Interviews de Mylène Farmer dans les journaux régionaux

Posté par francesca7 le 23 novembre 2013

 

L’EST RÉPUBLICAIN – 9 MAI 1985

Entretien avec Jean-Paul GERMONVILLE

1985-08

A propos de son passage au Cours Florent :

- J’ai arrêté le théâtre parce que ce monde ne correspondait vraiment pas à ce que j’attendais. J’ai été déçue.

A propos du texte de « On est tous des Imbéciles » :

- L’idée est de mon parolier. Le sujet m’a plu. Je vois le métier avec cet oeil, reste la classe pour sauver l’image.

A propos de « L’Annonciation » :

- Il ne faut pas toucher à la maternité, encore moins à la religion. C’est un choix.

A propos de la dédicace sur le 45-trs (nb : ‘A Papa / A Ste Thérèse d’Avila’) :

- La dédicace à mon père est très personnelle. J’ai eu une éducation religieuse poussée. J’ai longtemps été

fascinée pas Sainte Thérèse en entretenant d’elle une vision réduite à une image populaire. Je voulais en

savoir plus et je me suis penché sur sa vie. Elle a vu Dieu à plusieurs reprises, a parlé avec lui. La fin de

l’histoire est censurée.

A propos du saxophone qu’elle pratique :

- L’esthétique de cet instrument me fascine, c’est freudien. Et puis le saxophone a un son magnifique.

A propos de ses projets :

- J’espère ensuite avoir la chance de faire de la scène.

ICI PARIS  – 4 MAI 1985

Entretien avec Claude CORSEA propos de sa passion de l’équitation :

1985-09- Le cheval, c’est mon truc, je suis fan des courses, des concours. Je monte depuis des années et le jour où

j’ai décroché mon deuxième mon deuxième degré, j’étais folle de joie. Je voulais devenir monitrice d’équitation

quand, un jour, j’ai vu ma jument, Julia, qui s’était cassé un postérieur au cours d’un entraînement, mourir sous

mes yeux. C’était terrible et j’ai décidé de laisser tomber.

A propos de ses projets :

- Après le succès de mes deux premiers disques, je prépare un album qui sortira en septembre. Mais attention,

j’y vais mollo, je ne veux pas devenir un bourreau de travail.

A propos de ses paradoxes :

- J’adore le calme, et je cours les boites de nuit ; la mer me fascine, et j’ai peur de l’eau ; je suis une fille de la

ville, et seule la nature me séduit ; je suis une piètre marcheuse et je parcours des kilomètres avec mon

chien…

A propos du show-business :

- Je n’ai rien d’une femme d’affaires !

 

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FR3 MIDI-PYRÉNÉES et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 novembre 2013

ÎLE DE TRANSE – 31 OCTOBRE 1985

Présenté par Philippe BACHMAN

FR3 MIDI-PYRÉNÉES

 1985-01-d

Philippe Bachmann : Bonjour à tous, bienvenue sur notre « Île de Transe ». Invitée aujourd’hui, Mylène Farmer. C’est son troisième 45-tours…

 

Mylène Farmer : Bonjour Philippe.

 

PB : Bonjour ! Troisième 45-tours, disais-je, « Plus Grandir »…

MF : Oui…

 

PB : Alors, récapépète un petit peu ce qu’il y avait avant !

MF : On récapépète, alors ! Le premier étant « Maman a Tort », qui…

 

PB : (il l’interrompt) Le deuxième ?

MF : Le deuxième étant « On est Tous des Imbéciles ».

 

PB : Voilà. « Maman a Tort », c’était y a deux ans, ça à peu près ?

MF : Il y a deux ans, oui.

 

PB : Alors, il y avait pas le Top 50 à cette époque-là, mais ça marchait super bien dans les hits, ça s’est très très bien vendu.

 

MF : Oui…

 

PB : C’était bien, pour une première expérience. Comment tu as débuté, d’ailleurs ?

MF : J’ai eu la chance de rencontrer deux personnages, qui ont écrit cette chanson.

 

PB : Des noms ! Des noms !

MF : Hé bien, il y avait Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat.

 

PB : Où tu les as rencontré ? Comme ça, par hasard ?

MF : Non, ça serait trop long à raconter, mais ça s’est fait un peu par hasard, quand même.

 

PB : Mais y a que des bons hasards, dans ce métier !

MF : Absolument ! (rires)

 

PB : Bon, dis-moi, mon petit doigt m’a dit…

MF : Certes ! (Mylène éclate de rire)

 

PB : …que tu avais un superbe animal domestique chez toi, mais assez spécial quand même.

MF : Oui, j’ai un petit singe, qui est un capucin…

 

PB : C’est comment les capucins ?

MF : Le capucin ressemble à un petit chimpanzé, c’est aussi joli.

 

PB : Ca a une longue queue ?

MF : Ca a une queue assez grande, oui, qui lui sert de cinquième bras.

 

PB : Ha, il joue avec ?! Alors, tu as mis des arbres chez toi pour qu’il puisse grimper ?

MF : (rires) Non, pour l’instant…Pas encore ! Pour l’instant, il a une grande cage.

 

PB : Et qu’est-ce qu’il mange, ce brave capucin ?

MF : Tout ce que vous mangez, avec la viande en moins !

 

PB : Bon, alors on peut l’inviter avec toi, alors maintenant faut l’inviter avec toi, quoi.

MF : J’ai déjà essayé de l’amener sur un plateau, il y a quelques problèmes. (rires)

 

PB : Qu’est-ce que ça donne ?

MF : Il a très peur des gens.

 

PB : Et puis il grimpe aux cintres, un peu, non ?

MF : Un peu, il est farouche.

 

PB : Bon, retour en arrière. Il y a deux ans, donc : « Maman a Tort ». Si on se refaisait ça pour le plaisir ?

MF : Oui

 

Diffusion d’une séquence où Mylène, habillée autrement, interprète « Maman a Tort » devant un fond incrusté représentant une main qui compte sur ses doigts en suivant la chanson.

 

PB : Dis donc, ton petit chimpanzé, il va falloir lui apprendre à danser, maintenant !

MF : Il chante, déjà ! Il écrit…et il prend des cours de danse !

 

PB : Il prend des cours de danse ?! Alors, dis-moi une petite chose : j’ai vu que tu avais un truc superbe sur le dos pour « Maman a Tort », là encore tu es mignonne comme tout…

 1985-01-b

MF : Merci !

 

PB : Comment tu fais pour t’habiller ? C’est toi qui dessines tes trucs ? Comment ça se passe ?

MF : Je ne dessine pas, je réfléchis et puis je vois avec…là, c’est une couturière qui m’a aidé, qui a réalisé cet ensemble.

 

PB : Les couleurs sont importantes ?

MF : Très importantes, oui.

 

PB : Il y en a qui sont superstitieux, qui veulent jamais mettre de vert à la télévision, toi tu en mets !

MF : Je sais, oui ! On m’a déjà reproché sur « Maman a Tort » d’avoir mis du vert sur un plateau, parce que ça porte malheur.

 

PB : Ben ça t’a porté bonheur, plutôt !

MF : Pour l’instant oui, donc je ne fais pas de cas de ça.

 

L’animateur lance la séquence suivante, dans laquelle il présenté diverses nouveautés.

 

PB : (…) Ensuite, un petit groupe de Rennes qu’il faut que je te présente. Ca s’appelle Niagara. Alors, c’est sympa, ils font de la scène depuis assez longtemps, quand même.

 

MF : C’est un joli nom.

 

PB : C’est un joli nom et ce qui ne gâche rien, c’est que dans les chœurs on retrouve un certain Etienne Daho. Tu aimes bien Etienne Daho, toi ?

 

MF : Oui.

 

PB : Qu’est-ce que tu écoutes comme disques, toi ?

MF : Il m’arrive d’écouter de la musique classique. Dans la variété française, j’aime beaucoup Jacques Dutronc

 

PB : Il fait plus grand-chose, Jacques Dutronc, malheureusement…

MF : Non, mais il réapparaît…

 

PB : Une fois de temps en temps !

MF : …et c’est très bien à chaque fois.

 

(…)

 

PB : Sinon, en musique classique, tu m’as dit, qu’est-ce que tu écoutes en musique classique ?

MF : J’aime beaucoup Wagner, j’écoute Mahler, j’écoute plein de choses. Très éclectiques, comme choix.

 

PB : Comment tu choisis les musiques de tes chansons ? Comment ça se passe ?

MF : Je sais pas si…Enfin, je les choisis, on me les…Les personnes qui travaillent…

 

PB : Oui, mais tu dis oui ou non quand on te propose les choses, non ?

MF : Bien sûr. Y a des choses qui me plaisent plus. Je crois que c’est au travail que… (elle se reprend) heu au piano que ça se fait. On me propose une mélodie, et puis j’aime tout de suite ou j’aime pas du tout.

 

PB : Le texte est important dans tes chansons.

MF : Bien sûr, bien sûr. Très important, capital.

 

PB : On en parle un petit peu plus ? « Plus Grandir » : comment naît un texte comme ça ? C’est après la musique ?

 

MF : Là, ça s’est fait un peu par hasard. Oui, c’est né après la musique. Cette fois-ci, c’est moi qui l’ai écrit.

 

PB : Ha ha !

MF : Non, ça n’a rien de vengeance. Je sais pas si je renouvellerai cette expérience. Ca s’est fait par hasard.

 

PB : Pourquoi ? C’était trop dur ?

MF : C’est très très difficile d’écrire un texte. Ca doit être concis, précis et j’avoue que j’ai eu du mal.

 

PB : Il y a des trucs pour bien écrire un texte, ou pas ?

MF : Je crois qu’il faut beaucoup de tranquillité, et puis surtout la tranquillité d’esprit que je n’ai pas !

 

PB : Tu l’as eu quand même pour « Plus Grandir » !

MF : Oui !

 

PB : On l’écoute ? « Plus Grandir », le nouveau 45-tours de Mylène Farmer.

Mylène interprète « Plus Grandir » avec derrière elle des images alternant entre la pochette du disque et le visuel du landau indiquant « Mylène Farmer : 1962-1985 » (sic), et des photos anciennes.

 

PB : Mylène Farmer, « Plus Grandir », c’est son troisième 45-tours. Tiens, je te rends ton petit micro… (il tend son micro à Mylène)

 

MF : Merci !

 

PB : Y a un album en préparation ?

MF : Il y a un album qui sortira vers janvier (1986, ndlr)

 

PB : Alors tu vas réécrire des textes, quand même, ou pas ?

MF : Non, il est terminé, là il est clôs. Il n’y aura que « Plus Grandir » de ma plume.

 

PB : Bon, ben c’est déjà pas mal !

MF : C’est déjà bien.

 

PB : Il y a un clip qui vient de se tourner sur « Plus Grandir », non ?

MF : Oui, il y a un clip qui a été tourné en Cinémascope.

 

PB : Alors, c’est pour le cinéma ?

MF : J’espère qu’il ira au cinéma, qu’il fera l’avant-première d’un film.

 

PB : Oh ben oui, parce qu’à la télévision ça serait dommage quand même.

MF : Oui, c’est pas suffisant, l’écran est trop petit.

 

PB : C’est toi qui as décidé de le faire en Scope ?

MF : Non, non, c’est le réalisateur, qui est également mon compositeur. Des noms, encore ?

 

PB : Oui !

MF : Allez…Laurent Boutonnat ! (rires)

 

PB : Voilà, fallait le dire. Bon, ce Cinémascope, ce clip, comment il a été tourné ?

MF : Il a été tourné en un peu moins d’une semaine. Le premier jour était de l’extérieur dans un cimetière, et…

 

PB : Toujours très gaie, Mylène Farmer ! (rires)

MF : Oui ! Et les quatre autres jours se situaient dans un décor qui retraçait le…C’est un décor, c’est une chambre de château baroque avec des toiles d’araignée partout. C’est un bel univers.

 

PB : Bon, dès qu’il sort, tu nous le donnes qu’on le montre un petit peu à tous les téléspectateurs.

MF : Je vous inviterai à la projection.

 

PB : Ha oui, en Cinémascope et tout, ça va être superbe, ça ! Dis-moi, au niveau cinéma c’est « Rosemary’s Baby » ton film préféré, ou pas ?

 

MF : Non, mais j’aime bien ce film. J’aime surtout l’interprète (Mia Farrow, ndlr) et le metteur en scène (Roman Polanski, ndlr) !

 

PB : Tu vas souvent au ciné ?

MF : J’y vais assez régulièrement, oui.

 

PB : Qu’est-ce que tu as vu de bien, récemment ? Des noms, des noms !

MF : Heu….Je ne sais pas, j’ai vu…Le dernier film que j’ai vu c’était « Mad Max »

 

PB : Oui…3 !

MF : Le 3 !

 

PB : Y a pas de raisons, il est pas mal le petit australien, hein ? (Mel Gibson, ndlr) Bon, tu sais que c’est l’heure de se quitter, alors à la prochaine ! On découvrira ton clip très vite…

 

MF : D’accord !

 

PB : Merci, Mylène Farmer !

MF : Merci à vous !

 

Ils se font la bise et Mylène glousse en faisant « au revoir » avec la main.

 

Générique de fin.

 

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Mylène F. dans la Vie à plein Temps

Posté par francesca7 le 9 novembre 2013

l’émission LA VIE À PLEIN TEMPS – 22 MARS 1984

Présenté par Philippe BACHMANN

FR3 MIDI-PYRÉNÉES : « Mon heure de gloire, pour moi, elle est ici ! »L’émission reçoit plusieurs invités, tous autour de l’animateur. Mylène est présente toute la durée de

l’émission. Elle intervient plusieurs fois et chante « Maman a tort ».

 Mylène F. dans la Vie à plein Temps dans Mylène en INTERVIEW 1984-01-a

Philippe Bachman : Au niveau variétés (…),

 Mylène Farmer : « Maman a tort », ça sera la titre qu’elle nous chantera tout à l’heure et on vous donnera beaucoup de précisions sur elle, mais tout à l’heure seulement !

(…)

PB : Mylène, toi tu as eu l’impression d’avoir ton heure de gloire à 16 ans comme Chris dans le livre de Christopher Franck ? (l’invité précédent)

Mylène Farmer : Je n’ai malheureusement pas lu son livre, mais mon heure de gloire, pour moi, elle est ici !(rires)

PB : Ah elle est ici ? (rires) Ton adolescence, tu as de très bons souvenirs, ou…

MF : Non, très mauvais !

PB : Très mauvais ?

MF : Oui, je suis pas du tout passéiste.

PB : Alors tu es plutôt l’AntéChrist ! (référence au livre dont il était question précédemment)

MF : Oui, j’écrase tout !

PB : Carrément ! C’est effrayant… (A Christopher Frank) Je sais que vous avez un point commun, dans la mesure où la charmante Mylène a joué au théâtre le film « Josépha », en fait. C’est ça ? Explique-moi un petit peu.

MF : Oui, c’est plutôt dans un cours de théâtre. On nous donnait la possibilité de monter des pièces, et on pouvait choisir des films. Et donc, avec trois personnes, même plus, on a choisi « Josépha ». On a lu le livre et on a monté ça en pièce de théâtre.

PB : Alors tu jouais le rôle de Miou-Miou ?

MF : Et je jouais le rôle de Miou-Miou.

PB : Et en partant du livre…

MF : En partant du livre oui. C’est-à-dire qu’on a pris tous les dialogues pratiquement, et on a essayé de faire un montage.

(…)

PB : C’est les élèves du cours qui ont décidé de reprendre « Josépha » ? Comment ça s’est passé ?

MF : Ah oui, c’est vraiment un projet qu’on a soumis heu…

PB : A la direction ?

MF : Au directeur, à la direction, oui… (rires) Et ils l’ont accepté.

(…)

PB : Bon, Mylène Farmer…Tu es canadienne d’origine, c’est ça ? A 13 ans, tu étais à Paris, après.

MF : Hmm…

PB : Alors on continue, prix de chant à l’âge de 10 ans ! Ca c’était au Canada, alors ?

MF : C’était au Canada, oui.

PB : Qu’est-ce que tu chantais à 10 ans?

MF : (elle parle sans son micro) Je ne me rappelle plus, c’était…

PB : Ton micro, ton micro !

MF : (elle reprend son micro) Je disais que je ne m’en rappelle plus. Je crois que c’était une comptine, enfin une petite chanson.

PB : Alors on a parlé des cours de théâtre tout à l’heure. Tu en as suivi longtemps, des cours de théâtre ?

MF : J’en ai suivi deux ans.

PB : C’était ta vocation ? Tu voulais être comédienne ?

MF : Mais je veux encore être comédienne !

PB : Ha tu veux encore ? Bon, c’est très bien ça…

MF : Je pense qu’en passant par la chanson, c’est aussi une voie.

1985-05 dans Mylène en INTERVIEWPB : C’est une voie détournée pour revenir à la comédie après ?

MF : Pourquoi pas ?

PB : Pour faire les deux ?

MF : Hmm

PB : Mannequin aussi, un petit peu ?

MF : Un petit peu, aussi…

PB : Mais t’en as fait des choses, dis donc !

MF : Ben oui !

PB : T’as pas l’air comme ça ! (rires) Et elle a joué « Josépha », le rôle de Miou-Miou, ce qui était pas évident.

MF : Enfin, très beau rôle, en tout cas.

PB : Raconte-moi comment tu as démarré dans la chanson. Tu as trouvé des producteurs, comme ça, dans une soirée ?

MF : Non, pas par hasard. Je connaissais un des producteurs, d’abord, avec qui j’avais un peu travaillé au piano. Et par la suite, ils m’ont rappelé parce qu’ils voulaient sortir une chanson, et ils ont rappelé plusieurs personnes d’ailleurs, et puis ils ont fini par me choisir.

PB : Et ils ont tellement insisté que tu as accepté ! (rires) Et ils se sont pas dit, eux, « Maman a tort » !

MF : Non ! (rires)

PB : Maman a raison ! Allez, vas-y on va t’écouter tout de suite. « Maman a tort », Mylène Farmer, c’est son premier 45-tours.

Mylène interprète la chanson dans un coin du plateau devant un fond représentant des chiffres et la pochette du disque apparaît parfois.

 

 

image http://jeterendstonamour.free.fr/Interviews/01-debuts/1984/TV/1984-01.html

image http://jeterendstonamour.free.fr/Interviews/01-debuts/1985/Presse/1985-05.html

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Interview de Mylène sur EUROPE 1

Posté par francesca7 le 9 novembre 2013

EUROPE 1 – 4 DÉCEMBRE 1988

TOP DES TOPS – Entretien avec Laurent BOYER

Laurent Boyer : Bonjour, Mylène Farmer !

Mylène Farmer : Bonjour.

 Interview de Mylène sur EUROPE 1 dans Mylène en INTERVIEW images-11

LB : Ca va bien ?

MF : Très bien.

LB : Bon, je sais que ce matin ça va, parce que pour un dimanche matin, c’est quand même une belle surprise !

MF : D’habitude, je cours !

LB : C’est pas vrai ?! Tu fais du sport d’habitude ? Ha bon ?! Tu courses à pied à cette heure là ?

MF : (elle acquiesce d’un murmure) Mais ça, c’est la dernière question, je crois !

LB : Ca sera dans ton ‘Top des tops Sport’, mais on sait déjà maintenant qu’il y a la course. Parce que je sais qu’en plus le nouvel album – enfin le dernier album – de Mylène Farmer se porte plutôt bien en ce moment : il a une énorme vente.

MF : Ha oui ! C’est magnifique, c’est le plus beau cadeau que j’ai en ce moment, c’est vrai que c’est cette vented’albums.

LB : Je sais que ça dépasse…c’est bientôt, non c’est déjà un disque d’or on peut presque le dire, un album d’or.

MF : C’est je crois beaucoup plus, c’est un double platine ! (rires)

LB : C’est un double platine, rendez vous compte ! Heureusement qu’il n’y a pas de disque en tungstène sinon tu l’aurais peut-être déjà ! Ca veut dire que c’est des ventes absolument énormes et que ça, c’est assez rare, surtout en ce moment au niveau des 30cm. Alors Mylène, moi, je voudrais te poser une question. C’est que on se souvient tous de Mylène Farmer à l’époque de ses débuts, et puis il s’est passé tellement de choses, tellement de titres classés au Top. Mais à l’époque, on pouvait lire, par exemple, que Marc Toesca du fameux Top 50 disait à propos de Mylène Farmer qui arrivait : ‘Elle est réservée, mièvre et prude’. Est-ce que tu penses que c’est une image que tu as donnée, au début ?

MF : Mièvre ?! C’est très agréable de sa part… Réservée, je pense que je le suis. Et prude, je renie tout à fait !

LB : Oui, c’était pas l’image que tu voulais donner avec « Maman à Tort », parce que déjà le sujet était dedans et un petit peu intrigant pour l’époque…

MF : Oui, mais…peu importe !

LB : Alors lui, il dit, parce qu’après il y a eu le deuxième 45-trs, « On est Tous des Imbéciles »…

MF : (sarcastique) Il en dit des choses…

LB : Il est incroyable, hein ?! Et puis, il arrive à « Plus Grandir » et il dit : ‘A l’époque, Mylène Farmer était trouble et crue’…Non plus ?

MF : Trouble, oui. Crue, parfois. Cruelle, aussi.

LB : Et cruelle aussi… Alors, est-ce que c’est l’image qu’on peut dire maintenant et qu’on peut donner à Mylène Farmer, cette image un petit peu crue, avec tout ce qu’il y a eu par la suite, « Libertine »…

MF : Je ne sais pas… Chacun donne l’image qu’il veut bien me donner. Quant à moi, je suis ce que je suis dans la vie, et puis j’écris et c’est au travers de mes chansons, de mes interview s…Je suis, je pense, relativement naturelle.

LB : Alors, c’est justement quoi, la vie de Mylène Farmer ? Une vie au quotidien de Mylène Farmer ?

MF : Celle d’aujourd’hui, c’est la préparation spécialement du Palais des Sports, donc c’est beaucoup de course pour le souffle. C’est tout spécialement une préparation physique.

LB : Alors justement, ce Palais des Sports, ça va être une nouveauté, parce que c’est la première fois qu’on va te découvrir sur scène…

MF : Absolument, une première fois pour moi et pour les téléspectateurs – (elle se reprend) les spectateurs.

LB : Alors là on à l’habitude, on te connaît un petit peu à travers des films – parce qu’on peut appeler ça des films- , les réalisations de Boutonnat et les tiennes. Qu’est-ce que tu as envie de faire sur scène ? Tu veux t’exprimer comment ? Tu veux aller jusqu’où ?

MF : Je ne me donne pas de limites. Je ne peux en aucun cas dévoiler le spectacle et le thème du spectacle, mais ce sera avant tout quelque chose de visuel, j’espère émouvant et qui comportera au moins quatorze chansons. (le spectacle en comprendra finalement quinze, nda)

LB : Conceptuel ou pas ?

MF : Je dirais bien évidemment, ça fait partie de la façon dont on travaille depuis le début.

LB : Est-ce que tu as envie d’écrire, à un moment donné ? C’est-à-dire d’aller plus loin, d’attaquer le roman par exemple…

MF : C’est quelque chose que j’aimerais beaucoup. Maintenant, faut-il en avoir le talent, et je crois que j’ai besoin encore de beaucoup d’années de vie, et l’apprentissage de la vie…

LB : On en parlera dans un instant peut-être avec ton ‘Top des tops’. Alors, Mylène est avec nous bien sûr pour nous présenter sont ‘Top des tops Cinéma / Musique / Littérature’ comme d’habitude. Donc, on se retrouve dans quelques instants, Mylène, avec ton ‘Top des tops Musique’.

Après une pause, Laurent Boyer lance un jeu pour les auditeurs avec une question qu’il demande à Mylène de lire.

LB : Ecoute Mylène, non, non… Si, si, c’est toi qui pose la question ! Vas-y, présente la question ! (rires)

MF : (d’un ton exagérément sensuel) Je vous présente la question : A quoi je pense quand je sussure à vos oreilles « Pourvu qu’elles soient Douces » ? (rires)

Après une nouvelle pause, Laurent Boyer prend un auditeur, Laurent, en ligne pour participer au jeu.

LB : (…) Alors à quoi pense-t-elle quand elle dit « Pourvu qu’elles soient Douces » ?

Laurent : Je peux le dire ?

LB : Ah ben tu le dis !

L : Je le dis : ses fesses.

LB : Elle pense à ses fesses ?

L : A mon avis, oui.

LB : Elle pense à ses fesses ! Tu l’as dit, hein Laurent ?!

L : J’assume.

LB : Bon, Mylène, écoute vas-y !

MF : Je donne la réponse maintenant : elles sont deux, roses de préférence, et bientôt musclées, il s’agit bien sûr des petites fesses ! (énorme fou rire partagé dans le studio)

LB : (…) Alors Mylène, ce ‘Top des tops Musique’, quel est-il ? Est-ce que c’est plutôt dans le Top 50 ? Est-ce qu’on va chercher très loin dans les racines musicales ? Qu’est-ce que tu écoutes chez toi ?

MF : J’écoute de préférence Kate Bush. Je ne sais pas si elle figure dans le Top 50…

LB : De temps en temps…

 

MF : J’ai un album préféré, c’est « Babooshka ». Que dire de cette femme ? Que je l’aime beaucoup, c’est une femme qui est aussi très proche du cinéma, qui chante merveilleusement bien, qui a des textes qui sont beaux, intelligents. Sinon, j’aime beaucoup Peter Gabriel, qui a fait une chanson avec elle, très, très belle aussi.

LB : C’est un peu le même style tout ça, hein ?

MF : Oui… Sinon j’écoute beaucoup, beaucoup de musique de films. Une musique qui me vient tout de suite à l’esprit c’est celle de « Mission ». Sinon j’aime bien en France Delerue, j’aime bien Goldschmidt, Morricone…

LB : C’est marrant, parce que tous ce que tu viens de dire, là, Goldschmidt, Delerue et tout ça, souvent c’est plein de lyrisme, c’est-à-dire que c’est des grandes envolées, c’est très conceptuel et puis ça laisse l’imagination galoper. T’as besoin d’une musique qui te laisse partir comme ça, ou imaginer ?

 

MF : Ben, je crois que nous avons tous besoin, oui, d’un imaginaire, de se le créer et le développer, oui.

LB : Justement, le film tu y penses, non ?

MF : C’est dans ma mémoire, dans mon esprit mais c’est pas pour l’instant. J’ai un projet, là, qui est bien plus immédiat, c’est le Palais des Sports une fois de plus, mais c’est vrai que je ne peux penser qu’à ça en ce moment.

LB : Ok. On se retrouve tout de suite avec ton ‘Top des tops bouquins’…

Pause musicale

LB : Mylène Farmer est avec nous…Alors, Mylène : ton ‘Top des tops Livres’. Tu es venue ce matin, tu es carrément venue avec une brouette de livres. (rires de Mylène) Mais lequel choisir dans tous ces livres ? Qu’est-ce que tu prends, Mylène ?

MF : Il y a un livre que j’ai découvert qui s’appelle « L’apprentissage de la ville », qui est de Luc Dietrich, que je me permets de conseiller à beaucoup de personnes. Voilà…Ce que j’aurais peut-être aimé faire, c’était lire peut-être la préface. Il y a une préface qui est magnifique, et je vais prendre un petit passage au hasard : ‘Faire passer ses souvenirs pour une histoire qu’on invente, se décrire tel quel sous un nom d’emprunt, entrer en scène sous un masque n’est pas un mensonge. C’est le plus souvent le seul moyen de tout dire sans offenser la pudeur, ni trahir les secrets qu’il faut respecter. Faire passer des fictions pour ses propres mémoires, se prendre et se faire prendre pour un personnage de son choix, c’est mentir. Pourquoi ?’ Je vous le demande…pourquoi ?! (Cette citation sera reprise en partie dans le programme du Tour 89, nda)

LB : C’est Mylène Farmer, ça !

MF : Je ne sais pas. C’est vrai qu’on se reconnaît quand on aime, de toute façon, quand on aime une œuvre, c’est qu’on s’y identifie, peut-être oui…

LB : Tu peux nous parler justement de ce bouquin de Luc Derlich (sic !), jusqu’où ça va ?

MF : (elle le corrige) De Luc Dietrich. C’est un bouquin, c’est presque son histoire. Ca, il faut le lire entre les lignes, ce n’est pas dit. Mais c’est quelqu’un, ce serait plus l’apprentissage de la vie dans la ville, et donc c’est quelqu’un qui va passer de… qui parle de la souffrance, qui parle de mille choses…Enfin, c’est très, très difficile de résumer ce bouquin.

LB : Tu aimes beaucoup le domaine du non-dit, aussi.

MF : Oui, j’aime l’interdit, le non-dit, le silence. Mais j’aime la parole aussi, quelquefois !

LB : Et tu aimes l’image, c’est pour ça qu’on va te retrouver tout de suite avec ton ‘Top des tops Cinéma’

Coupure musicale

LB : Mylène Farmer reste avec nous jusqu’à 12h30, je vous le rappelle, aujourd’hui c’est l’invitée, avec son ‘Top des tops Cinéma’, elle passe sa matinée sur Europe 1. Mylène on a eu le ‘Top des tops Musique’, le ‘Top des tops Livres’ (…) Mais là bon, on va parler un petit peu de cinéma, enfin du cinéma et encore du cinéma. On pourrait parler indéfiniment de cinéma avec toi, c’est étonnant. Mais est-ce que tu as une toile préférée, Mylène ?

MF : Oui. Du chapeau je ressors très, très vite un film de David Lean, qui est un de mes metteurs en scène préférés, qui s’appelle « La fille de Ryan ». C’est ce même auteur qui a fait « Lawrence d’Arabie », qui a fait « Docteur Jivago », et puis j’en oublie beaucoup…

LB : Oui, c’est du grand spectacle, quand même, « Jivago », « Lawrence d’Arabie »…

MF : C’est toujours très, très romantique. C’est grandeur et décadence, c’est plein de choses. Et « La fille de Ryan » c’est peut-être le rôle que j’aurais voulu interpréter en premier.

LB : Appel du pied peut-être, non, qui sait ?!

MF : Non, parce que ce monsieur fait son dernier film – je crois d’ailleurs une coproduction française – mais ce sera son tout dernier film…

LB : Est-ce qu’il y en a un autre, est-ce qu’il y a d’autres genres de films qui te tentent

de temps en temps ?

MF : Je vais changer complètement d’univers et parler de Spielberg. C’est quelqu’un qui me touche

énormément, alors je vais parler de « E.T. » par exemple, « Rencontre du Troisième Type » qui est une merveille. Et puis, je peux encore retomber dans un autre univers qui est celui de Bergman, qui est là très, très intimiste. Et puis je vais en oublier plein comme d’habitude !

LB : C’est marrant, parce que dans tout ça il y a une sensibilité exacerbée. Que ce soit chez Spielberg, par exemple : c’est plein de sensibilité, en fait c’est très fort en émotion.

MF : C’est un regard d’enfant éternellement, oui, retourné vers le passé…

LB : Merci Mylène, on se retrouve tout de suite avec le ‘Top des tops Sport’.

Nouvelle coupure musicale

LB : (…) Alors Mylène, on va finir avec le ‘Top des tops Sport’, peut-être du moins parce que je sais déjà qu’il y a la course à pied, mais parmi ces trois domaines – le sport, les hobbies ou la peinture -quel est ton top ? Qu’est-ce que tu préfères en fait ?

MF : J’en ai déjà parlé, mais là je vous parlerai du sport. Courir, ce n’est pas quelque chose que je fais avec affection, parce que j’ai plutôt du mal. Mais là, c’est la carotte, comme on dit, qui est au bout, qui est donc cette scène que je vais entreprendre. Sinon, des hobbies, j’en ai, oui : c’est la lecture, bien évidemment. J’ai eu une petite folie de peinture, ou plutôt de dessin, que j’ai très vite abandonnée, parce que là il faut…enfin, je me donne trop de maîtrise que je n’ai pas, quoi. Donc, j’ai abandonné. Que puis-je dire d’autre ? M’occuper de mes singes…

LB : Tu as des singes ?

MF : Oui, j’ai deux singes.

LB : Tu passes beaucoup de temps avec eux ?

MF : Oui, beaucoup de temps. Je pense que si j’avais des enfants, je m’en occuperais autant, avec le même amour et…

LB : Tu voudrais en avoir, des enfants ? Tu penses en avoir ?

MF : J’ai l’impression que j’ai remplacé les singes par les enfants (elle réalise sa confusion et bafouille)

LB : (il corrige) Les enfants par les singes !

MF : Les enfants par les singes, oui. Vous voyez le lapsus ! (rires)

LB : On est des grands singes vivants, alors !

MF : Oui.

LB : (…) Mais je suis sûr que, quelque part, tu penses en avoir. Tu aimerais avoir un jardin d’enfants, ou t’occuper d’enfants…

MF : Un jardin secret, mais pas un jardin d’enfants. Pas pour l’instant.

LB : OK. Le sport donc, c’est vraiment une contrainte ?

MF : Non, n’exagérons pas. Ca peut-être quelque chose de très agréable. Mais c’est vrai qu’au début, on se fait un petit peu violence, et puis nous avons des corps en repos, et ça c’est terrible de le bousculer.

LB : Mais tu vas continuer probablement, quoi. Tu vas pas t’arrêter là…

MF : Je pense qu’on ne peut pas s’arrêter à partir du moment où on y a pris goût. Après c’est quelque chose dont on a besoin aussi.

LB : Est-ce que tu as une hygiène de vie ?

MF : Lié à cet entraînement, j’ai fatalement effectivement une alimentation qui est rigoureuse. Dire que c’est macrobiotique, c’est faux. C’est simplement quelque chose de réfléchi, de ‘sain’. C’est vrai que j’ai arrêté et abandonné totalement le Coca-cola. Ca a été très difficile ! (rires) Il faut abandonner les gâteaux, faire quelques concessions, là, que j’accepte.

LB : Pour ce spectacle…Alors les dates du spectacle, on peut en parler ?

MF : Le démarrage, je ne peux donner que le début, ce sera le 18 mai. Et puis après, on verra. Mais c’est le 18 mai au Palais des Sports

LB : La scène, tu avais vraiment envie, hein ?

MF : Ah oui, j’en ai très, très envie. Et de plus en plus !

LB : Merci Mylène Farmer d’avoir passé ce dimanche matin avec nous. Et alors, tu sais que la récompense, c’est justement qu’on va t’écouter là, tout de suite, et que cette semaine tu es quand même numéro un du Top 50. C’est la première fois que ça arrive ?

MF : (dans un sourire) C’est la toute première fois !

LB : Ca fait du bien ?

MF : Ca fait du bien !

LB : Jeanne Mas avait dit la même chose : ‘C’est la toute, toute première fois’. Merci, Mylène Farmer.

Mylène rit alors que débute « Pourvu qu’elles soient Douces ».

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Mylène dans TÉLÉ STAR en 1988

Posté par francesca7 le 27 octobre 2013


11 AVRIL 1988 – Mylène Farmer reconnaît qu’elle a des caprices de star

Entretien avec Michael de MONTZLOV

Mylène dans TÉLÉ STAR en 1988 dans Mylène en INTERVIEW 1988-09« Ecrire est devenu un besoin. Enfant, j’ai toujours été encline à l’autocensure. »

A propos du fait qu’elle signe désormais tous ses textes :

- Une progression normale. Ecrire est devenu un plaisir, un besoin. Enfant, j’ai toujours été encline à l’autocensure. Impossible de tenir un journal intime, malgré mon envie. Il me fallait découvrir les autres, qui s’appelaient Maupassant, Edgar Poe ou Strindberg…

A propos de son arrivée en France, alors qu’elle était encore enfant :

- Un choc violent. Heureusement, les enfants ont de réelles facilités d’adaptation. A Paris, les rapports étaient froids, concis. Au Canada, par exemple, un anniversaire ne se fête pas en petit comité. Quelquefois, cent gosses sont invités !

A propos de son caractère, enfant :

- J’avais envie de faire tout ce que les autres ne faisaient pas, frappé par cette peur panique de ressembler à quelqu’un. Ce que je suis aujourd’hui n’est que la concrétisation de cet état d’esprit.

A propos de son statut de célébrité :

- Je fais des caprices de star, donc je suis une star ! Depuis mes débuts, je n’ai accepté aucune concession.

La qualité que j’admire le plus : l’intégrité. Et je remercie la vie qui m’a permis de suivre ce chemin.

A propos de Laurent Boutonnat :

- Nos univers sont parallèles. Laurent est un romantique, avec tout ce que cela comporte d’extrême.

A propos de l’air du temps des années 80 :

- On est dans une ère de dépression qui mène fatalement à la décadence. La jeunesse actuelle vit dans un mélange de désespoir et a parfois envie de hurler. Ce dialogue entre le public et moi montre bien que nous sommes sur la même longueur d’ondes, non ?

A propos de ses envies de cinéma :

- A dix-huit ans, je payais mes cours avec Daniel Mesguich en faisant le mannequin. Me lancer dans la comédie à cet âge aurait été une erreur. Maintenant je suis prête. La chanson m’a nourrie…

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MYLÈNE FARMER et SON SINGE CAPUCIN

Posté par francesca7 le 27 octobre 2013

Mylène et E.T., son amour disparu

 

MYLÈNE FARMER et SON SINGE CAPUCIN  dans Mylène en INTERVIEW mylene21

Dans une interview pour la sortie de son nouvel album Monkey me, Mylène Farmer s’est livrée sur le manque laissé par la disparition d’E.T., son singe capucin avec qui elle a vécu plus de vingt-cinq ans.

Dans Monkey me, il y a singe (« monkey » en anglais, ndlr). Un titre d’album énigmatique pour tous ceux qui ne connaissent pas l’amour que porte Mylène Farmer aux primates. E.T., un singe capucin femelle, avait vécu aux côtés de la chanteuse pendant près de vingt-cinq ans avant de trouver la mort le 1er janvier 2011. Encore très émue par le décès de son animal, avec qui elle entretenait une relation fusionnelle, l’interprète de Oui… mais non s’est exprimée à ce sujet dans TV Mag. « Elle a partagé ma vie pendant plus de vingt-cinq ans, raconte Mylène. Elle me manque terriblement… »

Pourtant, la chanteuse a été photographiée récemment avec un autre singe. Un nouveau départ avec un animal de la même espèce ? « Non. E.T. était un singe capucin, plus menu, explique-t-elle. Il s’agit ici de Betty, une demoiselle de 4 ans, qui a été volée lorsqu’elle avait 3 mois et retrouvée huit mois plus tard. J’ai croisé son chemin grâce à Vincent Lindon, qui m’a un jour envoyé une petite vidéo d’elle sur le tournage de son film Augustine. J’ai immédiatement contacté le parc zoologique du bois d’Attilly, où elle vivait. C’est une rencontre inoubliable, une émotion tellement forte. Elle était d’une douceur incroyable. » Mais dans le cœur de Mylène Farmer, personne ne pourra remplacer E.T. : «Elle restera l’unique ».

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LA VIE À PLEIN TEMPS de Mylène

Posté par francesca7 le 23 septembre 2013

 

14 FÉVRIER1985 Présenté par Philippe BACHMAN – FR3 MIDI-PYRÉNÉES

« Je trouve ça important, la promotion, pour un artiste. »

LA VIE À PLEIN TEMPS de Mylène dans Mylène en INTERVIEW 1985-02-a

Mylène est présente toute la durée de l’émission. Elle montre tous les signes de l’ennui (elle prend des poses, se recoiffe, se gratte, joue avec son micro…) jusqu’à ce que le présentateur discute un peu avec elle avant qu’elle ne chante « On est Tous des Imbéciles ».

(Alors que Mylène retire un fil de ses vêtements)

Philippe Bachmann : (…) Et puis, Mylène Farmer avec son nouveau 45-Tours. Après « Maman a tort », qui a fait un tube monstrueux, je lui souhaite au moins la même chose pour « On est tous des imbéciles », son nouveau 45-Tours.

(…)

PB : Mylène Farmer, on pourrait résumer ton itinéraire très facilement : Un, elle enregistre « Maman a tort » (Mylène glousse). Deux, elle en fait un succès. Trois, c’est reparti pour un autre succès et quatre, on est tous des imbéciles.

MF : Voilà. Mais ce qui nous sauve, c’est le style. C’est ça qui est important.

PB : On l’écoute tout de suite, cette chanson, Mylène ?

MF : Oui ! (elle se lève pour aller se mettre en place)

PB : Je te laisse aller t’installer. Le deuxième 45-Tours de Mylène Farmer, ça s’écoute. Ca s’écoute vraiment : « On est tous des imbéciles ».

Mylène interprète la chanson devant un décor en kaléidoscope, en multipliant les grimaces et mimiques. Elle regagne ensuite sa place à côté de l’animateur.

PB : (…) Je te souhaite le même succès, si ce n’est mieux encore, que pour « Maman a tort ».

MF : Hé bien, merci.

Mylène continue de rester inattentive, mais s’amuse beaucoup aux réponses de Popeck, également sur le plateau. Elle l’interrompt cependant lorsqu’il déplore n’avoir été invité qu’à une seule émission pour la promotion de son spectacle de l’époque.

Popeck : Je n’ai fait qu’une seule émission en tout et pour tout! C’est pas ce qu’on appelle matraqué, quand même ?

MF : Non, mais je me demande est-ce que vous seriez heureux de passer à toutes ces émissions ? Parce que c’est promotionnel, et je trouve ça important pour un artiste.

Popeck : C’est très important !

MF : C’est aussi important pour vous que pour moi.

Popeck : Je vais vous dire : j’aurais préféré, parce que j’aurais gagné du temps !

MF : Alors nous sommes d’accord !

Mylène n’intervient plus jusqu’à la fin de l’émission.

 

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interview de Mylène pour Timeless 2013

Posté par francesca7 le 19 septembre 2013

interview de Mylène pour Timeless 2013 dans Mylène 2013 - 2014 images-22

Mylène Farmer était l’invitée du JT de Laurent Delahousse, dimanche soir dernier sur France 2. La chanteuse a répondu comme toujours poliment et posément à une interview hors du temps et qui a été suivie par 7,4 millions de téléspectateurs.

Mylène Farmer, qui a entamé une série de concerts à Bercy dont les places se sont vendues en un temps record, n’est pas du genre à se plier à l’exercice de la promo. Cela fait partie de son mystère et sans doute de son intégrité. Elle remplit sans promo et sans peine, les salles de concert et vend une quantité de disques que même la crise n’a pas limitée. J’ai beaucoup de respect pour cette artiste qui cultive une star-attitude à “l’ancienne” à une époque où l’on sait tout sur tout le monde. Même l’intime, même l’indigeste et l’indicible. C’est pour cela sans doute que j’attends toujours beaucoup d’un entretien avec Mylène Farmer que j’ai moi-même interviewée il y a une quinzaine d’années nous dit l’auteur de ce passage : isabelle aithnard dans blogs lexpress Mylène Farmer répond à toutes les questions, ne se dérobe pas et quand ça devient trop personnel, elle sait esquiver avec panache. C’est un auteur après tout, elle sait donc (ab)user des mots pour vous faire ravaler les vôtres.

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A bientôt 52 ans, Mylène Farmer est une femme forte et intelligente pas un petit être fragile qu’il faudrait ménager sous prétexte qu’elle a cette allure frêle, mi-faon mi-oiseau tombé du nid. Je n’ai donc pas compris qu’on lui pose les questions convenues, semblables à celles qu’on adresse à des jeunes femmes comme Selena Gomez et autres stars américaines formatées, cornaquées… Ces questions interchangeables, sans  effet ni relief qu’on ne trouverait évidemment pas sur les fiches du plus mauvais des stagiaires de chez Taddéi, Ardisson ou Pascale Clark. Une interview que je ne qualifierais pas de TIMELESS ( intemporelle) mais de out of time… hors du temps. Et même out of tune (qui sonne faux comme quelqu’un qui chante faux).

retrouver l’article en son entier ici  

« Ce n’est pas la dernière fois qu’on vous verra sur scène ?« , demande Laurent Delahousse. Dimanche 8 septembre, le présentateur du « 20 heures » de France 2 se fait l’écho, dans un entretien pré-enregistré, de l’interrogation qui agite une partie des fans de Mylène Farmer. Et si la tournée « Timeless 2013″, sixième de la chanteuse depuis 1989, était l’ultime grand spectacle de l’artiste, dont la carrière a commencé en 1984 ? « J’ai le sentiment que c’est toujours la dernière fois, donc je ne sais pas répondre à cette question », dit-elle.

Pour l’heure, la tournée de Mylène Farmer est prévue jusqu’au 6 décembre 2013, à Nice, avec passages dans de vastes salles à Lyon, Montpellier, Nantes… Et des visites en Suisse, Russie, Belgique. Depuis le 7 septembre et jusqu’au 21, c’est au Palais omnisports de Paris-Bercy (PoPB). Trente-neuf concerts, 420 000 places vendues, de nombreuses soirées affichant complet depuis des mois. Comme au PoPB, ce dimanche 8 septembre 2013, pour deux heures de spectacle, mis en scène par l’auteur-compositeur, producteur et cinéaste Laurent Boutonnat et scénographié, comme en 2006 et 2009, par Mark Fisher (mort le 25 juin).

Quand il est arrivé sur France télévisions en 2006, Laurent Delahousse avait l’ambition de changer la formule du JT, traditionnelle accumulation de reportages de 2 minutes sur les sujets du jour. Il voulait faire un journal plus long, qui laisserait la place à des reportages de plusieurs dizaines de minutes et des débats avec des invités qui réagissent aux sujets. Exactement l’inverse du journal télé français classique. Mais là, bauf, moi aussi je suis déçue des questions…

 

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Mylène farmer dans Podium – novembre 1984

Posté par francesca7 le 1 septembre 2013

Mylène farmer dans Podium – novembre  1984 dans Mylène en INTERVIEW 1984-05

A propos de son enfance et sa scolarité :

- J’ai passé mes onze premières années au Canada, à Montréal, et j’ai d’ailleurs les deux nationalités, française et canadienne. Puis le travail de mon père nous a amenés à Paris. J’ai donc fait mes études ici, jusqu’au bac

. En classe, j’étais très douée pour la poésie, la lecture.

A propos des circonstances qui l’ont amenée au casting de « Maman a Tort » et au sujet de celui-ci :

- Je prenais des cours d’équitation, parce que j’adore les chevaux, en vue de faire de la compétition.

Malheureusement, j’ai raté le concours de formation au monitorat, ce qui m’a complètement dégoûtée. Il faut dire que j’avais dix-sept ans et les autres candidats, vingt-cinq en moyenne ! La chanson c’est un coup de chance dans ma vie. J’ai rencontré Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat, qui sont les auteurs et producteurs de mon disque. Leur chanson était déjà écrite, ils me l’ont proposée. C’est un peu magique, tout ça !

A propos du thème de « Maman a Tort » : est-ce éloigne de son vécu ?

- Oh ! Pas vraiment… Ce n’est pas complètement éloigné de moi, c’est vrai, mais je n’ai pas vraiment eu de problème avec mes parents.

A propos de ses débuts dans le métier :

- Il a été relativement facile de faire ce premier disque. Maintenant, je voudrais progresser, devenir une artiste à part entière. L’aisance sur scène ou sur un plateau de télé, ça ne s’improvise pas.

A propos de ses goûts et ses envies :

- Je lis énormément, ou j’écoute Marvin Gaye, Reggiani et Brel. J’habite Paris, mais j’aimerais bien pouvoir m’installer en banlieue, dans une grande maison pleine d’animaux. Impossible pour le moment : je bouge trop !

 

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Mylène sur FR3 Lorraine

Posté par francesca7 le 1 septembre 2013

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PATATOES PATATORUM

AVRIL 1985 – FR3 LORRAINE

Mylène est l’invitée de cette émission dans laquelle la parole est donnée aux enfants. Pour commencer, Mylène interprète « Maman a Tort » dans un petit décor à fond blanc, devant un lit d’hôpital et une table de chevet, vêtue de sa grenouillère verte et d’une veste rose. La chanson terminée, Mylène rejoint l’animatrice et s’assied à ses côtés.

X : Mylène, tu vas un peu nous dire tout ce qui s’est passé depuis « Maman a Tort ».

Mylène Farmer : Hé bien, depuis « Maman a Tort » j’ai préparé un autre 45-Tours qui s’intitule « On est Tous des Imbéciles » et j’ai terminé la promotion de ce disque, et puis pour la suite je vais sortir un album, je pense aux alentours de septembre, octobre (1985, ndlr).

X : Dans le même style ?

MF : Oui, on va garder le même style (rires).

X : D’accord. Et Mylène, toutes tes envies de faire des instruments, enfin de jouer des instruments, de faire un peu de comédie, des choses comme ça… ?

MF : Pour l’instant, j’ai toujours les mêmes passions, qui sont la lecture et le dessin. Quant au théâtre, je le laisse de côté pour l’instant. Je vais essayer de parfaire ce métier de chanteuse, et puis je vais peut-être voyager, puisque c’est le sujet !

X : Oui, est-ce que t’aimes bien voyager ?

MF : Bien sûr, oui ! J’ai pas la chance pour l’instant de voyager, parce que j’ai pas beaucoup de temps, mais j’irai sans doute au Canada prochainement.

X : Pour ton métier ?

MF : Non, non, non : pour des vacances ! (rires)

Des enfants arrivent alors sur le plateau et s’assoient aux pieds de l’animatrice et de Mylène. La présentatrice s’intéresse alors à eux et les interroge sur les pays qu’ils ont déjà visités, avant de poser la même question à Mylène X : Mylène, t’as voyagé quand t’étais petite ?

MF : Je suis allée de Montréal en France, je suis allée aussi en Guadeloupe et en Angleterre. C’est tout.

X : D’accord, donc pas encore dans les pays plus lointains.

MF : Non.

Après la diffusion d’un extrait du film « Roar » consacré aux lions, on retrouve Mylène avec un petit chien blanc sur les genoux qu’elle caresse chaleureusement. La présentatrice présente ensuite aux enfants des petites poupées en costume traditionnel de différents pays et ils doivent deviner leur pays d’origine. Ils en reconnaissent certaines mais sèchent sur une en particulier…

X : Tu sais toi, Mylène ?

MF : Oui, c’est le Pérou !

Le jeu continue avec d’autres poupées (mexicaines, russes…) L’animatrice lance ensuite le jeu fil-rouge de l’émission : l’invité présente un objet mystère et les téléspectateurs doivent écrire à l’émission pour donner leur réponse.

MF : Je vais vous présenter mon papatoès…patatoès ! Alors, c’est un tout petit objet qui est en plastique et en aluminium, il comporte des numéros dessus et on le met autour de quelque chose. Voilà !

L’animatrice énonce l’adresse à laquelle écrire pour donner sa réponse. On aura la réponse au patatoès de Mylène dans l’émission du mois suivant : il s’agissait d’un petit compteur à accrocher au bout d’une aiguille à tricoter afin de compter ses mailles et ses rangs.

X : Mylène, est-ce que c’est vrai qu’on est tous des imbéciles ?

MF : Oui, affirmatif !

X : Affirmatif ? Tu vas encore nous le redire, alors ?!

MF : Oui !

Mylène se lève et va interpréter « On est Tous des Imbéciles » dans un coin du plateau au milieu de quelques bustes de mannequins posés sur des colonnes. A la fin de la chanson, l’animatrice salue les téléspectateurs et l’émission s’achève.

 

 

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Mylène Farmer Entretien avec Catherine DELMAS

Posté par francesca7 le 22 août 2013


 Mylène Farmer Entretien avec Catherine DELMAS dans Mylène en INTERVIEW 1988-20-a

FRANCE SOIR-5 OCTOBRE1988

La douce a fait danser les chevaux

A propos des chevaux dressés par Mario Luraschi pour le clip « Pourvu qu’elles soient douces » :

- Ils savent galoper au ralenti, c’est extraordinaire. J’ai eu l’impression d’être une véritable dresseuse.

A propos du point de départ de l’histoire du clip :

- Les anglais veulent aller en Prusse, se trompent de chemin et découvrent Libertine couchée par terre. Les prostituées, envoyées par l’armée, rivalisent avec la jeune Libertine, et chut ! On ne dit pas la suite…

A propos des cinquante techniciens qui ont participé à la réalisation du clip :

- Ils n’hésitaient pas à travailler la nuit et le jour.

A propos de la présence permanente d’un conseiller historique sur le tournage :

- Tous les détails ont leur importance. Quelqu’un a dit ‘On peut violer l’histoire à condition de lui faire un enfant.’

A propos du tournage en lui-même :

- Je suis prête à tourner le troisième volet ! Je me suis battue dans la boue contre d’autres femmes. Quel plaisir !

A propos de son premier spectacle au Palais des Sports, en mai 1989 :

- Sans rien dramatiser, je joue ma vie

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LA VIE À PLEINES DENTS : interview de Mylène F. 1986

Posté par francesca7 le 22 août 2013


Le 28 MAI1986 : TV FR3 MIDI-PYRÉNÉES – Présenté par Pierre NICOLAS

Pierre Nicolas : (il est déguisé et maquillé en Pierrot) (…) Aujourd’hui j’ai beaucoup de plaisir : je me suis habillé en Pierrot, je me suis dit « Ca va faire plaisir à notre invitée ». Bonjour, Mylène. Vous allez bien ?

LA VIE À PLEINES DENTS : interview de Mylène F. 1986 dans Mylène 1985 - 1986 1986-04-a

Mylène Farmer : Bonjour, très bien.

PN : C’est Mylène Farmer notre invitée aujourd’hui. Alors Mylène, hé bien on est partis ensemble tous les deux pour trois-quarts d’heure de musique, de cinéma. Mylène a été très sympa : elle nous a apporté ses vidéoclips, ça nous fera du bien d’en voir, parce que c’est vrai qu’actuellement on n’en voit pas trop, trop sur les chaînes de la télévision publique…

MF : Ne le dites pas trop fort ! (rires)

PN : Oui ! On va faire tout ça, ensemble avec Mylène. Vous vous installez tranquillement, Mylène.

Le présentateur explique que le décor et les fauteuils sont l’œuvre d’un artiste toulousain. Il lance ensuite les informations. Au retour plateau, il poursuit avec Mylène.

PN : Mylène, vous êtes bien installée ?

MF : Très bien, très confortable !

PN : C’est un petit peu particulier le mobilier !

MF : C’est étrange, oui !

PN : (…) Mylène, je ne vous ai jamais vue, jamais guère entendue vous répandre en grandes déclarations. Estce que vous êtes quelqu’un de secret, de discret ?

MF : J’ai certainement beaucoup de pudeur, mais en l’occurrence vous m’avez dit de faire des réponses très concises parce que c’était des petites séquences, donc je vais faire très rapide ! (rires)

PN : Est-ce que vous vous méfiez des journalistes, d’une façon générale ?

MF : ça dépend, c’est comme dans tous les métiers ! Y a des personnes qui sont douées, et puis d’autres effectivement dont il faut se méfier, parce qu’ils ont pas une plume très développée et souvent un peu maladroite.

PN : Lorsque vous lisez un article où on parle de vous, où on parle de votre travail, où on parle de vos disques, est-ce que vous vous reconnaissez toujours dans cet article ?

MF : Y en a certains, j’ai notamment vu une critique de l’album(« Cendres de Lune », ndlr) qui était assez réaliste et plutôt sympathique, d’ailleurs. Sinon, y a toujours quelques termes qui reviennent systématiquement et qui sont peut-être pas tout à fait le reflet de moi-même, mais peu importe !

PN : Peu importe ! Dans l’album, y a une chanson qui s’appelle « Maman a Tort »…

MF : Oui, c’était le premier (extrait, ndlr).

PN : C’était le premier, la première chanson. On l’écoute ensemble?

MF : Oui !

PN : « Maman a Tort » : c’est la première chanson de Mylène Farmer. « Maman a Tort » !

Diffusion du clip de « Maman a Tort » en entier.

PN : Mylène Farmer, « Maman a Tort ». Vous avez peut-être remarqué qu’en commençant l’émission avec Mylène, tous les deux, on a installé quelque chose qui est pas habituel dans « La Vie à Pleines Dents », on a installé le vouvoiement. Alors c’est moi qui l’ai fait exprès, je vais vous dire pourquoi : parce que Mylène quand elle est arrivée ce matin, elle m’a dit « Moi j’ai un peu de pudeur, un peu de timidité », et Mylène vous vouvoyez !

MF : C’est parce qu’on ne se connaissait pas, mais maintenant ça fait cinq minutes qu’on se connaît, on va se tutoyer !

PN : Voilà, on va se tutoyer, on va continuer l’émission en se tutoyant. Alors je te dis « tu » maintenant, Mylène !

MF : D’accord…

PN : Est-ce que tu as déjà fait du cinéma et du théâtre ? Je connais déjà une partie de la réponse, c’est pour ça que je pose la question !

MF : Oui, j’ai suivi des cours de théâtre pendant deux ans. Et quant au cinéma, non je n’ai jamais participé à…

PN : T’as jamais fait de cinéma ?

MF : Pour le clip vidéo, c’est peut-être aussi, oui, une partie cinématographique. Voilà, c’est la seule expérience que j’ai eue !

PN : Un clip extraordinaire, qu’on va voir tout à l’heure dans le cours de « La Vie à Pleine Dents », qui s’appelle « Plus Grandir ». Vous allez voir, ça va peut-être être une découverte pour certains d’entre vous, c’est superbe, y a une superbe mise en scène. Mais ça, c’est pour tout à l’heure. On parlait de cinéma, on va regarder un extrait d’un film qui vient de sortir sur les écrans (…), je sais pas si tu l’as vu : le film s’appelle « Runway Train ».

MF : Non pas encore…

(…)

Un extrait du film « Runway Train » est présenté. L’extrait s’achève sur une bagarre entre deux personnages.

PN : (à propos du héros du film) Ha, il est très, très énervé, effectivement ! (rires) Je crois que tu préfères les gens calmes, toi, non Mylène ?

MF : Ha du tout, moi je suis une grande nerveuse !

PN : Une grande nerveuse ? Et tu aimes t’entourer de gens calmes alors puisque tu es nerveuse ? En général, quand on est nerveux on aime s’entourer de gens calmes, non ?

MF : Je ne sais pas, je n’ai pas bien réfléchi à la question mais j’aime bien les grands nerveux aussi !

PN : Tu as été mannequin, je crois.

MF : J’ai été mannequin, oui j’ai…Ben voilà ! (rires)

PN : (…) Est-ce que tu en as gardé un goût immodéré pour ce qu’on appelle les fringues ?

MF : Oui, j’ai toujours aimé les habits. (Elle regarde le costume de Pierrot de l’animateur) D’ailleurs c’est un très joli habit, ça aussi !

L’animateur propose ensuite à Mylène, sur le ton de la rigolade, d’échanger leur costume respectif, ce qui fait beaucoup rire cette dernière. Il lance ensuite le clip d’un artiste très théâtral, Egon Kragel, que Mylène confesse ne pas connaître. Au retour plateau, ils parlent encore de ce chanteur.

PN : Finalement, Mylène tu le connaissais ! Au début, tu m’as dit « Je connais pas » et en écoutant et en le regardant…

MF : Oui, je l’ai rencontré une fois sur un plateau de télévision aussi, et il racontait qu’il avait fait beaucoup de mime avec un monsieur…

PN : ça se voit je crois dans sa chanson qu’il a fait du mime !

MF : Il me semble oui ! (rires)

1986-04-c dans Mylène en INTERVIEWPN : (…) Tiens, puisqu’on parle un peu de mise en scène, il va se passer quelque chose maintenant : on va retrouver le…Elle est pas venue les mains vides, Mylène Farmer, elle nous a amené le vidéoclip qu’on a vu tout à l’heure, « Maman a Tort », mais tu nous as aussi amené le vidéoclip de ton titre « Plus Grandir ».

MF : Apporté, oui… « Plus Grandir ».

PN : Alors, c’est quelque chose d’extraordinaire, c’est un vidéoclip assez long avec une superbe mise en scène. Explique-nous un petit peu.

MF : C’est en Cinémascope, on a mis cinq jours de tournage, c’est du décor en non naturel (rires) heu…et puis, ma foi, il faut le regarder !

PN : Oui, faut le regarder ! Simplement, on peut préciser que dedans il va y avoir tout un tas de transformations : toi, tu subis un tas de transformations.

MF : Oui, et je termine en vieille femme, donc là il y avait tout un maquillage à faire, aussi. C’était intéressant.

PN : On parlera du maquillage juste après. Ce qu’on va faire, on va se faire plaisir maintenant et on écoute et on regarde le clip de Mylène Farmer : « Plus Grandir ».

Le clip de « Plus Grandir » est diffusé dans sa quasi- intégralité (la séquence d’introduction est légèrement amputée de quelques secondes au début et le générique est coupé)

PN : Ha lala ! Mylène Farmer, « Plus Grandir » : c’est extraordinaire, y a vraiment beaucoup, beaucoup de choses !

MF : Oui, c’est dommage parce qu’il y a un petit problème de son, on peut s’apercevoir, je crois, que la bande tourne trop vite ! (rien de tel ne se voit pourtant à l’antenne, ndlr)

PN : C’est pas de notre faute, hein !

MF : Non, c’est de la mienne ! (rires)

PN : C’est les gens qui ont mis la musique sur les images ! Y a d’abord la poupée…Tu crois que l’enfance, toi, est une période de la vie un petit peu privilégiée, comme ça ?

MF : Privilégiée ? Non, c’est pas tout à fait ce qu’on a démontré dans le clip ! Je crois que c’est une période qui est…bon, chacun la vit différemment, mais c’est une période qui est excessivement difficile, le passage de l’adolescence à l’âge dit d’adulte. Oui, c’est dur.

PN : Oui, c’est peut-être ce passage-là qui est difficile…

MF : C’est un traumatisme.

PN : Y a aussi ce passage extraordinaire où on voit la vierge qui se cache comme ça (il joint le geste à la parole) et qui détourne le regard

MF : Oui, c’est une vierge qui a été fait en latex, avec un manipulateur.

PN : Y a même la poupée qui est animée à la fin !

MF : La poupée est animée et la poupée a été réalisée par moi-même ! (rires)

Un extrait du film « Etats d’âme » est ensuite diffusé, qui semble laisser Mylène complètement indifférente lorsque l’animateur résume le scénario (l’histoire d’un groupe de jeunes fêtant la victoire socialiste en mai 1981)

PN : (…) Mylène, tu as fait une chanson il y a quelques mois qui s’appelait « On est Tous des Imbéciles ». Je voudrais savoir si avec cette chanson tu voulais prouver que dans la vie il faut pas se prendre au sérieux ?

MF : Je sais pas…Les chansons à message, je m’en méfie toujours un peu mais c’est vrai que…   

PN : Beaucoup de chanteurs s’en méfient !

MF : Oui ! (rires) Et pour cause ! Mais non, ce qui était à extraire de la chanson, c’était « Ce qui nous sauve, c’est le style », effectivement voilà, le style peut sauver beaucoup de choses.

PN : Alors, moi je suis un Pierrot, un Pierrot c’est toujours très romantique. Je voudrais parler un petit peu d’amour avec toi. Admettons que l’amour dans la vie, ce soit un paysage ou un pays très lointain : je voudrais que tu me dises si tu penses qu’en amour il faut atteindre ce paysage et y rester, ou si ce qui t’intéresse dans l’amour c’est d’arriver, c’est le voyage qui mène à ce paysage ou à ce pays.

MF : C’est tout le voyage qui m’intéresse.

PN : C’est tout le voyage ? Donc tu es la femme…tu fais confiance aux rencontres ?

MF : Je sais pas si je peux parler dans ces termes-là !J’adore les rencontres, oui !

PN : Et les coups de foudre, tu y crois ?

MF : Je pense que dans sa vie, on rencontre une ou deux personnes pour qui, oui, on va voir une adoration, même, sublimée. Mais ça n’arrive pas tout le temps, non.

PN : C’est trop perso comme question si je te demande si tu en as déjà eu, des coups de foudre ?

MF : C’est un sujet que je n’aime pas aborder ! (rires)

Pour changer de sujet, l’animateur lance alors une séquence musicale. Au retour plateau, une jeune fille de 14 ans vient faire la promotion d’une kermesse scientifique organisée dans la région. Elle est venue avec une petite fusée et l’animateur s’amuse du goût pour la science de la jeune fille.

PN : (…) Mylène, moi je croyais que c’était les garçons qui faisaient voler les fusées !

MF : Non, moi je jouais aux petites voitures quand j’étais petite !

Le présentateur lance ensuite un concours où il faut identifier trois films à l’aide de leur bande originale

constituée de morceaux classiques.

PN : C’était joli, hein Mylène ? Tu aimes bien, toi, la musique classique…

MF : J’adore, oui y a des très, très belles chansons. Enfin chansons…musiques !

PN : (…) On trouve énormément de choses dans la musique classique.

MF : Absolument !

PN : Alors tu as reconnu les titres des films ? Je crois que c’était pas très difficile, hein !

MF : Oui, je crois que j’ai vu la plupart de ces films.

PN : Tu peux jouer si tu veux ! (…)

MF : Et je gagne un disque ?!

PN : Et tu gagnes un disque !

MF : Alors, oui ! (rires)

PN : (…) Tiens, tu m’as dit que ton prochain clip (« Libertine » dont l’avant-première aura lieu trois semaines

après cette émission, ndlr), y aurait une ambiance comme celle qu’on a vu dans l’extrait de filmavec les

bougies (Barry Lindon, ndlr) (…), vous avez peut-être vu dans l’extrait qui vient de précéder, y avait un

passage très sombre avec des bougies, des messieurs avec des perruques et tout…

MF : Oui, ça va être une illustration, un peu, du libertinage.

PN : Ca tombe bien puisque le titre de la chanson, c’est « Libertine » ! Alors, la chanson on va se quitter avec

(…) On va se quitter Mylène. Maintenant qu’on se connaît bien, on peut peut-être s’embrasser pour se dire au

revoir ! (…)

MF : Oui !

PN : (il lui fait la bise) AAu revoir, Mylène !

MF : Au revoir…

PN : À bientôt, tu reviens quand tu veux dans « La Vie à Pleine Dents ».

MF : Avec plaisir !

PN : Et on se quitte avec la chanson de Mylène Farmer qui s’appelle « Libertine » (…)

MF : Au revoir !

Seule sur le plateau, en guise de générique de fin, Mylène interprète « Libertine ».

NB : La prestation de « Libertine » sera rediffusée plus tard dans un autre numéro de cette émission.

 

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Mylène Farmer et N.Rheims, une histoire d’amour mystique

Posté par francesca7 le 21 août 2013

 

 

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 Mylène confiera plus tard à Nathalie Rheins :

son secret de beauté : l’amour ! Elle explique :

« La seule chose importante est d’aimer et d’être aimée. C’est bien la seule certitude que j’ai aujourd’hui. Et la beauté dépend du regard que l’on pose sur les gens. Quand ce regard est celui de l’être aimé ou tout simplement celui de la bienveillance, il agit comme un baume enchanteur ».

Et quand Nathalie lui demande comment elle s’imagine dans dix ans, la star de la chanson française répond : « ailleurs »…

Comprenez ce que vous voudrez.

 

Mylène Farmer et N.Rheims, une histoire d'amour mystique dans Mylène en CONFIDENCES images-41

 

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VOUS ET VOTRE AVENIR Mylène : Vierge libertine

Posté par francesca7 le 19 juillet 2013


Interview de SEPTEMBRE1986

Entretien avec Jacques COLIN

VOUS ET VOTRE AVENIR Mylène : Vierge libertine dans Mylène en INTERVIEW 1985-03-a-300x231

A propos de son signe astrologique :

- Je suis partagée entre la Vierge sage et la Vierge folle. La Vierge sage voudrait être un fœtus, ne pas bouger, rester au chaud ; et puis la Vierge folle chante « Je suis une catin », et tout ce que ça implique !Mais je sais garder la tête froide. J’ai besoin de lucidité, et de ce fait, je suis un peu pessimiste. Alors il me faut des choses fortes, des gens solides auxquels me raccrocher. Je fais partie des écorchés vifs et ça me rend assez lunatique. Mais je n’ai pas envie d’être stable : la passion est essentielle dans mon métier.

A propos de ses obsessions :

- Le cinéma ! Ca, ça pourrait devenir une maladie…

A propos de la façon dont elle gère sa carrière :

- Plus j’en bave, mieux ça va. Il me faut du laborieux pour aller loin.

A propos de son entourage :

- Très peu de gens, mais ceux-là qu’est-ce que je les aime

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CARGOT DE NUIT avec Mylène

Posté par francesca7 le 19 juillet 2013


11 DÉCEMBRE1985 : Présenté par Jean-Louis SBILLE – RTBF (Belgique)

Vêtue d’un pantalon noir noué à la taille par un large ruban vert et d’un simple soutien-gorge vert par-dessus lesquels elle porte une grande tunique verte elle aussi, Mylène interprète « Plus Grandir » sur le plateau de cette émission belge.

A la fin de la chanson, et alors que le playback finissant en fondu laisse entendre un court instant sa voix live lorsque son micro est rallumé, Mylène est rejointe par l’animateur Jean-Louis Sbille.

Jean-Louis Sbille : « On est tous des Imbéciles », « Maman a Tort »…

Mylène Farmer : (en même temps que l’animateur) Et « Plus Grandir » !

JLS : Ca, c’est le dernier 45-tours de Mylène Farmer !

MF : Oui.

JLS : Alors, quand avez-vous arrêté de grandir, Mylène ?

MF : Hé bien mon cher Jean-Louis, j’ai arrêté de grandir le jour où je vous ai rencontré parce que j’ai eu un tel

choc que ma croissance s’est arrêtée ! (rires)

CARGOT DE NUIT avec Mylène dans Mylène en INTERVIEW cargotJLS : C’est le première fois qu’on me le dit !

MF : C’est vrai ?!

JLS : Ha oui, oui, oui !

MF : J’en suis contente !

JLS : Dites donc, qui vous habille ?

MF : C’est moi qui m’habille. Et qui me déshabille ? C’est mon petit singe !

JLS : Votre petit singe ?

MF : Oui, j’ai un petit singe. C’est un capucin, ça a des petites mains et il aime trifouiller partout !

JLS : (regardant ses propres mains) Oui ?

MF : Elles sont un peu plus petites que les vôtres ! (sourire)

JLS : Il s’appelle comment ?

MF : Il s’appelle E.T. !

JLS : E.T. ? Comme « E.T. » ?!

MF : Comme « E.T. » !

JLS : Alors, j’ai entendu dire que vous prépariez un 33-tours –votre premier 33-tours- pour très bientôt, pour le mois de janvier ou février…

MF : (elle acquiesce) C’est ça…

JLS : Et un 33-tours, c’est un petit peu des cendres de lune sur du vinyle…

MF : (dans un sourire) Oh, quel poète ! Ecoutez, devant ça je ne peux plus rien dire ! (rires) (Notons en effet la malice de l’animateur qui cite sans le citer le titre du premier album de Mylène, qui jusque là n’avait encore jamais été annoncé par celle-ci, nda) 

JLS : Ha non, non, non ! C’est vrai ?!

MF : Oui, j’ai un album qui sort en février (l’album « Cendres de Lune » sera finalement commercialisé au mois d’avril suivant, nda), qui me tient énormément à cœur et qui comportera neuf titres, je pense. Neuf ou dix dont « Maman a Tort » et les deux autres disques. (Si la première version commercialisée de l’album contiendra bien neuf titres, il n’inclura jamais « On est Tous des Imbéciles » comme Mylène semble pourtant vouloir le dire ici,)

Fin de l’émission

 

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Les mots de Mylène dans BOYS AND GIRLS 1985

Posté par francesca7 le 19 juillet 2013


21 MARS 1985

Même les stars ont des complexes, la preuve ! :

Les mots de Mylène dans BOYS AND GIRLS 1985 dans Mylène en INTERVIEW mimi5-247x300- J’ai un complexe, c’est vrai : je me trouve trop maigre. Contrairement à la plupart des filles qui ne pensent qu’à maigrir, à perdre des kilos, moi, je rêve que d’une chose : grossir. C’est pour ça que je porte des vêtements souvent assez larges. Je les achète régulièrement d’une ou deux tailles supérieures à la mienne. En fait, de la taille dont je rêve. Moralité : je ne porte jamais (ou presque) de manches courtes afin de ne pas montrer mes coudes que je trouve trop saillants. De même, je ne porte jamais de décolletés car je n’ai pas le buste assez ‘pulpeux’. Heureusement pour moi, à part ça, j’ai la chance d’être relativement bien proportionnée, de ne pas avoir de défaut physique particulier.

Que regardent les stars à la télévision ? :

- Je regarde « 7 sur 7 » chaque fois que l’invité est intéressant et apte à répondre à des questions diverses et variées. J’aime bien aussi « Apostrophes » parce que j’ai un faible pour Bernard Pivot. Dans un autre style, il y a une autre émission que j’adore, c’est « Télé chat ». J’adore l’idée de ces objets qui parlent. « Objets inanimés, avez-vous donc un âme ? » C’est une émission bourrée de subtilités très drôles. Je regrette d’ailleurs que chez moi, le téléphone ne parle pas un peu plus… Tous les jours, je m’efforce d’engager la conversation avec lui dans l’espoir de l’entendre me répondre, mais il n’y a rien à faire. En ce qui concerne les émissions de cinéma, j’aime bien « Etoiles et toiles » de Frédéric Mitterrand. Et dans le domaine des variétés, ma préférence va à «Platine 45 » parce qu’elle comporte une bonne programmation, un bon rythme et ne se prend pas au sérieux.

BOYS AND GIRLS le 11 AVRIL 1985

Les stars sont-elles plus amoureuses au printemps ? :

- Je ne sais vraiment pas si je suis plus amoureuse qu’en temps normal au moment du printemps. A vrai dire, je ne me suis jamais vraiment posé la question et je n’ai encore jamais utilisé de baromètre pour mesurer la courbe de mes sentiments aux différentes périodes de l’année. Mais c’est bizarre parce que justement, la semaine dernière, j’avais l’intention de le faire et je m’étais procuré le matériel nécessaire pour répondre enfin à cette question. Or, ironie du sort, j’ai cassé ce baromètre ce matin au moment précis où j’allais m’en servir.

Bref, tout ça pour dire que la vie n’est pas toujours rose et qu’il est vraiment infernal de ne pouvoir donner de réponse à certains problèmes. 

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Interview de Mylène Farmer dans GIRLS 1984

Posté par francesca7 le 13 juillet 2013


Le 22 NOVEMBRE1984

Entretien avec Elisabeth Chamak

« Si les gens préfèrent attribuer à cette chanson un sens pervers, ça les regarde ! »

Interview de Mylène Farmer dans GIRLS 1984 dans Mylène en INTERVIEW mylene-debut-300x260

A propos du texte de « Maman a Tort » et du fait qu’elle a adopté de suite :

- Non pas que le texte ait eu pour moi une signification particulière. Car la plupart des gens s’évertue à vouloir l’interpréter de façon complexe. Alors, il y a la version ‘analyse’ qui veut qu’il s’agisse d’un transfert de l’amour d’une fille pour son infirmière qu’elle prend, au fond, pour sa mère ; et la version ‘intellectuelle’ qui tient beaucoup à ce que les paroles soient interprétées au deuxième, troisième, voire quatrième degré… La réalité est beaucoup plus simpliste. Les auteurs de la chanson sont partis de l’idée d’une petite fille dans un hôpital qui se prend d’amitié pour son infirmière et, à partir de ce thème, ont aligné des phrases drôles et insolites, non pas pour leur soi-disant sens caché, mais pour le rythme et l’originalité des mots. Mais si les gens préfèrent attribuer à cette chanson un sens pervers, au fond, ça les regarde !

A propos de l’effort sur elle-même pour se produire devant les caméras :

- J’étais tellement terrorisée lors de mon premier passage télé que j’ai cru un moment que j’allais tomber sur scène !

A propos de son rapport au monde :

- J’aime très peu de gens, je suis très exigeante. Mes critères de sélection sont l’intelligence, le charme et l’esprit. Par contre, j’ai horreur de la misère morale ou physique, je ne supporte pas la vulgarité. Je hais la médiocrité, l’exubérance…

dans  GIRLS le 29 NOVEMBRE1984

« J’avais une réputation d’élève indisciplinée. »

A propos de ce qu’elle faisait à 18 ans :

- J’ai 23 ans aujourd’hui. Il y a 5 ans j’en avais 18. Ah oui, je me souviens. A 18 ans, je fréquentais un centre hippique. C’était une école spécialisée où j’apprenais de façon intensive l’équitation. J’ai suivi ces cours entre 14 et 19 ans. Ca se passait à Versailles. Je rêvais alors de devenir monitrice d’équitation. En dehors de cela, je n’avais pas beaucoup d’occupation. Je suis et j’ai toujours été assez casanière. J’avais quelques rares amis (je n’en ai pas beaucoup plus aujourd’hui) avec lesquels je sortais de temps en temps. Mais les trois quarts du temps, je lisais ou je dessinais. A l’école, j’avais une réputation d’élève indisciplinée mais j’arrivais quand même à me maintenir dans la bonne moyenne. Sauf en maths où j’étais carrément nulle. De temps en temps j’allais au cinéma. Je faisais aussi quelques photos pour gagner de l’argent de poche. C’était des photos de pub ou de presse. Je travaillais aussi beaucoup pour les Japonais en tant que mannequin. Voilà c’est à peu près tout.

Dans GIRLS le 6 DÉCEMBRE1984

Mylène Farmer répond aux questions des lectrices de « Girls »

Gabrielle, 15 ans, Fontainebleau : Aimerais-tu faire du cinéma ?

- Chère Gabrielle,

Pour l’instant je préfère me consacrer entièrement à la chanson. On m’a proposé récemment un scénario mais le sujet ne m’a pas intéressé. Si un jour on me proposait quelque chose de sérieux, je verrais d’abord si ça ne nuirait pas à ma carrière. C’est déjà très difficile d’être chanteuse.

Muriel, 14 ans, Fréjus: Quelssont tes projets ?

- Chère Muriel,

Je viens d’enregistrer la version anglaise de « Maman a tort » qui va sortir en Allemagne, en Italie, en Scandinavie et peut-être en Angleterre et aux Etats-Unis. En janvier je sortirai un autre 45-trs mais le titre n’a pas encore été choisi.

Valérie, 13 ans, Compiègne : Comment passeras-tu les fêtes de fin d’année ?

- Chère Valérie,

Hélas je ne pourrai pas prendre de vacances cette année car la sortie de mon prochain 45Tours me donne beaucoup de travail. Je passerai peut-être le réveillon chez mes parents avec quelques amis.

Madeleine, 16 ans, Paris: Quel genre de garçons préfères-tu ?

- Chère Madeleine,

Je n’ai pas de critères bien définis. Mais s’il est beau, intelligent, cultivé et qu’il a le sens de l’humour, il ne peut que me plaire !Je ne suis pas difficile ! N’est-ce pas ?

Juliette, 14ans, Bordeaux: A quelle adresse peut-on t’écrire ?

- Chère Juliette,

Si tu désires m’écrire, adresse ton courrier à Mylène Farmer, C/O RCA, 9, avenue Matignon, 75008 Paris.

Rachel, 15ans, Libourne : Es-tu fiancée ?

- Chère Rachel,

Je le suis. J’ai rencontré le garçon de mes rêves et je suis très heureuse de vivre avec lui un grand amour. Mais, vois-tu, je n’ai pas encore l’intention de me marier.

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Mylène Farmer chez ROCK LAND

Posté par francesca7 le 13 juillet 2013


NOVEMBRE1988

Alors Mylène, heureuse ?

Entretien avec Gilles RENAULT & Marc POTIN

« Je chante pour essayer de donner un sens à ma vie… Ce n’est pas facile ! »

Mylène Farmer chez ROCK LAND dans Mylène en INTERVIEW rmymi-adio-02-c-261x300

Avant l’entretien, Mylène fait part aux journalistes de sa réticence à ce que celui-ci soit enregistré au magnétophone :

- Les journalistes font leur métier comme des cochons. Ils ne respectent rien et surtout pas la personne qu’ils ont en face. Quelquefois, ça peut se passer très mal. Mais en général, on a su parler de moi avec justesse, en bien ou en mal… Je hais les magnétophones parce qu’il y a des mots, des pensées que j’aimerais effacer.

Avouez que c’est malgré tout une jouissance pour vous !

Pour débuter l’interview, le duo de journalistes demande à Mylène de parler d’elle :

- Je chante pour essayer de donner un sens à ma vie… Ce n’est pas facile ! Pour les morceaux d’un album, j’ai besoin avant tout d’une musique sur laquelle mes mots vont se greffer. Laurent Boutonnat va en studio, puis j’effectue mon travail d’écriture dans l’isolement. L’évolution entre les deux albums a été pour moi la découverte de l’écriture. Je me suis aussi découverte, comme si je m’étais moi-même déflorée. C’était presque un viol… mais c’était fondamental. Si je n’avais pas découvert l’écriture et cette façon de m’exprimer, je pense que je ne serais pas là, aujourd’hui. Je n’ai pourtant pas le sentiment d’écrire des chansons à messages, si ce n’est pour démolir les tabous -ce sont des thèmes qui me passionnent. J’agis vraiment comme je l’entends en parlant de sujets souvent occultés, tels la mort, le désespoir, des thèmes rarement abordés par les auteurs français.

Gainsbourg en a usé et abusé, mais c’est l’un des rares. Je ne calcule pas ce genre d’idées, ce sont des choses très proches qui me viennent naturellement. Depuis que j’ai commencé ce métier, je n’ai jamais agi dans le sens du commercial, jamais fait aucune concession, même si ça n’a pas été facile.

Comment expliquez-vous cette fascination pour de tels sujets ?

- Il y a certainement une part d’éducation religieuse pendant laquelle on apprend à rejeter tous ces tabous. On n’en parle pas… J’ai aussi eu très peu de dialogue avec mon milieu familial, beaucoup de questions sont restées sans réponses et cela correspond maintenant chez moi à une volonté de ne pas constamment se voiler la face comme le font beaucoup de gens.

N’est-ce pas aussi une ‘image’ destinée à brouiller les pistes, pour donner l’impression d’une variété originale et plus surprenante ?

- Toutes ces ‘perversités’ que j’interprète sont profondément ancrées en moi. « Sans contrefaçon », c’est vraiment quelque chose que j’ai vécu : je me souviens, à l’âge de douze ans avoir mis un mouchoir dans mon pantalon. Je pense que j’aurai toujours ces sentiments en moi, mais qu’ils vont évoluer au fil du temps.

Pourtant, une partie du public semble prendre avec beaucoup de légèrement ces tiraillements intérieurs…

- Cela ne me dérange pas. Ils dansent sur mes chansons, c’est très bien. Chacun y trouve ce qu’il veut. C’est un risque à courir, je l’accepte. Je serais certainement plus sévère si j’avais à écrire un livre.

Comment vivez-vous la célébrité ?

- L’aspect des choses le plus oppressant, le plus difficile pour moi, est d’être là, à répondre à vos questions…

Mais j’ai toujours voulu être célèbre. Cela dit, je préfère prendre des calmants lorsque je sais que deux journalistes vont me poser des questions, me demander des justifications. Il y a beaucoup d’appréhension avant une interview : on attend tellement de choses de moi, je dois être performante dans toutes mes réponses et ça m’est difficile. Dans le métier proprement dit, je n’ai pas beaucoup d’amis. Il y a des gens que je croise dans les couloirs, des personnes qui ont ma sympathie et réciproquement, des artistes que j’aime bien, mais je n’ai jamais réellement dialogué avec quiconque, si ce n’est Alain Chamfort et un peu Lio.

Et dans le privé ?

- Il y a très peu de personnes près de moi. Ma photographe, et un jeune homme qui fait plein de métiers différents et que j’aime beaucoup. Voilà, c’est tout.

L’argent a-t-il une importance capitale pour vous ?

- Je gagne de l’argent, c’est normal quand on vend des disques. Mais est-ce vraiment intéressant ? Ce n’est pas une jolie question…

Les journalistes orientent ensuite la conversation sur sa vision de la mise en images de ses chansons :

- J’ai toujours rêvé d’images avec les mots et le clip est un bonheur. J’aime tous ceux que Laurent a mis en scène. En ce qui concerne le dernier (« Pourvu qu’elles soient Douces »,), mes réactions sont trop personnelles pour que je puisse les dévoiler. Laurent a écrit le scénario et j’ai laissé faire la construction. C’est vrai qu’il a coûté très cher, et on peut penser à une folie douce. Mais justement, la seule liberté au monde, c’est la folie. Il est déjà difficile de donner un sens à sa vie… De toute façon, c’est nous qui mettons l’argent dans nos clips. Ça ne me gêne pas de devoir manger des pâtes tous les soirs pour m’offrir cette folie. Je sais qu’un jour il faudra revenir à une sobriété totale, car la barre est placée de plus en plus haut. J’aime beaucoup plus les images que les actes, j’aime la notion de provocation. La nudité dans mes clips n’est pas si facile que ça, ils ne sont pas si sexuels. Je pense plus à l’oeuvre d’un peintre ou d’un sculpteur… J’ose espérer que tout ce qui a été dévoilé jusqu’à maintenant a toujours été essentiel à l’histoire. Mais à présent, ça suffit : on attend toujours d’une femme de voir son corps nu. De toute façon, le cinéma, je me dis que je dois y venir, sinon j’en mourrai. J’ai eu des propositions, mais ça n’est pas encore le moment. J’aimerais me plonger dans un univers proche de celui de mes chansons. C’est peut-être un piège, mais je ne me vois absolument pas jouer des comédies ! Si j’avais un rôle à reprendre, ce serait dans « La Fille de Ryan » de David Lean. J’aimerais aussi aller vers Louis Malle, Jean-Jacques Annaud, Polanski… Malgré tout, j’aurais peur de m’en remettre à quelqu’un d’autre, c’est pourquoi mon choix sera très pensé : soit ça marchera, soit on me coupera la tête. C’est vraiment quelque chose qui me torture l’esprit.

Vous semblez vraiment anxieuse, toujours désécurisée (sic), torturée… Là encore, est-ce une image que vous vous donnez pour mieux servir le ‘personnage’ Mylène Farmer ?

-          Je déteste ces questions ! (Elle rit pour la première fois, puis long silence) Je ne sais pas répondre à ça. Je donne l’image de ce que je pense être dans la vie. Je crois que mon public est composé de beaucoup de gens mal dans leur peau qui ont envie d’entendre autre chose que ‘la vie est belle, tout va bien’… Je pense instaurer un dialogue avec eux à travers mes chansons. Mais c’est vrai que je me sens torturée en tant qu’être humain, cela me paraît tellement évident. J’aimerais ne plus avoir à répondre à ce genre de questions. Ça semble logique : ma vie est pesante. Mais à côté de ça, je ressens de façon magistrale les choses qui paraissent futiles à d’autres. Je trouve beaucoup de joie dans la lecture d’un livre. C’est comme une jouissance. Mais tout cela semble confus, je voudrais savoir aller à l’essentiel 

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LA VIE À PLEIN TEMPS pour Mylène F.

Posté par francesca7 le 13 juillet 2013


La vie à plein temps, émission du 10 SEPTEMBRE1984

un forum : http://devantsoi.forumgratuit.org/

 

Présenté par Philippe BACHMAN

FR3 MIDI-PYRÉNÉES

 

 LA VIE À PLEIN TEMPS pour Mylène F. dans Mylène en INTERVIEW mimi2-300x252

L’émission reçoit plusieurs invités, tous autour de l’animateur. Mylène est présente toute la durée de

l’émission. Elle est interviewée et sa précédente prestation sur « Maman a tort » dans la même émission en Mars 1984 est rediffusée.

Philippe Bacchman : (…) Au niveau variétés, on a pris deux gros succès de cet été, deux jeunes filles qu’on avait reçu dans cette émission. C’est Mylène Farmer, « Maman a tort », vous vous souvenez…

Mylène Farmer : Bonjour…

PB : …et Corinne Charby, « A Cause de Toi ». Ca a très très bien marché pour elles deux cet été.

(…)

PB : On revient à Mylène Farmer. Vous vous souvenez tous de sa chanson, « Maman a tort », ça a fait un tabac cet été. Ca marche encore, d’ailleurs au début de l’automne !

MF : Oui ! (rires)

PB : J’espère que tu t’attendais à un tel succès, non ? Bon on sait déjà beaucoup de choses sur toi : tu as été premier prix de chant à 10 ans…

MF : Oui…

PB : Ca sert, quand même, après pour faire de la chanson. Tu as pris des cours de théâtre, un peu de mannequin aussi…

MF : Un petit peu, oui !

PB : Donc tu es forcément intéressée par la mode ?

MF : Oui, mais j’étais mannequin pas du tout en défilés, parce que d’abord je suis pas assez grande. C’était plus orienté vers les films publicitaires. Mais oui, je suis intéressée par la mode !

PB : Comment c’est venu, la chanson ?

MF : Ben, un peu par hasard !J’ai rencontré…

PB : Jérôme et Laurent : qui sont ces deux zèbres ?

MF : Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat sont mes deux producteurs, et qui sont également compositeurs.

PB : C’est pas des zèbres alors !

MF : Non, je pense pas !

PB : Ils ont bien choisi…

MF : Merci !

PB : OK, bon on l’écoute tout de suite. Vous vous souvenez, je crois que c’était fin mars que tu étais venue nous voir, en fait ?

MF : Oui, je crois.

PB : Fin Mars, à « La Vie à Plein Temps », on recevait déjà Mylène Farmer, on avait senti quelque chose déjà : «  Maman a tort ».

Rediffusion de sa prestation à la même émission du 22 mars 1984.

PB : Voilà, Mylène Farmer dans « Maman a tort ». L’automne, ça se présente comment ? Tu as déjà un autre disque en préparation ?

MF : Il y a un projet de disque, qui sortira je pense en décembre-janvier.

PB : Et encore des télés, promotions…sur ce titre-là ?

MF : Surtout des télés, parce qu’en fait j’ai pas fait beaucoup de télés, surtout les nationales…

PB : Sauf ici ! (rires)

MF : Sauf ici, oui ! Donc, ça va être vraiment là maintenant, la promotion.

PB : Automne chargé, donc !

L’émission continue sans que Mylène n’intervienne de nouveau.

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FRANCE DIMANCHE et Mylène

Posté par francesca7 le 7 juillet 2013

 23 JUILLET 1984

Entretien avec Dominique Préhu

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FRANCE DIMANCHE et Mylène dans Mylène en INTERVIEW mylene-3-300x289

« Mes parents me voyaient mariée à un jeune diplômé de l’ENA qui me ferait cinq enfants ! »

A propos de « Maman a Tort » et de l’opposition parents/enfants :

- La chanson « Maman a Tort » me ressemble assez. Je me suis opposée deux fois à l’avenir que mes parents envisageaient pour moi. Ils souhaitaient me voir poursuivre des études générales jusqu’au bac pour préparer ensuite un examen d’entrée dans l’une ou l’autre des grandes écoles. Ils me voyaient énarque, ou ingénieur, comme mon père. De même, mes parents me voyaient mariée à un jeune diplômé de l’ENA qui me ferait cinq enfants !

A propos de son passé dans l’équitation:

- Moi, à 17 ans, j’avais passé avec succès un diplôme d’équitation. Je ne rêvais plus que d’entrer à l’école d’équitation de Saumur et de passer un diplôme de monitrice. Cela n’a pas plu à mes parents. Il était sans doute écrit que je n’enseignerais jamais l’équitation, puisque j’ai été victime d’une chute qui m’a interdit de poursuivre ma formation. Une fracture de la clavicule et un traumatisme crânien ont ruiné ma carrière de cavalière. J’ai vraiment eu peur de rester paralysée à vie.

A propos de ses débuts dans la chanson :

- Deux producteurs cherchaient une jeune comédienne qui sache aussi chanter pour leur prochain clip. Je me suis dit que je n’avais rien à perdre. Quand je suis arrivée pour l’audition, j’ai failli m’évanouir dès l’ascenseur !

Nous étions cinquante candidates pour ce petit rôle. Dans l’ascenseur, les parfums les plus capiteux se mariaient mal avec les eaux de toilette bon marché. Les odeurs me donnaient envie de vomir, mais surtout le regard de mes concurrentes qui cherchaient à évaluer mes chances m’a franchement désarçonnée. Je perdais mes moyens de minute en minute. En face du magnétoscope qui enregistrait ma prestation, je me suis pourtant sentie très à l’aise. Quand le « Coupez !» final a retenti, j’avais l’impression que cela ne faisait que commencer, j’aurais bien continué un peu, des heures même, devant cette caméra. Ils ont choisie cinq candidates sur cinquante. J’étais retenue pour la semaine suivante.

A propos de sa réaction quand elle a été choisie pour enregistrer le disque :

- Moi qui ne bois jamais une goutte d’alcool, ce jour-là j’avais tellement le trac que j’ai bu un cognac. La tête me tournait, mes jambes étaient en coton. Devant la caméra, j’avais l’œil brillant. C’est moi qui ai été sélectionnée. Et voilà !

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Mylène interviewée en Russie

Posté par francesca7 le 7 juillet 2013


ARGUMENTY I FACTY (Russie)

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9 MARS 2000

Entretien avec Igor GOUSKOVMylène interviewée en Russie dans Mylène en INTERVIEW mylene-1-127x300

Pourquoi interdire que l’on enregistre cet entretien avec un magnétophone ?

- C’est un choix. Je n’aime pas l’idée que quelqu’un possède un enregistrement de ma voix et que celle-ci puisse exister ailleurs sans moi.

Drôle d’idée pour une chanteuse ! Votre voix est pourtant gravée sur desmillions de disques !

- Vous avez raison, ça semble paradoxal mais c’est plus facile pour moi de m’exprimer de cette façon. Il y a quelque chose de technique dans un enregistrement en studio. Un entretien est plus vivant, c’est important pour moi de voir et ressentir mon interlocuteur en face de moi.

On vous a connue en Russie à la fin des années 1980 grâce à vos magnifiques clips. Pendant les dix années suivantes, il y a eu plusieurs tentatives restées vaines pour vous faire venir en Russie…

- Cela ne veut pas dire que je ne voulais pas venir en Russie, bien au contraire, mais je ne m’imaginais pas venir chanter sans présenter un spectacle. Il y a eu plusieurs propositions différentes, mais elles ne prenaient pas en compte les impératifs de technique, d’éclairages, c’est pourquoi la principale condition de ma venue en Russie aujourd’hui était de conserver le spectacle que j’ai présenté en Europe à cent pour cent avec tous ses effets, la mise en scène, les chorégraphies, les changements de costumes…

Êtes-vous familière avec notre art : musique, littérature… ?

- Tarkovski…J’ai vu les films de Tarkovski. Comment je m’y suis intéressée ? J’ai lu des articles, des livres qui mentionnaient son nom puis j’ai acheté une cassette vidéo. C’était « Le Sacrifice ». Aujourd’hui, j’ai tous ses films –mon préféré est « Stalker ».

Peut-on vous qualifier de cinéphile ? Votre amour pour les clips qui ressemblent à des  courts-métrages vient peut-être de là…

- Oui, si on veut. J’aime beaucoup le cinéma. Vous savez peut-être que je rêvais d’être actrice, je ne pensais pas à la chanson. C’est l’œuvre du hasard, ou de la chance, qui a fait que un jour je me suis rendue dans un studio pour une audition, où le compositeur, Laurent Boutonnat, m’a vue et m’a proposée d’enregistrer la chanson « Maman a Tort ». Vous me parliez de la culture russe : dans la musique, j’aime Tchaïkovski, mais aussi un conte musical formidable, « Pierre et le Loup », de Prokofiev. Quand je prenais des cours de théâtre, j’ai découvert Tchekhov. Vous savez, à l’école, on nous fait toujours lire les classiques, les auteurs ‘essentiels’. Ma réaction était toujours un refus catégorique. Et plus tard, on commence à chercher des explications, une compréhension, on cherche à se retrouver dans la littérature, dans la musique : c’est comme trouver son frère, sa sœur ou son père, pour prendre une image. Ce n’est qu’assez tard que je me suis penchée sérieusement sur la littérature. L’un des écrivains les plus importants à mes yeux est Dostoïevski –je n’ai pas osé le citer quand vous m’avez posé la question : c’est tellement cliché de le citer lorsqu’on parle de la Russie !

Comment est née l’envie d’écrire toutes vos paroles vous-même ?

- Je ne peux pas dire que je ne chanterai jamais des chansons écrites par d’autres, mais il faut que les paroles me touchent, ce qui n’est pas encore arrivé. Quand j’ai écrit ma toute première chanson, quelque chose s’est ouvert en moi et j’ai commencé à écrire. C’est quelque chose de difficile à expliquer. Maintenant, je ne peux plus vivre sans ça : mes textes sont un mélange de ce que j’ai réellement vécu et de ce qui naît de mon imagination. C’est un travail permanent de l’esprit qui m’aide à mieux comprendre ce qui se passe en moi sur le moment. Cette simplicité n’est qu’apparente : le temps passe et j’évalue les choses que je vis de façon différente. J’ai peur de généraliser. Se redécouvrir soi-même tout le temps, c’est très émouvant. Je ne vous ai pas dit – les choses me viennent éparpillées !- j’adore les contes russes. Ils sont très particuliers, souvent tristes. J’en ai toute une collection chez moi, et les illustrations sont formidables. Ces livres sont très importants pour, ils me relient au monde de l’enfance, du rêve. J’espère ne jamais me séparer d’eux !

Vos clips ont flirté avec la censure en France à plusieurs reprises ces dernières années…

- Le clip de « Je te rends ton Amour » a été jugé trop lugubre par un comité de visionnage,  particulièrement une scène où on me voit baigner dans du sang. Cette scène a été coupée sur toutes les chaînes de télévision, mais elle est restée sur la vidéo que nous avons vendue et dont les bénéfices ont été reversés à la lutte contre le sida. Avec l’état d’esprit actuel des censeurs, on ne peut jamais savoir ce qu’ils ne vont pas aimer. Dans mon dernier clip (« Optimistique-Moi », nda), pourtant très innocent, on nous a reproché la dernière scène, où je m’éloigne debout dans la remorque d’un camion. Cela a été considéré comme un appel à enfreindre le code de la route !

Comment occupez-vous votre temps libre ? Vous vous promenez, vous courrez les boutiques à la mode, vous jardinez ?!

- Les deux premières propositions sont impossibles pour moi car je n’aime pas me trouver au milieu de la foule. J’aime dessiner, j’aime voyager…

Mais vous n’étiez jamais venue en Russie, jusqu’ici…

- Non, pourquoi dites-vous cela ? J’ai visité la Russie l’hiver précédent. J’y ai passé une semaine, je suis allée à Moscou et à Saint Petersbourg. Je me suis beaucoup promenée. Saint Petersbourg sous la neige est vraiment magnifique, grandiose. Il y a une église qui m’a fortement impressionnée. C’était inoubliable.

Et personne ne vous a reconnue dans les rues ?

- Non. Juste une fois, à Saint Petersbourg, un serveur m’a offert un bouquet de fleurs gigantesque. C’était très inattendu, mais agréable !

Merci à atch-ramirez pour son aide précieuse à la traduction.

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Entretien de Mylène sur NRJ

Posté par francesca7 le 30 juin 2013


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20 AVRIL 1988 – Entretien avec Dominique DUFOREST

Entretien de Mylène sur NRJ dans Mylène en CONFIDENCES soi-je

Dominique Duforest : (après avoir salué Mylène et expliqué aux auditeurs qu’ils pouvaient appeler le standard de NRJ pour poser leurs questions à Mylène) Alors, « Ainsi Soit Je… » : c’est un très bel album, ce titre « Ainsi Soit Je… », et puis il y a une poupée à ton effigie sur la pochette de l’album…

Mylène Farmer : Oui, c’est la poupée qui était présente dans le clip de « Sans Contrefaçon ».

DD : « Ainsi Soit Je… », la poupée à ton effigie, cela a une signification, tout ça ? Tu te regardes ?
MF : C’est difficile de résumer un titre comme ça. Moi, je donne beaucoup d’importance aux trois points de suspension d’ « Ainsi Soit Je… ». Si on peut résumer « Ainsi Soit Je… », ce serait un portrait.

DD : Ce sont des points de suspension lourds de sens ?
MF : Lourds de sens en ce qui me concerne, oui ! (sourire)

DD : Pourquoi ? Parce que ce que tu racontes dans l’album c’est la partie immergée de l’iceberg ?
MF : Probablement, oui. C’est vrai que c’est un exutoire que d’écrire des chansons. Là, en l’occurrence, c’est un album qui est, c’est vrai, très, très, très proche de moi.

DD : Oui, personnel, quand même. Alors tu cultives quand même depuis le début, depuis le premier disque, depuis « M aman a Tort », un personnage un peu ambigu, un peu mi-fille, mi-garçon, peu souriante, loin du monde…
MF : Je suis d’accord pour tout, sauf pour le terme ‘cultiver’.

DD : Ah bon ?
MF : Parce que je pense qu’on ne peut pas tricher. C’est-à-dire qu’on ne peut pas tricher quatre ans.

DD : J’ai pas dit que tu trichais, j’ai dit que tu cultives !
MF : Non, non, je sais. Mais c’est vrai que le mot ‘cultiver’ quelquefois m’ennuie un peu…

DD : M ais l’air lointain, tout ça, c’est toi ?
MF : Oui !

DD : Tu as toujours été un peu détachée, comme ça, du monde, du monde ‘bas’ ?
MF : Détachée, parfois complètement impliquée et en avoir très peur… Mais très souvent, on cherche toujours son lieu de prédilection. Il est rare.

DD : Je pense qu’on en parlera beaucoup tout à l’heure avec les auditeurs. Dans un instant, ce sera « Libertine » !

Diffusion de « Libertine ».

DD : Elle est libertine et elle est sur NRJ ce soir jusqu’à 20h : Mylène Farmer. (…) Je pense que nous avons un premier auditeur en ligne…- Allo ?
DD : Bonsoir ! (…) Ton nom ?

- Olivier.

DD : Olivier, bonsoir.
MF : Bonsoir…
– Salut Dominique, salut Mylène !

DD : Bonsoir !
– Vous allez bien ?

MF : Très, très bien, merci !
DD : Ta question ?

- Alors, ma question : Mylène, peux-tu me dire à quel âge as-tu commencé la musique, et quelle passion as-tu à part ce métier ?

MF : Oh ! La première question est plus facile : j’ai commencé à l’âge de vingt-deux ans. Quant à la passion, elle est toujours là, c’est une découverte. C’est une succession de découvertes…

- Ca a été un coup de foudre ?

MF : C’est un coup de foudre, oui. Je pense qu’on pourrait pas exercer ce métier sans coup de foudre.
DD : C’est indiscret de te demander ce que tu faisais avant de chanter ?
MF : Non ! Avant, je faisais beaucoup d’équitation et parallèlement, je suivais des cours de théâtre.

DD : Ha d’accord, donc tu avais déjà quand même un pied dans un domaine artistique.
MF : Une fibre artistique, alors !

DD : Une fibre artistique ! Olivier, merci de ta question…
MF : Merci !

DD : Je ne sais pas si on va en retrouver une autre tout de suite (…) Si tu veux bien, on va écouter un autre extrait de ce superbe album « Ainsi Soit Je… », et c’est une chanson que tu n’as pas écrite, c’est une chanson qui était chantée au départ par Juliette Gréco.
MF : Absolument : « Déshabillez-Moi ».

DD : C’est une référence, pour toi, la chanson ou Juliette Gréco, ou les deux ?
MF : Non, j’avoue que je connais peu Juliette Gréco. Cette chanson en l’occurrence, je l’aimais beaucoup et j’avais très envie avec Laurent Boutonnat de la réactualiser, à savoir faire d’autres…

DD : Un autre style…
MF : D’autres styles, oui.

DD : Alors, « Déshabillez-M oi » par Mylène Farmer, qui a laissé à tout le monde un souvenir ému le soir des Oscars de la M ode à la télévision, chère Mylène !

(Mylène éclate de rire alors que commence la chanson.)
DD
: (…) On rappelle la chute quand même, c’est « Déshabillez-vous », pour ceux qui ne connaissent pas la chanson !

MF : C’est évident, il faut la réciproque !

DD : Une question tout de suite au standard, allo ?
– Salut, Mylène !
MF : Bonjour !

DD : Bonjour, ton prénom ?
– Martin

DD : (…) Bonjour, ta question !
– Alors, je voudrais savoir comment est-ce que tu définis ton style de musique, selon toi ?

DD : Ha, question fondamentale !
MF : Fondamentale et difficile, une fois de plus ! Je pense que j’essaye de privilégier avant tout l’émotion. Quant à définir le style musical, je sais pas. Je pense que c’est du domaine de la variété… J’avoue que j’ai pas la notion des castes et que ça ne m’intéresse pas. Voilà, l’émotion avant tout, je pense.

DD : La réponse te satisfait, Martin ?
– Je suis très content (rires de Mylène)

DD : Merci de ta question, au revoir !
DD : Allo, est-ce qu’il y a quelqu’un au standard ?
– Oui, bonsoir Dominique, bonsoir Mylène !
MF : Bonsoir Dominique…

DD : Quelle voix ! Ton prénom ?
– Nadège
MF : (elle réalise son erreur) Nadège ?! Bonsoir, Nadège (rires)

DD : (…) Dominique, c’est moi ! Alors, ta question, Nadège…

- Alors tout d’abord, je voudrais féliciter Mylène pour tout ce qu’elle fait.

MF : C’est gentil.
– Je trouve que tu es vraiment une très grande chanteuse !
MF : Merci beaucoup !

DD : Ca commence bien ! La suite ?!
– Ma question, alors comptes-tu faire un concert, notamment à Paris ou en région parisienne ?
MF : C’est quelque chose auquel je pense, que je n’ai pas encore défini. S’il faut donner des dates, je pense d’ici un ou deux ans.

DD : Oui parce que je te signale qu’en dehors de la question de Nadège, les questions sur ce sujet sont très, très nombreuses au standard. Tout le monde veut absolument te voir sur scène !
MF : J’en ai très, très envie aussi. C’est vrai que je veux le faire absolument aux côtés de Laurent Boutonnat qui, lui, parallèlement a d’autres projets, donc nous allons privilégier ces projets. Et puis le temps de la préparation, aussi, de penser cette scène me prendra une année ou deux années.

DD : Voilà, Nadège, merci de cette question qui a permis de satisfaire beaucoup de gens qui voulaient avoir une réponse. (à Mylène) Laurent Boutonnat et toi, ça fonctionne vraiment d’une façon incroyable : c’est vraiment un duo de travail extraordinaire.
MF : C’est fabuleux. Je crois qu’on a peu de rencontres, en tout cas en ce qui nous concerne, peu de rencontres comme ça.

DD : C’est ton Pygmalion, un peu ?
MF : On peut dire Pygmalion, mentor… On dit ce qu’on veut ! C’est avant tout quelqu’un que j’aime énormément évidemment et avec qui il y a vraiment un parallélisme et une correspondance énorme dans tous domaines artistiques.

DD : En tout cas, entre autres, sur cet album « Ainsi Soit Je… », vous avez commis une autre superbe chanson qui s’appelle « Sans Logique ». Elle fait partie de celles que tu aimes ?
MF : Bien sûr. J’espère ! (rires)

DD : Alors, on l’écoute !
DD : C’est « Sans Logique » et c’est sur NRJ et c’est M ylène Farmer. Encore une belle chanson ! On va en écouter d’autres tout à l’heure, je vous promets, de cet album, en découvrir parce que c’est vraiment très, très bien. On a sûrement quelqu’un au standard de NRJ, allo ?
– Bonjour !

DD : Une voix très jeune ! Ton prénom ?
– C’est Isabelle !
DD : (…) Ta question ?
– Alors je voulais savoir pourquoi on parle si peu de Mylène Farmer dans les magazines à part quand elle sort un disque, tout ça…C’est vraiment dommage parce qu’on aimerait en savoir plus sur cette chanteuse qui a plein de talent, enfin je vais passer le baratin… !

elles dans Mylène en INTERVIEW

DD : En tout cas, on va parler d’elle ce soir !
MF : (sourire) C’est quelque chose qui est, là, volontaire. A savoir que je pense que trop parler de soi, déjà c’est quelque chose qui ne m’est pas propre – depuis ma tendre enfance, j’ai beaucoup de mal à parler de moi-même – et d’autre part, je pense que ça démystifie très, très, très vite quelqu’un et que le public peut se lasser d’une personne, à savoir aussi bien les prestations télévisées que les interview s. Je pense qu’il faut les raréfier, voilà.

DD : Il est bon de se faire rare, de se faire envier, de se faire désirer je veux dire…
MF : C’est vrai que je préfère ça, moi.

DD : Parce que tu as peur de rien, toi ! Je me souviens, je t’ai vue chanter devant cinquante mille personnes à Marseille ‘Je suis libertine, je suis une catin’, faut quand même oser, dans un stade… (lors de la tournée d’été Europe 1 en 1986 à laquelle Mylène participa, nda)
MF : Oui, ça, ça ne me dérange pas ! (rires)

DD : Ca te dérange pas ! A quoi tu penses, dans un cas comme ça, tu es devant cinquante mille personnes à qui tu chantes ‘Je suis libertine, je suis une catin’ : qu’est-ce qui se passe dans ta tête à ce moment-là ?
MF : Je serais incapable de vous le dire ! (rires)

DD : Non, tu peux pas ?
MF : Non, incapable !

DD : Bon, ça fait rien. On le regrette !
MF : C’est quelque chose d’enivrant, mais c’est la seule chose que je pourrais dire !

DD : En tout cas, y avait quelque chose qui nous avait bien enivré, qui avait enivré beaucoup de gens, c’était une superbe chanson qui s’appelait « Tristana ». Elle a quelque chose de particulier pour toi, cette chanson, « Tristana » ?
MF : Elle m’évoque la neige. C’était mes débuts, à savoir je suis née au Canada. J’aime la neige et la Russie.

DD : Ha, tu es née au Canada ? (Mylène confirme d’un murmure) Ha bon ! Et tu es canadienne de nationalité ?
MF : J’ai les deux nationalités.

DD : Ha, très pratique !
MF : Pas pour les impôts, je vous le garantis ! (rires)

DD : Ha bon, d’accord ! (rires) « Tristana », Mylène Farmer avec nous sur NRJ jusque 20 heures. Diffusion de l’extended remix de « Tristana »
DD : « Tristana » sur NRJ, Mylène Farmer, dans sa version remix. D’ailleurs, y a toujours des remixes importants sur tes chansons.
MF : Oui, j’adore ça, et Laurent aussi !

DD : Ha, c’est vrai ?
MF : J’avoue qu’on prend un plaisir incroyable en studio que de faire des remixes.

DD : On dit ‘On va mettre un petit bout là, puis on va faire ci, on va faire ça…’ ?!
MF : (rires) Oui, oui ! On travaille aux côtés d’un ingénieur du son qui s’appelle Thierry Rogen et qui adore ça aussi, donc c’est particulier !

DD : Ca s’entend parce qu’en général, ils sont extrêmement réussis ! Téléphone, allo ?! (…) Ton prénom ?
– Sylvie
MF : Bonsoir Sylvie.

DD : (…) Ta question à Mylène ?
– Je voudrais savoir : quel personnage Mylène aimerait-elle interpréter au cinéma ?
DD : Ha ! Y a beaucoup de questions sur le cinéma. Y a des projets, d’ailleurs ?
MF : Pas actuellement. Je vais répondre à brûle-pourpoint le premier rôle qui me vient à l’esprit, ce serait le rôle de Frances Farmer…

DD : Joli rôle…
MF : …qui a été interprété par Jessica Lange, et qui est donc…

DD : Et dont tu portes le nom !
MF : Et dont je porte le nom. Je ne l’ai pas fait exprès, presque ! (rires gênés)

DD : (dubitatif) Oui, tu l’as fait exprès, non ?
MF : (expéditive) Un petit peu, oui ! Et que dire d’autre ? Voilà, c’est une femme, est-ce que je me sens proche d’elle ? Je ne sais pas. Je pense que c’est un personnage qui est passionnant à interpréter. C’est une femme qui a eu beaucoup de mal et qui a été complètement écrasée par son milieu, en l’occurrence c’était Hollyw ood.

DD : Excuse-moi, tu es très femme, si j’ose dire, dans tes textes etc. Quelles sont les femmes que tu admires, dans celles qui ont compté dans l’Histoire ? Il y a des femmes que tu admires en dehors de Frances Farmer ? Est-ce qu’il y a d’autres actrices, ou des femmes politiques, des gens comme ça, que tu admires ?
MF : Oui. J’aime Greta Garbo.

DD : Tu aurais aimé interpréter des rôles comme Greta Garbo, éventuellement ?
MF : Je ne sais pas. C’est la femme, là, qui m’inspirerait, plus que ses rôles. Y a une femme que je connais pas du tout mais vers qui je vais aller, qui s’appelle Lou Andrea Salomé, qui a été le femme de, entre autres, Freud et de Rilke, qui était un poète, et qui en l’occurrence elle aussi écrivait, et c’est une vie qui me passionne, vers qui je vais aller.

DD : Voilà, je dis au revoir à notre amie Sylvie, je lui fais un bisou et on a un disque maintenant que nous a demandé M ylène, c’est un groupe australien qu’on adore alors ce choix nous a ravi : c’est le groupe INXS (…)

Diffusion de « Need You Tonight »

DD : Qu’est-ce que c’est bien, ça : INXS sur NRJ, « Need You Tonight »…
MF : Et on peut se faire cette réflexion que de ne pas comprendre un texte, si l’on n’est pas bilingue en l’occurrence, c’est pas du tout important. C’est l’ambiance qui compte !

DD : Oui, et puis le texte est pas très compliqué. Il est provocant, d’ailleurs, comme les tiens ! Et puis je signale aux demoiselles qui ne connaissent pas encore ce groupe que le chanteur est quand même extrêmement mignon…
MF : Et très, très sensuel !

DD : Il faut bien le dire, il faut bien le dire ! Dans un instant, on écoutera un autre extrait de « Ainsi Soit Je… », une chanson qui s’appelle « Les Jardins de Vienne » (sic). C’est très beau, ça évoque quelque chose de particulier pour toi ?
MF : Oui, très particulier puisque j’ai connu cette personne, et c’était une personne qui s’est effectivement pendue dans un jardin de Vienne.

DD : Alors écoutez cette très, très belle chanson dans une petite minute !

Diffusion de « Jardin de Vienne »

DD : « Les Jardins de Vienne », sur NRJ, Mylène Farmer. Il est toujours extrêmement cruel de couper une chanson, surtout quand elle est très belle et en plus quand on a l’auteur et l’interprète à côté de soi. Je suis vraiment désolé, mais y a vraiment beaucoup de gens au téléphone qui veulent te poser des questions et tu es quand même là pour ça, alors on fait : allo ?!
– Allo ?
DD : Bonsoir, tu t’appelles ?
-Estelle.
DD : (…) Alors, ta question à Mylène, qui t’écoute très attentivement.
– Bonjour !
MF : Bonjour…
– Je voulais savoir pourquoi Mylène a adopté un look spécial pour chaque chanson…

DD : Pourquoi pour chaque chanson un look différent ?
MF : Pour chaque chanson… Je pourrais appeler ça presque la toilette de l’âme. Et pour être un peu plus terre à terre, parce chaque chanson suscite un univers. Par exemple, sur « Tristana » ça pouvait évoquer la Russie, donc j’avais des habits qui pouvaient évoquer aussi la Russie. « Sans Contrefaçon », c’était un petit garçon, donc c’était abordé avec la casquette. Et puis, c’est avant tout un plaisir que de s’habille et que de changer.

DD : C’est le goût du costume, c’est le goût du théâtre, c’est le goût de l’art en général, quoi…
MF : Oui, et je crois que les personnes qui sont devant leur poste de télévision aiment aussi ce goût-là, ont le goût de l’habit, de la représentation, et voilà…

DD : Ca fait partie du métier, ça fait partie d’une part de ton métier…
MF : Je porte très, très mal le blue-jean en plus ! (rires)

DD : Raison supplémentaire ! Estelle, voilà la réponse à ta question, on te fait une grosse bise.
– Je voudrais savoir si je peux avoir une photo dédicacée de Mylène…
DD : Hé bien, on va noter ton nom hors antenne et on va t’envoyer ça, d’accord ?
MF : Absolument !
– Merci ! Au revoir !
MF : Au revoir…

DD : Alors, à propos de clip justement, celui de « Ainsi Soit Je… » va bientôt sortir ?
MF : Il va sortir je crois le 17 avril…non…mai ?! (rires)

DD : Heu oui, ça sera plutôt le 17 mai, puisque nous sommes déjà passé le 17 avril !
MF : Oui, oui. Je vais être en tournage dimanche prochain.

DD : Ha bon, très bien. Et alors, y a une question qui est posée très, très, très souvent aussi : alors si on veut écrire à Mylène, une seule adresse, c’est la bonne, le courrier est à adresse à la maison de disque qui s’appelle Polydor, ça se trouve 2 rue Cavalloti (il prononce ‘Cavayoti’) 75018 Paris. Ai-je été précis, ma chère Mylène ?
MF : C’est ‘Cavalloti’ (elle rectifie la prononciation).

DD : Pardon !
MF : Et c’est très important pour moi !

DD : C’est très important, le courrier…Tu lis beaucoup le courrier qu’on t’envoie ?
MF : Je lis tout, j’ouvre tout moi-même, je réponds moi-même. Très souvent, on me dit ‘Je pense que ça sera quelqu’un d’autre qui signera à [ma] place’ : ça, c’est quelque chose que je me dois de faire. Par contre, c’est vrai qu’on a beaucoup de retard, parce qu’il y en a beaucoup et qu’on a pas toujours le temps, donc d’avance, je m’excuse de ce retard !

DD : Alors si vous voulez donner du boulot à Mylène, écrivez ! « Sans Contrefaçon » sur NRJ.

Diffusion du Boy Remix de « Sans Contrefaçon »

DD : Retour au standard. Allo ? (…)
– Alors je voudrais savoir ce que vous aimez comme lecture, et j’aimerais vous faire une proposition de scénario-roman, mais je ne sais pas où m’adresser…
DD : Ha…Alors… ?!
MF : Je réponds à la première question ?!

DD : Réponds à la première question.
MF : Le genre de lecture… Je crois que j’aime avant tout les auteurs qui ont des âmes tourmentées. J’ai un livre de chevet – des livres de chevet – d’Edgar Poe. J’aime beaucoup Baudelaire. J’aime bien August Strindberg, que j’ai découvert justement quand j’étudiais le théâtre. Mais je peux aussi aimer tous les contes, des contes extraordinaires. Je peux passer très facilement du morbide au merveilleux.

DD : (ironique) Les bonnes lectures du soir de Mylène Farmer ! Alors pour la deuxième partie de ta question, je pense que tu peux tout simplement envoyer ton projet à l’adresse que j’ai donné tout à l’heure pour le courrier de Mylène Farmer, chez Polydor (il redonne l’adresse)
MF : Bien sûr !

DD : Et ça sera transmis, c’est promis !
– Ben parce que je l’ai déjà fait, et puis j’ai toujours pas de réponse…
DD : Hé bien tu auras une réponse, Mylène a dit tout à l’heure qu’elle s’excusait, qu’elle avait beaucoup de retard, d’accord ? On te fait un gros bisou, au revoir.
– Oui, d’accord, au revoir…

DD : Et juste avant de te quitter, je voudrais détailler, Mylène, deux, trois petits symboles qu’il y a dans le petit bouquin splendide qui a été envoyé à toutes les radios avec l’album. (Dominique Duforest évoque la brochure que les collectionneurs appellent communément ‘le programme « Ainsi Soit Je… », envoyé aux médias, et qui contient photos, documents et présentation de l’artiste, nda) Alors, il y a un landau d’abord, avec deux da tes qui sont 1962 / 1985 : c’est quoi ça ? Le landau, ça a une signification ?
MF : Pas réellement. Le landau fait plus allusion à un corbillard ou à une tombe qu’à un vrai landau ! (rires)

DD : Oui, d’ailleurs il est pas très gai, ton landau ! Pourquoi y a Bambi également dans les photos ?
MF : Bambi, parce que je crois que c’est le personnage au monde que je préfère. J’ai vu « Bambi » énormément de fois, et je voudrais me réincarner en Bambi, pourquoi pas !

DD : Baudelaire, maintenant on vient de savoir pourquoi : tu aimes les tourmentés, et là tu es gâtée ! Louis II de Bavière ?
MF : Louis II de Bavière, on avait dédicacé sur le disque de « Maman a Tort » ‘à Louis II de Bavière’, parce que c’est un homme dont la vie me fascine, c’est…

DD : Tourmenté également, d’ailleurs…
MF : Tourmenté également, oui.

DD : Bon, Laurent Boutonnat : maintenant on sait que vous vous adorez. Edgar Allan Poe ?
MF : Edgar Poe parce que, comme je le disais, c’est aussi quelqu’un qui a une écriture qui est pour moi une des plus belles écritures, et puis qui a un univers qui me fascine et dans lequel je me complais volontiers.

DD : Ainsi est elle : c’est Mylène Farmer. On vient de passer une heure avec toi, on en est ravis.
MF : Moi aussi !

DD : Merci Mylène, on espère te revoir très vite. On attend avec impatience la sortie de ce clip, et puis que tout aille bien. « Ainsi Soit Je… »
MF : Ainsi soit-il ! (rires)

Diffusion de « Ainsi Soit Je… » pour clore l’entretien

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INTERVIEW / CONFIDENCES DE MYLENE F.

Posté par francesca7 le 30 juin 2013


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INTERVIEW INTÉGRALE POUR TÉLÉ-STAR (dans presse et dans confidence aussi)

En MARS 1988 : Entretien avec Michael de MONTZLOV

INTERVIEW / CONFIDENCES DE MYLENE F. dans Mylène en INTERVIEW mimi1

Le 11 avril 1988, Télé Star publie un article consacré au nouvel album de Mylène Farmer, agrémenté de quelques déclarations de l’artiste, recueillie par un journaliste de l’hebdo télé.

Ce qui suit est totalement inédit : il s’agit de la retranscription de l’interview intégrale de Mylène Farmer pour le magazine, dont l’enregistrement dure dix-sept minutes.

On peut s’amuser à comparer l’entretien brut et la façon dont seulement quelques déclarations seront retenues pour illustrer l’article du magazine : suivant la façon dont elles sont mises en forme et parfois reformulées, sorties de leur contexte, l’intention change du tout au tout et l’on se rend compte que la déclaration qui donne son titre à l’article (« Mylène Farmer reconnaît qu’elle fait des caprices de stars ») est purement et simplement inventée de toutes pièces !

Mylène Farmer , Vous parler de cet album (« Ainsi Soit Je… », nda), c’est pas difficile. Ce que je peux en dire, c’est que c’est de la même veine. Là, j’ai participé beaucoup plus à l’écriture des textes que sur le précédent, qui ne comportait donc que trois chansons écrites par moi-même. Celui-ci, peut-être dans son intégralité, est écrit par moi. C’est une continuité. C’est une image : un premier album, c’est un premier jet, et un deuxième album, c’est une autre nourriture. C’est en ça que je dis que c’est une continuité.

- Je pars d’une musique. Donc Laurent, lui, compose avant l’entrée en studio et puis on voit ça ensemble, et après vient se greffer effectivement le texte – enfin, le travail de l’écriture. Mais toujours partant d’une base musicale. Que vous dire d’autre ?! Après, c’est le chemin normal du studio. Pour l’écriture, il y a pas de moment défini, à savoir que ça peut être aussi bien le matin que l’après-midi, le soir ou même la nuit. C’est vrai que c’est un moment, de toute façon, d’isolement. C’est très dur – en tout cas, moi je n’y arrive pas – d’écrire entourée de personnes. Ça m’est impossible. Donc ce sont des moments de recueillement, à savoir ou ça peut être des moments d’angoisse ou des moments de…je sais pas, de bonheur. J’ai toujours été enclin à l’autocensure me concernant, donc c’est vrai qu’écrire, j’en ai eu quelques fois l’envie quand j’étais plus petite mais j’ai jamais fait de ce qu’on appelait les journaux intimes, non. Mais c’est vrai que là, c’est quelque chose que j’avais découvert sur les premières chansons, qui étaient donc « Plus Grandir », « Tristana » et « Au Bout de la Nuit » et que là, vraiment, c’est devenu un plaisir et presque un besoin, que je perdrai certainement aussi, parce que je pense qu’on s’essouffle. Mais là, c’est vraiment quelque chose que j’ai découvert et c’est vraiment bien.

- Quand Laurent, puisque c’est le seul compositeur qui travaille avec moi, écrit une chanson, c’est un peu comme si moi, je l’écrivais. Ce sont peut-être simplement des formules différentes, mais on a des mondes qui sont très parallèles. Il n’y a pas de trahison. Et puis, je pense qu’à partir du moment où quand on ne compose pas soi-même et qu’on accepte une chanson, c’est qu’on est complètement prêt à mettre son enveloppe charnelle, si on peut dire ! (rires)

- Je suis quelqu’un, c’est vrai, qui parle peu de plus en plus, parce que maintenant, étant un personnage public, il y a des gens qui s’y intéressent, et donc des interview s. Mais c’est vrai que j’aime le mutisme plutôt qu’autre chose. Oui, je parle toujours aussi peu. Ce n’est pas que je n’aime pas écrire sur moi, c’est que je pense que moi j’ai eu besoin, et chacun à sa manière et à un temps déterminé, de nourriture intellectuelle, enfin dite intellectuelle. A savoir que j’ai besoin de lire les autres, besoin de découvrir les autres. Pas l’écriture des autres, comment dire ? Peut-être s’intéresser, si je lis du Edgar Poe ou si je lis du Maupassant ou si je lis du Strindberg, certainement ça m’a donne envie, moi, de m’exprimer. Ce sont des écrivains qui m’attirent, oui, mais il y en a beaucoup d’autres. C’est vrai que c’est toujours ceux que je cite, parce que c’est ceux qui me viennent à l’esprit en premier.

- J’aime bien lire de la poésie Quelque chose qui repasse en ce moment, c’était « Pinocchio » de Comencini. Heu, qu’est-ce que j’ai pu aimer ?! J’aimais bien aussi « David Copperfield ». C’est pas un manque d’intérêt, pour l’instant – et de plus en plus, d’ailleurs, depuis quatre ans, cinq ans – c’est un manque de temps. Mais bien sûr que j’aime la poésie. Récemment, j’ai quand même rouvert des poèmes de Rimbaud. Sur ce chapitre, je ne tricherai pas : je n’en ai pas lu énormément.

- J’ai passé huit années au Canada, le Canada français, et puis après, l’arrivée en France, que je n’ai plus quittée ! C’était une période plutôt agréable. J’en ai malgré tout très peu de souvenirs. L’arrivée en France a été un moment un peu difficile. Sans parler de choc de cultures, parce que ça n’a pas lieu d’être, c’est un comportement qui est totalement différent, un mode de vie qui est radicalement différent. C’est assez choquant quand on est enfant. Ça se traduit par une forme d’agression, des rapports plus durs, plus froids. C’est vrai que là-bas, et même maintenant, les personnes qui vont au Canada sont toujours étonnées par l’accueil de ce peuple, parce que c’est quelque chose qu’ils ont comme en eux. Voilà. Ca a été un choc assez violent. De toute façon, les enfants en général n’ont pas trop de mal à s’intégrer. J’ai jamais eu beaucoup d’amis.

C’est vrai que, par contre, au Canada, quand il y avait un anniversaire par exemple, c’était pas en petit comité : y avait près de cent enfants. C’est assez étonnant. Alors qu’ici, c’est beaucoup plus concis. Donc certainement des amitiés beaucoup plus sélectives.

- J’avais envie de faire tout ce que les autres ne faisaient pas. C’était valable aussi bien dans une classe ou à la maison ou dans la rue, à savoir cette peur panique de ressembler au commun des mortels. Il y a des personnes qui sont faites pour accepter. Accepter la vie, sans trop se faire violence. Et puis, il y en a d’autres, je pense comme moi, où tout devient un combat d’arène. On a envie éternellement de dire qu’on est là. C’est cette fameuse envie d’exister.

- ‘Jouer un personnage’, c’est pour tous les métiers publics. Aussi bien des écrivains qui vont défendre un livre en télévision : ils auront leurs moments d’acteur. C’est normal. Mais c’est moi qui suis dans le rôle.

- Ce que je peux dire sur tout le travail que j’ai effectué avec Laurent Boutonnat, qui est quand même bien présent, c’est que depuis le début et jusqu’à maintenant on n’a fait aucune concession. Pour moi, la qualité principale chez l’homme que j’apprécie, c’est l’intégrité. Cette envie de suivre son chemin et de ne faire vraiment aucune concession. Et je remercie la vie, parce qu’aujourd’hui, ça marche plutôt bien et que je suis heureuse de ne pas avoir fait ces concessions que quelques fois on m’a demandées, parce que c’est vrai que les personnalités peuvent être parfois dérangeantes dans ce métier –et heureusement !

Si je n’avais pas rencontré Laurent Boutonnat…Malheureusement, je ne peux pas répondre ! Peut-être aurais je rencontré une autre personne qui m’aurait indiqué ce chemin. J’aurais été certainement différente, oui.

Maintenant, je le dis, c’est un vrai don du ciel. Il y a des rencontres dans sa vie qui sont merveilleuses, et cette rencontre-là a été fondamentale. Ca, j’en suis consciente et heureuse.

- Je peux jouer d’un peu de guitare, j’ai essayé un petit peu le saxophone mais là, j’ai pas du tout persévéré. Mais c’est un instrument que je pourrais approcher. De là à composer, non. Il ne faut pas tout mélanger. De même que je ne réaliserai jamais ni les vidéoclips, ni un long-métrage ! Chacun son métier, et chacun son talent, surtout !

- Le goût pour les clips, je crois que c’est quelque chose qui est commun à Laurent et moi-même. C’est toujours ces mondes parallèles : on a, je crois, les mêmes goûts cinématographiques, pratiquement les mêmes goûts littéraires. C’est vrai qu’on est tous les deux très attirés par ça. Lui-même doit être un de ceux qu’on appelait les romantiques, dans sa totalité, c’est-à-dire avec tous ses extrêmes.

- Je ne me donne aucun rôle, ou en tout cas dans l’intimité. C’est quelque chose que je ne dirai jamais. Maintenant, je pense effectivement qu’on est dans une ère de dépression qui amène fatalement à la décadence. Je suis une enfant effectivement de cette génération. C’est vrai que c’est un mélange pour la jeunesse actuelle de désespoir et d’envie de hurler quelques fois. Enfin, ‘une décadence’, méfions-nous quand même du terme parce que très souvent, c’est un peu usurpé. C’est une envie de toute façon de tout dire, à savoir de dire certainement des choses qui ont été occultées en d’autres temps. Je ne suis ni bien, ni mal dans cette époque. Je ne peux pas être agacée dans la mesure où, maintenant, il y a un dialogue entre ce public et ce que moi je peux faire artistiquement. Et ça, ça a été une progression. C’est-à-dire qu’on ne peut pas imposer ça. En quatre ans, c’est vrai que là, je suis parvenue à me dire ‘Oui, certaines personnes sont sur la même longueur d’ondes, comprennent ou acceptent, tolèrent’. Il n’y a plus ce divorce qu’il pouvait y avoir. C’est-à-dire que de toute façon, il y a une éducation dans tout, et ça c’est une forme aussi d’éducation. C’est ça, c’est cette progression, d’avancer comme ça, lentement mais sûrement.

- Le cinéma reste le cinéma. C’est pas la chanson, même s’il y a, c’est vrai, le support vidéoclip. C’est quand même une autre aventure, un long-métrage. Et puis c’est une écriture quand même de personnages, ça va beaucoup plus loin, c’est plus approfondi. Je pense que l’idéal serait, oui, de commencer avec Laurent.

Maintenant, il y a beaucoup d’autres metteurs en scène, je pense, avec qui j’aimerais tourner. Mais tout ça aussi se fait…il faut croire en la vie, donc j’essaie d’y croire.

- Avant même de penser à la chanson, je crois que c’est quelque chose que j’avais décidé : être comédienne. Si je peux faire une sobre analyse de tout ça, je pense que mon bonheur a été de commencer par la chanson – enfin, de faire ce que je fais actuellement- et que maintenant, aujourd’hui, je puisse éventuellement penser au cinéma, parce que j’ai eu besoin de ça réellement, d’abord moi-même pour me nourrir, et qu’aujourd’hui je me dis ‘Oui, là, je peux’. Voilà. Quatre, cinq ans…Si j’avais fait un film, je pense que c’était une erreur pour moi.

- Si vous parlez de ventes de disques, c’est vrai que j’aime bien savoir jour par jour quelle a été la vente de la journée. Mais ça, c’est plus dans un souci, je sais pas, c’est comme les enfants qui ont –je sais pas quelle métaphore je peux faire, je sais pas- un jouet dans la main, qui ont quelque chose de beau et qui en plus marche, là actuellement. On n’a pas envie de nous le reprendre ! C’est en ça, ce souci de regarder les ventes chaque jour. Ce n’est que ça. Moi, les notions d’argent et tout ça, je suis pas réellement et fondamentalement comme ça, non. Mais j’ai parfois moins la tête dans les nuages, vers les étoiles, que ce qu’il peut paraître…

- Je fais salon avec mes deux capucins et je leur lis Baudelaire ! (rires) Je crois que les animaux aiment vraiment la musique, aiment qu’on leur parle, aiment ces choses là. Ils sont très sensibles à ça. Là en l’occurrence, c’est vrai que les singes c’est quelque chose qui fait partie de ma vie. Je ne peux plus concevoir maintenant de rentrer chez moi et de ne pas voir ces animaux-là. Je pense qu’ils sont heureux. De toute façon, c’est vrai que c’est monstrueux de voir ces magasins qui sont sur les quais, voir ce trafic d’animaux. Il y a ou supporter ou avoir une phobie. Moi, j’ai une phobie des insectes : il ne faut pas me mettre un insecte à portée, parce que ça me met très mal à l’aise ! Ne pas aimer foncièrement les animaux, c’est bizarre. De même que dire ‘Je déteste les enfants’, c’est grave, je pense, pour une personne. Ne pas avoir envie d’en élever, c’est autre chose.

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Mylène dans L’EST RÉPUBLICAIN

Posté par francesca7 le 30 juin 2013

 

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Article paru le 30 OCTOBRE1988 – dans l’Est Républicain : Entretien avec Jean-Paul GERMONVILLE

 Le sujet :  AINSI SOIT « ELLE »

Mylène dans L'EST RÉPUBLICAIN dans Mylène dans la PRESSE elle

Le clip de « Pourvu qu’elles soient Douces » est la suite de « Libertine »…

-          Les deux thèmes se liaient bien. Laurent Boutonnat a écrit un scénario dans ce sens. Le tournage a duré huit jours. Nous avons fait appel à cinq cents figurants, ce qui est colossal pour une vidéo. Il y avait même un conseiller historique. Certains nous disent : ‘Où avez-vous trouvé l’argent pour mener à bien une telle production ?’. Nous investissons nos propres deniers, préférant manger des pâtes tous les jours et s’offrir ce genre de création.

Il n’y a pas d’exploitation possible dans les salles de cinéma ?

- Absolument interdite ! Même si cela paraît aberrant, ils ont trouvé le clip trop long. Quand on leur présente quinze minutes, ils en veulent dix, et ainsi de suite…Ils ont même trouvé cela trop beau pour le film qui allait suivre. Il ne reste que la télévision.

Vous n’avez pas, comme pour « Libertine », travaillé au scénario ?

- Je collabore, c’est vrai, souvent avec Laurent, que ce soit pour les musiques, le studio, les scénarios précédents… Cette fois, j’ai laissé faire. Ils y ont travaillé à deux (avec Gilles Laurent, nda). A trois, tout se serait compliqué. C’était pour moi un peu comme quand un metteur en scène présente un synopsis à une comédienne.

Vous avez pensé à « Libertine » en écrivant le texte de cette chanson ?

- C’est complètement innocent. Innocent aussi par rapport à cet événement qui se prépare, le bicentenaire de la Révolution française. Nous n’y avions pas songé.

Vous avez plus que d’autres compris la force de la vidéo liée à la chanson, un truc que les anglais appliquent depuis longtemps…

- Certaines maisons de disques –je ne parle pas de la mienne- jugent cette démarche inutile. Des personnes veulent peaufiner plus leur image que d’autres. Nous avons, Laurent et moi, un amour du cinéma. Il a besoin de créer également dans ce domaine. Je ne peux dissocier chanson et images. J’ai d’abord voulu être comédienne…

Avez-vous des projets de vidéodisques ?

- Trois français se sont déjà impliqués dans ce type de création. « Ainsi Soit Je… » a été exploité de cette façon (sous la forme d’un CD vidéo contenant la chanson, des remixes et le clip, nda). Nous avons un petit peu fait figure de précurseurs en réalisant une compilation de clips.

Et le cinéma ?

- Je peux dire aujourd’hui que Laurent Boutonnat a un projet de long-métrage. Il y a avant une scène à effectuer, ensuite il pensera cinéma sans oublier la chanson. Moi aussi peut-être, cela dit avec des points de suspension.

Quelle a été votre façon de travailler pour ce deuxième album, à l’instant de lier musique et textes ?

- Les mélodies sont toujours faites avant. Pour les textes, le thème de « Sans Contrefaçon » était par exemple dans mon esprit depuis longtemps. Je tenais à écrire « Allan » puisque Edgar Poe me passionne au point de vouloir le faire exister dans une chanson. J’aime beaucoup Léo Ferré, le côté narratif de certains de ses titres. Nous y avons pensé en réécoutant une composition. Baudelaire, que j’apprécie également, s’est presque naturellement imposé pour ce type d’approche.

Pourquoi avoir choisi « L’Horloge » ?

- Le thème du temps qui passe m’obsède. C’est un de ses plus beaux poèmes, un de ceux qui n’a pas été décortiqué. « Jardin de Vienne » traite d’un événement qui a été proche et concret pour moi à un moment donné.

Parlons de la scène : le grand événement de votre vie ?

- Je ne peux pas encore en dire grand-chose, si ce n’est que ça sera le Palais des Sports en mai 1989. Nous construisons actuellement le scénario. J’ai vraiment attendu le moment venu pour tenter cette expérience.

Aujourd’hui, j’ai envie d’y aller, je m’en sens capable. On entame un deuxième cycle…

Vous répétez déjà avec des musiciens précis ?

- Je ne veux pas trop en parler. Je me prépare physiquement, comme peut le faire un acteur avant de se plonger dans un rôle. Je vais avoir un entraîneur avec qui courir, je travaillerai le chant. Il y a également une alimentation particulière : il y a six mois, je ne connaissais pas le jus de tomate. Quant aux musiciens, j’aimerais notamment Slim Pezin, qui a déjà beaucoup pris part à mon travail. Sera-t-il disponible ?!

On s’attend de la part de Mylène Farmer à un show très visuel…

- Ce tour de chant ne sera pas traditionnel, dans la mesure où je ne serai pas plantée derrière mon micro. De là à penser que la scène vomira du feu, de l’eau, l’Enfer…je plaisante ! Mais des gens, souvent, me disent ‘Alors, vous allez projeter vos clips ?’ ! J’espère qu’il se passera des événements peu ordinaires.

Laurent Boutonnat participe à la mise en scène ?

- Nous serons trois pour l’élaborer : Gilles Laurent est venu se greffer à notre équipe. La chorégraphie sera plus mon domaine. Ce qui n’empêche pas le dialogue !

Les deux albums figureront au répertoire ?

- Seize titres environ. Un condensé des deux disques, avec une place plus conséquente pour le deuxième.

Vous avez prévu des inédits ?

- Une nouvelle chanson (« Dernier Sourire » avait été initialement prévu, pour finalement laisser sa place sur scène à « Puisque », nda). Et puis une surprise, certainement !

Vous réaliserez un album public pour l’occasion ?

- Pourquoi pas ?! Il faudra aussi quelqu’un pour filmer le spectacle, cette fois Laurent ne peut le faire (le film du concert sera pourtant bien réalisé par Laurent Boutonnat, mais sera en effet filmé à Bruxelles, pendant la tournée à l’automne, et non à Paris en mai, nda). Sinon, je serai la seule à ne pas me voir ! Je suis très critique pour tout ce qui me concerne, ce film ne peut être qu’un bon miroir.

Pourquoi avoir choisi le Palais des Sports ?

- Je ne voulais en aucun cas commencer par l’Olympia. Je trouve, contrairement à beaucoup, que cette salle a perdu de son charisme, de sa magie. Je ne voulais pas, d’autre part, d’un lieu intimiste. J’ai besoin de grands espaces, d’une respiration tout en restant proche du spectateur.

Une composition de l’album, « La Ronde Triste », est en anglais…

- La musicalité de cette langue se prête tellement bien à la chanson. Je bénis pourtant les dieux qui ont fait que je sois de souche française. On imagine mal « Allan » ou « L’Horloge » dans une autre langue. Je veux exister sur autre chose qu’un tempo musical.

Pourquoi cette reprise de « Déshabillez-M oi » ?

- Je tiens à souligner le côté humoristique de la démarche. J’ai toujours préféré Barbara à Juliette Gréco. Chacun connaît « Déshabillez-Moi » parce que les parents, les grands-parents même, connaissent. J’ai eu envie de déguiser, de rhabiller cette chanson.

Baudelaire vous fascine…

- Je le découvre de plus en plus. Je lis des biographies.

Vous vous reconnaissez dans les écrivains du XIXème siècle ?

- Je n’arrive pas à m’extraire de cet univers. Toute la littérature que je veux égrener vient de là. Je me sens bien dans les choses un petit peu plus désespérées que désespérantes, ma vision de la vie est ainsi. Quant à penser que ce soit la bonne thérapie… !

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Mylène Farmer se confie à Paris Match

Posté par francesca7 le 29 juin 2013

Mylène Farmer se confie à Paris Match dans Mylène dans la PRESSE match

Ca aurait pu passer inaperçu tant la une de Paris Match est discrète à propos de l’interview que la Star rousse a accordé au journaliste, Jérôme Béglé. La belle Mylène Farmer ne fait pas la une, juste un petit encard qui signale cette interview. Pour l’édition belge dont la couverture est accordée à Sophie Marceau, rien ne signale que le magazine a obtenu une interview de l’artiste…pourtant, l’interview est déjà annoncée sur tous les forums et/ou sites consacrés à la mystèrieuse chanteuse.

Si Paris Match n’a pas fait grand bruit de cette interview, la toile s’en est chargée car Mylène Farmer sait créer l’évènement. L’interview montre une artiste qui est loin de l’image pop glacée qu’on veut bien généralement lui coller. Le journaliste d’ailleurs en interview sur le site de Paris Match explique que la flamboyante rousse est loin d’être le personnage distant, froid et mélancolique qu’on veut trop souvent faire endosser. C’est une femme qui sait s’amuser, rire.

Dans l’article, illustré par de superbes photos de Claude Gassian, Mylène apparaît mutine comme un personnage de manga (dixit le magazine). Une Mylène qui semble avoir envie de communiquer avec le journaliste. Elle explique son envie de scène et le pourquoi de ce Stade de France en 2009. Elle confirme par ailleurs qu’il y aura bien une tournée. Que le choix du 12 septembre 2009 n’a rien à voir avec le fait que ce sera le jour de son anniversaire. Elle parle de la relation privilègiée qu’elle entretien avec son public et va même jusqu’à raconter comment elle a rencontré l’homme de sa vie, le réalisateur de films d’animation, Benoît Di Sabatino.

L’article permet également de lever un court instant le voile qui recouvre le nouvel album de Mylène. Un album qui devrait être plus électro avec des titres « up tempo ». Enfin, La jolie rouquine évoque les rapports qu’elle entretien avec la mort et l’au-delà.

Une interview intéressante à lire dans le Paris Match du 20 au 26 mars 2008 ou à consulter dans son intégralité sur www.parismatch.com

A lire sur le site http://www.paperblog.fr/ 

 

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