Mylène Farmer invitée au TOP 50

Posté par francesca7 le 4 avril 2014

 

CANAL +: le 6 SEPTEMBRE 1986  Présenté par Marc TOESCA

1986-08-c

Mylène est l’invitée principale de cette célèbre émission musicale des années 80 à l’occasion de son premier classement dans le Top : elle est en effet 43ème avec « Libertine » et ne cessera de grimper les semaines suivantes.

Marc Toesca : Mylène, alors « Libertine » rentre dans le Top en 43ème position. C’est la première fois que tu es dans le Top !

Mylène Farmer : (tout sourire) C’est la première fois !

MT : Même s’il y a eu deux 45-tours : « Maman a Tort », et puis l’autre c’était « J’veux pas Grandir » (sic !)

MF : C’est raté parce qu’il y en avait trois !

MT : Y en avait trois !

MF : L’intermédiaire, c’était « On est Tous des Imbéciles » (rires)

MT : Oui, « On est Tous des Imbéciles » (…), ça y est je commence très bien l’émission ! (…) Mais j’ai

remarqué que dans les clips, c’est assez sombre comme atmosphère. Les deux clips précédents étaient assez sombres !

MF : C’est vrai !

MT : Et puis, bon, « Libertine » c’est pas…

MF : C’est vrai, oui. « Plus Grandir », c’était un univers un peu baroque, un peu sombre.

MT : Oui, je me souviens d’une tête coupée.

MF : Ca, c’est « Maman a Tort », c’était la tête coupée ! Et puis «Libertine », c’est quand même un peu plus enjoué, un peu plus…

MT : Ca finit dans le sang !

1986-08-bMF : Oui, mais j’aime bien ! Pour moi, c’est l’essence même du romantisme.

MT : Et tu rêves tes clips, ou pas ? Les scénarios, moi j’ai l’impression…

MF : Je ne les rêve pas, mais je cauchemarde énormément, donc y a sujet à certains scénarios, certainement.

MT : Et souvent t’écris dans tes textes de chansons tes cauchemars ?

MF : J’écris peu mes textes, non. J’ai écrit « Au Bout de la Nuit » de l’album et puis « Plus Grandir », c’est les deux seules chansons.

MT : J’ai une petite pochette, j’ai un échantillon de l’album, le voilà ! Pour mettre dans les mange-disques, c’est pratique ce genre d’albums ! (Il montre la version promo de « Cendres de Lune », une pochette très grand format qui reprend le visuel de l’album et qui contient le 33-Tours) Alors, le premier clip que tu as choisi dans le top…

MF : C’est une chanson qui pourrait me faire pleurer, qui est de Cock Robin et qui s’appelle « The Promise you Made ».Diffusion du clip de Cock Robin.

MT : (…) Ma chère Mylène Farmer…

MF : Yes !

MT : …tu es une des meilleures entrées cette semaine, 43ème avec « Libertine ». Ca t’a pris combien, le tournage du clip ? Parce que c’est quand même un événement, ce clip de « Libertine » !

MF : Combien de temps ? Il y a eu cinq jours de tournage et à peu près une semaine de préparation.

MT : Et combien de figurants ?

MF : Ha les figurants… Je crois que sur le plateau, il y avait à peu près cinquante personnes, c’est impressionnant.

MT : C’est le budget d’un film, pratiquement ?

MF : N’exagérons pas ! (rires)

MT : Enfin, pas d’un long-métrage !

MF : Non, non, non, non ! Justement, là c’est le point fort de ce clip : c’est qu’il à coûté…C’est dérisoire comparativement à ce qu’il peut donner comme résultat.

MT : Oui… Aujourd’hui on s’en sort un peu dans les tournages de clips : on fait intervenir des petits trucs publicitaires, des bouteilles de Untel, Untel…

MF : Oui, c’est ce qu’on appelle les sponsors. Moi j’avoue que c’est vrai que si on peut éviter…

MT : C’était difficile dans l’époque, dans le contexte !

MF : Oui, et puis c’est pas… Moi, c’est pas quelque chose auquel je ferais pas appel. C’est vrai que c’est bien pour accumuler l’argent, mais là en l’occurrence on a pas fait appel à ça.

MT : Oui. Tu présentes ton deuxième clip, Mylène Farmer ?

MF : Alors mon deuxième clip, c’est le clip probablement qui me fait le plus rire et il s’agit de Modern Talking !

MT : Oui, c’est ça oui !

MF : Je vous laisse le reste ! (rires)

Diffusion du clip « Brother Louie » des Modern Talking.

MT : C’est ton genre de mecs, les Modern Talking ?

MF : (pince-sans-rire) Totalement !

MT : Totalement ? De toutes façons, t’as aucune chance avec le brun parce qu’il est fiancé à une jeune fille qui parait-il est très jalouse !

MF : (ironiquement) C’est vrai ? Ha, c’est dommage !

MT : (…) Qu’est-ce que tu vas faire, là, Mylène Farmer ? Est-ce que t’as un projet, un autre disque, un autre album ? Ou tu vas laisser continuer « Libertine » ?

MF : « Libertine », on va continuer de travailler. Et puis probablement rentrer en studio et préparer le second 45-tours.

MT : Oui, ça sera quoi le prochain, comme climat ?

MF : Je ne sais pas du tout. Ce que je sais, c’est qu’on va l’insérer certainement dans cet album.

MT : Qui s’appelle « Cendres de Lune » (il le remontre à la caméra). C’est pratique, il est énorme. Génial ! Mais enfin, il y a quand même la taille album, hein ! (il sort le 33-tours de la grande pochette)

1986-08-dMF : Il y a le petit à l’intérieur ! Ca, c’est une idée de promotion.

MT : C’est pas mal comme idée. Alors y a un mec qui s’appelle Laurent Boutonnat qu’on voit partout sur les pochettes de tes disques, qui a fait aussi le clip, qui a écrit le scénario, qui a réalisé le clip. Tu travailles en permanence avec ce garçon-là ?

MF : C’est vrai que je travaille en permanence avec lui, et pour le meilleur et pour le pire !

MT : Ha d’accord ! (rires de Mylène) Voilà, vous saurez tout, ou presque, sur la vie de Mylène Farmer.

J’espère que l’on se verra bientôt, je sais pas, avec un autre 45-tours ? Peut-être quand tu seras numéro un du Top, w hy not ?

MF : Pourquoi pas !

MT : Au fait, et la scène ?

MF : La scène ? Non, pas dans l’immédiat. Non, non.

MT : Ca doit être difficile sur scène de refaire « Libertine ». Ca demande beaucoup, beaucoup de…

MF : Non, au contraire y a plein d’idées à faire. Y a plein d’idées !

MT : T’attends d’être plus grande, plus mûre ?

MF : Plus mûre, je n’en sais rien. Plus grande, certainement. Et puis je pense que les artistes vont un peu trop tôt en scène. Je pense qu’il faut travailler énormément, oui, penser et réfléchir.

MT : OK ! Je te remercie d’être passée nous voir et puis à très bientôt, Mylène Farmer !

MF : A bientôt ! Au revoir Marc ! (elle fait au revoir à la caméra)

Générique de fin.

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Mylène FARMER AZIMUTS

Posté par francesca7 le 4 avril 2014

 

Émission du 24 SEPTEMBRE 1986 Présentée par Jean-François BATAILLE – FR3 LORRAINE

1986-11-c

Jean-François Bataille : Bonsoir à tous, et bienvenue sur ce plateau de « Azimuts ». Comme vous venez de le lire sur notre générique, cette émission est entièrement consacrée à Mylène Farmer, qui est à mes côtés. Et pour l’occasion, nous avons décidé de vous offrir un cadeau : nous vous proposerons la version intégrale du clip « Libertine », onze minutes superbes. C’est pour tout à l’heure, tout de suite nous allons écouter Mylène Farmer dans « Maman a tort », et ça je suis sûr que ça va rappeler des souvenirs à beaucoup d’entre vous.

Mylène Farmer !

Alors qu’est lancée la séquence où Mylène chante « Maman a tort » vêtue de son costume bleu d’époque habituellement utilisé pour la promotion de « Libertine », on entend clairement Mylène et l’animateur échanger un fou rire. Il est à noter que, sans doute portée par l’énergie de la chorégraphie de « Libertine », Mylène danse bien plus aisément sur cette prestation de « Maman a tort » qu’elle ne le faisait deux ans auparavant.

JFB : Et voilà. Très joli costume ! Je sais pas où tu l’as eu… (rires)

Mylène Farmer : Chez un costumier ! (elle rit aussi)

JFB : Ha bon ?! Bonne idée ! « Maman a tort », c’était Mylène Farmer. Donc, comme dans cette émission nous sommes tournés vers l’avenir, nous n’allons plus parler de « Maman a tort », qui doit être quand même un très bon souvenir pour toi…

MF : C’était le premier 45-trs… (elle hoche la tête)

JFB : Le premier 45-trs, c’est inoubliable !

MF : Un long séjour en hôpital psychiatrique ! (elle éclate de rire)

JFB : C’est inoubliable aussi ! Alors parlons donc par contre de l’album, regardez-le bien (il montre à l’antenne le 33-trs « Cendres de lune ») (…) il est très bien, c’est une mine d’or, cet album. Alors, j’ai presque envie de te parler plus de cinéma que de musique, parce que c’est presque un concept-album. Les paroles sont tout à fait intéressantes, et la bande-son est également intéressante. Il y a un petit coté cinématographique dans tout ça.

MF : Y a quelque chose, moi, que j’aurais souhaité faire mais qui a, je crois, déjà été réalisé, en tout cas c’est un projet, je sais, d’une autre artiste, et d’un groupe notamment, c’était d’illustrer chaque chanson avec un clip vidéo. Bon, malheureusement ça demande énormément de moyens, beaucoup de temps : tout ce que je n’ai pas réellement en ce moment ! Mais c’est quelque chose que j’aurais souhaité, oui, parce que y a des chansons dans l’album qui ont un univers très visuel et cinématographique.

1986-11-dJFB : Ben écoute, on le souhaite pour toi et pour nous ! Et puis peut-être que ça viendra très bientôt avec l’arrivée du vidéodisque…

MF : Oui, peut-être.

JFB : En tout cas, comme exemple justement de recherche, j’ai vu qu’il y avait une chanson où tu avais demandé (l’animateur commence à réprimer un rire et Mylène éclate franchement de rire car elle devine ce dont il va parler) l’aimable concours, il faut le dire…ils ont travaillé sur l’album avec l’aimable concours des moines fous du Tibet ! Ca surprend ! Qui sont-ils ?

MF : (Elle répond avec le plus grand sérieux) Absolument ! J’ai envoyé Laurent Boutonnat, qui est donc le producteur et réalisateur, compositeur, aller voir ces moines tibétains, et comme les femmes sont exclues de ces monastères, j’ai pas pu y aller. Il y est donc allé avec son lama et… (rires) il a enregistré ces prises de  son. (Cette explication farfelue est bien évidemment à prendre au second degré, ndlr)

JFB : Et vous allez voir le résultat ! Ecoutez bien, c’est extrait de la chanson « Chloé », Mylène Farmer. (Tous deux rient)Une séquence où Mylène interprète, dans tous les sens du terme, « Chloé » est alors diffusée. Elle est vêtue d’une veste rose, portée par-dessus une chemise blanche à jabots. Mylène adopte alors les mouvements et mimiques d’une enfant, à la limite de l’autisme. La prestation est saisissante. La chanson commence par les chœurs clôturant en réalité la chanson « Vieux Bouc », précédant « Chloé » sur l’album (avant que « Tristana » ne soit insérée entre les deux lors de la réédition de l’album).

JFB : Voilà, « Chloé ». Très, très belle chanson qui illustre tout à fait bien ce qu’on voulait vous dire avant. Donc si je ne me perds pas dans tous mes papiers (Mylène rit), on va reparler de ce qu’on vous a promis tout à l’heure, c’est-à-dire le clip de « Libertine » version intégrale cette fois. Ca, c’est important, c’est quand même un évènement. Peut-être certains l’ont vu en partie, en tout cas je crois que très peu l’ont vu dans la version intégrale et je voudrais que tu nous racontes un petit peu en quelques mots comment ça s’est passé sur le tournage, qui était très inspiré, il faut le dire quand même, de l’ambiance qu’on a vu dans le superbe film « Barry Lindon ».

MF : (elle acquiesce) Le tournage s’est effectué, je crois, en quatre jours et y a eu à peu près une semaine de préparation. Il s’est tourné essentiellement au château de Ferrières, qui est près du château de Guermantes pour situer un peu. La pièce principale a été complètement réaménagée, parce que c’était un style complètement baroque au départ, et donc il a fallu créer le style XVIIIème siècle. Donc c’est un décorateur qui a fait ça. Et qu’est-ce que je peux dire d’autre ? Ben, c’est…

JFB : Que c’est Laurent Boutonnat, peut-être qui a réalisé ça !

MF : Que c’est Laurent Boutonnat, donc, toujours le même !

JFB : Qui a fait les paroles, une partie des paroles de l’album…

MF : Voilà.

JFB : …et qui est, je crois, un réalisateur de pub.

MF : Ben, c’est-à-dire que lui a fait ses premières, c’est vrai, ses premiers pas dans le cinéma à 16 ans. Il a réalisé un long-métrage qui était parti à Cannes et qui avait été…qui avait eu des petits déboires (« La Ballade de la Fée Conductrice », projeté à Cannes en 1979, a en effet été interdit aux moins de 18 ans à sa sortie, ndlr) et maintenant réalise effectivement des films publicitaires. C’est plus alimentairement, et puis c’est vrai que c’est un bon exercice de toutes façons.

JFB : Alors parlons de toi, maintenant. Nous allons te retrouver dans cette fresque grandiose…

MF : …et quant à moi… (rires)

JFB : …dans des rôles tout à fait étonnants. Ca dure onze minutes, n’en manquez pas une seconde.

MF : Voilà.

1986-11-aJFB : On va vous l’envoyer dans quelques instants. Juste avant, deux mots pour dire que Mylène Farmer, c’est pas très simple parce que la petite comptine de « Chloé », on l’écoute une fois, comme ça, et vous l’avez dans la tête après pendant trois heures ! C’est un peu le paradoxe, finalement, de cet album : c’est que ça paraît très simple, mais en fait c’est très compliqué parce que les textes sont recherchés. Alors, Mylène Farmer un petit peu paradoxale ?

MF : Ma vie est un paradoxe ! (rires)

JFB : Très bien, merci, très belle conclusion ! Allez, nous regardons maintenant Mylène Farmer, la version intégrale de « Libertine ».

Le clip de « Libertine » est diffusé en intégralité (le générique de fin est toutefois coupé).

JFB : Voilà moi qui m’endors au cinéma d’habitude, je suis resté complètement éveillé ! Je crois que c’est un beau cadeau que l’on vous a fait, c’était la version intégrale de « Libertine ».

MF : C’est la première fois qu’il passe en province, en plus.

JFB : Oui, donc c’était vraiment un beau cadeau ! Il faut dire que « Libertine » marche très bien, et marche de mieux en mieux, et puis y aura très bientôt encore un nouveau 45-tours extrait de « Cendres de Lune » ?

MF : Non, pas extrait de l’album, mais qui sera intégré dans l’album.

JFB : Une nouveauté, alors ! Très bien. Mylène, merci d’être passée nous présenter ces deux chansons plus ce superbe clip dans cette émission.

MF : Merci à vous !

L’animateur donne rendez-vous aux téléspectateurs pour la semaine suivante et l’émission s’achève

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Mylène Farmer dans les SEXY FOLIES

Posté par francesca7 le 4 avril 2014

 

ANTENNE 2 du 17 DÉCEMBRE 1986 – Présenté par France ROCHE

Entretien avec Monique CHOURAQUI

1986-13-c

Voix off : Tous les mois, une personnalité nous parle en toute liberté de sa vie intime. Mylène Farmer nous dit tout, tout, tout.

Monique Chouraqui : (bien qu’assise face à Mylène, la journaliste n’apparaît pas à l’écran si ce n’est parfois partiellement de dos) Est-ce que vous prenez des initiatives en amour ?

Mylène Farmer : (Mylène est filmée en gros plan. Elle porte un haut noir et des gants noirs brodés de brillants) Celle de choisir. J’aime séduire avant tout. Et posséder, peut-être dans un second temps.

MC : Vous parlez avec les hommes avec qui vous avez une relation sexuelle ?

MF : (dans un sourire) Un peu ! Il faut agir plus que parler ! (rires) J’aime bien le toucher, j’adore.

MC : Vous préférez faire l’amour en silence ?

MF : Le regard…

MC : Vous n’aimez pas qu’on vous parle ?

MF : Non. Parler, c’est pour construire l’avenir.

MC : Vous pourriez imaginer une scène d’amour idéale pour vous ?

MF : L’ascenseur, j’aime bien.

MC : Faire l’amour dans un ascenseur ?

MF : C’est vous qui le dites ! (rires)

MC : Ca se passe très vite, on se quitte sans se dire au revoir et sans se dire un seul mot…

MF : Ca peut être ça…

MC : …et on fait l’amour sans se parler.

MF : Voilà.

MC : Il vous est arrivé de passer plusieurs mois sans faire l’amour, plusieurs semaines ?

MF : Oui, toute mon adolescence, toute mon enfance.

MC : Et vous l’avez vécu comment ? C’était difficile ? C’était une frustration ?

MF : C’est quelque que, je crois, j’ai appréhendé et que j’ai occulté et dont j’ai eu horreur aussi avant de le connaître, et même aussi un peu après.

MC : Vous vous souvenez de la première fois ? Vous voulez le raconter ?

MF : La première fois…Je crois, contrairement à beaucoup de personnes, c’est un moment plutôt certainement décisif dans la continuité, quelque chose de laborieux, de difficile. C’est quelque chose de très fragile, voilà.

C’est-à-dire qu’on ne connaît pas, que personne ne maîtrise.

MC : Ca s’est passé comment ?

MF : Une chambre…Une chambre banale, un lit même pas douillet…Une chose incroyable. C’est un peu un viol.

Le viol de l’enfance, un peu le viol de l’imaginaire.

MC : La fin de l’innocence…

MF : C’est un peu ça. C’est quelque chose après qu’on reconstruit, mais ça vrai que ça a été un peu un film de Walt Disney qui…pouf ! qui s’en va.

MC : Un souvenir désagréable, la première fois ?

1986-13-aMF : Pas désagréable, parce que c’est moi qui suis allée vers ça donc j’ai voulu les choses. Maintenant je maîtrise beaucoup plus, et puis je vais vers ces choses avec un peu plus de vice.

MC : Quelle sorte d’hommes vous attire ? Qu’est-ce qui vous trouble chez un homme ?

MF : Je crois que c’est, ça a été de tous temps, les gens qui ont une existence sociale. C’est-à-dire que ça peut être du domaine de la littérature, politique, chanson, autant d’arts qui existent.

MC : Quelqu’un qui détient le pouvoir, une forme de pouvoir ?

MF : Un certain pouvoir, une forme de pouvoir.

MC : Vous avez besoin d’admirer ?

MF : J’ai besoin d’admirer, oui.

MC : De vous sentir dominée ?

MF : La domination, elle peut s’effectuer effectivement quand il s’agit de plaisir.

MC : Elle peut s’effectuer physiquement aussi ? Vous aimez être dominée quand vous faites l’amour ?

MF : Une certaine domination, oui.

MC : Vous aimez la violence ?

MF : Je vous parlais de viol, j’avoue que c’est –mais là aussi il faut aller doucement quand même parce que c’est quelque chose de grave- mais c’est vrai que le viol a 3% de très excitant et d’assez incroyable.

MC : Vous avez besoin d’avoir mal, ou besoin de faire mal pour éprouver du plaisir ?

MF : J’ai besoin de faire mal et j’ai besoin d’avoir mal, oui.

MC : Pour parvenir au plaisir.

MF : Oui, oui. Je veux bousculer, je veux…

MC : Vous n’aimez qu’un homme qui vous fait souffrir, vous ne pouvez aimer qu’un homme qui vous ferait souffrir.

MF : Si on veut un peu schématiser, aller vite, ça serait un peu ça. La facilité, les choses évidentes ne sont pas intéressantes.

MC : Vous pouvez vivre plusieurs histoires d’amour en même temps ?

MF : Oui.

MC : Les hommes concernés le savent, les hommes de votre vie ?

MF : Si j’avais à choisir ma vie, et c’est là que réside la chose la plus difficile, c’est peut-être la… comment appelle-t-on ça ? On dit bigame ? Mais peut-être multiplié par quatre ! C’est avoir trois, quatre hommes dans ma vie. Si j’avais une métaphore à faire, je prendrais volontiers la mante religieuse. C’est-à-dire que, si j’en avais le pouvoir parce que bon ! je suis pas encore tombée dans la folie totale, mais je crois que je couperais la tête volontiers.

MC : Après.

MF : (elle acquiesce)

MC : Vous leur voulez du mal ?

MF : Je les aime pas, c’est tout ! (sourire)

Fin de l’entretien et suite de l’émission

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Dechavanne et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 26 mars 2014

 

6 NOVEMBRE 1986 – C’EST ENCORE MIEUX L’APRÈS-MIDI

Présenté par Christophe DECHAVANE sur ANTENNE 2

1986-12-a

L’émission commence. On découvre Mylène assise sur les marches du plateau aux côtés de Christophe Dechavanne.

Christophe Dechavanne : (…) Mylène Farmer est à côté de moi. Comment allez-vous ?

Mylène Farmer : Très bien.

CD : Très bien ? Vous allez rester avec nous quasiment jusqu’au bout, c’est une fête pour nous ! Nous sommes tout à fait ravis ! J’ai appris récemment que le clip « Libertine » était nominé aux Oscars de la… (riresde Mylène) Comment ça s’appelle ?

MF : Aux… (elle cherche aussi)

CD : Aux Victoires de la Musique !

MF : Aux Victoires de la Musique, oui !

CD : Alors est-ce qu’on est pas un petit peu en même temps contente et en même temps un peu triste quand on a un clip qui est nominé et qu’on l’est pas soi-même ? Est-ce qu’on est très embêté de ça ?

MF : Embêté, non. Je pense que c’est une très bonne chose, d’abord pour le réalisateur. Je pense que c’est honorer un travail qui est très beau. Et moi, indirectement, de toutes façons, je suis citée au travers de ce clip, donc c’est très bien !

CD : Oui, donc c’est bien.

MF : Faut être philosophe, vous savez !

CD : Qu’est-ce que vous pensez de ces cadeaux, de ces prix qu’on donne à travers que ce soit la télévision, le cinéma, la chanson maintenant ?

MF : Moi, je vais vous dire quelque chose : j’aime l’esprit du concours, mais c’est vrai que le moment crucial, la cérémonie, c’est quelque chose que je n’aime pas.

CD : Ben c’est-à-dire que c’est quelque chose qui développe les jalousies, les aigreurs et tout ça, forcément au moins pendant cinq minutes !

MF : Oui. Certainement, certainement. Mais je pense que vous avez subi les mêmes phénomènes ! (Mylène fait allusion aux 7 d’Or)

CD : Non, non, pas du tout ! (rires) Parce que moi je le savais, donc c’était pas la surprise !

MF : Oui, bien sûr.

CD : Non mais c’est bien, et puis ça donne l’occasion aux gens du métier de se rencontrer, de se voir. Vous y allez aux Victoires ?

MF : Non ! Non, non !

CD : Vous êtes pas là ?

1986-12-dMF : J’ai quelque chose d’important à faire et malheureusement je ne peux pas ! (grand sourire)

CD : Vous avez du travail ! Hé oui ! Une émission de télévision, par exemple !

MF : Par exemple, oui ! (rires)

CD : Alors moi je vous propose, étant donné que c’est vrai qu’on connaît Mylène Farmer avec « Libertine » très, très bien, c’est un titre que nous entendrons à la fin de l’émission, mais « Libertine » c’est pas « un » disque, les chanteurs font plusieurs choses ! Et là, il s’agit d’un album, et sur cet album il y a donc « Libertine » et il y a également « Au Bout de la Nuit », qui est un titre que vous aimez bien ?

MF : Que j’aime bien, oui, et que j’ai écrit.

CD : Oui ? Ha ça c’est très bien, donc on va en profiter tout de suite : Mylène Farmer, « Au Bout de la Nuit ».

Mylène se lève et va rejoindre un coin du plateau où se trouve un grand billard à tapis bleu. Elle interprète donc « Au Bout de la Nuit », les cheveux lâchés (elle a ôté son nœud pendant le jingle).

 

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Mylène dans Aujourd’hui la Vie

Posté par francesca7 le 26 mars 2014

 

16 SEPTEMBRE 1986 – ANTENNE 2- Présenté par Richard MICHEL et Martine MAULÉON

1986-10-a

Richard Michel : Bonjour, Mylène Farmer.

Mylène Farmer : Bonjour.

RM : Dites-moi, est-ce que comme vous le dites dans la chanson, est-ce qu’il est nécessaire d’être libertine pour être…

MF : Pour être une catin ? (rires) Ecoutez, je me plais à le croire.

RM : Vous pensez ?

MF : Je ne sais pas, je veux pas faire de généralités. Ca m’amuse de le dire, en tout cas.

RM : Bon. Claude Lambert, vous êtes journaliste à France-Soir, vous êtes notre invité. Vous avez déjà écouté les chansons de Mylène Farmer ?

Claude Lambert : Oui, oui, beaucoup. Et puis en plus, on a fait souvent des reportages sur elle et je trouve qu’elle a une personnalité attachante. Elle ne chante pas pour ne rien dire et puis en plus elle a beaucoup de charme, elle passe bien à l’écran. C’est pour cette raison qu’on fait souvent de nombreux efforts sur elle parce qu’elle le mérite. (Mylène semble très flattée)

Le thème des enfants autistes est ensuite abordé avec différents intervenants. Un peu plus tard dans l’émission, l’animateur lance une séquence où Mylène interprète « Chloé », cheveux lâchés, assise en tailleur et habillée d’une large chemise blanche et d’un petit bermuda blanc également. Mylène livre une interprétation saisissante de la chanson, en jouant beaucoup à la fois avec son regard et ses mains.

 

 

 

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

C’EST ENCORE MIEUX L’APRÈS-MIDI avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 22 mars 2014

 

Émission du 11 SEPTEMBRE 1986 – Présenté par Christophe DECHAVANE – ANTENNE 2

1986-09-b

Après que Mylène ait chanté « Libertine » sur le plateau, elle va s’installer sur le canapé. Christophe Dechavanne accueille alors un chroniqueur, Alain, qui vient présenter un sport de plage, le beach-ball, dans un petit bermuda bariolé et en tongs. Il veut faire une démonstration avec l’animateur, mais celui-ci incite Mylène à prendre sa place !

Alain : On va faire une petite démonstration.

Christophe Dechavanne : Et pourquoi vous voulez pas jouer avec Mylène qui est à côté de nous ?

A : Mylène, voulez-vous essayer ?

CD : Vous voulez jouer avec ça ? C’est vous qui aller jouer avec Alain, tenez !

Il tend sa raquette à Mylène pendant qu’elle se lève du canapé pour les rejoindre.

CD : En plus vous avez la tenue du beach-ball, vous avez tout ce qu’il vous faut !

Mylène saisit la raquette et se met en place face à Alain.

CD : Voilà, Mylène Farmer et Alain ! Je sens que ça va être formidable !

Mylène pousse un petit cri et fait une révérence au public.

A : C’est une balle qui rebondit énormément…

Mylène Farmer : Oui mais on change de place !

Ils inversent leur position

CD : Très bien. Vous nous dites, hein, comme vous voulez !

MF : C’est pour le profil, vous comprenez ! (rires)

CD : Ha bon très bien !

MF : Et qu’est-ce qu’on fait, là ?!

CD : Ha ben je ne sais pas, vous voyez ça avec Alain ! (…)

Mylène et Alain échangent quelques balles.

CD : Ha, vous êtes pas mauvaise, hein ! (…)

MF : (elle tend sa raquette à Christophe Dechavanne) Vous pouvez me la tenir ? C’est mieux à deux !

(Dechavanne tient la raquette avec Mylène et se met derrière elle) Non, plus serré, s’il vous plait ! (le public siffle)

Alain lance une balle et Christophe Dechavanne fait dévier la raquette de Mylène pour qu’elle rate la balle, ce qui fait rire Mylène.

CD : (faussement réprobateur) Bravo, Mylène Farmer !

Alain vante ensuite les mérites de ce sport.

MF : (à Christophe Dechavanne) J’aime pas son short ! (rires)

Alain fait mine de se vexer et tout le public rit de la réflexion de Mylène. Christophe Dechavanne relance le sujet de la chronique.

A : (…) C’est un sport assez simple mais qui permet d’avoir beaucoup de joie.

CD : (ironique) Oui. Beaucoup de joie.

MF : (sur le même ton) Formidable ! (Elle éclate de rire)

CD : Qu’est-ce qui vous fait rire ?

MF : Non… (elle retient un rire)

A : Vous voulez essayer à nouveau, Mylène ?

MF : Avec plaisir ! Mais toujours avec monsieur Dechavanne !

CD : Ha ben alors, attendez !

Il se replace derrière elle et saisit la raquette. Mylène lance la balle, fait quelques échanges puis Christophe

Dechavanne la pousse en avant. Elle ramasse la balle et salue le public qui applaudit.

CD : Merci Mylène d’être venue !

MF : Merci !

CD : On se revoit bientôt ?

MF : Avec plaisir !

CD : Reste avec moi ! (Il la prend par la taille)

1986-09-cAlain présente alors un livre consacré à la mer. Christophe Dechavanne fait alors des mimiques et des petits commentaires qui font pouffer de rire Mylène. Il lui fait une grosse bise et annonce Jackie Quartz.

Plus tard dans l’émission, après que Julie Piétri ait chanté son tube « Eve, lève-toi », Mylène est à nouveau aux côtés de Christophe Dechavanne. Celui-ci explique la nouvelle formule de la rubrique du « Play-Mec ».

CD : Je voudrais simplement expliquer à Mylène et à vous en même temps le nouveau procédé du « PlayMec ». Car vous le savez Mylène, il y a un nouveau procédé

MF : Hmm ?? (rires) Une nouvelle recette ?

CD : (…) Pour sélectionner le jeune homme qui va se déshabiller le vendredi, hé bien on en fait venir un le lundi

- il est venu – le mardi – il est venu également…

MF : (elle l’interrompant en le couvant d’un regard de velours) Ce que j’aime le plus, c’est vos yeux !

Gros blanc. Christophe Dechavanne reprend son explication en bafouillant, complètement troublé !

CD : C’est épouvantable, ce que vous me faites parce que je perds tous mes moyens !

Mylène éclate de rire et se rapproche de lui. L’ambiance devient de plus en plus torride et Christophe

Dechavanne expédie son explication sous les rires de Mylène.

Après la prestation du Play-Mec, Christophe Dechavanne rejoint le bar de l’émission où se trouve l’invité principal de l’émission, Jean-Luc Lahaye, accompagné de Mylène pour lancer la chanson de fin de l’émission.

CD : On va se dire au revoir, Jean-Luc…Mylène aussi !

MF : Oui… C’est dommage !

Jean-Luc Lahaye chante ensuite une chanson en hommage à Coluche (disparu trois mois plus tôt). Après la chanson, tous les trois se retrouvent à nouveau pour dire au revoir aux téléspectateurs

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

ANTENNE 2 MIDI présente Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 22 mars 2014

 

1er SEPTEMBRE 1986 – émission Présenté par Noël MAMAIRE  sur ANTENNE 2

1986-07-d

En cette rentrée 1986, le succès de « Libertine » ne fait que croître et son clip exceptionnel fait beaucoup parler de lui. A ce titre, c’est un petit évènement qui se produit puisque Noël Mamère, alors présentateur du JT, reçoit sur son plateau Mylène Farmer accompagnée de Laurent Boutonnat afin que ceux-ci parlent de leur succès, de leurs débuts et de leur collaboration. Assis tous deux chacun d’un côté du journaliste, ils portent l’un et l’autre une veste noire.

Noël Mamère : (il fait réagir Mylène sur le reportage qui vient de s’achever, consacré aux plages et au surf)

Est-ce que vous avez déjà fait du surf, mademoiselle Farmer ?

Mylène Farmer : Heu…non, parce que l’eau est un élément qui m’effraie, donc je préfère l’équitation !

NM : Vous avez fait beaucoup d’équitation, racontez-nous.

MF : Oui, j’en ai fait pendant cinq ans.

NM : Vous étiez forte ?

MF : Forte, je pense que oui, j’avais un bon niveau. J’avais envie de faire une carrière, mais j’avoue que j’ai abandonné l’idée à 18, 19 ans.

NM : Et vous étiez une très, très bonne cavalière. Vous avez failli même être écuyère, je crois ?

MF : (elle se redresse sur son siège, tout sourire) Non, n’exagérons pas ! (rires) Vos renseignements sont erronés.

NM : Bon. Vous êtes en compagnie de Laurent Boutonnat, parce que Laurent Boutonnat travaille beaucoupavec vous. C’est lui-même, je crois, qui vous a incité à faire de la chanson.

MF : C’est-à-dire que oui, on s’est rencontrés et lui est compositeur, donc, a une passion pour la musique, pour le cinéma également…

NM : On va en parler avec lui.

MF : …et donc m’a proposé avec une autre personne la première chanson, qui était « Maman a Tort ». Et depuis, voilà, nous travaillons ensemble.

NM : Alors comment bascule-t-on comme ça d’un coup de l’équitation à la chanson ?

MF : Une bonne étoile au-dessus de ma tête, certainement. Beaucoup de chance, et puis depuis deux ans beaucoup de travail, aussi.

Laurent Boutonnat : (suite à la question de Noël Mamère) Parce qu’on tombe de cheval !

1986-07-cNM : On tombe de cheval ! (il se tourne vers Laurent Boutonnat) Laurent Boutonnat, c’est la voix, le physique de Mylène Farmer qui vous avaient séduit ou ce sont les deux à la fois ?

LB : Oui c’est les deux à la fois, parce qu’on recherchait quelqu’un au moment où on avait fait cette chanson avec un ami, qui était « Maman a Tort », qui était une chanson un peu spéciale qui se passait dans un hôpital psychiatrique, d’une petite fille. Et le jour où Mylène est arrivée, elle était…elle était parfaite, quoi ! C’était le personnage. (rires de Mylène)

NM : Parce qu’elle avait l’air un peu pervers, ou pas ?

LB : C’était pas tellement pervers, c’est plutôt…psychotique, je dirais. Quelqu’un d’un peu renfermé, comme ça…

NM : Une sorte d’ambiguïté, quoi ?

LB : Oui, oui, très bizarre. Ca a été elle tout de suite, quoi. Même avant de l’entendre chanter.

NM : Alors, vous lui avez écrit « Libertine », qui est un véritable succès, qui a fait un tabac cet été (il présente à la caméra le 45-tours deuxième pochette de « Libertine »)

LB : Ben c’est en train de faire un tabac. Enfin, je suis ravi que ça marche.

NM : Alors c’est un texte qui est aussi un petit peu pervers, ou peu ambigu, comme on voudra.

LB : C’est un texte qui n’est pas très simple, peut-être. Mais curieusement, c’est assez drôle d’ailleurs d’entendre – c’est curieux que ça marche, enfin je suis ravi que ça marche – mais c’est drôle d’entendre dans la bouche des enfants chanter « Je, je suis libertine/ Je suis une catin », ce qui change un peu !

NM : ça a l’air de vous amuser, vous devez bien rire dans votre manteau ! (rires de Mylène)

LB : Non, non, je suis très, très heureux !

NM : Hé bien, on va écouter un extrait du clip que vous avez réalisé sur « Libertine », avec Mylène Farmer et puis après, on parlera ensemble de votre collaboration et de l’idée que vous vous faites de votre métier.

LB : Oui…

MF : D’accord.

Un extrait du clip de « Libertine » est diffusé (de la séquence du bain jusqu’à la séquence de séduction entre Libertine et son amant).

NM : Voilà. Les amateurs de cinéma verront un clin d’œil à « Barry Lindon » et à tous les styles du XVIIIème.

MF : C’est vrai…On dit « Barry Lindon », c’est vrai qu’il y a une couleur, je crois que c’est une ambiance. Et puis les gens n’ont de référence que ce film qui retrace le XVIIIème siècle, le libertinage : c’est «Barry Lindon ».

NM : C’est un clip, un film, qui dure onze minutes. C’est pas très vendable, ça, à la télévision pour passer dans un journal, par exemple !

MF : C’est vrai qu’il y a des passages…Oui, c’est dommage. Mais je pense qu’il y aura une promotion cinématographique, c’est-à-dire dans les salles de cinéma, c’est en attente, c’est en pourparlers. Ce serait l’idéal pour ce clip. (ce projet n’a malheureusement pas abouti, ndlr)

NM : Et vous pensez que ça aide beaucoup à la promotion d’un disque, la fabrication d’un clip très, très sophistiqué comme celui-là ?

MF : Moi je veux pas faire de généralités. Je pense qu’en ce qui me concerne, le travail qui est fait depuis deux ans pour moi c’est essentiel d’avoir ce clip et le clip précédent, parce que c’est un travail d’image et puisc’est…oui, c’est enrichir, je crois, un personnage, déjà, et puis une chanson, pourquoi pas.

NM : Pour vous, les deux sont indissociables aujourd’hui, si j’ai bien compris ?

MF : Pour moi, indissociable réellement, mais parce que Laurent Boutonnat, parce que –vous parliez de mentor tout à l’heure- pour moi c’est surtout un admirable metteur en scène, mais dans toute sa généralité.

NM : Et ça vous donne le goût de faire du cinéma ?

MF : Je rêve de faire du cinéma, là, depuis que je suis toute petite et j’espère en faire un jour. Mais tout ça, ce sera aussi très réfléchi.

NM : (il se tourne à nouveau vers Laurent Boutonnat) Alors vous justement, Laurent Boutonnat, depuis que vous êtes tout petit, depuis que vous avez dix ans je crois, vous faites du cinéma. Et de la musique, mais aussi du cinéma.

LB : Oui. C’est-à-dire, j’ai fait du piano, j’ai appris la musique et l’harmonie très jeune, et j’ai commencé à faire des films très jeune aussi, à 10 ans comme ça, en Super 8, des petits films. Et c’est toujours deux choses quej ’ai fait… j’ai toujours fait des petits films, j’ai fait la musique de mes petits films. Enfin, c’est toujours desactivités que j’ai fait, comme ça…

NM : Vous aviez une formation de classique, de conservatoire ?

LB : Pas de conservatoire, mais des cours de piano. J’ai commencé à faire du piano à 5 ans, jusqu’à 13, 14 ans. Et puis après, j’ai tout envoyé balader mais je m’y suis remis quand même !

NM : (il s’adresse à Mylène) C’est marrant parce qu’on assiste en ce moment à une éclosion de jeunes femmes comme vous qui ont des visages très doux, on leur donnerait le bon Dieu sans confession, si je puis dire…

1986-07-aMF : C’est vrai…

NM : …et puis qui susurrent, qui chantent des chansons très, très libertines.

MF : Je crois que c’est là que réside toute la perversion de l’histoire ! (rires)

NM : Vous croyez que c’est un phénomène d’époque, ça ?

LB : Non, mais je pense que c’est plus intéressant de travailler…parce qu’une chanson, c’est bien, mais c’est un peu…c’est quelque chose de très simple, mais travailler autour de ça, l’image et tout ce que ça comporte, ça c’est passionnant.

NM : Bien. Hé bien écoutez, merci d’être venus à Antenne 2 Midi, Mylène Farmer et Laurent Boutonnat.

MF et LB : (ensemble) Merci !

NM : Je rappelle ce titre, « Libertine », mais qui est déjà très, très connu. Il doit être dans le Top 50 déjà, non ?

MF : Ca y est, oui. La Bible du français, actuellement c’est le Top 50 ! (rires)

NM : Ha ben oui, c’est ça ! J’écoute la radio, je sais que le Top 50 c’est une référence.

MF : C’est vrai, nous sommes dans le Top 50. Ca veut dire que le disque se vend, voilà, que l’artiste fonctionne.  ressemblance

NM : Tant mieux pour vous !

 Noël Mamère lance ensuite un reportage sur le pianiste Jean-Paul Farré, auquel il trouve une capillaire avec Laurent Boutonnat, ce qui fait rire ce dernier !

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

POLLEN présente Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 20 mars 2014

 

4 JUIN 1986 – émission Présentée par Jean-Louis FOULQUIER – FR3

1986-05-bC’est la toute dernière édition de ce programme phare de Jean-Louis Foulquier. Il est alors entouré de nombreux chanteurs comme Julie Pietri, Alain Bashung, Bernie Bonvoisin… Mylène est présente pour chanter « Libertine » et le rejoint pour un entretien… libertin !

Jean-Louis Foulquier : Je voulais vous présenter une petite libertine, c’est un petit cadeau, comme ça, pour la dernière de Pollen. C’est Mylène Farmer…

Mylène, robe longue devant et très courte derrière et pieds nus, interprète « Libertine » devant un décor représentant une façade avec « Aviatic » écrit en néons. La chanson terminée, elle va s’asseoir sur un tabouret aux côtés de Jean-Louis Foulquier.

JLF : Mylène Farmer, « Libertine »…Quand je pense que la petite Mylène a reçu son éducation dans une institution religieuse (Mylène éclate de rire), je me demande la tête de la mère supérieure devant sa télé ce soir !

Mylène Farmer : Bah rassurez-vous, elle est décédée (rires), et elle doit se retourner dans sa tombe !

JLF : Et alors, c’est de la provocation pure et simple, comme ça de montrer ses fesses à la télé ? Fesses au demeurant agréables !

MF : C’est un plaisir, mais maintenant si ça vous dérange (rires), je peux changer !

JLF : Non !

MF : Non ? (rires)

JLF : Tu peux même remettre ça, si tu veux ! Ca sera un réel plaisir !

MF : Non, non je m’amuse beaucoup…

JLF : Tu t’amuses beaucoup. Mais, ce côté provocant à la télévision, finalement tu l’as pas dans la vie ? T’es plutôt réservée, quand on te connaît un petit peu dans la vie, qu’on te croise…

MF : Je suis réservée, mais je pense que ce n’est pas incompatible. J’ai des heures où j’ai envie de m’exhiber, comme tout le monde. (elle lui pose la main sur son bras, et ronronne avec un regard explicite !)

JLF : Ben, si tu veux me donner ton planning, on va se croiser à ces heures-là si tu veux ! (rires)

MF : D’accord…

JLF : Mylène, on va écouter maintenant une dernière chanson de Vivien Savage, qui est un beau personnage, je le disais tout 1986-05-aà l’heure, dans la chanson. Je voudrais qu’il nous chante « La Petite Lady », si tu veux aller t’installer, c’est un tube…

Vivien Savage : Pour Mylène Farmer, je chante « La Petite Lady » (il fait une courbette et Mylène glousse)

JLF : Voilà, au revoir Mylène.

MF : Merci !

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

POUR LE PLAISIR : la voix de Mylène F.

Posté par francesca7 le 20 mars 2014

 

FR3 ALSACEDU 20 AVRIL 1986 – Présenté par Christian DANIEL

1986-02-aMylène chante « Maman a Tort » puis rejoint Christian Daniel et s’installe sur un tabouret.

Mylène Farmer : Merci beaucoup !

Christian Daniel : Mylène, « Maman a Tort ». Mylène, j’ai relevé quelques-unes des paroles dans vos chansons et j’ai le sentiment un petit peu, votre sourire a l’air de me démentir, que vous aimez chanter un petit peu la mélancolie et la tristesse. Je me trompe ?

MF : C’est vrai, je dois être une personnalité un peu mélancolique. Il y a quelqu’un de très célèbre qui disait que la vie pourrit l’esprit et que la mort pourrit le corps. Je sais que c’est très philosophique et très macabre, mais parfois il y a des moments qui sont prodigieux dans la vie aussi.

CD : Est-ce que vous êtes comme ça dans la vie ?

Mylène hausse les épaules d’un air amusé.

CD : Mylène, je relève : « La vie est triste/Aimer c’est pleurer/J’aime ce qu’on m’interdit/Les plaisirs impolis »…

MF : C’est vrai, je pense qu’il y a des moments qui sont terriblement cruels dans la vie et également des moments qui sont prodigieux. Je dois être certainement quelqu’un de mélancolique, mais je  pense pas que ça soit incompatible avec ce métier et avec la joie de vivre.

CD : Est-ce que vous n’essayez pas également un petit peu dans vos chansons de provoquer, d’être un petit peu provocante ?

MF : Si, ça depuis le début ! « Maman a Tort », après y avait « On est Tous des Imbéciles », maintenant « Libertine », c’est vrai que j’ai le goût de la provocation mais c’est un peu le but de…comment dire ?…de vouloir défaire les choses, un peu, provoquer, oui…

CD : L’album, avec en titre le nouvel album (single, ndlr) « Libertine ». Alors, vous dites carrément « Je suis une libertine, je suis une catin » : ça, c’est de la provocation, ça !

MF : Oui, à cela je vous réponds que nous sommes tous la prostituée de quelque chose ou de quelqu’un, certainement oui !

1986-02-cCD : Ecoutez, on va écouter « Libertine ». Auparavant, je vous prends par la main pour votre amener sur notre étoile. Mylène Farmer : « Je suis libertine » (sic !)

Il joint le geste à la parole, et Mylène chante sa chanson en effectuant la chorégraphie.

Elle revient à la fin de l’émission pour le générique de fin, au milieu des autres invités et porte un grand bouquet de fleurs dans les bras.

 

 

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Une drôle de libertine dans PODIUM

Posté par francesca7 le 18 mars 2014

 

NOVEMBRE 1986 – Entretien avec Robert de LAROCHE

1986-28Qu’est-ce qui te hérisse le plus dans la vie au quotidien ?

- Mon maquillage ce matin ! Tout ! De ne pas avoir eu de sucre pour mettre dans le thé ou le café, parce que j’oublie toujours d’en acheter…

On te donne une caméra, qu’est-ce que tu en fais ?

- Je la casse par maladresse.

Qu’est-ce qui te scandalise le plus en général ?

- D’avoir cassé cette caméra. C’est honteux de se comporter aussi mal, n’est-ce pas ?

Tu crois à la réincarnation ?

- Je me documente là-dessus. Pour le moment, je suis vraiment dans l’expectative.

Ton avion tombe dans la jungle. Tu paniques, ou tu deviens finalement femme-singe ?

- Si l’avion tombe, en principe, je suis morte. Mais enfin… si je survis, je termine ma vie avec les gorilles. Avec le chef, bien sûr. Tout à fait possible.

Le plus beau compliment qu’on puisse te faire ?

- De reconnaître et d’apprécier mon travail, ce que je fais.

On t’agresse verbalement dans la rue à propos de tes chansons, comment réagis-tu ?

- Je demande si la personne préfère Rika Zaraï et après quoi j’avise. Mais je me fiche des agressions de ce genre.

Qu’est-ce qui te vexe le plus ?

- Je suis susceptible, un rien me vexe. Les gens qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas !

Tu aimerais changer de sexe ?

- On trouve déjà que je suis androgyne, alors j’ai l’impression que le chemin est tout tracé !

Tu pleures souvent au cinéma ?

- Tout le temps ! « Bambi » me fait pleurer, mais aussi « La fille de Ryan » ou « L’important c’est d’aimer ». Mais mon clip aussi !

Qu’est-ce qui te fait le plus peur ?

- Le noir, l’eau… et les bombes dans les rues.

Mylène Farmer mère de douze enfants, c’est possible ou pas du tout ?

- Ah non, certainement pas. Avec douze gorilles plutôt.

Ton gentil producteur te donne carte blanche et beaucoup de sous, que fais-tu ?

- Je lui rends l’argent et je produis son premier film.

Tu aimerais jouer Blanche-Neige ou Dracula ?

- Blanche-Neige, à la poubelle tout de suite ! A moins que je ne fasse la sorcière. Mais Dracula, je rêve de le jouer un jour.

Un autre rôle qui te plairait ?

- Celui de l’enfant sauvage.

Tu te vois réaliser un de tes fantasmes en public, à la télé ?

-          Alors là, ça nous entraînerait vraiment trop loin. Je préfère me taire !

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Laurent Boutonnat et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 14 mars 2014

L’Interview TV 1986

    1er Septembre 1986, Antenne 2 Midi. Laurent Boutonnat a tourné Libertine voici 3 mois et le succès de la chanson est à son apogée. Accompagné de Mylène Farmer, il parle pour la première fois du recrutement de Mylène Farmer par casting trois ans et demi plus tôt, puis de l’intérêt d’un tel investissement dans un tel clip. Laurent Boutonnat et Mylène Farmer n’ont alors que 24 ans, c’est sans doute pourquoi on sent encore la fraîcheur et l’insouciance de deux jeunes artistes sur lesquels ne pèse pas encore le poids des responsabilités, et s’amusent de leur création, sans savoir que c’est le départ d’une oeuvre majeur à laquelle ils sont en train de donner naissance.

Laurent Boutonnat et Mylène Farmer dans Mylène 1985 - 1986 libjt2

    La chanteuse prend la parole au début de l’extrait pour en parler, puis intervient à plusieurs reprises par la suite. On peut remarquer la défense qu’elle prendre pour Laurent Boutonnat quand Noël Mamère accusera à mots à peine couverts le clip de n’être qu’un plagiat du Barry Lyndon de Stanley Kubrick. Mylène Farmer l’expliquera par le manque de référence des français qui ne connaissent le XVIIIe siècle que par ce film.

Clic droit pour télécharger sur votre disque

Retranscription de l’interview

Noël Mamère : (à Mylène Farmer) Laurent Boutonnat travaille beaucoup avec vous, c’est lui-même je crois qui vous a incité à faire de la chanson.

Mylène Farmer : Oui, c’est à dire qu’on s’est rencontré et lui est compositeur, a une passion pour la musique, pour le cinéma également…

Noël Mamère : On va en parler avec lui…

libjt6 dans Mylène AU FIL DES MOTSMylène Farmer : …Il m’a proposé avec une autre personne la première chanson qui était Maman à tort, et depuis nous travaillons ensemble.

Noël Mamère : Comment bascule t-on d’un coup de l’équitation à la chanson ?

Mylène Farmer : Une bonne étoile au dessus de ma tête très certainement, beaucoup de chance et depuis deux ans beaucoup de travail aussi.

Laurent Boutonnat : On tombe de cheval !

(rires)

Noël Mamère : Laurent Boutonnat, c’est la voix, le physique de Mylène Farmer qui vous avait séduit ? Ou se sont les deux à la fois ?

libjt5 dans Mylène en INTERVIEW

Laurent Boutonnat : Oui, c’est les deux à la fois parce qu’on cherchait quelqu’un au moment où on avait fait cette chanson avec un ami, qui était Maman à tort, c’était une chanson un peu spéciale qui se passait dans un hôpital psychiatrique, d’une petite fille… Et le jour où Mylène est arrivée elle était parfaite quoi, c’était LE personnage.

 

Noël Mamère : Parce qu’elle avait l’air un peu pervers ou pas ?

Laurent Boutonnat : C’était pas tellement pervers, c’était plutôt… psychotique je dirais. Quelqu’un d’un peu renfermée.

Noël Mamère : Un peu d’ambiguïté quoi…

libjt8Laurent Boutonnat : Oui oui, très bizarre. Mais ça a été elle tout de suite. Même avant de l’entendre chanter.

Noël Mamère : Alors vous lui avez écrit Libertine, qui est un véritable succès, qui a fait un tabac cet été.

Laurent Boutonnat : C’est en train de faire un tabac. Enfin… je suis ravi que ça marche.

Noël Mamère : C’est un texte qui est aussi un peu pervers ou un peu ambigu comme on voudra…

libjt3Laurent Boutonnat : C’est un texte qui n’est pas très simple peut-être, c’est curieux que ça marche, je suis ravi que ça marche. Mais c’est drôle d’entendre dans la bouche des enfants chanter « je je suis Libertine, je suis une catin », ça change un peu.

Noël Mamère : Ca doit vous amuser ! Vous devez bien rire dans votre manteau.

Laurent Boutonnat : Je suis très très heureux oui.

(projection d’un extrait du clip, scène du bain, puis du message)

Noël Mamère : Les amateurs de cinéma verront un clin d’œil à Barry Lyndon, et à tous les styles du XVIIIe.

libjt11Mylène Farmer : On dit Barry Lyndon, c’est vrai qu’il y a une couleur, je crois que c’est une ambiance. Et je crois que les gens n’ont de référence que ce film qui retrace le XVIIIe siècle, le libertinage… c’est Barry Lyndon.

Noël Mamère : C’est un clip, un film, qui dure onze minutes, c’est pas très vendable ça à la télévision, pour passer dans un journal par exemple (sourire).

 

Mylène Farmer : Oui c’est dommage, mais je pense qu’il y aura une promotion cinématographique, c’est à dire dans les salles de cinéma. On attend, c’est en pourparlers. Ce serait l’idéal pour ce clip.

Noël Mamère : Et vous pensez que ça aide beaucoup à la promotion d’un disque, la fabrication d’un clip très sophistiqué comme celui là ?

Mylène Farmer : Je ne veux pas faire de généralités, je pense qu’en ce qui me concerne, le travail qui est fait depuis deux ans, c’est essentiel d’avoir ce clip, et le clip précédent. C’est un travail d’image, et c’est enrichir un personnage et une chanson.

Noël Mamère : Pour vous les deux sont indissociables aujourd’hui ?

 

Mylène Farmer : Pour moi, indissociables, réellement. Mais parce que Laurent Boutonnat. Vous parliez de Mentor tout à l’heure, pour moi c’est surtout un admirable metteur en scène mais dans toute sa généralité.libjt9

 

(Laurent Boutonnat sourit timidement)

 

Noël Mamère : Et ça vous donne le goût de faire du cinéma ?

MF : Je rêve de faire du cinéma depuis que je suis toute petite, et j’espère en faire une jour. Mais tout ça ce sera aussi très réfléchi.

Noël Mamère : Alors vous, Laurent Boutonnat, justement depuis que vous êtes tout petit, depuis que vous avez dix ans je crois, vous faites du cinéma. De la musique aussi, mais avant tout du cinéma.

Laurent Boutonnat : J’ai fait du piano, j’ai appris la musique et l’harmonie très jeune, et j’ai commencé à faire des films très jeune aussi, à dix ans, en Super 8, des petits films… C’est toujours deux choses que j’ai fait : mes petits films, la musique de mes petits films. (Mylène Farmer rit) C’est toujours deux activités que j’ai faites dès que j’ai pu.

libjt4Noël Mamère : Vous aviez une formation de classique ? De conservatoire ?

Laurent Boutonnat : Pas de conservatoire, mais des cours de piano que j’ai commencé à l’âge de cinq ans, jusqu’à treize quatorze ans. Ensuite j’ai tout envoyé balader mais je m’y suis remis quand même. (sourire)

Noël Mamère : C’est marrant parce qu’on assiste en ce moment à une éclosion de jeunes femmes comme vous qui ont le visage très doux, on leur donnerait le bon Dieu sans confession, et qui susurrent, qui chantent des chansons très très libertines justement.

Mylène Farmer : C’est là que réside toute la perversion de l’histoire ! (rires)

Noël Mamère : Vous croyez que c’est un phénomène d’époque ?

Laurent Boutonnat : Non, mais je pense que c’est plus intéressant de travailler… Pare qu’une chanson c’est bien, mais c’est quelque chose de très simple, mais travailler autour de ça, l’image et tout ce que ça comporte, ça c’est passionnant.

libjt10

Noël Mamère : Libertine est déjà très très connue, elle doit être dans le Top 50 déjà ? 

Laurent Boutonnat : Oui, largement !

libjt1Mylène Farmer : (méprisante mais souriante) Ca y est ! La Bible du Français actuellement c’est le Top 50 ! 

Noël Mamère : Oui, vous savez j’écoute la radio et je sais que le Top 50 c’est une référence.

Mylène Farmer : Oui, c’est vrai. Nous sommes dans le Top 50. (ironique) Ca veut dire que le disque vend, voilà. Que l’artiste fonctionne.(rire)

Laurent Boutonnat : Tant mieux.

Noël Mamère : Tant mieux pour vous.

Septembre 1986, Antenne 2 Midi.

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène AU FIL DES MOTS, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Mylène Farmer, l’intrigante

Posté par francesca7 le 11 mars 2014

 

Magazine COOL du OCTOBRE 1986

 

1986-22-b« Libertine », le titre que l’on entend beaucoup en ce moment est extrait d’un album « Cendres de lune ». J’ai trouvé que c’était un LP féminin, intime. C’est ton avis ?

- Féminin, je ne comprends pas pourquoi et j’avoue que c’est le cadet de mes soucis. Cet album est un premier album. On peut dire ça. C’est quelque chose que j’aurai pu illustrer d’images. Voilà, si j’ai quelque chose à dire sur l’album. Le reste, c’est plus les personnes qui vont l’écouter qui vont dire des choses dessus.

Lorsqu’on fait un choix de chansons, on va dans une certaine direction. On pense à ce qu’on a envie de faire passer au public. Ce n’est pas un hasard…

- Non, ce n’est jamais un hasard, ce qu’on fait. Je ne sais pas s’il y a un fil conducteur dans l’album. Il y a une chanson qui va parler de Greta Garbo, une autre sur un autre sujet, « Plus grandir », une autre, « Libertine », qui est encore autre chose… Je ne pense pas que ce soit aller dans un sens. C’est essayer d’amener le maximum de choses dans un même album.

La chanson était présente dans tes rêves depuis toujours ?

- Non la chanson est pour moi, avant tout un métier qui est très difficile. Et puis c’est ma vie. Voilà !

A quel moment as-tu décidé de faire de la chanson professionnellement ?

- J’ai réellement décidé à partir du moment où je l’ai matérialisée. C’est-à-dire il y a deux ans et demi, quand « Maman a tort » est sorti. C’est à ce moment précis que j’ai décidé de travailler, de transpirer, de mener un combat pour ça.

Quelle a été la démarche ?

- Ce sont les opportunités, ce sont les rencontres de la vie. Je crois vraiment à des moments qui sont rares mais précis. J’ai rencontré des personnes et on a entrepris de faire ce métier là.

Tu estimes avoir eu de la chance ?

- J’estime que toute personne qui fait un métier public doit prendre en compte la chance, parce qu’elle existe et que pour d’autres personnes elle n’existe réellement pas. Après, c’est une aventure personnelle. Le travail n’est pas non plus inexistant. Chance, travail, c’est cela.

« Maman a tort » était un texte ambigu qui ne te définissait pas clairement. Tu peux en parler ?

- Avec le recul, d’avantage. Mais là encore, l’important n’était pas de définir « Maman a tort » mais de le chanter et puis de l’imposer. Ça  c’est plus mon aventure que d’expliquer : « Voilà, j’ai voulu dire ça, parce que ceci ou cela ». C’est un peu moins mon rôle. Enfin moi, j’estime que c’est comme ça. S’il y a quelque chose à dire sur « Maman a tort », c’est que c’est à la fois un peu une comptine tragique d’enfants, qui va dire sous des airs ingénus des choses graves. C’est vrai que si on veut approfondir, parce qu’on peut le faire, c’est l’hôpital psychiatrique, c’est les rapports indirectement avec la mère et l’enfant, et l’infirmière qui va prendre le rôle de mère. Mais est-ce qu’on a besoin de dramatiser, d’aller jusque là ? Je n’en sais rien. Maintenant, les gens ont perçu d’autres choses, des phrases comme « J’aime ce qu’on m’interdit, les plaisirs impolis »…

« Libertine » c’est la phase n°2 après « M aman a tort » ?

- Oui c’est une étape. Se complaire là dedans, ça ne m’intéresse pas non plus. Maintenant ce que je veux, c’est faire autre chose, voir autre chose, un autre univers, une autre démarche. « Libertine » c’est un peu le tremplin. Ça  va me permettre d’aller plus loin que ça, parce qu’il y a eut un succès médiatique dans les ventes, au niveau du clip aussi. Là, il y a une image qui commence à être précisée dans l’esprit des gens. A partir de ça, demain je ne vais pas refaire du « Libertine ». Ce serait à la fois facile et un suicide.

« Libertine » donne une image de toi coquine, ingénue, et à la fois tragique par rapport au clip…

- C’est à dire que dans le clip, on a fait mourir les héros. Ça  fait partie des références qu’on a du romantisme.

C’est vrai que c’est toujours poussé à l’extrême, que le héros doit mourir, parce que ça prend une ampleur plus importante, c’est peut-être ça, le côté tragique. Sinon, c’est encore quelque chose d’assez léger, « je suis libertine, mais qu’on me prenne la main ».

Qui a eu l’idée de ce clip ?

- C’est une idée commune à la personne qui travaille avec moi, qui l’a réalisé, et moi-même. Depuis le début que je pense chanson, je pense image.

Ce clip n’est pas tout à fait dans le courant actuel des vidéos. Il y a une sorte d’attachement au

passé également…

- C’est normal, je n’ai pas envie de faire partie du courant actuel. Mais il ne faut pas que ça devienne généralité.

C’est toujours ce qui me dérange. Là, dans « Libertine », c’était une démarche, c’était intéressant de traiter le 18ème siècle, les salons libertins avec les bougies, les scènes un peu osées. C’était intéressant. Mais une fois de plus, sur « Plus grandir » c’était pas ça du tout. C’était un château baroque qui pouvait se passer en 1985, comme en 1970, comme avant. C’était comme dans un rêve.

1986-22Pour toi une chanson et son clip sont des aventures ponctuelles ?

- Bien sûr. Sinon, c’est que je ne comprends pas bien. Je parle toujours de dramatisation, mais c’est vrai qu’une chanson n’est qu’une chanson. On en fait ce qu’on veut, on l’habille, on la déguise, on en fait des choses merveilleuses, mais il ne faut pas se reposer là-dessus. Sinon ou on n’avance pas, ou on ne réfléchit pas trop.

C’est peu de choses une chanson et, à la fois, c’est tout. Quand j’ai pris le chemin du studio pour une autre, l’aventure de la précédente est terminée.

Pourquoi fais-tu ce métier ?

- Parce qu’il m’est essentiel pour l’instant. Je me donne le droit de changer d’humeur dans quelques années. Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui se mentent, et spécialement les artistes, quant ils disent : « C’est ma vie ». C’est vrai que sur le moment, c’est ma vie aussi ! Mais il faut se donner la possibilité de faire aussi d’autres choses.

Quelles sont tes envies en dehors de la chanson ?

- Il y a le cinéma, mais pour l’instant je peux plus facilement me livrer au métier de la chanson, qu’au cinéma.

C’est encore une autre entreprise difficile.

Quels sont tes projets immédiats ?

- On va sortir un autre 45-trs qui ne sera pas extrait de l’album. On travaille dessus.

Le succès fait peur pour la suite ?

- On appréhende la suite parce que, qui dit succès, dit forcément couteau sous la gorge pour le pas suivant.

C’est quelque chose que je sais, et que je sais trop bien. Donc il faut aller un peu plus loin que ça. Bien sûr, il faut faire attention à cette identité qui tout d’un coup peu prendre des proportions démentes…

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Rencontre du troisième clip de Mylène F.

Posté par francesca7 le 11 mars 2014

 

DANS GIRLS MAGZINE – 24 SEPTEMBRE 1986

1986-21Qui est à l’origine de ce clip ?

- Laurent Boutonnat et moi-même.

N’est-il pas rare d’investir autant dans un clip, surtout pour une chanteuse qui en est à son troisième disque ?

- Connaissez-vous le prix de revient de ce clip ?

Non.

- Voilà, je ne dirais jamais combien ce clip a coûté exactement, mais il a coûté bien moins cher que la moitié des clips. Bon, cela posé, il est vrai qu’investir sur un clip, c’est un peu à perte pour les producteurs, j’ai tout à y gagner.

N’est-ce pas un clip d’une seconde génération, c’est-à-dire que l’image prime sur la musique ?

- Non, je ne pense pas que la musique soit moins prépondérante que l’image. Au contraire, je les trouve en parfaite osmose. Quand je dis musique, je pense à la musique « Libertine » et aux musiques additionnelles, je crois que c’est là où réside la vraie nouveauté, c’est ce qui donne à ce clip cet aspect court métrage.

Parlons-en de l’aspect court métrage : qui a réalisé les décors, les costumes ?

- Pour le décor nous avons fait appel a Emmanuel Sorin spécialisé dans les décors de films publicitaires et les long métrages. Je crois qu’il a très bien su recréer cette atmosphère XIXème siècle, nous avons tourné dans un magnifique château en Normandie. Quant aux costumes de Corinne Sarfati, ils sont le reflet très rigoureux de ce qui se portait à l’époque. Je ne suis pas intervenue au niveau des décors et des costumes, à chacun son métier, en revanche j’ai choisi les comédiens principaux, la jeune fille qui joue la rivale est une danseuse professionnelle qui rêve de jouer la comédie. Le jeune homme aussi exerce un métier artistique. Quant à la figuration, ce sont des personnes qui sont passionnées de théâtre.

N’as-tu pas peur de choquer avec un texte si audacieux ?

- Choquer ? Non, si ça a été le cas, cela ne me dérange pas, mieux vaut choquer que laisser indifférent. L’idée originale du texte de « Libertine » était : « Je suis libertine, je suis une putain ». Le parolier a préféré catin, c’était plus grand siècle, et il a réussi à me convaincre. Je ne sais pas ce qui se serait passé avec ce texte là.

Peut-être la naissance d’une révolte !

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Mylène et les animaux – dans OK

Posté par francesca7 le 2 mars 2014

 

28 JUILLET 1986 – Entretien avec Véronique DOKAN

1986-09-aA propos de son petit singe et de son amour des animaux en général :

- J’ai eu le coup de foudre pour E.T. il y a un an et demi en me promenant sur les quais. Il était en cage et je n’ai pas pu supporter son regard triste. Depuis je l’ai installé chez moi, dans mon appartement, et nous partageons ensemble une complicité rare. Mais je n’aime pas uniquement les singes, en réalité je crois que je suis attirée par tous les animaux qui ont du caractère. Enfant, j’ai bien entendu eu une période pendant laquelle je voulais être vétérinaire.

A propos de son ami Gaëtan, éleveur d’animaux sauvages : (nb : Mylène mettra cet ami plusieurs fois en avant par la suite)

- Quand j’ai le temps, j’adore aller chez un de mes amis en Normandie. Son boulot à lui c’est d’élever toutes sortes d’animaux qu’il loue ensuite pour le cinéma. Gaëtan a ainsi fourni les rats qui ont participé au film « Pirates » de Roman Polanski.

A propos de sa rencontre avec certains animaux sauvages pour le reportage photo qui accompagne l’article :

- Je ne m’étais encore jamais trouvée si près d’un félin et d’un serpent, et c’est vrai que ça fait un drôle d’effet.

Mais quelle sensation étonnante de toucher la peau de ce python ! Si je n’écoutais que mon coeur, j’aurais une véritable faune à la maison, mais franchement avec tous mes déplacements professionnels, ce ne serait pas raisonnable. A moins d’ouvrir un cirque !

1986-09-bA propos du clip « Libertine » :

- Certains pourront, peut-être se formaliser parce qu’on m’y voit nue, mais moi, je ne vois rien de mal à cela tant que ça n’est pas fait vulgairement.

A propos de ses envies de cinéma :

- Autant je suis impatiente en ce qui concerne la chanson, autant pour le cinéma je sais que ce sera long, mais que j’y arriverai un jour. Je ne prévois rien à l’avance. On verra bien…

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

TÉLÉ MAGAZINE : Mylène avec Laurence de WIT

Posté par francesca7 le 2 mars 2014

 

9 AOÛT 1986 – Entretien

Mylène, vous êtes née au Canada ?

- Oui, en 1961. J’y ai vécu jusqu’à l’âge de huit ans et ensuite je suis venue en France. Mon père était ingénieur des ponts et chaussées, il était parti au Québec pour participer à la construction du barrage du Manicouagan.

1986-11Vous n’aimez pas votre enfance ?

- Je n’en ai aucun souvenir, ce qui veut dire qu’effectivement je n’aime pas cette période de ma vie. Je me sens plus à l’aise avec les gens plus âgés que moi. Les enfants ne m’intéressent pas, ils sont trop naïfs, trop inconscients et ça me fait peur.

Depuis combien de temps chantez-vous ?

- J’ai arrêté mes études en terminale, à dix-sept ans. J’étais attirée par les métiers artistiques, par la chanson surtout qui me paraissait plus accessible que le cinéma. Et puis par hasard j’ai rencontré Laurent Boutonnat qui est compositeur et on a eu envie de travailler ensemble il y a deux ans. Ça  a donné ma première chanson, « Maman a tort », qu’il avait écrite avec un autre producteur. Ils ont procédé à un casting et j’ai été choisie.

Jusque-là j’avais suivi des cours de théâtre et j’avais été mannequin, et aussi travaillé dans la mode et la publicité.

Quelle qualité vous séduit le plus chez les gens ?

- La pudeur. Et ça ne va pas à l’encontre de la provocation qui m’est nécessaire pour m’exprimer. Je suis née pessimiste, mais j’aime tout ce qui est extrême, je suis passionnée et romantique, et le métier que je fais me convient parfaitement, il se passe toujours quelque chose, je ne m’ennuie jamais.

Toute votre vie est axée sur votre carrière ?

- En ce moment, forcément oui, parce que je débute. Mais je ne voudrais pas oublier le reste. Je ne sais pas encore si c’est possible ou non. Je ne lis plus, je ne peins plus, je peignais à la gouache des insectes, des animaux bizarres. Mon seul compagnon c’est E.T, un singe capucin que j’ai acheté en me promenant sur les quais il y a deux ans.

Vous avez d’autres animaux ?

- Non, mais j’aime les félins pour leur beauté et leur grâce et si je n’habitais pas dans un appartement, j’aurais un loup, un de ces grands loups blancs et gris que j’admire pour leur nature sauvage et craintive en même temps.

Votre chanson et votre clip Libertine se situent au XVIIIème siècle, pourquoi ?

- Le XVIIIème siècle est le siècle du libertinage, c’est-à-dire un doux mélange de décadence et de folie. C’est une certaine naïveté, une quête du bonheur par les plaisirs. Il me semble que les gens étaient plus heureux à cette époque-là.

Quels vêtements aimez-vous porter ?

- Je suis très à l’aise dans ces vêtements du XVIIIème siècle justement, mais bien sûr, je ne peux pas m’habiller comme ça dans la vie quotidienne. D’un autre côté, la mode ne m’intéresse pas. J’aime porter des choses sophistiquées que je découvre au hasard des boutiques.

Pensez-vous faire bientôt de la scène ?

- Je ne suis pas encore prête. Je suis perfectionniste et avant de faire un spectacle en direct, je veux encore travailler. Pour le moment, je vais me reposer un peu, je vais rester à Paris, lire, aller au cinéma, les vacances quoi ! En septembre prochain, je sors un nouveau 45Tours que je commence déjà à préparer. Les chansons seront dans la lignée des précédentes, elles seront le reflet de ce que j’aime : l’humour, la provocation, et une atmosphère entre l’innocence et la perversité.

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

ROCK FM avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 février 2014

 

JUILLET 1986 - Entretien avec Bertrand DELCOUR et Yves COUPRIE

1986-07-bCommençons par le commencement.

- J’ai suivi des cours de théâtre pendant deux ans, et après j’ai rencontré deux personnes qui ont écrit

« Maman a tort », je suis rentrée en studio et cette chanson a très bien marché.

Chez toi on a vu un petit singe dans une cage. A côté il y a une télévision sur un magnétoscope.

Qu’est-ce que tu préfères regarder ?

- Le singe qui vit.

Même pas tes clips ?

- Je déteste me regarder. On avance quand on s’observe mais le regard sur soi n’est pas le meilleur.

Tu te moques des parents avec « M aman a tort ». Et avec « Libertine » tu dois complètement terroriser le M LF quand il écoute les paroles.

- Hou la la ! Moi je suis terrorisée par ce mouvement là, alors…

Tu es bien dans ta peau ?

- Déjà pour faire ce métier je pense qu’il faut pas être très bien, mais je prends énormément de plaisir à chanter « Libertine », par exemple.

Demain c’est la Saint Donatien, c’est la fête du Marquis de Sade. En plus, cette nuit, c’est la pleine lune… Tu lis Sade ?

- J’ai lu en long, en large et en travers « Justine ». C’est assez attirant, j’avoue.

Puisque tu as envie de faire du cinéma, on ne t’a pas proposé de scénarii bien sombres qui changeraient des productions actuelles ?

- Pour l’instant non, j’aimerais bien tourner avec Roman Polanski. Faire « Le locataire », ça m’aurait fait plaisir.  (au magnéto) Je n’aime pas cette petite machine.

C’est un piège.

- C’est un viol.

Heu… en fait, tu n’as pas l’air de trop t’intéresser à la mode.

- Non, ça implique des connotations ennuyeuses. Il y a des époques, comme celle du libertinage, par exemple, qui sont attirantes. Mais j’ai été programmée pour 1986.

Tu te sens bien entre Le Pen, Le sida, Tchernobyl, Kadhafi, et toutes ces choses ?

- (rires) Et vous ?!

Si on te proposait de participer à une messe noire, tu accepterais ?

- Evidemment ! Il y a « Vieux bouc » pour ça. Si j’avais une scène à faire, j’utiliserai ce genre de chose. Le prochain clip, « Libertine », sera très beau. On va s’inspirer de toute l’ambiance de « Barry Lyndon ».

En classe, tu étais au fond ? Toute seule dans un coin…

- J’ai eu cette période. Et puis j’ai eu la période révolutionnaire.

Marxiste ! Punk !

- (rires) Non, non, non ! Du tout ! Ca s’est traduit d’une autre façon.

Comment ?

- Oh… c’était un peu de paranoïa, certainement. A chaque réflexion de la maîtresse je me disais ‘C’est pour moi’. Et puis un refus de tout.

Ça  ne s’est pas mal terminé ?

- Non, non. Toute mon adolescence, je la déteste.

On a l’impression que tu as peur de tout.

- Je me méfie un peu. Et puis je voudrais comprendre !

On ne sait même pas quel âge tu as…

- J’ai 24 ans.

Qu’est-ce que tu as pu faire en 23 ans ? Avant de chanter…

- Heeuuu…

Et si c’était à refaire, tu le referais ?

- Pendant 23 ans j’ai maudit ma mère de m’avoir mis au monde, et puis après je l’ai adorée. J’ai certainement rêvé très longtemps.

Tu rêvais à quoi ?

- C’est indiscret !

Tu voulais devenir roi de France ? M aître du monde ? Catin ?

- Catin, certainement !

Quand tu chantes ça, c’est parce que c’est vrai !

- C’est de bonne guerre. Je suis la prostituée du show bizness et de beaucoup d’autres choses.

Mylène Farmer, quel est le secret de ta réussite ?

- Je n’en sais rien ! (rires) Qu’est-ce que vous avez contre moi ? Arrêtez ! (rires)

Bon. Quand tu étais petite tu savais que tu allais devenir ce que tu es ?

- De toute façon, c’était ou ça, ou dans un autre monde…

L’hôpital psychiatrique, tu n’y a jamais pensé ?

- Mon dieu ! Quel image ils vont avoir de moi. Vous avez bu ?

Donc t’es pas bien sur Terre ?

- Si, si. Très bien.

On t’a jamais proposé des drogues ?

- Je n’ai jamais fait appel à ça.

Alors qu’est ce que tu vas faire des royalties de « Libertine » ?

- Je m’achèterai un château et j’y mettrais des milliers de singes. Voilà !

Un château du XVIIIème siècle.

- En Bavière, pour être à côté de mon ami Louis.

?

1986-07-a-          Avec Gilles de Rais, Louis II est un des mes personnages préférés.

Il a mal fini, Gilles de Rai. M ais lui au moins a sauvé son âme à la fin parce qu’il s’était repenti. Si on te proposait le repentir et la vie éternelle, tu accepterais de renier ton personnage démoniaque ?

- (long silence flippant) C’est vous qui êtes démoniaques !!

Quelles déclarations tu as à faire à la presse française ?

- Ah… je n’ai rien à leur dire. Je suis heureuse d’être là. Et… tant pis pour eux.

Bon, ben on peut couper ici ?

-          (S’approchant dangereusement de la touche STOP)

-          Je peux avoir le plaisir d’ARRÊTER CETTE MACHINE ?

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

TÉLÉ MAGAZINE – Mylène et Laurent de Wit

Posté par francesca7 le 23 février 2014

 

9 AOÛT 1986 – Entretien avec Laurence de WIT

M ylène, vous êtes née au Canada ?

- Oui, en 1961. J’y ai vécu jusqu’à l’âge de huit ans et ensuite je suis venue en France. Mon père était ingénieur des ponts et chaussées, il était parti au Québec pour participer à la construction du barrage du Manicouagan.

1986-11Vous n’aimez pas votre enfance ?

- Je n’en ai aucun souvenir, ce qui veut dire qu’effectivement je n’aime pas cette période de ma vie. Je me sens plus à l’aise avec les gens plus âgés que moi. Les enfants ne m’intéressent pas, ils sont trop naïfs, trop inconscients et ça me fait peur.

Depuis combien de temps chantez-vous ?

- J’ai arrêté mes études en terminale, à dix-sept ans. J’étais attirée par les métiers artistiques, par la chanson surtout qui me paraissait plus accessible que le cinéma. Et puis par hasard j’ai rencontré Laurent Boutonnat qui est compositeur et on a eu envie de travailler ensemble il y a deux ans. Ca a donné ma première chanson, « Maman a tort », qu’il avait écrite avec un autre producteur. Ils ont procédé à un casting et j’ai été choisie.

Jusque-là j’avais suivi des cours de théâtre et j’avais été mannequin, et aussi travaillé dans la mode et la publicité.

Quelle qualité vous séduit le plus chez les gens ?

- La pudeur. Et ça ne va pas à l’encontre de la provocation qui m’est nécessaire pour m’exprimer. Je suis née pessimiste, mais j’aime tout ce qui est extrême, je suis passionnée et romantique, et le métier que je fais me convient parfaitement, il se passe toujours quelque chose, je ne m’ennuie jamais.

Toute votre vie est axée sur votre carrière ?

- En ce moment, forcément oui, parce que je débute. Mais je ne voudrais pas oublier le reste. Je ne sais pas encore si c’est possible ou non. Je ne lis plus, je ne peins plus, je peignais à la gouache des insectes, des animaux bizarres. Mon seul compagnon c’est E.T, un singe capucin que j’ai acheté en me promenant sur les quais il y a deux ans.

Vous avez d’autres animaux ?

- Non, mais j’aime les félins pour leur beauté et leur grâce et si je n’habitais pas dans un appartement, j’aurais un loup, un de ces grands loups blancs et gris que j’admire pour leur nature sauvage et craintive en même temps.

Votre chanson et votre clip Libertine se situent au XVIIIème siècle, pourquoi ?

- Le XVIIIème siècle est le siècle du libertinage, c’est-à-dire un doux mélange de décadence et de folie. C’est une certaine naïveté, une quête du bonheur par les plaisirs. Il me semble que les gens étaient plus heureux à cette époque-là.

Quels vêtements aimez-vous porter ?

- Je suis très à l’aise dans ces vêtements du XVIIIème siècle justement, mais bien sûr, je ne peux pas m’habiller comme ça dans la vie quotidienne. D’un autre côté, la mode ne m’intéresse pas. J’aime porter des choses sophistiquées que je découvre au hasard des boutiques.

Pensez-vous faire bientôt de la scène ?

-          Je ne suis pas encore prête. Je suis perfectionniste et avant de faire un spectacle en direct, je veux encore travailler. Pour le moment, je vais me reposer un peu, je vais rester à Paris, lire, aller au cinéma, les vacances quoi ! En septembre prochain, je sors un nouveau 45Tours que je commence déjà à préparer. Les chansons seront dans la lignée des précédentes, elles seront le reflet de ce que j’aime : l’humour, la provocation, et une atmosphère entre l’innocence et la perversité.

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

FRANCE SOIR avec Mylène F.

Posté par francesca7 le 23 février 2014

 

3 AVRIL 1987 – Un clip dans les Cévènes avec des loups et de la neige – Entretien avec Catherien DELMAS

1987-07La journaliste constate que malgré le succès, Mylène garde la tête froide :

- C’est mon tempérament. Il n’y a pas de quoi prendre des grands airs. Avec Laurent Boutonnat, nous arrivons à exprimer ce qui nous touche. Et surtout à bien se comprendre. Je préserve jalousement l’esprit de mon équipe. Il pense à moi quand il compose et il ne se disperse pas. Libre à lui d’aller ‘convoler’ ailleurs. Dans ce cas, je l’étrangle (rires)

A propos de l’évolution de son image :

- J’ai débuté petite fille un peu perverse, je vais devenir un jour ou l’autre une femme énigmatique. Mon rêve !

A propos de l’écriture :

- Il va falloir penser au prochain album. Il faut bien un petit frère à « Libertine » !

A propos du show-business :

- Je ne connais pas vraiment la constellation de ce drôle de métier. Mais je reconnais que j’adore signer des autographes.

A propos du clip « Tristana », alors en préparation :

- Dans les Cévennes, nous avons découvert un élevage. Nous allons donc tourner dans les champs de neige qui sont restés sauvages. Si la neige manque nous apporterons les canons à neige !

A propos de la participation de Movie Box à la production de ses clips :

- Il nous faut de grands moyens et surtout le talent qu’ils nous ont déjà prêté la première fois. Ils font des pubs et du cinéma d’habitude et veulent bien passer quelques jours de folie avec nous.

A propos du travail en équipe :

- Ma rivale de Libertine dansera aussi pour « Tristana ». Si elle n’était pas là, je ne serais pas tranquille.

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Verglas et Mylène Farmer – CINQ SUR CINQ

Posté par francesca7 le 17 février 2014

 

1er MARS 1986 – Présenté par Antoine VERGLAS – LA CINQ

1986-01-c

Mylène est l’une des invités de cette émission musicale pour présenter son tout premier album qui est alors sur le point de sortir, ainsi que le premier extrait de celui-ci que personne ne connaît encore : « Libertine ».

Antoine Verglas : Aujourd’hui, je reçois Marc Lavoine, Florence Guérin…

Mylène Farmer (elle le coupe) : Et Mylène Farmer ! (rires)

AV : Et Mylène Farmer ! Bonjour, Mylène.

MF : Bonjour !

AV : Alors, vous sortez un 33-Trs…

MF : Oui, absolument, j’ai un album. C’est mon premier album et il s’intitulera « Cendres de Lune ». Et cet album sera précédé d’un 45-Trs – c’est très important – qui s’appelle « Libertine ». C’est tout un programme !

AV : Tout un programme !

MF : Oui !

L’animateur lance ensuite le clip de « Plus Grandir », où seule la partie chantée est diffusée.

AV : Ca doit vous changer d’atmosphère de vous retrouver dans un studio aussi clean par rapport à tout cet univers un peu macabre ?!

MF : Moui… Vous m’avez fait cette réflexion tout à l’heure que je n’allais peut-être pas cadrer dans le clean !  (rires) Mais ça change d’univers, ça ! On a choisi un château plus que quelque chose de dénudé : ce clip, ça pourrait être l’illustration d’un conte fantastique.

AV : Déjà dans « Maman a Tort », c’était un petit peu spécial, quand même, comme ambiance.

MF : J’ai toujours essayé de trouver des univers un peu bizarres, mais c’est sans doute parce que je suis quelqu’un de très bizarre, non ?! (rires)

AV : Déjà la façon dont vous vous habillez, je trouve ça assez marrant !

MF : Ha bon ?

AV : On dirait Dracula qui arrive…

MF : Justement, j’ai lu récemment « Dracula » de Bram Stoker et c’est un bouquin fabuleux. J’aurais bien aimé jouer le rôle de Dracula !

AV : Mais chez vous c’est comment ? C’est un petit peu comme dans ces clips ?

MF : Ca ressemble un peu, mais pour l’instant j’ai pas envie de parler de chez moi parce que souhaite déménager, donc c’est un lieu que je voudrais…

AV : Pour aller dans un endroit un petit peu plus…

MF : Ben, peut-être un endroit clean, finalement, pour changer d’image ! (rires)

AV : J’ai entendu tout à l’heure que vous aviez un singe ?

MF : Absolument, oui !

AV : Vous vivez avec lui ?

MF : J’ai un petit capucin, oui, qui demande énormément d’attention, presque comme un enfant. C’est encore une idée originale, mais c’est très agréable.

AV : C’est tout votre univers de fantasmes qu’on retrouve dans le prochain album ?

MF : Vous croyez que c’est un fantasme d’avoir un singe ?! (rires)

AV : Le singe, peut-être pas ! Mais je veux dire…

MF : Oui, l’album c’est un univers que j’aime beaucoup, et j’espère qu’il plaira. C’est en tout cas un travail de longue haleine et qui m’a plu énormément.

AV : Vous prévoyez de faire un clip ?

1986-01-aMF : J’espère qu’on fera un clip ! Tout ça c’est aussi une question d’argent, puisqu’il faut le dire. Je souhaite faire un clip sur « Libertine », donc on va voir ! Il y a de très belles choses à faire, déjà le libertinage y a toute une histoire !

Diffusion d’une sélection de clips du moment : Shade et Tears for Fears.

AV : Mylène, tu préfères quel style de musique, dans nos nouveautés ?

MF : Je trouve que c’est un bon choix, j’aime les deux. J’ai peut-être une préférence pour Shade, je trouve que c’est une femme qui est d’abord très belle, ce qui n’est pas courant, et qui a énormément de classe, ce que je trouve très important aussi.

AV : On va se quitter, on te souhaite bonne chance pour ton premier album !

MF : Merci !

 

 

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Mylène Farmer : atouts de stars

Posté par francesca7 le 17 février 2014

 

 Entretien du  25 MAI 1987 avec Gérard LASNIER : LA CHARENTE LIBRE 

1987-10-b

« Libertine », « Tristana » : vous collectionnez les succès, mais on ne connaît de vous qu’une image. Qu’est-ce qui vous a amené à la chanson ?

- Depuis mon plus jeune âge, la musique est importante dans ma vie, mais je me destinais à une carrière de comédienne de théâtre et de cinéma. Or, le hasard qui fait bien les choses m’a mise en présence d’un jeune auteur, Laurent Boutonnat, qui partageait absolument les mêmes préoccupations que moi. Forts de notre entente, la chanson s’est imposée naturellement, comme une opportunité à saisir. Rien ne dit que d’ici quelques années je ne me tournerai pas vers le cinéma, mais actuellement ma carrière de chanteuse prime. Il n’est pas possible de se disperser, ni de faire les choses en dilettante !

Comment s’effectue votre collaboration ?

- Dans la mesure où Laurent et moi les mêmes centres d’intérêts dans la vie, les thèmes des chansons et l’écriture elle-même ne sont pas l’apanage de l’un ou de l’autre. Laurent compose seul les musiques mais nous discutons ensemble des textes : nous échangeons des idées, des mots. C’est réellement une collaboration à deux, et lorsqu’une chanson est réussie c’est grâce à cette parfaite alchimie !

Certains vous reprochent d’interpréter des textes ‘osés’…

- Je n’ai jamais envie de choquer gratuitement ! Avant « Libertine » et dans les années à venir, il est clair que des personnes se sont senties et se sentiront choquées par des textes, des images. Les mentalités n’ont pas vraiment évolué, il existera toujours des tabous, chacun ayant d’ailleurs les siens ! Je n’ai pas à me situer par rapport à cet état de fait, je continuerai de toute façon à faire ce qui m’intéresse.

Vous soignez la chorégraphie, les costumes…

- Parce que c’est indispensable et que je ressens du plaisir à porter de beaux vêtements. Je ne me vois pas interpréter une chanson plantée derrière un micro. Je trouve que la danse, la manière de se vêtir, apportent un plus nécessaire. Le spectacle, du moins celui qui m’attire, doit faire rêver les gens.

Vous utilisez également beaucoup la vidéo, et ce depuis votre premier titre. Le clip est-il une nécessité 1987-10-acommerciale aujourd’hui ?

- Mis à part l’ ‘outil promotionnel’ évident, l’image apporte une part de rêve supplémentaire, complémentaire des mots. Ce qui me gêne, en revanche, c’est la vulgarité, la médiocrité de nombreuses vidéos ! Laurent et moi écrivons les scénarios de ces clips, en mettant la chanson au service de l’image, en créant des situations nouvelles qui vont éventuellement parvenir à apporter une magie. Trop souvent, les clips se contentent d’être des explications de texte, comme si le public n’était pas capable de comprendre directement la chanson. Pour ma part, je préfère le détournement du texte, qui seul engendre des émotions.

La scène ne vous attire pas ?

- Bien sûr que si, mais un spectacle ne s’improvise pas ! Je ne me sens pas prête pour le moment à l’affronter, il est nécessaire de s’y consacrer entièrement afin de présenter au public un travail abouti. Actuellement, je préfère présenter des vidéos et assurer de bonnes prestations à la TV ! Sans oublier que je dispose d’un répertoire limité : je n’ai qu’un seul album derrière moi. Une carrière cela se construit pierre par pierre, surtout dans l’état actuel du marché. La seconde pierre, mon second album sera pressé en octobre prochain. Ecrire des chansons cela prend du temps. Le droit à l’erreur n’existe pas pour un artiste et l’amateurisme ne paie pas!

 

 

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Mylène Farmer – 22, AVENUE MONTAIGNE

Posté par francesca7 le 13 février 2014

 

Émission du 19 SEPTEMBRE 1987 – Présenté par Jacques CHANCEL et Roger ZABEL  sur ANTENNE 2

1987-10-c

Diffusée tard le soir, cette émission de rentrée a pour but de présenter les événements de la rentrée 1987.

Lorsqu’on en vient à s’intéresser aux nouveautés côté chanson, Albert Amsellem, le directeur des variétés de la chaîne, présente ses deux favoris : Marc Lavoine et Mylène Farmer. A ce titre, on leur demande de présenter à leur tour un jeune artiste en qui ils trouvent un potentiel intéressant. Mylène est donc assise aux côtés de Marc Lavoine, habillée d’une élégante veste blanche et d’un cycliste noir, les cheveux maintenus en arrière par un large nœud blanc.

Albert Amsellem : (…) Mylène Farmer, c’est la reine du clip, quand même ! C’est elle qui a, on peut dire, imposé le clip de sa chanson comme un vrai film. Je crois que c’était « Libertine », c’est ça ?

Mylène Farmer : Oui !

AA : « Libertine », c’était un moment de cinéma. Et Mylène s’est révélée comédienne et surtout chanteuse. La suite, on la connaît et c’est pour ça qu’elle est là aujourd’hui pour présenter des nouveaux talents.

Jacques Chancel : Oui, c’est ce qui est important, Albert. Je vous ai demandé justement de nous présenter des nouveaux talents et d’une certaine manière, de demander à Mylène et à Marc de les parrainer.

MF : Je vais ‘marrainer’ ! (rires)

Marc Lavoine présente donc le jeune chanteur qui a ses faveurs, Alexis Zad. Si le « filleul » de Marc Lavoine n’a pas eu le succès escompté, Mylène en revanche fait un choix plus avisé…

JC : (…) Mylène Farmer a choisi qui ?

MF : Moi j’ai choisi une très jeune personne qui a 14 ans, qui s’appelle Vanessa Paradis et qui a travaillé avec un compositeur qui a, lui, composé pour des artistes tout à fait confirmés, qui est donc Etienne Roda-Gil, et Vanessa a certainement beaucoup de chance de démarrer avec un disque pareil (Joe le Taxi, ndlr) et avoir autant de succès. Est-ce qu’elle a envie de poursuivre ce métier ? Ca, c’est la question que je me pose. J’aime beaucoup cette chanson, voilà.

En réaction à l’avis de Mylène, Jacques Chancel et Albert Amsellem émettent de gros doutes sur les capacités d’une aussi jeune fille à pouvoir durer dans le métier. Le clip de « Joe le Taxi » est ensuite diffusé.

Un peu plus tard dans l’émission, on retrouve Mylène, accompagnée de ses danseuses, pour chanter« Tristana » sur la petite scène du plateau. Après avoir salué le public, Mylène descend de l’estrade sous les applaudissement et reprend sa place aux côtés de Marc Lavoine puis répond à quelques questions de Jacques Chancel.

1987-10-bJC : Mylène Farmer, on le voit : vous avez fait vos traces. On a l’impression que tout vient d’assez loin alors que vous avez commencé il n’y a pas si longtemps.

MF : Pas très longtemps, je crois que c’est trois ans, trois ans et demi…

JC : Et ça a été facile ? Difficile au départ ? Parce que vous êtes tellement nombreux sur la ligne, vraiment !

MF : Je peux dire relativement facile, parce que j’ai quand même eu un titre qui était « Maman a tort », le premier, qui a bien marché, qui a été en tout cas connu du public. Après, c’est vrai le chemin n’est pas facile. Je crois que c’est énormément de travail !JC : Mais on le voit d’ailleurs le travail, là, parce que vous avez sûrement un goût pour la comédie musicale parce que vous bougez !

MF : J’aime la danse, c’est vrai. J’aime ça, j’aime le spectacle. AA : Il faut dire que Mylène est d’origine canadienne donc je pense qu’elle a dû être élevée à la musique anglo-saxonne…

MF : Oui, absolument oui !

AA : …et peut-être aux comédies musicales, également.

MF : Un petit peu, mais j’aime ça.

JC : Et vous auriez envie que quelqu’un aujourd’hui écrive pour vous justement une comédie musicale où vous pourriez mêler la chanson, la danse ? Parce qu’on voit que vous êtes faite pour ça !

MF : Non. Que quelqu’un écrive une comédie musicale, je ne pense pas. J’aimerais d’abord faire un spectacle me concernant dans lequel j’intégrerais certainement des parties de danse. Enfin, y a des milliards d’idées à avoir.

JC : (il se tourne vers Marc Lavoine) Marc Lavoine, je vous regardais tout à l’heure, vous la trouvez dans un état parfait de dame qui s’est installée et qui peut durer, elle !

Marc Lavoine : Ben oui, elle a la chance d’avoir un physique très intéressant et une grosse personnalité. (…)

De plus en plus dans la chanson, il se crée des équipes, y a des rencontres (…) et Mylène travaille en équipe depuis le départ et est restée fidèle à cette équipe, et c’est ce qui fait qu’il y a une vraie personnalité qui reste, qui s’installe. Les équipes sont très importantes dans ce métier.

MF : Je pense que ce qui fait, effectivement, la force d’une équipe et la force d’un artiste c’est d’être très bien entouré, avoir cette fidélité et ce travail.

JC : Lorsque je vous écoute, Mylène Farmer, je m’aperçois que vus êtes déjà presque sur une voie royale, que c’est un métier déjà acquis.

La discussion s’enchaîne ensuite sur l’actualité de Marc Lavoine.

 Mylène n’apparaît plus par la suite.

 

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

CONFIDENCES En plein mystère avec Mylène F.

Posté par francesca7 le 13 février 2014

 

FÉVRIER 1987 – Entretien avec Danièle ASLAN

French Singer Mylene Farmer

A propos de son apparition nue dans le clip « Libertine » :

- Une chanson, c’est comme un rôle dans un film. On ne le joue qu’une seule fois. Pour réaliser le clip vidéo de « Libertine », j’ai accepté de me montrer nue. Mais je pense que ce sera la dernière fois où le public me verra dans la tenue d’Eve.

A propos de sa jeunesse :

- Je suis née il y a 25 ans, à Montréal au Canada. J’y ai vécu pendant huit ans une enfance des plus normales dans un milieu relativement aisé. Je suis ensuite venue en France où j’ai pratiqué l’équitation plus que le lycée.

Après deux jours de terminale, j’ai quitté l’école pour suivre une carrière en rapport avec les sports équestres.

Je me suis donc aperçue qu’après avoir longuement posé pour une série de photos, je n’étais pas faite pour enseigner, même l’équitation. J’ai alors pris des cours de théâtre et rencontré, je ne sais plus où, Laurent Boutonnat, mon compositeur, réalisateur et manager. Il ne connaissait pas ma voix, moi non plus d’ailleurs, mais mon physique l’a séduit. Il faut croire que cela suffisait pour chanter. Il m’a fait écouter « Maman a tort », j’ai accepté.

A propos du thème véhiculé par « Libertine » :

- Libertine ? Cela fait partie d’un idéal. Il ne faut pas prendre ce qu’on raconte dans une chanson pour argent comptant. Il y a ainsi des choses qu’on dit, qu’on fait à un certain moment de sa vie, pour une raison définie, mais qu’on serait incapable de refaire dans une autre occasion. J’ai accepté de me déshabiller dans mon clip, mais j’ai refusé de poser nue pour les magazines qui me l’ont ensuite proposé. Je ne veux plus que mon corps rentre dans les foyers. C’est la même chose pour l’émission « Sexy Folies », sur Antenne 2 où j’ai déclaré n’avoir connu l’amour que très tard par rapport aux jeunes femmes de mon âge. Mon enfance et mon adolescence ne m’avaient pas apporté cette joie. Aujourd’hui, l’instant magique est passé. Je refuse de m’expliquer sur ce sujet. Je ne veux plus me souvenir, sinon de mon premier amour à quatre ans pour un professeur qui le fascinait ! Depuis j’ai des rapports très difficiles avec les hommes.

A propos de « son acharnement à se rendre distante », dixit la journaliste :

- Je crois aussi que je me complais dans cet état. Parfois pourtant je ne le fais pas exprès. Peut-être même que je me le reproche. Peut-être aussi que j’envie les hommes. L’un de mes aspects androgynes. J’aimerais d’ailleurs jouer un jour le rôle d’un homme au cinéma. J’ai aussi développé cette envie dans l’émission « Sexy Folies » en avouant que j’aimais quelqu’un mais que je rêvais d’être polygame, d’aimer quatre hommes à la fois ! Une pensée très masculine sur laquelle je ne reviendrai pas. Une fois de plus, l’instant magique est passé.

Aujourd’hui, je dirai simplement que je vis à Paris dans un appartement en duplex quasiment vide en compagnie de E.T., mon petit singe. Pourtant, même s’il n’y a qu’un nom sur ma boite aux lettres, cela ne m’empêche pas d’être fidèle !… Parce que, en ce qui me concerne, je ne comprends pas ce que tromper veut dire. Evidemment, si l’homme me trompe, je le tue ! Mais c’est une autre histoire…

Une histoire qui ressemble un peu au mariage.

C’est le cadet de mes soucis.

Et les enfants ? Le second cadet de mes soucis.

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

CINQ SUR CINQ- moment TV pour Mylène

Posté par francesca7 le 5 février 2014

 

Le 24 MAI 1986  – Présenté par Antoine VERGLAS  – LA CINQ

1986-03-a

Antoine Verglas : Mylène Farmer, on t’avait reçue y a deux mois et demi, trois mois…

Mylène Farmer : Allez, trois mois ! (rires)

AV : Trois mois, disons, au tout début, pour « Plus Grandir »…

MF : Oui…

AV : Tu nous avais promis de revenir avec ton prochain album (sic !) qui est sorti, qui s’appelle « Cendres de Lune », qui est un très bel album.

MF : Oui, qui est le premier !

AV : C’est le premier d’ailleurs, avec d’ailleurs tu reprends toutes tes premières chansons : « Maman a Tort », …

MF : « Maman a Tort » est dans l’album, « Plus Grandir » et puis « Libertine », qui est le dernier.

AV : Y a une évolution, quand même, hein, depuis « Maman a Tort », qui était une chanson plutôt pour les enfants, on va dire !

MF : Oh, c’était plus pervers que ça ! Mais c’est vrai qu’il y a beaucoup d’enfants qui ont retenu : « 1, maman a tort… », la petite comptine.

AV : (en même temps) 1, 2, 3, 4… Et puis maintenant, on arrive avec « Libertine » : « Je suis une catin » ! Même « Vieux Bouc » : « Je vous sens fragile/Êtes-vous fébrile ? »…

MF : « Aimez-vous mon petit nombril ? » (rires)

AV : Non, c’est vrai c’est un petit peu plus coquin, quand même ! (elle acquiesce) C’est toi qui le veux ?  Comment tu l’as faite, comment tu l’as sentie cette évolution ?

MF : C’est un travail d’équipe. Je travaille avec Laurent Boutonnat, qui a donc écrit pratiquement toutes mes chansons, et on en parle beaucoup, c’est des thèmes comme ça qui nous font rire et qu’il écrit en chansons, donc voilà c’est…

AV : D’accord. Hé bien, écoute : « Libertine », tout de suite !

Mylène chante « Libertine » sur le plateau en effectuant la chorégraphie du titre.

AV : Avec des paroles comme celles-là, tu nous prépares un petit clip coquin, j’espère !

MF : On va faire un clip qu’on va tourner fin mai, début juin (1986, ndlr) et qui va parler du…enfin ‘parler’, qui va s’inspirer du libertinage, de l’époque libertine. Et ce sera une ambiance avec des lumières à la bougie, un peu à la « Barry Lindon ».

AV : Kubrick ?

MF : Kubrick ! (sourire)

AV : Attention l’inspiration !

MF : Oui mais là c’est Laurent Boutonnat !

AV : Il y a plusieurs personnages, dedans ? Comment ça se passe ? Beaucoup de figurants, ou… ?

MF : Y aura des figurants, y aura des chevaux, des cascades, y aura un très, très bel endroit, un beau château…

AV : Tu exécutes des cascades aussi ?! Quel style de cascade ?

MF : Des cascades…Non, moi je monte à cheval, mais pour les besoins de clip c’est dangereux de le faire en si peu de temps comme ça fait longtemps que je suis pas remonté sur un cheval, donc ce sont des cascadeurs qui vont effectuer les cascades.

1986-03-cAV : Et on te verra nue sur un cheval ? (rire franc de Mylène) Comme, je sais pas si t’avais vu le clip de Renaud…comment ça s’appelait ? Un clip qu’avait réalisé Gainsbourg avec Bambou qui était toute nue sur une plage normande, chevauchant un cheval…

MF : J’ai pas vu, non. Mais là, je serai nue mais dans d’autres séquences !

AV : Ah dans d’autres séquences ?! Ha ! (Mylène glousse) Beau programme en perspective : Mylène Farmer nue dans son prochain clip ! Mylène, ben écoute on attend de voir ce clip avec impatience…

MF : D’ici trois semaines, quatre semaines…

AV : Trois semaines ou quatre semaines ? Merci, à bientôt !

MF : Merci !

 

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

GRANDE PREMIÈRE – Mylène sur FR3

Posté par francesca7 le 5 février 2014

 

2 AOÛT 1986 – émission Présentée par Stéphane NICOLAS sur FR3

1986-06-b

Stéphane Nicolas : Ca fait un carton depuis quelques semaines et c’est tant mieux : ça s’appelle « Libertine » et celle qui chante c’est Mylène Farmer. Elle est là, bonsoir Mylène !

Mylène Farmer : Bonsoir !

SN : Alors, Mylène passe un peu pour quelqu’un qui prend le public à rebrousse-poil depuis un peu plus de deux ans ! Y avait eu « Maman a Tort » (…), après elle avait déclaré qu’on était tous des imbéciles, et puis là c’est une catin, c’est une libertine ! C’est un peu ça, non, la démarche ?

MF : La démarche, heu…

SP : C’est prendre les gens à rebrousse-poil ?

MF : Oui, vous faites allusion au ton provocateur de mes chansons ?

SP : Voilà !

MF : C’est avant tout un plaisir !

SP : Bon tant mieux ! Et le plaisir va être prolongé puisqu’à la rentrée, il est prévu un film sur « Libertine ».

MF : Absolument, il y aura un clip qui va illustrer « Libertine » qui va sortir à la télévision et également au cinéma (ce projet de sortie cinéma sera finalement abandonné, ndlr).

SP : Un grand clip d’une dizaine de minutes. Nous on vous propose pas encore ça puisque ça sortira à la rentrée (le clip était pourtant déjà diffusé en télévision, ndlr), ce que je vous propose, c’est justement l’air que tout le monde a sur les lèvres, et tant mieux c’est un tube : « Libertine », Mylène Farmer !

L’animateur pose son micro et quitte le plateau pendant que Mylène se met en place sur l’introduction de « Libertine ».

 

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

FRANCE SOIR MAGAZINE : Libertine de Mylène

Posté par francesca7 le 29 janvier 2014

 

25 OCTOBRE 1986 – Entretien avec Laurence BERUDELEY

1986-27

A propos de l’époque mise en scène dans « Libertine » :

- J’aime l’histoire. C’est l’un de mes seuls bons souvenirs d’école. J’aurais adoré vivre à l’époque de Louis XV. Les reines, les courtisanes et les petits marquis m’ont toujours fascinée.

A propos des costumes du clip :

- Par goût, j’aime ce qui est sophistiqué et je m’inspire beaucoup, pour m’habiller des vêtements que portaient les hommes à la fin du XVIIIème siècle.

A propos des personnages romantiques historiques :

- Louis II de Bavière me fait rêver.

A propos de la mode des années 80 :

- Si je suis dans l’actualité, c’est vraiment par hasard. Je m’habille toujours de blanc, cuivre, brun et mordoré. Ce sont des nuances qui vont bien avec mon teint.

A propos des rêves :

- Je suis sujette aux cauchemars. Il faut dire que je me complais dans ces atmosphères étranges. J’y prends même un certain plaisir. 

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

1...34567...10
 

linergeek |
give to eat by eating |
ecouteconseil |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hé ! lecteurs à Saint Marti...
| parlons-en!
| Je me SOUVIENS...