Jeff Dahlgren partenaire de film de Mylène

Posté par francesca7 le 7 mai 2016

 

Il est le partenaire de Mylène dans le film Giorgino. C’est sur le tournage du film que Mylène s’est beaucoup rapprochée de Jeff Dahlgren. Suite à l’échec du film en 1994, Mylène est partie vivre un an à Los Angeles (Etats-Unis) avec Jeff. Notons que le refrain de California (« C’est sexy le ciel de Californie… ») fait référence à des souvenirs visiblement torrides de Mylène avec le bel Américain. Après cette parenthèse californienne, Jeff a été guitariste sur les albums et tournées de Mylène entre 1995 et 2000. Mylène et lui se sont séparés en 1999.

 Blog de Francesca

Le 5 octobre 1994, la France découvre pour la première fois le visage et le jeu d’acteur de Jeff Dahlgren à l’occasion de la sortie sur grand écran du film de Laurent Boutonnat, « Giorgino ». Alors âgé de 29 ans, il y incarne le personnage de Giorgio Volli, un médecin de retour du front en 1918 qui part à la recherche des enfants orphelins dont il s’occupait avant la guerre. L’acteur et musicien revient longuement sur son expérience avec Mylène Farmer et Laurent Boutonnat. Il nous raconte sa rencontre avec le duo, le casting, le froid, les petits incidents qui ont ponctué le tournage mais aussi sa vision du film, vingt ans après sa sortie. Des souvenirs visiblement impérissables…

Quels souvenirs avez-vous de votre première rencontre avec Mylène Farmer et Laurent Boutonnat ?
J’ai été présenté à Mylène à Los Angeles, par une amie commune. A l’époque, elle travaillait sur « Que mon cœur lâche ». Nous avons longuement parlé de musique, de cinéma et de « Giorgino ». Etant donné que j’ai toujours une guitare avec moi, ça a collé immédiatement entre nous, et une longue amitié est née. Alors que j’étais à Los Angeles avec Mylène, j’ai rencontré Laurent, et nous avons, là encore, eu de longues conversations tous les trois. Nous parlions de musique et de cinéma. Nous sommes devenus proches en très peu de temps. Mes souvenirs de ces rencontres sont ceux de deux nouvelles amitiés.

Vous êtes connu comme musicien. Qu’est-ce qui vous a poussé à passer une audition pour un film ?
J’avais étudié le cinéma pendant plusieurs années et tourné dans beaucoup de publicités. J’ai aussi fait de petites apparitions télévisées. La motivation, pour moi, a toujours été présente. Lorsque Laurent m’a demandé si j’étais intéressé pour passer l’audition pour « Giorgino », j’ai immédiatement répondu « Oui ».

Où a-t-elle eu lieu ?
C’était à l’hôtel Château Marmont, à Hollywood.

Et comment s’est-elle déroulée ?
Bien ! Il n’y avait que Laurent et moi. Il n’y avait pas d’équipe en charge du casting. C’est Laurent qui a fait son choix tout seul. Ça a duré environ une heure. A la base, il m’avait donné un monologue extrait de « Giorgino » à lire pour l’audition. Mais lorsque je suis arrivé, nous nous sommes assis et avons commencé à parler. Au final, je n’ai jamais eu à lire le monologue en question ! Lorsque Laurent a allumé la caméra, j’ai simplement parlé de moi.

Avez-vous dû repasser l’audition par la suite ?
Non. Le soir même, j’ai reçu un appel téléphonique de Laurent qui m’informait que j’avais été retenu pour le rôle de Giorgio.

Est-ce que Laurent recherchait quelque chose de particulier pour le personnage de Giorgio Volli ?
Pas nécessairement. Je ne crois pas qu’il recherchait quelqu’un en particulier. Il cherchait plutôt une qualité, celle d’une innocence d’enfant pour le rôle de Giorgio ; et pour mon bonheur, il s’est avéré que j’avais cette qualité.

Savez-vous si Hugh Grant a été casté pour le personnage de Giorgio Volli ?
Il a été fait mention de Hugh Grant mais aussi de Rutger Hauer.

Venons-en au tournage. Combien de temps a-t-il duré en tout, scènes extérieurs et studio comprises ?
Environ quatre mois et demi.

Avez-vous souffert des conditions climatiques lors des scènes extérieurs ?
Absolument ! A certains moments, les conditions météo étaient vraiment beaucoup trop dures pour nous permettre de travailler. Parfois, il faisait tellement froid qu’il m’était difficile de bouger les lèvres. Donc oui, il y a eu un peu de souffrance, mais globalement, c’était plutôt agréable.

Les scènes studio ont-elles été filmées en une seule fois ?
Oui, nous avons tourné toutes les scènes studio en même temps, et avant celles en extérieur. Elles ont été filmées au studio Barrandov en République Tchèque (ex Tchécoslovaquie, ndlr).

Répétiez-vous certaines scènes avec Mylène Farmer avant de les filmer ? Quelqu’un vous guidait-il lors des répétitions ?
Oui, bien sûr, Mylène et moi répétions ensemble. Laurent, quant à lui, nous guidait et décidait de l’emplacement de chacun des acteurs, et nous en discutions en détail tous les trois.

Y a-t-il eu des scènes plus difficiles que d’autres à tourner ?
Oui, le sauvetage de Catherine à Sainte-Lucie. Cette scène a été la plus difficile. La mise ne place des personnages a été plus approfondie et le tournage de la scène très technique. Il s’avérait difficile de réaliser des gros plans durant le tournage à cause des mouvements rapides. Laurent a alors décidé de nous attacher avec une corde, Mylène et moi, afin que la distance focale reste toujours la même. Dans cette scène, j’utilise un revolver et j’ai Catherine dans les bras, tous les gros plans de cette ont été tournés de cette façon. C’est intéressant de filmer une scène très attendue et énergique avec une caméra située à 60 centimètres du visage.

Il semble que l’atmosphère durant le tournage était tendue. Qu’avez-vous ressenti ?
L’atmosphère était tendue lorsque les scènes que nous tournions étaient intenses, ça fait partie du job. Ça n’était pas comme ça tout le temps ! Ce dont je me souviens le plus, c’est que c’était détendu et professionnel. Nous nous sommes beaucoup amusés.

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Et comment était la relation entre Mylène et Laurent ?
Entre Mylène et Laurent, la relation était bonne et amicale.

Vous souvenez-vous d’anecdotes ou de moments particulièrement marquants durant cette période de tournage ?
Oui, j’en ai même plusieurs ! Tout d’abord, j’étais toujours à l’heure sur le tournage ! (Rires)
Lorsque j’attendais entre deux scènes, je sortais Moreno, mon cheval préféré, et je partais me promener avec lui à travers les collines. Une fois, alors que Jean-Pierre Aumont m’aidait à tirer Moreno pour l’amener à la calèche, il s’est cabré et, en retombant, m’a cassé un orteil ! (Rires) Et puis, les weekends, j’empruntais la voiture de quelqu’un de l’équipe à son insu et je partais aussi loin que je le pouvais, parfois même jusqu’en Pologne !

Je me souviens aussi de mon hôtel, à Prague, qui a dû être évacué à trois reprises à cause d’alertes à la bombe. La troisième fois, j’ai mis vingt minutes pour descendre. J’étais habillé bien chaudement car je savais que j’allais attendre plusieurs heures dans le froid. Mais après vingt minutes d’attente, le rez-de-chaussée de l’hôtel a finalement explosé !

Mais la meilleure anecdote est la fois où j’ai eu le hoquet pendant un jour et demi. J’étais donc dans l’incapacité de tourner une scène, mais la production en a profité pour tourner d’autres scènes avec d’autres acteurs. J’avais depuis peu fait la connaissance de Louise Fletcher. Ce jour-là, nous nous sommes croisés dans le hall de l’hôtel. Elle m’a dit qu’elle savait que j’avais un problème, ce à quoi j’ai réussi à répondre « Oui ». Nous nous sommes assis au bar et elle a demandé au barman une tranche de citron, un petit sachet de sucre et de la sauce Worcestershire (sauce anglaise à la saveur aigre-douce, ndlr). Elle a mélangé cette mixture et m’a dit de l’avaler. Tout de suite après, le hoquet avait disparu, et je reprenais le tournage !

Dans quel était d’esprit étiez-vous avant la sortie du film ?
J’étais dans un très bon était d’esprit. Mylène et moi travaillions sur l’album « Anamorphosée » à cette époque-là. C’est à ce moment que la chanson « Tomber 7 fois… » a été initialement composée. C’était moi l’interprète de cette chanson à la base, mais Mylène l’a tellement aimée qu’elle m’a demandé si elle pouvait l’enregistrer pour l’album.

Avez-vous été impliqué dans le montage du film ?
Il arrivait parfois que je donne des conseils par rapport à la sélection des scènes dans lesquelles j’apparaissais. J’étais également souvent avec Laurent quant il composait la bande originale et, là encore, je donnais mon opinion. En dehors de ça, je n’ai pas eu de rôle dans la postproduction.

Avez-vous été déçu que la sortie soit repoussée de plusieurs mois ?
Non pas du tout ! Il m’est difficile de me rappeler les raisons exactes, mais si nous avions sorti le film en temps et en heure, nous aurions eu comme concurrent le film « True Lies ». Pour la petite histoire, le film en sorti en même temps que « Forrest Gump » qui, à l’époque, était le plus rentable de l’histoire.

Qu’avez-vous pensé de la version finale du film ?
Je n’ai jamais regardé le film en entier ! (Rires)

Pensez-vous que le film soit trop long ?
Pourquoi pensez-vous que je ne l’ai pas regardé en entier ? (Rires) C’est plutôt une question qu’il faudrait poser à Laurent. Je pense qu’il a pris le temps dont il avait besoin afin de raconter au mieux l’histoire qu’il avait imaginée. Avec le recul, j’ai le sentiment que le film est bien mieux compris aujourd’hui.

Quelle est votre scène préférée ?
Comme je vous l’ai dit, je n’ai jamais regardé le film dans sa totalité, mais je dois avouer que c’était sympa de mourir. Toutes les scènes à Sainte-Lucie ont été géniales à tourner !

Quelle a été votre réaction quand vous avez lu les critiques négatives de la part de la presse et que vous avez compris que le film était un échec commercial ? Comment ont réagi Mylène et Laurent ?
Ça ne m’a pas affecté car mes critiques à moi étaient positives ! C’est surtout Laurent qui en a pris plein la tête, principalement à cause de la longueur du film, ce qui, pour moi, n’est pas une raison pour le descendre. Ce n’est jamais facile pour personne de gérer ce genre de situation, mais avec du recul, « Giorgino » est en quelque sorte, devenu un succès. Rétrospectivement, j’ai le sentiment qu’il y a eu une meilleure compréhension du film et de sa beauté. « Giorgino » a maintenant une vie à lui…

Avec du recul justement, que pensez-vous de votre jeu d’acteur et de celui de Mylène ?
Je suis fier de ma prestation… enfin, du peu que j’en ai vu ! Et je pense que la prestation de Mylène était bonne également.

Aujourd’hui, que pensez-vous de cette expérience ? Seriez-vous tenté de jouer dans un nouveau film ? Joueriez-vous à nouveau pour Laurent ?
C’était une expérience géniale et j’en garde de très bons souvenirs. Donc oui, je serais prêt à tourner encore et à travailler à nouveau avec Laurent.

Il semblerait que l’échec commercial du film n’ait pas affecté votre relation avec Mylène et Laurent puisque vous avez ensuite collaboré avec eux pour deux albums et deux tournées. Quels souvenirs gardez-vous de ces expériences ?
C’est une question très importante sur laquelle je pourrais écrire un livre entier. Mais pour faire court, cela faisait déjà quatre ans que l’album « L’autre… » était paru et, après la sortie de « Giorgino », Mylène avait besoin d’un album très fort et d’une nouvelle direction artistique. Elle et moi avions déjà passé beaucoup de temps en studio avant « Anamorphosée », donc c’était une continuité naturelle. Mylène aimait le son de ma guitare qui apportait une dimension puissante à sa musique. Après le succès du Tour 1996, les clips vidéo, les singles et le « Live à Bercy », que je travaille pour l’album « Innamoramento » nous a semblé couler de source. J’ai beaucoup de souvenirs fantastiques de cette période, beaucoup de travail, de bon temps, d’amis… et énormément de fans !

Etes-vous toujours en contact avec Mylène et Laurent ?
Oui, Mylène et moi sommes toujours resté en contact. Quant à Laurent, nous avons pas mal échangé mais ça fait un bout de temps que je n’ai pas de ses nouvelles !

Pourquoi n’avez-vous pas continué à votre collaboration avec eux pour les albums suivants ?
Tout simplement parce que je n’étais pas disponible.

Suivez-vous la carrière de Mylène ? Y a-t-il un album ou une chansons que vous appréciez tout particulièrement ?
Oui, je la suis, comme tout le monde, et nous en parlons. Pour moi, son album le plus fort reste « Anamorphosée ». Mais de par mon implication durant l’enregistrement de l’album, et tout particulièrement dans l’écriture de la ligne de guitare de « XXL », je ne suis pas très objectif ! (Rires)

Continuez-vous de jouer avec votre groupe, Jeff Dahlgree/S.T.E.P. ?
J’ai produit, enregistré et mixé onze albums pour divers artistes et je suis actuellement en train de travailler sur mon album qui sortira au printemps prochain. Il y aura quelques singles qui précéderont sa sortie. En ce moment mon groupe Jeff Dahlgren/S.T.E.P. marche très bien et mon single, « California », dépasse mes attentes en termes de rotations radio.

Est-ce que le titre de votre single, « California », est une allusion ou une référence à celui de Mylène ?
Sans commentaire !

Quelle est votre actualité ?
Je produis et je compose. En tant que guitariste professionnel, j’ai joué sur de nombreux albums. Je vais aussi bientôt ouvrir mon site web, jeffdahlgrenmusic.com , grâce auquel je vais débuter, à distance, le mixage et le mastering d’albums d’artistes issus de la scène indépendante. Cela leur permettra de profiter d’une production et d’un son professionnels. Et cela me donnera aussi l’opportunité de travailler avec des artistes français belges et russes. Je travaille beaucoup à distance en ce moment et on m’a beaucoup sollicité. Que ce sot des fans, des musiciens ou des groupes, tous m’ont demandé de mixer pour eux et même de chanter sur leurs compositions. Je vais pouvoir le faire maintenant. J’aime soutenir la scène indépendante. Enfin, grâce au bon retour de mon single « California », j’ai des opportunités pour jouer à Paris et sa région. Ça sera super de vous voir tous là-bas ! En dehors de cela, tout va bien pour moi !

 

Sophie Khairallah et Julien Autier pour Styx Magazine – 2014

 

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MYLENE A la veille de la sortie de Giorgino

Posté par francesca7 le 16 février 2016

A la veille de la sortie de « Giorgino » dans les salles, Mylène Farmer est présente dans les trois rendez­vous d’information des trois premières chaînes. Le sujet commence par des images du film. Michel Vial (en voix-­off sur des images du film) :

De retour de la guerre en 1918, Giorgino est un jeune médecin qui tente de retrouver les enfants attardés dont il s’occupait avant d’être mobilisé. Et il rencontre une jeune fille étrange qui a l’esprit d’une enfant et qui paraît sombrer, peu à peu, dans la folie. Mylène Farmer incarne cette femme­-enfant dans un récit tourmenté, peuplé de fantômes et de loups. Mylène Farmer apparaît alors à l’écran.

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Mylène Farmer : Ça fait très longtemps que j’ai envie de jouer, d’interpréter des rôles qui sont des personnages autres que moi­-même. J’ai eu la chance de commencer par la chanson parce que c’est vraiment un métier que j’aime et j’aime l’écriture. Maintenant, c’est vrai que c’est quelque chose qui était en moi et qui avait envie de naître, et que j’ai enfin pu accomplir avec ce long métrage. Extrait de la bande­-annonce de « Giorgino ».

MV (en voix-­off) : Dans ce film, « Giorgino », on retrouve un univers qui vous semble familier, à vous et à Laurent Boutonnat : l’amour, la mort, la folie. Ce sont quand même vos thèmes favoris….

MF : Oui. Notre rencontre a quand même été très, très forte et capitale dans notre vie. Donc il est difficile, non pas d’envisager un autre univers, mais il est difficile de ne pas prolonger cet univers. Extrait du clip de « Beyond my control ».

MV : (par dessus ces images) Laurent Boutonnat réalisait les clips de Mylène Farmer depuis dix ans. Dans « Giorgino », il met en scène leur goût commun pour la mélancolie et le mal de vivre, grâce à quoi elle est devenue la chanteuse culte de toute une génération.

MF : C’est vrai que j’ai besoin de l’autre, et j’accepte.

MV : Qu’est­-ce que vous cherchez dans le regard de l’autre ?

MF : Une envie de continuer, une sympathie, un amour, toutes ces choses qui font que…qui vous aident à vivre, tout simplement. Nouvel extrait du clip de « Beyond my control ».

MV : Avec « Giorgino », Mylène Farmer n’aura pas manqué son rendez­-vous avec le cinéma. Héroïne à la fois candide et perverse d’un film qui revisite, non sans brio, les chemins singuliers de l’enfance.

AU 19/20 4 OCTOBRE 1994 – Entretien avec Michel VIAL France 3

 

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DOSSIER DE PRESSE GIORGINO

Posté par francesca7 le 8 mars 2015

 

Entretien réalisé par Gaillac­Morgue

giorgi-01-bVoilà un désir enfin réalisé : le cinéma, vous y pensiez bien avant la chanson…

­ Notre rencontre avec Laurent est née d’un même désir : faire du cinéma. Pourtant, nous avons existé tous les deux grâce à la chanson, un cadeau que la vie m’a fait même si cela n’a pas toujours été facile. Cette envie de faire du cinéma, cette envie de faire ce film a mûri pendant près de dix ans. C’est long, dix ans…

Quelles ont été vos premières impressions à la lecture du scénario ?

­ Le sujet de « Giorgino » m’a attirée par son étrangeté, son originalité. Pour parler plus précisément du personnage de Catherine, j’ai senti que je pouvais y mettre beaucoup d’émotions. Je crois que Laurent a puisé certaines choses de ma personnalité pour l’écriture du personnage de Catherine. Nous n’en avons jamais parlé. Je n’ai pas réellement connu la magie de la découverte du scénario parce que j’ai suivi pratiquement 24h/24 l’élaboration de ce projet : j’ai aussi vécu les difficultés d’écriture qu’ont rencontré Laurent Boutonnat et Gilles Laurent, le co­scénariste, ainsi que tous les problèmes inhérents au montage d’un tel projet. C’était malgré tout passionnant d’apprendre tous les à­côté d’un film. « Giorgino » a été un accouchement dans la douleur, mais nous vivons, Laurent et moi­même, dans ce climat depuis que l’on travaille ensemble. Rien ne se fait dans la facilité. Peut­être ressentirons­nous un peu de bonheur, ou plutôt de soulagement, quand nous nous déposséderons totalement du film, c’est­à­dire le jour de sa sortie sur les écrans.

Qui est Catherine, cette femme­enfant mystérieuse que les gens disent folle ?

­ Catherine est différente des autres et elle paiera cette différence. C’est avant tout sa fragilité qui m’a émue, j’aime son innocence et sa violence intérieure. Les enfants ont ça en eux : naïveté, pureté et colère. J’aime son incapacité à être dans le monde des adultes.

Quelles sont, selon vous, les blessures profondes de Catherine ? Qu’est­ce qui a provoqué cette fragilité ?

­ Catherine n’est pas intellectuellement de son âge. Ce n’est pas une jeune fille ‘retardée’, mais simplement comme le dit le prêtre, « elle a l’esprit d’une enfant ». Elle est restée isolée du monde extérieur, probablement protégée par ses parents, s’occupant elle­même d’enfants retardés. Pour Catherine, le petit noyau de sa famille pourrait représenter la beauté, et le reste du monde, la laideur. Catherine n’est pas armée pour le monde extérieur et sa violence. La disparition des enfants, de sa mère puis de son père sont autant de traumatismes, de blessures irréversibles. Et puis, une très jeune personne capable de dire « Et si c’était la douleur qui faisait chanter les oiseaux ? », n’est­ce pas suffisamment éloquent ?

On a l’impression que vous êtes complètement pénétrée par cette jeune fille. Comment s’est faite l’approche de ce personnage étrange ?

­ J’ai une très grande liberté par rapport à Catherine. C’est étrange, mais il n’y a pas eu de grande difficulté quant à savoir comment aborder le rôle. Pour l’approche du personnage, j’ai simplement eu envie de m’informer un peu sur l’univers psychiatrique : j’ai pu assister à quelques entretiens entre ce qu’on appelle des ‘malades’ et leurs docteurs. Sachant que Catherine basculait dans une dite folie, en tout cas dans un retrait d’avec une dite réalité, j’ai écouté puis j’ai regardé la gestuelle particulière de ces personnes très habitées, angoissées et sous médicaments pour la plupart. Vous dire que je m’en suis servie pour Catherine, je ne sais pas vraiment. J’ai abordé sa personnalité à la lecture du scénario et je savais ce que je pouvais donner au personnage. D’autre part, un costume, un décor et une envie d’incarner quelqu’un d’autre que soi sont autant de facteurs importants pour l’approche d’un rôle comme celui­ci.

Vous vous étiez auparavant intéressée aux enfants autistes. Cette observation vous a­t­elle aidée pour le rôle de Catherine ?

­ Aidée, je ne sais pas, mais avoir envie de comprendre, de percer les mystères de ce silence, de ce repliement sur soi. Catherine a un trouble profondément enfoui en elle. Le comportement des enfants autistes est tellement intrigant, leur retrait du monde est inexplicable, on ne sait pas. Oui, j’ai peut­être la sensation d’être proche d’eux. Une communion dans le silence avec ces personnes­là me paraît plus enrichissante parfois qu’une conversation…

Dans votre interprétation, vous faites passer la ‘folie’ de Catherine de façon très subtile, les gestes, les regards sont à peine esquissés, intenses mais sans excès, sans débordement. Le trouble est plus fort encore…

­ Je préfère les paroles murmurées aux mots criés. En fait, je n’aime pas imposer, je préfère proposer. Cela tient d’une pudeur et d’une timidité qui font partie de moi. C’est ma personnalité, et mon jeu s’en ressent certainement. D’autre part, Catherine me semblait plus proche de l’introvertie que de son contraire. Je n’avais donc pas envie, quand Catherine bascule irrémédiablement, de passer soudainement à un état épileptique et voyant. Dans cet univers de conte où l’on bascule constamment entre le vrai et le faux, le réel et l’irréel, la lecture ne doit pas être trop évidente. La présence des loups, les comportements ambigus des personnages…pendant toute l’histoire, on ne sait pas et c’est pour moi toute la magie de ce film.

Ce doit être troublant pour une comédienne d’approcher la folie…

­ En effet : troublant, attirant… Catherine semble tellement apaisée, presque sereine, dès l’instant où le monde environnant n’a plus d’empreinte sur elle. J’ai parfois le sentiment, dans des moments d’anéantissement, de frôler cette frontière normalité/folie, mais ceci est tellement intime. Peut­on parler de traumatisme ? Tout dépend de ce que l’on donne de soi dans une scène. Pour arriver à exprimer ses sentiments extrêmes, il faut puiser dans ses propres névroses, faire ressurgir ses plus grandes craintes, douleurs. Puis on décide que le personnage que l’on interprète n’est pas exactement comme soi : c’est à ce moment­là que le métier d’acteur devient passionnant. Ce serait un peu comme façonner une sculpture : il y a la matière brute ­ qui est soi-même, avec son univers personnel ­ et il y a le personnage, la création, l’imagination, enlever un peu de terre ici, en rajouter là…

Quelles ont été pour vous les scènes les plus délicates à tourner ?

­ Il est toujours délicat de dévoiler des émotions devant plus de cinquante personnes qui sont en fait cinquante étrangers. C’est d’une impudeur totale, et l’on se déteste pour ça, mais on est engagé pour le faire et le besoin de tourner, jouer, l’emporte sur le reste.

Vous éprouvez pourtant du plaisir quand vous montez sur scène, exposée à des milliers de regards…

­ C’est un plaisir suicidaire, me concernant. Pourtant, cela me manque terriblement, la scène, l’autre… Ce paradoxe de l’artiste est très réel : avoir un désir névrotique de lumière et cette envie de se cacher. Je bascule constamment entre ce désir et ce refus. L’un ne peut pas exister sans l’autre, l’un nourrit l’autre. La notion de plaisir semble totalement abstraite pour moi. J’ai besoin du regard de l’autre, besoin de ces deux métiers pour vivre. C’est ma vie. Je refuse la tricherie. Le jour où j’aurai la sensation de ne plus ressentir, de ne plus être capable de donner, je m’effacerai.

On retrouve dans « Giorgino » un univers qui est, semble­t­il, très cher à Laurent Boutonnat et à vous­même. Comment décririez­vous cet imaginaire ?

­ C’est un monde troublé et troublant, et j’espère plein de poésie. Avec Laurent, nous aimons les paysages enneigés ­ je suis née au Canada. Je suis attirée par les relations, les sentiments difficiles. Tous les deux, nous sommes instinctivement attirés par les contes cruels, par l’irrationnel. Tous deux, nous refusons dans le fond le monde des adultes. J’aime les animaux, j’aime la folie, par exemple celle des paysages fracassés où le regard ne peut pas se promener calmement. J’aime aussi la mouvance permanente, l’énergie sans repos possible. J’aime tout ce qui porte au rêve.

Quels sont les cinéastes qui ont marqué votre imagination ?

­ giorgi-01-aDavid Lean reste mon préféré, ou un de mes préférés. Le personnage de Catherine me fait parfois penser à celui de « La fille de Ryan ». Jane Campion a fait un chef­d’œuvre, « La leçon de piano », ses premiers films sont magnifiques aussi. David Lynch, « Witness » de Peter Weir, un film parfait, le sujet, sa façon de filmer, son choix des acteurs, tout…J’adore le cinéma de Bergman, j’adore Oliver Stone. Dans un tout autre genre, « Batman II ». Steven Spielberg, bien sûr, et tant d’autres… J’aime les projets ambitieux, les metteurs en scène qui ont une démesure, une folie, comme Kubrick. J’aime les fous…

En littérature, vous appréciez Cioran…

­ C’est un homme qui parle si bien de ‘l’inconvénient d’être’, et qui par son cynisme arrive à nous faire rire.

J’aime son autodérision : tout ce qu’il exprime est bien au­delà du désespoir. C’est si justement formulé, cruellement drôle, si bien écrit. Il a enlevé toute poésie, tout romantisme à la ‘dépression’, à ‘l’anéantissement de l’être’, ce qui rend tout plus violent encore. C’est aussi un homme très séduisant !

Comment Laurent Boutonnat vous a­t­il dirigée ?

­ Sur le plateau, il donne des précisions techniques. En ce qui concerne le jeu, il m’a laissé une grande liberté, il m’a donné des indications ponctuelles. Laurent sait installer un certain climat utile pour les scènes à jouer. Il n’y a pas eu réellement de discussion sur le personnage : j’ai lu le scénario et je pense qu’il savait que je savais ce qu’il voulait pour Catherine. Sur le tournage, c’était « Moteur, action ! » et on partait. Après la prise, il donnait son jugement : « Ca va » ou « Ca n’est pas tout à fait ça, on la refait ». Cela tient au fait que nous nous connaissons parfaitement. Avec les autres acteurs, Laurent était plus volubile, je crois.

A vos yeux, quelles sont les principales qualités de Laurent Boutonnat ?

­ Sa démesure, sa perception du sentiment en général. Avec sa caméra et ses mots, il arrive à exprimer les troubles que l’on a en soi. Il est poétique. Pour moi qui ai suivi cet accouchement, je peux dire que Laurent va au bout, vraiment au bout des choses. Il travaille comme un acharné. Bien sûr, c’est pour lui qu’il le fait, mais il refuse de baisser les bras quitte à en payer le prix. J’aime ça. Et puis, cette manière de filmer, il y en a si peu qui ont ce vrai talent, cette maîtrise. Laurent fera partie, je crois, de ces quelques metteurs en scène qui ne laisseront jamais indifférent.

Que pensez­vous de Jeff Dahlgren ? Quels ont été vos rapports sur le tournage ?

­ Magnifiques. Le choix qu’a fait Laurent me paraît tellement juste : c’était lui et personne d’autre. J’aime sa façon de jouer, très économe. Il me faisait parfois penser à James Dean. Et puis, il est devenu mon meilleur ami…

Après « Giorgino », quel sera votre prochain rendez­vous avec le public ?

­ Probablement un album, ou peut­être un autre film. J’attends que le réalisateur veuille bien délaisser ses caméras pour reprendre son piano.

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Le beau pansement de Mylène

Posté par francesca7 le 4 mars 2015

 

L’ALSACE – 2 OCTOBRE 1994 – Entretien avec Pierre­Louis CEREJA

Nb : cf la retranscription de l’entretien intégral dans la section Bonus.

giorgi-03-bA propos de son passage de la chanson au cinéma :

­ Le cinéma, c’est ludique, mais il est difficile de trouver une émotion plus prodigieuse que la scène…

A propos du fait qu’elle n’aime pas les interviews :

­ Je ne fais pas cela spontanément, non. Définitivement non.

A propos du personnage de Catherine :

­ Catherine, ce n’est pas moi. Mais il y a chez elle une fragilité et une colère rentrée, une sensation de n’être pas comprise par les autres, d’avoir un comportement irrationnel que je retrouve en moi. J’ai une colère en moi contre la vie, quelque chose de violent contre la difficulté de vivre. L’amour, c’est un très beau pansement à la colère.

A propos de sa rencontre avec des malades pour préparer son rôle :

­ C’était bref, mais pourtant troublant et bouleversant. J’ai trouvé dans cette rencontre avec les malades une gestuelle pour Catherine, dans les mains raides aux doigts écartés et dans l’inquiétude des yeux.

A propos des rôles qu’on lui avait déjà proposé :

­ On m’avait déjà proposé des rôles, mais ils manquaient d’intérêt : c’était un androgyne au temps de « Sans Contrefaçon » ou un rôle dénudé à l’époque de « Libertine »…

A propos de la rareté de ses apparitions médiatiques :

­ Faire peu, c’est fondamental pour moi. Il me semble que la scène ne peut pas être un métier routinier, et je sais parfaitement qu’il y a des émotions qu’on ne peut pas toujours ressentir avec la même force. Je n’ai pas envie de ressentir quelque chose seulement à peu près. Je refuse l’exploitation de mon image par la presse, mais il n’y a aucune stratégie marketing là­dedans. Je n’ai pas voulu de fan­club, on ne peut pas donner à tout le monde tout le temps. C’est ma nature profonde, et je crois que les gens acceptent cela.

 

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La jeune fille et la mort : Mylène en parle

Posté par francesca7 le 28 février 2015

 

LE PROGRÈS – 4 OCTOBRE 1994

Entretien avec David TRAN

giorgi-07A propos de sa conception de l’existence :

­ Si je vous dis de but en blanc que notre vie est limitée et que chaque naissance n’existe que par rapport à la mort qui l’attend au bout, vous me trouverez sans doute étrange. Mais c’est vraiment ce qui m’angoisse ! Plus ça va, et plus ça m’obsède : plus j’essaie de trouver un sens à la vie, moins je le trouve. Ponctuellement, je crois posséder un espoir, mais je retombe aussitôt dans l’anéantissement. C’est pour cela que je crois sincèrement que la folie est un soulagement, parce qu’elle aveugle notre appréhension de la mort, même si elle n’est ni tranquille, ni anesthésiante.

A propos de son approche du métier de comédienne :

­ C’est important pour une actrice de puiser dans ses propres douleurs. J’ai sans cesse besoin de passer la frontière de la normalité. En même temps, c’est traumatisant car je dois faire face à un paradoxe qui est en moi : l’envie de me cacher et la volonté d’être sous les projecteurs. C’est un choix ambigu qui viole ma pudeur.

Je préfère les situations à hauts risques aux choses tièdes. La tiédeur tue l’art et me tuera si elle réussit à s’immiscer dans ma vie, c’est pourquoi je préfère les images violentes, conflictuelles, volcaniques.

A propos de Cioran, qu’elle admire :

­ Personne mieux que Cioran n’a su décrire l’inconvénient d’être et l’anéantissement de l’être. L’absolue violence de son langage est tellement au­delà du désespoir qu’il parvient à me faire rire.

A propos de la façon dont elle envisage la fin de sa carrière :

­ J’espère que j’aurai l’humilité et la clairvoyance de me retirer avant de m’effondrer. Jamais je ne me donnerai en pâture. Si je devais sombrer, je me cacherais. En aucun cas, je ne mourrai sous le regard des autres.

 

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LE HAVRE PRESSE RECOIT MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 17 février 2015

 

Entretien avec Gilles GLEVAREC 18 OCTOBRE 1994

giorgi-14-aQu’est­-ce qui vous a séduite dans le scénario de Laurent, et tout particulièrement dans le rôle de Catherine que vous interprétez ? ­

L’histoire de ce jeune médecin démobilisé un moi avant l’armistice de 1918 qui, enquêtant sur la mort suspecte d’enfants dit retardés, va rencontrer l’amour en la personne de cette jeune fille solitaire, réfugiée dans l’enfance et d’une fragilité psychique que certains n’hésitent pas à qualifier de folie, est un sujet qui m’a immédiatement attirée par son étrangeté et son originalité. Quant au personnage lui­-même, j’ai tout de suite senti qu’il pourrait me permettre de faire passer beaucoup d’émotions, car Laurent y avait indiscutablement intégré plusieurs facettes de ma personnalité.

Qui est­ elle vraiment, cette femme­ enfant mystérieuse que les gens disent folle ? ­

Catherine est assurément différente des autres et elle paiera cette différence, surtout en raison du conformisme du microcosme que constitue ce petit village de montagne où elle vit. Je crois que c’est avant tout sa fragilité qui m’a émue. Par ailleurs, j’aime beaucoup les aspects enfantins de son comportement que sont l’innocence et la violence intérieure. Les enfants ont ça en eux : naïveté, pureté et colère. En fait, je suis très sensible à son incapacité malgré son âge à s’intégrer au monde des adultes.

Vous interprétez ce personnage que l’on perçoit errer parfois aux limites de la folie d’une façon très mesurée. Vos gestes et vos regards sont certes intenses mais ne versent jamais dans le registre expressionniste.  Est-­ce une volonté imposée par Laurent Boutonnat, ou la façon dont vous teniez absolument à incarner Catherine ? ­

Me connaissant très intimement, Laurent savait que c’était de cette façon que j’aurais les meilleures chances de m’investir totalement dans le personnage. Donc, quand je lui ai suggéré cette approche, il a immédiatement accepté. En fait, je préfère les paroles murmurées aux mots criés : je n’aime pas imposer, je préfère proposer. Cela vient d’une pudeur et d’une timidité qui font partie de moi. C’est ma personnalité profonde et sans doute que mon jeu s’en ressent. Par ailleurs, dans cet univers qui un peu celui du conte où il y a un constant va­-et-vient entre le réel et l’irréel, la compréhension du personnage ne devait bien sûr pas, pour ménager un maximum d’ambiguïté, être trop évidente

Vous venez d’insister sur votre timidité et votre pudeur : ne pensez-vous pas que cette confidence peut paraître pour le moins sujette à caution, quand on sait que vous montez des spectacles durant lesquels vous devez nécessairement éprouver un immense plaisir à vous exposer aux regards de milliers de spectateurs ? ­

C’est vrai que cela peut paraître paradoxal. Mais en ce qui me concerne, il s’agit sans doute d’un plaisir masochiste car j’éprouve tout à la fois un désir névrotique à m’exhiber sous les projecteurs et une folle envie de me cacher. Je bascule constamment entre ce désir et ce refus et quand je fais de la scène, il est vrai que je suis angoissée par la perspective du rendez-­vous avec le public. Mais d’un autre côté, j’en ai besoin pour vivre car je préfère les choses brûlantes, même dangereuses, aux choses tièdes.

On le sait, vous manifestez depuis longtemps de l’intérêt pour le cinéma. Mais quels sont les films et les cinéastes qui ont le plus fortement marqué votre imaginaire ? ­

Côté films, le premier est indiscutablement « M le Maudit » de Fritz Lang. Plus récemment, je citerais « Witness » de Peter Weir que je trouve en tous points parfait, et « La leçon de piano » de Jane Campion, que je n’hésite pas à qualifier de chef­-d’œuvre. Pour ce qui est des réalisateurs, il y en a beaucoup, mais ceux qui me viennent spontanément à l’esprit sont David giorgi-14-cLean, notamment pour « La fille de Ryan », Ingmar Bergman, David Lynch, Steven Spielberg et Oliver Stone. En fait, j’aime les projets ambitieux, les metteurs en scène qui ont une démesure, une folie, comme celui que j’ai gardé pour la bonne bouche, c’est-­à­-dire Stanley Kubrick.

Pour conclure, pouvez-­vous nous parler de votre prochain projet ? ­

Sans doute un album, ou alors un nouveau film. Mais franchement, après ces longs mois de préparation et de tournage, au demeurant totalement passionnants, j’aimerais chanter de nouveau et refaire de la scène. Mais pour cela, il faut attendre que le réalisateur veuille bien délaisser sa caméra pour que le compositeur puisse retourner à son piano !

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FINANCEMENT SUICIDAIRE, MORT D’UN AUTEUR

Posté par francesca7 le 6 septembre 2014

 

 

téléchargement Longtemps pensé, écrit, story-boardé, calibré, Giorgino ne peut être un échec. Le calcul de Boutonnat est simple : Mylène Farmer est un personnage populaire, aimé, et ce grâce aux chansons qu’il a écrites pour elle, aux clips qu’il a tournés pour elle. Conséquence logique d’autant de succès communs, le long-métrage recyclant leur schéma depuis si longtemps exploité est censé attirer le même grand public. Lorsque Laurent Boutonnat se décide en 1988 à lancer la conception du film, il sait déjà qu’il fera plus de trois heures et que on sujet pour le moins morbide aura trait à la seconde guerre mondiale. Non seulement le synopsis et la durée estimée refroidissent les investisseurs, mais le budget nécessaire à la réalisation d’un tel scénario (8 220 000 Euros) est bien trop gros pour qu’un producteur veuille se risquer à investir. Laurent Boutonnat hésitera longuement à réaliser dans un premier temps un film moins coûteux puis se ravisera en décidant de le financer lui-même. Il trouve en 1992 Polygram Films qui acceptera de s’associer à lui à auteur de 3 260 000 Euros d’apport au budget. Suite à cela, deux autres aides viendront s’ajouter comme celle du C.N.C et de canal plus. Le cinéaste reste quand même l’un des propriétaires de son film puisqu’il y a déjà investi  4 870 000 Euros par le biais de sa société Heathcliff S.A. C’est alors qu’obtenant tous les détails par rapport au tournage, il obtient l’agrément définitif du C.N.C. qui sonne le coup de départ de la préparation du tournage.

 

 Décidé à prendre en main toutes les commandes créatives de son film, Laurent Boutonnat consacre une année entière au montage , à la composition de la musique, au doublage et au mixage : « Ce fut un an de travail intensif, sans soirées ni week-end » . Se coupant ainsi de l’esprit de perspective qu’auraient pu lui apporter des collaborateurs lors du travail de post production, Laurent Boutonnat est en train de concevoir un film peut-être trop personnel pour pouvoir être partagé. La date de sortie est reportée une première fois, puis à cause d’un retard sur le doublage de la version française, la date pourtant annoncée sur les dossiers de presse au 24 août 1994 est elle aussi annulée. Le film sortira finalement sans réelle concertation le 5 octobre 1994 en face de trois blockbusters américains qui diminuent encore sa chance de visibilité auprès du grand public. Alors que la semaine précédente avait vu la sortie de Léon (Luc Besson-1994), Giorgino sort une semaine avant Pulp Fiction (Quentin Tarantino-1994) et surtout le même jour que Forest Gump (Robert Zemeckis-1994). En outre, les critiques dans la presse se révèlent assez mauvaises, dénonçant l’emploi de la chanteuse dans un des rôles principaux, et regrettant la longueur de plusieurs scènes.

 

 « Il faut au spectateur un certain courage pour affronter les trois heures que durent le film et connaître le dénouement de cette histoire amphigourique. Peut on encore parler de mise en scène lorsqu’une séquence entière raconte ce qu’un seul plan aurait suffit à dire ? A t-on dit à Boutonnat que tout dans ce faux luxe signale la présence du décor ? » 

« Ses clips étaient des films, assez magnifiques d’ailleurs. Juste retour des choses, son film est comme un immense clip de trois heures (pardon, 2h57) où Mylène Farmer aurait simplement oublié de chanter. […] Et non seulement personne ne chante, mais pas grand monde ne parle.»  

C’est finalement le Studio Magazine d’octobre 1994 qui résume ce que les autres critiques sous-entendent ou introduisent : la maîtrise abusive de Giorgino par Boutonnat.

« Giorgino ressemble à ces enfants fragilisés par des parents trop possessifs et qui, de ce fait, se retrouvent empêchés d’exprimer toutes leurs qualités. »

 

giorgino_pic_tournage01Giorgino reste en moyenne deux semaines à l’affiche en France, tandis que sa sortie en Suisse, en Belgique et en Italie est annulée. Au total le film aura fait soixante mille entrées France et sera, avec le film Les Patriotes (Eric Rochant-1994) le plus gros échec commercial de l’année de sa sortie. Loin de confirmer Laurent Boutonnat comme un auteur à part entière, Giorgino l’aura plus que jamais cantonné à un simple réalisateur de clips à large ambition cinématographique. Après deux longs-métrages sortis et quinze clips réalisés en seize ans de carrière, le réalisateur fait le constat de son échec en terme de construction d’un auteur. Certes il a d’abord réussi à construire une œuvre dans une forme qui ne permettait pas l’épanouissement artistique jusque là, mais il a échoué sur le chemin du grand écran dans lequel il avait placé beaucoup de ses espérances. Alors endetté à la manière d’un Jacques Tati au lendemain de Playtime (1967), Laurent Boutonnat reste « à demi mort » pendant quelques mois, et ferme en 1997 sa plus ancienne société de production : Toutankhamon S.A. Pour remonter financièrement la pente, il produira avant tout via Requiem Publishing et une nouvelle société Calliphora des disques à fort caractère commercial, comme Anamorphosée (Mylène Farmer, Polydor, 1995), ou Gourmandises pour Alizée (Polydor, 2000). Jusqu’en 2003, date de rédaction de ces pages, il ne sera retourné au long-métrage, préférant la composition de chansons de variété, la gestion de ses sociétés de production et d’édition de disque et de sa Société Civile Immobilière. Là où des cinéastes comme Tati qui ont tout perdu avec l’échec de leur film ont trouvé la force et des moyens de se relever pour retourner, Boutonnat comme à son tour désenchanté, a abandonné toute ambition cinématographique. On peut signaler ici que l’ensemble des clips tournés postérieurement à Giorgino s’éloigne de manière visible de tous ceux tournés de 1984 à 1994.

 

C’est vraiment un découragement profond que semble signer l’échec de Giorgino, résumant la carrière de Laurent Boutonnat comme la lente et vaine tentative de construction d’un auteur de cinéma. Lui qui n’aura réussi à trouver d’exposition suffisante que dans le clip a du admettre à ses dépends l’espèce d’emprisonnement pour le cinéaste que l’aspect promotionnel que cette forme représente, ainsi que son appartenance à l’industrie musicale plutôt qu’à celle du cinéma à laquelle elle aurait pourtant pu se rattacher. La conséquence de cet échec pour Laurent Boutonnat est un complet enfermement sur lui-même ainsi qu’une profonde rancune envers le public et la critique qui ont précipité son film en deux semaines dans l’oubli. A partir de novembre 1994, il refuse toute interview sans aucune exception, qu’elle ai pour objet son travail musical ou cinématographique. 

Depuis, Laurent Boutonnat a délégué toutes les décisions concernant son long-métrage à son collaborateur Paul Van Parys, qui travaille encore pour lui. Grâce à ses productions discographiques et ses compositions, il a racheté les parts financières de Polygram en 1996, ce qui fait de lui le seul détenteur de son film au monde. Il a ainsi le droit de regard définitif sur toutes les exploitations qui en seront faites. Toutes les diffusions sur le câble et sur les bouquets satellites ne se feront pas à cause de son véto. Seule la diffusion contractuelle du film sur Canal Plus en novembre 1995 et une projection en 1997 à Montpellier furent programmées. Cette dernière projection de Giorgino fut organisée par l’association Zik et Toiles, qui est parvenue à se procurer une copie du film qui tournait à la sortie sur la région parisienne. Le 29 septembre 2001 est organisée une projection au cinéma Max Linder à Paris, qui organise annuellement une projection de certains films de Laurent Boutonnat. Il refusera la projection de Giorgino qui devra être annulée et remplacée par ses films de concerts, qu’il laisse, eux, toujours projeter en salle.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

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JUSTIFICATION DANS L’ŒUVRE DE LAURENT BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 22 août 2014

 

 

 Pourquoi Giorgino ? 

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Pour Laurent Boutonnat qui est né du long-métrage dès l’âge de dix-sept ans, réaliser Giorgino seize ans plus tard n’est que le retour en grâce légitime d’un auteur déjà passé par l’épreuve du « premier film », et déjà porteur d’une œuvre, fut-elle de vidéoclips. Boutonnat envisage Giorgino comme l’aboutissement logique de tout un travail sur le court-métrage, même s’il est musical. Un long-métrage de fiction permet bien sûr de définir plus clairement la psychologie d’un personnage, de raconter une histoire plus complexe, moins basique, et d’éviter de nombreux clichés que la concision du clip exige. L’écriture d’un scénario original pour un long-métrage implique la page blanche, il n’est pas possible de se raccrocher à un texte préexistant comme le permet le clip d’une chanson. Selon Boutonnat la conception d’un clip n’est peut-être pas toujours un travail d’adaptation du texte de la chanson, ni même de transposition, et le sujet de certains de ses clips est probablement pensé avant même que ne soit composée et écrite la chanson qui l’accompagnera. On peut soupçonner Laurent Boutonnat d’avoir écrit certaines paroles de ses chansons en vue du clip qu’il pourrait en tirer. Ce serait notamment le cas pour Libertine, même si le réalisateur n’a jamais confirmé ou infirmé cette

démarche. On a pourtant peu de mal à imaginer que suite au refus de retourner une seconde version plus chère de Maman à tort davantage fidèle au climat des paroles de la chanson, Laurent Boutonnat ai par la suite prémédité son clip et réfléchi à l’ampleur qu’il donnerait à son projet avant la sortie dans le commerce du disque Libertine. 

C’est d’ailleurs dans ce soucis de cohérence et de mise en valeur du clip par rapport à la chanson que la pochette représente une photo du tournage, prise pendant le duel qui ouvre le film. Pour Giorgino, Boutonnat n’a pas à composer de chanson. Il n’a pour reposer sa diégèse que le sens qu’il voudra bien donner à l’image et au dialogues, en faisant abstraction de paroles extradiégétiques chantées pouvant aiguiller l’œil ou la compréhension du spectateur. Le long-métrage de fiction que sera Giorgino permettra de choisir plus librement une musique sans exigences commerciales, Laurent Boutonnat retrouvera une liberté de composition qu’il n’avait pas durant les dix dernières années, et une liberté de réalisation qu’il s’était presque toujours octroyé malgré des règles formelles qui paraissaient figées.

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On ne saura probablement jamais si Laurent Boutonnat jugeait le personnage « clipesque » de son égérie à bout de course, si son accession au long-métrage était une nécessité ou simplement une sorte de bonus. La seule piste que nous pouvons exploiter est celle laissée par le réalisateur lors d’une interview à deux journalistes de presse écrite la semaine précédant la sortie. Boutonnat y dévoile son intention de réaliser le film dès 1988, c’est à dire dès la reprise par lui et le scénariste Gilles Laurent du script original qu’il avait écrit adolescent. On apprend dans cette interview de la bouche de Boutonnat les deux raisons à cause desquelles le film n’avait alors pas pu se faire. Non seulement la nécessité de la préparation d’un spectacle se faisait de plus en plus pressente, mais le budget nécessaire à la réalisation du scénario n’avait pas les faveurs des producteurs sollicités. Le fait d’attendre si longtemps avant de repasser au long métrage n’était donc pas un choix. Ceci n’empêche pas de se questionner sur le bien fondé de l’entreprise d’un tel film, et surtout celui de la présence de la chanteuse vedette des quinze clips du même réalisateur.

1227215730_giorgino-filmLa présence de la chanteuse Mylène Farmer dans Giorgino est sans doute due davantage à des relations intimes avec Laurent Boutonnat sur lesquelles nous ne nous attarderons pas ici, qu’à réel un choix artistique objectif qui aurait pu relever par exemple d’un casting. Dès la reprise du scénario en 1988, le rôle semble être taillé sur mesure pour la chanteuse. On y retrouve notamment certains aspects des rôles qu’elle interpréta dans les clips, comme l’image de la femme-enfant ou celle de bourreau. Laurent Boutonnat raconte dans l’interview mentionnée précédemment les longues recherches du rôle masculin du film qui l’ont mené jusqu’aux U.S.A, où l’acteur de théâtre Jeff Dalhgren fut engagé. Il ne fit en revanche pas état d’un casting pour le rôle interprété par Mylène Farmer, et sous-entendait même au magazine Première la chanteuse comme source d’inspiration principale pour le personnage : « De toute façon c’est elle alors… ». 

 Boutonnat fut sans doute frustré par les coupes qu’ont subies certains de ses clips lors de leurs derniers passages télévisés. Désenchantée, comme expliqué dans un précédent chapitre perdait tout son sens une fois amputé de sa séquence finale. Laurent Boutonnat a sans doute vu son long-métrage comme le seul moyen qui lui restait de s’extraire des nouvelles conditions de diffusion qui régissent le clip en ce début d’années 90. En passant périlleusement au long métrage, Boutonnat perdait la large exposition médiatique dont bénéficie la forme du clip, exposition non négligeable pour tout réalisateur.

 Mais il se débarrassait en même temps de la nécessité du « toujours plus » qu’il devait s’appliquer pour continuer à faire remarquer ses clips dans le flux quotidien et, comme c’était finalement sa mission, à promouvoir les chansons qu’il illustrait. Laurent Boutonnat avec son projet de long-métrage se trouve devant un choix : soit il reste fidèle aux atmosphères qu’il avait données par le biais du clip et tente de les sublimer, soit il change de thématiques pour couper les ponts avec ce qu l’avait fait connaître jusqu’à lors. Si Boutonnat choisit la première solution, c’est qu’en tant qu’auteur ce cinéma est le sien, et non pas une adaptation hasardeuse d’un concept à la forme du clip. S’il avait évolué directement dans le long-métrage tout de suite après Ballade de la féconductrice, il aurait sans doute suivi les mêmes chemins narratifs, la même misanthropie, que celle distillée dans se clips. Clips qui rappelons-le ont été pour lui « un moyen détourné de faire du cinéma »168. Ces atmosphères, cette violence et cette morbidité ont été davantage imputées à la chanteuse que Laurent Boutonnat plaçait sous la lumière bout-decembre2007plutôt qu’à lui-même, conséquence logique de la fabrication d’un rôle cinématographique qu’il a voulu étendre au caractère de la chanteuse en tant que personnage publique.

Laurent Boutonnat usera donc pour Giorgino du même cinéma que pour ses clips, de sa symbolique un peu pompière, de ses thèmes romantiques et noirs. Loin de les renier, Laurent Boutonnat se sert de son travail des dix dernières années comme d’une base solide d’un univers qu’il veut large. C’est pourquoi le contenu de ce long-métrage sera si souvent comparé par la critique aux clips réalisés précédemment, éléments communs et omniprésence de la musique à l’appui. On a en effet peu de mal à imaginer le postulat de départ de Giorgino comme celui d’une de ses réalisations précédentes : Un jeune médecin démobilisé en 1918 part à la recherche des orphelins dont il s’occupait avant-guerre. Mais le traitement de ce sujet est bien évidemment différent que si Boutonnat l’avait exploité dans un clip. Aucune image n’est associée à la noyade des enfants qui, dans un clip, aurait probablement fait l’objet d’une analepse ou au minimum d’une utilisation émotionnelle. Dans Giorgino, rien ne figure le calvaire de ces enfants lors de leur mort à part la vision répétée de leurs tombes, quelques uns de leurs dessins représentant la menace des loups, et le long récit de leur noyade par le directeur de l’orphelinat. 

Eloigné de tout traitement spectaculaire de ce qui fait pourtant le sujet central du film, le cinéaste se démarque de l’usage de l’image la plus illustrative, pourtant réflexe coutumier des clips en général comme dans les siens en particulier. 

 Laurent Boutonnat a donc considéré l’entreprise de Giorgino comme l’aboutissement légitime de dix années de courts-métrages relativement frustrantes. Malgré les efforts entrepris pour porter sa conception du clip sur le grand écran, en adoptant du cinéma tous les formats, supports et esthétique, le réalisateur n’a fait pourtant que frôler les salles obscures. C’est pourquoi la réception du travail de Laurent Boutonnat sur le clip est si peu analysable : la pauvreté des réactions du milieu cinématographique empêche toute quantification de cette réception ; et montre bien que la forme même du clip n’a pas été considéré dans ce milieu comme un objet digne de critiques ou même d’une grille d’analyse. Le clip en général ne trouve d’écho que dans les deux autres domaines auxquels ils se rattache : la musique et la télévision. 

Ces seules presses parlant régulièrement des clips ont malgré tout offert de très petites tribunes pour cette forme filmique ; et bien souvent l’objet de l’article était davantage l’artiste interprète que le concepteur du clip lui-même en tant qu’auteur. En émancipant ses envies de longueurs, de silences, et d’intrigues amphigouriques, Boutonnat voit enfin en Giorgino l’occasion pour son oeuvre de déployer toute son envergure et de revenir au cinéma, car celui-ci n’a finalement jamais adopter la forme dans laquelle il exerçait jusque là. 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 

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LE VŒU INCONSCIENT DE BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 18 août 2014

 

 

 Comme toute œuvre d’art, Giorgino est régit par un conflit de forces relatif à son auteur. Psychiquement, l’œuvre qu’est ce film fonctionne selon plusieurs axes, qu’on pourrait situer comme faisant partie de la violence de l’univers de l’histoire racontée (la diégèse), de ce qui va le canaliser, et de ce qui va le perdre.

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 - Le pulsionnel réside à l’intérieur de cette fameuse scène finale, dans les directions opposées que prennent chacun des personnages, alors qu’ils tendaient à ce rejoindre jusqu’à lors, ainsi que dans l’apparition fantastique des loups dont l’existence même était niée jusqu’à présent.

 

Ce pulsionnel est rendu par la double plongée des personnages principaux dans ce qui va régir leur futur proche : Giorgio sent durant toute la scène sa propre mort arriver tandis que Catherine sombre dans la folie autour de laquelle elle ne faisait jusqu’à présent que roder, alors que le cheval noir se dirige vers l’enfermement. 

- Nous pourrions situer le contre-investissement dans la passivité avec laquelle Laurent Boutonnat dirige ses personnages vers leur destin. Les couleurs employées sont ternes et chacun des protagonistes fait fi des autres pour se livrer soit à la mort, soit à la folie, soit à l’enfermement. Le pulsionnel est canalisé par cette espèce de « résignation muette » avec laquelle les héros divergent les uns des autres, sans aucune forme de regrets apparents. 

- Le retour du refoulé se trouve sans nul doute dans l’image finale qui nous donne à voir le cheval aux yeux bandés, séquestré dans l’église, s’abreuvant dans le bénitier face à un Christ décapité ; comme si la religion qui avait conduit les héros humains vers leur perte s’était appropriée ce cheval, qui devient par force, parasite de ce lieu « sacré ».

 

Seconde Lecture du découpage

 

Dans une vision d’ensemble de Giorgino, on peut ressentir un panel assez large des émotions que le cinéma peut donner, et on peut facilement trouver des références à tous les genres cinématographiques. On peut y déceler du drame intimiste (lors de la première rencontre entre Giorgio et Catherine notamment), du grand spectacle, de la fiction réaliste, de la comédie dramatique, voire du Western dans les drôles de rapports qu’entretiennent les villageoises entre elles, sans oublier le face à face entre Héloïse et Catherine devant l’église. De manière technique, Giorgino use aussi de toutes les techniques cinématographiques, les travellings, les panoramiques, des champs-contrechamps, une variété d’échelles de plans et de longueurs focales, l’utilisation de plongées et contre-plongées… Giorgino utilise aussi toutes les sortes de hiatus diégétiques et de sauts temporels, mise à part l’analepse. Après visionnage et revisionnages, on se rend compte que l’extrême fin du film pourrait y obéir, sans le revendiquer clairement. De plus, il expliquerait partiellement le mystère de cette fin et en lèverait un petit peu le voile.

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Rappel de la scène : gros plan sur Giorgio qui se balance dans les bras de Catherine, il voit peu à peu le loup assis sur la tombe en train de les regarder. Il esquisse un très léger sourire, arrête de se balancer de droite à gauche, puis ferme les yeux et meurt. Le flash-back dont nous parlons commencerait dans le plan suivant, quand la caméra entame un travelling latéral gauche droite sur le cheval qui entre dans l’église. On revoit ensuite Catherine de face qui se balance avec Giorgio dans les bras alors qu’ils s’étaient arrêtés dans le plan précédent. Elle sourit, sans raison apparente. Ce sourire correspondrait alors à la vue du loup par Giorgio, et donc la satisfaction de Catherine de savoir que Giorgio a découvert son innocence, ce dont elle doutait à voix haute jusque là. Elle arrête alors de se balancer et laisse tomber d’un coup son sourire, baissant le regard à terre puis serrant Giorgio dans ses bras. Si on superpose ce plan au précédent cette action correspond exactement à la mort de Giorgio qu’elle sent expier dans ses bras. On savait que Catherine pouvait voir derrière elle : elle sent la présence des loups dans son dos et l’annonce d’ailleurs à demi-mots à Giorgio : «- Ils sont tout près, ils sont revenus ». En ce sens il serait normal qu’elle ressente ses dernières visions et sa mort sans les voir. Ce flashback expliquerait bien des choses et notamment le fait qu’elle ne veuille pas dans sa dernière réplique qu’il se retourne vers le cheval noir «- Non, ne vous retournez pas ». Sa mort étant proche, si Giorgio s’était retourné il n’aurait pas vu le loup qui innocentait alors celle qui lui fait face.

 

Laurent Boutonnat semble avoir été soucieux de donner plusieurs dimensions à son film, voire trop. Sur le plan psychologique, aussi bien qu’esthétique ou psychanalytique, le soucis de cohérence du réalisateur transpire littéralement à l’écran et le résultat donne un film que la critique qualifiera comme «trop peuplé», trop symbolique ou trop fantasmatique. Boutonnat a t-il voulu trop mettre dans son film ? La cohérence, son soucis majeur, peut-elle faire face à tous les questionnements esthétiques ou psychologiques ? L’importance n’est pas vraiment là, et nous préférerons lire Giorgino comme un conflit de forces inhérent aux productions de Laurent Boutonnat. Ce film, comme toute œuvre, qu’elle soit cinématographique ou non, devient un réel alter-ego de l’artiste qui en est l’auteur.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 

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NOTES PSYCHANALYTIQUES SUR GIORGINO

Posté par francesca7 le 15 août 2014

 

 

 Visiblement, la fin du film tend à démontrer la cohérence esthétique et psychologique sur laquelle le réalisateur a voulu qu’il repose. La situation des personnages, leurs actions et leur destin progressent de manière à parvenir à une configuration où la cohérence de la diégèse deviendrait implacable et où le film, malgré sa fin ouverte, coupe court à tout questionnement quant à l’aspect psychologique de ses héros. La scène finale de Giorgino tourne autour de la découverte du cadavre de Sébastien le père de Catherine, puis de son enterrement improvisé. Catherine avait déjà perdu sa mère au début du film, et se retrouve à présent devant la même situation familiale que les orphelins dont elle est accusée de la mort. Pour la seconde fois en un mois, Catherine fait face à l’épreuve du deuil. Pour la deuxième fois en un mois elle doit faire ce travail de supprimer un à un les investissements qu’elle avait mis dans une personne parente. 

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Cette durée (variable d’une personne à l’autre) est en général estimée à deux ans. Comment montrer ce travail de deuil dans cet épilogue situé à la toute fin du film ? Pour terminer sur l’histoire de Catherine de manière fermée, Laurent Boutonnat doit donc rapidement la débarrasser de ses investissements. Elle qui frôlait l’autisme jusque-là semble basculer dans un nouvel état qui ne se traduit ni par le renfermement total, ni dans la volubilité. Catherine semble délibérément choisir l’oubli, voire la folie douce. Aucun regret ne sera exprimé lorsque le corps de son père sera jeté à l’eau, dans le caveau familial inondé par la neige fondue. C’est peut-être précisément par cette noyade que Catherine accède à la sérénité que l’on peut lui reconnaître à la fin du film : elle semble avoir définitivement pris le recul qu’aurait pu lui apporter le long travail de deuil. 

C’est essentiellement parce que Sébastien semble mourir une seconde fois par la noyade que Catherine fait un rapport, conscient ou inconscient avec la mort des enfants. Le vecteur de l’eau est présent dans les deux cas et donne à Catherine visiblement une raison de se détacher de cette nouvelle car, s’étant persuadée de son innocence vis-à-vis des enfants, elle ne peut que s’innocenter de la mort du père, qu’elle voit se faire engloutir par les eaux troubles comme les enfants orphelins deux ans avant. On peut du coup expliquer son absence de réaction lorsque Giorgio lui annonce à son tour sa mort prochaine : La mort de ceux qui l’entourent ne revêt alors qu’un aspect « anecdotique » tant le travail de deuil est à présent maîtrisé. 

 Une fois que Sébastien eu été englouti dans les fonds boueux du caveau familial et que Catherine ai une dernière fois serré Giorgio dans ses bras, la fin du film, basculant à demi dans le fantastique, ressemble à un conte, à une espèce de rêve où les animaux agissent là où les humains restent immobiles, où les intrigues se résolvent d’elles-mêmes. Si on décide ici de voir la fin de cette scène sous l’angle du rêve, on peut y transposer ses quatre caractéristiques psychanalitiques : 

- L’objet changeant du rêve est ce loup, invisible jusqu’à présent et qui se présente, impassible, sur une des tombes des orphelins. Le déplacement de cet animal de l’inconscient collectif à la réalité relève bien du rêve. L’animal mythique sur le dos duquel on mettait les horreurs quotidiennes se fait bel et bien réel. 

- La condensation du rêve réside dans le travail d’esprit que doit faire Giorgio, avec le peu de forces qui lui restent, pour retrouver les innocents, les coupables, le fin mot de la mort des enfants pour lequel il a donné les dernières semaines de sa vie. Tout comme le spectateur, le héros masculin doit repenser l’histoire en termes quasi « policiers » afin de retrouver le bien-fondé de l’innocence prononcée de Catherine. 

- La dramatisation de l’action, elle, se situe dans l’image qu’a le loup depuis le début du film : image venue d’idées générales sur le loup, sur sa voracité et sa méchanceté. Le loup isolé sur la tombe, à quelques mètres de Giorgio le rassure, non pas parce qu’il se sent protégé par sa présence, mais parce que ce loup lui apporte la preuve, à quelques secondes de sa mort, que Catherine sa bien aimée est innocente. En revanche, après la mort de Giorgio le « rêve » continue et c’est une centaine de loups qui sortiront de la lisière de bois lointaine et s’abattra sur le cimetière où est assis, enlacé, le couple à demi-mort. La dramatisation réside dans le fait que ces loups prendront probablement comme proie Catherine, qui leur tourne le dos. Le cheval, lui, malgré sa cécité, se sera retiré dans l’église. En se protégeant ainsi des loups qui hurleront bientôt à l’extérieur, ce cheval s’extrait du même coup d’une certaine façon du rêve en question puisqu’il n’appartient plus à la dramatisation.

 - Quant à la polysémantie, elle s’attache bien évidemment aux nombreux symboles présents sur l’écran, qui invitent non seulement à l’interprétation, mais aussi à la surinterprétation. 

Inutile d’en rajouter sur la cécité du cheval, qui, comme guidé par la protection illusoire de la foi,

trouve refuge dans l’église. On notera que le cheval qui fuyait les cadavres et charognes jusqu’à présent se détachera du corps de Giorgio juste après sa mort pour s’approcher d’un autre corps sacré et inerte : Celui du Christ dans l’église, ce Christ qui a subit le double supplice de la crucifixion et de la décapitation, puisque le prêtre lui-même en a emporté la tête dans une toile d’une blancheur éclatante comme un suaire. On peut également parler aussi du fait que ce cheval s’abreuve dans le bénitier de l’église, comme s’il ne pouvait retrouver la pureté d’avoir laissé ses maîtres aux loups qu’en se purifiant avec de l’eau bénite.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

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UNE LONGUE GESTATION POUR GIORGINO

Posté par francesca7 le 10 août 2014

 

 

Lorsqu’on prend connaissance de la façon dont s’est monté Giorgino, de la manière dont il a été financé, du destin qu’il a eu et de l’impact de l’échec qu a subi son auteur, on peut immédiatement penser à des films comme Les Patriotes d’Eric Rochant (1994), ou le Playtime de Jacques Tati (1967). Giorgino est un film-monde, le projet-phare d’une vie de cinéaste, un échec dont on ne peut pas se relever.

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L’idée originale du film est celle de Laurent Boutonnat, elle date de son adolescence mais la première réelle version du scénario date quant à elle de 1986. Pour s’assurer la plus grande liberté artistique et afin de pouvoir tenir toutes les commandes créatives de son film, Boutonnat veut financer lui même le plus possible son budget en mettant en jeu les royalties de ses productions discographiques. C’est précisément pour cela qu’il crée dès la fin des années 80 plusieurs des sociétés de production. Heathcliff S.A. est sa société qui gère les tournées qu’il produit et dont il se servira pour financer Giorgino. Boutonnat estime lors de la sortie en salles le budget de son film « entre cinquante cinq et quatre-vingt millions de francs » (entre environ huit millions et douze millions d’Euros). Après avoir reçu l’agrément provisoire du C.N.C, Laurent Boutonnat se lance dans sa préparation en faisant appel au décorateur Pierre Guffroy avec lequel il part plusieurs semaines en repérage à la recherche d’un village enneigé qui pourrait être crédible en habitation du début du siècle. Après être passés dans les Vosges, en Chartreuse et puis en Hongrie durant le tournage de Désenchantée et Regrets, ils décident de tourner au parc naturel des Tatras, dans les montagnes de Slovaquie. L’endroit est désert et il faudra construire sur place l’intégralité des décors, de l’église à l’orphelinat, en passant par le village tout entier.

 

 Laurent Boutonnat s’associe en 1992 à Polygram Films qui acceptera de s’associer à lui à auteur de trois millions trois cents mille Euros d’apport au budget. Suite à cela, deux autres aides viendront s’ajouter comme celle du C.N.C et de la chaîne Canal Plus. Après l’agrément définitif du C.N.C en février 1992, le tournage commence en janvier 1993 par les extérieurs après trois mois consacrés à la construction des décors. Il finit le tournage de avril à juillet 1993 par toutes les scènes d’intérieur qu’il tourne aux studios Barrendov à Prague. La post-production commence en novembre 1993 sous la direction de Caty Lemeslif et durera près de 10 mois, durée s’expliquant par le fait que Boutonnat maîtrise tout, du montage à la réalisation, en passant par la musique qu’il enregistre en parallèle du montage avec l’orchestre philharmonique de Prague et des chœurs Boni-Pueri.

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En mai 1994, le film est présenté au distributeur AMLF. Lors de cette première projection, le film dure quatre heures dix minutes, ce qui est jugé trop long par la distribution. Après plusieurs coupes, il ramènera son film à une durée de 3h15 puis 3h03,  obligeant la sortie initialement prévue le 24 août 1994 à être reportée au mercredi 20 septembre, puis au 5 octobre 1994 avec une interdiction au moins de douze ans, due essentiellement à la scène de l’asile où des aliénés enfermés nus dans une cave s’entretuent. On peut retrouver dans le dossier de censure archivé au C.N.C. les justifications suivantes :

 

« Le climat du film, dramatique et sinistre, avec quelques scènes de folie (en particulier dans l’asile) est excessif, donc assez incrédible (sic) pour des adultes, mais peut être impressionnant pour des enfants. Proposition d’interdiction aux moins de douze ans. »

Jacqueline Boes

 

« Atmosphère dramatique qui peut paraître artificielle a des adultes mais qui peut impressionner des enfants. Particulièrement la scène dégradante des fous enfermés dans une cave d’hôpital psychiatrique. Proposition d’interdiction aux moins de douze ans. »

M. Jane Fortunel

 

« Une histoire sinistre traitée de façon intentionnellement cauchemardesque, l’origine du drame étant (non montré) l’assassinat -ou la mort- d’orphelins. Interdiction aux moins de douze ans. »

Henri Chazalette

 

Le rapporteur Jacqueline Boes pour la sous-commission conclut par ces lignes, lignes qui figureront dans la lettre adressée au ministre de la culture :

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« L’ensemble de la sous-commission une interdiction aux moins de douze ans ou, au minimum, un avertissement (pour un des membres). Le film se déroule dans une atmosphère sinistre, à la limite parfois du cauchemar et certaines scènes (exemple les fous dans un asile sombre et malpropre) peuvent impressionner les enfants. Trop de fous, de malades, de morts évoquées …dans un décor glacé. »

 

Giorgino a subit un double échec : le premier est critique, on lui reproche d’être trop long, trop morbide et trop onirique ; le deuxième est commercial165. On sait maintenant que son exploitation a duré trois semaines et a fait en France un peu plus de soixante mille entrées durant cette période. On peut commercialement expliquer l’échec du film par le report de sa sortie le 5 octobre 1994, peu favorable car sortant une semaine après Pulp Fiction (Quentin Tarentino), une semaine avant Léon (Luc Besson), et surtout le même jour que Forest Gump (Robert Zemeckis), trois Blockbusters. La sortie éventuelle de Giorgino en Italie est annulée mais il reste quand même à l’affiche jusqu’en Février 1995 dans deux salles art & essai : La Fourmi à Lyon et Le Studio Galande dans le cinquième arrondissement de Paris. Le film est contractuellement diffusé quatre fois à la télévision en une semaine sur Canal plus à partir du 28 novembre 1995 à 20h35 en version française, puis en version originale. Polygram films veut quand même sortir le film en vidéo à peu de tirages mais Laurent Boutonnat refuse et rachète en 1996 les parts de Polygram dans le film, ce qui fait de lui le seul détenteur de son film au monde. Il a ainsi le droit de regard définitif sur toutes les exploitations qu’il en sera fait et s’oppose désormais sans discussion à toute exploitation publique. Le cinéaste très touché par cet échec, qu’il n’a probablement pas su relativiser décide visiblement de faire de Giorgino un film maudit que personne ne verra plus.

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Comme une parabole allégorique de la propre carrière de Laurent Boutonnat, ce film signera le premier arrêt de mort d’un réalisateur pourtant productif qui ne tournera plus pendant plusieurs années et ne refera plus de long-métrage, faisant de lui un homme mort une première fois artistiquement. Phénomène rare dans le monde artistique, ici l’œuvre a été plus forte que l’artiste et l’a inéluctablement dépassé.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

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Mylène Farmer et Agnès Mouchel

Posté par francesca7 le 28 février 2012

Agnès Mouchel (Ancienne chef monteuse des spectacles de Mylène)

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Parcours d’Agnès MOUCHEL
Mon parcours est un peu atypique. Pendant 2 ans, après le stage laboratoire, point de départ obligé pour l’obtention de la carta CNC, j’ai travaillé dans une société de production de films publicitaires. Ensuite, comme je voulais travailler sur des longs-métrages, j’ai refait le parcours traditionnel : stages, assistanat, en brûlant un peu les étapes. Assez vite, j’ai monté des courts-métrages, des documentaires, avec des retours épisodiques aux films publicitaires. C’est dans ce cadre que j’ai rencontré Laurent Boutonnat, à qui il arrivait de composer des musiques de publicité pour Movie Box (ndlr : qui a produit entre autres Libertine et Tristana). En 1986, une amie responsable de la postproduction à Movie Box, m’a proposé de monter le clip « d’une jeune mec très sympa ». C’était Libertine, dont elle m’a envoyé le story board, qu était déjà un travail très abouti. Mais à la projection des rushes, j’ai eu un choc! La mise en scène, la lumière, les décors, les costumes, le souci du détails, le format (35 mm, Scope), tout était éblouissant. En plus, j’ai le souvenir d’une matière très riche et très abondante. Ce qui au départ m’avait été présenté comme un petit film devenait un projet très ambitieux. Je savais que le travail allait s’avérer plus compliqué que prévu. Pour Laurent, l’enjeu commercial de Libertine était important (ndlr : après le semi-échec de Plus grandir), car il devait marquer un tournant de sa carrière. Quant à moi, il fallait que je sois à la hauteur. Le montage s’est passé dans une sorte de fièvre, mais sans pression et dans la bonne humeur. J’en garde un souvenir merveilleux, même si ma concentration faisait qu’on ne se parlait pas beaucoup, Laurent et moi. En tout cas, c’est une rencontre qui a beaucoup compté pour moi, qui compte encore, et qui a marqué le début d’une longue et étroite collaboration, de 1986 à 1994. J’ai rencontré Mylène assez tard, puisque je crois que c’était pendant le montage de Tristana, en 1987.

Agnès MOUCHEL et Laurent BOUTONNAT sont dans un studio
Les tournages se sont succédés, avec toujours cette même exigence de qualité. La durée du montage était variable. On considérait que celui-ci était terminé quand Laurent et moi étions satisfaits. Cela pouvait prendre plusieurs semaines. Pourvu qu’elles soient douces a duré un mois, par exemple. Regrets, qui parait plus simples, puisque ce sont de longs plans enchaînés, GiorginoPhotos07 dans Mylène et L'ENTOURAGEa demandé aussi beaucoup de temps pour trouver sa lenteur adéquate. Laurent était rentré épuisé du tournage en Hongrie, qu’il avait enchaîné avec Désenchantée. Et souvent, on arrêtait en plein milieu d’après-midi pour faire une partie d’échecs! Notre seul souci était de faire un beau film, peu importe le temps nécessaire. Nous avions des conditions de travail luxueuses, sans pression, et des moments de vrai plaisir. Laurent supportait difficilement la présence de quelqu’un d’autre dans la salle de montage en permanence. Mylène passait de temps en temps, elle suivait les étapes, donnait son avis, mais elle ne participait pas à l’élaboration du montage. De toute façon, la confiance entre eux était totale, et fondamentalement, je crois qu’elle approuvait le résultat et l’image que le clip donnait d’elle. Le montage d’un clip ou d’un film, c’est la construction à partir de la matière, de la pellicule qui a été tournée. Le montage d’un clip est tributaire de la bande-son, de sa durée, du synchronisme des playbacks quand il y en a. Il se fait plan après plan, sur le rythme ou non de la musique, mais en suivant son déroulement chronologique, en respectant les playbacks ou les chorégraphies, comme c’est le cas pour Je t’aime mélancolie, par exemple. en même temps, il y a une vraie histoire à raconter. Avec Laurent et son sens du perfectionnisme, cela a toujours été un travail de précision, minutieux, jamais mécanique, et toujours au service d’une esthétique. Dans l’intimité de la salle de montage, Laurent était souvent très détendu, très drôle, et des années de complicité professionnelle rendaient le travail très agréable. Cela n’est pas allé sans quelques fous rires! Beyond my control a été le dernier clip que nous ayons monté ensemble. A l’époque, Laurent était déjà dans les affres de la préparation de Giorgino et j’ai l’impression qu’il était un peu à court d’idées pour le clip et qu’il n’avait guère le temps de s’en occuper. Malgré tout, nous l’avons monté avec autant de soin que les précédents et au final, je trouve qu’il est plutôt intéressant.

GiorginoPhotos11Tournage de Giorgino
Le projet de Giorgino a beaucoup évolué depuis la première version écrite par Laurent longtemps auparavant, jusqu’à la version définitive, rédigée avec Gilles Laurent. Même si plusieurs producteurs étaient intéressés, le film ne s’est pas fait de toute de suite. C’était un gros budget, je crois que l’idéal pour Laurent était d’être son propre producteur, ce qu’il a réussi à faire. Le tournage a commencé en janvier 1993 en Slovaquie. L’équipe était basée à Poprad, dans les Tatras. Moi, j’étais aux studios de Barrandow, à Prague, où j’avais ma salle de montage. Je faisais le lien entre le tournage et le laboratoire. Chaque jour, les rushes m’arrivaient par avion de Poprad. Après développement, tirage et synchronisation, je les visionnais, commençais le classement et l’organisation des séquences et je renvoyais les bobines sur le tournage, où Laurent et Jean-Pierre Sauvaire son chef opérateur les voyaient en projection. Je savais que le tournage était compliqué et éprouvant, et que des conditions climatiques imprévues dramatisaient encore la situation. Mais moi, je ne voyais que le bon coté des choses, c’est-à-dire que chaque jour, les rushes étaient sublimes et que c’était un plaisir immense de suivre évolution du tournage. Ensuite, l’équipe et les acteurs sont revenus à Prague pour tourner les intérieurs en studio. Mylène et Jeff étaient très amis, elle l’avait rencontré aux États-Unis t c’est elle qui l’avait présenté à Laurent. Avant cela, il y a eu plusieurs acteurs envisagés, de Peter Gabriel à Pierce Brosnan, en passant par Rutger Hauer. Jeff était quelqu’un de très sympathique, mais timide et taciturne. Et je crois que Mylène l’avait un peu pris sous son aile. Pour moi, ces 5 mois à Prague ont été un enchantement à tous points de vue.

Problèmes au montage de Giorgino
Le montage a commencé en juin 1993 à Paris, peu de temps après le tournage, et au retour d’une cure thermale en Corse, où j’avais accompagné Laurent qui avait besoin de repos! A notre retour, nous disposions de la totalité des rushes, ce qui a permis GiorginoPhotos05un montage chronologique du film. Laurent avait beaucoup tourné : plus de 80 heures de pellicule! Dès le début, nous avons établi une sorte de règlement : horaires de travail réguliers, repas à heures fixes, régime végétarien, une hygiène de sportif, en quelque sorte! Car il fallait tenir la distance, qui a été de 9 mois de montage, rien que pour l’image. J’exécutais moi-même immédiatement les coupes, à la table, ce qui donnait la possibilité de voir tout de suite le résultat. C’est la méthode que Laurent avait choisie. Le montage est un processus de construction qui se fait à deux, réalisateur et monteur. Il est très important d’avoir assez vite une vue d’ensemble, une structure, qui, si le film est bien pensé (et c’était le cas pour Giorgino) est perceptible dès le premier montage, et que l’on rythme par la suite. Or nous avons travaillé dès le début comme si c’était la version finale, en peaufinant les raccords. Un travail de dentelle et de précision, qui a pris beaucoup de temps. On est arrivé ainsi à un premier montage de 4 heures, dont Laurent était ravi. Cette version était techniquement parfaite, mais pour moi, même si elle se présentait bien, il fallait la retravailler. Le film n’avait pas encore son rythme interne. De toute façon, pour le distributeur, il fallait raccourcir. Dans un premier temps, on a dû péniblement enlever 30 minutes, ensuite encore 10 minutes après mixage. Mais là, ça devenait vraiment une galère, car on ne peut faire que des coupes franches : quand le son est mixé, il est impossible de rentrer dans le détail du montage. On a fait des coupes dans le studio de Thierry Rogen, en y passant quelques nuits!

La pression du tournage
GiorginoPhotos26De toute façon, la machine était lancée et Laurent était le seul maître à bord. Et peut-être que le temps lui donnera raison. Même s’il était anxieux, il restait toujours très courtois, sauf peut-être avec les très proches, comme Mylène. Notamment à Londres, lors de la post-synchronisation (ndlr : les acteurs rejouent leur scène comme un doublage, lorsque le son du plateau n’est pas exploitable, par exemple lors de l’utilisation de machines ) neige, de bruits de moteur etc.), il pouvait se montrer impatient. Pour Mylène, qui ne l’avait jamais fait, se post-synchroniser en anglais, avec l’accent, était assez compliqué. Pendant la postproduction, elle passait de temps en temps chez Toutankhamon. Avec Mylène, j’ai toujours eu d’excellents rapports, seins et normaux. C’est quelqu’un de très droit, qui sait ne pas mâcher ses mots, qui peut parfois se montrer dure et sarcastique, mais juste, et qui a le sens de l’humour.

La Rupture
Il y a eu une seule projection de presse, un matin à 9h30, sur les Champs-Élysées. La salle était bondée. Dès la sortie du film, ça a été la curée, les articles tenaient plus du règlement de compte que de la critique du film. Bassesses et méchanceté, tout y est passé. Le handicap du film était peut-être sa durée, mais bon, il avait bien d’autres qualités, infiniment plus importantes, donc personne n’a parlé. En tout cas, c’est une oeuvre assumée, un film merveilleux proche du fantastique, unique dans le cinéma français, et qu’on redécouvrira un jour avec étonnement. L’avant-première était très chaleureuse. Tous les proches et amis de Laurent et Mylène étaient présents. Les parents de Jeff étaient venus des États-unis. A la fin de la soirée, nous nous sommes dits au revoir sur le trottoir, le plus naturellement du monde. Je n’ai jamais revu Laurent depuis. Par contre, j’ai croisé encore quelques fois Mylène chez Toutankhamon. Je savais que Laurent était très malheureux, et qu’il vivait mal l’échec du film. Il ne voulait voir personne et ne répondait pas au téléphone. En tout cas, nous ne sommes absolument pas fâchés, mais il a sans doute voulu tourner une page. Après la sortie du film, l’éventualité d’une version courte de Giorgino a été envisagée avec Paul Van Parys (ndlr : fidèle collaborateur de Mylène et Laurent). Mais je ne voulais rien faire sans l’autorisation de Laurent. En plus, je ne sais pas s’il aurait été d’accord. J’étais moi aussi terriblement affectée. On n’a rien remonté du tout. 

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Mylène Farmer dans Giorgino

Posté par francesca7 le 22 octobre 2011

 film français 

 

Mylène Farmer dans Giorgino dans Mylène et GIORGINO GiorginoPhotos07Giorgino est un film français (1994) réalisé par Laurent Boutonnat.

 

 

Celui-ci a écrit ce drame à partir des années 1970 et en a composé et produit l’ensemble des musiques. Cette œuvre permet à Mylène Farmer de faire ses débuts dans le cinéma dans le rôle de Catherine. Les conditions de tournage sont particulièrement difficiles en raison des conditions climatiques et du perfectionnisme du réalisateur Laurent Boutonnat. En raison de la distribution internationale, le film fut tourné en langue anglaise. 

 

Malgré un budget élevé de 80 millions de francs, Giorgino, sorti le 5 octobre 1994, n’est resté que quatre semaines à l’affiche et a totalisé moins de 69000 entrées sur le territoire. Il fut descendu par la critique à sa sortie, étant jugé comme un « long clip » trop noir (il dure près de 3 heures). 

 

Cet échec retentissant affectera profondément Laurent Boutonnat, qui ne réalisera plus les clips de sa muse Mylène Farmer pendant près de dix ans. Il rachètera tous les droits de son film, qui ne sera diffusé que quatre fois sur Canal+ à la fin de l’année 1995. Cependant, suite à la demande des fans et au succès de son long-métrage suivant, Jacquou le croquant, il acceptera de sortir le film en double DVD le 5 décembre 2007. « Film maudit » pour certains, il est désormais considéré comme culte par nombre de critiques

 

Synopsis 

Octobre 1918. Sitôt rendu à la vie civile, le jeune docteur Giorgio Volli part à la recherche du groupe d’enfants dont il s’occupait avant la guerre. Mais bien vite, sa quête prend l’allure d’une partie de cache-cache avec la mort : Giorgio se retrouve dans un vieil orphelinat bordé de marais inquiétants et de hordes de loups, où il y fait la rencontre de la mystérieuse Catherine. 

 

Voir le site de référence du film :  http://jodel.saint.marc.free.fr/interviewsgio.htm

 

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Distribution de Giorgino

Posté par francesca7 le 22 octobre 2011

 

Fiche techniqueDistribution de Giorgino dans Mylène et GIORGINO 

 

Distribution 

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Supports de Giorgio

Posté par francesca7 le 22 octobre 2011

 

La chanson : il n’y a pas d’ailleurs 

 

  • Édition Prestige 2 DVD (sortie le mercredi 5 décembre 2007) : 

    • DVD 1 : Le film remasterisé 

      • Langues : anglais(vo) (Dolby Digital 5.1 et DTS 5.1), français (Dolby Digital 5.1) 

      • Sous-titres : français 

 

Supports de Giorgio dans Mylène et GIORGINO giorgino

  •  
    • DVD 2 : Les bonus 

      • Making of de plus de 30 minutes : interview de Mylène Farmer, Jeff Dahlgren, Laurent Boutonnat 

      • Dessins de production 

      • Galerie photos 

      • Teaser et la bande annonce de 1994, plus la bande annonce inédite de 2007 

 

  •  
    • Livret 48 pages : interviews de 1994 de Jeff Dahlgren, Mylène Farmer, Laurent Boutonnat, photos inédites, documents de productions 

 

  • Édition 1 DVD (sortie le mercredi 17 avril 2008 uniquement en  Russie éditions « Cinema Prestige ») : 

    • DVD : Le film remasterisé 

      • Langues : Anglais, Russe 

      • Sous-Titres : Français, Russe 

 

Bande Originale 

 

1994 : Édition Originale 

  1. Giorgino – Ouverture 

  2. Le vent et la neige 

  3. La route de Chanteloup 

  4. Les montagnes noires 

  5. En calèche 

  6. A Catherine 

  7. Giorgino – Thème 

  8. Levée du corps 

  9. L’abbé Glaise 

  10. Giorgio et les enfants 

  11. La nursery 

  12. Retour à l’orphelinat 

  13. L’armistice 

  14. Giorgio et Catherine 

  15. Docteur Degrâce 

  16. Morts pour la France 

  17. Les femmes dans l’église 

  18. Les funérailles 

  19. Petit Georges 

  20. Sombres souvenirs 

  21. Le Christ et les cierges 

  22. Menteur 

  23. Le marais 

  24. Giorgio – Final

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2007 : Réédition en boitier Super Jewel Box (Lundi 3 décembre 2007) 

  1. Giorgino – Ouverture 

  2. Le vent et la neige 

  3. La route de Chanteloup 

  4. L’orphelinat (Inédit) 

  5. Les montagnes noires 

  6. En calèche 

  7. A Catherine 

  8. Giorgino – Thème 

  9. Levée du corps 

  10. L’abbé Glaise 

  11. Giorgio et les enfants 

  12. La nursery 

  13. Retour à l’orphelinat 

  14. L’armistice 

  15. La valse des baisers (Inédit) 

  16. Giorgio et Catherine 

  17. Docteur Degrâce 

  18. Morts pour la France 

  19. Les femmes dans l’église 

  20. Les funérailles 

  21. Petit Georges 

  22. Sombres souvenirs 

  23. Le Christ et les cierges 

  24. Menteur 

  25. Le marais 

  26. Giorgio – Final 

Anecdotes 

  • Les décors ont été construits du 15 septembre 1992 au 15 décembre 1992. 

  • Le tournage a eu lieu de janvier 1993 à avril 1993 en ex-Tchécoslovaquie, à Prague et dans les plaines de Slovaquie allant jusqu’à des températures de -30 °C. 

  • Dix heures de rushes ont été tournées. 

  • Il a fallu près d’un an pour arriver au montage définitif du film. 

  • La première version du film durait près de 4 heures, elle fut refusée par Pathé.

 

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Il n’y a pas d’ailleurs

Posté par francesca7 le 22 octobre 2011

 

Chanson dans Giorgino 

 Il n'y a pas d'ailleurs dans Mylène et GIORGINO 5vvyDKqyKcHT91QTg

 

Tant de jours
De nuits trop brèves
Ces soupirs
Que tu achèves
Sans y croire, dérisoire

Tu voudrais
D’un autre monde
Je te sens
La proie d’une ombrefarmer-mylenium dans Mylène et GIORGINO
Illusoire, il faut me croire.

Il n’y a pas d’ailleurs
Il n’y a pas d’ailleurs
Tu sais que ta vie, c’est ici
Il n’y a pas d’ailleurs
Il n’y a pas d’ailleurs
Tu sais que ta vie
C’est la mienne aussi

Pour renaître
De tes cendres
Il te faudra
Réapprendre
Aimer vivre, rester libre

Délaisser
Tes amertumes
Te frayer
Jusqu’à la lune
Un passage, il me faut me croire

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Mylène dans Giorgino

Posté par francesca7 le 22 octobre 2011

 

Quelques bribes d’interview 

 

 

Mylène dans Giorgino dans Mylène et GIORGINO GiorginoPhotos02Et vos rapports complices avec Laurent  BOUTONNAT ? 

 

    Il faut oublier les rapports complices avec Laurent ! (Rires.) Parce que, sur le tournage, c’était un autre homme. Il a changé du tout au tout. C’est quelqu’un qui pour moi était totalement nouveau. Il y avait d’un côté une confiance absolue -Laurent sait tellement ce qu’il veut et ce qu’il fait, il est tellement précis, il a l’œil tellement fait pour la caméra…- Et de l’autre côté, une absence de dialogue. Il a certainement eu besoin, pour mener cette entreprise jusqu’à son terme, de se protéger du monde. Je respecte ça. En tout cas aujourd’hui. Maintenant que c’est terminé. Et parce que c’est finalement conflictuel pour lui-même. 

 

Le tournage a-t-il changé vos rapports à tous les deux ? 

 

    Forcément, puisque j’ai découvert un autre homme. Il n’y a pas à se demander si c’est en bien ou en mal, ils ont simplement changé. C’était avec moi qu’il était certainement le plus dur, mais ça, c’est assez normal. Ce qui était surprenant, c’était de le voir basculer dans  une espèce de folie, dans sa propre folie, très raisonnable bien sûr mais quand même… C’était une machine de guerre ! Et parfois j’ai eu le sentiment d’être là, moi, l’être le plus fragile au monde face à une machine de guerre ! (Rires.) Ne vous y trompez pas, il n’ y a pas de rancœur dans ce que je dis. C’est juste un constat. Cela sans doute, ne pouvait pas être autrement.

 

 

Propos recueillis par Jean-Pierre LAVOIGNAT. Studio n° 82. pp. 42-49 & 125.

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Le rôle de Mylène

Posté par francesca7 le 22 octobre 2011

 

 

Le rôle de Mylène  dans Mylène et GIORGINO GiorginoPhotos27Quelles ont été vos premières impressions à la lecture du scénario ? 

 

    Le sujet de Giorgino m’a attiré par son étrangeté, son originalité. Pour parler plus précisément du personnage de Catherine, j’ai senti que je pouvais y mettre beaucoup d’émotions. Je crois que Laurent a puisé certaines choses de ma personnalité pour l’écriture du personnage de Catherine. Nous n’en avons jamais parlé… Je n’ai pas réellement connu la magie de la découverte du scénario parce que j’ai suivi pratiquement 24h sur 24, l’élaboration de ce projet : j’ai aussi vécu les difficultés d’écriture qu’ont rencontré Laurent Boutonnat et Gilles Laurent ( le co-scénariste ) ainsi que tous les problèmes inhérents au montage d’un tel projet. C’est malgré tout, passionnant d’apprendre tous les à-côtés d’un film. Giorgino a été un accouchement dans la douleur, mais nous vivons, Laurent et moi-même, dans ce climat depuis que l’on travaille ensemble, rien ne se fait dans la facilité. Peut-être ressentirons-nous un peu de bonheur ou plutôt de soulagement, quand nous nous déposséderons totalement du film, c’est-à-dire le jour de sa sortie sur les écrans. 

  

Qui est Catherine, cette femme-enfant mystérieuse que les gens disent folle ? 


    Catherine est différente des autres et elle paiera cette différence… C’est avant tout sa fragilité qui m’a émue, j’aime son innocence et sa violence intérieure. Les enfants ont ça en eux : naïveté, pureté et colère. J’aime son incapacité à être dans le monde des adultes. 

 

Quels sont selon vous, les blessures profondes de Catherine, qu’est-ce qui a provoqué cette fragilité ? 


    Catherine n’est pas intellectuellement de son âge ce n’est pas une jeune fille  » retardée  » mais simplement comme le dit le prêtre :  » elle a l’esprit d’un enfant « . Elle est restée isolée du monde extérieur, probablement protégée par ses parents, s’occupent elle-même d’enfants retardés. Pour Catherine, le noyau de sa famille pourrait représenter la beauté, et le reste du monde la laideur… Catherine n’est pas armée pour le monde extérieur et sa violence… La disparition des enfants, de sa mère, puis de son père, sont autant de traumatismes, de blessures irréversibles. Et puis, un très jeune personne capable de dire :  » et si c’était la douleur qui faisait chanter les oiseaux ?…  » n’est-ce pas suffisamment éloquent ? 

  

Quelles ont été pour vous les scènes les plus délicates à tourner ? 

    Il est toujours délicat de dévoiler des émotions devant plus de cinquante personnes ( l’équipe ) qui sont en fait cinquante étranger. C’est d’une impudeur totale, et l’on se déteste pour ça, mais on est engagé pour le faire et le besoins de tourner, jouer, l’emporte sur le reste.

 

GiorginoPhotos25 dans Mylène et GIORGINO

 

 

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Giorgino Film

Posté par francesca7 le 21 octobre 2011

 

 

Film  Français de Laurent Boutonnat (1994 – durée 184 mn). 


Avec Jeff Dalhgren, Mylène Farmer, Joss Ackland, Louise Fletcher, Frances Barber et Jean-Pierre Aumont. 

 

 

Giorgino Film dans Mylène et GIORGINO Mylouxetnoux-vip-blog-com-853159giorginoVoici le film culte Giorgino ! Film culte parce que magnifique, mais boudé par le grand public et une partie de la presse. 

 

Personnellement j’ai adoré l’atmosphère du film de Laurent Boutonnat et Mylène y joue merveilleusement son rôle de femme-enfant perturbée. Mais il faut se rendre à l’évidence, nous ne reverrons pas de si tôt Mylène au cinéma… 

 

Et pour ceux qui l’avaient raté en salle, la sortie du DVD était annoncée pour le 4 Décembre 2007 soit plus de 13 ans après sa sortie en salle !!!

Giorgino Sorti le 5 Octobre 1994, le film n’est resté à l’affiche que 4 semaines et n’a pas totalisé plus de 60 000 entrées.

C’est un véritable flop qui va traumatiser ses créateurs. Mylène est triste, Boutonnat incompris et vexé, il ne réalisera plus les clips de sa muse pendant près de 10 ans.

Eh oui, Le film, diffusé uniquement sur Canal + ne sortira en vidéo miraculeusement  qu’en décembre 2007, soit près de 13 ans après sa sortie en salle… l’échec étant sans doute trop humiliant. Heureusement, côté musique, les fans furent servis avec la sortie d’un superbe coffret édition limitée de l’excellente Bande Originale.

 

 

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IMAGES de Giorgino

Posté par francesca7 le 21 octobre 2011

Vidéo : Image de prévisualisation YouTube

 

 

Il est des histoires dont personne ne souhaite être le héros…

Cela se passe en 1918. Blessé, le jeune docteur Giorgio Volli est rendu à la vie civile et part aussitôt retrouver le groupe d’enfants dont il s’occupait avant la guerre.

Il arrive dans une région perdue aux habitants hostiles et ne trouve qu’un vieil orphelinat vide : les enfants ont disparu dans des conditions mystérieuses.

Terrifié et anéanti par ce qu’il apprend, Giorgio fait alors la rencontre de Catherine, une étrange jeune fille dont il s’éprend… 

 

vidéo : Image de prévisualisation YouTube

Barre de Séparation

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Giorgino : analyse

Posté par francesca7 le 21 octobre 2011


L’Atmosphère

L’image se fige, et même si c’est de façon presque inattendue, on sait que c’est fini, que le film s’arrête là. Avant même de faire Giorgino : analyse  dans Mylène et GIORGINO GiorginoPhotos09un quelconque commentaire, la première chose qui retentit dans la pièce sombre est un soupir. Long, et lourd de soulagement. Le coeur reprend un rythme normal, la respiration se débloque, et tout le corps se détend à travers ce seul soupir.

On sait alors ce qui nous marquera le plus et qui nous fera longtemps repenser à Giorgino. L’angoisse, la tension, l’atmosphère oppressante qui nous tient en haleine durant tout le film, malgré les quelques longueurs et la durée inhabituelle. C’est ce qui ressort avant tout. Cette intensité qui prend à la gorge et ne lâchera prise que plusieurs heures plus tard.

Il faut dire que tout est fait pour entraîner le spectateur même le plus réticent. Les images, tout d’abord, sont splendides. Obscures, angoissantes, ou belles tout simplement, étudiées jusque dans le moindre détail. Un univers farmerien, sans aucun doute, avec le cimetière de Regrets, les plaines neigeuses de Tristana, qui s’étendent à l’infinie, la mort, la maladie, la folie. Difficile de ne pas reconnaître la griffe de Laurent Boutonnat !

Mais plus que les paysages, ce qui rend le film si intense, et ce qui est encore plus propre à Laurent, c’est bien sûr la musique. La bande originale de Giorgino, qui dégage une atmosphère dérangeante. Soignée, d’une beauté sombre et mélancolique, d’une sobriété touchante. Elle reste ce qui définit le mieux l’histoire de Giorgio et de Catherine, de ce petit village perdu et de ses habitantes étranges et inquiétantes.

Barre de Séparation

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L’Essence de Giorgino

Posté par francesca7 le 21 octobre 2011


Giorgino est un film surprenant et totalement à part, dès le début. Dès la première image, en fait. Quand on met la cassette dans le magnétoscope, s’attend-on en effet à voir apparaître le visage sérieux et attentif d’un petit garçon ? S’attend-on à ce plan pour le moins déroutant ? Plan qui finit par se déplacer, pour nous montrer le visage de Giorgio, en une prise qui fait ressortir la complicité évidente qui naît sous nos yeux entre l’homme et l’enfant. Bien sûr, ce n’est pas innocent. C’est une manière de poser dès les premières secondes l’un des traits de caractère les plus importants de Giorgio : son amour pour les enfants, qui va le conduire à Chanteloup, et à sa passion pour Catherine. 

 

L'Essence de Giorgino dans Mylène et GIORGINO GiorginoPhotos17Première image dans un hôpital, et l’une des dernières vraiment marquantes également dans un hôpital. L’impression que l’histoire a tout simplement fait une boucle. Que la vie de Giorgio a fait une boucle, qui s’amorce quand il croise pour la toute première fois le regard noyé et perdu de Catherine, et qui s’achève par sa mort, quand son corps l’abandonne entre les bras de son amour déchu. 


C’est là l’un des points forts du film, qui laisse entendre que la volonté presque indestructible de Giorgio ne peut rien face à la maladie qui, ici, finit par avoir raison de la faiblesse humaine. Et ce qui est tragique, alors, c’est que Giorgio cesse de lutter au moment même où son amour pour Catherine ne rencontre plus aucun obstacle ! Mais pouvait-il en être autrement, venant de Laurent Boutonnat ?
Finalement, d’une manière plutôt ironique, ce sera la maladie mentale, la folie douce de Catherine qui lui sauvera la vie, et ce sera la maladie de Giorgio, comprise de tous, qui lui coûtera la sienne ! On peut se demander si Laurent n’a pas donné volontairement à son film un ton dramatique en faisant mourir Giorgio. Mais quand on réfléchit bien, il est difficile d’imaginer une autre fin. Bien sûr, même si l’histoire d’amour est secondaire dans Giorgino, elle n’en est pas moins primordiale, en tant que trame du film, et surtout parce que l’amour est ce qui va motiver et soutenir Giorgio jusqu’à son dernier souffle ; comme un moteur puissant qui ne s’arrêtera qu’avec les derniers battements de coeur du jeune homme.

Mais la maladie est plus forte que l’amour. Et Giorgio ne pouvait que mourir. Parce que son amour pour Catherine avait quelque chose de bien trop dérangeant, ambiguë, de presque immoral. Parce que Catherine, femme enfant, vit un amour qu’elle ne comprend pas, dans son ignorance de l’amour physique. 


En fin de compte, il désire éperdument une femme qui rit encore devant un simple baiser, mais recule quand il lui est destiné ou se fait insistant. Voilà en quoi la fin ne pouvait être autre. Cela fait que c’est une histoire d’amour poignante et impossible, bouleversante et intense, dont la mort est l’aboutissement tragique mais inévitable. Et pourquoi, finalement, « Il est certaines histoires dont personne ne souhaite être le héros. »

GiorginoPhotos13 dans Mylène et GIORGINOParallèlement, un reproche toujours d’actualité ressort de Giorgino. Reproche fait à la société qui, depuis qu’elle existe, tend à détruire systématiquement tout ce qu’elle ne comprend pas, par peur autant que par lâcheté. Et cette incompréhension entraîne inévitablement une violence et un rejet plutôt qu’une aide, qu’une main tendue vers l’autre, aussi différent soit-il. Et qui est la cause même, dans le film, de la mort d’une grande partie de cette société sclérosée. En effet, ce n’est rien d’autre que le rejet cruel des villageoises qui pousse Catherine dans ses derniers retranchements, la mettant hors d’elle et l’incitant à courir dans l’église pour souffler les cierges, dressés là comme symbole de chaque homme parti au combat. Il ne restera qu’une seule flamme. Et un seul homme rentrera des tranchées. Un seul… 

 

Bien sûr, on peut se demander pourquoi Giorgino n’a pas su trouver son public s’il ne présente que peu de défauts pour tant de qualités. A cela, une seule réponse : si Giorgino n’a pas trouvé son public, c’est sans doute simplement parce qu’il est bien trop farmerien, sombre et torturé. Ce côté angoissant, cette façon de flirter avec la folie s’ajoute à la longueur inhabituelle du film pour en faire une oeuvre réservée à un public averti. Mais cela n’enlève rien de la beauté troublante et de l’intensité oppressante de Giorgino.

Barre de Séparation

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Histoire de Giorgio

Posté par francesca7 le 21 octobre 2011

 

En 1918, le Docteur giorgino revient de la guerre, malade après avoir inhalé accidentellement des gaz. Il s’apprête à retrouver les douze orphelins qu’il avait à charge mais ceux-ci ont été transportés d’urgence dans un orphelinat en pleine montagne, suite aux bombardements. Passif, étrange, giorgino est quelque peu secoué par la nouvelle et aura le temps de sauver un étalon noir de la mort pour ensuite récupérer quelques dessins desdits orphelins, affichant un animal agressif très proche du loup. 


Histoire de Giorgio dans Mylène et GIORGINO GiorginoPhotos30Giorgino se rend donc à Chanteloup ( les loups chantent (peut-être)), village lugubre perdu au milieu des montagnes enneigées, aux rues glauques et aux habitants inquiétants. Il se rend chez le Docteur Degrace, être fantasque venant de perdre sa femme et veillant sur sa fille Catherine, fragile et belle. Pas de chance pour Giorgino, les orphelins sont morts depuis longtemps, dans des circonstances mystérieuses et troubles. On parle de meurtres, de noyades, de loups mais jamais la vérité ne semble s’éclaircir.

Une enquête qui sera longue et difficile pour Giorgino, amoureux de la frêle Catherine, incarnée bien entendue par Mylène, une femme enfant perturbée et envoûtante, sans doute le deuxième grand élément principal du film. Entre autisme, sensualité et solitude, la jeune fille connaîtra un amour désespéré avec le jeune homme, qui la tirera de bien des misères. La chanteuse rousse l’a déjà montré dans ses clips : c’est une grande actrice, et elle le prouve encore une fois. Jamais sa splendide chevelure rousse, ne se sera aussi bien harmonisée avec ces décors froid et blanc, et ce teint de peau très pale qui lui donne tout son charme. Le sang sera bien présent, qu’il soit d’une blessure ou de menstruations subites, coïncidant avec cette magnifique blancheur. 

S’il n’est jamais proprement dit un film fantastique, « Giorgino » s’en rapproche à très grand pas avec son atmosphère froide et morbide : ruelles désertes, orphelinat obscur, asile de fous, cimetière, marais de glaces… Entre Burton, Goya, Fulci et les films de la Hammer, Boutonnat offre un monde décoloré et désenchanté, qui coïncide parfaitement avec la personnalité de ses personnages. Et pour exemple, ce rapprochement avec l’horreur et le fantastique culminera lors de deux scènes saisissantes : l’étreinte finale des amoureux, se terminant sur une image tétanisante, et cette plongée infâme dans les sous-sols d’un asile où les fous sont parqués comme des bêtes, vivant dans la crasse et la pourriture, entre cadavres et folie furieuse. On pourra être aussi surpris par les apparitions de cette enfant monstrueux, portant une lanterne et roulant en charrette avec une étrange dame en noire : La mort ? L’enfance perdue du héros ? Un fantôme ? Un orphelin qui aurait survécu ?

Si certaines scènes marquent (l’enterrement, la réanimation, la scène d’amour dramatique sur la glace…), le film souffre par moment de petites longueurs. C’est sans doute ces petits moments en trop ou ces baisses de régimes qui empêchent « Giorgino » d’être quasi parfait. Les fans de Boutonnat et de Mylène Farmer seront aux anges, les autres rumineront sans doute dans leur coin, certains se laisseront tenter. Une petite perle inclassable, et noire de préférence.

Barre scintillante papillons dorés

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Publicité autour de Giorgino

Posté par francesca7 le 21 octobre 2011

DVD sorti en 2007 (Durée 184 mn).
Bonus : Making of – Films annonce / Teasers – Galeries photos / planches décors animées – Livret collector de 48 pages comprenant des planches de photos inédites, un story-board et une interview de Mylène Farmer.

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Critiques de Giorgino

Posté par francesca7 le 21 octobre 2011

 

Critiques de Giorgino dans Mylène et GIORGINO mylene-farmer-2Artiste unique dans la chanson française (et même dans l’histoire de la chanson en générale), Mylène Farmer a réussit à diffuser à travers les années un épais et voluptueux mystère, se rejoignant jusque dans ses superbes chansons, dont le style évolue au fil des albums. Plus noir dans sa première période, l’univers de Mylène Farmer connaîtra une sorte de boucle avec le film « Giorgino », film maudit par excellence. 

 

Nouvelle tentative au cinéma pour Boutonnat, et première pour Mylene Farmer qui trouve évidemment un rôle à sa mesure. Annoncé à grand renfort de publicité, « Giorgino » reprend le même esprit marketing que les blockbusters de l’époque. Impossible de le rater : bandes annonces, affiches, CD et autres joyeuseuries attaquent en masse. Et pourtant, et pourtant… 


Le film fera un flop monumental au box office, et Boutonnat aura bien du mal à le digérer, beaucoup de mal même. 

 

Nous arrivons donc enfin à l’essentiel : le film. Et là on aura du mal à comprendre un tel échec, surtout que les fans de Mylène, nombreux, réclament avec persévérance une nouvelle sortie du film (sur support vidéo ou en salle). Ni une déception, ni un chef d’œuvre, il se doit d’être vu comme un grand film, le fruit d’un travail conséquent comme en a l’habitude Boutonnat dans ses clips.

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