Mylène en concert de 1989

Posté par francesca7 le 23 mars 2013

Mylène en concert de 1989 dans Mylène AU FIL DES MOTS bio5

C’est Thierry Rogen, le preneur de son du spectacle, qui se souvient de ces concerts lors d’une interview accordée à Instant-Mag (n°14, été 2003) : « le concert de 1989 est l’une de mes plus belles expériences professionnelles, mais en même temps l’une des pire. Une des plus belles, parce que j’avais suivi de façon presque familiale la carrière de Mylène et que c’était un moment important ; a l’époque, Mylène n’existait que par l’image de ses clips, et se montrer en public était quelque chose de nouveau pour elle. Là où elle m’a épaté, c ’est qu’elle a un tel professionnalisme qu’elle a cassé toutes les barrières. La préparation du concert a aussi été très difficile dans le travail quotidien parce que comme tout ce qui concernait Mylène et selon la volonté de Laurent Boutonnat, il fallait que le spectacle soit « énorme ». Je ne sais pas si nous étions tous préparés à quelque chose d’aussi grand. On a eu peur jusqu’au bout de ne pas être à la hauteur, et je me souviendrai toute ma vie du premier concert à Saint Etienne. On a été les premiers à mettre des synthés et des séquences sur scène, avec une technologie qui n’était pas aussi au point qu’aujourd’hui.

On avait le problème suivant : les disques de Mylène étaient tellement sophistiqués dans la production qu’on ne pouvait pas aller sur scène et placer simplement un batteur, un bassiste et un guitariste. Il fallait que le public retrouve sur scène la couleur des albums, qui comportaient des tonnes de séquences et de programmation. Donc, en plus des choristes et de Mylène sur scène, il y avait aussi certains backings, qui comportaient des séquences de voix. C’est peut-être ce qui a amené la critique, parce que les gens disaient que le son était trop énorme pour ne sortir que de la scène. Mais, quand U2 est en concert, et que The Edge est tout seul sur scène l’énorme son qui sort de sa guitare ne vient pas de lui ! Donc où est la critique ?

Si on veut se prendre un spectacle dans la figure, les détails techniques qui font qu’on met du ruban autour du paquet, qu’est-ce que ça peut faire aux gens ? Tous le monde utilise les séquenceurs sur scène. Donc en quoi est-ce critiquable ? Quand Mickael Jackson ou Madonna font ça, tout le monde les encense, alors qu’à la différence de Mylène, ils chantent en plus en play-back sur scène. Si vous voulez allez assister à un live unplugged à la bougie, allez voir Francis Cabrel parce que ses chansons s’y prêtent ; pas celles de Mylène.

Et Rogen a raison, la critique sera dure avec Mylène. L’attendant au tournant depuis cinq ans, elle fond sur Mylène en prétendant qu’elle ne sait pas chanter, que le spectacle est glacial, que c’est la première et dernière fois que la chanteuse monte sur scène ;.. Bref, rien de tendre, tandis que le public est lui au rendez-vous et se déclare aux anges ! Il faut dire que Mylène a vu grand, très grand. Conçu par Mylène Farmer, Laurent Boutonnat et Gilles Laurent   , le show est un concept avec un début et une fin. Très cohérent, le spectacle met en scène Mylène dans un décor (réalisé par Hubert Monloup) représentant ce qui semble être un cimetière – plus tard, Gilles Laurent précisera qu’il ne s’agit pas d’un cimetière à proprement parler mais de monolithes à la façon du site de Stonehenge. Un moine encapuchonné ouvre d’immenses grilles au début du spectacle avant L’Horloge et les referme après Je voudrais tant que tu comprennes. Les costumes sont de Thierry Mugler et les lumières de Jacques Rouveirollis – la crème de la crème donc. Il n’y a guère que Sylvie Vartan qui, à cette époque en France, soit capable de créer de tels shows (elle est la première à l’avoir fait).

Sur des chorégraphies de Mylène, huit danseurs entourent la chanteuse : Sophie Tellier (la rivale de Libertine et coordinatrice des chorégraphies) Edwige Chandelier    , Christophe Danchaud, Bruno Balto, Georges Barrier, Alicia De la Fuente, Pascal Montrouge et Marianne Filadi (respectivement remplacés par Yann Joans et Dominique Martinelli après la première et le Palais des Sports de Paris). Côté musiciens, là encore Mylène et Boutonnat prennent les meilleurs du moment : Bruno Fontaine     (direction musicale et claviers), Yves Sonna (batterie), Philippe Drai (Percussions), Slim Pezin (guitares, Christian Padovan (basse), Jean-Philippe Audin (violoncelle), Carole Fredericks et Beckie Bell (choristes), ainsi que Patrick Bourgouin (flûte et saxophone, uniquement pour la première et le Palais des Sports).

La tournée est un vrai succès, et plus de 300 000 spectateurs verront Mylène sur scène en 1989. La chanteuse a donc réussi son pari et se paie même le luxe de terminer son marathon par deux dates à Bercy ; elle est aussi la première Française à chanter dans l’énorme POPB (les 7 et 8 décembre 1989).

mylene-89 dans Mylène et mes BLABLASCôté track-listing, Mylène n’a que deux albums à son actif en 1989, elle opère donc un mix des deux ; de Cendres de lune, elle chante Plus grandir, Maman a tort, Tristana et Libertine, et d’ainsi soit je… elle interprète L’Horloge, Sans logique, Pourvu qu’elles soient douces, Allan, Sans contrafaçon, Jardin de Vienne, Déshabillez-moi et Ainsi soit Je… Elle agrémente le tout de deux titres présents seulement sur SP (Puisque et A quoi je sers…) (pour ce dernier uniquement à partir de fin septembre pour le lancement de la tournée) et d’un inédit, une reprise de Marie Laforêt, Je voudrais tant que tu comprennes, pour clore le spectacle. Quinze titres donc pour des chorégraphies endiablées (notamment celles de Libertine et de Tristana, qui reprennent l’idée des clips) et des moments très émouvants où la chanteuse semble en parfait communion avec son public (ainsi soit je… Je voudrais tant que tu comprennes ..)

Bref, de quoi fermer le bec aux détracteurs de Mylène, qui seront bien obligés de reconnaître le succès (et le talent) de la chanteuse. Elle entre alors dans la cour des grands. Le disque de l’intégrale du concert sort au moment des derniers spectacles à Bercy (le 6 décembre 1989) et connait un succès prodigieux (près de 600 000 exemplaires vendus). La vidéo du concert sort, quant à elle, le 5 novembre 1990, soit plus d’un an après le début de la tournée (VHS Mylène Farmer en concert, le film, Polydor 082 814-3).

Une vidéo aujourd’hui épuisée, amputée de deux titres, Allan et Plus grandir, et de l’instrumental Mouvements de lune partie I. là encore le succès sera au rendez-vous, puisque cet enregistrement sera certifié « vidéo de diamant »… Cependant, une polémique subsiste toujours concernant ce film. Comme l’a précisé Bertrand Lepage dans la presse de l’époque (Podium n° 215, de décembre 1989), Boutonnat a retourné des séquences sans le public ce qu’on lui reprochera, car la vidéo apparaît quelque peu sans chaleur à certains moments.

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 59/220

 

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Mylène ou Sans Logique

Posté par francesca7 le 1 mars 2013

 

Alors que Boutonnat aurait très bien pu situer l’action du clip de Sans Logique dans une ambiance à la Barry Lyndon comme pour Libertine, il choisit ici de mettre Mylène en scène en Espagne, Boutonnat se rait inspiré de photographies de Josef Koudelka et Sebastiao Salgado, références confirmées par le chef décorateur du clip, Jean-Marc Kerdelhué, dans le magazine Styx paru à l’été 2011.

Mylène ou Sans Logique dans Mylène AU FIL DES MOTS mly-204x300Autre influence, non confirmée cette fois, celle de Francisco de Goya (1746-1828). En effet, Boutonnat semble construire son clip en s’inspirant à nouveau du Sabbat des sorcières. Ce tableau montre un bouc entouré de sorcières dans un champ désolé.

Tous les éléments sont bien présents dans le clip de Sans Logique. Mais ici, Boutonnat a la riche idée de transformer Mylène en taureau dans une arène à ciel ouvert et dans un paysage désolé comme dans le tableau de Goya. Le clip s’ouvre sur un couple qui échange son sang, puis l’homme se lève et se met en posture de toréador. Femmes, hommes, enfants et vieillards arrivent pour assister au spectacle et coiffent Mylène d’un serre-tête formé de deux cornes en acier. Une lutte entre l’homme torero et la femme-taureau débute.

Alors que l’homme croit avoir touché sa proie, il se retourner pour saluer. C’et à ce moment que la rage envahit la chanteuse, qui fonce sur son amant et le transpercer de ses deux cornes artificielles. L’homme meurt ans ses bras, le public repart et Mylène reste seule sous la pluie, une larme de sang sur sa joue. Un très beau clip, qui sera tourné dans des studios à Arpajon (91) et qui coûtera très cher (presque autant que le clip de Pourvu qu’elles soient douces). La raison en est fort simple : Boutonnat pour recréer l’ambiance du tableau de Goya, a dû faire déverser dans les studios plusieurs tonnes de terre et faire peindre une énorme toile pour représenter le ciel obscur.

C’est la version intégrale du clip qui est gravée sur le DVD. En effet, en 1989, certaines chaînes de télévision jugeant la scène de l’éventration trop dure n’ont pas hésité à la censurer…. Dernière particularité du clip : c’est la première fois que l’on voit le mot « Fin » apparaître pour clore un clip de Mylène. Peu de chances d’en voir une suite un jour comme pour Libertine.

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                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 53/220

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Mylène et Boutonnat

Posté par francesca7 le 26 février 2013

Mylène et Boutonnat dans Mylène AU FIL DES MOTS 4Laurent Boutonnat
S’il est sans aucun doute LA rencontre de la vie de Mylène Farmer, jamais une histoire amoureuse entre Mylène Farmer et Laurent Boutonnat, son complice de toujours, n’a été confirmée par qui que ce soit. On sait pourtant qu’ils ont vécu ensemble vers les années fin 80 – début 90. On sait aussi que leur relation a connu une petite « crise » en 1997, lorsque Laurent Boutonnat a produit la chanteuse Nathalie Cardone, et accessoirement… s’est mis en couple avec ! Mylène, qui disait dans les années 80 : « Si un jour Laurent composait pour une autre, je ne lui pardonnerais pas », n’apprécie pas du tout… En 1999, elle prépare sa troisième tournée (Mylenium Tour) sans Laurent, qui du coup boude le spectacle pendant les premières représentations. Il n’est venu le voir qu’après 3 mois de tournée, lorsque Mylène est passée à Paris-Bercy le 13 décembre 1999. Il se dit qu’il aurait été très impressionné par le spectacle que sa complice de toujours avait concocté sans lui, et qu’il serait allé la voir dans sa loge après le concert, pour des retrouvailles très intenses… 

Suite à cela, Mylène et Laurent ont continué leurs collaborations artistiques main dans la main, totalement en phase l’un avec l’autre. Au-delà de la complicité artistique tout à fait unique qui lie les deux personnages (et sur laquelle nous ne reviendrons pas en détails ici – nous nous invitons plutôt à consulter tout le reste du site !), on peut dire aujourd’hui qu’ils continuent à développer des liens d’affection particulièrement forts, parlant régulièrement et jusqu’à aujourd’hui, l’un comme l’autre, de « soeur » et « frère jumeau ».

2 dans Mylène en CONFIDENCES

Voyez comme ils parlent l’un de l’autre sur notre page qui y est consacrée ici :

Quand Laurent parle de Mylène… 

« On recherchait quelqu’’un au moment où on avait fait cette chanson avec un ami, qui était « Maman à tort ». Et le jour où Mylène est arrivée, elle était parfaite quoi ! C’était le personnage. [Elle avait pas tellement l’air] pervers, c’est plutôt… psychotique, je dirais. Quelqu’’un d’un peu renfermé, comme ça… …. ça a été elle tout de suite, quoi. Avant même de l’entendre chanter. »

Antenne 2 Midi (Antenne 2), le 01.09.1986

« C’est un vrai bonheur [de travailler avec Mylène en tant qu’actrice] parce qu’elle se laisse guider, ce qui n’est pas souvent le cas de tous les acteurs qui ont un peu peur de se laisser guider. »

Le journal du cinéma (Canal+), le 05.10.1994

« Avec Mylène, j’ai l’habitude de dire qu’on est nés ensemble. Aujourd’hui, elle est devenue pour moi comme une sœur, tant sur le plan artistique qu’affectif. »

Propos recueillis par Jean-Rémy Gaudin-Bridet pour Télé Star, 2007.

 

5 dans Mylène et des CRITIQUESQuand Mylène parle de Laurent…


  « [Il] a fait […] ses premiers pas dans le cinéma à seize ans. Il a réalisé un long-métrage qui était parti à Cannes et […] qui avait eu quelques petits déboires et maintenant réalise […] des films publicitaires. C’est plus alimentairement, et puis c’est vrai que c’est un bon exercice de toute façon. »

Azimut (FR3 Lorraine), le 25.06.1986

« On s’est rencontrés et lui est compositeur, donc, a une passion pour la musique, pour le cinéma également, […] et donc m’a proposé avec une autre personne la première chanson, qui était « Maman à tort ». Et puis, voilà, nous travaillons ensemble. […] Vous parliez de mentor tout à l’heure, pour moi c’est surtout un admirable metteur en scène, dans toute sa généralité. »

Antenne 2 Midi (Antenne 2), le 01.09.1986

« C’est vrai que je travaille en permanence avec [Laurent] pour le meilleur et pour le pire ! »

Top 50 (Canal+), le 06.09.1986

« Être extérieure [au processus de fabrication d’un clip], ça je ne peux pas. Je travaille avec Laurent quant au scénario, et puis après ma foi, c’est lui qui [s’occupe] du cinéma à proprement parler. Et puis après, c’est un travail d’équipe »

La vie à plein temps (FR3 Pyrénées), le 07.04.1987

« Je crois que ma vraie naissance c’était le jour où j’ai enregistré « Maman à tort ». C’est le jour où j’ai rencontré cette personne qui est Laurent Boutonnat, qui est donc également le réalisateur de mes clips, qui est également compositeur. C’est le jour où j’ai pu naître, oui, c’était une naissance. […] Cette rencontre avec Laurent, moi je la qualifie du domaine de l’exceptionnel, c’est-à-dire les rencontres qu’on a très peu dans sa vie, qu’on doit privilégier. C’est vrai que cette rencontre avec Laurent, c’était extraordinaire pour moi parce que c’est quelqu’un qui a énormément de talent dans beaucoup de domaines, qui a des choses qui l’attirent, qui moi m’attirent, des choses qu’on a en commun. Et c’est fascinant de trouver un personnage comme ça. Voilà, donc Mylène Farmer c’est un peu de moi, c’est certainement un peu de Laurent Boutonnat, c’est beaucoup de choses. »

Lazer (M6), en 05.1987

« [Laurent] aime l’hémoglobine, oui. »

Panique sur le 16 (TF1), le 19.11.1987

  « Laurent Boutonnat travaille pour des films publicitaires, et tout spécialement pour l’étranger. Il a des commandes surtout par les Etats-Unis. […] En France, […] il en a fait quelques-unes, mais j’ai oublié d’ailleurs. [C’est lui qui a fait tous les clips] depuis le début. »

Nulle part ailleurs (Canal+), le 23.11.1987

« On a dit Pygmalion, mentor… et je ne sais…  Je crois qu’’il y a une complicité énorme et une complémentarité, surtout. […] J’ai suivi des cours de théâtre, donc je voulais être actrice. Et puis j’ai rencontré Laurent Boutonnat. Moi j’appelle ça la chance des rencontres. Y a peu de rencontres dans sa vie…   C’est beaucoup plus tard qu’il m’a présenté son premier film qu’’il avait réalisé à l’âge de seize ans qui s’appelait « Le voyage de la féconductrice » (ndlr : il s’agit d’une erreur de Mylène, le véritable titre étant « La ballade… ») et qui était même passé à Cannes, je crois.   Il avait pillé des fonds, je crois, le porte-monnaie de son papa et de sa maman !   C’est vrai qu’’en France, on vous demande toujours des références. C’est vrai que le premier que je citerai, c’est Laurent Boutonnat, c’est normal parce que c’est vraiment quelqu’’un que j’aime et je pense qu’’il sera un des grands, grands, grands réalisateurs de demain. »

Nulle part ailleurs (Canal+), le 07.10.1988

1

« Je sais pas si on peut parler de hasard. Ce sont des rencontres comme ça qui existent. C’est en tout cas une bonne étoile, en ce qui me concerne ! »

Clip Dédicace (M6) le 08.10.1988

« C’est un homme qui a un physique romantique, c’est un homme qui a ses névroses, qui a, je crois, beaucoup de talent et qui aime particulièrement la musique et le cinéma, je crois, et qui aurait envie et qui va réaliser un premier long-métrage. »

Fréquenstar (M6) le 22.03.1989

« C’est une bonne étoile. Ce sont des rencontres dans la vie comme on en a peu, certainement. Pour moi, c’est une rencontre magique par rapport à bien évidemment plein de choses, mais également par rapport au cinéma et à l’image, à sa façon de l’imaginer, de la créer. »

J.T. de 20 Heures (M6) le 18.05.1989

 
« Tous les deux, nous sommes nés de la même chose. Donc c’est quelque chose de très fort et très beau, en tout cas pour ma vie. »

Pour un clip avec toi (M6) le 07.04.1991

« Il est vrai qu’’il est certainement plus rassurant pour moi que de commencer [au cinéma] avec Laurent Boutonnat puisque je connais sa caméra, et que j’aime définitivement son univers, sa façon de filmer, sa poésie […]. Et je crois que je suis heureuse que d’avoir commencé avec lui pour un premier long-métrage. »

Ciné 6 (M6) le 02.10.1994

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« Notre rencontre a quand même été très très forte et capitale dans notre vie. Donc il est difficile, non pas d’envisager un autre univers, [mais de] ne pas prolonger cet univers. »

19/20 (France 3) le 04.10.1994

« Je crois que c’est la rencontre d’avec Laurent Boutonnat qui a été fondamentale pour ma vie et, je le suppose, pour la sienne. Et donc, c’est la rencontre d’un univers qui est le même dans le fond – des passions communes, des goûts communs. »

J.T. de 20 Heures (TF1) le 04.10.1994

« C’est un excellent réalisateur. C’est quelqu’’un qui aime l’image, […] qui a une jolie narration. J’aime son travail en tout cas. »

Mylène Farmer XXELLE (Musique Plus – Québec) le 05.10.1996

« Je voudrais remercier Laurent Boutonnat. Si ma route n’avait pas croisé la [sienne], je crois que je ne serais pas là, j’en suis même sûre. »

NRJ Music Awards 2000 (TF1) le 22.01.2000

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Le clip de Pourvu qu’elles soient douces

Posté par francesca7 le 25 février 2013

 

Le clip de Pourvu qu’elles soient douces est certainement celui qui fut le plus souvent diffusé en télévision ; mais rarement dans son intégralité, puisque la vidéo de la chanson réalisée par Laurent Boutonnat dure 17’. Encore un record pour Mylène, qui du coup détient également à l’époque le record du clip le plus cher (3 millions de francs, soit 46O OOO euros environ) et du clip comportant le plus de figurants (une centaine).

Le clip de Pourvu qu'elles soient douces dans Mylène AU FIL DES MOTS clippqsdmini07

D’énormes moyens pour Boutonnat donc (on est loin de Maman a tort) pour un clip qui n’est rien de moins que la suite de Libertine. On s’en souvient, à la fin du clip de LIbertine, Mylène et son compagnon sont laissés pour morts dans un champ. Issue trompeuse, puisque Mylène-Libertine est simplement blessée… au début du clip de Pourvu qu’elles soient douces, elle est recueillie par le commandant anglais Alec Parker le 18 août 1757 – alors que Libertine n’était pas daté (on comprenait que l’action se déroulait au XVIIIè siècle grâce aux décors et aux costumes), ici Boutonnat situe précisément l’intrigue dans le temps.

Rappelons qu’à cette date, la France est en guerre avec les Anglais. Il s’agit de la guerre de Sept ans (1756-1763). Dans le clip, les Anglais se trouvent en France par hasard (et pour leur plus grand malheur), car ils pensent être chez leurs alliés prussiens. Ils découvrent donc notre Libertine et la ramènent dans leur campement. Le commandant Parker tombe immédiatement sous le charme de la jeune file et n’hésite pas à regarder sa « vue de dos ». Un enfant premier tambour le surprend en plein voyeurisme, et le commandant, furieux, décide de la punir en fouettant son arrière-train… Mais Libertine arrive et fouette le visage du commandant avec une crache, lui casse une bouteille sur la tête avant de s’enfuir à cheval. Bientôt rattrapée par le commandant, Libertine cède aux charmes du militaire, et ils décident de rentrer au campement pour consommer leur nouvelle union.. Dans le même temps, l’armée française, ayant appris que des Anglais se sont égarés sur leur territoire, demande à des prostituées de les saouler et de les « occuper » en vue d’une attaque en règle prévue pour le petit matin. Et qui est à la tête des prostituées ? La rivale de Libertine, incarnée par Sophie Tellier, qui tue le commandant et découvre que Libertine n’est pas morte, mais se trouve dans les bras du militaire.

L’attaque a bien lieu dès l’aurore ; nous assistons alors au massacre des Anglais par les troupes françaises ainsi qu’à une bataille particulièrement violente entre Libertine et sa rivale. A la fin, Libertine transpercera le corps de son ennemie avec une baïonnette et tous les Anglais seront tués..

Tous les Anglais ? Pas tout à fait, puisque le petit garçon au tambour est sauvé par la Mort, qui lui apparaît à cheva let sous les traits de Mylène… Le clip est très réussi, et Boutonnat démontre ici sa maîtrise de la narration et de la caméra. Aucun détail n’a été oublié, des costumes aux décors en passant par les accessoires et les musiques additionnelles. Tourné en huit jours d ans la forêt de Rambouillet à la fin du mois d’août 1988, le clip de Pourvu qu’elles soient douces reste l’un des plus aboutis de Mylène.

Une parfaite réussite donc, qui sera projetée le 6 Octobre 12988 en avant-première au cinéma UGC sur les Champs-Elysées.

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                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 52/220

 

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MEDLEY RTL pour Mylène

Posté par francesca7 le 25 février 2013

 

MEDLEY RTL pour Mylène dans Mylène AU FIL DES MOTS 1989-04-a-211x300Il fut un temps où Mylène s’adonnait de bonne grâce au jeu de la promotion. Ce fut le cas en 1988, où pour promouvoir l’album Ainsi soit Je… Mylène était présente sur toutes les télés et émissions de radio. C’est lors d’une émission de radio sur RTL animée par Fabrice « Casino Parade », que Mylène chante un medley de plusieurs chansons qui ne sont pas de son répertoire.

Le jeu était récurrent, et tous les artistes invités à cette émission devaient se plier à l’exercice, intitulé « Chantera, chantera pas ». Les chansons étaient puisées dans le répertoire « classique » de la chanson française. Pour Mylène, ce fut Une chanson populaire (Claude François), La montagne (Jean Ferrat), Sacré Charlemagne (France Gall), Malheur à celui qui blesse un enfant ( Enrico Macias), L’oiseau et l’enfant (Marie Myriam) et C’est un beau roman (Michel Fugain).

A chaque fois, la chanteuse interprète un très court extrait de la chanson en question. Rien d’extraordinaire ici, mais soulignons tout de même que Mylène s’en sort très bien, et surtout que c’est la première et la dernière fois qu’elle se pliera à de telles exigences de promotion… Outre ce medley, Mylène interprète dans l’émission trois de ses propres titres, Sans contrefaçon, Allan et Sans logique.

Ce medley RTL reste évidemment inédit.

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 51/220

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Pourquoi dernier sourire de Mylène

Posté par francesca7 le 25 février 2013

 

Pourquoi dernier sourire de Mylène dans Mylène AU FIL DES MOTS 8Quand sortent le SP et les maxi de Sans logique, en février 1989, les admirateurs de Mylène ont le plaisir de découvrir en face B une magnifique chanson inédite, Dernier Sourire. Magnifique chansons voire une des plus belles de Mylène.

Le texte est particulièrement sensible et émouvant, puisqu’il s’agit pour l’artiste d’évoquer les derniers instants d’un mourant (d’où le titre). On l’imagine ici au chevet d’une personne agonisante, mais sans savoir qui précisément (les « analystes » des textes de Mylène prétendent sans vergogne qu’il s’agit du père de la chanteuse, décédé en juillet 1986, mais rien n’est moins sûr tant l’artiste reste discrète à ce sujet). Quoi qu’il en soit, cette chanson deviendra immédiatement une chanson culte pour les fans de Mylène.

En effet, l’artiste utilise des mots simples et justes pour évoquer le passage entre l’état de vivant et celui de mort : « Sentir ton corps / Tout ton être qui se tord / Souriant de douleur / Sentir ton heure / Poindre au cœur / D’une chambre qui bannit le mot tendre / Sentir ta foi / Qui se dérobe / A chaque fois que tu sembles comprendre / Parle-moi encore / Si tu t’endors / Si c’est ton souhait . Je peux t’accompagner ».

Si ce texte semble clair et très compréhensible, ce qui n’est pas toujours le cas, reste le dernier vers, qui lui, est particulièrement abscons : « Ton souvenir ne cessera jamais / De remuer le couteau dans mon plaie ». Là encore, beaucoup se perdent en conjectures : Mylène se serait trompée lors de l’enregistrement en inversant les genres de « couteau » et de « plaie »…. Elle n’aurait pas eu le temps de recommencer pour rectifier son erreur. L’explication semble bien légère quand on sait le soin apporté par Farmer et Boutonnat à leurs enregistrements… Une autre analyse qui n’engage que son auteur serait que Mylène a rendu là un discret hommage à Serge Gainsbourg et à la chanson Le Couteau dans le play, écrite pour Jane Birkin (album Lost Song, 1087).

Là encore, Mylène seule pourrait départager les différentes explications… A la fin de la chanson, on peut entendre son cœur qui bat de plus en plus lentement ; pour s’arrêter définitivement….

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                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 51/220

 

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Mylène avec les mots !

Posté par francesca7 le 23 février 2013

Mylène avec les mots ! dans Mylène AU FIL DES MOTS iao

Dans un premier temps, voyons quels sont les noms communs préférés de Mylène Farmer. Les noms représentent les thèmes récurrents… Mylène aime bien le mot « vie » qu’elle utilise dans 43 chansons, soit près de une sur deux. On remarquera le thème de l’amour assez récurrent… Mais alors Mylène est encore une de ces chanteuses qui parle d’amour ? Je vous laisse à votre propre interprétation de ces résultats… A noter que l’on comptabilise aussi les mots au pluriel. (Ex : œil/yeux).

1 – vie (43)
2 – amour (25)
3 – âme (25)
4 – monde (21)
5 – coeur (20)
6 – nuit (17)
7 – oeil (16)
8 – mot (16)
9 – temps (16)
10 – main (15)

Voyons maintenant les verbes qui représentent les actions… (Passons les verbes « être » et « avoir » en première et deuxième position, que j’ai écartés pour leur « non sens »). Oh, on retrouve encore une fois l’amour avec le verbe « aimer ».

1 – aimer (37)
2 – dire (36)
3 – savoir (33)
4 – faire (33)
5 – voir (29)
6 – vouloir (27)
7 – pouvoir (18)
8 – aller (17)
9 – prendre (15)
10 – mourir (15)

Jetons un œil aux adjectifs qualificatifs : pas de réelle émergence… Rappelons que l’on comptabilise les féminins et les pluriels. (Ex : beau/beaux/belle/belles).

1 – beau (12)
2 – long (12)
3 – petit (11)
4 – doux (9)
5 – seul (7)
6 – tendre (6)
7 – triste (6)
8 – nu (6)
9 – froid (6)
10 – lent (5)
11 – suspendu (5)

Voilà, je crois que c’est tout ce que l’on peut dire pour le moment… Inutile de s’attarder à toutes les catégories grammaticales de mots… Notons qu’en général, la chanteuse parle d’elle, de sa vie, son histoire… En effet, voici les résultats pour les pronoms sujets :

1 – je (60)
2 – on (39)
3 – il (38)
4 – tu (37)
5 – nous (29)
6 – elle (17)
7 – vous (13)
8 – ils (9)
9 – elles (5)

Je n’ai pas de statistiques sur des suites de mots, comme par exemple « adjectif + nom » ou « nom + adjectif » (sauf « main experte » que l’on retrouve dans deux chansons). Pour l’anecdote, Mylène utilise pratiquement autant les noms de genre masculin que de genre féminin…

à vous d’interpréter ces résultats…

Les linguistes pourraient se pencher sur des analyses plus littéraires, comme des comparaisons avec des auteurs ou des artistes. Mon seul rapport est celui des chiffres. Pour information, ces techniques de statistiques et d’analyse m’ont été enseignées dans le cadre de mes études durant les cours d’ »Extraction de connaissances dans les données ». Cette matière s’intéresse à l’analyse informatique de textes et la mise en évidence de données « cachées » dans des documents…

Je vous propose maintenant d’aller retrouver un(e) de vos ami(e)s fans de la rousse et de lui poser la fameuse question : « Quels sont, selon toi, les mots que Mylène Farmer utilise le plus souvent dans ses chansons ? ».

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Les jeux de mots de Mylène

Posté par francesca7 le 5 février 2013

 

Black-out : Diverses traductions sont possibles. (« Le black out, petite âme » / Alice)
– Trou de mémoire
– Syncope (= Ralentissement des battements du coeur)
– Panne de secteur.

Blood and tears : Du sang et des larmes (« Faire l’amour à Marie Blood and tears ! » / Fuck them all) 

Blood and soul : Du sang de l’esprit (« Blood and soul ! Faites-le nous Dans le texte Le sang c’est le sexe » / Fuck them all) 

Bloody : Sanglant. (« Bloody lundi, mais qu’est-ce qui nous englue la planête » / L’instant X)

Les jeux de mots de Mylène dans Mylène AU FIL DES MOTS mylene-nrj-duforest-265x300Check out : Diverses traductions sont possibles. (utilisé comme verbe) (« C’est le blues, l’coup d’cafard, le check out assuré » / California)
– Mourrir
– Régler sa note d’hôtel.

Don’t let me die : Ne me laisse pas mourrir. (« Don’t let me die, l’ange » / Ange parle-moi) 

Exit : Sortie. (« Changer d’optique, prendre l’exit  » / California)

Freeway : Autoroute. (« J’ai plus d’I.D, mais bien l’idée De me payer le freeway » / California)

Fuck them all : Traduit poliment par « Qu’ils aillent se faire voir ! » (« Fuck them all ! Faites l’amour, nous la guerre Nos vies à l’envers » / Fuck them all) 

Fun : Joie, plaisir. (« Du fun, du zoprack et des ailes… » / L’instant X)

Ghost : Fantôme (« Ghost elle l’est infiniment » / Nobody knows) 

I.D. : Identité, papiers d’identité. (« J’ai plus d’I.D, mais bien l’idée De me payer le freeway » / California)

Ice : Glace (« J’suis l’ice dans l’eau » / California)

Jet lag : Décalage horraire. (« Vienne la nuit, c’est le jet lag Qui me décale » / California)

L.A. : Los Angeles. (« Sous ma peau, j’ai L.A. en overdose » / California)

L.A.P.D. (Los Angeles Police Department) : Police de Los Angeles (« L.A.P.D. me donne un blâme, c’est pas le drame » / California)

No way : Voie sans issue. (« Fais moi confiance et pense A tous les no way » / Regrets)

Nobody knows : Personne ne sait (« L’aube a bu sa transparence Nobody knows » / Nobody knows) 

Offset : Décalé. (« J’suis offset, j’suis l’ice dans l’eau » / California)

On the road : Sur la route. (« C’est l’osmose on the road…. » / California)

Rain : Pluie. (« Rain, nudité Nuit sois plus lente » / Vertige)

Road movie : film dont l’intrigue se déroule principalement sur la route. Exemple : Thelma et Louise… (« So sexy le spleen d’un road movie » / California)

Sex appeal : Attrait sexuel qu’exerce une personne. (« Sex appeal, c’est Sunset… » / California)

Shut up : Tais toi ! (« Shut up, Shut up, shut the fuck the fuck up » / Peut-être toi) 

Shut the fuck up : Ferme là ! (« Shut up, Shut up, shut the fuck the fuck up » / Peut-être toi) 

Six a.m. : Six heures du matin. (« Six a.m. j’suis offset… » / California)

Streap : Cette orthographe n’existe pas. « Strip » signifie se déshabiller. (« Se faire un trip, s’offrir un streap » / California)

Sunset : Sunset Boulevard à Hollywood. (« Sex appeal, c’est Sunset… » / California)

Trip : Voyage. A également le sens de drogue. (« Se faire un trip, s’offrir un streap » / California)

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Puisque… un titre orphelin de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 26 janvier 2013

 

C’est un très belle (et très triste) chanson que l’on trouve en face B du SP de Pourvu qu’elles soient douces : Puisque… Un titre « orphelin » d’une grande beauté et bénéficiant d’un texte fort.

Mylène déclare ici son désir de mourir : « Puisque ma vie n’est qu’un long sursis / je veux un nouveau berceau le paradis ». L’angoisse, l’ennui et la dépression sont donc les thèmes principaux de ce titre où Mylène semble s’adresser directement à son public : « Puisque je vais vous quitter ce soir / Puisque vous voulez ma vie / je l’ai compris ». Sensiblement, elle annonce tout de go : « Laisse je m’efface ».

Pour l’anecdote, c’est le 7 Novembre 1988, dans l’émission « Du côté de chez Fred », sur Antenne 2, que la chanteuse interprète ce titre. Une émission un peu surréaliste : l’animateur annonce que Mylène n’aura pas le temps de chanter Puisque…, mais elle le chante bel et bien néanmoins .. Pour finir, notons que l’instrumental de Puisque… servira de générique de fin au clip Pourvu qu’elles soient douces.

 

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                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 50/220

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The Farmes’s Conclusion

Posté par francesca7 le 26 janvier 2013

 

Bien vu et génial morceau sans paroles que ce Farmer’s Conclusion : bien vu, puisqu’il clôt l’album Ainsi soit je… et génial, puisque Boutonnat et Farmer se moquent gentiment d’eux-mêmes. D’eux-mêmes ou plutôt du pseudonyme qu’a choisi Mylène « Farmer » (fermière). Boutonnat s’amuse donc ici à sampler des cris d’animaux (cochon, cheval, chien, âne, chèvre, coq…) avec divers instruments. Mylène n’est pas tout à fait absente de cette « conclusion de fermière» puisque ses soupirs se mêlent aux cris des animaux.

La fermière au milieu de sa basse-cour ! Basse-cour que l’on pourrait assimiler au show-biseness et aux médias, qui en 1988, commencent à beaucoup parler de Mylène. Une façon drôle et originale de faire un pied de nez au milieu, mais moins directe qu’avec la chanson On est tous des imbéciles… un morceau de 2’15 qui n’existe que sur l’album Ainsi soit-je…

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    issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 50/220

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2ème album de Mylène : Ainsi soit Je

Posté par francesca7 le 26 janvier 2013

 

 

2ème album de Mylène : Ainsi soit Je dans Mylène AU FIL DES MOTS 1988-22-a-247x300C’est le 14 mars 1988 que le deuxième album de Mylène sort dans les bacs. Album très attendu, car après le franc succès de Sans contrefaçon et avant la sortie du single ainsi soit je… le public attentif, et de plus en plus nombreux, se demande bien ce que contient cet album.

Un public qui ne vas pas être déçu, car ce deuxième album sera celui de l’apothéose. Bien entourée de son éditeur-manager Bertrand Lepage et de son compositeur Laurent Boutonnat, la chanteuse livre un album de grande qualité et gonflé de succès ! Outre Sans Contrefaçon et Ainsi soit- je… trois autres titres issus de l’album sortiront en single ; Pourvu qu’elles soient douces, Sans logique et l’hommage à Edgar Poe, Allan (dans sa version live). La moitié de l’album se classera ainsi dans les tops. Près de 1 400 000 albums seront écoulés, avec à la clé, un disque de diamant.

Le succès est donc au rendez-vous, et le public commence sérieusement à s’attacher à la désormais rousse Mylène. A elle et à son univers, qu’elle présente à travers les textes de 7 chansons originale (le premier texte étant un poème de Baudelaire, le neuvième une reprise et le dixième un mix de cris d’animaux).

L’album s’ouvre sur un poème de Baudelaire mis en musique par Boutonnat, L’Horloge. Le ton est ainsi donné ; l’album sera empreint de spleen, de mélancolie et… de mort ! Dans la même veine suivront des textes de Farmer tout aussi noirs et désespérés, comme La Ronde triste ou « Jardin de Vienne ». Reste la reprise qui ne sera pas un réel inédit, Déshabillez-moi (chantée en avant-première le 21 octobre 1987 lors des Oscars de la mode, en figurant en face B du maxi Sans contrefaçon). Dix titres donc qui présenteront parfaitement ce qu’est désormais la marque farmérienne : un mélange de tristesse, de provocation et de références littéraires. A noter les deux très belles photos d’Elsa Trillat   qui habillent l’album, dont pour la pochette, une Mylène de trois quarts avec son double, la marionnette du clip Sans contrefaçon. Un album jugé encore par beaucoup comme l’album de Mylène toutes périodes confondues.

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                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 39/220

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Brèves apparitions TV pour Mylène

Posté par francesca7 le 14 janvier 2013

 

LA VIE DE FAMILLE

Brèves apparitions TV pour Mylène dans Mylène AU FIL DES MOTS imbecile-300x217C’est le 10 octobre 1986 que Mylène participe à l’émission de Patrick Sabatier « La Vie de famille ». Elle chante alors son nouveau titre Libertine. Et, comme le veut la tradition, elle s’associe à tous les invités de l’émission pour interpréter la chanson du générique. Elle ne chante donc pas seule, mais accompagnée d’une pléiade d’artistes, dont Josiane Balasko, Jean-Jacques Goldman, Lio ou encore Gérard Lanvin : « La vie de famille c’est important / On a tous été un jour enfant… » rien de plus !

FRANTZ

Inédit TV – C’est en 1965 que Guy Béart et Marie Laforêt chantent pour la première fois en duo ce Frantz, Temporel / Festival GB 60 001 M, 1965). Une chanson « gag » qui met en scène un homme et sa maîtresse, dont le mari est en train de mourir. Visiblement, les deux amants ont bien du mal à se quitter. A la fin de la chanson, leur problème est résolu : la femme est désormais libre, puisqu’elle apprend la mort de son mari… Une chanson pas très morale mais plutôt drôle (surtout à l’époque) et qui obtient un beau succès durant l’année 1965.

C’est pour l’émission entièrement consacrée à Guy Béart « Béart 87 » le 14 Janvier 1987 sur Antenne 2, que Mylène s’essaie pour la première fois à l’exercice du duo avec ce titre, et en direct s’il vous plaît ! En veste rouge et gantée de noir, Mylène se prête au jeu, visiblement amusée et particulièrement décontractée. Les deux artistes reprennent le texte original de la chanson sur 1’46. Bien entendu, Mylène interprète la partie chantée à l’origine par Marie-Laforêt, et Béart chante la sienne. Le tout en direct donc et avec pour seul accompagnement la guitare sèche de Béart. Une véritable rareté qui ne sera jamais éditée sur disque et à notre connaissance, jamais rediffusée. Il faudra attendre 1991 pour découvrir un autre duo de Mylène (Regrets, avec Jean-Louis Murat)… A la fin de Frantz, Mylène interprète Au bout de la nuit (séquence enregistrée au préalable).

 

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Précisons encore que Mylène accompagne Guy Béart aux côtés d’Emmanuelle Béart à la fin de l’émission sur la chanson Emilie s’en fout. Ici elle ne chante pas, mais fait des bras d’honneur pour illustrer les propos de la chanson. Un moment plus que rare !

C’EST COMME VOUS VOULEZ

Lors de l’émission « Embarquement immédiat » consacrée à Alain Souchon le 8 Mars 1987 sur FR3, Mylène vient chanter son nouveau titre Tristana. Pour l’anecdote, lorsque Souchon interprète son titre C’est comme vous voulez, les invités de son show reprennent quelques phrases de la chanson, Jeanne Mas et Alain Bashung se prêtent au jeu, comme Mylène, qui chante, en direct, cette simple phrase ; « Où vous irez j’irai… ».

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 33/220

 

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La chanson de la Vie de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 9 janvier 2013

 

C’est lors de l’émission « Champs-Elysées » du 15 Mars 1986 que Mylène va chanter en direct quelques vers de La Chanson de la Vie. Accompagnée d’Alice Dona, la compositrice de la chanson, de Sheila, de Nicole Croisille, de Michèle Torr, de Marie-Paule Belle, de Julie Pietri ou encore de Marie-Christine Barrault, Mylène va ainsi se prêter au jeu de la chanson collective (en l’occurrence féminine), comme cela était en vogue dans ces années-là.

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En effet, avant Coluche et La Chanson des Restos (1986), Alice Dona, en 1985, contacte l’association caritative Care France et sa présidente Marie-Claire Noah (mère de Yannick) afin de réaliser un disque dont les profits iront intégralement à l’association. Vingt-cinq femmes enregistrent donc cette Chanson de la vie, mais pas Mylène. Si un clip avec toutes les participantes de la version studio est bel et bien enregistré, les passages télé en direct restent un vrai casse-tête. En effet, il semble impossible de réunir sur un plateau vingt-cinq artistes en même temps. C’est exactement le problème qui se pose pour un passage dans l’émission « Champs-Elysée » en mars 1985 sur Antenne 2 ; il faut des « remplaçantes », car Barbara, Marie Myriam, Dorothé ou encore Jane Birkin ne peuvent, pour des raisons professionnelles, venir chanter leur partie de la chanson.

Mylène est ainsi appelée à la rescousse. Rien d ‘étonnant à cela, puisque le disque La Chanson de la Vie est édité chez Polydor (maxi vinyle La Chanson de la vie, Polydor 883 625-1) ; il apparaît donc tout naturel qu’Alice Dona fasse appel à des « artistes maison », Mylène se prêtera ainsi au jeu de la chanson collective en chantant en direct les vers suivants : « Tu chantes / Seule avec tes petits / Sans haine / Tu chantes / La chanson de la vie ». Mylène avait-elle été contactée pour la version studio ? Nul ne le sait…

POUR L’ANECDOTE, elle est ainsi présentée par Alice Dona : « Une remplaçante pur un soir, très adorable Mylène Farmer ». Elle apparait alors souriante, un verre à la main et encore brune… Cette image de Mylène en brune sera l’un des dernières, car elle passera bientôt au roux !

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 32/220

 

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Mylène Farmer Bad Girl

Posté par francesca7 le 9 janvier 2013

 

C’est au regard de l’énorme succès de Libertine et pour conquérir le marché anglophone (comme Mylène le précise lors d’un Top 50 de 1986) que Laurent Boutonnat et Mylène décident d’adapter Libertine en anglais. Ce sera chose faite en 1986 avec ce Bad Girl qui dure 3’43 (un peu moins que la chanson originale de 3’51).

http://www.dailymotion.com/video/x53rdx 

Pour quelle raison cette version anglophone ne sera-t-elle jamais éditée sur disque ? Nul ne le sait, mais les admirateurs de la chanteuse n’ont de cesse de se repasser ce titre en MP3. Comment est-il sorti des armoires de Polygram ? Là encore le mystère reste entier… Quoi qu’il en soit, Bad Girl reprend a musique de sa sœur francophone, mais avec des paroles complètement différentes.

Voici le premier couplet :

Mylène Farmer Bad Girl dans Mylène AU FIL DES MOTS 18c8519-224x300“ I was everything you wanted me to be / I was used and I got nothing in return / I believe in true and everlasting love / You took all my dreams when you left” … quant au refrain, l’accent anglais de Mylène n’étant pas encore ce qu’Il est aujourd’hui, on ne peut que supposer qu’il se compose des paroles suivantes : “Bad girl,  now I’m a bad girl / Living the fantaisies / Bad girl, now I’m a bad girl / Come and play with me”. Au regard des paroles, on peut aisément comprendre que Mylène n’ai pas voulu commercialiser le titre, elle qui depuis le début privilégie les textes avant tout. Peut-être est-ce donc la raison du refus de Mylène ? De plus, la chanteuse ne semble pas aimer les translations en langue étrangère (à la différence de nombre de ses consoeurs de l’époque). En effet, dans toute l’œuvre de la chanteuse, seuls trois titres français de Mylène ont été également chantés en anglais : « Maman a tort (My Mum Is Wrong), Que mon cœur lâche (My soul Is Slashed) et Inséparables (Inseparables).

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 32/220

 

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Mylène Farmer pour les Canadiens

Posté par francesca7 le 31 décembre 2012

 

Ce sont les Canadiens qui bénéficient de We’ll Never Dies en SP (sans pochette) au premier trimestre 1986, le titre étant sortie uniquement sur l’album en France. Une chanson qui, malgré son titre anglais (littéralement ; « Nous ne mourrons jamais »), est chantée en français par Mylène, Boutonnat, et donc indirectement Mylène évoque dans son texte le conflit israélo-palestinien.

Mylène Farmer pour les Canadiens dans Mylène AU FIL DES MOTS 250px-palest_against_british

Certains analyste parlent dans d’un texte sur l’Intifada (ce qui n’est pas possible, puisque la première Intifada date de 1987). Quoi qu’il en soit, le texte est politiquement très engagé (ce qui représente une exception dans le répertoire de Mylène, avec Souviens-toi du jour….). La chanteuse parle ici d’un enfant (« Petit garçon perdu / Le désert t’a déchu ») qui fait la guerre pour son peuple et plus précisément sa mère (la mère patrie ?) : « T’as fait la guerre pour ta mère / elle t’a mis au monde en terre ». Ces deux vers de la chanson nous apprennent également que l’enfant révolutionnaire (« Gavroche ou bien bidoche ») fait une guerre vaine puisque son sort est inévitable et son combat perdu d’avance. En quelques sorte, il est né pour mourir … Et si nous parlons plus haut de conflit israélo-paslestinien, c’est que Boutonnat évoque directement le Dieu des musulmans dans son texte ; « Tu seras un ange là-bas / Au nom d’Allah, alléluia ». Une chanson assez dure au final qui bénéficie d’un pot avec des chœurs anglophone (Carole Frédericks) : « Dawn is breaking now / How long does it take to die ? » (« L’aurore commence à se lever / Combien faut-il de temps pour mourir ?)

On imagine ainsi cet enfant dans le désert en train de regarder l’aurore se lever en se demandant quand il va finalement mourir…

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issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 30/220

 

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Chloé chantée par Mylène F.

Posté par francesca7 le 28 décembre 2012

Chloé de Laurent Boutonnat  

 

(Sorti en septembre 1985)

Même si des chœurs d’enfants accompagnent Mylène Farmer, renforçant ce sentiment, ce qui apparaît comme une chanson pour cour de récréation révèle en fait des paroles particulièrement cruelles, qui racontent l’histoire d’une petite fille, Chloé qui se noie …

L’inspiration de Boutonnat semble évidente : Hamlet de Shakespeare (datant du début du XVIIè siècle). Dans sa pièce, le dramaturge anglais met en scène le personnage d’Ophélie, sœur de Laërte et amoureuse d’Hamlet.

 

Chloé chantée par Mylène F. dans Mylène AU FIL DES MOTS 280px-millais_-_ophelia

Héroïne romantique s’il en est, Ophélie connaîtra un destin tragique, puisque à cause de son impossible amour avec Hamlet, elle deviendra folle et finira par se noyer dans l’eau d’un ruisseau, comme nous l’apprend l’acte IV, scène 7 de la pièce :

« Laërte : Noyée ? Où s’est-elle noyée ?

La reine : Au-dessus du ruisseau penche un saule, il reflète

Dans la vitre des eaux ses feuilles d’argent

Et elle les tressait en d’étranges guirlandes

Avec l’ortie, avec le bouton-d’or.

Avec la marguerite et la longue fleur pourpre

Que les hardis bergers nomment d’un nom obscène.

Mais qe la chaste vierge appelle doigt des morts.

Oh, voulut-elle alors aux branches qui pendaient.

Grimper pour attacher sa couronne florale ?

Un des rameaux, perfide, se rompit

Et elle et ses trophées agrestes sont tombés

Dans le ruisseau en pleurs . […]

Laërte : Hélas, elle est noyée ?

La reine : Noyée, noyée ».

 

Laurent Boutonnat s’inspire donc du mythe d’Ophélie pour composer sa comptine. Il n’hésite d’ailleurs pas à reprendre des expressions enfantines, comme « Tu sais ça compte pour du beurre » ou « Est-ce que tu joues ou tu meurs ? » Autre particularité, qui revient souvent dans l’œuvre de Farmer, la présence du double, de  la sœur : « Chloé ma moitié / Ce matin s’en est allée / Ton cœur petite sœur » ; un avant-goût du clip L’Ame-stram-gram, où l’une des deux sœurs meurt violemment sur les marches d’un palais chinois – le titre L’Ame-stram-gram utilisant également toute l’imagerie des chansons pour enfants…

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issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 29/220

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Le Rite de Sorcellerie de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 20 décembre 2012

 

 

VIEUX BOUC est une étrange chanson où Mylène chante un rite de sorcellerie, le Sabbat.

Et qui symbolise le diable dans ce genre de cérémonie ?

Le bouc cornu ! Selon la tradition, dans les contes et légendes, le Sabbat est célébré dans une clairière, une lande, à un carrefour, de nuit dans un endroit désert, près d’une source ou d’une fontaine, et toujours dans la nature et à son contact. Au centre de ce rite, un bouc cornu qui sert de lien avec le diable. Le bouc est même beaucoup représenté dans certaines illustrations ou certains tableaux, comme Le Sabbat des Sorcières (musée Lazaro Galdiano, Madrid), de Francisco de Goya, qui inspirera certainement Boutonnat pour le clip de Sans logique.

 Le Rite de Sorcellerie de Mylène Farmer dans Mylène AU FIL DES MOTS hexensabbat

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sabbat_(sorcellerie) 

 

Quoi qu’il en soit, Mylène semble, dans cette chanson, participer à ce genre de réunion où elle s’adresse – non sans humour d’ailleurs – directement au diable, le « vieux bouc » : « Vieux bouc, je vous sens fébrile / Aimez-vous mon petit nombril ? », « Vieux bouc, êtes-vous fragile / Aimez-vous mes cloches matines ? », « Vieux bouc, c’est l’heure du baptême / Je vous aime devant l’éternel / Je sais, l’enfer c’est les autres / En ce monde, on est tous des vôtres. »

Boutonnat, et donc Mylène, détourne ici le sens des mots de Jean-Paul Sartre (« L’enfer, c’est les autres », Huis clos, 1944) pour faire de la chanteuse une adapte de l’enfer et de ses rites. Rites qui vont même jusqu’au baptême, ici blasphématoire, pour mieux offrir son âme et son corps : « L’hymen sera mon présent / Maintenant, j’ai l’enfer dans le sang ». Le refrain de la chanson est, bizarrement, tout autre. Mylène chante ici son rejet de l’enfer et du bien bouc infernal ; « Ma petite âme est sale / Prends-la nue dans ses bras / Et je m’en irai loin, si loin, si loin / Loin de toi, vieux malin ».

 

Une demande de rédemption après la confession ? Une chanson que l’on peut rapprocher alors d’Agnus Dei et du clip de Je te rends ton amour, qui illustrerait parfaitement Vieux bouc. Côté musique, Boutonnat fait particulièrement fort avec des sons bizarres à peine identifiables, qui ponctuent sa chanson, comme une bande-son passée à l’envers au début du titre. On peut tout de même reconnaître des rires de Mylène, le bêlement d’une chèvre et les voix de la « Chorale des moines fous du Tibet » (appellation fictive et fantaisiste cependant, puisque cette choral e n’existe pas !). Un ensemble bien inquiétant…

 

A noter, l’interprétation particulièrement réussie de Mylène sur ce titre.

 

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issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 27/220

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Mylène Farmer et l’Histoire Dequéant

Posté par francesca7 le 20 décembre 2012

 

 

La machine est donc lancée grâce aux paroles de Boutonnat et à la musique de Jean-Claude Dequéant avec la sortie de Cendre de Lune en 1986.

Mylène Farmer et l'Histoire Dequéant dans Mylène AU FIL DES MOTS my-225x300Si l’on excepte les reprises, les musiques composées par Mylène elle-même et celle de Boutonnat, Dequéant est l’un des rares musiciens à avoir composé – sans le savoir certes – pour Mylène : il faut attendre 2010 et l’album Bleu Noir pour que Mylène fasse appel d’elle-même à de nouveaux compositeurs.

Point de longs discours ici, le principal intéressé raconte la genèse de Libertine lors d’une interview accordée au magazine Mylène Farmer et Vous (hors-série été 2005). Aux questions de Julien Wagner, voici ce que Dequéant répond à propos de Libertine, qui s’appelait à l’origine L’amour tutti frutti : 

J’ai composé cette musique en 1984 dans ma maison de Normandie que j’avais alors. Dès les premiers accords et les premiers bouts de mélodie, j’ai pensé que je tenais quelque chose de fort. J’ai maquetté et structuré la musique dans mon studio et je l’ai montrée à un ami auteur, Georges Siblod, qui a posé dessus un texte assez glamour, « L’amour tutti frutti ». Nous avons cherché une chanteuse-comédienne car, dans notre esprit, cette chanson devait être autant jouée que chantée. Après avoir fait notre choix, nous avons finalisé la maquette. L’esprit en était très rock music. Et puis nous avons cherché une maison de disques. Mais nous n’avons hélas essuyé que des refus.

Laurent [Boutonnat, ndla], Jérôme [Dahan, ndla] et Mylène, qui travaillaient avec moi depuis 1982, connaissaient cette chanson et l’aimaient beaucoup. Eux pensaient qu’elle pouvait être un carton ! Très gentiment, ils m’ont aidé en la montrant à leurs connaissances des labels. Les gens semblaient s’accorder sur le sentiment que ce titre était très fort, néanmoins un petit quelque chose manquait pour concrétiser. J’étais, je l’avoue, un peu découragé. Quand Laurent a pris seul les rennes de la carrière de Mylène, l’équipe venait de signer chez Polygram et devait enregistrer un album. A l’époque, ils n’avaient aucun titre d’avance. Laurent est un garçon à la créativité instantanée, aussi il ne paniquait pas pour autant. Puisque la musique de « tutti frutti », par la force des choses, était disponible, il m’a demandé de la faire chanter par Mylène à condition de changer le texte qui, bien qu’étant de qualité, ne correspondait pas à ce qu’il voulait faire passer de l’image de l’artiste. Le gimmick instrumental est devenu le refrain « Je je suis libertine, etc. », j’ai rajouté une musique de couplet « Cendres de lune, petite bulle d’écume, etc. », la musique du premier pont a été supprimée et celle du deuxième pont gardée. L’arrangement qui était rock est devenu plus pop, correspondant mieux au goût de Laurent. Il a écrit le texte au fur et à mesure de l’avancement du play-back et Mylène chantait les petits bouts de texte concoctés par Laurent, en changeant sur place ce qui n’allait pas. Comme à ma première impression de compositeur, « Libertine » nous a paru à tous très fort.

 

Voir l’interview en son entier ici …. 

 

L’intuition de Dequéant était juste : le succès fut foudroyant pour Mylène. Si le clip a évidemment servi le titre, les paroles, quant à elles, ne sont pas en reste. En effet, Mylène fait dans le sulfureux en proclamant fièrement ; « Je, je suis libertine / Je suis une catin / Je, je suis si fragile / Qu’on me tienne la main ». Boutonnat écrit du sur mesure pour la chanteuse et lui permet ainsi de laisser exploser son côté sensuel, pour ne pas dire sexuel : « Entre mes dunes reposent mes infortunes / C’est nue que j’apprends la vertu ». Et si Mylène a parfois parlé de « yaourt » en évoquant la manière dont les paroles de Libertine ont été écrites, on veut bien la croire (notamment pour le refrain)… Plantée devant son micro, il semble en effet que l’artiste se soit laissée aller à quelques délires (rappelons que rien n’était écrit avant). Ce qui donne des vers abscons voire complètement incohérents…

 

issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 25/220

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Mylène Farmer – Avril 1986

Posté par francesca7 le 19 décembre 2012

 

CENDRE DE LUNE : le titre donne son nom au premier album de Mylène. Sorti le 1er avril 1986, et album fait suite aux sigles Maman a tort, My Mum Is Wrong, On est tous des imbéciles et Plus grandir. Entre son premier 45 tours et ce premier album, l’artiste a changé de maison de disques : exit RCA et bonjour Polydor, pour un contrat de deux albums.

 

Ce premier 33 tours est donc un vrai pari, d’autant que Polydor ne rachète à RCA que les droits de Maman a tort (My Mum Is Wrong, On est tous des imbéciles et L’Annonciation sont toujours inédits sur CD aujourd’hui).

Mylène Farmer - Avril 1986 dans Mylène AU FIL DES MOTS fanethae4-300x225 Restent les titres Plus grandir et sa face B, Chloée, déjà sortis dans la nouvelle maison de disques de Mylène. Trois anciens titres donc, accompagnés de six nouveauté (c’est peu) : Libertine, Au bout de la nuit, Vieux bouc, Wee’ll Never Die, Greta et Cendres de lune (un instrumental). Neuf titres en tout, produits , arrangés et réalisé par Laurent Boutonnat, qui s’occupe également des claviers acoustiques et des synthétiseurs. C’est même une de ses photos que l’on voit sur le recto de la pochette ; un cliché en noir et blanc de profil où Mylène (encore brune) se coiffe d’un canotier. Elle apparaît songeuse, et son nom s’inscrit en lettres rouges. L’univers Farmer prend donc ici sa forme.

Et que dire des textes ! Encore et toujours Boutonnat pour cinq chanson, un titre de Jérôme Dahan et deux de Mylène. Mais qu’on ne s’y trompe pas ; si les textes ne sont pas tous de Mylène, son inspiration se ressent dans les vers de chaque chanson – mort, enfance torturée, sang, violence, suicide, sexe, peur de vieillir…. Ne manque que l’influence religieuse pour que toutes les grandes thématiques farméreinnes soient au rendez-vous ! Les musiques, quant à elles, sont toutes de Boutonnat, hormis celle de Maman a tort (cosignée avec Jérôme Dahan) et Libertine (de Jean-Claude Dequéant).

 Pour accompagner la sortie de cet album, il faut un titre fort qui puisse être édité en SP ; ce sera Libertine. Le succès est immédiat (même foudroyant) et permettra à l’album d’atteindre les 700 000 ventes au total, grâce, notamment, à sa ressorties CD en 1987 comprenant douze titres au lieu de neuf (l’album était déjà sortie en CD, mais de façon très confidentielle, en 1986). En effet, pour l’occasion, Cendres de Lune s’est vu agrémenter d’une nouvelle chanson, Tristana, accompagnée de son remix (Tristana Remix Club). La carrière de Mylène est ici lancée et bien lancée ! Plus rien n’empêchera la désormais rousse chanteuse de gravir les marches du succès et de squatter systématiquement les hit-parades. Une artiste est née avec ce Cendres de Lune.

 

 

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issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 23/220

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Mylène Farmer et Bip be bou

Posté par francesca7 le 19 décembre 2012

 

Rock’n’Roll

(l’Amour au téléphone)

 

Mylène Farmer et Bip be bou dans Mylène AU FIL DES MOTS mf80_10a-212x300Voici le titre le plus énigmatique de toute la carrière de Mylène : Bip Be Bou Rock’n’roll, titre parfois suivi de la mention l’Amour au Téléphone. Alors que quelques titres inédits de Mylène se baladent un peu partout chez les admirateurs via Internet (comme Bad Girl), ce titre semble, quant à lui, bien enfermé dans les coffres de RCA (sa maison de disques d’alors). Impossible d’entendre même un simple extrait de cette chanson. Seule chose certaine (et confirmée par l’artiste dans le magazine Salut de novembre 1984, où elle précise que le SP sortira en janvier 1985), Bip Be Bou Rock’n’roll a été enregistrée entre My Mym Is Wrong et On est tous des imbéciles.

 

Visiblement Mylène (ou son manager Bertrand Lepage) a décidé de privilégier cette dernière et de reléguer au placard Bib Be Bou Rock’n’Roll….

 

issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 20/220

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L’Annonciation de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 18 décembre 2012

 

Seule façon d’entendre l’Annonciation   : se procurer (à prix d’or !) le SP ou le maxi d’On est tous des imbéciles, où le titre est gravé en face B. en effet, sitôt éditée, cette chanson semble avoir disparu de la mémoire de Mylène (Polydor laissant les droits à RCA, à la différence de ceux de Maman à tort, rachetés par la maison de disques actuelle de Mylène). Jamais chantée à la télévision, sur scène ou reprise en spectacle, l’Annonciation n’en est pas moins un titre intéressant. D’abord parce que c’est le premier titre entièrement écrit par Laurent Boutonnat. En effet, alors que la musique de Maman à tort fut cosignée avec Jérôme Dahan, l’Annonciation est l’œuvre de Boutonnat seul (la face A, On est tous des imbéciles   , étant confiées entièrement à Dahan). Et pour cette première chanson, Boutonnat explore déjà tous les thèmes chers à lui-même et à sa chanteuse. Le titre d’abord nous fait pénétrer dans l’univers farmérien : L’Annonciation.

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Et ce titre est à prendre au premier degré, puisqu’il fait référence à l’ange Gabriel qui vient révéler à Marie qu’elle est enceinte. En effet, selon la Bible, Jésus n’est pas né d’une union charnelle ; c’est le Saint Esprit qui a conçu Jésus. L’Eglise a choisi de célébrer l’événement neuf mois avant Noël (soit le 25 mars). Cependant, la Bible ne nous dit pas si cette grossesse extraordinaire a effectivement duré neuf mois comme pour le commun des mortels… Quoi qu’il en soit, le ton est donné, et la chanson reprend la notion de visite (« Il est entré dans mon lit / Sans un bruit »), du Saint-Esprit (« Dans mon sein je l’ai maudit / Ce saint esprit »), de l’ange Gabriel (« L’ange m’a fait croie au bonheur ») et de Dieu (« Et moi je sais que Dieu existe »). Mais il est bien évident que Boutonnat ne se contente pas ici d’une mise en chanson de l’Annonciation. Il fait de cette « visite » un épisode douloureux : « Une larme en frisson c’est l’heure / Celle qui sonne la douleur / Celle où seule on sent son cœur / Qui s’affleure », ou encore « La vie pour moi c’est fini ». Et l’on comprend vite à travers les mots de Boutonnat que l’héroïne de sa chanson vient de subir un avortement par un faiseur d’anges : « L’ange m’a fait croire au bonheur / C’est un faiseur », « Mon sauveur / Mon petit baigneur / Sans toi je meurs » ou « Et moi je sais que Dieu est triste / Car dans mon ventre / ça nait ça meurt ».

Nous sommes bien ici en présence de la genèse de l’œuvre de Mylène dans ce premier texte annonçant son premier album, avec Plus grandir ou  Au bout de la nuit ; a noter la musique de l’Annonciation, qui est particulièrement mélancolique, avec uniquement des cordes (violoncelles et violons tziganes).

issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 19/220

 

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Une Mylène Farmer inspirée

Posté par francesca7 le 18 décembre 2012

Des textes que Mylène a pratiquement tous écrits et qui éclairent ainsi sa personnalité. Une personnalité souvent qualifiée de mystérieuse, étrange, voire décalée par la presse à sensation. Et pourtant ! En lisant attentivement les paroles de ses chansons, on y découvre une femme sensible, ouverte, qui n’a guère plus de mystères qu’une autre. Et si l’artiste reste discrète sur sa vie privée et ne l’évoque qu’en de très rares occasions, elle n’hésite pas à se livrer corps et âme dans ses textes.

 Une Mylène Farmer inspirée dans Mylène AU FIL DES MOTS 3063079779_1_3_ihl8tidm-202x300Ainsi soi-je… Laisse le vent emporter tout, Rêver, Redonne-moi, autant de pépites qui permettent de comprendre et de toucher au plus près l’univers et la sensibilité de la chanteuse. Car il s’agit bien de cela, la sensibilité. A fleur de peau (notamment sur scène), Mylène se laisse aller à ses états d’âme au travers de ses chansons, y décrit ses désirs et ses peurs. En effet, de grands thèmes parcourent ses textes.

 Certains évidents comme la mort qui l’effraie et la fascine en même temps. Mais pas seulement ; la peur de vieillir, et surtout celle de grandir, de devenir adulte avec tout ce que cela comporte de désagréments et d’obligations ; la religion catholique est également très présente dans ses textes, Mylène utilisant toute son imagerie ; et comment ne pas parler du sexe ?

 Jamais artiste, hormis Serge Gainsbourg, n’aura été aussi loin en chanson pour évoquer la sexualité, de la sodomie à la masturbation en passant par l’éjaculation précoce…. De quoi lever un coin du voile sur le fameux mystère Farmer ! Pourquoi en dire plus en effet quand tout se trouve dans ses chansons. Des chansons toutes répertoriées ici. Sans analyse sauvage, en respectant les zones d’ombre de l’artiste, nous avons tenté d’expliquer les textes de la chanteuse et de découvrir ses influences. Des influences littéraires évidentes parfois (Choderlos de Laclos, Charles Baudelaire  , Edgar Allan Poe   , Primo Lévi   , Francesco Alberoni  …) d’autres moins connues (Emily Dickinson, Pierre Reverdy   , Sylvia Path, Etty Hillesum…) mais aussi picturales (Egon Schiele    , Robert Doisneau, Gustave Doré…) ou cinématographique (Elephant Man, Les Liaisons dangereuses, Les Griffes de la nuit…).

 

Un univers riche donc que nous vous proposons de découvrir immédiatement. Peut-être elle, au fil des mots…

 Propos repris par B.Cachin :

Podium mais 1985, propos recueillis par Brigitte Protti

France Dimanche le 23 juillet 1984 – propos recueillis par Dominique Préhu.

 

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Mylène Farmer Au fil des Mots

Posté par francesca7 le 17 décembre 2012

 

 

Les écrits de cette catégorie sont issus du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012.

Aux éditions Gründ.

 

Les textes des chansons de Mylène Farmer laissent apparaître une artiste sensible qui n’hésite pas à s’y livrer corps et âme. Ils promettent un voyage riche dans l’univers d’une chanteuse à la carrière immense.

Il suffit de reprendre Au Fil des Mots l’intégralité de ses chansons qui esquissent en filigrane ses influences littéraires, poétiques, picturales et cinématographiques.

De Maman a tort à Du temps, en passant par Libertine, Pourvu qu’elles soient douces, Désenchantée, XXL, l’Ame-stram-gram, Les Mots, Fuck Them All, Dégénération ou Oui mais … non, la magie des mots opère toujours celle des images aussi. Ce sont ici près de 80 photographies – plus de la moitié sont inédites – qui offrent l’artiste vue par les plus grands depuis près de trente ans.

Dans l’intimité, en voyage ou sur scène, entre mystère et désir, le plaisir est total.

 

Citation :

« On hante toujours les mêmes lieux, seules les personnes avec lesquelles on voyage changent parfois ; l’important, c’est que la magie des mots opère ».

 

Mylène Farmer Au fil des Mots dans Mylène AU FIL DES MOTS mylene-236x300

 

 

Suivre l’interview de Benoît Cachin lors de la sortie de son livre en cliquant ici ….

 

En parallèle de son activité journalistique pour différents médias (presse magazine, radio, télévision…) Benoît Cachin a écrit une dizaine d’ouvrages de référence sur la chanson française et le cinéma.

Depuis 2005, Benoît Cachin a publié des ouvrages consacrés à Sylvie Vartan, Michel Polnareff, Etienne Daho ou encore Michel Serrault. En 2006, il a signé deux livres sur Mylène Farmer, Le Dictionnaire des chansons de Mylène Farmer et Influences.

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