INTERVIEW DE Yannik Provost – Tout sur Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 17 juillet 2015

 

 

Mylène Farmer : une grande astronaute en vente sur www.edilivre.com/

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« Une grande astronaute » : c’est dans ces termes que Mylène Farmer aimerait que l’on se souvienne d’elle. Une grande conquérante de l’imaginaire. La seule artiste féminine française à avoir marqué son empreinte sur quatre décennies, passant du métier de mannequin pour publicités à la scène du stade de France vingt-cinq ans plus tard. De nombreux ouvrages lui ont été consacrés, tentant en vain de percer le secret de sa réussite. « On invente ma vie, mes émotions » disait-elle en 2006. Alors pour raconter la carrière de Mylène Farmer, qui de mieux que Mylène Farmer elle-même ?

 

Trente ans de carrière sont retracés dans cet ouvrage, uniquement réalisé à partir de propos de l’artiste puisés dans plus de trois cent cinquante interviews de presse, à la radio ou télévisées, de 1984 à fin 2013.

 

Yannik Provost bonjour ! Votre livre est réalisé à partir des propos de l’artiste, puisés dans plus de trois cent cinquante interviews presse, radio ou télévisées, de 1984 à 2014. On imagine que le travail de recherche a dû être long et laborieux ?

 

Pour réaliser « Mylène Farmer : une grande astronaute », plus de deux ans m’ont été nécessaires. Je me suis beaucoup basé sur le site d’un confrère, Mylene-interviewed.c.la. Woodstock (co-webmaster également de mon site Web Innamoramento.net) y recense l’intégralité des retranscriptions des interviews de la chanteuse depuis 1984. J’ai tout relu, mais j’ai également réécouté et revisionné toutes ses interviews (fichiers vidéos, audio…), pour retrouver le ton des réponses, par exemple.

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Vous précisez que votre livre ne contient ni rumeurs, ni bruits de couloirs. Une volonté de respecter l’artiste et sa vie privée ? 

Plus qu’une volonté, cela découle surtout du principe même de l’ouvrage : ce sont les mots de la chanteuse, ou en tous cas ceux qui nous sont parvenus… avec la déformation possible que l’on connaît pour certaines interviews de presse écrite, des années 80 surtout ! Les journalistes se plaisaient alors à parfois romancer ou exagérer certains propos ! Mais j’ai pris le parti de conserver ces interviews tout de même : déjà, parce qu’il est bien subjectif de juger que tels passages sont exagérés de l’intervieweur, mais également parce que le livre se veut une « image » de l’artiste construite à partir des interviews de 1984 à 2013. Pour que ce soit plus clair : je ne prétends pas qu’il s’agit là d’une autobiographie où tout est vrai, où tout a été dit à 100% par l’artiste de façon certaine ; c’est uniquement une biographie construite à partir de ses interviews, que le journaliste ait exagéré des réponses, ou que Mylène elle-même se soit amusée (et c’est le cas) à inventer des anecdotes, qu’importe, c’est une image que l’on peut avoir de sa carrière et de sa vie par rapports à ses interviews.

 

On sent dans votre avant-propos une grande précaution à préciser que ne voulez pas parler au nom de Mylène Farmer. Pourquoi ? La peur d’être mal compris par les fans dans votre démarche ? Ou là encore une précaution vis-à-vis de la chanteuse ? 

Les deux : je voulais que ma démarche soit claire, bien comprises, que ce soit par le public ou par l’entourage de la chanteuse. Pour évoquer de nouveau ma réponse suivante, évidemment que si on imagine Mylène lire cette biographie, elle rigolerait de beaucoup de passages, ne se souviendrait pas avoir dit ça, ou ne se retrouverait pas dans certains chapitres. J’en reviens au principe du livre : je ne prétends pas avoir écrit une fausse autobiographie de la manière qu’aurait pu le faire la chanteuse pour ses 30 ans de carrière ; je prétends avoir écrit une fausse autobiographie à partir des interviews publiées !

 

D’ailleurs, question inévitable : la chanteuse et/ou son équipe ont-ils été mis au courant de votre livre ? Lui avez-vous envoyé ? 

Au courant oui, mais pour l’envoi ce sera dans quelques jours !

 

Parlons du choix des chapitres ! Comment avez-vous fait pour regrouper les dires de la chanteuse sous des grands thèmes comme « Eléments biographiques », « Carrière », « Métier » et « Personnalité » ? Cela doit-être un véritable casse-tête non ? Comment avez procédé ? 

Un casse-tête, c’est le terme ! Concrètement, j’ai tout relu/réécouté/revu, à chaque réponse je « notais » cela comme allant dans telle catégorie, tel futur chapitre… Certaines parties ont ensuite fusionné, tout a pris un ordre chronologique… Il faut savoir qu’à la base, « Mylène Farmer : une grande astronaute » devait être uniquement axé sur ce que la chanteuse a pu dire pour expliquer ses textes et clips (ce qui correspond au final à la partie « centrale » de l’ouvrage dans la table des matières). Et finalement, j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis dit que ce serait bête de ne pas en profiter pour faire ce travail pour la moindre de ses phrases, que ce soit au sujet de ses goûts cinématographiques ou ses souvenirs d’enfances à regrouper. Je sais pertinemment que des passages du livre peuvent paraître… « lourds » ? Je veux parler de tout ce qui se retrouve par n’être qu’un listing, dans le genre « J’aime tel artiste, et lui, et lui, et je me souviens avoir eu un album d’untel ». Il fallait vraiment ne pas perdre un seul mot, un seul souvenir, donc on retrouve ces espèces de listing ou des passages redondants.

 

L’artiste accorde désormais peu d’interview. On imagine forcément qu’une mise à jour de votre livre est plutôt lointaine ? Elle ne vous facilite pas la tâche sur ce coup-là ! 

Je ne pense pas qu’il y aurait un jour une mise à jour ! Déjà parce qu’effectivement il n’y aura pas beaucoup de « matière » à l’avenir, mais aussi parce que j’aime bien l’idée que le manuscrit se soit arrêté fin 2013, pile pour les trente ans de carrière.

 

Les médias et les biographes se targuent souvent dans leur promotion de vouloir « percer le mystère Farmer » ! Ma question est simple ! Avez-vous réussis à travers les propos de la chanteuse à percer son mystère ? 

D’un point de vue personnel, en tant que fan, réaliser ce livre m’a beaucoup appris ! On a beau avoir déjà tout lu ou tout entendu sur elle, lorsque tout est réuni comme ça, et non perdu à travers des commentaires de journalistes ou au milieu d’autres réponses de l’artiste moins « intéressantes », on peut se concentrer sur l’essentiel. Des anecdotes précises, des rêves qu’elle a racontés avoir fait certaines nuits, des explications sur des paroles de chansons alors même que l’on avait oublié qu’elle ait formulé ces explications un jour…

 

Le succès de la chanteuse ne semble pas vouloir fléchir puisque après les succès en billetterie de sa tournée, du film du concert, le public achète aujourd’hui en masse le DVD Timeless ! Et pourtant elle est quasi muette dans les médias. Comment expliquer ce phénomène ? 

Mylène Farmer l’a défini très bien, dans le titre de la préface du livre photos « Avant que l’ombre… à Bercy » publié en 2006 : c’est « inexplicable » !

 

Votre premier ouvrage sort aux Éditions Edilivre. Qu’est-ce qui vous as convaincu à rejoindre cette maison d’édition ?  

Une fois le manuscrit terminé, dans une première version « courte », il y a plus d’un an, j’ai commencé à l’envoyer à plusieurs maisons d’éditions : des plus connues aux plus petites. Beaucoup de lettres de refus pendant des mois, et puis un jour « Edilivre » m’a répondu, en janvier dernier. Ce n’est pas la parfaite maison d’édition, puisqu’elle imprime les exemplaires à la commande, mais c’est bien mieux que rien ! Sans ça, le livre n’existerait toujours pas à l’heure actuelle. Je reçois même encore aujourd’hui parfois des lettres de refus pour des envois que j’ai pu faire en décembre dernier à des maisons d’éditions…

 

Plus de 4400 « J’aime » sur la page Facebook consacré à votre livre avant même sa sortie. C’est un véritable plébiscite des fans pour ton bouquin. Est-il envisageable, si le succès est au RDV, que votre ouvrage sorte un jour en librairie ? 

 Pas sous cette maison d’édition. Mais si un autre éditeur est intéressé par la suite évidemment… ! Je ne pense pas que le livre sera un grand succès de vente comparé aux autres publiés sur la chanteuse. Et pour cause : le prix ! Edilivre étant basé sur l’impression à la commande, cela engendre un coût assez élevé (surtout pour un pavé de 434 pages au format 170*270). Prix que j’ai tout de même pu arriver à faire réduire juste avant la sortie, malgré les apparences…

 

C’est votre premier livre. Cela-t-il donné envie de réitérer l’expérience ? 

Non ! Je ne suis pas écrivain, c’était uniquement un exercice de style pour celui-ci, un travail que j’aurais pu faire uniquement pour une rubrique de mon site Web. Mais en livre, c’est beaucoup plus lisible et appréciable.

 

Vous reversez directement à l’association Arc-en-ciel, qui réalise les rêves d’enfants hospitalisés, l’intégralité de vos droits d’auteurs. Pourquoi ne pas vouloir récolter le fruit de votre travail ? 

Tout ce que je fais depuis onze ans est à but non lucratif. La publicité que l’on peut parfois voir sur mon site Web ne me sert qu’à financer mes serveurs, ou même investir dans l’achat de documents/photos inédits pour les offrir aux fans de la chanteuse. Pour le livre, c’est dans le même esprit, et après tout je n’ai fait que le composer : ce sont les mots de la chanteuse, ce serait étrange de gagner de l’argent sur ça ! Pour chaque livre commandé via Edilire.com, l’association touchera 20% à la fin de l’année. 

Mylène Farmer s’est elle-même engagée avec cette association il y’a quelques années en rendant visite à des enfants malades dans des hôpitaux. C’est ce qui vous a poussé à choisir cette association plutôt qu’une autre ?  

Effectivement, pousser le concept jusqu’au bout ! Mais aussi parce que j’avais déjà été en contact avec eux l’hiver dernier, lorsque je leur avais versé le surplus de cagnotte pour la publication dans « Libération » que j’avais organisée pour les 30 ans de carrière de l’artiste.

 

En 2003 vous avez créé sous le pseudo « Ptigénie » le site Innamoramento.net qui connait désormais un succès croissant auprès des fans de la chanteuse. Est-il facile de gérer un site web sur Mylène Farmer ? On sait que les fans de la chanteuse sont très exigeant … 

Aujourd’hui, c’est devenu plus facile, puisque je me suis habitué depuis onze ans au « fonctionnement » des fans sur Internet. Je sais pertinemment que quoi que l’on fasse, les statistiques et autres probabilités feront que certains ne seront pas contents ! C’est une règle immuable qui vaut évidemment pour la vie en générale. Parfois je lis des choses sur mon site, ou sur moi, qui peuvent faire mal parce ce sont des choses qui ne me correspondent pas. On parle sans savoir… Je vais prendre un exemple tout bête qui m’a marqué cet hiver : lorsque j’ai organisé la publication de la demi-page dans le quotidien Libération pour les trente ans de carrière, j’ai été contraint de mettre en bas de celle-ci les noms des donateurs ayant participé à hauteur de 100€ à la cagnotte. J’ai alors pu lire sur un forum que j’avais organisé tout cela dans le but égoïste de m’offrir mon propre nom dans un quotidien… Sauf que dès le départ, il était hors de question pour moi d’inscrire mon nom dans cette petite liste. Lorsque la demi-page a été publiée, ces personnes n’étaient pas très prolixes pour faire remarquer que mon nom n’y figurait pas. En règle générale, il est plus facile de spéculer de façon négatives sur des intentions, que d’imaginer un instant que, oui, il est possible de faire des choses « juste comme ça », pour partager une passion. Mais dans la grande majorité, les retours que j’ai sont très sympathiques, sur Facebook, Twitter, par mails… et me donnent envie de continuer à tenir ce site encore longtemps !

 

« Une grande astronaute » : c’est dans ces termes que Mylène Farmer aimerait que l’on se souvienne d’elle. Mais vous Yannik,  avec quels termes aimeriez-vous qu’on l’on souvienne de vous ? 

J’aime bien une citation que j’avais trouvée, en slogan de mon site à une époque : « Une chose n’a de valeur que si elle est peut-être partagée ». On ironise souvent à mon propos pour ce mot, « partage », que j’emploie encore et encore comme un illuminé qui verrait le monde en mode Bisounours, petits papillons et champs de fleurs à perte de vue. On me demande souvent, en privé, si je n’ai pas des fichiers inédits (photos, vidéos…) sur Mylène Farmer qui ne seraient pas sur mon site, et que je pourrais montrer discrètement (c’est bien connu, un secret, c’est une chose que l’on ne dit qu’à une personne à la fois). Je réponds toujours  que tout est sur mon site ! Je n’ai aucun plaisir à garder quelque chose pour moi sur mon PC. Ou, en tout cas, si c’est pendant un temps le cas pour des photos inédites (par exemple) non publiées, c’est qu’elles le seront bientôt et que ce n’est qu’une question de temps, pas de « je garde ça pour moi youhou ». Et l’anniversaire du site, ou la fête de Noël, est toujours une bonne occasion pour publier ce genre de choses ;)

 

Interview réalisée par Rozier Sébastien sur http://www.linstant-interview.com/#!yannik-provost/c6e

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Mylene farmer : une grande astronaute

Posté par francesca7 le 15 juillet 2015

 

 

1540-1Paru le 27 juin 2014  / « Une grande astronaute » : c’est dans ces termes que Mylene Farmer aimerait que l’on se souvienne d’elle. Une grande conquérante de l’imaginaire. La seule artiste féminine française a avoir marque son empreinte sur quatre décennies, passant du métier de mannequin pour publicités a la scène du stade de France vingt-cinq ans plus tard. De nombreux ouvrages lui ont été consacres, tentant en vain de percer le secret de sa réussite. « On invente ma vie, mes émotions » disait-elle en 2006. Alors pour raconter la carrière de Mylene Farmer, qui de mieux que Mylene Farmer elle-même ?

Trente ans de carrière sont retraces dans cet ouvrage, uniquement réalise a partir de propos de l’artiste puises dans plus de trois cent cinquante interviews de presse, a la radio ou télévisées, de 1984 a fin 2013.

 

Biographie de l’auteur

Né en 1988, Yannik Provost nous offre Mylène Farmer : une grande astronaute, son premier ouvrage aux Éditions Edilivre. L’auteur reverse directement à l’association Arc-en-ciel, qui réalise les rêves d’enfants hospitalisés, l’intégralité de la somme perçue par ses droits d’auteurs. Reconnue d’utilité publique en 2004, c’est en 1991 que cette association naît, avec l’unique vocation de réaliser les rêves des enfants malades. Un rêve unique et singulier qui doit être pour chacun inoubliable. www.arc-en-ciel.com

 

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NOUVEAU LIVRE DE MYLENE FARMER juillet 2015

Posté par francesca7 le 15 juillet 2015

 

AVANT QUE MINUIT NE VIENNE

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Le livre sera vendu au prix de 12€ TTC (11,40€ en retrait magasin FNAC). Environ 170 pages. Sortie début juillet !

« Avant que minuit ne vienne » est un conte dont VOUS êtes le héros ! Voyagez à travers l’univers visuel développé par Mylène Farmer et Laurent Boutonnat depuis plus de 30 ans : vos choix et votre capacité à résoudre quelques énigmes vous permettront d’atteindre le bout de cette aventure construite autour des clips de la chanteuse. Un régiment anglais égaré, sept nains dans une chaumière, un radeau à la dérive et quelques squelettes dansant dans un cimetière… Parviendrez-vous à reconnaître toutes les références sur votre chemin ?

Après la biographie « Mylène Farmer : une grande astronaute » (Edilivre, 2014), Yannik Provost publie ce nouvel ouvrage plus léger et ludique autour de la carrière de la chanteuse. L’auteur reverse les bénéfices de ses droits d’auteur à l’association Rêves. Reconnue œuvre de bienfaisance et d’intérêt général, celle-ci a pour mission d’exaucer le rêve des enfants et adolescents atteints de pathologies graves ; de leur offrir une parenthèse enchantée pour oublier la maladie.

 

Mylène - Extrait du livre une grande astronaute

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MYLENE – LE CHOIX DES ARMES

Posté par francesca7 le 6 novembre 2014

 

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Aujourd’hui, ce que j’ai vécu a fait de moi celle que je suis. Il y a quelque chose de solide en moi, avec beaucoup de fêlures autour. Je connais mon mystère, mon secret. Je sais, au fond de moi, pourquoi j’ai tout occulté de mon enfance. Même si je suis très bas, cette force me sauve. 

J’essaie de plus en plus, et j’avoue que ce n’est pas facile, d’extraire de ma vie et à jamais, du ressentiment. Je ne guérirai jamais de mon enfance, du moins ce dont je me souviens. On peut l’analyser, prendre un peu de distance, pardonner. Les émotions demeurent. Enfouies mais entières. 

Qu’il me revienne des images ? J’essaye le moins possible ! Des blessures indélébiles restent gravées. Elles se recouvrent peu à peu mais le fond demeure. Je n’ai pas envie d’en parler davantage. De mon adolescence, je n’ai presque rien oublié. Ça a été une période difficile mais j’en veux moins à ceux qui m’ont fait souffrir. Eux aussi étaient prisonniers de leurs problèmes. J’ai pardonné mais je n’ai pas oublié. Je ne suis jamais arrivée au point où l’on peut regarder avec tendresse l

es souffrances subies. 

Aujourd’hui, je suis un peu plus en paix avec mon passé car, plutôt que de tenter de l’apprivoiser, j’ai appris à ne garder que les souvenirs agréables, porteurs d’énergie. On a des fardeaux à traîner : bien évidemment ; et des plaies ouvertes ont du mal à cicatriser. On a tous ses ombres, je les porte en moi et je les porterai jusqu’à la fin de mes jours. Avec le temps et le succès, je n’ai pas totalement apprivoisé mes peurs, mes souffrances. Non, et ce n’est sans doute pas grave. Ou très grave, je ne sais pas ! Je n’ai pas la réponse, mais j’ai certainement pansé des plaies. Il y a toujours ce mot qui revient dans le vocabulaire de chacun d’entre nous, c’est « faire le deuil de » : malheureusement, je ne crois pas qu’on puisse faire le deuil de quelque chose. On peut tenter de faire ré émerger la vie et des choses qui vous aident à tenir, qui vous aident à vous réveiller, qui vous aident à sourire. 

Mais tout ce qui est douleur, tout ce qui est doute, tout ce qui est  peur est là, ancré, ça fait partie de votre sang, de vos veines : c’est là. C’est  présent mais c’est sans doute nécessaire ou peut-être pas, mais c’est là ! 

C’est nécessaire à la création, ça aide à une certaine créativité. On apprend aussi avec la vie, avec le temps, ses expériences. Là encore, tenter de laisser ses fardeaux de côté parfois, mais ça peut resurgir tellement vite. Mais raconter la nature de mes plaies… Parfois, elles sont précises dans mon esprit, et parfois elles sont très troubles, je n’en sais rien. C’est aussi le fait de n’avoir que très peu de souvenirs de mon enfance et j’avoue que c’est troublant pour moi-même. Et n’ayant pas fait appel à l’analyse… J’ai parfois rêvé de revivre sous hypnose, ou à l’occasion d’une psychanalyse, ces moments forts qui m’ont marquée pour retrouver à l’état brut l’intensité émotionnelle d’alors. Mais l’idée de la confession, devant un médecin comme devant un prêtre, me terrifie. Certains ont besoin de s’offrir un divan pour parler de leurs phobies et de leurs fantasmes. Je préfère les vivre seule et être mon propre psychanalyste ! 

Et tout cela n’ira irrémédiablement qu’en empirant. La psychanalyse m’intéresse d’un point de vue intellectuel, mais je n’ai pas le temps et je ne suis pas sûre d’avoir envie de ce genre d’introspection. Sans doute ai-je besoin de ça pour me comprendre. J’hésite encore, par peur peut-être. Par crainte aussi de tuer ma créativité, toute inspiration chez moi. Ce sont les douleurs qui suscitent les mots, qui donnent naissance à des chansons. Car mes doutes, mes émotions me permettent d’écrire et de chanter. C’est ma raison d’être. Mais la création, certainement, ne soigne pas. On peut sans doute guérir de ses névroses mais j’ai vu des gens encore plus névrosés après avoir consulté ! 

J’y ai pensé une fois, en 1994. J’étais en état d’urgence, je suis allé voir quelqu’un. J’ai arrêté la première séance. Je ne peux pas m’abandonner, la confession m’est vraiment impossible. J’éprouve une curiosité, mais si j’avais suivi une analyse plus complète ou si je le faisais en ce moment, je ne le dirais pas. Je me donne le droit de faire les réponses qui 

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m’arrangent. Il faut se méfier de mes déclarations d’un moment ! Les choses ne restent pas les mêmes, c’est un des enseignements du bouddhisme. Je crois avoir de toute façon fait toute seule un chemin qui s’approche de la psychanalyse. Il faut être seul à un moment donné. C’est plus un monologue qu’un dialogue. Et je n’ai pas très envie de connaître les raisons de mes angoisses. 

Il y en a sûrement : certaines que je n’évoquerai pas, d’autres que je ne veux pas savoir. Ce sont des pages effacées et, une fois de plus, peut-être que je n’en ai pas réellement la nécessité que de savoir le pourquoi du comment. Laissons ça dans l’obscurité. 

Un rêve est un de mes rares souvenirs : un lit immense, des draps blancs. J’y suis blottie en position de fœtus. Devant moi, un énorme cordon ombilical, vraiment énorme. Il m’incombe de le couper, mais comment ? Avec les dents ? Je ne suis qu’une enfant…

 

EXTRAIT du livre : « Mylène FARMER – une grande Astronaute » –  de Yannik Provost aux Editions Edilivre.

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CE QUE MYLENE NE COMPREND PAS

Posté par francesca7 le 31 octobre 2014

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756_2010-10-02-13-29-35_Mylene-oui-mais-non-belleLes enfants  me font peur : leur innocence, leur cruauté me dérangent. Mais c’est aussi paradoxalement ce que j’aime chez eux. On leur pardonne, parce qu’on dit qu’un enfant est innocent. Je ne le crois pas. 

J’irrite beaucoup de personnes parce que je n’ai presque aucun souvenir de mon enfance. J’ai l’impression d’avoir méconnu cette période : je n’ai pas de réels souvenirs jusqu’à l’âge de quinze ans environ, et mon adolescence est en train de s’effacer. Jusqu’à l’âge de dix ans, c’est même le noir total et c’est douloureux. Je ne sais pas qui j’étais. J’ai conservé un regard tourné, « obsédé » vers le passé, c’est une chose dont je n’ai pas réussi à me défaire… Il y a des moments qui sont restés inexpliqués, ça se confond à un grand point d’interrogation. C’est comme un gouffre : rien. 

J’ai des trous de mémoire, c’est très perturbant. Cela correspond aussi à des sensations douloureuses bien que non concrètes et exprimables par l’anecdote. J’ai rencontré des personnes qui souffrent de la même chose sans être pour autant des déséquilibrés. Je peux m’en fabriquer, des souvenirs, mais je n’en ai pas de véritables. J’appréhende à chaque interview de devoir justifier ce trou noir. Parfois, je suis tentée d’inventer des souvenirs pour avoir la paix ! Je ne comprends pas comment on peut penser que j’ai inventé cette amnésie pour ne pas parler de mon passé. 

En matière de difficulté de vivre, je n’ai rien inventé : ça fait partie de moi. Je n’essaie pas de me créer un personnage, de créer un mystère.  Mes souvenirs me laissent en paix, puisque pour la plupart, je les ai oubliés… Enfouis… Égarés. On peut perdre la mémoire comme on égare ses bagages à la veille d’un long voyage. Le voyage est plus compliqué, mais plus léger peut-être… C’est une survivante qui vous parle ! Le peu qu’il me reste, ce sont de très mauvais souvenirs. Je ne veux pas jeter la pierre à mes parents, parce que j’ai pourtant eu des parents normaux et je viens d’un milieu aisé, mais j’ai été en manque affectif pendant mon adolescence. C’est l’origine de mon traumatisme. 

L’adolescence est quelque chose de terrible, sans rien d’apparent. Nous sommes tous d’abord des êtres très sensibles mais il existe une hypersensibilité, et que vous ayez dans le fond ou non cet amour, vous ne le percevez pas, ou peut-être pas à sa juste valeur, ou vous en demandez une Surproduction donc en ce sens vous allez souffrir. Je dois faire partie, si je peux  me caractériser, de cette catégorie d’êtres hypersensibles, donc difficiles. Par la suite, mes problèmes n’ont fait que s’amplifier, la fracture s’est élargie. J’étais devenue une étrangère à mes propres yeux et en même temps ces problèmes m’enivraient. Un cercle vicieux. 

Pourtant, je n’étais pas du tout une enfant battue ! J’ai maudit ma mère de m’avoir mis au monde et puis après je l’ai adorée. J’ai certainement rêvé très longtemps. Mais je ne suis pas du tout passéiste, ça doit aussi venir des parents. Je sais simplement que ce n’était pas une enfance malheureuse et qu’il n’y a pas eu un événement qui a fait que, tout d’un coup, j’ai été complètement bloquée et qu’il a fallu tout effacer. Peut-être  est-ce juste un désintérêt total pour moi, enfant… Je ne me suis jamais vraiment interrogée là-dessus. J’efface tout ce qui s’est passé hier. 

J’ai un don  pour ne me souvenir de rien sauf de ce qui est vraiment marquant. Mon enfance, mon proche passé, je ne veux pas y penser une seconde ! Ce serait régresser, j’ai besoin d’aller de l’avant, de ne pas regarder en arrière.  

 

EXTRAIT du livre : « Mylène FARMER – une grande Astronaute » –  de Yannik Provost aux Editions Edilivre.

 

 

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MYLENE FARMER ET SA PREMIERE FOIS

Posté par francesca7 le 31 octobre 2014

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C’est  un car de police qui m’a ramenée. La première fois que j’ai conduit, c’était avec une R5 Alpine, au bois de Boulogne. Je n’avais pas mon permis, je me suis fais arrêter. J’ai évidemment chanté que j’étais libertine ! 

En revanche,  la vraie boum pour moi lorsque j’étais au Canada, c’était la fête d’Halloween. Tous les enfants se déguisent, sortent dans la rue, et sonnent aux portes. Si les adultes ne leur donnent pas des bonbons, on leur jette de la farine dessus !

 

J’ai eu quelques amies, quelques très bonnes amies, que j’ai quittées, parce que ce sont des choses qui se font aussi naturellement. J’ai eu la chance d’avoir des parents intelligents, ouverts, généreux dans l’âme. Si je voulais leur parler, je pouvais le faire sans problème mais mon caractère d’adolescente introvertie me poussait plutôt à me taire. Je me suis opposée deux fois à l’avenir qu’ils envisageaient pour moi. Après deux jours de terminale, j’avais claqué la porte du lycée pour suivre une carrière en rapport avec les sports équestres. On se laisse porter par les jours qui passent et un matin on se dit « Stop, j’ai terminé mes classes » ! Et c’est ce qui s’est passé. Je devais avoir dix-huit, dix-neuf ans. 

Mes parents souhaitaient me voir poursuivre des études générales jusqu’au BAC pour préparer ensuite un examen d’entrée dans l’une ou l’autre des grandes écoles. Ils me voyaient énarque ou ingénieur, comme mon père. Mes parents me voyaient mariée à un jeune diplômé de l’ENA qui me ferait cinq enfants ! Alors que je portais en moi la conviction très forte que j’allais réussir dans un domaine artistique, mais je ne savais pas encore lequel. En fait, à part notre « exode » difficile au début, j’ai vécu dans un univers plutôt agréable, entouré de frères et de sœurs, comme la plupart des autres familles. Je ne remercierai jamais assez mes parents d’avoir su régler parfaitement le problème de l’argent de poche. J’en avais un peu, mais pas trop. Dans des limites raisonnables qui font qu’on apprécie toujours les choses, qu’il vous reste les désirs. J’avoue que j’avais été choquée par les sommes exorbitantes que recevaient certains élèves. 

Être obsédé par le souvenir de l’enfance fait partie de la vie de chacun.  C’est une période qui marque et qui marque pour tout le reste de sa vie. J’ai du mal à m’en extraire. Je ne le pourrais jamais d’ailleurs. J’aime l’enfance, mais elle m’inquiète. La mienne est tellement sourde, étrange…

 

EXTRAIT du livre : « Mylène FARMER – une grande Astronaute » –  de Yannik Provost aux Editions Edilivre.

 

 

 

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MYLENE ET SON AUTO-CENSURE

Posté par francesca7 le 27 octobre 2014

 

Mylene-Farmer_portrait_w858Ce que je ne supportais pas, adolescente, c’était d’être perdue parmi  trente mille fourmis. Et c’est justement ce qu’on vous demande lorsqu’on est adolescent : ne pas être marginal, bien se noyer dans la masse. De cela, oui, j’ai souffert ! 

Je m’ennuyais, j’étais relativement solitaire. J’écoutais  Genesis, les Doors, les Eagles, Bob Marley, Gainsbourg, Brel, Brassens, Serge Reggiani, Gréco, Barbara, Dutronc… J’ai eu en classe cette période « toute seule au fond dans un coin », petite fille plutôt renfermée avant ma période révolutionnaire. C’était un peu de paranoïa, certainement. A chaque réflexion de la maîtresse je me disais « C’est pour moi ». Et puis un refus de tout. J’ai passionnément détesté l’école, le lycée… Je n’ai pas du tout aimé mon adolescence. J’ai vécu très mal ce passage de l’enfance à l’adolescence. Avant tout, on ne s’aime pas soi-même et pour ça je n’avais même pas besoin du regard de l’autre. 

J’ai toujours été encline à l’autocensure. Impossible de tenir un journal intime, malgré mon envie. Il me fallait découvrir les autres, qui s’appelaient Maupassant, Edgar Poe ou Strindberg… Je n’ai jamais été fan d’un chanteur en particulier, je ne fanatisais personne. Sur les murs de ma chambre, je préférais les reproductions des peintures de Salvador Dali aux photos découpées dans les journaux. 

Puis je suis allée au lycée comme tout le monde. C’est encore une période que je n’aime pas de ma vie. Mes études y ont été très peu sereines, parce que qui dit études implique une autorité. Et comme je détestais tout ce qui était autorité, j’étais en rébellion perpétuelle avec tout cet état de scolarité. Mais je suis quand même allée jusqu’en fin de Première, j’ai fait deux jours de Terminale en bac A4 et là j’ai été renvoyée ! Enfin, j’ai fait en sorte d’être renvoyée… J’étais persuadée que je ferais un métier artistique. 

J’étais attirée par l’équitation. C’est une forme artistique, mais qui est un peu différente, peut-être plus projetée vers les autres. Sinon, c’était plus le théâtre et le cinéma qui m’attiraient beaucoup. Je n’avais absolument pas cette vocation que d’être chanteuse. La chanson me paraissait beaucoup plus difficile d’accès. Je n’ai jamais dit réellement à mes parents « je veux faire dans le spectacle ». J’ai simplement dit que je souhaitais quitter l’école. 

Et puis après, c’était une prise en charge. Il n’y a pas eu réellement de dialogue dans tout ça…

J’avais dix-sept ans la première fois que je me suis maquillée. Je me suis mis le bâton dans l’œil. Je sortais très peu. Je n’aimais pas les boîtes de nuit, évoluer parmi tout le monde. Et je n’ai jamais été en boum. J’ai toujours eu horreur de ça. J’y suis bien allée deux, trois fois, pour voir, mais ce n’était pas mon truc. Un malaise. A cette époque-là, je ne jugeais pas ça comme « trop superficiel » mais je ne m’y sentais pas bien. Je préférais rester chez moi. Je me souviens de la première fois où je suis sortie seule le soir : je me suis trompée, je ne retrouvais plus le chemin pour rentrer à la maison. 

EXTRAIT du livre : « Mylène FARMER – une grande Astronaute » –  de Yannik Provost aux Editions Edilivre.

 

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MYLENE FARMER – GARCON MANQUE

Posté par francesca7 le 27 octobre 2014

 

10438920_10152259828792273_9159195212832899814_nJusqu’à l’âge de quatorze ans, j’étais un vrai garçon manqué. J’avais beaucoup de mal à imposer mon visage de jeune fille, à exister en tant que femme. Je tenais le rôle du garçon. Je suis née avec un corps d’androgyne. Ma mère a toujours adoré s’habiller et de ce fait elle m’a forcément  influencée : je m’en inspirais plus ou moins, fatalement. Mais à quatorze / quinze ans, le budget était limité en ce qui concerne les vêtements. Aussi, je recherchais avant tout à bien marier les couleurs plutôt que de trouver des formes originales. J’étais déjà définitivement pantalons et je me souviens en  particulier d’une tenue bordeaux (j’ai craqué un moment pour cette  couleur) pull et pantalons assortis que je trouvais du plus bel effet ! J’avais à ce moment-là les cheveux très courts, après avoir eu pendant longtemps une longue frange qui m’arrivait au-dessus du nez ! J’ai vécu d’une certaine façon comme ce qui allait devenir plus tard des « punks » ! A un moment de ma vie, j’ai pensé être entre deux sexes : j’étais grande, très maigre, je ne  portais que des pantalons, tous mes amis étaient des garçons et pour mieux  leur ressembler j’ai même déjà mis un mouchoir dans mon pantalon pour être plus masculine ! Toute cette période fut un « purgatoire » dans mon comportement. J’ai toujours préféré la compagnie et les jeux des garçons. 

Je jouais aux petites voitures ! Je préférais les camions aux jeux de petite fille. Je n’ai jamais aimé jouer à la poupée, à la dînette… Je fabriquais, comme dans « Tom & Jerry », des petites bombes avec des bouchons de liège et une mèche que je mettais devant les perrons avant de partir en courant ! Je faisais aussi des élevages de vers de terre. J’ai toujours aimé enfouir mes mains dans la terre. C’est véridique, on me prenait pour un petit garçon ! 

J’ai cette réflexion qui est gravée dans ma mémoire : j’étais allée chercher le courrier, un gardien de mon immeuble m’a demandé comment je m’appelais et j’ai répondu « Mylène ». Il m’a alors dit très sérieusement « C’est très joli Mylène pour un petit garçon ». Parce qu’en fait j’avais une voix assez grave, que j’ai forcée de muer avec le temps. J’ai eu au premier abord une animosité, puis après je ne sais pas, ça me semblait évident, alors j’étais mi-homme, mi-femme ! 

C’était assez étrange. Mon envie d’être un garçon tournait à l’obsession, à la névrose. Je refusais d’être une fille. Une  fois, j’avais demandé une panoplie d’agent de police. Mais à part ça je ne me suis jamais déguisée, je n’empruntais pas les vêtements de ma maman et n’avais pas particulièrement de goût pour ça. Aujourd’hui encore, je suis davantage attirée par la gent masculine. Plus tard, lorsque mon corps a définitivement pris des formes plus féminines et lorsque la nature a repris ses droits, je me suis sentie dans la peau de quelqu’un d’autre, comme si j’étais recouverte d’une enveloppe étrange qui aurait entravée mes mouvements, un peu comme dans un film fantastique ! Il n’y a que très récemment que je me suis débarrassée de ce sentiment de gêne et que je suis plus en harmonie avec moi, même si parfois j’ai encore du mal à assimiler le fait que je suis une femme !

 

EXTRAIT du livre : « Mylène FARMER – une grande Astronaute » –  de Yannik Provost aux Editions Edilivre.

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MYLENE FARMER – ANNEES COLLEGE

Posté par francesca7 le 26 octobre 2014

 

 

MF80_10aAu collège, je passais peut-être pour une égocentrique, je voulais être le centre d’intérêt, c’était pour être reconnue. J’avais envie de faire tout ce que les autres ne faisaient pas, frappée par cette peur panique de ressembler à quelqu’un. C’était valable aussi bien dans une classe ou à la maison ou dans la rue, à savoir cette peur panique de ressembler au commun des mortels. Il y a des personnes qui sont faites pour accepter. Accepter la vie, sans trop se faire violence. Et puis, il y en a d’autres, comme moi, où tout devient un combat d’arène. 

On a envie éternellement de dire qu’on est là. C’est cette fameuse envie d’exister. Le pouvoir des professeurs me révoltait, leur pouvoir de dire qu’une rédaction est bonne ou mauvaise. Ce n’était pas les notes qui me scandalisaient, c’était surtout les appréciations. Il fallait toujours que je me fasse remarquer. Vers l’âge d’onze-douze ans, j’étais souvent odieuse. J’étais un peu plus turbulente à l’école qu’à la maison. 

D’ordinaire, cela avait souvent le don d’irriter mon entourage mais une année, en Sixième, une belle femme blonde qui était en même temps notre professeur de français et de théâtre, ne m’a pas punie une seule fois. Elle avait compris que, si elle n’entrait pas dans mon jeu, je me calmerais toute seule. 

Ça n’a pas loupé, je suis devenue une bonne élève dans ces matières. J’avais envie de la remercier pour sa compréhension. J’avais un besoin, certainement, d’exister très fort à l’école, et c’était pour moi une torture que d’y aller. Mais je me souviens d’une chose étonnante : j’avais ce paradoxe d’arriver une heure avant parce que j’ai toujours refusé d’arriver en retard en cours, et une fois que j’étais assise sur le banc, c’était… c’est du masochisme ! Hiver comme été, je me retrouvais seule à sept heures trente devant la porte alors que nous ne commencions qu’à huit heures. 

En revanche, je ne portais aucun intérêt quant à la suite de la journée. C’est un paradoxe bizarre que je n’ai jamais pu m’expliquer. Enfant, j’étais donc à la fois un mélange de personnage très introverti et en même temps j’avais ce besoin de me faire remarquer. J’ai toujours aimé étonner. La Provocation, c’est le piquant de la vie. Je suis à la fois folle et sage. C’est douloureux et formidable d’affronter toutes ces turbulences. Ce que je suis aujourd’hui  n’est que la concrétisation de cet état d’esprit. Tout n’était pas très clair chez moi, même si je n’étais ni schizophrène ni autiste. Je n’ai aucun souvenir de cette période bizarre, que je n’ai pas aimée. Tout ce qui tournait autour de la scolarité, je détestais. Je n’ai pas été traumatisée, mes parents ne m’ont pas maltraitée, mais c’est comme ça. Dire de moi que je suis une révoltée tout simplement, en général ça me convient, ou alors révoltée passionnée ! J’ai l’impression de ne pas être comprise. 

Aujourd’hui, si tout n’est pas rose, j’arrive mieux à gérer ma salade interne ! 

J’ai vécu une scolarité que je qualifierais d’incolore, d’inodore. J’avais  cette réputation d’élève indisciplinée mais j’arrivais quand même à me maintenir dans la bonne moyenne. Sauf en maths où j’étais carrément nulle. 

Mon esprit anti-cartésien ne pouvait pas s’accommoder de la logique mathématique. Je ne suis pas un apôtre de l’arithmétique. Entre moi et l’algèbre, il y a toujours eu une incompatibilité d’humeur et de compréhension. A l’école, c’était un défilé de zéros pointés. En revanche j’aimais l’histoire. C’est l’un de mes seuls bons souvenirs d’école. J’aurais adoré vivre à l’époque de Louis XV. Les reines, les courtisanes et les petits marquis m’ont toujours fascinée. J’étais plutôt douée en français, j’adorais ça mais avec quelquefois une orthographe un peu anarchique. Hélas, cette  matière m’a été enseignée par des profs qui la détestaient. L’anatomie est aussi une matière dans laquelle j’excellais. Plus pour les croquis qu’on y faisait que pour la matière elle-même. Je me souviens aussi que je modelais des poupées aux effigies de quelques personnes. Je ne les ai jamais percées avec des épingles. 

 J’aimais bien aussi le dessin, le théâtre et les sciences naturelles.  J’ai appris le russe pendant trois ans au collège comme troisième langue. Mais je ne la parle pas, je déchiffre uniquement quelques phrases, c’est plutôt dur. Je l’ai vite abandonnée parce que c’était vraiment trop dur à assimiler. Pour apprendre le russe, il faut pénétrer l’univers d’un pays, d’une autre culture, y consacrer l’intégralité de son temps, « rentrer au couvent ». J’étais très douée pour la poésie, la lecture. J’ai eu brillamment mon diplôme des vingt-cinq mètres durant mes études scolaires, mais j’avais la phobie de l’eau. J’ai trois ou quatre fois eu l’occasion de m’accrocher au bord. 

 

EXTRAIT du livre : « Mylène FARMER – une grande Astronaute » –  de Yannik Provost aux Editions Edilivre.

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MYLENE FARMER – UNE ENFANCE HEUREUSE

Posté par francesca7 le 26 octobre 2014

 

MF80_175aJusqu’à l’âge de dix ans, j’ai vécu une enfance heureuse. J’étais très  ouverte, bavarde… Puis nous nous sommes installés en France, dans la banlieue parisienne vers Versailles. C’est le travail de mon père qui nous a amenés à Paris. L’arrivée en France a été un moment un peu difficile, un choc assez violent. C’est en tout cas ce qu’on m’a dit. Sans parler de choc de cultures, parce que ça n’a pas lieu d’être, c’est un comportement et un mode de vie qui sont radicalement différents. C’est assez choquant quand on est enfant. Ça se traduit par une forme d’agression, des rapports plus durs. 

Par exemple, je n’ai jamais eu beaucoup d’amis en France, par contre au Canada, quand il y avait un anniversaire, ce n’était pas en petit comité : y avait près de cent enfants. C’était assez étonnant. Alors qu’ici, c’est beaucoup plus concis. Donc certainement des amitiés beaucoup plus sélectives. Et même maintenant, les personnes qui vont au Canada sont toujours étonnées par l’accueil de ce peuple, parce que c’est quelque chose qu’ils ont en eux. A Paris, les rapports sont froids, concis. Les gens ne ressentent pas tout à fait les choses de la même façon. Ils sont peut-être un petit peu moins énervés là-bas qu’ici. Mais je fais partie des énervés donc je suis mieux ici ! 

Heureusement, quand on est petit, on ne se rend pas vraiment compte de ces choses-là. Les enfants en général n’ont pas trop de mal à s’intégrer et ont de réelles facilités d’adaptation. 

Quand j’étais très petite, je n’arrêtais pas de chanter. Je rêvais d’un métier artistique mais je ne pensais pas vraiment à la chanson. Je n’achetais pas de disques, ma seule passion était les animaux. Je me voyais donc plutôt comme monitrice d’équitation. J’ai eu un prix de chant à l’âge de dix ans au Canada. Je ne me rappelle plus pour quelle chanson. C’était une comptine, une petite chanson. L’année suivante, j’étais deuxième. J’ai injurié tout le monde. Depuis ce jour, mon caractère s’est développé dans ce sens-là ! Je suis née en colère ! J’ai commencé par le « je déteste » puis après j’ai appris  à aimer. C’est un sentiment qui ne m’a jamais quitté et qui allait  grandissant. 

 

EXTRAIT du livre : « Mylène FARMER – une grande Astronaute » –  de Yannik Provost aux Editions Edilivre.

 

 

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MYLENE – SOUVENIRS D’ENFANCE

Posté par francesca7 le 23 octobre 2014

 

 

12Je suis née à Montréal au Canada dans la province du Québec en 1961. J’ai grandi là-bas, j’y suis restée pendant huit ans et demi, et je me souviens simplement du nom « Sainte-Marcelline ». J’ai donc la chance d’avoir les deux nationalités, deux passeports : l’un français et l’autre canadien, et je me sens aujourd’hui parfaitement bien des deux côtés de l’Atlantique. 

Selon l’humeur, je suis Canadienne ou Française ! Mais ce n’est pas très pratique pour les impôts, je vous le garantis ! Mon père était ingénieur des Ponts et Chaussées, il était parti au Québec pour participer à la construction du barrage du Manicouagan. 

Je n’ai jamais eu l’accent. Ou en tout cas celui que j’avais un petit peu,  je l’ai perdu très vite ! Même en y ayant passé les huit premières années de ma vie, le Canada ne me manque pas. Très franchement, non. Je ne m’en  souviens que très peu. J’y ai vécu une enfance des plus normales dans un milieu relativement aisé. J’étais trop petite pour avoir des souvenirs exacts, encore moins pour être nostalgique. Juste quelques odeurs, quelques goûts. 

Mon premier souvenir, à Montréal très exactement : un petit autocar, un schoolbus, qui m’amenait à l’école. J’adorais ça. Mais j’ai toujours eu une aversion pour ces chansons qu’on entonnait tous en chœur dans les cars scolaires. En réalité, je n’ai jamais aimé les choses collectives. Je me souviens aussi de mon premier livre : « Oui-oui et les gendarmes ». Sans blaguer ! Le titre est génial, non ? D’ailleurs c’est peut-être pour cela que toute petite je voulais être gendarme. Mon premier film : « Bambi » de Walt Disney. C’est toujours mon film préféré. 

Ce qu’il me reste de mes premières années au Québec, c’est également la certitude qu’il est plus doux de mourir de froid que de chaud. C’est la neige qui me l’a dit ! J’ai ce souvenir idiot d’un univers de neige plus que de  soleil. Il y en avait un mètre, un mètre cinquante par hiver. J’ai un amour profond pour ce blanc immaculé, la neige, le froid. J’ai le souvenir de sa  blancheur, de sa froideur. Une sensation agréable. C’est le paysage que je trouve le plus joli. Ça embellit une ville, un pays. Ce goût pour la neige est probablement lié à cette époque. On m’a dit que j’en mangeais beaucoup ! 

J’ai été projetée dans le cosmos au beau milieu de la neige, et ces paysages-là me touchent profondément, sans doute aussi à cause de l’absence d’empreintes. J’ai toujours évoqué le froid dans ma carrière… Cela évoque la tristesse, la mélancolie, des choses qui peuvent être délicieuses. Parfois, on aime se faire du mal, il y a une sorte de délectation dans cet état-là. 

Appelez ça du sadomasochisme si vous voulez. Depuis, j’ai appris à aimer le soleil. Le souvenir de la neige donc, et puis le sirop d’érable quand même, parce que je suis très gourmande. C’est un goût que j’ai redécouvert en France, et c’est autant de choses qui font appel à des souvenirs. Être élevée au Canada, dans de grands espaces avec la nature tout autour, enfant cela me plaisait beaucoup. Je n’y suis retournée qu’une fois et extrêmement brièvement, donc c’était quelque chose que je ne qualifierais pas de très agréable. Ce pays me semble trop calme. 

J’ai reçu une éducation religieuse à la fois poussée et tout à fait normale. J’allais dans une école de sœurs, chez les Marcellines. J’avoue que je ne me suis confessée qu’une seule fois, c’était quand j’étais petite et j’ai eu un trouble. Mais je n’avais de cesse que de séduire le prêtre qui enseignait le catéchisme ! J’ai été traumatisée par les bonnes sœurs : elles me tapaient quand je renversais mes desserts par terre. J’aurais bien aimé répondre mais je n’avais pas encore l’esprit à ça ! Sincèrement, je n’ai pas souffert de cette éducation, bien que je n’aie aucune attirance pour ce milieu. On m’a absolument infirmé cette histoire racontée par un journaliste, où petite un putois m’aurait uriné dessus, que j’en aurais eu un grand traumatisme et que pour me laver de cet affront, ma mère m’aurait mise dans un bain de tomates. 

Donc voilà, c’était une très jolie histoire, un peu dramatique, un peu sulfureuse, mais ce n’est pas la réalité ! 

 

EXTRAIT du livre : « Mylène FARMER – une grande Astronaute » –  de Yannik Provost aux Editions Edilivre.

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Si MYLENE M’ETAIT COMPTEE

Posté par francesca7 le 23 octobre 2014

 

0« Une grande astronaute » : c’est dans ces termes que Mylène Farmer  aimerait que l’on se souvienne d’elle. Une grande conquérante de  l’imaginaire qui a su relever les défis de son métier. La seule artiste  féminine française à avoir marqué son empreinte sur quatre décennies par  ses tubes, ses clips et ses concerts, passant de mannequin pour publicités à  la scène du Stade de France vingt-cinq ans plus tard. Une chanteuse qui  raconte ses rêves et ses cauchemars dans les textes qu’elle écrit elle-même,  en restant paradoxalement quelqu’un que les médias qualifient de  « mystérieuse ». De nombreux ouvrages lui ont été consacrés, tentant en  vain de percer le secret de sa réussite. 

 « On invente ma vie, mes émotions »  disait-elle en 2006. Alors pour raconter la carrière de Mylène Farmer, qui de mieux que Mylène Farmer elle-même ? 

Trente ans de carrière sont retracés dans cet ouvrage non officiel  uniquement réalisé à partir des propos de l’artiste, puisés dans plus de trois  cent cinquante interviews presse, radio ou télévisées, de 1984 à 2014. 

Aucune information n’a été inventée ou récupérée de rumeurs, de bruits de couloirs. Tout ce que vous découvrirez est extrait des entretiens que la chanteuse a pu accorder aux médias. 

Bien que le pronom personnel « je » a été conservé pour rester au plus proche des propos réunis et faciliter la lecture, il n’est en aucun cas question dans cette biographie de parler au nom de Mylène Farmer.  L’objectif de ces trois années de travail a été de réunir et fusionner toutes les idées, les explications, les inspirations et les passions, toutes les pistes sur sa vie qu’elle a elle-même décidé de laisser transparaître au fil du temps. 

Evidemment, en trente ans, tout le monde change : ses points de vues d’alors ne sont donc plus obligatoirement ceux d’aujourd’hui. Cette biographie n’est pas « la » vérité ; mais c’est « une » vérité. Parce que Mylène Farmer l’avance elle-même, le privilège d’être une artiste est de pouvoir tricher quand elle le souhaite. Si elle a inventé quelque détail que ce soit durant ses interviews, et que vous retrouverez donc retranscrit tel quel dans ce récit, cela n’en fait pas moins partie du personnage qu’elle a souhaité faire vivre. Et quel personnage ! Une grande astronaute.

 

EXTRAIT : Avant Propos du livre :  Mylène FARMER une grande Astronaute –  de Yannik Provost

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