Mylène Farmer en Pinocchio

Posté par francesca7 le 2 avril 2014

Pinocchio

Lorsqu’il pense à réaliser Sans Contrefaçon, Laurent Boutonnat se trouve devant un choix. Soit donner sa vision du roman en faisant totalement abstraction de la diégese de Carlo Collodi, soit y entre fiel et en garder le rythme, les éléments et les thèmes. En se penchant sur Les Aventures de Pinocchio en rendant hommage à son concepteur original, Laurent Boutonnat a eu du nez…

 bannieresans

Le réalisateur semble avoir voulu s’extraire au maximum de l’œuvre originale. Mais, fidèle à sa grammaire et ses propres symboles, Laurent Boutonnat rend toujours à César ce qui est à César. Donc, si on se penche d’avantage sur son court-métrage, on peut voir dans les détails de décors, de script ou d’histoire de nombreuses références aux éléments décisifs de l’histoire du Pinocchio original. Chaque chapitre du livre trouve sa correspondance dans le film, même si cette retranscription des éléments du roman est adaptée, transposée non chronologiquement.

Il faut être imprégné du film, voir dans le fond du champ, dans les bords, dans tout ce qui donne au film son rythme, son univers et son atmosphère. Pinocchio est partout, et c’est dans ses « abords » qu’il se cache, donnant au film la splendeur fantastique du roman originale de Carlo Collodi. Nous trouverons donc les références au roman chapitre par chapitre, afin de trouver quelle structure Laurent Boutonnat à voulu apporter à son adaptation et avec quels éléments il a fait référence aux chapitres et aux séquences du livre dont il ne se servait pas.   

Nous pourrons aussi voir quels éléments il a transformé et nous en déduirons qu’il n’a pratiquement rien ajouté mais seulement transféré d’une scène à l’autre de l’histoire, la rendant différente (un peu comme Tristana, adaptation de Blanche-Neige et les sept nains de 1987, transposé pendant la révolution russe où Blanche-Neige ne répondait au baiser du « prince charmant » que par une phrase qui la situait pour l’éternité, par la grâce de l’amour du « prince », entre la vie et la mort…

  

Chapitre 1 :             Au début de l’histoire, on situe l’action autour de maître Cerise qui trouve un morceau de bois qui « pleure et rie comme un enfant ». On se rapporte ici à l’ouverture même de Sans Contrefaçon où la marionnette se tourne vers le public pour dire sa phrase d’une voix enfantine « Dis maman… pourquoi je suis pas un garçon ? ». La matière de la marionnette est d’ailleurs indéfinissable, peut-être bois, peut-être cire… La main du marionnettiste est à déjà à l’intérieur de la marionnette, et le coup de projecteur sur sa figure relate le moment où maître Cerise (qui pourrait être présent dans le public par exemple) trouve cet étrange morceau de bois qui ne ressemble encore à rien.  

 

sans28Chapitre 2 :            Ce chapitre relate essentiellement l’offre du bois de maître Cerise à Gepetto qui l’emporte chez lui pour se fabriquer un pantin merveilleux capable de danser, de faire de l’escrime et des sauts périlleux. On retrouve ici la toile de fond du film qui est celle de la bohème, du spectacle itinérant. On se réfère immédiatement à cette image de la marionnette seule en scène, face à un public invisible. On revoit aussi cette ballerine du cirque noir des collines ventées. Tout cela se rapporte à ce à quoi était destinée à priori la marionnette.

Chapitre 4 :            C’est ici qu’apparaît le fameux grillon parleur. On peut mettre en parallèle à cette séquence la scène où le marionnettiste ramasse Pinocchio dans la boue puis se met à lui parler, jouant en quelque sorte le rôle de la conscience de la marionnette, inexistante matériellement dans le film. On voit aussi que les méchants enfants du roman n’aiment guère se faire rappeler à l’ordre par les gens qui en savent plus long qu’eux. Ici on peut établir un rapport avec les deux travestis tenanciers du cabaret qui jettent sous la pluie, pour des raisons inconnues, l’artiste dans la boue. On se doutera de causes méchantes, vu leurs mines réjouies et sadiques, comme par exemple la jalousie d’un talent qu’a le marionnettiste et qui leur fait cruellement défaut.

Chapitre 5 :            Ici nous découvrons l’histoire où Pinocchio a faim et cherche un œuf pour se faire une omelette. Mais au moment fatidique, l’omelette lui fait faux bond en s’envolant par la fenêtre ! Laurent Boutonnat semble s’être inspiré de cet épisode (ou de ce chapitre plutôt puisqu’on parle ici du roman intégral) pour la scène où le marionnettiste voit son pantin volé par la fée. Il lâche alors la gamelle de purée qu’elle lui avait gentiment offerte. La nourriture qu’il attendait tant, tellement on nous le montrait épuisé, s’est envolée devant ses yeux simultanément à la disparition conjointe de sa bienfaitrice et de sa créature inanimée.

Chapitre 6 :            Chapitre où Pinocchio s’endort les pieds sur le réchaud et se réveille le lendemain matin les pieds tout brûlés. C’est cet excès de chaleur qui manque cruellement à l’univers dans lequel les personnages de Laurent Boutonnat sont forcés d’évoluer. La seule pointe de chaleur dans cette atmosphère de plateaux campagnards glacés, de littoral hivernal est humaine. On la trouve dans l’avant dernier plan du film, lorsque le marionnettiste pose sur les épaules de son pantin inanimé sa veste pour qu’elle ne prenne pas froid, ou en espérant qu’elle revivra aussi… 

Chapitre 7 :            Une des scènes tristes du roman où Gepetto rentre chez lui et donne au pantin le casse-croûte qu’il s’était mis de côté. On aurait pu rapporter cette séquence au moment où le marionnettiste mange, mais à aucun  moment il n’offre quoi que se soit à sa marionnette à manger, contrairement au roman. C’est peut-être ce cruel « oubli » qui apporte la malédiction du destin à emporter la marionnette loin de lui.

Chapitre 8 :            Séquence où Gepetto refait les pieds à Pinocchio et vend sa propre casaque pour lui acheter un alphabet. Ce sont ici des éléments dont Laurent Boutonnat ne voulait pas s’embarrasser, laissant l’intrigue de l’alphabet au roman. Le réalisateur, toujours tenu par des impératifs de temps fait concis. Il fait en revanche référence aux pieds de Pinocchio importants ici en les cadrant à part lorsque la marionnette vivante est dans les bras du marionnettiste. Ce plan qui ajoute au mystère accède aussi à une dimension référentielle qui échappera à toute personne n’ayant pas souvenir des détails narratologiques de l’histoire originale.

Chapitre 9 :            Le chapitre du livre où Pinocchio vend son alphabet pour aller au théâtre de marionnette est ici montré à deux reprises pas le 1er théâtre mystérieux où la marionnette se produit mais aussi par l’arrivée de l’homme t de son pantin au cirque. Où on peut remarquer en passant que des marionnettes représentant des animaux ont remplacé les lions dans la cage qui leur était à priori destinée. Le thème de la marionnette est donc usé à plusieurs reprises, parfois en toile de fond, à moitié visible, sans rapport direct avec l’histoire. 

Chapitre 10 :            Épisode un peu à part du roman où les marionnettes reconnaissent leur frère Pinocchio et lui ont fait un accueil grandiose. Mais Mangefeu le marionnettiste sort des coulisses au moment fatidique, et Pinocchio risque de connaître une triste fin. Destin dramatique ici repris dans le film lorsque le pantin est chahuté de mains en mains, en l’air et rattrapé par les divers membres de la troupe du cirque qui se l’envoient comme un vulgaire ballon. A ce moment là de l’histoire on peut se demander vraiment ce qu’il adviendra de cette poupée de cire avec ce marionnettiste un peu incapable qui ne sait guère s’occuper d’elle.   

Chapitre 12 :            Ici le marionnettiste Mangefeu offre cinq pièces d’or à Pinocchio la chargeant de les porter à son père Gepettto. Mais Pinocchio se ravisant, se laisse embobiner par un renard et un chat, et part avec eux. Le double emploi du renard et du chat (la ruse et la légèreté) peut être comparé à celle du marionnettiste de Sans Contrefaçon qui vole à son tour le pantin à la fée vêtue de noir en lui faisant miroiter un amour qui restera éphémère. La marionnette n’aura pas du non plus succomber aux avances de son « manipulateur ». 

 On peut remarquer que Laurent Boutonnat à opéré une sorte de concentration des personnages du roman pour établir ceux de son film. Les actions destinées aux uns et aux autres ne sont plus imputées qu’au marionnettiste et à cette demi-douzaine de personnages secondaires qui peuple son roman. Les actions subissent la même concentration en étant souvent évoquées en un seul plan laconique, qui peut être comparé à un « flash » pour le lecteur familier du roman de Carlo Collodi.

 

Chapitre 13 :            Le chapitre de l’auberge de l’écrevisse rouge prend ici les traits du cabaret du début du film où les deux travestis faisaient figure de Ténardiers devant le pas de leur porte, prêt à décider qui nourrir ou non, détenant un droit de vie sur autrui qu’ils ne méritent pas.

Chapitre 14 :            Ici Pinocchio, faute d’avoir suivi les bons conseils du grillon parleur, tombe sur des brigands. Entremêlement de personnages encore ici car c’est en ignorant le chien lorsqu’il quitte le village que le marionnettiste tombe sur les brigands que représentent les membres du cirque. Brigands qui accéléreront l’engrenage tragique de l’histoire en affolant la fée qui finira par voler le pantin, prise de panique, et qui s’enfuira avec pour lui donner puis lui reprendre la vie.

Chapitre 15 :            La scène où les brigands rattrapent Pinocchio et le pendent à une branche du « Grand Chêne »  n’est pas du tout retranscrite dans le film mais en revanche l’image du « grand Chêne » est omni présente sur le plateau qui surplombe la mer lorsque les roulottes du cirque sont en arrêt. Il n’y a qu’un arbre sur le plateau, ce n’est pas un chêne mais une espèce sans06de bouleau, qui se retrouve dans chaque plan, d’ensemble ou pas, et derrière chaque personnage filmé.  

        

 

Chapitre 16 :    Ici une belle enfant aux cheveux bleus recueille le pantin, le met au lit et convoque trois médecins pour savoir s’il est vivant ou mort. Dans le film on ne sait jamais si la marionnette a le don de la vie ou non. Nous en avons déjà parlé précédemment et étudié ces scènes notamment lorsque la marionnette s’anime sans que le marionnettiste ai mis ses mains dedans et lorsque la marionnette vivante possède toujours ses pieds de bois. 

Chapitre 18 :            Ici dans le roman le renard et le chat emmenant Pinocchio dans le champ des miracles pour lui faire semer ses quatre pièces. Ici c’est d’ordre symbolique que Laurent Boutonnat use de la référence en faisant tomber la marionnette sur la plage. Lorsqu’elle se relève, elle a le visage recouvert de sable comme si elle avait été enterrée. La marionnette est tout ce que possède le marionnettiste, elle est en ce sens comparable aux quelques pièces du roman.

Chapitre 20 :            Ce chapitre relate la rencontre de Pinocchio avec un horrible serpent. Dans le film on peut comparer cette rencontre à celle d’avec le cul-de-jatte pensionnaire du cirque. Mi homme mi-bête il rampe quand il n’est pas tiré sur son chariot. C’est également le dernier personnage du cirque que l’on voit à l’écran. Un choix sûrement pas anodin du réalisateur qui se situe ici uniquement dans le référentiel du roman et aussi de l’histoire du cinéma en citant en quelque sorte le film Freaks (Tod Browning – 1932).

Chapitre 21 :            Ici Pinocchio tombe aux mains d’un paysan qui l’oblige à faire le chien de garde devant son poulailler. Comme cette image de contemplation à la fin du film où le marionnettiste veille sur sa marionnette, sorte de chien de gardien désespéré des sentiments éteints. On voit aussi l’élément du chien en bas de l’écran dans le début du film lorsque l’homme quitte le village. On l’entend également aboyer.

Chapitre 23 :            Pinocchio pleure la belle enfant aux cheveux bleus, puis il rencontre un pigeon qui le transporte au bord de la mer et se jette à l’eau pour porter secours à son père Gepetto. LE pigeon qui guide vers al mer est repris dans le film lorsque l’homme se dirige vers elle sans le savoir. On voit en même temps à l’image un épouvantail et on entend en bruitage (un des seuls du film) le bruit d’un oiseau, comme s’il annonçait la démarche de l’homme et l’amenait sur le plateau qui domine la mer.   

 

Chapitre 26 :     Ici on retrouve l’élément du bord de la mer car dans le roman, Pinocchio et ses camarades de classe vont au bord de la mer voir un terrible requin. Et c’est précisément en ces lieux que se termine l’histoire de Sans Contrefaçon.

Chapitre 30 :     Il fait référence au pays des jouets qui est, dans le film, mêlé au monde de la diégese car il reste peuplé lui-même de ses jouets. Pinocchio le rejoint normalement avec son ami Lumignon qui est dans le film, l’éternel et fidèle marionnettiste.

Chapitre 31 & 32 :      Là où Pinocchio se transforme en âne dans le roman, il ne fait que se transformer en fille dans le film. Double transformation tout de même car à défaut d’être un garçon comme on s’y attend, la marionnette du film devient en plus une fille.   

 Mylène Farmer en Pinocchio dans Les Clips de Mylène sans64

Chapitre 34 :            Dans le roman Pinocchio est jeté à la mer, mangé par un requin et retrouve Gepetto dans le ventre de l’animal, mais redevient un pantin comme avant. Laurent Boutonnat ne garde que ce dernier élément et fait abstraction des autres car le pantin ni la fée ne pénètrent dans la mer. On retrouve en revanche l’image du requin dans le visage du baroque Luc Jamati qui joue le magicien, dans cette tête taillée en fer de lance, anguleux et dure.   

Chapitre 35 & 36 :      Là où dans le roman Gepetto fait redevenir Pinocchio un vrai petit garçon, Laurent Boutonnat stoppe l’histoire juste avant par soucis de gommer tout « happy end » de l’histoire ; comme dansTristana réalisé la même année, dont nous avons déjà parlé pour la même raison.   

Jodel Saint-Marc, le 30 janvier 2002.

 

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaire »

Sans contrefaçon… Mylène dans un conte

Posté par francesca7 le 2 avril 2014

  Laurent Boutonnat semble vouer au conte une admiration respectueuse, qui fait de lui l’adaptateur créatif d’un nouveau Pinocchio pour Sans contrefaçon, mais aussi d’une Blanche-Neige propulsée dans la révolution russe d’octobre 1917 (Tristana). Les transpositions qu’il en fait dans les premières minutes sont plausibles, voire réalistes, et s’il prend souvent comme toile de fond des faits historiques, c’est pour mieux, une fois le conte original reconnu par le spectateur, surprendre en faisant basculer son histoire dans un fantastique encore moins attendu que celui du conte lui-même. C’est sans doute pourquoi les clips diégétisés de Boutonnat se terminent pratiquement toujours tragiquement, comme s’il voulait mêler au conte original un univers propre qu’il voudrait cynique, onirique, et à l’impitoyable cruauté. C’est ici que le marquage de Laurent Boutonnat par rapport au genre littéraire qu’il énonce se fait : dans cette quête perpétuelle d’une certaine forme de misanthropie qui rend l’Homme profondément froid, vénal …adulte. Genre littéraire aux contours flous, on peut avoir un peu de mal à admettre les formes que revêt la transposition du conte à l’écran pour un vidéo-clip. On applique d’ailleurs fréquemment un épithète au mot conte pour rendre moins large le champ d’application que recouvre le genre. Le travail de Laurent Boutonnat laisse percevoir des choix très précis sur le traitement des histoires qu’il raconte, les contes Sans contrefaçon... Mylène dans un conte dans Les Clips de Mylène sans05fantastiques ou merveilleux sont définitivement ceux qui collent le plus à ses histoires. Dans un premier temps, le marquage du cinéaste se fait de manière plutôt légère, dans un respect pour l’auteur original, en multipliant les clins d’œil et en poursuivant l’histoire plutôt qu’en l’adaptant à proprement dit. Notons par exemple que lorsqu’il adapte Pinocchio en 1987, Boutonnat prend soin de développer l’histoire telle que le grand public la connait (se rapportant davantage au long-métrage de Walt Disney, le roman original étant en fait une suite d’épisodes parus dans la presse.) jusqu’à ce que, là où le conte devrait se terminer, une musique additionnelle qui fait suite à la chanson illustrée par le clip prend place. Ici le récit reprend là où on croyait arriver à un Happy End pour se terminer dans l’onirisme et le désespoir le plus total, la marionnette redevenant de bois. Il en est de même dans Tristana, où Blanche-Neige, qui vient d’être embrassée par le prince ne se réveille pas et reste dans une sorte de coma poétique.

 

boutsanscontr3 dans Mylène FILMOGRAPHIE

 


Comme pour encercler son récit, Laurent Boutonnat commence régulièrement ses histoires par une scène violente, où celui qui deviendra par la suite le héros de son clip (A différencier de l’interprète de la chanson qui n’est pas forcément le personnage central de chaque film) est emprisonné et battu comme dans Désenchantée (1991), se fait renvoyer et cracher dessus dans Sans Contrefaçon, est brûlé vif dansBeyond my control (1992), rejetée dans Hasta Siempre (1997). De ces nombreux malheurs et asservissements, qui ajoutent à la malédiction présumée du héros, ce dernier va à chaque fois tenter de s’en détacher à l’aide d’adjuvants (Terme du sémioticien français A.J. Greimas qui nomme ainsi les secourables) qui, comme dans le conte traditionnel sont soit des fées dans Sans Contrefaçon, des enfants dans Désenchantée ou encore des lutins dans Tristana. On retrouve d’ailleurs dans l’œuvre de Laurent Boutonnat nombre  » d’adjuvants et  » d’opposants  » hérités des contes merveilleux chrétiens tels cette statue de sainte vierge dans Plus Grandir qui s’anime pour se cacher le visage lorsque l’héroïne se fait violer sous ses yeux, ou ces objets magiques remis au héros et sensés le protéger ; comme par exemple le collier offert par Rasoukine à Tristana, qu’elle aura le malheur d’ôter avant que la tsarine-sorcière se penche sur elle pour lui enlever la vie.

 

 

    Le conte merveilleux a ceci de particulier qu’il comporte toujours le fameux passage dans un autre monde. C’est donc à la quête de cette liberté, de cette délivrance devrait-on dire lorsqu’on pense au cinéma de Laurent Boutonnat que le héros traverse cette frontière . Souvent à la fin de ses clips, le héros franchi la limite sans qu’elle soit clairement définie ni sur l’écran, ni dans l’histoire (mais plutôt par la fin de la chanson illustrée par le clip et sa transition avec la musique additionnelle) contrairement au conte à proprement dit où un élément concret tel une rivière, un pont ou un obstacle caractérise le passage. Au-delà de cette ligne, l’histoire se fait davantage onirique. Et bien que la diégèse garde toute la cohérence d’un récit filmique classique, le spectateur se rend bien compte qu’il vient d’entrer dans un autre monde. Celui où la femme vêtue de noir dans Sans Contrefaçon se révèle être une fée capable de donner la vie à un mannequin de cire, le monde où les prisonniers de Désenchantée, une fois libérés contemplent le néant d’une plaine couverte de neige avant de se séparer têtes baissées comme si leur lutte avait été vaine, un monde enfin où le prince charmant bolchevik improbable de Tristana embrasse sa « Blanche-Neige » morte et lui insuffle, du coup, le double bonheur de la jeunesse éternelle et du repos infini.

 » Le passage dans l’autre monde est en quelque sorte l’axe du conte, en même temps que son milieu. Il suffit de motiver la traversée par la recherche d’une fiancée ou quelque merveille […] pour avoir devant soi l’ossature, très générale, certes, incolore et simpliste, mais pourtant caractéristique sur laquelle viennent se greffer les divers sujets. « 

(Vladimir Propp, Morphologie du conte, collection  » poétique « , édition du Seuil, Paris 1965)

 

    

La bouteille se vide, les espoirs aussi

Historiquement transmis de manière orale, le conte adapté au vidéo-clip induit certain traitements. Par exemple cet aspect de transmission du conte passe davantage à l’écran si une partie de la chanson illustrée par ce clip est chantée par l’interprète. Le conteur est à ce moment çi parfaitement identifié, et il peut-être comme dans tout conte soit le héros de l’histoire, soit un étranger omniscient à la diégèse, soit un personnage secondai re. Le caractère profondément enfantin du conte pousse, oblige même le réalisateur de vidéo-clip au divertissement, voire à l’émerveillement de son spectateur. Ceci peut expliquer la récurrence de l’emploi des effets spéciaux tant ils permettent aujourd’hui de rendre la féerie de certains décors ou de certains personnages que véhicule le conte. Un élément commun au genre du conte et à la forme filmique qu’est le vidéo-clip est la danse. C’est par son emploi que les parties autrefois chantées des contes trouvent leur écho aujourd’hui. C’est en effet entre autres par ses contraintes que le vidéo-clip en général, (en faisant abstraction de ceux de Laurent Boutonnat) s’est rapproché du genre du conte. C’est par des éléments communs comme la durée relativement courte, le médium musical, et la multiplicité des  » diffusions  » que le vidéo-clip et le conte, par les contraintes de forme de l’un et la définition du genre de l’autre se sont retrouvés.

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène FILMOGRAPHIE | Pas de Commentaire »

Mylène Farmer la papesse du clip

Posté par francesca7 le 30 mars 2014

 

La chanteuse culte Mylène Farmer vient d’entamer une nouvelle série de concerts à Paris Bercy, qui sera suivie d’une tournée en province intitulée « Timeless ». L’occasion de revenir sur les 30 ans de carrière de la star, de ses audaces visuelles à ses rendez-vous manqués avec le cinéma en passant par ses influences, ses collaborations et ceux qu’elle a elle-même inspirés. La première partie de cette saga en 3 volets est consacrée à ses clips légendaires…

Aux origines du mythe…

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=RUQZZW2GrAA

 

C’est sur un clin d’oeil à Marilyn Monroe que Mylène Farmer s’affiche en 2012

pour son album « Monkey Me »

 images (22)

 

En empruntant son nom de scène à Frances Farmer, une actrice américaine des années 40 entrée dans la légende tragiquement après un internement psychiatrique qui l’a détruite, Mylène Gautier, comédienne formée au Cours Florent et coutumière des spots publicitaires, inscrit son univers dans l’enténèbrement et la perversion dès 1984 et la sortie de son premier titre, Maman a tort. Dans cette comptine torturée, la chanteuse débutante avoue poliment à sa maman être tombée amoureuse de son infirmière. Si elle ne cache pas à cette époque rêver de devenir actrice, dédiant par exemple une chanson de son premier album à l’une de ses idoles, Greta Garbo, le succès immense qui la propulse en quelques années au rang de star de la chanson française la conduit naturellement à remettre ses ambitions à plus tard pour embrasser pleinement l’autre belle carrière qui s’offre à elle.

 

C’est Laurent Boutonnat qui la sort de l’ombre. Il débute lui-même à l’époque, avec seulement un long-métrage à son actif, La Ballade de la féconductrice, sorti en 1980 et projeté au marché du film à Cannes. Il est interdit aux moins de 18 ans… alors qu’il n’en a lui-même que 17 ! Il devient le compositeur, le pygmalion, le jumeau, « l’autre » de Mylène Farmer. Ils inventent ensemble un univers visuel unique, cinématographique, référencé et peuplé de personnages marquants, épaississant le mystère qui entoure la jeune femme et qui ne la quittera plus jamais.

 

Clipographie : Mylène vue par Laurent Boutonnat


images (22)

1986 - Libertine : court-métrage d’une dizaine de minutes, inspiré du Barry Lyndon de Kubrick, entré dans la légende en particulier grâce à ses scènes de nue qui ont fait scandale.

 

1987 - Tristana : deuxième court-métrage qui revisite le conte de Blanche Neige et les sept nains au coeur d’une Russie enneigée, et qui fait référence, entre autres, au Cuirassé Potemkine.

 

1987 Sans Contrefaçon : projetée en avant-première au cinéma Max Linder, cette vidéo raconte la relation ambigüe entre un marionnettiste et un pantin désarticulé, qui n’est pas sans rappeler l’histoire de Pinocchio.

 

1988 - Pourvu qu’elles soient douces (Libertine II) : suite de l’histoire de Libertine, se déroulant cette fois pendant la Guerre de sept ans. Il entre à l’époque dans le Livre des records en tant que clip le plus cher de l’histoire (3 millions de francs), le plus long (près de 18 minutes) et comportant le plus de figurants (500).

 

1989 - Sans Logique : dans une ambiance rappelant les tableaux de Goya, une femme trompée, habitée par le Malin, se lance dans une corrida meurtrière avec son amant, sous le regard fasciné et pervers de gitans abimés par le temps.

 

1989 - A quoi je sers ? : dans ce clip en noir et blanc, Mylène convoque les personnages qui ont peuplé ses premiers clips. Ils s’enfoncent ensemble au coeur d’ un rivage brumeux et incertain.

 

1991 - Désenchantée : devenu l’hymne de toute une génération, cette chanson forte, politique pour les uns, personnelle pour l’artiste, est illustrée par un clip qui propulse la star dans ce qui ressemble à un camp de concentration où la révolte est le seul espoir de survie jusqu’à une fuite vers le bout du bout du monde, jusqu’à l’infini.

 

1992 - Beyond My Control : le dernier clip réalisé par Laurent Boutonnat avant une longue période conduit Mylène au bûcher, en proie aux flammes, livrée aux loups, après avoir dévoré le cou puis le visage de son amant qui l’a trompée (lui aussi). On y entend la voix de John Malkovich, extraite du film Les Liaisons dangereuses, qui confesse « It’s beyond my control« .

 

2001 - Les Mots : pour la sortie de son premier best-of, elle enregistre un duo avec le chanteur britannique Seal. Laurent Boutonnat revient à cette occasion derrière la caméra pour les diriger. Perdu en mer sur un radeau, le couple est finalement séparé par les vagues, le courant emportant l’amant.

 

Redécouvrez ci-dessous le clip de Désenchantée :

 

Clipographie : Mylène vue par d’autres cinéastes

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/user/MyIeneFarmer

 

 

1992 - Que mon coeur lâche : dans ce premier clip aux allures légères, Luc Besson embarque sur Terre l’ange Mylène à qui Dieu donne pour mission d’enquêter sur ce qu’est devenu le sentiment amoureux. Réponse : il a été perverti par le sexe et détruit par le VIH. Le cinéaste joue au jeu de l’auto-référence en proposant une scène similaire à l’une de son film Nikita, sorti deux ans plus tôt.

 

1995 & 1996 XXLL’instant X & Comme j’ai mal : Marcus Nispel, devenu par la suite réalisateur de films d’horreur (Massacre à la tronçonneuseVendredi 13…), met en scène une Mylène plus libérée, que ce soit sur le devant d’un train roulant à vive allure au milieu des plaines californiennes, ou dans un New York envahi par la mousse.

avatar392_72 

1996 - California : admiratrice d’Abel Ferrara, Mylène parvient à convaincre le réalisateur de la diriger aux côtés deGiancarlo Esposito dans les quartiers chauds de Los Angeles, sur un scénario qu’ils co-écrivent et qui met en parallèle le destin d’un couple de riches hollywoodiens et celui d’une prostituée et de son maquereau.

 

1999 - L’Âme-Stram-Gram : basée sur une légende chinoise, cette vidéo de plus de 7 minutes est dirigée par Siu-Tung Ching (Histoire de fantômes chinois) qui dispose d’un budget d’environ 900 000 euros. Aux abords de la Muraille de Chine, deux jumelles sont traquées par des bandits. L’une est kidnappée, l’autre cherche alors à la retrouver…

 

1999 - Je te rends ton amour : François Hanss, autrefois assistant-réalisateur de Laurent Boutonnat, plonge la star dans un bain de sang au milieu d’une église. Considéré comme blasphématoire, il est interdit d’antenne en version intégrale avant minuit. Il sort alors en VHS et le bénéfice des ventes est reversé au Sidaction.

 

2000 - Optimistique-Moi : cette fois, Mylène fait appel à un réalisateur de clips et de publicités, Michael Haussman, qui a notamment oeuvré pour Madonna. Il pousse la chanteuse au centre d’un cirque dont elle tente de s’échapper… comme par magie.

 

2001 - C’est une belle journée : à l’occasion de son premier clip animé, basé sur ses propres dessins, Mylène fait la rencontre de celui qui deviendra son compagnon, Benoît di Sabatino, un producteur spécialisé dans l’animation. Une suite sort deux ans plus tard sous forme de conte philosophique pour adultes, intitulé Lisa-loup et le conteur.

 

2005 - Fuck Them All : le premier extrait du nouvel album de Mylène, Avant que l’ombre…, est illustré par un clip signé par le réalisateur espagnol Agustí Villaronga (El mar).

 

1a2006 - Peut-être toi : après le dessin-animé, Mylène s’attaque au manga. Une sorte de Roméo et Juliettejaponisant qui se termine par la mort de deux amoureux, transpercés par la même flêche. La production est confiée à I.G., une société japonaise experte dans le domaine.

 

2009 - The Farmer Project : respecté dans le monde de la publicité grâce à ses réalisations classieuses pour des spots de marques de luxe, Bruno Aveillan est en charge de ce court-métrage composé de deux clips (Dégénérationet Si j’avais au moins…), d’ailleurs diffusé en avant-première ici même, sur AlloCiné ! On y découvre une Mylène créature extra-terrestre aux ondes sensuelles venue répandre l’amour sur Terre et libérer les animaux de leurs cages.

 

vue sur http://www.allocine.fr/article

 

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène en VIDEOS | Pas de Commentaire »

Boutonnat rend hommage dans Tristana

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

Laurent Boutonnat rend hommage dans Tristana au film Octobre de S.M. Eisenstein, oeuvre grandiose de propagande soviétique, qui retrace les journées de juillet et la révolution bolchevik de 1917. On y retrouve les mêmes thèmes comme celui du montage signifiant, des figures de Lénine, de l’amour sous-jacent, de la bourgeoisie et celui de la révolte envers les Tsars.

 téléchargement (5)

    C’est au milieu du clip de Tristana (1987) que l’on croit voir les images d’archives de la révolution russe d’octobre 1917. Or, si c’est bien un discours de Lénine en personne dont Laurent Boutonnat s’est servi, les images des tireurs du tsar tirant sur la foule ne renvoie pas à 1917 et sont, de surcroit, nullement documentaires ! Il s’agît là de la reconstitution de la révolte de février 1905 (bien avant celle de 1917 donc) devant le palais d’Hiver de Saint-Petersbourg par le cinéaste Vyacheslav Viskovsky. Laurent Boutonnat a en effet pioché ces impressionantes (mais fictionnelles) séquences de mouvements de foule en noir et blanc dans son film Devyatoye Yanvarya (Le Neuvième de Janvier), tourné en 1925. L’effet documentaire reste très fort, d’autant plus que dans le générique de fin de Tristana, le film de Vyacheslav Viskovsky danslequel a pioché Boutonnat n’est nullement crédité.

Laurent Boutonnat, lui, voulait se servir de ces images pour illustrer la révolution de 1917 dont ne subsite qu’une seule image fixe, prise depuis la fenêtre d’un appartement de la Perpective Nevski (toujours à Saint-Petersbourg). Une reconstitution a bien eu lieu : celle de Eisentein en 1927 pour son film Octobre. C’est ce film de Eisenstein et plus particulierement son montage qu’a tenté de reproduire Laurent Boutonnat dans cete séquence.

Le film d’Eisenstein donc, Octobre (1927), est une immense fresque qui, dédiée au prolétariat de Petrograd, célèbre la révolution victorieuse de 1917. C’est un film de commande pour célébrer les dix ans de la révolution prolétarienne. On assiste à deux phénomènes : d’une part on ne peut éviter de remarquer la « poétisation » du récit, en y apportant des éléments grandioses (les scènes de foule lors de la première tentative de prise du palais d’hiver par exemple) des scènes symboliques à l’esthétisme sophistiqué (comme par exemple ce cheval qui reste pendu au pont qui se lève, et qui finit par chuter). En deuxième lieu on assiste à une représentation, à une transcription quasi picturale de l’Histoire. Transcription qui tiendrait de la pure fiction si elle n’était pas rendue authentique par une dimension documentaire, car ces évènements se sont réellement passés, dix ans plus tôt, sur les lieux mêmes du tournage.

 téléchargement (6)

Les falsifications de l’Histoire 

    Eisenstein a du faire des choix. Des choix qui ne tenaient qu’à lui de respecter ou non. Par exemple, dans le rapport à la réalité, le cinéaste ne se positionne ni entièrement dans la fiction, ni dans le documentaire. S’il a certes choisi la reconstitution (c’est elle qui apporte la structure narrative au film), il se permet également de travestir parfois la réalité, de modifier certains détails, parfois importants, de l’Histoire. Eisenstein ajoute plusieurs scènes au film, qui n’ont aucun référent dans ce qu’il s’est réellement passer en 1917. Par exemple les quelques plans où Kerenski se prend pour le nouveau Tzar sont imaginaires, la scène qui conte la découverte des médailles de St Georges par les soldats aussi. Il ajoute également de superbes scènes qui, à défaut d’entretenir directement un discours de propagande, guide le spectateur vers une certaine forme de contemplation par le biais d’un vocabulaire cinématographique très esthétique, comme pour la scène (inventée elle aussi) où les caves à vin du palais d’Hiver sont saccagées. C’est ici que réside le pouvoir du cinéma ; c’est là où se trouve la faculté de mélanger réel et fiction, sans que l’on puisse distinguer les deux. Ces scènes ajoutées par Eisenstein viennent enrichir le film, et ne rendent que plus fascinantes les autres séquences inspirées du réel, qui se mêlent pour ne faire qu’une œuvre, cohérente et finalement terriblement personnelle.

    Il reste également plusieurs autres divergences entre le réel et la reconstitution filmée. Sont-ce des erreurs dues aux consultants (politiques pour la plupart) lors du tournage ou une volonté exacerbée de Eisenstein à vouloir travestir la vérité au point d’intervertir même l’ordre chronologique d’évènements historiques ? On sera surpris pour l’exemple par la statue d’Alexandre III qui n’a en fait été déboulonnée qu’en 1921 ! Ceci relever très probablement d’un choix délibéré du cinéaste qui avait semble t-il décidé de “tout” se permettre au nom de la propagande, du spectaculaire et du visuel. Les autres différences d’avec les faits réels que l’on peut remarquer relèvent plus de l’anecdotique ou du détail, comme Lénine qui en fait portait une perruque le 10 octobre, alors qu’il n’est pas représenté comme tel dans le film. Détail important ici, Kerenski est toujours représenté en officier dans Octobre alors qu’il était toujours vêtu de noir dans la vie. On a ici à faire manifestement aux choix personnel de Eisenstein, qui avait une vision très précise de son film et de l’impacte que pouvaient avoir des éléments visuels tels que les costumes que porteraient ses personnages. Une grande confusion est également commise lors du renversement du gouvernement provisoire. Alors que la proclamation de se renversement intervient en réalité à 2h10, une demi-douzaine de pendules nous indiquent des heures différentes sauf la vraie : 2h24, 2h07, 2h17, 2h35 et même 3h15. Eisenstein a peut-être voulu retrouver ici ses symboles qui brouillent le temps (comme le sphinx au début du film) et qui rendent la diegese trouble, et transforme le temps en une sorte de « chronologie irréelle ».

 

 

Reconstitution personnelle de la  réalité ou reconstitution d’une  réalité personnelle ? 

    Malgré cette mégalomanie et ce style indéniable (dû en majeure partie au montage, nouveau à l’époque), théâtre et poème en sont absents. C’est ici qu’émerge la notion de parti pris du réalisateur, il ne colle en effet pas à la réalité des faits et prend la décision d’aiguiller son spectateur, de le « persécuter » avec des cartons de titre, de porter son regard sur une souffrance bien précise plutôt qu’une autre. Eisenstein lui-même ne se définissait d’ailleurs pas comme un réaliste mais comme un formaliste. Pourtant, avant même que le film commence, il ouvre bien l’image par un intertitre qui évoque « les évènements de 1917 qui ont été reconstitués dans la plus grande fidélité » et le film qui se veut le « témoin de la naissance du pays soviétique ». Suit d’ailleurs d’une manière non innocente une citation de Lénine, héros charismatique de cette fresque cinématographique qui trouve quand même ses racines ancrées dans le réel. 

     Le résultat de ce film nous donne une œuvre où s’entrecroisent à la fois la poétisation du récit et aussi la dramatisation de l’histoire. C’est lui, Lénine (il ne s’agit en fait qu’un d’un sosie, nommé Nikandrov, Kerenski étant interprété, lui, par Vladimir Popov), que l’on voit d’ailleurs en contre-plongée, dans le vent avec un drapeau à la main, devant l’horloge juste après un intertitre l’annonçant prétentieusement comme une nouvelle Victoire De Samothrace, puissante et indestructible. Eisenstein, dans sa distribution, a bien voulu manifestement coller au réel, non seulement par la présence à l’écran d’un sosie parfait de Lénine mais aussi à en croire l’annonce faite avant le générique dans une réédition récente par la présence d’ »ouvriers, soldats, marins, et même un des chefs de l’insurrection armée, Nikolaï Podvoïski« .

    Les films réalisés en Russie après la révolution d’octobre 1917 sont « politiques », car ils posent en somme une unique question : Celle du rôle du peuple. En ce sens, ils parlent davantage au public car il participait aux évènements dont que le film retrace. Un film comme Octobre peut ici jouer un rôle de fédérateur, entre la nouvelle génération qui n’a pas connu la révolution dix ans avant, ses participants et ses victimes. Tous, après vision de ce film éprouveront sans doute la même souffrance. Et c’est par les scènes grandioses de la manifestation avortée de juin 1917 et celle réussie d’octobre de la même année que le public de ce film se remettra dans le rôle exact qu’il tenait dix ans auparavant, et prendra « conscience » de l’importance et du bien fondé de ses actions de l’époque.

 

 

Histoire ou politique ?

    Globalement, on pourrait dire que Octobre se situe du côté de l’histoire. La politique y est présente, certes, mais c’est par son arrière plan historique que le film parvient à prendre toute sa dimension. Si on prend par exemple le plan du sphinx égyptien, il connote à l’évidence l’aspect historique et quasi intemporel de ce qui est en train de se passer : « Révolution » y est référée à « pouvoir de classe », et non pas au simple combat. En somme, on semble moins s’attacher à la révolution elle même, qu’à ses causes, sa préparation, des tentatives, ses détracteurs, ses héros, ses agissements et ses conséquences. A mesure que les héros avancent, l’Histoire avance avec eux. La marche du pouvoir devient la marche d’un régime, d’un avenir. Histoire et politique y sont intimement superposées, comme le soutenait André Malraux :

« Le génie des films révolutionnaires d’Eisenstein illustre le bolchevisme, il ressuscite aussi l’épopée. »

in L’Homme précaire et la littérature, p. 211.

 

 

 

La symbolique

     Cette grande fresque de la révolution d’Octobre reste comme un document rare et précieux: elle entre dans l’Histoire, elle rencontre la politique et sur le même chemin le cinéma, avec par exemple une longue séquence lourde de sens qui nous donne à voir ce fameux « monde cassé en deux »: avec cette levée du pont qui doit isoler le quartier ouvrier du reste de la ville et stopper l’insurrection ouvrière: la rue s’ouvre lentement en deux pans coupés suspendus, créant une béance mortelle sur le fleuve. La longue chevelure d’une jeune femme morte bascule et se répand dans le vide; sur l’autre versant, un cheval blanc abattu dans sa course, glisse et pend au-dessus du fleuve, retenu par le chariot qui le rattache aveuglément à la route verticale. L’image du cheval suspendu pendant un bon moment et qui finit par une chute inéluctable toute la puissance véhiculée par cette première manifestation, avec les banderoles, à l’angle de la Sadovaïa et de la Nievski[1], qui se trouve en quelques minutes réduite à néant. On peut résumer le film à cette seule scène tant elle est forte et sonne juste dans ce que voulait faire passer visiblement S.M. Eisenstein. 

    Plusieurs plans véhiculent le même symbolisme pompier, comme par exemple cet homme en uniforme qui dort, juste après le plan du cheval mort, assoupi là comme pour dénoncer l’impuissance du gouvernement d’alors. On voit aussi ce bolchevique massacré près de la Volga. Images syncopées d’injustices. Ici encore Eisenstein montre le tout par la partie et parvient à faire passer la massacre qui est en train de se passer par la seule mort d’un homme, joyeusement lynché par un couple de bourgeois. Les situations, les personnages sont surélevés ou rabaissés, sans cesse ils sont comparés, comme pour confirmer au spectateur la teneur réelle du personnage auquel on a à faire ; par exemple au milieu du film, Kornikof est comparé à Napoléon Bonaparte d’une manière évidente. Là où les identifications deviennent troublantes et s’emmêlent, c’est quand on sait que lorsque Kérénski n’était “que” ministre des armées, les bolcheviks le surnommaient « Bonaparte au pied du lit »… Avec un humour accessible, la présentation de ces personnages tient souvent de l’ironie.

    Eisenstein orna son film de symboles, ne craignant pas de décevoir son public. Toujours de l’ordre référentiel, lorsqu’on parle de l’ordre d’arrestation de Lénine par le gouvernement provisoire, on distingue très aisément un passeur qui semblerait conduire la révolution bolchevique sur le Styx. Ce qui fait de Octobre un des plus grands films expérimentaux du début du siècle tient également aux symboles mêlant identifications grossières et effets visuels : Kerenski tient par exemple, qui tient un bouchon-couronne du Tzar pour en couvrir une bouteille à plusieurs éléments, ou lors de la scène de l’orateur au congrès, on voit des harpes avec un effet kaléidoscopique qui alterne avec le discours de l’orateur. Ces plans expérimentaux ont une origine. Pour ce dernier par exemple, Eisenstein a eu cette idée d’une citation de Lénine lui-même, qui aurait dit : « Kerenski joue le rôle de la balalaïka pour abuser les ouvriers et les paysans ».  Avec tout ça on voit bien que Eisenstein voulait un spectacle, à son nom, morceaux de bravoure à l’appui, et non une « démonstration ».

  

 

Évocation de l’amour

    Comme si Eisenstein avait le soucis de réaliser un vrai film, il mêle l’amour à son histoire. Il nous montre en effet la statue de deux personnages s’embrassant lors de la capitulation des contre-révolutionnaires (dans la séquence railleuse du « bataillon de choc »). Même si l’interprétation évidente de ce plan est celui du pays se retrouvant lui-même, de l’amour et toute l’imagerie optimiste qu’il comporte, il peut laisser entendre une autre voix, moins évidente…

    L’écrivain italien Francesco Alberoni, dans les années 70 écrit L’Amour Naissant, qui a inspiré l’écriture de l’album Innamoramento (1999). Il laisse à plusieurs reprises entendre que le fait de tomber amoureux (image présente dans Octobre par cette troublante image des statues s’enlaçant) peut se comparer à l’élan d’un peuple derrière une cause, comme celle de la révolution de 1917.

« L’amour naissant, “l’Innamoramento” italien. L’étincelle dans la grisaille quotidienne. Le bonheur mêlé d’inquiétude parce qu’on ignore si ce sentiment est partagé. Un état transitoire qui débouche parfois sur l’Amour. Un phénomène comparable aux mouvements collectifs révolutionnaires » .

Francesco Alberoni

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène FILMOGRAPHIE | Pas de Commentaire »

Contexte du clip « Ne plus grandir »

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

Dès 1985 on commence à trouver certaines fulgurances dans le cinéma de Boutonnat, comme cette statuette de la sainte vierge qui se cache le visage lorsqu’on implore son pardon, où la danse tragique qui clos le film, entraînant une Mylène Farmer qui vieillit à vue d’œil dans une valse macabre au milieu des toiles d’araignée et des candélabres. Le clip de Plus Grandir ressemble à un premier film, dans lequel on aurait voulu mettre tous ses fantasmes inavouables et ses questionnements inextricables. Le clip rassemble néanmoins de grandes références cinématographiques. On aura peu de mal entre autres à approcher le traitement anticlérical de celui des Diables de Ken Russel (1971) surtout lors de la scène où deux nones donnent des coups de pieds à la pénitente à terre. On verra aussi dans l’animation de la statue, l’influence d’un Jean Cocteau. François Hanss, futur réalisateur de clips pour Mylène Farmer (Je te rends ton amour, Immoramento) y voit même une « Jeanne d’Arc revisitée par une imagerie que même Hollywood n’a pas rêvée » (Hanss, François, «Clip ou film? Les deux. Mylène Farmer inaugure le genre», Starfix n°39, août 1986 pp.80-81.)

 

images (10) 

 

    Plus Grandir marque les premiers investissements de Mylène Farmer dans la création artistique. C’est elle qui s’occupe des dessins du story-board, et on remarquera dans celui-ci l’épitaphe inscrit sur la tombe supposée de la chanteuse : « Mylène Farmer, Plus Grandir, 1962 – 1985 ». Or Mylène Farmer est née en septembre 1961 et non l’année suivante. Cet « oubli » sera répété lors d’une prestation télévisée, où les mêmes dates seront reprises sur un landau noir servant de décor à l’interprétation de la chanson. L’implication de la ‘jeune’ artiste ne s’arrête pas là puisque c’est elle qui confectionne la poupée de chiffons qu’on voit dans le clip. Accessoire à priori anodin mais qui revêt dans le film une importance toute particulière : C’est cette poupée qui nargue l’héroïne de sa jeunesse éternelle, qui la poursuit dans ses nuits, et ses cauchemars. En se protégeant le visage du coup de couteau asséné par Mylène Farmer, c’est elle qui déclenchera la danse du vieillissement en lui rappelant brusquement qu’elle, être humain, est périssable. C’est donc ce jouet provocant qui aura le mot de la fin : alors que le spectre de Mylène Farmer jette son bouquet sur sa tombe et s’en éloigne, la poupée assise sur une pierre tombale tourne la tête en notre direction pour nous rappeler à notre misérable condition humaine. Plus Grandir marque avant tout le premier passage de Mylène Farmer à l’écriture, c’est elle qui signe les paroles, alors que Laurent Boutonnat s’affaire à écrire le reste de l’album Cendres de Lune. Étrangement, il est très difficile jusqu’en 1995 de différentier les textes écrits par Laurent Boutonnat de ceux signés du nom de Mylène Farmer : mêmes thèmes, même tourments, mêmes inspirations, même culture, et surtout même style.

 

 images (11)

    Pour financer ce scénario qu’on estime déjà très coûteux, le cinéaste fait appel au producteur de publicité Stephan Sperry qui parvient à louer durant quatre jours un des studios SETS à Stains, en Seine St-Denis et à débloquer 330 000 Frs pour financer tout le film. Toute la largeur du studio est décorée par une équipe (accompagnée du père de Mylène Farmer en personne) car Boutonnat tourne en cinémascope (format 2.35 rarement utilisé depuis les westerns des années 60). Il s’agirait ici d’un des premiers clips au monde réalisé en format Cinémascope sur pellicule film. 

    Le premier  jour de tournage se fera dans le cimetière le plus proche du studio : celui de Saint-Denis où sera installée la fausse pierre tombale portant le nom de la chanteuse et le titre du film. On parlera de Laurent Boutonnat comme seul réalisateur ayant donné à ses clips un soin cinématographique. Ceux avec Michael Jackson réalisés par John Landis (dont Thriller date de l’année de Maman à tort-1984) sont eux plus proches de la série B que du  cinéma (effets spéciaux grossiers et support vidéo à l’appui). C’est donc à partir de ce film que Laurent Boutonnat a la volonté de faire de Mylène Farmer un mythe. Il prend alors tout ce que son entourage peut lui offrir, il utilisera le caisson aquatique du studio pour trois secondes de film et embauchera des figurants pour des durées toutes aussi courtes (les deux naines, le violeur…). C’est surtout sur ce tournage que Laurent Boutonnat fait connaissance avec les techniciens qui le suivront  jusqu’en 1994, date de sa chute. Il craque d’abord pour le chef opérateur de publicité Jean-Pierre Sauvaire (Taxi-1998) avec lequel il travaillera dix ans. L’équipe des clips et des films se complétera ensuite par la monteuse Agnès Mouchel, la costumière Corinne Sarfati et François Hanss qui lui servira plutôt d’assistant.

 

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène FILMOGRAPHIE | Pas de Commentaire »

Clip de « Diabolique mon ange »

Posté par francesca7 le 14 décembre 2013

 : Mylène Farmer dévoile les images de « Timeless 2013″

Après « Monkey Me », place à « Diabolique mon ange ». C’est le titre que Mylène Farmer a choisi pour assurer l’exploitation de son nouvel album live « Timeless 2013″. Découvrez son clip sur Pure Charts !

 téléchargement (4)

Va-t-elle faire plier Stromae avec son nouvel album live ? Le chanteur belge caracole en tête du Top Albums avec « Racine carrée » depuis 14 semaines, et personne ne semble en mesure de lui passer devant. A moins que… Mylène Farmer publie cette semaine « Timeless 2013″, la captation audio de son dernier spectacle, dont elle a extrait le titre « Diabolique mon ange ». Envoyé aux radios il y a quelques jours dans une version raccourcie, le nouveau single de Mylène Farmer est à présent doté d’un clip tiré du film « Timeless 2013″, actuellement en cours de montage en vue d’une commercialisation en début d’année prochaine.

Quelques images de ce film ont été dévoilées à travers un teaser vidéo accompagnant le double-CD. Le public a donc droit à de nouvelles images du film « Timeless 2013″ avec ce clip, sur le même principe qu’en 2009 avec la sortie de l’album live « N°5 on Tour ». Il y a quatre ans, la chanteuse proposait le clip live de « C’est dans l’air ». Cette fois-ci, c’est donc avec le titre « Diabolique mon ange », paru en 2010 sur l’album « Bleu noir », qu’elle entend défendre son nouveau disque.

Cependant, il ne devrait pas être beaucoup diffusé, les radios ayant déjà très peu soutenu les singles « A l’ombre »« Je te dis tout » et « Monkey Me », extraits du dernier album « Monkey Me » de Mylène Farmer. D’autant plus que les morceaux enregistrés en public sont généralement boudés par les programmateurs. La chanteuse devra donc compter sur son clip signé François Hanss, à travers lequel le public découvre véritablement la scène de « Timeless 2013″.

 Découvrez le nouveau clip « Diabolique mon ange » de Mylène Farmer : http://www.chartsinfrance.net/Mylene-Farmer/news-89502.html

Résolument moderne, le show « Timeless 2013″ tranche avec les précédents spectacles de Mylène Farmer, plus sombres. La chanteuse, qui a évolué vocalement, excelle sur le titre « Diabolique mon ange », tout comme sur « A force de » et « Bleu noir ». Parmi les points forts de cette tournée : l’entrée en scène, laissant imaginer que la chanteuse débarque sur terre en descendant de son vaisseau spatial, les robots dansants qu’il l’accompagnent sur « C’est une belle journée » et « Inséparable », et la reprise chaque soir du titre « Mad World » en duo avec l’Américain Gary Jules, présent à ses côtés. « Timeless 2013″ a rassemblé 500.000 spectateurs et devrait continuer de faire rêver les fans de la chanteuse, qui craignent qu’il s’agisse de sa dernière tournée.

par Jonathan HAMARD

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène 2013 - 2014, Mylène en VIDEOS | Pas de Commentaire »

CLIP cryptique de Monkey me (2013)

Posté par francesca7 le 7 octobre 2013


CLIP cryptique de Monkey me (2013) dans Les Clips de Mylène images-12Après les deux extraits « A l’ombre » et « Je te dis tout », Mylène Farmer poursuit l’exploitation vidéo de son dernier album avec la chanson-titre. La chanteuse se produira en tournée en France jusqu’au 6 décembre 2013.

Mylène Farmer n’a plus rien à prouver. Celle qui vient de se produire quasiment tout le mois de septembre à Paris-Bercy peut donc se permettre de dévoiler un clip étonnant pour son nouveau singleMonkey me, comme le nom de son dernier album, déjà écoulé à 500 000 exemplaires depuis sa sortie.

Une vidéo entièrement en noir et blanc dans laquelle un singe en 3D détruit des immeubles en pagaille. Pas de présence de la chanteuse à l’écran pour un rendu pour le moins expérimental et un concept global assez cryptique.

Musicalement, la chanson indique la tonalité assez rock de l’album, pour lequel elle a retrouvé son vieux complice Laurent Boutonnat. La chanteuse de 52 ans poursuivra sa longue tournée au moins jusqu’au 6 décembre 2013. Selon toute logique, elle pourrait également se retrouver parmi les artistes prénommés aux prochains NRJ Music Awards, dont la cérémonie aura lieu cette année le 14 décembre à Cannes.   Image de prévisualisation YouTube

présenté sur la presse metronews….

 

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène 2013 - 2014, Mylène dans la PRESSE | Pas de Commentaire »

Lonely Farmer décriptage

Posté par francesca7 le 29 juin 2013

 

Mylène Farmer : décryptage de « Lonely Lisa » par pure charts

Mylène Farmer rime également avec la Spiritualité vor ICI : http://devantsoi.forumgratuit.org/

Mylène Farmer dévoilait mercredi son nouveau clip « Lonely Lisa », troisième extrait de son album « Bleu noir ». Ce titre fait suite à « Oui mais… non » et « Bleu noir » dont les clips avaient divisé les fans. Celui de « Lonely Lisa » pourrait les réconcilier puisqu’il allie quelques thématiques emblématiques de l’univers de la chanteuse : analyse !

Pour son clip « Lonely Lisa », Mylène Farmer s’immerge de nouveau dans l’univers surréaliste qui caractérise bon nombre de ses vidéos. Les images sont soignées et apportent un aspect planant à ce titre qui en avait bien besoin pour lui éviter de tomber dans l’écueil de l’auto-dérision. « Lonely Lisa », c’est ce personnage créé par Mylène Farmer, à la découverte du monde et de l’humanité. « Lonely Lisa », c’est aussi le côté femme-enfant de la chanteuse dans son aspect le plus visible.

Regardez le nouveau clip de Mylène Farmer, « Lonely Lisa » :

Image de prévisualisation YouTube

En ballerine, « Lonely Lisa » est témoin d’une scène. Elle reste immobile au milieu des autres danseuses qui exécutent une chorégraphie que n’importe quel enfant serait capable de reproduire. La scène qu’elle observe, c’est celle de la mort qui prend le pas sur la vie. Le coupable : c’est le temps. Mylène Farmer l’a beaucoup chanté depuis ses débuts, commençant par pleurer qu’elle ne voulait plus grandir, comprenant que la mort était inéluctable par la suite, pour désormais avancer sereinement jusqu’à elle, un peu comme elle avance dans ce désert vers la fin, depuis le ciel ensoleillé jusqu’au ciel ombragé par des nuages orageux : « aimer encore, gagner le ciel ». Non contente, et pour « faire de la mort une immortelle », Mylène Farmer a créé une machine permettant de rajeunir. Les personnes âgées entrent dans ce qui ressemble davantage à un lit pour UV, pour en ressortir avec cinquante ans de moins : « Y a pas de génie sans grain de folie ! ». Il faut du rêve pour éviter de tomber dans la routine, et Mylène en offre une fois de plus. Elle offre surtout une l’opportunité de repousser la mort, mais aussi de nier la fatalité. C’est sa « révolution ».

Mylène Farmer a également fait de la dualité un thème récurent. Dans « Que mon cœur lâche » (1992), elle est un ange habillé d’une robe blanche en arrivant sur terre et parée d’une tenue très légère, noire, en regagnant le Paradis. On retrouve exactement cette même dualité dans le clip « Lonely Lisa » : tantôt affublée d’un tailleur baroque de couleur blanche, tantôt dans une tenue plus sexy de couleur noire. L’une siège sur un divan plutôt moderne, tandis que l’autre avance à grand pas dans le désert. L’une est spectatrice, l’autre est actrice alors qu’une jeune femme tout de blanc vêtue court vers les montagnes. Mais Mylène Farmer prend le temps d’y aller : pas de précipitation. Cette jeune femme fait le grand saut depuis le sommet d’une falaise. C’est à ce moment précis que tout ce rêve s’écroule littéralement puisque le décor s’effondre, les danseuses se brisent en mille morceaux, et les lumières s’éteignent. Le temps ne peut être vaincu, ce qui explique pourquoi Mylène Farmer avance sereinement sans se presser, hantée par ces démons.

Lonely Farmer décriptage dans Les Clips de Mylène lonely

Plusieurs témoins observent cette lutte contre le temps et démontrent l’impossibilité de cette expérience le défiant. Il y a ce jeune garçon qui s’achète une glace. La chaleur a eu raison de sa boule saveur fraise puisqu’elle fond avant qu’il ait eu le temps de la manger. A contrario, une femme plus âgée a bien compris qu’il valait mieux manger le fruit pendant qu’il était bien mûr, prenant même le temps de s’asseoir pour le déguster. L’âge apporte la maturité et la sérénité. Le dernier témoin, c’est cet homme blond vêtu d’une robe argentée et accompagnée d’un dromadaire lui aussi paré d’un costume à paillettes. Qu’il soit un roi mage ou un prophète, il est représentatif de personnages bibliques. Sa lente et difficile traversée du désert s’interrompt avec la chute du rêve de « Lonely Lisa ». Le dromadaire perd son costume : le masque tombe. La Religion n’empêchent donc pas non plus l’inéluctable.

« Lonely Lisa » semble donc le seul véritable antidote pour contrer ce temps qui passe perçu pendant de longues années comme un fardeau par la chanteuse. « Lonely Lisa », c’est aussi le moyen de se réfugier dans un monde fou où tout est permis. Enfin « Lonely Lisa », c’est la part surréaliste de l’univers de la chanteuse pleinement assumé.

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène dans la PRESSE, Mylène en VIDEOS, Mylène et SYMBOLISME | Pas de Commentaire »

2ème Clip de Mylène 2013 : Je te dis tout

Posté par francesca7 le 31 janvier 2013

2ème clip de l’album MONKEY ME : JE TE DIS TOUT

Image de prévisualisation YouTube

Après avoir été partagé plus de 20.000 fois depuis sa mise en ligne hier, le site officiel « Je te dis tout » a finalement dévoilé à 17h15 la fameuse photo prise sur le tournage du clip (Mylène sur une barque, de dos et coiffée d’un catogan), ainsi qu’un compte à rebours menant à 19h30, heure à laquelle la diffusion du clip a été annoncée (il a été diffusé avec vingt minutes de retard en réalité).

La chanson est sortie en téléchargement digital le 28 janvier 2013, après avoir été interprétée deux jours auparavant à l’occasion de la cérémonie des NRJ Music Awards.

 2ème Clip de Mylène 2013 : Je te dis tout dans Les Clips de Mylène je-te-dis-tout

Le clip de « Je te dis tout » a été réalisé par François Hanss, qui a précédemment mis en images « Je te rends ton amour« , « Innamoramento » et « Redonne-moi« .

Le 28 janvier 2013, jour de la sortie digitale du single, un site web a été diffusé avec le message suivant : « Le nouveau clip arrive… Partagez cette page pour déverrouiller un pixel d’une photo totalement exclusive du tournage et aidez à libérer le clip ! »  

En effet, à chaque fois que la page est partagée sur Facebook ou sur Twitter, un pixel d’une photo du tournage du clip se dévoile. L’image entière a été révélée le 29 janvier vers 17h15, ainsi qu’un compte à rebours annonçant la diffusion du clip à 19h30.

Le clip, tourné à l’étang du Corra (dans les Yvelines), présente Mylène Farmer sur une barque, puis jouant avec un cheval. On peut également voir un arbre qui saigne, ainsi qu’un portail orné de la lettre M.

Mylène Farmer : Le clip de « Je te dis tout » dévoilé grâce aux réseaux sociaux ?

Dernièrement, c’est Justin Timberlake qui faisait parler de lui avec sa nouvelle chanson. Le chanteur avait mis un compte à rebours sur son site internet pour attiser la curiosité des internautes. Mais il n’est pas le seul à se servir de la toile et de ses réseaux sociaux pour faire le buzz. Aujourd’hui, c’est Mylène Farmer qui crée le suspense autour du clip de “Je te dis tout“. Sur son site, une page grise pixelisée apparaît.Chaque fois que la page du site est partagée sur Facebook ou Twitter, un nouveau pixel se dévoile. La photo cachée est censée être une photo exclusive du tournage.Aidez à libérer le clip ! Cette action originale correspond très bien à l’image mystérieuse de la chanteuse dont on connaît peu de choses. Alors, si vous êtes fan de Mylène, vous avez certainement déjà partagé le site, mais ne sait-on jamais. 

je-te-dis-tout2 dans Mylène 2013 - 2014

À vos clics !   http://www.jetedistout.com

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène 2013 - 2014 | Pas de Commentaire »

A L’Ombre, clip hommage à O. de SAGAZAN

Posté par francesca7 le 31 janvier 2013

 

 

1er clip de l’album MONKEY ME : A l’OMBRE

Franck Desplanches. En est le Chorégraphe

Franck est né le 17 Décembre 1970 et à fait le Conservatoire classique Modern et Jazz.     Nous l’avons découvert pendant le Spectacle « Roméo et Juliette ».

    Aujourd’hui, il incarne le rôle du Maire dans la Comédie Musicale « Les demoiselles de Rochefort »

Image de prévisualisation YouTube

 

Le dernier clip de Farmer s’accapare le travail d’Olivier de Sagazan avec une efficacité effroyable. Le grand public va enfin découvrir un sacré artiste.

A l’aube de la sortie de Monkey me, huitième album très attendu de Mylène Farmer, la chanteuse en perte de vitesse dans les ventes de singles malgré la sortie d’A l’ombre et de sa myriade de supports à l’ancienne (2 maxi CD, 1 maxi 45 tours…), essaie de redonner de l’aplomb à sa carrière. Elle est au journal de 20h de Claire Chazal, annonce qu’elle préfère les « mariages gay aux mariages tristes » (on la comprend !), bon point pour son public source, et présente son nouveau clip, 

A l’ombreLa chanson, on la connaît, une mélodie entêtante, d’une efficacité propre à la chanteuse, et une musique qui a réduit un peu tous les efforts lyriques du titre. Maintenant, passons au clip. Une réussite indéniable signée Laurent Boutonnat, le gourou de la chanteuse qui réalisait dans les années 80 des mini films autour de ses tubes. Ici point de cinéma comme dans les années 80, même si certains plans de loups dans des studios poussiéreux évoquent Beyond my control ou Sans logique.

 A L'Ombre, clip hommage à O. de SAGAZAN dans Les Clips de Mylène a-lombre1

Des incrustations lissées de lumière de la star qui chantonne font tache dans une ambiance à la limite du glauque d’un cinéma d’épouvante, propre à l’univers d’Olivier de Sagazan.

C’est bel et bien le travail de l’artiste français iconoclaste qui est ici à l’oeuvre. Boutonnat et Farmer qui ne se sont jamais coupés de la réalité artistique contemporaine (rappelez-vous, ils ont même fait appel au subversif catalan Agusti Villaronga le temps d’une vidéo !), exhibe dans un travail esthétique qui lui sied bien, le travail d’argile sur visage de ce peintre/sculpteur au génie furieux. Des faciès décomposés, défigurés, remodelés, dans des gestes d’hystérie et de violence, qui redonnent des lettres de noblesse à l’art contemporain, côtoyant l’esprit de Bacon ou de Munch. Farmer oublie ses obsessions sexuelles pour revenir aux « points de suture » du corps et de l’âme. Une excellente idée, qui fera parler d’elle, faute de convaincre un grand public qui ne pourra pas toujours rallier une cause artistique aussi radicale.

On notera qu’Olivier de Sagazan fait l’objet d’une séquence ahurissante dans le nouveau documentaire écolo-psychédélique de Ron Fricke, Samsara, une double actualité qui va précipiter sa reconnaissance générale. On n’attendait que cela !

 a-lombre-2013 dans Mylène 2013 - 2014

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène 2013 - 2014 | Pas de Commentaire »

A L’OMBRE en vidéo

Posté par francesca7 le 25 janvier 2013

 

A LOMBRE vidéo : Image de prévisualisation YouTube

 

« À l’ombre » Le dernier titre de Mylène Farmer marque une fois de plus la chanson française de sa bizarrerie. « Le beau est toujours bizarre » lançait Baudelaire. Mais le bizarre l’est-il toujours, beau ? La vidéo qui promeut « À l’ombre » met mal à l’aise malgré son esthétique très soignée et l’on redoute ces longues minutes sur lesquelles nos adolescents vont danser sans y penser.

On y voit entre autres plans de loups et du visage de Mylène Farmer un homme qui s’englue de glaise et de peinture dans une monstruosité à la Goya. Le tout sur fond noir, gris et blanc, rouge. C’est digne d’une peinture expressionniste. C’est très bien fait. La chanson s’embarque sur une thématique littéraire et philosophique intéressante, l’ombre, symbole de ce « diable qui harcèle » : « À l’ombre, risquer de n’être personne… À l’ombre on se coupe de soi-même… on s’arrache ainsi au ciel ».

Faustiennes, ces paroles font penser à un petit conte philosophique instructif, L’étrange histoire de Peter Schlemihl. L’autrichien Chamisso y raconte l’histoire d’un homme qui troqua son ombre à un « homme en gris » contre la Bourse de Fortunatus, bourse ne se vidant jamais. Très vite le voilà riche, mais le voilà également homme sans ombre, homme sans identité, homme obligé de vivre la nuit dans cette ère sans soleil, homme marginal que ne peut pas épouser la femme qu’il aime. Une seule solution : se couper des liens mauvais. En désir d’ombre, Peter rencontre de nouveau l’homme en gris, lui réclame son ombre estorquée, veut lui rendre la Bourse. Mais le pacte est scellé : pour toute réponse, en échange de cette ombre désirée, l’homme en gris, cet avatar du diable, lui réclame davantage encore, l’enjoint de lui donner son âme. Abusé une fois, le héros, Peter Schlemihl ne se laisse pas tromper deux fois et refuse. Il jette la Bourse dans un gouffre. Il restera donc un homme sans ombre mais riche d’humanité, de son âme. Il ne va pas jusqu’au point de rupture ultime le don total de lui-même au Prince des Ténèbres, menteur dès l’Origine. Sa vie marginale sera malgré tout des plus belle. Il finit sa vie florissante voyageant par le monde faisant le bien, mécène d’un hospice.

Peter ou le refus de l’ombre pour la lumière, ou le refus de converser avec qui enserre son âme, avec ce Singe qui susurre son désespoir comme Mylène Farmer à l’oreille de ses fans : « Nos cœurs ont vu trop grand… Pourras-tu dire que l’amour est suffisant ? » ! H.B.

 

Parution sur http://www.leblogdhelenebodenez.com/article-mylene-farmer-l-ombre-ran-on-113077042.html

Publié dans Les Clips de Mylène, Mylène et SYMBOLISME | Pas de Commentaire »

Clip Du Temps en 2011

Posté par francesca7 le 10 décembre 2011

DU TEMPS……. (clip officiel) 

 

Sorti le 9 décembre 2011 

tournage les 24 et 25 novembre. 

 

 

Image de prévisualisation YouTube

 

On finissait par se demander s’il arriverait un jour, et c’est un joli cadeau pour les fans : le clip de l’inédit Du temps est truffé d’images relatant l’ambiance de sa dernière tournée. C’est donc une Mylène au naturel, la plupart du temps sans maquillage, qu’on aperçoit sur des plans fugaces qui semblent dérobés par un paparazzi. Une Mylène qui, pour la première fois, nous donne en partage certains moments de complicité avec ses proches (on aperçoit notamment Laurent Boutonnat, Anthony Suchet et Thierry Suc). 

Cerise sur le gâteau, la star nous fait une chorégraphie très farmerienne (on ne l’avait pas vue danser dans un clip depuis Je t’aime mélancolie, en 1991).  De quoi regarder la vidéo des dizaines de fois sans se lasser, pour ne pas rater une miette de cette Mylène rieuse et bondissante. 

Etrangement, ce clip sonne presque comme un au revoir. Pourvu que… Non, non, non. 

Mylène Farmer revient avec un nouveau clip « Du temps » afin de promouvoir et annoncer son second best of en vingt-sept années de carrière « Best-Of 2001-2011 », qui couvre sa dernière décennie artistique.

Dans ce clip, vous verrez des images inédites de Mylène Farmer dans la forêt, dans un Hôtel, au restaurant Etc…
Clip Du Temps en 2011 dans Les Clips de Mylène
Best-Of 2001-2011 actuellement dans les bacs avec également « Sois-moi (Be me) », un autre titre inédits. Un beau cadeau de noël en perspective… 

 

 

C’est aujourd’hui, un peu plus d’un mois après la sortie du titre, que Mylène Farmer a levé le voile sur la vidéo de « Du Temps« , premier inédit extrait de son nouveau best-of intitulé « 2001.2011″ et paru lundi. Surprise : on y découvre la célèbre chanteuse rousse dans une chorégraphie, ce qui n’était pas arrivé depuis 1991 et « Je t’aime mélancolie ».

 

Mylène Farmer fait donc quelques pas de danse dans cette nouvelle vidéo, tournée sur fond noir avec un sol mouillé. Le tout est entrecoupé d’images off, issues notamment de la séance photo qui a servi au livret de l’album « Bleu Noir ». La sortie de ce clip devrait aider « Du Temps » à se refaire une santé dans les charts français : lors de sa sortie, début novembre, le titre était parvenu à se hisser en huitième position avant de chuter de 70 places la semaine suivante jusqu’à la sortie, en troisième semaine. 

 

 Sorti lundi, « 2001.2011″, le deuxième best-of de Mylène Farmer aura pour but de faire aussi bien que « Les Mots », paru il y a dix ans. Il contient deux inédits : « Du Temps » et « Sois Moi – Be Me », un titre qui a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux suite à une forte ressemblance du refrain avec le « Gimme More » de Britney Spears. Cette sortie de best-of est plutôt rapide étant donné que « Bleu Noir », le dernier album studio de la chanteuse, n’est paru qu’en décembre 2010 et que le troisième single extrait, « Lonely Lisa« , ne remonte qu’à juin dernier 

 

D’après les rumeurs, la séance photos de Mylène Farmer aurait été réalisée il y a trois semaines pour le magasine Citizen K. Certains clichés représenteraient Mylène habillée en Jean Paul Gaultier, « lançant des ballons en l’air ». 

 

 

Source : https://www.facebook.com/pages/Influence-Le-Site/105094112866410

Publié dans Les Clips de Mylène | Pas de Commentaire »

Lonely Lisa – Cip 2011

Posté par francesca7 le 9 octobre 2011

Réalisé en mai 2011 

Sorti le 4 Juillet 2011 

Réalisé par Roy Raz 

 

Vidéo : Image de prévisualisation YouTube 

 

 

Lonely Lisa est le troisième single extrait du 8e album studio de Mylène Farmer intitulé Bleu Noir.

La chanteuse a écrit le texte et le compositeur marocain RedOne, qui a déjà composé le premier single de l’album Oui mais… non, a signé la musique de ce nouveau titre.

réalisé par Roy Raz (jeune producteur et DJ Israèlien), en République Tchèque. Ce clip s’inspire de l’univers des films « Dune » (David Lynch) et « Black Swan ». 

 

Rien de tel qu’un nouveau clip pour réveiller les ventes d’un album. Fort d’un excellent départ cet hiver, la vie de l’album Bleu Noir continue avec un nouveau clip.Totalement onirique et fantasmagorique, le clip de Lonely Lisa, réalisé par le jeune réalisateur israélien Roy Raz, met en scène une jeune fille rousse, calme et rêveuse, comme un double enfantin de la grande Mylène Farmer.

Désertique et rempli d’évocations absurdes (comme la cabine à U.V ou le chameau à paillettes), l’univers de Lonely Lisa (6ème titre de Bleu Noir) nous invite à nous perdre dans les méandres esthétiques de la chanteuse

 

Lonely Lisa - Cip 2011 dans Les Clips de Mylène lonelylisa-clipLe clip de Lonely Lisa est un clip très symbolique, de part ses images illustrées (des danseuses habillées en agneau, un dromadaire brillant…) mais aussi avec une atmosphère à la fois planante et troublante. La lenteur du clip fait un réel contraste avec le rythme de la chanson. Une ambiance très onirique, le clip illustre donc un rêve. 

De manière générale, les rêves, sont une succession d’images que notre cerveau allie afin de former le rêve, et souvent, ces derniers s’avèrent incohérents, sans sens, alors qu’en faite, tous nos rêves ont un sens bien spécifique, plus ou moins important. A noter, dans la chanson, les mots employés comme «Rêver», «Déraison» ou encore «folie», ce qui démontre bien ici, un rêve fou, sans raison. 

C’est donc grâce à l’étymologie des rêves qu’il faut décrypter ce clip, riche en significations. L’ordre des significations n’a aucune importance, puisque ici, c’est un peu de déraison.
Le décor proposé, un désert, exprime un sentiment d’abandon. Le désert du rêve est nostalgique et les grandes étendues de sable sont mélancoliques à contempler (dans la chanson, le mot «mélancolie» est également employé). 

Le rêveur doit comprendre lorsqu’il est en face de quelques dunes ou qu’il avance dans des vagues de sable, qu’un moment de solitude lui est nécessaire avant de continuer sa route. Rappelons que si la solitude est nécessaire pour avancer, le mot « Lonely » signifiant en anglais « Seul », est le terme approprié pour exprimer ceci. Nous verrons aussi une petite fille, rousse, au beau milieu de danseuses aux étoiles, ce qui évoque ici, Mylène enfant, seule, sans aucun doute la fameuse Lisa enfin en chair et en os.

mylene-farmer_lonely-lisa_clip_116 dans Les Clips de Mylène

De plus, un groupe de danseuses, ici habillé en agneau, symbolise les joies affectives, la tendresse et le bonheur. C’est donc le sujet de la chanson. Ce qui semble interloquer beaucoup de personnes, c’est ce dromadaire brillant, conduit par un homme. Si le dromadaire brille, ce n’est pas un hasard, car dans les rêves, les dromadaires ou chameaux sont signes de richesse. Mylène nous dirait alors que l’amour ainsi que le rêve serait une richesse pour continuer à avancer dans un monde plein d’illusions. D’où la phrase du texte : «Aimer et fondre l’or». 

La présence de personnes âgées restera surprenante. Des hommes sortent de cabines d’UV. Des hommes très bien habillés en mylene-farmer-le-clip-de-lonely-lisanoir, au nombre de trois, qui seraient ici des personnes mortes. Dans le clip de Bleu Noir, l’on pouvait remarquer la présence de trois étoiles. Ici il s’agirait donc de trois hommes, cependant incapables de voir le jour. Dans la chanson, Mylène dit «Aimer et fondre l’or, faire de nos morts, des immortelles» ce qui veut bien signifier que aimer encore des personnes pourtant disparues ne peut que les rendre immortelles dans nos têtes. Mais, la présence des personnes très âgées que l’on voit en rêve est en faite porteuse de messages, de sagesse et de prudence. Ce sont des atouts pour avancer dans notre monde. 

L’on voit aussi, un enfant, acheter une glace, certes, qui reste contemplatif devant l’arrivée des nuages, dans lesquels Mylène avance. Des nuages très noirs, qui représentent la peur, le souci. Mylène n’aurait donc plus peur de rien, elle affronte ainsi la vie telle quelle. 

Enfin, dernière image, celle de la jeune Lisa, elle aussi habillée en agneau, se jette au dessus d’une falaise. Cette image marque donc l’affrontement de la peur, pour sortir de l’illusion, tout comme quand la fille se brise en mille éclats de verre. Une phrase, dit : « Sors de ton troupeau et devient ton propre berger». Mylène est donc la représentation de ce berger. Une Mylène qui regarde la vie en face, bien plus forte que l’on ne croit. 

Disponible en téléchargement depuis le 16 mai 2011, le single sort dans les bacs le 4 juillet 2011. Le clip, réalisé par Roy Raz, a été dévoilé le 1er juin via la page Facebook de Polydor.

Le titre se classe n°1 des charts français la semaine de sa sortie (avec 15 000 ventes), ce qui en fait le douzième single n°1 de Mylène Farmer (et le huitième consécutif), ce qu’aucun artiste français ou étranger n’a pu à ce jour égaler.

 

stock-avatars-lonely-lisa-img

Publié dans Les Clips de Mylène | Pas de Commentaire »

CLIP BLEU NOIR – 2011

Posté par francesca7 le 19 septembre 2011

 réalisateur : Olivier Dahan 

CLIP Mis en ligne le 16/03/2011 

LE CLIP BLEU NOIR EN LIGNE est devenu ceci : http://www.mylenefarmer-bleunoir.com/ 

 Image de prévisualisation YouTube

 CLIP BLEU NOIR - 2011    dans Les Clips de Mylène 19688_a4ab87f1e3e5027b7e124b07c01fbf3dOlivier Dahan est le réalisateur du film « La Môme » retraçant la vie d’Edith Piaf qui avait permis à Marion Cotillard d’obtenir de nombreux prix en 2008 : un Golden Globe, le BAFTA, British Academy of Film and Television Arts de la meilleure actrice ; le César de la meilleure actrice et l’Oscar de la meilleure actrice.  

Olivier Dahan a réalisé « Frères » en 1994, « Déjà mort » en 1998, « Le Petit Poucet » en 2001, « La vie promise » en 2002, « Les Rivières Pourpres 2″ en 2004 et « My own love sng  » en 2009.

 

Il a également mis en scène le spectacle « Moozart L’opéra rock » en 2009-2010 et réalisé de nombreux clips parmi lesquels:
Zenzile, Simple Lesson
The Cranberries, Animal instinct
The Cranberries, Salvation
The Cranberries, Promises
Silmarils, Cours vite
Stéphan Eicher, 1000 vies
Renaud, Docteur Renaud mister Renard
MC Solaar, Les temps changent
IAM, Planète Mars
Princess Erika, Faut qu’j'travaille
France Gall, La seule chose qui compte
Raphaël, Le vent de l’hiver
Eagle-Eye Cherry, Falling in love
Zucchero, Non eppure ti amo
Zucchero, Cosi celeste
Sharleen Spiteri, All the times i cried
Francis Cabrel, Hors saison
Cali, Comme j’étais en vie
Mozart, l’opéra rock, Vivre à en crever et Le bien qui fait mal
Raphaël, Le bar de l’hotel

 

Olivier Dahan débutera le 12 avril prochain le tournage de son nuveau film « Les seigneurs » une comédie sur le foot amateur et assurera également la mise en scène des prochains concerts de Johnny Hallyday en 2012. 

 

photo_1298107739 dans Les Clips de Mylènetentative d’analyse par Hugues Royer de wordpress.com 

Après plusieurs écoutes de l’album Bleu Noir, un constat s’impose : c’est un album plus noir que bleu que signe Mylène. Ce qui fait de ce nouvel opus l’exacte antithèse de Point de suture, qui surfait sur des rythmiques up tempo. On sentait Mylène conquérante et sereine. Ça n’a pas duré… La faute, sans doute, à l’extraordinaire vertige consécutif à la scène. « Après la tournée et les concerts au Stade de France, dit-elle dans Paris Match, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque. »  Plus que cela encore, une angoisse terrible et des pulsions auto-destructrices, si l’on en croit les nouvelles chansons de la chanteuse. « Tu reviens toujours / Mélancolie », dit-elle dans Moi je veux. Dans M’effondre, elle indique avec une sincérité bouleversante ces instants où l’âme sombre dans une peur irrépressible. La répétition finale de « Jusque là tout va bien » résonne d’ailleurs comme un cri déchirant en forme d’autosuggestion, une manière de se rassurer quand tout est incertain. Dans Light Me Up, elle évoque ses insomnies, la douleur brûlante de la solitude : « It’s so cold in my song ».  Avec Diabolique mon ange, elle va encore plus loin, caressant l’idée de la défenestration : « A tout jamais de celles / Qui entrouvrent fenêtre / Qui parlent et puis se jettent ».  

Seul l’amour représente l’espoir, ce qu’on ne peut retirer à ceux qui le partagent. « Car l’amour / Est à nous / Pour toujours », chante Mylène dans Toi l’amour, qui mériterait d’être un single, tant l’intro signée Moby est magistrale.  C’est l’être aimé que Mylène appelle au secours, c’est à lui qu’elle demande de la réanimer dans Light Me Up.  Parce que, malgré tout, « La bataille est belle / Celle de l’amour / Disperse tout ». 

Rien de nouveau dans le fond des thématiques abordées dans ce nouvel opus. Mais dans la forme, il y a une avancée vers une parole plus ramassée, plus dépouillée, limite télégraphique, un cri archaïque qui permet à Mylène de sublimer ses blocages, comme elle le confirme encore dans son excellente interview face à Nathalie Rheims. Est-ce d’avoir fait appel à d’autres compositeurs qui donne à la chanteuse ces audaces ? Pas seulement. C’est aussi parce que le vertige qu’elle a éprouvée est aussi abyssal que son succès sur scène a été phénoménal – on se souvient que l’album L’Autre, qui avait suivi la première tournée de Mylène, était très désespéré lui aussi. Après avoir écouté Bleu Noir, on ressent pleinement l’angoisse de la chanteuse. Et on se dit qu’on a affaire à une immense artiste qui n’était jamais allée aussi loin dans l’expression de ses peurs intimes. 

C’est devenu un clip dépouillé en noir et blanc, une Mylène vêtue d’un manteau noir, filmée trois quarts gauche, qui marche et chante. Classique, me direz-vous. Sauf qu’autour le monde respire, vibre, explose, jusqu’au feu d’artifice final. Jolie métaphore de ce que peut être le parcours d’une vie, les épreuves douloureuses, et la joie qui finit par triompher.  

Mylène n’est pas seule dans ce cheminement : trois lumières scintillantes l’aident à avancer, à tracer sa route en évitant les pièges. On peut songer à trois êtres disparus (son père, son frère et une personne dont on taira le nom). Bref, ce clip, parfaitement raccord avec les paroles de la chanson, a tout pour toucher les fans de la star.

La Vidéo en avant premier était celle-ci :  Image de prévisualisation YouTube 

11716-50sDans ce nouveau clip, Mylène Farmer marche entre les ténèbres et les éclaircis, entre la neige et les fleurs, entre les rires et les explosions. Le clip, en noir et blanc, paraît très simple dans la forme avec un plan séquence, une Mylène tantôt souriante tantôt troublante. 

Dans la chanson, Mylène Farmer dévoile des paroles optimistes et parle de la vie et de l’amour en ces mots : « La bataille est belle. Celle de l’amour disperse tout. La bataille est celle de longs, longs jours, mon amour« , dit-elle dans le refrain. 

Visionnez le clip ‘Bleu Noir’ de Mylène Farmer via son site éphémère créé à l’occasion de la sortie de l’album le 06 décembre dernier. 

Barre de Séparation

Publié dans Les Clips de Mylène | Pas de Commentaire »

Clip LEILA – 2010

Posté par francesca7 le 19 septembre 2011

Nouveau clip de Mylène Farmer : Leila ! 

 

Réalisé par : Alain Escalle
Diffusé le : 22 Novembre 2010
Durée : 4’06 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Darius Keeler
Editions : Stuffed Monkey / Darius Keeler
 

 

 

 

Vidéo 

Image de prévisualisation YouTube

 


 

Clip LEILA - 2010 dans Les Clips de Mylène LeilaLeila est un prénom féminin arabe qui signifie nuit, thème récurrent de la poésie arabe, synonyme de magnificence et de douceur. Toutefois, selon Britannica, l’histoire de l’Iran, Perse, Leïla est un prénom laïc perse consacré au IVè siècle par l’historien d’une jeune femme. Belle épouse d’un riche marchant plus âgé quelle, Leïla collectionnait les amants, son époux ne pouvant l’honorer sexuellement. L’un des amants s’est permis d’assassiner le mari voulant Leïla pour lui seul. Bouleversée, elle se met à haïr les hommes et tua un à un ses amants pour être enfin lapidée n place publique par la population. Elle fut reconnus martyre au XIIè siècle. Leïla n’est pas la nuit, mais le crépuscule, le moment où la nuit survient, où les sensualités s’échauffent, où la musique emplit les âmes… Leïla est certes la douceur, mais aussi la dureté, elle est tenace, on trouve parfois « peau de vache » en ce sens qu’elle est aussi genreuse dans on amour que dans ses colères. 

 

Pour son grand retour sur le devant de la scène, on pensait que Mylène Farmer, comme à son habitude, se ferait rare et offrirait ses clips au compte-goutte. Eh bien, c’est l’effet inverse qui se produit pour la sortie de son album Bleu noir à paraître le 29 novembre 2010 prochain.

VIDEO-Mylene-Farmer-rassure-ses-fans-avec-le-clip-de-Leila_image_article_paysage_new dans Les Clips de MylèneEn effet, après l’arrivée en fanfare la semaine passée de Oui mais non, la célèbre rouquine offre déjà une seconde vidéo à ses fans ! Leila sera donc le second single de l’album. Une chanson très douce et envoûtante, à laquelle se rajoute des très belles images.

Il ne manque qu’une seule chose, une apparition de la star dans la vidéo… 

Leila Pahlavi, née le 27 mars 1970 à Téhéran et morte le 10 juin 2001 à Londres, est la fille cadette du shah Mohammad Reza Pahlavi et de sa troisième femme l’impératrice Farah Diba.

Source Wikipédia. 

Le désert et les dunes de sable chaud sont à l’honneur pour le nouveau clip de Mylène Farmer : « Leila ». Nouveau single ou simple vidéo pour illustrer l’un des futurs titres phares de son prochain album « Bleu noir », ce clip n’en est pas moins original pour sa conception épurée où images d’archives et images animées se côtoient. 

Suivant le nombre de visiteurs qui venaient cliquer sur ce site, des petites surprises étaient dévoilées aux fans de la chanteuse. Si c’est ainsi que le clip de son nouveau single « Oui mais… non » a été présenté la semaine dernière, c’est ainsi que celui de la chanson « Leila » , un très court extrait avait été diffusé sur le site . Ce morceau, dont les mots sont comme habituellement de la plume de Mylène Farmer, est en revanche produit par le groupe britannique Archive. Tout comme RedOne et Moby, ce 592763-0-592763-514220-avec-le-clip-de-leila-signe-alain-orig-2-jpg-8300622groupe a travaillé sur cet opus qui s’annonce très électro. 

 

Au niveau du texte, si les paroles n’ont pas encore été divulguées, on comprend que la chanteuse évoque le destin torturé d’une certaine « Leila », fille d’Iran. Loin d’en proposer une interprétation, ce titre nous a d’emblée fait penser à l’actrice Leila Forouhar. Cette dernière avait quitté son pays à cause de la Révolution iranienne des années 80 qui voulait étendre son contrôle sur toutes les formes d’art. La jeune femme quitta alors son pays pour la France. 

 

Quoi qu’il en soit, ce clip a été réalisé par Alain Escalle. Il a déjà travaillé avec Mylène Farmer sur plusieurs projets, notamment sur toute l’imagerie des concerts en 2006 (« Avant que l’ombre… à Bercy ») et 2009, pour sa dernière tournée qui avait fait escale au Stade de France les 11 et 12 septembre 2009. Par ailleurs, Mylène Farmer avait proposé l’un des courts métrages de ce réalisateur en guise de première partie lors de ses treize concerts événementiels à Bercy en 2006.

 


  Dans son album Bleu Noir Mylène propose une chanson, Leila, dont le texte lui a été inspiré par le destin  tragique de Leila Pahlavi.
Mylène expliquait dans le
JT de France du 12 décembre 2010


1058751746« C’est une rencontre. J’ai rencontré la maman de Leila, je ne la connaissais pas. J’ai rencontré une femme d’une grande dignité, une femme très belle. Et, la personne qui m’a présenté cette femme m’avait dit que sa fille Leila qui est décédée écoutait beaucoup ma musique ce qui m’a évidemment touché. Sans narcissisme aucun, son histoire m’a touchée: le fait qu’elle ait du partir de son pays. Et, j’ai rencontré à nouveau une deuxième fois cette femme et je lui ai présentée et la chanson et le clip qui illustrait cette chanson. C’était un moment qui était incroyable d’émotion, de pudeur aussi. Et là, actuellement, je lis la biographie de sa maman qui semble être extrêmement et touchante, et intéressante. Passionnant ! «  

Publié dans Les Clips de Mylène | 1 Commentaire »

CLIP SI J’AVAIS AU MOINS – 2009

Posté par francesca7 le 19 septembre 2011

 

Date de tournage:  juin 2008 

Lieu de tournage: République Tchèque 

Réalisateur: Bruno Aveillan 

Durée: 05’30 

 

VIDECO CLIP 

Image de prévisualisation YouTube 

Le clip est la prolongation de Dégénération. L’ensemble de ces deux clips sera complété par une introduction, le tout formant The Farmer Project, réalisé par Bruno Aveillan, d’une durée de 13′09″. 

 

Il a été diffusé le vendredi 16 janvier 2009, à 00 h 30, sur M6

 

mysticisme de la chanteuse française

CLIP SI J’AVAIS AU MOINS – 2009 dans Les Clips de Mylène mylene-farmer-si-j-avais-au-moins-singleMylène Farmer s’était faite plus espiègle et plus sensuelle dans son dernier clip Apelle mon numéro. On la voyait se rouler dans un lit de fleurs ou de feuilles d’automnes. Un clip frais qui tranchait avec le précédent, Dégénération, premier extrait de son album Point de suture. Mais que les fans se rassurent, après cet intermède florale, Mylène Farmer est retournée à son registre de prédilection, le mystère et le mysticisme. Ainsi, son nouveau clip, Si j’avais au moins, présente une Mylène Farmer aux dons surnaturels, habillée comme l’héroïne du film Le Cinquième élément.
 
Si ce clip est le troisième extrait du dernier album de Mylène Farmer, il fait pourtant suite au titre Dégénération. Souvenez-vous, dans celui-ci,
Mylène Farmer était dans une salle d’opération, entourée de médecins et de soldats. Elle s’évadait alors de cet endroit lugubre en lançant des flammes d’amour et de désirs sexuels…Aussi, on a le sentiment que l’action du clip Si j’avais au moins se situe à la suite de Dégénération. Mylène Farmer, toujours dotée de pouvoirs surnaturels entre dans une salle emplie d’animaux servant pour les expériences scientifiques. Son pouvoir lui permet alors de guérir les blessures de ces êtres innocents, comme un petit chat ou même une biche.
 
Mylène Farmer reprend dans ce titre ses intonations de voix fluette et mystérieuse qui font son succès. Elle renoue ainsi avec la formule à succès de ses clips, véritables petits films qui nous entraînent dans son univers. Les fans de la jolie rouquine ne devraient pas être déçus !     
 
On attend désormais le prochain clip pour la suite de l’histoire !  

 

 

Synopsis:

MF2000_129a dans Les Clips de MylèneDans un pays imaginaire, au milieu de la nuit, deux policiers véreux sont surpris par l’apparition soudaine d’une créature luminescente. Alors que celle-ci prend une apparence humaine, les deux comparses paniquent et neutralisent violemment l’humanoïde… La créature se réveille, prisonnière dans un hôpital militaire sordide. Alors que des chercheurs s’apprêtent à pratiquer sur elle une série d’examens, elle se libère de ses liens. Incrédules dans un premier temps, ses geôliers se ressaisissent et tentent de la maîtriser. Mais face à l’emploi de la force physique, la créature répond en utilisant d’étranges pouvoirs qui transforment l’agressivité en énergie sensuelle… Peu à peu l’onde d’amour prodiguée par l’aliène se répand et brise l’oppression ambiante… La créature s’éloigne alors dans les coursives de l’hôpital et découvre un laboratoire d’expérimentation sur les animaux. Profondément choquée par tant de souffrance et d’injustice, elle utilise ses pouvoirs bienfaiteurs pour soigner, puis libérer les animaux, avant de redevenir énergie pure, fusionnant avec l’univers, s’éloignant ainsi de la folie des hommes…page en construction…

source: allocine.com

Première diffusion sur le net: le 09 janvier 2009


Infos / Anecdotes:

Le tournage a duré une semaine et s’est déroulé au mois de juin 2008 en République Tchèque à proximité de Prague dans un ancien hôpital psychiatrique.

On a pu découvrir une première partie de ce film dès le mois de juillet 2008 avec le clip Dégénération


Il n’avait alors pas été révélé que ce clip s’intégrait en fait dans un court-métrage et, véritable tour de force à l’heure des rumeurs sur le net, le secret sera entièrement préservé jusqu’à l’annonce, le 22 décembre, dans un communiqué officiel de la chaîne M6, de la diffusion en janvier du « Farmer Project »:

« Le vendredi 16 janvier 2009, entre 0h30 et 00h50, M6 diffusera en exclusivité le film inspiré de l’album de Mylène Farmer « Point de Suture » à l’occasion de la sortie de son dernier single « Si j’avais au moins… ». En préambule aux concerts des 11 et 12 septembre 2009 au Stade de France, la star a souhaité réserver aux téléspectateurs de M6 le programme-événement «THE FARMER PROJECT » réalisé par Bruno Aveillan. « Renouant avec ses films clips précurseurs tels que « Libertine » ou « Pourvu qu’elles soient douces », THE FARMER PROJECT est un film incluant les clips « Dégénération » et « Si j’avais au moins… », véritables courts métrages conçus pour ne faire qu’un. Ils seront complétés par un making’of réalisé lors des 7 jours de ce tournage. »

MF2000_151aLes chorégraphies sur la partie Dégénération ont été créées par Philippe Combes, directeur de la compagnie de danse Cave Canem (qu’il dirige avec Nataly Aveillan, la soeur de Bruno Aveillan). Ce sont des danseurs tchèques que l’on peut découvrir dans le clip.

Stéphane Levallois a créé le story-board du « Farmer Project » et beaucoup travaillé avec le réalisateur Bruno Aveillan sur le design de ce film.
Il a dévoilé sur son site internet quelques dessins de ce story-board 

 


Le petit singe que Mylène tient dans ses bras n’est pas son singe ET

Il était bien prévu dès le début de la conception du « Farmer Project » que les deux chansons de ce film seraient Dégénération puis Si j’avais au moins… 

Analyse de Hugues Royer

« The Farmer Project » vu par Hugues Royer, l’auteur de la biographie « Mylène » parue en 2008 aux éditions Flammarion.

 

 


« Soudain, elle se redresse, créature luminescente qui prend une apparence humaine, chevelure rousse balayée sur une silhouette gracile. 


 Elle est nue comme la vérité. Son pouvoir, elle le concentre entre ses mains qui se superposent, formant un mystérieux calice. Les deux policiers qui lui font face ont des sueurs froides d’avoir fait une rencontre aussi inquiétante. Alors qu’un rayon bleuté jaillit du bras droit de l’alien, ils lui tirent dessus, pris de panique, et le neutralisent. On connaît la suite : allongée dans un laboratoire, Mylène est scrutée sous toutes les coutures, comme une bête de foire. Puis elle s’éveille et fait voler en éclats les liens qui la retenaient prisonnière. Face à ses geôliers, elle répand une onde d’amour qui transforme l’agressivité de ses adversaires en énergie sexuelle. Et les chercheurs, bientôt rejoints par des militaires casqués, de s’adonner à une vaste étreinte collective, lente chorégraphie des corps dénudés. S’éloignant de ce lieu, la créature découvre dans une salle voisine un laboratoire d’expérimentation sur des animaux. Utilisant la magie, elle libère ceux-ci et les conduit vers la nature verdoyante. Avant de redevenir elle-même énergie pure et de quitter la Terre où elle n’aura fait qu’un passage éclair.

MF2000_07a D’aucuns prétendaient que son retour, avec l’album « Point de suture », en août dernier, n’apportait rien de neuf. Le court-métrage intitulé « The Farmer Project », réalisé par Bruno Aveillan, offre la preuve éclatante du contraire. Mylène Farmer y interprète un personnage qui, à l’instar de « Libertine », transcende la simple partition des deux chansons qui en forment la trame musicale, « Dégénération » et « Si j’avais au moins… » Dès ses débuts, se hissant au-dessus du lot, la chanteuse avait revendiqué l’image comme une priorité. Avec cette nouvelle fiction, elle enrichit sa légende d’une œuvre aussi puissante que l’ont été les premiers clips de Laurent Boutonnat. Certes, le scénario semble quelque peu inspiré du « Cinquième élément » de Luc besson, mais Mylène y a projeté sa mythologie personnelle. Ainsi lorsqu’elle libère les animaux, on peut relier cette séquence à une véritable anecdote de sa vie que je relate dans mon livre : dans un restaurant, elle avait exigé qu’on remette à la mer des homards et autres custacés destinés à la consommation et retenus dans un aquarium. Figure christique vêtue de simples bandelettes qui guérit par l’imposition des mains, le personnage qu’elle joue est si convaincant qu’il ferait presque oublier la chanteuse. Ce n’est pas la première fois que la star est dotée de pouvoirs surnaturels (c’était le cas dans « L’Âme-Stram-Gram »). Ce n’est pas la première fois non plus qu’elle se dissout dans l’ordre cosmique (elle devient poussière à la fin de « Fuck Them All »). Toutefois, on aurait tort de voir ici l’expression de quelque mégalomanie. Bien sûr, sa position de star lui offre une forme de toute puissance. A mon sens, « The Farmer Project » est plutôt la métaphore de l’artiste qui, parce qu’il est différent, est l’objet d’une curiosité malsaine de la part des autres, alors que sa seule vocation est de libérer ses semblables de leurs chaînes. Après vingt-cinq ans de carrière, Mylène Farmer prouve, avec ce court-métrage, à quel point elle reste une artiste exceptionnelle. Elle nous livre aussi un échantillon prometteur de ce que pourrait être le long métrage qu’elle envisage de tourner avec Bruno Aveillan. »

source: http://www.lepost.fr/article/2009/01/22/1395889_the-farmer-project.html 

 

Publié dans Les Clips de Mylène | Pas de Commentaire »

2009 – CLIP C’EST DANS L’AIR

Posté par francesca7 le 19 septembre 2011

 Réalisateur: Alain Escalle 

Lieux de tournage: Studios Saint-Ouen et Paris 

Date: février 2009 

Durée: 03’49 

Vidéo : 

 Image de prévisualisation YouTube

 

 

C’est début février que le concept du clip a été décidé, Mylène ayant été intéressée par les visuels créés par Alain Escalle pour la chanson C’est dans l’air pour les futurs concerts: « des matières expérimentales très graphiques sur le thème de l’électricité statique et le crâne, tête de mort de Mylène, qui chante C’est dans l’air sur l’écran principal. »

A partir de ces images du crâne qui chante, Mylène a eu envie de chorégraphies avec des squelettes.
Ont été intégrées des images d’archives sur des essais et explosions nucléaires apportant un aspect plus sérieux « contrebalançant » le second degré des chorégraphies.

2009 – CLIP C’EST DANS L’AIR dans Les Clips de Mylène 2412444133_small_1Le tournage du clip s’est déroulé en deux parties.
En février 2009, à Saint-Ouen pendant une longue journée pour les images avec Mylène enregistrées sur fond vert afin d’intégrer dans un deuxième temps les images de synthèse.
Dans la même journée ont été tournées des images pour le concert puis celles pour le clip (jusqu’à 04 heures du matin !).
A Paris, pour « enregistrer la chorégraphie pour la motion capture (traitement informatique) », ce sont des mouvements de Mylène mais aussi de Christophe Danchaud qui ont été enregistrés.
Le travail sur le clip a duré plus d’un mois, clip qui aura été achevé le 07 avril 2009 quelques jours avant sa première diffusion en télévision le 15 avril.

C’est Mylène qui a décidé que les visuels des différents supports promos ou commerce de C’est dans l’air proposeraient des captures du clip afin de probablement  « imposer le style graphique du clip en cohésion aux images du concert ».

source: Interview d’Alain Escalle – IAO Eté 2009 N°3


Dans le classement des clips les plus diffusés sur les chaînes musicales en France en 2009, C’est dans l’air est 47ème
(le meilleur résulat pour un clip de Mylène depuis C’est une belle journée, 40ème en 2002).

 

Barre de Séparation

Analyse du clip

« Mylène Farmer: Coma Extatique » par Arno Mothra 

 

   Préparez-vous à ce grand scoop : il paraîtrait que depuis ses débuts dans la chanson, Mylène Farmer apprécie le symbolisme, la philosophie et l’art ambigu. En 2009, là où certains s’adonnent à tergiverser, à l’aide de toute l’objectivité requise pour un sujet aussi percutant, sur le nouveau brushing de Mylène, il semblerait pourtant que son clip C’est dans l’air ait davantage de messages à exprimer.

     Pour son approche personnelle de la spiritualité et d’une certaine anticipation de l’apocalypse, la vidéo de C’est dans l’air, réalisée par Alain Escalle et diffusée depuis peu sur les chaînes télévisées, semble mélanger certains prophéties Mayas, les énergies inversées et les quatre symboles géométriques fondamentaux. Explications. 

2411199457_1 dans Les Clips de MylèneCivilisation mexicaine, mystique et mystérieuse disparue inexplicablement au quinzième siècle, les Mayas du Nouvel Empire sont principalement connus pour leur architecture aussi méticuleuse que somptueuse quant à leurs temples et leurs pyramides, ainsi que pour leurs sciences troublantes de l’astronomie et leur système mathématique vigésimal (base de vingt dans la numérotation). Point culminant de leur savoir : leur calendrier (le Tzolkin, almanach sacré, basé sur un cycle de treize fois vingt jours, soit deux cent soixante jours).

     Convaincus de l’influence du cosmos comme activateur de l’esprit humain, les Mayas créèrent des cycles récurrents, dont le nôtre qui aurait commencé en 3114 avant Jésus-Christ (création du monde ou naissance de certaines divinités) pour se terminer en 2012. Cette année 2012 marquerait la fin du cinquième soleil, d’un cycle de cinq mille cent vingt-cinq ans et d’un cycle de treize ans, donnant ainsi lieu à un moment de transition décisif et de transformation importante. Non synonyme de chaos à proprement parler dixit les plus grands spécialistes de l’astrologie Maya, cette fin de cycle correspondrait à une entrée de l’Homme dans une nouvelle ère, une nouvelle dimension demandant une transformation personnelle de chacun d’entre nous. Le cycle de 2012, à priori, ne serait pas le dernier puisque sonnant le glas du cinquième mais impliquant un nouveau à venir en 2013, d’une durée de cinq mille cent vingt-cinq ans, après l’inversion des pôles magnétiques de la planète ; un cycle avant lequel l’Homme devra prendre conscience de la spiritualité, et vaincre les religions.
     S’il ne s’agit ici en aucun cas de porter ou non du crédit à ces théories catastrophiques (très en vogue et, comme par hasard, pendant ce lavage de cerveau insupportable concernant la Crise : admirez la coïncidence), il parait probable que la charmante rousse ait tenté d’établir un parallèle entre son nihilisme assumé (quoique flou) et la fin du dix-septième calendrier des Mayas 

  Points communs avec la vidéo d’Alain Escalle : un aperçu de l’alignement des planètes sur certains plans, la retranscription de la violence des hommes (guerres) avant le véritable chaos (explosion de la Terre), un soleil influent (semblant, paradoxalement, n’éclairer que très peu les entités dans le clip, noyé dans le noir et blanc), un mouvement flou mais effrayant du système solaire. Dans le refrain de la chanson, Mylène Farmer évoque l’emprise dangereuse du nucléaire et la passivité des hommes à entreprendre une prise de position majeure afin de limiter les dégâts (« On s’en fout, on est tout, on finira au fond du trou »). En se basant sur des messagers du temps et des traducteurs des pensées Mayas, l’Homme pourrait préparer le chaos, voire le surmonter, dans la mesure où l’Univers lui fournirait des informations quant à son devenir, et à celui du cosmos. Le procédé de régénération servirait également à se débarrasser des poubelles religieuses. 

farmer2

     La force de l’esprit collective, Mylène ne semble pas y croire, si l’on se réfère aux couplets des paroles de C’est dans l’air (énumération de vanités, puis surtout « Que faire des ruses, que fait le vent ? »). Tout ceci renvoie évidemment au constat de statisme dans la chanson Dégénération (et sa mise en image). « Les fous sont des anges » : des indicateurs ? Des sauveurs ? Qui sont ces fous, ces anges ? Des prophètes ? Dans ce cas de figure, la chanteuse appellerait à écouter les mises en garde (« C’est nécessaire, prendre l’air… », « c’est salutaire, sauf qu’ici loin sont les cieux »)… 

Remarquons enfin la prépondérance du squelette (et plus particulièrement de la boîte crânienne) au sein du film. Selon la légende Maya, il existerait treize artefacts de crânes de cristal (datant de plus de cinq mille ans). Cette même légende indique qu’il faudrait regrouper et aligner les treize crânes ensemble, le 21 décembre 2012, afin d’appeler Gaia (divinité primordiale identifiée à la Terre-Mère) à empêcher le basculement de notre planète. Créés pour des rites divers, ou pour de la magie blanche et noire, les spéculations les plus folles autour de ces sculptures ne permettent toujours pas à l’heure actuelle d’émettre une définition claire sur la signification exacte de ces objets. Cinq à six crânes de cristal retrouvés parmi les douze existants (selon les sources) seraient authentiques ; petite coïncidence avec le nombre de « danseurs » accompagnant Mylène, ne servant pas à grand-chose puisque assistant à l’explosion ? Mylène n’aurait-elle pas pu représenter Gaia dans la divinité perdue de The Farmer Project ? 

Autre parallèle important : les quatre symboles – géométriques – fondamentaux qui sont le carré, le centre, le cercle et la croix. Description rapide de la chose :
     Réel absolu et premier symbole fondamental, le centre se définit comme foyer d’intensité dynamique, le centre des centres étant Dieu. Dans la civilisation Maya (encore), le centre de la croix des points cardinaux correspond au cinquième soleil, époque à laquelle nous vivons.
     Point étendu et deuxième symbole fondamental, le cercle symbolise l’homogénéité, le temps, voire, chez les babyloniens, le cosmos.
     Troisième des quatre symboles fondamentaux, la croix connecte le cercle et le carré entre eux par l’intersection de ses deux droites coïncidant avec le centre. Symbole de la Terre, de l’union des contraires (terre et ciel), des quatre points cardinaux et de la totalité du cosmos, la croix se distingue également par l’essence qu’en ont faite certaines religions. Anecdote amusante : en Chine, le chiffre de la croix est le cinq ; les danseurs morts aux côtés de Mylène se comptent également au nombre de cinq (six à la fin de la vidéo). 

Enfin, le carré représente la Terre, l’opposition au ciel et au créateur. Le cercle exprime les quatre phases du mouvement cyclique, alors que la Terre mesurée par ses quatre horizons est carrée. La croix jumelée au carré indique l’expression dynamique du quaternaire (ce qui n’est pas suggéré dans la vidéo). Si la définition du cube pourrait se révéler plus complexe, elle définirait en revanche d’autant plus la logique des images de C’est dans l’air, puisque symbolisant l’arrêt du développement cyclique car déterminant l’Espace en ses trois dimensions.
     Dans C’est dans l’air, le carré, le cercle et la croix gravitent au centre.
     Pas nécessairement facile de s’y retrouver à premier abord, mais au bout du compte, le message est plutôt simple.

     En usant d’autodérision et de nihilisme, Mylène se moque ouvertement des dérives sectaires de l’interprétation des religions – et prophéties – ou de l’évolution néfaste des hommes, se permettant carrément de leur ricaner au nez (« L’infamie, c’est laid aussi »). La chanteuse est déjà morte, se transformant en cadavre (ou crâne de cristal, c’est selon) le temps de quelques plans et dansant sur une planète éteinte avec de vieux restes, des squelettes, sans identité : une petite fête organisée sur les décombres servant de socle éphémère. 

Pas aussi moralisateur qu’il ne le prétendrait en apparence, le texte de C’est dans l’air expose une réflexion personnelle sur une évolution vaine puisque parée à aucune donne salvatrice de l’Homme. C’est laid ? Tout à fait, autant s’en amuser puisque aucun discours ou monologue narcissique n’y changeront quelque chose. 

    mini-wallpapers-mylene-farmer-766 Ce texte et son vidéo-clip se perçoivent alors de plusieurs façons possibles. Mylène pourrait évoquer un espoir d’évolution positive, puisque utilisant l’humour et l’autodérision (les squelettes, le rire) et surtout, souriant sur les dernières images, avant le désastre. L’on pourrait accoler à ce (joli) sourire une non croyance aux prophéties apocalyptiques, une marque de je-m’en-foutisme très narquois ou un signe de libération ; les images d’archives correspondraient alors à une vision de perpétuation. Les évènements se reproduisent toujours, sans que chacun n’en prenne note et conscience.

     Dans une suite logique au pessimisme, Mylène quittait la Terre à la fin du Farmer Project, pour finalement la retrouver dans C’est dans l’air, en plein ordre de chaos. Difficile de croire au hasard sur l’œuvre de Mylène Farmer, puisque avec C’est dans l’air, tout un concept se développe autour de Point de suture : l’appel au rassemblement des troupes et de l’esprit (Dégénération, « je suis coma là mais faut qu’ça bouge », Réveiller le monde), l’idée du chaos (C’est dans l’air) ou d’échappatoire (Paradis inanimé), l’affiche de la tournée montrant une Mylène déchue, telle une météorite (très en vogue cette obsession pour les météorites cette année dans le milieu du spectacle) et, en dernier lieu, ce terme de rupture évoqué dans le titre de l’album, en lien avec cette poupée morte de la pochette, écartelée, à laquelle il ne reste probablement que l’esprit. 

Petit aparté en conclusion : il devient difficile de ne pas s’étonner quant aux prétendus plagiats d’Alain Escalle, artiste de talent s’il en est, sur le clip du groupe indus Laibach Tanz mit Laibach et celui, d’autant plus banal, d’Indochine avec le récent Little Dolls. Quelques petites précisions à se mettre en tête :

 Laibach a, depuis ses débuts et tel Rammstein quelques années après, toujours misé sur une image provocatrice ; de ce fait, un éventuel clin d’œil à ce groupe à travers C’est dans l’air ne paraîtrait pas fortuit. Rappelons aussi que, en dehors du fait indéniable que cette vidéo ne soit ni d’une grande qualité ni d’une subtilité épatante (quelles belles chaussures !), Tanz mit Laibach ne semble pas spécialement éloignée de ce qu’avait proposé Madonna à travers sa deuxième version d’American Life, quelques mois plus tôt.

_ Indochine, et malgré le talent que l’on accorde ou non à sa musique, n’a strictement rien inventé à travers son clip Little Dolls. Petit rappel de bon aloi : Mylène Farmer et Laurent Boutonnat utilisaient régulièrement ce genre d’effets dans leurs vidéos tournées dans les années 80. Ainsi, était incorporée une photo de Freud dans le clip Maman a tort, voire des images d’archives dans celui de Tristana (d’ailleurs sorti quelques mois avant Les Tzars d’Indo).

   mylene-farmer-oh-my-god1_mini  Mylène Farmer et Laurent Boutonnat ont toujours évoqué des références. Cela constitue l’œuvre, puisque dresser des influences est propre à tous les artistes dotés d’un minimum de sens et de culture (pour les autres, on retrouve sans peine la génération Liane Foly), car comme le soulignait l’auteur expérimental Chloé Delaume, tout art n’ayant comme unique but celui de divertir se révèle telle une propagande du vide, une lobotomisation ou une éponge vaseuse. Il s’agit de ramollir le cerveau humain. Car l’art sert aussi à cultiver, à apprendre, à approfondir certains sujets en renvoyant à des sources diverses (procédé appelé argumentation). Cette richesse culturelle a toujours différencié Mylène de la majorité, dans une œuvre parfois difficile à cerner mais souvent fascinante, ambiguë, unique. C’est aussi pourquoi, en dehors d’une évolution musicale pas toujours présente, elle nous passionne, et pourquoi nous l’aimons.
     En 1999, Mylène regrettait lors d’une interview que l’on titre sur elle : « Mylène Farmer, les jambes les plus belles de la chanson française. » Peut-être doit-elle bien rire en constatant qu’aujourd’hui, certains ne trouvent rien de plus constructif que de débattre sur sa coupe de cheveux, même si toutes les hypothèses et explications de textes ne relèvent que de la pure subjectivité. L’artiste a évolué, le public aussi. Ainsi soit-il.

Arno Mothra (le 29/04/2009 pour localhost/mylene

 

 

30e07fcLe réalisateur du clip de C’est dans l’air est Alain Escalle7. Il était le réalisateur du court-métrage Le conte du monde flottant proposé en première partie des concerts de Mylène Farmer sur Avant que l’ombre… à Bercy en 2006 et des images de scène que l’on pouvait apercevoir sur les écrans géants et sur la croix centrale. 

Le clip illustrant C’est dans l’air est diffusé depuis le 15 avril 2009 sur les chaînes musicales. Des images d’archives d’explosions évoquant la destruction à grande échelle sont diffusées tout au long du clip. On y note, par alternance avec les dites images, la présence de squelettes (images 3D réalisées par Alain Escalle) qui dansent autour d’une Mylène Farmer vêtue d’un blouson de cuir, d’un mini-short et d’une ceinture dont la boucle représente une tête de mort. À la fin du clip, la Terre explose. 203083351_smallLes éléments visuels du clip qui reposent sur le souffle nucléaire s’entrechoquent comme un collage violent. Les éléments graphiques du clip sont fabriqués à partir des éléments visuels utilisés pour le spectacle sur scène et font référence à l’universalité du monde au travers des primitives géométriques. Nous y retrouvons la thématique de la destruction chère au réalisateur et déjà présente dans son film Le conte du monde flottant, ainsi que la référence affirmée de Rage net (1988), Mothlight (1963), Dark tower de Stan Brakhage, et le travail du photographe primitif Charles Winter (Éclair de l’appareil de Rhumkorff). Alain Escalle utilise aussi un élément visuel abordé dans l’une de ses précédentes installations (Fantôme d’amour en 2005) où l’on peut retrouver les éléments de flashs et d’éclairs autour de la silhouette d’une femme qui danse sur ciel étoilé. Le tout est en noir et blanc. Et la technique mélange encore une fois des sources mixtes : 3D, images du Soleil, de la planète Terre tournoyante, de branches d’arbres et de forêts en noir et blanc puis en négatif, retraitées puis déformées au travers de filtres numériques dont la particularité est de générer des images aléatoires d’éclairs. Ce mélange trouve sa touche finale dans l’utilisation de peinture sur la pellicule qui donne au clip son aspect vieilli et usé par le temp 

Ce dernier document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/C%27est_dans_l%27air ». 

 

  

Publié dans Les Clips de Mylène | Pas de Commentaire »

CLIP de APPELLE MON NUMERO –2009

Posté par francesca7 le 18 septembre 2011

Réalisateur : Benoît di Sabatino
Durée : 4’36
Année : 2008
Production : Stuffed Monkey
Budget : inconnu

Synopsis : Mylène Farmer

Dates du tournage : 04 & 05 octobre 2008 (2 jours)
Lieu du tournage : un hôtel à Paris

 

Vidéo ;

Image de prévisualisation YouTube 

 

Chronologie 

04/10/2008 – Tournage du clip (Deux jours de tournage dans un hôtel à Paris)
22/10/2008 – 1ère diffusion du clip 

 

 

Synopsis 

 

CLIP de APPELLE MON NUMERO –2009 dans Les Clips de Mylène appelle-mon-numero-en-derangementSouvenez-vous, nous avions laissé le personnage du clip « C’est une belle journée », du même réalisateur, se coucher dans un grand lit. Le clip se terminait par un « À suivre… ». 

 

Dans « Appelle mon numéro », Mylène se réveille dans… un immense lit, sur lequel tout le clip va se dérouler. Nous avons affaire au rêve du personnage, qui évolue dans un univers onirique très esthétique et traverse les quatre saisons… 


Été : C’est dans une ambiance lumineuse que Mylène s’éveille lentement, réveillée par une petite plume frôlant son visage. D’autres plumes volent au-dessus du lit et tapissent celui-ci. 

 

Cela nous renvoie une nouvelle fois à « C’est une belle journée », puisque celles-ci étaient présentes dans le support promo de la chanson ainsi que lors d’un passage télévisé. Après s’être étirée, vêtue de chaussettes hautes grises ainsi que d’une culotte et d’une sorte de chemise de nuit blanches, elle avance à quatre pattes sur son grand lit. Un morceau de tissu recouvre une grosse boule sombre, symbole des idées noires du personnage. Elle regarde au travers de cette boule de cristal, la prend dans ses mains pour mieux voir, puis semble effrayée par ce qu’elle y découvre. Elle la repose alors rapidement sur le lit et la recouvre par un gros oreiller, un « pillow en plumes » comme le dit la chanson. Lorsqu’elle l’enlève, la boule noire a disparu, remplacée par une volée de plumes noires. 


Automne : des feuilles mortes volent alors au-dessus du lit sur lequel la jeune femme évolue, vêtue d’un haut gris, d’un pantalon blanc et de talons aiguilles. Elle semble attendre, encore et encore, et pour s’occuper, elle joue avec les feuilles, se roule sur le lit, faisant ressurgir l’enfant qui est en elle… 


Hiver : Allongée dans le lit, recouvert d’une couverture de feuilles mortes et de flocons de neige tombant du ciel, le personnage semble toujours être dans l’attente. Ses pieds sont visibles au premier plan, se balançant en rythme avec la chanson. L’un d’eux porte une vieille chaussure trop grande, l’autre une vieille chaussette trouée. Le plan suivant nous montre la demoiselle, petites lunettes rondes sur le nez, tenter de réparer la chaussure cassée à l’aide d’un marteau. Vêtue d’un petit haut noir, elle montre ensuite à la caméra un oreiller suturé de haut en bas, clin d’œil à l’album dont la chanson est extraite, «Point de Suture», et au précédent single, «Dégénération». 


Printemps :  Les feuilles mortes sur le lit sont recouvertes de pétales de roses. Mylène porte un haut beige, de hautes bottes lacées et le fameux shorty « vache » que l’on retrouve sur l’affiche de la tournée 2009. Comme pour les précédentes saisons, elle attend, et pour combler l’ennui qui en découle, elle s’amuse et se détend sur son lit, joue avec les feuilles et les pétales qui se sont superposées jusqu’à présent. 

 

mylene-farmer-sublime-01706564-appelle-numero-big dans Les Clips de Mylène


Pendant le pont musical de la chanson, des images des quatre saisons se succèdent à nouveau, comme pour montrer l’attente qui s’éternise, le recommencement perpétuel… La femme de l’été saute sur son lit et celle de l’hiver réussit enfin à réparer sa 2686232762_1_55_0Fxj6nD0chaussure, ce qui semble beaucoup la réjouir ! Au printemps, elle s’amuse avec une guirlande de papier reprenant le dessin du personnage de Lisa. Mais un éclair zèbre le ciel : elle déploie donc son parapluie noir, et attend toujours, vêtue d’un grand manteau. Elle décroche un vieux téléphone noir : quelqu’un aurait-il enfin « appelé son numéro » ? Elle chante un peu au téléphone, et termine par un petit baiser au combiné, avant de raccrocher. Juste après cet appel, le visage de Mylène n’est plus joyeux et devient grave, comme si elle venait de réaliser quelque chose qui venait de se produire, ou qui allait se produire. Puis l’intégralité du clip fait un retour en arrière accéléré, jusqu’à revenir à la première séquence qui, à l’envers, fait que Mylène est à nouveau endormie. La même plume du début retombe sur sa joue, mais cette fois cela ne la réveille pas. La jeune femme ne fait qu’esquisser un léger sourire. 

 

N’était-ce qu’un rêve ?

 

Publié dans Les Clips de Mylène | Pas de Commentaire »

CLIP PEUT-ETRE TOI – 2006

Posté par francesca7 le 18 septembre 2011

 

Réalisé par : Naoko Kusumi
Diffusé le : Août 2006
Durée : 4’04 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat
Editions : Requiem Publishing 

Dates de production : avril 2006 (2 mois)
Lieu de production : studios IG au Japon 

 

VIDEO 

Image de prévisualisation YouTube 

 

 

Ce clip est un anime japonais réalisé par les célèbres studios IG. Mylène, captive, est libérée de sa prison par un mystérieux homme blond. Ils s’enfuient tous deux, courant dans les couloirs, jusqu’à être stoppés net par des robots meurtriers. Le combat s’engage, et Mylène est une nouvelle fois sauvées par son compagnon. Le plan suivant nous la montre en train de marcher lentement dans la nuit, au milieu d’une ville dévastée. Une énorme lune brille derrière elle. Puis nous sommes replongés en plein combat. Mylène et son compagnon se retrouvent confrontés à toute une armée de robots, au bord d’une falaise. Celle-ci se brise, est Mylène tombe. Elle est plongée dans l’eau, au milieu d’une ancienne cité maintenant inondée. L’homme blond vient une nouvelle fois la secourir. Ils fuient à nouveau. Mylène ouvre une trappe située au plafond. Ils se retrouvent au sommet d’une falaise, visiblement à l’abri. Ils s’étreignent. Une flèche mortelle les transperce, alors qu’ils sont dans les bras l’un de l’autre. Ils se transforment alors petit à petit en pierre, figés à jamais ensemble sur cette falaise. 

 

Le saviez-vous ? 

- Les Studios IG ont été contacté en avril 2006 pour la réalisation d’un clip animé pour Peut-être toi. Ce qu’on sait moins, c’est qu’on leur a demandé de réadapter les animations qu’ils avaient réalisées un peu plus d’un an avant, pour un autre projet de clip : Fuck them all ! D’ailleurs, dans le livret du DVD Music Videos IV, le copyright de production date bien de 2005 ! 



Confidences – Interviews 

Studios IG / Réalisateurs – 2006 – Mylène Farmer et vous 

 

 

 CLIP PEUT-ETRE TOI – 2006 dans Les Clips de Mylène 640382951_smallLe dernier clip de Mylène, « Peut-être toi », est une petite révolution à lui tout seul. C’est la première fois que la chanteuse s’essaye au genre manga, en faisant appel à trois maîtres du genre. Entretien exclusif avec le porte-parole des studios IG. 

 


Quand le studio « Production IG » a-t-il été créé ? 


En 1987, par Mitsuhisa Ishikawa (le I de IG) et Takayuki Goto (le G de IG), qui étaient alors respectivement chef de produit et réalisateur d’animations. A l’époque, le studio s’appelait IG Tatsunoko, il a changé de nom en 1990 pour devenir « Production IG ».
Parmi nos titres, nous comptons « Patlabor the movie » (1989), « Please save my earth » (1990), « Ghost in the shell » (1995), « Blood the last vampire » (2000), « Jin-Roh » (1999), les animations dans « Kill Bill : Vol. 1 » de Quentin Tarantino (2003), « Innocence » (2004). Plus récemment, nous avons réalisé la série télé « Le chevalier d’Eon » (2006), « xxxHolic » (2006), et le dernier film de Mamoru Oshii, « The amazing lives of the fast food gifters » (2006). 


Pouvez-vous nous présenter rapidement les réalisateurs du clip « Peut-être toi », Naoko Kusumi, Kazuchika Kise et Shuichi Hirata ? 


Naoko Kusumi est metteur en scène. Elle a longtemps travaillé pour le prestigieux studio Madhouse, comme assistante à la mise en scène sur des films aussi célèbres que « Kamui no Ken de Rintaro (Dagger of Kamui) » en 1985, ou encore « Yoju Toshi » de Yoshiaki Kawajiri (« Demon Beast City », « La cité interdite » en français, en 1987). Elle a retrouvé Rintaro en 2001 pour « Metropolis » et en 2004, elle a dirigé les séquences en trois dimensions dans « Innocence » de Mamoru Oshii. 


Kazuchika Kise est dessinateur et responsable des animations. Après avoir travaillé chez Anime R, il a rejoint IG Tatsunoko au début de notre aventure. Sa filmographie inclut la série télé « Blue seed » et les longs-métrages « Patlabor the movie » et sa suite, « Ghost in the shell », « Jin-Roh », « Blood the last vampire », « Innocence »… 


Shuichi Hirata est directeur artistique. Il a collaboré à un grand nombre de films de qualité, travaillant avec Mamoru Oshii sur « Patlabor the movie » et sa suite, ou encore « Ghost in the shell », pour lequel il s’est occupé du fond sonore. Il a été le directeur artistique de Rintaro pour « Metropolis », tiré du manga de Osamu Tezuka. Il a également travaillé avec Isao Takahata pour « Grave of the fireflies » (1988) et avec Rintaro pour « X » (1996). Pour Production IG, il a participé à « Innocence » et « xxxHolic » et en 2005 à « A midsummer night’s dream ». 

 


Quand Mylène Farmer vous a-t-elle contacté pour la vidéo de « Peut-être toi » ? L’avez-vous rencontrée personnellement ? 


croquis_peut-etre-toi_02 dans Les Clips de MylèneTout a commencé aux alentours d’avril dernier (ndlr : il s’agit donc d’avril 2006), quand les agents de Mylène ont pris contact avec Geneon Entertainment (USA) Inc. (ndlr : Geneon est une société de production est de distribution spécialisée dans l’animation japonaise). Malheureusement, il nous a été impossible de la rencontrer pour deux raisons : la distance considérable entre la France et le Japon, et le peu de temps dont nous disposions pour réaliser le clip. 


Aviez-vous déjà travaillé avec d’autres artistes ? 


Notre studio a fait un clip pour la chanteuse russe Linda. Nous avons également réalisé des séquences pour le spectacle de Yuzu, un célèbre duo  japonais. 


Mylène Farmer a-t-elle participé à la conception du story-board ? Comment avez-vous imaginé l’histoire ? 


Nous savions qu’elle admirait « Ghost in the shell », et qu’elle était fascinée par l’atmosphère sombre et la qualité esthétique du film. Mylène nous a dressé quelques indications de base. Ensuite, lorsque nous lui avons présenté le story-board, nous avons discuté de certains détails que nous avons fait évoluer en conséquence, mais sans modifications radicales. On nous a en effet laissé une très grande liberté créatrice. Il était clair, du côté de Mylène, qu’elle avait dès le départ tout à fait confiance en notre équipe. 


Vous a-t-elle donné des instructions particulières ? A-t-elle fait part de désirs concernant la mise en scène, par exemple ? 


Nous avons reçu des instructions détaillées pour le personnage animé en ce qui concernait sa coiffure, les couleurs et l’image d’ensemble. Pour la mise en scène, on nous a expressément demandé de créer un style cinématographique, comme dans un long-métrage. 


A combien se montait votre budget ? 


Ah ça… C’est un petit secret ! 


Avez-vous traduit les paroles avant de faire le clip ? 


Nous avons reçu la traduction des paroles et l’élément d’espoir qu’elles contenaient a été crucial dans la création du story-board. Mais la musique et le rythme se sont également révélés une source d’inspiration capitale pour l’équipe. 


Combien de temps a-t-il fallu pour réaliser le clip ? 


Environ deux mois. 


Comment le sujet et le décor ont-ils été choisis ? 

Êtes-vous partis d’une héroïne de manga particulière pour créer le personnage de Mylène Farmer ? 


L’image a été décidée par Mylène et nous avons travaillé à sa mise au point. Il n’y avait pas de modèle spécial, que ce soit de manga ou d’anime (ndlr : l’anime est le terme employé pour désigner le dessin animé, par opposition au mange, réservé à la bande dessinée). 


Avez-vous utilisé des photos ou des vidéos de la chanteuse ? 


MYLENE-FARMER-MININous avons pris comme point de départ des vidéos et des photos de plateau puis nous avons soumis notre projet à l’équipe de Mylène et procédé à quelques ajustements en suivant leurs instructions. Il est toujours délicat de reproduire des personnes réelles dans une animation. 


L’absence de dialogues a-t-elle été une difficulté supplémentaire ? 


Non, car d’un point de vue pratique, cela veut dire pour le réalisateur qu’il n’y a pas besoin de se préoccuper du mouvement des lèvres ! 


Au montage, vos a-t-il fallu couper des scènes que vous auriez aimé conserver ? 


Non, nous en avons seulement raccourci quelques-unes. 


Comment Mylène a-t-elle réagi à la version finale du clip ? 


Elle a été… enchantée ! 

 

 

Mylène Farmer et vous – 2006 

 

 

 

Histoire de la chanson « Peut-être toi »

0602498420706Nous sommes début juin 2006. Le single « Dans les rues de Londres » est murmuré comme nouveau single extrait de l’album « Avant que l’ombre ». 


Finalement, mi-juin, le single « Peut-être toi » est annoncé, après maintes réflexions du staff Farmer, ce qui ravit les fans : enfin une chanson commerciale !

Le 20 juin est diffusé pour la première fois le nouveau single en radio. Et surprise, ce n’est pas la chanson que l’on connaît mais une version remixée avec des sons de cloches, plus de synthés et de batterie… 


Le CD promo montre quelques coups de crayons noir sur fond blanc d’une Mylène manganisée. Fait rarissime, il contient un remix, le « Miss Farmer’s remix », par the Bionix, remix plutôt affreux aux tonalités R’n'B. 


A noter que la maison de disque aurait décidé d’arrêter les promos de luxe.
La sortie du single est alors annoncée pour le 21 août 2006, soit plus de 2 mois après la première diffusion radio !!!

Des rumeurs de duo avec un artiste international commencent à naître. Le nom de Moby est suggéré. Du côté des fans du chanteur, aucune info.

Début juillet, des rumeurs de clip commencent à naître : il s’agirait d’un clip manga. Les premières images sont mises en téléchargement sur I-mode. 


Il est diffusé mi juillet. Effectivement c’est un manga réalisé par Kusumi Naoko, Kazuchika Kise (également responsable du dessin du CD promo) et Shuichi Hirata . Mylène et son compagnon tentent d’échapper à des robots maléfiques. Les fans sont ravis de voir Mylène croquée en manga mais un peu déçus par le scénario assez pauvre.

Les rumeurs de duo avec Moby semblent se confirmer. Ce serait un titre inédit qui figurerait sur le best-of à venir du chanteur. Un clip aurait même été tourné par l’artiste lui-même donnant une image nouvelle de la chanteuse… (On parle même de 2 duos enregistrés et que le prochain album de Mylène serait composé par Moby !) 


Mi aout le duo devient quasi officiel : ce serait donc une reprise de « Slipping away », extrait du dernier album du chanteur.

On parle également du titre live « Avant que l’ombre » annoncé pour novembre… Le clip aurait même été tourné ! 


Niveau rumeur, on murmure également un duo avec Madonna. En effet les deux chanteuses ont un point commun : elles vont doubler toutes les deux la princesse de Selenia dans la dernière production de Luc Besson : « Arthur et les Minimoys ».

Au final, les rumeurs vont bon train et le nouveau single est presque oublié.
Il sort en single digipak, CD Maxi digipak et Maxi vinyle. Deux remixes efficaces de Chris Cox s’ajoutent à celui présent sur le promo. 

Comme toujours depuis le single « Redonne-moi », le single est édité en version limitée. (on parle de 50 000).

Réflexion d’une fan :

 

 lestatlevampire-vip-blog-com-2967168.23En effet, un clip qui nous fait nous souvenir des dessins animés des années 80,avec maints clins d’œil ,les « ennemis » de Mylène par exemple, qui sont ,à défaut d’être semblables en tous points, « copiés »( je ne parle point de plagiat…) quant à l’aspect. Un petit côté « jeu vidéo » aussi avec les personnages( le cellshading de 2004/2005).L’image dernière me fait songer à un Final Fantasy ( pas le jeu toutefois) ou un Golden Sun de par les couleurs et le dessin (il y a des dizaines d’autres références, je le concède, je songe à ceux-ci en premier et ne songe point faire travailler mes méninges pour trouver les autres, même si la facilité est).
Et ce côté funeste qui refait surface après que Mylène l’ait délaissé… 


Il ne demeurera point en ma mémoire tel « un excellent » clip (ou « superbe » comme le mentionne zegilbos) mais il est plaisant à regarder. Les « standarts » sont en majorité conservés, tels les yeux, qui ne sont (comme pour le manga ou hentai) nullement bridés.
un bon clip qui,s’il est le premier se voulant enlacer le manga ou hentai, ne me surprend point contrairement à  » c’est une belle journée » qui nous emmenait alors dans la nouveauté, Mylène prenant réellement part dans les dessins et faisant preuve d’innovation.
Déçue, je le suis quelque peu. Je le songeai autre, d’inspiration plus profonde, un clip moins superflu, tant au niveau dessins qu’histoire. Ce n’est point le cas. Dommage. Mylène nous fit savoir mieux. ( bah..c’est l’été et même s’il fut conçu avant, je pardonne Mylène quant à ce « laxisme » compréhensible…). 

 

Publié dans Les Clips de Mylène | Pas de Commentaire »

CLIP REDONNE-MOI – 2005

Posté par francesca7 le 18 septembre 2011

Réalisé par : François Hanss
Diffusé le : Janvier 2006
Durée : 4’22 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat 

 

 

 

Vidéo clip

Image de prévisualisation YouTube 

Anecdote : Une partie du clip a été tourné dans les ateliers du Louvre. Jamais un clip n’avait été autant repoussé

 

 

Histoire du single 

 

La fin d’année 2005 est plutôt sombre pour les fans de Mylène.
Q.I, le deuxième single extrait de l’album Avant que l’ombre…, sorti début juillet, n’a pas rencontré le succès escompté et, depuis, c’est le silence total.
Au début de l’automne, rien à l’horizon, pas d’actu et une absence de Mylène dans les médias qui devient pesante et explique probablement en partie la chute progressive de l’album dans les classements.

Certaines rumeurs affirment que L’Amour n’est rien… sera le troisième single extrait d’Avant que l’ombre..., d’autres, plus pessimistes, avancent qu’il ne serait prévu aucun autre single extrait de cet album.

Il y aura bien un troisième single, les fans peuvent être soulagés, partiellement seulement, puisque le choix s’est porté sur Redonne-moi, sublime ballade mais, qui dès les premières écoutes apparaissait comme l’un des titres les moins évidents ou accessibles de l’album.

Un CD Promo est envoyé le 13 octobre. NRJ diffuse le titre pour la première fois le soir à 20 heures. On découvre une version plus courte que celle présente sur l’album, amputée du refrain avant le pont. Il était préférable d’être présent ce jour-là car les diffusions de ce titre allaient se faire rarissimes. Il n’intègrera jamais le top 100 des titres les plus joués en radio et chaque diffusion même sur une confidentielle station locale était saluée par les fans telle l’apparition du messie. 


Un magnifique CD Promo Luxe limité à environ 300 exemplaires est également proposé et alors annoncé comme étant le dernier Promo Luxe pour un single.

L’événement essentiel sera la prestation télévisée de Mylène le 12 novembre 2005 dans l’émission « Symphonic Show » sur France 2 présentée par Daniela Lumbroso. Il n’y aura aucune autre prestation chantée de Mylène en télévision durant toute l’ère Avant que l’ombre… et il faudra patienter jusqu’au 13 décembre 2008 et « Ça ne finira jamais » pour avoir le plaisir d’entendre à nouveau Mylène interpréter l’un de ses titres en télé. 

 

CLIP REDONNE-MOI – 2005  dans Les Clips de Mylène 1236802276_mylene-farmer-redonne-moi

 

 

 

Les télés de « Redonne-moi »

Redonne-moi – Interview – Symphonic Show 

Présentée par : Daniela Lumbroso
Chaîne : France 2
Diffusée le : 12 Novembre 2005 

 

 

 

 

Histoire de la chanson « Redonne-moi » : 

divers25 dans Les Clips de MylèneNous sommes début octobre. L’album « Avant que l’ombre » sorti le 18 avril 2005 commence à s’essouffler. Les fans attendent un troisième single décapant. Les titres « Aime », « Dans les rues de Londres » et « L’amour n’est rien » sont annoncés.

Mais voila qu’une nouvelle va en enchanter plus d’un ! Mylène Farmer aurait enregistré une émission télé appelée « Symphonic show » (présentée par Daniella Lombroso) pour promouvoir son album. Le titre « Redonne-moi » ! Le choix en étonne plus d’un et est loin de faire l’unanimité… mais l’attente d’une telle promo est enthousiaste.
Mi-octobre sont envoyés les promos aux radios. Le titre est peu diffusé. Une vraie désorganisation va alors s’en suivre…

Des premières photos du clip vont alors apparaître sur le net, puis disparaître selon les souhaits (et procès) de la star.

L’émission « Symphonic show » est confirmée mais repoussée plusieurs fois. Elle sera finalement diffusée le 12 novembre 2005 soit un mois après son enregistrement. Un second plan promotionnel est envoyé pour l’album, annonçant une opération d’envergure mi-novembre sur NRJ qui n’aura finalement pas lieu.

Le 6 décembre, les chaînes musicales reçoivent le clip mais ne doivent pas le diffuser tout de suite. Le single est annoncé pour début décembre, puis mi décembre puis finalement pour début janvier. On parle d’une édition limitée à 50 000 exemplaires.

Le 2 janvier 2005 sort enfin le single sous format digipak limité et ce 3 mois après l’envoi des promotionnels ! Quelques jours plus tard est diffusé le clip sur les chaînes du câble. Le clip plait aux fans. Un clip sobre, beau, simple de François Hanss (qui avait déjà réalisé « Je te rends ton amour » et « Innamoramento »). Une polémique naît alors auprès de M6 qui refuse de diffuser le clip, Mylène refusant de faire de la promo sur son antenne. 

 

 

Portrait François Hanss   

 

Réalisateur des clips 

-         
Je te rends ton amour 

-         
Innamoramento 

-         
Redonne-moi 

-         
et des vidéos des concerts 

-         
Mylenium Tour et 

-         
Avant que l’ombre…à Bercy 

 

laicite_05_les_sources_vues_par_le_realisateur_mai2008François Hanss, réalisateur de plusieurs clips de Mylène Farmer dont Je te rends ton amour a fait des études aux Beaux-Arts et est diplômé du conservatoire libre du Cinéma Français.
Son parcours professionnel est très étroitement lié à des projets de Mylène Farmer et Laurent Boutonnat.

En 1986, il écrit un article sur les coulisses du tournage du clip Libertine.
En 1988, il réalisé un documentaire sur le tournage du clip Pourvu qu’elles soient douces Les Clips Vol II paru en 1988. Intitulé: « Dans les coulisses de Pourvu qu’elles soient douces » que l’on retrouve sur la VHS

En 1991, il réalise un making-of sur le tournage du clip Désenchantée qui figure sur la VHS Les Clips Vol IV et sur la VHS et le DVD Music Videos Vol I.
Il réalise en 1993 un documentaire lors du tournage du film de Laurent Boutonnat Giorgino, documentaire qui reste inédit à ce jour.

En 1995, il réalise avec Nicolas Mercorele son deuxième court-métrage, L’homme qui marche debout qui remportera le grand prix du 5ème festival international du film de Mauriac.
En 1996, il collabore à nouveau avec Mylène Farmer en réalisant le making-of du tournage du clip California d’Abel Ferrara. On retrouve ce making-of sur la VHS Music Videos Vol II et le DVD Music Videos Vol II & III

 

  Son premier court-métrage de fiction, Le trou de la corneille avait été primé dans de nombreux festivals.

En 1999, François Hanss réalise pour la première fois un clip pour Mylène Farmer avec le sublime et controversé Je te rends ton amour


capture_f2_canefinirajamaisEn Septembre 1999, il filme les concerts de Bercy de la tournée Mylenium Tour. Ces images seront immortalisées sur la VHS et le DVD Mylenium Tour parus en Décembre 2000. François Hanns aura pendant cette période également été le réalisateur de eux clips de Mylène Farmer: Innamoramento avec une vidéo mêlant des images des concerts et des scènes filmées au bois de Vincennes et Dessine-moi un mouton, premier (et dernier) single extrait du live.

En 2002, François Hanss réalise avec Arthur-Emmanuel Pierre son premier long-métrage: le thriller Corps à Corps avec Emmanuelle Seigner et Philippe Torreton. Présenté au 21ème festival du film policier de Cognac en Avril 2003, le film sort dans les salles en France le 23 Avril 2003. Il ne rencontrera malheureusement pas un grand succés public.

En 2005, François Hanss réalise La Séparation . 0un téléfilm sur la loi de 1905 de séparation des églises et de l’Etat diffusé sur France 3 le 02 Décembre 2005. 


François Hanss travaille à nouveau avec Mylène Farmer en réalisant en 2005 le clip Redonne-moi puis en Janvier 2006 le film du concert Avant que l’ombre…à Bercy pour le DVD paru en Décembre 2006 qui sera un énorme succès de ventes. A noter aussi concernant ce dernier DVD que le travail de François Hanss sera salué par de nombreux critiques
.  

 

Publié dans Les Clips de Mylène | Pas de Commentaire »

Fuck them all – clip 2005

Posté par francesca7 le 9 septembre 2011

VIDEO 

Image de prévisualisation YouTube

Date de tournage:  Février 2005 

Réalisateur: Agustin Villaronga 

Lieu de tournage: Roumanie 

Durée: 05’04 

 

 

 fuck them all 

 Fuck them all – clip  2005 dans Les Clips de Mylène fuck-them-all1Dans un paysage enneigé, une femme sur son cheval, les cheveux au vent, galope à grande vitesse à travers les arbres. Elle s’approche peu à peu d’une sorte d’usine désaffectée. A l’intérieur de celle-ci, une cage est suspendue par des chaînes autour de laquelle veillent des corbeaux. On y retrouve une seconde Mylène aux cheveux courts et au visage tailladé prisonnière de celle-ci. La première femme s’aventure dans le bâtiment et s’arrête bientôt en dessous de cette cage qui est vide en la regardant fixement. Le clip est entrecoupé d’images des deux femmes à deux moments différents. Elle ramasse alors une pierre qu’elle jette contre un mur de l’usine qui se brise comme une glace. Elle se retrouve alors dehors, face à un corps couvert d’une couverture sur lequel règne un corbeau. Elle s’approche de la couverture, pousse le corbeau, la soulève et découvre la seconde femme aux cheveux courts, inanimée et glacée. Un passage de la main sur ses yeux les lui refermera. On comprend alors que la Mylène prisonnière attendait que sa sœur jumelle vienne la libérer. Trop tard ! 


Elle met alors sa main dans le corps de sa sœur et en ressort un sabre. Elle se dirige dans la forêt d’où s’envolent des dizaines de corbeaux et se retrouve sur une plaine enneigée sur laquelle résident de drôles d’épouvantails : une sorte de crâne d’oiseau et des voiles noirs déchirés qui flottent dans le vent comme habits. Bientôt Mylène commence à s’en prendre à eux, comme pour venger sa sœur jumelle décédée. A l’aide de son sabre, elle déchire les voiles des épouvantails et les décapite. Du sang noir sort de leurs yeux. Des plumes volent et la cadence s’accélère. Un corbeau renaît du sang noir. 


On revoit alors par saccades sa sœur prisonnière. Le « plafond » de sa cage qui est orné de longues piques commence à se baisser sur elle : son destin est tout tracé.
La première Mylène plante alors son sabre dans la neige puis se morcelle et se volatilise dans l’air. 

 


Budget estimé: environ 150 000 euros

Scénario de Mylène Farmer

Clip tourné en Roumanie début février 2005.
L’équipe qui logeait à l’Athénée Palace Hilton de Bucarest est restée une semaine sur place.
François Hanss était présent pour le tournage du making of du clip et Claude Gassian pour des photos du tournage.

Le clip est diffusé à partir du 09 mars 2005 d’abord dès 08 heures sur M6 puis sur toutes les chaînes musicales.

 

 


ANALYSE :

Après
California et L’Âme-Stram-Gram, Fuck them all est le troisième clip dans lequel on retrouve « deux Mylène« .

mylene-farmer-20050415-35170 dans Les Clips de MylèneUne Mylène aux cheveux courts est enfermée dans une cage qui deviendra son tombeau.
En parallèle, une seconde Mylène, cheveux longs, entièrement vêtue de noir arrive à cheval dans une usine désaffectée dans laquelle elle découvre la cage vide puis le corps sans vie de son « double ». Elle suivra alors des corbeaux qui la mèneront à des épouvantails qu’elle détruira avec un sabre trouvé planté dans le corps de la morte.

On retrouve dans ce clip de nombreux éléments si caractéristiques de l’univers de Mylène : les espaces enneigés (Tristana, Giorgino), les chevauchées à cheval  (Pourvu qu’elles soient douces), les chevaux noirs (Pourvu qu’elle soient douces, Pardonne-moi), la présence de deux Mylène (California, L’Âme-Stram-Gram), les corbeaux (Libertine, Sans logique).

Il s’agit d’un clip assez court mais probablement l’un des plus complexes et riches en symboles de toute la carrière de Mylène et qui soulève de nombreuses interrogations. 

 

Le personnage aux cheveux longs que l’on voit dès le début du clip est probablement l’âme vengeresse qui revient sur les lieux de souffrance et de mort. Toutes les séquences avec le personnage aux cheveux courts correspondent donc à des flash-back. Cette dernière représentation de Mylène rappelle bien évidemment la Mylène juvénile du clip Désenchantée. Doit-on y voir une suite?  

Le personnage enfermé dans une cage porte donc des cheveux courts mais aussi une tenue sexy. Probablement l’image de la femme moderne martyrisée jusqu’à la mort…mais par qui???, par ce que l’ Humain comporte de pire en lui ou tout simplement par les hommes ce qui nous rapprocherait alors des paroles de la chanson.

Ce personnage meurt écrasé par la partie supérieure de la cage qui s’abaisse progressivement sur elle. Cette cage semble donc être le symbole de cette oppression insupportable et mortelle. Les corbeaux, symboles de la mort ou plus précisément de ceux qui ont causé la mort sont très présents dans ce clip: ils ont écorché le visage de la morte alors qu’ils ne semblent pas voir l’autre Mylène dans l’usine confirmant qu’il ne s’agit que d’un « fantôme », qu’ils guideront  vers les épouvantails.

Le sabre avec lequel Mylène combattra les épouvantails est-il réel ou un symbole matérialisant l’arme de la haine qui a conduit à la mort de la femme et qui servira à présent pour la vengeance.

Mylène détruira les épouvantails à coups de sabre. De leurs yeux s’écouleront des larmes noires donnant naissance à de nouveaux corbeaux. Mylène plantera alors le sabre dans une tâche noire au sol inhibant alors la naissance d’un nouveau corbeau. On peut y voir la destruction de la genèse de cette haine qui avait abouti à sa mort. La vengeance semble avoir été accomplie et Mylène se transforme alors en poussière ou redevient simplement un esprit qu’emporte le vent. 

Les épouvantails de Martial Leiter

Martial Leiter est né à Fleurier (Suisse), en 1952. Il commença sa carrière comme dessinateur de presse dans divers journaux suisses, de 1974 à 1990. 


Depuis 1991, il collabore avec le Tagesanzeiger à Zurich, Le Temps à Genève, Die Wochenzeitung à Zurich, Die Zeit à Hambourg, Le Monde Diplomatique et Le Monde à Paris. Il expose depuis 1970 son travail de peintre-dessinateur dans des musées, centres culturels et très nombreuses galeries, en Suisse et à l’étranger. Il remporta de nombreux prix : Prix Alice Bailly, Lausanne (1979), Prix de la 9e Triennale Internationale pour gravures originales, Granges (1982), Prix de la Fondation pour les arts graphiques en Suisse, E.T.H, Zurich (1983), Prix culturel de l’Union Syndicale Suisse (1994). Il illustra des livres et publia certaines de ses œuvres, en particulier : Figures séquestrées, éditions Clin d’OEil (1981) ; Parodies, suite de 50 dessins tirés en mylene-farmer-2004-robin015-bigsérigraphie, éditions du Carabe (1983) ; Du monde moderne (1989) et Une autre planète (1993) aux éditions d’En Bas, Lausanne, et éditions Limmat Verlag, Zürich (pour la version en allemand). Il fut également créateur de décors de théâtre, entre autres : En attendant Godot de Samuel Beckett, Théâtre Populaire Romand, La Chaux-de-Fonds ; Le Faiseur de Balzac, Théâtre Populaire Romand, La Chaux-de-Fonds ; Jardin d’hiver de René Zahnd, Espace 2.21, Lausanne.

Martial Leiter est un talent hors du commun, aux multiples facettes, observateur aigu des failles de l’Histoire. Sa présence dans les grands journaux européens, « Le Monde », « Die Zeit » et bien d’autres, le propulse aux regards d’un public international par son trait, miroir sans complaisance, qui capte et traduit en virtuose une pensée d’une rare lucidité. Mais Leiter est aussi un poète inspiré, nourri de ressources infinies, émouvantes ou drolatiques. Il est attentif aux reflets infimes qui jalonnent la vie de chacun mais que si peu voient ; l’imaginaire de cet artiste déborde souvent le quotidien pour le sublimer, lui imprimer une fantaisie, une folie joyeuse et communicative qui nous embarque vers le rêvé. 


C’est de cette facette-là, rarement accessible au public, qu’est né le vol d’Epouvantails, que Martial Leiter a posé au milieu des blés dans le paysage du Val-de-Ruz et qui y vivra un cycle de saisons, de Juin 2004 à Mars 2005. 


sources: editions-du-heron.com; .sitedecernier.ch  

 

 

 

PORTRAIT DU REALISATEUR 

 

Agusti Villaronga est un réalisateur espagnol né en 1953.  

 

afb115e69ed1b8f2518bd756d2187ef7Il a débuté par la réalisation de trois court-métrages « Anta Mujer » (1975), « Al Mayurka » (1976) et « Laberint » (1980) qui ont reçu des récompenses notamment du ministère de la culture espagnol. 

 

Il réalise en 1985 son premier long-métrage, un thriller psycho-sexuel, « Tras el cristal/ In a Glass Cage » qui a la réputation d’être l’un des films les plus dérangeants des années 80 qui a choqué et divisé le public et aujourd’hui devenu culte. 

 

Le synopsis du film

« Klaus est un médecin nazi. Son plaisir est de torturer et tuer des enfants. Un jour, lors d’une crise de démence, il se jette d’un toit et en ressort handicapé, obligé de vivre dans une cage de verre qui lui sert de poumon. Quelques années plus tard, sa femme Griselda, n’arrivant plus à assumer les soins nécessaire, engage le jeune Angelo comme infirmier. Ce dernier découvre alors le journal de Klaus et se prend de passion pour ces pratiques de cet ancien SS. Il tue Griselda, s’habille en officier nazi et amène dans la chambre des enfants qu’il torture puis tue sadiquement… » 

 

A noter la fascination du réalisateur pour les gros plans anatomiques sur des torses, des mains ou des yeux. On retrouvera dans le clip Fuck them all un plan célèbre sur l’oeil de Mylène. 

« In a glass cage » recevra le Grand Prix du Festival de Barcelone. 

 

 (plus de détails sur ce film: http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1118).  

En 1989, il réalise « El niño de la Luna » / « Moon child », une histoire d’enfants doués de pouvoirs surnaturels et tenus prisonniers dans un centre de recherches par des scientifiques qui essaieront d’utiliser leurs dons pour servir leurs propres desseins. 

 

 

Mylène et Agusti Villaronga

 

 

villaronga%2BmyleneLe clip Fuck them all est à ce jour la seule collaboration de Mylène Farmer et Agusti Villaronga.  On apprend dans le making-of du clip que c’est Mylène qui a contacté Agusti Villaronga, à sa grande surprise puisqu’il n’avait jamais réalisé de clips auparavant (et n’en a d’ailleurs pas réalisé d’autre depuis).

 

 Elle avait proposé les idées de la cage qui devient plus petite et des épouvantails. 

On peut découvrir dans ce making-of des dessins, petit story-board du clip. 

Publié dans Les Clips de Mylène | Pas de Commentaire »

QI – Clip 2005

Posté par francesca7 le 9 septembre 2011

Réalisé par : Benoît Lestang
Diffusé le : Juillet 2005
Durée : 4’00 

 

VIDEO CLIPImage de prévisualisation YouTube 

 

Le clip Q.I est diffusé pour la première fois en télévision en juin 2005 (à 06h sur MCM puis à 07h en « clip des clips » sur M6 pour les amateurs de détails).

Etonnant:
Aucune censure pour le clip qui sera diffusé en intégralité en journée.
Mais, pour la publicité de l’album diffusée en juillet 2005 et comportant des images du clip, notamment celles sur lesquelles on voit les mains de Mylène pénétrer le dos de son partenaire, le Bureau de Vérification des Publicités a demandé à Universal Music d’effectuer un nouveau montage ne comportant pas ces images. Chose faite mais en réponse à cette censure, Universal Music a proposé la version censurée de la publicité en page d’accueil de son site internet.

en conséquence, QI a été souvent considéré comme un « malicieusement érotique » chanson. L’auteur, François Erwan Chuberre a déclaré ; « les paroles sont délicieusement pervers et la mélodie est entraînante comme une séance de gym tonique menée par Véronique et Davina » 

 

 

HISTOIRE de Q.I : 

 

QI - Clip 2005 dans Les Clips de Mylène 6383221_qDans le sombre d’une grande ville sous la pluie, un écran géant disposé sur un immeuble peine à afficher une Mylène sexy à souhait. Un homme marche dans son appartement. Ses fenêtres donnent directement sur cet écran. L’homme le regarde, le touche à travers la vitre humidifiée.

On retrouve une deuxième Mylène dans le même appartement, assise sur un fauteuil en cuir. Bas résille et talons aiguille, elle regarde son homme qui s’avère être un danseur de flamenco (Rafael Amargo). Il s’approche d’elle et lit un livre à ses pieds. Celle-ci, du bout de ses talons, commence à lui retirer sa chemise. Il se laisse faire, semble apprécier. L’homme se retrouver torse nu.

Les deux tourtereaux, derrière une vitre bleue opaque entament une chorégraphie dont on ne voit que les ombres. Ces images entrecoupent le clip jusqu’à sa fin.

Dans la bibliothèque, ils s’enlacent, s’embrassent, jouent de façon sensuelle. Assis l’un en face de l’autre sur un lit, les deux amoureux continuent leurs embrassades. Mylène passe les mains dans le dos de son mari torse-nu et les glisse sous sa peau. L’homme semble apprécier.

Les images s’accélèrent et s’entrecoupent de danse du mari, de l’écran géant, des ombres à travers les vitres bleues… CQFD.

Bref, un clip très esthétique où Mylène est sexy à souhait. Toutefois, pas de réel scénario et des fans déçus qui s’attendaient à un clip ultra sexy. Les rumeurs parlaient d’une censure du clip… 


A noter que le réalisateur, Benoît Lestang avait déjà travaillé avec Mylène dans la passé : c’est lui qui avait assuré les maquillages de « Giorgino ». Il a également crée la mythique marionnette de Mylène pour le clip « Sans contrefaçon« . 

 


mylene-farmer_clip_qi_003min dans Les Clips de MylèneAs a result, « QI » was often seen as a « mischievously erotic » song. 
French author Erwan Chuberre stated: « Lyrics are delightfully perverse and the melody is as catchy as a tonic gym workout conducted by Véronique and Davina. » 

Le réalisateur Benoît Lestang : son travail

Né le 14 Décembre 1964, Benoît Lestang a travaillé dans les années 80 pour le magazine spécialisé dans le cinéma fantastique Starfix.

Il est devenu l’un des maquilleurs les plus réputés du cinéma français. Il a travaillé sur de nombreux films dont « La cité des enfants perdus » (1995), « Le Hussard sur le toit » (1995), « Le Pacte des loups » (2001), « Arsène Lupin » (2003), « Le scaphandre et le papillon » (2007)… 

 

Il a écrit en 2002 le scénario du film d’horreur « Brocéliande » avec le réalisateur Doug Headline.

En 2005, il signe le scénario, la réalisation et le production d’un court-métrage intitulé « Protocole 33″.

D’une durée de 8’50, ce court-métrage à l’atmosphère mystérieuse et oppressante décrit la destinée d’un homme au bord du gouffre, qui, enfermé dans une cave, prendra un cachet qui le plongera dans des hallucinations étranges. « Protocole 33″ a été présenté en compétition dans la catégorie courts-métrages lors de la 13ème édition du Festival du Film Fantastique de Gérardmer en 2006. 

On retrouve dans ce court-métrage des effets visuels identiques à ceux utilisés dans le clip Q.I. lorsque Mylène enlace son partenaire jusqu’à faire pénétrer ses mains sous son épiderme.

Q.I. reste le seul clip réalisé par Benoît Lestang pour Mylène.

Benoît Lestang est le créateur de la marionnette du clip Sans Contrefaçon en 1987.

Il a travaillé sur les maquillages- effets spéciaux de Giorgino en 1993.

Enfin, il est resté fidèle à Laurent Boutonnat en collaborant à nouveau avec lui en tant que maquilleur sur Jacquou le Croquant sorti en Janvier 2007. Il met fin à ses jours en 2008

Rafael Amargo, de son vrai nom Jesus Rafael Garcia Hernandez est né en 1975 à Pinos Puento ville  d’Andalousie proche de Grenade.

Rafael Amargo, très connu en Espagne, est un danseur et chorégraphe spécialisé dans le flamenco. « Ses chorégraphies reflètent une conception à la fois traditionnelle et actuelle, parfois très proche de la danse contemporaine, elles ne perdent jamais le point de référence de l’essence du flamenco ».

En 1997, il a crée sa compagnie de danse, le compañia Rafael Amargo dont il fêtera les dix années d’existence avec un spectacle présenté à Barcelone en Août 2007.

Il a participé en tant que professeur de flamenco à l’émission « Operacion Triunfo » (l’équivalent de la Star Ac) en Espagne et a joué son propre rôle dans des épisodes de la deuxième saison de la série Un, Dos,Tres


Analyse et Réactions

173903633_smallQ.I. est l’un des clips de Mylène ayant suscité le plus de critiques négatives chez les fans. Beaucoup auront été déçus par l’extrême simplicité du scénario, le montage parfois approximatif créant un clip « lyophilisé, consommable, anodin ». Au final, sa durée brève et l’orientation « moderniste » de son esthétisme lui permettront de se fondre sans problème dans la masse des clips diffusés sur les chaînes musicales.

Le clip Q.I est le reflet de la fusion à l’extrême du corps et de l’esprit jusqu’à ce que deux êtres ne fassent plus qu’un. 

 

Bien que le sens du clip paraisse limpide, certains y verront un message tout autre. Mylène représenterait la mante religieuse qui « après la parade nuptiale et son accouplement, tue et dévore son amant ». Les mains s’enfonçant dans le dos du danseur en seraient le symbole et ce clip pourrait alors s’inscrire dans la continuité du single précédent « Fuck them all » aux accents très féministes. En outre, une telle interprétation permettrait de se référer à l’interview accordée par Mylène à l’émission « Sexy Folies » diffusée le 17 Décembre 1986 sur Antenne 2 et durant laquelle elle confiait: « Si j’avais à choisir ma vie (…) avoir trois, quatre hommes dans ma vie. Si j’avais une métaphore à faire, je prendrais volontiers la mante religieuse, c’est à dire que, si j’en avais le pouvoir, parce que bon je suis pas encore tombée dans la folie totale, mais je crois que couperais la tête volontiers. (Les hommes), Je les aime pas, c’est tout! » 

Interprétation au final très discutable tant la Mylène épanouie et souriante du clip Q.I. semble éloignée de la femme tourmentée de 1986.

Publié dans Les Clips de Mylène | Pas de Commentaire »

PARDONNE MOI – clip 2002

Posté par francesca7 le 9 septembre 2011

Date de tournage2002

Lieu de tournage: Studios Sets à Stains 

Réalisateur: Laurent Boutonnat 

Durée: 04’13 

 

 

Le clip a été intégralement tourné en studio sur deux jours.

Budget estimé environ 40 000 euros.

Dernier clip réalisé par Laurent Boutonnat pour Mylène à ce jour. 

 

 

vidéo CLIP PARDONNE MOI 

Image de prévisualisation YouTube 

« L’erreur du cinéma, c’est le scénario » (Fernand Léger) 

 

 

Laurent Boutonnat est décidément un réalisateur insaisissable, tournant des clips insaisissables. Après son retour derrière la caméra pour filmer Mylène Farmer dans Les morts, le cinéaste montre plus que jamais que ce sont ses muses qui s’adaptent à son cinéma et pas l’inverse. Alors que tout le monde attendait le retour de Mylène Farmer devant la caméra interprétant des personnages, grimée et surexploitée, Boutonnat se fond de plus en plus dans l’intimisme qu’il semble ne plus quitter depuis les clips de Nathalie Cardone de 1997-1998 : Laurent Boutonnat a changé, finies les grosses productions. Qu’il filme telle ou telle artiste, sa direction restera la même (MoiLolita formant une exception que nous détaillons à la rubrique correspondante). Mais justement quelle est cette direction ? 

 

Autant le dire, pour n’importe quel public ayant vécu le doux enthousiasme que chaque nouvelle sortie de clip suscitait jusqu’en 1992, Pardonne-moi ne peut-être que décevant. Tout ce qui faisait de chaque clip une œuvre de divertissement à part entière disparaît ici : plus de figurants, ni de personnages, ni de dialogues, ni d’action. La question la plus évidente alors à se poser est de savoir ce qu’il y a à gagner à se défaire de tout cela ? On remarque juste que tout ce que Boutonnat supprime depuis Mon ange (1998) a trait à la narration, au fait de s’attacher à d’autres structures que celle de l’image et de son discours. 

 

 

Laurent Boutonnat serait-il moins cinéaste qu’avant parce qu’il ne s’attache plus au narratif, dans le sens diégétique du terme ? 

 

Ceci expliquerait pourtant l’absence de troisième long-métrage après Ballade de la féconductrice et Giorgino. Pourquoi faire un long-métrage en s’encombrant de contraintes facultatives alors que seule l’image compte ? on peut bien sur tergiverser sur le bien fondé de cette démarche ; mais si on peut critiquer volontiers Pardonne-moi sur le divertissement et l’ambition, on ne peut lui reprocher son manque d’images. 

 

Certains seront peut-être déçus de ne pas voir apparaître ici d’analyse symbolique, pragmatique, énonciative ou même syntagmatique. Mais les clips de Laurent Boutonnat ne s’y prêtent plus. Laurent Boutonnat ne raconte plus (mis à part les clips réalisés pour Alizée, quelques maigres « histoires prétextes » comme celle de Les Mots et d’éventuels futurs clips diégétisés). Il serait en effet totalement vain de chercher les sous-traitances avec les paroles de la chanson, de trouver la fonction de l’homme à cheval, du serpent, ou de la poussière. La seule chose analysable dans Pardonne-moi est son réalisateur, ses goûts pour les images syncopées, l’esthétique à tout prix, et les ambiances inédites. 

 

 

PARDONNE MOI - clip 2002 dans Les Clips de Mylène mylene_farmer_pardonne-moi

 

Si les éléments que choisi Laurent Boutonnat pour chaque nouveau clip rappel les anciens, il apporte en outre à chaque fois un élément qui vient enrichir ce qu’il avait déjà mis en place et qui présente l’interprète sous un jour à chaque fois un peu différent. Dans cette optique, l’image la plus frappante n’est pas celle des yeux blancs, ou noirs (simple effet de frayeur par l’emploi des sensations descendantes) mais cette espèce de danse tribale au ralenti et au noir et blanc très contrasté et granulé, avec une Mylène Farmer qu’on imagine plongée dans la poussière de l’au-delà. 

 

Sur un fond très noir, les particules de cendres s’échappent des cheveux et donnent à la silhouette de la chanteuse en la suivant la très étrange allure d’un spectre. Dans ces plans magnifiques, l’interprète reste les yeux fermés, totalement inexpressive, comme si quelque chose de surhumain la guidait, l’avait sortie de la poussière où elle reposait depuis la nuit des temps. Seuls deux plans quasi-subliminaux surexposés la montreront hilare, la tête basculée en arrière, rendant du même coup l’ensemble de la dans et du clip dénués de sens et de logique. Reste ce chevalier mystérieux, lui aussi sur fond noir, qui galope sans fin et qui rythme la chanson. On peut sur ce point remarquer deux choses ; ses apparitions se font à des moments de la chanson où la répétition est aussi musicale, ce qui accroît l’idée d’un galop sans fin du cheval et la course de ce prince qui jamais n’arrivera à destination. 

 

0 dans Les Clips de MylènePour renforcer cette idée on peut remarquer aussi que le cheval n’avance pas, mais fait du sur place (la fumée en arrière plan reste immobile). La caméra n’est donc pas en travelling latéral mais en plan fixe, et amorce même à un moment un zoom arrière. Ainsi non seulement on ne peut que ressentir la quête vaine du prince, mais également jouir de la fluidité de sa cours, de la beauté de cette image irréelle en contre-plongée. Grâce à tout cela, Laurent Boutonnat côtoie au plus près ce qu’est le cinéma expérimental ; la prise de vue d’éléments à demi réels afin de les employer dans de nouvelles formes plastiques, et inventer du même coup une grammaire cinématographique différente qui provoque chez le spectateur des sensations nouvelles qu’il ne peut éprouver par le biais du cinéma traditionnel. 

 

Dans Pardonne-moi, plus que jamais, l’image ne peut être présente à l’écran que parce que c’est cette chanson qui est illustrée, alors qu’on peut aisément imaginer les images de LibertineSans Contrefaçon et même Ainsi soit je sur une autre musique de couleur approximativement équivalente. Ces images n’ont été inventées que parce qu’il y avait tel ou tel son dans la chanson, ces images sonnent juste par rapport aux effets musicaux tout simplement et ceci pour la première fois chez Boutonnat. Tout ceci pour dire que Laurent Boutonnat a continué d’évoluer dans sa manière d’appréhender le vidéo-clip, même si ça n’est pas dans la même direction que le public « pour lequel » il travaille. 

 

36934178Depuis 1997, de Mon Ange à Pardonne-moi en passant par Baïla Si et Les Mots, Laurent Boutonnat n’a cessé de tâtonner pour trouver ce qu’était vraiment un clip, ce qu’était vraiment une image, et donc ce qu’est réellement le cinéma. 

 

Pardonne-moi aurait pu être le seul vrai clip de Laurent Boutonnat, donc le dernier. Et si ce n’est pas le cas, un cap a de toute façon été franchi en le réalisant : se désintéresser intégralement de tout fonctionnement narratif pour ne se concentrer que sur l’image, quitte à ce qu’elle rende ivre tellement sa beauté ne renvoie à rien de connu. 

Publié dans Les Clips de Mylène | Pas de Commentaire »

C’est une belle Journée – clip 2002

Posté par francesca7 le 9 septembre 2011

 

Le clip C’est une belle journée est un film d’animation réalisé en 2002 

par Benoît Di Sabatino ; à partir de dessins créés par Mylène.

 

 

Vidéo clip : 

 

Image de prévisualisation YouTube 


Le personnage principal évoque immédiatement Mylène : une belle rousse filiforme au visage juvénile et innocent mais avec le corps d’une femme sexy voire provocante. On suit ce personnage dans ses activités quotidiennes d’une grande banalité : lever, bain, gym….
Même son affectueux animal de compagnie, un petit mouton, ne parvient pas à sortir cette jeune femme d’un état oscillant entre ennui et mélancolie. 


Seule l’irruption d’une petite fille jouant à saute-mouton et croquant la vie à pleines dents, bien qu’évoluant dans un univers sinistre, parvient à tirer son aînée de cette torpeur.
 

 

 

C’est une belle journée est le premier clip d’animation de la carrière de Mylène. Le suivant sera Peut-être toi en 2006.


C’est une belle journée est également le premier clip d’animation pour un artiste français réalisé à partir de ses propres dessins. On retrouve un style graphique identique à celui que l’on avait pu découvrir en 2000 avec les dessins illustrant les CD Maxi et les Maxi 45T de Dessine-moi un mouton. On retrouve également le même mouton sur ces dessins et dans le clip C’est une belle journée.

C’est une belle Journée - clip 2002 dans Les Clips de Mylène mylene-farmer-ainsi-soit-jeEn 1985, Mylène participait à l’émission L’Académie des 9 sur Antenne 2 . Elle avait réalisé un dessin d’un objet: le style était déjà très proche des dessins du clip C’est une belle journée. Petit clin d’oeil également au titre Alice et à l’araignée figurant sur le programme da tournée 1996 avec dans le clip C’est une belle journée, l’apparition d’une araignée pendue au bout d’un fil. La première référence qui vient à l’esprit en découvrant ce clip est Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry : les dessins de Mylène rappellent cette oeuvre et le personnage de l’enfant évoque le Petit Prince et son mouton.

Le message de ce clip pourrait être : savoir retrouver l’enfant qui sommeille en nous. 


Le clip se termine par un mystérieux  » A suivre ». Il n’en fallait pas plus pour susciter de multiples spéculations chez les fans en 2002. Beaucoup espéraient que le clip Pardonne-moi serait cette suite tant attendue. Trop évident pour Mylène qui surprendra une fois encore, en publiant en 2003, son premier livre, Lisa-Loup et le conteur , qui reprendra le personnage de la petite fille.  Le personnage de l’enfant était déjà présent sur la couverture du livre Où es-tu? de Marc Lévy publié en 2001, couverture illustrée par un dessin de…Mylène bien sur.
 

 

 

 

ANALYSE DU CLIP : par Dr. Jodel http://jodalsaintmarcfree 

 

Injustement réhabilitée dans le classicisme Boutonnien par le clip de Les Mots, Mylène Farmer confirme bien son penchant déjà ancien (7 ans maintenant) pour le léger, la sensation directe, voir l’anecdotique. Comme pour redorer un blason trop rouillé 2430550121_1 dans Les Clips de Mylènepar les couches de maquillage, de paillettes, de mousse et de spray, Mylène Farmer fit appel à Boutonnat le temps d’un clip. Clip qui la replongeait, nous l’expliquons dans une époque où pour la première fois le clip revêtait les habits du cinéma classique, voir moderne. Seulement chassez le naturel, il revient vite au galop, et si la vrai nature de Laurent Boutonnat réside bel et bien dans le romanesque, dans le discours sur le monde et sur l’homme, Mylène, elle, donne la trop fâcheuse impression d’avoir eu à se retenir une décennie entière sous la direction de Boutonnat (pour rappel de 1984 à 1994) pour pouvoir enfin « se lâcher » et vaguer à présent à des préoccupations narratives et esthétiques bien plus directes. 

 

C’est une belle journée est une confirmation. Celle que la nature de Mylène Farmer a pris le dessus, a gagné, que c’est sa nature qui est de notre époque et non celle de Laurent Boutonnat. Si ce dernier s’apparente de toute évidence à la modernité et parfois au classicisme cinématographique, Mylène elle, appartient définitivement à la post-modernité

 

Les images  de C’est une belle journée résume bien ce fait qu’il ne produit plus du sens, il produit de la sensation. L’emploi du 1sll4_480x270_pxfrzdessin met en scène impeccablement cette idée, il serait hasardeux de chercher une explication à ce vidéo-clip qui ne fait que rassembler (brillamment c’est vrai) dans une histoire (totalement amphigourique il faut l’admettre) la totalité des dessins amateurs que la chanteuse a bien voulu offrir à son public en 6 ans (des premiers dessins représentant la chanteuse elle-même, et mettant en scène une araignée irréelle dans le programme de son concert de 1996 ; à la couverture de Où es-tu de Marc Lévy représentant l’enfant avec son baluchon et son ballon de baudruche route). Ici, comme dans les autres clips précédents tels ceux de Marcus Nispel, les mouvements de caméra virevoltants n’ont aucune fonction diététique et ne justifient leur présence que par la volonté de donner tel ou tel style à l’image, de donner telle ou telle vue de l’objet (ou de la personne) représenté. Le discours lui, devient soit descriptif, soit méta-discursif, et n’a d’autre vocation que de divertir dans un déluge de feux d’artifices multi-piste son spectateur. On est, avec C’est une belle Journée, directement dans ce que Laurent Jullier appelle le Film-concert. 

 

Il est certes très difficile de rester fidèle à une seule idée de l’image et du discours en 18 ans de carrière. C’est pourtant à ce seul prix que l’on peut prétendre à une œuvre au sens plein voire plus difficilement ; au mythe. La post-modernité de C’est une belle journée semble irréversible pour Mylène Farmer

 

Sans pour autant coller ici des jugements de valeurs qui seraient probablement mal accueillis par l’individu fanatique de base, atteint de cécité mylénienne, comment pourrait-on renouer avec la « modernité classique » des œuvres de Laurent Boutonnat après avoir goûté à cette esthétique très actuelle (pourtant vieille de 25 ans si on considère le premier film post-moderne comme étant La guerre des Etoiles) que répand sur l’écran C’est une belle journée, à coup de travellings avant vertigineux dans le miroir (trace on ne peut plus évidente de style post-moderniste). 

 

Seulement Mylène Farmer, nous le savions déjà, n’a peur de rien et n’aura probablement aucun scrupule à retourner dans quelques mois un clip classique sous la direction de Boutonnat, portant à faux à nouveau son œuvre entre une espèce de « caution Boutonnienne » de sens d’un côté et de « volonté-fashion » actuelle de l’autre. Tout ceci n’est pas très grave à court terme ni pour les admirateurs que nous sommes, ni pour le grand public à la faculté d’adaptation foudroyante aux nouvelles modes. 

 

Le parcours de Mylène Farmer que nous venons brièvement de retracer sous l’angle du style cinématographique, ne révèle qu’un seul grief : l’incohérence… 

 

 

 

Quoi que…. Si l’on considère le côté mystique ou peut-être bien spirituel !!! 

 

Publié dans Les Clips de Mylène | Pas de Commentaire »

LES MOTS – clip 2001

Posté par francesca7 le 9 septembre 2011

 Date de tournage:  octobre 2001 

Lieu de tournage: Studios d’Arpajon (Île-de-France

Réalisateur: Laurent Boutonnat 

Durée: 04’45 

 

 

Le clip Les mots a été intégralement tourné en studio les 08 et 09 octobre 2001.

Retour de Laurent Boutonnat derrière la caméra. Il n’avait plus réalisé de clip pour Mylène depuis Beyond my control en 1992.

D’autres clips de Mylène avaient déjà été tournés dans les studios d’Arpajon dans le passé dont Sans logique en 1989.

C’est Mylène qui aurait demandé à Laurent Boutonnat de réaliser ce clip. 

 

 

Vidéo clip LES MOTS 

Image de prévisualisation YouTube 

Faux naufrage criminel, craie errance nihiliste. Dix ans après Regrets, Laurent Boutonnat remet en scène la disparation du thème de l’Autre

 

LES MOTS - clip 2001 dans Les Clips de Mylène motssinglemaxi45Retour tant attendu de Laurent Boutonnat, derrière la caméra pour le 1er clip avec Mylène Farmer depuis Beyond my Contrôle il y a bientôt 10 ans, Les Mots renoue enfin avec les thèmes romanesques exploités par le réalisateur dans les années 80, ne serait-ce par les éléments graphiques familiers (lune, neige, vent, noyade..). 

 

Le tournage de Les Mots s’est déroulé lundi 8 et mardi 9 octobre 2001 dans les immenses studios de cinéma d’Arpajon, là même où avait été tourné Sans Logique en 1989 avec ses tonnes de terre. Rares sont les studios français dotés d’emblée, de grandes surfaces de jets plafonniers puissants capables d’imiter la pluie, les studios de la région parisienne étant consacrés essentiellement à la télévision. Seuls les studios de Boulogne et d’Arpajon permettent aisément la mise en place d’équipements de décors nécessités par des clips comme Sans Logique ou Les mots. Seulement deux jours de tournage pour le clip, comme les récents tournages des clips d’Alizée. Mais aussi comme la durée de tournage de clips plus prestigieux comme Regrets ou Beyond my Control…. On ne s’avancera pas trop en comparant cet opus aux clips de la grande époque. 

 

La rumeur qui circulait depuis quelques semaines avant la première projection laissait entendre que Les Mots serait une transposition de Othello de Sheakspeare… si on peut en effet trouver quelques points de convergences, la démarche de Laurent Boutonnat semble s’en éloigner. 

 

18 dans Les Clips de MylèneIl ne serait cependant pas étonnant que le réalisateur se soit plongé dans la pièce de théâtre anglaise pour l’écriture du film, quand on se rappelle que le clip de Sans Logique était pour sa part, une adaptation de Carmen… Aux côtés de Mylène Farmer, l’homme noir n’est pas Seal, mais un modèle, embauché pour prendre la place du chanteur. En effet, le premier jour de tournage fut le jeudi 11 octobre 2001, soit un mois jour pour jour après l’attentat meurtrier du World Trade Center à New-York. Seal, terrifié par l’idée de prendre l’avion, refusa de se rendre en France pour le tournage. Comme la délocalisation du clip aurait été pour le moins compliquée vu sa mise en scène, c’est la productrice qui assura le tournage des plans de Seal aux Etats-Unis selon les indications de Laurent Boutonnat resté en France . 

 

Mylène Farmer et Seal chanteront toutefois la chanson ensemble, en France, en janvier 2002 aux NRJ Music Awards à Cannes. Certains plans complémentaires ont été utilisés, tel le plan des vagues lors de la tempête et ceux du ciel pluvieux, ensuite retouchés par infographie. La toile représentant les nuages faisant fond au radeau a été retravaillée sur certains plans. Notamment lorsque l’âme de Seal est debout face à la tempête dans la mer, les éclairs ont été ajoutés, ainsi que les mouvements de nuages. Et avant tout les icebergs qui, on aurait pu le croire, font partie du décor, ont été incrustés par ordinateur par la société Mikros qui s’est occupée de tous les effets spéciaux. Une première pour Laurent Boutonnat qui n’a pas l’habitude d’utiliser les effets spéciaux dans ses clips. (Seule le long-métrage Giorgino avait nécessité des effets numériques pour l’apparition des loups à la fin du film et pour les plans lointains de la calèche de Giorgio dans la vallée). 

 

Le clip est passé en exclusivité sur M6 dans le Morning live le mercredi 7 novembre 2001 à 8 h 15. 

 

Il a été multidiffusé très amplement sur les chaînes câblées (MCM) à partir de la demi-heure qui suivi. Pour la première fois un DVD single sera édité pour fêter le retour événementiel de Laurent Boutonnat derrière la caméra et sera compris dans le coffret de la compilation de Mylène Farmer

 

 

260578910_smallA la vision de Les Mots, on peut à priori remarquer le peu d’évolution dans le cinéma de Laurent Boutonnat, ce serait sans compter les éléments présents qui ne tiennent pourtant pas du genre du clip. Par exemple ces idées plastiques de ces derniers clips pour Nathalie Cardone et Alizée, ces combinaisons d’objets, de situations et d’icônes connus de tous, qui à eux-mêmes invitent au discours. Ceci est inédit chez un réalisateur de clip. Depuis quelques années l’interprète est devenue facultative dans le cinéma de Boutonnat, l’importance est donnée non pas à l’histoire mais à la diérèse, c’est-à-dire à l’univers de l’histoire racontée, aux éléments filmés avec de plus en plus de distance, voir de recul, -et malgré tout avec une esthétique toujours autant maîtrisée- et qui suggèrent à présent plus qu’ils ne montraient auparavant. L’échec de Giorgino sembla voir fait de Laurent Boutonnat un cinéaste de l’abstrait. 

 

Donc, dans Les Mots, Mylène navigue avec un mort. Et si elle en est parfaitement consciente, ce sont malgré tout ces ténèbres qui lui donnent la force de ramer. Seule, cela ne l’intéresse pas, elle ne ramera qu’accompagnée. Seule rescapée sur un radeau d’un naufrage inconnu, om échappée sur une construction de fortune d’une ile déserte où on l’avait enfermée, Mylène Farmer fait semblant de s’intéresser à l’autre : si elle reste volontiers lovée dans les bras de cet homme sans tête, elle ne se « jettera pas à l’eau » pour lui, pour le sauver, et on pourrait même la suspectée d’être à l’origine de sa noyade. C’est peut-être d’ailleurs cet autre qui l’a frappé précédemment ce qui expliquerait son hématome au front. De là à prendre cette séquence pour l’allégorie de dix ans pendant lesquels la chanteuse a fait semble de s’intéresser à l’Autre… il n’y a qu’un pas. 

 

On pense bien sûr à la terrible tempête de La Fille de Ryan (David Lean – 1976), on pense à l’allégorie du jeu de l’acteur, par le personnage de Mylène, qui est obligée de jouer celle qui veut sauver son amant alors qu’elle lui lâche la main intentionnellement. Un peu comme Catherine qui aurait tendu la main à Giorgino qui se noyait sans vouloir vraiment le sauver. Laurent Boutonnat révèle une fois de plus un homicide qui n’en est pas un, un crime qui est difficile à définir comme tel. En une envolée lyrique, Laurent Boutonnat symbolise tout cela en montrant, sur une volée de violons, Mylène Farmer qui, la main tendue cers le corps englouti baisse la tête, comme si elle n’avait pas su sauver Seal, mais aussi comme si elle avait eu honte d’elle. 

 

Réfugiée contre le mât dans une tempête sombre allumée d’éclairs et de bourrasques, Mylène Farmer sourit. Visiblement heureuse, débarrassée, elle se laissera guider vers les terres de son enfance, à présent dégagée d’un Autre devenu une absence. Elle prend à ce moment là, les jambes recroquevillées, l’étrangement de la pose du phœnix, cet oiseau ayant le don de renaissance. Est-fortuit ? … C’est ici que réside l’errance, l’absence totale de croyance ; après avoir tué l’autre là où il aurait été le plus tuile (sur le radeau) on se laisse aller avec sérénité à une perdition assurée, à un nihilisme abstrait : C’est ce sentiment auquel on arrive durant la dernière minute du film, celle où on ressent à nouveau cette légendaire émotion boutonnesque d’être heureux alors que tout est perdu, d’être en paix alors que le néant nous entoure. L’âme de Seal, elle prend les traits d’un Dieu qui meurt, d’une silhouette noire à demi enfoncée dans les eaux tourmentées. Les éclairs donnent à cette silhouette des allures d’un adieu surpuissant. Plus que la disparition de Seal, c’est la disparition de l’Autre remise en scène ici. Cet autre qui s’offre aux éléments naturels qui s’emparent de lui, l’Autre boutonnien qui est né du néant (la provenance blanche du tramway de Regrets) et qui retourne au néant, qui se fond. 

 

mylene-farmer-300x300Seulement voilà, l’allumette se meurt sous le souffle immédiat de la rousse. Comme un retour du thème du paradoxe (le pôle Nord atteint, on gaspille la dernière chaleur qui aurait pu nous réchauffer, nous sauver). Comme une idée éphémère du retour de Boutonnat derrière la caméra tout ceci n’était finalement qu’une rencontre, rien ne dure, tout n’est que passage. Seul l’avenir dira si cette flamme ne s’est rallumée que pour ces cinq minutes qui nous ont replongées, avec délice, dans des sensations mélancoliques oubliées. 

 

Publié dans Les Clips de Mylène | Pas de Commentaire »

123
 

linergeek |
give to eat by eating |
ecouteconseil |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hé ! lecteurs à Saint Marti...
| parlons-en!
| Je me SOUVIENS...