Où est la génération Mylène

Posté par francesca7 le 21 mai 2015

A la sortie du single, nombreux sont ceux qui ont immédiatement tissé le lien avec Désenchantée. Mylène elle-même l’a confirmé, on peut donc le considérer comme une certitude. Il y a aussi, dans Dégénération, quelque chose qui joue avec le tube de Mylène Farmer, un écho en quelques sortes. Lors du journal de TF1, Mylène l’explique de la sorte : «j’ai surtout le sentiment que la nouvelle génération (…) est dans un monde d’une ultra-violence et que c’est un monde qui est très très téléchargement (3)difficile…»

Le constat sur la société actuelle est sévère. La France actuelle semble avoir engendré un tel «tumulte» que même Mylène, très discrète sur ses positions politiques, semble ressentir ce besoin de changement, cette aspiration à un mieux-être dont personne ne connaît exactement la teneur. Partis politiques en grande partie épuisés ou népotiques, misère sociale, stigmatisation des exclus… L’avenir est au moins aussi noir que le présent, et cet état pesant fait aussi le fond d’une partie des textes de l’album (Réveiller le monde et C’est dans l’air en particulier). C’est ce désarroi aussi qui provoque l’échec du «test statique» évoqué dans la chanson, c’est quand Mylène se demande ce qu’est devenu «sa» génération, c’est-à-dire les jeunes et moins jeunes qui la suivent depuis ses débuts que le beat revient sur la chanson, et qu’elle parvient à souhaiter que ça bouge, quitte à devoir s’arracher à son «sexy coma».

Les images du clip de Dégénération, avec leur ambiance totalitaire, où les militaires sont omniprésents viennent d’ailleurs clairement signifier la source de cette violence : elle est violence politique, morale, organisée… Restons toutefois mesurés : Mylène Farmer n’a pas non plus vocation à servir de nouveau messie, elle n’est pas porteuse d’un message rigoureusement construit, bref d’une politique. Le «j’sais pas moi» est en ce sens éloquent. C’est en terme de morale (au sens noble du terme) qu’elle se positionne, appelant à un changement qui, au-delà des régimes et des partis, s’adresse directement à l’Homme. Le clip de Bruno Aveillan, comme Mylène l’expliquait à Claire Chazal permet comme souvent de dresser un contrepoint au texte de la chanson… Une dégénération, un monde de violence ? Soit, mais là où la chanteuse n’apporte aucune solution plus concrète qu’un «faut qu’ça bouge», le réalisateur lui a suggéré de convertir cette violence en amour. L’idée a séduit Mylène. Il faut dire que c’est le remède qu’elle aussi propose dans Réveiller le monde, qui reprend de manière plus explicite les thématiques de Dégénération…

MysterFrizz du site http://www.innamoramento.net/

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Faut qu’ça bouge Mylène

Posté par francesca7 le 17 mai 2015

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Pour résumer, Dégénération est la démonstration même de la démarche créatrice de Mylène Farmer. Elle est réflexion sur la possibilité même de l’écriture sans changement, et elle conclut sur la victoire du mouvement sur le coma. Le refrain est à l’image de cet impossible coma, le beat en effet disparaît sur les premières phrases, et les longues notes tenues provoquent une sensation de calme et d’apaisement au sein de cette chanson dynamique : mais le coma est alors qualifié par le terme, fort, de dégénération. Dégénération, soulignons, est un synonyme rare de «dégénérescence». Il désigne un avilissement profond des caractères originaux d’un pays, d’une nation. Aussi attirant soit l’arrêt, il n’a en fin de compte rien permis, rien engendré d’autre qu’une dégénérescence désespérée, un vide créatif… La chanson se fait réflexion sur les mécanismes et les conditions même de l’engendrement d’un texte… Tentation de la boucle, tentation de l’arrêt, et toujours pourtant cette envie d’autre chose. Retour de la rythmique sur la deuxième partie du refrain, comme un réveil qui fait alors émerger une question lancinante : celle de son public… Où est ma génération «désenchantée» ? Où est mon public, qu’est-il devenu ? L’artiste semble se regarder droit dans les yeux, constater la dégénération et vouloir lui trouver une solution : ce sera Point de Suture, album up-tempo, album qui vise sans doute à secouer les choses qu’Avant que l’ombre avait quelque peu ouaté, lissé, anesthésié… 

 

MysterFrizz du site http://www.innamoramento.net/

 

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Comprendre le message de Myléne du TIMELESS 2013

Posté par francesca7 le 10 mai 2015

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Les premières paroles chantées par Mylène Farmer lors de son dernier spectacle Timeless 2013 ne sont-elles pas « à l’envers cette terre », comme la dystopie est une utopie inversée, c’est à dire une représentation du monde souvent futuriste, toujours infernale, cauchemardesque ?

Comment installer cette dystopie ? D’abord par le lieu de ce voyage à travers les étoiles, vers un univers loin, très loin de notre monde, à des années-lumière, du moins en apparence, et l’arrivée d’un personnage énigmatique qui va changer cet univers. Après le noir, au bout de la nuit, les étoiles au début du spectacle qui finissent par former le visage de Mylène tel qu’il apparaît sur l’affiche de la tournée constitue peut-être un effet d’annonce. Une entrée stellaire, un bouillonnement d’étoiles fixes et filantes qui se rejoignent pour former peu à peu un tunnel rectiligne, puis en spirales, un tourbillon évoquant le Tartare grec. Les étoiles semblent elles-mêmes voyager dans le temps et l’espace. Ce passage entre les dimensions débouche sur un vaisseau qui évoque un cratère dans lequel on s’engouffre pour accéder à l’un de ses couloirs qui semble infini, labyrinthique, un dédale spatial, avec déjà le mélange des imaginaires mythologiques et futuristes : au tunnel stellaire succède un tunnel métallique mais toujours virtuel car ces plans sont des images de scène présentées sur un écran gigagéant, qui occupe tout le « mur » du fond de scène.

Sur cette même chanson, les images de scène semblent évoquer le processus de constitution de l’univers depuis le big bang : naissance et mort d’étoiles, explosions et reconstruction de matières nouvelles à partir d’éléments épars. 

Est-ce une façon d’annoncer l’absurdité du monde dystopique, sur lequel l’héroïne vient d’atterrir, qui tourne à vide sur lui-même ou simplement d’évoquer le cœur, l’âme du vaisseau sans lequel il ne pourrait fonctionner ?

Ce monde lui, on le verra, a trahi son pacte avec la nature à l’image des représentations habituelles de planètes lointaines sur le déclin qui se meurent de la surexploitation de leurs ressources .

téléchargement (2)A ce titre, le crâne nu de Moby, filmé de derrière au début du tableau « Slipping away » et bleuté, ressemble étrangement à la surface d’une planète. La voix stellaire de Mylène sur « A force de » vient donner un nouvel éclairage au thème de la chanson : savoir et vouloir espérer et donner l’espoir à l’autre quelque soit le situation, et ce en contemplant la beauté et la force de la nature : « La force des rapides, des vents qui se déchirent, me donnent l’envie de vivre, donner l’envie de vivre ; à force d’étincelles, que la nature est belle ». MF semble ici apporter au sein de la dystopie la voix salutaire d’un ailleurs, d’une nature qui existe encore bien qu’elle soit perdue ici, et qui va renaître au contact de ce personnage féminin, en tenue de voyage, encapée, entourée d’éclairs bleus à son arrivée sur scène comme l’écran derrière elle.

La voilà prête à réveiller le monde…

Cependant sur le titre suivant, « Comme j’ai mal », le soleil naissant d’ « A force de » semble décliner. Ici-bas, la vie se fragilise. La reconcentration, et non plus le déploiement, de ces lignes lumineuses, voire leur repli, qui plus est sur une musique inquiétante, s’opère autour d’une porte des étoiles mauve sombre qui rappelle un soleil noir ou un trou noir – avec le jeu de mots sur le trou noir psychique puisqu’elle chante « ma mémoire se fond dans l’espace ». Ici, la voix stellaire de Mylène devient gutturale, étrange, comme malade, à l’image de l’étoile déclinante dont les rayons, instables, se formant et se déformant, paraissent chavirer, tanguer dans un sens puis dans l’autre : « ma pensée se fige, animale ». Elle qui vient d’un ciel bleu pur, est comme étouffée par ce lieu étrange, dystopique, où elle vient d’atterrir : « je ressens ce qui nous sépare », ici il s’agit sans doute d’elle et du monde où elle pénètre. Elle est animalisée. Sa faculté à ressentir des émotions ou à penser rationnellement est comme absorbée . Elle décide pourtant de continuer son chemin. Et c’est là qu’elle va rencontrer les robots du tableau de « C’est une belle journée »

Nous voilà entrés au sein du monde dystopique. Et qui croisons-nous en premier ? De bien étranges robots, dès l’introduction du 3ème titre du spectacle « C’est une belle journée ». Tels des têtes chercheuses effrayantes, leurs yeux et à leurs bouches mués en lampes torches semblent traquer tout ce qui sortirait d’une « normalité » érigée en dogme non transgressible et en dehors de laquelle il est impossible de vivre dans une anti-utopie.

Or, ces robots soudain s’humanisent, joyeux, dansants, au contact de la seule femme « souveraine » (Mylène) qui subsisterait dans ce monde ou qui venue d’ailleurs sur son vaisseau spatial découvre un monde où les filles sont des robots : « voir des anges à mes pieds ». La simple présence de cette voyageuse semble leur donner l’envie d’aimer , « de paix », puis de s’aimer mutuellement, comme le montrera l’interlude centré sur eux. On peut y voir une explication de la présence dans ce spectacle de danseurs hommes uniquement autour de Mylène, d’où également l’attitude protectrice des mêmes danseurs très proches autour d’elle pendant le pont de « C’est une belle journée », en particulier des deux danseurs de devant (Raphaël Sergio Baptista, Aziz Baki) qui l’entourent de leurs bras : la rareté se doit d’être protégée. Elle dit d’ailleurs à ce moment-là : « comme un aile qu’on ne doit froisser ».

Ces robots sont l’un des épicentres du spectacle si bien qu’un interlude très original leur est consacré. Ils semblent se toiser du regard, se méfier les uns des autres, peut-être se découvrir comme « êtres vivants ». En tous les cas, ces robots irradient, dans un univers bleu froid, une lumière rouge. Celle-ci rappelle les opérations de détection de la chaleur corporelle qui apparaît souvent « rouge » pour ceux qui la traquent, dans certains univers de science-fiction. Les robots sont alors les seuls signes de vie.

On pourrait dès lors y voir l’interlude d’une autre rencontre amoureuse qui a lieu cette fois entre deux être humains : Mylène F. et Gary Jules sur la chanson suivante : « Mad world ». Pour en revenir aux robots, certes ils semblent méfiants mais ils sont surtout curieux, ils s’apprivoisent et quand l’amour est là, conscient et mutuellement ressenti, ils dansent soudainement la joie d’être aimé, malgré cette surveillance, sur une musique dont les arrangements évoquent des bruits « robotiques ». Ils changent de couleur au gré de leurs émotions : heureux de cet innamoramento, ils sont multicolores de même que les faisceaux de lumière les entourant, de plus en plus nombreux qui jaillisent de toutes parts. A cet instant, même les yeux de surveillance semblent entrer dans la danse et oublier leur mission orginelle pour partager un moment de joie.

images (2)L’animal est-il là au sein de la dystopie ? Sur le tableau « Monkey me », il génère cependant un moment de joie, en liaison avec thème de la chanson qui évoque une rencontre entre un animal prisonnier (en attente d’être adopté dans une animalerie) et une femme, et le sentiment quand leurs regards se croisent. Elle semble se reconnaître en lui, éprouver de l’empathie pour sa souffrance, se sentir elle-même prisonnière, d’où la nécessité d’adopter l’animal pour le libérer. Sur le tableau « Monkey me » du concert, on peut observer sur l’écran des pointillés disposés en cercles concentriques qui rappellent une cible : moment de jeu ou représentation du système solaire ? Les guitares couvertes de leds sur ce titre, donc lumineuses, symbolisent la joie associée au singe dans la mythologie japonaise, la chaleur, la vie au sein de la dystopie comme le marquent les couleurs chatoyantes, solaires (rouge, jaune or) du tableau. Sur certaines dates, 3 guitares sont équipées de leds lumineux : pour symboliser chacune un des trois singes de la sagesse ?

Lorsqu’il est fait de chair et de sang, l’homme est l’objet d’un spectacle-défouloir, objet de désir, sur « Oui mais non », où la chorégraphie virile et les costumes des danseurs semblent évoquer l’esclave ou le gladiateur désarmé ou le lutteur, jeté dans l’arène d’un jeu du cirque équivalent à celui de l’Antiquité romaine. On y développe la même martialité quitte ou double : comme on levait la main pour décider de la mort de quelqu’un, MF sur son fauteuil décide qui elle garde et qui elle rejette parmi ces hommes qui paraissent se lover autour d’elle.

A ce titre, les ombres chinoises, tour à tour noires ou blanches (ou les deux) au détour des portes de l’arène qui s’ouvrent et se ferment, sans cesse renaissantes, semblent signifier la multiplicité des peuples (conquis) réunis comme objet de spectacle au sein des Ludi. Leur forme et leurs mouvements rappellent dans leur agencement les amphores grecques ou les frises de l’Egypte antique. D’ailleurs, les doubles blancs des personnages, évanescents, qui volent, en arrière plan, d’une frise à l’autre, de corps en corps, de réincarnation en réincarnation, rappellent les « kâ », doubles spirituels de chacun être humain, naissant en même temps que lui, dans la mythologie égyptienne.

En contraste, l’homme venu d’ailleurs est l’objet de l’amour véritable dans Timeless. Amour d’adultes en un premier temps sur la partie « piano/voix » du concert. La seule relation humaine pour Mylène est passagère : Gary Jules apparaît sur scène dans l’obscurité et surplombé de faisceaux formant une colonne (un tunnel ?) de lumière vertical et blanc qui le transforme d’emblée en homme-ovni. Comme Mylène, il vient d’ailleurs, il n’appartient pas à ce monde dystopique, d’où le fait qu’il le qualifie de « mad world » et qu’il enjoigne ceux qui l’écoutent à s’ouvrir l’esprit : « enlarge your world ». Il devient dès lors le seul amour possible pour celle qui elle non plus « n’[est] pas de ce monde ». thématique si mylénienne de l’ami imaginaire et du voyage à travers le temps futur et passé et les dimensions (au centre du spectacle Timeless) serait dès lors le moment de la rencontre amoureuse, L’amour naissant…

En effet, en commençant le refrain par « si d’aventure je quittais terre », elle permet au doute de s’installer. Elle projette de quitter cet univers (parce qu’il la rend malade ?) comme elle le fera à la fin du concert, en laissant Gary qui n’est déjà plus présent : elle fait sa déclaration d’amour à un absent. Belle résonance avec le thème originel de la chanson, interprétable comme l’aveu d’amour à un enfant tant voulu mais qu’on a jamais eu, peut-être parce qu’il est mort-né , peut-être parce que l’enfantement tel qu’il se fait normalement est interdit dans certains univers dystopiques, pour contrôler les naissances, éviter la profusion des classes miséreuses, laborieuses, dangereuses. Cet enfant perdu est-il la raison de l’absence de Gary ? Le déploiement de l’amour sur « Les mots » occupait l’ensemble de la scène ; ici, point de suture, noir sur la scène (au début) pour accentuer l’absence, traversé de sept rayons blancs protecteurs, et repli de Mylène avec son pianiste sur la partie droite de la scène, comme si la musique sauvait de tout. « Et pourtant » signe la rupture de la relation – à cause de cet enfant non né ? : « mais tes lèvres ont fait de moi un éclat de toi », dit-elle à Gary, toujours absent – et ce même si l’amour persiste, signant la nécessité du départ. A ce moment, l’outro de « Et pourtant » confié à Yvan Cassar seul sur scène semble signifier que si l’amour est terminé, la musique survit et fait renaître. Alors que la musique gagne progressivement en intensité et en beauté, la scène sombre fait place à une lumière de plus en plus intense, statique puis mobile, qui éclaire la pianiste seul puis l’ensemble de la scène. La vie nous est redonnée par la musique.

images (3)Si l’amour d’adultes n’a pu donner lieu à la naissance d’un enfant, celui-ci apparaît tout de même, venu du public, donc d’en dehors de ce monde représenté sur scène : sur « A l’ombre » pour annoncer le renouveau à venir ou « XXL », chanson centrée sur le besoin d’amour de la femme, quelque soit le monde d’où elle vient. Les vaisseaux projetant des rayons formant des X, des images de MF et de ses guitaristes, de leur complicité, marquent à nouveau les moment de joie apportés par l’amour et la musique là encore – comme sur « Et pourtant », mais cette fois le musicien n’est plus seul. Le moment est idéal pour faire entrer sur scène, dans son univers, un enfant, par exemple celui, très mignon, du 11 septembre 2013. Ce contact amoureux avec le hors scène est élargi à l’ensemble du public dans le tableau « Bleu noir » où Mylène chante sur une nacelle mobile qui traverse l’ensemble de la fosse, et ce en liaison avec la thématique de la chanson, ici la vie vaut la peine d’être vécue pour les relations profondes que l’on y noue : « mais la vie qui m’entoure et me baigne me dit quand même ça vaut la peine » « la bataille est belle, celle de l’amour disperce tout ». Faire chanter au public le premier couplet du titre « Maman a tort » participe du même élan : « deux, c’est beau l’amour » « huit, j’m'amuse ».

Dans la même mouvance, mais plus clairement, « Désenchantée » permet de se focaliser sur les marginaux, les révoltés, les prisonniers politiques, les dissidents de cette dystopie : « tous mes idéaux, des mots abîmés ». Ceux-ci sont figurés par les danseurs. Avec la sorcière Mylène, ils sont enfermés hors du regard des « normaux », sur une planète hostile, rouge, peuplés d’insectes menaçants, veuves noires, gardiens lugubres des prisonniers exilés ….

Cette sorcière de « Désenchantée », nous la retrouvons sur « Diabolique mon ange ». Si la croix sur la nuque de Moby (« Slipping away ») semble renvoyer l’idée de religion, de spiritualité, elle aussi, à un lointain passé, de même que sur la partie piano-voix du concert, la croix très discrète sur l’échancrure de la robe pailletée d’étoiles de MF, elle signe surtout définitivement le rejet de la religion dans cet univers, en dehors de ceux qui tiennent encore quelque chose du passé :? D’ailleurs, les cinq soleils de « Bleu noir » reviennent à ce moment précis, non plus blancs, mais jaunes or, plus puissants, regaillardis par cette renaissance dans un tableau faisant référence au pays du Soleil levant, donc naissant ou renaissant et qui accueille, après « Sans contrefaçon », le tout premier titre de la carrière de Mylène, celle qui la fait naître en tant que chanteuse : « Maman a tort ».

« Sans contrefaçon » ? Des dystopies toujours… « Dans ce monde qui n’a ni queue ni tête », apparaissent des simili samouraï, guerriers rouges de la planète Mars, au double sens du dieu grec de la guerre et du sang versé au combat et de la planète rouge : « prenez garde à mes soldats de plomb, c’est eux qui vont tueront ». 

Dans le même ordre d’idées, toujours sur « Je t’aime mélancolie », l’industrialisation effrénée n’aboutit à rien puisqu’elle sert à construire des engins de mort : machine ambulante qui évoque un lieu de pendaison par couperet avec suspendus serpes et marteaux – symboles du communisme soviétique. Elle permet de mettre au point des engins de répression (gants de boxe sur ressort avec aussi une allusion au clip de la chanson de ce tableau) ou encore des machines occupées à un travail vain et inutile : machines à roues dotées de ciseaux géants mobiles servant à la culture d’une terre aride, bateau au sein d’une mer rougeâtre vide ou peuplée de squelettes de poisson, allusion au travail à la chaîne tayloriste (et à sa symbolique chaplinesque) avec ces bouteilles fabriquées en série qui explosent avant même d’être terminées. Plus loin, les visages humains eux-mêmes toujours indéfinissables semblent être produits en série. A noter que les premières dystopies sont nées avec l’industrialisation – destructrice parce qu’irrespectueuse – du XIXème siècle, révolutions industrielles dont l’une a été marquée par une découverte essentielle : l’électricité, ici représentée par une ampoule qui s’allume et s’éteint au milieu d’un visage vaguement défini. 

Vient « Rêver », le moment du départ, où il faut « changer de ciel », l’ultime chanson du concert, l’hymne à la tolérance, mais qui signale tout de même la fragilité du nouveau monde créé et la nécessité d’un agir ensemble pour le préserver.

Pour terminer, sur l’ensemble du spectacle, il faut souligner que, pas de doute, c’est un spectacle très réussi. Chaque membre de l’équipe sur scène a son moment privilégié, où l’attention est concentrée sur lui, marque de partage et de respect infini pour tous les acteurs du show : Gary Jules chante presque seul sa chanson « Mad world », le public chante presque seul le 1er couplet de « Maman a tort » ; il y a l’intro musical de « Et pourtant » qui met en valeur le pianiste Y. Cassar, l’intro de « Je t’aime mélancolie » pour les danseurs, l’intro de « Diabolique, mon ange » pour tous les musiciens et les choristes, la mise en avant des guitaristes sur « Monkey me » et « XXL » (et de l’un d’entre eux sur l’écran au milieu des « soleils » de « Bleu noir ») et bien sûr l’interlude robots. 

images (4)Et la joie présente du début à la fin du concert, en particulier autour de son héroïne toujours souriante, comme un contrepoint à la dystopie et le signe d’un espoir toujours vivant. Qui a dit qu’elle, Laurent B. et toute leur équipe n’étaient pas capables de se renouveler tout en gardant leur identité ? Où s’arrêtera le pinceau d’écume ? Jamais, puisqu’elle est éternelle… 


SOURCE : Cyril H. – à retrouver sur le site originel :  
http://roadmaster-087.skyrock.com

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L’ESSENTIEL DE MYLENE

Posté par francesca7 le 7 mai 2015

 

mylene-farmerL’essentiel du public Farmer est composé de deux vagues : ceux qui l’ont découverte dans les années 1980, et qui ont une quarantaine d’année actuellement, et ceux qui l’ont suivie plutôt depuis les années 1990. Les années 2000 ont confirmé sa place d’artiste d’exception, mais n’ont pas vraiment apporté de nouveaux « adeptes ». Si Mylène Farmer peut être appréciée à tous les âges, c’est généralement au moment de l’adolescence qu’on la découvre et que son univers « parle ». Il semble en effet, comme un conte, aborder et prévenir des secrets de la vie, des avenirs heureux ou non possible, et bien sûr de la fin de chacun.

L’univers passionnant fait que le public, une fois touché, ne le lâche pas et c’est la raison pour laquelle, actuellement, un public d’une grande diversité se retrouve pour ses concerts.  

Qu’est-ce que Mylène Farmer dit d’elle dans ses chansons ? Que confie-t-elle de sa personnalité ?

A peu près rien. Et pourtant, les gens ont l’impression qu’elle parle d’elle à travers ses textes. Mais en y regardant de plus près, elle reste dans le général. Elle parle de l’amour en général, de la mort. Mais ce n’est jamais abordé personnellement. C’est cela qui touche aussi le public finalement. C’est parce que ses paroles ne sont pas personnalisées que son public s’identifie beaucoup à elle. C’est sa grande force. Elle construit de l’intime à travers son œuvre alors même que celui-ci est très universel. Contrairement à d’autres chanteurs, il y a des éléments de sa vie personnelle, de mise en relief de sa propre histoire à l’intérieur de son univers. Par exemple, elle est capable de parler de la naissance d’un enfant ou de l’enfance en général sans jamais que l’on arrive à savoir exactement de quoi il en ressort pour elle. Si on prend Désenchantée, c’est un hymne à la révolte et à l’enfance mais à aucun moment elle ne fait appel à sa propre enfance. C’est toute l’ambigüité du personnage. Elle arrive à construire un propos autour de l’intime sans jamais livrer quelque chose de personnel. Mais elle évoque suffisamment bien les problèmes pour que son public se sente concerné, s’y reconnaît.

Mylène Farmer, entretient-elle quelque chose de commercial autour de sa part de mystère où n’arrive-t-elle pas à se confier ?

Je ne crois pas du tout à une forme de réserve. Malgré ce qu’elle dit ce n’est pas dans sa nature profonde d’être éloignée des médias. Souvenez-vous, dans les années 1980, elle faisait le Jacky show par exemple. Elle arrive en réalité à se mettre en scène dans des shows pharaoniques comme peuvent le faire les grands timides. Mais elle arrive à le faire car le lien au public n’est pas un lien où il y a un vrai contact. Elle perçoit le public comme une masse en face d’elle. 
Mais il y a aussi une dimension marketing. Ce n’est pas non plus un ange Mylène Farmer, c’est une femme d’affaires. Du coup, cela fait partie de son univers. Elle en joue. 

Mylène Farmer a-t-elle plus tendance à se confier en interview ou dans ses textes ?

Quand elle est en interview, elle est souvent mal à l’aise. Du coup, elle y va en sachant qu’elle ne voudra rien dire. Mais il faut essayer de comprendre son univers comme une tentative de poésie. C’est-à-dire qu’elle essaye de créer de l’émotion. L’enchevêtrement des phrases et des mots qu’elle emploie est très rythmique. C’est certainement son ambition : arriver à évoquer des  thèmes qui procurent de l’émotion à son public tout en en livrant le moins possible d’elle-même. Elle ne se confie pas, ni en interview, ni dans ses textes, en revanche elle donne une forme d’émotion à ses fans et cela au-delà des histoires qu’elle pourrait raconter. Elle faisait de même dans ses clips ultra-scénarisés.

Les fans campent depuis le début de la semaine devant la salle de Bercy, les places se sont arrachées en quelques heures seulement. Que vont chercher les fans dans cette personnalité si particulière ? Etre fan de Mylène Farmer, est-ce une façon de se démarquer et d’exprimer sa singularité ?

Être fan est avant tout une façon de trouver sa singularité. Au contact – même imaginaire – de celle que l’on apprécie, on apprend à se connaître soi-même. Premier temps, on s’identifie à la star au travers du personnage et de son imaginaire, puis on apprend à découvrir l’artiste pour ce qu’elle est et non seulement pour ce qu’elle donne, à mesure que l’on se découvre soi, différent et unique à la fois. Mais la grande force de Mylène Farmer c’est de faire du lien entre les individus. Par exemple, ceux que vous citez ne campent pas que pour leur star : ils se connaissent entre eux, se retrouvent, lient pour certains des liens amicaux d’une grande force, parfois plus ! Au travers de leur star, les fans vivent des émotions fortes, et cela aussi est important.  

hanteuse-mylene-farmer-au-nrj-music-awards-en-janvier-2012Pourquoi touche-t-elle un public si large et si éclectique ?

On pourrait voir Mylène Farmer comme un écran de projection : elle est le support de tous les fantasmes car incarne des visages très différents au fil des histoires qu’elle déroule dans ses clips, sur scène, etc. Son talent scénique en fait également une performeuse hors pair qui explique aussi que certaines personnes qui n’apprécient pas totalement ses titres viennent la voir pour les show qu’elle propose. Ces derniers sont unanimement reconnus pour la qualité de la direction artistique et la grande générosité de ce qui est offert au public. A la fois grandiose, intime, authentique et d’une maîtrise très pensée. C’est tout cela à la fois, Mylène Farmer. 

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Mylène Farmer, une Poétesse

Posté par francesca7 le 2 mai 2015

 

Michel Onfray a litté­ra­le­ment encensé Mylène Farmer. C’est sûr, il lui voue un amour XXL…

Lundi soir, les audi­teurs de Radio Clas­sique n’en ont pas cru leurs oreilles. Invité dePassion clas­sique, l’émis­sion d’Oli­vier Bellamy, Michel Onfray, venu expo­ser ses goûts en matière de musique clas­sique, a tressé des lauriers à… la chan­teuse Mylène Farmer.

Après avoir écouté à l’an­tenne un extrait de Je te rends ton amour, extrait de l’album Inna­mo­ra­mento, le philo­sophe au discours poli­tique­ment incor­rect a d’abord évoqué la voix de la chan­teuse. « Je trouve qu’il y a chez Mylène Farmer une voix extra­or­di­naire, une sensua­lité, une volupté. » Avant de s’ex­ta­sier sur les textes de ses chan­sons. « Cette voix est au service de textes qu’on ne lit pas, qu’on n’écoute pas. Et quand on prend le texte, on s’aperçoit qu’il y a des poésies qui ne sont évidem­ment pas mallar­méennes – mais c’est pas mon truc la poésie mallar­méenne, la poésie incom­pré­hen­sible, tordue que personne ne comprend même pas ceux qui les écrivent. » 

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Puis, le penseur a osé asso­cier la talent de la chan­teuse avec celui d’autres poin­tures de la chan­son : « Il y a chez Bashung par exemple, chez Chris­tophe ou chez Mylène Farmer une poésie contem­po­raine qui est extrê­me­ment inté­res­sante et qu’on laisse de côté  parce que c’est un genre popu­laire et donc plutôt médiocre et oublié. »

Connu pour son athéisme et son enga­ge­ment dans la léga­li­sa­tion de l’eu­tha­na­sie, le philo­sophe a égale­ment théo­risé sur la place de la rouquine liber­tine dans le paysage artis­tique hexa­go­nal. « Mylène Farmer c’est aussi un corps, une mise en scène, c’est aussi une façon d’être dans le système. Elle n’est pas du tout au devant de la scène, elle est un peu secrète, discrète, on ne sait pas grand chose. Et j’aime assez que les gens produisent leur art et soient sur scène puis dispa­raissent et n’exploitent pas le filon de leur vie privée. »

Des propos qui ont, bien sûr, ravis les fans de la chan­teuse. Mais, surtout, qui tombent à pic. Le 15 mai prochain, la chan­teuse publiera Fragile, un livre en colla­bo­ra­tion avec la photo­graphe Sylvie Lancre­non (éditions Anne Carrière). On pourra y décou­vrir, face aux image, des extraits de ses chan­sons. Sans la musique, sans la voix. Exac­te­ment comme on lirait de la poésie contem­po­raine.

article source : http://www.voici.fr/news-people

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SOUS LES MAUX DE MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 2 mai 2015

 

 

Swift écrivait avec authenticité : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. » Ce nouvel album de Mylène Farmer ne manquera pas, devant la vocifération de quelques verrats nourris à la confiture pourrie, de confirmer à nouveau cette citation.

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Bloc opératoire :

« Tous les points de suture du monde ne pourront nous recoudre » dit Pacino dans L’impasse.

Anesthésie générale en prévision. Comme son nom l’indique, Point de sutureannonce une phase, celle de la plaie soignée après l’opération. Soignée mais pas cicatrisée. Alors que l’excellent [Dégénération->644] (dans les bacs depuis le 18 août) laissait présager un disque froid et plutôt évasif quant aux paroles, ce septième album de la rouquine, très up tempo, électrochoc, s’avère d’une diversité délicieuse et sauvage. Avec un virage résolument électro moderne, tout en restant, fort heureusement, très Laurent Boutonnat (génie irremplaçable, quoi qu’on en dise, dont on attend également impatiemment la prochaine production cinématographique). Petite révélation d’introduction :Point de suture contient le plus beau titre que Mylène Farmer et Laurent Boutonnat aient écrit.

D’allégories en aphorismes, d’assonances sans dissonances, de désirs annexes, sexuels, sans zèle, sans complexe, les textes sont d’une rare finesse et intelligence, même si leur titre ne l’affirme, parfois, pas nécessairement ( Appelle mon numéroC’est dans l’air ). Le nom de l’album exhale d’ailleurs toute sa prestance si l’on daigne un tant soit peu creuser entre les lignes : l’artiste n’aura jamais autant joué sur l’autodérision, subtile et cocasse, sur la poésie, sur l’éclectisme : sur tout ce à quoi on l’assimile bêtement, souvent avec une hargne rare.

Option chirurgicale : album au scalpel :

Dégénération : ouverture en rafale avec le premier single issu de Point de suture (ici en version longue), accessoirement numéro 1 des téléchargements légaux dès sa mise en ligne, et servi par un clip époustouflant, subversif, fort de ses allusions métaphoriques (une confusion des genres entre médecins et militaires nazis, entre malade [sujet d'étude] et entité divine). Un des meilleurs singles de Mylène Farmer, à l’antinomie du palliatif, qui n’est pas sans rappeler Sin de Nine Inch Nails . Ecoutez bien.

Appelle mon numéro : première découverte du nouveau cru. Avec un tel titre, l’auditeur pouvait s’attendre au pire, comme il en abonde sur les plus mauvaises radios généralistes. Il s’extasiera finalement du meilleur. Musicalement, Appelle mon numéro se rapproche de Dans les rues de Londres (en 2005), grâce à ses arrangements doux et planants, aux nappes de synthés, accentués par des guitares sèches et un riff électrique qui s’ancre rapidement dans la tête. Malgré cette rétrogradation, la (bonne) surprise est de taille : un texte écrit avec justesse et mæstria, par ses multiples jeux de mots et les assonances jouissives du deuxième couplet (une prouesse littéraire exemplaire, grande maîtrise du verbe, qualité stylistique énorme, tournant autour du pillow et de l’hallali [à la connotation sexuelle évidente]). Une extrême noirceur derrière le rideau : un appel à l’aide, un cri de claustration, Mylène is calling 2 : Allo oui c’est moi, tu n’es pas là ? Je me sens toute seule, je suis toute seule. Une plage douce, dans le style trip-hop envolé cher à Mylène, et dont les cinq minutes trente défilent beaucoup trop vite.

Je m’ennuie : retour aux sonorités électroniques pour un hit efficace, clair, et dance dont les arrangements font totalement abstraction du désenchantement paroxysmal des paroles (comme souvent chez l’artiste). Ode à l’oisiveté, à la désillusion. Virage musical bien opéré à travers ce titre moderne et entraînant, empreint de doute et de solitude profonde, nous renvoyant au bovarysme. Un futur single à n’en point douter.

Paradis inanimé : l’intro de Paradis inanimé nous met d’emblée dans le ton : Point de suture risque fort d’être le disque le plus riche et hypnotique de la charmante rouquine. Energique, frais et (très) mélodieux, ce titre renvoie à la période pop-rock de l’artiste. Paradis inanimé bénéficie d’un texte onirique (et derrière le masque, très nihiliste), noir, poétique, apparaissant presque tel un pied de nez à certaines langues de fiel enfermant la chanteuse dans quelques clichés risibles. Un magnifique voyage, Mémoires d’outre tombe, dont la dernière minute nous rappelle avec joie ce que Coldplay sait faire de meilleur.

Looking for my name : un peu de douceur pour cette cinquième piste, interprétée avec Moby . Sur une ambiance hypnotique et obscure, Looking for my name se différencie totalement de Slipping away / crier la vie (single en duo avec Mylène issu du Greatest hits de Moby, sorti en 2006) et de son potentiel club, se rapprochant plus de l’univers habituel de la rousse. Petite pépite synthétique et mélancolique principalement dans la langue de Shakespeare, qui passe en boucle, dans une optique moderne de l’album L’Autre. en 1991. Une véritable et remarquable collaboration artistique.

Point de suture : balade sombre typiquement Farmer / Boutonnat, aux claviers et pianos omniprésents, interprétée très sobrement, à la limite de la fêlure. Nouveau clin d’oeil à la pop gothique raffinée de 1991, avec à l’appui, plus d’aigus dans la voix. Les derniers souffles de la chanson se révèlent ni plus ni moins incroyablement beaux et ténébreux. Un des grands moments de l’album : bouleversant. Et sur les blessures, point de suture.

Réveiller le monde : parfaite transition entre les titres froids et électroniques, Réveiller le monde est à classer dans ces deux catégories. Le texte, empli de désillusion, suintant le lyrisme de Paul Celan, appelle à une tolérance plus soudée entre les hommes, et sonne comme un appel de Soi à un quelque retrait d’un monde ébréché, au stade irréversible de l’agonie. Un titre savoureux, très doux, aux vieux fantômes de Depeche Mode .

Sextonik : malgré de très bons couplets (vantant les mérites de quelques ustensiles utilisés en substituts.) sur lesquels la mélodie nous caresse gentiment les tympans, Sextonik, aux accents dance kitsch années 80, a du mal à convaincre sur un refrain très creux et vite irritant. On se demande même si ce morceau n’a pas été écrit pour (par ?) les adhérents du Club Med, ou ceux d’un cours d’aérobic salace, sous le soleil d’été. La petite déception de la galette.

C’est dans l’air : une TUERIE imparable comme on en attend rarement. Electro énergique à double tranchant, la lumière de C’est dans l’air (le titre le plus rapide du disque) irradie de sa dichotomie, et de ce qu’exhale en général Point de suture . Les couplets baignent dans une teinte similairement déstructurée de Dégénération, aux sons limités mais prenants, avant que le refrain ne vienne complètement métamorphoser le morceau sur une mélodie accrocheuse, monstrueusement efficace, impossible à se retirer du crâne après écoute. Le texte, aussi explicite qu’ambigu en vivant d’un champ lexical très pieux (« ange », « apôtre », « Seigneur », « cieux », « félonie »), nous montre pour la première fois, sans amphibologie, un nihilisme exacerbé de l’auteur : « On s’en fout, on nie tout, on finira au fond du trou. et moi je chante. » ( Mylène fan de Sindrome ?), renvoyant à quelques passages du Non-sens du devenir de Cioran, extrait de l’ouvrage Sur les cimes du désespoir : « Dans le silence de la contemplation résonne alors un son lugubre et insistant, comme un gong dans un univers défunt. Ce drame, seul le vit celui qui a dissocié existence et temps : fuyant la première, le voici écrasé par le second. Et il ressent l’avance du temps comme l’avance de la mort. » En seconde lecture, le texte de C’est dans l’air apparaît également comme un règlement de compte grinçant, paraphé de multiples métaphores. Evidemment, la bombe du CD, à laquelle il est difficile de ne pas espérer prochainement un clip vidéo.

Si j’avais au moins revu ton visage : malgré la force indéniable résonnant déjà tout au long de cet album (en évinçant Sextonik ), Mylène Farmer nous aura réservé un final époustouflant sur les deux derniers titres. N’ayons pas peur des mots : de par une musique douce et belle, une voix fragile, un texte sincère et désespéré (qui fait étrangement penser à la fin tragique d’ Eurydice et Orphée ), Si j’avais au moins revu ton visage s’affiche sans conteste comme la meilleure chanson de tout le répertoire de la chanteuse. Sensible, sobre, acoustique, poignant (on repense à Dernier sourire ), sur le fil du rasoir ; une pure merveille qui mériterait à elle seule l’achat de cet album unique. Magnifique conclusion, sur un très beau solo à la guitare.

5243Ave Maria (titre caché) : l’intérêt sur un titre fantôme, est de préserver l’effet de surprise à l’auditeur. Je vous laisse donc découvrir cette reprise, mystique, troublante, presque gênante.

Postcure sans placebo :

Point de suture, véritable machine à tubes, hybride, polysémique, nous offre des titres efficaces, admirables, neufs, comble brillamment les attentes de l’auditeur (ou au-delà), amenant carrément à ce dernier un choc pendant l’écoute de plusieurs titres, surprenants, et sonne telle une synthèse de tout ce qu’a été Mylène Farmer, autant dans son art que dans ce que certains médias ont véhiculé de cliché sur elle. On notera également des arrangements extrêmement sobres sur la voix, mise en avant, et dont le chant maîtrisé à la perfection nous allèche quant aux prochains concerts de la belle, prévus en France à partir de mai 2009 (en juillet pour la Russie).

La pochette du disque, subtile et noire (noirceur assimilable uniquement à la majorité des textes de l’album, et non aux sonorités des compositions) alimentera sûrement son lot de spéculations : une poupée rousse – amochée au possible, et recousue jusqu’à la défiguration – en robe blanche est couchée à côté d’un pot d’appareils chirurgicaux, remplaçant ainsi la dame. Clin d’oeil à la marionnette de Sans contrefaçonen 1987, définitivement mise au placard, ou à une artiste trop souvent disséquée jusqu’au bain de sang ? Cela fait effectivement dix-sept ans (depuis L’Autre., troisième LP sorti en 1991) que certains médias annoncent, à chaque sortie d’album, une mort artistique imminente de la principale intéressée (on attend toujours d’ailleurs, soit dit au passage). Le livret est aussi la digne représentation de l’ambiance générale de l’album : une dissection de Mylène, complètement cabossée. C’est qu’elle s’en est pris dans les dents, la renarde ; mais malgré les coups incessants, elle reste(ra) en vie, coûte que coûte. Peu importe les menaces, la violence et les éclats volés. On pourrait comprendre également que même si devenant un débat d’étude, le sujet souhaite rester intègre, n’en déplaise aux loups dont les babines crachent de sang.

Un sublime tableau aux deux visages dichotomiques, qui eût très bien pu s’illustrer de Nature morte de Jean-Baptiste Oudry . Après Avant que l’ombre. à l’accueil dithyrambique dans la presse spécialisée (jusque dans Rolling Stone et Le Monde ), Mylène Farmer et Laurent Boutonnat enfoncent le clou. Point de suture : soin de rupture, point spectral. En bref, plus de guitares, d’électro, de rythmes up tempo, pour ce qui s’affirme comme un des (voire le) meilleurs albums d’une carrière exemplaire, atypique et inimitable. Le retour magistral d’une artiste en marge, imprévisible et troublante : qu’on le veuille ou non, Mylène, c’est dans l’air, et l’intoxication n’est toujours pas au programme. Tout simplement et modestement, merci.

Côté news fraîches, découvrez la PREMIERE page web officielle de Mylène FarmerLonely Lisa s’ennuie . dès septembre 2008. En attendant l’ouverture du site, un film d’animation (réalisé avec les dessins de l’artiste) nous est proposé sur htpp://www.lonelylisa.com. A travers la mise en avant de ce projet, la chanteuse poursuit l’histoire de la petite Lisa, personnage principal de Lisa, Loup et le conteur, premier livre de Mylène paru en 2003 aux Editions Anne Carrière, gros succès en librairies (épuisé quelques semaines après sa parution). Au programme pour septembre : pour la promotion de ce site, on peut allègrement attendre Je m’ennuie en single, dont le clip devrait être la suite de C’est une belle journée (2001). Le même mois sortira chez les disquaires Drôle de Creepie en cd 2 titres, interprété par Lisa (décidément), la nièce de la rouquine. Signée Mylène Farmer et Laurent Boutonnat, cette chanson noire et terriblement mignonne est la bande originale de la série du même nom (un mélange de Beetlejuice et de Daria ), mettant en scène la jeune Creepie, orpheline goth-punk-manga, ayant grandi auprès de ses seuls amis : les insectes. Aussi, Mylène incarnera le personnage féminin principal du film L’ombre des autres, inspiré du livre éponyme de Nathalie Reims, prévu au cinéma en 2010. Actualité chargée pour la rousse, au meilleur de sa forme !

 

article source : http://www.discordance.fr/

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FRAGILE, le livre de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 14 mars 2015

 

 

Les libraires peuvent d’ores et déjà se frotter les mains : leurs étagères vont à nouveau être prises d’assaut après les succès rencontrés par Merci pour ce moment (Valérie Trierweiler), Le Suicide français (Eric Zemmour) ou L’homme qui ment (Marc Lavoine). En effet, la chanteuseMylène Farmer s’apprête à sortir son deuxième ouvrage, intitulé Fragile.

 

photo_1425565223C’est le 7 mai prochain que la star proposera son nouveau livre, publié aux éditions Anne Carrière. Fragile, qui a reçu la participation de la photographe Sylvie Lancre­non (laquelle a déjà shooté Emmanuelle Béart ou Nolwenn Leroy), est actuellement en pré-commande sur plusieurs sites marchands pour la somme de 45 euros. Fidèle à sa ligne de conduite qui se base sur une discrétion absolue, la star n’a pas encore communiqué sur la teneur de l’ouvrage. Mylène Farmer s’était illustrée par un premier livre sorti en 2003, intitulé Lisa-Loup et le conteur. Il s’agissait d’un conte philosophique illustré, qui s’était vendu à plus de 100 000 exemplaires.

 

Côté musique, Mylène Farmer ne semble pas pressée de revenir dans les bacs. Son dernier opus, Monkey Me, écoulé à 500 000 exemplaires, remonte à 2012 mais la chanteuse a habitué ses fans à se montrer patients. Toutefois, les plus fidèles aficionados s’étaient emballés un peu trop vite après la publication d’un message du Comité Grand Lille annonçant la venue de l’interprète de Libertines au stade de Lille en 2017. Une information totalement infondée. D’ailleurs, Mylène Farmer fait souvent l’objet de rumeurs. Vendredi 20 février 2015, les réseaux sociaux s’excitaient après la publication d’un message affirmant que la société de production Mars Films avait prévu de mettre sur les rails l’adaptation du roman L’Ombre des autres, de Nathalie Rheims, avec la chanteuse dans le rôle principal. Un projet qui fait office de serpent de mer dans la vie de Mylène Farmer mais qui n’est de toute évidence nullement prévu. En effet, contactée par Purepeople.com, la société de production a démenti l’information. 

Mylène Farmer sait surprendre son public. Comme toujours, la chanteuse est là où on ne l’attend pas. Alors que les rumeurs vont bon train au sujet d’un éventuel comeback discographique – il n’en est rien pour le moment -, Mylène Farmer sera de retour chez les libraires au printemps. Déjà auteure de l’ouvrage « Lisa-Loup et le conteur » (2003), un conte philosophique illustré  

La chanteuse publiera le livre « Fragile » aux éditions Anne Carrière le 15 mai 2015 prochain.
 

 par Thomas Montet sur http://www.purepeople.com/

 

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MISE EN PLACE D’UNE SYMBOLIQUE PAR BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 25 juillet 2014

 

 

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L’ambition de Laurent Boutonnat est de réaliser une œuvre de clips qui tient un discours sur le monde, qui évoque plusieurs thématiques choisies et qui représente un univers cohérent, réalisation difficile dans cette forme filmique du clip qui exige une grande concision. De plus, l’aspect promotionnel inhérent à la forme du clip impose une facilité de compréhension certaine par le grand public. Afin de donner l’éclat d’une œuvre d’auteur à l’ensemble de sa production, Laurent Boutonnat l’enrichi d’une symbolique pompière accessible par une partie relativement grande du grand public. C’est pourtant cette symbolique simple qui rendra ses clips particuliers, là où la quasi-totalité des autres réalisateurs ne penseront qu’à illustrer de manière descriptive et le plus directement possible des situations décrites dans les paroles de la chanson.

 

L’utilisation d’une symbolique dans un vidéoclip n’est pas chose aisée, car celle-ci ne se prête pas forcément à la projection dans d’autres clips du même artiste auxquels elle sera forcément comparée. La symbolique du vidéoclip en question risque de rester incomprise lorsque celui-ci sera diffusé conjointement à ceux du même interprète, autres clips très probablement tournés par des réalisateurs différents n’usant pas du même vocabulaire. En étendant sa symbolique sur toute la clipographie d’une interprète, Laurent Boutonnat crée une homogénéité qui lui permet de réutiliser les symboles instaurés dans un film précédent sans avoir à les signifier à nouveau. 

Très utilisée chez Boutonnat, la mort frappe le plus souvent le héros du film. On distingue deux nuances : soit le symbole est utilisé pour souligner le trépas du personnage en question, soit pour figurer son statut de défunt. 

Plusieurs films du réalisateur mettent en effet en scène des personnages morts dont on suit l’action dans l’au-delà. Certains d’entre eux peuvent être rangés dans la première catégorie, la mort par fusillade de Libertine est montrée de manière on ne peut plus claire, celle de Tristana est rendue indirectement par le visage terrifié de l’héroïne auquel succède la giclée de sang sur le portrait de Karl Marx accroché au mur, ou encore la lente agonie du toréador de Sans Logique que l’on voit transpercé par des cornes de la femme Centaure. En revanche, d’autres clips évoquent la mort du personnage plus qu’ils ne la montrent, ceci dans des clips plus sobres et plus lents.

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Clips qui véhiculent une espèce de romantisme éthéré qui épargne par un hiatus diégétique le décès du personnage dont la cause importe peu. A la fin de Plus grandir, la mort de l’héroïne intervient lors du fondu enchaîné elliptique entre deux de ses états : le plan de son visage vieillissant est en surimpression avec le recueillement de son fantôme devant sa propre tombe, posture faisant écho début du clip. Afin de souligner le trépas du personnage, l’élément de la colombe qui se pose devant elle évoque la paix retrouvée, en contraste avec les tortures et la confusion qui ont précédé dans sa vie. Cet élément qui conclu la vie du personnage conduit le spectateur à voir le plan du cimetière comme une apparition post mortem de l’héroïne, et donc à intégrer l’idée de son décès sans que celui-ci n’ait été montré. Le décès du personnage de la marionnette de Sans Contrefaçon est particulière car il n’aboutit pas à la suppression du personnage mais à son passage d’un état animé à un état inanimé. La marionnette de cire en question voit sa réelle naissance marquée par sa transformation en personnage de chair et de sang. 

Sa mort sera un retour à ce premier état, comme si ce qui précédait la naissance relevait du même domaine que ce qui succède au décès. La mort de la marionnette devenue humaine n’est pas montrée, mais on sait au moment présumé du décès que la fée qui lui avait donné la vie quelques minutes plus tôt part sur la plage en signe d’abandon. C’est précisément ce détachement que Laurent Boutonnat prend pour métaphore de la mort de la marionnette, et le traitement du conte qui régit le clip fait beaucoup pour la justification d’un tel symbole : celle qui a donné la vie par sa venue la reprend par l’effet de sa disparition. Suite au plan de la fée se retirant au loin sur le rivage, le marionnettiste tenant son pantin dans les bras se rendra compte de sa soudaine raideur et le découvrira redevenu de bois et de chiffons. Cette femme en noir, transposition d’une fée détenant le pouvoir de vie, est aussi symbole de mort, et emporte avec elle l’existence des êtres qu’elle a effleurés. Autre personnage noir, le cheval de Pourvu qu’elles soient douces est nommément désigné dans le clip comme le symbole de la mort. La voix du narrateur cite son propre père en désignant le cheval noir comme le signe distinctif du prochain trépas :

 

« -Tu reconnaîtras la mort à son grand cheval noir. Si par malheur un

jour elle s’arrête devant toi, surtout ne la regarde pas ».

 

L’emploi du cheval dans un premier temps comme symbole est cependant vite dépassé par l’apparition de la mort elle-même sur le cheval, sans que celle ci ne soit présentée verbalement comme symbolique. Le personnage de la mort est figuré dans le clip par Libertine vêtue de noir, car c’est elle qui monte le cheval et en est propriétaire. La suite du clip confortera cette lecture, la mort et son cheval noir faucheront le petit tambour anglais devant les yeux médusés et impuissants de la troupe française pourtant armée. Ici le statut symbolique de l’élément est intégré d’une manière totalement diégétique à l’histoire, et ce uniquement afin d’introduire par un effet dramatique le personnage de Libertine sensé être l’incarnation de la mort. Nous préciserons que l’emploi du cheval noir comme symbole de la mort sera repris dans le long-métrage Giorgino ; c’est lui qui suivra le héros du début à la fin du film et sera l’annonceur de sa mort. A l’extrême fin du film, après la mort du héros et pendant l’approche de centaines de loups, le cheval en question se réfugiera dans une église et s’abreuvera au bénitier seule utilité trouvée à la religion dans tout le film. D’autres signes dans Giorgino laisseront entrevoir l’emploi du cheval comme symbole mortuaire : c’est par exemple à lui que sera attaché le cadavre de Sébastien Degrâce traîné au sol les bras en croix ; c’est aussi du passage d’un autre cheval noir à l’exacte moitié du film que sera associée l’apparition fantomatique de l’âme des orphelins noyés, sur lesquels le héros est venu enquêter. 

 Deux des clips de Laurent Boutonnat mettent en scène leur héroïne en tant que personnage défunt : A quoi je sers et Regrets. La diégèse des clips en question se situe dans un au-delà rendu d’une manière stylistique assez identique : un noir et blanc surexposé et des paysages déserts. Pour rendre l’aspect irréel et post-mortem de l’au-delà de A quoi je sers, Laurent Boutonnat use d’une symbolique biblique, qui met en scène un mystérieux passeur sur un fleuve qu’on reconnaîtra comme étant le Styx, fleuve des enfers. La venue de personnages morts dans les précédents clips, comme le capitaine de Libertine II, sa rivale ou le toréador de Sans logique accentue le statut de défunte de l’interprète à laquelle ils se joignent. Dix ans plus tard dans Parler tout bas (1999) Boutonnat s’attache à décrire, à nouveau dans un monde mi-réel mi-imaginaire, le passage d’une jeune fille à l’âge adulte. Loin de la poésie dont il avait fait précédemment preuve avec l’usage d’une symbolique relativement juste et discrète, Laurent Boutonnat quelques années après s’être illustré avec les clips de Mylène Farmer fait avec Parler tout bas (2000) un clip uniquement peuplé de symboles. Ici aucun d’eux n’est au service d’une histoire et seul le basculement de l’enfance vers l’âge adulte justifie leur emploi. Du point de vue des éléments filmés, on pourrait lire ce clip comme une suite du précédent réalisé par Boutonnat : Moi…Lolita (1999). Le jeune homme amoureux d’elle dans le premier opus revient dans celui-ci, et alors qu’elle le rejetait à l’époque, le garçon trouve à présent devant lui les bras grands ouverts de la protagoniste ; preuve du passage de la jeune fille à l’âge adulte. On peut remarquer aussi que Parler tout bas commence dans une maison en ruines jonchée de jouets cassés et de boue, probablement celle qu’habitait la jeune femme alors enfant dans Moi…lolita. 

Le champ désert et boueux qu’elle traverse pour enterrer sa vie d’enfant ressemble lui aussi aux champs d’orge du premier « épisode ». Mais ici la reprise de ces éléments se fait dans un contexte plus onirique qui rappelle celui de Plus Grandir (1985). Parler tout bas ressemble justement à un rêve ; ou plutôt à un cauchemar de petite fille qui ne voudrait pas devenir grande, tout comme Plus grandir. Les lieux que traversait la jeune fille dans Moi…Lolita étaient autant peuplés, ensoleillés et vivants que ceux qui leurs correspondent dans Parler tout bas sont déserts, pluvieux et désolés. Après avoir enterré son ours en peluche sur lequel elle plante une croix de bois, la jeune fille rejoint une dizaine de poupées géantes symbolisant on l’imagine l’accompagnement éternel de l’âme d’enfant dans sa vie d’adulte. La grossièreté des symboles de Boutonnat dans cette période non-assumée de sa carrière a pour mérite de justifier l’emploi que le réalisateur faisait d’une symbolique qu’il a toujours dit ignorer.

JML2 Les images christiques chez Laurent Boutonnat sont essentiellement employées par association à la douleur des personnages. Dans Sans Logique, la petite fille qui trouve une figurine du Christ par terre puis un petit crucifix un peu plus loin les rassemblera en clouant l’un à l’autre, crucifiant symboliquement une seconde fois Jésus sur sa croix. Cette scène introduit bien le rituel de mort qui suivra, et préfigure de l’acharnement que va subir l’héroïne qui sera attachée, humiliée et maintes fois poignardée par son entourage. La tête du Christ en plâtre de Giorgino plusieurs fois détachée accidentellement, trouve un retentissement particulier avec plusieurs épreuves auxquelles est confronté le héros. Le Christ ainsi décapité renvoie aux scènes de l’asile de fous, où les aliénés enfermés dans des baignoires en ressortent le cou cerclé d’une marque noire ; marque aussi identique à celle laissée par la corde qui servit les enfants à tirer le corps du héros inconscient dans les sous-bois. La trace noire autour du cou, récurrente dans le film, renvoie ainsi à la même idée d’asservissement, voire d’emprisonnement des personnages qui la portent, en soulignant du même coup le discours de l’impuissance d’une religion et son caractère impersonnel. Sans surinterpréter les éléments graphiques présents dans le cinéma de Laurent Boutonnat, on peut voir aussi des images de crucifixion dans plusieurs scènes d’errance et de divagation. Ainsi dans Sans Contrefaçon, l’apparition lointaine d’un épouvantail appuie l’idée d’un long et pénible chemin de croix que le héros est en train d’accomplir.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

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Symbolisme de Monkey Me

Posté par francesca7 le 25 juin 2014

images (5)Mylène Farmer sort Monkey Me, 9e album en presque trente ans de carrière. C’est le signe d’un retour à l’éclat sombre des arrangements de Laurent Boutonnat, synonyme de succès commercial. Son pygmalion a coécrit 12 chansons intenses et belles. Et la machine commerciale qui accompagne depuis toujours la sortie des disques de la diva pop, s’est aussi remise en marche.

Des DJs se sont emparés d’A l’Ombre, premier single de Mylène Farmerà l’occasion d’un hors-d’œuvre commercial dans les bacs, couplé avec l’annonce de la tournée Timeless. Déferlement de joie et invasion sur le net : 156.000 billets écoulés dans toute la France en une journée pour une tournée de 2013 qui passera par la Russie, la Belgique ou la Suisse. Des billets pour des dates supplémentaires sont en vente ce jour. Le business Mylène est florissant. Il ne connaît pas la crise. Après plus de 30 millions d’albums vendus, les prévisions sont optimistes, les deux précédents albums ayant été vendus à 800.000 exemplaires, Universal Music peut espérer plus en France et à l’étranger.

Boutonnat encore et toujours

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Pour les fans de Mylène, l’attente de l’annonce d’un concert est source de tension, pour les professionnels du disque et leurs communicants aussi. Deux ans après Bleu Noir, une collaboration en demi-teinte avec le New-Yorkais Moby, le Suédo-Marocain RedOne et les Anglais d’Archive, un événement est venu se greffer à la sortie de l’album Monkey Me. Le retour comme le messie du compositeur/réalisateur historique, Laurent Boutonnat.

Aujourd’hui, l’album est en vente et la tournée continue de stimuler beaucoup de monde : 156.000 places de concert pour la tournée Timeless ont été vendus en environ six heures, provoquant bugs informatiques, joie et énervement, « un moment de stress pour les fans »… raconte Noémi Junod, une admiratrice lyonnaise de la première heure qui a dégoté sa place pour le concert de la Halle Tony-Garnier et qui n’exclut pas de retourner la voir ailleurs. « C’est beaucoup de dépenses aussi… » ajoute-t-elle. En moyenne de 65 à 140 euros en France, jusqu’à 300 euros en Suisse, le marché le plus onéreux pour les fans de Mylène.

Mylène se fait rare sur les antennes mais a le soutien indéfectible de quelques medias. La radio NRJ surtout, qui suit l’artiste depuis ses débuts. Qu’on ne s’y trompe pas, une sortie d’un album de Mylène Farmer est un événement national et la radio valorise les événements relatifs aux artistes programmés. La chanteuse a su se renouveler et garder une forme de modernité précieuse pour une radio musicale qui rassemble un auditorat toujours jeune. Le directeur de l’antenne de NRJ, Gaël Sanquer rappelle que « l’histoire entre NRJ et l’artiste est très ancienne… »

NRJ qui privilégie l’actualité ne diffuse pas les anciennes chansons. Ce qui est en revanche le cas de sa petite sœur Chérie FM ou du réseau de radio public France Bleu qui diffuse des golds (anciens hits) de l’artiste. « Le nouveau catalogue ne correspond pour l’instant pas à ce que nous recherchons pour les antennes du réseau France Bleu » explique Dominique Bourron, le responsable de la musique de France Bleu.

De très nombreux fans

De quoi ravir sur les ondes les fans de la Mylène historique et ceux de la Mylène plus contemporaine. Le net est aussi un media d’exposition de choix pour les nouveaux titres de Mylène Farmer. La star n’a pas de site internet mais des fans animent des sites, proposent des flash-mobs de chorégraphie, organisés sur les réseaux sociaux, sur des chansons comme Désenchantée.

La Fnac, en France, a bien compris cette puissance de la Toile. Elle a organisé en partenariat avec Twitter, une écoute exclusive de l’album pour un petit groupe de fans. Tout tourne donc toujours autour des fans. Le plan média a été savamment orchestré par l’agence de communication 96B pour en toucher un maximum sans que le label historique Polydor n’intervienne.

Le « mystère Farmer » est orchestré avec des interviews données avec parcimonie (à TV Mag une semaine et demi avant la sortie de l’album, au journal de TF1 Claire Chazal ce dimanche et Têtu, un magazine visant la communauté gay). Quand on demande à Noémi Junod ce qu’elle pense du retour de Laurent Boutonnat dans la conception de cet album, elle est très enthousiaste, « C’est un immense bonheur ! Je n’ai jamais pas réellement accroché au travail de Mylène sans lui. Je continuais de la suivre bien sûr, mais je ne retrouvais pas cette patte qui m’était chère. Avec Boutonnat, c’est la possibilité pour les fans de croire à un retour au vrai son Farmer, et à ce qui a fait son succès.(…) »

Retour à l’essentiel

L’électro est passé par là avec des titres comme Love DanceTu ne le dis pas ou A l’Ombre formatés pour les boîtes de nuit. D’ailleurs, pour ce dernier titre remixé par entre autres, Guena LG ou OfferNissim, deux DJs déjà présents sur des titres plus anciens de la star. Un maxi-33 Tours avec huit versions a rempli les rayons des magasins de disques, pour maintenir le créneau du dancefloor.  Aujourd’hui, sur ce nouvel album, l’électro ne prend pas le dessus sur les douze chansons. Je te dis tout est du Boutonnat pur sucre, une des quelques ballades de l’album est un chef d’œuvre et se nomme Quand, sans doute un futur single.

L’ensemble signe le retour aux sonorités utilisées au cœur des années 90. Une référence au premier album prend la forme d’une chanson Nuit d’hiver, qui réveille le fantôme de Chloé, chanson glaçante de Cendres de lune née en 1986. Les fans saluent la voix de Mylène, des textes intéressants, le rythme plus entraînant peut-être grâce aux machines, les instruments organiques étant peu présents. Avec ces nouveaux morceaux « taillés pour la scène » dit Noémi Junod, cela ressemble à une réconciliation avec les fans.

Mylène Farmer Monkey Me (Polydor/Universal Music) 2012
Mylène Farmer en tournée à partir du 7 septembre 2013.

source : http://www.rfimusique.com

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Mylène F. et analyse de Mon Ange

Posté par francesca7 le 13 juin 2014

Splendeur d’une sensualité moite

Mylène F. et analyse de Mon Ange dans Les Clips de Mylène monange06    L’éternel ciel orageux qui semble plomber la création de Laurent Boutonnat depuis l’échec de Giorgino est on-ne-peut-plus-présent. Cette fois un vent humide emporte avec lui une pluie fine et des feuillages. Il n’y a pas de sol, juste un ciel devant lequel se dresse une silhouette illuminée d’éclairs, une femme encapuchonnée d’une longue cap rouge dont elle se défait. On devine le soleil derrière les nuages, on le voit ce rayon blanc qui éclaire le visage renversé de la femme aux cheveux longs. Avant Parler tout bas et Pardonne-moi Boutonnat use déjà de pellicule noir & blanc à de courts moments pour parcourir le corps de son égérie avec un grain fort sur le support argentique, il le fera par la suite sur les poupées du clip d’Alizée puis sur le corps dansant dans la poussière de Mylène Farmer.

 

 

monange15 dans Mylène et SYMBOLISME

 

« Malgré les doutes et les médisances
Malgré la peur, malgré les souffrances
Je pense que l’on avait rendez-vous »
 

« Alors cette fois je veux rester
Ne plus croire que si j’aime
On va m’abandonner »

 

    On est proche ici du Saudade d’Etienne Daho réalisé par Philippe Gautier (1991), dans la fusion de la nature, là bas du jeune homme étendu dans la rosée au milieu des insectes, ici de la femme généreuse évoluant dans une humidité omniprésente où s’accouplent des chevaux trempés jusqu’aux os. Les éléments naturels chez Laurent Boutonnat, et plus particulièrement la pluie, jouent des rôles centraux. Non seulement la pluie agit toujours en personnage propre, influant les agissements des personnages,  mais elle est souvent teinte d’une couleur divine, si bien que  les héros de Boutonnat ne s’en protègent même pas, et la subissent comme ils se feraient à une malédiction qu’ils mériteraient. Le marionnettiste de Sans Contrefaçon (1987) ne se protège pas de l’averse torrentielle qui s’abat sur lui, il n’aura de regard que pour son pantin tombé dans la boue. Si les vieux de Sans Logique (1989) font semblant de se retirer à cause des gouttes de pluie qui commencent à tomber, c’est pour mieux cacher leur déception devant l’échec de leur rejeton, agonisant sous leurs yeux. La pluie sur Marie à la fin de Giorgino (1994) a même un effet révélateur, c’est en divagant pieds nus sous l’orage qu’elle tombera entièrement et définitivement dans sapropre folie. La pluie encore dans Parler tout bas (2001) où Alizée reste dans sa chambre d’enfant éventrée et abandonnée à l’eau qui tombe du ciel. On la retrouvera plus tard sous la même averse lorsqu’elle enterrera son ours en peluche. La pluie enfin dans Hasta Siempre (1997) où déjà Nathalie Cardone ne faisait qu’un avec l’élément pluie pour porter à la révoltion tout un peuple qui emmène avec sa colère les tourments du ciel. 

 

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   Ici le réalisme n’est pas à propos, et ne le sera d’ailleurs plus jusqu’à Moi…Lolita trois ans plus tard. Boutonnat se met déjà à parler avec sa propre langue, avec ses propres références (les chevaux piétinant deAllan, la robe de Beyond my control, le climat de Sans Logique). Rien de nouveau en somme, c’est vrai. Mais quelles images ! Images naturalistes de cheveux qui ondulent au vent alors que la pluie les humidifie et les alourdie peu à peu, images d’une femme dans son élément, dont la sensualité ne peut que s’exprimer dans un environnement aussi violent.

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L’abécédaire de Mylène Farmer PAR CHARLIE

Posté par francesca7 le 8 janvier 2014

 

JUIN 1984 – Entretien avec Alain ROSSI

« J’ai une sainte horreur des questions et des questionnaires… et vous ? »

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Amnésie – C’est la seule maladie tolérable avec l’amour.

Bip be bou rock’n’roll - Mon prochain 45-trs.

Charme et cynisme

On pourrait y ajouter dureté. Les trois réunis aident à survivre et à briser les obstacles.

Dieu

Deux petits poissons discutent dans un bocal à propos de Dieu. L’un deux conclut en disant « Si Dieu n’existait pas, qui changerait l’eau de ton bocal ?». Une question m’a toujours tracasée : Dieu rit-il ? Si oui, je comprends très bien pourquoi.

Être

Mon drame est celui d’Hamlet, mais lui n’avait pas la chance d’enregistrer de disques !

Femme

Elle est pour moi une grande absente. C’est aussi celle dont l’omniprésence combat tous les vieux démons.

Gynécologue

C’est un curieux métier. Farfouiller dans les entrailles féminines, ça ressemble à de la boucherie. Ce n’est pas par hasard si tant d’hommes pratiquent ce métier… Jack l’Eventreur était en quelque sorte un gynécologue !

Haine

C’est un sentiment que je porte en moi depuis longtemps. De qui, de quoi ?… Peut-être de moi ! D’ailleurs :  Mylène = mille haines.

Infirmière

Mi-nonne, mi-mère ; mi-femme, mi-raisin. C’est un personnage très ambigu et je comprends très bien qu’une petite enfant à l’hôpital en tombe amoureuse. Le blanc de sa blouse peut contenir toutes les projections des maladies.

Jeannot Lapin

« Ici gît Jeannot Lapin qui naquit à l’âge de sept ans. Ses parents, ses amis, voyant qu’il avait des dispositions pour… » J’aime les histoire absurdes, surtout celle-là parce qu’elle est triste.

Kirkegaarde

Je connais mal ce monsieur, mais la complexité de son nom me fascine. Je crois qu’il est à l’image de l’inutile complication avec laquelle les philosophes formulent une malheureuse idée.

L

Il n’y a pas d’ailes sans zèle, et pas de zèle sans elle. Ainsi donc le L est indispensable.

Macabre, morbide

Sous mes doigts naissent des moments perdus dont je ne sais à qui ils reviennent. J’éprouve de confus plaisirs aux desseins macabres, j’aime l’esthétique morbide.

Nounours

C’est le plus tolérant des compagnons : même si j’ai tort, il ne me le dit pas…contrairement à maman !

O

Horticulture. Un de mes principes fondamentaux : il faut cultiver son jardin sans H.

Petit Prince

Si je trouve un jour le serpent responsable de sa mort, je lui tordrai le cou.

Question

J’ai une sainte horreur des questions et des questionnaires… et vous ?

Rototo (rôt)

Il m’arrive d’en faire comme autrefois… par exemple quand dans un studio d’enregistrement j’ai fini de chanter.

Mes producteurs me tapent alors dans le dos jusqu’à ce que le petit bruit s’envole ! Le plus dur est de le faire dans la bonne tonalité.

Sérieux et sinistre

Pas de commentaire particulier, la lettre « S » m’évoque que cela à première vue.

Tragique

La Tétralogie de Wagner n’est pas pour demain.

U

Une image creuse à l’image même de l’univers. Pessimiste n’est-ce pas ?

Vide…

…concave, à l’égal de ce même univers. Vide et plein comme un ventre.

Wolfgang

Ce sera un jour mon fils. « On dirait qu’il aurait les yeux bleus et les cheveux blonds bouclés et qu’il aurait de grandes dispositions pour la musique » (dit sur le mode enfantin)

X

Cette lettre me rassure parce qu’elle n’est personne… mais elle est un chromosome. Aussi, si un jour je mets au monde un enfant anormal, je pourrai déposer une plainte contre X… c’est toujours ca.

Y

I grec, natif d’Athènes. No comment !

Zulawski

Le cinéaste. Entre mille obsessions, l’important c’est d’aimer.

 

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MYLÈNE FARMER, PAR BENOÎT CACHIN

Posté par francesca7 le 1 décembre 2013

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VIDEO. Journaliste et auteur d’un excellent ouvrage sur la chanteuse, le spécialiste analyse le succès phénoménal de la star qui se produit à Bercy 2013.

Elle se prénomme Mylène et son succès est total. Alors que Mylène Farmer s’apprête à donner un nouveau concert-événement à Bercy, pris d’assaut par les fans dont certains n’ont pas hésité à camper devant l’immense salle parisienne, la question est toujours la même : mais quel est le secret du succès de la chanteuse aux cheveux de braise ? Du talent, certainement, beaucoup de travail, aussi, mais encore une gestion d’orfèvre de son image qui séduit un public d’aficionados aussi hors-norme qu’énorme. Le mystère de son ultra-succès étant égal à celui de sa vie privée… 

Une question à laquelle ne pouvait répondre clairement que le grand spécialiste de la chanteuse (et de bien d’autres artistes) : le journaliste et écrivain Benoît Cachin, auteur d’un formidable ouvrage intitulé « Mylène Farmer au fil des mots » (éd. « Gründ« ). Un livre à l’égal d’un dictionnaire illustré des chansons de la star, qui éclaire les zones d’ombre de l’univers si particulier de la Farmer. Une édition revue et augmentée tout juste parue bénéficie de photos inédites illustrant les textes de tous ses albums et les paroles de son dernier album « Monkey me ».

 

http://www.dailymotion.com/video/x14ays6

 

 

NUIT D’HIVER DE MYLENE

http://www.dailymotion.com/video/xvzpa0

 

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Nombreux sont les symboles Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 1 décembre 2013

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article paru sur http://www.amagzine.com/

Tout a déjà été à peu près dit sur Mylène Farmer, vérités et un peu moins. Calculatrice, botoxée, niaise, stratège, femme d’affaires, névrosée, enceinte, psychanalysée, cosmonaute, « Mylène est un œuf »,  etc., il semble que la rousse déchaîne les rumeurs les plus folles. Des fans hystériques aux plus modérés, des critiques les plus acerbes aux plus complaisants, elle attise les passions. Une grande partie de la sphère médiatique la déteste ou, pire, adore la détester. Les billets de Christophe Conte me feront toujours hurler de rire, et ne m’empêcheront pas d’acheter ses disques. Et, en la matière, il n’a pas le monopole de la méchanceté : certains fans, déçus par telle ou telle chanson, par tel ou tel album, sont infiniment plus cruels. Il semble de bon ton, dans les sphères du bon goût des arts et des lettres, de lui cracher à la figure : ça doit ressembler à quelque chose. Mais de tout cela, « Mylène s’en fout ». Et puis, je suis désolé, la presse française, quand on veut flinguer un disque, on ne le fait pas sur trois pleines pages – j’en connais qui ont dû bien se marrer chez Polydor. Non, pour flinguer : trois lignes eurent suffi. Quant à cette question du snobisme, elle a été réglée une bonne fois pour toute par le snob ultime, j’ai nommé Marcel Proust, et ce il y a bien longtemps.« Ne jamais mépriser la culture populaire, même si celle-ci, parfois, nous méprise. » – ne cherchez pas l’auteur de cette phrase, c’est moi.

On vous l’a dit : à Amagzine, pas d’entrave, le savant et le populaire, le raffiné et le simple, peuvent et doivent cohabiter, pacifiquement.  J’aime Mylène Farmer. Et alors ? Pas au point de la défendre inconditionnellement, on le verra par la suite, mais je reste persuadé qu’on ne bâtit pas une carrière de 28 ans sur du vent, s’il n’y a rien derrière, rien qui ne touche les gens, ces cœurs de cible, ceux-là même qui achètent ses disques. Le marketing est une arme puissante, mais il ne fait pas tout.

Maintenant, quelques chiffres – ils sont éloquents : qui a placé treize titres en première position des hit-parades – c’est du jamais vu ? Qui a été plusieurs fois certifiée disque de platine ? QUI peut vendre en SIX HEURES plus de 150 000 places de concert, et 300 000 en tout après ajout de dates, et ce, UN AN même avant la date d’ouverture de la tournée ? QUI encore vend 150 000 exemplaires de son dernier album en première semaine de sortie, alors même que le lancement tardif – trois semaines avant la fin de l’année, peut constituer un handicap, et se place directement numéro un des ventes, quand des mégastars françaises voire mondiales ont vu leurs dernières productions rencontrer des fours plus que cuisants, qu’il s’agisse d’albums ou de tournées (oui, c’est de toi dont je parle, Lady Gaga ; notamment). Alors : merde !

L’album à présent. Pour être à peu près juste, je tâcherai d’en évoquer les faiblesses, pour finir sur ses forces. Les faiblesses : visuelles, avant tout : photo, très marquante il est vrai, Mylène décolorée en blond platine, sur un fond blanc d’hôpital, mais une typo approximative, une couleur et deux tons – noir, blanc, rouge. Le design : minimaliste, pour rester poli – Henri Neu, qu’as-tu fait de ton talent ? Avec un point crucial cependant : très visuel, le tout se remarque très bien. Parfait : c’est le but recherché, non ? Les chansons : presque comme d’habitude maintenant, un ensemble hétéroclite de perles et d’approximations grossières, qui auraient mérité un peu plus de temps et de travail, de production, pour les ciseler, les affiner. Certaines chansons sont franchement datées, avec une production électronique peu soignée, souvent efficace, mais cheap, alors que la France regorge de gens talentueux – ingénieurs, programmateurs, producteurs (« Allo, Philippe Zdar ? »), musiciens de sessions, etc. – et ce alors même que Laurent Boutonnat est quelqu’un de très doué, de talentueux, en atteste l’album « Avant que l’ombre… », leur meilleur disque à ce jour (avec « Anamorphosée », peut-être, autre débat). Certaines chansons frisent l’auto-parodie, ou la blague potache, une sorte de « Cap ou pas cap’ (de l’inclure dans le disque) ? » de mauvais goût – on pense à « Love Dance », sur lequel on ne s’étendra pas. Ces titres auraient peut-être mérité plus d’attention, qu’elle soit électronique ou à tonalité plus acoustique.

Les forces, à présent. Les ballades, notamment. Toujours très réussies, comme presque à chaque fois – « Quand », « A-t-on jamais les mots ». Ou certains mid-tempo. L’un des coups de génie de ce disque, c’est d’avoir ressorti des tiroirs, pour le moderniser, « Chloé », métamorphosée en « Nuit d’hiver », sorte de « Chloé 2012″, ballade électro-glauque glaciale, transpercée de rares paroles éparses et de quelques vocalises froides, glaciales, ironiques. « Chloé », le retour donc, Chloé qui n’en finit pas de se noyer, comme le petit Grégory. Morte, mais immortelle. Et, grande nouveauté chez la belle,  l’apparition de l’humour et de l’autodérision, palpable, flagrante sur le titre d’où l’album tire son nom, « Monkey Me » – « Si je suis sans guidon / Et j’y suis / Eh ben je me vautre ! ». Des mid-tempo  extrêmement bien construits, efficaces et puissants, gorgés d’optimisme, comme « A force de »*, véritable hymne à la vie – « A force de mourir / … / Moi j’ai envie de vivre. « , où l’on retrouve aussi, à plus petite dose, cette autodérision précédemment évoquée. L’album se conclut sur le bouleversant – osons le mot – « Je te dis tout », véritable déclaration d’amour à une fille imaginaire, chanson redoutablement bien écrite et composée avec, comme sur le titre précédent et quelques autres de l’album, des ponts absolument diaboliques de virtuosité technique, trouvailles encore inédites chez le duo infernal Farmer / Boutonnat. Et, quand par ailleurs, elle a le bon goût d’inviter Olivier de Sagazan à collaborer avec elle pour un de ses clips – en l’espèce, le premier single extrait, « A l’ombre », on ne peut, je pense, que saluer l’audace et le bon goût, pour ce choix que peu auraient fait, en ces temps de tiédeur et de mollesse visuelles (nd : il avait été contacté précédemment pour l’album « Bleu Noir » mais avait à l’époque décliné).

Un disque étonnant, synthèse de tous ses disques précédents et résolument tourné vers l’avenir ; Mylène, libérée de ses névroses, pure. Taillé pour la scène, fait pour les fans aussi, probablement, chez qui d’ailleurs il a rencontré un excellent accueil. Où la colonne « Plus » comporte plus de croix que la colonne « Moins ». A acheter, donc. Mylène, « Je te dis tout » : j’ai adoré ton disque. Malgré ses faiblesses. Compensées, et bien largement, par ses forces. Instantanément, je voulais le noter, pour être honnête, 3.5/5 car il comporte de grosses lacunes, mais par pure mauvaise foi, et en raison du plaisir qu’il me donne, je lui mettrai 4/5. C’est un beau disque. Merci. J’ai hâte de voir ce que ça va donner sur scène. Rendez-vous est pris.

Mylène Farmer « Monkey Me » 2012 Stuffed Monkey / Polydor // Universal Music, 4/5.

source : http://www.amagzine.com/

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Attirance pour les cimetières… il n’y a pas que Mylène

Posté par francesca7 le 6 novembre 2013

 

Mylène Farmer n’est pas la seule à rendre les cimetières «tendance>». À Seclin, Maxime Calis, guide à l’Office de tourisme, a lui aussi des idées pour attirer le visiteur dans le cimetière communal. Lundi, il invitera les visiteurs à découvrir l’histoire de cet endroit, ses allégories mystérieuses, ses masques mortuaires, et les grandes figures de Seclin qui y reposent depuis des années, des siècles…

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Saviez-vous que la porte du cimetière de Seclin a été érigée en 1808 ? Reconnaîtriez-vous les masques mortuaires, moulés sur la tête des défunts ? Maxime Calis, guide à l’office de tourisme de Seclin profite de la Toussaint pour organiser, lundi après-midi, une visite guidée du cimetière de la commune. Un moment qu’il prépare déjà, sur le terrain, son chapeau noir vissé sur la tête. Devant les tombes, le guide est comme chez lui. « Regardez là-bas par exemple, le sablier ailé, taillées dans la pierre, s’arrête-t-il. Il représente le symbole du temps qui passe et du temps qui s’envole… » Mais si cette notion peut alors paraître évidente, il en est certaines un peu plus complexes à expliquer. Comme ces stèles qui représentent des arbres coupés. « Quand on voit ça, on est quasiment sûr de tomber sur des tombes anciennes, où gisent des enfants ou des personnes mortes jeunes… »

Le guide, fort de sa passion pour l’histoire, prend aussi le soin de retourner dans le passé des grandes familles de Seclin enterrées au cimetière. « Je fais des recherches, j’ai accès à des archives précises qui me permettent de connaître la vie de défunts, enterrés à Seclin… » L’objectif pour la visite : « Remettre en lumière des grandes figures communales, reconnues parfois au niveau national à leur époque, mais qui malheureusement ont été oubliées. » Certes, le visiteur ne tombera pas sur des icônes comme Edith Piaf ou Dalida, mais il pourra rencontrer au hasard des allées, de grandes figures de la ville, connues comme de véritables stars à leur époque. Parmi eux, ce médecin, Achille Couvreur, ancien chef de l’hôpital de Seclin devenu officier de la Légion d’Honneur. Sans oublier André, son romancier de fils qui, inspiré par les travaux de son père, aura publié au début du XXe siècle des livres de science-fiction médicale devenus cultes en France. Et puis il y a ses grandes familles d’industriels Seclinois, comme les Mollet, qui comptent dans leur crypte, plusieurs générations d’architectes. « Nombre des grandes demeures de la ville ont été construites par eux,souligne Maxime Calis. Le dernier de la génération s’est quant à lui occupé de l’arrière de l’hôtel de ville… »

Plus généralement, la visite mettra en avant l’histoire du cimetière et les raisons de son implantation. Là où, à l’époque de sa construction, ne se trouvaient que des champs… Et puis, pour revenir à notre époque contemporaine, Maxime parlera de la déchristianisation de la société, qui, aujourd’hui, pousse les familles à choisir des tombes plus originales. Un tour complet en perspective. Et pas d’inquiétude, rien de morbide dans tout ça, au contraire !

Visite du cimetière de Seclin. Rendez-vous lundi, à 14 heures, devant la porte monumentale du cimetière. Visite gratuite pour les adhérents de l’office de tourisme. 3 € pour les non-adhérents. Renseignements : 0320901212.

article paru sur : http://www.lavoixdunord.fr

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mylène et l’affaire judicaire de Carcassonne

Posté par francesca7 le 7 octobre 2013

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Le musicien carcassonnais avait attaqué Mylène Farmer pour contrefaçon. Identique au nom de la tournée de la chanteuse, le nom de son spectacle, «Timeless» avait pourtant été déposé avant.

Débouté. Débouté et dégoûté, Serge André a appris la décision du tribunal de grande instance de Marseille avec amertume. Non seulement la justice donne raison à la chanteuse Mylène Farmer en ne reconnaissant pas la contrefaçon dont le musicien carcassonnais s’estime victime, mais elle enfonce le clou en le condamnant par ailleurs à verser 14 000 € de dommages et intérêts répartis à parts égales entre le producteur de la chanteuse, TS Production et Universal, la maison de disques qui organise sa tournée. Une décision «incompréhensible» pour le musicien carcassonnais.

L’antériorité du nom «Timeless» non reconnue

Reprenons le fil de l’affaire. En mai dernier, Serge André attaque Mylène Farmer pour concurrence déloyale et contrefaçon. La chanteuse a en effet intitulé sa tournée 2013 «Timeless» sans vérifier que le nom avait déjà été déposé auparavant par Serge André. La musique de ce concert néosymphonique joué au foyer d’Alzonne en décembre 2012 avait été déposée à la Sacem en 2009, et le nom Timeless, enregistré en tant que spectacle à l’Institut national de la propriété intellectuelle (INPI) en 2012.

«Normalement, en matière de propriété intellectuelle, c’est l’antériorité qui fait foi», s’étonne Serge André. Une antériorité que le tribunal de grande instance de Marseille n’a pas reconnue. Pis ! Il considère même que le dépôt du nom à l’INPI revêt un caractère frauduleux.

Dès lors, deux options se dessinent pour le musicien. Soit il fait appel de la décision de justice mais il doit d’ores et déjà verser les 14 000 € sans être sûr de les récupérer si l’appel lui est favorable, soit il essaie de négocier à l’amiable avec TS Production et Universal. Une deuxième hypothèse qui paraît plus probable si l’on s’en tient aux poids respectifs des comptes en banques des protagonistes. «Contrairement à eux, les 14 000 € je ne les ai pas. Je ne peux pas lutter. C’est vraiment le pot de terre contre le pot de fer», juge ainsi Serge André qui relativise : «J’ai bien conscience qu’il y a des choses plus graves dans la vie, mais d’un point de vue moral, cette affaire me laisse un goût amer.»


Timeless, un concert-concept

Créé en 2011 par Serge André, Timeless est un spectacle néosymphonique singulier. Pour l’occasion, le compositeur carcassonnais a convaincu une cinquantaine de musiciens et chanteurs professionnels et amateurs des tous âges, venus d’horizons aussi divers que le lyrique, le metal, la variété ou la fanfare.

Le concept est plutôt original : chacun, quel que soit son lieu de résidence, a reçu les partitions et les fichiers audio chez lui et les a travaillés seul. Puis tous ont convergé à Carcassonne pour une mise en place à la veille de la représentation.

article du journaliste Jean-Louis Dubois-Chabert paru dans LA DEPECHE.FR

voici d’ailleurs des images de ce dont il s’agissait de ce concert 2012 du même nom par S.André :

Image de prévisualisation YouTube

La justice a ainsi donné raison à la chanteuse Mylène Farmer en ne reconnaissant pas la contrefaçon dont le musicien s’estime victime. Par ailleurs, la justice l’a condamné à verser 14.000 € de dommages et intérêts répartis à parts égales entre le producteur de la chanteuse, TS Production et Universal, la maison de disques qui organise sa tournée. Pour Serge André, cette décision est «incompréhensible».

Tenaillé entre l’envie de faire appel ou de négocier, Serge André doit entendre retentir en lui des paroles de « Maman a tort » . Ça disait : « J’ai mal ».

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Mylène égérie de Jean-Paul

Posté par francesca7 le 3 septembre 2013

La chanteuse aux cheveux de feu est l’égérie du défilé Haute Couture de son ami Jean Paul Gaultier : regardez sa coiffure hors du commun !

Après Valérie Lemercier, c’est au tour de Mylène Farmer de devenir le clou du spectacle chez Jean Paul Gaultier ! Le créateur a choisi de les transformer en mannequin sur son catwalk le temps d’un aller retour vêtues d’une création de son cru.

Et pour la Fashion Week haute couture parisienne automne-hiver 2012, Mylène Farmer a défilé dans une robe de mariée noire digne de Black Swan, et coiffée d’un chignon entremêlé de plumes.

Les cheveux roux de la chanteuse étaient relevés en chignon complexe dont les longueurs ont été surélevées et tenues par de grandes plumes noires, des plumes de cygne certainement…Un entrelacement du plus bel effet qui correspond parfaitement au style de Mylène Farmer !

Parution à http://www.plurielles.fr/ 

Mylène égérie de Jean-Paul dans Mylène dans la PRESSE mylene-farmer_exact810x609_l

Samedi 28 janvier, Mylène Farmer s’est vue remettre un NRJ Music Award de diamant pour l’ensemble de son exceptionnelle carrière musicale.

C’est le créateur de mode Jean Paul Gaultier qui a remis en main propre le superbe trophée à la star de la musique. Le couturier a profité de l’occasion pour couvrir de compliments l’interprète des tubes « Sans contrefaçon » ou encore  » Désenchantée » :

« Tu es un diamant brut. On t’aime, on t’adore, tu nous fais rêver. Tu es une icône de mode. Tu es inspirante et tu m’inspires. (…) Tu es ce diamant et mon diamant à moi, c’est toi ! »

Précisons que ce prix, qui n’était pas présent dans les précédentes cérémonies, a été créé cette année pour honorer les artistes qui ont laissé leur empreinte dans le monde de la musique. Mylène Farmer devient donc la première célébrité à recevoir un NRJ Music Award de diamant.

 

 

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Fermeture d’un site

Posté par francesca7 le 25 août 2013

Fermeture d'un site  dans Mylène 2013 - 2014 mimi

Comme beaucoup de divas de la pop, Mylène Farmer suscite une véritable admiration de la part de ses fans. Pour preuve, les nombreux sites internet à sa gloire, celui-ci y compris, mais notamment l’un des plus importants :  mylene.net. qui m’avais fait des misères d’ailleurs, enfin bref ! Il était en ligne depuis 14 ans, comptait 50.000 inscrits et avait été visité 10 millions de fois en 2012.

Mais voilà, Mylène Farmer et Polydor ne semblent pas aimer la publicité gratuite et encore moins les sites de ce genre. C’est un coup de massue qui vient de tomber aujourd’hui : Menaces à répétition – Le site Mylène.net est dans l’obligation de fermer ses portes suite « à des menaces répétées de Polydor et des avocats de Mylène Farmer ».

Bizarre bizarre, j’ai une drôle d’impression là tout de suite en lisant cela, car sur ce blog ici présent, justement c’est le site mylene.net qui m’avait fait des misères pour que je ferme mon blog… ayant soit disant des photos exclusives (que l’on trouve dans tous les magazines). La justice divine y serait-elle pour quelque chose !!! eh bien moi j’y crois !

Mais tout cela est fini. Le site a dû fermer sous la pression de la chanteuse et de sa maison de disques Polydor.

Explication du site en question sur sa page d’accueil : « Nous devons suspendre définitivement notre site suite à des menaces répétées de Polydor et des avocats de Mylène Farmer ». D’après ce texte, les créateurs se voyaient demander d’importantes sommes d’argent pour continuer à exploiter leur site.

Je vous remercie de me suivre sur mon blog, souhaitant sincèrement rester l’une de ses Fans Spiritualiste, jusqu’au bout.

 

PS : le 20/08/13 par angie dans Commentaire :
ce n’est pas « l’agence de Mylène Farmer » qui  fermé ce site, merci de ne pas répendre des rumeurs comme celle-ci: MF s’en fout de ce site, elle est à l’aube  d’une grande tournée donc j’imagine que cette histoire est la dernière de ses préoccupations…et ce site mylenenet encore +!!!

 

vous aviez raison angie; message du 30/8/2013 sur mylènenet :  Réouverture du site Mylène.Net aujourd’hui avec une nouvelle équipe. Des explications détaillées vous seront données.

En attendant, écoutez et téléchargez le remix inédit de Monkey Me déjà dispo sur iTunes et calibré pour les radios :
https://itunes.apple.com/fr/album/monkey-me-remix-single/id694603243

amour-coeur-00011 dans Mylène dans la PRESSE

 

fleche-a-droite dans Mylène et des CRITIQUES MISE A JOUR EN DATE DU 12/10/2013

 Il semblerait bien que j’ai enfin trouvé ma réponse à cette grande magouille qu’aurait créé une fois de plus le site mylène . net : voici leurs pratiques en détails ici :  

  »ils n’en seraient pas à leur premier coup d’essai pour attirer l’attention  ! »

 et le pire, c’est que ça marche hihi !

http://www.lephare-ouest.fr/culture/musique/mylene-farmer-et-polydor-naiment-pas-la-publicite-gratuite/3210

 

 

MERCI DE VOTRE PRESENCE et à ceux qui m’ont soutenue également sur mon forum : http://devantsoi.forumgratuit.org/f61-mylene-farmer !

Publié dans Mylène 2013 - 2014, Mylène dans la PRESSE, Mylène et des CRITIQUES, Mylène et L'ENTOURAGE, Mylène et mes BLABLAS, Mylène et SYMBOLISME | 4 Commentaires »

Les mots : l’impossible dialogue de Mylène

Posté par francesca7 le 2 août 2013

Les mots : l'impossible dialogue de Mylène dans Mylène en DUOS mot

2001, Mylène Farmer sort un Best Of. Elle choisit d’intituler cette compilation «Les Mots». Quand Mylène décide d’offrir au public un panorama de sa carrière, c’est donc avant tout des mots qu’elle prétend leur proposer. Que nous dit le texte éponyme de cet album, à savoir le duo de Mylène avec le chanteur Seal, du rapport de Mylène Farmer avec les mots ?

Fixement le ciel se tord
Quand la bouche engendre un mort

Dès le début, c’est la mise en avant du pouvoir de la parole avec une chose impossible, puisque l’adverbe vient contredire le verbe (au lieu de l’annoncer). Si le ciel se tord, il ne peut pas être immobile, fixé. Impossible dans la nature de contempler un ciel qui se tord «fixement». Et pourtant, grâce à la force de l’écriture, à cette magie, cela devient possible. Il suffit pour cela de l’écrire, et notre imaginaire essaie de créer une image qui pourrait unifier ces positions contraires. Mais si la parole fait des miracles, son pouvoir est dès le début mis en place comme ambivalent, source de dangers : la bouche engendre un mort. La puissance mortifère de la parole est ici fortement soulignée. (Déjà dans Méfie-toi Mylène mettait cela clairement en avant en évoquant les «paroles mortifères».) Entre «mot» et «mort», il n’y a qu’une lettre de différence. (D’ailleurs, Mylène s’applique à prononcer «mort» de façon à rendre le rapport évident pour l’oreille. Nous lisons mort, mais nous entendons mot). De là à penser qu’un mot est une chose morte, il n’y a qu’un pas.

Et en effet, une fois prononcé, le mot est fixé sur la page. On ne peut lui donner qu’un seul sens, celui que le contexte de la phrase permet. Mais cette mort qui nous paraît négative est en fait valorisée et transcendée par Mylène. En effet, cette mort est en même temps une renaissance : la bouche ENGENDRE, donne la vie à un mort : il se produit alors un miracle puisque le ciel, tout en restant immobile, se met à se tordre. En fait ici, Mylène nous offre un mode de lecture de ce qu’est pour elle l’écriture : il s’agit de rendre la capacité de se tordre à ce qui était fixé. Chez Mylène Farmer, ce qui la rapproche d’une démarche de poète, le mot n’est pas fixé dans le cadre de la phrase, mais il va au contraire prendre plusieurs sens, et créer des effets d’échos qui vont nous promener de couplets en couplets, voire d’albums en albums…Nous pouvons tordre le mot dans tout les sens. (Pensons à l’Ame Stram Gram ou se superposent deux textes complètement différents selon qu’on lit ou qu’on écoute les sonorités). Le jeu de mot va dès lors devenir un des biais fondamental de cette poétique de Mylène Farmer. Elle le dit d’ailleurs très bien elle-même à la fin du refrain de l’histoire d’une fée, c’est…

«Jeu de mains, jeu de M, émoi…»

images-2 dans Mylène et des CRITIQUESCe jeu de M ne peut que nous faire penser à un jeu de Mots, mais il est aussi un jeu de Mylène (voire de M le chanteur puisque dans un de ses clips, Onde sensuelle, on le voit harcelé par une petite fée). Ici, autour de cette lettre, Mylène met en rapport son prénom avec les mots, et le jeu sur les mots. Bilan de ce jeu de mot à la chaîne : M émoi… Aimez-moi. L’appel à l’amour est donc avant tout à lier à ce travail de mots. Et Mylène a en effet souvent mis en avant la primauté des textes pour elle, allant jusqu’à dire que si elle ne devait garder qu’une chose de sa carrière, ce ne serait ni les clips, ni la musique, mais les textes… Mais revenons à la suite de la chanson :

Là je donnerais ma vie pour t’entendre
Te dire les mots les plus tendres

Ici, dans un texte qui veut parler de mots, nous nous trouvons placés face à une chanson d’amour, mais aussi face à un duo. Ces deux idées sont très intéressantes. Si l’on va faire un tour dans un dictionnaire latin, on découvre que le mot «texte» vient du participe passé «textus» du verbe texere, qui signifie «tisser». Un texte c’est donc avant tout un tissu, un tissage. Or, le tissage consiste en l’entrelacement des fils rigides de la chaîne, avec ceux, plus souples, de la trame. On comprend dès lors mieux la nécessité du thème amoureux et du duo sur cette chanson là. En effet, la voix de Seal, en s’unissant à celle de Mylène, procède à une forme de tissage, d’union des contraires, qui représente métaphoriquement le tissu du texte. Quand au thème amoureux, il vient renforcer à son tour la notion d’union que nous évoquons ici. On voit que le rapport à la parole est en tout cas extrêmement fondamental puisqu’il est à nouveau relié à l’idée de mort. Mylène pourrait donner sa vie pour «entendre» et «dire», c’est-à-dire pour dialoguer. Or ce dialogue est au cœur de la carrière de l’artiste depuis ses débuts. Il est on pourrait dire le point de mire de Mylène, son but ultime. Ainsi, en intitulant un album L’autre, Mylène mettait de manière évidente en avant son désir de communication. Mais ce désir, cette quête frénétique du dialogue par Mylène Farmer se déroule sous la menace permanente de l’échec. Si il y a dialogue, il est toujours menacé par l’anéantissement. Ainsi, au début du clip Tristana, dès que les personnages commencent à échanger, et à se diriger vers une déclaration amoureuse, le moine guerrier vient les interrompre. Ce dialogue là ne pourra reprendre qu’à la fin du clip, avec Rasoukine qui avouera à Tristana qu’il l’aime. Mais cette fin est ambiguë… Cette déclaration ne s’adresse plus à une femme de chair, mais à une espèce de spectre, coincé entre la vie et la mort… C’est la même thématique que l’on retrouve dans la chanson Regrets, où l’on voit que les contraires ne peuvent s’unir que de manière éphémère, et sous le signe de la mort : nous sommes dans un cimetière, «l’hiver et l’automne n’ont pu s’aimer»…

Finalement, c’est dans la chanson Nous souviendrons nous de nous que Mylène formule ce thème de la manière la plus claire, lorsqu’elle dit n’avoir «qu’un long monologue poudré de neige à partager». Ce monologue fait bien sur référence au clip d’Ainsi Soit Je, mais il faut aussi voir qu’il s’agit d’un MONOLOGUE, c’est-à-dire du contraire d’un dialogue. Le monologue est une parole qui n’est pas échangée avec autrui. Or Mylène veut «partager» ce monologue. On voit bien qu’ici nous sommes donc en tension vers le dialogue. Pour Mylène, tout se passe comme si l’homme aspirait à la communication et en était incapable, ne pouvant qu’offrir à l’infini des paroles qui ne s’adressent en fin de compte qu’à lui-même. On peut dès lors bien mieux comprendre un autre leitmotiv de l’œuvre de Mylène, à savoir la solitude. Non plus une solitude parce qu’on n’a pas d’amis, nous savons par divers médias que Mylène n’en manque pas, mais cette solitude de l’impossibilité à communiquer. Beaucoup ont pu critiquer les absences de Mylène, son refus des interviews comme une savante stratégie marketing. Il faudrait faire à ce sujet deux remarques. D’une part, Céline Dion a choisi la stratégie inverse et cela marche tout autant, d’autre part, il faut reconnaître que Mylène se trouve, en s’exposant et en parlant peu, en accord total avec la pensée que l’on retrouve dans ses textes depuis ses débuts. Il faut ici souligner un paradoxe : Les mots est une chanson d’amour, et même l’une des rares chansons positives de Mylène (voire la seule ?). Pourtant le clip de Laurent Boutonnat est très sombre, et se termine par la noyade de Seal. Il ne faut pas penser que Laurent trahit le texte. Il a au contraire très bien compris la dimension utopique de ce duo parfait, de cette union et de ce dialogue. Utopique parce que tout le long du texte, Mylène a semé des marques de doutes, que nous rencontrerons peu à peu, à commencer, dès ces premières lignes, par l’omniprésence de la menace de mort. La chanson dit le rêve d’union des individus par la parole, le clip souligne l’aspect éphémère et illusoire de cette union. On ne peut que penser à L’âme stram gram, ou les rapports sexuels ne sont jamais séparés de l’idée de paroles. «En moi, en moi, toi que j’aime, dis moi, dis moi quand ça n’va pas. Il n’y a que ça qui nous gouverne». Que représente ici ce ça ? L’accouplement, ou la parole ? On ne peut pas trancher et c’est ce qui nous intéresse : le sexe comme la parole sont vus en tant que modes d’accès à ce dialogue rêvé…

On en arrive maintenant à la première intervention de Seal. Nous parlions d’union des contraires (bien mise en avant sur la pochette du single par le chevauchement des peaux), or voilà qu’ici on passe à de l’anglais. Les langues qui se mélangent sont à nouveaux à penser comme un fort signe d’union, et de dialogue entre des mondes qui se sont étrangers. Que fait dire Mylène à Seal ?

When all becomes all alone
I’ll break my life for a song

On retrouve ici exactement la même thématique que plus haut, à savoir le désir du dialogue. Seal est lui aussi frappé par cette solitude universelle, qui s’en prend au gens, mais aussi aux choses (all). Cette universalité de la solitude est renforcée par la double occurrence de ce all. Ici le désir de dialogue de Seal se tourne vers la musique, et vers une chanson (a song). A nouveau la menace de mort est évoquée. Autour du fait de parler ou de se taire, les enjeux sont essentiels, et les choses se complexifient. Si au tout début la mort était le fait du mot (comme elle le sera un peu plus tard avec les «mots qui blessent»), elle peut aussi être le fait du silence. Aussi la vie devient un fragile équilibre, semblable à celui du texte…

And to lifes that stoop to notice mine
I know I would say goodbye

Ici, nous ne pouvons que souligner que Mylène a fait en sorte de se voir citer par Seal en anglais, puisque ces vers ne sont que la traduction littérale du «aux vies qui s’abaissent à voir la mienne, je sais qu’il me faudra prendre congé d’elles». Ce jeu avec ses propres textes est intéressant à plusieurs niveaux. D’abord, Mylène met ainsi en rapport deux textes qui à priori n’en ont pas. Mais nous avons vu que contrairement aux apparences, il était question de la même chose dans Nous souviendrons nous et Les mots, à savoir le dialogue, l’échange, toujours menacé de mort. Nous pourrions glisser ici un jeu de mot sur le titre de cette première chanson, puisque «nous souviendrons nous de nous ?» pourrait aussi vouloir signifier «nous rappellerons nous que le mot «NOUS» existe ?», c’est-à-dire que l’union est possible. Cette question n’est pas qu’un pur fantasme, nous le verrons un peu plus loin avec le deuxième couplet. Mais en plus de cet intérêt, ce passage met en évidence de manière fondamentale cet emprisonnement de l’homme dans le monologue. En effet, Mylène en écrivant un dialogue, fait répéter à celui qui doit parler AVEC elle des mots qu’elle a elle-même déjà prononcés. La boucle est bouclée, nous sommes dans l’enfermement le plus total. On commence donc à sentir comment cette chanson à priori positive se teinte peu à peu d’angoisses, de peurs.

For a fraction of this life
I would give anything anytime

images-3 dans Mylène et SYMBOLISMEPhrase troublante au premier abord, elle se comprend mieux une fois que nous avons analysé les refrains de la chanson. Ce qui a lieu ici, c’est l’assimilation du monde, de l’univers, à un texte dont les existences humaines seraient les mots. Nous humains faisons partis en quelque sorte du grand texte de la vie, et de même qu’on ne peut supprimer aucun mot d’une phrase sans en modifier le sens général, de même toutes les individualités s’insèrent dans la communauté pour la modifier… Ici donc, le mot «life» est à comprendre au sens de Vie en général, comme opposé à mort. Pour un élément du vivant, c’est-à-dire un homme, un animal même, nous pourrions tout donner, n’importe quand. Ce don total ne peut se comprendre qu’en relation avec ce que nous disions du refrain. Chaque fraction à sa place dans l’ensemble, même la plus infime, chaque «petit rien» à son importance. Mais voyons un peu mieux comment fonctionne cette assimilation Univers – Texte.

L’univers a ses mystères
Les mots sont nos vies
You could kill a life with words
Soul how would it feel
Si nos vies sont si fragiles
Words are mysteries

Avant d’entrer dans l’analyse à portée générale que nous avons commencé, il serait bon d’évoquer un autre niveau. On a tellement entendu parler du mystère et de l’univers Farmer, qu’on ne peut que repérer une forme d’ironie dans «l’univers a ses mystères». Mais en liant cela à «les mots sont nos vies», Mylène donne par la même occasion une sorte de justification de ce mystère : si il y a mystère chez elle, ce n’est pas par jeu, mais parce qu’elle utilise un matériau mystérieux, à savoir le mot…Ceci précisé, il faut bien voir comment c’est à nouveau un véritable «tissage» des sens qui a lieu ici. D’abord Mylène nous dit que l’univers à des mystères. Puis que les mots sont nos vies. Si tel est le cas, nos vies, par contrecoup, sont des mots. Plus loin, Seal nous dit que les mots sont des mystères. A partir de là on se retrouve avec l’équation suivante :

Mots = Mystère = vies. Donc l’univers à ses vies, qui sont comme des mots.

Bien sur le refrain met en avant d’autres choses, mais il était important de commencer par là pour montrer «l’idée générale» de la chanson. Mais on peut en effet lire ici à nouveau le caractère mortifère des mots. Seal souligne qu’une parole peut tuer, ôter la vie. Mais ça ne s’arrête pas là, puisqu’il se demande ce qu’il pourrait ressentir dans un cas pareil. Cette question fait partie de ces éléments inquiétants que Mylène a semés tout au fil du texte : car derrière elle, on peut lire en filigrane une pulsion de meurtre… (Que Laurent Boutonnat mettra très bien en avant dans le clip, avec ce sourire épanoui de Mylène à la mort de Seal).

Les mots des sentiments
Les mots d’amour un temple

La fin du refrain est particulièrement intéressante. Mylène évoque deux catégories de mots, qui d’ailleurs n’en forment qu’une, celle des affects : mots pour exprimer les sentiments (à moins qu’on ne comprenne «les mots (sont) des sentiments»), mais surtout «mots d’amour» dont il s’agit de faire un temple. Autour du mot «temple», on voit se dessiner toute une série de questionnement qu’il nous faut ici développer si l’on veut comprendre la suite de la chanson. Partons de l’étymologie : le templum en latin, c’est un espace découpé dans le ciel, pour observer le vol des oiseaux et lire l’avenir, ensuite par extension, c’est devenu la projection de cet espace sacré sur le sol sous la forme d’un monument. Ici, Mylène évoque le temple des mots d’amour… Autrement dit, elle accorde une place sacrée, et religieuse, à l’amour. On connaît l’intérêt de Mylène pour la thématique amoureuse, «la seule chose vraiment importante» comme elle le confie lors de la promotion de Giorgino, et comme en atteste l’album Innamoramento, qui ne parle finalement que de ça. Pourtant, nous serons tous d’accord pour dire que Mylène Farmer n’écrit pas à proprement parler des chansons d’amour. L’exemple sans doute le plus frappant serait à ce titre la chanson L’amour naissant, qui malgré son titre, parle de tout autre chose que d’un simple «je commence à t’aimer» : on y rencontre le «souffle du néant», et autres notions de cosmos qui déploient ce texte vers des abstractions qui dépassent la simple union de deux êtres. Ici, mais ce serait surtout à montrer dans L’amour Naissant et Pardonne-moi, Mylène Farmer confère à l’amour une dimension universelle et religieuse. C’est une religion où l’on vénérerait l’amour qui est ici envisagée. Mais ce temple de l’amour doit être fait de mots, de ces petites entités fragiles, et il est constamment à reconstruire par la parole. Nous sommes ici au cœur de la morale de Mylène : Aimer l’autre pour tenter de donner un sens au monde, d’aller plus haut.

«J’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer, au souffle du vent, s’élevait l’âme, l’humanité, son manteau de sang», chante Mylène dans Rêver. Dans l’amour apporté à un individu, dans le cadre du dialogue, on participe à un mouvement d’élévation de l’humanité toute entière. L’amour est ici promu philosophiquement, invité à devenir un idéal d’élévation spirituelle. Mais il faut bien noter le pessimisme de Mylène quant à cette vision des choses. Ici à nouveau nous sommes dans l’utopie puisque, comme le dit Mylène : «j’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer». Cette union reste cantonnée au monde du rêve, elle n’a pas de réalité propre. Le seul moyen que l’on peut alors avoir de donner corps à cette utopie, c’est de la répéter inlassablement. C’est un peu ce qui se produit dans Mylenium, où l’innamoramento est évoqué comme une incantation, en espérant le voir se produire. (Ce n’était pas rien, symboliquement, que d’ouvrir le Mylenium tour par cette chanson et de le conclure par Innamoramento : on passe de l’appel à cet amour à sa concrétisation). Cette répétition qui va rendre réel le temple des mots d’amour est tellement présente à l’esprit de Mylène, qu’elle va utiliser un jeu qu’elle n’avait jusqu’à présent jamais vraiment mis en pratique, à savoir l’image sonore. En effet, si l’on écoute les refrains, on est frappé par le fait que le mot «temple» est prononcé de plus en plus distinctement au fur et à mesure que la chanson avance. On passe du «temple» mourrant dans un souffle au premier refrain, au temple à la dernière syllabe longuement tenue (et à la tierce supérieure) de la fin de la chanson. C’est ici l’illustration parfaite de la théorie par la pratique. Plus on parle d’amour et plus ce temple des mots devient solide, présent, réel. En ce sens, on ne peut que souligner que ce texte de Mylène reste dominé, malgré les doutes qui le parsèment, par un optimisme à toute épreuve. Il est un texte de foi, qui montre l’élan d’espoir que l’on peut mettre dans cette union des êtres. En ce sens, le clip de Laurent Boutonnat est quasiment indispensable pour ramener en avant le deuxième aspect du texte : même si les amants peuvent essayer de vivre dans l’illusion, cette union n’est qu’illusion. Elle ne saurait durer… Mais leur dialogue continue…

If one swept the world away
One could touch the universe

Le tissage des voix et des langues se poursuit. La réflexion que Mylène fait tenir à Seal est à priori obscure. «Si l’on balayait le monde, on pourrait toucher l’univers». Comment comprendre cette idée. Notons d’abord que nous sommes de par le mode potentiel choisi, dans l’irréel, dans l’hypothèse. On ne peut pas balayer le monde, ni le supprimer de par sa propre volonté. Pour comprendre cela, il faut à nouveau repenser aux multiples correspondances évoquées plus haut. Si nos vies sont les mots de l’univers, alors notre monde est l’équivalent d’un texte, d’un livre. Les mots sont premiers. En fait, l’ordre du symbolique, c’est-à-dire l’ordre du langage est antérieur à l’homme. Nous sommes coincés dans la parole et dans la langue, nous sommes faits de mots. On comprend dès lors mieux pourquoi, si l’on pouvait supprimer un word/world, on atteindrait l’univers, au sens où si l’homme pouvait avoir une action aussi radicale sur le langage, il porterait atteinte de manière irrévocable à l’ordre du monde. (Ce monde qui est ordonné, justement, par la parole, et engendré par elle). D’autre part, si l’on pousse la logique de l’assimilation du monde à un ouvrage et des hommes aux mots de ce texte, on voit ici se développer un triple sens. Au premier niveau, Mylène nous dit que si l’on supprime un texte on porte atteinte à l’univers tout entier. Il y a ici une vive condamnation de toute censure de l’écrit. A un autre niveau, l’assimilation de l’homme à un mot met en évidence le processus destructeur de toute censure, qui de par sa violence, ne peut être que le signal d’une violence plus grande. Ainsi, les sociétés fascisantes ont toutes pratiquées la censure des textes. Mais par là même elles ont censuré la vie. (Jusqu’aux horreurs des camps que l’on connaît, et que Mylène évoque dans Souviens-toi du Jour). Ainsi, on peut aussi comprendre le début de ce couplet comme un élargissement de l’image de censure : si l’on efface le monde, fait de mots, où même un seul de ces mots on porte atteinte à l’humanité toute entière. C’est ce que nous dit Primo Levi : les tortures subies par les déportés ont abîmé leur nature même d’être humains : «considérez si c’est un homme», demande-t-il. Le propos est donc ici plurivoque, comme très souvent chez Mylène : comme nous le disions au début, les mots s’y tordent dans tous les sens, échappent à la fixité pour offrir des significations multiples.

I will tell you how the sun rose
How we could with a word become one

On revient ici au premier niveau de compréhension de la chanson, du moins c’est ce qu’il semble au premier abord. En effet, nous avons ici une image extrêmement galvaudée, celle du lever de soleil, qui nous rappelle les clichés du discours amoureux, tout comme l’idée de ne faire qu’un. Mais cette unité se fait par le biais d’UN mot. Quel est ce mot ? En français le mot qui fait une unité de deux êtres, c’est le NOUS dont Mylène nous demande, nous avons vu, si nous nous en souviendrons. Une phrase de la chanson L’autre met complètement en évidence ce processus de fusion : «Toi et Moi, du bout des doigts nous tisserons un autre». Au début de la phrase, nous avons deux individus, isolés, TOI et MOI. Mais à la fin, ils s’unissent dans un «AUTRE» à partir du moment où le NOUS apparaît dans la phrase. Ici, en anglais, c’est le ONE qui va assumer cette fonction. One c’est ce que l’on pourrait traduire ici par «ON». Mais le mot anglais est encore plus frappant que le nous français : ONE c’est «on», c’est l’union, mais c’est aussi «UN», l’unité. Ce jeu de mot ne pouvait que frapper Mylène, tant il était en accord avec son questionnement. Quant à l’image du lever de soleil, permettons nous deux remarques. D’abord, si l’on cherche dans l’œuvre de Mylène une allusion à ce phénomène, on n’en trouve qu’une, dans un texte de Laurent Boutonnat, We’ll never die. «Dawn is breaking now, how long does it take to die ?» On voit que l’aube est paradoxale, puisqu’elle s’associe non pas à une idée d’espoir, mais à une idée de mort… Mais ici, nous allons le voir avec le couplet que chante Mylène, il s’agit bel et bien d’une lumière qui apparaît, et non d’une menace de mort. Reste à savoir de quelle lumière il s’agit…

Et pour tout ces mots qui blessent
Il y a ceux qui nous caressent
Qui illuminent, qui touchent l’infini
Même si le néant existe

Retour aux mots qui blessent, déjà évoqués, et auxquels Mylène opposent un autre aspect de la parole, à savoir les «mots qui caressent». Ici, ce sont les mots qui caressent, verbe à la nature physique qui semble difficilement pouvoir s’appliquer à de la parole donc. On retrouve le lien intense qui existe entre la chair et la parole. Les mots sont nos vies, et nos vies sont aussi du vivant, de la matière humaine. Dans L’âme stram gram, le jeu de mot qui superpose «J’ouïs» et «Jouis», ou encore l’apparition de «fesse» (et de «con» !) dans «confesse», ou celle de «susse» dans «susurre» mettent en avant le lien indéfectible entre parole et sexualité, entre chairs et mots. On jouit d’ouïr… Mais ce niveau charnel, présent dans ces mots caressants, est aussitôt transcendé par ce qui suit, puisque Mylène évoque des mots qui «illuminent, qui touchent l’infini». On pourrait voir dans cette image un métaphore de l’orgasme, mais il faut aussi voir ici l’allusion à la Bible, et en particulier à la Genèse : tous les mots sont là : illuminer, toucher l’infini, malgré le néant. Au commencement du Monde, il n’y avait rien (le néant). Dieu (l’infini) décide de créer quelque chose.

images-4«Dieu dit : que la lumière soit. Et la lumière fût.»
Que se passe-t-il ici, si ce n’est l’affirmation de ce pouvoir des mots que nous évoquions depuis le début ? L’univers est un texte, puisque il est avant tout le fruit de mots prononcés par Dieu. Le texte de la genèse n’est pas le récit de la création du monde, il est la création du monde par les mots. Or ici Mylène nous parle de mots qui illuminent. Ces mots qui illuminent, ce sont ceux du créateur disant “que la lumière soit”. Mylène fait ici référence à la genèse de manière évidente pour illustrer son propos. On comprend dès lors mieux la phrase concernant le lever du soleil. I will tell you how the sun rose. Le prétérit rejette ici cette aube dans le passé. Il ne s’agit plus de dire une aube, comme une banalité, mais l’Aube, la première de toutes, celle engendrée par dieu demandant que la lumière soit. On voit bien comment ici c’est l’affirmation de la primauté de la parole sur le monde que nous évoquions précédemment. Il ne s’agit en aucun cas, cependant d’un appel à la foi chrétienne. Chez Mylène Farmer, le thème religieux est central, qu’elle fasse référence à la torah dans Souviens toi du jour, au bouddhisme, au religions antiques ou à l’Ancien Testament comme ici. Cette omniprésence doit se lire comme une volonté d’universel… La pensée mythique et religieuse est avant tout une pensée qui pose des questions fondamentales, et représentatives des doutes de l’humanité. Mylène qui tente d’aborder ces mêmes questionnements, et d’y trouver pour elle des réponses ne peut donc pas passer à côté du phénomène religieux, même si elle n’adhère à aucune. Comme elle le confiait à Paul Amar lors de l’interview à Paris Première, c’est bel et bien du côté de l’homme que Mylène aime chercher l’espoir de salut : dans chaque homme réside une chance pour l’humanité d’aller de l’avant, et non dans une doctrine quelconque. Dernière remarque, ce passage qui évoque la lumière est sans doute l’un de ceux où la voix de Mylène se fait le plus cristalline, ce qui n’est pas sans signification. Les mots qui illuminent ont ce caractère clair, que l’on associe traditionnellement à l’aigu, comme on associe le grave et l’ombre.

For a fraction of this life, we will give anything anytime

C’est la dernière phrase du texte, et elle a été changée lors de l’enregistrement. Le texte du livret et du single donne en effet «we» là où Mylène et Seal chantent «I». C’est le dernier acte de ce que nous appelions l’impossible dialogue. Mylène avait envisagé le «we», ce «nous» évoqué à plusieurs reprises comme une sorte de but à atteindre. Pourtant, la conscience de cet impossible vient parasiter l’optimisme qui semble dominer la fin de la chanson (renforcement du mot «temple» et passage à la tierce supérieure pour le dernier refrain, comme une illumination encore plus grande). En effet, avec le retour à «I», nous assistons à un mouvement de division. Nos deux personnages semblent incapables de passer au nous. Ils restent deux «je», qui, si ils veulent aller dans le même sens, semblent retenus par on ne sait quoi, condamnés à jamais à dérouler leur face à face sans jamais réussir à le transcender… La boucle est bouclée avec le clip. Seal et Mylène, fractions de vies, tant qu’ils essaient d’être deux, sont ballottés par un océan déchaîné : une fois ce dernier mort, la tempête qui venait montrer cette difficulté à être deux peut s’apaiser. Mylène qui a encore tenté le dialogue se retrouve à nouveau prisonnière de cet hiver intérieur (le clip s’achève dans un paysage de banquise) qu’elle évoque dans Ainsi soit Je, elle retourne à son «monologue poudré de neige». L’espoir de communiquer est mort : on peut souffler l’allumette. Nuit et silence…

Publié dans Mylène en DUOS, Mylène et des CRITIQUES, Mylène et SYMBOLISME | Pas de Commentaire »

Lonely Farmer décriptage

Posté par francesca7 le 29 juin 2013

 

Mylène Farmer : décryptage de « Lonely Lisa » par pure charts

Mylène Farmer rime également avec la Spiritualité vor ICI : http://devantsoi.forumgratuit.org/

Mylène Farmer dévoilait mercredi son nouveau clip « Lonely Lisa », troisième extrait de son album « Bleu noir ». Ce titre fait suite à « Oui mais… non » et « Bleu noir » dont les clips avaient divisé les fans. Celui de « Lonely Lisa » pourrait les réconcilier puisqu’il allie quelques thématiques emblématiques de l’univers de la chanteuse : analyse !

Pour son clip « Lonely Lisa », Mylène Farmer s’immerge de nouveau dans l’univers surréaliste qui caractérise bon nombre de ses vidéos. Les images sont soignées et apportent un aspect planant à ce titre qui en avait bien besoin pour lui éviter de tomber dans l’écueil de l’auto-dérision. « Lonely Lisa », c’est ce personnage créé par Mylène Farmer, à la découverte du monde et de l’humanité. « Lonely Lisa », c’est aussi le côté femme-enfant de la chanteuse dans son aspect le plus visible.

Regardez le nouveau clip de Mylène Farmer, « Lonely Lisa » :

Image de prévisualisation YouTube

En ballerine, « Lonely Lisa » est témoin d’une scène. Elle reste immobile au milieu des autres danseuses qui exécutent une chorégraphie que n’importe quel enfant serait capable de reproduire. La scène qu’elle observe, c’est celle de la mort qui prend le pas sur la vie. Le coupable : c’est le temps. Mylène Farmer l’a beaucoup chanté depuis ses débuts, commençant par pleurer qu’elle ne voulait plus grandir, comprenant que la mort était inéluctable par la suite, pour désormais avancer sereinement jusqu’à elle, un peu comme elle avance dans ce désert vers la fin, depuis le ciel ensoleillé jusqu’au ciel ombragé par des nuages orageux : « aimer encore, gagner le ciel ». Non contente, et pour « faire de la mort une immortelle », Mylène Farmer a créé une machine permettant de rajeunir. Les personnes âgées entrent dans ce qui ressemble davantage à un lit pour UV, pour en ressortir avec cinquante ans de moins : « Y a pas de génie sans grain de folie ! ». Il faut du rêve pour éviter de tomber dans la routine, et Mylène en offre une fois de plus. Elle offre surtout une l’opportunité de repousser la mort, mais aussi de nier la fatalité. C’est sa « révolution ».

Mylène Farmer a également fait de la dualité un thème récurent. Dans « Que mon cœur lâche » (1992), elle est un ange habillé d’une robe blanche en arrivant sur terre et parée d’une tenue très légère, noire, en regagnant le Paradis. On retrouve exactement cette même dualité dans le clip « Lonely Lisa » : tantôt affublée d’un tailleur baroque de couleur blanche, tantôt dans une tenue plus sexy de couleur noire. L’une siège sur un divan plutôt moderne, tandis que l’autre avance à grand pas dans le désert. L’une est spectatrice, l’autre est actrice alors qu’une jeune femme tout de blanc vêtue court vers les montagnes. Mais Mylène Farmer prend le temps d’y aller : pas de précipitation. Cette jeune femme fait le grand saut depuis le sommet d’une falaise. C’est à ce moment précis que tout ce rêve s’écroule littéralement puisque le décor s’effondre, les danseuses se brisent en mille morceaux, et les lumières s’éteignent. Le temps ne peut être vaincu, ce qui explique pourquoi Mylène Farmer avance sereinement sans se presser, hantée par ces démons.

Lonely Farmer décriptage dans Les Clips de Mylène lonely

Plusieurs témoins observent cette lutte contre le temps et démontrent l’impossibilité de cette expérience le défiant. Il y a ce jeune garçon qui s’achète une glace. La chaleur a eu raison de sa boule saveur fraise puisqu’elle fond avant qu’il ait eu le temps de la manger. A contrario, une femme plus âgée a bien compris qu’il valait mieux manger le fruit pendant qu’il était bien mûr, prenant même le temps de s’asseoir pour le déguster. L’âge apporte la maturité et la sérénité. Le dernier témoin, c’est cet homme blond vêtu d’une robe argentée et accompagnée d’un dromadaire lui aussi paré d’un costume à paillettes. Qu’il soit un roi mage ou un prophète, il est représentatif de personnages bibliques. Sa lente et difficile traversée du désert s’interrompt avec la chute du rêve de « Lonely Lisa ». Le dromadaire perd son costume : le masque tombe. La Religion n’empêchent donc pas non plus l’inéluctable.

« Lonely Lisa » semble donc le seul véritable antidote pour contrer ce temps qui passe perçu pendant de longues années comme un fardeau par la chanteuse. « Lonely Lisa », c’est aussi le moyen de se réfugier dans un monde fou où tout est permis. Enfin « Lonely Lisa », c’est la part surréaliste de l’univers de la chanteuse pleinement assumé.

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c’est une belle journée pour Mylène

Posté par francesca7 le 1 juin 2013

 

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c’est une belle journée pour Mylène  dans Mylène AU FIL DES MOTS belle-journeec’est une belle journée  , deuxième single extrait de la compilation Les Mots , qui est commercialisé le 16 avril 2002. Une sortie qui fait donc suite à l’immense succès du duo de Mylène avec Seal. C’est une belle journée est un titre très joyeux, entrainant. En effet, le binôme Farmer-Boutonnat semble ici renouer avec les rythmes dance qui ont fait leur réputation dans les discothèques. L’air de la chanson se retient d’ailleurs très vite. Mais qu’on ne s’y trompe pas, les paroles, quant à elles, restent du Farmer à 100 % ! Sous forme de confession (et de clin d’œil), Mylène parle ici de son irrésistible besoin de voir le mauvais côté des choses, à la différence du commun des mortels : « Allongé le corps est mort / Pour des milliers / C’est un homme qui dort… / A moitié pleine est l’amphore / C’est à moitié vide / Qu’on la voit sans effort ». En un mot comme en cent, quand les autres voient le verre à demi plein, elle voit le verre à demi vide… d’où le refrain : « C’est une belle journée / Je vais me coucher ». Une chanson que l’on eut rapprocher aisément de Je t’aime mélancolie , où, sur un rythme très dance, la chanteuse déclinait la même idée. Côté champs sémantiques, la mort est toujours présente ainsi que les anges, qui semblent être une réelle obsession chez l’artiste…

Mort tellement présente que le refrain a même failli l’évoquer explicitement, comme le confie Mylène à Thierry Demaizière lors d’une interview pour « Sept à huit » le 8 janvier 2006 :

« Je me souviens quand j’ai écrit C’est une belle journée, dans le refrain j’avais mis « C’est une belle journée, e vais me tuer » à la place, aujourd’hui, de « C’est une belle journée, je vais me coucher ». Et je crois que là, ce pourrait être un appel au suicide de certaines personnes un peu fragiles, et j’ai changé ce mot pour un autre parce que c’était peut-être d’un coup quelque chose de trop fort, trop déterminant ».

A noter également que la chanteuse semble faire appel encore à Pierre Reverdy et à son poème Esprit pesant (La Lucarne ovale, 1916) pour écrire « Allongé le corps est mort / Pour des milliers / C’est un homme qui dort… », là où le poète a écrit : « Il est allongé et il dort. C’est un corps mort. Un dernier rayon éclaire son visage calme où brillent des dents sans éclat. Les heures sonnent doucement autour de sa tête… ». On peut également penser, mais dans une moindre mesure, que Mylène s’est souvenue du poème Le Dormeur du val, de Rimbaud (1870) : « Un jeune soldat, bouche ouverte, tête nue / Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu / Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue »… Le single sera un succès pour Mylène, mois fracassant que Les Mots certes, mais davantage que Pardonne-moi  , le troisième single. Il s’écoulera même à 250 000 exemplaires environ !

Grande première dans la carrière de Mylène, le clip de C’est une belle journée est en fait un dessin animé. Pour un budget estimé à environ 120 000 euros (un très gros budget pour un clip), c’est Benoît Di Sabatino (actuel compagnon de chanteuse) qui réalisera le clip à partir de dessins de Mylène elle-même. Depuis les quelques illustrations fournies pour le livre Ainsi soit-elle, de Philippe Séguy (Jean-Pierre Taillandier Edition, 1993), le programme du « Tour 1996 », la jaquette du lire de Marc Lévy Où es-tu ? (Robert Laffont, 2001) ou la pochette du disque du maxi Dessine-moi un mouton, on savait que Mylène aimait dessiner (elle le confirmera en 2003 avec les illustrations de son conte philosophique, Lisa-Loup et le conteur, Editions Anne Carrière). Elle le prouve donc encore ici en racontant l’histoire d’une jeune femme (rousse) qui s’ennui et broie du noir (notons la présence de l’araignée) en compagnie d’un mouton. Elle rencontre un enfant (sûrement son double) et se laisse entraîner dans son monde. A la fin du clip, et comme dans la chanson, elle se couche en compagnie de son mouton. La vidéo se termine pas « A suivre… ».

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 139/220

 

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Symbolique de SANS LOGIQUE de Mylène

Posté par francesca7 le 23 mai 2013

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1986-1987 : Popularisation d’un personnage par la mise en scène répétée de sa mort.

Dans Libertine (premier clip de Laurent Boutonnat à être autant projeté, diffusé et commenté) la mort de la protagoniste principale est d’autant plus surprenante que tout laisse penser, jusqu’à la scène finale, que le processus de glorification de l’artiste opère. Le clip lui-même commence par un duel dont l’héroïne sort vainqueur. Suivie et fortement mise en valeur dans la réalisation, son déclin sera une première fois annoncé suite à la bagarre à mains nues contre celle qui deviendra sa grande rivale. Libertine est montrée comme inférieure, laissée sans connaissance à demi-couchée sur une table avant que son amant vienne la sauver. Sa puissance moindre est confirmée lors de la dernière séquence : la rivale l’abat avec la même arme dont Libertine s’était servie durant le premier duel. C’est donc avec les mêmes instruments graphiques que Laurent Boutonnat inverse le statut du héros dans l’histoire pour en faire une victime inattendue. Selon lui l’effet de l’arme qui se retourne contre celui qui, croyons-nous, la tient sera toujours plus fort que si elle tire dans la direction attendue. On comprend alors mieux la maltraitance qu’infligeait auparavant Laurent Boutonnat à son héroïne et le fait qu’il attende Libertine pour montrer une première fois sa disparition tragique. Les deux premiers clips n’avaient pas bénéficié de budgets conséquents ni de scénario ou de traitement réellement abordables. Les exigences commerciales de maison de disque et le changement de label par Boutonnat ne pouvaient de surcroît garantir une liberté totale dans la fabrication et la distribution des clips, et ne pouvaient en ce sens prétendre à une large diffusion auprès du public. Il faut donc attendre Libertine pour que toutes les conditions soient réunies pour en faire un objet à visée commerciale. C’est ici seulement que Boutonnat peut oser faire mourir son héroïne, lui-même est sûr que ce personnage va naître conjointement au clip, et que le traitement cinématographique de l’ensemble lui donnera une envergure plus large. De cette dimension nouvelle, Boutonnat tirera profit afin d’inclure ses héros dans un monde étranger à celui des clips de l’époque.

 Symbolique de SANS LOGIQUE de Mylène dans Mylène et SYMBOLISME sans-logique

 

         Toujours en 1987 et pour la troisième fois, le clip de Sans Contrefaçon voit la disparition du personnage interprété par Mylène Farmer. Dans une facture plus proche de Tristana que de Libertine, Boutonnat adopte encore une fois le genre du conte pour dépasser la mort même de la protagoniste principale. Clairement montrée dans Libertine, dédramatisée dans Tristana, c’est son nouveau trépas dans Sans Contrefaçon qui rend paradoxalement immortels les rôles interprétés de clip en clip. Ici la mort n’est pas figurée par un corps humain inerte, ni même par une giclée de sang comme dans le clip précédent. Ici cette mort est un passage visible d’un état à un autre. C’est aussi le seul clip où au delà de sa disparition, on assiste à la naissance du personnage principal, montrée par l’animation du pantin de bois qui devient de chair et de sang. Redevenant pantin dans les mains même de son créateur en même temps que disparaît la fée bienfaitrice, les personnages de Laurent Boutonnat quittent de film en film le monde qui est le notre pour entrer peu à peu dans un univers onirique qui rend chaque nouvelle disparition de la chanteuse crédible et sans redondance. Pourtant d’une grande homogénéité, chaque clip de Boutonnat se suffit à lui même et impose des personnages propres à eux et chaque diégèse ; même si on retrouve les mêmes interprètes pour les camper. C’est ainsi par la mort de ses héroïnes que Laurent Boutonnat peut en partie de démarquer des autres personnages campés par les interprètes de l’époque.

 


 

 

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Souviens-toi du jour Mylène

Posté par francesca7 le 16 mai 2013

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Les lettres de l’alphabet hébreu ornent discrètement la photo du single de cette chanson. Dans le vidéoclip qui lui est consacré, Mylène vêtue d’une robe de givre erre dans un appartement moderne, presque vide, où se propage un incendie. Les variations de l’éclairage, avec le port de deux robes différentes, corsent le jeu visuel de l’explosion des flammes, qui flirtent avec les pendeloques de glace de la robe. Et si Mylène ne s’enfuit pas, c’est à cause de ses talons de verre, qui la mènent sur un canapé bleu. Ses poses lascives disent la fascination esthétique de l’horreur (des fours crématoires ?).

Mais cette perversité se nuance par l’expression austère et concentrée de Mylène, attentive à sauver du feu quelques lettres recueillies. Sans doute Mylène s’efforce-t-elle d’accuser ici, en l’incarnant sans se laisser aveugler par lui (mais il m’est impossible de l’affirmer), le potentiel esthétique de la violence exterminatrice, banalisée dans cet appartement confortable et sans âme qui suggère une impensable généralisation de cette violence, à l’échelle de la vie quotidienne ; or l’univers décrit par Levy (une référence sur laquelle est significativement orientée la conception de l’album) n’en est pas moins un souvenir écran, derrière lequel se devine encore le thème apocalyptique. Comme si Mylène faisait le lien entre l’Apocalypse de Jean, celle des deux guerres mondiales et l’apocalypse sentimentale de notre époque, dont il n’est pas sûr qu’elle soit la moins  grave.

Souviens-toi du jour Mylène dans Mylène et SYMBOLISME innamo-208x300Il faudrait analyser longuement la composition de ce poème, qui rassemble exactement 36 vers. D’après le déroulement thématique du texte et sa présentation graphique, ces vers se distribuent comme suit : 4 + 6 + 8 / 10 + 8 (18 + 18). Mais 36 est ici l’expression numérique d’une perfection chère à Pythagore, que le Démon ne s’efforcera plus d’imiter. Bien sûr : « Souviens-toi que l’on peut tout donner / Souviens-toi que l’on peut tout briser » ; mais le dualisme transcendé devient ici la force qui anime un élan ascensionnel confirmé par le refrain où le temps présent nous introduit dans le déjà là d’un futur désiré : « Pour une minute / Pour une éternité / Les mains se sont élevées / enfin le soin graphique de Jouanneau, plaçant dans la bouche de Prince le cri ininterrompu « VOOOOOOOHOOOOOHOOOH » visualise les possibilités du rythme qui s’exerce en privilégiant certains nombres, à divers niveau du texte.

Ce phénomène n’a pourtant pas chez Jouanneau le même sens que chez Melville, Conrad ou Rimbaud. La demi-conscience de ces écrivains éprouvant les lois du Nombre fait place à la conscience amusée de Jouanneau qui les maîtrise dans une surenchère ludique ; peut-être le seul moyen d’échapper à leur emprise ?

La seule citation du célèbre récit : Tu veux que je te dessine un mouton ? » se justifie par les valeurs sacrificielles et mimétiques qui font le relief de cette question apparemment si innocente. (Le détournement ( ?) du sens auquel se livre Jouanneau dans cette citation anticipe donc celui, commenté dans le premier chapitre de cet essai, de Mylène Farmer, qui fait écho à la même demande du Petit Prince). Et pour Bonzaï l’agneau et le loup sont des figures interchangeables…

Extrait du livre : L’APOCALYPSE SUR SCÈNE Michel Aroumi p.232

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Confusion mentale dans Amour Naissant

Posté par francesca7 le 16 mai 2013


Confusion mentale dans Amour Naissant dans Mylène et SYMBOLISME mf80_111a-225x300La confusion mentale de l’Amour naissant est bien l’image de celle qui pousse notre monde à sa perte : « Quel monde n’a pas connu le souffle/du néant/ressenti l’émoi des puissances du Dedans, dis ? » Le retour régulier des impératifs « dis ? » et « vois » évoque une Apocalypse intime (en « émoi ») qui s’élargit au monde entier, et dont la raison première est désignée dans l’aveu : « Ma vie, comme la / Fille de Ryan », auquel fait écho la question laissée sans point d’interrogation : « Quelle Irlande voudrait oublier/Ses légendes ». Voilà en effet signifiées les pulsions mimétiques génératrices de violence, sur le plan des sentiments et des comportements sociaux. La fille de Ryan, personnage du célèbre film de David Lean, est un modèle pour celle qui, dépossédée d’elle-même, éprouve l’amour naissant ; et les « légendes » auxquelles s’attache l’Irlande, pays de passions et de luttes de clans, sont autant de modèles illusoires pour le peuple dont elles valident les passions meurtrières.

Or, le refrain de l’Amour naissant : « Tu es l’amour naissant (…) c’est un revolver, Père / Trop puissant »désigne bien la figure du Père comme le pivot ou comme le fondement de cette débâcle spirituelle ; l’expression Père tout puissant, gauchie en « Père trop puissant » suggère une revendication, une rivalité à l’égard du Père dont la divinité s’estompe, au contact de la « Fille de Ryan ». Au père tout puissant se substitue le Père obscure de la tribu, sacrificateur et victime (l’anathème est lourd, les serments brûlants, chante Mylène), acteur principal du meurtre fondateur indiqué par certains philosophes modernes à l’origine de notre ou de toutes les cultures.

Ce Père trop puissant fait d’ailleurs écho aux « Puissances du dedans » curieuse inversion de l’Esprit du dehors qui dans les textes sacrés, désigne l’Esprit du Mal, c’st à dire le culte exacerbé de l’ego et la violence dualiste qui en découle. Le glissement pervers ente la bonté du père et l’esprit du Mal vérifie pourtant le lien problématique du Seigneur et de Satan, si sensible dans l’Apocalypse de Jean.

L’Amour naissant est « lourd comme « l’Anathème est lourd », c’est un revolver, Père etc… le rapport suspect de l’Amour naissant et de la violence du Père trop puissant s’éclaire si l’on écoute la Marthe de l’Echange de Claudel, dont les propos révèlent le rôle inspirateur de la violence mimétique dans le sentiment amoureux….

L’amour authentique peut-il exister ? L’album Innamoramanto retrace cette quête d’amour « réinventé ». Mylène rêve d’un amour dont la foi religieuse ne serait  plus l’antidote, mais le principal composant. Même si la foi elle-même est loin d ‘être pure de la mimésis, en raison du rapport incontournable de la violence et du sacré (c’est ce qui fait l’ambiguïté des paroles de l’album, qui assument toute la difficulté de ce problème). On songe à un amour lavé du sentiment amoureux, fondé sur l’estime éclairée et sur la volonté d’aider l’autre sans lui devenir un modèle, en reconnaissant le besoin que l’on a de lui.

L’émoi sexuel qui accompagne l’Amour naissant est l’objet du deuxième titre ; « L’ame stram gram ». Il s’agit sans doute d’un désir murmuré pour soi-même, plutôt que déclaré. Quoi qu’il en soit, les fantasmes de pénétration (En moi, en moi toi que j’aime ;.. il n’y a que ça qui nous gouverne, Dis-mois combien de fois ? » et « Pique-moi dans l’âme / Bourrée, bourrée de nœuds mâles » etc) traduisent une conception de la sexualité qui, d’après certains commentateur de l’Apocalypse, reproduit le schéma dualiste qui renie l’esprit de l’Un fait Deux. Cette bisée métaphysique se précise dans les chansons suivantes ; a présent, le dualisme en question s’amplifie dans la giration du rapport du bourreau et de la victime, suggérée par cette déclaration ; « Ceux que tu condamnes / T’éreintent, te font du charme ». La rencontre amoureuse n’est plus distinguée des effets de miroir où se confondent les individus. Le désir de l’autre est ressenti comme une névrose.

Comment d’ailleurs ne faire qu’un avec l’autre lorsque le sexe, embarrassé de la violence faite névrose, se définit comme un besoin de « Partager mon ennui le plus abyssal » ? Le sexe c’est connu, n’a pas d’âme. Le titre l’Ame stram gram exprime et échec et en découvre la raison, dans le décalage entre le mot âme et la légèreté vaguement diabolique de la comptine ; le pouvoir de division qui est celui de Satan s’illustre justement dans le chasme sonore bancal de ce titre. (Le vidéo clip de cette chanson conforme ces remarques, malgré le décalage du thème chinois. C’est l’histoire de deux sœurs grandies à l’ombre de la muraille de Chine (jouées par Mylène), victimes de violences mortelles auxquelles elles doivent pourtant des pouvoir infernaux, utilisés pour leur vengeance : avatar chinois des « deux témoins » de ap.11 ?)

Cet échec de l’amour accompagne une crise de l’être, masquée dans le titre Pas le temps de vivre où l’absence du désir de vivre prend l’aspect d’une urgence vide ; ce désir de mourir qui contraste, du moins en apparence, avec les appétits de la chanson précédente, prend la forme d’un repli monacal où se confirment les ouvertures métaphysiques évoquées plus haut, qui n‘en restent pas moins suspectes. « L’être se monacal / Mais j’erre comme une lumière/ Que le vent a éteinte ».

Cette référence religieuse attire l’attention sur l’image proposée d e l’Un, but ultime du mystique ; « Pour soulager une à une / Mes peurs de n’être plus qu’une ». L’Un, amputé de son sens divin, est rendu à la violence d’un déchirement de l’être. Les mots « plus qu’une » suggèrent encore l’angoisse de la file indifférenciée des autres âmes, tandis que le rapport mythique de l’Un et du multiple se dégrade dans les « peurs une à une », ces peurs avec lesquelles Mylène ne fait plus qu’un. Et bientôt le curieux pluriel ; « Dis-moi les mots qui rendent ivres » suggère le mythe de la Bête, esquissé dans Dessine-moi, se précise dans Je te rends ton amour, où le thème filé de l’art pictural transpose le mystère de l’image de la Bête. Si la bête est reine des illusions, nul doute que tout image, toute copie i ou interprétation de la réalité n’en manifeste les pouvoir.

Extrait du livre : L’APOCALYPSE SUR SCÈNE Michel Aroumi p.38

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le nombre de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 16 mai 2013


le nombre de Mylène Farmer dans Mylène et SYMBOLISME fanmarjorie4-198x300l’identification de Mylène à la Bête prend une autre forme plus mystérieuse. Les jeux nominaux de Mylène (Mylène s’en fout, Mylénium…) incitent à scruter le rythme des lettres de son nom, mis en relief par le graphisme métallique de ses douze lettres ; deux fois six lettres, mais seulement neuf lettres différentes, parmi lesquelles six consonnes ; c’est assez pour songer au nombre de la Bête, expression chiffrée des malheurs que l’humanité doit aux contradictions qui lui sont inhérentes.

Mais ces intentions ludiques sont dépassées par une coïncidence dont aucune explication ne saurait venir à bout : Mylène a bien 36 ans lorsqu’elle enregistre Innamoramento en 1999. C’est l’âge crucial, celui de tous les risques pour les artistes, en raison du rapport privilégié avec la mimésis qui est leur lot. Incarnation de la perversité mimétique, e t modèle de tous les artistes pour les illusions dont elle berce l‘humanité, la Bête n’est pas vainement qualifiée par un nombre qui, relu comme la somme de trois 6 par certains commentateurs, conserve son sens néfaste dans l’imagination populaire lorsqu’il est redoublé. La structure mathématique du nombre 36, comme celle du nombre 6, traduirait le cercle mouvant du désir mimétique, autrement dit la cause de tous les malheurs des hommes, même si ces nombres, selon les pythagoriciens, expriment un idéal unitaire dont le rapport des deux Bêtes serait l’inversion négative.

Le même symbolisme s’affichait dans l’album Anamophosée ; un mot de 12 lettres, toujours sous le nom MYLENE FARMER. Les douze photos de Mylène figurant sur la brochure et sur le coffret du CD font alterner trois sortes de poses ; le visage de Mylène, ou son corps tout entier, avec deux costumes différents. Les douze boutons de son curieux maillot, mais encore les six côtés qui raient l’espace de tissu transparent entre la poitrine et les hanches sont en harmonie avec les jeux de mots sur la lettre X ( = SEX) dans certaines chansons (XXL : la marque de la Bête ? L’instant X qui comporte une allusion à l’an 2000…) Entre les lèvres de Mylène la lettre X reçoit le symbolisme que lui reconnaissait Claudel dans ses Idéogrammes occidentaux ; X est tout ce qui est section… l’unité définitivement détruite par l’unité, l’inconnu, le carrefour, l’inextricable…

Ces notions que Claudel rattache au mot « faux » inspirent justement les textes de Anamophosée où se voit chantée l’ivresse morbide des faux-semblants. L’unité détruite qui résume les visées métaphysiques de Innamoramento trouve résonance particulière dans l’album Anamorphosée, où la chanson XXL célèbre l’abolition des différences sociales et sexuelle avec un plaisir suspect, qui s’étend aux choix esthétiques dont témoignent l’ océan d’ambre » de Eaunanisme ou le « Jade… au creux du nombril » dans Mylène s’en fout.

Quoi qu’il en soit, le contemplateur est préparé à revivre cette quête, à la comprendre, par l’affiche du MYLENIUM TOUR : 12 lettres, sous les 12 lettres du nom MYLENE FARMER en haut de l’affiche. La date du concert : 24 septembre 1999 semble avoir été choisie en raison des connotations ambiguës du nombre 24, employé six fois dans l’Apocalypse (pour la figure des saints vieillards), mais rattaché à la figure du Diable dans la tradition populaire de différentes cultures. (Le fait que Mylène soit née le 12 septembre corse l’intérêt de ce choix).

L’identification des noms et des nombres dans la tradition où fleurirent les écrits de Jean de Patmos a-t-elle inspiré l’énigme qui rassemble le nom de Mylène, celui du concert et la date du 24 septembre ? Le contexte religieux de la plupart des chansons autorise à voir dans ce rébus nominal et numérique (12 + 12 lettres + 24 septembre) un rappel des vertus du nombre 48, qui fixe le rythme de certaines oraisons dans le culte hébraïque ; de même que le mois de septembre, après les huit premiers mois de l’année, la chaîne graphique du Mylenium Tour (8 + 4 lettres) rachète les maléfices latents de l’année 1999 (un 666  renversé ??). En effet, ce rapport 8/4 est relié par Melville à  la shekkina hébraïque (qui a comme attribut symbolique le nombre 32, un multiple de 8). Mais c’est dans le détail des huit coups de cloque qui sonnent la dernière heure de Billy Budd, à quatre heures du matin, u peu avant que la shekkina de l’aube ne se déverse sur le corps du condamné. La remise en cause du mythe qui détermina Melville à raturer cette shekkina s’adoucit chez Mylène, dans certaines chansons de l’album. Mylène est pourtant sœur de Billy Budd qui a comme seul talent sa claire voix de chanteur. Mais c’est dans sa vocation musicale que Mylène assume la vocation sacrificielle de Bill Budd. Du moins en sacrifiant les idées reçues qui dissimulent la fonction cathartique de son art aux yeux du public.

La nature diabolique, puisque si mélangée de l’amour naissant, réclamait les instruments (et la mélodie) suaves du premier morceau. La voix de Mylène, fondue dans le son des instruments se fait l’écho de la « voix du diable », dont on sait qu’elle est souvent séraphique. Avant même que les instruments ne se fassent entendre, un grondement céleste ou marin introduit l’album ; un orage qui s’éloigne, ou qui s’approche ?

Impossible de répondre, et la menace d’un grondement guerrier accompagne discrètement la montée de la mélodie qui progresse en vagues régulières jusqu’au moment où s’entrelacent le battement d’une armée en marche et le chœur de vois cristallines

Extrait du livre : L’APOCALYPSE SUR SCÈNE Michel Aroumi  

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Mylène farmer hors norme

Posté par francesca7 le 6 mai 2013

 

Cette artiste hors norme a réalisé pour ses clips quelques petits bijoux cinématographiques ; l’érotisme sophistiqué qui émane d’elle dans les mises en scène du symbolisme riche, confine parfois à la mystique sexuelle ; la beauté étrange mais très réelle de cette femme, à l’opposé de la beauté artificielle, manufacturée par les médias cathodiques ou le papier glacé, fascine.

Parfois femme-enfant, femme fatale, guerrière, libertine ou sainte, libertine et sainte, Mylène Farmer incarne parfaitement dans un monde en décomposition la permanence du mystère de l’éternel féminin. Ses œuvres, chansons ou courts métrages (mais c’est plus évident dans la production cinématographique) sont toujours des histoires porteuses d’interrogations, de messages de mystères, face à la libertine comme dans Libertine d’ailleurs, face à la mort comme dans Tristana, qui reprend sur fonds de Révolution russe le conte symbolique et alchimique de Blanche Neige. A la fois très proches et inaccessibles, les femmes incarnées par Mylène Farmer sont toujours vulnérables et fortes, pures jusque dans la déchéance, délivrant les milles facettes du kaléidoscope des mystères que demeure la Femme.

Mylène farmer hors norme dans Mylène dans la PRESSE mylene-228x300

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