LA CONQUERANTE DE ROCK NEWS

Posté par francesca7 le 4 mars 2016

 

Mylène Farmer : la conquérante janv-87 – Entretien avec Christian OUVRIER

« Cendres de Lune » est sorti il y a maintenant six mois. Le premier album est une étape importante…

- C’est vrai, cela permet de sortir de l’image désuète de chanteuse de 45-trs. Pour moi, il était très important de faire cet album. Avec « Cendres de Lune » j’ai essayé d’étonner les gens. C’est d’autant plus nécessaire qu’il est très difficile de s’imposer actuellement. Il a été salué par quelques critiques élogieuses. Avec l’accueil de « Cendres de Lune » et le succès du simple « Libertine », j’ai maintenant la certitude de pouvoir faire un nouvel album…

March16

Outre « Libertine », on retrouve dans cet album « Maman a tort » et « Plus Grandir », alors que ton deuxième 45-trs n’y figure pas…

- « On est tous des imbéciles » ne figure pas sur l’album pour des raisons contractuelles, dues en fait à mon changement de maison de disques. C’est une chanson que j’aime toujours, et si nous n’avions pas eu ces problèmes, elle aurait figuré sur l’album.

Bien que le public ne le connaisse pas, Laurent Boutonnat joue un rôle déterminant dans ta carrière : auteur-compositeur, producteur, réalisateur de l’album et du clip, photographe même… Serait-il pour toi, ce que -par exemple- Michel Berger est à France Gall ?

- Ca, c’est la genre de fantasmes de journalistes ! A partir du moment où il y a une association homme/femme, les gens peuvent effectivement faire des comparaisons avec des situations déjà existantes… Mais ce n’est pas mon problème ! Tout ce que je peux dire, c’est que nous avons, Laurent Boutonnat et moi, beaucoup de points communs.

 

Cela ne t’empêche pas de signer parfois certains titres. Penses-tu écrire de plus en plus souvent ?

- Je ne sais pas… J’avoue que je ne fais pas ce genre de calculs, c’est une démarche qui ne se programme pas.

La façon dont tu as défendu « Libertine » à la télévision t’a donné une image sexy et provocante. Vas-tu entretenir cette image ?

- « Libertine » n’est qu’une chanson de l’album. Les autres, bien que formant une certaine unité, sont assez différente. Divers paramètres ont fait que, d’une part, « Libertine » a fait l’objet d’un 45-trs, et que d’autre part, elle est devenue un succès, me donnant ainsi cette image. Elle devrait néanmoins changer, car mon prochain titre sera radicalement différent.

Ecoutes-tu les disques de tes consoeurs, et peuvent-ils être parfois sources d’inspiration ?

- Non, je n’écoute pas particulièrement les disques d’autres chanteuses, excepté celui des Rita Mitsouko, que j’aime beaucoup. Je crois qu’il ne faut pas trop se préoccuper de son voisin, il faut croire en soi et foncer. Quand à l’inspiration, on peut la puiser ailleurs que dans les chansons des autres…

Parmi les longues carrières féminines (Hardy, Vartan, Sheila ou Gall…), y en a-t-il une qui t’inspire, qui te fasse rêver ?

- Non, pas vraiment. On peut effectivement espérer suivre le cheminement ou connaître la longévité de telle ou telle artiste, mais plus rien n’est comparable, le métier a profondément changé en quelques années. Et puis, personnellement, je pense qu’il vaut mieux ‘faire’ dix années performantes, que vingt chaotiques…

Penses-tu à la scène ?

- Oui, mais c’est encore prématuré pour l’instant. Je n’ai pas un nombre suffisant de chansons. Lorsque j’aurai à mon actif deux ou trois albums, peut-être… J’ai l’esprit ‘gladiateur’, mais faire de la scène ne s’improvise pas. C’est une entreprise qui nécessite une longue préparation et beaucoup de travail afin de réduire au maximum les risques d’échec.

 

Enfin, question quasiment incontournable : les projets ?

- Un nouveau 45-trs pour le début de l’année, un clip, et après, c’est l’inconnu…

biographie-

Publié dans Mylène 1987 - 1988, Mylène dans la PRESSE | Pas de Commentaire »

MYLENE pour un article dans LE PARISIEN

Posté par francesca7 le 4 mars 2016

 

Cet entretien a été publié également une semaine plus tard dans Ciné Télé Revue, agrémenté de deux questions supplémentaires. Voici donc l’intégralité de l’interview.

MYLENE

Le cinéma, vous y songiez depuis longtemps ?

- Je souhaitais en faire depuis que je suis sortie de mes cours de théâtre. Laurent, lui, avait signé son premier long-métrage à 17 ans. Pourtant, quand on s’est connus, il m’a d’abord proposé une chanson et tout s’est enchaîné. Mais en filigrane, avec les clips en guise d’expressive patience, on préparait déjà cette aventure.

Petite fille, quel genre de film vous attirait ?

- Le fameux « Bambi » : incontournable ! Plus tard, « M. le maudit » m’a fascinée.

« Giorgino » évoque l’univers psychiatrique. On dit que vous l’avez côtoyé…

- C’est un univers qui m’intéresse et m’attire. Il y a dans le personnage de Catherine une part d’irréalité qui m’a servi de prétexte à mon envie d’en savoir plus. J’ai pu être accueillie une matinée dans un service spécialisé et je me suis ensuite inspirée de ces personnes dites malades.

L’ambiguïté est-elle pour vous une sorte de besoin ?

- Une inclination naturelle, vous voulez dire ? Je ne sais pas… Je la constate, mais je ne la cultive pas. Je m’en nourris. C’est sans doute une façon involontaire d’alimenter la chose. J’aime en tout cas ce qui touche au mystère, et donc ce film !

Son côté conte cruel, ses atmosphères inquiétantes – chères aussi à vos clips – cela excite vos peurs ou votre plaisir ?

- Je ne peux nier qu’il y ait une notion de plaisir. La peur, pour moi, c’est une façon de rester vivante. Dans un monde plus qu’anesthésiant, c’est donc assez jouissif.

Que vous reste-t-il de vos peurs de jeunesse ?

- J’ai toujours du mal à me souvenir de mon enfance. Ce qui est sûr, c’est que le noir me fait peur. Il provoque d’ailleurs chez moi un réflexe totalement idiot : je ferme les yeux ! (rires) Je souffre aussi du fameux vertige du dessous de lit, le « qu’y a-t-il dans ce grand trou vide ? »…

Faire vos débuts d’actrice sous la direction de votre quasi-alter ego, Laurent Boutonnat, était-ce rassurant ?

- Savoir que la caméra qui vous filme vous aime bien, qu’elle veut le meilleur pour vous est forcément sécurisant, même si l’extrême connivence génère aussi quelques problèmes.

Dans ce film, on vous voit rire une fois : vous en êtes donc capable ?!

- La preuve est faite ! (sourire) Bien sûr que le rire existe dans ma vie. J’ai même gardé en moi mon rire de petite fille. Les années l’ont juste saupoudré d’un brin de cynisme et transformé peu à peu en ricanement.

Vous restez par contre très pudique. Est-il tout de même vrai que quand vous vous dénudez, c’est « pour mieux vous aimer » ?

- On peut, je le crois, s’aimer un peu plus à travers le regard positif des autres.

Sans être nue mais avec une gouttelette sur les lèvres ou encore le pouce dans la bouche, vous avez l’art de provoquer. Est-ce que troubler vous trouble ?

- Certainement. Mieux vaut être désirée que son contraire, non ?! Mais cela reste un jeu, sûrement pas une profession de foi.

A l’écran, vous campez parfaitement l’ivresse, celle de l’éther comme celle de l’alcool. L’excès est-il votre ami ?

- J’aime l’excès, comme j’aime la démesure. Ils sont indispensables à ma vie. J’aime la fêlure de ceux qui boivent, ainsi qu’une certaine approche de l’état primitif, animal. Être éméché, c’est souvent se débarrasser d’une mauvais peau qui empèse. Bien sûr, je me méfie de la destruction, des limites à ne pas franchir et de l’irrespect de soi, mais je revendique le droit à la frénésie.

Amie de Luc Besson, vous avez un singe qui s’appelle Léon. Y a-t-il un secret là-dessous ? (le film de Luc Besson est en effet sorti en même temps que « Giorgino ». Notons que Mylène a son singe Léon depuis fin 1987, nda)

- Non, c’est juste le hasard. J’ai aussi un singe qui se nomme E.T. et je ne connais pas Spielberg ! (rires)

Pourquoi vivez-vous la plupart du temps aux Etats-Unis ? (à cette date, Mylène n’a effectué que des séjours de quelques semaines aux Etats-Unis, on ne peut dire qu’elle y a vécu, pas plus qu’aujourd’hui d’ailleurs, nda)

- J’apprécie la sensation de surdimension qu’on éprouve là-bas. Et puis j’ai souvent besoin d’anonymat…

Habituellement, vous êtes silencieuse. Or, pour « Giorgino », vous avez accepté quelques interviews. Vous êtes prête à vous faire violence quand les intérêts économiques sont lourds ?

- Je ne suis pas très expansive, c’est vrai. La sérénité n’est pas vraiment mon point fort, c’est vrai aussi. Mais j’ai découvert que j’avais besoin des autres, j’essaie donc de me livrer un peu plus à ceux que cela intéresse réellement. Je sais pourtant que, la nuit venue, j’aurai l’impression d’avoir été un peu violée, de ne pas avoir su trouver les mots justes.

Pour vous qualifier ‘sans contrefaçon’ – pour reprendre le titre de l’une de vos chansons – faut-il parler de ‘libertine’ ou de ‘désenchantée’ ?

- Désenchantée, sans l’ombre d’un doute. Mais surtout pas désabusée !

On dit qu’une femme est mûre quand elle a envie d’un enfant…

- On dit ça ? J’y pense. Souvent. Très, très souvent… !

05-oct-94 – Entretien avec Alain MOREL

 

Publié dans Mylène 1993 - 1994, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

UNE Mylène au TIP TOP

Posté par francesca7 le 1 mars 2016

 

Mylène Farmer est l’invitée principale de cette émission de seconde partie de soirée. Elle en est aussi la marraine puisque c’est la grande première (il n’y en aura d’ailleurs que deux au total).

Après avoir interprété « Comme j’ai mal », la chanteuse rejoint ensuite Eric Jeanjean dans un coin du studio, près d’un piano, pour une interview qu’elle a acceptée à la seule condition que ce soit en tête en tête avec l’animateur.

téléchargement

EJ : Bonsoir. Merci d’être avec nous dans « TipTop » pour cette première. Je sais que vos télés sont rares donc d’autant plus précieuses. Merci d’être avec nous ce soir pour cette première de « TipTop ». « Comme j’ai mal », c’est un single qui semble particulièrement prédestiné. Alors, une question qui paraît anodine quand on la pose normalement, mais qui là ne l’est pas du tout : comment ça va ?

Mylène Farmer : Très bien, merci !

EJ : Votre poignet ?

MF : Beaucoup mieux ! (sourire)

EJ : C’est vrai ?

MF : Il bouge !

EJ : Il bouge ! (rires) On a eu peur un peu ?

MF : J’ai eu peur oui, bien sûr.

EJ : Alors, on va expliquer pour tout le monde ce qu’il s’est passé en fait : c’était le 15 juin dernier, Mylène est à Lyon, sur scène. Qu’est-ce qui s’est passé ?

MF : Je suis tombée de scène. C’est haut, et ma foi j’ai été entraînée par un danseur, mais peu importe. J’ai eu le poignet donc fracturé, fracture ouverte. Donc c’est du temps pour remettre tout en place.

EJ : Est-ce que vous remontez sur scène parce que vous êtes une femme de parole et que vous aviez promis à vos fans de terminer cette tournée, ou est-ce que vous avez vraiment envie, comme quelqu’un qui tombe de cheval par exemple, de remonter sur cette scène parce que c’est un véritable challenge ?

MF : Parce que j’en ai très, très envie, parce que le spectacle s’est arrêté brutalement, donc indépendamment de ma volonté, et que j’ai très envie de retrouver le public bien sûr.

EJ : Est-ce que le spectacle va changer ?

MF : Oui : je vais éviter de tomber à nouveau ! (Mylène se garde bien d’ajouter qu’une nouvelle version de « Ainsi Soit Je… » intégrera le spectacle sur certaines dates)

EJ : J’aimerais qu’on parle maintenant de votre image en général, sur scène notamment, on a vu de superbes images. Moi, j’ai eu le plaisir d’être là pour la première de votre tournée, c’était dans le Sud de la France. Et, par rapport à cette image que les gens ont de vous, de quelqu’un de timide, de quelqu’un qui ne se donne pas facilement, là, sur scène, vous êtes beaucoup plus extravertie, beaucoup plus dévêtue. C’est toujours cette dualité entre Mylène Farmer, la véritable personne je dirais, et puis aussi Mylène Farmer telle qu’elle est sur scène, un peu agressive, même agressive sexuellement…

MF : Sur scène, agressive sexuellement, je ne le pense pas ! (rires)

EJ : Un peu déshabillée !

MF : J’ai cette dualité en moi – je crois que beaucoup d’artistes l’ont – : j’aime l’ombre et la lumière. Et c’est vrai que je choisis la scène, et c’est un moment de lumière, donc je donne tout ce que je puis donner : l’émotion et, j’espère, un peu de plaisir, une fois de plus, au public.

EJ : Je voudrais qu’on parle de vos clips vidéo. Le clip vidéo, c’est quelque chose d’important, j’ai cru le remarquer, pour vous. Vous vous impliquez beaucoup dans la fabrication des clips vidéo ?

MF : Je m’investis. C’est quelque chose qui m’intéresse beaucoup, qui m’a toujours intéressée, l’image. J’aime les metteurs en scène.

EJ : J’ai en tête justement le clip que vous avez fait pour le single « California », un clip qui a été fait par Abel Ferrara, grand réalisateur s’il en est. Alors comment ça s’est passé ? Il vous a proposé un script, un scénario ou vous y avez travaillé un petit peu ?

MF : Un petit peu différemment : je l’ai appelé, nous avons conversé. Il m’a demandé qu’est-ce que je voulais faire, qu’est-ce que j’exprimais dans ma chanson. Je lui ai dit que je souhaitais jouer une prostituée et nous avons longuement conversé, puis il m’a demandé de travailler sur le scénario parce qu’il pensait que c’était intéressant dans la mesure où j’ai écrit le texte donc que j’avais probablement des idées, puis nous avons à nouveau conversé et je suis allée à New York pour le rencontrer. Et, ma foi, je lui ai proposé quelques idées, il a ajouté les siennes, et nous avons travaillé de cette façon.

EJ : On connaît Ferrara sur ses films qui sont souvent un petit peu violents. Mais là, il vous a poussée à l’extrême ou c’est vous qui avez joué ce rôle de la prostituée ? Il y a une scène extrêmement violente où la prostituée se fait frapper, etc. dans le clip et ça, ça vous plait encore ?

MF : Quand on va vers un metteur en scène comme Abel Ferrara, on sait ce qu’on fait, donc je savais à quoi je m’attendais, et j’avais envie de cet excès.

EJ : Vous êtes l’invitée principale de cette émission, Mylène Farmer. Une nouvelle fois, merci d’être avec nous.

MF : Merci. (sourire)

EJ : Et on se retrouve tout à l’heure pour une grande et belle surprise avec Mylène Farmer.

Plus tard dans l’émission, Mylène Farmer est présente sur le plateau avec Khaled pour interpréter leur version de « La poupée qui fait non ». C’est l’unique occasion d’entendre la version studio de cette reprise, qui sera jouée live sur scène à deux reprises quelques semaines plus tard.

Après la prestation, Mylène et Khaled répondent brièvement aux questions de Eric Jeanjean.

EJ : Alors quand on a un duo, la première idée qui nous vient à l’esprit c’est qui a eu l’idée, et pourquoi cette chanson de Polnareff, Mylène ?

MF : C’est une idée commune. Nous avions envie de chanter ensemble. Et qui a eu l’idée ? Nous aimons tous les deux Polnareff. Moi, personnellement, c’est, je crois, la première chanson que j’ai apprise il y a très, très longtemps.

EJ : Et la version, je dirais, plus arabisante, c’est Khaled, c’est toi, ça ?!

Khaled : Ah ben oui ! (en réalité, les arrangements de cette nouvelle version sont signés Yvan Cassar, nda)

EJ : J’espère en tous cas qu’on vous reverra très, très bientôt tous les deux ensemble, c’était un vrai bonheur de vous avoir dans « TipTop ». Mylène, on en parlait, nous, tout à l’heure, lorsque nous étions face à face : vous, Bercy c’est le 12 décembre…

MF : 12 décembre.

EJ : …et ce que je vous propose, pour donner un petit avant-goût à ceux qui n’ont pas encore vu le spectacle, lors de sa première partie je dirais, c’est de regarder quelques images !

Diffusion d’un long medley vidéo d’extraits du spectacle (« Désenchantée », « California », « Alice », « L’instant X ») dans le montage qui sera celui de la vidéo du spectacle.

EJ : Mylène, une question un peu naïve, mais ça vous fait quoi de voir ces images ?

MF : (qui entend mal en raison des cris du public) Qu’est-ce que ça me fait de voir ces images ?

EJ : Est-ce que ça vous fait quelque chose, est-ce que ça vous trouble ? Comment vous vous sentez lorsque vous voyez le public qui réagit comme ça, notamment sur « L’instant X », vous vous rappelez, on en avait parlé la dernière fois quand on s’était vus à la radio ? (cf. NRJ, octobre 1995, nda)

MF : (en désignant du doigt le public présent) C’est surtout quand je les entends que ça m’émeut toujours, bien sûr !

EJ : Il vous tarde le mois de décembre maintenant ? (Mylène acquiesce d’un hochement de tête) Est-ce que vous avez une petite appréhension ?

MF : On en a toujours, on a toujours le trac. Je crois que Khaled est pareil ! Mais j’ai l’impression que c’est presque plus difficile de faire des moments, comme ça, de télévision que de monter sur scène.

EJ : Pourtant, moi je trouve que vous vous en sortez particulièrement bien. On est d’accord ? Mylène, pour finir, la question que tout le monde se pose en ce moment – on murmure ça dans les couloirs des télés, des radios : est-ce que c’est votre dernière tournée ?

MF : Je n’ai pas la réponse. Je ne sais pas.

EJ : On n’espère pas !

MF : Je ne l’espère pas non plus ! (rires)

 

Les animateurs lancent alors la chanson suivante

 Article du 24-oct-96 – Présenté par Eric Jeanjean et Nathalie SIMON sur TF1

Publié dans Mylène 1995 - 1996, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

ARTICLE SUR LE PROVENÇAL pour les années Mylène

Posté par francesca7 le 1 mars 2016

                            

                                                                                                                                                                   

12-juin-96 :  

Entretien avec Jean-Michel GARDANNE                                                                                                                                                                                                                         

                                                                                                                                     illogical-lamour-nest-rien-warohl                                                                    

A propos de sa préparation physique pour le Tour 96 :                                                                                                                                                                                                                  

- Hervé Lewis s’est occupé de la préparation physique : course, musculation, massages. Au rayon diététique, jamais de viande et des sucres lents. La fatigue vient au bout d’une heure ; le public m’aide à tenir la deuxième !                                                                                                                                                                                                                     

                                                                                                                                                                                                         

A propos de son amour de la scène :                                                                                                                                                                                                                       

- La rencontre avec le public reste quelque chose hors du commun. La scène est un besoin dans ma vie où j’ai si peur de la réalité et de la répétition. Après quatre ans loin du public, j’en ai eu de nouveau très envie. Ce furent quatre années de voyage, de liberté, d’apprentissage de la vie, de rencontres. Le temps d’un déracinement, de s’oublier soi-même.

                                                                                                                                                                                                         

A propos de son état d’esprit :                                                                                                                                                                           

- Je me sens plus légère, ne portant plus le passé comme un fardeau : je ne pourrais plus chanter « Plus Grandir » aujourd’hui. De « Désenchantée » à « XXL », j’ai réfléchi, je me suis détachée des choses : je vis au présent, j’ai guéri de mon enfance.                                                                                                                                                                             

                                                                                                                                                                                                         

A propos de son séjour à Los Angeles :                                                                                                                                                                                                                   

- Los Angeles, c’est d’abord l’espace – il est parfois étouffant. Je ne pourrais pas y vivre définitivement. Cela m’a permis de sortir de ma réalité, de faire une cure. De cette façon, oui, j’ai mué.                                                                                                                                                                                                                       

                                                                                                                                                                                                         

A propos de l’échec de « Giorgino » :                                                                                                                                                                                                                     

- Il a contribué à ce changement. « Giorgino » était très important pour moi. J’avais envisagé l’échec – je le fais toujours- mais je refuse de m’apitoyer sur moi-même. Sans que l’échec ait changé quoi que ce soit à ma relation avec Laurent Boutonnat, j’ai eu envie de talents extérieurs.                                                                                                            

                                                                                                                                                                                                         

A propos de sa conception du spectacle :                                                                                                                                                                                                                      

- Franchement, je ne m’imagine pas chantant toute seule derrière un micro. Quand je pense à la scène, je pense à la danse, à des images, à des couleurs, à la tradition américaine du spectacle. Sans pouvoir encore analyser ma prestation dans ce nouveau tour, je sais que je sors de scène heureuse.                                                                              

                                                                                                                                                                                                         

NB : cette interview a été donnée dans un salon du Zénith de Toulon, au lendemain de la première date du Tour 96, lors d’une rencontre avec plusieurs journalistes.                                                                                                                

                                                                                                                                                                                                         

Mylène Farmer à l’américaine                                                                                                              

Entretien avec Richard GIANORIO                        

 

Publié dans Mylène 1995 - 1996 | Pas de Commentaire »

UNE MYLENE A L’AMERICAINE dans les années 90

Posté par francesca7 le 24 février 2016

                                                                                                         MYLENE                               

Après un long séjour dans l’androgynie, vous affichez enfin une féminité triomphante…        

- Je n’ai plus peur de le dire : je suis une femme, enfin ! Par exemple, je m’imagine mal chanter « Plus Grandir » aujourd’hui. On m’avait toujours affirmé que la période 30-35 ans serait la plus belle, et c’est le cas !                                                                                                                                                                                 

Cela correspond-il à un épanouissement sexuel ?                                                                                                                                                                                                                          

- (elle rit puis elle rougit) Sûrement !                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           

Vous apparaissez à demi nue en ouverture du spectacle. De la provocation ?                                                                                                                                                                

- Je ne le vois pas de cette façon. Pour moi, c’est l’évocation de la naissance et de la pureté comme la Vénus de Botticelli, mais je comprends qu’on puisse l’interpréter d’une façon plus sexuelle.                                                                                                                                                                                                                            

N’est-ce pas terrifiant pour vous si introvertie de vous exhiber de cette façon ?                                                                                                                                                                                                                                         

- Au contraire, c’est beaucoup plus facile. La nudité n’est embarrassante que devant l’homme qu’on aime, ou sur un tournage lorsque toute l’équipe est à proximité. Mais sur scène, il y a cette distance qui fait qu’on n’y pense pas.                                                                                                                                                                              

Vous exposez-vous pour mieux vous dérober ?                                                                         

- Probablement. Là où j’ai l’impression de me dénuder vraiment, c’est dans les moments d’émotion.                                                                                                                                                                          

Dans le clip de « California », réalisé par Abel Ferrara, vous jouez à la pute. A l’image, vous êtes souvent malmenée sexuellement. Du plaisir dans l’avilissement ?                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

- Dans la débauche, plus exactement ! (rires)                                                                                                                                                                                                                                                       

On a l’impression que votre univers se rapproche doucement de celui de Madonna…                                                                                                                                                                    

- La comparaison est inévitable : je suis une chanteuse, j’ai des danseurs, je fais un show délibérément ‘à l’américaine’. Madonna est une personne de talent, non ?                                                

Comme elle, vous possédez ce don de vous réinventer à chaque fois…                                                                                                                                                                                                                                                  

- J’ai cette chance, parce que j’aurais pu glisser facilement sur la mauvaise pente, celles des névroses, des obsessions et de l’autodestruction. J’ai vraiment connu l’isolement et l’enfermement : j’étais entourée mais seule.                                                                                                                                                                                                                                    

Est-ce que l’échec de « Giorgino » a marqué la fin d’un cycle ?                                                                                                                                                                                                                                                        

- Oui, la fin d’un cycle de sept ans, comme par hasard. Le film représente pour moi symboliquement une deuxième naissance. J’aurais pu m’apitoyer sur cet échec, j’ai choisi de ne pas le faire. Cela a été libératoire. J’ai mis un terme à l’autodestruction, je vais bien.                                                                                                                                           

La peine n’est donc plus votre amie, comme vous le chantiez naguère ?                                                                                                                                                                                                                                                                 

- C’est un sentiment que je continue d’aimer, mais il y en a d’autres. L’amour, par exemple, est fondamental. J’ai appris le partage, le partage à deux : accepter de recevoir, aller vers l’autre, accepter de me faire aimer, parce que donner est tellement plus facile que recevoir…

 On vous sent plus accessible, plus humaine aussi…                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           - Oui, même si je ne vais pas non plus me donner en pâture. Mais c’est vrai, j’ai accepté la vie, mais je ne porte plus mon passé comme un fardeau. Je suis plus légère.                                                                                                                                                                                                                                                                               

NB : cette interview a été donnée dans un salon du Zénith de Toulon, au lendemain de la première date du Tour 96, lors d’une rencontre avec plusieurs journalistes.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

FRANCE SOIR –  30-mai-96                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  

Publié dans Mylène 1995 - 1996, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

EUROPE 1 pour Mylène F.

Posté par francesca7 le 24 février 2016

1995

18-oct-95 : Entretien avec Jean-François RABILLOUD

Jean-François Rabilloud : Mylène revient. Vous connaissez peut-être son dernier clip, mais c’est le nouvel album de Mylène Farmer qui sort cette semaine, ça s’appelle « Anamorphosée ». Bonjour, Mylène Farmer.

Mylène Farmer : Bonjour.

JFR : Dans le dictionnaire, l’anamorphose c’est l’image d’un objet déformé par un dispositif optique, une déformation. Pourquoi vous avez choisi ce titre ?

MF : J’ai choisi « Anamorphosée » parce que j’ai pensé à ma perception du monde qui s’est élargie, et l’idée de l’anamorphose c’est pour moi le moyen de rassembler toutes ces impressions, tous ces sentiments pour n’en faire qu’un et pur.

JFR : C’est ça, ça veut pas dire que c’est un monde déformé que vous voyez…

MF : Absolument pas, non. Non.

JFR : Alors, il y a une douzaine de chansons – douze chansons – dont la musique est signée Laurent Boutonnat et les paroles Mylène Farmer. Ca a été écrit aux Etats-Unis ?

MF : Oui, à Los Angeles.

JFR : Est-ce que l’air du temps, si ce n’est l’actualité, vous ont inspirée dans cet album ?

MF : Fatalement. Je parle de moi, mais je parle de l’autre. Oui, le monde m’intéresse.

JFR : Vous n’êtes en France que depuis un mois, après donc ce séjour prolongé aux Etats-Unis. (Mylène acquiesce) Comment est-ce que vous avez retrouvé la France ? Dans quel climat, sur fond d’attentats, puisque vous êtes arrivée il y a un mois, donc, c’est ça ? (à l’été 1995 se sont produit coup sur coup deux attentats, l’un très meurtrier à la station de RER Saint-Michel et l’autre à proximité de l’Arc de Triomphe suivis en septembre d’autres tentatives toujours à Paris, nda)

MF : Oui. Climat extrêmement difficile, extrêmement lourd. Paris est plombé et ma foi, c’est difficile d’y trouver un sourire.

JFR : Vous sentez ça en marchant dans la rue ? C’est quelque chose de pesant ?

MF : Je crois que le ciel est bas. Bas et lourd ! Et puis ma fois, l’actualité et puis je crois si c’est presque vibratoire…

JFR : Vous trouvez que ça se sent…

MF : Oh oui ! Oui. Bien sûr.

JFR : Et quand on marche dans les rues de Los Angeles, on sent quoi par rapport à Paris ?

MF : C’est plus spacieux, je dirais. Peut-être que c’est plus hypocrite, dans le fond !

JFR : Vous trouvez pas que les français réagissent bien, finalement ? Que les gens se comportent pas mal ? Que ça soit les parisiens ou les autres…

MF : Qu’est-ce que vous entendez par ‘se comporter mal ou bien’ ?!

JFR : Ils gardent leur calme, par exemple…

MF : Ca, je ne sais pas. Je ne sais pas bien. Je ne vais pas dans le métro, je suis quelqu’un dans le fond de très protégée. Ils vivent probablement très, très mal. Est-ce qu’ils sont calmes, je ne le pense pas.

JFR : Vous dites qu’on sent ce mal de vivre à Paris : vous allez repartir, vous, aux Etats-Unis ou vous restez là, en France ?

MF : J’ai envie de bouger, j’ai envie du voyage. Maintenant, repartir aux Etats-Unis, je ne sais pas mais c’est vrai que ça donne en tout cas, oui, l’envie que de partir, c’est vrai.

JFR : Aux Etats-Unis, il y a toujours plein d’actualité : la solidarité, par exemple, retrouvée entre Noirs américains et le succès d’une grande marche de ces Noirs américains sur Washington. Est-ce que vous pensez, par exemple avec votre expérience américaine, que les deux communautés noire et blanche finiront par vraiment vivre ensemble un jour ?

MF : Ca, je ne sais pas. C’est pas à moi de me prononcer. C’est le souhait de tout un chacun, maintenant c’est vrai que ça paraît presque utopique.

JFR : On a fait des progrès, quand même !

MF : On a fait des progrès, mais c’est vrai que la violence est j’oserais dire inhérente à ce pays. C’est vrai qu’il y a ce conflit qui est là. Une fois de plus, on le voit quand on se promène dans Los Angeles. Je ne suis pas sûre de l’avoir, moi, rencontré, maintenant c’est vrai qu’il y a des quartiers qui sont plus difficiles et que c’est quelque chose qui est omniprésent, oui.

JFR : Vous me disiez que vous êtes arrivée aux Etats-Unis au moment où commençait le procès Simpson (long procès très médiatisé à l’époque du comédien O.J. Simpson, accusé d’avoir assassiné son ex-femme et l’amant de celle-ci, nda). Vous l’avez suivi, là-bas ? C’était impossible de ne pas la suivre !

MF : Presque malgré moi, j’oserais dire ! (rires) C’est vrai que c’est assez passionnant et assez dérangeant : c’est du voyeurisme mais c’est aussi de l’information. Nous ne sommes pas éduquées et habitués à pénétrer…

JFR : (il la coupe) Donc vous tranchez pas ? Vous dites que c’est trop de reportages à la télé, trop de direct sur ce procès, par exemple ou est-ce que c’est bien ?

MF : Non, je pense que c’est trop. C’est allé trop loin, mais c’est tout de même passionnant.

JFR : Vous avez une idée, comme on en a tous une, sur sa présumée culpabilité ? Il est coupable, il est pas coupable ?

MF : Ha non. Je ne me permettrais pas de dire quoi que ce soit sur ce sujet parce que c’est…

JFR : Et pourtant, toute l’Amérique a un avis là-dessus, pour ou contre…

MF : Tant pis pour l’Amérique !

JFR : Vous êtes rentrée en France il y a quelques temps : les collections, par exemple, c’est aussi l’actualité à Paris. Vous allez beaucoup aux défilés ?

MF : Non. Très, très peu mais j’avais très envie d’aller voir le défilé de Jean-Paul Gaultier (auquel Mylène a en effet assisté la veille de la diffusion de cet entretien, nda). J’aime beaucoup ce créateur.

JFR : Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il a de plus que les autres ?

MF : De plus ? Peut-être la fantaisie. Mais il a surtout un grand talent, il a une grande maîtrise de son métier. Une folie, peut-être, en plus, oui…

JFR : Le coup de cœur de Mylène ces jours-ci, qu’est-ce que c’est ?

MF : Depuis un petit moment, c’est un livre que je crois beaucoup, beaucoup de personnes ont découvert, qui est « L’Alchimiste »…

JFR : Oui, qui est un gros, gros succès de ces dernières semaines…

MF : Oui, qui est un livre qu’on a plaisir à conseiller, et c’est une très, très jolie histoire.

JFR : Alors on va se quitter sur un hymne à l’amour, quoi ! « XXL », c’est l’une des chansons de cet album. En résumé, c’est ‘on a tous besoin d’amour’, c’est ça ?!

MF : Oui, c’est ça ! (rires) Merci !

Diffusion d’un extrait de « XXL » pour clore l’entretien.

Publié dans Mylène 1995 - 1996, Mylène dans la PRESSE, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

RADIO FFN (Allemagne) pour Mylène

Posté par francesca7 le 21 février 2016

 

févr-96 : Entretien avec Matthias FUCHS

« Anamorphosée » est lancé en Europe, et principalement en Allemagne, en janvier 1996 à grand renfort de publicité (PLV, bandeaux dans les journaux, articles…). Mylène joue le jeu de la promotion en accordant une interview à la radio allemande, a priori une première (et une dernière à ce jour !).

Cette interview est notable pour plusieurs raisons. Tout d’abord, c’est la seule fois où l’on peut entendre Mylène s’exprimer publiquement entièrement en anglais (malheureusement, ses réponses sont couvertes par une traduction simultanée), mais plus rare encore elle donne l’occasion de voir Mylène agacée et refusant presque de répondre à une question.

Ce qui suit est une traduction personnelle de la traduction simultanée en allemand.

biographie-2010

A propos des quatre années qui séparent ses deux derniers albums :

- Je n’en avais pas assez de la musique, non. J’avais juste besoin de cette pause car nous avons tourné notre film entre-temps. Il y a toujours dans la vie un moment, comme ça, où on a besoin de faire une pause et de réfléchir sur soi-même et peut-être était-ce important de faire cette pause à ce moment-là, peut-être était-il bon pour moi de m’arrêter de travailler quelques temps.

A propos du changement de son dans « Anamorphosée » :

- Au niveau de la production, oui, c’est plutôt évident. Je voulais des guitares, une basse et une batterie qui sonnent plus ‘live’. C’est un changement sans en être un. On change toujours, donc l’album est probablement différent mais dans le fond, je suis toujours la même, je dirais.

A propos des thèmes abordés dans l’album :

- C’est très difficile de résumer brièvement les paroles de l’album. Ca tourne principalement autour de cette idée de l’esprit, l’idée du voyage. Ca peut tout aussi bien être un court moment dans sa vie, mais je ne suis pas très bonne quand il s’agit de s’expliquer !

A propos de la pochette de l’album :

- Ce que je souhaitais, c’était travailler avec un très bon photographe, c’est pourquoi j’ai demandé à Herb Ritts s’il acceptait. Lorsque j’ai vu cette photo, sans la tête, j’ai trouvé que c’était exactement ce que je cherchais à exprimer : la conscience libre de toute contrainte. C’est le concept visuel que je voulais explorer.

A propos de « Eaunanisme », est-ce une provocation ?

- Non, pas vraiment. L’idée de l’onanisme, c’est d’arriver par soi-même au plaisir, à la jouissance. Je considère que c’est la même chose pour l’écriture. On écrit avant tout pour son propre plaisir, on a besoin de personne, c’est en cela qu’on peut faire le rapprochement avec le mot onanisme.

A propos de son mystère qui ne serait que stratégie marketing :

- Comment pouvez-vous avoir l’audace de me demander si c’est artificiel ou s’il s’agit bien de ma personne ? Mais nous sommes tous comme ça ! Je me demande si je dois vraiment répondre à cela. Bien sûr, tout est artificiel, il n’y a rien de moi. Non, naturellement je ne vous donnerai pas de réponse. Je ne suis pas offensée, je me demande juste comment vous pouvez me demander quelque chose comme ça ! Artificielle, je ne le suis pas. Mais on se doit de théâtraliser, mettre en scène –comme on dit- ses pensées et ses idées pour les porter sur scène, et c’est peut-être en ça que ce pourrait être ce que vous évoquiez.

Merci à Moses pour la retranscription en allemand de l’entretien.

Publié dans Mylène 1995 - 1996, Mylène dans la PRESSE, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

A PROPOS MYLENE

Posté par francesca7 le 21 février 2016

 

1986-27FRANCE SOIR MAGAZINE 25 OCTOBRE 1986 Entretien avec Laurence BERUDELEY

A propos de l’époque mise en scène dans « Libertine » : ­

J’aime l’histoire. C’est l’un de mes seuls bons souvenirs d’école. J’aurais adoré vivre à l’époque de Louis XV. Les reines, les courtisanes et les petits marquis m’ont toujours fascinée.

A propos des costumes du clip : ­ Par goût, j’aime ce qui est sophistiqué et je m’inspire beaucoup, pour m’habiller des vêtements que portaient les hommes à la fin du XVIIIème siècle.

A propos des personnages romantiques historiques : ­ Louis II de Bavière me fait rêver.

A propos de la mode des années 80 : ­ Si je suis dans l’actualité, c’est vraiment par hasard. Je m’habille toujours de blanc, cuivre, brun et mordoré. Ce sont des nuances qui vont bien avec mon teint.

A propos des rêves : ­ Je suis sujette aux cauchemars. Il faut dire que je me complais dans ces atmosphères étranges. J’y prends même un certain plaisir.

 

 

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

FRANCE INTER RECOIT MYLENE

Posté par francesca7 le 19 février 2016

giorgi-05-c

C’est une première aujourd’hui, nous recevons Mylène Farmer. Alors, Mylène Farmer, d’abord merci d’être venue nous présenter ce film. Pour vous, c’est aussi une première mais on vous a vue dans beaucoup de clips qui ont beaucoup marqué, souvent. Je me demandais ce qui vous avait incitée à franchir le pas des clips au cinéma…

Mylène Farmer : L’envie de jouer, tout simplement. Tout naturellement.

Jean­-Luc Hess : Ca remonte à loin, cette envie de jouer ?

MF : Très longtemps, oui.

 JLH : Vous aviez quel âge, à peu près ? Enfin, toute petite fille ou adolescente ?

MF : Non. J’ai peu de souvenirs. Peut-­être l’âge de onze, douze ans. J’ai découvert le théâtre à l’école et j’ai suivi moi­-même des cours de théâtre un peu plus tard, et cette envie de jouer.

JLH : Qu’est­-ce qu’il y a de si formidable à jouer ? Enfin, c’est parce qu’on est quelqu’un d’autre ? C’est parce que… ?

MF : C’est une schizophrénie tolérée ! (rires)

JLH : Une ambivalence !

MF : Et cette envie que de jouer des personnages qui sont différents de moi et de rendre la vie moins fade.

 JLH : Elle est très différente de vous, la Catherine du film « Giorgino »?

MF : Je pense que nous avons des points communs.

 JLH: Par exemple ? Parce que c’est pas un rôle facile : c’est un personnage, on va dire ­ je sais pas comment on va dire, d’ailleurs, Vincent Josse ! ­ on va dire autiste…

Vincent Josse : Oh, je sais pas si on peut dire ça ! Je crois que vous préférerez femme-­enfant : c’est­ à ­dire qu’elle est femme épanouie et jolie comme l’est Mylène Farmer (rire gêné de Mylène) mais qu’elle est restée dans l’univers de l’enfance et qu’elle n’a visiblement pas envie de rentrer dans le monde des adultes. On peut dire ça ?

MF : Oui. C’est quelque chose que j’ai en commun avec elle, très certainement.

JLH : Alors, est­ce que c’est facile à vivre sur un plateau ce genre de rôle ?

MF : C’était un tournage difficile, avec des émotions difficiles à donner mais maintenant, avec le recul, c’est quelque chose que j’ai aimé profondément, même si violence, même si les difficultés de tournage.

JLH : Le metteur en scène est un de vos amis, enfin c’est quelque chose qui est très proche de vous…

MF : Oui…

JLH : …donc ça devrait faciliter le travail, non ?

MF : En ce sens que je connais sa caméra, que je connais sa direction d’acteurs, j’ai une grande, grande confiance et je savais qu’il était là pour me demander le meilleur et après, lui, c’est sa magie de création, de montage et de toutes ces choses qui font que c’est certainement ­ et c’était ­ une facilité pour moi et à la fois une difficulté, parce que c’est difficile que de travailler avec des gens que l’on connaît très, très bien et qu’on n’a pas envie de décevoir. C’était une telle, telle entreprise ! Ce n’est pas un très joli mot pour ça, mais c’était quelque chose de lourd à porter pour lui, donc c’était un climat assez tendu, assez violent.

JLH : On a peut­-être peut aussi –enfin, je sais pas, moi, je suis pas actrice !­ mais quand c’est la première fois qu’on tourne un film, on n’a peut­-être pas envie de montrer tout de soi ? Ou on se sent un peu tout nu ?!

MF : Je crois que je me suis pas posé ce genre de problème. J’ai essayé d’être le plus juste possible par rapport au rôle de Catherine, le rôle qui m’a été donné, avec toujours ces choses, cette pudeur qu’on peut avoir en soi et cette volonté que de se mettre sous la lumière. C’est toujours un dilemme et un paradoxe qui est difficile à gérer.

JLH : Qu’est­-ce qui vous a semblé difficile encore ? Parce que je sais que les conditions du tournage étaient difficiles ­ c’était en Tchécoslovaquie ­, qu’il faisait froid…

MF : Oui… JLH : …

mais qu’est­-ce qui vous a semblé encore difficile ? J’ai l’impression qu’on est un petit peu seul, aussi, quand on est comédienne…

MF : Je crois qu’on est toujours seule. (rires) Toujours seule. Mais je crois à la fois quelque chose de magnifique, qui est le travail d’équipe et à la fois qui est, là aussi, quelque chose de difficile, parce qu’on est confronté à des personnes qu’on ne connaît pas et on est obligé de vivre en autarcie et ça, ce sont des choses qui sont un peu difficiles pour moi, puisque je m’en suis beaucoup protégée.

JLH : Vous recommencerez, quand même ? Ca vous a plu !

MF : Oui !

VJ : Moi, je voudrais dire que c’est un film justement qui m’a plu. C’est un film intéressant parce que je le trouve un petit peu atypique : il ressemble pas aux films que font traditionnellement les jeunes auteurs, notamment pour un premier film. Aujourd’hui, les jeunes cinéastes nous font surtout du cinéma intimiste, et c’est d’ailleurs intéressant. Certains on leur reproche même de parler de leur nombril et visiblement Laurent Boutonnat n’a pas eu envie de parler de son ego ou de son moi mais il a eu envie de nous raconter une belle histoire, comme quand on était petit, vous vous souvenez ?

On se mettait dans notre lit et on écoutait nos parents ouvrir un livre et nous raconter une histoire. Alors, ça commence comme ça : on pourrait dire que… il était une fois un jeune médecin qui rentre de la guerre, qui a une trentaine d’années et qui recherche des enfants. Il s’est occupé de ces enfants avant la guerre et il ne trouve plus trace de ses enfants. Son enquête le mène dans un village très, très mystérieux, un village qui est peuplé d’êtres pas vraiment ordinaires ­ comme votre personnage, Catherine, qui est cette jeune femme accusée par les villageoises d’avoir tué ces enfants ­ et il va chercher la vérité. C’est un conte, un conte pour enfants, pour adultes aussi parce qu’il y a une violence certaine, une cruauté certaine. Il y a tous les ingrédients d’un conte, tout ce qui fait la saveur d’un conte : il y a cette atmosphère très inquiétante, cette atmosphère de suspens, de suspicion, il y a des femmes qui ressemblent à des sorcières, il y a des spectres. On se croirait quelques fois dans un tableau de Goya…

MF : Sans le soleil ! (rires)

VJ : Je voudrais savoir il est né de quelle envie, ce scénario : est-­ce que Laurent Boutonnat, justement, a voulu retrouver ce frisson qu’était le frisson de l’enfance ?

MF : Probablement. Ca, c’est plutôt une question qu’il faudrait lui poser directement. Moi, c’est vrai que je suis là pour parler du film mais en aucun cas je ne peux me prononcer pour lui, si ce n’est que c’est quelqu’un qui a son propre univers et qui aime les contes, qui aime la cruauté des contes.

VJ : C’est un univers quand même commun avec le vôtre…

MF : Oui. Je pense que c’est pour ça que nous nous sommes rencontrés et c’est pour ça que nous avons travaillé ensemble et que cette rencontre a été magique pour moi : c’est parce que nous avions des choses très, très proches, très communes.

JLH : Mylène Farmer, vous vous intéressez de près aux enfants ?

MF : J’aime les enfants, oui.

JLH : Mais vous avez de l’intérêt pour eux ? Parce que j’ai ouï dire, j’ai lu ça dans une gazette que quand vous étiez très jeune, enfin adolescente, vous aviez visité un hôpital où il y avait des enfants handicapés…

MF : Je m’occupais de temps en temps d’enfants handicapés, oui. C’est quelque chose que j’avais envie de faire et tous les dimanches, je crois, j’allais les voir et essayer de communiquer avec eux et de jouer, de leur apporter quelque chose et c’est quelque chose qui vous marque fatalement à vie.

JLH : Ca vous a marquée positivement ou négativement ?

MF : Je ne sais pas si on peut qualifier ça de positif ou de négatif. Ce rend triste définitivement. Même si ces enfants prétendent être heureux, c’est quand même une condamnation qui est lourde et une injustice. Ca, c’est mon regard donc c’est quelque chose qui est intolérable, oui.

 JLH : Mais est­-ce que c’est apparu pendant ce tournage, justement, cette expérience-­là ?

MF : Probablement. Des choses enfouies en moi, des… Vous expliquer et vous dire que, là, j’ai fait référence à telle ou telle chose : non. Je crois que ça fait partie de moi également. Maintenant, j’ai souhaité pour le tournage ­ peut­-être vous faites allusion à ça ­ rencontrer des personnes malades en milieu psychiatrique pour essayer de capter des choses que Catherine pouvait avoir en elle, donc un regard ­ parce qu’ils ont ça, quelque chose de très, très fort : c’est le regard et les mains, les gestes…

giorgi-05-a

VJ : Une démarche un peu cassée, aussi…

MF : La démarche, là c’est plus la mienne ! (rires) Je crois que ça se situait plus dans le regard et dans les mains. Il y a une gestuelle qui leur est très propre.

JLH : Ca a été difficile, par exemple, d’aller à ces consultations en hôpital psychiatrique ?

MF : Je l’ai fait une fois et brièvement, donc ce serait mentir que de dire… Mais c’est troublant parce qu’à la fois il y a ce côté voyeur, qui est aussi dérangeant pour soi. J’ai une anecdote qui me revient à l’esprit : c’est pendant une consultation, il y avait cette personne en face de son médecin et qui avait beaucoup d’humour, et c’est vrai que j’avais envie d’éclater de rire et c’était la seule chose qu’il ne fallait pas faire parce que c’est étrange que d’arriver dans cet univers­l à. C’est troublant.

JLH : L’humour pourrait soigner certains problèmes, on en parlera peut-­être avec Georges Wilson quand on parlera de « Henri IV » de Pirandello. Vincent… ?

VJ : Parler de « Giorgino », c’est aussi parler de la mort parce qu’elle est omniprésente dès le début du film puisque quand on vous découvre en Catherine, votre mère vient de se pendre. On apprend aussi que votre père est interné. Vous-­même allez essayer de vous pendre mais vous allez survivre. Est-­ce que ça fait froid dans le dos, tout bonnement, de jouer un rôle comme celui­-là avec des scènes comme celles-­là ?

MF : Je dirais que ça fait partie de la vie ­ pas la vie de tous les jours ! ­ mais ça fait partie de la vie : la mort et la vie sont des choses qui sont inséparables.

VJ : Et avoir un rôle aussi difficile dans cette ambiance ? Je rappelle que le film fait trois heures, donc il y a souvent des scènes d’une grande intensité et d’une grande violence, justement. Est­-ce que ça vous a fait découvrir des choses en vous, des choses que vous ne connaissiez pas ?

MF : Non.

VJ : Non ?

MF : Non, si ce n’est la volonté que de faire un autre film ! (rires) Mais sinon…

JLH : Sans avoir froid aux pieds, cette fois, parce qu’il faisait très froid, il paraît !

MF : (rires) Il faisait froid, oui !

VJ : Un autre film qui sortirait peut­-être complètement de cet univers : pourquoi pas un film comique, une comédie ?

JLH : C’est pas votre genre…

MF : (dans un éclat de rire) Tout le monde me le demande si je veux faire quelque chose de comique ! Pourquoi pas ? J’avoue que c’est l’inconnu, ça ne m’appartient pas. Pour l’instant, je n’en sais rien.

VJ : Vous n’avez pas de désir particulier…

MF : Non. J’ai plus un souhait…

JLH : (la coupant) Vous êtes qui, Mylène Farmer ? Vous êtes qui : vous êtes quelqu’un de pessimiste ou vous êtes quelqu’un de joyeux ? Vous n’êtes pas obligée de répondre ! (rires)

MF : Si, je peux vous répondre : je ne suis pas optimiste. Je peux avoir des moments de gaieté, de grande gaieté, oui. (sourire)

GZ : Moi je me demandais : c’est vrai que votre grand-­mère vous emmenait visiter les cimetières ?

MF : Oui. C’est le seul souvenir que j’ai de cette femme. Je l’ai découvert au travers de lettres que je lui avais adressée et c’est vrai, je crois tous les dimanches, elle m’emmenait au cimetière, donc c’était une… (rires)

GZ : Et vous croyez que ça peut expliquer un goût ­ que vous revendiquez ­ pour ce que d’autres diraient morbide… ?

MF : Mais quand on me demande ­ parce qu’on vous demande toujours des justifications, ce qui est naturel ­ ‘pourquoi aimez-­vous ci, pourquoi ça, pourquoi être attirée par telle chose ou telle chose ?’, j’avoue que je n’en ai pas les clés moi­-même, si ce n’est que vous dire pourquoi, donc, j’ai eu ce souvenir-­là, je me suis dit peut­ être ça a été le détonateur de quelque chose, ou cette fascination, ce désir que d’aller vers ces choses-­là.

 JLH : C’est bien d’être une comédienne mais c’est bien d’être une chanteuse aussi : vous n’allez pas abandonner la chanson, le disque, la scène non ?

MF : Bien sûr que non. Non. Non, non.

GZ : Parce que là, ça a tout de même fait une parenthèse de deux ans, je crois, dans votre vie, dans votre carrière…

MF : Oui, qui m’a été un peu imposée puisque le réalisateur est lui­-même le compositeur de mes chansons, donc je l’attends ! (rires)

JLH : Une toute dernière question, Vincent ?

VJ : Oui, très courte : on vous connaît bien sûr, Mylène Farmer, en France mais on ne connaît pas le comédien principal qui a le rôle­-titre de « Giorgino », qui incarne Giorgio : c’est Jeff Dahlgren (il prononce ‘dahlgreen’ et Mylène rectifie la prononciation). Vous pouvez nous dire deux mots de ce comédien ?

MF : C’est quelqu’un qui est américain, de nationalité américaine. C’est quelqu’un qui a une grande, grande sensibilité et qui a un charisme que je juge étonnant et qui est quelqu’un dans la retenue quant à son jeu.

VJ : Les filles qui ont vu le film sont déjà toutes folles de lui, parce qu’il est beau il faut le préciser !

MF : Oui, il est très beau mais il est au­-delà de ça, Dieu merci ! Il a une âme, une très belle âme.

VJ : Il avait une expérience de comédien aux Etats-­Unis ?

MF : Oui. De la même façon que moi j’ai pris des cours de théâtre, lui a du passer aussi dans des cours. Mais je pense qu’il aime ça aussi.

JLH : Je vous remercie, Mylène Farmer…

MF : Merci.

JLH : Donc le film s’appelle « Giorgino », ça sort aujourd’hui. Il faut y aller à 14h !

MF : Merci.

 

 

FRANCE INTER 5 Octobre 1994 INTER 13/14 Entretien avec Gérard ZÉNONI, Jean-Luc HESS et Vincent JOSSE Gérard Zénoni  

Publié dans Mylène 1993 - 1994, Mylène Autrement, Mylène dans la PRESSE, Mylène FILMOGRAPHIE | Pas de Commentaire »

MYLENE DANS LE SALON D’UN PALACE PARISIEN

Posté par francesca7 le 19 février 2016

 

Dans le salon d’un palace parisien, Mylène livre avec Guillaume Durand la plus longue interview donnée à l’occasion de la sortie du film. Choisissant ses mots avec (trop de) soin, Mylène répond longuement et parfois laborieusement aux réflexions confuses d’un Guillaume Durand qui semble cependant passionné.

Guillaume Durand : (…) Un film, il faut le vendre. Vous qui êtes si timide, ça vous barbe pas tout ça ?

Mylène Farmer : Je ne sais pas si ‘barber’ est le mot juste, mais c’est un exercice difficile pour moi.

giorgi-04-f

GD : Est-ce que vous avez un petit peu peur, un petit peu d’angoisse parce que un film, c’est pas comme une tournée, c’est pas comme un disque : c’est énormément de travail et tout se joue en une semaine. Quel effet ça vous fait ?

MF : C’est quelque chose de presque inhumain. C’est difficile, c’est difficile. Je crois que je serai contente le jour où ça sortira, et essayer de se déposséder de la chose totalement…

 GD : Alors, « Giorgino » : ça fait combien de temps que ce projet existe pour vous ?

MF : De mémoire, parce que…C’est huit années, je dirais. Et réellement, l’écriture a commencé il y a trois ans. Et il a vu le jour il y a environ un an et demi, je crois.

GD : Donc ça vous a occupée toutes ces dernières années, quoi. L’obsession, c’était de faire ça…

MF : Oui. Surtout Laurent Boutonnat, je dirais, le réalisateur. Moi, j’ai eu beaucoup plus de temps libre, assez pénible là aussi parce que n’ayant pas la faculté que de me tourner vers la musique, puisqu’il est le compositeur. Donc ça a été une période très longue et pas très agréable.

GD : Alors pourquoi fait­-on quelque chose qui n’est pas très agréable à vivre? Quelle est l’exigence de fond ?

MF : La passion, je dirais. D’abord, je pense que c’est un besoin pour moi que de faire des choses, à savoir ou l’écriture, ou des films, créer quelque chose. Faire les choses en termes de plaisir, dans le fond, ce n’est peut-être pas très, très important ou si important. Je crois que ça se passe à une autre dimension.

GD : C’est vraiment quelque chose, on parlait tout à l’heure d’exigence, c’est une importance de la liberté ou… ?

MF : Parce que je ne sais pas gérer cette liberté, de même que j’ai besoin du regard de l’autre pour exister, même si ça paraît quelque chose d’assez dramatique comme confidence ! Mais cette liberté, je la trouve réellement dans mon métier, dans le fond.

GD : Alors, on va évidemment pas raconter le film, parce que les films sont faits pour être vus. On va simplement, avec la bande-­annonce que vous avez eu la gentillesse de nous confier, avoir un petit peu une idée de l’ambiance du film et puis on va parler justement de ce monde qui vous habite et qui habite aussi Laurent Boutonnat. D’abord, donc, des extraits de ce film.

Diffusion de la bande-­annonce de « Giorgino ».

GD : Voilà donc pour le climat du film. Alors pourquoi ce film commence en novembre 1918, si ma mémoire est bonne ? Pourquoi cette date ?

MF : Je vais essayer de répondre pour Laurent Boutonnat. Il me semble qu’il voulait…La guerre 14­18 est en toile de fond, réellement. Je crois que ce scénario est né d’un désir de femmes, de femmes rudes et violentes, donc dans un univers de guerre. Donc c’était plus facile pour lui, j’imagine. C’est difficile pour moi que de répondre à sa place. Pourquoi la guerre de 14­18 ? Parce que c’était une période extrêmement difficile. Avoir des femmes esseulées, c’est un moment qui est effectivement, la guerre, propice pour…

GD : Mais ça vous touche parce que vous connaissez, comme tout le monde, ce qui s’est passé justement à cette époque-­là : bon, non seulement il y a la mort, et elle est très présente aussi dans le film, mais il y a cette idée aussi que ce sont les femmes qui prennent la société à bras-le-­corps. C’est une idée qui vous touche, ça ?

MF : Si je ne porte mon regard que sur ce groupe de femmes : non, définitivement pas ! (rires) Mais une société de femmes, non en aucun cas, dirigée par les femmes, non, je pense qu’une balance, une bonne balance est ce dont nous avons tous besoin.

GD : Alors, le climat on en parle. C’est vrai que souvent quand vous avez fait des clips, des clips longs, des clips qui étaient proches du cinéma on s’est dit « Ça y est, Boutonnat va certainement faire un film, Mylène Farmer a envie de faire un film », maintenant le film est là.

Mais ce climat qui est à la fois historique et à la fois fantastique, il vient d’où ? Pour lui, forcément il répondra d’un coté, mais pour vous, pour l’avoir accepté c’est que ça vous touche aussi…

MF : Moi, c’est plus une grande confiance en Laurent Boutonnat et en son travail. Quant à l’univers, j’ai aimé le scénario et j’ai aimé le personnage de Catherine. Maintenant, essayer de réfléchir… Non, c’est plus des sensations, des odeurs et moi, cette sensation que de pouvoir justement mettre quelque chose dans ce personnage.

GD : C’est quand même pas un monde ordinaire, parce que donc, on va pas raconter, on a dit tout à l’heure le déroulement mais on peut raconter un petit peu le début. Donc, c’est un jeune médecin, il sort, il est démobilisé, il s’occupait d’un asile d’enfants et il essaye de retrouver ces enfants. On a tout une, comment dirai-­je…c’est un itinéraire, au fond…

MF : Oui, tout à fait, oui.

GD : …qui est un itinéraire initiatique. Ça se passe dans la neige, c’est à la montagne, c’est très beau, il y a un père, il y a les femmes qui fument, enfin ce sont des images qui sont des images rares au cinéma.

MF : Je le pense, je le pense. Je pense que son cinéma est rare. Il a une façon de filmer et de raconter des histoires qui lui sont très, très personnelles.

GD : Alors mettez vous à sa place : pourquoi ce monde-là le touche, lui ?

MF : Moi je crois que je ne pourrai pas répondre à sa place. Pour avoir moi­-même posé ces questions dans le fond et lui ne trouvant pas de réelles réponses quant à ces fondements, pourquoi être attiré plus par quelque chose ou autre chose, je ne sais pas bien. C’est comme la peinture, dans le fond : pourquoi est­-ce qu’on est attiré par un peintre ? Moi je crois que je ne saurais pas l’expliquer. Pourquoi tel peintre plutôt que celui­-ci ?

GD : Mais c’est un monde qui est quand même très poétique et qui est très détaché, enfin qui parle un petit peu du réel, on en a parlé un petit peu au début, il y a la guerre de 14, il y a des professions, il y a des gens, il y a des solitudes, il y a des gens ensemble, il y a beaucoup de violence. Mais en même temps, c’est très onirique.

giorgi-04-e

MF : Oui. C’est sans doute cette attirance pour tout ce qui est conte, l’irrationnel peut­-être, la poésie je pense, oui. Mais des choses qui peuvent faire partie de notre monde et de notre vie de tous les jours, mais c’est vrai qu’il a une attirance pour ça. Maintenant, je suis en train de m’embrouiller parce que je ne sais pas bien pourquoi ! Si ce n’est que j’en reviens à, ne serait­ce que moi, un paysage… Je préfère un paysage, je vais vous dire, fracassé qu’un paysage avec des pommiers en fleurs. Pourquoi, je ne le sais pas. Ce sont des choses, comme ça, qui vous appartiennent.

GD : Qui vous sont donc sensibles, qui sont exprimées très largement. Alors il y a aussi une autre chose qui est très particulière dans le film, bon on va pas comparer avec des metteurs en scène comme Visconti parce qu’il y a pas de rapport, mais c’est vrai qu’il y a un parti pris, on va dire, de lenteur. Parce que si on dit ça, les gens vont dire « On va pas y aller, c’est lent » ! C’est pas du tout lent et ennuyeux, mais c’est volontairement, comment dirais­-je, c’est un rythme comme ça, un peu comme une espèce de mélopée.

MF : Parce que justement, j’en reviens à ces odeurs, à toutes ces choses. Je crois que ça prend du temps pour des personnages, plutôt que justement ce cinéma très monté, très rapide et des personnages qui sont rétrécis, qui ont cette valeur. Je crois que lui justement allait vers une expression plus lente et plus, moi j’oserais dire plus enrichie, mais ça n’engage que moi. Plus généreuse, peut­-être.

GD : C’est vrai que c’est un peu le contrepoids de tout ce dont on parle beaucoup actuellement, de Quentin Tarantino à Luc Besson, où ce sont des hommes en blanc et noir qui deviennent…

MF : Oui, qui ont du talent. Mais c’est vrai que c’est, je pense, une autre expression, une autre façon de raconter les choses.

GD : Comment devient-­on ­ pardonnez-­moi la question ­ mais comment devient-­on justement quand on est chanteuse, quand on fait de la scène, comment devient­-on actrice ? Même si on a fait des clips, ça, ça doit pas être une expérience finalement si facile que ça.

MF : C’est quelque chose que je pense, et sans prétention aucune, avoir en moi. En tout cas, je l’ai souhaité et je le veux depuis tellement longtemps. La chanson est venue à moi un peu par hasard, j’avais envie moi de jouer. J’ai suivi des cours de théâtre, mais ça on s’en moque un peu. C’était simplement un passage, comme ça, dans ma vie. Une envie de jouer, une envie d’interpréter les personnes qui sont autres que moi-­même et cette chose, enfin ce côté ludique quoi, qui est…

GD : …qu’on trouvait énormément dans les clips.

MF : Qu’on trouvait déjà dans les clips, mais en mode tellement rétréci. Mais malgré tout, c’est vrai que c’est comme ça que j’ai pu, bon indépendamment de l’écriture, de la scène, de tout ce qui fait que ce métier est vraiment passionnant, qui m’a fait tenir quand même, parce que c’est long ! J’ai attendu presque dix ans pour réellement faire un premier film. C’est long… (rires)

GD : Oui mais justement alors, est­-ce que ça veut dire que maintenant, parce que finalement quand un film est terminé, c’est vrai que vous allez être délivrée par le fait qu’il sorte, de savoir s’il y a un accueil avec le public, on vous le souhaite évidemment, c’est normal, mais est-­ce que immédiatement, maintenant, vous vous dites « C’est une autre carrière qui commence et c’est vers ça que je veux aller définitivement ». Et es-ce qu’il va falloir attendre longtemps que lui refasse un film, ou est-­ce que vous pouvez tout à fait imaginer de jouer, travailler avec d’autres metteurs en scène ?

MF : Non, je crois qu’aujourd’hui je peux réellement imaginer travailler avec quelqu’un d’autre. Maintenant, je pense que je serai difficile dans mes choix, je le sais. Aussi bien par rapport au réalisateur que l’histoire elle-même. Donc je pense que je, si je puis me projeter sur quelque avenir, faire très peu de films, certainement. Certainement.

GD : Et qu’est­-ce que vous aimez, alors, justement ? Parce que ce cinéma de climat est un cinéma bien particulier, alors qu’est­-ce que vous aimez, vous ?

 MF : Je crois avoir des goûts très éclectiques. Je vais essayer de…J’aime beaucoup Jane Campion, tous ses films, ses premiers films également. J’aime Oliver Stone, j’aime Kubrick, j’aime David Lean, j’aime David Lynch, Bergman…

GD : Donc, c’est un goût éclectique, quoi…

MF : Oui. Oui, dans le fond oui. GD : Mais pas très français, d’après la liste que vous venez de donner ! MF : Polanski, heu… (rires)

GD : Ha oui, c’est toujours du cinéma où il y a beaucoup de spectacle, ou au contraire beaucoup d’onirisme, beaucoup de choses qui sont quand même… C’est pas le mari, la femme et l’amant qu’on trouve !

MF : Non, j’aime les choses qui ont une âme, une histoire et une magie, et qui portent le spectateur. Je peux moi­-même être un spectateur qu’on qualifie de moyen, mais c’est­-à-­dire ne pas avoir cet œil trop critique. Et si un film m’emmène, si une histoire m’emmène, mais c’est magique ! C’est la chose la plus magique, je crois.

GD : Alors à la fin, le héros, Jeff Dahlgren, et vous, vous vous retrouvez dans un cimetière. On va pas dire ce qui se passe, mais c’est vrai qu’il y a quand même comme en peinture, puisque vous avez parlé de peinture, une espèce d’imagerie qui existe : des croix, des églises etc., etc. Ça vient d’où tout ça ?

MF : Ce que cela peut suggérer, bien évidemment, mais d’un point de vue esthétique je crois aussi, qui est important. Une croix, c’est beau. Une tombe…Je trouve qu’une tombe, un cimetière est un endroit magique. C’est quelque chose une fois de plus que nous avons en commun, mais je crois que c’est expliqué par cette rencontre que nous avons eue et qui a été une rencontre fondamentale pour moi dans ma vie et assez immédiate. Donc en ce sens, je crois que c’est presque normal que d’avoir des mondes un peu communs et des attirances.

GD : Vous voulez dire que d’une certaine manière, peut­-être, il vous a aussi arrachée à ce qui pouvait être une carrière de show­-business traditionnelle, que vous n’avez jamais vraiment voulu mener.

MF : Que je n’ai, je crois, jamais menée quoiqu’il arrive ! Mais…envie de faire quelque chose, envie de faire ce long-­métrage et envie de prendre des risques.

GD : Alors comment s’est passé le tournage ? Parce que je suppose que les conditions, étant donné que ça se passe en hiver, en plus y a énormément de scènes qui se passent en hiver mais il fait beau en même temps, ce qui sont des conditions météos pas faciles à trouver parce qu’en général il fait pas toujours beau, ça a dû être un peu long et un peu compliqué. Alors, comment ça s’est passé ? Racontez­-moi…

MF : Le tournage était très, très long, je crois qu’il a duré cinq mois. Quant aux conditions de tournage, c’était difficile à cause du temps bien évidemment, parce que très, très, très froid. Donc par moments, même le tournage a dû s’arrêter parce que trop froid, parce qu’on ne pouvait presque plus jouer. Maintenant, je crois que toutes ces difficultés sont malgré tout inhérentes à un tournage. La réelle difficulté était je crois le…la difficulté de… (Mylène rit de ne pas trouver ses mots) j’allais dire la tension qui régnait sur ce tournage, la tension que toute cette chose que Laurent portait dans le fond qui est extrêmement lourde.

 GD : Vous vous êtes faits totalement, parce que finalement lui, c’est son premier film, vous c’est votre premier grand rôle, vous vous êtes faits mutuellement et définitivement confiance dès le début, ou tout d’un coup du coin de l’œil vous vous êtes un petit peu surveillés l’un l’autre ? Parce que c’est vous qui portez tout : et lui, et vous.

MF : Je crois qu’il y avait à la fois une grande confiance, puisque c’est vrai qu’on a très peu parlé du rôle par exemple. J’ai lu le scénario. Et une fois sur le tournage bien sûr, des indications de mise en scène. Mais de sa part, en tous cas, je suppose que c’est une confiance. ‘Regardés du coin de l’œil’, malgré tout de temps en temps. C’est-­à­-dire moi je l’ai quand même observé travaillant avec d’autres, puisqu’il y avait quand même beaucoup d’acteurs. Et parfois probablement des réactions assez violentes, oui, parce que c’est vrai que dans ces moments-­là, on vous dit « Moteur, action ! » et vous avez une espèce, d’abord d’angoisse profonde, et de demande qui est énorme quant à ou le regard ou même un mot, et que parfois ce mot n’arrive pas et que là on fait abstraction de toute une vie commune.

GD : Ça devient professionnel…

MF : Oui. Oui, dans le fond oui. Beaucoup plus cruel et plus…Mais je crois que c’était aussi essentiel. Je n’aime pas moi être trop protégée. J’étais réellement considérée comme une actrice engagée sur un film, et non pas comme le petit oiseau qu’on va couver. En aucun cas, non.

GD : On se retrouve dans un instant pour parler de ce film de Laurent Boutonnat, avec Mylène Farmer et Jeff Dahlgren. Flash info.

 GD : On se retrouve donc avec Mylène Farmer qui a la gentillesse de nous recevoir pour un film qui va, je l’espère, vous surprendre : « Giorgino », donc, de Laurent Boutonnat, avec Jeff Dahlgren. Alors est­-ce qu’on peut Mylène parler du fait que le film a été tourné en anglais ? Il est tourné en Tchécoslovaquie, il est tourné en hiver et en plus il est tourné en anglais. Pourquoi ? C’est pour rechercher la plus grande audience possible à travers le monde, ou c’est l’histoire…

MF : (elle l’interrompt) Non, sincèrement non. C’est parce que Laurent Boutonnat voulait travailler avec des acteurs comme Louise Fletcher, Joss Ackland, et a trouvé son premier rôle aux Etats­-Unis, donc c’est plus une volonté que d’aller vers des acteurs, donc une langue qui s’est imposée.

GD : Louise Fletcher, tout le monde connaît, c’était l’infirmière de « Vol au Dessus d’un Nid de Coucou » et donc qui parle français, si mes souvenirs sont bons et elle était très charmante. C’est pour aller vers ces acteurs­-là qu’il a choisi ce parti pris là ?

MF : Absolument, oui parce que…Mais lui-­même dit ça « J’aurais pu tourner ce film en espagnol, russe… ». Peu lui importait la langue, dans le fond.

GD : Alors donc un travail qui a été compliqué, et tout à l’heure vous nous disiez que c’était très difficile d’expliquer les raisons pour lesquelles vous étiez dans ce monde-­là, dans à la fois ces rêveries, cette poésie et aussi ces fantasmes. Et pourtant quand on essaie de trouver une logique à tout ça, parce qu’après tout il y a forcément une logique même si on la veut pas, la première chanson c’était « Maman a Tort », après c’était « Libertine », et maintenant c’est un film où il y a énormément de femmes, même si c’est une envie de l’auteur. Est­-ce que cette logique vous apparaît ou est­-ce que c’est un hasard total ? MF : Je pense que c’est un hasard. Mais là une fois de plus, c’est difficile, pardonnez-­moi de le redire… (rires)

GD : C’est pas grave !

MF : …parce que ce film, dans le fond, ne m’appartient pas, en tous cas son histoire et son…

giorgi-04-c

GD : Mais vous êtes sûre qu’il ne l’a pas écrit pour vous ? Parce que quand vous dites qu’il ne vous appartient pas, il l’a quand même probablement en partie, enfin il savait que vous alliez jouer le rôle principal de Catherine.

MF : Oui. Maintenant je… (elle cherche ses mots) G

GD : C’est du sur­-mesure, quand même…

MF : C’est une bonne couture. Est­-ce que c’est du sur­-mesure ? Je ne sais pas bien, mais là c’est peut-­être plus par pudeur, je ne sais pas bien. Est­-ce qu’il a écrit réellement ce rôle pour moi ? Je ne sais pas, parce que le personnage principal c’est peut­-être lui qui a voyagé avec lui le plus longtemps, et peut-­être que Catherine est arrivée plus tard, donc…

GD : Et est-ce que lui justement, sans sombrer dans une espèce de simplification extrême, est­-ce que lui il s’est vécu un petit peu comme Jeff Dahlgren, donc qui est le héros du film, à savoir ce médecin qui recherche des enfants ?

MF : Je crois qu’il est…Cette chose commune d’avec ce personnage, c’est cette âme d’enfant qu’il a en lui et cette quête, cette quête essoufflée. Je crois qu’il a ça en lui.

GD : Mais quand on a fait un film comme ça, qui est justement un film poétique, est-­ce que c’est, comment dirais-­je, vous savez que la critique en France n’aime pas trop le mélange des genres, ça peut être aussi bien un artiste qui a réussi dans un domaine qui est la variété, le fait de faire du cinéma, ça paraît presque pour beaucoup de gens qui sont extrêmement bien­pensants et extrêmement rigides…

MF : Obscène ? (rires)

GD : Oui. C’est pas obscène, mais on n’a pas le droit de changer de registre, et pourtant vous, vous avez ce besoin et vous en avez même exprimé tout à l’heure l’envie. Ça vous gêne qu’on vous oblige à vous enfermer dans un même registre ?

MF : L’idée de l’enfermement me gêne. Maintenant, est­-ce que moi j’ai été gênée par ça : non. Non, parce que j’ai essayé au maximum de me protéger et de ne pas écouter, de ne pas entendre. Sinon, effectivement si on écoutait et si on entendait réellement, je pense que c’est trop mutilant. Non. J’oserais dire je me moque de ce qu’on pense et de ce qu’on dit. C’est presque vrai.

GD : C’est pour ça que depuis des années vous avez toujours choisi de faire votre métier, d’être extrêmement discrète sur vous, sur votre vie, enfin sur beaucoup d’aspects du travail d’artiste qui en général sont surexploités et plombent votre carrière ?

MF : Oui, parce que je pense… Moi, j’essaye de ne pas m’essouffler et de ne pas essouffler l’autre. Donc en ce sens, je suis obligée d’être absente. Et puis je crois que c’est ma nature profonde, tout simplement donc je n’ai pas à me faire violence pour ça.

GD : Et vous, quand les disques se vendent comme ça énormément, ça veut dire, bien au­-delà du succès commercial, qu’il y un intérêt profond entre un artiste et les gens. Vous croyez que les gens vous aiment pour quoi, au fond ?

MF : Je ne sais pas ! Non… (large sourire) GD : Pour ce mélange entre la fragilité et la provocation ?

MF : Je crois pour, s’il y a à trouver une expression, peut­-être pour la sincérité, parce que je crois que c’est une valeur qui existe toujours. Mais c’est difficile que d’exprimer pourquoi l’autre vous aime. Je ne sais pas…

GD : Et quand est-ce que vous vous êtes rendue compte, vous dans votre carrière, parce que en général les carrières de chanteurs démarrent, elles surfent un petit peu sur les vagues adolescentes, ça a été aussi le début de votre carrière quand vous avez chanté « Maman a Tort » etc. Quand est­-ce qu’on se dit « Moi, je vais faire autre chose », c’est­-à-­dire je pars sur ce plongeoir­-là mais je vais aller dans une autre piscine, quitte à être décrédibilisée un petit peu ?

MF : Là, vous parlez d’un genre plus que de changement radical de vie ?

GD : Non, pas de vie pour vous, mais quand est-­ce que vous vous êtes dit que vous alliez prendre au fond tout ça en mains, sérieusement pour obtenir, pour aller vers des objectifs précis ?

MF : Je crois, le goût du risque. Là encore, c’est…Le calcul n’y est pas pour grand­-chose, si ce n’est que une ‘carrière’, même si c’est un mot qui n’est pas très joli, c’est quelque chose qui se pense, qui se gère. Maintenant, c’est quelque chose qui, je ne sais pas, qui s’est construit comme ça…

GD : Petit à petit…

MF : Oui, qui s’est fait lentement. Mon début n’a pas été fulgurant. J’ai eu trois bonnes années pour apprendre mon métier et apprendre ce que j’aimais et ce que je n’aimais pas, dans le fond, par rapport à moi­-même et par rapport à l’extérieur également.

GD : C’est-­à­-dire ?

MF : C’est­-à­-dire de « Maman a Tort », qui a été un succès mais j’étais quand même encore pas très connue jusqu’alors. Et après il y a eu deux autres 45­tours qui étaient plus discrets. Et puis après, le fameux « Libertine » qui là a été réellement…les projecteurs ont été mis sur moi. Mais donc, pendant cette période… Enfin, tout ça pour essayer d’expliquer que ça n’a pas été quelque chose, comme ça, d’immédiat, on vous donne tout. Ça a été quelque chose d’assez progressif, donc probablement de moins perturbant pour moi.

GD : Donc d’une certaine manière, vous pouvez vous dire que la même attitude, vous allez, c’est donc la même expérience, vous allez l’utiliser pour le cinéma ? C’est-à­-dire que c’est quelque chose qui commence, vous êtes habituée aux hauts et aux bas de ce qui s’est passé dans la chanson, et comme vous semblez avoir derrière la fragilité une assez grande volonté, vous allez attaquer un deuxième monde, tranquillement et avec le temps. C’est ça l’idée ?

 MF : Oui, là c’est plus une façade sereine, qui en aucun cas n’existe, dans le fond, si ce n’est que là je suis plus posée que d’ordinaire. Mais c’est plus un parcours angoissant qu’autre chose. Maintenant, pour répondre à votre question, je le ferai effectivement avec un maximum de réflexion et de réelles envies. C’est­-à­-dire, me perdre dans quelque chose pour le rien : non, en aucun cas.

 GD : Donc, ça veut dire qu’il faut forcément trouver des textes extrêmement forts, des scénarios extrêmement forts…

MF : Ça va être de plus en plus difficile, je le sais. Mais c’est…

GD : Mais est-ce que vous avez envie, puisque vous avez dit tout à l’heure que vous aimez bien les choses très différentes, d’Oliver Stone à d’autres metteurs en scène, ça veut dire est­-ce que vous pouvez jouer une comédie, par exemple, par goût du fait de jouer ? Ou est-­ce que tellement pas dans votre registre que ça vous paraît surréaliste ?

MF : Si vous me proposez Woody Allen, je vous dis oui, j’accours ! (rires) Maintenant, tous les genres de comédie : non, je pense pas. Je ne sais pas, d’ailleurs, mais je ne pense pas avoir ce talent­-là, et peut­-être cette envie tout simplement. Une bonne comédie, oui c’est aussi intéressant et passionnant qu’un…

GD : Sûrement, mais je veux dire tout le monde a envie de jouer avec Woody Allen, parce que on entre sans frapper, enfin si jamais il vous appelle, on s’assoit, vous lui dites de s’asseoir et on lit même pas le scénario, à la limite ! Mais le monde, le fait de changer de monde, parce que c’est un monde tellement particulier, celui du film donc qui sort mercredi, que c’est vrai qu’il y a aussi le risque d’être cataloguée dans une espèce de fantastique, onirique…

MF : Ma foi, j’en ai pris le risque, et puis j’espère avoir la chance que d’avoir des propositions différentes. Je fais appel, j’allais dire, à l’intelligence du metteur en scène, plus qu’à quelque chose, comme ça, qui…

GD : Mais est­-ce qu’après on se dit pas, quand on a fait un film comme ça, ou quand on a eu une expérience comme ça qui est très profonde, parce que vous avez attendu plusieurs années, vous avez tourné pendant cinq mois, et puis c’est compliqué etc. et puis le film sort, est­-ce qu’on a envie après, j’allais dire, de retourner dans le travail d’avant ? Est­-ce que vous pourriez vous dire « Bon, ben maintenant, il faut s’y remettre », ou est-ce que vous y avez déjà pensé, écrit, travaillé, fait des musiques, ou pas du tout ?

MF : Non. J’ai eu pendant effectivement le tournage même, plutôt juste après le tournage, quand le tournage s’est terminé, une envie que de tout abandonner, tout délaisser. Pour aller vers quoi, c’était le point d’interrogation et plutôt une période d’anéantissement qu’autre chose. Aujourd’hui, oui j’ai très envie de retourner vers l’écriture, enfin mon écriture, en tous cas, pour essayer de découvrir des choses que je ne connais pas moi­-même, je suppose, parce que je ne sais pas ce que je vais faire, je ne sais pas ce que je vais écrire. Mais non, j’ai toujours cette envie. Je sais que si cette envie me quitte, j’arrêterai. J’aurai en tous cas cette honnêteté.

GD : Il y a quelque chose qui peut apparaître paradoxal, c’est que finalement vous êtes très pudique, réservée, timide, et en même temps vous faites des choses qui sont toujours, qu’elles soient habillées ou pas habillées, toujours un peu explosives. C’est jamais… Pourquoi ? MF : Parce que je crois que ça fait partie de mon propre paradoxe. C’est cette envie que de se cacher, cette envie de lumière et qui se reproduit dans le moindre de mes actes et pensées. C’est quelque chose de conflictuel mais nécessaire.

GD : Vous savez que par rapport justement aux années précédentes, on a appelé ça un peu pompeusement les années 80, celles qui s’annoncent sont plus tellement les années de la provocation. Mais quand je dis « la provocation », c’est pas la provocation au sens idiot mais la provocation au sens presque artistique des choses. Maintenant, ceux qui essaient de sortir le bout du nez pour faire des choses un peu différentes, on leur tape sur le bout du nez. Ça vous fait peur, ça ?

MF : J’ai l’impression que ça a existé toujours, ça, que c’est omniprésent, que dès qu’on essaye de faire quelque chose qui n’est pas, effectivement, dans ce chemin balisé, on vous tape sur les doigts. Mais…

GD : On vous a tapé, vous, sur les doigts ?

MF : Attaquée, bien évidemment ! Mais une fois de plus, peu m’importe, ça ne nous touche pas. Un artiste existe parce qu’un public est là. Au fond, j’enfonce des portes ouvertes, mais c’est la vérité vraie! Donc, tant qu’un public me dit « Continue ! C’est quelque chose que nous aimons », je continue !

 GD : Est­-ce que vous vous reconnaissez, non pas personnellement, mais dans des attitudes qui peuvent vous ressembler, par exemple pour quelqu’un comme Isabelle Adjani qui vit un peu…qui au fond montre à l’écran des choses souvent excessives et puis qui le reste du temps disparaît ?

MF : Je ne sais pas si nous sommes pareilles, mais c’est vrai que on m’a fait souvent cette réflexion, par exemple, que nous avions… Mais c’est plus pour évoquer des choses, dans le fond, des choses négatives en fait. Cette comparaison a été…

GD : Non, mais là c’est dit…

MF : Non, je le sais mais là je pense à ça parce que c’est quelqu’un qui, je crois, a essayé réellement de gérer sa carrière et son image et de faire ce qu’il lui plaisait, et parfois de s’évanouir et qu’on le lui a reproché. Maintenant, est­-ce que je…Je ne sais pas, c’est quelqu’un qui a un grand talent.

GD : La dernière question : est-­ce que la vie quotidienne, c’est-­à­-dire celle qui est ni sur les planches, ni dans les studios, ni en tournage, est­-ce qu’on y trouve un peu de bonheur, de plaisir, ou est­-ce que finalement il faut attendre désespérément de faire quelque chose et de se montrer ?

MF : Je crois que j’ai besoin effectivement de faire quelque chose, et ce métier… Sinon, je le vis mal.

GD : En tous cas, on vous souhaite le plus grand succès pour le film…

MF : Merci beaucoup.

GD : …à vous et à Laurent Boutonnat. Le film donc qui est sorti aujourd’hui sur les écrans et que je vous encourage vivement à aller voir, parce que c’est un film qui ne ressemble pas aux autres et c’est tant mieux ! Ciao, à demain. MF : Merci beaucoup… Générique de fin de l’émission.

TALKSHOW 5 OCTOBRE 1994 Présenté par Guillaume DURAND LCI

Publié dans Mylène 1993 - 1994, Mylène dans la PRESSE, Mylène en CONFIDENCES, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

MYLENE A la veille de la sortie de Giorgino

Posté par francesca7 le 16 février 2016

A la veille de la sortie de « Giorgino » dans les salles, Mylène Farmer est présente dans les trois rendez­vous d’information des trois premières chaînes. Le sujet commence par des images du film. Michel Vial (en voix-­off sur des images du film) :

De retour de la guerre en 1918, Giorgino est un jeune médecin qui tente de retrouver les enfants attardés dont il s’occupait avant d’être mobilisé. Et il rencontre une jeune fille étrange qui a l’esprit d’une enfant et qui paraît sombrer, peu à peu, dans la folie. Mylène Farmer incarne cette femme­-enfant dans un récit tourmenté, peuplé de fantômes et de loups. Mylène Farmer apparaît alors à l’écran.

giorgi-02-b

Mylène Farmer : Ça fait très longtemps que j’ai envie de jouer, d’interpréter des rôles qui sont des personnages autres que moi­-même. J’ai eu la chance de commencer par la chanson parce que c’est vraiment un métier que j’aime et j’aime l’écriture. Maintenant, c’est vrai que c’est quelque chose qui était en moi et qui avait envie de naître, et que j’ai enfin pu accomplir avec ce long métrage. Extrait de la bande­-annonce de « Giorgino ».

MV (en voix-­off) : Dans ce film, « Giorgino », on retrouve un univers qui vous semble familier, à vous et à Laurent Boutonnat : l’amour, la mort, la folie. Ce sont quand même vos thèmes favoris….

MF : Oui. Notre rencontre a quand même été très, très forte et capitale dans notre vie. Donc il est difficile, non pas d’envisager un autre univers, mais il est difficile de ne pas prolonger cet univers. Extrait du clip de « Beyond my control ».

MV : (par dessus ces images) Laurent Boutonnat réalisait les clips de Mylène Farmer depuis dix ans. Dans « Giorgino », il met en scène leur goût commun pour la mélancolie et le mal de vivre, grâce à quoi elle est devenue la chanteuse culte de toute une génération.

MF : C’est vrai que j’ai besoin de l’autre, et j’accepte.

MV : Qu’est­-ce que vous cherchez dans le regard de l’autre ?

MF : Une envie de continuer, une sympathie, un amour, toutes ces choses qui font que…qui vous aident à vivre, tout simplement. Nouvel extrait du clip de « Beyond my control ».

MV : Avec « Giorgino », Mylène Farmer n’aura pas manqué son rendez­-vous avec le cinéma. Héroïne à la fois candide et perverse d’un film qui revisite, non sans brio, les chemins singuliers de l’enfance.

AU 19/20 4 OCTOBRE 1994 – Entretien avec Michel VIAL France 3

 

Publié dans Mylène 1993 - 1994, Mylène Autrement, Mylène dans la PRESSE, Mylène et GIORGINO, Mylène FILMOGRAPHIE | Pas de Commentaire »

MYLENE, Entretien avec Frédéric BESSE

Posté par francesca7 le 16 février 2016

NRJ 31 MAI 1996 – Fait rarissime dans sa carrière, Mylène Farmer donne une interview en direct quelques minutes avant d’entrer en scène, ici le soir de la première représentation du Tour 96 à Bercy.

Il faudra attendre son deuxième Stade de France en 2009 pour assister à un nouveau duplex en direct.

1996-02-a

Frédéric Besse : Bonsoir à tous. Nous sommes donc ici à Bercy, où dix­-sept mille cinq cents personnes se sont donné rendez­-vous pour ce premier concert parisien de Mylène Farmer. Mylène a eu la gentillesse de nous ouvrir les portes de sa loge, elle doit monter sur scène dans quelques minutes. Elle est à nos côtés. Mylène, bonsoir !

Mylène Farmer : Bonsoir. FB : Tout d’abord, merci de bien vouloir se prêter au jeu du direct. Ma première question, c’est qu’attendez-­vous de ces retrouvailles avec le public parisien ? J’imagine que ce premier concert au Palais Omnisports de Paris­-Bercy constitue un des moments forts, un des temps forts de votre tournée…

MF : Je considère chaque date comme très importante : Bercy comme Toulon, comme toutes les villes de France. Qu’est-ce que j’attends ? Une formidable émotion, j’espère.

FB : Quels sont les grands souvenirs que vous conservez de vos différentes performances à Bercy ?

MF : Je crois que j’ai à peu près tout effacé, si ce n’est le souvenir de regards, de visages.

FB : Au fil du temps, avez­-vous le sentiment d’être devenue une véritable bête de scène ? C’est en tout cas l’argument qu’avancent vos plus grands fans !

MF : Non, je ne peux pas répondre ! (rires) En tout cas parler de moi en ces termes. En tout cas, j’ai un vrai, vrai, vrai plaisir que de monter sur scène.

FB : Beaucoup de personnes qui nous écoutent en ce moment n’auront peut­-être pas la chance de vous voir sur l’une des dates de votre tournée, alors j’aimerais que vous nous expliquiez un peu comment se constitue cette tournée, comment ça se passe sur scène et comment vous définissez cette formidable scène qui a été mise en place avec je crois dix­-sept personnes sur scène…

MF : Oui, il y a donc dix­-sept personnes, il y a beaucoup de musiciens, il y a huit danseurs qui viennent de New York pour la plupart ­ avec un danseur français tout de même ! (sourire) Que puis-­je vous dire ? Vous parler d’un écran, un écran géant qui fait 55m² et que j’utilise à la fois pour habiller les chansons avec beaucoup d’images abstraites, et ça c’est le travail d’une équipe qui m’a beaucoup aidée pour ça, et également qui pourra projeter ce qui se passe sur scène, des images lives. Il y a après des surprises dans le spectacle, beaucoup de mouvement et j’espère un peu de joie ! (rires)

FB : Je crois qu’il est très important de préciser que le spectacle que les gens vont voir ce soir à Bercy est exactement le même point par point que celui que les gens vont voir en province. Est­-ce que pour vous il est important de pas faire de privilégiés, comme ça ?

MF : C’est en tout cas le souhait et, si je puis dire, j’ai imposé et je n’ai pas eu grand mal parce que Thierry Suc, donc qui est le producteur du spectacle, est d’accord avec moi. J’avais envie effectivement, si je présentais un spectacle, je voulais présenter le même pour tout le monde.

FB : Près de six cent mille exemplaires de l’album « Anamorphosée » ont été vendus. Comment expliquez-­vous cette espèce de mysticisme de vos fans qui caractérise à chaque fois votre carrière ­ enfin, l’évolution de votre carrière ? C’est un petit peu délicat…

MF : Je ne sais pas. Là encore, je vais vous décevoir : je ne m’explique pas tout et je n’essaye pas, dans le fond, d’expliquer. J’essaye de recevoir, c’est tout. (sourire)

 FB : Dans quelques minutes, vous êtes sur la scène de Bercy. Quel contact, quel rituel aimez­-vous instaurer avec votre public ? Est­-ce que vous aimez vraiment rentrer en communion avec eux, qui connaissent à chaque fois chacune de vos chansons ?

 MF : Rentrer en communion, je crois que ça se fait relativement naturellement quand j’ai la chance d’avoir le public que j’ai. C’est vrai qu’il chante toutes les chansons tout au long du spectacle, donc il y a fatalement quelque chose d’assez fort qui se passe.

FB : Voilà, on va laisser Mylène se préparer tranquillement dans sa loge, parce que là il est 21h05 et donc dix­-sept mille cinq cents personnes attendent avec impatience de voir Mylène. Je vous rappelle qu’elle va monter sur scène d’ici très, très peu de temps. On la remercie d’avoir très gentiment voulu se prêter au jeu du direct en notre compagnie.

MF : Merci, au revoir.

FB : Merci, Mylène. Diffusion de « California » pour clore la séquence (on entend Mylène tousser alors qu’est lancée l’intro de la chanson)

 

Publié dans Mylène 1995 - 1996, Mylène dans la PRESSE | Pas de Commentaire »

Quand La renarde ouvre sa tanière

Posté par francesca7 le 11 février 2016

VAR MATIN 24 MAI 1996 pour MYLENE

1996-05-a

Entretien avec Philippe DUPUY A la veille de la première représentation du Tour 96, cette interview a lieu au Zénith de Toulon, où Mylène répète le spectacle depuis dix jours. L’article nous apprend d’ailleurs qu’un filage (représentation intégrale en conditions réelle) a lieu tous les soirs.

A propos du spectacle qu’elle prépare : ­

J’avais envie d’un show impressionnant et j’espère qu’il le sera. Je préfère l’idée de méga-show plutôt que quelque chose de plus intimiste. J’y viendrai peut­-être, mais pour l’instant j’ai envie de grand spectacle.

A propos des répétitions, plus précisément : ­

En fait, on a répété deux semaines à Los Angeles avec les danseurs puis les musiciens séparément. Ici, on essaye de tout faire tenir ensemble : c’est comme un grand puzzle qui se met en place pièce par pièce.

A propos de la brièveté de la tournée : ­

Oui, mais c’est comme ça que je les aime ! (rires) A propos de la comparaison avec Madonna :

­ C’est une référence un peu obligée pour un show féminin avec des danseurs, non ?

En tout cas, ce n’est pas un fardeau à porter. J’apprécie cette artiste qui a beaucoup de talent, qu’on le veuille ou non. Si on parle de références en matière de spectacles, j’ai beaucoup aimé les spectacles de Peter Gabriel ou de U2, mais aussi celui d’Alanis Morisette, par exemple, dans un registre plus intimiste.

A propos du fait qu’elle n’est pas montée sur scène depuis plusieurs années : ­

Il y a eu le film (« Giorgino », nda) qui m’a pris trois ans, et encore une année où j’avais envie d’arrêter et de réfléchir. Et puis, j’appartiens à cette famille de personnes qui s’ennuient dans la répétition des choses : je ne fais pas systématiquement un disque puis une tournée. En fait, celle-­ci n’est que ma deuxième. Jouer en public, c’est une émotion très belle mais très violente. J’ai besoin pour cela de me sentir prête, de trouver un vrai sang neuf.

A propos du contrôle qu’elle a de son image : ­

C’est vrai que je suis une vraie ‘control-­freak’ et forcément, cela vous isole. Mais je suis aussi probablement un petit peu plus ouverte aujourd’hui. Non pas que je découvre les rapports humains ­ j’ai toujours aimé rencontrer des gens d’horizons différents. Comme tout le monde, j’ai mes moments de crises où j’ai du mal à communiquer avec les autres, mais ce n’est pas si dramatique que ça en a l’air. Non, non je vous promets, ça va, là ! (rires) Néanmoins, je continuerai à ne pas donner d’interviews et à ne pas me justifier, parce que je n’en éprouve aucun besoin

Publié dans Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

Carole Fredericks Denise et la MYLENE

Posté par francesca7 le 11 février 2016

Carole Fredericks Denise était un chanteur américain le plus célèbre pour ses enregistrements en France. Carole sortit de l’ombre de son frère, le blues légendaires musicologue Taj Mahal , pour atteindre la gloire et la popularité en Europe et dans le monde de langue française. Depuis plus de deux décennies de Paris, France , a été adopté sa maison et à Dakar, au Sénégal, était son lieu de vacances favori. Bien que Fredericks a quitté son pays de mère, elle n’a jamais quitté ses racines.

mylene-farmer-tour-89-

Ancré dans les traditions musicales fertiles de ses parents, luttant professionnels des Carolines et les Antilles, elle est apparue comme un chanteur puissant qui tisse les fils passionnés de blues, jazz, gospel et R & B dans une tapisserie à la française

Carole est arrivée en France avec l’espoir de poursuivre une carrière de chanteuse en Janvier 1979. Elle ne connaissait personne. Dans une rencontre fortuite, Carole a rencontré le propriétaire de La Belle Hélène à l’aéroport.

« Il a appelé ses amis et je me suis retrouvé à travailler presque immédiatement. Je commençais à chanter partout. Il était à peine trois semaines après mon arrivée que je a été signé avec Carla Musique d’enregistrer un album disco intitulé Black Orchid . « 

L’un des auteurs-compositeurs pour Black Orchid est une autre chanteuse américaine, Ann Calvert. Grâce à Calvert, Fredericks a rencontré Baltimore natif Yvonne Jones. Ensemble, ils forment un trio de choristes qui étaient en demande par les plus grands artistes d’enregistrement - Dalida , Johnny Hallyday , Hugues Aufray , Carlos et Sylvie Vartan .

Fredericks était déterminé à apprendre le français le plus rapidement possible. Comme sa maîtrise de la langue améliorée, engagements étendus du studio à la scène. En 1985, Fredericks gagnait un salaire confortable en tant que chanteur et en donnant des concerts avecLaurent Voulzy , Michel Berger , France Gall et Eddy Mitchell . En 1981, elle a été choriste pour Jean-Claude Pascal sur le Luxembourge ntrée au concours de l’Eurovision , à égalité au onzième place.

1985 En 1985, Carole a été présenté dans le Gilbert Bécaud spectaculaire. Plus tard cette année, elle part en tournée en Scandinavie avec Mireille Mathieu . Elle a été coulée dans Je vous aime par Claude Berri et Roman Polanski s ‘ Pirates opposés Walter Matthau . D’autres rôles de films suivies.

1986 la détermination de Fredericks à maîtriser la langue française a grandement contribué à son succès. Non seulement la langue viennent facilement à elle, elle a compris ses nuances qui lui a permis de chanter en français comme si elle était sa première langue. En maintenant Fredericks chantait avec les principaux artistes francophones - Johnny Hallyday , Mylène Farmer , François Feldman , Patricia Kaas , Julien Clerc , et Liane Foly .

Sa réputation en tant que chanteur doué disposé à prêter son talent musical à l’appui d’un autre artiste et les compétences bilingues désireux apporté son nom à l’attention du compositeur de la musique pop Jean-Jacques Goldman .

Populaire en France et en Europe depuis plus de deux décennies, Carole Fredericks était relativement inconnu aux États-Unis. Au cours des dix dernières années, ses frères et sœurs survivants avec l’aide d’éducateurs français ont fait prendre conscience de sa carrière en utilisant la musique de Carole pour enseigner la langue française.

En mai 2002, un an après sa mort, la famille Fredericks (Connie Fredericks-Malone et ses frères, le blues icône, Taj Mahal, Edward Fredericks, Richard Fredericks et Osborne Williams) a établi CDF Musique Legacy, LLC , une entreprise familiale dédiée à la préservation de leur L’héritage de soeur défunte. CDF Musique héritage obtenu les droits mondiaux à l’ensemble des enregistrements en solo Carole Fredericks en France.

En 2003, CDF Musique héritage fixé la permission de créer des matériaux d’enseignement du français qui utilisaient le catalogue de Mme Fredericks de la musique, y compris les chansons enregistrées avec le groupe, Fredericks Goldman Jones . En hommage à sa mémoire, biographie, chansons et musique et clips de Carole Fredericks ont été transformés en livres d’activités que formellement combinés de la musique populaire française et de la méthodologie de l’enseignement. Tant Qu’Elle Chante, Elle Vit! Apprendre le français Grâce à l’héritage de Carole Fredericks a été introduit pour les éducateurs à l’ Association américaine des professeurs de français conférence en Martinique.

En 2004 ses albums solo, Springfield et Couleurs et parfums étaient disponibles pour la première fois aux États-Unis. Plus tard cette même année, CDF Musique hérités uni leurs forces avec les services éducatifs Tralco (Hamilton, Ontario, Canada) pour développer une deuxième activité livre basé sur l’album de langue française de Fredericks. En 2005 Couleurs et parfums: Apprendre le français Grâce à l’héritage de Carole Fredericks a été dévoilé au Québec, au Canada, à l’Association américaine des professeurs de français Conférence.

Carole-Fredericks1À compter d’aujourd’hui, à la fois Tant Qu’Elle Chante, Elle Vit! et Couleurs et parfums Livres d’activité sont utilisés par les professeurs de français dans plus de 2000 écoles K-12 et 65 collèges et universités à travers les États-Unis, le Canada et d’aussi loin que Singapour.

Le 18 Août 2006, la famille et une équipe d’éducateurs de langue française ont établi la Fondation Carole D. Fredericks, Inc. , un but non lucratif 501 (c) (3) organisme de bienfaisance voué à la promotion de l’étude du français comme langue seconde, la étude des cultures francophones et de la préservation de l’héritage musical Carole Fredericks. La Fondation publie les livres d’activités, et développe des méthodes connexes qui emploient sa musique.

Toujours en 2006, la vie et la contribution à l’étude du français Carole Fredericks ont été reconnus à titre posthume par la Conférence Nord-Est sur ​​l’enseignement des langues étrangères . Carole et Taj Mahal ont reçu le prix James W. avocat Dodge Memorial langue étrangère en reconnaissance de l’honneur qu’ils brillent sur ​​le vaste potentiel de la musique pour favoriser une véritable communication interculturelle et de maintenir les héritages culturels.

Jean-Jacques Goldman a écrit les commentaires suivants dans une note qui a été lu lors de la cérémonie NECTFL.

«Je suis particulièrement touché par ce prix décerné à notre ami Carole.

Carole est né fois aux États-Unis, la terre de ses parents, de son enfance, de sa préparation, de sa culture musicale. Elle est née une seconde fois en France, le pays de sa reconnaissance artistique, l’aime et les amis, de ses plaisirs, de sa maison. Pourtant, une troisième fois, elle est née au Sénégal, la terre de ses racines, de son cœur, peut-être l’endroit où elle se sentait mieux, la terre de son départ, ainsi.  »

Bien que Carole était profondément américaine, elle était le symbole du mélange des cultures qu’elle représentait dans la plus belle des manières: par sa voix, par le biais de la musique. Merci pour ce geste qui honore sa mémoire. Elle vit toujours en France, à travers ses chansons et dans de nombreux cœurs. Grâce à elle, il est l’Amérique que nous aimons « .

 

Publié dans Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaire »

SYSTÈME 21 reçoit MYLENE

Posté par francesca7 le 7 février 2016

 

 L’émission débute par un enchaînement de très brefs extraits de tubes de Mylène Farmer (« Sans Contrefaçon », « Pourvu qu’elles soient Douces », « Sans Logique », « Libertine », « Maman a Tort ») qui s’achève sur l’introduction de « L’Horloge ». L’heure tourne. Quatre ans d’absence. Mais cette fois, ça y est : Mylène revient avec un nouvel album.

Rencontre exceptionnelle avec l’artiste la plus énigmatique et la plus adulée du show­biz français.

1995-07-a

Disponible, attentive : c’est l’instant X !

Diffusion d’un jingle dans lequel Mylène invite les auditeurs à découvrir son nouvel album sur la station.

C’est vrai que vous donnez très, très peu d’interviews radio. C’est une des premières fois ? (ce site d’archives, même s’il ne saurait prétendre être exhaustif, permet d’apporter une réponse négative à cette question ! nda)

Mylène Farmer : C’est très, très peu d’interviews en général ! Peu de radio, peu de presse.

C’est la deuxième je crois, puisque je débute la promotion. (la promotion d’ « Anamorphosée » a en effet débuté par les médias belges, nda)

Vous n’aimez pas ?

MF : C’est un exercice difficile pour moi, donc je préfère le rendre rare. Votre tout nouvel album s’appelle « Anamorphosée ».

Ca signifie que Mylène Farmer a décidé de rompre un petit peu avec l’image qu’elle donnait, ou est­-ce que vous avez envie de la transformer ? Quelle métamorphose est en train de se produire ?

MF : C’est plus ma perception du monde qui a changé et qui s’est élargie, donc l’idée de l’anamorphose était pour le moyen de rassembler toutes ces idées, de les concentrer pour n’en faire plus qu’une. Voilà, ce pourrait être l’image autorisée de l’image réelle. Et puis, c’est un jeu de mot ! (sourire)

Vous avez enregistré cet album aux Etats­-Unis, à Los Angeles. C’était la première fois. C’est un passage obligé, les Etats­-Unis, pour un artiste confirmé ? D’où est partie cette envie d’aller travailler là­bas ?

MF : J’ai passé beaucoup de temps aux Etats­-Unis : neuf mois à Los Angeles, un mois à New York. C’est un pays que j’aime bien. L’idée de l’album là­-bas, il se trouve que j’étais là­-bas et que j’avais un besoin, moi, de liberté donc c’est pour ça que j’ai choisi ce pays et qu’il y a de bons studios. Maintenant, l’idée de l’Amérique pour faire un album en aucun cas n’est définie parce que l’Amérique. Il se trouve, une fois de plus, que j’étais là­-bas, donc c’était plus simple pour moi d’amener tout le monde là­-bas !

Qu’est­-ce qui vous plaît, aux Etats-­Unis ? Qu’est-­ce qui vous attire là­-bas qu’il y a pas ici ?

MF : Déjà, le fait que je ne sois pas connue, donc qui pour moi est ‘une grande liberté’, à savoir je peux vivre comme tout le monde. D’autre part, j’aime bien cette notion d’espace, de grandeur. Je préfère définitivement New York à Los Angeles. Aujourd’hui, je peux me l’avouer, en tout cas !

Pourtant, vous consacrez une chanson entière à la Californie !

MF : Oui, parce que c’était un passage qui était quand même important, et une fois de plus, vivre neuf mois dans un pays ou dans une ville, c’est un moment qui est important dans la vie, et c’était un moment important pour moi donc « California », cette chanson, est née effectivement de ce passage.

Diffusion de « California ».

Lorsqu’on écoute, j’ai noté « Rêver », « Comme j’ai Mal », « California » et « Laisse le Vent Emporter Tout », ça parle beaucoup de rupture. C’est un sujet qui vous préoccupe pour l’instant, qui vous inspire particulièrement pour écrire des chansons, des textes ?

MF : Moi j’y vois dans la notion de rupture plus pas quelque chose, pas une notion négative mais au contraire, là encore, je parlerais de passage. C’est plus peut­-être parler d’un niveau de conscience, en tout cas l’esprit qui s’échappe donc, en ce sens c’est probablement une rupture.

Donc peut-­être n’y voyons-­nous pas la même lecture, dans le fond ! Après, ça, c’est quelque chose qui vous appartient puisque ça ne m’appartient pas… La rupture, c’est peut-être un nouveau départ, aussi…

MF : J’y vois dans ce cas-­là effectivement, oui, quelque chose de porté vers le haut, l’esprit qui s’échappe, une fois de plus. Donc oui, c’est une rupture.

Diffusion de brefs passages de « Laisse le Vent Emporter Tout », « Rêver », « Eaunanisme », « Mylène s’en fout », « California ».

1995-07-c

Pour la première fois, vous enregistrez un album aux Etats­-Unis, vous êtes photographiée sur la pochette de l’album par Herb Ritts et pas par Marianne Rosenstiehl qui d’habitude travaille avec vous, je crois, vous avez un nouveau manager (Thierry Suc occupe cette fonction depuis déjà presque cinq ans au moment de cet entretien, pourtant, nda), vous avez un nouveau clip, « XXL », qui a été filmé par Marcus Nispel, si je ne me trompe pas : ça fait pas mal de changements aussi, de ruptures avec le passé. Vous avez décidé de tourner une page par rapport aux gens avec lesquels vous étiez habituée de travailler ?

MF : Je pense pas que ça se… C’est pas quelque chose qui a été défini de cette façon-­là, décidé. Il s’est trouvé donc que ce passage à Los Angeles a provoqué d’autres choses en moi. Par exemple, pour parler du clip, j’ai quand même travaillé dix ans avec Laurent Boutonnat et je pense qu’il était intéressant que d’avoir un autre regard sur moi. Quant à cette volonté que de travailler avec un autre photographe, ça, ça fait appel à la même chose : cette envie que d’avoir un nouveau regard. Maintenant, parler de métamorphose radicale : non, bien sûr que non, si ce n’est qu’on apprend tous les jours et que la vie fait que ou vous changez, ou une fois de plus vous apprenez des choses et cette vie va vous diriger vers d’autres choses, d’autres envies, d’autres pensées. Une fois de plus, en parlant de ce photographe, je savais que lui pouvait m’amener, non pas dans mon univers mais en tout cas photographiquement, amener quelque chose qui était propre à lui et peu t -­être enrichir le mien.

En parlant de changement, justement, on vous sent ­ enfin, c’est une impression toujours personnelle ­ plus préoccupée qu’auparavant des problèmes de société, de la vie qui nous entoure, des problèmes de chacun…

MF : Sans doute. Sans doute, puisque ma vraie préoccupation est dans le fond mon passage et notre passage dans le monde, enfin notre vie terrestre donc c’est vrai que fatalement, on regarde l’autre avec un peu plus d’attention. Auparavant, il me semble que c’était plus axé sur vous.

Là, j’ai l’impression que vous regardez tout à coup plus vers l’autre…

MF : Oui, probablement. Probablement. Mais j’ai toujours regardé l’autre, j’ai toujours été sensible à la sensibilité de l’autre, maintenant c’est vrai que c’est peut­-être moins concentré sur moi.

Peut-­être d’avoir décidé tout simplement d’accepter de vivre, et cette acceptation vous ouvre des portes énormes et vous ouvre très certainement, en tout cas vous acceptez le regard de l’autre et vous acceptez de porter le regard sur l’autre. C’est une certaine maturité…

MF : Très certainement. En tout cas, je ne dirais pas que c’est agréable mais c’est vrai que c’était important pour moi, en tout cas, que ça arrive. (sourire)

Diffusion de « Rêver ».

C’est un album où émerge plusieurs paradoxes : vous parlez d’amour mais à la fois de séparation, vous parlez d’envie de vie et à la fois toujours de cette attirance un petit peu morbide. C’est quelque chose que vous gérez bien, d’être attirée par des extrêmes, comme ça ?

MF : Je vais dire une énorme banalité, probablement mais la mort fait partie de la vie, donc c’est vrai que est-ce que j’ai apprivoisé la mort ou est­-ce que la mort m’a apprivoisée : je ne sais pas bien, si ce n’est que être attirée par les mêmes choses, moi j’appelle pas ça de la morbidité mais simplement un intérêt, en tout cas une interrogation quant à la mort. Maintenant, la vie ­ comme je l’ai dit auparavant­ je tente de l’accepter et de l’apprivoiser.

C’est quelque chose qui vous préoccupe au quotidien ?

MF : Je vis au quotidien de la même façon que vous vivez, donc bien sûr que c’est une préoccupation !

Oui, mais tous les jours vous vous posez une question par rapport à la mort ? C’est quelque chose qui est là, qui est latent, qui vous travaille ?

MF : Dans la mesure où j’ai à la fois, oui, une vraie question que je me pose, des livres qui m’accompagnent qui parlent de ça. J’ai découvert ­ je vais essayer d’être un petit peu plus précise ­ un livre qui je pense m’a beaucoup aidée et qui est très, très intéressant, qui s’appelle « Le livre tibétain de la vie et de la mort » et qui parle justement de cette acceptation de la mort et qui vous parle de la vie comme jamais on n’en a parlé, en tout cas moi c’est mon sentiment.

Vous êtes partie en Inde. Ca a un rapport direct avec ça ?

MF : Non, parce que mon passage en Inde c’était juste un voyage éclair (à l’été 1989, nda), à savoir que quelquefois on a des urgences, il faut absolument partir, donc j’avais choisi l’Inde parce que…je ne sais pas ! Je n’ai pas, non, ressenti grand­-chose en Inde. Maintenant, je sais qu’aujourd’hui, si j’y retournais, je sais que ça serait tout à fait différent. Donc l’Inde, a priori en tout cas sur ce premier voyage, n’a été en aucun cas dirigé par telle ou telle pensée.

Diffusion de « Vertige ».

Est-­ce que vous êtes consciente que sur ce nouvel album ­ certainement, vous l’êtes ­ votre voix a changé ?

MF : Oui, je le suis parce qu’on me l’a dit beaucoup, et puis c’est vrai qu’en studio on s’en rend compte aussi quand on chante.

Certains morceaux sont plus rock qu’auparavant. Vous vous sentez plus rock’n’roll qu’il y a quelques années ?

MF : Non !! (rires) Non, non, non. Simplement faire appel à des instruments lives, ça donne toujours cette connotation rock’n’roll mais en aucun cas ce n’est ma revendication. Non, j’avais réellement le souhait que de travailler, d’avoir des guitares, avoir une batterie live, une basse donc toutes ces choses font que le climat est un peu différent, mais en aucun cas une revendication, non.

Vous écoutez quoi en ce moment, comme musique ?

MF : J’écoute beaucoup Bob Marley, je me suis racheté « Hotel California » (des Eagles, nda), j’ai découvert ­ comme tout le monde, je pense ­ (Alanis) Morissette, que j’aime bien, « Harvest », Neil Young donc, que j’aime vraiment, vraiment beaucoup et je m’aperçois de plus en plus que, indépendamment de l’aspect musical, c’est la voix et la particularité d’une voix qui me touche énormément et c’est vrai qu’entre Neil Young et Bob Marley, ce sont des voix qui sont tellement…qui viennent d’ailleurs !

Diffusion de brefs passages de « Tomber 7 fois… », « L’Instant X », « Vertige », « Comme j’ai Mal » et « XXL », puis de « L’Instant X » cette fois en entier.

Quels souvenirs gardez­-vous de cette grande tournée que vous avez fait il y a six ans, maintenant ?

MF : Oui. Un grand souvenir. Je me souviens du public belge très, très bien. Je l’ai réellement en mémoire. Je sais pas…Un moment qu’on a une fois dans sa vie, parce que je crois que la première fois est la première fois. Si je dois refaire une scène, je ressentirai des choses différentes mais c’est de la même façon que quand on rencontre quelqu’un, la première fois, la première nuit, le premier moment est quelque chose d’absolument magique et qu’on ne peut pas vous enlever, donc c’est quelque chose d’assez étonnant.

Il faut être deux à un rendez­-vous, et là en l’occurrence le public était là, nombreux…

1995-07-dMF : J’ai beaucoup de chance, je le sais. Beaucoup, beaucoup de chance. J’ai eu beaucoup de monde mais ce qu’il y a de plus important, toute cette masse finit par ne faire plus qu’un aussi, donc c’était une attention qui était… Oui, c’est un beau cadeau de la vie, ça !

Quand pourra-­t-­on vous revoir sur une scène en Belgique ?

MF : Je n’ai pas la réponse moi-­même. Je préfère dire que je ne sais pas, parce que je pense que je ne sais pas, dans le fond ! Je ne sais pas…

Diffusion de la fin de « Je voudrais tant que tu comprennes » qui s’enchaîne avec « Eaunanisme » pour clore l’émission.

ISSU de RADIO 21 (Belgique) 21 OCTOBRE 1995

Publié dans Mylène 1995 - 1996, Mylène AU FIL DES MOTS, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

La romance de la renarde

Posté par francesca7 le 7 février 2016

1995-02-a

Entretien avec Anne-­Marie PAQUOTTE

A propos du titre de l’album, « Anamorphosée » : ­

Pour moi, ce mot exprime à la fois une perception plus large du monde et un moyen de rassembler toutes ces impressions, toutes ces sensations dans une seule image.

A propos des guitares, omniprésentes dans le nouvel album : ­

 Ce sont elles ici qui portent la violence, plus que les mots. ‘Violence’ n’est pas le mot juste : c’est plutôt d’énergie qu’il s’agit.

A propos du fait qu’elle a les bras grands ouverts dans le clip « XXL » :

­ Moi qui avais plutôt tendance à les fermer ! A propos de son goût pour la provocation : ­ Dans la vie comme en littérature, j’aime les personnages provocants. Ils sont le contraire de la tiédeur.

A propos du ton radicalement moins pessimiste de ce nouvel album : ­

C’est plus difficile de parler d’espérance que de partager le dégoût.

A propos du fait que le public pourrait ne plus la suivre : ­

Ma vie ne se résume pas à une chanson !

TÉLÉRAMA 28 OCTOBRE 1995

 

Publié dans Mylène 1995 - 1996, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

Mylène : L’Alchimiste Entretien avec Thierry COLJON

Posté par francesca7 le 4 février 2016

1995-01-bAvant d’accepter de nous rencontrer, vous avez demandé à lire l’interview que vous nous avez accordée il y a six ans. (cf. « Le Soir » 12.10.1989, nda) Pourquoi ? ­

MF : Ca ne vient pas de moi, mais sûrement d’une personne qui travaille pour moi. Je ne peux donc pas vous répondre. Il y a trois ans, vous aviez refusé de nous rencontrer, ainsi qu’un confrère, parce que paraît-­il vous n’aviez pas apprécie nos comptes-­rendus du concert à Forest National.

 Aujourd’hui, vous voulez bien. Pourquoi ?

(Thierry Coljon fait allusion à une campagne menée par lui­-même et Rudy Léonet suite au refus de la chanteuse de se faire photographier sur scène pour dénoncer cette attitude, quoique commune à beaucoup d’artistes. En parallèle à cet entretien accordé par Mylène à Thierry Coljon, Rudy Léonet publiait une lettre ouverte à la star dans Télé Moustique pour une fois encore critiquer sa méthode de communication au titre qu’elle avait refusé qu’il participe à cette interview. Cette campagne a continué par la suite, toujours menée par ces deux journalistes, jusqu’à aujourd’hui encore sur le Tour 2009, nda.) ­

MF : J’ai cette faculté d’oublier le passé, à savoir des choses que je ne juge pas essentielles de retenir. En ce sens, je ne peux une fois de plus pas formuler de réponse. C’est le moment présent qui est important, c’est tout ce que je peux dire. Je n’ai donc rien à dire là­-dessus car je n’en ai pas le souvenir. Je ne peux pas être plus sincère que ça.

Venons-­en donc dans le vif du sujet : ce nouvel album mettant fin à un long silence entrecoupé d’un film, « Giorgino », qui a été un échec… ­ Un film qui a été un peu la nature de ce silence, tout de même, car celui qui a réalisé ce long-­métrage est aussi mon compositeur.

MF : L’échec a été plus difficile à vivre pour Laurent que pour moi puisqu’il est l’initiateur et le créateur de « Giorgino ». Moi, je n’ai retenu que l’expérience agréable du tournage. Après, on se dépossède de la chose. D’autre part, j’ai toujours en moi l’idée de l’échec. L’échec de « Giorgino » a été désagréable évidemment, mais de là à dire que ça a ruiné ma vie : en aucun cas. Si ce nouvel album ne doit pas marcher, j’en serai attristée ­ c’est normal ­ mais je ne suis pas attachée à cela. Je dédramatise les choses, c’est assez nouveau pour moi.

Si un disque ne marche pas, est-­ce que ça veut vraiment dire que vous n’êtes plus aimée ou simplement que ce n’était pas le bon moment ?

MF : C’est ce que j’ai essayé de décrire dans « L’Instant X », par exemple, où il y a toute cette concentration d’éléments qui font que quelque chose va ou ne va pas naître. Et puis, j’ai toujours pensé que si je devais m’effacer, je m’effacerais. C’est de la pudeur plus qu’autre chose.

 1995-01-c

Dans quelle mesure « Anamorphosée » découle­t­-il de « Giorgino » ? ­

MF :  Dès la sortie du film, moi, je suis partie aux Etats­-Unis et je suis restée là-­bas neuf mois. J’ai eu une coupure avec le monde d’avant. L’idée de prendre ses bagages, de n’avoir aucune racine, c’est assez nouveau pour moi. C’est la première fois, depuis les dix ans que je travaille, que j’ai ressenti ce sentiment de liberté, de vivre réellement. Vivre à Paris, ça me devenait insupportable ­ même si on est responsable de ça : il arrive un moment où on s’enferme dans ses propres névroses, ses propres angoisses.  Je finissais par m’enfermer et perdre quelque chose de fondamental : le succès vous isole, donc ça s’était accentué.

Vous êtes­-vous sentie à un moment agressée ? ­

MF : En aucun cas. La pression venait de l’intérieur, de mon regard sur l’autre. Etant de nature plutôt discrète, ou mystérieuse si vous préférez, je suis beaucoup moins exposée à une certaine presse, peut­-être aussi parce que j’évite de me mettre les seins nus au bord d’une piscine. Mais je ne fais pas de procès des artistes qui le font, les procédés de ces journaux à paparazzi sont de toute façon détestables. Ces gens-­là me poursuivent tout de même, plus facilement à Los Angeles qu’à Paris, parce qu’il y a l’exotisme. A Los Angeles, j’ai adopté un tout autre art de vivre. Je me déplace : bizarrement, je conduis là­-bas, mais pas ici. J’avais besoin de tourner la page. Si on a réalisé l’album là­-bas, c’est uniquement parce que j’y étais déjà. Laurent m’y a rejoint. En découvrant les photos signées Herb Ritts, la tentation est grande de faire un rapprochement avec Madonna.

Si on vous appelle la Madonna française, prenez­-vous cela pour un compliment ou une insulte ? ­

MF : Je pense d’abord qu’elle est une artiste courageuse et de grand talent, que je n’ai jamais rencontrée mais je crois qu’elle me connaît ­ c’est du moins ce qu’on m’a dit. Toutes les deux on a certainement en nous ce goût pour la provocation, d’évoquer des non-­dits et peut-­être cet intérêt pour l’image. Apparemment, c’est aussi une grande bosseuse et c’est vrai que j’aime assez le travail. Dans l’ensemble, les textes de cet album-­ci sont plus pudiques, moins provocateurs justement.

Vous y êtes plus allusive… ­

MF : Je crois que c’est une question de temps qui passe et d’un être qui change, en mouvement constant. Des choses fondamentales qui ont changé dans ma vie et ont engendré ces idées­-là. Je ne pense pas que ça soit une notion de pudeur mais d’un intérêt qui est autre, tout simplement.

LE SOIR (Belgique) 25 OCTOBRE 1995 

Publié dans Mylène 1995 - 1996, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

Mylène DONNE SON AVIS SUR LE MARIAGE GAY

Posté par francesca7 le 4 février 2016

A Mylène

Invi­tée du JT de 20h dimanche soir en 2013, Mylène Farmer s’est expri­mée au sujet du mariage gay. Elle se dit favo­rable à cette union sans toute­fois accep­ter d’être porte-drapeau d’une commu­nauté.

La grande prêtresse de la commu­ni­ca­tion maîtri­sée n’al­lait certai­ne­ment pas s’en­ga­ger si direc­te­ment. Mylène Farmer, dont la force est juste­ment de se faire rare, a accordé une inter­view exclu­sive à Claire Chazal dimanche soir. Sur le plateau de TF1, la chan­teuse parais­sait parti­cu­liè­re­ment à l’aise, même si ce genre d’exer­cice relève de l’ex­tra­or­di­naire pour elle. Mylène Farmer est venue présen­ter son neuvième album Monkey memais aussi, parler d’elle.


Pour Claire Chazal, impos­sible de ne pas faire de lien entre le statut de la chan­teuse et l’ac­tua­lité. Depuis des années, Mylène Farmer s’est impo­sée dans le cœur de beau­coup d’ho­mo­sexuels comme une icône. A l’heure où la France s’in­ter­roge sur le mariage pour tous, la présen­ta­trice de la grande messe du 20h a donc cher­ché à savoir si son invi­tée était prête à s’en­ga­ger. Pour l’in­ter­prète de Oui mais non il n’est pas ques­tion «d’être un porte-parole». Cepen­dant pour Mylène Farmer le débat autour du mariage gay est «éton­nant puisqu’il s’agit tout simple­ment d’une ques­tion d’éga­lité entre hommes et femmes». La flam­boyante inter­prète ne veut pas s’en­ga­ger mais «ne voit pas pourquoi s’y oppo­ser», en tout cas de son point de vue.

source originale : http://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/mylene_farmer_s_engage_mais_pas_trop_276341

Publié dans Mylène 2013 - 2014, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Je suis FAN de Mylène

Posté par francesca7 le 31 janvier 2016

A Mylène patchork

 

En 2012, l’élu socialiste Jean-Jacques Urvoas confiait être un fan inconditionnel de Mylène Farmer. Nommé ministre de la Justice, le successeur de Christiane Taubira fait aujourd’hui les frais de ses anciennes déclarations…

Retenez bien son nom. Jean-Jacques Urvoas vient d’être nommé ministre de la Justice en lieu et place de Christiane Taubira, qui a remis ce matin sa démission à François Hollande. Peu connu du grand public, cet homme politique de 56 ans est député du Finistère depuis 2007. « Authentiquement de gauche, il a adhéré au Parti socialiste en 1977 à l’âge de 18 ans. Urvoas est un grand professionnel du droit et ne traîne pas derrière lui une réputation de laxisme », nous apprend encore un article du site du Figaro.

Autre trait de caractéristique important du nouveau garde des Sceaux : il est fan… de Mylène Farmer. C’est Jean-Jacques Urvoas lui-même qui se confiait sur sa passion pour la chanteuse dans les colonnes de Ouest France en décembre 2012 à l’occasion de la sortie de son dernier album (celui de Mylène Farmer, pas le sien),Monkey Me. « Ce que j’aime chez elle, c’est son professionnalisme. Elle ne lésine sur rien. Elle contrôle tout, de A à Z, et elle s’occupe de tout. Il n’y a pas d’amateurisme dans ce qu’elle fait. Quand on paie pour aller la voir, on en a pour notre argent », s’enthousiasmait alors l’élu, ajoutant être fan de l’interprète de Sans Contrefaçon depuis « une quinzaine d’années ». Tellement fan qu’il avouait avoir téléchargé dès « 7 heures du matin » le jour de sa sortie le nouveau titre de son idole, dont il avait même fait sa sonnerie de téléphone portable…

Les confessions étonnantes du nouveau ministre sont rapidement réapparues sur Twitter ce matin à la suite de sa nomination place Vendôme. Et inutile de dire que les internautes ne lui ont pas fait de cadeau !

On peut être un député sérieux, reconnu pour cela, être président de la très respectée commission des lois de l’Assemblée nationale et être fan inconditionnel de… Mylène Farmer.

Pour rien au monde, Jean-Jacques Urvoas n’aurait manqué la sortie du nouvel album de son artiste préféré, hier. Mylène Farmer va faire le buzz avant Noël. Est sorti dans les bacs ce lundiMonkey me, le neuvième opus de la star de 51 ans qui, comme toujours, a cultivé le mystère.

Professionnalisme

« J’ai attendu 7 h du matin, hier, pour télécharger légalement sur iTunes le premier titre de l’album, À l’ombre. Jusqu’à aujourd’hui, la sonnerie de mon portable, c’était David Guetta. Désormais, c’est Mylène Farmer », raconte le parlementaire.

D’où vient cette passion pour la chanteuse française ? « Cela remonte à une quinzaine d’années. Ce que j’aime chez elle, c’est son professionnalisme. Elle ne lésine sur rien. Elle contrôle tout, de A à Z, et elle s’occupe de tout. Il n’y a pas d’amateurisme dans ce qu’elle fait. Quand on paie pour aller la voir, on en a pour notre argent. »

Jean-Jacques Urvoas indique qu’il n’a jamais rencontré Mylène Farmer. Il n’attend cependant pas d’invitation privilégiée de la part de l’artiste… « J’irai à son prochain concert à Paris. Car c’est sur scène qu’on l’apprécie le mieux. Ses spectacles sont très visuels. »

source http://www.closermag.fr/

Publié dans Mylène dans la PRESSE | Pas de Commentaire »

Mylène est une Charlie, titrait Gala

Posté par francesca7 le 28 janvier 2016

 

Par le biais d’un dessin signé de son nom et diffusé sur le compte insta­gram de sa maison de disque, l’ange roux de la chan­son française a décidé de prendre parti contre la barba­rie.

image4

Ses fans ont reconnu son joli coup de crayon. A défaut de prendre la parole dans une vidéo comme Johnny Hally­day, la discrète Mylène Farmer a fait diffu­ser sur le compte insta­gram de Poly­dor, sa maison de disque, un dessin repré­sen­tant Lonely Lisa, son person­nage fétiche et son lien silen­cieux avec le public, tendant à bout de bras une pancarte « Je suis Char­lie ». La signa­ture de la star figure au pied de son drôle d’alter ego, qu’elle avait déjà esquissé sur une pleine page du quoti­dien Libé­ra­tion pour remer­cier ses fans de leur fidé­lité, en mars dernier.

Une façon pour la chan­teuse de mani­fes­ter son profond dégoût pour les actes barbares qui ont frappé la rédac­tion de Char­lie Hebdo et de rendre hommage à ses dessi­na­teurs assas­si­nés (parmi lesquels Cabu et Georges Wolinski), alors qu’elle ne manque jamais de chan­ter sur scène, depuis la fin des années quatre-vingt dix, ces quelques mots: « j’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer/ au souffle du vent/ s’élevait l’âme, l’huma­nité/ son manteau de sang/ j’irais cracher sur vos tombeaux/ n’est pas le vrai, n’est pas le beau/ j’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer » (chan­son Rêver).

Pour la star, idolâ­trée parfois jusqu’à l’excès, contre son gré, les évène­ments du 7 janvier ne sont pas sans réveiller le trau­ma­tisme de la fusillade d’un stan­dar­diste de Poly­dor par un de ses fans, déséqui­li­bré, au début des années quatre-vingt dix.

Mélan­geant sexe et reli­gion dans ses textes et ses clips, la chan­teuse a toujours farou­che­ment défendu la liberté d’expres­sion d’un artiste. Quitte à être elle-même victime de la censure.

Répu­tée agnos­tique, mais tout aussi oppo­sée aux anathèmes et aux amal­games, l’inter­prète de Ainsi soit-je n’hésita pas à enton­ner sur la scène du Palais Omni­sports de Paris Bercy une reprise de La Poupée qui fait non avec l’artiste Khaled, en 1996, après la montée du FN aux élec­tions muni­ci­pales de 1995.

Atta­chée à la liberté de conscience, elle compte égale­ment parmi les plus fidèles amies de l’écri­vain Salman Rush­die, auteur des sulfu­reux Versets Sata­niques, capable de lui rendre visite à Londres alors qu’il était encore sous le coup d’une fatwa.

Source originale : http://www.gala.fr 

Publié dans Mylène 2015 - 2016, Mylène Autrement, Mylène dans la PRESSE | Pas de Commentaire »

Les apparitions publiques de Mylène F.

Posté par francesca7 le 28 janvier 2016

 

À l’oc­ca­sion de la sortie d’un livre de photo­gra­phies entiè­re­ment centré sur elle, Mylène Farmer s’est prêtée aux monda­ni­tés pari­siennes en assis­tant au vernis­sage d’une expo­si­tion desdits clichés signés Sylvie Lancre­non.

téléchargement

Les appa­ri­tions publiques de Mylène Farmer sont très très rares. Hormis ses tour­nées, impos­sible de croi­ser l’ange roux. Le 4 juin dernier, pour­tant, la chan­teuse a montré le bout de son nez en se rendant au vernis­sage de Fragile by Sylvie Lancre­non, à la gale­rie Acte 2 rive gauche. Modèle unique de la photo­graphe pour cette expo­si­tion (dont un livre éponyme est sorti mi-mai), Mylène Farmer a débarqué, une cheville dans le plâtre et son berger suisse blanc en laisse. Étaient présents lors de l’évé­ne­ment l’écri­vain Natha­lie Rheims, le coif­feur John Nollet, le coutu­rier Jean-Paul Gaul­tier (qui avait symbo­lique­ment demandé la main de la chan­teuse en 2011) ainsi que le roi du polar Jean-Chris­tophe Grangé.

Après un bref passage devant les photo­gra­phies, habillée d’un simple t-shirt blanc, l’in­ter­prète de Sans contre­façon s’est posée quelques minutes avec ses proches dans la courette de la gale­rie avant de repar­tir furti­ve­ment.

http://www.voici.fr 

Publié dans Mylène dans la PRESSE | Pas de Commentaire »

Mylène FRAGILE, et l’expo.

Posté par francesca7 le 28 janvier 2016

 

Ensemble, elles ont élaboré Fragile     , ouvrage de quatre-vingt dix clichés inédits de la star, paru le 15 mai dernier. La photo­graphe Sylvie Lancre­non rêvait de repro­duire et d’affi­cher ces photos au format XXL. C’est, depuis quelques jours, chose faite à la gale­rie pari­sienne Acte2. Et c’est tout natu­rel­le­ment que la chan­teuse Mylène Farmer, pour­tant si peu mondaine, a récem­ment assisté au vernis­sage de l’expo­si­tion. Récit d’une appa­ri­tion…

mylènearticle_769

« Trois p’tit tours et silence/ C’est ça qui m’af­fecte/ Quand on m’aime, je danse/ Quand on veut, j’ap­pa­rais », préve­nait-elle dans sa chan­son L’his­toire d’une fée, c’est…, en 2001. Alors que l’air pari­sien explo­sait le ther­mo­mètre, il faut croire que le désir était lui aussi porté à incan­des­cence, le 4 juin dernier !

D’or­di­naire rétive aux monda­ni­tés, la très discrète Mylène Farmer est en effet appa­rue au vernis­sage de l’ex­po­si­tion Fragile, mise en scène aux formats 26×40 cm, 53×80 cm et 120×80 cm de clichés de la star pris par Sylvie Lancre­non pour un livre éponyme paru aux éditions Anne Carrière.

Aussi furtive que le songe d’une nuit d’été malgré une cheville plâtrée, la star s’est présen­tée, avec sa chienne Liloup, à la gale­rie Acte2, lieu de l’ex­po­si­tion jusqu’au 31 juillet, avant l’ar­ri­vée de la plupart des autres invi­tés conviés à 19 heures. Dans son sillage : le produc­teur et direc­teur artis­tique Anthony Souchet et l’écri­vain Natha­lie Rheims, deux confi­dents avec lesquels elle s’en­tre­tient tous les jours, mais aussi Chris­tophe Danchaud, le choré­graphe de ses concerts, John Nollet, son coif­feur à l’œuvre sur le shoo­ting de Fragile, Jean Paul Gaul­tier, son coutu­rier fétiche, François Hanss, le réali­sa­teur du film de sa tour­née Time­less 2013, Jean-Chris­tophe Grangé, auteur de thril­lers, et Stéphane Célé­rier, p-dg de la société Mars Films à qui l’on doit La Famille Bélier.

Cheveux lâchés, vêtue d’un simple t-shirt blanc et souriante, « l’ange roux » a fait le tour de la gale­rie Acte2, ancienne chapelle du quar­tier de Saint-Germain-des-Prés, sans trop s’at­tar­der- modes­tie et pudeur obligent – devant les clichés de son amie Sylvie Lancre­non, propo­sés à la vente entre 2000 et 8000 euros. Pratiquant l’esquive, cepen­dant moins farouche que soucieuse de lais­ser les clichés de la photo­graphe exis­ter par eux-mêmes, l’icône a, par la suite, rejoint la courette de la gale­rie avec ses amis et son sculp­tu­ral Berger suisse blanc… avant de dispa­raître, aussi discrè­te­ment qu’elle était arri­vée !

Mis en place à quelques 15 000 exem­plaires, Fragile, ouvrage de quatre-vingt dix clichés inédits de Mylène, est déjà en quasi rupture de stock, moins d’un mois après sa paru­tion. Une ré-édition est prévue pour la fin du mois de septembre.

Patience aux fans de la star dans l’at­tente d’un retour prolongé dans la lumière. Après le temps de la récréa­tion, le temps de la créa­tion serait de plus en plus concrè­te­ment envi­sa­gé… Mais chut ! « Faire un vœu ou bien deux/ Et puis fermer les yeux/ Je suis là/ Pour celui et pour ceux/ Qui n’ont pas froid aux yeux/ Qui croient en moi/ Faire un souhait pour de vrai/ Et puis croire au mystère/ Tout est là »… C’est Mylène, elle-même, qui l’a chanté.

Expo­si­tion Fragile by Sylvie Lancre­non, jusqu’au 31 juillet, chez Acte2­ri­ve­gauche/La gale­rie d’en face, 7 rue Paul-Louis Courier, 75007 Paris.

source originale : http://www.gala.fr/ 

Publié dans Mylène 2015 - 2016, Mylène Autrement | Pas de Commentaire »

Mylène PARMI LES STARS 90

Posté par francesca7 le 20 janvier 2016

 

11 JANVIER 1993 Présenté par Michel DRUCKER TF1

Après avoir interprété « Que mon Cœur Lâche » accompagnée de deux danseuses, Mylène Farmer rejoint Michel Drucker, qui reçoit Alain Prost. Devant eux trône le disque de diamant décerné à Mylène pour un million d’exemplaires de son album « L’Autre… » vendus, qui prend la forme d’une grande pyramide en verre.

1993-02-b1993-02-a

Michel Drucker : En ce début d’année, on peut encore faire les bilans de l’année passée.

Je vous présente : Alain Prost, Mylène Farmer.

 Mylène Farmer : Bonsoir.

MD : Mylène Farmer qui était, avec ce disque de diamant une des grandes triomphatrices de l’année. Je voudrais revenir sur la chanson : le clip n’a pas été fait par votre cinéaste habituel, mais par Luc Besson.

MF : Oui.

MD : Ça a été difficile pour vous d’abandonner votre complice habituel pour vous confier à un autre metteur en scène, même si vous l’aimez bien, que vous le connaissez ?

 MF : Un petit peu difficile, mais je connais bien Luc Besson. Nous nous sommes rencontrés, il nous a invités en Arctique pour un très, très beau voyage (cf. « Stars 90 » le 09.09.1991), donc nous le connaissions bien, et puis c’est un très bon metteur en scène, donc c’était à la fois difficile et facile !

MD : Et c’était un changement. C’est un changement d’atmosphère par rapport à vos derniers clips…

MF : Oui, c’est vrai que nous avons des univers assez différents, et Luc, je crois, a su nous apporter une légèreté, et peut­être une dédramatisation par rapport au thème de la chanson.

MD : C’est une de vos dernières apparitions à la télévision comme interprète, comme chanteuse, puisque vous partez en Tchécoslovaquie pour tourner pendant plusieurs mois votre premier long métrage.

MF : Oui. (le départ de Mylène pour rejoindre le plateau de « Giorgino » est effectivement imminent, nda)

MD : Vous allez revenir à la chanson plus tard, vous ne savez pas ?

MF : Bien évidemment, oui ! Bien sûr ! (sourire)

MD : Vous voulez poser une question à Alain Prost ?

MF : Ecoutez, oui, je vais essayer…

MD : C’est un univers que vous ne connaissez pas, mais qui vous fascine quand même…

MF : Que je connais très peu, mais j’avoue que je suis capable de regarder des…

MD : Des Grands Prix de Formule 1.

MF : Des Grands Prix, oui, absolument. Je sais que M. Prost, et tous les coureurs automobiles, côtoient la mort et j’aurais voulu savoir : que représente­-t­-elle ?

MD : Que représente ce flirt permanent avec la mort ?

Alain Prost : En réalité, c’est la grande difficulté. On en parle très, très peu, mais malgré tout, sans être macabre, de temps en temps, vous laissez vos affaires dans la chambre le matin, et vous vous dites « Tiens, ce soir, on sait jamais, je vais peut­-être pas les retrouver ».

Et vous y pensez…

Avant de laisser partir Mylène, Michel Drucker présente des ouvrages sur les différents films de Luc Besson. Il offre celui de « Nikita » à la chanteuse, puis la salue, en lui souhaitant bonne chance pour son film.

Mylène le remercie, puis remercie le public. Elle reste assise, tandis que Drucker lance un autre sujet.

Publié dans Mylène 1989 - 1990, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

L’ingénue libertine Entretien avec Germain DOUSSOT

Posté par francesca7 le 20 janvier 2016

JOUR DE FRANCE 23 AVRIL 1988

1988-13-b

 A propos de sa personnalité : ­ Je suis un peu misanthrope. J’ai peur des gens…

A propos du titre de son nouvel album : ­ Dans « Ainsi Soit Je… », ce sont surtout les trois petits points qui importent !

A propos du fait qu’elle signe désormais tous ses textes : ­ C’est la découverte d’un plaisir qui libère des inhibitions. Faire des chansons ça vide momentanément. Je préfère ça à l’analyse. L’écriture, c’est difficile.

A propos de sa vision de l’enfance : ­ J’aime l’enfance, mais elle m’inquiète. La mienne est tellement sourde, étrange… Les enfants me font peur : leur innocence, leur cruauté me dérangent.

A propos de Zouc : ­ Elle est insaisissable, c’est une sorcière… Quand je l’ai vue au théâtre, les gens riaient sans cesse. J’avais envie de pleurer.

A propos de son rapport aux hommes : ­ Je suis le contraire de misogyne… Les hommes me mettent mal à l’aise. J’aime ceux qui ont gardé quelque chose de l’enfance dans les yeux.

A propos de son récent déménagement après avoir vécu près des Halles : ­ C’était horrible, tous ces gens qui venaient sonner à ma porte !

Publié dans Mylène 1987 - 1988, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

QUATERBACK MAI 1987 – avec Mylène

Posté par francesca7 le 16 janvier 2016

 

Entretien avec François TAURIAC

 1987-17Le contexte de cet entretien est à préciser avant d’en lire la retranscription : il s’agit d’un magazine sportif entièrement dédié au football américain qui propose donc une courte rencontre avec Mylène Farmer, au hasard d’une page…

L’interview est totalement incongrue puisque passées les questions d’usage sur son actualité, le journaliste s’entête à faire parler Mylène de sport…

Que représente la chanson dans ta vie ? ­

La chanson est pour moi ce que le sang est à Dracula : entendez par là que musique et chanson sont deux éléments indispensables dans mon existence. Je ne peux pas m’en passer.

En fait, la chanson est une sorte de Gardénal ? (médicament contre l’anxiété, nda) ­

 Vous n’avez qu’à téléphoner à Dracula, il ne manquera pas de vous expliquer ses sensations !

Quelle a été ta première rencontre avec le sport ? ­

L’équitation. J’en ai fait très tôt, mais lorsque j’ai commencé à grandir, j’ai dû arrêter. Mais dans tous mes clips, je fais du cheval !

Bon, si je te dis Quaterback ? ­

Ha oui, c’est une marque de biscuits d’apéritif ?!

Non, c’est un nouveau mensuel traitant du football américain. Au fait, que penses-­tu de ce sport ? ­

Si ça ne tenait qu’à moi, je mettrais moins d’épaulettes !

Tu connais les règles du jeu ?

 ­ Je n’y connais pas grand­-chose, mais je pense que tout est permis, sauf de taper en dessous de la ceinture…

Aimerais­-tu commenter un match ? ­

Non, j’aimerais plus que ça : je voudrais arbitrer une rencontre. De cette façon, je pourrais voir tout ce qui se passe, sans pour autant prendre part à cette fantastique bagarre !

Tes projets ? ­

Je viens d’achever le tournage du clip de mon dernier titre, « Tristana ». Laurent Boutonnat est en train de le monter en studio. D’autre part, je prépare mon deuxième album. S’il me reste un peu de temps, j’aimerais prendre des cours de football américain.

 Sans blague ! 

Publié dans Mylène 1987 - 1988, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

123456...103
 

linergeek |
give to eat by eating |
ecouteconseil |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hé ! lecteurs à Saint Marti...
| parlons-en!
| Je me SOUVIENS...