ELDORADIO (Russie) avec Mylène en 2000

Posté par francesca7 le 7 janvier 2015

 

7 MARS 2000 – Entretien avec Anna ROMANOVA

Anna Romanova : Bonsoir Mylène ! Bienvenue sur la radio Eldoradio, qui est le sponsor de votre spectacle ici, en Russie. Je suis Anna Romanova et à mes côtés se trouve Semen Zverev. Nous sommes extrêmement heureux de vous voir ici, avec nous !

2000-02-dMylène Farmer : (en russe) Zdravsvuïté ! (‘bonsoir’, nda)

Oh, bravo ! Vous êtes très douée ! Nos auditeurs aiment beaucoup vos chansons, nous les passons souvent sur notre station. Je pense que nos auditeurs les plus âgés seraient intéressés de savoir ce que vous pensez d’Edith Piaf…

MF : C’est une personne très importante dans notre culture, elle est incontournable. C’est quelqu’un qui savait toucher l’âme, et d’ailleurs elle me touche moi aussi.

Je n’ose pas trop m’adresser à vous en anglais parce que je sais que les français n’aiment pas trop cela, mais je vous dirais volontiers ‘Nice to meet you’ (‘ravie de vous rencontrer’, nda) ! On sait qu’en France, peut­être plus qu’ailleurs, on est très préoccupés par l’expansion de la culture américaine dite ‘de masse’. Qu’en pensez­vous ? Est­ce que vous vous sentez concernée, vous qui êtes une artiste qui vous exprimez dans un style relativement international ?

MF : Probablement qu’il serait hypocrite pour moi de me ‘rebeller’ contre cette culture américaine que vous mentionnez, car j’aime moi­même beaucoup la musique américaine ! Mais il est vrai que je considère que chaque pays devrait préserver son authenticité culturelle.

Avec quelle grande star de la musique aimeriez­vous chanter en duo ?

MF : J’ai rencontré Elton John à plusieurs reprises. Nous avions un projet commun, mais il n’a pas abouti (la chanson « Les Mots » qui sortira en novembre 2001, interprétée avec Seal avait effectivement été initialement proposée à Elton John, nda). J’aimerais beaucoup rencontrer Jamiroquai.

Dans l’un de vos clips, on peut vous voir boxer de façon très convaincante (« Je t’aime Mélancolie », nda). Ca vous a demandé beaucoup de travail avec un entraîneur ?

MF : En ce qui concerne la préparation physique, je m’étais entraînée toute une semaine avec un professeur.

Quant à la performance en elle­même, après, c’est plutôt une question de montage !

Vous aimez le cinéma, vous qui proposez des clips renversants qui sont chacun des mini­films. Votre clip « California » a été réalisé par Abel Ferrara, si je ne me trompe pas. Y a­t­il un autre réalisateur que vous aimeriez ‘kidnapper’ pour qu’il réalise un de vos clips ?!

MF : Il y en a beaucoup. J’ai également fait un clip sous la direction de Luc Besson (« Que mon Cœur Lâche », nda). Pour répondre à votre question, j’aime beaucoup le cinéma de Bergman, j’aime Tarkovski ­mais il n’est plus là­ j’aime également David Lynch, David Lean…Enormément de cinéastes…Spielberg…

Quel dommage qu’ils ne réalisent pas de clips ! Quel est votre acteur préféré ? Votre film fétiche ? Il paraît que vous admirez Mickey Rourke, mais j’aimerais l’entendre de vous directement…

MF : Je vais en profiter pour parler un tout petit peu de ça, cet article paru dans le journal Pulse. J’ai rencontré effectivement le journaliste, mais il a m’a prêté des propos que je n’ai jamais tenu, donc je suis furieuse contre lui ! (le journaliste responsable de l’article qui agace tant Mylène n’a peut­être fait que recopier ce que Mylène déclarait dans Gai­Pied du 12.01.1987 : à la question « Votre homme idéal ? », elle avait effectivement répondu « Mickey Rourke », cf. cette référence, nda)

On a été surpris de lire ça, car ça n’a rien à voir avec l’image qu’on a de Mylène Farmer…

MF : Concernant mes acteurs préférés, s’il y en un à retenir, c’est Robert de Niro.

Vous avez bon goût ! Nos auditeurs sont sans doute intéressés de savoir ce que vous ressentez lorsque vous sortez de scène…

MF : C’est différent à chaque fois, si ce n’est qu’il y a quand même quelque chose qui est toujours pareil, c’est le sentiment de vide : d’abord un grand bonheur, et après un grand vide. On a reçu énormément et aussitôt après on est à nouveau seul.

Mylène, dites­moi, est­ce que vous avez eu peur lorsque avez monté un cheval pour la première fois ? Comment avez­vous vaincu cette peur ? Et quel est le nom de votre cheval préféré ?

MF : Quant à la peur, non. C’est quelque chose que j’ai choisi quand j’étais plus jeune : j’ai fait beaucoup d’équitation. Et je ne me souviens d’aucun nom de cheval préféré ! (rires)

Vous avez un grand nombre de fans en Russie, et je m’en réjouis ! Quel est votre rapport avec ces gens qui ne vivent que par et pour vous ?

MF : C’est très dur pour moi de répondre à cette question, parce que je ne comprends pas bien comment on peut vivre, pour reprendre votre exemple, uniquement pour moi.

J’ai ici une lettre qu’un de nos auditeurs m’a demandé de vous remettre. Vous allez la prendre ?

MF : Avec plaisir. En tout cas, pour détourner votre question, pour chaque artiste il est très, très important, même fondamental, d’avoir des personnes qui vous aiment, qui vous écoutent.

L’une de nos auditrices, une jeune fille très cultivée, a fait cette remarque très pertinente : elle voit une certaine similitude entre vous, Mylène, et le ‘Portrait de Jeanne Samary’, peint par Renoir…

MF : Elle est plus cultivée que moi : je ne connais pas ce tableau précisément. En revanche, vous devez connaître ce peintre, Egon Schiele, qui a représenté beaucoup de femmes rousses écorchées. Je me vois plus comme un de ses modèles.

Mylène, nous savons que vous aimez les contes russes. Est­ce que c’est bien vrai ? Quels sont les trois vœux que vous adresseriez au poisson rouge ? (équivalent du bon génie de la lampe dans le folklore russe, nda) Ca vient d’ailleurs encore de l’article dans Pulse…

2000-02-aMF : On m’a demandé si j’aimais le folklore russe, et j’ai répondu que j’appréciais beaucoup Dostoïevski. Pour répondre à votre question, je connais des contes russes mais je ne connais pas systématiquement leurs auteurs. Ce que je demanderais…La possibilité…J’aimerais avoir le pouvoir de guérir, par exemple. Sinon, je crois que je suis déjà exaucée car je fais le métier que j’aime.

Récemment, nous avons demandé à nos auditeurs de classer leurs trois chansons préférées du siècle qui vient de s’achever. Quelles sont celles que vous auriez cité, Mylène ?

MF : Je pense au duo entre Kate Bush et Peter Gabriel qui s’appelle « Don’t Give Up ». Je pense aussi   une chanson du groupe U2 qui s’appelait « One », et puis une chanson de Sting qui s’appelait « Fragile », je crois.

Mylène, dites­nous : pour vous, ce que vous faites, c’est du business ? C’est le but de votre vie ?

Encore plus que ça ?

MF : C’est mon activité, c’est ce pour quoi je vis.

Mylène, en ce 8 mars, nous célébrons la journée de la femme. Est­ce que je peux vous demander de saluer nos auditrices à cette occasion ?

MF : Amusez­vous et profitez­en !

Votre concert se tient en ce jour très spécial !

MF : J’en suis ravie !

Merci, Mylène !

MF : Merci ! Spasibo ! (‘merci’ en russe, nda)

Publié dans Mylène 1999 - 2000, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Mylène Farmer sur EUROPA PLUS (Russie)

Posté par francesca7 le 30 décembre 2014

 

3 MARS 2000 – Entretien avec Otar KUSHANASHVILI

Elle est discrète dans la vie mais ressemble à un ouragan sur scène. Après plusieurs années de carrière, personne ne peut lui contester son statut d’artiste culte. Son culte à elle, elle l’a construit de ses propres mains. Le nom de cette personne culte qui est ici à Europa Plus, c’est Mylène Farmer, qui est pour la première fois à Moscou. Tous les entretiens, Mylène, se doivent de débuter de façon lyrique (terme utilisé dans les œuvres de folklore russe, nda) : c’est une façon de dire à quelqu’un des choses agréables pour qu’il garde après un bon souvenir de la conversation ! Je voudrais pour commencer vous dire quelque chose : le genre de femme que vous incarnez est adoré et même vénéré par presque tous les moujiks russes ! Sur cette note élogieuse peut débuter notre entretien sur la meilleure station de Russie, Europa Plus.

2000-01-eMylène Farmer : Lyrique ?! Qu’est­ce que vous entendez par lyrique ?!

Lyrique ? Lyrique par rapport à quoi ? Ha, débuter de façon lyrique ? Le lyrique, c’est du beau, c’est doux, c’est comme le début d’un grand roman où l’auteur explique à ses lecteurs qu’il a écrit ce livre pour eux parce qu’il les aime beaucoup.

MF : (désorientée par la comparaison hasardeuse du présentateur) Et la question, c’est qu’est­ce que j’en pense ?! (rires)

Non, c’est juste une marque de bonne volonté pour s’assurer que vous êtes d’humeur à répondre à mes questions ! Rien d’autre !

MF : D’accord, donc ça me fait très plaisir ! Merci pour ce compliment !

Je n’ai pas été le chercher bien loin car il est vraiment sincère. Passons aux questions, maintenant.

On ne peut pas ne pas aborder les questions ‘touristiques’ ­ je vous en prie, ne me considérez pas comme un journaliste incompétent, je suis certain qu’on vous poserait ces questions dans n’importe quel autre pays que vous visiteriez : dites­nous s’il vous plaît ce que vous pensez de Moscou et de Saint­Pétersbourg, que vous avez déjà visité, je crois. Quelles sont vos impressions ?

MF : Je garde un souvenir impressionnant de Saint­Pétersbourg, je suis plus sensible à son  architecture. J’ai rencontré à Moscou un artiste que j’aime beaucoup qui fait de l’animation, qui s’appelle Garri Bardin ­ je ne sais pas si vous le connaissez…

Oui, très bien. Pour autant que je sache, ce n’est pas évident de le définir. C’est une sorte de génie créatif…

MF : Oui, c’est phénoménal. Ce qu’il fait est phénoménal. Donc j’ai eu la chance de le rencontrer, d’aller chez lui, de voir son lieu de travail, de rencontrer son équipe, donc c’était un moment très fort pour moi. Et puis j’aime le romantisme que peut, moi, m’évoquer ce pays, j’aime sa littérature. Voilà…Voilà ma visite du pays ! (sourire)

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Chère Mylène, j’ai remarqué que c’est dans l’air du temps d’utiliser le mot millénium. Quelle est votre interprétation de ce terme dans le nom de votre spectacle ? Où faut­il en chercher l’origine ? Pour dire les choses plus clairement : pourquoi ce spectacle s’appelle ‘Mylenium’ ?

MF : Pour une simple et…pour la raison la plus simple, en tout cas : c’est que je pouvais, moi, m’amuser avec mon prénom, puisque ‘Mylène’ est dans ‘millenium’ et je trouve ce mot…sans y trouver une explication rationnelle, quelque chose d’assez joli, la sonorité du mot.

Voilà au moins une explication sincère ! D’autres que vous auraient donné des réponses si alambiquées pour qu’on ne les accuse pas de mégalomanie que je me serais endormi au bout de vingt secondes ! Vous avez répondu sincèrement, c’est un très joli mot en effet qui correspond bien à l’époque que l’on vit et qui fait un trait d’union avec votre univers. Pour cela, encore un coup de chapeau !

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Alors, chers amis, nous sommes toujours sur la meilleure station de toute l’Europe, Europa Plus, en compagnie de Mylène Farmer. Si vous ne me croyez pas, alors vous pouvez vous en aller, et si vous me croyez, hé bien…vous pouvez être jaloux ! Passons maintenant à la question suivante. Elle m’a été inspirée par ce que j’ai lu sur vous dans la presse anticipant votre venue chez nous. Il faut dire que la presse russe, j’en frémis rien qu’en le disant, semble avoir voulu faire un concours de celui qui serait le plus piquant à votre sujet. Si on devait décerner un prix sur le sujet, il irait à ce magazine qui vous présente comme n’étant que peurs malsaines et phobies en tout genre, au bord de la folie. Voici leur gros titre : ‘Mylène Farmer tisse sa toile de phobies terrifiantes et de passions morbides’. Que pensez­vous de cette description ? Est­ce qu’il y a une part de vérité ou bien on exécute sur place le journaliste qui a écrit ça ?!

MF : Que je sois habitée par des phobies, oui, certainement ! Maintenant, quelles sont­elles : c’est la question !

Quelles étaient les phobies exprimées dans la presse, ça je ne le sais pas, c’est à vous de me le dire…

Vous avez peut­être la phobie des présentateurs de Europa Plus, je ne sais pas…

MF : Je vais vous couper tout de suite, j’ai une phobie des insectes, par exemple. Voilà ! (rires) Soyez tranquille ! (rires)

Ouf, j’étais prêt à quitter le studio ! J’ai lu encore quelque chose de très drôle aussi, l’occasion pour tous les russes de rigoler de leurs journalistes : ils ont écrit qu’un glaçon dans votre Coca Cola vous donnait envie d’étrangler l’humanité entière !

MF : Alors laissez ces propos aux journalistes ! Puisque je fais de toute façon très peu d’interviews, je crois qu’ils inventent bon nombre de mes propos !

La question suivante peut paraître stupide, mais elle se justifie du fait de vos visites très rares, qui plus est alors que vous venez donner des concerts chez nous : est­ce vrai que le premier spectacle de votre carrière, mis en scène par Laurent Boutonnat, avait pour slogan ‘Venez découvrir la Madonna française’ ?! Et d’une manière générale, que pensez­vous de Madonna ?

2000-01-aMF : Non, là encore, ce sont des propos de journalistes ! C’est toujours très réducteur quand on parle d’une personne : là en l’occurrence, on fait le rapprochement d’avec Madonna ­ je vais essayer de faire court !­ parce qu’il y a une envie de danseurs sur scène, une envie de show dit ‘à l’américaine’, c’est­à­dire vraiment avec tout ce que peut comporter l’idée du spectacle. Voilà. Quelque chose de très intimiste, je n’en ai pas encore z’envie –envie, pardon ! Voilà pourquoi ce rapprochement, j’imagine, d’avec Madonna mais ça ne vient pas de chez nous, bien évidemment. Ce que je pense de Madonna ? Je pense qu’elle est une artiste complète, très douée, bien évidemment. Et…que puis­je dire d’autre… ?!

Je pense que cette description se suffit à elle­même !

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Passons maintenant à la question suivante ­ en rappelant à tout le monde que nous avons la chance sur Europa Plus de converser avec Mylène Farmer, une invitée qui ne vient qu’une fois dans une année lumière ! Est­ce que vous pouvez nous éclairer un peu ­ si ce n’est pas une intrusion dans votre vie privée­ sur les raisons qui vous ont motivée à déménager aux Etats­Unis alors que vous étiez en plein succès en France ?

MF : Mais là encore, c’est une mauvaise information ! Je suis allée à Los Angeles pour enregistrer mon…(elle cherche) un de mes albums ­ j’ai oublié lequel ! (sic !) ­ et je suis resté près de huit mois là­bas. Ce n’était pas un déménagement, mais simplement la volonté que d’enregistrer, de prendre mon temps pour écrire cet album et ça a duré un petit peu plus longtemps que prévu. Donc voilà, je n’ai jamais eu l’intention que de vivre aux Etats­Unis ­ en tout cas, pas encore !

Il faut vraiment que je m’excuse pour tous ces infâmes mensonges que je contribue à véhiculer ! Ceci dit, c’est peut­être aussi dû au fait que vous êtes sur vos gardes quand vous rencontrez un journaliste. Mais n’allez pas croire que je me cherche des excuses : tout ce que je dis là, je ne le tiens pas de tabloïds, mais de revues musicales très respectables !

MF : Je parle peu, je parle très peu de moi : c’est le chemin que j’ai suivi, que j’ai décidé. Maintenant, oui, c’est ce pour quoi les journalistes racontent beaucoup de choses qui sont fausses, bien évidemment.

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Je vais vous donner encore une raison de pester contre mes confrères journalistes : certains, dont je ne partage pas l’avis, ont prétendu que vous avez volontairement repris une certaine imagerie américaine en la simplifiant ainsi que vos arrangements : le son est devenu plus pauvre qu’avant, moins sophistiqué. Certains considèrent que vous étiez revenue d’Amérique plus légère…

MF : Quant au son plus pauvre, je ne suis pas sûre que ce soit un compliment, donc je ne sais pas si je vais y répondre ! (rires) La seule chose que je puis répondre, c’est qu’on… ­ sans parler d’évolution, parce que j’allais dire je me moque de l’évolution, en tout cas je n’ai pas cette revendication, si ce n’est que c’est vrai que dans la vie on grandit, on a des choses qui traversent sa vie et fatalement on change. Pour compléter la réponse, quand nous avons enregistré la première fois aux Etats­Unis, on rencontre fatalement des musiciens américains. J’avais une volonté que de mettre beaucoup plus de guitare que dans les albums précédents.

Voilà, donc c’est une ‘petite influence’, peut­être, américaine, mon passage en tout cas la première fois à Los Angeles.

Que dire de plus ? Dans notre pays, on a souvent répondu aux tentatives d’incursion des américains par ‘Yankees, go home !’

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Votre réticence à parler aux journalistes a au moins ceci de positif, c’est que cette inaccessibilité vous profite. Mais est­ce que vous jetez un œil tout de même à ce qui est publié à votre sujet ?

MF : Ca m’intéresse en ce sens que dès l’instant qu’on a envie d’écrire sur moi, pour dire du bien ou pour dire du mal, je crois que c’est important que de lire au moins pour apprendre des choses, même si elles sont erronées ! (rires) Maintenant, je préfère avoir une distance et garder cette distance d’avec les propos qu’on peut avoir à mon sujet, sinon on se laisse trop abimer par ça. Mais on est en train de faire une guerre ouverte aux journalistes et je n’ai rien contre eux, a priori ! (rires)

C’est sans fin ! Voilà d’ailleurs une citation qu’on pourrait reprendre pour vous faire dire n’importe quoi !

2000-01-bMF : C’est une affaire personnelle ?! (rires)

Il y a une autre citation qui m’a troublé, car à l’évidence je ne suis pas homosexuel ­et même si je l’étais je serais quand même tombé fou amoureux de vous pendant cette petit moment que nous partageons­ bref j’ai été choqué de lire ce gros titre sur un journal : ‘Mylène Farmer est une femme qui se passe très bien des hommes’. Mais c’est un cauchemar ? Est­ce que c’est vrai ?!

MF : Si ce cauchemar est vrai ? Bien sûr que non ! D’abord, j’ai avant tout besoin de l’autre en général, qu’il soit féminin ou masculin. Et pour répondre à votre question, je n’ai absolument rien contre les hommes, non !

C’est gentil de laisser croire aux géorgiens que tout n’est pas si mal dans leur presse. Merci pour eux ! Tous les géorgiens qui écoutent Europa Plus : Mylène Farmer est avec vous !

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Nous sommes limités dans le temps, malheureusement. Je voulais savoir pourquoi vous avez voulu tout faire toute seule dans votre spectacle « Mylenium ». J’ai lu en effet que vous avez refusé les services des metteurs en scène les plus inventifs, de maquilleurs, de stylistes. Du coup, on a dit qu’en refusant de travailler avec tant de gens confirmés, c’est parce que vous n’aviez pas confiance en eux et que vous étiez trop sûre de vous…

MF : (ahurie) Mais c’est totalement faux ! Je n’ai décliné absolument d’abord aucune proposition. Là, j’avoue que, oui, ça devient très étrange, mais… ! J’ai décidé de monter ce spectacle et j’ai fait appel à bon nombre de personnes, que ce soit une costumière de grand talent qui travaille beaucoup pour le cinéma (Dominique Borg, nda), j’ai fait appel à un décorateur de grand talent également qui travaille beaucoup pour l’opéra et le cinéma également et le théâtre (Guy­Claude François, nda) et puis en ce qui concerne la mise en scène, j’étais accompagnée d’une personne qui m’est chère et qui m’a aidée justement à monter toute la dramaturgie de ce spectacle (François Hanss, qui ne sera pas crédité pour la mise en scène ni dans le programme du spectacle ni dans le livret des supports CD et vidéo l’immortalisant mais que Mylène remerciera sur scène pour sa collaboration lors de la dernière date française de la tournée, nda).

C’est fou le nombre de choses fausses ou incorrectes qu’on peut écrire sur vous, je le réalise avec vous ! J’ai bien envie d’aller mettre des coups de poing à tous ces gens qui racontent n’importe quoi, moi !

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Je voulais vous dire qu’à mon avis, vous êtes plus une chanteuse de cinéma qu’autre chose. Qu’est-ce qui a le plus d’importance pour vous : concevoir un spectacle ou bien un clip ?

MF : Quand vous parlez du cinéma, c’est les clips ? Oui ? Je crois que pour moi, en tout cas, tout est important, fondamental. Je n’ai pas pu concevoir de faire ce métier sans la musique, les mots sont très importants, l’image est très importante. J’aime faire ce métier de cette façon.

Merci beaucoup, Mylène Farmer, de la part de toute l’équipe de Europa Plus. Bon succès, bon courage et bon concert à l’Olympski ! (la salle de spectacle de Moscou où Mylène a présenté le Mylenium Tour les 04 et 05 mars 2000, nda)

MF : Merci beaucoup ! Merci infiniment !

Publié dans Mylène 1999 - 2000, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

MTV RUSSIE avec Mylène Farmer en 2000

Posté par francesca7 le 30 décembre 2014

 

8 MARS 2000

2000-03-cAprès une présentation de Mylène par un jeune présentateur et des images de « Tomber 7 fois… » extraites du « Live à Bercy », on découvre Mylène assise sur un canapé en cuir, vêtue d’une veste en jean et d’une longue jupe écru, faisant face à ce même présentateur.

Mylène Farmer : Je change…En général, je ne modifie jamais un spectacle, mais pour la Russie j’ai ajouté deux chansons (« Que mon Cœur Lâche » et « Je t’aime Mélancolie », nda) que le public russe connaît, je crois. C’est la seule chose qui est différente.

Medley d’images du « Live à Bercy », par­dessus lequel est diffusé « Déshabillez­moi » extrait du film « En Concert ». Le medley s’achève par des images de cette prestation live…entrecoupée par des plans du public issu de la vidéo live de 1996 ! Sur ces images, le journaliste explique que les albums de Mylène évoquent toujours des choses très personnelles.

MF : Je crois que…oui, chaque album est une partie de ma vie et fatalement, ça vous égratigne un peu.

Journaliste : On sait que votre première tournée n’a eu lieu qu’après l’énorme succès de vos premiers albums. Est­ce que ça veut dire que vous attachez plus d’importance au travail sur un album que sur un concert ?

MF : Je crois que c’est un tout. C’est un plaisir de travailler sur un album et de le présenter sur scène. J’adore le travail de studio, maintenant la scène, c’est des moments très importants. C’est magnifique pour un artiste.

Je dois dire que je crois que ce spectacle au public, et j’espère que les gens apprécient la musique, l’émotion, les chorégraphies, les lumières et ont, j’espère, beaucoup de plaisir !

Extrait de « Désenchantée » tiré toujours du « Live à Bercy »

J : On a entendu beaucoup d’annonces délirantes sur le nombre de personnes qui travaillent autour de vous pour ce spectacle. Combien y a­t­il de personnes, réellement ? On a vraiment entendu des choses invraisemblables !

MF : (amusée) Combien a­t­on dit ?

J : 230 personnes !

MF : (dans un grand sourire) Thierry, réponds ! (Mylène tourne les yeux vers les coulisses en riant. Elle cherche la réponse exacte auprès de Thierry Suc, producteur de la tournée) Non, je crois que c’est moins. Il y a beaucoup de monde, mais pas autant.

Nouvel extrait de « Désenchantée » issu du « Live à Bercy »

J : Je crois que vos animaux domestiques sont des singes. C’est très insolite ! Pourquoi pas des chats ou des chiens ?!

MF : C’est un plaisir. Je les adore et j’adore prendre soin d’eux. Si j’avais choisi un métier autre que la chanson, je crois que j’aurais travaillé avec ces animaux.

J : (très étonné par la réponse de Mylène) Vous voudriez en faire un métier ?!

MF : Non, parce que ça nécessite une formation très précise et rigoureuse. Mais j’aimerais être entourée de beaucoup de singes en tout cas, oui !

Images de la prestation de « XXL » tirée du « Live à Bercy », qui font place à un extrait du clip de la même  chanson, mais toujours sur fond de « Désenchantée » (live) !

J : Comme nous sommes sur MTV, je ne peux pas ne pas évoquer vos clips. Vos vidéos spectaculaires sont connues de tous. Est­ce qu’il va y avoir un nouveau clip prochainement ? Je sais bien que c’est quelque chose qui demande beaucoup de temps, d’énergie aussi, que vous avez sans doute d’autres projets mais cependant est­ce que vous préparez quelque chose ?

MF : Il y aura un nouveau clip pour une chanson du dernier album (ça sera « Innamoramento » au mois de juillet suivant, nda) et plus tard la vidéo du spectacle. Ca fait du travail supplémentaire !

J : Le clip sera pour quelle chanson ? (il prend un exemplaire de l’album « Innamoramento » et le met littéralement sous le nez de Mylène qui regarde le dos de celui­ci)

MF : Ce sera pour « Innamoramento ». (il est à noter qu’il est exceptionnel dans la carrière de Mylène qu’elle révèle aussi longtemps à l’avance quel sera son prochain single ! nda)

Court extrait du clip « Souviens­toi du Jour… »

J : Quel est votre degré d’implication dans la création de vos clips ? Est­ce que vous décidez de tout ?

MF : Ca commence d’abord par le choix du réalisateur, donc je travaille seule pour commencer. Ensuite, je travaille avec ce metteur en scène et ce sont des discussions, des envies communes.

J : Que comptez­vous faire après cette tournée ? Est­ce qu’elle va continuer encore un peu ou bien vous allez retourner en studio ? Qu’allez­vous faire à votre retour de Russie ?

MF : Non, non la tournée prend fin définitivement à Saint­Pétersbourg ! (Mylène ne dit évidemment rien sur le projet qui va l’occuper quelques semaines plus tard : le lancement d’Alizée et de son single « Moi…Lolita », nda)

Extrait du clip « Je te rends ton Amour »

J : S’il y a bien une question qui me tourmente, c’est pourquoi vous ne faites pas carrière dans le cinéma en tant qu’actrice ?

2000-03-aMF : J’ai fait un long­métrage et les propositions que j’ai reçues après ne m’ont guère intéressée, donc je les ai refusées. Peut­être plus tard… !

J : Ha, donc ce n’est pas un refus définitif !

MF : Ha non, non ! Si un réalisateur russe m’invite, ce sera un plaisir que de travailler avec lui ! (rires)

L’émission s’achève sur le final de « Désenchantée » extrait du « Live à Bercy ».

 

Publié dans Mylène 1999 - 2000, Mylène dans la PRESSE | Pas de Commentaire »

LE MAG de juin 2000 avec Mylène F.

Posté par francesca7 le 22 décembre 2014

 

10 JUIN 2000 : Entretien avec Lynda LACOSTE – MCM

Enregistré fin avril dans un salon de l’hôtel Costes à Paris, cet entretien est particulier dans le sens où Mylène n’a rien à promotionner : le Mylenium Tour s’est achevé quelques semaines auparavant et l’album live ne sortira pas dans le commerce avant plus de six mois. En revanche, au moment de l’enregistrement de l’émission, Mylène est en plein travail avec Alizée sur « Moi…Lolita » qui sera envoyé peu après en radio et qui sera déjà un tube au moment de la diffusion, mais évidemment aucune allusion n’y sera faite pendant l’entretien ! La langue maternelle Lynda Lacoste étant l’anglais, sa syntaxe est parfois bancale. Néanmoins, ses propos sont retranscrits ici tels quels.

2000-01-eLynda Lacoste : Bonjour et bienvenue dans Le Mag. Aujourd’hui, c’est un mag exceptionnel puisqu’il s’agit de Mylène Farmer qui n’accepte que très rarement de venir à la télévision. N’oubliez pas que pour tous les artistes, vous pouvez poser des questions soit par Internet, soit par minitel, soit par téléphone. Allons­y pour la première partie !

Après un générique qui montre l’animatrice pénétrer dans l’hôtel et des assistants décorer le salon privé de bougies, on découvre Mylène habillée d’une veste en jean et d’une longue jupe écru et arbore un chignon sophistiqué.

LL : Bonjour Mylène. Merci beaucoup d’être venue dans Le Mag. Alors, vos concerts sont toujours des spectacles avec une répétition, j’imagine, immense. Mais est­ce que ça vous est arrivée de littéralement ne plus pouvoir marcher sur vos pieds à cause des talons aiguilles, et comment faites-vous pour vous récupérer assez vite ?

Mylène Farmer : Pour me récupérer vite, je me suis beaucoup entraînée avant cette scène : j’ai un entraînement physique. Quant aux talons aiguilles, c’est assez facile de marcher avec, finalement ! (sourire)

LL : Ah bon ?! Moi, j’ai du mal, mais c’est peut­être le fait de danser avec…

MF : Je ne danse pas sur des talons aiguilles, ce sont des talons qui sont un petit peu plus larges, quand même. Mais c’est une difficulté, en tout cas un danger pour les chevilles, mais j’ai pris le parti que de choisir ces chaussures. C’est plus élégant.

LL : Les concerts ne sont pas sans risques : vous êtes tombée accidentellement à Lyon en 1996.

Qu’est­ce que vous vous êtes dit ? Est­ce que vous vous êtes dit ‘Bon, il faut virer quelqu’un tout de suite !’, ‘Est­ce qu’il faut calmer la chorégraphie ? ‘, ‘Est­-ce qu’il faut faire moins de concerts ? Qu’est­ce que vous vous êtes dit ?!

MF : Renvoyer tout le monde ! (rires)

LL : Oh ! On vire tout le monde ?! Ça m’étonnerait ! (Mylène, silencieuse, laisse planer le doute) Oh oui ?!

MF : Non, non. Je ne sais pas bien quoi répondre. Ça a été un grand choc pour moi, en tout cas.

LL : Avec votre dernier album, il y avait quand même encore, même dans l’an 2000, des clips qui ont été censurés le jour. Est­ce que ça vous a choqué ou est­ce que vous cherchez exprès d’avoir des clips qui choquent parce que, comme ça, on parle plus ?

MF : Je crois que ça n’a aucun intérêt que de vouloir choquer à tout prix pour que l’on s’intéresse à vous. Il se trouve que j’aborde des sujets qui sont peut­être épineux, voire tabous. C’est un risque. Maintenant, la censure ­et spécialement en France, je trouve­ est un peu sévère et s’attaque à tout et n’importe quel sujet, ce que je trouve vraiment regrettable.

LL : Même votre premier clip, « Maman a Tort », a été censuré à l’époque. (si certaines émissions ont choisi de ne pas diffuser ce clip à l’époque, celui-­ci n’a en tout cas jamais été interdit, nda) Mais vous êtes quelqu’un qui est capable de faire des clips qui peuvent durer jusqu’à dix­-sept minutes. Quand vous voyez le niveau que vous avez atteint, vous, quelle est votre réaction sur le niveau des clips qu’on peut voir en France en l’an 2000 ?

MF : Là encore, vous me demandez de porter un jugement et j’avoue que c’est quelque chose que je n’aime pas faire. Je peux vous dire en revanche qu’il y a des artistes que j’aime beaucoup et qui font de très beaux clips. J’aime l’univers de Björk, j’aime ce qu’a apporté Peter Gabriel, David Bowie…Il y a beaucoup d’artistes qui ont des clips intéressants.

Diffusion d’un extrait du clip « Optimistique-­Moi »

LL : Sur cet album, vous avez travaillé, bien sûr, avec j’imagine un homme dans lequel vous avez beaucoup de confiance, Laurent Boutonnat (Mylène confirme et sourit), mais vous avez travaillé avec d’autres compositeurs pour cet album­là. Est­ce que…

MF : (la coupant) Non !

LL : C’était que lui qui a fait toutes les chansons ?

MF : J’ai fait, moi, quelques chansons, comme compositeur et comme auteur…

LL : D’accord.

MF : …et c’est tout !

LL : OK. Mais pour les nouveaux gens avec qui vous avez envie de travailler, est­ce que vous demandez à Laurent son avis ou est­ce que vous lui parlez après d’avoir déjà pris votre décision sur les nouveaux gens avec qui vous avez envie de travailler ?

MF : Si vous me parlez de composition, je n’ai jamais eu le souhait que de travailler avec quelqu’un d’autre qu’avec Laurent. Maintenant, en terme de vidéo, oui j’ai fait appel à beaucoup de réalisateurs différents. Est­ce que je demande son avis : non ! (rires)

LL : D’accord. Et, parce que justement vos clips sont d’un tel niveau, est­ce que vous accepteriez de travailler avec des nouveaux talents, ou est­ce qu’il faut toujours quelqu’un qui ait déjà fait leurs preuves pour travailler avec vous ?

2000-01-dMF : C’est d’abord très, très difficile que de trouver un réalisateur, donc je vois beaucoup, beaucoup de cassettes. C’est vrai qu’il m’est difficile d’aller vers quelqu’un qui n’a jamais rien fait parce qu’on ne peut pas s’appuyer sur un travail qui a déjà…enfin, sur des choses qui sont concrètes, réelles. Donc je vais plus facilement vers des réalisateurs qui ont déjà réalisé des vidéos. Voilà. Donc mon choix s’est porté sur Marcus Nispel, Abel Ferrara et Michael Haussman pour le dernier. (« Optimistique­Moi », nda) Diffusion d’un extrait du clip « California »

LL : Vous avez un corps magnifique…

MF : (surprise, elle pouffe de rire) C’est gentil !

LL : Est­ce que, pour vous, votre corps est aussi important dans votre travail que votre voix ?

MF : Non. Non. (dans un rire) Je ne sais pas quoi vous répondre, si ce n’est que je… (silence) Tout est important ! On va dire, aussi bien, alors l’apparence physique que le vêtement, que le verbe aussi : tout est important pour moi. Maintenant, est­ce que je suis obsédée par ma ligne, par mon corps ?

Non, absolument pas. Je ne fais du sport que quand je monte sur scène.

LL : D’accord. OK. Alors, vous êtes la seule artiste française qui est aussi collectionnée ­et même plus collectionnée­ que Johnny Hallyday. Est­ce que vous êtes quelqu’un qui prend plus de temps à choisir les objets que vous avez envie d’associer avec votre nom ? Et est­ce qu’il y avait des objets que vous avez systématiquement refusé ?

MF : Systématiquement refusé, je n’en ai pas le souvenir. Mais je travaille en tout cas avec quelqu’un qui me donne des idées ­ parfois, j’apporte moi­-même des idées. Et là encore, c’est quelque chose que je qualifie d’important. En tout cas, je fais attention, oui, à ce que je propose. Voilà ! (sourire)

LL : Il y a beaucoup de questions sur l’Internet, beaucoup de sites qui vous sont consacrés. Est­ce que ça vous intéresse, l’Internet ? Et est­ce que vous regardez les sites qui sont consacrés sur vous ?

MF : L’Internet m’intéresse, oui. Mais j’utilise mon computer surtout pour les e­mails. J’aime bien correspondre.

(rires)

LL : Et est­-ce que vous regardez les sites qui sont consacrés à vous ?

MF : On va rester… (visiblement embarrassée) Je ne sais… Je m’y intéresse, oui. J’ai du mal à… Le culte de moi­même est quelque chose qui m’est difficile. Maintenant, je sais qu’il y a un travaille qui est fait, et qui est très bien fait. Donc je regarde ça de près et de loin. Je vais rester évasive ! (large sourire)

LL : Alors, sur l’Internet, on dit qu’il y a des sites où on peut vous voir nue. Est­ce que votre entourage est au courant de ça ? Et, si c’est le cas, pourquoi ces sites existent­ils encore aujourd’hui ?

MF : Ecoutez, j’ignore ces sites ! (rires) Maintenant, il est facile de faire arrêt sur image quand on prend une vidéo et puis on va sortir l’image en question. Maintenant, si je suis dénudée ou nue dans une vidéo, qu’y puis-je ?! (soupir) Le faire interdire, c’est très difficile. Très difficile. Même si on interdit, quelqu’un d’autre le fera.

Donc tant pis pour moi ! (sourire)

Diffusion d’un extrait du clip « Libertine »

LL : Pensez­vous qu’on vit dans une société où les jeunes se sentent obligés d’être parfaits, ambitieux, énergiques tous les jours ? Et qu’est­ce que vous pouvez leur conseiller, les gens qui ont envie d’être individuels, uniques et différents ?

MF : De rester unique, c’est très important. (sourire) Qu’est­ce que je peux rajouter ? Qu’il est important, et que je leur souhaite, d’avoir une passion dans la vie. C’est un moteur qui est fondamental pour vivre et survivre.

LL : Vous avez beaucoup d’émotion en vous. Est­ce qu’il y avait des situations où vous vouliez absolument pas pleurer et ça arrive, et vous sentez que ça monte quand même, et est­ce que, puisque ça arrive peut­être souvent, vous avez une ruse pour éviter les larmes ?

MF : Non, ça, je crois, c’est quelque chose que je ne contrôle absolument pas, et je ne veux pas me défendre que d’avoir justement une émotion forte. C’est arrivé énormément de fois en scène, à des moments auxquels je ne m’attendais absolument pas justement. Et, je crois, s’il y a quelque chose qu’on peut partager en scène avec le public, c’est justement une émotion. Donc je n’ai aucune immunition. (sic !) (rire)

LL : Alors, il y a beaucoup de comédiens qui adoreraient avoir autant d’émotions à leur portée. Est­ce que ça vous dirait un jour d’être prof de cinéma ou de théâtre ?

MF : Absolument pas, non ! (rires) Non.

LL : Non ?

MF : Non. Et je crois qu’il y a beaucoup de comédiens qui ont leur propre émotion. (rires)

Diffusion d’un extrait du clip live « Rêver », suivi d’une page de publicité

LL : On se retrouve dans « Le Mag », avec Mylène Farmer : deuxième partie.

Jingle

LL : Alors, un de mes films préférés, c’est un de vos films préférés aussi, c’est « Frances » (Mylène confirme), joué par Jessica Lange, et il y a une scène dans ce film où elle revient chez elle, dans sa ville natale, en tant que grande star, et il y a une femme devant elle qui lui lèche les bottes, et elle dit ‘Vous n’étiez pas la femme qui m’a haïe il y a dix ans, qui m’a traitée comme pire que rien ?’ et donc, tout le monde a bien vu qu’elle l’a bien mis dans sa place. A l’époque où vous étiez mannequin, est­ce que vous avez eu des gens qui vous traitaient peut­être pas bien, quand vous étiez anonyme, et est­ce que vous avez pu vous faire justice aujourd’hui, avec la femme que vous êtes aujourd’hui ?

2000-01-aMF : Ecoutez, je n’ai pas beaucoup de souvenirs, si ce n’est que je vais détourner la question : les personnes qui sont méchantes, vindicatives, il y en a, et j’en rencontre encore aujourd’hui. Maintenant, est­ce que j’ai une réaction ? En général, j’essaie, non, d’avoir la réaction contraire à ses instincts premiers, à savoir que je préfère répondre par la gentillesse à l’arrogance. C’est moins douloureux. (sourire)

LL : Alors justement, vous avez dit que vous êtes dans une époque de votre vie où vous êtes en pleine forme, heureuse, beaucoup plus équilibrée, beaucoup plus de confiance en vous, mais pour les jeunes qui vous adorent, qui peut­être sont en train de vivre des enfances où ils ont du mal à vivre le bonheur, qu’est­ce que vous pouvez leur dire pour qu’ils sortent de là ?

MF : Là encore, je crois que je n’ai aucune, ni solution, ni même conseil, si ce n’est que j’en reviens à la réponse précédente : tenter de trouver une passion, un moteur dans sa vie. Maintenant, je crois qu’au travers de la lecture ­et c’est ce qui m’est arrivé­ on peut découvrir des choses, trouver des pansements, et je crois que, dans le fond, la chose fondamentale, c’est le dialogue, c’est pouvoir trouver une forme de communication.

Diffusion d’un extrait du clip « XXL »

LL : Vous avez travaillé avec beaucoup d’américains, vous avez travaillé pas mal aux Etats­Unis. Que pensez­vous avoir appris avec les américains que vous avez pas pu peut­être apprendre ici, en France ?

MF : Probablement… (soupir et silence) Je pense au travail : ce sont des gens qui sont très investis dans leur travail. Ce sont des personnes qui n’ont pas peur, je crois, ni du succès, et qui le revendiquent même. Je crois que c’est une rigueur dans le travail surtout. Maintenant, est­ce que j’ai appris ça d’eux, je n’en sais rien mais en tout cas, j’ai pu, ne serait­ce que pendant les tournages de vidéos… Chacun est réellement à sa place et s’investit dans son travail. Il n’y a pas de mélange entre le sentiment et la fonction. Alors parfois c’est désagréable, mais parfois c’est agréable parce que c’est efficace et que ça va vite.

LL : Alors, ce qui est rare avec les artistes, c’est que vous avez des fans qui peuvent venir vingt-quatre heures avant un concert pour venir vous voir, et donc ils sont là peut-­être pour être sûrs d’au premier rang, alors peut­-être ils mangent pas, peut­-être ils boivent pas, et le concert commence, ils tombent dans les pommes donc ils voient même pas le concert ! (rires)

MF : C’est un peu dramatique tout ça, non ?! (rires)

LL : Non mais ça existe ! Alors qu’est­ce que vous avez envie de dire à tous ces pauvres gens qui vous adorent, qui ont même pas vu le concert du coup ?

MF : Et bien que c’est dommage pour moi ! (large sourire)

LL : Mais est-­ce que vous pensez que c’est une des raisons pour lesquelles vous aimez bien sortir des live et faire des vidéos de vos concerts ?

MF : Je ne suis pas sûre de comprendre le sens de la question…

LL : S’il y a tellement de gens qui tombent dans les pommes donc ils voient pas le concert, ils vont le voir en vidéo…

MF : (rire…consterné ?) Je ne sais pas. Mais, en tout cas, c’est quelque chose de très intéressant que de travailler sur un live, oui.

LL : Alors, votre dernier concert a été filmé par une douzaine de caméras, je crois. Est­ce que vous vous sentez différente le jour où vous savez que ça va être filmé, et est­ce que votre spectacle s’est organisé en fonction du fait que vous savez qu’il faut que ce soit filmé aujourd’hui ?

MF : Non, absolument aucun changement. Quant à mon comportement, moi­même, je crois qu’on ne peut pas ignorer totalement la présence des caméras. Maintenant, je crois qu’il y a une dimension telle en scène qu’on finit par oublier ces choses­là. Dans les dix premières minutes, c’est assez présent, et après, je fais totalement abstraction. Et le spectacle est totalement le même avant, après.

Diffusion d’un extrait du clip live « La Poupée qui fait Non »

LL : Alors, vous êtes la seule artiste française ­encore une fois ! (rires de Mylène) ­mais cette fois­ci, vous êtes la seule artiste française pour être une artiste diamant : c’est­à­dire que tous les albums que vous vendez, ça se vend à plus de un million. (Mylène confirme) Alors, puisque vous voyez que vous avez un tel succès en France, est­ce que vous avez envie ­parce que, en plus, vous êtes quelqu’un qui adore travailler­ vous avez envie de peut­être apprendre d’autres langues pour  toucher d’autres marchés dans le monde ?

MF : Ecoutez, jusqu’à présent, ça a été un refus de ma part. Plusieurs fois, on m’a j’allais dire ‘proposé’ de faire album anglais ou dans une autre langue. Dans la mesure où j’écris moi-­même mes textes, il m’est difficile d’envisager ou une adaptation de quelqu’un d’extérieur, ou moi­-même, je ne possède pas la langue suffisamment pour pouvoir traduire. Et dans la langue française ­dans ma langue en tout cas­ j’aime bien jouer avec les mots, donc c’est très compliqué de trouver ça dans une langue qui n’est pas la vôtre.

LL : On est souvent touché par les peintres parce qu’ils arrivent à nous toucher vraiment à l’intérieur de nous. Quelle est la dernière exposition que vous avez vue où vous avez été vraiment et réellement touchée ?

MF : C’était dans un musée à New York et… L’art moderne…. Je peux vous dire les peintres que j’aime : Egon Schiele, évidemment. (sourire) J’aime Max Ernst, j’aime Picabia. Et je vais oublier probablement tous ceux que j’aime ! (sourire) Mais j’aime la peinture, oui. Ce sont des moments très privilégiés.

Diffusion d’un extrait du clip « Je te rends ton Amour »

LL : Il y a un moment dans votre concert où il y a quelqu’un qui peut monter sur scène avec vous.

Comment assurez­vous la sécurité dont vous avez besoin ? Parce qu’on sait jamais…

MF : Là encore, je crois que je ne… Est-­ce que c’est de l’inconscience ? J’en sais rien. Mais je ne pense pas à ces moments d’hypothétique danger. Et là encore, c’est un moment spontané. J’ai mis beaucoup de temps avant que de faire monter quelqu’un sur scène, et je préfère là encore une spontanéité. Donc il m’est arrivé ­ce n’est pas systématique­ de faire monter quelqu’un. Et, dans ces cas­là, non, je pense à autre chose qu’à un danger. Plus un partage.

LL : Vous êtes terriblement connue dans les pays francophones. De tous les pays d’Europe, pourquoi avoir choisi la Russie ?

MF : Pourquoi la Russie ? Parce qu’ils ont diffusé, quand j’ai commencé ce métier, ils ont diffusé énormément de vidéos. Et puis il y a des personnes là­-bas qui ont beaucoup travaillé sur moi. Et j’avais très envie de découvrir la Russie, en tout cas son public. Je ne peux pas vous dire que je connais bien la Russie, si ce n’est que Saint­Pétersbourg est une ville magnifique, que j’y ai fait quelques rencontres qui sont assez jolies aussi, avec beaucoup d’artistes, des peintres notamment, et que c’est un changement parce que c’est un public qui n’est pas ‘acquis’ ­si tant est qu’on puisse avoir un public acquis­ mais vraiment là, c’était quelque chose d’assez étonnant. D’autre part, ils sont quand même assez brimés : ils n’ont pas le droit de se lever pendant un concert, ils n’ont pas réellement le droit de manifester leur joie, et ils l’ont quand même fait, à la fin du concert : ils se sont levés, ils se sont approchés au bord de scène. Ce sont des moments assez forts.

Diffusion d’un extrait du clip « Tristana »

 LL : A la sortie d’une tournée, normalement, pour la plupart des gens, c’est des vacances. Mais vous avez déjà envie de retravailler tout de suite ?

MF : Je travaille déjà (rire). Je travaille sur le live en studio, pour le mixage, et bientôt sur le film du live. Et j’ai quelques projets à venir, donc ce sera une période de travail. (personne ne le sait encore au moment de l’enregistrement, mais Mylène prépare avec Laurent Boutonnat à la fois le lancement d’Alizée et de son premier single « Moi…Lolita » et à la fois une participation à la bande originale du long-­métrage d’animation américain « Les Razmoket à Paris » avec le titre inédit « L’Histoire d’une Fée, c’est… », nda)

LL : Est­ce que vous êtes quelqu’un qui peut très bien prendre des vacances, ou est­ce que vous vous sentez tout de suite coupable le jour où vous ne travaillez pas ? Est­ce que vous êtes plus contente quand vous travaillez ?

MF : J’ai cette culpabilité, oui, mais j’ai ça en moi : j’aime le travail. C’est quelque chose que j’aime profondément donc c’est… Là encore, je me nourris de ça très facilement. L’oisiveté ne me sied pas du tout !

(rires)

téléchargementLL : Alors, ce qui est formidable, c’est que vous êtes, je crois, une perfectionniste, et c’est bien dans le travail. Mais est­ce que ça veut dire que, après chaque concert, vous prenez les musiciens, les  chanteurs, les techniciens et que vous faites une espèce de résumé du concert ?

MF : Non, du tout.

LL : Jamais ?

MF : Non, non. Ni avant. Je sais qu’il y a beaucoup d’artistes qui aiment prendre la main de leurs  camarades et faire une prière avant de monter sur scène, j’avoue que je ne connais pas ça. (sourire) Et après le travail, non. Après le travail, c’est terminé. Après, chacun ponctuellement apprécie ou n’apprécie pas le moment, mais c’est plus quelque chose, j’allais dire, un état solitaire, de solitude, en tout cas pendant la première heure. Mais ce qui ne vous empêche pas les éclats de rire. Maintenant, quant au résumé de la situation, de ce qui s’est  passé, non.

LL : Justement, est-­ce que, pendant un concert, vous avez envie de vous éclater de rire, parce que vous voyez un danseur qui a fait un faux pas, ou je sais pas quoi ? Et est­ce que ça vous est arrivé, devant votre public, de sortir de la chanson carrément ? Ou est­ce qu’il y a jamais eu quelque chose comme…

MF : Sortir de la chanson, non. Maintenant, des éclats de rire, oui, bien sûr. Bien sûr. Ce qui fait qu’on n’est pas des robots non plus ! (rires)

Diffusion d’un extrait du clip « Je t’aime Mélancolie »

LL : Il y a quelque chose dans mon émission où les téléspectateurs peuvent poser trois questions.

J’en ai pris trois : première question, c’est que, bien sûr, il y a beaucoup de vos fans qui se sentent frustrés parce qu’ils ne vous entendent pas assez en dehors de la scène, et ils ne vous voient pas assez non plus ­moi, je suis ravie que vous êtes là aujourd’hui ! (sourire de Mylène). Et, est­ce que ça vous dirait un jour d’être un peu plus proche d’eux, dans leur avis ?

MF : Moi je n’ai pas la sensation que d’être loin d’eux, donc, là encore une pirouette probablement, mais j’ai l’impression d’être très proche d’eux. Maintenant, est­ce que ça doit passer par l’interview, par la justification ?

Je n’en suis pas sûre. Je me sens, en tout cas moi, proche d’eux.

LL : OK. Deuxième question : vous avez dit que la vulnérabilité est un compagnon agréable et nécessaire. Est­ce que, finalement, ça vous ennuierait d’être parfaite, même s’il y a des jours où vous tentez à tout prix de l’être ?

MF : Là encore, je ne sais pas ce qu’est un être parfait… (rires après un silence)

LL : Mais y a pas des jours on a quand même envie au moins de faire le mieux qu’on peut faire ?

MF : Perfectionniste, oui. Parfait, absolument pas, non, ce n’est pas une quête en soi. Mais perfectionniste dans mon travail, oui. Là, ça part, je crois, d’un respect de l’autre et respect de soi­même. Je prends du temps avant de faire une pochette, je réfléchis. J’ai envie d’offrir des choses qui, moi, me plaisent vraiment.

LL : Troisième question Internet, et dernière question : pour les gens qui se sentent un peu perdus, peut-­être ils sont athées, je sais pas, qu’est­-ce que vous pensez que le bouddhisme pourrait leur apporter ? Et je crois qu’il y a plusieurs styles de bouddhisme…

MF : Ecoutez, ne serait­ce que par curiosité, découvrir cette philosophie. Dire qu’elle est    probablement plus douce que d’autres philosophies ou religions, qu’elle est probablement ­en tout cas ça l’a été pour moi­ plus convaincante, que ce peut être simplement un passage dans leur vie, mais que c’est, en tout cas, intéressant que de s’ouvrir à cette philosophie : ça peut panser l’âme, ça peut aider en tout cas. Là encore, j’en reviens à l’idée de dialogue : si on n’a pas la chance d’avoir quelqu’un à qui parler, on peut le faire au travers d’une lecture comme ça, parce que vous avez beaucoup de réponses ­en tout cas, si ce ne sont pas des réponses, en tout cas des tentatives de réponses. (sourire)

images (1)LL : OK. Je vous remercie beaucoup d’être venue.

MF : Merci à vous. (sourire)

LL : Et bon travail !

MF : Merci beaucoup.

LL : Merci bien.

MF : Merci.

L’émission se termine sur des images de l’équipe technique rangeant leur matériel dans le salon où a pris place l’entretien, le tout sur la musique de « Optimistique­-Moi »

Publié dans Mylène 1999 - 2000, Mylène dans la PRESSE, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

TV PARC (Russie) pour Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 22 décembre 2014

 

20 MARS 2000 – Entretien avec Eva KAMM

2000-05-eVous êtes habillée de façon très originale (le préambule de l’interview précise que Mylène porte des socquettes blanches dans des sandales, une grande jupe façon paréo de soie brodée à l’indienne, un chemisier en coton et une veste en jean, nda). C’est très intéressant ! Qui est le styliste qui vous a   crée cette tenue ?

­ Des noms qui ne vous diraient rien. D’une manière générale, j’aime les vêtements de Thierry Mugler et Jean-Paul Gaultier, mais je préfère me faire mon propre style. Pour les préparatifs de mon spectacle Mylenium Tour, j’ai collaboré à l’élaboration des costumes, tant pour les miens que pour ceux des danseurs.

Ne vous semble­-t-­il pas que le nom choisi pour votre spectacle n’est pas des mieux trouvés ? Vous êtes­vous laissée emporter par la mode qui surfe sur ce fameux millenium ?

­ Pas vraiment. Tout d’abord, bien que le mot ‘millenium’ soit répandu, mon concert est unique, et ensuite, ce mot contient mon prénom.

Justement, comment avez­vous fêté ce millenium tant attendu ?

­ Je ne me souviens pas. Sans doute avec un livre dans les mains. Le soir du 31 décembre n’est pas une fête pour moi. Oui, c’est ça : j’ai lu et puis je suis allée me coucher. Je ne sais plus quel livre   j’avais entre les mains ce soir­là, probablement Henry James ou peut­être Edgar Poe, un de mes auteurs préférés.

On raconte beaucoup de légendes à votre sujet. Est­il vrai que vos seuls amis sont des singes capucins ?

­ Je n’ai qu’un seul singe capucin. Elle s’appelle E.T., comme le héros de Spielberg, et nous sommes de grandes amies. Elle craint les courants d’air, c’est pourquoi je prends toujours garde à ce qu’elle ne prenne pas froid, et donc elle ne sort presque jamais.

Est­ce que vous aimez regarder la télévision ?

­ Bien sûr. Je regarde la télé, comme tout le monde. J’aime beaucoup la chaîne Planète qui montre la vie et la culture de pays différents. Je regarde aussi des séries, par exemple « X Files » avec David Duchovny, qui est une de mes préférées.

Comment prenez­vous soin de vous ? Votre spectacle laisse entrevoir une préparation athlétique parfaite ­ sans parler de votre silhouette !

­ Merci pour le compliment ! Quand je ne prépare pas un spectacle, je ne fais pas d’efforts particuliers pour entretenir ma forme : je ne fréquente pas les salles de sports, je ne torture pas mon organisme avec des régimes, je ne compte pas les calories…

Mylène Farmer peut-­elle donc se permettre de manger un hot­-dog en pleine rue ?!

­ Non, mais pas seulement parce que je ne mange pas de viande ­ à l’exception du poulet. J’ai arrêté de manger n’importe quoi depuis que j’ai pris conscience que j’avais grandi. Désormais, mon régime comprend du poulet, des légumes, des fruits. Et j’adore la cuisine japonaise !

Vous aimez l’exotisme ?

­ J’aime en tout cas leur conception de la vie. Depuis que j’ai découvert la culture orientale, je regarde les choses différemment. Comme vous pouvez le voir, le style de mon spectacle est influencé par certains courants japonais, indiens et chinois.

Quel est votre rapport à la culture russe ?

­ Un grand respect avant tout. J’ai visité la Russie il y a deux ans et j’ai été marquée par la beauté des églises et la richesse de l’architecture. Il me semble qu’il y a des motifs slaves dans mon spectacle aussi, à bien y réfléchir !

La célébrité vous a-­t­-elle changée ? Est­il difficile de rester vous­même lorsque vous sentez des regards étrangers sur vous ?

­ Il m’est très difficile de répondre à cette question. Je suis heureuse d’être devenue une artiste. Pendant un spectacle, je vis pleinement la scène et c’est très difficile de décrire ce sentiment avec des mots. Mais dès que le rideau tombe, je redeviens une femme ordinaire, et cette métamorphose m’arrange tout à fait !

Maintes femmes célèbres, intelligentes et belles sont seules. Pourquoi ? Est­ce que les hommes ont peur des femmes qui sont fortes ?

­ Notre métier est très dur, il demande un maximum de temps et de force. Quand on devient public, il est très difficile de trouver l’âme sœur. Un homme, d’une manière générale, ne peut pas se soumettre au fait que sa femme est adulée par des millions d’autres personnes : il veut être unique.

Si vous rencontriez l’homme idéal mais qu’il vous demandait de quitter la scène définitivement pour lui, que feriez-­vous ?

­ 2000-05-bJ’aime trop ce que je fais et ce que j’ai vécu toutes ces années pour y renoncer d’un coup. Mais l’amour étant une des choses les plus précieuses dans la vie, il ne faut jurer de rien ! S’il y a une chose que je sais à mon sujet, c’est que je manque de courage pour beaucoup de choses. Je trouve qu’il faut être très courageux et responsable pour avoir au moins un enfant. De quoi rêvez­vous ?

­ De ne jamais mourir, même si par exemple l’idée du clonage me choque. L’homme est une création unique et aucun mortel n’a le droit de décider s’il est digne de la vie éternelle.

Vous avez trente­-huit ans mais vous n’en faites guère plus de vingt­-cinq. Comptez-­vous confier votre beauté à un chirurgien esthétique, comme le font la plupart des stars ?

­ Je ne pense pas. Beaucoup de femmes s’embellissent avec l’âge. Je rêve de rester attrayante jusqu’à un âge avancé ! Mais à vrai dire, j’ai peur de ne pas l’atteindre, même si je voudrais bien…

Merci à atch­-ramirez pour son aide précieuse à la traduction.

 

Publié dans Mylène 1999 - 2000, Mylène dans la PRESSE | Pas de Commentaire »

Mylène Farmer pour le magazine ARGUMENTY I FACTY (Russie)

Posté par francesca7 le 20 décembre 2014

 

Entretien avec Igor GOUSKOV du 9 MARS 2000

2000-03-bPourquoi interdire que l’on enregistre cet entretien avec un magnétophone ?

­ C’est un choix. Je n’aime pas l’idée que quelqu’un possède un enregistrement de ma voix et que celle­-ci puisse exister ailleurs sans moi.

Drôle d’idée pour une chanteuse ! Votre voix est pourtant gravée sur des millions de disques !

­ Vous avez raison, ça semble paradoxal mais c’est plus facile pour moi de m’exprimer de cette façon. Il y a quelque chose de technique dans un enregistrement en studio. Un entretien est plus vivant, c’est  important pour moi de voir et ressentir mon interlocuteur en face de moi.

On vous a connue en Russie à la fin des années 1980 grâce à vos magnifiques clips. Pendant les dix années suivantes, il y a eu plusieurs tentatives restées vaines pour vous faire venir en Russie…

­ Cela ne veut pas dire que je ne voulais pas venir en Russie, bien au contraire, mais je ne m’imaginais pas venir chanter sans présenter un spectacle. Il y a eu plusieurs propositions différentes, mais elles ne prenaient pas en compte les impératifs de technique, d’éclairages, c’est pourquoi la principale condition de ma venue en Russie aujourd’hui était de conserver le spectacle que j’ai présenté en Europe à cent pour cent avec tous ses effets, la mise en scène, les chorégraphies, les changements de costumes…

Êtes­vous familière avec notre art : musique, littérature… ?

­ Tarkovski…J’ai vu les films de Tarkovski. Comment je m’y suis intéressée ? J’ai lu des articles, des livres qui mentionnaient son nom puis j’ai acheté une cassette vidéo. C’était « Le Sacrifice ». Aujourd’hui, j’ai tous ses films –mon préféré est « Stalker ».

Peut-­on vous qualifier de cinéphile ? Votre amour pour les clips qui ressemblent à des courts-métrages vient peut­être de là…

­ Oui, si on veut. J’aime beaucoup le cinéma. Vous savez peut­être que je rêvais d’être actrice, je ne pensais pas à la chanson. C’est l’œuvre du hasard, ou de la chance, qui a fait que un jour je me suis rendue dans un studio pour une audition, où le compositeur, Laurent Boutonnat, m’a vue et m’a proposée d’enregistrer la chanson « Maman a Tort ». Vous me parliez de la culture russe : dans la musique, j’aime Tchaïkovski, mais aussi un conte musical formidable, « Pierre et le Loup », de Prokofiev. Quand je prenais des cours de théâtre, j’ai découvert Tchekhov. Vous savez, à l’école, on nous fait toujours lire les classiques, les auteurs ‘essentiels’. Ma réaction était toujours un refus catégorique. Et plus tard, on commence à chercher des explications, une compréhension, on cherche à se retrouver dans la littérature, dans la musique : c’est comme trouver son frère, sa sœur ou son père, pour prendre une image. Ce n’est qu’assez tard que je me suis penchée sérieusement sur la littérature. L’un des écrivains les plus importants à mes yeux est Dostoïevski –je n’ai pas osé le citer quand vous m’avez posé la question : c’est tellement cliché de le citer lorsqu’on parle de la Russie !

Comment est née l’envie d’écrire toutes vos paroles vous-­même ?

­ Je ne peux pas dire que je ne chanterai jamais des chansons écrites par d’autres, mais il faut que les paroles me touchent, ce qui n’est pas encore arrivé. Quand j’ai écrit ma toute première chanson, quelque chose s’est ouvert en moi et j’ai commencé à écrire. C’est quelque chose de difficile à expliquer. Maintenant, je ne peux plus vivre sans ça : mes textes sont un mélange de ce que j’ai réellement vécu et de ce qui naît de mon imagination. C’est un travail permanent de l’esprit qui m’aide à mieux comprendre ce qui se passe en moi sur le moment. Cette simplicité n’est qu’apparente : le temps passe et j’évalue les choses que je vis de façon différente. J’ai peur de généraliser. Se redécouvrir soi­même tout le temps, c’est très émouvant. Je ne vous ai pas dit ­ les choses me viennent éparpillées !­ j’adore les contes russes. Ils sont très particuliers, souvent tristes. J’en ai toute une collection chez moi, et les illustrations sont formidables. Ces livres sont très importants pour, ils me relient au monde de l’enfance, du rêve. J’espère ne jamais me séparer d’eux !

Vos clips ont flirté avec la censure en France à plusieurs reprises ces dernières années…

­ Le clip de « Je te rends ton Amour » a été jugé trop lugubre par un comité de visionnage, particulièrement une scène où on me voit baigner dans du sang. Cette scène a été coupée sur toutes les chaînes de télévision, mais elle est restée sur la vidéo que nous avons vendue et dont les bénéfices ont été reversés à la lutte contre le sida. Avec l’état d’esprit actuel des censeurs, on ne peut jamais savoir ce qu’ils ne vont pas aimer.

Dans mon dernier clip (« Optimistique­-Moi », nda), pourtant très innocent, on nous a reproché la dernière scène, où je m’éloigne debout dans la remorque d’un camion. Cela a été considéré comme un appel à enfreindre le code de la route !

Comment occupez­-vous votre temps libre ? Vous vous promenez, vous courrez les boutiques à la mode, vous jardinez ?!

­ Les deux premières propositions sont impossibles pour moi car je n’aime pas me trouver au milieu de la foule. J’aime dessiner, j’aime voyager…

Mais vous n’étiez jamais venue en Russie, jusqu’ici…

­ 2000-03-aNon, pourquoi dites­-vous cela ? J’ai visité la Russie l’hiver précédent. J’y ai passé une semaine, je suis allée à Moscou et à Saint Petersbourg. Je me suis beaucoup promenée. Saint Petersbourg sous la neige est vraiment magnifique, grandiose. Il y a une église qui m’a fortement impressionnée. C’était inoubliable.

Et personne ne vous a reconnue dans les rues ?

­ Non. Juste une fois, à Saint Petersbourg, un serveur m’a offert un bouquet de fleurs gigantesque. C’était très inattendu, mais agréable !

 

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Mylène Farmer sur 7 DNEY (Russie)

Posté par francesca7 le 20 décembre 2014

 

Entretien avec Kirill PRIVALOV le 6 MARS 2000

 

2000-02-bVotre nouveau spectacle, « Mylenium », qui a déjà été vu par plus d’un million de spectateurs (sic !) impressionne non seulement par son côté fantastique mais aussi par son abondance de symboles : vous apparaissez sur scène telle une déesse sortant de la tête d’une divinité immense et à la fin du spectacle, vous disparaissez dans le creux de sa main. D’où vous vient cette imagerie ?

­ Il me semble que je suis à une période de ma vie où il est temps de réfléchir sur le sens de la vie, de sa place dans l’univers. J’ai déjà trente­huit ans… L’idée de ce nouveau spectacle m’est venue après avoir lu « Le livre tibétain de la vie et de la mort ». Cette philosophie a bouleversé ma vie et m’a fait voir sous un nouveau jour tout ce que j’ai vécu et tout ce qui m’entoure. Ce spectacle est une sorte de reflet, sous forme de chansons et de danse, de ma nouvelle perception de la vie.

Qu’est-­ce qui a changé en vous ?

­ Je suis devenue différente, voyez­vous. Plus humaine, peut­être. Et par­dessous tout, ces derniers temps, il m’arrive des choses étranges. Par exemple, je me suis rendue récemment à Prague, et alors qu’il était cinq heures du matin, j’ai senti comme une force inconnue qui m’a fait me lever, m’habiller et sortir de l’hôtel. J’ai déambulé dehors, ne comptant que sur mes jambes, et je suis finalement arrivée près du pont Charles. C’était magnifique. J’ai contemplé la Vltava et les palais au loin, comme ensorcelée. Et puis, j’ai aperçu une petite église : le croirez­vous, elle était ouverte ! Alors qu’un vieux prêtre allumait les cierges, un son d’orgue  a retenti, sortant de nulle part. J’y ai passé trois heures, assise sur un banc de pierre. Je me serais crue dans un livre de Kafka !

Vous lisez beaucoup, paraît-­il…

­ Oui. Je sors peu, et les livres sont pour moi comme des amis proches. Je n’aime pas trop la science­fiction. J’aime la poésie. En matière de musique, j’écoute avec admiration les grands classiques français. Je connais beaucoup moins les musiques modernes. Et puis, je vais peu voir mes confrères sur scène !

Parlez­-nous de votre famille. D’habitude, vous faites l’impasse sur le sujet, mais puisque vous nous parlez… ! Un jour, vous avez déclaré à un journaliste de France­ Soir : ‘Pendant vingt ­trois ans, j’ai maudit ma mère de m’avoir mise au monde’…

­ J’ai eu longtemps l’impression d’être une étrangère au sein de mon propre foyer. Je manquais cruellement d’amour, d’attention. Quoiqu’il en soit, ces problèmes appartiennent au passé.

Comment étiez­ vous, enfant ?

­ Jusqu’à l’âge de quatorze ans, j’étais un vrai garçon manqué : tous mes amis étaient des garçons, je ne portais que des pantalons et pour mieux ressembler à un garçon ­ ne riez pas !­ j’ai même mis un mouchoir dans mon pantalon pour être plus masculine ! Plus tard, lorsque mon corps a  définitivement pris des formes plus féminines, je me suis sentie dans la peau de quelqu’un d’autre, comme si j’étais recouverte d’une enveloppe étrange qui aurait entravé mes mouvements, un peu comme dans un film fantastique ! Il n’y a que très récemment que je me suis débarrassée de ce sentiment de gêne.

Qu’est­-ce qui vous a aidée à gagner cette victoire sur vous-­même ?

­ C’est avant tout l’amour et le dévouement du public. Pour toutes les femmes, se sentir aimée et désirée est important, mais ça l’est encore plus pour une artiste. Ma tournée européenne, qui a rencontré beaucoup de succès auprès du public, et le succès de mon dernier album, « Innamoramento », m’ont remplie d’une énergie nouvelle. Je ne me sens plus comme le vilain petit canard ! J’oserais même dire qu’avant, l’idée de la prolongation de moi­même me mettait très mal à l’aise. Maintenant, j’aimerais avoir un enfant.

Quels sont les hommes qui vous attirent ?

­ Ceux qui ont passé la quarantaine. J’ai besoin de protection, de sécurité. Les tournées me fatiguent beaucoup, et j’aimerais avoir une maison, grande et confortable. Comme un nid ! C’est impossible de vivre tout le temps la tête dans les étoiles, comme je l’exprime dans l’une de mes chansons…

Savez-­vous cuisinez ? Quel est le plat que vous réussissez le mieux ?

­ Oh ! J’évolue dans une cuisine comme sur un terrain miné ! Je ne sais guère que me faire un œuf dur. Cuisiner une omelette, ça tient déjà de l’acrobatie pour moi !

Quels sont vos petits plaisir dans la vie ?

­ J’adore les bons vins : les rouges ­ seulement les français. Bordeaux, Petrus, Côte Rôtie, Médoc… Du bon vin et des cigarettes hors de prix : c’est mes seuls plaisirs bourgeois !

Vous fumez ?! Cela ne nuit pas à votre voix ?

­ 2000-02-cNon, comme vous le voyez. Parmi mes traits de caractère, il y a la simplicité et la droiture. Ma couleur favorite : celle qui a le moins de prétention, le blanc. Mon odeur préférée, c’est celle de la campagne : l’arôme du foin, de la terre fraîchement remuée, des arbres réchauffés par le soleil. Mais j’aime aussi l’hiver. Il y a deux jours, j’étais au Luxembourg. Je me suis promenée dans un parc, et tout y était recouvert de neige : par terre, les arbres etc. Je l’ai prise dans mes mains, fait des boules…

Vous avez besoin de toucher quelque chose pour l’aimer, pour y être attachée ?

­ L’odorat et le toucher tiennent une place à part dans ma vie. Je crois que je peux distinguer quelqu’un de bon de quelqu’un de mauvais, quelqu’un de sain de quelqu’un de malade rien qu’à l’odorat. Ne riez pas ! Toutes les rousses sont un peu des sorcières : au Moyen­Âge, on m’aurait brûlée vive !

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Mylène Farmer sur PULSE (Russie)

Posté par francesca7 le 17 décembre 2014

 

MARS 2000

1999-01-eEntretien avec Konstantin SOLOVUKH et Nadezhda KOZHEVNIKOVA

Pulse est un mensuel russe qui présente la particularité d’être publié en deux éditions : l’une russophone et l’autre anglophone. La traduction qui suit a été réalisée à partir de la version en  anglais. A la lecture de l’entretien, il paraît évident que celui­ci a été largement réécrit et que de nombreux éléments descriptifs et d’explication ont été ajoutés ici et là et attribués à la chanteuse. Néanmoins, la traduction est fidèle à la publication. L’article qui accompagne l’interview nous apprend que celle­ci a été réalisée à Paris le 21 février 2000.

Pourquoi votre Mylenium Tour est­il un événement du nouveau millénaire ? En quoi est­il différent de vos tournées précédentes ?

­ Je suis désormais plus tournée vers la poésie. Ce spectacle est plus romantique et lyrique et j’y chante plus de chansons lentes que d’habitude. D’un autre côté, il ne présente pas qu’un concept unique et cohérent : il met en scène deux héroïnes, moi­même et cette déesse qui me protège. Le célèbre artiste suisse Giger m’a offert cette gigantesque statue qui se trouve sur la scène et dont la tête et le bras sont articulés. A ce propos, si vous aimez le cinéma, vous associerez probablement Giger à des films fantastiques tels que « Stranger », « Dune », « Poltergeist 2 » et « Batman Forever ». Sa création rappelle la déesse égyptienne Isis qui représente la féminité et la fertilité. Elle est bien plus qu’un accessoire gadget, un décor impressionnant. C’est une actrice cruciale de mon barnum, cette messe païenne qui prend la forme d’un concert typique de ce qui se fait dans le show­business : la scène est recouverte de glace (sic !), des lumières multicolores clignotent et des confettis argentés tombent sur le public. Des effets de lumières artistiques et mystiques, crées par cinq tonnes d’équipement luminaire, insufflent la vie à la statue.

Apparemment, les critiques vous ont reproché votre goût pour le gigantisme. Vous amenez avec vous dix tonnes d’installation sonore et au total seize semi­remorques remplis d’équipements divers.

Est­ce ce qu’il vous faut pour être à la hauteur ?

­ C’est mon choix, mais gardez bien à l’esprit que la valeur humaine d’un spectacle n’a rien à voir avec le nombre de musiciens, de techniciens ou avec une montagne d’équipement. C’est l’artiste qui fait tout. Si l’artiste n’a rien à dire au public et manque de charisme, une accumulation d’effets sonores ou d’astuces diverses ne sauvera pas la mise. Vous n’êtes pas d’accord ?

Avez­vous des choses nouvelles à dire à travers ce spectacle ?

­ Je pense, oui. Il n’y a pas que ma coiffure ou mes costumes de scène qui ont changé ! J’ai vraiment changé, dernièrement. Je dois entrer dans une nouvelle phase de ma vie. Je ne peux pas vous confier plus de détails : j’ai pour principe de garder ma vie privée à l’écart de la scène. Tout le monde passe par diverses phases dans sa vie, vous savez. J’ai eu une période où j’étais très peu sûre de moi­même, mais maintenant je suis une personne différente : je garde plus la tête froide et je suis plus équilibrée.

Comment expliquez­vous cette transformation ?

­ Je ne sais vraiment pas. Plutôt que de tenter d’apprivoiser mon passé –j’ai eu une enfance relativement solitaire­ j’ai appris à ne garder que les souvenirs agréables, porteurs d’énergie. Une fois, en cours de catéchisme à l’école primaire, on nous a emmenés dans un hôpital pour enfants handicapés. Ce que j’y ai vu m’a marquée à vie. Je suis incapable de faire du mal à un être vivant, pas même à un insecte. Je ne mange pas de viande. Je ne me vante pas : chacun a ses forces et ses faiblesses et j’ai les miennes moi aussi.

Y a­t­il quelque chose que vous n’aimez pas particulièrement dans le show­business ?

­ Je déteste par­dessus tous les stéréotypes, je veux dire cette façon qu’on a de créer des stars formatées à la chaîne. La presse est à blâmer, également. Les paparazzis ne prennent jamais le temps de se renseigner sur ce qu’il y a autour d’un artiste, ils ne s’intéressent qu’aux plus bas détails : qui sort avec qui, combien d’argent gagnent les gens etc. C’est humiliant. Il y a une vie entière d’émotion derrière chacune de mes chansons. Ca me rend furieuse quand on titre ‘Mylène Farmer : les plus belles jambes de la chanson française’ !

Que pensez­vous de la scène rock et de la variété française ? Pensez­vous qu’elle est à la hauteur ?

Tient­elle la comparaison avec, disons, la scène américaine ?

­ Il faut que je vous dise que je me tiens peu au courant de ce que font mes confrères. Je suis d’un naturel plutôt conservateur. Je préfère la chanson française traditionnelle, comme Serge Gainsbourg ou Barbara.

J’aime écouter Jacques Dutronc et Serge Reggiani. Contrairement à la pop française, peu, sinon aucune, chanson américaine n’a de paroles inspirées ni dérangeantes. J’ai deux passeports, l’un français et l’autre canadien, et je me sens parfaitement bien des deux côtés de l’Atlantique. Je connais aussi bien le rock européen que le rock américain et je peux vous dire qu’il n’y a pratiquement pas de différences entre les deux : il y a des bons artistes et des mauvais artistes, c’est tout. Quant à être à la hauteur, si jamais cette notion peut s’appliquer à la musique, ça dépend énormément des circonstances. Il y a des artistes de langue française qui ont du succès aux Etats­Unis, comme Charles Aznavour, Céline Dion ou Lara Fabian là où de grandes icônes américaines ont totalement échoué en Europe. Si l’on se fie aux critiques, le grand temps fort musical de l’année dernière en France et au Canada a été « Notre­Dame de Paris », une comédie musicale de Luc Plamondon et Richard Cocciante, mais je ne l’ai pas encore vue. La chanson québécoise repose à la fois sur son héritage musical et sur une créativité apparemment sans limites : il suffit de nommer des canadiens –mes compatriotes­ aussi célèbres tels que Robert Charlebois, Daniel Lavoie, Diane Dufresne, Fabienne Thibault, Bruno Pelletier ou Garou. Je mets à part Félix Leclerc, que je place sur un pied d’égalité avec Georges Brassens et Jacques Brel. La variété française est internationale, aussi bien que la variété anglo­saxonne.

1999-01-aDans l’une de vos interviews, vous avez déclaré que ‘les hasards de la vie sont primordiaux : quand tout est dit et fait, c’est le hasard qui forge la vie’. Quels sont les hasards qui ont eu une incidence sur la vôtre ?

­ En vérité, je ne me souviens absolument pas d’avoir dit quelque chose de la sorte, mais bon… Le hasard principal dans ma vie a été la rencontre avec le compositeur et réalisateur Laurent Boutonnat. Vous savez, j’ai une formation d’actrice, j’ai fait une école de théâtre et si on m’avait dit que je ferai une carrière professionnelle dans la chanson avant que je ne le rencontre, jamais je ne l’aurais cru ! Laurent a vu en moi des talents cachés et à partir de ce moment, ma vie a pris un tournant radical. Il a également réalisé mes premiers clips, de vrais courts­métrages, en réalité. J’ai ensuite tenu l’affiche dans son long­métrage, mais malheureusement ça n’a pas été un grand succès public.

Autre chose en référence à une de vos déclarations passées : pensez­vous toujours que les animaux sont ‘plus humains que les humains’ ?

­ Cela dépend à la fois des animaux et des humains. Je suis introvertie, solitaire de nature, je sors rarement de chez moi. A la différence de beaucoup de gens, je n’ai pas besoin de beaucoup de rapports sociaux. Je ne regarde pas énormément la télévision, je lis beaucoup de livres en revanche.

Vous citez souvent Montaigne, Edgar Allan Poe et Baudelaire parmi vos auteurs préférés. Avez­vous lu des auteurs plus modernes ?

­ Vous savez, je ne suis pas focalisée sur un auteur ou un genre bien précis. Je suis une lectrice  omnivore, avec une nette préférence pour la poésie et les romans français.

Quel est votre avis sur la culture punk ?

­ Cela a été un moyen de bousculer les conventions. J’ai moi­même vécu d’une certaine façon comme ces punks, je ressemblais à un garçon jusqu’à mes quatorze ans : j’étais grande, très maigre et je ne portais que des pantalons. Plus tard, lorsque la nature a repris ses droits, je suis devenue plus en harmonie avec moi-même, même si parfois j’ai encore du mal à assimiler le fait que je suis une femme ! Mais si vous faites référence aux punks en rapport avec mes cheveux roux, ils sont naturels, ils ne sont pas teints. (sic !) Il en va de même pour mes tenues de scène : je fais la distinction entre ce que je porte sur scène et ce que je mets pour une réception ou pour aller au restaurant. La scène est un fossé insurmontable entre l’artiste et le public.

Je ne sais pas être provocante, je suis quelqu’un de très timide.

Vous aimez l’humour noir ?

­ L’humour noir est synonyme d’humour britannique pour moi. Cela m’évoque Winston Churchill. Il aimait le whisky et une fois, lors d’une réception officielle, il était plutôt éméché. Une femme de la haute société aux charmes douteux l’aborda alors et lui dit du haut de sa vertu ‘Mais comment osez­vous vous présenter dans cet état ?’, ce à quoi il répondit ‘Demain matin, j’aurai désaoûlé alors  que vous, vous serez toujours laide !’.

C’est la première fois que vous faites une tournée en Russie. Quel est votre rapport à notre pays, son histoire et sa culture ?

­ Si on regarde une carte, la Russie et le Canada ont manifestement beaucoup en commun. Vos hivers sont rudes et enneigés, comme le sont les hivers à Montréal, au Canada. J’ai toujours voulu en savoir plus sur votre pays. J’ai même appris le russe pendant trois ans au collège. Je me suis rendue en Russie une fois en tant que touriste : je suis allée à Moscou et à Saint­Pétersbourg, et c’est cette dernière ville que j’ai préféré. J’ai très hâte de m’y rendre à nouveau. Je suis toujours très impatiente avec mes concerts. J’espère que ma bonne étoile ne va pas m’abandonner !

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Mylène à ELDORADIO (RUSSIE)

Posté par francesca7 le 3 décembre 2014

 

7 MARS 2000 : Par Anna Romanova

 

C’est pour la promotion du passage du Mylenium Tour à Saint Pétersbourg (c’est également la dernière représentation du spectacle) que Mylène Farmer accorde cette interview à la station locale Eldoradio, sponsor du concert qu’elle y donne. 
L’animatrice, au ton bienveillant, est accompagnée d’un homme qu’elle présente en début d’émission mais que nous n’entendons pas de toute la durée de l’entretien. Peut-être s’agit-il d’un interprète ?
Les propos de Mylène sont malheureusement recouverts par une traduction simultanée et nous n’entendons à l’antenne que des bribes de mots de sa part.
 
Ce qui suit est donc une traduction du russe, réalisée exclusivement pour le site, tenant compte à la fois de ce que l’on parvient à entendre en français et du style d’expression à l’oral habituel de Mylène.

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Anna Romanova : Bonsoir Mylène ! Bienvenue sur la radio Eldoradio, qui est le sponsor de votre spectacle ici, en Russie. Je suis Anna Romanova et à mes côtés se trouve Semen Zverev. Nous sommes extrêmement heureux de vous voir ici, avec nous !


Mylène Farmer :
 (en russe) Zdravsvuïté ! (‘bonsoir’, nda)

Oh, bravo ! Vous êtes très douée ! Nos auditeurs aiment beaucoup vos chansons, nous les passons souvent sur notre station. Je pense que nos auditeurs les plus âgés seraient intéressés de savoir ce que vous pensez d’Edith Piaf…

-C’est une personne très importante dans notre culture, elle est incontournable. C’est quelqu’un qui savait toucher l’âme, et d’ailleurs elle me touche moi aussi.

Je n’ose pas trop m’adresser à vous en anglais parce que je sais que les français n’aiment pas trop cela, mais je vous dirais volontiers ‘Nice to meet you’ (‘ravie de vous rencontrer’, nda) ! On sait qu’en France, peut-être plus qu’ailleurs, on est très préoccupés par l’expansion de la culture américaine dite ‘de masse’. Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous vous sentez concernée, vous qui êtes une artiste qui vous exprimez dans un style relativement international ?

-Probablement qu’il serait hypocrite pour moi de me ‘rebeller’ contre cette culture américaine que vous mentionnez, car j’aime moi-même beaucoup la musique américaine ! Mais il est vrai que je considère que chaque pays devrait préserver son authenticité culturelle. 

Avec quelle grande star de la musique aimeriez-vous chanter en duo ?

-J’ai rencontré Elton John à plusieurs reprises. Nous avions un projet commun, mais il n’a pas abouti (la chanson « Les Mots » qui sortira en novembre 2001, interprétée avec Seal avait effectivement été initialement proposée à Elton John, nda). J’aimerais beaucoup rencontrer Jamiroquai.

Dans l’un de vos clips, on peut vous voir boxer de façon très convaincante (« Je t’aime Mélancolie », nda). Ca vous a demandé beaucoup de travail avec un entraîneur ?

-En ce qui concerne la préparation physique, je m’étais entraînée toute une semaine avec un professeur. Quant à la performance en elle-même, après, c’est plutôt une question de montage !

Vous aimez le cinéma, vous qui proposez des clips renversants qui sont chacun des mini-films. Votre clip « California » a été réalisé par Abel Ferrara, si je ne me trompe pas. Y a-t-il un autre réalisateur que vous aimeriez ‘kidnapper’ pour qu’il réalise un de vos clips ?!

-Il y en a beaucoup. J’ai également fait un clip sous la direction de Luc Besson (« Que mon Cœur Lâche », nda). Pour répondre à votre question, j’aime beaucoup le cinéma de Bergman, j’aime Tarkovski -mais il n’est plus là- j’aime également David Lynch, David Lean…Enormément de cinéastes…Spielberg…

 

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Quel dommage qu’ils ne réalisent pas de clips ! Quel est votre acteur préféré ? Votre film fétiche ? Il paraît que vous admirez Mickey Rourke, mais j’aimerais l’entendre de vous directement…
-Je vais en profiter pour parler un tout petit peu de ça, cet article paru dans le journal Pulse(cf. cette référence). J’ai rencontré effectivement le journaliste, mais il a m’a prêté des propos que je n’ai jamais tenu, donc je suis furieuse contre lui ! (le journaliste responsable de l’article qui agace tant Mylène n’a peut-être fait que recopier ce que Mylène déclarait dans Gai-Pied du 12.01.1987 : à la question « Votre homme idéal ? », elle avait effectivement répondu « Mickey Rourke » mais cela était treize ans avant ! cf. cette référence, nda)

On a été surpris de lire ça, car ça n’a rien à voir avec l’image qu’on a de Mylène Farmer…
-Concernant mes acteurs préférés, s’il y en un à retenir, c’est Robert de Niro.

Vous avez bon goût ! Nos auditeurs sont sans doute intéressés de savoir ce que vous ressentez lorsque vous sortez de scène…
-C’est différent à chaque fois, si ce n’est qu’il y a quand même quelque chose qui est toujours pareil, c’est le sentiment de vide : d’abord un grand bonheur, et après un grand vide. On a reçu énormément et aussitôt après on est à nouveau seul.

Mylène, dites-moi, est-ce que vous avez eu peur lorsque avez monté un cheval pour la première fois ? Comment avez-vous vaincu cette peur ? Et quel est le nom de votre cheval préféré ?
-Quant à la peur, non. C’est quelque chose que j’ai choisi quand j’étais plus jeune : j’ai fait beaucoup d’équitation. Et je ne me souviens d’aucun nom de cheval préféré ! (rires)

Vous avez un grand nombre de fans en Russie, et je m’en réjouis ! Quel est votre rapport avec ces gens qui ne vivent que par et pour vous ? 
-C’est très dur pour moi de répondre à cette question, parce que je ne comprends pas bien comment on peut vivre, pour reprendre votre exemple, uniquement pour moi. 

J’ai ici une lettre qu’un de nos auditeurs m’a demandé de vous remettre. Vous allez la prendre ?
-Avec plaisir. En tout cas, pour détourner votre question, pour chaque artiste il est très, très important, même fondamental, d’avoir des personnes qui vous aiment, qui vous écoutent.

L’une de nos auditrices, une jeune fille très cultivée, a fait cette remarque très pertinente : elle voit une certaine similitude entre vous, Mylène, et le Portrait de Jeanne Samary, peint par Renoir… (précisément conservé au Musée de l’Ermitage à Saint Pétersbourg, nda)
-Elle est plus cultivée que moi : je ne connais pas ce tableau précisément. En revanche, vous connaissez sans doute ce peintre, Egon Schiele, qui a représenté beaucoup de femmes rousses écorchées. Je me vois plus comme un de ses modèles. 

 

Mylène, nous savons que vous aimez les contes russes. Est-ce que c’est bien vrai ? Quels sont les trois vœux que vous adresseriez au poisson rouge ? (équivalent du bon génie de la lampe dans le folklore russe, nda) Ca vient d’ailleurs encore de l’article dans Pulse…
-On m’a demandé si j’aimais le folklore russe, et j’ai répondu que j’appréciais beaucoup Dostoïevski. Pour répondre à votre question, je connais des contes russes mais je ne connais pas systématiquement leurs auteurs. Ce que je demanderais…La possibilité…J’aimerais avoir le pouvoir de guérir, par exemple. Sinon, je crois que je suis déjà exaucée car je fais le métier que j’aime.

Récemment, nous avons demandé à nos auditeurs de classer leurs trois chansons préférées du siècle qui vient de s’achever. Quelles sont celles que vous auriez cité, Mylène ?
-Je pense au duo entre Kate Bush et Peter Gabriel qui s’appelle « Don’t Give Up ». Je pense aussi à une chanson du groupe U2 qui s’appelait « One », et puis une chanson de Sting qui s’appelait « Fragile », je crois.

Mylène, dites-nous : pour vous, ce que vous faites, c’est du business ? C’est le but de votre vie ? Encore plus que ça ?
-C’est mon activité, c’est ce pour quoi je vis. 

Mylène, nous allons célébrer ce 8 mars la journée de la femme. Est-ce que je peux vous demander de saluer nos auditrices à cette occasion ?
-Avec plaisir. Je leur souhaite de bien en profiter !

Votre concert se tient en ce jour très spécial !
-J’en suis ravie ! 

Merci, Mylène !
-Merci ! Spasibo ! (‘merci’ en russe, nda)

 

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Mylène Farmer de 1996 à 2001

Posté par francesca7 le 5 mars 2014

 

 

images (1)MYLENE FARMER … 1996-2001

En Septembre 1995, elle fait son come-back avec son album ‘Anamorphosée’, enregistré en Californie. Alors s’enchainenet les tubes: ‘XXL’, ‘L’instant X’, ‘California’, ‘Comme j’ai mal’ et ‘Rêver’. Qui dit succés, dit tournée; c’est pourquoi, le 25 mai 1996, Mylène débute sa tournée dans l’hexagone. Celle-ci sera malheureusement interrompue le 15 juin au cours même du concert de Lyon : Mylène tombe de scène et se brise le poignée… Le 29 novembre, la tournée reprend. C’est au cours de son concert à Bercy, le 12 décembre, qu’est filmée la vidéo Live à Bercy. Alors, suit une nouvelle série de succés live : ‘La poupée qui fait non’(duo avec Khaled), ‘Ainsi sois-je’ et ‘Désenchantée’(diffusé sur NRJ), tous tirés bien sûr de cette fabuleuse cassette… Le 7 et 8 décembre 1997, pour marquer la réussite non seulement de sa tournée mais aussi de toute sa carrière, NRJ rend hommage à notre sublime Mylène en organisant un week-end Mylène Farmer où l’on pourra suivre la Saga NRJ qui décrit son parcours…

Une nouvelle fois, Mylène fait son come-back aprés une longue période d’absence : le 1er Février 1999, dans Music new sur NRJ, l’annonce puis le passage du nouveau single, Ame stram gram, sublime une nouvelle fois les fans ; le 9 mars, le single est dans les bacs et ce sera plus de 300 000 ventes. Cette ambiance techno semble plaire puisque le single se classe dès la première semaine, à la seconde place des meilleures ventes de single.

Pour le clip de Ame stram gram, une nouvelle bonne surprise puisque le duo Mylène et Laurent est de nouveau formé et nous offre un superbe scénario (malgré une mise en scéne trés ninjaesque au milieu du clip… no comment) de plus de 10 minutes : un coût de 3,5 millions et un réalisateur talentueux, Ching Siu Tung pour 5 jours de tournage à Pékin.

Après un début de promo, le 7 avril, l’album Innamoramento est *enfin* en vente ; une fois de plus en exclusivité, NRJ diffusait la veille certaines chansons avec la présence de la Belle. L’album est vite un succés et affiche plus de 700 000 exemplaires vendus.Aprés 3 mois, Je te rends mon amour arrive le 1er juin ; un clip une fois de plus troublant pour les petits esprits … censuré …Pour la troisième fois de sa carrière, Mylène entame une nouvelle tournée : Le mylènium tour. Ce nouveau spectacle débute cette fois-ci à Marseille le 21 septembre 1999 ; le 24 reçoit la Belle et ses nouvelles tendances asiatiques à Bercy, Paris …Une semaine aprés le début de la tournée mais initialement prévu pour la première date du Mylènium Tour, Souviens-toi du jour prend silencieusement la place du précédent single : ces deux derniers n’obtiendront pas en effet un franc succés auprés du grand public …

Parution sur http://www.melty.fr

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Mylène en partance pour la Chine

Posté par francesca7 le 2 septembre 2011

Mylène en partance pour la Chine dans Mylène 1999 - 2000 FanSophie3Le premier titre de l’album Anamorphosée est dévoilé au début de l’année 1999 : l’Ame-stram-gram. Le refrain est accrocheur et les paroles simples à retenir. Ce titre est une véritable surprise car il marque un virage plus techno après les furieuses guitares du précédent album.

Sur la pochette du single, Mylène apparaît voilée, quasiment indiscernable. Ce cliché est l’œuvre de l’Italien Marino Parisotto Vay, un prestigieux photographe réputé dans l’univers de la publicité pour avoir notamment travaillé pour des marques célèbres comme Armani….

Alors que le nouveau single est largement diffusé en radio, Mylène s’envole pour la Chine pour le tournage du clip Ame-stram-gram

Laurent Boutonnat ne sera pas du voyage car Mylène souhaite une fois de plus travailler avec un réalisateur différent. La chanteuse a bien réfléchi, si le cinéma ne peut pas lui faire d’élégantes courbettes comme elle le souhaiterait, ce n’est pas la fin du monde car elle sait qu’une autre œuvre est à créer : celle de ses vidéos qu’elle veut toujours plus fabuleuses !

Ainsi, ne lésine-t-elle pas sur les moyens financiers nécessaires au tournage.

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L’âme-stram-gram

Posté par francesca7 le 2 septembre 2011

L'âme-stram-gram dans Mylène 1999 - 2000 1182764334_1Nous sommes fin 1998. Voila plus d’un an et demi que l’on n’entend plus parler de Mylène Farmer ! Mais comme on le sait, la chanteuse aime bien prendre le temps de peaufiner à la perfection ses albums. Des premières rumeurs voient le jour, comme un hypothétique titre du nouvel album « Mes moires » qui sortirait mi 1999. Mais comme presque toujours avec la chanteuse, rien ne filtre avant le jour J !

Mi février, le single est diffusé sur les radios. C’est un titre très dansant qui fait alors croire à certains fans que la star s’est tournée vers des sonorités techno. Il évoque explicitement la sexualité avec des jeux de mots érotiques (« ‘jouis tout ce que tu confesses ») où l’on pourra aisément soutirer les mots « jouis », « con » et « fesse ». Il traite de plus de l’enfance avec la comptine de l’am-stram-gram (chansonnette récitée par les enfants pour la séance du « ploufage » = désignation au hasard d’une personne parmi un groupe d’enfants). On retrouve également la psychanalyse avec le thème du divan et de l’oreille amie ainsi que le « complexe d’Œdipe » décelé par Freud.

Le single sort le 9 mars 1999 en CD 2T, maxi single et maxi 45T. On notera à partir de l’époque de l’album « Innamoramento » l’absence de « l’équipe Boutonnat » pour réaliser les remixes des chansons de Mylène Farmer. Le single se classe directement en deuxième position des meilleures ventes de singles mais retombe aussi vite qu’il est entré. Il se vendra au final à 125 000 exemplaires. La chanteuse est devenue une vendeuse d’albums, pas de singles !

Les concerts manquant à Mylène Farmer, elle décide de remonter sur scène plus rapidement. Ce sera donc le « Mylenium Tour », une série de 20 dates à partir du 24 septembre 1999 partout en France ainsi que trois autres dates en Russie (Moscou et Saint-Pétersbourg).

L’album « Innamoramento » quant à lui sort un mois plus tard. C’est encore une Mylène plus optimiste, avec de superbes ballades et des mélodies plus dansantes. Comme toujours, elle écrit toutes les paroles, mais elle compose également la musique de quatre titres !

Le clip va encore faire parler de la chanteuse ! Il a été tourné à Pékin sur 5 jours par Ching Siu Tung. Une mise en scène magnifique, des images sublimes ! Deux sœurs jumelles sont séparées et violentées par une horde de chevaliers. Leur amour les délivrera de ceux-ci quitte à les mener vers la mort. Un clip de plus de 7 minutes avec un budget colossal !

Pour la promotion, Mylène enregistre 3 télés où elle nous présente une chorégraphie de son cru réglée au millimètre près accompagnée de ses 2 danseurs !

La chanson ne sera chantée que lors du « Mylenium Tour » dans une version réorchestrée aux accents hispaniques.

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Le scénario de L’Âme-stram-gram

Posté par francesca7 le 2 septembre 2011

Le scénario de L'Âme-stram-gram dans Mylène 1999 - 2000 MFBercy96_07aPour L’Ame-stram-gram, Mylène a écrit le scénario, en s’inspirant d’une légende chinoise qui évoque le sort de sœurs jumelles séparées par la mort. Pour la réalisation du clip, l’heureux élu est le réalisateur Ching Siu Tung, originaire de Hong Kong et qui a filmé, entre autres, les Histoires de fantômes chinois, en 1989. 

De son CV, il faut également retenir qu’il fut chorégraphe de scènes d’actions (The Killer de John Woo), ca il est l’un des grands maîtres du kung-fu. Cette vidéo, dont le budget est mirobolant – en l’occurrence, il faut construire un bout de la muraille de Chine -, est tournée en cinq jours à Pékin – même si Mylène passera trois semaines entre Pékin et Hong Kong afin de tout superviser. Le texte étant truffé de termes faisant explicitement référence au sexe, on aurait pu s’attendre à un clip agrémenté de quelques scènes d’orgies. Ce n’est finalement pas le cas, l’univers est fantastique à souhait, peuplé d’êtres étranges et féériques. 

Pour l’occasion, Mylène se transforme en une irrésistible geisha qui subit les plus grandes violences alors que les malfrats enlèvent sa sœur jumelle. Cette vidéo est un bijou esthétique et, de l’avis commun, rarement Mylène aura été autant sublimée par un autre réalisateur que Laurent Boutonnat

D’autre part, L’Ame-stram-gram tient une place particulière parmi ses derniers clips car Mylène change de décor et de culture. Et surtout, elle réussit à prouver aux plus réticents, qui jugeaient ses dernières réalisations un peu faibles, que la direction d’un metteur en scène différent peut lui être bénéfique. Loin de l’univers torturé de ses débuts, Mylène abat la carte du clip aérien et coloré, et la magie opère ! 

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Clip de l’âme tram gram

Posté par francesca7 le 2 septembre 2011

Réalisé par : Ching Siu Tung
Diffusé le : Mars 1999
Durée : 7’50 

Clip de l’âme tram gram dans Mylène 1999 - 2000 2995802839_1_7_G3A9mORBDeux sœurs jumelles vêtues de grands voiles bleus rient et s’amusent dans un décor chinois et voilé. Mais ce bonheur va bientôt être troublé par l’arrivée de chevaliers qui poursuivent les deux sœurs. Soudain, se sentant menacées, elles tirent leur longue langue, qui, à leur contact, fait jaillir un pouvoir qui fait tomber les soldats de leurs chevaux. Mais malgré leurs efforts, une sœur est enlevée et amenée dans un palais où l’on trouve des cadavres, des pendus… C’est alors que l’on voit la deuxième sœur, épuisée, qui vient à la rescousse de sa jumelle. Mais, incapable de gravir le grand escalier qui mène au palais, elle se jette dans les marches, les dévale rapidement et meurt. De son corps, se sépare alors son âme qui s’élève dans le ciel. La sœur et l’âme tirent alors leur langue et s’échappent du palais. Elles sont heureuses, mais le jour apparaît : l’âme disparaît dans le ciel. Sa sœur, désespérée, va alors se jeter du haut de la muraille de Chine et rejoindre sa jumelle au Paradis… 

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La chorégraphie de L’Âme-stram-gram

Posté par francesca7 le 2 septembre 2011

  

Une fois la vidéo en boîte, Mylène retrouve ses danseurs – uniquement des hommes cette fois-ci – four finaliser la chorégraphie qui servira sur les rares plateaux télévisés qu’elle a prévu pour promouvoir le single. Après quatre années d’absence médiatique, la star est de retour ! 

 

Evidemment, tous les passages promotionnels sont préparés avec la plus grande minutie ; le public trié sur le volet, connaît déjà toutes les paroles par cœur et acclament son idole qui nous présent une nouvelle chorégraphie toujours aussi élégante et structurée. Sans faux pas et avec un sourire en coin. 

 

Mais que ce soit dans Les années tubes, Le Hit machine ou Tapis Rouge, la chanteuse ne se répand pas vraiment en confidences ! Elle n’en accorde qu’une seule, le 2 avril 1999 à Jean-Pierre Foucault, à qui elle confie qu’elle va bientôt remonter sur scène, dès le 24 septembre 1999 à Bercy, soit seulement quelques mois après son retour … 

 

 

VIDEO A l’émission TAPIS ROUGE 1999 

Image de prévisualisation YouTube 

 

Dès le lendemain de cette déclaration, les places pour les deux premiers concerts sont mises en vente. Il n’en faut pas plus pour que les billetteries soient prises d’assaut, même si le prix des places a flambé depuis sa dernière tournée (entre 43 € et 84 €), les fans investissent. 

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Mylène, un article dans Elle

Posté par francesca7 le 2 septembre 2011

 

 

Toujours à la même période, le magazine Elle dans son édition du 5 avril 1999 offre une interview exclusive de la chanteuse, accompagnée d’un shooting signé par Jean-Marie Périer sur lequel il reviendra à l’occasion de son livre Flash : « On fait une première photo, je la sors du châssis et la lui tends. Mylène pose l’épreuve sur une table et se penche pour la regarder de près (…) Puis elle se relève en dodelinant de la tête et dit doucement : « Non ! » Et elle déchire la photo ». 

 

 

Mylène, un article dans Elle  dans Mylène 1999 - 2000 MF2000_133aVraie ou fausse rousse ?
Ma couleur naturelle est châtain, c’était fade. Je suis devenue rousse quand j’ai commencé à chanter.

Pourquoi pas platine ou corbeau ?
Parce que j’ai une peau de rousse. Il y a eu une erreur de la nature: j’aurais dû naître rousse.

Physiquement, comment se trouve-t-elle ?
(moue, gêne, silence) Je ne me supporte pas. Je me regarde peu, je ne vois jamais mes clips. C’est très douloureux.

Ce corps mince et musclé ?
Je me trouve trop maigre; je rêve de prendre cinq kilos.

Si peu s’aimer et sans arrêt se cacher derrière des masques, des déguisements, des maquillages
Mais ces masques, c’est moi qui les choisis. Forécement, ils traduisent quelque chose. C’est difficile de trouver le mot juste. Je ne suis pas portée sur les confessions. Je ne me livre pas parce que je ne sais pas. Je ne peux pas parler de moi. C’est douloureux. On peut en mourir.

La psychanalyse ?
Ça m’intéresse, d’un point de vue intellectuel. Mais je n’ai pas le temps, et je ne suis pas sûre d’avoir envie de ce genre d’introspection.

Son enfance au Québec
Je n’ai aucun souvenir d’enfance. C’est comme un trou noir : rien.

La neige dans ses clips et dans Giorgino
Je ne me sens bien que dans le froid. Pendant longtemps, je ne supportais ni le soleil ni la chaleur.Ça va mieux depuis que j’ai vécu en Californie.

Ses parents ?
Pardon, mais c’est mon seul territoire privé.

Laurent Boutonnat
Il compose, j’écris, il s’agit d’une vraie collaboration artistique. Tout ce que je peux vous dire c’est que je n’ai jamais fait quelque chose que je n’avais pas envie de faire.

L’atmosphère dix-huitièmiste de certains de ses clips

Je ne peux pas expliquer pourquoi mais je m’y sens bien. Je crois que je me sentirais mal dans toutes les époques. Mais tout compte fait, c’est au XIXè siècle que j’aurais aimé vivre, ne me demandez pas pourquoi.

L’ambiance sadomaso de ses clips ?
Cela doit correspondre à des fantasmes que je porte en moi.

Les cimetières, la mort qui plane partout ?
J’adore les cimetières, c’est un des endroits dans lesquels je me sens bien. Où que j’aille dans le monde, j’y vais, cela apprend beaucoup sur une culture, un peuple. Ce goût doit me venir de l’enfance. J’ai retrouvé des lettres de ma grand-mère dans lesquelles elle me disait : « Dimanche, je t’emmènerai dans tel cimetière ».

MF2000_16a dans Mylène 1999 - 2000Ses collaborations avec Luc Besson et Abel Ferrara
Je les ai appelés tout simplement. Ferrara, cela a été dur, des mois de négociation, de coups de fil à trois heures du matin.

Son désir de cinéma
J’en avais un désir presque clinique, le désir est toujours là. J’attends qu’un réalisateur ait envie de moi.

La notoriété lui pèse-t-elle ?
J’aime cet état-là, j’aime qu’on me reconnaisse, j’aime l’idée d’avoir accompli ce petit bout de chemin, mais je m’égare… C’est vrai que c’est aussi pesant. Quand j’ai besoin d’un réel anonymat, je vais le chercher à l’étranger. Je crois que je pourrais vivre à New York, je m’y sens bien. Je peux y marcher dans la rue sans me soucier de savoir si je suis jolie ou si je marche droit, entrer dans un café, des choses toutes bêtes.

Choses qu’elle ne peut plus faire à Paris ?
En tout cas, je ne me les autorise pas. On peut toujours faire tout ce qu’on veut, mais c’est dur d’être observée quand on n’a pas envie de l’être.

La vie de Mylène Farmer à Paris ?
Ma vie est essentiellement consacrée à mon travail. Je sors très peu, je vois peu de gens. Je vis comme une recluse. C’est vrai, parfois j’ai le sentiment d’être enterrée vivante. Mais il y a des choses plus douloureuses dans la vie.

Son singe capucin ?
Il est extraordinairement intelligent et agile; vous savez, ce sont ces singes qui aident les handicapés.

L’actualité ?
Le Pacs, la parité, non, je ne suis pas tout ça.

L’amour ?
On voudrait tellement que la passion dure, mais la réalité nous contraint à dire que, non, ça ne dure pas.
 

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Le bon cliché de Mylène

Posté par francesca7 le 2 septembre 2011

  

 

Le bon cliché de Mylène dans Mylène 1999 - 2000 MF2000_123aCe n’est qu’au bout de la seizième photo que l’artiste approuve le cliché. Cette journée de travail pour Jean-Marie Périer et Mylène n’accouchera en tout et pour tout que de trois clichés. Quand Jean-marie Perrier retranscrit cette anecdote, c’est sans aucune animosité vis-à-vis de la star. Au contraire ; il estime que cela montre simplement que Mylène sait ce qu’elle veut et surtout ce qu’elle ne veut pas ! 

 

Maitrise son image est ce qui lui importe le plus. Sans caprice, ni éclat de voix car Mylène reste une femme qui a le respect d’autrui. Si elle est exigeante envers ceux qui l’entourent, elle est encore plus intransigeante avec elle-même. Et ceux qui n’acceptent pas ce jeu sont contraints de passer leur chemin. 

 

-          Contrôler, c’est être aussi exigeant avec soi-même qu’avec les autres ; contrôler ce n’est pas ignorer ni ne pas respecter le talent des autres. Je fais ce métier depuis dix-huit ans. J’ai très vite compris qu’il fallait se méfier, car il y a toujours détournement ; détournement de mes intentions, détournement de mes propos… 

 

 

 

Après Anamorphosée qui fut l’album de la lumière, Mylène pensait avoir enfin trouvé une certaine sérénité en exprimant des sentiments plus doux. Mais à l’écoute du nouvel album, dans lequel Mylène signe cinq musiques, il semble que la chanteuse ait de nouveau basculé dans l’univers de ses angoisses. 

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Nouvelle inspiration Mylène

Posté par francesca7 le 2 septembre 2011

 

 

Nouvelle inspiration Mylène dans Mylène 1999 - 2000 MF2000_156aDurant son exil et ses nombreux voyages, Mylène a pris le temps de se nourrir d’autres artistes pour y trouver une inspiration renouvelée. La plupart de ses nouveaux titres s’inspirent justement d’eux ; Egon Schiele dans Je te rends ton amour, Si c’est un homme de Primo Levi dans Souviens-toi du jour, Saint Exupéry dans Dessine-moi un mouton et le sociologue et écrivain Francesco Alberoni dans le titre Innamoramento. Cet album est sans aucun le plus mystique, elle y dissèque en détail sa propre âme. Un détail qui n’échappe pas à la presse ; « Après Baudelaire et Poe, celle qui se décrie comme « La fille de Ryan » multiplie les références. Reste qu’elle a beau faire mine de « donner sa langue au chat », il est toujours impossible de percer l’énigme Farmer », peut-on ainsi lire dans L’Humanité

 

Ceux qui n’ont pas apprécié le virage techno de L’âme stram gram et qui n’ont que très moyennement adhéré à son récent trip californien apprécient cet album qui reste pour beaucoup le disque de référence Mylène

 

Quant à la forme, afin de bien mettre en valeur le côté « carnet de voyages » vers d’autres lectures et d’autres contrées, Henry Neu crée le design de l’album avec de nombreux collages illustrant les textes. La pochette représente une Mylène, une fois de plus schootée par Parisotto Vay, accroupie sur une cage géante surgissant des profondeurs de la mer. 

 

 

Quand tout semble lui sourire – un album réussi et une nouvelle tournée – un nouveau malheur vient rappeler Mylène à la réalité. C’est précisément le four de la sorte de l’album, le 7 avril 1999, que la presse révèle le suicide, à coup d’alcool et de médicaments, de Bertrand Le Page, l’un des proches de la star au début de sa carrière, l’un de ses créateurs. Et le mot n’est pas exagéré… en effet, sans lui, le personnage de Mylène Farmer n’aurait peut-être jamais existé. Il est le génie qui lui a donné le trousseau qui contenait toutes les clefs lui permettant d’ouvrir les portes du succès. Et voilà qu’aujourd’hui, à presque 46 ans, il choisit de tirer sa révérence alors que la femme qu’il a sans doute le plus aimé au monde resurgit de sa retraite.

 

 

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Disparition de Bertrand Le Page

Posté par francesca7 le 2 septembre 2011

 

Depuis son éviction de la bande Farmer-Boutonnat, Bertrand Le Page  n’avait jamais caché sa déception, même si cette séparation ne l’avait pas empêché de travailler avec d’autres – à nouveau Jackie Quartz et des artistes issus d’AB Productions. En 1998, il avait rencontré la jeune Ysa Ferrer après avoir craqué sur son tube Mes rêves et lui avait proposé de la manager pour la sortie de son deuxième album Kamikaze. 

 

-          En plus d’être mon manager, il devient pour moi comme un père, presqu’un amant, entre guillemets, un Pygmalion, un mentor ! se souvent-elle. C’était vraiment quelqu’un de très intelligent… Il m’a apporté l’expérience qu’il a eue avec Mylène, mais contrairement à moi, il a façonnée Mylène comme il l’a voulu. C’est Bertrand qui lui a imposé le « moins on en dit » et « plus on est désirable ». et malgré toute l’affection que je lui portais, je comprends que Mylène n’en soit séparée car il était absolument ingérable ! Il voulait tout construire et tout détruire, en même temps, il pouvait être dangereux

 

Disparition de Bertrand Le Page dans Mylène 1999 - 2000 2896059689_small_1A cette époque, l’entourage de Bertrand Le Page pense qu’Ysa Ferrer lui redonnera goût à la vie. Et même si la jeune femme n’est pas Mylène, elle a ce même amour pour les textes bien écrits et un charisme impressionnant. Comme il n’y a pas de hasard, dans l’équipe d’Ysa Ferrer, nous pouvons retrouver un autre rescapé de l’aventure Mylène Farmer ; Thierry Rogen. Parallèlement, Bertrand Le Page s’occupe aussi de La Cloche d’or, un restaurant situé dans le quartier de Pigalle, mais il  se retrouve rapidement sans un centime et harcelé par les huissiers. C’est ainsi qu’il passe d’un superbe appartement parisien à un petit studio à Toulon où il fait de la voyance. Et c’est dans ce lieu exigu, rejeté, qu’il décide de tirer sa révérence… 

 

La calligraphie qu’il utilisait pour les premiers albums de Mylène sera celle qui se retrouvera sur sa pierre tombale, comme un ultime message… « Il dépend de celui qui passe que je sois tombe ou trésor, que je parle ou me taise : Ami, n’entre pas sans désir ». 

 

Contre toute attente, Mylène ne reviendra jamais sur la disparition de son ancien manager. On la sait très affectée, mais il n’est pas dans ses habitudes de se répandre en commentaires et encore moins dans la presse. Comme pour disparition de son frère, les plus grandes douleurs sont muettes et le show doit toujours continuer .. 

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Un amour trop lourd pour Mylène ?

Posté par francesca7 le 2 septembre 2011

 

Un amour trop lourd pour Mylène ? dans Mylène 1999 - 2000 404645968_smallA peine le succès mitigé de l’Ame-stram-gram retombé – vendu tout de même à 125 000 exemplaires – le deuxième extrait est pensé par la maison de disques. Au début, c’est le titre Dessine-moi un mouton qui est annoncé. Il est d’ailleurs prévu qu’un clip soit tourné en Corse, avec pour scénario le crash d’un avion représentant celui de Saint-Exupéry ! 

 

Mais finalement, Mylène veut décider. Elle préfère opter pour son titre préféré. C’est pourquoi Je te rends ton amour prend le relais sur les ondes radio dès ce début du mois de Juin 1999

 

Si le premier titre était destiné à être écouté d’une oreille distraite, Je te rends ton amour montre à quel point l’écriture de la chanteuse a progressé. C’est un superbe texte traitant d’un amour trop lourd à porter ou du poids d’un artiste sur son œuvre. 

 

 

Cette lancinante et envoutante mélodie fut à l’origine écrite par Laurent Boutonnat pour Nathalie Cardonne, mais la jeune chanteuse la trouva trop calme. Tant mieux, car Mylène l’apprécie énormément et profite de cet air pour décrie pour la première fois son amour pour la peinture se référant à Gauguin et à Egon Schiele – un peintre maudit qui mourut à seulement 28 ans et qui peignaient notamment des femmes rousses au corps décharné. Mylène avoue s’être toujours sentie très proche de ce peintre de génie. 

 

-          Il y a sans cesse chez lui un  mélange de vie et de mort, comme s’il avait toujours su qu’il mourrait jeune. La peinture, c’est l’exaltation la plus intime, la vraie folie. J’ai connu quelque chose qui se rapproche de cette exaltation lorsque je suis montée sur scène la première fois. Ça a été la plus belle expérience de ma vie, mais aussi la plus déstabilisante

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« Je te rends ton amour » Mylène

Posté par francesca7 le 1 septembre 2011

Pour promouvoir son album « Innamoramento » sorti début avril 1999, Mylène Farmer décide de sortir « Je te rends ton amour » comme deuxième single. Cette chanson est très personnelle pour la chanteuse, puisque c’est une de ses préférées.

Les paroles intègrent des références en peinture avec notamment Egon Schiele, jeune peintre autrichien né en 1890 et décédé 28 ans plus tard. Son monde est fait de peintures inachevées, érotiques, tourmentées, torturées… Tout un univers pour Mylène Farmer ! On notera également le peintre Gauguin et tout le champs lexical de la peinture décliné dans les paroles.

Mais ce qui fera parler de la chanson, c’est surtout ce clip magnifie (censuré). La chanteuse atteinte de cécité se fait violer dans une église où elle venait se confesser. Allongée nue sur le sol, elle badigeonne dans une flaque de sang. Mais comme on le sait, le sexe, le sang et la religion n’ont jamais fait bon ménage ! Aussi le CSA le censure immédiatement et les chaînes de télé n’en diffusent qu’une partie étriquée (jusqu’au deuxième refrain).
Mylène Farmer décide alors de sortir le clip sous cassette vidéo accompagnée d’un fascicule de photos. La VHS au prix de 39 francs se vendra très bien (près de 70 000 exemplaires) et l’intégralité des fonds sera reversée au Sidaction. Ce clip est à ce jour un des préférés des fans.

A propos de la censure, la chanteuse dira en 2000 lors d’une interview par Lynda Lacoste sur MCM : « Cela n’a aucun intérêt que de vouloir choquer à tout prix pour que l’on s’intéresse à vous. Il se trouve que j’aborde des sujets qui sont peut être un peu épineux voire tabous. La censure, et spécialement en France, est un peu sévère et s’attaque à tout et n’importe quel sujet, ce que je trouve vraiment regrettable. ».

discosingle_26_jeterendstonamour02 dans Mylène 1999 - 2000Le single sort en single, maxi 45T dont une édition limitée picture disc, très recherchée par les collectionneurs. Il se vendra à peine à 100 000 exemplaires. A noter en face B, une chanson inédite « Effets secondaires ».

Pour la promotion, Mylène Farmer enregistre 2 prestations télé : une pour l’émission « 50 ans de tubes » où la chanteuse interprète la chanson dans une galerie où sont exposées des œuvres de César. Les images sont « clippées ». Mylène porte la même robe que pour le clip. Elle enregistre une autre télé (avec la même robe), en direct cette fois (mais en playback) : « La fureur du parc des Princes ».

La chanson sera interprétée lors de la tournée « Mylenium Tour » (2000) mais ignorée pour les concerts « Avant que l’ombre… A bercy » (2006) (tout comme l’album « Innamoramento » d’ailleurs…). 

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Mylène, Effets secondaires

Posté par francesca7 le 1 septembre 2011

Nouveau titre en face B : Effets secondaires 

 

Mylène, Effets secondaires dans Mylène 1999 - 2000 MF2000_145aLes pochettes du single, du maxi CD et du vinyle ainsi que d’un nouveau picture-disc sont illustrées par une fascinante photo prise par Marino Parisotto Vay sur laquelle Mylène apparaît crucifiée, la tête rejetée en arrière comme décapitée. Par ailleurs, si les remixes proposés sur le maxi ne rivalisent pas avec la qualité de ceux de L’Ame-tram-gram, un inédit est présent sur le sigle et sur le maxi. Un fait devenu si rare chez Mylène qu’il mérite d’être signalé car il y a bien longtemps que la chanteuse ne proposait plus aucun inédit sur ses faces B, se contentant de versions musicales sans grand intérêt. Le titre s’appelle Effets secondaires. Une Mylène à la voix très grave se perd dans une grande ville à la recherche désespérée d’un taxi qui ne vient pas, après une nuit de folie et d’excès.

 

 

 

 

pour la première fois, la réalisation de la vidéo de Je te rends ton amour  est confiée au jeune François Hanss, l’assistant et complice de Laurent Boutonnat depuis plusieurs années. Le tournage se déroule dans l’abbaye Notre Dame du Val à Mériel dans le Val d’Oise, un bâtiment cistercien construit au XIIè siècle. Mylène quitte son univers de contes chinois pour revenir, comme son public aime tant la voir, en une jeune femme romantique partagée entre folie et beauté. 

 

Vidéo Effets secondaires

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Effets secondaires

Posté par francesca7 le 1 septembre 2011

 « Effets secondaires » est un titre que l’on retrouve sur le best of « les mots », c’est un titre inédit.

Effets secondaires dans Mylène 1999 - 2000Ici Mylène parle des effets secondaires d’un certain médicament. Peut-être le « prozak »? (=médicament contre la dépression) Mylène n’en prend pas mais elle a déjà évoqué le fait qu’elle connaissait des personnes qui en prenaient.
Dès le premier couplet, on comprend dès lors que l’effet secondaire de ce médicament est l’insomnie, car tout au long de la chanson, on entend Mylène qui compte les heures et celle-ci semble être dans un état second.
Elle insiste sur le fait qu’il n’y a pas d’ataxie (=En médecine, l’ataxie désigne une pathologie neuromusculaire qui consiste en un manque de coordination fine des mouvements volontaires.)


Dans le refrain, Mylène dit que tout les effets secondaires, sont dit sans doutes, dans la notice. Elle compare ces effets secondaires à Freddy Kruegger. Dans le film, pour échapper à ses griffes, il fallait rester eveillé… Est que c’est pour cela que Mylène s’efforce de rester eveillée?

image dans Mylène 1999 - 2000Dans la suite de la chanson, Mylène continue d’énumérer les heures de cette nuit qui semble interminable.
A la 6ème heure, Mylène répond à des questions. Qui lui pose ? Une seconde personne ou elle-même fait questions-réponses?
10ème heure, Mylène continue de se convaincre à ne pas dormir : aurait-elle vraiment peur de Freddy ?
A cet instant, selon elle, l’ataxie n’est toujours pas présente.
2ème heure, elle lit les instructions de la notice du médicament « En cas de doute, demandez l’avis de votre médecin…Accelération du rythme cardiaque, trouble psychique » et s’en étonne « Ah bon? »
6ème heure, Mylène reprend une comptine « 1,2,3, nous irons au bois, 4,5,6, cueillir des cerises… » Autre clin d’oeil au film « les griffes de la nuit » où les enfants chantaient « 1,2, Freddy te coupera en deux, 3,4, remonte chez toi quatre à quatre, 5,6 n’oublie pas ton crucifix 7,8, surtout ne dors pas la nuit 9,10, il est caché sous ton lit ». A cet instant, elle semble commencer à perdre la raison et à avoir des hallucinati0ns (elle v0it le plafond qui la regarde) mais un faux plafond (comme ceux des chambres d’hopital)

La fin de la chanson est signée par la sonnerie du reveil mais Mylène ne l’arrête pas. Pourquoi? S’est-elle finalement endormie ? 

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Le clip de Je te rends ton amour

Posté par francesca7 le 1 septembre 2011

Réalisé par : François Hanss
Diffusé le : Juin 1999
Durée : 5’08 

Le clip de Je te rends ton amour  dans Mylène 1999 - 2000 mylene-farmer-effets-secondaires_17wxu_e211dUne femme venue de nulle part se dirige vers une église perdue dans la campagne. Elle scrute les arbres du bout de ses doigts, rentre dans l’église et se dirige vers le confessionnal. Là, elle ouvre une bible qu’elle commence à lire du bout de ses doigts et retire son alliance. En dépit de sa cécité, elle ne remarque pas l’homme vêtu de noir dont la main éteint les cierges et le passage fait tomber les chaises, qui s’installe de l’autre côté du confessionnal. Un filet de sang commence à couler le long de ses mains et de ses jambes. Puis, l’homme renverse la bible et attrape la femme par le cou. L’aveugle, paniquée, ne se résout plus qu’à satisfaire les besoins sexuels de l’homme. Mylène, nue et couverte de sang est alors violée. Elle se retrouve en position du fœtus dans une mare de sang tandis que l’homme quitte les lieux. Elle nage alors dans le sang puis on la voit sortir de l’église, vêtue d’une robe noire après avoir déposé son alliance dans le sang… 

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Clip Je te rends ton amour

Posté par francesca7 le 1 septembre 2011

Présentation du Vidéo clip 

 

C’est le talentueux John Galliano qui lui crée une majestueuse robe pour la transformer en cette turbulente princesse de conte de fées qui va connaître un destin cauchemardesque et ensanglanté dans « Je te rends ton amour » ; 

 

En effet, ce film met en scène une Mylène aveugle qui vient se confesser à un prêtre satanique. Elle finit bâillonnée, crucifiée et totalement nue, les bras en croix, baignant dans une immense mare de sang ! Il n’en faut pas plus pour que Je te rends ton amour reçoive un avis défavorable du CSA, avec néanmoins une relative liberté de diffusion donnée aux chaînes ! M6, la seule chaîne hertzienne à passer des vidéos musicales, va jusqu’à consulter un comité de mères de famille pour avoir leur avis qui tombe comme un couperet : « Cette indécence n’est pas pour nos enfants ! » 

 

 

Clip Je te rends ton amour dans Mylène 1999 - 2000 uaqw8596

 

Conclusion, le clip est diffusé en version courte la journée et ce n’est que… après minuit que l’intégralité est montrée aux plus insomniaques. Polydor et Stuffed Monkey décident alors de contre-attaquer en sortant la cassette vidéo du clip, accompagnée d’un livret de photos signées Claude Gassian en Juillet 1999 avec cette accroche publicitaire ; « Le clip censuré ! » C’est le jackpot assuré : 70 000 exemplaires de ce kit se vendent en un temps record. Mais attention, les recettes n’iront pas dans la poche de Mylène car tous les bénéfices sont reversés au Sidaction. 

 

423181576_small dans Mylène 1999 - 2000Quelques jours plus tôt, le 19 juin 1999, au Parc des Princes, Arthur anime en direct La fureur du parc avec une pléiade d’artistes prestigieux invités à l’occasion de la Fête de la musique. Toujours aussi star, Mylène est la première à fouler la scène pour inter péter son nouveau tube. Tout le public est en émoi devant l’apparition de la diva. Une deuxième télévision est prévue sur TF1 le 30 juillet dans 50 ans de tubes et c’est tout. Les plaisirs les plus courts ne sont-ils pas les meilleurs ? 

 

Et puis, Mylène veut se faire discrète avant le coup d’envoi de ses futurs concerts dont le secret est gardé jalousement. Pour se faire désirer, il n’est pas question d’être trop présente. Cela n’empêche pas le nouveau single de s’écouler à plus de 100 000 exemplaires et l’album Immamoramento d’être certifié disque de platine avec 300 000 exemplaires vendus. Ses deux promotions terminées, Mylène retourne aussitôt aux Etats-Unis retrouver Christophe Danchaud et ses danseurs, afin de peaufiner son nouveau show qu’elle va présenter en avant-première le 21 septembre 1999 à Marseille

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