Mylène : Intemporelle et inclassable

Posté par francesca7 le 23 juin 2013

 

Article sur Mylène Farmer dans LE PROGRÈS du 18 MAI 1988

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Vous avez imposé une personnalité étonnante…

Mylène : Intemporelle et inclassable  dans Mylène dans la PRESSE 4- Ma carrière est jeune, elle n’a que quatre ans, mais le succès est venu par étapes. Je travaille beaucoup. Le travail d’une pochette de disque est aussi important que le reste. Laurent Boutonnat compose au piano et moi je fais les textes. Sur « Ainsi Soit Je… » j’ai écrit toutes les paroles, à part « L’Horloge », un poème de Baudelaire. J’ai la chance d’avoir cette facilité mêlée à une espèce de pudeur et d’inhibition. « Ainsi Soit Je… », ça ne veut pas dire que je frappe du poing sur la table en disant ‘C’est comme ça !’. Les points de suspension sont très importants.

Vos chansons, légères et ambiguës, dérangent, voire irritent…

- Peut-être. Etre intemporelle, inclassable, c’est toujours ce que j’ai voulu. Je fais ce dont j’ai envie. Au départ j’étais plus attirée par le cinéma que par la chanson et que j’ai rencontré Laurent Boutonnat, c’est un heureux hasard. Je crois aux rencontres, je ne crois pas au génie méconnu.

Quel genre de musique écoutez-vous ?

- Beaucoup de classique et de musiques de films, mais moins de variété française. J’ai écouté le dernier disque de Renaud, il m’a beaucoup plu. Sinon, j’adore Kate Bush, elle a atteint la perfection en danse, en musique et ses clips sont excellents.

Vous préparez un clip actuellement ?

- Oui, en ce moment, Laurent travaille sur le prochain, « Ainsi Soit Je… », pour un tournage de trois à quatre jours.

Mylène Farmer sur scène, c’est pour bientôt ?

-          J’envisage de faire de la scène, mais pas avant un ou deux ans. Il faut mettre ça au point, j’aimerais que ce soit un mélange de théâtre, de cinéma… En ce moment, je prends le temps de redécouvrir la littérature. J’adore Edgar Allan Poe, je me complais dans son univers étrange, d’où la chanson « Allan ». J’ai envie de faire plein de choses ! Vivre de la chanson pendant vingt ans, je ne pourrais pas. C’est mutilant pour l’esprit…

 

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Mylène Farmer de A à Z (interview)

Posté par francesca7 le 23 juin 2013


Interview de GRAFFITI d’ AVRIL 1988

A comme Album « Ainsi Soit Je.. »

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Mylène Farmer de A à Z (interview) dans Mylène en INTERVIEW 1989-08-b

- Il n’y a pas de différence majeure avec le précédent, c’est une continuité avec une signature des textes plus importante, en l’occurrence l’intégralité de l’album « Ainsi Soit Je… ». C’est difficile de résumer ces trois mots, ils parlent d’eux mêmes et je dis cela sans prétention aucune. Il y a toutes les obsessions qui résident et qui persévèrent. Il y a des thèmes et des auteurs… C’est un album qui n’a pas plus été accouché dans la douleur que tous les jours qui composent mes semaines et mes années… Bon là, j’ai abordé un auteur référence qui est Edgar Allan Poe, et le choix de Baudelaire, lui encore ce n’est pas un hasard puisque ce sont ces thèmes qui me reviennent. J’évoque Vienne, en rappel à la pendaison de quelqu’un que j’ai effectivement connu… C’est une introspection, une affirmation et un point d’interrogation aussi. C’est peut-être une manière de percevoir qui je suis, tout simplement. Il n’y a de toute façon pas la moindre tricherie quant aux thèmes choisis, aux univers et aux émotions, si tant est qu’il y en ait ! J’espère… Ca fait deux semaines qu’il est sorti et il bénéficie déjà d’un accueil formidable. Sans parler de récompense, je trouve que c’est une belle chose… Comment traduire cela avec des mots, je ne sais pas…Voilà.

B comme Baudelaire

- C’est un poète maudit, bon mais c’est surtout un poète que j’aime bien. J’apprécie ses névroses, ses persécutions. Le choix de « L’Horloge », c’est parce que la notion du temps qui passe ne me laisse pas indifférente. Baudelaire a une écriture incroyable. Peut-être que le public du Top 50 ne le connaît pas mais ce n’est pas bien grave au contraire, ça peut provoquer chez lui une découvert plus accessible qu’à travers les recueils. Laurent Boutonnat a composé cette musique et il m’a paru évident d’y mettre ce poème que j’ai en mémoire depuis longtemps. Sans me comparer à Léo Ferré, je pense que nos démarches sont voisines…

B comme Beauté

- J’aime le mariage de tristesse et beauté, parce que les plus belles choses se révèlent dans la tristesse, dans la tragédie… Vous m’interpellez en me disant que je suis devenue le symbole de la beauté d’aujourd’hui. Vous le comprendrez, ce n’est pas à moi d’y répondre. Evidemment, cela flatte mon narcissisme et c’est une reconnaissance qui me touche, bien sûr. Celle qui incarne ce mot ‘court’ et un peu ‘galvaudé’, c’est Greta Garbo. Elle évoque à la fois le mystère, les non-dits et des pages blanches à noircir de rêves…

C. comme Caméléon

- Ca rappelle « Sans Contrefaçon » mais c’est surtout une notion qui évoque comme l’animal, la possibilité de changer de décor ou d’état d’âme. C’est à la fois physique et métaphysique. J’ai une facilité – et ce n’est pas forcément une bonne chose -pour basculer d’une humeur plutôt agréable à des sentiments terribles.

D comme Duelliste

- En l’occurrence, c’est aussi un film que j’ai beaucoup aimé de par son style et son sujet. Et puis c’est l’éternel duel qui réside en chacun de nous. L’opposition du bien et du mal… C’est deux contre soi, c’est soi contre soi, en tout cas je suis deux. Il paraît que philosophiquement on est trois mais c’est un domaine dans lequel je ne me hasarderai pas…

E. comme Enfance

- J’ai conservé un regard tourné, ‘obsédé’ vers le passé, c’est une chose dont je n’ai pas réussi à me défaire… Je ne suis pas passéiste, mais il y a des moments qui sont restés inexpliqués, ça se confond à un grand point d’interrogation. Cela correspond aussi à des sensations douloureuses bien que non concrètes et exprimables par l’anecdote. Je crois que c’est une blessure, c’est un viol que de passer de l’adolescence à l’âge adulte. Lorsque l’on est enfant, même la ‘cruauté’ vous est pardonnée. A partir de l’instant où vos actes ne sont plus innocents mais réfléchis, toutes les données revêtissent un tout autre habit.

F. comme « La Fille de Ryan »

- C’est le film culte de David Lean. Pour résumer grossièrement, disons que c’est l’histoire d’une fille qui va découvrir l’amour et puis va s’apercevoir qu’elle est à la recherche de choses qui n’existent peut-être pas. J’en parle très mal, c’est dommage ! C’est un cinéma de symboles, à la manière du cinéma russe. L’action se déroule dans l’Irlande du 19ème avec des décors somptueux, des sous-bois qui peuvent rappeler « Bambi » de Walt Disney.

G.comme Garçon

- C’est une référence à mon enfance, au manque d’identité sexuelle que je ressentais alors. J’avais du mal à me situer en fille ou en garçon. J’étais quelqu’un d’indéfini… Mon comportement était celui d’une excentrique. Je refusais le carcan imposé par les normes attribuées à chacun des deux sexes. C’était un état de révoltée, certainement révoltant aussi pour mon entourage. Disons que c’était aussi le mal être…

H comme Humeur

I comme Idéal

J comme ‘J’en sais rien !’

- Il y a des domaines que je n’ai pas envie d’aborder par pudeur et puis, oui, il faut savoir persévérer certaines choses…

K comme Kasimodo

- Il fallait trouver matière au K. C’est surtout quelque chose qui compose un être dès sa naissance, en l’occurrence là, c’est la laideur, la déformation physique, génératrice d’un avenir pour le moins terrible. Il peut m’arriver de me sentir ‘Kasimodo’ le matin !

L.comme Lou Andreas Salome

- J’ai découvert son existence hier, grâce à un portrait télévisé. C’est une femme qui a eu une vie incroyable, exemplaire. Elle a séduit des hommes tels que Nietzsche, Freud et Rilke. En plus, elle débordait d’une intelligence rare, bien qu’elle ait été un écrivain non retenu par la postérité. Qu’elle ne soit pas devenue un panthéon, là n’est pas mon propos. Ce qui m’intéresse c’est sa vie, sa sexualité troublée, sa quête perpétuelle d’absolu.

M comme Mutisme

- J’apprécie la sonorité de ce mot. Il me concerne dans la mesure où j’ai sombré dans cet état, mais rassurez-vous : à court terme. C’est vrai que j’ai pu passer d’une envie formidable de parler et de me faire remarquer à une envie de complètement m’extraire du monde.

N comme Noyade

- ça fait partie de mes phobies. L’eau plus que la noyade, d’ailleurs car l’eau est un élément qui me fait très peur. Je ne me baigne jamais.

O comme Obéissance

- Je suis réfractaire à toute forme d’obéissance (l’école etc.) C’est une certaine soumission qui me dérange. A travers mon métier, par contre, je suis restée fidèle à ma désobéissance.

P comme Pause

- On laisse ce mot sans commentaires. Pause magnéto !

Q comme Quasimodo

- A renvoyer au K, son petit frère jumeau.

R comme Repos

- Je ne sais pas prendre de repos. Je lui préfère son cousin, le travail, je crois.

S comme Suicide

- Ca me fascine ! C’est un acte que je pourrais qualifier de beau et de courageux, certainement. Dans « Jardin de Vienne », je parle de quelqu’un qui habille, qui met en scène son suicide. Là c’est romantique, esthétique même. Quelque part, j’ai une âme suicidaire. C’est à la fois une peur quant à l’au-delà mais aussi une détermination, l’envie de dire ‘Maintenant, ça suffit’.

T . comme ‘Tu t’entêtes à te foutre de tout !’

- C’est plaisant à écrire, à lire et à chanter surtout !

V comme Se prononce ‘I’ en Russie

- A l’école, c’était ma troisième langue. Je l’ai vite abandonnée parce que c’était vraiment trop dur à assimiler. Pour apprendre le russe, il faut pénétrer l’univers d’un pays, d’une autre culture, y consacrer l’intégralité de son temps, ‘rentrer au couvent’.

V comme Veuve noire (l’araignée)

- C’est l’insecte que je déteste le plus au monde, sans pour autant vouloir le détruire parce que j’en suis parfaitement incapable. Mais c’est vrai, je ressens une phobie inexplicable concernant cette bête. Cela dit ‘la veuve noire’, c’est un bien joli mot pour une araignée.

W comme Woyage

- C’est par désobéissance ! Puisque l’on peut faire à peu près tout avec le Français, pourquoi pas ne pas écrire ‘voyage’ avec un w ? J’ai très peu voyagé. Cela dit, c’est une chose que j’envisage mais pas dans un futur proche. Pour l’instant, je voyage à travers mes lectures. Le voyage c’est théoriquement une manière de s’extraire de soi, pourtant, je n’en suis pas si sûre ! Ne se projette-t-on pas de toute façon lorsqu’on lit un roman ou lorsque l’on va voir un film au cinéma ? Si on se retrouve dans ces univers, c’est que forcément ils se réfèrent soit à notre vécu, soit à notre imaginaire. Sans doute doit-on avoir besoin de cette identification, de ce dédoublement, de ce ‘détriplement’ (rires)

X comme : Ça peut être le signe de multiplication !

- Passer pour un apôtre de l’arithmétique, ça me fait sourire car entre moi et l’algèbre, il y a toujours eu une incompatibilité d’humeur et de compréhension. A l’école, déjà, c’était un défilé de zéros pointés.

Y – comme I Grec

- Qui est encore persécuté par Monsieur Le Pen ! (si je l’appelle Monsieur c’est par ironie, bien sûr !)

Z comme Zesus !

- Parce que quand zébu, zé plus soif.

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Le bilan de l’abécédaire

- D’abord, je trouve que c’est lui accorder beaucoup trop de temps, et puis je ne suis pas un dictionnaire.

Pourquoi après tout privilégier ‘repos’ à ‘raison’, par exemple ? Les projets ?

- Dans l’immédiat, c’est évidemment la sortie de cet album qu’il faut habiller, promouvoir…

La scène ?

- ça devient de plus en plus une envie ! Baudelaire pourrait ouvrir cette scène, cette idée. Par contre, je n’ai pas fixé l’échéance car comme toute les choses que je décide de réaliser, je veux y consacrer du temps pour bien la préparer.

Mylène Farmer, c’est la rigueur, le perfectionnisme ?

- Oui, parce que la volonté… Non, disons que l’imperfection, par rapport à moi encore une fois, ne peut pas avoir sa place.

M ylène Farmer, est-ce seulement une chanteuse ?

- C’est un terme un peu castrateur, effectivement. Moi, ça ne me dérange pas ! J’ai l’impression de ne pas être qu’une chanteuse. Voilà.

M ylène Farmer, au départ ça a été ‘un mannequin qui chante’ ensuite ‘une chanteuse de clip’. Aujourd’hui, qu’en est-il exactement ?

- Le vécu de la chanteuse a nourri bien évidemment la femme, entre guillemets. Ça ne régit pas une vie, mais ce sont deux données indissociables l’une de l’autre.

M ylène Farmer, l’auteur ?

- J’ai de moins en moins d’inhibitions quant à l’écriture. Là, il s’agit plus d’une découverte qu’une revendication majuscule. D’ailleurs, plus j’écris et plus c’est difficile, et plus c’est agréable aussi. A mesure que j’écris, je ressens une fringale de lectrice.

Mylène Farmer, heureuse ?

- C’est un mot qui n’appartient pas à mon vocabulaire, il ne s’inscrit pas dans mon dictionnaire. Le mot reste à inventer.

Et la chanson dans tout ça ?

- C’est à la fois un flux et un reflux de grandes joies et de désillusions. Ça nous amène très loin, et ça vous fait retomber encore plus loin…

D’un doute à l’autre ?

- Plus exactement, il s’agit de la certitude du moment.

L’ambition ?

- Oui. Elle transparaît de toute façon…

Le courrier ?

- ça devient de plus en plus difficile à maîtriser. Il existe des lettres très belles qui exigent des réponses mais qui ne laissent pas d’adresse, alors… !

Votre public vous ressemble ?

- C’est surtout à travers les thèmes que j’ai bien voulu aborder. Les gens ont eu l’impression qu’ils allaient être bien compris par la personne qui chantait ‘ces mots là’. C’est vrai que la vie n’est pas rose.

Laurent Boutonnat / M ylène Farmer : des épousailles artistiques ?

- Depuis quatre ans, c’est le compagnon de nombreuses choses. Ce sont deux moitiés qui n’en font plus qu’une -je me prononce pour lui-, ce sont deux bourgeons qui fleurissent ensemble…

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FOTO MUSIC avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 16 juin 2013


Entretien effectué en  JUILLET 1988 – intitulé : « J’ai deux amours »

Entretien avec F.C.

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A propos de son enfance, puis de sa vie avant la chanson :

- Je garde de cette époque de vagues souvenirs enneigés…Il y a toujours eu une tendance artistique dans la famille. Mon grand-père était sculpteur et ma grand-mère se passionnait pour le théâtre et la peinture. Moi, quand j’étais petite, j’avais – et j’ai toujours – un grand amour pour les chevaux. A douze ans, j’avais décidé d’en faire mon métier. J’ai passé plusieurs concours, jusqu’au moment où j’ai compris que la pratique seule ne suffisait pas. Il y avait aussi le côté pédagogique… Et, malheureusement, ça ne correspondait pas à ma nature. Alors, j’ai bifurqué, abandonnant la direction chevaline.

Et comment es-tu passée de l’équitation à la chanson ?

- J’ai commencé par exercer plusieurs petits jobs qui me permettaient de suivre des cours de théâtre. Cela m’a été extrêmement bénéfique, car c’est en travaillant des auteurs tel Strindberg que m’est venu le goût de la lecture : ce fut une révélation. Adolescente, je lisais peu. Aujourd’hui, je lis de plus en plus. C’est de là également que m’est venu l’amour des mots. J’ai écrit toutes les chansons, ou presque, d’ « Ainsi Soit Je… », l’album qui vient de paraître.

Tes clips, « Libertine » et « Tristana » pour ne citer qu’eux, sont à chaque fois un éblouissement. Que représentent-ils pour toi ?

- Mes clips sont pour moi un véritable enchantement, une espèce de miroir. La vie de tous les jours m’ennuie, me fait même un peu peur. L’imaginaire est essentiel pour sortir de cette morosité, et c’est là que les vidéos jouent un rôle important.

Tu viens de dire que la vie de tous les jours t’effraie. Comment vis-tu ?

- Chez moi. Dans une prison dorée… J’ai de plus en plus de difficultés à me promener dans la rue. Je déteste aller au restaurant, sortir le soir, mais en même temps je ne pourrais pas un seul instant envisager d’aller vivre à la campagne. J’ai besoin d’être au centre de tout ce qui se passe. Au même titre, je n’aime pas les vacances. J’ai toujours peur de rater quelque chose quand je pars. Mais il ne fait pas pour autant en déduire que je suis la fée du foyer ! Je ne sais pas faire la cuisine, par exemple ! Si j’aime tant ma maison, c’est peut-être parce que j’y habite avec mes deux amours…

Deux amours ? Raconte !

- Non, non, je n’ai pas d’enfants cachés, ni de maris secrets ! J’ai deux singes, des sapajous capucins ! La mère s’appelle E.T. et le bébé, qui n’a que cinq mois, s’appelle Léon. Ils vivent dans une grande cage et le soir, avant de me coucher, je les installe dans un couffin. C’est probablement à cause d’eux que je n’aime pas trop m’absenter de chez moi, ça me culpabilise de les laisser seuls ! A part mes singes, j’aime les fringues. J’adore marier les couleurs. Je ne fais pourtant aucune folie par rapport à l’argent, sans doute à cause de l’éducation que j’ai reçue. Acheter une paire de chaussures reste encore pour moi un instant magique. Je déteste le gaspillage, et puis surtout j’ai peur d’être blasée par le fric !

Au début de notre conversation, tu disais qu’après avoir pris la décision de changer de carrière, en abandonnant ton envie de consacrer ta vie à l’équitation, tu avais suivi des cours d’art dramatique. En regardant tes clips, on s’aperçoit tout de suite que tu es parfaitement à l’aise devant les caméras. Tu n’es pas tentée par le cinéma ?

- Ce n’est pas que je sois pas tentée par le cinéma, mais en fait, il y a un seul film que j’aurais aimé tourner, c’est « La Fille de Ryan », le seul et unique rôle dont j’aurais rêvé. C’était, je trouve, le film le plus extraordinaire qui soit. Malheureusement, il est déjà fait… De toute façon, on verra bien ce que l’avenir me réserve.

Quels sont les défauts et les qualités que tu apprécies le plus chez quelqu’un ?

- (Mylène réfléchit longuement avant de se confier) En ce qui concerne les qualités, ça me semble évident : droiture et intégrité. Mais revanche pour les défauts, c’est un peu plus complexe. Bien entendu le mensonge et la malhonnêteté me font horreur. Mais je crois quand même que ce qui me gène le plus, c’est de me trouver devant quelqu’un dont j’ai l’impression qu’il n’a pas d’âme, si vous voyez ce que je veux dire. Le creux, l’inconsistance.

Revenons-en un peu à la musique. Dis-nous M ylène ce que tu aimes écouter quand tu es tranquillement chez toi -dans ta prison dorée, si tu préfères !

- J’écoute beaucoup de musique classique, et j’adore les bandes originales des musiques de films. On en revient une fois de plus, je crois, à l’imaginaire. Mais il y a également des chanteurs que j’apprécie beaucoup et dont je ne me lasse pas. Renaud, Kate Bush, Serge Gainsbourg par exemple, ou encore Jacques Dutronc. En ce qui le concerne, j’avoue avoir une petite préférence pour le Dutronc d’hier, par rapport au Dutronc d’aujourd’hui…

Peut-on savoir quels sont tes projets pour les mois qui suivent ?

- Pour l’instant, je suis en pleine promotion et cela m’occupe à temps plein. D’autant plus que l’album « Ainsi Soit Je… » a reçu un accueil formidable, ce qui me fait un énorme plaisir. Donc pas de vacances ! Mais cela ne me prive guère, comme je vous l’ai déjà dit. Pourtant, j’aimerais quand même voyager pour découvrir certains pays. L’Inde par exemple, particulièrement, j’adorerais y aller un jour. On verra plus tard ! Aujourd’hui, tout va bien comme ça. Je suis ainsi faite que je préfère travailler plutôt que me reposer, alors je suis comblée. Je suis d’un naturel optimiste, j’ai confiance.

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Mylène dans ICI PARIS

Posté par francesca7 le 16 juin 2013

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Interview de Mylène – date de PARUTION dans ICI PARIS 13 AVRIL 1988

article intitulé : La prison dorée de Mylène Farmer – Entretien avec Françoise COUSTEAU

Mylène dans  ICI PARIS dans Mylène en INTERVIEW myl7n-221x300

A propos de sa façon d’envisager les clips :

- Vous savez, la vie de tous les jours m’ennuie. Elle me fait même peur. L’imaginaire joue un rôle essentiel dans mon existence. A travers les clips, je me retrouve comme par enchantement dans une espèce de miroir.

A propos de son amour pour les animaux, plus particulièrement les chevaux :

- Quand j’avais douze ou treize ans, je ne rêvais que d’équitation et de chevaux. Je montais énormément, voulant en faire mon métier. J’ai passé plusieurs concours, mais le gros obstacle, le seul que je n’ai jamais réussi, fut le côté pédagogique de la chose. C’était trop loin de moi. C’est pour ça que j’ai changé de direction.

A propos de son nouvel appartement et de ses petits singes :

- En fait, mon appartement c’est un peu ma prison dorée. J’éprouve de plus en plus de difficultés à me promener dans la rue. Je déteste sortir le soir, aller au restaurant. Mais en même temps, je n’ai jamais envisagé de vivre ailleurs qu’à Paris. J’ai besoin d’être au centre de l’action. Et puis surtout, chez moi j’ai mes deux grands amours : mes deux singes. Ce sont des sapajous capucins. La mère, E.T., a cinq ans ; le bébé, qui s’appelle plus prosaïquement Léon, n’a que cinq mois. Vous ne pouvez pas savoir la tendresse que nous partageons ! C’est fabuleux. Je pense même que c’est à cause de E.T. et de Léon que je n’aime pas les vacances. Je culpabiliserais trop à l’idée de les confier à une tierce personne. Quant à les emmener avec moi, ça pose souvent des problèmes insurmontables.

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Gentleman …Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 8 juin 2013


Entretien avec Didier REBOUL-SCOTTY – dans SALUT en MARS 1988

Gentleman ...Mylène Farmer dans Mylène en INTERVIEW farmerLa préparation et l’enregistrement d’un album comme « Ainsi Soit Je… » demandent quelle somme de travail ?

- Le temps d’y penser, de le préparer et enfin de concrétiser les idées. Disons cinq mois en tout.

Où a-t-il été enregistré ?

- Essentiellement au studio Méga, porte de la Muette.

Quelles sont en général vos sources d’inspiration pour écrire ?

- Elles me sont propres, mais pourraient prévenir de Baudelaire, Edgar Poe…

Ce look garçonne, est-ce une manœuvre médiatique délibérée ou est-ce un goût spontané ?

- Comme on aime changer de comportement, on aime changer d’habits sur chaque chanson. Aborder chaque fois un thème différent, c’est amusant.

Qui vous habille ?

- Différents couturiers. Fayçal Amor, avec qui j’ai beaucoup travaillé. Il y a aussi une femme que j’aime beaucoup, c’est Marie-Pierre Tattarachi.

Ne songez-vous pas à créer une griffe M ylène Farmer ?

- Non ! Ce n’est pas mon propos…

Vous aimez cultiver l’ambiguïté. Vous imaginez-vous homme ?

- Non ! De même que je ne m’imagine pas plus femme. C’est exactement le paradoxe que je n’ai pas su résoudre !

Depuis « Tristana », vous dansez dans vos chansons. Avez-vous pris des cours de danse ?

- Non, pas du tout. C’est moi qui ai inventé la chorégraphie. En fait, disons que c’était l’envie d’aborder une gestuelle plus qu’autre chose.

On ne vous a pas vue dans le disque « Band Aid » ou dans toute autre œuvre humanitaire. Pourquoi ?

- Parce que ce n’est pas mon métier, ni ma volonté que de privilégier telle ou telle cause humanitaire. Parce qu’à ce moment-là, il faudrait toutes les faire. Je préfère faire des choses que personne ne fait, et surtout ne pas médiatiser ce genre d’activités.

Un grand journal vient de publier un article concernant le play-back à la télévision en s’élevant conte son utilisation intensive. Qu’en pensez-vous ?

- Le problème, c’est que l’on ne donne pas aux artistes tous les moyens pour bien chanter en direct à la télé.

Alors pourquoi aller se casser les pieds ? Parce que c’est vraiment ça ! Ou alors, on met la technique à la hauteur de ses envies. Quant à ceux qui prônent l’autre sensibilité à la télévision, ils se trompent. Pour ça, il y a la scène. Donc laissez les gens en play-back à la télé Alain-Fournier a dit que ‘le bonheur est une chose terrible à supporter’. Qu’en pensez-vous ?

- Je ne sais pas ce qu’est le bonheur…

Vous n’êtes pas heureuse ?

- Ce n’est pas le problème. Je ne pourrais pas parler en terme de bonheur. Disons tristesse et beauté…

Qui a eu l’idée de reprendre le titre « Déshabillez-moi » ? Cela venait juste d’être fait ! (par Patty Laine, nda)

- Détrompez-vous, les deux chansons sont sorties simultanément. C’est donc purement un hasard. J’aime cette chanson, le texte est très amusant.

Si un grand magazine, genre Lui, vous proposait de poser nue, accepteriez-vous ?

- C’est déjà chose faite et je n’ai pas accepté. Je n’éprouve aucun plaisir à faire ce genre de séance…

Avant de faire ce métier, aviez-vous des illusions que vous auriez perdues en route ?

- Ma vie est faite de désillusions…

Qui dit désillusions dit également illusions, non ?

- Je n’ai jamais eu d’illusions. L’illusion, c’est se tromper soi-même. Je ne pense pas, jusqu’à présent, m’être trompée ou avoir eu à fabuler sur telle ou telle chose. Non, je pense simplement qu’il y a des découvertes.

Sortez-vous beaucoup ? Fréquentez-vous les lieux branchés ?

- Pas du tout, je sors très peu.

Pardonnez-vous facilement les erreurs des autres ?

- Disons que je pardonne en règle générale tout ce qui est pardonnable.

Et vos erreurs à vous ?

- Quelqu’un a dit ‘Avoir un remord est une seconde faute’. Voilà.

Qu’est-ce qui vous semble le plus dur dans ce métier ?

- Mais tout est difficile. Pour moi, je crois sincèrement et sans aucune animosité que ce sont les interviews.

Avec Renaud et Goldman, notamment, vous faites partie de ces chanteurs avec qui on ne sait jamais si on obtiendra un rendez-vous. Pourquoi avez-vous une telle défiance à l’égard de la presse ‘jeune’ ?

- Peut-être parce qu’elle a tendance à trahir nos propos, voulant les vulgariser au sens premier du terme. C’est déplaisant parfois de se relire et de ne pas retrouver ses mots, sa pensée…

Les projets ? Les ambitions ? M ais au fait, êtes-vous une ambitieuse ?

- Je pense que j’en suis une, oui. Les projets ? Une salle à Paris, mais je ne peux pas en parler car rien n’est encore décidé. Disons dans un futur proche…

Appréciez-vous une certaine qualité de vie ? En deux mots, êtes-vous du genre bourgeois ?

- J’apprécie simplement ‘ma’ qualité de vie, du moins je la vis.

L’argent, c’est important ?

- Oui, dans la mesure où je peux m’offrir ce dont j’ai envie. A part cet avantage, cela ne va pas au-delà.

Vous n’êtes pas matérialiste ?

- Vraiment pas du tout !

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Mylène Farmer, ainsi soit-elle : Interview

Posté par francesca7 le 8 juin 2013


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Entretien avec Hervé NAGUET – ROCK NEWS d’ AVRIL 1988

Cet entretien est d’abord paru dans « Rock News » puis le mois suivant dans « Pulsions », agrémenté de quelques questions supplémentaires et amputé d’autres. C’est la retranscription intégrale qui est proposée ici.

Hervé Naguet : Avant de parler de ton nouvel album, j’aimerais revenir sur « Sans Contrefaçon » et te demander si, à choisir, tu aurais préféré être un garçon.

Mylène Farmer, ainsi soit-elle : Interview dans Mylène en INTERVIEW ainsi-soitellleMylène Farmer  :  La seule chose que je puisse dire, c’est que toute une période de mon enfance fut un ‘purgatoire’, c’est-à-dire que, dans mon comportement, je ne figurais ni comme jeune fille ni comme jeune garçon. Une chanson, c’est plus un plaisir et un amusement. Même si aborder ce sujet n’est pas un hasard, ce qu’il faut mettre en avant, c’est une chanson.

Combien de temps as-tu travaillé avec Laurent pour arriver à sortir « Ainsi Soit Je… » ?

- Quatre mois de studio et, avec l’écriture des textes, l’écoute des musiques de Laurent, etc. on peut estimer cela globalement à cinq, six mois de travail.

« Ainsi Soit Je… », ce n’est pas un peu mégalo comme titre ?

- C’est vrai que de dire et d’affirmer ‘ainsi soit je’ est une forme de mégalomanie mais, dans mon esprit, je ne l’ai pas formulé dans cette intention. Maintenant, chacun va interpréter comme il le sent. « Ainsi Soit Je… », c’est la présentation d’une jeune fille avec tous ses paradoxes et ses ambiguïtés. « Ainsi Soit Je… », c’est aussi l’univers d’Edgar Poe et, indirectement, celui de Baudelaire. C’est la présentation d’une personne et de sa personnalité.

Y a-t-il un fil conducteur dans « Ainsi Soit Je… » ?

- On me parle d’album concept, je comprends ce que ça veut dire sans trop le comprendre. Je peux en parler différemment, car j’ai écrit tous les textes et j’ai abordé des auteurs, des personnages et des thèmes qui sortent de moi. Quand je parle d’Edgar Poe, c’est parce qu’il est quelqu’un qui a vraiment fait partie de ma vie. Baudelaire, c’est encore autre chose. « Sans Logique », c’est le paradoxe satanique et angélique. Ma personnalité et ma dualité, c’est réellement ça. Je peux basculer très facilement d’un extrême à l’autre.

Quel est ton signe astrologique ?

- Je ne suis pas très portée sur l’astrologie, mais cette dualité intense s’explique peut-être par le fait que je sois Vierge ascendant Vierge, et qu’il y a une bataille permanente entre les deux.

Tu définissais « Cendres de Lune », ton précédent album, comme un disque d’ambiance plutôt que de promotion. Comment définirais-tu « Ainsi Soit Je… » ?

- Je n’aime pas définir quelque chose. Quand on répond à des interview s, on est un peu obligé de réduire les choses. Si je vous dis que le premier album était intuitif et que le second est beaucoup plus profond, c’est caricatural, mais c’est un peu vrai. Quand on fait une première oeuvre, disque, livre, on veux parler de tellement de choses que c’est parfois un peu confus. Avec, un second album, on maîtrise mieux son oeuvre.

Tu me parles d’Edgar Poe et de Baudelaire, ce sont deux auteurs étranges aux univers bizarres. Ce qui est frappant quant on parle de toi avec d’autres artistes, c’est qu’ils adorent ce que tu fais mais tu les inquiètes par ton côté un peu morbide.

- C’est vrai que la mort, la mère, l’infanticide, tous les thèmes tabous n’ont pas été tellement abordés et, quand on en parle, on dérange et on inquiète. Ce sont des sujets qui me passionnent et qui me tourmentent comme Edgar Poe, qui faisait ressentir à travers ses écrits toutes ses angoisses sur la mort et la peur du néant.  Aborder ces thèmes dans une chanson peut déranger, voire choquer. Tout cela est dur à expliquer. Les gens ont l’air d’apprécier ce côté ambigu de ma personnalité.

C’est vrai aussi que ta promotion a l’air d’être extrêmement calculée…

- Oui, et c’est peut-être frustrant pour le public mais ça l’est aussi pour moi. Il est dur d’arriver à imposer sa personnalité et c’est facile de la détruire. Le jour où je déciderai de faire de la scène, de donner rendez-vous aux gens qui m’aiment, il se passera forcement quelque chose d’important pour le public et pour moi.

Qu’est-ce qui a changé en toi depuis un an ?

- Il y a une chose très importante, c’est le courrier. Je ne parle pas des demandes d’autographes mais des lettres qui font deux ou trois pages et qui vous disent des choses sur vous, sur la manière dont les gens vous perçoivent. Plus ça va, plus ce courrier contient des choses importantes qui me touchent réellement par rapport à ce que moi je propose. D’autre part, le succès change forcément les choses, plus par rapport à l’esprit qu’à la vie courante. Je crois que c’est un mélange d’angoisse et de plaisir qui sont décuplés, mais l’un ne va pas sans l’autre. C’est une jouissance qui vous meurtrit.

Pourquoi le choix de ne pas faire de galas ?

- Déjà, je n’aime pas les boîtes de nuit, lieu où se déroulent la plupart des galas. Je n’aime pas être au milieu du monde. Il faut être lucide : si les artistes font des galas, c’est avant tout pour l’argent et, bien sûr, je peux comme tout le monde en avoir besoin. Mais je ne ferais pas de galas pour cela car, pour moi, un gala c’est l’antiplaisir par excellence. Mon vrai plaisir, ce sera de faire de la scène.

Tu n’as pas l’impression de frustrer ton public ?

- Je ne crois pas, car il verrait une représentation qui ne serait pas mienne, que je n’aurais pas préparée.

Et ce rendez-vous ‘d’amour’, c’est prévu pour quand ?

- Un an, deux ans…En tout cas, pas au-delà de deux ans.

Le clip de « Sans Contrefaçon » a donné lieu à une rencontre surprenante, celle de Zouc et de Mylène Farmer. Comment cela s’est-il passé ?

- Je ne connaissais pas Zouc personnellement, mais j’apprécie énormément son personnage et ses spectacles. Elle a effectivement des points communs avec moi parce qu’elle a abordé, entre autres, le domaine de l’enfance et de ses problèmes, de la mort, de la naissance. C’est une femme impalpable, une artiste. C’est un personnage étonnant, dérangeant. La rencontre s’est déroulée au cours de l’émission « Mon Zénith à Moi », et quand, avec Laurent, nous avons commencé à écrire le clip, le personnage de Zouc s’est imposé. Elle représente une sorcière, mais la sorcière dans son côté ambigu : on ne sait pas si c’est une fée ou une sorcière.

Ce clip marquait un changement dans le fond…

- Il y a eu trilogie avec « Plus Grandir », « Libertine » et « Tristana ». Ensuite, il était nécessaire de changer et cela s’est fait naturellement. Le clip de « Sans Contrefaçon » inspire plus de réflexion que les autres, qui étaient plus de très belles images et des scènes intenses qu’une histoire réelle sur un thème précis. Pour « Ainsi Soit Je… », la seule chose que je puisse dire, c’est que ça va être sobre, avec tout ce que ça comporte de difficultés.

Le clip, surtout tel que vous le concevez Laurent et toi, peut pousser au cinéma. Qu’en est-il à l’heure actuelle ?

- J’espère vraiment que nous pourrons tourner un film ensemble, ce serait un beau cadeau. Maintenant, il n’y a rien de précis. Laurent a un projet qui va sûrement se concrétiser. Quant à moi, j’ai reçu des propositions mais rien de bien excitant. J’attends vraiment quelque chose qui me motive entièrement car j’ai vraiment la patience d’attendre. On fait des erreurs quand on n’a pas la force de patienter.

J’aimerais qu’on connaisse un peu mieux le côté personnel de M ylène Farmer, qu’on arrête de parler de la chanteuse pour parler de ses goûts et de ses aspirations. Pour toi, le look, la mode, c’est important ?

- Le mot ‘look’ me fait frémir, j’ai horreur de cette appellation. Quant à l’habit, c’est quelque chose que j’adore. Ma mère n’y est pas étrangère, elle adorait s’habiller et obligatoirement cela m’a marquée. Maintenant, l’aspect physique n’est pas toujours le reflet de l’aspect mental mais les chaussures sont très importantes et peuvent laisser transparaître une personnalité.

Et la politique, tu réagis à ce qui se passe actuellement ? (nda : le contexte de l’époque était le premier tour de l’élection présidentielle qui vit François Mitterrand réélu)

- Je peux avoir des opinions politiques mais je ne me prononcerai jamais, à part sur des choses très, très importantes où je pourrais profiter de mon personnage public pour faire avancer des choses, voire influencer des gens.

Justement, utiliserais-tu le fait d’être un personnage public pour soutenir une cause si on te le demandait ?

- Non. Il y a une chose que je trouve dommage, c’est qu’à l’heure actuelle de nombreuses émissions télévisées demandent des dons pour telle ou telle cause. C’est formidable, mais il arrive un moment où c’est trop, les gens ont des limites. On m’a souvent demandé de participer à des galas pour ‘X’ ou ‘Y’ : je dis non. Le jour où j’aurai envie de faire quelque chose, je le ferai directement sans que tout le monde le sache que j’ai fait un chèque de tant de francs. J’ai besoin de me respecter, et je ne pourrais pas faire autrement.

Comment définis-tu l’amour et comment le vis-tu ?

- Qui est capable de le définir ? C’est la chose la plus inabordable qui existe, c’est un mélange d’euphorie et d’horreur. Une fois de plus, je pense à Edgar Poe qui a écrit une nouvelle sur une femme qui est sans doute la femme idéale. Tous les superlatifs pour la décrire sont destructeurs et impalpables.

Arrives-tu à bien le vivre ?

- Ni bien, ni mal. Je le vis avec ce que je viens de dire, des moments d’euphorie et des moments terribles. Mais la vie, c’est ça pour tout le monde, artiste ou pas. On peut vendre des millions de disques comme être ouvrier et se lever le matin avec l’envie de te suicider. Le quotidien est la chose la plus difficile à vivre.

Quel est le mot qui te fait horreur ?

- La chose qui me tourmente le plus et qui me fait le plus mal, c’est la désillusion perpétuelle. C’est de vivre avec cette notion du dérisoire. Ça, c’est très dur à vivre.

Et le temps ?

- Il m’obsède. C’est un peu pour ça, le choix de « L’Horloge » de Baudelaire dans l’album. La fuite du temps, c’est horrible.

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Mylène Farmer la scène c’est la création

Posté par francesca7 le 28 mai 2013


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Cette interview exclusive de Mylène Farmer a été réalisée lundi 4 mai 2009, au lendemain de son deuxième concert niçois, dans l’hôtel où elle séjournait, à Saint-Paul-de-Vence, près de Nice.

Comment vous sentez-vous après ces deux premiers concerts niçois ?

Fatiguée et soulagée. Le plus dur, c’est le premier spectacle. Avant, la peur m’habite. C’est une grosse machinerie qui impose que les choses soient, au départ, bridées. Il faut ensuite passer de la répétition à la légèreté, dépasser le côté robotisé. Il y a un gros travail sur l’image, sur chaque tableau, avec toujours l’objectif d’offrir du rêve.

 

Mylène Farmer la scène c'est la création  dans Mylène dans la PRESSE en-scene

C’est un défi physique important ?

Six mois d’entraînement, avec un coach, mon coach. Essentiellement de l’endurance. C’est fondamental avec une telle énergie. Chanter et danser à la fois n’est pas simple.

A la moitié du spectacle, on entre dans une phase intimiste, avec des ballades. Un moment qui semble vous procurer de l’émotion, vous embrumer les yeux…

Ceux qui ne m’aiment pas vont forcément trouver ça forcé. Mais même en répétition, ça me prend. Car nous sommes dans un moment de dépouillement, dans la fragilité de l’âme. Un moment de partage avec le public (qui chante beaucoup à ce moment là, N.D.L.R.). Je crois que l’émotion passe à travers le piano d’Yvan Cassar, qui est un grand pianiste, et dans les mots. On raconte sa propre histoire et chacun peut inventer la sienne à travers les mots.


Le public est, en quelque sorte, plongé dans un tourbillon sonore et visuel quasi hypnotique. Vous l’avez voulu ainsi ?

J’espère ne pas en avoir trop fait. L’idée, sans vouloir être prétentieuse, est de titiller l’imaginaire, l’inconscient.

Quelle est la base de départ de ce spectacle ?

Vous savez, nous sommes réceptifs à ce qui nous marque profondément, dans la littérature, le cinéma, l’art. Outre des désirs picturaux, je voulais arriver à quelque chose de contemporain, avec des symboles forts. Après, ça se construit comme un collier de perles.

Ce qui domine, dans le décor, ce sont deux grands squelettes…

Les squelettes, ce sont mes écorchés, inspirés par une sculpture du XVe siècle, qui existe dans une église en France. Après nous avoir écouté, Laurent (Boutonnat) et moi, Mark Fisher (concepteur du décor) nous a présenté cette œuvre, appelée « Le transit ». On lui a dit, il nous la faut, en immense… L’écorché, c’est le passage entre l’homme et le squelette, c’est la mort dans une certaine légèreté.

Il y a aussi un tableau animé, qui apparaît à la fin de « Ainsi sois-je », impressionnant et lugubre…

Il nous a été proposé par Alain Escalle (concepteur des décors). Une errance de personnages sur une plage. Une image très retravaillée par Alain de manière à le rendre, comment dire, fantomatique.

On va encore vous reprocher de tirer vers le lugubre, voire le morbide…

L’idée d’expliquer cela m’est difficile. Comment dire ? Pour moi, ce n’est pas morbide. Je veux simplement faire appel, encore une fois, à l’imaginaire, à l’inconscient. Bien sûr, cela draine des symboles. Mais, à chacun de se les approprier comme il l’entend. Ce n’est pas un passage en force. L’envie de choquer ne fait pas partie de moi. Mais l’envie de faire réagir, si ! C’est une manière de se sentir vivant. Dans mon dernier clip, la danse des squelettes est ludique.

Et c’est vrai, qu’en tenue d’écorché, vous êtes plutôt sexy…

(Elle sourit). Autant qu’à être terrifié par la mort, parce qu’elle est inéluctable, autant le prendre avec légèreté, autant en rire. Même si ce n’est pas tous les jours facile…

Est-ce que vous vous censurez parfois ?

Je crois qu’il y a toujours un peu d’auto-censure. Mais chez moi, cela arrive plutôt dans mes mots. Je vous donne un exemple. Dans « C’est une belle journée », je chante « C’est une belle journée/Je vais me coucher. » J’avais d’abord écrit, avec cynisme et dérision : « C’est une belle journée/Je vais me tuer. » Je me suis dit que cela allait peut-être trop loin, qu’il y avait des vies fragiles, que cela pouvait avoir des incidences. Donc, j’ai changé mon texte. Par contre, un sexe peut apparaître sur un écran, s’il n’est pas obscène, il n’y a aucun problème, cela fait partie de la vie.

Il y a beaucoup de représentations du corps dans votre spectacle. Par exemple, les images d’un couple qui s’attire et se repousse. Et surtout la trentaine de poupées nues, grandeur humaine, qui vous ressemblent, exposées dans une immense bibliothèque en fond de décor…

Le corps dans sa plénitude, puis dans sa décomposition avec l’écorché. Le vie faite de contorsions… Le couple en images que vous évoquez, ce sont deux danseurs. Ils expriment des sentiments d’amour et des expressions de douleur. Parce que l’amour intègre aussi le sentiment de douleur.


Pour résumer, votre univers est beaucoup un univers d’amour et de fantastique, non ?

J’adore le fantastique, dans le sens magique du terme, c’est-à-dire qui nous transporte hors de la réalité. J’ai été bercée par Edgar Poe et je continue à le lire et à le relire. Comme Stefan Zweig, comme Kafka. J’ai aussi adoré une série que j’ai découverte il y a peu, qui s’appelle, en français, La caravane de l’étrange. Sur un cirque itinérant, bizarroïde. Cela pullule de symboles, avec ce qui fait un cirque, un côté hyper-sensible et effrayant. C’est très bien réalisé. Un vrai voyage, métaphysique à souhait. J’aime ces univers.

Pour revenir concrètement au concert, aujourd’hui n’avez pas l’impression de plus créer l’événement avec vos spectacles qu’avec vos disques ?

D’abord, la scène est la création ultime. Personne n’entrave quoique ce soit. Quant à l’émotion, elle est d’abord générée par le concert, par ce qui se passe avec le public. Ensuite, il ne faut pas être dupe. C’est une évidence que l’économie du disque s’écroule. C’est une réalité avec laquelle il faut composer.


A ce propos, vous remplissez deux Stade de France en quelques heures et abordez une tournée de 32 concerts tous complets ou presque. L’engouement ne faiblit pas. Impressionnant, non ?

Cela m’émeut. En toute humilité, je me dis pourquoi moi ? Mais je n’ai jamais pensé que le public était acquis. Ce serait une erreur totale. Il peut être déçu. Il peut y avoir des hauts et des bas. Bien sûr, on a envie de durer, c’est humain, mais ça ne me hante pas. On ne peut pas forcer les choses. On peut engendrer. On peut décourager. Mais on est pas maître de sa vie. Par contre, pour durer, la chose fondamentale, c’est le travail. C’est une certitude. Cela se passe parfois dans la souffrance. Mais ça vaut le coup.

Même si cela peut vous valoir de vivre dans un « Paradis inanimé », comme vous le chantez dans votre dernier album. En quelques mots, être une star, c’est être seul ?

J’aurais pu choisir, un moment, une autre carrière, à l’international. J’ai souhaité rester sur la France, même si la Russie s’est offerte à moi un peu plus tard. Donc, j’aurais pu encore aller plus loin. Cela dit, je crois avoir toujours été un être solitaire avec, en même temps, une grande envie et un grand besoin de l’autre. Il faut juste bien choisir. Quoiqu’il en soit, je crois que les êtres humains ont un peu tous les mêmes appréhensions, les mêmes démons.

L’une des principales surprises de votre dernier album, c’est le côté révolutionnaire dans deux-trois titres comme « Réveiller le monde » où vous chantez : « Réveiller le monde/Rêver d’un autre été (…)/Révolus les mondes/Sans une révolution. » Surprenant ?

Je ne suis pas sûre de vouloir porter ce chapeau… Mais j’aime l’idée de la révolution, d’un peuple qui se soulève. J’aime le mouvement de masse. C’est une envie. Une espèce de cri de bête. Pas un message politique. Un regroupement est une force incroyable alors que parfois l’homme dans son individualité me terrifie.

On ne peut finir cette interview sans se rappeler que vous avez du sang breton, par votre mère, qui vit en Bretagne. Que pensez-vous avoir de breton en vous ?

(Elle sourit) La ténacité, le sens des valeurs profondes de la terre. Et puis… j’adore les crêpes ! Ma mère vit du côté de Pleyben. Enfant, j’ai passé mes vacances en Bretagne, à la ferme. J’adore les paysages tourmentés de la Bretagne.

Voir l’article paru ce jeudi dans le quotidien Ouest-France.

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L’ILLUSTRÉ de Mylène Farmer : 2 MARS 1988

Posté par francesca7 le 26 mai 2013


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Entretien interview de Mylène Farmer avec Sandrine COHEN

A propos du thème de « Plus Grandir » :

- Je veux plus grandir, parce qu’au bout il y a la mort, et ça me fait peur. Tout comme me font peur mes relations avec les hommes. L’acte sexuel est quelque chose de très violent. C’est aussi une fin en soi…là, on est une femme, et je déteste ce mot. Il faudrait en réinventer un !

L'ILLUSTRÉ de Mylène Farmer : 2 MARS 1988 dans Mylène en INTERVIEW mf80_124aA propos du thème de « Sans Contrefaçon » :

- Je suis née comme ça, avec un corps androgyne et tout le monde me prenait pour un garçon. L’androgynie est quelque chose qui m’attire et pour ça, ce métier est une formidable thérapie puisque je peux faire des folies et me travestir ! Adolescente, l’envie que j’avais d’être un garçon tournait à l’obsession, la névrose. Je refusais d’être une fille. Aujourd’hui, je suis toujours plus attirée par la gent masculine que la gent féminine. Je crois que si j’avais été un homme, j’aurais été profondément misogyne !

A propos de suivre l’air du temps :

- Je me moque des courants et des modes. Je fais ce que j’ai envie, point final. Depuis l’enfance, c’est évident, j’ai toujours eu en moi l’envie de sortir des sentiers battus, envie d’exister à ma façon.

A propos du côté cinématographique de chacun de ses clips jusqu’alors :

- Le clip est aussi pour moi une façon de faire un bout de chemin vers le cinéma…

A propos de sa rencontre avec Laurent Boutonnat :

- Je vivotais entre des cours de théâtre, le travail de mannequin et l’équitation lorsqu’à un dîner, on m’a présenté Laurent. C’est une rencontre magique.

A propos du soin apporté à tout ce qu’elle fait :

- Raffinée, j’espère l’être. La sophistication aussi m’attire. J’aime les choses élaborées, pensées…Rien n’est fait au hasard : ni la pochette du disque, ni le mixage, ni les passages TV, ni le clip…

A propos de son caractère paradoxal :

- Enfant, j’étais à la fois un mélange de personnage très introverti, et en même temps j’avais ce besoin de me faire remarquer. J’ai toujours aimé étonner. J’aime aussi la provocation, c’est le piquant de la vie. Je suis à la fois folle et sage. C’est douloureux et formidable d’affronter toutes ces turbulences.

A propos de son malaise face aux interviews :

- Mon caractère, c’est justement de ne pas parler. Je n’ai pas envie de m’expliquer, d’analyser…

A propos de sa conception de l’amour :

- En amour, j’aime la bagarre. Mais je ne me sens pas armée pour affronter le combat le plus difficile, celui de la vie.

Les dernières questions sont formulées de façon plus conventionnelle :

Vous avez peur des gens ?

-Peur, non, mais…j’ai des excès de misanthropie, quelquefois. Les êtres affables, égaux et paisibles m’ennuient.

Si je résume cet entretien, vous êtes compliquée, introvertie, paradoxale, androgyne…

- Arrêtez, arrêtez ! Je vais me suicider !

Comment ?

- La pendaison. C’est le dernier plaisir donné à un homme…

Cette interview trouve une nouvelle vie plus de vingt ans après sur le blog de la journaliste :  zappeur-derien.fr   

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Mylène et Les questions d’actualité

Posté par francesca7 le 26 mai 2013


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TOP 50 – 2 FÉVRIER 1988

Le krach boursier ?

- Je réponds ‘A vos souhaits’.

Mylène et Les questions d'actualité dans Mylène en INTERVIEW 3075359315_1_3_wuy2q8lnLa baisse de la TVA sur les disques ?

- C’est une très bonne chose, sympathique pour Noël, mais on attendait cela depuis longtemps déjà, il était temps.

La voyance ?

- C’est un terrain miné, je n’ai rien à dire en plus.

Les rapts d’enfants ?

- C’est monstrueux, mais je me demande ce qu’il y a de plus dur : se faire enlever ou violer. Toujours est-il que les enfants sont des âmes innocentes, c’est ignoble. On n’a pas le droit de faire ça.

Le Top 50 ?

- C’est un peu vicieux et on aurait pu s’en passer. Quand on en fait partie on est plus calme. Je suis défavorable dans le fond.

La mode latino-ibérique ?

- Cela me passe au dessus de la tête.

Les limitations de vitesse ?

- Je ne conduis plus, je suis trop nerveuse et du coup je conduis trop vite, c’est dangereux. Au delà de ça, je suis quand même contre toute forme d’interdiction, quelle qu’elle soit.

Les interviews ?

- Elles se raréfient, donc maintenant je suis contente de les faire.

Les photos ?

- Je n’en fais pas. J’ai toujours voulu choisir le photographe. Les photographes ne sont pas tous bons, il y en a beaucoup qui s’improvisent comme ça, sans rien connaître. Moi je veux un droit de regard sur ce qui est publié.

Les Victoires de la musique ?

- J’ai horreur des remises de prix.

Les élections présidentielles ?

- Je n’ai jamais voté, je ne me sentais pas concernée. C’est très compliqué, je ne me suis pas penchée sur le problème. Cette année je vais peut-être changer, je ne sais pas.

Les artistes qui s’impliquent politiquement ?

- Je ne me permettrais pas de faire ça, je ne me prononcerai jamais. Je suis pour la neutralité. Un artiste ne doit pas s’impliquer en dehors de sa profession.

Le compact disc ?

- C’est une petite merveille pour le son, j’adore cet objet. C’est fantastique sur le plan technique. J’aimerais avoir une quantité de disques.

Le Pen ?

- C’est un bouffon, il ne m’intéresse pas.

Les covers de vieux tubes ?

- C’est agréable d’en faire sa propre version. Je me suis beaucoup amusée en faisant « Déshabillez-Moi ». C’est la mode des covers en ce moment, mais cela peut être dangereux.

Les otages français ?

- On peut dire que l’on ne connaît pas les coulisses de toute cette histoire, c’est surtout cela qui est choquant. C’est hallucinant de voir comment on peut être manipulé.

Les films d’horreur ?

- Il y a horreur et horreur. Je n’aime pas du tout ce qui tombe dans le grotesque. Par contre, les films à suspens ou qui font vraiment froid dans le dos, sans en faire trop, j’adore.

Le show-biz ?

- Je ne me considère pas comme appartenant à la grande famille du show -biz. Dans l’ensemble, je n’ai pas d’affinités avec ces gens-là. Il faut avoir un peu de recul et garder une possibilité d’évasion. Même les gens que je respecte, je ne les vois pas ou très peu.

Les livres de science-fiction ?

- Tout dépend de ce que l’on appelle science-fiction. La littérature fantastique comme ce que fait Edgar Poe, j’adore ! Le reste, je suis beaucoup moins attirée…

Les proverbes ?

- Cela dépend desquels… Ma maxime préférée est ‘La parole est d’argent, le silence est d’or’.

Le Coca-cola ?

-          Oui, mais surtout sans glaçons.

 

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Mylène Farmer : « la scène c’est la création ultime »

Posté par francesca7 le 26 mai 2013

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En 2009

Comment vous sentez-vous après ces deux premiers concerts niçois ?

Mylène Farmer : Fatiguée et soulagée. Le plus dur, c’est le premier spectacle. Avant, la peur m’habite. C’est une grosse machinerie qui impose que les choses soient, au départ, bridées. Il faut ensuite passer de la répétition à la légèreté, dépasser le côté robotisé. Il y a un gros travail sur l’image, sur chaque tableau, avec toujours l’objectif d’offrir du rêve.

C’est un défi physique important ?

Six mois d’entraînement, avec un coach, mon coach. Essentiellement de l’endurance. C’est fondamental avec une telle énergie. Chanter et danser à la fois n’est pas simple.

A la moitié du spectacle, on entre dans une phase intimiste, avec des ballades. Un moment qui semble vous procurer de l’émotion, vous embrumer les yeux…

Ceux qui ne m’aiment pas vont forcément trouver ça forcé. Mais même en répétition, ça me prend. Car nous sommes dans un moment de dépouillement, dans la fragilité de l’âme. Un moment de partage avec le public (qui chante beaucoup à ce moment là, N.D.L.R.). Je crois que l’émotion passe à travers le piano d’Yvan Cassar, qui est un grand pianiste, et dans les mots. On raconte sa propre histoire et chacun peut inventer la sienne à travers les mots.


Le public est, en quelque sorte, plongé dans un tourbillon sonore et visuel quasi hypnotique. Vous l’avez voulu ainsi ?

J’espère ne pas en avoir trop fait. L’idée, sans vouloir être prétentieuse, est de titiller l’imaginaire, l’inconscient.

Quelle est la base de départ de ce spectacle ?

Vous savez, nous sommes réceptifs à ce qui nous marque profondément, dans la littérature, le cinéma, l’art. Outre des désirs picturaux, je voulais arriver à quelque chose de contemporain, avec des symboles forts. Après, ça se construit comme un collier de perles.

Ce qui domine, dans le décor, ce sont deux grands squelettes…

Les squelettes, ce sont mes écorchés, inspirés par une sculpture du XVe siècle, qui existe dans une église en France. Après nous avoir écouté, Laurent (Boutonnat) et moi, Mark Fisher (concepteur du décor) nous a présenté cette œuvre, appelée « Le transit ». On lui a dit, il nous la faut, en immense… L’écorché, c’est le passage entre l’homme et le squelette, c’est la mort dans une certaine légèreté.

Il y a aussi un tableau animé, qui apparaît à la fin de « Ainsi sois-je », impressionnant et lugubre…

Il nous a été proposé par Alain Escalle (concepteur des décors). Une errance de personnages sur une plage. Une image très retravaillée par Alain de manière à le rendre, comment dire, fantomatique.

On va encore vous reprocher de tirer vers le lugubre, voire le morbide…

L’idée d’expliquer cela m’est difficile. Comment dire ? Pour moi, ce n’est pas morbide. Je veux simplement faire appel, encore une fois, à l’imaginaire, à l’inconscient. Bien sûr, cela draine des symboles. Mais, à chacun de se les approprier comme il l’entend. Ce n’est pas un passage en force. L’envie de choquer ne fait pas partie de moi. Mais l’envie de faire réagir, si ! C’est une manière de se sentir vivant. Dans mon dernier clip, la danse des squelettes est ludique.

Et c’est vrai, qu’en tenue d’écorché, vous êtes plutôt sexy…

(Elle sourit). Autant qu’à être terrifié par la mort, parce qu’elle est inéluctable, autant le prendre avec légèreté, autant en rire. Même si ce n’est pas tous les jours facile…

Est-ce que vous vous censurez parfois ?

Je crois qu’il y a toujours un peu d’auto-censure. Mais chez moi, cela arrive plutôt dans mes mots. Je vous donne un exemple. Dans « C’est une belle journée », je chante « C’est une belle journée/Je vais me coucher. » J’avais d’abord écrit, avec cynisme et dérision : « C’est une belle journée/Je vais me tuer. » Je me suis dit que cela allait peut-être trop loin, qu’il y avait des vies fragiles, que cela pouvait avoir des incidences. Donc, j’ai changé mon texte. Par contre, un sexe peut apparaître sur un écran, s’il n’est pas obscène, il n’y a aucun problème, cela fait partie de la vie.

Il y a beaucoup de représentations du corps dans votre spectacle. Par exemple, les images d’un couple qui s’attire et se repousse. Et surtout la trentaine de poupées nues, grandeur humaine, qui vous ressemblent, exposées dans une immense bibliothèque en fond de décor…

Le corps dans sa plénitude, puis dans sa décomposition avec l’écorché. Le vie faite de contorsions… Le couple en images que vous évoquez, ce sont deux danseurs. Ils expriment des sentiments d’amour et des expressions de douleur. Parce que l’amour intègre aussi le sentiment de douleur.


Pour résumer, votre univers est beaucoup un univers d’amour et de fantastique, non ?

J’adore le fantastique, dans le sens magique du terme, c’est-à-dire qui nous transporte hors de la réalité. J’ai été bercée par Edgar Poe et je continue à le lire et à le relire. Comme Stefan Zweig, comme Kafka. J’ai aussi adoré une série que j’ai découverte il y a peu, qui s’appelle, en français, La caravane de l’étrange. Sur un cirque itinérant, bizarroïde. Cela pullule de symboles, avec ce qui fait un cirque, un côté hyper-sensible et effrayant. C’est très bien réalisé. Un vrai voyage, métaphysique à souhait. J’aime ces univers.

Pour revenir concrètement au concert, aujourd’hui n’avez pas l’impression de plus créer l’événement avec vos spectacles qu’avec vos disques ?

D’abord, la scène est la création ultime. Personne n’entrave quoique ce soit. Quant à l’émotion, elle est d’abord générée par le concert, par ce qui se passe avec le public. Ensuite, il ne faut pas être dupe. C’est une évidence que l’économie du disque s’écroule. C’est une réalité avec laquelle il faut composer.


A ce propos, vous remplissez deux Stade de France en quelques heures et abordez une tournée de 32 concerts tous complets ou presque. L’engouement ne faiblit pas. Impressionnant, non ?

Cela m’émeut. En toute humilité, je me dis pourquoi moi ? Mais je n’ai jamais pensé que le public était acquis. Ce serait une erreur totale. Il peut être déçu. Il peut y avoir des hauts et des bas. Bien sûr, on a envie de durer, c’est humain, mais ça ne me hante pas. On ne peut pas forcer les choses. On peut engendrer. On peut décourager. Mais on est pas maître de sa vie. Par contre, pour durer, la chose fondamentale, c’est le travail. C’est une certitude. Cela se passe parfois dans la souffrance. Mais ça vaut le coup.

Même si cela peut vous valoir de vivre dans un « Paradis inanimé », comme vous le chantez dans votre dernier album. En quelques mots, être une star, c’est être seul ?

J’aurais pu choisir, un moment, une autre carrière, à l’international. J’ai souhaité rester sur la France, même si la Russie s’est offerte à moi un peu plus tard. Donc, j’aurais pu encore aller plus loin. Cela dit, je crois avoir toujours été un être solitaire avec, en même temps, une grande envie et un grand besoin de l’autre. Il faut juste bien choisir. Quoiqu’il en soit, je crois que les êtres humains ont un peu tous les mêmes appréhensions, les mêmes démons.

L’une des principales surprises de votre dernier album, c’est le côté révolutionnaire dans deux-trois titres comme « Réveiller le monde » où vous chantez : « Réveiller le monde/Rêver d’un autre été (…)/Révolus les mondes/Sans une révolution. » Surprenant ?

Je ne suis pas sûre de vouloir porter ce chapeau… Mais j’aime l’idée de la révolution, d’un peuple qui se soulève. J’aime le mouvement de masse. C’est une envie. Une espèce de cri de bête. Pas un message politique. Un regroupement est une force incroyable alors que parfois l’homme dans son individualité me terrifie.

On ne peut finir cette interview sans se rappeler que vous avez du sang breton, par votre mère, qui vit en Bretagne. Que pensez-vous avoir de breton en vous ?

(Elle sourit) La ténacité, le sens des valeurs profondes de la terre. Et puis… j’adore les crêpes ! Ma mère vit du côté de Pleyben. Enfant, j’ai passé mes vacances en Bretagne, à la ferme. J’adore les paysages tourmentés de la Bretagne.

Propos recueillis par Michel TROADEC.dans le quotidien Ouest-France.

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Questions à Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 18 mai 2013

 

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Questions à Mylène Farmer dans Mylène en INTERVIEW mimi4-222x300

Dans l’émission TOP 50 du 18 janvier 1988 : 6 questions à Mylène Farmer

Mylène pourrais-tu me dévoiler le secret d’une carrière aussi fulgurante ?

-          il n’y en a pas. J’ai toujours envisagé ce métier comme une progression. Avec beaucoup de rigueur, et sans concession.

Tu as toujours, plus ou moins, un look à part. penses-tu avoir une influence sur la mode ?

-          Je ne peux pas l’établir. C’est possible puisque par le phénomène public, on a toujours une certaine influence. Il y a peut-être plus de cheveux roux ou de catogans, je ne sais pas (rires)

Participes-tu à la réalisation de tes clips ?
– au niveau du scénario toujours, c’est un travail en commun. Pour le reste, c’est Laurent Boutonnat qui s’occupe tout seul de la réalisation.

As-tu de nouvelles passions ?
- pas vraiment, je n’ai pas l’esprit pour faire autre chose, il faudrait moins de travail, pour l’instant j’ai même arrêté de dessiner, je n’ai plus le temps.

Quels sont tes projets ?
- terminer l’album, j’espère qu’il sera bien accueilli. Il devrait sortir fin janvier ou début février. J’ai aussi beaucoup de télévisions. Concernant le reste, je réaliserai sans doute mon clip (celui de « Sans contrefaçon » ) avant la sortie du prochain 45 tours. Et puis, je veux aussi changer d’appartement (rires)

Et la scène ?
- c’est quelque chose auquel je pense très sérieusement maintenant. C’et encore un peu comateux, j’ai un peu d’appréhension mais c’est plutôt attrayant. Pour l’instant, rien n’est décidé.

——————-

Elle adore : Ce qu’on lui interdit, les contes, Fayçal Amor (son styliste préféré), le cinéma, les palaces, les chaussures, Pinocchio, le Cotentin.

Elle déteste : Les fins heureuses  dans les films, les glaçons dans le Coca-cola, les petits chiens, le rose, la viande, les chaussures à talons, tous les films français, les insectes.

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Mylène du Côté de Chez FRED

Posté par francesca7 le 18 mai 2013


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Mylène du Côté de Chez FRED dans Mylène en INTERVIEW mylene-tele-star-300x224

Le 7 novembre 1988 – à l’émission du COTE DE CHEZ FRED – présenté par Frédéric MITTERRAND sur A2

On pourrait être surpris de retrouver Mylène dans cette émission culturelle de l’après-midi. Toutefois, elle n’y est pas si incongrue puisque Frédéric Mittérrand consacre son émission au cinéma de l’Est, l’une des passions de Mylène, ainsi qu’au métier de décorateur de cinéma. Mylène est donc invitée parmi d’autres intervenants, assise à côté du cinéaste russe Sergei Paradjanov, habillée d’un ample tailleur blanc cassé et les cheveux lâchés rabattus d’un côté de son visage. Elle est sollicitée à plusieurs reprises par l’animateur et conclut l’émission en interprétant pour l’unique fois à la télévision « Puisque… »

Frédéric Mitterrand : (il annonce ses différents invités) (…) Il y a un événement, c’est la sortie du clip de Mylène Farmer, Mylène Farmer est certainement une des personnalités les plus intéressantes du show – business français (à ces mots, Mylène baisse les yeux et a un sourire gêné). Elle a un univers extrêmement fort, construit avec énormément de qualité et son clip fait figure d’événement dans le monde su clip. Je voulais que Mylène Farmer soit présente en face de deux génies du cinéma (Alexandra Trauner et Sergei Paradjanov,) de manière à ce qu’on puisse confronter son univers et le leur, elle qui commence.

Après s’être longuement entretenu avec ses deux invités principaux, Frédéric Mitterrand se tourne vers Mylène.

FM : (…) Je voudrais donner la parole à Mylène Farmer parce que Mylène Farmer a un parcours tout à fait singulier dans la chanson et dans le cinéma français. Elle fait des clips, mais des clips qui sont très longs, qui sont complètement hors des normes et qui sont tout à fait remarquables, avec Laurent Boutonnat. Je voulais demander à Mylène Farmer quand elle vient d’entendre Alexandre Trauner et Sergei Paradjanov, toutes proportions gardées, Mylène Farmer, vous êtes aussi une solitaire dans la chanson française : qu’est-ce que vous retirez comme impression de ce que vous les avez entendus dire ?
Mylène Farmer : Beaucoup d’humilité de ma part. je pense que ce sont des personnes qui ont souffert beaucoup plus que moi. C’est vrai que moi j’ai un tempérament qui est très solitaire… D’autre part, je suis très émue parce que moi-même j’ai tenté d’apprendre la langue russe et que pour moi le plus beau cinéma, c’est le cinéma russe. Je l’ai découvert au travers de Tarkobski, Elem Klimov et j’ai hâte de découvrir les films de ce metteur en scène (elle désigne son voisin. Sergei Paradjanov) et je suis très émue ! (rire gêné).

FM : Et pourquoi, Mylène imposer – ce doit être très difficile – ce format par exemple de clips qui sont comme de véritables films ? On va voir un extrait malheureusement trop court du clip, et puis Mylène devait chanter pour nous, et puis on a perdu du temps sur cette émission (…) malheureusement Mylène ne pourra pas chanter, donc on verra simplement un extrait du clip (Mylène chantera pourtant bel et bien en fin d’émission) mais vraiment l’univers de Mylène Farmer est très, très sobre et très, très cohérent.
MF : Je dirais la première réponse : par amour pour le cinéma, qui est commun à Laurent Boutonnat et à moi-même, et d’autre part surtout pour s’échapper de la réalité, de tout ce que peut être le quotidien… Le rêve, avoir un besoin d’imaginaire, de vivre et de survivre.

FM : mais les maisons de disques doivent être réticentes, ou les producteurs doivent être réticents à faire un clip de 17 m, en Scope !
MF : vous savez, nous avons beaucoup investi dans ce clip et dans tous les clips précédents. C’est vrai que moi j’ai une philosophie : je préfère manger des pâtes tous les jours et pouvoir m’offrir ce genre de choses, de cinéma.

FM : Alors on regarde le clip.

Un court extrait du clip « Pourvu qu’elles soient douces » est diffusé.

FM : Malheureusement, on a eu juste une minute du clip, mais Mylène ce clip je le trouve si bien, on va faire tout un truc autour, on va faire toute une émission autour et autour du principe que ce clip dure 17 mn, c’est-à-dire qu’il se regarde véritablement comme un film. (aussi alléchante que soit cette idée, elle n’aboutira malheureusement pas) Je voulais juste vous demander comment est-ce que vous avez organisé le travail sur le clip ?
MF : Je crois de la même façon qu’on peut organiser un travail sur un long-métrage avec la même rigueur, les mêmes exigences. C’est vrai qu’on fait appel à des décorateurs, que c’est des choses fondamentales que d’avoir un très bon décorateur, que d’avoir un très bon chef opérateur, que de construire un scénario.. d’autre part, nous avions aussi un conseiller artistique… un conseiller historique, lapsus ! (sourire).

FM : alors vous avez une relation très très forte avec Laurent Boutonna, c’est-à-dire que c’est toujours les mêmes gens avec qui vous travaillez.
MF : C’est vrai. Mais ç, c’est des choses aussi qui sont essentielles, je crois, dans la vie d’un artiste, c’est d’avoir une équipe solide et puis des univers communs. C’est pourquoi je continue avec Laurent Boutonnat avec Bertrand LePage et puis la maison de disques, bien sûr !

L’émission continue, notamment avec une interview de Hugh Grant, présent sur le plateau. Frédéric Mitterrand se tourne ensuite à nouveau vers Mylène

FM : Mylène Farmer, vous qui n’êtes pas du tout horrible dans le clip du  XVIIIème siècle mais qui êtes au contraire absolument ravissante, pourquoi est-ce que cet univers du XVIIIème siècle semble   vous fasciner ?
MF : Je dirais d’abord on a voulu faire la suite de « Libertine » donc c’est peut-être aussi le propos qui était plongé dans le XVIIIème siècle. Pourquoi ? Peut-être parce que je suis un peu passéiste et que j’ai du mal à m’imaginer comme étant un personnage de 1988 : c’est vrai. J’ai beaucoup de mal. Si j’avais à choisir un film, j’aurais du mal à choisir un film d’aujourd’hui, c’est vrai.

FM : Vous auriez été bien dans « Les enfants du paradis » ?
MF : J’aurais bien aimé, c’est vrai (rire amusé).

L’émission continue ? pour la terminer, on retrouve Mylène assise à même le sol, isolée dans un coin du plateau, pour chanter la face B de « Pourvu qu’elles soient douces ». L’inédit « Puisque… » Son interprétation est sobre et colle parfaitement à l’ambiance désespérément romantique de la chanson. Mylène termine la chanson en se cachant le visage dans sa main. Notons qu’il s’agit ici d’une version légèrement raccourcie, inédite sur disque. Après la chanson, Mylène rejoint Frédéric Mitterrand qui conclut l’émission.

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Mylène fait son Jacky show

Posté par francesca7 le 25 avril 2013

 

C’est le 6 novembre 1988 dans l’émission JACKY SHOW présenté par Jacky sur TF :

Mylène fait à nouveau escale sur le plateau de Jacky, cette fois-ci pour interpréter « Pourvu qu’elles soient douces ». Sur un podium installé face au jeune public, Mylène effectue sa chorégraphie avec des deux danseuses. Si elle est de nouveau habillée de sa courte robe noire à paillettes, elle porte cette fois-ci les cheveux lâchés. Lorsque la chanson s’achève. Mylène et ses danseuses tiennent la pose alors que Jacky les rejoint sur le podium.

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Jacky : Bonjour Mylène Farmer, ça va ?
Mylène Farmer :
Très bien, et toi ?

J : Je veux savoir : est-ce que tu peux me gifler ?!
sous les cris du public, Mylèn prend la tête de Jacky entre ses mains et lui fait un gros bisou. L’animateur est ravi !
MF :
Je peux demander aux danseuses aussi !

J : Ha c’est sympa, mais est-ce que tu peux encore me gifler comme ça ?!
MF : (elle montre sa main) Tu la vois, celle-là ? (rires)

En même temps, Sophie Tellier et Dominique Martinelli entourent Jacky. Accompagnées de Mylène, elles déposent chacun un gros bisou sonore sur la joue de Jacky, visiblement aux anges !

J : (au public) C’est sympa, non ? (A Mylène) tu t’es fait un shampooing aux carottes ?
MF : (elle semble avoir du mal à entendre à cause de la musique de fond) … shampooing

: … aux carottes !
MF : Oui.

J : Bon, merci Mylène Farmer !
MF : Tu peux me parler français une fois .

J : You speak english ?
MF : I speak english (rires)

Jacky salue ensuite Mylène puis celle-ci quitte le podium, suivie de ses danseuses.

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Mylène Farmer et Bernard Montiel

Posté par francesca7 le 25 avril 2013

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LA UNE EST A VOUS, émission du 20 octobre 1988 présenté par Bernard MONTIEL, sur TF1

L’émission qui mélange variétés et séries à la carte, est désormais présentée par Bernard Montiel. Choses assez inhabituelle pour l’émission, Mylène est présente sur le plateau pour répondre à quelques questions de l’animateur et donner son avis sur les séries du jour, choses qu’elle ne manquera pas de faire, aux risques et périls de Bernard Montiel ! On la retrouve plus tard dans l’émission pour interpréter « Pourvu qu’elles soient douces » avec ses deux danseurs.

Assise sur un fauteuil face à Bernard Montiel, Mylène porte un pull et une veste marrons et a les cheveux lâchés.

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Bernard Montiel : (…) Bonjour Mylène !
Mylène Farmer : Bonjour

BM : Alors mylène Farmer, on peut pas parler avec vous de choses très… Ce que vous dites dans vos chansons, en général c’est toujours très fort, y a toujours des messages, y a un style de vie, y a un style qui vous correspond bien, qui vous va bien, que vous menez depuis le départ et ça, c’est bien d’avoir gardé cette même image, la sincérité, certainement, de l’honnêteté, mais alors tout de même, j’ai envie quand même de parler un tout petit peu avec vous de vos clips, qui sont tout de même absolument superbes et c’est Laurent Boutonnat qui les fait, je crois..
MF : c’est vrai, c’est le réalisateur, oui. C’est celui aussi qui compose à mes côtés.

BM : Alors, quelle est la participation de Laurent dans les clips ? Je crois que lui écrit les musiques, c’est ça ? et dans vos chansons ?
MF : (amusée) Dans les clips ou dans les chansons ?!

BM : D’abord dans les chansons, si vous voulez, et après les clips.
MF : Dans les disques, en premier lieu il est compositeur, donc c’est avant tout la musique. Et moi sur le dernier album « Ainsi soit Je… » j’ai fait quasiment l’intégralité des textes, si ce n’est Baudelaire – le poème de Baudelaire (« L’horloge ») et puis une reprise de « Déshabillez-moi ». Et quant aux clips, c’est lui qui écrit la plupart du temps les scénarios, et c’est toujours une collaboration.

BM : Dans ces clips, justement Mylène Farmer, on vous sent très très très bien. Alors est-ce que vous avez envie un jour d’interpréter un grand rôle au cinéma ? De quoi vous avez envie en fait quand vous… ?
MF : (elle l’interrompt) ça fait partie des projets que j’ai et des souhaits que j’ai, oui !

BM : Et alors le moyen, comme ça, d’avoir un rôle au cinéma, ça veut dire quoi pour Mylène Farmer ? Et puis de s’impliquer autant dans vos clips.
MF : D’avoir un rôle au cinéma, ça voudrait dire peut-être s’oublier un peu et plus avoir une autre vie, très certainement.

BM : Avoir une autre vie…
MF : Le temps d’une heure, c’est vrai ! Ce sera six mois de tournage mais c’est une heure de pellicule.

BM : Est-ce que quand on joue des rôles comme ça, Mylène – et puis on va s’arrêter là parce qu’on va présenter les séries aux téléspectateurs – est-ce que quand on joue des rôles aussi bien comme vous le faites, que ce soit d’ailleurs sur scène, que ce soit dans vos clips, est-ce que c’est pas aussi un moyen de s’évader d’une certaine réalité ?
MF : J’ai besoin de ça sinon je crois que j’en mourrai. C’est vrai que j’ai besoin de m’évader de la réalité, oui (sourire).

BM : J’ai lu quelque part dans la presse qu’elle avait des yeux d’anges déchu, et ça j’aime beaucoup. Je la regarde et c’est vrai (rire gêné de Mylène).

Bernard Montiel présente ensuite les séries du jour dans la catégorie « Aventures » (le nouvel homme invisible », « l’aventure est au bout de la route » et « l’Ouest aux deux visages ») et sollicite l’avis de Mylène.

BM : Alors Mylène, laquelle des trois séries éventuellement aimeriez-vous voir cet après-midi ?
MF : Si je vous réponds aucune (rires)

BM : Aucune ?! ça j’en étais sur ! D’ailleurs j’avais dit « elle va dire aucune » (rires) Une des trois ? Aucune ?
MF : Heu… Probablement le western, alors !

BM : ça je m’en doutais ! Bon, elle regardera pas, Mylène (rires)

C’est ensuite la catégorie « Comédie » avec au choix « La croisière s’amuse » ; « Marie Pervenche » et « Fame ». Là encore, l’avis de Mylène est sollicité.

BM : Alors attention à la réponse de Mylène Farmer, laquelle des trois séries aimeriez-vous voir Mylène ?
MF : s’il faut en choisir une, je crois la dernière série, parce que je trouve « Marie Pervenche » consternante (rires !)

BM : c’est gentil, ça lui fera plaisir (rires)

Bernard Montiel tente de reprendre son sérieux pour annoncer les séries de la catégorie « Policier » (« Mannix » ; « Mac Gruder et Lod » et « Cher inspecteur »)

BM : Alors Mylène ? (il rit d’avance)
MF : (dans un sourire) Je choisis « Chapeau melon et bottes de cuir »

BM : (il rit tellement qu’il bafouille) Parfait ! Pourtant la violence, en général ça vous fait pas peur, Mylène parce que dans vos clips y a beaucoup de violence !
MF : Oui, de la violence et du sang, mais quand bien même (rire)

Présentation de la dernière catégorie, celle des fictions, avec les séries « Loin de ce monde », « La quatrième dimension », « le sixième sens ».

BM :  Alors, Mylène ? qui a l’air tout à fait étonnée par ce qui se passe … (rires)
MF : Non, sans hésiter : « La quatrième dimension ». C’est toujours très bien filmé, intéressant, cohérent. Là oui ! je vote pour « La quatrième dimension » !

BP : (hilare) Alors ça, ça me fait plaisir ! Enfin elle aime quelque chose dans l’émission ! Merci Mylène !
MF : Merci !

BP : De toutes façons, on se retrouve tout à l’heure : vous allez chanter « Pourvu qu’elles soient douces » tiré de votre dernier album.

Plus tard dans l’émission, on retrouve Mylène qui s’est changée entre-temps pour interpréter son titre. C’est en effet les cheveux en chignon et en robe noire pailletée dos nu qu’elle chante « Pourvu qu’elles soient douces » accompagnée de ses deux danseuses sur le plateau de l’émission.

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Clip dédicace à Mylène F.

Posté par francesca7 le 20 avril 2013

 

Le 8 octobre 1988 – émission présentée par Yves CARRA– CLIP DEDICACE sur M6

Au lendemain même de la présentation d’une version tronquée du clip de « Pourvu qu’elles soient douces » sur Canal +, Mylène vient sur le plateau de cette émission musicale matinale, habillée d’un chemisier blanc ample, d’un pantalon noir, cheveux lâchés et mains gantées de cuir noir, présenter cette fois la version intégrale de son clip. Elle répond également, pas forcément de bon cœur visiblement, aux questions de l’animateur, assise sur un canapé, et reçoit quelques cadeaux.

 

Clip dédicace à Mylène F. dans Mylène en INTERVIEW myl7ne-1987-05-c-243x300

Yves Carra : (…) Nous avons une invitée exceptionnelle aujourd’hui, c’est la première fois qu’elle est sur M6 (Mylène y a été interviewée l’année d’avant pourtant) dans « Dédicace » tout au long de cette première heure d’émission. Vous l’avez comparée à une mante religieuse, à la fée Clochette, à une libellule, vous avez aussi dit – c’est vous qui parlez (les téléspectateurs) – qu’elle possédait le goût de l’interdit, de l’ambiguité. Et moi je peux vous dire qu’après sept 45 tours, après deux albums et des clips remarqués et remarquables, en quatre ans seulement,  elle occupe une place tout à fait à part maintenant dans la chanson française, vous serez bien d’accord avec moi sur ce plan-là : C’est Mylène Farmer. Bonjour !
Mylène Farmer : Merci de tant d’éloges !

YC : En plus, c’est les téléspectateurs qui parlent. D’ailleurs, à ce propos, je vous offre la carte postale du… (il prend et montre à la caméra la photo d’un chimpanzé) Il ressemble à Léon ou à E.T ?
MF : Ni l’un, ni l’autre. Ç a c’est un chimpanzé. Moi, ce sont des sajous capucins (elle prend la photo). Mais j’aimerais bien avoir celui-ci, mais c’est impossible.

YC : Pourquoi ?
MF : parce qu’ils sont très très protégés. C’est normal.

YC : Alors y a aussi une belle carte postale qu’on a reçu avec plein d’éloges derrière, je vous l’offre. (Il montre à la caméra une carte postale puis la tend à Mylène) Y en a aussi beaucoup d’autres !
MF : Merci !

YC : Je vous montre quand même le 33 tours compact (sic) de Mylène Farmer (il montre à la caméra le CD « Ainsi soit Je… ») et puis nous, bien sûr, nous allons regarder d’ici quelques minutes, mais on va en parler avant pour le présenter, « Pourvu qu’elles soient douce », donc, en version intégrale de 15 mn plus 2 mn 50 de générique, c’est ça ?
MF : C’est parfait ! (rires)

YC : C’est exactement ça !
MF : Oui.

YC : Donc, en clair, on peut dire déjà en préambule que c’est la suite de « Libertine ».
MF : C’est la suite d e « Libertine ». vous verrez : le clip démarre sur, en in, la dernière image de « Libertine ».

YC : Donc on est à quelle époque ?
MF : On est au XVIIIème siècle, ç a se déroule pendant la guerre de sept ans et c’est une histoire qui va se dérouler sur le territoire français entre une armée anglaise et une armée française, avec comme personnage principal Libertine, le capitaine anglais, la rivale de Libertine qu’on va retrouver, qui sera une prostituée et.. je vous laisse découvrir le reste.

YC : D’accord, on le découvrira dans quelques minutes. Je crois que vous avez pris beaucoup de plaisir à ce tournage, en fait…
MF : Ha oui !

YC : …. Parce qu’il y a des cascades, il y a des bagarres dans la boue, on le verra aussi tout à l’heure, il y a beaucoup d’équitation, vous aimez bien…
MF : J’adore l’équitation, c’est vrai. J’ai rencontre Mario Luraschi, qui est donc un cascadeur, un des plus renommés en France, et j’ai appris énormément de choses et c’était un bonheur, je crois le tournage le plus difficile, quand même, qui a duré huit jours, neuf jours…

YC : neuf jours ?
MF : oui

YC ; où ça ?
MF : c’était dans la forêt de Rambouillet, tout en extérieur.

YC : Tout en extérieur ? Rien en studio ?
MF : oui

YC : Avec combien de figurants, figurantes ? (on voit alors à l’image des images du making-of du clip « Pourvu qu’elles soient douces »)
MF : sur la globalité, y avait entre 500 et 600 figurants.

YC : D’ailleurs, on voit des images du tournage ! Alors, on a pris des rushes, comme ça au travers de cassettes qu’on avait…
MF : (alors qu’on voit les doublures de Mylène et Sophie Tellier se battre) ça, c’est une image de clip d’ailleurs.

YC : Oui, c’est une image du clip. C’est vraiment vous qui sautez dans les bras de l’adversaire, si je puis dire ?
MF : Il y a des cascadeuses qui sont nos doublures respectives.

YC : Ha oui, quand même ! Alors je crois qu’on va peut-être en voir quelques-unes d’autres, d’images parce qu’il y a notamment une bagarre dans la boue qui est assez étonnante.
MF : Oui, ça, c’est vraiment nous, là sur ce moment-là

YC : C’est vraiment vous qui l’avez faite ?
MF : Absolument

YC : (toujours par-dessus des images du tournage du clip) Alors là, on continue un petit peu la bagarre… ça doit pas être évident quand même quand on est cascadeuse d’être la doublure, de se battre toute la journée, d’éteindre le feu (on voit en effet à l’image un technicien éteindre un feu sur le tournage) Vous avez pas eu de problème, comme ça, pour allumer des feux dans la forêt de Rambouillet ?
MF : Non, non y avait les pompiers qui étaient sans arrêt autour !

YC : (alors qu’on voit à l’image Laurent Boutonnat donnant des indications à Jean-Pierre Sauvaire, son collaborateur) Là, on voit Laurent Boutonnat.
MF : Et des tuyaux ! (on distingue en effet quelque choses derrière Laurent Boutonnat qui peut ressembler à des tuyaux).

YC : des tuyaux ?
MF : (réalisant son erreur) Non c’est une roue ! (c’est en effet une roue posée derrière Laurent Boutonnat.) (rire)

YC : Ha bon, ça va j’ai eu peur ! Laurent Boutonnat, donc, le réalisateur qui est aussi l’arrangeur, le concepteur et le réalisateur du 33 tours.
MF : Voilà. Là, y avait Jean-Pierre Sauvaire, qui est donc le chef opérateur qui travaille avec nous.

YC : et je crois aussi, je vous en ai entendu parler dans une autre émission on peut le dire, que le montage était très important pour vous, et que la monteuse, puisque c’est une monteuse…
MF : (l’interrompant) il est bien évidemment très très important mais je disais l surtout que c’est pour moi un réel plaisir et une grande émotion que d’assister au montage, et spécialement de celui-ci parce que c’est un travail qui est énorme, et c’et vrai que Laurent Boutonnat travaille avec une monteuse qui est extraordinaire.

YC : Oui, il faut reconnaître que c’est un travail d’équipe, ça aussi, parce que je crois que vous avez repris la même équipe, je crois.
MF : Là c’est réellement un travail du metteur en scène et d’une monteuse.

YC : Alors, est-ce que je sais pas, on peut attendre un troisième volet de « Libertine ! » ; « Libertine II » Un troisième volet ou .. ?
MF : Je le souhaiterais. Faut-il avoir la chanson ! Et puis, l’avenir.. je ne sais pas !

YC : Dans la chansons, je crois qu’il y a pas de problème puisque sur ce 33 tours (Ainsi soit Je… ) vous avez écrit tous les textes. C’est ça ?
MF : Oui.

YC : Y en a une particulièrement  que  j’aime bien, c’est « Horloge »
MF : Oui, c’est un poème de Baudelaire.

YC : C’est pas mal. Vous avez peur de la mort ? Parce que le temps, c’est un petit peu, donc la base (du poème)…
MF : Je vous dirai quand on naît et quand on est enfant, on a peur de la vie, et quand on vieillit, on a peur de la mort. J’en fais partie oui.

YC : Très bien. Alors maintenant : on écoute !!

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Mylène Farmer au Top 50 en 1988

Posté par francesca7 le 20 avril 2013


 Mylène Farmer au Top 50 en 1988 dans Mylène en INTERVIEW mf80_94a-222x300

L’émission TOP 50 reçoit Mylène le 26 mai 1988, présentée par Marc BOESCA sur CANAL+

Vêtue sobrement d’un petit pull noir et d’un pantalon blanc, les cheveux attachés en arrière, Mylène vient présenter son nouveau clip, celui de « Ainsi Soit Je… »  sur le plateau de Marc Toesca. C’est également l’occasion pour elle de répondre à quelques questions de l’animateur.

Le clip « Ainsi Soit Je.. » est diffusé. Au retour plateau, on découvre Mylène et Marc Toesca assis chacun dans un fauteuil se faisant face.

Marc Toesca : le clip « Ainsi soit je… » de Mylène Farmer, encore une fois réalisé par Laurent Boutonnat. Est-ce que c’est un clip facile à faire ? Est-ce que c’est aussi rapide, ou plutôt plus facile à faire que les précédents, avec un casting, des tournages extérieurs ?
Mylène Farmer : Je pense pas que c’est plus facile. On a mis un peu moins de temps pour le tournage qui s’est effectué en deux jours. La préparation est la même. Pour une petite anecdote, nous avons tourné dans le même studio que le clip « Plus grandir » qui était le studio Sets à Stains, et avec pratiquement la même équipe que ce même clip.

MT : Avec beaucoup de changements depuis « Plus grandir » quoi…
MF : Oui.

MT : Quand même pas mal d’évolution depuis. Un mot sur le choix des animaux : est-ce que le faon, la biche ont un rapport avec ton idole Bambi, ou pas ?
MF : Je pense que ce n’est pas par hasard (rires)

MT : !(…) Le choix du noir et blanc, le choix d’avoir fait un clip finalement qui est simple..
MF : … qui est très sobre. Je pense que ça se mariait très bien avec la chanson, qu’il fallait cette sobriété.

MT : ça veut dire que c’est fini l’aventure des castings ? des tournages en extérieur ,
MF : Je ne l’espère pas. Là, en l’occurrence, c’était ce qu’il fallait, je pense.

MT : Dans le clip Précédent (« Sans Contrefaçon ») on a vu Zouc. Pourquoi Zouc ? On s’est pas vus depuis, donc…
MF : Moi j’ai rencontré Zouc sur une émission, enfin j’avais demandé sa participation lors d’une émission qui était sur Cana + aussi, qui s’appelait « Mon zénith  moi » (en octobre 1987, cf. le script de cette émission) et elle est venue. Et après, nous avons lié évidemment connaissance et amitié, et quand nous avons fait le projet donc du tournage de « Sans Contrefaçon », il y avait un personnage et c’était évident que ce fût Zouc.

MT : Chaque fois, on t’a demandé de jouer un rôle dans les vidéos. Y a aucun réalisateur qui est venu le voir pour te proposer quelque chose ?
MF : Si. J’ai eu beaucoup de propositions, mais pas encore acceptées !

MT : Et pourquoi ? C’est un univers que… ?
MF : Parce que ce n’était sans doute, là encore, pas le bon réalisateur. En tout cas, celui que je souhaitais. Et puis…

MT : C’est qui, que tu souhaites ? Dis-le (rires)
MF : Non ! Je préfère préserver ça aussi. Je vais attendre.

MT : Alors bon, depuis « Libertine » ça marche bien pour Mylène Farmer. L’album (« Ainsi soit je…)  a été très bien classé, c’était arrivé directement n° 6 du Top 30 :  ça veut dire qu’il y a un public, ça veut dire qu’il y a des gens qui sont attentifs à tout ce que tu fais. Y a peut-être des gens qui ont envie de te voir sur scène ?
MF : J’en ai envie aussi !

MT : Et alors, et alors, et alors ?!
MF : Et je le ferai ! (grand sourire)

MT : Oui ?! T’as pas de dates ?
MF : J’ai pas de dates.

MT : Y a une salle mythique pour toi ? Y a une salle où tu aimerais te produire ?
MF : Peut-être le Palais des Sports…

MT : Oui, mais c’est grand, déjà !
MF : C’est très grand, mais y a une grande scène et j’ai envie d’évoluer sur une grande scène.

MT : En tout les cas, je te remercie d’être passée… venue nous voir, de nous avoir présenté ton clip « Ainsi soit Je… ».
MF : Merci !

MT : Et puis t’aime bien Mori Kanté ? (artiste africain qui fit un tube en 1988 avec « Yéké yéké)
MF : Beaucoup. J’aime beaucoup Mori Kanté, j’aime bien Maxime Le Forestier, qui est passé précédemment.

Pour conclure l’émission, Marc Boesca lance le clip de Mori Kanté.

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Mylène Farmer Interview 2013

Posté par francesca7 le 13 avril 2013

INTERVIEW Mylène 2013 -À l’occasion de la sortie de son album Monkey Me et de sa tournée, la chanteuse française se confie. (Avec TV Magazine)

Son nouvel album, Monkey Me, sortira le 3 décembre. Douze titres composés par Laurent Boutonnat sur des textes de Mylène Farmer. Un mélange éclectique où cohabitent des morceaux pop-rock émergeant d’une base électrique, de sons de batterie, de guitares et de saxo. Les paroles manient les thèmes chers à l’interprète, mais teintés d’une fraîcheur et d’une poésie qu’on ne lui connaissait pas. En exclusivité pour TV Magazine, Mylène Farmer se livre à un exercice rare pour elle: l’interview-confession. Voici la star comme vous ne la lirez jamais.

TV MAGAZINE – Mylène Farmer, votre dernier album remonte à deux ans. Vous nous aviez habitués à des intervalles plus longs…

Mylène Farmer Interview 2013 dans Mylène 2013 - 2014 a1

Mylène Farmer- Oui. Je ne m’en rends pas compte. Deux ans dans un monde chronophage, où chaque jour engloutit le temps, cela paraît une éternité. Il s’agit probablement d’un manque et de l’envie de remonter sur scène.

Monkey Me marque la reformation de votre tandem artistique avec Laurent Boutonnat. Qu’est-ce que votre «infidélité» vous a apporté?

Il ne s’agit pas d’infidélité! Mon précédent album, Bleu noir, n’était autre que le fruit de rencontres avec Moby, Archive et RedOne. Ils m’ont proposé des chansons qui ont provoqué mon désir et l’envie d’écrire… C’est aussi simple que ça. En outre, Laurent Boutonnat travaillait de son côté sur d’autres projets.

On vous connaissait rousse et vous vous montrez blonde platine sur l’album et les affiches de votre tournée. Que s’est-il passé?

Moi aussi, je me connaissais rousse! (Rires.) Mais sous le roux se cachent d’autres couleurs. Ne sommes-nous pas tous constitués de mille facettes? Celle-ci avait envie de vivre…

Quel look allez-vous adopter pour votre tournée? Et quelles surprises avez-vous concoctées pour ces concerts?

Je ne peux y répondre maintenant. Mais, puisque vous l’évoquez, le mot surprise sera bien au rendez-vous.

Une nouvelle fois, vous avez battu le record de réservations en un minimum de temps. Cela vous touche-t-il encore?

Je suis bouleversée à chaque fois! Tellement bouleversée… Et, quelques instants plus tard, totalement affolée! Il est impensable d’être blasée par un geste d’amour comme celui-ci. C’est un véritable cadeau et une responsabilité aussi. On ne veut pas décevoir ni se décevoir. On a donc un an pour se préparer à embrasser le regard de tous ceux qui ont la générosité d’attendre.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui écoutent vos chansons pour garder de l’espoir dans un monde aussi dur?

Le monde a toujours été dur. Sous certains aspects, il l’est peut-être moins aujourd’hui, même s’il est autrement cruel. Moins solidaire, plus solitaire aussi. Je ne peux que penser à ceux qui sont bien plus malheureux, dans le besoin ou cloués sur un lit d’hôpital, et me dire qu’il faut affronter la vie et trouver des pépites dans des moments simples, ces moments qui sont souvent à portée de soi, mais qu’on ne voit plus. Être aimé de quelqu’un ou d’un plus grand nombre reste l’essentiel de la vie. Se préoccuper d’autrui rend meilleur.

On vous dit solitaire. Pouvez-vous nous décrire une de vos journées quand vous ne travaillez pas?

Vous voulez dire quand je ne travaille pas comme une personne qui doit se rendre quotidiennement à son bureau? (Sourire.) C’est un grand privilège de n’avoir pas le sentiment de travailler, même lorsque je finis une séance de studio à 2 heures du matin ou lorsque je sors de scène exsangue. C’est du travail, mais je ne le vis pas comme un poids ni comme une obligation. C’est un choix et une immense chance. Je dois certainement partager ce sentiment avec toutes les personnes passionnées par ce qu’elles font. Mais je suis, c’est vrai, d’une nature solitaire. J’ai besoin de m’occuper de mes animaux, de dessiner, de nager, de regarder des films et je retrouve mes amis avec d’autant plus de plaisir…

Quels sont les journaux et les émissions de télévision que vous suivez régulièrement?

Je ne regarde pas beaucoup la télévision finalement, surtout en période de travail. Mais j’ai toujours aimé les débats, quand les points de vue sont exprimés avec respect. La télévision est un média parfois trop pressé pour traiter le fond des choses. Je n’aime pas le cynisme systématique et la télévision bruyante. Il m’arrive de dévorer des séries comme Downton AbbeyDexter ou Les Tudors et je regarde toujours avec autant de bonheur Un jour, un destin. Dans le fond, je ne recherche pas l’information à tout prix… Je la laisse me cueillir au détour d’un article, d’un reportage.

L’industrie musicale souffre et les ventes de CD ne cessent de baisser. Imaginez-vous un jour ne plus pouvoir sortir de disques?

Chaque époque a connu la disparition d’un support. Il y aura toujours des disques physiques, même si le digital annonce une ère nouvelle. En tout cas, il y aura toujours un rapport affectif à l’objet quel qu’il soit. Les albums ou une autre forme restant à inventer rencontreront toujours un public. La musique existait dès la naissance de l’humanité.

Que pensez-vous des télé-crochets? Est-ce un miroir aux alouettes, un mal nécessaire ou le seul moyen aujourd’hui d’être découvert?

Je ne peux pas juger cette génération d’émissions puisque je ne les connais pas bien. Mais je suis toujours un peu gênée quand l’art devient un concours.

Le Québec, où vous êtes née, est en proie à de violents mouvements protestataires. Avez-vous conservé des attaches là-bas?

La violence m’a surprise dans ce pays, à la réputation modérée. Je n’y ai conservé malheureusement aucune attache… Si ce n’est l’envie d’y retourner pour ses paysages de neige et peut-être transporter le prochain spectacle là-bas…

Quels artistes récents vous semblent dignes d’intérêt?

Je suis impressionnée par Muse. Et par Matthew Bellamy, qui est aussi fascinant que Freddie Mercury !

Que pensez-vous des réseaux sociaux et des sites si nombreux qui vous sont consacrés?

Je suis fascinée par la vitesse de l’information et la possibilité pour de nombreuses personnes de partager instantanément des sujets communs. Je pense aussi à ceux qui n’y ont pas accès. Avec qui partagent-ils leurs passions? Aussi, je ne m’attarde pas sur les sites qui me sont consacrés. J’aurais l’impression d’entrer, sans y avoir été invitée, dans une pièce où les gens parlent de moi.

mylene2-199x300 dans Mylène en CONFIDENCESUne photo vous montre avec un gibbon. Est-ce celui que vous avez adopté il y a plusieurs années?

Non. E.T. était un singe capucin, plus menu. Elle a partagé ma vie pendant plus de vingt-cinq ans. Il s’agit ici de Betty, une demoiselle de 4 ans, qui a été volée lorsqu’elle avait 3 mois et retrouvée huit mois plus tard. J’ai croisé son chemin grâce à Vincent Lindon, qui m’a un jour envoyé une petite vidéo d’elle sur le tournage de son film Augustine . J’ai immédiatement contacté le parc zoologique du bois d’Attilly, où elle vivait. C’est une rencontre inoubliable, une émotion tellement forte. Elle était d’une douceur incroyable. Quant à E.T., elle me manque terriblement…

L’avez-vous remplacée?

Non. Elle restera l’unique.

Avez-vous déjà décidé d’une date à laquelle vous arrêteriez de vous produire sur scène ou d’enregistrer des disques?

C’est, semble-t-il, une question qui taraude beaucoup les médias, mais, vous savez, il y a dix ans déjà, on me demandait: «Quand saurez-vous que ce n’est pas le combat de trop?». Je ne me projette pas dans l’avenir. Trop angoissant. Quand le désir n’existera plus, alors je me volatiliserai.

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Mylène Farmer, à Nulle part Ailleurs

Posté par francesca7 le 13 avril 2013

 

Pratiquement un an après son passage remarqué dans la célèbre émission de Canal + pour la promotion de « Sans contrefaçon », Mylène est de retour sur le plateau de Philippe Gildas, qui anime désormais l’émission avec Antoine de Caunes, pour présenter en exclusivité le clip de « Pourvu qu’elles soient douces ». Présente sur toute la durée de l’émission, elle répond aux questions des animateurs et assiste aux différentes chroniques, vêtue d’un tailleur blanc ample maintenu par une ceinture noire, les cheveux lâchés et des gants de cuir noir aux mains.

Interview lors de l’émission du 07 octobre 1988 – NULLE PART AILLEURS sur Canal + – présenté par Philippe Gildas et Antoine de Caunes.

Mylène Farmer, à Nulle part Ailleurs dans Mylène 1987 - 1988 mylene-gildas

Philippe Gildas : (…) Mylène Farmer, « Ainsi soit Je… » c’est son deuxième album.
Mylène Farmer : oui

PG : Et alors, après le premier album, on s’était dit « Voilà, c’est une façon de poser une carrière, de montrer qu’on ne fait pas que des coups », et maintenant un deuxième album. Le plus étonnant encore, c’est que… on peut le montrer, d’ailleurs, cet album, puisqu’il n’a que quelques mois (le pochette d  l’album « ainsi Soit Je… » apparaît à l’écran). Voilà, c’est celui-là : « Ainsi soit Je… » mais tout le monde se souvient quand même. Le plus étonnant, c’est que dans cet album, pratiquement toutes les paroles cette fois, c’est Mylène.
MF : Oui, j’ai eu le démon de l’écriture, là !

PG : ça s’apprend petit à petit, ou c’est le goût qui vient ?
MF : Je crois que c’est une découverte. C’est après enlever ces inhibitions que j’avais quant à l’écriture. Et puis c’est un réel plaisir, je crois.

PG : Enfin, déjà dans le premier album y avait trois chansons qui étaient déjà des succès et déjà des paroles de Mylène Farmer, quand même !
MF : c’est vrai, mais un album entier c’est un lourd travail.

PG : Bien aidée par Laurent Boutonna ?
MF : Bien évidemment !

PG : C’est plus que jamais le compagnon….
MF : Moi je travaille toujours après les musiques. Ça m’inspire les paroles.

PG : Alors c’est aussi avec Laurent que tu vis l’aventure des clips, j’ai failli dire des films ! celui de ce soir, nous allons en voir la partie chanson, qui doit faire 4mn 50, presque 5 mn, alors que le clip fait ??
MF : Il fait 15 mn et y a même 2mn 50 de générique, je crois. Donc 17 mn en tout.

PG : Encore une fois un vrai film ! C’est pas la première fois, puisque tu avais déjà fait des…
MF : Non, mais celui-là c’est le plus long et le plus lourd. Et le plus difficile, aussi !

PG : Voilà, petite à petit le duo Boutonnat/Farmer avance vers un long métrage, hein ! Qu’on verra un jour prochain ?
MF : J’espère.

PG : Vraiment ?
MF : Je pense d’ici un an et demi, deux ans. (le projet de Laurent Boutonnat mettra plus de temps à aboutir et « Giorgino » ne sortira finalement qu’en octobre 1994).

Philippe Gildas enchaîne sur le succès de Mylène qui lui apporte inévitablement des fans et Antoine de Caunes lit à l’antenne une lettre de fan, fictive bien entendu, Mylène rebondit sur le contenu de cette lettre fantaisiste.

MF : Je vis avec deux singes : Léon et E.T.

PG : On a revenir sur les singe,s mais d’abord gloire à Laurent ! On en parle jamais : Laurent, c’est lui le Pygmalion (…)
MF : On a dit Pygmalion, mentor et je ne sais ! (rires)

PG : En fait, c’est quelqu’un avec qui tu t’entends remarquablement bien dans le boulot.
MF : Oui, je crois qu’il y a une complicité énorme et une complémentarité, surtout.

PG : (…) Léon va bien ?
PF : Très, très bien, il grandit !

PG : Il a quel âge ?
MF : Je crois six, sept mois (en réalité presque un an, puisque Mylène venait de l’acquérir selon ses dires dans la même émission onze mois plus tôt).

PG : Il est tout petit, quand même, encore !
MF : Oui, oui, oui ! Mais il commence à atteindre sa maturité sexuelle !

Antoine de Caunes : C’est un sapajou ou un capucin ?
MF : C’est un sajou capucin !

A de C : Un sajou ?
MF : Oui

PG : ça joue avec tout le monde, d’ailleurs ! ça joue avec E.T ?
MF : ça jour beaucoup avec E.T, ça dort toujours sur son dos et..

PG : Mais alors maintenant qu’il va devenir grand sexuellement et que E.T est une femelle…
MF : mais justement ? il a besoin d’un exemple (elle se tourne alors vers Antoine de Caunes et le fixe)

PG : Et les singe,s ça t’intéresse toujours autant ?
A DE C : (troublé) Je peux m’absenter quelques instants ?  (rires de Mylène)

mimi5-247x300 dans Mylène en INTERVIEWPG : Les singes sont toujours dans la maison ?
MF : Bien sûr, oui !

PG : Mais t’as pas amené les souris comme il avait dit ? (En référence à la fausse lettre d’Antoine de Caunes)
MF : Non, non, non !

PG : Parce que ça peut pas faire bon ménage avec les singes !
MF : ça ne fait pas bon ménage. Mais c’est vrai que Diane Fossey, qui a élevé beaucoup de gorilles, c’est une femme qui me fascine. Et si j’avais un autre monde, une autre vie, je crois que j’aimerais faire ça.
A DE C : Sinon, on peut vous présenter Christophe Lambert ! (rires de Mylène)

PG : un mot sur le XVIIIème et le XIXème : c’est vrai que dans tous les clips, avec Laurent, vous les faites toujours se dérouler dans d’autres périodes de l’Histoire.
MF : C’est l’amour du costume, l’amour de l’Histoire, je crois.

PG : C’est pour faire le cinéma, le grand spectacle, quoi..
MF : Oui, oui.

PG : Mais ça correspond peut-être à tes lectures, aussi, non ?
MF : Moi, j’aime surtout – je le dis tout le temps, mais c’est vrai – Edgar Poe.

PG : ça c’est le côté fantastique.
MF : j’aime Baudelaire, j’aime beaucoup le théâtre de Strinbeck… Et puis on va en citer beaucoup, mais je les oublie !

PG : Oui, enfin c’est quand même toujours de même nature.  C’est toujours un peu mystérieux, un peu sulfureux.
MF : Je crois qu’il y a toujours ce même univers, oui.

A DE C : Les groupes noirs gothiques…
MF : Oui (sourire)

PG : Est-ce que tu joues toujours sur la timidité, ou tu es toujours aussi timide ?
MG : Non, je crois pas qu’on puisse jouer. Déjà, pendant quatre ans on ne peut pas jouer un même rôle.

PG : Autre ment dit ?
MF : Je suis introvertie, et j’ai ce paradoxe de vouloir être à l’avant-scène et je pense que c’est pas réellement un problème.

PG : C’est pas réellement un problème sauf si tu veux faire vraiment de la scène. Si déjà les télés te torturent ! tu vas faire de la scène ?
MF : je vais faire de la scène.

PG : On peut déjà dire quand ?
MF : on peut dire que ce sera le Palais des Sports et on peut dire que ce sera en mai 1989.

PG : C’est-à-dire en mai prochain..
MF : Absolument, oui.

PG :… au Palais des Sports, Grande salle !
MF : Mais j’aurai un gros, gros travail de préparation.

PG : Mais enfin quand on voit que l’album est depuis cinq mois au Top 50, depuis qu’il est sorti il est au Top 50 et il est toujours, y a pas de raison que le Palais des Sports soit pas plein ! ça ne fait aucun doute !

Philippe Gildas lance ensuite le journal, présenté par Annie Lemoine. Celle-ci parle notamment d’un mouvement de grèves des infirmières. Philippe Gildas rebondit sur le sujet pour s’adresser à Mylène.

PG : Tu avais une chanson avec des infirmières, non ?
MF : « Maman a tort » (sourire)

PG : Qu’est-ce que tu faisais quant u avais 12 ou 13 ans, à Garches ?
MF : Je m’occupais, enfin j’essayais en tout cas, le dimanche de me consacrer aux handicapés physiques et mentaux.

PG : Aux enfants handicapés…
MF  : Oui ! Absolument, oui

PG : … surtout victimes d’accident, et aussi handicapés mentaux.
MF : Oui, oui.

PG : Donc tu connais bine, enfin tu connais un peu ce milieu des infirmières ?
MF :  je le connais un petit peu et c’est un milieu qui est.. Je trouve ç a formidable, les personnes qui peuvent se consacrer à ça toute leur vie. C’est formidable.

Il est ensuite question d’une compétition sportive et de ses résultats avec un français médaillé.

MF : Cher les médaillés, il a un moment qui est prodigieux ; c’est le moment où ils vont gagner cette médaille. Et ça, c’est un moment qui est très, très émouvant. C’est cette performance, cette volonté d’aller plus loin et plus haut.

PG : Plus que le moment où ils montent sur le podium pour recevoir la médaille, même si ils pleurent !
MF : C’est vrai ! Oui, oui.

PG : Les catcheurs, ça l’intéresse les catcheurs ?
MF : J’aurais une question à poser, peut-être pour les femmes catcheurs (rires)

Le journal terminé, Philippe Gildas lance la suite de l’émission, en l’occurrence la rubrique de Jérôme Bonaldi, qui présent ce soir le « Vidéo-look », un logiciel permettant d’insérer sa photo et de visualiser différentes coupes de cheveux.

PG : Mylène a les cheveux lâchés, ce soir.
MF : C’est ça ou le catogan. Et un jour, les cheveux très, très courts !

PG : Ha oui, donc alors là vous irez au « Vidéo-look » peut-être avant faire un essai, non ?!
MF : Je n’aurai pas besoin d’eux !

PG : Ha oui, vous aurez déjà décidé avant !
MF : Oui !

C’est ensuite le tour de la rubrique musicale de Alain Gardinier.

PG : Mylène,  a combien de 45 tours extrait de « ainsi soit Je… » déjà ?
MF : Alors… « Sans contrefaçon », « Ainsi soit je… », et puis « Pourvu qu’elles soient douces ».

PG : Vous aimez Brel ?
MF : Je crois que c’est celui que je préfère, oui, Brel et Reggiani.

PG : (…) Une question personnelle, seulement : comment vous vous êtes rendue compte que Boutonnat c’était le gars qui pouvait vous transformer professionnellement ? Parce qu’avant vous vouliez faire autre chose..
MF : Pas réellement. C’est vrai que moi, je me tournais en premier lieu vers l’équitation. C’est-à-dire que je voulais être monitrice d’équitation. Après, je me suis très vite aperçue que ce n’était pas du tout une vocation.

PG : Sauf que le cheval, vous aimez toujours ! Parce que y en a dans tous les clips, hein !
MF : Oui, mais après, j’ai découvert, justement au travers de ce clip (celui de « Pourvu qu’elles soient douces ») avec des cascadeurs, que c’était plus cette formation que j’aurais voulu entreprendre. Après, j’ai suivi des cours de théâtre, donc je voulais être actrice. Et puis j’ai rencontré Laurent Boutonnat. Moi j’appelle ça la chance des rencontres. Y a peu de rencontres dans sa vie…

PG : Quand vous l’avez rencontré, vous saviez qu’il avait déjà réalisé un film ?
MF : Non, c’est beaucoup plus tard qu’il m’a présenté son premier film qu’il avait réalisé à l’âge de 16 ans qui s’appelais « Le voyage de la fée conductrice » et qui était même passé à Cannes, je crois.

PG : Exactement ! Or, à 16 ans à l’époque, la vidé c’était quand même..
MF : Mais là, c’était en 35 mm !

PG : Ha c’était en 35 ? Il avait pu faire ? Il avait réussi à convaincre quelqu’un de lui donner les fonds ?
MF : Il avait pillé les fonds, je crois, le porte-monnaie de son papa et de sa maman (rires) Je ne sais pas, mais déjà, là oui, c’était évident, quoi !

PG : J’ai lu quelque part que vous rêviez toujours de faire du cinéma alors vous citiez Annaud…
MF : C’est vrai qu’en France, on vous demande toujours des références. C’est vrai que le premier que je citerai, c’est Laurent Boutonnat, c’est normal parce que c’est vraiment quelqu’un que j’aime et je pense qu’il sera un des grands, grands, grands réalisateurs de demain.

PG : Il a quel âge ?
MF : Il a 27 ans. C’est vrai que j’aime le cinéma d’Annaud, qu’il a aussi d’autres choses à faire, que j’ai hâte de voir « L’Ours »…

PG : Pour l’avoir vu, je peux vous dire que c’est superbe et que ça vous plaira !

Phlippe Gildas lance ensuite les « Arènes de l’info » (première version des « Guignols de l’info ») Au retour plateau, il rappelle aux téléspectateurs  que le clip de « Pourvu qu’elles soient douces » va être diffusé en exclusivité dans l’émission.

PG : Alors, cette jeune fille toute timide qu’est Mylène a écrit des paroles. Alors je sais pas si on entend très bine : peut-être c’est ça la perversité, d’ailleurs !
MF : La vraie perversité, je crois, oui (sourire)

PG : On écoute la chanson, c’est un tout…
MF : Je crois que c’est l’imaginaire de chacun qui travaille, qui va prendre un mot, un refrain ou un couplet…

PG : Parce que quand même les paroles, sans ça, elles sont hard ! Jamais t’étais allée aussi loin !
MF : Elles sont sulfureuses, c’est vrai. C’est un pamphlet sur la dite perversion des hommes.

PG : (Il cite quelques phrases extraites des couplets de la chanson) J’en dirai pas plus, parce que dit comme ça, c’est un peu gâcher la musique quand même (rires de Mylène) Mais ça valait la peine de le souligner pour que vous écoutiez bien tout à l’heure tout en regardant ! Deuxième chose : en ce qui concerne maintenant le clip, pourquoi 17 mn ?! Pourquoi un clip long, quoi pourquoi un vrai morceau de cinéma ?
MF : par amour pour le cinéma, je crois, tout simplement.

myl7ne-radio-01-a-300x248PG : Alors de façon plus précise : Pourquoi pendant la guerre de sept ans ?
MF : déjà, on a voulu faire la suite de « Libertine » ce qui n’était pas évident ! On a bien pensé la chose. C’est vrai que « Pourvu qu’elles soient douces » n’était pas évident de proposer la suite de « Libertine ». Après, c’est une recherche. Pourquoi 17 mn ? Parce que l’amour commun de Laurent et de moi-même pour le cinéma, pour avoir envie de dépasser peut-être c’est vrai, une chanson et l‘histoire d’une chanson. Que dire d’autre ?!

PG : Mais pourquoi, alors que les paroles sont totalement d’aujourd’hui, pourquoi la placer en 1759, début de cette guerre de sept ans ?
MF : Là, je vous dirai : parce que la suite de « Libertine ». Donc ça se passe toujours au XVIIIème siècle.

PG : Voilà, et puis l’amour du costume !
MF : Et puis les costumes ! Et c’est vrai que j’ai du mal à m’imaginer en 1988, que si j’avais un long-métrage à faire, je crois que je me propulserais plutôt dans un monde antérieur.

PG : Alors, y a 150 figurants !
MF : Y en a beaucoup plus, en fait, 150 figurants, c’est sur une journée. Y a eu huit jours de tournage et en globalité, on peut compter à peu près 500 à 600 figurants, donc c’était un travail colossal pour le metteur en scène. Et j’avoue que moi j’ai pris un plaisir… le plus grand plaisir, c’était le tournage, mais surtout le montage. Parce que là pour moi, c’était prodigieux ce travail  que Laurent a fait avec cette monteuse, qui est Agnès Mouchel.

PG : (…) Dans les 17 mn, la chanson se situe pratiquement au milieu.
MF : C’est ça. Alors au début la première image, donc c’est la fin de la dernière image de « Libertine 1 » et donc on retrouve Libertine étendue aux côtés de son chevalier et l’armée anglaise va arriver sur le territoire français par erreur, devrait aller en Prusse mais s’est trompée, et va découvrir Libertine et puis guérir. Le capitaine anglais va tomber amoureux de cette jeune fille, et de l’autre côté, l’intrigue donc, c’est l’armée française qui va découvrir la présence de cette armée anglaise sur le territoire français et qui va payer des prostituées pour pénétrer le camp anglais et décimer cette armée anglaise. Et dans les prostituées, on retrouve la rivale de Libertine.

PG : D’accord…
MF : Et la suite, après y a toute…

PG : C’était nécessaire de vous dire ceci, parce que…
MF : c’est vrai que c4est un peu dommage toujours d4en montrer la version courte 

PG : … parce qu’on ne peut pas vous présenter les 17 mn ; bien entendu, vous le comprenez bien. Donc regardez : c’est « Pourvu qu’elles soient douces » et vous pouvez par avance applaudir !

Pendant que Philippe Gildas annonce le clip, Mylène se passe la main dans les cheveux et les regroupe d’un côté de sa t^te. Une version coupée du clip est donc diffusée. Au retour plateau, le public applaudit très chaleureusement, ce qui fait sourire Mylène.

PG : « Pourvu qu’elles soient douces », avec les chevaux et les cascades de Luraschi.
MF : Ha oui ! C’était merveilleux, il m’a appris beaucoup de choses.

Philippe Gildas lance ensuite la rubrique cinéma. Après celle-ci est diffusé un sketch de Karl Zéro qui parodie la chanson « Libertine » avec des paroles très gauloises. Au retour plateau, si tout le monde applaudit le sketch, on peut noter que Mylène n’applaudit pas alors qu’elle avait applaudi les autres séquences…

PG : Tu préfères l’originale, hein ?! (Mylène acquiesce) Reconnaissez, mon cher Antoine, que l’originale est quand même plus poétique !
A DE C : J’en conviens, mais elle riait ! Mylène riait (rires de Mylène) J’ai vu Mylène rire !

PG : Allez, les questions, rapidement (…)
A DE C : Alors très rapidement, Mylène, depuis le début de l’émission, je me le demande : pourquoi qu’elle soit rousse… Pouvez-vous nous le confirmer publiquement ?
MF : Elle est rousse… en haut (un blanc, puis les spectateurs commencent à rire puis applaudir pendant que Mylène sourit, visiblement fière de sont mot, qui trouble Antoine de Caunes encore un peu plus !)

PG : Deuxième question !
A DE C : C’est pas une question, c’est une suggestion. Vous avez dit tout à l’heure que vous vouliez faire de la scène en mai 1989, et je sais que vos singes avent danser. Donc j’ai une suggestion à faire : après « Johnny se donne à Bercy » pourquoi pas « Mylène se donne à Thoiry » ? (célèbre parc animalier des Yvelines)
MF : (d’un air de défi) Est-ce que vous allez m’accompagner ?

A DE C : Volontiers !
PG : ça fera trois, alors !
MF : (en même temps, tout sourire) ça fera trois singes (rires)

Avant qu’Annie Lemoine se revienne sur le plateau pour le rappel des titres de l’actualité, Philippe Gildas annonce les invités des jours suivants, dont Renaud.

MF : (interrompant l’énoncé de Philippe Gildas) Il est encore plus séduisant de près qu’à la télévision.

PG : (surpris) Renaud ?
MF : (elle désigne Antoine de Caunes, qui est en train de céder sa place à Annie Lemoine) Non : ce monsieur !

PG : Ha bon alors, si c’est une déclaration d’amour, Antoine, vous restez !

Après le rappel des titres, Philippe Gildas annonce le programme suivant l’émission, en l’occurrence un match de catch.

MF : Je me pose toujours cette question : qu’est-ce qui peut amener autant de gens à ce genre de combats ?

PG : C’est parce que c’est un spectacle fabuleux ! C’est un vrai spectacle.
MF : Mais qui est truqué du début à la fin !

PG : Non, c’est pas truqué. Ce qui n’est pas truqué, c’est qu’ils fassent 260 kg et qu’ils fassent des galipettes, quand même.
MF : oui…

PG : Mais c’est vrai que c’est monté comme un spectacle.
MF : Mais c’est un jeu de cascadeurs.

PG : C’est un jeu de cascadeurs (…) Ils se battent quand même vraiment.

L’émission s’achève avec l’annonce du match de catch.

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Mylène Farmer et Marylise Delagrange

Posté par francesca7 le 27 mars 2013

 

Mylène, invitée A l’émission « Les animaux du Monde » du 22 mai 1988 sur TF1

Interview par Marylise DELAGRANDE

La promotion de « ainsi soit Je » continue pour Mylène qui fait escale sur le plateau de cette émission animalière. Si le contexte se prête peu à une interprétation de la chanson, Mylène offre cependant la première diffusion de son nouveau clip. L’occasion pour elle d’évoquer encore et toujours son amour dès animaux, entourée de son ami Gaétan, éleveur d’animaux qui tient une ferme en Normandie et que Mylène avait déjà présenté pour un reportage photo dans Télé 7 Jours en 1986 et évoqué depuis à plusieurs reprises. On découvre Mylène assise aux côtés de l’animatrice. Elles sont assises sur des gradins, entourées d’enfants. Mylène porte un tailleur blanc et un nœud blanc également dans les cheveux.

Mylène Farmer et Marylise Delagrange dans Mylène en INTERVIEW myl7ne-1986-13-300x291Marylise Delagrange : Mylène, vous êtes un peu la marraine de Cheeta, vous ?!
Mylène Farmer : Je voudrais être sa propriétaire, la voler à Gaétan ! (rires) il ne veut pas…

MD : Comment vous avez réagi en regardant ce document où il s’agissait, là , de vie sauvage ? (Mylène câline Cheeta, désormais allongée sur ses genoux tout en jouant avec le noeud de ses cheveux) Non, Cheeta, alors laisse s’il te plaît le nœud parce qu’on voudrait que Mylène soit habillée jusqu’au bout !
MF : (dans un sourire, les yeux plongés dans ceux du singe) Laisse-moi parler, Cheeta !

MD : Comment est-ce que vous avez réagi à ce document où on voyait des animaux contents d’être réhabilités à la vie sauvage, contrairement à Cheeta ?
MF : Moi je trouve ça formidable, formidable.

MD : Alors est-ce qu’il y a pas quelque chose d’un peu contradictoire dans votre positon, qui est d’avoir des animaux chez vous, de les aimer, d’aimer les toucher, et puis justement d’aimer un document comme on vient d’en voir un ?
MF : C’est vrai, c’est très paradoxal, mais moi je me dis que je préfère voir mes capucins à la maison avec une cage qui est très, très grande pour eux et que je peux les sortir autant de fois que je veux e t les promener. Je préfère les voir à la maison que dans une petite cage dans des magasins.

MD : Oui, parce c’est là où vous les avez trouvés. On va aller vous rendre visite dans votre appartement de Beaubourg, où justement vous avez deux petits pensionnaires.. qui s’appellent comment ?
MF : Le premier, celui que vous allez voir, s’appelle E.T je l’ai depuis maintenant quatre ou cinq ans, et puis…

MD : C’est un singe capucin ?
MF : C’est un sajou capucin (L’écran géant au centre du plateau diffuse les images d’E.T que Mylène avait filmé dan son appartement de l’époque pour l’émission « Mon Zénith à Moi » d’octobre 1987)

MD : (elle désigne l’écran) Le voilà !
MF : Voilà. Et depuis, j’en ai un autre qui est également un capucin, qui a un pelage beaucoup plus clair et qui a été totalement adopté par E.T.

MD : Et ils vivent en semi-liberté chez vous ?
MF : En semi-liberté, oui.

MD : Ils font pas trop de rages ?
MF : Le plus petit, davantage, parce qu’il est beaucoup plus nerveux. Mais elle a un comportement extraordinaire.

MD : Et ce sont des animaux que vous trouvez ou achetez.. vous avez été émue parce qu’ils étaient dans un toute petite cage ?
MF : C’est les regards… Moi j’attache une importance considérable aux regards. C’est vrai que quand je suis rentrée dans ce magasin, j’ai vu le regard d’ET qui avait un comportement plutôt passif. Et pour moi, c’était évident que de le prendre et de l’avoir à mes côtés et pouvoir lui donner toute l’affection dont elle avait besoin.

MD : alors tout le monde se demande comment vous pouvez tourner, travailler et avoir comme ça deux petits singes qui demandent beaucoup de soins et beaucoup d’affection.
MF : C’est à peu près compatible dans la mesure où on n’a pas trop, trop de velléité de grande voyageuse, que je n’ai pas actuellement. Donc, c’est pouvoir rester à la maison et s’en occuper au maximum. Mais si je dois réellement partir, i la une personne, et une seule qui pourrait s’en occuper.

L’animatrice lance ensuite un reportage sur Stella, une jeune anglaise qui recueille et s’occupe de jeunes chimpanzés avant de les réintroduire dans la nature. Au retour plateau, on voit Mylène faire un énorme câlin à Cheeta.

MD : Je crois qu’on le voit : les singes ont besoin d ‘énormément de tendresse, surtout quand ils sont jeunes. Ils ont vraiment besoin de leur mère, en fait (rires) Alors, Mylène , il y a tout de même une chose que vous m’avez dite tout à l’heure que j’aimerais que vous redisiez parce que je crois que c’est important, c’est qu’en général vous refusez de montrer votre vie avec vos singes pour ne pas inciter d’autres gens à en acheter.
MF : (tout en caressant Cheeta). Oui, parce qu’une fois de plus, un singe n’est ni un chat, ni un chien. On ne peut pas le laisser quand on part en vacances à une tierce personne. C’est un animal très dépressif, je crois, qui pourrait s’abstenir de manger, certes pendant deux, trois ou quatre jours, mais je pense que ce peut être un traumatisme pour lui que de quitter ses maîtres. Gaétan pourrait le dire mieux que moi.

MD : Et qu’est-ce que vous ne seriez pas tentée par une expérience semblable à celle de Stella ? Est-ce que vous être un jour capable de dire « Au revoir, je m’en vais, je vais aller m’occuper de singes dans la jungle ? »
MF : Je me sens foncièrement capable ? maintenant, de là à y arriver, à prendre cette décision.. Je pense que je le ferai beaucoup plus tard, en tout cas. Mais je crois que ç a ne se fait pas non plus à la légère, c’est rentrer comme on rentre dans un couvent. Et avoir certainement avoir beaucoup plus de connaissances quant aux singes et à leur vie que je n’en ai moi-même. Donc ça serait plus un rêve… Mais j’ai suivi longuement la vie de Diane Fossey, que vous aviez présentée lors de votre émission et qui était fascinante.

MD : Enfin, en tout cas ne nous quittez pas trop vite, je pense que tous les jeunes admirateurs qui sont là seraient très, très tristes, n’est-ce pas, si Mylène s’en allait !
MF : (rires) Mais je les emmènerai avec moi.

Marylise Delagrange lance ensuite un reportage sur Tippi Hedren, célèbre actrice américaine, qui vivait alors entourée de félins. Au retour plateau, Mylène est à nouveau plongée dans ses jeux avec Cheeta.

MD : je n’arrive vraiment pas à arracher Mylène à sa passion (…) Il faut peut-être revenir à la chanson pour conclure : en fait dans beaucoup de vos chansons, il y a des animaux (elle veut en réalité parler des clips) (…) Alors dites-nous, Mylène : il y a des chevaux dans « Tristana » c’est ça ?
MF : Dans « Tristana », il y a des chevaux et surtout un loup, donc qui appartenait à Gaétan ; « Libertine » y a beaucoup de chevaux. « Sans contrefaçon », il y avait aussi des chevaux, carrioles, marionnette … Et puis le dernier, c’est à découvrir ! Il y a une biche et un grand-duc.

MD : (aux téléspectateurs) alors nous allons vous montrer, ce sera la conclusion de cette émission en exclusivité.
MF : Absolument, oui.

mylene-de-a-a-z-187x300 dans Mylène en INTERVIEWMD : … puisque ce n’est pas encore jamais passé à l’écran, je crois…
MF : non jamais

MD : … le dernier clip de Mylène, qui s’appelle enfin qui est la chansons « Moi, je » (sic) et vous aller…
MF : (elle la corrige tout en caressant le visage de Cheeta) « Ainsi soit Je… »

MD : « Ainsi soit Je… » Pardon !
MF : … qui ne sera pas dans son intégralité, puisqu’on va être obligés, je crois, de couper au bout de quatre minutes.

MD : C’est ça. Mais je crois que les téléspectateurs auront beaucoup l’occasion de le revoir !
MF : Bien sûr, oui.

MD : En tout cas, merci beaucoup Mylène d’être venue.
MF : Merci à vous, Merci à Gaétan, aussi !

L’émission s’achève avec la diffusion du clip de « Ainsi soit je … »

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Sacrée soirée avec Mylène

Posté par francesca7 le 27 mars 2013

 

Le 18 mai 1988 sur TF1 dans l’émission SACREE SOIREE, animée par Jean-Pierre FOUCAULT

L’invitée d’honneur de la célèbre émission de Jean-Pierre Foucault, Mylène offre ici une prestation qui deviendra culte. Elle se verra en effet offrir par l’animateur, différentes surprises qui lui feront verser quelques larmes, au nombre desquelles on compte des images rares de l’enfance de Mylène au Québec.

Sacrée soirée avec Mylène dans Mylène en INTERVIEW rmymi-adio-02-c-261x300Dans sa grande robe de velours vert et les cheveux lâchés, Mylène interprète « ainsi soit Je… » La chanson terminée, elle garde la pose, t^te rejetée en arrière et bras en l’air puis salue le public. Sous les applaudissements de celui-ci, elle rejoint Jean-Pierre Foucault sur le canapé.

Jean-Pierre Foucault : Venez, chère Mylène. Bonsoir, Mylène Farmer. Vous allez pouvoir vous asseoir ? Vous avez une robe superbe ! C’est vous qui choisissez vos tenues, Mylène, non ?
Mylène Farmer : Absolument, oui. Je travaille avec une styliste qui s’appelle Marie-Pierre Tattarachi, avec qui j’ai beaucoup de plaisir de travailler avec elle (sic).

JPF : Et pour chaque chanson, chaque clip, vous prévoyez une tenue différente ? Est-ce que ça fait partie du complet, comme on dit ? On fait la chanson, on l’interprète, et plus on va jusqu’au bout des choses…
MF : … et on la déguise, on l’habille,oui.

JPF : Alors, là pour cette chanson, vous allez être – c’est vous qui avez dit le verbe, hein – déguisée comme ça à chaque fois qu’on vous verra à la télévision ?
MF : (rires) Je ne sais pas i c’est déguisé, mais en tout cas avoir plaisir que de s’habiller.

JPF : C’est vous qui l’avez dit, hein ! Très bien, Mylène, vous parlez très peu, je sais, et tout le monde m’a dit : « Tu verras » : c’est encore pire que Françoise Hardy ! » (…) Non, je plaisante ! C’est vrai que vous parlez peu. Vous cultivez ce look (…) de femme réservée, timide, secrète..
MF : C’est quelque chose qui est incultivable ! Je suis réservée, secrète. C’est vrai que j’ai du mal.. (elle cherche ses mots).

JPF : Mais lorsqu’on est réservée et secrète, choisir le métier de la chanson c’est pas simple du tout, dites-moi !
MF : Non, mais c’est un paradoxe. Et j’accepte le paradoxe !

JPF : Vous êtes la femme des paradoxes ! On va commencer par regarder, chère Mylène Farmer les numéros de votre vis (il s’agit d’un des jeux traditionnels de l’émission où les téléspectateurs devaient reconstituer une date présentée dans le désordre, en l’occurrence ici la date de naissance de Mylène) et vous n’allez pas faillir à la tradition : cous à vous de nous raconter quelque chose, un événement, une anecdote concernant votre vie ou votre carrière, Mylène.
MF : J’ai un événement qui est marquant, et qui sera probablement le plus marquant de ma vie ; c’est la perte de quelqu’un… Et paradoxalement, c’est une absence qui me donne et qui m’insuffle une force énorme pour continuer, et c’est probablement pour quoi je suis là ce soir. Donc voilà, c’est un hommage à cette personne.

JPF : Vous ne direz- pas qui ?
MF : Non, je préfère être secrète aussi là-dessus ! (sourire).

JPF : Bon, c’est un bel hommage, en tout cas, que vous lui rendez, à cette personne.
MF : Oui, parce que c’est vraiment la toute première fois.

JPF : Et je suis sûr que cette personne, comme on dit d’une façon un peu simpliste, de là-haut, vous regarde et vous aide.
MF : Toutes les télévisions que je fais, en tout cas, je pense à cette personne.

JPF : Voilà, je sais, moi, mais je ne dirai pas, pour respecter ce que vous venez de me dire, je sais de qui vous parler. J’aimerais quand même qu’on applaudisse cette personne, si vous voulez bien, pour lui rendre un vibrant hommage (Applaudissement du public) C’est difficile de faire les surprises. Vous savez ! Toute l’équipe de « Sacrée Soirée » qui cherche, qui fouille, qui viole un peu la vie des vedettes, se donne beaucoup de mal. Et le hasard fait que ce soir, par deux fois, nous allons revivre des situations sympathiques, chaleureuses, voire même familiale : vous avez peut-être vu la séquence qui précédait avec Sim, où il a revu des personnes qui lui étaient très chères…
MF : Je n’ai pas vu la séquence, j’étais dans ma loge (rires)

JPF : Alors je regrette, mais là vous allez voir : on va essayer de mieux vous connaître, on va essayer de mieux connaître Mylène Farmer dès le plus jeune âge. Vous voulez bien ?
MF : Oui ! (rires)

JPF : Alors regardez, vous allez voir : on est allés chez vous, on a ouvert le fameux tiroir et voici ce qui s’y trouvait. Regardez !

Diffusion d’une séquence d’images d’archives personnelles de Mylène à l’âge d’environ 6 ans entourée de sa sœur et son frère, d’abord dans une petit piscine, ensuite avec un chien, puis dans des manges de fête foraine, sur le dos d’un chameau et pour finir à nouveau dans l’eau avec une bouée, le tout sur fond musical de « Plus Grandir ». Au retour plateau, Mylène est particulièrement émue.

JPF : Je fais pas ça pour faire de la peine, Mylène !
MF : On peut pas maîtriser ses larmes !

JPF : Ce sont des images qui vous font plaisir ?
MF : Oui, parce que c’est les premières années de mon enfance, au Canada. C’est toujours émouvant.

JPF : On m’a dit que vous étiez très émotive, on vient de le voir, mais y avait surtout et c’est peut-être un souvenir d’enfance, y avait un personnage qui vous faisait pleurer à coup sûr. Vous savez de qui je veux parler ?
MF : Je pense !

JPF : De qui ?
MF : de Bambi (rires)

JPF : De Bambi ! C’est curieux, parce que Bambi fait pleurer Mylène Farmer. Et comme moi je suis vraiment maso, j’ai demandé à nos amis de Walt Disney de nous montrer quelques images de la belle aventure de Bambi. Regardez !
MF : C’est magnifique ! (sourire)

JPF : C’est pour vous !
MF : Merci beaucoup !

JPF : je voulais vous offrir un des héros que ovus avez vu dans ce dessin ainmé, qui est là, spécialement offert pour vous par Walt Disney… (Jean-Pierre Foucault offre à Mylène une peluche du lapin Pan Pan)
MF : C’est Pan Pan !

JPF : et puis il est venu spécialement des Etats-Unis car la peluche n’existe pas en France, voici pour vous Bambi ! (il sort de derrière le canapé une peluche de Bambi en même temps que Mylène laisse échapper un cri de surprise. On la voit alors à l’image et son visage marque un réel ravissement). Vous n’allez pas pleurer ? (Mylène prend les peluches et les serre contre elle. A partir de ce moment, elle les gardera précieusement contre elle jusqu’à la fin de la séquence) Alors, ça c’est l’émotion, là j’ai d’autres cadeaux professionnels, mais on va peut-être un peu les oublier ce soir, mais enfin c’est quand même très important dans la vie d’un artiste…
MF : (elle l’interrompt en désignant ses peluches) c’est vraiment un cadeau magnifique, vraiment, je tiens à vous le dire !

JPF : Attendez, c’est pas tout ! Vous êtes contente d’avoir Bambi (Mylène hoche la tête) (…) alors voici deux disques d’or que je vous offre également, mais ç a, ça n’a rien à voir avec Walt Disney ! On vous applaudit pour ces disques d’or qui sont la consécration de votre succès, chère Mylène Farmer. (alors que le public applaudit, on voir à l’image, aux côtés de Jean-Pierre Foucault, un disque d’or pour l’album « Cendres de lune » et un autre pour l’album « ainsi soit-Je… » ) Et puis la surprise n’aurait pas été complète, vous vous demandez ce qui va se passer – hein ! sans la complicité de nos amis de Walt Disney France et de Pierre Sisman, qui est son directeur général.

Jean-Pierre Foucault accueille alors sur le plateau Pierre Sisman, accompagné de quelques enfants tenant un grand panier rempli de peluches Disney, suivis des personnages de Mickey et Minnie.

Pierre Sisman : (…) Je suis très touché de savoir que Mylène est très sensible à Bambi.
MF : Pour moi c’est le plus beau dessin animé qu’il m’ait été donné de voir. Je vais encore aller le revoir, parce que…

PS : Mais en tout cas, je veux pas que Bambi vous fasse pleurer, parce que Bambi ne fait pas pleurer les petits enfants : Bambi les émeut.
MF : Il y a un passage un petit peu violent, il y a une mort.

PS : oui, mais ç se termine bine.
MF : Oui oui, mais il y a toutes les choses fondamentales de la vie. C’est magnifique, vraiment, et d’une grande simplicité en plus.

Mickey, Minnie et les enfants passent parmi les rangées du public pour distribuer des peluches aux spectateurs présents, pendant que Pierre Sisman explique cette initiative.

JPF : Et puis, notre ami Pierre Sisman va vous faire un superbe cadeau. Voilà de quoi il s’agit, regardez (Il présente alors un cadre contenant un celluloïd original du film « Bambi ») De quoi s’agit-il Pierre exactement ?

PS : Il s’agit d’un document original qui a servi au film, qui est une des scènes de « Bambi ». vous voyez, c’est peint sur celluloïd. C’est un document qui vient des Etats-Unis qui est arrivé par avion hier matin (…) Voilà j’espère que ça vous fait plaisir.
MF : (visiblement comblée). Est-ce que je peux me permettre de vous faire la bise ? (Ils s’embrassent) Merci infiniment.

Jean-Pierre Foucault évoque ensuite avec Pierre Sisman le futur chantier de ce qui sera Disneyland Paris.

foucault dans Mylène en INTERVIEWJPF : J’espère que vous êtes ravie, chère Mylène Farmer.
MF : Je suis comblée, réellement !
PS : Et merci à Mylène pour une merveilleuse chanson, parce que c’est une chanson pleine d’émotion. C’est évidemment un tube, mais c’est surtout très, très beau !

Jean-Pierre Foucault annonce ensuite Nina SIMONE !

A la fin de l’émission, lors du traditionnel jeu de la date de naissance ? on retrouve Mylène aux côtés de Jean-Pierre Foucault et Sim.

JPF : Mylène Farmer va vite venir nous rejoindre parce qu’elle a un petit merci à dire, elle a oublié de le faire et c’est quand même important, m’a-t-elle dit (Mylène arrive, ses peluches toujours dans les mains) (…) Vous vouliez remercier quelqu’un ?
MF : Je voudrais remercier ce soir Bertrand Lepage, avec qui vous avez travaillé pour cette émission et toutes ces surprises, et qui est mon compagnon de route, voilà.

A la demande de Jean-Pierre Foucault, Mylène presse ensuite la touche qui lance l’ordinateur qui sélectionne une date de naissance pour le jeu traditionnel de l’émission. On retrouve pour finir Mylène parmi les autres participants de l’émission lors du générique de fin.

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Mylène sur La Une est à Vous

Posté par francesca7 le 12 mars 2013

 

Émission du 7 Mai 1988 sur TF1, présentée par Sylvain AUGIER

Cette émission du samedi après-midi, présentée alors par Sylvain Augier qui sera ensuite remplacé par Bernard Montiel, mêlait séries télés diffusées selon les choix des téléspectateurs et variétés. Mylène est Mylène sur La Une est à Vous dans Mylène en INTERVIEW mylene2donc présente sur le plateau pour interpréter « Ainsi soit Je… » Elle présente ensuite l’album en répondant aux questions de l’animateur qui ne tarit pas d’éloges.

Sylvain Augier : Nous accueillons maintenant quelqu’un, ç a me fait très plaisir : elle est ravissante, elle est vraiment très belle, elle a beaucoup de talent, elle s’appelle Mylène Farmer et c’est sa dernière chanson : « ainsi Soit Je… »

Sur une partie surélevée du plateau, Mylène interprète « Ainsi soit Je… » La chanson terminée, Sylvain Augier la reçoit, un 33 tours de l’album à la main.

SA : « Ainsi soit Je… » Mylène Farmer, bonjour Mylène, comment ça va ?
Mylène Farmer : Bonjours ! Très bien !

SA : ça va bien ?
MF : Très bien !

SA : ça fait partie de cet album qui vient de sortir et dont je me suis laissé dire qu’il était en train de devenir disque d’or, en tout cas la semaine prochaine. Ce qui veut dire 100 000 vendus, c’est ça ?
MF : (fièrement) C’est 100 000 disques vendus, oui.

SA : Alors qu’est-ce qu’on retrouve sur cet autre album, Mylène ? Il y a bien entendu le grand succès « Sans contrefaçon »…
MF : Oui. Il y a une chanson qui s’appelle « L’horloge », on voit ça derrière (elle regarde la track-liste au verso du disque).

SA : « L’horloge », qui est un poème, d’après ce que j’ai cru comprendre en écoutant l’album.
MF : C’est un poème mis en musique, oui. Un poème de Baudelaire, donc, il y a « Allan », qui parle d’Allan Edgar Poe (sic). « Pourvu qu’elles soient douces »… je vous laisse deviner !

SA : Heu… oui, j’ai cru comprendre qu’il s’agissait de petites choses roses et rondes, c’est ça ? Y en a une autre qui s’appelle « Déshabillez-Moi », comme ça on fait le tour de la question complètement ! Y a « Ainsi Soi Je… » bien sûr, et puis y a la conclusion de la fermière : « The Farmer’s conclusion ».
MF : Enfin bref, c’est à découvrir !

SA : En tout cas, c’est très bel album que j’ai bien aimé, moi !
MF : merci !

SA : Et puis je trouve que vous avez du talent et que c’est joli de vous regarder chanter, en plus !
MF : C’est gentil, merci à vous !

SA : ça fait beaucoup de choses à la fois, hein ? En tout cas, c’est gentil d’être vneue nous voir.
MF: Merci !

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Mylène sur Antenne 2

Posté par francesca7 le 12 mars 2013

 

Émission FETE COMME CHEZ VOUS du 5 mai 1988

Présenté par Marc Bessou – ANTENNE 2

Mylène sur Antenne 2 dans Mylène en INTERVIEW mimi7-244x300Lorsque l’émission commence, Marc Bessou salue le public et les téléspectateurs et présente le sommaire de l’émission. Il finit en annonçant Mylène Farmer qu’on retrouve aussitôt sur le plateau, habillée d’un très beau tailleur blanc, assise par terre sur un coussin, les cheveux attachés en arrière pour chanter « Ainsi soit Je… » Une fois la chanson terminée, Mylène rejoint, sous les applaudissements du public, Marc Bessou qui tient à la main le 33 tours de l’album « Aisni soit Je… »

Marc Bessou : Merci Mylène !
Mylène Farmer : Bonjour !

MB : vous allez bien ?
MF : très bien !

MB : Je consultais, tout en vous écoutant – tous les sens sont comme ça rassasiés à la fois : l’oreille et la vue – un album que voici, que voilà, je le montre ici (il montre le 33 tours à la caméra) où il y a effectivement « Ainsi soit Je… » ; « Sans contrefaçon » ; « Allan », qu’on écoutera tout à l’heure, et puis plus surprenant peut-être il y a « L’horloge » de Baudelaire, Mise en musique ?
MF : Oui.

MB : C’est un choix de votre part ? Un choix qui peut étonner…
MF : Absolument, oui, oui. Qui est tiré du livre « Spleen et idéal » de Baudelaire, et c’est un de mes poèmes préférés, oui.

MB : C’est pas facile de mettre en musique un poème qui existe : est-ce qu’on a pas l’impression de faire quelque chose d’un peu sacrilège ?
MF : Pas vraiment ! Moi je dirais que c’est un réel plaisir que de parler sur une musique, et là en l’occurrence, la musique a été faite avant le texte, enfin avant le choix du texte, en tout cas (sourire amusé) et ça m’a paru évident que de greffer Baudelaire sur cette musique.

MB : ça fait maintenant un certain nombre de disques, plus d’une demi-douzaine de 45 tours. On peut dire que vous avez là maintenant cette fois-ci définitivement semble-t-il, une carrière qui est posée. Quand on démarre dans ce milieu, même si on a un vrai succès, rien n’est jamais acquis, quoi, on sait pas du tout si ça va fonctionner, c’est quand même sur la durée que ça compte. Donc ça fait, là, trois ou quatre ans déjà !
MF : Ce qui est surtout très, très important, c’est qu’un album marche, et en l’occurrence celui-là marche très très bien et ça c’est formidable pour un artiste.

MB : C’est vrai que c’est un discours classique, d’entendre les chanteurs dire que l’album c’est ce qui est le plus reflet de la personnalité, c’est vrai. Vous le revendiquer, ça ?
MF : Certainement ! Là, j’ai deux albums : le deuxième album se rapproche encore plus de moi, je pense. Le troisième, j’avoue que je ne sais pas du tout ! (rires)

MB : On n’en est pas là, c’est aller un peu vite en besogne ! C’est assez drôle parce qu’à la fin, je vois qu’il y a … (il regarde le verso du 33 tours) ça termine quand même plutôt bien ; ça termine par « Déshabillez-moi ». Enfin ça termine pas tout à fait, je suis un peu malhonnête. Enfin, l’avant-dernier, c’est ça. Et puis après « Déshabillez-moi » c’est « The Farmer’s Conclusion ». On pourrait d’ailleurs presque dire les titres, ça a un sens si on réfléchit (il énumère les titres de l’album) : ça suit une forme de cohérence.
MF : Je pense qu’il y a une cohérence. J’espère, en tout cas !

MB : Vous savez ça, on vous l’a dit souvent, des tas de fois d’ailleurs, vous êtes un personnage un peu étonnant : on arrive souvent pas très bien à vous placer par rapport aux gens qui font votre métier. Je suppose que…
MF : Laissons les choses comme ça, alors ! (rires)

MB : On laisse les choses comme ça ?!
MF : Oui !

MB : Bon ! On écoute tout à l’heure « Allan » Merci Mylène Farmer.
MF : Merci à vous. Et merci au public !

MB : Restez comme ça ! 

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Mylène pour Graffiti

Posté par francesca7 le 14 février 2013

Mylène Farmer pour Graffiti

En décembre 1987 Interview de Mylène pour Graffiti

Mylène pour Graffiti dans Mylène en INTERVIEW mylene-1

« sans contrefaçon » semble suivre le chemin du succès.
- complètement, car lorsqu’on propose un disque au public on n’est jamais sûre de soi, on doute, c’est normal.

Comment est née cette idée ?
- c’est parti d’une musique de Laurent Boutonnat et le texte est venu se greffer ensuite. C’est moi qui l’ai écrit et il se réfère à l’enfance, c’est un énorme clin d’œil à mon vécu de fille manquée. C’est vrai, lorsque j’étais une gamine, je ne m’intéressais guère aux choses dites féminines. Par exemple, je ne jouais jamais à la poupée, je préférais déjà les petites voitures, je n’avais pas d’amies filles, mais plutôt des copains. Attention, cette chanson n’est pas n règlement de compte. Ce ne fut pas comme on pourrait le croire, ni traumatisant, bien contraire, j’ai vécu mes particularités avec une sacrée bonne santé notoire.

Et le nouvel album ?
- eh bien il est en construction.

Laurent Boutonnat n’ a pas envie d’une gloire au grand jour ?
- non, pas vraiment. Lui, sa passion se situe derrière la caméra. Son rêve serait de monter un film long métrage en tant que réalisateur et puis de continue rà composer de la musique.

Aurait-il pensé à Mylène, version comédienne ?
– il en est question.

Et le clip de « Sans contrefaçon » ?
- lui aussi, il est en cours d’élaboration mais, pour l’instant, il s’agit de rattraper le retard accumulé et puis miss farmer n’est pas une artiste pressée !

Tu n’entends pas occuper les médias avec un blabla inutile…
- Le rêve et le mystère, ce sont des données inhérentes au métier de chanteur.

Es-tu équilibrée ? Tu parais écorchée…
- non, il faudrait que j’ai une vie solide, mais j’ai l’impression que c’est une mission impossible.

Ton appartement te ressemble-t-il ?
- il est clair et peu meublé, c’est tout ce que j’ai envie de vous en dire !

Tu revendiques fermement une certaine élégance…
- Je n’apprécie guère les jeans et je privilégie les belles fringues des créateurs aux vêtements passe-partout et sans âme. Ou alors, je préfère ne rien porter du tout !

T’intéresses-tu à la télévision ou à la radio ?
- je n’apprécie guère le vent de médiocrité qui souffle sur la création française. C’est n’importe quoi et c’est n’importe comment. C’est pauvre. Il n’y a guère que les émissions consacrées aux animaux qui m’intéressent et puis « Face à France » sur la 5, qui semble manifester plus d’ambition que les autres.

Et E.T… ton singe, comment va-t-il ?
- Bien merci ! Il griffonne, il est aussi hyper sensible, il perçoit des choses et souvent, j’ai l’impression qu’il comprend tout ce que je lui dis. En fait, c’est comme un bébé et pourtant ce n’est qu’un singe. Je sais que cela peut paraître troublant et nombreux sont ceux qui doivent penser que je suis cinglée ! Mais entre E.T et moi, c’est l’harmonie parfaite, alors pourquoi le nierais-je ?!

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Mylène sur France SOIR

Posté par francesca7 le 14 février 2013

 

Le 13 novembre 1987

MYLENE Farmer s’amuse à brouiller les pistes / Entretien avec Catherine DELMAS

 Mylène sur France SOIR dans Mylène en INTERVIEW mylene-tv

A propos de son travail à quatre mains avec Laurent Boutonnat :

- Laurent Boutonnat écrit les musiques. Je reste auprès de lui. Et, la tête à l’ombre, j’écris des textes.

A propos de l’ambiguïté mise en scène dans son dernier 45 tours. « Sans contrefaçon »

- je n’ai pas eu à me forcer. Quand j’étais petite, beaucoup de gens me prenaient pour un garçon.

Et… j’aimais ça !

A propos de son aisance face à la caméra, qui contraste avec sa timidité évidente :

- j’avais fait du théâtre. En tournant les clips, je me suis rendu compte que cette complicité-là est très attirante.

A propos de sa reprise toute récente de « Déshabillez-moi »

- une idée en l’air ! J’ai couru au Drugstore acheter le disque de Juliette Gréco. Et le lendemain, nous avions créé une nouvelle version.

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Mylène, de nature solitaire

Posté par francesca7 le 14 février 2013

Mylène Farmer : «Je suis d’une nature solitaire»

INTERVIEW -À l’occasion de la sortie de son album Monkey Me et de sa tournée, la chanteuse française se confie. (Avec TV Magazine)

 

Mylène, de nature solitaire dans Mylène en INTERVIEW monkey-myleneSon nouvel album, Monkey Me, sortira le 3 décembre. Douze titres composés par Laurent Boutonnat sur des textes de Mylène Farmer. Un mélange éclectique où cohabitent des morceaux pop-rock émergeant d’une base électrique, de sons de batterie, de guitares et de saxo. Les paroles manient les thèmes chers à l’interprète, mais teintés d’une fraîcheur et d’une poésie qu’on ne lui connaissait pas. En exclusivité pour TV Magazine, Mylène Farmer se livre à un exercice rare pour elle: l’interview-confession. Voici la star comme vous ne la lirez jamais.

TV MAGAZINE – Mylène Farmer, votre dernier album remonte à deux ans. Vous nous aviez habitués à des intervalles plus longs…

Mylène Farmer- Oui. Je ne m’en rends pas compte. Deux ans dans un monde chronophage, où chaque jour engloutit le temps, cela paraît une éternité. Il s’agit probablement d’un manque et de l’envie de remonter sur scène.

Monkey Me marque la reformation de votre tandem artistique avec Laurent Boutonnat. Qu’est-ce que votre «infidélité» vous a apporté?

Il ne s’agit pas d’infidélité! Mon précédent album, Bleu noir, n’était autre que le fruit de rencontres avec Moby, Archive et RedOne. Ils m’ont proposé des chansons qui ont provoqué mon désir et l’envie d’écrire… C’est aussi simple que ça. En outre, Laurent Boutonnat travaillait de son côté sur d’autres projets.

On vous connaissait rousse et vous vous montrez blonde platine sur l’album et les affiches de votre tournée. Que s’est-il passé?

Moi aussi, je me connaissais rousse! (Rires.) Mais sous le roux se cachent d’autres couleurs. Ne sommes-nous pas tous constitués de mille facettes? Celle-ci avait envie de vivre…

Quel look allez-vous adopter pour votre tournée? Et quelles surprises avez-vous concoctées pour ces concerts?

Je ne peux y répondre maintenant. Mais, puisque vous l’évoquez, le mot surprise sera bien au rendez-vous.

Une nouvelle fois, vous avez battu le record de réservations en un minimum de temps. Cela vous touche-t-il encore?

Je suis bouleversée à chaque fois! Tellement bouleversée… Et, quelques instants plus tard, totalement affolée! Il est impensable d’être blasée par un geste d’amour comme celui-ci. C’est un véritable cadeau et une responsabilité aussi. On ne veut pas décevoir ni se décevoir. On a donc un an pour se préparer à embrasser le regard de tous ceux qui ont la générosité d’attendre.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui écoutent vos chansons pour garder de l’espoir dans un monde aussi dur?

Le monde a toujours été dur. Sous certains aspects, il l’est peut-être moins aujourd’hui, même s’il est autrement cruel. Moins solidaire, plus solitaire aussi. Je ne peux que penser à ceux qui sont bien plus malheureux, dans le besoin ou cloués sur un lit d’hôpital, et me dire qu’il faut affronter la vie et trouver des pépites dans des moments simples, ces moments qui sont souvent à portée de soi, mais qu’on ne voit plus. Être aimé de quelqu’un ou d’un plus grand nombre reste l’essentiel de la vie. Se préoccuper d’autrui rend meilleur.

monkey-me-mylene dans Mylène en INTERVIEWOn vous dit solitaire. Pouvez-vous nous décrire une de vos journées quand vous ne travaillez pas?

Vous voulez dire quand je ne travaille pas comme une personne qui doit se rendre quotidiennement à son bureau? (Sourire.) C’est un grand privilège de n’avoir pas le sentiment de travailler, même lorsque je finis une séance de studio à 2 heures du matin ou lorsque je sors de scène exsangue. C’est du travail, mais je ne le vis pas comme un poids ni comme une obligation. C’est un choix et une immense chance. Je dois certainement partager ce sentiment avec toutes les personnes passionnées par ce qu’elles font. Mais je suis, c’est vrai, d’une nature solitaire. J’ai besoin de m’occuper de mes animaux, de dessiner, de nager, de regarder des films et je retrouve mes amis avec d’autant plus de plaisir…

Quels sont les journaux et les émissions de télévision que vous suivez régulièrement?

Je ne regarde pas beaucoup la télévision finalement, surtout en période de travail. Mais j’ai toujours aimé les débats, quand les points de vue sont exprimés avec respect. La télévision est un média parfois trop pressé pour traiter le fond des choses. Je n’aime pas le cynisme systématique et la télévision bruyante. Il m’arrive de dévorer des séries comme Downton Abbey,Dexter ou Les Tudors et je regarde toujours avec autant de bonheur Un jour, un destin. Dans le fond, je ne recherche pas l’information à tout prix… Je la laisse me cueillir au détour d’un article, d’un reportage.

L’industrie musicale souffre et les ventes de CD ne cessent de baisser. Imaginez-vous un jour ne plus pouvoir sortir de disques?

Chaque époque a connu la disparition d’un support. Il y aura toujours des disques physiques, même si le digital annonce une ère nouvelle. En tout cas, il y aura toujours un rapport affectif à l’objet quel qu’il soit. Les albums ou une autre forme restant à inventer rencontreront toujours un public. La musique existait dès la naissance de l’humanité.

Que pensez-vous des télé-crochets? Est-ce un miroir aux alouettes, un mal nécessaire ou le seul moyen aujourd’hui d’être découvert?

Je ne peux pas juger cette génération d’émissions puisque je ne les connais pas bien. Mais je suis toujours un peu gênée quand l’art devient un concours.

Le Québec, où vous êtes née, est en proie à de violents mouvements protestataires. Avez-vous conservé des attaches là-bas?

La violence m’a surprise dans ce pays, à la réputation modérée. Je n’y ai conservé malheureusement aucune attache… Si ce n’est l’envie d’y retourner pour ses paysages de neige et peut-être transporter le prochain spectacle là-bas…

Quels artistes récents vous semblent dignes d’intérêt?

Je suis impressionnée par Muse. Et par Matthew Bellamy, qui est aussi fascinant que Freddie Mercury!

Que pensez-vous des réseaux sociaux et des sites si nombreux qui vous sont consacrés?

Je suis fascinée par la vitesse de l’information et la possibilité pour de nombreuses personnes de partager instantanément des sujets communs. Je pense aussi à ceux qui n’y ont pas accès. Avec qui partagent-ils leurs passions? Aussi, je ne m’attarde pas sur les sites qui me sont consacrés. J’aurais l’impression d’entrer, sans y avoir été invitée, dans une pièce où les gens parlent de moi.

Une photo vous montre avec un gibbon. Est-ce celui que vous avez adopté il y a plusieurs années?

m-de-je-te-dis-tout1Non. E.T. était un singe capucin, plus menu. Elle a partagé ma vie pendant plus de vingt-cinq ans. Il s’agit ici de Betty, une demoiselle de 4 ans, qui a été volée lorsqu’elle avait 3 mois et retrouvée huit mois plus tard. J’ai croisé son chemin grâce à Vincent Lindon, qui m’a un jour envoyé une petite vidéo d’elle sur le tournage de son film Augustine . J’ai immédiatement contacté le parc zoologique du bois d’Attilly, où elle vivait. C’est une rencontre inoubliable, une émotion tellement forte. Elle était d’une douceur incroyable. Quant à E.T., elle me manque terriblement…

L’avez-vous remplacée?

Non. Elle restera l’unique.

Avez-vous déjà décidé d’une date à laquelle vous arrêteriez de vous produire sur scène ou d’enregistrer des disques?

C’est, semble-t-il, une question qui taraude beaucoup les médias, mais, vous savez, il y a dix ans déjà, on me demandait: «Quand saurez-vous que ce n’est pas le combat de trop?». Je ne me projette pas dans l’avenir. Trop angoissant. Quand le désir n’existera plus, alors je me volatiliserai.

 

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