GRAND INTERVIEW DE MYLENE FARMER SUR LAZER

Posté par francesca7 le 20 juillet 2014

 

MAI 1987 Présenté par Mady TRAN sur M6

Première apparition de Mylène sur la toute jeune chaîne M6, où elle vient présenter à la télévision son tout nouveau clip, celui de « Tristana ». Mylène se retrouve en face de Mady Tran, journaliste passionnée et par conséquent passionnante.

Toutes sont assises face à face. Mylène est habillée sobrement d’un tailleur blanc et ses cheveux sont coiffés en catogan avec un ruban, blanc également.

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Mady Tran : (…) Sur le plateau de « Lazer » aujourd’hui est tombée comme par magie une poussière de cendres de lune : j’ai avec moi Mylène Farmer. Je suis très excitée à l’idée de recevoir ce personnage, car c’est vrai, dans la production actuelle en France c’est un personnage, c’est une image tout à fait à part. Merci

Mylène d’être venue nous voir !

Mylène Farmer : Bonjour !

MT : Comment vas-tu ?

MF : Très, très bien, merci !

MT : Je suis très contente de te recevoir, d’autant que ce dernier 45 tours que tu es venue nous présenter nous plaît. Alors j’espère que je vais le faire aimer à tout le monde parce que ça, c’est un genre de challenge qui me plaît et qui m’intéresse. Je voudrais tout simplement pendant une heure et demie faire connaissance avec toi et te proposer de la musique, et parler de toi pour tous ceux qui nous regardent.

MF : (un peu impressionnée) D’accord !

MT : D’où viens-tu, Mylène ?

MF : Je suis née à Montréal, donc au Canada, et je vis en France depuis l’âge de 9 ans. Que dire d’autre ? Je ne sais pas !

MT : Ce que je voudrais, moi, dire, c’est rappeler un petit peu les chansons qui nous ont marqués. Le premier

45 tours…

MF : Le premier 45 tours s’intitulait « Maman a Tort »…

MT : Et là vraiment, genre de flash, quand même, pour nous tous car c’était très particulier. On se demande toujours quand on te regarde évoluer si c’est un vrai personnage sorti d’une légende ou si c’est quelque chose que tu as eu envie de fabriquer, d’élaborer au fil des années et de ton travail.

MF : C’est vrai que ce mot de ‘fabrication’ est quelque chose qui me dérange, mais chacun pense ce qui lui plaît, comme on dit. Non, c’est certainement mon personnage qui est illustré par des chansons, par des clips, par plein de choses.

MT : Des clips qui marquent eux aussi, et on parlera un petit peu plus tard de la projection que tu donnes de toi dans ces clips. On parle de toi en terme de libertine, et c’est pas un doublon par rapport à la chanson : c’est vrai qu’on y a pensé dès le départ ! (rires de Mylène) « Maman a tort » c’est quoi, en fait ? C’est un SOS ?

C’est un cri ? C’est quoi ?!

MF : « Maman a Tort », c’était une façon de parler d’amours étranges qu’on peut avoir quand on est adolescente ou adolescent, rencontrer une personne…Et c’est vrai que là, c’était un domaine hospitalier avec une infirmière, c’est une projection, comme ça, de la mère. C’est un amour interdit qu’on peut avoir avec une personnalité féminine, pourquoi pas.

MT : Mais tout dans tes chansons suggère l’interdit, mais d’une manière très magique.

MF : Tant mieux ! Mais j’aime les interdits.

MT : Alors, je voudrais qu’on reparle du deuxième 45 tours, qui là aussi…

MF : Qui était « On est tous des imbéciles »

MT : « On est tous des imbéciles », et là c’est déjà beaucoup plus agressif dans le titre.

MF : Je sais pas si c’est réellement agressif…C’est certainement provocateur. Et moi j’aime bien mettre en exergue cette phrase qui disait : « On est tous des imbéciles, mais ce qui nous sauve c’est le style ». Et je pense que c’est vrai ! (rires)

MT : C’est pas dénué d’humour, de toutes façons !

MF : Non, de toutes façons.

MT : Alors, tu es venue nous présenter ce 45 tours, mais avec aussi un clip fabuleux. J’aimerais que tu nous

racontes, après la chanson, le tournage. Régalez-vous : plus de 11mn de rêve et de magie ! Mylène Farmer, « Tristana ».

Le clip « Tristana » est diffusé dans son intégralité, générique de fin compris.

MT : Difficile de faire mieux dans la beauté et dans la magie ! Il suffit de la regarder pendant que nous découvrions ce clip –parce que je crois qu’à chaque fois que vous le verrez, vous le redécouvrirez, c’est du vrai scope- et pendant qu’on regardait ce clip, Mylène avait la tête penchée. On a l’impression que c’est quelque part un peu comme le message de Prince –Dieu sait s’il y a pas vraiment de corrélation entre vous deux !- que quelque part tu livres quelque chose et que ça ne t’appartient plus et que c’est aux autres de le recevoir. Je suis très, très émue devant ce clip !

MF : Je le suis aussi ! C’est-à-dire que moi, c’est toujours le générique aussi, de prendre le parti de passer le générique…Le générique lui-même, c’est tellement une histoire ! C’est la concentration de tout un tournage. Et je trouve très beau un générique en Cinémascope !

MT : C’est magique, tout à fait. Y a plein de choses à souligner dans ce clip. La première chose qui m’a frappée, hormis la beauté et hormis la merveilleuse lumière, c’est la dédicace : « A Papa ». Elle vient de toi ou elle vient du réalisateur ?

MF : Non, je pense qu’elle ne peut venir que de moi !

MT : Bien sûr.

MF : Je préfère taire les circonstances parce que là, j’ai beaucoup de pudeur à cet égard. C’est vrai que de mettre ça sur un écran, « A Papa », c’est un paradoxe mais j’avais envie de le faire.

MT : Mais le personnage est bourré de paradoxes. Il suffisait simplement de souligner cette dédicace et ça suffit, je crois. Alors le tournage : est-ce que c’est toi qui parles en russe, d’abord ?!

MF : C’est moi qui parle en russe. J’ai appris le russe en seconde langue, donc, à l’école. J’en ai oublié quasiment la totalité, si ce n’est les bases : j’arrive à relire le russe, donc l’alphabet. Et donc c’était un… Comment dire ?

MT : Retour aux sources ?

MF : Un peu un retour aux sources. J’adore cette langue, j’aime ce pays et c’était une façon, comme ça, de rendre hommage à ce pays et de retrouver des personnages qui sont réellement russes dans ce clip.

MT : Alors, vu le titre de la chanson, j’ai pensé bien évidemment…

MF : A Buñuel ? (rires)

MT : …au film de Buñuel.

MF : Que je n’ai pas vu, je rassure tout le monde ! (rires)

MT : Mais je suis sûre qu’il te plaira car il y a vraiment tout, quoi, je veux dire, toute la palette des sentiments…

MF : C’est vrai que Tristana est plus un nom espagnol et moi quand je pensais Tristana, je pensais russe, mais en fait il faudrait dire ‘Tristania’ ! Donc c’est un petit peu plus complexe à retenir.

MT : Alors je te rassure : Deneuve y est perverse à souhait et vachement séduisante ! (rires) Donc, je pensais à ce film et je découvre en regardant ce clip que c’est davantage plus proche du conte de fées, avec tout ce que ça peut avoir de cruel.

2MF : C’est ça, c’est un doux mélange. C’est « Blanche-Neige et les sept nains » transposé en Russie, avec de la violence, avec un romantisme poussé à l’extrême. C’est tout ce que j’aime.

MT : Et des paysages d’une région de France qui est le Vercors…

MF : Que vous connaissez, je crois !

MT : …que je connais bien !

MF : Que moi je connaissais absolument pas. C’est vrai que j’ai découvert des paysages magnifiques ! On a eu beaucoup de neige, alors que partout ailleurs la neige avait fondu et ça, y a de ça un mois, et c’était prodigieux comme tournage.

MT : Alors tu nous donnes beaucoup de joie avec cette chanson et ce clip et ça, je crois qu’il faut le dire car c’est pas toujours le cas, et je t’en donne en retour avec cette chanson de U2 (…) : « With or without you ».

Diffusion du clip de U2. Au retour plateau, Mady Tran lance la séquence du clip de la semaine, où parmi les clips qu’elle a sélectionné, les téléspectateurs doivent élire leur préféré.

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MT : (…) Je me tourne vers mon invitée d’aujourd’hui, Mylène Farmer, qui est venue nous présenter son 45 tours « Tristana », et j’ai envie de aire un petit retour en arrière encore une fois avec « Libertine ». Alors, tous les clips de Mylène Farmer sont très particuliers, y a une ambiance, y a un climat. Ils sont même pour certains osés, pour d’autres intéressants. Quelle a été la réaction des gens par rapport au fait que d’une part tu te dénudes dans tes clips, et toi comment tu le vis, ça ? Est-ce qu’il y a une raison de se dénuder dans un clip ?

MF : Y a une raison à partir du moment où c’est quelque chose que le réalisateur et moi-même avons déterminé. En l’occurrence, c’était dans une histoire avec des libertins, un salon libertin, une histoire romantique, une rivale, un amoureux, une amante donc…

MT : …un duel !

MF : Un duel. C’était un moment qu’on avait envie de privilégier. Que moi, ça me dérange d’être nue à l’écran, je l’ai fait dans ce clip parce que c’était une volonté. Jamais je n’irai me mettre nue ni dans un journal, ni ailleurs.

C’est quelque chose qu’on décide.

MT : Et qu’on ressent.

MF : Certainement. C’est difficile, c’est vrai, de se mettre nue à l’écran mais pas plus difficile finalement que de venir faire un interview !

MT : Est-ce que tu te sens à l’aise dans cette époque-ci ?

MF : 87 ?

MT : Oui, les années 80, l’an 2000 qui arrive…

MF : J’avoue que je ne sais pas si je suis à l’aise ou mal à l’aise. Je crois qu’il y a des hauts et qu’il y a des bas, mais dans n’importe quelle époque.

MT : Et ce métier d’artiste, est-ce que c’était ça ou rien, ou est-ce qu’il y avait d’autres tentations dans la vie, à savoir la création dans le stylisme ou dans la mode ?

MF : Non. Je crois que ma vraie naissance c’était le jour où j’ai enregistré « Maman a tort ». C’est le jour où j’ai rencontré cette personne qui est Laurent Boutonnat, qui est donc également le réalisateur de ces clips, qui est également compositeur. C’est le jour où j’ai pu naître, oui, c’était une naissance.

MT : Alors, on parlera plus avant de ton équipe, parce que je sais que tu es quelqu’un qui fonctionne en équipe, malgré que tu aies l’air comme ça très solitaire et très mystérieuse. (…)

Diffusion du clip « Demain c’est toi » de François Feldman.

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MT : (…) Aujourd’hui sur le plateau de « Lazer », c’est Mylène Farmer, énigmatique et très mystérieuse. C’est difficile d’essayer de cerner un personnage sans le déflorer, mais on va quand même essayer de le faire parce que je crois que ce qui fait tout l’intérêt du tien personnage, de ton personnage, c’est justement ce côté mystérieux. Alors, bon on en est restés au tournage de tes clips, qui passent pas inaperçus, et je voudrais savoir comment tu vis ton quotidien dans ce métier. Est-ce qu’il est difficile d’évoluer dans la production française aujourd’hui en ayant une telle personnalité et en étant quelque part tellement typée que ça t’isole probablement du système ?

MF : Oui, mais je crois que c’est un isolement qu’on s’impose un peu. Je veux dire, je ne suis pas réellement tout ça. C’est vrai que quelquefois je ressens un divorce énorme d’avec cette famille soi-disant du showbusiness, que quelquefois je suis profondément déçue de l’attitude de ces personnes qui font le show – business, que cette famille a essayé d’installer une dite loi et que eux-mêmes ne respectent pas cette loi. Et ça, c’est quelque chose, c’est un manque d’intégrité, c’est peut-être la chose qui me choque le plus. Maintenant, depuis « Maman a tort », je fais à peu près ce que je veux, je crois, avec le plus de passion possible et de plaisir. Quelquefois, on se heurte à des murs mais ça ne m’empêche pas moi de continuer et d’aimer ça, et c’est le principal je crois.

Diffusion du clip « Carrie » de Europe.

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MT : Voilà. Mylène est avec moi sur le plateau de « Lazer » sur M6, Mylène Farmer. On parlait tout à l’heure de ce métier et je voudrais moi développer cette notion d’équipe qui semble t’être chère, quand même. Tu travailles avec beaucoup de monde ?

MF : Non, très peu, avec essentiellement Laurent Boutonnat. J’ai une personne qui est avec moi depuis pratiquement le début, la fin de « Maman a tort », qui est Bertrand Le Page, qui fait office de manager, qui a un statut plus important. Et puis une attachée de presse qui travaille avec moi, qui est Danyele Fouché.

MT : Qui est là !

MF : Et puis bien sûr la maison de disques. Mais j’ai réellement trois personnes à côté de moi.

MT : Et ce sont des gens qui ont compris les subtilités de ton personnage et qui t’ont aidée à l’enrichir ou tu es complètement responsable de tes choix ?

MF : Responsable, je sais pas ! Cette rencontre avec Laurent, moi je la qualifie du domaine de l’exceptionnel, c’est-à-dire les rencontres qu’on a très peu dans sa vie, qu’on doit privilégier. C’est vrai que cette rencontre avec Laurent, c’était extraordinaire pour moi parce que c’est quelqu’un qui a énormément de talent dans beaucoup de domaines, qui a des choses qui l’attirent qui moi m’attirent, des choses qu’on a en commun. Et c’est vrai que c’est fascinant de trouver un personnage comme ça. Voilà, donc Mylène Farmer c’est un peu de moi, c’est certainement un peu de Laurent Boutonnat, c’est beaucoup de choses.

MT : Tu penses que dans ce métier il est indispensable qu’il y ait une osmose entre un auteur, une interprète, un musicien ?

MF : Pour la longévité, oui, je crois. C’est-à-dire pour un léger équilibre qu’on peut avoir, parce que c’est difficile de l’avoir, c’est fondamental, oui, pour moi.

MT : Est-ce qu’on peut fonctionner longtemps avec la même personne, toujours dans un cadre très professionnel ?

MF : Ca, c’est des choses qu’on ne peut pas dire. Je ne sais pas.

Diffusion du clip « Les envahisseurs » de Arnold Turboust.

MT : (…) Aujourd’hui j’ai une sorte de personnage magique sur le plateau de « Lazer ». J’aime bien appuyer sur cette notion…

MF : C’est gentil ! (rires)

MT : …car c’est comme ça que je te reçois, et peut-être que les autres te reçoivent différemment, et donc, pour reprendre cette image de toi qui est presque irréelle et venue d’une autre époque, de par le look, de par les couleurs et la gestuelle aussi, ça on oublie trop souvent d’en parler ! C’est vrai que quand on te regarde à la télévision, y a des gestes, y a une manière de bouger et de se mouvoir qui est tout à fait particulière. Alors Mylène Farmer, elle fait son marché comment le matin ? En jogging baskets ou en queue de pie ?! (rires)

MF : Elle fait rarement son marché ! (rires)

MT : Tu manges comment ?

MF : Je mange n’importe quoi, je n’aime que le sucré ! J’ai très peu de goût culinaire, malheureusement.

MT : Tes goûts sont exotiques dans tous les domaines ?

MF : Je ne sais pas si on peut qualifier ça d’exotique, mais ils sont certainement étranges, oui ! (rires)

MT : Tes références -on va pas citer le mot de ‘culture’ parce que c’est très souvent galvaudé- tes références en matière de cinéma, de littérature : tout ce qui fait tes clichés à toi, c’est quoi ?

MF : Je cite toujours un auteur, mais parce que je l’aime réellement, ce serait presque un livre de chevet, c’est Edgar Poe. J’aime le fantastique, j’aime l’imaginaire, j’aime l’étrange, le morbide. J’aime bien Maupassant…En ce moment, je lis plutôt du Strinberg, que j’avais effleuré, mais côté théâtre. Là, je lis plutôt les nouvelles. Mais y a énormément d’auteurs dont je ne connais pas d’ailleurs la totalité de leur œuvre.

MT : Et dans le cinéma ?

MF : Dans le cinéma, y a un film que j’ai vu récemment, mais j’ai surtout lu le livre, qui est donc « Dracula » et qui est un livre fantastique et qui n’a jamais été porté à l’écran de la même façon, avec autant de talent que l’écriture elle-même. Sinon le cinéma, j’aime beaucoup Roman Polanski, spécifiquement « Le locataire », j’aime bien « Tess ». J’aime bien Zulaw ski, Kubrick…

MT : Des gens qui son….

MF : J’aime beaucoup le cinéma russe, également, Tarkow ski. J’aime bien Bergman…

Diffusion du clip « Nothing gonna stop us » de Starship.

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MT: (…) Sur les plateaux de télévision, il y a des gens qui travaillent, il y a des gens qui participent à l’élaboration, à la réalisation d’une émission et puis de temps en temps, on voit des visages inconnus. C’est le cas aujourd’hui sur ce plateau de « Lazer » et sur M6 : il y a quelqu’un qui suit Mylène Farmer partout où elle se déplace, et je crois que je ne dévoile pas un secret en disant qu’il y a une jeune fille qui te suit, qui t’aime (…)

MF : Oui, je viens de l’apercevoir ! Je crois que chaque artiste a une ou deux personnes, c’est vrai, qui suivent quotidiennement sa carrière, ses prestations de télévision. Et c’est vrai que cette jeune fille qui s’appelle donc Nathalie, pour lui donner une identité, est une personne qui me suit depuis le début et qui est très, très opiniâtre !

MT : Au-delà de ça, au-delà de l’affection et de l’admiration que peuvent porter des gens à un artiste, est-ce que de n’avoir qu’une fan, qu’une admiratrice qui vous suit partout, je troue ça très, très étrange mais est-ce que c’est une sorte de miroir pour vous ? Est-ce que c’est réflecteur de quelque chose ? Est-ce que vous en avez besoin ? Je dis ‘vous’ parce que je pense qu’il y a d’autres gens comme toi qui ont une admiratrice ou un admirateur qui les suit.

MF : Besoin, je ne sais pas. C’est quelque chose moi qui m’émeut, mais également qui, je dirais pas qui m’étonne, mais c’est un peu une interrogation que j’ai par rapport à ce genre de personnes. C’est vrai que c’est assez étonnant cette assiduité, cet amour comme ça que vous recevez, mais c’est vrai qu’un artiste a besoin de ça, que ce soit l’artiste de variété, que ce soit dans le cinéma, tous les artistes.

MT : A propos Mylène, tu te situes où dans la musique, aujourd’hui ? On parle de rock, on parle de new -w ave, on parle de musique pop, on parle de…

MF : J’en sais rien. J’ai du mal moi-même à mettre des étiquettes et des références. Je ne sais pas. C’est de la chanson française ! (sourire)

MT : Est-ce que tu situes ton public ? Est-ce que tu sais qui t’aime, qui achète tes disques et qui te suit ?

MF : Je crois que c’est probablement la chose la plus difficile à définir. Quand on voit ce fameux Top 50, qui est cette Bible et qui va vous donner un peu la couleur du public, des envies du public, c’est quelque chose qui est quasiment impossible, si ce n’est par le courrier : ça c’est quelque chose que j’arrive un peu à déterminer, et j’ai du courrier qui est assez fantastique, des personnes qui sont très, très souvent un peu désespérées, qui ont besoin de communiquer, comme toutes les personnes qui écrivent, mais qui disent des choses assez profondes et assez troublantes.

Une nouvelle pause musicale avec le clip « Coûte que coûte » de Gangster d’amour.

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MT : (…) On parlait de diversité dans la musique en France, aujourd’hui. Alors c’est vrai qu’il y a un retour par exemple aux années 60 avec des reprises, y a aussi les artistes qui se fabriquent un personnage à partir d’autres personnages connus de la BD, comme Lio ou même Gangster d’amour. Toi, on a l’impression que tu n’imites rien ! Je veux dire, tu proposes quelque chose de tout à fait original.

MF : J’espère ! C’est vrai que je n’aime pas l’imitation, que je préfère être une personne à part entière, une personnalité à part entière.

MT : Tu disais aussi que tu savais pas mettre d’étiquette sur la musique que tu proposes et ce que tu crées…

MF : Non, parce que je pense que c’est pas très intéressant. Une fois de plus, le principal c’est de faire ce qu’on aime.

MT : Et pourtant avec « Maman a tort », ça a été quand même un démarrage bien évident. A quel moment on sent qu’on touche les gens et que ça marche ?

MF : Je crois qu’on a besoin d’un…ce qu’on appelle le succès commercial, pour avoir ce qu’on appelle un peu le coup de pouce parce que c’est vrai que quand j’ai eu « Maman a tort », « On est tous des imbéciles » ensuite « Plus grandir », que j’ai eu ce gain de popularité sur « Libertine » et…

MT : Mais si tu avais commencé par « Libertine », est-ce que tu penses que les choses auraient été aussi évidentes ?

MF : Je pense que c’est fatalement différent puisqu’on ne vit pas les mêmes choses au même moment.

Maintenant, si je puis dire, dans la colonne vertébrale c’est la même chose !

MT : Et dans l’album que tu vas préparer cet été, est-ce qu’il y aura des choses très différentes et surprenantes ?

MF : J’espère différentes, mais ça sera de la même veine donc c’est forcément un peu le même univers.

Maintenant, c’est à moi et à Laurent de trouver chaque fois des choses nouvelles et j’espère étonnantes.

Diffusion du clip « Everything I own » de Boy George.

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MT : (elle évoque les déboires de Boy George liés à la drogue qui avaient été très médiatisés à cette période) (…) Est-ce que tu es d’accord pour qu’on étale comme ça les problèmes des gens et que les gens viennent eux-mêmes témoigner sur leurs problèmes en télévision ou en radio ?

MF : Lui, en prenant son exemple, c’est devenu un phénomène médiatique. Son actualité, c’était ses faux-pas vers la drogue donc je pense qu’il y a un moment donné où oui, il faut être présent et puis parler, s’expliquer.

Mais d’ordinaire, je préfère c’est vrai qu’on se taise et qu’on dise le moins de choses possibles sur soi, parce que je pense que le silence est quelque chose de bien.

MT : Parce que quand même, on est en 87, y a plus rien qui ne soit inavouable et on a l’impression qu’il suffit d’un problème de drogue autour d’une star, on a l’impression que l’opinion publique est restée finalement très puritaine, parce qu’aussi on se souvient des Who…

MF : (elle l’interrompt) Nous sommes dans un pays puritain, mais je crois que l’Angleterre est un pays excessivement puritain également.

MT : Parce que le problème de drogue ou de sexe dans le rock, c’est pas nouveau ! Et ça n’a jamais empêché les gens d’êtres des stars et d’être des…

MF : C’est parce que la drogue c’est quelque chose qui fait très, très peur et qui est aussi assez terrifiant. Je crois qu’il faut pas occulter ces sujets-là. Ce ne sont pas des sujets tabous mais ce sont des sujets qui effraient, je crois, la masse populaire.

Diffusion du clip « Duel au soleil » d’Etienne Daho, que Mylène qualifie de ‘belle chanson’.

MT : (…) Mylène, je suis très, très contente de t’avoir reçue sur ce plateau de « Lazer ». J’espère simplement qu’on a amené quelque chose de supplémentaire au personnage sans l’avoir défloré, sans avoir touché à son secret, à son mystère.

MF : (dans un sourire) Non, aucun problème ! C’était un réel plaisir aussi !

3MT : Tu fais beaucoup de promotion, beaucoup d’interview s de radio, de télévision…

MF : Non, peu d’interview s ! Et le maximum, oui, de promotion, des prestations télévisées. Pratiquement pas de galas, parce que j’en ai fait sur « Libertine » et puis chaque chose en son temps !

MT : Et peut-être un projet de scène à Paris un jour ?

MF : Nous en aurons un.

MT : Et je suis sûre qu’on aura un climat et un décor très particuliers !

MF : Si Laurent Boutonnat reste avec moi, certainement ! (sourire)

MT : Je crois qu’il en meurt d’envie, entre nous ! Merci, Mylène !

MF : Merci à vous.

Fin de l’émission.

 

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SIDA, LE GRAND RENDEZ-VOUS avec Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 15 juin 2014

 

4 JUIN 1987 – Présenté par Jean-Marie CAVADA sur ANTENNE 2

1987-09-bA l’époque diffusée sur Antenne 2, cette édition de « La Marche du Siècle » est exemplaire puisqu’il s’agit de l’une des toutes premières émissions en France en prime-time consacrée au Sida. A l’initiative de Line Renaud se sont réunis sur le plateau du débat de Jean-Marie Cavada un grand nombre d’artistes venu afficher leur engagement pour cette cause.

C’est le cas de Mylène qui, en cours d’émission, interprète « Au bout de la nuit ».

Plus tard dans l’émission, Jean-Marie Cavada fait réagir les différents artistes présents sur le plateau. Il se tourne donc, entre autres vers Mylène.

Jean-Marie Cavada : Mylène Farmer, ça vous apparaît aussi à vous la grande peur de la fin du siècle, le Sida ?

Mylène Farmer : Ca m’apparaît… ?! Je n’ai pas compris.

JMC : La grande peur de la fin du siècle.

MF : Ca transparaît en tout cas. Le fait que cette émission ait lieu, je pense que c’est quelque chose, oui, qui est très, très grave. C’est un fléau. Maintenant, que dire ? Moi j’ai côtoyé la mort de très près, j’ai vu une personne partir avec un problème de cancer. C’est quelque chose de dramatique et la vie est parfois une vaste plaisanterie. Voilà, je ne sais que dire…

Jean-Marie Cavada fait réagir ensuite Marc Lavoine. Mylène n’intervient plus jusqu’à la fin de l’émission.

Notons toutefois qu’étant placée derrière Line Renaud et Jean-Marie Cavada, on la voit très, très souvent à l’image.

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QUEL AVENIR MADAME Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 15 juin 2014

 

1987-16-aSEPTEMBRE 1987« Tristana » est votre cinquième 45-trs mais vous n’avez connu véritablement le succès que l’an dernier grâce à « Libertine ». Vous aviez alors vingt-quatre ans. Cette gloire soudaine a-t-elle changé votre existence ?

- Je ne crois pas. Bien sûr, sur le plan pratique il est plus intéressant d’être connu et d’avoir du succès. Les portes s’ouvrent plus facilement, on a un semblant de respect et on en éprouve une certaine fierté. Par ailleurs, je n’ai plus besoin de faire des galas plus ou moins minables, de me produire dans des clubs entre deux disques ringards. Je me suis jurée de ne plus jamais faire ça. Enfin,  financièrement, ce n’est pas mal non plus, puisque chaque matin je peux m’acheter trois croissants au lieu de deux !

Qu’attendez-vous de l’existence ? Comment rêvez-vous l’avenir ?

- Je ne me suis jamais posée la question. Je vis au présent et pas tellement dans le futur ni le passé. Ce qui est certain, c’est que je ne pense pas au mariage, aux hommes, aux enfants… Je peux même dire que j’occulte totalement le sujet des enfants. Je préfère nettement les animaux ! (rires) Mais cela changera peut-être un jour…

Vous êtes née le 12 septembre 1961 à 5h17 du matin, à Montréal. Vous êtes donc du signe de la Vierge, ascendant Vierge. Avez-vous conscience de l’influence de votre thème astral sur votre caractère ?

- D’assez loin, je dois l’avouer. L’astrologie m’intéresse par personne interposée. Je veux dire par là qu’un ami, Bertrand Lepage, qui travaille à mes côtés, est passionné par le sujet et m’en parle souvent. Son approche est très intelligente et je la respecte totalement, bien que n’étant pas influencée pour autant. Il m’a un jour établi mon thème et m’a révélé des choses assez étonnantes. Il m’a prédit des évènements auxquels je ne pouvais absolument pas m’attendre et qui sont réellement arrivés peu après. Il m’a prédit aussi le succès de « Libertine ». De là à consulter des voyants, il y a un grand pas que je n’ai pas encore franchi. Je pense que le fait d’être du signe de la Vierge m’en a attribué quelques grands traits de caractère, mais je ne suis pas assez calée pour vous dire si je suis une vierge typique.

Quels sont donc alors vos défauts et vos qualités ?

- J’ai beaucoup de défauts mais je ne vous en citerai que trois, les plus marquants : mauvais caractère, trop de cynisme, et beaucoup d’intolérance. Quant à mes qualités… disons la rigueur et l’intégrité !

Êtes-vous superstitieuse ?

- Non, vraiment pas ! J’aime les chats noirs plus que les autres et je ne vois pas pourquoi la couleur verte ou le fait de passer sous une échelle m’attirerait les foudres de l’au-delà.

A propos de l’au-delà, croyez-vous à une autre existence après la mort ?

- Je suis dans une phase d’interrogation. Je me sens attirée par ce domaine, mais je reste pour l’instant incrédule. Je n’ai jamais essayé, même par jeu, d’entrer en communication avec les esprits. En revanche, j’ai entendu les témoignages de nombreux amis en qui j’ai toute confiance et qui ont été très troublés par des séances de spiritisme. J’aimerais essayer un jour mais à condition de le faire avec des personnes très sérieuses et très documentées. Pour l’heure, je préfère m’intéresser à l’esprit plutôt qu’aux esprits.

 

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MYLENE FARMER nous parle de son IMAGE

Posté par francesca7 le 18 mai 2014

 

1987-05FÉVRIER 1987 – Entretien avec Alain DISTER

Mylène est invitée à s’exprimer sur son image :

- J’ai travaillé avec un ou deux photographes véritablement talentueux et qui aiment leur métier. Mais la plupart du temps, ça va trop vite : photographes de plateau ou de journaux, le résultat est souvent n’importe quoi. J’ai quand même quelques préférences : Dominique Isserman, et surtout Laurent Boutonnat, avec qui je travaille sur à peu près tout : le clip, les musiques, les chansons… Entre nous, c’est l’entente parfaite ! Pour moi, il y a un rapport indissociable entre la musique et l’image. Faire un clip comme « Libertine », pas exemple, c’est une idée merveilleuse. Dommage qu’elle soit mal exploitée… Le clip et la photo, pour moi, c’est un peu la même chose, j’en ai besoin pour véhiculer mon image – c’est vraiment important dans le rock d’aujourd’hui. Le problème, c’est qu’au bout du compte, on maitrise mal la diffusion de cette photo qui nous représente. Alors forcément, il arrive que cette photo, celle qu’on montre de nous dans les journaux, soit plus une trahison qu’autre chose. En tout cas, ce n’est pas le genre d’images que je découpais pour coller sur les murs de ma chambre. Je préférais les reproductions des peintures de Salvator Dali.

 

 

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Mylène  » E.T. mon ami » dans TÉLÉ 7 JOURS

Posté par francesca7 le 18 mars 2014

 

15 NOVEMBRE 1986 – Entretien avec Cécile TESSEYRE

A propos de son petit singe, E.T. :

- E.T. est entré dans ma vie, il y a un an et demi. Il prend peu de place et m’attend sagement quand je ne suis pas là, mais je précise que je ne suis pas amoureuse de lui. C’est bon pour le cinéma ! D’ailleurs, j’adore tous les animaux, même si j’ai une préférence pour les singes.

1986-30A propos des zoos qu’elle aime visiter :

- Celui que je préfère est celui du Jardin des Plantes. On y fait des découvertes à chaque fois. Hélas, j’y ai déjà entraîné tellement de monde que plus personne ne veut m’y accompagner.

A propos de son ami Gaétan, éleveur d’animaux sauvages (nb : Mylène le mettra plusieurs fois à l’honneur au début de sa carrière)

- Gaétan et sa femme Christine sont des gens formidables. Ils ont élevés leur fils de trois ans Uryen au milieu de cette faune et il n’en a pas du tout peur.

A propos de sa passion des animaux :

- Comme beaucoup d’enfants, j’ai voulu devenir vétérinaire. Honnêtement, si la chanson devait s’arrêter, j’aimerais assez me lancer dans un métier où l’on s’occupe d’animaux. Je suis arrivée en France à l’âge de 8ans et j’ai longtemps monté à cheval et, quand j’avais 16-17 ans, je suis partie en stage près de Saumur, la ville du Cadre Noir, pour passer l’examen qui aurait fait de moi une institutrice. J’avais même obtenu une dérogation de la fédération en raison de mon âge mais, finalement, je ne suis pas allée au bout. Peut-être un jour…

A propos du 45-trs sur lequel elle travaille (nb : et qui s’avéra être « Tristana »)

- La mélodie est extrêmement mélancolique. C’est un sentiment que j’affectionne particulièrement. Nous n’avons pas encore les paroles, mais Laurent mûrit déjà des idées pour le clip : des scènes grandioses tournées dans les pleines enneigées de Roumanie avec des loups.

A propos de sa rencontre avec Laurent Boutonnat :

- J’étais mannequin, j’avais passé trois ans à poser pour des photos, des publicités et à tourner dans des spots télévisés et, au cours d’un dîner, j’ai rencontré Laurent, compositeur passionné de cinéma. Il venait d’écrire « Maman a tort » et cherchait une interprète. Je n’avais jamais envisagé une carrière dans la chanson.

Ma seule expérience du chant était un petit concours gagné quand j’étais enfant.

A propos des réactions autour de « Libertine » :

- Le texte de la chanson embarrasse certains programmateurs et, à la télé, ma petite robe trop échancrée et ma façon de danser en font tiquer plus d’un. Aujourd’hui encore on hésite parfois, mais je ne suis ni provocante, ni provocatrice, et le Top 50 est là pour montrer que la chanson plaît à tous.

A propos de son goût à rester chez elle :

- Je suis très casanière. J’habite le même immeuble que Jackie Quartz, elle aussi au Top 50, et Maxime Le Forestier, mais je les vois rarement et j’aime rester chez moi de longues heures avec E.T.

A propos de son jeune frère Michel, alors âgé de 16 ans :

- Ce n’est pas un très bon élève. Je vais essayer de le faire entrer comme technicien du son au Palais des Congrès.

A propos du talent d’astrologue de son manager, Bertrand Lepage :

- Bertrand m’a monté mon thème. Je suis Vierge ascendant Vierge. Tous mes frères et soeurs ont le double signe. C’est loin d’être un avantage. Il faut éviter les dédoublements de personnalité.

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Six questions à Mylène Farmer sur Libertine

Posté par francesca7 le 18 mars 2014

 

TOP 50 du 3 NOVEMBRE 1986

La chanson « Libertine » a décollé grâce à son vidéo-clip. Que penses-tu de l’impact de cette forme de promo ?

- Pour moi, les clips d’Axel Bauer et celui des Rita Mitsouko ont vraiment été déterminants pour le succès de ces chansons, comme pour le clip de « Libertine » a été déterminant pour le succès de cette chanson. Quant à l’impact, il y a toujours impact quand il y a surprise et originalité. Quant aux vidéos, les gens ont l’impression que c’est à la portée de tout le monde parce que d’autres ont ouvert la voie. Les gens ne vont pas à la simplicité…

1986-29As-tu l’intention de mener une carrière à l’étranger ?

- Oui, l’adaptation de « Libertine » est en cours. Il est question que l’on aille en studio en Grande-Bretagne pour bénéficier de l’équipe et d’une dynamique anglo-saxonnes.

Le texte de « Libertine » en français est osé mais sous couvert poétique. Les textes en anglais sont toujours très ‘hard’. Va-t–il être dans cet esprit-là pour la version anglaise ?

- On ne peut pas faire de traduction littérale, mais quelqu’un a traduit « Libertine » de façon habile, c’est-à-dire en respectant l’esprit de la chanson.

Tu as rencontré récemment Depeche M ode. Comment les as-tu trouvés ? Aimerais-tu travailleravec eux ?

- Le terme d’idole est un terme que je n’emploie jamais. J’avais envie de les rencontrer parce que j’aime beaucoup leur univers. Il serait intéressant de voir le résultat d’une collaboration entre le réalisateur du vidéoclip de « Libertine » et du groupe Depeche Mode.

Ton succès a-t-il changé ta vie ? Te sens-tu différente par rapport aux autres, et comment pensestu aborder la suite ?

- Oui, depuis que je fais ce métier, je peux boire : au lieu du sempiternel Coca-cola, je m’offre du champagne millésimé. Je pense que ce sont les gens qui évoluent autour d’un ‘personnage public’ qui ont un comportement parfois plus excentrique que celui de la personne elle-même.

A ton avis, quelle a été la tête de ta M ère Supérieure lorsqu’elle a entendu ta chanson pour la première fois ?

- A mon avis, comme « c’est nu qu’on apprend la vertu », elle a laissé sa soutane pour des bas résille et des talons hauts. Où est le bien, où est le mal ?!

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Dix questions à Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 6 mars 2014

 

22 SEPTEMBRE 1986 - TOP 50

Tu susurres avec une douce sensualité, tel un grand programme, « Je suis libertine, je suis une catin ». Dans le clip tiré de ta chanson, tu te montres dénudée, t’abandonnant au premier venu, etc… Ca veut dire quoi tout ça ? Tu veux provoquer ?

- Je veux simplement sortir de l’ordinaire, du déjà vu.

1986-20D’accord, mais quand même, pour assurer et chanter « Je suis une catin », une putain, quoi, il faut avoir l’esprit légèrement obsédé…

- Cette chanson est venue instinctivement, pendant les séances d’enregistrement de l’album. J’étais en studio avec une équipe et à ce moment-là, il n’y avait aucun texte, seulement quelques notes que j’avais déjà en tête. La mélodie pianotée avait été préalablement composée par Laurent Boutonnat. Je me suis mis à chanter en yaourt pour coller avec la musique et tout à coup, j’ai lancé « je suis une pute ». De là est venu « je suis une catin » pour coller avec la rime de « Libertine ».

Tu viens de parler de Laurent Boutonnat. C’est un peu ton pygmalion. Tu n’as pas l’impression de n’être que sa poupée de son ?

- Pas du tout. Ma présence est totale, même si Laurent compose et écrit pour moi, me produit, dirige mes clips. Il a du talent, il l’exploite à mes fins et aux siennes. Moi je n’ai aucune prétention en musique.

Tu te considères seulement comme une interprète ? Une interprète pop ?

- Quoi ?! Mais je ne sais pas ce que veut dire, moi, pop. J’estime que je fais de la bonne variété française, au même titre que les Rita Mitsouko. Je n’aime pas classer les artistes et les groupes dans des catégories.

Tu es sensible à quel genre de musique ?

- Moi, c’est simple, je n’aime que Depeche Mode.

Quel genre de vie mènes-tu ?

- Je suis plutôt d’humeur casanière. Je préfère rester chez moi, dans mon appart du 3ème arrondissement et passer mon temps à lire. J’aime la littérature fantastique, Edgar Poe et d’autres auteurs du siècle dernier. Je suis du genre insomniaque et mes cauchemars m’inspirent.

Que fais-tu quand tu n’arrives pas à dormir ?

- Je ne me lève jamais. Je reste tranquillement dans mon lit à attendre que le sommeil me reprenne.

Tu sembles afficher un look très soigné. Même au quotidien ?

- C’est quelque chose qui me passionne, les fringues. Mes deux stylistes sont Thierry Mugler et Per Spook, un jeune suédois. Plus que tout j’adore les costumes d’époque. J’ai un goût prononcé pour les cols qui montent très haut.

Le style XVIIIème siècle, c’est quelque chose qui semble te brancher. Ton clip « Libertine » est situé à cette époque ?

- Ce clip est une super production. Il a coûté environ 500 000 francs. Il a été tourné au château de Ferrière. Il a fallu aménager certaines pièces. C’est un très bon décorateur qui s’est occupé de tout ça.

Ce clip a vraiment poussé ta chanson…

-          J’en suis sûre. Vu la super production, cela a du avoir un impact important auprès du public par son côté libertin et libidineux.

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GIRLS Toutes leurs premières fois avec Mylène F.

Posté par francesca7 le 6 mars 2014

 

17 SEPTEMBRE 1986 : Mon premier souvenir :

- Au Canada, à Montréal très exactement : un petit autocar, un schoolbus, qui m’amenait à l’école. J’adorais ça.

French Singer Mylene FarmerMon premier livre :

- « Oui-oui et les gendarmes ». Sans blaguer ! Le titre est génial, non ?

Mon premier film :

- « Bambi » de Walt Disney. C’est toujours mon film préféré.

Mon premier achat important :

- Mon singe.

La première fois que j’ai conduit :

- C’est une R5 Alpine, au bois de boulogne. Je n’avais pas mon permis, je me suis fais arrêter. J’ai évidemment chanté que j’étais libertine !

Mon premier fétiche :

- Mon pouce.

La première fois que je me suis maquillée :

-          J’avais dix-sept ans. Je me suis mis le bâton dans l’oeil…

La première fois que je suis sortie seule le soir :

- J’allais encore à l’école. Je me suis trompée, je ne retrouvais plus le chemin pour rentrer à la maison. C’est un car de police qui m’a ramenée.

Ma première boum :

- Je n’ai jamais été en boum. J’ai toujours eu horreur de ça. En revanche, la vraie boum pour moi au Canada, c’était la fête de Hallow een. Tous les enfants se déguisent, sortent dans la rue, et sonnent aux portes. Si les adultes ne leur donnent pas des bonbons, on leur jette de la farine dessus !

La première fois que je suis montée en avion :

- Toute petite. Pas de souvenirs marquants. En revanche, je me souviens d’une traversée en paquebot sur le France, la traversée de l’Atlantique. Six jours, très malade. Je mangeais de la macédoine de légumes.

Mon premier voyage :

- A la Guadeloupe. Un souvenir très carte postale. Et puis des moustiques géants. J’étais devenue un véritable self-service pour les moustiques.

Mon premier baiser :

- J’ai dû faire du bouche à bouche à mon nounours. Erotique, non ? Le second, avec mon capucin.

Mon premier dîner en tête-à-tête :

- Je ne m’en souviens pas. Avec Dieu, peut-être !

Mon premier « Je t’aime » :

 - Une petite lettre d’un petit garçon de Colmar qui m’a écrit : « J’aime deux choses, toi et la rose. La rose pour un jour, et toi pour toujours ». Moi je ne dis jamais « Je t’aime ».

Mon premier chagrin :

- On donnait des prix de chant à l’école. Une année, j’étais première, l’année suivante, deuxième. J’ai injurié tout le monde. Depuis ce jour, mon caractère s’est développé dans ce sens-là !

French Singer Mylene FarmerMa première dispute :

- Jamais le temps de me disputer, je tue avant !

Mon premier enregistrement :

- C’était « Maman à tort ». Vraiment magique. Après, toutes les angoisses. Une longue chevauchée en mobylette à travers Paris à la recherche d’une maison de disques !

Ma première scène :

-          Je suis venue, j’ai chantu, et j’ai beaucoup ému !!!

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Mylène dans le magazine GIRLS

Posté par francesca7 le 2 mars 2014

 

Le 27 AOÛT 1986

1986-14A propos de ce qu’elle a fait de son premier cachet :

- Avec l’argent que j’ai gagné pour « Maman a tort », je me suis acheté un petit singe, un capucin beige avec une petite houppette sur la tête. Je l’ai appelé E.T. et il est vraiment adorable. Immédiatement, dès que je l’ai vu j’ai craqué, et bien qu’il coûtait une petite fortune je n’ai pas pu résister.

 

le 3 SEPTEMBRE 1986

A propos de sa croyance en Dieu :

- Je pense que Dieu existe vraiment. Je l’imagine souvent comme un petit homme tout nu sur une croix et je suis convaincue que sans lui, ce serait le chaos. Je suis assez pratiquante et chaque soir, que vous me croyez ou pas, je fais ma prière avant de me mettre au lit.

 

GIRLS du 19 SEPTEMBRE 1986

A propos de sa façon de s’habiller :

- Je suis assez coquette et j’aime les jolis vêtements. Je porte des jeans, mais j’avoue que je préfère les robes et les chemisiers aux pantalons et aux T-shirts. Je pense qu’une fille a tout à gagner en portant des habits féminins, plutôt que de s’habiller comme un garçon.

1986-19

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FRANCE SOIR – Le programme télé de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 26 janvier 2014

 

Émission du  6 OCTOBRE 1986 – Entretien avec Florence TREDEZ

1986-24

Lundi 

• A2 15h55 – C’est encore mieux l’après-midi

C’est encore mieux avec Dechavanne, ce ‘voyou’ aux manières de gentleman, ou le contraire. Une émission dynamique en diable.

• FR3 13h30 – Muppets Show

Formidable ! Je caresse l’idée, insensée peut-être, d’être un jour l’invitée des « Muppets ». A propos de marionnettes, je voudrai en profiter pour dénoncer l’un des scandales de la télévision française. Qu’on nous rende Bart et Ernest, ces deux présentateurs-marionnettes de « 1, rue Sésame », qu’une censure imbécile a envoyés au placard ! Je pleure surtout Bart, mon préféré, quoique, à la réflexion, Ernest et Bart soient indissociables.

• La 5 19h35 – Star Trek

À chaque fois que je regarde la 5, je tombe sur les oreilles en chou-fleur de M. Spock ! Horreur ! « Star Trek », c’est tellement idiot et abêtissant qu’à côté Bart et Ernest passent pour des philosophes ! A cause de « Star Trek », je n’aurai jamais d’enfants, car je ne veux pas qu’ils voient ça !

Mercredi

A2 21h55Le Dossier d’Alain Decaux

J’aurais aimé avoir un prof d’Histoire comme Alain Decaux, j’aurais peut-être appris plus de choses. Thème du dossier : ‘150 millions de fausses livres sterling pour Hitler’. Tout ce qui a trait à Hitler, comme à tous les personnages extraordinaires (Louis II de Bavière, Gilles de Rais, Néron, le chevalier d’Eon, …le Diable) me passionne. Je déteste l’ordinaire.

• FR3 20h35 – Embarquement Immédiat

J’ai une profonde sympathie pour Gilbert et Maritie Carpentier. Je déplore qu’on ne leur ait pas assez fourni de moyens pour cette émission. C’est une bonne émission de variétés, présentée par notre comique national, Boujenah. A part ça, j’ai tourné tout l’après-midi dans un restaurant italien, le lac d’Annecy est très beau, j’y ai vu des cygnes et un message…

Jeudi

• TF1 20h30 – Columbo

Columbo, ton univers impitoyable, ton imperméable mal repassé, ta mine triste me plaisent. A priori, tu n’as rien d’attirant mais c’est ce que j’aime en toi. Si je te rencontrais, je te proposerais illico un rôle dans le « Muppets Show ». Ta série vaut tous les téléfilms français réunis.

• A2 15h00 – Sergent Anderson

Je ne connais pas cette série, mais Angie Dickinson est une comédienne que j’adore. « Cinéma, cinémas » lui avait consacré une séquence où elle expliquait, avec humour, qu’elle avait ‘raté le coche’ d’une certaine façon, et qu’elle ne serait jamais une Jane Fonda ou un Meryl Streep. « Cinéma, cinémas » ! Le générique est génial.

Disons que c’est une émission qu’on regarde plus facilement quand on a bu un verre de trop de champagne que celle de Mitterrand.

Vendredi

• A2 21h25 – Apostrophes

Comment, au cours des siècles, a-t-on regardé le corps nu de son voisin, ou son propre corps ? Quels sont les rapports entre pudeur corporelle et pudeur des sentiments ? Autant de questions qui tentent de définir ce qu’est le sentiment complexe de la pudeur. ‘Je suis libertine, je suis une catin…’ J’aurais aimé avoir une présence physique, le clip de « Libertine » par exemple, sur le plateau d’ « Apostrophes ».

Samedi

• A2 22h25 – Les Enfants du Rock

Un spécial très spécial avec Frankie goes to Hollyw ood…

Les dessins animés J’ai vingt-cinq ans, et pourtant quand je vois ce pitoyable Caliméro avec sa coquille d’œuf sur le crâne, j’ai envie de pleurer !

Dimanche

• TF1 16h30 – Les Animaux du Monde

L’émission que ET et moi attendons chaque semaine !

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Mylène Farmer : « La normalité me fait peur »

Posté par francesca7 le 8 janvier 2014

 

 

2014 aout-Dans une interview exclusive accordée au magazine Gala, Mylène Farmer parle de son odyssée sur scène, avec la fin de la tournée « Timeless 2013″. « La fin d’une tournée est toujours un moment extrêmement brutal. C’est un peu comme la fin d’un voyage astral, il faut réintégrer son corps. Le choc est à la mesure des émotions partagées avec le public… », explique-t-elle. 

Ce retour à la réalité ne se fait pas sans mal. Elle ajoute: « Mais l’éphémère rend aussi la scène magique et les échanges avec le public exceptionnels. Le sentiment de solitude qui s’en suit est le prix à payer. »

Pour elle, voyager et changer d’habitude n’est pas un souci, au contraire. « Je suppose que, comme tout le monde, j’ai des habitudes, mais ce n’est vraiment pas ma spécialité. Je m’ennuie vite. La normalité me fait peur. » Contrairement au titre « Timeless » qui laisse supposer une envie d’éternel, l’immortalité, très peu pour elle. « C’est la promesse d’un ennui éternel, non? Je laisse cela aux dieux ou aux fous… Pour ma part, je vis chaque instant comme il vient. »

Profiter, c’est ce qu’elle a fait lors de sa tournée Timeless 2013. Elle a joué la carte de l’humour par moments. Lorsque la journaliste lui fait remarquer, elle rétorque: « Les clowns tristes ne sont un mystère pour personne. Mais apparemment, les ténébreux drôles restent une énigme! L’humour est une antidote précieuse. Je n’ai jamais cessé de me le rappeler, même dans les moments les plus sombres. Un instinct de survie, je suppose… »

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Mylène Farmer aime être LIBRE

Posté par francesca7 le 7 janvier 2014

 

 

Exclu Gala – Mylène Farmer: « J’ai choisi une vie de liberté »

source http://www.gala.fr/

GALA 1

Heureux qui comme Mylène a fait un long voyage, avec la tournée Timeless 2013. Mais l’odyssée n’est pas finie. Après les sourires, le fragile équilibre d’être soi… Confessions.

Gala: Vous venez d’achever votre tournée Timeless 2013. Revenir à la vie normale se révèle-t-il plus vertigineux que de se lancer dans une pareille aventure?

Mylène Farmer: La fin d’une tournée est toujours un moment extrêmement brutal. C’est un peu comme la fin d’un voyage astral, il faut réintégrer son corps. Le choc est à la mesure des émotions partagées avec le public… Mais aussi avec les musiciens, les danseurs, les équipes, les proches… Il faut du temps pour reprendre le rythme du quotidien. Pour autant, je suis consciente de ne pas vivre une vie tout à fait «normale». Le mot qui me vient à l’esprit, c’est «réapprivoiser» le temps, justement. On ne s’habitue jamais à une telle charge d’émotion. Pendant une tournée, le corps et l’esprit déploient des trésors d’ingéniosité pour trouver la force. A présent, le moment est venu pour moi de lâcher prise… Et ce n’est pas simple…  

Gala: Le sentiment de solitude, à la fin d’une tournée, est donc plus une peine qu’un besoin?

Mylène Farmer: Ce n’est ni une peine, ni un besoin, mais une réalité. Après le dernier spectacle, il faut accepter de ne plus avoir rendez-vous avec des milliers de personnes. C’est ainsi. Mais l’éphémère rend aussi la scène magique et les échanges avec le public exceptionnels. Le sentiment de solitude qui s’en suit est le prix à payer.  

Gala: Vous avez pris les routes de France, de Belgique, de Suisse et même de Russie. Le dépaysement, la remise en question de vos habitudes parisiennes: cela vous demande-t-il un effort ou est-ce une attente?

M.F.: J’aime l’idée de rendez-vous. Aller au devant des autres avec sincérité et être reçue de cette façon si extraordinaire… C’est un bonheur et une chance. Je suppose que, comme tout le monde, j’ai des habitudes, mais ce n’est vraiment pas ma spécialité. Je m’ennuie vite. La normalité me fait peur. 

Gala: Vous n’êtes pas de ces artistes qui se créent des rituels en tournée?

M.F.: Je vais vous décevoir! Il n’y a ni rituels mystiques, ni incantations vaudous! (Rires) Mais pour être tout à fait honnête… Je me surprends à tout ranger, tout remettre droit dans ma loge, avant de la quitter. Pour le reste, il est question de concentration, de travail, de répétitions, de sport, de repos et, plus fondamental encore, de m’entourer d’esprits bienveillants qui essaient de me soutenir comme si j’allais courir un marathon. 

 GALA 2

Gala: Sur scène, vous étiez entourée de six musiciens, deux choristes et six danseurs. Avez-vous l’impression de recréer une famille à chaque tournée?

M.F.: Une famille recomposée, en quelque sorte. C’est l’occasion de retrouver les siens et de découvrir les nouveaux venus. Le lien entre tous ces talents est clé. L’esprit d’équipe m’aide beaucoup. Comme dans toute famille, on se redécouvre aussi avec le temps. C’est une source d’inspiration. Une tournée est une caravane qui vit à huis clos des moments intenses. On se sépare à la fin du voyage avec la promesse de se revoir…  

Gala: Quels étaient les défis de ce sixième spectacle?

M.F.: J’ai une pensée toute particulière pour Mark Fisher qui a imaginé le décor. Il nous a malheureusement quittés avant de voir le spectacle. C’était un homme discret, créatif et élégant. Je l’ai remercié chaque soir… Le principal défi artistique était de créer de l’intimité dans la démesure. Humaniser la technologie. Faire danser des robots sur une musique de Schubert… Les intégrer dans le spectacle non comme des « machines exceptionnelles », mais comme des partenaires de jeux… Philippe Stegemann, leur créateur, a aussi réussi cet exploit… Je ne remercierai jamais assez Jean-Paul Gaultier pour sa générosité, sa folie, son humilité. Ainsi que toutes les équipes pour leurs talents. Quant à l’effort physique, je remercie mes muscles d’avoir encaissé toutes ces courbatures!  

Gala: On a pu remarquer que vous mettiez désormais en avant votre voix.

M.F.: C’est un long travail sur soi. La voix est un révélateur de l’âme. Brel confessait que pour lui, chanter devant un public est anormal. Terriblement impudique. J’ai toujours partagé ce sentiment… Et pourtant… Cela passe par l’acceptation de soi et il faut au moins une vie pour s’accepter, ne serait-ce qu’un peu. Je ne suis pas encore totalement en paix avec cela, mais les pourparlers ont bien avancé…   

Gala: L’amour, comme une irrépressible «force qui va» selon la formule hugolienne, imprégnait très clairement la tournée. C’était un parti pris?

M.F.: Pour Victor Hugo, l’amour est une descente abyssale qui se termine dans le sang. L’homme amoureux qui détruit tout sur son chemin est mû par une force surnaturelle. Cela ne laisse pas beaucoup d’espoir. J’aime à penser que ce grand monsieur a aussi écrit Stella (poème sur la renaissance du monde, après sa destruction, ndlr). Une lueur peut-être? Reste à savoir si l’amour est de nature à détruire systématiquement. Je commence à comprendre pourquoi je préférais disparaître à la fin du spectacle dans un nuage de fumée! (Rires) 

Gala: En amour, le plus brûlant, pour vous, c’est: l’espérer, le vivre ou le pleurer?

M.F.: Le faire! Quand l’amour se conjugue au présent, les sens prennent le pouvoir.Au passé ou au futur, il laisse place à la raison et à son cortège de doutes qui exercent leur dictature impitoyable. 

Gala: Sur cette tournée, on vous a découverte souriante, non dénuée d’humour, voir même presque volubile…

M.F.: Les clowns tristes ne sont un mystère pour personne. Mais apparemment, les ténébreux drôles restent une énigme! L’humour est une antidote précieuse. Je n’ai jamais cessé de me le rappeler, même dans les moments les plus sombres. Un instinct de survie, je suppose…  

Gala: Le plaisir pour vous, aujourd’hui, c’est…

M.F.: Etre libre de partager les émotions simples du quotidien avec ceux que j’aime ou dans ma solitude apprivoisée … C’est dans cette liberté-là que je reconnais le plaisir. Entre l’ombre et la lumière, j’ai choisi la lumière. J’ai choisi une vie de liberté. Avant que l’ombre, je sais, ne s’abatte à mes pieds… 

Gala: La formule Timeless n’était pas sans évoquer l’idée d’immortalité. Est-ce pour vous: une ambition? Un espoir?

M.F.: L’immortalité?  Très peu pour moi. Timeless évoque plutôt l’intemporalité. S’extraire du sablier permet d’envisager la vie avec plus de sérénité, de recul. Dans un monde qui accélère, c’est un luxe aussi. L’immortalité est la promesse d’un ennui éternel, non? Je laisse cela aux dieux ou aux fous… Pour ma part, je vis chaque instant comme il vient. 

Gala: Le show inspirait un voyage dans le temps. Si vous le pouviez, reviendriez-vous dans le passé ou vous projetteriez-vous dans le futur?

M.F.: Le temps est une obsession humaine. Probablement le plus grand péché d’orgueil de l’homme. La vie d’un être est une parenthèse enchantée, avec de longues périodes de désenchantements. Le temps est un repère qui permet d’accumuler des souvenirs et donne une impression de cohérence à ce que l’on vit. Si les amnésiques dérangent, ils n’en sont pas moins vivants. Le bonheur se cache probablement dans le droit à l’oubli. 

Gala: Sont-ce vos souvenirs ou vos rêves à réaliser qui vous tourmentent le plus?

M.F.: Nous n’avons aucun pouvoir sur les rêves, même éveillés, ils sont intrusifs… Ils ne facilitent pas le bonheur… Mes souvenirs me laissent en paix, puisque pour la plupart, je les ai oubliés… Enfouis…. Égarés. 

Gala: Etes-vous capable d’indulgence et de pardon pour les proches qui vous auraient déçus?

M.F.: D’indulgence, je ne crois pas… Pour moi, il s’agit d’une posture, d’un renoncement à son instinct. J’ai le sentiment qu’avec l’indulgence, l’autre n’existe pas…  Le pardon, lui, me semble une nécessité. Pardonner, c’est prendre le chemin de la remise en question de l’autre et de soi. Chemin certes plus long, mais indispensable au bonheur. Pour les  bouddhistes, le pardon permet de savoir que rien ne sera plus jamais comme avant, unique condition pour progresser. 

Gala: A plusieurs reprises, durant la tournée, vous avez fait monter de jeunes enfants sur scène. Vous semblez extrêmement à l’aise avec eux. 

M.F.: Quand je croise leurs regards, ils me bouleversent… Une petite fille, dans mes bras au milieu de cette scène immense, émue aux larmes, est un moment fragile et fort.  

Gala: Vous avez fréquenté le Cours Florent. Si vous aviez le choix: à quel acteur donneriez-vous la réplique, devant la caméra de quel réalisateur?

M.F.: Si j’avais le choix? Steve McQueen dans un film de David Lean… Ou… Idris Elba dans un film de Jane Campion! 

Gala: Votre vie a déjà fait l’objet de biographies plutôt «romanesques». Etes-vous flattée, amusée ou irritée d’être «l’héroïne» de certains écrits?

M.F.: Je ne lis aucune biographie me concernant, mais je suis plutôt amusée par les extravagances qui circulent. Certains ont horreur du vide, alors ils donnent libre cours à leur imagination. C’est du fantasme, pas de l’information. Un signe de notre temps.

GALA à la une 

Gala: Un singe capuçin, prénommée E.T., a partagé votre quotidien pendant près de trente ans. Depuis plus d’un an, c’est au tour d’un berger suisse blanc, Liloup, aux allures de louve. Qu’est-ce que ces deux compagnons révèlent de vous? 

M.F.: Je les considère comme des intimes. Ce sont des êtres sensibles pour qui seul le regard suffit.Ils sont la preuve que l’on peut aimer au-delà des mots. 

Gala: A la fin de chacun de vos concerts, vous avez disparu dans un nuage de fumée. Vous quitterez le métier avec autant de douceur?

M.F.:  »S’il te plaît prends ma main, ne te fais plus attendre, il est temps de s’étreindre, il est temps de s’éteindre, une dernière cigarette ». Comme le chante si bien Saez… Je ne sais que vous répondre puisque… Je n’ai moi-même la réponse. Partir en fumée… De toutes façons… C’est inéluctable.  

Gala: Mylène Farmer est-elle une insatiable?

M.F.: « Souviens-toi que le Temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup! C’est la loi. » (elle cite le poème L’Horloge, de Baudelaire, ndlr) Jouons encore un peu... En attendant la fin de la partie.

 

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PETITS SECRETS DE MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 27 décembre 2013

 

Malgré bientôt trente ans de carrière, Mylène Farmer reste la plus mystérieuse des artistes français. Ou presque… En plus de notre interview confidences dans Gala en kiosque ce mardi, nous vous dévoilons quelques petits secrets, jusque-là bien gardés.

De neige et de Breizh. Afin d’expliquer sa passion pour la neige, l’histoire a retenu sa naissance à Pierrefonds, au Québec, où son père, ingénieur, avait été affecté pour participer à la construction du barrage de Manicouagan. Mais Mylène Farmer, élevée par la suite avec sa sœur Brigitte et ses frères Jean-Loup et Michel, à Ville-d’Avray, en banlieue parisienne, ne garde que très peu de souvenirs du Canada. Ce que l’on sait moins, c’est que du sang breton coule également dans ses veines, puisqu’une partie de sa famille maternelle est effectivement originaire du Grand Ouest. Pour rajouter une pincée de celte, rappelons – cela ne saurait être totalement un hasard – que l’un de ses films cultes est La fille de Ryan de David Lean, tourné en Irlande, dont les paysages ne sont pas sans évoquer ceux de la Bretagne.

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L’appel de la forêt. Depuis l’adolescence, la chanteuse, qui, quelques années plus tôt, se rêvait vétérinaire, est une cavalière émérite. Elle cultive également une certaine fascination pour les insectes. Mais ce sont deux créatures extra-ordinaires qui l’ont accompagnée dans son quotidien, ces dernières années. Pendant vingt-sept ans, Mylène a partagé, entre autres secrets bien gardés, sa passion du dessin avec E.T., un singe femelle capucin pour laquelle elle avait fait aménager une immense cage dans son domicile parisien. Depuis plus d’un an, suite à la disparition du primate à l’origine du titre de son dernier album, Monkey Me, la chanteuse promène à ses côtés un berger suisse blanc, prénommée Liloup. Cette chienne aux allures de louve a, pour les plus attentifs, déjà été mise à l’honneur dans le clip de sa chanson A l’ombre. De même, dans les coulisses de sa récente tournée Timeless 2013 de la chanteuse, les badges after-show affichaient la gueule de l’animal incroyablement photogénique.

 

Une amitié au long cours. Avant d’être repérée par Laurent Boutonnat, Mylène, passionnée par le jeu d’acteur, a fréquenté au début des années quatre-vingt le prestigieux Cours Florent, notamment aux côtés d’Isabelle Nanty et de Vincent Lindon. A ce jour, le comédien demeure un ami de Mylène et fait partie des rares célébrités entrées dans son cercle d’intimes. Aperçu parmi les spectateurs des premières représentations de la tournée Timeless 2013, à Bercy, en septembre dernier, il comptait de nouveau dans le public d’une de ses dates bruxelloises, à la mi-novembre. 

Muse et égérie. Niveau musique, Mylène aime tout particulièrement la discographie et la personnalité de Freddie Mercury, feu leader du groupe Queen. Parmi les vivants, elle s’intéresse de près à l’œuvre d’un autre iconoclaste, le jeune Belge Stromae. On l’a également aperçue au printemps dernier à un concert de l’évanescente Lana Del Rey, à l’Olympia. Mais c’est avec Matthew Bellamy, le chanteur du groupe Muse, qu’elle rêverait de chanter un duo. La chanteuse ne manque jamais une représentation parisienne du trio anglais. Affaire à suivre… 

Les fans de sa vie. On la dit «recluse». Elle déteste ce mot. Si elle tient au respect de sa vie privée, Mylène Farmer ne rechigne jamais à signer un autographe ou à se laisser prendre en photo par ses admirateurs. En marge de sa tournée Timeless 2013, attablée avec une demi-douzaine de convives dans une crêperie de Lille qui venait d’ouvrir, la chanteuse a poliment refusé de se laisser inviter par la jeune patronne des lieux, mais c’est avec plaisir qu’elle a accepté de dessiner un drôle de petit personnage sur un des murs de l’établissement pour preuve de son passage. Collector!

Retrouvez notre interview et nos photos exclusives de Mylène Farmer, dans Gala, en kiosque ce mardi. 

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mylène Farmer se confie à gala.fr

Posté par francesca7 le 27 décembre 2013

 

article découvert sur GALA. décembre 2013

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Alors que sa tournée triomphale, Timeless 2013, s’achève, la chanteuse se confie sur ce grand rendez-vous avec son public, et sur la façon dont elle va reprendre le rythme du quotidien après cette série de concerts riche en émotions…

Gala : Vous venez d’achever votre tournée Timeless 2013. Revenir à la vie normale se révèle-t-il plus vertigineux que de se lancer dans une pareille aventure ?

Mylène Farmer : La fin d’une tournée est toujours un moment extrêmement brutal. C’est un peu comme la fin d’un voyage astral, il faut réintégrer son corps. Le choc est à la mesure des émotions partagées avec le public… Mais aussi avec les musiciens, les danseurs, les équipes, les proches… Il faut du temps pour reprendre le rythme du quotidien. Pour autant, je suis consciente de ne pas vivre une vie tout à fait « normale ». Le mot qui me vient à l’esprit, c’est « réapprivoiser » le temps, justement. On ne s’habitue jamais à une telle charge d’émotion. Pendant une tournée, le corps et l’esprit déploient des trésors d’ingéniosité pour trouver la force. A présent, le moment est venu pour moi de lâcher prise… Et ce n’est pas simple… 

Gala : Le sentiment de solitude, à la fin d’une tournée, est donc plus une peine qu’un besoin ?

Mylène Farmer : Ce n’est ni une peine, ni un besoin, mais une réalité. Après le dernier spectacle, il faut accepter de ne plus avoir rendez-vous avec des milliers de personnes. C’est ainsi. Mais l’éphémère rend aussi la scène magique et les échanges avec le public exceptionnels. Le sentiment de solitude qui s’en suit est le prix à payer. 

 

Gala : Vous avez pris les routes de France, de Belgique, de Suisse et même de Russie. Le dépaysement, la remise en question de vos habitudes parisiennes : cela vous demande-t-il un effort ou est-ce une attente ?

M.F. : J’aime l’idée de rendez-vous. Aller au devant des autres avec sincérité et être reçue de cette façon si extraordinaire… C’est un bonheur et une chance. Je suppose que, comme tout le monde, j’ai des habitudes, mais ce n’est vraiment pas ma spécialité. Je m’ennuie vite. La normalité me fait peur.

Retrouvez l’interview intégrale de Mylène Farmer dans votre magazine Gala n°1072, en kiosque mardi 24 décembre 2013.

 

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Mylène Farmer Entretien avec Cécile TESSEYRE

Posté par francesca7 le 15 décembre 2013

 

TÉLÉ 7 JOURS – 10 DÉCEMBRE 1988

Elle ose, elle choque, elle charme / De « Libertine » à « Pourvu qu’elles soient Douces », vos chansons ont toujours été un peu osées.

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Jusqu’où irez-vous ?

- Je ne m’autorise pas de limites. En ce moment, je n’écris pas, la question ne se pose donc pas…

Certains trouvent vos paroles choquantes…

- Dans « Sans Contrefaçon » je dis ‘je me fous du qu’en dira-t-on’. C’est vrai. Malgré tout, je pense avoir beaucoup d’interlocuteurs favorables puisque le 33-Trs « Ainsi Soit Je… » approche déjà les 600.000 exemplaires vendus.

Et vos parents, votre famille…

- Nous n’avons aucun dialogue sur ce sujet. Nous sommes une famille de longs silences, mais qui ne sont pas pour autant de longs creux…

1988-31-cL’amour, le couple sont-ils importants pour vous ?

- Pour moi, l’amour est fondamental pour la créativité. J’aime beaucoup cette phrase du romancier Luc Dietrich qui dit que ‘l’amour est un grand courage inutile’. Je suis comme mes chansons : libertine, douce et fidèle. Très fidèle.

Êtes-vous heureuse ?

- Je suis incapable de répondre. Une fois de plus, c’est un paradoxe. Pour moi, l’amour doit être grandeur et décadence.

Lio vient de poser nue pour ‘Lui’. Vous apparaissez dénudée dans certains de vos clips. Vous imiteriez Lio pour des photos ?

- Non. On me l’a déjà proposé, pour une somme d’ailleurs très rondelette. Je ne le ferai jamais car je n’éprouve aucun plaisir à cela. La seule motivation de ceux qui acceptent est l’argent. Quant à Lio, je me garderai bien de la juger, car c’est une artiste que je respecte beaucoup.

Que dit votre courrier ?

- Je reçois de plus en plus de lettres, et j’ai de moins en moins le temps d’y répondre, car je ne veux déléguer ce bonheur à personne. Je reçois de longues lettres de gens qui ont le mal de vivre et qui cherchent un dialogue ou une consolation. Ma meilleure façon de leur répondre, c’est à travers les chansons. Je n’ai jamais reçu de lettre d’insultes ! 

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PERFECT Mylène Farmer par Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 12 décembre 2013

 

NOVEMBRE 1988 – Entretien avec Jean-Francis VINOLO

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« Je n’ai pas l’impression d’être un objet du désir, ou alors je dois me voiler la face inconsciemment. »

Comme l’indique le titre de ce long article, Mylène parle d’elle-même, comme si elle dressait son propre portrait. Et ceci sans l’intervention du journaliste qui a ainsi rédigé son entretien comme un long monologue, retranscrit ici tel quel.

- J’ai toujours adoré les déguisements, d’ailleurs qui ne les aime pas ? Enfants, nous passons notre temps à nous déguiser, à jouer des personnages : les belles princesses, les princes charmants, tous liés à l’innocence de notre jeunesse.

On s’imagine l’amour, et on en devine que les contours. Certains jours, on s’aperçoit que nos princes charmants ne sont que des princes navrants, des Arlequin de love story. La vérité est en fait que le costume est un plaisir intense qui me pousse à me propulser dans des histoires antérieures, mêlées de mélancolie et de provocation. Où l’amour et la haine se déchirent en un combat meurtrier…

De ce fait, « Ainsi Soit Je…  » s’est imposé comme la suite logique de « Cendres de Lune  ». C’est à la fois un univers plus intérieur où la jeunesse, le temps et la mort se combattent. Baudelaire et Edgar Poe en sont les témoins intemporels, tout en étant très liés à mon propre univers. Ils ont dans leur œuvre une richesse inépuisable. C’est parfois morbide, mais j’aime aussi approcher la mort. Prenez « L’Horloge » de Baudelaire, c’est aussi en soi une projection de la mort. Imaginez ce balancier dans son mouvement incisif qui fouette l’espace et marque l’érosion du temps, la perte de la jeunesse, le flétrissement de la peau… Même si l’on vous dit qu’une ride dans un sourire est en fait une expression, inexorablement, ce mouvement balancier vous emporte vers le souffle suprême qui s’appelle… la mort. La mort, je la vois apparaître comme quelque chose d’angoissant. Une étape inconnue. Mais une inconnue que j’imagine magnifiée et magique, qui toujours nous renvoie vers ces liens existentiels que sont le bien et le mal.

- Quand j’étais enfant, j’avais beaucoup de mal à imposer mon visage de jeune fille, je tenais le rôle du garçon.

L’histoire du mouchoir roulé en boule est une histoire vraie, que j’ai transposée en chevalier d’Eon dans une époque qui m’est chère. En fait, j’avais beaucoup de mal à exister en tant que femme. Je n’aime pas expliquer ‘je suis comme ci ou comme ça’. On me voit en perverse romantique, en libertine ou en princesse tristesse…

L’idéal serait d’écrire et de chanter ce qui nous est propre et de ne jamais en briser l’image par nos apparitions.

Il est dommage d’expliquer les pourquoi et les comment…

Enfant, quand on est propulsé dans le cosmos, on a très peur de la vie. Je pense notamment à cette scène de Schlöndorff, dans son film « Le Tambour » : le refus de naître, la peur de l’inconnu extérieur. C’est un peu la projection de la chanson « Plus Grandir ».

A l’inverse, quand on vieillit, on a très peur de la mort. Pour moi, la notion du temps, c’est la notion de peur.

Baudelaire était un visionnaire quand il écrivit : ‘Souviens-toi que le temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup ! C’est la loi’. C’est plutôt quelque chose d’optimiste par rapport à ce poème. En réalité, j’ai à la fois peur de la vie, mais je crois qu’il y a une justice divine liée à des perceptions très profondes.

- On me parle souvent de mon côté exhibition et provocation, de la projection de mon corps mis à nu. En fait, j’ai l’impression que je ne m’en rends pas compte. Si je le fais ainsi, c’est que je sais qu’il n’y aura jamais de trahison quant à la façon de me filmer ou de me percevoir de la part de Laurent Boutonnat. Je pense que l’on a évité toute vulgarité, tout voyeurisme gratuit, spécialement dans « Pourvu qu’elles soient Douces ». On a atteint une espèce de vraie sensualité, totalement différente de celle de « Libertine », qui elle était beaucoup plus violente. C’est vrai que la nudité est quelque chose de difficile en soi, mais c’est aussi ce paradoxe qui existe en moi : c’est savoir que je peux être complètement introvertie et que peut-être pour moi… enfin, je ne sais pas… mais présenter un corps de cette façon-là n’est réellement pas un problème, car il a une utilité par rapport à une histoire, et ça aurait été ridicule de ne pas s’y essayer.

- Avec le recul, depuis quatre ans, et avec le succès, j’ai tendance à me méfier de tout le monde. Mais vous savez, avant, je me méfiais surtout de moi. Je me faisais très peur. J’ai des relations souvent difficiles, parfois même une incommunicabilité avec les hommes. Je suis sûre que c’est lié à mon enfance, au manque d’autorité masculine à l’époque, d’où, aujourd’hui, la perte d’une certaine confiance dans les rapports et un énorme doute de soi que je ne veux surtout pas analyser. Je suis quelqu’un qui a une âme peuplée d’appréhensions qui ne sont pas calculées. Si l’on pouvait calculer ses doutes, ce serait merveilleux. C’est vrai que l’on peut douter tout en étant conscient du potentiel que l’on a à l’intérieur de soi, j’en suis aujourd’hui convaincue. On peut avoir cette volonté de faire ce que j’ai fait depuis quatre ans. Là, je vous parle essentiellement de moi, et non pas de ce que l’on peut percevoir. C’est-à-dire ne faire aucune concession, mais être toujours habitée par ces mêmes doutes mais surtout, et avant tout, d’une énorme volonté.

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Prenez l’amour. L’amour et la volonté de vivre l’amour. Je pense que l’amour est la façon la plus douloureuse de vivre sa vie. Je ne me rappelle plus qui disait ‘L’amour est un grand bonheur inutile’… Pourquoi inutile, je ne le sais pas, mais c’est à la fois un moment d’extase et de grande désillusion. L’amour est pour moi la recherche d’une sérénité intérieure. Malheureusement, je ne suis pas très optimiste, bien que l’on puisse aussi se voiler la face. L’amour est douleur et beauté mélangées, le moteur essentiel pour vivre, exister et créer.

C’est aussi lié aux belles choses, sans être matérialiste. Avoir la passion du beau, par exemple : pour les voitures, spécialement les voitures anciennes. L’odeur du cuir, leur linge, tout ce qui est agréable à l’œil et le plaisir de caresser la carrosserie d’une Bentley ou d’une Jaguar. C’est une sensation forte où la notion de vitesse est exclue, c’est essentiellement porté sur l’esthétisme.

Comme les sculptures de Rodin, l’enchevêtrement des corps, les formes rondes, le poli de la matière et l’âme qui s’en dégage… Giacometti est pour moi l’expression de la mort en permanence. Je ne sais pas si c’est qu’il a voulu dégager, mais c’est ce que j’ai ressenti très fort en moi. Turner, pour la peinture et les couleurs. Les couleurs vous envoient au cœur des sentiments, un énorme rapport  avec les sensations de la vie.

J’aime le sang, le rouge sang. Autour de moi, il y a toujours beaucoup de sang. Le sang est symbole. Un bain de sang ou un bain de boue, ça peut être une sensation merveilleuse d’évoluer dedans. Je sais, c’est choquant. C’est aussi très attirant. C’est une très belle matière et une belle couleur, comme le pourpre et le noir.

- Je crois qu’il est bon de casser les tabous. Beaucoup de personnes l’ont fait dans la littérature. Il est vrai que dans la chanson, c’est plus difficile, mais on s’aperçoit que le public est prêt à l’accepter, quitte à en être choqué. Mais il est évident qu’il y a aussi une demande de la part du public, ou sinon comment expliquer le succès ? Quand le public m’écrit, il me parait évident que tous ces tabous prennent une vraie valeur thérapeutique.

Je ne pense pas que le fait d’exhiber son corps suscite instantanément le désir auprès des hommes. Quand je me regarde, j’ai plutôt tendance à me faire peur. Peut-être que si j’étais un homme, j’aurais une attirance, mais je ne sais pas… Je n’ai pas l’impression d’être un objet du désir, ou alors je dois me voiler la face inconsciemment, je refuse peut-être cette image. Je n’ai pas la notion de vérité ou du savoir par rapport à la réalité d’un regard masculin.

L’homme a besoin de la femme pour exister et créer. Je ne suis pas sûre du contraire. Avec Laurent, par exemple, je pense que je lui apporte beaucoup, sinon avec le temps, cela s’essoufflerait. Je crois être honnête et lucide par rapport à moi-même, et que le jour où ça n’existera plus, il faudra que je passe à autre chose.

- En tant que femme, l’amour reste pour moi la quête d’un idéal et d’une certaine autorité de force et de protection. Une dualité avec soumission et parfois une envie de faire mal, de couper la tête ou autre chose, de céder et de ne pas céder.

Les rapports se font dans la douleur. C’est parfois très dur, mais c’est aussi un grand bonheur de parler de ses meurtrissures.

Les hommes qui me séduisent le plus sont les hommes de tête et d’un certain âge : l’homme de 35, 40 ans est pour moi l’homme idéal. C’est sûrement mon complexe oedipien qui ressort. Aujourd’hui, mes critères de beauté changent de plus en plus. Auprès des homosexuels, j’ai beaucoup d’affinités. Peut-être est-ce à cause de ma timidité…

Je ne pense rien de l’homme-mannequin. Ce n’est pour moi qu’un plaisir visuel sur papier glacé. Mais je crois que ces hommes en souffrent, car toute leur vie est régie par un seul critère : leur physique.

- Je ne peux que remercier la vie de ce qu’elle m’a donné, ce qui ne m’empêche de ne pas me trouver jolie, ce qui va à l’encontre du fait que je me dénude dans mes clips.

Je suis narcissique, consciemment ou inconsciemment on cultive son image. C’est comme un miroir. Pour moi, le miroir est une chose fondamentale dans la vie. Si je n’ai pas mon reflet dans les douze heures, j’ai l’impression d’en mourir. Mais ce n’est pas une complaisance que de se regarder dans un miroir. On y voit aussi beaucoup de défauts. C’est peut-être la peur de se perdre…

En règle générale, je sais ce que je représente au niveau de l’image publique, et je sais ce que je suis. Je ne pense pas en souffrir énormément.

Si aujourd’hui j’aime le milieu du cinéma et le métier d’actrice, c’est que pour moi le plateau de tournage est devenu un lieu de prédilection. Je suis une autre identité qui s’oublie sans jamais vraiment s’oublier.

- Les lieux de retraite sont importants comme se sentir bien chez soi. Ma chambre est aussi un de mes lieux de prédilection. Je l’appelle ‘mon caveau’, sans aucun côté morbide, tout simplement parce qu’elle est très sombre.

La lumière me dérange et m’angoisse, au même titre que je n’aime pas le soleil. On dit que le soleil est synonyme de sourire, et pourtant je ne souris pas beaucoup. Je traduis mes joies d’une autre façon : une larme m’émeut plus qu’un sourire. D’ailleurs, une larme est un sourire. Le fait de vivre dans une pièce obscure est un plaisir qui m’est propre, comme celui de partager ma vie avec E.T. et Léon, mes deux singes que je considère comme mes enfants. C’est un plaisir maternel. Les singes sont des animaux qui ont énormément besoin d’affection. J’ai les mêmes angoisses qu’une mère à l’égard de ses enfants. Un singe est très dépressif. J’ai très peur qu’ils tombent malades. Quand je les entends éternuer, je ne sais plus quoi faire, même si je sais que c’est normal. Si j’avais un enfant, je ne pourrais jamais lui offrir une paire de patins à roulettes, je serais une mère invivable. J’ai ces mêmes angoisses vis-à-vis de E.T. et Léon.

Ensemble, de par leur caractère, ils me ressemblent un peu. E.T. est la plus réservée, elle n’offre pas son amitié à tout le monde. Elle est à la fois très attentive et caractérielle à souhait. Léon est plus jeune, on dirait un Pinocchio. Lui, il a besoin de contact, il est très doux.

Entre nous, c’est un dialogue perpétuel, il faut vraiment le voir pour le croire. Il se passe des choses magiques.

Dans les moments de grande tristesse, c’est vers eux que je me retourne. Certains préfèrent les hommes, moi ce sont les animaux, même si dans la douleur on est profondément seul. E.T. et Léon ne jugent pas, c’est un dialogue affectif sans un mot, car les mots, bien souvent, c’est ce qui fait le plus mal.

- C’est comme la tolérance et l’intolérance. Avant, j’avais une façon hâtive de juger les gens. J’étais une rebelle, une instinctive. Je pensais ne jamais me tromper, jusqu’au jour où je me suis trompée. J’apprends à comprendre, j’essaie de m’ouvrir vers d’autres personnes, j’essaie d’être plus tolérante. Mais c’est si difficile, la peur des autres. C’est comme pour l’amour : j’aimerais tout vivre en une heure, dans un moment intense, et ne plus subir l’érosion du temps sur l’amour et les choses de la vie qui s’installent au goutte-à-goutte. C’est peut-être un de mes fantasmes : tout vivre vite et fort. Chez un homme, j’aime la fidélité de l’esprit, et surtout du corps. Je ne peux envisager la possibilité de vivre avec quelqu’un qui me trompe physiquement. Quant aux hommes, à cet égard, ils vous diront que ce n’est pas la même chose. Pour eux, une femme s’ouvre et s’offre.

C’est donc lié à l’esprit. A l’inverse, l’homme pénètre, ce qui est à leurs yeux moins lourd de symboles. Je ne suis pas vraiment en accord avec cette façon de penser.

Ma vision de l’amour est plutôt une image d’Epinal. C’est sûr, j’ai des fantasmes, comme tout le monde, mais je ne recherche pas avant tout à séduire. Si je ressens une attirance très forte envers un homme, j’ai un rejet total, et là je sais ce que ça veut dire. J’ai une envie de castration, de griffer et de faire très mal parce que je sais qu’il y a une très forte attirance et que j’en éprouve le rejet.

Aujourd’hui, je ne pourrais plus vivre à côté de quelqu’un qui ne crée pas. Je veux en être à la fois le témoin, l’inspiratrice et l’actrice, ou sinon, je ne le peux pas. Est-ce que c’est ça, idéaliser ? Est-ce que cela existe à long terme ? Je ne le sais pas encore… En fait, au lieu de toujours parler, on devrait accorder plus de place au silence. Ce sont en fait les plus belles phrases d’amour.

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SALUT en confidence pour Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 6 décembre 2013

 

Parution le 15 AOÛT 1984

« Je suis susceptible mais il m’arrive d’avoir de l’humour. »

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- Je suis née au Canada à Montréal en 1962, j’ai donc la chance d’avoir les deux nationalités. Après dix ans passés là-bas, nous sommes rentrés en France et nous nous sommes installés dans la banlieue parisienne.

Le lycée ? Oui comme tout le monde jusqu’en terminale puis mannequin junior, histoire de me faire un peu de fric pour me payer mes cours de théâtre avec Daniel Mesguich pendant deux ans.

Est-ce que j’avais envie d’être comédienne ? Oui, peut-être, enfin à vrai dire, je ne sais pas vraiment, ces cours m’apportaient autre chose. J’ai une autre passion : le cheval. L’équitation est le seul sport que je pratique. Je fais beaucoup de dessin mais rien d’humoristique, je suis plutôt du genre macabre. Pourquoi. J’sais pas !

Maintenant tu vas me demander comment j’ai débuté dans la chanson ? Tout simplement en répondant à une audition. « Maman a tort » existait, il ne manquait plus que la voix. Dahan et Boutonnat recherchaient une fille, ils ont auditionné une cinquantaine de filles et c’est moi qui ai décroché le contrat. Je t’arrête tout de suite, je n’aurais pas chanté n’importe quoi mais « Maman a tort » correspondait à ce que je voulais faire.

Quoi le texte, tu n’as pas tout compris, tu trouves ça gênant (elle éclate de rire), j’aime la provocation, c’est peut-être une preuve de caractère ! En revanche, attention je suis susceptible mais il m’arrive d’avoir de l’humour. J’aime lire (ça va du « Petit Prince » aux romans, aux essais), la peinture et le cinéma (surtout «L’important c’est d’aimer» de Zulaw ski avec Romy Schneider et dernièrement «Il était une fois en Amérique»).

Les boites, les sorties ? Sûrement pas, je suis trop casanière. J’aimerai avoir un petit chat, ah oui, et puis j’adore les voitures anciennes style Bentley (avis aux producteurs). Cet été, pas trop de bronzage, beaucoup de galas et à la rentrée les grosses télés.

Mon style ? Pas vraiment de look, je ne porterai pas de costume précis, le look de Mylène Farmer c’est tout, chanson-personnage mais pas d’étiquette mode. Tu as déjà vu mon clip-vidéo ? Pas mal, hein ? A l’automne un second 45 Tours, tu sais tout maintenant !

 

 

Publié dans Mylène 1982 - 1984, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

publication chez OK – Mylène Farmer aime

Posté par francesca7 le 3 décembre 2013

 

‘Tout ce que j’aime’ par Mylène Farmer / OCTOBRE 1988

Entretien avec Véronik DOKAN

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J’aime le rêve ou le cauchemar :

- Que mes rêves soient positifs ou angoissants, j’aime m’en souvenir en tout cas. Il faudrait que j’arrive à les noter tous les matins car c’est une découverte de soi-même formidable. Chaque soir, au moment de m’endormir, je me prépare à rêver, c’est un vrai travail de concentration passionnant. En l’occurrence, j’ai beaucoup de rêves violents dans lesquels il y a très souvent du sang, mais j’ai appris que ça n’était pas forcément négatif. Et puis je rêve aussi de souris : ça ne m’étonne pas, on me dit si souvent que je ressemble à cet animal que mon inconscient a dû en faire mon propre symbole.

J’aime assister au montage de mes clips :

- Avec le montage, on peut tout faire, tout détruire ou tout sublimer, tout faire basculer. C’est magique et tragique à la fois. J’ai toute confiance en Laurent Boutonnat, qui réalise mes vidéos, mais c’est déroutant de se voir à l’écran et j’aurais parfois envie de couper certains plans où je ne me plais pas mais qu’il garde, car ils lui paraissent essentiels dans la construction de l’histoire. Ca n’est pas toujours facile de faire abstraction de soi en images, d’avoir suffisamment de recul pour privilégier le film, mais c’est absolument passionnant.

J’aime toucher la terre :

- J’ai fait de la poterie pendant très longtemps et quelqu’un dans ma famille est sculpteur. C’est peut-être de là que me vient la passion pour la terre. Enfin, toujours est-il que j’adore ça. Il m’est même déjà arrivé d’acheter un sac de terre puis de ne plus trop savoir qu’en faire ! Dans le clip de « Ainsi Soit Je… » et dans celui de « Pourvu qu’elles soient douces », j’ai dû me rouler dans la boue comme les enfants, et j’ai ADORÉ CA !

J’aime ces vers de Baudelaire :

- ‘Le temps est un joueur avide qui gagne sans tricher / A tous coups, c’est la loi’ (« L’Horloge »)

J’aime les chaussures :

- J’ai carrément une envie féroce de collectionner les chaussures comme des objets que je trouve beaux. J’aime les chaussures un peu théâtrales, stylisées en tout cas. Avec des talons bobines, des vraies formes travaillées. En ce qui concerne la matière, c’est le cuir bien entendu. Quant aux couleurs, je penche toujours vers des teintes sombres. Je déteste ce qui est tape-à-l’oeil. En même temps, après avoir dit bonjour à quelqu’un, ce sont ses chaussures que je regarde ! Pour choisir les miennes, je suis fidèle à quelques magasins et puis je feuillette les journaux de mode. Quand une paire me plaît, je suis capable de l’acheter en plusieurs exemplaires. Je fais toujours ça pour celles que j’utilise lors de mes passages en télévision. Mon rêve serait d’avoir une pièce remplie de chaussures, juste comme ça, pour la décoration. En attendant, j’en ai déjà exposé une paire dans ma chambre.

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Les 13 confidences de Mylène Farmer dans magazine SUPER

Posté par francesca7 le 2 décembre 2013

 

Entretien avec ‘Izzy Pop’ de MAI 1988

« Le mystère fait partie intégrante de ma personnalité. Je ne le cultive pas. »

Mylène réagit à une liste d’adjectifs qu’on lui a soumis :

MF90_58aEnigmatique

- Le mystère fait partie intégrante de ma personnalité. Je ne le cultive pas. Même pour les intimes, je pense être énigmatique dans la mesure où je ne leur dévoile pas toutes mes réflexions.

Egocentrique

- Ca, c’est à cause du titre de mon dernier album, « Ainsi Soit Je… ». Il ne faut pas se méprendre, j’ai voulu faire un constat. C’est comme si je disais ‘Voilà, je me présente, je suis comme ça’. Au collège, je passais peut-être pour une égocentrique, je voulais être le centre d’intérêt, c’était pour être reconnue. J’ai un souvenir épouvantable de l’école. Le pouvoir des professeurs me révoltait, leur pouvoir de dire qu’une rédaction est bonne ou mauvaise. Ce n’était pas les notes qui me scandalisaient, c’était surtout les appréciations.

Invulnérable

- Non, je ne suis pas invulnérable. Maintenant, si c’est par rapport à un travail effectué, comme l’album, là je suis sûre de moi, parce que j’ai une équipe très, très bien. La même que pour mon premier trente centimètres. Tout le monde sait que Laurent Boutonnat est à mes côtés, qu’il compose mes chansons et réalise mes clips.

C’est la personne qui me connaît le mieux, plus que ma mère certainement.

Impudique

- Quand j’apparais nue dans un clip, moi, je n’appelle pas ça de l’impudeur, parce que c’est dans un contexte précis. Si je vais dans un magasin essayer des dessous féminins, je suis très pudique. J’ai beaucoup de mal si la vendeuse reste derrière moi, je préfère être seule. Avec l’écriture, on peut peut-être parler d’impudeur. Sur mon premier album, je chantais des textes écrits par Laurent. C’était comme si je chantais mes propres mots, mais les écrire soi-même, c’est différent. Avant, ce qui me bloquait, c’était l’idée de dévoiler des choses trop personnelles. Je suis arrivée à maîtriser ça sur mon dernier album. Les textes de mes chansons sont tous de ma plume, à deux exceptions près. L’une, c’est la reprise de « Déshabillez-Moi  », l’autre c’est l’adaptation d’un texte de Charles Baudelaire.

Observation

- J’aime bien observer les gens, sans forcément faire de commentaires. C’est un plaisir. Il y a sur l’album une chanson qui m’a été inspirée en regardant les autres. C’est celle qui s’appelle « Jardin de Vienne  ». C’est l’histoire d’une personne que j’ai connue. Un garçon français qui a fini par se pendre dans un jardin public à Vienne. J’ai trouvé son geste extrêmement romantique.

Enfantine

- C’est vrai que j’ai du mal à m’extraire de l’enfance. Je crois que je ne le pourrai jamais d’ailleurs. Ce que j’aime chez les enfants, c’est leur cruauté, qui est très dérangeante. On leur pardonne, parce qu’on dit qu’un enfant est innocent. Je ne le crois pas.

Maternelle

- Avoir des enfants, je n’en ai ni l’envie, ni le souci. Mais j’ai la fibre maternelle pour mes proches, mes amis, mes animaux. J’ai deux singes. L’un s’appelle E.T., il est trapu et rondelet. L’autre, Léon, est un bébé de la même race, mais pas du même pays. Il est un peu plus fou que E.T.

Drôle

- Je ne pense pas être quelqu’un de drôle. Je préfère les choses tristes, que ce soit au cinéma ou dans la littérature. Je n’avais pas du tout le sens de l’humour avant. Maintenant, je dirais que je l’ai un peu, ou plus exactement que je suis cynique. Il y a des choses qui me font rire. Pas Zouc , qui apparaissait dans le clip de « Sans Contrefaçon ». J’ai vu trois fois son spectacle. Elle me ferait plutôt grincer des dents et pleurer, mais elle est fascinante. Non, ce qui me fait rire, ce sont mes singes.

Dépensière

-Pas vraiment. C’est peut-être dû à mon éducation et au fait que je n’ai jamais manqué d’argent. Je n’aime pas jeter l’argent par les fenêtres. La seule chose pour laquelle je pourrais faire des folies, ce sont les chaussures. J’en ai une vingtaine de paires – toutes avec des talons plats, parce que je ne sais pas marcher avec des hauts talons – mais si je m’écoutais, j’en aurais cinquante paires !

Androgyne

- Je ne joue pas sur l’androgynie. C’est une question de physique. A un moment de ma vie, j’ai pensé être entre deux sexes. Quand j’étais plus jeune, on me prenait toujours pour un petit garçon. On me disait que Mylène était un joli prénom pour un petit garçon.

Sexy

- Je ne sais pas. Si je vous laissais le choix, pour une fois !

Gourmande

- Oui ! Je me nourris de bonbons, de sucreries et de gâteaux. Les bonbons que je préfère sont ceux qui sont chimiques. On n’en fait plus d’aussi chimique que dans mon enfance. Quand j’étais petite, je me rappelle que j’achetais des trucs épouvantables, rouges, roses et qui piquaient !

Rousse

- Ma maman est rousse, donc que je passe du brun au roux, ce n’était pas contre nature. Blonde ? Sûrement pas ! Par pure lucidité, je n’aurai jamais les cheveux blonds ! Mais roses, qui sait ?! Peut-être…

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MYLÈNE FARMER, PAR BENOÎT CACHIN

Posté par francesca7 le 1 décembre 2013

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VIDEO. Journaliste et auteur d’un excellent ouvrage sur la chanteuse, le spécialiste analyse le succès phénoménal de la star qui se produit à Bercy 2013.

Elle se prénomme Mylène et son succès est total. Alors que Mylène Farmer s’apprête à donner un nouveau concert-événement à Bercy, pris d’assaut par les fans dont certains n’ont pas hésité à camper devant l’immense salle parisienne, la question est toujours la même : mais quel est le secret du succès de la chanteuse aux cheveux de braise ? Du talent, certainement, beaucoup de travail, aussi, mais encore une gestion d’orfèvre de son image qui séduit un public d’aficionados aussi hors-norme qu’énorme. Le mystère de son ultra-succès étant égal à celui de sa vie privée… 

Une question à laquelle ne pouvait répondre clairement que le grand spécialiste de la chanteuse (et de bien d’autres artistes) : le journaliste et écrivain Benoît Cachin, auteur d’un formidable ouvrage intitulé « Mylène Farmer au fil des mots » (éd. « Gründ« ). Un livre à l’égal d’un dictionnaire illustré des chansons de la star, qui éclaire les zones d’ombre de l’univers si particulier de la Farmer. Une édition revue et augmentée tout juste parue bénéficie de photos inédites illustrant les textes de tous ses albums et les paroles de son dernier album « Monkey me ».

 

http://www.dailymotion.com/video/x14ays6

 

 

NUIT D’HIVER DE MYLENE

http://www.dailymotion.com/video/xvzpa0

 

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nouveau calendrier de Mylène 2014

Posté par francesca7 le 29 novembre 2013

 

Mylène Farmer intime pour son calendrier 2014  

Alors que le Timeless Tour de Mylène Farmer s’achève le 6 décembre prochain, la chanteuse entend prolonger le plaisir avec ses fans puisqu’elle sortira fin novembre un calendrier 2014 illustré de photos prises dans l’intimité de sa tournée triomphale. En voici quelques clichés.


2014 mylene-farmer

Les meilleures choses ont une fin. Aussi, après trente-neuf concerts (2 heures de spectacle chaque soir) joués à guichets fermés, la tournée Timeless de Mylène Farmer s’achèvera le 6 décembre prochain au palais Nikaia de Nice. Or, la rouquine n’entend pas laisser ses fans orphelins après cela. Mieux. Le 28 novembre, la chanteuse publiera son calendrier 2014, constitué de photos prises dans les coulisses de sa tournée, histoire de prolonger la magie du Timeless Tour tout au long de l’année.

Peut-être cette plongée dans l’intimité de Mylène version « on the road again » parviendra-t-elle à apaiser la colère des fans de la chanteuse. L’idole flamboyante s’attire aujourd’hui les foudres de son public car l’album live (prévu le 7 décembre prochain) se retrouve amputé de pas moins de trois chansons, à savoir Elle a dit, Et pourtant et Je te dis tout, titres qui selon les fans de Mylène Farmer représentent des moments d’intense émotion à vivre en live. D’ailleurs, les commentaires de mécontentement fusent sur le site Mylene.net. Ces derniers parviendront-ils à faire entendre raison à leur idole avant la sortie du disque ? On leur souhaite en tout cas. Car après tout, c’est peut-être un détail pour vous, mais pour les inconditionnels de Mylène, cela veut dire beaucoup.

 

 

en confidence : à travers les textes de mylène Farmer

2014 aout-Mylène Farmer a débuté sa nouvelle tournée samedi 7 septembre à Paris-Bercy, ses fans s’étaient arrachés les places en quelques heures seulement. La chanteuse, très discrète a réussi à rester au top des ventes et à garder un public fidèle et éclectique.

Atlantico : La chanteuse Mylène Farmer a entame une nouvelle tournée qui a débuté ce week-end à Paris-Bercy. Au travers de ses textes très torturés et jouant sur l’ambiguïté, quel portrait « psychologique » pouvons-nous faire de la star ?

Antoine Bioy : Il est vrai que Mylène Farmer possède l’image d’une chanteuse torturée, pourtant il ne s’agit pas de l’essentiel de son univers, et par ailleurs ce dernier a beaucoup évolué avec des chansons plus légères, privilégiant parfois l’esthétique au contenu, comme ses récentes incursions dans l’electro-pop. Il n’en est pas moins vrai que son panorama artistique reste emprunt d’une certaine mélancolie ; une mélancolie « presque heureuse », dirait Amélie Nothomb. 

Au sein de cet univers forcément intime et tout en contraste, Mylène Farmer montre différentes facettes. Elle peut incarner tour à tour la figure de la femme enfant, de la prostituée, de la dévoreuse d’hommes, etc. C’est en cela que son univers fascine : il est complexe, multiple, parfois en effet ambiguë, et chacun peut y lire une dimension de lui-même. 

Mais le personnage Mylène Farmer est aussi tout en contraste : elle peut créer un lien intime avec ses fans dans la fureur d’un concert, peut évoquer la difficulté de vivre sur un air gai, ou bien sembler évoquer des émotions simples en les parant de références culturelles parfois élitistes. 

Chez Farmer, le lien à l’autre n’est chez elle jamais totalement simple et se vit facilement sur un mode évitant. Pourtant, sa démarche reste sincère et l’intime est recherché dans des moments d’exception telles que ses concerts où l’on touche l’autre sans vraiment être dans un contact direct. Là est sa vraie ambiguïté. 

Quelles sont ses chansons les plus emblématiques, pourquoi ? Qu’évoquent-elles ?  

Libertine avait marqué les esprits par son appel à la sexualité et annonçait son premier N°1 au classement des ventes : « Pourvu qu’elles soient douces ». Pour autant, le top trois des chansons les plus connues est certainement « Sans contrefaçon » en numéro 1 suivi de « Désenchantée », et peut-être dans une mesure un peu moindre, « Rêver ». 

Il est vrai que les chansons emblématiques restent ses chansons mélancoliques, comme « Ainsi soit Je » ou plus récemment « Point de suture » qui constitue sans doute l’un des titres le plus typique de l’univers Farmer : raffiné, authentique, sensuel, et toujours une « pointe féroce » qui donne à sa mélancolie un relief particulier : « Les nuits sont chaudes/ Mon sang chavire et tangue / Bateau fantôme / Qui brûle / Je suis tempête et vent / Ombre et lumière / Se jouent de l’amour / Mes vagues reviennent / Mes flots sont si lourds ».

Quels sont ces thèmes de prédilection et pourquoi fonctionnent-ils ? Quel public est touché par ses textes ?

L’une des grandes forces de « l’univers Farmer » est d’offrir un miroir au public. Au fil des clips, des textes, des scénographies sur scène, la chanteuse aborde des thèmes universels : l’enfance, la passion, les amours contrariés, la sexualité, la finitude… Mais ils ne sont d’ailleurs pas qu’abordés, ils sont incarnés par la chanteuse : elle met en scène ses personnages et les fait vivre, parfois au fil de plusieurs clips, par exemple « Dégénération » et « Si j’avais au moins ». 

L’essentiel du public Farmer est composé de deux vagues : ceux qui l’ont découverte dans les années 1980, et qui ont une quarantaine d’année actuellement, et ceux qui l’ont suivie plutôt depuis les années 1990. Les années 2000 ont confirmé sa place d’artiste d’exception, mais n’ont pas vraiment apporté de nouveaux « adeptes ». Si Mylène Farmer peut être appréciée à tous les âges, c’est généralement au moment de l’adolescence qu’on la découvre et que son univers « parle ». Il semble en effet, comme un conte, aborder et prévenir des secrets de la vie, des avenirs heureux ou non possible, et bien sûr de la fin de chacun. L’univers passionnant fait que le public, une fois touché, ne le lâche pas et c’est la raison pour laquelle, actuellement, un public d’une grande diversité se retrouve pour ses concerts.  

Qu’est-ce que Mylène Farmer dit d’elle dans ses chansons ? Que confie-t-elle d sa personnalité ?

A peu près rien. Et pourtant, les gens ont l’impression qu’elle parle d’elle à travers ses textes. Mais en y regardant de plus près, elle reste dans le général. Elle parle de l’amour en général, de la mort. Mais ce n’est jamais abordé personnellement. C’est cela qui touche aussi le public finalement. C’est parce que ses paroles ne sont pas personnalisées que son public s’identifie beaucoup à elle. C’est sa grande force. Elle construit de l’intime à travers son œuvre alors même que celui-ci est très universel. Contrairement à d’autres chanteurs, il y a des éléments de sa vie personnelle, de mise en relief de sa propre histoire à l’intérieur de son univers. Par exemple, elle est capable de parler de la naissance d’un enfant ou de l’enfance en général sans jamais que l’on arrive à savoir exactement de quoi il en ressort pour elle. Si on prend Désenchantée, c’est un hymne à la révolte et à l’enfance mais à aucun moment elle ne fait appel à sa propre enfance. C’est toute l’ambigüité du personnage. Elle arrive à construire un propos autour de l’intime sans jamais livrer quelque chose de personnel. Mais elle évoque suffisamment bien les problèmes pour que son public se sente concerné, s’y reconnaît.

Mylène Farmer, entretient-elle quelque chose de commercial autour de sa part de mystère où n’arrive-t-elle pas à se confier ?

Je ne crois pas du tout à une forme de réserve. Malgré ce qu’elle dit ce n’est pas dans sa nature profonde d’être éloignée des médias. Souvenez-vous, dans les années 1980, elle faisait le Jacky show par exemple. Elle arrive en réalité à se mettre en scène dans des shows pharaoniques comme peuvent le faire les grands timides. Mais elle arrive à le faire car le lien au public n’est pas un lien où il y a un vrai contact. Elle perçoit le public comme une masse en face d’elle. 
Mais il y a aussi une dimension marketing. Ce n’est pas non plus un ange Mylène Farmer, c’est une femme d’affaires. Du coup, cela fait partie de son univers. Elle en joue. 

Mylène Farmer a-t-elle plus tendance à se confier en interview ou dans ses textes ?

Quand elle est en interview, elle est souvent mal à l’aise. Du coup, elle y va en sachant qu’elle ne voudra rien dire. Mais il faut essayer de comprendre son univers comme une tentative de poésie. C’est-à-dire qu’elle essaye de créer de l’émotion. L’enchevêtrement des phrases et des mots qu’elle emploie est très rythmique. C’est certainement son ambition : arriver à évoquer des  thèmes qui procurent de l’émotion à son public tout en en livrant le moins possible d’elle-même. Elle ne se confie pas, ni en interview, ni dans ses textes, en revanche elle donne une forme d’émotion à ses fans et cela au-delà des histoires qu’elle pourrait raconter. Elle faisait de même dans ses clips ultra-scénarisés. 

2014 avril-Les fans campent depuis le début de la semaine devant la salle de Bercy, les places se sont arrachées en quelques heures seulement. Que vont chercher les fans dans cette personnalité si particulière ? Etre fan de Mylène Farmer, est-ce une façon de se démarquer et d’exprimer sa singularité ?

Être fan est avant tout une façon de trouver sa singularité. Au contact – même imaginaire – de celle que l’on apprécie, on apprend à se connaître soi-même. Premier temps, on s’identifie à la star au travers du personnage et de son imaginaire, puis on apprend à découvrir l’artiste pour ce qu’elle est et non seulement pour ce qu’elle donne, à mesure que l’on se découvre soi, différent et unique à la fois. Mais la grande force de Mylène Farmer c’est de faire du lien entre les individus. Par exemple, ceux que vous citez ne campent pas que pour leur star : ils se connaissent entre eux, se retrouvent, lient pour certains des liens amicaux d’une grande force, parfois plus ! Au travers de leur star, les fans vivent des émotions fortes, et cela aussi est important.  

Pourquoi touche-t-elle un public si large et si éclectique ?

On pourrait voir Mylène Farmer comme un écran de projection : elle est le support de tous les fantasmes car incarne des visages très différents au fil des histoires qu’elle déroule dans ses clips, sur scène, etc. Son talent scénique en fait également une performeuse hors pair qui explique aussi que certaines personnes qui n’apprécient pas totalement ses titres viennent la voir pour les show qu’elle propose. Ces derniers sont unanimement reconnus pour la qualité de la direction artistique et la grande générosité de ce qui est offert au public. A la fois grandiose, intime, authentique et d’une maîtrise très pensée. C’est tout cela à la fois, Mylène Farmer. 

article paru en sept. 2013  

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Une part de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 16 novembre 2013

 

1hSa dernière tournée remonte à 2009. Mylène Farmer avait placé la barre très haut avec un tour de chant ponctué par deux dates complètes au Stade de France. Des « live » à la démesure que l’artiste offre à son public lors de toutes ses représentations. Faisant suite à l’album Point de suture (2008), ils immergeaient les spectateurs dans un univers cohérent et fantasmagorique inspiré de l’exposition controversée d’écorchés Our Body.

Des décors gigantesques aux costumes en passant par les projections vidéos, Mylène Farmer a rappelé son goût du détail, son envie d’offrir du grandiose tout en jouant avec les symboles religieux, souvent rencontrés dans ses clips.

Timeless, un nom qui sonne comme l’univers de la chanteuse : hors du temps, hors des réalités. L’affiche souligne cette part de mystère : l’icône troquera-t-elle sa rousseur légendaire pour le blond platine ? Aucune info ne filtre sur le contenu des shows si ce n’est que, comme en 2009, Mark Fisher (architecte des structures pharaoniques pour U2 et Tina Turner) et Jean-Paul Gaultier ont collaboré.

Des vinyles collector

Concernant la setlist, on peut deviner qu’elle fera la part belle aux chansons de l’albumMonkey Me (dont les 2 singles A l’ombre et Je te dis tout). Toutefois, Mylène Farmer intégrera-t-elle à nouveau ses titres « gold » tels Libertine, Sans contrefaçon, Désenchantéeou privilégiera-t-elle des morceaux moins connus ? Beaucoup de fans espèrent la reprise de titres oubliés sur scène depuis de nombreuses années (Tristana, Sans logique…), pourtant fondateurs de son succès, voire des duos-suprises (Moby, Seal, ayant travaillé avec Mylène Farmer).

 

Pour patienter jusqu’à samedi, les albums studio de Mylène Farmer ont été réédités en vinyles collector le lundi 2 septembre et la chanson Monkey Me (3ème extrait de l’album éponyme) est diffusé en radio. Le compte à rebours est enclenché.

 

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Mylène Farmer : « Je me volatiliserai quand le désir n’existera plus »

Posté par francesca7 le 16 novembre 2013

 

1aLe 3 décembre 2012, Mylène Farmer fera son retour dans les bacs avec un neuvième album, « Monkey Me », devancé par un premier single (« A l’ombre ») dont le clip devrait bientôt être dévoilé. Après plusieurs mois de retrait, la chanteuse sort de son silence et se confie à « TV Magazine » au sujet de ses nouveaux morceaux, son prochain spectacle « Timeless 2013″ et de sa nouvelle amie Betty.

Rarement l’attente entre deux disques de Mylène Farmer aura été aussi brève. Deux ans à peine après avoir publié l’album « Bleu noir », succès en bacs grâce à des collaborations efficaces avec Moby, Archive et RedOne, l’interprète de « Libertine » est de retour avec le single « A l’ombre », qui devance la sortie le 3 décembre de son neuvième opus. Intitulé « Monkey Me », ce disque est à nouveau le fruit d’un travail commun réalisé avec Laurent Boutonnat, qui avant « Bleu noir » avait signé toutes les musiques de la chanteuse. Le compositeur a travaillé sur un disque voulu « éclectique », sur douze morceaux « pop-rock émergeant d’une base électrique, de sons de batteries, de guitares et de saxo ». Toujours auteure, Mylène Farmer signe pour « Monkey Me » des textes « d’une fraîcheur et d’une poésie qu’on ne lui connaissait pas » selon TV Magazine, qui a eu l’exclusivité de la première interview de la chanteuse pour son grand retour.

« On a un an pour se préparer »
C’est avec beaucoup de simplicité et visiblement de franchise que Mylène Farmer s’est confiée au magazine, dans son numéro du 25 novembre à paraître. L’artiste revient sur la parenthèse « Bleu noir », en affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une infidélité à Laurent Boutonnat, avec qui elle forme un tandem solide depuis bientôt trente ans, et évoque « un manque » et « une envie de remonter sur scène » pour expliquer son retour si rapide. La chanteuse a récemment annoncé une tournée pour l’an prochain, « Timeless 2013″, dont les places se sont arrachées en quelques heures.

http://www.chartsinfrance.net

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La part d’ombre de Mylène

Posté par francesca7 le 31 octobre 2013


 La part d’ombre de Mylène dans Mylène AU FIL DES MOTS images-122

Il serait facile de ne voir en Mylène Farmer que la projection de tous nos rêves.

Ne serait-elle « que » cela, ce serait déjà formidable : il n’est pas donné à grand-monde d’incarner à ce point les aspirations d’autrui.

Mais Mylène Farmer est plus que cela. Elle est. Et quand elle nous demande : « A quoi je sers? », on a envie de lui répondre : « à être ».

La fascination que suscite Mylène Farmer a quelque chose à voir avec le culte. Cet ouvrage en est la preuve. Et si j’ai accepter de préfacer Mylène Farmer, la part d’ombre, c’est parce que les auteurs ont pris le parti de pénétrer l’univers de Mylène sous un angle intelligent, surprenant et avec la distance nécessaire. Pour eux, pas de doute : le culte existe, c’est certain.

Pour ma part, j’ai surtout aimé ce que faisait Mylène jusqu’à 1989 inclus. Pendant toute cette période, elle avait mon adhésion totale. Je crois qu’elle a atteint, à cette époque, une beauté assez invraisemblable. En tout cas une perfection formelle que je ne retrouvais pas chez d’autres chanteurs. Cela n’exclut pas que d’autres aspects m’aient plus par la suite. Car Mylène est quelqu’un de beau, qui fait de très belles choses, avec une vraie rigueur d’écriture.

Beaucoup de chansons et de clips de Mylène m’ont marquée. Et ce n’est pas au hasard si l’on retrouve des clins d’oeil à « Sans logique » ou « Maman a tort » dans certains de mes romans… Je pense que Mylène et moi avons ce point commun de donner une version « vraie » de l’enfance, qui n’est pas l’âge rose et enrubanné auquel on a tant essayé de nous faire croire à travers des textes tous plus mièvres les uns que les autres. L’enfance est l’âge de la vie qui m’a le plus bouleversée. Pour Mylène, c’est autre chose. Je l’ai beaucoup interrogée à ce sujet. Elle m’a dit n’avoir aucun souvenir de cette période avant l’âge de 12 ans. Il y a sans doute eu un phénomène d’autocensure.

Outre l’enfance, d’autres thèmes nous sont certainement communs : l’autre comme miroir des plus terribles et une très grande exigence vis-à-vis de l’amour, pour n’en citer que deux. J’ai également ressenti chez elle une sorte de fêlure, que je porte également. En ce qui me concerne, j’ai pu la transformer en un gisement formidable grâce à l’écriture. Il semblerait également que Mylène ait fait quelque chose de sa fêlure. Je suis convaincue d’une chose, dont elle n’a pas conscience : Mylène, par le biais de ses chansons, a aidé bien des personnes dans leur vie. Et rien que cela, c’est déjà un aboutissement.

Pour toutes ces raisons, j’étais très curieuse de la rencontrer, comme, je crois, elle était aussi très curieuse de me découvrir.

Notre rencontre s’est produite un peu par hasard, à l’occasion d’une interview croisée pour l’édition allemande du magazine Vogue. C’était en décembre 1995, trois jours avant Noël. Nous nous sommes retrouvées dans un grand hôtel parisien, autour de l’objectif de Marianne Rosenstiehl, dont j’adore le travail et qui a parfaitement su restituer l’atmosphère de cette rencontre. Je suis donc venue le plus simplement du monde, en métro, participer à cette interview réciproque. Quand je suis arrivée, Mylène était en train de se faire coiffer et maquiller depuis plusieurs heures, comme la vraie star qu’elle est. J’étais un peu intimidée! Ce contraste est sans doute un élément du personnage : parvenir à mettre de l’émotion et de l’intimité dans la démesure, deux sentiments que j’éprouvais par la suite.

L’interview a duré deux heures et j’ai été ravie de la façon dont il s’est déroulé. Aussi ai-je accepté avec plaisir l’invitation de Mylène Farmer à passer le reste de la journée ensemble. La soirée s’est prolongée très tard et nous avons échangé beaucoup de choses. Un vrai moment privilégié. Il n’y a pas vraiment eu de suite, mais je pense qu’elle m’a fait un très beau cadeau.

Pour avoir côtoyé Mylène, je pense qu’elle cultive l’inaccessibilité qui la caractérise. Mais je crois aussi qu’une part lui échappe. J’ai pu m’apercevoir que, lorsqu’elle est cordiale, et elle peut assurément l’être, on sent quand même, quelque part, une muraille de glace. Il semblerait qu’elle n’y puisse rien. Attention, loin de moi l’idée de présenter Mylène Farmer comme une victime. Mais cette muraille de glace, sans doute, la rend prisonnière de quelque chose

Ainsi soit-elle !

—> citation de Amélie Nothomb

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interview de Mylène pour Timeless 2013

Posté par francesca7 le 19 septembre 2013

interview de Mylène pour Timeless 2013 dans Mylène 2013 - 2014 images-22

Mylène Farmer était l’invitée du JT de Laurent Delahousse, dimanche soir dernier sur France 2. La chanteuse a répondu comme toujours poliment et posément à une interview hors du temps et qui a été suivie par 7,4 millions de téléspectateurs.

Mylène Farmer, qui a entamé une série de concerts à Bercy dont les places se sont vendues en un temps record, n’est pas du genre à se plier à l’exercice de la promo. Cela fait partie de son mystère et sans doute de son intégrité. Elle remplit sans promo et sans peine, les salles de concert et vend une quantité de disques que même la crise n’a pas limitée. J’ai beaucoup de respect pour cette artiste qui cultive une star-attitude à “l’ancienne” à une époque où l’on sait tout sur tout le monde. Même l’intime, même l’indigeste et l’indicible. C’est pour cela sans doute que j’attends toujours beaucoup d’un entretien avec Mylène Farmer que j’ai moi-même interviewée il y a une quinzaine d’années nous dit l’auteur de ce passage : isabelle aithnard dans blogs lexpress Mylène Farmer répond à toutes les questions, ne se dérobe pas et quand ça devient trop personnel, elle sait esquiver avec panache. C’est un auteur après tout, elle sait donc (ab)user des mots pour vous faire ravaler les vôtres.

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A bientôt 52 ans, Mylène Farmer est une femme forte et intelligente pas un petit être fragile qu’il faudrait ménager sous prétexte qu’elle a cette allure frêle, mi-faon mi-oiseau tombé du nid. Je n’ai donc pas compris qu’on lui pose les questions convenues, semblables à celles qu’on adresse à des jeunes femmes comme Selena Gomez et autres stars américaines formatées, cornaquées… Ces questions interchangeables, sans  effet ni relief qu’on ne trouverait évidemment pas sur les fiches du plus mauvais des stagiaires de chez Taddéi, Ardisson ou Pascale Clark. Une interview que je ne qualifierais pas de TIMELESS ( intemporelle) mais de out of time… hors du temps. Et même out of tune (qui sonne faux comme quelqu’un qui chante faux).

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« Ce n’est pas la dernière fois qu’on vous verra sur scène ?« , demande Laurent Delahousse. Dimanche 8 septembre, le présentateur du « 20 heures » de France 2 se fait l’écho, dans un entretien pré-enregistré, de l’interrogation qui agite une partie des fans de Mylène Farmer. Et si la tournée « Timeless 2013″, sixième de la chanteuse depuis 1989, était l’ultime grand spectacle de l’artiste, dont la carrière a commencé en 1984 ? « J’ai le sentiment que c’est toujours la dernière fois, donc je ne sais pas répondre à cette question », dit-elle.

Pour l’heure, la tournée de Mylène Farmer est prévue jusqu’au 6 décembre 2013, à Nice, avec passages dans de vastes salles à Lyon, Montpellier, Nantes… Et des visites en Suisse, Russie, Belgique. Depuis le 7 septembre et jusqu’au 21, c’est au Palais omnisports de Paris-Bercy (PoPB). Trente-neuf concerts, 420 000 places vendues, de nombreuses soirées affichant complet depuis des mois. Comme au PoPB, ce dimanche 8 septembre 2013, pour deux heures de spectacle, mis en scène par l’auteur-compositeur, producteur et cinéaste Laurent Boutonnat et scénographié, comme en 2006 et 2009, par Mark Fisher (mort le 25 juin).

Quand il est arrivé sur France télévisions en 2006, Laurent Delahousse avait l’ambition de changer la formule du JT, traditionnelle accumulation de reportages de 2 minutes sur les sujets du jour. Il voulait faire un journal plus long, qui laisserait la place à des reportages de plusieurs dizaines de minutes et des débats avec des invités qui réagissent aux sujets. Exactement l’inverse du journal télé français classique. Mais là, bauf, moi aussi je suis déçue des questions…

 

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