LA DÉPÊCHE DU MIDI – Mylène et son singe

Posté par francesca7 le 29 janvier 2014

 

24 AOÛT 1986 – Entretien avec Catherine HIQUET

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A propos de son singe, E.T :

- Je l’ai trouvé que les quais. Il est extraordinaire et nous communiquons très bien ensemble.

Aime-t-il la musique ?

- Oui, beaucoup mais il est très triste quand je pars, ce qui m’arrive de plus en plus avec des télés, les galas, la tournée d’été avec le podium d’Europe 1.

Il semble que vous réalisiez aujourd’hui vos rêves d’enfant ?

- Oui, j’ai toujours aimé chanter. A 10 ans j’ai remporté un premier prix de chant, mais je ne pensais pas alors faire ce métier. Je suis surtout venue en France pour faire du théâtre, mais c’est la mode qui m’a tout de suite accaparée, puisque je suis devenue mannequin. En 1983, au cours d’un casting, j’ai rencontré Laurent Boutonnat qui m’a proposé une chanson, « Maman a tort ». Le côté innocent-pervers de cette chanson a plu au public et depuis, je compose avec Laurent, devenu aussi mon producteur.

A propos des thèmes de ses chansons :

- Le piquant de la vie pour moi, est de provoquer, quitte à être censurée, ce qui arriva avec mon premier disque « Maman a tort ». Subversive, je le fus encore avec « On est tous des Imbéciles ». Maintenant je ne veux « Plus grandir », titre d’une de mes nouvelles chansons. Je n’ai jamais quitté mon adolescence et je ne compte pas l’abandonner. La vieillesse me traumatise. Cette fois, je crois que le sujet touche tout le monde. Quant à « Libertine », c’est la chanson choisie par les radios. Mais je ne cherche pas à faire des tubes. On me dit souvent qu’il est difficile de durer dans ce métier, moi je mise sur une carrière et je préfère y croire, je mise sur la continuité.

A propos du clip de « Libertine » :

- Dans le gigantesque salon XVII siècle, nous avons retrouvé l’ambiance de cette époque décadente. Avec des perruques et des grimages outranciers, nous avons donné le look libertin aux personnages de notre histoire qui se veut un véritable petit film avec une héroïne –moi, en l’occurrence), des duellistes, une rivale vengeresse, un marquis, des débauchés, une horde de paysans mercenaires. Laurent s’est beaucoup amusé à écrire ce scénario mêlant romantisme et érotisme.

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TV VIDÉO JAQUETTES avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 29 janvier 2014

 

JUILLET 1986 – Mylène Farmer : Cendres de lune – Entretien avec Hélène MERRICK

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Comment est née cette « Libertine » ?

- Le texte de la chanson ? C’est presque une idée à moi : on était en studio, et au moment de placer ma voix sur la structure musicale qu’on mettait en place, j’ai chanté des paroles au hasard. Je devais être très heureuse ce jour-là, je chantais ‘je suis une pute, une putain’ ! Le compositeur s’est dit « Bon sang, mais c’est bien sûr » et il en a fait « Libertine » !

Et l’histoire que raconte le clip dont l’esthétique fait penser à Barry Lindon ?

- C’est une déformation professionnelle de faire cette référence ! Mais c’est vrai qu’il y a un travail des lumières un peu analogue, des éclairages à la bougie, des maquillages blancs. Le libertinage évoquait le 17ème siècle, et comme j’aime beaucoup le film de Ridley Scott, « Duellistes », je voulais insérer un duel. Tout ce travail s’est fait à deux, je n’en revendique pas la maternité ! Ce qui compte, c’est le résultat ! Ma part à moi, c’est d’être présente dans tout.

Quel cinéma aimez-vous ?

- Des cinéastes, plutôt : Stanley Kubrick, Elia Kazan, Polanski, Clouzot, Jean-Jacques Annaud…

Regardez-vous les films en vidéo, chez vous ?

- De plus en plus, par fainéantise ! Je regarde tous les films que j’ai ratés pendant une période où je n’avais pas envie d’aller au cinéma, peut-être parce que j’avais envie d’en faire ! Je viens de revoir pour la cinquantième fois « Un tramway nommé désir » et bientôt je vais voir « E.T. » dont on va me prêter une cassette !

Vous a-t-on proposé de faire du cinéma ?

- Non. Je ne vais pas au devant des gens qui pourraient m’en faire faire, je sors peu et surtout, avoir fait deux clips dans un esprit cinéma ne prouve pas qu’on est une fabuleuse comédienne !

Pourquoi faites-vous mourir Libertine à la fin du clip, comme dans un film où il est ‘moral’ de supprimer une fille de petite vertu ?

- Là, j’avoue que c’est une idée du metteur en scène. Je trouve que la fin est belle, c’est une histoire triste de  toute façon, mais rassurez-vous, c’est la version cinéma ! A la télévision, elle est écourtée, on ne voit pas le duel au début. Ca commence avec le galop du cheval, et ça se termine à la sortie du salon, avant que Libertine ne meure.

Une chanson immorale devrait finir immoralement, non ? Où se situent d’après vous l’immoralité et la provocation qu’on vous attribue dans la presse ?

- Fatalement à travers mes chansons, et aussi dans les chorégraphies que je fais à la télé. Certains gestes dérangent terriblement les gens.

Vous vous déshabillez dans un clip : est-ce une provocation ou une nécessité ?

- Ce n’est jamais nécessaire de se dénuder, c’est toujours accessoire et c’est bien ou malvenu, vulgaire ou aussi normal que boire une tasse de thé. Là, en l’occurrence, je ne crois pas que ça soit vulgaire. On parle de libertinage, alors s’il n’y a pas une paire de fesses ou un moment de nudité… ! Je n’ai pas grand-chose à dire sur ce sujet, se produire devant une caméra et dévoiler des secrets, c’est aussi obscène que se mettre nu à l’écran.

Feriez-vous comme Marushka Detmers dans « Le diable au corps » ?

- C’est un peu vicieux comme question ! Là, je réfléchirais. Je pense que ce n’était pas indispensable de faire ça dans un film, sinon pour provoquer des entrées !

Cultivez-vous une image de marque ?

- Pas réellement. Je réfléchis à une pochette de disque, une télévision, des photos de presse, des interviews, je ne sais pas…

Faites-vous attention à ne pas dire certaines choses ?

- Certaines, oui. Je ne les dis plus, car elles étaient mal comprises.

Vous mentez ?

- Oui, bien sûr ! C’est le privilège de l’artiste ! Le mot de sincérité qui revient constamment partout, je le bannis complètement dans ce métier de faux-semblants !

Pensez-vous avoir innové dans le domaine de la chanson ?

- La chanson est un art mineur, comme dit Gainsbourg. Il ne faut pas se prendre au sérieux ! J’ai évoqué des sujets comme la mort, la mère, la religion… On n’en a pas trop parlé en chanson.

Qu’est-ce que vous aimiez écouter à vos débuts ?

- Rien ! Je n’aimais rien ni personne ! (rires) Si : Jacques Dutronc, je l’aime toujours d’ailleurs. Je crois n’avoir pas écouté beaucoup de musique étant enfant. Après, je me suis tournée vers la musique de films et je continue. Un peu la musique classique, aussi. Au début, j’aimais le film et la musique, à présent je n’ai pas besoin de connaître les images pour acheter un disque de musique de film, surtout celles de John Barry que j’adore.

Avez-vous pris des courts de chant ?

- Non, je bénéficie des qualités de mes défauts : une voix fluette qui intéresse les gens, telle quelle !

Avez-vous réellement suivi une éducation religieuse ?

- Je peux vous mentir, là ! (rires) J’ai été traumatisée par les bonnes sœurs : elles me tapaient, je renversais  mes desserts par terre…

Vous avez mis le feu ?

- Non, j’aurais bien aimé mais je n’avais pas encore l’esprit à ça ! Maintenant, je crois que je le ferais, et puis (prenant l’air convaincu) je me dis des fois qu’un jour, je vais rentrer dans les ordres !

Vous ne me direz pas si vous en avez souffert…

- (retenant un sourire et d’un air de regrets) Je n’ai pas envie de mentir, aujourd’hui ! (rires) Non, sincèrement, bien que je n’ai aucune attirance pour ce milieu…

On raconte que vous avez fait du dessin…

- Oui, j’ai peu de temps pour ça et je n’ai pas beaucoup d’imagination, mes dessins sont toujours un peu morbides, je fais des bonhommes désarticulés…

Avez-vous fait toutes les cascades à cheval dans « Libertine » ?

J’ai fait de l’équitation pendant cinq ans, maintenant je n’ai plus le temps, mais si j’avais un cheval, je le monterais souvent et librement, sans aller dans un manège, sans l’embêter ! Je voulais faire les cascades moi-même dans « Libertine », mais c’est finalement une cascadeuse qui est montée en selle sur le cheval au galop et m’a doublée pour certains plans de bagarre : si j’avais eu un accident, tout aurait été annulé !

Me direz-vous combien a coûté le clip de « Libertine » ?

- Non ! (rires) Ca n’a pas coûté cent briques, comme certains le prétendent. Je n’ai pas envie de donner le prix !

Si les gens le croient très cher, c’est qu’il est réussi. Il a coûté la moitié de ce que vaut un clip français habituellement : un minimum d’argent, un maximum de talent !

1986-33-cEcrivez-vous des histoires ?

- Non, je n’écris rien, j’efface !

Qu’est-ce que vous effacez ?

- Tout ! Tout ce qui s’est passé hier. J’ai un don pour ne me souvenir de rien sauf de ce qui est vraiment marquant. Mon enfance, mon proche passé, je ne veux pas y penser une seconde ! Ce serait régresser, j’ai besoin d’aller de l’avant, de ne pas regarder en arrière.

Quelle attitude ont les garçons avec vous ? Sont-ils attirés par votre célébrité ou leur faites-vous peur ?

- Tout le monde n’est pas à l’aise avec moi, je n’en tire aucune satisfaction d’ailleurs, je le remarque, et surtout je n’ai pas envie qu’ils soient à l’aise avec moi ! Je n’en sais rien, j’ai l’impression d’être une vieille grand-mère quand on me pose cette question ! Je reçois des lettres de personnes que je ne connais pas qui déclarent leur flamme (elle s’interrompt) Non, je dis des bêtises, je ne fais pas une fixation là-dessus !

Et vous, quels sont les gens qui vous attirent ?

- Très souvent ceux que je ne peux pas approcher, docteur ! Ceux qui ont un sens de la folie. La vie est déjà suffisamment laborieuse et triste, on ne va pas s’ennuyer avec les gens qui ont des problèmes dentaires !

Même en traitant des sujets durs ou morbides, vos chansons sont très gaies, non ?

- Parce qu’elles sont cyniques. Le cynisme, ça sauve tout !

Etes-vous croyante ?

- Non. Par contre, je peux être intéressée par quelqu’un comme Ste Thérèse d’Avila, qui était une folle à lier elle aussi !

‘Aussi’ ?! Vous vous considérez comme folle à lier ?

- C’est un peu l’image que je donne dans ce que je fais. Je crois être quelqu’un de pas fou du tout ! Dans la vie, on a tous des moments d’égarement, mais je suis seule dans ce cas-là, il n’y a que mon singe qui me regarde avec des yeux ronds !

Vous pourriez me définir votre caractère ?

- (en secouant énergiquement la tête) Non ! (rires) Caractérielle ?

Bon alors, pensez-vous bien vous connaître ?

- Oui, oh oui ! Dommage, mais oui…

Avez-vous trouvé ce que vous vouliez vraiment faire dans la vie ?

- Voilà le genre de questions auquel je ne réponds pas ! (rires) L’avenir dira si on m’a pendue pour ça !

Avez-vous envie de faire autre chose aussi ?

- Je veux réussir dans tous les domaines, ne pas faire la même chose pendant vingt ans. Chanson, cinéma, m’occuper d’animaux à cinquante ans, pourquoi pas, tout et rien !

Fonder une famille ?

- Non, le pauvre, pauvre enfant ! Je n’en ai tout simplement pas envie.

Pensez-vous que chacun suit une destinée bien précise ?

- C’est cruel mais je pense que oui. Après, c’est une question de volonté. A nous d’affiner les gros traits qui nous sont tracés.

Où sont l’enfer et le paradis pour vous ?

- L’enfer, c’est d’être là et le paradis, c’est d’être là aussi ! Vraiment, l’enfer, c’est la maladie, la pire chose qui puisse arriver à quelqu’un. Et puis « L’enfer, c’est les autres » comme disait je ne sais plus qui !

Oui, l’autre, là !

-          (rires dans tous les coins)

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Mylène Farmer : bonjour l’humour noir

Posté par francesca7 le 26 janvier 2014

 

Parution à PODIUM en JUIN 1986 – Entretien avec Robert de LAROCHE

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A propos de l’accueil frileux des médias du clip « Plus Grandir » :

- Quand on touche aux tabous, à la religion, aux enfants, à la mère, ça dérange. Mettre les gens en face de leurs angoisses, c’est un choix. Je suis de nature inquiète. Quand on est un peu lucide…

A propos du lancement de sa carrière :

- Ca a démarré assez fort avec « Maman a tort », quoique la chanson ait été interdite dans certaines émissions pour les enfants. « On est tous des imbéciles » et « Plus Grandir » ont été des succès d’estime. Pour moi, ça a été très enrichissant. Mais le succès populaire est aussi une chose importante. Dans ce métier, il faut tout avoir, ce qui est assez angoissant.

A propos de ses débuts d’auteur, sur « Plus Grandir » et « Au Bout de la Nuit » :

- C’est très bien d’écrire, mais extrêmement difficile. Je préfère confier l’écriture à ceux dont c’est le domaine.

Je donne des sujets, des phrases, et c’est tout. Une chanson, c’est si rapide, il faut tant de concision. Tout vouloir faire soi-même ne mène à rien.

A propos de sa place à part dans le milieu de la chanson :

- Oui, c’est vrai que je ne me sens proche de personne. Je n’en ai pas envie. Je suis une solitaire, un peu farouche; enfin, un peu moins, à présent ! Mais c’est si difficile de communiquer. Chacun a sa vie.

A propos de son goût pour la lecture :

- J’adore lire. C’est une chose géniale. On imagine ce qu’on veut, on voyage par la pensée.

A propos des artistes qu’elle admire :

- Regardez Barbara. Elle nous a donné la preuve qu’on pouvait merveilleusement parler du quotidien, et il n’y a rien de plus difficile.

A propos de son petit singe, E.T. :

- Il est inouï. C’est incroyable comme on peut communiquer avec lui. C’est vraiment beau.

A propos de ses souhaits pour l’avenir de sa carrière :

- Beaucoup trop pour pouvoir les dire ! Ca remplirait tout le journal !

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SUPER PLATINE interview Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 26 janvier 2014

 

Émission du 21 DÉCEMBRE 1985  – Présenté par JACKY  sur ANTENNE 2

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Mylène Farmer : (Avant même que Jacky n’ait pu parler) Bonjour tout le monde !

Jacky : Oui, voilà j’allais le dire justement ! (Mylène rit de bon cœur) Bonjour tout le monde, c’est « Super Platine ».

MF : Bonjour tout le monde.

J : Comment vas-tu, Mylène Farmer ?

MF : Et toi-même ?

J : Ben ça va très bien… (Aux téléspectateurs) Parce que c’est Mylène Farmer, tout le monde t’a reconnu, j’espère !

MF : Tu as l’air bien fatigué, Jacky.

J : Oui. Toi aussi, d’ailleurs !

MF : Ha bon ? Qu’est-ce qu’on a fait hier soir ?

J : On était ensemble, ou… ?

MF : C’est la question suivante, je pense !

J : Ha oui d’accord, ok ! Mais qu’est-ce que tu fais généralement, le w eek-end, toi au fait ?

MF : Ben écoute, vendredi soir, je crois que j’étais dans ton lit !

J : Oui…

MF : Et puis samedi matin, on s’est réveillés et puis on est venus là, en plateau.

J : Oui…Tu crois qu’on peut le révéler, comme ça, aux téléspectateurs ?

MF : Oh, c’est pas grave.

J : C’est pas très grave, ça y est, tant pis ! On va parler du programme de « Super Platine », ok ?

MF : Oui, avec plaisir !

J : On va démarrer par Alba, ça s’appelle « Only Music Survives ».

MF : Hmm…

J : Très sympathique. Ensuite, Bruno Grimaldi, ça s’appelle « Retour de Manivelle ».

MF : C’est bien !

J : C’est sympa, hein ? (Il continue sa liste) Sun City…

MF : Ca me dit quelque chose…

J : (Toujours énumérant les invités) : Mylène Farmer : tu connais ?

MF : Non, c’est qui ?

J : Deux chansons de Mylène Farmer…

MF : Et y a un clip, je crois ?

J : Oui ! « On est Tous des Imbéciles », et après « Plus Grandir ». Après, les Korgis : tu connais ?

MF : Oui, oui…

J : Egalement, et les Communards.

MF : Ha ça, j’adore !

J : Tu adores ?

MF : Oui.

J : Pour quelle raison ?

MF : Je trouve cette chanson (ndlr : « You are me World ») très très belle et un peu baroque.

J : Très baroque. C’est pour ça que ça s’appelle les Communards !

MF : Hmm…En tout cas, c’est très intéressant.

J : On va commencer par quoi alors, pour voir si tu m’as écouté !

MF : Heu…Alba l’beurre (ndlr : mort de rire !)

Diffusion de la chanson de Alba.

S’ensuit d’autres séquences sans Mylène où Jacky lance plusieurs autres clips, dont celui de Sun City.

J : Voilà, c’était Sun City, dans « Sun City ». Sympa, hein ?

MF : Avec Sun City !

J : (…) Superbe chanson contre l’apartheid.

MF : Absolument. Il y a des grandes stars, je crois, qui chantent pour ce…

J : Très grandes stars…Dis-moi Mylène, est-ce que ta maman a toujours tort ?

MF : Très bonne question ! Ma maman s’en est remise depuis. Après, on a eu « On est Tous des Imbéciles » (rires) !

J : Oui, alors des imbéciles s’y sont retrouvés ?

MF : Des imbéciles s’y sont retrouvés, mais là tout va bien !

J : Tout va très bien…

MF : Et elle vous embrasse d’ailleurs ! (sa maman, ndlr)

J : D’accord. Tu me vouvoies, maintenant ?

MF : Oui, ça change !

J : Ha bon, ça change un peu, oui. Et « Plus Grandir », alors : qu’est-ce qui se passe ?

MF : Il se passe que il y a un clip qui s’est greffé sur cette chanson, et auquel je tiens énormément. C’est un clip qui a été réalisé par Laurent Boutonnat.

J : En cinémascope ?

MF : En Cinémascope, oui.

J : Pourquoi ?

MF : Parce que c’est magnifique, le Cinémascope. C’est peu usité, en plus, surtout en clip.

J : Et tu trouves que ça se prête à la télévision française, ou étrangère, le Cinémascope ?

MF : Oh oui, tout à fait.

J : Ca te gêne pas qu’il y ait des…

MF : Les deux barres ? Non, ça c’est le cachet en plus. Donc, c’est un clip que j’aime beaucoup.

J : Ben oui, je m’en doute !

MF : Non, je m’en doute pas ! Là, c’est vraiment sincère et j’ose le dire.

J : T’as peur de vieillir, alors ?

MF : J’ai peur de grandir, oui. T’as pas peur de grandir, toi ?

J : Non, moi je suis arrivé à mon top-niveau, si tu veux : je fais 2, 20 mètres, ça va hein ? (rires de Mylène) Non mais la vieillesse, ça te fait vraiment peur ?

MF : Oui, c’est quelque chose qui me fait peur, mais je crois que c’est un sentiment qui est commun à beaucoup de personnes, hein ?

J : Ben oui, je pense. Ok. Donc, on va d’abord regarder « On est Tous des Imbéciles».

MF : Le scopitone, comme on dit, non ?!

J : Ha non, pas « scopitone » t’es quand même pas si vieille que ça, écoute !

MF : Je suis encore jeune ! (rires)

J : Alors, « On est Tous des Imbéciles », et ensuite « Plus Grandir ».

MF : D’accord.

J : OK ?

1985-02-cMF : Yes !

J : Allons-y, medley de Mylène Farmer !

Diffusion à la suite de la séquence où Mylène chante « On est Tous des Imbéciles » enregistrée pour sa venue à la même émission en début d’année et du clip « Plus Grandir » (la séquence d’ouverture a été coupée).

D’autres clips suivent, notamment un de Jimmy Sommerville et les Communards.

J : Hé bien voilà, c’était les Communards. Sympa, les Communards hein ?

MF : C’est très bien. Comment elle s’appelle, sa chanson, déjà ?

J : « You are my World ».

MF : A ton avis, il s’adresse à une fille ou un garçon ?

J : Peut-être aux deux, non ?

MF : Non, je crois que c’est à un garçon.

J : Ouais, moi aussi, mais enfin…

MF : C’est ce qu’on m’a dit.

J : Qu’est-ce que tu fais pour Noël ?

MF : Pour Noël, je crois que je vais m’occuper de mon petit singe, comme ce sera son premier Noël avec moi.

J : C’est ton enfant ?

MF : C’est mon bébé, oui.

J : Un bébé singe !

MF : Je vais le cajoler, je vais lui offrir plein de cadeaux !

J : Et faire un sapin de Noël ?

MF : Peut-être un sapin de Noël, oui. Très bonne idée !

J : (Aux téléspectateurs) En tout cas, moi je vous souhaite un joyeux Noël, parce que c’est quand même dans trois-quatre jours, hein !

MF : Ha oui, joyeux Noël…

J : …à tous…et à toutes !

MF : Oui ! (rires)

J : L’émission se termine, Mylène.

MF : C’est dommage.J : C’est dommage, hein ? On se reverra ?

MF : Il me semble qu’à la première émission, on s’était embrassés sur les deux joues, et là je crois qu’on peut faire plus fort !

J : C’est-à-dire ?

MF : On peut se faire un baiser sur la bouche !

J : Heu… (Aux téléspectateurs) Qu’est-ce que vous en pensez ?

MF : Allez !

J : Bon d’accord ! Je dis au revoir d’abord, parce qu’après ça va être terrible ! (…) Excusez-moi, je suis déjà un peu troublé d’avance !

MF : Assume !

J : Au revoir, et joyeux Noël !

Le générique se lance sur un gros plan de profil de Mylène et Jacky se faisant un baiser sur la bouche !

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émission CARGOT DE NUIT avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 janvier 2014

 

RTBF (Belgique) – le 11 DÉCEMBRE 1985  –

Présenté par Jean-Louis SBILLE

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Vêtue d’un pantalon noir noué à la taille par un large ruban vert et d’un simple soutien-gorge vert par-dessus lesquels elle porte une  grande tunique verte elle aussi, Mylène interprète « Plus Grandir » sur le plateau de cette émission belge.

A la fin de la chanson, et alors que le playback finissant en fondu laisse entendre un court instant sa voix live lorsque son micro est rallumé, Mylène est rejointe par l’animateur Jean-Louis Sbille.

Jean-Louis Sbille : « On est tous des Imbéciles », « Maman a Tort »…

Mylène Farmer : (en même temps que l’animateur) Et « Plus Grandir » !

JLS : Ca, c’est le dernier 45-tours de Mylène Farmer !

MF : Oui.

JLS : Alors, quand avez-vous arrêté de grandir, Mylène ?

MF : Hé bien mon cher Jean-Louis, j’ai arrêté de grandir le jour où je vous ai rencontré parce que j’ai eu un tel choc que ma croissance s’est arrêtée ! (rires)

JLS : C’est le première fois qu’on me le dit !

MF : C’est vrai ?!

JLS : Ha oui, oui, oui !

MF : J’en suis contente !

JLS : Dites donc, qui vous habille ?

MF : C’est moi qui m’habille. Et qui me déshabille ? C’est mon petit singe !

JLS : Votre petit singe ?

MF : Oui, j’ai un petit singe. C’est un capucin, ça a des petites mains et il aime trifouiller partout !

JLS : (regardant ses propres mains) Oui ?

MF : Elles sont un peu plus petites que les vôtres ! (sourire)

JLS : Il s’appelle comment ?

MF : Il s’appelle E.T. !

JLS : E.T. ? Comme « E.T. » ?!

MF : Comme « E.T. » !

JLS : Alors, j’ai entendu dire que vous prépariez un 33-tours –votre premier 33-tours- pour très bientôt, pour le mois de janvier ou février…

MF : (elle acquiesce) C’est ça…

JLS : Et un 33-tours, c’est un petit peu des cendres de lune sur du vinyle…

MF : (dans un sourire) Oh, quel poète ! Ecoutez, devant ça je ne peux plus rien dire ! (rires) (Notons en effet la malice de l’animateur qui cite sans le citer le titre du premier album de Mylène, qui jusque là n’avait encore jamais été annoncé par celle-ci, nda)

JLS : Ha non, non, non ! C’est vrai ?!

MF : Oui, j’ai un album qui sort en février (l’album « Cendres de Lune » sera finalement commercialisé au mois d’avril suivant, nda), qui me tient énormément à cœur et qui comportera neuf titres, je pense. Neuf ou dix, dont « Maman a Tort » et les deux autres disques. (Si la première version commercialisée de l’album contiendra bien neuf titres, il n’inclura jamais « On est Tous des Imbéciles » comme Mylène semble pourtant vouloir le dire ici, nda)

Fin de l’émission.

 

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Mylène Farmer chez Christian Ouvrier

Posté par francesca7 le 23 janvier 2014

NUMÉROS 1 pour Mylène Farmer 85

MAI 1985 – Entretien avec Christian OUVRIER

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Quelles sont tes espérances avec ce deuxième 45-Tours ?

- Mes espérances c’est de créer un style, le style Mylène Farmer, mais c’est un travail de longue haleine. Avec mon nouveau titre je pense aller dans ce sens.

Maman a tort eu diverses interprétations, peux-tu m’en parler ?

- C’est vrai et je trouve ça assez extraordinaire pour une même chanson. Je pense que les plus jeunes ont aimé le côté comptine et qu’ils ont utilisé un peu comme slogan ‘Maman a tort’. A l’opposé, d’autres ont aimé ce titre pour son côté tabou « j’aime ce qu’on m’interdit, j’aime les plaisirs impolis ». Enfin, j’imagine que certains ont pu encore avoir une autre interprétation du texte…

Y a-t-il eu des réactions négatives ?

- C’est vrai que « Maman a tort » a quand même eu quelques problèmes. Je ne sais pas si c’est au niveau de la compréhension, mais le texte a choqué quelques personnes. Je trouve ça assez stupide d’ailleurs. Jacques Dutronc dit bien ‘Merde in France’ et tout le monde s’extasie. Moi je me suis contenté de dire que j’aimais les plaisirs impolis…

Cette version anglaise de « M aman a tort » que tu as enregistrée, que devient-elle ?

- On s’en occupe, ou plutôt c’est en cours… Le disque qui est sorti en France, devrait sortir au Canada dans les deux langues. Il devrait également sortir en Allemagne. Après je ne sais pas, c’est plutôt difficile de s’imposer dans les autres pays. Quand à l’Angleterre et les Etats-unis ce n’est même pas la peine d’y penser !

J’ai entendu quelqu’un dire un jour que les Américains ne nous attendaient pas. C’est monstrueux de dire ça, mais c’est vrai que les Américains ont tout ce qu’il faut. Ils ont un professionnalisme que les Français sont loind’avoir… Je trouve qu’il est un peu utopique de vouloir aller dans ces pays, mais pourquoi pas ?

Parle-moi de ton équipe ?

- L’équipe se résume à trois personnes : Jérôme Dahan, Laurent Boutonnat et moi. Jérôme est dans la musique depuis sa plus tendre enfance, Laurent est plus orienté vers le cinéma. C’est intéressant, car c’est un peu ce que j’aimerais refléter. Un côté chanson c’est évident puisque je chante, et un côté cinéma obtenu par le visuel (ma façon de bouger, d’interpréter, etc…). Jérôme et Laurent ont écrit « Maman a tort » ensemble. Pour ce qui concerne le nouveau 45-trs, « On est tous des imbéciles » est l’oeuvre de Jérôme Dahan et la face B, « L’annonciation », celle de Laurent Boutonnat.

Et toi dans tout ça ?

- Moi, je chante ! (rires). Pour l’instant je dis oui ou non, lorsque l’on me propose une chanson. Je dis pratiquement toujours oui d’ailleurs, car j’aime bien ce qu’ils font. En studio, j’ai le droit de lever le doigt et de poser des questions ! Cela dit, c’est vrai qu’en musique je ne m’y connais pas, je ne peux qu’instinctivement dire que j’aime ou pas. La partie où j’interviens surtout, c’est dans l’interprétation des chansons, le visuel pour la télévision, les galas… Le travaille se fait en équipe et personne n’est tenu à l’écart…

Comment réagis-tu face au succès de « M aman a tort » ?

- Plutôt bien ! (rires). Je ne pense pas avoir la grosse tête, et puis peu importe, c’est le cadet de mes soucis…

Chanter est à la fois un métier passionnant, mais aussi un métier de dérision. C’est un peu ce que je dis dans « On est tous des imbéciles ». Ce qui est surprenant par rapport au succès, c’est que du jour au lendemain on est propulsé, et que l’on se retrouve avec une nouvelle image, que les gens vont s’arracher. (Enfin pas pour moi, il ne faut rien exagérer !). Ils vont te demander des autographes, et le moindre bout de papier ou de tissu, aura de l’importance. C’est ça que je trouve quand même drôle et dérisoire. Personnellement, j’aurai plus d’estime pour un chercheur en médecine qu’un chanteur.

As-tu des projets ?

- Logiquement nous devons faire le clip sur « On est tous des imbéciles », le scénario du clip a été écrit. Tout est terminé, il ne manque plus maintenant que le tour de manivelle et les sous… Obtenir l’argent devient un gros problème, car avec ce qui vient de se passer au Midem, les maisons de disques ne sont plus prêtes à avancer de grosses sommes d’argent pour la réalisation des clips. C’est l’avenir du clip qui est en suspend. Dans les semaines à venir je vais faire des galas comme tous mes amis chanteurs…

 

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FR3 Normandie avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 janvier 2014

HÉ, LES COPAINS ! C’EST MON ANNIVERSAIRE – Mylène Farmer

Émission FR3 NORMANDIE du 3 AVRIL 1985

Présenté par Dominique

1985-08-a

Le contexte de cette émission est pour le moins insolite puisque Mylène est rien moins que le cadeau d’anniversaire d’Ingrid, qui fête ses dix ans sur le plateau de FR3 Normandie.

Le principe de cette émission est en effet d’accueillir un enfant qui fête son anniversaire, accompagné de ses amis. Ils participent ensemble à différentes rubriques, en compagnie d’un invité spécial. C’est donc Mylène qui est présente ce jour-là, vêtue de sa grenouillère verte surmontée d’une petite veste noire.

Cette émission propose également la singularité de voir Mylène répondre aux questions des enfants, aidés par la présentatrice, qui s’adresse à Mylène sur le même ton qu’aux enfants (sic !)

Dominique : Alors dites-moi, je sais que dans les ventes de 45-trs de notre région il y a surtout, surtout Mylène Farmer. Hein ? (les enfants confirment à l’unisson) On l’entend sans arrêt ! On l’entend sans arrêt chez nous, sur les radios ! Et puis, je me suis un petit peu renseignée, c’est une des plus grosses ventes de 45-trs de notre région, et cet après-midi Mylène Farmer, elle est avec nous en direct sur FR3 Normandie !

Mylène Farmer : Bonjour ! (les enfants lui répondent à l’unisson)

D : Bonjour M ylène ! (aux enfants) Alors, dites-moi : vous êtes contente de la voir ? (ils confirment tous d’une seule voix) Vous avez préparé des questions pour elle ? Oui ? On commence tout de suite ? M ais pas des questions trop méchantes, hein ! Des gentilles ! Alors, qu’est-ce que tu voudrais demander, Ingrid ?

 Ingrid : Vous avez déjà fait des tournées ?

MF : Non. Ce qu’on appelle des tournées, je n’en ai pas encore faites pour la bonne raison que je n’ai à chanter pour l’instant que trois chansons (« Maman a Tort », « On est Tous des Imbéciles » et « L’Annonciation », nda) et pour faire des tournées, il faut au moins un album derrière soi. Par contre, je participe de temps en temps à des galas : c’est-à-dire, c’est un plateau, ça va de cinq à dix-sept chanteurs et on passe, comme ça, en rang d’oignon, à la file ! (large sourire)

 Ingrid : Autrement, est-ce que vous comptez en faire ?

MF : Bien sûr ! J’espère que j’en ferai ! Je sortirai, je pense, l’album aux alentours de septembre (1985, mais suite à sa rupture de contrat avec RCA et son arrivée chez Polydor, les plans de Mylène seront bouleversés, nda) donc après, si ça marche toujours, j’y penserai !

D : L’album, ça veut dire donc qu’en ce moment vous enregistrez d’autres chansons, que vous préparez d’autres chansons…

MF : Voilà. Pour l’instant, je travaille à cet album qui comportera, je pense, dix chansons maximum. Donc c’est un travail de studio –et un travail chez soi aussi !

D : Bon alors, justement, on va parler des chansons. Est-ce que vous allez rester dans ce style de chansons ? (aux enfants) Parce que c’est quand même un petit peu particulier : si vous avez bien écouté les paroles des ses chansons, elles sont quand même un petit peu provocantes, hein ! Dans une première chanson, elle nous dit carrément qu’elle aime l’infirmière, et dans une seconde chanson elle nous traite d’imbéciles, et on aime ça ! On aime bien ! (rires de Mylène) N’importe qui te traiterait d’imbécile dans la rue, je sais pas ce que tu dirais ! Alors elle, elle nous le chante et on aime bien ! (à Mylène) Alors, est-ce que c’est un choix ? Est-ce que vous allez continuer dans ce style de paroles ?

MF : Je pense qu’on continuera. Il ne s’agit pas de faire le plagiat à chaque fois des premières chansons, mais ce qui est important pour se démarquer des autres, c’est de créer un style, justement, donc je pense qu’on a commencé avec « Maman a Tort », qu’on continue avec « On est Tous des Imbéciles », donc c’est un créneau que je vais essayer de prendre, oui, d’installer.

D : Alors le parolier, c’est toujours le même ?

MF : Ce sont toujours les mêmes, c’est-à-dire il y a deux paroliers. Il faut citer les noms ?! (rires)

D : Bien sûr, bien sûr !

MF : Alors : Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat, voilà, qui seront j’espère fidèles.

D : Bien sûr, parce que c’est chouette quand même ! (à un des enfants présents) Qu’est-ce que tu en penses, toi ?!

 L’enfant : Ben heu…oui ! C’est super ! (rires collectifs)

D : C’est super ! M oi je pense la même chose que toi ! Bon dites-moi, M ylène : quand vous étiez petite comme Ingrid, qu’est-ce que vous vouliez faire ?

MF : Quand j’étais toute petite, je voulais être gendarme ! Vous voyez ! (rires)

D : Intéressant ! Gendarme !

MF : Gendarme ! Et après, étant un peu plus grande, je voulais me tourner vers le métier de monitrice d’équitation –parce que j’ai pratiqué l’équitation assez longtemps. Et puis après, comme j’étais un peu un pitre en classe, je me suis orientée dans le théâtre et dans la chanson.

D : Ha, on en apprend, des choses ! On apprend plein de choses, cet après-midi, hein ? D’abord elle voulait être gendarme, elle était un peu pitre en classe (rires de Mylène) et puis, bon, ça a l’air de pas trop mal tourner puisqu’elle est devenue une grande chanteuse, là maintenant ! Bon alors, et votre carrière, alors, ça s’est passé comment ? Ca a débuté il y a combien de temps ?

MF : Hé bien maintenant il y a un an, et elle a démarré un peu par hasard et avec beaucoup de chance. J’ai rencontré donc ces deux personnes que j’ai cités tout à l’heure –qui sont et mes producteurs et compositeur – et qui avaient composé « Maman a Tort » et puis voilà…je les ai rencontrés et ils m’ont proposé cette chanson et puis après, ça fait boule de neige !

D : Et là, ça n’arrête plus ! (aux enfants) C’est chouette, une carrière comme ça, hein ? Parce qu’on a reçu sur ce plateau des chanteurs qui nous disaient ‘M oi, ça fait dix ans que j’essaie de me produire, que je galère, en quelques sortes, et ça se passe pas toujours bien’. Je crois qu’il faut effectivement trouver le bon style. Ce qui nous sauve un peu, c’est vrai, c’est le style ! (en référence au refrain de « On est Tous des Imbéciles », nda)

MF : Je le pense aussi ! (rires)

D : Il faut trouver son style et il faut que ça marche, il faut que ça plaise ! Bon dites-moi, M ylène, vous aimez les dessins animés ?

MF : (elle s’illumine) Oui ! Oui, oui ! J’aime bien Droopy ! C’est le seul dont je me rappelle ! (rires)

D : Hé bien là, ça sera pas Droopy, ça sera Donald !

MF : D’accord ! C’est très bien aussi ! Diffusion du cartoon de Donald « Nettoyeurs de carreaux »

D : Bon alors, dites-moi M ylène, vous allez interpréter une première chanson, c’était le premier 45- tours…

MF : Oui.

D : …et ça s’appelle… ?

MF : « Maman a Tort »

D : (alors que l’introduction de la chanson démarre et que Mylène, surprise, se lève d’un bond pour se mettre en place) Je vous rappelle que c’est Mylène Farmer, qu’elle est en direct dans le studio pour FR3 Normandie !

A coté du cube sur lequel elle était assise jusqu’à présent, Mylène chante « Maman a Tort » en ajoutant de nombreuses mimiques à ses pas de danse. Détail amusant : un petit garçon présent sur le plateau passe toute la chanson à se boucher les oreilles en faisant la moue, visiblement gêné par le volume sonore pendant qu’une petite fille passe la chanson à compter sur ses doigts au rythme des couplets.

D : Bravo ! Alors M ylène, vous venez nous rejoindre. (Mylène reprend en effet sa place sur le plateau) Combien de 45-trs vendus avec « M aman a Tort » ?

MF : C’est la question ! Hé bien, je pense que nous avons vendu à peu près 160.000 45-trs.

D : M oi je trouve que c’est beaucoup quand même pour un premier 45-trs ! (les enfants acquiescent)

Et puis alors pour le second dont on parlera tout à l’heure, là je crois que ça va battre des records ! (sic !) Je suis persuadée !

1985-08-d

Diffusion d’un extrait du long-métrage de Disney « La Belle et le Clochard »

Après la rubrique « Un métier pour demain », Ingrid se voit offrir un gâteau d’anniversaire et quelques cadeaux au nombre desquels le 45-tours « On est Tous des Imbéciles » sous le regard amusé de Mylène.

La présentatrice propose ensuite à Ingrid de saluer ses proches qui sont devant la télévision, puis demande aux autres enfants sur le plateau de faire de même…mais c’est Mylène qui saisit l’opportunité la première !

MF : Moi aussi !

D : Toi aussi tu as un bonjour à dire ? A qui ? A ta grand-mère ?!

MF : Non, je voudrais dire bonjour à mon papa et puis à ma maman !

D : A ton papa et ta maman ? Ils nous regardent, là, en ce moment ton papa et ta maman ?

MF : Non. Ils ne peuvent pas, non.

D : Bon, on leur enverra la cassette, écoute ! Qu’à cela ne tienne !

Ingrid prend à nouveau la parole :

Ingrid : Je voulais aussi remercie Mylène pour son disque !

D : Je crois qu’elle va te le dédicacer, alors ça ça va être un super disque après !

MF : Bien sûr ! (grand sourire d’Ingrid en direction de Mylène)

Mylène se lève pour chanter « On est Tous des Imbéciles » avant de retourner s’asseoir parmi les enfants.

L’animatrice se met alors en tête de faire chanter le refrain du titre aux enfants. L’un d’eux s’y colle avec plus ou moins de bonheur.

L’émission s’achève enfin par un extrait de « Pinocchio »

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LE 12/13 FR3 AQUITAINE avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 18 janvier 2014

 

Émission du  6 MARS 1985 – Présentée par Michel ANDRÉ

« La provocation je crois qu’on en a besoin pour sortir un peu de la masse. »

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Cette émission régionale de la mi-journée mélange informations locales, variétés et chroniques. Les deux invités du jour sont le comédien Jean Richard, venu présenter son autobiographie, et Mylène Farmer en pleine promotion de « On est Tous des Imbéciles ». Elle interprète le titre en tout début d’émission et revient sur le plateau plus tard pour une interview croisée avec Jean Richard face à un présentateur qui ne la prend guère au sérieux…

Michel André : (il s’adresse à Jean Richard) Alors je voudrais vous demander : vous connaissiez Mylène Farmer ?

Jean Richard : Pas du tout ! (Mylène éclate de rire) Mais j’ai eu énormément de plaisir à l’entendre tout à l’heure !

MA : Vous avez entendu ce qu’elle a chanté ?!

JR : Ha oui !

MA : Nous sommes tous des imbéciles !

JR : Tous des imbéciles ! Elle a l’air de s’y connaître ! (Mylène éclate de rire à nouveau)

MA : D’où vient ce titre ?

Mylène Farmer : D’où vient ce titre ? Ben je vais vous dire surtout qu’il est très bien accueilli en général.

MA : Ha oui, mais ça c’est un autre problème ! C’est une provocation systématique ? Parce qu’une autre chanson, c’était « Maman a tort ».

MF : De la provocation, certainement. Agressive, je ne pense pas…

MA : Non, j’ai pas parlé d’agressivité !

MF : Non, on m’a déjà parlé d’agression, c’est pour ça que je tiens à préciser !

MA : Ha oui mais attention, moi je suis pas responsable de ce qu’on a pu vous poser comme questions ailleurs qu’ici !

MF : Oui, de la provocation je crois qu’on en a besoin pour sortir un peu de la masse.

MA : Alors vous êtes née à Montréal…

MF : Oui, au Canada.

MA : (Sarcastique) Ha c’est au Canada ? Dites donc ! Et vous aimez les voyages, vous y retournez ?

MF : Non, je n’y suis jamais retournée. Je voyage dans la France pour l’instant et j’avoue que je ne suis pas retournée au Canada, non.

MA : Mais qu’est-ce qui vous pèse le plus dans cette France d’aujourd’hui, dans ce métier que vous faites ?  Vous êtes quand même, je dirais pas débutante, mais vous êtes une toute jeune chanteuse.

MF : Oui…Qu’est-ce qui me pèse le plus ?

MA : Oui. Et qu’est-ce qui vous fait aussi le plus plaisir ?

MF : Si je pense à mon métier, je pense que c’est un métier difficile et pesant quotidiennement, mais qui est aussi à la fois essentiel pour moi et plein de réjouissances. Enfin, c’est…

MA : Vous aviez des raisons spéciales de vous lancer dans la chanson : une famille d’artistes ou de musiciens, un entourage… ?

MF : Non, du tout. J’avoue que j’ai eu beaucoup de chance et c’est un peu par hasard. Moi je m’orientais plutôt vers une carrière d’actrice, si elle m’était proposée. Et puis la chanson est arrivée très, très vite.

MA : En ce moment, on passe de l’un à l’autre assez facilement, alors la carrière d’artiste ça sera peut-être dans quelques années !

MF : Absolument, et je pense qu’il est plus intéressant de commencer, enfin en ce qui me concerne, de commencer par la chanson pour accéder au cinéma, parce que souvent l’inverse est beaucoup plus médiocre !

Le présentateur se tourne alors vers Jean Richard et revient longuement sur sa carrière. Ils parlent notamment de son célèbre cirque et fait réagir Mylène à ce sujet.

MA : Je demanderai en même temps à Mylène Farmer est-ce que le cirque vous paraît toujours un grand moment de la vie artistique ?

MF : (peu inspirée) Heu, je…Moi, j’avoue que le cirque ne m’a jamais beaucoup attirée ! Peut-être les…

MA : Ca vous fait peur ?

MF : Non ! J’ai l’impression que c’est toujours un peu la même représentation qui se fait. Donc on va une fois au cirque, j’ai l’impression que ça n’évolue pas beaucoup.

Jean Richard répond à Mylène en lui donnant sa vision du cirque traditionnel et de l’avenir qu’il espère pour celui-ci.

MF : Mais je veux bien, j’avoue que de toute façon je suis profane en la matière donc c’est vrai que j’ai pas vraiment à porter de jugement. Mais ce sont des gens que je respecte en tout cas parce qu’ils font un métier très dur et assez beau.

La conversation sur le cirque continue, notamment à propos des écoles de cirque dont Jean Richard désapprouve certaines méthodes. De nouveau, l’animateur demande son avis à Mylène.

MF : Moi j’avoue que je préfère les personnes qui apprennent sur le tas. Je crois que c’est plus intéressant pour un artiste. Je pense pas qu’on apprend le talent, d’une part…

MA : Oui mais y a pas un moment où, par exemple sur la composition, ou autres, y a des besoins qui se font sentir ?

MF : Mais non, c’est justement un peu le propos de la chanson (« On est Tous des Imbéciles », ndlr), c’est que effectivement y a la musique, qui est quand même un art très large, moi c’est plutôt variété, et je suis interprète donc très peu musicienne, et je le reconnais et à la limite je le revendique. Donc c’est vrai que les notes de musique pour moi n’évoquent pas grand-chose. J’ai pas besoin d’un…comment dire ? D ’une éducation musicale pour faire ce métier.

MA : Mais comment en dehors de ça vous dialoguez, vous rencontrez le parolier, le compositeur, il y a une préparation qui se fait en commun, ou ils vous amènent tout ça tout prêt et vous prenez ça ?

MF : Non ! Bien sûr, il y a une préparation, cela dit moi j’interviens sur les terrains que je connais un petit peu, à savoir sur le texte, je peux intervenir, sur l’interprétation ça c’est moi qui suis le maître, et puis les prestations…

Mais en ce qui concerne la musique, je peux donner des indications ou donner mon avis, mais c’est difficile de s’installer et de dire « Voilà, je veux ça, ça, ça ! » quand on ne connaît pas !

MA : Vous ne vous mettez pas au piano en préparant une chanson ?

MF : Non, j’avoue que j’ai jamais joué de piano. Un peu de guitare, mais…La conversation continue avec Jean Richard qui porte un regard très critique sur le cinéma français en ce début des années 1980.

MA : Vous allez au cinéma, Mylène Farmer ?

MF : Oui. Moi si j’ai un jugement à porter, je dirais qu’il y a une carence effectivement dans le cinéma, mais français surtout. A savoir que je pense que…

JR : Ca en fait partie ce que je viens de dire là…le cinéma français en fait partie.

MF : Je pense qu’il y a suffisamment de metteurs en scène de talent, y a beaucoup de moyens, beaucoup plus qu’avant, et finalement ça rattrape pas effectivement le cinéma de…

JR : … « de papa » !

MF : …d’avant, qui était de qualité. Le « cinéma de papa », oui !

MA : Et quel est le genre qui vous intéresse le plus ? Le style fantastique ?

MF : (spontanément) Non ! J’aime pas du tout ! J’avoue que la science-fiction, j’ai beaucoup de mal ! J’aime bien les films qui ont des thèmes…

JR : Moi j’étale mes regrets sur la comédie américaine.

MA : Mais hier soir, FR3 a diffusé « Dracula »…

MF : Voilà, ça je veux ! Tout à fait, oui !

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L’émission est sur le point de se terminer. L’animateur présente à nouveau les mémoires de Jean Richard et enchaîne sur l’actualité de Mylène.

MA : Alors, il faut écouter les chansons de Mylène Farmer ! Le prochain titre, vous l’avez déjà choisi ?

MF : Non. Le prochain, non, c’est en cours de préparation. Là, on prépare un album, et je vous dirai ça dans quelques temps !

MA : Ca sera du même style que les deux (45-Tours, ndlr) précédents ?

MF : Ben, ça sera un peu de « Maman a Tort », un peu de « On est Tous des Imbéciles », un peu de la face B, je crois qu’on essaye de…

MA : Ha oui, alors la face B on n’a pas eu le temps de l’écouter mais… « L’Annonciation » !

MF : Ca s’appelle « L’Annonciation », oui, ce qui est encore assez provocant, je crois ! (rires)

MA : Oui…Dédicacé à Sainte Thérèse d’Avila et à Papa !

MF : Sainte-Thérèse d’Avila, et à Papa oui ! C’était pour la rime. Et pour le plaisir aussi (rires)

MA : Bien ! Bonne route à Mylène Farmer avec ce nouveau disque.

MF : Merci…

MA : Vous le reconnaîtrez, elle a une robe rouge sur le disque. Elle a voulu faire le contraste sur notre plateau ! (Mylène porte en effet une large grenouillère verte)

MF : (Elle montre sa grenouillère) Non, j’ai pris mon habit de clown pour Mr Maigret ! (le commissaire incarné par Jean Richard, ndlr)

JR : (rire attendri) L’habit de clow n pour Mr Maigret ! C’est très gentil comme idée, en tout cas !

L’émission se termine avec l’annonce des programmes à suivre.

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Questions à Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 8 janvier 2014

MYLÈNE FARMER INTERVIEW DÉCEMBRE 1988

 TOP 50

French Singer Mylène Farmer

Te voici avec une nouvelle chanson et, bien sûr, un très beau clip qui l’accompagne. Est-ce que le tournage a été difficile ?

- Très difficile, le plus difficile de tous mes clips d’ailleurs, puisque les effectifs étaient énormes.

Quand tu revois tous tes clips, y en a-t-il un que tu préfères ?

- Peut-être « Ainsi Soit Je… », du moins c’est celui que je préfère en ce moment.

Tu alternes des chansons de styles assez différents dans l’ensemble : je pense à « Ainsi Soit Je… » après « Sans Contrefaçon ».

- « Ainsi Soit Je… » était une chanson plus difficile après « Sans Contrefaçon », c’est une chanson à thème.

Mais c’était fondamental pour moi de la sortir à ce moment-là.

Ton style est parfois provocateur. Comment expliques-tu ton succès ?

- C’est effectivement étonnant que des thèmes pas très populaires le deviennent finalement. Je ne l’explique pas. Peut-être y a-t-il une ouverture qui est en train de se faire : de plus en plus de gens s’ouvrent à des choses tabous.

Tu reçois beaucoup de courrier ?

- Oui, et en ce moment j’ai totalement décroché. J’en suis désolée, car je souhaite répondre à tous ceux qui m’écrivent.

Que respectes-tu dans la vie ?

- Je respecte entre autres la droiture. Et aussi la fragilité de certains, la naïveté des autres, je deviens plus tolérante chaque jour. En fait, je respecte ceux qui acceptent de souffrir pour faire quelque chose.

Tu as une religion ?

- Je crois en quelque chose, mais je ne pense pas le matérialiser.

Comment définirais-tu le succès ?

- Douceur et poison.

Cela crée un certain décalage, parfois ?

- Oui, il y a forcément un déséquilibre, mais c’est un déséquilibre que j’ai souhaité.

As-tu peur de l’avenir ?

- On en a toujours peur. Le succès est lourd à porter, l’obstacle est toujours plus haut mais c’est passionnant.

De toute façon, je me dis que les quatre années que j’ai vécues jusqu’à présent, personne ne pourra me les reprendre. J’ai appris beaucoup de choses.

As-tu un rêve que tu n’as jusque-là, pas encore pu réaliser ?

- Oui, celui d’avoir plusieurs hommes en même temps.

Comment te définirais-tu ?

- Je ne sais pas. Je n’aime pas cette question.

Tu es provocatrice à l’écran et pudique pour le reste, c’est étonnant…

- Oui, un exemple parfait du paradoxe mais je ne lutte pas. De toute façon, quand je me vois à l’écran, je n’ai pas l’impression que c’est moi. C’est autre chose, et cela ne m’effraie pas.

Es-tu sensible à ce que les autres pensent de toi ?

- J’y suis très sensible, mais cela ne m’influence pas dans ma conduite.

Tu as le goût du costume. Est-ce que cela remonte à ton enfance ?

- Une fois, j’avais demandé une panoplie d’agent de police, mais non je ne me suis jamais déguisée, je n’empruntais pas les vêtements de ma maman et n’avais pas particulièrement de goût pour ça.

Maintenant tu as changé, ta garde-robe doit être assez conséquente ?

- Cela pose parfois quelques problèmes de rangement. J’ai effectivement beaucoup de vêtements si l’on tient compte aussi des costumes que j’ai dans les clips.

On parle de plus en plus de tes projets de scène. Peut-on avoir quelques précisions ?

- C’est beaucoup plus précis effectivement, car cela se passera en mai 1989 au Palais des Sports.

Est-ce que tu appréhendes un peu ?

- Pour l’instant, je me prépare physiquement : je danse et je fais du jogging avec un entraîneur. Je n’ai pas peur pour le moment, mais cela viendra peut-être au moment des répétitions.

Tu vas connaître ton public…

- J’ai l’impression de le connaître un peu, c’est sans doute à cause justement par la scène. Il sera peut-être très diversifié.

Est-ce que tu envisages le troisième album ?

- Pas pour le moment, je ne compte pas en faire un pour l’instant, je suis plus penchée sur la préparation de mon spectacle.

As-tu une phrase ou un proverbe que tu te répètes souvent ?

-          C’est une phrase de Baudelaire : ‘Le temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, c’est la loi’.

 

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Mylène Farmer aime être LIBRE

Posté par francesca7 le 7 janvier 2014

 

 

Exclu Gala – Mylène Farmer: « J’ai choisi une vie de liberté »

source http://www.gala.fr/

GALA 1

Heureux qui comme Mylène a fait un long voyage, avec la tournée Timeless 2013. Mais l’odyssée n’est pas finie. Après les sourires, le fragile équilibre d’être soi… Confessions.

Gala: Vous venez d’achever votre tournée Timeless 2013. Revenir à la vie normale se révèle-t-il plus vertigineux que de se lancer dans une pareille aventure?

Mylène Farmer: La fin d’une tournée est toujours un moment extrêmement brutal. C’est un peu comme la fin d’un voyage astral, il faut réintégrer son corps. Le choc est à la mesure des émotions partagées avec le public… Mais aussi avec les musiciens, les danseurs, les équipes, les proches… Il faut du temps pour reprendre le rythme du quotidien. Pour autant, je suis consciente de ne pas vivre une vie tout à fait «normale». Le mot qui me vient à l’esprit, c’est «réapprivoiser» le temps, justement. On ne s’habitue jamais à une telle charge d’émotion. Pendant une tournée, le corps et l’esprit déploient des trésors d’ingéniosité pour trouver la force. A présent, le moment est venu pour moi de lâcher prise… Et ce n’est pas simple…  

Gala: Le sentiment de solitude, à la fin d’une tournée, est donc plus une peine qu’un besoin?

Mylène Farmer: Ce n’est ni une peine, ni un besoin, mais une réalité. Après le dernier spectacle, il faut accepter de ne plus avoir rendez-vous avec des milliers de personnes. C’est ainsi. Mais l’éphémère rend aussi la scène magique et les échanges avec le public exceptionnels. Le sentiment de solitude qui s’en suit est le prix à payer.  

Gala: Vous avez pris les routes de France, de Belgique, de Suisse et même de Russie. Le dépaysement, la remise en question de vos habitudes parisiennes: cela vous demande-t-il un effort ou est-ce une attente?

M.F.: J’aime l’idée de rendez-vous. Aller au devant des autres avec sincérité et être reçue de cette façon si extraordinaire… C’est un bonheur et une chance. Je suppose que, comme tout le monde, j’ai des habitudes, mais ce n’est vraiment pas ma spécialité. Je m’ennuie vite. La normalité me fait peur. 

Gala: Vous n’êtes pas de ces artistes qui se créent des rituels en tournée?

M.F.: Je vais vous décevoir! Il n’y a ni rituels mystiques, ni incantations vaudous! (Rires) Mais pour être tout à fait honnête… Je me surprends à tout ranger, tout remettre droit dans ma loge, avant de la quitter. Pour le reste, il est question de concentration, de travail, de répétitions, de sport, de repos et, plus fondamental encore, de m’entourer d’esprits bienveillants qui essaient de me soutenir comme si j’allais courir un marathon. 

 GALA 2

Gala: Sur scène, vous étiez entourée de six musiciens, deux choristes et six danseurs. Avez-vous l’impression de recréer une famille à chaque tournée?

M.F.: Une famille recomposée, en quelque sorte. C’est l’occasion de retrouver les siens et de découvrir les nouveaux venus. Le lien entre tous ces talents est clé. L’esprit d’équipe m’aide beaucoup. Comme dans toute famille, on se redécouvre aussi avec le temps. C’est une source d’inspiration. Une tournée est une caravane qui vit à huis clos des moments intenses. On se sépare à la fin du voyage avec la promesse de se revoir…  

Gala: Quels étaient les défis de ce sixième spectacle?

M.F.: J’ai une pensée toute particulière pour Mark Fisher qui a imaginé le décor. Il nous a malheureusement quittés avant de voir le spectacle. C’était un homme discret, créatif et élégant. Je l’ai remercié chaque soir… Le principal défi artistique était de créer de l’intimité dans la démesure. Humaniser la technologie. Faire danser des robots sur une musique de Schubert… Les intégrer dans le spectacle non comme des « machines exceptionnelles », mais comme des partenaires de jeux… Philippe Stegemann, leur créateur, a aussi réussi cet exploit… Je ne remercierai jamais assez Jean-Paul Gaultier pour sa générosité, sa folie, son humilité. Ainsi que toutes les équipes pour leurs talents. Quant à l’effort physique, je remercie mes muscles d’avoir encaissé toutes ces courbatures!  

Gala: On a pu remarquer que vous mettiez désormais en avant votre voix.

M.F.: C’est un long travail sur soi. La voix est un révélateur de l’âme. Brel confessait que pour lui, chanter devant un public est anormal. Terriblement impudique. J’ai toujours partagé ce sentiment… Et pourtant… Cela passe par l’acceptation de soi et il faut au moins une vie pour s’accepter, ne serait-ce qu’un peu. Je ne suis pas encore totalement en paix avec cela, mais les pourparlers ont bien avancé…   

Gala: L’amour, comme une irrépressible «force qui va» selon la formule hugolienne, imprégnait très clairement la tournée. C’était un parti pris?

M.F.: Pour Victor Hugo, l’amour est une descente abyssale qui se termine dans le sang. L’homme amoureux qui détruit tout sur son chemin est mû par une force surnaturelle. Cela ne laisse pas beaucoup d’espoir. J’aime à penser que ce grand monsieur a aussi écrit Stella (poème sur la renaissance du monde, après sa destruction, ndlr). Une lueur peut-être? Reste à savoir si l’amour est de nature à détruire systématiquement. Je commence à comprendre pourquoi je préférais disparaître à la fin du spectacle dans un nuage de fumée! (Rires) 

Gala: En amour, le plus brûlant, pour vous, c’est: l’espérer, le vivre ou le pleurer?

M.F.: Le faire! Quand l’amour se conjugue au présent, les sens prennent le pouvoir.Au passé ou au futur, il laisse place à la raison et à son cortège de doutes qui exercent leur dictature impitoyable. 

Gala: Sur cette tournée, on vous a découverte souriante, non dénuée d’humour, voir même presque volubile…

M.F.: Les clowns tristes ne sont un mystère pour personne. Mais apparemment, les ténébreux drôles restent une énigme! L’humour est une antidote précieuse. Je n’ai jamais cessé de me le rappeler, même dans les moments les plus sombres. Un instinct de survie, je suppose…  

Gala: Le plaisir pour vous, aujourd’hui, c’est…

M.F.: Etre libre de partager les émotions simples du quotidien avec ceux que j’aime ou dans ma solitude apprivoisée … C’est dans cette liberté-là que je reconnais le plaisir. Entre l’ombre et la lumière, j’ai choisi la lumière. J’ai choisi une vie de liberté. Avant que l’ombre, je sais, ne s’abatte à mes pieds… 

Gala: La formule Timeless n’était pas sans évoquer l’idée d’immortalité. Est-ce pour vous: une ambition? Un espoir?

M.F.: L’immortalité?  Très peu pour moi. Timeless évoque plutôt l’intemporalité. S’extraire du sablier permet d’envisager la vie avec plus de sérénité, de recul. Dans un monde qui accélère, c’est un luxe aussi. L’immortalité est la promesse d’un ennui éternel, non? Je laisse cela aux dieux ou aux fous… Pour ma part, je vis chaque instant comme il vient. 

Gala: Le show inspirait un voyage dans le temps. Si vous le pouviez, reviendriez-vous dans le passé ou vous projetteriez-vous dans le futur?

M.F.: Le temps est une obsession humaine. Probablement le plus grand péché d’orgueil de l’homme. La vie d’un être est une parenthèse enchantée, avec de longues périodes de désenchantements. Le temps est un repère qui permet d’accumuler des souvenirs et donne une impression de cohérence à ce que l’on vit. Si les amnésiques dérangent, ils n’en sont pas moins vivants. Le bonheur se cache probablement dans le droit à l’oubli. 

Gala: Sont-ce vos souvenirs ou vos rêves à réaliser qui vous tourmentent le plus?

M.F.: Nous n’avons aucun pouvoir sur les rêves, même éveillés, ils sont intrusifs… Ils ne facilitent pas le bonheur… Mes souvenirs me laissent en paix, puisque pour la plupart, je les ai oubliés… Enfouis…. Égarés. 

Gala: Etes-vous capable d’indulgence et de pardon pour les proches qui vous auraient déçus?

M.F.: D’indulgence, je ne crois pas… Pour moi, il s’agit d’une posture, d’un renoncement à son instinct. J’ai le sentiment qu’avec l’indulgence, l’autre n’existe pas…  Le pardon, lui, me semble une nécessité. Pardonner, c’est prendre le chemin de la remise en question de l’autre et de soi. Chemin certes plus long, mais indispensable au bonheur. Pour les  bouddhistes, le pardon permet de savoir que rien ne sera plus jamais comme avant, unique condition pour progresser. 

Gala: A plusieurs reprises, durant la tournée, vous avez fait monter de jeunes enfants sur scène. Vous semblez extrêmement à l’aise avec eux. 

M.F.: Quand je croise leurs regards, ils me bouleversent… Une petite fille, dans mes bras au milieu de cette scène immense, émue aux larmes, est un moment fragile et fort.  

Gala: Vous avez fréquenté le Cours Florent. Si vous aviez le choix: à quel acteur donneriez-vous la réplique, devant la caméra de quel réalisateur?

M.F.: Si j’avais le choix? Steve McQueen dans un film de David Lean… Ou… Idris Elba dans un film de Jane Campion! 

Gala: Votre vie a déjà fait l’objet de biographies plutôt «romanesques». Etes-vous flattée, amusée ou irritée d’être «l’héroïne» de certains écrits?

M.F.: Je ne lis aucune biographie me concernant, mais je suis plutôt amusée par les extravagances qui circulent. Certains ont horreur du vide, alors ils donnent libre cours à leur imagination. C’est du fantasme, pas de l’information. Un signe de notre temps.

GALA à la une 

Gala: Un singe capuçin, prénommée E.T., a partagé votre quotidien pendant près de trente ans. Depuis plus d’un an, c’est au tour d’un berger suisse blanc, Liloup, aux allures de louve. Qu’est-ce que ces deux compagnons révèlent de vous? 

M.F.: Je les considère comme des intimes. Ce sont des êtres sensibles pour qui seul le regard suffit.Ils sont la preuve que l’on peut aimer au-delà des mots. 

Gala: A la fin de chacun de vos concerts, vous avez disparu dans un nuage de fumée. Vous quitterez le métier avec autant de douceur?

M.F.:  »S’il te plaît prends ma main, ne te fais plus attendre, il est temps de s’étreindre, il est temps de s’éteindre, une dernière cigarette ». Comme le chante si bien Saez… Je ne sais que vous répondre puisque… Je n’ai moi-même la réponse. Partir en fumée… De toutes façons… C’est inéluctable.  

Gala: Mylène Farmer est-elle une insatiable?

M.F.: « Souviens-toi que le Temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup! C’est la loi. » (elle cite le poème L’Horloge, de Baudelaire, ndlr) Jouons encore un peu... En attendant la fin de la partie.

 

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Mylène F. – Le 12/13 à FR3 AQUITAINE

Posté par francesca7 le 30 décembre 2013

 

Présenté par Gérard BERLIET

 « Je suis une gagnante » Interview TV du 20 MAI 1984

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Le présentateur du journal de 12 h reçoit Mylène à la fin de son édition. Il l’interviewe brièvement puis le clip de « Maman a tort » est diffusé. En retour plateau, Alain Pujol, également invité, donne son avis sur le clip.

Gérard Berliet : Lorsqu’on est toute jeune et qu’on veut démarrer dans la chanson, ça ne doit pas être tellement facile. Je ne sais pas ce qu’en pense notre dernière invitée, Mylène Palmer (sic !), mais vous en êtes à votre premier disque…

Mylène Farmer : Oui…

GB : C’est donc le tout début. Ce n’est pas votre première télévision.

MF : Non, j’en ai déjà fait plusieurs.

GB : Déjà fait plusieurs, donc vous êtes déjà une ancienne dans le métier ?

MF : Non, pas une ancienne, une débutante ! Mais j’espère continuer.

GB : Pourquoi avoir essayé de tenter l’aventure ? Parce que c’est une aventure !

MF : Oui. Enfin j’ai surtout eu la chance, je crois, de rencontrer des musiciens, des compositeurs. Avant ça, j’avais suivi des cours de théâtre, donc il y a quand même un parallèle. Et puis, donc j’ai rencontré ces deux personnes qui m’ont proposé cette chanson, et grâce à ça, je pense que ça m’ouvrira des portes pour autre chose, aussi.

(…)

Diffusion du clip « Maman a tort » en intégralité

Image de prévisualisation YouTube

http://youtu.be/aRWzw8kOmVs

GB : Alain, alors maintenant vous avez vu, vous avez entendu…

Alain Pujol : J’ai vu et je suis pratiquement convaincu ! D’abord (…) je suis très sensible à l’image, et le clip maintenant va révolutionner un petit peu la mise en scène au niveau des plans variétés. Je suis frappé qu’en trois minutes et quelques, la durée d’un disque, on puisse avoir autant d’idées. Y a un côté un peu fou des photos de David Hamilton, y a tout. (A Mylène) Bon, vous êtes très télégénique, c’est un premier compliment…

MF : Merci !

AP : J’aime votre chanson, et j’aime aussi toute cette jeune chanson qui arrive, parce qu’on nous rabat souvent les oreilles avec la chanson d’autrefois, les « tchi-tchi », « Marinella », etc… c’était quand même pas des trouvailles extraordinaires ! Je pense que vous avez beaucoup de choses pour…beaucoup d’atouts mais parallèlement à la chanson, mais peut-être aussi la comédie, un téléfilm etc…Une seule petite restriction, y a un peu trop de glycérine sur les pleurs, ça doit être beaucoup plus somptueux quand vous pleurez d’amour !

(rires de Mylène)

GB : Alors, en quelques secondes, ce que vient de vous dire Alain Pujol, ça vous tente le cinéma, le théâtre ?

MF : Bien sûr que ça me tente, absolument ! Mais je pense que je le ferai, de toute façon. Je suis une gagnante, donc je pense que j’espère y arriver.

Le présentateur conclut le journal

 

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mylène Farmer se confie à gala.fr

Posté par francesca7 le 27 décembre 2013

 

article découvert sur GALA. décembre 2013

GALA3

Alors que sa tournée triomphale, Timeless 2013, s’achève, la chanteuse se confie sur ce grand rendez-vous avec son public, et sur la façon dont elle va reprendre le rythme du quotidien après cette série de concerts riche en émotions…

Gala : Vous venez d’achever votre tournée Timeless 2013. Revenir à la vie normale se révèle-t-il plus vertigineux que de se lancer dans une pareille aventure ?

Mylène Farmer : La fin d’une tournée est toujours un moment extrêmement brutal. C’est un peu comme la fin d’un voyage astral, il faut réintégrer son corps. Le choc est à la mesure des émotions partagées avec le public… Mais aussi avec les musiciens, les danseurs, les équipes, les proches… Il faut du temps pour reprendre le rythme du quotidien. Pour autant, je suis consciente de ne pas vivre une vie tout à fait « normale ». Le mot qui me vient à l’esprit, c’est « réapprivoiser » le temps, justement. On ne s’habitue jamais à une telle charge d’émotion. Pendant une tournée, le corps et l’esprit déploient des trésors d’ingéniosité pour trouver la force. A présent, le moment est venu pour moi de lâcher prise… Et ce n’est pas simple… 

Gala : Le sentiment de solitude, à la fin d’une tournée, est donc plus une peine qu’un besoin ?

Mylène Farmer : Ce n’est ni une peine, ni un besoin, mais une réalité. Après le dernier spectacle, il faut accepter de ne plus avoir rendez-vous avec des milliers de personnes. C’est ainsi. Mais l’éphémère rend aussi la scène magique et les échanges avec le public exceptionnels. Le sentiment de solitude qui s’en suit est le prix à payer. 

 

Gala : Vous avez pris les routes de France, de Belgique, de Suisse et même de Russie. Le dépaysement, la remise en question de vos habitudes parisiennes : cela vous demande-t-il un effort ou est-ce une attente ?

M.F. : J’aime l’idée de rendez-vous. Aller au devant des autres avec sincérité et être reçue de cette façon si extraordinaire… C’est un bonheur et une chance. Je suppose que, comme tout le monde, j’ai des habitudes, mais ce n’est vraiment pas ma spécialité. Je m’ennuie vite. La normalité me fait peur.

Retrouvez l’interview intégrale de Mylène Farmer dans votre magazine Gala n°1072, en kiosque mardi 24 décembre 2013.

 

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SALUT – pour un style Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 24 décembre 2013

 

7 NOVEMBRE 1984 – Entretien avec J.L. BOCQUET

« Nous voulons essayer de créer le style Mylène Farmer ! »

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A propos de son pavillon qu’elle fait visiter :

- C’est bas de plafond, petit, mais tellement sécurisant !

D’être devenue en quelques mois une habituée des médias ne la transformera pas en poupée de cire et de son :

- Je voulais être chanteuse et comédienne. Il se trouve que j’ai commencé par la chanson… quand j’ai décidé de faire quelque chose je m’y investis complètement. Cependant, je garde mes distances par rapport à ce métier. Je veux rester lucide et ne pas sentir ma tête gonfler parce que mon premier titre marche bien.

Elle se réjouit de ne pas encore être abordée constamment par des fans lorsqu’elle prend le métro :

- Les gens ne connaissent pas encore bien mon visage. « Maman a tort » est surtout énormément passé en radio. Jusqu’ici je n’ai fait que peu de télés… Et peut-être n’ai-je pas comme Jeanne Mas ce… ‘truc’ qui marque et accroche les gens.

Un visage de star du grand écran ?

- Je vais certainement bientôt recevoir des propositions, il y a déjà tellement de chanteurs sollicités, et qui n’en valent pas la peine ! (Grand éclat de rire) Je suis horrible, je ne devrais pas dire ça ! De toute façon, je n’accepterai de tourner que si Polanski ou Zulaw ski viennent me chercher ! (rires de nouveau) Je ne veux pas faire de cinéma pour faire du cinéma. J’attends un rôle qui me corresponde, qui m’apporte quelque chose.

Pour l’instant, priorité à Mylène-la-chanteuse :

- Je croyais qu’au bout de quatre mois un titre était mort et enterré… Il semblerait que non ! Je pense que 200 000 exemplaires de Maman a tort ont été vendus. Je ne connais pas le chiffre exact. Actuellement, je n’ai pas envie de m’intéresser à ça… Il y a déjà trop de gens qui s’en préoccupent.

Et l’avenir ?

- Je suis obligée d’y penser. Je vais enregistrer une version anglaise pour l’Allemagne et l’Italie. Et le prochain 45-trs est terminé, « Bip be bou rock’n roll ». Il sort en janvier. Ensuite si tout va bien, s’enchaînera un 33-trs.

Le but ?

- Avec Laurent Boutonnat et Jérome Dahan, nous voulons essayer de créer quelque chose, un style. Le style Mylène Farmer !

Imposer une image, sans pour autant perdre son identité :

- J’ai des producteurs jeunes qui ont l’intelligence de ne pas me pousser dans tous les endroits à la mode. Je ne veux pas faire comme tout le monde. J’aime bien ma vie tranquille. Être seule ou avec quelques amis intimes !

Des activités solitaires ?

-          Je lis beaucoup mais j’ai toujours peur en le disant que l’on me prenne pour une intellectuelle pimbêche! Je dessine de temps en temps presque exclusivement des sujets assez macabres ! Je commence à pianoter aussi. Et j’ai acheté un saxophone, c’est un instrument tellement beau !

 

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L’hiver en pente douce avec Mylène F. dans GRAFFITI

Posté par francesca7 le 24 décembre 2013

 

OCTOBRE 1988

 « J’espère être à la hauteur de tout ce que j’ai pu suggérer ! »

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A propos du choix de « Pourvu qu’elles soient douces » comme nouveau single :

- Parce que ! J’avais effectivement envie de changer de registre et de passer à des choses plus légères. Ce titre, ça pourrait être la suite de « Libertine » et il va amener une chorégraphie en télé similaire à « Sans Contrefaçon », avec des danseuses autour de moi.

A propos du clip illustrant la chanson :

- Il a été réalisé en neuf jours, en extérieur et dans son intégralité dans la forêt de Rambouillet et il dure dix huit minutes… L’action se situe en plein coeur de la guerre de sept ans, en 1759 exactement, et il y a toute une histoire romanesque autour de ce moment historique. Donc ça se passe en France : il y a d’un côté la garnison anglaise, de l’autre la française et puis le clip démarre sur la découverte de Libertine étendue et apparemment morte par un capitaine anglais, qui est joué par un comédien de théâtre. Ce dernier ramène Libertine dans son camp et s’ouvre alors une intrigue d’espionnage. Les français voulant infiltrer des informations, ils délèguent une bande de prostituées dirigées par celle qui campait la sorcière dans «Tristana » et ma rivale dans « Libertine ». Cela donne lieu à des cascades, des bagarres entre femmes, etc.

A propos du fait que le clip soit une suite à « Libertine » :

- A la limite, il pourrait y en avoir même une autre. Libertine, c’est un personnage que je n’ai pas envie d’abandonner et que j’entends faire exister.

A propos de ses références récurrentes à Baudelaire, Poe…

- Je suis associée à cette catégorie de gens aux âmes tourmentées…

A propos de ce qu’elle donne d’elle-même au public :

- C’est essentiel de conserver le mystère et de n’avoir à montrer aux autres que ce que moi, j’ai décidé de leur montrer. Bien sûr, ce métier vous oblige à ouvrir des fenêtres et je me trouve quelquefois trop prolixe, mais il demeure et il demeurera toujours des choses non dites… Mon analyse se produit lorsque j’écris et je ne suis pas très attirée par les explications de textes. A quoi bon ?! A la limite, ce métier de communication par excellence, c’est aussi celui de l’incommunication. Je suis égocentrique comme les autres artistes, et quand j’enregistre une chanson, je veux avant tout satisfaire mon petit plaisir personnel tout en songeant à une projection d’un public qui reste et qui doit rester abstraite. En fait, le mystère se situe des deux côtés et je considère que c’est très bien ainsi.

A propos des thèmes qu’elle met en avant dans ses chansons :

- J’essaie de faire partager des choses qui sont originales, et vu les réactions des gens, je crois qu’ils ont su les comprendre, les recevoir et ils se sont impliqués totalement dans cet univers qui leur ressemble et qui est autant le leur que le mien. C’est peut-être cela mon engagement.

A propos de ses deux petits singes :

- Je préfère la compagnie des singes à celle des chats. C’est sûr, ça peut paraître suspect pour certains mais c’est mon choix !

A propos de son originalité :

- Le succès dérange davantage les médias que le public car c’est le public qui décide du succès ou non d’un artiste. Par contre, les médias témoignent parfois des réactions très primaires que je ressens personnellement comme une agression. Je ne conserve rien des jours passés, mais j’y suis, j’y reste !

A propos d’être heureuse :

- Je ne le serai probablement jamais. Je suis consciente de ma chance et je remercie la vie tous les matins de ce qu’elle me donne. Seulement, il y a en même temps le prix à payer, souvent lourd à porter.

A propos des hommes qui l’attirent :

- Je n’aime que les hommes qui créent, mais n’attendez pas de moi un langage féministe car je ne le suis pas.

En ce moment les hommes souffrent d’un problème de pouvoir. De tout temps, ils ont voulu le pouvoir et c’est clair, désormais ils l’ont de moins en moins.

A propos de la place de la femme dans la société :

- Je crois qu’elles donnent la vie dans tous les sens du terme, c’est-à-dire qu’elles sont des inspiratrices et des muses, et l’homme a besoin d’elles pour pouvoir créer. D’ailleurs j’ai le sentiment que l’homme a davantage besoin de la femme que l’inverse…

A propos de l’avenir de sa carrière :

- J’espère être à la hauteur de tout ce que j’ai pu suggérer !

 

 

Publié dans Mylène 1987 - 1988, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Mylène Farmer et Laurent Boutonnat parlent du clip « Plus Grandir »

Posté par francesca7 le 22 décembre 2013

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STARFIX – AVRIL 1986 :  Entretien avec Christophe LEMAIRE

Mylène Farmer : J’ai rencontré Laurent au temps où il était associé avec un autre producteur. Ils ont écrit ensemble « Maman à tort ». Ils ont procédé à un casting et j’ai été choisie. Jusque-là j’avais suivi des cours de théâtre et j’avais été mannequin.

A propos du clip « Plus Grandir » :

J’ai fait le story-board et ai confectionné la poupée que l’on voit dans le clip et surtout je me suis intéressée de A à Z à l’histoire.

Laurent Boutonnat : Pour moi le clip est un moyen pour raconter une histoire.

A propos de « La Ballade de la Féconductrice » :

- Il est passé trois fois à la commission de contrôle, ce qui n’arrive jamais. La première fois, ils voulaient l’interdire complètement, puis il est passé en commission plénière où on a voulu le X-er. Finalement, sa sortie a été restreinte à une salle avec une interdiction aux moins de 18ans. J’en avais 17.

A propos de la genèse du clip « Plus Grandir » :

- Je n’aime pas les story-boards, je préfère le découpage technique. Celui-ci m’a servi à décrocher les capitaux chez Polygram / Polydor. J’avais des facilités à négocier car j’étais le producteur de Mylène et que l’on venait de signer chez Polygram pour trois albums. C’est une sorte de co-production, il y a une partie qu’on me donne et une autre qu’on m’enlève de mes royalties. Finalement, j’ai fait le clip pour 330 000 francs, ce qui est un petit budget.

A propos des fantasmes mis en scène dans le clip :

- Fantasmes principalement religieux -j’ai été longuement en pension chez les jésuites- et liés surtout au monde de l’enfance. Tu sais, toutes ces petites choses qui, petit, te font peur. J’ai tenté de les retranscrire dans mon clip comme cette statuette phosphorescente de vierge qui s’anime ou les apparitions des naines. En écoutant bien on s’aperçoit que le texte parle de la mort, de l’enfance et de la perte de la virginité. En même temps, on peut bien extrapoler et en parler en termes différents.

A propos de l’accueil frileux de certains médias :

- « Bonsoir les clips » n’en a pas voulu parce qu’il le trouvait trop morbide, ce qui est un comble vu son créneau horaire. Refusé dans les juke-boxes à clips. Une compagnie américaine, qui est en train de monter un long métrage avec une sélection des meilleurs clips de tous les pays, m’ont renvoyé la cassette en disant qu’ils l’adoraient mais qu’il ne fallait pas toucher à la religion.

A propos des cinq jours de tournage :

- On a dû tourner en studio car j’ai utilisé le scope et qu’il faut énormément de recul, le double par rapport au format normal. Les studios Sets, où nous avons filmé, sont principalement réservés à la pub. Ils nous ont permis d’utiliser leur matériel de déco : panneaux, cartons, etc. … Pour faire le plan de la poupée dans l’eau, on s’est fait prêter une énorme bassine de 500kg avec un gros hublot qui s’est mise à fuir pendant le tournage.

1986-01-aTout ça pour trois secondes de projection !

A propos de son directeur photo, Jean-Pierre Sauvaire :

- C’est un type très doué. Comme il vient de la pub, il est habitué à tout faire (noir et blanc, couleurs, effets spéciaux, scope). Pour moi il est encore plus pro qu’un chef-op de cinéma. Le résultat était tellement parfait qu’il n’a presque pas fallu d’étalonnage.

A propos de son projet de long-métrage :

- Au départ, j’étais avec un producteur qui travaillait beaucoup avec Parafrance. Il m’avait proposer de monter un film de terreur ‘à la Corman’ pour un budget de 150 briques, tourné en deux semaines. Une série z pour le circuit Parafrance qui à l’époque sortait une floppée de films de ce style dans tous les genres. Ca ne s’est pas fait. J’ai alors écrit un script en quinze jours, un conte pour grandes personnes que je suis en train de remanier.

 

 

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FR3 NORMANDIE – ROCKING CHAIR avec Mylène F.

Posté par francesca7 le 21 décembre 2013

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Présenté par Jan Lou JANEIR – 2 MARS 1985

« J’ai du caractère, et même un sale caractère. »

Mylène Farmer (assise à coté du présentateur, elle prend la parole pour accueillir les téléspectateurs) :  Bonjour, vous n’êtes pas sur FR3 Toulouse, mais sur FR3 Normandie ; l’émission n’est pas présentée par Guy Lux mais par Jan Lou Janeir ; je ne suis pas Chantal Goya mais Mylène Farmer ; la moquette n’est pas bleue, mais grise ; le décor n’est pas des palmiers, ce sont…

Jan Lou Janeir (l’interrompant) : S’il te plait…s’il te plait… Bon, t’arrêtes un peu ?! C’est bien sur le numéro 61 de « Rocking Chair » avec comme invitée vedette Mylène Farmer. Ca  s’annonce…conséquent ! (Mylène rit)

(Générique)

Jan Lou JANEIR : Salut, c’est « Rocking Chair », le numéro 61. Aujourd’hui, c’est pas vraiment simple puisqu’il sera question de femmes dans « Rocking Chair ».

MF : Je n’aime pas les femmes !

JLJ : Ca commence bien ! Avec comme invitée vedette Mylène Farmer : elle chante « Maman a tort », elle chantera aussi « On est tous des imbéciles », son nouveau 45-Trs -bravo, ça commence bien, très fort- avec aussi Biba et Les Bandits. Et on débute sans plus tarder avec une dame qui s’appelle Angelfred, le titre de la chanson « J’me félicite d’être là ».

MF : Moi aussi !

(…)

JLJ : L’invitée, aujourd’hui, de « Rocking Chair » je vous l’ai dit, elle s’appelle…

MF (elle achève sa phrase pour lui) : Mylène Farmer !

JLJ : Bravo, ben tu le sais par cœur ton nom !

MF : Oui, je l’ai appris !

1985-04-cJLJ : C’est un vrai nom ?

MF : Oui, c’est mon vrai nom.

JLJ : C’est pas un pseudonyme ?

MF : Non, non…

JLJ : Bon, ben je te le dis : ça sonne bien. Tu es née où ?

MF : Je suis née à Montréal, au Canada.

JLJ : Tu es québécoise ?

MF : Je suis québécoise, donc, et puis je vis en France depuis maintenant 8 ans. Et je suis plus française que canadienne.

JLJ : T’as pas l’accent du tout !

MF : Non, du tout. J’aime pas l’accent canadien.

JLJ : Pourquoi ?

MF : Ben, c’est…j’allais dire c’est un accent vulgaire. C’est un peu fort, mais c’est un accent que j’aime pas, qui ne m’est pas très familier.

JLJ : Tu es quelqu’un qui me donne l’impression de ne pas aimer grand-chose : c’est vrai ?

MF : Ca y est ça commence ! Pas du tout, je t’aime Jan Loup ! (rires)

JLJ : J’ai l’impression que tu es quelqu’un de vif !

MF : Je suis quelqu’un, oui, qui a un caractère, et même un sale caractère.

JLJ : Pourquoi tu dis ça de toi ?

MF : Parce que les techniciens vous le diront. D’ailleurs, ils sont derrière leurs caméras, ils peuvent rien dire, là, mais je suis sûre qu’ils… (rires)

JLJ : Mais dans le métier, t’es quelqu’un d’un peu dur ?

MF : Dur ? Non, je suis quelqu’un qui aime les choses bien faites. J’essaie, moi, de faire les choses bien, et j’aimerais que les gens fassent la même chose.

JLJ : Mais t’as pas l’impression qu’on est obligé de travailler avec tout le monde ? Par exemple, quand tu fais « Maman a Tort », ce grand tube qu’on va découvrir dans quelques instants, ce n’est pas toi qui écrit ni compose.

MF : Non. En fait, nous formons une équipe de trois personnes : il y a Jérôme Dahan, Laurent Boutonnat et moi-même. Les deux garçons composent, écrivent musique et paroles, et puis moi j’interprète.

JLJ : Mais tu m’as pas répondu : c’est pas simple de travailler en équipe, faut que tout le monde s’entende bien.

MF : C’est difficile, mais c’est quand même très agréable quand on est très liés. C’est important d’avoir des équipes soudées.

JLJ : Tu es très liée avec les gens avec qui tu travailles ?

MF : Très liée, oui. Je vois ces deux personnes tous les jours depuis un an maintenant, et on s’entend très bien.

JLJ : Tu voulais faire de la chanson ou tu voulais faire d’autres choses avant ?

MF : Je m’orientais vers le métier de monitrice d’équitation, et ensuite j’ai bifurqué vers les cours de théâtre et puis j’ai terminé par le métier de chanteuse et c’est très bien !

JLJ : Tu t’entendais bien avec les chevaux ?

MF : Très, très bien !

JLJ : D’accord. Parce qu’on sait jamais ! (rires)

MF : Les pauvres !

JLJ : On va t’écouter chanter, Mylène Farmer. Tu veux ?

MF : D’accord…

JLJ : (…) Ca s’appelle « Maman a tort », et puis vous allez la retrouver dans quelques instants, Mylène Farmer, puisqu’elle est l’invitée de « Rocking Chair », et attention : pour les questions, ça va barder tout de suite après ! (rires de Mylène)

Diffusion d’une séquence où Mylène chante et danse « Maman a tort » sur le plateau de l’émission.JLJ : Voilà, c’était Mylène Farmer, ça s’appelait « Maman a tort » -ça s’appelle toujours d’ailleurs, puisque c’est le tube, le premier…

MF : Oui !

JLJ : Mylène, c’est difficile de faire un tube ? Parce qu’après, quand on veut faire une deuxième chanson, c’est pas simple !

MF : Non, ce n’est simple pour personne.

JLJ : C’est vrai !

MF : Parce que la grande phrase, c’est « On vous attend au tournant », alors qu’on fait en sorte d’avoir une chanson aussi forte que la première, et puis d’avoir des prestations aussi bonnes que les premières !

JLJ : Ouais, c’est vrai, c’est pas simple.

MF : Non c’est pas simple, parce que le public est dur et exigeant, et le métier aussi. Donc c’est comme ça que se fait le tri au fur et à mesure, et puis y en a qui restent, et puis d’autres qui partiront, y en a qui reviendront, et puis…

JLJ : T’as envie de faire une carrière, Mylène Farmer ?

MF : Bien sûr. Je crois que c’est le rêve de toute personne qui débute, enfin j’espère. Je m’y accroche.

JLJ : Oui, mais de faire une carrière ? C’est-à-dire, bon…faire ça 20 ans ?

MF : Oui, mais ça s’apprend, ça aussi. C’est un métier, la chanson, donc va falloir prendre des cours de danse, des cours de plein de choses pour pouvoir éventuellement faire de la scène.

JLJ : Ha bon, t’as envie de danser en plus ?

MF : Bien sûr, oui !

JLJ : Ca te suffit pas de chanter !

MF : Non…

JLJ : De faire du théâtre ?

MF : Oui !

JLJ : De faire du cinéma, même ?

MF : J’espère le cinéma, mais ça je vais attendre un pour l’instant…

JLJ : Mais est-ce que c’est parce que t’as 23 ans, tu es toute jeune et tu te dis que finalement t’as envie de tout faire ? Mais tu sais, quand on veut tout faire, c’est ce que dit un certain nombre de gens, t’as pas peur qu’on se disperse ?

MF : Non, non justement, c’est ce dont je parlais : je préfère pour l’instant me consacrer à la chanson et plus tard, le cinéma s’il fait appel à moi, j’y viendrai.

JLJ : Quel effet ça fait d’être très connue à 23 ans ? C’est sympa ? C’est difficile à vivre ?

MF : Pour l’instant, ça m’est pas trop pénible, c’est même plutôt agréable ! (rires)

JLJ : Oui, j’imagine !

MF : Je ne sais pas, avec peut-être cinq ans de recul, je m’en plaindrai peut-être ! Mais là, ça va…

JLJ : T’as peu parlé, en tout cas, toi ! T’as beaucoup chanté, on t’a vu beaucoup : télé, radio… Mais t’as peu parlé…

MF : Oui… Ben, ce que je disais, c’est que dans les émissions qui sont consacrées aux variétés, la plupart du temps les interview s passent un peu outre. Et puis on a tendance à interview quelqu’un qui est installé depuis cinq, dix ans dans le métier plutôt qu’une jeune personne. Et puis les questions  sont pas très souvent intéressantes non plus, faut le dire !

JLJ : Mais c’est pas facile ça, aussi, de dire « Bon, la technique ça va pas, les questions ça va pas », plutôt que de toujours avoir, comment dire, tendance à donner les torts aux autres et pas à soi ? C’est un peu comme « Maman a tort », finalement : c’est pas toi qui a tort, là, à nouveau, c’est toujours les autres qui ont les torts, c’est facile non ?

MF : C’est bien, oui, c’est agréable ! (rires)

JLJ : C’est sûr, c’est très confortable !

MF : Non, non, non, non, moi je reconnais tous mes torts mais c’est vrai que j’aime bien accuser les gens aussi, mais quand j’en ai la conviction je le dis !JLJ : Tu m’apparais pas une fille facile, comme on dit. On sent quelqu’un qui a beaucoup de caractère.

MF : Bah oui, j’ai du caractère ! Une fille facile, ça je ne sais pas… (rires)

JLJ : D’accord…

Lancement ensuite du groupe Les Bandits par l’animateur, alors que Mylène imite le bruit d’un pistolet pour illustrer le nom du groupe.

JLJ : Qu’est-ce que tu aimes, là ? C’est aller chanter devant les gens quand on fait des galas, plutôt que de faire toujours des télés, des radios, être loin du public ?

MF : Oui, je vais dire quelque chose de banal : c’est peut-être le contact direct avec le public. Et puis, c’est surtout une performance.

JLJ : Ha oui, oui, pour soi.

MF : Pour soi, oui.

JLJ : Bien sûr. Quand tu disais tout à l’heure que tu voulais danser…

MF : Hmm hmm (elle acquiesce), je suis des cours de danse une fois par jour.

JLJ : Ha bon ?!

MF : Oui !

JLJ : Combien d’heures ?

MF : Heu, une heure. C’est déjà crevant ! C’est très, très difficile en fait, la danse.

JLJ : C’est pas trop peu pour faire ce métier, par rapport à la danse ?

MF : Trop peu, une fois par jour ?

JLJ : Une heure, non ? Je sais pas, je pose la question…

MF : Une heure par jour… C’est vrai que si j’ai à monter un spectacle, ça sera huit heures par jour ! Mais pour l’instant, j’ai pas mal de choses à faire : j’ai la promotion de ce disque…

JLJ : Bien sûr, « On est tous des imbéciles »…

MF : « On est tous des imbéciles », une fois de plus !

JLJ : (…) Et tu aimes aller voir d’autres spectacles de grands de ce métier ?

MF : J’avoue que j’y vais très rarement, je vais plus facilement au cinéma.

JLJ : Pourquoi ?

MF (elle soupire) : Oh, c’est sans doute par fainéantise, aller chercher sa place, faire la queue… Mais c’est un peu en fait le même phénomène que le cinéma : une fois qu’on est dans la salle, c’est un ravissement. Mais se déplacer, aller chercher sa place, tout ça c’est très pénible. Je suis très fainéante.

JLJ : T’es très casanière ?

MF : Oui !

JLJ : Ha bon ?

MF : Oui, oui, j’aime bien rester chez moi !

JLJ : Alors qu’est-ce que tu fais quand t’es chez toi ? Tu regardes la télé ?

MF : Ca m’arrive de regarder la télé, mais je lis, je réfléchis… Il m’arrive de peindre, aussi.

JLJ : Non ?!

MF (exagérément) : Si !

JLJ : Tu peins quoi ?

MF : Je peins des horreurs !

JLJ : Des horreurs, c’est-à-dire ?

MF : Je peins des petits enfants qui sont tout maigres, un peu comme moi, je peins des paysages un peu fantastiques… Je suis attirée par ces choses.

JLJ : Avec l’envie d’aller exposer, ou c’est vraiment de l’ordre du plaisir personnel ?

MF : Heu, exposer… Je crois que rien n’est fait par hasard, il faut vraiment avoir du talent. J’irais pas exposer mes peintures, non. C’est pas quelque chose que je revendique.

Lancement d’une séquence où, toujours sur le plateau de l’émission, Mylène interprète « On est tous des imbéciles » en effectuant sa chorégraphie et en multipliant les grimaces, plus qu’elle ne le fera sur toutes les autres prestations télévisées de ce titre !

JLJ : (…) Sympa, ce titre-là !

MF : Oui, les gens ont beaucoup d’humour et le prennent très bien !

JLJ : Qu’est-ce que tu penses du rock, Mylène ? Parce que bon, « Rocking Chair » c’est une émission de rock. Je t’ai invité parce que je trouve…

MF : Parce que tu pouvais pas faire autrement !

JLJ : Non, j’avais envie de te rencontrer, savoir ce qui se cachait derrière ce visage un peu flou, cette image floue que tu renvoies.

MF : Tu veux que je te parle du rock… J’avoue que j’écoute très peu le rock et que j’ai un peu de mal à le définir.

JLJ : Qu’est-ce que tu écoutes, alors, comme musique ?

MF : J’écoute un peu de musique classique, j’aime beaucoup Wagner. Sinon, il m’arrive d’écouter de la variété française, j’aime bien Gainsbourg, j’aime bien ce qu’a fait Adjani. Et puis il m’arrive aussi d’écouter de la variété anglo-saxonne, j’aime beaucoup Paul Young, les Beatles, j’aime bien… J’aime bien Julio Iglesias !

JLJ : Non !

MF : Si ! (rires)

JLJ : Tu dis ça… ?

MF : Sérieusement ! C’est un monsieur qui a énormément de talent, je trouve.

JLJ : Alors donc, tu penses que le talent… Tu le définis comment, toi, le talent, dans le rock ou ailleurs ? C’est quoi ? C’est ce qu’on ressent, ou c’est les gens qui se précipitent, comme ça, pour décréter que quelqu’un a du talent ?

MF : Bah, le talent ça peut être –c’est un tout,surtout- ça peut être une belle voix, ça peut être de belles interprétations et puis c’est surtout une aura, enfin quelque chose qu’a une personne, ce que dégage une personne.

JLJ : T’as pas l’impression si tu dis à un certain type de public que tu aimes Julio Iglesias, ou quelqu’un d’autre, que tu peux te couper d’un autre public ? Ou est-ce que c’est de la provocation ?

MF : Je ne pense pas, parce que justement, non, ce qui se passe pour Julio Iglesias puisqu’on en parle, a quand même un public très, très, très vaste.

JLJ : Oui, mais il a pas le public rock par exemple, ça c’est évident.

MF : J’en sais rien, j’ai pas demandé à quelqu’un de rock s’il aimait Julio… Je pense qu’on peut aimer les deux, au contraire puisque dans le rock, on a tendance aussi à les mettre dans un carcan. Je trouve qu’il faut s’élargir. Le rock, y a du hard-rock j’imagine, après y a le rock… Voilà !

JLJ : D’accord. Donc, tu n’as pas peur véritablement, toi, de te couper des autres en affirmant qui tu es, ce que tu penses…

MF : Mais au contraire, je crois que je me rapprocherais des gens. Dans ce métier, c’est vrai que j’ai un privilège, c’est de pouvoir mentir et dire n’importe quoi. Je joue un peu avec les deux, donc y a à en prendre et à en laisser ! (rires)

JLJ : (…) Voilà, c’était Mylène Farmer ! (…)

L’animateur annonce ensuite l’adresse postale de l’émission et propose aux téléspectateurs d’écrire une lettre d’amour à Mylène !

JLJ : La plus jolie lettre d’amour à Mylène Farmer sera récompensée de… Mylène ?

MF : Heu… Le droit de m’écrire une deuxième lettre !

 

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PLATINE 45 / JACKY et MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 21 décembre 2013

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Présenté par JACKY – 27 FÉVRIER 1985 – ANTENNE 2

Invitée de cette émission mythique des années 80, Mylène co-présente carrément l’émission en compagnie de Jacky. Le courant passe bien entre eux deux et le ton est à la plaisanterie tout au long de l’émission.

Jacky : Bonjour Mylène ! Ca va ?

Mylène Farmer : Bonjour Jacky, ça va. (elle lui fait un bisou sur la joue)

J : Oh un petit bisou !

MF : (sur un ton enfantin) : Voui !

J : Je peux t’en faire un aussi ?

MF : Voui ! (Ils se font la bise.)

J : Au fait, dis-moi : tu es majeure pour venir à Platine 45 ? Tu as le droit, ou quoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ?

MF : (toujours avec un ton enfantin) Non, mais j’ai demandé l’autorisation à mon papa et il a dit oui.

J : C’est vrai ?

MF : Oui. Bonjour Papa ! (elle fait coucou à la caméra)

J : Bonjour le papa de Mylène ! (…) Alors, qu’est-ce qui s’est passé, Mylène, avant ton premier disque ?

Raconte-nous un peu !

MF : Avant mon premier disque, j’étais mannequin junior.

J : Mannequin pour les petits, ça veut dire ça ? Non ?!

MF : Non…

J : Mannequin parce que tu es petite.

MF : (un silence, puis faussement vexée) Bon, allez au revoir.

J : Non non, mais pars pas tout de suite quand même ! Tu es vexée ou quoi ?

MF : Oui !

J : Non, sans plus !

MF : Mais si ! Je fais de la chanson parce que je suis petite.

J : C’est par dépit ?

MF : Oui !

J : Ou par amour ?

MF : Un peu des deux.

J : C’est par amour pour moi, non ?

MF : (elle arrête de faire la fâchée) Bon, allez !

J : Allez, allez ! Alors ta deuxième chanson, elle s’appelle comment ?

MF : Elle s’appelle « On est tous des imbéciles ».

J : Ca veut dire tout le monde, sans exception ?

MF : Sauf toi Jacky, bien sûr.

J : Et sauf toi ?

MF : Et puis un petit peu moi, quand même !

J : Et sauf eux ! (les téléspectateurs ndlr)

MF : (avec un grand sourire) Sauf eux !

J : Personne n’est imbécile, donc du coup alors !

MF : Non, ben je vais peut-être pas le chanter alors !

1985-05-d

J : Si, moi j’aimerais bien que tu chantes !

MF : On le fait quand même ?

J : On va faire ton clip et tu reviens tout de suite avec moi ?

MF : Oui, d’accord.

Diffusion d’une séquence où Mylène chante « On est Tous des Imbéciles » sur un fond qui est tantôt noir, tantôt blanc.

Retour plateau. Mylène fait un bisou à Jacky sur le front.

J : Je pourrai plus poser de questions, là ! Qu’est-ce qui se passe ?

MF : Je sais pas !

J : T’embrasse alors ?

MF : Coup de cœur…

J : Bon, alors est-ce que ça a été vite pour toi Mylène, avant ton premier disque ? Tu as fait beaucoup de maisons de disques ? Ca a été rapidement ?

MF : On a cherché pas mal…

J : Tu t’es fait refuser, rejeter ?

MF : Heu…On s’est fait rejeter ? Y a des gens qui disaient « Génial ! », et puis ils attendaient, ils attendaient, ils attendaient…Et puis finalement, c’est RCA qui a signé.

J : Ils ont eu raison, non ?

MF : Je crois…

J : Ha ben moi aussi ! Alors, « Maman a tort » : explique-moi un peu ça. Le texte, d’abord, c’est pour toutes les mamans du monde ?

MF : C’est pour toutes les mamans du monde, mais il faut pas trop leur dire parce qu’elles vont finir par m’agresser dans la rue !

J : Pourquoi ?!

MF : Ben, parce que « Maman a tort », elles aiment pas !

J : C’est vrai, ça, ce que tu dis ?

MF : Oui, oui !

J : Et pourquoi ? Par rapport à leurs enfants ?

MF : Non, parce qu’on touche pas aux mamans. On touche pas à ces choses là.

J : Ha oui, c’est un conflit de générations, quoi.

MF : Ben oui…Excuse-moi, Maman !

J : Même la tienne a tort ? Non !

MF : Si !

J : Bon…Est-ce que tu connais le Blitz ? Si je te dis le Blitz ?

MF : Heu…C’est un gâteau russe. (Mylène ne confondrait-elle pas avec le blinis ? ndlr)

J : C’est un gâteau russe, mais ça veut dire « éclair » en allemand, aussi, « blitz ».

MF : D’accord…

J : Et c’est un mec, aussi, qui chante.

MF : …connais pas !

Diffusion du clip de ce groupe. Retour plateau. Jacky et Mylène sont en train de danser un slow.

MF : Jacky ?

J : Oui ?

MF : Tais-toi !

J : (faussement dépité) Bon…Et à part ça ?

MF : Je peux faire quelque chose ?

J : Ouais !

MF : Tu peux te baisse un peu ? Parce que je suis petite, tu sais bien.

Il se baisse et Mylène lui fait une grosse bise sonore sur le front et laisse une marque de rouge à lèvres.

J : Ca va comme ça ? Oh lala ! Mais je vais être obligé de me taire, maintenant non ?

MF : Non, non vas-y !

J : Bon…Mylène ?

MF : Jacky ?

J : Qu’entends-tu par « On est tous des imbéciles » ?

MF : Je sais pas ! Tu veux bien la reposer ?

J : Oui : Mylène, qu’entends-tu par « On est tous des imbéciles » ?

MF : Hé bien, c’est une chanson qui est écrite pour le métier, peut-être, un petit peu…

J : Le métier de chanteur, le show -business ?

MF : Le show -business, peut-être le métier en général. C’est que on a tort de se prendre au sérieux. Il faut faire les choses sérieusement, mais pas se prendre au sérieux.

J : C’est un peu ce que je pense, Mylène. Et la face B s’appelle « L’Annonciation », c’est ça ?

MF : Oui, c’est une très belle chanson, même que j’ai pleuré tout le temps quand je l’ai chantée !

J : Ha bon !

MF : Oui.

J : Tu composes…

MF : (elle l’interrompt) Est-ce que je peux raconter une histoire ?

J : Vas-y !

MF : Voilà, alors y a deux petits poissons qui sont dans un bocal…

J : Oui…

MF : Et puis y a petit poisson qui dit à son autre copain petit poisson : « Mais, si Dieu n’existait pas, qui nous changerait l’eau du bocal ? »

J : C’est vrai. Peut-être Ivan, non, qu’est-ce que tu en penses ?

MF : Ivan…ohé ! (décidemment très blagueuse !)

J : Ohé Ivan, viens changer l’eau du bocal ! (…) Ivan, c’est un espagnol. C’est pas grave ?

MF : Non, j’aime bien les espagnols.

Le clip de Ivan est diffusé. Au retour plateau, Mylène chantonne.

MF : Un, maman a tort…

J : Deux, c’est quoi ?

MF : C’est beau l’amour…

J : Et trois ?

MF : L’infirmière pleure…

J : Ha bon ! Tu veux chanter encore « Maman a tort » ?

MF : Non, non…Je peux faire quelque chose ?

J : Ouais, mais c’est la dernière fois, hein !

MF : Oh, y en a encore huit ! (elle fait 3 avec ses doigts !)

J : Bon, d’accord…

Mylène embrasse de nouveau Jacky sur la joue de façon très sonore et laisse une grosse marque de rouge à lèvres de plus.

MF : Ca va Jacky ?

J : Ouais, ça va. Là je commence un peu à… (Il semble étourdi et Mylène rit de manière attendrie)

MF : Tu sais que je prends des cours de danse ?

J : Oh !

MF : Tu veux que je te montre un petit pas de danse ?

J : Fais-moi une démonstration !

Mylène met ses bras au dessus de sa tête et fais un tour sur elle-même, comme les petites ballerines.

J : Ha ouais…Et tu prends des cours pour ça ?!

MF : (toute fière d’elle) Oui !

J : Ha, c’est bien…

MF : Tu viens avec moi la prochaine fois ?

1985-05-a

J : Quand tu veux ! On sort de l’émission, et puis…Voilà !

MF : Ca s’appelle « Stayin’ Alive » !

J : Ha oui ? « La Fièvre du Samedi Soir », c’est ça?

MF : Mais là, on est mercredi, non ?

J : On est mercredi, mais on peut être samedi aussi, parce qu’on est rediffusé le samedi matin ! C’est au choix, si tu veux !

MF : Super !

J : C’est super, non ? Qu’est-ce que tu en penses ?

MF : Ouais ! Très bien !

J : Alors tu prépares un album, ou quoi ? Parce que tu vas pas en rester là, toi.

MF : Non ! Après ce 45-Tours, s’il marche bien, on va sortir un 30-centimètres, et les chansons sont presque toutes finies.

J : C’est vrai ?

Mylène acquiesce

J : Mais tu n’es qu’interprète, toi : tu composes pas.

MF : Ca te dérange ?

J : Non, au contraire ça m’arrange !

MF : Moi je trouve ça déjà pas mal, hein ?

J : Moi je trouve ça énorme ! C’est mieux, même, non ?

MF : Oui, oui…

J : Parce que tu es au devant, quoi.

MF : Absolument.

J : Au lieu d’être derrière.

MF : Oui, c’est ça…

J : C’est sympa. Qu’est-ce que tu écoutes, en musique, à part ça ?

MF : Heu…

J : A part toi !

MF : J’aime Julio « Des Eglises » ! Et j’aime que lui !

J : C’est vrai ?

MF : Oui. (Mylène imite Julio Iglesias en faisant un regard langoureux) « Je te donne mon cœur… »

J : Vas-y, continue !

MF : (elle chante) « Méva, méva, méva, mévaaaaaaaaaa »

J : Bon, ben écoute, je vais te laisser, Mylène. OK ?

MF : Voui.

J : C’était très gentil d’être restée à « Platine 45 ».

Mylène fait au revoir avec la main à la caméra.

J : Je te demande pas de m’embrasser, parce que tu l’as déjà fait de nombreuses fois. Quoique…

Mylène prend Jacky par le cou et lui couvre le visage de nombreux baisers !

J : Bon, ben au revoir, Mylène !

MF : Salut !

J : Je peux t’embrasser aussi ?

MF : Oh oui, bien sûr !

J : OK.

Mylène l’embrasse maintenant dans le cou, sur le menton, partout…

J : (…) Salut, au revoir !

Mylène se tourne vers la caméra en riant de bon cœur et en faisant au revoir.

 

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FR3 GRAND EST – MÉLANGE 3 TEMPS Avec Mylène F.

Posté par francesca7 le 18 décembre 2013

 

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Émission du 6 NOVEMBRE 1984 – Présenté par Yannick PENAGOS

Mylène est présente sur le plateau de cette émission musicale avec un jeune groupe de rock local, Crisis.

Après que celui-ci se soit exprimé, l’animateur fait intervenir Mylène, vêtue d’une tenue jamais vue alors pour la promotion de « Maman a Tort » : un haut violet à col roulé vert surmonté d’une veste jaune.

Yannick Penagos : M ylène, en ce qui vous concerne, ça se passe très, très bien pour un premier disque : c’est un énorme succès !

Mylène Farmer : Ca va !

YP : Ca a changé beaucoup de choses pour vous, ce succès ?

MF : Ha, question difficile ! (rires) ‘Changé beaucoup de choses’, oui dans la mesure où c’est un métier qui n’a pas vraiment de structure : on se lève pas à huit heures, on ne se couche pas à dix heures. Ca change forcément des choses, oui.

YP : Et cette chanson (« Maman a Tort », nda), on peut la situer à quelle époque, cette histoire ? C’est une histoire donc qu’on peut situer à quelle époque dans une vie ? On choisit ?

MF : Heu…Oui, je vous laisse choisir, mais ça peut se situer en 1984 par exemple, ça peut se situer dans un hôpital psychiatrique aussi avec…

YP : Un enfant ?

MF : Avec un enfant, une adolescente même, pourquoi pas une jeune fille qui peut être sensibilisée par une infirmière…

YP : Je voudrais qu’on parle un peu du look (Yannick Penagos se tourne d’abord vers le chanteur du groupe Crisis, au look typique des années 1980 avant de se tourner à nouveau vers Mylène).

 M ylène, en ce qui vous concerne, vous choisissez ou vous êtes conseillée ? C’est un travail d’équipe ? Comment ça se passe pour adopter un look ?

MF : Pour l’instant, c’est un travail d’équipe. C’est-à-dire, je ne prends pas tout seule l’initiative, je propose et puis mes producteurs donnent leur accord. Voilà !

YP : M ais alors, il y a tout : il y a la coiffure, il y a les vêtements, les couleurs…

MF : Non, la coiffure, j’ai toujours eu cette coiffure et ça, j’y tenais. Et quant aux vêtements, ben j’ai répondu, c’est…

YP : Dans les projets assez proches, je crois savoir qu’il y a une version anglaise de « Maman a Tort »…

MF : Oui, là je travaille en studio actuellement pour sortir une version anglaise pour qu’elle soit aussi exportable dans différents pays comme l’Italie, comme l’Allemagne ou la Suède… (« My Mum mis Wrong » ne sera finalement curieusement distribué qu’en France en cette fin d’année 1984, nda)

YP : Et puis des projets un peu plus éloignés, un 45-tours je crois ?

1984-05-aMF : Voilà, je vais sortir un prochain 45-tours je pense aux alentours de décembre, janvier sur lequel il y aura deux chansons. (« On est Tous des Imbéciles », dont l’enregistrement sera finalisé en décembre 1984, sortira finalement dans le commerce en février 1985 avec effectivement une face B originale, nda)

YP : Toujours la même équipe de travail ?

MF : La même équipe, oui !

YP : Quand ça marche, faut pas changer, vous avez raison ! En tout cas, promettez-moi ce soir de venir nous présenter votre nouvelle chanson ou vos nouvelles chansons !

MF : C’est promis ! (cette promesse ne fût malheureusement a priori pas honorée, nda)

YP : C’est avec plaisir qu’on vous accueillera. Vous pouvez vous mettre en place et on se quitte donc avec M ylène Farmer, « M aman a Tort ».

Pour conclure l’émission, Mylène chante « Maman a Tort » en en effectuant la chorégraphie.

 

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Mylène Farmer dans NUMÉROS 1

Posté par francesca7 le 18 décembre 2013

 

EN SEPTEMBRE 1984

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Présente-toi en quelques mots Mylène.

- J’ai 21 ans et je suis née à Montréal au Canada dans la province du Québec. J’y ai vécu dix ans.

Pour qui chantes-tu, à qui t’adresse-tu ?

- Pour personne en particulier et pour tout le monde. Aussi bien les enfants que les jeunes et les personnes âgées.

Utilises-tu ton vrai patronyme ?

- C’est mon vrai nom.

As-tu déjà écrit à un chanteur, as-tu déjà été fan, de qui ?

- Non, jamais. Je ne fanatise personne.

Cite-moi une chanson que tu aurais aimé chanter ?

- Non, je suis très heureuse de « Maman a tort » !

As-tu un modèle dans la chanson ?

- Je n’ai pas de modèle dans la chanson.

Les Carpentier te donnent un «Formule 1». Qui invites-tu, que fais-tu ?

- J’inviterai Gainsbourg, Dutronc, et quelqu’un qui jouerait de la musique de la musique classique, du piano de préférence, et du Wagner. Monsieur Polanski aussi. Et je ferai une exposition de mes peintures.

Dernier film vu, dernier disque écouté, dernier journal lu ?

- « Il était une fois l’Amérique » et « Roman » par Polanski. Le mien ! Je ne lis pas les journaux… Actuel, je l’ai feuilleté.

Pour la une des magazines, on te propose de te fiancer. Acceptes-tu ?

- Non.

Ton producteur travaille pour toi ou tu travailles pour ton producteur ?

- Nous travaillons ensemble, d’un commun accord, la main dans la main.

Un chanteur de l’An 2000, comment l’imagines-tu ?

- J’espère un peu plus cultivé que les chanteurs de 1984 !

Qu’est-ce que tu as de plus que les 150 autres qui sortent un disque cet été ?

- C’est à vous de le dire, je vous laisse le libre choix.

Où peut-on t’écrire ?

-          Chez R.C.A., ma maison de disques. Adresse : 9, avenue Matignon, 75008 Paris.

 

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Mylène Farmer Entretien avec Cécile TESSEYRE

Posté par francesca7 le 15 décembre 2013

 

TÉLÉ 7 JOURS – 10 DÉCEMBRE 1988

Elle ose, elle choque, elle charme / De « Libertine » à « Pourvu qu’elles soient Douces », vos chansons ont toujours été un peu osées.

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Jusqu’où irez-vous ?

- Je ne m’autorise pas de limites. En ce moment, je n’écris pas, la question ne se pose donc pas…

Certains trouvent vos paroles choquantes…

- Dans « Sans Contrefaçon » je dis ‘je me fous du qu’en dira-t-on’. C’est vrai. Malgré tout, je pense avoir beaucoup d’interlocuteurs favorables puisque le 33-Trs « Ainsi Soit Je… » approche déjà les 600.000 exemplaires vendus.

Et vos parents, votre famille…

- Nous n’avons aucun dialogue sur ce sujet. Nous sommes une famille de longs silences, mais qui ne sont pas pour autant de longs creux…

1988-31-cL’amour, le couple sont-ils importants pour vous ?

- Pour moi, l’amour est fondamental pour la créativité. J’aime beaucoup cette phrase du romancier Luc Dietrich qui dit que ‘l’amour est un grand courage inutile’. Je suis comme mes chansons : libertine, douce et fidèle. Très fidèle.

Êtes-vous heureuse ?

- Je suis incapable de répondre. Une fois de plus, c’est un paradoxe. Pour moi, l’amour doit être grandeur et décadence.

Lio vient de poser nue pour ‘Lui’. Vous apparaissez dénudée dans certains de vos clips. Vous imiteriez Lio pour des photos ?

- Non. On me l’a déjà proposé, pour une somme d’ailleurs très rondelette. Je ne le ferai jamais car je n’éprouve aucun plaisir à cela. La seule motivation de ceux qui acceptent est l’argent. Quant à Lio, je me garderai bien de la juger, car c’est une artiste que je respecte beaucoup.

Que dit votre courrier ?

- Je reçois de plus en plus de lettres, et j’ai de moins en moins le temps d’y répondre, car je ne veux déléguer ce bonheur à personne. Je reçois de longues lettres de gens qui ont le mal de vivre et qui cherchent un dialogue ou une consolation. Ma meilleure façon de leur répondre, c’est à travers les chansons. Je n’ai jamais reçu de lettre d’insultes ! 

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A propos de la mélancolie de Mylène FARMER sur FRANCE SOIR

Posté par francesca7 le 15 décembre 2013

 

Entretien avec R.G. – le 19 NOVEMBRE 1988

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« Je vis dans mon monde pour oublier la réalité. »

A propos de la mélancolie qui se dégage de ses textes :

- Le bonheur, je ne sais pas ce que c’est. Je ne connais que des moments d’extase ponctués de désespoir et d’anéantissement.

A propos des textes qu’elle signe en majorité sur « Ainsi Soit Je… » :

- J’ai le démon de l’écriture. J’y pensais depuis longtemps et j’ai mis fin à mes inhibitions. Ecrire, c’est à la fois un viol et une jouissance.

A propos du texte de « Pourvu qu’elles soient Douces » et de la perversion en général :

- C’est une chanson pamphlétaire. Elle s’adresse à la grande perversion des hommes, du moins celle qu’ils pensent s’accorder. Je ne pense pas être une perverse sexuelle. Et puis, une perversion, cela peut être une normalité, non ? Tout dépend de ses propres valeurs.

A propos du sexe :

- Je crois que je pourrais vivre sans. Mais pas sans fantasmes : je vis de fantasmes et c’est une mortification de savoir que je ne pourrai pas tous les assouvir. Mon fantasme habituel ? Vivre avec trois hommes, sans qu’aucun ne connaisse l’existence des deux autres. Trois amants car trois est le chiffre parfait.

A propos de sa pudeur :

- Quand je me vois à l’écran, je n’ai pas l’impression que c’est moi. Je suis d’une pudeur maladive. Je suis gênée quand je me déshabille, même devant l’homme que j’aime.

A propos de sa personnalité, qualifiée d’insaisissable :

- Je suis sincère. Je vis dans mon monde pour oublier la réalité. J’ai peur du noir. Quand je suis dans le noir, je ferme les yeux.

A propos de son futur spectacle au Palais des Sports :

- Ce sera une renaissance. Ou une fin…

A propos d’une audace qu’elle serait capable de commettre sans réfléchir :

- Vous embrasser sur la bouche, là, immédiatement ! 

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Mylène Farmer n’est pas celle que l’on croit

Posté par francesca7 le 15 décembre 2013

 - STAR CLUB de NOVEMBRE 1988 – Entretien avec Judith CARRAZ

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« Je n’ai pas l’impression d’être un objet du désir,

ou alors je dois me voiler la face inconsciemment. »

A propos de son enfance :

- A cette époque là, j’étais une petite fille plutôt renfermée. Je ne pensais pas vraiment à la chanson. Je n’achetais pas de disques, ma seule passion était les animaux. J’ai vécu très mal le passage de l’enfance à l’adolescence. Heureusement, je portais en moi la conviction très forte que j’allais réussir dans un domaine artistique, mais je ne savais pas encore lequel.

A propos de « Plus Grandir », son premier texte en tant qu’auteur :

- C’est le premier texte que j’ai écrit, il est très important pour moi. Aujourd’hui j’ai ‘grandi’ dans la forme mais pas dans le fond…

A propos de sa rencontre avec Laurent Boutonnat et de son entourage professionnel :

- Il cherchait quelqu’un pour enregistrer « Maman à Tort ». Mon physique de l’époque correspondait complètement à la chanson. J’ai fait ce premier disque dans une inconscience totale. C’est sur « Libertine » que je me suis rendue compte de la différence entre un succès d’estime et un succès médiatique. Et là, j’ai peur de ne pas arriver à assumer… Dans ce métier, c’est très important d’être rassurée, poussée par quelqu’un. Mon manager, Bertrand Lepage, a été pour beaucoup dans ma transformation physique depuis « Maman a tort » et dans le fait que j’ai pris confiance en moi. Ensuite c’est vrai, il y a beaucoup de travail.

A propos de son succès et de sa façon de le gérer :

- J’ai toujours voulu être connue, alors je ne vais pas dire que je n’aime pas ça, mais quelquefois c’est difficile à assumer. On n’a pas toujours envie du regard des autres. Je n’ai jamais rêvé d’une sérénité parfaite, mais la réussite n’a pas vraiment calmé mon mal de vivre…

A propos de son goût grandissant pour l’écriture :

- Je n’ai jamais écrit de poèmes quand j’étais petite, et le goût de la lecture m’est venu assez tard, vers dix-sept ans. Pour écrire, j’ai besoin de la musique comme support. Je crois que je ne pourrais pas écrire de chansons vraiment gaies. L’album « Ainsi Soit Je… » est comme une sorte de journal de bord.

A propos du sentiment de déception par rapport à la vie :

- C’est difficile à dire, mais il est certain qu’il y a un fossé entre ses rêves d’enfant et ce que l’on vit vraiment…

A propos de son rapport à sa propre image :

- J’aime mon physique trois minutes par jour. Je sais tout ce qu’on peut faire avec un appareil photo ou une caméra. J’en connais tous les mécanismes et cela ne me rassure pas. Je sais simplement que je suis photogénique. Je consacre beaucoup plus de temps qu’avant à mon physique. Je me regarde dans les vitrines, et sur les tournages j’ai toujours besoin d’avoir un miroir à portée de main. J’achète toutes les crèmes et je me laisse facilement influencer par la publicité !

A propos de sa passion pour les vêtements :

- J’adore les vêtements et les belles matières. Enfant, j’aimais le rose, le jaune, les couleurs vives. J’avais parfois vraiment mauvais goût ! Maintenant, je préfère les couleurs sombres, le classique. J’ai un net penchant pour les chaussures, que je collectionne.

A propos de son besoin d’être toujours occupée :

- J’ai toujours peur d’une punition divine quand je suis inactive.

A propos de ses goûts musicaux en général :

- J’ai une préférence pour les instruments mélancoliques, comme le violon.

A propos de ses envies de cinéma :

- J’en ai très envie, mais je ne sais pas encore comment ça se fera…

A propos du spectacle qu’elle prépare pour le Palais des Sports en mai 1989 :

- J’en rêvais ! C’est l’obstacle le plus haut, et j’ai un trac fou rien que d’y penser. On va travailler cette scène comme un scénario de film. Il y aura un personnage central et une histoire. Le contact avec le public est la plus grande jouissance pour un chanteur.

A propos de l’amour en général :

- C’est une succession de désillusions avec des moments forts. Le mariage ? Oui, l’idée me séduit pour la beauté…

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Mylène au J.T. DE 20 HEURES avec L.Delahousse

Posté par francesca7 le 12 décembre 2013

 

14 JUIN 2009 – Entretien avec Laurent DELAHOUSSE – FRANCE 2

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Entre deux représentations du Tour 2009 à Lyon (et le jour de l’anniversaire de Laurent Boutonnat !), Mylène Farmer remonte à Paris pour être l’invitée du journal télévisé de France 2 pour promouvoir sa tournée pourtant bien entamée et complète depuis de longs mois déjà. Dès le début du journal, la présentation des titres s’achève par quelques images de la première du Tour 2009 à Nice qui laissent place à Mylène présente face au journaliste. Cheveux lâchés et très souriante, elle porte une veste de cuir vert pâle.

C’est à la fin du journal que Laurent Delahousse se tourne à nouveau vers Mylène.

Laurent Delahousse : Notre invitée ce soir est rare, rare à la télévision. Elle est en tournée, spectacle incroyable une nouvelle fois et public toujours aussi fidèle : plus de cinq cent mille spectateurs en France, en Suisse, en Belgique et puis la Russie avec une étape à Moscou, bientôt.

Bonsoir, Mylène Farmer !

Mylène Farmer : Bonsoir !

LD : Merci d’être avec nous…

MF : C’est moi qui vous remercie !

LD : J’ai cru comprendre depuis quelques années maintenant que vous n’aimez pas du tout ce type de rendez-vous en direct, une interview comme ça à la télévision…

MF : Je les crains plus que je ne les aime pas, mais j’ai plus de facilité sur scène, j’avoue, devant douze mille personnes que dans un journal ! (rires)

LD : C’est de la timidité ?

MF : Probablement !

LD : Probablement ? (Mylène acquiesce) Pourtant, effectivement, vous vous exprimez sur scène depuis des années : c’est là que vraiment vous vous retrouvez le mieux, finalement ?

MF : C’est une immense liberté, une communion avec le public. Ca m’est plus facile, en effet.

LD : Alors justement, on va vous retrouver sur scène tout de suite : extrait de cette tournée 2009 qui suscite toutes les passions. On regarde tout cela et on se retrouve juste après.

Diffusion d’images inédites de « C’est dans l’Air » interprétée sur scène lors de la première à Nice

 LD : Alors, comment vous les vivez, ces retrouvailles dix ans après (la dernière tournée en France et non le dernier spectacle, nda) avec votre public ?

MF : C’est incroyable. C’est la chance de retourner en province, puisque je l’avais non pas boudée, mais j’avais présenté un spectacle à Bercy (« Avant que l’Ombre…à Bercy » en janvier 2006, nda) et la structure scénique était telle qu’on est restés à Paris parce qu’on ne pouvait pas voyager avec toute la scène.

LD : Et là, ce spectacle on le retrouvera également en Belgique, en Suisse…et puis à Moscou ? Saint-Pétersbourg ?

MF : Et Moscou, et ensuite au Stade de France…

LD : En septembre ?

MF : En septembre.

LD : Comment vous expliquez cette relation si particulière que vous avez avec ce public ? (Mylène hausse des épaules en cherchant visiblement ses mots) Vous cherchez peut-être pas à l’expliquer…

MF : J’ai du mal à trouver les mots, à trouver une réponse. Est-ce que c’est une… ? Je ne sais pas, peut-être une sincérité de ma part –mais encore, je ne pense pas que ça explique les choses !

LD : Quand on dit de vous que vous êtes mystérieuse, douce, sombre, fragile –il y a plein de choses, il y a un peu tout et son contraire, parfois !- lequel de ces qualificatifs vous sied le mieux ?

MF : Je prendrais ‘douce’ – j’espère ! – et ‘sombre’ à la fois. Quant au mystère, vous savez je crois que c’est plus une discrétion de ma part. (silence)

LD : Une discrétion de votre part. Et puis également une grande séductrice, pas toujours discrète sur scène ! (rires de Mylène) Effectivement, ça aussi c’est une clé également…

MF : Ca fait partie de moi également, oui.

LD : Ou alors je me suis trompé !

MF : Non, ce sont autant de facettes qui nous composent, en tout cas nous les femmes.

LD : Et puis une émotion, toujours. Quand vous interprétez « Ainsi Soit Je… », c’est un titre que tout le monde connaît, version piano, comme ça, très proche du public, vous êtes parfois au bord des larmes…

MF : Oui, tout en larmes même ! J’ai d’abord la chance d’être sur scène avec Yvan Cassar, qui est un immense pianiste et interprète. Et puis, c’est autant de…puisque j’écris moi-même mes textes, ce sont autant d’émotions qui sont miennes et que je partage après avec le public. Mais en tout cas, je ne m’empêche pas de pleurer, ni de rire, ni de rien d’ailleurs ! C’est vraiment un sentiment de liberté totale sur scène.

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LD : Je vous trouve plutôt souriante – ce soir en tout cas, je sais pas ! (rires de Mylène) On dit souvent de vous que vous êtes sombre, vous êtes parfois tellement accablée par la douleur du monde…

MF : (haussement d’épaules) Je crois que tout être est accablé par la douleur du monde. Quand on voit le journal, ce qui le compose, c’est difficile, c’est douloureux. Maintenant, plus sombre qu’une autre, je ne sais pas, mais habitées par certaines choses sombres, oui.

LD : Et est-ce que parfois M ylène Farmer, malgré ce public, malgré tout cela après toutes ces années, elle se sent parfois un peu seule ? La solitude c’est parfois agréable, mais parfois c’est douloureux ou pas ?

MF : Mais là encore je n’ai pas l’impression d’être très différente de la plupart des gens. Je crois que je suis quelqu’un de relativement solitaire mais qui a un grand, grand besoin de l’autre. Est-ce qu’on en souffre : oui, bien sûr. Est-ce que l’idée de quitter ce public, de quitter la scène m’angoisse : terriblement chaque soir. On a toujours l’impression que c’est la dernière fois et ma foi, demain…que sera demain ?

LD : Vous me tendez justement une petite perche : est-ce qu’on pense, quand on fait une tourne comme cela, il a fallu attendre dix ans, à celle d’après ? On l’envisage ? On y pense ?

MF : Non. Moi je vis vraiment, autant que faire se peut, le moment présent – et c’est pas toujours facile ! (sourire) Mais là, pour le coup, c’est une source d’angoisse pour moi que de se projeter dans l’avenir, donc j’essaie de ne pas y penser, parce que ça serait vous mentir de dire…parfois ça fait peur.

LD : Mais on est obligé d’y penser, on est obligé aussi de se dire que parfois il est possible que ça s’arrête, effectivement…

MF : Bien sûr.

LD :…qu’à un moment donné on passe à autre chose.

MF : (avec un geste d’impuissance) Probablement un jour. Mais je le déciderai, en tout cas.

LD : Vous le déciderez…

MF : Là je serai maître de mon avenir, si je puis dire.

LD : La musique : on voit des clips souvent étonnants, des spectacles hallucinants. Vous avez d’autres envies ou pas ? Ou pour le moment, vous vous concentrez là-dessus et puis peut-être autre chose plus tard ?

MF : Je suis tout à fait dans ce que je fais actuellement. J’ai toujours des désirs de cinéma, parce que j’ai une passion pour le cinéma.

LD : On le voit dans vos clips avec Laurent Boutonnat depuis des années…

MF : Entre autres, oui. J’adore le cinéma, vraiment. J’ai un projet de film, mais est-ce que ce film existera, là je laisse pour le coup… ! (rires)

LD : Le suspens ?!

MF : Le suspens. (sourire)

LD : Vous savez qu’il y en a beaucoup, beaucoup en tout cas qui sont derrière leur écran (sic) et qui pensent déjà à…on va pas aller trop loin, on va garder le suspens ! M erci beaucoup.

MF : C’est moi, merci.

LD : Belle tournée à vous et puis…voilà : en direct, tout se passe bien vous savez ! Tout va bien ! J’étais ravi de vous recevoir !

MF : Moi aussi ! Merci beaucoup. (sourire)

LD : Merci et à très bientôt, et puis belle tournée à vous et puis on attendra pas, j’imagine dix ans avant de vous revoir !

MF : Et venez me voir, ça sera très, très gentil ! (rires)

Laurent Delahousse évoque ensuite un sujet du journal de la semaine suivante consacré à la Fête de la Musique.

LD : C’est une belle fête, la Fête de la M usique ?!

MF : Très belle !

Le journaliste conclut ensuite son journal et lors du générique de fin, on peut deviner Laurent Delahousse et Mylène converser ensemble.

Publié dans Mylène 2009 - 2010, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

« Cheval, mon ami » PAR Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 3 décembre 2013

 

Edition sur TÉLÉ 7 JOURS du 29 OCTOBRE 1988

Entretien avec Cécile TESSEYRE

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A propos de son amour des chevaux :

- Le plaisir d’être à cheval est immense. Les angoisses disparaissent, plus rien n’a d’importance… C’est une discipline que je conseille à tous, même si moi je dois m’en priver pour éviter tout accident. J’ai découvert les chevaux à l’âge de dix ans. J’ai même voulu faire de l’équitation mon métier mais, au moment de passer mon diplôme d’institutrice, j’ai tout abandonné.

A propos de la participation du dresseur Mario Luraschi au clip « Pourvu qu’elles soient douces » :

- J’ai découvert Mario Luraschi en le voyant à la télévision. Quand les producteurs de mon clip l’ont contacté, j’ai eu la chance de le rencontrer. Les chevaux de Mario sont si bien dressés qu’on a l’impression d’être le meilleur cavalier du monde. Mario leur parle comme à une femme…Dans mon clip, Mario a exécuté toutes les cascades dangereuses. Autrement, c’est moi qui joue mon rôle, comme dans les précédents clips.

A propos du tournage du clip et de son histoire :

- Il nous a fallu huit jours de tournage en forêt de Rambouillet, cent cinquante figurants, et une équipe technique renforcée. L’action se déroule en 1759, au beau milieu de la guerre de Sept ans qui opposait les armées française et anglaise. Les français envoient un bataillon de prostituées espionnes semer le trouble dans le camp britannique. C’est là qu’intervient Libertine, dont un capitaine anglais est tombé éperdument amoureux…

Nous avons eu un conseiller historique pour éviter les anachronismes.

A propos du goût limité de Mylène pour l’Histoire :

- A l’école, elle me passait au-dessus de la tête. Mon caractère rebelle me faisait refuser l’enseignement des professeurs. Plus tard, j’ai découvert les plaisirs de la littérature et je me suis instruite toute seule.

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A propos de sa nudité affichée dans le clip :

- C’est le paradoxe de l’artiste. On peut accepter des scènes de nu si elles ont un intérêt, et si on a l’assurance d’un travail bien fait. J’ai confiance en Laurent Boutonnat. Pourtant, j’appréhendais un peu ces scènes. Ce sont les regards, ou les commentaires des personnes sur le plateau qui peuvent rendre la situation embarrassante.

Là, tout s’est très bien passé. Malgré tout, me déshabiller dans mes clips ne va pas devenir systématique.

A propos d’un éventuel troisième volet mettant en scène le personnage de Libertine :

- Peut-être même un long métrage sur ce personnage qui me ressemble un peu. Comme elle, je suis une insoumise permanente, et mon caractère est comme le sien, très féminin, avec en plus le côté intrépide des garçons.

A propos des paroles de « Pourvu qu’elles soient douces » qui peuvent choquer certaines oreilles :

- Disons que la perversité des uns peut être la normalité des autres. C’est une question de tolérance. Avec le temps, je suis moi-même devenue bien plus tolérante à l’égard d’autrui. Mon pardon est plus facile.

A propos de sa collaboration avec Laurent Boutonnat :

- Il y a des rencontres qui marquent. Laurent apporte tant de réponses à mes demandes ! Je crois que, dans une vie, on ne trouve qu’une fois une relation créative aussi forte que la nôtre.

A propos de la préparation de son spectacle au Palais des Sports, en mai 1989 :

- Tous les jours, un professeur vient m’entraîner. Cela demande des sacrifices et une rigueur alimentaire. Fini, les folies Coca-cola ! Je prends aussi des cours de chant pour donner plus d’assurance à ma voix. Je ne m’étais jamais rendue compte à quel point la respiration est importante.

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Mylène Farmer pour TV Magazine 2013

Posté par francesca7 le 26 novembre 2013

 

INTERVIEW -À l’occasion de la sortie de son album Monkey Me et de sa tournée, la chanteuse française se confie. (Avec TV Magazine)

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Son nouvel album, Monkey Me, sortira le 3 décembre. Douze titres composés par Laurent Boutonnat sur des textes de Mylène Farmer. Un mélange éclectique où cohabitent des morceaux pop-rock émergeant d’une base électrique, de sons de batterie, de guitares et de saxo. Les paroles manient les thèmes chers à l’interprète, mais teintés d’une fraîcheur et d’une poésie qu’on ne lui connaissait pas. En exclusivité pour TV Magazine, Mylène Farmer se livre à un exercice rare pour elle: l’interview-confession. Voici la star comme vous ne la lirez jamais.

TV MAGAZINE – Mylène Farmer, votre dernier album remonte à deux ans. Vous nous aviez habitués à des intervalles plus longs…

Mylène Farmer- Oui. Je ne m’en rends pas compte. Deux ans dans un monde chronophage, où chaque jour engloutit le temps, cela paraît une éternité. Il s’agit probablement d’un manque et de l’envie de remonter sur scène.

Monkey Me marque la reformation de votre tandem artistique avec Laurent Boutonnat. Qu’est-ce que votre «infidélité» vous a apporté?

Il ne s’agit pas d’infidélité! Mon précédent album, Bleu noir, n’était autre que le fruit de rencontres avec Moby, Archive et RedOne. Ils m’ont proposé des chansons qui ont provoqué mon désir et l’envie d’écrire… C’est aussi simple que ça. En outre, Laurent Boutonnat travaillait de son côté sur d’autres projets.

On vous connaissait rousse et vous vous montrez blonde platine sur l’album et les affiches de votre tournée. Que s’est-il passé?

Moi aussi, je me connaissais rousse! (Rires.) Mais sous le roux se cachent d’autres couleurs. Ne sommes-nous pas tous constitués de mille facettes? Celle-ci avait envie de vivre…

Quel look allez-vous adopter pour votre tournée? Et quelles surprises avez-vous concoctées pour ces concerts?

Je ne peux y répondre maintenant. Mais, puisque vous l’évoquez, le mot surprise sera bien au rendez-vous.

Une nouvelle fois, vous avez battu le record de réservations en un minimum de temps. Cela vous touche-t-il encore?

Je suis bouleversée à chaque fois! Tellement bouleversée… Et, quelques instants plus tard, totalement affolée! Il est impensable d’être blasée par un geste d’amour comme celui-ci. C’est un véritable cadeau et une responsabilité aussi. On ne veut pas décevoir ni se décevoir. On a donc un an pour se préparer à embrasser le regard de tous ceux qui ont la générosité d’attendre.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui écoutent vos chansons pour garder de l’espoir dans un monde aussi dur?

Le monde a toujours été dur. Sous certains aspects, il l’est peut-être moins aujourd’hui, même s’il est autrement cruel. Moins solidaire, plus solitaire aussi. Je ne peux que penser à ceux qui sont bien plus malheureux, dans le besoin ou cloués sur un lit d’hôpital, et me dire qu’il faut affronter la vie et trouver des pépites dans des moments simples, ces moments qui sont souvent à portée de soi, mais qu’on ne voit plus. Être aimé de quelqu’un ou d’un plus grand nombre reste l’essentiel de la vie. Se préoccuper d’autrui rend meilleur.

On vous dit solitaire. Pouvez-vous nous décrire une de vos journées quand vous ne travaillez pas?

Vous voulez dire quand je ne travaille pas comme une personne qui doit se rendre quotidiennement à son bureau? (Sourire.) C’est un grand privilège de n’avoir pas le sentiment de travailler, même lorsque je finis une séance de studio à 2 heures du matin ou lorsque je sors de scène exsangue. C’est du travail, mais je ne le vis pas comme un poids ni comme une obligation. C’est un choix et une immense chance. Je dois certainement partager ce sentiment avec toutes les personnes passionnées par ce qu’elles font. Mais je suis, c’est vrai, d’une nature solitaire. J’ai besoin de m’occuper de mes animaux, de dessiner, de nager, de regarder des films et je retrouve mes amis avec d’autant plus de plaisir…

Quels sont les journaux et les émissions de télévision que vous suivez régulièrement?

Je ne regarde pas beaucoup la télévision finalement, surtout en période de travail. Mais j’ai toujours aimé les débats, quand les points de vue sont exprimés avec respect. La télévision est un média parfois trop pressé pour traiter le fond des choses. Je n’aime pas le cynisme systématique et la télévision bruyante. Il m’arrive de dévorer des séries comme Downton AbbeyDexter ou Les Tudorset je regarde toujours avec autant de bonheur Un jour, un destin. Dans le fond, je ne recherche pas l’information à tout prix… Je la laisse me cueillir au détour d’un article, d’un reportage.

L’industrie musicale souffre et les ventes de CD ne cessent de baisser. Imaginez-vous un jour ne plus pouvoir sortir de disques?

Chaque époque a connu la disparition d’un support. Il y aura toujours des disques physiques, même si le digital annonce une ère nouvelle. En tout cas, il y aura toujours un rapport affectif à l’objet quel qu’il soit. Les albums ou une autre forme restant à inventer rencontreront toujours un public. La musique existait dès la naissance de l’humanité.

Que pensez-vous des télé-crochets? Est-ce un miroir aux alouettes, un mal nécessaire ou le seul moyen aujourd’hui d’être découvert?

Je ne peux pas juger cette génération d’émissions puisque je ne les connais pas bien. Mais je suis toujours un peu gênée quand l’art devient un concours.

Le Québec, où vous êtes née, est en proie à de violents mouvements protestataires. Avez-vous conservé des attaches là-bas?

La violence m’a surprise dans ce pays, à la réputation modérée. Je n’y ai conservé malheureusement aucune attache… Si ce n’est l’envie d’y retourner pour ses paysages de neige et peut-être transporter le prochain spectacle là-bas…

Quels artistes récents vous semblent dignes d’intérêt?

Je suis impressionnée par Muse. Et par Matthew Bellamy, qui est aussi fascinant que Freddie Mercury!

Que pensez-vous des réseaux sociaux et des sites si nombreux qui vous sont consacrés?

Je suis fascinée par la vitesse de l’information et la possibilité pour de nombreuses personnes de partager instantanément des sujets communs. Je pense aussi à ceux qui n’y ont pas accès. Avec qui partagent-ils leurs passions? Aussi, je ne m’attarde pas sur les sites qui me sont consacrés. J’aurais l’impression d’entrer, sans y avoir été invitée, dans une pièce où les gens parlent de moi.

Une photo vous montre avec un gibbon. Est-ce celui que vous avez adopté il y a plusieurs années?

Non. E.T. était un singe capucin, plus menu. Elle a partagé ma vie pendant plus de vingt-cinq ans. Il s’agit ici de Betty, une demoiselle de 4 ans, qui a été volée lorsqu’elle avait 3 mois et retrouvée huit mois plus tard. J’ai croisé son chemin grâce à Vincent Lindon, qui m’a un jour envoyé une petite vidéo d’elle sur le tournage de son film Augustine . J’ai immédiatement contacté le parc zoologique du bois d’Attilly, où elle vivait. C’est une rencontre inoubliable, une émotion tellement forte. Elle était d’une douceur incroyable. Quant à E.T., elle me manque terriblement…

L’avez-vous remplacée?

Non. Elle restera l’unique.

Avez-vous déjà décidé d’une date à laquelle vous arrêteriez de vous produire sur scène ou d’enregistrer des disques?

C’est, semble-t-il, une question qui taraude beaucoup les médias, mais, vous savez, il y a dix ans déjà, on me demandait: «Quand saurez-vous que ce n’est pas le combat de trop?». Je ne me projette pas dans l’avenir. Trop angoissant. Quand le désir n’existera plus, alors je me volatiliserai.

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