Mini album de Mylène F avec H.Biggs

Posté par francesca7 le 4 août 2012

 

CONDIDENCES de Henry Biggs (Professeur d’anglais)

 

 

Rencontre exclusive avec le premier artiste (et seul à ce jour) pour lequel Mylène a composé tout un mini-album. Révélations de ce mister Biggs, visiblement fan transi de littérature française et déjanté à ses heures perdues !

Pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore, pouvez-vous nous parler de votre travail artistique ?
Mini album de Mylène F avec H.Biggs dans Mylène en CONFIDENCES 2000-Claude-Gassian-029b-184x300Le projet « Headmess » a vu le jour en 1996 (ndlr : 1994 en fait !). Mylène et moi commencions à travailler sur le premier CD et je crois bien que c’était aux alentours de 1996, je ne suis pas très bon dès qu’il s’agit des dates. L’idée était celle d’une fusion entre la musique et les paroles qui seraient alternatives ; des messages profonds mêlés à une approche différente de la musique, ou alors des chansons composées comme des puzzles. En fait, c’est intéressant pour vos lecteurs de voir s’ils sont capables de « résoudre » l’énigme de chacune des chansons… Plusieurs paroles sont inspirées directement par des auteurs français comme Proust, Perec ou le mouvement Oulipo, par exemple. Si je me souviens bien, c’était une lutte pour nous d’être joués en radio puisque les paroles ont été écrites en anglais, mais les lois françaises sur les quotas en anglais étaient passées en même temps. Plus brièvement, le second CD « Puzzle » a été réalisé en 2003. Il est plus complexe, peut-être encore plus inspiré par les français que le premier, avec cette chanson, « Wrap », qui est un titre puzzle inspiré par le style de l’acrostiche de François Villon ou « Check me out » qui est une chanson puzzle inspirée par le livre « La disparition » de Perec et par l’Oulipo. Encore une fois, je pense que c’est compliqué de comprendre totalement ces chansons sans les indices laissés sur le CD, mais essayez, je vous en prie ! Actuellement, le premier single du prochain CD, « X marks the spot », sortira le mois prochain. Ce sera une chanson anti-guerre et qui a déjà été décrite comme trop pittoresque et explicite par les radios. Eh oui, il y a beaucoup d’aliénation de la part des gouvernements ! Je pense qu’être banni des radios signifie que je ne suis pas très loin de la vérité… Vos pouvez toujours voir la vidéo de ce CD sur le site www.getheadmess.com.  Cependant, pour finir sur une note humoristique, une de mes plus grandes qualités, c’est mon corps, et pour vos lecteurs qui préfèrent les hommes, il est entendu qu’ils préfèreront me voir nu plutôt que Mylène. Si la demande devient trop pressante, dites-le moi ! Je posterai mes jambes pour commencer pour vous le prouver sur mon site à l’adresse déjà donnée !

Comment avez-vous rencontré Mylène Farmer et Thierry Rogen ?
J’ai rencontré Mylène à Los Angeles. J’étais étudiant en langues à l’UCLA et elle m’a demandé de travailler avec elle afin de développer son anglais, et spécifiquement de perfectionner tout ce qui concernait son accent américain quand elle s’exprimait. Elle avait une très bonne oreille, mais elle m’a raconté que quelques années plus tard, les anglais étaient horrifiés par son accent et qu’ils essayaient de le lui corriger. Ils sont fous ces britanniques ! J’ai rencontré Thierry à travers Mylène et il m’a beaucoup impressionné. Je n’ai rien d’autre que d’excellents souvenirs. Thierry était un « professionnel de la profession », un vrai maître dans son domaine.

Le magazine « Instant-Mag » avait interviewé Thierry Rogen il y a quelques années, et il nous avait raconté à demi-mot l’élaboration de votre disque, dont personne n’avait entendu parler. Pouvez-vous nous conter cette aventure ?
Mylène a fait venir Thierry parce que le projet comportait du rap et du hip-hop et je pense qu’elle avait une confiance totale en ses capacités de travailler avec beaucoup de rythmiques complexes et de leur conférer la nature exacte que nous recherchions. Encore une fois, il a fait un travail incroyable.

Comment compose Mylène Farmer ?
Je pense qu’il est important de respecter la personne privée, donc je ne vous donnerai aucun détail précis, mais je tiens à dire que Mylène est une instinctive. Elle est très talentueuse et sait souvent instantanément ce qui peut fonctionner ou non et réagit en conséquence. Cela ne sera sûrement pas très surprenant pour ses fans, mais Mylène compose très souvent à n’importe quel moment, dans sa vie privée. Je la respecte pour cela, car c’est aussi dans le privé que je préfère composer.

Que pensez-vous de la musique qu’elle a composée pour vous ?
C’était extraordinaire. Je me souviens de la première fois qu’elle m’a joué ce qu’elle avait composé pour moi sur « Hell and hunger ». J’étais vraiment sans voix, c’était excellent. Cette musique était si bonne, avec un tel appel à la méditation, que c’en était vraiment honteux ! Je pense que si le gouvernement n’avait pas imposé ses règles, ce style et cette approche de la musique auraient pu révolutionner le monde musical (ndlr : modeste !).

Artistiquement, comment se passait votre travail avec Mylène et Thierry Rogen ?
Court et doux. Nous avons travaillé fiévreusement pendant une semaine. Je me souviens avoir écrit dans le vestibule d’un hôtel jusqu’à quatre heures du matin, réécrivant et reconsidérant mon travail, incessamment, à chaque heure. Je voudrais simplement dire que chaque personne avait son espace. Mylène comprenait totalement comment devait être travaillée la chanson, ajoutant des mélodies quand c’était nécessaire, et Thierry avait le contrôle total de la production. Mylène m’a donné plusieurs fois un coup de main sur mes paroles et elle avait souvent raison !

1996-Marianne-Rosenstiehl-001b-205x300 dans Mylène en CONFIDENCESEst-ce que Laurent Boutonnat, le compositeur officiel de Mylène, a participé au disque ?
J’aime beaucoup Laurent et j’apprécie son travail, mais à ma connaissance, il n’a pas été impliqué en quoi que ce soit sur ce projet.

Saviez-vous que la mélodie de « Madeleine » a servi de base à la chanson « Et si vieillir m’était conté » en 1999 ?
Mylène me l’avait mentionné, mais j’avais oublié le titre exact de la chanson. C’est une mélodie vraiment formidable. J’aime beaucoup l’idée originale de « Madeleine » qui était une nouvelle considération de mauvais goût des fameux gâteaux de Proust.

La plupart des fans de Mylène n’ont entendu parler de ce disque que tout récemment. Comment expliquez-vous que l’on n’apprenne son existence qu’en 2006 ?
Croyez-le ou non, mais les universitaires américains se sont montrés très intéressés par les paroles de six des chansons, dont « Madeleine » et « Ain’t no rythm ». Nous les avons incluses pour une collection dédiée à la distribution universitaire. Il y a dix chansons en tout et pour tout. Cependant, les six chansons ont été éditées par CD Baby en 2006 et ce label est commercialisé en France. Le monde en est devenu fou et cela s’est transformé en un véritable phénomène ! C’est incroyable, surtout dix ans après !

Êtes-vous toujours en contact avec Mylène et suivez-vous sa carrière ?
Je rencontre souvent des personnes qui veulent avoir des informations concernant Mylène, lui demander des choses, etc. Je ne veux rien ajouter de plus, je ne veux pas passer pour un importun ou un pique-assiette, alors j’essaye de respecter son espace. Cela dit, c’est toujours un plaisir de la revoir.

Quels sont vos projets actuels ?
Le prochain CD « Headmess » sortira en octobre et s’intitulera « Pop Lit » et quelques-unes des chansons et vidéos se trouvent à l’adresse donnée plus haut. Nous essayons aussi de voir ce qu’il est possible de faire pour une tournée en Europe et au Japon l’été prochain pour promouvoir le CD. Nous sommes en train de réfléchir aux endroits où nous produire. 

Issu de Mylène Farmer et vous de 2006

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Elsa Trilla raconte Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 31 juillet 2012

Mylène Farmer : Ainsi soit Nous

Confidences de Elsa Trillat (Photographe)

Elsa Trilla raconte Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES 50095_1028070212_7246_nEn octobre, Mylène et Laurent préparent le tournage du clip de « Sans contrefaçon », prévu pour décembre. Hélas, à ce moment-là, je suis rattrapée par des problèmes de santé. Le 19 octobre, je les appelle pour les prévenir que j’entre en dialyse. Mylène se fait mouler le visage pour la fabrication de sa marionnette qui servira pour le clip. A peine rentrée, elle me rappelle pour me parler et m’assurer de son soutien. Pendant dix jours, je suis hospitalisée pour les examens d’usage. Quelques-unes des vedettes que je photographie régulièrement pour « Match » me rendent visite : les Niagara, Vanessa Paradis qui m’offre un synthétiseur…

C’est une période pendant laquelle Mylène et moi nous rapprochons encore plus car elle vient quasiment tous les jours prendre le relais de ma mère pour m’aider à manger et me tenir compagnie. Quelques jours avant la sortie de « Sans contrefaçon », elle m’apporte les éditions « Or » promotionnelles du 45 tours. Quelle fierté de voir ma photo ! Elle m’appelle aussi tous les soirs, histoire de papoter avant de dormir. Un soir, elle me dit qu’elle vient d’écrire un texte en une demi-heure pour son prochain album. Elle me le lit au téléphone. C’est « Ainsi soit je… ». Elle écrit la plupart des titres de son prochain album pendant cette période et me tient au courant quotidiennement de son avancée.

Plus j’y pense, plus je me dis que l’album « Ainsi soit je… », c’est le nôtre. Bien sûr, je n’ai pas écrit les chansons, je ne les ai pas chantées non plus. Mais je me suis sentie impliquée dans le processus de sa création. J’ai vraiment l’impression d’avoir eu une influence sur la direction qu’il a prise. Notamment « Sans contrefaçon » ou la reprise de « Déshabillez-moi ». Une fois, Brigitte, la sœur de Mylène, m’a dit que « Sans logique », c’était pour moi. Est-ce vraiment le cas ? Si oui, c’est Mylène qui est à la fois satanique et angélique, mais c’est à moi qu’elle crèverait volontiers les yeux à coup de ciseau !

Décembre 87. Comme prévu, j’entre en dialyse. Mylène est très contrariée car elle doit partir à Cherbourg pour tourner le clip de « Sans contrefaçon ». Elle ne souhaite ni me forcer à venir ni me l’interdire. Elle pense simplement que ça va m’affaiblir. Elle a raison. C’est donc la mort dans l’âme que je renonce à aller prendre les photos du tournage. Quel dommage : « Sans contrefaçon », c’est un peu notre truc à tous les trois, Laurent, Mylène et moi. Pour l’anecdote, je me rappelle qu’au début, Mylène voulait que l’histoire du clip tourne autour d’un camp de concentration. Comme j’étais très maigre à l’époque, elle m’avait dit qu’elle aurait un rôle pour moi !

2005-Ellen-Von-Unwerth-003b-300x286 dans Mylène en CONFIDENCESEn janvier, elle m’annonce toute fière l’avant-première du clip au Max Linder, un cinéma parisien. Une projection de presse. Rendez-vous à 11 heures. Elle veut que j’y sois. Mais je suis en dialyse toute la matinée donc ça me paraît compromis. Mylène est assez triste. Le jour venu, je fais le forcing auprès de mes médecins qui acceptent exceptionnellement de me laisser sortir une heure avant. Je prends un taxi. J’arrive sur place, Mylène me voit. Toute contente, elle dit : « C’est bon, Elsa est là, on peu commencer ! ». J’avoue être assez flattée par la remarque. La projection commence. A la fin, Mylène, voyant que je ne peux applaudir – j’ai le bras gauche bandé suite aux dialyses – prend ma main droite et tape dedans avec sa main gauche. On applaudit comme des sœurs siamoises. On sort du Max Linder vers 14 heures. On a hyper faim. Je propose à Mylène de manger des sushis, elle n’en a pas trop envie. Je lui dit : « Fais-moi confiance, je suis sûre que tu vas aimer ». Direction Osaka, vers la Comédie Française. Là, elle tombe amoureuse des sushis. Je lui aurais au moins laissé ça. Les semaines passent. Mais je vais toujours me faire dialyser trois fois par semaine. Je décide de vendre ma voiture. Mylène veut me la racheter. Elle n’a même pas le permis ! « Mais je l’adore tellement ta Mini ! J’apprendrai à conduire ! ». Finalement, le concessionnaire me reprend la voiture quand j’en rachète une nouvelle. Mylène est très énervée. Ca me fait rire.

Les photos de la pochette de l’album « Ainsi soit je… » sont shootées début février chez Bertrand Le Page. Je vais chercher Mylène chez elle, rue Quincampoix. Elle sort avec des bigoudis sur la tête et sa poupée sous le bras, c’est surréaliste ! On fait l’essentiel des photos devant un grand miroir : une première série où elle se regarde dans la glace et une autre où elle se retourne vers moi. L’électricité saute à trois reprises car je travaille uniquement au tungstène, jamais au flash. C’est une lumière permanente qui donne une image plus dorée, mais qui consomme beaucoup. En plus, la radio reste branchée pendant toute la séance. Je me souviens d’ailleurs que c’est l’époque où François Feldman commençait à cartonner fort. Son nouveau single passe à la radio, Mylène me regarde et me dit : « Tu vas voir que ce truc va finir numéro un ! ». Elle n’a pas eu tort.

Bref. Je fais développer les photos. On les regarde. Mylène choisit exclusivement celles où elle se regarde dans le miroir. Laurent et moi, on préfère les autres. En fait, comme tout le monde, Mylène ne connaît d’elle que l’image qu’elle se renvoie dans le miroir, donc elle se reconnaît mieux dans celles-là que dans les autres. Finalement, on a le dernier mot avec Laurent.
En mars 1988 sort l’album « Ainsi soit je… ». Je craque tout particulièrement pour « L’horloge ». Je dis à Mylène qu’elle devrait le sortir en 45 tours. Elle ironise sur le fait qu’on serait les deux seules à l’acheter ! A la même période, elle déménage de la rue Quincampoix à la rue Monceau. Je vis alors chez mes parents, place de la République Dominicaine, de l’autre côté du Parc Monceau. Autant qu’on devient voisines et qu’on se voit encore plus – si possible vu qu’on se voit déjà quasi quotidiennement ! Son nouvel appartement est immense : trois cents mètres carrés pour elle et Laurent ! Presque une pièce entière est transformée en cage géante pour E.T. et Léon. Maintenant, il faut le remplir cet appart’ ! Car Mylène n’a presque rien gardé de Quincampoix. Je lui propose alors d’aller chercher l’essentiel. On part donc faire quelques courses aux Galeries Lafayette. Nous voilà dans ma nouvelle voiture, Mylène à côté de moi, les pieds sur le tableau de bord. Elle s’étonne alors que tout le monde nous regarde. Je lui dis : « T’as vu comment t’es habillée ? ». Mylène n’a rien trouvé de mieux que de s’habiller avec le costume à carreaux des télés de « Sans contrefaçon », casquette y compris. Pour passer inaperçue, c’est raté ! Elle ne se rend pas compte que son disque fait un carton et que tout le monde l’identifie très bien… On est passées par le Monoprix pour prendre des produits ménagers. Mylène ne s’y connaît pas trop donc je lui dis de prendre conseil auprès d’une vendeuse. Elle n’ose pas. J’y vais. La vendeuse me demande si c’est bien Mylène Farmer. Je lui dis que oui. Elle souhaite alors annoncer au micro que Mylène est dans le magasin. Je lui déconseille vivement et éclate de rire.

da6780d4-219x300Le 14 mars, jour de mon anniversaire, alors qu’elle est encore dans les cartons, Mylène m’invite à passer une nouvelle soirée dans son appart’. Elle m’apporte alors un grand carton : « Laurent et moi, on a un petit quelque chose pour toi ». J’ouvre. Je reconnais le visuel de la pochette de « Sans contrefaçon ». C’est le disque d’or pour plus de 500 000 ventes, avec mon nom inscrit en toutes lettres.

De mon côté, je suis toujours en dialyse à ce moment-là. A ce sujet, Mylène me dit un truc très touchant. Un soir, on va dîner chez Osaka toutes les deux avant d’aller chercher Laurent qui bosse alors sur un truc non loin de chez moi. Lors de ce dîner, Mylène me demande : « Où puises-tu toute ton énergie ? Je n’en ai pas un quart ! Malgré tous tes ennuis de santé, t’as toujours la pêche ! Tu veux pas m’en donner un petit peu ? ». J’adorerais qu’elle me répète ça aujourd’hui que je suis à nouveau malade. Je suis tellement épuisée que ça me ferait un bien fou.
Le 9 mai, je fais une nouvelle dialyse. Une de plus. Quand je repars chez moi, je me dis que c’est la dernière. J’en peux plus. L’après-midi même, j’apprends qu’un rein est disponible et que je vais pouvoir être enfin transplantée sur le champ ! Immédiatement, j’appelle Mylène pour la prévenir. Elle m’encourage en faisant un peu d’humour pour dédramatiser le truc. Après l’opération, j’apprends par Suzanne, la femme de ménage de ma mère, qui travaille aussi chez Mylène, qu’elle a annulé tous ses rendez-vous et qu’elle est restée prostrée toute la journée près du téléphone à attendre de mes nouvelles ! Je suis hospitalisée pendant dix-sept jours. Bénédicte, la sœur de Laurent, qui travaille à la Pitié où je suis hospitalisée, me rend visite tous les jours. Je suis très touchée. Malheureusement, pendant ce temps, Mylène part au Maroc – pour une émission de télé, je crois – puis tourne le clip de « Ainsi soit je… » près de Paris. Laurent m’informe qu’ils font une projection de la vidéo au Studio 13 le lendemain de ma sortie de l’hôpital et m’invite à y aller sans prévenir Mylène pour lui faire une surprise. J’arrive, et là, elle ne me voit pas tout de suite tant elle est entourée. La projection passe. Ce n’est qu’après qu’elle me remarque. On se jette dans les bras l’une de l’autre. Et là, elle me dit : « Elsa, tes yeux ont changé. Y avait la mort avant, et maintenant y a la vie ».

Malgré cette magnifique phrase, quelque chose s’est cassé entre nous ce jour-là. Ce qui m’a énervée, c’est cette cour autour de Mylène : « Oh regarde Mylène, je suis habillé comme toi ! ». Je n’ai jamais pu supporter ce genre de choses. Je ne parle pas du public, mais des danseurs, maquilleurs, coiffeurs qui se sont mis à la copier et à la coller. Je lui ai dit mille fois de ne pas marcher dans ces trucs-là, que c’était le genre de trucs qui pouvaient rapidement lui faire péter un câble. Dès qu’ils étaient tous là à tournoyer autour d’elle, elle devenait complètement différente, elle faisait sa reine – ce qu’elle fera de plus en plus après. Ca a été l’élément déclencheur de notre « rupture ». Je ne retrouvais plus ma marchande de légumes de poireaux…

 

Issu du magazine : Mylène Farmer Magazine – 2003

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Mylène Farmer et son guitariste

Posté par francesca7 le 31 juillet 2012


David Husser (Remixeur) pour Libertine et Fuck them all

 

Mylène Farmer et son guitariste dans Mylène en CONFIDENCESGuitariste de Y-Front jusqu’à la séparation du groupe en 2005, David Husser se consacre depuis à la réalisation d’albums. Co-auteur avec Christophe Benoin des remixes de « Libertine » pour « Remixes » et de « Fuck them all », il se livre ici en toute simplicité.

Comment s’est passé le premier contact pour « Libertine » ?
Par l’intermédiaire de Lionel Grosheny, chargé de production de l’album et travaillant aussi chez Polydor. Faire un remix de Farmer aurait pu selon lui favoriser la sortie d’un album de Y-Front chez eux.

Pourquoi « Libertine » ?
J’aurais préféré « XXL » ou « L’instant X », qui ont un bon potentiel pour en faire des versions électrorocks. Mais c’est finalement « Libertine » qui a été remixé, sous l’impulsion de Christophe.

Vous a-t-on imposé des contraintes ?
Le temps ! Seulement trois jours ! Nous avons demandé une journée de studio pour finaliser le mixage, et c’est apparemment inhabituel… Mais la validation a été très rapide : seulement quatre heures après la sortie du studio ! Peu de temps après, sa sœur Brigitte nous a appelé pour nous dire que Mylène adorait notre remix.

Comment s’est passée la réalisation du remix ?
Une impression de totale maîtrise de la part de la maison de production et de Farmer elle-même. Une des plus grosses difficultés a été de supprimer les kilos de reverb’ posés sur la voix… Sans cela, le remix aurait manqué d’homogénéité. L’élaboration du break a été appréhendée comme une éjaculation ! Il en est ressorti une version disco-électro, avec des guitares à la ZZ Top. L’objectif ici était clair : faire un truc sur lequel les gens pouvaient remuer !

Mylène vous a rappelé pour « Fuck them all » deux ans plus tard. Comment s’est passée cette nouvelle collaboration ?
Là encore, nous avons reçu les fichiers quelques jours avant la gravure finale du disque ! Le remix s’est fait dans l’urgence et nous n’avons hélas pas pu passer en studio pour le mixage final. Je ne suis pas pleinement satisfait du résultat, surtout au niveau des guitares, que je qualifierait de « bordéliques ».

Comment avez-vous réagi quand vous avez appris le titre du single ?
Surpris. Nous n’avons pas compris le sens de la chanson, et encore moins ce pont ! La version studio est pour moi une version beaucoup trop lisse d’un titre qui aurait pu être plus pêchu. Mylène hurle « Fuck them all » avec une toute petite guitare derrière ! On sent un profond dilemme chez Mylène, qui oserait beaucoup plus de choses si elle n’était pas « bridée » par la musique de Boutonnat qui manque, selon moi, d’originalité. Je ne suis pas fan des nappes de synthés. Globalement, même les L5 sont plus originales, car elles savent évoluer niveau musical (bon ça reste du L5 hein !). Lui ne partirait pas aux States pour trouver des mélodies : il fera toujours du Boutonnat… C’est le côté commercial qui l’emporte. En même temps, se risquer à faire quelque chose de différent, c’est aussi risquer de mettre en péril les gens qui travaillent avec eux, c’est une certaine responsabilité.

Suivez-vous la carrière de Mylène ?
Oui bien sûr. Je suis né en 1974 et j’ai été bercé par le Top 50 et donc Mylène. Mais je préférais Indochine, ce qui m’a d’ailleurs amené à remixer « Le grand secret » pour eux.

2005-Claude-Gassian-013b1-200x300 dans Mylène en CONFIDENCESQue pensez-vous de la façon qu’a Mylène de gérer ses rapports avec les médias ?
Farmer, c’est tout un monde ! D’après ce qui se dit, elle serait quand même bien allumée ! Mais il ne faut pas se leurrer. Si elle est toujours là au bout de vingt ans, c’est grâce aux fans. Je suis moi-même fan et collectionneur de The Cure et je comprends la fidélité envers les artistes. J’ai rencontré quelques fans et j’ai pu toucher de près la dévotion mystique qu’engendre Mylène !

Question peut-être indiscrète et plus terre-à-terre : combien est payé un remix ?
Pas de tabous ! Le remix de « Libertine » nous a été payé entre 3000 et 4000 euros, celui de « Fuck them all » un peu plus, car elle tenait à ce que ce soit nous. Mais avec Mylène, impossible de négocier ! C’est ça ou rien !

Mylène sort des maxis et des albums de remixes. Quel est selon vous son intérêt à proposer des remixes de ses titres ?
Les remixes de Boutonnat n’étaient pas très calibrés pour les clubs. Mylène veut probablement explorer des milieux plus pointus. Elle a besoin de ces remixes pour être diffusée en club, être perçue comme étant plus moderne et gagner ainsi en crédibilité.

L’album « Remixes » a été plus ou moins bien accueilli par les fans. Avez-vous écouté cet album dans son intégralité, et si oui, qu’en pensez-vous ?
Globalement, j’ai été déçu par cet album, plus alimentaire qu’autre chose.

Pensez-vous que Mylène pourrait faire une carrière à l’étranger ?
Mylène est unique. Son personnage mi-suicidaire, mi-secret est unique. En plus, elle est absolument magnifique (il suffit de voir le clip de « California » pour s’en rendre compte). Elle a un côté affolant ! Donc oui, elle pourrait faire une carrière internationale. Si Britney Spears y arrive, pourquoi pas elle !

Mylène a enregistré un duo avec Moby… En avez-vous entendu parler ?
Moby est très malin… Sur l’album « Play », il utilise une musique super cheap pour mettre en avant des voix rugueuses. En fait, Moby serait le Boutonnat américain, en plus gros calibre : ils mettent tous les deux les voix en avant, avec une musique plutôt simple ! Ca peut donner quelque chose d’intéressant, oui ! 

 

Texte issu du magazine Mylène Farmer et vous de 2005

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Mylène : Naissance d’un tube

Posté par francesca7 le 28 juillet 2012


Confidences de Elsa Trillat (Photographe)

Mylène : Naissance d'un tube dans Mylène en CONFIDENCES b0172008_14101455Mais revenons sur la Côté d’Azur. Pendant ces vacances, on a pas mal roulé en voiture avec Mylène. D’ailleurs, je me rappelle que je mettais tout le temps de la musique, en particulier une compile de Marie Laforêt, « Les cornichons » de Nino Ferrer sur lequel on s’éclate comme des folles, et surtout Sylvie Vartan que j’aime depuis que je suis toute petite. Notamment « Comme un garçon ». Elle me dit alors que petite, elle avait les cheveux courts et que tout le monde la prenait pour un garçon et que, pour que la confusion soit encore plus troublante, elle se mettait souvent un mouchoir au creux du pantalon. Plus tard, je lui demande si elle prévoit une nouvelle chanson pour bientôt. Elle me répond immédiatement : « En tout cas, j’ai déjà le titre et ça va te faire plaisir : « Sans contrefaçon, je suis un garçon ». Tu m’as tellement bassinée avec ta Sylvie Vartan ! ». Le titre sera finalement raccourci. Pour les couplets, on s’est mis au bord de la piscine avec un dico de synonymes et elle m’a dit : « Tu vas voir comment on écrit une chanson ! ». Et on a commencé à faire rimer les mots. Ca s’est enchaîné très vite ! En une demi-heure, on avait inventé son prochain tube. Le soir même, Laurent qui avait apporté un petit synthé, voit les paroles. En quelques minutes, il trouve l’accroche musicale sous nos yeux ! Pour la voix de l’intro, « Dis maman, pourquoi je suis pas un garçon ? », c’est un petit clin d’œil à un private joke entre Mylène et moi. Et fait, quand on descendait au bourg pour faire quelques courses, et notamment le Coca, notre drogue à toutes les deux, je défiais Mylène la timide de s’adresser à la vendeuse de l’épicerie avec cette voix de gamine. Et elle le faisait ! Imaginez-la parlant à l’épicière avec la voix de l’intro de « Sans contrefaçon » : « Bonjour madame la marchande de légumes de poireaux » ! C’était tordant. En feuilletant les magazines, notamment « Elle », on a repéré un costume à carreaux et un costume à rayures. Mylène a aussitôt dit à Bertrand, son manager, que c’était ce qu’elle voulait pour les visuels de « Sans contrefaçon ».

iao4photoinedite-206x300 dans Mylène en CONFIDENCESMylène est remontée sur Paris avec moi, dans la voiture de location. E.T. a fait tout le voyage sur mon épaule. Tous les gens qu’on croise nous regardent, Mylène ne comprend pas trop pourquoi. Comme si c’était commun de se balader avec un singe dans une voiture ! A un moment, je dis à Mylène : « C’est bizarre, je sens comme un truc mouillé dans le dos ». Je m’arrête dans une station service pour prendre de l’essence. Je vois alors que le dossier de mon siège est recouvert d’un truc vert et collant. J’en ai aussi plein dans le dos. Cette « saleté » d’E.T. s’est vidée sur moi ! Mylène est morte de rires.

De retour sur Paris, Mylène enregistre « Sans contrefaçon ». Puis on fait les photos pour la pochette du 45 tours. Mylène souhaite poser sur des voies de chemin de fer désaffectées, avec mon chat, Malcolm, un chartreux adorable. Elle se voit bien en noir et blanc ou en sépia, lookée façon gamin de Paris à la Poulbot. Finalement, on fait des photos en studio avec son costume à rayures et celui à carreaux. C’est le premier qui aura les honneurs de la pochette.

 

Issu du magazine : Mylène Farmer Magazine – 2003

 

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Participation au QI de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 28 juillet 2012

 

 

CONFIDENCES DE Chris Cox (Remixeur)
Q.I

 

Participation au QI de Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES 2962277057_1_3_tXtyvNBC-229x300Chris Cox est américain. Il est l’un des DJ les plus célèbres au monde depuis près de dix ans. Sous le nom de Thunderpuss, puis sous son propre nom, il a signé les remixes des plus grandes stars du monde. On lui doit les version dance très réussies de « Q.I » (ndlr : « Peut-être toi » n’était pas encore sorti en single au moment de cette interview). Rencontre avec la star des platines.

Quand et part qui avez-vous été contacté pour faire les remixes de « Q.I » ?
J’ai été contacté par Damien Fischetti de Polydor. J’avais déjà travaillé avec lui pour la compilation « Remixes », en 2003.

Un disque sur lequel vous aviez remixé « Désenchantée ». Vous l’aviez d’ailleurs signé sous le nom de Thunderpuss, le célèbre duo de remixeurs que vous formiez avec Barry Harris. Vous veniez pourtant de vous séparer, non ?
Oui. Mais lorsque le projet a été dealé, c’était pour Thunderpuss. Donc, même si j’ai fait ce remix tout seul, c’est le nom du duo qui a été crédité. C’est d’ailleurs un des derniers remixes signés Thunderpuss.

Vous connaissiez le travail de Mylène avant de travailler sur ces remixes ?
Vous n’allez pas me croire, mais je connais ses chansons, et j’en suis même fan, depuis 1992. JE l’ai découverte grâce à un copain à moi qui allait souvent en France.

Un américain ?
Oui. Il aimait beaucoup Mylène et l’écoutait souvent, ce qui m’a permis de la connaître.

Quelle est la première chanson d’elle que vous ayez entendue ?
« Désenchantée ». J’ai adoré. J’ai fini par me procurer l’album dont ce morceau était extrait. J’ai aimé immédiatement, même si je ne comprends pas le français ; j’adore sa voix, les mélodies, le son de l’album. Je me suis surpris à passer le disque encore et encore, et à être à fond dedans. Depuis, j’achète chacun de ses disques. Et j’aime beaucoup cette artiste.

Issu du magazine IAO de 2005

 

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Mylène Farmer en Souvenir

Posté par francesca7 le 25 juillet 2012

 

CONFIDENCES DE John Frost (Photographe)

Mylène Farmer en Souvenir dans Mylène en CONFIDENCES GiorginoPremiereJe garde de Mylène un super souvenir. Tout ce que je regrette, c’est de ne jamais avoir pu refaire des photos avec elle. Ça m’a fait beaucoup de mal. Je l’ai revue récemment à la télé, aux NRJ Music Awards. Mais ce qu’elle fait, ce n’est pas mon truc! Ça ne me déplait pas, mais j’ai du mal avec la chanson française, de toute manière! Ça n’empêche pas qu’à l’époque, j’adorais Mylène, en tant que personne. Je crois qu’il me reste quelque part une pochette de Maman a tort. Je suis très content pour elle qu’elle en soit arrivée là. Elle portait de toute façon en elle le potentiel pour devenir une star. Le fait que je lui ai demandé de revenir faire des photos signifiait vraiment qu’il y avait un truc. Les premières photos, c’est elle qui les a payées. Mais après, c’était moi. Il fallait vraiment que je sois motivé, pour que je dépense de l’argent pour la pellicule, le développement, le tirage! Elle a beaucoup changé depuis, il y a vraiment un décalage. J’ai beaucoup de photos où elle sourit, spontanément. Maintenant, elle ne sourit plus. Quel dommage! 

Dahan et Lepage
J’ai revu Jérôme Dahan, il y a quatre ans, dans un café, rue Lepic. Lui aussi a été « évincé » du tandem Farmer-Boutonnat. Cela n’enlève rien à ce que je pense du talent de Laurent. J’ai aussi photographié Sophie Tellier, au moment où elle faisait les chorégraphies pour Mylène… En tout cas, quand Maman a tort est sorti, et que ça a bien marché, Mylène a donné quelques interviews et elle a toujours parlé de moi. C’est un truc que j’ai énormément apprécié, car elle n’y était pas obligée. J’ai aussi côtoyé Bertrand Lepage. C’était quelqu’un de très spécial. Il a quitté un temps la musique après sa collaboration avec Mylène, et il est devenu agent de comédiens. Il m’a appelé un jour en me disant que mes photos étaient merveilleuses, qu’il n’avait 7806779 dans Mylène en CONFIDENCESjamais vu ça, etc.! (rires). J’ai donc fait une séance avec une fille qu’il m’avait envoyée et avec laquelle j’ai testé une nouvelle pellicule. C’était horrible, mais la fille trouvait ça joli, alors je lui ai donné les photos. Deux jours plus tard, j’ai reçu un appel de Lepage, qui m’a hurlé dessus! 

Laurent…
J’ai croisé Laurent à l’époque de Maman a tort. Mais je ne vous en dirai pas plus, pas devant un magnétophone! Je n’en garde pas un bon souvenir, pour des raisons ridicules que je n’ai pas à évoquer ici. Je sais qu’il habite maintenant la plupart du temps aux États-unis, mais pas du tout au même endroit que Mylène. Selon un ami commun, le but de Laurent était depuis toujours de faire des films. Toute l’histoire de Mylène, c’était secondaire à son film. Le premier souvenir que j’ai de Laurent est celui d’un grand garçon, qui avait l’air d’avoir quatorze ans, avec une pipe! Ils sont venus tous les deux, avec Jérôme, et m’ont parlé deMaman a tort. A partir de ce moment-là, je n’ai plus jamais revu Mylène. Plus jamais. J’avais son téléphone chez ses parents, mais c’était impossible de la joindre. Je ne sais pas pour quelle raison. A partir de Maman a tort, Laurent a tout contrôlé. 

 

Texte issu de l’Instant-Mag – 2002

 

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Mylène Farmer ou la rencontre d’une star

Posté par francesca7 le 25 juillet 2012


CONFIDENCES DE Chris Cox (Remixeur)
dans Q.I

 

Mylène Farmer ou la rencontre d'une star dans Mylène en CONFIDENCES 3dffca59-300x297A l’époque où vous avez découvert Mylène et appris à l’apprécier, avez-vous tenté de l’approcher ou d’entrer en contact avec son entourage pour travailler avec elle ?
Non .Sans prétention aucune, j’ai la chance que le travail vienne à moi depuis pas mal d’années, je n’ai sollicité personne depuis facilement dix ans. Pour le cas de Mylène, j’ai été approché par son label parce qu’ils aimaient mon travail. Un jour, j’ai reçu un mail de Universal France le disant qu’ils cherchaient des remixeurs internationaux pour le projet « Remixes » et voilà… Je me rappelle qu’ils commençaient à me faire le laïus sur sa carrière, son parcours. Et je leur au dit : « Pas la peine, je connais très bien le travail de Mylène Farmer » (rires). Je crois qu’ils étaient impressionnés, ou en tout cas surpris que je la connaisse.

C’est vous qui avez choisi de remixer « Désenchantée » pour ce projet ?
Oui ! Je leur ai demandé s’ils ovulaient que je travaille sur un morceau en particulier ou si je pouvais choisir. Ils m’ont répondu que si je souhaitais une chanson bien précise, je pouvais leur dire. A l’évidence, « Désenchantée » était en tête de ma liste (rires). Par chance, la chanson était sur leur track-listing et, comme j’ai été l’un des premiers DJ à être sollicités pour ce projet, elle était encore disponible.

C’est votre chanson préférée de Mylène ?
Oui. D’abord parce que c’est la première chanson de Mylène que j’ai entendue de ma vie. Et puis je trouve la mélodie magnifique. Elle me rappelle plein de bons souvenirs, donc j’étais très heureux de pouvoir travailler dessus.

C’est le plus gros tube de Mylène. Était-ce une pression supplémentaire pour vous ?
Un peu parce que je savais que ce serait un des remixes les plus attendus par le public. A titre personnel, je sais que quand j’adore une chanson, je suis beaucoup plus critique quand on la remixe, y compris quand c’est moi qui le fais. Je n’avais clairement pas envie de décevoir. J’ai récemment travaillé sur un remix de « Le freak » du groupe Chic, qui est une de mes chansons préférées de tous les temps, et ça a été très difficile nerveusement pour moi parce qu’il fallait trouver un son qui convienne au marché d’aujourd’hui, mais sans ruiner l’essence même de ce qui est devenu un vrai classique des dancefloors. Je ne peux pas ignorer ce genre de considérations quand je travaille sur une chanson qui s’est avérée être un énorme tube populaire.

Avez-vous eu des réactions de Mylène, de son entourage ou de ses fans après ce remix ?
Apparemment Mylène a aimé puisque j’ai été rappelé pour « Q.I ».

52955455 dans Mylène en CONFIDENCESVous arrive-t-il de jouer vos remixes de Mylène lors de vos sets aux États-Unis ?
Malheureusement non car le public américain est totalement hermétique à tout ce qui n’est pas chanté en anglais. On peut éventuellement utiliser un petit sample en langue étrangère, mais pas une chanson en entier. Une chose que j’adore chez vous en Europe, c’est que vous n’avez aucun problème à écouter de la musique des autres pays. Dans une même soirée ici, je peux passer des chansons en allemand, en espagnol, en français, en anglais ou en italien, ça ne pose aucun problème.

Et d’ailleurs dans le monde, vous arrive-t-il de passer du Mylène ?
Oui, bien sûr. Surtout en Europe où « Désenchantée » a été un vrai tube. Je n’avais pas vraiment compris l’impact de cette chanson avant de la jouer à Paris : la foule était hystérique sur ce titre. Je l’ai jouée à Mexico City aussi, devant deux mille personnes, et à ma grande surprise, l’ambiance est devenue simplement folle, les gens ont adoré !

Savez-vous que nombreux sont les journalistes à surnommer Mylène la « Madonna française » ? Vous qui avez travaillé avec Madonna, qu’en pensez-vous ?
C’est marrant parce que je reviens de Grèce où j’ai fait un show avec Anna Vissi, une immense pop star là-bas, et elle est surnommée la « Madonna grecque » (rires) ! Je pense que dès qu’une chanteuse devient une méga star, voire une légende dans son pays, elle devient la Madonna de ce pays. Ca prouve l’immense impact planétaire de Madonna. Au-delà de cela, il est clair que quand Mylène porte des culottes, des soutiens-gorge ou des bustiers sur les pochettes de ses disques, ça amplifie la comparaison.

Comment avez-vous appréhendé le travail sur « Q.I » ? Est-ce Mylène ou sa maison de disques qui vous ont donné des directives ?
Non. Ils m’ont envoyé une copie de la chanson, et une copie avec juste la voix de Mylène. Et c’est tout. Je pense qu’ils aiment bien mon travail et qu’ils m’ont accordé une totale confiance.

Le fait de garder intacte la structure de la chanson (couplets et refrains), n’était-ce pas leur volonté ?
Non, c’était la mienne. Quand je suis engagé pour remixer un single, je pense bien sûr aux clubs, mais aussi à l’artiste et à son public. Je suis un fan des vocalistes et des chansons donc j’essaie de les respecter.

Vous pensez que ce n’est pas le cas de tous vos collègues ?
Beaucoup de DJ ou de remixeurs se contentent de sampler une phrase ou même un mot répété à l’infini sur une musique totalement différente de l’originale. Je n’appelle pas ça un remix, c’est carrément une autre chanson ! J’ai envie de leur dire : « Hey les mecs, faites vos propres disques, mais n’appelez pas ça le remix de tel chanteur ou telle chanteuse ! ». Je ne vois pas en quoi ils servent les artistes.

Qu’avez-vous pensé de « Q.I » quand vous l’avez entendue pour la première fois ?
J’ai beaucoup aimé. J’avais juste un souci par rapport au rythme qui est assez lent. J’avais très envie de lui donner de l’énergie pour les clubs, mais je n’étais pas sûr de pouvoir y parvenir.

115172441Et pourtant quelle réussite ! Saviez-vous que les radios françaises ont plus diffusé votre version que l’originale ?
Non je ne savais pas ! En fait, dans la mesure où je suis en Californie, je n’ai pas trop d’échos sur la suite du projet. Le label m’a juste envoyé quelques exemplaires du maxi vinyle, mais c’est tout. Je n’ai pas vraiment de retours sur ce qui se passe en France.

Vous remixes ont-ils été acceptés d’emblée par Mylène et son entourage, ou avez-vous dû les remanier plusieurs fois ?
Ils les ont aimés à la première écoute, ce qui m’a grandement soulagé. Ils étaient très contents. J’ai seulement fait deux ou trois petits changements pour la version radio pour laquelle ils avaient quelques souvis avec certains niveaux de son qu’ils voulaient plus forts par ci ou moins forts par là. Quant à la version club, elle a été acceptée immédiatement.

Issu du magazine IAO – 2005

 

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Les travers de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 24 juillet 2012


CONFIDENCES DE John Frost (Photographe)

 Cigarettes

Les travers de Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES 186473763-300x251Venant d’Angleterre, j’ai tout d’abord travaillé en tant que photographe de plateau et je me suis vite installé dans un studio près de Clichy, à Paris, où j’ai commencé à faire des portraits de gens, au cours Florent. Isabelle Nanty (ndlr : l’inoubliable « nurse » de Tatie Danielle!) y était à l’époque, avec Marie-Sophie L., la future femme de Lelouch, et, entres autres, Mylène Gautier! On a fait des reportages et des photos ensemble, pour faire son book. De là est née la première pochette de Mylène pour Maman a tort. Je crois qu’il s’est passé un truc entre nous et elle s’est livrée à des photos assez fascinantes. Ça ne s’est d’ailleurs pas passé sans heurts! Mylène est quelqu’un d’extrêmement nerveux. Petite anecdote, je n’ai jamais vu quelqu’un pouvoir déchirer un paquet de cigarettes en si peu de temps! Extraordinaire! Après les prises de vue, on allait prendre un café et elle réduisait son paquet de cigarettes en poudre! Mylène était aussi d’une extrême timidité. On a parlé de ça il n’y a pas longtemps avec Isabelle Nanty, avec qui je suis resté en contact… Mais Mylène a « rompu » avec tous ces gens-là, dès le début de sa carrière de chanteuse, il me semble. 

Maman a tort

DSCF0014-300x225 dans Mylène en CONFIDENCESJ’avais donc fait ces photos avec Mylène, et puis Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat sont venus me voir. Ils voulaient utiliser les photos de ce reportage pour aire la pochette du premier 45 tours. Pourquoi Laurent n’a pas fait ces photos lui-même, ça reste un grand mystère… Mais je ne connais pas bien le lien entre Laurent et Mylène. Elle ne m’avait en tout cas pas dit, en faisant les photos, qu’elle pensait à une carrière de chanteuse. Elle voulait être comédienne, même si elle ne se sentait pas à l’aise au cours Florent. Comme beaucoup, d’ailleurs. Les cours Florent, c’est très spécial, il y a beaucoup d’enfants de riches qui y vont pour passer le temps. Mais il y a aussi, dans le tas, beaucoup de gens connus qui en sont sortis… C’est sûr que Mylène n’était pas très heureuse au cours Florent. Mylène était pudique et en même temps, elle avait envie de se montrer. Et je crois que ça se sent dans les photos que j’ai faites. Ça m’a plu de faire des photos avec elle. Il me semble qu’on a fait trois séances, qui se passaient dans mon studio. Mylène amenait un certain nombre de vêtements, et moi je décidais ce qu’on faisait. Ça durait trois-quarts d’heures à chaque fois. Je me rappelle qu’à un moment, elle est partie du studio en pleurant, mais je ne me souviens plus exactement pour quelle raison! Je l’ai rattrapée, et après ça s’est très bien passé! 

Texte issu de l’Instant-Mag – 2002

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Mylène : des vacances au soleil

Posté par francesca7 le 19 juillet 2012


Confidences de Elsa Trillat (Photographe)

Mylène : des vacances au soleil dans Mylène en CONFIDENCES benoitmylenecorse2-300x198Nous sommes en juillet. Mylène me demande ce que je fais pour les vacances : « On a loué une maison avec Laurent dans le Sud, à la Garde Freinet, tu veux venir ? Y a plein de chambres ! ». Ca ne fait pourtant que trois semaines qu’on se connaît vraiment ! Passer un mois ensemble, ça me paraît donc un peu tôt. Pour moi, c’est le meilleur moyen pour qu’on se fâche. Je décline donc l’invitation. En même temps, j’ai vachement envie d’y aller ! Mylène insiste en me disant que je ne suis pas obligée de rester le mois entier. J’ai de toute façon un reportage sur Niagara programmé en Hollande. Mais je me suis arrangée pour enchaîner avec un sujet sur Francis Lalanne tout début août à Saint-Tropez, non loin de la Garde Freinet. J’arrive donc une semaine après eux. J’ai loué une voiture aux frais du magazine car ni Mylène ni Laurent ne savaient conduire à l’époque. Je me rappelle d’ailleurs avoir donné des cours de conduite à Mylène pendant ces vacances. On s’est pris je ne sais combien de fossés !

E.T. est en vacances avec nous là-bas. Il y a aussi un couple d’amis de Mylène et Laurent. Christophe Mourthé et sa copine passent également quelques jours avant que j’arrive. Michel, le petit frère de Mylène, est là aussi depuis le début. D’ailleurs, je partage la chambre mitoyenne de celle de Mylène et Laurent avec lui. Ce sont des lits superposés, je précise. Laurent n’arrête pas de charrier Michel à ce sujet, en lui disant qu’il aurait intérêt à changer ses draps tous les matins. Le pauvre, il a environ dix-sept ans. Je me rappelle qu’un soir, en discutant dans la chambre, lui sur le lit d’en bas, moi sur celui d’en haut, il me dit : « Je n’ai jamais vu ma sœur comme ça. C’est dingue, vous vous connaissez à peine et elle t’invite dans son intimité de façon naturelle. On dirait que vous vous connaissez depuis toujours. »

Je boucle donc mon reportage avec Lalanne vite fait pour rejoindre Mylène, Laurent et toute la clique. Mais quand Francis apprend que j’habite avec Mylène Farmer, il veut absolument venir. Je crois qu’il était fasciné par son personnage –comme tant d’autres. Avec l’autorisation de Mylène, je l’invite donc à m’accompagner à la maison pour faire quelques photos dans le verger. Mylène m’assiste. En fait, elle me déconcentre plus qu’autre chose. Elle s’amuse à jouer les metteurs en scène complètement allumés : « Francis, prends une pêche et fais comme si tu lui faisais l’amour ». Lui est totalement à ses ordres. Il serait d’ailleurs bien resté après la séance photo, mais elle ne l’a pas invité. On s’est bien amusés en tout cas.

1396770181-252x300 dans Mylène en CONFIDENCESEt ça s’est confirmé par la suite. J’ai vraiment passé de très bonnes vacances. Souvent seule avec Mylène d’ailleurs car Laurent passait le plus clair de son temps avec un copain à lui, Gilles Laurent. Mylène était d’ailleurs toute contente de me dire : « C’est lui qui a fait la voix de Pinocchio dans le film avec Gina Lollobrigida quand il était petit ! ». Les deux hommes travaillaient sur le scénario de ce qui, je crois, deviendra « Giorgino » quelques années plus tard. Ils passaient donc leurs journées dans le bureau pendant que Mylène et moi nous prélassions au bord de la piscine. D’ailleurs, on a laissé tomber le maillot de bain au bout de deux jours ! Je me rappelle qu’on mettait souvent la radio au bord de la piscine.

Un matin, « Déshabillez-moi » de Juliette Gréco est passée et j’ai commencé à faire un petit striptease au bord de la piscine pendant que Mylène était dans une chaise longue. On a bien ri. Mylène reprend la chanson quelques mois plus tard sur l’album « Ainsi soit je… ». Avant cela, elle le chante à l’Opéra pour les Oscars de la Mode. C’est en octobre 1987. Si vous connaissez les images, vous savez qu’on voit son sein qui dépasse à un moment. Mylène en était malade !

 

Issu du magazine : Mylène Farmer Magazine – 2003

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Mylenium Tour et les Percussions

Posté par francesca7 le 19 juillet 2012


confidences de Susie Davis (Claviers, percussions)

 

Mylenium Tour et les Percussions dans Mylène en CONFIDENCES MF99_43aPourquoi êtes-vous la seule du groupe de 96 à ne pas avoir fait le « Mylenium Tour » ?

Je ne sais pas. On ne m’a pas contactée. Cette année-là, je tournais avec Pat Benatar, donc je n’aurais probablement pas été libre de toute façon. Il est vrai aussi que j’ai déménagé sur Sans Francisco. J’ai entendu dire plus tard que Philippe Rault avait essayé de me joindre, mais qu’il n’avait pas mon nouveau numéro de téléphone. Tant pis pour moi !

En tant que musicienne, que pensez-vous de la musique de Laurent Boutonnat ?

Je pense que Laurent est un artiste brillant. Il s’est avéré qu’il était en outre un homme très doux, très gentil et que j’ai pris beaucoup de plaisir à fréquenter.

Quelle est la chanson sur laquelle vous avez pris le plus de plaisir à jouer sur cette tournée ?

J’ai vraiment beaucoup aimé le groove de « California ». J’aimais beaucoup danser dessus !

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris pendant le Tour 96 ?

Je ne pensais pas qu’une artiste puisse être si populaire dans un seul pays.

B1404-226x300 dans Mylène en CONFIDENCESMylène était-elle proche du groupe ?

Oui. C’était un bonheur de travailler avec elle et de traîner avec elle.

Comment était l’ambiance dans la troupe ?

On s’est beaucoup amusé. On avait un groupe de gens très différents – hétéros, gays, noirs, blancs, hispaniques, américains, hommes, femmes – mais on était très bien ensemble et on a passé des moments merveilleux. Mylène s’est très bien occupée de nous. On a bien gagné notre vie pendant cette tournée, et on a eu des repas fantastiques après chaque show. Cela a été une tournée très spéciale pour chacun d’entre nous.

Qu’avez-vous pensé du public ?

Le public français est excellent !

Vous rappelez-vous du concert de Lyon, de la chute de Mylène qui s’est fracturé le poignet ?

Oui ! Tout d’un coup, Mylène n’était plus sur scène. Je ne l’ai pas vue tomber, mais j’ai rapidement compris que ce devait être le cas. Jeff, le guitariste, a sauté en bas et l’a relevée, puis l’a amenée sur le côté. David, un danseur, était tombé avec elle. C’était un moment horrible. Passer si rapidement d’un état d’excitation et de bonheur à un moment où le temps s’arrête et où on se demande si Mylène va bien, c’était incroyable.

Que faites-vous depuis cette tournée ?

J’enseigne le piano, le chant, la guitare et l’écriture de chansons à des enfants dans mon home studio, à Richmond, en Californie. Je me suis mariée très récemment, et j’ai deux beaux-fils, donc j’essaie de rester à la maison et de ne plus trop faire de tournées. Les seules que je m’accorde sont celles d’un groupe appelé Those Darn Accordions, avec qui je joue de l’accordéon et je chante, et avec un groupe de R’n’b, Rythmtown Jive. Je travaille aussi sur une méthode d’apprentissage de la musique à l’oreille pour les enfants. 

issu du Magazine IAO de  2006

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Mylène au coeur du Mythe

Posté par francesca7 le 19 juillet 2012

Mylène au coeur du Mythe dans Mylène en CONFIDENCES 1251724468confidences de Jean-Marie Perrier (Photographe)

Vous avez entre autres une bibliographie historique et romanesque. Pourquoi écrire alors un livre sur Mylène Farmer, d’autant que vous avouez ne pas en être fan ?

Je suis aussi journaliste musical et fan de chansons. Écrire sur Mylène était une idée de mon éditeur, Bartillat. On a cherché l’artiste français qui pourrait nourrir le plus une réflexion, qui ait un monde suffisamment intéressant pour susciter un bouquin. Il fallait un univers, pas seulement des anecdotes. Mylène s’y prêtait tout à fait, surtout qu’à l’époque, il n’y avait quasiment rien d’écrit sur elle. Quant au fait de ne pas être fan, je le dis clairement : je ne suis pas fan, car pour moi un fan est un admirateur exclusif, ce que je ne suis pas. Il y a beaucoup d’artistes que j’aime. Mylène est une artiste qui m’intéresse, mais pas exclusivement. C’est pourquoi certains ont été étonnés : ils pensaient que je n’aimais pas Mylène, du tout. Alors qu’en fait, je n’aime pas que Mylène…

Ne pensiez-vous pas que les fans purs et durs en savaient déjà autant que vous, voire plus sur le sujet ?

Sûrement ! De toute façon, ce n’est pas une biographie. Je n’ai pas cherché à être exhaustif et ça ne m’intéressait pas. Les fans que j’ai rencontrés auraient pu m’aider, mais je ne leur ai pas demandé. Mon idée n’était pas de faire une mini-thèse sur Mylène, de compter tous ses singles, etc. Ca je m’en fous complètement. Effectivement, les fans peuvent en savoir plus sur moi, mais en revanche, et je le revendique, c’est un regard critique et un peu ironique. Je suis journaliste, donc à même de décrypter les choses pour les éclairer d’une certaine façon. C’est cela qui a hérissé le poil de certains fans…

Avez-vous, pendant l’écriture de votre ouvrage, souhaité rencontrer Mylène Farmer pour en savoir un peu plus ?
Non, parce que je savais que de toute façon, ça ne se ferait pas. Je n’ai absolument rien demandé, ni à elle, ni à Laurent Boutonnat, ni à Thierry Suc, ni à la maison de disques, je m’en foutais complètement. Je savais qu’ils refuseraient, ou que ça traînerait, ou bien, s’ils acceptaient, qu’il y ait des contreparties, comme la relecture du manuscrit. C’est un livre qui a été fait sans la vedette. C’est pour ça que ce n’est pas une biographie, c’est un essai.

3t4nisnd-300x211 dans Mylène en CONFIDENCESVous décrivez de manière assez précise l’endroit où vivait Mylène Farmer. Ne pensez-vous pas que vous donniez des pistes pour savoir où elle habitait ?

Non, car tout d’abord je n’étais pas sûr que c’était bien là. Je n’en sais rien, c’est ce que disaient les fans. Je les ai accompagnés une fois en fin de journée. Il n’y avait personne sur le banc, pas de gardes du corps, c’était un immeuble du XVIème arrondissement très bourgeois et très banal. Ca me faisait marrer. Du coup, j’ai raconté le hall de l’immeuble et puis basta ! De toute façon, que ce soit le vrai ou non, mon idée n’était de révéler l’adresse de Mylène, sinon j’aurais donné le numéro, si ça avait été le but de la manœuvre…

Il y a de nombreuses erreurs dans votre livre. L’aviez-vous fait relire par des fans avant de le faire publier ?

Il doit y avoir quelques erreurs factuelles, oui. Sur les histoires de clips, c’est assez complexe, on me l’a signalé. A l’époque, je m’étais servi de ce qui existait déjà pour comparer. Lors d’une nouvelle édition, on revérifiera tout, il ne doit pas y avoir grand chose, je crois qu’il n’y a qu’un clip qui n’est pas totalement bien retranscrit…

Plusieurs en fait…

Oui, mais c’est tellement chiant les clips ! C’est d’un compliqué. Les castings n’étaient pas clairs, il y aurait un clip qu’elle aurait réalisé elle-même, etc. Ca dépassait ce que je voulais faire. Le plus marrant, c’était d’analyser les clips à ma sauce. J’ai fait ce que personne n’avait fait. Je me suis admiré de m’être farci tous les clips à la suite, en boucle, c’était une épreuve ! Et je suis l’un des rares mortels à m’être tapé « Giorgino » intégralement, crayon à la main et ça c’est un exploit, j’en suis fier !

Pourquoi une photo de concert pour représenter le livre ?

Parce qu’aucune agence de photos n’a voulu vendre un cliché de Mylène Farmer… Il y a embargo. A l’origine, c’était une parade, puisqu’on ne pouvait pas avoir de photos de Mylène. J’étais enchanté de cette couverture. Imaginez que nous soyons à Bercy, les lumières viennent de s’allumer et l’artiste va arriver sur scène et on ne la voit pas. J’ai trouvé ça finalement plutôt pas mal… On s’est bien tirés d’une chose qui était à la base un handicap.

Le site de la FNAC avait indiqué une réédition avec une photo de la star par Ellen von Unwerth, mais ça n’est jamais paru, pourquoi ?

De mon livre ? Première nouvelle ! Je ne savais pas du tout (rires) ! Mais maintenant que Mylène a repris du service, on songe à une nouvelle édition où j’intégrerais le nouvel album, les nouveaux clips, en voyant s’il y a continuité ou changement.

Quelles ont été les réactions des fans au moment de la sortie du livre ? Le contexte était plutôt mouvementé, non ?

Il y a eu de tout. Il y a eu des fans enchantés, mes copains notamment. Sur certains sites, au contraire il y a eu des discussions à n’en plus finir avec des gens qui râlaient. En fait, on trouvait deux sortes de râleurs : ceux qui pointaient du doigt sur les détails qui n’allaient pas et ceux qui étaient hystériques, qui disaient que je proférais du mal sur leur « Ange », avec tous les excès que vous pouvez imaginer. J’ai fait une émission de télé chez Ruquier. Il avait invité un fan sur le plateau. J’étais très triste pour ce garçon qui était très timide et intériorisé, qui se retrouvait dans cette espèce de foire, censé me poser des questions embarrassantes. Mais une fois qu’il avait relevé les quelques erreurs, il n’avait plus rien à dire… il avait perdu son temps car il n’avait rien à vendre, il ne connaissais pas le monde des médias alors que je le pratique un peu. Par contre, ça a eu un effet positif pour mon livre.

A combien d’exemplaires s’est-il vendu ?

Un peu plus de 25 000 exemplaires vendus. Pour votre gouverne, je suis assez fier, car pour le livre de Mylène elle-même, on en est à 31 000… On aurait pu s’attendre à plus, mais il y a eu beaucoup de retours, c’était un livre assez cher pour les jeunes.

ae7449300b5e748eaa9859fa79e70a10-300x300Votre livre s’achève justement sur la sortie de « Lisa-Loup et le conteur ». L’avez-vous lu depuis ?

On avait sorti mon livre avant le sien, exprès. Du coup, j’étais passé pour un expert sur elle ! J’ai lu son livre quand il est sorti. Ca m’a un peu emmerdé, j’ai pas trouvé ça terrible. On voit bien que c’est du Mylène, on reconnaît bien ses thèmes. Je trouve qu’elle est meilleure sur un texte bref quand dans un machin un peu long où l’on se demande ce qu’elle veut en faire… Je ne la sentais pas à l’aise. Et puis la forme était assez impressionnante, ça a dû dissuader plus d’un fan. Ce n’était pas un livre très chaleureux, on n’avait pas envie de se plonger dedans avec cette typographie rouge et noire, ces petits dessins… 

 

Mylène Farmer et vous – 2005

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Les attitudes de Mylène Farmer en spectacle

Posté par francesca7 le 16 juillet 2012


Les attitudes de Mylène Farmer en spectacle dans Mylène en CONFIDENCES    Confidences de Fred Peveri (Concepteur lumières)

Mylène passe pour un bourreau de travail. Avez-vous eu de longues réunions de préparation avec elle ?

Ce n’est en aucun cas une question de temps mais d’intensité ! Une réunion avec Mylène est un vrai travail d’échange d’idées, de problèmes évoqués et de solutions à trouver. On va jusqu’au bout des défis qu’elle peut nous soumettre et qu’elle impose. Elle vit son spectacle et donc elle est au cœur des débats. J’ai travaillé à peu près de la même façon sur les deux tournées sauf que j’ai été un peu plus proche de Mylène en 1999. Je n’ai pas vraiment à proprement parler de comptes à rendre car j’ai carte blanche. Je parle avec Mylène de ses désirs artistiques et j’évoque les miens ! Thierry fait partie intégrante de ces discussions aussi… Bref, c’est un pool artistique.

Combien vous faut-il de temps pour d’abord penser, puis créer, les conditions matérielles à la création d’un projet de lumières ?
En termes de temps, c’est assez variable et le plus souvent, ce sont les boites de production qui décident. En moyenne, je réfléchis trois ou quatre mois et la création en elle-même peut se faire en une semaine. Montage technique compris ! En fait, un spectacle comme le « Mylenium Tour » nécessite de plans techniques précis, des pré programmations basiques pour moi mais le travail se fait plus en finesse une fois l’installation effectuée.

MFConcert89_02a dans Mylène en CONFIDENCESLes répétitions du « Mylenium Tour » avaient lieu à Marseille au Dôme. On raconte qu’il a manqué quelques jours pour que tout soit parfait pour la première…
C’est complètement faux. Bien entendu, la maturité d’un show n’arrive qu’après plusieurs dates mais comme pour tous les spectacles. De plus, une chose appartient au premier spectacle. Une émotion particulière au premier spectacle. Pour l’artiste, pour nous et pour le public, c’est très intense.

Combien de filages avez-vous pu faire ? Travaillez-vous tableau par tableau ?
De mémoire, environ cinq. Tous les tableaux sont travaillés et retravaillés séparément, puis arrivent les filages pour affiner les enchaînements. Les tableaux qui m’ont posé le plus de problèmes sont ceux où mon travail devait être en adéquation avec les images vidéo, et aussi ceux où il fallait trouver la juste valeur des lumières sur les chorégraphies.

Le projet du « Mylenium Tour » était de conceptualiser un concert autour des quatre éléments fondamentaux. Y a-t-il une difficulté à obtenir certaines couleurs plus que d’autres sur scène ?
Pas vraiment en termes de couleurs, mais plus en termes d’évocation. Il est certain que certains spectres de couleurs ont un rendu difficile.

Des titres comme « L’âme stram gram » en début de spectacle ou « Je te rends ton amour » et « Souviens-toi du jour… » à la fin du show étaient nimbés de rouge. Des couleurs qu’on voit assez peu habituellement, non ?
Pas pour moi. Toute couleur a sa place, il faut juste trouver le bon endroit !

Pour le public, la tournée 1996 et le « Mylenium Tour » sont deux spectacles antagonistes, le premier mettant en avant le côté « star et paillettes », le second se rapprochant plus des thèmes de ses débuts. Dans la traduction technique et en comparant les deux travaux, avez-vous eu l’impression de deux spectacles qui étaient opposés ?
En ce qui concerne la lumière, il y eut quelques éléments différents, plus « pêchus » dirons-nous sur la tournée 1996, car plus adaptés au tour de chant choisi. Je me dois de transposer en lumière les sentiments évoqués par les chansons choisies.

Interview issu de Mylène Farmer et vous de 2005

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Khaled et la poupée Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 16 juillet 2012


Description de cette image, également commentée ci-après    Khaled (Chanteur)

 

L’ancien fanzine MFIFC rencontre le chanteur avec qui Mylène a partagé un duo en 1996, le temps d’une émission de télévision et de quelques dates de concert.

   Mylène
Elle est trop délirante cette fille ! On rigole comme des fous quand on se voit tous les deux. Moi avec mon verre et elle avec ses bananes ! Je lui dis bien d’arrêter d’en manger autant, mais elle s’y accroche ! Je ne sais vraiment pas pourquoi elle tant en manger… Ah, la simplicité, il n’y a rien de tel… Il faut déconner tant qu’on le peut encore. […]
Mylène […] est très secrète, c’est bien, mais elle l’est peut-être trop…

   La poupée
Quinze caméras ! Le clip est un montage des dates de Genève et de Bercy. J’ai tous les rushes ! C’était formidable !
Vous avez vu ? Quand Mylène et moi, on a fait le duo à « Tip Top » (ndlr : l’émission de télévision dans laquelle le duo sur « La poupée qui fait non » a été interprété pour la première fois par Mylène et Khaled), Polnareff s’est empressé de sortir une nouvelle version tellement moins belle que la chanson d’origine ! Je n’aime pas son clip, et de toute façon sa chanson était morte. Mylène et moi, on va vraiment la faire revivre, pas vrai ?! (Rires). […] 

 

Interview express de MFIFC de 1997

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Mylène F. un dimanche en famille

Posté par francesca7 le 14 juillet 2012


Confidences de Elsa Trillat (Photographe)

« A la fin de la séance photos, Mylène vient vers moi et me demande ce que je fais le reste de la journée. C’est dimanche et je n’ai rien prévu. Elle m’invite alors à passer la fin de l’après-midi avec elle, chez sa mère qui habite dans la maison familiale non loin de là. Je me rappellerais toujours la tête que fait Bertrand à ce moment-là ! A priori, ce genre d’invitation n’est pas fréquent de la part de Mylène. Ils montent alors dans l’Austin Mini blanche de Bertrand. Je les suis dans ma Mini bleue et noire. Direction Chaville. On arrive dans la maison. Mylène me présente sa mère, ses deux frères et sa sœur.

Mylène F. un dimanche en famille dans Mylène en CONFIDENCES 1982-300x187
Ils regardent « Starsky & Hutch » à la télé ! Je me rappelle d’ailleurs qu’à un moment, il y a une secte dans cet épisode qui répète inlassablement : « Gloire à Satan, Gloire à Satan », et on se met à danser en cercle autour de la table en les imitant ! Puis Mylène sort le champagne. Et on discute de plein de choses. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est une famille très unie. Mylène a de très bons rapports avec sa mère. Ceci étant, je me rappelle qu’une fois, sa mère a fait une projection de photos de famille. J’ai vu Mylène bébé, elle était bien costaude. Ravie, Mylène se tourne vers moi et me dit : « Tu vois, quand je suis née, j’ai déchiré les entrailles de ma mère ! ». Mais bon, je ne me suis pas sentie dans la famille Addams pour autant. La maison est, elle aussi, tout ce qu’il y a de plus normale : grande, avec plein de chambres, vu que c’est là qu’ils ont tous vécu en arrivant du Canada. Je passe un moment merveilleux. Vraiment. Je m’entends particulièrement bien avec Brigitte, la sœur de Mylène, et Michel, le cadet de la famille. Je les ai beaucoup revus dans les quelques années qui ont suivi. On aurait pu en profiter pour faire des photos de famille, ça se fait souvent pour « Match ». Mais Mylène est contre. C’était clair dès le départ. D’autant que la famille est encore assez perturbée par la mort du papa. C’est assez récent. Moins d’un an, je crois. D’ailleurs, je me rappelle qu’en arrivant dans la maison, j’ai vu une sorte de vase au milieu de la pièce principale. J’ai demandé ce que c’était, et Mylène m’a répondu « C’est mon père ». Je reviendrai plusieurs fois dans la maison familiale avec Mylène qui y amène régulièrement son linge sale, elle n’a pas de machine à laver dans son appartement parisien. Je me souviens de parties de ping-pong mémorables dans le jardin. Mylène est extrêmement douée à ce jeu.

MF80_111a dans Mylène en CONFIDENCESLe lendemain, j’envoie les photos au labo. Je les récupère dans la journée. Je demande à Mylène de venir les voir au journal, c’est plus pratique. Plus tard, elle « profitera » de sa position vis-à-vis de moi pour me faire d »placer avec une table lumineuse chez elle. Mylène arrive donc au journal avec Bertrand. Elle regarde les photos. Elle en retire. Je me dis : « Mon Dieu ! Elle n’aime pas ».

Finalement, elle n’en retire pas tant que ça. Mieux, elle met des croix sur plein de diapos. Quand elle met une croix, c’est qu’elle aime beaucoup. Pour la séance prise chez Bertrand, elle a mis cinq croix à certains ektas, elle est visiblement folle de cette série ! Je crois qu’à partir de là, elle s’est sentie en confiance face à mon objectif. En tout cas, un mois après, elle ne travaille plus avec Christophe Mourthé. Le papier sort dans « Match ». Dès lors, on commence à s’appeler beaucoup. Et à se voir plusieurs fois par semaine. Mais pas dans les palaces ou les grands restos. Elle n’a pas beaucoup d’argent à l’époque. Elle m’explique qu’elle n’a toujours pas touché les royalties pour « Libertine » parce que ça prend du temps ce genre de choses. Donc c’est plutôt resto chinois. Et McDonald’s à fond ! On passe des journées entières chez elle, rue Quincampoix, assises par terre à manger des hamburgers en sirotant du Coca, à regarder la télé, et surtout à refaire le monde, avec E.T. sur la tête qui nous pouille les cheveux. On lui donne des feuilles et des stylos, et il fait des dessins. Il est incroyable ce singe, il sait même reboucher les feutres ! Je devrais dire « elle » d’ailleurs puisque c’est une fille. Quelques mois plus tard, à Noël, Mylène a eu Léon. Elle m’a dit que quand il ferait des bébés avec E.T., elle m’en donnerait un. Ma mère, qui garde déjà mes chats et mon chien quand je pars en reportage, n’est pas vraiment pour ! En parlant de mon chien, Popcorn, une petite célébrité à « Paris Match », je me souviens que Mylène l’aimait beaucoup. Elle n’était pas spécialement fan des chiens. Mais c’était un cocker gold, il était roux comme elle !

A l’époque, quand on n’est pas chez Mylène, on organise des parties de Trivial Pusruit chez Bertrand. Surtout le dimanche après-midi. On hait tous le dimanche ! En fin de journée, pendant que les garçons se prélassent, Mylène et moi sommes de corvée de vaisselle. Imaginez Mylène avec des gants Mapa !

Mylène est fan de Peter Gabriel à l’époque. Elle prend des polaroïds de lui quand il passe à la télé ! C’est aussi la période où elle a un livre fétiche qu’elle tient absolument à me faire voir. Mais j’ai toujours refusé de le regarder. C’est un bouquin de photos de monstres de la nature, du genre des enfants nés avec des écailles de crocodile ! Ca l’intéresse vraiment ! Ou plus exactement, ça l’intrigue. Ce n’est vraiment pas de la curiosité malsaine. Juste une envie de comprendre. Comme une enfant. »

 

Issu du magazine : Mylène Farmer Magazine – 2003

 

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