radio constitue une promotion pour le support phonographique, là aussi ce n’est pas par hasard si la multidiffusion a souvent été comparée à un matraquage publicitaire depuis les années 70 et 80, notamment depuis les chansons de la chanteuse Dalida, alors très reprises en radio. Les spots, eux, se concentrent le plus souvent sur le refrain de la chanson, auquel une voix (qui n’est que très rarement celle de l’interprète) est souvent apposée pour mentionner le chanteur, le titre et la maison de disque. Mis à part les effets de mixage nécessaires à la conception du spot, la recherche artistique est le plus souvent quasi-nulle.

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Tout ceci fait que le vidéo-clip, qui délaisse de plus en plus l’exposition « obligatoire » de son interprète à l’image, peut devenir un support promotionnel servant une création artistique sans cesse renouvelée. De plus, le vidéo-clip est libéré de toute recherche verbale de slogan commercial, donc de tout superlatifs et tout simplement de tout commentaire. C’est là sa principale différence  avec le spot publicitaire : le produit que l’on vend est lui-même entièrement accessible dans sa promotion, la musique vendue dans le commerce est entendue dès la vision du vidéo-clip par le télé-spectateur : nulle besoin de la vanter directement, de mettre en avant certaines de ses qualités, son éventuelle « valeur ajoutée ». Seul le goût du public peut réellement décider de l’intérêt à porter à une musique. C’est sans doute pour cela que l’industrie du disque comme celle du cinéma est aussi peu fiable, la réussite ou de l’échec d’une œuvre est toujours aussi incertaine car elle est en grande partie assujettie au simple goût des spectateurs, variable et généralement incalculable car ils dépendent de critères aussi aléatoires et insondables que les réactions aux modes, l’actualité et les différences sans cesse en évolution entre les générations.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

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MONKEY ME, un single de Mylène pour ses fans

Posté par francesca7 le 2 juin 2014

 

 

Arrivée tardivement dans les bacs, la chanson « Monkey Me » n’a sans doute pas rencontré le succès qu’elle méritait ; Très occupée par les préparatifs et les répétions de sa tournée pendant l’été 2013, Mylène Farmer l’a choisie comme troisième extrait de son dernier album pour annoncer son retour sur scène. Récit d’une sortie pleine de rebondissements. Article de Jonathan Hamard.

 Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=92jtz50iwfg

 

Une longue attente….

Perçue comme l’une des plus belles chansons de l’album « Monkey Me » par les fans, la ballade. « Je te dis tout » n’a malheureusement pas su toucher le cœur du grand public. Choisi comme deuxième extrait pour succéder au très dance « A l’ombre… » le titre – mis en images par un clip de François Hanss, que les chaînes musicales ont quelque peu ignoré – n’a pas brillé en radio, mais a tout de même arraché un Top 3 dans les charts grâce au CD trois titres et au Maxi Vinyle sortis le 4 mars (environ 15 000 exemplaires vendus). Mylène Farmer a ensuite laissé s’écrouler de longs mois avant de relancer la promotion autour de son nouveau disque ; il aura en effet fallu patienter jusqu’à juillet pour découvrir le plan marketing imaginé par le label Polydor/Universal et l’artiste afin de relancer la carrière de l’album « Monkey Me ».

 

Un plan marketing étonnant….

Dans la matinée du 19 Juillet, un communiqué de presse d’Universal est envoyé à différents médias pour annoncer l’ouverture d’un site internet dédié à la chanson « Monkey Me ». http://monkeyme-remyxes.com/#Teasers

Cette dernière va donc devenir officiellement le troisième extrait de l’album, et le nouveau single de Mylène Farmer, porteur pour la tournée Timeless 2013 comme l’ont été en leur temps, par exemple, « Souviens-toi du jour » en 1999 (Mylenium Tour) et « C’est dans l’air » en 2009 ( Tour 2009). Cette page internet nommée monkeymecover.com sert au lancement d’un concours. Les internautes ont en effet quelques semaines pour imaginer deux pochettes – une pour le support digital et une pour le support physique – et les poster sur ledit site. Sans aucune explication, une seule création a finalement été sélectionnée pour habiller la cover du single, tout support confondus (digitale, physique, promo et commerce). C’est néanmoins une première pour l’artiste et sa maison de disques. 

Le 20 août, Polydor/Universal France annonce sur sa page Facebook que le single arrivera en radio dès le 30 août et dévoile le nom  du grand gagnant : c’est Richard Vanloot qui remporte le concours. La pochette, sur fond blanc, est inspirée du désormais célèbre cliqué d’Hervé Lewis ayant  servi à la pochette de l’album « Monkey Me » ainsi qu’à l’affiche de la tournée : la Mylène peroxydée disparaît pour laisser place à un singe adoptant la même posture qu’elle sur la photo originale.

 

Des supports physiques très difficiles à trouver…

Le vendredi 30 août, quelques jours avant le début de la tournée dans la capitale, « Monkey Me » est donc proposé aux radios dans deux nouvelles versions, différentes et celle déjà connue sur l’album ; une version « Radio Edit » de 3’46, raccourcie sur l’introduction et le pont musical pour se conformer aux exigences des radios, ainsi qu’un remix très efficace réalisé par Amir Afargan (Beyoncé, Jessie J…) et appelé « The ET’s Radio Mix ». Dans la foulée, ces deux nouvelles versions sont mises à disposition des internautes sur les plateformes de téléchargement légal, mais le doute subsiste toujours quant à la parution d’éventuels supports physiques. D’autant plus que le site PureCharts.fr avait reçu la confirmation du label qu’aucun clip n’accompagnerait le titre pour l’épaule en télé. Là aussi, cela aurait été une première pour un troisième extrait d’album. Mylène aurait-elle décidé de délaisser totalement l’aspect promotionnel de ses opus ? 

Finalement, le 12 Septembre, la sortie de supports physiques est annoncée pour le 7 octobre et les précommandes ouvertes au public. Sont proposés à la vente un CD Maxi quatre titres ainsi qu’un Maxo Vinyle regroupant la version album de la chanson « Monkey Me » la version instrumentale, « The ET’s Radio Mix » et un second remix également signé Amir Afargan, « The ET’s Club Remix ». Edité à très peu d’exemplaires, ces supports sont très difficiles à trouver en magasin.

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Un clip animé qui dénote dans la vidéographie de MYLENE…

Le 3 octobre, et contre toute attente le label Polydor/Universal met finalement  en ligne un clip pour le single « Monkey Me » sur la chaîne Vevo (YouTube) de Mylène Farmer. A l’instar de la vidéo de « C’est une belle journée » (2002) et de celle de « Peut-être toi » (2006), Mylène a donc opté pour un clip animé ; Une vidéo en noir et blanc réalisée par Eric Delmotte et Luc Froehlidcher, également crédités pour la création visuelle de « Slipping Away » sur Timeless 2013. Mylène Farmer, qui n’apparaît pas du tout dans cette idéo d’animation, laisse sa place à un singe, seul et malheureux, qui détruit une ville artificielle ; l’esthétique moderne a le mérite de véritablement rancher avec ce que l’artiste a l’habitude de nous proposer. 

Et si les radios ont timidement joué leur rôle – le titre a en effet bénéficié d’un faible relais sur le sondes, cela n’a pas empêché « Monkey Me » de s’envoler jusqu’à la troisième place du Top Singles, avec 7 300 ventes comptabilisées sur une semaine début octobre, suite à la sortie des supports dans le commerce. Une preuve de plus que le bastion de fans de Mylène répond toujours présent aux rendez-vous ! Au final, « Monkey Me » s’est écoulé à environ 10 000 exemplaires, mais demeure, quoi qu’il en soit, l’une des chansons préférées des fans.

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 extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 60

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Journal d’un tournage de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 9 mars 2014

Avant que l’ombre…à Bercy, journal d’un tournage

Dans le magazine de cinéma Actions paru en septembre 2006, François Hanss s’exprime sur le tournage de Avant que l’ombre…à Bercy au cours d’une longue interview documentée, à laquelle participeront entre autres Dominique Fausset, le directeur de la photographie, et Paul van Parys, le producteur collaborateur de Laurent Boutonnat.

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    Sous les hurlements d’un public récompensé de sa longue patience, un sarcophage transparent descend très lentement du plafond de Bercy et vient se poser sur la scène en forme de croix de Malte qu occupe une bonne partie de la fosse. A l’intérieur, on devine la silhouette de la star allongée, comme morte. L’entrée est saisissante en même temps que  » signifiante « . Fidèle aux symboles et aux mystères, aux signes et aux messages, Mylène Farmer a transformé pour l’occasion l’immense salle de concert en vaste temple oriental. Sur la scène traditionnelle où la chanteuse accède par un pont amovible, deux portes monumentales renvoient à la  » porte d’or  » du Dôme de Florence. Ce décor monumental et évidemment intransportable est l’œuvre du scénographe Mark Fisher, concepteur des tournées de  » U2  » et des Rolling Stones. Rien que cela. Produit par Thierry Suc, le spectacle est  » à la mesure de sa démesure « .

    Après la tournée 1989, le Tour 96 et le  » Mylenium Tour « ,  « c’est le quatrième spectacle que nous filmons « , explique Paul Van Parys, directeur de la société  » Stuffed monkey « , société de Mylène Farmer productrice de la captation filmée.  » Bercy est une salle difficile. Aux contraintes qui concernent le public et la sécurité, il faut ajouter une jauge de poids à ne pas dépasser. Ce concert est tellement énorme que la moindre caméra supplémentaire devient vite un problème… «  » Filmer un concert de Mylène Farmer revient à se poser dès le départ une mul- titude de questions « , intervient le cinéaste François Hanss pourtant rompu à ce genre de  » performance « . D’abord assistant-réalisateur de Laurent Boutonnat (réalisateur, et compositeur attitré de la star) sur la captation des deux premières séries de concerts, il avait déjà fini seul dans  » l’arène  » au moment du   » Mylenium Tour «  en 1999 (450.000 spectateurs à l’époque).  » Les spectacles de Mylène priment par leur scénographie, poursuit-il. Par définition, le  » live  » est synonyme de liberté. Il n’exclut donc jamais les impondérables. Avec elle, la mise en scène, la lumière, la gestuelle et la chorégraphie sont toujours intéressantes. C’est vraiment quelqu’un qui apporte sans arrêt des choses nouvel- les. Elle a beau multiplier les filages, les mises en place et les répétitions, c’est seulement le jour où elle entre en scène face au public qu’on découvre son spectacle. Filmer un concert de Mylène Farmer, c’est chercher à traduire sa personnalité. Il faut aimer son expression, aimer sa plastique et son visage, aimer la suivre dans des choses intimes. C’est là où le terme de  » captation  » devient peut-être impropre « .

téléchargement (2)     » Certains endroits étaient inaccessibles et il ne fallait pas gêner le public, reprend Paul Van Parys. Il a donc fallu à François une longue observation des répétitions pour savoir comment filmer le mieux possible tous les instants du concert avec le maximum d’axes capables d’offrir un vrai montage de qualité. Avec un réalisateur, le producteur se pose la question des moyens, mais aussi de la manière de les utiliser « .  » Même si au fil des années, la culture du spectacle filmé fait que les spectateurs comprennent et acceptent mieux la présence d’une Louma dans la salle ou d’une caméra dans la fosse, dit François Hanss, on n’avait pas le droit de parasiter la perception du concert par les spectateurs. Cela a toujours été notre credo avec Laurent Boutonnat et Mylène Farmer. Il n’y a ainsi jamais de caméra sur scène, jamais non plus un cadreur ne vient près de l’artiste ou des danseurs. En revanche, comme Mylène l’a toujours pratiqué dans ses films précédents, on va chercher le regard du public sur elle. Ce contrechamp est intéressant, il permet d’échapper au point de vue frontal et ajoute de la dynamique et de l’émotion. Une guitare, une expression ou un mouvement de bras sont des plans sporadiques qui insufflent de la valeur ajoutée au montage. Pour les obtenir, il faut des positions de caméra très précises. Mon cahier des charges est de faire monter en puissance ce qui se passe dans la salle tout en respectant scrupuleusement la logique du déroulement du concert, la logique de la découverte des tableaux et des lumières telle qu’elle est conçue. Chaque chanson étant en soi un tableau de lumière et de chorégraphie, mon défi le plus important est de rendre logique et compréhensible ces chorégraphies dans leur déroulement sans jamais perdre de vue l’artiste, sans jamais la faire disparaître derrière les lumières ou le public. Je procède avec un découpage prévisionnel réparti sur l’ensemble du planning des concerts. Il ne s’agit jamais pour nous de  » filmer pour filmer « . Ma difficulté supplémentaire ici, c’est la présence des deux scènes. Après, on ajoute toujours quelques points de vue un peu spectaculaires et très utiles. Sur un ou deux titres, nous avons ainsi une caméra télécommandée en totale plongée. Les caméras à l’épaule, c’est plus pour l’ambiance, se retrouver à l’intérieur du public ou utiliser des amorces de mains. La vraie structure du film répond forcément aussi à des nécessités de plans beauté sur Mylène. L’esthétique est importante « .

    Huit mois avant le début des représentations parisiennes, la quatrième série de concerts donnée par l’artiste en dix-sept ans de carrière affichait déjà complet. Son titre ?  » Avant que l’ombre… à Bercy « . Revêtue d’une tenue d’amazone lamée or surmontée d’une cape à frange, Mylène Farmer y mélange chansons nouvelles et grands classiques ( » Libertine « , «  Désenchantée « …).  » Au total, nous avons filmé les dix premiers concerts à deux ou trois caméras, précise le producteur Paul Van Parys. Une fois le spectacle bien rodé, nous sommes passés à cinq ou six caméras pour les deux derniers « .  » Nous avons principalement travaillé avec des Aaton, précise de son côté le directeur de la photographie Dominique Fausset. Mais nous avions aussi une Arriflex pour varier la vitesse et l’obturation et une A- Minima, L’ouverture était plutôt agréable, entre 4 et 5.6 avec des profondeurs de champ intéressantes. Un concert est un spectacle vivant extrêmement parti- culier dans la mesure où on doit s’adapter à une multitude de lumières et d’axes différents avec obligation de cohérence au final. (La création lumière est l’œuvre de Frédérique Peveri qui aura toujours été à l’écoute de la fabrication du film).

    Les lumières de  » live  » comme on les appelle, ont de grandes variations de couleurs, de teintes, de mélanges et de puissance d’éclairage. Qui plus est, c’est un type de lumière très particulier. Dans ce contexte, l’idée est d’être le moins intervenant possible et de tout utiliser, jusqu’aux extinctions de lumière qui font partie du show. Le problème de Bercy, c’est qu’on a parfois des distances de caméra extrêmement éloignées – jusqu’à 80 mètres – ce qui crée des présences très différentes à l’image. C’est dire combien le choix du support est prépondérant « . Avec François Hanss, réalisateur de cinéma ( » Corps à corps «  en 2003 co réalisé par Arthur-Emmanuel Pierre), Laurent Boutonnat, (deux longs métrages à son palmarès avec «  Giorgino  » en 1994 et  » Jacquou le Croquant «  cette année) et Mylène Farmer en personne dont les clips ont révolutionné le genre (de vrais courts-métrages, certains en cinémascope), le support de captation ne pouvait évidemment qu’être… argentique.  » Il est évident que Mylène Farmer, Laurent Boutonnat et François Hanss sont des gens culturellement très attachés au cinéma, constate Paul Van Parys. Avec eux, la captation d’un concert équivaut, et tant mieux, à la réalisation d’un véritable film de cinéma, pas à l’enregistrement multi-caméras d’une émission de télévision. L’orientation film faisant partie de leur culture à tous les trois, l’alternative d’un tournage en HD a été très rapidement abandonnée. Au vision- nage de tests suivis d’un télécinéma sur HD, on s’est rendu compte, notamment au niveau de la colorimétrie, que le film apportait beaucoup par rapport à la HD « .  » Dès ses débuts, l’univers musical de Mylène s’est beaucoup imposé par l’image cinéma, souligne François Hanss. Il y a une part de comédienne en elle, elle a le goût de l’image. Dans un souci de beauté autant que de respect vis-à-vis du spectateur, elle a toujours défendu l’image film.

    téléchargement (3)A une époque où la vidéo pouvait se poser comme alter- native, tous ses clips étaient tournés en film. Elle a toujours recherché l’exception, elle a toujours revendiqué une production artistique ambitieuse « . Sur scène ou juchée sur une nacelle en forme de chandelier, Mylène Farmer enchaîne les costumes au fil des numéros, portant justaucorps noir et chapeau haut de forme ou robe violette à cuissardes. Dans un spectacle qui mêle la sensualité et le sacré, l’amour, la mort et la spiritualité, des danseurs habillés de noir se produisent entre deux chansons dans des chorégraphies inspirées du flamenco. De chaque côté de la scène traditionnelle, deux écrans retransmettent les images du spectacle en train de se produire.  » Peut-être mon regard est-il déformé par mon goût du cinéma, mais si nous avions tourné en vidéo, reprend François Hanss j’aurais eu l’impression d’assis- ter à une super émission de télévision. Pour moi, il était impensable de monter ou pré-monter le film dans un car-régie et de le finaliser dans la foulée. C’est au montage que le film va se mettre en place « .  » Techniquement, le support film est de toute façon ce qui se fait de mieux, ajoute le chef-opérateur Dominique Fausset.

    Dans le genre d’exercice où l’on doit retranscrire au plus près possible les sensations du  » live « , la maniabilité de la pellicule est imbattable. L’argentique offre, qui plus est, un choix très intéressant d’outils de post-production. L’avantage de tourner en film, c’est aussi de pouvoir utiliser  des caméras complètement autonomes avec pour seule contrainte l’utilisation d’un code Aaton destiné à synchroniser les rushes. Cela laisse une grande liberté au cadreur qui, sur ce type de films, doit avoir beaucoup de rigueur. C’est ce qui nourrit la qualité de lumière, la qualité de présence des artistes et la cohérence indispensable pour le montage « .  » L’argentique, explique Gilles Gaillard, directeur technique chez Mikros Image, agit comme un pur capteur. En dynamique, la base captée ainsi obtenue est plus large que celle d’un support numérique. C’est un cliché de dire que la capture numérique est plus sensible que la capture argentique. On voit bien que ce n’est pas vrai dès lors que les émulsions deviennent de plus en plus fines. En tirant parti des capacités de captations de la pellicule, les choix créatifs de post- production sont donc forcément plus prononcés, ce qui était nécessaire avec un projet comme celui-ci qui requiert beaucoup de travail en aval. En faveur du film, on cite souvent un plus grand rapport de contraste toléré et une captation différente des couleurs. Mais la captation film permet aussi de repousser l’étape de numérisation sans être gênée par le filtrage quasi-obligatoire de la captation numérique. 

    En numérique, on est contraint de choisir la balance des blancs et le tronçon sur lequel on va travailler au définitif (encore que certaines caméras commencent à mettre de côté ce type de réglages) et du coup, les choix d’image proviennent à 90% de la prise de vues. Ce n’est pas le cas en argentique. Avec une capture argentique, on peut faire des choix différents en post-production, privilégier les ombres ou les hautes lumières. En choisissant le spectre sur lequel on va travailler, on a davantage de liberté sur le rendu de l’image définitive. Si le placement des acteurs est relativement défini quand il s’agit d’un concert, l’emplacement des caméras définit aussi des gammes de rapports de contraste différents. Un personnage qui passe de l’ombre à la lumière se trouve dans une configuration qui fait que le contrôle des rapports de surexposition varie énormément. La latitude étant plus grande au moment de la prise de vues, il devient intéressant de pouvoir effectuer un travail sur le télécinéma au moment de la numérisation pour aller chercher des détails sur l’image plutôt que d’avoir un rendu homogène qui placerait systématique- ment des gens dans l’ombre. Cela permet de placer le spectateur entre  » back- stage  » et pur concert « .

    Au service de la captation, Dominique Fausset a choisi d’expérimenter la toute nouvelle (à l’époque) pellicule Kodak Vision2 7299.  » C’est une pellicule qui va plus loin que ses consœurs de la gamme Vision2 dans les contrastes et les saturations de couleurs, précise-t-il. Pour le type de lumière et la configuration de tournage d’un concert, c’est une pellicule parfaite. Très malléable, elle emmagasine beaucoup d’informations. Il faut simplement la poser le plus  » plat  » possible dans la courbe pour obtenir un maximum de rendu dans les hautes et basses lumières. Le plus surprenant, ce sont les détails qu’elle conserve dans les basses lumières. C’était d’autant plus important pour nous que le stylisme comportait pas mal de noir (certaines tenues, beaucoup de chapeaux…). Malgré ce noir qui présentait parfois des densités très fortes, elle a en permanence continué de faire preuve de finesse. C’est une pellicule qui, malgré des mélanges de textures de néon et de lumière traditionnelle, valorise les natures d’arrière-plans et la profondeur de champ « .  » C’est une pellicule qui pré- sente un possible écart de contraste spectaculaire que les supports numériques ont encore du mal à posséder « , ponctue Gilles Gaillard.  » Quand on filme un concert, il n’est pas question de trouver tel ou tel tableau trop  » sombre  » ou trop  » lumineux « , explique encore le réalisateur. La grande force de l’argentique, c’est de  » capter  » les nuances d’ouverture de lumière et de ne trahir ni les carnations ni la dynamique des couleurs dont la palette est différente pour chaque tableau. Grâce à la latitude d’acceptation de cette pellicule, on peut  » partir  » assez loin et garantir au public la cohérence du spectacle. Sur la performance ou le côté spectral de la Vision2 7299, on voit bien qu’au standard de ce qu’on obtient, on possède déjà une image très douce et très défi- nie. On garde le chatoyant du stylisme de Mylène, il n’y a rien d’ingrat ou de parasite, rien n’est  » cramé  » dans les hautes lumières. Le tableau final par exemple se devait de ressortir magnifiquement. Derrière un rideau de pluie, on découvre un escalier éclairé par différentes sources de lumière qui mettent en trompe-l’œil une perspective. Quand je vois le résultat en film, j’ai l’impression de me trouver devant un rendu technicolor. C’est plein de finesse et de demi-teintes « .  » Sur ce type de tournage, l’utilisation d’une seule émulsion permet aussi d’avoir une continuité de profondeur, de grain et de texture d’image, approfondit Dominique Fausset. Il en résulte une cohérence entre les places de caméra, leurs distances et les variétés d’objectifs utilisés. En accord avec la post-production, j’avais ainsi décidé de ne rien filtrer même si avec ce type de lumière de concert, on récupère beaucoup de  » flair « . Pour moi, cela donne de la vie aux images.

téléchargement (4)

    Une lumière de concert, ça change tout le temps, on passe régulièrement du  » chaud  » au  » froid  » et en intensité, on va de très hautes lumières à des lumières éteintes. Cette Vision2 est une pellicule qui tient très bien les montées de grain, les surexpositions comme les sous-expositions. C’est une pellicule que j’aurais vraiment envie d’utiliser maintenant avec des lumières modernes, de travailler dans la douceur sur des clips ou en publicité. Sur ce tour- nage, elle a été pour moi un véritable confort dans ma collaboration avec le coloriste Jacky Dufresne de chez Mikros Image, lequel m’a accompagné dans ce travail depuis le démarrage des tests jusqu’à la finalisation du master au lustre « .  » Son bémol, intervient Gilles Gaillard, c’est que malgré une émulsion plus douce, on se retrouve vite avec une texture de grain comparable à  » l’ancienne  » 500. (La montée de grain n’était pas encore traitée par la boîte Kodak au moment où nous l’avons essayée). Nous n’avons pas utilisé directement la boîte Kodak pour ce qui est de la fabrication de l’image définitive mais pendant toutes les étapes de recherche créative. En faisant des combinaisons Vision2 7299 + boîte Kodak, on s’aperçoit que si la boîte est un peu stricte en terme de rendu, elle fournit quand même des indications qui permettent de déterminer des ambiances et d’offrir davantage de propositions « .

    Avec un marché du CD en chute libre un peu partout, quelle sera l’exploitation principale du film ?  » Le DVD est devenu un support très important, termine Paul Van Parys, c’est la trace du travail que l’artiste a fourni, un témoignage dans sa carrière, un point de repère dans l’évolution de ses concerts. L’exploitation du DVD est notre objectif aujourd’hui avec éventuellement celle du HD DVD dans la mesure où, quand nous sortirons ce film fin 2006, les lecteurs DVD HD commenceront à se mettre en place. Le fait que le film utilise la pellicule HD Vision2 et le fait qu’on dispose d’une post-production en HD peut nous permettre d’envisager une exploitation salles… même si tout le monde sait qu’elle est difficile à obtenir. Avec la définition d’image dont le film peut aujourd’hui s’enorgueillir, c’est en tout cas une chose possible en privilégiant délibérément la qualité « .

Dominique Maillet, Actions, n°27, Automne 2006.

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Sites Officiels de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 22 mars 2013

 Sites Officiels de Mylène Farmer dans Mylène et BIOGRAPHIES mylene1-221x300

Bercy 2006

www.mylenefarmerbercy2006.com 

Date d’ouverture : 17 décembre 2004 - Fermé 
Ce site fut le premier site officiel ouvert par le staff de Mylène Farmer. Mis en ligne lors de la mise en vente des places pour les concerts « Avant que l’ombre… à Bercy » en 2006, on pouvait y acheter en ligne des packages contenant des places de concert, des nuits d’hôtel et des billets de train. Ce site est le seul des mini-sites officiels qui n’existe plus aujourd’hui. 

L’amour n’est rien…

http://www.lamournestrien.com 

Date d’ouverture : 28 mars 2006 - Fermé 
Mis en ligne le lendemain de la sortie du single dans le commerce, ce deuxième mini-site permettait de voir en ligne le clip de « L’amour n’est rien.. ». Le site est un succès puisqu’en quelques jours, on dénombre plus de 400.000 visionnages, et quelques semaines plus tard, plus de 600.000. Il faut dire que les publicités diffusées à la télévision pour promouvoir le single mettaient clairement en avant l’URL du site. 

Lonely Lisa

http://www.lonely-lisa.com 

Date d’ouverture : 15 septembre 2008 
Ce site n’est pas consacré à la promotion du travail de Mylène Farmer. D’ailleurs, son nom n’apparait nulle part. Il s’agit d’un projet de « site communautaire de l’ennui » sur lequel elle propose aux visiteurs de publier leurs créations de toutes sortes (musique, textes, dessins…). Le site ouvre le 15 septembre 2008. Avant cela, on pouvait voir sur le site un compte à rebours menant à la date d’ouverture. Quasiment dès sa mise en ligne, le site compte plus de 5.000 inscrits, mais malheureusement la fréquentation décline rapidement. L’intérêt est relancé après le « Tour 2009″ de la chanteuse, lorsque le site propose une nouvelle version, le 03 novembre 2009.. Aujourd’hui, le site compte près de 8.000 inscrits. 

Point de suture

http://www.pointdesuture-lesite.com 

Date d’ouverture : 17 avril 2009 - Date de fermeture : décembre 2011 
Huit mois après la sortie de l’album « Point de suture », Universal met en ligne, en accord avec Mylène Farmer, un site destiné à assurer sa promotion sur le Net. Outre trois designs différents (aux couleurs du « Farmer Project » ou de la poupée du livret de l’album), ce site nous propose un « widget » permettant de visionner les quatre clips extraits de l’album (et pouvant être partagés sur la toile, notamment sur l’incontournable Facebook). Le site propose également un rappel de la tracklist de l’album et des dates de la tournée, et une rubrique Photos, qui est en réalité une galerie de captures du « Farmer Project »

Tour 2009

http://www.mylenefarmer-tour2009.com 

Date d’ouverture : 30 avril 2009 
Quelques jours avant le lancement du « Tour 2009″, ce nouveau site officiel est mis en ligne. Il propose une vidéo teaser signée Alain Escalle. Cette vidéo annonce la mise en ligne d’images du spectacle dès le lendemain de la première, et laisse à voir l’oeil de Mylène qui s’ouvre et se referme. Comme on le découvrira quelques jours plus tard, ces images sont celles qui introduisent le spectacle. Vous noterez que sur la vidéo ‘teaser’ que nous vous proposons de télécharger ci-dessous, les inscriptions indiquant la mise en ligne d’images du spectacle ne sont pas présentes, vous ne pourrez voir qu’un écran noir entre les apparitions de l’oeil de Mylène. Ce n’est donc pas la vidéo telle qu’elle apparaissait alors sur le site. Le 03 mai à 15h, des extraits du spectacle (« Dégénération »« Rêver » et « Libertine ») sont donc visibles. La vidéo est aujourd’hui toujours en ligne sur le site et totalise, un an après, près de 250.000 visionnages. 
Télécharger la vidéo ‘teaser’ (1’35) 
Télécharger la vidéo ‘premiers extraits du spectacle’ (2’25) 
Télécharger la vidéo ‘teaser’ republiée sur le site d’Escalle en 2010 (2’11) 

Stade de France

http://www.mylenefarmer-stadedefrance.com 

Date d’ouverture : 08 mars 2010 
Près d’un mois avant la sortie très attendue des supports du film « Mylène Farmer – Stade de France », ce nouveau site est mis en ligne. Et le moins que l’on puisse dire est que de nombreuses réjouissances seront proposées au public durant les quelques semaines entre l’ouverture du site et la sortie des supports, le 12 avril ! Au moment de son ouverture, le site propose déjà de quoi faire saliver les fans : un décompte des jours menant à la date de sortie, six photos inédites du spectacle (signées Robin), et, deux vidéos : le teaser du film « Stade de France », qui figurait déjà sur certains supports de l’album « N°5 on tour » sorti en décembre 2009, et « Avant la lumière », une nouvelle vidéo montrant l’ambiance dans le stade avant le début du spectacle, notamment pendant la diffusion du remix de « Sextonik ». Mais la raison d’être de ce site n’est pas uniquement d’accroître l’impatience des fans, c’est aussi par son biais que sont présentés et proposés en précommande les supports DVD, Blu-Ray et Collector du film, à partir du 11 mars. De petites vidéos de présentation de ces supports sont d’ailleurs proposées, et pour l’anecdote, certains fans réussirent à les récupérer avant la date prévue en fouillant dans le code XML du site ! En outre, ce site a également servi à la mise en vente des places de cinéma pour la diffusion du film en avant-première dans 19 cinémas de France. 
Par la suite, le staff s’amuse à jouer avec les nerfs des fans, en distillant au compte-goutte, tous les lundis et jeudis, divers extraits du film et de ses bonus : un extrait de« Libertine » de près de 1’30 (le 18 mars), un extrait des bonus concernant les costumes, avec interview de Jean-Paul Gaultier (le 22 mars), un extrait de « Rêver » de près de 1’45 (le 25 mars), et le clip live de « Paradis inanimé », une semaine et demie avant sa diffusion TV, en totale exclusivité (le 29 mars). 

Télécharger la vidéo teaser « Stade de France » (2’40) 
Télécharger la vidéo « Avant la lumière » (1’56) 
Télécharger la vidéo présentant le coffret collector (0’52) 
Télécharger la vidéo présentant les livres-disques (0’31) 
Télécharger l’extrait de « Libertine » (1’38) 
Télécharger l’extrait du bonus consacré aux costumes, « Ecorchée vive » (2’33) 
Télécharger l’extrait de « Rêver » (1’46) 
Télécharger le clip live de « Paradis inanimé » (4’43) 
Télécharger le teaser J-3 (0’08) 
Télécharger le teaser J-2 (0’08) 
Télécharger le teaser J-1 (0’08) 

Bleu Noir

http://www.mylenefarmer-bleunoir.com 

Date d’ouverture : 04 novembre 2010 - Date de fermeture : 22 décembre 2011 
Télécharger la vidéo teaser du clip « Oui mais… non » (0’17) 

Je te dis tout

http://www.jetedistout.com 

Date d’ouverture : 28 janvier 2013 

 

 

 

 

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Symbolisme de l’Horloge de Mylène

Posté par francesca7 le 17 février 2013

Analyse de « L’horloge »

Paroles : Charles Baudelaire
Musique : Laurent Boutonnat

+ d’infos sur cette chanson

Mylène Farmer a cette originalité d’allier dans ses chansons une expression puissante de sa personnalité indépendante et une inspiration importante et avouée de sources diverses. Le poète Charles Baudelaire en fait partie. 

Dans la famille des écrivains hallucinés, dépressifs, macabres et aussi géniaux que démodés, Baudelaire est le patriarche. On ne s’étonnera donc pas qu’il ne soit guère lu par les publics de Paul-Loup Sulitzer ou de J.K.Rowling, ce qui fait, en les additionnant, la majorité des consommateurs. 

Symbolisme de l'Horloge de Mylène dans Mylène et SYMBOLISME capturedcran2012-06-06162552-300x174

L’homme qui a enterré les vieillissantes doctrines romantiques a eu ce tragique destin de finir sur les mêmes étagères que ceux auxquels il s’opposait. A quelques exceptions près, la poussière semble être l’avenir fatal de toute œuvre dépassant les trente-quarante années d’existence. 

L’espérance de vie d’un livre devient inférieure à celle d’une cannette de bière !
Grâce à Mylène, il y aura au moins un auteur de sauvé (avec Poe dans « Allan »). Reprenant le texte original d’un poème de Baudelaire, Boutonnat et Mylène ont réussi à lui coudre un « habillage » contemporain à peu près à sa taille. 
Mais le choix de Baudelaire et de « L’Horloge » est plus qu’une opération de sauvetage par nostalgiques décalés. C’est une partie importante de l’œuvre mylénienne complète.

Rendons à chacun ce qui est à chacun : les textes de Baudelaire, au niveau du pur jeu poétique, sont supérieurs à beaucoup de textes de Mylène. C’est la différence entre le maître et l’apprentie. Mais, au niveau de la réflexion, Mylène ne se borne pas à copier Baudelaire. Elle veut le dépasser, ou plutôt passer par lui pour suivre un autre chemin, un chemin qui n’est pas loin de celui des « Fleurs du Mal », mais qui mène à d’autres lieux et d’autres paysages. 
Pour preuve, le fait que Mylène commence son premier « grand » album avec le poème qui finit le grand recueil de Baudelaire : la quatre-vingt-cinquième fleur du Mal. Une petite ambition de poursuivre sur la voie du maître ? En tout cas, de lui rendre un hommage musical.

D’ailleurs, Baudelaire lui-même était un grand amateur de musique, et il fut l’un des premiers à rechercher une musique dans les mots, les vers et les rimes, ce qui inspirera Verlaine. Baudelaire fut l’explorateur des correspondances entre mondes visible et invisible, sensible et matériel, poétique et musical. Il n’aurait donc peut-être pas craché sur une adaptation de ses poèmes en musique. Mais il aura dû attendre plus d’un siècle…

Sans se lancer dans une analyse détaillée du poème, il faut faire quelques remarques sur sa forme. 
D’abord, « L’Horloge », c’est six strophes de quatre alexandrins, ce qui fait vingt-quatre vers. Autant que de chiffres sur un cadran. Les strophes sont des quatrains : quatre vers. Autant de quarts d’heure. 
Ensuite, c’est un système, qui marquera Mylène durant toute sa carrière de poète, d’allitération et de jeux de sonorités construisant un rythme, donnant un tempo. 

Et Baudelaire a ce pouvoir d’utiliser les mots pour peindre le temps.
Vous pouvez vérifier. Les deux premiers vers et le dernier ver de chaque strophe comportent toutes au moins deux sifflantes par vers : en début ou en fin de vers. La consonne semble revenir inlassablement : « sinistre/impassible, menace/souviens-toi, cible ». Et c’est ainsi dans chaque strophe ! Impressionnant.

On ne sera pas étonné de trouver dans la partition de Boutonnat un même rythme implacable, presque conquérant, accompagné d’un thème descendant lentement. De même, Mylène alterne les passages parlés et chantés, graves et plus aigus, tel un perpétuel mouvement de balancier.

Le goût de Boutonnat pour l’étrange trouve en Baudelaire un prétexte pour se déchaîner. Et le musicien n’hésite pas à employer les effets attendus du genre : cris de bébé, résonances d’aéroports, voix de Jugement Dernier (« Souviens-toi », « Remember ») qui annoncent « Beyond my control », mystérieux arrangements au synthé, ruisselantes sonorités. 
Le rôle de Mylène paraît assez réduit, sa voix devant se conformer à un rythme particulièrement précis. Elle parvient pourtant à joindre une forte émotion à une sorte d’automatisme machinal. 

images-111 dans Mylène et SYMBOLISME« L’Horloge » rassemble plusieurs thèmes baudelairiens. 
Par exemple, ce n’est pas son seul poème qui parle du Temps, incarné par l’horripilant tic-tac de l’horloge, comme l’ennemi de l’homme. On en sent l’universalité dans la quatrième strophe, quand l’horloge dit « parler toutes les langues ». Avec malice, Mylène dit ce vers en imitant la voix d’un enfant, provoquant en nous un sentiment particulier quand on se rappelle combien on était heureux quand on était gamin et combien ce temps nous paraît loin.

C’est à cause de ce temps qui nous file entre les doigts que la vie nous apparaît comme un supplice, balançant jusqu’à la fin entre l’amertume de l’ennui (quand le temps est trop long) et les affres de la vieillesse (quand le temps nous trahit). 
C’est exprimé dans le poème dans le déroulement des strophes. D’abord, la deuxième strophe fait référence à l’âge des plaisirs, où l’on essaie de profiter de la vie tant elle est courte, puis c’est le temps de la paresse (« mortel folâtre »), juste avant de s’apercevoir qu’on a dépensé sa vie à ne rien produire. Les regrets d’avoir oublié de cultiver les valeurs humaines apparaissent trop tard. « L’auguste Vertu » reste « vierge », sans qu’on ait cherché ni à la toucher ni à l’aimer…

L’homme est soumis au Temps (« qui gagne sans tricher à tous coups ») comme à une « loi ». En effet, Dieu l’a créé périssable, il nous a déterminé en nous imposant le temps. C’est pourquoi l’horloge est un dieu « sinistre ». L’étymologie de ce mot est sinister : qui peut dire l’avenir. C’est cet avenir tragique que Baudelaire ne comprend pas. Pourquoi avoir créé la nature et ses merveilles (« la sylphide ») si on meurt avant d’en avoir réellement profité ? Absurde. 

La situation décrite dans le poème est terrible, parce qu’elle se situe juste avant la mort : non pas durant la nuit, mais au moment du crépuscule (« le jour décroît, la nuit augmente »). On ressent donc pleinement la menace de la mort, dont on ne sait vraiment qu’une seule et unique chose : elle viendra. 

Et, à ce moment, le temps qu’on avait cru gagner nous fera défaut, la chance qu’on croyait à nos côtés nous abandonnera, bref, toutes ces forces que l’humanité ne peut contrôler se retourneront contre elle. Et il sera trop tard pour demander pardon, car on n’efface pas le passé et la culpabilité reviendra nous tourmenter. C’est la signification de l’obsédant « souviens-toi ».
Reste à savoir en quoi Mylène se sent-elle interpellée par ce message. Elle est jeune, jolie, intelligente, sans complexe avec les hommes. N’a-t-elle pas le temps ?

mylMais n’est-ce pas ce que tout le monde croie, en se laissant berner par l’apparente longueur de la vie, alors qu’il manquera toujours de l’eau dans la clepsydre ? 
Deux éléments expliquent l’angoisse de Mylène. D’abord, la maturité de sa réflexion, qui la vieillit intérieurement et prématurément : elle le sentait déjà dans « Plus grandir ». Et puis, la proximité qu’elle entretient avec la mort. 
C’est surtout le caractère inconnu de la mort qui attire Mylène. Qu’en savons-nous, après tout ? Elle est omniprésente, omnipotente, frappe par surprise aussi bien que sans surprise. C’est un ennemi invisible qui détruit irréversiblement ceux qu’on aime et finit par nous prendre aussi. Elle est aussi bien adorée (il faut voir le nombre de films au cinéma qui magnifient la mort) qu’abhorrée, et universellement crainte. 

Mais, le pire, c’est qu’on ne sait pas ce que l’on craint. 
Bien sûr, il y a la souffrance. Mais, au bout de quelques années de vie sur cette planète, on y est vite habitué, même si, dans notre société, elle apparaît plus sous sa forme de souffrance morale que physique. 
Tenter de percer cet inconnu implique forcément de braver un interdit. Ce sera un facteur déterminant dans la poésie de Mylène. D’où la position en ouverture d’album de « L’Horloge ».

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PRESSE sur Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 14 décembre 2012

 

PRESSE sur Mylène Farmer dans Mylène dans la PRESSE 128870_jul4chbnx5p6ccgcxmgxhzlwq3twtr_mylene-farmer-by-guen-29-12-2010_h195350_l-228x300Et si Mylène vous était contée autrement! Loin des clichés habituels, cette biographie récapitulative nous dévoile une Mylène Farmer méconnue, plus « vraie », plus accessible.

Christian Le Besnerais – www.sortiz.com

Cet ouvrage bien documenté et complet est une analyse pertinente d’un mythe. Une analyse psychosociale de Mylène Farmer.
Ce livre vous fera peut-être encore découvrir des choses que vous ne saviez pas.
Un regard passionnant et différent.

David Assolen – www.ecolesjuives.fr

Un ouvrage inédit et de très haute qualité, écrit par Julien Rigal.
Mylène Farmer ou « La culture de l’inaccessibilité » est un projet biographique en « or massif » avec de nombreuses anecdotes et citations (…) Certainement le livre le plus raffiné à ce jour sur l’oeuvre de Mylène Farmer.

- www.musiqueradio.com

Pour un coup d’essai, Julien Rigal à réussi un coup de maître. Face à son succès, sa biographie autorisée de Mylène Farmer est, en effet, en cours de réimpression.

Christian Desmazes – Midi Libre.com

Julien Rigal fait le rapprochement entre les chansons et leur création, et ce que l’artiste en dit dans les médias.
Le livre parle de l’ascension de Mylène Farmer, de l’éclosion d’une star qui est entourée d’une aura de mystère.

Nicolas Leclercq – La Sambre (Nord Pas de Calais)

mylene-farmer_clip_c-est-une-belle-journee_captures_002-300x140 dans Mylène dans la PRESSECe livre écrit par Julien Rigal permet de découvrir qui se cache derrière ce mythe et de comprendre quelles sont les influences de Mylène Farmer, pourquoi l’amour, le sexe, la mort, la religion, le temps qui passe et la mélancolie sont les thèmes récurrents de ses chansons.

Et par-dessus tout, on se rend compte qu’elle est une véritable artiste qui n’a de cesse de développer sa créativité dans divers domaines artistiques…

Françoise Bachelet – www.livres-a-lire.net

Grâce à ses mots, on découvre une autre artiste, plus vraie. Si comme elle le dit, elle ne cultive pas le mystère, il n’en reste pas moins que ses rares apparitions et ses interviews comptées lui confèrent le statut de personnage inaccessible.

Julien Rigal relate une carrière hors norme avec un sens aiguisé du détail qu’il ponctue d’anecdotes et de citations peu connues.

- Tribu Move

« Mon parti pris était de ponctuer le texte de ressentis de Mylène et son entourage, pour ne pas en faire qu’une biographie linéaire, ainsi que d’analyses de ses choix et comportements. »
Julien Rigal

Sébastien Rozier – http://farmeraddict.mabulle.biz

Comment, par qui et pourquoi un mystérieux mythe s’est construit autour de la chanteuse Mylène Farmer?
Julien Rigal, grand admirateur de la chanteuse à laquelle il a consacré un site internet, nous propose de répondre à ces questions en présentant une artiste méconnue, plus « vraie », plus accessible.

- www.sauramps.com

 

Et si Mylène vous était contée autrement…Loin des clichés habituels, cette biographie nous dévoile une Mylène Farmer méconnue, plus « vraie », plus accessible.

Marie Ange Pinelli – France Bleu Besançon

 

L’un des biographes de Mylène Farmer qui nous propose une version originale et personnelle de l’artiste.

« C’est à ce jour le seul livre qui retrace l’intégralité de sa carrière de ses débuts jusqu’aux premières diffusions du dernier titre « Oui mais…non », produit par RedOne. » Julien Rigal

Christophe Mangelle – www.lafringallelitteraire.com

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Le Texte de C’est dans l’air

Posté par francesca7 le 21 août 2012

Mylène Farmer – Clip C’est dans l’air réalisé par Alain Escalle – Capture

     Le Texte de C'est dans l'air dans Mylène et SYMBOLISME 3t4nisnd-300x211Pas aussi moralisateur qu’il ne le prétendrait en apparence, le texte de C’est dans l’air expose une réflexion personnelle sur une évolution vaine puisque parée à aucune donne salvatrice de l’Homme. C’est laid ? Tout à fait, autant s’en amuser puisque aucun discours ou monologue narcissique n’y changeront quelque chose.

     Ce texte et son vidéo-clip se perçoivent alors de plusieurs façons possibles. Mylène pourrait évoquer un espoir d’évolution positive, puisque utilisant l’humour et l’autodérision (les squelettes, le rire) et surtout, souriant sur les dernières images, avant le désastre. L’on pourrait accoler à ce (joli) sourire une non croyance aux prophéties apocalyptiques, une marque de je-m’en-foutisme très narquois ou un signe de libération ; les images d’archives correspondraient alors à une vision de perpétuation. Les évènements se reproduisent toujours, sans que chacun n’en prenne note et conscience.

     Dans une suite logique au pessimisme, Mylène quittait la Terre à la fin du Farmer Project, pour finalement la retrouver dans C’est dans l’air, en plein ordre de chaos. Difficile de croire au hasard sur l’œuvre de Mylène Farmer, puisque avec C’est dans l’air, tout un concept se développe autour de Point de suture : l’appel au rassemblement des troupes et de l’esprit (Dégénération, « je suis coma là mais faut qu’ça bouge », Réveiller le monde), l’idée du chaos (C’est dans l’air) ou d’échappatoire (Paradis inanimé), l’affiche de la tournée montrant une Mylène déchue, telle une météorite (très en vogue cette obsession pour les météorites cette année dans le milieu du spectacle) et, en dernier lieu, ce terme de rupture évoqué dans le titre de l’album, en lien avec cette poupée morte de la pochette, écartelée, à laquelle il ne reste probablement que l’esprit.

PAR Arno Mothra 

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Succès Mylène – Décadence GRETA

Posté par francesca7 le 13 mars 2012

 

Grandeur et décadence de l’actrice Greta Gabo …

 On aurait peu de mal à imaginer cette chanson GRETA comme une commande de Mylène FARMER pour Laurent Boutonnat. La chanteuse ayant « La Divine » comme actrice favorite.

Description de cette image, également commentée ci-après Le texte parle un petit peu de la carrière de Greta Garbo, mais seulement par des mots isolés et des références plus ou moins floues sur sa carrière. Ainsi, on retrouve les rôles de femme enfant de GARBO, comme dans La Reine Christine (Ruben Mamoulian 1993) où d’ailleurs elle incorporait une dimension très androgyne. C’est aussi en référence à ce film que Laurent Boutonnat emploie dans son texte le mot reine. La Reine Christine ayant été la reine de Suède. Dans le refrain » Greta rit » fait référence au slogan du film Ninotchka (Ernest Luvitsch 1939) qui était exactement celui-ci.

 Toujours dans le refrain, on peut aisément trouver par deux fois une référence au film Le Baiser ». « La mort lui ressemble » rappelle en ce sens la scène du procès où la silhouette de Greta Garbo se découpait en forte contre-plongée sur l’arrière du tribunal. On notera le même habit de deuil noir que celui que portait Mylène FARMER lors de l’enterrement de la mère de Catherine. Les « baisers froids comme elle » rappellent le même film de par son titre.

 C’est au deuxième couplet que le texte se concentre sur la retraite de Greta GARBO, à 36 ans. Son évoquées la fuite (difficile), la nuit (persuasive), et la perte de la vie (artistique). Suite à l’échec de son dernier film (qui n’était pas de mauvais qualité, mais dans lequel Garbo n’aurait jamais du se mettre) en 1941, elle s’éloignera des studios (d’abord en prétextant l’attente de la fin de la guerre). Ce retrait provisoire sera définitif. Elle restera 50 ans loin des studios après 30 films, vieillissant en silence et en préservant pour toujours sa jeunesse gravée pour l’éternité sur les pellicules, après la sortie de La femme aux deux visages, en 1941, et jusqu’à aujourd’hui, elle n’a jamais remontré officiellement son visage. Seuls les paparazzis ont réussis à le capturer quelque fois.

 C’est justement à ce dernier film (La femme aux deux visages) que Laurent Boutonnat a extrait certaines répliques de Greta Garbo pour sa chanson. Ces extraits sont souvent passés dans le désordre par rapport à ceux du film, seulement par un souci mélodieux ou par réel soucis de sens ?… Les interruptions à l’intérieur d’une même phrase (les silences…) et les respirations sont respectées. L’actrice est souvent, dans le texte, considérée comme morte : « tu n’es plus » ; « de la vie orpheline », « Greta meurt ». Or, lors de la est sortie du titre dans l’album, Greta GARBO est encore vivante, elle ne mourra d’ailleurs que quatre ans plus tard, un lundi d’avril 1990, à 85 ans. Il s’agit donc bien de la mort artistique de la comédienne dont Laurent Boutonnat parle ici.

Succès Mylène - Décadence GRETA dans Mylène et SYMBOLISME Mylene_Farmer_et_Greta_Garbo_3_by_Anita_Garbo L’histoire de ce film, une monitrice de ski s’inventant une sœur jumelle, se prête assez au personnage de Mylène FARMER qui évoque très souvent la dualité des perosnnages, sans parler du thème du double plus qu’évoqué dans les clips de California, l’Ame Stram Gram, et Je Te Rends ton Amour. On notera que l’ordre des phrases samplées de Greta Garbo dans le texte, usent de l’alternance presque parfait entre les deux personnalités de l’héroïne, via le double qu’elle s’est inventée. L’ordre obéit aussi parfois aux questions-réponses entre les deux personnages du film qu’interprète Garbo. Karin et Katherine Borg.

 Les thèmes évoqués dans la chanson GRETA, ne sont pas anodins et laissent entrevoir quelques inspirations de la construction de l’univers de Laurent Boutonnat. On peut donc deviner en partie la source de l’atmosphère de Cendres de Lune. Le film La femme aux deux visages et les extraits choisis par Laurent Boutonnat évoquent le paradoxe, le masque, le rejet, et avant tout la solitude…

 

Signé J.S.M http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

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Alain Escalle et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 11 mars 2012

Alain Escalle et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE 111hxfo

Né en 1967 dans le sud de la France, Alain Escalle s’intéresse à des disciplines tout diverses et transversales que le cinéma et le spectacle vivant poursuivant une recherche dans le champ d’images en mouvement. il suit des études en Arts-appliqués et en Audiovisuel. Il découvre, en 1991, l’univers de la création vidéo en tant qu’assistant infographiste sur la vidéo danse M FOR MAN, MUSIC & MOZART de Peter Greenaway.

 

C’est en 1992 qu’il signe MIRAGE ILLIMITÉ co-réalisé avec Maurice Benayoun (1er Prix Imagina 1992 catégorie habillage). Puis, il réalise son premier court-métrage en 1994, D’APRÉS LE NAUFRAGE ayant pour sujet le drame du radeau de la Méduse (1er Prix SCAM, 3ème Prix catégorie Art à IMAGINA).

Après de nombreux voyages vers le Japon (de 1993 à 2004) où il travaille régulièrement depuis 1993, il décide d’approfondir cette culture et de concrétiser, LE CONTE DU MONDE FLOTTANT, un court-métrage onirique primé dans plusieurs festivals de renommée internationale (Grand Prix IMAGINA 2002 & présélection aux CÉSARS du cinéma Français en 2003). Ce film et l’installation qui suivra (DRIPPING, GROUND ZERO) constitue une vision apocalyptique et multiple de l’histoire du Japon et de l’avènement de la bombe à Hiroshima.

 Depuis ses débuts, il développe un travail de recherche visuelle, parcourant l’histoire du monde et celle des Arts. Cette recherche technologique et picturale, entre cinéma, animation traditionnel et histoire de l’Art, amène Alain Escalle à collaborer avec multiples réalisateurs, durant dix ans, à des projets de création, fictions, publicités, comme la série NTT GROUP pour les Télécoms Japonais ou sur la direction artistique et les effets visuels de courts-métrages comme CITÉS ANTÉRIEURES : BRUGES(1er prix Imagina 1995, catégorie Art) et A VIAGEM réalisé en haute résolution pour le pavillon Portugais à l’Exposition Universelle de Lisbonne de 1998 (3ème prix Imagina 1999, catégorie Art).

 Alain Escalle qui travaille tant en France qu’a l’étranger, a obtenu de nombreux prix dans des festivals internationaux (Festival du court métrage de Clermont-Ferrand, Festival du Nouveau Cinéma de Montréal, Imagina Monaco, le Niccograph au Japon, Ars Electronica en Autriche, les Monitors Awards à Los Angeles, Locarno, SCAM, etc…). issu de son site internet : http://www.escalle.com/biographie/

Alain Escalle Réalisation Music vidéo (2009) d’entre autres  «C’EST DANS L’AIR»

 Alain Escalle, le « Magicien des Images« . Il a collaboré, avec Mylène Farmer, sur le clip de C’est dans l’air, de Leïla et bien sûr sur les images illustratives de la Tournée 2009.

Pour la sortie du nouveau numéro de l’Ame-Stram-Mag; il a bien voulu nous ouvrir les portes de son monde et faire la lumière sur son travail et ses projets farmeriens :

Que signifient les signes dans le clip C’est dans l’air ? (croix, carré,etc..)

Ils ne veulent rien dire … Juste une succession rythmique de formes simplistes. Il n’y a pas d’autres explications désirées. Après, n’importe qui peu trouver de l’intérêt à y chercher un sens. Mais cela ne me concerne pas. Pour revenir aux squelettes du clip. Ils proviennent simplement de cette envie qu’avait Mylène d’utiliser du Motion capture depuis plusieurs années. Et comme j’avais fais un crâne qui parle pour les images du concert, l’idée du squelette est apparue évidente. il ne faut pas chercher plus loin des choses qui entrent dans une procédure de travail. [...]

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Quelles ont été les conditions de tournage du clip «Leila», vos inspirations, vos contraintes ?

2737203144_2 dans Mylène et L'ENTOURAGEIci, nous avons mis beaucoup de temps à décider de la forme du film. Presque deux ou trois semaines, si je me souviens bien. Et après plusieurs conversations avec Mylène nous avons décidé de choisir celle-ci. Mylène voulait surtout éviter qu’il y ait un message à double lecture. Et le sujet du Moyen Orient ne se traite pas avec légèreté surtout lorsque les chansons voyagent. Il y a d’ailleurs eu deux montages différents. Le premier était trop dur justement trop tendancieux. Nous avons évoqué aussi l’idée d’images d’archives de la Princesse Leila Pahlavi à la manière de l’émission «Un jour un destin» [NDLR : Que Mylène aime tout particulièrement ], mais l’idée me semblait peut réalisable dans le temps imparti. Et nous nous sommes attachés à l’idée d’une femme orientale plus universelle une image d’épinal de l’Orient. Il n’était bien sur pas possible de tourner en Iran et toute les images disponibles ne me plaisaient pas. [...]

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Pouvez-vous nous présenter les deux danseurs sur tableau Point De Suture ?

Il s’agit de deux amis Flavien Crebssegue pour l’homme et Hélène Pecqueur pour la femme. Hélène avait déjà travaillé sur les images de scène de Bercy. Pour «Dans les rues de Londres» et «California». Puis elle est de retour sur le clip de «Leila».Ils ne sont pas du tout danseurs à la base, mais je travaille toujours comme cela. Enfin souvent. [...]

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Mylène apprécie P.Levi

Posté par francesca7 le 4 décembre 2011

Mylène apprécie P.Levi dans Mylène et les AUTEURS primo%20levi%20danonPrimo Levi – Univers Mylène Farmer 

Né en Italie en 1919 Primo Levi est juif. En 1944 il est déporté au camp de concentration d’Auschwitz. Dès son retour de captivité, torturé par ses souvenirs il écrit son premier livre alors paru sous le nom de « Se questo un uomo ». Publié en 1947 il ne connaîtra vraiment le succès qu’en 1958. Dès lors ce très grand témoignage (l’un des premiers sur les camps de concentrations nazis), traduit en plusieurs langues, ne cessera d’être lu. Il en existe même une édition scolaire italienne tirée à cinq cent mille exemplaires. Primo Lévi à mis fin à ces jours en 1987. 



La chanson « Souviens-toi du jour » de Mylène Farmer rend hommage au livre de Primo Levi « Si c’est un homme », récit autobiographique qui fait aujourd’hui partit des références parmi la pléiade des livres sur la seconde guerre mondiale. 

 

Plus d’informations sur Primo Levi !

 

Primo Levi, né le 31 juillet 1919 à Turin et mort le 11 avril 1987 à Turin, est un écrivain italien ainsi que l’un des plus célèbres survivants de la Shoah


Juif italien de naissance, chimiste de formation (il est docteur en chimie), de profession et de vocation, il devint écrivain afin de témoigner, transmettre et expliciter son expérience concentrationnaire dans le camp d’Auschwitz, où il fut emprisonné à Monowitz au cours de l’année 1944. Son livre le plus célèbre, Si c’est un homme (Se Questo è un Uomo, publié aux États-Unis sous le titre de Survival in Auschwitz) a été décrit comme « l’une des œuvres les plus importantes du vingtième siècle. » 


Auteur désormais reconnu, il diversifia sa production littéraire, écrivant des histoires courtes, poèmes et romans. La déportation de Primo Levi dans le
camp d’extermination d’Auschwitz est l’événement déterminant de sa vie, devenant le principal thème de son œuvre, mais aussi l’aune à laquelle il mesure les événements ultérieurs de son existence. 

 

Le 11 février 1944, les 650 « pièces » du camp de Fossoli sont transportées à Auschwitz dans douze wagons à bestiaux surchargés. L’espérance de vie d’un prisonnier ayant échappé à la Selektion, qui désigne d’emblée les personnes destinées à la chambre à gaz, est de trois mois. De ces 650 Juifs italiens, seuls vingt reverront l’Italie. 

 

Levi est assigné au camp de Monowitz, un des camps auxiliaires d’Auschwitz dont la principale mission est de fournir la main d’œuvre au chantier de construction d’une usine de caoutchouc appartenant à IG Farben, la Buna. Soumise à de nombreux bombardements, l’usine de la Buna n’entrera jamais en activité. 

 

Levi attribue sa survie à une « concaténation de circonstances », dont la mPrimo-Levi-007 dans Mylène et les AUTEURSoindre n’est pas d’avoir été déporté à une période où il avait été décidé de rallonger quelque peu la vie des prisonniers et d’arrêter les exécutions arbitraires. Possédant quelques notions d’allemand de par sa formation scientifique, il parvient – à l’aide d’un prisonnier italien plus expérimenté (qu’il paye en rations de pain) – à les développer et à s’orienter dans la vie du camp sans trop attirer l’attention des Prominente, les prisonniers privilégiés du système. À partir de novembre 1944, sa formation professionnelle lui permet d’obtenir un poste relativement privilégié d’assistant dans le laboratoire de l’usine de production de caoutchouc de la Buna. Surtout, il reçoit pendant plusieurs mois, de Lorenzo Perrone, un civil italien, maçon de son état, une ration de soupe et de pain, lui permettant de survivre jusqu’à l’évacuation du camp devant l’avancée du front soviétique. Lors de celle-ci, Primo Levi, atteint de scarlatine, est abandonné à son sort dans l’infirmerie du camp au lieu de partir pour la marche de la mort, où meurent la plupart de ses compagnons. Il parvient à survivre en créant avec deux camarades de chambrée une organisation permettant de subvenir un minimum à leurs besoins. Le 27 janvier 1945, alors qu’ils partent enterrer le premier mort de leur chambre, ils sont libérés par l’Armée rouge

 

Primo Levi ne regagnera cependant pas Turin avant le 19 octobre 45, après avoir passé un certain temps dans un camp soviétique pour anciens prisonniers des camps, et au terme d’un long périple en compagnie d’anciens prisonniers de guerre italiens capturés sur le front russe. Il traverse en train la Pologne, la Russie, la Roumanie, la Hongrie, l’Autriche et l’Allemagne. 

 

Primo Levi meurt le 11 avril 1987 suite à une chute qu’il fit dans l’escalier intérieur de son immeuble. La plupart de ses biographes (Angier, Thomson) abondent dans le sens du légiste, qui conclut que Levi s’est suicidé. Lui-même avait déclaré souffrir de dépression. Des facteurs de risque auraient pu être sa responsabilité envers sa mère et sa belle-mère, le fait de partager le même logement et son passé de déporté. 

 

MF80_132aCependant, un sociologue d’Oxford, Diego Gambetta, a établi douze ans plus tard un dossier détaillé remettant en cause ce qu’il considère comme un lieu-commun n’étant étayé ni par des faits ni par des preuves indirectes. Levi n’a pas laissé de lettre d’adieux, et n’a jamais fait part d’idées noires. En outre, des documents et témoignages semblent indiquer qu’il avait des projets avant sa mort. Diego Gambetta penche donc pour une mort accidentelle. 

 

La question de la mort de Primo Levi est importante. En effet, son œuvre est communément interprétée comme une puissante affirmation de la vie face à des puissances violentes et guerrières organisées. Le fait qu’il soit mort volontairement ou par accident constitue donc un commentaire final sur la validité de son propre message, lucide, positif et humaniste. L’interprétation d’Elie Wiesel, qui défend la thèse du suicide, a été acceptée jusqu’à ce jour, sans que l’on sache encore si elle est fondée sur des faits ou sur une intuition personnelle. 

 

Bibliographie 

  • Primo Lévi ou la tragédie d’un optimiste  : biographie / Myriam Anissimov. – Paris : Lattès, 1996. – 698 p. : ill. ; 24 cm. 

  • Primo Levi, Le devoir de mémoire (entretien avec Anna Bravo et Fedérico Cereja), introduction et postface de F. Cereja, traduit de l’italien par Joël Gayraud, Editions Mille et une nuits, Paris, 1995. 

  • Primo Levi, Œuvres, Collection Bouquins. 

Articles 

Liens 

 

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Mylène apprécie J.Gréco

Posté par francesca7 le 2 décembre 2011

 

Juliette gréco.jpgJuliette Gréco – Univers Mylène Farmer 

Chanteuse et actrice française née en 1927, Juliette Greco fut surnommée « la muse de Saint-Germain-des-Prés ». La chanson Déshabillez-moi de Juliette Greco fut l’objet de scandale en 1968… Chaque passage télévisé de l’artiste fut dès lors marqué par le « carré blanc » et la censure condamna les soupirs de la chanteuse. 


En 1987, Mylène Farmer reprendra le titre Déshabillez-moi qui fera parti de l’album Ainsi sois je… C’est une version plus interprétée que chantée. 

 

Plus d’informations sur Juliette Gréco ! http://fr.wikipedia.org/wiki/Juliette_Gr%C3%A9co 

 

Juliette Gréco, née le 7 février 1927 à Montpellier, est une chanteuse et actrice française.

 

 En 1939, elle est petit rat à l’Opéra de Paris. Sa mère l’entraîne dans la résistance. Capturée, elle n’est pas déportée à cause de son jeune âge, mais elle est emprisonnée à Fresnes, alors que sa mère et sa sœur aînée Charlotte sont déportées à Ravensbrück d’où elles ne reviendront qu’en 1945, après la libération du camp par les Américains. Début 1942, Juliette est libérée de Fresnes et, après avoir récupéré ses affaires au siège de la Gestapo dans le 16e arrondissement de Paris, elle se retrouve à 15 ans seule et sans ressources « sur l’avenue la plus belle du monde, l’avenue Foch » avec un ticket de métro en poche. Elle se rend alors chez la seule personne de sa connaissance résidant dans la capitale, Hélène Duc, qui fut son professeur de français à Bergerac et une amie de sa mère. Elle sait qu’Hélène habite rue Servandoni, près de l’église Saint-Sulpice. Hélène Duc la loge dans la pension où elle-même demeure et la prend en charge. 

 

Le quartier de Saint-Germain-des-Prés est à deux pas de là et, en 1945, Juliette découvre le bouillonnement intellectuel de la rive gauche et la vie politique à travers les Jeunesses communistes. Hélène Duc l’envoie suivre les cours d’art dramatique dispensés par Solange Sicard. Juliette décroche quelques rôles au théâtre (Victor ou les Enfants au pouvoir en novembre 1946) et travaille sur une émission de radio consacrée à la poésie. 

 

Mylène apprécie J.Gréco dans Mylène et les AUTEURS Juliette_Gr%C3%A9co_%281963%29_by_Erling_Mandelmann_-_2Juliette noue des relations amicales avec de jeunes artistes et intellectuels de Saint-Germain-des-Prés, dont Anne-Marie Cazalis et Boris Vian. C’est dans l’un des bistrots de la rue Dauphine, Le Tabou, qu’elle découvre par hasard que celui-ci dispose d’une grande cave voûtée inutilisée que le patron appelle « le tunnel ». Juliette et ses copains trouvent l’endroit idéal pour y faire de la musique et danser tout en discutant philosophie. Juliette, devenue la célèbre muse de Saint-Germain-des-Prés sans n’avoir rien accompli de probant, décide alors de justifier sa célébrité en optant pour la chanson. Jean-Paul Sartre lui confie une sorte de mélopée qu’il a écrite pour sa pièce de théâtre Huis clos et lui conseille d’aller voir le compositeur Joseph Kosma pour que celui-ci en réécrive la musique qu’il ne trouvait pas réussie. C’est ainsi que Juliette interprète La Rue des Blancs-Manteaux, œuvre née de la plume du chantre de l’existentialisme et d’un compositeur rompu à l’art de mise en musique de la poésie (notamment celle de Jacques Prévert). 

 

En 1949, disposant d’un riche répertoire (de Jean-Paul Sartre à Boris Vian…), Juliette Gréco participe à la réouverture du cabaret le Bœuf sur le toit. Elle rencontre cette année-là Miles Davis dont elle tombe amoureuse. En 1951, elle reçoit le prix de la SACEM pour Je hais les dimanches. En 1952, elle part en tournée au Brésil et aux États-Unis dans la revue April in Paris.

 

 

Citation de Juliette Greco : Je suis là pour servir, je suis interprète 

« Dans tout ce que je chante et dans ma vie, je suis là quelque part. […] Les mots, c’est très grave, pour moi. […] Je ne peux pas mettre dans ma bouche des mots qui ne me plaisent pas. […] Je suis là pour servir. Il y a une belle phrase dans la Bible, qui dit : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. » Et moi, mes Seigneurs, ce sont les écrivains et les musiciens. Je suis là pour servir, je suis interprète. […] La chanson est un art particulier, extrêmement difficile (quand c’est bien), contrairement à ce qu’on peut croire. Il faut écrire une pièce de théâtre ou un roman en 2 minutes ½ / 3 minutes et c’est un exercice extraordinaire. C’est grave, une chanson. Ça va dans les oreilles de tout le monde, ça se promène dans la rue, ça traverse la mer, c’est important une chanson, ça accompagne votre vie… […] Les poètes, les musiciens, ils ont besoin d’interprètes. Ils ne sont pas toujours les meilleurs interprètes de leurs œuvres, ce n’est pas vrai. Quelquefois, nous, interprètes, nous trouvons des choses qu’ils n’ont pas entendues, d’eux-mêmes… » 

 

En 1954, elle chante à l’Olympia. Elle rencontre son futur époux, le comédien Philippe Lemaire, sur le tournage du film Quand tu liras cette lettre de Jean-Pierre Melville. Ils divorcent en 1956 après la naissance de leur fille Laurence-Marie. 

En 1965, elle effectue une tournée des Maisons des Jeunes de la Culture de la banlieue parisienne offrant gratuitement à un public constitué de jeunes étudiants et d’ouvriers qui la découvrent tous les auteurs et les compositeurs qu’elle se donne comme mission de servir. Toujours en 1965, elle tient un rôle de premier plan dans le feuilleton télévisé Belphégor ou le Fantôme du Louvre. La même année, lors d’un dîner de têtes d’affiches organisé par un grand magazine populaire, elle se retrouve assise aux côtés de Michel Piccoli qui deviendra son mari en 1966. Ils se sépareront en 1977.

 

 Elle est faite Chevalier de la Légion d’honneur par le Premier ministre Laurent Fabius, le 23 octobre 1984. 

Elle retrouve l’Olympia en 2004.

 

 290px-Juliette_Gr%C3%A9co%2C_Wiener_Festwochen_2009_a dans Mylène et les AUTEURSLe 10 mars 2007, les Victoires de la musique la couronnent d’une « Victoire d’honneur » pour toute sa carrière. Pour la première fois, le 27 octobre 2007, elle donne un concert à la Salle Pleyel accompagnée d’une formation réduite. 

En novembre 2008, elle enregistre en duo la chanson Roméo et Juliette avec Abd Al Malik (album Dante). En mars 2010, un nouveau documentaire, Je suis comme je suis de Brigitte Huault-Delannoy, est projeté en son honneur et en sa présence à Montréal (Place des Arts).

 

 Fin mai 2011, le compositeur Louis Siciliano lui propose d’interpréter avec Bichou, chanteur vauclusien, une de ses dernières compositions intitulée Bonjour Paris. Juliette Gréco accepte, l’enregistrement de la chanson doit être effectué en septembre 2011. 

Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Proche de la gauche, elle a cosigné, avec Pierre Arditi, Maxime Le Forestier et Michel Piccoli une lettre ouverte, le 4 mai 2009, à l’intention de Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, appelant les députés socialistes à adopter la loi Création et Internet

Ses grandes chansons 

 

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2009 – CLIP C’EST DANS L’AIR

Posté par francesca7 le 19 septembre 2011

 Réalisateur: Alain Escalle 

Lieux de tournage: Studios Saint-Ouen et Paris 

Date: février 2009 

Durée: 03’49 

Vidéo : 

 Image de prévisualisation YouTube

 

 

C’est début février que le concept du clip a été décidé, Mylène ayant été intéressée par les visuels créés par Alain Escalle pour la chanson C’est dans l’air pour les futurs concerts: « des matières expérimentales très graphiques sur le thème de l’électricité statique et le crâne, tête de mort de Mylène, qui chante C’est dans l’air sur l’écran principal. »

A partir de ces images du crâne qui chante, Mylène a eu envie de chorégraphies avec des squelettes.
Ont été intégrées des images d’archives sur des essais et explosions nucléaires apportant un aspect plus sérieux « contrebalançant » le second degré des chorégraphies.

2009 – CLIP C’EST DANS L’AIR dans Les Clips de Mylène 2412444133_small_1Le tournage du clip s’est déroulé en deux parties.
En février 2009, à Saint-Ouen pendant une longue journée pour les images avec Mylène enregistrées sur fond vert afin d’intégrer dans un deuxième temps les images de synthèse.
Dans la même journée ont été tournées des images pour le concert puis celles pour le clip (jusqu’à 04 heures du matin !).
A Paris, pour « enregistrer la chorégraphie pour la motion capture (traitement informatique) », ce sont des mouvements de Mylène mais aussi de Christophe Danchaud qui ont été enregistrés.
Le travail sur le clip a duré plus d’un mois, clip qui aura été achevé le 07 avril 2009 quelques jours avant sa première diffusion en télévision le 15 avril.

C’est Mylène qui a décidé que les visuels des différents supports promos ou commerce de C’est dans l’air proposeraient des captures du clip afin de probablement  « imposer le style graphique du clip en cohésion aux images du concert ».

source: Interview d’Alain Escalle – IAO Eté 2009 N°3


Dans le classement des clips les plus diffusés sur les chaînes musicales en France en 2009, C’est dans l’air est 47ème
(le meilleur résulat pour un clip de Mylène depuis C’est une belle journée, 40ème en 2002).

 

Barre de Séparation

Analyse du clip

« Mylène Farmer: Coma Extatique » par Arno Mothra 

 

   Préparez-vous à ce grand scoop : il paraîtrait que depuis ses débuts dans la chanson, Mylène Farmer apprécie le symbolisme, la philosophie et l’art ambigu. En 2009, là où certains s’adonnent à tergiverser, à l’aide de toute l’objectivité requise pour un sujet aussi percutant, sur le nouveau brushing de Mylène, il semblerait pourtant que son clip C’est dans l’air ait davantage de messages à exprimer.

     Pour son approche personnelle de la spiritualité et d’une certaine anticipation de l’apocalypse, la vidéo de C’est dans l’air, réalisée par Alain Escalle et diffusée depuis peu sur les chaînes télévisées, semble mélanger certains prophéties Mayas, les énergies inversées et les quatre symboles géométriques fondamentaux. Explications. 

2411199457_1 dans Les Clips de MylèneCivilisation mexicaine, mystique et mystérieuse disparue inexplicablement au quinzième siècle, les Mayas du Nouvel Empire sont principalement connus pour leur architecture aussi méticuleuse que somptueuse quant à leurs temples et leurs pyramides, ainsi que pour leurs sciences troublantes de l’astronomie et leur système mathématique vigésimal (base de vingt dans la numérotation). Point culminant de leur savoir : leur calendrier (le Tzolkin, almanach sacré, basé sur un cycle de treize fois vingt jours, soit deux cent soixante jours).

     Convaincus de l’influence du cosmos comme activateur de l’esprit humain, les Mayas créèrent des cycles récurrents, dont le nôtre qui aurait commencé en 3114 avant Jésus-Christ (création du monde ou naissance de certaines divinités) pour se terminer en 2012. Cette année 2012 marquerait la fin du cinquième soleil, d’un cycle de cinq mille cent vingt-cinq ans et d’un cycle de treize ans, donnant ainsi lieu à un moment de transition décisif et de transformation importante. Non synonyme de chaos à proprement parler dixit les plus grands spécialistes de l’astrologie Maya, cette fin de cycle correspondrait à une entrée de l’Homme dans une nouvelle ère, une nouvelle dimension demandant une transformation personnelle de chacun d’entre nous. Le cycle de 2012, à priori, ne serait pas le dernier puisque sonnant le glas du cinquième mais impliquant un nouveau à venir en 2013, d’une durée de cinq mille cent vingt-cinq ans, après l’inversion des pôles magnétiques de la planète ; un cycle avant lequel l’Homme devra prendre conscience de la spiritualité, et vaincre les religions.
     S’il ne s’agit ici en aucun cas de porter ou non du crédit à ces théories catastrophiques (très en vogue et, comme par hasard, pendant ce lavage de cerveau insupportable concernant la Crise : admirez la coïncidence), il parait probable que la charmante rousse ait tenté d’établir un parallèle entre son nihilisme assumé (quoique flou) et la fin du dix-septième calendrier des Mayas 

  Points communs avec la vidéo d’Alain Escalle : un aperçu de l’alignement des planètes sur certains plans, la retranscription de la violence des hommes (guerres) avant le véritable chaos (explosion de la Terre), un soleil influent (semblant, paradoxalement, n’éclairer que très peu les entités dans le clip, noyé dans le noir et blanc), un mouvement flou mais effrayant du système solaire. Dans le refrain de la chanson, Mylène Farmer évoque l’emprise dangereuse du nucléaire et la passivité des hommes à entreprendre une prise de position majeure afin de limiter les dégâts (« On s’en fout, on est tout, on finira au fond du trou »). En se basant sur des messagers du temps et des traducteurs des pensées Mayas, l’Homme pourrait préparer le chaos, voire le surmonter, dans la mesure où l’Univers lui fournirait des informations quant à son devenir, et à celui du cosmos. Le procédé de régénération servirait également à se débarrasser des poubelles religieuses. 

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     La force de l’esprit collective, Mylène ne semble pas y croire, si l’on se réfère aux couplets des paroles de C’est dans l’air (énumération de vanités, puis surtout « Que faire des ruses, que fait le vent ? »). Tout ceci renvoie évidemment au constat de statisme dans la chanson Dégénération (et sa mise en image). « Les fous sont des anges » : des indicateurs ? Des sauveurs ? Qui sont ces fous, ces anges ? Des prophètes ? Dans ce cas de figure, la chanteuse appellerait à écouter les mises en garde (« C’est nécessaire, prendre l’air… », « c’est salutaire, sauf qu’ici loin sont les cieux »)… 

Remarquons enfin la prépondérance du squelette (et plus particulièrement de la boîte crânienne) au sein du film. Selon la légende Maya, il existerait treize artefacts de crânes de cristal (datant de plus de cinq mille ans). Cette même légende indique qu’il faudrait regrouper et aligner les treize crânes ensemble, le 21 décembre 2012, afin d’appeler Gaia (divinité primordiale identifiée à la Terre-Mère) à empêcher le basculement de notre planète. Créés pour des rites divers, ou pour de la magie blanche et noire, les spéculations les plus folles autour de ces sculptures ne permettent toujours pas à l’heure actuelle d’émettre une définition claire sur la signification exacte de ces objets. Cinq à six crânes de cristal retrouvés parmi les douze existants (selon les sources) seraient authentiques ; petite coïncidence avec le nombre de « danseurs » accompagnant Mylène, ne servant pas à grand-chose puisque assistant à l’explosion ? Mylène n’aurait-elle pas pu représenter Gaia dans la divinité perdue de The Farmer Project ? 

Autre parallèle important : les quatre symboles – géométriques – fondamentaux qui sont le carré, le centre, le cercle et la croix. Description rapide de la chose :
     Réel absolu et premier symbole fondamental, le centre se définit comme foyer d’intensité dynamique, le centre des centres étant Dieu. Dans la civilisation Maya (encore), le centre de la croix des points cardinaux correspond au cinquième soleil, époque à laquelle nous vivons.
     Point étendu et deuxième symbole fondamental, le cercle symbolise l’homogénéité, le temps, voire, chez les babyloniens, le cosmos.
     Troisième des quatre symboles fondamentaux, la croix connecte le cercle et le carré entre eux par l’intersection de ses deux droites coïncidant avec le centre. Symbole de la Terre, de l’union des contraires (terre et ciel), des quatre points cardinaux et de la totalité du cosmos, la croix se distingue également par l’essence qu’en ont faite certaines religions. Anecdote amusante : en Chine, le chiffre de la croix est le cinq ; les danseurs morts aux côtés de Mylène se comptent également au nombre de cinq (six à la fin de la vidéo). 

Enfin, le carré représente la Terre, l’opposition au ciel et au créateur. Le cercle exprime les quatre phases du mouvement cyclique, alors que la Terre mesurée par ses quatre horizons est carrée. La croix jumelée au carré indique l’expression dynamique du quaternaire (ce qui n’est pas suggéré dans la vidéo). Si la définition du cube pourrait se révéler plus complexe, elle définirait en revanche d’autant plus la logique des images de C’est dans l’air, puisque symbolisant l’arrêt du développement cyclique car déterminant l’Espace en ses trois dimensions.
     Dans C’est dans l’air, le carré, le cercle et la croix gravitent au centre.
     Pas nécessairement facile de s’y retrouver à premier abord, mais au bout du compte, le message est plutôt simple.

     En usant d’autodérision et de nihilisme, Mylène se moque ouvertement des dérives sectaires de l’interprétation des religions – et prophéties – ou de l’évolution néfaste des hommes, se permettant carrément de leur ricaner au nez (« L’infamie, c’est laid aussi »). La chanteuse est déjà morte, se transformant en cadavre (ou crâne de cristal, c’est selon) le temps de quelques plans et dansant sur une planète éteinte avec de vieux restes, des squelettes, sans identité : une petite fête organisée sur les décombres servant de socle éphémère. 

Pas aussi moralisateur qu’il ne le prétendrait en apparence, le texte de C’est dans l’air expose une réflexion personnelle sur une évolution vaine puisque parée à aucune donne salvatrice de l’Homme. C’est laid ? Tout à fait, autant s’en amuser puisque aucun discours ou monologue narcissique n’y changeront quelque chose. 

    mini-wallpapers-mylene-farmer-766 Ce texte et son vidéo-clip se perçoivent alors de plusieurs façons possibles. Mylène pourrait évoquer un espoir d’évolution positive, puisque utilisant l’humour et l’autodérision (les squelettes, le rire) et surtout, souriant sur les dernières images, avant le désastre. L’on pourrait accoler à ce (joli) sourire une non croyance aux prophéties apocalyptiques, une marque de je-m’en-foutisme très narquois ou un signe de libération ; les images d’archives correspondraient alors à une vision de perpétuation. Les évènements se reproduisent toujours, sans que chacun n’en prenne note et conscience.

     Dans une suite logique au pessimisme, Mylène quittait la Terre à la fin du Farmer Project, pour finalement la retrouver dans C’est dans l’air, en plein ordre de chaos. Difficile de croire au hasard sur l’œuvre de Mylène Farmer, puisque avec C’est dans l’air, tout un concept se développe autour de Point de suture : l’appel au rassemblement des troupes et de l’esprit (Dégénération, « je suis coma là mais faut qu’ça bouge », Réveiller le monde), l’idée du chaos (C’est dans l’air) ou d’échappatoire (Paradis inanimé), l’affiche de la tournée montrant une Mylène déchue, telle une météorite (très en vogue cette obsession pour les météorites cette année dans le milieu du spectacle) et, en dernier lieu, ce terme de rupture évoqué dans le titre de l’album, en lien avec cette poupée morte de la pochette, écartelée, à laquelle il ne reste probablement que l’esprit. 

Petit aparté en conclusion : il devient difficile de ne pas s’étonner quant aux prétendus plagiats d’Alain Escalle, artiste de talent s’il en est, sur le clip du groupe indus Laibach Tanz mit Laibach et celui, d’autant plus banal, d’Indochine avec le récent Little Dolls. Quelques petites précisions à se mettre en tête :

 Laibach a, depuis ses débuts et tel Rammstein quelques années après, toujours misé sur une image provocatrice ; de ce fait, un éventuel clin d’œil à ce groupe à travers C’est dans l’air ne paraîtrait pas fortuit. Rappelons aussi que, en dehors du fait indéniable que cette vidéo ne soit ni d’une grande qualité ni d’une subtilité épatante (quelles belles chaussures !), Tanz mit Laibach ne semble pas spécialement éloignée de ce qu’avait proposé Madonna à travers sa deuxième version d’American Life, quelques mois plus tôt.

_ Indochine, et malgré le talent que l’on accorde ou non à sa musique, n’a strictement rien inventé à travers son clip Little Dolls. Petit rappel de bon aloi : Mylène Farmer et Laurent Boutonnat utilisaient régulièrement ce genre d’effets dans leurs vidéos tournées dans les années 80. Ainsi, était incorporée une photo de Freud dans le clip Maman a tort, voire des images d’archives dans celui de Tristana (d’ailleurs sorti quelques mois avant Les Tzars d’Indo).

   mylene-farmer-oh-my-god1_mini  Mylène Farmer et Laurent Boutonnat ont toujours évoqué des références. Cela constitue l’œuvre, puisque dresser des influences est propre à tous les artistes dotés d’un minimum de sens et de culture (pour les autres, on retrouve sans peine la génération Liane Foly), car comme le soulignait l’auteur expérimental Chloé Delaume, tout art n’ayant comme unique but celui de divertir se révèle telle une propagande du vide, une lobotomisation ou une éponge vaseuse. Il s’agit de ramollir le cerveau humain. Car l’art sert aussi à cultiver, à apprendre, à approfondir certains sujets en renvoyant à des sources diverses (procédé appelé argumentation). Cette richesse culturelle a toujours différencié Mylène de la majorité, dans une œuvre parfois difficile à cerner mais souvent fascinante, ambiguë, unique. C’est aussi pourquoi, en dehors d’une évolution musicale pas toujours présente, elle nous passionne, et pourquoi nous l’aimons.
     En 1999, Mylène regrettait lors d’une interview que l’on titre sur elle : « Mylène Farmer, les jambes les plus belles de la chanson française. » Peut-être doit-elle bien rire en constatant qu’aujourd’hui, certains ne trouvent rien de plus constructif que de débattre sur sa coupe de cheveux, même si toutes les hypothèses et explications de textes ne relèvent que de la pure subjectivité. L’artiste a évolué, le public aussi. Ainsi soit-il.

Arno Mothra (le 29/04/2009 pour localhost/mylene

 

 

30e07fcLe réalisateur du clip de C’est dans l’air est Alain Escalle7. Il était le réalisateur du court-métrage Le conte du monde flottant proposé en première partie des concerts de Mylène Farmer sur Avant que l’ombre… à Bercy en 2006 et des images de scène que l’on pouvait apercevoir sur les écrans géants et sur la croix centrale. 

Le clip illustrant C’est dans l’air est diffusé depuis le 15 avril 2009 sur les chaînes musicales. Des images d’archives d’explosions évoquant la destruction à grande échelle sont diffusées tout au long du clip. On y note, par alternance avec les dites images, la présence de squelettes (images 3D réalisées par Alain Escalle) qui dansent autour d’une Mylène Farmer vêtue d’un blouson de cuir, d’un mini-short et d’une ceinture dont la boucle représente une tête de mort. À la fin du clip, la Terre explose. 203083351_smallLes éléments visuels du clip qui reposent sur le souffle nucléaire s’entrechoquent comme un collage violent. Les éléments graphiques du clip sont fabriqués à partir des éléments visuels utilisés pour le spectacle sur scène et font référence à l’universalité du monde au travers des primitives géométriques. Nous y retrouvons la thématique de la destruction chère au réalisateur et déjà présente dans son film Le conte du monde flottant, ainsi que la référence affirmée de Rage net (1988), Mothlight (1963), Dark tower de Stan Brakhage, et le travail du photographe primitif Charles Winter (Éclair de l’appareil de Rhumkorff). Alain Escalle utilise aussi un élément visuel abordé dans l’une de ses précédentes installations (Fantôme d’amour en 2005) où l’on peut retrouver les éléments de flashs et d’éclairs autour de la silhouette d’une femme qui danse sur ciel étoilé. Le tout est en noir et blanc. Et la technique mélange encore une fois des sources mixtes : 3D, images du Soleil, de la planète Terre tournoyante, de branches d’arbres et de forêts en noir et blanc puis en négatif, retraitées puis déformées au travers de filtres numériques dont la particularité est de générer des images aléatoires d’éclairs. Ce mélange trouve sa touche finale dans l’utilisation de peinture sur la pellicule qui donne au clip son aspect vieilli et usé par le temp 

Ce dernier document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/C%27est_dans_l%27air ». 

 

  

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CLIP REDONNE-MOI – 2005

Posté par francesca7 le 18 septembre 2011

Réalisé par : François Hanss
Diffusé le : Janvier 2006
Durée : 4’22 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat 

 

 

 

Vidéo clip

Image de prévisualisation YouTube 

Anecdote : Une partie du clip a été tourné dans les ateliers du Louvre. Jamais un clip n’avait été autant repoussé

 

 

Histoire du single 

 

La fin d’année 2005 est plutôt sombre pour les fans de Mylène.
Q.I, le deuxième single extrait de l’album Avant que l’ombre…, sorti début juillet, n’a pas rencontré le succès escompté et, depuis, c’est le silence total.
Au début de l’automne, rien à l’horizon, pas d’actu et une absence de Mylène dans les médias qui devient pesante et explique probablement en partie la chute progressive de l’album dans les classements.

Certaines rumeurs affirment que L’Amour n’est rien… sera le troisième single extrait d’Avant que l’ombre..., d’autres, plus pessimistes, avancent qu’il ne serait prévu aucun autre single extrait de cet album.

Il y aura bien un troisième single, les fans peuvent être soulagés, partiellement seulement, puisque le choix s’est porté sur Redonne-moi, sublime ballade mais, qui dès les premières écoutes apparaissait comme l’un des titres les moins évidents ou accessibles de l’album.

Un CD Promo est envoyé le 13 octobre. NRJ diffuse le titre pour la première fois le soir à 20 heures. On découvre une version plus courte que celle présente sur l’album, amputée du refrain avant le pont. Il était préférable d’être présent ce jour-là car les diffusions de ce titre allaient se faire rarissimes. Il n’intègrera jamais le top 100 des titres les plus joués en radio et chaque diffusion même sur une confidentielle station locale était saluée par les fans telle l’apparition du messie. 


Un magnifique CD Promo Luxe limité à environ 300 exemplaires est également proposé et alors annoncé comme étant le dernier Promo Luxe pour un single.

L’événement essentiel sera la prestation télévisée de Mylène le 12 novembre 2005 dans l’émission « Symphonic Show » sur France 2 présentée par Daniela Lumbroso. Il n’y aura aucune autre prestation chantée de Mylène en télévision durant toute l’ère Avant que l’ombre… et il faudra patienter jusqu’au 13 décembre 2008 et « Ça ne finira jamais » pour avoir le plaisir d’entendre à nouveau Mylène interpréter l’un de ses titres en télé. 

 

CLIP REDONNE-MOI – 2005  dans Les Clips de Mylène 1236802276_mylene-farmer-redonne-moi

 

 

 

Les télés de « Redonne-moi »

Redonne-moi – Interview – Symphonic Show 

Présentée par : Daniela Lumbroso
Chaîne : France 2
Diffusée le : 12 Novembre 2005 

 

 

 

 

Histoire de la chanson « Redonne-moi » : 

divers25 dans Les Clips de MylèneNous sommes début octobre. L’album « Avant que l’ombre » sorti le 18 avril 2005 commence à s’essouffler. Les fans attendent un troisième single décapant. Les titres « Aime », « Dans les rues de Londres » et « L’amour n’est rien » sont annoncés.

Mais voila qu’une nouvelle va en enchanter plus d’un ! Mylène Farmer aurait enregistré une émission télé appelée « Symphonic show » (présentée par Daniella Lombroso) pour promouvoir son album. Le titre « Redonne-moi » ! Le choix en étonne plus d’un et est loin de faire l’unanimité… mais l’attente d’une telle promo est enthousiaste.
Mi-octobre sont envoyés les promos aux radios. Le titre est peu diffusé. Une vraie désorganisation va alors s’en suivre…

Des premières photos du clip vont alors apparaître sur le net, puis disparaître selon les souhaits (et procès) de la star.

L’émission « Symphonic show » est confirmée mais repoussée plusieurs fois. Elle sera finalement diffusée le 12 novembre 2005 soit un mois après son enregistrement. Un second plan promotionnel est envoyé pour l’album, annonçant une opération d’envergure mi-novembre sur NRJ qui n’aura finalement pas lieu.

Le 6 décembre, les chaînes musicales reçoivent le clip mais ne doivent pas le diffuser tout de suite. Le single est annoncé pour début décembre, puis mi décembre puis finalement pour début janvier. On parle d’une édition limitée à 50 000 exemplaires.

Le 2 janvier 2005 sort enfin le single sous format digipak limité et ce 3 mois après l’envoi des promotionnels ! Quelques jours plus tard est diffusé le clip sur les chaînes du câble. Le clip plait aux fans. Un clip sobre, beau, simple de François Hanss (qui avait déjà réalisé « Je te rends ton amour » et « Innamoramento »). Une polémique naît alors auprès de M6 qui refuse de diffuser le clip, Mylène refusant de faire de la promo sur son antenne. 

 

 

Portrait François Hanss   

 

Réalisateur des clips 

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Je te rends ton amour 

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Innamoramento 

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Redonne-moi 

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et des vidéos des concerts 

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Mylenium Tour et 

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Avant que l’ombre…à Bercy 

 

laicite_05_les_sources_vues_par_le_realisateur_mai2008François Hanss, réalisateur de plusieurs clips de Mylène Farmer dont Je te rends ton amour a fait des études aux Beaux-Arts et est diplômé du conservatoire libre du Cinéma Français.
Son parcours professionnel est très étroitement lié à des projets de Mylène Farmer et Laurent Boutonnat.

En 1986, il écrit un article sur les coulisses du tournage du clip Libertine.
En 1988, il réalisé un documentaire sur le tournage du clip Pourvu qu’elles soient douces Les Clips Vol II paru en 1988. Intitulé: « Dans les coulisses de Pourvu qu’elles soient douces » que l’on retrouve sur la VHS

En 1991, il réalise un making-of sur le tournage du clip Désenchantée qui figure sur la VHS Les Clips Vol IV et sur la VHS et le DVD Music Videos Vol I.
Il réalise en 1993 un documentaire lors du tournage du film de Laurent Boutonnat Giorgino, documentaire qui reste inédit à ce jour.

En 1995, il réalise avec Nicolas Mercorele son deuxième court-métrage, L’homme qui marche debout qui remportera le grand prix du 5ème festival international du film de Mauriac.
En 1996, il collabore à nouveau avec Mylène Farmer en réalisant le making-of du tournage du clip California d’Abel Ferrara. On retrouve ce making-of sur la VHS Music Videos Vol II et le DVD Music Videos Vol II & III

 

  Son premier court-métrage de fiction, Le trou de la corneille avait été primé dans de nombreux festivals.

En 1999, François Hanss réalise pour la première fois un clip pour Mylène Farmer avec le sublime et controversé Je te rends ton amour


capture_f2_canefinirajamaisEn Septembre 1999, il filme les concerts de Bercy de la tournée Mylenium Tour. Ces images seront immortalisées sur la VHS et le DVD Mylenium Tour parus en Décembre 2000. François Hanns aura pendant cette période également été le réalisateur de eux clips de Mylène Farmer: Innamoramento avec une vidéo mêlant des images des concerts et des scènes filmées au bois de Vincennes et Dessine-moi un mouton, premier (et dernier) single extrait du live.

En 2002, François Hanss réalise avec Arthur-Emmanuel Pierre son premier long-métrage: le thriller Corps à Corps avec Emmanuelle Seigner et Philippe Torreton. Présenté au 21ème festival du film policier de Cognac en Avril 2003, le film sort dans les salles en France le 23 Avril 2003. Il ne rencontrera malheureusement pas un grand succés public.

En 2005, François Hanss réalise La Séparation . 0un téléfilm sur la loi de 1905 de séparation des églises et de l’Etat diffusé sur France 3 le 02 Décembre 2005. 


François Hanss travaille à nouveau avec Mylène Farmer en réalisant en 2005 le clip Redonne-moi puis en Janvier 2006 le film du concert Avant que l’ombre…à Bercy pour le DVD paru en Décembre 2006 qui sera un énorme succès de ventes. A noter aussi concernant ce dernier DVD que le travail de François Hanss sera salué par de nombreux critiques
.  

 

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Appelle mon numéro

Posté par francesca7 le 16 septembre 2011

Appelle mon numéro est le deuxième extrait du 7e album studio de Mylène Farmer, Point de Suture.

Le single se classe no 1 du Top 50 en France. En deux mois, le titre devient la 32e meilleure vente de singles de l’année 2008. Il restera classé au Top Singles durant 9 mois.

Appelle mon numéro dans Mylène 2007 - 2008 appelle-mon-numero-en-derangement9 mois après la première diffusion du single « Dégénération » sur les radios françaises, le nouveau single de Mylène Farmer est enfin diffusé. Et malheureusement pour les fans, ce ne sera pas le tant sollicité « C’est dans l’air » mais bel et bien « Appelle mon numéro » ! « Non là Mylène tu exagères ! » pensent certains fans qui sont bien déroutés par un tel titre avec des paroles que l’on pourrait attribuer à la protégée d’Alizée. Bref c’est le choix de Mylène et il faudra faire avec !

Les places pour la tournée de la chanteuse se vendent extrêmement bien et de nouvelles dates (dans les mêmes lieux) sont régulièrement ajoutées. Des rumeurs d’une tournée étendue en Russie commencent d’ailleurs à naitre…

La rumeur veut un clip réalisé par Marcus Nispel qui avait déjà réalisé entre autres XXL ou Comme j’ai mal. Finalement ce sera son boyfriend, Benoit Di Sabatino, qui s’en chargera. Des captures exclusives sont diffusées sur certains sites (dont Sans-Logique.com). Mylène est radieuse, gracieuse et enjouée. Le clip montre la chanteuse qui a revêtu son âme d’enfant s’amuser dans son lit immense décliné aux quatre saisons… Tantôt recouvert de neige immaculée ou de feuilles mortes… Mylène joue, s’amuse avec son téléphone, son marteau et son parapluie. Bref un clip très esthétique… mais sans réel fond.

Le 3 novembre 2008, soit plus d’un mois et demi après la première diffusion en radio, sort le single « Appelle mon numéro » en CD 2 titres, maxi CD et maxi 45T. Le titre est accompagné de 7 remixes efficaces par Greg B et Manhattan Clique. Il entre directement en première position des ventes. C’est le deuxième single consécutif (avec Dégénération) à entrer directement en pôle position, ce qui est très rare !

Mylene-Farmer-Appelle%20mon%20numero dans Mylène 2007 - 2008Mi-décembre, Mylène Farmer collabore avec Sony Ericsson et lance un coffret mobile collector « Point de suture » en édition limitée. Il s’agit d’un mobile noir et rouge et gravé « Point de Suture – Mylène Farmer » dans un écrin numéroté (2 000 exemplaires uniquement). Le portable contient 5 extraits de l’album, des fonds d’écrans, des sonneries ainsi que 2 remixes dont un inédit d’Appelle mon numéro par Manhattan Clique intitulé « MHC disconected remix ». Le portable est vendu dans une boutique de Paris entièrement redécorée pour l’occasion aux couleurs du clip avec des coussins et des plumes… A noter que le portable peinera à s’écouler et son prix sera revu à la baisse…

Mais là ou nous n’attendions pas Mylène c’est à la télévision. En effet, elle aurait enregistré une émission consacrée à la carrière de Johnny Hallyday où de grands noms de la chanson française évoquent leurs histoires communes. En fait, l’émission est une fiction filmée qui se passe dans un hôtel où Johnny entre de porte à porte et évoque le passé avec les chanteurs présents dans chaque pièce. Pour Mylène, ce sera différent : vêtue d’une tenue courte noire et bas résilles, elle se contentera d’entrer dans une chambre, d’interpréter son single sur le rebord d’une fenêtre et de fuir. La prestation est scénique, une sorte de deuxième clip. Mylène est radieuse et belle.

Quelques jours plus tard, le titre du nouveau single est annoncé (en exclusivité sur ce site) et ce sera « Si j’avais au moins… ». Autant dire que personne n’y croit. Et pourtant…!

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California

Posté par francesca7 le 24 août 2011

 

California dans Mylène 1995 - 1996 mylene-farmer-mylene-farmer_clip_california_captures_00005min-img« California » est le troisième extrait de l’album « Anamorphosée » sorti en mars 1996. C’est une chanson très attendue par les fans où s’alternent les paroles en français et en anglais. C’est un clair hommage à la Californie avec un vocabulaire très recherché et surtout une musique particulière. Le titre permettra à l’album de remonter dans le classement.

Le clip est tourné à Los Angeles par Abel Ferrara. Mylène interprète un double rôle, celui d’une prostituée et d’une femme mondaine. Lors d’une interview accordée à Paul Amar, celui-ci lui demandait si ce clip reflétait sa perception de la Californie : « Non parce que là elle est un petit peu caricaturale je dirais. C’est quand même polarisé ou concentré sur la prostitution. Los Angeles n’est pas uniquement la prostitution. D’ailleurs il a été difficile de… sur Sunset, il y a souvent justement le quartier où sont cloisonnées toutes les prostituées et là j’avoue qu’elles avaient disparues parce qu’elles avaient eu des problèmes avec cet acteur. […] J’ai toujours eu envie de jouer, d’interpréter une prostituée et j’avoue que sur « California » c’est spontanément venu. Et donc j’ai fait appel à Abel Ferrara qui lui évoque beaucoup la prostitution dans ses longs-métrages. ».

Les premières photos du clip « California » sont diffusées par Voici qui a réussi à se procurer (illégalement) quelques clichés pendant le tournage. On voit cette scène dans le making of du clip où le réalisateur aime l’effet des flashes qui est rendu. Ais ces flashes sont ceux d’un photographe peu scrupuleux !

Le single sort sous CD single digipak en édition limitée triptyque. Il sort également en maxi CD 6 titres. A noter que c’est le seul maxi encore en vente car étant le nombre de pistes, ce CD est considéré comme un « mini-album » et est donc réédité. Le titre est également commercialisé en Allemagne sous une pochette inédite.

La chanson est interprétée lors d’une prestation télé où elle danse de façon très sensuelle dans les bras d’un homme.

« California » est interprétée dans une version très énergique lors de la tournée 1996. Il s’agit en réalité du « Wandering mix » réalisé par Laurent Boutonnat. La chanson est plus calme pour le « Mylenium Tour » en 2000. Egalement une version adoucie pour les concerts de « Avant que l’ombre… A Bercy ».

On peut noter dans « California » de nombreuses références et notamment avec la phrase « Vienne la nuit et sonne l’heure et moi je meurs entre apathie et pesanteur où je demeure » qui est une référence à un auteur que Mylène aime bien : Guillaume Apollinaire. En effet, on peut quasiment retrouver les même vers dans « Le pont Mirabeau » : « Vienne la nuit sonne l’heure / Les jours s’en vont je demeure« . 

 

Publié dans Mylène 1995 - 1996 | Pas de Commentaires »

Pause du TOUR 1996

Posté par francesca7 le 23 août 2011

 

Pause du TOUR 1996 dans Mylène 1995 - 1996 dvd-music-videos-2-et-3_comme-j-ai-mal_023Cet accident (fracture ouverte du poignet de Mylène) provoque donc une pause à durée déterminée de ce Tour 96. En attendant, le quatrième single de Anamorphose sort.  Intitulé Comme j’ai mal, il apporte la preuve que Mylène Gautier ne manque pas d’humour et de recul sur ce que vit le personnage de Mylène Farmer

 

Ce single, qui sort en août 1996, marque le retour de Marcus Niespel aux commandes du clip dont le scénario est co-écrit avec Mylène. Une  première version de charmantes bêtes un peu trop sauvages saccagent tout le studio. Le projet est abandonné et les fauves remplacés par des insectes beaucoup plus inoffensifs. 

 

 

Le clip est ainsi tourné en deux jours à Lors Angeles. Mylène y apparaît tantôt en papillon surnaturel, tantôt en jeune fille effrayée par la violence de son père. Comme j’ai mal plaît à ravir aux fans de la première époque par son ton dépressif, mais il ne  remporte pour autant pas le succès escompté : seuls 90 000 exemplaires s’écoulent. 

 

Le titre est largement diffusé en radio et cela permet aux fans de patienter tout l’été 1996 avant la reprise de la tournée car il est hors de question pour Mylène de ne pas revenir sur scène… 

 

Un été que la chanteuse consacre essentiellement aux entraînements et aux répétitions. Le star revient également à la télévision, le 24 octobre 1996 lors de l’émission Tiptop présentée par Eric Jean-Jean. Pour l’occasion, la production propose à Mylène une liste de chanteurs avec qui elle souhaiterait faire un duo. Sans hésitation, elle choisit un artiste très différent de son univers : Khaled, l’heureux interprète du tube Aisha écrit par Jean-Jacques Golman et qui fut l’un des plus gros tubes de l’année précédente. Pour ce duo, le titre que Mylène choisit est un standard de Michel Polnareff, un artiste qu’elle a toujours admiré, La poupée qui fait non

 

Video TV 96 : 

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Publié dans Mylène 1995 - 1996 | 1 Commentaire »

A quoi je sers en TV

Posté par francesca7 le 18 août 2011

  Les apparitions 

 

De retour à Paris, accompagnée de Slim Pezin à la guitare, Mylène participe à quelques émissions de télévision pour assurer la promotion de A quoi je sers et vendre les dernières places de sa tournée. Par chance, elle a le luxe de pouvoir enfin choisir ses apparitions. Si possible sans interview et en play-back avec une scène assez éloignée de son public. 

 

 

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Comme une certain presse lui a énormément fait de mal depuis le début de sa carrier, en la dénigrant sans cesse, elle choisit à présent le silence, quitte à être encore plus mal comprise. Ce dernier single se vend néanmoins à plus de 120 000 exemplaires. 

 

Un joli score pour une chanson écrite sur un thème si difficile. Paradoxalement, le mythe est en train de naître… Un mythe qui semble savoir ce qu’elle veut et surtout ce qu’elle refuse : que l’on parle d’elle sans son autorisation. Une règle qu’elle mettra en pratique face à l’écrivain Patrick Milo….. 

 

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Publié dans Mylène 1989 - 1990 | Pas de Commentaires »

 

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