6 MINUTES AVEC MYLENE

Posté par francesca7 le 22 juin 2015

 

1996-0225 MAI 1996 - M6

Le jour du lancement du Tour 96, une équipe de M6 Toulon Marseille l’y a rencontrée pour quelques images diffusées dans le 6 Minutes national, sous le titre : « Le retour ». On découvre alors, dès la première image,

Mylène en chemisier beige, assise dans le fauteuil orange du Tour 96, placé au centre de la scène.

Mylène Farmer : Traqueuse, mais heureuse. Heureuse de le faire en tout cas !

(en voix­off sur un extrait du clip « California ») Mylène Farmer a le trac. Et pour cause : elle n’est pas montée sur scène depuis huit ans. (sic) (sur des images de Mylène prenant place sur le fauteuil) Son retour, elle a décidé de le faire en grand : une tournée de dix ­neuf concerts. On connaît son goût pour l’image : derrière elle, ses musiciens et ses danseurs, il y a un écran géant de neuf tonnes.

MF : Il y a d’excellents musiciens qui m’entourent. J’ai de très, très bons danseurs. Ils viennent tous des Etats ­Unis, non pas parce que les danseurs français ne sont pas bons, mais tout simplement, j’avais envie d’un métissage donc c’est plus facile aux Etats­ Unis pour trouver ce métissage, cette différence de couleurs de peau. Je suis bien entourée.

(sur un extrait du clip de « California ») Mylène Farmer en tournée, ça commence ce soir, au Zénith de Toulon, avec M6.

 

SIDA, LE GRAND RANDEZ-VOUS

4 JUIN 1987 - Présenté par Jean-Marie CAVADA
ANTENNE 2

A l’époque diffusée sur Antenne 2, cette édition de « La Marche du Siècle » est exemplaire puisqu’il s’agit de l’une des toutes premières émissions en France en prime-time consacrée au Sida. A l’initiative de Line Renaud se sont réunis sur le plateau du débat de Jean-Marie Cavada un grand nombre d’artistes venu afficher leur engagement pour cette cause.
C’est le cas de Mylène qui, en cours d’émission, interprète « Au bout de la nuit ».
1987-09-aPlus tard dans l’émission, Jean-Marie Cavada fait réagir les différents artistes présents sur le plateau. Il se tourne donc, entre autres vers Mylène.

Jean-Marie Cavada : Mylène Farmer, ça vous apparaît aussi à vous la grande peur de la fin du siècle, le Sida ?
Mylène Farmer : Ca m’apparaît… ?! Je n’ai pas compris. 

JMC : La grande peur de la fin du siècle. 
MF : Ca transparaît en tout cas. Le fait que cette émission ait lieu, je pense que c’est quelque chose, oui, qui est très, très grave. C’est un fléau. Maintenant, que dire ? Moi j’ai côtoyé la mort de très près, j’ai vu une personne partir avec un problème de cancer. C’est quelque chose de dramatique et la vie est parfois une vaste plaisanterie. Voilà, je ne sais que dire…

Jean-Marie Cavada fait réagir ensuite Marc Lavoine. Mylène n’intervient plus jusqu’à la fin de l’émission. Notons toutefois qu’étant placée derrière Line Renaud et Jean-Marie Cavada, on la voit très, très souvent à l’image.

 

 

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MYLENE ET ENQUETE TELE

Posté par francesca7 le 22 juin 2015

 

TÉLÉ 7 JOURS 4 NOVEMBRE 1995

1995-05-cSon étrange confession Entretien avec Fabrice GUILLERMET

Vous avez appelé votre nouvel album « Anamorphosée ». Encore des jeux de déformation, de travestissement, la fuite de la réalité…

­ L’anamorphose est un phénomène optique qui rassemble les rayonnements épars. Ma perception de la vie s’est élargie. C’était le meilleur moyen de concentrer cette vision.

Qu’est­ce qui a élargi cette perception ?

­ Voyager. En voyant d’autres choses, d’autres gens, d’autres pays, j’ai enfin accepté la vie. Je suis moins hantée par la vie. Je suis apaisée à l’idée qu’il y ait une vie après la mort. L’idée de la mort m’a longtemps attirée, impressionnée et oppressée. Aujourd’hui, je me suis libérée de cette hantise.

Accepter la vie en acceptant la mort est une chose, s’accepter soi­même en est une autre…

­ Cela fait partie du même mouvement : un long chemin, une façon de relativiser…

Dans votre manière de vous protéger, vous pourriez donner l’impression de vivre hors du monde, entre limousines, suites d’hôtels et villas…

­ Je suis partie de Paris pour avoir une sorte de perte d’identité. A Los Angeles, personne ne me connaît. En me promenant dans la rue en toute liberté, j’ai réveillé des sens que je croyais avoir oubliés. J’étais atrophiée.

Je suis allée là­bas parce que j’avais à la fois besoin d’atmosphère urbaine et d’espace. Île déserte et cocotiers ne me conviennent guère !

Qu’est­ce qui vous était devenu insupportable, ici ?

­ L’idée de l’enfermement, justement, que je m’étais imposé et que mon métier entretenait.

Et ce rapport exclusif que vos fans ont avec vous ?

­ Je ne me suis jamais sentie agressée, mais j’ai du mal à comprendre qu’on puisse m’attendre des journées entières, voire des nuits, devant ma porte. Comment répondre à cette attente ? L’enfermement étant dans ma nature profonde, je me confinais dans cet univers très clos.

Dans l’image que vous avez peaufinée avec Laurent Boutonnat, ces photos tellement surexposées qu’elles n’impressionnaient pas vos traits, n’y avait­il pas le désir d’être transparente, absente ?

­ Sûrement plus qu’une simple volonté esthétique. J’ai toujours en moi le conflit entre l’ombre et la lumière… Quels rapports entretenez­vous avec votre corps ? Vous trouvez­vous bien dans votre peau ?

­ C’est une question pour la rubrique ‘Santé’ ! Plus sérieusement, sur le chemin de l’équilibre, je bascule encore vers l’angoisse. Je ne me suis jamais trouvée jolie, cela ne change pas. A force de ne pas s’aimer, on se ferme aux autres.

Vous avez donc décidé de vous aimer ?

­ De m’accepter et de ne plus me concentrer sur moi­même.

Vous avez souvent évoqué la psychanalyse. Sans sauter le pas ?

­ Je crois avoir fait toute seule un chemin qui s’en approche.

Dans ce chemin, y a­t­il l’aide de Laurent Boutonnat ?

­ Certainement, mais je crois qu’il faut être seul à un moment donné. C’est plus un monologue qu’un dialogue.

Evidemment, Laurent est présent dans ma vie, dans ma vie de tous les jours. Sa présence m’est très importante.

Vous avez tous les deux presque le même âge. Pourtant, dès votre rencontre il a tenu le rôle du mentor, voire du Pygmalion…

­ La seule évidence dans notre rencontre est une chance réciproque qui ne s’est jamais démentie. Sa force est d’avoir une caméra dans la tête qui façonne sans cesse des images. Il n’écrit pas seulement les musiques de nos chansons !

Jamais vous n’avez travaillé séparément, jamais une infidélité. Aucune lassitude ?

­ Aller voir ailleurs ne m’a même pas effleurée !

Dans une des chansons de l’album, vous évoquez le Prozac. Est­ce que les antidépresseurs vous accompagnent ?

­ Je n’en ai jamais absorbé. Je vais m’en tirer par une pirouette : ça a été juste l’occasion d’un jeu de mots.

1995-05-bEt dans « California » : ID, LAPD… N’y a-­t­-il pas du snobisme dans ces allusions indéchiffrables pour qui ne connaît pas Los Angeles ?

­ Au contraire ! J’espère que les gens s’amuseront à aller chercher. C’est ludique !

Votre goût des jeux de mots, comme « Eaunanisme », une autre chanson, c’est un plaisir ancien ou solitaire ?

­ J’aime les mots depuis toujours, leur sonorité et m’amuser avec, voilà tout !

Un côté enjoué que vous nous aviez caché ?!

­ Ma manière d’évoquer la joie n’est peut­être pas décodable facilement. J’ai en moi de l’humour, plus que de la joie.

Pour défendre cet album, on ne vous verra pas à la télé, ou alors très peu, peut­être dans Fréquenstar sur M6. (si Mylène fera plusieurs apparitions à la télévision pour défendre son nouvel album, on ne la verra pas à Fréquenstar, nda) Est­ce encore le besoin de se faire rare ?

­ Rencontrer les médias est un exercice qui m’est toujours aussi difficile, et puis la télévision est de plus en plus anecdotique et inintéressante. Je n’ai pas la prétention de me prétendre au­dessus de cela, mais si je vais à une émission, je veux toujours y trouver mon intérêt.

Sur quoi êtes-­vous le plus critique ?

­ Le clonage, cette tendance à la multiplication des mêmes images et des mêmes propos, et le cynisme. L’invité devient de plus en plus le faire­-valoir de l’animateur. Je la regarde de moins en moins. Depuis mon retour à Paris, seuls les programmes de la chaîne Planète m’intéressent vraiment.

Apparaissant tout à tour mystérieuse puis dévoilée, navigant dans l’ambiguïté, êtes­vous vous­même ambiguë ?

­ Prenons l’exemple d’une relation amoureuse : le non-­dit, une certaine ambiguïté, l’idée de secret me paraissent essentiels pour sa réussite. Et puis, que voulez­vous ? Oui, cela est dans ma nature !

Face à un problème, êtes­-vous hésitante ?

­ Je suis intuitive, même si je prends le temps de réfléchir. Les doutes font aussi partie de moi, pas l’hésitation.

Êtes-­vous indépendante ?

­Je le pense, mais j’ai besoin de l’autre : on apprend toujours de l’autre. Une solitude permanente m’est impossible.

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CENDRE DE LUNE s’exprime dans TÉLÉ MAGAZINE

Posté par francesca7 le 19 juin 2015

 

9 AOÛT 1986 – LAURENCE DE WIT

1986-34Mylène, vous êtes née au Canada ?

-Oui, en 1961. J’y ai vécu jusqu’à l’âge de huit ans et ensuite je suis venue en France. Mon père était ingénieur des ponts et chaussées, il était parti au Québec pour participer à la construction du barrage du Manicouagan.

Vous n’aimez pas votre enfance ?

-Je n’en ai aucun souvenir, ce qui veut dire qu’effectivement je n’aime pas cette période de ma vie. Je me sens plus à l’aise avec les gens plus âgés que moi. Les enfants ne m’intéressent pas, ils sont trop naïfs, trop inconscients et ça me fait peur.

Depuis combien de temps chantez-vous ?

-J’ai arrêté mes études en terminale, à dix-sept ans. J’étais attirée par les métiers artistiques, par la chanson surtout qui me paraissait plus accessible que le cinéma. Et puis par hasard j’ai rencontré Laurent Boutonnat qui est compositeur et on a eu envie de travailler ensemble il y a deux ans. Ca a donné ma première chanson, « Maman a Tort », qu’il avait écrite avec un autre producteur. Ils ont procédé à un casting et j’ai été choisie. Jusque-là j’avais suivi des cours de théâtre et j’avais été mannequin, et aussi travaillé dans la mode et la publicité.

Quelle qualité vous séduit le plus chez les gens ?

-La pudeur. Et ça ne va pas à l’encontre de la provocation qui m’est nécessaire pour m’exprimer. Je suis née pessimiste, mais j’aime tout ce qui est extrême, je suis passionnée et romantique, et le métier que je fais me convient parfaitement, il se passe toujours quelque chose, je ne m’ennuie jamais.

Toute votre vie est axée sur votre carrière ?

-En ce moment, forcément oui, parce que je débute. Mais je ne voudrais pas oublier le reste. Je ne sais pas encore si c’est possible ou non. Je ne lis plus, je ne peins plus, je peignais à la gouache des insectes, des animaux bizarres. Mon seul compagnon c’est E.T, un singe capucin que j’ai acheté en me promenant sur les quais il y a deux ans.

Vous avez d’autres animaux ?

-Non, mais j’aime les félins pour leur beauté et leur grâce et si je n’habitais pas dans un appartement, j’aurais un loup, un de ces grands loups blancs et gris que j’admire pour leur nature sauvage et craintive en même temps.

Votre chanson et votre clip « Libertine » se situent au XVIIIème siècle, pourquoi ?

-Le XVIIIème siècle est le siècle du libertinage, c’est-à-dire un doux mélange de décadence et de folie. C’est une certaine naïveté, une quête du bonheur par les plaisirs. Il me semble que les gens étaient plus heureux à cette époque-là.

1986-32Quels vêtements aimez-vous porter ?

-Je suis très à l’aise dans ces vêtements du XVIIIème siècle justement, mais bien sûr, je ne peux pas m’habiller comme ça dans la vie quotidienne. D’un autre côté, la mode ne m’intéresse pas. J’aime porter des choses sophistiquées que je découvre au hasard des boutiques.

Pensez-vous faire bientôt de la scène ?

-Je ne suis pas encore prête. Je suis perfectionniste et avant de faire un spectacle en direct, je veux encore travailler. Pour le moment, je vais me reposer un peu, je vais rester à Paris, lire, aller au cinéma, les vacances quoi ! En septembre prochain, je sors un nouveau 45-tours que je commence déjà à préparer. Les chansons seront dans la lignée des précédentes, elles seront le reflet de ce que j’aime : l’humour, la provocation, et une atmosphère entre l’innocence et la perversité.

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MYLENE – RENCONTRE DU 3ème TYPE

Posté par francesca7 le 14 juin 2015

 

GIRLS du 24 SEPTEMBRE 1986 – DIDIER REBOUL

 

Qui est à l’origine de ce clip ?

-Laurent Boutonnat et moi-même.

MYLENE FN’est-il pas rare d’investir autant dans un clip, surtout pour une chanteuse qui en est à son troisième disque ?

-Connaissez-vous le prix de revient de ce clip ?

Non.

-Voilà. Je ne dirai jamais combien ce clip a coûté exactement, mais il a coûté bien moins cher que la moitié des clips. Bon, cela posé, il est vrai qu’investir sur un clip, c’est un peu à perte pour les producteurs, j’ai tout à y gagner.

N’est-ce pas un clip d’une seconde génération, c’est-à-dire que l’image prime sur la musique ?

-Non, je ne pense pas que la musique soit moins prépondérante que l’image. Au contraire, je les trouve en parfaite osmose. Quand je dis musique, je pense à la musique « Libertine » et aux musiques additionnelles, je crois que c’est là où réside la vraie nouveauté, c’est ce qui donne à ce clip cet aspect court métrage.

Parlons-en de l’aspect court métrage : qui a réalisé les décors, les costumes ?

-Pour le décor nous avons fait appel à Emmanuel Sorin spécialisé dans les décors de films publicitaires et les longs-métrages. Je crois qu’il a très bien su recréer cette atmosphère XIXème siècle. Nous avons tourné dans un magnifique château en Normandie (il s’agit ici soit d’une erreur de Mylène, soit du journaliste lors de sa retranscription. Les deux châteaux ayant accueilli le tournage sont tous deux situés en Seine-et-Marne, nda). Quant aux costumes de Corinne Sarfati, ils sont le reflet très rigoureux de ce qui se portait à l’époque. Je ne suis pas intervenue au niveau des décors et des costumes, à chacun son métier, en revanche j’ai choisi les comédiens principaux, la jeune fille qui joue la rivale (Sophie Tellier, nda) est une danseuse professionnelle qui rêve de jouer la comédie. Le jeune homme (Gérard Nublat, nda) aussi exerce un métier artistique. Quant à la figuration, ce sont des personnes qui sont passionnées de théâtre.

N’as-tu pas peur de choquer avec un texte si audacieux ?

-Choquer ? Non, si ça a été le cas, cela ne me dérange pas, mieux vaut choquer que laisser indifférent. L’idée originale du texte de « Libertine » était : « Je suis libertine, je suis une putain ». Le parolier a préféré catin, c’était plus grand siècle, et il a réussi à me convaincre. Je ne sais pas ce qui se serait passé avec ce texte là. Peut-être la naissance d’une révolte !

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LA ROMANCE D’UNE MYLENE RENARDE

Posté par francesca7 le 9 juin 2015

 

TÉLÉRAMA - 28 OCTOBRE 1995

 

 Farmer Mylene

JOURNALISTE(S) : ANNE-MARIE PAQUOTTE

 

À propos du titre de l’album, « Anamorphosée » :

-Pour moi, ce mot exprime à la fois une perception plus large du monde et un moyen de rassembler toutes ces impressions, toutes ces sensations dans une seule image. 

À propos des guitares, omniprésentes dans le nouvel album :

-Ce sont elles ici qui portent la violence, plus que les mots. ‘Violence’ n’est pas le mot juste : c’est plutôt d’énergie qu’il s’agit. 

À propos du fait qu’elle a les bras grands ouverts dans le clip « XXL » :

-Moi qui avais plutôt tendance à les fermer ! 

À propos de son goût pour la provocation :

-Dans la vie comme en littérature, j’aime les personnages provocants. Ils sont le contraire de la tiédeur. 

À propos du ton radicalement moins pessimiste de ce nouvel album :

-C’est plus difficile de parler d’espérance que de partager le dégoût. 

À propos du fait que le public pourrait ne plus la suivre :

-Ma vie ne se résume pas à une chanson !

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MYLENE ET LES ENFANTS DE LA GUERRE

Posté par francesca7 le 31 mai 2015

 

TF1 du 27 NOVEMBRE 1996

 

hqdefaultJOURNALISTE: JULIEN COURBET

 

Mylène Farmer apparaît dans ce grand show de prime time autour de Luciano Pavarotti qui parraine War Child, un réseau d’associations qui viennent en aide aux enfants touchés par la guerre à travers le monde pour interpréter « Rêver » et répondre aux questions de Julien Courbet très brièvement en raison d’un triste évènement qui a bouleversé le déroulement de l’enregistrement de l’émission : avant d’arriver sur le plateau, Mylène vient en effet d’apprendre le décès d’un proche.

Après avoir interprété son dernier single en date dans la robe lamée qu’elle porte sur scène pour la même chanson et entourée de musiciens différents de ceux qui l’accompagnent sur scène, Mylène rejoint le canapé où l’animateur se trouve aux cotés de Luciano Pavarotti sous les applaudissements du public (dont une partie est composée de membres du Mylène Farmer International Fan Club).

Mylène Farmer : Merci beaucoup.

Julien Courbet : Mylène, cette chanson était de circonstance, « Rêver », quand on voit -alors on a vu ensemble il y a quelques instants, avant le démarrage de cette émission, le reportage qui va suivre, puisque nous allons maintenant parler des orphelins des Enfants de la Guerre. Quand vous avez vu ce reportage, Mylène, vos premières pensées, ça a été quoi, de voir tous ces enfants sans parents ?

MF : D’abord une grande émotion, bien sûr. Manque de mères, manque de femmes autour d’eux. Et surtout, je voudrais dire que je crois que c’est une très belle idée que d’associer la musique à cette douleur, à ce manque donc je suis toute avec eux. (sourire)

JC : En tout cas, c’était bien que vous soyez avec nous ce soir, Mylène.

L’émission continue alors sans que Mylène n’intervienne plus. Elle quitte en effet le studio aussitôt après, ce qui provoque la colère des nombreux fans qui avaient fait le déplacement spécialement pour la voir et à qui on avait promis une présence en plateau plus longue. C’est Mylène elle-même qui donnera pudiquement la raison de ce changement de planning au responsable du fan-club lors de son départ.

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Heureux qui comme Mylène a fait un long voyage

Posté par francesca7 le 2 mai 2015

 

 

35401 … Confes­sions de Mylène.

Gala: Vous venez d’ache­ver votre tour­née Time­less 2013. Reve­nir à la vie normale se révèle-t-il plus verti­gi­neux que de se lancer dans une pareille aven­ture?

Mylène Farmer:La fin d’une tour­née est toujours un moment extrê­me­ment brutal. C’est un peu comme la fin d’un voyage astral, il faut réin­té­grer son corps. Le choc est à la mesure des émotions parta­gées avec le public… Mais aussi avec les musi­ciens, les danseurs, les équipes, les proches… Il faut du temps pour reprendre le rythme du quoti­dien. Pour autant, je suis consciente de ne pas vivre une vie tout à fait «normale». Le mot qui me vient à l’es­prit, c’est «réap­pri­voi­ser» le temps, juste­ment. On ne s’ha­bi­tue jamais à une telle charge d’émo­tion. Pendant une tour­née, le corps et l’es­prit déploient des trésors d’in­gé­nio­sité pour trou­ver la force. A présent, le moment est venu pour moi de lâcher prise… Et ce n’est pas simple…  

Gala: Le senti­ment de soli­tude, à la fin d’une tour­née, est donc plus une peine qu’un besoin?

Mylène Farmer: Ce n’est ni une peine, ni un besoin, mais une réalité. Après le dernier spec­tacle, il faut accep­ter de ne plus avoir rendez-vous avec des milliers de personnes. C’est ainsi. Mais l’éphé­mère rend aussi la scène magique et les échanges avec le public excep­tion­nels. Le senti­ment de soli­tude qui s’en suit est le prix à payer.  

Gala: Vous avez pris les routes de France, de Belgique, de Suisse et même de Russie. Le dépay­se­ment, la remise en ques­tion de vos habi­tudes pari­siennes: cela vous demande-t-il un effort ou est-ce une attente?

M.F.: J’aime l’idée de rendez-vous. Aller au devant des autres avec sincé­rité et être reçue de cette façon si extra­or­di­nai­re… C’est un bonheur et une chance. Je suppose que, comme tout le monde, j’ai des habi­tudes, mais ce n’est vrai­ment pas ma spécia­lité. Je m’ennuie vite. La norma­lité me fait peur.  

Gala: Vous n’êtes pas de ces artistes qui se créent des rituels en tour­née?

M.F.: Je vais vous déce­voir! Il n’y a ni rituels mystiques, ni incan­ta­tions vaudous! (Rires) Mais pour être tout à fait honnê­te… Je me surprends à tout ranger, tout remettre droit dans ma loge, avant de la quit­ter. Pour le reste, il est ques­tion de concen­tra­tion, de travail, de répé­ti­tions, de sport, de repos et, plus fonda­men­tal encore, de m’en­tou­rer d’esprits bien­veillants qui essaient de me soute­nir comme si j’al­lais courir un mara­thon.  

Gala: Sur scène, vous étiez entou­rée de six musi­ciens, deux choristes et six danseurs. Avez-vous l’im­pres­sion de recréer une famille à chaque tour­née?

M.F.: Une famille recom­po­sée, en quelque sorte. C’est l’occa­sion de retrou­ver les siens et de décou­vrir les nouveaux venus. Le lien entre tous ces talents est clé.L’esprit d’équipe m’aide beau­coup. Comme dans toute famille, on se redé­couvre aussi avec le temps. C’est une source d’inspi­ra­tion. Une tour­née est une cara­vane qui vit à huis clos des moments intenses. On se sépare à la fin du voyage avec la promesse de se revoir…  

Gala: Quels étaient les défis de ce sixième spec­tacle?

M.F.:J’ai une pensée toute parti­cu­lière pour Mark Fisher qui a imaginé le décor. Il nous a malheu­reu­se­ment quit­tés avant de voir le spec­tacle. C’était un homme discret, créa­tif et élégant. Je l’ai remer­cié chaque soir… Le prin­ci­pal défi artis­tique était de créer de l’inti­mité dans la déme­sure. Huma­ni­ser la tech­no­lo­gie. Faire danser des robots sur une musique de Schu­bert… Les inté­grer dans le spec­tacle non comme des « machines excep­tion­nelles », mais comme des parte­naires de jeux… Philippe Stege­mann, leur créa­teur, a aussi réussi cet exploit… Je ne remer­cie­rai jamais assez Jean-Paul Gaul­tier pour sa géné­ro­sité, sa folie, son humi­lité. Ainsi que toutes les équipes pour leurs talents. Quant à l’ef­fort physique, je remer­cie mes muscles d’avoir encaissé toutes ces cour­ba­tures!  

Gala: On a pu remarquer que vous mettiez désor­mais en avant votre voix.

FanFrancoise3M.F.: C’est un long travail sur soi. La voix est un révé­la­teur de l’âme. Brel confes­sait que pour lui, chan­ter devant un public est anor­mal. Terri­ble­ment impu­dique. J’ai toujours partagé ce senti­ment… Et pour­tant… Cela passe par l’accep­ta­tion de soi et il faut au moins une vie pour s’accep­ter, ne serait-ce qu’un peu. Je ne suis pas encore tota­le­ment en paix avec cela, mais les pour­par­lers ont bien avan­cé…   

Gala: L’amour, comme une irré­pres­sible «force qui va» selon la formule hugo­lienne, impré­gnait très clai­re­ment la tour­née. C’était un parti pris?

M.F.: Pour Victor Hugo, l’amour est une descente abys­sale qui se termine dans le sang. L’homme amou­reux qui détruit tout sur son chemin est mû par une force surna­tu­relle. Cela ne laisse pas beau­coup d’espoir. J’aime à penser que ce grand monsieur a aussi écrit Stella (poème sur la renais­sance du monde, après sa destruc­tion, ndlr). Une lueur peut-être? Reste à savoir si l’amour est de nature à détruire systé­ma­tique­ment. Je commence à comprendre pourquoi je préfé­rais dispa­raître à la fin du spec­tacle dans un nuage de fumée! (Rires) 

Gala: En amour, le plus brûlant, pour vous, c’est: l’es­pé­rer, le vivre ou le pleu­rer?

M.F.: Le faire! Quand l’amour se conjugue au présent, les sens prennent le pouvoir. Au passé ou au futur, il laisse place à la raison et à son cortège de doutes qui exercent leur dicta­ture impi­toyable. 

Gala: Sur cette tour­née, on vous a décou­verte souriante, non dénuée d’hu­mour, voir même presque volu­bi­le…

M.F.: Les clowns tristes ne sont un mystère pour personne. Mais appa­rem­ment, les téné­breux drôles restent une énigme! L’humour est une anti­dote précieuse. Je n’ai jamais cessé de me le rappe­ler, même dans les moments les plus sombres. Un instinct de survie, je suppo­se…  

Gala: Le plai­sir pour vous, aujourd’­hui, c’est…

M.F.: Etre libre de parta­ger les émotions simples du quoti­dien avec ceux que j’aime ou dans ma soli­tude appri­voi­sée … C’est dans cette liberté-là que je recon­nais le plai­sir. Entre l’ombre et la lumière, j’ai choisi la lumière. J’ai choisi une vie de liberté. Avant que l’ombre, je sais, ne s’abatte à mes pieds… 

Gala: La formule Time­less n’était pas sans évoquer l’idée d’im­mor­ta­lité. Est-ce pour vous: une ambi­tion? Un espoir?

M.F.: L’im­mor­ta­lité?  Très peu pour moi. Time­less évoque plutôt l’in­tem­po­ra­lité. S’ex­traire du sablier permet d’en­vi­sa­ger la vie avec plus de séré­nité, de recul. Dans un monde qui accé­lère, c’est un luxe aussi.L’immor­ta­lité est la promesse d’un ennui éter­nel, non? Je laisse cela aux dieux ou aux fous… Pour ma part, je vis chaque instant comme il vient. 

Gala: Le show inspi­rait un voyage dans le temps. Si vous le pouviez, revien­driez-vous dans le passé ou vous projet­te­riez-vous dans le futur?

M.F.: Le temps est une obses­sion humaine. Proba­ble­ment le plus grand péché d’orgueil de l’homme. La vie d’un être est une paren­thèse enchan­tée, avec de longues périodes de désen­chan­te­ments. Le temps est un repère qui permet d’accu­mu­ler des souve­nirs et donne une impres­sion de cohé­rence à ce que l’on vit. Si les amné­siques dérangent, ils n’en sont pas moins vivants. Le bonheur se cache proba­ble­ment dans le droit à l’oubli. 

Gala: Sont-ce vos souve­nirs ou vos rêves à réali­ser qui vous tour­mentent le plus?

M.F.:Nous n’avons aucun pouvoir sur les rêves, même éveillés, ils sont intru­sifs… Ils ne faci­litent pas le bonheur… Mes souve­nirs me laissent en paix, puisque pour la plupart, je les ai oubliés… Enfouis… Égarés. 

1fGala: Etes-vous capable d’in­dul­gence et de pardon pour les proches qui vous auraient déçus?

M.F.: D’in­dul­gence, je ne crois pas… Pour moi, il s’agit d’une posture, d’un renon­ce­ment à son instinct. J’ai le senti­ment qu’a­vec l’in­dul­gence, l’autre n’existe pas…  Le pardon, lui, me semble une néces­sité.Pardon­ner, c’est prendre le chemin de la remise en ques­tion de l’autre et de soi. Chemin certes plus long, mais indis­pen­sable au bonheur. Pour les  boud­dhistes, le pardon permet de savoir que rien ne sera plus jamais comme avant, unique condi­tion pour progres­ser. 

Gala: A plusieurs reprises, durant la tour­née, vous avez fait monter de jeunes enfants sur scène. Vous semblez extrê­me­ment à l’aise avec eux. 

M.F.: Quand je croise leurs regards, ils me boule­ver­sent… Une petite fille, dans mes bras au milieu de cette scène immense, émue aux larmes, est un moment fragile et fort.  

Gala: Vous avez fréquenté le Cours Florent. Si vous aviez le choix: à quel acteur donne­riez-vous la réplique, devant la caméra de quel réali­sa­teur?

M.F.: Si j’avais le choix? Steve McQueen dans un film de David Lean… Ou… Idris Elba dans un film de Jane Campion

Gala: Votre vie a déjà fait l’objet de biogra­phies plutôt «roma­nesques». Etes-vous flat­tée, amusée ou irri­tée d’être «l’hé­roïne» de certains écrits?

M.F.:Je ne lis aucune biogra­phie me concer­nant, mais je suis plutôt amusée par les extra­va­gances qui circulent. Certains ont horreur du vide, alors ils donnent libre cours à leur imagi­na­tion. C’est du fantasme, pas de l’infor­ma­tion. Un signe de notre temps.

 Gala: Un singe capuçin, prénom­mée E.T., a partagé votre quoti­dien pendant près de trente ans. Depuis plus d’un an, c’est au tour d’un berger suisse blanc, Liloup, aux allures de louve. Qu’est-ce que ces deux compa­gnons révèlent de vous? 

M.F.: Je les consi­dère comme des intimes. Ce sont des êtres sensibles pour qui seul le regard suffit. Ils sont la preuve que l’on peut aimer au-delà des mots. 

Gala: A la fin de chacun de vos concerts, vous avez disparu dans un nuage de fumée. Vous quit­te­rez le métier avec autant de douceur?

M.F.: « S’il te plaît prends ma main, ne te fais plus attendre, il est temps de s’étreindre, il est temps de s’éteindre, une dernière ciga­rette ». Comme le chante si bien Saez… Je ne sais que vous répondre puisque… Je n’ai moi-même la réponse. Partir en fumée… De toutes façons… C’est inéluc­table.  

Gala: Mylène Farmer est-elle une insa­tiable?

M.F.:« Souviens-toi que le Temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup! C’est la loi. » (elle cite le poème L’Hor­loge, de Baude­laire, ndlr) Jouons encore un peu... En atten­dant la fin de la partie.

source : http://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars

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TÉLÉPRO – Entretien de Mylène avec François TRISTAN

Posté par francesca7 le 26 avril 2015

 

 

25 MAI 1991

1991-09-bA propos d’envisager les vidéo­clips comme du cinéma :

­ Je ne pense pas clip d’un côté et cinéma de l’autre. Quand nous préparons un clip, nous avons l’impression de déjà faire un film. Quant à tourner un long­métrage, nous avons déjà eu un projet qui n’a pas abouti. Il y en a un autre aujourd’hui. Sinon, on m’a proposé des rôles, mais qui n’étaient pas intéressants car les réalisateurs copiaient les personnages de mes clips, ne faisaient preuve d’aucune imagination. Une seule fois, j’ai refusé­ à regret car j’étais occupée par la scène ­ c’était avec Nicole Garcia.

A propos du titre de son nouvel album :

­ Avant, le réel ne m’intéressait que par rapport à moi, à mes angoisses. Mais j’ai changé, sans doute à cause de la scène, où j’ai découvert l’attente du public, des autres face à moi. Aujourd’hui, j’ose donner plus aux autres.

A propos du cliché illustrant la pochette :

­ Le corbeau s’est simplement imposé à nous car il a un aspect paradoxal. Si certains le considèrent comme un oiseau de malheur, il est aussi dans certaines cultures ­ en Afrique Noire, notamment, symbole de protection. J’ai aimé cette contradiction.

A propos de la présence de Jean­Louis Murat sur l’album :

­ Jean­Louis m’a écrit et, pendant une année, nous avons échangé une correspondance avant de nous rencontrer. Une rencontre qui ne m’a pas déçue. Je me suis demandée si Jean­Louis n’était pas mon double.

Très sensible, c’est quelqu’un qui a ce mélange de culture et de naïveté.

A propos du thème récurrent de la mélancolie :

­ La mélancolie peut aussi apporter un bien­être. La tristesse est aussi riche que la joie, et elle permet en outre de réunir toute une famille d’artistes.

A propos d’un éventuel retour sur scène :

­ J’ai attendu sept ans pour monter sur une scène (cinq en réalité, nda) et ce fut un plongeon bouleversant. Je n’ai pas eu envie de banaliser ensuite une telle aventure : c’est une chose d’une telle puissance… Je compte donc prendre le temps de la réflexion avant de me décider.

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Mylène Farmer par Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 26 avril 2015

 

Entretien avec Jean­Francis VINOLO NOVEMBRE 1988

 

1988-25-c« Je n’ai pas l’impression d’être un objet du désir, ou alors je dois me voiler la face inconsciemment. »

Comme l’indique le titre de ce long article, Mylène parle d’elle­même, comme si elle dressait son propre portrait.

Et ceci sans l’intervention du journaliste qui a ainsi rédigé son entretien comme un long monologue, retranscrit ici tel quel.

­ J’ai toujours adoré les déguisements, d’ailleurs qui ne les aime pas ? Enfants, nous passons notre temps à nous déguiser, à jouer des personnages : les belles princesses, les princes charmants, tous liés à l’innocence de notre jeunesse.

On s’imagine l’amour, et on en devine que les contours. Certains jours, on s’aperçoit que nos princes charmants ne sont que des princes navrants, des Arlequin de love story. La vérité est en fait que le costume est un plaisir intense qui me pousse à me propulser dans des histoires antérieures, mêlées de mélancolie et de provocation. Où l’amour et la haine se déchirent en un combat meurtrier…

De ce fait, « Ainsi Soit Je… » s’est imposé comme la suite logique de « Cendres de Lune ». C’est à la fois un univers plus intérieur où la jeunesse, le temps et la mort se combattent. Baudelaire et Edgar Poe en sont les témoins intemporels, tout en étant très liés à mon propre univers. Ils ont dans leur œuvre une richesse inépuisable. C’est parfois morbide, mais j’aime aussi approcher la mort. Prenez « L’Horloge » de Baudelaire, c’est aussi en soi une projection de la mort. Imaginez ce balancier dans son mouvement incisif qui fouette l’espace et marque l’érosion du temps, la perte de la jeunesse, le flétrissement de la peau… Même si l’on vous dit qu’une ride dans un sourire est en fait une expression, inexorablement, ce mouvement balancier vous emporte vers le souffle suprême qui s’appelle… la mort. La mort, je la vois apparaître comme quelque chose d’angoissant. Une étape inconnue. Mais une inconnue que j’imagine magnifiée et magique, qui toujours nous renvoie vers ces liens existentiels que sont le bien et le mal.

­ Quand j’étais enfant, j’avais beaucoup de mal à imposer mon visage de jeune fille, je tenais le rôle du garçon.

L’histoire du mouchoir roulé en boule est une histoire vraie, que j’ai transposée en chevalier d’Eon dans une époque qui m’est chère. En fait, j’avais beaucoup de mal à exister en tant que femme. Je n’aime pas expliquer ‘je suis comme ci ou comme ça’. On me voit en perverse romantique, en libertine ou en princesse tristesse…

L’idéal serait d’écrire et de chanter ce qui nous est propre et de ne jamais en briser l’image par nos apparitions.

Il est dommage d’expliquer les pourquoi et les comment…

Enfant, quand on est propulsé dans le cosmos, on a très peur de la vie. Je pense notamment à cette scène de Schlöndorff, dans son film « Le Tambour » : le refus de naître, la peur de l’inconnu extérieur. C’est un peu la projection de la chanson « Plus Grandir ».

A l’inverse, quand on vieillit, on a très peur de la mort. Pour moi, la notion du temps, c’est la notion de peur.

Baudelaire était un visionnaire quand il écrivit : ‘Souviens­toi que le temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup ! C’est la loi’. C’est plutôt quelque chose d’optimiste par rapport à ce poème. En réalité, j’ai à la fois peur de la vie, mais je crois qu’il y a une justice divine liée à des perceptions très profondes.

­ On me parle souvent de mon côté exhibition et provocation, de la projection de mon corps mis à nu. En fait, j’ai l’impression que je ne m’en rends pas compte. Si je le fais ainsi, c’est que je sais qu’il n’y aura jamais de trahison quant à la façon de me 1988-25-bfilmer ou de me percevoir de la part de Laurent Boutonnat. Je pense que l’on a évité toute vulgarité, tout voyeurisme gratuit, spécialement dans « Pourvu qu’elles soient Douces ». On a atteint une espèce de vraie sensualité, totalement différente de celle de « Libertine », qui elle était beaucoup plus violente. C’est vrai que la nudité est quelque chose de difficile en soi, mais c’est aussi ce paradoxe qui existe en moi : c’est savoir que je peux être complètement introvertie et que peut­être pour moi… enfin, je ne sais pas… mais présenter un corps de cette façon­là n’est réellement pas un problème, car il a une utilité par rapport à une histoire, et ça aurait été ridicule de ne pas s’y essayer.

­ Avec le recul, depuis quatre ans, et avec le succès, j’ai tendance à me méfier de tout le monde. Mais vous savez, avant, je me méfiais surtout de moi. Je me faisais très peur. J’ai des relations souvent difficiles, parfois même une incommunicabilité avec les hommes. Je suis sûre que c’est lié à mon enfance, au manque d’autorité masculine à l’époque, d’où, aujourd’hui, la perte d’une certaine confiance dans les rapports et un énorme doute de soi que je ne veux surtout pas analyser. Je suis quelqu’un qui a une âme peuplée d’appréhensions qui ne sont pas calculées. Si l’on pouvait calculer ses doutes, ce serait merveilleux. C’est vrai que l’on peut douter tout en étant conscient du potentiel que l’on a à l’intérieur de soi, j’en suis aujourd’hui convaincue. On peut avoir cette volonté de faire ce que j’ai fait depuis quatre ans. Là, je vous parle essentiellement de moi, et non pas de ce que l’on peut percevoir. C’est­à­dire ne faire aucune concession, mais être toujours habitée par ces mêmes doutes mais surtout, et avant tout, d’une énorme volonté.

Prenez l’amour. L’amour et la volonté de vivre l’amour. Je pense que l’amour est la façon la plus douloureuse de vivre sa vie. Je ne me rappelle plus qui disait ‘L’amour est un grand bonheur inutile’… Pourquoi inutile, je ne le sais pas, mais c’est à la fois un moment d’extase et de grande désillusion. L’amour est pour moi la recherche d’une sérénité intérieure. Malheureusement, je ne suis pas très optimiste, bien que l’on puisse aussi se voiler la face. L’amour est douleur et beauté mélangées, le moteur essentiel pour vivre, exister et créer.

C’est aussi lié aux belles choses, sans être matérialiste. Avoir la passion du beau, par exemple : pour les voitures, spécialement les voitures anciennes. L’odeur du cuir, leur linge, tout ce qui est agréable à l’œil et le plaisir de caresser la carrosserie d’une Bentley ou d’une Jaguar. C’est une sensation forte où la notion de vitesse est exclue, c’est essentiellement porté sur l’esthétisme.

Comme les sculptures de Rodin, l’enchevêtrement des corps, les formes rondes, le poli de la matière et l’âme qui s’en dégage… Giacometti est pour moi l’expression de la mort en permanence. Je ne sais pas si c’est qu’il a voulu dégager, mais c’est ce que j’ai ressenti très fort en moi. Turner, pour la peinture et les couleurs. Les couleurs vous envoient au cœur des sentiments, un énorme rapport avec les sensations de la vie.

J’aime le sang, le rouge sang. Autour de moi, il y a toujours beaucoup de sang. Le sang est symbole. Un bain de sang ou un bain de boue, ça peut être une sensation merveilleuse d’évoluer dedans. Je sais, c’est choquant. C’est aussi très attirant. C’est une très belle matière et une belle couleur, comme le pourpre et le noir.

­ Je crois qu’il est bon de casser les tabous. Beaucoup de personnes l’ont fait dans la littérature. Il est vrai que dans la chanson, c’est plus difficile, mais on s’aperçoit que le public est prêt à l’accepter, quitte à en être choqué. Mais il est évident qu’il y a aussi une demande de la part du public, ou sinon comment expliquer le succès ? Quand le public m’écrit, il me parait évident que tous ces tabous prennent une vraie valeur thérapeutique.

Je ne pense pas que le fait d’exhiber son corps suscite instantanément le désir auprès des hommes. Quand je me regarde, j’ai plutôt tendance à me faire peur. Peut­être que si j’étais un homme, j’aurais une attirance, mais je ne sais pas… Je n’ai pas l’impression d’être un objet du désir, ou alors je dois me voiler la face inconsciemment, je refuse peut­être cette image. Je n’ai pas la notion de vérité ou du savoir par rapport à la réalité d’un regard masculin.

L’homme a besoin de la femme pour exister et créer. Je ne suis pas sûre du contraire. Avec Laurent, par exemple, je pense que je lui apporte beaucoup, sinon avec le temps, cela s’essoufflerait. Je crois être honnête et lucide par rapport à moi­même, et que le jour où ça n’existera plus, il faudra que je passe à autre chose.

­ En tant que femme, l’amour reste pour moi la quête d’un idéal et d’une certaine autorité de force et de protection. Une dualité avec soumission et parfois une envie de faire mal, de couper la tête ou autre chose, de céder et de ne pas céder.

Les rapports se font dans la douleur. C’est parfois très dur, mais c’est aussi un grand bonheur de parler de ses meurtrissures.

Les hommes qui me séduisent le plus sont les hommes de tête et d’un certain âge : l’homme de 35, 40 ans est pour moi l’homme idéal. C’est sûrement mon complexe oedipien qui ressort. Aujourd’hui, mes critères de beauté changent de plus en plus. Auprès des homosexuels, j’ai beaucoup d’affinités. Peut­être est­ce à cause de ma timidité…

Je ne pense rien de l’homme­mannequin. Ce n’est pour moi qu’un plaisir visuel sur papier glacé. Mais je crois que ces hommes en souffrent, car toute leur vie est régie par un seul critère : leur physique.

­ Je ne peux que remercier la vie de ce qu’elle m’a donné, ce qui ne m’empêche de ne pas me trouver jolie, ce qui va à l’encontre du fait que je me dénude dans mes clips.

Je suis narcissique, consciemment ou inconsciemment on cultive son image. C’est comme un miroir. Pour moi, le miroir est une chose fondamentale dans la vie. Si je n’ai pas mon reflet dans les douze heures, j’ai l’impression d’en mourir. Mais ce n’est pas une complaisance que de se regarder dans un miroir. On y voit aussi beaucoup de défauts. C’est peut­être la peur de se perdre…

En règle générale, je sais ce que je représente au niveau de l’image publique, et je sais ce que je suis. Je ne pense pas en souffrir énormément.

Si aujourd’hui j’aime le milieu du cinéma et le métier d’actrice, c’est que pour moi le plateau de tournage est devenu un lieu de prédilection. Je suis une autre identité qui s’oublie sans jamais vraiment s’oublier.

­ 1988-25-dLes lieux de retraite sont importants comme se sentir bien chez soi. Ma chambre est aussi un de mes lieux de prédilection. Je l’appelle ‘mon caveau’, sans aucun côté morbide, tout simplement parce qu’elle est très sombre. La lumière me dérange et m’angoisse, au même titre que je n’aime pas le soleil. On dit que le soleil est synonyme de sourire, et pourtant je ne souris pas beaucoup. Je traduis mes joies d’une autre façon : une larme m’émeut plus qu’un sourire. D’ailleurs, une larme est un sourire. Le fait de vivre dans une pièce obscure est un plaisir qui m’est propre, comme celui de partager ma vie avec E.T. et Léon, mes deux singes que je considère comme mes enfants. C’est un plaisir maternel. Les singes sont des animaux qui ont énormément besoin d’affection. J’ai les mêmes angoisses qu’une mère à l’égard de ses enfants. Un singe est très dépressif. J’ai très peur qu’ils tombent malades. Quand je les entends éternuer, je ne sais plus quoi faire, même si je sais que c’est normal. Si j’avais un enfant, je ne pourrais jamais lui offrir une paire de patins à roulettes, je serais une mère invivable. J’ai ces mêmes angoisses vis­à­vis de E.T. et Léon.

Ensemble, de par leur caractère, ils me ressemblent un peu. E.T. est la plus réservée, elle n’offre pas son amitié à tout le monde. Elle est à la fois très attentive et caractérielle à souhait. Léon est plus jeune, on dirait un Pinocchio. Lui, il a besoin de contact, il est très doux.

Entre nous, c’est un dialogue perpétuel, il faut vraiment le voir pour le croire. Il se passe des choses magiques.

Dans les moments de grande tristesse, c’est vers eux que je me retourne. Certains préfèrent les hommes, moi ce sont les animaux, même si dans la douleur on est profondément seul. E.T. et Léon ne jugent pas, c’est un dialogue affectif sans un mot, car les mots, bien souvent, c’est ce qui fait le plus mal.

­ C’est comme la tolérance et l’intolérance. Avant, j’avais une façon hâtive de juger les gens. J’étais une rebelle, une instinctive. Je pensais ne jamais me tromper, jusqu’au jour où je me suis trompée. J’apprends à comprendre, j’essaie de m’ouvrir vers d’autres personnes, j’essaie d’être plus tolérante. Mais c’est si difficile, la peur des autres. C’est comme pour l’amour : j’aimerais tout vivre en une heure, dans un moment intense, et ne plus subir l’érosion du temps sur l’amour et les choses de la vie qui s’installent au goutte­à­goutte. C’est peut­ être un de mes fantasmes : tout vivre vite et fort. Chez un homme, j’aime la fidélité de l’esprit, et surtout du corps. Je ne peux envisager la possibilité de vivre avec quelqu’un qui me trompe physiquement. Quant aux hommes, à cet égard, ils vous diront que ce n’est pas la même chose. Pour eux, une femme s’ouvre et s’offre.

C’est donc lié à l’esprit. A l’inverse, l’homme pénètre, ce qui est à leurs yeux moins lourd de symboles. Je ne suis pas vraiment en accord avec cette façon de penser. Ma vision de l’amour est plutôt une image d’Epinal. C’est sûr, j’ai des fantasmes, comme tout le monde, mais je ne recherche pas avant tout à séduire. Si je ressens une attirance très forte envers un homme, j’ai un rejet total, et là je sais ce que ça veut dire. J’ai une envie de castration, de griffer et de faire très mal parce que je sais qu’il y a une très forte attirance et que j’en éprouve le rejet.

Aujourd’hui, je ne pourrais plus vivre à côté de quelqu’un qui ne crée pas. Je veux en être à la fois le témoin, l’inspiratrice et l’actrice, ou sinon, je ne le peux pas. Est­ce que c’est ça, idéaliser ? Est­ce que cela existe à long terme ? Je ne le sais pas encore… En fait, au lieu de toujours parler, on devrait accorder plus de place au silence. Ce sont en fait les plus belles phrases d’amour.

 

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TV HEBDO reçoit Mylène

Posté par francesca7 le 22 avril 2015

 

17 AVRIL 1988 – Bonjour tristesse : Entretien avec François CARDINALI

1988-11-bA propos de son succès au Top 50 :

­ Après coup, un artiste est parfois étonné du succès de certaines chansons. Surtout si les thèmes ne sont pas évidents pour le grand public.

A propos de l’ambiguïté évoquée par « Sans Contrefaçon » :

­ Je n’ai pas eu intentionnellement en écrivant le réflexe de brouiller les pistes. Même si des chansons de mon dernier disque sont très proches de ma personnalité, de ma vie. Je n’ai pas de souvenir précis de mon enfance. Mais, quand j’étais petite, on me disait souvent ‘mon petit garçon’, j’en avais la silhouette et le comportement. Comme si je n’avais pas d’identité.

A propos de l’image mi­ange, mi­démon que lui prête le journaliste :

­ J’exprime cette dualité que d’autres ressentent aussi dans « Sans Logique ». Dans la vie, je suis effectivement lunatique et peux passer soudain d’une réelle euphorie au désespoir le plus total.

A propos des thèmes récurrents abordés avec Laurent Boutonnat :

­ Avec Laurent, je crois que nous avons une prédisposition à la mélancolie, comme une espèce d’état d’âme naturel. Si j’osais, je dirais même un certain penchant au désespoir. Même si, compte tenu du succès, pareille réflexion semble étrange…

A propos de la mise en musique de « L’Horloge » de Baudelaire :

­ Sur la mélodie de Laurent, le texte s’est imposé comme une évidence. Et puis, la fuite du temps me terrifie.

A propos du mouvement de pensée qui accompagnait le libertinage :

­ Je pense que le beau est fatalement lié au triste. Que la jouissance mène au tragique.

A propos de ses projets cinématographiques :

­ J’ai refusé des scénarios. C’est le metteur en scène qui pourrait me décider. Avec des réalisateurs qui me fascinent comme Roman Polanski ou Jean­Jacques Annaud…

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L’ILLUSTRÉ avec Mylène

Posté par francesca7 le 16 avril 2015

 

Entretien avec Sandrine COHEN – 2 MARS 1988

 

1988-06-b« J’aime les choses élaborées, pensées… Rien n’est fait au hasard »

A propos du thème de « Plus Grandir » :

­ Je veux plus grandir, parce qu’au bout il y a la mort, et ça me fait peur. Tout comme me font peur mes relations avec les hommes. L’acte sexuel est quelque chose de très violent. C’est aussi une fin en soi…là, on est une femme, et je déteste ce mot. Il faudrait en réinventer un !

A propos du thème de « Sans Contrefaçon » :

­ Je suis née comme ça, avec un corps androgyne et tout le monde me prenait pour un garçon. L’androgynie est quelque chose qui m’attire et pour ça, ce métier est une formidable thérapie puisque je peux faire des folies et me travestir ! Adolescente, l’envie que j’avais d’être un garçon tournait à l’obsession, la névrose. Je refusais d’être une fille. Aujourd’hui, je suis toujours plus attirée par la gent masculine que la gent féminine. Je crois que si j’avais été un homme, j’aurais été profondément misogyne !

A propos de suivre l’air du temps :

­ Je me moque des courants et des modes. Je fais ce que j’ai envie, point final. Depuis l’enfance, c’est évident, j’ai toujours eu en moi l’envie de sortir des sentiers battus, envie d’exister à ma façon.

A propos du côté cinématographique de chacun de ses clips jusqu’alors :

­ Le clip est aussi pour moi une façon de faire un bout de chemin vers le cinéma…

A propos de sa rencontre avec Laurent Boutonnat :

­ Je vivotais entre des cours de théâtre, le travail de mannequin et l’équitation lorsqu’à un dîner, on m’a présenté Laurent. C’est une rencontre magique.

A propos du soin apporté à tout ce qu’elle fait :

­ Raffinée, j’espère l’être. La sophistication aussi m’attire. J’aime les choses élaborées, pensées…Rien n’est fait au hasard : ni la pochette du disque, ni le mixage, ni les passages TV, ni le clip…

A propos de son caractère paradoxal :

­ Enfant, j’étais à la fois un mélange de personnage très introverti, et en même temps j’avais ce besoin de me faire remarquer. J’ai toujours aimé étonner. J’aime aussi la provocation, c’est le piquant de la vie. Je suis à la fois folle et sage. C’est douloureux et formidable d’affronter toutes ces turbulences.

A propos de son malaise face aux interviews :

­ Mon caractère, c’est justement de ne pas parler. Je n’ai pas envie de m’expliquer, d’analyser…

A propos de sa conception de l’amour :

­ En amour, j’aime la bagarre. Mais je ne me sens pas armée pour affronter le combat le plus difficile, celui de la vie.

Les dernières questions sont formulées de façon plus conventionnelle :

Vous avez peur des gens ?

­Peur, non, mais…j’ai des excès de misanthropie, quelquefois. Les êtres affables, égaux et paisibles m’ennuient.

Si je résume cet entretien, vous êtes compliquée, introvertie, paradoxale, androgyne…

­ Arrêtez, arrêtez ! Je vais me suicider !

Comment ?

­ La pendaison. C’est le dernier plaisir donné à un homme…

Cette interview trouve une nouvelle vie plus de vingt ans après sur le blog de la journaliste : zappeur­de­rien.fr  

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CONFIDENCES : En plein mystère avec Mylène

Posté par francesca7 le 8 avril 2015

 

 

FÉVRIER 1987 – Entretien avec Danièle ASLAN

French Singer Mylene FarmerA propos de son apparition nue dans le clip « Libertine » :

­ Une chanson, c’est comme un rôle dans un film. On ne le joue qu’une seule fois. Pour réaliser le clip vidéo de « Libertine », j’ai accepté de me montrer nue. Mais je pense que ce sera la dernière fois où la public e verra dans la tenue d’Eve.

A propos de sa jeunesse :

­ Je suis née il y a 25 ans, à Montréal au Canada. J’y ai vécu pendant huit ans une enfance des plus normales dans un milieu relativement aisé. Je suis ensuite venue en France où j’ai pratiqué l’équitation plus que le lycée.

Après deux jours de terminale, j’ai quitté l’école pour suivre une carrière en rapport avec les sports équestres. Je me suis donc aperçue qu’après avoir longuement posé pour une série de photos, je n’étais pas faite pour enseigner, même l’équitation. J’ai alors pris des cours de théâtre et rencontré, je ne sais plus où, Laurent Boutonnat, mon compositeur, réalisateur et manager. Il ne connaissait pas ma voix, moi non plus d’ailleurs, mais mon physique l’a séduit. Il faut croire que cela suffisait pour chanter. Il m’a fait écouter « Maman a tort », j’ai accepté.

A propos du thème véhiculé par « Libertine » :

­ Libertine ? Cela fait partie d’un idéal. Il ne faut pas prendre ce qu’on raconte dans une chanson pour argent comptant. Il y a ainsi des choses qu’on dit, qu’on fait à un certain moment de sa vie, pour une raison définie, mais qu’on serait incapable de refaire dans une autre occasion. J’ai accepté de me déshabiller dans mon clip, mais j’ai refusé de poser nue pour les magazines qui me l’ont ensuite proposé. Je ne veux plus que mon corps rentre dans les foyers. C’est la même chose pour l’émission « Sexy Folies », sur Antenne 2 où j’ai déclaré n’avoir connu l’amour que très tard par rapport aux jeunes femmes de mon âge. Mon enfance et mon adolescence ne m’avaient pas apporté cette joie.

Aujourd’hui, l’instant magique est passé. Je refuse de m’expliquer sur ce sujet. Je ne veux plus me souvenir, sinon de mon premier amour à quatre ans pour un professeur qui le fascinait ! Depuis j’ai des rapports très difficiles avec les hommes.

A propos de « son acharnement à se rendre distante », dixit la journaliste :

­ Je crois aussi que je me complais dans cet état. Parfois pourtant je ne le fais pas exprès. Peut­être même que je me le reproche. Peut­être aussi que j’envie les hommes. L’un de mes aspects androgynes. J’aimerais d’ailleurs jouer un jour le rôle d’un homme au cinéma. J’ai aussi développé cette envie dans l’émission « Sexy Folies » en avouant que j’aimais quelqu’un mais que je rêvais d’être polygame, d’aimer quatre hommes à la fois ! Une pensée très masculine sur laquelle je ne reviendrai pas. Une fois de plus, l’instant magique est passé.

Aujourd’hui, je dirai simplement que je vis à Paris dans un appartement en duplex quasiment vide en compagnie de E.T., mon petit singe. Pourtant, même s’il n’y a qu’un nom sur ma boite aux lettres, cela ne m’empêche pas d’être fidèle !… Parce que, en ce qui me concerne, je ne comprends pas ce que tromper veut dire. Evidemment, si l’homme me trompe, je le tue ! Mais c’est une autre histoire…

Une histoire qui ressemble  un peu au mariage. C’est le cadet de mes soucis. Et les enfants ? Le second cadet de mes soucis.

 

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CONFESSION D’UNE STAR BLESSEE dans VSD

Posté par francesca7 le 27 mars 2015

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À propos de l’aura de mystère qu’on lui prête volontiers :
-Ce mystère, c’est ma nature profonde. C’est la raison pour laquelle je raréfie volontairement mes apparitions publiques. 

À propos de son ouverture au monde :
-J’ai le sentiment de m’être plus ouverte au monde sur le dernier album, mais il est vrai que je ne suis capable que d’envisager mes propres sentiments. L’ennui est un compagnon de longue date, l’activité n’est pas forcément mon mode de guérison : je peux rester prostrée chez moi, ou bien si l’envie m’en prend lire, ou dessiner, ou encore voyager. 

À propos de son séjour aux Etats-Unis :
-Mis à part l’exotisme et l’anonymat, vivre à Los Angeles ne solutionne rien. Paris est aujourd’hui une ville dépressive, plombée par une dépression ambiante. Elle dégage des vibrations qui ne m’aident pas. 

Au journaliste qui évoque la possibilité de se mettre au vert :
-J’ai du mal à envisager une vie à la campagne !

À propos du bouddhisme :
-Il s’agit plus d’une philosophie de la vie, celle qui vous enseigne qu’il ne faut pas s’attacher de façon négative aux gens ou aux choses. Le bouddhisme est un pansement pour l’âme.

À propos de son mal-être :
-Je n’aime pas mon physique, mes doutes. L’amour des autres ne change rien au problème : quand vous exprimez un mal-être, les personnes qui vous aiment finissent par vous conforter dans ce mal-être. 

À propos de sa perception de la scène :
-Un concert est un moment choisi, unique, un moment d’inconscience qui n’appartient à personne d’autre. Bien sûr, une foule anonyme peut être oppressante car ses réactions sont incompréhensibles, mais sur scène je la désire.

À propos du fait qu’elle fonde en larmes parfois sur scène :
-Cela m’arrive quand un thème me touche particulièrement. J’ai remarqué que l’émotion me submerge plus spécialement sur les morceaux lents. 

À propos du trac avant de monter sur scène :
-Chez moi, cela ressemble à des angoisses, à des nœuds. Quand ils sont trop serrés, j’ai envie de tout arrêter !

À propos de ‘ceux de ses fans qui la considèrent comme une déesse vivante’ :
-J’espère qu’ils ont autre chose dans la vie que leur passion pour moi. Pour cette raison, j’ai toujours refusé l’idée d’un fan-club. Je ne réponds pas au courrier, en ce sens que je n’entretiens pas de correspondance, mais je renvoie une dédicace à ceux qui me le demandent. 

À propos de sa famille et de son enfance :
-Je refuse de parler de ma relation avec mes parents pour les protéger et me protéger. J’ai effacé mes souvenirs parce que ça ne m’intéresse pas. Je préfère aujourd’hui à hier et je refuse de penser au futur. Je me voyais plutôt actrice que chanteuse. Je n’admirais personne. Parfois, quand je sortais du cinéma, je rêvais d’être à la place d’une actrice. 

À propos de l’échec de « Giorgino » :
-Quand je fais quelque chose, j’envisage toujours la possibilité d’un échec. Même si celui-là fut violent, je n’en souffre plus. Je ne comprends pas les raisons de mon échec. Depuis, je me pose une question : est-ce que les gens ont envie de voir autre chose de moi que ce qu’ils connaissent déjà ?

À propos de ses envies de maternité :
-Cette envie d’avoir un enfant est assez récente. Il me semble que cela est presque indispensable pour une femme ! Bien sûr, avoir un enfant nécessite d’avoir une vie plus ‘programmée’, mais je crois que la chose essentielle, c’est d’abord l’acceptation de soi. 

À propos de s’imaginer dans le futur :
-Le vieillissement des cellules me terrifie. S’il s’agit de voyager dans le temps, c’est plutôt une chose bénéfique !

À propos de la possibilité de casser son personnage public :
-Oui, c’est une idée qui me traverse l’esprit. J’y pense régulièrement. Je sais que j’arrêterai beaucoup plus tôt que d’autres. J’espère avoir cette honnêteté de mettre un terme à ma carrière lorsque la lassitude deviendra trop importante, ou lorsque je m’essoufflerai. 

source : 5 DÉCEMBRE 1996 – Journaliste : Olivier Wicker

 

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L’ORIENT D’UNE PERLE D’OCCIDENT, Mylène

Posté par francesca7 le 26 mars 2015

 

mylene-farmer-photo-facebookÀ propos de sa chute de scène à Lyon quelques mois plus tôt :
-Je me demande si ce n’était pas une bénédiction. Non, je voulais dire le contraire ! Une malédiction !

À propos du fait que son silence laisse le champ libre à toutes les interprétations :
-Je préfère être un morceau de savon humide qu’on a du mal à saisir. 

À propos d’un rêve :
-Un rêve est ma seule mémoire d’enfance : un lit immense, des draps blancs. J’y suis blottie en position de fœtus. Devant moi, un énorme cordon ombilical, vraiment énorme. Il m’incombe de le couper, mais comment ? Avec les dents ? Je ne suis qu’une enfant…

Les questions suivantes sont rédigées de manière plus conventionnelle :

J’avais de vous une image d’espièglerie intelligente, saine et décapante. Sous la plume de mes confrères, il est question de morbidité, de voluptés décadentes…
-Morbidité, mordre à la vie, le goût du néant répond à un goût d’absolu : un dessin animé comme « Bambi » est coloré de morbidité. C’est vrai que j’ai voulu évoquer le trouble, la confusion des sentiments. Je ne me justifie pas. Je ne me résume pas à des chansons, mais à travers elles –« Libertine »« Désenchantée »« XXL »« Sans Contrefaçon » ou « Sans Logique »- j’ai exprimé ce que j’ai réellement ressenti : oui, je me suis promenée un mouchoir dans le creux de mon pantalon ; oui, qu’on soit des filles de cocktails, des filles rares ou des fleurs de trottoir, qu’on fasse la une des magazines, toutes les filles ont besoin d’amour, d’un amour extra-extra-large ! Naguère, j’ai hanté les cimetières. Il y a toujours quelque chose de fascinant dans le spectacle de la fin, mais le mystère c’est que la vie ne connaît pas de point final. la fin marque l’aurore d’un monde nouveau à venir. Maintenant, je me sens moins oppressée par la mort : d’une, je suis apaisée à l’idée qu’il y ait une vie après, deuxièmement la notion du non-attachement et de l’impermanence m’intéresse. Saisir l’instant, accepter les métamorphoses, l’éphémère, le mouvement… On a besoin d’amour, mais j’aime les dialogues silencieux, ceux que l’on entretient avec les livres, avec la poésie. Une présence humaine à ses côtés, c’est bien mais pas suffisant. Après le désenchantement, l’anamorphose : je suis en pleine renaissance !

1995-03-d‘Anamorphose’ ? Le Petit Robert –qui n’est pas infaillible- dit : ‘image déformée et grotesque donnée par un miroir courbe’
-C’est un grand angle. Pour moi, ce mot signifie à la fois une perception plus large du monde et un moyen de rassembler toutes ses impressions, toutes ses sensations en une seule image. 

Dans vos chansons et vos clips, la violence est surtout dans la musique et l’image…
-Quand la frustration est trop forte, je ne dirais pas ‘violence’, mais ‘énergie’. 

Vous n’avez pas de souvenirs d’enfance, mais avez-vous envisagé d’être mère ?
-L’idée de l’adoption me plaît. J’ai toujours été perturbée par la prolongation de soi, mais maintenant je peux y penser. 

 

source : ANGELINE’S : NOVEMBRE 1996 – Journaliste  : Mohand Mestiri

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Mylène Farmer, chanteuse désenchantée

Posté par francesca7 le 26 mars 2015

 

1991-01-aVotre première tournée fut un triomphe. A cette occasion, vous avez aussi rencontré votre public pour la première fois : comment l’avez­-vous trouvé ?

­ Je ne suis toujours pas sûre de savoir à quoi ressemble mon public. Je sais seulement qu’ils ont en commun l’envie et la recherche d’émotions intenses…

Au milieu de cette tournée, vous avez sorti un 45­ trs intitulé « A Quoi je Sers… ». Etrange interrogation de la part de quelqu’un qui est acclamé comme vous…

­ Il serait prétentieux de me considérer comme une personne utile à la société –je veux dire vraiment utile. Je ne pense pas que des applaudissements, même s’ils sont une belle récompense pour un artiste, apportent une réponse à cette question.

Votre nouvel album s’intitule « L’Autre… ». N’est­ce pas une réplique au titre de votre précédent album, « Ainsi Soit Je… » ?

­ Oui, mais ce n’est apparu qu’après la décision du titre du nouvel album. Cet autre pourrait être un autre moi-même.

Pas réellement un être physique, mais une présence qu’on a tous au- dessus de nous, qui nous protège, nous guide et parfois se révolte contre nous. J’ai cherché un mot qui puisse inclure tous les aspects de cette sensation. Schizophrénie ? Le terme exact serait plus poétique, moins clinique…

Sur cet album, vous dites être d’une génération désenchantée. Pour la première fois, vous ne parlez plus seulement en votre nom…

­ Je ne dis pas que nous sommes d’une génération désenchantée, mais que je pense appartenir à une génération de gens déçus par la vie. C’est une opinion personnelle, je ne suis pas un porte­drapeau.

Comment peut­on se sentir déçue par la vie lorsque l’on vend plus de deux millions de disques ?

­ Le vrai bonheur est ailleurs. Je pense que beaucoup de gens se sont retrouvés dans ma façon de parler de la tristesse et de la mélancolie. Une vie professionnelle comblée ne répond pas forcément à toutes les questions que l’on se pose sur la vie, avec un grand ‘v’.

A la suite de vos fameux vidéo­clips, est­il vrai que vous préparez un film pour le cinéma avec Laurent Boutonnat, votre complice dans le domaine musical ?

­ Oui, mais réunir le budget qui permettrait d’entamer sérieusement le tournage prend énormément de temps.

En réalité, c’est le projet de Laurent, il m’est difficile d’en parler avant le premier jour de tournage. Pour l’instant, c’est son film plus que le mien.

Vous restez très secrète : qui sont vos amis ?

­ Des artistes : peintres, stylistes ou photographes. Il y a un point commun entre tous mes amis proches : à un stade de notre relation, nous finissons toujours par travailler ensemble !

Pour la première fois, il y a un intrus sur votre album puisque la chanson « Regrets » est interprétée en duo avec Jean­Louis Murat…

­ J’aimais beaucoup son univers et nous nous sommes écrit. Il a accepté de chanter avec moi, du coup j’ai écrit le texte de cette chanson en pensant à lui, à son écriture et à son amour des mots. C’est aujourd’hui un ami très cher.

Vous regrettez parfois de ne plus être un visage anonyme ?

­ J’ai toujours voulu être connue ou reconnue, c’était ma raison de vivre. Je me débrouille pour que la célébrité ne me mette jamais dans des situations embarrassantes.

Pensez­vous que les gens trouvent dans vos chansons des choses que vous n’y aviez mises intentionnellement ?

­ Oui, mais c’est normal. C’est même réconfortant. C’est pareil quand on voit un film ou quand on lit un livre.

Quand l’auteur a fait son travail de création, c’est au public de faire le sien en utilisant son imagination.

source : L’HEBDO AU FÉMININ (Belgique) – 1er AVRIL 1991 – Entretien avec C. TABATHA

 

Publié dans Mylène 1991 - 1992, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

COIFFURE BEAUTÉ INTERNATIONAL interroge Mylène

Posté par francesca7 le 21 mars 2015

 

French Singer Mylène FarmerCe métier est plein de facettes. Avez­vous une préférence : sortir un disque, être sur scène…?

­ J’ai besoin de tout. J’aime écrire les textes de mes chansons mais j’ai également besoin de retrouver l’émotion que l’on éprouve en étant sur scène. C’est pour moi un véritable combat. Je suis plutôt discrète, mais dans ces moments­là tout est décuplé : sentiments, impressions, capacités…On est à la fois conscient et complètement inconscient. Il est difficile d’exprimer ce que l’on vit, mais c’est une émotion énorme. J’aime aussi faire des clips. L’histoire vient d’abord du texte de la chanson, mais également du dialogue que j’ai avec les gens qui m’entourent. En fait, j’ai toujours besoin de plus et d’aller plus loin.

N’aimeriez­vous pas faire du cinéma ?

­ Le cinéma est effectivement un projet. J’ai eu quelques propositions depuis deux ans, mais je n’ai pas le temps d’y songer sérieusement. Mon film culte est « La fille de Ryan », j’ai adoré aussi « L’important c’est d’aimer ». Je trouve les films de Bergman, de Spielberg et les anciennes productions splendides, certainement parce que j’ai du mal à me projeter dans notre époque. J’aime l’ambiance de ces films et l’élégance des vêtements d’autrefois. Il me semble qu’il y avait une histoire dans chacun d’eux, alors que ceux que l’on fait actuellement n’ont pas d’âme.

Qui crée vos costumes de scène ?

­ Thierry Mugler a créé les costumes du spectacle du Palais des Sports en mai dernier et ceux de Bercy.

Nous lui présentons le projet de la scène, et lui propose ses idées. Il a une démesure étonnante et sait faire abstraction de la mode. Le spectacle de Bercy sera exactement le même que celui de ma tournée en province. Nous avons essayé de créer un personnage qui évolue dans le temps en jonglant avec les ambiances et les saisons. Il y a en tout sept changements de costume.

Et vos cheveux ?

­ Ma coiffure reste très simple, je n’aime pas être sophistiquée. Je n’aime même pas l’envisager, cela ne va pas du tout avec mon caractère. Je préfère le dépouillement. Vous voyez : pas de vernis, pas de boucles d’oreilles, sinon j’ai l’impression d’être travestie. Si je porte un bijou, il est toujours très sobre.

Vos créateurs préférés ?

­ J’apprécie beaucoup ce que fait Roméo Gilli, Thierry Mugler bien entendu, Azzedine Alaïa et Fayçal Amor.

Mais je vais voir peu de défilés car je n’aime pas l’effervescence et je n’aime pas être prise en photo. Donc plutôt que de me trouver dans une situation de conflit, j’évite de me rendre dans les lieux où je vais rencontrer journalistes et photographes. Je me promène de temps en temps dans le Marais et vers la place des Victoires, où il y a de très belles boutiques.

Il paraît que vous collectionnez les chaussures…

­ En effet, je voue une véritable passion aux chaussures ! Pour les bottines très fines et les chaussures plates. Je vais souvent chez Stéphane Kélian, Philippe Model et Charles Kamer. Je ne suis pas conservatrice, sauf pour les chaussures dont je n’arrive pas à me défaire et pour mes costumes de scène. Cela me plairait de constituer un petit musée à titre privé !

Comment vivez­-vous la mode au quotidien ?

­ La silhouette que je préfère est celle de Katherine Hepburn : chemise, gilet et pantalon. Une apparence masculine qui est en fait extrêmement féminine. J’ai complètement banni jupes et robes, je m’habille de façon décontractée. Cela ne veut pas dire blue­jean / baskets, disons plutôt faussement décontractée, car j’aime l’élégance. Je porte des vêtements aux formes et aux couleurs sobres. Je trouve le pourpre très beau mais je n’en porte pas souvent, simplement parce que l’on n’en trouve pas. J’adore le blanc cassé, le noir et les tons pastel. Je préfère les vêtements d’hiver à cause de l’atmosphère de cette saison. Un grand bonheur serait d’aller faire un jour un reportage sur la banquise !

Vous devez aimez les matières confortables…

­ Je suis fascinée par le cashmere, le velours de soie et par la soie d’une façon générale. En Inde, j’ai vu des tissus fabuleux…

Vous avez beaucoup voyagé ?

­ 1989-17-bNon, très peu. Avant, je n’en éprouvais pas l’envie. Maintenant si, mais je ne trouve pas le temps ! J’aimerais retourner en Inde pour y faire quelque chose d’utile. Je n’ai pas un tempérament à apprécier le farniente, je m’ennuie très vite en vacances. En plus de découvrir un pays, il me faut un but. La Russie m’attire, mais je ne veux pas m’y rendre en tant que touriste puisque l’on ne voit rien. Je veux être en contact avec les gens des campagnes et approcher des choses fondamentales.

Vous ne parlez pas du Canada…

­ Je n’ai pas envie de retourner au Canada, ce pays me semble trop calme. Par contre aller aux Etats­Unis, ça, oui ! Pour moi, c’est un pays de gagnants, un pays qui bouge. J’ai une vie très remplie, le mode de vie des américains me plairait certainement.

Les américains sont fervents de sport, vous pratiquez une activité sportive régulièrement ?

­Je fais du jogging dans la forêt du bois de Boulogne. Au départ, je courais pour avoir de l’endurance, pour être en forme sur scène, et puis j’ai continué. C’est un bienfait extraordinaire. Je suis très persévérante, un peu bornée, même ! Je vais au parc Monceau quand j’en ai l’occasion, mais pour m’y promener simplement.

Faites­vous attention à votre image ?

­ Je ne fais pas une fixation sur mon image, mais j’ai un minimum d’hygiène de vie, bien sûr. Par contre, je ne fais pas très attention à ce que je mange, c’est trop triste de se priver ! Pour les photos, c’est vrai que je suis vigilante. J’ai un droit de regard. Ce que je ne peux hélas contrôler, ce sont les tournages télé. Je trouve la lumière rarement belle, l’ambiance est peu propice à de belles images.

Vous avez une peau magnifique : un tel atout ça s’entretient par des soins en institut, des crèmes…

­ Je ne fréquente absolument pas les instituts ! Cela me dérange et je ne m’y sens vraiment pas à l’aise. J’utilise une crème pour mon visage, c’est tout. Je ne suis pas du style à essayer les dernières crèmes qui sortent sur le marché, ça ne m’intéresse pas.

Etes­vous également fidèle à un seul parfum ?

­ J’adore les parfums. Je porte Shalimar qui est pour moi l’évocation du passé, Heure bleue, Chloé et Femme de Rochas.

Je crois que c’est Alain Divert qui vous a transformée en rousse. L’idée vient de qui ?

­ Bertrand LePage m’a donné l’idée de changer de couleur. D’ailleurs, maman est rousse. Alain Divert m’a fait ma première coloration, un roux plus électrique que maintenant. Nous avions de très bonnes relations mais à présent, je vais dans un petit salon où l’ambiance est presque familiale. Je m’y sens mieux que chez un grand coiffeur. Je me rends une fois par mois chez Margaux. Elle me coiffe de façon très naturelle : catogan ou cheveux défaits, parfois relevés mais cela n’a rien d’habituel. Chez moi : shampooing Phytosolba et après-shampooing.

Ah, je vais peut­être couper mes cheveux ! La décision n’est pas facile à prendre mais j’aime beaucoup le style garçonne qu’avait Jane Birkin au temps de « Je t’aime moi non plus ». Vous me verrez avec des cheveux courts, mais pas avant un an. (Mylène se fera effectivement couper les cheveux très courts par Jean­Marc Maniatis en janvier 1991, nda)

C’est vous qui avez lancé la mode du catogan. Cet hiver, les deux points d’orgue de la coiffure sont les rousses et les coupes boule. Vous lisez les magazines de mode ?

­ Je lis n’importe comment, je ne suis pas attachée à un magazine. De temps en temps, il m’arrive d’avoir de véritables boulimies de magazines !

 

source : DÉCEMBRE 1989 – Un sourire au bord de la fêlure – Entretien avec Valérie le MOUËL

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Mylène Farmer n’est pas celle que l’on croit

Posté par francesca7 le 17 mars 2015

 

 « Je n’ai pas l’impression d’être un objet du désir, ou alors je dois me voiler la face inconsciemment. »

1988-26-bA propos de son enfance :

­ A cette époque- là, j’étais une petite fille plutôt renfermée. Je ne pensais pas vraiment à la chanson. Je n’achetais pas de disques, ma seule passion était les animaux. J’ai vécu très mal le passage de l’enfance à l’adolescence. Heureusement, je portais en moi la conviction très forte que j’allais réussir dans un domaine artistique, mais je ne savais pas encore lequel.

A propos de « Plus Grandir », son premier texte en tant qu’auteur :

­ C’est le premier texte que j’ai écrit, il est très important pour moi. Aujourd’hui j’ai ‘grandi’ dans la forme mais pas dans le fond…

A propos de sa rencontre avec Laurent Boutonnat et de son entourage professionnel :

­ Il cherchait quelqu’un pour enregistrer « Maman à Tort ». Mon physique de l’époque correspondait complètement à la chanson. J’ai fait ce premier disque dans une inconscience totale. C’est sur « Libertine » que je me suis rendue compte de la différence entre un succès d’estime et un succès médiatique. Et là, j’ai peur de ne pas arriver à assumer… Dans ce métier, c’est très important d’être rassurée, poussée par quelqu’un. Mon manager, Bertrand Lepage, a été pour beaucoup dans ma transformation physique depuis « Maman a tort » et dans le fait que j’ai pris confiance en moi. Ensuite c’est vrai, il y a beaucoup de travail.

A propos de son succès et de sa façon de le gérer :

­ J’ai toujours voulu être connue, alors je ne vais pas dire que je n’aime pas ça, mais quelquefois c’est difficile à assumer. On n’a pas toujours envie du regard des autres. Je n’ai jamais rêvé d’une sérénité parfaite, mais la réussite n’a pas vraiment calmé mon mal de vivre…

A propos de son goût grandissant pour l’écriture :

­ Je n’ai jamais écrit de poèmes quand j’étais petite, et le goût de la lecture m’est venu assez tard, vers dix- sept ans. Pour écrire, j’ai besoin de la musique comme support. Je crois que je ne pourrais pas écrire de chansons vraiment gaies. L’album « Ainsi Soit Je… » est comme une sorte de journal de bord.

A propos du sentiment de déception par rapport à la vie :

­ C’est difficile à dire, mais il est certain qu’il y a un fossé entre ses rêves d’enfant et ce que l’on vit vraiment…

A propos de son rapport à sa propre image :

­ J’aime mon physique trois minutes par jour. Je sais tout ce qu’on peut faire avec un appareil photo ou une caméra. J’en connais tous les mécanismes et cela ne me rassure pas. Je sais simplement que je suis photogénique. Je consacre beaucoup plus de temps qu’avant à mon physique. Je me regarde dans les vitrines, et sur les tournages j’ai toujours besoin d’avoir un miroir à portée de main. J’achète toutes les crèmes et je me laisse facilement influencer par la publicité !

A propos de sa passion pour les vêtements :

­ J’adore les vêtements et les belles matières. Enfant, j’aimais le rose, le jaune, les couleurs vives. J’avais parfois vraiment mauvais goût ! Maintenant, je préfère les couleurs sombres, le classique. J’ai un net penchant pour les chaussures, que je collectionne.

A propos de son besoin d’être toujours occupée :

­ J’ai toujours peur d’une punition divine quand je suis inactive.

A propos de ses goûts musicaux en général :

­ J’ai une préférence pour les instruments mélancoliques, comme le violon.

A propos de ses envies de cinéma :

­ J’en ai très envie, mais je ne sais pas encore comment ça se fera…

1988-26-aA propos du spectacle qu’elle prépare pour le Palais des Sports en mai 1989 :

­ J’en rêvais ! C’est l’obstacle le plus haut, et j’ai un trac fou rien que d’y penser. On va travailler cette scène comme un scénario de film. Il y aura un personnage central et une histoire. Le contact avec le public est la plus grande jouissance pour un chanteur.

A propos de l’amour en général :

­ C’est une succession de désillusions avec des moments forts. Le mariage ? Oui, l’idée me séduit pour la beauté…

 

SOURCE :  STAR CLUB – NOVEMBRE 1988 – Entretien avec Judith CARRAZ

Publié dans Mylène 1987 - 1988, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

Mylène la féline fait patte de velours

Posté par francesca7 le 17 mars 2015

 

1986-31A propos de la provocation :

A travers les textes et les images de mes chansons, oui, je provoque. Mais cette provocation sert à alimenter des sujets comme la mort, la nudité, rarement exposés dans les clips.

A propos de sa vision de l’amour :

Il faut faire de soi ce qu’on a envie. On peut avoir un grand amour et plusieurs autres différents. C’est un peu comme en littérature : on aime particulièrement un écrivain, mais d’autres auteurs peuvent nous apporter de nouveaux plaisirs…

A propos de la façon dont elle appréhende le rapport aux autres :

Je ne cherche pas que des rapports positifs. Le négatif apporte également une certaine jouissance. En fait, la recherche des plaisirs ne passe que par le vice !

A propos de sa propension à aimer des choses différentes :

J’aime basculer d’un extrême à l’autre. Par exemple, je rêve d’une maison avec des multitudes de pièces, et chacune recréerait une ambiance, un univers différent.

 source : TÉLÉ POCHE – 29 DÉCEMBRE 1986 – Entretien avec Sylvie N’Guyen

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Mylène Farmer, marquise de Sade

Posté par francesca7 le 17 mars 2015

 

1986-03Comment as­-tu débuté dans le métier ?

­ Avant de me lancer dans la chanson, j’ai suivi des cours de théâtre, et je pense de toute façon que mon métier n’est pas loin de la comédie.

Après « Maman a tort », « Plus Grandir », aujourd’hui « Libertine ». Est­-ce une évolution dans le texte comme dans l’image que tu souhaites donner de toi ?

­ Je suis une contradiction ambulante, j’ai envie de faire ce métier le plus mieux possible. C’est vrai que cette profession est cruelle, c’est de nos jours plus difficile que dans les années 1960/1970. Maintenant, on parle en produit, en tube. L’effervescence des médias a fait changer les choses et nous forcé à évoluer, comme à choquer parfois.

L’image, le look, la scène, ça représente quoi pour toi ?

­ Le look, c’est important autant pour un garçon que pour une fille. Cure est reconnu pour leur rouge à lèvres, par exemple. C’est capital d’avoir un look défini soit par l’aspect, soit par le texte ou la musique. En ce qui concerne l’image, j’apporte beaucoup de soins aux clips que je fais. J’imagine le story ­board, le scénario, je mets mon grain de sel afin d’en faire un véritable film. Quant à la scène, c’est un gros travail personnel. Je m’y prépare, j’ai des milliers d’idées. Je vais voir les autres pour regarder ce qu’il ne faut pas faire.

 source FUN MAG – JUIN 1986

 

 

 

 

 

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Mylène Farmer, l’ange pervers

Posté par francesca7 le 4 mars 2015

 

LE FIGARO -  4 OCTOBRE 1994 – Entretien avec Brigitte BAUDIN

giorgi-06A propos de sa personnalité :

­ Il faut se méfier de l’eau qui dort ! Je suis pétrie de contradictions, et peut­être meurtrière à mes heures !

Profondément timide et pudique, j’aime cependant les extrêmes, la démesure, provoquer, piétiner les tabous.

La tiédeur, la mollesse, la modération m’épouvantent. Je me sens aussi irrésistiblement attirée par le morbide, sans pouvoir en analyser la cause. Enfant, ma grand-­mère m’emmenait dans les cimetières. J’y ai probablement pris goût, ainsi qu’en lisant Edgar Poe, Stephen King et Henry James.

A propos du personnage de Catherine :

­ Catherine m’a séduite par sa fragilité, son étrangeté, par cette violence sourde, enfantine qui émane d’elle.

Mal armée pour se défendre, elle exprime ses émotions brutalement, simplement, sans passer par le tamis de la réflexion. Je me sens moi­même proche de cette animalité, de cette réponse immédiate et instinctive à toute agression extérieure.

A propos d’une actrice qu’elle admire :

­ Romy Schneider. Elle me fait pleurer de beauté et de talent.

 

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QUEL AVENIR MADAME pour Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 25 février 2015

1987-16-aSEPTEMBRE  1987 « Tristana » est votre cinquième 45­trs mais vous n’avez connu véritablement le succès que l’an dernier grâce à « Libertine ». Vous aviez alors vingt­-quatre ans. Cette gloire soudaine a­-t­-elle changé votre existence ? ­

Je ne crois pas. Bien sûr, sur le plan pratique il est plus intéressant d’être connu et d’avoir du succès. Les portes s’ouvrent plus facilement, on a un semblant de respect et on en éprouve une certaine fierté. Par ailleurs, je n’ai plus besoin de faire des galas plus ou moins minables, de me produire dans des clubs entre deux disques ringards. Je me suis jurée de ne plus jamais faire ça. Enfin, financièrement, ce n’est pas mal non plus, puisque chaque matin je peux m’acheter trois croissants au lieu de deux !

Qu’attendez­-vous de l’existence ?

Comment rêvez-­vous l’avenir ? ­

Je ne me suis jamais posée la question. Je vis au présent et pas tellement dans le futur ni le passé. Ce qui est certain, c’est que je ne pense pas au mariage, aux hommes, aux enfants… Je peux même dire que j’occulte totalement le sujet des enfants. Je préfère nettement les animaux ! (rires) Mais cela changera peut­ être un jour…

Vous êtes née le 12 septembre 1961 à 5h17 du matin, à Montréal. Vous êtes donc du signe de la Vierge, ascendant Vierge. Avez-­vous conscience de l’influence de votre thème astral sur votre caractère ? ­

D’assez loin, je dois l’avouer. L’astrologie m’intéresse par personne interposée. Je veux dire par là qu’un ami, Bertrand Lepage, qui travaille à mes côtés, est passionné par le sujet et m’en parle souvent. Son approche est très intelligente et je la respecte totalement, bien que n’étant pas influencée pour autant. Il m’a un jour établi mon thème et m’a révélé des choses assez étonnantes. Il m’a prédit des évènements auxquels je ne pouvais absolument pas m’attendre et qui sont réellement arrivés peu après. Il m’a prédit aussi le succès de « Libertine ». De là à consulter des voyants, il y a un grand pas que je n’ai pas encore franchi. Je pense que le fait d’être du signe de la Vierge m’en a attribué quelques grands traits de caractère, mais je ne suis pas assez calée pour vous dire si je suis une vierge typique.

Quels sont donc alors vos défauts et vos qualités ? ­ J’ai beaucoup de défauts mais je ne vous en citerai que trois, les plus marquants : mauvais caractère, trop de cynisme, et beaucoup d’intolérance. Quant à mes qualités… disons la rigueur et l’intégrité !

 Êtes-­vous superstitieuse ? ­

Non, vraiment pas ! J’aime les chats noirs plus que les autres et je ne vois pas pourquoi la couleur verte ou le fait de passer sous une échelle m’attirerait les foudres de l’au­-delà.

A propos de l’au­-delà, croyez­-vous à une autre existence après la mort ? ­

Je suis dans une phase d’interrogation. Je me sens attirée par ce domaine, mais je reste pour l’instant incrédule. Je n’ai jamais essayé, même par jeu, d’entrer en communication avec les esprits. En revanche, j’ai entendu les témoignages de nombreux amis en qui j’ai toute confiance et qui ont été très troublés par des séances de spiritisme. J’aimerais essayer un jour mais à condition de le faire avec des personnes très sérieuses et très documentées. Pour l’heure, je préfère m’intéresser à l’esprit plutôt qu’aux esprits.

Publié dans Mylène 1987 - 1988, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

Mylène Farmer change de peau

Posté par francesca7 le 1 février 2015

 

LE GUIDE MÉRIDIONAL du 12 JUIN 1996 - Entretien avec Patrick MERLE

1996-12-aA propos de sa préparation physique :

­ Dans ma préparation physique, je suis plus ‘fond’ que ‘forme’. Je ne mange pas de viande, plutôt des sucres lents.

A propos de sa motivation pour remonter sur scène :

­ Deux spectacles en sept ans, cela peut paraître peu mais j’ai peur de la redite. Ce retour correspond à une nouvelle envie, et bien sûr il y a le nouvel album.

A propos de son état d’esprit :

­ C’est une alchimie. J’ai rempli ces quatre ans de voyages à Los Angeles, New York, Bali aussi, de liberté, d’apprentissage de la vie avec une volonté de déracinement du cocon, qu’il soit bon ou mauvais. On peut parler d’épanouissement. Je voulais aller vers l’autre : je me sens un peu plus légère, mes doutes sont moins profonds. De mon côté, c’est un changement radical de vivre dans l’instant présent. A Los Angeles, par exemple, je recherchais une perte d’identité, au moins artistique.

A propos de « Giorgino » :

­ J’aime jouer, mais je savais que ce serait lourd à porter. Le choix n’était pas ‘populaire’ et j’avais envisagé l’échec. Pour autant, avec Laurent Boutonnat, la relation n’a pas été endommagée. Je travaille avec lui depuis douze ans, il était normal en revanche que se développe aujourd’hui un nouvel esthétisme. Il y a dans ce show un travail important sur l’image que je trouve très beau.

A propos du Tour 96 :

­ C’est un show avec des départements différents, dans la tradition américaine. Je ne pourrais pas m’en tenir à moi seule derrière un micro ! Le changement passe par un côté sexy. J’apprécie toujours Cioran mais je suis moins cynique. Je remplacerais par de l’humour.

A propos de l’utilisation de « Sans Contrefaçon » par le film « Pédale Douce » (sorti quelques semaines plus tôt, nda) :

­ J’ai accepté spontanément. Je passe pour une pionnière de la cause homosexuelle. Si une part importante de mon public s’en revendique, j’en suis ravie mais je ne prône pas le militantisme. Plus on en parle, mieux c’est. C’est tout !

A propos du choix de Toulon pour rôder le spectacle :

­ J’ai commencé par le Sud car en rentrant, j’ai trouvé Paris noir plombé. J’y vis toujours, mais je bouge beaucoup. En revanche, si je pourrais sans problème m’expatrier en Europe, je ne deviendrais pas américaine. La qualité de vie y est ponctuellement agréable. Quant au choix de Toulon, c’était celui d’une salle, l’une des meilleures de France, pas celui d’une ville. Personnellement, je n’ai pas envie de délivrer des messages.

NB : cette interview a été donnée dans un salon du Zénith de Toulon, au lendemain de la première date du Tour 96, lors d’une rencontre avec plusieurs journalistes.

 

Publié dans Mylène 1995 - 1996, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

L’EXPRESS parle d’une Mylène mystique

Posté par francesca7 le 26 janvier 2015

 

2 NOVEMBRE 1995 – Entretien avec Gilles MÉDIONI

1995-04-aA propos de la chanson « Vertige » :

­ ‘Vertige’ est un mot­clé. J’ai fatalement changé : j’ai grandi, je me suis ouverte à la vie.

A propos du titre de l’album :

­ « Anamorphosée » signifie que ma perception de l’univers s’est élargie et que je la rassemble en une idée, en une essence.

A propos de la photo sans visage qui illustre la pochette :

­ C’est une allégorie de l’esprit voyageur.

A propos du ton plus lumineux de ce nouvel album :

­ J’aurais pu continuer à vivre et vivre mal : le goût du néant se révèle vite enivrant, périlleux aussi. On finit par devenir stérile. J’ai longtemps été possédée par les angoisses révélées, les angoisses absolues de la mort et de l’au­delà. J’ai suivi ce chemin guidée par des lectures et des réflexions. Et, j’oserais dire par hasard, ma route a croisé un auteur, Sogyal Rinpoche, une philosophie, « Le livre tibétain de la vie et de la mort ».

A propos de « L’Instant X » où elle évoque un manque de spiritualité :

­ Le manque de spiritualité est probablement dangereux. Je pense qu’il faut élever l’esprit, changer les comportements, faire don de soi, mais sans forcément célébrer un dieu ou une religion.

A propos de « Et Tournoie » où elle semble évoquer l’auto­analyse :

­ Bien sûr, dans une chanson il y a forcément de soi. Mais parlons plutôt de l’artiste. Le texte de cette chanson m’a été inspire par le cône de lumière de Jérôme Bosch.

1995-04-bA propos de ses goûts artistiques :

­ Je me suis fabriqué une famille de peintres et d’écrivains. Julien Green, Paulo Coelho ­ on m’a d’ailleurs offert « L’Alchimiste » quatre fois : un signe ! ­ ou Primo Levi, dont si « Si c’est un homme », une œuvre grave et pleine d’espoir, ne me quitte jamais.

A propos de sa personnalité :

­ Il y a en moi de la provocation, de la force, de l’effacement et beaucoup, beaucoup de paradoxes !

 

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Mylène dans VSD pour confession d’une star

Posté par francesca7 le 24 janvier 2015

 

5 DÉCEMBRE 1996 – Confessions d’une star blessée

Entretien avec Olivier WICKER

1996-16-bA propos de l’aura de mystère qu’on lui prête volontiers :

­ Ce mystère, c’est ma nature profonde. C’est la raison pour laquelle je raréfie volontairement mes apparitions publiques.

A propos de son ouverture au monde :

­ J’ai le sentiment de m’être plus ouverte au monde sur le dernier album, mais il est vrai que je ne suis capable que d’envisager mes propres sentiments. L’ennui est un compagnon de longue date, l’activité n’est pas forcément mon mode de guérison : je peux rester prostrée chez moi, ou bien si l’envie m’en prend lire, ou dessiner, ou encore voyager.

A propos de son séjour aux Etats­Unis :

­ Mis à part l’exotisme et l’anonymat, vivre à Los Angeles ne solutionne rien. Paris est aujourd’hui une ville dépressive, plombée par une dépression ambiante. Elle dégage des vibrations qui ne m’aident pas.

Au journaliste qui évoque la possibilité de se mettre au vert :

­ J’ai du mal à envisager une vie à la campagne !

A propos du bouddhisme :

­ Il s’agit plus d’une philosophie de la vie, celle qui vous enseigne qu’il ne faut pas s’attacher de façon négative aux gens ou aux choses. Le bouddhisme est un pansement pour l’âme.

A propos de son mal­être :

­ Je n’aime pas mon physique, mes doutes. L’amour des autres ne change rien au problème : quand vous exprimez un mal­être, les personnes qui vous aiment finissent par vous conforter dans ce mal­être.

A propos de sa perception de la scène :

­ Un concert est un moment choisi, unique, un moment d’inconscience qui n’appartient à personne d’autre.

Bien sûr, une foule anonyme peut être oppressante car ses réactions sont incompréhensibles, mais sur scène je la désire.

A propos du fait qu’elle fonde en larmes parfois sur scène :

­ Cela m’arrive quand un thème me touche particulièrement. J’ai remarqué que l’émotion me submerge plus spécialement sur les morceaux lents.

A propos du trac avant de monter sur scène :

­ Chez moi, cela ressemble à des angoisses, à des nœuds. Quand ils sont trop serrés, j’ai envie de tout arrêter !

A propos de ‘ceux de ses fans qui la considèrent comme une déesse vivante’ :

­ J’espère qu’ils ont autre chose dans la vie que leur passion pour moi. Pour cette raison, j’ai toujours refusé l’idée d’un fan­club. Je ne réponds pas au courrier, en ce sens que je n’entretiens pas de correspondance, mais je renvoie une dédicace à ceux qui me le demandent.

A propos de sa famille et de son enfance :

­ Je refuse de parler de ma relation avec mes parents pour les protéger et me protéger. J’ai effacé mes souvenirs parce que ça ne m’intéresse pas. Je préfère aujourd’hui à hier et je refuse de penser au futur. Je me voyais plutôt actrice que chanteuse. Je n’admirais personne. Parfois, quand je sortais du cinéma, je rêvais d’être à la place d’une actrice A propos de l’échec de « Giorgino » :

­ Quand je fais quelque chose, j’envisage toujours la possibilité d’un échec. Même si celui­là fut violent, je n’en souffre plus. Je ne comprends pas les raisons de mon échec. Depuis, je me pose une question : est­ce que les gens ont envie de voir autre chose de moi que ce qu’ils connaissent déjà ?

A propos de ses envies de maternité :

­ Cette envie d’avoir un enfant est assez récente. Il me semble que cela est presque indispensable pour une femme ! Bien sûr, avoir un enfant nécessite d’avoir une vie plus ‘programmée’, mais je crois que la chose essentielle, c’est d’abord l’acceptation de soi.

A propos de s’imaginer dans le futur :

­ 1996-16-aLe vieillissement des cellules me terrifie. S’il s’agit de voyager dans le temps, c’est plutôt une chose bénéfique !

A propos de la possibilité de casser son personnage public :

­ Oui, c’est une idée qui me traverse l’esprit. J’y pense régulièrement. Je sais que j’arrêterai beaucoup plus tôt que d’autres. J’espère avoir cette honnêteté de mettre un terme à ma carrière lorsque la lassitude deviendra trop importante, ou lorsque je m’essoufflerai.

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LA DERNIÈRE HEURE (Belgique) pour Mylène

Posté par francesca7 le 21 janvier 2015

 

1996-17-b7 DÉCEMBRE 1996 – Entretien avec Eddy PRZYBYLSKI

A propos de l’interruption de la tournée suite à sa chute sur scène :

­ J’en ai vraiment été angoissée. Mais il y a tellement de gens qui souffrent et qui vivent de vrais problèmes que je ne me sens pas le droit de me plaindre. Aujourd’hui, je ne conserve que le mauvais souvenir de cette chute.

A propos de son caractère :

­ Je suis tout et mon contraire, aussi. Les gens très sûrs d’eux­mêmes m’inquiètent ! Je suis humaine, et beaucoup plus forte aujourd’hui car j’ai la chance d’avoir pu surmonter mes névroses et chasser les démons qui s’entrechoquaient. Exister entre enfer et paradis, ce n’est pas toujours simple.

A propos de son succès :

­ Parfois, je me demande ce que le public me trouve et pourquoi il vient aussi nombreux…

A propos de l’échec de « Giorgino » :

­ Je crois que cet échec a été un bienfait pour moi. Après quatre ans d’absence, j’ai l’impression d’être morte une fois pour renaître aujourd’hui.

A propos des clips :

­ Je suis née avec la ‘génération clip’. Le clip est le prolongement de la voix, mais les mots restent plus importants que l’image. Si on me demande de choisir, je garde les mots et la voix. Je préfère un  demi­mot qu’une longue phrase.

A propos de sa philosophie :

­ L’esprit bouddhiste qui est en moi, je ne l’évoque jamais mais il est important dans mon quotidien.

 

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