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Dernier sourire de LEPAGE à Mylène

Posté par francesca7 le 9 septembre 2015

 
 
lepage-platine-02     11 juillet 1986. 
Dans la famille Gautier, personne n’oubliera cette date funeste. Mylène se trouve 
chez Bertrand Le Page lorsque le téléphone sonne, 
porteur d’une terrible nouvelle. Son père vient de mourir
des suites d’une longue maladie, à soixante et un ans. 
Et même si toute la famille s’y était préparée, 
le choc est brutal. Au début de l’été, Max a été transporté
 dans un hôpital de Bobigny. 

Depuis plusieurs mois, il se sait atteint d’un mal incurable. 
C’est pourquoi il a tenu à se rendre une dernière fois au Québec, où il conserve ses plus
 beaux souvenirs. 
En revoyant l’ancienne demeure de Pierrefonds, il ne laisse guère d’illusions sur son
 état de santé au couple d’amis qui a racheté sa maison. On le presse de questions sur
 sa fille, qui fait parler d’elle jusque dans la Belle Province. Et il se montre assez 
fier des débuts prometteurs de Mylène, qui vient de sortir Libertine. 
Oui, lui, l’ingénieur des ponts et chaussées, est plutôt 
impressionné par la réussite de sa cadette qui, pour avoir renoncé à ses études, n’en semble 
pas moins tracer sa route avec détermination. 
     Mylène est anéantie. Tout est allé si vite. En l’espace de quelques mois, 
l’homme qui comptait le plus à ses yeux a quitté la terre des vivants. 
Elle l’a tant admiré. Tant attendu aussi, petite fille, quand il travaillait, la semaine,
 sur les rivages du Saint-Laurent, à plus de mille kilomètres de Pierrefonds, 
où il venait retrouver sa famille le week-end. Des quatre enfants Gautier, 
Mylène est celle qui lui  ressemble le plus. Et pas seulement sur le plan physique. 
Outre le même regard intense, le même nez fier, elle possède un mélange de réserve 
et de détermination dont son père a toujours fait preuve dans son parcours professionnel. 
     Conformément à ses vœux, Max Gautier sera incinéré. Désormais, une place 
restera vide dans son cœur. À mots couverts, avec cette pudeur qu’on lui connaît, 
la chanteuse confiera, deux ans plus tard, sur le plateau d’une émission de variétés,
 que c’est en hommage à un être
 disparu qu’elle exerce ce métier. Sans citer l’absent. 
    MYLENE et LEPAGE Pour l’heure, plutôt que de se morfondre,
 Mylène va redoubler d’efforts afin de faire 
décoller sa carrière. 
Sa manière à elle, plutôt guerrière, 
d’honorer la mémoire de son papa. 
Ce qu’elle n’a pas eu le temps de lui dire,
 parce que le dialogue n’a pas toujours été 
aisé entre ces deux grands
 timides, elle va l’écrire dans une chanson,
 Dernier sourire – sans doute la plus 
poignante de son répertoire. Elle y relate
 la lente agonie  d’un homme qui se tord de
 douleur dans une chambre d’hôpital et sa 
révolte face à l’injustice qui le frappe. 
« Mais qui s’acharne  à souffler tes bougies ? »
 lance-t-elle comme pour dénoncer la cruauté 
du destin. 
Avant de murmurer des mots qui donnent le frisson :
 « Si c’est ton souhait, je peux t’accompagner », 
prête à suivre dans la mort l’être cher dont elle
 n’arrive pas à lâcher la main. 
Durant le « Mylenium Tour », la chanteuse interprétera
 Dernier sourire lors du premier 
 appel, accompagnée d’un simple piano. 
Des minutes bouleversantes. 
     Par la suite, la mémoire de son père ne va 
cesser de hanter son œuvre. 
Des années après ce jour sinistre de 1986, 
elle écrit une autre chanson apparemment dédiée au disparu, 
Laisse le vent emporter tout, qui clôture l’album 
Anamorphosée. Une manière de tourner la page en douceur, en 
laissant le temps faire son œuvre. D’évoquer aussi l’envie de 
revoir l’absent : « Là j’irais bien
 te chercher / J’ai tellement changé. »
 
      Le 17 décembre 1995, invitée de l’émission « Déjà le retour », animée par
 Jean-Luc Delarue, sur France 2, Mylène fait venir sur le plateau Marie de
 Hennezel, auteur de La Mort intime – un livre qui rencontre un grand succès
 cette année-là. Le témoignage poignant d’une psychologue qui, au sein d’hôpitaux,
 aide les patients en fin de vie et leurs proches à appréhender au mieux 
leurs derniers  instants. Loin de toute morbidité, l’auteur y aborde la mort
 dans sa dimension humaine. 
« Ceux qui vont mourir, explique-t-elle, sont des vivants qui peuvent 
encore sentir 
la vie jusqu’au bout, aimer, être aimés, et c’est notre responsabilité
 d’humain de ne pas les enterrer avant l’heure et de continuer à mettre
 de la vie autour d’eux. » 
      Sur le plateau, Mylène écoute. Ses jambes sont croisées avec élégance, 
les cheveux relevés en un chignon vaporeux, son bras appuyé sur le canapé où 
siège également l’acteur François Cluzet. 
Pudique, elle choisit de ne pas se mettre en avant, de laisser la parole à cette
 femme dont chaque
 phrase résonne comme une formidable leçon d’espoir. Ce n’est pas la première 
fois que les deux femmes se voient. 
 
« Nous nous sommes rencontrées, Mylène et moi, il y a quelques années, en déjeuner en tête à tête
 qui m’a permis d’apprécier la sensibilité et la profondeur de cette jeune femme », révélera par
 la suite Marie de Hennezel. 
      Comment dire l’importance d’un père dans le cœur de sa fille ? Un livre n’y suffirait sans
 doute pas. Dans le répertoire farmerien, une chanson retiendra l’attention des fans, 
Optimistique-moi, dont Mylène a signé paroles et musique. Dans le clip, signé Michael Haussman,
 on découvre une Mylène emprisonnée dans l’univers du cirque, qui ne pourra gagner sa liberté 
qu’au terme d’une série d’épreuves, bravant un climat d’hostilité générale. Funambule, elle doit
 ainsi tenir en équilibre sur un fil alors que des cracheurs de feu, au sol, tentent de la 
déstabiliser. Discret mais attentif, un homme lui parle, la rassure, la guide, l’attire à lui. 
Il est jeune et séduisant. C’est un magicien, vêtu de noir, le seul être qui semble la comprendre.
 
      Mais le supplice de la jeune femme n’est pas terminé : alors qu’un trio de comédiens, 
composé de Pierrot, Arlequin et Colombine, théâtralise sa détresse, elle doit, en outre,
 évoluer sur un énorme ballon au milieu de la piste. Cette fois, sa progression est 
interrompue par un lanceur de  couteaux qui, d’un geste précis, crève le ballon. 
Le personnage incarné par Mylène est à nouveau humilié. 
Heureusement, le magicien va mettre un terme à ce calvaire. Après avoir enfermé la jeune
 femme dans un coffre rouge capitonné, il la transperce d’épées. Le temps d’ôter les lames, 
lorsqu’il ouvre la boîte, l’oiseau s’est envolé... 
On retrouve Mylène à l’arrière d’une camionnette bleue, debout au milieu de ballots 
de paille, affichant un sourire radieux. Libre, enfin. 
À l’extrême fin du clip, tout s’éclaire : sous les traits du magicien apparaissent 
ceux d’un homme  aux cheveux gris. Derrière ce visage rassurant se dissimulait en fait
 la figure paternelle. 
Un père qui est le seul à déceler la détresse de sa fille. Un père dont le regard 
aimant permet 
à la funambule, en proie au doute, de garder l’équilibre.
 
      Que signifie exactement Optimistique-moi, ce barbarisme inventé par Mylène ? 
Rien qui doive être figé, bien sûr, dans une définition aux contours rigides. 
Mais l’on peut projeter sur ce verbe bien des connotations. Le père n’est-il pas, 
dans les théories freudiennes, celui qui est chargé de transmettre à son enfant 
l’énergie nécessaire pour affronter le monde ? Communiquer un optimisme qui galvanise,
 tel semble le rôle dévolu au papa de la chanson.
 Lorsque le single est sorti, certaines paroles ont suscité bien des interrogations. 
L’image, développée dans le refrain, d’un baiser déposé sur un « petit bouton de rose 
pétales humides »  évoque en effet un geste plutôt ambigu lorsqu’il est perpétré par
 un père sur sa fille.
 
       En outre, deux vers de la chanson – « Qu’aussitôt tes câlins/ Cessent toute ecchymose »
 – dissimulent à peine le mot « inceste ». Impossible de penser qu’il puisse s’agir d’un hasard 
quand on sait la précision chirurgicale dont Mylène fait preuve dans le choix des mots. Bien sûr,
 en déduire que la chanteuse aurait été victime d’un inceste serait une extrapolation des plus 
hasardeuse. On le sait, dans la psychanalyse, la tentation de l’inceste, 
nichée au cœur du complexe d’Œdipe, constitue une étape nécessaire dans le 
développement de l’enfant. Ce que Mylène met en scène dans sa chanson est d’abord
 un inceste symbolique, même si elle prend un malin plaisir à 
laisser planer un parfum de soufre qui marque sa signature. 
       Une fois de plus, en tout cas, elle fait mouche. En évoquant à nouveau ce « papa » 
qu’elle a tant aimé, et dont le souvenir ne cesse de lui insuffler l’énergie de 
battante qui nourrit sa carrière, elle aborde une symbolique universelle, où chacun 
peut puiser ce dont il a besoin.
 De la mort d’un être cher, elle a tiré une force.
 
Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008

Publié dans MYLENE par H.ROYER | Pas de Commentaires »

Auteur de la biographie Ainsi soit-elle nous dévoile

Posté par francesca7 le 20 août 2015

 

 

100_2045J’ai un parcours un peu atypique. A la base, je suis docteur en histoire. En même temps, j’ai été comédien professionnel pendant 9 ans. Le destin a fait que j’ai arrêté mon métier d’acteur, que j’adorais, et que je me suis dit « qu’est-ce que je peux faire maintenant que je ne suis plus comédien : écrire ». J’ai donc commencé à piger à droite à gauche, et à rencontrer des gens qui m’ont donné la possibilité de le faire. Parmi ces gens, j’ai rencontré grâce à une amie comédienne Sylvie Devillette, qui à l’époque était quasiment rédactrice en chef de plusieurs magazines de variété. Je parlais très souvent de Mylène, parce qu’à l’époque, elle faisait Libertine. Etant spécialiste du XVIIIème siècle, j’avais adoré la manière dont Mylène abordait le XVIIIème. On a une tendance un peu ridicule de considérer le XVIIIème siècle comme un siècle gentillet, de jolis rubans et de moutons, alors que c’est un siècle extrêmement cruel, très dur. Les liaisons dangereuses ne sont pas loin, et surtout, la Révolution n’est pas loin. C’est un siècle où le sang coule et dieu sait, pour revenir à Mylène, que le sang est un élément important de ses problématiques. Je parlais donc assez souvent de Mylène Farmer à cette amie comédienne, qui m’a dit que je devrais écrire sur elle. Je lui ai répondu que ça n’intéresserait personne. Sans me le dire, elle en a parlé à Sylvie Devilette qui m’a commandé un article pour Rocknews. Je m’en souviens très bien, puisque j’avais trois jours pour le faire ! Je ne dis pas que j’ai fait un chef d’œuvre, mais j’ai fait mon papier. Deuxième hasard, Bertrand Le Page, qui était à l’époque manager de Mylène, a vu ce papier. Mylène l’a également lu et m’a envoyé un mot adorable de félicitations. Il y a donc eu un premier article, un deuxième article, un troisième article et le groupe de presse qui produisait Rocknews a décidé de consacrer un numéro spécial à Mylène. J’ai écrit la quasi-totalité des textes, avec toujours cette frustration d’être calibré par un magazine.

Genèse
C’était le moment où Mylène se plaçait dans le Top 50, où les ventes explosaient, après l’album Ainsi soit je… On sentait de la part du public une curiosité, qui ressemblait déjà à de l’amour. On n’était pas encore dans le domaine du sacre, mais il y avait quelque chose qui était du domaine de l’affectif, très intense. Puis Mylène a débuté sa tournée en 1989, et il y a eu un dîner organisé dans les Jardins de Bagatelle (ndlr : après la première au Palais des sports). Au cours de ce dîner, Sylvie Devilette, qui connaissait personnellement Laurent Boutonnat, m’a d’abord présenté à Laurent, ensuite à Mylène, et enfin à Bertrand. J’ai parlé quelques minutes avec Mylène, le contact a été très bon. C’est en revenant à ma table avec Sylvie que j’ai eu l’idée d’un livre sur Mylène qui me permettrait de donner davantage de profondeur. Bertrand Le Page a été le premier à être d’accord pour un livre. Celui qui allait devenir le mari de Sylvie, François, a réalisé la maquette. On était tous les trois extrêmement d’accord pour faire un livre qui plaise tout d’abord à Mylène, ensuite à nous, et bien évidemment à ceux qui nous feraient la grâce de bien vouloir l’acheter. Nous avons eu tout d’abord contact avec trois éditeurs. Comme les gens voyaient que le livre allait certainement coûter beaucoup d’argent, ce qui a d’ailleurs été le cas, il y a eu plusieurs désistements.

Bertrand
Bertrand Le Page était un personnage extrêmement particulier, très douloureux, pour des raisons personnelles, remarquablement cultivé et intelligent. C’est un personnage qui envoûtait et qui en même temps faisait peur à tous ceux qui l’approchaient. Il portait cette espèce de brisure, de fêle en lui, qui étaient très intenses. Mylène est une femme qui est à la fois fascinée par cet aspect morbide, mais qui, en même temps, a un tempérament de vie très fort. Je crois que, pour arriver 100_2048à écrire sur la mort comme elle le fait, il faut avoir un goût de la vie certainement beaucoup plus important qu’on ne veut bien vous le laisser croire. C’est ma version des choses. Bertrand avait compris ça, que Mylène montait, qu’elle était dans l’ascension, et que lui était progressivement dans la chute. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Il avait également un désir d’exigence terrible. Il disait que la couleur rousse des cheveux de Mylène, c’était lui. Il m’a dit au moins dix fois : « Vous comprenez, Philippe, une chanteuse, ce n’est pas châtain. C’est blond, brun ou roux. Il faut trancher, il faut donner une couleur, une marque, une griffe. » Pour en revenir au livre, Bertrand avait évidemment tenu à voir le texte, Mylène aussi, puisque je l’ai vraiment rencontrée à ce moment-là, et qu’on a travaillé ensemble. Dès que Bertrand s’est intéressé au projet, l’accord de Mylène m’était acquis. Il a organisé des séances d’interview, au Crillon si je m’en souviens bien. J’ai aussi interviewé Laurent.

Dîner aux Beaux Arts
Le livre est sorti en 1991, et en 1989, il y a eu ce drame sombre. Mylène, à l’issue de sa tournée, a donné un autre dîner à l’école des Beaux-arts, que Bertrand avait encore une fois entièrement organisé. J’étais en train de parler avec Mylène, car ma table était voisine de la sienne, et j’ai vu son regard se figer complètement. Je me souviens qu’il y avait dans la salle des chaises Napoléon III. Bertrand a pris une chaise et l’a jetée contre une autre chaise. Laurent, lui, n’avait pas quitté son manteau, il sentait la soirée très mal, il passait de table en table avec un regard assez figé, assez dur. Et là, Mylène m’a dit quelque chose du genre « excusez-moi Philippe, mais Bertrand est en train de faire n’importe quoi ». Et la rupture était faite. C’est moi qui ait du dire à Bertrand que le chapitre du livre qui lui était consacré sautait… Après la rupture, Bertrand n’était plus rien. Il a essayé de travailler avec d’autres artistes, Sheila, ou Corinne Hermès, qui l’a d’ailleurs assez mal vécu car il était très dur. J’ai continué à garder contact avec lui, pour des raisons strictement personnelles. Il m’a raconté une histoire atroce. Un jour, il conduisait la Mercedes, au moment du concert. Il était extrêmement fatigué, il a du déraper et la voiture a basculé légèrement de son ornière, mais il l’a rapidement redressée. Mylène a du avoir peur je pense, et lui a dit « écoute, si tu veux te suicider, fais-le sans nous »… C’est une femme qui peut être dure. On ne fait pas la carrière qu’elle a faite sans être dure. Alors, qu’est-ce que veut dire la dureté ? Si la dureté veut exigence, elle est dure. Si la dureté veut dire cruauté, alors elle n’est pas dure.

Mylène au travail
La préparation du livre a donc duré assez longtemps. Je me souviens de la rencontre avec Sylvie Devilette, où Mylène a découvert mes textes. J’étais dans une autre pièce avec Bertrand, c’est Sylvie qui me l’a raconté. Elle me disait que Laurent passait à Mylène les feuilles les unes après les autres, en lui soulignant les passages de son doigt, et qu’elle manifestait quand même une certaines émotion. On passait de l’article au livre, et pour une jeune artiste évidemment, ça n’a rien à voir, le mécanisme est différent. Lorsque je l’interviewais, c’était une femme qui me parlait assez spontanément. Il n’y a pas eu de corrections de sa part, par exemple. Elle parlait toujours avec une grande précision. Cela m’énerve d’ailleurs un peu lorsque je lis des interviews publiées dans la presse, et où quelque part, je ne la retrouve pas. Alors bien évidemment, les années sont passées, les choses évoluent. Mais on sent bien parfois que les journalistes n’ont pas entendu ou n’ont pas voulu entendre. Le son « Farmer » est très particulier. Mylène est une femme intelligente, qui s’exprime très bien, et ce son part, parfois, un peu en vrille dans la presse.

Cadeaux
J’ai aussi eu contact avec Thierry Suc, c’est d’ailleurs lui qui m’a emmené la première fois en voiture chez l’éditeur du livre, Jean-Pierre Taillandier. Pour la petite histoire, dans la voiture, Thierry me faisait écouter un single de Mylène qui allait sortir. Et moi, je visualisais tous les feux pour qu’ils passent au rouge, et que j’aie la possibilité d’en entendre le plus possible ! Thierry m’avait d’ailleurs proposé de m’arrêter, si je voulais ! C’est un garçon exquis, un très grand professionnel. Mylène m’a fourni des dessins pour ce livre. Je voulais qu’elle me donne des choses qui lui soient extrêmement personnelles. Au départ, il était même question qu’elle me donne des lettres qu’elle écrivait quand elle était petite. J’ai vu ces lettres, elle les signait à l’américaine, avec les croix qui symbolisent les bisous. Et dans l’une de ses lettres, c’était absolument adorable, elle disait à sa grand-mère : « j’ai été très gentille, je n’ai pas fait pipi au lit, j’ai été vraiment mignonne, alors fais ce que tu m’as promis, emmène-moi au cimetière ». Cette adoration pour les cimetières n’est pas du tout une invention marketing, pas plus que celle pour le sang. Des années avant Je te rends ton amour, Mylène me disait « le sang est une belle matière ». Mais il ne faut pas la limiter à « ça ne va pas bien, c’est horrible ». Mylène est une femme qui aime la vie. Je n’ai pas gardé contact avec Mylène après le livre. Et ce n’était pas fait pour. Elle a tourné la page, j’ai tourné la page. Je suis passé sur d’autres projets. Je suis romancier, et j’ai d’autres livres qui sont sortis depuis.

100_2050Mylène la séductrice
A un moment donné, Mylène avait dit de moi « j’aurais préféré ne jamais le connaître ». C’était balzacien, bien sûr à notre niveau, entendons-nous. Quand madame Anska tombe éperdument amoureuse de Balzac, elle tombe d’abord amoureuse de l’auteur et d’un homme qui écrit comme un Dieu et qui la fascine, elle, la petite aristocrate polonaise. Avec Mylène, il y a eu une séduction qui est passée par les mots. Elle m’a donné ses mots, j’en ai fait un livre et je lui ai donné mes mots. Ma manière d’écrire est très tactile, très cinématographique. J’ai besoin d’un regard, d’une présence, d’une silhouette. J’ai besoin de quelque chose qui s’incarne. Mylène m’a donné une émotion, et c’est sur cette émotion que j’ai travaillé. Ce parfum, cette façon de s’habiller, cette façon d’enrouler ses membres sur elle-même, ce côté chrysalide qu’elle peut avoir, cette grâce extraordinaire… tout ça, j’en avais besoin. Vous savez, quelqu’un qui génère votre magazine, qui offre une réflexion au niveau du texte, au niveau de la maquette, c’est quelqu’un qui mérite le respect. C’est une belle carrière, c’est une carrière longue, c’est la première star de France, c’est quelqu’un qui mouille sa chemise, qui donne… Mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui m’a dit « je suis un ami intime de Mylène, je la connais très bien ». A-t-elle des amis proches ? Je n’en sais rien. Quel rapport a-t-elle vraiment avec sa famille ? Je l’ignore. Elle m’a raconté qu’elle avait un jour évoqué avec sa mère, comme toutes les adolescentes, l’idée du suicide. Sa mère lui a répondu : « Ma petite, tu es comme la mauvaise herbe, et la mauvaise herbe ne meurt jamais ». Cela m’a amusé de constater que, quelques années plus tard, Mylène reprenait la formule sans problème aucun.

 

source Instant-Mag – 2004

 

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POUR MYLENE L’IMPORTANT C’EST D’AIMER

Posté par francesca7 le 4 juillet 2015

 

PARIS MATCH : 2 DÉCEMBRE 2010 – NATHALIE RHEIMS

 

mylene-farmer-giorgino_18-imgPour sa seule interview à la presse à l’occasion de la sortie de l’album « Bleu Noir », Mylène Farmer fait pour la première fois de sa carrière la une de Paris Match pour cette interview menée par son amie intime, l’auteur Nathalie Rheims. L’entretien est illustré d’une séance photo inédite réalisée à Londres quelques semaines plus tôt par Nathalie Delépine.

Tu n’as jamais été aussi belle et épanouie. As-tu des secrets de beauté ?

-La seule chose importante est d’aimer et d’être aimée. C’est bien la seule certitude que j’ai aujourd’hui. Et la beauté dépend du regard que l’on porte sur les gens : quand ce regard est celui de l’être aimé, ou tout simplement celui de la bienveillance, il agit comme un baume enchanteur. La chance qui m’est donnée de vivre en harmonie avec ce que je fais est alors mon secret de beauté, c’est un lien fragile que je m’efforce à la fois de remettre en cause et de protéger.

Qu’es-tu capable de faire aujourd’hui et que tu n’aurais pas pu faire hier ?

-Affronter des regards quand j’entre dans un lieu public sans vouloir fuir l’endroit dans la fraction de seconde ! Souffrir d’un manque de confiance en soi, d’une timidité qui vous fait passer parfois pour quelqu’un de distant, de froid, n’est pas un atout majeur pour faire un métier public. Pourtant, depuis longtemps déjà, je n’ai eu d’autre choix que de dépasser mes peurs, les surmonter, n’en être pas –ou plus- l’otage. Quand j’y pense, c’est d’une violence inouïe de dépasser ce handicap ! Seules les personnes qui sont de vraies timides peuvent comprendre ce par quoi l’on passe pour y parvenir.

« Bleu Noir » est le premier album que tu fais sans Laurent Boutonnat. Pourquoi t’es-tu éloignée de lui ?

-Je ne me suis en aucun cas éloignée de lui ! Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque : vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité. Nous nous retrouverons pour le prochain album !

As-tu conscience que cet album est plus sombre que les précédents ?

-Non, pas vraiment. Cet album –comme son titre, « Bleu Noir » l’indique- passe de la lumière au sombre puis à l’obscurité. Ou l’inverse, je ne sais plus !

On te dit solitaire, voire recluse. Travailler avec une nouvelle équipe fût-il un travail compliqué ?

-Je m’adapte à de nouvelles manières de travailler si tant est que l’on respecte ma ‘bulle’, mes silences autant que je respecte moi-même l’autre. Je suis quelqu’un de solitaire, mais j’ai aussi un grand besoin de l’autre et je réfute le terme ‘recluse’ ! Quand j’étouffe, je prends un train, un avion et vais voir d’autres cieux. C’est une liberté, une chance inestimable de pouvoir voyager quand j’en ressens le désir ou la nécessité. Face à un paysage de neige, je suis émue : j’ai grandi au Canada, je suis certaine que cette attirance pour les paysages immaculés vient de là-bas. Le grand froid a un parfum très particulier, un son qui lui est propre. J’ai retrouvé cette même émotion quand je suis allée en Russie découvrir Saint-Pétersbourg en plein hiver : au bord de la Neva, ses canaux gelés, on guette Catherine II de Russie…

D’autres endroits que tu aimes ?

-La Corse est mon refuge. Le jour venu, la tentation pourrait être la Toscane : m’apaiser devant des collines d’oliviers et de vignes…

Tes biographes écrivent les mêmes clichés sur toi. Qu’as-tu à cacher ?

-Je n’ai pas de biographe, c’est pourquoi ce sont sans doute les mêmes clichés.

Dans ce qui a été écrit à propos de toi, qu’est-ce qui t’a fait le plus sourire ?

-J’ai entendu parler de bain de jus de tomate, qui m’aurait conduite à une ‘phobie attractive’ du sang (Mylène fait référence à une anecdote relatée par Bernard Violet dans sa biographie publiée en 2004 à partir de laquelle il tire effectivement cette conclusion, nda) et de lit-cercueil (à ce jour, jamais une biographie ou un article n’a pourtant prétendu cela, nda). Je crois que tous les fantasmes me font rire quand il ne s’agit pas de mes proches ou de ma vie privée. Pourtant, quand on me rapporte les médisances d’un animateur de jeu télévisé quant à mon prétendu play-back sur scène(Mylène évoque sans le nommer Nagui qui, en effet, prend régulièrement pour cible depuis quelques années dans ses émissions la chanteuse, soit en se moquant de sa voix, soit en prétendant qu’elle ne chante pas en direct lors de ses concerts, nda), je finis par me demander si je ne préfère pas l’histoire tout aussi fausse du jus de tomate. C’est impressionnant de voir à quel point certaines personnes se sentent grandies en dénigrant, en tentant de blesser… Il s’agit bien souvent de personnes qui rêveraient d’une vie meilleure. Encore faut-il en être à la hauteur. Je crois à la vertu de la décence. La critique est nécessaire ; la grossièreté, inutile.

Es-tu obsédée par l’idée de laisser une trace de toi après ta mort ?

-Obsédée, non. Le moment présent m’importe. Laisser une trace…dans le cœur de quelques personnes, j’espère que oui.

Qu’aimerais-tu que l’on dise de toi ?

-« C’était une grande astronaute ». (sic !)

Quel regard portes-tu sur la variété française ? Y a-t-il des artistes qui t’intéressent ?

-J’ai découvert Stromae, ce jeune artiste vraiment original. J’aime beaucoup son titre « Alors on danse », sa silhouette, son phrasé et son timbre de voix si particuliers. Il dit des choses graves sur un ton léger.

Pourquoi as-tu enregistré un duo avec Line Renaud ? (« C’est pas l’Heure », paru sur l’album « Rue Washington » de Line Renaud sorti un mois tout juste avant la publication de cet entretien, nda)

-Je l’ai rencontrée lors d’un dîner et, comme chacun semble le dire, quand on croise le regard bleu de Line… une magie s’opère ! C’est une femme belle, décalée et charmeuse. Je suis instinctive, le désir l’emporte dans ces moments-là. Son énergie vitale est impressionnante. Mais c’est aussi quelqu’un qui doute : c’est imperceptible, mais touchant.

Tu navigues continuellement entre Eros et Thanatos. L’amour et la mort sont-ils tes deux seules sources d’inspiration ?

-Il y a aussi la solitude, l’isolement. J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !

La politique t’intéresse-t-elle ? As-tu de l’estime pour ceux qui nous gouvernent ?

-J’ai de l’estime pour le courage de tous ceux qui acceptent cette lourde responsabilité sans abuser de leur pouvoir.

Quelle est ton image idéale du couple ?

-Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre : l’intelligence complice.

Comment t’imagines-tu dans dix ans ?

-Ailleurs…

Ta dernière tournée a été un triomphe. Envisages-tu de remonter sur scène ?

-Oui… au moins une dernière fois !

Pourrais-tu un jour renoncer à la chanson ? A la scène ?

-Comment renoncer à ce et ceux qu’on aime ? Mais je vais devoir apprendre…

Lors de tes concerts, tu attaches une importance particulière aux créateurs de mode : recherches-tu de nouveaux talents, de nouvelles marques, de nouvelles inspirations ?

-34427851Quand il s’agit de préparer un spectacle, oui. Ce choix est toujours délicat. Il ne suffit pas de faire du ‘couture’, ce n’est pas un défilé de mode. Le créateur doit être aussi capable de transposer les costumes pour une scène, qui devront s’intégrer aussi à un décor, à des lumières, à un univers afin de rendre le tout homogène. Il faut rencontrer alors des stylistes inspirés et qui acceptent de se fondre dans l’univers de l’artiste afin que celui-ci ne disparaisse pas derrière le costume, justement, mais se sente comme dans un écrin. Je ne suis pas certaine que tous les créateurs de mode en soient capables : il faut beaucoup d’humilité.

Ton livre de chevet ?

-Tous les livres de Stefan Zweig, le dernier lu étant « La Guérison par l’Esprit », une réflexion sur les pouvoirs de l’esprit et le besoin vital de croire. C’est passionnant.

Ton film culte ?

-Choix difficile, il y en a plus d’un… Mais je vais choisir « L’Important c’est d’Aimer » d’Andrzej Zulawski : c’est sans doute un des films qui m’ont le plus troublée. Romy Schneider y est magnifique, sans fard, fragile, tragique.

Ton personnage préféré de l’Histoire ?

-Padre Pio, un moine capucin qui a eu une vie extraordinaire. Il me fascine ! Il a été canonisé en 2002, je crois (le 16 juin 2002 par le pape Jean-Paul II, nda). Durant sa vie, il a reçu les stigmates de la Passion du Christ, a dû affronter le Diable… Ca me renvoie a quelque chose de profond chez moi : l’inexplicable, qui me bouleverse.

Une émission de télé que tu ne rates pas ?

-« Un Jour, un Destin », parce que j’aime les histoires vraies, les biographies, les destins hors du commun. J’aime connaitre l’histoire des gens, tout simplement. Je trouve que tout y est remarquablement traité à travers des reconstitutions de vies qui évitent le piège facile du ‘jugement’. Le fond comme la forme sont vraiment réussis et les sujets souvent passionnants, émouvants. J’aime aussi l’habillage de ces documentaires. Et puis rien n’est laissé au hasard : cette finesse est rare dans le paysage audiovisuel. Et je regarde très souvent « Faites Entrer l’Accusé ». Les faits divers m’ont toujours fascinée. C’est peut-être une forme de voyeurisme, même si je ne le ressens pas comme ça : je suis saisie par l’horreur que m’inspirent ces criminels, mais aussi submergée par l’évidente compassion que j’ai pour les victimes et leurs proches. Qui peut un jour penser finir son destin si tragiquement ? L’horreur et la perversité sans limite de certains –parfois même sans remords- glacent le sang. Si cette émission m’intéresse, c’est parce que j’ai besoin de comprendre ‘l’inhumain’.

La femme que tu pourrais prendre comme modèle ?

-Une comtesse âgée et discrète qui vit non loin de chez moi et recueille tous les chats errants. J’ai moi-même adopté il y a quelques années une chatte qui a élu domicile chez moi pour finir sa vie.

 

Ton idéal masculin ?

-Jean Rochefort. Un acteur unique, un homme d’une classe folle, un charme renversant. Je suis sensible à sa grande délicatesse : c’est un être totalement décalé, si émouvant, aussi. Bref… magnifique !

L’œuvre d’art que tu pourrais voler dans un musée ?

-Une œuvre de Giacometti !

Le disque que tu emporterais sur une île déserte ?

-Mais il n’est pas question que j’aille sur une île déserte !

La soirée de tes rêves ?

-En Corse, en Sicile ou en Irlande. Un feu de cheminée, l’hiver, la neige qui tombe -bien qu’il n’y ait pas beaucoup de neige en Corse et en Sicile ! Le vent souffle dehors, un verre de côte-rôtie et s’enivrer doucement en écoutant la musique du film « Mission » par Ennio Morricone. Le reste est top secret !

Une épitaphe ?

-Quel souci ! Ici gît ‘Je’.

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perpétuelle résurrection de Mylène par Boutonnat

Posté par francesca7 le 23 avril 2014

1988-1991 : La perpétuelle résurrection

 sanslogique118           Battues, souillées, humiliées, transpercées mais toujours vivantes, les personnages que donne Laurent Boutonnat à interpréter à son égérie continuent de subir la violence de l’Homme. Après avoir montré clairement la mort de son héroïne, l’avoir imagée, le réalisateur qui entreprend un réel processus de fin de carrière de la chanteuse la met en scène selon une optique différente. En l’identifiant à la mort elle-même plutôt qu’à une mourante, Boutonnat trouve un juste compromis entre les différents statuts de mortelle qu’endossait son héroïne dans ses précédents clips. Pour lui le personnage ne subit plus la mort, elle l’incarne. Ambition difficilement compatible avec la forme du clip, Boutonnat se sert du dispositif qu’il a mis en place afin d’introduire, de mettre en scène dans la longueur, sur plusieurs films courts, la personnification de la mort.

 

C’est dans Pourvu qu’elles soient douces que cette incarnation est la plus évidente. Le long duel qui oppose Libertine à sa rivale est monté alternativement avec une bataille sanglante opposant Français et Anglais pendant la guerre de sept ans. Alors empalée par un sabre, la rivale succombe sans que le spectateur n’ai pu voir si la lance qu’elle tendait en direction de Libertine l’avait atteinte. La rivale montrée comme morte en champ, aucun contre-champ ne vient montrer le personnage principal dont l’état nous est alors inconnu. C’est bien plus tard, lorsque le petit tambour anglais sera en ligne de mire de la dernière troupe française qu’elle fera sa réapparition pour le sauver, et que le clip basculera dans l’onirisme. Vêtue d’une longue cape noire sur un cheval au pas, Libertine revient. Est-elle morte ? Tout nous laissera penser qu’elle est la mort, qu’en fauchant le petit tambour devant les yeux médusés des français elle frappe une dernière fois et tétanise ceux qui la voient. Vivante ou pas, peu importe. Pour la première fois un clip de Boutonnat conclue sur autre chose que l’état mortel ou vivant de son héros, ici tout cela est largement dépassé. La voix off adulte du petit tambour se souvient de ce passage qui ressemblait pourtant à un trépas :

« -Mon père m’avait prévenu : tu reconnaîtra la mort à son grand cheval noir. Et si par malheur un jour elle s’arrête devant toi, surtout, ne la regarde pas. […] Je ne l’ai jamais revue, mais jamais je n’oublierai l’odeur de son parfum et la douceur de sa peau, tandis qu’elle m’emportait vers la vie. » 

 sanslogique200

Plutôt qu’une mise à mort, c’est justement un sauvetage que Libertine sur son cheval noir opère sur le petit tambour. Alors destiné à l’exécution par la troupe française, c’est la mort, pour une fois bienfaitrice, qui contredira ce que disait autrefois son père en venant le prendre pour l’emmener vers des lieux plus sécurisants. Bien que toujours riche en violences de toutes sortes, l’année qui suit Pourvu qu’elles soient douces est celle de l’immortalité. C’est dansSans Logique (1989) que l’aspect victime de l’héroïne est la plus en adéquation avec l’aspect bourreau. La reproduction du dispositif de la corrida compte beaucoup dans cette dualité. Adepte du retournement de situation, Boutonnat mue pour l’occasion son héroïne en taureau inmaîtrisable. Tour à tour saignée, attachée, bousculée, et même transpercée par le picador, elle trouvera la force de se relever pour l’empaler de ses cornes de fer. Présentée comme une victime jusqu’à la séquence finale du clip, cette femme-taureau humiliée aura fait fi des coups de lames tel un Saint Sébastien résistait aux impacts de flèches.

  

 

Le personnage “clipesque” de Mylène Farmer est présenté à plusieurs reprises comme immortel à l’image, revenant inlassablement de ses aventures tragiques. Boutonnat utilisera de nouvelles fois cette crédibilité qu’il a installée pour évoquer par le truchement de ce personnage la thématique de la mort. Dans le symbolique A quoi je sersla chanteuse sera omniprésente à l’image alors que le propos du clip est précisément une mise en scène de sa mort, ou du moins celui de son personnage public. Une disparition volontaire qui prend des allures de suicide si on s’attache aux paroles de la chanson et à l’action du clip. Thèse confortée par les adieux lisibles du long-métrage En Concert, ce qui pourrait facilement être pris pour un retrait dû à un échec commercial n’est étrangement pas interprété dans la presse. Celle-ci voit essentiellement ces productions de la fin des années 80 comme la fascination morbide et sadique d’un réalisateur pour son égérie qu’il maltraite à l’écran. Jugement en parti exact, tant le réalisateur s’amuse de l’impact qu’a sa différence de ton par rapport au climat ambiant de la promotion de disque et de clip à cette époque. Impact amplifié par le silence du cinéaste dans les médias auxquels il refuse tout entretien entre le spectacle itinérant de 1989 et la promotion de Girogino (1994). Lors d’une rare interview donnée à un magazine à l’occasion des premières dates de la tournée en mai 1989, il aura d’ailleurs cette phrase souvent reprise montrant aussi bien son état d’esprit de l’époque que sa lucidité : « Nous n’allons pas continuer à faire ceci impunément. Un jour on va le payer très cher. Car nous perdons conscience de la violence, de la noirceur, de la morbidité. » C’est précisément parce que Laurent Boutonnat n’avait pas connu d’échec commercial dans le disque depuis Libertine qu’il a pu jouer à ce point sur une thématique aussi négative sans qu’elle ne se soit retournée médiatiquement contre lui.

 

Les quatre clips postérieurs à la tournée pérenniseront l’image du personnage créé pour la chanteuse. Présentée comme un personnage mort, elle sera pourtant toujours énormément présente à l’image, notamment dans Regrets où elle incarne cette sorte de fantôme prisonnier de son cimetière, auquel le bien aimé vivant vient rendre visite. Les deux derniers films réalisés par Boutonnat pour elle à cette époque se démarqueront de cette thématique qui pourtant leur était chère pour adopter une esthétique de clip plus traditionnelle. Le réalisateur alors en pleine préparation de Giorginoquittera tout de même sa “caméra de clip”  avec une dernière disparition de la chanteuse (Beyond my Control – 1992), cette fois ligotée et brûlée sur un bûcher. Elle qu’il fit mourir une première fois sur scène, dont il fit incendier le décor, il l’incinère ici comme pour exorciser la forme du clip dont il fut si longtemps consentant prisonnier, avant de passer au long-métrage. Métaphore prémonitoire du prochain terrible échec que sera Giorgino, la chanteuse survit aux flammes et relève la tête alors que le feu a cessé ; comme pour rappeler qu’on n’efface pas en un clip un personnage publique qu’on a mit si longtemps à rendre immortel. C’est peut-être après tout sans calcul, un peu par hasard que Laurent Boutonnat a osé donner cette morbidité à la forme du clip. Lui qui s’était apprêté à déverser son pessimisme dans d’autres domaines fut guidé vers une forme filmique qui n’attendait pas et n’avait à priori pas besoin de cinéaste-auteur. Autrefois éloigné des milieux auxquels il avait tenté d’appartenir, comme la littérature ou le long-métrage, Boutonnat s’est investit dans le clip où, en reversant ses anciens déboires et les fictionnalisant, il a su y placer un style propre.

Jodel SaintMarc, le 21 mai 2002

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PRESSE de Têtu…. avec Mylène

Posté par francesca7 le 24 août 2013


PRESSE de Têtu…. avec Mylène dans Mylène dans la PRESSE images-12Le premier numéro du magazine paraît en juillet 1995.

Pour la première fois, un magazine homosexuel obtient dans ses pages des budgets annonceurs généralistes : couturiers, stylistes, opérateurs de téléphone, fournisseurs d’accès à Internet, parfumeurs, marques d’eau minérale, etc. Le journal est d’ailleurs financé par Pierre Bergé, cofondateur du groupe Yves Saint Laurent, qui revendique une action militante. À son apparition, il a pris le relais du magazine Gai Pied, disparu à l’automne 1992 (1979-1992).

Depuis son numéro 142 (mars 2009), il se décompose entre un magazine principal, axé sur la culture, la mode, le people, les voyages, le lifestyle, la psycho, et un deuxième magazine plus petit, inséré à l’intérieur et intitulé Têtu News, centré sur l’actualité LGBT (lesbienne, gay, bi et trans) en France et dans le monde et sur les associations LGBT françaises.

Chaque numéro comprend une rubrique sur le sida coordonnée jusqu’en mai 2007 par Christophe Martet, qui était aussi rédacteur en chef du guide gratuit Têtu+ d’information sur le VIH, diffusé tous les deux ans à 200 000 exemplaires. Ces pages sont désormais incluses dans Têtu News et coordonnées par Luc Biecq.

Certaines personnalités choisissent Têtu pour faire leur coming-out, tandis que certains hommes politiques y acceptent les interviews pour montrer leur ouverture d’esprit ou leur solidarité avec la communauté homosexuelle (notamment dans la lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits). Une nouvelle formule paraît en mars 2009 : le magazine s’ouvre alors sur une grande interview d’une personnalité comme Pedro Almodovar, Ewan McGregor, Catherine Deneuve, Florence Foresti, Stéphanie de Monaco, Jean-Paul Gaultier, David Ginola, Nikos Aliagas, Beth Ditto, Adil Rami, Ali Baddou, Laurent Ruquier, Antonio Banderas, etc..

Thomas Doustaly, a été son rédacteur en chef, puis son directeur de la rédaction pendant plus de dix ans. En juillet 2007, Têtu subit une crise interne avec le licenciement de plusieurs membres de la rédaction, la presse s’en est fait écho, dont le site Rue89. Finalement, Thomas Doustaly quitte ses fonctions en mars 2008.

Le 1er juillet 2008, Pierre Bergé nomme Gilles Wullus rédacteur en chef de Têtu, puis directeur de la rédaction à partir de novembre 2009. Gilles Wullus fut, jusqu’en 2007, le rédacteur en chef Édition du quotidien Libération. Dans un contexte de crise de la presse depuis l’automne 2008, il parvient à contenir l’érosion des ventes dans les limites de celle du marché des magazines (Source OJD )

 Après le recrutement d’un nouveau directeur artistique, Nicolas Valoteau, en août 2010, et d’un nouveau directeur délégué, Jean-Marc Gauthier, venu du groupe Lagardère, le magazine paraît sous une nouvelle formule à partir du 21 septembre 2011, entièrement re-designée, enrichie de nouvelle rubriques (sport, cuisine, auto, sexo, 15-20 ans, déco), et qui voit l’arrivée de nouveaux chroniqueurs, les écrivains Philippe Besson, par ailleurs animateur de l’émission Paris Dernière, et Abdellah Taïa, prix de Flore 2010 .

 Depuis février 2009, Têtu est également décliné en deux sites internet, l’un à destination des gays, têtu.com, l’autre à destination des lesbiennes, têtue.com. Ces sites sont également les hôtes de la radio numérique Têtu Radio, développée par le groupe Goom Radio. Le site a été meilleur site de magazine pour l’année 2010 par le Syndicat de la presse magazine (source: http://www.spmi.info/). Les deux sites sont rapidement devenus le principal portail d’information en France à destination des gays et des lesbiennes. Sur Facebook, le site se classe premier parmi les magazines masculins en termes de nombre de fans (source: http://www.rue89.com/presse-sans-presses/2011/08/17/reseaux-sociaux-le-monde-est-champion-france-24-cartonne-218204).

Une des rares fois où Mylène Farmer évoque son statut d’icone gay, de plus les clichés du photographe la font apparaître plus garçon manqué que jamais.

  • Styx magazine : Spécial Mylène Farmer « Tour 2009″ de avril 2010
  • Styx magazine : Spécial Mylène Farmer « L’Autre… » de mars 2011
  • Styx magazine : Spécial Mylène Farmer « Cendres de lune / Ainsi soit je… / En concert » de août 2011

 

Article Wikipédia.

 

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Bruno Aveillan et Mylène farmer

Posté par francesca7 le 5 août 2013

 

Diplômé de l’École supérieure des Beaux-Arts de Toulouse, Bruno Aveillan rejoint la société de production QUAD en tant que réalisateur. Il a notamment réalisé de nombreux films publicitaires pour des marques telles que Cartier, Orange, Perrier, Louis Vuitton, Audi, Nike, Paco Rabanne, Quézac, Lanvin, Nissan, Christian Lacroix, Rochas, Lexus, Chanel, Time Warner, Lacoste, Miller,Nintendo1, Gaz de France, Toyota, BMW, etc.

Bruno Aveillan et Mylène farmer dans Mylène en DUOS 936456_10151758601994108_1296927804_n-300x225

Une des premières réalisation de Bruno Aveillan fut le spot Perrier La Foule mettant en scène une pléiade de personnages colorés sortant de leur affiche respective. Outre une avalanche de prix internationaux, le film fut élu « Film préféré des Français » suite à un sondage IPSOS/Stratégie.

En 1999, succédant aux réalisateurs Lars von Trier et Roland Joffé, Bruno Aveillan réalise un nouvel épisode de la saga publicitaire CNP. Il fut également le metteur en scène du film pour le lancement du parfum Oxygène de Lanvin. Considéré comme l’un des plus beaux films de parfum jamais réalisé, il met en scène, pour la première fois à l’écran, Gisèle Bündchen. Il a également filmé un grand nombre de célébrités parmi lesquelles on peut citer : Monica Bellucci, Claudia Schiffer, Amy Smart, Mélanie Thierry, Olga Sherer, Shalom Harlow, Sharon Stone, Milla Jovovich, Jessica Stam, Inna Zobova, Morgane Dubled, Virginie Ledoyen, Mylène Farmer, Daiane Conterato, Vlada Roslyakova, Elsa Benitez, Julia Stegner, Rachel Weisz, Freida Pinto, Leila Bekhti, etc.

Il a ensuite réalisé le film Anthem pour la marque Infiniti qui fut présenté en avant-première lors de la cérémonie des oscars 2002. La même année, il signe un des quatre films de lancement de la marque Orange, aux côtés des réalisateurs Martin Scorsece et Oliver Stone. Il a également travaillé avec le Land artiste Nils Udo pour concevoir l’univers visuel du Parfum Mahora de Guerlain. On peut également citer le film Magnum 5 senses, réalisé avec une approche expérimentale, proche de l’art vidéo.

En 2008, l’entreprise Louis Vuitton fait appel à Bruno Aveillan pour réaliser le premier film publicitaire de son histoire, intitulé Where will life take you. D’un format de 90 secondes et traduit en 14 langues, ce film a remporté de nombreux prix dont un Gold Clio Award, un Gold Award aux London International Awards, un Epica Award, un Cristal. La musique de ce film est signée Gustavo Santaolalla.

En 2010, il réalise une campagne mondiale pour Shangri-La, dont il signe les films et les photos, qui raconte l’histoire d’un homme sauvé par des loups. Plébiscitée par le public et les médias, La campagne a reçu de nombreuses distinctions dont Adfest, Spike Awards, ADstars, et un Lion.

En 2011, Swarovski propose à Bruno Aveillan une collaboration artistique par le biais de la réalisation d’un film court, symbolisant l’héritage de la marque. Le film a été présentée en avant première à Time Square et au Rockfeller Center à New York, au début de l’année 2011.

En 2012, Bruno Aveillan réalise le film L’Odyssée pour Cartier. D’une durée exceptionnelle de trois minutes trente, ce film illustre les grands moments de l’histoire de la marque en mettant en scène le voyage surréaliste d’une panthère, animal symbole de Cartier. Après avoir été présenté en avant première au MOMA de New York et au Grand Palais à Paris12. En trois mois, il a été vu par plus de 160 millions de spectateurs dans le monde

Bruno Aveillan soutient également l’action d’ONG telles que Reporters sans frontières ou la Banque alimentaire pour lesquelles il a réalisé plusieurs films.

Bruno Aveillan (Toulouse, 24 février 1968) est un réalisateur, un photographe et un artiste multimédia français.

Il réalisa The Farmer Project : un court-métrage de plus de 15’ générique compris, pour Mylène Farmer et réunissant les clips de la belle : Dégénération et Si j’avais au moins

Ce clip The Farmer Project sera diffusé pour la première fois sur M6 le 17 Janvier 2009 (une semaine plus tôt sur le Net). Chronologiquement, Universal choisit de découper ce court-métrage en deux et d’en taire l’existence. La partie Dégénération (le début) est ainsi diffusée telle quelle le 10 juillet 2008, sans que personne ne se doute qu ‘il y aura une suite (tournée en même temps) en janvier…. Il s’agira donc du clip de Si j’avais au moins   …., les deux s’enchaînant parfaite pour former un tout, le Farmer Project

Sa Dernière réalisation pour : Orange « The Little Finger »

 

Image de prévisualisation YouTube

Dans sa démarche de plasticien, Bruno Aveillan entend s’éloigner d’une représentation illusoirement réaliste pour privilégier une approche plus impressionniste, fragmentaire et certainement poétique. « Mon travail touche à l’intime, parfois aux frontières de l’abstraction. C’est un panorama mental qui ouvre plus qu’il ne ferme, déploie l’imaginaire du spectateur. » confie l’artiste. Dans un interview récent, il précise au journaliste Stephen Whelan : “Il s‘agit pour moi de proposer des espaces d’incertitudes qui offrent à l’esprit la possibilité de se réapproprier l’instant, à la manière d’un carnet de voyage intuitif et sensoriel. ». La journaliste et critique Zoé Balthus souligne également le “talent affirmé, à l’imagination vive et puissante  de Bruno Aveillan (…), poète en harmonie avec l’invisible, en intelligence avec le sacré, de cette trempe d’hommes en profonde communion avec leur art, qui explore des territoires où il laisse son regard hypersensible apprivoiser l’infime mouvement de la matière, s’immiscer au cœur du mystère des éléments, assister aux subtiles mutations alchimiques de la vie, guetter la grâce indomptable de la lumière… »


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L’important c’est d’aimer pour Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 5 août 2013


Mystérieuse, elle craint le désir des autres mais, pour la sortie de « Bleu Noir », Mylène Farmer s’est confiée à Nathalie Rheims.

L’important c’est d’aimer pour Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES images-25Paris Match. Tu n’as jamais été aussi belle et épanouie. As-tu des ­secrets de beauté ?
Mylène Farmer. La seule chose importante est d’aimer et d’être ­aimée. C’est bien la seule certitude que j’ai aujourd’hui. Et la beauté ­dépend du regard que l’on pose sur les gens. Quand ce regard est celui de l’être aimé ou tout simplement celui de la bienveillance, il agit comme un baume enchanteur. La chance qui m’est donnée de vivre en harmonie avec ce que je fais est alors mon secret de beauté, c’est un lien fragile que je m’efforce à la fois de remettre en cause et de protéger.

Qu’es-tu capable de faire aujourd’hui et que tu n’aurais pas pu faire hier ?
Affronter des regards quand j’entre dans un lieu public sans ­vouloir fuir l’endroit dans la fraction de seconde. Souffrir d’un manque de confiance en soi, d’une timidité qui vous fait parfois passer pour quelqu’un de distant, de froid, n’est pas un atout majeur pour faire un métier public. Pourtant, depuis longtemps déjà, je n’ai eu d’autre choix que de dépasser mes peurs, les surmonter, n’en être pas – ou plus – l’otage. Quand j’y pense, c’est d’une violence inouïe de dépasser ce handicap… Seules les personnes qui sont de vraies timides peuvent ­comprendre ce par quoi l’on passe pour y parvenir.

“Bleu noir” est le premier album que tu fais sans Laurent Boutonnat. Pourquoi t’es-tu éloignée de lui ?
Je ne me suis en aucun cas ­éloignée de lui. Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque. Vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie… d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité. Nous nous retrouverons pour le prochain ­album.

As-tu conscience que cet album est plus sombre que les précédents ?
Non… pas vraiment… Cet ­album, comme son titre, “Bleu noir”, l’indique, passe de la lumière au sombre puis à l’obscurité. Ou l’inverse, je ne sais plus.

« La Corse est mon refuge »

On te dit solitaire, voire recluse. ­Travailler avec une nouvelle équipe fut-il un travail compliqué ?
Je m’adapte à de nouvelles ­manières de travailler si tant est que l’on respecte ma “bulle”, mes ­silences, autant que je respecte moi-même l’autre. Je suis quelqu’un de solitaire. Mais j’ai aussi un grand ­besoin de l’autre et je réfute le terme “recluse”… Quand j’étouffe, je prends un train, un avion, et vais voir d’autres cieux… C’est une ­liberté, une chance inestimable de pouvoir voyager quand j’en ressens le désir ou la nécessité. Face à un paysage de neige, je suis émue. J’ai grandi au ­Canada, je suis certaine que cette ­attirance pour les paysages immaculés vient de là-bas. Le grand froid a un parfum très particulier, un son qui lui est propre. J’ai retrouvé cette même émotion quand je suis allée en Russie découvrir Saint-Pétersbourg, en plein hiver. Au bord de la Neva, ses canaux gelés… on guette Catherine II de Russie…

D’autres endroits que tu aimes ?
La Corse est mon refuge. Le jour venu, la tentation pourrait être la Toscane. M’apaiser devant des ­collines d’oliviers et de vignes…

Tes biographes écrivent les mêmes clichés sur toi. Qu’as-tu à cacher ?
Je n’ai pas de biographe, c’est certainement pourquoi ce sont les mêmes clichés.

Dans ce qui a été écrit à propos de toi, qu’est-ce qui t’a fait le plus ­sourire ?
J’ai entendu parler de bain de jus de tomate, qui m’aurait conduite à une “phobie attractive” du sang, et de lit-cercueil. Je crois que tous les fantasmes me font ­sourire quand il ne s’agit pas de mes proches ou de ma vie privée. Pourtant, quand on me rapporte les médisances d’un animateur de jeu télévisé, quant à mon prétendu play-back sur scène, je finis par me demander si je ne préfère pas l’histoire tout aussi fausse du jus de ­tomate. C’est ­impressionnant de voir à quel point certaines ­personnes se sentent grandies en dénigrant, en tentant de blesser… Il s’agit bien souvent de gens qui rêveraientd’une vie ­meilleure. Encore faut-il en être à la hauteur. Je crois à la vertu de la décence. La critique est nécessaire ; la grossièreté, inutile.

Es-tu obsédée par l’idée de laisser une trace de toi après ta mort ?
Obsédée, non. Le moment ­présent m’importe. Laisser une trace… dans le cœur de quelques personnes, j’espère que oui.

Qu’aimerais-tu que l’on dise de toi ?
“C’était une grande astronaute.”

Quel regard portes-tu sur la variété française ? Y a-t-il des artistes qui t’intéressent ?
J’ai découvert Stromae, ce jeune artiste vraiment original. J’aime beaucoup son titre “Alors on danse”, sa silhouette, son phrasé et son timbre de voix si particuliers. Il dit des choses graves sur un ton léger.

Pourquoi as-tu enregistré un duo avec Line Renaud ?
Je l’ai rencontrée lors d’un dîner et, comme chacun semble le dire, quand on croise le regard bleu de Line… une magie s’opère. C’est une femme belle, décalée et ­charmeuse. Je suis instinctive, le désir l’emporte dans ces moments-là. Son énergie ­vitale est impressionnante. Mais c’est aussi quelqu’un qui doute, c’est imperceptible mais touchant.

Tu navigues continuellement entre Eros et Thanatos. L’amour et la mort sont-ils tes deux seules sources d’inspiration ?
Il y a aussi la solitude. L’isolement. J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !

La politique t’intéresse-t-elle ? As-tu de l’estime pour ceux qui nous ­gouvernent ?
J’ai de l’estime pour le courage de tous ceux qui acceptent cette lourde responsabilité sans abuser de leur pouvoir.

Quelle est ton image idéale du couple ?
Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre : l’intelligence complice.

Comment t’imagines-tu dans dix ans ?
Ailleurs…

« Remonter sur scène au moins une dernière fois »

Ta dernière tournée a été un triomphe, envisages-tu de remonter sur scène ?
Oui… au moins une dernière fois !

Pourrais-tu renoncer un jour à la chanson ? A la scène ?
Comment renoncer à ce et ceux qu’on aime ? Mais je vais devoir ­apprendre…

images-26 dans Mylène en CONFIDENCESLors de tes concerts, tu attaches une importance particulière aux ­créateurs de mode : recherches-tu de nouveaux talents, de nouvelles marques, de nouvelles inspirations ?
Quand il s’agit de préparer un spectacle, oui. Ce choix est toujours délicat. Il ne suffit pas de faire du “couture”, ce n’est pas un défilé 
de mode. Le créateur doit être aussi ­capable de transposer les costumes pour une scène, qui devront s’intégrer aussi à un décor, à des ­lumières, à un univers afin de rendre le tout homogène. Il faut rencontrer alors des stylistes inspirés et qui ­acceptent de se fondre dans l’univers de l’artiste, afin que celui-ci ne disparaisse pas derrière le costume, justement, mais se sente comme dans un écrin… Je ne suis pas ­certaine que tous les créateurs de mode en soient capables, il faut beaucoup d’humilité…

« Bleu noir » (Polydor/Universal).

Retrouvez l’intégralité de notre reportage et toutes les photos de Mylène Farmer dans Paris Match n°3211 en vente en kiosque. Un numéro à ne pas manquer.

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Olivier Theyskens et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 25 mai 2013

Venez me rejoindre sur le forum  http://devantsoi.forumgratuit.org/ 

Olivier Theyskens et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE rmymi-adio-02-cOlivier Theyskens est né en 1977 d’un père belge ingénieur en chimie et d’une mère française. Enfant, doué pour le dessin et doté d’un sens précis du détail, il veut « être une fille », car il est« jaloux que les filles deviennent des princesses et portent des jupes, ça m’a tourmenté ».

Ses parents ont encouragé son intérêt pour la couture apparu très jeune : à sept ans il déclare déjà qu’il souhaite « faire de la haute couture ».

En octobre 1995, à l’âge de 18 ans, il entre à l’école de École Nationale Supérieure des Arts Visuels de la Cambre pour étudier la couture. Il la quitte dès 1997 pour lancer sa propre marque. Ses premières collections sont souvent qualifiées d’« extravagances gothiques » ; il n’hésite pas à utiliser de simples draps de lits réclamés à sa grand-mère. Mais disposant de peu de moyens financiers, l’expérience tourne court, malgré un certain succès commercial. Son amie Laetitia Crahay, assistante-designer chez Chanel dira « je ne m’inquiète jamais pour Olivier, c’est un gagnant ».

Olivier Theyskens poursuit alors son expérience en créant les costumes du Théâtre de la Monnaie. Mais il continue à dessiner des vêtements comme un passe-temps. Il se fait remarquer à seulement 21 ans quand la chanteuse Madonna, en 1998, porte l’une de ses robes en satin noir aux Academy Awards. Viendra également Mylène Farmer qui apparait alors dans JE TE REND TON AMOUR lorsqu’elle entre dans un confessionnal, vêtue d’une superbe robe rose et blanche du couturier Olivier Theyskens.

Depuis trois saisons, le créateur belge Olivier Theyskens, qui défile à la Fashion Week de New York ce lundi 10 septembre 2012, triomphe chez Theory. Portrait. 

S’il ressemble à Jésus, Olivier Theyskens est surtout, depuis peu, le visage du « middle luxury », concept qui associe un design créatif et de jolies matières à des prix franchement raisonnables. Voilà trois saisons, ce beau page au teint d’albâtre encadré de baguettes noires soyeuses choisissait en effet de donner un virage tout à fait iconoclaste à sa carrière couture. Après avoir enchanté -et parfois étonné- comme directeur artistique de Rochas (de 2002 à 2006) puis de Nina Ricci (2006-2009), il quittait Paris pour New York, et les salons ouatés du VIIIe arrondissement pour une entreprise plus mass market: Theory, une griffe lancée en 1997. 

Les vêtements y sont contemporains mais ni trop pointus ni trop chers, afin de toucher l’Amérique moyenne. La marque est entrée en 2004 dans le giron de Fast Retailing, le groupe japonais propriétaire d’Uniqlo ou deComptoir des cotonniers. En même temps qu’il a l’oeil sur l’ensemble de Theory, le créateur signe Theyskens’ Theory (TT), sa ligne dotée d’une touche plus personnelle et plus affûtée. Où l’on retrouve les tocades de ce trentenaire exigeant: des lignes pures, une allure urbaine et néanmoins enchanteresse, un romantisme aux tonalités sombres. En somme, avec TT, on s’offre du Theyskens démocratisé, de la même manière qu’on s’achète désormais du Felipe Oliveira Baptista à prix accessible chez Lacoste

« Je suis heureux de dessiner de « vrais » vêtements »

« Je ne pense pas être sorti du luxe », assure Theyskens, qui s’appuie sur une équipe de six stylistes et un atelier d’une centaine de personnes, installé à Meatpacking, à New York. « Cette notion m’habite depuis mes débuts, mais je ne voulais pas m’emprisonner dans ce privilège. Je suis heureux de dessiner de « vrais » vêtements, qui vont aller à la rencontre de femmes réelles dans la rue, confie-t-il. Cela me convient parfaitement, car je n’ai jamais travaillé à partir d’un fantasme ou d’une muse. De plus en plus, quand je dessine, je me dis : « Si j’étais une fille, aurais-je envie de porter cela ? » ou « Au-delà du délire esthétique, est-ce flatteur ? »" 

Un sens du réel assez nouveau pour Theyskens, Belge diplômé en 1997 de l’Ecole nationale supérieure des arts visuels de la Cambre, à Bruxelles, à la sortie de laquelle il fit sensation en lançant sa griffe, d’une grâce folle et nourrie de références oniriques. Dès 1998, alors qu’il n’a que 21 ans, Madonna porte aux Oscars une de ses fameuses robes éthérées en satin noir, suivie par d’autres reines des red carpets, Nicole KidmanReese Witherspoon. Ses premiers défilés parisiens restent dans les mémoires des cérémonies à la grâce planante, emplie de robes d’héroïnes tourmentées façon épopée XVIIIe siècle, une esthétique qu’empruntera Riccardo Tisci quelques années plus tard chez Givenchy

olivier-theyskens dans Mylène et L'ENTOURAGE

« On m’a traité de gothique, je ne savais même pas ce qu’était ce courant ! »

« Beaucoup de clichés ont circulé sur moi à la suite de ces collections assez « dark », mélancoliques. On m’a traité de gothique, je ne savais même pas ce qu’était ce courant ! » En mars 2009, il est congédié de Nina Ricci par le propriétaire, le groupe Puig, sept mois avant l’expiration de son contrat, prétendument parce que ses collections coûtent trop cher à produire commercialement. Dans l’édition d’avril du VogueaméricainAnna Wintour, l’un de ses plus fervents soutiens, écrit que « le rôle vital du talent artistique a été dissous dans le climat économique actuel. Nous avons été choquées, mon équipe et moi, d’apprendre que le contrat de Theyskens ne serait pas renouvelé ».  

C’est peu après qu’Andrew Rosen, président et fondateur de Theory, parfois présenté comme le « Bernard Arnault de l’alternatif » depuis ses investissements récents dans Proenza Schouler, lui fait les yeux doux. « Il y a de brillants créateurs aux Etats-Unis mais je cherchais quelqu’un doté d’une sensibilité européenne, pour ne pas dire couture, explique Rosen. J’adore l’idée que quelqu’un comme Olivier veuille faire des vêtements démocratiques. Sa force vient du fait qu’il suit le design d’aussi près que le business. » 

La féminité que Theyskens esquisse aujourd’hui chez TT est moins empruntée, plus ambiguë et androgyne. Il y mêle des classiques urbains (vestes, jeans, shorts et tee-shirts), quelques pièces luxueuses (cuir, manteaux en fourrure), et toujours une poignée de robes longues à la gravité trouble. « La fille theyskénienne n’a jamais été premier degré, trop sexy, trop fatale. Mais, avant, j’étais dans une quête de perfection absolue, explique le créateur. Maintenant, j’apprécie au contraire une pointe de laisser-aller, quelque chose de plus cool. » Une nouvelle dégaine immédiatement désirable, un glamour street cousu de pantalons loose et de vestes masculines collant bien à New York, ville où il compte ses plus grandes fans, Anna Wintour, donc, mais aussi Sarah Jessica Parker ou Julia Restoin-Roitfeld.  

« Theyskens traduit en version américaine son style poétique et rock’n'roll, analyse Agnès Barret, fondatrice d’Agent Secret, agence de conseil en luxe. Il réalise avec Theory un produit moderne adapté au marché, très réaliste, portable et abordable, sans pour autant rien renier de son immense talent. Il apporte un coup de frais et de poésie urbaine sur ce que l’on appelle aux Etats-Unis le « contemporary market » (les vêtements destinés aux femmes actives). Il a gagné en maturité, et, fort de ce succès notamment commercial, je le vois bien revenir un jour vers une grande maison de luxe. » Ayant fait preuve de sa capacité de vendre, Theyskens est lui-même devenu plus « bankable » sur l’échiquier des créateurs. 

« Je n’ai pas oublié qu’il y a encore quelques années je n’aurais jamais osé entrer dans une boutique de luxe. »

Lui semble plus détaché que jamais du jeu des ego couture. « Je prends mes distances par rapport à la mode ; je me suis surpris à ne pas aimer quand les gens sont trop modeux. Je déteste les désirs de consommation liés à un affichage social. Beaucoup de gens réfléchissent à trois fois avant d’acheter un vêtement à 500 dollars. Même moi, d’ailleurs ! Je n’ai pas oublié qu’il y a encore quelques années je n’aurais jamais osé entrer dans une boutique de luxe. » Theyskens a grandi en Belgique au côté d’une mère « qui était la première à dire qu’elle n’était pas sapée », et d’un père ingénieur chimiste. Petit, il révèle un talent hors du commun pour le dessin et le sens méticuleux du détail : « J’ai vite compris, enfant, que je pouvais me faire aimer en donnant mes dessins », se souvient ce grand admirateur d’Yves Saint Laurent. Il griffonne toujours énormément, des croquis de mode et de voyage, des peintures à l’huile ou des aquarelles esquissées au Chili ou en Asie. 

L’homme est plus instinctif que cérébral. « Je laisse parler mes petites voix intérieures et ne perds pas trop de temps à tergiverser. En règle générale, j’ai assez confiance en moi. Je ne suis jamais nerveux même si je ne suis pas exempt de doutes. » Seule la vision d’un chat noir peut déclencher, chez ce superstitieux assumé, une « crise de nerfs ». « J’ai toujours aimé les contrastes dans les caractères, comme les limites entre bonheur et tristesse. La fragilité émotionnelle m’intéresse. La délicatesse, aussi », poursuit ce lecteur de Stefan Zweig. L’Antechrist de la mode ajoute : « Melancholia, de Lars von Trier, c’est moi en film. » On ne lui souhaite pas la même fin. 

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Mylène Farmer et Ph.Seguy

Posté par francesca7 le 14 mars 2013

 

Philippe Séguy est grand reporter à Point de Vue. Il est l’auteur de biographies – Mylène Farmer, Fabiola, reine des Belges ou François Bayrou -, et de romans : Le Vent du Sud et Portrait de Claire en bleu marine.

Confidences et interviews

Philippe Séguy (Écrivain)
Auteur de la biographie Ainsi soit-elle

 Mylène Farmer et Ph.Seguy dans Mylène et L'ENTOURAGE 12

J’ai un parcours un peu atypique. A la base, je suis docteur en histoire. En même temps, j’ai été comédien professionnel pendant 9 ans. Le destin a fait que j’ai arrêté mon métier d’acteur, que j’adorais, et que je me suis dit « qu’est-ce que je peux faire maintenant que je ne suis plus comédien : écrire ». J’ai donc commencé à piger à droite à gauche, et à rencontrer des gens qui m’ont donné la possibilité de le faire. Parmi ces gens, j’ai rencontré grâce à une amie comédienne Sylvie Devillette, qui à l’époque était quasiment rédactrice en chef de plusieurs magazines de variété. Je parlais très souvent de Mylène, parce qu’à l’époque, elle faisait Libertine. Etant spécialiste du XVIIIème siècle, j’avais adoré la manière dont Mylène abordait le XVIIIème. On a une tendance un peu ridicule de considérer le XVIIIème siècle comme un siècle gentillet, de jolis rubans et de moutons, alors que c’est un siècle extrêmement cruel, très dur. Les liaisons dangereuses ne sont pas loin, et surtout, la Révolution n’est pas loin. C’est un siècle où le sang coule et dieu sait, pour revenir à Mylène, que le sang est un élément important de ses problématiques. Je parlais donc assez souvent de Mylène Farmer à cette amie comédienne, qui m’a dit que je devrais écrire sur elle. Je lui ai répondu que ça n’intéresserait personne. Sans me le dire, elle en a parlé à Sylvie Devilette qui m’a commandé un article pour Rocknews. Je m’en souviens très bien, puisque j’avais trois jours pour le faire ! Je ne dis pas que j’ai fait un chef d’œuvre, mais j’ai fait mon papier. Deuxième hasard, Bertrand Le Page, qui était à l’époque manager de Mylène, a vu ce papier. Mylène l’a également lu et m’a envoyé un mot adorable de félicitations. Il y a donc eu un premier article, un deuxième article, un troisième article et le groupe de presse qui produisait Rocknews a décidé de consacrer un numéro spécial à Mylène. J’ai écrit la quasi-totalité des textes, avec toujours cette frustration d’être calibré par un magazine.

1988-07-b-300x224 dans Mylène et L'ENTOURAGEGenèse
C’était le moment où Mylène se plaçait dans le Top 50, où les ventes explosaient, après l’album Ainsi soit je… On sentait de la part du public une curiosité, qui ressemblait déjà à de l’amour. On n’était pas encore dans le domaine du sacre, mais il y avait quelque chose qui était du domaine de l’affectif, très intense. Puis Mylène a débuté sa tournée en 1989, et il y a eu un dîner organisé dans les Jardins de Bagatelle (ndlr : après la première au Palais des sports). Au cours de ce dîner, Sylvie Devilette, qui connaissait personnellement Laurent Boutonnat, m’a d’abord présenté à Laurent, ensuite à Mylène, et enfin à Bertrand. J’ai parlé quelques minutes avec Mylène, le contact a été très bon. C’est en revenant à ma table avec Sylvie que j’ai eu l’idée d’un livre sur Mylène qui me permettrait de donner davantage de profondeur. Bertrand Le Page a été le premier à être d’accord pour un livre. Celui qui allait devenir le mari de Sylvie, François, a réalisé la maquette. On était tous les trois extrêmement d’accord pour faire un livre qui plaise tout d’abord à Mylène, ensuite à nous, et bien évidemment à ceux qui nous feraient la grâce de bien vouloir l’acheter. Nous avons eu tout d’abord contact avec trois éditeurs. Comme les gens voyaient que le livre allait certainement coûter beaucoup d’argent, ce qui a d’ailleurs été le cas, il y a eu plusieurs désistements.

Bertrand Le Page
Bertrand Le Page était un personnage extrêmement particulier, très douloureux, pour des raisons personnelles, remarquablement cultivé et intelligent. C’est un personnage qui envoûtait et qui en même temps faisait peur à tous ceux qui l’approchaient. Il portait cette espèce de brisure, de fêle en lui, qui étaient très intenses. Mylène est une femme qui est à la fois fascinée par cet aspect morbide, mais qui, en même temps, a un tempérament de vie très fort. Je crois que, pour arriver à écrire sur la mort comme elle le fait, il faut avoir un goût de la vie certainement beaucoup plus important qu’on ne veut bien vous le laisser croire. C’est ma version des choses. Bertrand avait compris ça, que Mylène montait, qu’elle était dans l’ascension, et que lui était progressivement dans la chute. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Il avait également un désir d’exigence terrible. Il disait que la couleur rousse des cheveux de Mylène, c’était lui. Il m’a dit au moins dix fois : « Vous comprenez, Philippe, une chanteuse, ce n’est pas châtain. C’est blond, brun ou roux. Il faut trancher, il faut donner une couleur, une marque, une griffe. » Pour en revenir au livre, Bertrand avait évidemment tenu à voir le texte, Mylène aussi, puisque je l’ai vraiment rencontrée à ce moment-là, et qu’on a travaillé ensemble. Dès que Bertrand s’est intéressé au projet, l’accord de Mylène m’était acquis. Il a organisé des séances d’interview, au Crillon si je m’en souviens bien. J’ai aussi interviewé Laurent.

Dîner aux Beaux Arts
1996-marianne-rosenstiehl-012b-217x300Le livre est sorti en 1991, et en 1989, il y a eu ce drame sombre. Mylène, à l’issue de sa tournée, a donné un autre dîner à l’école des Beaux-arts, que Bertrand avait encore une fois entièrement organisé. J’étais en train de parler avec Mylène, car ma table était voisine de la sienne, et j’ai vu son regard se figer complètement. Je me souviens qu’il y avait dans la salle des chaises Napoléon III. Bertrand a pris une chaise et l’a jetée contre une autre chaise. Laurent, lui, n’avait pas quitté son manteau, il sentait la soirée très mal, il passait de table en table avec un regard assez figé, assez dur. Et là, Mylène m’a dit quelque chose du genre « excusez-moi Philippe, mais Bertrand est en train de faire n’importe quoi ». Et la rupture était faite. C’est moi qui ait du dire à Bertrand que le chapitre du livre qui lui était consacré sautait… Après la rupture, Bertrand n’était plus rien. Il a essayé de travailler avec d’autres artistes, Sheila, ou Corinne Hermès, qui l’a d’ailleurs assez mal vécu car il était très dur. J’ai continué à garder contact avec lui, pour des raisons strictement personnelles. Il m’a raconté une histoire atroce. Un jour, il conduisait la Mercedes, au moment du concert. Il était extrêmement fatigué, il a du déraper et la voiture a basculé légèrement de son ornière, mais il l’a rapidement redressée. Mylène a du avoir peur je pense, et lui a dit « écoute, si tu veux te suicider, fais-le sans nous »… C’est une femme qui peut être dure. On ne fait pas la carrière qu’elle a faite sans être dure. Alors, qu’est-ce que veut dire la dureté ? Si la dureté veut exigence, elle est dure. Si la dureté veut dire cruauté, alors elle n’est pas dure.

Mylène au travail
La préparation du livre a donc duré assez longtemps. Je me souviens de la rencontre avec Sylvie Devilette, où Mylène a découvert mes textes. J’étais dans une autre pièce avec Bertrand, c’est Sylvie qui me l’a raconté. Elle me disait que Laurent passait à Mylène les feuilles les unes après les autres, en lui soulignant les passages de son doigt, et qu’elle manifestait quand même une certaines émotion. On passait de l’article au livre, et pour une jeune artiste évidemment, ça n’a rien à voir, le mécanisme est différent. Lorsque je l’interviewais, c’était une femme qui me parlait assez spontanément. Il n’y a pas eu de corrections de sa part, par exemple. Elle parlait toujours avec une grande précision. Cela m’énerve d’ailleurs un peu lorsque je lis des interviews publiées dans la presse, et où quelque part, je ne la retrouve pas. Alors bien évidemment, les années sont passées, les choses évoluent. Mais on sent bien parfois que les journalistes n’ont pas entendu ou n’ont pas voulu entendre. Le son « Farmer » est très particulier. Mylène est une femme intelligente, qui s’exprime très bien, et ce son part, parfois, un peu en vrille dans la presse.

Cadeaux
J’ai aussi eu contact avec Thierry Suc, c’est d’ailleurs lui qui m’a emmené la première fois en voiture chez l’éditeur du livre, Jean-Pierre Taillandier. Pour la petite histoire, dans la voiture, Thierry me faisait écouter un single de Mylène qui allait sortir. Et moi, je visualisais tous les feux pour qu’ils passent au rouge, et que j’aie la possibilité d’en entendre le plus possible ! Thierry m’avait d’ailleurs proposé de m’arrêter, si je voulais ! C’est un garçon exquis, un très grand professionnel. Mylène m’a fourni des dessins pour ce livre. Je voulais qu’elle me donne des choses qui lui soient extrêmement personnelles. Au départ, il était même question qu’elle me donne des lettres qu’elle écrivait quand elle était petite. J’ai vu ces lettres, elle les signait à l’américaine, avec les croix qui symbolisent les bisous. Et dans l’une de ses lettres, c’était absolument adorable, elle disait à sa grand-mère : « j’ai été très gentille, je n’ai pas fait pipi au lit, j’ai été vraiment mignonne, alors fais ce que tu m’as promis, emmène-moi au cimetière ». Cette adoration pour les cimetières n’est pas du tout une invention marketing, pas plus que celle pour le sang. Des années avant Je te rends ton amour, Mylène me disait « le sang est une belle matière ». Mais il ne faut pas la limiter à « ça ne va pas bien, c’est horrible ». Mylène est une femme qui aime la vie. Je n’ai pas gardé contact avec Mylène après le livre. Et ce n’était pas fait pour. Elle a tourné la page, j’ai tourné la page. Je suis passé sur d’autres projets. Je suis romancier, et j’ai d’autres livres qui sont sortis depuis.

Mylène la séductrice
2003_septembre2A un moment donné, Mylène avait dit de moi « j’aurais préféré ne jamais le connaître ». C’était balzacien, bien sûr à notre niveau, entendons-nous. Quand madame Anska tombe éperdument amoureuse de Balzac, elle tombe d’abord amoureuse de l’auteur et d’un homme qui écrit comme un Dieu et qui la fascine, elle, la petite aristocrate polonaise. Avec Mylène, il y a eu une séduction qui est passée par les mots. Elle m’a donné ses mots, j’en ai fait un livre et je lui ai donné mes mots. Ma manière d’écrire est très tactile, très cinématographique. J’ai besoin d’un regard, d’une présence, d’une silhouette. J’ai besoin de quelque chose qui s’incarne. Mylène m’a donné une émotion, et c’est sur cette émotion que j’ai travaillé. Ce parfum, cette façon de s’habiller, cette façon d’enrouler ses membres sur elle-même, ce côté chrysalide qu’elle peut avoir, cette grâce extraordinaire… tout ça, j’en avais besoin. Vous savez, quelqu’un qui génère votre magazine, qui offre une réflexion au niveau du texte, au niveau de la maquette, c’est quelqu’un qui mérite le respect. C’est une belle carrière, c’est une carrière longue, c’est la première star de France, c’est quelqu’un qui mouille sa chemise, qui donne… Mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui m’a dit « je suis un ami intime de Mylène, je la connais très bien ». A-t-elle des amis proches ? Je n’en sais rien. Quel rapport a-t-elle vraiment avec sa famille ? Je l’ignore. Elle m’a raconté qu’elle avait un jour évoqué avec sa mère, comme toutes les adolescentes, l’idée du suicide. Sa mère lui a répondu : « Ma petite, tu es comme la mauvaise herbe, et la mauvaise herbe ne meurt jamais ». Cela m’a amusé de constater que, quelques années plus tard, Mylène reprenait la formule sans problème aucun.

Article de Instant-Mag – 2004

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Mylène Farmer pour le magazine Têtu

Posté par francesca7 le 28 août 2012

 

Mylène Farmer pour le magazine Têtu dans Mylène et les AUTEURS article_535-300x300Têtu est un magazine français et un double site internet à destination des homosexuel-le-s. Le magazine se vend à près de 40 000 exemplaires chaque mois en 2011. Le journal est la propriété de Pierre Bergé, cofondateur du groupe Yves Saint Laurent.

Le premier numéro du magazine paraît en juillet 1995 à l’occasion de la Gay Pride parisienne. Pour la première fois, un magazine homosexuel obtient dans ses pages des budgets annonceurs généralistes : couturiersstylistes, opérateurs de téléphone, fournisseurs d’accès à Internet, parfumeurs, marques d’eau minérale, etc. Deux numéros suivent le premier opus, avant une interruption jusqu’au mois de juin 1996, date à partir de laquelle le magazine sortira de manière ininterrompue aux alentours du 20 de chaque mois. Dès la sortie de son premier numéro, TÊTU prend le relais du magazine Gai Pied, disparu à l’automne 1992 (1979-1992), en devenant très rapidement le magazine référent de la communauté homosexuelle.

Certaines personnalités choisissent TÊTU pour faire leur coming-out (Emmanuel MoireBruno Julliard) ou parler pour la première fois en longueur de leur homosexualité (Franck RiesterMuriel Robin), tandis que certains hommes politiques y acceptent les interviews pour montrer leur ouverture d’esprit ou leur solidarité avec la communauté homosexuelle (notamment dans la lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits). En avril 2002, Lionel Jospin et Jacques Chirac, candidats à la présidentielle, accordent une interview au magazine : c’est alors la première fois qu’un Premier ministre et un président de la République en exercice répondent aux questions d’un magazine homo. Depuis, les principaux candidats aux élections présidentielles de 2007 (Ségolène RoyalNicolas Sarkozy…) et 2012 (François HollandeNicolas SarkozyMarine Le PenJean-Luc MélenchonFrançois BayrouÉva Joly…) ont répondu aux questions de TÊTU.

Chaque numéro comprend une rubrique sur le sida nommée TÊTU + coordonnées par Luc Biecq. Un guide d’information sur le VIH, appelé également TÊTU +, est diffusé tous les deux ans depuis janvier 2000 à raison de 200 000 exemplaires. Le prochain paraîtra en décembre 2012.

À son origine, TÊTU s’est intitulé comme « le magazine des gays et des lesbiennes », slogan abandonné en 2007. Cependant, son lectorat principalement masculin va orienter le magazine vers des couvertures montrant surtout des hommes. Au mois de mai 2004, une nouvelle rubrique consacrée aux filles apparaît : TÊTUE. Cette rubrique exclusivement lesbienne voit le jour sous la forme d’une section de quatre pages, jusqu’en février 2009. À cette date, la ligne éditoriale choisie est de faire de TÊTU un magazine masculin.

Au fil des années, de nombreuses célébrités répondent aux questions de TÊTU et en font parfois la couverture, telles que Catherine Deneuve à deux reprises (1996 et 2010), ou encore Mylène Farmer en 2008 : la chanteuse, qui n’accorde que de rares interviews, choisit cette année-là le magazine pour s’y dévoiler. En dehors des célébrités, ce sont généralement des modèles masculins qui sont choisis pour poser en couverture. Ceux que le magazine appelle les « cover boys » sont photographiés par de grands noms tels que Jean-Baptiste MandinoMathias VriensDavid Amstrong ou encore Walter Pfeiffer.

 

Mylène a été publiée dans TETE sous ce titre….. Pourquoi Mylène Farmer est-elle une icône gay? (mettre le lien)

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Mylène F. pour Paris Match

Posté par francesca7 le 26 mai 2012

Jérôme Béglé (Journaliste)
Intervieweur de Mylène pour Paris Match en 2008

 

Retranscription de l’entretien vidéo du journaliste ayant interviewé Mylène pour « Paris Match »…

Mylène Farmer c’est une star, incontestablement. Si il y a dix stars en France, elle est de toute façon dedans. Elle est intéressante dans la mesure où elle ne parle pour ainsi dire jamais, et donc quand elle arrive quelque part, elle suscite la curiosité. Même moi qui la connais un petit peu, quand je la vois ce n’est pas anodin, ce n’est pas innocent. En revanche ce qui est très différent de ce que les gens pensent d’elle, c’est qu’elle est beaucoup plus marrante, elle est très accessible, drôle, un rien la fait rire, elle est vraiment… Quand j’entends certains témoignages qui parlent d’une fille complètement renfermée sur son monde, presque autiste, elle est vraiment à l’opposé de ça !

Mylène F. pour Paris Match  dans Mylène en INTERVIEW MF80_170aMylène Farmer préserve énormément sa vie privée. Qu’a-t-elle de si important à cacher ?
Moi je crois qu’elle est totalement paniquée à l’idée de parler d’elle ou à l’idée d’apparaître dans les médias. C’est d’ailleurs très cohérent avec son travail : si elle fait des clips aussi formidables, aussi bien travaillés, c’est qu’elle veut que ce travail suffise à la représenter. Elle veut pas se livrer à un jeu de promo où on va lui demander sa couleur préférée, ou quelle marque de parfum elle porte, ou pourquoi elle va chez le coiffeur deux fois par semaine ou quatre fois par mois… Donc elle a une aversion qui provient, je pense, de son être profond, pour la communication, pour les interviews, mais à partir du moment où elle avait décidé de donner une interview, elle s’est livrée, j’allais dire tout à fait normalement et classiquement.

Est-elle aussi mystique en privé que sur scène ?
C’est vrai qu’elle porte souvent sur elle des symboles religieux, ou en tout cas des symboles spirituels au sens large. Elle dit dans l’interview qu’elle a chez elle des objets, des tableaux, des bibelots qui rappellent un peu la Mort, l’au-delà, ou la religion ou les religions, mais c’est autant une posture esthétique, un goût pour ces choses-là, pour ces formes-là qui sont effectivement très belles, que, effectivement, une volonté de se dire qu’après la Mort il y a quelque chose…

L’idée de la fin la hante, même quand il s’agit de ses concerts…
Dans l’interview, on laisse planer le doute sur le fait qu’elle pourrait ne plus remonter sur scène après ce Stade de France de 2009. Elle le dit elle-même, ça va dépendre de sa volonté, ça va dépendre… Moi, ce qui me frappe un peu chez elle, c’est que… C’est un peu comme des actrices américaines dans les années 40 – 50, lorsque Greta Garbo ou lorsque Marlene Dietrich avaient senti que le physique n’était plus là, eh bien Marlene Dietrich s’est repliée dans son appartement de l’avenue Montaigne et n’en est pas sortie. Elle ne voulait pas montrer une image « dégradée » de ce qu’elle était aux gens qui l’avaient adoré et qui avaient fantasmé sur elle. 

Dans une moindre mesure, Mylène Farmer je pense que c’est un peu ça. Elle veut paraître comme parfaite, elle veut se montrer, devant son public, devait ses fans, comme parfaite, avec des shows extrêmement bien rodés, avec des lumières incroyables, avec une présence scénique magnifique, mais cette présence scénique, à soixante ans, ou à soixante-cinq ans, effectivement elle ne sera pas la même que celle qu’on peut avoir à trente, quarante ou cinquante ans. Donc aujourd’hui la question se pose effectivement. Elle a quarante-sept ans bientôt, donc effectivement c’est une question qui commence un peu à la travailler. 

Elle fera d’autres albums, c’est absolument certain, mais peut-être – peut-être – que ce Stade de France sera l’une de ses dernières apparitions sur scène. 

 

Site internet de Paris Match – 2008

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Bruno Aveillan et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 7 avril 2012

Bruno Aveillan et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE Bruno%20AveillanBruno Aveillan (Toulouse 24 février 1968 ) est un réalisateur, un photographe et un artiste multimédia français.

Diplômé de l’École supérieure des Beaux-Arts de Toulouse, Bruno Aveillan rejoint la société de production QUAD en tant que réalisateur. Il a notamment réalisé de nombreux films publicitaires pour des marques telles que Orange, Perrier, Louis Vuitton, Audi, Nike, Paco Rabanne, Quézac, Lanvin, Nissan, Rochas, Lexus, Escada, SFR, Chanel, Time Warner, Volvo, Maxmara, Miller, Nintendo, Coca-Cola, Gaz de France, Toyota, Peugeot, etc.

Une des premières réalisations de Bruno Aveillan fut le spot Perrier « La Foule » mettant en scène une pléiade de personnages colorés sortant de leur affiche respective. Outre une avalanche de prix internationaux, le film fut élu « Film préféré des Français » suite à un sondage IPSOS/Stratégie.

Bruno Aveillan nous fait le plaisir de partager la série de photo de Mylène Farmer (présente dans le magazine Citizen K) sur sa page facebook et en Haute Qualité!

 

Bruno Aveillan – 2011      

Diplômé de l’école supérieure des Beaux-Arts de Toulouse, Bruno Aveillan rejoint la société de production QUAD en tant que réalisateur. Il travaille à la réalisation de nombreux films publicitaires.

En 1999, succédant aux réalisateurs Lars von Trier et Roland Joffé, Bruno Aveillan réalise un nouvel épisode de la saga publicitaire CNP. Il fut également le metteur en scène du film pour le lancement du parfum Oxygène de Lanvin. En 2008, Louis Vuitton fait appel à Bruno Aveillan pour réaliser le premier film publicitaire de son histoire.

En juin 2008, Mylène Farmer fait appel à Bruno Aveillan pour le tournage du Farmer Project. Ce filme de 13’19 minutes est la juxtaposition de deux clips Dégénération puis Si j’avais au moins….

On retrouve Bruno Aveillan en 2011, pour une séance photos accompagnant la sortie de la compilation 2001-2011                                 

Propos recueillis par Paris-Match.fr :

Bruno Aveillan, réalisateur venu de la pub, est aux commandes d’une vidéo de « Dégénération » de quatre minutes et demie : « Mylène y incarne une créature surnaturelle dotée de pouvoirs magiques et enfermée dans un laboratoire militaire secret. …  

MF80_205a dans Mylène et L'ENTOURAGENous avons tourné à Prague pendant près d’une semaine, poursuit Bruno Aveillan. Nous avons fait appel à une trentaine de comédiens et aux danseurs de la troupe Cave Canem. C’est une chorégraphie résolument moderne, pleine d’imprévus. Autre première : nous avons utilisé une caméra Panthom, jusqu’ici dédiée à la recherche scientifique. Elle m’a permis de filmer les corps comme ils ne l’avaient jamais été.» Ce clip spectaculaire, aux effets spéciaux troublants, est le second étage de la fusée « Dégénération ». Uniquement disponible sur Internet pour l’instant, le titre s’est directement classé en première position des ventes en ligne avec 4 998 téléchargements le premier jour

 Source :  Paris Match

 Réalisateur et  photographe français né à Toulouse, diplômé de l’École supérieure des beaux-arts de Toulouse, Bruno Aveillan rejoint la société de production QUAD en 1995. Commence alors une brillante carrière internationale au cours de laquelle il va réaliser de nombreux films publicitaires pour des marques telles que Orange, Audi, Paco Rabanne, , Guerlain, Nissan, SFR,  Coca Cola, Gaz de France, Toyota Peugeot etc.

En 1999, succédant aux prestigieux réalisateurs Lars Von Trier et Roland Joffé, Bruno Aveillan réalise un nouvel épisode de la célèbre saga publicitaire CNP (agence Louis XIV). Il est également l’auteur du film pour le lancement du parfum Oxygène de Lanvin. Considéré par beaucoup comme l’un des plus beaux films de parfum jamais réalisé, il met en scène le célèbre top model Gisèle Bündchen. Par la suite, il a également filmé un grand nombre de stars parmi lesquelles on peut citer : Monica Bellucci, Claudia Schiffer, Sharon Stone, Milla Jovovich, Virginie Ledoyen …

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N.Rheims interviewe Mylène

Posté par francesca7 le 27 décembre 2011

N.Rheims interviewe Mylène dans Mylène dans la PRESSE 220px-Nathalie_Rheims-Nancy_2011Mystérieuse, elle craint le désir des autres mais, pour la sortie de « Bleu Noir », Mylène Farmer s’est confiée à Nathalie Rheims.

Nathalie Rheims – Paris Match

Paris Match. Tu n’as jamais été aussi belle et épanouie. As-tu des ­secrets de beauté ?

Mylène Farmer. La seule chose importante est d’aimer et d’être ­aimée. C’est bien la seule certitude que j’ai aujourd’hui. Et la beauté ­dépend du regard que l’on pose sur les gens. Quand ce regard est celui de l’être aimé ou tout simplement celui de la bienveillance, il agit comme un baume enchanteur. La chance qui m’est donnée de vivre en harmonie avec ce que je fais est alors mon secret de beauté, c’est un lien fragile que je m’efforce à la fois de remettre en cause et de protéger.

Qu’es-tu capable de faire aujourd’hui et que tu n’aurais pas pu faire hier ?
Affronter des regards quand j’entre dans un lieu public sans ­vouloir fuir l’endroit dans la fraction de seconde. Souffrir d’un manque de confiance en soi, d’une timidité qui vous fait parfois passer pour quelqu’un de distant, de froid, n’est pas un atout majeur pour faire un métier public. Pourtant, depuis longtemps déjà, je n’ai eu d’autre choix que de dépasser mes peurs, les surmonter, n’en être pas – ou plus – l’otage. Quand j’y pense, c’est d’une violence inouïe de dépasser ce handicap… Seules les personnes qui sont de vraies timides peuvent ­comprendre ce par quoi l’on passe pour y parvenir.

“Bleu noir” est le premier album que tu fais sans Laurent Boutonnat. Pourquoi t’es-tu éloignée de lui ?
Je ne me suis en aucun cas ­éloignée de lui. Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque. Vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie… d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité. Nous nous retrouverons pour le prochain ­album.

As-tu conscience que cet album est plus sombre que les précédents ?
Non… pas vraiment… Cet ­album, comme son titre, “Bleu noir”, l’indique, passe de la lumière au sombre puis à l’obscurité. Ou l’inverse, je ne sais plus.

« La Corse est mon refuge »

On te dit solitaire, voire recluse. ­Travailler avec une nouvelle équipe fut-il un travai dans Mylène dans la PRESSEl compliqué ?
Je m’adapte à de nouvelles ­manières de travailler si tant est que l’on respecte ma “bulle”, mes ­silences, autant que je respecte moi-même l’autre. Je suis quelqu’un de solitaire. Mais j’ai aussi un grand ­besoin de l’autre et je réfute le terme “recluse”… Quand j’étouffe, je prends un train, un avion, et vais voir d’autres cieux… C’est une ­liberté, une chance inestimable de pouvoir voyager quand j’en ressens le désir ou la nécessité. Face à un paysage de neige, je suis émue. J’ai grandi au ­Canada, je suis certaine que cette ­attirance pour les paysages immaculés vient de là-bas. Le grand froid a un parfum très particulier, un son qui lui est propre. J’ai retrouvé cette même émotion quand je suis allée en Russie découvrir Saint-Pétersbourg, en plein hiver. Au bord de la Neva, ses canaux gelés… on guette Catherine II de Russie…

D’autres endroits que tu aimes ?
La Corse est mon refuge. Le jour venu, la tentation pourrait être la Toscane. M’apaiser devant des ­collines d’oliviers et de vignes…

Tes biographes écrivent les mêmes clichés sur toi. Qu’as-tu à cacher ?
Je n’ai pas de biographe, c’est certainement pourquoi ce sont les mêmes clichés.

Dans ce qui a été écrit à propos de toi, qu’est-ce qui t’a fait le plus ­sourire ?
J’ai entendu parler de bain de jus de tomate, qui m’aurait conduite à une “phobie attractive” du sang, et de lit-cercueil. Je crois que tous les fantasmes me font ­sourire quand il ne s’agit pas de mes proches ou de ma vie privée. Pourtant, quand on me rapporte les médisances d’un animateur de jeu télévisé, quant à mon prétendu play-back sur scène, je finis par me demander si je ne préfère pas l’histoire tout aussi fausse du jus de ­tomate. C’est ­impressionnant de voir à quel point certaines ­personnes se sentent grandies en dénigrant, en tentant de blesser… Il s’agit bien souvent de gens qui rêveraientd’une vie ­meilleure. Encore faut-il en être à la hauteur. Je crois à la vertu de la décence. La critique est nécessaire ; la grossièreté, inutile.

Es-tu obsédée par l’idée de laisser une trace de toi après ta mort ?
Obsédée, non. Le moment ­présent m’importe. Laisser une trace… dans le cœur de quelques personnes, j’espère que oui.

Qu’aimerais-tu que l’on dise de toi ?
“C’était une grande astronaute.”

Quel regard portes-tu sur la variété française ? Y a-t-il des artistes qui t’intéressent ?
J’ai découvert Stromae, ce jeune artiste vraiment original. J’aime beaucoup son titre “Alors on danse”, sa silhouette, son phrasé et son timbre de voix si particuliers. Il dit des choses graves sur un ton léger.

Pourquoi as-tu enregistré un duo avec Line Renaud ?
Je l’ai rencontrée lors d’un dîner et, comme chacun semble le dire, quand on croise le regard bleu de Line… une magie s’opère. C’est une femme belle, décalée et ­charmeuse. Je suis instinctive, le désir l’emporte dans ces moments-là. Son énergie ­vitale est impressionnante. Mais c’est aussi quelqu’un qui doute, c’est imperceptible mais touchant.

Tu navigues continuellement entre Eros et Thanatos. L’amour et la mort sont-ils tes deux seules sources d’inspiration ?
Il y a aussi la solitude. L’isolement. J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !

La politique t’intéresse-t-elle ? As-tu de l’estime pour ceux qui nous ­gouvernent ?
J’ai de l’estime pour le courage de tous ceux qui acceptent cette lourde responsabilité sans abuser de leur pouvoir.

Quelle est ton image idéale du couple ?
Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre : l’intelligence complice.

Comment t’imagines-tu dans dix ans ?
Ailleurs…

« Remonter sur scène aumoins une dernière fois »

Ta dernière tournée a été un triomphe, envisages-tu de remonter sur scène ?
Oui… au moins une dernière fois !

Pourrais-tu renoncer un jour à la chanson ? A la scène ?
Comment renoncer à ce et ceux qu’on aime ? Mais je vais devoir ­apprendre…

Lors de tes concerts, tu attaches une importance particulière aux ­créateurs de mode : recherches-tu de nouveaux talents, de nouvelles marques, de nouvelles inspirations ?
Quand il s’agit de préparer un spectacle, oui. Ce choix est toujours délicat. Il ne suffit pas de faire du “couture”, ce n’est pas un défilé de mode. Le créateur doit être aussi ­capable de transposer les costumes pour une scène, qui devront s’intégrer aussi à un décor, à des ­lumières, à un univers afin de rendre le tout homogène. Il faut rencontrer alors des stylistes inspirés et qui ­acceptent de se fondre dans l’univers de l’artiste, afin que celui-ci ne disparaisse pas derrière le costume, justement, mais se sente comme dans un écrin… Je ne suis pas ­certaine que tous les créateurs de mode en soient capables, il faut beaucoup d’humilité…

« Bleu noir » (Polydor/Universal).

 

 

Retrouvez l’intégralité de notre reportage et toutes les photos de Mylène Farmer dans Paris Match n°3211 en vente en kiosque. Un numéro à ne pas manquer.

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Interview Mylène par J.Béglé

Posté par francesca7 le 17 septembre 2011

 

 

mylene farmerC’est Jérôme Béglé, un journaliste et proche de Mylène, qui a eu la primeur de cette interview rare. A la suite de cet entretien, le journaliste évoque dans son article une femme qui rit presque pour un rien, mais qui déteste au plus haut point les entretiens, refuse de citer son parfum préféré ou la marque de sa lessive. 

 

De fil en aiguille, certaines informations circulent sur les prochaines surprises que Mylène réserve à son public. Par exemple, ce serait son ami J.Paul Gaultier qui s’occuperait de la création des costumes de sa future tournée. Et son nouveau single arrive enfin. Il s’intitule Dégénération et est annoncé pour le 19 juin 2008. 

 

Mais avant même la diffusion de la chanson, la pochette provoque un petit scandale. Mylène est totalement nue, photographiée de dos avec un string en forme de croix. Et sur sa peau une cicatrice descend de son épaule à la hanche. Deux extraits de 30 secondes sont en écoute sur tous les sites et, dès les premiers accords, il est clair que le son sera plus électro. Alors que toutes les plateformes de téléchargement devaient mettre en ligne Dégénération  au moment de sa première diffusion radio, le site Emusic appartenant à Universal le propose par erreur dans la nuit du 14 au 15 Juin 2007. Une méprise qui réjouit des milliers de fans qui le téléchargent illico. Face à cette faute grave, et même si ce n’est pas la première artiste à qui ce genre de malencontreux événement arrive, Mylène ne décolère pas. 

Publié dans Mylène 2007 - 2008 | Pas de Commentaires »

Mylène pour Paris Match

Posté par francesca7 le 29 août 2011

 

Mylène pour Paris Match dans Mylène 1999 - 2000 3797190-mylene-farmer-en-une-de-paris-match-diapo-1Une semaine avant la mise en vente des billets, la star avait accordé une interview exclusive à Paris Match, entretien illustré de photos inédites de Claude Gassian. Nous retrouvons ici une artiste peu avare de confidences et bourrée d’humour. Elle avoue adorer le fraisier, confirme son amour pour la démesure, nous parle de l’homme de sa vie qui « est d’abord tombé amoureux du petit personnage d’une de mes chansons« , de son nouvel album qui sera plus électro que jamais et nous confie que les réunions de travail de sa nouvelle tournée n’ont pas encore débuté. De cette interview, nous retiendrons une phrase devenue culte aujourd’hui : 

 

-          « Ne vous inquiétez pas, le prochain album annonce le réveil d’une femme qui vit avec un orang-outang dans la pénombre la plus complète ! » 

 

 

C’est Jérôme Béglé, un journaliste et proche de Mylène, qui a eu la primeur de cette interview rare. A la suite de cet entretien, le journaliste évoque dans son article une femme qui rit presque pour un rien, mais qui déteste au plus haut point les entretiens, refuse de citer son parfum préféré ou la marque de sa lessive. 

 

De fil en aiguille, certaines informations circulent sur les prochaines surprises que Mylène réserve à son public. Par exemple, ce serait un ami Jean-Paul Gaultier qui s’occuperait de la création des costumes de sa future tournée. Et son nouveau single arrive enfin. Il s’intitule Dégénération et est annoncé pour le 19 juin 2000

 

Mais avant même la diffusion de la chanson, la pochette provoque un petit scandale. Mylène est totalement nue, photographiée de dos avec un string en forme de croix, et sur sa peau une cicatrice descend de son épaule à sa hanche. Deux extraits de 30 secondes sont en écoute sur tous les sites, et dès les premiers accords, il est clair que le son sera plus électro. 

Publié dans Mylène 1999 - 2000 | Pas de Commentaires »

CLIP MAMAN A TORT – 1984

Posté par francesca7 le 23 août 2011

 

VIDEO  Image de prévisualisation YouTube  

 

 

Réalisé par : Laurent Boutonnat
Diffusé le : Mars 1984
Durée : 3’50

Mylène Farmer, vêtue d’une nuisette translucide, apparaît sur un fond étoilé, peu après le début du vidéo-clip, qui présente successivement un portrait de Sigmund Freud et un portrait de jeunesse de la mère de Mylène Farmer. Elle est par la suite accompagnée de trois enfants, vêtus chacun d’un pyjama, qui brandissent des pancartes où est inscrit le titre du morceau, à CLIP MAMAN A TORT – 1984   dans Les Clips de Mylène mamanla manière de manifestants. Les images de la chanteuse divertissant les enfants alternent avec des séquences où elle sautille ou se retrouve assise aux côtés d’un mannequin qui porte sa nuisette. L’interprète finit par être décapitée et dévorée par les trois autres protagonistes attablés, alors que l’on peut voir dans une autre séquence son visage couvert de larmes. Le vidéo-clip s’achève sur le portrait de Sigmund Freud. 

Il faut pourtant faire remarquer que le vidéo-clip initialement prévu par Laurent Boutonnat est fondé sur un scénario tout autre ; ce dernier, impressionné par les réalisations de Michael Jackson en la matière, veut réaliser une vidéo à gros budget et désire y mettre en scène une jeune fille internée dans un hôpital psychiatrique, étroitement surveillée par des nonnes qui l’acculent au suicide. Toutefois, RCA refuse d’accorder les crédits demandés par le jeune cinéaste et juge le scénario trop choquant ; la maison de disques lui accorde un budget de 5 000 francs. Le vidéo-clip final est tourné aux studios Sets, à Stains, en Seine-Saint-Denis, et a notamment recours à la technique de l’incrustation sur un fond bleu. 

Une chanson et un vidéo-clip sulfureux 

Dès l’essor des ventes du single et la diffusion régulière du vidéo-clip, la chanson, sous ses apparences de comptine naïve, est comprise par la majeure partie du public et des médias comme une ode au lesbianisme. Certains chaînes refusent de ce fait de diffuser la vidéo, l’estimant malséante, et le titre laisse derrière lui un parfum de soufre. La chanteuse est pourtant la première à démentir cette interprétation du titre, allant même jusqu’à en donner une explication bien différente : « Beaucoup d’enfants qui sont dans des centres hospitaliers n’ont que des infirmiers ou infirmières pour prendre la place de leur maman. Donc c’est une petite fille qui dit « j’aime l’infirmière »… ». 

 

mylene-farmer-maman-tort_uxfw_5gln5 dans Les Clips de MylèneLe clip débute par deux photos en noir et blanc d’un homme et d’une femme. Sigmund Freud et la mère de Mylène ? On voit alors la chanteuse vêtue d’une robe blanche et sur fond noir dont on ne devine que les formes qui reste immobile. Lorsque la chanson débute, une photo de la chanteuse apparaît, sous titrée par les paroles. A chaque phrase de la comptine, on découvre un nouveau cliché. Lorsque le refrain débute, Mylène saute et chante. Le fond est noir et la chanteuse est bleutée. On la voit ensuite accompagnée d’enfants qui « manifestent » en portant des pancartes estampillées « Maman a tort ». La tête décapitée sur une assiette, prête à être dévorée par les enfants assis à table, Mylène chante sa chanson. Puis la chanteuse toujours bleutée, pleure et se reçoit des giffles…


Bref, difficile de décrire un clip d’une telle médiocrité. Heureusement, les prochains, merveilleusement scénarisés par Laurent Boutonnat et surtout bénéficiant de plus de budget, vont rendre Mylène célèbre pour la beauté de ses clips

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J.Paul Gaultier et Mylène

Posté par francesca7 le 20 août 2011

Jean-Paul Gaultier.jpgJean-Paul Gaultier, né le 24 avril 1952 à Arcueil (Val-de-Marne), est un styliste français, fondateur de la société Jean Paul Gaultier, membre de la Chambre de la Haute couture.

fils unique d’une mère caissière et d’un père comptable. Ses parents déménagent pour habiter la ville voisine d’Arcueil. Il est entouré de parents affectueux et d’une grand-mère bien-aimée qui l’initie à la couture, alors qu’il est très jeune. C’est ce milieu qui sera une des sources d’inspiration de ses futures créations. Le jeune Jean-Paul faisait déjà, alors qu’il n’avait que six ans, des expériences « stylistiques » sur son ours en peluche, après avoir découvert des corsets, dans une malle de sa grand-mère, qui deviendront les symboles de sa future marque. A 15 ans, il dessine les esquisses d’une collection de vêtements pour enfants.

C’est après avoir vu le film Falbalas, de Jacques Becker, qu’il se décide à faire de la couture sa profession. Il envoie ses croquis à Pierre Cardin. Le jour même de ses dix-huit ans, il intègre la prestigieuse maison de couture, où il restera un peu moins d’un an avant de rejoindre Jacques Esterel, puis, en 1971 l’équipe de Jean Patou.

  

J.Paul Gaultier et Mylène dans Mylène 1991 - 1992 SHEILA-ET-JEAN-PAUL-GAUTHIERSheila sera la première chanteuse habillée par Jean-Paul Gaultier pour son Zénith en 1985 et le sera encore en 2004, avant Yvette Horner avec sa robe Tour Eiffel. Puis Madonna qu’il a habillée lors de ses deux tournées Confessions Tour en 2006 et le Blond Ambition Tour en 1990à qui il fera porter ses mythiques « seins pointus ». Un soupçon de provocation s’ajoutera dès lors aux collections.

jean-paul-gaultier-apportant-un-bouquet-de-roses-noires-a-mylene-farmer-a-la-fin-de-son-defile_90621_w250 dans Mylène 1991 - 1992Jean-Paul Gaultier a aussi créé, entre autres, des tenues pour Mylène Farmer dans les années 1990 ; il signera les tenues sexy que la chanteuse porte sur le shooting de son album Anamorphosée, dans le clip Je t’aime mélancolie ainsi que la robe semi-transparente du clip L’instant X et dans le clip « Lonely Lisa » en 2011. Il l’habille à nouveau lors de sa tournée « No5 on Tour » de 2009. Il a également habillé Kylie Minogue pour sa tournée de 2008.

Il a lancé également des parfums à son nom.

En 1995, il a présenté les MTV Europe Music Awards à Paris.

En mai 2011, Jean-Paul Gaultier réalise un reportage intitulé « Gaga by Gaultier où il interview la chanteuse Lady Gaga sur sa vie intime..

Du 17 juin au 2 octobre 2011, il fera l’objet d’une exposition au MBAM (Musée des Beaux-Arts de Montréal). Elle étalera les 35 ans de travail du designer avec quelque 120 pièces de Haute-couture et certaines de prêt-à-porter.

Ouvertement homosexuel, il est considéré comme un symbole de la culture gay française et internationale.

Le 06 juillet 2011 défilé haute-couture automne/hiver 2011/2012 avec comme pour invité « exceptionnel » Mylène Farmer qui a clôturé le défilé. Elle présentait ainsi une robe de mariée noire faite de plumes comme la plupart des créations de cette collection. Cette robe prédestinée pour la chanteuse a été nommée par le créateur : Libertine Swan.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Gaultier 

 

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